Invincible Partie 6 : Publication sur le blog

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La Légende du Chevalier du Soleil – Histoire Parallèle

Roman d’origine en chinois par   (Yu Wo)


Unbeatable Part 6: Blog Post – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Invincible Partie 6 : Publication sur le blog – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Publication sur le blog de Yu Wo le 03/04/09 : Invincible = Pas d’ennemis

Sur la page couverture du livre Invincible, il y avait cette phrase : « Neo, tu es vraiment très fort… Mais, “nous” sommes invincibles. »

De nombreux lecteurs semblent avoir mal compris cette déclaration. En fait, cette phrase a été prononcée par le Chevalier du Jugement Chasel, et non pas par Aldrizzt. Le « nous » fait référence aux « Douze Chevaliers Sacrés » et non à Neo et Aldrizzt.

Le vrai sens de cette déclaration est comme suit : « Neo, tu es peut-être très fort, et tu peux vaincre tous tes ennemis, mais les Douze Chevaliers Sacrés peuvent faire battre en retraite ces ennemis sans même avoir à se battre. »

C’est-à-dire que la véritable signification du mot « invincible » est : « pas d’ennemis ».

 

 

Pour être exacte, il y a de nombreuses idées derrière l’écriture du livre « Invincible », donc celui-ci n’est pas vraiment adapté pour être présenté sous la forme d’une nouvelle. Cependant, le contenu sied bien à Neo, par conséquent je l’ai quand même écrit. Ces idées auraient probablement été mieux décrites si elles avaient été utilisées dans un roman à part entière. Même si je n’aime pas décrire les idées qui se trouvent derrière une histoire après qu’elle ait été complétée, il me faut une année pour écrire un roman (C’est une estimation moyenne !). D’ici là, tout le monde aurait déjà tout oublié. Donc, tant pis, j’ai quand même décidé d’en parler.

 

 

Aussi, je n’ai pas l’intention de publier d’autres exemplaires d’Invincible. S’il-vous-plaît, ne me harcelez pas à ce sujet~ <囧>

Comme certains lecteurs voulaient savoir pourquoi il n’y aurait pas davantage de copies d’Invincible de disponibles, laissez-moi vous expliquer certains points : comparé aux livres précédents, beaucoup plus d’exemplaires d’Invincible ont été imprimés… presque deux fois plus qu’Eclipse Hunter. Je ne peux pas possiblement faire imprimer plus de copies que je pourrais en vendre, et je ne peux pas non plus estimer combien de personnes vont acheter mes livres. Il me restait encore des livres après deux jours de vente, alors que la longue queue s’était depuis longtemps dissipée. Ces livres restants se sont vendus très lentement. Et ceux qui ont été mis de côté pour les librairies étaient généralement destinés à ceux qui ne pouvaient vraiment pas venir à la vente. De ce fait, je pense que les lecteurs qui sont venus à la rencontre organisée ont pu facilement se procurer le livre.

En plus, je n’ai aucune intention de réimprimer les livres, puisqu’une expérience difficile est amplement suffisante ~囧~

Ouaip, j’imagine que les écrivains devraient juste bien se tenir et trouver des éditeurs pour imprimer leurs livres (se fait frapper).

 

 

Certains lecteurs ont demandé pourquoi je n’ai pas directement trouvé un éditeur. Ma réponse est celle-ci : étant donné qu’Invincible ne contient pas beaucoup de mots, j’ai été obligée de soit le publier comme un doujin ou soit d’abandonner l’idée de le faire publier tout court. En plus, il est trop mince pour même figurer dans un magazine commercial~~~囧

C’est pourquoi j’ai publié ce livre comme un doujin ! Ainsi, je peux faire tout ce que je veux avec. @@

S’il avait été publié dans un magazine commercial, les parties où Invincible ne respecte pas les lois sur les droits d’auteurs auraient été enlevées. C’est donc pourquoi Invincible a été publié sur le marché du doujin.

Voilà, tout le monde. C’est tout !

Note Finale : Comme d’habitude, Invincible sera publié en ligne après qu’un certain laps de temps se sera écoulé.

N. B. : Tout le monde, je vous prie de ne pas paniquer. Je n’ai pas divagué au début de cette publication parce que j’étais en colère !

Invincible Partie 5 : Postface

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La Légende du Chevalier du Soleil – Histoire Parallèle

Roman d’origine en chinois par   (Yu Wo)


Unbeatable Part 5: Afterword – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Invincible Partie 5 : Postface – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

En fait, le personnage d’Aldrizzt peut être vu comme une incarnation du ressentiment.

Moi, Yu Wo, j’aime beaucoup le livre La Trilogie de l’Elfe Noir écrit par Monsieur R.A Salvatore. Même si je trouve ce roman extrêmement intéressant, il n’est pas très connu en Taiwan. Et, comme je rencontre rarement d’autres camarades de lecture, j’ai accumulé pas mal de ressentiment.

Le personnage principal de La Trilogie de l’Elfe Noir est un elfe noir (évidemment !) et le nom de ce personnage est Drizzt Do’Urden. C’est un personnage que j’aime vraiment, vraiment beaucoup.

Ainsi, naquit Aldrizzt. (J’adooore Drizzt~~~)

La plupart des traits de caractère de Drizzt ont été repris pour Aldrizzt à un certain niveau, on peut probablement le considérer comme un doujin.

Cependant, puisque La Trilogie de l’Elfe Noir est publiée commercialement, je ne peux pas vraiment écrire un doujinshi. C’est pourquoi je n’ai pas trop copié. D’un autre côté, puisque Invincible a été publié dans le marché du doujin, je peux me permettre de traiter Aldrizzt comme s’il était Drizzt et écrire comme je le souhaite.

J’ai enfin écrit un doujin ! (Après avoir passé trois ans à me faire appeler une auteure de doujin.)

J’espère que tout le monde aime Aldrizzt, et que vous pourrez aussi lire l’histoire du véritable « Drizzt Do’Urden » ! C’est un excellent personnage, et La Trilogie de l’Elfe Noir est aussi très intéressante à lire.

 

 

Maintenant que j’ai fini de recommander un bon livre, il est temps que je parle d’Invincible.

Dans La Légende du Chevalier du Soleil, je n’ai pas écrit grand-chose au sujet du partenariat entre Neo et Aldrizzt. C’est principalement parce que cette série est écrite depuis la perspective de Grisia à la première personne, et leur histoire n’est pas l’histoire principale, donc ce n’est pas bon d’écrire trop de choses à leur propos.

Cependant, ils sont en fait une paire très amusante, donc j’ai tout spécialement écrit le livre « Invincible » en leur honneur.

 

 

Tout le monde doit déjà avoir réalisé que le Neo dans Invincible n’est pas exactement le même que le Neo dans La Légende du Chevalier du Soleil. En fait, cette version est plus proche de la vérité.

 La Légende du Chevalier du Soleil est racontée du point de vue de Grisia, donc elle inclut son opinion personnelle ainsi que quelques malentendus qu’il a à propos de son maître. Certains sont même dus au jeu d’acteur de Neo quand il était le Chevalier du Soleil. Une fois que tout cela a été mis ensemble, le Neo de La Légende du Chevalier du Soleil a été créé.

Toutefois, dans Invincible, Neo n’est pas un professeur. Il a le même statut que ceux autour de lui, donc il a révélé une bonne partie de sa véritable personnalité.

En fait, ce livre peut être lu en même temps que le Vol.4 de La Légende du Chevalier du Soleil. La compréhension que le Grisia amnésique avait de son maître était parfaitement correcte !

 

 

Pour finir, afin de remercier ceux qui ont déployé de grands efforts en faisant la queue dans le but d’acheter Invincible, je me dois de révéler quelques informations au sujet du Vol.5 de La Légende du Chevalier du Soleil.

Le titre du Vol.5 de La Légende du Chevalier du Soleil est « La liche Immortelle (Partie 1) ».

Aussi, Neo et Aldrizzt feront à nouveau leur apparition.

D’ici là, je souhaite à tous d’avoir leurs propres méthodes pour être invincibles.

Yu Wo

Décembre 2008

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire à Part # 5 : Commettre Une Erreur

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires à Part

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


“Side Story #5: Making a Mistake” – traduit du chinois à l’anglais par Lucathia[PR!]
« Histoire à Part #5 : Commettre une Erreur » – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par LuluHime

Au départ, il avait voulu devenir le Chevalier du Jugement dans l’espoir d’expier l’erreur qu’il avait presque commise.

Quand son maître lui avait demandé pourquoi il désirait lui succéder comme Chevalier du Jugement, il avait cru que c’était parce qu’il voulait s’assurer que les criminels n’eussent jamais la chance de commettre un second crime.

En fin de compte, il comprit que le prérequis pour s’assurer que ce fût bien le cas était que lui-même ne se permît jamais de commettre une erreur… Le prix à payer pour l’une d’entre elle pouvait être la vie d’un innocent, la destruction d’une famille, ou pire préjudice.

Le Chevalier du Jugement n’avait jamais le droit de commettre une erreur.

 

 

Lesus Lucen se concentrait, tandis qu’il balançait sa lame en direction d’une marionnette en bois. Il était jeune et n’arrivait pas encore à soulever une vraie épée, mais il était si compétent avec des dagues que même les adultes qui connaissaient le maniement de l’épée n’osaient pas le sous-estimer.

En réalité, aucun homme dans la famille Lucen n’osait plus accepter les défis de Lesus à présent. Pour la plupart, ils étaient tous chevaliers ou avaient d’autres professions qui pratiquaient l’art de l’épée. Perdre face à un enfant de douze ans serait humiliant, et ils n’étaient pas assez confiants à l’idée de l’emporter contre Lesus.

Phil Lucen était également l’un des hommes qui n’osaient plus accepter les défis de son neveu, mais il ne se sentait pas rabaissé à ce sujet ou jaloux de celui-ci, puisque le garçon était en réalité depuis longtemps devenu son fils.

Un merveilleux talent inné, une disposition sérieuse, et la tragédie de perdre ses deux parents étaient ce qui avait créé le Lesus Lucen actuel.

Si on lui donnait encore quelques années, Lesus deviendrait assurément un chevalier formidable.

Cependant, Phil croyait que Lesus préférerait rester moyen toute sa vie plutôt que de voir ses parents succomber à cette calamité.

 

 

J’ai entendu dire qu’il était soupçonné d’avoir commis de nombreux cambriolages et meurtres, hormis qu’il n’y avait eu aucune preuve, alors il avait été libéré.

Ah ! S’il n’avait pas été libéré, dans ce cas mon frère aîné et ma belle-sœur ne seraient pas… Le meurtrier a-t-il été retrouvé ?

Il est toujours en fuite, mais j’ai entendu dire que le Chevalier du Jugement est vraiment furieux. Il a envoyé plusieurs chevaliers sacrés, qui sont en train de traquer le criminel qui s’est échappé. Ils amassent des preuves également, espérant le condamner à mort par pendaison immédiatement après qu’il soit capturé.

Pourquoi amasser des preuves ? Il devrait être pendu sur-le-champ !

Ne dis pas ça. Ce n’est pas comme s’ils pouvaient exécuter les gens sans raison…

 

 

« Lesus. »

Lesus arrêta de balancer sa lame et tourna la tête pour regarder Phil, son oncle. Malgré le fait que son oncle lui eût dit clairement qu’il pouvait l’appeler Père, il savait qu’il ne l’appellerait jamais par autre chose. Son vrai père et sa vraie mère étaient déjà décédés. Personne ne pourrait prendre leurs places.

« Lesus, tu seras content d’entendre ceci. » Phil sourit en déclarant : « Tes parents vont enfin être vengés ! Le cambrioleur a été attrapé il y a quelques jours, et il va être pendu aujourd’hui. Pourquoi n’irions-nous pas au terrain d’exécution pour assister à sa mise à mort ? Ne le dis pas à ta tante par contre ; elle ne veut pas que tu y ailles. »

Le criminel qui a tué mes parents va être pendu ? Lesus était stupéfait, et pourtant il ne se sentait pas heureux. En fait, ne sachant pas quoi faire, il se retourna et s’enfuit.

« Lesus ? Où vas-tu comme ça ? Lesus ! »

 

 

Quand il aurait dû être pendu, il ne l’a pas été, provoquant ainsi la mort de mes parents. S’il est pendu maintenant, contre qui suis-je censé prendre ma revanche ?

En colère, Lesus courut jusqu’à l’Église du Dieu de la Lumière, une expression de haine sur son visage. Il portait même une dague à sa taille et, pourtant, le plus surprenant était que les chevaliers sacrés à la porte ne lui barrèrent pas le chemin, lui permettant de faire irruption à l’intérieur de l’Église.

Ce ne fut pas avant qu’il eût mis le pied à l’intérieur de l’Église du Dieu de la Lumière, avec des chevaliers sacrés passant fréquemment à côté de lui, et que ses pas eurent ralenti qu’il se réveilla enfin, surpris de découvrir qu’il avait foncé tête baissée à l’intérieur de l’Église. Pourquoi les gardes aux portes ne m’ont-ils pas arrêté ?

« Es-tu perdu ? »

Lesus sursauta, tournant la tête pour apercevoir un chevalier sacré en train de se pencher pour le regarder. Puisque la personne affichait un sourire et n’avait pas l’air de lui vouloir du mal, Lesus hocha rapidement la tête pour lui répondre. « Oui. »

« Viens ici. » Le chevalier sacré le mena jusqu’à une fenêtre et lui pointa l’extérieur. « Vous devriez être en train de vous rassembler là-bas. Tu vois ces autres personnes ? »

Curieux, Lesus jeta un coup d’œil à l’extérieur de la fenêtre. Il y avait une petite esplanade avec de nombreux enfants qui s’y trouvaient et qui semblaient avoir environ le même âge que lui.

Il fut confus pendant un instant. Toutefois, il se rappela immédiatement que son oncle avait mentionné que le Temple Sacré sélectionnait présentement la prochaine génération des Douze Chevaliers Sacrés. Son oncle lui avait même demandé s’il voulait participer à la sélection. À ce moment-là, par contre, son cœur était fixé sur sa vengeance, alors il n’avait ressenti absolument aucun intérêt pour la sélection.

Pas étonnant que les gardes ne m’aient pas arrêté. Ils pensaient probablement que je participais moi aussi à la sélection.

« Si tu veux aller aux toilettes, c’est juste là-bas dans le coin. »

Lesus détourna la tête de la fenêtre. Le chevalier sacré sourit et dit dans un murmure : « Si tu es juste curieux et que tu jettes un coup d’œil aux alentours, ce n’est également pas un problème, assure-toi simplement de ne pas errer trop loin à l’intérieur. C’est dans le temple intérieur que les chambres des Douze Capitaines-Chevaliers Sacrés se trouvent. L’endroit est interdit d’accès ! »

En entendant parler des chambres des Douze Chevaliers Sacrés, Lesus ne battit pas un seul cil tandis qu’il s’enquérait : « Où est le temple intérieur où je ne suis pas censé aller ? J’ai peur de peut-être me retrouver là par accident. »

Sans le moindre soupçon, le chevalier sacré lui pointa la direction.

