Invincible Partie 2 : L’Elfe Noir – Aldrizzt

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La Légende du Chevalier du Soleil – Histoires à Part

Roman d’origine en chinois par (Yu Wo)


Unbeatable Part 2: Dark Elf – Aldrizzt – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Invincible Partie 2 : L’Elfe Noir – Aldrizzt – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par Yukomin/Nocta

Il regarda à droite puis à gauche, mais ne vit pas ses bagages. Neo se rappela finalement que tout ce qu’il avait pris avec lui en partant était un paquet de rations déshydratées qu’il avait obtenu des cuisines. Il n’avait rien emmené d’autres, il ne pouvait donc évidemment pas avoir de bagages.

Dans une situation où il ne possédait aucun vêtement propre pour se changer, il n’avait pas d’autres choix que de remettre la tenue qu’il avait abandonnée. Ses habits empestaient la sueur et, comme il les avait jetés par terre sans y prêter attention, ils étaient maintenant couverts de terre.

Je dois remettre ces guenilles ? Neo afficha une expression pleine de dégoût. Mais, peu importe à quel point ses vêtements étaient dégoûtants et puants, les porter serait toujours mieux que se balader nu.

Avec un pied sur le bord, il venait juste de décider de remonter et de remettre ses vêtements sales, quand il entendit du bruit non loin de là. On percevait le bruissement des feuilles d’arbres, le claquement du métal contre du métal, et même des cris de personnes. En combinant les différents sons, on dirait que… un combat a lieu ?

Neo leva un sourcil et reposa ses vêtements sales. À la place, il ramassa son épée et retourna dans l’eau.

Peut-être que quelques personnes sont là pour me « donner » des vêtements. Même si leurs habits puent trop pour être portés, au moins ils auront des « bagages », non ?

Penser à cela mit Neo de bonne humeur. Il prit ainsi les choses tranquillement, tandis qu’il observait la situation se développer.

Le son du frottement des feuilles se faisait de plus en plus fort. Une seconde plus tard, un humain passa à toute vitesse entre les arbres et aboutit dans la clairière… Attendez, ce n’est pas un « humain ». Les yeux de Neo s’agrandirent légèrement.

Cette personne possédait en réalité une couronne de cheveux d’un blanc immaculé, une couleur très différente des cheveux blancs cendrés d’un vieil homme. Les cheveux de cette personne étaient blancs comme la neige, et cela semblait naturel, à la différence des cheveux grisonnants d’une vieille personne.

Dans la seconde suivante, il nota un trait encore plus remarquable. La peau de cet individu était d’une couleur presque noire.

Des cheveux blancs et la peau noire, une seule race au monde réunit ces traits.

Les elfes noirs.

L’individu sembla avoir remarqué Neo, mais il n’avait visiblement pas de temps à perdre pour porter attention à un humain dans un lac. Il se retourna immédiatement et avança lentement en jetant plusieurs sorts.

Les sorts ressemblaient à de grandes lames, mais celles-ci étaient à moitié transparentes. Alors que chaque sort lancé frappait un arbre, une entaille apparaissait immédiatement sur le tronc des arbres, et ces derniers se fendaient en deux là où ils étaient entaillés, comme s’ils avaient été coupés par une vraie lame.

Est que c’est Lame de Vent ? Ça ne semblait pas tout à fait exact, puisque Lame de Vent était un sort transparent et incolore, tandis que les lames de vents qu’il voyait avaient une légère coloration noire.

Est-ce une attaque de l’élément des ténèbres qui imite Lame de Vent ? Dans ce cas, je devrais l’appeler Lame de Ténèbres ! Neo haussa un sourcil. Même s’il était un chevalier, le sort Lame de Vent ne lui était pas inconnu… Son apprenti, Grisia, utilisait souvent ce sort comme d’un éventail, et la personne qu’il éventait avec ce sort était, avec une probabilité de 80-90 %, Neo lui-même.

Bien sûr, la puissance employée dans le but d’éventer était beaucoup plus faible, tellement faible qu’il lui aurait été difficile de couper une mèche de cheveux.

Après avoir jeté les sorts, l’elfe noir ne se détendit pas. Il déplaçait constamment ses pieds légèrement, et à chaque fois qu’il bougeait d’un pas, une petite flèche venait se planter dans le sol, à l’endroit où il se tenait auparavant

Hmm… Cet elfe noir sait comment se servir de sorts puissants. Il doit s’agir d’un mage, mais ses capacités physiques ne sont pas mal du tout ! À ce moment-là, tandis que Neo était appuyé sur le bord du lac en appréciant le spectacle, une flèche arriva par hasard droit sur lui. Il l’attrapa facilement et ouvrit sa main pour l’examiner de plus près. La flèche était petite mais très bien faite. Elle faisait seulement la longueur d’une main, mais le travail avait extrêmement été bien exécuté : la pointe de flèche était très aiguisée et l’empennage avait été particulièrement travaillé.

« Faites attention, la flèche est empoisonnée », cria l’elfe noir en se retournant brusquement.

L’elfe noir vient de me prévenir ?

Neo trouva cela un peu étrange, car les elfes noirs n’était pas une race bienveillante. En vérité, c’est une race plutôt connue. Tous les elfes noirs, des adultes aux jeunes enfants, les hommes autant que les femmes, sont sans exception mauvais et méprisables.

Mais, il s’avéra que l’elfe noir n’avait pas menti. À cet instant, Neo découvrit que, même s’il n’avait touché que l’axe de la flèche, son doigt commençait déjà à devenir violet.

Il félicita intérieurement ce poison. Quelle toxicité impressionnante ! Après cela, il appela un peu d’élément sacré et expulsa le poison. Même s’il avait perdu la faveur du Dieu de la Lumière, quelque chose d’aussi simple que de supprimer du poison n’était pas un problème de tout.

