La Reine Guerrière TPrologue#2 : Numéro 1 – Prologue

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La Reine Guerrière Prologue Tome 2 – 12 est le nombre

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


Chapter 1: Number, 1, Prologue – Traduit du chinois vers l’anglais par doza[PR!]
Chapitre 1 : Numéro 1 – Prologue – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta

Précédemment, dans La Reine Guerrière :

Afin d’honorer le dernier vœu de son maître, Lorenzo Louis, Sylvestre était parti à la recherche d’un ancien compagnon de son maître, une des deux épouses du Roi Sacré — la Reine Guerrière.

Avec de grandes difficultés, il était enfin parvenu à rencontrer la Reine Guerrière, qui utilisait maintenant le nom de Carol et voyageait à travers le monde.

Après l’avoir longuement harcelée et en ayant invoqué le nom de son maître, Sylvestre avait réussi à convaincre Carol de l’accepter comme compagnon de voyage, et maintenant ils voyageaient ensemble.

 

 

« Sylvestre ! »

Un rugissement traversa la forêt, faisant décoller d’innombrables oiseaux, terrifiant même de terribles bêtes féroces, les poussant à s’enfuir aussi loin qu’elles le pouvaient. La forêt originellement calme bascula soudainement dans la tourmente.

Sylvestre, habituellement raccourci à « Sylvie », se sentit lésé comme il s’aplatissait au sol, regardant par en dessous et lançant un regard respirant la misère avec ses yeux brillants. Ce truc était très efficace contre le sexe féminin. Chaque fois qu’il avait faim, tant qu’il affichait ce genre d’expression pour faire pitié, il était en général capable de rencontrer une femme qui se laissait attendrir et lui offrait un repas gratuit.

Malheureusement pour lui, la personne en face de lui était la femme la plus masculine qui soit. Ayant été par le passé la commandante de cinq mille hommes qui se battaient contre cinquante mille démons, la Reine Guerrière — mieux connue sous le nom de Carol — qui avait voyagé sous d’innombrables cieux avec ses deux épées, était pour le moment la compagne de voyage de Sylvie.

Néanmoins, le mot « compagnon » était en réalité un terme utilisé seulement par Sylvie… D’après le discours de Carol, s’il n’avait pas été le seul apprenti de son compagnon décédé, il aurait été abandonné sur le bord de la route depuis longtemps avec un panneau disant « Créature stupide. Évitez de ramasser » collé autour du cou.

« Dis-moi », hurla Carol. Combien de fois est-ce que tu t’es mis en danger depuis qu’on voyage ensemble ? »

Sylvie cilla et répondit : « La tr-tro… » Au début, il avait l’intention de répondre avec désinvolture que c’était la troisième fois, mais en observant les yeux de Carol remplis de flammes noires, il n’avait vraiment pas le courage de mentir sans ciller. En résultat, il répondit avec sincérité : « Probablement la trente-cinquième fois. »

« Tu en es sûr ? »

« …Si nous incluons les fois où j’ai glissé et presque dévalé un pan de la montagne, marché sur la queue d’un cobra, et volé du miel pour finir par être pourchassé par un essaim d’abeilles, alors je dirais qu’il s’agit de la trente-huitième fois. »

Carol ajouta froidement : « Maintenant, dis-moi, depuis combien de temps voyageons-nous ensemble ? »

« Je sais, je sais ! » Sylvie sourit très doucement. « Encore deux jours et cela fera un mois entier ! Allons-nous célébrer un peu ? Pourquoi ne pas nous rendre dans une taverne et commander un buffet ? Ce serait un peu extravagant, mais c’est une occasion unique de célébrer le mois écoulé depuis notre rencontre. Que penses-tu que nous devrions prendre ? Un morceau de gâteau est obligatoire, et ensuite, et ensuite… »

Non ! Si Sylvie n’avait pas été le seul disciple de son compagnon décédé, elle l’aurait déjà tué cent fois !

Le visage de Carol tressaillit, sa main posée sur la poignée de l’une de ses doubles lames rangées sur son dos, prête à l’attaque… Mais, après mûres réflexions, tuer cet abruti ne ferait que souiller sa lame ! Carol retira donc lentement la main, serra le poing, et grogna : « Boucle-la ou je te fais la peau ! »

Sylvie choisit avec intelligence de se taire immédiatement, croisant même ses deux index devant sa bouche pour former un « X ».

Carol respira profondément, essayant de se retenir. Calme-toi ! Calme-toi ! Peu importe à quel point ce type est stupide, bavard et inutile, c’est également l’unique apprenti de LL… LL, espèce de vieux salopard ! À quoi pensais-tu pour accepter un tel abruti ? Est-ce que ta compassion aurait débordé à cause de ton grand âge, et t’aurait poussé à vouloir t’occuper d’un imbécile fini ?

« Allons-y ! » Carol avait épuisé toute son énergie avant même d’avoir réussi à se calmer. Après s’être contentée de lâcher ces deux mots, elle repartit immédiatement, ne se souciant pas le moins du monde de savoir si la personne derrière serait capable de la suivre ou non… Ce serait encore mieux s’il n’arrivait pas à me suivre !

Il était vraiment dommage que, bien que la personne derrière elle ne fût bonne à rien, sa capacité à la suivre fût assez bonne. Malgré le fait que Carol ne fut pas en train de courir, son allure n’était pas lente pour autant, et Sylvie parvenait quand même à la suivre facilement.

Donc, avoir de longues jambes donne un tel avantage ! Carol jeta un regard derrière elle, confirmant que Sylvie la suivait en effet, deux pas derrière elle, et, à en juger par son expression détendue, ne trouvait pas l’allure difficile à suivre.

Après avoir marché un moment, Sylvie ne put finalement pas s’empêcher d’ouvrir la bouche pour demander : « Carol, comment allons-nous célébrer l’anniversaire de notre premier mois d’aventure… ? »

Carol, qui marchait devant, leva immédiatement la main droite avec les cinq doigts tendus, ceux-ci commençant à se replier lentement un par un, jusqu’à devenir un poing serré sur lequel des veines bleutées dilatées devenaient de plus en plus visibles.

Voyant cela, Sylvie n’eut pas d’autre choix que de fermer la bouche, chagriné, et de se contenter de murmurer intérieurement. Mais, nous n’avons qu’une seule chance de célébrer notre premier mois d’aventure ensemble ! Comment pourrions-nous ne pas célébrer cette date importante ? Vu que Carol a l’air très énervée, ferais-je mieux d’abandonner ? Ah ! Oh, nous pouvons toujours attendre jusqu’à l’anniversaire de notre deuxième mois, et nous célébrerions alors les deux anniversaires d’un seul coup…

« AAAAHHHH ! »

Nous y revoilà… En entendant le hurlement, Carol s’arrêta de marcher, certaine qu’elle allait devoir le sauver à nouveau, bien que dans son cœur elle n’aspirât qu’à le tuer.

Elle se retourna. Il n’y avait aucune trace de Sylvie devant elle. Baissant les yeux, elle pouvait le voir, s’accrochant au bord d’une fosse géante, de toute évidence un piège installé par des chasseurs. Cependant, il y avait une grosse pile de feuilles et de branchages répandue par-dessus, ce qui signifie que tant qu’une personne a des yeux et un cerveau, cette personne ne pouvait pas tombée dans un piège aussi évident… Néanmoins, l’idiot en face d’elle semblait avoir fait passer les deux par la fenêtre et s’était fait avoir, celui-ci la contemplant maintenant avec une paire de grands yeux bleus humides, implorants. Ces yeux sont si grands, et ils n’ont pourtant aucune utilité !

Elle s’accroupit, faisant face à ces grands yeux bleus, et demanda avec doute : « Comment as-tu réussi à survivre jusqu’à maintenant ? »

À ce moment-là, une grande balle de gelée jaune sortit la tête au niveau de la poitrine de Sylvie. Une personne bien renseignée devinerait d’un regard qu’il s’agissait d’un glob, sauf qu’un glob est normalement vert. Celui-là était doré, avec une décoration étrange sur la tête, et avait même deux petits yeux !

Son nom était Ohmondieu, c’était en référence à Dieu et correspondait à : « Oh mon Dieu ! Qu’est-ce que c’est que ça ? »

À ce moment précis, les petits yeux d’Ohmondieu étaient seulement à moitié ouverts, et il était clair qu’il venait juste de se réveiller.

« Ohmondieu, dépêche-toi de me remonter », s’écria Sylvie.

Les yeux d’Ohmondieu s’ouvrirent d’un coup. Il sauta de la poitrine de Sylvie jusqu’au sol, enroula sa queue autour du poignet de Sylvie et souleva Sylvie avec force.

Carol regarda tandis qu’Ohmondieu, qui n’était pas plus gros qu’une tête humaine, utilisait sa queue pour soulever Sylvie… Peut-être avait-elle fait une erreur en présumant qui était le maître et qui était l’animal de compagnie ?

Sylvie réussit enfin à sortir du trou. Il était entièrement couvert de boue et avait l’air épuisé, mais il leva la tête et sourit à Carol : « J’en suis sorti ! Je vais bien ! Je n’ai pas été blessé ! »

Le sourire de Sylvie était un peu entre celui d’un homme et celui d’un enfant. Quand elle l’avait vu pour la première fois, Carol avait assez apprécié ce sourire ; il contenait un peu de la sincérité d’un enfant, mais n’était pas sans le charme d’un homme. Mais maintenant, quand elle regardait ce sourire, elle éprouvait seulement une migraine incroyable.

Ce type n’est pas un homme du tout ; c’est assurément un enfant qui n’a pas fini de grandir !

Sylvie brossa la saleté présente sur ses vêtements, sortit un peigne pour le passer dans ses longs cheveux blonds. Après avoir rafraichi son apparence, il leva la tête et fit face à Carol avec un sourire, disant : « J’ai fini ! Allons-y ! Carol, si nous ne repartons pas, la nuit va tomber rapidement. »

Sous la lumière du soleil couchant, le sourire de Sylvie était encore plus étincelant et incomparable. Donc, il y avait quand même des avantages à être beau. Au moins, sa tolérance envers Sylvie avait été un peu augmentée grâce à cela, et elle serait donc probablement capable de résister à l’envie de tuer Sylvie encore quelques jours. Probablement.

« Hmm, allons-y. »

 

Mise à jour : Février 2021

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Chapitres de février
  1. La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 2 : La vérité cachée
  2. La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 4 : Ne te sers que d’une épée, à moins que nul ne te voie

Bonjour !

Ce mois-ci, nous publions deux histoires parallèles de La Légende du Chevalier du Soleil.

Nous vous souhaitons à tous et toutes une joyeuse Saint-Valentin et plein d’amour !

Bonne lecture.

La Légende du Chevalier du Soleil T4 Épilogue : Introduction des Personnages

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 – Tuer un Dragon

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


Epilogue: Character Introductions – traduit du chinois vers l’anglais par lucathia[PR!]
Épilogue : Introduction des Personnages – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ travail de vérification par Yukomin

Woodrow : Druide.

Yuna : Prêtresse-Guerrière.

Igor : Guerrier.

Sybil : Archère.

Iacchi : Voleur.

Kylie : Prêtre de l’Église du Dieu de la Lumière.

Blanchâtre : Licorne.

Scarlet : Une mystérieuse petite fille.

Vidar : Le vice-capitaine de la Section des Chevaliers du Jugement.

Yu Wo : L’auteure qui fait toujours n’importe quoi avec la présentation des personnages.

 

 

Épilogue

L’histoire d’À La Rescousse d’Une Princesse ne tournait pas vraiment autour d’une princesse. De même, Tuer Un Dragon ne parle pas vraiment non plus de dragons. Si mon professeur de chinois voyait ça, je recevrais sûrement un commentaire tel que : « vous êtes hors de propos, effacez et recommencez à zéro1 » …Non ! Je veux dire : réécrivez-le.  

Dans ce volume, j’ai intégré et caché beaucoup d’indices et d’éléments clés qui seront utilisés afin de connecter le récit fait jusqu’à présent à la véritable histoire principale qui commencera au prochain tome. En même temps, j’ai aussi permis à tout le monde de comprendre progressivement qui sont les Douze Chevaliers Sacrés, le Fils du Dieu de la Guerre, et l’Aigle Silencieux, et j’ai montré comment ils apparaissaient aux yeux des gens ordinaires.

Au passage, j’ai également mentionné les idéologies de chaque pays. Elles sont vraiment brèves, mais je ne voulais pas les rendre trop complexes (parce que l’auteure ne serait pas capable de s’en rappeler) …Ahem ! Non, c’est parce que ce qui est important dans La Légende du Chevalier du Soleil n’est pas les royaumes, mais plutôt les lieux religieux. Il y a déjà suffisamment de choses à mémoriser au sujet des lieux religieux, donc j’ai choisi de mettre moins d’emphase sur les idéologies des royaumes.

En accord avec cette décision, les idéologies des dieux seront de plus en plus proéminentes elles aussi.

D’autre part, la liste des noms des chevaliers sacrés s’est aussi agrandie.

Voilà un résumé pour aider tout le monde à se souvenir des Douze Chevaliers Sacrés qui sont déjà apparus dans l’histoire.

 

« La bonne faction au grand cœur » :

Grisia du Soleil

Elmairy de la Forêt : Fraisary

Chikus du Brasier : Bizarrus

Ceo de la Tempête : Pour le moment (dans ce volume), il a échappé à l’horreur de recevoir un surnom. Mais, comment Sun appelle-t-il Storm ? Vous pouvez essayer de le deviner !

 

« La cruelle faction au cœur de pierre » :

Lesus du Jugement : Même Sun n’oserait pas donner un surnom bizarre à quelqu’un comme lui.

Roland des Enfers : Par chance, il est quelqu’un que Sun connaissait déjà avant de prendre l’habitude de donner des surnoms au hasard.

Ecilan de Glace : Désolan

Laica du Métal : Laïmace

 

Je vais prendre une minute pour prier pour que tout le monde possède une bonne mémoire. (L’auteure colle en silence les noms des Douze Chevaliers Sacrés à côté de son écran).

Au fait, la révélation principale de ce volume est le fait que les chevaliers sacrés – à moins que quelque chose ne tourne pas rond dans leur tête ! – ne vont pas affronter de dragon sans une bonne raison. Quel pauvre dragon ! Il se fait attaquer alors qu’il n’avait rien demandé à personne ! (Quand l’auteure a eu terminé d’écrire l’histoire, c’est le genre de monologue qu’elle avait dans son cœur).

Ensuite, le plus important ! Ce volume contient un projet spécial. Je pense que tout le monde a dû le feuilleter avant même de commencer à lire l’épilogue. C’est exact, je veux parler des images des Douze Chevaliers Sacrés !2

Finalement, leurs apparences ont été révélées. Je me demande comment vous les trouvez ? Lequel préférez-vous ?

Il y a aussi une série de courtes bandes-dessinées3. C’est moi, Yu Wo, qui ai écrit l’histoire. Quand je les ai écrites, je les ai plus ou moins considérées comme des aventures qui ont vraiment eu lieu, donc tout le monde peut les prendre comme des histoires secondaires.

Au moment où j’écris cet épilogue, je n’ai pas encore vu les dessins de l’histoire, donc je suis comme vous et j’attends avec impatience, héhé ! Je suis tellement excitée !

Au fait, si j’en ai l’opportunité plus tard, je posterai les manuscrits originaux pour les BD.

Yu Wo, Septembre 2008

 

 

(Voici le projet spécial inclus avec ce volume.)
Sun Knight

Le Chevalier du Soleil :

Le chef des Douze Chevaliers Sacrés et de « La bonne faction au grand cœur ». Il possède un sourire éblouissant, une personnalité parfaite et un cœur bienveillant qui est toujours prêt à pardonner aux autres.

Réelle personnalité : Tout le contraire de la description ci-dessus.  

Storm Knight
Le Chevalier de la Tempête :

Un des Douze Chevaliers Sacrés et un membre de « La bonne faction au grand cœur ». C’est un dragueur sans attache qui profite de sa liberté, et il a toujours une femme pendue à son bras.

Réelle personnalité : un accro du travail, le genre de personne qui finit par se surmener et mourir d’épuisement.  

Earth Knight

Le Chevalier de la Terre :

Un des Douze Chevaliers Sacrés et un membre de « La bonne faction au grand cœur ». Il est honnête et loyal, c’est le meilleur ami du Chevalier du Soleil.

Réelle personnalité : un mauvais garçon qui aime jouer avec le cœur des filles.

 

Leaf Knight
Le Chevalier de la Forêt :

Un des Douze Chevaliers Sacrés et un membre de « La bonne faction au grand cœur ». Sa personnalité peut être résumée en trois mots : quelqu’un de sympa.

Réelle personnalité : même chose.

 

Blaze Knight
Le Chevalier de Flamme :

Un des Douze Chevaliers Sacrés et un membre de « La bonne faction au grand cœur ». Il est impétueux, direct, et idolâtre le Chevalier du Soleil.

Réelle personnalité : il est tout aussi impétueux qu’il en a l’air.

 

Cloud Knight
Le Chevalier du Nuage :

Un des Douze Chevaliers Sacrés et un membre de « La bonne faction au grand cœur ». C’est un vagabond qui ressemble à un nuage à la dérive. Les endroits où on a le plus de chances de le trouver sont à côté d’une fenêtre, sur un toit, ou sous un arbre appelé le figuier des Banyans. Très souvent, il boit ou lit seul dans ce genre d’endroits.

Réelle personnalité : une personne qui reste enfermée chez elle.

 

Judgment Knight
Lesus du Jugement 4:

Un des Douze Chevaliers Sacrés et le chef de la « cruelle faction au cœur de pierre ». Son titre est celui de Chevalier du Jugement. Il est sérieux, froid, distant, et ne pardonne jamais aux criminels.

Réelle personnalité : C’est le grand-frère qui vit à côté de chez toi et qui prend très bien soin des autres.

 

Ice Knight
Le Chevalier de Glace :

Un des Douze Chevaliers Sacrés et un membre de la « cruelle faction au cœur de pierre ». Il est frigide comme de la glace et n’affiche jamais la moindre expression sur son visage.

Réelle personnalité : Une bonne épouse et une mère aimante qui est aussi très douée en cuisine.

 

Moon Knight
Le Chevalier de la Lune :

Un des Douze Chevaliers Sacrés et un membre de la « cruelle faction au cœur de pierre ». Il est très vaniteux, hautain et ne laisse pas facilement les autres l’approcher. On a toujours l’impression qu’il regarde les gens de haut.

Réelle personnalité : Son but dans la vie est d’établir une relation stable et profonde avec une petite amie qu’il chérira plus que tout au monde. (Le prérequis est qu’elle mesure 180 cm ou plus.)

 

Stone Knight
Le Chevalier de la Pierre :

Un des Douze Chevaliers Sacrés et un membre de la « cruelle faction au cœur de pierre ». Il est réputé pour son entêtement qu’on dit être aussi dur que la pierre. On raconte que briser son crâne est chose aisée, mais que, pour briser son entêtement, on ferait tout aussi bien de renverser l’Église du Dieu de la Lumière, ce serait plus facile.

Réelle personnalité : Il s’entend très bien avec tout le monde, même avec les chiens. 

 

Hell Knight
Le Chevalier des Enfers :

Un des Douze Chevaliers Sacrés membre de la « cruelle faction au cœur de pierre » et le seul à avoir intégré la « cruelle faction au cœur de pierre » en n’ayant pas à obéir au Chevalier du Jugement, car il répond uniquement aux ordres du Chevalier du Soleil. Il est spécifiquement responsable des missions officieuses, et certains disent qu’il est l’assassin désigné des Douze Chevaliers Sacrés. Certaines rumeurs racontent également que, pendant la 1ère génération des Douze Chevaliers Sacrés, le Chevalier des Enfers n’était pas une vraie personne. Il aurait en fait été une identité que le Chevalier du Soleil aurait prise pour accomplir des missions secrètes.

Réelle personnalité : Une personne pragmatique qui suit la voie du chevalier avec rigidité.

 

Metal Knight
Le Chevalier du Métal :

Il est connu pour sa langue de vipère, et on dit que ses mots sont si venimeux qu’ils peuvent faire mourir de rage une personne. On raconte également que lui parler pendant dix minutes peut tellement vous énerver que votre durée de vie serait raccourcie d’une année.

Réelle personnalité : Un fan éperdu du Chevalier du Jugement.

 

Notes de bas de page

1 « effacez et recommencez à zéro » : Ceci fait référence au fait d’effacer un personnage d’un jeu en ligne et d’en recréer un depuis la case départ.

