Échange Magique Chapitre 2 : La Mélancolie de la Jalousie

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Échange Magique

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Magical Exchange Chapter 2: The Melancholy of Jealousy – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Échange Magique Chapitre 2 : La Mélancolie de la Jalousie – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Sur la piste de course de l’école se trouvait un groupe très animé de jeunes adolescentes.

« Lü Zi, ne cours pas si vite ! » Ma Sheng essaya très fort de soutenir l’allure de la fille qui courait devant elle.

« Tu es juste trop lente », hurla en retour Lü Zi en direction de la fille qui s’était faite distancer de trop loin derrière elle.

« Ma Sheng ne peut tout simplement pas courir si vite », se lamenta Ma Sheng, l’atmosphère de beauté et d’élégance qu’elle dégageait d’ordinaire remplacé par une expression qu’on qualifierait plutôt de jolie et mignonne.

Mais, quoi qu’il arrive, elle reste très belle et attirante. Ce fil de pensée traversa l’esprit de Lü Zi. Comparée à la belle et grande Ma Sheng, Lü Zi, avec un visage plein de boutons et sa peau naturellement trop bronzée, ne semblait même pas du tout pouvoir lui arriver à la cheville.

« Qui t’a dit de négliger tes entraînements ? » Alors que Lü Zi parlait, elle ne put s’empêcher de se sentir heureuse intérieurement, parce que la piste de course était la seule chose dans laquelle elle pouvait vaincre Ma Sheng. Elle et Ma Sheng étaient amies depuis l’école primaire, étaient allées au même collège plus tard, et allaient au même lycée, alors elles étaient naturellement très proches. Dès l’école primaire, Ma Sheng était déjà très belle. Maintenant qu’elles allaient au lycée, elle était devenue encore plus belle. Le nombre de ses admirateurs pouvait surement remplir la piste de course toute entière. Lü Zi avait toujours était la meilleure amie de Ma Sheng, et Ma Sheng était également… une bonne amie de Lü Zi. Très bien ! Affirmer qu’elle n’était pas jalouse serait un mensonge, mais ce n’était pas grave. Au moins, elle avait toujours la piste de course, le seul endroit où elle pouvait exceller mieux que Ma Sheng. Sur la piste de course, Lü Zi était toujours la plus confiante.

Après que l’école fut terminée, Lü Zi et Ma Sheng marchèrent ensemble pour rentrer à la maison comme elles le faisaient tout le temps.

« Lü Zi, crois-tu avoir bien réussi l’interro de math aujourd’hui ? J’ai trouvé que c’était plutôt facile. Il y a eu de nombreuses questions pour lesquelles je t’ai aidé à réviser. L’enseignante les a seulement un peu modifiées », déclara Ma Sheng joyeusement.

« Hum… Ouais, surement ! » prétendit Lü Zi avec culpabilité. Elle n’avait essentiellement compris que la moitié des questions. Elle allait encore avoir une mauvaise note.

« Lü Zi, je dois t’avouer quelque chose ! » Ma Sheng rougit soudainement. « Mais, s’il-te-plaît, ne va pas raconter ça à quelqu’un d’autre. »

Curieuse, Lü Zi s’arrêta. « Qu’y a-t-il ? Tu peux me le dire ! » Elle attendit impatiemment d’entendre le nouveau sujet de commérage.

« Aujourd’hui, Xia m’a avoué son amour, et j’ai… dit oui. » Elle cessa de marcher pendant un instant, et lui demanda sans délai : « Ça ne te dérange pas, n’est-ce pas ? Parce que toi aussi tu l’aimes beaucoup. »

Ce fut comme si un « bang » bruyant avait résonné à l’intérieur de sa tête… Lü Zi sentit son monde s’écrouler. Xia, qu’elle aimait secrètement depuis l’école primaire, avait avoué son amour à Ma Sheng, sa meilleure amie. Elle ne sut pratiquement pas comment réagir. Mais, Ma Sheng continuait à tirer sur son bras, en disant qu’elle ne l’avait pas fait exprès, qu’elle aimait aussi Xia, et que Xia était celui qui lui avait avoué son amour, ce qui était la raison pour laquelle elle… Lü Zi ne voulut pas en entendre davantage ; elle avait uniquement envie de pleurer. Elle hocha la tête sans y penser.

« Ça ne te dérange plus ? » s’enquit Ma Sheng, avec doutes.

Lü Zi hocha de nouveau la tête avec engourdissement.

« Je suis si soulagée. »

À l’instant où elle retourna dans sa chambre, elle se mit finalement à pleurer très fort. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que toutes les rares choses qu’elle désirait lui étaient dérobées par Ma Sheng ? Elle haïssait vraiment Ma Sheng à ce moment-là, la détestait tellement qu’elle souhaitait sa mort. Si celle-ci était morte, tout serait parfait. Dans ce cas, elle n’aurait plus à être la fille qui passe inaperçue à côté de sa meilleure amie. C’est vrai ! Si Ma Sheng était morte…

« Lü Zi, peux-tu aller acheter du sel ? Je veux cuisiner, mais il ne m’en reste plus. » La voix de sa mère retentit au bas de l’escalier.

Lü Zi s’empressa d’essuyer ses larmes. « O.K. ! »

 

 

Après avoir acheté du sel, Lü Zi se mit à marcher en étant dans la lune. Elle était perdue dans ses pensées. D’un côté, elle se réprimandait pour avoir eu la pensée terrible de tuer Ma Shang, mais d’un autre côté c’était véritablement tentant…

Brusquement, sans en avoir conscience, elle leva la tête, et ce qui inonda son champ de vision fut une boutique étrange. « God’n Devil » : l’enseigne de la boutique ne contenait que ces trois mots. La boutique tout entière était une sorte de petite chaumière en bois, une qui se distinguait par sa couleur noire.

« Quelle boutique extraordinaire. Quand a-t-elle ouvert ses portes ? Est-ce que c’est une boutique d’antiquité ? » Il émanait de la boutique un charme d’une qualité inhabituelle, comme si elle l’appelait à entrer. Lü Zi jeta un regard au sac de sel dans sa main et songea, Jeter un petit coup d’œil ne devrait poser aucun problème, pas vrai ?

Lü Zi poussa doucement la porte pour l’ouvrir. « Il y a quelqu’un ? Est-ce que je peux jeter un coup d’œil autour? »

« Évidemment que vous le pouvez. Je vous en prie, entrez, ma chère demoiselle », répondit une voix profonde et charmeuse.

Comme elle mettait le pied dans le magasin, un homme d’une beauté sulfureuse entra dans son champ de vision. Ses cheveux étaient d’un noir profond, ses yeux étaient aussi rouges que le vin, et le sourire qu’il arborait sur ses lèvres donnait l’impression qu’il se moquait du monde. Et il était confortablement assis à une table.

« Je vous en prie, assoyez-vous, mademoiselle. » Il agitait les mains, en faisant signe à Lü Zi de s’asseoir. « Aimez-vous le café ? » Il n’attendit pas sa réponse et lui versa une tasse de café.

« Excusez-moi… » Comme c’était la première fois que Lü Zi voyait un homme aussi beau, sa voix n’était pas plus audible que le bourdonnement d’un moustique.

« Mon nom est Devil Chaos, et je suis l’un des propriétaires de la boutique d’échange magique, God’n Devil », répondit Devil Chaos à Lü Zi avant qu’elle puisse le lui demander, en gardant son sourire enchanteur tout le long.

« D’échange magique ? » Elle avait seulement entendu parler des échanges boursiers et avait toujours cru que les échanges étaient censés avoir lieu dans des gratte-ciels. Est-ce qu’il y a des marchés d’échange boursier situés dans des petites maisons en bois ?

« C’est exact. Nous sommes très différents de l’échange boursier ! Le centre d’intérêt de notre entreprise est d’exaucer les plus profonds désirs cachés de nos clients. » Il cessa de parler pendant un instant, en affichant un sourire très mystérieux. « Quoi que vous souhaitiez, c’est sans importance. Nous exaucerons votre vœu. »

Elle ne savait pas pourquoi, mais Lü Zi se remémora la pensée qu’elle avait eue de vouloir tuer Ma Sheng. Qui plus est, le désir la saisit de plus en plus. À ce moment même, elle souhaitait pratiquement voir Ma Sheng étendue devant elle, dégoulinante de sang.

« Y a-t-il une tâche que vous voudriez me confier ? » La voix charmeuse eut pour effet de convaincre le cœur de Lü Zi encore plus. « Vous n’avez qu’à signer ce contrat, et Devil Chaos vous aidera à l’accomplir. » Un morceau de parchemin et une plume d’oie étaient apparus sur la table à un moment inconnu.

« Je… » Lü Zi prit la plume sans réfléchir. Elle était sur le point d’imprudemment signer son nom…

« Devil Chaos ! Oh, nous avons une cliente. » Une voix chaleureuse et apaisante fit se figer Lü Zi.

La jeune fille leva la tête et plongea son regard tout droit dans une paire d’yeux bleus réconfortants. Elle se sentit tout à coup calme. Il s’agissait d’un homme à la peau claire et aux yeux bleus, aussi beau que Devil Chaos, mais la différence était qu’il mettait les gens à l’aise. Le regarder était presque suffisant pour guérir son cœur blessé.

Néanmoins, Devil Chaos fronça les sourcils avec mécontentement. La personne qui l’avait mis de mauvais poil paraissait ne pas l’avoir remarqué et ne semblait pas avoir l’intention de partir non plus.

« Bonjour, mon nom est God Charity. Je suis l’autre propriétaire de la boutique d’échange magique. Accepteriez-vous de me dire votre nom ? »

« Lü Zi. »

« C’est donc mademoiselle Lü Zi. Devil Chaos vous a-t-il informé des détails du contrat ? » Il arrêta de parler un instant. Ses yeux se tournèrent vers Devil Chaos qui avait détourné la tête. « Si vous souhaitez faire le mal, Devil Chaos vous aidera, mais il y aura un prix à payer. Le prix sera décidé en fonction d’à quel point votre désir est facile ou difficile à réaliser. »

Dès qu’elle entendit les mots « faire le mal », Lü Zi se recroquevilla. Elle ne parvenait pas à croire qu’elle avait failli engager quelqu’un pour tuer Ma Sheng. Comment avait-elle pu avoir une pensée aussi malveillante ? Elle s’empressa de déclarer : « Non, je n’ai pas envie de demander quoi que ce soit à Devil Chaos, je… suis seulement entrée pour jeter un coup d’œil. Je suis désolée, je m’en vais tout de suite. »

Après qu’elle eût terminé de parler, elle n’attendit pas la réaction de God Charity ou de Devil Chaos et sortit par la porte en coup de vent.

« God Charity, tu as fait fuir ma cliente. Nous avions convenu de ne pas intervenir dans les affaires de l’autre », l’avertit Devil Chaos d’un ton contrarié. Ses yeux écarlates brillèrent dangereusement de malice.

God Charity se contenta de sourire. « Je suis uniquement venu voir si quelqu’un était en train de briser les règles en se servant secrètement d’un peu d’hypnose. »

« Je n’ai fait que dire une phrase. » Les yeux de Devil Chaos se détournèrent.

« Une seule phrase de ta part est plus puissante que la meilleure hypnose au monde ! »

« Hmph ! Eh bien, je n’ai pas besoin de ce contrat de toute manière. » Devil Chaos savait qu’il était dans le tort et que se disputer au sujet de qui avait raison ne lui était d’aucun bénéfice. Il ne ferait certainement rien qui ne lui bénéficierait pas.

God Charity ne se soucia pas de lui. Il contempla simplement la porte, espérant dans son cœur que la fille ne reviendrait plus jamais…

 

 

« Salut, Lü Zi. » Ma Sheng s’approcha de Lü Zi en riant.

« Salut. » Lü Zi ne put presque pas regarder Ma Sheng dans les yeux, parce qu’elle avait songé de provoquer la mort de cette dernière hier. La Lü Zi aimable et au cœur toujours bon s’était vautrée dans la honte toute la nuit et, en fin de compte, avait pris la décision de féliciter Ma Sheng et Xia comme il se devait même si la douleur dans son cœur la tiraillait encore.

Comme elle n’avait pas directement regardé Ma Sheng, Lü Zi ne remarqua pas l’expression de sa meilleure amie. Cette expression montrait une méchanceté surprenante, et son sourire exprimait un tout aussi surprenant ravissement devant les tourments d’un autre. « Lü Zi, allons nager à la piscine après l’école. D’accord ? On se rejoint au gymnase et on se rendra là-bas ensemble, une fois qu’on se sera changées. »

« Pas de problème. »

 

 

Lü Zi marcha avec excitation jusqu’au gymnase. La natation avait toujours été son sport préféré. Elle ne s’attendait juste pas à ce que la scène qu’elle s’apprêtait à voir lui fasse aussi mal. Lü Zi, qui était sur le point de pénétrer dans le gymnase, fut accueillie par la vue d’un couple en train de s’embrasser : c’était Ma Sheng et Xia. Elle se couvrit fermement la bouche pour s’empêcher d’éclater en sanglots. Pourquoi ? Pourquoi Dieu avait-il permis qu’elle soit témoin de cette scène ? Même si elle avait pris la décision de les féliciter comme il se devait, ça ne signifiait pas qu’elle était assez forte pour supporter de les voir éperdus d’amour sous ses yeux.

Elle manqua de sombrer dans le désespoir en observant Ma Sheng et Xia devant elle. Dans son cœur, elle tenta très fort de se répéter, Lü Zi, tu dois les féliciter. Tu n’es pas autorisée à avoir d’autres pensées. Félicite tes deux bons amis…

Mais, Ma Sheng avait remarqué Lü Zi depuis un bon moment, étant donné qu’elle avait fait exprès d’embrasser Xia devant elle. Son cœur était rempli d’une grande joie à l’idée de la tourmenter. De bonnes amies ? Stupide Lü Zi, tu es vraiment trop naïve.

« Mademoiselle Ma Sheng », une voix séduisante retentit subitement depuis un coin sombre. Un homme à l’apparence classe et démoniaque avec des cheveux noirs et des yeux vermeilles émergea peu de temps après.

Devil Chaos ? Comment se fait-il qu’il soit là ? L’esprit de Lü Zi était plein de surprise. Se pourrait-il qu’il soit de nouveau venu tenter de lui faire signer un contrat ? Mais, c’est à Ma Sheng qu’il s’adressait à l’instant… ?

« D’où sors-tu ? » Ma Sheng avait eu une peur bleue. Quand elle avait regardé, une seconde plus tôt, il n’y avait assurément personne qui se tenait là, non ?

