Recrutement

posted in: Toutes Les Mises à jour | 0

Bonjour à tous et à toutes !

La team française est actuellement en recrutement.

Nous sommes à la recherche de nouveaux membres pour des postes de traduction et des postes de correction de texte.

Les projets sur lesquels nous travaillons en ce moment sont : 1/2 Prince, La Reine Guerrière (Female Warrior), La Légende du Chevalier du Soleil.

Nous cherchons également des membres intéressé(e)s par la série Dominion’s End.

Pour plus de détails, consultez notre page officielle de recrutement. Vous trouverez le lien —-> ici.

Merci de participer en grand nombre ! 😀

Invincible Partie 6 : Publication sur le blog

posted in: Invincible | 0

La Légende du Chevalier du Soleil – Histoire Parallèle

Roman d’origine en chinois par   (Yu Wo)


Unbeatable Part 6: Blog Post – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Invincible Partie 6 : Publication sur le blog – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Publication sur le blog de Yu Wo le 03/04/09 : Invincible = Pas d’ennemis

Sur la page couverture du livre Invincible, il y avait cette phrase : « Neo, tu es vraiment très fort… Mais, “nous” sommes invincibles. »

De nombreux lecteurs semblent avoir mal compris cette déclaration. En fait, cette phrase a été prononcée par le Chevalier du Jugement Chasel, et non pas par Aldrizzt. Le « nous » fait référence aux « Douze Chevaliers Sacrés » et non à Neo et Aldrizzt.

Le vrai sens de cette déclaration est comme suit : « Neo, tu es peut-être très fort, et tu peux vaincre tous tes ennemis, mais les Douze Chevaliers Sacrés peuvent faire battre en retraite ces ennemis sans même avoir à se battre. »

C’est-à-dire que la véritable signification du mot « invincible » est : « pas d’ennemis ».

 

 

Pour être exacte, il y a de nombreuses idées derrière l’écriture du livre « Invincible », donc celui-ci n’est pas vraiment adapté pour être présenté sous la forme d’une nouvelle. Cependant, le contenu sied bien à Neo, par conséquent je l’ai quand même écrit. Ces idées auraient probablement été mieux décrites si elles avaient été utilisées dans un roman à part entière. Même si je n’aime pas décrire les idées qui se trouvent derrière une histoire après qu’elle ait été complétée, il me faut une année pour écrire un roman (C’est une estimation moyenne !). D’ici là, tout le monde aurait déjà tout oublié. Donc, tant pis, j’ai quand même décidé d’en parler.

 

 

Aussi, je n’ai pas l’intention de publier d’autres exemplaires d’Invincible. S’il-vous-plaît, ne me harcelez pas à ce sujet~ <囧>

Comme certains lecteurs voulaient savoir pourquoi il n’y aurait pas davantage de copies d’Invincible de disponibles, laissez-moi vous expliquer certains points : comparé aux livres précédents, beaucoup plus d’exemplaires d’Invincible ont été imprimés… presque deux fois plus qu’Eclipse Hunter. Je ne peux pas possiblement faire imprimer plus de copies que je pourrais en vendre, et je ne peux pas non plus estimer combien de personnes vont acheter mes livres. Il me restait encore des livres après deux jours de vente, alors que la longue queue s’était depuis longtemps dissipée. Ces livres restants se sont vendus très lentement. Et ceux qui ont été mis de côté pour les librairies étaient généralement destinés à ceux qui ne pouvaient vraiment pas venir à la vente. De ce fait, je pense que les lecteurs qui sont venus à la rencontre organisée ont pu facilement se procurer le livre.

En plus, je n’ai aucune intention de réimprimer les livres, puisqu’une expérience difficile est amplement suffisante ~囧~

Ouaip, j’imagine que les écrivains devraient juste bien se tenir et trouver des éditeurs pour imprimer leurs livres (se fait frapper).

 

 

Certains lecteurs ont demandé pourquoi je n’ai pas directement trouvé un éditeur. Ma réponse est celle-ci : étant donné qu’Invincible ne contient pas beaucoup de mots, j’ai été obligée de soit le publier comme un doujin ou soit d’abandonner l’idée de le faire publier tout court. En plus, il est trop mince pour même figurer dans un magazine commercial~~~囧

C’est pourquoi j’ai publié ce livre comme un doujin ! Ainsi, je peux faire tout ce que je veux avec. @@

S’il avait été publié dans un magazine commercial, les parties où Invincible ne respecte pas les lois sur les droits d’auteurs auraient été enlevées. C’est donc pourquoi Invincible a été publié sur le marché du doujin.

Voilà, tout le monde. C’est tout !

Note Finale : Comme d’habitude, Invincible sera publié en ligne après qu’un certain laps de temps se sera écoulé.

N. B. : Tout le monde, je vous prie de ne pas paniquer. Je n’ai pas divagué au début de cette publication parce que j’étais en colère !

Invincible Partie 5 : Postface

posted in: Invincible | 0

La Légende du Chevalier du Soleil – Histoire Parallèle

Roman d’origine en chinois par   (Yu Wo)


Unbeatable Part 5: Afterword – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Invincible Partie 5 : Postface – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

En fait, le personnage d’Aldrizzt peut être vu comme une incarnation du ressentiment.

Moi, Yu Wo, j’aime beaucoup le livre La Trilogie de l’Elfe Noir écrit par Monsieur R.A Salvatore. Même si je trouve ce roman extrêmement intéressant, il n’est pas très connu en Taiwan. Et, comme je rencontre rarement d’autres camarades de lecture, j’ai accumulé pas mal de ressentiment.

Le personnage principal de La Trilogie de l’Elfe Noir est un elfe noir (évidemment !) et le nom de ce personnage est Drizzt Do’Urden. C’est un personnage que j’aime vraiment, vraiment beaucoup.

Ainsi, naquit Aldrizzt. (J’adooore Drizzt~~~)

La plupart des traits de caractère de Drizzt ont été repris pour Aldrizzt à un certain niveau, on peut probablement le considérer comme un doujin.

Cependant, puisque La Trilogie de l’Elfe Noir est publiée commercialement, je ne peux pas vraiment écrire un doujinshi. C’est pourquoi je n’ai pas trop copié. D’un autre côté, puisque Invincible a été publié dans le marché du doujin, je peux me permettre de traiter Aldrizzt comme s’il était Drizzt et écrire comme je le souhaite.

J’ai enfin écrit un doujin ! (Après avoir passé trois ans à me faire appeler une auteure de doujin.)

J’espère que tout le monde aime Aldrizzt, et que vous pourrez aussi lire l’histoire du véritable « Drizzt Do’Urden » ! C’est un excellent personnage, et La Trilogie de l’Elfe Noir est aussi très intéressante à lire.

 

 

Maintenant que j’ai fini de recommander un bon livre, il est temps que je parle d’Invincible.

Dans La Légende du Chevalier du Soleil, je n’ai pas écrit grand-chose au sujet du partenariat entre Neo et Aldrizzt. C’est principalement parce que cette série est écrite depuis la perspective de Grisia à la première personne, et leur histoire n’est pas l’histoire principale, donc ce n’est pas bon d’écrire trop de choses à leur propos.

Cependant, ils sont en fait une paire très amusante, donc j’ai tout spécialement écrit le livre « Invincible » en leur honneur.

 

 

Tout le monde doit déjà avoir réalisé que le Neo dans Invincible n’est pas exactement le même que le Neo dans La Légende du Chevalier du Soleil. En fait, cette version est plus proche de la vérité.

 La Légende du Chevalier du Soleil est racontée du point de vue de Grisia, donc elle inclut son opinion personnelle ainsi que quelques malentendus qu’il a à propos de son maître. Certains sont même dus au jeu d’acteur de Neo quand il était le Chevalier du Soleil. Une fois que tout cela a été mis ensemble, le Neo de La Légende du Chevalier du Soleil a été créé.

Toutefois, dans Invincible, Neo n’est pas un professeur. Il a le même statut que ceux autour de lui, donc il a révélé une bonne partie de sa véritable personnalité.

En fait, ce livre peut être lu en même temps que le Vol.4 de La Légende du Chevalier du Soleil. La compréhension que le Grisia amnésique avait de son maître était parfaitement correcte !

 

 

Pour finir, afin de remercier ceux qui ont déployé de grands efforts en faisant la queue dans le but d’acheter Invincible, je me dois de révéler quelques informations au sujet du Vol.5 de La Légende du Chevalier du Soleil.

Le titre du Vol.5 de La Légende du Chevalier du Soleil est « La liche Immortelle (Partie 1) ».

Aussi, Neo et Aldrizzt feront à nouveau leur apparition.

D’ici là, je souhaite à tous d’avoir leurs propres méthodes pour être invincibles.

Yu Wo

Décembre 2008

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire à Part # 5 : Commettre Une Erreur

posted in: Histoires Parallèles | 0

La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires à Part

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


“Side Story #5: Making a Mistake” – traduit du chinois à l’anglais par Lucathia[PR!]
« Histoire à Part #5 : Commettre une Erreur » – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par LuluHime

Au départ, il avait voulu devenir le Chevalier du Jugement dans l’espoir d’expier l’erreur qu’il avait presque commise.

Quand son maître lui avait demandé pourquoi il désirait lui succéder comme Chevalier du Jugement, il avait cru que c’était parce qu’il voulait s’assurer que les criminels n’eussent jamais la chance de commettre un second crime.

En fin de compte, il comprit que le prérequis pour s’assurer que ce fût bien le cas était que lui-même ne se permît jamais de commettre une erreur… Le prix à payer pour l’une d’entre elle pouvait être la vie d’un innocent, la destruction d’une famille, ou pire préjudice.

Le Chevalier du Jugement n’avait jamais le droit de commettre une erreur.

 

 

Lesus Lucen se concentrait, tandis qu’il balançait sa lame en direction d’une marionnette en bois. Il était jeune et n’arrivait pas encore à soulever une vraie épée, mais il était si compétent avec des dagues que même les adultes qui connaissaient le maniement de l’épée n’osaient pas le sous-estimer.

En réalité, aucun homme dans la famille Lucen n’osait plus accepter les défis de Lesus à présent. Pour la plupart, ils étaient tous chevaliers ou avaient d’autres professions qui pratiquaient l’art de l’épée. Perdre face à un enfant de douze ans serait humiliant, et ils n’étaient pas assez confiants à l’idée de l’emporter contre Lesus.

Phil Lucen était également l’un des hommes qui n’osaient plus accepter les défis de son neveu, mais il ne se sentait pas rabaissé à ce sujet ou jaloux de celui-ci, puisque le garçon était en réalité depuis longtemps devenu son fils.

Un merveilleux talent inné, une disposition sérieuse, et la tragédie de perdre ses deux parents étaient ce qui avait créé le Lesus Lucen actuel.

Si on lui donnait encore quelques années, Lesus deviendrait assurément un chevalier formidable.

Cependant, Phil croyait que Lesus préférerait rester moyen toute sa vie plutôt que de voir ses parents succomber à cette calamité.

 

 

J’ai entendu dire qu’il était soupçonné d’avoir commis de nombreux cambriolages et meurtres, hormis qu’il n’y avait eu aucune preuve, alors il avait été libéré.

Ah ! S’il n’avait pas été libéré, dans ce cas mon frère aîné et ma belle-sœur ne seraient pas… Le meurtrier a-t-il été retrouvé ?

Il est toujours en fuite, mais j’ai entendu dire que le Chevalier du Jugement est vraiment furieux. Il a envoyé plusieurs chevaliers sacrés, qui sont en train de traquer le criminel qui s’est échappé. Ils amassent des preuves également, espérant le condamner à mort par pendaison immédiatement après qu’il soit capturé.

Pourquoi amasser des preuves ? Il devrait être pendu sur-le-champ !

Ne dis pas ça. Ce n’est pas comme s’ils pouvaient exécuter les gens sans raison…

 

 

« Lesus. »

Lesus arrêta de balancer sa lame et tourna la tête pour regarder Phil, son oncle. Malgré le fait que son oncle lui eût dit clairement qu’il pouvait l’appeler Père, il savait qu’il ne l’appellerait jamais par autre chose. Son vrai père et sa vraie mère étaient déjà décédés. Personne ne pourrait prendre leurs places.

« Lesus, tu seras content d’entendre ceci. » Phil sourit en déclarant : « Tes parents vont enfin être vengés ! Le cambrioleur a été attrapé il y a quelques jours, et il va être pendu aujourd’hui. Pourquoi n’irions-nous pas au terrain d’exécution pour assister à sa mise à mort ? Ne le dis pas à ta tante par contre ; elle ne veut pas que tu y ailles. »

Le criminel qui a tué mes parents va être pendu ? Lesus était stupéfait, et pourtant il ne se sentait pas heureux. En fait, ne sachant pas quoi faire, il se retourna et s’enfuit.

« Lesus ? Où vas-tu comme ça ? Lesus ! »

 

 

Quand il aurait dû être pendu, il ne l’a pas été, provoquant ainsi la mort de mes parents. S’il est pendu maintenant, contre qui suis-je censé prendre ma revanche ?

En colère, Lesus courut jusqu’à l’Église du Dieu de la Lumière, une expression de haine sur son visage. Il portait même une dague à sa taille et, pourtant, le plus surprenant était que les chevaliers sacrés à la porte ne lui barrèrent pas le chemin, lui permettant de faire irruption à l’intérieur de l’Église.

Ce ne fut pas avant qu’il eût mis le pied à l’intérieur de l’Église du Dieu de la Lumière, avec des chevaliers sacrés passant fréquemment à côté de lui, et que ses pas eurent ralenti qu’il se réveilla enfin, surpris de découvrir qu’il avait foncé tête baissée à l’intérieur de l’Église. Pourquoi les gardes aux portes ne m’ont-ils pas arrêté ?

« Es-tu perdu ? »

Lesus sursauta, tournant la tête pour apercevoir un chevalier sacré en train de se pencher pour le regarder. Puisque la personne affichait un sourire et n’avait pas l’air de lui vouloir du mal, Lesus hocha rapidement la tête pour lui répondre. « Oui. »

« Viens ici. » Le chevalier sacré le mena jusqu’à une fenêtre et lui pointa l’extérieur. « Vous devriez être en train de vous rassembler là-bas. Tu vois ces autres personnes ? »

Curieux, Lesus jeta un coup d’œil à l’extérieur de la fenêtre. Il y avait une petite esplanade avec de nombreux enfants qui s’y trouvaient et qui semblaient avoir environ le même âge que lui.

Il fut confus pendant un instant. Toutefois, il se rappela immédiatement que son oncle avait mentionné que le Temple Sacré sélectionnait présentement la prochaine génération des Douze Chevaliers Sacrés. Son oncle lui avait même demandé s’il voulait participer à la sélection. À ce moment-là, par contre, son cœur était fixé sur sa vengeance, alors il n’avait ressenti absolument aucun intérêt pour la sélection.

Pas étonnant que les gardes ne m’aient pas arrêté. Ils pensaient probablement que je participais moi aussi à la sélection.