Lesus acquiesça d’un signe de tête pour montrer qu’il avait compris. Néanmoins, une fois que le chevalier sacré fût parti, il se dirigea sur-le-champ dans la direction où il n’était pas autorisé à aller. Il n’eut pas besoin de se rendre très loin avant de passer sous une porte en arche, et l’apparence des corridors changea. Comparés aux majestueux corridors qui se trouvaient à l’extérieur, ceux-ci étaient beaucoup plus ordinaires.

Lesus ralentit ses pas, vérifiant avec soin qu’il n’y avait personne autour de lui. Il savait que s’il était remarqué ici, il se ferait assurément jeter dehors.

Il n’y avait absolument personne dans les couloirs, probablement parce qu’il faisait encore jour en ce moment. Les Chevaliers Sacrés doivent être en train d’accomplir leurs devoirs à l’extérieur ! présuma Lesus pour lui-même.

Quelqu’un vient ! Lesus se dépêcha de tourner dans un corridor à part, et ensuite sortit subrepticement la tête pour regarder. La personne se tenait à côté de la fenêtre, faisant face à l’extérieur. Avec la tunique noire qu’il portait, et les longs cheveux noirs qu’il avait et qui atteignaient sa taille, sa silhouette, vue par derrière, était un véritable voile de ténèbres.

Des cheveux noirs et une tunique noire… Le Chevalier du Jugement !

C’est la personne qui a laissé le criminel s’en aller, causant la mort de mes parents… C’est lui aussi un meurtrier !

Lesus empoigna la dague accrochée à sa taille, regardant calmement à sa droite et à sa gauche, s’assurant qu’il n’y avait personne en vue.

En général, la plupart des gens ne sont pas très vigilants envers les enfants, de plus la sélection a lieu en ce moment. Le Chevalier du Jugement songera probablement que je suis également un candidat. Si je prétends être perdu, et que je saisis ensuite cette chance pour attaquer une fois qu’il est proche, je pourrais vraiment réussir…

Malgré le fait qu’il ne fût qu’un simple enfant de douze ans, sa concentration avait toujours été au-dessus de celle des autres personnes. Il s’était entraîné avec son épée depuis un très jeune âge, et avait souffert de la catastrophe de perdre ses deux parents, alors Lesus avait depuis longtemps développé un comportement calme et logique qui aurait effrayé les autres.

Il cacha la dague derrière son dos, se pinça les paupières pour faire sortir des larmes, fixa une expression de peur sur son visage, et était sur le point de sortir de sa cachette…

« Chasel ! »

Lesus se recacha vite.

« Quelque chose ne va pas avec toi récemment ? Tout le monde se sentait si nerveux qu’ils sont venus me dire que tu étais dans une rage terrible, et ils veulent que je règle le problème. Pourquoi es-tu si furieux de toute manière ? Si quelqu’un t’as provoqué, pourquoi ne vas-tu pas l’achever ? »

Lesus sortit secrètement la tête et aperçut un homme aux yeux bleus et aux cheveux dorés. L’homme portait également un uniforme blanc de chevalier avec les bords brodés en or, et gardait une épée dorée à sa taille. Avec autant de traits aussi voyants, même s’il n’avait jamais posé les yeux sur cette personne auparavant, il savait tout de même qui il était : le leader des Douze Chevaliers Sacrés, le Chevalier du Soleil.

Le Chevalier du Jugement qui s’était fait appeler Chasel se retourna, les sourcils froncés. Il annonça froidement : « Dans ce cas, tu ferais aussi bien de me tuer, Neo ! »

À la fois le Chevalier du Soleil, Neo, et Lesus qui était caché derrière le mur, sursautèrent de surprise. Cette fois-ci, c’était au tour de Neo de froncer les sourcils. Il demanda : « De quoi parles-tu ? Pourquoi me dis-tu soudainement de te tuer ? »

« Ne m’as-tu pas demandé contre qui j’étais furieux, et dit que je devrais l’achever ? » répondit Chasel sans émotion : « Je suis furieux contre moi-même. »

Neo détendit ses sourcils, et s’enquit avec compréhension : « C’est à propos du  cas d’aujourd’hui, au sujet du criminel qui est sur le point d’être pendu ? »

Son cœur battant la chamade, Lesus s’empressa de se concentrer pour regarder le Chevalier du Jugement, Chasel. Ce dernier, les sourcils toujours froncés profondément, hocha la tête.

« Si la personne a déjà été attrapée, et que la situation a été résolue, pourquoi es-tu contrarié ? » Neo s’arrêta brusquement à la moitié de ce qu’il disait et demanda ensuite de façon quelque peu étrange : « Attends, ne vas-tu pas toujours assister aux exécutions ? Tu m’as dit que, puisque tu étais celui qui les condamnait à mort, c’était comme si tu étais celui qui les tuait, alors tu devrais toujours au moins aller regarder leurs derniers instants, ou quelque chose de similaire. »

« J’ai peur d’aller assister à l’exécution. »

Stupéfait, Neo le questionna : « Tu crois qu’il y a un problème avec la sentence du criminel ? »

En entendant cela, Lesus, qui s’était caché sur le côté, dégaina haineusement la dague depuis l’arrière de son dos.

Toutefois, Chasel secoua la tête et déclara : « Ce criminel mérite sa sentence. Ce que j’ai peur de confronter, c’est la victime. Le mari et la femme qui ont été tués ont laissé derrière eux un enfant. L’enfant a seulement un peu plus de dix ans, probablement autour du même âge que ceux à l’extérieur sur la place au moment même, je crois ? »

Après qu’il eut dit cela, il tourna à nouveau la tête pour regarder par la fenêtre. Neo n’était pas non plus très doué pour réconforter les gens. Sur le coup, il ne savait pas vraiment quoi dire pour remonter le moral de l’autre personne.

Voyant le Chevalier du Jugement révéler une expression de visible angoisse, Lesus réalisa soudainement que celui-ci n’était pas aussi cruel, froid et insensible que la rumeur le disait… Ainsi, même le Chevalier du Jugement peut ressentir du regret pour avoir relâché un criminel par erreur ?

« Le Dieu de la Lumière a confié au Chevalier du Jugement la tâche de discipliner les criminels afin de protéger les innocents, pourtant la vraie difficulté ne réside pas dans le fait de discipliner les criminels, mais plutôt dans le fait de discerner qui est coupable et qui est innocent. Une fois que la condamnation à mort est donnée, il n’existe plus la moindre marge de manœuvre pour la retirer, alors jamais ne suis-je enclin à la donner à la légère… Pourtant, être trop prudent a causé la mort d’encore plus de personnes. »

Neo fronça les sourcils un peu plus et affirma : « Chasel, c’est impossible pour les humains de ne jamais commettre d’erreurs. »

Sans attendre qu’il eût terminé, Chasel se retourna vivement et cria avec agitation : « Le Chevalier du Jugement n’a pas le droit de commettre d’erreurs ! C’était mon erreur, et pourtant quelqu’un d’autre en a souffert les conséquences. Ce mari et cette femme, cet enfant… Comment ai-je pu commettre une telle erreur ? »

Un bruit retentit.

« Qui va là !? »

Neo se retourna. Au même moment, il avait déjà dégainé l’Épée Divine du Soleil qui pendait à sa taille. L’épée en main, il resta alerte, jetant des regards à la dague qui gisait sur le plancher au coin du couloir. Juste au moment où il commençait à se sentir confus, il vit un enfant lentement s’approcher.

Il ne pensait pas que ce serait un enfant. Neo le fixa d’un air ébahi. Quoi qu’il advienne, il ne pouvait pas se battre contre un enfant, et l’enfant avait déjà laissé tomber sa dague sur le sol, alors il était complètement désarmé et sans défense.

Chasel poussa sur le pommeau de l’épée de Neo, et sur un ton de réprimande il dit : « N’effraye pas le petit. »

Neo émit un son de « tsk » et rengaina simplement son épée.

Chasel s’avança de quelques pas, faisant de son mieux pour alléger son ton tandis qu’il demandait : « Mon enfant, qu’es-tu venu faire ici ? »

« Je, je… » Après que Lesus eût bégayé pendant un bon bout de temps, il s’exclama très fort : « Je veux m’inscrire pour la sélection du Chevalier du Jugement ! »

« T’inscrire pour la sélection ? » Neo décréta brusquement : « Les inscriptions se sont terminées hier ! »

Cependant, Chasel agita la main pour faire cesser les propos de son compagnon, puis il s’enquit : « Quel est ton nom ? Sais-tu comment te servir d’une épée ? »

« Lesus Lucen. » Lesus hocha frénétiquement la tête et répondit : « Je sais comment me servir d’une épée ! »

À ce moment-là, Neo scruta curieusement l’enfant de la tête aux pieds. « Des cheveux noirs et des yeux noirs, ton apparence passe ! Mais, le travail du Chevalier du Jugement est très difficile, et tu dois attacher les criminels sur les murs et les fouetter jusqu’à-ce que leur peau se déchire. Tu n’as pas peur ? »

En entendant cela, le visage de Lesus pâlit immédiatement.

« Neo, ne fais pas peur au garçon ! » Chasel lança un regard noir à son compagnon et continua de demander à Lesus : « As-tu la permission de tes parents pour entrer dans la sélection ? »

Lesus baissa la tête en disant : « Pas de parents. J’ai seulement mon oncle. »

« Ton oncle est-il au courant alors ? »

Après avoir hésité pendant un instant, Lesus secoua la tête.

Voyant cela, Chasel fronça les sourcils.

Neo commenta délibérément : « La période d’inscription est déjà terminée. Tu ne songes pas à briser les règles pour lui, n’est-ce pas ? Est-ce quelque chose que le Chevalier du Jugement respectueux des lois devrait faire ? »

Entendant cela, Chasel leva les yeux au ciel à son intention. Neo se contenta de rigoler, puisqu’il ne faisait que plaisanter. Jusqu’à présent, tous les enfants qui s’étaient inscrits pour devenir le Chevalier du Jugement étaient indisciplinés et turbulents. Il ne pouvait pas trouver de faute à Chasel pour vouloir élargir ses options même un tout petit peu. Au moins, cet enfant devant eux donnait une bonne première impression.

Chasel baissa la tête pour regarder le garçon. Même s’il savait que la période d’inscription était déjà passée, et malgré le fait qu’il sût qu’être le Chevalier du Jugement était un travail ardu et ingrat, que d’avoir manqué la période d’inscription pouvait même s’avérer être une bénédiction plutôt qu’une infortune pour l’enfant, pourtant…

À ce moment-là, Lesus révéla brusquement une expression déterminée. Il s’inclina à un angle de quatre-vingt-dix degrés et s’exclama : « Chevalier du Jugement, je suis désolé ! »

Surpris, Chasel fixa l’enfant qui s’inclinait présentement devant lui à un angle de quatre-vingt-dix degrés. Il s’accroupit afin de regarder le garçon dans les yeux, mais découvrit que le garçon regardait ailleurs, effrayé à l’idée de rencontrer ses yeux. Il tendit la main pour caresser la tête du petit. D’une façon réconfortante, il dit : « N’aie pas peur, je ne te ferai aucun mal. Dis-moi, pourquoi me présentes-tu tes excuses ? »

Lesus se démonta, mais refusa de laisser une seule larme s’échapper. Il continua simplement de répéter : « Je…désolé. Je suis vraiment désolé ! »

Voyant cela, Chasel ignorait ce qu’il devait faire. Il ne put que tenir la main de l’enfant. « Allons-y. Nous allons rendre visite à ton oncle pour voir s’il est d’accord pour te laisser t’inscrire. »

« Mon oncle est d’accord ! » Lesus ajouta précipitamment : « Il m’a demandé auparavant si je désirais y entrer. » Même s’il avait dit cela, à ce moment-là son oncle semblait avoir dit quelque chose à propos d’entrer dans la sélection du Chevalier du Soleil ou de quelque autre chevalier, mais il ne s’en rappelait pas vraiment. Tout de même, le Chevalier du Jugement devrait être aussi être convenable, pas vrai ?

« Quoi qu’il en soit, au strict minimum nous devons tout de même le lui demander. »

« D’accord. » Lesus hocha très docilement la tête.

Après avoir dit au revoir à Neo, Chasel mena le garçon par la main et dit : « Allons-y. »

« D’accord. »

Neo les observa tous les deux s’en aller. Le plus vieux et le plus jeune, tous les deux avec une tête de cheveux noirs, avaient presque l’air d’un père et d’un fils. Il rit un peu, et murmura : « Lesus Lucen ? Je pense qu’il est temps de t’appeler Lesus du Jugement à la place ? »

 

 

Grisia écouta l’histoire pendant qu’il mangeait ses biscuits aux myrtilles. Une fois que Lesus atteignit ce tournant de l’histoire, il lui demanda avec perplexité : « Ton oncle a-t-il vraiment donné son accord pour te laisser entrer dans la sélection du Chevalier du Jugement ? Je me souviens que ces enfants qui avaient pris part à la sélection du Chevalier du Jugement étaient tous mauvais… »

En quelque sorte avec impuissance, Lesus répondit : « Quand mon oncle a entendu que je souhaitais entrer dans la sélection du Chevalier du Jugement, il a immédiatement hurlé qu’il voulait m’évincer de la famille. Ma tante était si choquée qu’elle s’est évanouie… Mais, finalement, il a accepté et m’a même amené pour participer à tous les différents tests. »

Grisia leva un sourcil, ne croyant pas du tout aux paroles de Lesus.

« …sauf que, chaque fois que je réussissais l’un des tests, ils finissaient par pleurer violemment pendant trois jours.

– Dans ce cas, qu’est-il arrivé quand tu as été choisi ?

– …ils ont pleuré pendant environ un mois… »

Romance RPG : Partie 28

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-eight – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Partie Vingt-huit – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Lin Jian Yin observa Meng alors qu’elle était découverte par l’ennemi, le cœur de celui-ci se serrant avec anxiété. Il ne pouvait que se rassurer en se disant qu’il ne s’agissait que d’un jeu. Il ne va rien arriver à Meng. Cependant, quand il avait entendu les paroles de Bai Xue Chen, il avait instantanément eu un mauvais pressentiment. Il jeta un regard soupçonneux à son ami et lui demanda : « Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? »

Bai Xue Chen répondit prudemment : « Nous étions là depuis un long moment et ne t’avions pas vu. Nous avions même pensé que tu étais sorti. Mais, après avoir appelé sur ton portable, nous avons remarqué que tu l’avais laissé dans ta chambre… »

Lin Jian Yin l’interrompit avec impatience : « De quoi parles-tu ? J’étais là depuis le début, à jouer à ce jeu. Je ne suis pas du tout sorti. »

Après avoir entendu l’affirmation de Lin Jian Yin, Bai Xue Chen et Yue Lan se regardèrent l’un l’autre, et Bai Xue Chen déclara : « Jian Yin, tu n’étais pas là il y a un instant. Du moins, nous ne pouvions pas te voir du tout, mais nous avons remarqué que la console Nintendo était toujours allumée. Qui plus est, les images du jeu passaient leur temps à changer. À l’origine, nous avions cru que la console était restée allumée trop longtemps, alors l’écran du jeu bougeait tout seul. Ça n’aurait pas été si étrange si ça avait été le cas. »

« Mais, nous sommes devenus de plus en plus nerveux à force de regarder la scène sur l’écran. La fille et l’épée à l’intérieur ne pouvaient être que vos clones à toi et à Meng. Même la façon dont ils parlaient était identique à la vôtre. »

« C’était juste moi, en train de contrôler le personnage ! » répliqua Lin Jian Yin, ne comprenant pas pourquoi ils affirmaient ne pas pouvoir le voir.

