Romance RPG : Partie 22

posted in: Romance RPG | 0

Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-two – traduit du chinois à l’anglais par XianBang[PR!]
Partie Vingt-Deux – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Meng sortit en quelque sorte timidement, une robe de bal rose en satin collant gentiment à son corps. Le matériau gracieux en satin rendait son apparence, qui était ordinairement trop mince, douce et charmante. Sa robe bouffante et sa coupe longue et simple de cheveux, additionnées à son rougissement timide, lui conféraient un air attachant. Bien qu’elle ne parût pas aussi magnifique que Marisa, elle dégageait une sorte différente d’attraction qui donnait involontairement envie aux gens de la protéger.

« Chaque femme sait comment se transformer. » L’Épée-Fantôme était choquée. Il pouvait à peine croire qu’elle était la même femme qui portait des pantoufles blanches et bleues et qui arborait la coupe de cheveux d’une vieille dame.

Meng était un peu nerveuse. Elle tira sur l’ourlet et ajusta le satin du corsage, puis s’enquit avec précaution : « Est-ce que ça a l’air bien ? Ça ne fait pas trop mignon ? »

Ce fut seulement après que Meng eut répété sa question à plusieurs reprises que l’Épée-Fantôme, qui la fixait intensément du regard, se rendit compte qu’elle lui parlait. Un peu embarrassé, il détourna les yeux et répondit négligemment : « Ça passe. Va avec ça. »

« Oh », lâcha Meng, la tête tombante. Elle retourna dans la cabine d’essayage pour enlever la robe. Quand elle sortit à nouveau, le vendeur se hâta de prendre la robe et commença à l’emballer. Lorsqu’il eut terminé, il se frotta les mains en disant vite : « Cette robe vous va très bien. Le prix est également raisonnable. C’est un choix judicieux de l’acheter. »

Quand elle entendit le mot « prix », les yeux de Meng s’agrandirent sur-le-champ, et elle demanda avec précaution : « Combien… combien coûte-t-elle ? »

Le commis du magasin sourit. « Cet article n’est pas de la nouvelle mode de cette année. Elle ne coûte pas cher. Elle vaut seulement quinze ducats d’or. Je ne demanderai pas de frais supplémentaires. »

Quinze ducats d’or ? Meng était un peu anxieuse. Elle courut jusqu’à son sac et fouilla dedans jusqu’à ce qu’elle trouve son porte-monnaie. Elle l’ouvrit, puis eut l’air perplexe.

« Combien y a-t-il de ducats d’argent dans un ducat d’or ? »

Le commis songea que c’était une question étrange, mais répondit tout de même consciencieusement : « Dix. »

L’expression de Meng devint un peu gênée. « Dans ce cas… un ducat d’argent vaut combien de ducats en cuivre ? »

« Dix. »

Meng fouilla dans son porte-monnaie et ensuite jeta agressivement son contenu sur la table. Parmi les nombreuses pièces qui en tombèrent, la plupart était en cuivre, quelques-unes étaient en argent, mais seulement trois étaient en or. Meng fit le total de ses biens avec précaution. Ils s’additionnaient seulement à cinq ducats d’or et à huit ducats d’argent, un déficit de près de neuf ducats d’or, même en ignorant complètement le fait que Meng et l’Épée-Fantôme auraient besoin d’acheter de la nourriture.

« Pas assez d’argent… » Meng déclara la dure vérité, déprimée.

L’Épée-Fantôme était choquée, lui aussi. Il avait tout pris en considération à part le gros problème de l’argent. Ayant besoin d’argent, que pouvait même faire une épée comme lui ? Se vendre ? Ils seraient d’abord obligés de trouver quelqu’un qui voulût l’acheter !

Le vendeur révéla une expression d’incrédulité. Il n’aurait jamais imaginé que les deux personnes qui étaient entrées avec confiance dans la boutique de vêtements pour acheter une robe pouvaient seulement à peine avoir cinq ducats d’or sur eux. La robe rose, exactement comme il l’avait affirmé, ne pouvait pas être considérée comme dispendieuse. Comparée aux robes sur-mesure commandées par les femmes nobles, celle-ci était à un prix complètement avantageux.

« C’est… Je n’ai pas de solution, moi non plus. Il vous manque trop d’argent. » Le commis de la boutique n’était pas fâché, mais il avait en effet l’air troublé.

Le sentiment de malaise était si intense que l’Épée-Fantôme ne savait pas quoi faire. Ils n’avaient pas assez d’argent, mais Meng ne pouvait pas se retrouver sans robe. Si elle n’en avait pas, comment pourrait-elle assister au bal ?

Toutefois, Meng ne demanda pas de conseil à l’Épée-Fantôme. À la place, elle demanda timidement au vendeur : « Puis… puis-je travailler ici pour régler le solde de la robe ? »

Le commis de magasin eut l’air un peu gêné. L’Épée-Fantôme hésita pendant un instant, puis réalisa que l’idée de Meng était une excellente solution. Il poursuivit instantanément : « Oui, oui. S’il-vous-plaît ! Vous avez vu à quel point la robe va bien à ma demoiselle. Notre famille éprouve des problèmes financiers, mais, vous savez, il est probable que cette fille ne puisse assister qu’à ce seul bal de toute sa vie. Je vous en prie, aidez-nous. »

Le vendeur fronça encore plus les sourcils, hésitant pendant une éternité. Il avoua finalement : « C’est… eh bien, je ne suis pas le propriétaire. Je ne peux pas prendre cette décision. Pourquoi ne reviendriez-vous pas demain matin pour demander au patron ? »

« Ah… » Meng afficha une expression un tantinet déçue, toucha la boite de la robe à côté d’elle avec mélancolie.

Les clochettes près de la porte sonnèrent alors que la porte s’ouvrait. Trois hommes portant des manteaux à capuchon entrèrent. Le plus important d’entre eux aperçut Meng, émit un son surpris, et abaissa son capuchon.

Les yeux du commis s’illuminèrent, et il salua respectueusement : « Prince Édouard, vous êtes là. »

Prince ? Le dos de Meng se raidit. Elle n’osa pas se retourner.

Édouard, cependant, s’approcha et remarqua l’épée avec des yeux et une bouche ainsi que la tenue familière de Meng. Édouard cligna des yeux et s’enquit : « C’est vous ? La demoiselle qui a escaladé le mur du palais ? »

Lorsqu’elle entendit la question du prince, Meng ne put que serrer les dents et se retourner, en souriant avec raideur. Comme elle faisait face à Édouard, elle ressentit un indescriptible sentiment d’embarras. Elle venait à peine d’échapper à une autre personne possédant ce visage, fuyant comme une réfugiée. Néanmoins, elle n’arrivait pas à déterminer pourquoi elle avait eu envie de s’enfuir. N’était-elle tout de même pas obligée de docilement aller le voir le lendemain ? Après tout, elle était son agente.

« Vous avez changé votre coiffure », s’aperçut Édouard avec surprise. « Elle vous va à ravir. »

En entendant le compliment d’Édouard, Meng ne put s’empêcher de rougir alors qu’elle demandait avec incertitude : « V-vraiment ? »

« Oui », déclara honnêtement Édouard.

Le visage de Meng devint encore plus rouge, se baissant vers sa poitrine.

L’atmosphère devint un peu embarrassante, mais Édouard paraissait ne pas en avoir conscience, tandis qu’il discutait. « Êtes-vous ici pour acheter des vêtements formels vous aussi ? Cette boutique est très bien. Je l’aime beaucoup. Avez-vous déjà choisi une robe à votre goût ? »

« Nous en avons sélectionné une, mais nous n’avons pas assez d’argent », intervint vite l’Épée-Fantôme. Après tout, la personne devant eux appartenait à la royauté, alors le coût d’une simple robe était sûrement une bagatelle. Il décida de faire en sorte que le prince payât l’addition. C’est de sa faute pour avoir utilisé mon visage et avoir même flirté avec ma copine… Non ! À quoi est-ce que je pense ? L’Épée-Fantôme secoua la tête avec l’intention de se débarrasser de cette étrange pensée. Évidemment, ne possédant qu’un corps sans tête, il ne faisait en réalité que rouler des yeux.

Romance RPG : Partie 21

posted in: Romance RPG | 0

Romance RPG

Roman d’origine en chinois par :


Part Twenty-one – traduit du chinois à l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Vingt-et-un – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Le commis avait clairement été surpris par l’épée. Il fixa du regard, les yeux écarquillés, l’Épée-Fantôme pendant un certain temps. Ce fut seulement après que l’Épée-Fantôme le lui eut demandé une nouvelle fois qu’il sortit de sa stupeur. L’air désolé, il lui apprit : « Je suis vraiment navré. La robe à l’extérieure a été réservée par la fille du duc Biggs, mademoiselle Marisa. »

L’Épée-Fantôme et Meng restèrent tous les deux stupéfaits. Ils ne s’attendaient pas à entendre un nom familier ici. Le duc Biggs et Marisa ne sont-ils pas le père et la fille qu’on a vus au palais ?

L’Épée-Fantôme n’aurait jamais songé que le paon réserverait en fait une robe aussi pure et simple. Se pourrait-il qu’elle ne veuille pas être un paon, mais plutôt une colombe ?

« Tout le monde sait que Son Altesse, le prince Édouard, aime le blanc et favorise les vêtements avec des lignes simples et fluides. À ce bal, chaque jeune femme va porter la couleur blanc angélique, et le style des tenues sera simpliste. Ça a été très difficile pour nous de devoir en concevoir une centaine. Chaque robe doit être aussi simple que possible, et tout ce que le concepteur voit chaque jour est du blanc. Bien que chaque robe doive être simple, chacune d’elle doit aussi être différente. Des larmes sont sur le point de tomber de ses yeux à force de les créer. » Le vendeur grimaça.

« Une centaine ? » L’Épée-Fantôme dressa l’oreille alors qu’il écoutait, en imaginant simultanément la scène. Plusieurs centaines de femmes toutes vêtues de blanc… Ça ressemblerait probablement à une danse tenue dans un hôpital, pleine d’infirmières courant dans tous les sens.

« Épée-Fantôme, est-ce qu’on devrait aussi chercher une robe blanche ? » questionna Meng d’une petite voix.

« Non ! » s’écria soudainement l’Épée-Fantôme. Meng n’était pas très tape-à-l’œil pour commencer. Si elle porte la même couleur que tout le monde, est-ce qu’elle ne va pas se fondre dans la foule ? Il demanda immédiatement : « Monsieur le vendeur, avez-vous d’autres couleurs ? Nous sommes dans un besoin urgent. »

Choqué, l’employé du magasin répondit à la hâte : « O-oui. Beaucoup. Récemment, chaque couleur autre que le blanc a eu des ventes médiocres. Je pense que nous avons du bleu, du rouge, de l’orange, du vert, du rose… »

« Du rose et du bleu », décida l’Épée-Fantôme en un instant.

Le vendeur acquiesça et ouvrit immédiatement une armoire sur le côté. À l’intérieur, il y avait de nombreuses robes. Il sortit une robe bleu ciel et une robe rose pâle. La robe bleu ciel était du même style que la blanche dans la vitrine extérieure. Elles étaient toutes les deux des robes de bal sirène, mais la bleue était un peu plus complexe, avec un collier en forme de fleur. La robe rose avait une jupe à volants faite avec un tissu léger transparent et un corsage garni de plusieurs perles disposées en forme de petites fleurs.

L’Épée-Fantôme étaient encore en train de décider entre l’élégante robe bleue et l’adorable robe rose, lorsque Meng tira un peu sur l’Épée-Fantôme, en déclarant tranquillement : « Je-j’aime la rose. »

L’Épée-Fantôme regarda Meng avec surprise. C’était la première fois qu’elle exprimait une opinion sur la mode. Sentant que c’était un bon début, l’Épée-Fantôme signala immédiatement à l’employé du magasin d’apporter la robe rose. Rougissante, Meng prit la robe de bal en même temps qu’elle remettait l’Épée-Fantôme au commis, et entra dans la cabine d’essayage.

« Cette fille est vraiment rafraîchissante. Elle semble être le type que le Prince Édouard préfère », commenta tout à coup le vendeur.

L’Épée-Fantôme jeta un coup d’œil à l’employé du magasin, et le questionna d’un ton quelque peu dédaigneux : « Comment pouvez-vous savoir quel type de femme le Prince Édouard préfère ? Vous vous connaissez bien tous les deux ? »

L’Épée-Fantôme avait seulement songé à un peu ridiculiser le vendeur et ne s’était jamais attendu à ce que l’employé du magasin lui réponde avec désinvolture : « Naturellement. Nous nous sommes rencontrés il y a dix ans. Le Prince Édouard n’aimait pas le tailleur royal et estimait que les vêtements que celui-ci confectionnait étaient trop élaborés. Il est parti par lui-même à la recherche de vêtements et a tout de suite pris goût aux nôtres. Depuis lors, toutes les tenues de cérémonie du prince ont été fabriquées par nous. »

Les yeux de l’Épée-Fantôme s’agrandirent. Quelle coïncidence !

Le commis de magasin lança un regard à l’Épée-Fantôme et expliqua : « Sinon, croyez-vous que la famille d’un illustre duc ne posséderait pas son propre tailleur exclusif, et daignerait visiter notre boutique de vêtements ? Ne prenez pas notre boutique à la légère. La quasi-totalité de ces centaines de filles qui ont commandé des robes sur mesure appartient à la noblesse. Tout le monde sait que les vêtements de Son Altesse Royale sont conçus par nous. »

Le vendeur regarda soudainement à gauche et à droite, puis annonça secrètement à l’Épée-Fantôme : « Je vous en prie, ne dites pas que je ne me suis pas occupé de votre cas. Restez un peu plus longtemps. Tout le monde croit que Son Altesse Royale a déjà envoyé quelqu’un pour ramasser son costume, mais ce n’est pas réellement le cas. Son Altesse Royale vient toujours en personne. Afin d’éviter les foules, il passe habituellement très tard et, en plus, il a commandé de nombreux vêtements cette fois. Il a même fait fabriquer des vêtements décontractés. Discuter du design et les essayer va probablement prendre plusieurs voyages. »

Les yeux de l’Épée-Fantôme étincelèrent. C’est vraiment une excellente nouvelle. Quelle meilleure occasion pour rencontrer le prince ?

« Épée-Fantôme… »

L’Épée-Fantôme regarda dans sa direction. Meng sortit timidement la tête de derrière le rideau, complètement réticente à montrer quoi que ce soit d’autre.

« Dépêche-toi de sortir », l’exhorta l’Épée-Fantôme.

Mise à jour : Août 2017

posted in: Toutes Les Mises à jour | 1
Chapitres d’Août
  1. Romance RPG : Partie 21
  2. Romance RPG : Partie 22
  3. Prince T5C5 : Les Broutilles Quotidiennes d’Un Homme
  4. Prince T5C6 : Le Suzerain Sanguinaire
  5. La Reine Guerrière TP1C3 : Lumière et Ténèbres Partie 3
  6. La Légende du Chevalier du Soleil T4C4 : Recrute de Puissants Assistants
  7. La Légende du Chevalier du Soleil T4C5 : Abats Divers Obstacles Durant Ton Voyage
  8. La Légende du Chevalier du Soleil T4C6 : Vaincs Tes Ennemis En Chemin
  9. La Légende du Chevalier du Soleil T4C7 : Choisis Tes Compagnons Pour Tuer Un Dragon
  10. La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle #2 : La Vérité Cachée

Voilà, voilà !

Vous allez avoir droit à dix chapitres ce mois-ci, ça inclut ceux du mois de juillet que nous n’avons malheureusement pas eu le temps de publier le mois dernier.

J’espère que vous êtes contents et contentes au moins !

La Légende du Chevalier du Soleil T4C3 : Collecte des Fonds pour le Voyage

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : (Yu Wo)


Chapter 3: Raise Funds for the Journey – traduit du chinois à l’anglais par bleachpanda[PR!]
Chapitre 3 : Collecte Des Fonds Pour Le Voyage – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par LuluHime

Lorsque je retournai à la boutique d’armes, Igor était déjà parti. Il est sans doute devenu impatient et n’en pouvait simplement plus d’attendre, j’imagine ? Je m’empressai de rentrer à l’auberge. Comme je le pensais, tout le monde était déjà là au moment où j’ouvris la porte, incluant Igor qui m’avait laissé derrière.

« Où étais-tu passé ? » s’enquit Igor avec désintérêt, à l’instant où il me vit.

Je l’ignorai. Quand j’y réfléchis bien, je sentis que les femmes devraient être plus perceptives et meilleures que les hommes pour deviner quel âge avait une personne. Je me tournai vers Sybil et lui demandai : « Sybil, quel âge ai-je l’air d’avoir ? »

Sybil, qui était en train de nettoyer son filet, son lasso et d’autres trucs, se figea sur place pendant un instant. Même les autres cessèrent ce qu’ils faisaient et levèrent la tête pour me regarder.

J’observai Sybil avec un grand sérieux pendant un moment. Puis, elle se mit également à scruter mon visage avec attention en l’examinant de plus près. Finalement, avec un air confiant, elle devina : « Autour de vingt-trois ou vingt-quatre ans. Vingt-cinq ans, tout au plus. Tu ne peux pas être plus vieux que ça. »

Impossible… Je continuai à me renseigner davantage : « Est-il possible que je n’aie que dix-huit ans ? »

« Aucune chance ! » Sybil rejeta cette possibilité immédiatement.

Comment peut-il n’y avoir aucune chance que ce soit possible… Je me retournai, en demandant à Yuna, mon dernier espoir : « Yuna, qu’en penses-tu ? »

Yuna répondit inexplicablement : « Je pense que ce que Sybil a dit est exact ! Tu devrais être âgé d’environ vingt-trois ou vingt-quatre ans. »

Je tombai silencieux.

Ainsi, je suis âgé de vingt-trois ou vingt-quatre ans, voire même peut-être vingt-cinq, et je suis encore puceau… C’est encore plus difficile à accepter que l’idée que je sois une mauvaise personne !

« Grisia ? » Yuna me questionna gentiment : « Crois-tu être plus jeune que ce que nous disons ? Ne t’inquiète pas ! Il y a inévitablement des gens qui ont l’air plus mature que leur âge. Cependant, dix-huit ans, ça semble un peu trop tiré par les cheveux. Peut-être que tu as vingt ans… »

« Ah ! » s’exclama soudainement Sybil, en regardant en direction de la porte.