« Ça n’a aucune importance ! Ce qui importe, c’est que je sois payé ! » Le sourire de Devil Chaos recelait de mauvaises intentions.

Payé ? Ma Sheng a signé un contrat avec Devil Chaos ? Lü Zi était encore plus perplexe qu’auparavant.

« Dis-moi donc combien d’argent tu veux. » Ma Sheng agita impatiemment la main. Elle ne voulait pas que Lü Zi découvre la vérité.

« Ce que je désire n’a pas aussi peu de valeur que l’argent. » Le sourire de Devil Chaos transpirait de dangerosité. Le manque de politesse de Ma Sheng ne le dérangeait pas le moins du monde.

« Dans ce cas, qu’est-ce que… » Avant que Ma Sheng pût terminer sa phrase, Lü Zi l’interrompit.

« Attendez ! Devil Chaos, pourquoi êtes-vous ici ? Ma Sheng, comment se fait-il que tu le connaisses ? » Lü Zi ignorait pourquoi, mais elle songea que ça avait quelque chose à voir avec comment Xia, qui se tenait silencieusement à côté, affichait tout d’un coup des yeux sans vie.

« Oh, c’est vous, mademoiselle Lü Zi. » Devil Chaos rigola malicieusement et songea à une façon de rendre la situation encore plus chaotique. « Ce n’est rien, je suis là seulement pour être payé, et c’est cette fille qui doit me payer, car elle a signé un contrat avec moi. Son souhait était de pouvoir contrôler ce garçon. »

Lü Zi n’arrivait pas à y croire, tandis qu’elle fixait Ma Sheng dont le visage prenait une expression affreuse. Elle ouvrit la bouche avec difficulté et dit : « Pourquoi ? »

Ma Sheng fusilla haineusement Lü Zi du regard, qui ne l’avait encore jamais vu afficher ce genre d’expression auparavant. Lü Zi était incapable de bouger de là où elle était, stupéfaite. « C’est entièrement de ta faute. Lü Zi, tu es si idiote. À part pour ce stupide cours de gym, je suis meilleure que toi dans tous les aspects, que ce soit sur le plan de l’apparence ou les devoirs, et pourtant tout le monde t’aime plus. Tu peux tout le temps discuter joyeusement avec nos camarades de classe ! Mais, moi dans tout ça ? Je ne peux que prétendre être une fille gentille et raffinée à côté de toi, parce qu’aucune fille n’a envie de me parler. Sais-tu à quel point je t’envie, parce que tout le monde t’aime ? J’étais incapable d’accepter ça. Je voulais au moins te voler la personne que tu aimais le plus, Xia, mais, quand je lui ai dit que j’étais amoureuse de lui, il m’a répondu que c’était toi qu’il aimait. »

Lü Zi resta pétrifiée, sous le choc, pendant un long moment. Xia était amoureux d’elle ?

Le sourire de Ma Sheng était rempli de méchanceté. « C’est à ce moment-là que la boutique d’échange magique est apparue. Devil Chaos m’a affirmé qu’il pouvait réaliser n’importe quel souhait. Haha, au début, je croyais à une arnaque, mais dès ce jour Xia a commencé à obéir à chacun de mes ordres. Il m’appartient pour toujours. Hahaha. »

Alors, c’est ça qui fait que Xia a l’air sans vie. Lü Zi jeta un regard à Xia qui ignorait tout de ce qu’il se passait, son cœur emplit de douleur. « Comment as-tu pu faire ça ? Xia n’est pas ton pantin. C’est un être humain vivant. Comment peux-tu le contrôler comme si de rien était ? » Lü Zi la supplia presque : « Laisse partir Xia ! Ma Sheng, c’est moi que tu détestes, alors contrôle-moi à la place. »

« Attendez une minute, toutes les deux. Si vous avez l’intention de vous disputer, pouvez-vous attendre jusqu’à ce que j’aie reçu mon paiement pour vous y mettre ? » déclara un Devil Chaos en colère et qui en avait déjà marre de les voir faire.

« Dis-moi donc vite ce que tu veux ! » s’énerva Ma Sheng, dix fois plus impatiente.

« Eh bien, contrôler une personne pendant toute une vie est un exploit très difficile à accomplir ! Mais, étant donné que c’est votre première visite, je vais vous offrir un rabais de vingt pour cent. » Devil Chaos eut un rire diabolique. « À l’origine, je voulais cinquante années de votre durée de vie, mais à présent quarante années sont amplement suffisantes. »

« C’est quoi ces conneries ? Comment est-ce qu’on peut prendre quelque chose comme des années de ma vie ? » Ma Sheng pensa avec dédain que ce type devant elle était dérangé mentalement.

« Contrat, viens à moi ! » Brusquement, une bourrasque de vent s’éleva autour de Devil Chaos, et un bout de parchemin apparut devant lui. « En accord avec ce contrat, moi, Devil Chaos, j’ai réalisé votre souhait. Je vais maintenant récupérer le paiement qui m’est dû : quarante ans de votre durée de vie. » Lorsqu’il eut fini de dire ça, la bourrasque de vent s’enroula tout à coup autour de Ma Sheng.

« Ah… Qu’est-ce que c’est que ça ? Relâche-moi tout de suite », cria Ma Sheng depuis l’intérieur du tourbillon, terrifiée.

Lü Zi ne savait pas quoi faire, elle non plus. Elle pouvait seulement observer l’incroyable scène qui se déroulait devant ses yeux d’un air hagard.

Après un certain temps, le tourbillon de vent retourna aux côtés de Devil Chaos et s’estompa lentement en étant aspiré par le parchemin. Finalement, Devil Chaos leva la main, et le parchemin disparut. « Échange réussi ! Ce fut un plaisir de collaborer avec vous. N’hésitez pas à venir visiter la boutique d’échange magique God n’ Devil quand il vous plaira », lâcha Devil Chaos d’une voix mystérieuse. Sa silhouette suivit sa voix et s’effaça sous le regard de Lü Zi et Ma Sheng.

« Mais, que vient-il de se passer exactement ? » Lü Zi, dont l’esprit était sens dessus-dessous, était figée sur place, abasourdie.

« Il a disparu. » Ma Sheng fixa avec incrédulité l’endroit où s’était volatilisé Devil Chaos. Toutefois, à la seconde où elle parla, elle et Lü Zi songèrent que quelque chose était étrange : sa voix sonnait faux. Elle ne sonnait pas comme celle d’une fille, mais plutôt comme celle d’une vieille dame de cinquante ou soixante ans.

Lü Zi se tourna lentement pour regarder Ma Sheng. Elle se rappela ce que Devil Chaos avait dit avant de partir. Le prix à payer était cinquante années de sa durée de vie. C’est vraiment possible ? Est-ce que c’est vraiment possible de prendre les années de la vie d’une personne ? Néanmoins, à l’instant suivant, elle sut que c’était le cas, parce que la personne devant elle n’était plus une Ma Sheng de seize ans, mais bien une vieille dame dans la cinquantaine. C’est elle ? C’est Ma Sheng ? Elle n’arrivait tout bonnement pas à y croire.

Et, en apercevant l’incrédulité dans les yeux de Lü Zi, les sentiments confus, surpris et incrédules de Ma Sheng fusionnèrent. Elle courut jusqu’au miroir le plus proche… « Ahhhhhhhhh ! » La personne qui criait et qui était réfléchie dans le miroir était une femme entre cinquante et soixante ans.

« Pourquoi ? Pourquoi est-ce que j’en suis arrivée à ça ? Ce n’est pas ce que je veux. Ce n’est pas ce que je veux. Rends-moi ma jeunesse ! Rends-la-moi », hurla Ma Sheng, au bord de la folie.

« Ma Sheng… » Lü Zi, qui était aussi confuse dans son cœur que dans son esprit, ignorait quoi faire elle aussi.

« Ce n’est pas ce que je veux. Si c’est pour être comme ça, je préfère mourir ! » Ma Sheng, dans son hystérie, se précipita subitement à l’extérieur.

« Ma Sheng, attends ! » Lü Zi la suivit immédiatement.

Mince, je l’ai perdue. Où est-ce que Ma Sheng a bien pu aller ? Lü Zi la chercha frénétiquement. Malgré le fait que Ma Sheng ait fait une chose aussi odieuse pour la contrarier, son cœur était toujours aussi grand. Dans le cœur de Lü Zi, elles étaient encore amies, après tout. Elle ne pouvait pas ne pas se soucier de la Ma Sheng d’en ce moment.

Tout autour, une foule s’était rassemblée et faisait un raffut. Ce qui attira l’attention de Lü Zi fut comment ils pointaient le toit de l’école. Quelques personnes étaient même en train de crier. Alors qu’elle levait la tête, Lü Zi se mit également à hurler. C’est Ma Sheng. La personne qui se tient sur le toit, c’est Ma Sheng. « Ne fais pas ça, Ma Sheng ! »

« Ah ! » Tout le monde commença à crier, parce que la dame sur le toit avait sauté. Du sang gicla partout. Lü Zi, qui se tenait devant l’école, était complètement couverte du sang de Ma Sheng. Elle n’avait même pas eu le temps d’hurler ou de ressentir de l’horreur qu’elle entendit les secondes exclamations de la foule. Elle leva la tête pour regarder d’un air hébété.

« Xia ! »

Xia apparut sur le toit, en se tenant à peu près au même endroit où Ma Sheng s’était tenue avant lui. Lü Zi savait déjà ce qui arriverait ensuite, et combien ça lui briserait le cœur. L’histoire se transformerait en tragédie…

 

 

Lü Zi marcha machinalement vers sa maison, son cœur lui faisant si mal qu’elle n’arrivait pas à parler. Même les larmes qu’elle avait pleurées après que Xia ait eu sauté avaient cessé. Elle avait perdu sa meilleure amie et le garçon qu’elle aimait le plus. Comment les choses en sont-elles arrivées là ? Est-ce qu’il n’y a vraiment aucun moyen d’arranger ça ?

Un cottage en bois blanc jaillit à côté d’elle sur la rue. Lü Zi, qui n’avait rien remarqué depuis les deux suicides, l’aperçut tout de même. Les trois mots se révélèrent à Lü Zi : God n’ Devil. Elle aurait dû se sentir pleine de ressentiment. Après tout, c’était le contrat de cette boutique d’échange magique qui était à l’origine de la situation, mais le cottage en bois blanc actuel émettait une impression réconfortante et chaleureuse. Le cœur engourdi de Lü Zi se serra, et des larmes se mirent de nouveau à couler. Sans hésiter, elle entra.

God Charity était debout derrière la porte, employant son regard apaisant pour regarder au fond du cœur de Lü Zi. Il ne dit rien, mais écarta calmement les bras, et Lü Zi se jeta dans ses bras sans hésitation. Elle pleura tout son saoul, et lâcha un gémissement à fendre le cœur.

Après avoir évacué son chagrin, Lü Zi but tranquillement le thé que lui passa God Charity. Elle était en train de prendre une décision importante sur ce qu’elle allait faire. Elle ne pouvait pas laisser les choses se terminer ainsi, pas si elle avait la capacité de les changer.

« God Charity… »

God Charity lui coupa la parole, comme s’il avait déjà deviné la détermination nouvellement acquise de Lü Zi : « Je peux en effet signer un contrat avec vous, afin de vous aider à réaliser le désir au plus profond de votre cœur, mais le prix à payer pour ressusciter quelqu’un est votre vie elle-même.

Lü Zi se dégonfla pendant un moment, mais décréta sur-le-champ : « Xia n’avait rien fait de mal. Sauvez-le au moins, au moins lui… » Elle s’arrêta, Mais, et Ma Sheng alors ? Même si Ma Sheng avait fait quelque chose d’horrible, néanmoins, étant donné qu’elle était une bonne amie de Ma Sheng et qu’elle n’avait jamais remarqué le comportement étrange de celle-ci durant toutes ces années, elle avait presque indirectement causé la mort de son amie. Est-ce qu’elle avait vraiment le droit d’abandonner Ma Sheng à son sort et de seulement sauver Xia ? Lü Zi tomba silencieuse.

God Charity restait également muet. C’est vraiment une jeune fille au grand cœur.

« Êtes-vous réellement capable de faire n’importe quoi pour moi ? » demanda Lü Zi de manière imprudente, parce qu’elle avait songé à une façon de faire d’une pierre deux coups, mais il s’agissait d’une chose extrêmement folle à imaginer. Bien qu’elle ait eu un aperçu du pouvoir de Devil Chaos, elle ne pouvait pas s’empêcher de se demander si God Charity serait capable de réaliser son vœu.

God Charity sourit, incapable de se délester de sa pitié envers la jeune fille au grand cœur. « Oui, n’importe quoi. »

« Dans ce cas, je veux signer un contrat avec vous. Je vous en prie, réalisez mon souhait. » Lü Zi prit une profonde inspiration. Au fond de son cœur, elle pensa, Oui, c’est la meilleure solution. Personne n’aura le cœur brisé, incluant mes parents. « Je souhaite ne jamais être venue au monde. » De cette façon, Ma Sheng ne signerait pas de contrat avec Devil Chaos pour faire du mal à Xia par sa faute. Et sa mère et son père ne seraient pas tristes de la perdre. C’était véritablement la meilleure solution.

God Charity se contenta de soupirer. « En êtes-vous sûre ? Lü Zi, êtes-vous certaine de vouloir vous sacrifier ? »

« Oui », Lü Zi hocha fermement la tête. « Pour ce qui est du prix à payer, même si vous prenez mon âme, je n’aurai aucun regret. »

God Charity éprouva un pincement au cœur. Il avait déjà un plan. « Très bien ! Contrat, viens à moi. Vous n’aurez qu’à signer votre nom dessus, et votre vœu de n’être jamais venue au monde sera accompli. »

Lü Zi saisit la plume et, après avoir écrit son nom avec détermination, regarda God Charity. Sa silhouette s’estompa lentement. « Merci. »

God Charity se contenta d’acquiescer d’un signe de tête, en observant Lü Zi s’effacer sous ses yeux. La lumière blanche, soit l’âme de Lü Zi, flotta tranquillement jusqu’à sa main.

« Quel échange peu profitable. » La voix moqueuse de Devil Chaos résonna en écho derrière God Charity. « La puissance dépensée pour faire en sortes qu’elle ne soit jamais venue au monde ne peut pas être mince ! Tu n’as obtenu qu’une petite âme en retour. Tu as reçu une énorme perte, God Charity. »

« Je crois que ça en valait la peine », affirma God Charity avec légèreté. Ensuite, il ajouta : « J’ai obtenu une petite servante au grand cœur en résultat. »

« Une servante ? » répéta Devil Chaos avec doute. Il eut brusquement un mauvais pressentiment.