« L’antidote ! »

L’elfe noir courut subitement vers lui et jeta une petite bouteille à Neo. Il se tourna de nouveau pour faire face aux ennemis cachés dans les buissons.

Juste après qu’il se fût retourné, il laissa filtrer un grognement étouffé.

Neo l’observa et remarqua qu’une flèche avait percé le bras de l’elfe noir. De plus, l’elfe noir n’avait pas le temps de retirer la flèche, puisqu’il devait reculer de quelques pas afin d’esquiver la volée de flèches qui suivait.

Tout à coup – peut-être parce qu’ils avaient épuisé toutes leurs flèches, ou parce qu’ils avaient vu que l’elfe noir était touché – les ennemis cachés dans les buissons apparurent… Quoi ? Ce sont aussi des elfes noirs !

Il y en a quatre… non, cinq ? Trois d’entre eux transportaient des arbalètes minuscules, et les deux autres tenaient des rapières, ce qui suggérait que leurs professions étaient proches de celles de guerriers.

« Il semblerait que mon aventure ne soit pas si mal que ça ! Dès le début, je rencontre des elfes noirs qui sont des créatures extrêmement rares. Je n’ai jamais entendu parler de qui que ce soit ayant aperçu des elfes noirs durant les derniers siècles, et au moment où je les rencontre, je tombe sur un grand groupe ! » Neo contemplait la scène avec grand plaisir. Comme il avait un peu faim, il prit son sac de rations déshydratées et commença à les grignoter.

Cependant, il semblerait que l’elfe noir inhabituel n’avait plus d’espoir d’échapper à la mort. Non seulement il était empoisonné, mais il était aussi seul. En addition, c’était un mage au corps frêle.

Peu importe sous quel angle je considère la question, cet elfe est condamné ! De plus, il semble subir une bastonnade unilatérale et tenter de délayer l’heure de sa mort.

Les deux guerriers levèrent leurs rapières et sortirent des buissons. Malgré le fait qu’ils maintinssent une attitude vigilante, ils souriaient comme si leur plan avait déjà réussi, et qu’ils allaient facilement capturer le mage à l’instant suivant…

Les deux elfes noirs effectuèrent un pas en avant, mais une seconde plus tard les « deux » étaient devenus « un tas de morceaux ».

Oh ? Neo plissa les yeux et regarda attentivement la chair et le sang qui volaient dans tous les sens. Les coupures étaient très propres, il n’avait pas vu quel type d’attaque c’était, et la chair et le sang allèrent voler très haut et loin… Était-ce Lame de Ténèbres ?

Dans ce cas, d’où ces Lames de Ténèbres ont-elles été tirées ?

À l’instant, quand les archers avaient cessé de tirer, et que le groupe était sorti des buissons, le mage était déjà agenouillé sur le sol avec un air découragé à cause de la flèche empoisonnée. C’était pourquoi les deux guerriers avaient baissé leurs gardes, ce qui les avait menés à finir en morceaux en un instant… Ils étaient probablement morts avant même de réaliser qu’ils avaient été attaqués.

Les trois archers restants étaient clairement extrêmement alarmés et s’étaient tous figés sous le choc.

Le mage releva la tête et dit quelque chose dans la langue des elfes noirs.

Même si Neo ne put comprendre aucun mot, il parvint à deviner le sens global à partir de l’expression du mage… Ça ne devrait pas être très différent de « Vous êtes morts ».

Juste après cela, les trois archers furent coupés à la taille et tombèrent en six morceaux. Les coupures étaient aussi très nettes. Ces coupures ont probablement été causées par Lame de Ténèbres.

La magie n’était pas le point fort de Neo, donc il ne pouvait pas réellement comprendre comment le mage avait fait cela. Malgré tout, il se sentait terriblement curieux.

Tss, tss ! Neo ne put s’empêcher de penser, C’est dommage, si seulement Grisia était là ! Il pourrait définitivement m’expliquer ce qu’il s’est passé… De plus, il aurait probablement appris comment le faire ! Mais, en y repensant, laisser Grisia apprendre une magie aussi puissante n’est pas une si bonne chose au final.

Si mon élève devient fort, il ne sera plus aussi simple à intimider quand le Maître rentrera au Temple Sacré.

L’elfe noir se retourna et regarda Neo. Neo applaudit aussitôt généreusement en le félicitant : « Quel pouvoir incroyable ! Je n’ai jamais entendu parler d’un mage dispersant une escouade entière à lui tout seul. Tu n’es pas mauvais ! »

En entendant cela, l’elfe noir fixa précautionneusement l’humain dans le lac et tenta de demander : « Pouvez-vous me rendre la bouteille d’antidote, s’il-vous-plaît ? »

Au moins, il est poli. Neo renvoya la bouteille d’antidote. Au moment où l’elfe noir l’attrapa, il avala précipitamment l’antidote. Il arracha ensuite la petite flèche de son corps et la jeta au sol.

Après cela, il jaugea Neo. Même si l’elfe noir ne semblait plus être aussi méfiant qu’avant, il n’avait pas pour autant confiance. Avec une légère hésitation, il dit : « Vous… Je suis un elfe noir. »

« C’est vrai ! Tu es vraiment très sombre », dit Neo avec désinvolture. « Dans tous les cas, est-ce que tu as des vêtements de rechange ? Peux-tu m’en prêter des propres ? »

« … »

L’elfe noir fixa l’humain dans le lac. Une seconde plus tard, il s’évanouit.

 

 

Quand il rouvrit les yeux, Aldrizzt était absolument sûr qu’il allait se réveiller dans une prison ou un endroit similaire. Après tout, il était un elfe noir, et un humain se trouvait près de lui quand il n’avait pu plus en supporter davantage et s’était évanoui.

Les humains avaient toujours traité les elfes noirs comme une race maléfique. S’ils voyaient un elfe noir, ils ne le laisseraient pas partir facilement et tenteraient de le tuer sur-le-champ.