« Si tu veux aller aux toilettes, c’est juste là-bas dans le coin. »

Lesus détourna la tête de la fenêtre. Le chevalier sacré sourit et dit dans un murmure : « Si tu es juste curieux et que tu jettes un coup d’œil aux alentours, ce n’est également pas un problème, assure-toi simplement de ne pas errer trop loin à l’intérieur. C’est dans le temple intérieur que les chambres des Douze Capitaines-Chevaliers Sacrés se trouvent. L’endroit est interdit d’accès ! »

En entendant parler des chambres des Douze Chevaliers Sacrés, Lesus ne battit pas un seul cil tandis qu’il s’enquérait : « Où est le temple intérieur où je ne suis pas censé aller ? J’ai peur de peut-être me retrouver là par accident. »

Sans le moindre soupçon, le chevalier sacré lui pointa la direction.

Lesus acquiesça d’un signe de tête pour montrer qu’il avait compris. Néanmoins, une fois que le chevalier sacré fût parti, il se dirigea sur-le-champ dans la direction où il n’était pas autorisé à aller. Il n’eut pas besoin de se rendre très loin avant de passer sous une porte en arche, et l’apparence des corridors changea. Comparés aux majestueux corridors qui se trouvaient à l’extérieur, ceux-ci étaient beaucoup plus ordinaires.

Lesus ralentit ses pas, vérifiant avec soin qu’il n’y avait personne autour de lui. Il savait que s’il était remarqué ici, il se ferait assurément jeter dehors.

Il n’y avait absolument personne dans les couloirs, probablement parce qu’il faisait encore jour en ce moment. Les Chevaliers Sacrés doivent être en train d’accomplir leurs devoirs à l’extérieur ! présuma Lesus pour lui-même.

Quelqu’un vient ! Lesus se dépêcha de tourner dans un corridor à part, et ensuite sortit subrepticement la tête pour regarder. La personne se tenait à côté de la fenêtre, faisant face à l’extérieur. Avec la tunique noire qu’il portait, et les longs cheveux noirs qu’il avait et qui atteignaient sa taille, sa silhouette, vue par derrière, était un véritable voile de ténèbres.

Des cheveux noirs et une tunique noire… Le Chevalier du Jugement !

C’est la personne qui a laissé le criminel s’en aller, causant la mort de mes parents… C’est lui aussi un meurtrier !

Lesus empoigna la dague accrochée à sa taille, regardant calmement à sa droite et à sa gauche, s’assurant qu’il n’y avait personne en vue.

En général, la plupart des gens ne sont pas très vigilants envers les enfants, de plus la sélection a lieu en ce moment. Le Chevalier du Jugement songera probablement que je suis également un candidat. Si je prétends être perdu, et que je saisis ensuite cette chance pour attaquer une fois qu’il est proche, je pourrais vraiment réussir…

Malgré le fait qu’il ne fût qu’un simple enfant de douze ans, sa concentration avait toujours été au-dessus de celle des autres personnes. Il s’était entraîné avec son épée depuis un très jeune âge, et avait souffert de la catastrophe de perdre ses deux parents, alors Lesus avait depuis longtemps développé un comportement calme et logique qui aurait effrayé les autres.

Il cacha la dague derrière son dos, se pinça les paupières pour faire sortir des larmes, fixa une expression de peur sur son visage, et était sur le point de sortir de sa cachette…

« Chasel ! »

Lesus se recacha vite.

« Quelque chose ne va pas avec toi récemment ? Tout le monde se sentait si nerveux qu’ils sont venus me dire que tu étais dans une rage terrible, et ils veulent que je règle le problème. Pourquoi es-tu si furieux de toute manière ? Si quelqu’un t’as provoqué, pourquoi ne vas-tu pas l’achever ? »

Lesus sortit secrètement la tête et aperçut un homme aux yeux bleus et aux cheveux dorés. L’homme portait également un uniforme blanc de chevalier avec les bords brodés en or, et gardait une épée dorée à sa taille. Avec autant de traits aussi voyants, même s’il n’avait jamais posé les yeux sur cette personne auparavant, il savait tout de même qui il était : le leader des Douze Chevaliers Sacrés, le Chevalier du Soleil.

Le Chevalier du Jugement qui s’était fait appeler Chasel se retourna, les sourcils froncés. Il annonça froidement : « Dans ce cas, tu ferais aussi bien de me tuer, Neo ! »

À la fois le Chevalier du Soleil, Neo, et Lesus qui était caché derrière le mur, sursautèrent de surprise. Cette fois-ci, c’était au tour de Neo de froncer les sourcils. Il demanda : « De quoi parles-tu ? Pourquoi me dis-tu soudainement de te tuer ? »

« Ne m’as-tu pas demandé contre qui j’étais furieux, et dit que je devrais l’achever ? » répondit Chasel sans émotion : « Je suis furieux contre moi-même. »

Neo détendit ses sourcils, et s’enquit avec compréhension : « C’est à propos du  cas d’aujourd’hui, au sujet du criminel qui est sur le point d’être pendu ? »

Son cœur battant la chamade, Lesus s’empressa de se concentrer pour regarder le Chevalier du Jugement, Chasel. Ce dernier, les sourcils toujours froncés profondément, hocha la tête.

« Si la personne a déjà été attrapée, et que la situation a été résolue, pourquoi es-tu contrarié ? » Neo s’arrêta brusquement à la moitié de ce qu’il disait et demanda ensuite de façon quelque peu étrange : « Attends, ne vas-tu pas toujours assister aux exécutions ? Tu m’as dit que, puisque tu étais celui qui les condamnait à mort, c’était comme si tu étais celui qui les tuait, alors tu devrais toujours au moins aller regarder leurs derniers instants, ou quelque chose de similaire. »

« J’ai peur d’aller assister à l’exécution. »

Stupéfait, Neo le questionna : « Tu crois qu’il y a un problème avec la sentence du criminel ? »

En entendant cela, Lesus, qui s’était caché sur le côté, dégaina haineusement la dague depuis l’arrière de son dos.

Toutefois, Chasel secoua la tête et déclara : « Ce criminel mérite sa sentence. Ce que j’ai peur de confronter, c’est la victime. Le mari et la femme qui ont été tués ont laissé derrière eux un enfant. L’enfant a seulement un peu plus de dix ans, probablement autour du même âge que ceux à l’extérieur sur la place au moment même, je crois ? »

Après qu’il eut dit cela, il tourna à nouveau la tête pour regarder par la fenêtre. Neo n’était pas non plus très doué pour réconforter les gens. Sur le coup, il ne savait pas vraiment quoi dire pour remonter le moral de l’autre personne.

Voyant le Chevalier du Jugement révéler une expression de visible angoisse, Lesus réalisa soudainement que celui-ci n’était pas aussi cruel, froid et insensible que la rumeur le disait… Ainsi, même le Chevalier du Jugement peut ressentir du regret pour avoir relâché un criminel par erreur ?

« Le Dieu de la Lumière a confié au Chevalier du Jugement la tâche de discipliner les criminels afin de protéger les innocents, pourtant la vraie difficulté ne réside pas dans le fait de discipliner les criminels, mais plutôt dans le fait de discerner qui est coupable et qui est innocent. Une fois que la condamnation à mort est donnée, il n’existe plus la moindre marge de manœuvre pour la retirer, alors jamais ne suis-je enclin à la donner à la légère… Pourtant, être trop prudent a causé la mort d’encore plus de personnes. »

Neo fronça les sourcils un peu plus et affirma : « Chasel, c’est impossible pour les humains de ne jamais commettre d’erreurs. »

Sans attendre qu’il eût terminé, Chasel se retourna vivement et cria avec agitation : « Le Chevalier du Jugement n’a pas le droit de commettre d’erreurs ! C’était mon erreur, et pourtant quelqu’un d’autre en a souffert les conséquences. Ce mari et cette femme, cet enfant… Comment ai-je pu commettre une telle erreur ? »

Un bruit retentit.

« Qui va là !? »

Neo se retourna. Au même moment, il avait déjà dégainé l’Épée Divine du Soleil qui pendait à sa taille. L’épée en main, il resta alerte, jetant des regards à la dague qui gisait sur le plancher au coin du couloir. Juste au moment où il commençait à se sentir confus, il vit un enfant lentement s’approcher.

Il ne pensait pas que ce serait un enfant. Neo le fixa d’un air ébahi. Quoi qu’il advienne, il ne pouvait pas se battre contre un enfant, et l’enfant avait déjà laissé tomber sa dague sur le sol, alors il était complètement désarmé et sans défense.

Chasel poussa sur le pommeau de l’épée de Neo, et sur un ton de réprimande il dit : « N’effraye pas le petit. »

Neo émit un son de « tsk » et rengaina simplement son épée.

Chasel s’avança de quelques pas, faisant de son mieux pour alléger son ton tandis qu’il demandait : « Mon enfant, qu’es-tu venu faire ici ? »

« Je, je… » Après que Lesus eût bégayé pendant un bon bout de temps, il s’exclama très fort : « Je veux m’inscrire pour la sélection du Chevalier du Jugement ! »

« T’inscrire pour la sélection ? » Neo décréta brusquement : « Les inscriptions se sont terminées hier ! »

Cependant, Chasel agita la main pour faire cesser les propos de son compagnon, puis il s’enquit : « Quel est ton nom ? Sais-tu comment te servir d’une épée ? »

« Lesus Lucen. » Lesus hocha frénétiquement la tête et répondit : « Je sais comment me servir d’une épée ! »

À ce moment-là, Neo scruta curieusement l’enfant de la tête aux pieds. « Des cheveux noirs et des yeux noirs, ton apparence passe ! Mais, le travail du Chevalier du Jugement est très difficile, et tu dois attacher les criminels sur les murs et les fouetter jusqu’à-ce que leur peau se déchire. Tu n’as pas peur ? »

En entendant cela, le visage de Lesus pâlit immédiatement.

« Neo, ne fais pas peur au garçon ! » Chasel lança un regard noir à son compagnon et continua de demander à Lesus : « As-tu la permission de tes parents pour entrer dans la sélection ? »

Lesus baissa la tête en disant : « Pas de parents. J’ai seulement mon oncle. »

« Ton oncle est-il au courant alors ? »

Après avoir hésité pendant un instant, Lesus secoua la tête.

Voyant cela, Chasel fronça les sourcils.

Neo commenta délibérément : « La période d’inscription est déjà terminée. Tu ne songes pas à briser les règles pour lui, n’est-ce pas ? Est-ce quelque chose que le Chevalier du Jugement respectueux des lois devrait faire ? »

Entendant cela, Chasel leva les yeux au ciel à son intention. Neo se contenta de rigoler, puisqu’il ne faisait que plaisanter. Jusqu’à présent, tous les enfants qui s’étaient inscrits pour devenir le Chevalier du Jugement étaient indisciplinés et turbulents. Il ne pouvait pas trouver de faute à Chasel pour vouloir élargir ses options même un tout petit peu. Au moins, cet enfant devant eux donnait une bonne première impression.

Chasel baissa la tête pour regarder le garçon. Même s’il savait que la période d’inscription était déjà passée, et malgré le fait qu’il sût qu’être le Chevalier du Jugement était un travail ardu et ingrat, que d’avoir manqué la période d’inscription pouvait même s’avérer être une bénédiction plutôt qu’une infortune pour l’enfant, pourtant…

À ce moment-là, Lesus révéla brusquement une expression déterminée. Il s’inclina à un angle de quatre-vingt-dix degrés et s’exclama : « Chevalier du Jugement, je suis désolé ! »

Surpris, Chasel fixa l’enfant qui s’inclinait présentement devant lui à un angle de quatre-vingt-dix degrés. Il s’accroupit afin de regarder le garçon dans les yeux, mais découvrit que le garçon regardait ailleurs, effrayé à l’idée de rencontrer ses yeux. Il tendit la main pour caresser la tête du petit. D’une façon réconfortante, il dit : « N’aie pas peur, je ne te ferai aucun mal. Dis-moi, pourquoi me présentes-tu tes excuses ? »

Lesus se démonta, mais refusa de laisser une seule larme s’échapper. Il continua simplement de répéter : « Je…désolé. Je suis vraiment désolé ! »

Voyant cela, Chasel ignorait ce qu’il devait faire. Il ne put que tenir la main de l’enfant. « Allons-y. Nous allons rendre visite à ton oncle pour voir s’il est d’accord pour te laisser t’inscrire. »

« Mon oncle est d’accord ! » Lesus ajouta précipitamment : « Il m’a demandé auparavant si je désirais y entrer. » Même s’il avait dit cela, à ce moment-là son oncle semblait avoir dit quelque chose à propos d’entrer dans la sélection du Chevalier du Soleil ou de quelque autre chevalier, mais il ne s’en rappelait pas vraiment. Tout de même, le Chevalier du Jugement devrait être aussi être convenable, pas vrai ?

« Quoi qu’il en soit, au strict minimum nous devons tout de même le lui demander. »

« D’accord. » Lesus hocha très docilement la tête.

Après avoir dit au revoir à Neo, Chasel mena le garçon par la main et dit : « Allons-y. »

« D’accord. »

Neo les observa tous les deux s’en aller. Le plus vieux et le plus jeune, tous les deux avec une tête de cheveux noirs, avaient presque l’air d’un père et d’un fils. Il rit un peu, et murmura : « Lesus Lucen ? Je pense qu’il est temps de t’appeler Lesus du Jugement à la place ? »

 

 

Grisia écouta l’histoire pendant qu’il mangeait ses biscuits aux myrtilles. Une fois que Lesus atteignit ce tournant de l’histoire, il lui demanda avec perplexité : « Ton oncle a-t-il vraiment donné son accord pour te laisser entrer dans la sélection du Chevalier du Jugement ? Je me souviens que ces enfants qui avaient pris part à la sélection du Chevalier du Jugement étaient tous mauvais… »

En quelque sorte avec impuissance, Lesus répondit : « Quand mon oncle a entendu que je souhaitais entrer dans la sélection du Chevalier du Jugement, il a immédiatement hurlé qu’il voulait m’évincer de la famille. Ma tante était si choquée qu’elle s’est évanouie… Mais, finalement, il a accepté et m’a même amené pour participer à tous les différents tests. »

Grisia leva un sourcil, ne croyant pas du tout aux paroles de Lesus.

« …sauf que, chaque fois que je réussissais l’un des tests, ils finissaient par pleurer violemment pendant trois jours.

– Dans ce cas, qu’est-il arrivé quand tu as été choisi ?