2 Les dessins en couleur des Douze Chevaliers Sacrés sont inclus au début du tome 4. Nous les avons également inclus ici.

3 Les volumes 4, 5 et 6 sont accompagnés de courtes bandes-dessinées illustrées par Ya Sha. Les histoires inclues sont : Pour Vous Tous, La Vérité Cachée, Faire Face Aux Ténèbres, ainsi que deux pages à propos de Stone (le Chevalier de la Pierre) en visite au Royaume de l’Orchidée Lunaire dans sa tenue habituelle, et huit pages sur comment Ecilan est devenu le Chevalier de Glace. Certaines des histoires secondaires traduites par PR! étaient les scénarios que Yu Wo avait donnés à l’artiste pour illustrer les bandes-dessinées. Après un certain temps, Yu Wo les a publiées sur son blog, et c’est comme ça que PR ! les a récupérées pour les traduire.

4 Ce n’est pas la peine de nous demander pourquoi seul Lesus du Jugement n’est pas désigné par son titre de Chevalier du Jugement. C’est comme ça dans le texte d’origine, et nous ignorons pourquoi. L’équipe française a quand même cru bon de l’ajouter dans la description.

La Légende du Chevalier du Soleil Règle Partagée #4 : En théorie, ne contrarie jamais le Chevalier du Soleil. En pratique, il vaut mieux contrarier le Chevalier du Soleil plutôt que de contrarier le Chevalier du Jugement

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 – Tuer un Dragon

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


Fourth Shared Rule of the Twelve Holy Knights: In Theory, Never Ruffle the Sun Knight’s Feathers. In Practice, it is Better to Ruffle the Sun Knight’s Feathers than to Ruffle the Judgment Knight’s Feathers – traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Règle Partagée # 4 : En théorie, ne contrarie jamais le Chevalier du Soleil. En pratique, il vaut mieux contrarier le Chevalier du Soleil plutôt que de contrarier le Chevalier du Jugement – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ travail de vérification par Yukomin

Dans une salle plongée dans l’obscurité, les Douze Chevaliers Sacrés étaient assis en silence autour de la table de conférence. Seul le Chevalier du Soleil n’était pas encore arrivé, pourtant personne ne discutait comme c’était le cas d’ordinaire. Au contraire, tout le monde gardait le silence et se retenait d’émettre le moindre son. Ils n’osaient même pas échanger ne serait-ce qu’un regard, de crainte d’attirer accidentellement sur eux l’attention du Chevalier du Jugement qui arborait actuellement une expression de froideur absolue sur son visage.

Soudainement, les portes de la salle de conférence s’ouvrirent, laissant momentanément pénétrer une lumière éclatante dans l’obscurité de la pièce ainsi qu’une personne au sourire rayonnant.

« Mes chers frères, cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas eu l’occasion d’échanger la parole du Dieu de la Lumière… »

« Assieds-toi », l’interrompit froidement le Chevalier du Jugement.

Le Chevalier du Soleil fut frappé par un moment de surprise et observa attentivement les personnes présentes dans la pièce. Il réalisa que la posture de chacun était extrêmement rigide, et que même leurs dos étaient parfaitement droits… Après cela, il prit sa place avec une grande docilité, son dos aussi droit que ceux des autres.

Lesus du Jugement déclara avec indifférence : « Puisque tu as retrouvé la mémoire à présent, aie l’obligeance d’expliquer à tout le monde pourquoi tu as quitté le Temple Sacré pour te rendre dans la Vallée de Trizer située dans le Royaume de l’Orchidée Lunaire. »

Le Chevalier du Soleil déglutit et ouvrit timidement la bouche pour répondre : « E-En fait, en premier, je me suis retrouvé dans le Royaume de Kissinger. Mais, je ne me souviens vraiment pas de comment je suis arrivé là-bas… »

Bam ! Lesus du Jugement abattit son poing sur la table avec une force colossale. Les paupières de toutes les personnes présentes tressaillirent vigoureusement. Leur crainte de s’attirer les foudres de Lesus s’ils affichaient la moindre expression redoubla, et ils n’osèrent plus bouger d’un cil.

Après un très court instant, le Chevalier du Soleil avoua à travers ses lèvres tremblantes : « Lesus, je ne me rappelle vraiment, vraiment rien. Je peux te le jurer une centaine de fois sur le nom du Dieu de la Lumière ! Je me souviens seulement d’être allé me coucher la nuit précédente. Quand je me suis réveillé le jour suivant, j’étais déjà dans le Royaume de Kissinger. C’est vrai, je ne te mens pas cette fois ! »

Donc, tu lui as menti par le passé ? Personne n’osa lui jeter le moindre regard, mais tous se firent la remarque en esprit.

Il était impossible de dire si Lesus du Jugement le croyait ou non, car il se contenta de déclarer avec nonchalance : « Bien, puisque tu ne t’en souviens pas, laisse-moi te raconter ce qu’il s’est passé. »

« Je te demande pardon ? » Le Chevalier du Soleil afficha une expression de totale stupéfaction.

Agissant comme s’il menait un interrogatoire, Lesus du Jugement le questionna : « D’ordinaire, tu n’emmènes pas l’Épée Divine du Soleil avec toi, n’est-ce pas ? »

« Euh… Effectivement. »

« L’Épée Divine du Soleil est un trésor national qui te reconnaît en tant que son unique possesseur, donc il n’y a aucune possibilité pour que quelqu’un d’autre puisse la sortir de l’Église sans que tu t’en sois rendu compte, c’est exact ? »

« … Oui. »

« Par conséquent, ce jour-là, quant à la raison de la présence de l’Épée Divine du Soleil en dehors de l’Église, cela ne peut être que parce que tu l’as amenée avec toi, tu ne crois pas ? Le Capitaine-Chevalier des Enfers a toujours été loyal envers son devoir. Je lui ai donné l’ordre de te suivre, mais il ne l’a pas fait. Tu as donc dû intentionnellement faire en sorte de le semer, n’est-ce pas ? »

Le Chevalier du Soleil jeta secrètement un regard en biais à Roland des Enfers et fut forcé d’admettre : « Hum… C’est possible. »

Lesus du Jugement ne lui adressa plus d’autres questions. Il se contenta de contempler le Chevalier du Soleil avec un regard glacial avant de donner son verdict : « Ainsi, ce jour-là, la raison pour laquelle tu as amené l’Épée Divine du Soleil avec toi a dû être parce que tu voulais faire quelque chose de dangereux. Ensuite, connaissant ta personnalité, tu n’as pas dû vouloir impliquer le Capitaine-Chevalier des Enfers, d’où le fait que tu l’aies semé intentionnellement avant de te rendre par toi-même à ta destination afin d’y faire quelque chose de dangereux. En fin de compte, à cause des événements inconnus qui s’y sont déroulés, tu as été expédié au Royaume de Kissinger, et tu as perdu la mémoire. Voilà ce qu’il s’est passé. »

En entendant le verdict, tout le monde afficha une expression de compréhension, tandis que le Chevalier du Soleil prit l’expression peinée de quelqu’un qui avait envie de pleurer, mais qui ne le pouvait pas.

Dans le futur, si je venais à perdre la mémoire, je n’aurais pas à m’inquiéter. La charge de déterminer ce que j’aurais fait dans cet état reviendrait au Capitaine-Chevalier du Jugement, pensèrent silencieusement les Douze Chevaliers Sacrés.  

Lesus du Jugement se leva lentement, puis, depuis sa position plus élevée, il baissa les yeux sur le Chevalier du Soleil qui était toujours assis. Usant de sa voix extrêmement basse, il décréta : « La dernière fois, tu as perdu l’usage de la vue. Cette fois-ci, tu t’es enfui quelque part seul pour accomplir un plan dangereux, ce qui a eu pour conséquence ton amnésie… Si nous ne disciplinons pas ton caractère turbulent, je n’ai aucune idée de dans quel état nous te retrouverons la prochaine fois ! »

« Tu veux me discipliner ? »

Le Chevalier du Soleil avait l’air abasourdi. Après avoir vu le visage glacial de Lesus du Jugement, il comprit enfin que, cette fois-ci, il pensait réellement ce qu’il venait de dire. Sun s’écria immédiatement : « Attends une minute, mon estomac me fait soudainement très mal. J’ai besoin d’aller aux toilettes. Poursuivons notre discussion une fois que je serai revenu ! »

Après avoir lancé cette phrase, il se leva violemment et se tourna pour courir vers la porte. Durant ce laps de temps, Lesus ne bougea même pas et se contenta de le fixer de son regard glacial.

Le Chevalier du Soleil n’avait eu le temps que d’effectuer deux pas, lorsqu’il réalisa que quelqu’un avait déjà bloqué le chemin vers la porte de la salle de conférence.

« Leaf… »

Le Chevalier de la Forêt se tenait devant la porte, et lui adressa un gentil sourire tout en disant : « Sun, même quand tu es devenu aveugle, tu as refusé de l’avouer, et tu m’as même berné pendant un long moment. Si ton mensonge n’avait pas été révélé lors de ton amnésie, pendant encore combien de temps prévoyais-tu de me mentir ? Alors ? Sun. »

Le Chevalier du Soleil déglutit et se retourna instantanément dans une tentative de sauver sa peau en sautant par la fenêtre. Toutefois, cette fois, ce fut le Chevalier de Glace qui se mit en travers de sa route.

« Ice… » Le Chevalier de Soleil eut l’air profondément peiné, lorsqu’il lui demanda : « Ne m’as-tu pas dit que tu me pardonnais ? »

Le Chevalier de Glace acquiesça avant d’ajouter : « Je te pardonne de m’avoir jeté en pâture au dragon. » Après cela, il caressa gentiment la tête du Chevalier du Soleil, puis retourna se poster devant la fenêtre.

« … Mais, tu continues de m’en vouloir pour le reste ? »

Le Chevalier de Glace hocha de nouveau la tête.

Puisque cette méthode n’avait pas fonctionné, le Chevalier du Soleil ne put que se retourner une nouvelle fois. Il adressa son regard au Capitaine-Chevalier des Enfers, qui était encore assis. Avec empressement, il l’interpella : « Roland, aide-moi vite à sortir d’ici ! »

Roland des Enfers dit d’une voix faible : « Tu m’as intentionnellement semé à répétition, me faisant échouer à accomplir mon devoir. Je me suis toujours senti très bouleversé à l’idée de ne pas réussir à faire mon travail et de causer autant d’inquiétudes aux autres… »

« … »

Le Chevalier du Soleil regarda à sa gauche, puis à sa droite. Toutes les personnes sur lesquelles se posaient ses yeux détournèrent la tête, n’osant même pas le regarder.

Dans cette situation critique, en réalisant qu’aucune aide ne lui serait apportée, il prit sa décision sans la moindre hésitation. Il hurla immédiatement : « Adair, à l’aide ! »

La porte de la salle de conférence fut brutalement ouverte d’un coup de pied, et Adair s’empressa de s’engouffrer à l’intérieur en s’exclamant : « Capitaine, que se passe-t-il ? »

Au même moment, Lesus du Jugement se décida à enfin intervenir. Son ombre vacilla soudainement, et il bondit devant Adair. Ce dernier eut uniquement le temps de s’exclamer avec suspicion, « Capitaine-Chevalier du Ju — Oof ! », avant qu’un poing ne percute son abdomen. Adair s’effondra lentement avec un estomac plein de doutes.

« Vidar. » Appela calmement Lesus du Jugement.

Un chevalier sacré, arborant l’uniforme du Peloton du Chevalier du Jugement, entra dans la pièce et salua son supérieur. Pendant ce court instant, bien que Sun eût essayé de garder son calme, il ne put s’empêcher de jeter un regard en coin à l’inconscient Adair étendu sur le sol.

Lesus du Jugement donna ses instructions à son vice-capitaine : « Le vice-capitaine du Peloton du Chevalier du Soleil, Adair, est autorisé à prendre un mois de permission en raison d’une “blessure reçue en service”. Tout son travail sera pris en charge personnellement par le Capitaine-Chevalier du Soleil. Tu auras la charge de ramener Adair dans sa ville natale pour qu’il s’y repose, et, ce faisant, tu l’informeras que, pendant la période de sa permission, si je l’aperçois à proximité du Temple Sacré ne serait-ce qu’une fois, le Chevalier du Soleil devra personnellement corriger des documents pendant un second mois ! »

Sun observa la scène, tandis que Vidar traînait au loin son dernier sauveur. Avec une expression de désespoir, il se tourna vers Lesus du Jugement et lui demanda : « Lesus, tu es vraiment sérieux ? »

Lesus du Jugement répliqua stoïquement : « Tromper les autres est quelque chose que tu fais d’ordinaire, mais l’ai-je fait ne serait-ce qu’une seule fois ? »

En entendant sa réponse, le Chevalier du Soleil resta sans voix pendant un instant, mais il lutta tout de même désespérément. Prenant un ton effronté, il réfuta : « Ton raisonnement semble parfaitement rationnel quand on l’entend la première fois, mais il y a aussi la possibilité que j’aie amené l’Épée Divine du Soleil pour aller retrouver Rose et boire du thé, et qu’après coup, pour une raison inconnue, j’aie été piégé par elle et envoyé à Kissinger… »

« Tu parles de Rose ? »

Roland prit subitement la parole : « Elle nous a beaucoup aidés. Quand nous avons reçu les nouvelles envoyées par Blaze, nous n’avions à l’origine aucune idée de comment nous rendre là-bas en un court laps de temps. C’est à ce moment-là qu’elle est venue me trouver par chance. Après avoir entendu ce qu’il s’était passé, elle a préparé un cercle de téléportation et nous a tous envoyés là-bas. »

« … Quoi ? » Il en resta ébahi. C’est Rose qui les a téléportés ? Mais… Mais, je pensais que…

Rose était Scarlet.

Avec hésitation, il demanda : « Rose est-elle toujours une petite fille ? »

« Non, elle a changé de corps. » Roland secoua la tête, puis expliqua en détail : « Cette fois, elle a pris le corps d’une femme qui a l’air d’être dans la vingtaine. Ce n’est plus une petite fille. »

Quoi ? Si c’est vrai, dans ce cas… Rose n’est vraiment pas Scarlet ?

« Grisia. » L’interpella abruptement Lesus du Jugement.

« Qu’y a-t-il ? » Le Chevalier du Soleil se retourna pour le regarder. Se peut-il que lui aussi trouve que Rose est un peu suspecte ?

Lesus du Jugement dit avec indifférence : « Ne t’imagine pas que changer de sujet te permettra d’échapper à ta punition. Leaf, Hell, traînez Sun jusqu’à la chambre de confinement. Capitaine-Chevalier des Enfers, à partir d’aujourd’hui et pour tout le mois, tu seras responsable de la surveillance de Sun. Sans ma permission, personne n’est autorisé à entrer dans la chambre de confinement. »

« Compris ! »

Ils soulevèrent à eux deux le Chevalier du Soleil, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche, puis ils se mirent à le traîner en direction de la porte.

« Attends une minute ! Lesus, je ne serai plus déraisonnable ! Quelqu’un, aidez-moi ! Je ne veux pas être enfermé dans une chambre de confinement à corriger l’équivalent d’un mois de paperasse ! Vous feriez aussi bien de m’envoyer rencontrer le Dieu de la Lumière immédiatement ! Lesus du Jugemeeeeeeeeeeent ! »

Après que le Chevalier du Soleil eut été traîné de force hors de la pièce, la porte de la salle de conférence se referma dans un grand fracas. Lesus du Jugement annonça alors avec nonchalance les mots « La séance est levée », puis quitta promptement la pièce.

Une fois que tout le monde eut silencieusement suivi du regard le Chevalier du Jugement jusqu’à la sortie, et seulement après cela, une personne osa ouvrir la bouche pour demander avec hésitation : « En théorie, c’est le Chevalier du Soleil qui est le chef du Temple Sacré et qui est à la tête des Douze Chevaliers Sacrés, n’est-ce pas ? »

« Ouais ! »

« Donc, en théorie, le Chevalier du Jugement ne devrait pas avoir les prérogatives de mettre le Chevalier du Soleil en état d’arrestation et de l’envoyer en détention, non ? »

« Même le Pape n’a pas l’autorité pour le mettre en confinement. »

« Dans ce cas… Tout ça ne semble pas tout à fait juste ? »

« Ce n’est pas tout à fait juste en théorie, mais en pratique… Si tu en as le cran, tu peux essayer de libérer Sun sous les yeux de Judgment ! »

« …À vrai dire, je ne suis pas le genre de personne très portée sur la théorie. »

 

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 6 : Doux sourire

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Side Story #6: Sweet Smile – traduit du chinois à l’anglais par dahlys[PR!]
Histoire parallèle #6 : Doux sourire – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par LuluHime

Ecilan de Glace est éternellement inexpressif. Bien que personne ne puisse lire dans ses pensées, ses desserts sont toujours aux goûts de tous.

S’il y avait une chose qui pouvait représenter Ecilan, ce serait assurément ses desserts.

 

 

Son rêve, à l’origine, était de devenir un boulanger, mais par un certain coup du sort, il était devenu le Chevalier de Glace. Il avait dû changer et passer d’un enfant toujours souriant à une personne sans expression. Il avait aussi dû changer et passer d’une personne qui apportait chaleur et satisfaction à quelqu’un qui rendait les autres alertes et méfiants.

Il semblerait qu’il ait perdu beaucoup de choses, incluant son rêve.

Toutefois, Ecilan sentait tout de même qu’il avait gagné plus qu’il n’avait perdu.

Parce qu’en fait il y a plusieurs manières d’exprimer un sourire.

 

 

« Lan1, ne souris pas ! »

Le sourire d’Ecilan devint immédiatement rigide. Il ne faisait que saluer avec un sourire un apprenti chevalier sacré qui passait, étant donné qu’il connaissait cet enfant depuis longtemps. Il allait souvent livrer du pain chez lui.

C’est exact ; Ecilan était le fils d’un boulanger. Depuis qu’il était tout petit, il aspirait à devenir le meilleur boulanger de la Cité du Bourgeon. Son plus grand rêve était de démarrer une section de desserts en plus de confectionner du pain… Mais, présentement, il était l’Apprenti-Chevalier de Glace. Tout le monde l’appelait habituellement l’Apprenti-Chevalier de Glace.

Avec une expression de stupeur et d’horreur sur son visage, l’apprenti-chevalier devant eux s’inclina en face de la personne se trouvant derrière Ecilan. Après s’être incliné, il s’enfuit rapidement, comme si la personne derrière Ecilan était une inondation ravageuse ou une bête sauvage… Peut-être le Chevalier de Glace était-il plus effrayant qu’une inondation ravageuse ou qu’une bête sauvage ?

Ecilan fit disparaître le sourire et toute autre expression de son visage, devenant totalement inexpressif. Seulement à ce moment-là osa-t-il tourner la tête et faire face à la personne derrière lui. Il salua : « Bonjour, Maître ! »

Le Chevalier de Glace, Eller, le questionna, un peu agacé : « Lan, pourquoi est-ce que tu n’arrives pas à changer ton habitude de sourire ? C’est vraiment si difficile de ne pas sourire ? »

Ecilan se sentit victime d’une injustice. Par le passé, chaque fois qu’il livrait le pain, les gens faisaient l’éloge de son sourire. À présent, il ne pouvait plus sourire du tout.

Pourquoi était-il devenu le Chevalier de Glace ? Il n’avait fait qu’aller livrer du pain au Temple Sacré. À ce moment-là, le Temple Sacré était en pleine sélection d’Apprenti-Chevaliers. Il n’avait fait que passer, et n’avait même pas rejoint la sélection. Il n’avait aucune idée de ce que le Chevalier de Glace avait vu en lui… Ne disaient-ils pas que le Chevalier de la Pierre était le plus têtu parmi les Douze Chevaliers Sacrés ?

Cependant, ce jour-là, le Chevalier de la Pierre lui avait dit : « Tu as intérêt à docilement acquiescer de la tête et à accepter de devenir l’Apprenti-Chevalier de Glace ! Notre Chevalier de Glace est très têtu et n’écoutera pas les autres, alors il ne te permettra pas de dire non. »

Eller fronça les sourcils, s’exclamant d’une voix grave : « Et tu ne peux pas non plus afficher un air triste ! »

Quand il entendit cette déclaration, Ecilan fit de son mieux pour effacer chacune des expressions sur son visage.

