1/2 Prince T3C2 : La Cité de l’Infini

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½ Prince Tome 3 – Les Chroniques d’un Prince Vagabond

Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 2: Infinite City – Traduit du chinois vers l’anglais par Samuki[PR!]
Chapitre 2 : La Cité de l’Infini  – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Pourquoi est-ce que je dois être le suzerain ? » maugréai-je, mécontent. Je n’ai pas la moindre notion de ce que doit faire un suzerain ; ça ne serait pas mieux si la position était offerte à grand frère Wolf ? Faire de moi le suzerain ! Je ne suis même pas sûr de quoi faire avec notre nouveau territoire. Qu’est-ce que nous allons faire avec celui-ci, bâtir des fermes ?

« Laisse-moi te demander, Prince », dit Lolidragon d’une manière interrogative tandis qu’elle frappait mon nez avec un doigt. « Est-ce que tu sais comment concevoir des stratégies ou comment commander des troupes comme le peut grand frère Wolf, et ainsi être chargé du département militaire ? »

Je penchai ma tête sur un côté, en pensant, Moi, me charger des affaires militaires ? Je ne connais même pas la différence entre les stratégies et les tactiques… « Je ne sais pas comment. »

« Ou est-ce que tu possèdes, par le plus grand des hasards, comme belle-sœur Yu Lian, le talent de gérer les finances et les comptes avec des aptitudes incomparables, que tu es capable de te servir de l’argent pour générer plus d’argent, et ainsi t’occuper du département des finances ? Est-ce que tu es, en plus, un mage, et peux ainsi être en charge du département des mages également ? »

« Non, je ne le peux pas. » C’est déjà un accomplissement en soi si je ne dépense pas tout mon argent, et de plus je ne suis pas un mage, pensai-je, me sentant désolé pour moi-même.

« Dans ce cas, est-ce que tu possèdes un aussi bon cerveau que Gui ? Est-ce que tu es en mesure de dessiner des plans pour le territoire tout entier et de même superviser le procédé de construction au grand complet ? »

Je me dirigeai vers un coin pour y déverser ma morosité. « Au sujet de dessiner… Les gens ont toujours dit que les chiens que je dessine ressemblent plus à des chats. »

« Alors, est-ce que tu as mon savoir technique, pour être capable d’installer des pièges autour du territoire afin d’empêcher des monstres et d’autres joueurs d’attaquer ? »

« Ne pas marcher sur l’un de ces pièges moi-même, ça peut déjà être considéré comme une bénédiction… » Il y avait maintenant deux esprits feux-follets flottant à mes côtés.

« Dans ce cas, est-ce que tu peux, par hasard, invoquer des squelettes comme le fait Doll pour aider à la construction ? » questionna Lolidragon, m’achevant d’un seul coup.

Je ne m’attendais pas à ce que… même Doll soit plus utile que moi ! J’ai envie de pleurnicher… « Si je suis si inutile, pourquoi est-ce que vous tenez toujours à ce que je sois le suzerain ? » boudai-je.

Lolidragon me donna une petite tape sur l’épaule, son visage l’image même de la gentillesse – ou était-ce une fausse gentillesse ? – en me regardant. « C’est précisément pourquoi nous voulons que tu sois le suzerain ! Après tout, la seule chose que tu peux être c’est le suzerain qui n’a pas besoin de faire quoi que ce soit hormis avoir l’air beau, être présentable, et ne rien faire pour endommager la réputation de notre territoire ! »

« Oh, alors c’est comme ça ! C’est parce que je ne sais rien faire que je peux seulement être le suzerain… » Mes yeux se remplirent de deux larges larmes scintillantes, et je me mis à gémir. « Je dois vraiment me mettre à apprendre de nouvelles habiletés à partir de maintenant, autrement je ne vaudrais jamais plus qu’un suzerain. »

… C’est vraiment si déplorable d’être le suzerain ? se demanda le reste des membres d’Odd Squad.

En y repensant un peu, ce jour-là quand Lolidragon a utilisé la capacité Creuser pour se tenir en toute sécurité hors des ravages provoqués par les deux sorts de grande amplitude sur une zone d’effet, piétiner Heartless Wind à mort, et ensuite arracher la victoire pour Odd Squad dans le Tournoi des Aventuriers, nous montâmes joyeusement sur scène pour réclamer notre prix en tant qu’équipe. Nous nous baignâmes dans les encouragements assourdissants de la foule et admirâmes la vue remarquable des membres de Dark Emperor qui se tenaient immobiles, leurs bouches figées dans une expression béante pendant une heure entière à cause du choc…jusqu’à-ce que les migraines débutent.