God Charity leva la main et, dans sa paume, l’âme de Lü Zi émit inopinément une lumière éblouissante. La lumière prit graduellement une forme : celle d’un enfant. Enfin, une mignonne petite fille émergea, avec la peau claire et les yeux bleus, ressemblant à s’y méprendre à une poupée.

God Charity la contempla, et lui dit alors avec un sourire : « Je vais t’appeler Angélique Doll ! Tu seras ma petite servante. » Après avoir parlé, il tapota gentiment la tête de cette dernière.

La petite fille sourit également avec joie. « Ta petite servante ! À partir de maintenant, je serai la petite servante de grand frère. »

« Oh mon Dieu ! » Devil Chaos jeta un regard à Angélique qui était clairement une petite fille espiègle. « Ne pouvais-tu pas créer une belle jeune femme à la place ? À quoi peut bien servir de créer un enfant ? »

God Charity se contenta de sourire, pendant qu’Angélique se cachait derrière lui. Elle regarda Devil Chaos avec mépris et lui fit une grimace.

« Sale gamine ! Regarde-moi bien te punir comme il se doit, et on verra si tu oses encore me faire une grimace. » Devil Chaos tendit la main pour attraper la fillette. Malheureusement, celle-ci déploya soudainement une paire d’ailes d’ange et se mit à voler dans toutes les directions, en se maintenant obstinément hors d’atteinte.

God Charity admira les deux personnes merveilleuses devant lui, son cœur débordant d’amusement. « Il semblerait que je ne me sentirai plus seul désormais. »

Romance RPG : Partie 24

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-four – traduit du chinois vers l’anglais par Nabs[PR!]
Partie Vingt-quatre – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

L’Épée-Fantôme était malheureux, et ce fait se reflétait également dans la version de Lin Jian Yin dans la vie réelle. Au cours des derniers jours, il avait jeté et brisé un nombre incalculable de micros pour toutes sortes de raisons ahurissantes : le son était inexact, il avait le sentiment que quelque chose clochait en le tenant, leur odeur était répugnante… Malheureusement, son agente était occupée à organiser ses emplois, et il n’avait aucune idée où elle avait bien pu disparaître. Ce fait lui fit jeter des micros encore plus fréquemment.

À l’heure actuelle, Lin Jian Yin était assis dans une salle de repos après avoir tout juste terminé de semer la pagaille, et personne n’osait venir à l’intérieur pour chercher leur propre mort. Cependant, quelques personnes attendaient à l’extérieur en stand-by. Si Lin Jian Yin voulait voir quelqu’un et ne trouvait personne autour, dans ce cas leur mort serait encore plus douloureuse.

Lorsque les pauvres travailleurs martyrisés qui attendaient à l’extérieur virent Ye Meng Ling marcher dans leur direction, ils affichèrent immédiatement des expressions de profonde gratitude ; presque tout le monde dans l’entreprise était conscient du fait que Ye Meng Ling était la seule personne capable de réprimer la colère de Lin Jian Yin et que, jusqu’à présent, c’était aussi la meilleure agente qu’il ait eue.

Ye Ming Ling força un sourire à apparaître sur ses lèvres et fit un signe aux gens qui attendaient à l’extérieur, ce qui leur indiquait qu’ils pouvaient partir. Ils rayonnèrent avec des expressions de reconnaissance. Alors qu’ils prenaient rapidement la poudre d’escampette, ils lancèrent également des regards de sympathie à Ye Meng Ling.

Lorsque Ye Meng Ling les aperçut en train de s’enfuir avec une telle rapidité qu’ils semblaient décoller comme une fusée, elle ne put s’empêcher de se gratter le visage et de demander : « Est-il vraiment si effrayant ? »

Juste à ce moment-là, comme pour lui répondre, le bruit de quelque chose qui se brisait retentit à l’intérieur de la salle de repos. C’était comme si un truc lourd avait été renversé à coups de pied. Toutefois, Ye Ling Meng fut légèrement surprise, mais ne recula pas. Elle savait déjà que Lin Jian Yin ne lui ferait aucun mal. Tout au plus, il jetterait et casserait des choses. Mais, même s’il endommageait certains objets, l’agence ne dirait rien. En fait, le patron était même heureux que, en ce moment, le taux de destruction de Lin Jian Yin ait baissé de 50 %.

Ye Meng Ling avait à peine réfléchi à ça pendant quelques secondes, quand le bruit de verre brisé se fit entendre depuis l’intérieur de la salle de repos. Elle ouvrit la porte sur-le-champ afin d’empêcher le pourcentage de dommage de ce mois-ci de trop augmenter, ce qui aurait pour conséquence d’attirer l’attention du patron sur elle.

« Bonjour. »

Ye Meng Ling passa la tête dans la salle de repos et, tout en fermant complètement les yeux sur la destruction de la pièce, regarda Lin Jian Yin qui était assis sur le canapé en bouillonnant de colère. Elle traversa la pièce avec précaution et se dirigea vers lui, mais il détourna délibérément la tête.

Ye Meng Ling lui montra un petit sourire timide et sortit une boîte. « C’est pour toi. »

Lin Jian Yin renifla avec dédain, mais ne put se retenir d’y jeter un regard du coin de l’œil. Il s’agissait d’une boîte rectangulaire en bois noir. Lin Jian Yin essaya secrètement de deviner ce qu’elle pouvait contenir au vu de sa forme, mais il y avait trop de possibilités, et donc sa curiosité l’emporta finalement sur son mécontentement. Il saisit la boîte et l’ouvrit, tout excité, pour découvrir qu’il y avait en fait un microphone à l’intérieur.

« Un micro ? » Lin Jian Yin fixa distraitement l’objet en même temps qu’il parlait. Ce microphone me semble un peu familier ?

« Oui. J’ai entendu dire que tu n’étais pas habitué à utiliser les micros ici, donc je suis retournée à la société et ai étudié un peu le sujet. J’ai trouvé la marque et le type particulier de microphone que tu avais l’habitude d’employer et je te l’ai acheté. À l’avenir, je vais le traîner avec moi. De cette façon, tu n’auras pas à te servir de micros auxquels tu n’es pas habitué. »

Lin Jian Yin caressa lentement le microphone. Ainsi, même si elle n’était pas présente, elle était tout de même au courant de ma situation actuelle. Le sentiment qui rendait Lin Jian Yin malheureux s’évanouit brusquement et, au lieu de ça, du fond de son cœur, ce dernier éprouva l’envie de sourire, mais se retint en répondant simplement avec un « oh ».

Ye Meng Ling sourit, avec l’intention de poursuivre la conversation sur les futurs emplois qu’elle lui cherchait.

« Attends, arrête-toi tout de suite ! » l’arrêta tout à coup Lin Jian Yin, et Ye Meng Ling attendit patiemment qu’il parle. Il feignit la nonchalance et s’enquit : « La dernière fois, pourquoi diable t’es-tu enfuie en me voyant ? »

Ye Meng Ling fut prise au dépourvu par sa question et prit un long moment avant de répondre : « E-En fait, c’est juste que tu m’as fait peur, alors j’ai sauté dans la voiture sans réfléchir. Ça n’a rien à voir avec toi. »

Comme il avait déjà soulevé la question, Lin Jian Yin abandonna tout semblant d’apparences. Ressemblant à un mari jaloux, il l’interrogea : « Dans ce cas, qu’est-ce qui t’a pris d’entrer dans la voiture de ton ex-petit ami ? As-tu oublié à quel point il s’est montré impoli devant toi la dernière fois au supermarché ? »

Ye Meng Ling ne remarqua pas que, étant son agente, elle n’était effectivement pas obligée de lui expliquer ses affaires privées. Cependant, après avoir entendu la question de Lin Jian Yin, elle répliqua rapidement : « Non, non, c’est parce que sa mère m’adore, et elle ne sait pas que nous avons rompu. Sa mère était très malade il y a quelques temps et souhaitait me voir, alors il est venu me demander de jouer la comédie avec lui. »

« Ne traite pas aussi bien ce genre de personne à l’avenir. »

Après avoir appris la vérité, la bouche de Lin Jian Yin ne se laissa toujours pas aller, mais son état d’esprit avait déjà atteint le septième ciel, et avec cet afflux de bonheur il sentit tout son corps s’alléger au point de pouvoir flotter au loin comme une plume. Ce fut seulement après avoir fait tout son possible pour y résister qu’il fut en mesure d’empêcher ses lèvres de s’arquer vers le haut.

« D’accord. » répondit docilement Ye Meng Ling. Néanmoins, elle avait déjà découvert les efforts de Lin Jian Yin pour se retenir de sourire, alors que le coin de ses lèvres continuait de se redresser, et elle ne put s’empêcher de rire intérieurement. C’est un gars si maladroit !

Romance RPG : Partie 23

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-three – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Partie Vingt-trois – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Il ne sembla pas vraiment beaucoup se soucier du prix de la robe. Quand Édouard agita négligemment la main, les deux personnes derrière lui sortirent immédiatement un portefeuille et se dirigèrent vers le commis du magasin. Quand elle comprit qu’il était réellement sur le point de payer pour elle, Meng cria haut et fort : « Attendez ! Que faîtes-vous ? »

Surpris, Édouard répondit après en avoir débattu intérieurement : « Je crois que… À mon avis, il est très impoli de laisser une demoiselle payer, alors vous ne devriez pas vous inquiéter des frais de la robe. Il suffit d’accepter ce présent à titre de compensation pour ne pas avoir été en mesure de vous accueillir comme il se doit la dernière fois. »

« Vous ne pouvez pas faire ça ! » refusa rapidement Meng.

« Meng ? » L’Épée-Fantôme n’aurait jamais imaginé que Meng saboterait la manigance qu’il avait orchestrée avec soin. La robe était déjà à portée de main en plus.

Mais, Meng était très déterminée. « C’est ma toute première robe, donc je veux l’acheter moi-même. Je ne veux pas que ce soit une sorte de petite compensation. »

L’Épée-Fantôme fut pris au dépourvu. « Mais, nous ne disposons pas d’assez d’argent. »

« Nous allons revenir ici demain matin et demander au patron de me laisser travailler ici, afin que je puisse compenser l’argent. Je veux le gagner moi-même. » Meng semblait être très décidée et ne laissait aucune place à la discussion.

L’Épée-Fantôme, qui était habitué au manque d’opinion de Meng, était sérieusement surpris par sa détermination cette fois. Qui aurait songé que Meng serait si persistante pour ce genre de chose, tout ça parce qu’il s’agirait de sa toute première robe, et qu’elle voudrait l’acheter elle-même ? Toutefois, l’Épée-Fantôme se sentait incapable de la réprimander. Bien au contraire, il appréciait cette façon de penser.

« Vraiment ? » Que quelqu’un refusât ses cadeaux semblait également être une première pour Édouard. Ça ne le dérangeait pas. À l’inverse, c’était une nouveauté pour lui.

Meng acquiesça.

Édouard afficha un sourire éclatant. « Sur cette note, je vous souhaite de passer un agréable moment au travail. Je reviendrai quelques autres fois. J’espère vous rencontrer ici à nouveau. »

En apercevant le sourire radieux d’Édouard, Meng avait depuis longtemps gelé sur place et ne put que hocher la tête lentement. En même temps, elle pensa pour elle-même, Si seulement une certaine personne me souriait comme ça…

Le vendeur déclara de façon exagérée : « Si même Votre Altesse le dit, d’accord, d’accord, vous pouvez travailler ici afin de payer la robe. Je suis sûr que même le patron n’oserait pas aller contre la volonté du prince. »

Quand elle entendit qu’elle avait été embauchée, Meng fut tellement heureuse qu’elle jeta l’Épée-Fantôme dans les airs et s’écria joyeusement : « C’est génial ! »

« Hé, hé, hé, toi, la femme laide, que crois-tu que je sois ? Je suis une épée ! Fais attention, ou tu vas te couper la main ! » cria l’Épée-Fantôme avec inquiétude. Dans son cœur, cependant, il était heureux pour Meng.

Après l’avertissement, les yeux de Meng s’élargirent, et elle regarda l’épée tomber. Elle ne l’attrapa pas, mais poussa un cri perçant et l’esquiva, laissant l’Épée-Fantôme aller s’écraser sur le sol. Un bruit métallique retentit dans la salle. Comme il glapissait de douleur, il lâcha, les dents serrées : « Espèce d’empotée ! »

Meng le ramassa rapidement et lui présenta ses excuses à l’infini, mais l’Épée-Fantôme était si en colère qu’il ne voulait pas lui pardonner.

À côté, Édouard souriait joyeusement.

 

 

Le visage solennel, Meng tint l’épée, tandis que deux hommes se tenaient à côté d’elle en arborant la même expression sérieuse. Leur attention était focalisée sur la même chose. Meng inspira profondément et, après avoir rassemblé toute son attention, l’épée dans sa main glissa en une ligne droite et précise. Un long bruit de déchirure put être entendu, et des expressions heureuses apparurent sur le visage des deux hommes à ses côtés.

Des gouttes de sueur coulèrent le long du visage de Meng, et ensuite les hommes lui donnèrent rapidement une serviette avec laquelle elle pourrait essuyer sa sueur. Les mouvements de Meng devinrent de plus en plus rapides. Seule l’image rémanente de l’épée pouvait être aperçue, le bruit de déchirure semblait ne jamais en finir.

Enfin, elle mit lentement son épée de côté, et sa bouche s’étira en un sourire satisfait, comme les deux hommes se réunissaient pour jeter un coup d’œil.

« Excellent ! Le tissu a été coupé proprement et avec précision, même mieux que s’il avait été découpé avec mes ciseaux en or », affirma le patron avec des éloges incessants.

Le vendeur renchérit avec ses compliments lui aussi. « Incroyable. Vous coupez exactement le long des lignes dessinées par le patron. Même si je fais cela depuis de nombreuses années, je ne pourrais pas forcément m’y prendre mieux que vous. »

Meng baissa la tête, gênée par les nombreux compliments. L’Épée-Fantôme ouvrit également les yeux et s’exclama fièrement : « C’est parce que je suis très tranchant ! »

« Ah, je vois que Prince Édouard est arrivé », annonça joyeusement l’employé du magasin. En même temps, il échangea un regard complice avec le patron.

« Si tôt ? » Surprise, Meng tourna la tête, mais il n’y avait personne en vue. Se retournant, elle remarqua que le patron et le commis réprimaient leur fou rire.

