La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 2 : La vérité cachée

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Side-Story #2: Truth in Disguise – traduit du chinois vers l’anglais par Lucathia[PR!]
Histoire parallèle #2: La vérité cachée – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia et Irina
+ travail de vérification par Nocta

Au sous-sol, Chikus donna des coups de pied aux quatre murs qui l’entouraient de toutes ses forces. Les murs étaient faits de pierres et, avec sa force actuelle, il lui était complètement impossible de les fracasser.

Même s’il savait que ses actions étaient complètement inutiles, il ne pouvait tout de même pas rester là à ne rien faire. Tout ce qu’il pouvait voir devant lui était un voile de ténèbres. En tout temps, ces ténèbres envahissaient ses sens. Dès qu’il cessait de bouger, il se sentait comme s’il était sur le point d’être avalé par celles-ci…

Soudainement, la seule porte menant au sous-sol s’ouvrit.

La lumière subite le fit plisser des yeux. Il leva la tête et aperçut, à côté de la porte du sous-sol, des cheveux dorés scintillant sous les rayons de lumière. Parce que la source de lumière était située dans le dos de l’individu, malgré le fait que son visage et le haut de son corps étaient visibles, tout restait assez flou. Un halo de lumière entourait la personne, presque comme si son corps tout entier émettait de la lumière.

La personne qui venait d’arriver lui tendit la main et annonça avec un sourire : « Je t’ai trouvé. »

 

 

Durant la leçon d’entraînement, Neo, l’instructeur responsable d’enseigner le maniement de l’épée, marchait parmi les Douze Apprentis-Chevaliers Sacrés. Après les avoir examinés avec soin les uns après les autres, il se sentit totalement satisfait. La technique à l’épée de tous les apprentis-chevaliers pouvait être considérée comme au-delà des attentes qu’il avait eues pour eux. Il pouvait même affirmer que plusieurs d’entre eux étaient des experts dans cet art, qui avaient de loin dépassé toutes espérances.

Premièrement, il y avait l’Apprenti-Chevalier du Jugement. Pendant la sélection, Neo avait entendu dire que sa technique à l’épée était excellente, mais il n’aurait jamais songé que l’Apprenti-Chevalier de Glace pourrait tenir tête à l’Apprenti-Chevalier du Jugement lorsqu’on parlait du maniement de l’épée. Aussi, malgré le fait que l’Apprenti-Chevalier de la Forêt avait un air idiot sur le visage, sa technique à l’épée était également plutôt remarquablement bonne.

Cela mit Neo d’une humeur inopinément bonne. Être capable d’élever autant d’experts dans le maniement de l’épée signifiait qu’il aurait encore plus d’adversaires avec lesquels il pourrait faire des duels dans le futur. Ce ne pouvait être qu’une bonne chose.

« Hein ? Pourquoi mon épée a-t-elle encore disparu ? »

L’esprit de Neo s’arrêta pendant l’espace d’une seconde. Cette voix appartient à… Il tourna la tête pour regarder. Comme il le pensait, elle appartenait à son apprenti, Grisia, dont le visage était au moment même perplexe, tandis qu’il fixait ses mains vides.

« Attention ! »

Sur le côté, Chikus cria soudainement un avertissement. Au même moment, il se précipita en avant et mania adroitement son épée, allant dévier une épée qui volait en direction de quelqu’un d’autre.

Ceo tourna la tête pour voir ce qu’il se passait, les yeux grands ouverts, tandis qu’il poussait un petit cri de surprise à la vue de l’épée qui avait été envoyée au sol… Cette épée pointe directement sur moi !

Merci, Dieu de la lumière, elle a été déviée. Il relâcha son souffle et remercia vite Chikus.

Immédiatement, Chikus commença à bruyamment réprimander l’origine de ce fiasco. « Qu’est-ce que tu fabriques !? »

« Je suis vraiment déso… » Grisia ne parvint à compléter que la moitié de son excuse avant d’être agrippé par le col par-derrière. Sa personne tout entière fut soulevée. Il tourna la tête pour regarder, juste à temps pour apercevoir le sourire de son propre maître.

Bien qu’il y eût un sourire présent sur le visage de Neo, ses yeux ne montraient aucun signe de joie comme il lui ordonnait : « Présente-lui tes excuses. »

Grisia réagit immédiatement avec un sourire incomparablement brillant et typique du Chevalier du Soleil. Puis, il se tourna, baissant la tête en un geste d’excuse devant Ceo… Pour quelqu’un qui était retenu dans les airs par le collet, sa posture d’excuse voutée était véritablement assez gracieuse pour surprendre les gens.

Le teint de Ceo pâlit, alors qu’il s’empressait de dire : « Non, non, tu n’as pas besoin de t’excuser… »

Toutefois, Grisia avait déjà ouvert la bouche, articulant un discours long et exceptionnellement fluide. « Mon cher frère Ceo, bien que la lumière soit resplendissante, elle brûle aussi de mille éclats, de toute évidence capable de percer les plus profondes ténèbres du cœur de quelqu’un. Elle est si brillante que, pendant un instant, Grisia a été incapable de la supporter, faisant en sorte que Grisia perde sa poigne sur l’épée qui est employée pour causer des massacres. Comme nous sommes tous les deux des enfants du Dieu de la Lumière, Grisia espère que tu pardonneras à celui-ci sa bévue. Puisse Grisia s’aventurer jusqu’à jurer au soleil dans le ciel qu’il ne commettra plus jamais ce genre d’erreur impardonnable ! »

Avec une expression douloureuse sur le visage, Ceo écouta le discours en entier et soupira d’impuissance, en répondant : « Je te pardonne. Même si tu commets une autre erreur, ne t’inquiète pas à ce sujet. J’espère simplement que, la prochaine fois, tu ne t’excuseras plus jamais. T’écouter t’excuser me fatigue plus qu’autre chose… »

En entendant cela, Neo ne sut vraiment pas s’il devait rire ou pleurer. Il ne put se retenir d’admettre que, hormis le fait que la technique à l’épée de Grisia était complètement nulle, lui-même ne pouvait trouver aucune autre faute dans les autres compétences de Grisia… La capacité de Grisia à prétendre être élégant et à raconter des âneries était peut-être même un peu trop bonne. Cela donnait l’impression que Neo pouvait se relâcher avec les leçons de développement du personnage de Grisia dans le futur.

Neo tapa des mains et annonça à tout le monde : « La leçon d’aujourd’hui dans le maniement des armes se termine ici. Faites une courte pause, et ensuite allez rejoindre chacun de vos propres maîtres pour vos leçons habituelles. »

À cette annonce, tout le monde partit l’un après l’autre. Plusieurs lâchèrent même un soupir de soulagement. Bien que le Capitaine-Chevalier du Soleil arborât un sourire en tout temps sur son visage, personne ne croyait jamais qu’il souriait réellement.

Avant de s’en aller, Chikus jeta un regard noir à Grisia et déclara de façon provocante : « Si tu ne peux pas te servir d’une épée, dans ce cas dégage d’ici. » Toutefois, Grisia se contenta de sourire brillamment en réponse.

