1/2 Prince T5C5 : Les Broutilles Quotidiennes d’un Homme

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½ Prince Tome 5 : Un Prince N’Existe Plus

Roman original par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 5: A Man’s Daily Trifles – traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 5 : Les Broutilles Quotidiennes d’un Homme – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ Travail de vérification par Nocta

« Il va vraiment y avoir une mise à jour… » Je réprimai la nervosité qui serrait mon cœur et me préparai à me connecter pour accueillir cette soi-disant nouvelle mise à jour.

La mentionner me rappela le jour où Neurotic et DanDan nous avaient suivis jusqu’à la Cité de l’Infini pour y jeter un coup d’œil. Sur le chemin, ils n’avaient pas cessé de jeter des regards émerveillés en direction de la Cité de l’Infini, faisant ses louanges ainsi que les miennes. Mon cœur débordait de fierté, mais je ressentais également un pincement d’embarras en voyant qu’on me lançait des fleurs qui n’étaient pas méritées. À la fin, je n’avais pas pu m’empêcher de demander : « Neurotic, on va bientôt recevoir la grande mise à jour. Ça ne risque pas de vous poser de problèmes à tous les deux, si vous vous trouvez toujours sur le Continent Central à ce moment-là ? »

Neurotic s’était gratté le visage et avait répondu : « Bien sûr que ça pose problème ! D’ailleurs, il est temps de retourner à la maison et de nous préparer à attaquer les cités !  Notre groupe n’a pas arrêté de nous appeler sur notre portable, et ils sont à deux doigts de placarder des avis de recherche. »

« Vous ne trouvez pas que ça restreint votre liberté ? » avais-je demandé, légèrement agité. Sans même attendre sa réponse, j’avais commencé à murmurer : « Par le passé, notre équipe allait où bon lui semblait et faisait ce dont elle avait envie. Tout le monde me traitait comme un ami, voir un petit frère. Mais, maintenant, ils n’arrêtent pas de m’appeler “Suzerain” et “Votre Majesté”, et la dernière fois ils se sont même agenouillés pour me jurer fidélité… Ça me rend si, si… »

« Pas encore habitué, hein ? » avait déclaré Neurotic avec simplicité, les deux mains croisées derrière sa tête.

« Oui, quand nos amis se transforment en subordonnés, on se sent vraiment seul », avais-je murmuré.

« Mais, ils restent tes amis. Si tu es plus attentif, tu réaliseras qu’en fait personne n’a changé. » Neurotic m’avait alors regardé avec une expression sérieuse.

« Ah bon ? » avais-je répliqué, perplexe.

« Oui », affirma Neurotic, en me fixant avec un air de confiance absolue.

J’avais tout de même soupiré, toujours confus. Neurotic m’avait frotté la tête de sa large main et m’avait décoiffé, comme s’il réconfortait un enfant du voisinage. Tout en s’exécutant, il avait rétorqué : « C’est vraiment dommage que je n’aie pas pu te voir dans toute la splendeur de ta gloire ce coup-ci. J’espère que la prochaine fois qu’on se croisera, tu auras mis de l’ordre dans ta tête. »

« J’espère… »

M’extirpant de ce flashback, je soupirai. Ce fut en m’étant résigné à mon destin que j’enfilai mon casque de jeu et que je me connectai à Second Life.

Une fois que j’eus ouvert les yeux, médusé, je regardai Lolidragon qui se tenait devant moi. Dans ses mains, elle tenait un seau d’eau anormalement grand qui ne contenait pas d’eau, car… celle-ci ruisselait intégralement sur mon corps. L’eau s’écoulait le long de mes cheveux soyeux, désormais trempés et collant à mes joues. Mes habits, élégants à l’origine, étaient également dégoulinants et, si j’enlevais mes chaussures, il y avait quatre-vingts pour cent de chance qu’il s’y trouve assez d’eau pour que je puisse y élever un poisson rouge.

Impassible, je la questionnai. « Qu’est-ce que tu fabriques ? »

Lolidragon me répondit sur un ton sérieux et solennel : « Mes excuses, je souhaitais passer la serpillière sur le sol, mais ma main a glissé, et toute l’eau a atterri sur toi. Mais, ne t’en fais pas, j’étais sur le point d’aller prendre un bain, et l’eau du bain est déjà prête. Donc, tu peux immédiatement aller prendre un bain et profiter de l’eau chaude. »

« … »

« Ne sois pas timide, dépêche-toi d’aller te laver ! Si l’eau se refroidit, te baigner ne sera pas aussi confortable », continua de me presser Lolidragon.

« Tu veux qu’on aille se laver ensemble ? » lui suggérai-je.

En entendant ma question, les yeux de Lolidragon se mirent immédiatement à briller comme deux diamants de dix-carats. « Je peux ? Dans ce cas, je ne vais pas décliner ! »

« Bien sûr… que non ! » répondis-je férocement.