De tous les prix, le plus significatif était une étendue de terre, que nous avions soudainement sur les bras pour aucune raison. D’après les rumeurs, elle se comparaît aux Cités du Soleil, de la Lune et de l’Étoile en termes de grandeur, et donc nous n’avions pas d’autres choix que de commencer à discuter comment gérer ce nouveau problème…

« Cette terre qui est la nôtre n’est vraiment pas un petit fardeau. Les Cités du Soleil, de la Lune et de l’Étoile s’étendent tout au long des bordures de ce continent dans une formation triangulaire ; comme les cités sont très loin l’une de l’autre, et comme les frais de téléportation sont élevés, la plupart des joueurs vont habituellement opter pour faire de l’une des trois cités leur camp de base et ensuite s’entraîner dans ses alentours. Cependant, notre territoire se situe directement au beau milieu du continent tout entier, et le temps nécessaire pour voyager depuis nos terres jusqu’aux autres zones de ce continent est plus ou moins le même.

« Pour cette raison, si nous jouons bien nos cartes, nous devrions définitivement être en mesure d’attirer la plupart des joueurs qui se trouvent dans les Cités du Soleil, de la Lune et de l’Étoile, et ainsi les faire s’installer ici. Toutefois, pour cette même raison, beaucoup de personnes auront des vues sur ce lopin de terre… et ce sera probablement plus effrayant qu’une attaque de monstres », médita Lolidragon, en se renfrognant. « Bien que les développeurs nous aient fourni des gardes NPC pour l’instant, une fois que le temps sera écoulé, ils nous seront retirés, après quoi nous allons devoir défendre la cité par nous-mêmes. Alors que nous pouvons embaucher des gardes NPC, ils sont majoritairement coûteux et, après tout, ce ne sont pas des joueurs humains. Ils leur manquent la faculté de s’adapter et ne peuvent ainsi pas être le pilier principal de nos défenses. Nous devons organiser notre propre force de défense, créer une économie vibrante, et bien dessiner notre cité… »

Ce fut comment nous commençâmes à diviser le travail entre nous… Et, comme vous pouvez le voir, parce que je n’ai rien de spécial à part posséder une belle apparence, j’ai fini en tant que décoration : le suzerain !

« Même si le suzerain n’est supposément rien de plus qu’une décoration, Prince, j’ai un assignement pour toi, afin de t’empêcher de mourir d’ennui. » Grand frère Wolf s’éclaircit la gorge. « Nous sommes à court d’hommes, alors tu dois recruter quelques personnes pour nous aider. »

« Qui est-ce que je vais recruter…? » Mon fan club ? Vous plaisantez, j’espère ?

« La Team Rose. » déclara Lolidragon en tapotant son menton avec un doigt d’un air songeur. En me voyant tressaillir, elle s’empressa d’ajouter : « Même s’il y avait quelques mécontentements la dernière fois que nous les avons rencontrés, ce sont de bonnes personnes. Je ne crois pas qu’ils sentaient vraiment que ce qui est arrivé était de ta faute. En plus, il y a tout de même quelques individus talentueux dans la Team Rose. »

« Les grands frères et la grande sœur de Dark Emperor aussi ! » s’exclama Doll avec une grande joie. « Ce sont tous de bonnes personnes ! »

« Nan Gong Zui ! » ajouta à son tour belle-sœur Yu Lian, en même temps que le visage de Gui se renfrognait en entendant ce nom. (Ses objections se firent rejeter, toutefois.) « Pour avoir été l’une des têtes aux commandes de l’une des trois alliances majeures dans le tournoi, il doit avoir une influence considérable. Si tu peux faire en sorte qu’il nous rejoigne, le nombre de nos forces serait grandement renforcé. »

« C’est vrai, c’est essentiellement ces personnes pour l’instant », dit grand frère Wolf en hochant la tête. « Tandis que nous mettons toute notre sueur et tout notre sang à construire la cité, Prince, tu devrais prendre le temps de discuter avec eux afin de bâtir ton réseau social, et ensuite fais en sorte qu’ils se joignent à nous pendant que tu y es. Oh, en passant, ce serait génial si tu pouvais dénicher d’autres individus talentueux également. Qu’est-ce que tu en penses ? Ton assignement est plutôt simple, non ? »

Mordillant mon index, avec la tête penchée sur un côté, je pensai, Ça semble être… plutôt facile !?