Le plus tragique dans tout ça c’était à quel point les humains avaient raison. Les elfes noirs étaient effectivement une race extrêmement maléfique, et personne ne comprenait mieux ce fait qu’Aldrizzt.

Pourquoi ne puis-je pas être comme tous les autres elfes noirs, et accepter le mal ? Si j’étais comme ça, les choses ne seraient-elles pas beaucoup plus simples ? songea Aldrizzt, un peu déprimé.

Mais, il savait que, si c’était si facile d’être maléfique, il n’aurait pas eu à devenir un traître et un fugitif aux yeux de son propre peuple. Ils ne lui avaient pas laissé d’autre choix que de s’échapper du monde souterrain et de remonter à la surface. Même ainsi, il n’avait pas su se débarrasser des elfes noirs à sa poursuite.

Vais-je vraiment être pourchassé toute ma vie, sans jamais être accepté par les gens des autres races ? Vais-je vivre le reste de mes jours en étant un fugitif solitaire ?

Aldrizzt se complut dans un auto-apitoiement pendant quelque temps…

« Les vêtements sont plutôt propres, mais tu es trop maigre, alors ils sont un peu serrés. »

Aldrizzt se figea un moment et releva brusquement la tête, seulement pour découvrir qu’il était cerné par la forêt… Il vit aussi un humain, et cet humain portait une des quelques tenues intactes qu’il lui restait.

Je ne suis pas en prison ?

L’humain s’assit et jeta négligemment un sac à Aldrizzt. Ce dernier l’ouvrit et réalisa que le sac était plein de rations déshydratées.

« Je vous en prie, rendez-moi mes vêtements… Il ne m’en reste pas beaucoup. » Les pensées d’Aldrizzt étaient confuses, puisqu’il ne comprenait pas ce que cet humain essayait de faire. Par contre, il comprenait tout de même la chose la plus importante.

Il n’était pas mesquin au point de refuser de se séparer de quelques vêtements, mais il avait encore de nombreux jours de voyage devant lui. Bien que les mages eussent toujours eu un grand potentiel pour gagner de l’argent, et donc qu’il ne manquerait pas d’aptitudes à employer pour s’enrichir et pourrait devenir un chasseur ou un mercenaire, il demeurait un elfe noir. Quoi qu’il fît, au moment où il serait aperçu par n’importe quel humain, il ne pourrait échapper au destin d’être pourchassé jusqu’à la mort.

Même entrer dans une ville pour acheter des vêtements était une mission impossible.

L’humain haussa les sourcils, indiquant qu’il n’avait pas la moindre intention de rendre les vêtements à Aldrizzt. Il dit seulement : « Mon nom est Neo. »

Aldrizzt répondit par réflexe : « Je suis Aldrizzt. »

Après avoir dit ça, il regarda les vêtements que Neo portait et se demanda s’il devait redemander leur restitution.

À ce moment-là, Neo lâcha mécontent : « Rien de grave, ce sont juste des vêtements. Je peux même te donner les miens ; il faut juste les laver, et ils seront mettables. Leur qualité est meilleure que celle des tiens d’ailleurs ! De toute façon, tu t’es évanoui à cause de la faim et de la fatigue, alors tu devrais manger quelque chose maintenant. »

Aldrizz réfléchit un instant et conclut qu’il n’avait pas besoin de s’énerver pour quelques vêtements, il commença ainsi simplement à manger. Dès le moment où les rations entrèrent dans sa bouche, il réalisa finalement à quel point il avait faim… Le groupe d’elfes noirs le traquait depuis trois jours, et en raison de cela il n’avait pas eu de temps pour chasser correctement pendant un total de trois jours.

Neo observait Aldrizzt manger avec un grand intérêt. Ce dernier fixait également Neo avec des yeux tout aussi curieux.

Leurs yeux se rencontrèrent, mais aucun des deux ne détourna le regard. Neo continua de scruter ouvertement l’autre personne, mais Aldrizzt sourit poliment et continua de manger ses rations déshydratées.

Des cheveux blancs, une peau noire et des yeux rouges. Même s’il portait un manteau à capuche, ce serait difficile de cacher les caractéristiques uniques d’un elfe noir. En réalité, il serait très difficile pour Aldrizzt de survivre à la surface, car la réputation des elfes noirs était établie à travers tout le continent.

Neo essaya de deviner avec enthousiasme pourquoi un elfe noir quitterait le monde souterrain pour venir à la surface. Est-il un criminel en fuite ? Ou n’a-t-il pas peur, parce que quelqu’un le couvre ? Hm… d’après le combat juste avant, il y a de plus fortes chances pour qu’il soit un criminel en fuite.

Parallèlement, Aldrizzt était aussi en train d’étudier Neo. Il ne pouvait pas estimer précisément l’âge d’un humain, et put uniquement supposer, d’après les cheveux dorés, les yeux bleus, et la peau presque vierge de rides de ce dernier, que Neo n’était pas très âgé.

Même s’il supposait que Neo ne fût pas très âgé, il sentait que Neo était un vétéran chevronné. Sa posture attentive et son regard aiguisé montraient tous deux que Neo n’était pas une personne à sous-estimer.

De plus, Neo prenait la posture élégante d’un aristocrate, et cette élégance était si naturelle qu’il paraissait être né avec. Cela conduisit l’elfe noir à le soupçonner fortement d’être un noble possédant un très haut statut.

Mais, quoi qu’il advînt, Neo n’était pas effrayé par lui. Aldrizzt était sûr de ce fait. Il se sentait plutôt excité, parce que, quoi que Neo pût escompter faire plus tard, au moins, Aldrizzt avait quelqu’un à qui parler… Combien de temps cela fait-il depuis la dernière fois que j’ai pu entretenir une vraie conversation avec une autre créature ?