Bai Xue Chen fronça les sourcils tout en lui rappelant : « Jian Yin, c’est impossible. Les boutons de contrôle pour une console Nintendo sont seulement debout, accroupi, aller à droite, aller à gauche, sauter, et d’autres boutons similaires. Comment est-ce qu’il te serait possible d’avoir une conversation dans le jeu ? »

Lin Jian Yin se figea abruptement. Tandis qu’il baissait le regard sur la manette de contrôle dans sa main, il repensa à la façon dont il s’y était pris pour parler avec Meng. Toutes les expressions et les gestes détaillés, les interactions de chaque personnage dans le jeu… Comment cette simple manette pourrait-elle être capable de faire ça ? Non ! Ce serait impossible même dans les jeux les plus récents, pas vrai ? Cette pensée fit couler des sueurs froides le long de la colonne vertébrale de Lin Jian Yin.

« Jian Yin… » Bai Xue Chen dit avec précaution : « Il y a un instant, nous observions également la scène avec une peur grandissante. Dès que nous avons vu l’épée, qui te ressemblait énormément, être jetée dans la fournaise, ta vie ne tenant qu’à un fil, nous n’avons pas eu d’autres options que de retirer la cartouche de jeu de la console. »

Après avoir entendu ça, Lin Jian Yin jeta un coup d’œil en direction de la cartouche par réflexe. La cartouche avait effectivement déjà été retirée et avait même été mise à côté de la console Nintendo… Dans ce cas, d’où vient l’image du jeu sur l’écran de la télévision ?

« Dès l’instant où nous l’avons retirée, t-tu… » Bai Xue Chen avait du mal à expliquer. « Jian Yin, tu es “tombé” hors de l’écran de la télévision. »

Quand le message atteignit le cerveau de Lin Jian Yin, les yeux de ce dernier contemplaient déjà l’écran, le regard vide. En ce moment, des gardes pointaient leurs épées sur le dos frêle de Meng, obligeant celle-ci à avancer un pas après l’autre. Malheureusement, elle n’était pas parvenue à retrouver Édouard à temps.

Elle est si timide. Elle doit avoir vraiment très peur, n’est-ce pas ? C’était comme si les épées pointées sur le dos de Meng lui perçaient impitoyablement le cœur. Il avait si peur qu’il commença à trembler, incapable d’imaginer ce que la fille-paon pourrait faire subir à Meng.

Quelques mots apparurent alors soudainement sur l’écran.

Meng : Épée-Fantôme, Épée-Fantôme…

« Meng ! » Lin Jian Yin mit de côté ses craintes. Il ramassa la cartouche avec l’intention de la réinsérer dans la console Nintendo, afin de retourner dans le jeu pour partir à la recherche de Meng.

Toutefois, Bai Xue Chen lui agrippa la main pour l’empêcher de remettre la cartouche. « Jian Yin, attends. »

À ce stade, la Meng sur l’écran s’était déjà faite jetée en prison par les gardes, et elle s’était recroquevillée en boule dans un coin. Le cœur de Lin Jian Yin se serra un peu lui aussi. Alors qu’il luttait pour que Bai Xue Chen le lâche, il hurla : « Lâche-moi ! Je dois retourner dans le jeu pour sauver Meng. »

« Ne fais pas ça ! Que va-t-il se passer si tu réapparais dans la fournaise ? » s’exclama Bai Xue Chen.

Lin Jian Yin rétorqua sur le même ton : « Même si je suis réduis en cendres, je dois retourner là-bas pour aider Meng. Je ne peux pas la laisser seule dans cet endroit. Elle doit avoir si peur. »

« Ne sois pas stupide ! Nous avons juste à trouver la maison de Meng Ling et à retirer la cartouche, non ? » Bai Xue Chen arracha la cartouche des mains de Lin Jian Yin et la jeta immédiatement dans le coin le plus éloigné de la pièce, profondément effrayé à l’idée que Lin Jian Yin retourne dans le jeu. Il n’avait pas du tout envie de voir son meilleur ami fondre et se transformer en morceau de ferraille inutile.

Ce ne fut qu’à ce moment-là que Lin Jian Yin se rendit clairement compte que retourner dans le jeu ne lui serait d’aucune utilité. La suggestion de Bai Xue Chen était en effet la bonne marche à suivre. Il saisit tout de suite ses clés de voiture et se précipita dehors par la porte, parce qu’il ne supportait pas l’idée que Meng reste dans cette prison un instant de plus.

Bai Xue Chen s’empressa d’ordonner à Yue Lan : « Reste ici pour surveiller l’image du jeu. Si quelque chose arrive à Meng, appelle-moi sur mon portable sur-le-champ. »

Yue Lan hocha la tête pour montrer qu’elle avait compris. « D’accord. »

Bai Xue Chen suivit Lin Jian Yin jusqu’à l’extérieur avec inquiétude. Ils firent pratiquement un sprint jusqu’à la voiture. Lin Jian Yin ouvrit la porte du conducteur, s’assit sur son siège, et démarra l’engin. Si Bai Xue Chen n’avait pas été suffisamment rapide, le véhicule serait parti en flèche avant même que son autre pied soit à l’intérieur.

« Connais-tu au moins l’adresse de Meng Ling ? » lui demanda anxieusement Bai Xue Chen.

Lin Jian Yin ne lui répondit pas. Il se contenta de conduire d’une main et de taper sur son téléphone avec l’autre. Après avoir écrit quelques lettres, les informations personnelles de son agente apparurent très clairement. Lin Jian les lit à voix haute, à la fois pour répondre à Bai Xue Chen et pour les mémoriser.

« Euh… Conduis plus lentement, s’il-te-plaît », lui rappela Bai Xue Chen avec un frisson, mais c’était visiblement inutile.

La Ferrari rouge continuait à prendre de la vitesse, dépassant les autres voitures, et zigzagant entre elles. Quand le véhicule s’arrêta, les yeux de Bai Xue Chen étaient déjà remplis de larmes. C’est si bon d’être encore en vie !

Romance RPG : Partie 27

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-seven – traduit du chinois vers l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Vingt-sept – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Marisa révéla un sourire excité et acquiesça d’un signe de tête.

Une fois que le duc Biggs eût terminé de donner ses instructions à sa fille, il prit la direction que le prince et Meng avaient empruntée en partant. Et, en effet, peu de temps ensuite, Meng fut la première à revenir, seule. Elle avait l’air quelque peu étourdie. Il n’était pas très surprenant qu’elle soit encore légèrement dans la lune après avoir dansé avec un prince parmi les fleurs et sous le clair de lune. C’était simplement une scène qui ne pouvait se dérouler que dans un rêve.

« Hé ! » Marisa salua froidement Meng.

Meng recouvra brusquement ses esprits et jeta un regard étrange à Marisa. « Quelque chose ne va pas ? »

« Tiens-tu à récupérer cette épée ? » Marisa révéla un sourire plein de mauvaises intentions.

Mon épée ! Meng chercha immédiatement l’Épée-Fantôme des yeux, mais le garde à qui elle l’avait confié avait disparu. Meng était affolée. À cet instant, elle devina que c’était l’œuvre de Marisa. Réprimant sa colère, elle demanda : « Où est mon épée ? »

« Si tu veux la récupérer, dans ce cas suis-moi. » Dès qu’elle eût fini de parler, elle ne daigna plus regarder Meng, puis sa silhouette gracieuse, dansante et désintéressée s’éloigna.

Bien qu’elle sût que Marisa n’arborait aucune bonne intention, elle n’eut pas d’autre option que de la suivre. Il se pouvait réellement que l’Épée-Fantôme se trouve entre ses mains, mais il était également possible que les menaces de Marisa ne soient que du vent, ce que Meng espérait secrètement. Être menacée verbalement était déplaisant, mais au moins ça n’aurait pas de graves conséquences. De plus, elle ne croyait pas que des insultes proférées par une demoiselle telle que Marisa puissent s’avérer être si horribles. Sans doute qu’elles ne seraient même pas à moitié moins aussi désagréables à écouter que les réprimandes de l’Épée-Fantôme.

Meng suivit Marisa tout le long du chemin. Enfin, elles arrivèrent à la cuisine. À l’extérieur de la pièce se tenaient deux gardes, mais il n’avait pas l’air d’y avoir âme qui vive à l’intérieur. Meng ne put s’empêcher de se sentir un tantinet effrayée. Cependant, elle fut en mesure de voir à travers la porte entrouverte qu’une épée semblait reposer sur la table. Meng serra le poing. Elle ne pouvait pas abandonner l’Épée-Fantôme quoi qu’il advienne.

Elle venait tout juste de s’approcher de l’encadrement de la porte lorsqu’elle entendit l’Épée-Fantôme rugir : « Meng ! N’entre pas ! Une fois à l’intérieur, nous allons mourir tous les deux ! Sauve-toi vite ! Va retrouver Édouard. »

Meng poussa un cri de surprise. À ce moment-là, Marisa se retourna, le visage glacial et cruel. Meng prit vite une décision. Ce que l’Épée-Fantôme avait dit était vrai. Rester ne mènerait qu’à leur mort à tous les deux. Seul Édouard avait le pouvoir de les sauver. Tout de suite, Meng se retourna pour partir, mais les deux gardes avaient l’intention de l’attraper. Meng donna un vicieux coup de pied dans l’entrejambe d’un des gardes. Saisissant sa chance pendant qu’il gémissait de douleur avec les jambes croisées, Meng s’enfuit en courant.

« Vite ! Dépêchez-vous de la capturer ! Ne la laissez pas rejoindre le prince ! » s’écria furieusement Marisa. Cinq ou six gardes surgirent de tous les côtés et se joignirent à la chasse.

Toutefois, Marisa ne les accompagna pas. Elle calma sa respiration et retourna dans la cuisine. L’Épée-Fantôme était étendu sur la table. Le bout de tissu, qui avait à l’origine servi à le bâillonner, avait été déchiré à coups de dents.

« Malgré le fait que tu ne sois qu’une misérable épée, tu es plutôt loyal », déclara doucement Marisa.

L’Épée-Fantôme ne présuma pas qu’il s’agissait d’un compliment. En fait, n’importe qui pouvait voir, à travers les traits déformés de Marisa, comment elle se sentait réellement. L’Épée-Fantôme pouvait seulement espérer que Meng retrouverait Édouard à temps. Si cette dernière se faisait capturer par cette femme, l’Épée-Fantôme n’osait même pas imaginer quel destin funeste s’abattrait sur elle.

Marisa ramassa l’épée et marcha, pas à pas, jusqu’à la fournaise qui brûlait brillamment. L’Épée-Fantôme sentit également que son dos le chauffait de plus en plus. Avec un tremblement dans la voix, il s’enquit : « Qu’est-ce que tu fabriques ? »

« Ce que je fais ? » Marisa révéla un sourire. Elle répondit innocemment : « Rien du tout ! Mes mains ont simplement glissé par mégarde, c’est tout. »

Une fois qu’elle eût terminé de parler, elle jeta impitoyablement l’épée dans la fournaise. Les flammes flamboyantes engouffrèrent sur-le-champ l’Épée-Fantôme…

 

 

Lin Jian Yin tenta tant bien que mal de se lever, mais il n’avait pas encore repris tous ses esprits.

« Jian Yin, Jian Yin, est-ce que ça va ? »

Lin Jian Yin ouvrit les yeux pour voir que la personne qui hurlait anxieusement son nom devant lui était Bai Xue Chen. À côté de lui se tenait Yue Lan. Aussi, sur la table reposaient plusieurs petits et grands paquets de nourriture à l’odeur alléchante, visiblement apportés pour servir de collation de minuit.

Lin Jian Yin ne se donna même pas la peine de saluer Bai Xue Chen. Il se dépêcha de tourner la tête pour jeter un coup d’œil à la télévision qui montrait le personnage d’une fille qui se cachait à l’intérieur d’un pot de fleurs, n’osant pas bouger. Pas très loin, des gens la cherchaient partout.

C’était comme si Lin Jian Yin était capable de voir l’expression terrifiée de cette fille. Même les larmes sur son visage étaient extraordinairement claires. Il hurla encore et encore avec peur : « Meng. Meng. Elle est en danger. Je dois vite aller la sauver. Je dois… »

« Jian Yin, calme-toi ! » Bai Xue Chen était sous le choc. Il regarda le jeu sur l’écran. Peu importe sous quel angle il l’examinait, la scène ressemblait à un jeu nintendo régulier avec une image faite de pixels et des personnages de type mini Super Mario Bros.

Après s’être fait crier dessus comme ça, Lin Jian Yin regarda Bai Xue Chen d’un air ahuri pendant plusieurs secondes et retrouva enfin ses esprits. Il se donna une claque sur la tête et, après avoir pris de nombreuses inspirations, il récupéra suffisamment son souffle pour déclarer : « C’est vrai. Qu’est-ce qui ne va pas avec moi ? Ce n’est qu’un jeu. Dans le pire des cas, ce sera GAME OVER. Meng n’est pas réellement en danger. »

« M-Mais… » Yue Lan affichait toujours une expression de peur et continua de dire « M-Mais » sans être en mesure d’ajouter autre chose.

Lin Jian Yin jeta un regard étrange à Yue Lan et ensuite à Bai Xue Chen, ouvrant la bouche pour la questionner : « M-Mais, quoi ? »

Bai Xue Chen lança un coup d’œil à l’image sur l’écran de télévision. À un moment inconnu, le personnage de la fille avait été retrouvé par les gens qui étaient à sa recherche. Plusieurs personnes la traînaient devant une femme qui portait une robe blanche. À cet instant, le visage de Bai Xue Chen pâlit subitement. Il tourna la tête pour révéler à Lin Jian Yin : « Je crois qu’il se pourrait réellement que Meng Ling soit en danger. »

Mise à jour : Août 2018

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Chapitres d’août

  1. Romance RPG : Partie 27
  2. Romance RPG : Partie 28
  3. La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle #5 : Commettre Une Erreur
  4. La Légende du Chevalier du Soleil Invincible Partie 5 : Postface
  5. La Légende du Chevalier du Soleil Invincible Partie 6 : Publication sur le blog

Ce mois-ci, vous aurez droit à 2 chapitres de RRPG, la cinquième histoire parallèle de LCS, et nous terminons l’histoire parallèle relatant les aventures de Neo et d’Aldrizzt dans Invicible avec les deux derniers chapitres.

Bonne lecture !

Romance RPG : Partie 26

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-six – traduit du chinois vers l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Vingt-six – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

En marchant vers les portes du palais, alors que presque toutes les filles de familles nobles arrivaient en carrosse, Meng avait l’air très bizarre à pieds. En plus, une jeune femme aussi élégamment vêtue portant une épée sur son dos donnait une impression encore plus étrange. Néanmoins, le plus étrange était que personne ne semblait alarmé par la présence de l’épée. Même les gardes à l’entrée ne posèrent aucune question à Meng sur ce sujet et lui permirent d’entrer.