– …ils ont pleuré pendant environ un mois… »

Romance RPG : Partie 28

posted in: Romance RPG | 0

Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-eight – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Partie Vingt-huit – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Lin Jian Yin observa Meng alors qu’elle était découverte par l’ennemi, le cœur de celui-ci se serrant avec anxiété. Il ne pouvait que se rassurer en se disant qu’il ne s’agissait que d’un jeu. Il ne va rien arriver à Meng. Cependant, quand il avait entendu les paroles de Bai Xue Chen, il avait instantanément eu un mauvais pressentiment. Il jeta un regard soupçonneux à son ami et lui demanda : « Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? »

Bai Xue Chen répondit prudemment : « Nous étions là depuis un long moment et ne t’avions pas vu. Nous avions même pensé que tu étais sorti. Mais, après avoir appelé sur ton portable, nous avons remarqué que tu l’avais laissé dans ta chambre… »

Lin Jian Yin l’interrompit avec impatience : « De quoi parles-tu ? J’étais là depuis le début, à jouer à ce jeu. Je ne suis pas du tout sorti. »

Après avoir entendu l’affirmation de Lin Jian Yin, Bai Xue Chen et Yue Lan se regardèrent l’un l’autre, et Bai Xue Chen déclara : « Jian Yin, tu n’étais pas là il y a un instant. Du moins, nous ne pouvions pas te voir du tout, mais nous avons remarqué que la console Nintendo était toujours allumée. Qui plus est, les images du jeu passaient leur temps à changer. À l’origine, nous avions cru que la console était restée allumée trop longtemps, alors l’écran du jeu bougeait tout seul. Ça n’aurait pas été si étrange si ça avait été le cas. »

« Mais, nous sommes devenus de plus en plus nerveux à force de regarder la scène sur l’écran. La fille et l’épée à l’intérieur ne pouvaient être que vos clones à toi et à Meng. Même la façon dont ils parlaient était identique à la vôtre. »

« C’était juste moi, en train de contrôler le personnage ! » répliqua Lin Jian Yin, ne comprenant pas pourquoi ils affirmaient ne pas pouvoir le voir.

Bai Xue Chen fronça les sourcils tout en lui rappelant : « Jian Yin, c’est impossible. Les boutons de contrôle pour une console Nintendo sont seulement debout, accroupi, aller à droite, aller à gauche, sauter, et d’autres boutons similaires. Comment est-ce qu’il te serait possible d’avoir une conversation dans le jeu ? »

Lin Jian Yin se figea abruptement. Tandis qu’il baissait le regard sur la manette de contrôle dans sa main, il repensa à la façon dont il s’y était pris pour parler avec Meng. Toutes les expressions et les gestes détaillés, les interactions de chaque personnage dans le jeu… Comment cette simple manette pourrait-elle être capable de faire ça ? Non ! Ce serait impossible même dans les jeux les plus récents, pas vrai ? Cette pensée fit couler des sueurs froides le long de la colonne vertébrale de Lin Jian Yin.

« Jian Yin… » Bai Xue Chen dit avec précaution : « Il y a un instant, nous observions également la scène avec une peur grandissante. Dès que nous avons vu l’épée, qui te ressemblait énormément, être jetée dans la fournaise, ta vie ne tenant qu’à un fil, nous n’avons pas eu d’autres options que de retirer la cartouche de jeu de la console. »

Après avoir entendu ça, Lin Jian Yin jeta un coup d’œil en direction de la cartouche par réflexe. La cartouche avait effectivement déjà été retirée et avait même été mise à côté de la console Nintendo… Dans ce cas, d’où vient l’image du jeu sur l’écran de la télévision ?

« Dès l’instant où nous l’avons retirée, t-tu… » Bai Xue Chen avait du mal à expliquer. « Jian Yin, tu es “tombé” hors de l’écran de la télévision. »

Quand le message atteignit le cerveau de Lin Jian Yin, les yeux de ce dernier contemplaient déjà l’écran, le regard vide. En ce moment, des gardes pointaient leurs épées sur le dos frêle de Meng, obligeant celle-ci à avancer un pas après l’autre. Malheureusement, elle n’était pas parvenue à retrouver Édouard à temps.

Elle est si timide. Elle doit avoir vraiment très peur, n’est-ce pas ? C’était comme si les épées pointées sur le dos de Meng lui perçaient impitoyablement le cœur. Il avait si peur qu’il commença à trembler, incapable d’imaginer ce que la fille-paon pourrait faire subir à Meng.

Quelques mots apparurent alors soudainement sur l’écran.

Meng : Épée-Fantôme, Épée-Fantôme…

« Meng ! » Lin Jian Yin mit de côté ses craintes. Il ramassa la cartouche avec l’intention de la réinsérer dans la console Nintendo, afin de retourner dans le jeu pour partir à la recherche de Meng.

Toutefois, Bai Xue Chen lui agrippa la main pour l’empêcher de remettre la cartouche. « Jian Yin, attends. »

À ce stade, la Meng sur l’écran s’était déjà faite jetée en prison par les gardes, et elle s’était recroquevillée en boule dans un coin. Le cœur de Lin Jian Yin se serra un peu lui aussi. Alors qu’il luttait pour que Bai Xue Chen le lâche, il hurla : « Lâche-moi ! Je dois retourner dans le jeu pour sauver Meng. »

« Ne fais pas ça ! Que va-t-il se passer si tu réapparais dans la fournaise ? » s’exclama Bai Xue Chen.

Lin Jian Yin rétorqua sur le même ton : « Même si je suis réduis en cendres, je dois retourner là-bas pour aider Meng. Je ne peux pas la laisser seule dans cet endroit. Elle doit avoir si peur. »

« Ne sois pas stupide ! Nous avons juste à trouver la maison de Meng Ling et à retirer la cartouche, non ? » Bai Xue Chen arracha la cartouche des mains de Lin Jian Yin et la jeta immédiatement dans le coin le plus éloigné de la pièce, profondément effrayé à l’idée que Lin Jian Yin retourne dans le jeu. Il n’avait pas du tout envie de voir son meilleur ami fondre et se transformer en morceau de ferraille inutile.

Ce ne fut qu’à ce moment-là que Lin Jian Yin se rendit clairement compte que retourner dans le jeu ne lui serait d’aucune utilité. La suggestion de Bai Xue Chen était en effet la bonne marche à suivre. Il saisit tout de suite ses clés de voiture et se précipita dehors par la porte, parce qu’il ne supportait pas l’idée que Meng reste dans cette prison un instant de plus.

Bai Xue Chen s’empressa d’ordonner à Yue Lan : « Reste ici pour surveiller l’image du jeu. Si quelque chose arrive à Meng, appelle-moi sur mon portable sur-le-champ. »

Yue Lan hocha la tête pour montrer qu’elle avait compris. « D’accord. »

Bai Xue Chen suivit Lin Jian Yin jusqu’à l’extérieur avec inquiétude. Ils firent pratiquement un sprint jusqu’à la voiture. Lin Jian Yin ouvrit la porte du conducteur, s’assit sur son siège, et démarra l’engin. Si Bai Xue Chen n’avait pas été suffisamment rapide, le véhicule serait parti en flèche avant même que son autre pied soit à l’intérieur.

« Connais-tu au moins l’adresse de Meng Ling ? » lui demanda anxieusement Bai Xue Chen.

Lin Jian Yin ne lui répondit pas. Il se contenta de conduire d’une main et de taper sur son téléphone avec l’autre. Après avoir écrit quelques lettres, les informations personnelles de son agente apparurent très clairement. Lin Jian les lit à voix haute, à la fois pour répondre à Bai Xue Chen et pour les mémoriser.

« Euh… Conduis plus lentement, s’il-te-plaît », lui rappela Bai Xue Chen avec un frisson, mais c’était visiblement inutile.

La Ferrari rouge continuait à prendre de la vitesse, dépassant les autres voitures, et zigzagant entre elles. Quand le véhicule s’arrêta, les yeux de Bai Xue Chen étaient déjà remplis de larmes. C’est si bon d’être encore en vie !

Romance RPG : Partie 27

posted in: Romance RPG | 0

Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-seven – traduit du chinois vers l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Vingt-sept – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Marisa révéla un sourire excité et acquiesça d’un signe de tête.

Une fois que le duc Biggs eût terminé de donner ses instructions à sa fille, il prit la direction que le prince et Meng avaient empruntée en partant. Et, en effet, peu de temps ensuite, Meng fut la première à revenir, seule. Elle avait l’air quelque peu étourdie. Il n’était pas très surprenant qu’elle soit encore légèrement dans la lune après avoir dansé avec un prince parmi les fleurs et sous le clair de lune. C’était simplement une scène qui ne pouvait se dérouler que dans un rêve.

« Hé ! » Marisa salua froidement Meng.

Meng recouvra brusquement ses esprits et jeta un regard étrange à Marisa. « Quelque chose ne va pas ? »

« Tiens-tu à récupérer cette épée ? » Marisa révéla un sourire plein de mauvaises intentions.

Mon épée ! Meng chercha immédiatement l’Épée-Fantôme des yeux, mais le garde à qui elle l’avait confié avait disparu. Meng était affolée. À cet instant, elle devina que c’était l’œuvre de Marisa. Réprimant sa colère, elle demanda : « Où est mon épée ? »

« Si tu veux la récupérer, dans ce cas suis-moi. » Dès qu’elle eût fini de parler, elle ne daigna plus regarder Meng, puis sa silhouette gracieuse, dansante et désintéressée s’éloigna.

Bien qu’elle sût que Marisa n’arborait aucune bonne intention, elle n’eut pas d’autre option que de la suivre. Il se pouvait réellement que l’Épée-Fantôme se trouve entre ses mains, mais il était également possible que les menaces de Marisa ne soient que du vent, ce que Meng espérait secrètement. Être menacée verbalement était déplaisant, mais au moins ça n’aurait pas de graves conséquences. De plus, elle ne croyait pas que des insultes proférées par une demoiselle telle que Marisa puissent s’avérer être si horribles. Sans doute qu’elles ne seraient même pas à moitié moins aussi désagréables à écouter que les réprimandes de l’Épée-Fantôme.

Meng suivit Marisa tout le long du chemin. Enfin, elles arrivèrent à la cuisine. À l’extérieur de la pièce se tenaient deux gardes, mais il n’avait pas l’air d’y avoir âme qui vive à l’intérieur. Meng ne put s’empêcher de se sentir un tantinet effrayée. Cependant, elle fut en mesure de voir à travers la porte entrouverte qu’une épée semblait reposer sur la table. Meng serra le poing. Elle ne pouvait pas abandonner l’Épée-Fantôme quoi qu’il advienne.

Elle venait tout juste de s’approcher de l’encadrement de la porte lorsqu’elle entendit l’Épée-Fantôme rugir : « Meng ! N’entre pas ! Une fois à l’intérieur, nous allons mourir tous les deux ! Sauve-toi vite ! Va retrouver Édouard. »

Meng poussa un cri de surprise. À ce moment-là, Marisa se retourna, le visage glacial et cruel. Meng prit vite une décision. Ce que l’Épée-Fantôme avait dit était vrai. Rester ne mènerait qu’à leur mort à tous les deux. Seul Édouard avait le pouvoir de les sauver. Tout de suite, Meng se retourna pour partir, mais les deux gardes avaient l’intention de l’attraper. Meng donna un vicieux coup de pied dans l’entrejambe d’un des gardes. Saisissant sa chance pendant qu’il gémissait de douleur avec les jambes croisées, Meng s’enfuit en courant.

« Vite ! Dépêchez-vous de la capturer ! Ne la laissez pas rejoindre le prince ! » s’écria furieusement Marisa. Cinq ou six gardes surgirent de tous les côtés et se joignirent à la chasse.

Toutefois, Marisa ne les accompagna pas. Elle calma sa respiration et retourna dans la cuisine. L’Épée-Fantôme était étendu sur la table. Le bout de tissu, qui avait à l’origine servi à le bâillonner, avait été déchiré à coups de dents.

« Malgré le fait que tu ne sois qu’une misérable épée, tu es plutôt loyal », déclara doucement Marisa.

L’Épée-Fantôme ne présuma pas qu’il s’agissait d’un compliment. En fait, n’importe qui pouvait voir, à travers les traits déformés de Marisa, comment elle se sentait réellement. L’Épée-Fantôme pouvait seulement espérer que Meng retrouverait Édouard à temps. Si cette dernière se faisait capturer par cette femme, l’Épée-Fantôme n’osait même pas imaginer quel destin funeste s’abattrait sur elle.

Marisa ramassa l’épée et marcha, pas à pas, jusqu’à la fournaise qui brûlait brillamment. L’Épée-Fantôme sentit également que son dos le chauffait de plus en plus. Avec un tremblement dans la voix, il s’enquit : « Qu’est-ce que tu fabriques ? »

« Ce que je fais ? » Marisa révéla un sourire. Elle répondit innocemment : « Rien du tout ! Mes mains ont simplement glissé par mégarde, c’est tout. »

Une fois qu’elle eût terminé de parler, elle jeta impitoyablement l’épée dans la fournaise. Les flammes flamboyantes engouffrèrent sur-le-champ l’Épée-Fantôme…

 

 

Lin Jian Yin tenta tant bien que mal de se lever, mais il n’avait pas encore repris tous ses esprits.

« Jian Yin, Jian Yin, est-ce que ça va ? »

Lin Jian Yin ouvrit les yeux pour voir que la personne qui hurlait anxieusement son nom devant lui était Bai Xue Chen. À côté de lui se tenait Yue Lan. Aussi, sur la table reposaient plusieurs petits et grands paquets de nourriture à l’odeur alléchante, visiblement apportés pour servir de collation de minuit.

Lin Jian Yin ne se donna même pas la peine de saluer Bai Xue Chen. Il se dépêcha de tourner la tête pour jeter un coup d’œil à la télévision qui montrait le personnage d’une fille qui se cachait à l’intérieur d’un pot de fleurs, n’osant pas bouger. Pas très loin, des gens la cherchaient partout.

C’était comme si Lin Jian Yin était capable de voir l’expression terrifiée de cette fille. Même les larmes sur son visage étaient extraordinairement claires. Il hurla encore et encore avec peur : « Meng. Meng. Elle est en danger. Je dois vite aller la sauver. Je dois… »

« Jian Yin, calme-toi ! » Bai Xue Chen était sous le choc. Il regarda le jeu sur l’écran. Peu importe sous quel angle il l’examinait, la scène ressemblait à un jeu nintendo régulier avec une image faite de pixels et des personnages de type mini Super Mario Bros.

Après s’être fait crier dessus comme ça, Lin Jian Yin regarda Bai Xue Chen d’un air ahuri pendant plusieurs secondes et retrouva enfin ses esprits. Il se donna une claque sur la tête et, après avoir pris de nombreuses inspirations, il récupéra suffisamment son souffle pour déclarer : « C’est vrai. Qu’est-ce qui ne va pas avec moi ? Ce n’est qu’un jeu. Dans le pire des cas, ce sera GAME OVER. Meng n’est pas réellement en danger. »

« M-Mais… » Yue Lan affichait toujours une expression de peur et continua de dire « M-Mais » sans être en mesure d’ajouter autre chose.

Lin Jian Yin jeta un regard étrange à Yue Lan et ensuite à Bai Xue Chen, ouvrant la bouche pour la questionner : « M-Mais, quoi ? »

Bai Xue Chen lança un coup d’œil à l’image sur l’écran de télévision. À un moment inconnu, le personnage de la fille avait été retrouvé par les gens qui étaient à sa recherche. Plusieurs personnes la traînaient devant une femme qui portait une robe blanche. À cet instant, le visage de Bai Xue Chen pâlit subitement. Il tourna la tête pour révéler à Lin Jian Yin : « Je crois qu’il se pourrait réellement que Meng Ling soit en danger. »

Mise à jour : Août 2018

posted in: Toutes Les Mises à jour | 0

Chapitres d’août

  1. Romance RPG : Partie 27
  2. Romance RPG : Partie 28
  3. La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle #5 : Commettre Une Erreur
  4. La Légende du Chevalier du Soleil Invincible Partie 5 : Postface
  5. La Légende du Chevalier du Soleil Invincible Partie 6 : Publication sur le blog

Ce mois-ci, vous aurez droit à 2 chapitres de RRPG, la cinquième histoire parallèle de LCS, et nous terminons l’histoire parallèle relatant les aventures de Neo et d’Aldrizzt dans Invicible avec les deux derniers chapitres.

