La Légende du Chevalier du Soleil T1C3: Même Face à la Mort, Tu Dois Mourir Gracieusement

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 1 – Une Introduction à l’Histoire des Chevaliers

Roman version d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 3 : Even in the Face of Death, One Must Die Gracefully – Traduit du chinois vers l’anglais par Erialis[PR!]
Chapitre 3 : Même Face à la Mort, Tu Dois Mourir Gracieusement – Traduit de l’anglais vers le français par Thief-Hare
+ Travail de vérification par Nocta

Je me pressai dans les rues telle une comète traversant le ciel. Arrivé à ce point, je n’avais guère plus besoin de l’apprenti chevalier comme guide, puisque cette imposante aura meurtrière était tout simplement impossible à manquer. Je n’avais encore jamais rencontré une aura meurtrière aussi intense dans la ville…

(Ne me dîtes pas que ma requête pour affronter une créature des ténèbres plus puissante a vraiment été acceptée ? Cela ne se peut ! J’ai entendu dire par mon maître que, parce que l’église paie très peu, la nécromancienne invoquerait, au mieux, un unique zombie, auquel il manquerait quelques membres, pour que je puisse jouer un peu avec lui.)

Une maison avec un toit plat se trouve droit devant… Je pris appui sur le mur et m’en servis pour me propulser dans les airs pendant que je sautais sur le toit. Repérant l’endroit où les chevaliers sacrés s’étaient rassemblés en bas, je bondis vers eux, en hurlant à mi-chemin dans les airs : « Créature monstrueuse qui défie les lois de la nature, être malveillant et corrompu des ténèbres, par le pouvoir du Dieu de la Lumière, moi, le Chevalier du Soleil, au nom du Soleil qui brille glorieusement dans le ciel, j’annihilerai totalement ton existence de la surface de la Terre, pour la gloire de la beauté de la lumière ! »

« Sun, te voilà enfin ! » En dessous de l’endroit où je me trouvais, le Chevalier de la Forêt tourna la tête pour me regarder, une expression rassurée sur le visage.

Avec lui se tenaient les Chevaliers de la Tempête, de la Terre et de Glace, chacun d’eux guidant quelques chevaliers de leurs pelotons respectifs. Je vis rapidement qu’un total de vingt-et-quelques chevaliers sacrés étaient présents ; d’aussi loin que je puisse me rappeler, ce semblait être la première fois que nous étions mobilisés à une telle échelle. Mais bon, je peux probablement deviner la raison d’une si large opération ; après tout, un chevalier de la mort n’est pas le genre de créature qu’on a l’habitude de voir le plus souvent…  Attendez une seconde ! Un chevalier de la mort ?

Pourquoi une telle créature des ténèbres – dont le succès d’invocation est si bas qu’un nécromancien préférerait plutôt s’occuper de l’ennemi de ses propres mains de manière à économiser du temps et des efforts – se montrerait-elle ici ?

Ne me dîtes pas qu’elle s’est égarée ?

Merde !

Comme le choc était trop grand, les muscles de mon pied gauche perdirent soudainement de leurs forces. Ceci conduisit à ce qu’il se plie dans le mauvais angle et frappe dans le muscle à l’arrière de mon mollet gauche, ce qui à son tour causa à l’angle de mon genou droit d’être incorrect, et le rendit incapable de diriger ma cuisse de manière à pouvoir faire un pas en avant… Même si tout cela sonne terriblement compliqué, pour faire simple, cette situation peut être résumée à…

J’ai trébuché.

Et j’ai trébuché dans les airs.

Heureusement, mon maître m’avait à la fois soumis à « des entraînements raisonnables » et à « des exercices déraisonnables ». Ce n’est pas que je veuille me vanter, mais grâce à ces deux types d’entraînements spéciaux au cas où je venais à tomber, je peux garantir que même le Dieu de la Lumière ne pourrait tomber plus gracieusement que moi… Quoique maintenant que j’y pense, il est impossible que le Dieu de la Lumière tombe, alors il n’existe aucun moyen de tester cette théorie.

Je me penchai en avant par réflexe. Mes bras se tendirent devant moi en de gracieux arcs comme ceux d’une ballerine pour former un cercle, et j’exécutai deux sauts périlleux avant complets, suivis d’une pirouette sur le côté… Et j’atterris ! Pour finir, je levai lentement les bras au-dessus de ma tête et les baissai – comme des ailes de papillon – pour les laisser reposer à mes côtés. Je repris graduellement mon souffle, et regagnai la droite et gracieuse posture du Chevalier du Soleil.

Clap clap clap ! Un tonnerre d’applaudissement s’éleva de l’audience, et un chevalier était même en train de frapper son bouclier avec son épée, en criant : « Encore ! Encore ! Tombez encore une fois ! »

Au diable ton « tombez encore une fois » ! Pourquoi le chevalier de la mort n’a-t-il pas renvoyé cet idiot auprès du Dieu de la Lumière pour être rééduqué ?

« Dix points ! » Leaf, étant le type sympa qu’il était, me gratifia du plus haut score immédiatement.

« Humph ! Cinq points ; ses pieds n’étaient pas assez stables lorsqu’il a atterri. » Ce détestable Earth ! Il doit encore m’en vouloir d’avoir interféré avec ses « affaires » un peu plus tôt.

« Huit points ; la chute devant la reine était plus gracieuse. » Storm… D’accord, au moins tu es honnête.