« Marcher jusqu’ici ? Je ne voudrais pas salir ma robe de bal, particulièrement une d’un blanc pur que préfère le prince Édouard. »

Cette voix leur sembla légèrement familière. Meng se tourna dans sa direction avec suspicion. Comme attendu, il s’agissait d’une personne qu’ils avaient déjà rencontrée précédemment : Marisa, la fille du duc Biggs. La robe qu’elle portait leur était familière également. C’était celle qui avait plu à l’Épée-Fantôme au premier coup d’œil. La robe sirène qu’elle portait sur sa silhouette élancée mettait l’emphase sur ses magnifiques courbes. Toute sa personne était belle au-delà de toute comparaison.

« Un paon, même habillé en blanc, reste toujours un paon », lâcha l’Épée-Fantôme avec désinvolture.

Meng ne put retenir un fou rire. Cela contraria beaucoup Marisa. Elle s’était moquée de Meng, mais, en entendant son rire, elle avait l’impression que c’était d’elle dont on se moquait.

Par contre, dès que Marisa eût détourné la tête, elle vit le rayonnant et scintillant prince Édouard qui se dirigeait dans leur direction. Elle cessa de porter attention à Meng qui était à côté d’elle et révéla son sourire le plus raffiné. Sauf qu’elle n’arrivait pas à empêcher ses yeux de briller de désir. Ah, ce rayonnant prince parfait…

« Meng, vous êtes venue. » Édouard marcha vers elle avec une allure élégante, mais salua Meng la première.

Meng regarda Édouard de la tête aux pieds. Aujourd’hui, il portait une tenue d’uniforme militaire d’un bleu foncé, mais celle-ci gardait un design minimaliste et n’arborait aucune médaille. Meng le complimenta avec sincérité : « Cette tenue vous va à ravir. Vous avez l’air très séduisant. »

Édouard sourit. Il était capable de dire que Meng le complimentait sincèrement et n’avait aucune autre intention.

« Votre Majesté, le prince Édouard, Marisa est ravie de vous voir à nouveau. »

Comme Marisa faisait la révérence avec grâce, son visage affichait un sourire aussi parfait quel que soit l’angle sous lequel on le regardait.

Édouard sourit et lui retourna sa salutation courtoise : « Je suis honoré de vous avoir de nouveau rencontrée, mademoiselle. »

Marisa paraissait exaltée qu’Édouard lui ait répondu aussi poliment, mais Meng secoua mentalement la tête. Elle savait que, quelle que soit la personne à laquelle il s’adressait, Édouard demeurait toujours poli à ce point. Plus tôt, Édouard avait mis la moitié d’un mois à apprendre comment cesser d’ajouter le mot « mademoiselle » au nom de Meng. Marisa montrait une expression de fausse modestie, espérant que le prince l’inviterait à danser, ou peut-être à aller se balader quelque part parmi les fleurs sous le clair de lune…

« Me feriez-vous l’honneur de m’accorder cette danse ? » Édouard baissa élégamment la tête, avec la main tendue, attendant la réponse de la demoiselle. Cependant, cette demoiselle n’était pas Marisa.

Meng sourit en jetant un regard un peu inquiet à la contenance raide de Marisa. Toutefois, elle plaça tout de même sa main dans la paume d’Édouard.

Alors qu’Édouard menait Meng jusqu’à la piste de danse, il s’enquit : « Les gardes vous ont-ils causé des problèmes ? Je leurs ai ordonnés de ne pas vous déranger au sujet de votre épée… »

Meng comprit tout à coup. « C’était donc ça. Je dois vraiment vous remercier… »

Ils marchèrent tous les deux de plus en plus loin jusqu’à ce qu’ils atteignent le centre de la piste de danse. Meng employa les pas de danse qu’elle était parvenue à apprendre en seulement un mois pour danser avec Edward. Leurs mouvements paraissaient très naturels. Il n’y avait pas la moindre trace d’atmosphère forcée entre eux.

En revanche, deux personnes étaient très mécontentes de la situation. L’une d’elle était l’Épée-Fantôme. Il était parvenu à persuader Meng d’aller au bal, mais, à présent, en voyant Meng danser joyeusement avec Édouard, il n’était vraiment pas content. Plus particulièrement, comme ils dansaient lentement, les prédictions de Bai Xue Chen se vérifiaient. La vue d’Édouard et de Meng en train de danser mettait l’Épée-Fantôme de mauvais poil ; la vue d’Édouard qui posait sa main sur la taille de Meng frustrait l’Épée-Fantôme ; la vue d’Édouard qui murmurait à l’oreille de Meng faisait rager l’Épée-Fantôme.

Pour résumer le tout en une phrase, il était d’une humeur extrêmement exécrable !

« Voudriez-vous qu’on aille se promener dans le jardin en fleurs ? » lui offrit Édouard.

« Hein ? » Meng était quelque peu incertaine de ce qu’elle devait faire. Ses yeux continuaient de dériver vers l’Épée-Fantôme.

L’Épée-Fantôme était depuis longtemps sur le point d’exploser de colère, et il lui dit presque durement : « Si tu veux y aller, vas-y. Tu ferais mieux de demander à quelqu’un de me tenir pendant que tu seras partie, parce que je n’ai pas envie d’être de trop dans votre couple. »

En entendant la réponse de l’Épée-Fantôme, le visage de Meng sombra. « Oh. Je comprends. » Après qu’elle eût terminé de parler, elle confia réellement l’Épée-Fantôme à un garde et s’en alla dans le jardin en fleurs avec Édouard.

Cette garce ! À cet instant, l’Épée-Fantôme était furieux au point de cracher des flammes.

« Donnez-moi l’épée », résonna la voix d’une jeune femme, remplie de rage et de jalousie.

L’Épée-Fantôme se retourna pour voir. La fille-paon ? Il fronça les sourcils. Qu’est-ce que ce paon peut bien me vouloir ?

Le garde semblait en proie à un dilemme. Il savait que la femme devant lui était la fille d’un duc et n’osait pas lui désobéir. Le garde lui répondit avec précaution : « Demoiselle Marisa, cette épée m’a été confiée par quelqu’un d’autre. Si vous souhaitez avoir une épée, vous pouvez vous en procurer une à l’armurerie… »

« Je veux cette épée ! » cria Marisa sur un ton féroce.

« Mais… »

« Donnez-lui l’épée. »

Le garde se tourna pour regarder le propriétaire de la nouvelle voix. La personne qui avait parlé était le duc Biggs. C’était quelqu’un que le garde n’osait pas défier. Il tendit l’épée à Marisa. L’Épée-Fantôme était sous le choc. Il s’écria : « Qu’est-ce que vous me voulez… Mmph… » Il était incapable de finir de parler ; Marisa lui avait couvert la bouche.

Le duc Biggs envoya le garde ailleurs et dit à Marisa : « Je vais détourner l’attention du prince tout à l’heure. Sers-toi de l’épée pour distraire la fille. Il vaudrait mieux que tu l’enfermes dans les donjons. Le prince n’ira pas la chercher là. »

« Mmph… Meng… Mmmmph ! » L’Épée-Fantôme entendit leur conversation et lutta encore plus désespérément pour se libérer, mais, ne possédant qu’une bouche et des yeux, était complètement impuissant.

La Reine Guerrière TP1C4 : Lumière et Ténèbres Partie 4

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Femme Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres

Roman version d’origine en chinois par –   (Yu Wo)


Chapter 4 : Light and Shadow Part 4 – Traduit du chinois vers l’anglais par Azakura[PR!]
Chapitre 4 : Lumière et Ténèbres Partie 4 – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

« Épargne ta salive. Ils reviendront plus tard te forcer à signer un contrat d’esclavage. »

Le barde se retourna. Celui qui venait de parler était l’un des esclaves. Il était si couvert de crasse, avec un corps fin et frêle, qu’il était impossible de définir son genre. Si ce n’était pas pour sa voix indubitablement masculine, il lui aurait été impossible de définir son genre uniquement à partir de son apparence.

« Mais, comment est-ce possible ? » déclara gravement le barde. « Les esclaves ne sont autorisés à signer un contrat d’esclavage qu’une fois par an, lors de la journée qui y est dédiée ! En plus, un gouverneur, ou quelqu’un d’aussi important, doit être présent dans la ville pour servir de témoin ! »

« Où donc crois-tu être ? » répondit l’esclave d’un ton moqueur. « N’es-tu pas dans la prison du gouverneur ? »

En entendant cela, le barde fixa le vide pendant un moment avant de réaliser ce qu’il se passait. Il bégaya : « La gouverneur vi-viole les lois établies par le Roi Sacré en laissant des gens abandonner leur liberté en secret ? Co-comment peut-il oser faire une chose pareille ? »

L’esclave répondit sans grand enthousiasme : « S’il n’y avait pas d’argent à gagner dans ce trafic, personne ne le ferait. Néanmoins, les gens afflueront tant qu’il y aura de l’argent impliqué, même si c’est pour tuer d’autres personnes. De nos jours, dix ducats d’or ne sont pas toujours suffisants pour acheter un esclave par des moyens légaux. Mais, si quelqu’un capturait des esclaves pour les vendre, il pourrait gagner dix ducats d’or de cette manière. Y a-t-il un travail plus simple que celui-ci ? »

À ces mots, le barde devint très curieux au sujet de cet homme : son ton et son attitude étaient difficilement ceux d’un esclave. Il ne put s’empêcher de demander : « As-tu également été capturé et amené ici ? »

L’esclave resta silencieux durant un instant. Il répondit ensuite avec indifférence : « On peut dire ça. Un des esclaves s’est échappé hier, donc tu as probablement été capturé pour le remplacer. Après tout, le jour de la vente aux enchères arrive bientôt. Ils n’ont probablement pas assez de temps pour le chercher. »

Le barde se figea. Il s’enquit avec curiosité : « Une vente aux enchères ? »

« Oui, celle où l’on vend des esclaves clandestinement. » L’esclave poursuivit sans aucun enthousiasme : « C’est sans doute la vente la plus importante de la cité. Il reste encore deux jours avant l’événement. Tu ferais mieux de te dépêcher et de prendre une apparence moins soignée. »

« Pourquoi ? » Les yeux du barde s’élargirent. Lui qui était une personne aimant être propre à l’extrême !

L’esclave affirma d’un ton encore plus moqueur qu’avant : « Les esclaves sales sont envoyés au travail manuel. Les esclaves qui sont trop beaux sont envoyés pour travailler au lit. Mais, je suppose que, si tu préfères te prélasser au lit, alors fait ce que tu peux pour préserver ton joli minois ! »

Le visage du barde vira au rouge écarlate à ces propos. Il ramassa précipitamment une poignée de terre au sol et l’étala sur son visage. Toutefois, il vomit presque en se l’appliquant. La terre, à cet endroit, empestait. Elle ne sentait pas seulement la terre, mais également les excréments et la nourriture rance.

Le barde fut si dégoûté par cette odeur que des larmes commencèrent à couler de ses yeux, pourtant il ne pouvait pas non plus retirer la terre de son visage. Il gémit comme s’il était à un enterrement : « Pourquoi une telle chose se produit-elle ? Ne sommes-nous pas en période de paix et de prospérité ? Le Roi Sacré ne permettrait jamais qu’on vende des esclaves dans la clandestinité… »

L’esclave renifla avec dédain : « Hmph ! Le Roi Sacré ? Pour des gueux comme nous, savoir qui est roi ne fait aucune différence. Nous ne sommes pas en position de recevoir « sa grâce », et il est peu probable qu’il se préoccupe d’endroits comme celui-ci. »

Le barde voulut s’opposer à cette affirmation, puisqu’il avait visité de nombreuses cités en paix sous la guidance du Roi Sacré durant son voyage et que c’était la première fois qu’il se retrouvait dans une situation pareille. Mais, au lieu de cela, il se plongea dans ses pensées.

L’esclave considéra le barde d’un air étrange et, avec une certaine curiosité, lui demanda : « Qu’y-a-t-il ? Tu as sombré dans le désespoir aussi vite ? »

Le barde secoua un peu la tête et répondit de manière assez confuse : « Non. Je pensais juste à un de mes amis. Il m’a abandonné, il y a à peine cinq minutes, et ne s’est pas préoccupé du fait que j’aie été kidnappé. »

« Et tu le considères toujours comme ton ami ? » L’esclave leva les yeux au ciel, ceux-ci étaient enfouis sous ses longs cheveux ébouriffés.

Le barde ne prêta pas attention à ce que l’esclave lui disait. Il continua de parler tout seul : « Oh ! Au contraire, en considérant ce que tu as dit précédemment, j’ai l’impression que ce serait loin d’être une coïncidence si cette personne apparaissait ici. Peut-être qu’elle attendait justement la vente aux enchères clandestine. Si c’est le cas, je pense que je n’ai plus de souci à me faire… »

Pourtant, le capitaine de patrouille a affirmé que Manteau Rouge est un homme, mais la Reine Guerrière est une femme. Si Manteau Rouge est vraiment un homme, alors ce n’est définitivement pas la Reine Guerrière… Aaargh ! Je me retrouve à la case de départ ! 

« Sniff, sniff… Jamais de toute ma vie, je n’ai autant voulu voir une femme à ce point. » Le barde avait envie de pleurer, mais aucune larme ne coulait. Si Manteau Rouge était vraiment un homme, non seulement il avait échoué dans sa quête de retrouver la Reine Guerrière, mais en plus il risquait de devenir un esclave… Ayez pitié de moi !

« Tu es coincé en prison, et la seule chose à laquelle tu penses est une femme ? » Le bas du visage de l’esclave tiqua. Il voulait vraiment faire souffrir cet idiot devant lui, qui racontait n’importe quoi.

Le barde répliqua : « Évidemment que je pense à une femme ! Sinon, qui viendra nous sauver ? »

« Quoi ? » L’esclave se figea. Cependant, il songea au fait que l’homme devant lui était propre et beau à l’origine. Peut-être était-il le gigolo d’une femme, donc il souhait naturellement que ladite femme vînt le sauver.

« Par contre, je ne sais pas si Manteau Rouge est vraiment une femme ou pas… Sniff. Si j’avais su qu’une telle chose se produirait, je n’aurais pas laissé Dieu dans la forêt, parce que, au moins, Il aurait été capable de me sauver ! Après tout, c’est Dieu ! Même si c’est le Dieu des Globs, Dieu demeure quand même Dieu ! »

« … En fait, tu n’es qu’un pauvre fou ! »

 

 

« Hé ! Réveille-toi ! Comment arrives-tu à dormir comme une masse dans un endroit pareil ? »

Le barde se frotta les yeux et demanda avec confusion : « Oh… Le soleil est-il déjà levé ? »

« Tu peux attendre le lever du soleil si tu veux, mais, moi, je m’en vais avant ! »

« Tu t’en vas ? » Le barde avait le regard vide, tandis qu’il demandait : « Où donc ? »

« Hors de cette geôle, évidemment ! » L’esclave leva les yeux au ciel. Il ajouta sèchement : « Tu es encore en train de dormir ? Eh bien, je ne vais pas rester là à t’attendre. Salut ! »

Le barde resta stupéfait pendant un instant. Il cligna fort des yeux, et se réveilla enfin.

Les esclaves étaient tous rassemblés dans un coin, mais le nombre de personnes se réduisait progressivement un par un… Quand il ne resta que trois ou quatre personnes, le barde réalisa qu’ils avaient creusé un trou et partaient par-là !