Mécontent, Eller le réprimanda : « Je veux seulement que tu ne sourisses pas, est-ce si difficile ? Tu as vu que l’Apprenti-Chevalier du Jugement devait aussi agir de façon froide et calme ! Je ne t’ai même pas demandé d’en faire autant, et je veux uniquement que tu remplisses les exigences minimales du Chevalier de Glace. Si tu ne peux pas rester indifférent, dans ce cas, au moins, ne peux-tu pas être inexpressif ? »

Ecilan admit que Lesus devait travailler beaucoup plus dur que lui, mais il avait vraiment envie de rétorquer à son maître : « Votre vous actuel qui parle trop est totalement différent de comment le Chevalier de Glace indifférent et réservé devrait agir ! »

« De toute manière, à partir d’aujourd’hui, tu as intérêt à rester inexpressif et silencieux ! Si j’entends à nouveau quelqu’un dire “Ce garçon, Ecilan, est vraiment soucieux, poli et toujours souriant” ou quelque chose de la sorte, je vais… t’interdire l’accès à la cuisine ! »

Mais, depuis que je suis petit, Maman et Papa m’ont toujours enseigné que je devrais être poli envers les gens, que je ne devrais pas faire face aux gens avec une expression déplaisante… Ecilan eut à nouveau l’impression qu’on lui avait fait du mal injustement, mais à l’instant où il entendit qu’on lui interdirait l’accès à la cuisine, il se sentit comme s’il avait soudainement été foudroyé par un éclair ! De tout le Temple Sacré, son endroit préféré était la cuisine. Après tout, c’était le seul lieu où il pouvait cuisiner !

Eller regretta ce qu’il venait de dire dès l’instant où il le dit. S’il interdisait à Ecilan d’entrer dans la cuisine, qui allait lui préparer du pain ? Toutefois, c’était la façon la plus efficace de menacer Ecilan… Oublions ça ; il attendrait simplement jusqu’à-ce qu’Ecilan brise vraiment les règles avant d’y songer à nouveau !

« Lan, j’ai faim. Le pain est-il prêt à être mangé ? »

Ecilan répondit docilement : « Je m’en vais tout de suite à la cuisine pour vérifier s’il a terminé de cuire. Si c’est le cas, je viendrai vous l’apporter, Maître. »

Eller acquiesça d’un signe de tête. Alors qu’Ecilan était différent de Lesus qui était doué dans tous les domaines – Bon sang ! Chasel avait vraiment déniché un trésor ! – et qu’il y avait quelques problèmes avec l’entraînement d’Ecilan sur la personnalité du Chevalier de Glace, Lesus ne savait pas comment faire cuire du pain, particulièrement du pain aussi délicieux que celui qu’Ecilan confectionnait !

« Je vais t’attendre dans ma chambre. Sur ton chemin, va me chercher du vin fait par Neo en plus du pain. »

« D’accord. »

Ecilan poussa un soupir de soulagement. Comparé à l’entraînement spécial pour devenir inexpressif, il aimait mieux aller dans la cuisine pour confectionner du pain. Il souhaitait vraiment que son maître mangeât six repas par jours pour qu’il puisse passer toute la journée à l’intérieur de la cuisine !

 

 

En plus du plateau complet de pain, Ecilan avait aussi essayé de faire cuire un gâteau à la myrtille ! Malheureusement, c’était la première fois qu’il faisait cuire un gâteau, alors il n’avait pas encore trouvé la bonne quantité d’ingrédients à ajouter. En fin de compte, il avait mis trop de sucre, et le dessert était devenu trop sucré.

Ecilan pensa que ce serait dommage de le jeter, alors il décida de le ramener jusqu’à la chambre. Afin d’éviter de gaspiller de la nourriture, il le mangerait en buvant beaucoup d’eau.

Sur son chemin pour retourner à la chambre, il rencontra quelqu’un d’inattendu. Grisia arborait un large sourire radieux sur son visage, et il semblait constamment se murmurer quelque chose à lui-même. Je me demande ce qu’il dit… Est-ce qu’il récite les Règles du Dieu de la Lumière ? On raconte que le Chevalier du Soleil est le Chevalier Sacré le plus loyal au Dieu de la Lumière, en plus d’être le porte-parole de ce dernier…

Ce ne fut que lorsque Grisia se trouva à quelques pas de lui qu’Ecilan se rappela que ce dernier était le Chevalier du Soleil, alors que lui appartenait à la faction du côté du Chevalier du Jugement. A-Alors, ils ne devraient pas bien s’entendre l’un avec l’autre !

Ecilan afficha immédiatement un visage inexpressif. Cependant, il n’aurait jamais cru que Grisia s’arrêterait de marcher et regarderait… le plat dans ses mains.

« Wow, c’est un gâteau ! » s’exclama soudainement Grisia, et celui-ci tendit sur-le-champ la main pour prendre un morceau de gâteau.

« C-C’est un gâteau d’essai que j’ai fait cuire… Non ! » cria Ecilan, pris de panique. Mais, tout de suite après qu’il eut fini de crier, il réalisa que sa voix avait sonné fâchée, comme s’il le réprimandait.

La main de Grisia s’arrêta, et il baissa le regard sur le gâteau. Avec un peu de regret, il demanda : « Je ne peux pas le manger ? »

Ecilan commença à paniquer encore plus. Bien qu’il voulût s’expliquer, son maître venait tout juste de lui dire qu’il devait rester inexpressif et silencieux à partir d’aujourd’hui, ou il ne lui serait plus jamais permis de pénétrer dans la cuisine à nouveau… Que faire ?

En voyant le visage sans expression d’Ecilan, Grisia baissa la tête et s’excusa : « C’est… Je suis vraiment désolé d’avoir essayé de te prendre ton gâteau ; je t’en prie, ne sois pas fâché contre moi ! »

Ce n’est pas vrai… Je ne suis pas du tout en colère ! Ecilan était si nerveux qu’il avait envie de pleurer.

« Mais, puisque j’en ai déjà pris un morceau, s’il-te-plaît laisse-moi le manger ! » Dès que Grisia eut fini de parler, il s’enfuit en vitesse, comme s’il craignait qu’Ecilan voulût récupérer le morceau de gâteau.

Ecilan fixa le vide, sous le choc, étant donné qu’il n’avait pas du tout eu le temps de réagir. Sa première pensée fut : Je suis content que Grisia ne semble pas en colère. Immédiatement après cela, il se remémora qu’un morceau du gâteau avait été pris. C’est trop sucré, si Grisia le mange… Oublie ça, si c’est trop sucré, dans ce cas il devrait le recracher après une bouchée, non ?

Peut-être que Grisia aime les gâteaux à la myrtille ? À l’avenir, je devrais lui faire cuire quelques gâteaux. Il semblerait qu’il aime beaucoup les desserts, et  j’ai également très envie d’essayer de confectionner des desserts. Plus Ecilan y songeait, plus il se sentait heureux. Il ne put s’empêcher de sourire joyeusement, alors que son esprit était rempli de toutes sortes de desserts et de pains…

« Lan ! »

Ecilan sursauta de stupeur. Quand il se remit de son choc, il se rendit compte que son maître marchait actuellement vers lui avec fureur. Cela lui fit perdre ses moyens, puisqu’il savait qu’il n’était pas du tout inexpressif il y a un instant. Sans doute qu’il était même visiblement en train de sourire !

Eller se dirigea droit vers lui avec colère, puis se mit à le réprimander : « Je viens à peine de te demander de ne pas sourire, mais tu as immédiatement violé mes ordres ! Pourquoi es-tu un enfant aussi désobéissant ? Est-ce que c’est vraiment si dur de ne pas sourire ? À partir d’aujourd’hui, il t’est interdit d’entrer dans la cuisine jusqu’à ce que tu aies appris à ne pas sourire ! »

« Pourquoi est-ce que je ne peux pas sourire ? » Ecilan ne put plus se retenir de dire avec émotion : « Si je fais face aux gens avec une expression déplaisante, ne vont-ils pas être mécontents ? Peut-être qu’ils vont même me détester ! Dans ce cas-là, j’aurai un ami en moins ! »

Quand il entendit l’une des rares réponses remplies d’émotion d’Ecilan, Eller resta sans mots. Cet enfant n’était pas du genre à désobéir à ses aînés, alors pourquoi était-il si rebelle aujourd’hui ? D’ailleurs, il lui était impossible de réfuter les propos qu’il venait de tenir…

Les yeux d’Ecilan se remplirent de larmes, et il tenta de son mieux de les empêcher de couler. Toutefois, il ne pouvait simplement plus y résister, alors il donna vite le plateau à son maître et articula : « Maître, savourez votre repas. » Après cela, il s’empressa de se retourner et s’enfuit en courant.

« Lan ! »

Lorsqu’il entendit l’appel, Ecilan s’arrêta pendant un instant, mais ne se retourna pas. Au lieu de cela, il s’enfuit vite, parce que son visage était déjà couvert de larmes.

Ne parle pas de pleurer, Maître ne me permet même pas de sourire !

 

 

Ouuiinn… ouiin…

J-Je veux rentrer à la maison et devenir boulanger…

« Pourquoi pleures-tu ? Tu as l’air si triste… »

Stupéfait, Ecilan sauta de son lit. Il était couché sur son lit, mais il était presque tombé en bas de celui-ci à cause de l’appel soudain.

« Grisia ? »

Grisia l’observait avec des yeux remplis d’espoir. Cela fit rougir Ecilan. Il essuya vite ses larmes.

« Est-ce qu’il t’en reste ? »

« Hein ? » Ecilan fixa Grisia d’un regard vide.

Avec un air très enthousiaste sur le visage, Grisia s’enquit : « Est-ce qu’il te reste du gâteau ? »

« …C’est mon maître qui l’a au complet. »

« Quoi !? Ce gâteau était immense ! Est-ce qu’il a l’intention de le manger en entier par lui-même ? »

Ecilan n’avait aucune idée de ce qu’il se passait, mais il répondit tout de même : « Non, ce gâteau est trop sucré. Il se pourrait que mon maître ne le mange pas. »

« Il ne le mangera pas ? » Choqué, Grisia s’exclama : « Mais, ce gâteau est si délicieux ! S’il ne va pas le manger, est-ce qu’il va le jeter ?  Quel dommage ! Non, non, on ne peut pas le laisser être jeté ! »

Ecilan se trouvait toujours dans un état de confusion, mais Grisia l’agrippa en un mouvement et était sur  le point de le traîner hors de la pièce.

« Aller, allons retrouver le Chevalier de Glace et reprendre le gâteau ! »

Quoi !? Sidéré, Ecilan protesta : « A-Attends une minute… »

« Qu’est-ce que tu attends ? Si nous attendons plus longtemps, le gâteau va être jeté ! »

« J’ai du pain ici avec moi. Il est à la myrtille, exactement comme le gâteau ! S’il-te-plaît, ne pars pas à la recherche de mon maître ! »

Grisia s’arrêta et se tourna pour regarder Ecilan. Ce dernier sortit du pain d’une armoire et répandit de la confiture de myrtille sur le dessus avant de le donner à Grisia.

Grisia mordit impudemment dans le pain à l’instant où il le reçut. Quand il vit cela, Ecilan se détendit.

« Ce n’est pas assez sucré. Viens, allons chercher le gâteau ! »

Heeiiiiin ?

 

 

La vue de deux apprentis-chevaliers marchant ensemble attira beaucoup de regards de la part des gens. Grisia sourit pendant tout le chemin, mais, à côté de lui, Ecilan était complètement sans expression.

Grisia sourit et marmonna dans sa barbe en même temps. « Ah, bon sang, quelqu’un vient et je dois encore sourire. Mon visage est déjà raide ! Je n’ai vraiment pas envie de sourire, mais mon Maître va me massacrer si je ne le fais pas… Je vais sourire ! »

Les yeux d’Ecilan s’écarquillèrent tandis qu’il regardait Grisia. A-Alors c’est ce qu’il disait à chaque fois qu’il marmonnait dans sa barbe ?

En cours de route, Ecilan observa que Grisia devait révéler son plus brillant sourire chaque fois qu’une personne passait à côté d’eux. Quand il n’y avait plus personne dans les environs, il laissait ses muscles faciaux se détendre mais, à l’instant où quelqu’un apparaissait, il devait sourire sur-le-champ. Ecilan réalisa tout à coup que sourire n’était peut-être pas aussi facile qu’il y paraissait.

Lorsque Grisia remarqua qu’il y avait plusieurs personnes qui marchaient dans leur direction, son visage devint aussi pâle que de la cendre. Du coin de l’œil, il aperçut Ecilan et décida immédiatement de lui parler afin de ne pas avoir à sourire continuellement. Néanmoins, à l’instant où il vit les yeux rougis d’Ecilan, il commença à vouloir avoir une vraie discussion. Il ne put s’empêcher de demander : « Ecilan, pourquoi pleurais-tu il y a un instant ? »

« Je… Je me disais juste que je ne suis pas fait pour être le Chevalier de Glace. »

« Oh, dans ce cas, que veux-tu devenir ? »

« À l’origine, je voulais devenir le meilleur boulanger de la ville. »

« Ooooh ! Pas étonnant que tu sois si doué pour confectionner du pain et des gâteaux ! »

« Je ne le suis pas ; c’était la première fois que je faisais cuire un gâteau. Je l’ai même rendu trop sucré… » Ecilan ne put résister à l’envie de le questionner : « Tu ne trouves pas que le gâteau était trop sucré ? »

« Non, pas du tout ! Et il aurait même pu être plus sucré… Hmm ? Ce ne serait pas ton maître ? »

Ecilan tourna la tête pour voir. Effectivement, le Chevalier de Glace se tenait présentement sur un balcon à côté du corridor. Il n’était pas seul, puisque le Chevalier du Jugement était là lui aussi.

Grisia attrapa la main d’Ecilan et s’approcha discrètement de la fenêtre la plus proche du balcon.

Un peu perplexe, Ecilan demanda : « Ne cherchais-tu pas mon Maître ? »

« Si ! Mais d’abord, écoutons leur conversation ! »

Pourquoi est-ce que nous devons écouter leur conversation en premier… ? Ce n’est pas mal d’écouter aux portes ? Juste au moment où il songeait à corriger Grisia, il entendit une voix s’élever du balcon.

« Ai-je commis une erreur ? Peut-être que je n’aurais pas dû choisir Ecilan, étant donné qu’il ne faisait pas parti des enfants qui étaient venus pour la sélection. »

Ecilan sursauta sous le choc. Son Maître… regrettait-il de l’avoir choisi ?

M-Mais, il faisait déjà de son mieux pour s’adapter à sa nouvelle identité, et travaillait dur pour devenir le Chevalier de Glace. Il trouvait même que pratiquer le maniement de l’épée était extrêmement amusant, et il s’était familiarisé avec plusieurs Chevaliers Sacrés…

Sentant ses yeux commencer à lui brûler un peu, Ecilan tourna la tête et entreprit de s’éloigner. Toutefois, Grisia raffermit brusquement son emprise sur sa main. Quelle que soit la force avec laquelle il lutta, Grisia ne voulait pas le lâcher.

Encore une fois, ils entendirent la voix du Chevalier de Glace en provenance du balcon. Il déclara : « Mais, je n’ai vraiment pas envie de choisir un enfant qui a l’air glacial dès le départ ! Et Ecilan est un si bon enfant ! C’est un garçon soucieux, il respecte ses aînés, et il sait même comment pétrir le pain ! »

Ecilan se figea et cessa de lutter pour s’échapper.

Ils entendirent la voix grave du Chevalier du Jugement, qui affirmait : « Tu as raison. Si j’étais toi, je l’aurais aussi choisi, étant donné que c’est vraiment un bon garçon. Mais, tu n’as pas besoin de précipiter l’entraînement d’Ecilan pour correspondre à la personnalité qu’on “s’attend” à voir chez le Chevalier de Glace, puisqu’il n’est l’Apprenti-Chevalier de Glace que depuis légèrement moins de deux ans. »

« Mais… » La voix du Chevalier de Glace était remplie de frustration comme il révélait : « Tu devrais savoir que, récemment, beaucoup de gens se sont mis à parler de remplacer l’Apprenti -Chevalier de la Pierre. Des remarques de la part de ceux qui s’opposent à l’Apprenti-Chevalier du Soleil ont aussi fait surface. Si Lan n’apprend pas à être inexpressif, qu’est-ce que je vais faire lorsque des vagues de commentaires au sujet de le remplacer vont venir ? »

Chasel répondit simplement : « Ne t’inquiète pas, Neo ne permettra pas à la personne qu’il a choisie d’être remplacée. Tu devrais connaître sa personnalité depuis le temps. S’il n’est pas d’accord pour remplacer son apprenti, dans ce cas personne ne peut l’y contraindre. »

Toujours un peu inquiet, Eller ajouta : « Et qu’en est-il de l’Apprenti-Chevalier de la Pierre ? »

« Si nous en remplaçons un, ça forme un précédent pour en remplacer un deuxième. Par conséquent, Neo ne permettra définitivement pas à l’Apprenti-Chevalier de la Pierre d’être remplacé, parce que ça lui causerait des problèmes. »

En entendant ceci, Eller se sentit beaucoup plus calme. Puisque Neo ne permettrait pas à l’Apprenti-Chevalier de la Pierre d’être remplacé, alors il ne permettrait pas non plus à Ecilan d’être remplacé lui aussi. Avec le soutien de Neo, vous pouviez être sûr que les choses seraient beaucoup plus faciles. Parce que tout le monde savait que, une fois que Neo avait pris sa décision, il persisterait dans cette voie jusqu’à la toute fin, qu’il soit dans son droit ou pas… Même en forçant les gens à lui rendre service, il n’abandonnerait jamais jusqu’à la fin.

« Dans ce cas, je peux me détendre et prendre mon temps pour entraîner Ecilan. D’ailleurs, je devrais lui accorder plus de temps pour aller à la cuisine… Le gâteau qu’il a fait cette fois était beaucoup trop sucré ! Ses talents culinaires laissent encore énormément de place à l’amélioration ! Soupir, j’ai vraiment envie de le manger, mais c’est trop sucré… »

 

 

Seulement une fois que les bribes de la conversation des deux personnes se furent arrêtées après un bon bout de temps Ecilan se remit-il de sa stupeur. Il se rendit soudainement compte, Mon Maître me forçait-il à devenir inexpressif, ces derniers temps, parce qu’il avait peur que je sois remplacé ?

« Alors, tu veux devenir le Chevalier de Glace, ou un boulanger ? »

Stupéfait, Ecilan leva la tête et rencontra le regard sérieux de Grisia. Il réfléchit à sa question, et répondit avec hésitation : « J-Je veux… Je veux devenir le Chevalier de Glace ! Je n’aime pas le fait de ne pas pouvoir sourire, mais j’aime tout le reste ! Même si je ne deviens pas boulanger, je peux toujours confectionner du pain. Mais, si je ne deviens pas le Chevalier de Glace, je sens que je v-vais perdre pleins de choses ! » Comme mon Maître et les autres Chevaliers Sacrés. J’ai aussi promis à Lesus que je pratiquerais ma technique à l’épée avec lui !

« Tu aimes sourire ? » Un peu surpris, Grisia décréta : « Mais, sourire est très fatigant ! »

Ecilan y resongea. S’il devait sourire toute la journée comme Grisia, ce serait en effet très fatigant. Il expliqua avec honnêteté : « Mais, j’ai peur que si je ne souris pas, les gens vont me détester. »

En entendant cela, Grisia secoua la tête de façon exagérée et répliqua : « Qui a dit ça ? Tu ne m’as pas souris, mais je t’aime bien quand même ! Surtout les gâteaux que tu fais ! »

Ecilan cligna des yeux. Il réalisa que ce que Grisia venait de dire était exact. Bien qu’il ne lui eût pas souri, Grisia ne le détestait pas pour autant… Il sentit soudainement qu’il avait compris quelque chose.

Même s’il ne souriait pas, tant qu’il leur offrait des desserts, les gens ne sentiraient-ils pas qu’il n’était pas une personne détestable ?

Ainsi, les desserts… peuvent en fait remplacer les sourires ?

Note de bas de page

1 « Lan » : C’est le surnom qu’Eller a donné à Ecilan.

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire à Part # 5 : Commettre une erreur

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Side Story #5: Making a Mistake – traduit du chinois à l’anglais par Lucathia[PR!]
Histoire parallèle #5 : Commettre une erreur – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par LuluHime

Au départ, il avait voulu devenir le Chevalier du Jugement dans l’espoir d’expier l’erreur qu’il avait presque commise.

Quand son maître lui avait demandé pourquoi il désirait lui succéder comme Chevalier du Jugement, il avait cru que c’était parce qu’il voulait s’assurer que les criminels n’eussent jamais la chance de commettre un second crime.