Après avoir englouti rapidement la nourriture déshydratée, Aldrizzt ne put attendre plus longtemps et articula : « Bonjour, Neo. »

Neo haussa un sourcil, sourit, et copia malicieusement la façon de parler d’Aldrizzt : « Bonjour, Aldrizzt. »

Après avoir salué Neo, Aldrizzt ne savait pas vraiment comment continuer la conversation, mais soudain, il remarqua l’épée de Neo et lâcha : « Es-tu un guerrier ? »

« Je suis un chevalier. » Neo leva sa main et forma une petite bille d’élément sacré. Il ajouta : « Un chevalier sacré. »

« Un chevalier sacré ? » Maintenant, la curiosité d’Aldrizzt avait réellement été piquée.

Pour un elfe noir, un « chevalier sacré » était un travail qui n’existait que dans les légendes. Parmi son peuple, qui tendait vers une affinité avec l’élément des ténèbres, personne n’avait la possibilité de choisir une carrière liée à l’élément pur et sacré.

« Tu es un mage, n’est-ce pas ? » Neo ne put se retenir d’avantage et le questionna immédiatement : « Où diable as-tu caché ces Lames de Ténèbres, tout à l’heure ? »

« Lame de Ténèbres ? Tu veux dire %@#& ? Cela s’appelle-t-il Lame de Ténèbres dans le langage humain ? » Aldrizzt prononça quelque chose dans le langage des elfes noirs, et sourit ensuite. Il tendit la main, frappa le sol et répondit : « Je les ai cachés sous terre. »

Neo réalisa soudain ce qu’il s’était passé. Néanmoins, il y avait toujours quelque chose qu’il ne comprenait pas, donc il redemanda : « C’est possible que les guerriers aient été tranchés par des Lames de Ténèbres provenant du sol, mais les archers ont été coupés à la taille, alors il n’y a pas moyen qu’ils aient été tués par des Lames de Ténèbres cachées dans le sol ! L’angle est totalement incorrect ! »

Aldrizzt sourit à nouveau et répliqua : « C’est une forêt, Neo ! Hormis la terre, qu’est-ce qui est le plus abondant ? »

« Tu as caché les Lames de Ténèbres dans les arbres… Tu es doué. » Bien que Neo ne possédât pas une bonne compréhension de la magie, étant donné que son élève était meilleur en magie qu’à l’épée, il n’avait pas eu d’autres choix que d’apprendre beaucoup de choses sur la magie.

Cacher les Lames de Ténèbres sous terre et dans les arbres. Même si cela paraissait simple, la magie n’était pas quelque chose de très stable et devait être contrôlée avec précision pour que l’ennemi ne remarque rien. Par conséquent, cela ne pouvait pas avoir été une prouesse facile à accomplir.

Autrement, le Pape n’aurait pas fait cette expression classique – la mâchoire décrochée – quand il avait vu Grisia employer Lame de Vent comme d’un éventail.

« Quel mage ne voudrait pas s’éventer quand il fait très chaud ? Le problème est qu’une fois que tu perds le contrôle, inutile de penser à s’éventer, puisque tu auras séparé ta tête de ton corps ! Qui voudrait risquer sa vie, juste pour se rafraîchir ? »

Cependant, Grisia s’éventait depuis de nombreuses années, et n’avait pas encore été décapité. Depuis lors, Neo avait réalisé que son élève était un mage absolument brillant !

La chose tragique était le fait qu’il fût un chevalier sacré.

Aldrizzt observait Neo avec précaution, comme c’était le premier humain à avoir jamais discuté avec lui. Il découvrit que Neo était profondément plongé dans ses pensées et qu’il affichait une expression incompréhensible, comme s’il avait vu quelque chose de bizarre… Aldrizzt ne put s’empêcher de demander : « Ton expression est un peu étrange. Pourquoi donc ? »

« Je suis en deuil à cause de mon apprenti. »

Aldrizzt émit un son ressemblant à un « ah », et dit alors en s’excusant : « Je suis vraiment désolé, je ne savais pas que c’était quelque chose comme ça. Ton élève… devait être plutôt jeune, non ? C’est en effet regrettable. »

Neo haussa les épaules et répondit : « Il n’est plus si jeune que ça, puisqu’il a déjà vingt ans. »

« Vingt ? Alors quel âge as-tu ? » Aldrizzt était perplexe. Je me rappelle que les humains vivent au plus une centaine d’années, alors si l’élève de Neo a vingt ans, je suppose que Neo, le maître, devrait avoir au moins quarante ans ?

Neo eut un sourire resplendissant et proclama : « Trente ans. »

Même s’il sentait que quelque chose clochait dans cette affirmation, Aldrizzt ne connaissait pas grand-chose aux humains. Tout ce qu’il savait provenait des livres, alors il ne trouva rien d’étrange à ce qu’un étudiant et un maître eussent une différence d’âge de seulement dix ans.

« Pour les humains, une personne de vingt ans n’est en effet plus considérée comme un enfant, mais c’est quand même trop tôt pour rendre l’âme. Quel dommage. »

« …Qui est mort ? » Neo était stupéfait.

En entendant cela, Aldrizzt était aussi déconcerté. Il dit, un peu incertain : « Ton élève ? »

Le regard de Néo se vida pendant un moment. Puis, tout à coup, il éclata de rire, devenant de plus en plus bruyant jusqu’à ce que, en fin de compte, il se tînt le ventre en hurlant de façon hystérique. Il rigolait si fort qu’il pouvait à peine parler. « G-Grisia, il… il est vivant et va bien. A-avec la quantité d’élément sacré qu’il possède, n’importe qui peut mourir, sauf lui ! »

« Mais, n’étais-tu pas en deuil pour lui ? » Aldrizzt avait l’air plutôt déconcerté.

Neo rit bruyamment en disant : « C’est… c’est pour son travail que je fais mon deuil ! »

« Travail ? » Aldrizzt en fut encore plus confus. Pourquoi faudrait-il faire un deuil à propos d’un travail ?