Il en fut sans voix. Ce fut seulement lorsque presque tout le monde fût sorti qu’il regagna ses esprits. Il lâcha doucement : « Attendez-moi ! », et se débrouilla pour se tortiller à travers le trou derrière eux.

Quand il arriva de l’autre côté, il respira à fond l’air frais environnant, et laissa son regard se poser sur le ciel étoilé. Le barde comprit brutalement à quel point la liberté était précieuse. Être capable de d’échapper à cette misère remplissait son cœur d’un sentiment de béatitude.

Il se retourna pour examiner le trou. Bien qu’il ne fût pas très grand, sa taille était suffisante pour qu’un homme adulte puisse s’y faufiler. Il ne ressemblait pas quelque chose que quelqu’un aurait pu creuser à mains nues.

« Hé ! Hého ! Hum… Toi ! Comment as-tu réussi à creuser ce trou ? »

L’esclave leva encore une fois les yeux au ciel et répliqua : « Hé ? J’ai un nom, tu sais. C’est Cale ! Je prenais mon repas quand j’ai été capturé, donc j’ai caché ma cuillère à soupe sur moi à ce moment-là. Nous l’avons utilisée pour creuser. »

« Oh, Cale. Heureux de faire ta connaissance. Mon nom est Sylvestre. »

« Ce nom est long et pompeux… Es-tu un noble ? Par ici. » Après avoir parlé, peut-être parce que le barde lui avait également donné son nom, Cale agrippa ce dernier pour l’empêcher d’être séparé du reste du groupe dans la nuit noire.

« Je ne suis pas un noble. Ce nom m’a été donné par mon maître. »

Sylvestre étouffa un rire et secoua la tête pour nier. Cependant, il n’en était pas trop sûr non plus. Après tout, Lorenzo Louis, en tant que barde impérial, n’était pas seulement un noble, mais possédait également l’un des plus hauts rangs existants. Et puisque Sylvester était le seul apprenti et successeur de Lorenzo, même s’il avait échoué à tout hériter de Lorenzo, il était vrai qu’il possédait quand même un certain statut.

« Que tout le monde s’arrête. On va se cacher ici pour le moment ! »

Sylvestre écarquilla les yeux. Cet endroit se trouve à peine à deux rues de la résidence du gouverneur ! Et moi qui pensais que nous allions bouger pendant toute la nuit. J’étais même inquiet à l’idée d’être laissé derrière puisque je n’ai aucune endurance physique !

« Cale, n’allons-nous pas quitter la ville ? » Les autres esclaves paraissaient également inquiets.

Cale secoua la tête et répondit : « Les portes de la cité ne sont pas ouvertes la nuit. Par contre, pas besoin de paniquer. Le gouverneur n’osera pas créer trop de remous en nous cherchant dans la ville. Après tout, vendre des esclaves sans permission est illégal. »

Tout le monde entra dans une maison. Cale s’accroupit immédiatement et tapota le sol avec sa main. En fin de compte, il ouvrit une porte secrète. « Entrez. Il y a un sous-sol. »

Les esclaves sautèrent dans l’ouverture un par un. Le sous-sol n’était pas aussi petit qu’il en avait l’air, et il y avait même de nombreuses conserves de nourriture disposées sur des étagères. Même si les conserves étaient couvertes de poussière, pour les prisonniers qui n’avaient pas eu un vrai repas depuis bien longtemps et qui auraient même mangé du pain piétiné, ce n’était qu’un détail.

Cale lança un pot à Sylvestre. Ce dernier fut incapable de réagir immédiatement et tituba pendant un bon moment avant de réussir à retrouver son équilibre.

« Mange. Ne t’inquiète pas. J’en ai déjà mangé auparavant. C’est vrai que le goût mais tu ne risques pas d’en mourir. »

Sylvestre fronça les sourcils en considérant le pot particulièrement sale. Toutefois, il ne pouvait que frotter le pot sur ses vêtements avant de manger la nourriture à l’intérieur sans se plaindre.

Bien que Sylvestre aimât la nourriture de qualité et fût très sélectif dans ce qu’il mangeait, après avoir suivi son maître par monts et marées pendant des années, il avait mangé tout ce qu’il était possible d’imaginer. Et c’est sans mentionner le fait que, au moment où il avait rencontré son maître, il était obligé d’apprendre à cuisiner : pouvoir manger des rations déshydratées était considéré comme un repas de luxe. Et dans le cas où ils auraient fini toutes les rations et ne parvenaient toujours pas à localiser une ville, dans ce cas il devait se préparer mentalement à goûter toutes sortes de choses, que ce fût à moitié cuit ou brûlé, telles que de la viande de grenouille bouillie aux herbes ou un banquet de globs.

En mangeant la nourriture vinaigrée qui avait un peu tourné, Sylvestre commença à réfléchir à sa situation.

Je ne peux m’empêcher de penser que notre évasion a été trop simple. J’ai l’impression d’oublier quelque chose… Ah ! C’est vrai. Les gardes n’ont pas essayé de nous empêcher de nous enfuir du tout ! Il s’exclama : «  Nous avons été très chanceux que les gardes aient été retenus ailleurs pour quelque raison ! »

« Chanceux ? » Cale rit froidement et répondit : « Je les ai observés pendant plusieurs jours. Ces gardes sont incroyablement paresseux. Quand ils effectuent leur rotation, ceux de l’équipe d’avant partent en avance, et ceux de l’équipe d’après arrivent en retard. L’intervalle où il n’y a personne dure environ une demi-heure au minimum. »

Une demi-heure ? Le barde fut consterné tandis qu’il percutait : Il n’y a pas plus de douze heures de lumière par jour… Ces gardes se laissent aller dans des proportions incroyables !

Cale donnait des ordres à tout le monde, tel un général. « Vous pourrez faire ce que vous voulez quand vous aurez fini de manger, mais gardez le volume sonore bas. Essayez de ne pas parler du tout si vous le pouvez, sauf si vous souhaitez que les équipes de recherches nous repèrent. »

Quoi ? Personne ne veut partir seul ? Sylvestre observa les gens autour de lui avec stupéfaction. Il y avait environ vingt personnes, et pratiquement tout le monde avait l’air inquiet. Au moins, Cale semblait être quelqu’un qui savait ce qu’il faisait, et il avait déjà réussi à tous les faire sortir de prison.

Sylvestre était également effrayé à l’idée de partir. Il avait déjà rencontré les gardes deux fois. S’il ne faisait que mettre un pied dans la rue, il se ferait forcément capturer de nouveau.

Après avoir mangé, personne n’osa prononcer le moindre mot. La plupart d’entre eux se contentèrent de baisser la tête et de s’endormir.

Sylvestre avait à l’origine eu l’intention de discuter avec Cale, mais il reçut un regard noir et fut même réprimandé par un « Pas de bruit » sec. Il n’avait rien à faire et n’avait pas particulièrement sommeil, mais essaya quand même de dormir.

Petit à petit, il succomba au sommeil. Au début, il ne pouvait pas dormir du tout, néanmoins, quand il fut à moitié endormi, il sentit brusquement quelqu’un le pousser. Immédiatement, il se réveilla et la couleur rouge apparut sous ses yeux…

« Manteau… » Rouge ?

Invincible Partie 4 : Nous Sommes Invicibles

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La Légende du Chevalier du Soleil – Histoire Parallèle

Roman d’origine en chinois par   (Yu Wo)


Unbeatable Part 4: We Are Unbeatable – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Invincible Partie 4 : Nous Sommes Invincibles – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par Yukomin

Alors qu’ils étaient encore à l’extérieur de la ville, Aldrizzt arrêta soudainement de marcher. Il enfila d’abord son manteau et descendit la capuche jusqu’à son menton. Ensuite, il mit des gants. Après qu’il se fût emmitouflé de la tête aux pieds, il demanda à Neo avec un peu d’inquiétude : « De quoi ai-je l’air ? »

Puisque je me suis enveloppé comme ça, personne ne devrait pouvoir dire que je suis un elfe noir, n’est-ce pas ?

Neo l’examina attentivement et commenta ensuite : « Je pense que… »

Que penses-tu ? Aldrizzt attendit l’opinion de Neo nerveusement.

« Je pense que tu as l’air extrêmement louche. »

« … » Aldrizzt resta silencieux pendant un instant. Il lâcha sèchement, mécontent : « Ça va sans dire ! Je veux savoir si tu peux dire que je suis un elfe noir au premier regard ! »

Neo leva un sourcil et dit négligemment : « Qu’est-ce que ça peut bien faire si tu es reconnu ? »

Aldrizzt secoua la tête et fit remarquer : « Si les humains découvrent que je suis un elfe noir, ils vont définitivement nous chasser hors de la ville. Nous ne pouvons plus aller chasser dans la forêt. Dans ce cas, si nous ne pouvons pas non plus aller en ville pour acheter à manger, ne risquons-nous pas de mourir de faim ? »

Neo fronça les sourcils et cessa de protester contre le déguisement d’Aldrizzt.

Ensuite, ils pénétrèrent dans la cité. Neo n’était pas très intéressé par cette petite ville, mais Aldrizzt ne pouvait s’empêcher de regarder partout. Bien qu’il fût à la surface depuis quelque temps, il n’était jamais entré dans une cité auparavant. Maintenant qu’il était dans une ville, c’était évident qu’il allait être fasciné.

Étonnamment, cette petite ville près de la forêt était très vivante. Néanmoins, de nombreuses personnes portaient l’équipement des aventuriers et transportaient même des bagages. Puisqu’ils ne paraissaient pas être du coin, il s’agissait très fort probablement d’aventuriers en voyage.

Aussi, parce que les voyageurs étaient très variés, personne ne vint leur chercher des ennuis, malgré l’attirail d’Aldrizzt qui attirait pas mal de regards soupçonneux. Aldrizzt poussa un grand soupir de soulagement, il n’avait plus peur d’entrer en contact avec des humains.

Neo marcha avec confiance jusqu’à un bâtiment en briques avec un panneau « Guilde des Aventuriers du Continent » suspendu sur la porte. C’était également un endroit qu’Aldrizzt n’avait jamais vu auparavant. Il n’y avait pas foule à l’intérieur, puisqu’il y avait seulement un peu plus de dix personnes. Ils se tenaient face aux murs de chaque côté, par groupes de deux ou de trois, tous en train de consulter les annonces placardées aux murs.

Est-ce qu’il pourrait s’agir de la Guilde des Aventuriers dont on parle dans les livres ? Curieux, Aldrizzt demanda à son compagnon : « Es-tu déjà venu ici par le passé ? La route te semblait très familière. »

Neo pointa le toit et dit : « La Guilde des Aventuriers dresse toujours un drapeau sur son toit. S’il s’était agi d’une cité plus grande, je n’aurais peut-être pas été en mesure d’apercevoir ce drapeau. Mais, cette ville n’est pas très grande, alors je l’ai remarqué au moment même où nous sommes arrivés. »

Une fois qu’ils eurent fini de parler, il entra dans le bâtiment de la guilde. Aldrizzt le suivit précipitamment.

Quand ils furent à l’intérieur, Neo suggéra : « Tu devrais d’abord aller vérifier s’il n’y a pas une mission que nous pourrions prendre. Je vais enregistrer notre équipe et m’occuper de quelques menus problèmes. »

Aldrizzt acquiesça. Il marcha alors jusqu’au mur et observa les annonces avec curiosité.

Neo s’avança seul jusqu’au comptoir de la réception. Il commença par enregistrer le nom de leur équipe et se prépara à envoyer un message à la Cité du Bourgeon. C’était l’une des choses que Chasel lui avait dit qu’il devait faire quoiqu’il arrive. Quand l’un des Douze Chevaliers Sacrés voyageait, il devait impérativement envoyer au moins un message à la Cité du Bourgeon tous les mois.

Quoique, Neo avait l’étrange impression que cette règle avait principalement été créée pour son bien, puisque, parmi sa génération des Douze Chevaliers Sacrés, la majorité d’entre eux restait à la Cité du Bourgeon ou était rentrée dans leur ville d’origine. À part lui, personne d’autre ne semblait voyager.

Est-il vraiment nécessaire de s’inquiéter autant à mon sujet ? Vous voyez, je suis parti à l’aventure depuis un long moment maintenant. Ne suis-je pas encore en vie et bien-portant ? Qu’ont-ils tous à s’inquiéter pour rien ? Soupir !

Néanmoins, il était forcé de docilement effectuer ces choses triviales comme on le lui avait ordonné. Bien que Chasel ne l’effrayât pas le moins du monde, il serait pénible que ce dernier vînt à s’énerver réellement, particulièrement puisque tout le monde semblait avoir accepté de tout cœur quand celui-ci avait suggéré cette règle. S’il n’obéissait pas, il y avait un risque pour que onze personnes vinssent chercher les ennuis pour le récupérer.

Il obtint un crayon et du papier auprès des employés de la Guilde et commença à rédiger ce que Chasel lui avait demandé d’écrire : sa localisation, ses compagnons, ce qu’il allait faire ensuite…

Concernant son compagnon, Neo hésita un peu avant d’écrire qu’Aldrizzt était un elfe noir. Par la suite, il mentionna brièvement qu’ils étaient pourchassés par ses semblables. Évidemment, il le mentionna juste en passant et précisa même qu’il s’agissait là d’un problème bénin qu’il aurait tôt fait de résoudre.

En ce qui avait trait à sa localisation, il écrivit : « Je ne sais pas. » Pour ce qu’il allait faire ensuite, il inscrivit négligemment : « Explorer les alentours. » Il prévoyait d’écrire la même chose dans le futur.

Quand il eut fini d’écrire, Neo passa le message à l’employé de la Guilde, qui lui sourit et lui dit automatiquement : « Le coût total pour envoyer votre message et enregistrer votre équipe est de trente-cinq ducats d’argent. »

Neo fouilla dans ses poches et parvint à en extirper un ducat d’or et plus de dix ducats d’argent pour payer la facture.

« Ahhh ! »

Entendant subitement un cri, Neo se retourna par réflexe. Quelqu’un regardait Aldrizzt avec horreur. Quand Aldrizzt fit un pas pour se rapprocher de lui, cette personne recula hâtivement de plusieurs pas et chancela même, tombant presque au sol.

Voyant cela, Aldrizzt semblait ignorer quoi faire. Il tira même inconsciemment sa capuche plus bas sur son visage.

Au même moment, les personnes autour semblaient trouver que quelque chose clochait. L’un après l’autre, ils observèrent Aldrizzt avec prudence.

La personne terrifiée fixa Aldrizzt et bégaya : « N-Noir… »

« Aldrizzt ! Allons-y. Je suis totalement mort de faim, alors allons chercher quelque chose à manger », le héla Neo. Il marcha jusqu’à Aldrizzt, attrapa le bras de son compagnon en un mouvement, et tira dessus sans sembler se préoccuper des gens qu’ils laissaient derrière.

« Il a vu mon visage », déclara Aldrizzt avec anxiété après avoir été tiré hors de la Guilde.