Bonne lecture !

La Légende du Chevalier du Soleil T4C8 : Prends le mauvais embranchement sur la route

posted in: Uncategorized | 0

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 – Tuer un dragon

Roman d’origine en chinois par : 御 我 (Yu Wo)

_______________________________________________________________________________________________

Chapter 8: Take the Wrong Fork in the Road – traduit du chinois vers l’anglais par Lucathia[PR!]
Chapitre 8 : Prends le mauvais embranchement sur la route – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ travail de vérification par Yukomin

Nous continuâmes de nous enfoncer davantage dans la vallée avec Woodrow pour guide. Tout au long de notre marche, je découvris que les choses étaient telles qu’ils les avaient décrites. Il y avait de moins en moins de créatures des ténèbres. En fin de compte, il n’en resta pratiquement aucune.

Cependant, les autres ne remarquèrent pas que l’élément des ténèbres devenait aussi de plus en plus épars et qu’il était remplacé par l’élément de l’eau.

L’explication derrière la disparition des créatures des ténèbres était à présent évidente : l’élément des ténèbres s’était tellement dissipé qu’il ne permettait plus de les alimenter.

Mais, pourquoi y aurait-il soudainement une parcelle de terre imprégnée de l’élément de l’eau dans cette vallée qui déborde de l’élément des ténèbres ?

Alors que je réfléchissais, Ecilan m’interrompit avec une question simple et précise : « Où va-t-on ? »

J’hésitai, puis lui dis : « Je cherche quelque chose… » 

« Donc, tu es à la recherche de quelque chose ? » Devant nous, Woodrow demanda soudainement : « Tu penses que quelque chose qui t’appartient se trouve dans une zone démunie de créatures mortes-vivantes ? »

« Oui. » J’acquiesçai.

« De quoi s’agit-il ? » nous interrompit Iacchi avec excitation. « Un trésor ? »

Je haussai les épaules et répondis : « Je ne m’en rappelle pas non plus, c’est juste que je pense avoir perdu quelque chose, et je dois le retrouver. »

Si je ne le retrouve pas, une fin terrible m’attend… Même si Scarlet n’avait jamais rien mentionné de tel, mes « connaissances générales » me disaient que si je ne parvenais pas à trouver cette chose, je subirais définitivement un destin plus tragique encore que de devenir une créature des ténèbres.

« C’est problématique. » Woodrow, qui était à l’avant du groupe, tourna soudainement la tête et s’enquit : « Grisia, quel chemin ? »

Il me fallut un moment pour remarquer que, non loin de nous, le chemin se divisait en deux. Un imposant massif de ronces et d’os divisait la route. Il sembla que nous ne pûmes le traverser qu’une fois avoir décidé quelle voie emprunter.

Je ne sus pas immédiatement quelle route choisir. Nous ne pouvions pas vraiment nous séparer en deux équipes. Woodrow et les deux autres n’étaient pas assez forts pour former une équipe à eux tous seuls…

« Ok, allons à droite. Blanchâtre et Ecilan iront à gauche. » Je tapotai l’encolure de Blanchâtre et lui ordonnai : « Si tu trouves quoi que ce soit d’étrange, reviens immédiatement. Je te récompenserai avec de l’élément de la lumière ! »

Blanchâtre acquiesça joyeusement avec de grands mouvements de tête, tandis qu’Ecilan me dévisageait simplement avec son regard glacial.

J’ignorai complètement son regard et ordonnai à Blanchâtre : « Vas-y ! »

 « Hé, ce n’est pas un peu trop cruel de ta part ? » Les yeux d’Igor s’écarquillèrent d’incrédulité.

« Au moins, détache l’une de ses mains ! » cria Iacchi. « Et s’il se retrouvait dans une situation dangereuse ? »

« C’est vrai que c’est un peu cruel », ajouta Woodrow avec hésitation.

Avec mon visage dénué d’expression, je rétorquai : « Si l’un de vous trois parvient à le battre tandis qu’une de ses mains est détachée, dans ce cas je délierai l’une des mains. Alors, lequel d’entre vous veut s’essayer le premier ? »

Ils se consultèrent du regard l’espace d’une seconde pour considérer la question avant de déclarer à l’unanimité : « Finalement, pas la peine de le détacher. »

Je levai les yeux au ciel à leur intention, puis tapotai la croupe de Blanchâtre pour lui signaler qu’il pouvait partir. Blanchâtre se dirigea vers le chemin de gauche sans aucune appréhension apparente et, comme d’habitude, Ecilan, qui ne parlait que rarement en présence des autres, ne protesta pas non plus. Il fut silencieusement emporté par Blanchâtre.

Ensuite, nous prîmes le chemin de droite. Notre groupe était bien plus bruyant qu’Ecilan, qui ne souhaitait pas parler, et que la licorne, qui ne le pouvait simplement pas. Iacchi ne cessa de me casser les pieds pour me forcer à me rappeler quel objet je cherchais.

« Il se peut que ce soit une sorte de gemme », finis-je par inventer. Je dis juste « qu’il se peut » qu’il s’agisse de cela, ce qui veut dire que c’est possiblement vrai !

« Une gemme ? De quelle grosseur ? » Après avoir entendu mes mots, les yeux d’Iacchi s’agrandirent immédiatement.

Pas du tout impressionné, je répondis : « Probablement aussi gros que tes yeux en ce moment ! »

Immédiatement, ils s’agrandirent encore davantage… Euh…  Tu crois vraiment qu’en faisant ça la gemme va grossir ?

« Grisia. »

Soudainement, Woodrow baissa le ton et recula jusqu’à se trouver à ma hauteur pour me parler.

« Qu’y a-t-il ? »

Je tournai la tête pour regarder Woodrow. Même si cette action n’était pas nécessaire pour regarder quelqu’un, il fallait que je fasse semblant pour éviter que Woodrow et les autres ne découvrent que quelque chose clochait avec mes yeux.

« Je n’arrête pas de penser que le Chevalier de Glace se comporte un peu étrangement », lança-t-il avec hésitation.

Lorsque j’entendis ses soupçons, je m’écriai avec mauvaise humeur : « Il est bizarre depuis le début, l’as-tu oublié ? Il est même allé jusqu’à affirmer que j’étais le Chevalier du Soleil ! »

« Non ! Ce n’est pas ça qui est étrange ! »

Woodrow secoua immédiatement la tête et poursuivit ses explications plus en détail : « Je continue de penser que, puisqu’il est l’un des Douze Chevaliers Sacrés, il ne devrait pas être aussi faible. J’ai même entendu dire que les compétences à l’épée du Chevalier de Glace de cette génération étaient extrêmement bonnes. Donc, vraiment, nous n’aurions pas dû être capables de l’attraper si facilement, et il devrait être en mesure de s’échapper quand il veut… même si, en fait, j’ai simplement l’impression qu’il n’en a pas envie. »

Je m’arrêtai, le questionnant avec perplexité : « Il n’est pas le plus faible parmi les Douze Chevaliers Sacrés ? »

Woodrow, Iacchi, et même Igor secouèrent la tête avec véhémence.

Je gardai le silence pendant un long moment avant de leur demander : « Si l’on devait le comparer au Chevalier de Flamme, qui est le plus fort des deux ? »

Cette fois, ce fut Iacchi qui répondit : « Ça devrait être le Chevalier de Glace ! Il est connu pour être un as du maniement de l’épée, mais je n’ai jamais entendu d’éloges à propos des combats à l’épée du Chevalier de Flamme. »

Pourtant, le Chevalier de Flamme est vraiment fort. J’ai eu beaucoup de mal à le soumettre avec mon élément des ténèbres. Dans ce cas, comment suis-je parvenu à vaincre le Chevalier de Glace qui est encore plus fort ?

« Cela ne voudrait-il pas dire qu’il a fait exprès de perdre depuis le début ? » marmonnai-je. Quand je découvris l’air perplexe des autres, je m’empressai d’ajouter : « Oublions-le pour le moment. La licorne l’a déjà emporté au loin, donc il ne se mettra pas en travers de notre chemin. »

Avec hésitation, Woodrow s’enquit : « Alors, notre plan originel… »

« Bien sûr, nous allons continuer de suivre le plan d’origine. » Je déclarai froidement : « Même si mon élément des ténèbres ne peut pas le vaincre, je possède naturellement d’autres façons d’assurer la victoire. »

« Très bien ! Je te crois ! » Ils hochèrent tous les trois la tête.

« Bien. » J’acquiesçai, puis les interrogeai avec curiosité : « Dans ce cas, puis-je vous demander à présent si ces trois choses devant nous sont aussi des créatures des ténèbres ? »

Je désignai de la main un endroit non loin de nous. J’avais découvert la présence de trois étranges créatures quelque temps auparavant. Bien que leurs corps fussent conçus de l’élément des ténèbres, ce dernier n’était pas très abondant. Au lieu de cela, l’élément de métal était beaucoup plus dense, éveillant ma curiosité. Je n’avais en réalité jamais vu ce genre de créature possédant plus de l’élément du métal que tout autre chose.

Leur apparence paraissait également très étrange. Je n’ai jamais vu quoi que ce soit qui leur ressemble… Ah ! Je veux dire « jamais » depuis que je me suis réveillé en tout cas.

Elles étaient plutôt larges, probablement plus hautes qu’un homme adulte, et leur forme était relativement « carrée ». Même si elles avaient la silhouette basique d’un humain avec un visage, un corps et quatre membres assortis, elles étaient plutôt grossières. Leurs têtes étaient des cubes, tandis que leurs deux bras n’étaient même pas de la même longueur. Vraiment, elles ressemblaient à des pantins en bois qu’on aurait assemblés incorrectement, la seule différence étant qu’elles étaient faites de métal plutôt que de bois.

Même si ces trois créatures appartenaient à la même espèce, elles avaient toutes des apparences différentes… Pour être plus précis, elles étaient toutes déformées à différents degrés.

Woodrow et les autres regardèrent dans la direction que j’avais indiquée et se pétrifièrent tous les trois au même moment.

Ne me dites pas qu’ils ne le savent pas non plus ? Je me grattai la tête.

Ils s’écrièrent tout à coup à l’unisson : « Des pantins ensorcelés ! »

Au début, je voulus leur demander ce qu’étaient « des pantins ensorcelés », mais, lorsque je tournai la tête, je vis que mes trois compagnons, qui se tenaient à mes côtés encore un instant auparavant, avaient disparu sans laisser la moindre trace… Ils se sont enfuis à leur simple vue !

Au moins, Woodrow avait un sens moral. Il tourna la tête vers moi et cria : « Grisia, sauve-toi ! Les pantins ensorcelés sont des créatures fabriquées par des alchimistes. Leur pouvoir est inépuisable, et il ne faut surtout pas sous-estimer leur vitesse. Quelle que soit la façon dont tu les attaques, ils ne se fatigueront pas… En résumé, sauve-toi vite ! »

Je m’élançai avec empressement dans la même direction que les autres et lançai le sort des Ailes de Dieu sur moi. Il ne me fallut pas longtemps pour rattraper Igor qui était à l’arrière du groupe.

« G-Grisia, moi-moi aussi je veux le sort des Ailes de Dieu… ! », me hurla-t-il tout en courant. Il m’adressa une expression implorante.

Hmph ! Tu as osé t’enfuir sans moi !

Devant son expression pleine de remords, je fis preuve de générosité et lui jetai le sort des Ailes de Dieu.

Par la suite, nous rattrapâmes facilement Woodrow et Iacchi. J’attendais de leur part qu’ils se repentent.

Woodrow se tourna pour nous regarder, puis regarder derrière nous… Il ne montra aucun signe de regret, mais afficha plutôt une expression éperdument désespérée : le genre d’expression que quelqu’un arborait lorsqu’il faisait face à une mort imminente.

Je savais pourquoi il faisait cette tête, car j’entendais la source de son désespoir. Derrière nous, le fracas produit par les trois patins ensorcelés qui nous poursuivaient se rapprochait… En passant devant les deux dernières personnes, je leur jetai le sort des Ailes de Dieu, et nous nous miment à courir de toutes nos forces.

Cependant, les trois choses derrière nous étaient encore plus rapides. À cet instant, je remarquai qu’elles avaient des roues à la place des pieds !

Si nous arrivons à les semer, dans ce cas je changerai de métier et deviendrai un véhicule plutôt qu’un humain !

On ne peut pas continuer ainsi. Je lançai de multiples attaques magiques derrière moi.

« Prison d’Os ! »

Les pantins heurtèrent de plein fouet ma Prison d’Os et la réduisirent en poussière. C’était comme s’ils n’avaient rencontré aucun obstacle.

« Chaînes des Ténèbres ! »

Ils traînèrent un tas de chaînes dans leur sillage, leur vitesse inchangée tandis qu’ils continuaient de foncer vers nous.

« Magie de la Foudre ! »

I-Ils… Pourquoi ai-je l’impression qu’ils sont encore plus rapides maintenant ?

Se pourrait-il qu’ils fonctionnent à l’électricité, et que je vienne de les aider à accélérer ?

Sans s’arrêter de courir, Woodrow tourna la tête vers moi et m’avertit : « Grisia, ils ont une très forte immunité contre la magie. C’est inutile ! »

« Que suis-je censé faire dans ce cas ? » J’éprouvais l’envie de pleurer, mais aucune larme ne coulait.

Parmi nous quatre, Igor et moi étions probablement les plus lents. Au moins, Igor était un guerrier, tandis que j’étais un prêtre et un nécromancien. Si les trois monstres derrière nous me rattrapaient, je serais à coup sûr réduit en miettes.

Iacchi hurla : « On te le dit depuis le début ! Cours et sauve ta peau ! »

Tu as vraiment l’air détendu ! Ils sont déjà… juste derrière moi !

Tout en me retournant, je dégainai l’Épée Divine de Glace juste à temps pour apercevoir un pantin ensorcelé m’attaquer avec son énorme main. Sa paume était même plus large que ma tête. Si elle m’avait touché, ma tête aurait probablement été réduite en bouillie, comme une vulgaire tomate écrasée par un chariot.

N’ayant pas d’autres choix, je brandis au hasard l’épée au-dessus de ma tête pour bloquer l’attaque… Clang !

Je ne m’y attendais pas ! Cette chose au-dessus de moi qui ressemble à un glaçon pointu a réussi à bloquer ce coup sans éclater en fragments de glace… C’est vraiment une excellente arme ! À partir de maintenant, je vais respectueusement t’appeler, la « Stalactite Divine ! » 

À cet instant, le pantin ensorcelé m’attaqua brusquement par le côté, frappant carrément le tranchant de la Stalactite Divine. Toutefois, la Stalactite Divine resta fidèle à son nom – la lame ne se brisa naturellement pas – même si en fait j’aurais préféré que ce fût le cas.