Lolidragon pinça les lèvres de déplaisir. « Bien, vas te laver tout seul, alors. »

Sans un mot, je récupérai une corde dans mon sac à dos et entrepris d’attacher Lolidragon à un pilier. Pendant toute l’opération, elle s’exclama : « Hé, qu’est-ce que tu fous ? Pourquoi tu m’attaches ? »

Après m’être assuré que les cordes étaient bien en place et que Lolidragon ne pouvait s’échapper par aucun moyen, j’abaissai quatre doigts de ma main pour ne laisser que le majeur et le brandis sous ses yeux. « Tu ferais mieux de ne pas t’imaginer que je ne connais pas ton plan de me mater pendant que je prends mon bain, Lolidragon. Espèce de nympho. Tu devrais rester ici et garder tes mots doux pour ce pilier jusqu’à ce que j’aie fini de prendre mon bain. »

« Tu te trompes, je n’avais pas l’intention de t’espionner dans le bain, je le jure ! Viens vite m’aider à détacher ces cordes ! » Je pouvais entendre Lolidragon crier dans mon dos, comme je traversais le Grand Hall.

« Aahh, mais je le fais pour ton bien. Tu as peur de devoir laver ta petite ***, n’est-ce pas ? Je peux t’aider ! » Je lui fis à nouveau le doigt d’honneur en entendant ça. « Grrrr, comme si me laisser te voir un moment te tuerait. C’est rare que, moi, la grande Lolidragon, je souhaite vraiment voir ta petite ***. » Tout en écoutant ce langage cru provenant de Lolidragon, je continuai de marcher vers la sortie du Grand Hall, sans un regard en arrière.

« La salle de bain. Où est la salle de bain ? » Je frissonnai, alors que je cherchais la salle de bain où je n’avais encore jamais mis les pieds. On dirait que cette mise à jour a changé le jeu pour être encore plus proche de la réalité cette fois. Non seulement je suis trempé comme une guenille, mais en plus je ressens réellement le froid.

C’est là ! Je lus les trois mots géants Salle de Bain et me précipitai joyeusement à l’intérieur. Comme je contemplais la porte de la salle des hommes à gauche et celle de la salle des femmes sur la droite, j’hésitai un moment. Je devrais aller dans quelle salle de bain, celle des hommes ou celle des femmes ? Puisque je suis dans le jeu, je devrais aller dans celle des hommes, non ? Sans plus y penser, je poussai arrogamment la porte principale et me baladai dans cette pièce réservée aux hommes à grandes enjambées.

« Est-ce que notre suzerain vient également prendre son bain ? Dépêchez-vous d’entrer dans l’eau, c’est vraiment agréable. » Un Kong Kong entièrement nu me faisait signe de la main. Je lui souris stupidement, mes yeux fixés sur la partie supérieure de son corps, refusant absolument de lorgner plus bas.

Je déglutis et fixai le groupe d’hommes élégants en train de se baigner… Nan Gong Zui était incliné sur le bord de la gigantesque baignoire, les yeux fermés. En m’entendant arriver, il ouvrit les yeux et me sourit. Combiné avec ce corps fin, ce torse et ses épaules musclées, je me sentis fondre de façon incontrôlable. Broken SwordNon, non, non, je ne peux plus le mater comme avant. Sans déconner, c’est le mari de ma cousine, comment est-ce que je pourrais profiter de lui comme ça ?

Sunshine est si mignon ! J’ai déjà vu Kenshin. Le corps de grand frère Wolf est intégralement couvert de poils, je ne peux pas voir grand-chose. Quant à Heartless Wind, je l’ai déjà vu quand j’étais enfant, donc rien d’intéressant à regarder… Mes yeux balayèrent la pièce de gauche à droite, puis repassèrent de droite à gauche. La salive dégoulinant de ma bouche était à deux doigts de ressembler à une cascade. Oh mon Dieu ! Est-ce qu’il est possible que je sois semblable à Lolidragon, et que nous soyons toutes les deux des perverses ?

« Joli garçon, pourquoi es-tu en train de rêvasser ? Tu es complètement trempé. Dépêche-toi d’enlever tes fringues et de venir dans le bain, ou tu vas attraper la crève. J’ai entendu dire que, suite à la mise à jour de Second Life, les joueurs peuvent aussi tomber malade. » Western Wind entra à son tour dans la salle de bain et était tout aussi nu de la tête aux pieds. La seule différence était qu’on était au beau milieu de la journée et qu’« il » était en fait « elle »… Comme c’est malaisant. Elle est en train de balancer sa poitrine, qui est plus grosse que la mienne de deux bonnets, sous mon nez. C’est comme si elle se moquait de moi.

Dans tous les cas, je détournai la tête pour observer les organismes mâles dans la piscine, et environ quatre-vingt-dix pour cent d’entre eux se tenaient le nez… Vraiment ? C’est vraiment possible que Second Life soit réaliste au point qu’on puisse même aller jusqu’à saigner du nez ?

« Hé, joli garçon, tu saignes du nez », mentionna Western Wind sans délicatesse.

Hein ? Je passai ma main pour essuyer mon nez, et une tache de sang apparut dans ma paume. Mon Dieu, j’ai maté des garçons jusqu’à en saigner du nez ? « Mais, mon gars, je crois que tu saignais déjà avant de me voir. » Il regarda les hommes dans l’eau, puis sourit avec malice. « Mon gars, tu sembles avoir des goûts vraiment bizarres. »

Après que Western Wing eût déclaré ça, je vis du coin de l’œil que tout le monde dans la grande baignoire avait plongé son corps plus profondément dans l’eau et ne cessait de me regarder comme si chacun d’entre eux avait été violé.

