1/2 Prince T4C8 : Le Journal d’Un Rendez-Vous Galant

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½ Prince Tome 4 : Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 8: Dating Diary – traduit du chinois vers l’anglais par Raylight[PR!]
Chapitre 8 : Le Journal d’un Rendez-Vous Galant – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

« Professeur, vous n’aviez vraiment pas à vous déranger de la sorte… » Avec une tristesse dénuée de larmes, je regardai le Professeur Min Gui Wen, alors qu’il était assis en face de moi.

« Ne vous inquiétez pas. Tant que je peux résoudre les problèmes de mes élèves, un petit service comme celui-ci ne me dérange pas du tout ! » Le sourire de Gui s’épanouit sur tout son visage, pendant qu’il buvait une gorgée de sa boisson.

Jing ! Tu vas vraiment provoquer ma mort ! Je n’aurais jamais pensé que, afin que le Professeur Min sorte avec moi, Jing aurait osé lui raconter un mensonge aussi outrageux. Même moi j’ai trouvé que son histoire était au-delà de toute logique, lorsque je l’avais entendue. Ce qui était encore plus incroyable c’était que le Professeur Min y avait vraiment cru…

Ça s’était passé ainsi : Hier après les cours, Jing m’avait poussée devant le Professeur Min.

« Professeur, nous avons un très grave et pressant problème, et j’espérais que vous pourriez nous aider à le résoudre. » Jing afficha une expression de profonde tristesse et de détresse. À ce moment-là, je ne savais pas vraiment à propos de quoi il fallait se sentir attristé et plein de détresse.

Le Professeur Min, en voyant que cette histoire avait l’air sérieuse, réconforta Jing avec son habituel sourire bienveillant. « Quel est le problème ? Prenez votre temps pour tout me raconter, ne soyez pas nerveuse. »

« En fait, c’est Xiao Lan qui a un problème. Il y a un type qui n’arrête pas d’harceler Xiao Lan. Il la harcèle depuis plus d’un an, mais il refuse toujours de la laisser tranquille. » Les sourcils de Jing se froncèrent, et ses yeux s’emplirent de larmes.

« C’est vrai ? Xiao Lan, est-ce que vous ne souhaitez pas retourner les sentiments de cette personne ? » demanda le Professeur Min.

Cette personne ? Qui est cette personne… ? J’étais complètement perplexe, et je lui retournai un regard vide d’expression.

Jing cria soudainement d’une voix forte : « Regardez, Professeur ! Xiao Lan est tellement terrorisée par le harcèlement de ce gars qu’elle en a perdu l’esprit. »

« Oh. » Le Professeur Min fronça les sourcils. « Pas étonnant que Feng Lan avait récemment eu l’air absente en cours et qu’elle s’enfuyait toujours en vitesse après l’école. »

« … » J’avais l’air absente parce que j’étais intimidée par les journalistes dehors, qui essayaient de te demander où ils pouvaient trouver Prince… Et si je ne me dépêche pas de partir après les cours, certains journalistes dont l’œil est bien trop perçant finiront par remarquer que je ressemble à Prince. Est-ce que ça ne causerait pas ma perte si ça se produisait ?

« C’est exact. Professeur, vous ne savez pas à quel point ce type est effrayant. Xiao Lan lui a dit qu’elle préférerait mourir plutôt que de l’aimer, mais c’était inutile ! Même lui botter le train avec du karaté n’a pas fonctionné. Après ça, tout ce que nous avons pu faire a été de lui dire que Xiao Lan sortait déjà avec un homme parfait, qui était beau, mature, et sur qui elle pouvait compter. Cependant, il a répondu qu’il refusait d’y croire, à moins que… » À ce stade, le visage de Jing commença à montrer des signes de réticence et d’embarras.

« À moins que ? » la questionna le Professeur Min, extrêmement sérieux.

« …À moins qu’il ne voit cet homme de ses propres yeux ! » soupira Jing. « Mais, où pourrions-nous trouver quelqu’un qui nous aide à jouer la comédie ? » Jing secoua sa tête avec désarroi.

Mon expression s’illumina brusquement comme si je venais d’être touchée par l’épiphanie. Je comprends finalement ce que Jing essaie de faire ! Mais, ce mensonge est un petit peu trop gros. N’importe qui avec un brin de jugeote le percerait à jour, alors ne parlons pas du Professeur Min Gui Wen avec son QI de 200 !

« Je comprends. Je vous aiderai à jouer cette comédie ! » Le Professeur Min laissa échapper un sourire.

Ça ne se peut pas ! Professeur Min, où est parti votre QI de 200 ? Je restai bouche-bée, alors que je contemplais le visage sincère du Professeur Min.