En fin de compte, il comprit que le prérequis pour s’assurer que ce fût bien le cas était que lui-même ne se permît jamais de commettre une erreur… Le prix à payer pour l’une d’entre elle pouvait être la vie d’un innocent, la destruction d’une famille, ou pire préjudice.

Le Chevalier du Jugement n’avait jamais le droit de commettre une erreur.

 

 

Lesus Lucen se concentrait, tandis qu’il balançait sa lame en direction d’une marionnette en bois. Il était jeune et n’arrivait pas encore à soulever une vraie épée, mais il était si compétent avec des dagues que même les adultes qui connaissaient le maniement de l’épée n’osaient pas le sous-estimer.

En réalité, aucun homme dans la famille Lucen n’osait plus accepter les défis de Lesus à présent. Pour la plupart, ils étaient tous chevaliers ou avaient d’autres professions qui pratiquaient l’art de l’épée. Perdre face à un enfant de douze ans serait humiliant, et ils n’étaient pas assez confiants à l’idée de l’emporter contre Lesus.

Phil Lucen était également l’un des hommes qui n’osaient plus accepter les défis de son neveu, mais il ne se sentait pas rabaissé à ce sujet ou jaloux de celui-ci, puisque le garçon était en réalité depuis longtemps devenu son fils.

Un merveilleux talent inné, une disposition sérieuse, et la tragédie de perdre ses deux parents étaient ce qui avait créé le Lesus Lucen actuel.

Si on lui donnait encore quelques années, Lesus deviendrait assurément un chevalier formidable.

Cependant, Phil croyait que Lesus préférerait rester moyen toute sa vie plutôt que de voir ses parents succomber à cette calamité.

 

 

J’ai entendu dire qu’il était soupçonné d’avoir commis de nombreux cambriolages et meurtres, hormis qu’il n’y avait eu aucune preuve, alors il avait été libéré.

Ah ! S’il n’avait pas été libéré, dans ce cas mon frère aîné et ma belle-sœur ne seraient pas… Le meurtrier a-t-il été retrouvé ?

Il est toujours en fuite, mais j’ai entendu dire que le Chevalier du Jugement est vraiment furieux. Il a envoyé plusieurs chevaliers sacrés, qui sont en train de traquer le criminel qui s’est échappé. Ils amassent des preuves également, espérant le condamner à mort par pendaison immédiatement après qu’il soit capturé.

Pourquoi amasser des preuves ? Il devrait être pendu sur-le-champ !

Ne dis pas ça. Ce n’est pas comme s’ils pouvaient exécuter les gens sans raison…

 

 

« Lesus. »

Lesus arrêta de balancer sa lame et tourna la tête pour regarder Phil, son oncle. Malgré le fait que son oncle lui eût dit clairement qu’il pouvait l’appeler Père, il savait qu’il ne l’appellerait jamais par autre chose. Son vrai père et sa vraie mère étaient déjà décédés. Personne ne pourrait prendre leurs places.

« Lesus, tu seras content d’entendre ceci. » Phil sourit en déclarant : « Tes parents vont enfin être vengés ! Le cambrioleur a été attrapé il y a quelques jours, et il va être pendu aujourd’hui. Pourquoi n’irions-nous pas au terrain d’exécution pour assister à sa mise à mort ? Ne le dis pas à ta tante par contre ; elle ne veut pas que tu y ailles. »

Le criminel qui a tué mes parents va être pendu ? Lesus était stupéfait, et pourtant il ne se sentait pas heureux. En fait, ne sachant pas quoi faire, il se retourna et s’enfuit.

« Lesus ? Où vas-tu comme ça ? Lesus ! »

 

 

Quand il aurait dû être pendu, il ne l’a pas été, provoquant ainsi la mort de mes parents. S’il est pendu maintenant, contre qui suis-je censé prendre ma revanche ?

En colère, Lesus courut jusqu’à l’Église du Dieu de la Lumière, une expression de haine sur son visage. Il portait même une dague à sa taille et, pourtant, le plus surprenant était que les chevaliers sacrés à la porte ne lui barrèrent pas le chemin, lui permettant de faire irruption à l’intérieur de l’Église.

Ce ne fut pas avant qu’il eût mis le pied à l’intérieur de l’Église du Dieu de la Lumière, avec des chevaliers sacrés passant fréquemment à côté de lui, et que ses pas eurent ralenti qu’il se réveilla enfin, surpris de découvrir qu’il avait foncé tête baissée à l’intérieur de l’Église. Pourquoi les gardes aux portes ne m’ont-ils pas arrêté ?

« Es-tu perdu ? »

Lesus sursauta, tournant la tête pour apercevoir un chevalier sacré en train de se pencher pour le regarder. Puisque la personne affichait un sourire et n’avait pas l’air de lui vouloir du mal, Lesus hocha rapidement la tête pour lui répondre. « Oui. »

« Viens ici. » Le chevalier sacré le mena jusqu’à une fenêtre et lui pointa l’extérieur. « Vous devriez être en train de vous rassembler là-bas. Tu vois ces autres personnes ? »

Curieux, Lesus jeta un coup d’œil à l’extérieur de la fenêtre. Il y avait une petite esplanade avec de nombreux enfants qui s’y trouvaient et qui semblaient avoir environ le même âge que lui.

Il fut confus pendant un instant. Toutefois, il se rappela immédiatement que son oncle avait mentionné que le Temple Sacré sélectionnait présentement la prochaine génération des Douze Chevaliers Sacrés. Son oncle lui avait même demandé s’il voulait participer à la sélection. À ce moment-là, par contre, son cœur était fixé sur sa vengeance, alors il n’avait ressenti absolument aucun intérêt pour la sélection.

Pas étonnant que les gardes ne m’aient pas arrêté. Ils pensaient probablement que je participais moi aussi à la sélection.

« Si tu veux aller aux toilettes, c’est juste là-bas dans le coin. »

Lesus détourna la tête de la fenêtre. Le chevalier sacré sourit et dit dans un murmure : « Si tu es juste curieux et que tu jettes un coup d’œil aux alentours, ce n’est également pas un problème, assure-toi simplement de ne pas errer trop loin à l’intérieur. C’est dans le temple intérieur que les chambres des Douze Capitaines-Chevaliers Sacrés se trouvent. L’endroit est interdit d’accès ! »

En entendant parler des chambres des Douze Chevaliers Sacrés, Lesus ne battit pas un seul cil tandis qu’il s’enquérait : « Où est le temple intérieur où je ne suis pas censé aller ? J’ai peur de peut-être me retrouver là par accident. »

Sans le moindre soupçon, le chevalier sacré lui pointa la direction.

Lesus acquiesça d’un signe de tête pour montrer qu’il avait compris. Néanmoins, une fois que le chevalier sacré fût parti, il se dirigea sur-le-champ dans la direction où il n’était pas autorisé à aller. Il n’eut pas besoin de se rendre très loin avant de passer sous une porte en arche, et l’apparence des corridors changea. Comparés aux majestueux corridors qui se trouvaient à l’extérieur, ceux-ci étaient beaucoup plus ordinaires.

Lesus ralentit ses pas, vérifiant avec soin qu’il n’y avait personne autour de lui. Il savait que s’il était remarqué ici, il se ferait assurément jeter dehors.

Il n’y avait absolument personne dans les couloirs, probablement parce qu’il faisait encore jour en ce moment. Les Chevaliers Sacrés doivent être en train d’accomplir leurs devoirs à l’extérieur ! présuma Lesus pour lui-même.

Quelqu’un vient ! Lesus se dépêcha de tourner dans un corridor à part, et ensuite sortit subrepticement la tête pour regarder. La personne se tenait à côté de la fenêtre, faisant face à l’extérieur. Avec la tunique noire qu’il portait, et les longs cheveux noirs qu’il avait et qui atteignaient sa taille, sa silhouette, vue par derrière, était un véritable voile de ténèbres.

Des cheveux noirs et une tunique noire… Le Chevalier du Jugement !

C’est la personne qui a laissé le criminel s’en aller, causant la mort de mes parents… C’est lui aussi un meurtrier !

Lesus empoigna la dague accrochée à sa taille, regardant calmement à sa droite et à sa gauche, s’assurant qu’il n’y avait personne en vue.

En général, la plupart des gens ne sont pas très vigilants envers les enfants, de plus la sélection a lieu en ce moment. Le Chevalier du Jugement songera probablement que je suis également un candidat. Si je prétends être perdu, et que je saisis ensuite cette chance pour attaquer une fois qu’il est proche, je pourrais vraiment réussir…

Malgré le fait qu’il ne fût qu’un simple enfant de douze ans, sa concentration avait toujours été au-dessus de celle des autres personnes. Il s’était entraîné avec son épée depuis un très jeune âge, et avait souffert de la catastrophe de perdre ses deux parents, alors Lesus avait depuis longtemps développé un comportement calme et logique qui aurait effrayé les autres.

Il cacha la dague derrière son dos, se pinça les paupières pour faire sortir des larmes, fixa une expression de peur sur son visage, et était sur le point de sortir de sa cachette…

« Chasel ! »

Lesus se recacha vite.

« Quelque chose ne va pas avec toi récemment ? Tout le monde se sentait si nerveux qu’ils sont venus me dire que tu étais dans une rage terrible, et ils veulent que je règle le problème. Pourquoi es-tu si furieux de toute manière ? Si quelqu’un t’as provoqué, pourquoi ne vas-tu pas l’achever ? »

Lesus sortit secrètement la tête et aperçut un homme aux yeux bleus et aux cheveux dorés. L’homme portait également un uniforme blanc de chevalier avec les bords brodés en or, et gardait une épée dorée à sa taille. Avec autant de traits aussi voyants, même s’il n’avait jamais posé les yeux sur cette personne auparavant, il savait tout de même qui il était : le leader des Douze Chevaliers Sacrés, le Chevalier du Soleil.

Le Chevalier du Jugement qui s’était fait appeler Chasel se retourna, les sourcils froncés. Il annonça froidement : « Dans ce cas, tu ferais aussi bien de me tuer, Neo ! »

À la fois le Chevalier du Soleil, Neo, et Lesus qui était caché derrière le mur, sursautèrent de surprise. Cette fois-ci, c’était au tour de Neo de froncer les sourcils. Il demanda : « De quoi parles-tu ? Pourquoi me dis-tu soudainement de te tuer ? »

« Ne m’as-tu pas demandé contre qui j’étais furieux, et dit que je devrais l’achever ? » répondit Chasel sans émotion : « Je suis furieux contre moi-même. »

Neo détendit ses sourcils, et s’enquit avec compréhension : « C’est à propos du  cas d’aujourd’hui, au sujet du criminel qui est sur le point d’être pendu ? »

Son cœur battant la chamade, Lesus s’empressa de se concentrer pour regarder le Chevalier du Jugement, Chasel. Ce dernier, les sourcils toujours froncés profondément, hocha la tête.

« Si la personne a déjà été attrapée, et que la situation a été résolue, pourquoi es-tu contrarié ? » Neo s’arrêta brusquement à la moitié de ce qu’il disait et demanda ensuite de façon quelque peu étrange : « Attends, ne vas-tu pas toujours assister aux exécutions ? Tu m’as dit que, puisque tu étais celui qui les condamnait à mort, c’était comme si tu étais celui qui les tuait, alors tu devrais toujours au moins aller regarder leurs derniers instants, ou quelque chose de similaire. »

« J’ai peur d’aller assister à l’exécution. »

Stupéfait, Neo le questionna : « Tu crois qu’il y a un problème avec la sentence du criminel ? »

En entendant cela, Lesus, qui s’était caché sur le côté, dégaina haineusement la dague depuis l’arrière de son dos.

Toutefois, Chasel secoua la tête et déclara : « Ce criminel mérite sa sentence. Ce que j’ai peur de confronter, c’est la victime. Le mari et la femme qui ont été tués ont laissé derrière eux un enfant. L’enfant a seulement un peu plus de dix ans, probablement autour du même âge que ceux à l’extérieur sur la place au moment même, je crois ? »

Après qu’il eut dit cela, il tourna à nouveau la tête pour regarder par la fenêtre. Neo n’était pas non plus très doué pour réconforter les gens. Sur le coup, il ne savait pas vraiment quoi dire pour remonter le moral de l’autre personne.

Voyant le Chevalier du Jugement révéler une expression de visible angoisse, Lesus réalisa soudainement que celui-ci n’était pas aussi cruel, froid et insensible que la rumeur le disait… Ainsi, même le Chevalier du Jugement peut ressentir du regret pour avoir relâché un criminel par erreur ?

« Le Dieu de la Lumière a confié au Chevalier du Jugement la tâche de discipliner les criminels afin de protéger les innocents, pourtant la vraie difficulté ne réside pas dans le fait de discipliner les criminels, mais plutôt dans le fait de discerner qui est coupable et qui est innocent. Une fois que la condamnation à mort est donnée, il n’existe plus la moindre marge de manœuvre pour la retirer, alors jamais ne suis-je enclin à la donner à la légère… Pourtant, être trop prudent a causé la mort d’encore plus de personnes. »

Neo fronça les sourcils un peu plus et affirma : « Chasel, c’est impossible pour les humains de ne jamais commettre d’erreurs. »

Sans attendre qu’il eût terminé, Chasel se retourna vivement et cria avec agitation : « Le Chevalier du Jugement n’a pas le droit de commettre d’erreurs ! C’était mon erreur, et pourtant quelqu’un d’autre en a souffert les conséquences. Ce mari et cette femme, cet enfant… Comment ai-je pu commettre une telle erreur ? »

Un bruit retentit.

« Qui va là !? »

Neo se retourna. Au même moment, il avait déjà dégainé l’Épée Divine du Soleil qui pendait à sa taille. L’épée en main, il resta alerte, jetant des regards à la dague qui gisait sur le plancher au coin du couloir. Juste au moment où il commençait à se sentir confus, il vit un enfant lentement s’approcher.

Il ne pensait pas que ce serait un enfant. Neo le fixa d’un air ébahi. Quoi qu’il advienne, il ne pouvait pas se battre contre un enfant, et l’enfant avait déjà laissé tomber sa dague sur le sol, alors il était complètement désarmé et sans défense.

Chasel poussa sur le pommeau de l’épée de Neo, et sur un ton de réprimande il dit : « N’effraye pas le petit. »

Neo émit un son de « tsk » et rengaina simplement son épée.

Chasel s’avança de quelques pas, faisant de son mieux pour alléger son ton tandis qu’il demandait : « Mon enfant, qu’es-tu venu faire ici ? »

« Je, je… » Après que Lesus eût bégayé pendant un bon bout de temps, il s’exclama très fort : « Je veux m’inscrire pour la sélection du Chevalier du Jugement ! »

« T’inscrire pour la sélection ? » Neo décréta brusquement : « Les inscriptions se sont terminées hier ! »

Cependant, Chasel agita la main pour faire cesser les propos de son compagnon, puis il s’enquit : « Quel est ton nom ? Sais-tu comment te servir d’une épée ? »

« Lesus Lucen. » Lesus hocha frénétiquement la tête et répondit : « Je sais comment me servir d’une épée ! »

À ce moment-là, Neo scruta curieusement l’enfant de la tête aux pieds. « Des cheveux noirs et des yeux noirs, ton apparence passe ! Mais, le travail du Chevalier du Jugement est très difficile, et tu dois attacher les criminels sur les murs et les fouetter jusqu’à-ce que leur peau se déchire. Tu n’as pas peur ? »

En entendant cela, le visage de Lesus pâlit immédiatement.

« Neo, ne fais pas peur au garçon ! » Chasel lança un regard noir à son compagnon et continua de demander à Lesus : « As-tu la permission de tes parents pour entrer dans la sélection ? »

Lesus baissa la tête en disant : « Pas de parents. J’ai seulement mon oncle. »

« Ton oncle est-il au courant alors ? »

Après avoir hésité pendant un instant, Lesus secoua la tête.

Voyant cela, Chasel fronça les sourcils.

Neo commenta délibérément : « La période d’inscription est déjà terminée. Tu ne songes pas à briser les règles pour lui, n’est-ce pas ? Est-ce quelque chose que le Chevalier du Jugement respectueux des lois devrait faire ? »

Entendant cela, Chasel leva les yeux au ciel à son intention. Neo se contenta de rigoler, puisqu’il ne faisait que plaisanter. Jusqu’à présent, tous les enfants qui s’étaient inscrits pour devenir le Chevalier du Jugement étaient indisciplinés et turbulents. Il ne pouvait pas trouver de faute à Chasel pour vouloir élargir ses options même un tout petit peu. Au moins, cet enfant devant eux donnait une bonne première impression.

Chasel baissa la tête pour regarder le garçon. Même s’il savait que la période d’inscription était déjà passée, et malgré le fait qu’il sût qu’être le Chevalier du Jugement était un travail ardu et ingrat, que d’avoir manqué la période d’inscription pouvait même s’avérer être une bénédiction plutôt qu’une infortune pour l’enfant, pourtant…

À ce moment-là, Lesus révéla brusquement une expression déterminée. Il s’inclina à un angle de quatre-vingt-dix degrés et s’exclama : « Chevalier du Jugement, je suis désolé ! »

Surpris, Chasel fixa l’enfant qui s’inclinait présentement devant lui à un angle de quatre-vingt-dix degrés. Il s’accroupit afin de regarder le garçon dans les yeux, mais découvrit que le garçon regardait ailleurs, effrayé à l’idée de rencontrer ses yeux. Il tendit la main pour caresser la tête du petit. D’une façon réconfortante, il dit : « N’aie pas peur, je ne te ferai aucun mal. Dis-moi, pourquoi me présentes-tu tes excuses ? »

Lesus se démonta, mais refusa de laisser une seule larme s’échapper. Il continua simplement de répéter : « Je…désolé. Je suis vraiment désolé ! »

Voyant cela, Chasel ignorait ce qu’il devait faire. Il ne put que tenir la main de l’enfant. « Allons-y. Nous allons rendre visite à ton oncle pour voir s’il est d’accord pour te laisser t’inscrire. »

« Mon oncle est d’accord ! » Lesus ajouta précipitamment : « Il m’a demandé auparavant si je désirais y entrer. » Même s’il avait dit cela, à ce moment-là son oncle semblait avoir dit quelque chose à propos d’entrer dans la sélection du Chevalier du Soleil ou de quelque autre chevalier, mais il ne s’en rappelait pas vraiment. Tout de même, le Chevalier du Jugement devrait être aussi être convenable, pas vrai ?

« Quoi qu’il en soit, au strict minimum nous devons tout de même le lui demander. »

« D’accord. » Lesus hocha très docilement la tête.

Après avoir dit au revoir à Neo, Chasel mena le garçon par la main et dit : « Allons-y. »

« D’accord. »

Neo les observa tous les deux s’en aller. Le plus vieux et le plus jeune, tous les deux avec une tête de cheveux noirs, avaient presque l’air d’un père et d’un fils. Il rit un peu, et murmura : « Lesus Lucen ? Je pense qu’il est temps de t’appeler Lesus du Jugement à la place ? »

 

 

Grisia écouta l’histoire pendant qu’il mangeait ses biscuits aux myrtilles. Une fois que Lesus atteignit ce tournant de l’histoire, il lui demanda avec perplexité : « Ton oncle a-t-il vraiment donné son accord pour te laisser entrer dans la sélection du Chevalier du Jugement ? Je me souviens que ces enfants qui avaient pris part à la sélection du Chevalier du Jugement étaient tous mauvais… »

En quelque sorte avec impuissance, Lesus répondit : « Quand mon oncle a entendu que je souhaitais entrer dans la sélection du Chevalier du Jugement, il a immédiatement hurlé qu’il voulait m’évincer de la famille. Ma tante était si choquée qu’elle s’est évanouie… Mais, finalement, il a accepté et m’a même amené pour participer à tous les différents tests. »

Grisia leva un sourcil, ne croyant pas du tout aux paroles de Lesus.

« …sauf que, chaque fois que je réussissais l’un des tests, ils finissaient par pleurer violemment pendant trois jours.

– Dans ce cas, qu’est-il arrivé quand tu as été choisi ?