Si elle s’était brisée, au moins il me serait resté la moitié de la stalactite dans les mains. Qu’elle se fût fait projeter au loin signifiait que je n’avais même plus la moitié d’une arme pour me défendre.

« … »

Je contemplai mes mains vides. J’avais perdu la Stalactite Divine, et les trois pantins ensorcelés, qui ne craignaient pas la magie et qui avaient des poings plus gros que ma tête, se dressaient devant moi… Cette fois, je suis mort !

Faisant à présent face aux énormes mains que les patins ensorcelés utilisaient comme armes, je ne pus qu’esquiver en me fiant à la vitesse que m’accordait le sort des Ailes de Dieu. Je parvins tout juste à éviter quelques attaques. En plus de toutes leurs caractéristiques, les pantins ensorcelés semblaient avoir une forme basique d’intelligence. Ils formèrent un triangle pour m’encercler, me piégeant à l’intérieur et ne me laissant aucune échappatoire…

« GROAWRRR ! »

Le rugissement de l’ours était si fort qu’il me fit mal aux oreilles. Un espace vide apparut dans l’encerclement, et Igor à lui tout seul me tira hors du confinement.

« Les amis… »

J’étais extrêmement, extrêmement stupéfait. Devant moi, Woodrow s’était métamorphosé en ours et se battait avec deux des pantins ensorcelés, pendant qu’Iacchi détournait l’attention du troisième. Enfin, Igor brandit son épée pour venir en aide à Woodrow et affronter l’un des deux pantins.

Je n’aurais jamais cru qu’ils viendraient me sauver… N’avaient-ils pas décidé de m’abandonner depuis qu’ils m’ont vu kidnapper le Chevalier de Glace ? N’ont-ils pas dit que nos routes se sépareraient une fois que nous aurions partagé l’argent de la vente de la licorne ?

Alors, pourquoi sont-ils venus me sauver ?

« Grisia, renforce un peu plus l’effet protecteur du Bouclier de Lumière ! » s’exclama Igor.

« Fais-le pour moi aussi ! Et fais en sorte que mes Ailes de Dieu soient un peu plus rapides ! » La voix d’Iacchi me parvint, ses cris semblant venir de toutes les directions comme il courrait dans tous les sens. 

Leurs paroles éliminèrent les doutes qui avaient envahi mon esprit. Je me levai et me mis à rassembler de l’élément sacré et de l’élément du vent…

« Grisia, attention ! »

« Bouclier de Lumière ! »

Je venais de renforcer les Boucliers de Lumière qui protégeaient les corps de tout le monde, lorsque j’entendis l’avertissement d’Iacchi. Subitement, je sentis que quelque chose clochait… Pourquoi y a-t-il une ombre au-dessus de ma tête ? Au moment où j’utilisai ma capacité de perception, mon souffle se coupa. Je n’aurais jamais songé qu’il y aurait un quatrième pantin ensorcelé !

Ce dernier leva son immense main pour m’attaquer… Bam !

Je fus projeté sur le côté, mais, par chance, je ne fus pas blessé. Je n’avais pas été projeté par l’attaque. On m’était rentré dedans, mais ce n’était pas le pantin ensorcelé. C’était en fait Blanchâtre, la licorne ! Elle est revenue !

« Merci. »

Après être tombé par terre en position assise, je parvins à remercier la licorne en tremblant. Elle n’avait cependant pas de temps à m’accorder, comme elle était actuellement engagée au combat contre le quatrième pantin ensorcelé et se servait de sa corne pour le maintenir à distance.

Voyant la situation, je la mis vivement en garde : « Blanchâtre, n’utilise pas de sorts de l’élément de la foudre. Ils deviendront encore plus forts sinon ! »

Dès que j’entendis le hennissement de Blanchâtre en réponse, je jetai rapidement sur elle les sorts de Bouclier de Lumière et des Ailes de Dieu. Une fois que ce fut fait, j’eus enfin un peu de temps pour vérifier la situation des autres. Néanmoins, je ne m’étais pas attendu à devoir les regarder avec impuissance, alors qu’ils se faisaient frapper encore et encore par les pantins ensorcelés. Dieu merci, le sort Bouclier de Lumière les protégeait. Personne ne semblait avoir reçu de blessures graves.

Toutefois, après chaque coup bloqué, l’épaisseur de leurs Boucliers de Lumière s’amenuisait. Je ne pouvais que continuer à les aider en réparant leurs boucliers. Même s’ils ne recevaient aucune blessure grave, ils avaient l’air de s’épuiser rapidement, et tout particulièrement Iacchi. Il n’était pas très fort à la base, et ses armes enduites de poison étaient complètement inefficaces contre des ennemis faits de métal. Il n’arrivait pas à leur causer de dégâts et ne pouvait qu’effectuer des allers-retours pour les faire tourner en rond.

Que devrais-je faire ? Woodrow et les autres ne pourront pas tenir indéfiniment, et le combat de Blanchâtre semble tout aussi ardu, particulièrement parce qu’il ne peut pas utiliser la magie de la foudre.

Alors que j’agonisais pour trouver une solution, Iacchi commit un impair. Il trébucha sur des pierres. Ne laissant pas passer cette bavure, le pantin ensorcelé l’envoya impitoyablement valser dans les airs, et son corps s’écrasa contre un arbre. Pendant un moment, il fut incapable de se relever, et il semblerait que la collision l’eût désorienté.

Cependant, le pantin ensorcelé qu’il combattait parut perdre tout intérêt pour lui et se précipita dans ma direction.

C’est mauvais pour moi… Ma magie rendue inutile, je ne savais plus quoi faire. Hormis jeter des sorts, que sais-je faire d’autre ?

« Sun, vite, détache-moi ! » s’écria Ecilan.

L’espace d’une seconde, je restai abasourdi, avant de me rappeler que j’avais toujours cet assistant. Je m’empressai de reculer et d’esquiver les attaques du pantin ensorcelé, tout en dissolvant les Chaînes des Ténèbres qui emprisonnaient Ecilan. Néanmoins, diviser mon attention me mena à une chute. Mon genou gauche entra en contact direct avec le sol, et mon genou droit se cogna carrément sur une pierre. J’entendis le bruit de quelque chose qui se fendait en deux…

J’étais à moitié vautré sur le sol, et la douleur était si forte que j’avais rapproché mes genoux contre mon torse, momentanément incapable de reprendre mes esprits.

Au milieu de ma crise de couleur aiguë, je lançai le sort de Soin sur mon genou. Une fois que j’eus enfin soigné ma blessure, je me relevai et me remis à courir. Toutefois, une ombre apparut soudainement au-dessus de ma tête, m’enveloppant une nouvelle fois. Le pantin ensorcelé derrière moi m’avait déjà rattrapé… Euh, quand j’ai lancé le Bouclier de Lumière sur tout le monde, ai-je oublié d’également le lancer sur moi afin de me protéger ?

Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à me rappeler d’autre chose que de la magie et des sorts de soin, lorsque la situation est à ce point désespérée… Ecilan ! Tu as osé m’appeler Sun ! Si je suis vraiment le Chevalier du Soleil, pourquoi est-ce que je ne parviens toujours pas à me souvenir de techniques de chevalier, alors que je fais face à une mort certaine ?

« Grisia ! » hurla Iacchi, paniqué.

Je protégeai ma tête de mes mains, prêt à accueillir soit une douleur vive soit les ténèbres éternelles.

Clang !

Ecilan accourut vers moi sans perdre en vitesse, alors même qu’il se penchait pour ramasser sa Stalactite Divine. Il para l’attaque avec précision, sauvant ainsi ma vie inutile.

Tout en maniant son épée et en affrontant le pantin ensorcelé, il me dicta : « Lance sur moi ta magie de soutien ! »

J’eus une seconde de stupéfaction avant de le bénir promptement avec Bouclier de Lumière. Au moment de lancer les Ailes de Dieu, j’hésitai sur le moment. Je ne sais pas quelle quantité de l’élément du vent je devrais utiliser…

« Sun, le sort des Ailes de Dieu ! »

Ecilan me pressa d’une voix forte tout en attirant les quatre pantins ensorcelés en même temps. Cela permit à Woodrow et aux autres d’arrêter de se battre et de reprendre leur souffle. Comme le nombre de pantins ensorcelés avait augmenté, la situation d’Ecilan commençait à être de plus en plus critique au fur et à mesure que les secondes s’écoulaient.

Tant pis ! Je vais le bénir. S’il tombe, dans ce cas… je pourrai toujours le guérir avec mon sort de Soin !

« Ailes de Dieu ! » J’utilisai la même quantité de l’élément du vent que la toute première fois où j’avais jeté ce sort. C’était la quantité qui avait accordé à Iacchi la vitesse lui permettant de traverser les murs. C’était vraiment un pari risqué. Ce serait terrible si Ecilan tombait, parce qu’il bougeait trop vite ; cependant, je ne pouvais pas m’empêcher de vouloir tenter le coup. Il doit bien exister quelqu’un capable de supporter ce genre de vitesse, sinon je n’aurais pas utilisé une si grande quantité de l’élément du vent avec autant de naturel, n’est-ce pas ?

« C’est trop rapide ! » Iacchi poussa un hurlement strident. « Grisia, tu t’es trompé sur la quantité ! »

Je ne répondis pas à sa remarque et regardai simplement Ecilan qui ne trébucha absolument pas. Au contraire, il était aussi rapide que le vent. Une fois qu’il eut mené les quatre pantins ensorcelés au même endroit, il se mit à leur régler leur compte.

À cet instant, qu’il s’agît de Woodrow, Iacchi ou Igor, tout le monde se tint à mes côtés et fixa Ecilan avec vénération. Je commençais enfin à comprendre pourquoi tout le monde admirait autant les Douze Chevaliers Sacrés.

Même moi, qui ne comprenais rien au maniement de l’épée, je pouvais dire, d’après la posture générale d’Ecilan, qu’il était très fort et vraiment très habile avec cette arme.

La Stalactite Divine d’un blanc argenté devint une courbe leste et épurée entre ses mains, ses déplacements si fluides que personne n’aurait pu trouver autre chose que de la beauté dans les lignes laissées dans son sillage. En y ajoutant les mouvements agiles et fougueux d’Ecilan, son combat était aussi beau qu’une danse… J’eus même l’impression qu’il ne pouvait y avoir meilleure musique d’accompagnement que les éclats métalliques nés de la collision de la Stalactite Divine et des pantins ensorcelés.

En revanche, aucun de ces détails n’était la source de notre admiration. Le point principal était qu’il se battait à un contre quatre, et pourtant il avait manifestement le dessus. En moins de dix minutes, les pantins ensorcelés furent cloués au sol, roués de coups. 

Une fois qu’ils ressemblèrent à des jouets cassés et qu’ils furent incapables de localiser leurs ennemis, réduits à un état où ils ne pouvaient qu’attaquer dans tous les sens en restant coincés au même endroit, Ecilan effectua un bond en arrière. Il se servit alors de plusieurs gigantesques stalactites pour annihiler les pantins enchantés, qui ne pouvaient rien esquiver, et les réduire en pièces détachées.

Devant ce spectacle, je poussai un profond soupir et déclarai : « T-tu es aussi rapide que le vent. »

« Le vent ? »

Ecilan rengaina son épée sans se presser et secoua la tête. « Je ne suis pas si rapide. C’est Storm qui est aussi rapide que le vent. »

« Storm ? » Je clignai des yeux.

Cette fois, je n’eus pas besoin de poser la question. Ecilan se mit à m’expliquer sans que je l’y encourage : « Ceo Storm, l’un des Douze Chevaliers Sacrés. Il est aussi ton très compétent assistant. Toute ta part de travail est accomplie par lui et ton vice-capitaine. »

« … Mais, dans ce cas, qu’est-ce que je fais ? »

Ecilan eut un instant de réflexion avant de répondre : « Tu fais la même chose qu’en ce moment. »

« Ce que je fais en ce moment ? » Perplexe, je dis : « Je ne fais rien de spécial en ce moment… Attends ! Où est-ce que tu vas ? Tu es notre otage… »

Ecilan avait fait volte-face et ne s’éloignait ni vivement ni lentement.

« En es-tu sûr ? » m’interrompit Iacchi d’un ton moqueur. « Quelqu’un qui n’est pas enchaîné, qui manie une épée divine, et dont les capacités sont amplifiées par de la magie de soutien, est-il vraiment un otage ? »

Je restai sans voix.

Avec la mine sombre, Igor s’exclama : « Il y a un instant, nous ne pouvions rien contre ces monstres de métal à un contre un, mais il les a vaincus à lui tout seul ! »

Woodrow marmonna : « Peut-être devrions-nous nous considérer comme les otages à présent. »

Je déglutis, plutôt d’accord avec les propos de Woodrow. Mais, je ne peux pas laisser Ecilan partir comme ça ! S’il s’en va, que va-t-il advenir de mon plan ?

Je courus vivement après lui. Quand je l’approchai, il maintint son allure. Je le questionnai nerveusement : « Hé, hé ! Est-ce que tu prévois de t’échapper ? »

Derrière moi, Iacchi dit à voix basse : « Je pense plutôt que c’est nous qui devrions nous enfuir… »

 « Non ! » répondit Ecilan simplement et clairement.

Je poussai un soupir de soulagement, même si j’étais confus. Je l’interrogeai encore : « Dans ce cas… tu en as assez d’être ligoté, donc tu as décidé de te promener, et tu remonteras sur le dos de la licorne plus tard ? »

« Non ! »

Je m’arrêtai, frustré, et criai : « Dans ce cas, que comptes-tu faire maintenant ? Crache le morceau ! Ce n’est pas comme si nous pouvions te vaincre, alors si tu veux nous tuer ou nous défigurer, il n’en tient qu’à toi ! »

En entendant cela, il s’arrêta enfin et se tourna pour me répondre : « N’as-tu pas dit que tu cherchais quelque chose ? Je vais t’aider à le trouver. Une fois que ce sera fait, tu rentreras avec moi. »

Mon esprit se figea momentanément après avoir entendu sa réponse, avant de se remettre à calculer la situation. Qui sait sur quoi l’on va tomber la prochaine fois ? Si nous avons l’aide d’Ecilan, nous serons assurément capables de surmonter les problèmes avec facilité. Cela ne peut que nous être bénéfique sans aucun désavantage… Mais, en fin de compte, devrais-je vraiment retourner au Temple Sacré avec lui ?

Je me mis à sourire. Quel mal y a-t-il à faire une promesse ? Dans tous les cas, ma culture générale me dit que, dans ce monde, il existe le concept de « ne pas honorer sa parole ».  

« D’accord ! »

Ecilan approuva.

Woodrow et les autres se précipitèrent vers nous. En m’entendant accepter la proposition d’Ecilan, leurs visages perdirent toute trace de tension. Il était évident qu’ils étaient plutôt contents de pouvoir travailler pacifiquement avec le Chevalier de Glace.

Je me souvins tout à coup d’une question qui m’était venue plus tôt. Je m’enquis avec curiosité : « Oh, c’est vrai. À propos de ce que tu as dit tout à l’heure, qu’étais-je en train de faire à ce moment-là ? »

« Courir frénétiquement dans tous les sens », répondit Ecilan sans même tourner la tête.