Il se trouva que la licorne que j’avais cachée à l’extérieur n’en pouvait plus d’attendre et était entrée. Elle trotta même tout le chemin jusqu’à mes côtés. Elle semblait se déplacer de façon plutôt raide et gardait un œil méfiant sur mes camarades autour.

« Comment l’as-tu trouvée ? » Tout le monde était extrêmement surpris, bien que leur joie l’éclipsât.

Moi, en revanche, je n’étais pas du tout ravi. Je répondis avec découragement : « Je ne l’ai pas trouvée. C’est elle qui m’a trouvé. »

Après que j’eus parlé, Sybil et Yuna allèrent se placer devant elle. Elles ne purent pas résister à l’envie de tendre la main pour essayer de toucher la licorne. Cependant, celle-ci les évita et vint se cacher à côté de moi. Elle se servit désespérément de sa tête pour se frotter contre moi, probablement parce que les actions de Sybil et Yuna l’avaient fait se sentir inconfortable et en danger. Elle frappa à répétition ses sabots sur le plancher et renifla profondément à travers son nez. Voyant cette situation, je ne pus que lui frotter la tête machinalement pour l’apaiser.

Je frottai… et frottai… Pourquoi est-ce que tout le monde a figé…?

Igor demanda, sidéré : « Les licornes ne touchent-elles pas uniquement les vierges ? »

Je devins raide. Je tentai sur-le-champ de le nier. « Je ne suis pas puceau ! …Ah ! »

C’en est fait de moi !

Ils restèrent tous stupéfaits. Ils tournèrent la tête pour me regarder, puis se remirent à contempler la licorne.

Comme la licorne n’était pas réconfortée par le frottement de ma main, elle devint instantanément mécontente. Elle se mit désespérément à frotter sa tête contre mon bras avec insatisfaction. J’essayai de la repousser de mon mieux, mais, en fin de compte, la force d’un humain ne pouvait pas rivaliser avec celle d’un cheval. L’animal ne voulait pas arrêter de frotter sa tête contre ma hanche. Imbécile de cheval !

À ce stade, Sybil fut la première à glousser pour ensuite éclater de rire.

Igor ne s’arrêta pas un instant pour songer à épargner mes sentiments et se tenait déjà l’estomac en rugissant de rire.

Woodrow tenta très fort de se retenir de rigoler, réprimant son envie au point d’en déformer son visage. Cependant, au final, il éclata tout de même de rire.

Iacchi afficha un visage rempli de sympathie. Il me tapota l’épaule, en essayant de me réconforter. « Peut-être que d’avoir perdu tes souvenirs est une bonne chose après tout, mon camarade. Hahaha ! Un puceau de vingt-cinq ans… Hahahahahahaha ! »

Mais, après m’avoir réconforté, son explosion de rires sonna comme si cent gongs se mettaient à résonner bruyamment en même temps… Par chance, cette fois-ci j’étais préparé ; je me couvris les oreilles avant son rire. Toutefois, comme les autres étaient en train de rire, ils ne réagirent pas assez vite, et ne purent se couvrir les oreilles à temps. Chaque personne fut secouée au point d’avoir la migraine et donnait l’impression que sa tête s’apprêtait à exploser.

Hmph ! C’est bien fait pour eux !

Après qu’Iacchi eut enfin terminé de rire, je rétorquai immédiatement : « Comment cela “vingt-cinq ans” ? D’après l’estimation de Sybil, il est possible que je n’aie que vingt-trois ans ! Yuna a même affirmé que j’avais peut-être vingt ans ! C’est exact ! Je n’ai forcément que vingt ans ! »

À cet instant, la licorne se mit tout à coup à me lécher la main… que je retirai instantanément et lui donnai une claque sur la tête. Bien que Sybil et Yuna fussent toujours en train de se remettre de leurs maux de tête, elles furent toutes les deux surprises de ma réaction subite. Néanmoins, cet imbécile de cheval ne fut pas du tout blessé ou indisposé ! En plus, il continua de me pousser la hanche… Incroyable !

Imbécile de cheval qui n’aime que les vierges ! Éloigne-toi de moi !

Je ne suis absolument pas puceau !

 

 

« Puisque Grisia a déjà ramené la licorne… Pfft ! Hahahahaha! »

Sybil essaya de se mettre à parler avec sérieux, uniquement pour échouer au milieu de sa phrase et se mettre à rire aux éclats. Elle riait tant que des larmes sortirent de ses yeux jusqu’à ce qu’il ne lui fût plus possible de parler. Cela fit redémarrer le fou rire d’Igor, et je me couvris rapidement les oreilles… Finalement, Iacchi n’éclata pas de rire ; à la place, il arbora un sourire très obscène. Il posa son bras autour de mon épaule et déclara : « Ne dis pas que je n’ai pas pris soin de toi ! La prochaine fois, je vais t’emmener pour faire l’expérience de la vraie affaire afin que tu puisses te retirer l’étiquette de puceau, héhéhéhé ! »

« Je ne suis pas puceau ! » protestai-je avec véhémence.

Après m’avoir entendu le nier, Iacchi se contenta de sourire, en lâchant un « héhéhé » et en n’ajoutant rien d’autre. Enflure !

Woodrow poursuivit notre conversation : « À présent que nous avons la licorne, allons chercher la récompense ! Nous ne devrions pas perdre de temps, autrement, si d’autres équipes essaient de s’en emparer par la force, nous allons avoir des problèmes. »

« Aller chercher quelle récompense !? Je rejette cette proposition ! » répondis-je avec aigreur.

« Ne sois pas fâché, Grisia. » Woodrow afficha un sourire forcé : « Nous n’avons pas fait exprès de nous moquer de toi ; nous ne faisions que plaisanter. »

« Je ne suis pas en colère. » Je souris un peu, en expliquant : « Je ne suis vraiment pas d’accord pour aller récupérer la récompense. »

Le rire de Sybil s’interrompit subitement, Woodrow tomba silencieux, Igor se gratta la tête, et Yuna était totalement confuse.

« Tu… ne songes pas à la garder comme monture, n’est-ce pas ? » s’enquit prudemment Igor.

Alors qu’Igor me posait la question, il se plaça comme s’il était sur le point de courir vers moi pour se saisir fermement de la licorne, juste au cas où j’essayerais de la monopoliser. Toutefois, la licorne se tenait solidement à mes côtés. Chaque fois que quelqu’un d’autre que moi essayait de s’en approcher, la corne sur sa tête, qui brillait déjà l’origine avec de la lumière sacrée, relâchait une lumière encore plus forte.

Alors, même si Igor s’était déjà positionné, il n’osa pas s’approcher.

« Je suis un guérisseur et non un chevalier, alors pourquoi garderais-je subitement un cheval sans aucune raison ? »

Je roulai des yeux à l’intention d’Igor, puis m’expliquai auprès de tout le monde. « Écoutez-moi bien. Étant donné que la Guilde des Aventuriers est encline à offrir cinq cent ducats d’or en récompense pour cette licorne, que croyez-vous que cela signifie ? »

« La licorne vaut beaucoup plus que cinq cent ducats d’or… »

Après que Woodrow eut répondu, il hésita pendant un moment, et ensuite continua en disant : « Nous comprenons, mais aucun groupe normal tenterait de discrètement glisser la licorne hors de la cité, parce qu’il y a des membres de la Guilde des Aventuriers qui gardent chacune des portes. Qui plus est, que l’on réussisse ou pas, il nous sera alors interdit d’interagir avec la guilde dans le futur, et nos têtes pourraient même être mises à prix ! »

« Dans ce cas, tant que nous ne laissons pas la guilde découvrir qu’il s’agit de nous, tout devrait bien aller, vous ne croyez pas ? » proposai-je naturellement.

« Comment serait-il possible que nous ne soyons pas découverts ? » Yuna me reprocha avec colère : « Grisia, tu fais encore n’importe quoi. »

Je fais n’importe quoi ? Je fus déconcerté pendant un instant. Pourquoi cela sonne-t-il si familier…? Il ne peut possiblement pas y avoir quelqu’un d’autre qui me répète tout le temps de cesser de faire n’importe quoi, n’est-ce pas ?

« Attendez, ça pourrait être possible ! » s’exclama Iacchi, en interrompant la conversation. « Nous pouvons nous déguiser pour le faire. »

« Nous déguiser ? » murmura Woodrow.

Nous déguiser ? Je fus stupéfait l’espace d’une seconde. Fait-il référence à l’idée d’utiliser d’autres éléments pour masquer notre apparence ? Malgré le fait que ce que je voulusse dire était quelque chose de similaire, je ne savais pas que cela s’appelait « se déguiser ».

« On ne peut pas faire ça ! » Yuna s’y opposa fortement, en me fusillant du regard et en s’écriant avec franchise : « On ne peut pas commettre de crimes. Grisia, tu es un guérisseur du Dieu de la Lumière. »

L’indécision combattit dans les yeux de Sybil, mais, quand elle jeta un coup d’œil à Yuna et vit son visage enragé, elle ne put qu’articuler avec hésitation : « Oui… Ça ne semble pas très convenable… »

Woodrow jeta également un coup d’œil en direction de Yuna, puis secoua la tête en déclarant : « On ne peut pas. On ne peut tout simplement pas. »

Je ne me souciais guère que tout le monde parlât contre moi. Je me tournai vers Iacchi, lui demandant carrément : « Iacchi, combien vaut la licorne ? »

Iacchi hésita une minute. Il traînassa, en disant : « On raconte que la Guilde des Aventuriers veut offrir la licorne à l’Aigle Silencieux de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. Ils n’ont pas l’intention de la vendre. Cependant, si elle devait être vendue, d’après certaines informations provenant de quelques marchés de ventes aux enchères, c’est au minimum…au minimum… »

Tous tendirent l’oreille pour entendre le reste. Je fis exprès de hausser la voix sur le dernier mot, en le questionnant : « Au minimuuum ? »

« Au minimum cinq mille ducats d’or comme offre de départ. »

Je me retournai en une fraction de seconde, en me jetant au collet d’Iacchi, et hurlai avec alarme : « CINQ MILLE DUCATS D’OR !?!? »

Iacchi fut pris au dépourvu et répliqua en retour : « Je croyais que tu le savais ? »

Comment aurais-je pu le savoir !

J’ai seulement deviné que cet imbécile de cheval vaudrait assurément son pesant d’or, mais qui aurait pu savoir qu’il avait à ce point de la valeur ? Cinq mille ducats d’or ! C’est plus que dix fois le montant de la récompense offerte par la Guilde des Aventuriers ! Sans oublier de mentionner que ce prix n’est que le « minimum » !

« Cinq mille ducats d’or… »

J’essayai très fort d’imaginer à quoi cinq mille ducats d’or ressembleraient, seulement pour me rendre compte que je ne possédais aucun concept de ce montant de ducats d’or… Oubliez cinq mille ducats d’or ; je n’arrivais même pas à imaginer à quoi pouvaient ressembler mille ducats d’or !

Se pourrait-il… ? Se pourrait-il que je fusse extrêmement pauvre par le passé ?

« C-c-cinq mille ducats d’or… Ça fait tellement d’argent ! » couina Sybil.

« Cinq mille… Même le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre dont j’ai toujours rêvé ne coûte que trois mille ducats d’or », marmonna Yuna pour elle-même.

Après cela, tout le monde regarda avec indécision en direction du leader actuel du groupe : Woodrow. On pouvait voir sur son visage qu’il était lui-même très hésitant. Remarquant que tout le monde l’observait, il dit rapidement : « Ne me regardez pas… Je ne suis pas celui qui l’a suggéré… Si vous devez regarder quelqu’un, regardez Grisia ! »

À l’unisson, tout le monde tourna la tête et me contempla. En premier, je révélai un sourire chaleureux pour apaiser leur anxiété et leur malaise, et ensuite j’ouvris lentement la bouche pour affirmer : « Pour la licorne, il devrait peu lui importer de savoir à qui elle sera vendue, étant donné que cela revient au même, n’est-ce pas ? En plus, regardez tous, elle a l’air de tellement m’aimer qu’elle préférerait forcément rester à mes côtés plutôt que de retourner à la Guilde des Aventuriers, non ? Si nous l’emmenions avec nous, elle serait incontestablement plus heureuse de rester avec moi plus longtemps. Par égard pour la licorne, ne ferions-nous pas une bonne action envers elle également ? »

Je frottai la tête de la licorne en me penchant, tandis que je souriais, et lui dis : « N’ai-je pas raison ? Mignonne petite licorne. »

Cet imbécile de cheval se mit avec persistance à me lécher le visage sans se retenir, laissant mon visage recouvert de salive… Je me demande si la salive de licorne vaut quoi que ce soit… En me basant sur sa valeur de cinq mille ducats d’or, il est possible que même sa salive puisse être vendue pour un ducat d’or !

« C’est vrai. La licorne a vraiment l’air de t’apprécier », admit Woodrow en hochant la tête.

Yuna le fusilla du regard avec véhémence et décréta, mécontente : « Woodrow, n’écoute pas les inepties de Grisia ! »

Iacchi avait déjà commencé à calculer : « Cinq cents devenant cinq mille… Dans ce cas, ça veut dire que chaque personne va obtenir cinq cents ducats d’or… »

« Sais-tu au moins comment calculer ? » Je fis le calcul avec impatience : « Quand vous enlevez 20 % de cinq mille ducats d’or pour ma part, et que vous soustrayez ensuite 20 % du reste pour les dépenses du groupe avant de diviser tout ce qui reste en parts égales entre vous cinq, cela devrait égaler six cent quarante ducats d’or chacun. Évidemment, si vous souhaitez réellement me donner cent ducats d’or en extra, cela ne me dérange pas vraiment. »

« Tu as déjà pris mille ducats d’or pour toi ! Et toi, tu veux toujours me soutirer de l’argent ? » Iacchi décréta avec découragement : « Tu es encore plus fait pour être un voleur que moi ! »

« Six cent quarante ducats d’or ! » Le visage de Sybil s’éclairait déjà avec un accord complet.

D’un autre côté, Yuna révéla une expression de vertige. Elle continua de marmonner : « Le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre… Je ne peux pas commettre de crimes… Le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre… »

Voyant que tout le monde avait l’air plutôt indécis, je poussai l’affaire un peu plus loin, en déclarant : « Comme la licorne va être contente, et que je vais être content, et que vous allez tout être contents, cela rend tout le monde content. Pourquoi ne devrions-nous pas le faire ? »

Pour ce qui est de la Guilde des Aventuriers et de l’Aigle Silencieux qui aurait dû avoir reçu la licorne… Je présume qu’ils ne seront pas contents, hein ? Toutefois, cela ne me concerne pas, étant donné que ce n’est pas comme si je les connaissais.

Tout le monde me regarda. Bien que leurs expressions montrassent à quel point ils hésitaient dans leur cœur, ils savaient également que ce n’était pas bien, ce qui les faisaient se battre intérieurement. Yuna, en particulier, continua à se marmonner à elle-même au sujet du Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre et de commettre des crimes… À la fin, ses marmonnements ne continrent que le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre. Dieu seul sait où les mots « commettre des crimes » avaient été jetés…

En fin de compte, alors qu’elle tremblait, elle déclara : « Grisia, tu… tu n’es définitivement pas un guérisseur de l’Église du Dieu de la Lumière… À coup sûr, tu es un démon ! »

« Pourquoi dis-tu cela ? »

Je relâchai mon sourire le plus éclatant, et employai mon ton le plus innocent pour affirmer : « Tu vois ? Même la licorne m’adore ! À ses yeux, je suis vraiment le guérisseur du Dieu de la Lumière le plus aimant et le plus compatissant qui soit ! »

« Ce que nous voyons est assurément un démon… »

Sur le côté, Woodrow murmurait dans sa barbe : « Le niveau de ce démon est si élevé que même la licorne ne peut s’empêcher de remuer la queue et de ramper devant lui. »

J’ignorai automatiquement les paroles de Woodrow et fis face à tout le monde, leur demandant : « Si personne ne préfère les cinq cents ducats d’or aux cinq mille ducats d’or, dans ce cas nous devrions commencer à discuter de stratégies. Après tout, la licorne ne peut pas rester cachée ici éternellement sans être découverte par d’autres. »

Tous gardèrent le silence. Néanmoins, ils ne s’opposèrent pas à ce que j’avais dit. Il semblerait qu’ils aient tous succombé à l’appel des cinq mille ducats d’or.

Je levai l’index et poursuivis. « Premièrement, le problème auquel vous devez tous songer est de savoir comment sortir la licorne incognito. »

« Attends ! Attends ! Que veux-tu dire par le problème auquel “vous” devez tous songer ? » me questionna immédiatement Sybil, insatisfaite. « Si c’est nous qui devons réfléchir à la solution, alors de quoi es-tu responsable ? »

J’écartai avec impuissance les bras devant moi, en lui rappelant : « Je ne suis qu’un amnésique, après tout. Depuis l’instant où je me suis réveillé dans le présent, je ne me suis pas servi d’une seule compétence de guérisseur. Je veux d’abord tester mes capacités, juste au cas où je serais dans l’impossibilité d’aider au moment le plus crucial, et puisse même possiblement m’avérer être un boulet pour tout le monde. »

En entendant ceci, Sybil lâcha une sorte de « oh » réticent. Tous acquiescèrent également d’un signe de tête.

« Grisia, essaie de voir si tu peux lancer le sort des Ailes de Dieu. C’est pour augmenter la vitesse ; ça devrait s’avérer plutôt utile quand nous sortirons furtivement la licorne hors de la ville », me donna Yuna comme instruction. « Les sorts du Bouclier de Lumière et des Ailes de Dieu ont chacun différents effets et différentes utilisations. Le premier sert à se défendre contre les attaques physiques et l’autre augmente la vitesse. Les prêtres-guerriers, qui se spécialisent dans l’amplification des capacités au combat, ne sont pas très doués dans ce département. Cependant, le sort des Ailes de Dieu est un sort sacré plutôt difficile à effectuer. Hormis l’utilisation de l’élément sacré, il nécessite qu’on emploie également l’élément du vent. Par conséquent, ce ne sont pas tous les guérisseurs qui sont en mesure de lancer le sort. Alors, ce n’est pas grave si tu ne parviens pas à le lancer. »

Je haussai les épaules et déclarai à ce moment-là : « Je ferai de mon mieux pour essayer. »

« En premier, tente de rassembler l’élément de la lumière ! » m’instruisit Yuna.

