La Légende du Chevalier du Soleil T4C3 : Collecte des Fonds pour le Voyage

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : (Yu Wo)


Chapter 3: Raise Funds for the Journey – traduit du chinois à l’anglais par bleachpanda[PR!]
Chapitre 3 : Collecte Des Fonds Pour Le Voyage – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ pas encore corrigé, désolée pour le retard

Lorsque je retournai à la boutique d’armes, Igor était déjà parti. Il est sans doute devenu impatient et n’en pouvait simplement plus d’attendre, j’imagine ? Je m’empressai de rentrer à l’auberge. Comme je le pensais, tout le monde était déjà là au moment où j’ouvris la porte, incluant Igor qui m’avait laissé derrière.

« Où étais-tu passé ? » s’enquit Igor avec désintérêt, à l’instant où il me vit.

Je l’ignorai. Quand j’y réfléchis bien, je sentis que les femmes devraient être plus perceptives et meilleures que les hommes pour deviner quel âge avait une personne. Je me tournai vers Sybil et lui demandai : « Sybil, quel âge ai-je l’air d’avoir ? »

Sybil, qui était en train de nettoyer son filet de corde, son lasso, et d’autres trucs, figea sur place pendant un instant. Même les autres cessèrent ce qu’ils faisaient et levèrent la tête pour me regarder.

J’observai Sybil avec un total sérieux pendant un moment. Puis, elle se mit également à scruter mon visage avec sérieux, en l’examinant de plus près. Finalement, avec un air confiant, elle devina : « Autour de vingt-trois ou vingt-quatre ans. Vingt-cinq ans, tout au plus. Tu ne peux pas être plus vieux que ça. »

Impossible… Je continuai à me renseigner davantage : « Est-il possible que je n’aie que dix-huit ans ? »

« Aucune chance ! » Sybil rejeta cette possibilité immédiatement.

Comment peut-il n’y avoir aucune chance que ce soit possible… Je me retournai, en demandant à Yuna, mon dernier espoir : « Yuna, qu’en penses-tu ? »

Yuna répondit inexplicablement : « Je pense que ce que Sybil a dit est exact ! Tu devrais être âgé d’environ vingt-trois ou vingt-quatre ans. »

Je tombai silencieux.

Ainsi, je suis âgé de vingt-trois ou vingt-quatre ans, voire même peut-être vingt-cinq, et je suis encore puceau… C’est encore plus difficile à accepter que l’idée que je sois une mauvaise personne !

« Grisia ? » Yuna me questionna gentiment : « Crois-tu être plus jeune que ce que nous disons ? Ne t’inquiète pas ! Il y a inévitablement des gens qui ont l’air plus matures que leur âge. Cependant, dix-huit ans, ça semble un peu trop tiré par les cheveux. Peut-être que tu as vingt ans… »

« Ah ! » s’exclama soudainement Sybil, en regardant en direction de la porte.

Il se trouva que la licorne que j’avais cachée à l’extérieur n’en pouvait plus d’attendre et était entrée. Elle trottina même tout le chemin jusqu’à mes côtés. Elle semblait se déplacer de façon plutôt raide et gardait un œil méfiant sur mes camarades autour.

« Comment l’as-tu trouvé ? » Tout le monde était extrêmement surpris, bien que leur joie l’éclipsât.

Moi, en revanche, je n’étais pas du tout ravi. Je répondis avec découragement : « Je ne l’ai pas trouvée. C’est elle qui m’a trouvé. »

Après que j’eus parlé, Sybil et Yuna allèrent se placer devant elle. Elles ne purent pas résister à l’envie de tendre la main pour essayer de toucher la licorne. Cependant, elle les évita et vint se cacher à côté de moi. Elle se servit désespérément de sa tête pour se frotter contre moi, probablement parce que les actions de Sybil et Yuna l’avaient fait se sentir inconfortable et en danger. Elle frappa à répétition ses sabots sur le plancher, et renifla profondément à travers son nez. Voyant cette situation, je ne pus que lui frotter la tête machinalement/distraitement pour l’apaiser.

Je frottai… et frottai… Pourquoi est-ce que tout le monde a figé…?

Igor demanda, sidéré : « Les licornes ne touchent-elles pas uniquement les vierges ? »

Je devins raide. Je tentai sur-le-champ de le nier. « Je ne suis pas puceau ! …Ah ! »

Je suis foutu/C’en est fait de moi !

Ils restèrent tous stupéfaits. Ils tournèrent la tête pour me regarder, puis se remirent à contempler la licorne.

Comme la licorne n’était pas réconfortée par le frottement de ma main, elle devint instantanément mécontente. Elle se mit désespérément à frotter sa tête contre mon bras avec mécontentement. J’essayai de mon mieux de la repousser, mais, en fin de compte, la force d’un humain ne pouvait pas rivaliser avec celle d’un cheval. Imbécile de cheval !

À ce stade, Sybil fut la première à glousser pour ensuite éclater de rire.

Igor ne s’arrêta pas un instant pour songer à épargner mes sentiments et se tenait déjà l’estomac en rugissant de rire.

Woodrow tenta très fort de se retenir de rigoler, réprimant son envie au point que son visage au complet fût tordu. Cependant, en fin de compte, il éclata tout de même de rire.

Iacchi afficha un visage rempli de sympathie. Il me tapota l’épaule, en essayant de me réconforter. « Peut-être que d’avoir perdu tes souvenirs est une bonne chose après tout, mon camarade. Hahaha ! Un puceau de vingt-cinq ans… Hahahahahahaha! »

Mais, après m’avoir réconforté, son explosion de rires sonna comme si cent gongs se mettaient à résonner bruyamment en même temps… Par chance, cette fois-ci j’étais préparé ; je me couvris les oreilles avant son rire. Toutefois, dû au fait que les autres étaient en plein en train de rire, ils ne réagirent pas assez vite, les laissant dans l’incapacité de se couvrir les oreilles à temps. Chaque personne fut secouée au point d’avoir des maux de tête graves, et donnait l’impression que leur tête s’apprêtait à exploser.

Hmph ! C’est bien fait pour eux/Que cela leur serve de leçon !

Après qu’Iacchi eut enfin terminé de rire, je rétorquai immédiatement : « Comment cela “vingt-cinq ans” ? D’après l’estimation de Sybil, il est possible que je n’aie que vingt-trois ans ! Yuna a même affirmé que j’avais peut-être vingt ans ! C’est exact ! Je n’ai forcément que vingt ans ! »

À cet instant, la licorne se mit tout à coup à me lécher la main… Je retirai instantanément ma main et lui donnai une claque sur la tête. Bien que Sybil et Yuna fussent toujours en train de cuver leurs migraines, elles furent toutes les deux surprises de ma réaction subite. Néanmoins, cet imbécile de cheval ne fut pas du tout blessé ou indisposé ! En plus, il continua à me pousser la taille… Incroyable !

Imbécile de cheval qui n’aime que les vierges ! Éloigne-toi de moi !

Je ne suis absolument pas puceau !

 

 

« Puisque Grisia a déjà ramené la licorne… Pfft ! Hahahahaha! »

Sybil essaya de se mettre à parler avec sérieux, uniquement pour échouer au milieu et se mettre à rire aux éclats. Elle riait tant que des larmes sortirent de ses yeux jusqu’à ce qu’il ne lui fût plus possible de parler. Cela amena le fou rire d’Igor à redémarrer, et je me couvris rapidement les oreilles… Finalement, Iacchi n’éclata pas de rire ; à la place, il arbora un sourire très obscène. Il posa son bras autour de mon épaule et déclara : « Ne dis pas que je n’ai pas pris soin de toi ! La prochaine fois, je vais t’emmener pour faire l’expérience de la vraie affaire afin que tu puisses te retirer de l’étiquette de puceau, héhéhéhé ! »

« Je ne suis pas puceau ! » protestai-je avec véhémence.

Après m’avoir entendu le nier, Iacchi se contenta de sourire, en lâchant un « héhéhé » et en n’ajoutant rien d’autre. Enflure !

Woodrow poursuivit notre conversation : « À présent que nous avons la licorne, allons chercher la récompense ! Nous ne devrions pas perdre de temps, autrement, si d’autres équipes essaient de s’en emparer par la force, nous allons avoir des problèmes. »

« Aller chercher quelle récompense !? Je rejette cette proposition ! » répondis-je avec aigreur.

« Ne sois pas fâché, Grisia. » Woodrow afficha un sourire forcé : « Nous n’avons pas fait exprès de nous moquer de toi ; nous ne faisions que plaisanter. »

« Je ne suis pas en colère. » Je souris un peu, en expliquant : « Je ne suis vraiment pas d’accord pour aller récupérer la récompense. »

Le rire de Sybil s’interrompit subitement, Woodrow tomba silencieux, Igor se gratta la tête, et Yuna était totalement confuse.

« Tu… ne songes pas à la garder comme monture, n’est-ce pas ? » s’enquit prudemment Igor.

Alors qu’Igor me posait la question, il se plaça comme s’il était sur le point de courir vers moi pour se saisir fermement de la licorne, juste au cas où j’essayerais de la monopoliser. Par contre, la licorne se tenait solidement à mes côtés. Chaque fois que quelqu’un d’autre que moi essayait de s’en approcher, la corne sur sa tête, qui brillait déjà l’origine avec de la lumière sacrée, relâchait une lumière encore plus forte.

Alors, malgré le fait qu’Igor se fût déjà positionné, il n’osa pas s’approcher.

« Je suis un guérisseur et non un chevalier, alors pourquoi garderais-je brusquement un cheval sans aucune raison ? »

Je roulai des yeux à l’intention d’Igor, puis m’expliquai auprès de tout le monde. « Écoutez-moi bien. Étant donné que la Guilde des Aventuriers est encline à offrir cinq cent ducats d’or en récompense pour cette licorne, que croyez-vous que cela signifie ? »

« La licorne vaut beaucoup plus que cinq cent ducats d’or… »

Après que Woodrow eut répondu, il hésita pendant un moment, et ensuite continua en disant : « Nous comprenons, mais aucun groupe normal tenterait de discrètement faufiler la licorne hors de la cité, parce qu’il y a des membres de la Guilde des Aventuriers qui gardent chacune des portes. Qui plus est, que l’on réussisse ou pas, il nous sera alors interdit d’interagir avec la guilde dans le futur, et nos têtes pourraient même être mises à prix pour arrestation ! »

« Dans ce cas, tant que nous ne laissons pas la guilde découvrir qu’il s’agit de nous, tout devrait bien aller, vous ne croyez pas ? » proposai-je naturellement.

« Comment serait-il possible que nous ne soyons pas découverts ? » Yuna me reprocha avec colère : « Grisia, tu fais encore n’importe quoi. »

Je fais n’importe quoi ? Je fus déconcerté pendant un instant. Pourquoi cela sonne-t-il si familier…? Il ne peut possiblement pas y avoir quelqu’un d’autre qui me répète tout le temps de cesser de faire n’importe quoi, n’est-ce pas ?

« Attendez, ça pourrait être possible ! » s’exclama Iacchi, en interrompant la conversation et en faisant une suggestion. « Nous pouvons nous déguiser pour le faire. »

« Nous déguiser ? » murmura Woodrow.

Nous déguiser ? Je fus stupéfait l’espace d’une seconde. Fait-il référence à l’idée d’utiliser d’autres éléments pour masquer notre apparence ? Malgré le fait que ce que je voulusse dire était quelque chose de similaire, je ne savais pas que cela s’appelait « se déguiser ».

« On ne peut pas faire ça ! » Yuna s’y opposa fortement, en me fusillant du regard et en s’écriant avec franchise : « On ne peut pas commettre de crimes. Grisia, tu es un guérisseur du Dieu de la Lumière. »

L’indécision combattit dans ses yeux, mais, quand elle jeta un coup d’œil à Yuna et vit que son visage était rempli de rage, elle ne put qu’articuler avec hésitation : « Oui… Ça ne semble pas très convenable… »

Woodrow jeta également un coup d’œil en direction de Yuna, puis secoua la tête en déclarant : « On ne peut pas. On ne peut tout simplement pas. »

Je ne me souciais guère que tout le monde parlât contre moi. Je me tournai vers Iacchi, lui demandant carrément : « Iacchi, combien vaut la licorne ? »

Iacchi hésita une minute. Il traînassa, en disant : « On raconte que la Guilde des Aventuriers veut offrir la licorne à l’Aigle Silencieux de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. Ils n’ont pas l’intention de la vendre. Cependant, si elle devait être vendue, d’après certaines informations provenant de quelques marchés de ventes aux enchères, c’est au minimum…au minimum… »

Tous tendirent l’oreille pour entendre le reste. Je fis exprès de hausser la voix sur le dernier mot, en le questionnant : « Au minimuuum? »

« Au minimum cinq milles ducats d’or comme offre de départ. »

Je me retournai en une fraction de seconde, en me jetant au collet d’Iacchi, et hurlai avec alarme : « CINQ MILLES DUCATS D’OR !?!? »

Iacchi fut pris au dépourvu et répliqua en retour : « Je croyais que tu le savais ? »

Comment aurais-je pu le savoir !

J’ai seulement deviné que cet imbécile de cheval vaudrait assurément un bon prix/son pesant d’or, mais qui aurait pu savoir qu’il avait à ce point de la valeur ? Cinq milles ducats d’or ! C’est plus que dix fois le montant de la récompense offerte par la Guilde des Aventuriers ! Sans oublier de mentionner que ce prix n’est que le « minimum » !

« Cinq milles ducats d’or… »

J’essayai très fort d’imaginer à quoi cinq mille ducats d’or ressembleraient, seulement pour me rendre compte que je ne possédais aucun concept de ce montant de ducats d’or… Oubliez cinq mille ducats d’or ; je n’arrivais même pas à imaginer à quoi pouvaient ressembler mille ducats d’or !

Se pourrait-il… ? Se pourrait-il que je fusse extrêmement pauvre par le passé ?

« C-c-cinq mille ducats d’or… C’est tant d’argent ! » couina Sybil.

« Cinq milles… Même le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre dont j’ai toujours rêvé ne coûte que trois mille ducats d’or », marmonna Yuna pour elle-même.

Après cela, tout le monde regarda avec indécision en direction du leader actuel du groupe : Woodrow. On pouvait voir sur son visage qu’il était lui-même très hésitant. Remarquant que tout le monde l’observait, il dit rapidement : « Ne me regardez pas… Je ne suis pas celui qui l’a suggéré… Si vous devez regarder quelqu’un, regardez Grisia ! »

À l’unisson, tout le monde tourna la tête et me contempla. En premier, je révélai un sourire chaleureux pour les apaiser de leur anxiété et de leur malaise, et ensuite j’ouvris lentement la bouche pour affirmer : « Pour la licorne, il devrait peu lui importer de savoir à qui elle sera vendue, étant donné que cela revient au même, n’est-ce pas ? En plus, regardez tous, elle a l’air de tellement m’aimer qu’elle préférerait forcément rester à mes côtés plutôt que de retourner à la Guilde des Aventuriers, non ? Si nous l’emmenions avec nous, elle serait incontestablement plus heureuse de rester avec moi plus longtemps. Par égard pour la licorne, ne ferions-nous pas une bonne action envers elle également ? »

Je frottai la tête de la licorne en me penchant, tandis que je souriais, et lui dis : « N’ai-je pas raison ? Mignonne petite licorne. »

Cet imbécile de cheval se mit avec persistance à me lécher le visage sans se retenir, laissant mon visage recouvert de salive… Je me demande si la salive de licorne vaut quoi que ce soit… En me basant sur sa valeur de cinq mille ducats d’or, il est possible que même sa salive puisse être vendue pour un ducat d’or !

« C’est vrai. La licorne a vraiment l’air de t’apprécier », admit Woodrow en hochant la tête.

Yuna le fusilla du regard avec véhémence et décréta avec mécontentement : « Woodrow, n’écoute pas les inepties que nous raconte Grisia ! »

Iacchi avait déjà commencé à calculer : « Cinq cents devenant cinq milles… Dans ce cas, ça veut dire que chaque personne va obtenir cinq cents ducats d’or… »

« Sais-tu au moins comment calculer ? » Je fis le calcul avec impatience : « Quand vous enlevez 20 % de cinq mille ducats d’or pour ma part, et que vous soustrayez ensuite 20 % du reste pour les dépenses du groupe avant de diviser tout ce qui reste en parts égales entre vous cinq, cela devrait égaler six cent quarante ducats d’or chacun. Évidemment, si vous souhaitez réellement me donner cent ducats d’or en extra, cela ne me dérange pas vraiment. »

« Tu as déjà pris mille ducats d’or pour toi ! Et, tu veux toujours me soutirer de l’argent ? » Iacchi décréta avec découragement : « Tu es encore plus fait pour être un voleur que moi ! »

« Six cent quarante ducats d’or ! » Le visage de Sybil s’éclairait déjà avec un accord complet.

D’un autre côté, Yuna révéla une expression de vertige. Elle continua de marmonner : « Le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre… Je ne peux pas commettre de crimes… Le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre… »

Voyant que tout le monde avait l’air plutôt indécis, je poussai l’affaire un peu plus loin, en déclarant : « Comme la licorne va être contente, et que je vais être content, et que vous allez tout être contents, cela rend tout le monde content. Pourquoi ne devrions-nous pas le faire ? »

Pour ce qui est de la Guilde des Aventuriers et de l’Aigle Silencieux qui aurait dû avoir reçu la licorne… Je présume qu’ils ne seront pas contents, hein ? Toutefois, cela ne me concerne pas, étant donné que ce n’est pas comme si je les connaissais.

Tout le monde me regarda. Bien que leurs expressions montrassent à quel point ils hésitaient dans leur cœur, ils savaient également que ce n’était pas bien, faisant en sorte qu’ils luttassent intérieurement. Yuna, en particulier, continua à se marmonner à elle-même au sujet du Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre et de commettre des crimes… À la fin, ses marmonnements ne continrent que le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre. Dieu seul sait où les mots « commettre des crimes » avaient été jetés…

En fin de compte, alors qu’elle tremblait, elle déclara : « Grisia, tu… tu n’es définitivement pas un guérisseur de l’Église du Dieu de la Lumière… À coup sûr, tu es un démon ! »

« Pourquoi dis-tu cela ? »

Je relâchai mon sourire le plus éclatant, et employai mon ton le plus innocent pour affirmer : « Tu vois ? Même la licorne m’adore ! À ses yeux, je suis vraiment le guérisseur du Dieu de la Lumière le plus aimant et le plus compatissant qui soit ! »

« Ce que nous voyons est assurément un démon… »

Sur le côté, Woodrow murmurait dans sa barbe : « Le niveau de ce démon est si élevé que même la licorne ne peut s’empêcher de branler la queue et de ramper devant lui. »

J’ignorai automatiquement les paroles de Woodrow et fis face à tout le monde, leur demandant : « Si personne n’est plus aussi intéressé par les cinq cents ducats d’or, dans ce cas nous devrions commencer à discuter de stratégies. Après tout, la licorne ne peut pas rester cachée ici éternellement sans être découverte par d’autres. »

Tous tombèrent silencieux. Néanmoins, ils ne s’opposèrent pas à ce que j’avais dit. Il semblerait qu’ils aient tous succombé à l’appel des cinq mille ducats d’or.

Je levai l’index et poursuivis. « Premièrement, le problème auquel vous devez tous songer est de savoir comment sortir la licorne incognito. »

« Attends ! Attends ! Que veux-tu dire par le problème auquel “vous devez tous” songer ? » me questionna immédiatement Sybil, insatisfaite. « Si c’est nous qui devons réfléchir à la solution, alors de quoi es-tu responsable ? »

J’écartai avec impuissance les bras devant moi, en lui rappelant : « Je ne suis qu’un amnésique, après tout. Depuis l’instant où je me suis réveillé dans le présent, je ne me suis pas servi d’une seule compétence de guérisseur. Je veux d’abord tester mes capacités, juste au cas où je serais dans l’incapacité d’aider au moment le plus crucial, et puisse même possiblement m’avérer être un boulet pour tout le monde. »

En entendant ceci, Sybil lâcha une sorte de « oh » réticent. Tous acquiescèrent également d’un signe de tête.

« Grisia, essaie de voir si tu peux lancer le sort des Ailes de Dieu. C’est pour augmenter la vitesse ; ça devrait s’avérer être plutôt utile quand nous sortirons furtivement la licorne hors de la ville », me donna Yuna comme instruction. « Les sorts du Bouclier de Lumière et des Ailes de Dieu ont chacun différents effets et différentes utilisations. Le premier sert à se défendre contre les attaques physiques, et l’autre augmente la vitesse. Les prêtres-guerriers, qui se spécialisent dans l’amplification des capacités au combat, ne sont pas très doués dans ce département. Cependant, le sort des Ailes de Dieu est un sort sacré plutôt difficile à effectuer. Hormis l’utilisation de l’élément sacré, il nécessite qu’on emploie également l’élément du vent. Par conséquent, ce ne sont pas tous les guérisseurs qui sont en mesure de lancer le sort. Alors, ce n’est pas grave si tu ne parviens pas à le lancer. »

Je haussai les épaules et déclarai à ce moment-là : « Je ferai de mon mieux pour essayer. »

« En premier, tente de rassembler l’élément de la lumière ! » m’instruisit Yuna.

Ce n’était pas un problème pour moi, comme l’élément sacré se rassemblait toujours autour de moi en grandes quantités. J’avais simplement besoin de bouger la main, et l’élément sacré serait continuellement attiré par elle.

À cet instant-là, personne ne discutait plus de comment s’enfuir de la cité. Au contraire, ils observaient tous ma main, ahuris. Je regardai à gauche et à droite et choisis de relâcher le sort sur Igor, qui avait osé ne pas m’attendre au point de rencontre plus tôt, en hurlant : « Bouclier de Lumière ! »

Yuna soupira, en affirmant : « Ça ne fonctionne pas comme ça, Grisia. Tu dois d’abord réciter l’incantation… »

Après que l’aura de lumière eût entouré Igor, je me mis à réfléchir. Si nous l’employons à des fins de défense, dans ce cas l’élément sacré devrait être plus fermement lié ensemble…? Par conséquent, je recouvris l’aura de lumière d’une couche après l’autre avant de la compresser en une large et mince couverture. Par la suite, je me servis de cette large et mince couverture pour « enrouler » Igor. C’était exactement comme s’il portait une couche d’armure aussi mince que du papier.

Yuna poussa soudainement un petit cri : « Oh mon dieu… »

« Quoi ? Que s’est-il passé !? » s’écria Igor avec détresse. Il hurla de façon extrêmement nerveuse : « Yuna ? Ne me dis pas qu’il a fait quelque chose de travers ? Grisia ! Qu’est-ce que tu as foutu cette fois !? »

J’étais également sous le choc. Je n’ai pas réellement fait quelque chose de travers, n’est-ce pas? Mais, en regardant Igor, il n’a pas l’air d’y avoir quelque chose qui cloche chez lui, non ?

Yuna ne répondit pas à Igor et s’exclama tout à coup à la place : « Iacchi ! »

« Oui ? » glapit le voleur, aussi choqué que tous les autres.

À cet instant-là, tel un vrai leader, Yuna lui ordonna : « Attaque Igor. »

« Hein ? » Iacchi était stupéfait. En fait, tout le monde était abasourdi.

« Dépêche-toi ! »

Le visage tout entier d’Iacchi montrait à quel point il était perplexe et confus, mais sous l’exhortation continuelle de Yuna, il décida de l’écouter. Alors qu’il était sur le point de lancer un coup de poing à Igor qui s’était déjà résigner à son sort d’être frappé, Yuna lui commanda : « N’utilisa pas tes poings ! Sers-toi d’une arme pour attaquer ! »

« Yuna… » pleurnicha Igor, sur le point de pleurer.

Iacchi se mit finalement à hésiter. Il baissa les poings, affichant une expression qui voulait dire : « Je n’ose pas. »

À ce moment-là, Woodrow leva tout d’un coup les yeux vers le ciel et rugit. Et ensuite… et ensuite… il commença à se transformer… De la fourrure poussa sur son corps, ses mains se changèrent en immenses pattes, et la vue des cinq griffes noires sur sa main fit même se redresser les cheveux sur ma tête. Si je devais me faire frapper par cette main, c’était plus que pas mal de choses que je cracherais…

En fin de compte, Woodrow se métamorphosa en ours… Il était devenu un gros ours noir qui se tenait debout sur ses pattes, avec un éclaboussement de fourrure blanche ayant la forme d’un « V » sur le torse.

J’étais sidéré. Que se passe-t-il ? Woodrow est-il un humain? Où est-ce un ours ?

« Woodrow ? » s’exclama Igor, sous le choc, comme son visage changeait complètement de couleur.

Cependant, Woodrow, qui s’était transformé en ours, l’avait déjà frappé avec une de ses pattes, le rendant dans l’incapacité de résister. D’un seul coup, Igor atterrit sur le planché à côté de lui. En dépit de cela, Woodrow ne cessa toujours pas de l’attaquer, et employa son pied pour lourdement lui piétiner la tête…

J’étais bouche-bée, ma bouche ouverte en un grand « O ». Que se passe-t-il exactement en ce moment ?

« Qu’est-ce que vous fabriquez tous ? »

Malgré le fait que Sybil fût un tantinet inquiète, elle était d’autant plus curieuse. Elle regarda Woodrow qui revenait petit à petit à sa forme humaine ainsi que le guerrier qui se relevait lentement. En fin de compte, elle s’enquit avec inquiétude : « Igor, est-ce que tu vas bien ? »

Igor tendit la main pour se masser un peu la tête avec un visage remplit de confusion. Après qu’il eût entendu la question de Sybil, il se gratta la tête et la rassura : « Je vais bien. C’est étrange… Ça ne me fait pas du tout mal. »

« Vraiment ? Mais, Woodrow est extrêmement fort ! » Une fois que Sybil se fut écriée de surprise, elle tourna immédiatement la tête vers moi avec excitation et dit : « Grisia, je veux le sort moi aussi. »

Voyant qu’Igor arrivait encore à se frotter la tête et à rire stupidement, je me sentis enfin rasséréné. Après avoir entendu les paroles de Sybils, je rassemblai à nouveau aisément l’élément sacré, le comprimant/compressant en une fine couche, et ensuite j’en enrobai Sybil également.

« Vite, vite ! » Dès que Sybil en eut été recouverte, elle ordonna sur-le-champ avec hâte : « Iacchi, dépêche-toi de me frapper… Euh ! Sers-toi d’abord de tes poings pour me frapper ! »

Igor ayant déjà fait la démonstration, Iacchi n’hésita pas cette fois. Il ne se soucia même pas du fait qu’elle était une femme, lui donnant immédiatement un coup de poing. Bien que Sybil sût qu’elle ne serait sans doute pas blessée, elle ne put s’empêcher de fermer les yeux. Une seconde… Deux secondes…

Elle ouvrit les yeux et aperçut Iacchi employer toute sa force pour la frapper à succession. Elle s’exclama avec excitation : « Ça ne fait pas mal ! Ça ne fait vraiment pas mal ! »

« Bien sûr que ça ne fait pas mal. »

Yuna expliqua sur le ton de l’évidence : « Avec une si dense quantité de l’élément sacré, j’ai bien peur que seule “l’aura de combat” puisse le briser. C’est incroyable, si Grisia peut lancer le sort Bouclier de Lumière sur tout le monde, dans ce cas nous n’avons même pas besoin de réfléchir à un plan. Nous pouvons directement nous évader de la cité. Il ne devrait pas y avoir beaucoup de guerriers de haut niveau qui sachent comment se servir de l’aura de combat dans la ville. »

Woodrow secoua la tête, rétorquant : « Ce n’est pas si simple, Yuna. Je suis sûr que tu peux également sentir à quel point employer le Bouclier de Lumière est extrêmement puissant et éprouvant, n’est-ce pas ? Si nous souhaitons que Grisia rassemble autant d’élément sacré, je crains que ce ne soit impossible… »

Iacchi, Yuna, Woodrow et, en dernier, moi-même… J’en ai fini avec nous tous ! Tout le monde a reçu le Bouclier de Lumière à présent. Ensuite, cela devrait être au tour du sort des Ailes de Dieu… D’après ce que je me souviens des paroles de Yuna, je crois que cela nécessite l’élément sacré combiné avec l’élément du vent. Oui ! Je me demande quelle quantité de l’élément du vent est nécessaire pour être suffisante ?