Je l’admets, afin de ne pas me déshonorer devant la reine ce jour-là, j’avais usé de « l’endurance surhumaine que j’avais acquise en survivant dix ans sous les enseignements de mon maître sans développer de personnalité tordue » (que ma personnalité soit devenue tordue ou pas, je ne l’admettrai jamais, alors nous ferons comme si cela n’avait pas changé) dans le but de tomber gracieusement… et avais alors dévalé dans leur totalité les trois-cent-vingt-trois marches de l’escalier.

Depuis ce temps-là, mon degré d’aversion pour les escaliers du temple est plus élevé dans mon esprit que celui que j’éprouve pour le Chevalier de la Terre.

Bonté divine ! Essaieraient-ils de tuer les gens en construisant d’aussi longs escaliers ?!

Si ce n’avait été des quelques centaines de prêtres en bas du temple, me lançant des milliers de sorts simultanément et me guérissant instantanément, je serais devenu le premier Chevalier du Soleil à mourir lors d’une chute.

Vous souvenez-vous de ce que je vous avais dit à propos de mon maître quand il disait que « même si le Chevalier du Soleil venait à tomber, il doit tout de même le faire d’une manière extrêmement gracieuse » ?

 

 

Lorsque je fus suffisamment âgé pour être envoyé en missions par l’Église, mon maître – de son attitude grave et bien intentionnée – me donna des instructions plus poussées, en disant : « Mon enfant, tu peux enfin sortir pour effectuer des missions. Étant ton maître, j’en suis extrêmement soulagé, mais je me dois de te donner quelques instructions avant que je puisse vraiment être rassuré. »

« Je serai définitivement prudent, maître. » Je me sentis ému ; mon maître est vraiment très inquiet à mon sujet !

« Oui, mon enfant, tu dois être prudent ! Souviens-toi, un Chevalier du Soleil doit toujours maintenir un comportement gracieux, sans égard pour le temps et le lieu. »

Je hochai la tête docilement. « Maître, je compléterai cette mission très gracieusement. »

(A l’époque, je menais depuis plusieurs mois déjà un mode de vie impliquant de nombreuses chutes. En moyenne, je devais consulter un guérisseur une fois tous les trois jours afin qu’il me lance un sort de guérison de haut niveau pour guérir toutes les blessures que je recevais lors des chutes les plus graves.)

Mon maître secoua la tête et révéla : « Mon enfant, compléter la mission gracieusement n’est que la base.

– Alors qu’y a-t-il de plus complexe que cela ?

– Mon enfant, tu dois te rappeler que, lorsque tu faillis à ta mission et que tu te retrouves à l’article de la mort, à ce moment-là, tu dois…

– Prier le Dieu de la Lumière ?

– Non, tu dois réfléchir à quel genre de position tu prendras en mourant, et si cette pose sera accompagnée d’une expression sereine ou d’une expression héroïque. Plus important encore est la question de savoir si tu mourras d’un seul coup porté au cœur par ton ennemi ou si tu trancheras ta propre gorge, et ainsi de suite. C’est seulement après que toutes les circonstances importantes entourant ta mort aient bien été prévues et arrangées à la perfection que tu pourras périr dans une pose aussi gracieuse que possible !

« Même face à la mort, un Chevalier du Soleil doit mourir gracieusement ! »

« … »

 

 

Ainsi, si je venais à périr avec, pour cause de la mort, quelque chose d’aussi peu élégant qu’une « chute », il est fort probable que mon maître devienne furieux au point d’utiliser la nécromancie pour me ressusciter en tant que chevalier de la mort et ensuite d’employer les sorts sacrés du Dieu de la Lumière afin de me laisser mourir à nouveau… et de manière gracieuse cette fois.

« Sun, ce chevalier de la mort est vraiment très fort. Sois prudent », l’avertit le Chevalier de la Forêt. Il recula ensuite de quelques pas, accompagné du Chevalier de la Tempête et du Chevalier de la Terre, libérant de l’espace au centre pour le chevalier de la mort et moi-même.

« N’est-il pas risqué de laisser cette créature des ténèbres aux seuls soins du Capitaine-Chevalier du Soleil ? » s’exclamèrent certains chevaliers à l’arrière, inquiets.

« Détendez-vous, il n’y a absolument aucune chance pour que mon meilleur ami puisse perdre contre l’une de ces créatures », affirma le Chevalier de la Terre d’un ton « loyal » et « honnête ».

« Ouais, chaque fois que Sun rencontre des créatures des ténèbres – qu’il déteste plus que tout au monde – sa force est décuplée. Vous feriez mieux de ne pas interférer et lui voler sa proie, autrement il se mettra dans une colère terrible. » Le Chevalier de la Forêt – étant le type sympa qu’il était – expliqua ce fait aux chevaliers et me gratifia même d’un sourire qui disait : « Ne t’inquiète pas, je ne laisserai personne interrompre ton combat. »

Mais attendez une seconde ! Ce n’était valable que parce que les créatures des ténèbres dont je m’occupais par le passé avaient toutes été payées par l’Église et invoquées par une nécromancienne dans le but de m’aider à me détendre et de m’empêcher de faire une dépression !