– …ils ont pleuré pendant environ un mois… »

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle #4 : Ne te sers que d’une épée, à moins que nul ne te voie

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires parallèles

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Side Story #4: You May Only Use a Sword, Unless No One Sees You – traduit du chinois à l’anglais par Lucathia[PR!]
Histoire parallèle #4 : Ne te sers que d’une épée, à moins que nul ne te voie – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Il se remémora comment son maître l’avait une fois laissé avec pour exercice de donner mille coups d’épée avant d’annoncer qu’il partait rendre visite au prince (ou à la princesse). Cependant, pendant son absence, tout ce que Grisia avait réussi à accomplir se résumait à faire l’idiot. Quand son maître rentra et le découvrit…

À ce moment-là, Grisia crut qu’il se ferait frapper en punition, pourtant son maître se contenta de glousser froidement et de le saisir par le col avant de le jeter sur son cheval et de galoper avec lui hors de la ville…

Grisia découvrirait bientôt que la raison pour laquelle son maître ne l’avait pas frappé… était que même un de ses coups désinvoltes était suffisant pour l’expédier directement dans les bras du Dieu de la Lumière !

Neo l’emmena à un célèbre territoire de ténèbres, descendit de son cheval, et empoigna une fois de plus Grisia par le col. Dépourvu de toute crainte, il s’enfonça dans le territoire de ténèbres, sans même s’embarrasser de dégainer son épée de son fourreau. À la place, il se servit de ses poings pour massacrer les différents groupes d’hideuses créatures des ténèbres qui apparaissaient tout au long du chemin.

Il marcha jusqu’à ce qu’ils atteignissent l’endroit le plus reculé de la forêt où, par la suite, il relâcha enfin Grisia.

« Sais-tu où nous nous trouvons ? » Demanda froidement Neo.

« Dans la Forêt de la Lune Cachée… » Répondit timidement Grisia.

« … Ce n’est pas la Forêt de Keiran ? »

« Maître, c’est dans la direction opposée. Quand vous êtes sorti du Temple Sacré, vous auriez dû tourner à gauche, pas à droite. »

« Oh, pas étonnant. Je trouvais que c’était étrange. Je ne me souvenais pas qu’il y ait eu autant de créatures mortes-vivantes dans la Forêt de Keiran. » Neo pencha la tête. Finalement, il haussa les épaules et dit : « Oh et bien, le lieu est sans importance. Cet endroit pourrait même être mieux. »

En quoi est-ce qu’il serait mieux ? Grisia ne comprenait toujours pas la situation dans son ensemble.

Neo dit froidement : « Si tu oses désobéir à mes ordres, tu dois être prêt à accepter la punition qui s’ensuivra, mais je n’ai aucune intention de te frapper. Tu es encore trop petit… Je serais obligé de contrôler ma force pour ne pas te tuer par accident. Quelle plaie ! »

Est-ce que ça signifie que, quand je serai plus grand, vous me frapperez sans hésitation ? Le message implicite contenu dans les paroles de son maître était loin d’être rassurant.

« C’est pour cette raison que je vais laisser les autres te frapper à ma place. C’est très commode, car ainsi tu pourras également t’exercer et améliorer tes compétences pourries à l’épée… Oh ! Il y a des créatures des ténèbres en grand nombre ici, donc tu pourras même entraîner ta capacité à les gérer. On fait d’une pierre trois coups ! Pas mal, pas mal ! »

« Profite à fond de ton voyage de punition ! » Une fois que Neo eut terminé de parler, il bondit dans un arbre et disparut sans laisser de trace, abandonnant Grisia derrière lui.

« Maître ! »

Grisia était totalement sous le choc, mais il ne pouvait pas empêcher Neo de partir. Même s’il l’avait pu, il connaissait la personnalité de son maître. Une fois qu’il avait déclaré quelque chose, il ne laisserait rien ni personne le faire revenir sur sa parole.

N’ayant pas d’autre choix, Grisia ne put qu’observer ses alentours. D’immenses arbres qui atteignaient les cieux s’étendaient à perte de vue, avec des vignes de toutes sortes qui les recouvraient densément. Il ne savait pas s’il imaginait des choses ou non, mais il pensait que les vignes aux formes bizarres et colorées d’une façon étrange semblaient bouger de temps en temps. La forêt tout entière était lugubre et humide. Les rafales qui soufflaient dans les branches apportaient une odeur de pourriture, et on aurait dit que quelque chose rampait lentement dans les hautes herbes.

Un enfant ordinaire, âgé de treize ans, aurait certainement été terrorisé à en perdre toute raison.

Par chance, si Grisia possédait bien une qualité, c’étaient ses tripes. En plus, il avait été entraîné (torturé) par son maître pendant plus d’un an. Aussi, même si ses compétences à l’épée ne s’étaient jamais améliorées, il avait petit à petit gagné plus de courage qu’auparavant.

Bien que Neo eût proclamé que ce voyage était pour le punir et pour entraîner sa capacité à affronter des créatures mortes-vivantes, chaque fois que Grisia souffrait et était pourchassé à travers toute la forêt par une variété de créatures à différents stades de décomposition, de gros rires s’élevaient inévitablement à proximité…

Mon maître doit simplement penser que tout cela est très divertissant… C’était ce que croyait Grisia au fond de lui, mais cela lui permit bel et bien de se détendre un peu. Après tout, son maître traînait toujours dans les parages et ne l’avait pas véritablement abandonné sans se préoccuper de lui.

Quand vint l’heure de manger à la nuit tombée, Grisia chassa un lapin qui avait l’air comestible, quoiqu’avec beaucoup de difficultés. Il le cuisina au feu de bois jusqu’à ce qu’il fût luisant de graisse et qu’une odeur délicieuse emplît l’air, ne redoutant pas du tout qu’il pût attirer l’attention de grands prédateurs. Cette forêt ne contenait principalement que des créatures des ténèbres et des arbres, et les nez de ces créatures des ténèbres étaient soit pourris, soit en phase de l’être.

J’adresse mes prières au Dieu de la Lumière… Après avoir récité ses prières, Grisia leva le lapin. Juste au moment où il était sur le point de mordre dedans avec un « ahhh », une ombre noire passa en l’espace d’un instant, sa main fut soudainement plus légère, et le lapin avait disparu. Grisia releva la tête et jeta un regard plein de ressentiment vers sa gauche.

« Ne me regarde pas comme ça ! »

Neo tenait le lapin dans sa main, alors qu’il décrétait avec audace et confiance : « Que l’apprenti cuisine pour son maître, c’est ainsi que les choses se doivent d’être ! Ce lapin est à moi à présent. Va chasser d’autres gibiers. »

En quelque sorte, Grisia en resta sans voix. Il s’était trompé. La forêt comportait encore un grand prédateur appelé « Maître »…

Les yeux rivés sur son maître qui mordait dans le lapin sans aucun remords, Grisia fit la moue et s’indigna : « Maître, j’éprouve soudainement une envie irrépressible de pratiquer mes compétences à l’épée. »

« Oh ? » Neo lui jeta un regard et se moqua : « Tu veux te servir de ton épée pour prendre ta revanche sur moi ? Avec le talent que tu as pour manier une lame ? Si tu arrives à me frapper de ton épée sans me manquer, ton maître mourra joyeusement sans aucun regret, et ce même si tu me tranchais en deux et m’expédiais auprès du Dieu de la Lumière ! »

« Maître, vos paroles sont très vexantes et sans pitié… »

Quand il se réveilla au matin suivant, son maître avait depuis longtemps disparu, mais il ne s’en inquiétait pas outre mesure. La majeure partie du temps, quand son « maître n’était pas là », c’était toujours mieux que lorsque son « maître était là ».

Cependant, il devait admettre que, quand il ouvrit les yeux et découvrit qu’il était cerné par des créatures des abysses, son maître lui manqua terriblement.

« Ouan, ouan… »

Alors que Grisia fuyait, il pleura et cria à s’en époumoner : « Maître, où êtes-vous ? Ne me dites pas que vous n’êtes pas dans les parages ! Vous avez dû vous cacher pour vous moquer de moi, n’est-ce pas ? Ouan, ouan, maître ! Allez-y ! Moquez-vous de moi comme vous le faites d’habitude, je vous en prie ! Maître ! »

Boom !

Quand on courait en pleurant, on se retrouvait avec la vue brouillée par les larmes, ce qui nous rendait plus susceptibles de trébucher sur une branche. Au même moment, tout son corps se familiarisa intimement avec la terre.

J’ai mal…

Malgré le fait que la douleur fut intense, il n’oublia pas qu’une meute de créatures mortes-vivantes était à ses trousses, aussi il se remit aussitôt sur ses pieds et regarda derrière lui… Un visage à demi pourri — tellement décomposé que, même si la créature n’avait pas ouvert la bouche, il aurait quand même pu apercevoir la moitié d’une rangée de dents — se trouvait juste devant lui. À cet instant, le propriétaire de ce visage immonde l’attrapa par les épaules avec ses deux mains, et le reste des créatures des ténèbres qui étaient sur ses talons l’avaient depuis longtemps étroitement encerclé.

Il se figea.

Est-ce que je vais mourir ?

« Non… »

Grisia se couvrit la tête et hurla : « Ne vous approchez pas de moi ! »

« Grisia ! »

Il ignorait combien de temps s’était écoulé, lorsqu’un cri retentit au loin. Le garçon, qui étreignait encore sa tête dans la même position qu’auparavant, tressaillit et redressa son visage, appelant doucement : « Maître ? »

D’assez loin, un autre appel retentit, la voix contenant une certaine anxiété : « Grisia, où es-tu ? Réponds-moi ! »

« Maître, je suis ici ! Ici ! »

Grisia bondit immédiatement sur ses pieds et cria à pleins poumons. En un instant, une silhouette familière surgit.

À la vue de cette silhouette familière, pour la première fois de sa vie, Grisa se jeta dans les bras de son maître et se mit à pleurer toutes les larmes de son corps.

Face à cela, même Neo resta un peu déconcerté. Bien que Grisia eût l’air faible, il était en fait incroyablement têtu. Durant la dernière année, peu importe le genre d’entraînement extrêmement difficile auquel il avait dû faire face, même quand il s’était retrouvé maintes fois avec les larmes aux yeux, aucune de ces larmes n’avait jamais coulé.

Cette fois-ci, le visage de Grisia était couvert de larmes. Neo savait qu’il était allé trop loin, mais il ignorait comment réconforter son apprenti. Il ne put que tapoter légèrement le dos de Grisia en lui répétant : « Tout va bien, tout va bien. N’aie pas peur. Ton maître est là. Je ne laisserai rien te faire du mal ! »

Néanmoins, Grisia continua à pleurer pendant un long moment avant de réussir à se maîtriser, se plaignant entre deux hoquets brisés : « Maître, où étiez-vous passé ? J’ai vraiment cru que j’allais mourir, ouan, ouan… »

« Désolé, désolé, j’étais allé faire mes exercices matinaux. Quand je suis revenu, tu avais disparu. Ça m’a pris beaucoup de temps pour te trouver. J’étais mort d’inquiétude… »

« Maître, vous vous inquiétiez pour moi ? » Marmonna Grisia avec incrédulité. Il croyait que son maître ne l’aimait pas et regrettait de l’avoir choisi. Après tout, chaque fois qu’ils avaient une leçon d’entraînement à l’épée, son maître lui hurlait des choses vexantes du genre : « Même sans un chevalier de rechange, je pourrais sélectionner n’importe quelle personne sur la rue, et elle serait plus forte que toi ! »

En voyant l’expression d’extrême surprise sur le visage de Grisia, Neo changea immédiatement son ton. Il se frappa la poitrine et dit : « Je veux dire, heureusement que tu n’es pas mort. Sinon, le Pape et Judgment m’auraient réprimandé à mort, et je n’aurais probablement même pas trouvé le chemin pour sortir de la forêt. Quel manque de chance cela aurait été… »

À ce moment, Grisia comprit pleinement quelque chose.

Ce qu’il y avait de plus effrayant à propos du Chevalier du Soleil le plus fort de toute l’histoire, ce n’était pas sa force. Au lieu de cela, c’était son imprévisibilité, comment vous ne pouviez jamais savoir s’il allait vous emmener dans un endroit terrifiant. Pire encore, non seulement sa mémoire et son sens des responsabilités étaient inversés proportionnellement à sa force, mais en plus il n’avait absolument aucun sens de l’orientation !

Après que Grisia se fut quelque peu calmé, Neo eut enfin le temps d’observer la situation dans laquelle ils se trouvaient… où tout dans un rayon de vingt mètres autour de lui était gelé par la magie élémentaire de glace. La scène ressemblait presque à une exhibition de sculptures de glace de créatures des ténèbres.

Après avoir examiné la scène et noté que seul Grisia n’avait pas été transformé en sculpture de glace, il était évident que la personne ayant provoqué un tel phénomène ne pouvait être que lui.

Neo fronça les sourcils et demanda : « Comment se fait-il que tu connaisses un sort de glace à grande échelle ? Est-ce que tu as vu un autre magicien en faire la démonstration dans les rues ? »

« Non, c’est Ecilan qui me l’a appris. »

« Ecilan ? »

« … L’Apprenti-Chevalier de Glace. »

Le Chevalier de Glace, pas étonnant. La magie élémentaire de glace était en effet la signature caractéristique du Chevalier de Glace. Son front se plissa, et il demanda : « Grisia, quel âge as-tu cette année ? »

« Maître, vous avez encore oublié ? J’ai treize ans. »

Neo hésita un instant avant de le questionner de nouveau : « Et combien de temps s’est écoulé depuis que tu as utilisé la magie pour la première fois ? »

Grisia pencha la tête, réfléchissant un court moment avant de répondre : « Un an, six mois et treize jours. »

Quand il entendit cela, Neo fronça encore plus les sourcils. Même s’il ne comprenait pas grand-chose aux mages, Grisia n’avait étudié que pendant un an et demi, et de façon décousue en chapardant des sorts ici et là sans que personne ne le supervise ; en plus, il n’avait pas plus de treize ans cette année… Et même s’il étudiait réellement la magie, quel genre d’enfant serait capable de lancer une attaque magique aussi puissante ?

Impossible ! Neo réfuta immédiatement sa propre question. Si tous les mages étaient aussi puissants, le monde tout entier aurait depuis longtemps abandonné les autres professions.

Mais si les choses continuaient ainsi, lorsque Grisia prendrait ses fonctions de Chevalier du Soleil à l’âge de vingt ans, sa magie pourrait s’avérer être suffisamment forte pour pouvoir lui permettre d’affronter Neo. À ce moment-là, Grisia serait le Chevalier du Soleil, mais Neo, lui, aurait perdu la faveur du Dieu de la Lumière… Grisia ne viendrait pas prendre sa revanche, n’est-ce pas ?

En repensant à la manière dont il avait traité Grisia jusqu’à présent… Ah ! Peu importe à quel point il était sans honte, il ne pouvait pas affirmer avoir été un bon maître. Pour faire simple, quelle que soit l’idée qui lui passait par la tête, il l’enseignait, et une bonne partie de cet enseignement était des leçons expérimentales qu’il avait mises sur pied pour s’amuser, comme l’entraînement pour être élégant durant lequel il avait forcé Grisia à tomber constamment jusqu’à ce qu’il pût tomber avec une grâce au-delà de toute comparaison.

S’il venait à discuter de ses méthodes d’enseignement avec Judgment, ce dernier lèverait les yeux au ciel en entendant huit des méthodes sur dix. À une technique en particulier, il s’exclamerait même avec colère : « C’est de la maltraitance, pas de l’enseignement ! Essaie-la, si tu l’oses ! Même si je ne peux pas gagner contre toi, je peux toujours te le faire payer. » Et pour une seule de ces méthodes, il se pourrait qu’il dise avec hésitation : « Peut-être que cela vaut le coup de l’essayer. »

Cependant, parmi la liste précédente des dix méthodes d’enseignement, il en avait utilisé au moins cinq sur Grisia, incluant même celle qui lui vaudrait un « paiement » en retour… Dans tous les cas, il était en sécurité tant que Judgment ne le découvrait pas !

Est-ce que cela signifiait qu’il allait devoir mieux traiter Grisia à partir de maintenant ?

Peu importe, autant laisser tomber ! Même s’il se résolvait à mieux traiter Grisia à partir de maintenant, il y avait de fortes chances pour qu’il ait totalement oublié quand le soleil se lèverait demain. Ou, quand viendrait l’heure des leçons au maniement des armes, il se pourrait également qu’il oublie sa promesse, empli par des pensées de meurtre à l’égard de cet idiot incapable de manier une épée !

Neo mit de l’ordre dans ses pensées. En fin de compte, sous le regard perplexe de son élève, il déclara solennellement : « Grisia, tu dois savoir que, en tant que chevalier sacré et particulièrement en tant que Chevalier du Soleil, le leader des Douze Chevaliers Sacrés, tu ne dois pas faire de magie ! Cela enfreint complètement les principes de base des chevaliers sacrés. Les chevaliers sacrés doivent utiliser des armes. Et par-dessus tout, le Chevalier du Soleil, qui manie l’Épée Divine du Soleil, ne peut se servir que d’une épée… »

Après avoir dit cela, Neo prit soudainement en considération à quel point les compétences à l’épée de son apprenti étaient mauvaises. S’il lui disait qu’il pouvait seulement se servir d’une épée, il se pourrait qu’il ne survive pas jusqu’à ses vingt ans. Neo ajouta rapidement : « Et la lumière sacrée ! Tout au plus, tu peux utiliser la magie quand il n’y a personne dans les alentours. En résumé, ne laisse jamais personne te voir utiliser la magie ! M’as-tu bien compris ? »

Grisia s’empêtra dans ses mots, bredouillant : « Mais, maître… Mes… Mes… Mes capacités à l’épée… »

« Tu es seulement autorisé à te servir d’une épée. Il est impératif que personne ne te voie pratiquer la magie ! » Répliqua Neo froidement. « Ou bien peut-être veux-tu expérimenter par toi-même jusqu’où exactement le Chevalier du Soleil le plus fort de l’histoire peut t’emmener ? Est-ce que tu veux voir à quoi ressemble le dragon des légendes ? Ou est-ce que tu veux aller observer la silhouette d’un chevalier de la mort ? Peut-être que tu veux découvrir à quel point la demeure d’une liche immortelle peut être étrange… »

« C’est compris ! Je suis seulement autorisé à me servir d’une épée ! »

Grisia hocha la tête avec sincérité, puis ajouta silencieusement quelques mots pour lui-même : je suis seulement autorisé à me servir d’une épée… à moins que nul ne me voie !

Note de fin de page

Cette histoire bonus est quelque chose que Yu Wo a écrit, mais qu’elle n’est pas parvenue à utiliser dans les romans. Elle a partagé cette friandise sur son blogue, en pensant que ses lecteurs seraient heureux de pouvoir lire une histoire sur les leçons que Neo a enseignées à Grisia.

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 3 : Faire face aux ténèbres

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par : 御 我 Yu Wo 


Side-Story #3: Facing The Darkness – traduit du chinois vers l’anglais par dahlys[PR!]
Histoire parallèle #3 : Faire face aux ténèbres – traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Lesus du Jugement s’agenouilla au sol, avec la tête penchée et la main droite posée sur son cœur, alors qu’il priait devant le Symbole de la Lumière.

La chambre de prière avait été conçue avec soin afin que la pièce entière paraisse extrêmement sombre. Seule la fenêtre au-dessus du Symbole de la Lumière était ouverte, illuminant vivement le symbole.

Pour cette raison, le Chevalier du Jugement, tout vêtu de noir, était complètement enveloppé par les ténèbres, et on pouvait difficilement distinguer sa silhouette agenouillée devant le Symbole de la Lumière.

Le Chevalier du Jugement arrive, dépêchons-nous de nous en aller…

Vous ne savez qu’interroger des criminels enchaînés au mur ! Quelle sorte de Chevalier Sacré êtes-vous donc ?

Le Chevalier du Jugement est un homme cruel et sans cœur… Quoi qu’il arrive, ne le contrarie jamais !

Pardonnez-moi, pardonnez-moi… Les dieux ne sont-ils pas censés pardonner les pêcheurs ? Pourquoi ne me pardonnez-vous pas !?

Regarde-toi, entièrement couvert de vêtements aussi noirs que l’enfer. Quel genre de Chevalier Sacré es-tu donc ?

« Malgré le fait qu’il soit très occupé par son travail, le Chevalier du Jugement n’oublie jamais de prier la Lumière. Sun admire réellement un tel dévouement. »

En entendant soudainement la voix de quelqu’un, Lesus se pétrifia un moment avant de tourner la tête. La porte de la chambre de prière avait été ouverte, et une personne était appuyée contre l’encadrement. La lumière brillante provenant de l’extérieur faisait luire avec radiance ses cheveux blonds-dorés.

C’est si lumineux.