« C’est merveilleux, Professeur ! Dans ce cas, demain après les cours, vous pouvez emmener Xiao Lan boire un café ou faire les magasins ou quoi que ce soit. Je me chargerai d’amener l’autre gars, pour qu’il croie enfin aux paroles de Xiao Lan ! » s’exclama joyeusement Jing.

« Ok. » Le visage du Professeur Min affichait toujours le même sourire doux.

Ceci expliquait comment le Professeur Min et moi nous étions retrouvés assis à la terrasse ouverte d’un café, en buvant une tasse de café sans aucune raison apparente. Je continuai d’éprouver des doutes quant à savoir si le Professeur Min avait réellement cru en l’histoire de Jing ou non.

« Élève Feng Lan, pourquoi est-ce que cette personne n’est pas encore arrivée ? » Le Professeur Min affichait un sourire.

« Je, je l’ignore également… » Il vaudrait mieux que cette personne existe ! Je maudis Jing, dont la situation actuelle était inconnue, dans son dos.

Le visage du Professeur Min devint soudainement sérieux, et il soupira. « Élève Feng Lan, je ne pense pas que cette personne va venir, n’est-ce pas ? Ou plutôt, cette personne n’existe même pas. »

« Vous saviez ? » m’exclamai-je surprise. Puisqu’il connaissait la vérité, pourquoi a-t-il quand même accepté de venir avec moi ?

Le Professeur Min afficha un sourire forcé. « Depuis que j’ai commencé à enseigner, j’ai entendu toutes sortes de raisons pour m’inviter à un rendez-vous. Toutefois, la raison que vous avez mise sur pied toutes les deux était la plus exagérée. »

En entendant cela, je ne pus que sourire bêtement. Voilà qui a plus de sens !

« Élève Feng Lan, je dois vous avouer que j’ai déjà quelqu’un dans mon cœur, donc… » Le Professeur Min afficha brusquement une expression gênée. « Donc, j’ai bien peur de ne pas pouvoir accepter vos sentiments. »

Je restai assise là, stupéfaite pendant un moment, avant de réaliser qu’il avait cru que la raison pour laquelle je l’avais invité était que je voulais lui déclarer ma flamme.

« Élève Feng Lan, n’en soyez pas trop bouleversée. J’aime réellement déjà quelqu’un. Ce n’est pas que vous ne soyez pas assez bien… » Le professeur Min avait probablement vu mon expression pétrifiée et avait commencé à paniquer tout en essayant de s’expliquer de toutes ses forces.

« Pfft ! » Je ne pus m’empêcher de rigoler. Ce n’est pas de ma faute. Lorsque le Professeur Min est troublé, il a soudainement le regard idiot de Gui. Voir le Professeur Min, dont l’apparence est  raffinée et sérieuse, et qui porte des lunettes et une chemise blanche, mais qui révèle soudainement une expression idiote, c’est vraiment trop drôle.

« Pourquoi riez-vous maintenant ? Les femmes de nos jours sont vraiment difficiles à comprendre », murmura Gui pour lui-même.

« Est-ce que la personne pour qui vous avez le béguin est Prince ? » Je voulus soudainement entendre le Professeur Min le révéler à voix haute dans la vraie vie, en tant que lui-même.

« Oui, c’est Prince. » Même s’il voulait feindre d’être calme, le visage de Gui rougit tout de même légèrement, et il avait l’air embarrassé.

Après un instant de silence, je laissai soudainement échapper une question : « N’allez-vous pas le regretter ? Prince est un homme. »

Quand il entendit ma question, l’expression de Gui se fit soudainement pleine de profondeur. « Le regretter… ? Prince est comme une rose avec des épines. Si dans un premier temps j’avais eu connaissance de ses épines, alors peut-être que je ne l’aurais pas cueillie. Toutefois, j’ai déjà ramassé cette rose, senti sa fragrance et vu sa beauté. Si je la posais maintenant, la souffrance que mon cœur devrait supporter serait plus intense que la blessure de ma main ensanglantée, lacérée par ses épines. Par conséquent, je ne peux la reposer. »

Après un long moment, le regard intense de Gui s’estompa, et il me regarda avec un visage rouge. « Désolé, ça a dû vous sembler étrange. » dit-il

Souriante, je secouai la tête et déclarai solennellement : « Professeur, promettez-moi une chose, comme ça nous pourrons en finir ici aujourd’hui. »

« Quoi donc ? » Gui tremblait visiblement de peur.