« Prince, espèce d’enfoiré ! Je n’en reviens pas que tu aies vraiment osé m’attacher à un pilier pour être le premier à profiter de la vue ! » rugit Lolidragon en dégommant la porte d’entrée de la salle de bain, puis, à l’instar des miens, ses yeux naviguèrent de gauche à droite et vice-versa. Toutefois, contrairement à moi, elle eut un saignement de nez comparable à deux cascades.

« C’est vraiment troooooop nourrissant pour les yeux. » Lolidragon avança vers l’immense baignoire, tout en salivant et en examinant intensivement les corps séduisants qui s’y trouvaient comme si elle choisissait un morceau de porc. Si elle n’avait pas craint de les effrayer et de les faire fuir, je pense qu’il y aurait eu de fortes chances qu’elle plonge la tête dans l’eau pour les examiner de plus près.

En fin de compte, je traînai Lolidragon jusqu’à l’extérieur de la pièce, alors que les visages des garçons étaient très pâles. Après quoi, je vis des hommes habillés à la hâte s’enfuir de la salle de bain.

Pour une certaine raison, personne ne sembla s’intéresser à l’incomparable et luxueuse salle de bain pour hommes à partir de ce jour. J’étais le seul qui m’y rendais à l’occasion et faisais trempette dans ses eaux après avoir enchaîné Lolidragon et l’avoir jetée en prison.

En parlant de ça, une fois que la masse d’hommes se fût évaporée, je monopolisai la salle de bain toute entière. Après un bain confortable, je pris subitement conscience d’un problème urgent, et c’est pourquoi je m’attelai à la recherche d’une personne pouvant m’aider à le régler.

« Wicked, tu es enfin en ligne. » Je me précipitai devant lui, la respiration haletante, et le regardai avec une expression incomparablement émue.

Wicked me retourna mon regard, tout sourires. « Tu avais hâte de me voir ? »

« Ouais, c’est hyper urgent. » Sans perdre un moment de plus, je le tirai et commençai à courir.

Nous courûmes jusqu’à une pièce vide. Ensuite, je verrouillai la porte derrière moi, puis je posai les mains sur les épaules de Wicked, en le fixant avec l’expression la plus sérieuse au monde.

Wicked rougit, un peu nerveux, et s’enquit sur un ton prudent : « Quel est le problème, Xiao Lan ? »

« C’est un très gros problème. » J’ouvris la bouche et articulai avec une incomparable précaution : « Grand frère Zhuo, apprends-moi vite comment les gars font pour pisser. »

« C’est… »

« Apprends-moi vite, d’accord ? Je me retiens depuis trop longtemps. » Je le pressai, en souhaitant lui montrer quelques larmes et en étant pourtant incapable de le faire.

Wicked m’adressa une expression embarrassée et bégaya : « T-Tu n-n’as qu’à descendre ta braguette, et puis… euh, t-tu… tu sors ta chose, tu la tiens, et tu vises… »

« Oh, d’accord. Alors, je m’en vais aux toilettes. » J’avais déjà pratiquement passé la porte et courrais en direction des toilettes, ignorant grand frère Zhuo qui se lamentait, angoissé : « Dire que je lui ai appris ça… ! »

Je me précipitai dans les toilettes et suivis les instructions de grand frère Zhuo, pas-à-pas. Enfin, je fus soulagé de cette agonie qu’était de devoir me retenir. Et, après ça ? J’étais à nouveau dans une situation délicate, ignorant comment la résoudre, car j’avais oublié de demander les étapes qui suivaient l’acte en lui-même.

« Remets-la en place, tire ta braguette vers le haut, et t’auras fini. » Une voix salvatrice vint d’à côté, mais je restai hésitant et regardai ma main innocente ainsi que le petit *** sur lequel je n’avais pas osé poser les yeux durant toute la durée de l’opération. Je dois utiliser ma main pour toucher cette chose ? Beurk, rien que d’y penser, c’est déjà assez effrayant. Cependant, je ne peux absolument pas la laisser pendre ainsi, non ? Rassemblant ma détermination version « fais-le ou crève », je bougeai ma main droite et « le » replaçai à la vitesse de la lumière, comme si y toucher plus longtemps allait faire fondre ma main.

Pffiou… Au moins, j’ai pu régler cet énorme problème. Sauf que, là, je dois me laver les mains avec vigueur. Même s’il s’agit de mon propre ***, c’est assez dégoutant. Je fronçai les sourcils, fixant des yeux la main qui avait tenu mon petit *** dans son creux.

« Stupide sœurette, même ranger ton petit *** te donne une tête de martyr qui s’apprête à mourir. Je ne sais pas comment tu vas réussir à te faire passer pour un gars dans le futur. » La voix de Heartless Wind retentit à nouveau.