« Imbécile. »

L’Épée-Fantôme ne put s’abstenir de grommeler. Il était très contrarié par le fait que Meng tournait précipitamment la tête dès que le nom d’Édouard était mentionné.

« Meng. » La voix d’Édouard retentit réellement derrière Meng cette fois.

En se retournant avec un peu de stupéfaction, Meng vit le sourire parfait d’Édouard juste sous ses yeux. Elle demanda, stupéfaite : « Pourquoi êtes-vous là si tôt aujourd’hui ? »

Le sourire d’Édouard devint encore plus radieux. « J’ai terminé mon travail plus tôt que d’habitude, parce que je voulais venir ici le plus vite possible. »

« Oh. » Meng baissa la tête avec timidité et continua de découper son tissu, mais elle ne remarqua pas qu’elle était en train de couper celui-ci en lambeaux.

Édouard se pencha également sur la pile de tissus avec un sourire joyeux. De plus, lorsque l’objet ne put plus être coupé en d’autres morceaux, il en saisit un autre et le déposa devant elle, de sorte que Meng pourrait continuer de déchirer le tissu en lambeaux, sans prêter attention à ce qu’elle était en train de faire.

« Aïe. » Un moment d’inattention fit qu’elle oublia de protéger les yeux et la bouche de l’Épée-Fantôme. Il cogna directement contre la surface de la table. Cependant, Meng ne remarqua évidemment pas le gémissement de celui-ci.

« Vous devez venir au bal », Édouard ne put s’empêcher de rappeler à Meng.

« D’accord… »

Même si Meng devenait de plus en plus timide avec la tête baissée, l’Épée-Fantôme, qu’elle tenait toujours à la main, pouvait tout voir très clairement. En fait, il devrait être heureux que Meng eût capté l’attention du prince — c’était pratiquement un miracle — et, pourtant, il était assurément malheureux. Que Meng fût dans la lune le rendait malheureux. Son visage rougissant le rendait malheureux. Chaque mot employé par Meng pour répondre à Édouard le rendait malheureux !

Mise à jour : Septembre 2017

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Chapitres de Sepembre
  1. Romance RPG : Partie 23
  2. Romance RPG : Partie 24
  3. Prince T5C6 : Le Suzerain Sanguinaire
  4. La Légende du Chevalier du Soleil Invincible Partie 3 : Le Chevalier du Soleil – Néo du Soleil
  5. Échange Magique Chapitre 2 : La Mélancolie de la Jalousie

Nous aimerions nous excuser du retard que nous avons pris dans la révision. Même si les chapitres ne sont pas publiés de sitôt, s’ils sont affichés dans les mises à jour, ça veut dire que nous nous engageons à les faire paraître avant janvier.

Bonne rentrée à tous !

La Reine Guerrière Prologue Tome 1 Chapitre 3 : Lumières et Ténèbres Partie 3

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Femme Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres

Roman version d’origine en chinois par – 御 我 (Yu Wo)


Chapter 3 : Light and Shadow Part 3 – Traduit du chinois vers l’anglais par Azakura[PR!]
Chapitre 3 : Lumière et Ténèbres Partie 3 – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Manteau Rouge le fixa d’un air ahuri. La Ballade de la Reine Guerrière qu’il venait tout juste d’entendre n’était pas la même que celle qu’il avait entendue auparavant. L’attitude du barde était aussi très étrange. Bien qu’il eût gardé la tête basse tout le long et qu’il n’eût pas regardé Manteau Rouge du tout, les questions constantes relevées par la chanson donnaient presque l’impression qu’elles lui étaient posées.

Manteau Rouge jeta un bref coup d’œil au barde et passa son jugement. « Cette chanson est horrible. Si tu choisis de chanter ce morceau aujourd’hui, ne me blâme pas quand tu te feras frapper par quelqu’un. »

« Ah bon ? » Le barde se frotta le nez et déclara de façon plutôt innocente : « Mais, LL m’a dit que je dois poser ce genre de questions chaque fois que j’arrive à un nouvel endroit ! S’il advenait que la Reine Guerrière m’entende par chance et soit d’accord pour m’offrir une réponse, LL m’a promis qu’il échangerait la harpe qu’il traîne toujours avec lui pour cette réponse et qu’il me libérerait de son décret selon lequel je dois toujours chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant au moins trois jours chaque fois que j’arrive à un nouvel endroit… »

Quand il eut terminé de parler, le barde regarda en direction de Manteau Rouge et demanda : « Qu’en penses-tu ? Pourquoi la Reine Guerrière a-t-elle voulu partir ? Était-ce parce que le Saint Roi ne l’aimait pas, alors rester avec un amant qui ne l’aimait même pas était trop douloureux à supporter ? Ou était-ce parce que le Saint Roi l’a obligée à partir ? Ou peut-être était-ce parce que la Reine Sainte avait délibérément rendu les choses difficiles… »

Manteau Rouge interrompit les rêveries infinies du barde et affirma de façon mécontente : « Vous, les bardes voyageurs ! Vous poussez tout simplement votre réflexion trop loin. Pour le peu que vous en sachiez, la Reine Guerrière aurait très bien pu sentir que les jours qui passaient étaient trop ennuyeux, et elle est partie de son propre chef. »

Il ne s’attendait pas à ce que Manteau Rouge répondît réellement à ses questions. Le barde rassembla son courage et poussa davantage la question. « Si la raison pour laquelle elle est partie était vraiment comme tu l’as dit, que c’était parce que sa vie était trop ennuyeuse, dans ce cas que regardait-elle alors ? »

Manteau Rouge répondit froidement : « Comment le saurais-je ? »

Le barde lâcha un « oh » et se sentit assez déçu, mais il n’osa pas poser une autre question à Manteau Rouge.

Les deux voyageurs marchèrent en silence pendant un moment. Soudainement, Manteau Rouge commença à parler : « C’est possible que ce qu’elle regardait soit le guerrier et la guérisseuse, ses précédents compagnons, mais que son esprit se rappelait des souvenirs de douleur et de souffrance provenant de la guerre. Et alors, elle s’était rendu compte que la fin heureuse qu’elle avait imaginée se révélait en fait assez ennuyeuse. »

Alors que le barde écoutait l’opinion de Manteau Rouge, il était à l’origine surpris, mais, comme il songeait prudemment à ce que Manteau Rouge lui avait dit, il ne put s’empêcher de proclamer :

« Certaines personnes sont nées pour poursuivre des combats sans fin ! Le bonheur dont tu parles ne peut être obtenu à la fin d’une guerre, mais à travers chacune des batailles combattues. »

En entendant cela, Manteau Rouge fixa le barde dans les yeux et demeura silencieux.

Le barde cessa de marcher et éclata de rire. Manteau Rouge s’arrêta également et le questionna froidement : « Pourquoi ris-tu ? »

Le barde laissa paraître un immense sourire et annonça : « Je suppose que je n’ai plus besoin de chanter la Ballade de la Reine Guerrière. Es-tu d’accord pour venir avec moi le voir ? »

« Qui ça ? »

Le barde répondit sur un ton détaché : « Évidemment, je parle de Lorenzo Louis. C’est mon Maître et aussi la personne que tu as surnommée “LL”… »

« C’est encore toi ! Dire que tu oserais rester dans cette ville. Ne t’avais-je pas ordonné de déguerpir d’ici hier !? »

Le barde resta stupéfait. Il se retourna pour voir la même équipe de patrouille de la veille. Le capitaine de la patrouille, qui était plus d’une tête plus grand qu’une personne normale, fusillait férocement le barde du regard. Il avait aussi amené avec lui cinq de ses membres d’équipes, et ils marchaient tout droit en direction du barde.

Pendant qu’ils approchaient, le capitaine de la patrouille reçut une image bien plus claire du visage du barde. Il réalisa tout à coup que la blessure sur le visage du barde était presqu’entièrement guérie.

Nous ne nous sommes pas montrés suffisamment impitoyables hier ? Il se mit à douter.

C’est bien ma chance… Je n’arrive pas à croire que nous soyons tombés sur la patrouille avant même d’avoir atteint la taverne. Le barde finit par mieux comprendre juste à quel point sa chance pouvait être terrible.

À présent, par contre, ce n’est pas comme la dernière fois ! Manteau Rouge est avec moi. Personne n’oserait lever la main sur moi ! Oui… Si je regarde la situation sous cet angle, je suppose que ma chance n’est point aussi terrible que je le croyais, après tout ! Suite à cette réflexion, le barde recommença à faire face à la vie avec un optimisme débordant.

« Tsk. » Le capitaine de la patrouille hésita un instant, puis se tourna pour crier à son équipe. « Saisissez-vous de ce cinglé et jetez-le-moi au cachot.  Nous étions en route pour faire notre rapport de mission de toute manière. »

Après avoir reçu l’ordre, deux des membres de l’équipe se précipitèrent sur-le-champ pour l’exécuter et agrippèrent sans effort le barde.

En réalité, le barde, qui n’avait même pas la force d’attacher un poulet, ne résista pas du tout. Il fixa Manteau Rouge avec de grands yeux, anticipant avec excitation de quel genre d’attaque ce dernier se servirait en premier. Un coup de poing pour envoyer deux personnes valser simultanément ? Ou est-ce que ce serait plus classe de leurs donner un coup de pied ?

Comme c’était difficile d’ignorer le regard fervent du barde, le capitaine de la patrouille remarqua enfin la présence de Manteau Rouge. Il s’enquit froidement : « Es-tu son compagnon ? »

« Pas du tout, je ne le connais pas », répondit indifféremment Manteau Rouge.

Ou peut-être que ce sera un coup direct de sa lame pour les trancher en deux ! LL a dit auparavant que son tempérament avait toujours été plutôt bouillonnant… Attendez une minute ! Que vient de dire Manteau Rouge !? L’expression que le barde avait sur le visage changea instantanément.

« Tu es un type raisonnable, on dirait ! Emmenez-moi cet homme. » Le capitaine de la patrouille lança ses ordres, et les deux membres de la patrouille emmenèrent tout de suite le barde en le traînant.

Pendant qu’il se faisait emmener, le barde se retourna frénétiquement pour hurler : « Attendez une seconde ! Manteau Rouge ! Pourquoi ne viens-tu pas à ma rescousse ? »

Mais, il ne réussit qu’à apercevoir un manteau de couleur rouge avant que sa tête ne fût remise en place très durement par les deux personnes qui restreignaient ses mouvements. Cela manqua de lui faire une entorse au cou et lui fit si mal que chaque partie de son visage se crispait d’agonie.

À ce stade, le capitaine de la patrouille était rempli de soupçons. Il jaugea Manteau Rouge de la tête aux pieds et lui ordonna directement : « Enlève tout de suite ta capuche ! »

En entendant cela, une étincelle d’espoir se ralluma chez le barde. Si c’est vraiment elle, elle ne va certainement pas accepter de faire ce que les autres lui ordonnent… Cependant, dans la seconde suivante, le capitaine de la patrouille cracha moqueusement : « Pfff ! Ainsi, tu es vraiment un homme. Dire que je pensais que tu étais une femme, avec ta petite silhouette et ton manteau de couleur rouge… Comme c’est ennuyeux. Allons-y ! »

Un homme ? Le barde se figea. Comment est-ce possible ? Manteau Rouge n’est pas cette personne ? Manteau Rouge n’est pas…

La Reine Guerrière ?

Il essaya désespérément de se retourner pour lui jeter un autre regard comme si sa vie en dépendait, mais les deux membres de la patrouille maintinrent, avec véhémence, sa tête en place, l’empêchant de regarder autour de lui de sa propre volonté.

Juste un regard serait suffisant. Laissez-moi jeter un seul coup d’œil… Manteau Rouge ! Es-tu la Reine Guerrière ou pas ?

 

 

Brandit une lame, adore porter des vêtements d’un rouge flamboyant, de petite taille, possède une voix si grave qu’elle ressemble à celle d’un homme, des pupilles noires brûlantes… Chaque détail correspond exactement aux traits énoncés par Maître Louis. Manteau Rouge s’intéresse aussi clairement à la fois à la Ballade de la Reine Guerrière et au surnom de LL. Et pour couronner le tout, ce que Manteau Rouge a dit plus tôt…

N’importe qui aurait conclu que Manteau Rouge est bel et bien la Reine Guerrière !

Peu importe sous quel angle le barde considérait la question, Manteau Rouge était forcément la Reine Guerrière. Mais, pourquoi diable le capitaine de patrouille a-t-il déclaré qu’elle était un homme ?

« Pardonnez-moi, mais j’ai une question ! » demanda le barde aux deux membres de la patrouille qui lui maintenaient la tête vers le bas. Compte tenu de la position précaire dans laquelle il se trouvait, avec ses pieds levés au-dessus du sol, sa posture et sa façon de parler étaient incroyablement polies. Il s’enquit : « La Reine Guerrière est une femme, n’est-ce pas ? »

Les deux membres de la patrouille restèrent abasourdis. Ils eurent l’air très confus comme ils lui répondaient : « De quoi donc est-ce que tu parles ? »

Le barde dit avec hâte : « Mais, c’est de la Reine Guerrière qui est la seconde épouse du Saint Roi et la commandante de l’armée ! Elle devrait en effet être une femme, n’est-ce pas ? Ou y aurait-il une chance pour qu’elle soit un homme à la place ? »

Ils étaient tous les deux tellement abasourdis que leur teint changea de couleur. Ils s’exclamèrent : « T-Tu oses calomnier le Saint Roi !? »

« Je ne l’ai pas calomnié ! » Le barde était grandement alarmé. Il ajouta rapidement : « Je ne faisais que me renseigner sur la Reine Guerrière. Je ne parlais pas du tout en mal du Saint Roi ! »

« Tu… » Un des membres de la patrouille était tellement choqué qu’il n’arrivait même pas à parler.