Comme c’est ennuyeux ! Chikus pressa le pas pour rejoindre la personne devant lui et héla : « Hé ! Attends-moi, Aivis. Tu veux bien t’entraîner avec moi ce soir ? »

Aivis scruta d’abord les alentours, s’assurant que le Capitaine-Chevalier du Soleil était déjà parti, avant de rouler des yeux à l’intention de Chikus et de rétorquer : « Pourquoi ne vas-tu pas demander à quelqu’un dans ta faction ? Tu sais parfaitement que je suis l’Apprenti-Chevalier de la Pierre, qui appartient à la faction du Chevalier du Jugement. Je ne m’entends pas bien avec les gens comme toi, qui sont dans celle du Chevalier du Soleil ! »

« Vraiment ? » Chikus renifla avec dédain et tendit immédiatement la main. « Si nous ne sommes pas amis, alors rends-moi mon argent pour le vin ! Tu n’as quand même pas oublié combien tu me dois, pas vrai ? »

« C’est… » Aivis changea sur-le-champ de sujet et lui demanda : « Tu ne viens pas de dire que tu voulais t’entraîner ce soir ? Pourquoi est-ce que tu n’amènerais pas quelqu’un de ta faction, et je vais aussi venir avec Ecilan ? Nous pouvons nous battre à tour de rôle, ou même à deux contre deux. »

Chikus s’y opposa : « Qui voudrait les amener avec soi !? Ce sont toutes des mauviettes ! »

Tu parles beaucoup trop fort. Grisia est encore là ! Aivis jeta un regard en direction de Grisia. Ce dernier passa à côté d’eux et s’aventura même à leur sourire.

Après que Grisia fut parti, Aivis sourit de façon désabusée et dit : « Tu fais sûrement erreur ? Il doit bien y avoir au moins une personne… »

Il hésita et prit un moment pour réfléchir. Ceo ? Hum, il est très timide. Il appartient probablement à la gamme de ce que Chikus considère comme « une mauviette ». Elmairy est hors de question lui aussi. Grisia… euh, ne parlons même pas de savoir s’il est une mauviette ou pas. Si nous nous entraînons au maniement de l’épée, nous ne devons absolument pas l’inviter.

En fin de compte, après y avoir bien songé, il soupira. « Je pense que je vais juste demander à Ecilan. Nous pouvons tous les trois y aller à tour de rôle… »

Chikus afficha un rictus dédaigneux.

 

 

« Tu n’as pas besoin de prendre davantage de leçons sur le développement de ton personnage. »

Le Chevalier de Flamme regarda son propre apprenti avec une sorte d’impuissance. Les deux mains de Chikus n’étaient jamais inoccupées, ayant toujours besoin de toucher à ceci ou de jouer avec cela ; il portait toujours son uniforme de chevalier n’importe comment, les taches sur sa chemise augmentaient sans arrêt, sans jamais diminuer ; et chaque fois qu’il ouvrait la bouche, sa voix portait suffisamment loin pour que le Temple Sacré tout entier puisse l’entendre.

Ce dernier ressemblait encore plus au Chevalier de Flamme des légendes qu’il ne lui ressemblait lui-même, lui qui avait été le Chevalier de Flamme pendant dix ans. Qu’y a-t-il d’autre à développer ?

Chikus renifla hautainement. Du fond de son cœur, il n’avait jamais eu une bonne impression de ces leçons de développement du personnage. Comment peut-on possiblement développer le personnage de quelqu’un ? Ce n’est qu’un ramassis de conneries !

« Je n’ai plus besoin de prendre de leçons ? Dans ce cas, je m’en vais m’amuser un peu ! »

Aller t’amuser pendant les heures de leçons ? Le Chevalier de Flamme s’empressa de dire : « Attends une minute ! »

« Qu’est-ce qu’il y a maintenant ? » Chikus se retourna, les bras croisés sur la poitrine. Il écrasa le sol avec la plante de son pied et déclara avec impatience : « Si tu as quelque chose à dire, alors crache le morceau ! »

Voyant son attitude, le Chevalier de Flamme se mit tout d’abord en colère. Est-ce vraiment le genre d’attitude qu’un apprenti devrait montrer envers son maître ?

Mais, à cet instant-là, il se rappela sur-le-champ que le mépris de Chikus, ainsi que son attitude écrasante et peu sophistiquée, était exactement ce que représentaient les caractéristiques propres au Chevalier de Flamme, bien plus parfaites que sa propre façade qu’il avait dû maintenir ces dix dernières années. Une fois qu’il réalisa ce fait, il ne sut plus s’il devait rire ou pleurer.

Même si quelqu’un me critiquait pour avoir laissé mon apprenti sortir s’amuser pendant les heures de leçons, cette personne n’aurait qu’à jeter un coup d’œil à la personnalité de Chikus et serait probablement d’accord pour dire que cet enfant n’a pas du tout besoin de leçons de développement !

Impuissant, il lâcha : « Oublie ça. Va donc t’amuser, essaie juste de ne pas dépasser les bornes. »

« Tu m’as rappelé et tu n’as rien à dire. Et puis quoi encore ? Tu n’as vraiment rien de mieux à faire… ? »

Chikus maugréa tandis qu’il s’éloignait d’un pas lourd.

En entendant cela, le Chevalier de Flamme ne put que forcer un sourire amer sur son visage.

 

 

Chikus se promenait dans les couloirs du Temple Sacré, saluant les chevaliers sacrés qu’il croisait, tout en réfléchissant à l’endroit où il voulait aller pour s’amuser un peu…

« Bégaye ! »

Le cri bruyant et soudain le fit brutalement sursauter. Il regarda autour de lui et avança vers la chambre d’où provenait le bruit. Discrètement, il jeta un coup d’œil à l’intérieur et vit que le Chevalier de la Terre ainsi que l’Apprenti-Chevalier Georgo étaient à l’intérieur. Le plus étrange était qu’il y avait également une guérisseuse, et que la guérisseuse paraissait même être une fille d’à peu près son âge.

« Georgo ! Quand tu parles, bégaye, et quand tu vois une fille, tu dois rougi… Sale petit bâtard ! Ne drague pas la guérisseuse, pendant que je te fais des remontrances ! Éloigne-toi d’elle ! »

Voyant comment la guérisseuse rougissante et embarrassée avait presque mordu à l’hameçon, le cœur de Georgo se serra, mais il avait peur d’énerver son maître et de le rendre encore plus furieux. Celui-ci paraissait déjà être sur le point d’exploser. Il put seulement reculer d’un pas sans s’empêcher de grommeler : « Maître, vous ne bégayez plus… »

Le Chevalier de la Terre réalisa soudainement que ses paroles étaient trop fluides. Il s’empressa de tousser vigoureusement et dit : « J-Je suis juste un p-peu tr-trop agité. C-C’est entièrement ta faute, mon en-enfant ; pourquoi dois-tu être si t-têtu… Aaaah ! Tu me mets dans une rage folle ! C’est à toi que j’ordonne de bégayer, pas à moi ! Tu ferais mieux de bégayer quand tu parles, ou sinon je vais t’écraser mon poing dans le visage et te casser toutes les dents. On verra si tu peux encore parler avec fluidité par la suite ! »

En remarquant qu’il était sur le point de se prendre une raclée, Georgo adopta immédiatement une expression obéissante et hocha « sincèrement » la tête en répondant : « D’accord ! D’accord ! C’est bon, j’ai compris ! »

Le Chevalier de la Terre rugit aussitôt : « “D’accord ! D’accord”, ce n’est pas bégayer ! Tu dois dire : “D’accord, j-j’ai compris” ; et ne pas ajouter de mots malhonnêtes et hypocrites comme “c’est bon” ! De plus, qu’est-ce que c’est que cette expression ?! Tu penses que tu as l’air sincère et honnête ?! Tu as manifestement l’air mécontent ! Tu fais vraiment exprès de me provoquer… »

« Haha… » Chikus éclata d’un rire fort et se couvrit immédiatement la bouche à l’aide d’une main, secouant la tête tandis qu’il riait intérieurement.