Le visage impassible, je tournai la tête pour le regarder, mais il ne me rendit pas mon regard, se contentant de remettre tranquillement sa braguette en place, avant de courir se laver les mains dans l’évier. Je m’y rendis également pour laver mes mains calmement, tout en demandant avec impuissance : « Quand l’as-tu découvert ? »

« Durant la Cérémonie de Loyauté. Ton expression capricieuse était exactement la même que dans la vraie vie », me répondit nonchalamment Heartless Wind. Je pense que le choc qu’il avait reçu en découvrant la vérité était probablement moins pénible que celui qu’il recevait lorsqu’il se levait le matin et trouvait un bouton sur son visage.

« Oh. » Il était temps qu’il le découvre. Tous ceux qui savaient que j’étais une travestie avaient déjà compris mon identité, sauf mon frère qui connaissait pourtant ce fait en premier… S’il n’avait pas été capable de s’en rendre compte, je pense que j’aurais réellement été obligée de l’emmener faire un diagnostic approfondi de la partie de son cerveau qui permet de reconnaître les gens, car il y aurait vraiment eu un problème avec celle-ci.

Heartless Wind ne put se retenir de dire : « Mais, franchement, tu ne sembles pas toi-même ces derniers temps, sœurette. Tu as l’air vraiment perdue, ce qui ne va pas du tout avec ta personnalité, celle qui consiste à agir en premier et à penser après. »

« Arrête de me harceler, maintenant. Je suis une personne d’importance avec de nombreux soucis ! » lui rétorquai-je avec ressentiment, en entendant les mots francs de mon frère.

« Bien sûr, bien sûr, tu es une personne d’importance », admit Heartless Wind d’un ton à demi convaincu.

J’étais énervée et prête à répliquer…

« Mais, quand même. La stupide grande sœur qui n’utilise pas son cerveau est bien plus mignonne. » Heartless Wind joignit les mains derrière sa tête et sortit avec nonchalance.

Je pensai soudainement à quelque chose : « Yang Ming, ne parle pas aux autres de mon identité. »

« Ok, ok », répondit Heartless Wind sans un regard en arrière.

« Espèce de sale tête de cochon, tu ne peux pas simplement admettre que tu te soucies de moi ? Tu as cette personnalité maladroite, exactement la même que la mienne », me murmurai-je avec un large sourire, mais seulement quand mon frère fut hors de ma vue.

« J’ai du mal à croire que ton frère ait un côté comme ça, je pensais même qu’il n’était qu’un dragueur qui cherchait à se faire tabasser », déclara Lolidragon, alors qu’elle sortait d’une des cabines comme si de rien n’était, dès que Heartless Wind eût disparu.

Je secouai la tête. « Le fait qu’il possède ce côté ne me surprend pas vraiment. En revanche, je suis curieux de la raison qui t’a poussée à venir dans les toilettes des hommes, Lolidragon. »

En riant, Lolidragon déclara, le visage empreint d’innocence : « Je vais aux toilettes. »

J’articulai froidement : « Si je me souviens bien, les toilettes des femmes et celles des hommes sont situées à des côtés opposés du couloir, non ? »

« Oh… » Lolidragon se gratta la tête, et, après avoir jeté un coup d’œil à la partie inférieure de mon corps, ses yeux révélèrent sa déception. J’ignorais si j’avais correctement réussi à lire sur ses lèvres, mais je gardais la nette impression que Lolidragon était en train de marmonner, dans un langage obscène, quelque chose du style : « Comme si me laisser y jeter un léger coup d’œil t’aurait tué… »

Accompagné d’un « humph », j’eus l’intention de partir, histoire de mettre de la distance entre moi et cette espèce de perverse.

« Ok, ok, j’arrête de te taquiner. Je te cherchais pour te parler de choses sérieuses », se dépêcha de dire Lolidragon.

« À propos de quoi ? » la questionnai-je, méfiant.

« Prends ça. » Lolidragon me jeta quelque chose. Je l’attrapai facilement, regardai ma main et vis qu’il s’agissait d’une pierre précieuse. J’étais sur le point de lui demander ce que c’était, mais elle avait déjà ouvert la bouche et commencé à expliquer.

« C’est la récompense pour avoir tué Celestial. Par ailleurs, avec le personnel de la société, nous avons été bien occupés ces derniers jours, mais nous n’avons pas trouvé ce qu’était le problème, donc nous ne pouvons que te récompenser avec le butin et l’expérience avant de pouvoir faire quoi que ce soit. » Lolidragon paraissait inquiète, ce qui était fort rare.

Remarquant que Lolidragon venait de sortir de son personnage, j’eus l’impression que le sujet était très grave. Je ne vérifiai même pas la quantité d’expérience gagnée, et m’empressai de l’interroger : « C’est très sérieux ? Peut-être qu’il ne s’agit que d’un léger bug ? Après tout, chaque jeu en a. »

L’expression de Lolidragon se modifia, passant d’anxieuse à légèrement relaxée. « C’est possible que ce ne soit que ça. Peut-être que je m’inquiète trop. »

J’agrippai l’épaule de Lolidragon et me moquai d’elle : « De toute façon, tu n’es qu’une petite GM cachée, tu n’as pas à te soucier autant de tout ça. Dans le pire des cas, tu n’as qu’à changer de boulot. »

Lolidragon laissa échapper un petit grognement et changea de sujet en me donnant une claque sur l’épaule. « Va vite dans le grand hall, tout le monde t’attend. »

« On m’attend ? » J’étais quelque peu étonné. De quoi voulaient-ils me parler ?