À l’instant où il songea au métier de son élève, Neo cessa de rire. C’était tellement tragique qu’il ne pouvait en rire même s’il le voulait. Il avoua, un peu sombre : « Mon élève est un mage de génie. »

Et alors ? N’est-ce pas une bonne chose ? Aldrizzt en fut encore plus perturbé. Voyant cela, Neo tapota son épée pour rappeler à l’elfe noir sa profession.

Aldrizzt eut un regard vide pendant un moment avant de se rappeler que Neo était un chevalier sacré. L’élève d’un chevalier sacré est un mage de génie ?

« Il… y a vraiment de quoi s’attrister. »

Bien qu’il eût dit cela, Aldrizzt avait plutôt envie de rigoler. Comment un chevalier sacré peut-il entrainer un mage ?

« De quoi ris-tu ? » Neo roula des yeux et ajouta sèchement, mécontent : « Il se fait tard, alors dépêche-toi de manger les rations restantes. Nous allons trouver une cité et enregistrer notre groupe. »

« Groupe ? » s’enquit Aldrizzt, sans comprendre.

« Exactement ! » répondit Neo tranquillement « Un groupe avec un elfe noir et un humain… Appelons-le : l’Escouade des Humains Noirs ! Comment est-ce que ça sonne ? »

Horrible ! pensa Aldrizzt par réflexe. Mais, peu après, il se figea quelque temps … Qu’est-ce que je viens d’entendre ?

Un humain m’invite à devenir son compagnon ? Il devint silencieux pendant un moment. Bien qu’il en fût un peu heureux, il était surtout soupçonneux.

« Pourquoi moi ? Je suis un elfe noir. »

C’est amusant justement parce que tu es un elfe noir. Neo haussa les épaules et déclara : « Considère-toi comme chanceux ! À la base, je ne voulais pas trouver de compagnon, mais je n’ai pas d’autres choix, puisque j’ai oublié de prendre mes bagages quand je suis parti ! Du coup, je dois trouver un compagnon qui en possède. »

Ce ne serait pas plus simple d’aller chercher tes bagages ? Même si Aldrizzt voulait réfuter son argument, il n’osa pas le faire, de peur que Neo retournât réellement chercher ses bagages, plutôt que de chercher un compagnon qui en possédât.

Pour un elfe noir qui avait échappé à sa propre race et qui errait à la surface, un humain qui était d’accord pour discuter avec lui était extrêmement précieux. Par conséquent, il ne désirait pas abandonner ce compagnon. Même si celui-ci avait d’autres motivations, tant qu’il n’avait pas l’intention de le blesser, Aldrizzt pouvait fermer les yeux sur ça.

« Dans ce cas, je compte sur toi, Neo. »

Neo haussa un sourcil et répondit : « Je compte sur toi, également. »

 

 

Puisqu’Aldrizzt était là, Neo ne pouvait plus courir toute la journée comme il avait fait précédemment. Par conséquent, la vitesse à laquelle ils voyageaient n’était pas très élevée, et ils ne sortirent pas de la forêt même après une journée entière de marche.

Quand la nuit tomba, ils n’eurent pas d’autre choix que de s’arrêter de marcher. Ils décidèrent de passer la nuit dans la forêt.

Aldrizzt demanda poliment : « Neo, si ça ne te dérange pas trop, pourrais-tu démarrer un feu s’il-te-plait. Je vais aller chercher des herbes sèches pour faire un lit. »

« Démarrer un feu ? » Neo leva un sourcil et répliqua naturellement : « N’est-ce pas le travail du mage ? »

Dans le monde des elfes noirs, les tâches physiques revenaient toujours aux guerriers, mais… il se trouvait à présent dans le monde des humains… Peut-être que dans le monde des humains, faire un feu est le travail du mage ?

Bien qu’il fût à la base un mage des ténèbres, et qu’il lui était donc plus aisé d’appeler l’élément des ténèbres, rassembler l’élément du feu pour démarrer un feu ne posait pas un problème.

Mais, même s’il employait la magie, il avait tout de même besoin d’un combustible. Aldrizzt se leva et se résigna à aller chercher des branches sèches pour démarrer un feu quand, derrière lui, Neo cria : « Oh, et après avoir démarré un feu, aide-moi à laver mes vêtements. »

En voyant l’expression stupéfaite d’Aldrizzt, Neo ouvrit ses mains innocemment et expliqua : « Si tu laves mes vêtements pour que je puisse les mettre demain, alors je pourrai te rendre les tiens ! »

« … »

Même si cela avait l’air raisonnable, quelque chose semblait clocher. J’ai dû prêter mes vêtements propres à Neo, et maintenant je dois laver ses vêtements sales pour qu’il puisse me rendre mes vêtements salis ?

Malgré le fait que ce fût complètement déraisonnable, cela ne dérangeait pas Aldrizzt de laver les vêtements, comme Neo était actuellement la seule personne avec qui il pouvait entretenir une conversation décente.

Avec le sentiment que laver les vêtements des autres une fois ou deux fois était inoffensif, Aldrizzt acquiesça.

 

 

« Merci ! »

Aldrizzt attrapa les vêtements sales que Neo lui avait lancés, inexpressif, pendant que ce dernier se vautrait dans le lit qu’Aldrizzt avait fabriqué, mangeait le gibier qu’Aldrizzt avait chassé et cuit, tout cela en étant très détendu, puisqu’il avait laissé tout le travail à Aldrizzt…

Mais, Aldrizzt ne pouvait rien y redire, vu que ce n’était pas parce que Neo était trop paresseux pour faire quelque chose. C’était juste que :

Neo avait appris comment démarrer un feu, mais il ne devait jamais démarrer un feu, car toute la forêt brûlerait s’il le faisait.

Neo savait comment chasser, mais il ne devait jamais chasser, car il se perdrait au point de ne jamais rentrer.