Ce n’était pas un problème pour moi, étant donné que l’élément sacré se rassemblait toujours autour de moi en grandes quantités. J’avais simplement besoin de bouger la main, et l’élément sacré serait continuellement attiré par elle.

À cet instant-là, personne ne discutait plus de comment s’enfuir de la cité. Au contraire, ils observaient tous ma main, ahuris. Je regardai à gauche et à droite et choisis de relâcher le sort sur Igor, qui avait osé ne pas m’attendre au point de rencontre plus tôt, en hurlant : « Bouclier de Lumière ! »

Yuna soupira, en affirmant : « Ça ne fonctionne pas comme ça, Grisia. Tu dois d’abord réciter l’incantation… »

Après que l’aura de lumière eût entouré Igor, je me mis à réfléchir. Si nous l’employons à des fins de défense, dans ce cas l’élément sacré devrait être plus fermement lié ensemble…? Par conséquent, je recouvris l’aura de lumière d’une couche après l’autre avant de la compresser en une large et mince couverture. Par la suite, je me servis de cette large et mince couverture pour « enrouler » Igor. C’était exactement comme s’il portait une couche d’armure aussi mince que du papier.

Yuna poussa soudainement un petit cri : « Oh mon dieu… »

« Quoi ? Que s’est-il passé !? » s’écria Igor avec détresse. Il hurla de façon extrêmement nerveuse : « Yuna ? Ne me dis pas qu’il a fait quelque chose de travers ? Grisia ! Qu’est-ce que tu as foutu cette fois !? »

J’étais également sous le choc. Je n’ai pas réellement fait quelque chose de travers, n’est-ce pas? Mais, en regardant Igor, il n’a pas l’air d’y avoir quelque chose qui cloche chez lui, non ?

Yuna ne répondit pas à Igor et s’exclama tout à coup à la place : « Iacchi ! »

« Oui ? » glapit le voleur, aussi choqué que tous les autres.

À cet instant-là, tel un vrai leader, Yuna lui ordonna : « Attaque Igor. »

« Hein ? » Iacchi était stupéfait. En fait, tout le monde était abasourdi.

« Dépêche-toi ! »

Le visage tout entier d’Iacchi montrait à quel point il était perplexe et confus, mais sous la pression continuelle de Yuna, il décida de l’écouter. Alors qu’il était sur le point de lancer un coup de poing à Igor qui s’était déjà résigné à se faire frapper, Yuna lui commanda : « N’utilise pas tes poings ! Sers-toi d’une arme pour attaquer ! »

« Yuna… » pleurnicha Igor, sur le point de pleurer.

Iacchi se mit finalement à hésiter. Il baissa les poings, affichant une expression qui voulait dire : « Je n’ose pas. »

À ce moment-là, Woodrow leva tout d’un coup les yeux vers le ciel et rugit. Et ensuite… et ensuite… il commença à se transformer… De la fourrure poussa sur son corps, ses mains se changèrent en immenses pattes, et la vue des cinq griffes noires sur sa main fit même se redresser les cheveux sur ma tête. Si je devais me faire frapper par cette main, je cracherais définitivement un paquet de choses…

En fin de compte, Woodrow se métamorphosa en ours… Il était devenu un gros ours noir qui se tenait debout sur ses pattes, avec un éclaboussement de fourrure blanche ayant la forme d’un « V » sur le torse.

J’étais sidéré. Que se passe-t-il ? Woodrow est-il un humain? Ou est-ce un ours ?

« Woodrow ? » s’exclama Igor, sous le choc, comme son visage changeait complètement de couleur.

Cependant, Woodrow, qui s’était transformé en ours, l’avait déjà frappé avec une de ses pattes, le rendant incapable de résister. D’un seul coup, Igor atterrit sur le plancher à côté de lui. En dépit de cela, Woodrow ne cessa toujours pas de l’attaquer, et employa son pied pour lourdement lui piétiner la tête…

J’étais bouche-bée, ma bouche ouverte en un grand « O ». Que se passe-t-il exactement en ce moment ?

« Qu’est-ce que vous fabriquez tous ? »

Malgré le fait que Sybil fût un tantinet inquiète, elle était d’autant plus curieuse. Elle regarda Woodrow qui revenait petit à petit à sa forme humaine ainsi que le guerrier qui se relevait lentement. En fin de compte, elle s’enquit avec agitation : « Igor, est-ce que tu vas bien ? »

Igor tendit la main pour se masser un peu la tête avec un visage confus. Après qu’il eût entendu la question de Sybil, il se gratta la tête et la rassura : « Je vais bien. C’est étrange… Ça ne me fait pas du tout mal. »

« Vraiment ? Mais, Woodrow est extrêmement fort ! » Une fois que Sybil se fut écriée de surprise, elle tourna immédiatement la tête vers moi avec excitation et dit : « Grisia, je veux le sort moi aussi. »

Voyant qu’Igor arrivait encore à se frotter la tête et à rire stupidement, je me sentis enfin rasséréné. Après avoir entendu les paroles de Sybil, je rassemblai à nouveau aisément l’élément sacré, le compressant en une fine couche, et ensuite j’en enrobai Sybil également.

« Vite, vite ! » Dès que Sybil en eut été recouverte, elle ordonna sur-le-champ : « Iacchi, dépêche-toi de me frapper… Euh ! Sers-toi d’abord de tes poings pour me frapper ! »

Igor ayant déjà fait la démonstration, Iacchi n’hésita pas cette fois. Il ne se soucia même pas du fait qu’elle était une femme, lui donnant immédiatement un coup de poing. Bien que Sybil sût qu’elle ne serait sans doute pas blessée, elle ne put s’empêcher de fermer les yeux. Une seconde… Deux secondes…

Elle ouvrit les yeux et aperçut Iacchi employer toute sa force pour la frapper à succession. Elle s’exclama avec excitation : « Ça ne fait pas mal ! Ça ne fait vraiment pas mal ! »

« Bien sûr que ça ne fait pas mal. »

Yuna expliqua sur le ton de l’évidence : « Avec une quantité si dense d’élément sacré, j’ai bien peur que seule “l’Aura de Combat” puisse le briser. C’est incroyable, si Grisia peut lancer le sort Bouclier de Lumière sur tout le monde, dans ce cas nous n’avons même pas besoin de réfléchir à un plan. Nous pouvons directement nous évader de la cité. Il ne devrait pas y avoir beaucoup de guerriers de haut niveau qui sachent comment se servir de l’aura de combat dans la ville. »

Woodrow secoua la tête, rétorquant : « Ce n’est pas si simple, Yuna. Je suis sûr que tu peux également sentir à quel point employer le Bouclier de Lumière est extrêmement puissant et éprouvant, n’est-ce pas ? Si nous souhaitons que Grisia rassemble autant d’élément sacré, je crains que ce ne soit impossible… »

Iacchi, Yuna, Woodrow et, en dernier, moi-même… J’en ai fini avec nous tous ! Tout le monde a reçu le Bouclier de Lumière à présent. Ensuite, cela devrait être au tour du sort des Ailes de Dieu… D’après ce que je me souviens des paroles de Yuna, je crois que cela nécessite l’élément sacré combiné avec l’élément du vent. Oui ! Je me demande quelle quantité de l’élément du vent est nécessaire pour être suffisante ?

« … »

Je « tissai » l’élément sacré et l’élément du vent ensemble. Toutefois, cette action fit hurler Yuna. Elle me prévint tout de suite : « Sois prudent, Grisia. Mélanger différents éléments est très dangereux. Si tu te trompes, ça pourrait exploser ! »

En entendant ceci, tout le monde s’empila à l’encadrement de la porte. D’un côté, ils voulaient sortir par la porte et partir aussi vite que possible, mais, d’un autre côté, ils étaient très curieux et désiraient regarder.

J’ai fini de tisser ! Je considérai tout le monde du regard. Le plus éloigné vers la porte est Iacchi ! Son corps est presque déjà à moitié en dehors de la pièce.

Très bien ! Mon prochain sujet d’expérimentation, ce sera lui !

Je jetai la boule de lumière combinée à l’élément du vent sur Iacchi et effectuai quelques ajustements, rassemblant la plupart de l’aura sur ses mains et ses jambes. Pendant ce temps, les mains et les jambes d’Iacchi tremblèrent comme s’il souffrait d’un spasme. Après avoir fini d’effectuer les ajustements, j’ouvris la bouche et commandai : « Iacchi, essaie de courir. »

Iacchi hocha la tête, et ensuite je l’entendis murmurai « Je vous en prie, protégez-moi, Dieu de la Guerre », comme il se mettait en position pour commencer à courir. Puis, il fit un pas…

Bang !

À l’instant où il commençait à courir, il disparut. Ce ne fut pas avant que nous entendions un bruit qui ne perdait pas contre la puissance de ses cris que nous retrouvâmes un gros trou de forme humaine dans le mur de la pièce.

Les bouches d’Igor et de Sybil s’ouvrirent en un grand « O ».

Je jetai un regard au trou de forme humaine, sans expression. Le Bouclier de Lumière est un sort sacré du Dieu de la Lumière, et pourtant tu pries le Dieu de la Guerre qui a toujours été en mauvais termes avec le Dieu de la Lumière… Chercherais-tu à provoquer ta propre mort ?

« Iacchi, est-ce que tu vas bien ? » s’exclama Sybil.

« Ça va… »

Iacchi sortit la tête du trou dans le mur défoncé. Il sourit en jubilant comme il répondait : « Ça ne me fait pas mal du tout. »

Voyant cela, tout le monde poussa un soupir de soulagement. À cet instant-là, Yuna se retourna et commenta : « On dirait que tu as ajouté trop d’élément du vent. »

J’acquiesçai d’un signe de tête.

Il semblerait que, parce qu’il y avait une trop grande quantité de l’élément du vent, la vitesse était trop grande. Donc, je pense que cela fonctionnerait de façon beaucoup plus efficace si je réduisais la quantité d’élément du vent. Cependant… J’ignore pourquoi, mais j’ai cette impression que d’ajouter cette quantité d’élément du vent n’est pas du tout incorrect. C’est juste qu’Iacchi ne peut pas supporter une vitesse aussi rapide, c’est tout.

Si quelqu’un est capable de supporter cette vitesse, dans ce cas je suis certain qu’il peut devenir aussi rapide que le vent. Quelqu’un d’aussi rapide que le vent… Pour l’ennemi de cette personne, affronter ce type d’adversaire serait assurément pire que de faire face à une tornade !

Après avoir ajusté l’élément du vent à plusieurs reprises, je tentai de figurer la quantité appropriée d’élément du vent pour chaque personne. Iacchi et Sybil appartiennent originellement à des professions de type agile, alors je peux mettre un peu plus d’élément du vent dans leurs sorts. Pour Igor, Yuna et Woodrow, je dois en mettre un peu moins. Quant à moi… C’est environ la même quantité que pour le deuxième groupe.

On dirait que les guérisseurs du Dieu de la Lumière n’appartiennent pas au type agile après tout.

Iacchi, Sybil et Igor coururent tout autour de la pièce à toute allure, s’amusant avec tout leur cœur.

Yuna s’étonna : « Tu viens juste de lancer le Bouclier de Lumière et les Ailes de Dieu sur nous tous. Ta capacité à rassembler les éléments est beaucoup trop puissante… Non ! Tu essayais d’ajuster la quantité d’élément du vent, et donc tu as même lancé le sort des Ailes de Dieu à répétition plusieurs fois, non ? »

Je ris un peu, déclarant fièrement : « Ce ne serait pas non plus un problème même s’il y avait douze personnes ! »

En entendant ce nombre, Yuna fut sous le choc pendant un moment et marmonna ensuite : « Je n’ose vraiment plus affirmer que c’est impossible. Qui es-tu exactement, Grisia ? »

« Un guérisseur du Dieu de la Lumière », rétorquai-je, faisant halte pendant une minute par la suite, et ensuite lui demandai en retour : « N’est-ce pas ce que tu avais dit ? »

Yuna murmura silencieusement pour elle-même : « Vraiment ? Je n’ose vraiment plus affirmer que j’en suis sûre… »

« Ne nous soucions pas de qui je suis pour l’instant », dis-je à Yuna et Woodrow. « En premier lieu, nous devrions nous dépêcher de réfléchir à un plan pour nous enfuir de la cité, d’accord ? »

« Soupir ! »

Woodrow soupira en les regardant tous les trois en train de s’amuser avec tout leur cœur, et raisonna avec sincérité : « Nous n’avons pas besoin de réfléchir à un plan. Avec cette vitesse et la capacité d’annuler les attaques physiques, tant que nous ne rencontrons pas de classe Maître ou au-dessus, qui pourrait possiblement nous arrêter ? »

« Et si nous rencontrions vraiment des Maîtres? » Je ne parvenais pas à me libérer de ce sentiment d’insécurité et continuai de m’enquérir : « Après tout, il s’agit de cinq mille ducats d’or, n’est-il pas probable que la Guilde des Aventuriers puisse trouver des Maîtres pour garder les portes de la ville ? »

Woodrow et Yuna me fixèrent étrangement. Woodrow secoua la tête et lâcha : « Comment serait-il possible pour des Maîtres de garder les portes de la ville, quand chacun d’entre eux pourrait devenir le commandant de cette cité ? As-tu déjà vu un commandant garder les portes d’une cité ? »

J’étais sans mot. Les Maîtres sont incroyables à ce point ?

À environ ce moment, je ne savais pas quand, Iacchi avait déjà cessé de gambader et s’était précipité pour interrompre la conversation. « Je sais ! Je sais ! Il n’y a qu’un voleur de classe Maître dans la cité ; il n’y en a pas le moindre pour les autres professions. »

« Un voleur, hein ? »

Woodrow et Yuna se regardèrent. Le premier sourit et déclara : « C’est vraiment génial ! Même s’il est de classe Maître, un voleur n’appartient pas à un type de profession qui permet de bloquer les autres directement. Par conséquent, ruons-nous tout droit hors de la cité ! »

« Très bien ! » Je hochai la tête. Lorsque je me retournai et aperçus la licorne, je ressentis tout à coup ce sentiment d’insécurité dans mon cœur, me faisant m’empresser de demander : « Dans ce cas, qui sera chargé de suivre aux côtés de la licorne ? »

Woodrow et Yuna s’exclamèrent en même temps : « C’est toi évidemment ! »

« Quoi ? Je suis un guérisseur ! » Je m’y opposai naturellement d’une voix puissante : « Un guérisseur devrait rester à l’arrière et profiter de l’air frais ! »

« As-tu réellement perdu la mémoire… ? » commença de nouveau à se murmurer à lui-même Woodrow.

« Ouais, c’est habituellement comme ça. » Iacchi me tapota l’épaule et dit ensuite avec un visage impuissant : « Mais ! Grisia, tu dois savoir que la seule personne dans le groupe à toujours posséder sa chasteté, c’est toi ! Regarde, la licorne ne permettra pas à des personnes impures comme nous de l’approcher. C’est pourquoi, toi seul qui es pur et innocent peux l’emmener hors de la cité. »

Sans expression sur mon visage, je décrétai : « Crois-moi quand je dis que dans la seconde près je vais t’envoyer être réuni auprès du Dieu de la Lumière et lui permettre de te stériliser en une personne pure et vertueuse. »

Iacchi éclata brusquement de rire, mais ce n’était pas aussi terrible que le fait que son rire secouait mes oreilles jusqu’à ce qu’elles fussent sur le point d’exploser. Ma tête me donnait l’impression d’être sur le point de se fendre en deux, mais le pire était que je l’avais également entendu rire fort et rétorquer : « Grisia, rappelle-toi que tu es un guérisseur ! Les guérisseurs n’ont aucun pouvoir d’attaque. Donc, ta menace ne me fait pas peur du tout. »

…Peut-être que je devrais essayer de voir si je connais vraiment la magie.

 

 

Comme nous sortions tous, nous dissimulant continuellement avec de grandes difficultés, nous arrivâmes enfin près des portes de la cité accompagnés de la licorne sans que personne ne s’en rendît compte. Ainsi débutèrent les préparations de dernière minute avant notre fuite.

Pour s’enfuir, Yuna et Igor n’étaient pas assez rapides, alors, après que Yuna eût aidé tout le monde en leur lançant des sorts sacrés, ils se joignirent tous les deux aux groupes qui faisaient la queue pour sortir par les portes de la ville. Cela ne laissa donc que Sybil, Iacchi et Woodrow pour m’accompagner. Normalement, Woodrow non plus ne serait pas assez rapide, cependant dès qu’il se transformait en panthère, il était encore plus vif qu’Iacchi, le plus véloce de l’équipe.

« En combien d’animaux peux-tu te transformer exactement ? » m’enquis-je par curiosité, baissant la tête pour regarder la panthère en bas. Toutefois, il se contenta de me regarder et ne répondit pas.

« Woodrow ne peut pas parler après s’être métamorphosé en panthère ! » Sybil m’expliqua en souriant : « Il ne peut se transformer qu’en ours et en panthère. Quand il se change en ours, il gagne une grande quantité de force, et quand il se métamorphose panthère, sa vitesse augmente de façon significative. »

« Dans ce cas, Woodrow est responsable de faire du tapage pour faire diversion. Iacchi et Sybil, vous êtes en charge d’ouvrir la voie, et moi je vais me ruer tout droit vers l’extérieur. Si nous sommes séparés, alors employez toutes votre force pour courir jusqu’à l’endroit où Woodrow nous a dit de nous rassembler. »

Deux personnes et une panthère hochèrent la tête à mon intention. Après ça, nous enfilâmes tous les masques que nous avions préparés plus tôt. Iacchi était celui qui les avait prévus ; il avait dit que si nous devions commettre un crime, nous devions les porter… Ainsi, on dirait que dissimuler nos visages lors d’un crime est une forme de tradition ?

Je semblais comprendre, sans pour autant saisir complètement, tandis que je revêtais mon masque. Je saisis également l’occasion pour envelopper le visage de tout le monde avec une mince couche de lumière sacrée. De cette manière, notre apparence à tous n’était plus visible à présent.