À ce moment-là, l’épée dans la main du chevalier de la mort s’embrasa soudainement avec des flammes noires qui s’étendirent sur plusieurs mètres autour de la lame. Le chevalier de la mort ouvrit ensuite sa bouche à moitié décomposée et lança un rugissement inhumain…

Très bien ! Peut-être devrais-je commencer à envisager dans quelle pose je devrais mourir, et quelle expression je devrais arborer pour aller avec celle-ci, ainsi que choisir la façon de mourir que je préfère, et ensuite gracieusement retourner en compagnie du Dieu de la Lumière…

J’étais sur le point de commencer ma réflexion en décidant dans quelle pose mourir, quand le chevalier de la mort brandit son épée – qui crachait des flammes noires dans tous les sens – vers moi… Soyez sérieux ! Comment puis-je possiblement mourir avant d’avoir convenablement considéré quelle pose et quelle expression porter en mourant et de m’être assuré que j’allais mourir aussi gracieusement que possible ?!

Mon maître disait souvent : « Ce n’est pas grave si tu ne possèdes pas le talent pour ça, le plus important est de s’entraîner, s’entraîner, s’entraîner. Mon enfant, si tu continues de tomber pendant encore un autre mois, tu finiras définitivement par maîtriser l’art de le faire gracieusement ! »

Donc, si je ne meurs pas gracieusement, mon maître me ressuscitera sans aucun doute encore et encore et encore, jusqu’à ce que je meure encore et encore pendant un mois entier et que j’aie enfin maîtrisé l’art de mourir gracieusement ; ce n’est qu’à ce moment-là qu’il m’autorisera à reposer en paix une bonne fois pour toutes …

Pour cette raison, je ne peux définitivement pas mourir avant d’avoir trouvé le moyen de périr aussi gracieusement que possible ou avant que je n’aie ordonné à mon bon ami le Chevalier du Jugement de démembrer mon corps minutieusement après ma mort, de manière à ce qu’il soit impossible pour mon maître de me ressusciter !

« Yargh ! » Je rugis pendant que je dégainais mon épée et qu’elle rencontrait l’arme flamboyante du chevalier de la mort dans un assourdissant fracas métallique.

« Comme on doit s’y attendre de la part du Chevalier du Soleil ; un coup si puissant et fort, c’est assurément quelque chose que ce mort-vivant devra prendre en considération », soufflèrent les chevaliers sacrés qui observaient la scène sur le côté avec admiration.

« Sun ! Pourquoi n’as-tu pas amené l’Épée Divine du Soleil avec toi ? » s’exclama le Chevalier de la Forêt, alarmé.

Aurais-tu perdu la tête ?! L’Épée Divine du Soleil est une antiquité qui équivaut à autant d’argent que la rançon pour une cité ! Même si aujourd’hui sa lame est toujours aussi incomparablement tranchante, qui sait quand elle pourrait se briser ?

Quand elle se brisera n’a aucune importance, du moment qu’elle ne se brise pas entre mes mains ! Autrement, je ne serai jamais en mesure d’indemniser l’Église pour sa perte, même si je devais à partir de ce jour leur donner tout l’argent que j’allais économiser pour la retraite !

De plus, j’avais cru que j’étais venu pour hacher un zombie auquel il manquait les mains et les pieds, histoire d’éviter la dépression. Existe-t-il quelqu’un quelque part qui tuerait un poulet avec un énorme couperet, du genre de ceux qui sont faits pour abattre les vaches ? De la même manière, existe-t-il quelqu’un quelque part qui, afin d’éviter de souffrir de la dépression, ramènerait avec lui une antiquité dont il ou elle se préoccupe constamment, en craignant qu’elle ne se fasse voler ou, pire encore, qu’elle ne se brise simplement d’elle-même ?

Comment ? Je m’inquiète pour rien, vous dîtes ?

Très bien ! Laissons de côté la question de savoir si l’épée se brisera ou pas.

Une épée – qu’importe qu’il s’agisse de l’Épée Divine du Soleil, de l’Épée Sacrée XX,  de l’Épée Démoniaque OO ou autre, du moment que c’est une arme – s’émoussera après avoir tailladé quelques trucs pendant un moment. Lorsque cela se produira, vous devrez l’amener chez un forgeron pour l’aiguiser.

Il en coûte tout au plus un ducat d’argent pour aiguiser une épée normale, et c’est déjà considéré comme très dispendieux. Cependant, les forgerons ordinaires n’ont pas le courage de manier quelque chose comme l’Épée Divine du Soleil dont la valeur équivaut à la rançon d’une cité. Par conséquent, pour trouver un forgeron qui se risquerait à toucher cette antiquité, je devrai chercher le plus célèbre forgeron de toute la ville, ce qui signifie que le prix pour aiguiser l’épée sera d’un ducat d’or au strict minimum !

Un ducat d’or, c’est déjà suffisant pour acheter une épée ordinaire à mes yeux !

De plus, les lames s’affinent au fur et à mesure que vous les aiguisez ! Alors si je dépense un ducat d’or pour aiguiser l’Épée Divine du Soleil, cela provoquera l’affinement de la lame en augmentant donc les chances qu’elle se brise… Je préférerais plutôt utiliser mes dents pour mordre les monstres ennemis jusqu’à la mort que de voir un tel jour arriver !

En revanche, dans le but de préserver l’image gracieuse du Chevalier du Soleil, j’ai craché un ducat d’or avec un assez grand pincement au cœur et ai acheté une épée pour remplacer l’Épée Divine du Soleil. Après tout, il est simplement trop difficile de mordre gracieusement un monstre jusqu’à ce que mort s’en suive en utilisant mes dents !