« D’accord, dans ce cas je vais y aller. Ce sera dur pour vous les gars ! » Je me sentis un peu coupable. Tout le monde va être en train de travailler dur pour la construction, tandis que je m’enfuis pour aller discuter… Soupir ! Tout ça parce que je ne sais rien faire, c’est pour ça que je suis si inutile.

Tout le monde me salua de la main pendant que je partais. J’agitai aussi la main de façon enthousiaste en retour, puis partis pour mon voyage de « discussion »…

 

 

Ce ne fut pas avant que Prince soit hors de vu que les sourires, qui étaient affichés sur les visages des membres restants d’Odd Squad, tombèrent enfin.

« Hmm… Je me sens un peu coupable. Nous avons trompé Prince pour qu’il se charge du travail le plus dur ; je me demande si ça va aller pour lui… » fit remarquer grand frère Wolf, en ayant l’air légèrement inquiet.

« Ne t’inquiète pas à ce propos ; il est extrêmement chanceux avec les gens en général. De plus, je n’ai pas de conscience à proprement parler, alors je ne me sens pas le moins du monde coupable », dévoila Lolidragon avec un sourire diabolique.

« Prince est le suzerain après tout, alors d’une façon ou d’une autre il doit prendre un peu de responsabilité ! » Belle-sœur Yu Lian sourit, en étirant son index et son pouce pour les éloigner autant que possible tandis qu’elle disait « un peu ».

Sur un ton agité, Gui demanda : « Mais, Prince va-t-il s’égarer ? »

… C’est la question la plus inquiétante en effet !

 

 

« Qui est-ce que je devrais aller trouver en premier ? » agonisai-je. « Oh eh bien, je suppose que je vais aller trouver Dark Emperor en premier ; puisque grand frère Zhuo est là, ça ne devrait pas être difficile de les recruter, pas vrai !? »

Je me décidai et envoyai immédiatement un message privé à Wicked, disant : « Wicked, vous êtes où les gars ? Il y a quelque chose dont je voudrais tous vous parler ! »

« …Nous sommes à la Cité du Soleil, mais il vaudrait mieux que tu ne viennes pas nous rejoindre maintenant. » En recevant son message, Wicked était initialement enchanté à l’idée de pouvoir voir Xiao Lan. Toutefois, après avoir jeté un long coup d’œil à ses équipiers ivres éparpillés partout dans la cabine du restaurant et songé à comment ils avaient parlé de trancher les membres d’Odd Squad en millions de morceaux il y a juste un instant pendant qu’ils buvaient, Wicked pensa qu’il valait mieux ne pas laisser Xiao Lan venir. « Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Je veux vous enrôler pour nous aider à gérer nos terres ! » J’allai directement au but.

« Hmm… Je vais en discuter avec mes équipiers, mais ils sont trop en colère pour penser convenablement en ce moment, alors ce serait mieux si tu ne venais pas tout de suite. »

« Oh, dans ce cas je suppose que je vais aller voir Nan Gong Zui en premier », répondis-je, en même temps que je pensais, la Team Rose… Je crois que je vais aller les voir en dernier. Je me sentais toujours un peu coupable de ce qu’il s’était passé, alors je n’étais pas encore prêt à les rencontrer.

À l’insu de Prince,  les yeux de Wicked se plissèrent dangereusement. « Tu vas aller voir Nan Gong Zui ?! Cet idiot de Gui n’a pas essayé de t’en empêcher ? »

« Ouais, il a essayé. Je n’ai aucune idée de pourquoi il était contre, mais après que Lolidragon se soit mise à l’étrangler avec ses bras, il ne s’y est plus opposé. » (Ou peut-être que c’était parce qu’il n’avait aucun moyen d’exprimer ses objections ?) Sérieusement, Gui devient jaloux de tout. Est-ce que tous les gays sont à ce point pénibles ? Il devient agité si quelqu’un m’approche, que ce soit des hommes ou des femmes… Il fait vraiment pitié !

« Ne va pas retrouver Nan Gong Zui ! Je te garantis que Dark Emperor va se joindre à vous les gars ! » Wicked fixa ses équipiers sur le sol d’un air menaçant ; malheur à ceux qui vont s’y opposer !

« Je savais que c’était toi le meilleur, grand frère Zhuo ! C’est marché conclu alors ; vous devez vous joindre à nous ! » dis-je joyeusement, en pensant, Une équipe de moins déjà, on dirait que je vais retourner auprès de mes coéquipiers en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire ! « Je vais aller chercher Nan Gong Zui maintenant dans ce cas. »

« Hé— ! »

Je fermai ma conversation privée avec Wicked et envoyai un message privé à Nan Gong Zui pour la toute première fois. « Nan Gong Zui, appel pour Nan Gong Zui ! »

« Qui c’est ? »

« Prince », rapportai-je mon nom joyeusement.