Naturellement, Woodrow, qui s’était déjà changé en panthère, n’en avait pas besoin.

Je tirai la licorne vers moi. Elle me regarda. Je la regardai en retour. À ce moment-là, j’éprouvai brusquement un sentiment de malaise… Est-ce que je sais monter à cheval ?

Contemplant le dos impeccablement blanc de la licorne, je n’eus aucun sentiment qui me ferait apprécier cette balade. Je ressentais uniquement de l’anxiété, et que si je tombais du dos du cheval…

J’affichai une expression douloureuse et questionnai : « Que se passera-t-il si je tombe ? »

« Si tu tombes ? » répondit Sybil, troublée. « Ça n’a pas vraiment d’importance si tu tombes, n’est-ce pas ? Tu es un guérisseur du Dieu de la Lumière ! Tu peux simplement te guérir, et tout sera comme si de rien n’était ! »

C’est tout ? Mais, pourquoi est-ce que j’ai cette impression que, si je tombe du cheval, il y aura d’affreuses et terribles conséquences ?

Probablement parce qu’ils m’ont vu hésiter à l’idée de monter à cheval, Iacchi fronça les sourcils et déclara : « Grisia, on dirait que tu n’es jamais monté à cheval auparavant. »

« Je suis un guérisseur, pas un chevalier. C’est normal que je ne sache pas monter à cheval ! »

En entendant ceci, Iacchi se gratta la tête, incapable de réfuter mes paroles. « Tu as raison. Mais, si tu ne peux pas monter à cheval, comment vas-tu faire pour chevaucher la licorne ? »

« Eh bien, tant que je m’accroche à elle fermement et que je ne tombe pas de la licorne, dans ce cas cela devrait aller », affirmai-je, en essayant de m’en convaincre moi-même.

Sybil ne put se contenir et rétorqua : « Comment ça “tant que tu t’y accroches fermement” !? Es-tu même sûr que la licorne sait où elle doit aller ? »

« Licorne ! » Je me retournai pour faire face à la licorne et lui ordonnai : « Après ceci, quoi qu’il advienne, précipite-toi de l’autre côté des portes de la cité ! Compris ? »

La licorne acquiesça d’un signe de tête.

« Elle comprend le langage humain ? C’est incroyable… Se pourrait-il que… Cette licorne soit en fait un druide lui aussi ? » murmura Iacchi, amenant le vrai druide, Woodrow, à le bousculer légèrement.

Je pris une profonde inspiration et sautai de toutes mes forces, atterrissant sur le dos de la licorne avec une précision absolue. À cet instant, Iacchi siffla subitement : « Ta posture n’est pas mal ! Il est possible que tu saches comment chevaucher un cheval ! »

Vraiment ? Soudainement, je ressentis un accès de confiance. Avec mon pied, je donnai un coup à l’abdomen du cheval, et la licorne hennit également avec calme en réponse. Et alors, en un instant, elle se mit à courir…

« Ahaha ! »

Sybil rigola bruyamment et se retourna pour demander : « Iacchi, comment est-ce que c’est possible pour un cavalier de tomber du dos d’un cheval et de même atterrir les quatre fers en l’air ? »

Je me levai du sol et protestai avec indignation : « C’est juste que je ne m’agrippais pas correctement pendant un moment ! »

Après que je me fusse levé, je donnai une claque très forte sur la tête de la licorne, la condamnant. « Qu’est-ce qui t’a prise de te mettre à galoper si vite ! Essaierais-tu de me faire tomber et mourir ? »

La licorne hennit tranquillement avec un visage chagriné.

« D’accord, d’accord ! » En voyant que son visage était aussi triste, mon cœur s’adoucit. En retour, je l’avertis simplement : « À partir de maintenant, fais plus attention. »

La licorne me lécha alors joyeusement à nouveau. Le Dieu de la Lumière seul sait pourquoi ce cheval aime à ce point me lécher autant !

Par la suite, une fois que je fus monté sur le cheval, le Woodrow transformé en panthère se mit à courir le premier. Tandis qu’il se précipitait, son apparition provoqua effectivement du chahut dans la file de gens attendant de sortir par les portes de la cité. Il y eut constamment de petits cris de gens qui l’avaient aperçu, et il y eut même des personnes qui se mirent à hurler.

« D’où sort cette panthère ? »

Les gardes aux portes de la cité crièrent en vain. Puis, dix personnes se rassemblèrent en formation d’éventail et brandirent prudemment leurs lances, en visant Woodrow avec toutes les pointes.

« Vas-y maintenant ! »

Quand je tournai la tête, Sybil et Iacchi venait déjà de terminer de crier ces mots. Ils se ruèrent tous les deux sur-le-champ par la sortie. Suite à cela, je donnai un coup de pied au flanc du cheval, obligeant la licorne à suivre derrière eux et à galoper… Cette fois-ci, elle n’osa pas employer toute sa force pour galoper à toute vitesse. Elle courut même à une vitesse sûre et confortable. Une légère brise souffla, et je me sentis si confortable que je songeai que je pourrais aimer chevaucher des chevaux dorénavant.

Je soupirai : « C’est bien plus confortable que d’être porté sur le dos d’une personne. »

En prononçant ces mots, je sentis que c’était étrange. Comment pourrais-je savoir que chevaucher un cheval est bien plus confortable que d’être porté sur le dos d’une personne ? Je n’ai quand même pas été porté sur le dos d’une personne auparavant… ? Comment cela pourrait-il être possible ?

Néanmoins, ce n’était pas le moment d’examiner la question pour savoir si monter à cheval et être porté sur le dos de quelqu’un était mieux. Sybil et Iacchia avait déjà assommé le groupe de personnes à l’avant, m’aidant en ouvrant une voie. Je m’empressai de m’accrocher fermement à la licorne et ensuite lui dis à l’oreille : « Plus vite ! »

La licorne augmenta immédiatement sa vitesse, pendant que le son du vent sifflant dans mes oreilles devenait de plus en plus bruyant. Je n’étais plus très loin des portes de la cité et, pourtant, l’attention de tout le monde était déjà passée de Woodrow, Iacchi et Sybil à la licorne et moi.

« C’est la licorne ! » hurla une personne.

Au départ, tout le monde resta ahuri, seulement capable de garder la bouche ouverte. Malgré cela, tout de suite après, ils se préparèrent et donnèrent la chasse. Même les passants qui avaient crié à tous de rester loin de la panthère ouvrirent grands les yeux et commencèrent à lever diverses armes pour s’approcher de nous. Il y en avait même quelques-uns brandissant des balais !

Les gardes abandonnèrent instantanément la panthère et se retournèrent pour bloquer la licorne et la route que j’empruntais. Néanmoins, Sybil, Iacchi et Woodrow se mirent à les attaquer par derrière. Malgré le fait qu’ils affrontaient des lances, des couteaux, des épées et encore plus d’armes, ils n’avaient pas du tout peur de se servir de leurs corps pour repousser les lances. Cette action fit en sorte que ceux qui s’étaient approchés impulsivement remissent en question l’idée de continuer.

En particulier, ce ne fut seulement que lorsqu’ils furent tous les trois piqués par les lances – et pourtant seules les lances devinrent tordues et brisées alors qu’ils se tenaient debout parfaitement intacts, sans aucune blessure – que les pas de tout le monde firent halte à l’unisson. Les yeux de tous s’agrandirent encore plus que quand ils venaient tout juste d’apercevoir la licorne.

C’est l’opportunité parfaite pour faire une percée et s’enfuir… Je criai avec excitation : « Plus vite ! Licorne ! Va plus vite ! »

La licorne accéléra sur-le-champ la cadence. Le son exaltant du vent soufflait constamment à mes oreilles. La petite porte était droit devant moi. La licorne et moi manquâmes presque de nous ruer à l’extérieur, prêts à prendre les rênes. En plus, personne ne gardait la porte, alors nul ne pouvait nous arrêter !

Cependant, le son exaltant du vent fut brutalement interrompu par un bruit assourdissant.

Pas trop loin devant la licorne et moi, un gigantesque mur s’éleva du sol sans avertissement. Le pouls de la licorne manqua tout à coup un battement et donna l’impression qu’il voulait lâcher. Toutefois, parce que la force employée dans sa course juste avant avait été trop élevée, elle fut réellement incapable de freiner immédiatement. Ses sabots raclèrent sans cesse le sol, mais nous continuâmes toujours de glisser vers l’avant.

La seule raison pour laquelle je n’étais pas tombé du dos de la licorne fut parce que j’avais accroché tout mon corps au cou de la bête et m’étais désespérément agrippé à sa crinière.

Finalement, la licorne entra tout de même en collision avec le mur. Par chance, l’impact de la collision n’était pas trop fort. Elle chancela un peu et se stabilisa ensuite.

Mes battements de cœur s’accélérèrent rapidement. Je l’ai beaucoup trop échappé belle. Si la licorne n’avait pas immédiatement remarqué le mur et ne s’était pas arrêtée, la force de l’impact à cette vitesse m’aurait assurément fait perdre connaissance. Après m’être évanoui, la prochaine fois que je me serais réveillé, il se pourrait que je sois déjà en prison.

Après avoir soupiré de soulagement, j’analysai le mur qui avait surgi de nulle part. Ce mur était en fait composé entièrement de l’élément de glace.

« Que s’est-il passé ? »

Sybil, Iacchi et Woodrow foncèrent vers moi et contemplèrent le mur de glace, l’air ahuri.

« Brise-moi ce mur ! » hurlai-je avec colère.

« Le briser en utilisant quoi ? Nous ne sommes qu’une archère et un voleur ! » crièrent Sybil et Iacchi.

Qui vous demandait votre aide ? Je roulai les yeux à l’intention de chacun d’eux.

À cet instant-là, la corne de la licorne explosa avec une grande quantité de l’élément sacré. Une masse de lumière fonça à toute allure vers le mur de glace.

« Chargez ! »

Néanmoins, la licorne commença à pousser de bruyants hennissements. Elle avait l’air extrêmement mécontente. Ce fut uniquement dans la seconde suivante que je réalisai pourquoi elle était mécontente. C’était parce qu’une quantité colossale de l’élément de la glace s’était de nouveau rassemblée, créant un autre gigantesque mur de glace. Je pouvais le sentir : ce mur de glace était bien plus dense et solide que le premier. Je craignais que la licorne ne pût pas sur-le-champ relâcher une autre attaque pour la briser comme elle l’avait fait plus tôt.

Si ce n’est pas possible de le briser en une seule attaque, dans ce cas il nous sera impossible d’échapper aux attaques de la personne derrière nous… Celle qui a créé le mur de glace !

Je caressai le côté du cou de la licorne et lui dis doucement : « Retourne-toi. »

À ce stade, tout le monde s’était depuis longtemps retourné pour regarder derrière. Sybil hurla même : « Comment est-ce possible ? Ce sont… Ce sont des chevaliers sacrés de l’Église du Dieu de la Lumière ? »

« Pas seulement ça… » La voix d’Iacchi tremblait frénétiquement : « Celui à l’avant, son symbole appartient aux… Douze Chevaliers Sacrés. »

« C’est le Chevalier de Glace ! » s’exclama Yuna. Sa voix donnait l’impression que la jeune femme s’apprêtait à s’évanouir.

Le Chevalier de Glace ?

Pourquoi cela sonne-t-il si familier ? Mon attention et ma concentration se déplacèrent sur l’individu à l’avant, en partant de son corps rempli des éléments de la glace et de la lumière jusqu’à son apparence individuelle. Son expression faciale était aussi gelée que la glace ; ses membres étaient aussi raides que la glace ; et ses mains tenaient un gros glaçon pointu !

Comme il fallait s’y attendre de la part du Chevalier de « Glace »… Est-ce que cet esquimau en pointe lui sert de nourriture rafraîchissante sur la route ?

Le Chevalier de Glace leva son gros glaçon aiguisé et le pointa sur nous. Froidement, il dit : « Ne bougez plus. »

« Qui croyez-vous menacer en brandissant une sucette glacée ? » rétorquai-je en retour d’un ton glacial que j’avais fait exprès de rendre plus grave de sorte d’éviter qu’il me reconnaisse plus tard.

Le Chevalier de Glace ne répliqua rien. En réponse à une telle provocation, il ne changea même pas d’expression. Cela me fit me demander : les muscles faciaux de ce type sont-ils gelés ?

D’un autre côté, tous ceux présents répondirent de façon extrêmement violente. Cela inclut mes camarades qui poussèrent un petit cri et retinrent leur souffle. Les chevaliers aux côtés du Chevalier de Glace explosèrent pratiquement de rage. Ils hurlèrent tous : « Silence ! Sales hérétiques insolents, comment osez-vous insulter l’Épée Divine de Glace de notre leader ! »

Une épée divine ? Peu importe sous quel angle on la regarde, elle rassemble à une sucette glacée… Au mieux, vous pouvez l’appeler…un bâtonnet divin ?

« Grisia. » Iacchi perdit ses moyens et se mit à parler de façon incohérente : « L-Le Ch-Chevalier de Glace est beaucoup plus fort que les professions de classe M-Maître. C’est impossible de le battre : il fait partie des Douze Chevaliers Sacrés. Que devrions-nous faire maintenant ? Que devrions-nous faire !? »

Je déclarai tranquillement : « Ne t’inquiète pas. Nous n’avons pas à gagner ; nous avons simplement besoin de nous échapper. »

Iacchi s’écria avec détresse : « C’est impossible, même si c’est seulement pour s’enfuir. Grisia, tu… tu souffres d’amnésie, c’est pour ça que tu ignores à quel point les Douze Chevaliers Sacrés sont redoutables. Ils sont… aussi redoutables que des dieux ! »

« Cesse de raconter autant de sottises. » Je roulai des yeux à son intention et lui ordonnai : « Je me moque qu’il soit un dieu ou un démon, bloquez-lui le passage et gagnez assez de temps à la licorne pour rassembler les éléments afin de briser le mur de glace. »

En entendant ceci, la mine d’Iacchi empira. Malgré tout, Sybil et lui, avec l’aide de Woodrow, se dressèrent entre la licorne et les chevaliers sacrés. Par la suite, ils adoptèrent une position prête pour l’attaque. Voyant cela, les chevaliers sacrés, d’un autre côté, semblaient assez surpris, à l’exception du Chevalier de Glace. Ses muscles faciaux ne bougèrent pas d’un millimètre.

« Levez les défenses », leur commanda le Chevalier de Glace sur un ton monotone.

Les chevaliers sacrés levèrent instantanément leurs boucliers, formant un mur de boucliers. Puis, dans les espaces entre les boucliers, ils firent dépasser leurs longues épées.

Plus de dix chevaliers sacrés ont formé une ligne de défense contre nous quatre ? N’ont-ils pas l’intention de nous poursuivre ?

À cet instant précis, une ouverture apparut dans le mur de bouclier. Le Chevalier de Glace sortit de derrière la formation et marcha ensuite lentement dans notre direction. Il fut le seul à venir vers nous.

À ce moment-là, la corne de la licorne libéra une immense quantité de l’élément de la foudre. Subitement, un éclair tomba du ciel et vint avec précision s’abattre sur le mur de glace derrière nous. Toutefois, je n’étais pas du tout content, parce que l’élément de la glace n’avait pas disparu.

Le Chevalier de Glace qui se tenait devant moi relâchait un excessivement puissant élément de la glace vers le mur de glace. Si nous ne le vainquons pas, nous n’en finirons pas de briser ces murs de glace, et nous n’aurons aucune raison de les briser non plus, étant donné qu’il peut continuellement créer des murs de glace jusqu’à ce que lui ou la licorne ne puisse plus rassembler aucun élément.

La licorne hennit avec colère en direction du ciel ; elle se mit même à incessamment racler ses sabots sur le sol. Elle désirait sans doute se précipiter sur le Chevalier de Glace pour avoir une bataille épique.

« Sois sage. » Je lui tapotai la tête sévèrement.

La licorne poussa un hennissement triste, puis baissa la tête. Elle lâcha même des pleurnichements, la faisant paraître comme si elle était face à une extrême injustice.

À ce stade, le Chevalier de Glace se trouvait ni plus ni moins à pratiquement dix pas de nous… Un mur de glace s’éleva abruptement depuis le sol, lui bloquant le passage.

Puis, la foudre s’abattit à nouveau derrière nous, identique à celle employée par la licorne auparavant.

« Dépêchez-vous de courir ! » hurlai-je.

Au départ, les trois d’entre eux à l’avant restèrent ahuris. Le premier à réagir fut Iacchi. Sans ajouter quoi que ce fût, il se retourna immédiatement et passa devant la licorne et moi : il était aussi rapide qu’un coup de vent. Ses actions firent reprendre leur sang-froid à Sybil et à Woodrow, et ceux-ci se retournèrent également et commencèrent à s’enfuir l’un après l’autre.

Lorsque Sybil me dépassa, je donnai un coup de pied au flanc du cheval. La licorne suivit sur-le-champ mes ordres et se retourna pour courir à toute vitesse.

Au beau milieu de notre fuite, je sentis que le mur de glace derrière moi avait déjà été brisé. Mais, inutile de m’inquiéter, j’avais déjà préparé quelques éclairs pour ralentir la poursuite du Chevalier de Glace.

En fin de compte, nous nous échappâmes de la cité.

 

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 6 : Doux Sourire

posted in: Histoires Parallèles | 0

La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Side Story #6: Sweet Smile – traduit du chinois à l’anglais par dahlys[PR!]
Histoire Parallèle #6 : Doux Sourire – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par LuluHime

Ecilan de Glace est éternellement inexpressif. Bien que personne ne puisse lire dans ses pensées, ses desserts sont toujours aux goûts de tous.

S’il y avait une chose qui pouvait représenter Ecilan, ce serait assurément ses desserts.

 

 

Son rêve, à l’origine, était de devenir un boulanger, mais par un certain coup du sort, il était devenu le Chevalier de Glace. Il avait dû changer et passer d’un enfant toujours souriant à une personne sans expression. Il avait aussi dû changer et passer d’une personne qui apportait chaleur et satisfaction à quelqu’un qui rendait les autres alertes et méfiants.

Il semblerait qu’il ait perdu beaucoup de choses, incluant son rêve.