L’autre membre de la patrouille réagit différemment. Il hurla directement : « Balivernes ! Évidemment que la Reine Guerrière est une femme ! Penses-tu honnêtement que le Saint Roi prendrait un homme comme épouse ? Quel blasphème ! »

Oh ! Cela a du sens. Le barde hocha la tête avec compréhension. « Je comprends maintenant. Merci pour votre explication. Quand on y pense, si la Reine Guerrière était de sexe masculin, mon Maître me l’aurait certainement précisé. »

En entendant cela, l’un des membres de la patrouille leva son poing. Il frappa le barde tandis qu’il continuait à le réprimander : « Tu oses encore parler ! Tu demandes simplement à te faire donner une maudite raclée ! Tu as l’audace d’affirmer que la femme du Saint Roi est un homme ! »

L’autre membre de la patrouille se précipita pour arrêter les actions de son partenaire. Il l’exhorta soigneusement : « Vas-y doucement ! Il y a définitivement plusieurs choses qui clochent dans la tête de ce type. Qui plus est, en gardant à l’esprit ce qu’il y a en réserve pour lui plus tard, on n’a pas besoin de dépasser les bornes, pas vrai ? »

Assez vite, l’autre abaissa son poing en réponse aux paroles de son partenaire. « Ha ha ha, je suppose que tu as raison. On ne peut pas endommager ce visage après tout. Un visage endommagé ne vaut rien si on essaie de le vendre. »

Ne vaut rien si on essaie de le vendre ? Le barde était perdu dans ses pensées. Alors, mon visage est en fait quelque chose qui vaut la peine d’être vendu ? Si je l’avais su plus tôt, je l’aurais vendu chaque fois que mon estomac était vide et que je n’avais pas d’argent. Je me demande combien je pourrais demander…

Alors qu’il était encore perdu dans ses pensées, les deux membres de la patrouille le projetèrent soudainement vers l’avant d’une forte poussée. Heureusement, le barde avait depuis longtemps l’habitude d’être jeté par terre par les autres. Sans plus tarder, il se roula par réflexe dans la posture qui était la moins susceptible de lui laisser recevoir des blessures. Après avoir gémi pendant un certain temps, il se releva promptement du plancher, observa les alentours, et fut choqué de réaliser que cet endroit était une cellule de prison.

La geôle contenait déjà pas mal de gens. Ces personnes avaient toutes la mine sombre et gardaient la tête basse. Malgré l’agitation qu’il y avait eu quand il avait été jeté dans la prison, aucun d’eux n’avait réagi.

Le barde trouva cela incroyablement étrange. Il examina les gens autour de lui. À sa grande surprise, chacun d’eux portait une marque sur le bras droit. Ce-C’est la marque… d’un esclave !

À ce moment-là, les deux membres de la patrouille fermèrent la porte de la cellule, puis la verrouillèrent fermement.

Le barde se précipita vers les barres de fer et cria : « Attendez ! Pourquoi m’avez-vous amené ici ? Je n’ai pas choisi de vendre mon corps ! Je ne suis pas un esclave ! »

« Tu en seras un désormais ! » Le garde s’amusa du malheur du barde tout en parlant : « Détends-toi ! Avec un visage comme le tien, tu attireras certainement l’attention de nombreuses riches ménagères. Après ça, qui sait, peut-être que ton visage va devenir encore plus joli qu’en ce moment ! »

« Mes félicitations ! Ha ha ha ! » Ils ignorèrent simplement tous les deux les protestations du barde et quittèrent la prison tout en riant aux éclats.

« Comment les choses en sont-elles arrivées là ? »

Le barde fut laissé dans un état second. Bien qu’il eût en effet été victime d’intimidation pendant son voyage, personne n’avait jamais été aussi loin que de l’enlever pour le vendre. Longtemps depuis la création du pays, le Saint Roi avait fixé des règles strictes. L’esclavage n’était autorisé que si c’était la volonté de la personne qui était vendue. Même les parents n’avaient pas le droit de vendre leurs enfants. De plus, quel que fût le prix pour lequel il était vendu, tous les contrats expireraient après vingt ans. Après vingt ans, l’esclave pouvait demander à être libéré, à moins qu’il ne fût prêt à se vendre une fois de plus.

« Laissez-moi sortir ! Je ne suis pas d’accord pour vendre mon corps ! » Le barde hurla frénétiquement : « Vous vous trompez ! Je ne veux pas vendre mon corps ! »

1/2 Prince T5C5 : Les Broutilles Quotidiennes d’un Homme

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½ Prince Tome 5 : Un Prince N’Existe Plus

Roman original par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 5: A Man’s Daily Trifles – traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 5 : Les Broutilles Quotidiennes d’un Homme – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ Travail de vérification par Nocta

« Il va vraiment y avoir une mise à jour… » Je réprimai la nervosité qui serrait mon cœur et me préparai à me connecter pour accueillir cette soi-disant nouvelle mise à jour.

La mentionner me rappela le jour où Neurotic et DanDan nous avaient suivis jusqu’à la Cité de l’Infini pour y jeter un coup d’œil. Sur le chemin, ils n’avaient pas cessé de jeter des regards émerveillés en direction de la Cité de l’Infini, faisant ses louanges ainsi que les miennes. Mon cœur débordait de fierté, mais je ressentais également un pincement d’embarras en voyant qu’on me lançait des fleurs qui n’étaient pas méritées. À la fin, je n’avais pas pu m’empêcher de demander : « Neurotic, on va bientôt recevoir la grande mise à jour. Ça ne risque pas de vous poser de problèmes à tous les deux, si vous vous trouvez toujours sur le Continent Central à ce moment-là ? »

Neurotic s’était gratté le visage et avait répondu : « Bien sûr que ça pose problème ! D’ailleurs, il est temps de retourner à la maison et de nous préparer à attaquer les cités !  Notre groupe n’a pas arrêté de nous appeler sur notre portable, et ils sont à deux doigts de placarder des avis de recherche. »

« Vous ne trouvez pas que ça restreint votre liberté ? » avais-je demandé, légèrement agité. Sans même attendre sa réponse, j’avais commencé à murmurer : « Par le passé, notre équipe allait où bon lui semblait et faisait ce dont elle avait envie. Tout le monde me traitait comme un ami, voir un petit frère. Mais, maintenant, ils n’arrêtent pas de m’appeler “Suzerain” et “Votre Majesté”, et la dernière fois ils se sont même agenouillés pour me jurer fidélité… Ça me rend si, si… »

« Pas encore habitué, hein ? » avait déclaré Neurotic avec simplicité, les deux mains croisées derrière sa tête.

« Oui, quand nos amis se transforment en subordonnés, on se sent vraiment seul », avais-je murmuré.

« Mais, ils restent tes amis. Si tu es plus attentif, tu réaliseras qu’en fait personne n’a changé. » Neurotic m’avait alors regardé avec une expression sérieuse.

« Ah bon ? » avais-je répliqué, perplexe.

« Oui », affirma Neurotic, en me fixant avec un air de confiance absolue.

J’avais tout de même soupiré, toujours confus. Neurotic m’avait frotté la tête de sa large main et m’avait décoiffé, comme s’il réconfortait un enfant du voisinage. Tout en s’exécutant, il avait rétorqué : « C’est vraiment dommage que je n’aie pas pu te voir dans toute la splendeur de ta gloire ce coup-ci. J’espère que la prochaine fois qu’on se croisera, tu auras mis de l’ordre dans ta tête. »

« J’espère… »

M’extirpant de ce flashback, je soupirai. Ce fut en m’étant résigné à mon destin que j’enfilai mon casque de jeu et que je me connectai à Second Life.

Une fois que j’eus ouvert les yeux, médusé, je regardai Lolidragon qui se tenait devant moi. Dans ses mains, elle tenait un seau d’eau anormalement grand qui ne contenait pas d’eau, car… celle-ci ruisselait intégralement sur mon corps. L’eau s’écoulait le long de mes cheveux soyeux, désormais trempés et collant à mes joues. Mes habits, élégants à l’origine, étaient également dégoulinants et, si j’enlevais mes chaussures, il y avait quatre-vingts pour cent de chance qu’il s’y trouve assez d’eau pour que je puisse y élever un poisson rouge.

Impassible, je la questionnai. « Qu’est-ce que tu fabriques ? »

Lolidragon me répondit sur un ton sérieux et solennel : « Mes excuses, je souhaitais passer la serpillière sur le sol, mais ma main a glissé, et toute l’eau a atterri sur toi. Mais, ne t’en fais pas, j’étais sur le point d’aller prendre un bain, et l’eau du bain est déjà prête. Donc, tu peux immédiatement aller prendre un bain et profiter de l’eau chaude. »

« … »

« Ne sois pas timide, dépêche-toi d’aller te laver ! Si l’eau se refroidit, te baigner ne sera pas aussi confortable », continua de me presser Lolidragon.

« Tu veux qu’on aille se laver ensemble ? » lui suggérai-je.

En entendant ma question, les yeux de Lolidragon se mirent immédiatement à briller comme deux diamants de dix-carats. « Je peux ? Dans ce cas, je ne vais pas décliner ! »

« Bien sûr… que non ! » répondis-je férocement.

Lolidragon pinça les lèvres de déplaisir. « Bien, vas te laver tout seul, alors. »

Sans un mot, je récupérai une corde dans mon sac à dos et entrepris d’attacher Lolidragon à un pilier. Pendant toute l’opération, elle s’exclama : « Hé, qu’est-ce que tu fous ? Pourquoi tu m’attaches ? »

Après m’être assuré que les cordes étaient bien en place et que Lolidragon ne pouvait s’échapper par aucun moyen, j’abaissai quatre doigts de ma main pour ne laisser que le majeur et le brandis sous ses yeux. « Tu ferais mieux de ne pas t’imaginer que je ne connais pas ton plan de me mater pendant que je prends mon bain, Lolidragon. Espèce de nympho. Tu devrais rester ici et garder tes mots doux pour ce pilier jusqu’à ce que j’aie fini de prendre mon bain. »

« Tu te trompes, je n’avais pas l’intention de t’espionner dans le bain, je le jure ! Viens vite m’aider à détacher ces cordes ! » Je pouvais entendre Lolidragon crier dans mon dos, comme je traversais le Grand Hall.

« Aahh, mais je le fais pour ton bien. Tu as peur de devoir laver ta petite ***, n’est-ce pas ? Je peux t’aider ! » Je lui fis à nouveau le doigt d’honneur en entendant ça. « Grrrr, comme si me laisser te voir un moment te tuerait. C’est rare que, moi, la grande Lolidragon, je souhaite vraiment voir ta petite ***. » Tout en écoutant ce langage cru provenant de Lolidragon, je continuai de marcher vers la sortie du Grand Hall, sans un regard en arrière.

« La salle de bain. Où est la salle de bain ? » Je frissonnai, alors que je cherchais la salle de bain où je n’avais encore jamais mis les pieds. On dirait que cette mise à jour a changé le jeu pour être encore plus proche de la réalité cette fois. Non seulement je suis trempé comme une guenille, mais en plus je ressens réellement le froid.

C’est là ! Je lus les trois mots géants Salle de Bain et me précipitai joyeusement à l’intérieur. Comme je contemplais la porte de la salle des hommes à gauche et celle de la salle des femmes sur la droite, j’hésitai un moment. Je devrais aller dans quelle salle de bain, celle des hommes ou celle des femmes ? Puisque je suis dans le jeu, je devrais aller dans celle des hommes, non ? Sans plus y penser, je poussai arrogamment la porte principale et me baladai dans cette pièce réservée aux hommes à grandes enjambées.

« Est-ce que notre suzerain vient également prendre son bain ? Dépêchez-vous d’entrer dans l’eau, c’est vraiment agréable. » Un Kong Kong entièrement nu me faisait signe de la main. Je lui souris stupidement, mes yeux fixés sur la partie supérieure de son corps, refusant absolument de lorgner plus bas.

Je déglutis et fixai le groupe d’hommes élégants en train de se baigner… Nan Gong Zui était incliné sur le bord de la gigantesque baignoire, les yeux fermés. En m’entendant arriver, il ouvrit les yeux et me sourit. Combiné avec ce corps fin, ce torse et ses épaules musclées, je me sentis fondre de façon incontrôlable. Broken SwordNon, non, non, je ne peux plus le mater comme avant. Sans déconner, c’est le mari de ma cousine, comment est-ce que je pourrais profiter de lui comme ça ?

Sunshine est si mignon ! J’ai déjà vu Kenshin. Le corps de grand frère Wolf est intégralement couvert de poils, je ne peux pas voir grand-chose. Quant à Heartless Wind, je l’ai déjà vu quand j’étais enfant, donc rien d’intéressant à regarder… Mes yeux balayèrent la pièce de gauche à droite, puis repassèrent de droite à gauche. La salive dégoulinant de ma bouche était à deux doigts de ressembler à une cascade. Oh mon Dieu ! Est-ce qu’il est possible que je sois semblable à Lolidragon, et que nous soyons toutes les deux des perverses ?

« Joli garçon, pourquoi es-tu en train de rêvasser ? Tu es complètement trempé. Dépêche-toi d’enlever tes fringues et de venir dans le bain, ou tu vas attraper la crève. J’ai entendu dire que, suite à la mise à jour de Second Life, les joueurs peuvent aussi tomber malade. » Western Wind entra à son tour dans la salle de bain et était tout aussi nu de la tête aux pieds. La seule différence était qu’on était au beau milieu de la journée et qu’« il » était en fait « elle »… Comme c’est malaisant. Elle est en train de balancer sa poitrine, qui est plus grosse que la mienne de deux bonnets, sous mon nez. C’est comme si elle se moquait de moi.

Dans tous les cas, je détournai la tête pour observer les organismes mâles dans la piscine, et environ quatre-vingt-dix pour cent d’entre eux se tenaient le nez… Vraiment ? C’est vraiment possible que Second Life soit réaliste au point qu’on puisse même aller jusqu’à saigner du nez ?

« Hé, joli garçon, tu saignes du nez », mentionna Western Wind sans délicatesse.

Hein ? Je passai ma main pour essuyer mon nez, et une tache de sang apparut dans ma paume. Mon Dieu, j’ai maté des garçons jusqu’à en saigner du nez ? « Mais, mon gars, je crois que tu saignais déjà avant de me voir. » Il regarda les hommes dans l’eau, puis sourit avec malice. « Mon gars, tu sembles avoir des goûts vraiment bizarres. »

Après que Western Wing eût déclaré ça, je vis du coin de l’œil que tout le monde dans la grande baignoire avait plongé son corps plus profondément dans l’eau et ne cessait de me regarder comme si chacun d’entre eux avait été violé.

« Prince, espèce d’enfoiré ! Je n’en reviens pas que tu aies vraiment osé m’attacher à un pilier pour être le premier à profiter de la vue ! » rugit Lolidragon en dégommant la porte d’entrée de la salle de bain, puis, à l’instar des miens, ses yeux naviguèrent de gauche à droite et vice-versa. Toutefois, contrairement à moi, elle eut un saignement de nez comparable à deux cascades.

« C’est vraiment troooooop nourrissant pour les yeux. » Lolidragon avança vers l’immense baignoire, tout en salivant et en examinant intensivement les corps séduisants qui s’y trouvaient comme si elle choisissait un morceau de porc. Si elle n’avait pas craint de les effrayer et de les faire fuir, je pense qu’il y aurait eu de fortes chances qu’elle plonge la tête dans l’eau pour les examiner de plus près.