Avec des yeux brillants, je désignai le menu et annonçai : « Pourriez-vous, s’il-vous-plaît, m’offrir une assiette de spaghettis aux moules avec une sauce au vin blanc et au bortsch1 2 ? »

« Hein ? »

Ainsi, après avoir mangé autant de spaghetti que je le voulais, le Professeur Min paya l’addition avec perplexité, et mon rendez-vous avec lui se finit sur une note satisfaisante.

 

 

Cette nuit, Jing et Yun me traînèrent dehors avec excitation

« Où est-ce qu’on va ? » demandai-je fébrilement.

« Qu’est-ce que tu racontes encore comme bêtises ? Nous allons à ton prochain rendez-vous, bien sûr », aboya Jing avec colère.

« Oh… »

« Par ici ! » Jing se cacha derrière un réverbère, pointant son doigt vers grand-frère Zhuo qui se tenait non loin de là. « Xiao Lan, j’ai dit à Zhuo Ling Bin que tu avais vraiment envie de visiter le marché nocturne3, mais que je n’avais pas le temps de t’y accompagner. Alors, je lui ai demandé d’y aller avec toi à ma place. Compris ? »

« Compris. »

« Allez, dépêche-toi de le rejoindre ! Souviens-toi de comparer les deux possibilités. » Yun me poussa soudainement de derrière le réverbère. Je n’eus d’autre choix que de m’avancer vers grand-frère Zhuo.

« Tu es là, Xiao Lan. » Grand-frère Zhuo me sourit.

« Ouais. » J’hochai la tête.

« Par quel stand veux-tu commencer ? Ou veux-tu manger quelque chose en premier ? » demanda grand-frère Zhuo, plein de considération.

« Manger. » Je n’ai jamais eu l’intention de faire les magasins, donc je peux uniquement dire que je veux manger. Ce n’est vraiment pas parce que je suis une gloutonne !

À la fin de notre promenade, je tenais du poulet rôti dans ma main gauche, du thé rouge dans ma main droite, et je mâchais les frites que je venais d’enfourner dans ma bouche… Grand-frère Zhuo m’aidait même à tenir les kebabs au poulet et les escargots à la liqueur.

« Est-ce que tu veux manger autre chose, Xiao Lan ? » s’enquit attentivement grand-frère Zhuo.

Je secouai la tête et désignai un banc du parc non loin de nous. « Allons simplement nous asseoir là-bas et prendre notre temps pour manger. »

« D’accord. »

Pendant que je travaillais sur la nourriture, je repensai à ce que m’avait dit ma mère. Elle a dit que grand-frère Zhuo m’aimait ? Hum… Il faut que je le lui demande. Pensant à cela, j’ouvris la bouche distraitement pour le questionner : « Grand-frère Zhuo, est-ce que tu es amoureux de moi ? »

Le corps de grand-frère Zhuo se figea de façon assez notable. Il tourna lentement son visage pour me faire face, ses yeux remplis d’incertitude quant à savoir s’il devait se sentir heureux ou désarmé. Il garda le silence pendant un très long moment. Finalement, il ne dit que ça : « Oui, je t’ai aimé tout ce temps, ces huit dernières années. »

Huit ans ? Mon cœur manqua un battement. Est-ce qu’il m’aime vraiment depuis aussi longtemps ?

« Tu m’as aimé pendant ces huit dernières années ? Est-ce que j’en vaux la peine ? »

« Bien sûr. » Grand-frère Zhuo répondit sans aucune hésitation.

« Mais, je ne sais pas si je t’aime ou non… Je n’arrive pas à me décider. » En voyant que grand-frère Zhuo en était clairement abattu, je me sentis un peu perdue et ne sus pas quoi faire. Est-ce que ce n’est pas extrêmement injuste pour grand-frère Zhuo ? Huit ans… C’est un fardeau tellement lourd que le simple fait d’en entendre parler me coupe le souffle.

« Ne t’inquiète pas, je t’attendrai. » Grand-frère Zhuo répondit avec une autre phrase simple.

J’hésitai un peu. « Tu… ne le regrettes pas ? Peut-être, peut-être que je… »

Grand-frère Zhuo se leva, son dos tourné vers moi, et il utilisa un ton rêveur que je ne l’avais jamais entendu prendre auparavant. « Le tournesol fait toujours face au soleil sans regrets ni complaintes. Face à la pluie ou au vent, il attend toujours le sourire chaleureux de son soleil. Même si le temps passé à attendre celui-ci est douloureux, le tournesol n’a jamais rien regretté et ne le regrettera jamais. »

En observant la large silhouette solitaire de grand-frère Zhuo, je réalisai tout à coup que ses oreilles étaient aussi rouges que des tomates totalement mûres.

« Le tournesol, hum ? » Je mâchai rapidement ma nourriture, sans faire attention à son goût.