Toutefois, Ecilan sentait tout de même qu’il avait gagné plus qu’il n’avait perdu.

Parce qu’en fait il y a plusieurs manières d’exprimer un sourire.

 

 

« Lan1, ne souris pas ! »

Le sourire d’Ecilan devint immédiatement rigide. Il ne faisait que saluer avec un sourire un apprenti chevalier sacré qui passait, étant donné qu’il connaissait cet enfant depuis longtemps. Il allait souvent livrer du pain chez lui.

C’est exact ; Ecilan était le fils d’un boulanger. Depuis qu’il était tout petit, il aspirait à devenir le meilleur boulanger de la Cité du Bourgeon. Son plus grand rêve était de démarrer une section de desserts en plus de confectionner du pain… Mais, présentement, il était l’Apprenti-Chevalier de Glace. Tout le monde l’appelait habituellement l’Apprenti-Chevalier de Glace.

Avec une expression de stupeur et d’horreur sur son visage, l’apprenti-chevalier devant eux s’inclina en face de la personne se trouvant derrière Ecilan. Après s’être incliné, il s’enfuit rapidement, comme si la personne derrière Ecilan était une inondation ravageuse ou une bête sauvage… Peut-être le Chevalier de Glace était-il plus effrayant qu’une inondation ravageuse ou qu’une bête sauvage ?

Ecilan fit disparaître le sourire et toute autre expression de son visage, devenant totalement inexpressif. Seulement à ce moment-là osa-t-il tourner la tête et faire face à la personne derrière lui. Il salua : « Bonjour, Maître ! »

Le Chevalier de Glace, Eller, le questionna, un peu agacé : « Lan, pourquoi est-ce que tu n’arrives pas à changer ton habitude de sourire ? C’est vraiment si difficile de ne pas sourire ? »

Ecilan se sentit victime d’une injustice. Par le passé, chaque fois qu’il livrait le pain, les gens faisaient l’éloge de son sourire. À présent, il ne pouvait plus sourire du tout.

Pourquoi était-il devenu le Chevalier de Glace ? Il n’avait fait qu’aller livrer du pain au Temple Sacré. À ce moment-là, le Temple Sacré était en pleine sélection d’Apprenti-Chevaliers. Il n’avait fait que passer, et n’avait même pas rejoint la sélection. Il n’avait aucune idée de ce que le Chevalier de Glace avait vu en lui… Ne disaient-ils pas que le Chevalier de la Pierre était le plus têtu parmi les Douze Chevaliers Sacrés ?

Cependant, ce jour-là, le Chevalier de la Pierre lui avait dit : « Tu as intérêt à docilement acquiescer de la tête et à accepter de devenir l’Apprenti-Chevalier de Glace ! Notre Chevalier de Glace est très têtu et n’écoutera pas les autres, alors il ne te permettra pas de dire non. »

Eller fronça les sourcils, s’exclamant d’une voix grave : « Et tu ne peux pas non plus afficher un air triste ! »

Quand il entendit cette déclaration, Ecilan fit de son mieux pour effacer chacune des expressions sur son visage.

Mécontent, Eller le réprimanda : « Je veux seulement que tu ne sourisses pas, est-ce si difficile ? Tu as vu que l’Apprenti-Chevalier du Jugement devait aussi agir de façon froide et calme ! Je ne t’ai même pas demandé d’en faire autant, et je veux uniquement que tu remplisses les exigences minimales du Chevalier de Glace. Si tu ne peux pas rester indifférent, dans ce cas, au moins, ne peux-tu pas être inexpressif ? »

Ecilan admit que Lesus devait travailler beaucoup plus dur que lui, mais il avait vraiment envie de rétorquer à son maître : « Votre vous actuel qui parle trop est totalement différent de comment le Chevalier de Glace indifférent et réservé devrait agir ! »

« De toute manière, à partir d’aujourd’hui, tu as intérêt à rester inexpressif et silencieux ! Si j’entends à nouveau quelqu’un dire “Ce garçon, Ecilan, est vraiment soucieux, poli et toujours souriant” ou quelque chose de la sorte, je vais… t’interdire l’accès à la cuisine ! »

Mais, depuis que je suis petit, Maman et Papa m’ont toujours enseigné que je devrais être poli envers les gens, que je ne devrais pas faire face aux gens avec une expression déplaisante… Ecilan eut à nouveau l’impression qu’on lui avait fait du mal injustement, mais à l’instant où il entendit qu’on lui interdirait l’accès à la cuisine, il se sentit comme s’il avait soudainement été foudroyé par un éclair ! De tout le Temple Sacré, son endroit préféré était la cuisine. Après tout, c’était le seul lieu où il pouvait cuisiner !

Eller regretta ce qu’il venait de dire dès l’instant où il le dit. S’il interdisait à Ecilan d’entrer dans la cuisine, qui allait lui préparer du pain ? Toutefois, c’était la façon la plus efficace de menacer Ecilan… Oublions ça ; il attendrait simplement jusqu’à-ce qu’Ecilan brise vraiment les règles avant d’y songer à nouveau !

« Lan, j’ai faim. Le pain est-il prêt à être mangé ? »

Ecilan répondit docilement : « Je m’en vais tout de suite à la cuisine pour vérifier s’il a terminé de cuire. Si c’est le cas, je viendrai vous l’apporter, Maître. »

Eller acquiesça d’un signe de tête. Alors qu’Ecilan était différent de Lesus qui était doué dans tous les domaines – Bon sang ! Chasel avait vraiment déniché un trésor ! – et qu’il y avait quelques problèmes avec l’entraînement d’Ecilan sur la personnalité du Chevalier de Glace, Lesus ne savait pas comment faire cuire du pain, particulièrement du pain aussi délicieux que celui qu’Ecilan confectionnait !

« Je vais t’attendre dans ma chambre. Sur ton chemin, va me chercher du vin fait par Neo en plus du pain. »

« D’accord. »

Ecilan poussa un soupir de soulagement. Comparé à l’entraînement spécial pour devenir inexpressif, il aimait mieux aller dans la cuisine pour confectionner du pain. Il souhaitait vraiment que son maître mangeât six repas par jours pour qu’il puisse passer toute la journée à l’intérieur de la cuisine !

 

 

En plus du plateau complet de pain, Ecilan avait aussi essayé de faire cuire un gâteau à la myrtille ! Malheureusement, c’était la première fois qu’il faisait cuire un gâteau, alors il n’avait pas encore trouvé la bonne quantité d’ingrédients à ajouter. En fin de compte, il avait mis trop de sucre, et le dessert était devenu trop sucré.

Ecilan pensa que ce serait dommage de le jeter, alors il décida de le ramener jusqu’à la chambre. Afin d’éviter de gaspiller de la nourriture, il le mangerait en buvant beaucoup d’eau.

Sur son chemin pour retourner à la chambre, il rencontra quelqu’un d’inattendu. Grisia arborait un large sourire radieux sur son visage, et il semblait constamment se murmurer quelque chose à lui-même. Je me demande ce qu’il dit… Est-ce qu’il récite les Règles du Dieu de la Lumière ? On raconte que le Chevalier du Soleil est le Chevalier Sacré le plus loyal au Dieu de la Lumière, en plus d’être le porte-parole de ce dernier…

Ce ne fut que lorsque Grisia se trouva à quelques pas de lui qu’Ecilan se rappela que ce dernier était le Chevalier du Soleil, alors que lui appartenait à la faction du côté du Chevalier du Jugement. A-Alors, ils ne devraient pas bien s’entendre l’un avec l’autre !

Ecilan afficha immédiatement un visage inexpressif. Cependant, il n’aurait jamais cru que Grisia s’arrêterait de marcher et regarderait… le plat dans ses mains.

« Wow, c’est un gâteau ! » s’exclama soudainement Grisia, et celui-ci tendit sur-le-champ la main pour prendre un morceau de gâteau.

« C-C’est un gâteau d’essai que j’ai fait cuire… Non ! » cria Ecilan, pris de panique. Mais, tout de suite après qu’il eut fini de crier, il réalisa que sa voix avait sonné fâchée, comme s’il le réprimandait.

La main de Grisia s’arrêta, et il baissa le regard sur le gâteau. Avec un peu de regret, il demanda : « Je ne peux pas le manger ? »

Ecilan commença à paniquer encore plus. Bien qu’il voulût s’expliquer, son maître venait tout juste de lui dire qu’il devait rester inexpressif et silencieux à partir d’aujourd’hui, ou il ne lui serait plus jamais permis de pénétrer dans la cuisine à nouveau… Que faire ?

En voyant le visage sans expression d’Ecilan, Grisia baissa la tête et s’excusa : « C’est… Je suis vraiment désolé d’avoir essayé de te prendre ton gâteau ; je t’en prie, ne sois pas fâché contre moi ! »

Ce n’est pas vrai… Je ne suis pas du tout en colère ! Ecilan était si nerveux qu’il avait envie de pleurer.

« Mais, puisque j’en ai déjà pris un morceau, s’il-te-plaît laisse-moi le manger ! » Dès que Grisia eut fini de parler, il s’enfuit en vitesse, comme s’il craignait qu’Ecilan voulût récupérer le morceau de gâteau.

Ecilan fixa le vide, sous le choc, étant donné qu’il n’avait pas du tout eu le temps de réagir. Sa première pensée fut : Je suis content que Grisia ne semble pas en colère. Immédiatement après cela, il se remémora qu’un morceau du gâteau avait été pris. C’est trop sucré, si Grisia le mange… Oublie ça, si c’est trop sucré, dans ce cas il devrait le recracher après une bouchée, non ?

Peut-être que Grisia aime les gâteaux à la myrtille ? À l’avenir, je devrais lui faire cuire quelques gâteaux. Il semblerait qu’il aime beaucoup les desserts, et  j’ai également très envie d’essayer de confectionner des desserts. Plus Ecilan y songeait, plus il se sentait heureux. Il ne put s’empêcher de sourire joyeusement, alors que son esprit était rempli de toutes sortes de desserts et de pains…

« Lan ! »

Ecilan sursauta de stupeur. Quand il se remit de son choc, il se rendit compte que son maître marchait actuellement vers lui avec fureur. Cela lui fit perdre ses moyens, puisqu’il savait qu’il n’était pas du tout inexpressif il y a un instant. Sans doute qu’il était même visiblement en train de sourire !

Eller se dirigea droit vers lui avec colère, puis se mit à le réprimander : « Je viens à peine de te demander de ne pas sourire, mais tu as immédiatement violé mes ordres ! Pourquoi es-tu un enfant aussi désobéissant ? Est-ce que c’est vraiment si dur de ne pas sourire ? À partir d’aujourd’hui, il t’est interdit d’entrer dans la cuisine jusqu’à ce que tu aies appris à ne pas sourire ! »

« Pourquoi est-ce que je ne peux pas sourire ? » Ecilan ne put plus se retenir de dire avec émotion : « Si je fais face aux gens avec une expression déplaisante, ne vont-ils pas être mécontents ? Peut-être qu’ils vont même me détester ! Dans ce cas-là, j’aurai un ami en moins ! »

Quand il entendit l’une des rares réponses remplies d’émotion d’Ecilan, Eller resta sans mots. Cet enfant n’était pas du genre à désobéir à ses aînés, alors pourquoi était-il si rebelle aujourd’hui ? D’ailleurs, il lui était impossible de réfuter les propos qu’il venait de tenir…

Les yeux d’Ecilan se remplirent de larmes, et il tenta de son mieux de les empêcher de couler. Toutefois, il ne pouvait simplement plus y résister, alors il donna vite le plateau à son maître et articula : « Maître, savourez votre repas. » Après cela, il s’empressa de se retourner et s’enfuit en courant.

« Lan ! »

Lorsqu’il entendit l’appel, Ecilan s’arrêta pendant un instant, mais ne se retourna pas. Au lieu de cela, il s’enfuit vite, parce que son visage était déjà couvert de larmes.

Ne parle pas de pleurer, Maître ne me permet même pas de sourire !

 

 

Ouuiinn… ouiin…

J-Je veux rentrer à la maison et devenir boulanger…

« Pourquoi pleures-tu ? Tu as l’air si triste… »

Stupéfait, Ecilan sauta de son lit. Il était couché sur son lit, mais il était presque tombé en bas de celui-ci à cause de l’appel soudain.

« Grisia ? »

Grisia l’observait avec des yeux remplis d’espoir. Cela fit rougir Ecilan. Il essuya vite ses larmes.

« Est-ce qu’il t’en reste ? »

« Hein ? » Ecilan fixa Grisia d’un regard vide.

Avec un air très enthousiaste sur le visage, Grisia s’enquit : « Est-ce qu’il te reste du gâteau ? »

« …C’est mon maître qui l’a au complet. »

« Quoi !? Ce gâteau était immense ! Est-ce qu’il a l’intention de le manger en entier par lui-même ? »

Ecilan n’avait aucune idée de ce qu’il se passait, mais il répondit tout de même : « Non, ce gâteau est trop sucré. Il se pourrait que mon maître ne le mange pas. »

« Il ne le mangera pas ? » Choqué, Grisia s’exclama : « Mais, ce gâteau est si délicieux ! S’il ne va pas le manger, est-ce qu’il va le jeter ?  Quel dommage ! Non, non, on ne peut pas le laisser être jeté ! »

Ecilan se trouvait toujours dans un état de confusion, mais Grisia l’agrippa en un mouvement et était sur  le point de le traîner hors de la pièce.

« Aller, allons retrouver le Chevalier de Glace et reprendre le gâteau ! »

Quoi !? Sidéré, Ecilan protesta : « A-Attends une minute… »

« Qu’est-ce que tu attends ? Si nous attendons plus longtemps, le gâteau va être jeté ! »

« J’ai du pain ici avec moi. Il est à la myrtille, exactement comme le gâteau ! S’il-te-plaît, ne pars pas à la recherche de mon maître ! »

Grisia s’arrêta et se tourna pour regarder Ecilan. Ce dernier sortit du pain d’une armoire et répandit de la confiture de myrtille sur le dessus avant de le donner à Grisia.

Grisia mordit impudemment dans le pain à l’instant où il le reçut. Quand il vit cela, Ecilan se détendit.

« Ce n’est pas assez sucré. Viens, allons chercher le gâteau ! »

Heeiiiiin ?

 

 

La vue de deux apprentis-chevaliers marchant ensemble attira beaucoup de regards de la part des gens. Grisia sourit pendant tout le chemin, mais, à côté de lui, Ecilan était complètement sans expression.

Grisia sourit et marmonna dans sa barbe en même temps. « Ah, bon sang, quelqu’un vient et je dois encore sourire. Mon visage est déjà raide ! Je n’ai vraiment pas envie de sourire, mais mon Maître va me massacrer si je ne le fais pas… Je vais sourire ! »

Les yeux d’Ecilan s’écarquillèrent tandis qu’il regardait Grisia. A-Alors c’est ce qu’il disait à chaque fois qu’il marmonnait dans sa barbe ?

En cours de route, Ecilan observa que Grisia devait révéler son plus brillant sourire chaque fois qu’une personne passait à côté d’eux. Quand il n’y avait plus personne dans les environs, il laissait ses muscles faciaux se détendre mais, à l’instant où quelqu’un apparaissait, il devait sourire sur-le-champ. Ecilan réalisa tout à coup que sourire n’était peut-être pas aussi facile qu’il y paraissait.

Lorsque Grisia remarqua qu’il y avait plusieurs personnes qui marchaient dans leur direction, son visage devint aussi pâle que de la cendre. Du coin de l’œil, il aperçut Ecilan et décida immédiatement de lui parler afin de ne pas avoir à sourire continuellement. Néanmoins, à l’instant où il vit les yeux rougis d’Ecilan, il commença à vouloir avoir une vraie discussion. Il ne put s’empêcher de demander : « Ecilan, pourquoi pleurais-tu il y a un instant ? »

« Je… Je me disais juste que je ne suis pas fait pour être le Chevalier de Glace. »

« Oh, dans ce cas, que veux-tu devenir ? »

« À l’origine, je voulais devenir le meilleur boulanger de la ville. »

« Ooooh ! Pas étonnant que tu sois si doué pour confectionner du pain et des gâteaux ! »

« Je ne le suis pas ; c’était la première fois que je faisais cuire un gâteau. Je l’ai même rendu trop sucré… » Ecilan ne put résister à l’envie de le questionner : « Tu ne trouves pas que le gâteau était trop sucré ? »

« Non, pas du tout ! Et il aurait même pu être plus sucré… Hmm ? Ce ne serait pas ton maître ? »

Ecilan tourna la tête pour voir. Effectivement, le Chevalier de Glace se tenait présentement sur un balcon à côté du corridor. Il n’était pas seul, puisque le Chevalier du Jugement était là lui aussi.

Grisia attrapa la main d’Ecilan et s’approcha discrètement de la fenêtre la plus proche du balcon.

Un peu perplexe, Ecilan demanda : « Ne cherchais-tu pas mon Maître ? »

« Si ! Mais d’abord, écoutons leur conversation ! »

Pourquoi est-ce que nous devons écouter leur conversation en premier… ? Ce n’est pas mal d’écouter aux portes ? Juste au moment où il songeait à corriger Grisia, il entendit une voix s’élever du balcon.

« Ai-je commis une erreur ? Peut-être que je n’aurais pas dû choisir Ecilan, étant donné qu’il ne faisait pas parti des enfants qui étaient venus pour la sélection. »

Ecilan sursauta sous le choc. Son Maître… regrettait-il de l’avoir choisi ?

M-Mais, il faisait déjà de son mieux pour s’adapter à sa nouvelle identité, et travaillait dur pour devenir le Chevalier de Glace. Il trouvait même que pratiquer le maniement de l’épée était extrêmement amusant, et il s’était familiarisé avec plusieurs Chevaliers Sacrés…

Sentant ses yeux commencer à lui brûler un peu, Ecilan tourna la tête et entreprit de s’éloigner. Toutefois, Grisia raffermit brusquement son emprise sur sa main. Quelle que soit la force avec laquelle il lutta, Grisia ne voulait pas le lâcher.

Encore une fois, ils entendirent la voix du Chevalier de Glace en provenance du balcon. Il déclara : « Mais, je n’ai vraiment pas envie de choisir un enfant qui a l’air glacial dès le départ ! Et Ecilan est un si bon enfant ! C’est un garçon soucieux, il respecte ses aînés, et il sait même comment pétrir le pain ! »

Ecilan se figea et cessa de lutter pour s’échapper.