Bien qu’on puisse avoir l’impression que je sois en train de marmonner dans ma tête depuis un moment maintenant, en réalité, le chevalier de la mort et moi avions déjà échangé plus de dix coups. Il semblait ne pas y avoir de fin aux résonnements métalliques de nos épées tandis qu’elles s’entrechoquaient encore et encore. Chaque nouveau claquement de métal contre métal faisait souffrir mon cœur comme s’il était sur le point de se briser. L’affrontement des épées est une activité terrifiante ; à moins que l’arme de l’un ne soit de qualité grandement supérieure à celle de l’adversaire, l’épée sera ébréchée après chaque échange. Quand une épée développe de plus en plus de fissures, elle doit être amenée à un forgeron pour être réparée, et les réparations coûtent aussi de l’argent…

J’étais extrêmement tenté de simplement utiliser mon corps pour parer les coups, et je l’aurais fait si ce n’avait été du fait que l’épée du chevalier de la mort flamboyait avec des flammes noires, et qu’il avait l’air indéniablement menaçant. Après tout, le Sanctuaire de la Lumière est pratiquement rempli à craquer de guérisseurs qui peuvent aisément dispenser gratuitement un tas de soins !

Cependant, je ne pouvais m’empêcher de penser que quelque chose ne tournait pas rond. Est-ce moi ou le légendaire chevalier de la mort qui est super hyper difficile à invoquer est finalement tout sauf aussi puissant que je l’avais imaginé ?

Ou se pourrait-il que, d’une façon ou d’une autre, je sois devenu plus fort ces derniers temps sans l’avoir remarquer… Au diable, que dis-je !? Je devrais vraiment cesser de me bercer d’illusion.

Il y a quelques jours encore, j’ai été battu en trois mouvements par le Chevalier du Jugement pendant un combat d’entraînement, alors même le chevalier de la mort, avec son cerveau décomposé, ne me croirait pas si je lui disais que j’étais devenu plus fort !

Ou se pourrait-il que ce que j’ai sous les yeux ne soit pas un chevalier de la mort, mais juste un « chevalier mort » qui aurait été, par pure coïncidence, ressuscité par la nécromancienne et été transformé en zombie ?

Je pris le temps de bien observer ce chevalier de la mort… Ouah ! Son corps s’est tellement décomposé qu’il tombe pratiquement en lambeaux, et en plus sa technique à l’épée est absolument pourrie. Je dois vraiment ajouter que, pour que je sois à ce point si peu concentré avec mes pensées dispersées aux quatre vents et que je sois quand même capable d’avoir le dessus, sa technique à l’épée ne peut être décrite que par le mot « pourrie » … Ahem ! Je veux dire qu’elle peut être décrite comme « pas si bonne ».

(Ne soyez pas ridicules ; si je dis que sa technique à l’épée est pourrie, cela voudrait évidemment dire que mon style à l’épée est également aussi pourri ! Je veux bien admettre que mes compétences avec une épée ne sont pas terribles, mais je n’avouerais jamais au grand jamais que mon style à l’épée est pourri !)

Ainsi, ce mort-vivant, qui n’est pas si habile que ça à l’épée, n’est probablement pas un chevalier de la mort, mais plutôt un chevalier mort.

Oublions ça ! Qu’il s’agisse d’un chevalier « de la mort » ou d’un chevalier « mort » n’a aucune importance, je sais seulement que si je ne me dépêche pas de donner absolument et irrévocablement la mort à cette chose et de la rendre incapable de manier une épée, et cela très bientôt,  je vais encore être obligé de dépenser de l’argent pour m’acheter une nouvelle arme, ce qui en retour me causera un pincement très douloureux au cœur et m’amènera finalement à une mort peu élégante.

Alors que mon style à l’épée n’est pas si terrible, je suis très doué pour la magie sacrée dans laquelle les chevaliers sacrés se spécialisent ! Je peux vous garantir qu’un seul sort de ma part enverra toute créature morte-vivante directement à son repos éternel. Pour ce qui est de pourquoi je viens tout juste de perdre autant de temps dans un combat prolongé, c’est simplement parce que…

 

 

Mon maître disait souvent : « Mon enfant, même si tu rencontres la plus puissante créature morte-vivante jamais conçue, tu dois quand même te rappeler que tu dois prolonger le combat avec elle avant de l’envoyer vers son repos éternel avec ta magie sacrée. »

« Alors pourquoi ne pas l’utiliser dès le début ? » avait demandé le jeune moi avec incompréhension.

« Réfléchis un moment, mon enfant. Quand le commun des mortels rencontre un monstre, il faudrait environs dix minutes, durant lesquelles des gens seraient tués, pour montrer à quel point le monstre est fort. Après, ils dépenseront encore dix autres minutes à crier de panique, suivi d’encore dix autres minutes dépensées à courir dans tous les sens, fuyant pour protéger leur vie, et finalement, les chevaliers arriveront à leur secours. Ainsi, si tu ne dépenses que trois secondes pour renvoyer le monstre à son repos éternel, pour ensuite te retourner et partir, penses-tu que ce serait juste pour l’audience qui a dépensée trente minutes à attendre ton arrivée ?

– … Dans ce cas, maître, combien de temps dois-je mettre à combattre un monstre, afin que ce soit juste pour le commun des mortels ?

– Mon enfant. » Mon maître se mit à regarder au loin avec un air profondément sérieux dans les yeux, tandis qu’il continuait : « Se battre est comme un poème, et tu es comme un barde. Non seulement le combat se doit d’avoir une introduction, un développement, un tournant dramatique, et une conclusion, mais tu dois aussi créer une tension dans l’atmosphère, de temps en temps, afin de divertir l’audience. Ce serait mieux si tu pouvais laisser le méchant te rouer de coups au point de t’étaler gracieusement au sol. Si l’adversaire est un méchant d’un quelconque standard, il sera, à ce point précis, en train de se moquer, de te narguer et de t’insulter afin de dévoiler ses propres pouvoirs. Après cela, tu devras faire exploser et embraser ton univers intérieur…

– … Univers intérieur ?