« Ouais. Suite à ton départ protestataire, tout le monde a réfléchi et souhaite discuter avec toi pour trouver un moyen de résoudre ton problème », déclara Lolidragon.

J’affichai une expression de culpabilité. Je suis parti sur un coup de tête, et Doll s’est fait kidnappée à cause de moi. À la fin, ça n’a été que grâce aux efforts de tout le monde que nous sommes venus à bout de ce problème. Et, maintenant, tout le monde affirme avoir fait une introspection profonde ? Je soupirai. La seule personne qui en ait réellement besoin, c’est moi-même.

Sans attendre de réaction de ma part, Lolidragon me donna une nouvelle claque sur l’épaule. « À quoi tu penses ? Contente-toi de t’y rendre en vitesse. »

Prononçant un « Oh », j’effectuai des pas pesants le long des corridors. Et, même si je m’étais déjà rendu de nombreuses fois dans le grand hall, je sentais mon cœur s’affoler, comme si de grosses pierres tambourinaient dans mon estomac.

Plus je me rapprochais du Grand Hall, plus je me sentais anxieux. Enfin, après avoir tourné une derrière fois, je me retrouvai dans le couloir qui menait directement au Grand Hall. Toutefois, mes pieds s’arrêtèrent à cause de ma nervosité. Peut-être que je devrais d’abord penser à comment je vais m’excuser auprès de tout le monde ? Et, j’espère qu’ils pourront tous comprendre que je préférerais qu’ils me traitent de la même manière qu’ils le faisaient par le passé.

Au moment où mon cerveau était sur le point d’exploser à cause de sa suractivité, une voix glaciale brisa le silence du couloir. « Prince ? » me demanda-t-elle avec l’indifférence d’une machine.

J’étais abasourdi pendant un moment, puis je répondis par réflexe. « Oui… ? »

Après avoir parlé, je réalisai que quelque chose clochait. L’interlocuteur ne répondit pas, et une lueur argentée anormale apparut. Grâce à l’expérience accumulée suite aux tentatives d’assassinats de Western Wind, je glissai sur le côté par réflexe, et ensuite regardai derrière moi. Comme je m’y attendais, la lueur argentée provenait d’une dague dans la main de quelqu’un.

J’examinai plus attentivement le propriétaire de la dague. Il s’agissait d’une femme, possédant un visage délicat, et qui était vêtue d’un justaucorps noir. Cependant, comme elle portait un masque, sa véritable identité demeurait protégée. Ses deux magnifiques yeux n’affichaient aucune expression et, sans même que la femme eût prononcé le moindre mot, la dague se déplaça à une vitesse ahurissante, menaçant de nouveau ma vie.

Je criai, choqué, et n’eus pas le temps de dégainer mon Dao Noir. Je ne pus qu’esquiver sur le côté pour protéger ma misérable vie. Me retournant pour regarder, je pensai, Oh mon dieu ! Qu’est-ce que c’est que cette dague mortelle ? Comment peut-elle être si rapide ? La pensée avait à peine traversé mon esprit que mon corps s’était déjà déplacé d’une dizaine de centimètres sur le côté, mais la dague frappa quand même mon épaule. Je grognai de douleur.

Cependant, je ne l’avais pas laissée me poignarder en vain. Mon point droit vola et lui frappa violemment le nez qui laissa échapper un son d’os brisé que j’entendis avec une intense satisfaction.

Profitant du répit obtenu après lui avoir cassé le nez, j’essayai immédiatement de sortir mon Dao Noir. La lame n’était qu’à moitié hors de son fourreau, quand la femme-assassin posa de nouveau son regard sur moi. La dague se dirigea encore une fois dans ma direction, comme si la femme n’avait été que légèrement poussée, et que son nez n’eût pas été cassé : le nez étant la partie la plus vulnérable du corps humain et, une fois blessé, pouvant pourtant procurer un tel niveau de douleur que certaines personnes préféreraient mourir.

Je ne pus employer que la moitié sortie de mon Dao Noir pour bloquer la dague, mais j’en profitai en même temps pour lancer ma jambe gauche vers la femme-assassin. Néanmoins, elle semblait préparée à ce coup. Alors qu’elle sautait, la dague qu’elle tenait dessina un autre arc dans ma direction. J’avais, à cet instant-là, réussi à sortir complètement mon Dao Noir de son fourreau et, en me tournant, évitai parfaitement la dague qui arrivait. Au même moment, je découvris que la force de la femme-assassin était anormalement élevée. Ma main tremblait violemment. Se pourrait-il que cet assassin ne soit pas une voleuse mais une guerrière ? Mais, sa vitesse est tout aussi effrayante.

Des ombres et des sons provinrent de l’autre bout du couloir. Je regardai par là et vis que c’était la foule qui m’attendait dans le Grand Hall. Ils semblaient avoir réalisé que quelque chose n’allait pas et avaient décidé de venir vérifier ce qu’il se passait. Je me sentis alors soulagé.