Ils entendirent la voix grave du Chevalier du Jugement, qui affirmait : « Tu as raison. Si j’étais toi, je l’aurais aussi choisi, étant donné que c’est vraiment un bon garçon. Mais, tu n’as pas besoin de précipiter l’entraînement d’Ecilan pour correspondre à la personnalité qu’on “s’attend” à voir chez le Chevalier de Glace, puisqu’il n’est l’Apprenti-Chevalier de Glace que depuis légèrement moins de deux ans. »

« Mais… » La voix du Chevalier de Glace était remplie de frustration comme il révélait : « Tu devrais savoir que, récemment, beaucoup de gens se sont mis à parler de remplacer l’Apprenti -Chevalier de la Pierre. Des remarques de la part de ceux qui s’opposent à l’Apprenti-Chevalier du Soleil ont aussi fait surface. Si Lan n’apprend pas à être inexpressif, qu’est-ce que je vais faire lorsque des vagues de commentaires au sujet de le remplacer vont venir ? »

Chasel répondit simplement : « Ne t’inquiète pas, Neo ne permettra pas à la personne qu’il a choisie d’être remplacée. Tu devrais connaître sa personnalité depuis le temps. S’il n’est pas d’accord pour remplacer son apprenti, dans ce cas personne ne peut l’y contraindre. »

Toujours un peu inquiet, Eller ajouta : « Et qu’en est-il de l’Apprenti-Chevalier de la Pierre ? »

« Si nous en remplaçons un, ça forme un précédent pour en remplacer un deuxième. Par conséquent, Neo ne permettra définitivement pas à l’Apprenti-Chevalier de la Pierre d’être remplacé, parce que ça lui causerait des problèmes. »

En entendant ceci, Eller se sentit beaucoup plus calme. Puisque Neo ne permettrait pas à l’Apprenti-Chevalier de la Pierre d’être remplacé, alors il ne permettrait pas non plus à Ecilan d’être remplacé lui aussi. Avec le soutien de Neo, vous pouviez être sûr que les choses seraient beaucoup plus faciles. Parce que tout le monde savait que, une fois que Neo avait pris sa décision, il persisterait dans cette voie jusqu’à la toute fin, qu’il soit dans son droit ou pas… Même en forçant les gens à lui rendre service, il n’abandonnerait jamais jusqu’à la fin.

« Dans ce cas, je peux me détendre et prendre mon temps pour entraîner Ecilan. D’ailleurs, je devrais lui accorder plus de temps pour aller à la cuisine… Le gâteau qu’il a fait cette fois était beaucoup trop sucré ! Ses talents culinaires laissent encore énormément de place à l’amélioration ! Soupir, j’ai vraiment envie de le manger, mais c’est trop sucré… »

 

 

Seulement une fois que les bribes de la conversation des deux personnes se furent arrêtées après un bon bout de temps Ecilan se remit-il de sa stupeur. Il se rendit soudainement compte, Mon Maître me forçait-il à devenir inexpressif, ces derniers temps, parce qu’il avait peur que je sois remplacé ?

« Alors, tu veux devenir le Chevalier de Glace, ou un boulanger ? »

Stupéfait, Ecilan leva la tête et rencontra le regard sérieux de Grisia. Il réfléchit à sa question, et répondit avec hésitation : « J-Je veux… Je veux devenir le Chevalier de Glace ! Je n’aime pas le fait de ne pas pouvoir sourire, mais j’aime tout le reste ! Même si je ne deviens pas boulanger, je peux toujours confectionner du pain. Mais, si je ne deviens pas le Chevalier de Glace, je sens que je v-vais perdre pleins de choses ! » Comme mon Maître et les autres Chevaliers Sacrés. J’ai aussi promis à Lesus que je pratiquerais ma technique à l’épée avec lui !

« Tu aimes sourire ? » Un peu surpris, Grisia décréta : « Mais, sourire est très fatigant ! »

Ecilan y resongea. S’il devait sourire toute la journée comme Grisia, ce serait en effet très fatigant. Il expliqua avec honnêteté : « Mais, j’ai peur que si je ne souris pas, les gens vont me détester. »

En entendant cela, Grisia secoua la tête de façon exagérée et répliqua : « Qui a dit ça ? Tu ne m’as pas souris, mais je t’aime bien quand même ! Surtout les gâteaux que tu fais ! »

Ecilan cligna des yeux. Il réalisa que ce que Grisia venait de dire était exact. Bien qu’il ne lui eût pas souri, Grisia ne le détestait pas pour autant… Il sentit soudainement qu’il avait compris quelque chose.

Même s’il ne souriait pas, tant qu’il leur offrait des desserts, les gens ne sentiraient-ils pas qu’il n’était pas une personne détestable ?

Ainsi, les desserts… peuvent en fait remplacer les sourires ?

Note de bas de page

1 « Lan » : C’est le surnom qu’Eller a donné à Ecilan.

1/2 Prince T5C4 : Le Côté Terrifiant d’un NPC Conscient de Soi

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 5 : Un prince n’existe plus

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 4: The Terrifying Side of a Sef-Aware NPC – traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 4 : Le Côté Terrifiant d’un NPC Conscient de Soi  – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ travail de vérification par Nocta

« Calme-toi, tu dois te calmer », me murmurai-je frénétiquement.

Tout d’abord, essayons de voir comment fonctionnent les messages privés. Tremblant, j’ouvris le canal de MP.

« Doll ? »

« Grand frère Prince », répondit anxieusement Doll.

Dieu merci, les MP fonctionnent encore. Le poids sur mon cœur s’allégea finalement un petit peu.

« Doll, est ce que ça va ? »

« Ça va, mais Celestial n’arrête pas de frotter sa tête contre la joue de Doll, ce qui est très dégoutant. » On aurait dit que Doll était sur le point de pleurer.

QUOI ?! Ce sale NPC pervers… J’étais tellement énervé que je faillis me précipiter à travers le portail.

« Doll, attends-moi, je viens te sauver ! »

Doll m’arrêta rapidement. « Ne viens pas, grand frère Prince. Celestial est trop fort, vous n’arriverez pas à le vaincre. Laisse simplement Doll retourner au point de renaissance. Grand frère Prince, ton niveau est important pour moi, donc quoi que tu fasses, n’en perds aucun. »

Je restai silencieux un bon moment. Ce que disait Doll était vrai, sans contestation possible, et même en combinant mes forces avec celles de Neurotic et DanDan, je craignais que nous ne soyons même pas capables de ne serait-ce qu’attraper un bout des vêtements de celui-ci. Cependant, est-ce que je peux réellement abandonner Doll comme ça ? Après tout, c’est moi qui l’ai guidée jusqu’à sa mort en ce lieu.

Je m’assis à même le sol, découragé. Comme je m’y attendais, je ne suis toujours pas assez fort. Je ne peux même pas protéger mes propres compagnons.

 Neurotic et DanDan se tenaient debout sur le côté, également incertains quant à la marche à suivre. Ils se contentaient de me fixer, et j’étais perdu dans mes pensées.

Je sortis brutalement de cet état statique en recevant un message sanglotant de Doll.

« Grand frère Prince, Celestial dit qu’il souhaite épouser Doll et ne veut pas la tuer. En plus, c’est bizarre, mais Doll ne peut pas se déconnecter du jeu. »

« Quoi !? » J’étais tellement sous le choc que je sautai du sol, donnant une peur bleue au couple près de moi par la même occasion.

Je fus pris de panique. Est-ce-que ça signifie que Doll est piégée ? Impossible, je dois aller la sauver ! Après m’être décidé, je commençai calmement à monter un plan pour la secourir. Après tout, si nous y allions à trois et que non seulement nous ne pouvions pas la sauver, mais que nous nous retrouvions également enfermés avec elle, alors nous serions vraiment dans le pétrin1.

« Neurotic, DanDan… » J’expliquai ce que venait de me dire Doll. Ils commencèrent tous deux à froncer les sourcils, et DanDan sembla s’inquiéter davantage.

« J’ai l’intention de demander de l’aide à la Cité de l’Infini. Neurotic, DanDan, me prêteriez-vous votre force ? » leur demandai, en les implorant presque.

« Aucun problème ! D’ailleurs, même si nous devions escalader une montagne faite de couteaux, ou sauter dans des chaudrons d’huile bouillante2, et même si l’ennemi nous bravant est Celestial, nous nous serions tous les deux précipités au secours de cette adorable petite fille », rugit Neurotic dans un élan d’héroïsme.

« C’est génial », renchéris-je. « Avec quelqu’un pour me guider, je ne crains plus de me perdre. »

« Guider ? » répéta Neurotic sans comprendre.

Je hochai la tête, embarrassé, et me mis à rire. « Parce que je n’ai aucun sens de l’orientation, j’ai peur de ne pas réussir à trouver l’endroit. C’est pourquoi, je vais vous demander de m’aider à nous ramener, mes compagnons et moi, en revenant. »

La vie déserta le visage de Neurotic, tandis que DanDan rigolait. « OK, ok, mon mari et moi-même allons servir de GPS cette fois. »

À peine ai-je eu fini de leur parler que j’envoyai un MP à mon animal de compagnie invincible, Kenshin : « Kenshin, il se passe des choses graves. Dépêche-toi de venir au Repaire des Nymphes Errantes, et amène Sunshine, Arctic Fox, et Western Wind. Pense à utiliser le tapis volant, et grouille-toi. Je vous attendrai à l’entrée de la tanière. »

Kenshin resta muet un moment, puis me demanda : « On n’a pas besoin des autres ? Wicked, Nan Gong Zui, et même Broken Sword sont plus forts que Western Wind. »

Je ne dis rien pendant un moment. Là, je n’ai vraiment pas envie de les voir ! …J’ai fait ma crise, puis je me suis enfui sur un coup de tête. Maintenant que j’ai mis Doll dans cette situation, comment je pourrais leur faire face ? Entêté, je déclarai : « Je n’ai pas envie de voir les personnes que je connais bien. »

« Compris. Je vais les chercher. » Kenshin n’ajouta rien de plus et, suite à cette phrase, il ne me recontacta pas.

Après avoir donné mes instructions à Kenshin, je me tournai vers Neurotic et DanDan. « S’il-vous-plaît, amenez-moi à l’entrée de la tanière pour y attendre les secours. »

« Pas de soucis ! » Neurotic leva le pouce amicalement.

Tandis qu’il m’amenait à l’entrée, il me dit d’une voix absente : « Tu as l’air d’aller mieux maintenant, sans cette attitude “ne m’approchez pas si vous tenez à la vie !” que tu avais un peu plus tôt. »

« Désolé, je n’étais pas de très bonne humeur », m’excusai-je sincèrement. Ayant été impoli à ce point, c’est surprenant qu’ils acceptent de m’aider.

« Oh ho, pas de bonne humeur ? Viens raconter à ta grande sœur quel est le problème, elle va te réconforter. » DanDan avait cette espèce de lueur dans le regard qui apparaissait généralement quand les filles apercevaient un petit animal mignon.

« Si tu fais ça, ton mari risque d’être jaloux, non ? » J’affichai une expression désemparée, car je n’avais pas imaginé que ce visage qui était le mien pût même tenter une femme mariée.

Neurotic se retourna vers moi pour me scruter, et dans ses yeux apparut la lueur qui venait normalement quand un gars croisait une jolie fille.

« Ça n’arrivera pas, je te réconforterai avec ma femme. »

Ce couple marié complètement dingue…

« On a atteint l’entrée de la tanière. Est-ce que ce sont tes compagnons ? » DanDan pointa quelques silhouettes n peu plus loin.

Je regardai l’endroit qu’elle désignait. Comme prévu, il s’agissait de Kenshin. Et, l’accompagnant, les personnes que j’avais réquisitionnées, Arctic Fox et compagnie.

Western Wind me reprocha bruyamment : « Mon gars, de quels genres d’idioties devais-tu t’occuper, en t’absentant aussi longtemps, et en me laissant sans personne avec qui me battre ? »

« Ne pouvais-tu pas simplement demander à te battre contre Kenshin et Arctic Fox ? Ces deux-là peuvent être assez oisifs », répondis-je d’un ton énervé, alors que je trouvais cela hilarant. Serait-il possible que Western Wind aime que je lui botte les fesses ? Pour quoi est-ce que chaque personne que je dégomme semble y devenir accro ?

Western Wind broncha, et lança un regard noir à Kenshin et Arctic Fox. Paraissant très embarrassé, il grommela : « Je l’ai fait, mais le rouquin m’a ignoré, et, même si ce foutu renard était partant pour la baston, ses attaques étaient trop puissantes. La dernière fois, il m’a même envoyé au ciel. Qui irait le chercher pour se battre ? Ce n’est pas comme si je trouvais que mes niveaux étaient trop hauts et que je voulais en perdre quelques-uns, hein. »

« Prince, que s’est-il passé ? Pourquoi nous demander soudainement de venir ? Fairsky m’a dit que tu t’étais brouillé avec nous et que tu ne reviendrais pas avant une dizaine de jours, voire la moitié d’un mois », me demanda Sunshine, un peu confus. Il ajouta avec un sourire : « Elle m’a même expliqué pendant un long moment ce que “se brouiller avec quelqu’un” signifiait ! »

Sunshine était si direct que cela pouvait donner envie aux gens de pleurer. Je ne pus que passer outre ce « se brouiller » et passer directement à l’explication de la situation actuelle.

« Doll a été capturée par un boss nommé Celestial. Pour des raisons inconnues, elle ne peut se déconnecter. Nous devons donc aller la secourir. »

Dès que j’eus prononcé le mot « boss », les yeux d’Arctic Fox s’illuminèrent soudainement. Allant droit au but, il déclara : « Allons-y, dans ce cas ! »

Cet espèce de maniaque du combat… J’espérais vainement qu’il n’oublierait pas l’objectif principal de la mission, celui de sauver une personne. J’indiquai à Neurotic et DanDan de nous guider.

« Neurotic, DanDan, navré de vous utiliser comme guide. »

« Aucun problème. Je vais courir, ok ? Après tout, pour sauver Doll, le plus tôt sera le mieux. Si vous n’arrivez pas à suivre, les gars, prévenez-moi. » Aussitôt dit, aussitôt fait, il se mit à courir, et nous fîmes de même.

« N’hésite pas, je pense que nous pouvons tous te rattraper ! » Lorsque je songeai à Doll, prise au piège entre les mains de cet espèce de pervers, je souhaitai posséder la capacité de me téléporter pour lui porter secours.

« Prince », me cria Kenshin, puis il pointa Sunshine, le mage dont le visage innocent était tout sourire, puis Western Wind qui était tout en muscle.

« Euh, Kenshin, tu portes Sunshine. Western Wind…J’espère que tu coures vite. » Je lui lançai un regard féroce.

« P*****, mon gars, c’est de la discrimination ! » Malgré ses grognements, Western Wind arborait tout de même un visage totalement résigné, comme s’il regroupait la totalité de ses forces pour courir.

Avec quelques difficultés, nous retournâmes à l’endroit où Celestial et Doll avaient disparu. Je contemplai la formation magique plus haut, et me retins de charger pour la sauver. Même s’il y a plein de personnes fortes pour aider, Celestial n’est pas le genre qu’on peut sous-estimer. Essayons d’abord de contacter Doll par MP et de vérifier la situation avant de faire quoi que ce soit. Sans plus attendre, j’ouvris le canal de MP.

« Doll, comment ça va ? Celestial t’a-t-il maltraitée ? »

« Non », répondit-elle vaguement. Je sentis mon cœur s’emballer de plus belle. Que s’est-il passé ?

Ma voix prit un ton soucieux. Doll a-t-elle été à ce point battue que même parler est si difficile ?

« Tu sais, nous allons venir te sauver, d’accord ? »

« Hmmm… » Doll répliqua tout aussi vaguement.

Mon cœur était lourd. Il semblerait qu’elle ait réellement été violentée. Quelle honte !

Je modifiai immédiatement mon expression et revêtis à nouveau l’apparence de l’Elfe Sanguinaire. Fou de rage, j’usai une voix menaçante et déclarai : « Personne n’est autorisé à maltraiter mes amis ! »

Recourant à toute ma puissance pour me servir du mur comme d’un appui, je pris les devants et sautai dans la formation magique, et tous me suivirent. Je regardai de gauche à droite, inquiet, à la recherche de Doll. Cependant, dans ce hall gigantesque à moitié rempli de piliers blancs comme neige, à part le trône siégeant au centre et les divers trésors faits d’or et d’argent dispersés et brillant un peu partout, je ne vis rien. Aucune trace d’elle. Je ne pus me retenir de crier avec un sentiment d’urgence : « Doll ? Doll, où es-tu ? »

« Qui est-là ? » Une voix parvint de derrière un pilier, et mes yeux convergèrent à cet endroit. Comme je m’y attendais, la personne qui apparut devant nos yeux fut Celestial, le pervers androgyne.

Je reniflai avec dédain. « Hmph, tu viens juste de kidnapper une de mes amies et tu ne me reconnais même pas ? »

« Ainsi, c’est toi l’ancien compagnon de ma femme. » Celestial n’exprimait que de l’indifférence, comme s’il s’agissait déjà du passé. Constater cela me rendit absolument furieux. Qu’est-ce que tu entends par « ancien » compagnon ?

« Rends-nous Doll immédiatement ! » lui hurlai-je.

Celestial plissa dangereusement ses yeux et répliqua froidement : « Tu veux m’enlever ma femme ? »

D’un ton tout aussi glacial, je répondis : « Ce n’est pas ta femme. Tu ne la mérites pas ! »

« J’ai dit qu’elle était ma femme, donc elle l’est ! » Celestial était si énervé qu’il cria et lança une longueur de satin blanc sur moi.