Georgo ? Honnête et sincère ? Haha !

« Tu ferais mieux de la regarder ! »

Un autre hurlement retentit. Cette fois, Chikus ne sursauta pas. Il réalisa même que ce bruit ne venait pas de la chambre du Chevalier de la Terre, mais plutôt de la chambre à côté.

Que se passe-t-il, cette fois ? Curieux, il passa la tête dans le cadre de la porte de l’autre chambre.

Il jeta un coup d’œil à l’intérieur de la pièce, mais ne s’attendait pas à ce que la scène de l’entraînement dans cette chambre fût presque identique à celle de la pièce précédente. Comme précédemment, le maître et l’apprenti étaient présents, hormis que cette fois il y avait l’actuel Chevalier de la Tempête et l’Apprenti-Chevalier de la Tempête, en plus d’une guérisseuse, bien que la guérisseuse dans cette pièce fût beaucoup plus âgée. Elle paraissait être dans la vingtaine, et ses traits ainsi que sa silhouette étaient absolument magnifiques.

« Ceo, ouvre les yeux et regarde-la. » Le ton dans la voix du Chevalier de la Tempête approchait le zéro absolu.

Fournissant de gros efforts, Ceo leva la tête. Plutôt que de regarder la guérisseuse, il était plus approprié de dire qu’il la fixait avec un regard vide.

Voyant cela, le Chevalier de la Tempête demanda immédiatement à la jeune femme : « Guérisseuse, je vous en prie. »

« Aucun problème. » Dans l’instant, la guérisseuse plissa les lèvres sensuellement, et fit un clin d’œil au jeune et beau garçon, adoptant diverses positions séductrices, employant toutes ses compétences pour le séduire.

À cause de la colère manifeste de son maître et de son ordre glacial, Ceo fournit de grands efforts cette fois pour ne pas baisser les yeux, bien que son visage fût devenu depuis longtemps aussi rouge qu’une tomate, la couleur se répandant jusqu’à la pointe de ses oreilles.

« Embrasse-la. »

Voyant que son apprenti était enfin capable de regarder une femme sans se détourner, le Chevalier de la Tempête voulut saisir l’occasion pour avancer jusqu’à la prochaine étape ; néanmoins, une fois que les mots eurent quitté sa bouche, il vit immédiatement son apprenti agir comme si le monde était sur le point de s’écrouler. Soudainement, il se sentit comme s’il corrompait un innocent… Incapable de le supporter, il ajouta : « Tu peux l’embrasser sur la joue si tu préfères. »

« Maître, serait-il suffisant de juste nous tenir la main ? »

Ceo révéla une expression implorante, mais le visage de son maître restait figé. Il commençait même à montrer des signes qu’il allait de nouveau exploser, donc Ceo n’eut pas d’autre choix que d’obéir. Il se tourna vers la guérisseuse, dont le visage était depuis longtemps passé d’une expression envoûtante à une où elle ne semblait pas savoir s’il fallait rire ou pleurer.

Après lui avoir jeté un regard, Ceo n’était plus aussi nerveux qu’auparavant. Il se tourna pour observer la réaction de son maître, dont l’expression était toujours figée. Celle-ci donnait l’impression qu’il n’y avait pas de place pour la discussion. Dans ces conditions, Ceo prit son courage à deux mains et fronça les lèvres avant de se pencher, frôlant la joue de la guérisseuse. Il devint immédiatement complètement rouge et se précipita vers le coin le plus reculé de la pièce.

Voyant cela, le Chevalier de la Tempête se moqua de lui avec frustration : « Espèce de poule mouillée ! Ça fait déjà trois ans que tu t’entraînes, et pourtant tu donnes encore l’impression que te demander d’embrasser une femme revient à te forcer à embrasser un orc ! »

« Que venez-vous de dire ? » Demanda haut et fort la guérisseuse.

Le Chevalier de la Tempête se figea. La femme s’était approchée de lui et le frappait avec ses poings de toutes ses forces.

« Non, non, je veux dire que vous êtes aussi belle qu’un orc… Aaaaah ! Ne me frappez pas ; ma langue a fourché, c’était une erreur ! Je suis désolé, vraiment ! »

À ce moment-là, Chikus ne put plus supporter de regarder. Il se précipita dans la chambre et, avant que quiconque ait pu réagir, il attrapa la guérisseuse pour l’embrasser bruyamment sur la joue. Il s’exclama ensuite en regardant Ceo, qui s’était tassé dans son coin : « Ceo, regarde ! Qu’est-ce qu’il y a de si compliqué à donner un petit baiser ? »

« Exactement ! Ce petit frère est adorable ! » Déclara joyeusement la guérisseuse avant de déposer plusieurs baisers sur le visage de Chikus. Elle se détourna par la suite et déclara férocement à l’actuel Chevalier de la Tempête et son apprenti : « Vous n’êtes que des bons à rien ! »

« Petit frère, partons ! Ta grande sœur va te donner des bonbons. Je t’achèterai ce que tu voudras. »

« Vraiment ? » Les yeux de Chikus se mirent à briller, comme il s’écriait : « Dans ce cas, allons-y tout de suite, grande sœur ! »

La guérisseuse était ravie de se faire appeler « grande sœur »1. Elle se dépêcha de répondre : « Bien sûr ! Allons-y tout de suite. »

Elle attrapa Chikus, et ne négligea pas de lever les yeux au ciel à l’intention du Chevalier de la Tempête avant de quitter la pièce.

Derrière eux, ce fut avec stupéfaction que l’actuel Chevalier de la Tempête et son apprenti regardèrent Chikus et la guérisseuse quitter la pièce. Après un long moment, Ceo s’approcha timidement de son maître et s’enquit d’une petite voix : « Maître, il n’y a plus de femme ici. Est-ce que nous allons nous entraîner à quelque chose d’autre ? »

« Nous entraîner ? Attends, tu vas voir ! »

Le Chevalier de la Tempête saisit l’oreille de son élève et hurla furieusement : « Je me suis fait traiter de bon à rien à cause de toi ! Sale petite poule mouillée ! Sais-tu à quel point c’est humiliant pour un homme de se faire traiter de bon à rien ? Tu es le seul bon à rien ici ! Si dans un an tu continues à rougir en voyant des femmes, et si dans deux ans tu n’arrives toujours pas à leur lancer de clins d’œil, je… je dépenserai jusqu’à la dernière pièce d’or pour qu’un groupe de femmes prennent ta virginité par la force ! »

Ouch, ouch ! Avec une grimace misérable, Ceo glapit : « Je vous en prie, tout, mais pas ça ! Maître… Je vais faire de mon mieux ! Je le jure ! »

 

 

Après s’être séparé de la guérisseuse passionnée, Chikus tenait un sac de bonbons dans ses mains. Pourtant, il ne suivit pas son plan originel de sortir pour s’amuser un peu. Au lieu de cela, il continua d’espionner avec curiosité les leçons des autres Apprentis-Chevaliers.