« Et alors ? » répliqua Neo, pas du tout inquiet. « Tu n’as rien fait dont tu doives avoir honte. Tu n’es peut-être pas aussi beau que moi, mais ton physique est quand même passable, bien qu’un peu noir. »

« Si je n’étais pas noir, je serais simplement un elfe ! » aboya Aldrizzt. Il continua nerveusement. « Quand même, il a découvert que je suis un elfe noir. J’ai peur que… »

Neo se tourna vivement vers lui, attrapa les épaules d’Aldrizzt et dit avec sérieux : « Aldrizzt, tu veux vivre à la surface et partir à l’aventure avec moi. Pensais-tu réellement que personne ne découvrirait que tu es un elfe noir ? »

« Je sais que c’est impossible, mais nous sommes actuellement poursuivis par mon peuple. Nous avons aussi été chassés de la forêt par les elfes… »

Neo l’interrompit impatiemment en affirmant : « Ne sois pas aussi râleur ! Il y a seulement cinquante elfes noirs à nos trousses. Si le pire venait à arriver, nous n’aurions qu’à les combattre. »

Aldrizzt secoua la tête. Il croyait que Neo ne connaissait pas non plus ce que représentaient « cinquante elfes noirs ». Non seulement chaque membre de sa race était doué au combat, mais ils étaient également des experts dans les embuscades et l’utilisation d’armes cachées. Pour résumer, bien que Neo ait été le Chevalier du Soleil, il serait absolument impossible pour deux personnes de vaincre cinquante elfes noirs !

Neo regarda autour de lui. Même si cette ville n’était pas très grande, il y avait un certain nombre d’auberges. Cela avait assurément un lien avec tous les aventuriers présents. Il ne put s’empêcher de marmonner : « Y a-t-il un bon endroit pour partir à l’aventure ? Pourquoi y a-t-il autant d’aventuriers ici ? »

« C’est juste derrière toi ! » répondit Aldrizzt. « Cette grande forêt est définitivement un bon endroit pour partir à l’aventure. »

« Vraiment ? » dit Neo avec suspicion. « Comment se fait-il que je n’aie pas le sentiment qu’il y a quoi que ce soit d’assez dangereux pour y mériter une aventure ? »

Aldrizzt soupira et expliqua : « Ce n’est pas dangereux uniquement parce que c’est toi et moi qui y étions. Je suis un elfe noir qui a plus d’une centaine d’années, et tu es le Chevalier du Soleil. Évidemment que nous ne pensons pas que c’est dangereux ! Je crains qu’il n’y ait pas beaucoup d’aventures dans ce monde que nous ne puissions gérer. »

« Oh, vraiment ? Ne sommes-nous pas pourchassés par cinquante elfes noirs en ce moment ? » rétorqua simplement Neo, tandis qu’il considérait l’auberge la plus luxueuse d’un regard et avançait vers elle sans hésitation.

Au moment où Aldrizzt aperçut cette auberge propre et ordonnée avec un mobilier plutôt somptueux, il se sentit en situation précaire. Il murmura rapidement : « Neo, as-tu de l’argent ? »

« Oui. » Neo ne mentait pas ; même après avoir payé la Guilde, il devait encore avoir soixante-dix ou quatre-vingts ducats d’argent.

Quand Aldrizzt entendit la réponse de Neo, il se calma. Bien qu’il n’eût jamais vu où Neo gardait son argent, si Neo disait qu’il en avait, alors c’était probablement le cas.

Au moment où ils entrèrent dans l’auberge, quelqu’un vint immédiatement à leur rencontre. Neo ordonna très naturellement : « Préparez une chambre pour deux, mais, d’abord, servez-nous à manger et de l’alcool. Je veux du vin d’au moins dix ans d’âge, de la soupe en entrée, la spécialité de votre chef comme plat principal — mais, il doit y avoir de la viande — et des fruits locaux pour les essayer. »

Pendant que Neo commandait la nourriture, Aldrizzt contempla l’intérieur de l’auberge. Il y avait peu de clients, mais la plupart d’entre eux ressemblaient à des marchands plutôt qu’à des aventuriers. Il semblerait que les aventuriers ne restassent pas souvent dans des auberges de haute classe. Les marchands ne paraissent pas s’intéresser à l’Aldrizzt momifié, mais ils étaient extrêmement intrigués par Neo, dont les actions étaient très raffinées. Aldrizzt en soupira de soulagement.

Après qu’ils se fussent assis, Aldrizzt observa Neo avant de soupirer à nouveau et de déclarer : « Si tu ne m’avais pas dit que tu étais un chevalier sacré, j’aurais pensé que tu étais un prince. Tu agis vraiment comme un aristocrate, et un de rang extrêmement élevé en plus. »

« Oh. » Neo haussa les épaules et expliqua : « J’entretenais une bonne relation avec la famille royale et je me rendais souvent au palais. Par conséquent, j’ai toujours voyagé avec le prince et la princesse. »

Ce qu’il ne disait pas, par contre, était que, chaque fois qu’ils voyageaient, les gens pensaient qu’il était le prince et traitaient le vrai prince comme son assistant.

« Assez parlé, mangeons ! Il est impoli de parler et de manger en même temps. »

Tu n’étais pas aussi exigeant quand nous étions dans la forêt, donc pourquoi parler soudainement de bonnes manières quand nous allons à l’auberge ? Aldrizzt était soupçonneux, mais il ne répondit pas et se contenta de manger en silence.

Durant les quelques jours suivants, sous le prétexte d’aller à la Guilde pour vérifier s’il y avait des missions adaptées qu’ils pourraient prendre, Neo passa toute la journée à se promener, jusqu’à ce qu’il eût exploré toute la cité. Aldrizzt, quant à lui, n’osa pas sortir, car il avait peur que des gens découvrent qu’il était un elfe noir.

Bien que Neo l’eût réprimandé, Neo ne pouvait rien faire pour améliorer la situation d’Aldrizzt, et il aurait été étrange de le traîner jusqu’à l’extérieur. En fin de compte, Neo laissa Aldrizzt faire ce qu’il voulait et, à la place, passa ses journées à se faire plaisir en visitant la Guilde des Aventuriers, des tavernes et en se promenant en ville.

 

 

« Neo ! Neo ! » cria Aldrizzt avec panique.

Neo grogna, s’étira paresseusement et s’assit sur le lit. Il demanda paresseusement : « Qu’y a-t-il ? J’ai trop dormi ? » Neo était plutôt surpris, puisqu’il se réveillait d’habitude à une heure fixe.

« Non, c’est le milieu de la nuit. »

« Dans ce cas, pourquoi m’as-tu réveillé ? » Mécontent, Neo ouvrit les yeux, seulement pour remarquer qu’Aldrizzt arborait une expression extrêmement horrifiée. Il resta bouche bée pendant un moment avant de demander : « Que se passe-t-il ? »

Aldrizzt, qui se tenait près de la fenêtre, tourna la tête vers Neo. Quand il vit que Neo était enfin réveillé, il pointa du doigt l’extérieur par la fenêtre et dit d’une voix tremblante : « Regarde… »

Neo se leva nonchalamment et regarda par la fenêtre. Il aperçut immédiatement de nombreuses torches qui brillaient vivement, et les gens qui les tenaient avaient même encerclé l’extérieur de l’auberge. À la lumière des torches, Neo pouvait voir que ces personnes étaient armées jusqu’aux dents avec des expressions tendues, mais emplies d’intention meurtrière.

Puisqu’Aldrizzt et lui n’avaient rien fait de mal en ville, la seule chose qui aurait pu provoquer une telle situation était le fait qu’Aldrizzt était un elfe noir.

Surpris, Neo émit plusieurs « tsk ». Il lâcha : « Les habitants de cette ville savent comment garder un secret. Je me suis baladé dehors ces derniers jours, mais je n’ai jamais senti d’animosité émaner de qui que ce soit. Serait-ce parce que ce sont tous des aventuriers ? »

Peut-être est-ce parce que tu es trop obtus ? pensa Aldrizzt silencieusement. Néanmoins, il n’était pas en état de se disputer avec son compagnon dans ce genre de situation. Inquiet, il demanda : « Neo, que devrait-on faire maintenant ? »

Neo répondit à la question d’Aldrizzt par un haussement de sourcil. Il n’avait pas d’idée bien définie en tête et songea plutôt, Je suis déjà pourchassé par des elfes noirs et des elfes, est-ce que les humains vont également rejoindre la mêlée ? Mon aventure est réellement devenue dangereuse et excitante !

Parce qu’il ne recevait pas de réponse de la part de Neo après avoir attendu un certain temps, Aldrizzt se tourna pour observer les humains rassemblés. Dans son cœur, il avait déjà pris sa décision. Il décréta simplement : « Neo, tu dois partir. »

Neo répondit naturellement de manière inattendue : « Évidemment que je pars ! Est-ce que tu insinues que je devrais rester et laisser des gens m’abattre ? »

En entendant cela, Aldrizzt sourit amèrement en son for intérieur. Neo était toujours tellement franc. Il ne s’était même pas donné la peine de décorer ses mots en disant des choses telles que « Il ne pouvait réellement pas supporter de laisser son compagnon derrière lui, mais il ne pouvait pas non plus s’opposer à sa propre race, donc il n’avait pas d’autre choix ».

Neo a vraiment dit qu’il allait partir avec une si grande franchise… Bien qu’il eût beaucoup de plaintes à formuler, Aldrizzt n’en exprima aucune à voix haute. Il murmura seulement : « Dans ce cas, au revoir. »

« Tu as fini de faire tes adieux ? »

« Oui. »

« Alors, on y va ! »

Hein ? Avant qu’Aldrizzt pût réagir, Neo l’avait déjà attrapé par la taille avec un bras, l’avait pris sur son épaule, s’était appuyé contre le rebord de la fenêtre avec l’autre, s’était penché à l’extérieur et avait sauté sur le toit. En cherchant désespérément dans les alentours un autre toit sur lequel il pouvait sauter, Neo râla auprès de son compagnon : « As-tu déjà appris le Sort de Vol ? Si oui, on pourrait s’enfuir en volant ! »

« Je ne peux pas l’apprendre aussi vite. Le Sort de Vol n’est pas facile à apprendre, et je ne suis pas très familier avec l’élément du vent », grommela Aldrizzt. Mais, il se rappela immédiatement quelque chose de plus important : « Neo, n’allais-tu pas partir ? »

« Évidemment », répliqua Neo, comme si la réponse était évidente. « Je suis déjà encerclé. Si je ne pars pas, cela ne revient-il pas à demander à être transformé en viande hachée ? »

Je voulais dire : ne vas-tu pas partir seul et laisser derrière toi un compagnon aussi problématique ? Toutefois, en voyant les actions de Neo à ce moment-là, ça ne semblait pas du tout être le cas. Aldrizzt sentit soudain que la conversation entre son compagnon et lui-même avait été comparable à celle entre une poule et un canard.

Neo traversa plusieurs toits. Il baissa le regard et se rendit compte que la foule en bas le suivait. Quelques-uns le copiaient même et étaient grimpés sur les toits. Néanmoins, ces personnes étaient probablement des voleurs agiles et d’autres classes similaires, donc même s’ils étaient grimpés sur les toits, ils n’osaient pas l’approcher trop rapidement. Au lieu de cela, ils gardaient leurs distances et calaient leur vitesse sur celle de Neo et d’Aldrizzt, en criant continuellement et en rapportant leur position aux personnes en bas : « L’elfe noir est là ! »

« Ne les laissez pas partir ! »

« Après eux ! »

Hormis le bruit des poursuivants de Neo et d’Aldrizzt, le reste de la ville était aussi silencieux qu’une cité fantôme. Dans le même temps, il n’y avait pas de lumière dans les rues, ce qui rendait leur poursuite d’autant plus facile. Tant qu’une personne trouvait le duo, tout ce qu’il avait à faire était de crier pour attirer une poignée d’hommes.

Ont-ils évacué les habitants en premier ? Ils se sont vraiment bien préparés ! D’un côté, Aldrizzt ne savait pas s’il devait applaudir la prévoyance des humains ou soupirer devant son destin inéluctable d’être capturé. Quoi qu’il arrivât, la seule chose dont il pouvait être sûr était qu’il était en effet un poids. S’il n’était pas entré dans la ville, alors ces habitants n’auraient pas été obligés d’être évacués pendant la nuit.

D’un autre côté, Neo commençait sérieusement à s’énerver, car il était incapable de semer ses poursuivants.

Ces elfes noirs qui attaquaient dès le moment où ils s’approchaient, il pouvait les tuer sans hésitation, mais dans ce cas-ci ils étaient tous humains. À l’exception des aventuriers, il y avait des personnes qui semblaient être des citoyens ordinaires parmi eux, donc il était réticent à les attaquer négligemment.

Après y avoir réfléchi, Neo put seulement dire, irrité : « Commençons par nous cacher dans la forêt. La plupart des gens ne peuvent pas nous y suivre. »

« Mais, les elfes nous ont interdit d’entrer dans la forêt », lui rappela Aldrizzt, sous le choc.

« Ignore-les. Dans tous les cas, les elfes ne sont pas aussi vicieux que les humains. Je ne crois pas qu’ils nous tueront si nous ne résistons pas ! Les humains, en revanche, se feront un plaisir de nous attacher à un bûcher et de nous brûler vif si nous ne leur résistons pas. »

En entendant cela, Aldrizzt resta muet. Est-ce que Neo sait qu’il est aussi un humain ?

Une fois que Neo eût pris sa décision, il ne se préoccupa plus de savoir si Aldrizzt était d’accord ou non. Il courut sur-le-champ jusqu’à la frontière de la petite ville. Puisque la ville n’avait pas de grandes portes, Neo balança un coup de pied dans la palissade et annonça qu’il quittait la ville.

Aldrizzt regarda derrière eux et son cœur sombra. Il révéla : « Ils nous suivent toujours. »

Neo émit un « mm » et accéléra sa foulée, tandis qu’il courrait vers la forêt. Quand il fut à environ cent mètres de la lisière, il s’arrêta net.

Perplexe, Aldrizzt demanda : « Neo ? »

Neo ne répondit pas, mais il n’en avait pas besoin. Aldrizzt avait déjà vu la raison pour laquelle Neo s’était arrêté de courir.

Une ligne entière d’elfes se tenait à la lisière de la forêt, avec leurs arcs prêts et une flèche encochée, comme s’ils attendaient qu’ils fassent tous les deux un pas de plus… Aldrizzt se retourna uniquement pour voir que le groupe d’humains les avait déjà rattrapés. Bien qu’ils eurent l’air d’avoir peur de s’approcher maintenant, une fois que plus d’humains se seraient rassemblés, ils les attaqueraient sans aucun doute.

Des humains devant eux et des elfes dans la forêt derrière eux…

Neo fronça les sourcils en voyant les elfes et se retourna pour regarder les humains. Il sentait que la situation actuelle devenait plutôt délicate. Qu’ils puissent gagner ou non était une chose, mais le plus gros problème était de savoir si oui ou non ils devaient attaquer. Les humains en face de lui étaient principalement des habitants effrayés et des aventuriers engagés, tandis que les elfes dans la forêt étaient connus pour faire partie d’une race bienveillante. Donc, à moins qu’il n’y fût contraint, il ne souhaitait ni les tuer ni les blesser.