– … Euuh, embraser ton potentiel et faire flamber ta magie sacrée, ensuite tu défonceras gracieusement ton adversaire jusqu’à ce qu’il soit étalé au sol, et à ce moment-là tu lui accorderas le repos éternel. Ça, ce serait un combat exécuté avec brio. »

… Ça donne vraiment l’impression d’être un combat très harassant.

 

 

À partir de ce jour, je vouai une haine incomparable pour toutes les missions qui nécessitaient que je me batte, puisque la quantité d’efforts qu’elles requéraient était comparable à l’attention requise pour tomber gracieusement du haut d’une volée d’escaliers de plus de trois cent marches. Par conséquent, à moins que ce ne soit pour une créature des ténèbres que j’aurais commandée à la nécromancienne afin de m’éviter de faire une dépression, je me débarrassais systématiquement de la mission en la confiant aux bons soins du Chevalier du Jugement. Après tout, ce type n’avait habituellement besoin que d’un seul coup pour en terminer proprement avec l’ennemi.

C’est aussi la raison pour laquelle les combats du Chevalier du Jugement n’ont généralement pas beaucoup de public : tout simplement parce que ses combats sont trop ennuyeux.

Soudain, toutes les personnes présentes hurlèrent : « Sun, fais attention ! »

« Euh ? »

J’étais si surpris par leurs hurlements que je me figeai sur place ; une seconde plus tard, une douleur me brûla en travers du dos. Avant que je n’aie pu voir quelle ordure m’avait attaqué par derrière, Leaf s’était déjà précipité sur lui et avait envoyé le « chevalier mort » vers son repos éternel d’une unique explosion de sa magie sacrée. Leaf se retourna ensuite pour examiner mon dos d’un air anxieux, et j’entendis même le faible sifflement de son souffle alors qu’il poussait un cri de surprise.

Ce n’est pas une blessure trop grave, j’espère ? Nerveux, je tournai la tête pour jeter un coup d’œil, mais je n’arrivais quand même pas à voir mon propre dos bien que mon cou semblât sur le point de se briser à force d’être tourné de la sorte.

Ce que je vis, en revanche, fut Earth qui lançait sa compétence ultime – Le Bouclier de la Terre – derrière moi. Même si je détestais toujours autant ce type, je devais admettre que l’endroit où je préférais me retrouver était de loin derrière son bouclier, surtout lorsque l’ennemi était aussi fort.

Le Chevalier de Glace se plaça en face de quelqu’un d’autre, son Épée Divine de Glace – qui ressemblait à s’y méprendre à une stalactite – à la main ainsi qu’une ride entre les sourcils. À en juger par le fait qu’il y avait présentement une expression sur le visage du Chevalier de Glace, cet ennemi devait être extrêmement puissant, suffisamment fort pour faire apparaître une ride entre les sourcils d’Ice.

« Sun, c’est douloureux ? » me demanda Leaf avec appréhension.

Je secouai la tête. Cette petite douleur n’est rien pour moi ! Je suis le Chevalier du Soleil ayant survécu à l’entraînement spécial de mon maître qui implique de tomber pendant plusieurs mois d’affilée, le Chevalier du Soleil qui peut continuer de sourire de façon rayonnante même en tombant du haut d’un escalier de trois-cent-quelques marches !

« Ça ne te fait vraiment pas mal ? » Leaf semblait extrêmement alarmé.

Je résistai à l’envie de rouler des yeux. Satané Leaf ! Pourquoi me forces-tu à parler ?! Je répondis : « Les rayons du soleil que le Dieu de la Lumière a gentiment fait pleuvoir sur nous ont fait disparaître cette petite douleur sans en laisser la moindre trace. »

« Sun est vraiment incroyable », marmonna Leaf à lui-même. « D’être blessé à ce point et de quand même appeler ça ‘une petite douleur’… »

Je ne payai plus la moindre attention à Leaf, mon intérêt piqué par la personne qui venait soudainement d’apparaître. Son apparence physique était vraiment étrange. À première vue, il ressemblait à une personne ordinaire, mais, après avoir mieux regardé, je fus convaincu que cette personne n’était définitivement pas humaine !

Après tout, il n’existe pas d’humain qui soit « décoloré », pas vrai ?

Les cheveux de cet homme étaient une sorte de marron décoloré ; sa peau, une sorte de beige délavé. Même l’armure de chevalier qu’il portait était une sorte d’argent déteint. En gros, il était d’une couleur grisâtre et blanche de la tête au pied, ressemblant à une personne qui n’aurait pas bougée pendant plusieurs siècles et qui aurait, en conséquence, accumulée une épaisse couche de poussière sur son corps.

D’après ma description, cela peut sembler comme si cet homme pouvait simplement être une personne paresseuse qui ne s’était pas lavée depuis quelques années et avait donc accumulée trop de poussière sur son corps. Je suis cependant certain que ce type n’est pas humain !

La raison étant parce qu’il n’y avait pas d’yeux dans ses paupières. À leur place flamboyaient deux feux gris-blancs !

Que diable ?! Les normes de production doivent être vraiment bâclées de nos jours si même le feu peut être décoloré.