Avec la présence d’Ecilan, le voyage qui s’ensuivit fut en effet aisé et plaisant. C’était comme si nous suivions un parcours touristique et que notre seule responsabilité était de pousser des cris d’alarme chaque fois que nous apercevions des bêtes sauvages démoniaques. Ecilan se précipitait alors à leur rencontre et d’un « swoosh » les envoyait valdinguer à l’horizon.

« Ouah ! Celui-là a volé si loin, je ne le vois même plus ! Peut-être qu’il a atterri directement à l’entrée de la vallée », s’étonna Iacchi tout en faisant claquer sa langue de surprise.

« Es-tu pressé ? » demandai-je, d’un air ahuri. « Pourquoi es-tu aussi cruel envers les animaux ? »

Parce qu’il était lui aussi un animal, Blanchâtre s’était depuis longtemps caché derrière moi, redoutant d’être accidentellement pris pour une bête démoniaque et de se faire envoyer valser au loin d’un seul coup d’épée.

Tandis qu’Ecilan repoussait une étrange créature qui avait la tête d’une vache, le corps d’un humain et les jambes d’un cheval, il se contenta de répondre : « Oui. »

« Pourquoi es-tu si pressé ? »

« Je veux me dépêcher de rejoindre Blaze. » Ecilan fit une pause avant de jeter un coup d’œil aux autres. Même si son expression trahissait son hésitation, il continua toutefois d’expliquer : « Blaze sait que la personne qu’il a blessée c’est toi. Il doit se sentir terriblement coupable. Je dois te ramener auprès de lui pour le rassurer. »

En entendant sa réponse, je restai stupéfait. Avec entêtement, je répliquai : « Mais, il a affirmé qu’il n’y avait aucune chance que je sois le Chevalier du Soleil ! »

Ecilan déclara sans la moindre hésitation : « Il doit y avoir un malentendu. »

…Très bien ! Je l’admets. Il a hurlé que je ne pouvais pas être le Chevalier du Soleil avant d’avoir vu mon visage. Et, après l’avoir aperçu, il n’a eu le temps de ne dire que le mot « tu ». Il est possible que, après le « tu », il voulait dire quelque chose comme « tu es le Chevalier du Soleil » !

Cependant… si Ecilan n’essaie pas de me piéger, alors ça veut dire que c’est Scarlet qui me ment ? Je n’ai toujours aucune idée de qui me manipule. Ma confusion ne fait qu’augmenter. Mais, demander de l’aide à Ecilan ne me sert à rien. Il ne dira jamais qu’il est celui qui me ment.  

Je le questionnai avec perplexité : « Je pensais que Blaze et toi vous ne vous entendiez pas ? »

Ecilan me dévisagea. Cette fois, ce fut à son tour de rester perplexe. « Non. »

« Alors, vous vous entendez vraiment bien ? » C’était complètement en dehors de mes attentes. Ecilan n’a-t-il pas l’intention de saisir l’opportunité de la dernière fois pour prendre sa revanche ?

« Pas particulièrement bien. »

« Oh ? » Un peu curieux, je lui demandai : « Dans ce cas, avec lequel des Douze Chevaliers Sacrés t’entends-tu le mieux ? »

Ecilan réfléchit sérieusement à la question avant de me répondre : « Toi. »

« Moi ? » Je me désignai du doigt. Ecilan acquiesça d’un signe de tête, confirmant ses paroles.

À ce moment précis, les trois personnes qui avaient tendu l’oreille pour épier notre conversation écarquillèrent les yeux les uns après les autres et protestèrent vigoureusement : « Comment est-ce possible ? Tout le monde sait que le Chevalier de Glace est l’un des subordonnés du Chevalier du Jugement et qu’il est complètement en froid avec la faction du Chevalier du Soleil ! »

J’avais également entendu Sybil parler du fait que le Chevalier du Soleil est la personne la plus bienveillante au monde, tandis que le Chevalier du Jugement est cruel et sans cœur. Donc, ils sont incompatibles. J’adressai un regard plein de suspicion à Ecilan, le questionnant davantage : « Pourquoi s’entend-on si bien ? »

Ecilan répondit par réflexe : « Parce que tu aimes manger des sucreries. »

Mais… ces deux déclarations, « j’aime manger des sucreries » et « je m’entends bien avec toi », n’ont aucune connexion l’une avec l’autre, non ?

Je jetai un coup d’œil aux autres pour observer leurs expressions faciales. Comme je m’y attendais, eux aussi étaient troublés. Je ne suis pas le seul à ne pas comprendre ce qu’il vient de dire.

« J’aime manger des sucreries, et… » Quel lien y a-t-il avec le fait que nous nous entendions bien ?

Avant que j’eusse pu finir ma phrase, Ecilan hocha immédiatement la tête et prit la parole : « C’est exact, tout particulièrement les desserts à la myrtille, et il faut qu’ils soient très sucrés. Au début, ça m’a compliqué la tâche, parce que tes desserts doivent toujours être extrêmement sucrés. Personne ne partage ce même goût, alors je devais toujours préparer ta part séparément. En revanche, il y a le Chevalier des Enfers qui aime que le goût des aliments soit très relevé et qui m’a dit que ça ne le dérangeait pas de manger des desserts à la myrtille. Maintenant, je peux préparer vos parts ensemble, ce qui me facilite beaucoup plus la tâche… Ah ! »

Il avait probablement remarqué nos expressions décontenancées. Son long monologue sur les desserts s’arrêta abruptement, et il me fixa avec une pointe de désespoir dans le regard.

Percevant son désespoir, Woodrow et les autres furent encore plus surpris. La bouche d’Igor s’ouvrit même en grand, et on aurait dit que sa mâchoire allait tomber.

Je n’étais pas aussi surpris à vrai dire. Je savais déjà depuis longtemps que, tant qu’il n’y avait personne dans les alentours, Ecilan se transformait en personne bavarde. Il s’était simplement transformé en personne qui, « même s’il y avait des gens aux alentours », continuerait de jacasser.

Ecilan semblait ignorer comment réagir. Il alla se cacher derrière mon dos, tout son corps pratiquement dissimulé par le mien. Voyant cela, je haussai les épaules et dis aux autres : « Très bien ! Il suffit ! Qu’il soit bavard ou silencieux n’a aucune importance. Cessez de rendre les choses difficiles pour lui. Prétendez n’avoir rien entendu ! »

Woodrow et la compagnie firent preuve de tact. Même si c’était un peu difficile, ils tentèrent du mieux qu’ils le pouvaient de faire disparaître leurs expressions stupéfaites, se contentant de jeter des regards à Ecilan du coin des yeux. De son côté, Ecilan avait depuis longtemps baissé la tête, n’osant même pas nous regarder.

« Alors, comme ça, même le froid Chevalier de Glace peut rougir ? » rit Iacchi en silence.

« Ne ramène pas le sujet sur le tapis, à cause de toi son visage rougit encore plus », le réprimanda immédiatement Woodrow à voix basse.

Il rougit ? Je tentai de l’examiner de plus près, mais Ecilan venait de baisser la tête encore plus… Ah… Je ne peux pas distinguer les couleurs ! Mince ! Je n’avais encore jamais autant désiré voir une « couleur » qu’à ce moment-ci.

Ice est en train de rougir ! Si je racontais ça à Judgment, il se contenterait de sourire et refuserait complètement de me croire… Je me figeai.

Sun, Ice m’a donné un sac de bonbons au miel. Je n’aime pas les sucreries. Tu peux l’avoir !

Si tu n’as pas l’intention de les manger, alors ne les accepte pas !

Si je ne les accepte pas, il sera contrarié…

Tout le monde s’arrêta net. Ils posèrent tous leurs regards sur moi avec confusion, l’un après l’autre. Je me tournai vers Ecilan pour lui demander : « Le Chevalier du Jugement n’aime pas les sucreries, n’est-ce pas ? »

Ecilan redressa la tête. Il s’empressa de m’interroger : « Sun, tu as retrouvé la mémoire ? »

« Non, c’est juste… » J’hésitai. La conversation qui était soudainement apparue dans mon esprit me semblait extrêmement familière, mais, en fin de compte, je répondis quand même : « Non, c’est juste que j’ai deviné au hasard. »

« Tu es donc toujours amnésique ? » Ecilan semblait déçu, mais il endura tout de même sa déception et expliqua : « Le Capitaine-Chevalier du Jugement n’aime en effet pas les sucreries, mais, quand je lui en amène, il en mange toujours au moins quelques bouchées devant moi. »

« On dirait que c’est quelqu’un de bien. » Je regardai Woodrow et les autres avec quelques doutes. N’ont-ils pas affirmé que le Chevalier du Jugement est cruel et sans cœur ?

Cependant, leurs expressions étaient encore plus perdues que la mienne. On dirait que la majorité des informations qu’ils avaient sur les Douze Chevaliers Sacrés n’étaient pas fiables.

Je soupirai avant de m’arrêter devant la paroi d’une montagne. Tapant dessus, je commandai : « Ecilan, brise-moi ce mur ! »

« Pourquoi briser un mur ? »

Les mots venaient à peine de quitter la bouche d’Iacchi qu’Ecilan avait déjà agi selon mes instructions. Il rassembla une large quantité de l’élément de glace, fabriqua une stalactite, puis s’éloigna lentement du mur. Sans la moindre hésitation, il lança la stalactite contre la paroi montagneuse, l’envoyant s’écraser contre elle.

Le formidable retentissement de la collision nous força à nous couvrir les oreilles. Les débris de l’impact engendrèrent un large nuage de poussière, nous obligeant à reculer. Iacchi protesta bruyamment : « Grisia, aurais-tu perdu la raison ? Pourquoi as-tu demandé au Chevalier de Glace de briser ce mur sans aucun avertissement… ? »

« Parce que ce que je cherche se trouve derrière. »

Les débris tombaient toujours. L’air était rempli de l’élément de la terre. Je devinais que Woodrow et les autres ne pouvaient probablement rien voir en ce moment, mais, moi, j’apercevais clairement la chose au fond. Elle était composée de tellement de l’élément de l’eau que même la plus épaisse des parois montagneuses ne pouvait m’empêcher de la « voir ». Il semblerait que ce fût la raison pour laquelle cette vallée était une zone dépourvue de l’élément des ténèbres, imprégnée à la place de l’élément de l’eau.

« Qu’est-ce que c’est ? » Ecilan fut le premier à poser la question.

Je n’eus pas le temps de répondre, car Igor s’était déjà bruyamment exclamé : « WOW ! Il y a une immense caverne à l’intérieur ! »

« Une gemme ! » hurla soudainement Iacchi avec un cri terriblement perçant.

C’est… une gemme ? Je ne pouvais voir qu’un amoncellement d’un très puissant élément de l’eau à un emplacement précis. Comme l’élément de l’eau était si dense, je ne parvenais pas à sentir une forme en particulier. Ainsi, il s’agit réellement d’une gemme.

Cette gemme est en fait remplie d’un élément de l’eau d’une puissance fantastique. Je n’avais encore jamais senti une telle pureté dans l’homogénéité des éléments. Elle n’est composée que d’un seul type d’élément, sans aucune impureté… C’est inconcevablement magnifique !

C’était la toute première fois que je sentais que quelque chose était vraiment « beau ». Je ne pus me retenir d’entrer dans la grotte, voulant m’en approcher.

Ecilan fronça les sourcils et m’avertit : « Sun, ne va pas à l’intérieur. J’ai l’impression que quelque chose cloche avec cet endroit… »

Je tournai la tête vers lui et rétorquai : « Ne m’appelle pas Sun ! Je suis Grisia. Et aussi, si je ne vais pas à l’intérieur, comment vais-je récupérer mon bien ? »

Ecilan cligna des paupières avant de me contempler avec solennité. Puis, il proposa un compromis. « Très bien, Grisia, va récupérer ta gemme. Après, tu viens avec moi retrouver Blaze. »

Je trébuchai à l’entrée de la cave, l’élément de l’eau étant trop dense pour que je parvienne à sentir la forme du sol. Je dus renforcer ma capacité de perception avant de pouvoir marcher sans tomber. Ensuite, plus je m’approchais de la gemme, plus elle me semblait familière. Une gemme possédant un élément de l’eau aussi puissant… j’avais déjà été en contact avec celle-ci auparavant.

Grave Avertissement : NE VENDS PAS LA GEMME ! Je viendrai te retrouver quand j’en aurai besoin. Si elle est perdue, tu es mort.

Cette gemme est bel et bien à moi… Je vais enfin pouvoir la récupérer !

Je marchai jusqu’à la plateforme en pierre sur laquelle était posée la gemme et tendis la main pour l’attraper sans la moindre hésitation. Hormis la sensation d’humidité lorsque ma main la toucha, je ressentis également un grand sentiment de soulagement dans mon cœur. Finalement, je ne serai pas obligé de mourir !

« Sun ! Dépêche-toi de sortir de là ! »

À cet instant, Ecilan cria soudainement : « Sous tes pieds… ! »

Sous mes pieds… Je n’avais pas besoin de baisser le regard pour découvrir qu’un cercle complexe était apparu sous mes pieds. Il était dessiné avec de l’élément de l’eau, et la source semblait être la gemme que je tenais.

Hahaha, tu as enfin mis la main sur l’Éternelle Tranquillité !

Lorsque j’entendis cette voix, je fis une brève pause avant de demander lentement : « Scarlet… Qu’as-tu fait ? »

Scarlet rit, ses éclats de rire semblables aux tintements de clochettes d’argent résonnant en échos dans toute la caverne.

Ecilan se précipita dans la grotte.

Même si j’avais l’impression que quelque chose n’allait pas, je ne lâchai pas ce qui se trouvait dans ma main… l’Éternelle Tranquillité.

« Une fois que tu as eu récupéré l’Éternelle Tranquillité, le cercle magique sur le sol s’est activé. Combiné avec l’Éternelle Tranquillité, le cercle magique scellera tout l’élément des ténèbres présent dans la Vallée de Trizer à l’intérieur de ton corps. Par la suite… tu ne seras plus le Chevalier du Soleil ! »

Je ne le serai plus ?

Donc, ça signifie que je suis le Chevalier du Soleil ?

« Sun ! »

Pourquoi… le cri d’Ecilan semble-t-il provenir de si loin ?

1/2 Prince V5Extra – Le dossier confidentiel des suzerains des cinq continents

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Volume 5: Un Prince n’Existe Plus

Original novel in Chinese by: 御我 (Yu Wo)


Extra Chapter : The Classified Files of the Five Continents’ Overlords – traduit du chinois vers l’anglais par Starie[PR !]
Chapitre Extra : Le dossier confidentiel des suzerains des cinq continents – traduit de l’anglais au français  par Elynor
+ Travail de vérification par Yukomin

Localisation actuelle : Continent de l’Est
Surnom : Le suzerain souriant – Winter Triumph
Décrit par les autres comme étant : un loup déguisé en mouton
Citation célèbre : « Sourire, c’est gagner encore plus d’argent ! »

 

 

On raconte que Winter Triumph est devenu le suzerain du Continent de l’Est à la suite d’un jour prédestiné où il rentra chez lui dans le monde réel.

« Grand frère, tu veux bien jouer à Second Life avec moi ? » l’implora sa petite sœur débordant de jeunesse.