« … »

Je « tricotai/tissai » l’élément sacré et l’élément du vent ensemble. Toutefois, cette action fit hurler Yuna. Elle me prévint tout de suite : « Sois prudent, Grisia. Mélanger différents éléments est très dangereux. Si tu te trompes, ça pourrait exploser ! »

En entendant ceci, tout le monde s’empila à l’encadrement de la porte. D’un côté, ils voulaient sortir par la porte et partir aussi vite que possible, mais, d’un autre côté, ils étaient très curieux et désiraient regarder.

J’ai fini de tricoter/tisser ! Je considérai tout le monde du regard. Le plus éloigné vers la porte est Iacchi ! Son corps est presque déjà à moitié en dehors de la pièce.

Très bien ! Mon prochain sujet d’expérimentation, ce sera lui !

Je jetai la boule de lumière combinée à l’élément du vent sur Iacchi et effectuai quelques ajustements, rassemblant la plupart de l’aura sur ses mains et ses jambes. Pendant ce temps, les mains et les jambes d’Iacchi tremblèrent comme s’il souffrait d’un spasme. Après avoir fini d’effectuer les ajustements, j’ouvris la bouche et commandai : « Iacchi, essaie de courir. »

Iacchi hocha la tête, et ensuite je l’entendis murmurai « Je vous en prie, protégez-moi, Dieu de la Guerre », comme il se mettait en position pour commencer à courir. Puis, il fit un pas…

Bang !

À l’instant où il commençait à courir, il disparut. Ce ne fut pas avant que nous entendions un bruit qui ne perdait pas contre la puissance de ses cris que nous retrouvâmes un gros trou de forme humaine dans le mur de la pièce.

Les bouches d’Igor et de Sybil s’ouvrirent en un grand « O ».

Je jetai un regard au trou de forme humaine, sans expression. Le Bouclier de Lumière est un sort sacré du Dieu de la Lumière, et pourtant tu pries le Dieu de la Guerre qui a toujours été en mauvais termes avec le Dieu de la Lumière… Chercherais-tu à provoquer ta propre mort ?

« Iacchi, est-ce que tu vas bien ? » s’exclama Sybil.

« Ça va… »

Iacchi sortit la tête du trou dans le mur défoncé. Il sourit en jubilant comme il répondait : « Ça ne me fait pas mal du tout. »

Voyant cela, tout le monde poussa un soupir de soulagement. À cet instant-là, Yuna se retourna et commenta : « On dirait que tu as ajouté trop d’élément du vent. »

J’acquiesçai d’un signe de tête.

Il semblerait que parce qu’il y avait une trop grande quantité de l’élément du vent, la vitesse était trop grande. Donc, je pense que cela fonctionnerait de façon beaucoup plus efficace si je réduisais la quantité d’élément du vent. Cependant… J’ignore pourquoi, mais j’ai cette impression que d’ajouter cette quantité d’élément du vent n’est pas du tout incorrect. C’est juste qu’Iacchi ne peut pas supporter une vitesse aussi rapide, c’est tout.

Si quelqu’un est capable de supporter cette vitesse, dans ce cas je suis certain qu’il peut devenir aussi rapide que le vent. Quelqu’un d’aussi rapide que le vent… Pour l’ennemi de cette personne, affronter ce type d’adversaire serait assurément pire que de faire face à une tempête/tornade !

Après avoir ajusté l’élément du vent à plusieurs reprises, je tentai de figurer la quantité appropriée d’élément du vent pour chaque personne. Iacchi et Sybil appartiennent originellement à des professions de type agile, alors je peux mettre un peu plus d’élément du vent dans leurs sorts. Pour Igor, Yuna et Woodrow, je dois en mettre un peu moins. Quant à moi… C’est environ la même quantité que pour le deuxième groupe.

On dirait que les guérisseurs du Dieu de la Lumière n’appartiennent pas au type agile après tout.

Iacchi, Sybil et Igor coururent tout autour de la pièce à toute allure, s’amusant avec tout leur cœur.

Yuna s’étonna : « Tu viens juste de lancer le Bouclier de Lumière et les Ailes de Dieu sur nous tous. Ta capacité à rassembler les éléments est beaucoup trop puissante… Non ! Tu essayais d’ajuster la quantité d’élément du vent, et donc tu as même lancé le sort des Ailes de Dieu à répétition plusieurs fois, non ? »

Je ris un peu, déclarant fièrement : « Ce ne serait pas non plus un problème même s’il y avait douze personnes ! »

En entendant ce nombre, Yuna fut sous le choc pendant un moment et marmonna ensuite : « Je n’ose vraiment plus affirmer que c’est impossible. Qui es-tu exactement, Grisia ? »

« Un guérisseur du Dieu de la Lumière », rétorquai-je, faisant halte pendant une minute par la suite, et ensuite lui demandai en retour : « N’est-ce pas ce que tu avais dit ? »

Yuna murmura silencieusement pour elle-même : « Vraiment ? Je n’ose vraiment plus affirmer que j’en suis sûre… »

« Ne nous soucions pas de qui je suis pour l’instant », dis-je à Yuna et Woodrow. « En premier lieu, nous devrions nous dépêcher de réfléchir à un plan pour nous enfuir de la cité, d’accord ? »

« Soupir ! »

Woodrow soupira en les regardant tous les trois en train de s’amuser avec tout leur cœur, et raisonna avec sincérité : « Nous n’avons pas besoin de réfléchir à un plan. Avec cette vitesse et la capacité de nullifier les attaques physiques, tant que nous ne rencontrons pas de classe Maître ou au-dessus, qui pourrait possiblement nous arrêter ? »

« Et si nous rencontrions vraiment des Maîtres? » Je ne parvenais pas à me libérer de ce sentiment d’insécurité et continuai de m’enquérir : « Après tout, il s’agit de cinq milles ducats d’or, n’est-il pas probable que la Guilde des Aventuriers puisse trouver des Maîtres pour garder les portes de la ville ? »

Woodrow et Yuna me fixèrent étrangement. Woodrow secoua la tête et lâcha : « Comment serait-il possible pour des Maîtres de garder les portes de la ville, quand chacun d’entre eux pourrait devenir le commandant de cette cité? As-tu déjà vu un commandant garder les portes d’une cité ? »

J’étais sans mot. Les Maîtres sont incroyables à ce point ?

À environ ce moment, je ne savais pas quand, Iacchi avait déjà cessé de gambader et s’était précipité pour interrompre la conversation. « Je sais ! Je sais ! Il n’y a qu’un voleur de classe Maître dans la cité ; il n’y en a pas le moindre pour les autres professions. »

« Un voleur, hein ? »

Woodrow et Yuna se regardèrent. Le premier sourit et déclara : « C’est vraiment génial ! Même s’il est de classe Maître, un voleur n’appartient pas à un type de profession qui permet de bloquer les autres directement. Par conséquent, ruons-nous tout droit hors de la cité ! »

« Très bien ! » Je hochai la tête. Lorsque je me retournai et aperçus la licorne, je ressentis tout à coup ce sentiment d’insécurité dans mon cœur, me faisant m’empresser de demander : « Dans ce cas, qui sera chargé de suivre aux côtés de la licorne ? »

Woodrow et Yuna s’exclamèrent en même temps : « C’est toi évidemment ! »

« Quoi ? Je suis un guérisseur ! » Je m’y opposai naturellement d’une voix puissante : « Un guérisseur devrait rester à l’arrière et profiter de l’air frais ! »

« As-tu réellement perdu la mémoire… ? » commença de nouveau à se murmurer à lui-même Woodrow.

« Ouais, c’est habituellement comme ça. » Iacchi me tapota l’épaule et dit ensuite avec un visage impuissant : « Mais ! Grisia, tu dois savoir que la seule personne dans le groupe à toujours posséder sa chasteté, c’est toi ! Regarde, la licorne ne permettra pas à des personnes impures comme nous de l’approcher. C’est pourquoi, toi seul qui es pur et innocent peux l’emmener hors de la cité. »

Sans expression sur mon visage, je décrétai : « Crois-moi quand je dis que dans la seconde près je vais t’envoyer être réuni auprès du Dieu de la Lumière et lui permettre de te stériliser en une personne pure et vertueuse. »

Iacchi éclata brusquement de rire, mais ce n’était pas aussi terrible que le fait que son rire secouait mes oreilles jusqu’à ce qu’elles fussent sur le point d’exploser. Ma tête me donnait l’impression d’être sur le point de se fendre en deux, mais le pire était que je l’avais également entendu rire fort et rétorquer : « Grisia, rappelle-toi que tu es un guérisseur ! Les guérisseurs n’ont aucun pouvoir d’attaque. Donc, ta menace ne me fait pas peur du tout. »

…Peut-être que je devrais essayer de voir si je connais vraiment la magie.

 

 

Comme nous sortions tous, nous dissimulant continuellement avec de grandes difficultés, nous arrivâmes enfin près des portes de la cité accompagnés de la licorne sans que personne ne s’en rendît compte. Ainsi débutèrent les préparations de dernière minute avant notre fuite.

Pour s’enfuir, la vitesse de Yuna et d’Igor n’était pas assez rapide, alors, après que Yuna eût aidé tout le monde en leurs lançant des sorts sacrés, ils se joignirent tous les deux aux groupes qui faisaient la queue afin de quitter la ville par les portes de la cité. Ce qui ne laissa que Sybil, Iacchi et Woodrow pour m’accompagner. Normalement, la vitesse de Woodrow ne serait pas non plus suffisante. Malgré tout, après qu’il se fût transformé en panthère, sa vitesse était encore plus rapide que celle d’Iacchi qui possédait habituellement la vitesse la plus rapide de l’équipe.

« En combien d’animaux peux-tu te transformer exactement ? » m’enquis-je par curiosité, baissant la tête pour regarder la panthère en bas. Toutefois, il se contenta de me regarder et ne répondit pas.

« Woodrow ne peut pas parler après s’être métamorphosé en panthère ! » Sybil m’expliqua en souriant : « Il ne peut se transformer qu’en ours et en panthère. Quand il se change en ours, il gagne une grande quantité de force, et quand il se métamorphose panthère, sa vitesse augmente de façon significative. »

« Dans ce cas, Woodrow est responsable de faire du tapage pour détourner l’attention de tous. Iacchi et Sybil, vous êtes en charge d’ouvrir la voie, et moi je vais me ruer tout droit vers l’extérieur. Si nous sommes séparés, alors employez toutes votre force pour courir jusqu’à l’endroit où Woodrow nous a dit de nous rassembler. »

Deux personnes et une panthère hochèrent la tête à mon intention. Après tout, nous portions tous des masques que nous avions préparés plus tôt. Iacchi était celui qui les avait préparés ; il avait dit que si nous devions commettre un crime, nous devions les porter… Ainsi, on dirait que dissimuler nos visages lors d’un crime est une forme de tradition ?

Je semblais comprendre sans véritable compréhension, comme je portais le masque. Je saisis également l’opportunité pour envelopper le visage de tout le monde avec une mince couche de lumière sacrée. De cette manière, l’apparence de tout le monde n’était plus visible à présent.

Naturellement, Woodrow, qui s’était déjà changé en panthère, n’en avait pas besoin.

Je tirai la licorne vers moi. Elle me regarda. Je la regardai en retour. À ce moment-là, j’éprouvai brusquement un sentiment de malaise… Est-ce que je sais monter à cheval ?

Contemplant le dos impeccablement blanc de la licorne, je n’eus aucun sentiment qui me ferait apprécier cette balade. Je ressentais uniquement de l’anxiété, et que si je tombais du dos du cheval…

J’affichai une expression douloureuse et questionnai : « Que se passera-t-il si je tombe ? »

« Si tu tombes ? » répondit Sybil, troublée. « Ça n’a pas vraiment d’importance si tu tombes, n’est-ce pas ? Tu es un guérisseur du Dieu de la Lumière ! Tu peux simplement te guérir, et tout sera comme si de rien n’était ! »

C’est tout ? Mais, pourquoi est-ce que j’ai cette impression que, si je tombe du cheval, il y aura d’affreuses et terribles conséquences ?

Probablement parce qu’ils m’ont vu hésiter à l’idée de monter à cheval, Iacchi fronça les sourcils et déclara : « Grisia, on dirait que tu n’es jamais monté à cheval auparavant. »

« Je suis un guérisseur, pas un chevalier. C’est normal que je ne sache pas monter à cheval ! »

En entendant ceci, Iacchi se gratta la tête, incapable de réfuter mes paroles. « Tu as raison. Mais, si tu ne peux pas monter à cheval, comment vas-tu faire pour chevaucher la licorne ? »

« Eh bien, tant que je m’accroche à elle fermement et que je ne tombe pas en bas de la licorne, dans ce cas cela devrait aller », affirmai-je, en essayant de m’en convaincre moi-même.

Sybil ne put se contenir et rétorqua : « Comment ça “tant que tu t’y accroches fermement” !? Es-tu même sûr que la licorne sait où elle doit aller ? »

« Licorne ! » Je me retournai pour faire face à la licorne et lui ordonnai : « Après ceci, quoi qu’il advienne, précipite-toi de l’autre côté des portes de la cité ! Compris ? »

La licorne acquiesça d’un signe de tête.

« Elle comprend le langage humain ? C’est incroyable… Se pourrait-il que… Cette licorne soit en fait un druide lui aussi ? » murmura Iacchi, amenant le vrai druide, Woodrow, à le bousculer légèrement.

Je pris une profonde inspiration et sautai de toutes mes forces, atterrissant sur le dos de la licorne avec une précision absolue. À cet instant, Iacchi siffla subitement : « Ta posture n’est pas mal ! Il est possible que tu saches comment chevaucher un cheval ! »

Vraiment ? Soudainement, je ressentis un accès de confiance. Avec mon pied, je donnai un coup à l’abdomen du cheval, et la licorne hennit également avec calme en réponde. Et alors, en un instant, elle se mit à courir…

« Ahaha ! »

Sybil rigola bruyamment et se retourna pour demander : « Iacchi, comment est-ce que c’est possible pour un cavalier de tomber du dos d’un cheval et de même atterrir les quatre fers en l’air ? »

Je me levai du sol et protestai avec indignation : « C’est juste que je ne m’agrippais pas correctement pendant un moment ! »

Après que je fusse levé, je donnai une claque très forte sur la tête de la licorne, la condamnant. « Qu’est-ce qui t’a prise de te mettre à galoper si vite ! Essaierais-tu de me faire tomber et mourir ? »

La licorne hennit tranquillement avec un visage emplit de chagrin.

« D’accord, d’accord ! » En voyant que son visage était rempli avec autant tristesse, mon cœur s’adoucit. En retour, je l’avertis simplement : « À partir de maintenant, fais plus attention. »

La licorne me lécha alors joyeusement à nouveau. Le Dieu de la Lumière seul sait pourquoi ce cheval aime à ce point me lécher autant !

Par la suite, une fois que je fus monté sur le cheval, le Woodrow transformé en panthère se mit à courir le premier. Tandis qu’il se précipitait, son apparition provoqua effectivement du chahut dans la file de gens attendant de sortir par les portes de la cité. Il y eut constamment de petits cris de gens qui l’avaient aperçu, et il y eut même des personnes qui se mirent à hurler.

« D’où sort cette panthère ? »

Les gardes aux portes de la cité crièrent en vain. Puis, dix personnes se rassemblèrent en formation d’éventail et brandirent prudemment leurs lances, en visant Woodrow avec toutes les pointes de leurs lances.

« Vas-y maintenant ! »

Quand je tournai la tête, Sybil et Iacchi venait déjà de terminer de crier ces mots. Ils se ruèrent tous les deux sur-le-champ par la sortie. Suite à cela, je donnai un coup de pied au flanc du cheval, obligeant la licorne à suivre derrière eux et à galoper… Cette fois-ci, elle n’osa pas employer toute sa force pour galoper à toute vitesse. Elle courut même à une vitesse sûre et confortable. Une légère brise souffla, et je me sentis si confortable que je songeai que je pourrais aimer chevaucher des chevaux dorénavant.

Je soupirai : « C’est bien plus confortable que d’être porté sur le dos d’une personne. »

Après que j’eus dit cela, je sentis que c’était étrange. Comment pourrais-je savoir que chevaucher un cheval est bien plus confortable que d’être porté sur le dos d’une personne ? Je n’ai quand même pas été porté sur le dos d’une personne auparavant… ? Comment cela pourrait-il être possible ?

Néanmoins, ce n’était pas le moment d’examiner la question pour savoir si monter à cheval et être porté sur le dos de quelqu’un était mieux. Sybil et Iacchia avait déjà assommé le groupe de personnes à l’avant, m’aidant en ouvrant une voie. Je m’empressai de m’accrochai fermement à la licorne et ensuite lui dis à l’oreille : « Plus vite ! »

La licorne ajouta immédiatement plus de vitesse, pendant que le son du vent sifflant dans mes oreilles devenait de plus en plus bruyant. Je n’étais plus très loin des portes de la cité et, pourtant, la chose attirant l’attention de toute le monde était déjà passée de Woodrow, Iacchi et Sybil, à la licorne et à moi.

« C’est la licorne ! » hurla une personne.

Au départ, tout le monde resta ahuri, seulement capable de garder la bouche ouverte. Malgré cela, tout de suite après, ils se préparèrent et donnèrent la chasse. Même les passants qui avaient crié à tous de rester loin de la panthère ouvrirent grands les yeux et commencèrent à lever diverses armes pour s’approcher de nous. Il y en avait même quelques-uns brandissant des balais!

Les gardes abandonnèrent instantanément la panthère et se retournèrent pour bloquer la licorne et la route que j’empruntais. Néanmoins, Sybil, Iacchi et Woodrow se mirent à les attaquer par derrière. Malgré le fait qu’ils affrontaient des lances, des couteaux, des épées et encore plus d’armes, ils n’avaient pas du tout peur de se servir de leurs corps pour repousser les lances. Cette action fit en sorte que ceux qui s’étaient approchés impulsivement remissent en question l’idée de poursuivre.

En particulier, ce ne fut seulement que lorsqu’ils furent tous les trois piqués par les lances – et pourtant seules les lances devinrent tordues et brisées alors qu’ils se tenaient debout parfaitement intacts, sans aucune blessures – que les pas de tout le monde firent halte à l’unisson. Les yeux de tous s’agrandirent encore plus que quand ils venaient tout juste d’apercevoir la licorne.

C’est l’opportunité parfaite pour faire une percée et s’enfuir… Je criai avec excitation : « Plus vite ! Licorne ! Va plus vite ! »

La licorne accéléra sur-le-champ la cadence. Le son exaltant du vent soufflait constamment à mes oreilles. La petite porte était droit devant moi. La licorne et moi manquâmes presque de nous ruer à l’extérieur, prêts à prendre les rênes. En addition, personne ne gardait la porte, alors nul ne pouvait nous arrêter !

Cependant, le son exaltant du vent fut brutalement interrompu par un bruit assourdissant.

Pas trop loin devant la licorne et moi, un gigantesque mur s’éleva du sol sans avertissement. Le pouls de la licorne manqua tout à coup un battement et donna l’impression qu’il voulait lâcher. Toutefois, parce que la force employée dans sa course juste avant avait été trop élevée, elle fut réellement incapable de freiner immédiatement. Ses sabots raclèrent sans cesse le sol, mais nous continuâmes toujours de glisser vers l’avant.

La seule raison pour laquelle je n’étais pas tombé du dos de la licorne fut parce que j’avais accroché tout mon corps au cou de la bête et m’étais désespérément agrippé à sa crinière.

Finalement, la licorne entra tout de même en collision avec le mur. Par chance, l’impact de la collision n’était pas trop fort. Elle chancela un peu et se stabilisa ensuite.

Mes battements de cœur s’accélérèrent rapidement. Je l’ai beaucoup trop échappé belle. Si la licorne n’avait pas immédiatement remarqué le mur et ne s’était pas arrêtée, la force de l’impact à cette vitesse m’aurait assurément fait tomber dans les vapes / m’évanouir / perdre connaissance. Après être tombé dans les vapes / m’être évanoui / avoir perdu connaissance, la prochaine fois que je me serais réveillé, il se pourrait que je sois déjà en prison.

Après avoir soupiré de soulagement, j’analysai le mur qui avait surgi de nulle part. Ce mur était en fait composé entièrement de l’élément de glace. C’est un mur de glace !

« Que s’est-il passé ? »

Sybil, Iacchi et Woodrow foncèrent vers moi et contemplèrent le mur de glace, l’air ahuri.

« Brise-moi ce mur ! » hurlai-je avec colère.

« Le briser en utilisant quoi ? Nous ne sommes qu’une archère et un voleur ! » crièrent Sybil et Iacchi.

Qui vous demandait votre aide ? Je roulai les yeux à l’intention de chacun d’eux.

À cet instant-là, la corne de la licorne explosa avec une grande quantité de l’élément sacré. Une masse de lumière fonça à toute allure vers le mur de glace.

« Chargez ! »

Néanmoins, la licorne commença à pousser de bruyants hennissements. Elle avait l’air extrêmement mécontente. Ce fut uniquement dans la seconde suivante que je me réalisai pourquoi elle était mécontente. C’était parce qu’une quantité colossale de l’élément de la glace s’était de nouveau rassemblée, créant un autre gigantesque mur de glace. Je pouvais le sentir : ce mur de glace était bien plus dense et solide que le premier. Je craignais que la licorne ne pût pas sur-le-champ relâcher une autre attaque pour la briser comme elle l’avait fait plus tôt.

Si ce n’est pas possible de le briser en une seule attaque, dans ce cas il nous sera impossible d’échapper aux attaques de la personne derrière nous… Celle qui a créé le mur de glace !

Je caressai le côté du cou de la licorne et lui dis doucement : « Retourne-toi. »

À ce stade, tout le monde s’était depuis longtemps retourné pour regarder derrière. Sybil hurla même : « Comment est-ce possible ? Ce sont… Ce sont des chevaliers sacrés de l’Église du Dieu de la Lumière ? »

« Pas seulement ça… » La voix d’Iacchi tremblait frénétiquement : « Celui à l’avant, son symbole appartient aux… Douze Chevaliers Sacrés. »

« C’est le Chevalier de Glace ! » s’exclama Yuna. Sa voix donnait l’impression qu’elle s’apprêtait à s’évanouir.

Le Chevalier de Glace ?

Pourquoi cela sonne-t-il si familier ? Mon attention et ma concentration se déplacèrent sur l’individu à l’avant, en partant de son corps rempli des éléments de la glace et de la lumière jusqu’à son apparence individuelle. Son expression faciale était aussi gelée que la glace ; ses membres étaient aussi raides que la glace ; et ses mains tenaient une sucette glacée pointue !

Comme il fallait s’y attendre de la part du Chevalier de « Glace »… Est-ce que cet esquimau pointu lui sert de nourriture rafraîchissante sur la route ?

Le Chevalier de Glace leva son esquimau pointu et le pointa sur nous. Froidement, il dit : « Ne bougez plus. »

« Qui croyez-vous menacer en brandissant une sucette glacée ? » rétorquai-je en retour d’un ton glacial que j’avais fait exprès de rendre plus grave de sorte d’éviter qu’il me reconnaisse dans l’avenir.

Le Chevalier de Glace ne répliqua rien. En réponse à une telle provocation, il ne changea même pas d’expression. Cela me fit me demander : les muscles faciaux de ce type sont-ils gelés?

D’un autre côté, tous ceux présents répondirent de façon extrêmement violente. Cela inclut mes camarades qui poussèrent un petit cri et retinrent leur souffle. Les chevaliers aux côtés du Chevalier de Glace explosèrent pratiquement de rage. Ils hurlèrent tous : « Silence ! Sales hérétiques insolents, comment osez-vous insulter l’Épée Divine de Glace de notre leader ! »

Une épée divine ? Peu importe sous quel angle on la regarde, elle rassemble à une sucette glacée… Au mieux, vous pouvez l’appeler…un bâtonnet divin ?

« Grisia. » Iacchi perdit ses moyens et se mit à parler de façon incohérente : « L-Le Ch-Chevalier de Glace est beaucoup plus fort que les professions de classe m-maître. C’est impossible de le battre : il fait partie des Douze Chevaliers Sacrés. Que devrions-nous faire maintenant ? Que devrions-nous faire !? »

Je déclarai tranquillement : « Ne t’inquiète pas. Nous n’avons pas à gagner ; nous avons simplement besoin de nous échapper. »

Iacchi s’écria avec détresse : « C’est impossible même si c’est seulement pour s’enfuir. Grisia, tu… tu souffres d’amnésie, c’est pour ça que tu ignores à quel point les Douze Chevaliers Sacrés sont redoutables. Ils sont… aussi redoutables que des dieux ! »

« Cesse de raconter autant de sottises. » Je roulai des yeux à son intention et lui ordonnai : « Je me moque qu’il soit un dieu ou un démon, bloquez-lui le passage et gagnez assez de temps à la licorne pour rassembler les éléments afin de briser le mur de glace. »

En entendant ceci, la mine d’Iacchi empira. Malgré tout, Sybil et lui, avec l’aide de Woodrow, se dressèrent entre la licorne et les chevaliers sacrés. Par la suite, ils adoptèrent une position prête pour l’attaque. Voyant cela, les chevaliers sacrés, d’un autre côté, semblaient assez surpris, à l’exception du Chevalier de Glace. Ses muscles faciaux ne bougèrent pas d’un millimètre.

« Levez les défenses », leur commanda le Chevalier de Glace sur un ton monotone.

Les chevaliers sacrés levèrent instantanément leurs boucliers, formant un mur de boucliers. Puis, dans les espaces entre les boucliers, ils firent dépasser leurs longues épées.

Plus de dix chevaliers sacrés ont formé une ligne de défense contre nous quatre ? N’ont-ils pas l’intention de nous poursuivre ?

À cet instant précis, une ouverture apparut dans le mur de bouclier. Le Chevalier de Glace sortit de derrière la formation et marcha ensuite lentement dans notre direction. Il fut le seul à venir vers nous.

À ce moment-là, la corne de la licorne libéra une immense quantité de l’élément de la foudre. Subitement, un éclair tomba du ciel et vint avec précision s’abattre sur le mur de glace derrière nous. Toutefois, je n’étais pas du tout content, parce que l’élément de la glace n’avait pas disparu.

Le Chevalier de Glace qui se tenait devant moi relâchait un excessivement puissant élément de la glace vers le mur de glace. Si nous ne le vainquons pas, nous n’en finirons pas de briser ces murs de glace, et nous n’aurons aucune raison de les briser non plus, étant donné qu’il peut continuellement créer des murs de glace jusqu’à ce que lui ou la licorne ne puisse plus rassembler aucun élément.