« …L’Elfe Sanguinaire ? » Nan Gong Zui sembla quelque peu surpris.

« Appelle-moi simplement Prince. » Pourquoi est-ce que Nan Gong Zui aime autant m’appeler « l’Elfe Sanguinaire » ?

« Oh, Prince. Quelque chose ne va pas ? » me demanda Nan Gong Zui avec enthousiasme. « Tu veux qu’on aille boire un coup ensemble ? »

« Euh…quelque chose comme ça, et j’aimerais discuter d’autres trucs avec toi. »

« Pas de problème ; viens d’abord me rejoindre ! Je me trouve à la Cité de la Lune, laisse-le-moi simplement savoir quand tu seras sur le point d’arriver », répondit Nan Gong Zui, et sa voix devint teintée de frustration. « Je dois encore régler un problème avec ma sœur Ice Phoenix en premier. »

« Certainement. Il se pourrait que je mette quelques jours à m’y rendre, vu que je suis encore très loin de la Cité de la Lune, alors prends ton temps pour régler les choses », agréai-je.

Alors, ma destination est la Cité de la Lune ? Je dépliai la carte et vit que la Cité de la Lune se situait du côté ouest du continent. De quel côté est l’ouest ? Je regardai l’immense lune et le ciel plein d’étoiles d’un air absent, en pensant, Gui m’a dit auparavant que si je pouvais trouver l’Étoile Polaire, je serais en mesure de dire dans quelle direction est le nord… mais qu’est-ce qu’il a dit déjà au sujet de trouver l’Étoile Polaire ? Premièrement, je dois localiser la Grande Ourse… mais c’est quoi la Grande Ourse ? Ma tête s’effondra sur un côté, incapable de comprendre. (Gui : Je n’ai pas réussi à te le faire comprendre en fin de compte, mais ne t’ai-je pas donné une boussole ?)

 

 

« Phoenix, est-ce que tu as l’intention de me faire mourir de rage ? » Nan Gong Zui était sur le point d’exploser de colère tandis qu’il regardait sa sœur. « Fan essaie clairement de te duper ; tu ne peux toujours pas t’en rendre compte ? Pourquoi est-ce que tu lui as encore stupidement envoyé un autre cadeau ? »

Ice Phoenix sourit avec douleur. « Grand frère, c’est vraiment si mal d’aimer quelqu’un, de vouloir faire des sacrifices pour lui, de désirer te dédier à lui ? Je crois que son cœur sera vraiment ému par mes efforts un jour. »

« Tu, tu… ! » Nan Gong Zui laissa échapper un soupir d’exaspération pendant qu’il se demandait, Comment les femmes peuvent être stupides à ce point ?

« J’ai profondément aimé Fan dès le moment où j’ai posé les yeux sur lui pour la première fois », déclara Phoenix. Il y avait une expression intoxiquée sur son visage alors qu’elle se remémorait : « Il est exactement comme une divinité parfaite. Ce jour-là, quand il s’est dirigé vers moi, j’ai même songé que je contemplais le plus beau dieu du soleil, Apollon ! Je crois qu’il n’y a aucune autre personne dans ce monde qui puisse rivaliser avec sa perfection. »

La chair de poule s’empara du corps tout entier de Nan Gong Zui. Fan a effectivement une belle apparence. Je me demande… entre lui et Prince, lequel d’entre eux Phoenix préfèrerait ?

« Ah… Fan m’envoie un message privé, je dois me dépêcher », annonça Phoenix, presque dépassée par la joie de recevoir le message de Fan.

« Je t’interdis d’aller— » Avant qu’il n’ait pu terminer de parler, sa sœur était déjà partie, et alors Nan Gong Zui n’eut pas d’autre choix que de s’empresser de poursuivre la silhouette disparue de celle-ci.

 

 

Finalement, je pris quand même le mauvais chemin. Je marchai par inadvertance vers l’Est à la place, et aboutis ainsi à la Cité de l’Étoile… après quoi, j’optai simplement de voyager jusqu’à la Cité de la Lune par le biais de la station de téléportation. Il s’avéra que la Cité de la Lune était en fait une ville de style chinoise. Tandis que j’errais à travers la ville, j’admirai joyeusement les bâtiments de bambou, les lanternes rouges, et les rues remplies d’épéistes agitant des éventails.