Faisant fi de la requête de sa sœur toute mignonne, Winter Triumph afficha un sourire amer et réticent en répondant : « Pas question ! Ça ne fait pas gagner d’argent, et en plus on doit payer pour y jouer ! »

« Tu peux vendre la devise du jeu en argent, et le jeu va définitivement devenir populaire, donc certaines personnes vont se battre pour acheter de cette devise », déclara sa petite sœur qui connaissait bien le point faible de son frère.

On peut gagner de l’argent avec ça ! Les yeux de Winter Triumph brillèrent. « Ok, je vais jouer avec toi. »

 

 

Pour que Winter Triumph, qui avait choisi d’être un guerrier, puisse combattre les monstres avec efficacité et ainsi gagner de l’argent, il avait créé une équipe avec sa sœur et avait recruté quatre camarades en cours de route. Grâce à la politique de Winter Triumph de tout ramasser, y compris les demi-pièces de cuivre pour les réunir en une pièce complète, l’équipe devint vite extrêmement riche, mais d’apparence pauvre — leurs comptes bancaires débordaient — mais leur porte-monnaie dans le jeu ne contenait que des boules de naphtaline.

Sa petite sœur, furieuse, n’arrivait plus à le supporter. Après avoir ordonné aux quatre autres membres de l’équipe d’enchaîner son frère à un rocher, elle attrapa le porte-monnaie de ce dernier, qu’il chérissait plus que sa vie… « Non ! La vie d’une personne est précieuse, mais un porte-monnaie l’est davantage ! Je préfère mourir plutôt que de m’en séparer ! » pleura-t-il.

Ignorant son frère aîné qui gémissait suffisamment fort pour réveiller les morts, elle courut en ville dépenser tout l’argent, achetant les meilleures armures et armes qu’elle pût trouver pour l’équipe. Mis devant le fait accompli, Winter Triumph se retrouva dans une situation où ce qui était fait était fait et dut tirer le meilleur de ce qu’il s’était passé. Il était très réticent à revendre l’équipement moins cher.

« Idiote, qu’est-ce qui t’a pris d’acheter des objets aussi chers ? Quel que soit le prix de vente, je vais perdre de l’argent en essayant de les revendre ! Je ne dois pas les vendre. » Il pleurait des larmes de sang tel un martyr secouant sa bourse qui était à présent vide.

L’équipe, qui avait finalement obtenu de l’équipement de qualité, pouvait dorénavant user pleinement de leurs capacités, défiant les boss sans arrêt, montant leur niveau comme des malades, se débarrassant de toute la compétition et devenant de ce fait une équipe puissante et célèbre à travers tout le Continent de l’Est.

« Comme nous avons un bon équipement, allons simplement tuer des boss qui laissent tomber des objets ultra-rares ! De cette manière, nous allons pouvoir rapidement regagner de l’argent ! » – Winter Triumph.

La veille du Tournoi des Aventuriers, tous les membres de l’équipe, à l’exception de Winter Triumph, avaient décidé d’y participer.

« Winter Triumph, pourquoi est-ce qu’on ne participerait pas au Tournoi des Aventuriers ? » lui demanda le reste de l’équipe.

Celui-ci éclata de rire, en faisant le doigt d’honneur à ses camarades. « Je ne ferai jamais rien qui ne rapporte pas d’argent. Nous devrions parler du prochain boss à combattre. »

Immédiatement, les cinq autres se touchèrent le visage avec leur paume. Si tu as envie de faire un doigt d’honneur, contente-toi de le montrer, tu n’es pas obligé de sourire comme un ange en même temps !

« Le premier prix est génial : un territoire ! »

« Un territoire ? » Le sourire de Winter Triumph se figea, et toute sa personne s’arrêta comme si elle était entrée en transe, calculant mentalement à la vitesse de la lumière. Si le premier prix, qui était une terre où les joueurs pouvaient s’installer, était bien défendu et géré, alors la somme des taxes perçues serait stupéfiante. Même s’ils ne voulaient pas s’en occuper, si la terre était vendue, le profit à en tirer serait loin d’être mauvais. Bien, très bien. Comment pouvait-il, lui, Winter Triumph, rater une telle opportunité ?

« Mes chers compagnons, comment le Tournoi des Aventuriers de Second Life pourrait-il avoir lieu sans notre équipe ? Nous allons évidemment participer jusqu’à la fin et promouvoir ainsi la réputation de notre équipe. » Le guerrier afficha un sourire qui exprimait une confiance extrême.

C’est parce que ce territoire va être lucratif, c’est ça ? pensèrent secrètement ses coéquipiers, ne sachant pas s’il fallait en rire ou en pleurer.

Les hommes meurent pour des richesses, les oiseaux meurent pour de la nourriture, et, avec la tentation du territoire, Winter Triumph se changea en Asura souriant dans l’arène. Même face aux adversaires les plus forts, il ne recula jamais.

« Ceux qui tentent de voler mon argent n’ont plus qu’à mourir ! » Cette citation de Winter Triumph fut élue la phrase la plus effrayante de l’année sur le Continent de l’Est.

Pour des perspectives économiques encore plus grandes, obtenir un monopole des commerces du Continent de l’Est était la meilleure voie à suivre, il décida donc d’unir le continent. Ce fut ainsi, allant de pair avec la philosophie « l’argent est invincible », que Winter Triumph devint le suzerain du Continent de l’Est, avec le surnom du suzerain souriant qui « pourrait mourir pour de l’argent ».

 

 

Localisation actuelle : Continent de l’Ouest
Surnom : Le suzerain vagabond – Neurotic
Décrit par les autres comme étant : Un gentleman respectable qui est lié à sa femme par la hanche tel des siamois.
Citation célèbre : « Chérie, quel magnifique objet souhaites-tu ensuite aller voir ? »

 

 

« Pffff, ce jeu devient lassant à force de combattre des monstres sans arrêt. Et même si je suis devenu plus fort, à quoi ma force peut-elle bien servir ? »

Neurotic jouait à Seconde Life depuis plus d’un mois, faisant grimper ses niveaux à toute vitesse jusqu’à devenir l’un des meilleurs joueurs. Puis, un jour, il en avait soudainement eu assez, en se demandant pourquoi il avait dû fournir un aussi grand effort pour grimper les niveaux.

« Aaaah ! Sauvez-moi ! Preux guerrier qui êtes là-bas, pouvez-vous venir me sauver s’il-vous-plaît ? » cria au loin une femme d’une voix haut perchée.

Neurotic regarda de façon incertaine en direction du bruit et aperçut une jolie femme mage en train de s’enfuir. À peine avait-il vu cette beauté qu’il émergea de ses pensées. Il ramassa son énorme Épée Ultime et se prépara à être un héros sauvant la demoiselle en détresse.

« Ne vous inquiétez pas, je vous sauverai… » Avant qu’il pût finir sa phrase, Neurotic remarqua soudainement qu’une énorme horde de monstres poursuivait la magnifique jeune femme. Il se figea, en pensant : « Il y en a un peu trop, non ? »

« Guerrier, il serait peut-être préférable de courir, ou vous serez piétiné à mort ! » En fin de compte, la beauté agrippa le héros qui était venu la secourir, et ils filèrent tous les deux promptement pour sauver leur vie.

À bout de souffle, après un marathon de plus d’une centaine de kilomètres, Neurotic demanda en haletant : « Pourquoi… Pourquoi y avait-il autant de monstres à vos trousses ? »

La beauté, qui crachait tout autant ses poumons, lui répondit : « Ça… ça arrive souvent. N’en soyez pas aussi surpris. »

Il la fixa avec incompréhension. Cette splendeur est probablement une femme mage, et normalement cette classe n’attire pas les monstres. De plus, les mages se battent mieux dans un groupe. Cependant, la femme qui se tenait devant ses yeux avait non seulement attiré une armée de monstres, mais était également seule. C’était très inhabituel.

« Pour voir des choses magnifiques, même si je dois être pourchassée sur plus de mille kilomètres par des monstres, je serai tout de même satisfaite. » Les yeux de la beauté affichèrent sa détermination et son désir, laissant le guerrier l’observer, ébloui. « Cette fois, j’ai été ciblée par ces monstres à cause de ce Chrysanthème Arc-en-ciel qui n’existe que dans la Grotte de la Montagne Céleste. » La beauté enthousiaste présenta une fleur, et, quand Neurotic la vit, une autre expression abasourdie se dessina sur le visage de ce dernier.

Le Chrysanthème Arc-en-ciel était une fleur de la taille d’un poing, qui possédait des centaines de pétales fins, et chacun d’entre eux arborait plusieurs couleurs. De la fleur, multicolore et brillante dans sa totalité, émanait un léger arc-en-ciel, la faisant paraître d’une beauté encore plus parfaite.

« Cette fleur est si belle. » Neurotic ne cessait de la contempler, ne pouvant croire qu’une telle fleur puisse exister.

La beauté referma tendrement sa main sur la fleur. « À l’origine, je ne voulais pas la cueillir, la beauté devrait être appréciée, et certainement pas détruite ! Malheureusement, quand les monstres ont été attirés par moi, ils ont marché sur la tige et l’ont cassée, donc je n’ai pu que ramasser ce trésor et m’enfuir. »

« La beauté devrait être appréciée, et certainement pas détruite… J’aime cette idée. » Il réfléchit à ces mots avec un grand intérêt.

« Vraiment ? J’ai enfin trouvé un compagnon. Je m’appelle DanDan, et toi ? » Elle observa de façon extatique le compagnon devant elle.

« Neurotic. »

« Neurotic, veux-tu admirer toutes les belles choses dans Second Life avec moi ? » Les yeux de DanDan brillèrent d’espoir. Après tout, elle n’était qu’une invocatrice et ne pouvait voyager dans tous les endroits dangereux par elle-même. Et, malheureusement, beaucoup de belles choses se trouvaient dans ces zones.

« Admirer des choses magnifiques ? » Neurotic y songea. Ça semblait être une bonne idée, et ce serait définitivement mieux que sa façon actuelle de jouer, qui était dénuée de sens. « Ok, DanDan, laisse-moi venir avec toi, nous irons admirer toutes les belles choses dans le jeu. »

C’est ainsi qu’ils voyagèrent ensemble partout dans le jeu et, comme c’est généralement le cas pour un homme et une femme, ils devinrent rapidement mari et femme. À deux, ils se rendirent dans des endroits extrêmement dangereux, réalisant de brillantes stratégies d’autodéfense pour voir de magnifiques objets. Ainsi, leurs niveaux et leur compréhension des tactiques s’élevèrent à un tout autre niveau à la vitesse de la lumière.

Un jour, alors qu’ils étaient en ville afin d’acheter des provisions en prévision de leurs voyages pour à nouveau découvrir des merveilles, ils furent interpellés en cours de route par une équipe.

« Excusez-moi, seriez-vous le légendaire couple d’experts ? » les questionna un guerrier.

Perplexe, Neurotic les interrogea : « Comment avez-vous deviné ? »

Le guerrier rigola en désignant l’immense épée de Neurotic et déclara : « Un guerrier mince portant une lame massive, c’est votre image de marque. Seriez-vous intéressé de vous joindre à notre équipe ? Il se trouve qu’il nous manque encore deux personnes pour participer au Tournoi des Aventuriers. Croyez-moi, nous sommes très forts. »

« LeTournoi des Aventuriers… » Neurotic se frotta le menton et regarda sa femme avec une expression interrogative.

Le visage de cette dernière s’irradia de lumière. « Le Tournoi des Aventuriers ! Il y aura définitivement beaucoup de personnes sur place, et donc également de beaux garçons et des filles mignonnes à regarder ! »

« C’est exact, chérie. On va participer ! » Neurotic attrapa avidement la main de sa femme, le cœur débordant d’admiration. Sa femme était sans aucun doute intelligente, réussissant même à penser aux gens magnifiques qu’il y aurait à voir.

« … » L’équipe qui les avait invités était sans voix.

C’est ainsi que le couple participa au Tournoi des Aventuriers. Se conformant à leur philosophie, celle de s’accrocher jusqu’à la toute fin pour être capable de voir les choses les plus belles, ils devinrent de ce fait les gagnants du Tournoi des Aventuriers du Continent de l’Ouest.

« Nous vous laissons vous occuper de la cité. DanDan et moi-même allons nous rendre sur le Continent Central pour trouver le beau gosse suzerain sanguinaire de la Cité de l’Infini ainsi que Celestial de l’Antre des nymphes errantes », déclara Neurotic à ses camarades après que la cité eût été construite.

Leurs coéquipiers continuèrent à se taire. En vérité, peu importe ce qu’ils diraient, la détermination de ce couple idiot à trouver des choses magnifiques ne vacillerait pas, donc ils ne pouvaient que les laisser partir.

« Chérie, qui de Prince ou Celestial sera le plus beau ? » s’enquit avec excitation Neurotic à sa femme.

« Les belles choses n’ont pas à être comparées ou classées », répliqua DanDan sévèrement à son mari.

Encore une fois étonné par les mots de sa femme, Neurotic ne réussit à parler qu’au bout d’un long moment : « Chérie, tu es géniale. Je continuerai à chercher des choses magnifiques avec toi pour le reste de ma vie. »

 

 

Localisation actuelle : Continent du Sud
Surnom : Le suzerain immortel – Undying Man
Décrit par les autres comme étant : un cafard qu’on ne peut tuer
Citation célèbre : « Je tue les gens, personne ne me tue ! »

 

 

« Hahaha, moi, Undying Man, je jure aux cieux que je deviendrai définitivement l’homme le plus fort de Seconde Life, puis je sortirai avec toutes les jolies filles du jeu ! » hurla Undying Man férocement en s’adressant au ciel.

Un de ses coéquipiers non loin expliqua à un autre : « Ce gars vient de confesser son amour à une autre fille pour la 3 657e fois et a été à nouveau rejeté. »

« C’est donc ça… »

Il était dit que, après avoir été rejeté pour la 3 657e fois, à cause de sa promesse au ciel de devenir l’homme le plus fort, ou bien à cause de la provocation extrême avec laquelle il avait été rejeté, il avait commencé à s’entraîner comme un fou. Vivant uniquement de pain à la vapeur et d’eau, il passa tout son temps à s’entraîner, ne retournant en ville qu’une fois par semaine pour acheter des provisions. Même quand ses coéquipiers n’étaient pas connectés, il continuait à s’entraîner à fond tout seul, engloutissant les potions rouges pour revigorer la santé.

Mû par le ressentiment occasionné par ses 3 657 refus, Undying Man endura l’isolement de son entraînement solitaire. Ces dernières semaines, il s’était entraîné avec encore plus d’ardeur, car seuls trois niveaux le séparaient du rang numéro un du classement. Malheureusement pour lui, il rencontra un boss.

« Bordel, ne songe même pas à me tuer ! Sais-tu seulement à quel point cette période est cruciale ? Je n’ai besoin que de trois niveaux, comment pourrais-je me permettre de perdre un niveau maintenant ? Espèce d’idiot, sais-tu seulement à quel point c’est crevant de monter d’un seul niveau !? Connais-tu la douleur de se voir rejeter plus de trois-mille fois !? Tu ne sais rien, et tu t’attends à me tuer !? » s’écria Undying Man, attaqué par un monstre alors qu’il était sur le point de se changer en pilier de lumière, deux rivières de larmes s’écoulant de façon constante le long de ses joues.