La licorne hennit avec colère en direction du ciel ; elle se mit même à incessamment racler ses sabots sur le sol. Elle désirait sans doute se précipiter sur le Chevalier de Glace pour avoir une bataille épique.

« Sois sage. » Je lui tapotai la tête sévèrement.

La licorne poussa un hennissement triste, puis baissa la tête. Elle lâcha même des pleurnichements, la faisant paraître comme si elle était face à une extrême injustice.

À ce stade, le Chevalier de Glace se trouvait ni plus ni moins à pratiquement dix pas de nous… Un mur de glace s’éleva abruptement depuis le sol, lui bloquant le passage.

Puis, la foudre s’abattit à nouveau derrière nous, identique à celle employée par la licorne auparavant.

« Dépêchez-vous de courir ! » hurlai-je.

Au départ, les trois d’entre eux à l’avant restèrent ahuris. Le premier à réagir fut Iacchi. Sans ajouter quoi que ce fût, il se retourna immédiatement et passa devant la licorne et moi : il était aussi rapide qu’un coup de vent. Ses actions firent reprendre leur sang-froid à Sybil et à Woodrow, et ceux-ci se retournèrent également et commencèrent à s’enfuir l’un après l’autre.

Lorsque Sybil me dépassa, je donnai un coup de pied au flanc du cheval. La licorne suivit sur-le-champ mes ordres et se retourna pour courir à toute vitesse.

Au beau milieu de notre fuite, je sentis que le mur de glace derrière moi avait déjà été brisé. Mais, inutile de m’inquiéter, j’avais déjà préparé quelques éclairs pour ralentir la poursuite du Chevalier de Glace.

En fin de compte, nous nous échappâmes de la cité.

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 6 : Doux Sourire

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Side Story #6: Sweet Smile – traduit du chinois à l’anglais par dahlys[PR!]
Histoire Parallèle #6 : Doux Sourire – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par LuluHime

Ecilan de Glace est éternellement inexpressif. Bien que personne ne puisse lire dans ses pensées, ses desserts sont toujours aux goûts de tous.

S’il y avait une chose qui pouvait représenter Ecilan, ce serait assurément ses desserts.

 

 

Son rêve, à l’origine, était de devenir un boulanger, mais par un certain coup du sort, il était devenu le Chevalier de Glace. Il avait dû changer et passer d’un enfant toujours souriant à une personne sans expression. Il avait aussi dû changer et passer d’une personne qui apportait chaleur et satisfaction à quelqu’un qui rendait les autres alertes et méfiants.

Il semblerait qu’il ait perdu beaucoup de choses, incluant son rêve.

Toutefois, Ecilan sentait tout de même qu’il avait gagné plus qu’il n’avait perdu.

Parce qu’en fait il y a plusieurs manières d’exprimer un sourire.

 

 

« Lan1, ne souris pas ! »

Le sourire d’Ecilan devint immédiatement rigide. Il ne faisait que saluer avec un sourire un apprenti chevalier sacré qui passait, étant donné qu’il connaissait cet enfant depuis longtemps. Il allait souvent livrer du pain chez lui.

C’est exact ; Ecilan était le fils d’un boulanger. Depuis qu’il était tout petit, il aspirait à devenir le meilleur boulanger de la Cité du Bourgeon. Son plus grand rêve était de démarrer une section de desserts en plus de confectionner du pain… Mais, présentement, il était l’Apprenti-Chevalier de Glace. Tout le monde l’appelait habituellement l’Apprenti-Chevalier de Glace.

Avec une expression de stupeur et d’horreur sur son visage, l’apprenti-chevalier devant eux s’inclina en face de la personne se trouvant derrière Ecilan. Après s’être incliné, il s’enfuit rapidement, comme si la personne derrière Ecilan était une inondation ravageuse ou une bête sauvage… Peut-être le Chevalier de Glace était-il plus effrayant qu’une inondation ravageuse ou qu’une bête sauvage ?

Ecilan fit disparaître le sourire et toute autre expression de son visage, devenant totalement inexpressif. Seulement à ce moment-là osa-t-il tourner la tête et faire face à la personne derrière lui. Il salua : « Bonjour, Maître ! »

Le Chevalier de Glace, Eller, le questionna, un peu agacé : « Lan, pourquoi est-ce que tu n’arrives pas à changer ton habitude de sourire ? C’est vraiment si difficile de ne pas sourire ? »

Ecilan se sentit victime d’une injustice. Par le passé, chaque fois qu’il livrait le pain, les gens faisaient l’éloge de son sourire. À présent, il ne pouvait plus sourire du tout.

Pourquoi était-il devenu le Chevalier de Glace ? Il n’avait fait qu’aller livrer du pain au Temple Sacré. À ce moment-là, le Temple Sacré était en pleine sélection d’Apprenti-Chevaliers. Il n’avait fait que passer, et n’avait même pas rejoint la sélection. Il n’avait aucune idée de ce que le Chevalier de Glace avait vu en lui… Ne disaient-ils pas que le Chevalier de la Pierre était le plus têtu parmi les Douze Chevaliers Sacrés ?

Cependant, ce jour-là, le Chevalier de la Pierre lui avait dit : « Tu as intérêt à docilement acquiescer de la tête et à accepter de devenir l’Apprenti-Chevalier de Glace ! Notre Chevalier de Glace est très têtu et n’écoutera pas les autres, alors il ne te permettra pas de dire non. »

Eller fronça les sourcils, s’exclamant d’une voix grave : « Et tu ne peux pas non plus afficher un air triste ! »

Quand il entendit cette déclaration, Ecilan fit de son mieux pour effacer chacune des expressions sur son visage.

Mécontent, Eller le réprimanda : « Je veux seulement que tu ne sourisses pas, est-ce si difficile ? Tu as vu que l’Apprenti-Chevalier du Jugement devait aussi agir de façon froide et calme ! Je ne t’ai même pas demandé d’en faire autant, et je veux uniquement que tu remplisses les exigences minimales du Chevalier de Glace. Si tu ne peux pas rester indifférent, dans ce cas, au moins, ne peux-tu pas être inexpressif ? »

Ecilan admit que Lesus devait travailler beaucoup plus dur que lui, mais il avait vraiment envie de rétorquer à son maître : « Votre vous actuel qui parle trop est totalement différent de comment le Chevalier de Glace indifférent et réservé devrait agir ! »

« De toute manière, à partir d’aujourd’hui, tu as intérêt à rester inexpressif et silencieux ! Si j’entends à nouveau quelqu’un dire “Ce garçon, Ecilan, est vraiment soucieux, poli et toujours souriant” ou quelque chose de la sorte, je vais… t’interdire l’accès à la cuisine ! »

Mais, depuis que je suis petit, Maman et Papa m’ont toujours enseigné que je devrais être poli envers les gens, que je ne devrais pas faire face aux gens avec une expression déplaisante… Ecilan eut à nouveau l’impression qu’on lui avait fait du mal injustement, mais à l’instant où il entendit qu’on lui interdirait l’accès à la cuisine, il se sentit comme s’il avait soudainement été foudroyé par un éclair ! De tout le Temple Sacré, son endroit préféré était la cuisine. Après tout, c’était le seul lieu où il pouvait cuisiner !

Eller regretta ce qu’il venait de dire dès l’instant où il le dit. S’il interdisait à Ecilan d’entrer dans la cuisine, qui allait lui préparer du pain ? Toutefois, c’était la façon la plus efficace de menacer Ecilan… Oublions ça ; il attendrait simplement jusqu’à-ce qu’Ecilan brise vraiment les règles avant d’y songer à nouveau !

« Lan, j’ai faim. Le pain est-il prêt à être mangé ? »

Ecilan répondit docilement : « Je m’en vais tout de suite à la cuisine pour vérifier s’il a terminé de cuire. Si c’est le cas, je viendrai vous l’apporter, Maître. »

Eller acquiesça d’un signe de tête. Alors qu’Ecilan était différent de Lesus qui était doué dans tous les domaines – Bon sang ! Chasel avait vraiment déniché un trésor ! – et qu’il y avait quelques problèmes avec l’entraînement d’Ecilan sur la personnalité du Chevalier de Glace, Lesus ne savait pas comment faire cuire du pain, particulièrement du pain aussi délicieux que celui qu’Ecilan confectionnait !

« Je vais t’attendre dans ma chambre. Sur ton chemin, va me chercher du vin fait par Neo en plus du pain. »

« D’accord. »

Ecilan poussa un soupir de soulagement. Comparé à l’entraînement spécial pour devenir inexpressif, il aimait mieux aller dans la cuisine pour confectionner du pain. Il souhaitait vraiment que son maître mangeât six repas par jours pour qu’il puisse passer toute la journée à l’intérieur de la cuisine !

 

 

En plus du plateau complet de pain, Ecilan avait aussi essayé de faire cuire un gâteau à la myrtille ! Malheureusement, c’était la première fois qu’il faisait cuire un gâteau, alors il n’avait pas encore trouvé la bonne quantité d’ingrédients à ajouter. En fin de compte, il avait mis trop de sucre, et le dessert était devenu trop sucré.

Ecilan pensa que ce serait dommage de le jeter, alors il décida de le ramener jusqu’à la chambre. Afin d’éviter de gaspiller de la nourriture, il le mangerait en buvant beaucoup d’eau.

Sur son chemin pour retourner à la chambre, il rencontra quelqu’un d’inattendu. Grisia arborait un large sourire radieux sur son visage, et il semblait constamment se murmurer quelque chose à lui-même. Je me demande ce qu’il dit… Est-ce qu’il récite les Règles du Dieu de la Lumière ? On raconte que le Chevalier du Soleil est le Chevalier Sacré le plus loyal au Dieu de la Lumière, en plus d’être le porte-parole de ce dernier…

Ce ne fut que lorsque Grisia se trouva à quelques pas de lui qu’Ecilan se rappela que ce dernier était le Chevalier du Soleil, alors que lui appartenait à la faction du côté du Chevalier du Jugement. A-Alors, ils ne devraient pas bien s’entendre l’un avec l’autre !

Ecilan afficha immédiatement un visage inexpressif. Cependant, il n’aurait jamais cru que Grisia s’arrêterait de marcher et regarderait… le plat dans ses mains.

« Wow, c’est un gâteau ! » s’exclama soudainement Grisia, et celui-ci tendit sur-le-champ la main pour prendre un morceau de gâteau.

« C-C’est un gâteau d’essai que j’ai fait cuire… Non ! » cria Ecilan, pris de panique. Mais, tout de suite après qu’il eut fini de crier, il réalisa que sa voix avait sonné fâchée, comme s’il le réprimandait.

La main de Grisia s’arrêta, et il baissa le regard sur le gâteau. Avec un peu de regret, il demanda : « Je ne peux pas le manger ? »

Ecilan commença à paniquer encore plus. Bien qu’il voulût s’expliquer, son maître venait tout juste de lui dire qu’il devait rester inexpressif et silencieux à partir d’aujourd’hui, ou il ne lui serait plus jamais permis de pénétrer dans la cuisine à nouveau… Que faire ?

En voyant le visage sans expression d’Ecilan, Grisia baissa la tête et s’excusa : « C’est… Je suis vraiment désolé d’avoir essayé de te prendre ton gâteau ; je t’en prie, ne sois pas fâché contre moi ! »

Ce n’est pas vrai… Je ne suis pas du tout en colère ! Ecilan était si nerveux qu’il avait envie de pleurer.

« Mais, puisque j’en ai déjà pris un morceau, s’il-te-plaît laisse-moi le manger ! » Dès que Grisia eut fini de parler, il s’enfuit en vitesse, comme s’il craignait qu’Ecilan voulût récupérer le morceau de gâteau.

Ecilan fixa le vide, sous le choc, étant donné qu’il n’avait pas du tout eu le temps de réagir. Sa première pensée fut : Je suis content que Grisia ne semble pas en colère. Immédiatement après cela, il se remémora qu’un morceau du gâteau avait été pris. C’est trop sucré, si Grisia le mange… Oublie ça, si c’est trop sucré, dans ce cas il devrait le recracher après une bouchée, non ?

Peut-être que Grisia aime les gâteaux à la myrtille ? À l’avenir, je devrais lui faire cuire quelques gâteaux. Il semblerait qu’il aime beaucoup les desserts, et  j’ai également très envie d’essayer de confectionner des desserts. Plus Ecilan y songeait, plus il se sentait heureux. Il ne put s’empêcher de sourire joyeusement, alors que son esprit était rempli de toutes sortes de desserts et de pains…

« Lan ! »

Ecilan sursauta de stupeur. Quand il se remit de son choc, il se rendit compte que son maître marchait actuellement vers lui avec fureur. Cela lui fit perdre ses moyens, puisqu’il savait qu’il n’était pas du tout inexpressif il y a un instant. Sans doute qu’il était même visiblement en train de sourire !

Eller se dirigea droit vers lui avec colère, puis se mit à le réprimander : « Je viens à peine de te demander de ne pas sourire, mais tu as immédiatement violé mes ordres ! Pourquoi es-tu un enfant aussi désobéissant ? Est-ce que c’est vraiment si dur de ne pas sourire ? À partir d’aujourd’hui, il t’est interdit d’entrer dans la cuisine jusqu’à ce que tu aies appris à ne pas sourire ! »

« Pourquoi est-ce que je ne peux pas sourire ? » Ecilan ne put plus se retenir de dire avec émotion : « Si je fais face aux gens avec une expression déplaisante, ne vont-ils pas être mécontents ? Peut-être qu’ils vont même me détester ! Dans ce cas-là, j’aurai un ami en moins ! »

Quand il entendit l’une des rares réponses remplies d’émotion d’Ecilan, Eller resta sans mots. Cet enfant n’était pas du genre à désobéir à ses aînés, alors pourquoi était-il si rebelle aujourd’hui ? D’ailleurs, il lui était impossible de réfuter les propos qu’il venait de tenir…

Les yeux d’Ecilan se remplirent de larmes, et il tenta de son mieux de les empêcher de couler. Toutefois, il ne pouvait simplement plus y résister, alors il donna vite le plateau à son maître et articula : « Maître, savourez votre repas. » Après cela, il s’empressa de se retourner et s’enfuit en courant.

« Lan ! »

Lorsqu’il entendit l’appel, Ecilan s’arrêta pendant un instant, mais ne se retourna pas. Au lieu de cela, il s’enfuit vite, parce que son visage était déjà couvert de larmes.

Ne parle pas de pleurer, Maître ne me permet même pas de sourire !

 

 

Ouuiinn… ouiin…

J-Je veux rentrer à la maison et devenir boulanger…

« Pourquoi pleures-tu ? Tu as l’air si triste… »

Stupéfait, Ecilan sauta de son lit. Il était couché sur son lit, mais il était presque tombé en bas de celui-ci à cause de l’appel soudain.

« Grisia ? »

Grisia l’observait avec des yeux remplis d’espoir. Cela fit rougir Ecilan. Il essuya vite ses larmes.

« Est-ce qu’il t’en reste ? »

« Hein ? » Ecilan fixa Grisia d’un regard vide.

Avec un air très enthousiaste sur le visage, Grisia s’enquit : « Est-ce qu’il te reste du gâteau ? »

« …C’est mon maître qui l’a au complet. »

« Quoi !? Ce gâteau était immense ! Est-ce qu’il a l’intention de le manger en entier par lui-même ? »

Ecilan n’avait aucune idée de ce qu’il se passait, mais il répondit tout de même : « Non, ce gâteau est trop sucré. Il se pourrait que mon maître ne le mange pas. »

« Il ne le mangera pas ? » Choqué, Grisia s’exclama : « Mais, ce gâteau est si délicieux ! S’il ne va pas le manger, est-ce qu’il va le jeter ?  Quel dommage ! Non, non, on ne peut pas le laisser être jeté ! »

Ecilan se trouvait toujours dans un état de confusion, mais Grisia l’agrippa en un mouvement et était sur  le point de le traîner hors de la pièce.

« Aller, allons retrouver le Chevalier de Glace et reprendre le gâteau ! »

Quoi !? Sidéré, Ecilan protesta : « A-Attends une minute… »

« Qu’est-ce que tu attends ? Si nous attendons plus longtemps, le gâteau va être jeté ! »

« J’ai du pain ici avec moi. Il est à la myrtille, exactement comme le gâteau ! S’il-te-plaît, ne pars pas à la recherche de mon maître ! »

Grisia s’arrêta et se tourna pour regarder Ecilan. Ce dernier sortit du pain d’une armoire et répandit de la confiture de myrtille sur le dessus avant de le donner à Grisia.

Grisia mordit impudemment dans le pain à l’instant où il le reçut. Quand il vit cela, Ecilan se détendit.

« Ce n’est pas assez sucré. Viens, allons chercher le gâteau ! »

Heeiiiiin ?

 

 

La vue de deux apprentis-chevaliers marchant ensemble attira beaucoup de regards de la part des gens. Grisia sourit pendant tout le chemin, mais, à côté de lui, Ecilan était complètement sans expression.

Grisia sourit et marmonna dans sa barbe en même temps. « Ah, bon sang, quelqu’un vient et je dois encore sourire. Mon visage est déjà raide ! Je n’ai vraiment pas envie de sourire, mais mon Maître va me massacrer si je ne le fais pas… Je vais sourire ! »

Les yeux d’Ecilan s’écarquillèrent tandis qu’il regardait Grisia. A-Alors c’est ce qu’il disait à chaque fois qu’il marmonnait dans sa barbe ?

En cours de route, Ecilan observa que Grisia devait révéler son plus brillant sourire chaque fois qu’une personne passait à côté d’eux. Quand il n’y avait plus personne dans les environs, il laissait ses muscles faciaux se détendre mais, à l’instant où quelqu’un apparaissait, il devait sourire sur-le-champ. Ecilan réalisa tout à coup que sourire n’était peut-être pas aussi facile qu’il y paraissait.

Lorsque Grisia remarqua qu’il y avait plusieurs personnes qui marchaient dans leur direction, son visage devint aussi pâle que de la cendre. Du coin de l’œil, il aperçut Ecilan et décida immédiatement de lui parler afin de ne pas avoir à sourire continuellement. Néanmoins, à l’instant où il vit les yeux rougis d’Ecilan, il commença à vouloir avoir une vraie discussion. Il ne put s’empêcher de demander : « Ecilan, pourquoi pleurais-tu il y a un instant ? »

« Je… Je me disais juste que je ne suis pas fait pour être le Chevalier de Glace. »

« Oh, dans ce cas, que veux-tu devenir ? »

« À l’origine, je voulais devenir le meilleur boulanger de la ville. »

« Ooooh ! Pas étonnant que tu sois si doué pour confectionner du pain et des gâteaux ! »

« Je ne le suis pas ; c’était la première fois que je faisais cuire un gâteau. Je l’ai même rendu trop sucré… » Ecilan ne put résister à l’envie de le questionner : « Tu ne trouves pas que le gâteau était trop sucré ? »

« Non, pas du tout ! Et il aurait même pu être plus sucré… Hmm ? Ce ne serait pas ton maître ? »

Ecilan tourna la tête pour voir. Effectivement, le Chevalier de Glace se tenait présentement sur un balcon à côté du corridor. Il n’était pas seul, puisque le Chevalier du Jugement était là lui aussi.

Grisia attrapa la main d’Ecilan et s’approcha discrètement de la fenêtre la plus proche du balcon.

Un peu perplexe, Ecilan demanda : « Ne cherchais-tu pas mon Maître ? »

« Si ! Mais d’abord, écoutons leur conversation ! »

Pourquoi est-ce que nous devons écouter leur conversation en premier… ? Ce n’est pas mal d’écouter aux portes ? Juste au moment où il songeait à corriger Grisia, il entendit une voix s’élever du balcon.

« Ai-je commis une erreur ? Peut-être que je n’aurais pas dû choisir Ecilan, étant donné qu’il ne faisait pas parti des enfants qui étaient venus pour la sélection. »

Ecilan sursauta sous le choc. Son Maître… regrettait-il de l’avoir choisi ?

M-Mais, il faisait déjà de son mieux pour s’adapter à sa nouvelle identité, et travaillait dur pour devenir le Chevalier de Glace. Il trouvait même que pratiquer le maniement de l’épée était extrêmement amusant, et il s’était familiarisé avec plusieurs Chevaliers Sacrés…

Sentant ses yeux commencer à lui brûler un peu, Ecilan tourna la tête et entreprit de s’éloigner. Toutefois, Grisia raffermit brusquement son emprise sur sa main. Quelle que soit la force avec laquelle il lutta, Grisia ne voulait pas le lâcher.

Encore une fois, ils entendirent la voix du Chevalier de Glace en provenance du balcon. Il déclara : « Mais, je n’ai vraiment pas envie de choisir un enfant qui a l’air glacial dès le départ ! Et Ecilan est un si bon enfant ! C’est un garçon soucieux, il respecte ses aînés, et il sait même comment pétrir le pain ! »

Ecilan se figea et cessa de lutter pour s’échapper.

Ils entendirent la voix grave du Chevalier du Jugement, qui affirmait : « Tu as raison. Si j’étais toi, je l’aurais aussi choisi, étant donné que c’est vraiment un bon garçon. Mais, tu n’as pas besoin de précipiter l’entraînement d’Ecilan pour correspondre à la personnalité qu’on “s’attend” à voir chez le Chevalier de Glace, puisqu’il n’est l’Apprenti-Chevalier de Glace que depuis légèrement moins de deux ans. »

« Mais… » La voix du Chevalier de Glace était remplie de frustration comme il révélait : « Tu devrais savoir que, récemment, beaucoup de gens se sont mis à parler de remplacer l’Apprenti -Chevalier de la Pierre. Des remarques de la part de ceux qui s’opposent à l’Apprenti-Chevalier du Soleil ont aussi fait surface. Si Lan n’apprend pas à être inexpressif, qu’est-ce que je vais faire lorsque des vagues de commentaires au sujet de le remplacer vont venir ? »

Chasel répondit simplement : « Ne t’inquiète pas, Neo ne permettra pas à la personne qu’il a choisie d’être remplacée. Tu devrais connaître sa personnalité depuis le temps. S’il n’est pas d’accord pour remplacer son apprenti, dans ce cas personne ne peut l’y contraindre. »

Toujours un peu inquiet, Eller ajouta : « Et qu’en est-il de l’Apprenti-Chevalier de la Pierre ? »

« Si nous en remplaçons un, ça forme un précédent pour en remplacer un deuxième. Par conséquent, Neo ne permettra définitivement pas à l’Apprenti-Chevalier de la Pierre d’être remplacé, parce que ça lui causerait des problèmes. »

En entendant ceci, Eller se sentit beaucoup plus calme. Puisque Neo ne permettrait pas à l’Apprenti-Chevalier de la Pierre d’être remplacé, alors il ne permettrait pas non plus à Ecilan d’être remplacé lui aussi. Avec le soutien de Neo, vous pouviez être sûr que les choses seraient beaucoup plus faciles. Parce que tout le monde savait que, une fois que Neo avait pris sa décision, il persisterait dans cette voie jusqu’à la toute fin, qu’il soit dans son droit ou pas… Même en forçant les gens à lui rendre service, il n’abandonnerait jamais jusqu’à la fin.

« Dans ce cas, je peux me détendre et prendre mon temps pour entraîner Ecilan. D’ailleurs, je devrais lui accorder plus de temps pour aller à la cuisine… Le gâteau qu’il a fait cette fois était beaucoup trop sucré ! Ses talents culinaires laissent encore énormément de place à l’amélioration ! Soupir, j’ai vraiment envie de le manger, mais c’est trop sucré… »

 

 

Seulement une fois que les bribes de la conversation des deux personnes se furent arrêtées après un bon bout de temps Ecilan se remit-il de sa stupeur. Il se rendit soudainement compte, Mon Maître me forçait-il à devenir inexpressif, ces derniers temps, parce qu’il avait peur que je sois remplacé ?

« Alors, tu veux devenir le Chevalier de Glace, ou un boulanger ? »

Stupéfait, Ecilan leva la tête et rencontra le regard sérieux de Grisia. Il réfléchit à sa question, et répondit avec hésitation : « J-Je veux… Je veux devenir le Chevalier de Glace ! Je n’aime pas le fait de ne pas pouvoir sourire, mais j’aime tout le reste ! Même si je ne deviens pas boulanger, je peux toujours confectionner du pain. Mais, si je ne deviens pas le Chevalier de Glace, je sens que je v-vais perdre pleins de choses ! » Comme mon Maître et les autres Chevaliers Sacrés. J’ai aussi promis à Lesus que je pratiquerais ma technique à l’épée avec lui !

« Tu aimes sourire ? » Un peu surpris, Grisia décréta : « Mais, sourire est très fatigant ! »

Ecilan y resongea. S’il devait sourire toute la journée comme Grisia, ce serait en effet très fatigant. Il expliqua avec honnêteté : « Mais, j’ai peur que si je ne souris pas, les gens vont me détester. »

En entendant cela, Grisia secoua la tête de façon exagérée et répliqua : « Qui a dit ça ? Tu ne m’as pas souris, mais je t’aime bien quand même ! Surtout les gâteaux que tu fais ! »

Ecilan cligna des yeux. Il réalisa que ce que Grisia venait de dire était exact. Bien qu’il ne lui eût pas souri, Grisia ne le détestait pas pour autant… Il sentit soudainement qu’il avait compris quelque chose.

Même s’il ne souriait pas, tant qu’il leur offrait des desserts, les gens ne sentiraient-ils pas qu’il n’était pas une personne détestable ?

Ainsi, les desserts… peuvent en fait remplacer les sourires ?

Note de bas de page

1 « Lan » : C’est le surnom qu’Eller a donné à Ecilan.

1/2 Prince T5C4 : Le Côté Terrifiant d’un NPC Conscient de Soi

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½ Prince Tome 5 : Un prince n’existe plus

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 4: The Terrifying Side of a Sef-Aware NPC – traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 4 : Le Côté Terrifiant d’un NPC Conscient de Soi  – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ travail de vérification par Nocta

« Calme-toi, tu dois te calmer », me murmurai-je frénétiquement.

Tout d’abord, essayons de voir comment fonctionnent les messages privés. Tremblant, j’ouvris le canal de MP.

« Doll ? »

« Grand frère Prince », répondit anxieusement Doll.

Dieu merci, les MP fonctionnent encore. Le poids sur mon cœur s’allégea finalement un petit peu.

« Doll, est ce que ça va ? »

« Ça va, mais Celestial n’arrête pas de frotter sa tête contre la joue de Doll, ce qui est très dégoutant. » On aurait dit que Doll était sur le point de pleurer.

QUOI ?! Ce sale NPC pervers… J’étais tellement énervé que je faillis me précipiter à travers le portail.

« Doll, attends-moi, je viens te sauver ! »

Doll m’arrêta rapidement. « Ne viens pas, grand frère Prince. Celestial est trop fort, vous n’arriverez pas à le vaincre. Laisse simplement Doll retourner au point de renaissance. Grand frère Prince, ton niveau est important pour moi, donc quoi que tu fasses, n’en perds aucun. »

Je restai silencieux un bon moment. Ce que disait Doll était vrai, sans contestation possible, et même en combinant mes forces avec celles de Neurotic et DanDan, je craignais que nous ne soyons même pas capables de ne serait-ce qu’attraper un bout des vêtements de celui-ci. Cependant, est-ce que je peux réellement abandonner Doll comme ça ? Après tout, c’est moi qui l’ai guidée jusqu’à sa mort en ce lieu.

Je m’assis à même le sol, découragé. Comme je m’y attendais, je ne suis toujours pas assez fort. Je ne peux même pas protéger mes propres compagnons.