Cependant, au vu de la situation actuelle, s’il ne les blessait pas, ils allaient probablement les blesser tous les deux…

« Pose-moi, Neo. » Aldrizzt descendit du dos de Neo et déclara calmement : « Neo, pars ! Nous nous sommes juste rencontrés par chance et ne sommes même pas des amis proches… »

« Alors, tu n’aurais pas dû m’aider à laver mes vêtements, à cuisiner, à faire les lits, et à chasser ! » Furieux, Neo lui coupa la parole et affirma à voix basse : « Tu t’es montré si généreux envers moi, si je te tournais le dos et partais maintenant, ne deviendrais-je pas un être méprisable, sans honte et ingrat ? À présent, tu devrais te taire et porter plus attention aux membres de ta propre race. As-tu remarqué qu’ils se cachaient dans les buissons des deux côtés ? »

Aldrizzt hocha la tête. Évidemment qu’il les avait remarqués. Il avait demandé à Neo de partir parce qu’il avait découvert que, en plus des humains et des elfes, les gens de son peuple se cachaient dans les buissons de tous les côtés, rendant leurs chances de fuite nulles.

Neo observa les elfes qui maintenaient leurs arcs levés, pensant qu’il n’y avait probablement pas beaucoup de place pour la négociation avec eux. Donc, il n’eut pas d’autre choix que de se tourner et de faire face aux humains. Aux humains qui semblaient prêts à les charger et à attaquer à tout moment, il affirma : « Je suis le précédent Chevalier du Soleil, Neo du Soleil. Au nom des Douze Chevaliers Sacrés de l’Église du Dieu de la Lumière, je vous jure que cet elfe noir a déjà abandonné les ténèbres et a choisi de suivre la voie de la lumière… »

Avant qu’il eût même pu terminer de parler, la foule humaine avait déjà commencé à hurler furieusement.

« Ordure ! Comment pourrais-tu être le Chevalier du Soleil ? »

« Le Chevalier du Soleil n’aiderait jamais un elfe noir ! »

« C’est un elfe noir qui ne cessera jamais de faire le mal. En aidant un elfe noir, tu as trahi tous ceux de ton espèce ! »

« Les traîtres doivent mourir… TUEZ-LE ! »

Au moment où quelqu’un prononça les mots « tuez-le », la foule humaine s’éveilla et se mit à crier au meurtre et à la tuerie. Quelques-uns brandirent même leurs armes avec des yeux injectés de sang.

« Vous voulez me tuer, moi, le traître aux humains, c’est ça ? » Neo était si livide qu’il rit à la place. « Vous devriez connaître votre place ! Même si vous êtes assez nombreux, je n’ai pas une haute opinion de gens comme vous. Si vous n’étiez pas humains, je vous aurais déjà tous tués d’un coup d’épée il y a longtemps ! »

Après avoir dit cela, il dégaina réellement son épée. Des rayons de lune cruels se reflétèrent sur la lame…

« Arrête ! »

Aldrizzt enlaça Neo qui fulminait et s’écria : « Tu ne peux pas faire ça ! Neo, tu ne peux pas les blesser, c’est ton peuple ! »

Outré, Neo rugit : « Lâche-moi, je dois massacrer ces idiots qui ne savent pas ce qui est bon pour eux ! Ils ne peuvent même pas te vaincre, et ils osent dire qu’ils veulent me tuer ? Me tuer, moi, Neo du Soleil ? Laisse-moi les tuer et nous ouvrir la voie ! »

« Non ! Tu ne dois pas être imprudent ! » Aldrizzt s’accrocha à lui aussi fermement que possible. Il ne laisserait jamais Neo tuer des humains.

Non seulement les humains n’étaient pas effrayés de voir Neo sortir son épée, ils levèrent même leurs propres armes plus haut et commencèrent à le condamner haut et fort. Le contenu de leurs insultes était si horrible que même Aldrizzt ne pouvait supporter de les entendre, encore moins Neo.

Par conséquent, Aldrizzt serra Neo encore plus fort pour l’empêcher de charger et de tuer des gens.

Néanmoins, Neo n’avait plus l’intention de briser l’étreinte d’Aldrizzt. Il resta silencieux un moment. Puis, sans aucun avertissement, il relâcha un croissant d’aura de combat avec un balancement de sa lame, visant calmement et judicieusement devant les humains.

Voyant cela, Aldrizzt poussa un grand soupir de soulagement. Il avait cru que Neo trancherait directement en deux les gens qui l’avaient insulté.

À cet instant-là, la scène devint complètement immobile et silencieuse, à l’exception du nuage de poussières qui traversaient le ciel en s’élevant de la profonde tranchée horizontale creusée dans le sol. Quelques personnes qui ressemblaient à des citoyens en furent tellement terrifiées que leurs jambes devinrent aussi molles que de la gelée, ce qui les fit tomber au sol. Cependant, il y avait aussi les aventuriers expérimentés qui crièrent immédiatement : « Vous tous, n’ayez crainte ! De l’aide arrive, et ils sont seulement deux. De plus, les elfes dans la forêt vont nous aider. »

La présence des elfes avec leurs longs arcs semblait redonner du courage aux humains. Là aussi, ils ne savaient pas que les elfes ne feraient pas un mouvement tant que Neo et Aldrizzt n’entreraient pas dans la forêt.

Les elfes… Aldrizzt comprit finalement ce qu’il devait faire ! Il lâcha Neo, se retourna et courut vers la forêt… Pendant un moment, Neo en fut surpris. Il se tourna alors instantanément, le rattrapa précipitamment et agrippa le bras du mage sans aucun effort.

Par la suite, Neo fixa froidement Aldrizzt du regard. Se sentant coupable après avoir été fixé par les yeux sévères de celui-ci, Aldrizzt détourna le regard.

Comme il toisait Aldrizzt, Neo déclara avec une confiance absolue : « Tu pensais mettre fin à tout ça en courant vers la forêt et en laissant les elfes tirer sur toi jusqu’à ce que tu meures, n’est-ce pas ? »

Bien qu’il eût posé une question, il n’avait pas besoin de recevoir une réponse. Le corps d’Aldrizzt qui se raidissait soudainement lui suffit.

Neo renifla froidement avant de réprimander son compagnon : « N’y songe même pas. Moi, Neo du Soleil, je n’ai jamais laissé un compagnon mourir sous mes yeux ! Laisse-moi te dire, je ne laisserai aucun de ceux-là — cela inclut humains, elfes et elfes noirs — te tuer ! »

Sous le coup de la panique, Aldrizzt répliqua immédiatement : « Tu ne peux pas possiblement tous les tuer, et je ne te laisserai jamais faire une chose pareille. »

Neo promit simplement : « Je vais faire de mon mieux pour ne pas les tuer. Ce n’est pas si difficile. »

« Même si tu ne veux pas les tuer, les gens de mon peuple se cachent de ce côté. Ils ne vont sûrement pas rester là à regarder. Quand le moment arrivera, peut-être que toi, moi, les humains, et même ces elfes vont mourir de leurs mains ! »

Aldrizzt le supplia sincèrement : « S’il-te-plaît, Neo ! Même si tu ne me laisses pas entrer dans la forêt, laisse au moins mon peuple me ramener ! Ils ne me tueront peut-être pas, puisque nous sommes de la même race… » Pendant qu’il parlait, sa voix devint de plus en plus faible, car il ne pouvait même pas se convaincre lui-même de ses paroles.

Neo renifla avec dédain. Il ne croyait pas du tout que les elfes noirs laisseraient partir Aldrizzt. Il était possible qu’ils ne le tuassent pas immédiatement, mais ce serait uniquement parce qu’ils voudraient d’abord le torturer cruellement !

« Neo… » Quand Aldrizzt aperçut l’expression de Neo, il comprit immédiatement que Neo n’avait aucune intention de faire comme il avait dit.

Neo annonça sur un ton glacial : « Nous allons d’abord nous occuper des humains, et ensuite de ces elfes noirs. À présent, commence à préparer des sorts magiques pour m’aider, ou mets-toi sur le côté sagement ! »

Naturellement, Aldrizzt ne pouvait pas laisser Neo se battre seul. La seule chose qu’il pouvait faire était de réfléchir à quel sort magique minimiserait le plus les dégâts.

Tant qu’il avait son épée en main, Neo était paré pour la bataille. En même temps, les humains commençaient aussi à s’enflammer. Désormais, la bataille pouvait commencer à tout moment…

« Vous tous, cessez cette folie. »

Dans le silence, un simple ordre demandant aux gens de s’arrêter résonna. Le ton était très plat, mais il était aussi tellement imposant que personne ne pouvait l’ignorer.

Un certain nombre de personnes tournèrent la tête. Seulement alors, ils remarquèrent des gens formant une ligne en se tenant derrière eux. Ils n’étaient pas nombreux, juste onze. Les armures de ces chevaliers étaient toutes d’une couleur différente, et les armes qu’ils tenaient étaient également différentes — il y avait des épées, un arc, et même un grand bouclier —, mais ils avaient tous une chose en commun : un maintien solennel qui était si intense que personne ne pouvait détourner les yeux.

Qu’il s’agît de leurs armes ou de leurs vêtements, ces personnes ne semblaient pas être des aventuriers ordinaires. Ils se tenaient simplement là de manière détendue, mais ils relâchaient quand même une aura qui faisait sentir qu’ils ne devaient pas être sous-estimés. Ceci faisait comprendre à toutes les personnes que ces chevaliers n’étaient pas à prendre à la légère.

À la tête du groupe, une personne à l’allure très sombre se tenait au milieu de ces hommes en armures et les dirigeait. Non seulement ses cheveux et ses yeux étaient noirs, mais même les vêtements qu’il portait étaient totalement noirs. Tout son corps émettait une aura intimidante, particulièrement ses yeux dont le regard était aussi aiguisé que des lames de rasoir, ce qui faisait sentir aux personnes qu’ils regardaient qu’elles étaient interrogées.

Ce chef guida les autres à travers la foule humaine. Partout sur leur passage, les humains se poussaient pour leur ouvrir la voie… Finalement, ils se tinrent entre les humains et le duo.

D’un côté, Aldrizzt était réellement déconcerté. Il n’arrivait pas à comprendre pourquoi autant de personnes étaient apparues si soudainement et leva sa garde, car ils paraissaient très forts.

D’un autre côté, le regard de Neo se mit à se promener. Neo regardait tout — le ciel, le sol, l’herbe, et les elfes — à l’exception de ces onze personnes, et plus particulièrement ce chef vêtu de noir.

Le chef jeta un regard à Neo, puis se tourna pour faire face à la foule. Il décréta simplement : « Nous sommes les Douze Chevaliers Sacrés de l’Église du Dieu de la Lumière. Je suis le Chevalier du Jugement. Maintenant, est-ce que quelqu’un pourrait me dire pourquoi vous encerclez notre Chevalier du Soleil ? »

Le Chevalier du Soleil ? Au début, tout le monde fut confus, mais ils se rappelèrent immédiatement ce que « tout le continent savait » à propos du Chevalier du Soleil : des cheveux dorés, des yeux bleus et une prestance belle et gracieuse.

À part les elfes, une seule personne correspondait à cette description, et c’était précisément celle qui se tenait aux côtés de l’elfe noir.

À ce stade, Aldrizzt fixa Neo avec une totale stupéfaction. Embarrassé et incapable de continuer à prétendre qu’il ne connaissait pas ces personnes, ce dernier demanda : « Chasel, tout le monde… Pourquoi êtes-vous là ? »

Au moment où le groupe de chevaliers sacrés entendit sa question, ils se retournèrent tous et levèrent les yeux au ciel à l’intention de leur Chevalier du Soleil. Après tout, la seule raison qui les avait poussés à venir était pour lui porter secours. Sinon, serait-ce possible pour ces onze personnes de passer par hasard tous ensemble à ce moment précis ?

« Les Douze Chevaliers Sacrés ? » La foule commença à s’agiter.

« Pourrait-il s’agir d’imposteurs ? »

« Non, ce sont les vrais ! » Quelqu’un les reconnut et s’écria : « Je suis déjà allé à la Cité du Bourgeon auparavant. Ce sont les véritables Douze Chevaliers Sacrés ! »

« Les Douze Chevaliers Sacrés sont apparus dans cette petite ville ! Oh mon Dieu de la Lumière ! »

« Mais, l’elfe noir… »

Le silence tomba dans la foule.

Chasel du Jugement attendit jusqu’à ce que tout le monde eût arrêté de s’agiter avant d’expliquer : « Inspiré par le Dieu de la Lumière, cet elfe noir a abandonné le mal et a embrassé la bonté. Bien que je trouve une telle action suspicieuse et que je pense que tous les criminels devraient subir un procès, le Chevalier du Soleil est déterminé à l’accepter avec un esprit ouvert et bienveillant. Aussi, pour le laisser expérimenter davantage la bienveillance du Dieu de la Lumière, tout comme pour sentir davantage l’amour du Dieu de la Lumière envers le monde, le Chevalier du Soleil l’a laissé voyager avec lui afin de lui prêcher les principes du Dieu de la Lumière. »

« Je vois. » Comme s’ils comprenaient subitement, tout le monde commença à louer : « Le Chevalier du Soleil est vraiment quelqu’un de bienveillant ! Il accepte même de pardonner à un elfe noir. »

C’était la première fois que Neo réalisait à quel point Chasel était doué pour raconter des absurdités !

Aldrizzt regarda Neo avec 10 000 % de suspicion, tout en pensant, Neo a même songé à tuer des humains pour résoudre son problème ! En quoi est-il bienveillant ?

À ce stade, la plupart des humains avaient posé leurs armes. Peu importe à quel point ils étaient braves, ils n’osaient pas user de leurs épées sur les Douze Chevaliers Sacrés.

Neo s’avança jusqu’aux côtés des Douze Chevaliers Sacrés et les salua d’abord d’un bref coup d’œil. Il se retourna ensuite, mais au lieu de faire face aux humains ou à la forêt, il regarda en direction des buissons… Il dit sévèrement : « Écoutez bien, elfes noirs cachés dans l’ombre. La radiance du Dieu de la Lumière brille maintenant sur Aldrizzt. Si jamais vous osez à nouveau le contaminer avec vos ténèbres, l’Église du Dieu de la Lumière ne vous le pardonnera jamais ! »

Quand ils entendirent que des elfes noirs se cachaient à proximité, tous les humains poussèrent un cri de surprise. Un certain nombre d’entre eux commença à s’approcher des Douze Chevaliers Sacrés.

De leur côté, les elfes qui étaient restés silencieux jusqu’à présent s’exclamèrent subitement, légèrement choqués, avant de se mettre à murmurer entre eux. Cette fois, les elfes parvinrent à une décision beaucoup plus rapidement que précédemment. Ils décochèrent des flèches en visant les buissons pour vérifier, et quelques grognements étouffés retentirent.

À présent, les elfes ne visaient plus Neo et Aldrizzt avec leur arc, mais pointaient plutôt leurs armes vers les buissons à la place. Même leurs yeux étaient devenus très aiguisés et alertes.

En comparaison à un elfe noir solitaire, ils haïssaient évidemment beaucoup plus un groupe d’elfes noirs.

« Neo, devons-nous nous battre ? » demanda Chasel.