En parlant de comment la culture d’une cité influence le caractère des gens qui vivent à l’intérieur de celle-ci… C’est bizarre, pourquoi est-ce que mon frère, cet imitateur de Chu Liu Xiang, a atterri dans la Cité de l’Étoile à la place ? me demandai-je tandis que je rongeais une brochette de fruits confits que je venais tout juste d’acheter.

« Arrête-toi là, Phoenix ! » Nan Gong Zui attrapa la main de Phoenix avec colère.

« Lâche-moi, grand frère ; laisse-moi rejoindre Fan ! » hurla Phoenix en gémissant.

Je mâchai un autre fruit confit pendant que j’observais la scène qui se déroulait devant mes yeux, en songeant, Il semblerait que j’aie pas mal de chance : j’ai trouvé Nan Gong Zui sans même lui avoir envoyé un MP !

Fan se promena lentement vers le duo depuis l’autre bout de la rue avec un sourire sur son visage. « Nan Gong Zui, tu ne crois pas que ton comportement est plutôt disgracieux ? Tu ne parvenais pas à gagner le cœur de ta sœur, alors tu as décidé de recourir à la force brute à présent ? »

« Qu’est-ce que tu viens de dire ? Ne raconte pas n’importe quoi, je ne veux simplement pas qu’elle se fasse duper par un salaud de ton espèce », hurla Nan Gong Zui, enragé.

« Nan Gong Zui, tu devrais faire plus attention à ce que tu dis. Qui essaie de la duper ? Phoenix, j’ai déjà essayé de te duper ? » questionna Fan, et son expression exprimait la confiance. « J’ai déjà été clair avec toi, incluant le fait que tu n’étais qu’une des femmes que je fréquentais. »

« Je sais. Ça me va, ça ne me dérange pas du tout », répondit Phoenix, fascinée par le beau profil de côté de Fan.

Fan haussa les épaules et lança à Nan Gong Zui un air impuissant.

« Toi… » Nan Gong Zui était si furieux qu’il avait dégainé son épée et était sur le point de charger pour affronter Fan en duel.

Terrifiée pour son bien-aimé, Phoenix se hâta de barrer la route à Nan Gong Zui. « Arrête ça, Grand frère ! Je ne te permettrai pas de faire du mal à Fan ! »

L’expression de Nan Gong Zui révéla à quel point il était blessé par son geste. « Phoenix, tu… »

« Grand frère, je… » Phoenix était ravagée par la culpabilité, mais n’était également pas encline à changer d’avis.

L’atmosphère devint de plus en plus lourde tandis que la situation menait à une impasse. J’avalai le dernier fruit confit, me léchai les lèvres, et jetai la brochette de bambou restante dans la poubelle.

…Une femme amoureuse, un frère inquiet, et un play-boy sans cœur et débauché ; c’est tout à fait le roman à l’eau de rose typique et détestable. Permettez-moi de mettre fin à ce drame sans intérêt ! pensai-je avec un petit sourire diabolique.

Je redressai ma posture et fixai un sourire léger sur mon visage, l’élégance suintant par tous mes pores. En ce moment, je suis… le plus parfait Seigneur Prince ! D’une voix basse et chaleureuse, je hélai : « Nan Gong Zui, c’est toi ? »

Tous ceux présents se tournèrent pour me contempler – ou plus exactement, me fixèrent, rougissant férocement, leurs cœurs tambourinant furieusement – et je vis avec satisfaction que même Ice Phoenix m’observait, sous le charme. Avec des pas élégants, je marchai à la rencontre de Nan Gong Zui, en faisant remarquer : « Mes excuses, je suis arrivé plus tôt. J’avais eu l’intention de jeter un coup d’œil aux alentours et ensuite te rendre visite. J’espère que ça ne cause pas trop de problèmes ? »

« Non, pas du tout… » Nan Gong Zui me regarda avec incertitude. Dans sa tête, Nan Gong Zui pensait, Le Prince ici aujourd’hui semble… très différent d’avant ?

« Hmm, cette demoiselle ici présente… Ce doit être ta sœur, Ice Phoenix, exact ? » Je me tournai vers la Phoenix à l’air stupéfait et lui montrai mon sourire le plus brillant et le plus incomparable, un qui pouvait ensorceler à la fois les hommes et les femmes. « Nan Gong Zui mentionne souvent ton nom ! »

« Vrai-vraiment ? » bégaya Phoenix tandis qu’elle regardait fixement mon visage, émerveillée.