En fin de compte, je traînai Lolidragon jusqu’à l’extérieur de la pièce, alors que les visages des garçons étaient très pâles. Après quoi, je vis des hommes habillés à la hâte s’enfuir de la salle de bain.

Pour une certaine raison, personne ne sembla s’intéresser à l’incomparable et luxueuse salle de bain pour hommes à partir de ce jour. J’étais le seul qui m’y rendais à l’occasion et faisais trempette dans ses eaux après avoir enchaîné Lolidragon et l’avoir jetée en prison.

En parlant de ça, une fois que la masse d’hommes se fût évaporée, je monopolisai la salle de bain toute entière. Après un bain confortable, je pris subitement conscience d’un problème urgent, et c’est pourquoi je m’attelai à la recherche d’une personne pouvant m’aider à le régler.

« Wicked, tu es enfin en ligne. » Je me précipitai devant lui, la respiration haletante, et le regardai avec une expression incomparablement émue.

Wicked me retourna mon regard, tout sourires. « Tu avais hâte de me voir ? »

« Ouais, c’est hyper urgent. » Sans perdre un moment de plus, je le tirai et commençai à courir.

Nous courûmes jusqu’à une pièce vide. Ensuite, je verrouillai la porte derrière moi, puis je posai les mains sur les épaules de Wicked, en le fixant avec l’expression la plus sérieuse au monde.

Wicked rougit, un peu nerveux, et s’enquit sur un ton prudent : « Quel est le problème, Xiao Lan ? »

« C’est un très gros problème. » J’ouvris la bouche et articulai avec une incomparable précaution : « Grand frère Zhuo, apprends-moi vite comment les gars font pour pisser. »

« C’est… »

« Apprends-moi vite, d’accord ? Je me retiens depuis trop longtemps. » Je le pressai, en souhaitant lui montrer quelques larmes et en étant pourtant incapable de le faire.

Wicked m’adressa une expression embarrassée et bégaya : « T-Tu n-n’as qu’à descendre ta braguette, et puis… euh, t-tu… tu sors ta chose, tu la tiens, et tu vises… »

« Oh, d’accord. Alors, je m’en vais aux toilettes. » J’avais déjà pratiquement passé la porte et courrais en direction des toilettes, ignorant grand frère Zhuo qui se lamentait, angoissé : « Dire que je lui ai appris ça… ! »

Je me précipitai dans les toilettes et suivis les instructions de grand frère Zhuo, pas-à-pas. Enfin, je fus soulagé de cette agonie qu’était de devoir me retenir. Et, après ça ? J’étais à nouveau dans une situation délicate, ignorant comment la résoudre, car j’avais oublié de demander les étapes qui suivaient l’acte en lui-même.

« Remets-la en place, tire ta braguette vers le haut, et t’auras fini. » Une voix salvatrice vint d’à côté, mais je restai hésitant et regardai ma main innocente ainsi que le petit *** sur lequel je n’avais pas osé poser les yeux durant toute la durée de l’opération. Je dois utiliser ma main pour toucher cette chose ? Beurk, rien que d’y penser, c’est déjà assez effrayant. Cependant, je ne peux absolument pas la laisser pendre ainsi, non ? Rassemblant ma détermination version « fais-le ou crève », je bougeai ma main droite et « le » replaçai à la vitesse de la lumière, comme si y toucher plus longtemps allait faire fondre ma main.

Pffiou… Au moins, j’ai pu régler cet énorme problème. Sauf que, là, je dois me laver les mains avec vigueur. Même s’il s’agit de mon propre ***, c’est assez dégoutant. Je fronçai les sourcils, fixant des yeux la main qui avait tenu mon petit *** dans son creux.

« Stupide sœurette, même ranger ton petit *** te donne une tête de martyr qui s’apprête à mourir. Je ne sais pas comment tu vas réussir à te faire passer pour un gars dans le futur. » La voix de Heartless Wind retentit à nouveau.

Le visage impassible, je tournai la tête pour le regarder, mais il ne me rendit pas mon regard, se contentant de remettre tranquillement sa braguette en place, avant de courir se laver les mains dans l’évier. Je m’y rendis également pour laver mes mains calmement, tout en demandant avec impuissance : « Quand l’as-tu découvert ? »

« Durant la Cérémonie de Loyauté. Ton expression capricieuse était exactement la même que dans la vraie vie », me répondit nonchalamment Heartless Wind. Je pense que le choc qu’il avait reçu en découvrant la vérité était probablement moins pénible que celui qu’il recevait lorsqu’il se levait le matin et trouvait un bouton sur son visage.

« Oh. » Il était temps qu’il le découvre. Tous ceux qui savaient que j’étais une travestie avaient déjà compris mon identité, sauf mon frère qui connaissait pourtant ce fait en premier… S’il n’avait pas été capable de s’en rendre compte, je pense que j’aurais réellement été obligée de l’emmener faire un diagnostic approfondi de la partie de son cerveau qui permet de reconnaître les gens, car il y aurait vraiment eu un problème avec celle-ci.

Heartless Wind ne put se retenir de dire : « Mais, franchement, tu ne sembles pas toi-même ces derniers temps, sœurette. Tu as l’air vraiment perdue, ce qui ne va pas du tout avec ta personnalité, celle qui consiste à agir en premier et à penser après. »

« Arrête de me harceler, maintenant. Je suis une personne d’importance avec de nombreux soucis ! » lui rétorquai-je avec ressentiment, en entendant les mots francs de mon frère.

« Bien sûr, bien sûr, tu es une personne d’importance », admit Heartless Wind d’un ton à demi convaincu.

J’étais énervée et prête à répliquer…

« Mais, quand même. La stupide grande sœur qui n’utilise pas son cerveau est bien plus mignonne. » Heartless Wind joignit les mains derrière sa tête et sortit avec nonchalance.

Je pensai soudainement à quelque chose : « Yang Ming, ne parle pas aux autres de mon identité. »

« Ok, ok », répondit Heartless Wind sans un regard en arrière.

« Espèce de sale tête de cochon, tu ne peux pas simplement admettre que tu te soucies de moi ? Tu as cette personnalité maladroite, exactement la même que la mienne », me murmurai-je avec un large sourire, mais seulement quand mon frère fut hors de ma vue.

« J’ai du mal à croire que ton frère ait un côté comme ça, je pensais même qu’il n’était qu’un dragueur qui cherchait à se faire tabasser », déclara Lolidragon, alors qu’elle sortait d’une des cabines comme si de rien n’était, dès que Heartless Wind eût disparu.

Je secouai la tête. « Le fait qu’il possède ce côté ne me surprend pas vraiment. En revanche, je suis curieux de la raison qui t’a poussée à venir dans les toilettes des hommes, Lolidragon. »

En riant, Lolidragon déclara, le visage empreint d’innocence : « Je vais aux toilettes. »

J’articulai froidement : « Si je me souviens bien, les toilettes des femmes et celles des hommes sont situées à des côtés opposés du couloir, non ? »

« Oh… » Lolidragon se gratta la tête, et, après avoir jeté un coup d’œil à la partie inférieure de mon corps, ses yeux révélèrent sa déception. J’ignorais si j’avais correctement réussi à lire sur ses lèvres, mais je gardais la nette impression que Lolidragon était en train de marmonner, dans un langage obscène, quelque chose du style : « Comme si me laisser y jeter un léger coup d’œil t’aurait tué… »

Accompagné d’un « humph », j’eus l’intention de partir, histoire de mettre de la distance entre moi et cette espèce de perverse.

« Ok, ok, j’arrête de te taquiner. Je te cherchais pour te parler de choses sérieuses », se dépêcha de dire Lolidragon.

« À propos de quoi ? » la questionnai-je, méfiant.

« Prends ça. » Lolidragon me jeta quelque chose. Je l’attrapai facilement, regardai ma main et vis qu’il s’agissait d’une pierre précieuse. J’étais sur le point de lui demander ce que c’était, mais elle avait déjà ouvert la bouche et commencé à expliquer.

« C’est la récompense pour avoir tué Celestial. Par ailleurs, avec le personnel de la société, nous avons été bien occupés ces derniers jours, mais nous n’avons pas trouvé ce qu’était le problème, donc nous ne pouvons que te récompenser avec le butin et l’expérience avant de pouvoir faire quoi que ce soit. » Lolidragon paraissait inquiète, ce qui était fort rare.

Remarquant que Lolidragon venait de sortir de son personnage, j’eus l’impression que le sujet était très grave. Je ne vérifiai même pas la quantité d’expérience gagnée, et m’empressai de l’interroger : « C’est très sérieux ? Peut-être qu’il ne s’agit que d’un léger bug ? Après tout, chaque jeu en a. »

L’expression de Lolidragon se modifia, passant d’anxieuse à légèrement relaxée. « C’est possible que ce ne soit que ça. Peut-être que je m’inquiète trop. »

J’agrippai l’épaule de Lolidragon et me moquai d’elle : « De toute façon, tu n’es qu’une petite GM cachée, tu n’as pas à te soucier autant de tout ça. Dans le pire des cas, tu n’as qu’à changer de boulot. »

Lolidragon laissa échapper un petit grognement et changea de sujet en me donnant une claque sur l’épaule. « Va vite dans le grand hall, tout le monde t’attend. »

« On m’attend ? » J’étais quelque peu étonné. De quoi voulaient-ils me parler ?

« Ouais. Suite à ton départ protestataire, tout le monde a réfléchi et souhaite discuter avec toi pour trouver un moyen de résoudre ton problème », déclara Lolidragon.

J’affichai une expression de culpabilité. Je suis parti sur un coup de tête, et Doll s’est fait kidnappée à cause de moi. À la fin, ça n’a été que grâce aux efforts de tout le monde que nous sommes venus à bout de ce problème. Et, maintenant, tout le monde affirme avoir fait une introspection profonde ? Je soupirai. La seule personne qui en ait réellement besoin, c’est moi-même.

Sans attendre de réaction de ma part, Lolidragon me donna une nouvelle claque sur l’épaule. « À quoi tu penses ? Contente-toi de t’y rendre en vitesse. »

Prononçant un « Oh », j’effectuai des pas pesants le long des corridors. Et, même si je m’étais déjà rendu de nombreuses fois dans le grand hall, je sentais mon cœur s’affoler, comme si de grosses pierres tambourinaient dans mon estomac.

Plus je me rapprochais du Grand Hall, plus je me sentais anxieux. Enfin, après avoir tourné une derrière fois, je me retrouvai dans le couloir qui menait directement au Grand Hall. Toutefois, mes pieds s’arrêtèrent à cause de ma nervosité. Peut-être que je devrais d’abord penser à comment je vais m’excuser auprès de tout le monde ? Et, j’espère qu’ils pourront tous comprendre que je préférerais qu’ils me traitent de la même manière qu’ils le faisaient par le passé.

Au moment où mon cerveau était sur le point d’exploser à cause de sa suractivité, une voix glaciale brisa le silence du couloir. « Prince ? » me demanda-t-elle avec l’indifférence d’une machine.

J’étais abasourdi pendant un moment, puis je répondis par réflexe. « Oui… ? »

Après avoir parlé, je réalisai que quelque chose clochait. L’interlocuteur ne répondit pas, et une lueur argentée anormale apparut. Grâce à l’expérience accumulée suite aux tentatives d’assassinats de Western Wind, je glissai sur le côté par réflexe, et ensuite regardai derrière moi. Comme je m’y attendais, la lueur argentée provenait d’une dague dans la main de quelqu’un.

J’examinai plus attentivement le propriétaire de la dague. Il s’agissait d’une femme, possédant un visage délicat, et qui était vêtue d’un justaucorps noir. Cependant, comme elle portait un masque, sa véritable identité demeurait protégée. Ses deux magnifiques yeux n’affichaient aucune expression et, sans même que la femme eût prononcé le moindre mot, la dague se déplaça à une vitesse ahurissante, menaçant de nouveau ma vie.

Je criai, choqué, et n’eus pas le temps de dégainer mon Dao Noir. Je ne pus qu’esquiver sur le côté pour protéger ma misérable vie. Me retournant pour regarder, je pensai, Oh mon dieu ! Qu’est-ce que c’est que cette dague mortelle ? Comment peut-elle être si rapide ? La pensée avait à peine traversé mon esprit que mon corps s’était déjà déplacé d’une dizaine de centimètres sur le côté, mais la dague frappa quand même mon épaule. Je grognai de douleur.

Cependant, je ne l’avais pas laissée me poignarder en vain. Mon point droit vola et lui frappa violemment le nez qui laissa échapper un son d’os brisé que j’entendis avec une intense satisfaction.

Profitant du répit obtenu après lui avoir cassé le nez, j’essayai immédiatement de sortir mon Dao Noir. La lame n’était qu’à moitié hors de son fourreau, quand la femme-assassin posa de nouveau son regard sur moi. La dague se dirigea encore une fois dans ma direction, comme si la femme n’avait été que légèrement poussée, et que son nez n’eût pas été cassé : le nez étant la partie la plus vulnérable du corps humain et, une fois blessé, pouvant pourtant procurer un tel niveau de douleur que certaines personnes préféreraient mourir.

Je ne pus employer que la moitié sortie de mon Dao Noir pour bloquer la dague, mais j’en profitai en même temps pour lancer ma jambe gauche vers la femme-assassin. Néanmoins, elle semblait préparée à ce coup. Alors qu’elle sautait, la dague qu’elle tenait dessina un autre arc dans ma direction. J’avais, à cet instant-là, réussi à sortir complètement mon Dao Noir de son fourreau et, en me tournant, évitai parfaitement la dague qui arrivait. Au même moment, je découvris que la force de la femme-assassin était anormalement élevée. Ma main tremblait violemment. Se pourrait-il que cet assassin ne soit pas une voleuse mais une guerrière ? Mais, sa vitesse est tout aussi effrayante.

Des ombres et des sons provinrent de l’autre bout du couloir. Je regardai par là et vis que c’était la foule qui m’attendait dans le Grand Hall. Ils semblaient avoir réalisé que quelque chose n’allait pas et avaient décidé de venir vérifier ce qu’il se passait. Je me sentis alors soulagé.

La femme avait également remarqué le bruit du groupe. En fait, elle révéla même un léger sourire étrange, un peu effacé. En se servant de cette voix qui sonnait comme un robot, elle déclara : « Ne pense pas qu’ils peuvent te sauver, tu dois mourir. »

Je lâchai un profond soupir. Est-ce que moi, une jeune fille mignonne de vingt ans, j’aurais commis un acte si impardonnable que ça l’ait rendue à ce point déterminée à me tuer ?