L’épée entre les mains de cet homme était probablement la seule chose qui ne fût pas décolorée. Son design était austère au point qu’il ne comportait aucun ornement. La lumière brillait froidement sur le côté extrêmement tranchant de sa lame, suggérant qu’il ne s’agissait pas d’une épée qu’on pouvait prendre à la légère.

Fort heureusement, l’Épée Divine de Glace dans les mains de notre Chevalier de Glace était tout aussi intimidante. Bien qu’elle puisse ressembler à un long esquimau qui aurait été limé à un certain point, un vrai esquimau n’est en aucun cas aussi tranchant que son épée !

De plus, le Chevalier de Glace est bien connu pour son excellente technique à l’épée. Je suspecte que sa capacité au combat ne soit plus élevée que la mienne, même s’il devait se battre avec un véritable esquimau…

Ahem !

Le style de combat d’Ice est passif de nature ; ce qui veut dire qu’il peut attendre une journée entière avec son épée en main. Ceci continuera jusqu’à-ce que l’adversaire ne puisse plus le supporter et fonce vers Ice avec son arme levée. À ce moment-là, Ice – d’un seul coup fatal – achèvera son adversaire.

Ainsi, les combats d’Ice étaient du genre de ceux que personne ne veut regarder, puisqu’ils sont tout sauf intéressants.

Cette fois non plus n’était pas une exception. Le type décoloré n’avait clairement pas la patience de rester coincé en face-à-face pendant une journée entière. Quelques minutes s’écoulèrent avant qu’il ne lève son arme et fonce vers Ice. Il était également anormalement rapide : à peine une seconde avait passé, depuis le moment où il s’était élancé, qu’il avait déjà atteint Ice. Il n’eut pas du tout l’air de s’être déplacé, mais semblait plutôt avoir disparu de l’endroit où il se tenait, pour ensuite se matérialiser juste en face d’Ice !

Avec une telle vitesse, il n’était guère surprenant qu’il puisse me porter un coup sous les yeux même du Chevalier de la Terre, qui, de tous les Douze Chevaliers Sacrés, se spécialise dans le maintien d’un bouclier protecteur… J’ai d’ailleurs bien failli croire qu’Earth l’avait délibérément laissé me découper en rondelle pour se venger de ce qu’il s’était passé plus tôt.

Heureusement, la concentration du Chevalier de Glace était de premier ordre. Bien que l’homme décoloré fût très rapide, Ice parvint tout de même à lever son esquimau pointu… Je veux dire à lever son Épée Divine de Glace pour bloquer l’attaque à temps.

Cependant, il était clairement impossible pour le Chevalier de Glace de tuer l’ennemi rapidement cette fois. Au lieu de cela, il commença à échanger un déluge de coups et de parades avec l’ennemi, et les deux partis étaient effroyablement rapides. J’observai avec plus d’attention et m’aperçus qu’Ice était en réalité lentement repoussé.

J’observai impatiemment et joyeusement depuis les coulisses… ahem ! Je veux dire, j’observai anxieusement le combat opposant mon compagnon et l’ennemi, et fus frappé d’une réalisation soudaine. Un puissant chevalier avec une apparence décolorée, émettant une imposante aura meurtrière… Un chevalier de la mort ?!

Ouuaah ! Il semblerait que nous ayons enfin rencontré le principal antagoniste.

« Sun, veux-tu être soigné avant ? » me demanda Leaf, derrière moi, d’une voix plutôt inquiète.

« Sun va bien. » Je m’amuse à regarder le combat ! C’est une chance rare de voir Ice échanger autant de coups avec l’ennemi ; nous pouvons laisser les soins à plus tard.

Aussi heureux que je puisse être à juste regarder le combat, il était évident qu’Ice rencontrait quelques difficultés. Je pense que je devrais vraiment lui donner un coup de main ; après tout, il m’a bien aidé à détruire l’ennemi. Autrement, si Ice venait à être vaincu, puisque Earth se spécialise en défense et Leaf en attaques de longues portées, cela ne voudrait-il pas dire que j’allais devoir combattre ?

Si cela arrive, il y a quatre-vingt-pour-cent de chances que le sol soit recouvert de mon sang dès le premier échange, et que ma tête touche terre dès le troisième.

« Ice, laisse-moi t’assister ! » m’écriai-je fortement. Je n’étais pas inquiet qu’Ice puisse être distrait, puisque la concentration d’Ice était la plus forte de tous les Douze Chevaliers Sacrés pour commencer.

Puisque je suis le Chevalier du Soleil qui voue une haine profonde aux créatures des ténèbres, la majorité des sorts que j’avais appris depuis mon plus jeune âge avaient spécifiquement pour but de m’aider à m’occuper de ce genre de choses. Prenons par exemple le sort « Bénédiction Sacrée » : avec lui, je peux bénir n’importe quel objet, en l’infusant du pouvoir sacré pendant un court moment, le rendant ainsi un certain nombre de fois plus mortel pour une créature des abysses.

J’avais d’abord eu l’intention de lancer la Bénédiction Sacrée sur l’esquimau pointu d’Ice, mais après un certain temps, je réalisai que cela posait un gros problème, puisque l’esquimau bougeait trop vite pour que je puisse le viser !

Oh, laissez-tomber, je vais simplement employer un peu plus d’énergie et imprégner Ice lui-même avec le pouvoir sacré.