 Neurotic et DanDan se tenaient debout sur le côté, également incertains quant à la marche à suivre. Ils se contentaient de me fixer, et j’étais perdu dans mes pensées.

Je sortis brutalement de cet état statique en recevant un message sanglotant de Doll.

« Grand frère Prince, Celestial dit qu’il souhaite épouser Doll et ne veut pas la tuer. En plus, c’est bizarre, mais Doll ne peut pas se déconnecter du jeu. »

« Quoi !? » J’étais tellement sous le choc que je sautai du sol, donnant une peur bleue au couple près de moi par la même occasion.

Je fus pris de panique. Est-ce-que ça signifie que Doll est piégée ? Impossible, je dois aller la sauver ! Après m’être décidé, je commençai calmement à monter un plan pour la secourir. Après tout, si nous y allions à trois et que non seulement nous ne pouvions pas la sauver, mais que nous nous retrouvions également enfermés avec elle, alors nous serions vraiment dans le pétrin1.

« Neurotic, DanDan… » J’expliquai ce que venait de me dire Doll. Ils commencèrent tous deux à froncer les sourcils, et DanDan sembla s’inquiéter davantage.

« J’ai l’intention de demander de l’aide à la Cité de l’Infini. Neurotic, DanDan, me prêteriez-vous votre force ? » leur demandai, en les implorant presque.

« Aucun problème ! D’ailleurs, même si nous devions escalader une montagne faite de couteaux, ou sauter dans des chaudrons d’huile bouillante2, et même si l’ennemi nous bravant est Celestial, nous nous serions tous les deux précipités au secours de cette adorable petite fille », rugit Neurotic dans un élan d’héroïsme.

« C’est génial », renchéris-je. « Avec quelqu’un pour me guider, je ne crains plus de me perdre. »

« Guider ? » répéta Neurotic sans comprendre.

Je hochai la tête, embarrassé, et me mis à rire. « Parce que je n’ai aucun sens de l’orientation, j’ai peur de ne pas réussir à trouver l’endroit. C’est pourquoi, je vais vous demander de m’aider à nous ramener, mes compagnons et moi, en revenant. »

La vie déserta le visage de Neurotic, tandis que DanDan rigolait. « OK, ok, mon mari et moi-même allons servir de GPS cette fois. »

À peine ai-je eu fini de leur parler que j’envoyai un MP à mon animal de compagnie invincible, Kenshin : « Kenshin, il se passe des choses graves. Dépêche-toi de venir au Repaire des Nymphes Errantes, et amène Sunshine, Arctic Fox, et Western Wind. Pense à utiliser le tapis volant, et grouille-toi. Je vous attendrai à l’entrée de la tanière. »

Kenshin resta muet un moment, puis me demanda : « On n’a pas besoin des autres ? Wicked, Nan Gong Zui, et même Broken Sword sont plus forts que Western Wind. »

Je ne dis rien pendant un moment. Là, je n’ai vraiment pas envie de les voir ! …J’ai fait ma crise, puis je me suis enfui sur un coup de tête. Maintenant que j’ai mis Doll dans cette situation, comment je pourrais leur faire face ? Entêté, je déclarai : « Je n’ai pas envie de voir les personnes que je connais bien. »

« Compris. Je vais les chercher. » Kenshin n’ajouta rien de plus et, suite à cette phrase, il ne me recontacta pas.

Après avoir donné mes instructions à Kenshin, je me tournai vers Neurotic et DanDan. « S’il-vous-plaît, amenez-moi à l’entrée de la tanière pour y attendre les secours. »

« Pas de soucis ! » Neurotic leva le pouce amicalement.

Tandis qu’il m’amenait à l’entrée, il me dit d’une voix absente : « Tu as l’air d’aller mieux maintenant, sans cette attitude “ne m’approchez pas si vous tenez à la vie !” que tu avais un peu plus tôt. »

« Désolé, je n’étais pas de très bonne humeur », m’excusai-je sincèrement. Ayant été impoli à ce point, c’est surprenant qu’ils acceptent de m’aider.

« Oh ho, pas de bonne humeur ? Viens raconter à ta grande sœur quel est le problème, elle va te réconforter. » DanDan avait cette espèce de lueur dans le regard qui apparaissait généralement quand les filles apercevaient un petit animal mignon.

« Si tu fais ça, ton mari risque d’être jaloux, non ? » J’affichai une expression désemparée, car je n’avais pas imaginé que ce visage qui était le mien pût même tenter une femme mariée.

Neurotic se retourna vers moi pour me scruter, et dans ses yeux apparut la lueur qui venait normalement quand un gars croisait une jolie fille.

« Ça n’arrivera pas, je te réconforterai avec ma femme. »

Ce couple marié complètement dingue…

« On a atteint l’entrée de la tanière. Est-ce que ce sont tes compagnons ? » DanDan pointa quelques silhouettes n peu plus loin.

Je regardai l’endroit qu’elle désignait. Comme prévu, il s’agissait de Kenshin. Et, l’accompagnant, les personnes que j’avais réquisitionnées, Arctic Fox et compagnie.

Western Wind me reprocha bruyamment : « Mon gars, de quels genres d’idioties devais-tu t’occuper, en t’absentant aussi longtemps, et en me laissant sans personne avec qui me battre ? »

« Ne pouvais-tu pas simplement demander à te battre contre Kenshin et Arctic Fox ? Ces deux-là peuvent être assez oisifs », répondis-je d’un ton énervé, alors que je trouvais cela hilarant. Serait-il possible que Western Wind aime que je lui botte les fesses ? Pour quoi est-ce que chaque personne que je dégomme semble y devenir accro ?

Western Wind broncha, et lança un regard noir à Kenshin et Arctic Fox. Paraissant très embarrassé, il grommela : « Je l’ai fait, mais le rouquin m’a ignoré, et, même si ce foutu renard était partant pour la baston, ses attaques étaient trop puissantes. La dernière fois, il m’a même envoyé au ciel. Qui irait le chercher pour se battre ? Ce n’est pas comme si je trouvais que mes niveaux étaient trop hauts et que je voulais en perdre quelques-uns, hein. »

« Prince, que s’est-il passé ? Pourquoi nous demander soudainement de venir ? Fairsky m’a dit que tu t’étais brouillé avec nous et que tu ne reviendrais pas avant une dizaine de jours, voire la moitié d’un mois », me demanda Sunshine, un peu confus. Il ajouta avec un sourire : « Elle m’a même expliqué pendant un long moment ce que “se brouiller avec quelqu’un” signifiait ! »

Sunshine était si direct que cela pouvait donner envie aux gens de pleurer. Je ne pus que passer outre ce « se brouiller » et passer directement à l’explication de la situation actuelle.

« Doll a été capturée par un boss nommé Celestial. Pour des raisons inconnues, elle ne peut se déconnecter. Nous devons donc aller la secourir. »

Dès que j’eus prononcé le mot « boss », les yeux d’Arctic Fox s’illuminèrent soudainement. Allant droit au but, il déclara : « Allons-y, dans ce cas ! »

Cet espèce de maniaque du combat… J’espérais vainement qu’il n’oublierait pas l’objectif principal de la mission, celui de sauver une personne. J’indiquai à Neurotic et DanDan de nous guider.

« Neurotic, DanDan, navré de vous utiliser comme guide. »

« Aucun problème. Je vais courir, ok ? Après tout, pour sauver Doll, le plus tôt sera le mieux. Si vous n’arrivez pas à suivre, les gars, prévenez-moi. » Aussitôt dit, aussitôt fait, il se mit à courir, et nous fîmes de même.

« N’hésite pas, je pense que nous pouvons tous te rattraper ! » Lorsque je songeai à Doll, prise au piège entre les mains de cet espèce de pervers, je souhaitai posséder la capacité de me téléporter pour lui porter secours.

« Prince », me cria Kenshin, puis il pointa Sunshine, le mage dont le visage innocent était tout sourire, puis Western Wind qui était tout en muscle.

« Euh, Kenshin, tu portes Sunshine. Western Wind…J’espère que tu coures vite. » Je lui lançai un regard féroce.

« P*****, mon gars, c’est de la discrimination ! » Malgré ses grognements, Western Wind arborait tout de même un visage totalement résigné, comme s’il regroupait la totalité de ses forces pour courir.

Avec quelques difficultés, nous retournâmes à l’endroit où Celestial et Doll avaient disparu. Je contemplai la formation magique plus haut, et me retins de charger pour la sauver. Même s’il y a plein de personnes fortes pour aider, Celestial n’est pas le genre qu’on peut sous-estimer. Essayons d’abord de contacter Doll par MP et de vérifier la situation avant de faire quoi que ce soit. Sans plus attendre, j’ouvris le canal de MP.

« Doll, comment ça va ? Celestial t’a-t-il maltraitée ? »

« Non », répondit-elle vaguement. Je sentis mon cœur s’emballer de plus belle. Que s’est-il passé ?

Ma voix prit un ton soucieux. Doll a-t-elle été à ce point battue que même parler est si difficile ?

« Tu sais, nous allons venir te sauver, d’accord ? »

« Hmmm… » Doll répliqua tout aussi vaguement.

Mon cœur était lourd. Il semblerait qu’elle ait réellement été violentée. Quelle honte !

Je modifiai immédiatement mon expression et revêtis à nouveau l’apparence de l’Elfe Sanguinaire. Fou de rage, j’usai une voix menaçante et déclarai : « Personne n’est autorisé à maltraiter mes amis ! »

Recourant à toute ma puissance pour me servir du mur comme d’un appui, je pris les devants et sautai dans la formation magique, et tous me suivirent. Je regardai de gauche à droite, inquiet, à la recherche de Doll. Cependant, dans ce hall gigantesque à moitié rempli de piliers blancs comme neige, à part le trône siégeant au centre et les divers trésors faits d’or et d’argent dispersés et brillant un peu partout, je ne vis rien. Aucune trace d’elle. Je ne pus me retenir de crier avec un sentiment d’urgence : « Doll ? Doll, où es-tu ? »

« Qui est-là ? » Une voix parvint de derrière un pilier, et mes yeux convergèrent à cet endroit. Comme je m’y attendais, la personne qui apparut devant nos yeux fut Celestial, le pervers androgyne.

Je reniflai avec dédain. « Hmph, tu viens juste de kidnapper une de mes amies et tu ne me reconnais même pas ? »

« Ainsi, c’est toi l’ancien compagnon de ma femme. » Celestial n’exprimait que de l’indifférence, comme s’il s’agissait déjà du passé. Constater cela me rendit absolument furieux. Qu’est-ce que tu entends par « ancien » compagnon ?

« Rends-nous Doll immédiatement ! » lui hurlai-je.

Celestial plissa dangereusement ses yeux et répliqua froidement : « Tu veux m’enlever ma femme ? »

D’un ton tout aussi glacial, je répondis : « Ce n’est pas ta femme. Tu ne la mérites pas ! »

« J’ai dit qu’elle était ma femme, donc elle l’est ! » Celestial était si énervé qu’il cria et lança une longueur de satin blanc sur moi.

Je fis de mon mieux pour glisser sur le côté et éviter ainsi le bout de tissu qui m’avait brisé quelques côtes auparavant. Ce faisant, je criai à tout le monde : « Pourquoi restez-vous plantés là ? Venez vous battre ! »

Ils reprirent leurs esprits et sortirent illico leurs armes pour attaquer vigoureusement Celestial. Kenshin, le plus véloce, fut devant Celestial en un clin d’œil. Ce dernier en fut choqué et lui lança tout de suite des coups de satin blanc pour lui servir de bouclier. Cependant, Kenshin, indifférent, cria : « Transpercement du Néant ! »

« AAHH. » Celestial laissa échapper un grognement de douleur, et Kenshin qui était apparu brusquement derrière lui en profita pour attaquer. À l’instant où Celestial se retourna, Kenshin lui lança une autre attaque. Celestial ne réussit pas à l’éviter et reçut une nouvelle blessure à son épaule droite.

Celestial contemplait sa blessure sans y croire, une expression de rage se dessinant peu à peu sur son visage à chaque seconde. Après cela, il vola haut dans le ciel pour mettre de la distance entre lui et Kenshin, sa bouche criant quelque chose que je ne saisis pas.

Oh non ! Ce fut comme un cri du cœur, mais les Robes Violettes apparaissaient d’ores et déjà en face de nous. La différence dans ce combat-ci était qu’elles étaient en si grand nombre qu’on aurait dit une armée miniature. Leur expression était on ne peut plus sérieuse. Ce n’était pas comme si nous ne pouvions pas gagner contre un gros groupe de Robes Violettes, mais derrières elles se trouvait Celestial dont les yeux nous lançaient des éclairs !

Voyant la situation, je me décidai. « Sunshine et DanDan, vous êtes chargés d’utiliser la magie pour forcer Celestial à se poser au sol. Kenshin, prépare-toi à le poursuivre et à l’attaquer. Les autres, vous allez protéger Sunshine et DanDan, et assurez-vous de bien le faire. »

En entendant mes ordres, DanDan se plaça immédiatement près de Sunshine. Neurotic et Western Wind se mirent à leurs côtés pour les protéger. Cependant, Arctic Fox fixa Celestial, le visage emplit de désir, ayant l’air de mourir d’envie d’engager un duel à mort avec lui. Je levai les yeux au ciel. Comme prévu, c’est un renard qui ne suit pas le mouvement. Je me contentai d’ouvrir la bouche avec exaspération pour l’avertir : « Arctic Fox, Celestial n’est pas un guerrier. Même si tu le défies, tu risques de t’ennuyer. Écoute-moi et agis avec les autres. Quand nous reviendrons, tu pourras défier Kenshin autant de fois que tu le souhaiteras. »

Arctic Fox ne laissa pas échapper un mot, mais se plaça docilement auprès de Sunshine et de DanDan. On dirait que l’utilité de Kenshin n’est pas ordinaire : non seulement il peut se battre, mais il peut également tenter les « maniaques du combat ».

Que la bataille commence !

Sunshine commença à réciter ses incantations, et des épées de vent filèrent vers Celestial. Malheureusement, elles furent toutes bloquées par le satin blanc de Celestial. La magnifique invocatrice DanDan ne fut pas en reste, et tandis qu’elle invoquait des épées de sang et leur ordonnait de voler pour affronter Celestial, elle invoqua également un géant pour nous aider à combattre les Robes Violettes, réduisant grandement la pression que nous ressentions.

Kenshin rôdait sans cesse sous Celestial. Au moment où ce dernier dût descendre à cause des lames de sang et de la magie, Kenshin l’attaqua immédiatement grâce à sa capacité incroyable lui permettant de sauter entre les piliers, rejoignant un Celestial désemparé.

Le reste des guerriers n’épargnait aucun effort dans la bataille contre les Robes Violettes qui grouillaient telles des fourmis. Balançant sa grande épée, Neurotic tranchait fréquemment en deux celles-ci au niveau de leur taille, et Arctic Fox apparaissait et disparaissait de façon imprévisible pour les frapper en plein cœur. De même, je me concentrais sur les endroits qui permettaient de donner des coups critiques. Le cou, le cœur et le front étaient mes endroits favoris. Western Wind, qui manquait de force en comparaison, adoptait une stratégie plus lente, les affrontant une par une.

À force de les tuer sans arrêt, nos corps furent trempés jusqu’aux os de sang inconnu, notre vision se résumant à une mer rouge. Nos mains avaient balancé nos lames un nombre incalculable de fois, et nous savions seulement que, à chaque mouvement d’épée, une nouvelle fontaine de sang jaillirait. Nos corps… avaient reçu un nombre incalculable de blessures, mais ça faisait un moment que la douleur avait disparu, ne laissant que de la torpeur en nous. Cependant, les nymphes continuaient d’arriver telle une marée montante, et je n’avais aucun temps mort pour vérifier où en était la situation avec Celestial. Kenshin et les autres vont-ils réussir à le tuer ? Je souhaitais anxieusement vérifier la situation de Kenshin, mais à peine avais-je montré la moindre hésitation que mon épaule gauche reçut un coup.

Je posai un genou à terre, crachant du sang à profusion. Quand je pus lever de nouveau la tête, je remarquai que Neurotic et Arctic Fox se tenaient tous les deux à mes côtés, bloquant les attaques des Robes Violettes à ma place. Si ça n’avait pas été le cas, je crains que j’aurais d’ores et déjà fait un aller simple vers la Cité de l’Infinie !

Cependant, leurs corps étaient parsemés de blessures, et je pouvais voir qu’ils étaient à leurs limites. Et, les Robes Violettes nous encerclaient toujours en groupes. Serait-il possible que l’invocation de Celestial ne finisse jamais ? Sa magie n’a-t-elle aucune limite ? Mon cœur se glaça de moitié. À cet instant, je focalisai mon attention sur Kenshin. Son corps, à l’origine immaculé, était recouvert de sang, et ses vêtements étaient lacérés à quelques endroits. A-t-il été blessé ?

Merde, j’ai encore complètement oublié que si Kenshin ou Sunshine meurent, il est possible que leur conscience s’évanouisse. Je ne dois absolument pas les laisser mourir.

« Kenshin, Sunshine, si la situation devient critique, vous devez impérativement vous enfuir », ordonnai-je en MP aux deux concernés.

« Qu’appelle-t-on critique ? » s’enquit Kenshin avec indifférence.

« Tant que ta vie est en danger, c’est considéré comme critique », répondis-je avec inquiétude.

Kenshin m’adressa un sourire amer. « Mais, s’échapper n’est plus une option. »

Quoi ? J’examinai Kenshin avec effroi et réalisai que ses deux jambes étaient entravées par de nombreux coups de satin blanc, le rendant incapable de bouger. Il ne pouvait que bloquer les attaques en restant sur place. De plus, une bonne dizaine de Robes Violettes entouraient Kenshin, et Celestial le regardait avec avidité. Et même si Sunshine et DanDan attaquaient simultanément Celestial pour le distraire, les attaques de satin sur Kenshin ne s’arrêtaient pas un instant.

« Sunshine, va vite apporter ton aide à Kenshin ! » Je tournai la tête pour le regarder, et fus à nouveau estomaqué par cette autre scène. Comme Neurotic et Arctic Fox se tenaient près de moi pour me protéger, la pression sur DanDan et Sunshine avait augmenté. DanDan devait non seulement commander le géant de pierre pour bloquer les Robes Violettes, mais Sunshine devait également employer sa magie pour s’occuper du satin blanc de Celestial. Leur situation était tout aussi critique que celle de Kenshin.

Est-ce que je suis responsable de ce qui arrive ? En y repensant, je ne me préoccupai plus de mon corps qui souffrait tellement qu’il en était engourdi, et me forçai à me relever. Je criai à Neurotic et Arctic Fox : « Ça va, allez vite aider les magiciens. »

Ils me regardèrent avec inquiétude, mais sous mon regard ferme les deux se hâtèrent de retourner auprès de Sunshine et DanDan afin de leur donner un coup de main pour bloquer les attaques des Robes Violettes.

Je veux aller aider Kenshin ! Traînant mon corps soudainement si lourd, je fis malgré tout de mon mieux pour faire danser mon Dao Noir dans mes mains, utilisant cette vitesse qui faisait ma fierté pour me glisser entre les Robes Violettes, et je me précipitai aux côtés de Kenshin pas à pas.

« Kenshin, je suis venu te seconder. » Après avoir atteint Kenshin avec tant de difficultés, je continuai de balancer ma lame sans arrêt pour découper le satin blanc qui bloquait les pieds de Kenshin.

« Mmh », grogna Kenshin en réponse. Il commença à se concentrer encore plus sur les Robes Violettes environnantes. Au bout d’un long moment, il avait tué un large groupe de Robes Violettes, et j’avais enfin réussi à réduire drastiquement le nombre de bandes de satin blanc sur les pieds de Kenshin jusqu’à ce qu’il n’en restât plus qu’une.

« Prince, soit prudent, je n’ai plus assez de magie pour invoquer les épées ensanglantées servant à contrer Celestial ! » cria DanDan, anxieuse.

Quoi ? Je me tournai vers Celestial. Sans les épées ensanglantées, plus rien ne distrayait Celestial. D’un geste de la main, le satin blanc que je m’étais acharné à hacher s’enroula de nouveau autour des jambes de Kenshin. Une autre dizaine de morceaux de satin blanc flottaient derrière Celestial, et il les lança tous sur Kenshin. Il me semblait que Kenshin allait avoir au moins une dizaine de nouveaux trous…

« Non ! » Je criai et jetai mon corps devant Kenshin, déterminé à lui servir de bouclier au péril de ma vie.

« Barrière Rebondissante ! » Une voix familière s’éleva subitement et, tandis que je tournais la tête pour regarder, je m’aperçus que les étoles de satin blanc étaient retournées à l’envoyeur. Malheureusement, Celestial s’était enfui à temps et n’avait reçu aucune blessure sérieuse.

« Prince, est-ce que ça va ? »

La voix de Lolidragon ? Encore une fois, je me retournai et restai stupéfait. Les personnes présentes ne se résumaient pas à Lolidragon et Yun, il y avait plusieurs autres de mes compagnons. La totalité d’Odd Squad était là, ainsi que la Team Rose. Ming Huang de Dark Emperor affichait déjà sa mauvaise humeur en me regardant, et bien sûr Nan Gong Zui et Kong Kong ne manquaient pas à l’appel.

J’étais abasourdi et demandai en balbutiant : « Tout le monde… Pourquoi êtes-vous là ? »

Lolidragon répondit avec entrain : « En constatant que Kenshin était en train de chercher des personnes un peu partout, j’ai tout de suite su que tu t’étais à nouveau fourré dans les ennuis. J’ai discuté par MP avec Western Wind pour lui demander ce qu’il s’était passé, et j’ai ainsi découvert que vous aviez besoin qu’on vienne à la rescousse. »

« Après quoi, une fois que j’eus parlé à tout le monde, personne n’a parlementé, et tous se sont précipités ici », déclara Lolidragon en insistant sur ses mots.

Pendant que Lolidragon était en train de s’expliquer, la lumière soignante de Grand frère Wolf m’avait déjà enveloppé. Gui et Wicked avaient depuis longtemps couru jusqu’à moi pour m’aider. Quant à Nan Gon Zui et les autres, ils s’étaient dirigés en ligne droite vers Celestial pour le combattre.

De tout mon cœur, je me sentis chaudement touché, et j’étais un peu perdu sur la marche à suivre. Je prononçai vaguement un : « Les gars, faites attention. Celestial est très fort. »

Cependant, il semblerait que je m’inquiétais trop. Même si Celestial était un peu si puissant que c’en était exagéré, face à tant de personnes à mes côtés, il ne lui restait que la défaite comme option. Les Robes Violettes au sol se faisaient massacrer sans aucune difficulté et, avec ces énormes quantités de magie qui étaient émises par nos équipes, Celestial peinait à trouver assez d’espace pour éviter les attaques. La plupart du temps, il ne pouvait que les bloquer avec son satin blanc, mais, graduellement, de plus en plus de blessures étaient infligées à son corps.

Enfin, Celestial ne put plus en supporter d’avantage et tomba directement au sol. Nan Gong Zui signala à chacun de stopper ses attaques, et ils s’avancèrent tous face à moi. « Suzerain, va et tue Celestial. Une fois fait, tu devrais pouvoir monter de niveaux. »

Présenté ainsi, ne suis-je pas légèrement inutile ? Mais, après avoir causé tant de problèmes, comment pourrais-je oser protester ? Je me contentai d’avancer docilement vers Celestial, et dégainai mon Dao Noir dans le but de le trancher en deux.

Néanmoins, je songeai soudainement à Doll et m’empressai de lui demander férocement : « Où as-tu enfermé Doll ? »

« Dans ce cas, tue-moi. Il est hors de question que je te laisse enlever ma femme. » Celestial était étendu au sol, baignant dans son sang, mais son visage conservait une expression déterminée.

Au fond de moi, un étrange sentiment surgit. Cette expression me semble très familière. C’est presque comme… la détermination qu’avait Kenshin en creusant la tombe de Kaoru.

À cet instant, Neurotic, qui se tenait à mes côtés, se mit à se murmurer : « Ce boss est vraiment étrange. Auparavant, même si j’avais combattu de nombreux boss, je n’avais encore jamais rencontré un NPC ressemblant autant à un humain. Est-il possible que plus un boss est puissant, plus son intelligence est développée ? »

Mon cœur s’emballa sous la surprise. C’est vrai, la réaction de Celestial est vraiment trop humaine. Elle est l’exact réplique de celle de Kenshin et Sunshine. Se pourrait-il que Celestial ait également développé une conscience de lui-même ? Je lançai un regard stupéfait à Lolidragon qui me fixait du regard en retour. Son visage arborait une expression sérieuse.

« Tue-le, Prince. » La voix de Lolidragon me parvint depuis le canal des MP.

J’étais stupéfait. « Mais, tu ne penses pas qu’il pourrait avoir développé une conscience ? »

« C’est précisément pourquoi nous devons nous dépêcher de le tuer. Autrement, tout le monde suspectera Celestial, et éventuellement ils commenceront à se méfier de Sunshine et Kenshin. Tu n’as sûrement pas envie qu’un malheur leur arrive, n’est-ce pas ? » demanda Lolidragon, agitée.

Absolument aucun malheur ne doit leur arriver ! Je durcis mon cœur et positionnai mon Dao Noir au-dessus de Celestial qui était au sol pour le poignarder. Doucement, je murmurai : « Désolé. »

Au moment où mon Dao Noir était sur le point de pénétrer le corps de Celestial, celui-ci s’effaça dans un flash comme des particules qui se dissolvaient. Je restai pétrifié un bon moment. Je l’ai tué ? Je levai mon Dao et le considérai avec suspicion, mais je ne croyais pas un instant que celui-ci l’avait transpercé. Qu’est-ce que c’était que ça ?

« Que s’est-il passé ? Prince, as-tu tué Celestial ? » Après un long moment, Nan Gong Zui vint se renseigner.

Incertain, je répondis : « Je ne sais pas… »

Avant que je ne pusse terminer ma phrase, la voix de Lolidragon retentit à nouveau sur le canal de MP. « Dis que tu as tué Celestial. J’irai voir les gens de l’entreprise. Ils devraient te donner les points d’expérience et le butin au bout d’un moment. Pour l’instant, contente-toi de dire que tu l’as tué. »

Plein de doutes, je regardai vers elle pour constater qu’elle s’était déjà déconnectée. Mais, que se passe-t-il au juste ? Puisque Lolidragon m’avait donné ses instructions, je ne pus que déclarer à Nan Gong Zui : « … Il doit être mort, même si sa façon de mourir était certainement très étrange. »

« Pourquoi n’y a-t-il aucun butin ? C’est vraiment bizarre », marmonna-t-il avec incompréhension.

« Ne nous préoccupons pas de ça, allons vite chercher Doll ! Je me demande si elle va bien. » dis-je avec inquiétude.

Juste quand je finissais ma phrase, j’entendis une voix familière. « Grand frère Prince, tu es si lent ! »

Voyant Doll marcher toute seule dans notre direction comme si elle se promenait, et que ses mains tenaient un paquet de biscuits, mes yeux faillirent sortir de leurs orbites.

« Ça va, Doll ? »

Elle attrapa un biscuit et le mit dans sa bouche, tout en disant avec difficulté : « Ça va, Doll n’avait-elle pas dit à grand frère Prince qu’elle allait bien ? »

Le coin de mes lèvres fut soulevé par un petit tic nerveux, alors que je la questionnais : « Mais, que faisais-tu pendant tout ce temps ? »

« Manger, mais aussi jouer à des jeux de balle avec les grandes sœurs aux robes violettes ! » répondit joyeusement Doll.