« Tu es aussi adorable qu’il t’a décrite ! » Approchant mon visage toujours plus près vers elle pendant que je parlais, je pouvais presque entendre son cœur alors qu’il battait sauvagement dans sa poitrine. Enfin, je pris doucement sa main dans la mienne, la levai vers mes lèvres, et frôlai le dos de sa main avec un baiser.

Phoenix inspira brusquement, puis s’évanouitMaintenant, je sais que je suis suffisamment beau pour faire s’évanouir les gens, pensai-je, tandis que je transportais la fille inconsciente dans mes  bras, légèrement exaspéré. « Nan Gong Zui, vient récupérer ta sœur ! »

« … » Nan Gong Zui vint à ma rencontre et me prit Ice Phoenix sans dire un mot.

« C’est encore toi, Prince ! » maugréa Fan. Le masque de sérénité qu’il portait commençait à s’effondrer.

Je lui souris avec malice. « Quoi ? Tu avais envie de me voir à ce point ? »

« Qui aurait envie de te voir ? » Le visage de Fan s’était contorsionné avec haine.

« Aiya ! Encore en train d’essayer de jouer les durs ? » Je marchai jusqu’à Fan en faisant des pas délibérément lents, n’oubliant pas de lui lancer un sourire plein d’ambiguïté. « Si tu avais envie de me voir, tu n’avais qu’à le dire. Je te garantis que je viendrais te chercher dès que j’aurais du temps libre. »

« Éloigne-toi de moi », dit Fan, en reculant de trois pas, et il se rappela même de dégainer son épée pour la pointer sur moi.

Je ris froidement. Plaçant mes mains sur mes hanches dans une démonstration de superbe insouciance, je demandai : « Tu es sûr que tu veux te battre avec moi ? »

En entendant ça, Fan hésita. Il n’avait pas oublié les prouesses de l’Elfe Sanguinaire sur le champ de bataille, mais il n’y avait aucun moyen pour qu’il se retire quand sa propre réputation était en jeu, et donc son épée resta inébranlablement levée vers moi.

Mon expression changea, devenant sévère en l’espace d’un instant. « Ne t’approche plus jamais de Ice Phoenix. Sache que, à partir de ce jour, son cœur ne t’appartient plus. »

Le visage de Fan devint presque tacheté par la rage, et il rigola d’une façon moqueuse avant de déclarer : « Elfe Sanguinaire, tu n’es pas un peu trop fouineur ? Ce qui se passe entre Phoenix et moi, ce n’est vraiment pas tes affaires. »

« Pffff, Nan Gong Zui est mon ami, sa sœur est aussi la mienne, alors comment je pourrais rester les bras croisés et regarder Phoenix se faire avoir par une brute comme toi ? » Je dégainai mon Dao Noir et observai avec une considérable satisfaction tandis que Fan pâlissait, ce qui me décida de le mettre encore plus au défi. « Si tu veux te battre, arrête avec tes salades et ramène-toi ! »

Fan me fixa avec une expression maladive, puis jeta délibérément un coup d’œil en direction de Nan Gong Zui, qui se tenait proche. « Vous avez l’intention de me combattre à deux contre un, pas vrai ? »

Je répondis froidement : « Cesse de chercher des excuses, tu sais très bien que Nan Gong Zui ne va pas intervenir. »

« C’est difficile à dire ! » rétorqua Fan méchamment, en rengainant son épée. « Je n’ai pas l’intention de me faire tabasser par deux personnes ! »

Je ne dis rien de plus et regardai seulement Fan d’un air glacial. Après tout, je n’avais pas vraiment l’intention de le combattre ici dans les rues, particulièrement pas pour une raison telle que faire compétition pour gagner le cœur d’une femme…

Fan me jeta un regard glacial avant de tourner les talons pour s’en aller. « Un jour, je t’arracherai tout ce que tu me dois, Elfe Sanguinaire. »

Je levai un sourcil. « J’attends ce jour avec impatience ! »

Soupir, cette visite à Nan Gong Zui m’a laissé avec encore une autre belle prétendante et m’a gagné l’inimitié d’un rival formidable… S’il refuse toujours de se joindre à nous, même s’il est un ami, je vais définitivement le transformer en chair à pâté. Sur cette pensée, je me tournai pour regarder Nan Gong Zui d’un air menaçant, mais il continua à m’observer avec une confusion innocente.

« Nan Gong Zui, tu vas te joindre à moi ou pas ? » demandai-je, en agrippant son collet.