Lesus détourna le regard et garda la tête baissée. Il dit simplement : « Prier est à présent le seul moyen pour moi de confirmer que je suis bel et bien un Chevalier Sacré. »

Stupéfait, Grisia entra rapidement dans la salle et referma la porte. Il demanda : « Que s’est-il passé ? »

Lesus secoua la tête et répondit : « Je suis juste un peu confus. Je ne suis pas sûr de savoir si je suis réellement un Chevalier Sacré, ou si je suis… un bourreau. » Alors qu’il finissait cette phrase, sa voix devint presque trop faible pour être entendue.

Sous le choc, Grisia s’exclama : « Bien sûr que tu es un Chevalier Sacré, et tu es même le Chevalier du Jugement ! Lesus, si tu n’en es pas un, qui d’autre serait digne d’être appelé ainsi ? »

Lesus sourit faiblement et mentionna quelque chose qui n’avait rien à voir : « Grisia, sais-tu où se trouve le Symbole de la Lumière dans le Tribunal ? »

Déconcerté, Grisia répondit honnêtement : « Je n’y ai jamais prêté attention. »

« Afin de laisser les criminels se confesser et se repentir tout en regardant le Symbole de la Lumière, le symbole est placé sur le mur devant les criminels. Chaque fois que j’interroge des criminels, le symbole est illuminé derrière moi… Mon dos est toujours tourné au Symbole de la Lumière, alors que je fais face aux criminels et que je les interroge, en employant des méthodes plus cruelles qu’aucun d’entre eux n’ont jamais utilisées. »

Toutes sortes de méfaits malfaisants, d’appareils de torture, de coups de fouet, de sanctions à mort… Lesus se remémora les méthodes de torture auxquelles il était le plus communément exposé au quotidien. Aucune d’entre elles ne lui donnait l’impression d’être un Chevalier Sacré. Il n’éprouvait que le sentiment de faire face à une obscurité sans limite et que, s’il venait à perdre pied ne serait-ce qu’une fraction de seconde, il chuterait dans des ténèbres sans fin, pour ne jamais plus en ressortir…

Grisa répondit précipitamment : « Tu es le Chevalier du Jugement, et juger les criminels a toujours été la responsabilité du Chevalier du Jugement. Tu es donc forcément un Chevalier Sacré ! »

« C’est ce que tu crois ? Mais, j’ignore moi-même quand ce sera mon tour de sombrer dans ces ténèbres. » Lesus se leva et annonça brusquement : « Je devrais retourner au Tribunal. J’ai encore de nombreuses affaires à régler… et beaucoup d’audiences avec des criminels à conduire. »

Après qu’il eût fini de parler, il marcha en direction de la porte. Cependant, la voix de Grisia résonna derrière lui : « Lesus, même s’ils font face aux ténèbres avec le dos tourné à la Lumière, les Chevaliers Sacrés marchent tout de même sous la lumière, pas les ténèbres! »

Lesus s’arrêta.

« Si tu ne sacrifiais pas tes chances de faire face à la lumière, est-ce que la sécurité de la Cité du Bourgeon serait aussi splendide ? Et, pourtant, tu commences à regretter ta décision ? Lesus, regrettes-tu ton choix de te sacrifier pour que les citoyens puissent vivre dans la lumière ? »

Lesus se retourna et vit le Chevalier du Soleil qui se tenait dans l’obscurité avec une expression de tristesse sur le visage. Le Chevalier du Soleil demanda : « Lesus, regrettes-tu réellement d’avoir sacrifié tes chances de faire face à la lumière ? »

Même s’ils font face aux ténèbres avec le dos tourné à la Lumière, les Chevaliers Sacrés marchent tout de même sous la lumière, pas les ténèbres !

Bien que le Symbole de la Lumière derrière lui fût baignée dans la lumière du soleil, celui qui l’avait réellement sauvé était le Chevalier Sacré qui se tenait dans l’obscurité.

Si celui qui se tenait dans l’obscurité était la personne qui l’avait sauvé, peut-être qu’il pourrait aussi continuer à faire face aux ténèbres.

« Lesus ? »

Lesus sourit et questionna : « Grisia, même si je venais à sombrer dans les ténèbres, tu te contenterais de me ramener, n’est-ce pas ? »

« Bien sûr ! Nous sommes de bons amis après tout ! Par conséquent, Lesus, s’il-te-plaît, aide-moi à donner une leçon à Earth ! Cet enfoiré mérite d’être tabassé jusqu’à ce qu’il soit à moitié mort et à moitié paralysé ! On verra s’il ose encore exhiber devant moi la dernière femme qu’il a attiré par la suite ! »

« … »

Il semblerait que la question de savoir qui ramènera qui est encore incertaine !

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 2 : La vérité cachée

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Side-Story #2: Truth in Disguise – traduit du chinois vers l’anglais par Lucathia[PR!]
Histoire parallèle #2: La vérité cachée – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia et Irina
+ travail de vérification par Nocta

Au sous-sol, Chikus donna des coups de pied aux quatre murs qui l’entouraient de toutes ses forces. Les murs étaient faits de pierres et, avec sa force actuelle, il lui était complètement impossible de les fracasser.

Même s’il savait que ses actions étaient complètement inutiles, il ne pouvait tout de même pas rester là à ne rien faire. Tout ce qu’il pouvait voir devant lui était un voile de ténèbres. En tout temps, ces ténèbres envahissaient ses sens. Dès qu’il cessait de bouger, il se sentait comme s’il était sur le point d’être avalé par celles-ci…

Soudainement, la seule porte menant au sous-sol s’ouvrit.

La lumière subite le fit plisser des yeux. Il leva la tête et aperçut, à côté de la porte du sous-sol, des cheveux dorés scintillant sous les rayons de lumière. Parce que la source de lumière était située dans le dos de l’individu, malgré le fait que son visage et le haut de son corps étaient visibles, tout restait assez flou. Un halo de lumière entourait la personne, presque comme si son corps tout entier émettait de la lumière.

La personne qui venait d’arriver lui tendit la main et annonça avec un sourire : « Je t’ai trouvé. »

 

 

Durant la leçon d’entraînement, Neo, l’instructeur responsable d’enseigner le maniement de l’épée, marchait parmi les Douze Apprentis-Chevaliers Sacrés. Après les avoir examinés avec soin les uns après les autres, il se sentit totalement satisfait. La technique à l’épée de tous les apprentis-chevaliers pouvait être considérée comme au-delà des attentes qu’il avait eues pour eux. Il pouvait même affirmer que plusieurs d’entre eux étaient des experts dans cet art, qui avaient de loin dépassé toutes espérances.

Premièrement, il y avait l’Apprenti-Chevalier du Jugement. Pendant la sélection, Neo avait entendu dire que sa technique à l’épée était excellente, mais il n’aurait jamais songé que l’Apprenti-Chevalier de Glace pourrait tenir tête à l’Apprenti-Chevalier du Jugement lorsqu’on parlait du maniement de l’épée. Aussi, malgré le fait que l’Apprenti-Chevalier de la Forêt avait un air idiot sur le visage, sa technique à l’épée était également plutôt remarquablement bonne.

Cela mit Neo d’une humeur inopinément bonne. Être capable d’élever autant d’experts dans le maniement de l’épée signifiait qu’il aurait encore plus d’adversaires avec lesquels il pourrait faire des duels dans le futur. Ce ne pouvait être qu’une bonne chose.

« Hein ? Pourquoi mon épée a-t-elle encore disparu ? »

L’esprit de Neo s’arrêta pendant l’espace d’une seconde. Cette voix appartient à… Il tourna la tête pour regarder. Comme il le pensait, elle appartenait à son apprenti, Grisia, dont le visage était au moment même perplexe, tandis qu’il fixait ses mains vides.

« Attention ! »

Sur le côté, Chikus cria soudainement un avertissement. Au même moment, il se précipita en avant et mania adroitement son épée, allant dévier une épée qui volait en direction de quelqu’un d’autre.

Ceo tourna la tête pour voir ce qu’il se passait, les yeux grands ouverts, tandis qu’il poussait un petit cri de surprise à la vue de l’épée qui avait été envoyée au sol… Cette épée pointe directement sur moi !

Merci, Dieu de la lumière, elle a été déviée. Il relâcha son souffle et remercia vite Chikus.

Immédiatement, Chikus commença à bruyamment réprimander l’origine de ce fiasco. « Qu’est-ce que tu fabriques !? »

« Je suis vraiment déso… » Grisia ne parvint à compléter que la moitié de son excuse avant d’être agrippé par le col par-derrière. Sa personne tout entière fut soulevée. Il tourna la tête pour regarder, juste à temps pour apercevoir le sourire de son propre maître.

Bien qu’il y eût un sourire présent sur le visage de Neo, ses yeux ne montraient aucun signe de joie comme il lui ordonnait : « Présente-lui tes excuses. »

Grisia réagit immédiatement avec un sourire incomparablement brillant et typique du Chevalier du Soleil. Puis, il se tourna, baissant la tête en un geste d’excuse devant Ceo… Pour quelqu’un qui était retenu dans les airs par le collet, sa posture d’excuse voutée était véritablement assez gracieuse pour surprendre les gens.

Le teint de Ceo pâlit, alors qu’il s’empressait de dire : « Non, non, tu n’as pas besoin de t’excuser… »

Toutefois, Grisia avait déjà ouvert la bouche, articulant un discours long et exceptionnellement fluide. « Mon cher frère Ceo, bien que la lumière soit resplendissante, elle brûle aussi de mille éclats, de toute évidence capable de percer les plus profondes ténèbres du cœur de quelqu’un. Elle est si brillante que, pendant un instant, Grisia a été incapable de la supporter, faisant en sorte que Grisia perde sa poigne sur l’épée qui est employée pour causer des massacres. Comme nous sommes tous les deux des enfants du Dieu de la Lumière, Grisia espère que tu pardonneras à celui-ci sa bévue. Puisse Grisia s’aventurer jusqu’à jurer au soleil dans le ciel qu’il ne commettra plus jamais ce genre d’erreur impardonnable ! »

Avec une expression douloureuse sur le visage, Ceo écouta le discours en entier et soupira d’impuissance, en répondant : « Je te pardonne. Même si tu commets une autre erreur, ne t’inquiète pas à ce sujet. J’espère simplement que, la prochaine fois, tu ne t’excuseras plus jamais. T’écouter t’excuser me fatigue plus qu’autre chose… »

En entendant cela, Neo ne sut vraiment pas s’il devait rire ou pleurer. Il ne put se retenir d’admettre que, hormis le fait que la technique à l’épée de Grisia était complètement nulle, lui-même ne pouvait trouver aucune autre faute dans les autres compétences de Grisia… La capacité de Grisia à prétendre être élégant et à raconter des âneries était peut-être même un peu trop bonne. Cela donnait l’impression que Neo pouvait se relâcher avec les leçons de développement du personnage de Grisia dans le futur.

Neo tapa des mains et annonça à tout le monde : « La leçon d’aujourd’hui dans le maniement des armes se termine ici. Faites une courte pause, et ensuite allez rejoindre chacun de vos propres maîtres pour vos leçons habituelles. »

À cette annonce, tout le monde partit l’un après l’autre. Plusieurs lâchèrent même un soupir de soulagement. Bien que le Capitaine-Chevalier du Soleil arborât un sourire en tout temps sur son visage, personne ne croyait jamais qu’il souriait réellement.

Avant de s’en aller, Chikus jeta un regard noir à Grisia et déclara de façon provocante : « Si tu ne peux pas te servir d’une épée, dans ce cas dégage d’ici. » Toutefois, Grisia se contenta de sourire brillamment en réponse.

Comme c’est ennuyeux ! Chikus pressa le pas pour rejoindre la personne devant lui et héla : « Hé ! Attends-moi, Aivis. Tu veux bien t’entraîner avec moi ce soir ? »

Aivis scruta d’abord les alentours, s’assurant que le Capitaine-Chevalier du Soleil était déjà parti, avant de rouler des yeux à l’intention de Chikus et de rétorquer : « Pourquoi ne vas-tu pas demander à quelqu’un dans ta faction ? Tu sais parfaitement que je suis l’Apprenti-Chevalier de la Pierre, qui appartient à la faction du Chevalier du Jugement. Je ne m’entends pas bien avec les gens comme toi, qui sont dans celle du Chevalier du Soleil ! »

« Vraiment ? » Chikus renifla avec dédain et tendit immédiatement la main. « Si nous ne sommes pas amis, alors rends-moi mon argent pour le vin ! Tu n’as quand même pas oublié combien tu me dois, pas vrai ? »

« C’est… » Aivis changea sur-le-champ de sujet et lui demanda : « Tu ne viens pas de dire que tu voulais t’entraîner ce soir ? Pourquoi est-ce que tu n’amènerais pas quelqu’un de ta faction, et je vais aussi venir avec Ecilan ? Nous pouvons nous battre à tour de rôle, ou même à deux contre deux. »

Chikus s’y opposa : « Qui voudrait les amener avec soi !? Ce sont toutes des mauviettes ! »

Tu parles beaucoup trop fort. Grisia est encore là ! Aivis jeta un regard en direction de Grisia. Ce dernier passa à côté d’eux et s’aventura même à leur sourire.

Après que Grisia fut parti, Aivis sourit de façon désabusée et dit : « Tu fais sûrement erreur ? Il doit bien y avoir au moins une personne… »

Il hésita et prit un moment pour réfléchir. Ceo ? Hum, il est très timide. Il appartient probablement à la gamme de ce que Chikus considère comme « une mauviette ». Elmairy est hors de question lui aussi. Grisia… euh, ne parlons même pas de savoir s’il est une mauviette ou pas. Si nous nous entraînons au maniement de l’épée, nous ne devons absolument pas l’inviter.

En fin de compte, après y avoir bien songé, il soupira. « Je pense que je vais juste demander à Ecilan. Nous pouvons tous les trois y aller à tour de rôle… »

Chikus afficha un rictus dédaigneux.

 

 

« Tu n’as pas besoin de prendre davantage de leçons sur le développement de ton personnage. »

Le Chevalier de Flamme regarda son propre apprenti avec une sorte d’impuissance. Les deux mains de Chikus n’étaient jamais inoccupées, ayant toujours besoin de toucher à ceci ou de jouer avec cela ; il portait toujours son uniforme de chevalier n’importe comment, les taches sur sa chemise augmentaient sans arrêt, sans jamais diminuer ; et chaque fois qu’il ouvrait la bouche, sa voix portait suffisamment loin pour que le Temple Sacré tout entier puisse l’entendre.

Ce dernier ressemblait encore plus au Chevalier de Flamme des légendes qu’il ne lui ressemblait lui-même, lui qui avait été le Chevalier de Flamme pendant dix ans. Qu’y a-t-il d’autre à développer ?

Chikus renifla hautainement. Du fond de son cœur, il n’avait jamais eu une bonne impression de ces leçons de développement du personnage. Comment peut-on possiblement développer le personnage de quelqu’un ? Ce n’est qu’un ramassis de conneries !

« Je n’ai plus besoin de prendre de leçons ? Dans ce cas, je m’en vais m’amuser un peu ! »

Aller t’amuser pendant les heures de leçons ? Le Chevalier de Flamme s’empressa de dire : « Attends une minute ! »

« Qu’est-ce qu’il y a maintenant ? » Chikus se retourna, les bras croisés sur la poitrine. Il écrasa le sol avec la plante de son pied et déclara avec impatience : « Si tu as quelque chose à dire, alors crache le morceau ! »

Voyant son attitude, le Chevalier de Flamme se mit tout d’abord en colère. Est-ce vraiment le genre d’attitude qu’un apprenti devrait montrer envers son maître ?

Mais, à cet instant-là, il se rappela sur-le-champ que le mépris de Chikus, ainsi que son attitude écrasante et peu sophistiquée, était exactement ce que représentaient les caractéristiques propres au Chevalier de Flamme, bien plus parfaites que sa propre façade qu’il avait dû maintenir ces dix dernières années. Une fois qu’il réalisa ce fait, il ne sut plus s’il devait rire ou pleurer.

Même si quelqu’un me critiquait pour avoir laissé mon apprenti sortir s’amuser pendant les heures de leçons, cette personne n’aurait qu’à jeter un coup d’œil à la personnalité de Chikus et serait probablement d’accord pour dire que cet enfant n’a pas du tout besoin de leçons de développement !

Impuissant, il lâcha : « Oublie ça. Va donc t’amuser, essaie juste de ne pas dépasser les bornes. »

« Tu m’as rappelé et tu n’as rien à dire. Et puis quoi encore ? Tu n’as vraiment rien de mieux à faire… ? »

Chikus maugréa tandis qu’il s’éloignait d’un pas lourd.

En entendant cela, le Chevalier de Flamme ne put que forcer un sourire amer sur son visage.

 

 

Chikus se promenait dans les couloirs du Temple Sacré, saluant les chevaliers sacrés qu’il croisait, tout en réfléchissant à l’endroit où il voulait aller pour s’amuser un peu…

« Bégaye ! »

Le cri bruyant et soudain le fit brutalement sursauter. Il regarda autour de lui et avança vers la chambre d’où provenait le bruit. Discrètement, il jeta un coup d’œil à l’intérieur et vit que le Chevalier de la Terre ainsi que l’Apprenti-Chevalier Georgo étaient à l’intérieur. Le plus étrange était qu’il y avait également une guérisseuse, et que la guérisseuse paraissait même être une fille d’à peu près son âge.

« Georgo ! Quand tu parles, bégaye, et quand tu vois une fille, tu dois rougi… Sale petit bâtard ! Ne drague pas la guérisseuse, pendant que je te fais des remontrances ! Éloigne-toi d’elle ! »

Voyant comment la guérisseuse rougissante et embarrassée avait presque mordu à l’hameçon, le cœur de Georgo se serra, mais il avait peur d’énerver son maître et de le rendre encore plus furieux. Celui-ci paraissait déjà être sur le point d’exploser. Il put seulement reculer d’un pas sans s’empêcher de grommeler : « Maître, vous ne bégayez plus… »

Le Chevalier de la Terre réalisa soudainement que ses paroles étaient trop fluides. Il s’empressa de tousser vigoureusement et dit : « J-Je suis juste un p-peu tr-trop agité. C-C’est entièrement ta faute, mon en-enfant ; pourquoi dois-tu être si t-têtu… Aaaah ! Tu me mets dans une rage folle ! C’est à toi que j’ordonne de bégayer, pas à moi ! Tu ferais mieux de bégayer quand tu parles, ou sinon je vais t’écraser mon poing dans le visage et te casser toutes les dents. On verra si tu peux encore parler avec fluidité par la suite ! »

En remarquant qu’il était sur le point de se prendre une raclée, Georgo adopta immédiatement une expression obéissante et hocha « sincèrement » la tête en répondant : « D’accord ! D’accord ! C’est bon, j’ai compris ! »

Le Chevalier de la Terre rugit aussitôt : « “D’accord ! D’accord”, ce n’est pas bégayer ! Tu dois dire : “D’accord, j-j’ai compris” ; et ne pas ajouter de mots malhonnêtes et hypocrites comme “c’est bon” ! De plus, qu’est-ce que c’est que cette expression ?! Tu penses que tu as l’air sincère et honnête ?! Tu as manifestement l’air mécontent ! Tu fais vraiment exprès de me provoquer… »

« Haha… » Chikus éclata d’un rire fort et se couvrit immédiatement la bouche à l’aide d’une main, secouant la tête tandis qu’il riait intérieurement.

Georgo ? Honnête et sincère ? Haha !

« Tu ferais mieux de la regarder ! »

Un autre hurlement retentit. Cette fois, Chikus ne sursauta pas. Il réalisa même que ce bruit ne venait pas de la chambre du Chevalier de la Terre, mais plutôt de la chambre à côté.

Que se passe-t-il, cette fois ? Curieux, il passa la tête dans le cadre de la porte de l’autre chambre.

Il jeta un coup d’œil à l’intérieur de la pièce, mais ne s’attendait pas à ce que la scène de l’entraînement dans cette chambre fût presque identique à celle de la pièce précédente. Comme précédemment, le maître et l’apprenti étaient présents, hormis que cette fois il y avait l’actuel Chevalier de la Tempête et l’Apprenti-Chevalier de la Tempête, en plus d’une guérisseuse, bien que la guérisseuse dans cette pièce fût beaucoup plus âgée. Elle paraissait être dans la vingtaine, et ses traits ainsi que sa silhouette étaient absolument magnifiques.

« Ceo, ouvre les yeux et regarde-la. » Le ton dans la voix du Chevalier de la Tempête approchait le zéro absolu.

Fournissant de gros efforts, Ceo leva la tête. Plutôt que de regarder la guérisseuse, il était plus approprié de dire qu’il la fixait avec un regard vide.