La femme avait également remarqué le bruit du groupe. En fait, elle révéla même un léger sourire étrange, un peu effacé. En se servant de cette voix qui sonnait comme un robot, elle déclara : « Ne pense pas qu’ils peuvent te sauver, tu dois mourir. »

Je lâchai un profond soupir. Est-ce que moi, une jeune fille mignonne de vingt ans, j’aurais commis un acte si impardonnable que ça l’ait rendue à ce point déterminée à me tuer ?

Une fois qu’elle eût fini de parler, la femme-assassin n’hésita pas. Deux dagues rutilantes vinrent une nouvelle fois faire un vol plané vers moi. Je rugis un coup, et, après une espèce de roulade hyper moche comme le ferait un chien, ma main gauche reçut une longue estafilade.

Étendu sur le sol, je crachai à deux reprises le sang qui avait envahi ma bouche, puis tournai la tête vers la femme. Je m’étais déjà préparé à être tué ; toutefois, je m’aperçus que plusieurs flèches transparentes avaient forcé l’assassin à battre en retraite et à esquiver. Au même moment, les personnes qui étaient arrivées se tenaient devant moi, côte-à-côte, pour me protéger.

Nan Gong Zui demanda, en cachant mal son air furieux : « Qui êtes-vous ? Pourquoi essayez-vous de blesser Prince ? »

La femme ne répondit même pas. D’un seul coup, elle surgit directement devant moi. J’étais profondément abasourdi, et la foule se tenant devant moi n’avait pas encore réagi. En même temps que je pensais réellement perdre la vie sous sa lame assassine, une ombre s’élança devant moi. Wicked avait employé son corps comme bouclier et avait bloqué la dague. Il poussa un gémissement de douleur.

« Wicked ? » m’exclamai-je, sous le choc.

Quand chacun s’aperçut que Wicked avait été blessé, ils dégainèrent tous leurs armes sans prononcer un mot et attaquèrent de concert. Mais, la vitesse de la femme était tout simplement trop rapide. Même si elle éprouvait quelques difficultés à se battre contre nous, elle réussissait à éviter la plupart de nos attaques.

« Vous allez payer pour vous en être prise à Prince ! » Gui souleva son guqin, et plusieurs flèches fusèrent sur elle. La femme-assassin qui était attaquée de toutes parts fut finalement touchée à la cuisse, et son bras se retrouva promptement transpercé par des flèches.

La femme s’arrêta en toisant ses assaillants avec une froideur sans égale. Finalement, quand ce fut mon tour, elle parla avec un ton rempli d’un extrême dédain : « Quelle partie de ce suzerain tout à fait enfantin mérite-t-elle votre protection ? »

« Je ne vous autoriserai pas à le blesser, tout comme il ne vous permettrait pas de faire souffrir ses amis. » Nan Gong Zui brandit son épée, déterminé, tandis qu’il se tenait devant moi.

« Enfantin ? Saviez-vous que, même s’il était couvert de sang de la tête aux pieds, cette personne enfantine ne reculerait pas d’un pas et se tiendrait fièrement debout devant ses compagnons pour les protéger ? » Grande sœur Yu-Lian bouillonnait de colère, et ses mains étaient déjà parées à attaquer à l’aide de sa magie.

Doll était venue me rejoindre, ses yeux versant des fontaines de larmes. Après avoir contemplé mon torse ensanglanté avec un pincement au cœur, ses yeux brûlèrent de fureur en regardant l’assassin, et elle récita une incantation que je n’avais encore jamais entendu.

« Flammes Noires de l’Enfer, au nom de Doll, je vous ordonne de forger des chaînes et de brûler cet ennemi qui est le mien. Torturez-le autant que vous le pouvez, et infligez-lui une douleur pire que la mort, mais ne lui permettez pas de mourir. Torture Sans Fin des Chaînes. »

Mais, ils restent tes amis. Si tu es plus attentif, tu réaliseras qu’en fait personne n’a changé. Les paroles de Neurotic me revinrent en mémoire ainsi que son expression. Vraiment, personne n’a changé ! Un certain réconfort envahit soudainement mon cœur. Malgré la douleur parcourant mon corps, je ne pus m’empêcher de sourire.

Dès que l’incantation de Doll fut terminée, plusieurs chaînes noires s’enroulèrent autour du pied de l’assassin. Et, avant que quiconque eût pu réagir, les chaînes serrèrent étroitement son corps, puis le son grésillant de la viande cuite au barbecue se fit entendre. La femme souffrait tellement qu’elle laissait échapper des cris perçants, et l’air fut chargé de cette odeur dégoutante de chair humaine grillée.

« Doll, ne la tue pas tout de suite, il reste des choses que j’aimerais lui demander. » En s’apercevant de la situation, Nan Gong Zui tenta de stopper Doll.