Neo s’était porté volontaire pour laver les vêtements à tour de rôle avec Aldrizzt, mais il ne devait jamais laver des vêtements, car ceux-ci se transformeraient en guenilles après avoir été lavés par lui.

Neo avait aussi essayé de cuisiner, mais il ne devait simplement jamais cuisiner, car, à part de la nourriture à moitié cuite ou du charbon, il ne pouvait pas cuisiner quelque chose qu’un humain et un elfe noir accepteraient de manger.

Tout cela ne dérangeait pas vraiment Aldrizzt. D’ailleurs, que Neo fût là ou non, il devrait quand même allumer un feu, cuisiner de quoi manger et nettoyer des vêtements. Maintenant, il devait juste laver un ensemble de vêtements supplémentaire.

Néanmoins, pour Aldrizzt le pire était : Pourquoi Neo ne connait-il pas la direction dans laquelle nous devons aller pour rejoindre une cité ? Il n’arrive même pas à se rappeler de la direction de la ville dans laquelle il a vécu pendant quarante ans !

Par conséquent, même si Aldrizzt pouvait se servir de la position des corps célestes et de la façon dont la forêt poussait pour déterminer la direction … c’était totalement inutile ! Après tout, ils ignoraient dans quelle direction ils trouveraient une ville.

Aldrizzt n’eut pas d’autres choix que de choisir une direction au hasard et de traverser la forêt. La première fois qu’ils en étaient sortis, ils s’étaient retrouvés en haut d’une falaise. Je me suis même fait réprimander par Neo pour ne pas savoir voler, malgré le fait que je sois un mage ! Après s’être fait réprimandé par Neo, il avait été obligé de commencer à étudier le Sort de Vol.

La deuxième fois, il décida de traverser entièrement la forêt et de sortir par la direction opposée mais, parvenu à la moitié du trajet, il découvrit que la forêt profonde était un territoire elfique. Bien qu’« elfe » et « elfe noir » contiennent tous les deux le mot « elfe », il y avait un conflit sanglant qui opposait les membres deux races.  Au moment où l’une rencontrerait l’autre, leurs membres se battraient très probablement jusqu’à la mort. Donc, s’il osait mettre un pied en territoire elfique, il serait définitivement transformé en oursin par les maîtres-archers elfes.

La troisième fois qu’ils essayèrent de sortir de la forêt, ils virent un désert. Aldrizzt commençait sérieusement à se demander s’il expérimentait présentement une phase de malchance, ou si Neo portait tout simplement la poisse.

« Tss, Tss ! Nous nous sommes encore trompés de chemin ? » déclara froidement Neo. « Non pas que je tienne à le dire, Aldrizzt, mais pourquoi la route que tu choisis est-elle toujours la mauvaise ? »

Quand il entendit les mots de Neo, Aldrizzt ne put finalement en supporter davantage. Il se tourna et hurla sur son compagnon, qui ne savait rien faire d’autre que des remarques cyniques : « Comment oses-tu dire ça !? Comment se fait-il que ne connaisses même pas la direction de la cité dans laquelle tu as vécu pendant quarante ans … Attends, tu as dit que tu as vécu à la Cité du Bourgeon pendant quarante ans ? »

Il avait finalement trouvé la contradiction. Suspicieux, il grogna : « N’as-tu pas affirmé que tu avais seulement trente ans ? »

« C’est complètement sans importance ! » Neo changea immédiatement de sujet et souligna : « La chose importante est : qu’allons-nous faire maintenant ? »

« Je ne sais pas non plus », avoua Aldrizzt, extrêmement découragé.

Neo souleva un sourcil et demanda : « Si on essaye d’aller dans chacune des directions, on finira bien par trouver un chemin pour sortir d’ici, non ? »

Aldrizzt se figea un instant, puis hocha la tête.

« Alors, il n’y a rien à craindre », dit Neo tranquillement. « Après tout, je ne suis pas pressé, et toi ? »

Aldrizzt secoua la tête. Si même l’humain, Neo, n’est pas pressé, alors, étant un elfe noir dont l’espérance de vie est cinq à six fois supérieure à celle d’un humain, comme puis-je être pressé ?

« Y a-t-il quelque chose que tu veuilles faire ? » demanda encore Neo, pour confirmer.

Comme la seule chose qu’il désirait était d’échapper à la traque de son peuple, Aldrizzt secoua la tête une nouvelle fois.

« Alors, même si nous ne pouvons pas sortir de la forêt, pourquoi paniquer ? » Neo haussa les épaules et ajouta : « Dans tous les cas, si on continue à arpenter la forêt de long en large, on finira par trouver un moyen de sortir ! »

En entendant Neo dire cela et en voyant sa posture décontractée indiquant que cela ne le gênait pas du tout, Aldrizzt se sentit brusquement très mesquin. Neo a raison. Que va-t-il se passer si on ne parvient pas à sortir de la forêt ? Pour un elfe noir comme moi, une forêt est probablement beaucoup plus accueillante qu’une cité, puisque les arbres, l’herbe et les fleurs n’éprouvent aucun préjugé contre les elfes noirs.

Comparé à quelques temps auparavant, quand il était un elfe solitaire, il avait maintenant quelqu’un à qui parler, donc sa situation actuelle était bien meilleure que lorsqu’il s’était échappé seul… même s’il devait aider son bon-à-rien de compagnon à laver ses vêtements, chasser, cuisiner et faire les lits. Si Neo ne l’appelait pas en permanence par le mot « compagnon », il aurait définitivement songé qu’il était son serviteur.

Pourtant, comparé à une solitude sans fin, Aldrizzt préférait de loin à moitié s’énerver à mort contre Neo tous les jours.