« Hein ? »

 

 

Dans la maison de Nan Gong Zui…

« Je vois, alors c’est à propos des terres que vous avez gagnées ! » Nan Gong Zui sourit. « Vous avez déjà décidé du nom de votre cité ? »

Je prenais une longue gorgée de mon bubble tea, mais je me figeai immédiatement en entendant la question de Zui. « Le nom de… ma cité ? »

« Quoi ? Les gars, vous ne vous êtes pas encore décidé là-dessus ? » La surprise de Nan Gong Zui était évidente.

Je penchai ma tête sur un côté, en pensant, Peut-être qu’ils l’ont déjà choisi mais qu’ils ont oublié de m’en parler ? « Attends une minute, laisse-moi le leur demander. »

« Grand frère Wolf, est-ce que notre cité a déjà un nom ? »

« …Oh non, nous avons complètement oublié ce sujet. Prince, puisque tu es le suzerain, occupe-toi d’en trouver un ! » fut la réponse irresponsable de grand frère Wolf. « Après que tu auras trouvé un nom, tu ferais aussi bien d’aller l’enregistrer au Bureau du Développement des Terres dans la ville. C’est tout. »

Pourquoi moi…? Je fronçai les sourcils. « Ils m’ont demandé de lui donner un nom moi-même ! Nan Gong Zui, aide-moi à trouver un nom. »

« …Ce genre de lourde responsabilité, c’est mieux si c’est laissé à tes soins, toi le suzerain ! »

Je réfléchis et réfléchis, me retournant la tête encore et encore tandis que je me creusais les méninges pour trouver une idée, n’importe laquelle… mais je m’effondrai sur le sol en larmes au bout du compte. Ouaaah, Je n’arrive simplement pas à penser à quoi que ce soit ! Je tournai mon regard rempli de larmes vers Nan Gong Zui en un appel à l’aide silencieux.

« Pourquoi ne pas l’appeler la Cité de l’Infini, pour représenter le potentiel illimité du futur ? » prononça Nan Gong Zui après y avoir songé brièvement.

« Excellent nom ! » Je me précipitai jusqu’à Nan Gong Zui et je lui saisis les mains. Le regardant avec des yeux remplis de gratitude, je dis d’une manière cajoleuse : « Puisque tu m’as déjà aidé avec la trouvaille de la Cité de l’Infini, tu ne peux plus t’échapper à présent ! Tu te dois de te joindre à nous, d’accord ? S’il-te-plaît, Zuiiiiii…. »

«…Je crois que nous devrions être en mesure de nous joindre à vous, les gars. Je n’ai aucun problème avec ça, et Phoenix dans notre équipe va définitivement te suivre, ce qui veut dire que sa grande sœur le fera aussi. Le mari de sa sœur est le prêtre de notre équipe, son petit frère est le voleur de notre équipe, et la dernière personne dans l’équipe va probablement venir avec nous également. »

« …On est d’accord dans ce cas, je-je dois encore aller chercher d’autres personnes, alors je te laisse le soin de rencontrer mes coéquipiers à la Cité de l’Infini. » Le sourire sur mon visage s’était raidi. Ce que Zui vient de dire…est-ce qu’il voulait dire que si je ne prends pas mes responsabilités pour Phoenix, sa sœur et ses deux beaux-frères vont définitivement me poursuivre ? Soupir, comment est-ce que je vais survivre à l’avenir ? Je considérai l’idée de faire en sorte que Gui conçoive une pièce secrète pour que je puisse m’y cacher.

« Certainement ! Ce n’est pas du tout un problème. »

« Merci, Zui. » Je souris de joie, songeant, Voilà un autre assignement de complété !

Nan Gong Zui me donna un coup amical sur la poitrine et m’assura : « Ne t’inquiète pas, les amis sont là pour ça ! Viens, allons enregistrer le nom de votre cité et ensuite allons boire un coup. »

Je souris stupidement…. Est-ce que je vais être capable de tenir l’alcool ?

 

 

« Cette personne est le seul voleur dans mon groupe : Kong Kong. » Nan Gong Zui introduisit le compagnon de beuverie qu’il avait invité : le voleur de petite taille Kong Kong.

« Bonjour, je suis Prince », m’introduisis-je poliment.

« Ne te fais pas avoir par à quel point Kong Kong est petit et mince ; il peut même boire jusqu’à mille verres. Tu devrais faire attention, Prince », m’avertit Nan Gong Zui avec un rire chaleureux.