Bam !

Doll se précipita vers moi à toute vitesse. « Grand frère Prince, que t’est-il arrivé ? Pourquoi es-tu tombé d’un coup ? Du sang coule même de ta tête ! Grand frère Wolf, viens vite, grand frère Prince est mourant ! »

Me frottant la tête, je me relevai et soupirai. Je fis face à Neurotic et DanDan. « Neurotic, DanDan, je vous présente mes excuses. Je suis profondément navré de vous avoir faits partager mon inquiétude. »

« Haha, aucune importance. Grâce à toi, nous avons été capables de rencontrer Celestial aujourd’hui, et nous avons même pu le défier quelques minutes. Autrement, qui sait combien de jours nous aurions passé à le chercher tous les deux. » Neurotic m’adressa un immense sourire.

« Neurotic et DanDan ? » s’étonna brusquement Nan Gong Zui, choqué. « Les vainqueurs du Tournoi des Aventuriers du Continent de l’Ouest ? Le couple de La Cité Vagabonde ?»

Je fixai Neurotic et DanDan, abasourdi. Ils étaient les suzerains de La Cité Vagabonde du Continent de l’ouest ? »

Neurotic se gratta la tête avec embarras. « Nous avons été percés à jours ? »

« Dans ce cas, laissez-nous nous présenter à nouveau ! Je suis DanDan, une invocatrice occupant la cinquième place du classement. Et, voici mon p’tit mari : un guerrier classé neuvième. Nous sommes l’équipe gagnante du Tournoi des Aventuriers du Continent Ouest, la Team Vagabonde. Après quoi, nous avons bâti la Cité Vagabonde, et nous sommes actuellement en train de rassembler nos forces pour nous préparer à conquérir la totalité du Continent Ouest. Avec un peu de chance, nous arriverons à devenir le Suzerain de la région, exactement comme toi Prince. »  DanDan m’adressa un large sourire.

« Moi ? Un Suzerain ? » demandai-je stupéfait.

Les yeux de DanDan s’illuminèrent en me contemplant. « C’est exact, le Suzerain Sanguinaire du Continent Central, Prince, est présentement l’un des noms des suzerains les plus célèbres parmi les cinq continents. »

« Suzerain Sanguinaire ? » Je laissai échapper un léger soupir, ne sachant guère comment prendre la nouvelle.

Notes de bas de page

1 « nous serions vraiment dans le pétrin » : 叫天天不应,叫地地不灵 (jiào tiān tiān bù yìng, jiào dì dì bù líng). Littéralement : Pleure et supplie le Ciel, mais les Cieux ne répondent pas. Pleure et supplie la Terre, mais la Terre est imperméable.

2 « escalader une montagne faite de couteaux, ou sauter dans des chaudrons d’huile bouillante » En fait, cela fait référence à certains châtiments décrits dans les Enfers chinois. Il y a dix-huit niveaux des enfers, chacun incorporant une torture/un châtiment d’un genre différent, destinés à différents genres de pécheurs. Ces deux-là sont les plus communs. Pour plus d’informations (en anglais) vous pouvez consulter le lien : http://en.wikipedia.org/wiki/Diyu (Avertissement : âmes sensibles s’abstenir).

Romance RPG : Partie 20

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty – traduit du chinois vers l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Vingt – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Lin Jian Yin se précipita pour rentrer à la maison. À son retour, il ne fit rien d’autre que s’asseoir en face de la console Nintendo et attendre les bips sonores et la lumière clignotante. Ses deux yeux étaient rivés sur la console de jeu. Éventuellement, il perdit patience et démarra le jeu le premier. Il avait hâte de mettre le grappin sur la femme qui avait osé fuir sa présence.

Lorsque l’Épée-Fantôme ouvrit à nouveau les yeux, il était étendu sur une chaise dans le salon d’hier. Il semblerait que Meng fût également tombée endormie au milieu de la séance, de sorte qu’ils n’avaient pas quitté le magasin.

Son apparition soudaine fut clairement un choc pour les personnes à proximité. Finalement, le styliste eut enfin assez de courage pour tenter de le placer correctement dans un coin afin d’éviter qu’il fasse peur aux autres clients. L’Épée-Fantôme aperçut le regard affligé du styliste et ne put résister à l’envie de laisser échapper un cri, ce qui effraya le styliste à un point tel qu’il jeta l’épée au loin dans sa panique. Tout ce qu’obtint l’Épée-Fantôme pour s’être moqué de lui fut d’être lamentablement envoyé valdinguer dans les airs. Après avoir tournoyé à plusieurs reprises, il s’écrasa lourdement sur le sol, et personne ne vint vérifier s’il allait bien.

« Hé ! Faîtes plus attention quand vous me déplacez ! » hurla l’Épée-Fantôme avec le visage pointé vers le sol, extrêmement mécontent.

Malheureusement, après avoir été témoin de l’expérience antérieure du styliste, personne ne voulait le toucher, alors ils laissèrent l’Épée-Fantôme hurler et vociférer sur le côté. En fin de compte, fatigué de crier, il ne put que se mettre à marmonner que cette femme l’avait abandonné sans s’en soucier, obligeant une épée solitaire comme lui à rester dans un endroit où il se faisait maltraiter par les gens.

« Épée-Fantôme, pourquoi es-tu étendu là ? »

Avec un hoquet de surprise, Meng s’empressa de rejoindre l’Épée-Fantôme et de le ramasser. L’Épée-Fantôme afficha une expression contrariée quand il regarda Meng, mais fut ensuite stupéfait. Aucune trace ne restait de la coupe de cheveux de vieille dame que Meng portait auparavant. À sa place, il y avait des cheveux souples, noirs de jais, et longs jusqu’aux épaules. Assortis avec la paire d’yeux de Phoenix unique de Meng, bien qu’elle ne pût pas être appelée une femme d’une grande beauté, elle arborait une apparence rafraîchissante et charmante.

« T-Tu… » L’Épée-Fantôme la fixa du regard d’un air abasourdi, incapable de parler pendant un certain temps.

Meng eut l’air inquiète. « Qu’est-ce qu’il y a ? Je suis vraiment désolée. Je me suis connectée avec un peu de retard, et à cause de ça tu t’es fait jeter ici. »

L’Épée-Fantôme voulait à l’origine poursuivre sur ce sujet et la maudire, mais en voyant son air de culpabilité, la moitié de son cœur s’adoucit involontairement. Cependant, sa bouche continua sa tirade : « Oui, oui, tu as été tellement lente à te connecter. Je ne peux pas bouger par moi-même, alors je n’ai pu qu’être maltraité par des gens. Où es-tu allée ? Tu es secrètement allée rencontrer ton petit ami ? » L’Épée-Fantôme ne put s’empêcher d’aborder le sujet d’une manière détournée, et ensuite tendit l’oreille en attendant la réponse.

Meng sourit avec embarras et répondit vaguement : « Je ne faisais qu’aider un ami avec quelque chose. »

« Vraiiiiiiiiiiiiiiiiiment ? » L’Épée-Fantôme allongea le mot. Il n’avait pas songé que Meng oserait essayer de le tromper.

« Ouais. »

Meng répondit naturellement, mais remarqua que l’Épée-Fantôme semblait étrangement mécontent. Elle en conclut qu’il n’était peut-être fâché que parce qu’elle était arrivée si tard. Sur ce, elle se hâta de changer de sujet. « Épée-Fantôme, qu’est-ce qu’on devrait faire maintenant ? »

« Qu’est-ce que tu veux dire par “qu’est-ce qu’on devrait faire maintenant” ? » L’Épée-Fantôme venait tout juste de repenser à la façon dont elle avait grimpé dans la voiture de quelqu’un d’autre et lui répondit avec irritation.

Voyant que l’Épée-Fantôme n’avait pas l’air content, Meng le questionna timidement : « Tu n’avais pas dit que tu voulais m’aider à changer ? Est-ce que c’est assez en changeant ma coiffure ? »

L’Épée-Fantôme lui jeta un regard en biais. Meng était toujours vêtue d’une chemise Pikachu et de pantoufles bleues et blanches. Si ça pouvait être appelé passable, dans ce cas est-ce que ça voulait dire que, juste en mettant une robe, une femme pourrait être appelée magnifique ?

En voyant la rafraichissante et charmante Meng révéler un regard innocent, l’autre moitié du cœur de l’Épée-Fantôme s’adoucit, et il fut incapable de rester furibond. Cette femme doit être ma faiblesse ! marmonna l’Épée-Fantôme dans son cœur, mais il ne pouvait pas se résigner à dire quoi que ce soit à voix haute. Il put seulement lui demander : « Le prince ne veut-il pas tenir un bal ? Quand a-t-il lieu exactement ? »

Quand elle entendit le rappel de l’Épée-Fantôme, Meng se souvint enfin de la raison initiale pour laquelle ils devaient se rendre en ville. Elle fouilla précipitamment dans son sac et sortit une invitation froissée du fin fond de celui-ci. Meng fronça les sourcils quand elle vit un compte à rebours sur l’invitation bizarre. Ça disait : « Temps restant avant le bal. Un mois, quinze jours, vingt-huit heures, trente-six minutes et vingt secondes. »

« Quoi ! Dans un mois et demi ? » s’écria l’Épée-Fantôme. J’ai seulement un mois et demi pour transformer la jeune fille en face de moi en une beauté digne d’être associée avec un prince ?

« Vite, vite, vite ! » l’exhorta l’Épée-Fantôme à plusieurs reprises.

« Vite quoi ? » Meng était perplexe.

« Va acheter des vêtements ! Tu crois que le prince va aimer Pokémon ? » s’exclama l’Épée-Fantôme.

Meng baissa la tête pour regarder le Pokémon sur ses vêtements, et grommela un peu avec mécontentement que les Pokémons étaient très mignons. Mais, ses pas ne ralentirent pas. Peu importe à quel point elle aimait Pokémon, elle n’oserait pas porter ça pour assister à un bal. Elle sortit du salon en coup de vent.

L’Épée-Fantôme déclara avec hâte : « Rends-toi à cette boutique devant laquelle nous sommes passés la dernière fois. La robe blanche qu’ils avaient là semblait vraiment sympa. »

En entendant les instructions de l’Épée-Fantôme, Meng changea rapidement de direction et se dirigea vers l’endroit où l’Épée-Fantôme lui avait dit d’aller. Il ne leur fallut pas longtemps avant d’arriver à la boutique de vêtements. Faisant face à la robe blanche qui était affichée dans la vitrine, Meng estima également que le design était très élégant. Il s’agissait d’une robe simple à bustier avec les lignes gracieuses d’une robe de bal sirène.

« Est-ce que ce serait vraiment approprié pour moi de porter ça ? » Meng était extrêmement timide. Une robe élégante comme celle-là ne semblait pas être quelque chose qu’elle devrait porter.

L’Épée-Fantôme leva les yeux au ciel et s’exclama : « Assez discuter. Entrons ! »

Meng pénétra craintivement dans le magasin. Dès qu’elle entra, elle aperçut un commis qui bâillait derrière le comptoir. Elle ne put s’empêcher de se figer sur place et de le fixer du regard depuis la porte. Elle ne savait pas si elle devait attendre que l’employé du magasin les accueille ou si elle devait nonchalamment se promener pour jeter un coup d’œil aux alentours. Après qu’un certain temps se fut écoulé, l’employé de la boutique remarqua enfin qu’il y avait une femme dans l’encadrement de la porte et afficha immédiatement un sourire. Il se dirigea poliment vers Meng.

Le commis de magasin examina d’abord Meng de haut et en bas. Quand il vit la façon dont Meng était habillée, il resta momentanément stupéfait. Cependant, il avait probablement été formé pour se montrer professionnel étant donné qu’il récupéra de sa stupeur en un instant et demanda, rayonnant : « En quoi puis-je vous aider, mademoiselle ? »

Meng répondit d’une petite voix : « Je veux regarder des robes. »

Un air de compréhension apparut sur le visage du commis du magasin. Il hocha la tête à plusieurs reprises. « C’est pour assister au bal du palais, n’est-ce pas ? Vous prenez vraiment votre temps. La plupart des jeunes filles ont déjà commandé leurs robes plusieurs mois à l’avance. Elles ont même toutes été spécialement conçues. »

« V-Vraiment ? » Meng était un peu gênée. Est-ce qu’il est en train de me dire que j’ai été trop lente dans ma recherche de vêtements ? Elle pensait déjà que passer un mois et demi pour trouver des vêtements était beaucoup trop long.

Voyant que Meng s’était raidit et semblait ne pas savoir quoi répondre, l’Épée-Fantôme avait à présent perdu patience. Il les urgea d’une voix forte : « Dépêchez-vous ! Nous voulons jeter un coup d’œil à la robe exposée dans la vitrine. »

Romance RPG : Partie 19

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Nineteen – traduit du chinois vers l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Dix-Neuf – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

« Et toi ? » demanda Bai Xue Chen. Voyant le regard confus de Lin Jian Yin, il ajouta : « Est-ce que tu as terminé ton objectif initial ? N’es-tu pas allé trouver le magasin d’antiquités God ‘n Devil à cause de cette bouche impulsive qui est la tienne ? »

Lin Jian Yin se figea. Il avait vraiment oublié la raison pour laquelle il était allé visiter la boutique d’antiquités. Il hésita, puis secoua la tête, se souvenant qu’il avait dit à God Charity qu’il ne voulait pas changer. Alors, après ça, pourquoi diable avait-il acheté la console Nintendo ? Il ne se souvenait même pas s’il avait payé ou non.

Bai Xue Chen dit vaguement : « Eh bien, ça n’a pas vraiment d’importance. Ta langue de vipère est l’une de tes caractéristiques principales. Si tu changeais vraiment, alors je me demanderais réellement si tu es bel et bien Lin Jian Yin. »

Lin Jian Yin roula des yeux vers son meilleur ami.

Bai Xue Chen ignora le roulement d’yeux et sourit pendant qu’il déclarait : « Cependant, ton humeur est devenue moins sombre ces derniers temps. Qui plus est, bien que tu aies fait fuir ton agente hier, elle n’a évidemment pas l’intention de démissionner, et semble même être de très bonne humeur aujourd’hui. Compte tenu du fait qu’elle s’est déjà enfuie une fois et qu’elle t’a quand même salué dans le supermarché comme si de rien n’était, cette fille est plus résistante qu’un cafard. »

« Ne la traite pas de cafard », le réprimanda Lin Jian Yin, mécontent.

Bai Xue Chen venait soudainement de se faire gronder, mais il ne se sentait pas le moins du monde en colère. Au contraire, le changement brusque de son bon ami avait piqué sa curiosité. Il était sur le point de se moquer de Lin Jian Yin, mais l’ouverture inopinée de la porte de la boutique l’empêcha de le faire. Ils tournèrent tous les deux la tête pour regarder et aperçurent une Yue Lan élégamment vêtue entrer.

« Yue Lan ? Pourquoi es-tu seule ? » Bai Xue Chen regarda autour, mais ne vit pas Ye Meng Ling.

Remarquant que Lin Jian Yin était également présent, Yue Lan répondit de façon un peu hésitante : « Meng Ling a rencontré une connaissance et a été emmenée de force pour aller prendre le thé. Je suis donc revenue par moi-même. »

« Qui a-t-elle rencontré ? »

Lin Jian Yin éprouva un fort sentiment de malaise dans son cœur. Si la personne était juste une connaissance, Meng Ling n’aurait certainement pas renvoyé Yue Lan toute seule. Il était plus probable qu’ils seraient tous les trois partis prendre le thé ensemble.

En entendant cette réponse, Yue Lan fut surprise. Dans la détresse, elle regarda vers Bai Xue Chen. Il la tint gentiment et dit doucement : « Ne t’inquiète pas. Vas-y, dis-le. »

« Meng Ling a dit que c’était son ex-petit ami. Ils ne faisaient que ressasser le bon vieux temps ! Vraiment ! » répondit prudemment Yue Lan. En même temps, elle observa attentivement la réaction de Lin Jian Yin. S’il avait l’air mécontent, elle défendrait sa nouvelle amie jusqu’à la mort.

Ex-petit ami ? Le souvenir de cette fois-là au supermarché, quand ce couple avait blessé Meng avec leurs paroles, refit tout à coup surface dans la mémoire de Lin Jian Yin. Lorsque Lin Jian Yin avait commencé à discuter avec cette femme, l’homme s’était contenté de rester sur le côté, sans oser dire un mot.

Pourquoi est-il parti à la recherche de Meng ? Lin Jian Yin ressentit un pressentiment dans son cœur. Peut-être que cette femme est l’instigatrice de quelque chose. Se pourrait-il qu’elle tente de se venger ?

À cette pensée, Lin Jian Yin se hâta de demander : « Sais-tu où ils sont allés ? »

En entendant Lin Jian Yin dire cela, les deux autres sourirent mystérieusement. Yue Lan répondit en entrant dans les détails : « Ils sont seulement allés au Starbucks à deux rues d’ici. C’est difficile de se garer là-bas, alors tu devrais y aller à pieds. Nous avons marché jusque-là pour faire les magasins tout à l’heure. »

« Compris. » Lin Jian Yin ouvrit la porte, ne leur disant même pas au revoir tandis qu’il s’en allait en courant.

Bai Xue Chen cligna des yeux et demanda malicieusement : « Essaie de deviner. Juin prochain, crois-tu que nous pourrions assister à un double mariage ? »

Yue Lan rougit et regarda affectueusement son bien-aimé. Puis, elle jeta un regard vers la porte avec une certaine inquiétude. « Mais, Meng Ling est très réservée et timide quand il s’agit d’aimer. »

« Ne t’en fais pas. Lin Jian Yin est la personne la plus directe que j’aie jamais vu. » Le sourire sur le visage de Bai Xue Chen devint de plus en plus brillant.

« La personne plus directe contre la plus réservée. Je me demande qui va gagner cette lutte. » Bai Xue Chen fronça des sourcils. « Je suis enclin à parier sur l’inébranlable mauvais caractère de mon ami de longue date. »

 

 

Lin Jian Yin sprinta tout le chemin, des images du visage en larmes de Meng lui traversant l’esprit. À chacun de ses pas, il accélérait. Atteignant la deuxième rue, il arriva juste à temps pour apercevoir le dos d’une silhouette familière sur le point d’entrer dans la voiture de quelqu’un.

Toujours en train de courir, il rugit : « Ye Meng Ling ! »

Elle tourna la tête pour regarder, clairement choquée. Elle ne savait pas pourquoi, mais voir Lin Jian Yin courir vers elle la fit se sentir coupable. Dans sa panique, elle grimpa dans la voiture et exhorta l’homme dans le siège du conducteur de se dépêcher de partir. L’homme fut surpris, mais il appuya à fond sur l’accélérateur, et la voiture fila au loin.

Lin Jian Yin ne s’était jamais attendu à ce que la jeune femme l’entende crier et s’enfuie avec quelqu’un d’autre, quand il était en fait venu la sauver. La colère surgit dans son cœur.

« Ye Meng Ling, comment oses-tu t’enfuir ? » Les yeux de Lin Jian Yin se plissèrent dangereusement.

Mise à jour : Juin 2017

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Chapitres de Juin
  1. Romance RPG : Partie 19
  2. Romance RPG : Partie 20
  3. 1/2 Prince T5C4 : Le Côté Terrifiant d’un NPC Conscient de Soi
  4. La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle #6 : Doux Sourire
  5. La Légende du Chevalier du Soleil T4C3 : Collecte des Fonds Pour Le Voyage

Bonjour à tous et à toutes !

Ces derniers temps, on m’a rapporté qu’il y avait un bug avec le site de PR! International qui fait en sorte que les nouvelles publications n’apparaissent pas sur le site avant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Malheureusement, nous ne pouvons pas y faire grand-chose. Par conséquent, nous nous excusons très sincèrement du délai d’apparition des chapitres.

Aussi, pour ceux qui se posent la question, nous n’allons pas publier les histoires parallèles dans le même ordre que la team anglaise.

La Reine Guerrière TP1C2 : Lumière et Ténèbres Partie 2

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La Reine Guerrière Prologue Tome 1 : Lumière et Ténèbres

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 2: Light and Shadow Part 2 – traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 2 : Lumière et Ténèbres Partie 2 – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Le lendemain matin, Manteau Rouge descendit nonchalamment la volée de marches de l’escalier. En bas, la salle n’était ni très bondée ni bruyante. L’échelle des prix de cette auberge était considérée au-dessus de la moyenne, aussi les aventuriers ordinaires ne restaient pas ici. Au contraire, ceux qui s’arrêtaient dans cette auberge étaient principalement des marchands. Comparés aux aventuriers qui aimaient parler d’une voix forte, les marchands étaient d’ordinaire plus discrets et ne provoqueraient pas volontairement de problèmes. De plus, ils étaient moins susceptibles d’accorder de l’attention à une personne vêtue d’un manteau rouge, et ils ne s’acharneraient pas avec entêtement à essayer de lever la capuche du manteau de cette personne pour voir ce qu’il y avait dessous.

C’était précisément la raison principale pour laquelle Manteau Rouge, bien qu’étant un aventurier, avait choisi de résider dans cette auberge.

Il s’assit à une table vide et, tout en mangeant les rations qu’il avait apportées en bas, il réfléchit à ce qu’il devrait faire dorénavant. Il avait déjà dépensé l’argent qui était en sa possession, aussi il était grand temps qu’il accomplît quelques missions pour gagner de l’argent. Autrement, s’il devait voyager loin dans le futur, il n’en aurait pas assez pour s’acheter des rations et de l’équipement de base. D’un autre côté…

Il cessa tout à coup de réfléchir et de manger, et à la place il se concentra pour écouter ce que les personnes installées à la table voisine étaient en train de dire. Trois marchands étaient assis là, et ils parlaient entre eux avec un ton feutré. Leurs expressions étaient extrêmement similaires, comme ils fronçaient tous leurs sourcils avec un air inquiet. Ils commencèrent bientôt à échanger des informations.

« La taxe pour entrer dans cette ville n’est-elle pas un peu trop lourde ? L’année dernière, nous n’avions eu besoin de payer que vingt ducats d’argent pour entrer dans la ville avec un chariot de cargaison, n’est-ce pas ? Maintenant, le coût est passé à un ducat d’or ! M-même la taxe pour entrer dans la capitale n’est pas aussi importante. S’il s’agit de marchandises bas de gamme, le chariot entier de biens peut être acheté avec un ducat d’or. »

« Je pense que je ne reviendrai pas dans cette ville la prochaine fois. Je préférerais hâter mon voyage un peu plus et me reposer à la cité suivante. »

« Arrête de rêver. J’arrive tout juste de la ville voisine, et la taxe là-bas vient aussi tout juste d’augmenter. Pour un chariot de marchandises, tu dois payer quatre-vingt ducats d’argent. »

« Quoi ? »

Les expressions sur le visage de tous les marchands s’affaissèrent, et ils échangèrent des regards. L’un d’entre eux ne put s’empêcher de râler à voix basse : « On dirait que les seigneurs des cités de cette région sont tous plutôt unis ! »

Un autre marchand, apparemment le plus âgé du groupe, s’empressa de murmurer : « N’en dis pas plus. Comparé à avant, au moins nous pouvons vivre nos jours confortablement. Louanges soient faites au Saint Roi ! »

Les deux autres s’empressèrent de répéter le chant : « Loué soit le Saint Roi. » Cependant, après avoir dit cela, les trois marchands continuèrent de froncer leurs sourcils. Ayant perdu l’envie de discuter, ils finirent rapidement de manger, puis s’en allèrent vaquer à leurs autres occupations.

À ce moment-là, Manteau Rouge se remit à manger ses rations. Il ne s’interrogeait plus sur ce qu’il devait faire en premier, mais au lieu de cela il se mit à songer au royaume dans son ensemble : le Royaume de la Lumière Sacrée.

Le Saint Roi… Son vrai nom était en fait Lancel Ornister1. Logiquement parlant, il devrait être appelé Roi Lancel ou Roi Ornister. Cependant, afin d’exprimer leur révérence à son égard, les citoyens l’appelaient le Saint Roi.

Le Roi Lancel avait officiellement créé ce pays dans la première année de son règne, durant la première année du Calendrier Sacré. Toutefois, ce ne fut que dans la troisième année du Calendrier qu’il parvint à unifier le continent dans sa totalité. À présent, la douzième année du Calendrier Sacré n’était pas encore achevée, et pourtant des seigneurs corrompus étaient déjà apparus ?

Ou peut-être que Manteau Rouge en demandait trop ?

Cet endroit était vraiment loin de la capitale. Ces brèves neuf années de règne n’avaient peut-être pas été suffisantes pour permettre au Roi Lancel de contrôler tout ce qu’il se tramait dans le pays. Sans mentionner le fait que, au cours de ces neuf années, un pays voisin avait tenté d’envahir le royaume, et la guerre s’était prolongée pendant un an et huit mois.

Après avoir mis fin à la longue période de chaos, il n’a été au pouvoir que depuis neuf ans et a même dû mener une guerre de deux ans durant cette période. En dépit de tout cela, il a quand même été en mesure de laisser les citoyens mener une vie confortable. Peu importe ce qu’on peut trouver à y redire, c’est véritablement un exploit incroyable, et de fait les citoyens tiennent le Saint Roi en haute estime.

« Toi… Celui qui porte un manteau rouge ! »

En entendant cela, Manteau Rouge tourna la tête. Comme il s’y attendait, il vit le barde qui était la seule personne qu’il connaissait dans le coin. Le barde descendit l’escalier.

Hein ? Manteau Rouge dévisagea le barde. Hier, son visage était tellement enflé qu’il ressemblait à une miche de pain, mais les ecchymoses avaient diminué de moitié aujourd’hui. Il ne restait qu’une grosse bosse sur son front et quelques égratignures ici et là.

« Tes blessures guérissent vraiment rapidement. » Il était un tantinet stupéfait.

À ces mots, le barde déclara fièrement : « Eh bien ? Je ne ressemble plus à une miche de pain, n’est-ce pas ? »

« C’est vrai. » Manteau Rouge l’admit avec indifférence.

« Sais-tu pourquoi je peux guérir si rapidement ? Tu ne le sais pas, non ? » Le barde se mit à sourire bêtement, comme si avoir un secret dont Manteau Rouge ignorait tout était une victoire sans précédent.

Cependant, Manteau Rouge ne répondit pas. Il se contenta de mâcher ses propres rations. Il trouvait en effet cela étrange, mais il n’avait aucune intention de poser des questions à ce sujet. Chaque aventurier avait ses propres secrets, et en savoir moins sur les secrets des autres signifiait qu’il serait moins en danger quand il voyagerait. C’était un principe de base dont chaque aventurier expérimenté avait connaissance.

Même si le barde affichait une expression conflictuelle, il continua à papoter sans s’arrêter : « Tu veux que je te le dise ? C’est un secret, mais puisque tu m’as autant aidé, ne pas te le dire donnerait l’impression que je ne suis pas reconnaissant envers mon bienfaiteur… Si tu veux vraiment savoir, alors je peux te le dire ! Est-ce que tu veux savoir ? Tu veux que je te le dise, hein ? »

Ce type, est-ce que ça le tuerait de ne pas parler !? Légèrement vexé, Manteau Rouge gronda : « Si tu veux le dire, alors dis-le ! Continue à débiter des sornettes, et je t’aiderai à regagner l’apparence que tu avais hier ! »

Malgré tout, non seulement le barde ne perdit pas son courage, mais il révéla même une expression satisfaite. Ému, il affirma : « Je savais que tu voulais vraiment connaître ce secret ! »

Ce type est au-delà de tout espoir ! Manteau Rouge utilisa sa main pour supporter son front, sentant une migraine approcher. Il regrettait profondément de s’être préoccupé de ce type ne serait-ce qu’un instant. Il aurait dû le laisser vivre en buvant de l’huile pour cheveux et s’autoriser un peu de paix et de tranquillité.