Une fois qu’elle eût fini de parler, la femme-assassin n’hésita pas. Deux dagues rutilantes vinrent une nouvelle fois faire un vol plané vers moi. Je rugis un coup, et, après une espèce de roulade hyper moche comme le ferait un chien, ma main gauche reçut une longue estafilade.

Étendu sur le sol, je crachai à deux reprises le sang qui avait envahi ma bouche, puis tournai la tête vers la femme. Je m’étais déjà préparé à être tué ; toutefois, je m’aperçus que plusieurs flèches transparentes avaient forcé l’assassin à battre en retraite et à esquiver. Au même moment, les personnes qui étaient arrivées se tenaient devant moi, côte-à-côte, pour me protéger.

Nan Gong Zui demanda, en cachant mal son air furieux : « Qui êtes-vous ? Pourquoi essayez-vous de blesser Prince ? »

La femme ne répondit même pas. D’un seul coup, elle surgit directement devant moi. J’étais profondément abasourdi, et la foule se tenant devant moi n’avait pas encore réagi. En même temps que je pensais réellement perdre la vie sous sa lame assassine, une ombre s’élança devant moi. Wicked avait employé son corps comme bouclier et avait bloqué la dague. Il poussa un gémissement de douleur.

« Wicked ? » m’exclamai-je, sous le choc.

Quand chacun s’aperçut que Wicked avait été blessé, ils dégainèrent tous leurs armes sans prononcer un mot et attaquèrent de concert. Mais, la vitesse de la femme était tout simplement trop rapide. Même si elle éprouvait quelques difficultés à se battre contre nous, elle réussissait à éviter la plupart de nos attaques.

« Vous allez payer pour vous en être prise à Prince ! » Gui souleva son guqin, et plusieurs flèches fusèrent sur elle. La femme-assassin qui était attaquée de toutes parts fut finalement touchée à la cuisse, et son bras se retrouva promptement transpercé par des flèches.

La femme s’arrêta en toisant ses assaillants avec une froideur sans égale. Finalement, quand ce fut mon tour, elle parla avec un ton rempli d’un extrême dédain : « Quelle partie de ce suzerain tout à fait enfantin mérite-t-elle votre protection ? »

« Je ne vous autoriserai pas à le blesser, tout comme il ne vous permettrait pas de faire souffrir ses amis. » Nan Gong Zui brandit son épée, déterminé, tandis qu’il se tenait devant moi.

« Enfantin ? Saviez-vous que, même s’il était couvert de sang de la tête aux pieds, cette personne enfantine ne reculerait pas d’un pas et se tiendrait fièrement debout devant ses compagnons pour les protéger ? » Grande sœur Yu-Lian bouillonnait de colère, et ses mains étaient déjà parées à attaquer à l’aide de sa magie.

Doll était venue me rejoindre, ses yeux versant des fontaines de larmes. Après avoir contemplé mon torse ensanglanté avec un pincement au cœur, ses yeux brûlèrent de fureur en regardant l’assassin, et elle récita une incantation que je n’avais encore jamais entendu.

« Flammes Noires de l’Enfer, au nom de Doll, je vous ordonne de forger des chaînes et de brûler cet ennemi qui est le mien. Torturez-le autant que vous le pouvez, et infligez-lui une douleur pire que la mort, mais ne lui permettez pas de mourir. Torture Sans Fin des Chaînes. »

Mais, ils restent tes amis. Si tu es plus attentif, tu réaliseras qu’en fait personne n’a changé. Les paroles de Neurotic me revinrent en mémoire ainsi que son expression. Vraiment, personne n’a changé ! Un certain réconfort envahit soudainement mon cœur. Malgré la douleur parcourant mon corps, je ne pus m’empêcher de sourire.

Dès que l’incantation de Doll fut terminée, plusieurs chaînes noires s’enroulèrent autour du pied de l’assassin. Et, avant que quiconque eût pu réagir, les chaînes serrèrent étroitement son corps, puis le son grésillant de la viande cuite au barbecue se fit entendre. La femme souffrait tellement qu’elle laissait échapper des cris perçants, et l’air fut chargé de cette odeur dégoutante de chair humaine grillée.

« Doll, ne la tue pas tout de suite, il reste des choses que j’aimerais lui demander. » En s’apercevant de la situation, Nan Gong Zui tenta de stopper Doll.

Le visage sérieux et empreint de solennité, Doll posa les yeux sur la femme qui hurlait de douleur et d’agonie. Avec une voix pleine de pitié, elle déclara : « Elle ne mourra pas. Le sortilège Torture Sans Fin des Chaînes ne possède pas de pouvoir d’attaque, par conséquent il ne permet pas au joueur de mourir. Cependant, il procure tant de douleur au joueur que ce dernier préfèrerait mourir plutôt que de l’endurer. »

En voyant la terrible situation dans laquelle était coincée l’assassin, tout le monde ressentit sa détresse. D’après leur expression, je devinais qu’ils songeaient tous à la même chose que moi au plus profond d’eux. À l’avenir, je préfèrerai me suicider en sautant d’une falaise et d’avoir ma carcasse réduite à l’état de pulpe que de subir la colère de Doll.

« Pourquoi avez-vous essayé de me tuer ? » demandai-je en me dirigeant vers l’assassin, en supportant la douleur émanant de mes blessures.

L’assassin ignora ma question et, au lieu de me répondre, éclata de rire comme une démente. Elle gronda : « J’ai échoué, mais ça ne veut pas dire que les autres aussi. Attends un peu, nabot. Tu ferais mieux de ne pas compter demeurer éternellement ici, dans la Cité de l’Infini, ni d’en rester le suzerain. »

Lorsqu’elle eut fini de parler, elle leva les deux dagues dans chacune de ses mains et, sans la moindre hésitation, elle se poignarda droit au cœur. Avant que quiconque eût pu réagir et l’arrêter, elle s’était déjà transformée en lumière blanche et s’était envolée.

Dès cet instant, la tension dans mon corps se relâcha et, m’appuyant contre un mur, je glissai avec impuissance sur le sol. Par contre, mon cœur devint nerveux à mesure que les questions affluaient en grand nombre… Mais, bon, à ce moment précis, mon objectif principal était d’attendre l’arrivée de grand frère Wolf pour soigner mes blessures. Mon visage se tordait sous la douleur, et mes sourcils s’étaient soudés, alors que je fixais le sang frais qui coulait le long de mon épaule comme une fontaine.

« S’il y avait une race de vampire dans Second Life, ils seraient définitivement tombés amoureux de moi : quelqu’un qui est tout le temps couvert de sang. » Ce fut la dernière stupidité à laquelle je songeai avant de m’évanouir.

Votre Majesté… Prince… Suzerain…

« Mmmh ? » J’ouvris les yeux, un peu hagard, avec l’intention de découvrir qui était l’enflure qui osait perturber mon sommeil. Quoi qu’il en soit, lorsque j’ouvris les yeux, les têtes inquiètes de tout le monde apparurent devant moi.

« Que s’est-il passé exactement ? Qui était cette personne qui a tenté de te faire du mal ? » me questionna Gui avec une expression glaciale.

« Cet assassin était une femme et, par principe, les femmes ne devraient pas avoir envie de tuer Prince », déclara pensivement Wicked, en se grattant les sourcils.

« Moi non plus, je n’ai aucune idée de ce qu’il se passe. » Je me levai tranquillement, et, comme je m’y attendais, ma blessure à l’épaule avait déjà été soignée.

« Pour avoir en fait osé tenter d’assassiner le suzerain sous nos, ils sont littéralement en train de rabaisser la Cité de l’Infini. Si ton assassinat avait été un succès, dans ce cas ta réputation de suzerain aurait été… » commença à s’indigner White Bird.

Nan Gong Zui empêcha White Bird de poursuivre. « N’en parlons plus, White Bird. En ce moment, le plus important n’est pas la réputation du suzerain, mais plutôt la menace pesant sur la vie de Prince. »

Nan Gong Zui se tourna brusquement vers moi, et, sur un ton d’excuse, dit : « Cette fois, c’est nous qui avions tort, car nous avons agi sans réfléchir et avons totalement négligé ta personnalité différente de la nôtre. Et, par conséquent, nous n’avons pas pris en compte ton opinion. »

En entendant Nan Gong Zui, j’étais sur le point de le contredire, comme quoi j’étais celui qui avait été trop impulsif, quand il me fit signe de la main, exprimant son désir que je le laisse terminer. « C’est peut-être pour ça que, même si Prince est notre suzerain, il a toujours suivi nos ordres. Pour être honnête, Prince, tu ne nous as jamais donné d’ordre. »

Finalement, il déclara solennellement : « La réputation d’un roi ne s’obtient pas simplement parce que tes sujets s’agenouillent devant toi et te jurent loyauté, Prince. Quand tu seras capable d’assumer tes responsabilités personnelles de façon naturelle, ton prestige grandira de lui-même. »

« Ce laps de temps qui permet de mûrir peut paraître insoutenable, mais le fruit de tes efforts sera délicieux. » Grande sœur Yu Lian sourit en me regardant, puis tendit la main pour me caresser la tête. « Détends-toi, tout ira forcément bien pour notre Prince. »

Je restai silencieux un bon moment. Songeant aux paroles de Nan Gong Zui, je me rappelai avec réticence que j’étais quelqu’un de vraiment soumis. Pas étonnant que White Bird fût tout le temps en train de dire qu’il fallait que je me bâtisse une réputation, même si elle n’avait jamais réussi à me convaincre.

En apercevant le sourire encourageant de Nan Gong Zui, et en repensant aux propos de mon frère, je pris enfin ma décision. Je me fous de ce qu’ils pensent, je serai le genre de suzerain dont j’aurai envie.

Étirant ma bouche en un fin sourire, j’annonçai : « Alors, à partir de maintenant, personne n’a le droit de m’appeler Suzerain ou Votre Majesté. Prince est mon seul nom. »

« Mais… ! » tenta rapidement de répliquer White Bird.

« J’ai dit… » continuai-je d’une voix posée qui ne tolérait aucun refus. « Prince est mon seul et unique nom. »

White Bird était abasourdie, son visage exprimant une expression extrêmement choquée, tandis que les autres souriaient.

Je m’étirai longuement, comme si je venais d’être tiré du lit. C’est bizarre comment une vision différente peut changer les sentiments d’une personne. La différence entre mes sentiments immédiats et ceux que j’avais ressenti jusqu’à un instant auparavant, quand j’étais en train de marcher vers le Grand Hall, me fit me sentir comme si j’étais une personne totalement transformée.

Comme je finissais de m’étirer, je me redressai. « Maintenant, abordons le problème de l’assassin. Qu’une femme vraiment forte veuille me tuer sans raison apparente est déjà vraiment étrange. Mais, ce qui l’est encore plus, c’est qu’avant de mourir elle a dit qu’elle avait échoué, mais que ça ne signifiait pas que les autres aussi échoueraient. »

En écoutant ce que je disais, les expressions de chacun se firent sérieuses. Nan Gong Zui parla gravement : « Si c’est vrai, alors d’autres personnes vont surement venir pour essayer de te tuer. »

Je hochai la tête. « C’est possible, mais, peu importe sous quel angle je considère la question, je ne trouve personne que j’aie pu offusquer à ce point récemment. »

« Il est possible que ce ne soit pas par rancœur personnelle », expliqua Lolidragon, ne semblant pas plus surprise que ça. « Prince est, en ce moment, la personne la plus apte à unifier la totalité du Continent Central. De plus, la bataille pour conquérir les cités va bientôt débuter. De par ce simple fait, le nombre de personnes souhaitant le tuer jusqu’à le faire retomber au niveau 1 est probablement aussi imposant que le nombre de carpes remontant les courants lors de la période de reproduction1. Après tout, nombreux sont ceux qui aimeraient devenir suzerain. »

Je me grattai le visage et m’apprêtai à lui demander quand l’attaque devait commencer. Cependant, il y avait environ quatre-vingts pour cent de chance que Lolidragon eût déjà lu la question affichée sur mon visage, car elle leva les yeux au ciel et précisa : « Il ne reste que deux semaines avant le début de la mêlée. Pendant que tu étais parti, nous avons tous participé aux préparatifs d’avant-guerre. »

Je me grattai la tête, embarrassé. « Oh, dans ce cas, est-ce que je devrais aller m’entraîner pour gagner quelques niveaux, histoire de rattraper les autres suzerains ? »

Lolidragon sourit mystérieusement. « La guerre est le meilleur moyen de gagner des niveaux. »

« Comment ? » demandai-je stupidement.

« Dans cette mise à jour, il y a eu tant de nouveautés que je n’ai pas eu le temps de toutes vous les nommer, les gars. En fait, tuer des gens peut également augmenter votre niveau d’expérience. Habituellement, vous auriez reçu une punition assez lourde. Après avoir sciemment tué quelqu’un, votre tête aurait été mise à prix sur des avis de recherche pendant une semaine, pour que vous ne puissiez pas rencontrer les NPC gardiens des cités et, de ce fait, ne pas pouvoir acheter ou vendre des objets dans les cités en question. Cependant, cette pénalité ne s’applique pas pendant la durée de la bataille. Ce qui signifie également, Prince, que tu peux laisser libre cours à ta fureur et tuer tes ennemis pour augmenter tes niveaux durant le combat. »

Lolidragon me regarda en souriant. « Tuer plusieurs dizaines, centaines, voire milliers de personnes pendant la bataille devrait être chose facile pour l’Elfe Sanguinaire, pas vrai ? »

En entendant ça, le sourire malicieux de l’Elfe Sanguinaire surgit naturellement. « Il semblerait que je vais obtenir un nouveau surnom, celui de “Roi Démoniaque du Carnage”. »

« Va, et sois ton “Roi Démoniaque du Carnage”, notre groupe gérant les affaires étrangères va définitivement trouver le coupable derrière cette histoire d’assassinat », décréta Lolidragon très énergiquement, en serrant le poing.

« Oh, fais de ton mieux, Lolidragon », lança Heartless Wind, en agitant son éventail comme si ça ne le concernait pas.

Pleine d’entrain, Lolidragon tourna la tête avec un regard de prédateur. Tirant Heartless Wind par l’oreille, elle prétendit ne pas entendre les complaintes de douleur de mon frère et le traîna avec elle. Se moquant de lui, elle lui rappela : « Je crois me souvenir que notre jeune maître Heartless Wind est également un membre des affaires étrangères. Moi, Lolidragon, c’est à contrecœur que je t’autorise à enquêter à mes côtés. »

Note de bas de page

1 …le nombre de carpes : Les carpes pondent leurs œufs dans l’eau des rivières et doivent nager à contrecourant durant la période de reproduction.