« Le Dieu de la Lumière tout puissant fait pleuvoir sur le monde les rayons étincelants du soleil, nettoyant ce dernier des ombres et du malin… » (le reste a été omis pour faire plus rapide.) Après avoir récité un long verset de mots faisant l’éloge du Dieu de la Lumière, juste au moment où le chevalier de la mort parvenait à infliger quelques blessures à Ice, je prononçai enfin la phrase la plus importante.

« Bénédiction Sacrée ! »

En un instant, le corps d’Ice fut enveloppé d’une lumière dorée, le faisant ressembler à la flamme d’une bougie. Non seulement cette lumière avait pour effet d’accroître les dommages causés à un mort-vivant, elle avait aussi un autre effet très utile : elle pouvait rendre difficile pour l’adversaire de voir où il devait attaquer, même si l’ennemi n’était pas une créature des ténèbres !

« Bénis-moi aussi, Sun. »

Même le type sympa, Leaf, était en colère lui aussi. Il avait probablement été provoqué par la vue d’Ice se faisant blesser. Il se tint près de moi avec une expression sévère sur le visage, et il tenait dans ses mains… Haha ! Vous devez penser qu’il s’agit de l’Épée Divine de la Forêt. Laissez-moi vous dire que vous avez tort !

Il s’agit de l’Arc Divin de la Forêt !

Puisque j’étais trop paresseux pour réciter tous ces mots honorant le Dieu de la Lumière encore une autre fois, je levai simplement la main et agrippai la pointe de la flèche que Leaf avait encochée sur son arc. La pointe perça ma paume, puis je retirai ma main, découvrant une pointe de flèche qui était entièrement recouverte de mon sang.

En tant que porte-parole du Dieu de la Lumière, mon sang était perpétuellement bénit par le pouvoir sacré, le rendant toxique pour les créatures des ténèbres !

Leaf semblait ému tandis qu’il disait : « Sun, je ne gaspillerai pas le sang que tu as porté à contribution. »

Pour ce qui est d’Ice, maintenant que je l’avais enveloppé de lumière sacrée, le chevalier de la mort se méfiait clairement et extrêmement de la lumière sacrée qui l’empêchait d’attaquer. Ice, qui perdait à l’origine, était à présent sur un pied d’égalité avec le chevalier de la mort.

Cependant, il y avait encore une autre personne de notre côté – Leaf – qui regardait le combat intensément, en attendant le moment pour frapper. Il leva son arc avec une lueur perçante dans les yeux, comme s’il pouvait trouer l’ennemi juste avec son regard.

J’ai oublié de vous mentionner que lorsque le Chevalier de la Forêt lève son arc, il passe immédiatement d’« un type vraiment sympa » à « un type vraiment terrifiant ». Il peut tirer cinq flèches en dix secondes, et toutes toucheront en plein dans le mille.

C’est loin d’être aussi impressionnant, cependant, que le fait qu’il puisse en réalité courir, sauter, chanter une chanson, tourner la tête pour regarder une jolie fille, tout en transformant l’ennemi en hérisson avec ses flèches.

En fait, je choisirais plutôt de prendre les armes et de me battre contre le chevalier de la mort n’importe quel jour que d’affronter Leaf lorsqu’il était armé d’un arc et d’un carquois plein de flèches. Avec la première option, même si je ne puis l’emporter, je peux toujours fuir le combat. Avec l’autre, par contre…comment un personne pourrait-elle échapper à une flèche ?!

Près de moi, la flèche quitta la corde de l’arc de Leaf avec un « fwish ». Son timing était parfait : le chevalier de la mort était en train d’esquiver les attaques d’Ice à ce moment précis, le laissant sans aucun moyen d’éviter cette flèche qui venait de nulle part et sans aucune autre alternative que celle de se la prendre en pleine poitrine. Évidemment, une flèche normale n’aurait causé que peu ou pas de dommage du tout à un chevalier de la mort, puisque ce dernier était déjà mort. Cependant, les choses étaient complètement différentes quand la flèche était recouverte de mon sang.

Un son grésillant comme celui d’un poisson en train de frire dans une poêle pouvait être entendu depuis la poitrine du chevalier de la mort, puis un large morceau de sa poitrine disparu, laissant à la place un trou béant. Il n’y avait pas de sang, cependant, juste un liquide gluant gris-noir, qui en suintait.

Ice saisit cette opportunité et trancha le bras gauche du chevalier de la mort, et ce dernier poussa un hurlement inhumain. L’attaque d’Ice avait presque complètement sectionné le membre du chevalier de la mort, et il pendait à présent à son corps par un petit bout de chair.

Le chevalier de la mort battit en retraite en un clin d’œil. Un mouvement aussi rapide n’était pas quelque chose qu’Ice pouvait suivre. Cependant, nous avions toujours Leaf de notre côté !

Même un chevalier de la mort ne peut rivaliser avec la rapidité d’une flèche !

Avec un « fwish fwish fwish », Leaf tira trois flèches d’affilée, mais cette fois le chevalier de la mort les évita assez vite et parvint même à esquiver deux des flèches. La seule qui atteignit sa cible n’était en revanche pas recouverte de mon sang, alors les dommages qu’elle causa furent minimes au point que le chevalier de la mort ne daigna pas la retirer de son corps.

Je lançai un faible sourire et refermai encore une fois le poing autour de la pointe d’une flèche juste avant que Leaf ne tire. Après un moment de réflexion, il me vint à l’esprit que ce n’était guère une méthode infaillible puisque la flèche risquait de manquer sa cible. Je levai donc ma main ensanglantée au-dessus du carquois de Leaf et laissai goutter mon sang sur toutes les flèches d’un seul coup.