Neo fronça les sourcils comme il réfléchissait à la question. Il répondit alors : « Non, ces elfes noirs sont en désavantage. Ils ne choisiront pas de riposter. Il n’est pas nécessaire de les chasser et de tous les tuer. »

Chasel acquiesça d’un signe de tête. Il avait lui aussi vu les mouvements dans les buissons, mais ces mouvements s’éloignaient au lieu de se rapprocher. De plus, les elfes ne semblaient pas enclins à les massacrer, à en juger par la manière dont ils avaient envoyé leurs flèches. Leur but paraissait être de repousser les elfes noirs, plutôt que de les tuer.

À ce moment-là, un elfe s’avança. C’était l’elfe femelle nommée Evaclair. Elle ne portait aucune arme ; à la place, elle s’avança vers Neo et décréta : « Je m’excuse pour ma grossièreté, Chevalier du Soleil de l’Église du Dieu de la Lumière. Puisque même l’Église du Dieu de la Lumière, qui hait les ténèbres au plus haut point, a accepté cet elfe noir, ce dernier a certainement embrassé la lumière. Nous, les elfes, sommes aussi soulagés d’entendre cela. »

Après s’être excusée, Evaclair tourna la tête pour sourire à Aldrizzt. Elle lui dit : « Nous sommes vraiment désolés pour la requête déraisonnable dont nous vous avons gratifié. Je vous prie de ne pas la prendre pas à cœur. Désormais, vous pourrez entrer et quitter la forêt librement. »

Aldrizzt ouvrit la bouche, mais aucun mot ne sortit. Son cœur était empli de tant de gratitude qu’il ne pouvait presque pas empêcher ses yeux de déborder de larmes.

Neo tapota l’épaule d’Aldrizzt et rappela aux elfes : « Son nom est Aldrizzt. Rappelez-vous bien son apparence et son nom. Si jamais vous l’attaquez dans le futur, nous vous réclamerons justice, même si vous êtes des elfes ! »

Evaclair hocha la tête et retourna dans la forêt.

Aldrizzt l’observa partir. Dans le même temps, il contempla également les elfes dans la forêt. La plupart lui sourirent quand ils découvrirent qu’il les regardait. Cela le fit se sentir extrêmement ému…

Neo se tourna pour faire face à Chasel. Il haussa un sourcil et demanda : « Est-ce vraiment une bonne idée d’utiliser les noms de l’Église du Dieu de la Lumière et des Douze Chevaliers Sacrés ? N’avons-nous pas déjà pris notre retraite ? »

« Tu t’inquiètes vraiment pour ce genre de détails ? » le taquina Chasel. Après avoir reçu un regard de Neo, il sourit et répondit : « Avant de venir, j’ai envoyé un messager à Grisia avec un message verbal. J’ai expliqué brièvement que tu avais des ennuis, et j’ai aussi ajouté qu’il se pourrait que j’aie à utiliser le nom des Douze Chevaliers Sacrés. Je crois qu’il trouvera une méthode pour garder ce problème secret. Bien que les compétences à l’épée de ton élève soient terribles, sa capacité à régler des problèmes est bien meilleure que la tienne. »

En entendant cela, Neo renifla dédaigneusement. Il répliqua : « Vous devriez vous occuper de vos affaires. Même si vous n’étiez pas venus, j’aurais pu résoudre ce problème seul ! »

« Oui, oui », rétorqua Chasel, à moitié convaincu. Il se tourna pour faire face à l’elfe noir et s’enquit demanda : « Es-tu Aldrizzt ? »

« Oui… » Aldrizzt sursauta sur le coup de l’émotion.

D’une part, comparé à Neo, qui avait précédemment été à la tête du Temple Sacré, Aldrizzt était beaucoup plus effrayé par le précédent Chevalier du Jugement. Après tout, Aldrizzt fréquentait Neo depuis quelque temps maintenant. C’était tout simplement impossible d’être effrayé par quelqu’un qui ne savait rien faire à part manier l’épée.

D’autre part, Chasel semblait très strict. De plus, le Chevalier du Jugement n’était pas connu pour sa gentillesse.

Chasel toisa Aldrizzt. Avec une trace de sourire, il confia : « Hormis posséder une belle apparence et des capacités à l’épée exceptionnelles, Neo est inutile. Par conséquent, je vais devoir te confier la responsabilité de te charger de tout le reste. »

« Hé, hé ! Qu’entends-tu par-là, Chasel ? » protesta Neo.

Aldrizzt sourit. Comme il regardait la foule qui se dispersait et les elfes amicaux, il dit avec gratitude : « Je n’aurais jamais imaginé que ce conflit puisse se résoudre ainsi. Il n’a pas été nécessaire d’employer la violence, et aucun innocent n’a été blessé dans le processus. »

« Évidemment », dit Chasel, confiant. « Nous sommes les Douze Chevaliers Sacrés, et notre parole est plus convaincante que la violence. Est-ce que tu comprends enfin, Neo ? »

Neo se contenta de renifler avec froideur. Alors qu’il rengainait son épée, il répliqua : « Je pensais que j’allais enfin pouvoir me battre tout mon saoul ! Vous n’êtes vraiment que des fouineurs. »

« Du début à la fin, as-tu déjà frappé le premier ? » demanda Chasel, un peu abasourdi.

« Non », répondit Neo en secouant la tête.

« C’est en effet vraiment surprenant ! Je pensais que tu démarrerais un massacre pour résoudre tous tes problèmes ! » Après avoir dit cela, Chasel remarqua l’expression pleine de doutes d’Aldrizzt. Il sourit et s’enquit : « Croyais-tu que Neo ne pouvait pas vaincre cinquante elfes noirs ? C’est quelqu’un qui, à lui tout seul, a attaqué plus de cent-cinquante bandits armés, ce qui incluait des archers et des mages. En fin de compte, il les a tous exterminés… Néanmoins, à ce moment-là, il avait encore la faveur du Dieu de la Lumière. Ce n’est plus le cas. »

Aldrizzt se figea sous le choc. Un homme seul contre plus de cent-cinquante bandits armés ?

« Même sans la faveur du Dieu de la Lumière, je suis toujours aussi fort ! » souligna instantanément Neo.

À cet instant-là, un chevalier avec une série de couteaux pendue à sa taille éclata de rire et rétorqua : « Tu es peut-être toujours aussi fort qu’avant, mais tu n’es plus impossible à tuer ! Neo, à ce moment-là, n’as-tu pas été blessé plus de dix fois et presque tué ? »

« Huit blessures ! Combien de fois dois-je me répéter, Metal ? J’ai seulement reçu huit blessures. De plus, j’ai marché jusqu’au Temple Sacré par mes propres moyens, donc je n’ai pas vraiment failli être tué ! » Neo tourna la tête et commença à se disputer sans fin avec Métal.

D’un ton moqueur, le Chevalier du Métal dit : « Oh ? Je me rappelle que quelqu’un s’était évanoui sur l’escalier du Temple Sacré et ne parvenait plus à se lever. Leaf, le Chevalier Sacré le plus sympa d’entre nous, a même dû te porter jusque dans le Temple Sacré. »

« Si tu n’avais rien dit, j’aurais tout oublié… » Neo tourna la tête pour faire face à un autre chevalier qui portait un arc. Il s’exclama avec colère : « Leaf! Cette fois-là, tu as saisi l’opportunité pour me frapper plusieurs fois ! Tu as totalement ignoré le fait que j’étais sérieusement blessé ! »

Le Chevalier de la Forêt, qui portait son arc sur son dos, fit immédiatement glisser son arme entre ses mains et encocha une flèche avant de répondre : « Ah bon ? N’étais-tu pas censé n’avoir que des blessures mineures ? Serais-tu en train d’admettre que tu étais sérieusement blessé à ce moment-là ? »

« Bien sûr que non… »

Avec une courte hésitation, Aldrizzt déclara : « Plus de cent-cinquante bandits armés… S’il est si fort, alors nous aurions réellement pu tuer cinquante elfes noirs à nous deux. Néanmoins, quand nous étions pourchassés, Neo n’a jamais pris l’initiative pour attaquer. »

Chasel sourit simplement et devina : « Je suppose que c’était probablement parce qu’il ne voulait pas massacrer ton peuple sous tes yeux ? Le tempérament de Neo a toujours été mauvais, et il résout tout avec son épée. C’est seulement quand il a atteint l’âge de quarante ans qu’il a commencé à contrôler un peu son sale caractère, soupir… »

« Neo a dit qu’il avait seulement trente ans », l’interrompit Aldrizzt, sans expression.

Chasel fit une pause avant de murmurer : « Ne lui dis pas que j’ai exposé son mensonge. Il déteste par-dessus tout qu’on lui rappelle qu’il est vieux. »

En entendant cela, Aldrizzt décida de confirmer quelques-unes de ses hypothèses concernant Neo. Il l’interrogea : « Et il est très vaniteux ? »

« Exactement », acquiesça immédiatement Chasel.

« Il va au-delà de ses limites pour maintenir son image ? »

« Personne n’est meilleur que lui pour ça. Il a même élevé un apprenti qui se dépasse tout autant. »

« Il préfèrerait mourir plutôt que d’admettre qu’il s’est trompé ? »

« C’est plus difficile de lui faire admettre qu’il s’est trompé que de le tuer ! » Extrêmement satisfait, Chasel hocha la tête et dit : « Aldrizzt, il semblerait que tu le comprennes très bien. Dans ce cas, dans le futur, je vais devoir te charger du lourd fardeau appelé Neo. »

« Puis-je refuser ? » s’enquit Aldrizzt, son visage n’arborant aucune expression.

« Tu peux. Mais, si tu refuses, l’Église du Dieu de la Lumière ne te protégera pas. Donc, si tu veux marcher librement à la surface, tu devras prendre soin de lui. »

« Est-ce une menace ? » Bien qu’il eût dit cela, Aldrizzt avait un sourire sur le visage. Le Chevalier du Jugement ne l’effrayait plus.

Chasel dit chaleureusement : « Ne te méprends pas, le Dieu de la Lumière n’emploierait jamais une méthode aussi vile que la menace… »

Aldrizzt considéra Chasel avec une grande méfiance.

« …mais, l’Église du Dieu de la Lumière le fera. »

 

 

Bien que cela ne fît pas très longtemps depuis que les Douze Chevaliers sacrés eussent pris leur retraite et fussent partis sur leurs chemins respectifs, dans le passé, ils avaient rarement été séparés pendant une aussi longue période de temps. Donc, une fois que la situation fut résolue, ils retournèrent tous à la taverne et eurent une soirée arrosée… mais, la seule personne qui ne pouvait pas boire était Neo lui-même.

C’était parce que « tout le continent savait » que le Chevalier du Soleil ne supportait pas l’alcool ! Dans une taverne où il était entouré par des citoyens curieux, Neo ne pouvait définitivement pas se permettre de boire de l’alcool.

Alors qu’il voyait tous les autres vider une bouteille après l’autre, Neo perdit presque contenance. En rugissant le mot « DEHORS ! », il chassa tout le monde de la taverne et traîna Aldrizzt jusqu’au comptoir pour payer l’addition, planifiant de courir jusqu’à une ville où personne ne savait qu’il était le Chevalier du Soleil pour boire autant qu’il le souhaitait.

« Trois ducats d’or ? »

Au moment où il entendit le montant de l’addition, Neo se figea. Il se retourna pour… OH NON ! Ils étaient tous réellement partis, il ne pouvait donc pas leur demander de l’argent. « Je vois… Euh ! Je pense qu’il est encore tôt, et le soleil ne s’est pas encore levé, donc je suppose que je vais attendre que le soleil se lève avant de partir. »

Après avoir entendu la réponse de Neo, le tenancier resta stupéfait. Souriant largement, il dit : « C-C’est… Vous avez l’argent pour payer l’addition, n’est-ce pas ? »

À ce moment-là, sans compter le tenancier, même Aldrizzt fixa Neo avec 10 000 % de suspicion. Neo dévoila immédiatement le sourire commercial du Chevalier du Soleil et dit poliment : « Hmm? Qu’avez-vous dit ? Mes plus sincères excuses, moi, Neo du Soleil, je ne vous ai pas entendu clairement. »

Le tenancier se figea un moment. Seulement alors, il se rappela que la personne en face de lui n’était pas un citoyen ordinaire, mais plutôt le Chevalier du Soleil ! Juste le fait de se rappeler qu’il venait d’insinuer que « le Chevalier du Soleil voulait partir sans payer » lui donna des sueurs froides. Pensant qu’il n’était jamais trop tard pour réparer ses erreurs, il se reprit : « Je voulais dire, voulez-vous manger quelque chose avant de retourner dans votre chambre ? »

« Je ne serais pas contre », dit Neo avec élégance et naturel. « Dans ce cas, servez-nous à manger, je vous prie ! »

 

 

Après qu’ils eussent mangé de tout leur content, ils retournèrent dans la chambre. Aldrizzt planifiait de rattraper un peu le sommeil en retard, quand il remarqua que Neo commençait à empaqueter ses vêtements. Avant qu’Aldrizzt ne comprît la situation, Neo avait déjà fini de faire ses paquets. Neo se retourna et annonça : « Allons-y, Aldrizzt ! »

« Quoi ? » Aldrizzt eut le regard perdu dans le vide pendant un moment avant de répondre, confus : « Le soleil ne s’est même pas encore levé, où veux-tu aller ? »

Neo resta silencieux un instant avant de répondre : « …Dans la forêt, pour inviter Evaclair à rejoindre notre équipe ? »

Aldrizzt fut surpris quand il entendit les paroles de Neo. Il se demanda : Pourquoi n’a-t-il pas invité Evaclair quand nous étions dans la forêt tout à l’heure ? Pourquoi le faire maintenant, au milieu de la nuit ? Et pourquoi la réponse de Neo ressemble-t-elle à une question, et pas à une affirmation ?

« Vite, vite ! » insista Neo. « Si nous ne les rattrapons pas vite, les elfes vont être trop loin ! »

Aldrizzt plissa les yeux et dit d’un ton dangereux : « Neo ? »

« Hmm? Y a-t-il un problème ? » Neo employa l’ultime technique du Chevalier du Soleil : le sourire rayonnant. Néanmoins, cela n’avait absolument aucun effet sur Aldrizzt qui connaissait bien la personnalité de Neo. Les yeux d’Aldrizzt se plissèrent à nouveau, tandis qu’il devenait mille fois plus soupçonneux qu’auparavant.

Neo n’eut pas d’autre choix que d’arrêter de sourire et de répondre honnêtement : « J’ai seulement soixante-dix ducats d’argent. »

« …Neo, séparons-nous, d’accord ? »

« Nous séparer ? Tu viens juste de promettre à Chasel de veiller sur moi ! Et avec toi parti, qui va m’aider à laver mes vêtements, à chasser, à cuisiner, et à faire le lit ? »

« Chasel ? »

« Ne raconte pas d’âneries, sa cuisine est si mauvaise que même les globs s’enfuiraient. »

« Tu veux parler de ta cuisine, non ? »

Comme ils sortaient par la fenêtre, ils n’oublièrent pas de se disputer. Ils s’enfuirent toujours plus loin…

Le jour suivant, une aventure épique pour des aventuriers légendaires démarra quand le tenancier hurla de désespoir : « AHHH ! Le Chevalier du Soleil s’est enfui sans payer ! »

Leur histoire commença officiellement ici.

 

— FIN —