Romance RPG : Partie 22

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-two – traduit du chinois à l’anglais par XianBang[PR!]
Partie Vingt-Deux – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Meng sortit en quelque sorte timidement, une robe de bal rose en satin collant gentiment à son corps. Le matériau gracieux en satin rendait son apparence, qui était ordinairement trop mince, douce et charmante. Sa robe bouffante et sa coupe longue et simple de cheveux, additionnées à son rougissement timide, lui conféraient un air attachant. Bien qu’elle ne parût pas aussi magnifique que Marisa, elle dégageait une sorte différente d’attraction qui donnait involontairement envie aux gens de la protéger.

« Chaque femme sait comment se transformer. » L’Épée-Fantôme était choquée. Il pouvait à peine croire qu’elle était la même femme qui portait des pantoufles blanches et bleues et qui arborait la coupe de cheveux d’une vieille dame.

Meng était un peu nerveuse. Elle tira sur l’ourlet et ajusta le satin du corsage, puis s’enquit avec précaution : « Est-ce que ça a l’air bien ? Ça ne fait pas trop mignon ? »

Ce fut seulement après que Meng eut répété sa question à plusieurs reprises que l’Épée-Fantôme, qui la fixait intensément du regard, se rendit compte qu’elle lui parlait. Un peu embarrassé, il détourna les yeux et répondit négligemment : « Ça passe. Va avec ça. »

« Oh », lâcha Meng, la tête tombante. Elle retourna dans la cabine d’essayage pour enlever la robe. Quand elle sortit à nouveau, le vendeur se hâta de prendre la robe et commença à l’emballer. Lorsqu’il eut terminé, il se frotta les mains en disant vite : « Cette robe vous va très bien. Le prix est également raisonnable. C’est un choix judicieux de l’acheter. »

Quand elle entendit le mot « prix », les yeux de Meng s’agrandirent sur-le-champ, et elle demanda avec précaution : « Combien… combien coûte-t-elle ? »

Le commis du magasin sourit. « Cet article n’est pas de la nouvelle mode de cette année. Elle ne coûte pas cher. Elle vaut seulement quinze ducats d’or. Je ne demanderai pas de frais supplémentaires. »

Quinze ducats d’or ? Meng était un peu anxieuse. Elle courut jusqu’à son sac et fouilla dedans jusqu’à ce qu’elle trouve son porte-monnaie. Elle l’ouvrit, puis eut l’air perplexe.

« Combien y a-t-il de ducats d’argent dans un ducat d’or ? »

Le commis songea que c’était une question étrange, mais répondit tout de même consciencieusement : « Dix. »

L’expression de Meng devint un peu gênée. « Dans ce cas… un ducat d’argent vaut combien de ducats en cuivre ? »

« Dix. »

Meng fouilla dans son porte-monnaie et ensuite jeta agressivement son contenu sur la table. Parmi les nombreuses pièces qui en tombèrent, la plupart était en cuivre, quelques-unes étaient en argent, mais seulement trois étaient en or. Meng fit le total de ses biens avec précaution. Ils s’additionnaient seulement à cinq ducats d’or et à huit ducats d’argent, un déficit de près de neuf ducats d’or, même en ignorant complètement le fait que Meng et l’Épée-Fantôme auraient besoin d’acheter de la nourriture.

« Pas assez d’argent… » Meng déclara la dure vérité, déprimée.

L’Épée-Fantôme était choquée, lui aussi. Il avait tout pris en considération à part le gros problème de l’argent. Ayant besoin d’argent, que pouvait même faire une épée comme lui ? Se vendre ? Ils seraient d’abord obligés de trouver quelqu’un qui voulût l’acheter !

Le vendeur révéla une expression d’incrédulité. Il n’aurait jamais imaginé que les deux personnes qui étaient entrées avec confiance dans la boutique de vêtements pour acheter une robe pouvaient seulement à peine avoir cinq ducats d’or sur eux. La robe rose, exactement comme il l’avait affirmé, ne pouvait pas être considérée comme dispendieuse. Comparée aux robes sur-mesure commandées par les femmes nobles, celle-ci était à un prix complètement avantageux.

« C’est… Je n’ai pas de solution, moi non plus. Il vous manque trop d’argent. » Le commis de la boutique n’était pas fâché, mais il avait en effet l’air troublé.

Le sentiment de malaise était si intense que l’Épée-Fantôme ne savait pas quoi faire. Ils n’avaient pas assez d’argent, mais Meng ne pouvait pas se retrouver sans robe. Si elle n’en avait pas, comment pourrait-elle assister au bal ?

Toutefois, Meng ne demanda pas de conseil à l’Épée-Fantôme. À la place, elle demanda timidement au vendeur : « Puis… puis-je travailler ici pour régler le solde de la robe ? »

Le commis de magasin eut l’air un peu gêné. L’Épée-Fantôme hésita pendant un instant, puis réalisa que l’idée de Meng était une excellente solution. Il poursuivit instantanément : « Oui, oui. S’il-vous-plaît ! Vous avez vu à quel point la robe va bien à ma demoiselle. Notre famille éprouve des problèmes financiers, mais, vous savez, il est probable que cette fille ne puisse assister qu’à ce seul bal de toute sa vie. Je vous en prie, aidez-nous. »

Le vendeur fronça encore plus les sourcils, hésitant pendant une éternité. Il avoua finalement : « C’est… eh bien, je ne suis pas le propriétaire. Je ne peux pas prendre cette décision. Pourquoi ne reviendriez-vous pas demain matin pour demander au patron ? »

« Ah… » Meng afficha une expression un tantinet déçue, toucha la boite de la robe à côté d’elle avec mélancolie.

Les clochettes près de la porte sonnèrent alors que la porte s’ouvrait. Trois hommes portant des manteaux à capuchon entrèrent. Le plus important d’entre eux aperçut Meng, émit un son surpris, et abaissa son capuchon.

Les yeux du commis s’illuminèrent, et il salua respectueusement : « Prince Édouard, vous êtes là. »

Prince ? Le dos de Meng se raidit. Elle n’osa pas se retourner.

Édouard, cependant, s’approcha et remarqua l’épée avec des yeux et une bouche ainsi que la tenue familière de Meng. Édouard cligna des yeux et s’enquit : « C’est vous ? La demoiselle qui a escaladé le mur du palais ? »

Lorsqu’elle entendit la question du prince, Meng ne put que serrer les dents et se retourner, en souriant avec raideur. Comme elle faisait face à Édouard, elle ressentit un indescriptible sentiment d’embarras. Elle venait à peine d’échapper à une autre personne possédant ce visage, fuyant comme une réfugiée. Néanmoins, elle n’arrivait pas à déterminer pourquoi elle avait eu envie de s’enfuir. N’était-elle tout de même pas obligée de docilement aller le voir le lendemain ? Après tout, elle était son agente.

« Vous avez changé votre coiffure », s’aperçut Édouard avec surprise. « Elle vous va à ravir. »

En entendant le compliment d’Édouard, Meng ne put s’empêcher de rougir alors qu’elle demandait avec incertitude : « V-vraiment ? »

« Oui », déclara honnêtement Édouard.

Le visage de Meng devint encore plus rouge, se baissant vers sa poitrine.

L’atmosphère devint un peu embarrassante, mais Édouard paraissait ne pas en avoir conscience, tandis qu’il discutait. « Êtes-vous ici pour acheter des vêtements formels vous aussi ? Cette boutique est très bien. Je l’aime beaucoup. Avez-vous déjà choisi une robe à votre goût ? »

« Nous en avons sélectionné une, mais nous n’avons pas assez d’argent », intervint vite l’Épée-Fantôme. Après tout, la personne devant eux appartenait à la royauté, alors le coût d’une simple robe était sûrement une bagatelle. Il décida de faire en sorte que le prince payât l’addition. C’est de sa faute pour avoir utilisé mon visage et avoir même flirté avec ma copine… Non ! À quoi est-ce que je pense ? L’Épée-Fantôme secoua la tête avec l’intention de se débarrasser de cette étrange pensée. Évidemment, ne possédant qu’un corps sans tête, il ne faisait en réalité que rouler des yeux.

Romance RPG : Partie 21

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par :


Part Twenty-one – traduit du chinois à l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Vingt-et-un – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Le commis avait clairement été surpris par l’épée. Il fixa du regard, les yeux écarquillés, l’Épée-Fantôme pendant un certain temps. Ce fut seulement après que l’Épée-Fantôme le lui eut demandé une nouvelle fois qu’il sortit de sa stupeur. L’air désolé, il lui apprit : « Je suis vraiment navré. La robe à l’extérieure a été réservée par la fille du duc Biggs, mademoiselle Marisa. »

L’Épée-Fantôme et Meng restèrent tous les deux stupéfaits. Ils ne s’attendaient pas à entendre un nom familier ici. Le duc Biggs et Marisa ne sont-ils pas le père et la fille qu’on a vus au palais ?

L’Épée-Fantôme n’aurait jamais songé que le paon réserverait en fait une robe aussi pure et simple. Se pourrait-il qu’elle ne veuille pas être un paon, mais plutôt une colombe ?

« Tout le monde sait que Son Altesse, le prince Édouard, aime le blanc et favorise les vêtements avec des lignes simples et fluides. À ce bal, chaque jeune femme va porter la couleur blanc angélique, et le style des tenues sera simpliste. Ça a été très difficile pour nous de devoir en concevoir une centaine. Chaque robe doit être aussi simple que possible, et tout ce que le concepteur voit chaque jour est du blanc. Bien que chaque robe doive être simple, chacune d’elle doit aussi être différente. Des larmes sont sur le point de tomber de ses yeux à force de les créer. » Le vendeur grimaça.

« Une centaine ? » L’Épée-Fantôme dressa l’oreille alors qu’il écoutait, en imaginant simultanément la scène. Plusieurs centaines de femmes toutes vêtues de blanc… Ça ressemblerait probablement à une danse tenue dans un hôpital, pleine d’infirmières courant dans tous les sens.

« Épée-Fantôme, est-ce qu’on devrait aussi chercher une robe blanche ? » questionna Meng d’une petite voix.

« Non ! » s’écria soudainement l’Épée-Fantôme. Meng n’était pas très tape-à-l’œil pour commencer. Si elle porte la même couleur que tout le monde, est-ce qu’elle ne va pas se fondre dans la foule ? Il demanda immédiatement : « Monsieur le vendeur, avez-vous d’autres couleurs ? Nous sommes dans un besoin urgent. »

Choqué, l’employé du magasin répondit à la hâte : « O-oui. Beaucoup. Récemment, chaque couleur autre que le blanc a eu des ventes médiocres. Je pense que nous avons du bleu, du rouge, de l’orange, du vert, du rose… »

« Du rose et du bleu », décida l’Épée-Fantôme en un instant.

Le vendeur acquiesça et ouvrit immédiatement une armoire sur le côté. À l’intérieur, il y avait de nombreuses robes. Il sortit une robe bleu ciel et une robe rose pâle. La robe bleu ciel était du même style que la blanche dans la vitrine extérieure. Elles étaient toutes les deux des robes de bal sirène, mais la bleue était un peu plus complexe, avec un collier en forme de fleur. La robe rose avait une jupe à volants faite avec un tissu léger transparent et un corsage garni de plusieurs perles disposées en forme de petites fleurs.

L’Épée-Fantôme étaient encore en train de décider entre l’élégante robe bleue et l’adorable robe rose, lorsque Meng tira un peu sur l’Épée-Fantôme, en déclarant tranquillement : « Je-j’aime la rose. »

L’Épée-Fantôme regarda Meng avec surprise. C’était la première fois qu’elle exprimait une opinion sur la mode. Sentant que c’était un bon début, l’Épée-Fantôme signala immédiatement à l’employé du magasin d’apporter la robe rose. Rougissante, Meng prit la robe de bal en même temps qu’elle remettait l’Épée-Fantôme au commis, et entra dans la cabine d’essayage.

« Cette fille est vraiment rafraîchissante. Elle semble être le type que le Prince Édouard préfère », commenta tout à coup le vendeur.

L’Épée-Fantôme jeta un coup d’œil à l’employé du magasin, et le questionna d’un ton quelque peu dédaigneux : « Comment pouvez-vous savoir quel type de femme le Prince Édouard préfère ? Vous vous connaissez bien tous les deux ? »

L’Épée-Fantôme avait seulement songé à un peu ridiculiser le vendeur et ne s’était jamais attendu à ce que l’employé du magasin lui réponde avec désinvolture : « Naturellement. Nous nous sommes rencontrés il y a dix ans. Le Prince Édouard n’aimait pas le tailleur royal et estimait que les vêtements que celui-ci confectionnait étaient trop élaborés. Il est parti par lui-même à la recherche de vêtements et a tout de suite pris goût aux nôtres. Depuis lors, toutes les tenues de cérémonie du prince ont été fabriquées par nous. »

Les yeux de l’Épée-Fantôme s’agrandirent. Quelle coïncidence !

Le commis de magasin lança un regard à l’Épée-Fantôme et expliqua : « Sinon, croyez-vous que la famille d’un illustre duc ne posséderait pas son propre tailleur exclusif, et daignerait visiter notre boutique de vêtements ? Ne prenez pas notre boutique à la légère. La quasi-totalité de ces centaines de filles qui ont commandé des robes sur mesure appartient à la noblesse. Tout le monde sait que les vêtements de Son Altesse Royale sont conçus par nous. »

Le vendeur regarda soudainement à gauche et à droite, puis annonça secrètement à l’Épée-Fantôme : « Je vous en prie, ne dites pas que je ne me suis pas occupé de votre cas. Restez un peu plus longtemps. Tout le monde croit que Son Altesse Royale a déjà envoyé quelqu’un pour ramasser son costume, mais ce n’est pas réellement le cas. Son Altesse Royale vient toujours en personne. Afin d’éviter les foules, il passe habituellement très tard et, en plus, il a commandé de nombreux vêtements cette fois. Il a même fait fabriquer des vêtements décontractés. Discuter du design et les essayer va probablement prendre plusieurs voyages. »

Les yeux de l’Épée-Fantôme étincelèrent. C’est vraiment une excellente nouvelle. Quelle meilleure occasion pour rencontrer le prince ?

« Épée-Fantôme… »

L’Épée-Fantôme regarda dans sa direction. Meng sortit timidement la tête de derrière le rideau, complètement réticente à montrer quoi que ce soit d’autre.

« Dépêche-toi de sortir », l’exhorta l’Épée-Fantôme.

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