Elmairy prenait soin de petits animaux. Et son maître se tenait à côté de lui, lui récitant des contes de fées. Un regard suffit à Chikus pour savoir qu’il allait mourir d’ennui s’il restait, alors il se retourna et poursuivit sa route.

Par la suite, il s’aperçut qu’il n’y avait personne dans la salle de classe du Chevalier du Nuage et de son apprenti. Chikus balaya du regard la pièce tout entière, mais ne trouva pas la moindre trace de leur présence.

« Comme c’est bizarre ! Se pourrait-il qu’il soit comme moi ? Peut-être qu’il n’a pas besoin de leçons ? » Chikus se gratta la tête et se tourna pour partir…

« Est-ce que tu me cherches ? »

Aaaaaah !

Chikus sursauta sous le coup de la surprise et pivota rapidement. Quelqu’un se tenait en effet derrière lui, sans dire un mot. En outre, son visage était pâle, sa silhouette fine et fragile, et ses cheveux couvraient la moitié de son visage…

« Je-je ne te cher-cherchais pas ! » Chikus bégayait tellement que même le Chevalier de la Terre aurait été fier de lui.

Le jeune Chevalier du Nuage pencha lentement la tête sur le côté et dit : « Ça fait un moment que tu te tiens dehors et que tu observes la classe. »

« … Tu étais à l’intérieur ? »

Le jeune Chevalier du Nuage hocha lentement la tête.

Comment c’est possible ? Il n’y avait clairement personne à l’intérieur tout à l’heure… Chikus sentit soudainement un courant d’air dans son dos et trouva rapidement une excuse : « J-Je cherchais le jeune Chevalier du Soleil. »

Le jeune Chevalier du Nuage hocha lentement la tête, leva délicatement la main pour pointer la pièce d’à côté. « Grisia est à côté. »

« A-Ah, merci ! »

Chikus se tourna pour se dépêcher de s’enfuir, mais après avoir effectué la moitié du chemin vers la porte, il pensa subitement à une question. Sa curiosité l’emporta sur sa peur, et il tourna la tête pour demander : « Est-ce que ton maître est dans la salle de classe ? »

L’Apprenti-Chevalier du Nuage secoua la tête : « Mon maître est allé faire une sieste sous l’arbre banian. »

Fiou. Si même le Chevalier du Nuage, un adulte, avait été à l’intérieur et qu’il ne l’avait pas vu… Alors, ç’aurait vraiment été comme apercevoir des fantômes en plein jour.

Chikus se tapota la poitrine et poussa un soupir de soulagement. Curieux, il continua à le questionner : « Dans ce cas, pourquoi ne l’as-tu pas suivi ? »

« Mon maître m’a dit de ne pas le déranger et de trouver mon propre endroit pour dériver. »

Dériver… Tu es sûr qu’il t’a dit de dériver ?

Chikus chassa cette pensée. « D’accord, retourne dans ta salle de classe et continue à dériver ! »

Après qu’il eut agité la main et cligné des yeux, il découvrit qu’il n’y avait plus personne devant lui.

« … »

Chikus se tut un bon moment avant d’être capable d’avancer vers la salle suivante. En passant sa tête par la porte, il marmonna pour lui-même : « J’espère que la situation dans cette chambre va être plus normale. Ce Grisia est mon futur leader. S’il est trop bizarre, je n’aurai aucune envie de suivre ses ordres. »

« Mon enfant, tu dois absolument aller à la rencontre des créatures des ténèbres sur une base régulière. »

Chikus s’arrêta. Pourquoi mentionne-t-il les créatures des ténèbres ? Immédiatement, il regarda à l’intérieur et vit que Grisia posait une question à son maître, le Chevalier du Soleil le plus fort de l’Histoire, qui a semé la peur dans le cœur de tous les membres du Temple Sacré.

« Maître, est-ce parce que le Chevalier du Soleil a juré de détruire toutes les créatures des ténèbres ? »

Après avoir entendu cela, Chikus trouva que c’était très censé. C’est probablement la raison !

Le Chevalier du Soleil agita son index, un mystérieux sourire présent sur son visage. « Non, non, tu dois aller à leur rencontre aussi souvent que possible pour évacuer tes émotions. »

« Quoi ? » Grisia ainsi que Chikus, qui se tenait de l’autre côté de la porte, affichaient des expressions très similaires, révélant un profond étonnement et du doute.

Le Chevalier du Soleil continua sérieusement : « Réfléchis bien. Tu dois sourire toute la journée, pardonner chaque déchet humain, et louer le Dieu de la Lumière — que tu ne rencontreras probablement jamais dans ta vie — à chaque phrase. Si tu n’as pas un canal dans lequel déverser tes émotions, alors tu risques de finir par faire une dépression et ne plus être capable de mener à bien les devoirs du Chevalier du Soleil correctement. Si tu n’arrives pas à remplir tes devoirs correctement, tu vas perdre ton travail, et après avoir perdu ton travail, tu seras encore plus dépressif. Et à la fin, tu seras tellement déprimé que tu rejoindras le Dieu de la Lumière sur une base volontaire. Maintenant, tu ne veux surement pas connaître une fin aussi tragique, n’est-ce pas ? »

« … Non. »

« Je disais donc, mon enfant, que tu dois aller à la rencontre de créatures des ténèbres pour évacuer tes émotions au moins une fois par mois. Tu as bien saisi ? »

« Et si je n’en trouve pas ? »

« Ne t’inquiète pas, mon enfant. Voilà la carte de visite du nécromancien avec lequel l’Église a un contrat ; non seulement tu peux spécifier le type de créatures des ténèbres que tu veux, tu peux également considérer cela comme des dépenses professionnelles et les faire payer par l’Église. »

« … »

Grisia accepta la carte de visite sans manifester d’émotion. Toutefois, sans doute parce qu’il recevait fréquemment de nombreux chocs, il glissa nonchalamment la carte dans sa poche et leva la tête pour continuer à écouter les instructions de son maître dans les secondes qui suivirent.

Néanmoins, à ce moment-là, le Chevalier du Soleil frappa dans ses mains. « Bon, la leçon d’aujourd’hui est terminée. Je vais donc prendre congé. »

Stupéfait, Grisia s’enquit : « Maître, où allez-vous ? »

« J’ai un rencard avec la princesse… Non, je veux dire, j’ai un rendez-vous avec Son Altesse le prince pour discuter de choses importantes concernant le royaume et promouvoir les bonnes relations entre le palais royal et l’Église… Dans tous les cas, je dois partir tout de suite. Sinon, je vais être en retard. Ce n’est pas digne d’un gentilhomme de faire attendre une dame. »

Donc, Son Altesse le prince est une dame ? Grisia souligna, désemparé : « Mais Maître, c’est encore l’heure des cours en ce moment ! »

À cet instant, le Chevalier du Soleil avait déjà atteint la porte. En entendant les paroles de Grisia, il s’arrêta. Cela permit à Chikus, qui était toujours à l’extérieur, de soupirer de soulagement. Il avait failli manquer de temps pour se cacher. Il saisit donc l’opportunité pour se faufiler vivement derrière les longs rideaux présents dans le couloir.