Je me joignis à eux et rigolai de bon cœur également… mais, à l’intérieur, je me sentais très impuissant ! Je ne suis jamais allé boire un coup auparavant et je vais me retrouver dans une compétition de beuverie avec deux hommes la première fois que je vais boire de l’alcool ? Bonté divine !  Est-ce que ce n’est pas un peu trop en demander de ma part ? Ouaaah… Ça m’est égal à présent ! La façon dont les choses tourneront, ce n’est plus mon problème !

« Buvons d’abord à la santé de Prince pour avoir remporté la victoire avec succès ! Félicitations ! » s’écria Nan Gong Zui.

« Félicitations ! » Kong Kong aussi leva son verre et cria.

« Merci ! » Je ne pus que leur emboîter le pas. Je fixai du regard le liquide dans mon verre pendant trois secondes, serrai les dents, puis avalai d’un trait le contenu… Ça brûle ! Je combattis pour retenir mes larmes. Ne me dîtes pas que je vais devoir en boire cul sec encore beaucoup plus dans un instant ? Ce n’est pas vrai, n’est-ce pas ? J’ai envie de pleurer…

 

 

Après trois heures…

« Une autre tournée ! » hurlai-je en tanguant d’une façon mal assurée tandis que je levais mon verre.

« Euuuhh…. Je ne peux pas, Prince. Tu es tout simplement trop fort, arrêtons de boire… » gémit Kong Kong d’où il était assis, à moitié vautré sur la table. « Si nous continuons à boire, je vais vraiment mourir… »

« Hahahahaha, tu ne peux pas boire plus que moi ! » Je rigolai sauvagement, mais mon corps tanguait de façon incontrôlable. « Et tu affirmes encore que tu arrives à boire mille-mille verres !? »

« C’est parce que toi, tu ne t’effondreras pas même après dix milles verres, Prince. » déclara Zui, qui s’était évanoui plus tôt, après s’être réveillé soudainement. Il se massa les tempes. « Arrêtons de boire et rentrons ! »

« Okay… » répondis-je, me sentant un peu maussade.

Nous chancelâmes tous les trois le long de la rue baignée par le clair de lune. Un faible sentiment de mélancolie s’enroula autour de mon cœur, et je ressentis soudainement une envie urgente de dégainer mon arme et de me défouler. Sans y accorder une autre pensée, je tirai mon Dao Noir et, comme une personne possédée, je balançai et coupai et tranchai, bondissant et esquivant furieusement, en hurlant… jusqu’à-ce que je fusse trop épuisé pour continuer mon carnage. Je me tins au même endroit, haletant, tous les mouvements que j’avais exécutés jusqu’à présent dans le jeu me traversèrent l’esprit d’un seul coup.

Éventuellement, je commençai à danser, les techniques fusionnants ensemble en un flot continu : une danse. Baigné dans le clair de lune glacial et clair, n’entendant que le son merveilleux de mon Dao Noir sifflant dans les airs, je me sentis euphorique, et un sourire se glissa sur mon visage, grandissant encore et encore. Le clair de lune, la lame, la silhouette svelte et voletante, et le rire arrogant mais pourtant raffiné – dont seul un elfe était capable – s’agitèrent ensemble en une douloureuse et magnifique mélodie  qui résonnait à travers la campagne de la Cité de la Lune.

« Hahahaha…haha ! » riai-je sauvagement.

« Excellent ! Un excellent et fier épéiste », hurla Nan Gong Zui d’un air approbateur. « Voyons à quel point tu es doué, Prince ! » Sur ce, il tira son épée et bondit devant moi. Nos lames se rencontrèrent dans un fracas retentissant, telle une chanson du métal s’écrasant dans le silence de la nuit.

« Me voici également ! » Kong Kong ne put résister à l’envie de brandir sa dague et rejoignit la mêlée, aussi rapide que le vent.

J’envoyai un coup de pied à Kong Kong en même temps que mon dao continuait à parer l’épée de Nan Gong Zui, puis suivis d’une torsion dans les airs, échappant à leur attaque combinée. Nous étions tous les trois comme des enfants faisant les idiots dans la rue, esquivant et courant ici et là, attaquant l’autre avec nos armes de temps en temps. Nous fîmes les pitres de cette manière et nous amusâmes comme des fous… jusqu’à-ce que nous atteignîmes la maison de Nan Gong Zui.

Après avoir agité la main en signe d’au revoir à Zui, je levai les yeux vers le ciel parsemé d’étoiles, subitement rempli par le désir d’explorer jusqu’au bout du monde ! Et mes jambes me traînèrent alors jusqu’à une rue inconnue…

 

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