 

 

« Qu’as-tu pensé des rendez-vous d’hier ? » me demandèrent Jing et Yun le jour suivant, avec leurs yeux grands ouverts d’excitation.

« Pas mal du tout. » Je me grattai la joue.

« Alors, comment sont les chances des deux partis ? » Yun mourrait d’envie de le savoir.

« Hum… Du côté d’un des partis, malgré le fait qu’il n’ait payé qu’une seule fois, le prix de cette unique fois était assez significatif, et m’a laissé avec un arrière-goût infini. Du côté de l’autre parti, il a payé de façon continue. Même si les prix de ce qu’il a payé à chaque fois étaient faibles, et même si le goût était inférieur au cas précédent, la totalité combinée était tout à fait remarquable », dis-je en accord avec les faits.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » s’enquit Yun avec perplexité.

Frappant Yun sur la tête, Jing expliqua : « Gros béta, tu ne peux même pas comprendre une métaphore ? La signification est la suivante : bien que le Professeur Min l’aime depuis seulement peu de temps, il est tombé amoureux d’elle même s’il pense que Xiao Lan est un homme. Ce sacrifice est, bien entendu, très impressionnant. En plus, l’amour du Professeur est aussi passionné que le feu. Ainsi, il laisse un arrière-goût persistant. Au contraire, l’amour de Zhuo Ling Bin est aussi doux que de l’eau. Cependant, il est également semblable à un courant lent et stable. Ses sacrifices continus ne sont pas aussi impressionnants que le sacrifice du Professeur, mais quand tu prends en compte le temps total qu’il a passé à aimer Xiao Lan, les sacrifices qu’il a faits n’en sont pas moins significatifs que celui du Professeur. Est-ce que tu saisis ? »

« Ok, j’ai compris maintenant », réalisa Yun avec une expression de soudaine compréhension.

« Oui. N’est-ce pas Xiao Lan ? » demanda Jing fièrement, en voulant fanfaronner.

« Non… Je parlais de la nourriture. » Je me grattai la tête.

« La nourriture ? » Jing et Yun me fixèrent avec des yeux grands ouverts.

J’acquiesçai d’un signe de tête comme si c’était l’explication la plus naturelle qui soit. « Ouais, même si Gui m’a seulement payé un plat de spaghettis avec une sauce aux moules et au vin blanc et une assiette de borsht ; le prix du repas était au-dessus de huit cents dollars 4. C’était vraiment très cher, et les spaghettis étaient tellement délicieux que j’ai continué à conserver le souvenir du goût après coup. Quant aux friandises du marché nocturne avec Grand Frère Zhuo, même si elles n’étaient pas aussi délicieuses que les spaghettis, il y en avait une grande variété. J’ai vraiment mangé à satiété, donc le coût total ne doit pas être moins élevé que ce que m’a offert Gui. »

« … » Pour des raisons qui m’étaient inconnues, de la mousse se forma au coin de leurs bouches. Puis, ils me dévisagèrent avec des yeux blancs grands ouverts.

Finalement, Jing conclut : « Quiconque tombera amoureux de toi sera maudit pendant les huit prochaines générations. »

Achoum ! À deux endroits différents, Min Gui Wen et Zhuo Lin Bin éternuèrent simultanément.

Est-ce que quelqu’un est en train de me maudire ? Pensèrent-ils tous les deux au même instant.

Notes de bas de page

1 Des spaghettis avec une sauce aux moules et au vin blanc : Cela ressemble à cela : http://i2.dpfile.com/2008-10-09/1031423_b.jpg. Et voici la recette (en anglais) pour ceux qui sont intéressés (et qui savent cuisiner) : http://www.foodnetwork.com/recipes/giada-de-laurentiis/spaghetti-with-clams-recipe/index.html

2 Borscht: Une soupe d’origine ukrainienne qui est populaire dans de nombreux pays d’Europe de l’Est et d’Europe Centrale. C’est habituellement fait avec des betteraves et/ou de la tomate, ce qui donne une couleur rouge-violette. Pour plus d’informations (en anglais), voici le lien : http://en.wikipedia.org/wiki/Borscht

3 Marché Nocturne : Aussi connus sous le nom de bazars nocturnes, ce sont des marchés qui ont lieu la nuit et qui sont généralement organisés de façon à ce qu’on puisse se promener, faire les courses et manger d’une manière plus décontractée que dans les marchés pendant la journée.

4 Huit cent dollars : Ici la monnaie utilisée est le Nouveau Dollars Taiwanais, pas les dollars américains. 800 NDT est équivalent à environ 26 Dollars. (valeurs de décembre 2010)

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