Le Chevalier du Soleil répondit avec une certaine gêne : « Ah bon ? C’est encore l’heure des cours… C’est un peu problématique. La dernière fois, Judgment m’a dit d’agir plus sérieusement. Très bien ! Je vais te donner une mission dans ce cas. Va immédiatement voir le nécromancien sous contrat pour faire sa connaissance. »

Ayant fini d’annoncer la mission, il se tourna à nouveau pour partir.

Grisia s’exclama anxieusement : « Attendez ! Maître, n’allez-vous pas m’accompagner ? Vous voulez que j’aille rencontrer un nécromancien tout seul ? Vous pourriez au moins venir avec moi la première fois ? »

« Tu as déjà dix-huit ans ! N’agis pas comme un petit enfant gâté. »

Le corps du Chevalier du Soleil était déjà à moitié sorti de la salle, mais l’homme révéla tout de même une vague conscience de sa fonction en tant que maître. Il tourna la tête pour prévenir Grisia : « N’oublie pas ! N’attaque jamais le nécromancien ! Si tu ne l’attaques pas, il ne t’arrivera probablement rien. C’est tout ! Dépêche-toi ! »

Cela dit, il s’en fut, laissant Grisia derrière. Grisia se sentit plutôt lésé, tandis qu’il fixait la porte ouverte du regard, et dit sans s’adresser à quelqu’un en particulier : « Maître, j’ai seulement quinze ans… »

Évidemment, il n’y avait personne autour de lui pour lui répondre. Il soupira de résignation et sortit la carte d’affaires. Même si son maître avait donné l’impression qu’il cherchait une excuse quand il lui avait donné cette tâche, si Grisia considérait vraiment celle-ci comme une blague et qu’il ne la complétait pas sérieusement, son maître se transformerait à nouveau en Chevalier du Soleil le plus fort de toute l’Histoire.

« Tu vas vraiment partir à la recherche du nécromancien ? »

Grisia resta stupéfait. Quand il leva la tête, il reconnut immédiatement la personne devant lui. Après être resté un instant ébahi, il lâcha : « Apprenti-Chevalier de Flamme ? Pourquoi n’es-tu pas en classe… Oublie ça, fais comme si je ne t’avais pas posé la question. »

Après avoir parlé, il se souvint subitement qu’il était lui aussi l’un des membres qui n’avaient pas besoin de participer à ses leçons, et sa raison était que son « maître avait raté une leçon pour entretenir une liaison amoureuse avec la princesse ». Il ne pouvait pas énoncer cette raison à voix haute, alors peut-être que la raison de l’autre personne était également du genre à ne pouvoir être dite à haute voix.

Chikus cria : « Réponds-moi ! Tu vas vraiment partir à la recherche de ce nécromancien ? »

« Évidemment. » Grisia haussa les épaules et ajouta : « Mon maître m’a dit d’y aller, alors je dois y aller ! »

En entendant cela, Chikus fut lui aussi stupéfait, incapable de comprendre pourquoi le Chevalier du Soleil avait donné ce genre d’ordre. Toutefois, peu importe à quel point il essayait fort d’y penser, il n’y arrivait pas, alors il décida de cesser d’essayer de comprendre. Au lieu de cela, il avertit Grisia : « Les pires ennemis de l’Église du Dieu de la Lumière sont les créatures des ténèbres ; les nécromanciens sont ceux qui contrôlent les créatures des ténèbres. Tu dois déjà savoir ça, non ? »

Évidemment qu’il le savait. Grisia se frotta le visage et murmura : « Mais, mon maître m’a donné l’ordre… »

« Dans ce cas… il devait être en train de te tester ! » Chikus songea enfin à une raison, et hurla : « Peut-être qu’il essaye de te tester pour voir si tu irais réellement retrouver le nécromancien, trahissant ainsi les enseignements de l’Église ! »

Grisia ne pensait pas du tout que c’était le cas. Il comprenait trop bien son maître. Dans les classements de ce que Neo détestait le plus, « lui désobéir » se trouvait assurément dans le top trois. Même s’il trahissait les enseignements de l’Église, il s’en sortirait bien mieux que s’il défiait les ordres de Neo.

« Quoi qu’il arrive, je dois y aller. Au revoir, il se fait tard. Je pense que je devrais y partir tout de suite. » Grisia était un peu inquiet. Il était presque déjà le soir, et il voulait visiter le nécromancien pendant que le soleil était toujours levé.

« Tu… » Les yeux de Chikus étaient grands ouverts. Il dégaina son épée longue qui pendait à sa taille et cria : « Arrête-toi ! Je ne te laisserai jamais partir à la recherche d’un nécromancien ! »

Voyant que Chikus avait dégainé son épée, Grisia était réellement intimidé et, pendant un instant, il ne sut pas comment réagir… Après y avoir réfléchi un peu, il conclut que, puisque Chikus savait déjà qu’il s’en allait à la rencontre d’un nécromancien, dans ce cas cela ne devrait avoir aucune importance si Chikus découvrait également qu’il savait utiliser la magie, n’est-ce pas ?

S’il était exposé plus tard, tout ce qu’il aurait à faire serait de le nier jusqu’à la fin.

« Mur de Glace. »

Surpris, Chikus se retrouva bloqué par quatre hauts murs de glace qui atteignaient presque le plafond.

Depuis l’extérieur des murs de glace provint la voix de Grisia : « Après que je serai parti, les murs de glace vont disparaître. À ce moment-là, tu pourras sortir. »

Chikus était enragé au point d’exploser. Il leva son épée et frappa sauvagement les murs de glace, mais la glace était incroyablement solide. Il ne pourrait pas briser les murs en un si court laps de temps. Il gronda et beugla : « Sale enfoiré ! Laisse-moi sortir. Je t’interdis de partir à la recherche du nécromancien. Je te préviens, je vais le dire à mon maître ! »

La voix de Grisia dériva sans hâte vers lui. « Va lui dire. Tu peux aussi lui mentionner au passage que c’était un ordre du Chevalier du Soleil. »

« Grisia ! »  Les hurlements de Chikus se firent entendre derrière les murs de glace. « Je ne vais pas reconnaître quelqu’un comme toi en tant que Chevalier du Soleil, tu m’entends ? Sale traître ! »

Les pas de Grisia ralentirent un peu avant de se poursuivre et de s’éloigner.

 

 

Rageusement, Chikus alla sur-le-champ retrouver son maître et lui relata tout. Inopinément, la réponse qu’il reçut ne fut pas du tout ce à quoi il s’imaginait.

« Si c’est un ordre de Neo, alors on ne peut rien y faire. »

Le Chevalier de Flamme dit cela avec embarras. Une fois qu’il aperçut l’expression de stupeur de son apprenti, il soupira et lui donna un avertissement : « Ne va pas provoquer Neo. Il a un mauvais tempérament et il n’a pas peur de ton maître. Seuls Judgment et le Pape peuvent lui tenir tête quand ils travaillent ensemble. Autrement, il n’y aurait vraiment personne dans ce monde qui pourrait le garder sous contrôle. »

« Mais, Grisia est parti à la rencontre d’un nécromancien ! » Chikus déclara avec indignation : « Je ne vais pas reconnaître ce genre de personne comme Chevalier du Soleil ! Je vais démasquer sa véritable nature ! »

Après avoir dit cela, il se retourna et s’en alla avec colère.