Le barde sourit mystérieusement et révéla : « Si je te dis que c’est une bénédiction de Dieu, est-ce que tu me croirais ? »

« Dieu ? »

Le ton de Manteau Rouge montrait qu’il trouvait cela extrêmement étrange. Plutôt que de dire qu’il était surpris parce qu’il venait d’entendre le mot « Dieu », il était incapable de lutter contre ce barde qui faisait une déclaration aléatoire comme ça sans donner d’explication. Un peu impatient, il demanda : « Quand tu dis Dieu, qu’entends-tu par là exactement ? »

Le barde répondit avec une conviction absolue : « Bien évidemment, Dieu est cette sorte de petite chose douce et spongieuse qui peut prendre des formes différentes et qui rebondit partout. »

Manteau Rouge se tut l’espace d’un moment avant de déclarer avec indifférence : « On dirait plutôt cette sorte de créature molle qu’on appelle un glob et qui rampe dans la forêt. Pas Dieu. »

« Oh ! » Le barde semblait perdu et dit : « Maintenant que tu en parles, c’est vrai qu’ils sont vraiment semblables ! Cependant, les globs sont verts, mais Dieu est d’une couleur dorée ! Qui sait… Il se pourrait qu’il soit le Dieu des globs ? »

Après avoir présenté les choses sous cet angle, tu ne vas tout de même pas me raconter que tu es un glob !

« Même si tes blessures ont été soignées, ne vas pas errer partout sans but. Si les gardes t’aperçoivent, les choses tourneront mal pour toi. »

Manteau Rouge fit de son mieux pour réprimer son envie d’envoyer valser cet idiot de barde d’un coup de poing, et il détourna la conversation de cette histoire de Dieu des globs… S’ils continuaient de parler de ça, il se mettrait réellement à tabasser le barde jusqu’à en faire de la bouillie, même s’il n’aimait pas être violent avec ceux qui n’avaient aucune capacité de combat.

À la place, le barde révéla une expression troublée. Pleurnichant, il s’y opposa : « Euh… Néanmoins, je ne peux suivre ton conseil ! Je dois encore chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant un jour de plus, donc je dois sortir. »

Manteau Rouge fronça les sourcils, se souvenant de la règle étrange que le barde avait mentionnée précédemment selon laquelle il devait chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant trois jours, chaque fois qu’il arrivait dans une nouvelle ville. Il ne lui en demanda pas la raison, mais le questionna avec indifférence : « Tu ne peux pas manquer ne serait-ce qu’un jour ? »

Le barde ne put que répondre avec impuissance : « Je n’ai pas le choix. Mon maître m’a formellement annoncé que, si je voulais qu’il me prenne comme disciple, je devais accepter une condition. Celle-ci était que, une fois après que je serais devenu un vrai barde, chaque fois que je visiterais un nouvel endroit, je serais obligé de chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant trois jours. Cette règle est très stricte, mais mon maître, c’est… c’est vraiment un barde exceptionnel ! »

On dirait que, même si je ne lui en demande pas la raison, il va tout me révéler de sa propre initiative… En voyant les yeux fervents du barde emplis d’anticipation et l’expression « même si tu ne demandes rien, je vais quand même t’en parler » inscrite sur son visage, Manteau Rouge sentit un autre mal de tête poindre à l’horizon. Il ne put que se plier à la volonté du barde, et il s’enquit : « Qui est ton maître ? »  

À cette question, l’expression d’anticipation qui emplissait les yeux du barde disparut. Il affecta une expression sobre, toussa bruyamment une ou deux fois, puis redressa son menton. D’une manière complètement empreinte de fierté, il dévoila la réponse : « Lorenzo Louis. »

« Le barde surnommé LL ? »

À ce nom, Manteau Rouge fut réellement un peu surpris. Il rit, puis dit avec un soupçon d’incrédulité : « LL est le barde impérial employé par le Saint Roi. »

« Il l’était autrefois. Cependant, quand la Reine Guerrière a épousé le Saint Roi, il a quitté la Cité Sacrée », ajouta-t-il immédiatement, juste pour clarifier les choses.

On aurait juré qu’il y avait l’ombre d’un sourire sur les lèvres de Manteau Rouge, alors qu’il rétorquait : « L’apprenti du barde impérial a été réduit à un état où il se fait tabasser par la patrouille de la ville jusqu’à ce que sa tête ressemble à celle d’un cochon ? Tu penses que je vais te croire ? »

Le barde sortit rapidement un insigne de la poche de sa chemise. L’insigne était fait d’un entrelacement de fils dorés et blancs, et il avait la forme d’une rose blanche. Dans la partie dorée au centre de la rose, il y avait un luth. Le luth était même spécialement arrangé en forme de L.

Comme tout le monde le savait, la rose blanche était l’emblème du Saint Roi. Toutes les personnes qui avaient un insigne de rose blanche étaient des subordonnés directs de Sa Majesté. De plus, juste en regardant l’objet qui avait été fait à la main et placé au centre de la rose, on pouvait déduire quelle était la profession de la personne.

« Mon maître a dit qu’il ne voulait pas de cet objet de toute façon, donc il me l’a donné. Si je venais à vraiment manquer d’argent durant mon voyage, il m’a dit que je pouvais le vendre. J’ai essayé de le vendre dans le passé, mais dès que les vendeurs ont vu qu’il s’agissait d’un insigne de rose blanche, ils ont refusé de l’acheter. »

Bien sûr qu’ils refuseraient de l’acheter. C’est l’insigne de la rose blanche personnellement remis par le Saint Roi. Tous ceux qui l’ont sont des individus renommés. Qui oserait acheter et garder un tel insigne ?

Cependant, même s’il possédait cet insigne, Manteau Rouge ne se laissa pas impressionner. Il répliqua : « Ça ne prouve pas grand-chose. Il perd toujours ses affaires. »

Le barde s’assit pendant un moment, stupéfait. Plein de doutes, il demande ensuite : « Qu’as-tu dit ? »

Manteau Rouge garda le silence un instant avant de répondre avec nonchalance : « J’ai dit que les gens perdent tout le temps leurs affaires, donc peut-être que tu l’as juste ramassé. »

« C’est la vérité ! Mon maître me l’a donné ! »

Le barde était extrêmement anxieux, mais il n’avait aucun moyen de convaincre Manteau Rouge… Son maître était bel et bien très doué pour perdre ses affaires. Si quelqu’un possédant un des objets de son maître venait et lui disait qu’il était lui aussi un élève de LL, même le barde lui-même suspecterait que la personne l’avait juste ramassé.

« Si tu le dis, alors il doit en être ainsi. » Manteau Rouge ne précisa pas s’il le croyait ou s’il le reconnaissait comme étant un disciple de LL. Il se contenta d’une remarque désinvolte et revint au sujet principal : « Dans une telle situation, ton maître te pardonnerait si tu venais à ne pas chanter pendant un des trois jours. Je pense qu’il ne voudrait pas non plus te voir être tabassé à mort. »

« Non, il ne me pardonnerait pas. »

D’une manière assez inattendue, le barde était très calme alors qu’il répondait : « Il me réprimanderait seulement en disant : “Dire qu’à ce moment-là, passé la porte de la Vallée des Lames Écarlates et avec seulement cinq milles hommes, la Reine Guerrière est parvenue à empêcher l’invasion de l’armée des démons qui comptait cinquante-mille soldats. Elle a même réussi à les retenir pendant pas moins de trois mois. Toi, de ton côté, tu n’arrives même pas à simplement chanter la Ballade de la Reine Guerrière durant trois jours. Pourquoi est-ce que tu ne vas pas simplement te frapper la tête et mourir sous la statue de la Reine Guerrière ?” »

« Ton maître a tort. » Manteau Rouge objecta nonchalamment : « Te comparer avec la Reine Guerrière, c’est comme frapper un rocher avec une miche de pain. Dès le départ, ce ne serait pas une bataille équitable. ».

On aurait cru que le barde était sur le point de pleurer, et il se plaignit avec tristesse : « Tu es encore plus impitoyable que mon maître… »

À cet instant-là, Manteau Rouge avala la dernière de ses rations. Dans un bruissement de cape, il se leva et annonça simplement : « Allons-y ! »

« Où donc ? » Le barde leva la tête et le dévisagea, perplexe.

Manteau Rouge répliqua : « Quoi ? Tu ne vas pas chanter ? Par pure coïncidence, je veux aussi écouter cette chanson, alors allons-y ensemble. »

En entendant cela, les yeux azurs du barde s’illuminèrent instantanément d’espoir.

Manteau Rouge doit être vraiment fort !

Ce n’était pas son intuition qui le lui disait, mais bien une déduction. Une personne qui portait un manteau rouge aussi tape à l’œil partout où elle se rendait était soit un aventurier débutant imprudent, soit une personne qui pouvait régler n’importe quelle sorte de problèmes !

À en juger par les actions de Manteau Rouge jusqu’à présent, il n’était définitivement pas un aventurier débutant.

Avant même que le barde pût prononcer ne serait-ce qu’un demi-mot, Manteau Rouge le coupa immédiatement, lui donnant froidement comme avertissement : « Si tu dis quoi que ce soit qui contienne ce que je considère être des mots inutiles, j’utiliserai une méthode plus directe qui te rendra incapable de sortir aujourd’hui : je te frapperai au point où tu ne pourras que rester allonger au lit et où tu n’auras plus besoin de chanter. »

« Des mots inutiles ? » Le barde lâcha aussitôt un flot de protestations. « Comment serait-il possible que j’emploie des mots superflus ? Je n’ai jamais rien dit qui ne soit pas nécessaire auparavant. Sur ce point, tu peux te détendre, car je suis un barde ! Être excessivement pointilleux à propos de mon choix de vocabulaire est mon point fort. Je peux te garantir que chacune de mes phrases est aussi élégante qu’un chant d’oiseau et aussi claire que l’eau qui court dans un ruisseau… »

En entendant cela, Manteau Rouge empoigna le col du barde d’une main, puis le souleva du sol, le forçant d’une position assise à une position où il était à demi suspendu dans les airs.

Le barde ferma la bouche et cligna des yeux innocemment. Il n’osa pas bouger un seul muscle et était complètement dans le flou quant à pourquoi Manteau Rouge était de nouveau en colère… Mais, une fois encore, sa force est vraiment impressionnante. Comme je le pensais, c’est quelqu’un de fort !

Avec la présence de Manteau Rouge, il ne serait assurément pas tabassé par la patrouille jusqu’à être réduit à l’apparence d’une miche de pain… Le prérequis étant que Manteau Rouge fût à même de contrôler sa rage et de le laisser vivant pour qu’il pût aller chanter.

Manteau Rouge le maintint dans les airs pendant un moment. Il était difficile de dire s’il essayait de contenir sa colère, ou s’il se demandait par quelle partie du corps il devrait commencer à le tabasser. Cela dura jusqu’à ce que plusieurs serveurs de l’auberge s’approchent d’eux. Sans attendre qu’ils parlent, Manteau Rouge avait déjà reposé le barde et s’était retourné pour leur assurer : « Tout va bien. »

Se retournant, Manteau Rouge baissa la tête. De sous la capuche de son manteau, le barde aperçut une paire d’yeux noirs qui émettaient une aura meurtrière et de la sévérité. Manteau Rouge s’adressa au barde et grogna mot après mot : « À part “oui” et “non”, tous les autres sont des mots inutiles ! »

Son grondement retomba, et Manteau Rouge sortit de l’auberge sans même regarder en arrière. Voyant l’ombre de Manteau Rouge, le barde stupéfait murmura : « Comme des flammes d’ébène brûlantes. » Après quoi, il se mit immédiatement debout et courut vers Manteau Rouge.

Une fois qu’il eut rattrapé Manteau Rouge, il ralentit et se mit à marcher à ses côtés. Bien qu’ils fussent encore assez loin de la taverne, il avait déjà commencé à fredonner doucement.

Les saisons se succèdent, le temps s’égrène.
Le regard perdu vers une cité lointaine,
Le ménestrel itinérant
Se remémore l’époque d’antan… 

Oh, ménestrel !
Un sourire lumineux posé sur tes lèvres.
Oh, ménestrel !
Le regard distant passant au-delà des gens.
Oh, ménestrel !
Tu demeures toujours hors de portée.
Vers quoi donc ton regard est-il tourné ? 

Doucement, le ménestrel fredonne :
Qu’importe la distance,
De la femme de légende
Jamais mes yeux ne se détourneront. 

Oh, Reine Guerrière !
Le Saint Roi et la Reine
Ont-ils annihilé
Ta faculté d’aimer ?

Oh, Reine Guerrière !
Les flammes d’ébène dans tes yeux,
Ne peuvent-elles être avivées
Que dans le feu des hostilités ?

Oh, Reine Guerrière !
Tes yeux qui sont si froids et indifférents,
Que contemplent-ils réellement ? 

Note de bas de page

1 Lancel Ornister : Originellement appelé Lancero Ornister par Yu Wo, comme c’est expliqué dans le livre d’illustrations de La Reine Guerrière. Lancel et Lancero sont tous les deux des noms équitablement corrects, mais l’équipe anglaise a préféré choisir Lancel qui leur semblait plus adapté pour un nom de roi. Lancero est une sorte de parcours militaire, un genre de soldat et est également moins fréquemment utilisé en tant que nom. Un équivalent en français serait Lance, cependant, l’équipe française a choisi de garder la version anglaise dans ce cas-ci.

1/2 Prince T5C3 : Neurotic et DanDan

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½ Prince Tome 5 : Un Prince n’Existe Plus

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 3: Neurotic and DanDan – traduit du chinois vers l’anglais par Amgine[PR!]
Chapitre 3 : Neurotic et DanDan – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ travail de vérification par Yukomin

« J’aimerais aller dans un endroit isolé pour m’entraîner. Ça te va, Doll ? »

J’y pensais depuis un moment. Comment pourrais-je l’expliquer ? Je ne voulais pas porter de masque, mais je ne souhaitais pas non plus avoir d’ennuis.

« Doll est d’accord quoi que tu décides », répondit Doll en riant. L’allure digne de princesse qu’elle arborait précédemment s’était volatilisée on ne sait où. Je me grattai le menton, lançai un vague : « mm », et marchai silencieusement. Doll examina ma réaction peu concernée, mais n’ajouta rien et se contenta de me suivre docilement. Ce fut ainsi que nous continuâmes notre voyage sans échanger presque aucun mot. J’avais l’intention de me rendre dans la Vallée des Nymphes Errantes le plus rapidement possible afin d’évacuer ma frustration au combat.

Ce ne fut pas avant d’avoir atteint la vallée que Doll parla, haletant sous la surprise : « C’est si joli ici ! Quel est cet endroit ? » La scène était effectivement étonnante. J’observai le champ de fleurs s’étendant à l’horizon. Certaines étaient étincelantes et immaculées telle la neige, tandis que d’autres étaient suffisamment roses pour nous inspirer un sentiment d’adoration. D’autres, encore, étaient d’une teinte de violet douce et mystérieuse. Parmi les fleurs se dressaient quelques cerisiers en pleine floraison. Leurs pétales virevoltaient dans la vallée entière, intensifiant de ce fait le portrait d’une beauté utopique.

Je répondis doucement à la question de Doll : « La Vallée des Nymphes Errantes ».

« Comme ce nom convient bien1… Attends une seconde, la Vallée des Nymphes Errantes ? » L’expression amoureuse qu’avait Doll à la base changea brusquement, et elle tourna la tête dans ma direction pour me lancer un regard affolé : « Grand frère Prince n’essaye pas de se rendre dans le Repaire des Nymphes Errantes, n’est-ce pas ? »

J’acquiesçai. Doll semblait sur le point de déclarer quelque chose, mais s’arrêta et se contenta de continuer à me fixer silencieusement. Bien évidemment, je savais pourquoi elle appréhendait tellement ce qui allait suivre. Toutes les nymphes de la vallée étaient des beautés allant au-delà du comparable. Quand le jeu était encore fraîchement paru, des pervers grouillaient sans arrêt dans le coin pour les reluquer. Pourtant, parmi tous ces pervers, qu’ils fussent venus seuls, à deux ou en groupe, pas un seul n’en est ressorti vivant… Même si les pervers souhaitaient venir se rincer l’œil, ils ne pouvaient pas se permettre de jeter leurs vies aux orties et cessèrent peu à peu de venir dans la Vallée des Nymphes Errantes.

De plus, le nombre de joueurs venant s’entraîner dans le coin diminuait également pour deux raisons. Premièrement, tous les hommes étaient invariablement affectés par l’apparence physique des nymphes et retenaient la puissance de leurs attaques et même parfois commençaient à rêver les yeux éveillés avec de la salive s’échappant de leur bouche. Comment quiconque pourrait-il se battre dans ces conditions ? Deuxièmement, les nymphes n’étaient pas des monstres ordinaires. Les nymphes se divisaient en trois sous-catégories : celles du niveau 60 portant des robes rouges, celles du niveau 70 avec des robes bleues, et enfin celles du niveau 80 arborant des robes violettes. Il y avait aussi des rumeurs sur un boss nommé Celestial2, même si personne ne l’avait encore aperçu à ce jour. Seulement une ou deux photos des robes violettes étaient visibles sur internet. Et, leur beauté rivalisait avec celle de Lolidragon, elles n’étaient donc pas une bonne cible pour que les hommes puissent s’entraîner. C’était pourquoi il y avait très peu de signes de passage humain dans le Repaire des Nymphes Errantes…

« Ne t’inquiète pas. Je ne prévois d’attaquer que les nymphes aux robes bleues. Même si elles se promènent toujours par groupes de deux ou trois, je devrais être capable de m’en sortir avec l’aide de tes squelettes. » Je ne pus m’empêcher d’encourager un peu Doll. Elle acquiesça et me suivit dans le Repaire des Nymphes Errantes.

Comme il fallait s’y attendre, les nymphes aux robes rouges étaient élégantes et des beautés raffinées. Inutile de se demander pourquoi les hommes n’arrivaient pas à les attaquer : qui souhaiterait se battre contre des filles aussi belles que celles-ci ?

D’un coup net, j’attaquai l’une d’entre elles. En voyant l’expression choquée de la nymphe, je ricanai froidement. Je n’étais pas l’un de ces gentilshommes qui croyaient en la galanterie après tout. À présent, les deux autres nymphes proches de nous avaient commencé à se rapprocher, me rendant maladroit à parer leurs attaques. Mais, Doll invoqua immédiatement huit squelettes de flamme, inversant la situation de trois contre un et la transformant à neuf contre trois. Avec une extrême facilité, j’expédiai les trois adorables nymphes au nirvana et m’enfonçai plus profondément dans le repaire, me préparant à rencontrer de nouvelles nymphes et à passer un bon moment à les écraser !

Alors que j’étais accompagné de Doll, nous continuâmes à nous battre de la même manière tout le long du chemin. Hormis pour combattre, nous ne nous arrêtâmes que pour manger nos rations lorsque nous commençâmes à avoir faim, et nous servîmes de cette opportunité pour nous reposer. Au bout d’un moment, nous nous étions connectés et déconnectés un si grand nombre de fois que nous en avions perdu le compte. Et, pourtant, pendant tout ce temps, nous avions à peine prononcé une demi-phrase.

Il y avait peu de temps, dans le monde réel, j’avais vu le professeur Min Gui Wen et grand frère Zhuo au campus, et ils semblaient très soucieux. Est-ce que c’est parce qu’ils s’inquiètent pour moi ? Je songeai soudainement, Est-ce que je ne devrais pas au moins envoyer un message privé aux joueurs de la Cité de l’Infini ? N’est-ce pas irresponsable de ma part de prendre Doll avec moi et de m’évanouir dans la nature sans laisser de traces ?

À ma connexion suivante, je discutai de ce problème avec Doll. Pendant qu’elle grignotait ses rations, elle me répondit : « Doll l’a déjà expliqué à grand frère Wolf. »

« Oh, donc tu lui as dit que tu étais venue t’entraîner avec moi ? » Dans ce cas, ça devrait aller, puisque ma tâche originale était de me concentrer sur la montée de mes niveaux de toute manière.

« Non, Doll a dit : “Doll et grand frère Prince se sont enfuis de la maison”. » Les yeux innocents de Doll étincelaient.

Enfuis. De. La. Maison ? Je sentis mes genoux faillir. C’est… C’est encore pire que de ne rien dire du tout. Pas étonnant que Gui et Wicked m’aient semblé inquiets à mort, pensai-je.

« Et, puis, grand frère Wolf a ordonné à Doll de bien suivre grand frère Prince, ou sinon grand frère Prince se perdrait et finirait dieu sait où. » Les mots innocents de Doll me frappèrent de plein fouet.

« Allons-y, il est temps de s’entraîner », déclarai-je, ennuyé. Nous étions en train de marcher, quand mes yeux se posèrent avec surprise sur une nymphe à robe violette qui était seule. Il n’y avait aucune chance que je rate une opportunité aussi rare. J’annonçai promptement : « Doll, je vais me battre à un contre un avec cette robe violette, donc n’interfère pas. » Doll acquiesça avec obéissance. Je levai mon Dao Noir, et pile au moment où je m’apprêtais à l’attaquer de tout mon cœur…

« Chaînes de Glace ! » Accompagnant ce cri, une chaîne faite de glace s’enroula autour du corps de la nymphe à la robe violette qui peinait à se libérer.

« Dépêche-toi, mon chou. Donne-lui un coup fatal avant qu’elle ne se délivre. »

« Pas de soucis, chérie. »

Je sourcillai en entendant cet échange et penchai la tête vers le passage pour enquêter sur la situation. Puis, j’aperçus un homme brandissant un glaive d’une taille intimidante s’approcher de la nymphe immobilisée.

En balançant son glaive, il murmura : « Hé, beauté ! Ne me blâme pas si je ne montre aucune pitié. Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même pour être si mignonne que ma p’tite chérie ne puisse pas résister à la tentation de te prendre comme animal de compagnie… »  Deux ou trois coups suffirent à faire tomber cette pauvre nymphe au sol.

« Capture réussie ! Youpi, nous l’avons attrapée ! Mon chou, t’es le meilleur. » Une femme portant une robe de magicien était en train de le féliciter. Il me semble que c’est elle qui a lancé le sort des Chaînes de Glace. Après que la femme eût annoncé : « capture », la robe violette disparue sans laisser de traces.

Je n’arrive pas à croire que quelqu’un m’ait volé un monstre3. C’est une honte, mais je ne peux rien y faire. Pile quand je m’apprêtais à m’éloigner…

« Mon chou, regarde, il y a une personne charmante près de toi ! » cria la femme en me désignant, ce qui fit que le guerrier brandissant un énorme glaive tourna la tête vers moi et me fixa avec stupéfaction.

Le guerrier s’exclama soudainement sous le choc : « Les rumeurs s’avèrent donc vraies : la légendaire Celestial est en réalité un homme ! »

Quoi ? La légendaire Celestial est un homme ? Première nouvelle en ce qui me concerne.

« Super, c’est juste splendide. Mon Chou, il semblerait que nous ne soyons pas venus jusqu’au Continent Central en vain. Celestial est vraiment séduisant. » La femme me fixa intensément, son visage rougissant sous l’excitation.

« Mais, s’il-te-plaît, sois prudente, ma chérie. On dit que Celestial est fort au-delà de ce qu’il est possible de croire, et que c’est l’un des trois boss les plus forts ! » L’homme scrutait chacun de mes mouvements très attentivement.

Attendez une seconde. Je fronçai légèrement les sourcils. Ne me dites pas que ces deux-là me prennent pour Celestial ? Comment c’est possible ? Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer. Mes oreilles pointues ne suffisent donc pas à me désigner comme un elfe ?

« Chaînes de Glace ! » hurla très fort la femme, tandis qu’une femme des neiges apparaissait subitement devant elle et commençait à lancer sa propre magie… Alors, c’est une invocatrice ? Je me rappelai vaguement qu’une telle classe existait.

Mais, attendez un instant ! P-pourquoi une chaîne de glace est-elle apparue autour de moi ? Je levai les yeux. Oh mon Dieu ! Le Guerrier était prêt à me hacher menu avec son épée impressionnante, et, bloqué comme je l’étais par les chaînes, je n’avais aucun moyen de dégainer mon Dao Noir pour me défendre. Je n’eus pas d’autre choix que de sauter sur le côté, mais je perdis l’équilibre et tombai au sol. Repérant une ouverture, le guerrier au gigantesque glaive ne perdit pas de temps à balancer sa lame et la dirigea directement sur moi.

« Grand frère Prince ! » Tandis que Doll poussait le cri le plus désespéré que l’on pût imaginer, elle lança son corps par-dessus moi pour bloquer l’attaque à ma place.

« Doll, pousse-toi de là immédiatement ! » m’écriai-je, terrifié à l’idée qu’elle fût être blessée. Surpris, l’épéiste avec l’énorme épée détourna promptement son attaque, et son arme s’écrasa sur le sol juste devant nous, soulevant un épais nuage de poussière. Nous nous fixâmes, les grands yeux de l’homme réfléchissant les miens, plus petits, pendant un bon moment avant que je ne déclarasse froidement : « Je suis un joueur. »

Sur le coup, de grosses perles de sueur froide apparurent sur le visage du guerrier à la grande lame, et les chaînes de glace qui m’entouraient disparurent. Regardant derrière lui, je pus voir l’invocatrice sourire avec embarras.

« Hmph ! » Je reniflai froidement et me relevai, pendant que Doll, suspendue à ma poitrine, tremblotait toujours de peur.

« Mes plus sincères excuses… Il s’agit là d’un malentendu. Mon épouse et moi-même sommes ici pour découvrir si Celestial est en réalité un homme ou non. De plus, ma femme étant une invocatrice, si c’est possible, elle aimerait beaucoup en faire une de ses invocations. C’est la seule raison qui nous ait amenés à vous attaquer. Je vous en prie, n’en soyez pas offensé », s’excusa le guerrier au glaive de taille impressionnante avec un sourire penaud.

« Oh, tu as oublié de t’introduire, mon Chou. Enchantée, mon nom est DanDan4, et je suis une Invocatrice. » Elle arborait un sourire étincelant. Son visage ovale était aussi mignon que le suggérait son nom. Ensuite, elle désigna le guerrier au grand glaive, en expliquant : « Voici mon mari. Il s’appelle Neurotic5, et c’est un guerrier. »

« Un guerrier possédant la force de déplacer des montagnes, avec un glaive si large que personne d’autre ne peut le brandir. Voici ma lame, Épée Ultime. » Comme s’il avait peur que son explication détaillée ne fût pas suffisamment claire, Neurotic commença à brandir avec exubérance son épée, remuant le vent dans d’impressionnants moulinets.  Malheureusement pour lui, faisant à peu près ma taille, et n’étant pas tellement plus musclé que mon corps élancé d’elfe, ça donnait l’illusion d’un enfant s’amusant avec une grosse épée.

« Nous partons. » Je portai Doll dans mes bras et m’éloignai sans un regard en arrière.

« Attendez un instant, brave champion », me héla DanDan, surprise.