Cependant, ce monstre ne pouvait connaître ces choses et se contenta de charger sur l’homme pour le couper en deux. Ce dernier utilisa toute sa force et grimpa au sommet d’un arbre pour y trouver refuge. Heureusement, le monstre ne pouvait pas le suivre et dut se contenter d’user de sa magie pour attaquer Undying Man dans son arbre. Celui-ci se déplaça avec persévérance d’arbre en arbre pour éviter les attaques et laissa tomber des noix de coco de temps à autre en représailles.

Armé de sa détermination, trois jours plus tard, il glissa le long du tronc, complètement crevé, donna un coup de pied au cadavre du monstre et rit avec arrogance. « Hahaha, mort, hein ? Un boss, quelques noix de coco, et je te fracasse à mort. »

« Wouaouh, qu’est-ce qui s’est passé ? Nous avons suivi la route aux noix de coco jusqu’ici, et c’est Undying Man que nous trouvons », s’étonna un de ses camarades.

Undying Man se retourna et aperçut ses équipiers marcher le long de la route pavée de noix de coco.

« Pourquoi ne pas participer au Tournoi des Aventuriers ? Rien de bon ne sortira de toi en étant aussi abattu », lui conseilla sérieusement l’un de ses coéquipiers.

« Je veux m’entraîner et devenir l’homme le plus fort de Seconde Life ! » s’exclama Undying Man avec colère.

« Tu viens de devenir le numéro un du classement, il semblerait que ce boss était très fort ! » l’informa son camarade.

Undying Man se figea. Il était déjà l’homme le plus fort ? Dans ce cas… Il pourrait sortir avec toutes les belles filles maintenant ?

« Allons-y ! Le tournoi des Aventuriers sera sûrement très animé, tu pourras chercher la prochaine cible qui te rejettera », lui dit un compagnon en se retenant de rire.

Et, ainsi, Undying Man participa au tournoi en s’accrochant à la philosophie qui disait que, s’il souhaitait sortir avec des filles, alors il ne pouvait se permettre de perdre devant celles-ci. Et il mena son équipe à la finale. Ils devinrent les gagnants du Tournoi des Aventuriers du Continent du Sud.

« Undying Man, construis la ville la plus luxueuse. Après que tu seras devenu suzerain, de nombreuses belles filles se pâmeront devant toi », le réconfortèrent ses camarades suite à l’échec de la 3 658e confession. Aussitôt qu’il entendit cela, ce dernier se leva, remotivé, et rugit : « C’est ça ! Je vais devenir le suzerain le plus fort, unifier le Continent du Sud et sortir avec toutes les belles filles de ce continent ! »

 

 

Localisation actuelle : Continent du Nord
Surnom : La suzeraine des fleurs – Fleur du Nord
Décrit par les autres comme étant : la plus belle fleur sous le soleil
Citation célèbre : « Ahlala, mon soutif ne supporte plus mes seins à présent… Ah non ! Je veux dire, c’est qu’il n’y a aucun homme qui ne serait séduit par une fleur comme moi ! »

 

 

« Aaah ! Est-ce que ma peau ne serait pas devenue rugueuse ? Mari n° 5, viens ici et regarde pour moi ! » susurra Fleur du Nord d’une voix mielleuse en l’appelant doucement.

Ledit Mari n° 5 vint à elle, et, avec une affection sans pareille, lui caressa doucement la joue, qui était aussi douce et lisse que du tofu. « Comment pourrait-elle être rugueuse ? Fleur, ton visage est le plus lisse et le plus délicat du monde entier, même la brise la plus légère pourrait le briser. »

Les mains délicates et élancées de Fleur du Nord prirent celles plus grandes du Mari n° 5. Ses doigts dessinèrent des cercles sur le dos de sa main, tandis qu’elle parlait d’une voix timide pour réfuter : « C’est si ennuyeux. Si tu le dis comme ça, Fleur sera embarrassée. »

Mari n° 5 rigola et remarqua de ses yeux perçants que les autres étaient revenus. Il demanda : « Vous êtes seulement allés acheter de la nourriture, qu’est-ce qui vous a pris tant de temps ? »

« Nous avons entendu des nouvelles du Tournoi des Aventuriers. Vous souhaitez y participer ? » répliqua Mari n° 4.

« Demandons à Fleur ! » suggéra Mari n° 3.

Fleur du Nord mordilla gentiment ses lèvres, et ses yeux se brouillèrent alors qu’elle disait : « Le Tournoi des Aventuriers ? Ça a l’air vraiment intéressant ! »

« Puisque Fleur aime cette idée, pourquoi ne pas nous y joindre ? Nous présenterons la victoire comme un cadeau pour elle », proposa Mari n° 1, débordant d’esprit héroïque.

 

 

Quand une fille magnifique se tient derrière un homme en l’encourageant, n’importe qui peut se donner à 200 % de ses capacités, sans parler des maris sincèrement doués de Fleur du Nord ! Se rappelant le combat pour gagner le cœur de la beauté numéro un du Continent du Nord, Fleur du Nord, la compétition avait vraiment été sans précédent, avec un taux de participation immense. Seule la mêlée de six cents personnes du Tournoi des Aventuriers pouvait être légèrement comparable à ce spectacle.

Au bout de trois jours et de trois nuits de combats difficiles, le sang des guerriers avait créé une aire qui fut connue plus tard comme la Plaine de Terre Rouge. La vue des piliers blancs qui s’envolaient alors que les joueurs décédaient avait contribué à nommer le pavillon où attendait Fleur du Nord pour connaître les résultats : Pavillon Phare. Tous les guerriers tombés avaient été appelés les « 7200 martyrs du combat pour la Fleur. »

À la fin, seules cinq personnes avaient survécu. Comme ces cinq individus étaient vautrés à terre, incapables de bouger, et ne pouvaient même plus distinguer le haut du bas, ils acceptèrent de devenir les chevaliers protecteurs de la Fleur.

Comment une telle équipe pourrait-elle être faible ?

 

 

C’est ainsi que, grâce aux efforts de ses cinq maris, Fleur du Nord, une prêtresse, devint la première et unique suzeraine, tous les continents inclus, qui n’était pas un guerrier : La suzeraine des fleurs.

« Ah, mes maris ! Je veux un château comme celui de Cendrillon ! » déclara coquettement Fleur du Nord à ses Maris n° 1, 2, 3, 4, et 5 après avoir reçu la parcelle de terre.

« Pas de problème ! » Face au charme de la jeune fille, le héros devient prisonnier, et les cinq maris se mirent immédiatement à construire le château de Cendrillon.

« Hé hé, mes maris me traitent vraiment bien. Je dois absolument en trouver plus à l’avenir. » Fleur du Nord s’allongea avec paresse sur le long trône, en limant avec délicatesse ses magnifiques ongles parfaits.

 

 

Localisation actuelle : Continent Central
Surnom : Le suzerain sanguinaire – Prince
Décrit par les autres comme étant :

Fille : Trop craquant, trop cool, il faut absolument que je devienne sa femme !

Gars : (grinçant des dents) Deviens encore plus beau et tu vas voir ce qu’il va se passer.

Citation célèbre : « J’ai faim. »

 

 

« Pourquoi n’y a-t-il aucune archive sur Prince ? »

Qui a posé cette question ? Que quelqu’un amène cette personne et lui fasse essayer les Chaînes de Torture sans fin de Doll !

Romance RPG : Partie 26

posted in: Romance RPG | 0

Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-six – traduit du chinois vers l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Vingt-six – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

En marchant vers les portes du palais, alors que presque toutes les filles de familles nobles arrivaient en carrosse, Meng avait l’air très bizarre à pieds. En plus, une jeune femme aussi élégamment vêtue portant une épée sur son dos donnait une impression encore plus étrange. Néanmoins, le plus étrange était que personne ne semblait alarmé par la présence de l’épée. Même les gardes à l’entrée ne posèrent aucune question à Meng sur ce sujet et lui permirent d’entrer.

« Marcher jusqu’ici ? Je ne voudrais pas salir ma robe de bal, particulièrement une d’un blanc pur que préfère le prince Édouard. »

Cette voix leur sembla légèrement familière. Meng se tourna dans sa direction avec suspicion. Comme attendu, il s’agissait d’une personne qu’ils avaient déjà rencontrée précédemment : Marisa, la fille du duc Biggs. La robe qu’elle portait leur était familière également. C’était celle qui avait plu à l’Épée-Fantôme au premier coup d’œil. La robe sirène qu’elle portait sur sa silhouette élancée mettait l’emphase sur ses magnifiques courbes. Toute sa personne était belle au-delà de toute comparaison.

« Un paon, même habillé en blanc, reste toujours un paon », lâcha l’Épée-Fantôme avec désinvolture.

Meng ne put retenir un fou rire. Cela contraria beaucoup Marisa. Elle s’était moquée de Meng, mais, en entendant son rire, elle avait l’impression que c’était d’elle dont on se moquait.

Par contre, dès que Marisa eût détourné la tête, elle vit le rayonnant et scintillant prince Édouard qui se dirigeait dans leur direction. Elle cessa de porter attention à Meng qui était à côté d’elle et révéla son sourire le plus raffiné. Sauf qu’elle n’arrivait pas à empêcher ses yeux de briller de désir. Ah, ce rayonnant prince parfait…

« Meng, vous êtes venue. » Édouard marcha vers elle avec une allure élégante, mais salua Meng la première.

Meng regarda Édouard de la tête aux pieds. Aujourd’hui, il portait une tenue d’uniforme militaire d’un bleu foncé, mais celle-ci gardait un design minimaliste et n’arborait aucune médaille. Meng le complimenta avec sincérité : « Cette tenue vous va à ravir. Vous avez l’air très séduisant. »

Édouard sourit. Il était capable de dire que Meng le complimentait sincèrement et n’avait aucune autre intention.

« Votre Majesté, le prince Édouard, Marisa est ravie de vous voir à nouveau. »

Comme Marisa faisait la révérence avec grâce, son visage affichait un sourire aussi parfait quel que soit l’angle sous lequel on le regardait.

Édouard sourit et lui retourna sa salutation courtoise : « Je suis honoré de vous avoir de nouveau rencontrée, mademoiselle. »

Marisa paraissait exaltée qu’Édouard lui ait répondu aussi poliment, mais Meng secoua mentalement la tête. Elle savait que, quelle que soit la personne à laquelle il s’adressait, Édouard demeurait toujours poli à ce point. Plus tôt, Édouard avait mis la moitié d’un mois à apprendre comment cesser d’ajouter le mot « mademoiselle » au nom de Meng. Marisa montrait une expression de fausse modestie, espérant que le prince l’inviterait à danser, ou peut-être à aller se balader quelque part parmi les fleurs sous le clair de lune…

« Me feriez-vous l’honneur de m’accorder cette danse ? » Édouard baissa élégamment la tête, avec la main tendue, attendant la réponse de la demoiselle. Cependant, cette demoiselle n’était pas Marisa.

Meng sourit en jetant un regard un peu inquiet à la contenance raide de Marisa. Toutefois, elle plaça tout de même sa main dans la paume d’Édouard.

Alors qu’Édouard menait Meng jusqu’à la piste de danse, il s’enquit : « Les gardes vous ont-ils causé des problèmes ? Je leurs ai ordonnés de ne pas vous déranger au sujet de votre épée… »

Meng comprit tout à coup. « C’était donc ça. Je dois vraiment vous remercier… »

Ils marchèrent tous les deux de plus en plus loin jusqu’à ce qu’ils atteignent le centre de la piste de danse. Meng employa les pas de danse qu’elle était parvenue à apprendre en seulement un mois pour danser avec Edward. Leurs mouvements paraissaient très naturels. Il n’y avait pas la moindre trace d’atmosphère forcée entre eux.

En revanche, deux personnes étaient très mécontentes de la situation. L’une d’elle était l’Épée-Fantôme. Il était parvenu à persuader Meng d’aller au bal, mais, à présent, en voyant Meng danser joyeusement avec Édouard, il n’était vraiment pas content. Plus particulièrement, comme ils dansaient lentement, les prédictions de Bai Xue Chen se vérifiaient. La vue d’Édouard et de Meng en train de danser mettait l’Épée-Fantôme de mauvais poil ; la vue d’Édouard qui posait sa main sur la taille de Meng frustrait l’Épée-Fantôme ; la vue d’Édouard qui murmurait à l’oreille de Meng faisait rager l’Épée-Fantôme.

Pour résumer le tout en une phrase, il était d’une humeur extrêmement exécrable !

« Voudriez-vous qu’on aille se promener dans le jardin en fleurs ? » lui offrit Édouard.

« Hein ? » Meng était quelque peu incertaine de ce qu’elle devait faire. Ses yeux continuaient de dériver vers l’Épée-Fantôme.

L’Épée-Fantôme était depuis longtemps sur le point d’exploser de colère, et il lui dit presque durement : « Si tu veux y aller, vas-y. Tu ferais mieux de demander à quelqu’un de me tenir pendant que tu seras partie, parce que je n’ai pas envie d’être de trop dans votre couple. »

En entendant la réponse de l’Épée-Fantôme, le visage de Meng sombra. « Oh. Je comprends. » Après qu’elle eût terminé de parler, elle confia réellement l’Épée-Fantôme à un garde et s’en alla dans le jardin en fleurs avec Édouard.

Cette garce ! À cet instant, l’Épée-Fantôme était furieux au point de cracher des flammes.

« Donnez-moi l’épée », résonna la voix d’une jeune femme, remplie de rage et de jalousie.

L’Épée-Fantôme se retourna pour voir. La fille-paon ? Il fronça les sourcils. Qu’est-ce que ce paon peut bien me vouloir ?

Le garde semblait en proie à un dilemme. Il savait que la femme devant lui était la fille d’un duc et n’osait pas lui désobéir. Le garde lui répondit avec précaution : « Demoiselle Marisa, cette épée m’a été confiée par quelqu’un d’autre. Si vous souhaitez avoir une épée, vous pouvez vous en procurer une à l’armurerie… »

« Je veux cette épée ! » cria Marisa sur un ton féroce.

« Mais… »

« Donnez-lui l’épée. »

Le garde se tourna pour regarder le propriétaire de la nouvelle voix. La personne qui avait parlé était le duc Biggs. C’était quelqu’un que le garde n’osait pas défier. Il tendit l’épée à Marisa. L’Épée-Fantôme était sous le choc. Il s’écria : « Qu’est-ce que vous me voulez… Mmph… » Il était incapable de finir de parler ; Marisa lui avait couvert la bouche.

Le duc Biggs envoya le garde ailleurs et dit à Marisa : « Je vais détourner l’attention du prince tout à l’heure. Sers-toi de l’épée pour distraire la fille. Il vaudrait mieux que tu l’enfermes dans les donjons. Le prince n’ira pas la chercher là. »

« Mmph… Meng… Mmmmph ! » L’Épée-Fantôme entendit leur conversation et lutta encore plus désespérément pour se libérer, mais, ne possédant qu’une bouche et des yeux, était complètement impuissant.