« Sa vraie nature ? Alors, tu vas devoir démasquer beaucoup de personnes… »

Le Chevalier de Flamme observa son apprenti partir et se murmura à lui-même : « Même en excluant Neo, parmi les Douze Chevaliers Sacrés, lesquels correspondent véritablement à leurs homologues des légendes ? »

Mais, il se rappela tout de suite que son propre apprenti était vraiment comme le Chevalier de Flamme des légendes.

« Avec toi dans le coin, au moins il y a une personne qui n’aura pas besoin d’être hypocrite parmi la prochaine génération de chevaliers. »

Pensant de cette façon, il sentit qu’il était en fait chanceux de ne pas avoir besoin d’être comme les autres qui devaient entraîner leurs apprentis à devenir des personnes hypocrites. Cela le mit de meilleure humeur.

 

 

Furieux, Chikus se fonça dans les rues, courant et errant sans but pendant un bon moment avant de découvrir qu’il n’avait pas de destination en tête. Tout d’un coup, il ne savait pas où il devrait aller. Cependant, parce qu’il était encore en colère contre son maître, il ne pouvait pas rentrer au Temple Sacré. Ainsi, il ne put qu’errer sans but dans les rues.

Après avoir erré encore et encore, il remarqua subitement une silhouette familière… Grisia ?

Chikus était un peu perplexe. Cela ne faisait-il pas un bon bout de temps depuis que Grisia avait affirmé qu’il allait retrouver le nécromancien ? Pourquoi était-il toujours en train d’errer dans les rues ?

Ses soupçons ravivés, il jeta un coup d’œil aux sucettes tenues dans les mains de Grisia, se sentant en quelque sorte sans voix sur le moment… Il est d’abord allé acheter des bonbons ?

Voyant que Grisia était sur le point de s’en aller, Chikus le suivit sans la moindre hésitation.

Grisia continua à marcher jusqu’à ce qu’il atteigne le ghetto. C’était une zone que Chikus n’avait jamais visitée auparavant. Apercevoir les environs sales et en ruines l’étonna énormément. Les odeurs déplaisantes lui firent froncer les sourcils. Il n’arrivait vraiment pas à croire que ce quartier faisait également partie de la Cité du Bourgeon.

Bientôt, Grisia se pencha et pénétra dans une petite maison en bois, qui donnait l’impression d’être sur le point de s’écrouler.

Se pourrait-il que ce soit la résidence du nécromancien ? Juste au moment où il considérait la question de savoir s’il devrait prendre l’endroit d’assaut, Grisia sortit et agitait même la main pour dire au revoir à quelqu’un à l’intérieur de la maison. « Dans ce cas, je vais m’en aller à présent. Je reviendrai te voir la prochaine fois… D’accord, d’accord ! J’apporterai des sucettes à la fraise dès le début la prochaine fois. Je n’ai pas envie de devoir répéter ce qu’il s’est produit aujourd’hui, et devoir retourner en acheter. À la prochaine. »

La prochaine fois ? Les yeux de Chikus s’écarquillèrent. Ce type a l’intention de retourner visiter le nécromancien ?

Voyant que Grisia retraçait son chemin d’origine pour partir, Chikus hésita un peu, mais ne le suivit pas. Il dégaina son épée. Pas-à-pas, il s’approcha de la maison délabrée.

Une fois qu’il fut devant l’entrée de la maison, Chikus ouvrit la porte d’un coup de pied donné de toutes ses forces et hurla bruyamment à l’intérieur : « Sors de ta cachette, nécromancien ! »

À l’intérieur de la maison, il y avait de la poussière et des toiles d’araignées partout. S’il n’avait pas été certain que Grisia était entré dans cet endroit il y a à peine quelques instants, même Chikus n’aurait eu aucun doute sur le fait que personne n’habitait un lieu tel que celui-ci.

Avec des pas furieux, il écrasa la demeure de ses pieds, coupant unilatéralement le centre de la table couverte de poussière, l’envoyant valser sur le côté. Il cria : « Cesse de faire semblant ! Je sais que tu es là, nécromancien. Sors de ta cachette ! J’ai vu Grisia te parler ! »

« Petit, je ne me rappelle point t’avoir invité. »

Une voix féminine résonna tout à coup. Le cœur de Chikus manqua un battement. Pourtant, il ne parvenait pas à figurer d’où provenait la voix, et il ne voyait personne non plus.

« Grisia t’a-t-il dit de venir ? »

Chikus s’exclama : « Ça n’a rien à voir avec cet enfoiré ! Je suis là pour te régler ton compte ! »

« Cet enfoiré… Est-ce là comment tu t’adresses au futur Chevalier du Soleil ? Est-ce vraiment la bonne conduite à suivre, Apprenti-Chevalier de Flamme ? »

La propriétaire de la voix semblait avoir deviné l’identité de Chikus par son habillement.

« Je ne vais pas accepter cet enfoiré comme étant le Chevalier du Soleil ! » Chikus s’écria : « Il est en contact avec des ordures diaboliques dans ton genre. Il n’est pas qualifié pour être le Chevalier du Soleil ! »

« Des ordures diaboliques ? Tu dis que Grisia est… que ce petit bonhomme est diabolique ? Hahaha, héhéhé ! »

« Pourquoi est-ce que tu ris ! » Chikus hurla avec force : « Il a des connexions avec une nécromancienne comme toi. S’il n’est pas diabolique, alors qu’est-ce qu’il est au juste ? »

« Oh ? Ta définition de ce qui est diabolique est beaucoup trop simple ! Mais… » La voix changea soudainement de joyeuse à sévère : « Le savais-tu ? Ce sont les gens comme toi que je méprise le plus, ceux qui se croient des défenseurs de la justice, Apprenti-Chevalier de Flamme. »

Le sol se mit brusquement à trembler. Chikus s’empressa de réciter une incantation, émettant de la lumière sacrée par les mains. Toutefois, cette lumière sacrée était seulement suffisante pour disperser une partie de l’illusion dans la maison. Ce n’était pas assez pour lui laisser voir la vraie situation à l’intérieur de la demeure.

Bien qu’il ne pût pas voir clairement la scène qui se déroulait à l’intérieur, il voyait bel et bien la silhouette d’une petite fille. La fillette tenait même une sucette dans sa main, et marchait lentement dans sa direction. Même s’il devinait en quelque sorte que cette petite fille était la nécromancienne, il ne pouvait pas se résigner à abattre son épée sur celle-ci.

La fillette marcha jusque devant lui et déclara : « Si tu détestes Grisia à ce point, dans ce cas je n’ai pas besoin de me montrer prévenante à son égard et à celui de Neo et te laisser partir. En fait, héhé… si je te tue, il se pourrait même qu’il me remercie ! »

« Quel ramassis de conneries est-ce que tu… »

Avant qu’il ne fût parvenu à terminer, une silhouette plongea soudainement sur lui. Malgré le fait que l’épée de Chikus fût dégainée, ce dernier était incapable de réagir dans sa panique. Il ne put que lever sa lame devant sa poitrine pour parer les attaques de son adversaire.