Je fis de mon mieux pour glisser sur le côté et éviter ainsi le bout de tissu qui m’avait brisé quelques côtes auparavant. Ce faisant, je criai à tout le monde : « Pourquoi restez-vous plantés là ? Venez vous battre ! »

Ils reprirent leurs esprits et sortirent illico leurs armes pour attaquer vigoureusement Celestial. Kenshin, le plus véloce, fut devant Celestial en un clin d’œil. Ce dernier en fut choqué et lui lança tout de suite des coups de satin blanc pour lui servir de bouclier. Cependant, Kenshin, indifférent, cria : « Transpercement du Néant ! »

« AAHH. » Celestial laissa échapper un grognement de douleur, et Kenshin qui était apparu brusquement derrière lui en profita pour attaquer. À l’instant où Celestial se retourna, Kenshin lui lança une autre attaque. Celestial ne réussit pas à l’éviter et reçut une nouvelle blessure à son épaule droite.

Celestial contemplait sa blessure sans y croire, une expression de rage se dessinant peu à peu sur son visage à chaque seconde. Après cela, il vola haut dans le ciel pour mettre de la distance entre lui et Kenshin, sa bouche criant quelque chose que je ne saisis pas.

Oh non ! Ce fut comme un cri du cœur, mais les Robes Violettes apparaissaient d’ores et déjà en face de nous. La différence dans ce combat-ci était qu’elles étaient en si grand nombre qu’on aurait dit une armée miniature. Leur expression était on ne peut plus sérieuse. Ce n’était pas comme si nous ne pouvions pas gagner contre un gros groupe de Robes Violettes, mais derrières elles se trouvait Celestial dont les yeux nous lançaient des éclairs !

Voyant la situation, je me décidai. « Sunshine et DanDan, vous êtes chargés d’utiliser la magie pour forcer Celestial à se poser au sol. Kenshin, prépare-toi à le poursuivre et à l’attaquer. Les autres, vous allez protéger Sunshine et DanDan, et assurez-vous de bien le faire. »

En entendant mes ordres, DanDan se plaça immédiatement près de Sunshine. Neurotic et Western Wind se mirent à leurs côtés pour les protéger. Cependant, Arctic Fox fixa Celestial, le visage emplit de désir, ayant l’air de mourir d’envie d’engager un duel à mort avec lui. Je levai les yeux au ciel. Comme prévu, c’est un renard qui ne suit pas le mouvement. Je me contentai d’ouvrir la bouche avec exaspération pour l’avertir : « Arctic Fox, Celestial n’est pas un guerrier. Même si tu le défies, tu risques de t’ennuyer. Écoute-moi et agis avec les autres. Quand nous reviendrons, tu pourras défier Kenshin autant de fois que tu le souhaiteras. »

Arctic Fox ne laissa pas échapper un mot, mais se plaça docilement auprès de Sunshine et de DanDan. On dirait que l’utilité de Kenshin n’est pas ordinaire : non seulement il peut se battre, mais il peut également tenter les « maniaques du combat ».

Que la bataille commence !

Sunshine commença à réciter ses incantations, et des épées de vent filèrent vers Celestial. Malheureusement, elles furent toutes bloquées par le satin blanc de Celestial. La magnifique invocatrice DanDan ne fut pas en reste, et tandis qu’elle invoquait des épées de sang et leur ordonnait de voler pour affronter Celestial, elle invoqua également un géant pour nous aider à combattre les Robes Violettes, réduisant grandement la pression que nous ressentions.

Kenshin rôdait sans cesse sous Celestial. Au moment où ce dernier dût descendre à cause des lames de sang et de la magie, Kenshin l’attaqua immédiatement grâce à sa capacité incroyable lui permettant de sauter entre les piliers, rejoignant un Celestial désemparé.

Le reste des guerriers n’épargnait aucun effort dans la bataille contre les Robes Violettes qui grouillaient telles des fourmis. Balançant sa grande épée, Neurotic tranchait fréquemment en deux celles-ci au niveau de leur taille, et Arctic Fox apparaissait et disparaissait de façon imprévisible pour les frapper en plein cœur. De même, je me concentrais sur les endroits qui permettaient de donner des coups critiques. Le cou, le cœur et le front étaient mes endroits favoris. Western Wind, qui manquait de force en comparaison, adoptait une stratégie plus lente, les affrontant une par une.

À force de les tuer sans arrêt, nos corps furent trempés jusqu’aux os de sang inconnu, notre vision se résumant à une mer rouge. Nos mains avaient balancé nos lames un nombre incalculable de fois, et nous savions seulement que, à chaque mouvement d’épée, une nouvelle fontaine de sang jaillirait. Nos corps… avaient reçu un nombre incalculable de blessures, mais ça faisait un moment que la douleur avait disparu, ne laissant que de la torpeur en nous. Cependant, les nymphes continuaient d’arriver telle une marée montante, et je n’avais aucun temps mort pour vérifier où en était la situation avec Celestial. Kenshin et les autres vont-ils réussir à le tuer ? Je souhaitais anxieusement vérifier la situation de Kenshin, mais à peine avais-je montré la moindre hésitation que mon épaule gauche reçut un coup.

Je posai un genou à terre, crachant du sang à profusion. Quand je pus lever de nouveau la tête, je remarquai que Neurotic et Arctic Fox se tenaient tous les deux à mes côtés, bloquant les attaques des Robes Violettes à ma place. Si ça n’avait pas été le cas, je crains que j’aurais d’ores et déjà fait un aller simple vers la Cité de l’Infinie !

Cependant, leurs corps étaient parsemés de blessures, et je pouvais voir qu’ils étaient à leurs limites. Et, les Robes Violettes nous encerclaient toujours en groupes. Serait-il possible que l’invocation de Celestial ne finisse jamais ? Sa magie n’a-t-elle aucune limite ? Mon cœur se glaça de moitié. À cet instant, je focalisai mon attention sur Kenshin. Son corps, à l’origine immaculé, était recouvert de sang, et ses vêtements étaient lacérés à quelques endroits. A-t-il été blessé ?

Merde, j’ai encore complètement oublié que si Kenshin ou Sunshine meurent, il est possible que leur conscience s’évanouisse. Je ne dois absolument pas les laisser mourir.

« Kenshin, Sunshine, si la situation devient critique, vous devez impérativement vous enfuir », ordonnai-je en MP aux deux concernés.

« Qu’appelle-t-on critique ? » s’enquit Kenshin avec indifférence.

« Tant que ta vie est en danger, c’est considéré comme critique », répondis-je avec inquiétude.

Kenshin m’adressa un sourire amer. « Mais, s’échapper n’est plus une option. »

Quoi ? J’examinai Kenshin avec effroi et réalisai que ses deux jambes étaient entravées par de nombreux coups de satin blanc, le rendant incapable de bouger. Il ne pouvait que bloquer les attaques en restant sur place. De plus, une bonne dizaine de Robes Violettes entouraient Kenshin, et Celestial le regardait avec avidité. Et même si Sunshine et DanDan attaquaient simultanément Celestial pour le distraire, les attaques de satin sur Kenshin ne s’arrêtaient pas un instant.

« Sunshine, va vite apporter ton aide à Kenshin ! » Je tournai la tête pour le regarder, et fus à nouveau estomaqué par cette autre scène. Comme Neurotic et Arctic Fox se tenaient près de moi pour me protéger, la pression sur DanDan et Sunshine avait augmenté. DanDan devait non seulement commander le géant de pierre pour bloquer les Robes Violettes, mais Sunshine devait également employer sa magie pour s’occuper du satin blanc de Celestial. Leur situation était tout aussi critique que celle de Kenshin.

Est-ce que je suis responsable de ce qui arrive ? En y repensant, je ne me préoccupai plus de mon corps qui souffrait tellement qu’il en était engourdi, et me forçai à me relever. Je criai à Neurotic et Arctic Fox : « Ça va, allez vite aider les magiciens. »

Ils me regardèrent avec inquiétude, mais sous mon regard ferme les deux se hâtèrent de retourner auprès de Sunshine et DanDan afin de leur donner un coup de main pour bloquer les attaques des Robes Violettes.

Je veux aller aider Kenshin ! Traînant mon corps soudainement si lourd, je fis malgré tout de mon mieux pour faire danser mon Dao Noir dans mes mains, utilisant cette vitesse qui faisait ma fierté pour me glisser entre les Robes Violettes, et je me précipitai aux côtés de Kenshin pas à pas.

« Kenshin, je suis venu te seconder. » Après avoir atteint Kenshin avec tant de difficultés, je continuai de balancer ma lame sans arrêt pour découper le satin blanc qui bloquait les pieds de Kenshin.

« Mmh », grogna Kenshin en réponse. Il commença à se concentrer encore plus sur les Robes Violettes environnantes. Au bout d’un long moment, il avait tué un large groupe de Robes Violettes, et j’avais enfin réussi à réduire drastiquement le nombre de bandes de satin blanc sur les pieds de Kenshin jusqu’à ce qu’il n’en restât plus qu’une.

« Prince, soit prudent, je n’ai plus assez de magie pour invoquer les épées ensanglantées servant à contrer Celestial ! » cria DanDan, anxieuse.

Quoi ? Je me tournai vers Celestial. Sans les épées ensanglantées, plus rien ne distrayait Celestial. D’un geste de la main, le satin blanc que je m’étais acharné à hacher s’enroula de nouveau autour des jambes de Kenshin. Une autre dizaine de morceaux de satin blanc flottaient derrière Celestial, et il les lança tous sur Kenshin. Il me semblait que Kenshin allait avoir au moins une dizaine de nouveaux trous…

« Non ! » Je criai et jetai mon corps devant Kenshin, déterminé à lui servir de bouclier au péril de ma vie.

« Barrière Rebondissante ! » Une voix familière s’éleva subitement et, tandis que je tournais la tête pour regarder, je m’aperçus que les étoles de satin blanc étaient retournées à l’envoyeur. Malheureusement, Celestial s’était enfui à temps et n’avait reçu aucune blessure sérieuse.

« Prince, est-ce que ça va ? »

La voix de Lolidragon ? Encore une fois, je me retournai et restai stupéfait. Les personnes présentes ne se résumaient pas à Lolidragon et Yun, il y avait plusieurs autres de mes compagnons. La totalité d’Odd Squad était là, ainsi que la Team Rose. Ming Huang de Dark Emperor affichait déjà sa mauvaise humeur en me regardant, et bien sûr Nan Gong Zui et Kong Kong ne manquaient pas à l’appel.

J’étais abasourdi et demandai en balbutiant : « Tout le monde… Pourquoi êtes-vous là ? »

Lolidragon répondit avec entrain : « En constatant que Kenshin était en train de chercher des personnes un peu partout, j’ai tout de suite su que tu t’étais à nouveau fourré dans les ennuis. J’ai discuté par MP avec Western Wind pour lui demander ce qu’il s’était passé, et j’ai ainsi découvert que vous aviez besoin qu’on vienne à la rescousse. »

« Après quoi, une fois que j’eus parlé à tout le monde, personne n’a parlementé, et tous se sont précipités ici », déclara Lolidragon en insistant sur ses mots.

Pendant que Lolidragon était en train de s’expliquer, la lumière soignante de Grand frère Wolf m’avait déjà enveloppé. Gui et Wicked avaient depuis longtemps couru jusqu’à moi pour m’aider. Quant à Nan Gon Zui et les autres, ils s’étaient dirigés en ligne droite vers Celestial pour le combattre.

De tout mon cœur, je me sentis chaudement touché, et j’étais un peu perdu sur la marche à suivre. Je prononçai vaguement un : « Les gars, faites attention. Celestial est très fort. »

Cependant, il semblerait que je m’inquiétais trop. Même si Celestial était un peu si puissant que c’en était exagéré, face à tant de personnes à mes côtés, il ne lui restait que la défaite comme option. Les Robes Violettes au sol se faisaient massacrer sans aucune difficulté et, avec ces énormes quantités de magie qui étaient émises par nos équipes, Celestial peinait à trouver assez d’espace pour éviter les attaques. La plupart du temps, il ne pouvait que les bloquer avec son satin blanc, mais, graduellement, de plus en plus de blessures étaient infligées à son corps.

Enfin, Celestial ne put plus en supporter d’avantage et tomba directement au sol. Nan Gong Zui signala à chacun de stopper ses attaques, et ils s’avancèrent tous face à moi. « Suzerain, va et tue Celestial. Une fois fait, tu devrais pouvoir monter de niveaux. »

Présenté ainsi, ne suis-je pas légèrement inutile ? Mais, après avoir causé tant de problèmes, comment pourrais-je oser protester ? Je me contentai d’avancer docilement vers Celestial, et dégainai mon Dao Noir dans le but de le trancher en deux.

Néanmoins, je songeai soudainement à Doll et m’empressai de lui demander férocement : « Où as-tu enfermé Doll ? »

« Dans ce cas, tue-moi. Il est hors de question que je te laisse enlever ma femme. » Celestial était étendu au sol, baignant dans son sang, mais son visage conservait une expression déterminée.

Au fond de moi, un étrange sentiment surgit. Cette expression me semble très familière. C’est presque comme… la détermination qu’avait Kenshin en creusant la tombe de Kaoru.

À cet instant, Neurotic, qui se tenait à mes côtés, se mit à se murmurer : « Ce boss est vraiment étrange. Auparavant, même si j’avais combattu de nombreux boss, je n’avais encore jamais rencontré un NPC ressemblant autant à un humain. Est-il possible que plus un boss est puissant, plus son intelligence est développée ? »

Mon cœur s’emballa sous la surprise. C’est vrai, la réaction de Celestial est vraiment trop humaine. Elle est l’exact réplique de celle de Kenshin et Sunshine. Se pourrait-il que Celestial ait également développé une conscience de lui-même ? Je lançai un regard stupéfait à Lolidragon qui me fixait du regard en retour. Son visage arborait une expression sérieuse.

« Tue-le, Prince. » La voix de Lolidragon me parvint depuis le canal des MP.

J’étais stupéfait. « Mais, tu ne penses pas qu’il pourrait avoir développé une conscience ? »

« C’est précisément pourquoi nous devons nous dépêcher de le tuer. Autrement, tout le monde suspectera Celestial, et éventuellement ils commenceront à se méfier de Sunshine et Kenshin. Tu n’as sûrement pas envie qu’un malheur leur arrive, n’est-ce pas ? » demanda Lolidragon, agitée.

Absolument aucun malheur ne doit leur arriver ! Je durcis mon cœur et positionnai mon Dao Noir au-dessus de Celestial qui était au sol pour le poignarder. Doucement, je murmurai : « Désolé. »

Au moment où mon Dao Noir était sur le point de pénétrer le corps de Celestial, celui-ci s’effaça dans un flash comme des particules qui se dissolvaient. Je restai pétrifié un bon moment. Je l’ai tué ? Je levai mon Dao et le considérai avec suspicion, mais je ne croyais pas un instant que celui-ci l’avait transpercé. Qu’est-ce que c’était que ça ?

« Que s’est-il passé ? Prince, as-tu tué Celestial ? » Après un long moment, Nan Gong Zui vint se renseigner.

Incertain, je répondis : « Je ne sais pas… »

Avant que je ne pusse terminer ma phrase, la voix de Lolidragon retentit à nouveau sur le canal de MP. « Dis que tu as tué Celestial. J’irai voir les gens de l’entreprise. Ils devraient te donner les points d’expérience et le butin au bout d’un moment. Pour l’instant, contente-toi de dire que tu l’as tué. »

Plein de doutes, je regardai vers elle pour constater qu’elle s’était déjà déconnectée. Mais, que se passe-t-il au juste ? Puisque Lolidragon m’avait donné ses instructions, je ne pus que déclarer à Nan Gong Zui : « … Il doit être mort, même si sa façon de mourir était certainement très étrange. »

« Pourquoi n’y a-t-il aucun butin ? C’est vraiment bizarre », marmonna-t-il avec incompréhension.

« Ne nous préoccupons pas de ça, allons vite chercher Doll ! Je me demande si elle va bien. » dis-je avec inquiétude.

Juste quand je finissais ma phrase, j’entendis une voix familière. « Grand frère Prince, tu es si lent ! »

Voyant Doll marcher toute seule dans notre direction comme si elle se promenait, et que ses mains tenaient un paquet de biscuits, mes yeux faillirent sortir de leurs orbites.

« Ça va, Doll ? »

Elle attrapa un biscuit et le mit dans sa bouche, tout en disant avec difficulté : « Ça va, Doll n’avait-elle pas dit à grand frère Prince qu’elle allait bien ? »

Le coin de mes lèvres fut soulevé par un petit tic nerveux, alors que je la questionnais : « Mais, que faisais-tu pendant tout ce temps ? »

« Manger, mais aussi jouer à des jeux de balle avec les grandes sœurs aux robes violettes ! » répondit joyeusement Doll.

Bam !

Doll se précipita vers moi à toute vitesse. « Grand frère Prince, que t’est-il arrivé ? Pourquoi es-tu tombé d’un coup ? Du sang coule même de ta tête ! Grand frère Wolf, viens vite, grand frère Prince est mourant ! »

Me frottant la tête, je me relevai et soupirai. Je fis face à Neurotic et DanDan. « Neurotic, DanDan, je vous présente mes excuses. Je suis profondément navré de vous avoir faits partager mon inquiétude. »

« Haha, aucune importance. Grâce à toi, nous avons été capables de rencontrer Celestial aujourd’hui, et nous avons même pu le défier quelques minutes. Autrement, qui sait combien de jours nous aurions passé à le chercher tous les deux. » Neurotic m’adressa un immense sourire.

« Neurotic et DanDan ? » s’étonna brusquement Nan Gong Zui, choqué. « Les vainqueurs du Tournoi des Aventuriers du Continent de l’Ouest ? Le couple de La Cité Vagabonde ?»

Je fixai Neurotic et DanDan, abasourdi. Ils étaient les suzerains de La Cité Vagabonde du Continent de l’ouest ? »

Neurotic se gratta la tête avec embarras. « Nous avons été percés à jours ? »

« Dans ce cas, laissez-nous nous présenter à nouveau ! Je suis DanDan, une invocatrice occupant la cinquième place du classement. Et, voici mon p’tit mari : un guerrier classé neuvième. Nous sommes l’équipe gagnante du Tournoi des Aventuriers du Continent Ouest, la Team Vagabonde. Après quoi, nous avons bâti la Cité Vagabonde, et nous sommes actuellement en train de rassembler nos forces pour nous préparer à conquérir la totalité du Continent Ouest. Avec un peu de chance, nous arriverons à devenir le Suzerain de la région, exactement comme toi Prince. »  DanDan m’adressa un large sourire.