Je m’arrêtai. Brave Champion ? Pourquoi est-ce que chaque personne que je rencontre parle surtout en ancienne prose dernièrement ? De toute façon, je ne pouvais rien faire par rapport à leur façon de parler, et je souhaitais toujours n’entretenir aucun autre rapport avec eux. Mon humeur était suffisamment mauvaise, et le fait qu’ils m’eussent cloué au sol avait simplement ajouté de l’huile sur le feu.

« Attendez un instant, camarade extra-séduisant, fort et charmant jeune garçon, guerrier honorable et juste, euh… l’homme le plus chanceux au monde ayant la femme la plus mignonne… » Ayant totalement épuisé sa réserve de titres, Neurotic n’eut d’autre choix que de commencer à débiter des sornettes.

Je m’arrêtai net et me retournai, leur répliquant avec colère : « Qu’est-ce que c’est que ces inepties que vous me balancez là ? C’est ma sœur, non ma femme. »

Ces deux-là parurent assez choqués, mais reprirent aussitôt leurs esprits. Neurotic me répondit même avec un sourire mielleux. « Oh, dans ce cas, l’homme le plus chanceux qui soit avec la petite sœur la plus mignonne au monde, pouvez-vous, je vous prie, nous indiquer vos glorieux noms ? Cela devient quelque peu épuisant de se référer à vous ainsi. »

Doll, que je portais toujours, parla tout à coup : « Comment pouvez-vous ne pas le reconnaître ? »

Neurotic se gratta le crâne. « Quoi ? Notre frère estimé serait-il très célèbre à travers le Continent Central ? »

DanDan lâcha même un « Oh mon Dieu », son visage affichant sa repentance, tandis qu’elle affirmait : « Nous sommes réellement désolés dans ce cas. Mon mari et moi-même venons tout juste d’arriver du Continent de l’Ouest, et nous ne sommes pas encore très familiers avec celui-ci. Nous n’avons probablement pas encore pu entendre votre célèbre nom. »

« D’où vous venez n’a aucune importance. Tant que vous jouez à Second Life, alors il est impossible que vous ne connaissiez pas le porte-parole du jeu, Prince ! » proclama Doll, débordante de confiance.

Les deux individus nous contemplèrent avec perplexité en entendant ça. DanDan murmura : « Le porte-parole de Second Life ? Je ne suis pas allée sur le site officiel depuis quelques temps, et donc maintenant Second Life a un porte-parole ! »

Cependant, sceptique, Neurotic s’enquit : « Je ne suis pas allé sur le site depuis un bon moment, alors je ne sais rien de ce qui concerne cette histoire de porte-parole, mais Prince est un nom que j’ai eu l’occasion d’entendre de nombreuses fois auparavant. Seriez-vous l’Elfe Sanguinaire de la Cité de l’Infini ? »

Je gardai mon expression fermée, ne souhaitant rien admettre, mais Doll répondit à ma place : « C’est exact, grand frère Prince est le suzerain de la Cité de l’Infini. »

« Quel luxe de trouver par le plus grand des hasards celui que nous cherchions un peu partout », déclara nerveusement Neurotic, alors que sa femme et lui-même me fixaient de leurs yeux brillants. « En plus de confirmer que la fameuse Celestial de la Vallée des Nymphes Errantes était un homme, la seconde raison nous ayant poussé à venir sur le Continent Central était de jeter un coup d’œil à l’homme célèbre de par sa beauté dans Second Life : le Seigneur de la Cité de l’Infini. »

« Ne dites pas “Seigneur de la Cité de l’Infini” en parlant de moi ! » protestai-je, rudement.

« Euh, alors l’Elfe Sanguinaire ? » me questionna Neurotic en hésitant.

« Je possède un nom, vous savez ? » rétorquai-je de mon ton le plus glacial.

DanDan déglutit et s’essaya très précautionneusement : « Prince ? »

Je reniflai avec dédain, fis signe à Doll, et me tournai promptement pour partir. Derrière moi, Doll expliqua avec hésitation aux deux autres : « Je suis navrée de tout ça. Grand frère Prince est de mauvaise humeur, mais veuillez venir nous visiter à la Cité de l’Infini une prochaine fois ! » Comme elle terminait cette justification, elle courut à petits pas jusqu’à moi et me prit la main.

« Mais, je n’en ai pas encore vu suffisamment. » La voix teintée de regret de DanDan à l’arrière était toujours audible.

« Oh, aller, ma chérie. Il est de mauvaise humeur, alors arrêtons de l’embêter. »

« Mais… »

« C’est pourquoi nous devrions les suivre silencieusement à distance. Nous ne les ennuierons pas d’avantage avec nos bavardages. »

« Ce que tu dis fait du sens. Je voulais simplement voir de quoi Prince avait l’air de toute façon, donc ne pas parler me convient tout à fait. »

Entendre leur discussion ne fit qu’empirer ma colère à chacune de leurs phrases. Ils me prennent pour quoi ? Un singe dans un zoo sur qui lorgner à leur convenance ? Toutefois, ne désirant pas leur parler de nouveau, je ne pouvais que laisser les choses comme elles étaient.

La situation perdura jusqu’à ce que Doll me demande timidement : « Grand frère Prince, est-ce que nous ne serions pas allés trop en profondeur ? Ça semble dangereux par ici. » Oh, c’est vrai, j’étais tellement énervé que j’ai oublié où j’allais. Je regardai à gauche, puis à droite, et il y avait des robes violettes dans toutes les directions. Si je continuais tout droit, elles allaient définitivement nous attaquer en groupe.

Je ne pus pas me retenir de déglutir légèrement, et me reculai très prudemment pour retourner sur mes pas.

« Ouaouh, tu mérites réellement le titre d’Elfe Sanguinaire, tu vas même jusqu’à te promener dans un endroit aussi dangereux, et tu restes calme comme si tu te baladais dans ton jardin. » DanDan claqua ses lèvres d’admiration.

Neurotic secoua également la tête en me faisant des louanges : « C’est simplement miraculeux. Nous avons tous les deux déjà été attaqués par des nymphes à plusieurs reprises, mais Prince est capable de maintenir la distance de sécurité minimale pour rester sauf pendant tout ce temps, et n’a pas été attaqué par une seule nymphe. Cette capacité à déterminer la distance de sécurité est tout simplement épatante. » (Note de l’auteur : chaque type de monstre possède une distance de sécurité propre. Quand un joueur s’approche trop de celui-ci, dépassant cette distance de sécurité, le monstre l’attaque automatiquement.)

Euh, je crois que c’est ce que les gens appellent communément une chance de tous les diables… Lolidragon levait toujours les yeux au ciel et me disait : Prince, c’est ridicule comme tu as une chance de tous les diables. En imaginant l’expression étonnée, avec sa mâchoire qui se décroche légèrement, je ne pus empêcher les coins de ma bouche de se relever.

« Hé, il est encore plus séduisant avec un sourire. » DanDan me fixait en bavant.

En entendant ça, j’effaçai automatiquement ce sourire, et la regardai un peu méchamment.

« Cette expression de colère n’est pas mal non plus », acquiescèrent Neurotic et DanDan avec acharnement. Ils soupirèrent tous les deux à l’unisson : « Ah, ce voyage en vaut réellement la chandelle. »

Je ne pus pas me retenir de lâcher à brûle pourpoint : « Je peux excuser l’attitude de DanDan, mais qu’est-ce qui cloche chez toi, Neurotic ? Tu ne réalises pas que je suis un gars ? »

Neurotic parla d’un ton détaché : « La beauté peut être appréciée par n’importe qui. Ma chérie et moi-même sommes tous les deux obsédés par la beauté, et c’est pourquoi nous avons uni nos efforts dans la recherche de la beauté ensemble ! Ce n’est pas différent cette fois, nous sommes venus jusqu’au Continent Central à la recherche des nymphes et de Celestial dans la Vallée des Nymphes Errantes, et bien sûr pour te trouver, toi, également. »

« Ce couple est dingue », dis-je en me grattant le visage, impuissant.

« Tu acceptes enfin de nous parler. Le risque d’être tués par les nymphes environnantes que nous combattions et te suivre avec persistance se révèle utile », s’exclama DanDan, très émue, en me regardant.

« Hmph ! » Je détournai le visage, ne leur accordant plus mon attention.

« Héhé, ainsi le fameux Elfe Sanguinaire s’avère être un grand garçon borné », rigola Neurotic.

« De qui tu parles, un grand garçon borné ? Je… » Pile quand j’allais balancer ma répartie, Doll poussa un cri d’alarme strident. J’eus à peine le temps d’apercevoir une sorte d’ombre blanche pendant un bref instant avant que Doll, qui me tenait encore la main une seconde auparavant, ne disparaisse sans laisser de trace !

Je cherchai dans pratiquement tout le passage. Pas loin de moi, je remarquai une personne possédant une tête androgyne envoûtante qui serrait Doll très fermement. Cette dernière avait le visage blême de peur.

« Magnifique… » Cette chose au genre ambigu murmura d’un ton hypnotisant, et eut même l’audace de coller sa langue sur la joue de Doll pour la lécher. Doll elle-même donnait l’impression d’avoir très envie de vomir, luttant vigoureusement pour s’enfuir des mains de ce pervers, mais sans grand succès.

Furieux, je m’apprêtais à charger vers eux, mais Neurotic attrapa ma main et m’arrêta. Je me tournai pour le fixer avec rage. Cependant, il regardait l’androgyne avec incertitude.

« Celestial ? » questionna Neurotic.

Il s’agit de Celestial ? Mon expression changea drastiquement. Je n’ai absolument aucune chance de gagner contre l’un des trois monstres les plus puissants, pervers ou non. Mais, Doll est entre ses mains maintenant…

Tandis que je réalisais ceci, mon humeur devint très sombre, puisque c’était entièrement de ma faute. Tout se serait bien passé si je n’avais pas emmené Doll dans la Vallée des Nymphes Errantes.

« Gente demoiselle, pourquoi ne deviendrais-tu pas mon épouse ? » proposa Celestial en frottant sa tête contre le visage de Doll.

Doll était pétrifiée par la peur. « Ouin ! Grand frère Prince, dépêche-toi de venir sauver Doll ! Doll est effrayée par cette personne. »

Fait chier ! Qui diable a créé ce pervers ? Il sait même comment harceler Doll sexuellement !

Je me tournai vers Neurotic et DanDan, les yeux implorants : « Je vous en supplie, les gars, aidez-moi à sauver ma coéquipière ! »

Neurotic se gratta l’arrière de la tête et déclara : « Pas de soucis ! DanDan et moi sommes spécifiquement venus défier Celestial de toute façon. »

DanDan rajouta même en riant, confiante : « Ne t’inquiète pas, Prince. Mon chéri est en fait un guerrier d’élite, placé neuvième dans le classement officiel. Il t’aidera assurément à sauver cette jolie fille. »

« Je ne suis rien comparé à toi, chérie. Tu es une invocatrice d’élite, classée cinquième », répliqua Neurotic, le visage empreint de respect.

Je sautai de joie. Il semblerait qu’on puisse sauver Doll après tout. « Dans ce cas, je vais compter sur votre aide à tous les deux. »

« Aucun souci ! » s’exclamèrent de concert Neurotic et DanDan.

Leurs expressions niaises furent remplacées par une contenance sérieuse. DanDan se mit à chanter plusieurs sortes d’incantations. Une armure vivante complète apparut, puis se sépara automatiquement et vint se monter d’elle-même sur le corps de Neurotic. Faisant tourniller sa grande épée en poussant un hurlement violent, ce dernier chargea en direction de Celestial. Je me hâtai à sortir mon Dao Noir et me ruai aussi sur Celestial.

« Ah. » Celestial ricana tout à coup avec mépris. Après avoir récité une phrase que je ne parvins par à saisir, une dizaine de nymphes à robe violette apparut subitement en comblant l’espace entre lui et nous.

Nous arrêtâmes tous de respirer sous la surprise. Neurotic et DanDan murmurèrent également en voyant cela : « Ça va faire mal. »

« Squelettes à l’armure de flamme, dépêchez-vous de venir à mon aide. » Même capturée, Doll n’était pas du genre à rester les bras croisés. Elle s’empressa d’invoquer ses squelettes.

« Une nécromancienne ? » La mâchoire de DanDan et Neurotic leur tomba, sous le choc.

En voyant qu’ils étaient abasourdis, je leur criai anxieusement : « Grouillez-vous de sauver Doll ! »

« Ok ! » Neurotic fit abstraction de ce qu’il voyait en entendant mon désespoir. Après avoir rugi bruyamment, il se lança dans un combat à la mêlée sans merci contre la dizaine de robes violettes. Avoir l’aide des squelettes à l’armure de flamme de Doll était une bonne chose. Ça rendait possible de les éliminer lentement une à une.

Je pouvais voir qu’une dizaine de robes violettes ne posait aucun problème à Neurotic, c’est pourquoi je me contentai de chercher une issue pour délivrer Doll. De son côté, DanDan était fidèle à sa réputation d’invocatrice classée officiellement au cinquième rang. En constatant mon intention de sauver Doll, elle invoqua également une femme des neiges. Cette dernière activa ses chaînes de glace pour tenter de mettre Celestial à terre, afin d’ainsi me permettre de sauver Doll avec succès.

« Chaînes de glace ! »

« Dissipation ! » renifla froidement Celestial avec dédain. À l’aide d’un seul mot, non seulement la chaîne de la femme des neiges se volatilisa, mais elle fut également frappée d’une immense contre-attaque, lui faisant cracher du sang.

Ignorant le fait que Celestial ne fût pas restreint, je me précipitai tout de même vers lui pour sauver Doll. Alors que j’atteignais presque Celestial, une forme blanche apparue brusquement devant moi, me frappant brutalement à la poitrine. L’impact fut si important que je volai en arrière, m’écrasant avec force contre un mur. Je crachai du sang frais comme je peinais à réprimer la douleur provenant de mon torse. Il me semblait avoir plusieurs côtes cassées.

« Grand frère Prince ! » cria Doll, désemparée.

DanDan fut également surprise et rappela la femme des neiges, effectuant une nouvelle invocation. Cette fois-ci, il s’agissait d’un Katana couvert de sang.

DanDan fixa furieusement Celestial, et hurla : « Voyons voir si tu arrives à gérer une invocation de niveau 95 : Lame de sang. » La Lame de Sang se balança à mi-hauteur, puis fila avec vélocité vers Celestial. C’est une bonne chose que Neurotic et DanDan ne soient pas mes ennemis ici… Je dégoulinais de sueur froide, tandis que j’observais l’aura démoniaque de la Lame de Sang trancher l’air.

La fureur de Celestial irradia, en même temps qu’il s’écriait avec colère : « Satin Céleste ! »

La chose blanche vola de nouveau, contrant la Lame de Sang. La seule différence était que je pouvais désormais la voir. Cela s’avéra être une bande de soie. La Lame de Sang et le Satin Céleste se préparaient au combat, chacun tentant d’atteindre le revers de l’autre. Lame de Sang essaya désespérément de couper le Satin Céleste en deux, mais, malheureusement, la capacité du Satin Céleste à se modifier, passant d’une fluidité flexible à une rigidité semblable à de l’acier, parait toutes les attaques de Lame de Sang.

« Perce ! » J’entendis soudainement l’ordre émanant de Celestial, et une seconde forme blanche s’élança en visant… DanDan ?

« Évite-le, DanDan ! » hurlai-je à pleins poumons, et la dégagea prestement du passage avec mon corps, comme le tissu blanc se plantait sans pitié dans mon épaule. Je grognai avec rudesse et dus tomber sur un genou.

« Chérie ? » Neurotic se retourna avec anxiété en entendant un gémissement de douleur. Quand il s’aperçut que DanDan était à terre et que j’étais gravement blessé, il se débarrassa des nymphes à robe violette avec une grande puissance. Il fonça vers nous et sortit une potion rouge pour raviver la santé afin de me la faire boire.

Sans Neurotic, la pression pesant sur les squelettes s’accrut grandement. Doll ne pouvait que diriger les squelettes pour retenir temporairement les attaques persistantes des nymphes à robe violette.

Celestial ricana à nouveau, récitant la même incantation que je n’avais pas réussi à comprendre plus tôt. Comme je le craignais, une dizaine de nouvelles nymphes à robes violettes surgirent devant nous. En incluant celles que Neurotic n’avait pas encore achevé, il y avait un total de dix-sept robes violettes. Nos quatre visages changèrent drastiquement d’expression.

Alors que la situation empirait à ce point, je me préparai. Je leur déclarai calmement : « Les gars, fuyez immédiatement. S’il s’agit de fuir, ça ne devrait pas être trop dur pour vous deux. »

« Et que comptes-tu faire ? » demanda Neurotic, confus.

« Je vais rester. Même si je dois mourir, je n’abandonnerai pas mes compagnons », affirmai-je, déterminé.

« Bien ! » Neurotic leva le pouce vers moi, et joua de sa lame. « Dans ce cas, dépêche-toi de finir ta potion, pour que nous puissions les charger ensemble. »

Étonné, je demandai : « Avec vous ? »

« Ne sois pas idiot. Moi, Neurotic, je n’abandonnerais jamais mes camarades, à moins de mourir en combattant. » Il rigola de tout son cœur.

Je fronçai les sourcils. « Nous ne sommes pas amis pourtant. »

« Ah, mon gars, ne t’embête pas avec des futilités ! Nous avons discuté, donc nous pouvons nous dire camarades à présent… » Avant que DanDan eût pu finir sa phrase, elle se tourna brusquement vers Celestial avec un frisson.

Cette fois, Doll laissa également échapper un cri d’étonnement. Je pivotai rapidement la tête et regardai, mais seulement pour voir Celestial qui tenait Doll dans ses bras et qui volait. Ce ne fut qu’à cet instant-là que je me rendis compte de la présence d’un cercle magique au plafond. D’après la direction que prenait CelestialNe me dites pas qu’il va passer à travers ? Sitôt cette pensée entrée dans ma tête, je me ruai vers Celestial et bondis de toute ma volonté, mais ne parvins pas à attraper ne serait-ce qu’un bout de vêtement. Celestial et Doll s’étaient déjà évanouis dans le portail…

« Doll ! »

Notes de bas de page

1 Cela conviendrait bien à des nymphes, étant d’aussi jolies créatures, de vivre dans une place enchantée comme celle-ci.

2 Celestial : (天仙). Cela signifie littéralement « Immortalité des cieux », mais également « beauté paradisiaque ».

3 Voler un monstre : Un terme de jeux en ligne décrivant la situation où un joueur porte le coup final sur un monstre et l’achève, recevant de ce fait tout le crédit alors que cet ennemi était déjà ciblé par un tiers. C’est une pratique assez mal vue, même s’il n’existe aucune règle en ce qui la concerne.

4 DanDan : Son nom (蛋蛋) signifie littéralement « œuf » ou « forme ovale ». Le nom chinois répète souvent un terme pour le renforcer.

5 Neurotic : Son nom (神经兮兮) signifie littéralement « ayant un désordre nerveux » mais est souvent utilisé pour décrire une personne « ultra-sensible, et réagit, ou prend offense de façon inattendue, à l’encontre de ce qui semblerait anodin ». Le manhua se réfère à lui en tant que « Wacko », mais l’équipe anglaise pense que Neurotic lui convient mieux et est plus proche de ce que l’écrivaine voulait dire. C’est aussi pourquoi l’équipe française l’a également gardé.

Invincible Partie 2 : L’Elfe Noir – Aldrizzt

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La Légende du Chevalier du Soleil – Histoires à Part

Roman d’origine en chinois par (Yu Wo)


Unbeatable Part 2: Dark Elf – Aldrizzt – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Invincible Partie 2 : L’Elfe Noir – Aldrizzt – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par Yukomin/Nocta

Il regarda à droite puis à gauche, mais ne vit pas ses bagages. Neo se rappela finalement que tout ce qu’il avait pris avec lui en partant était un paquet de rations déshydratées qu’il avait obtenu des cuisines. Il n’avait rien emmené d’autres, il ne pouvait donc évidemment pas avoir de bagages.

Dans une situation où il ne possédait aucun vêtement propre pour se changer, il n’avait pas d’autres choix que de remettre la tenue qu’il avait abandonnée. Ses habits empestaient la sueur et, comme il les avait jetés par terre sans y prêter attention, ils étaient maintenant couverts de terre.

Je dois remettre ces guenilles ? Neo afficha une expression pleine de dégoût. Mais, peu importe à quel point ses vêtements étaient dégoûtants et puants, les porter serait toujours mieux que se balader nu.

Avec un pied sur le bord, il venait juste de décider de remonter et de remettre ses vêtements sales, quand il entendit du bruit non loin de là. On percevait le bruissement des feuilles d’arbres, le claquement du métal contre du métal, et même des cris de personnes. En combinant les différents sons, on dirait que… un combat a lieu ?

Neo leva un sourcil et reposa ses vêtements sales. À la place, il ramassa son épée et retourna dans l’eau.

Peut-être que quelques personnes sont là pour me « donner » des vêtements. Même si leurs habits puent trop pour être portés, au moins ils auront des « bagages », non ?

Penser à cela mit Neo de bonne humeur. Il prit ainsi les choses tranquillement, tandis qu’il observait la situation se développer.

Le son du frottement des feuilles se faisait de plus en plus fort. Une seconde plus tard, un humain passa à toute vitesse entre les arbres et aboutit dans la clairière… Attendez, ce n’est pas un « humain ». Les yeux de Neo s’agrandirent légèrement.

Cette personne possédait en réalité une couronne de cheveux d’un blanc immaculé, une couleur très différente des cheveux blancs cendrés d’un vieil homme. Les cheveux de cette personne étaient blancs comme la neige, et cela semblait naturel, à la différence des cheveux grisonnants d’une vieille personne.

Dans la seconde suivante, il nota un trait encore plus remarquable. La peau de cet individu était d’une couleur presque noire.

Des cheveux blancs et la peau noire, une seule race au monde réunit ces traits.

Les elfes noirs.

L’individu sembla avoir remarqué Neo, mais il n’avait visiblement pas de temps à perdre pour porter attention à un humain dans un lac. Il se retourna immédiatement et avança lentement en jetant plusieurs sorts.

Les sorts ressemblaient à de grandes lames, mais celles-ci étaient à moitié transparentes. Alors que chaque sort lancé frappait un arbre, une entaille apparaissait immédiatement sur le tronc des arbres, et ces derniers se fendaient en deux là où ils étaient entaillés, comme s’ils avaient été coupés par une vraie lame.

Est que c’est Lame de Vent ? Ça ne semblait pas tout à fait exact, puisque Lame de Vent était un sort transparent et incolore, tandis que les lames de vents qu’il voyait avaient une légère coloration noire.

Est-ce une attaque de l’élément des ténèbres qui imite Lame de Vent ? Dans ce cas, je devrais l’appeler Lame de Ténèbres ! Neo haussa un sourcil. Même s’il était un chevalier, le sort Lame de Vent ne lui était pas inconnu… Son apprenti, Grisia, utilisait souvent ce sort comme d’un éventail, et la personne qu’il éventait avec ce sort était, avec une probabilité de 80-90 %, Neo lui-même.

Bien sûr, la puissance employée dans le but d’éventer était beaucoup plus faible, tellement faible qu’il lui aurait été difficile de couper une mèche de cheveux.

Après avoir jeté les sorts, l’elfe noir ne se détendit pas. Il déplaçait constamment ses pieds légèrement, et à chaque fois qu’il bougeait d’un pas, une petite flèche venait se planter dans le sol, à l’endroit où il se tenait auparavant

Hmm… Cet elfe noir sait comment se servir de sorts puissants. Il doit s’agir d’un mage, mais ses capacités physiques ne sont pas mal du tout ! À ce moment-là, tandis que Neo était appuyé sur le bord du lac en appréciant le spectacle, une flèche arriva par hasard droit sur lui. Il l’attrapa facilement et ouvrit sa main pour l’examiner de plus près. La flèche était petite mais très bien faite. Elle faisait seulement la longueur d’une main, mais le travail avait extrêmement été bien exécuté : la pointe de flèche était très aiguisée et l’empennage avait été particulièrement travaillé.

« Faites attention, la flèche est empoisonnée », cria l’elfe noir en se retournant brusquement.

L’elfe noir vient de me prévenir ?

Neo trouva cela un peu étrange, car les elfes noirs n’était pas une race bienveillante. En vérité, c’est une race plutôt connue. Tous les elfes noirs, des adultes aux jeunes enfants, les hommes autant que les femmes, sont sans exception mauvais et méprisables.

Mais, il s’avéra que l’elfe noir n’avait pas menti. À cet instant, Neo découvrit que, même s’il n’avait touché que l’axe de la flèche, son doigt commençait déjà à devenir violet.

Il félicita intérieurement ce poison. Quelle toxicité impressionnante ! Après cela, il appela un peu d’élément sacré et expulsa le poison. Même s’il avait perdu la faveur du Dieu de la Lumière, quelque chose d’aussi simple que de supprimer du poison n’était pas un problème de tout.

« L’antidote ! »

L’elfe noir courut subitement vers lui et jeta une petite bouteille à Neo. Il se tourna de nouveau pour faire face aux ennemis cachés dans les buissons.

Juste après qu’il se fût retourné, il laissa filtrer un grognement étouffé.

Neo l’observa et remarqua qu’une flèche avait percé le bras de l’elfe noir. De plus, l’elfe noir n’avait pas le temps de retirer la flèche, puisqu’il devait reculer de quelques pas afin d’esquiver la volée de flèches qui suivait.

Tout à coup – peut-être parce qu’ils avaient épuisé toutes leurs flèches, ou parce qu’ils avaient vu que l’elfe noir était touché – les ennemis cachés dans les buissons apparurent… Quoi ? Ce sont aussi des elfes noirs !

Il y en a quatre… non, cinq ? Trois d’entre eux transportaient des arbalètes minuscules, et les deux autres tenaient des rapières, ce qui suggérait que leurs professions étaient proches de celles de guerriers.

« Il semblerait que mon aventure ne soit pas si mal que ça ! Dès le début, je rencontre des elfes noirs qui sont des créatures extrêmement rares. Je n’ai jamais entendu parler de qui que ce soit ayant aperçu des elfes noirs durant les derniers siècles, et au moment où je les rencontre, je tombe sur un grand groupe ! » Neo contemplait la scène avec grand plaisir. Comme il avait un peu faim, il prit son sac de rations déshydratées et commença à les grignoter.

Cependant, il semblerait que l’elfe noir inhabituel n’avait plus d’espoir d’échapper à la mort. Non seulement il était empoisonné, mais il était aussi seul. En addition, c’était un mage au corps frêle.

Peu importe sous quel angle je considère la question, cet elfe est condamné ! De plus, il semble subir une bastonnade unilatérale et tenter de délayer l’heure de sa mort.

Les deux guerriers levèrent leurs rapières et sortirent des buissons. Malgré le fait qu’ils maintinssent une attitude vigilante, ils souriaient comme si leur plan avait déjà réussi, et qu’ils allaient facilement capturer le mage à l’instant suivant…

Les deux elfes noirs effectuèrent un pas en avant, mais une seconde plus tard les « deux » étaient devenus « un tas de morceaux ».

Oh ? Neo plissa les yeux et regarda attentivement la chair et le sang qui volaient dans tous les sens. Les coupures étaient très propres, il n’avait pas vu quel type d’attaque c’était, et la chair et le sang allèrent voler très haut et loin… Était-ce Lame de Ténèbres ?

Dans ce cas, d’où ces Lames de Ténèbres ont-elles été tirées ?