Voyant cela, le Chevalier de la Tempête demanda immédiatement à la jeune femme : « Guérisseuse, je vous en prie. »

« Aucun problème. » Dans l’instant, la guérisseuse plissa les lèvres sensuellement, et fit un clin d’œil au jeune et beau garçon, adoptant diverses positions séductrices, employant toutes ses compétences pour le séduire.

À cause de la colère manifeste de son maître et de son ordre glacial, Ceo fournit de grands efforts cette fois pour ne pas baisser les yeux, bien que son visage fût devenu depuis longtemps aussi rouge qu’une tomate, la couleur se répandant jusqu’à la pointe de ses oreilles.

« Embrasse-la. »

Voyant que son apprenti était enfin capable de regarder une femme sans se détourner, le Chevalier de la Tempête voulut saisir l’occasion pour avancer jusqu’à la prochaine étape ; néanmoins, une fois que les mots eurent quitté sa bouche, il vit immédiatement son apprenti agir comme si le monde était sur le point de s’écrouler. Soudainement, il se sentit comme s’il corrompait un innocent… Incapable de le supporter, il ajouta : « Tu peux l’embrasser sur la joue si tu préfères. »

« Maître, serait-il suffisant de juste nous tenir la main ? »

Ceo révéla une expression implorante, mais le visage de son maître restait figé. Il commençait même à montrer des signes qu’il allait de nouveau exploser, donc Ceo n’eut pas d’autre choix que d’obéir. Il se tourna vers la guérisseuse, dont le visage était depuis longtemps passé d’une expression envoûtante à une où elle ne semblait pas savoir s’il fallait rire ou pleurer.

Après lui avoir jeté un regard, Ceo n’était plus aussi nerveux qu’auparavant. Il se tourna pour observer la réaction de son maître, dont l’expression était toujours figée. Celle-ci donnait l’impression qu’il n’y avait pas de place pour la discussion. Dans ces conditions, Ceo prit son courage à deux mains et fronça les lèvres avant de se pencher, frôlant la joue de la guérisseuse. Il devint immédiatement complètement rouge et se précipita vers le coin le plus reculé de la pièce.

Voyant cela, le Chevalier de la Tempête se moqua de lui avec frustration : « Espèce de poule mouillée ! Ça fait déjà trois ans que tu t’entraînes, et pourtant tu donnes encore l’impression que te demander d’embrasser une femme revient à te forcer à embrasser un orc ! »

« Que venez-vous de dire ? » Demanda haut et fort la guérisseuse.

Le Chevalier de la Tempête se figea. La femme s’était approchée de lui et le frappait avec ses poings de toutes ses forces.

« Non, non, je veux dire que vous êtes aussi belle qu’un orc… Aaaaah ! Ne me frappez pas ; ma langue a fourché, c’était une erreur ! Je suis désolé, vraiment ! »

À ce moment-là, Chikus ne put plus supporter de regarder. Il se précipita dans la chambre et, avant que quiconque ait pu réagir, il attrapa la guérisseuse pour l’embrasser bruyamment sur la joue. Il s’exclama ensuite en regardant Ceo, qui s’était tassé dans son coin : « Ceo, regarde ! Qu’est-ce qu’il y a de si compliqué à donner un petit baiser ? »

« Exactement ! Ce petit frère est adorable ! » Déclara joyeusement la guérisseuse avant de déposer plusieurs baisers sur le visage de Chikus. Elle se détourna par la suite et déclara férocement à l’actuel Chevalier de la Tempête et son apprenti : « Vous n’êtes que des bons à rien ! »

« Petit frère, partons ! Ta grande sœur va te donner des bonbons. Je t’achèterai ce que tu voudras. »

« Vraiment ? » Les yeux de Chikus se mirent à briller, comme il s’écriait : « Dans ce cas, allons-y tout de suite, grande sœur ! »

La guérisseuse était ravie de se faire appeler « grande sœur »1. Elle se dépêcha de répondre : « Bien sûr ! Allons-y tout de suite. »

Elle attrapa Chikus, et ne négligea pas de lever les yeux au ciel à l’intention du Chevalier de la Tempête avant de quitter la pièce.

Derrière eux, ce fut avec stupéfaction que l’actuel Chevalier de la Tempête et son apprenti regardèrent Chikus et la guérisseuse quitter la pièce. Après un long moment, Ceo s’approcha timidement de son maître et s’enquit d’une petite voix : « Maître, il n’y a plus de femme ici. Est-ce que nous allons nous entraîner à quelque chose d’autre ? »

« Nous entraîner ? Attends, tu vas voir ! »

Le Chevalier de la Tempête saisit l’oreille de son élève et hurla furieusement : « Je me suis fait traiter de bon à rien à cause de toi ! Sale petite poule mouillée ! Sais-tu à quel point c’est humiliant pour un homme de se faire traiter de bon à rien ? Tu es le seul bon à rien ici ! Si dans un an tu continues à rougir en voyant des femmes, et si dans deux ans tu n’arrives toujours pas à leur lancer de clins d’œil, je… je dépenserai jusqu’à la dernière pièce d’or pour qu’un groupe de femmes prennent ta virginité par la force ! »

Ouch, ouch ! Avec une grimace misérable, Ceo glapit : « Je vous en prie, tout, mais pas ça ! Maître… Je vais faire de mon mieux ! Je le jure ! »

 

 

Après s’être séparé de la guérisseuse passionnée, Chikus tenait un sac de bonbons dans ses mains. Pourtant, il ne suivit pas son plan originel de sortir pour s’amuser un peu. Au lieu de cela, il continua d’espionner avec curiosité les leçons des autres Apprentis-Chevaliers.

Elmairy prenait soin de petits animaux. Et son maître se tenait à côté de lui, lui récitant des contes de fées. Un regard suffit à Chikus pour savoir qu’il allait mourir d’ennui s’il restait, alors il se retourna et poursuivit sa route.

Par la suite, il s’aperçut qu’il n’y avait personne dans la salle de classe du Chevalier du Nuage et de son apprenti. Chikus balaya du regard la pièce tout entière, mais ne trouva pas la moindre trace de leur présence.

« Comme c’est bizarre ! Se pourrait-il qu’il soit comme moi ? Peut-être qu’il n’a pas besoin de leçons ? » Chikus se gratta la tête et se tourna pour partir…

« Est-ce que tu me cherches ? »

Aaaaaah !

Chikus sursauta sous le coup de la surprise et pivota rapidement. Quelqu’un se tenait en effet derrière lui, sans dire un mot. En outre, son visage était pâle, sa silhouette fine et fragile, et ses cheveux couvraient la moitié de son visage…

« Je-je ne te cher-cherchais pas ! » Chikus bégayait tellement que même le Chevalier de la Terre aurait été fier de lui.

Le jeune Chevalier du Nuage pencha lentement la tête sur le côté et dit : « Ça fait un moment que tu te tiens dehors et que tu observes la classe. »

« … Tu étais à l’intérieur ? »

Le jeune Chevalier du Nuage hocha lentement la tête.

Comment c’est possible ? Il n’y avait clairement personne à l’intérieur tout à l’heure… Chikus sentit soudainement un courant d’air dans son dos et trouva rapidement une excuse : « J-Je cherchais le jeune Chevalier du Soleil. »

Le jeune Chevalier du Nuage hocha lentement la tête, leva délicatement la main pour pointer la pièce d’à côté. « Grisia est à côté. »

« A-Ah, merci ! »

Chikus se tourna pour se dépêcher de s’enfuir, mais après avoir effectué la moitié du chemin vers la porte, il pensa subitement à une question. Sa curiosité l’emporta sur sa peur, et il tourna la tête pour demander : « Est-ce que ton maître est dans la salle de classe ? »

L’Apprenti-Chevalier du Nuage secoua la tête : « Mon maître est allé faire une sieste sous l’arbre banian. »

Fiou. Si même le Chevalier du Nuage, un adulte, avait été à l’intérieur et qu’il ne l’avait pas vu… Alors, ç’aurait vraiment été comme apercevoir des fantômes en plein jour.

Chikus se tapota la poitrine et poussa un soupir de soulagement. Curieux, il continua à le questionner : « Dans ce cas, pourquoi ne l’as-tu pas suivi ? »

« Mon maître m’a dit de ne pas le déranger et de trouver mon propre endroit pour dériver. »

Dériver… Tu es sûr qu’il t’a dit de dériver ?

Chikus chassa cette pensée. « D’accord, retourne dans ta salle de classe et continue à dériver ! »

Après qu’il eut agité la main et cligné des yeux, il découvrit qu’il n’y avait plus personne devant lui.

« … »

Chikus se tut un bon moment avant d’être capable d’avancer vers la salle suivante. En passant sa tête par la porte, il marmonna pour lui-même : « J’espère que la situation dans cette chambre va être plus normale. Ce Grisia est mon futur leader. S’il est trop bizarre, je n’aurai aucune envie de suivre ses ordres. »

« Mon enfant, tu dois absolument aller à la rencontre des créatures des ténèbres sur une base régulière. »

Chikus s’arrêta. Pourquoi mentionne-t-il les créatures des ténèbres ? Immédiatement, il regarda à l’intérieur et vit que Grisia posait une question à son maître, le Chevalier du Soleil le plus fort de l’Histoire, qui a semé la peur dans le cœur de tous les membres du Temple Sacré.

« Maître, est-ce parce que le Chevalier du Soleil a juré de détruire toutes les créatures des ténèbres ? »

Après avoir entendu cela, Chikus trouva que c’était très censé. C’est probablement la raison !

Le Chevalier du Soleil agita son index, un mystérieux sourire présent sur son visage. « Non, non, tu dois aller à leur rencontre aussi souvent que possible pour évacuer tes émotions. »

« Quoi ? » Grisia ainsi que Chikus, qui se tenait de l’autre côté de la porte, affichaient des expressions très similaires, révélant un profond étonnement et du doute.

Le Chevalier du Soleil continua sérieusement : « Réfléchis bien. Tu dois sourire toute la journée, pardonner chaque déchet humain, et louer le Dieu de la Lumière — que tu ne rencontreras probablement jamais dans ta vie — à chaque phrase. Si tu n’as pas un canal dans lequel déverser tes émotions, alors tu risques de finir par faire une dépression et ne plus être capable de mener à bien les devoirs du Chevalier du Soleil correctement. Si tu n’arrives pas à remplir tes devoirs correctement, tu vas perdre ton travail, et après avoir perdu ton travail, tu seras encore plus dépressif. Et à la fin, tu seras tellement déprimé que tu rejoindras le Dieu de la Lumière sur une base volontaire. Maintenant, tu ne veux surement pas connaître une fin aussi tragique, n’est-ce pas ? »

« … Non. »

« Je disais donc, mon enfant, que tu dois aller à la rencontre de créatures des ténèbres pour évacuer tes émotions au moins une fois par mois. Tu as bien saisi ? »

« Et si je n’en trouve pas ? »

« Ne t’inquiète pas, mon enfant. Voilà la carte de visite du nécromancien avec lequel l’Église a un contrat ; non seulement tu peux spécifier le type de créatures des ténèbres que tu veux, tu peux également considérer cela comme des dépenses professionnelles et les faire payer par l’Église. »

« … »

Grisia accepta la carte de visite sans manifester d’émotion. Toutefois, sans doute parce qu’il recevait fréquemment de nombreux chocs, il glissa nonchalamment la carte dans sa poche et leva la tête pour continuer à écouter les instructions de son maître dans les secondes qui suivirent.

Néanmoins, à ce moment-là, le Chevalier du Soleil frappa dans ses mains. « Bon, la leçon d’aujourd’hui est terminée. Je vais donc prendre congé. »

Stupéfait, Grisia s’enquit : « Maître, où allez-vous ? »

« J’ai un rencard avec la princesse… Non, je veux dire, j’ai un rendez-vous avec Son Altesse le prince pour discuter de choses importantes concernant le royaume et promouvoir les bonnes relations entre le palais royal et l’Église… Dans tous les cas, je dois partir tout de suite. Sinon, je vais être en retard. Ce n’est pas digne d’un gentilhomme de faire attendre une dame. »

Donc, Son Altesse le prince est une dame ? Grisia souligna, désemparé : « Mais Maître, c’est encore l’heure des cours en ce moment ! »

À cet instant, le Chevalier du Soleil avait déjà atteint la porte. En entendant les paroles de Grisia, il s’arrêta. Cela permit à Chikus, qui était toujours à l’extérieur, de soupirer de soulagement. Il avait failli manquer de temps pour se cacher. Il saisit donc l’opportunité pour se faufiler vivement derrière les longs rideaux présents dans le couloir.

Le Chevalier du Soleil répondit avec une certaine gêne : « Ah bon ? C’est encore l’heure des cours… C’est un peu problématique. La dernière fois, Judgment m’a dit d’agir plus sérieusement. Très bien ! Je vais te donner une mission dans ce cas. Va immédiatement voir le nécromancien sous contrat pour faire sa connaissance. »

Ayant fini d’annoncer la mission, il se tourna à nouveau pour partir.

Grisia s’exclama anxieusement : « Attendez ! Maître, n’allez-vous pas m’accompagner ? Vous voulez que j’aille rencontrer un nécromancien tout seul ? Vous pourriez au moins venir avec moi la première fois ? »

« Tu as déjà dix-huit ans ! N’agis pas comme un petit enfant gâté. »

Le corps du Chevalier du Soleil était déjà à moitié sorti de la salle, mais l’homme révéla tout de même une vague conscience de sa fonction en tant que maître. Il tourna la tête pour prévenir Grisia : « N’oublie pas ! N’attaque jamais le nécromancien ! Si tu ne l’attaques pas, il ne t’arrivera probablement rien. C’est tout ! Dépêche-toi ! »

Cela dit, il s’en fut, laissant Grisia derrière. Grisia se sentit plutôt lésé, tandis qu’il fixait la porte ouverte du regard, et dit sans s’adresser à quelqu’un en particulier : « Maître, j’ai seulement quinze ans… »

Évidemment, il n’y avait personne autour de lui pour lui répondre. Il soupira de résignation et sortit la carte d’affaires. Même si son maître avait donné l’impression qu’il cherchait une excuse quand il lui avait donné cette tâche, si Grisia considérait vraiment celle-ci comme une blague et qu’il ne la complétait pas sérieusement, son maître se transformerait à nouveau en Chevalier du Soleil le plus fort de toute l’Histoire.

« Tu vas vraiment partir à la recherche du nécromancien ? »

Grisia resta stupéfait. Quand il leva la tête, il reconnut immédiatement la personne devant lui. Après être resté un instant ébahi, il lâcha : « Apprenti-Chevalier de Flamme ? Pourquoi n’es-tu pas en classe… Oublie ça, fais comme si je ne t’avais pas posé la question. »

Après avoir parlé, il se souvint subitement qu’il était lui aussi l’un des membres qui n’avaient pas besoin de participer à ses leçons, et sa raison était que son « maître avait raté une leçon pour entretenir une liaison amoureuse avec la princesse ». Il ne pouvait pas énoncer cette raison à voix haute, alors peut-être que la raison de l’autre personne était également du genre à ne pouvoir être dite à haute voix.

Chikus cria : « Réponds-moi ! Tu vas vraiment partir à la recherche de ce nécromancien ? »

« Évidemment. » Grisia haussa les épaules et ajouta : « Mon maître m’a dit d’y aller, alors je dois y aller ! »

En entendant cela, Chikus fut lui aussi stupéfait, incapable de comprendre pourquoi le Chevalier du Soleil avait donné ce genre d’ordre. Toutefois, peu importe à quel point il essayait fort d’y penser, il n’y arrivait pas, alors il décida de cesser d’essayer de comprendre. Au lieu de cela, il avertit Grisia : « Les pires ennemis de l’Église du Dieu de la Lumière sont les créatures des ténèbres ; les nécromanciens sont ceux qui contrôlent les créatures des ténèbres. Tu dois déjà savoir ça, non ? »

Évidemment qu’il le savait. Grisia se frotta le visage et murmura : « Mais, mon maître m’a donné l’ordre… »

« Dans ce cas… il devait être en train de te tester ! » Chikus songea enfin à une raison, et hurla : « Peut-être qu’il essaye de te tester pour voir si tu irais réellement retrouver le nécromancien, trahissant ainsi les enseignements de l’Église ! »

Grisia ne pensait pas du tout que c’était le cas. Il comprenait trop bien son maître. Dans les classements de ce que Neo détestait le plus, « lui désobéir » se trouvait assurément dans le top trois. Même s’il trahissait les enseignements de l’Église, il s’en sortirait bien mieux que s’il défiait les ordres de Neo.

« Quoi qu’il arrive, je dois y aller. Au revoir, il se fait tard. Je pense que je devrais y partir tout de suite. » Grisia était un peu inquiet. Il était presque déjà le soir, et il voulait visiter le nécromancien pendant que le soleil était toujours levé.

« Tu… » Les yeux de Chikus étaient grands ouverts. Il dégaina son épée longue qui pendait à sa taille et cria : « Arrête-toi ! Je ne te laisserai jamais partir à la recherche d’un nécromancien ! »

Voyant que Chikus avait dégainé son épée, Grisia était réellement intimidé et, pendant un instant, il ne sut pas comment réagir… Après y avoir réfléchi un peu, il conclut que, puisque Chikus savait déjà qu’il s’en allait à la rencontre d’un nécromancien, dans ce cas cela ne devrait avoir aucune importance si Chikus découvrait également qu’il savait utiliser la magie, n’est-ce pas ?

S’il était exposé plus tard, tout ce qu’il aurait à faire serait de le nier jusqu’à la fin.

« Mur de Glace. »

Surpris, Chikus se retrouva bloqué par quatre hauts murs de glace qui atteignaient presque le plafond.

Depuis l’extérieur des murs de glace provint la voix de Grisia : « Après que je serai parti, les murs de glace vont disparaître. À ce moment-là, tu pourras sortir. »

Chikus était enragé au point d’exploser. Il leva son épée et frappa sauvagement les murs de glace, mais la glace était incroyablement solide. Il ne pourrait pas briser les murs en un si court laps de temps. Il gronda et beugla : « Sale enfoiré ! Laisse-moi sortir. Je t’interdis de partir à la recherche du nécromancien. Je te préviens, je vais le dire à mon maître ! »

La voix de Grisia dériva sans hâte vers lui. « Va lui dire. Tu peux aussi lui mentionner au passage que c’était un ordre du Chevalier du Soleil. »

« Grisia ! »  Les hurlements de Chikus se firent entendre derrière les murs de glace. « Je ne vais pas reconnaître quelqu’un comme toi en tant que Chevalier du Soleil, tu m’entends ? Sale traître ! »

Les pas de Grisia ralentirent un peu avant de se poursuivre et de s’éloigner.

 

 

Rageusement, Chikus alla sur-le-champ retrouver son maître et lui relata tout. Inopinément, la réponse qu’il reçut ne fut pas du tout ce à quoi il s’imaginait.

« Si c’est un ordre de Neo, alors on ne peut rien y faire. »

Le Chevalier de Flamme dit cela avec embarras. Une fois qu’il aperçut l’expression de stupeur de son apprenti, il soupira et lui donna un avertissement : « Ne va pas provoquer Neo. Il a un mauvais tempérament et il n’a pas peur de ton maître. Seuls Judgment et le Pape peuvent lui tenir tête quand ils travaillent ensemble. Autrement, il n’y aurait vraiment personne dans ce monde qui pourrait le garder sous contrôle. »

« Mais, Grisia est parti à la rencontre d’un nécromancien ! » Chikus déclara avec indignation : « Je ne vais pas reconnaître ce genre de personne comme Chevalier du Soleil ! Je vais démasquer sa véritable nature ! »

Après avoir dit cela, il se retourna et s’en alla avec colère.

« Sa vraie nature ? Alors, tu vas devoir démasquer beaucoup de personnes… »

Le Chevalier de Flamme observa son apprenti partir et se murmura à lui-même : « Même en excluant Neo, parmi les Douze Chevaliers Sacrés, lesquels correspondent véritablement à leurs homologues des légendes ? »

Mais, il se rappela tout de suite que son propre apprenti était vraiment comme le Chevalier de Flamme des légendes.

« Avec toi dans le coin, au moins il y a une personne qui n’aura pas besoin d’être hypocrite parmi la prochaine génération de chevaliers. »

Pensant de cette façon, il sentit qu’il était en fait chanceux de ne pas avoir besoin d’être comme les autres qui devaient entraîner leurs apprentis à devenir des personnes hypocrites. Cela le mit de meilleure humeur.