Il fut forcé de reculer de quelques pas. Quand il leva la tête pour regarder, il découvrit que la personne qui l’avait attaqué avait un visage couleur de cendre, des yeux complètement sans âme, et même quelques zones sur son corps qui donnaient l’impression qu’il avait été rapiécé par endroits. Il n’avait pas du tout l’air d’un être vivant… c’était une créature des ténèbres !

C’était une créature des ténèbres portant un tablier et tenant un balai.

Chikus se rendit tout à coup compte que l’arme dont la créature morte-vivante se servait pour l’attaquer était en vérité un balai… Il songea immédiatement que c’était un peu ridicule ; une petite fille qui était nécromancienne, plus un mort-vivant qui portait un tablier… Pourquoi était-ce si différent de l’image du nécromancien diabolique et de la créature des ténèbres qu’on lui avait enseigné par le passé ?

Mais, même si ce n’était qu’un balai, une fois brandi par une créature monstrueuse et balancé dans sa direction, Chikus ne pouvait pas se permettre d’être imprudent. Il n’avait pas oublié qu’il venait d’être obligé de reculer de plusieurs pas à cause de ce balai.

Prêt mentalement, Chikus ne fut plus acculé par le mort-vivant. Au lieu de cela, il lui tint tête comme il échangeait des coups avec son adversaire. Une fois qu’il commença à relâcher de la lumière sacrée pour l’aider, il prit même le dessus. Bientôt, battre la créature des ténèbres se tenant devant lui ne serait plus qu’une question de temps.

« Ta force n’est pas mal ! Cette créature des ténèbres était un épéiste expert quand il était encore vivant ! » La petite fille rit, tandis qu’elle disait : « Mais… je ne peux pas te laisser le tuer. Si tu le tues, dans ce cas je n’aurai plus personne pour faire mon ménage à ma place ! »

À ce moment-là, le plancher se mit à trembler si violemment que Chikus ne pouvait presque pas tenir debout. Heureusement, la créature des abysses ne l’attaqua pas pendant ce temps. Cependant, tout d’un coup, il sentit le plancher céder sous ses pieds. Avant qu’il n’eût eu le temps de se débattre, il s’effondrait déjà, tombant dans des ténèbres pures, seulement capable d’entendre la voix mélodieuse et pourtant sans merci de la fillette…

« Apprenti-Chevalier de Flamme, une fois que tu découvriras que tu es mort et que tu t’es transformé en une diabolique créature des ténèbres, je me demande quel genre d’expression tu révéleras ! »

 

 

Merde ! Merde ! Foutue nécromancienne ! Foutu Grisia !

Après être tombé dans les ténèbres, il avait compris qu’il avait été emprisonné quelque part, et risquait d’être transformé en créature morte-vivante d’ici peu par la nécromancienne. Pourtant, il n’arrivait toujours pas à trouver de moyens pour s’enfuir. Il ignorait depuis combien de temps il luttait ou combien de fois il avait maudit haut et fort la nécromancienne. Juste au moment où il songeait qu’il allait réellement mourir dans ce lieu maudit… une personne qui rayonnait de lumière fit pénétrer une lueur éblouissante dans le sous-sol et tendit une main vers lui.

« Je t’ai trouvé ! »

Chikus fixa la personne qui venait d’arriver. Une fois qu’il eut reconnu son visage, il prononça son nom : « Grisia ? »

Bien que la personne qui venait d’arriver fût quelqu’un qu’il ne voulait absolument pas voir, après avoir été emprisonné dans le noir pendant aussi longtemps, tant qu’il pouvait voir quelqu’un… qui était cette personne importait peu !

En entendant Chikus parler, Grisia poussa un soupir de soulagement : « Dieu de la Lumière, merci ! Tu vas bien. Vite, sors de là ! »

Grisia avait la main tendue ; néanmoins, quelques gouttes de liquide dégoulinaient du bout de ses doigts. Chikus leva la main pour les attraper, avant de s’apercevoir que le liquide en question était du sang frais. Pris au dépourvu, il s’écria : « Du sang ! »

Avec nonchalance, Grisia répondit : « Oh, je me suis juste battu avec la créature des ténèbres qui gardait la porte. »

Chikus leva la tête pour examiner attentivement Grisia et finalement découvrir qu’il avait le visage couvert de coupures. Il semblerait que la situation ne fût pas aussi simple que Grisia l’affirmait. Incapable de s’en empêcher, Chikus demanda : « Pourquoi es-tu venu me sauver ? »

« Qu’est-ce que tu racontes ? » Le questionna Grisia, surpris. « Tu es l’Apprenti-Chevalier de Flamme, l’un des futurs Douze Chevaliers du Soleil. Qui devrais-je sauver, si ce n’est toi ? »

Ah, c’est comme ça qu’il voit les choses ? Chikus tendit le bras et saisit la main devant lui, mobilisant une force suffisante pour sauter hors de la cave.

« Grisia ! Qu’est-ce que tu as fait à mon corps de ménage ? »

Ils sursautèrent tous les deux avec surprise. Chikus regarda dans toutes les directions, ses yeux jaillissant presque de leurs orbites. Les murs s-sont roses, et le sol est aussi rose, et la nappe sur la table de bois est aussi rose, et il y a même un coussin en forme de gâteau sur le lit rose ! Ça ressemble franchement à la chambre d’une petite fille…

Sur la chaise longue, qui n’était pas très loin de l’endroit où ils se tenaient, était allongée une petite fille. Ses traits étaient délicats et plutôt mignons, bien que sa peau fût également rose, une couleur de peau qui n’était pas du tout naturelle chez les humains. Si vous la contempliez trop longtemps, vous auriez la chair de poule sans même le remarquer !

La mâchoire de Chikus faillit lui tomber. La maison d’une nécromancienne, la nécromancienne elle-même… ça ressemble vraiment à ça ?

« Il y a un problème, Rose ? Ton corps de ménage me brutalisait, donc je me devais de riposter ! » répondit Grisia avec innocence.

« Il te brutalisait ? » Railla Rose. « Je pense que la vérité doit être l’exact opposé, non ? De toute évidence, tu as utilisé ta lumière sacrée pour l’attaquer sans hésiter, alors il n’a pas eu d’autres choix que de se défendre. Arrête de mentir comme un arracheur de dents, Grisia. J’ai vu tout ce qu’il s’est passé. »

« Si tu as vu tout ce qu’il s’est passé, pourquoi n’es-tu pas venue à ma rescousse ? Je me suis quasiment fait massacrer », la gronda Grisia.

« Comment oses-tu continuer à me parler ainsi ? C’était mon plus beau corps de ménage. Maintenant, il est retourné à la poussière, parce que tu l’as bombardé de ta lumière sacrée. Comment comptes-tu me rembourser… Ah ! Je sais, il y en a un encore plus beau et plus frais ici ! »

Les yeux de Rose se dirigèrent vers Chikus et un sourire malicieux s’épanouit sur son visage ; toutefois, une fois associé à la signification de ses paroles, son sourire ne pouvait que lui donner la chair de poule.