« Moi ? Un Suzerain ? » demandai-je stupéfait.

Les yeux de DanDan s’illuminèrent en me contemplant. « C’est exact, le Suzerain Sanguinaire du Continent Central, Prince, est présentement l’un des noms des suzerains les plus célèbres parmi les cinq continents. »

« Suzerain Sanguinaire ? » Je laissai échapper un léger soupir, ne sachant guère comment prendre la nouvelle.

Notes de bas de page

1 « nous serions vraiment dans le pétrin » : 叫天天不应,叫地地不灵 (jiào tiān tiān bù yìng, jiào dì dì bù líng). Littéralement : Pleure et supplie le Ciel, mais les Cieux ne répondent pas. Pleure et supplie la Terre, mais la Terre est imperméable.

2 « escalader une montagne faite de couteaux, ou sauter dans des chaudrons d’huile bouillante » En fait, cela fait référence à certains châtiments décrits dans les Enfers chinois. Il y a dix-huit niveaux des enfers, chacun incorporant une torture/un châtiment d’un genre différent, destinés à différents genres de pécheurs. Ces deux-là sont les plus communs. Pour plus d’informations (en anglais) vous pouvez consulter le lien : http://en.wikipedia.org/wiki/Diyu (Avertissement : âmes sensibles s’abstenir).

Romance RPG : Partie 20

posted in: Romance RPG | 0

Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty – traduit du chinois vers l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Vingt – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Lin Jian Yin se précipita pour rentrer à la maison. À son retour, il ne fit rien d’autre que s’asseoir en face de la console Nintendo et attendre les bips sonores et la lumière clignotante. Ses deux yeux étaient rivés sur la console de jeu. Éventuellement, il perdit patience et démarra le jeu le premier. Il avait hâte de mettre le grappin sur la femme qui avait osé fuir sa présence.

Lorsque l’Épée-Fantôme ouvrit à nouveau les yeux, il était étendu sur une chaise dans le salon d’hier. Il semblerait que Meng fût également tombée endormie au milieu de la séance, de sorte qu’ils n’avaient pas quitté le magasin.

Son apparition soudaine fut clairement un choc pour les personnes à proximité. Finalement, le styliste eut enfin assez de courage pour tenter de le placer correctement dans un coin afin d’éviter qu’il fasse peur aux autres clients. L’Épée-Fantôme aperçut le regard affligé du styliste et ne put résister à l’envie de laisser échapper un cri, ce qui effraya le styliste à un point tel qu’il jeta l’épée au loin dans sa panique. Tout ce qu’obtint l’Épée-Fantôme pour s’être moqué de lui fut d’être lamentablement envoyé valdinguer dans les airs. Après avoir tournoyé à plusieurs reprises, il s’écrasa lourdement sur le sol, et personne ne vint vérifier s’il allait bien.

« Hé ! Faîtes plus attention quand vous me déplacez ! » hurla l’Épée-Fantôme avec le visage pointé vers le sol, extrêmement mécontent.

Malheureusement, après avoir été témoin de l’expérience antérieure du styliste, personne ne voulait le toucher, alors ils laissèrent l’Épée-Fantôme hurler et vociférer sur le côté. En fin de compte, fatigué de crier, il ne put que se mettre à marmonner que cette femme l’avait abandonné sans s’en soucier, obligeant une épée solitaire comme lui à rester dans un endroit où il se faisait maltraiter par les gens.

« Épée-Fantôme, pourquoi es-tu étendu là ? »

Avec un hoquet de surprise, Meng s’empressa de rejoindre l’Épée-Fantôme et de le ramasser. L’Épée-Fantôme afficha une expression contrariée quand il regarda Meng, mais fut ensuite stupéfait. Aucune trace ne restait de la coupe de cheveux de vieille dame que Meng portait auparavant. À sa place, il y avait des cheveux souples, noirs de jais, et longs jusqu’aux épaules. Assortis avec la paire d’yeux de Phoenix unique de Meng, bien qu’elle ne pût pas être appelée une femme d’une grande beauté, elle arborait une apparence rafraîchissante et charmante.

« T-Tu… » L’Épée-Fantôme la fixa du regard d’un air abasourdi, incapable de parler pendant un certain temps.

Meng eut l’air inquiète. « Qu’est-ce qu’il y a ? Je suis vraiment désolée. Je me suis connectée avec un peu de retard, et à cause de ça tu t’es fait jeter ici. »

L’Épée-Fantôme voulait à l’origine poursuivre sur ce sujet et la maudire, mais en voyant son air de culpabilité, la moitié de son cœur s’adoucit involontairement. Cependant, sa bouche continua sa tirade : « Oui, oui, tu as été tellement lente à te connecter. Je ne peux pas bouger par moi-même, alors je n’ai pu qu’être maltraité par des gens. Où es-tu allée ? Tu es secrètement allée rencontrer ton petit ami ? » L’Épée-Fantôme ne put s’empêcher d’aborder le sujet d’une manière détournée, et ensuite tendit l’oreille en attendant la réponse.

Meng sourit avec embarras et répondit vaguement : « Je ne faisais qu’aider un ami avec quelque chose. »

« Vraiiiiiiiiiiiiiiiiiment ? » L’Épée-Fantôme allongea le mot. Il n’avait pas songé que Meng oserait essayer de le tromper.

« Ouais. »

Meng répondit naturellement, mais remarqua que l’Épée-Fantôme semblait étrangement mécontent. Elle en conclut qu’il n’était peut-être fâché que parce qu’elle était arrivée si tard. Sur ce, elle se hâta de changer de sujet. « Épée-Fantôme, qu’est-ce qu’on devrait faire maintenant ? »

« Qu’est-ce que tu veux dire par “qu’est-ce qu’on devrait faire maintenant” ? » L’Épée-Fantôme venait tout juste de repenser à la façon dont elle avait grimpé dans la voiture de quelqu’un d’autre et lui répondit avec irritation.

Voyant que l’Épée-Fantôme n’avait pas l’air content, Meng le questionna timidement : « Tu n’avais pas dit que tu voulais m’aider à changer ? Est-ce que c’est assez en changeant ma coiffure ? »

L’Épée-Fantôme lui jeta un regard en biais. Meng était toujours vêtue d’une chemise Pikachu et de pantoufles bleues et blanches. Si ça pouvait être appelé passable, dans ce cas est-ce que ça voulait dire que, juste en mettant une robe, une femme pourrait être appelée magnifique ?

En voyant la rafraichissante et charmante Meng révéler un regard innocent, l’autre moitié du cœur de l’Épée-Fantôme s’adoucit, et il fut incapable de rester furibond. Cette femme doit être ma faiblesse ! marmonna l’Épée-Fantôme dans son cœur, mais il ne pouvait pas se résigner à dire quoi que ce soit à voix haute. Il put seulement lui demander : « Le prince ne veut-il pas tenir un bal ? Quand a-t-il lieu exactement ? »

Quand elle entendit le rappel de l’Épée-Fantôme, Meng se souvint enfin de la raison initiale pour laquelle ils devaient se rendre en ville. Elle fouilla précipitamment dans son sac et sortit une invitation froissée du fin fond de celui-ci. Meng fronça les sourcils quand elle vit un compte à rebours sur l’invitation bizarre. Ça disait : « Temps restant avant le bal. Un mois, quinze jours, vingt-huit heures, trente-six minutes et vingt secondes. »

« Quoi ! Dans un mois et demi ? » s’écria l’Épée-Fantôme. J’ai seulement un mois et demi pour transformer la jeune fille en face de moi en une beauté digne d’être associée avec un prince ?

« Vite, vite, vite ! » l’exhorta l’Épée-Fantôme à plusieurs reprises.

« Vite quoi ? » Meng était perplexe.

« Va acheter des vêtements ! Tu crois que le prince va aimer Pokémon ? » s’exclama l’Épée-Fantôme.

Meng baissa la tête pour regarder le Pokémon sur ses vêtements, et grommela un peu avec mécontentement que les Pokémons étaient très mignons. Mais, ses pas ne ralentirent pas. Peu importe à quel point elle aimait Pokémon, elle n’oserait pas porter ça pour assister à un bal. Elle sortit du salon en coup de vent.

L’Épée-Fantôme déclara avec hâte : « Rends-toi à cette boutique devant laquelle nous sommes passés la dernière fois. La robe blanche qu’ils avaient là semblait vraiment sympa. »

En entendant les instructions de l’Épée-Fantôme, Meng changea rapidement de direction et se dirigea vers l’endroit où l’Épée-Fantôme lui avait dit d’aller. Il ne leur fallut pas longtemps avant d’arriver à la boutique de vêtements. Faisant face à la robe blanche qui était affichée dans la vitrine, Meng estima également que le design était très élégant. Il s’agissait d’une robe simple à bustier avec les lignes gracieuses d’une robe de bal sirène.

« Est-ce que ce serait vraiment approprié pour moi de porter ça ? » Meng était extrêmement timide. Une robe élégante comme celle-là ne semblait pas être quelque chose qu’elle devrait porter.

L’Épée-Fantôme leva les yeux au ciel et s’exclama : « Assez discuter. Entrons ! »

Meng pénétra craintivement dans le magasin. Dès qu’elle entra, elle aperçut un commis qui bâillait derrière le comptoir. Elle ne put s’empêcher de se figer sur place et de le fixer du regard depuis la porte. Elle ne savait pas si elle devait attendre que l’employé du magasin les accueille ou si elle devait nonchalamment se promener pour jeter un coup d’œil aux alentours. Après qu’un certain temps se fut écoulé, l’employé de la boutique remarqua enfin qu’il y avait une femme dans l’encadrement de la porte et afficha immédiatement un sourire. Il se dirigea poliment vers Meng.

Le commis de magasin examina d’abord Meng de haut et en bas. Quand il vit la façon dont Meng était habillée, il resta momentanément stupéfait. Cependant, il avait probablement été formé pour se montrer professionnel étant donné qu’il récupéra de sa stupeur en un instant et demanda, rayonnant : « En quoi puis-je vous aider, mademoiselle ? »

Meng répondit d’une petite voix : « Je veux regarder des robes. »

Un air de compréhension apparut sur le visage du commis du magasin. Il hocha la tête à plusieurs reprises. « C’est pour assister au bal du palais, n’est-ce pas ? Vous prenez vraiment votre temps. La plupart des jeunes filles ont déjà commandé leurs robes plusieurs mois à l’avance. Elles ont même toutes été spécialement conçues. »

« V-Vraiment ? » Meng était un peu gênée. Est-ce qu’il est en train de me dire que j’ai été trop lente dans ma recherche de vêtements ? Elle pensait déjà que passer un mois et demi pour trouver des vêtements était beaucoup trop long.

Voyant que Meng s’était raidit et semblait ne pas savoir quoi répondre, l’Épée-Fantôme avait à présent perdu patience. Il les urgea d’une voix forte : « Dépêchez-vous ! Nous voulons jeter un coup d’œil à la robe exposée dans la vitrine. »

Romance RPG : Partie 19

posted in: Romance RPG | 0

Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Nineteen – traduit du chinois vers l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Dix-Neuf – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

« Et toi ? » demanda Bai Xue Chen. Voyant le regard confus de Lin Jian Yin, il ajouta : « Est-ce que tu as terminé ton objectif initial ? N’es-tu pas allé trouver le magasin d’antiquités God ‘n Devil à cause de cette bouche impulsive qui est la tienne ? »

Lin Jian Yin se figea. Il avait vraiment oublié la raison pour laquelle il était allé visiter la boutique d’antiquités. Il hésita, puis secoua la tête, se souvenant qu’il avait dit à God Charity qu’il ne voulait pas changer. Alors, après ça, pourquoi diable avait-il acheté la console Nintendo ? Il ne se souvenait même pas s’il avait payé ou non.

Bai Xue Chen dit vaguement : « Eh bien, ça n’a pas vraiment d’importance. Ta langue de vipère est l’une de tes caractéristiques principales. Si tu changeais vraiment, alors je me demanderais réellement si tu es bel et bien Lin Jian Yin. »

Lin Jian Yin roula des yeux vers son meilleur ami.

Bai Xue Chen ignora le roulement d’yeux et sourit pendant qu’il déclarait : « Cependant, ton humeur est devenue moins sombre ces derniers temps. Qui plus est, bien que tu aies fait fuir ton agente hier, elle n’a évidemment pas l’intention de démissionner, et semble même être de très bonne humeur aujourd’hui. Compte tenu du fait qu’elle s’est déjà enfuie une fois et qu’elle t’a quand même salué dans le supermarché comme si de rien n’était, cette fille est plus résistante qu’un cafard. »

« Ne la traite pas de cafard », le réprimanda Lin Jian Yin, mécontent.

Bai Xue Chen venait soudainement de se faire gronder, mais il ne se sentait pas le moins du monde en colère. Au contraire, le changement brusque de son bon ami avait piqué sa curiosité. Il était sur le point de se moquer de Lin Jian Yin, mais l’ouverture inopinée de la porte de la boutique l’empêcha de le faire. Ils tournèrent tous les deux la tête pour regarder et aperçurent une Yue Lan élégamment vêtue entrer.

« Yue Lan ? Pourquoi es-tu seule ? » Bai Xue Chen regarda autour, mais ne vit pas Ye Meng Ling.

Remarquant que Lin Jian Yin était également présent, Yue Lan répondit de façon un peu hésitante : « Meng Ling a rencontré une connaissance et a été emmenée de force pour aller prendre le thé. Je suis donc revenue par moi-même. »

« Qui a-t-elle rencontré ? »

Lin Jian Yin éprouva un fort sentiment de malaise dans son cœur. Si la personne était juste une connaissance, Meng Ling n’aurait certainement pas renvoyé Yue Lan toute seule. Il était plus probable qu’ils seraient tous les trois partis prendre le thé ensemble.

En entendant cette réponse, Yue Lan fut surprise. Dans la détresse, elle regarda vers Bai Xue Chen. Il la tint gentiment et dit doucement : « Ne t’inquiète pas. Vas-y, dis-le. »

« Meng Ling a dit que c’était son ex-petit ami. Ils ne faisaient que ressasser le bon vieux temps ! Vraiment ! » répondit prudemment Yue Lan. En même temps, elle observa attentivement la réaction de Lin Jian Yin. S’il avait l’air mécontent, elle défendrait sa nouvelle amie jusqu’à la mort.

Ex-petit ami ? Le souvenir de cette fois-là au supermarché, quand ce couple avait blessé Meng avec leurs paroles, refit tout à coup surface dans la mémoire de Lin Jian Yin. Lorsque Lin Jian Yin avait commencé à discuter avec cette femme, l’homme s’était contenté de rester sur le côté, sans oser dire un mot.

Pourquoi est-il parti à la recherche de Meng ? Lin Jian Yin ressentit un pressentiment dans son cœur. Peut-être que cette femme est l’instigatrice de quelque chose. Se pourrait-il qu’elle tente de se venger ?

À cette pensée, Lin Jian Yin se hâta de demander : « Sais-tu où ils sont allés ? »

En entendant Lin Jian Yin dire cela, les deux autres sourirent mystérieusement. Yue Lan répondit en entrant dans les détails : « Ils sont seulement allés au Starbucks à deux rues d’ici. C’est difficile de se garer là-bas, alors tu devrais y aller à pieds. Nous avons marché jusque-là pour faire les magasins tout à l’heure. »

« Compris. » Lin Jian Yin ouvrit la porte, ne leur disant même pas au revoir tandis qu’il s’en allait en courant.

Bai Xue Chen cligna des yeux et demanda malicieusement : « Essaie de deviner. Juin prochain, crois-tu que nous pourrions assister à un double mariage ? »

Yue Lan rougit et regarda affectueusement son bien-aimé. Puis, elle jeta un regard vers la porte avec une certaine inquiétude. « Mais, Meng Ling est très réservée et timide quand il s’agit d’aimer. »

« Ne t’en fais pas. Lin Jian Yin est la personne la plus directe que j’aie jamais vu. » Le sourire sur le visage de Bai Xue Chen devint de plus en plus brillant.

« La personne plus directe contre la plus réservée. Je me demande qui va gagner cette lutte. » Bai Xue Chen fronça des sourcils. « Je suis enclin à parier sur l’inébranlable mauvais caractère de mon ami de longue date. »

 

 

Lin Jian Yin sprinta tout le chemin, des images du visage en larmes de Meng lui traversant l’esprit. À chacun de ses pas, il accélérait. Atteignant la deuxième rue, il arriva juste à temps pour apercevoir le dos d’une silhouette familière sur le point d’entrer dans la voiture de quelqu’un.

Toujours en train de courir, il rugit : « Ye Meng Ling ! »

Elle tourna la tête pour regarder, clairement choquée. Elle ne savait pas pourquoi, mais voir Lin Jian Yin courir vers elle la fit se sentir coupable. Dans sa panique, elle grimpa dans la voiture et exhorta l’homme dans le siège du conducteur de se dépêcher de partir. L’homme fut surpris, mais il appuya à fond sur l’accélérateur, et la voiture fila au loin.

Lin Jian Yin ne s’était jamais attendu à ce que la jeune femme l’entende crier et s’enfuie avec quelqu’un d’autre, quand il était en fait venu la sauver. La colère surgit dans son cœur.

« Ye Meng Ling, comment oses-tu t’enfuir ? » Les yeux de Lin Jian Yin se plissèrent dangereusement.

Mise à jour : Juin 2017

posted in: Toutes Les Mises à jour | 0
Chapitres de Juin
  1. Romance RPG : Partie 19
  2. Romance RPG : Partie 20
  3. 1/2 Prince T5C4 : Le Côté Terrifiant d’un NPC Conscient de Soi
  4. La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle #6 : Doux Sourire
  5. La Légende du Chevalier du Soleil T4C3 : Collecte des Fonds Pour Le Voyage

Bonjour à tous et à toutes !

Ces derniers temps, on m’a rapporté qu’il y avait un bug avec le site de PR! International qui fait en sorte que les nouvelles publications n’apparaissent pas sur le site avant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Malheureusement, nous ne pouvons pas y faire grand-chose. Par conséquent, nous nous excusons très sincèrement du délai d’apparition des chapitres.

Aussi, pour ceux qui se posent la question, nous n’allons pas publier les histoires parallèles dans le même ordre que la team anglaise.

1 2 3 4 16