Après avoir considéré tout cela, Aldrizzt cessa de paniquer. Il demanda même à son compagnon d’un ton blasé : « À partir de maintenant, allons-nous seulement marcher et nous balader au hasard, sans aucun objectif spécifique ? »

« Évidemment qu’il y a des objectifs », dit Neo. « J’ai beaucoup d’objectifs. »

Oh ? Curieux, Aldrizzt l’interrogea : « Quels sont tes objectifs ? »

« Mes objectifs ? Laisse-moi réfléchir… » Neo donna une liste détaillée de ses objectifs en ajoutant : « J’ai entendu dire qu’il y a beaucoup de maîtres-archers parmi les elfes, donc je pense que ce serait bien d’en dénicher un pour rejoindre notre groupe ? »

Ignores-tu réellement que les elfes et les elfes noirs comme moi sont des ennemis jurés ?

Aldrizzt était quelque peu déprimé. Peut-être que la raison pour laquelle Neo ne montre aucune discrimination envers les elfes noirs est simplement parce qu’il n’a pas la moindre idée du genre de caractère qu’ils possèdent ?

« Aussi, je n’ai jamais quitté le Royaume du Son Oublié avant, alors je veux aller visiter d’autres pays. »

Ça peut être fait facilement.

« Ça semble être un peu difficile de combattre un dragon, donc je vais laisser ça pour plus tard. »

… Donc, tu as conscience que combattre un dragon est « un peu » difficile ?

« Oh ! Entre le Fils du Dieu de la Guerre du Monastère du Dieu de la Guerre et l’Aigle Silencieux de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre, contre qui devrais-je me battre en premier ? »

« … »

Aldrizzt commença à se demander si être un elfe noir solitaire n’était pas une si mauvaise chose après tout.

Romance RPG – Partie 18

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Eighteen – traduit du chinois à l’anglais par Minna[PR!]
Partie Dix-Huit – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

L’Épée-Fantôme, qui lui avait déjà dit de changer de nombreuses fois, applaudit silencieusement quand il entendit Meng prendre une si grande décision par elle-même.

« Mais… » Meng se sentit un peu hésitante. « Qu’est-ce que je dois réellement faire pour devenir belle ? »

L’Épée-Fantôme ne put s’empêcher de vouloir se servir de sa main pour se frapper le front, mais malheureusement une telle action serait vraiment trop difficile à exécuter pour une épée sans mains et sans tête. Il pouvait seulement cligner des yeux pour exprimer son impuissance. En même temps, il avait déjà décidé qu’il aiderait Meng. Il allait l’aider à complètement changer son image. Après tout, elle était aussi son agente très compétente. Par ailleurs, l’Épée-Fantôme avait un minuscule motif égoïste. Aider à changer son image lui ferait du bien aux yeux. Une femme belle serait toujours plus agréable à regarder qu’une femme fantôme ou une tante.

« Tes cheveux », gronda l’Épée-Fantôme. « Raidis d’abord tes cheveux ! »

« Raidir mes cheveux ? » Meng cligna des yeux. Ces trois mots lui semblaient vraiment familiers. Se pourrait-il que les cheveux raides me conviennent vraiment plus ? Elle toucha ses cheveux bouclés.

L’Épée-Fantôme essaya très dur de la presser : « Dépêche-toi, retourne en ville. Il doit certainement y avoir un salon de beauté là-bas. »

En voyant l’impatience de l’Épée-Fantôme, Meng ne put se retenir de rire et de ressentir de la chaleur dans son cœur en même temps. Cette épée l’aidait toujours sans aucune hésitation, en étant souvent encore plus anxieux qu’elle ne l’était. Même si l’Épée-Fantôme avait une langue acérée et que ses paroles étaient souvent comme des épées lui lacérant le cœur les unes après les autres, il était véritablement inquiet pour elle et sincère au sujet de l’aider à changer.

« D’accord, d’accord,  je suis déjà en train de marcher, non ? » Meng rigola et marcha en avant.

« Dépêche-toi, tu marches trop lentement. Est-ce que tu as mangé ? C’est comme si tu n’avais pas l’énergie pour marcher ! » continua à crier l’Épée-Fantôme.

« Je vais déjà très vite. Sinon, et si tu te faisais pousser des pieds et marchais par toi-même ? » rétorqua furieusement Meng.

Après sa réplique, l’Épée-Fantôme pouvait seulement maugréer : « Si je pouvais me faire pousser quelque chose, alors ça devrait au moins être une paire d’ailes. Qui voudrait se faire pousser des pieds ? Une épée avec une paire de pieds, ce serait carrément hideux. »

Meng leva les yeux et ne put s’empêcher de déclarer : « Tu crois qu’une épée ayant deux yeux et une bouche a l’air belle ? Ne t’inquiète pas, tu ne pourrais pas être plus laid que tu ne l’es déjà. »

« Hé… »

Meng se dirigea furtivement jusqu’à… l’arbre adjacent au salon de beauté. Tandis qu’elle se cachait derrière l’arbre et jetait secrètement un coup d’œil, elle put entendre des filles en train de rire à l’intérieur. De temps en temps, une ou deux filles sortaient tout en discutant de la façon dont leurs cheveux avait été coiffés pour la journée, ou à quel point leurs ongles avait bien été faits.

Meng déglutit et demanda : « Je dois vraiment aller à l’intérieur ? »

« Duh, dépêche-toi d’entrer. »

Meng trembla un instant, mais se souvenant de sa détermination renouvelée, elle s’éloigna de l’arbre de manière résolue, tira l’épée derrière elle, et utilisa l’Épée-Fantôme pour rassembler son courage.

« Bien, bien ! Voilà la bonne attitude », annonça l’Épée-Fantôme. « Une femme qui entre dans un salon de beauté est comme un homme pénétrant sur le champ de bataille. Allons-y ! Tue-les ! »

Comme Meng débordait de confiance, elle s’écria avec une envie de meurtre : « Tuons-les ! »

L’épée à la main, elle se précipita vers le salon de beauté, et elle ouvrit la porte du salon d’un coup de pied donné avec force. La porte alla immédiatement frapper le mur avec un bang énorme. Toutes les personnes à l’intérieur se figèrent. Un apprenti-coiffeur qui était en train de sécher les cheveux d’un client tint distraitement le séchoir dans sa main, et continua à sécher les cheveux du client sans s’arrêter. Le client, dont les cheveux se faisaient sécher, fut pris au dépourvu et ne remarqua pas la chaleur excessive. Une jeune apprentie, qui versait du thé pour les clients, s’immobilisa, ne réalisant pas que l’eau débordait déjà. Un coiffeur, qui coupait des cheveux, avait rassemblé une poignée de cheveux et avec quelques coupe, coupe, coupe, les coupa plus de dix fois.