 

 

Furieux, Chikus se fonça dans les rues, courant et errant sans but pendant un bon moment avant de découvrir qu’il n’avait pas de destination en tête. Tout d’un coup, il ne savait pas où il devrait aller. Cependant, parce qu’il était encore en colère contre son maître, il ne pouvait pas rentrer au Temple Sacré. Ainsi, il ne put qu’errer sans but dans les rues.

Après avoir erré encore et encore, il remarqua subitement une silhouette familière… Grisia ?

Chikus était un peu perplexe. Cela ne faisait-il pas un bon bout de temps depuis que Grisia avait affirmé qu’il allait retrouver le nécromancien ? Pourquoi était-il toujours en train d’errer dans les rues ?

Ses soupçons ravivés, il jeta un coup d’œil aux sucettes tenues dans les mains de Grisia, se sentant en quelque sorte sans voix sur le moment… Il est d’abord allé acheter des bonbons ?

Voyant que Grisia était sur le point de s’en aller, Chikus le suivit sans la moindre hésitation.

Grisia continua à marcher jusqu’à ce qu’il atteigne le ghetto. C’était une zone que Chikus n’avait jamais visitée auparavant. Apercevoir les environs sales et en ruines l’étonna énormément. Les odeurs déplaisantes lui firent froncer les sourcils. Il n’arrivait vraiment pas à croire que ce quartier faisait également partie de la Cité du Bourgeon.

Bientôt, Grisia se pencha et pénétra dans une petite maison en bois, qui donnait l’impression d’être sur le point de s’écrouler.

Se pourrait-il que ce soit la résidence du nécromancien ? Juste au moment où il considérait la question de savoir s’il devrait prendre l’endroit d’assaut, Grisia sortit et agitait même la main pour dire au revoir à quelqu’un à l’intérieur de la maison. « Dans ce cas, je vais m’en aller à présent. Je reviendrai te voir la prochaine fois… D’accord, d’accord ! J’apporterai des sucettes à la fraise dès le début la prochaine fois. Je n’ai pas envie de devoir répéter ce qu’il s’est produit aujourd’hui, et devoir retourner en acheter. À la prochaine. »

La prochaine fois ? Les yeux de Chikus s’écarquillèrent. Ce type a l’intention de retourner visiter le nécromancien ?

Voyant que Grisia retraçait son chemin d’origine pour partir, Chikus hésita un peu, mais ne le suivit pas. Il dégaina son épée. Pas-à-pas, il s’approcha de la maison délabrée.

Une fois qu’il fut devant l’entrée de la maison, Chikus ouvrit la porte d’un coup de pied donné de toutes ses forces et hurla bruyamment à l’intérieur : « Sors de ta cachette, nécromancien ! »

À l’intérieur de la maison, il y avait de la poussière et des toiles d’araignées partout. S’il n’avait pas été certain que Grisia était entré dans cet endroit il y a à peine quelques instants, même Chikus n’aurait eu aucun doute sur le fait que personne n’habitait un lieu tel que celui-ci.

Avec des pas furieux, il écrasa la demeure de ses pieds, coupant unilatéralement le centre de la table couverte de poussière, l’envoyant valser sur le côté. Il cria : « Cesse de faire semblant ! Je sais que tu es là, nécromancien. Sors de ta cachette ! J’ai vu Grisia te parler ! »

« Petit, je ne me rappelle point t’avoir invité. »

Une voix féminine résonna tout à coup. Le cœur de Chikus manqua un battement. Pourtant, il ne parvenait pas à figurer d’où provenait la voix, et il ne voyait personne non plus.

« Grisia t’a-t-il dit de venir ? »

Chikus s’exclama : « Ça n’a rien à voir avec cet enfoiré ! Je suis là pour te régler ton compte ! »

« Cet enfoiré… Est-ce là comment tu t’adresses au futur Chevalier du Soleil ? Est-ce vraiment la bonne conduite à suivre, Apprenti-Chevalier de Flamme ? »

La propriétaire de la voix semblait avoir deviné l’identité de Chikus par son habillement.

« Je ne vais pas accepter cet enfoiré comme étant le Chevalier du Soleil ! » Chikus s’écria : « Il est en contact avec des ordures diaboliques dans ton genre. Il n’est pas qualifié pour être le Chevalier du Soleil ! »

« Des ordures diaboliques ? Tu dis que Grisia est… que ce petit bonhomme est diabolique ? Hahaha, héhéhé ! »

« Pourquoi est-ce que tu ris ! » Chikus hurla avec force : « Il a des connexions avec une nécromancienne comme toi. S’il n’est pas diabolique, alors qu’est-ce qu’il est au juste ? »

« Oh ? Ta définition de ce qui est diabolique est beaucoup trop simple ! Mais… » La voix changea soudainement de joyeuse à sévère : « Le savais-tu ? Ce sont les gens comme toi que je méprise le plus, ceux qui se croient des défenseurs de la justice, Apprenti-Chevalier de Flamme. »

Le sol se mit brusquement à trembler. Chikus s’empressa de réciter une incantation, émettant de la lumière sacrée par les mains. Toutefois, cette lumière sacrée était seulement suffisante pour disperser une partie de l’illusion dans la maison. Ce n’était pas assez pour lui laisser voir la vraie situation à l’intérieur de la demeure.

Bien qu’il ne pût pas voir clairement la scène qui se déroulait à l’intérieur, il voyait bel et bien la silhouette d’une petite fille. La fillette tenait même une sucette dans sa main, et marchait lentement dans sa direction. Même s’il devinait en quelque sorte que cette petite fille était la nécromancienne, il ne pouvait pas se résigner à abattre son épée sur celle-ci.

La fillette marcha jusque devant lui et déclara : « Si tu détestes Grisia à ce point, dans ce cas je n’ai pas besoin de me montrer prévenante à son égard et à celui de Neo et te laisser partir. En fait, héhé… si je te tue, il se pourrait même qu’il me remercie ! »

« Quel ramassis de conneries est-ce que tu… »

Avant qu’il ne fût parvenu à terminer, une silhouette plongea soudainement sur lui. Malgré le fait que l’épée de Chikus fût dégainée, ce dernier était incapable de réagir dans sa panique. Il ne put que lever sa lame devant sa poitrine pour parer les attaques de son adversaire.

Il fut forcé de reculer de quelques pas. Quand il leva la tête pour regarder, il découvrit que la personne qui l’avait attaqué avait un visage couleur de cendre, des yeux complètement sans âme, et même quelques zones sur son corps qui donnaient l’impression qu’il avait été rapiécé par endroits. Il n’avait pas du tout l’air d’un être vivant… c’était une créature des ténèbres !

C’était une créature des ténèbres portant un tablier et tenant un balai.

Chikus se rendit tout à coup compte que l’arme dont la créature morte-vivante se servait pour l’attaquer était en vérité un balai… Il songea immédiatement que c’était un peu ridicule ; une petite fille qui était nécromancienne, plus un mort-vivant qui portait un tablier… Pourquoi était-ce si différent de l’image du nécromancien diabolique et de la créature des ténèbres qu’on lui avait enseigné par le passé ?

Mais, même si ce n’était qu’un balai, une fois brandi par une créature monstrueuse et balancé dans sa direction, Chikus ne pouvait pas se permettre d’être imprudent. Il n’avait pas oublié qu’il venait d’être obligé de reculer de plusieurs pas à cause de ce balai.

Prêt mentalement, Chikus ne fut plus acculé par le mort-vivant. Au lieu de cela, il lui tint tête comme il échangeait des coups avec son adversaire. Une fois qu’il commença à relâcher de la lumière sacrée pour l’aider, il prit même le dessus. Bientôt, battre la créature des ténèbres se tenant devant lui ne serait plus qu’une question de temps.

« Ta force n’est pas mal ! Cette créature des ténèbres était un épéiste expert quand il était encore vivant ! » La petite fille rit, tandis qu’elle disait : « Mais… je ne peux pas te laisser le tuer. Si tu le tues, dans ce cas je n’aurai plus personne pour faire mon ménage à ma place ! »

À ce moment-là, le plancher se mit à trembler si violemment que Chikus ne pouvait presque pas tenir debout. Heureusement, la créature des abysses ne l’attaqua pas pendant ce temps. Cependant, tout d’un coup, il sentit le plancher céder sous ses pieds. Avant qu’il n’eût eu le temps de se débattre, il s’effondrait déjà, tombant dans des ténèbres pures, seulement capable d’entendre la voix mélodieuse et pourtant sans merci de la fillette…

« Apprenti-Chevalier de Flamme, une fois que tu découvriras que tu es mort et que tu t’es transformé en une diabolique créature des ténèbres, je me demande quel genre d’expression tu révéleras ! »

 

 

Merde ! Merde ! Foutue nécromancienne ! Foutu Grisia !

Après être tombé dans les ténèbres, il avait compris qu’il avait été emprisonné quelque part, et risquait d’être transformé en créature morte-vivante d’ici peu par la nécromancienne. Pourtant, il n’arrivait toujours pas à trouver de moyens pour s’enfuir. Il ignorait depuis combien de temps il luttait ou combien de fois il avait maudit haut et fort la nécromancienne. Juste au moment où il songeait qu’il allait réellement mourir dans ce lieu maudit… une personne qui rayonnait de lumière fit pénétrer une lueur éblouissante dans le sous-sol et tendit une main vers lui.

« Je t’ai trouvé ! »

Chikus fixa la personne qui venait d’arriver. Une fois qu’il eut reconnu son visage, il prononça son nom : « Grisia ? »

Bien que la personne qui venait d’arriver fût quelqu’un qu’il ne voulait absolument pas voir, après avoir été emprisonné dans le noir pendant aussi longtemps, tant qu’il pouvait voir quelqu’un… qui était cette personne importait peu !

En entendant Chikus parler, Grisia poussa un soupir de soulagement : « Dieu de la Lumière, merci ! Tu vas bien. Vite, sors de là ! »

Grisia avait la main tendue ; néanmoins, quelques gouttes de liquide dégoulinaient du bout de ses doigts. Chikus leva la main pour les attraper, avant de s’apercevoir que le liquide en question était du sang frais. Pris au dépourvu, il s’écria : « Du sang ! »

Avec nonchalance, Grisia répondit : « Oh, je me suis juste battu avec la créature des ténèbres qui gardait la porte. »

Chikus leva la tête pour examiner attentivement Grisia et finalement découvrir qu’il avait le visage couvert de coupures. Il semblerait que la situation ne fût pas aussi simple que Grisia l’affirmait. Incapable de s’en empêcher, Chikus demanda : « Pourquoi es-tu venu me sauver ? »

« Qu’est-ce que tu racontes ? » Le questionna Grisia, surpris. « Tu es l’Apprenti-Chevalier de Flamme, l’un des futurs Douze Chevaliers du Soleil. Qui devrais-je sauver, si ce n’est toi ? »

Ah, c’est comme ça qu’il voit les choses ? Chikus tendit le bras et saisit la main devant lui, mobilisant une force suffisante pour sauter hors de la cave.

« Grisia ! Qu’est-ce que tu as fait à mon corps de ménage ? »

Ils sursautèrent tous les deux avec surprise. Chikus regarda dans toutes les directions, ses yeux jaillissant presque de leurs orbites. Les murs s-sont roses, et le sol est aussi rose, et la nappe sur la table de bois est aussi rose, et il y a même un coussin en forme de gâteau sur le lit rose ! Ça ressemble franchement à la chambre d’une petite fille…

Sur la chaise longue, qui n’était pas très loin de l’endroit où ils se tenaient, était allongée une petite fille. Ses traits étaient délicats et plutôt mignons, bien que sa peau fût également rose, une couleur de peau qui n’était pas du tout naturelle chez les humains. Si vous la contempliez trop longtemps, vous auriez la chair de poule sans même le remarquer !

La mâchoire de Chikus faillit lui tomber. La maison d’une nécromancienne, la nécromancienne elle-même… ça ressemble vraiment à ça ?

« Il y a un problème, Rose ? Ton corps de ménage me brutalisait, donc je me devais de riposter ! » répondit Grisia avec innocence.

« Il te brutalisait ? » Railla Rose. « Je pense que la vérité doit être l’exact opposé, non ? De toute évidence, tu as utilisé ta lumière sacrée pour l’attaquer sans hésiter, alors il n’a pas eu d’autres choix que de se défendre. Arrête de mentir comme un arracheur de dents, Grisia. J’ai vu tout ce qu’il s’est passé. »

« Si tu as vu tout ce qu’il s’est passé, pourquoi n’es-tu pas venue à ma rescousse ? Je me suis quasiment fait massacrer », la gronda Grisia.

« Comment oses-tu continuer à me parler ainsi ? C’était mon plus beau corps de ménage. Maintenant, il est retourné à la poussière, parce que tu l’as bombardé de ta lumière sacrée. Comment comptes-tu me rembourser… Ah ! Je sais, il y en a un encore plus beau et plus frais ici ! »

Les yeux de Rose se dirigèrent vers Chikus et un sourire malicieux s’épanouit sur son visage ; toutefois, une fois associé à la signification de ses paroles, son sourire ne pouvait que lui donner la chair de poule.

Grisia sourit largement dans l’instant suivant, et répondit à la chose « non humaine » qui était assise sur la chaise longue : « Rose, l’Apprenti-Chevalier de Flamme ne voulait vraiment, vraiment pas dire ça ! Il ne reviendra jamais pour essayer de te dénoncer. Même s’il le faisait, ce serait un geste inutile. Tu es la nécromancienne spécialement employée par l’Église, après tout ! Tu ne veux pas réellement t’opposer à l’Église, n’est-ce pas ? »

Quel discours ! Pour jouer à la fois le bon et le méchant. Le prochain Chevalier du Soleil est tellement amusant. Les jours à ses côtés pourraient ne pas être trop ennuyeux après tout. Rose sourit secrètement, mais en surface elle révéla une expression mécontente en répondant : « Ne mentionne pas l’Église pour me restreindre ! Je ne la crains pas. Si j’avais peur, vivrais-je encore ici ? Réfléchis à cela, Grisia. Pourquoi l’Église tolère-t-elle ma présence ici ? »

Grisia répondit franchement : « Parce que l’Église ne veut pas t’affronter directement… »

Entendant cela, l’expression de Chikus s’aigrit. Se pourrait-il que le Dieu de la Lumière à qui il avait juré sa loyauté et que l’Église du Dieu de la Lumière qu’il allait servir pendant trente ans craignent une simple nécromancienne ? Une flamme brulante de colère s’alluma dans son cœur. Ce genre de Dieu, ce genre d’Église, il n’y a rien de mal à l’abandonner !

« Mais, ça ne veut pas dire que l’Église a peur de toi ! »

Grisia se mit soudainement à crier : « C’est la capitale. Il y a ici beaucoup de citoyens. T’affronter directement causerait beaucoup de dommages collatéraux. Tu ne te préoccupes pas des citoyens ordinaires, mais l’Église ne peut pas se permettre d’être aussi négligente ! Tant que tu ne blesseras personne, l’Église tolèrera que tu vives ici. En revanche, ne va pas t’imaginer que tu peux faire tout ce dont tu as envie. Si tu as l’audace de commettre un crime haineux, l’Église du Dieu de la Lumière ne te laissera jamais t’en tirer comme ça ! Moi, Grisia, le prochain Chevalier du Soleil, j’en fais le serment ! »

L’air hagard, Chikus fixa Grisia, dont chacun des mots l’avait profondément stupéfié. Il n’avait jamais songé que l’Église pût avoir ce genre de notion… C’était donc uniquement pour ne pas blesser d’innocents ?

Après avoir entendu ces paroles, Rose se contenta de glousser et de répliquer cavalièrement : « C’est seulement l’Apprenti-Chevalier de Flamme. Ce n’est pas comme s’il s’agissait de l’un des Douze Chevaliers Sacrés en titre. L’Église pourrait ne pas réagir de manière inconsidérée, puisqu’ils ont déjà un chevalier de rechange en cas de problème. Grisia, il est extrêmement désobéissant. Pourquoi ne pas le remplacer par un autre ? Tu sais, je suis en train de t’aider en fait ! »

« Le remplacer ! Comment pourrais-je remplacer mon frère ? »

Après avoir hurlé ceci, Grisia articula en détachant chacun des mots les uns après les autres : « Si tu oses tuer mon Chevalier de Flamme, tu devras me tuer aussi, ou sinon je viendrai définitivement te détruire pour le venger ! »

Un garçon d’à peine quinze ans qui n’a évidemment pas la capacité de me blesser est réellement en train de discuter de me tuer ou pas ? C’était censé être très drôle, mais elle ne savait pas pourquoi elle avait d’un coup l’impression que…

Si je le tuais vraiment avec l’autre, il deviendrait probablement un Chevalier de la Mort, se relevant de la tombe pour venger son futur Chevalier de Flamme, n’est-ce pas ? Il est vraiment divertissant.

Rose leva la tête pour contempler Grisia. Elle était vraiment intriguée par le genre de Chevalier du Soleil que l’actuel Apprenti-Chevalier du Soleil deviendrait dans le futur.

Ses lèvres s’arquèrent en un fin sourire, la fillette ayant pris une décision dans son cœur.

 

 

Deux adolescents qui n’étaient ni des adultes ni des enfants marchaient vers le soleil couchant. Les cheveux de l’un des garçons étaient rouges comme les flammes, tandis que ceux de l’autre étaient aussi étincelants que le soleil.

« Grisia. » Chikus se figea et tourna la tête pour dire : « Merci d’être venu me secourir aujourd’hui. »

Grisia, qui était en train de lécher une sucette à la myrtille, baissa sa sucette, embarrassé, quand il aperçut l’expression très sérieuse de Chikus. Il répondit, tout aussi sincère : « Ce n’est rien ! Tu avais disparu depuis trois jours. Nous étions tous inquiets à ton sujet. Tout le monde te cherchait, particulièrement ton maître. Je crois qu’il n’a pas dormi pendant ces trois jours ! C’est par hasard que je suis tombé sur toi. En plus, Rose voulait seulement dix sucettes à la fraise et un beau cadavre en échange de te laisser partir. Donc, je n’ai pas fait grand-chose ! »

En entendant cela, Chikus examina Grisia, dont le visage était toujours couvert de coupures. Ces blessures avaient déjà été traitées par un sort de Soin Modéré, pourtant elles n’avaient pas entièrement disparu. De toute évidence, ces blessures étaient sérieuses.

Comment ce type, dont les compétences à l’épée sont réputées pour être complètement nulles, a-t-il vaincu cette créature des ténèbres ?

Chikus se tut pendant un bon moment. À l’instant où un Grisia confus était sur le point de l’interroger sur son regard fixe, Chikus se décida enfin à parler.

Détachant soigneusement chacun de ses mots, il dit : « Grisia, tu es mon Chevalier du Soleil, mon frère, le genre qui ne peut pas être remplacé non plus. »

Intrigué et perplexe, Grisia le regarda et déclara, comme une évidence : « Évidemment ! Sinon, que pourrais-je être d’autre ? »

Entendant sa réponse, Chikus éclata de rire.

« Rentrons, à présent ! » Lui rappela Grisia. « Ton maître paraissait très inquiet ! »

« D’accord. »

Ils s’éloignèrent de plus en plus. Seule leur conversation avançait lentement à la dérive.

« Est-ce que tu veux une sucette ? J’en ai à la myrtille, à la fraise et au chocolat. Quelle saveur préfères-tu ? »

« Qu’est-ce que tu racontes ? Je suis l’Apprenti-Chevalier de Flamme ! Je suis censé me gorger de viande et engloutir du vin. Pourquoi est-ce que je voudrais d’une sucette ? »

« Tu n’en veux pas ? Dans ce cas, Ecilan va être très triste. Il les a faites lui-même ! Fabriquer des confiseries est son passe-temps. Il m’a dit que son père était un célèbre pâtissier dans la cité ! »

« Les Chevaliers Sacrés de la faction du Chevalier du Jugement ne sont-ils pas censés être tes ennemis jurés ? »

« Ah ! C’est vrai, mais Lesus est une très bonne personne ! Il me défend contre ceux qui m’attaquent, m’achète des tartes à la myrtille, et se bat même contre les chiens qui me mordent ! »

« … »

« Donne m’en une au chocolat. »

Note de bas de page

1 grande sœur : En chinois, c’est « petite grande sœur ». Les Chinois ont des termes différents en fonction de si la sœur en question est plus âgée ou plus jeune que soi. La guérisseuse est ravie d’être appelée « petite grande sœur », ce qui met en avant à sa jeunesse.