À l’instant, quand les archers avaient cessé de tirer, et que le groupe était sorti des buissons, le mage était déjà agenouillé sur le sol avec un air découragé à cause de la flèche empoisonnée. C’était pourquoi les deux guerriers avaient baissé leurs gardes, ce qui les avait menés à finir en morceaux en un instant… Ils étaient probablement morts avant même de réaliser qu’ils avaient été attaqués.

Les trois archers restants étaient clairement extrêmement alarmés et s’étaient tous figés sous le choc.

Le mage releva la tête et dit quelque chose dans la langue des elfes noirs.

Même si Neo ne put comprendre aucun mot, il parvint à deviner le sens global à partir de l’expression du mage… Ça ne devrait pas être très différent de « Vous êtes morts ».

Juste après cela, les trois archers furent coupés à la taille et tombèrent en six morceaux. Les coupures étaient aussi très nettes. Ces coupures ont probablement été causées par Lame de Ténèbres.

La magie n’était pas le point fort de Neo, donc il ne pouvait pas réellement comprendre comment le mage avait fait cela. Malgré tout, il se sentait terriblement curieux.

Tss, tss ! Neo ne put s’empêcher de penser, C’est dommage, si seulement Grisia était là ! Il pourrait définitivement m’expliquer ce qu’il s’est passé… De plus, il aurait probablement appris comment le faire ! Mais, en y repensant, laisser Grisia apprendre une magie aussi puissante n’est pas une si bonne chose au final.

Si mon élève devient fort, il ne sera plus aussi simple à intimider quand le Maître rentrera au Temple Sacré.

L’elfe noir se retourna et regarda Neo. Neo applaudit aussitôt généreusement en le félicitant : « Quel pouvoir incroyable ! Je n’ai jamais entendu parler d’un mage dispersant une escouade entière à lui tout seul. Tu n’es pas mauvais ! »

En entendant cela, l’elfe noir fixa précautionneusement l’humain dans le lac et tenta de demander : « Pouvez-vous me rendre la bouteille d’antidote, s’il-vous-plaît ? »

Au moins, il est poli. Neo renvoya la bouteille d’antidote. Au moment où l’elfe noir l’attrapa, il avala précipitamment l’antidote. Il arracha ensuite la petite flèche de son corps et la jeta au sol.

Après cela, il jaugea Neo. Même si l’elfe noir ne semblait plus être aussi méfiant qu’avant, il n’avait pas pour autant confiance. Avec une légère hésitation, il dit : « Vous… Je suis un elfe noir. »

« C’est vrai ! Tu es vraiment très sombre », dit Neo avec désinvolture. « Dans tous les cas, est-ce que tu as des vêtements de rechange ? Peux-tu m’en prêter des propres ? »

« … »

L’elfe noir fixa l’humain dans le lac. Une seconde plus tard, il s’évanouit.

 

 

Quand il rouvrit les yeux, Aldrizzt était absolument sûr qu’il allait se réveiller dans une prison ou un endroit similaire. Après tout, il était un elfe noir, et un humain se trouvait près de lui quand il n’avait pu plus en supporter davantage et s’était évanoui.

Les humains avaient toujours traité les elfes noirs comme une race maléfique. S’ils voyaient un elfe noir, ils ne le laisseraient pas partir facilement et tenteraient de le tuer sur-le-champ.

Le plus tragique dans tout ça c’était à quel point les humains avaient raison. Les elfes noirs étaient effectivement une race extrêmement maléfique, et personne ne comprenait mieux ce fait qu’Aldrizzt.

Pourquoi ne puis-je pas être comme tous les autres elfes noirs, et accepter le mal ? Si j’étais comme ça, les choses ne seraient-elles pas beaucoup plus simples ? songea Aldrizzt, un peu déprimé.

Mais, il savait que, si c’était si facile d’être maléfique, il n’aurait pas eu à devenir un traître et un fugitif aux yeux de son propre peuple. Ils ne lui avaient pas laissé d’autre choix que de s’échapper du monde souterrain et de remonter à la surface. Même ainsi, il n’avait pas su se débarrasser des elfes noirs à sa poursuite.

Vais-je vraiment être pourchassé toute ma vie, sans jamais être accepté par les gens des autres races ? Vais-je vivre le reste de mes jours en étant un fugitif solitaire ?

Aldrizzt se complut dans un auto-apitoiement pendant quelque temps…

« Les vêtements sont plutôt propres, mais tu es trop maigre, alors ils sont un peu serrés. »

Aldrizzt se figea un moment et releva brusquement la tête, seulement pour découvrir qu’il était cerné par la forêt… Il vit aussi un humain, et cet humain portait une des quelques tenues intactes qu’il lui restait.

Je ne suis pas en prison ?

L’humain s’assit et jeta négligemment un sac à Aldrizzt. Ce dernier l’ouvrit et réalisa que le sac était plein de rations déshydratées.

« Je vous en prie, rendez-moi mes vêtements… Il ne m’en reste pas beaucoup. » Les pensées d’Aldrizzt étaient confuses, puisqu’il ne comprenait pas ce que cet humain essayait de faire. Par contre, il comprenait tout de même la chose la plus importante.

Il n’était pas mesquin au point de refuser de se séparer de quelques vêtements, mais il avait encore de nombreux jours de voyage devant lui. Bien que les mages eussent toujours eu un grand potentiel pour gagner de l’argent, et donc qu’il ne manquerait pas d’aptitudes à employer pour s’enrichir et pourrait devenir un chasseur ou un mercenaire, il demeurait un elfe noir. Quoi qu’il fît, au moment où il serait aperçu par n’importe quel humain, il ne pourrait échapper au destin d’être pourchassé jusqu’à la mort.

Même entrer dans une ville pour acheter des vêtements était une mission impossible.

L’humain haussa les sourcils, indiquant qu’il n’avait pas la moindre intention de rendre les vêtements à Aldrizzt. Il dit seulement : « Mon nom est Neo. »

Aldrizzt répondit par réflexe : « Je suis Aldrizzt. »

Après avoir dit ça, il regarda les vêtements que Neo portait et se demanda s’il devait redemander leur restitution.

À ce moment-là, Neo lâcha mécontent : « Rien de grave, ce sont juste des vêtements. Je peux même te donner les miens ; il faut juste les laver, et ils seront mettables. Leur qualité est meilleure que celle des tiens d’ailleurs ! De toute façon, tu t’es évanoui à cause de la faim et de la fatigue, alors tu devrais manger quelque chose maintenant. »

Aldrizz réfléchit un instant et conclut qu’il n’avait pas besoin de s’énerver pour quelques vêtements, il commença ainsi simplement à manger. Dès le moment où les rations entrèrent dans sa bouche, il réalisa finalement à quel point il avait faim… Le groupe d’elfes noirs le traquait depuis trois jours, et en raison de cela il n’avait pas eu de temps pour chasser correctement pendant un total de trois jours.

Neo observait Aldrizzt manger avec un grand intérêt. Ce dernier fixait également Neo avec des yeux tout aussi curieux.

Leurs yeux se rencontrèrent, mais aucun des deux ne détourna le regard. Neo continua de scruter ouvertement l’autre personne, mais Aldrizzt sourit poliment et continua de manger ses rations déshydratées.

Des cheveux blancs, une peau noire et des yeux rouges. Même s’il portait un manteau à capuche, ce serait difficile de cacher les caractéristiques uniques d’un elfe noir. En réalité, il serait très difficile pour Aldrizzt de survivre à la surface, car la réputation des elfes noirs était établie à travers tout le continent.

Neo essaya de deviner avec enthousiasme pourquoi un elfe noir quitterait le monde souterrain pour venir à la surface. Est-il un criminel en fuite ? Ou n’a-t-il pas peur, parce que quelqu’un le couvre ? Hm… d’après le combat juste avant, il y a de plus fortes chances pour qu’il soit un criminel en fuite.

Parallèlement, Aldrizzt était aussi en train d’étudier Neo. Il ne pouvait pas estimer précisément l’âge d’un humain, et put uniquement supposer, d’après les cheveux dorés, les yeux bleus, et la peau presque vierge de rides de ce dernier, que Neo n’était pas très âgé.

Même s’il supposait que Neo ne fût pas très âgé, il sentait que Neo était un vétéran chevronné. Sa posture attentive et son regard aiguisé montraient tous deux que Neo n’était pas une personne à sous-estimer.

De plus, Neo prenait la posture élégante d’un aristocrate, et cette élégance était si naturelle qu’il paraissait être né avec. Cela conduisit l’elfe noir à le soupçonner fortement d’être un noble possédant un très haut statut.

Mais, quoi qu’il advînt, Neo n’était pas effrayé par lui. Aldrizzt était sûr de ce fait. Il se sentait plutôt excité, parce que, quoi que Neo pût escompter faire plus tard, au moins, Aldrizzt avait quelqu’un à qui parler… Combien de temps cela fait-il depuis la dernière fois que j’ai pu entretenir une vraie conversation avec une autre créature ?

Après avoir englouti rapidement la nourriture déshydratée, Aldrizzt ne put attendre plus longtemps et articula : « Bonjour, Neo. »

Neo haussa un sourcil, sourit, et copia malicieusement la façon de parler d’Aldrizzt : « Bonjour, Aldrizzt. »

Après avoir salué Neo, Aldrizzt ne savait pas vraiment comment continuer la conversation, mais soudain, il remarqua l’épée de Neo et lâcha : « Es-tu un guerrier ? »

« Je suis un chevalier. » Neo leva sa main et forma une petite bille d’élément sacré. Il ajouta : « Un chevalier sacré. »

« Un chevalier sacré ? » Maintenant, la curiosité d’Aldrizzt avait réellement été piquée.

Pour un elfe noir, un « chevalier sacré » était un travail qui n’existait que dans les légendes. Parmi son peuple, qui tendait vers une affinité avec l’élément des ténèbres, personne n’avait la possibilité de choisir une carrière liée à l’élément pur et sacré.

« Tu es un mage, n’est-ce pas ? » Neo ne put se retenir d’avantage et le questionna immédiatement : « Où diable as-tu caché ces Lames de Ténèbres, tout à l’heure ? »

« Lame de Ténèbres ? Tu veux dire %@#& ? Cela s’appelle-t-il Lame de Ténèbres dans le langage humain ? » Aldrizzt prononça quelque chose dans le langage des elfes noirs, et sourit ensuite. Il tendit la main, frappa le sol et répondit : « Je les ai cachés sous terre. »

Neo réalisa soudain ce qu’il s’était passé. Néanmoins, il y avait toujours quelque chose qu’il ne comprenait pas, donc il redemanda : « C’est possible que les guerriers aient été tranchés par des Lames de Ténèbres provenant du sol, mais les archers ont été coupés à la taille, alors il n’y a pas moyen qu’ils aient été tués par des Lames de Ténèbres cachées dans le sol ! L’angle est totalement incorrect ! »

Aldrizzt sourit à nouveau et répliqua : « C’est une forêt, Neo ! Hormis la terre, qu’est-ce qui est le plus abondant ? »

« Tu as caché les Lames de Ténèbres dans les arbres… Tu es doué. » Bien que Neo ne possédât pas une bonne compréhension de la magie, étant donné que son élève était meilleur en magie qu’à l’épée, il n’avait pas eu d’autres choix que d’apprendre beaucoup de choses sur la magie.

Cacher les Lames de Ténèbres sous terre et dans les arbres. Même si cela paraissait simple, la magie n’était pas quelque chose de très stable et devait être contrôlée avec précision pour que l’ennemi ne remarque rien. Par conséquent, cela ne pouvait pas avoir été une prouesse facile à accomplir.

Autrement, le Pape n’aurait pas fait cette expression classique – la mâchoire décrochée – quand il avait vu Grisia employer Lame de Vent comme d’un éventail.

« Quel mage ne voudrait pas s’éventer quand il fait très chaud ? Le problème est qu’une fois que tu perds le contrôle, inutile de penser à s’éventer, puisque tu auras séparé ta tête de ton corps ! Qui voudrait risquer sa vie, juste pour se rafraîchir ? »

Cependant, Grisia s’éventait depuis de nombreuses années, et n’avait pas encore été décapité. Depuis lors, Neo avait réalisé que son élève était un mage absolument brillant !

La chose tragique était le fait qu’il fût un chevalier sacré.

Aldrizzt observait Neo avec précaution, comme c’était le premier humain à avoir jamais discuté avec lui. Il découvrit que Neo était profondément plongé dans ses pensées et qu’il affichait une expression incompréhensible, comme s’il avait vu quelque chose de bizarre… Aldrizzt ne put s’empêcher de demander : « Ton expression est un peu étrange. Pourquoi donc ? »

« Je suis en deuil à cause de mon apprenti. »

Aldrizzt émit un son ressemblant à un « ah », et dit alors en s’excusant : « Je suis vraiment désolé, je ne savais pas que c’était quelque chose comme ça. Ton élève… devait être plutôt jeune, non ? C’est en effet regrettable. »

Neo haussa les épaules et répondit : « Il n’est plus si jeune que ça, puisqu’il a déjà vingt ans. »

« Vingt ? Alors quel âge as-tu ? » Aldrizzt était perplexe. Je me rappelle que les humains vivent au plus une centaine d’années, alors si l’élève de Neo a vingt ans, je suppose que Neo, le maître, devrait avoir au moins quarante ans ?

Neo eut un sourire resplendissant et proclama : « Trente ans. »

Même s’il sentait que quelque chose clochait dans cette affirmation, Aldrizzt ne connaissait pas grand-chose aux humains. Tout ce qu’il savait provenait des livres, alors il ne trouva rien d’étrange à ce qu’un étudiant et un maître eussent une différence d’âge de seulement dix ans.

« Pour les humains, une personne de vingt ans n’est en effet plus considérée comme un enfant, mais c’est quand même trop tôt pour rendre l’âme. Quel dommage. »

« …Qui est mort ? » Neo était stupéfait.

En entendant cela, Aldrizzt était aussi déconcerté. Il dit, un peu incertain : « Ton élève ? »

Le regard de Néo se vida pendant un moment. Puis, tout à coup, il éclata de rire, devenant de plus en plus bruyant jusqu’à ce que, en fin de compte, il se tînt le ventre en hurlant de façon hystérique. Il rigolait si fort qu’il pouvait à peine parler. « G-Grisia, il… il est vivant et va bien. A-avec la quantité d’élément sacré qu’il possède, n’importe qui peut mourir, sauf lui ! »

« Mais, n’étais-tu pas en deuil pour lui ? » Aldrizzt avait l’air plutôt déconcerté.

Neo rit bruyamment en disant : « C’est… c’est pour son travail que je fais mon deuil ! »

« Travail ? » Aldrizzt en fut encore plus confus. Pourquoi faudrait-il faire un deuil à propos d’un travail ?

À l’instant où il songea au métier de son élève, Neo cessa de rire. C’était tellement tragique qu’il ne pouvait en rire même s’il le voulait. Il avoua, un peu sombre : « Mon élève est un mage de génie. »

Et alors ? N’est-ce pas une bonne chose ? Aldrizzt en fut encore plus perturbé. Voyant cela, Neo tapota son épée pour rappeler à l’elfe noir sa profession.

Aldrizzt eut un regard vide pendant un moment avant de se rappeler que Neo était un chevalier sacré. L’élève d’un chevalier sacré est un mage de génie ?

« Il… y a vraiment de quoi s’attrister. »

Bien qu’il eût dit cela, Aldrizzt avait plutôt envie de rigoler. Comment un chevalier sacré peut-il entrainer un mage ?

« De quoi ris-tu ? » Neo roula des yeux et ajouta sèchement, mécontent : « Il se fait tard, alors dépêche-toi de manger les rations restantes. Nous allons trouver une cité et enregistrer notre groupe. »

« Groupe ? » s’enquit Aldrizzt, sans comprendre.

« Exactement ! » répondit Neo tranquillement « Un groupe avec un elfe noir et un humain… Appelons-le : l’Escouade des Humains Noirs ! Comment est-ce que ça sonne ? »

Horrible ! pensa Aldrizzt par réflexe. Mais, peu après, il se figea quelque temps … Qu’est-ce que je viens d’entendre ?

Un humain m’invite à devenir son compagnon ? Il devint silencieux pendant un moment. Bien qu’il en fût un peu heureux, il était surtout soupçonneux.

« Pourquoi moi ? Je suis un elfe noir. »

C’est amusant justement parce que tu es un elfe noir. Neo haussa les épaules et déclara : « Considère-toi comme chanceux ! À la base, je ne voulais pas trouver de compagnon, mais je n’ai pas d’autres choix, puisque j’ai oublié de prendre mes bagages quand je suis parti ! Du coup, je dois trouver un compagnon qui en possède. »

Ce ne serait pas plus simple d’aller chercher tes bagages ? Même si Aldrizzt voulait réfuter son argument, il n’osa pas le faire, de peur que Neo retournât réellement chercher ses bagages, plutôt que de chercher un compagnon qui en possédât.

Pour un elfe noir qui avait échappé à sa propre race et qui errait à la surface, un humain qui était d’accord pour discuter avec lui était extrêmement précieux. Par conséquent, il ne désirait pas abandonner ce compagnon. Même si celui-ci avait d’autres motivations, tant qu’il n’avait pas l’intention de le blesser, Aldrizzt pouvait fermer les yeux sur ça.

« Dans ce cas, je compte sur toi, Neo. »

Neo haussa un sourcil et répondit : « Je compte sur toi, également. »

 

 

Puisqu’Aldrizzt était là, Neo ne pouvait plus courir toute la journée comme il avait fait précédemment. Par conséquent, la vitesse à laquelle ils voyageaient n’était pas très élevée, et ils ne sortirent pas de la forêt même après une journée entière de marche.

Quand la nuit tomba, ils n’eurent pas d’autre choix que de s’arrêter de marcher. Ils décidèrent de passer la nuit dans la forêt.

Aldrizzt demanda poliment : « Neo, si ça ne te dérange pas trop, pourrais-tu démarrer un feu s’il-te-plait. Je vais aller chercher des herbes sèches pour faire un lit. »

« Démarrer un feu ? » Neo leva un sourcil et répliqua naturellement : « N’est-ce pas le travail du mage ? »

Dans le monde des elfes noirs, les tâches physiques revenaient toujours aux guerriers, mais… il se trouvait à présent dans le monde des humains… Peut-être que dans le monde des humains, faire un feu est le travail du mage ?

Bien qu’il fût à la base un mage des ténèbres, et qu’il lui était donc plus aisé d’appeler l’élément des ténèbres, rassembler l’élément du feu pour démarrer un feu ne posait pas un problème.

Mais, même s’il employait la magie, il avait tout de même besoin d’un combustible. Aldrizzt se leva et se résigna à aller chercher des branches sèches pour démarrer un feu quand, derrière lui, Neo cria : « Oh, et après avoir démarré un feu, aide-moi à laver mes vêtements. »

En voyant l’expression stupéfaite d’Aldrizzt, Neo ouvrit ses mains innocemment et expliqua : « Si tu laves mes vêtements pour que je puisse les mettre demain, alors je pourrai te rendre les tiens ! »

« … »

Même si cela avait l’air raisonnable, quelque chose semblait clocher. J’ai dû prêter mes vêtements propres à Neo, et maintenant je dois laver ses vêtements sales pour qu’il puisse me rendre mes vêtements salis ?

Malgré le fait que ce fût complètement déraisonnable, cela ne dérangeait pas Aldrizzt de laver les vêtements, comme Neo était actuellement la seule personne avec qui il pouvait entretenir une conversation décente.

Avec le sentiment que laver les vêtements des autres une fois ou deux fois était inoffensif, Aldrizzt acquiesça.

 

 

« Merci ! »

Aldrizzt attrapa les vêtements sales que Neo lui avait lancés, inexpressif, pendant que ce dernier se vautrait dans le lit qu’Aldrizzt avait fabriqué, mangeait le gibier qu’Aldrizzt avait chassé et cuit, tout cela en étant très détendu, puisqu’il avait laissé tout le travail à Aldrizzt…

Mais, Aldrizzt ne pouvait rien y redire, vu que ce n’était pas parce que Neo était trop paresseux pour faire quelque chose. C’était juste que :

Neo avait appris comment démarrer un feu, mais il ne devait jamais démarrer un feu, car toute la forêt brûlerait s’il le faisait.

Neo savait comment chasser, mais il ne devait jamais chasser, car il se perdrait au point de ne jamais rentrer.

Neo s’était porté volontaire pour laver les vêtements à tour de rôle avec Aldrizzt, mais il ne devait jamais laver des vêtements, car ceux-ci se transformeraient en guenilles après avoir été lavés par lui.

Neo avait aussi essayé de cuisiner, mais il ne devait simplement jamais cuisiner, car, à part de la nourriture à moitié cuite ou du charbon, il ne pouvait pas cuisiner quelque chose qu’un humain et un elfe noir accepteraient de manger.

Tout cela ne dérangeait pas vraiment Aldrizzt. D’ailleurs, que Neo fût là ou non, il devrait quand même allumer un feu, cuisiner de quoi manger et nettoyer des vêtements. Maintenant, il devait juste laver un ensemble de vêtements supplémentaire.

Néanmoins, pour Aldrizzt le pire était : Pourquoi Neo ne connait-il pas la direction dans laquelle nous devons aller pour rejoindre une cité ? Il n’arrive même pas à se rappeler de la direction de la ville dans laquelle il a vécu pendant quarante ans !

Par conséquent, même si Aldrizzt pouvait se servir de la position des corps célestes et de la façon dont la forêt poussait pour déterminer la direction … c’était totalement inutile ! Après tout, ils ignoraient dans quelle direction ils trouveraient une ville.

Aldrizzt n’eut pas d’autres choix que de choisir une direction au hasard et de traverser la forêt. La première fois qu’ils en étaient sortis, ils s’étaient retrouvés en haut d’une falaise. Je me suis même fait réprimander par Neo pour ne pas savoir voler, malgré le fait que je sois un mage ! Après s’être fait réprimandé par Neo, il avait été obligé de commencer à étudier le Sort de Vol.

La deuxième fois, il décida de traverser entièrement la forêt et de sortir par la direction opposée mais, parvenu à la moitié du trajet, il découvrit que la forêt profonde était un territoire elfique. Bien qu’« elfe » et « elfe noir » contiennent tous les deux le mot « elfe », il y avait un conflit sanglant qui opposait les membres deux races.  Au moment où l’une rencontrerait l’autre, leurs membres se battraient très probablement jusqu’à la mort. Donc, s’il osait mettre un pied en territoire elfique, il serait définitivement transformé en oursin par les maîtres-archers elfes.

La troisième fois qu’ils essayèrent de sortir de la forêt, ils virent un désert. Aldrizzt commençait sérieusement à se demander s’il expérimentait présentement une phase de malchance, ou si Neo portait tout simplement la poisse.

« Tss, Tss ! Nous nous sommes encore trompés de chemin ? » déclara froidement Neo. « Non pas que je tienne à le dire, Aldrizzt, mais pourquoi la route que tu choisis est-elle toujours la mauvaise ? »

Quand il entendit les mots de Neo, Aldrizzt ne put finalement en supporter davantage. Il se tourna et hurla sur son compagnon, qui ne savait rien faire d’autre que des remarques cyniques : « Comment oses-tu dire ça !? Comment se fait-il que ne connaisses même pas la direction de la cité dans laquelle tu as vécu pendant quarante ans … Attends, tu as dit que tu as vécu à la Cité du Bourgeon pendant quarante ans ? »

Il avait finalement trouvé la contradiction. Suspicieux, il grogna : « N’as-tu pas affirmé que tu avais seulement trente ans ? »

« C’est complètement sans importance ! » Neo changea immédiatement de sujet et souligna : « La chose importante est : qu’allons-nous faire maintenant ? »

« Je ne sais pas non plus », avoua Aldrizzt, extrêmement découragé.

Neo souleva un sourcil et demanda : « Si on essaye d’aller dans chacune des directions, on finira bien par trouver un chemin pour sortir d’ici, non ? »

Aldrizzt se figea un instant, puis hocha la tête.

« Alors, il n’y a rien à craindre », dit Neo tranquillement. « Après tout, je ne suis pas pressé, et toi ? »

Aldrizzt secoua la tête. Si même l’humain, Neo, n’est pas pressé, alors, étant un elfe noir dont l’espérance de vie est cinq à six fois supérieure à celle d’un humain, comme puis-je être pressé ?

« Y a-t-il quelque chose que tu veuilles faire ? » demanda encore Neo, pour confirmer.

Comme la seule chose qu’il désirait était d’échapper à la traque de son peuple, Aldrizzt secoua la tête une nouvelle fois.

« Alors, même si nous ne pouvons pas sortir de la forêt, pourquoi paniquer ? » Neo haussa les épaules et ajouta : « Dans tous les cas, si on continue à arpenter la forêt de long en large, on finira par trouver un moyen de sortir ! »

En entendant Neo dire cela et en voyant sa posture décontractée indiquant que cela ne le gênait pas du tout, Aldrizzt se sentit brusquement très mesquin. Neo a raison. Que va-t-il se passer si on ne parvient pas à sortir de la forêt ? Pour un elfe noir comme moi, une forêt est probablement beaucoup plus accueillante qu’une cité, puisque les arbres, l’herbe et les fleurs n’éprouvent aucun préjugé contre les elfes noirs.

Comparé à quelques temps auparavant, quand il était un elfe solitaire, il avait maintenant quelqu’un à qui parler, donc sa situation actuelle était bien meilleure que lorsqu’il s’était échappé seul… même s’il devait aider son bon-à-rien de compagnon à laver ses vêtements, chasser, cuisiner et faire les lits. Si Neo ne l’appelait pas en permanence par le mot « compagnon », il aurait définitivement songé qu’il était son serviteur.

Pourtant, comparé à une solitude sans fin, Aldrizzt préférait de loin à moitié s’énerver à mort contre Neo tous les jours.

Après avoir considéré tout cela, Aldrizzt cessa de paniquer. Il demanda même à son compagnon d’un ton blasé : « À partir de maintenant, allons-nous seulement marcher et nous balader au hasard, sans aucun objectif spécifique ? »

« Évidemment qu’il y a des objectifs », dit Neo. « J’ai beaucoup d’objectifs. »

Oh ? Curieux, Aldrizzt l’interrogea : « Quels sont tes objectifs ? »

« Mes objectifs ? Laisse-moi réfléchir… » Neo donna une liste détaillée de ses objectifs en ajoutant : « J’ai entendu dire qu’il y a beaucoup de maîtres-archers parmi les elfes, donc je pense que ce serait bien d’en dénicher un pour rejoindre notre groupe ? »

Ignores-tu réellement que les elfes et les elfes noirs comme moi sont des ennemis jurés ?

Aldrizzt était quelque peu déprimé. Peut-être que la raison pour laquelle Neo ne montre aucune discrimination envers les elfes noirs est simplement parce qu’il n’a pas la moindre idée du genre de caractère qu’ils possèdent ?

« Aussi, je n’ai jamais quitté le Royaume du Son Oublié avant, alors je veux aller visiter d’autres pays. »

Ça peut être fait facilement.

« Ça semble être un peu difficile de combattre un dragon, donc je vais laisser ça pour plus tard. »

… Donc, tu as conscience que combattre un dragon est « un peu » difficile ?

« Oh ! Entre le Fils du Dieu de la Guerre du Monastère du Dieu de la Guerre et l’Aigle Silencieux de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre, contre qui devrais-je me battre en premier ? »

« … »

Aldrizzt commença à se demander si être un elfe noir solitaire n’était pas une si mauvaise chose après tout.

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