Leaf ne me déçut pas, et commença à tirer des flèches sans s’arrêter. Même si le chevalier de la mort parvint à esquiver bon nombre d’entre elles, quelques flèches réussirent à le toucher, chacune provoquant un hurlement de douleur chez le chevalier de la mort.

« Mince ! Il s’échappe », s’exclama Leaf, alarmé, tandis qu’il augmentait la cadence de tir de ses flèches. Il était si rapide que je ne pouvais percevoir qu’un mouvement flou, suivi du son de la corde de son arc lorsqu’elle était relâchée alors qu’il tirait une constante tempête de flèches. Leaf fait vraiment honneur à sa réputation de spécialiste du tir-à-l’arc au sein des Douze Chevaliers Sacrés !

Oubliez toute idée de contre-attaque ; arrivé à ce stade, le chevalier de la mort était bien trop occupé à éviter la pluie de flèches, et s’échappait de plus en plus loin…

« Un jour, je reviendrai et te retrouverai, Chevalier du Soleil ! »

Comme tout méchant qui se respecte, le chevalier de la mort gris-cendre lança une phrase menaçante au protagoniste juste avant de disparaître telle une tache à l’horizon… attendez, celui qu’il a menacé c’était le Chevalier du Soleil… Moi ?

Attends, attends un instant. Pourquoi reviendrais-tu pour me retrouver ? Celui contre qui tu te battais, ce n’était pas moi !

Comme le veut l’adage : « la vengeance doit avoir une source, une dette doit avoir un débiteur » ; tout ce que j’avais fait, c’était de lancer un peu de lumière sacrée sur Ice et, pendant que j’y étais, de recouvrir les flèches de Leaf d’un peu de mon sang toxique ! En somme, ceux contre qui tu t’es battu étaient ces deux-là, pas moi !

J’ai vraiment envie de pleurer… Cette fois, non seulement j’ai été blessé, mais j’ai même gagné l’inimitié d’un véritable chevalier de la mort ; que diable ai-je bien pu faire pour mériter cela ?!

À ce moment-là, le Chevalier de Glace rengaina son épée, et le Chevalier de la Terre rangea son bouclier à son tour. Les deux se retournèrent avec une expression très sombre sur le visage, mais pour une raison que j’ignore, ils se figèrent tous deux sur place aussitôt qu’ils me virent.

« Sun, tu… As-tu besoin d’aide ? » demanda Earth, avec une expression sur son visage qui semblait suggérer qu’il venait tout juste de voir un fantôme.

Je secouai la tête catégoriquement. Pourquoi tout le monde pense-t-il que j’ai besoin d’aide ? Ice resta muet, mais son regard voyageait de mon visage jusqu’au sol et vice-versa. Et, aussi surprenant que cela puisse être, son expression semblait indiquer qu’il pensait à autre chose. Curieux, je suivis son regard et jetai un coup d’œil au sol.

OOUUAH ! Depuis quand le sol s’était-il autant recouvert de sang ? Cette mer rouge a effectivement l’air impressionnante…

Attendez une seconde ! Pourquoi mon pantalon blanc de chevalier est-il devenu rouge ?

« Sun… Es-tu sûr que tout va bien ? » La voix de Leaf était si pressante que ce dernier semblait sur le point de pleurer.

Ce sang sur le sol… C’est le mien ?

« Leaf… » dis-je, me rendant soudain compte que ma voix était si faible qu’elle était à peu près aussi audible que le bourdonnement d’un moustique.

« Euh ? » Leaf s’empressa de s’approcher plus près de moi, probablement parce que ma voix était trop faible pour qu’il puisse l’entendre.

« Donne-moi un coup de main… »

« Sun ! »

Et là…

… d’une façon très gracieuse, je…

… m’évanouis.

7 Responses

  1. Edricano

    Quand le maître de Sun sort : “Après cela, tu devras faire exploser et embraser ton univers intérieur…” C’est bien une référence à Saint Seiya, n’est-ce pas ? Ça ne me rajeunit pas tout ça. ^^

    J’ai relevé :

    J’ai d’ailleurs bien faillit croire => failli
    Bien que l’homme décoloré soit très rapide => fût
    cette flèche qui venait de nul part => nulle part
    Minces ! Il s’échappe => Mince !
    suivis du son de la corde => suivi

    • Français

      @Edricano
      Réglé ! 😀 Merci beaucoup ! Que ferais-je sans tes précieuses remarques ? xD
      Pour ce qui est de Saint-Seiya, je ne suis pas sure… C’est possible, remarque. Ça fait un moment déjà depuis la dernière fois où j’ai écouté cette série !
      Si tu vois d’autres erreurs, n’hésite pas ! :mrgreen:

  2. Irina

    J’aime beaucoup de chevalier de la mort, qui est juste en réalité un chevalier mort …
    La traduction de “holy magic” n’est pas constante par contre. Dans ce chapitre, on a une fois “magie divine” et trois fois “magie sainte”, dans d’autres chapitres, j’ai vut “Magie Sacrée”… Peut-être penser à coordonner ??
    Sinon, merci pour tous les nouveaux chapitres. Je pense poster ma candidature pour la traduction d’ici quelques jours, maintenant que j’ai du temps.

  3. Irina

    Je trouves par contre que la fin est mal écrite.
    Un bourdonnement de moustique, c’est très bruyant, surtout quand tu essayes de dormir, et qu’il y a un p****n de moustique dans ta chambre …

    • Français

      Qu’est-ce que tu proposerais dans ce cas ? 🙂

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