Le visage sérieux et empreint de solennité, Doll posa les yeux sur la femme qui hurlait de douleur et d’agonie. Avec une voix pleine de pitié, elle déclara : « Elle ne mourra pas. Le sortilège Torture Sans Fin des Chaînes ne possède pas de pouvoir d’attaque, par conséquent il ne permet pas au joueur de mourir. Cependant, il procure tant de douleur au joueur que ce dernier préfèrerait mourir plutôt que de l’endurer. »

En voyant la terrible situation dans laquelle était coincée l’assassin, tout le monde ressentit sa détresse. D’après leur expression, je devinais qu’ils songeaient tous à la même chose que moi au plus profond d’eux. À l’avenir, je préfèrerai me suicider en sautant d’une falaise et d’avoir ma carcasse réduite à l’état de pulpe que de subir la colère de Doll.

« Pourquoi avez-vous essayé de me tuer ? » demandai-je en me dirigeant vers l’assassin, en supportant la douleur émanant de mes blessures.

L’assassin ignora ma question et, au lieu de me répondre, éclata de rire comme une démente. Elle gronda : « J’ai échoué, mais ça ne veut pas dire que les autres aussi. Attends un peu, nabot. Tu ferais mieux de ne pas compter demeurer éternellement ici, dans la Cité de l’Infini, ni d’en rester le suzerain. »

Lorsqu’elle eut fini de parler, elle leva les deux dagues dans chacune de ses mains et, sans la moindre hésitation, elle se poignarda droit au cœur. Avant que quiconque eût pu réagir et l’arrêter, elle s’était déjà transformée en lumière blanche et s’était envolée.

Dès cet instant, la tension dans mon corps se relâcha et, m’appuyant contre un mur, je glissai avec impuissance sur le sol. Par contre, mon cœur devint nerveux à mesure que les questions affluaient en grand nombre… Mais, bon, à ce moment précis, mon objectif principal était d’attendre l’arrivée de grand frère Wolf pour soigner mes blessures. Mon visage se tordait sous la douleur, et mes sourcils s’étaient soudés, alors que je fixais le sang frais qui coulait le long de mon épaule comme une fontaine.

« S’il y avait une race de vampire dans Second Life, ils seraient définitivement tombés amoureux de moi : quelqu’un qui est tout le temps couvert de sang. » Ce fut la dernière stupidité à laquelle je songeai avant de m’évanouir.

Votre Majesté… Prince… Suzerain…

« Mmmh ? » J’ouvris les yeux, un peu hagard, avec l’intention de découvrir qui était l’enflure qui osait perturber mon sommeil. Quoi qu’il en soit, lorsque j’ouvris les yeux, les têtes inquiètes de tout le monde apparurent devant moi.

« Que s’est-il passé exactement ? Qui était cette personne qui a tenté de te faire du mal ? » me questionna Gui avec une expression glaciale.

« Cet assassin était une femme et, par principe, les femmes ne devraient pas avoir envie de tuer Prince », déclara pensivement Wicked, en se grattant les sourcils.

« Moi non plus, je n’ai aucune idée de ce qu’il se passe. » Je me levai tranquillement, et, comme je m’y attendais, ma blessure à l’épaule avait déjà été soignée.

« Pour avoir en fait osé tenter d’assassiner le suzerain sous nos, ils sont littéralement en train de rabaisser la Cité de l’Infini. Si ton assassinat avait été un succès, dans ce cas ta réputation de suzerain aurait été… » commença à s’indigner White Bird.

Nan Gong Zui empêcha White Bird de poursuivre. « N’en parlons plus, White Bird. En ce moment, le plus important n’est pas la réputation du suzerain, mais plutôt la menace pesant sur la vie de Prince. »

Nan Gong Zui se tourna brusquement vers moi, et, sur un ton d’excuse, dit : « Cette fois, c’est nous qui avions tort, car nous avons agi sans réfléchir et avons totalement négligé ta personnalité différente de la nôtre. Et, par conséquent, nous n’avons pas pris en compte ton opinion. »

En entendant Nan Gong Zui, j’étais sur le point de le contredire, comme quoi j’étais celui qui avait été trop impulsif, quand il me fit signe de la main, exprimant son désir que je le laisse terminer. « C’est peut-être pour ça que, même si Prince est notre suzerain, il a toujours suivi nos ordres. Pour être honnête, Prince, tu ne nous as jamais donné d’ordre. »

Finalement, il déclara solennellement : « La réputation d’un roi ne s’obtient pas simplement parce que tes sujets s’agenouillent devant toi et te jurent loyauté, Prince. Quand tu seras capable d’assumer tes responsabilités personnelles de façon naturelle, ton prestige grandira de lui-même. »

« Ce laps de temps qui permet de mûrir peut paraître insoutenable, mais le fruit de tes efforts sera délicieux. » Grande sœur Yu Lian sourit en me regardant, puis tendit la main pour me caresser la tête. « Détends-toi, tout ira forcément bien pour notre Prince. »

Je restai silencieux un bon moment. Songeant aux paroles de Nan Gong Zui, je me rappelai avec réticence que j’étais quelqu’un de vraiment soumis. Pas étonnant que White Bird fût tout le temps en train de dire qu’il fallait que je me bâtisse une réputation, même si elle n’avait jamais réussi à me convaincre.

En apercevant le sourire encourageant de Nan Gong Zui, et en repensant aux propos de mon frère, je pris enfin ma décision. Je me fous de ce qu’ils pensent, je serai le genre de suzerain dont j’aurai envie.