Grisia sourit largement dans l’instant suivant, et répondit à la chose « non humaine » qui était assise sur la chaise longue : « Rose, l’Apprenti-Chevalier de Flamme ne voulait vraiment, vraiment pas dire ça ! Il ne reviendra jamais pour essayer de te dénoncer. Même s’il le faisait, ce serait un geste inutile. Tu es la nécromancienne spécialement employée par l’Église, après tout ! Tu ne veux pas réellement t’opposer à l’Église, n’est-ce pas ? »

Quel discours ! Pour jouer à la fois le bon et le méchant. Le prochain Chevalier du Soleil est tellement amusant. Les jours à ses côtés pourraient ne pas être trop ennuyeux après tout. Rose sourit secrètement, mais en surface elle révéla une expression mécontente en répondant : « Ne mentionne pas l’Église pour me restreindre ! Je ne la crains pas. Si j’avais peur, vivrais-je encore ici ? Réfléchis à cela, Grisia. Pourquoi l’Église tolère-t-elle ma présence ici ? »

Grisia répondit franchement : « Parce que l’Église ne veut pas t’affronter directement… »

Entendant cela, l’expression de Chikus s’aigrit. Se pourrait-il que le Dieu de la Lumière à qui il avait juré sa loyauté et que l’Église du Dieu de la Lumière qu’il allait servir pendant trente ans craignent une simple nécromancienne ? Une flamme brulante de colère s’alluma dans son cœur. Ce genre de Dieu, ce genre d’Église, il n’y a rien de mal à l’abandonner !

« Mais, ça ne veut pas dire que l’Église a peur de toi ! »

Grisia se mit soudainement à crier : « C’est la capitale. Il y a ici beaucoup de citoyens. T’affronter directement causerait beaucoup de dommages collatéraux. Tu ne te préoccupes pas des citoyens ordinaires, mais l’Église ne peut pas se permettre d’être aussi négligente ! Tant que tu ne blesseras personne, l’Église tolèrera que tu vives ici. En revanche, ne va pas t’imaginer que tu peux faire tout ce dont tu as envie. Si tu as l’audace de commettre un crime haineux, l’Église du Dieu de la Lumière ne te laissera jamais t’en tirer comme ça ! Moi, Grisia, le prochain Chevalier du Soleil, j’en fais le serment ! »

L’air hagard, Chikus fixa Grisia, dont chacun des mots l’avait profondément stupéfié. Il n’avait jamais songé que l’Église pût avoir ce genre de notion… C’était donc uniquement pour ne pas blesser d’innocents ?

Après avoir entendu ces paroles, Rose se contenta de glousser et de répliquer cavalièrement : « C’est seulement l’Apprenti-Chevalier de Flamme. Ce n’est pas comme s’il s’agissait de l’un des Douze Chevaliers Sacrés en titre. L’Église pourrait ne pas réagir de manière inconsidérée, puisqu’ils ont déjà un chevalier de rechange en cas de problème. Grisia, il est extrêmement désobéissant. Pourquoi ne pas le remplacer par un autre ? Tu sais, je suis en train de t’aider en fait ! »

« Le remplacer ! Comment pourrais-je remplacer mon frère ? »

Après avoir hurlé ceci, Grisia articula en détachant chacun des mots les uns après les autres : « Si tu oses tuer mon Chevalier de Flamme, tu devras me tuer aussi, ou sinon je viendrai définitivement te détruire pour le venger ! »

Un garçon d’à peine quinze ans qui n’a évidemment pas la capacité de me blesser est réellement en train de discuter de me tuer ou pas ? C’était censé être très drôle, mais elle ne savait pas pourquoi elle avait d’un coup l’impression que…

Si je le tuais vraiment avec l’autre, il deviendrait probablement un Chevalier de la Mort, se relevant de la tombe pour venger son futur Chevalier de Flamme, n’est-ce pas ? Il est vraiment divertissant.

Rose leva la tête pour contempler Grisia. Elle était vraiment intriguée par le genre de Chevalier du Soleil que l’actuel Apprenti-Chevalier du Soleil deviendrait dans le futur.

Ses lèvres s’arquèrent en un fin sourire, la fillette ayant pris une décision dans son cœur.

 

 

Deux adolescents qui n’étaient ni des adultes ni des enfants marchaient vers le soleil couchant. Les cheveux de l’un des garçons étaient rouges comme les flammes, tandis que ceux de l’autre étaient aussi étincelants que le soleil.

« Grisia. » Chikus se figea et tourna la tête pour dire : « Merci d’être venu me secourir aujourd’hui. »

Grisia, qui était en train de lécher une sucette à la myrtille, baissa sa sucette, embarrassé, quand il aperçut l’expression très sérieuse de Chikus. Il répondit, tout aussi sincère : « Ce n’est rien ! Tu avais disparu depuis trois jours. Nous étions tous inquiets à ton sujet. Tout le monde te cherchait, particulièrement ton maître. Je crois qu’il n’a pas dormi pendant ces trois jours ! C’est par hasard que je suis tombé sur toi. En plus, Rose voulait seulement dix sucettes à la fraise et un beau cadavre en échange de te laisser partir. Donc, je n’ai pas fait grand-chose ! »

En entendant cela, Chikus examina Grisia, dont le visage était toujours couvert de coupures. Ces blessures avaient déjà été traitées par un sort de Soin Modéré, pourtant elles n’avaient pas entièrement disparu. De toute évidence, ces blessures étaient sérieuses.

Comment ce type, dont les compétences à l’épée sont réputées pour être complètement nulles, a-t-il vaincu cette créature des ténèbres ?

Chikus se tut pendant un bon moment. À l’instant où un Grisia confus était sur le point de l’interroger sur son regard fixe, Chikus se décida enfin à parler.

Détachant soigneusement chacun de ses mots, il dit : « Grisia, tu es mon Chevalier du Soleil, mon frère, le genre qui ne peut pas être remplacé non plus. »

Intrigué et perplexe, Grisia le regarda et déclara, comme une évidence : « Évidemment ! Sinon, que pourrais-je être d’autre ? »

Entendant sa réponse, Chikus éclata de rire.

« Rentrons, à présent ! » Lui rappela Grisia. « Ton maître paraissait très inquiet ! »

« D’accord. »

Ils s’éloignèrent de plus en plus. Seule leur conversation avançait lentement à la dérive.

« Est-ce que tu veux une sucette ? J’en ai à la myrtille, à la fraise et au chocolat. Quelle saveur préfères-tu ? »

« Qu’est-ce que tu racontes ? Je suis l’Apprenti-Chevalier de Flamme ! Je suis censé me gorger de viande et engloutir du vin. Pourquoi est-ce que je voudrais d’une sucette ? »

« Tu n’en veux pas ? Dans ce cas, Ecilan va être très triste. Il les a faites lui-même ! Fabriquer des confiseries est son passe-temps. Il m’a dit que son père était un célèbre pâtissier dans la cité ! »

« Les Chevaliers Sacrés de la faction du Chevalier du Jugement ne sont-ils pas censés être tes ennemis jurés ? »

« Ah ! C’est vrai, mais Lesus est une très bonne personne ! Il me défend contre ceux qui m’attaquent, m’achète des tartes à la myrtille, et se bat même contre les chiens qui me mordent ! »

« … »

« Donne m’en une au chocolat. »

Note de bas de page

1 grande sœur : En chinois, c’est « petite grande sœur ». Les Chinois ont des termes différents en fonction de si la sœur en question est plus âgée ou plus jeune que soi. La guérisseuse est ravie d’être appelée « petite grande sœur », ce qui met en avant à sa jeunesse.

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