Étirant ma bouche en un fin sourire, j’annonçai : « Alors, à partir de maintenant, personne n’a le droit de m’appeler Suzerain ou Votre Majesté. Prince est mon seul nom. »

« Mais… ! » tenta rapidement de répliquer White Bird.

« J’ai dit… » continuai-je d’une voix posée qui ne tolérait aucun refus. « Prince est mon seul et unique nom. »

White Bird était abasourdie, son visage exprimant une expression extrêmement choquée, tandis que les autres souriaient.

Je m’étirai longuement, comme si je venais d’être tiré du lit. C’est bizarre comment une vision différente peut changer les sentiments d’une personne. La différence entre mes sentiments immédiats et ceux que j’avais ressenti jusqu’à un instant auparavant, quand j’étais en train de marcher vers le Grand Hall, me fit me sentir comme si j’étais une personne totalement transformée.

Comme je finissais de m’étirer, je me redressai. « Maintenant, abordons le problème de l’assassin. Qu’une femme vraiment forte veuille me tuer sans raison apparente est déjà vraiment étrange. Mais, ce qui l’est encore plus, c’est qu’avant de mourir elle a dit qu’elle avait échoué, mais que ça ne signifiait pas que les autres aussi échoueraient. »

En écoutant ce que je disais, les expressions de chacun se firent sérieuses. Nan Gong Zui parla gravement : « Si c’est vrai, alors d’autres personnes vont surement venir pour essayer de te tuer. »

Je hochai la tête. « C’est possible, mais, peu importe sous quel angle je considère la question, je ne trouve personne que j’aie pu offusquer à ce point récemment. »

« Il est possible que ce ne soit pas par rancœur personnelle », expliqua Lolidragon, ne semblant pas plus surprise que ça. « Prince est, en ce moment, la personne la plus apte à unifier la totalité du Continent Central. De plus, la bataille pour conquérir les cités va bientôt débuter. De par ce simple fait, le nombre de personnes souhaitant le tuer jusqu’à le faire retomber au niveau 1 est probablement aussi imposant que le nombre de carpes remontant les courants lors de la période de reproduction1. Après tout, nombreux sont ceux qui aimeraient devenir suzerain. »

Je me grattai le visage et m’apprêtai à lui demander quand l’attaque devait commencer. Cependant, il y avait environ quatre-vingts pour cent de chance que Lolidragon eût déjà lu la question affichée sur mon visage, car elle leva les yeux au ciel et précisa : « Il ne reste que deux semaines avant le début de la mêlée. Pendant que tu étais parti, nous avons tous participé aux préparatifs d’avant-guerre. »

Je me grattai la tête, embarrassé. « Oh, dans ce cas, est-ce que je devrais aller m’entraîner pour gagner quelques niveaux, histoire de rattraper les autres suzerains ? »

Lolidragon sourit mystérieusement. « La guerre est le meilleur moyen de gagner des niveaux. »

« Comment ? » demandai-je stupidement.

« Dans cette mise à jour, il y a eu tant de nouveautés que je n’ai pas eu le temps de toutes vous les nommer, les gars. En fait, tuer des gens peut également augmenter votre niveau d’expérience. Habituellement, vous auriez reçu une punition assez lourde. Après avoir sciemment tué quelqu’un, votre tête aurait été mise à prix sur des avis de recherche pendant une semaine, pour que vous ne puissiez pas rencontrer les NPC gardiens des cités et, de ce fait, ne pas pouvoir acheter ou vendre des objets dans les cités en question. Cependant, cette pénalité ne s’applique pas pendant la durée de la bataille. Ce qui signifie également, Prince, que tu peux laisser libre cours à ta fureur et tuer tes ennemis pour augmenter tes niveaux durant le combat. »

Lolidragon me regarda en souriant. « Tuer plusieurs dizaines, centaines, voire milliers de personnes pendant la bataille devrait être chose facile pour l’Elfe Sanguinaire, pas vrai ? »

En entendant ça, le sourire malicieux de l’Elfe Sanguinaire surgit naturellement. « Il semblerait que je vais obtenir un nouveau surnom, celui de “Roi Démoniaque du Carnage”. »

« Va, et sois ton “Roi Démoniaque du Carnage”, notre groupe gérant les affaires étrangères va définitivement trouver le coupable derrière cette histoire d’assassinat », décréta Lolidragon très énergiquement, en serrant le poing.

« Oh, fais de ton mieux, Lolidragon », lança Heartless Wind, en agitant son éventail comme si ça ne le concernait pas.

Pleine d’entrain, Lolidragon tourna la tête avec un regard de prédateur. Tirant Heartless Wind par l’oreille, elle prétendit ne pas entendre les complaintes de douleur de mon frère et le traîna avec elle. Se moquant de lui, elle lui rappela : « Je crois me souvenir que notre jeune maître Heartless Wind est également un membre des affaires étrangères. Moi, Lolidragon, c’est à contrecœur que je t’autorise à enquêter à mes côtés. »

Note de bas de page

1 …le nombre de carpes : Les carpes pondent leurs œufs dans l’eau des rivières et doivent nager à contrecourant durant la période de reproduction.

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