Se rendant compte que l’attention de tout le salon était sur elle, Meng en fut choquée au point de trembler. Même sa voix restait coincée. Elle ne put qu’expliquer en tremblant : « Je suis venue pour, venue pour… »

Après avoir répété les deux mots « venue pour » une dizaine de fois, elle était toujours bloquée à « venue ».

Les gens à l’intérieur furent effrayés à mort par les deux mots « venue pour ». Mais, pour quoi donc est-elle venue ?

« Nous cambrioler ? » proposa le coiffeur tout en tremblotant.

Meng secoua vigoureusement la tête.

« Vous venger ? » Le garçon qui faisait un brushing afficha une expression terrifiée.

Meng agita la main avec forcer pour le nier.

« Alors, pour quoi est-ce que vous êtes venue ici ? » hurla tout le monde à l’unisson.

Meng était tellement intimidée qu’elle jeta même l’épée au sol. Avec les deux yeux qui lui tournaient et ses épaules tremblantes, elle murmura : « Être emb-bellie. »

« … »

 

 

Hahahaha, haha… Bai Xue Chen rigolait si fort qu’il devait s’accrocher au comptoir. Comment un voyage pour s’embellir peut-il tourner en vol à main armée d’un couteau ? Il allait vraiment mourir de rire à cause de ces deux clowns.

Lin Jian Yin, qui était à côté de lui, affichait une mine sombre. Furieux au point d’en faire grincer ses dents, il dévisagea Bai Xue Chen, dont le rire ne prenait jamais fin.

« Après ça, je ne sais pas combien de fois nous nous sommes excusés avant que les employés du salon soient d’accord pour lui coiffer les cheveux. J’ai attendu et attendu à côté d’elle et me suis endormi sans le remarquer. Quand je me suis réveillé, c’était déjà le matin. » Lin Jian Yin se sentit un peu impuissant. À cause de cette console Nintendo, le canapé dans le salon était devenu son lit depuis déjà plusieurs jours.

Bai Xue Chen lui rappela : « Mais si tu aidais Meng à changer seulement dans le jeu, ça ne veut pas nécessairement dire que Ye Meng Ling va changer dans la vie réelle, pas vrai ? »

« Non ! » Lin Jian Yin secoua la tête et affirma avec une certitude absolue : « Elle va changer. Elle n’est pas le genre de personne qui ne fait que parler et n’agit pas. »

Bai Xue Chen ne put se retenir de sourire mais, du point de vue de Lin Jian Yin, ce sourire eut l’air très bizarre. Il demanda prudemment : « Qu’est-ce qui te fait sourire ? »

« Rien. » Bai Xue Chen révéla une expression innocente. « C’est juste que je me disais que tu la comprenais bien. Elle est en fait venue dans ce magasin avant toi… et elle avait les cheveux raides. »

« Elle est venue ici avant moi ? » Lin Jian Yin était surpris et se hâta de le questionner : « Pourquoi est-elle venue ici ? Elle ne s’était pas enfuie en colère, hier ? »

« Elle est venue pour voir Yue Lan. Elles ont toutes les deux agi secrètement. Je ne sais pas de quoi elles ont parlé, mais elles ont dit qu’elles voulaient aller acheter des vêtements et sont sorties. »

Lin Jian Yin se sentit un peu heureux. « C’est bon à entendre. Elle a vraiment raidi ses cheveux, et elle achète également de nouveaux vêtements. On dirait qu’elle est sérieuse à propos de changer. »

Romance RPG – Partie 17

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Seventeen – traduit du chinois à l’anglais par Minna[PR!]
Partie Dix-Sept – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Lin Jian Yin dévala les escaliers aussi vite qu’il le pouvait. Seul Bai Xue Chen était resté en bas, alors que Yue Lan n’était nulle part en vue.

« Où est-elle ? Elle ne peut pas avoir disparu, pas vrai ? » s’enquit Lin Jian Yin, alarmé.

Bai Xue Chen répondit franchement : « Je l’ai envoyée à la cuisine, parce que je craignais que tu reçoives un choc trop grand. »

Lin Jian Yin ouvrit la bouche pour répliquer, mais il ne savait pas quoi dire. Il continua à ouvrir et à fermer la bouche jusqu’à ce qu’enfin il se force à demander : « Tu y as bien pensé ? Si elle disparaît un jour, ou si elle y “retourne”, qu’est-ce que tu vas faire ? »

Bai Xue Chen répondit allègrement : « Je prendrais probablement la peinture et chercherais frénétiquement cette boutique d’antiquités. »

« Et si tu ne parvenais pas à la retrouver ? » le questionna Lin Jian Yin, un peu stupéfait.

Bai Xue Chen jura sans aucune hésitation : « Je continuerais à la chercher pour toujours. »

Lin Jian Yin n’arrivait pas à en croire ses oreilles. « Tu es devenu fou ou quoi ? Tu ne pourrais pas chercher une personne normale à aimer ? »

« C’est vrai que je suis devenu fou, vraiment fou. » Les yeux de Bai Xue Chen dérivèrent vers l’entrée de la cuisine. La jeune fille pour laquelle il était fou d’amour se tenait près de la porte d’un air inquiet, observant secrètement les deux gars parler.

« Le véritable amour est essentiellement de la folie. »

Lin Jian Yin lui-même ne sut pas ce qu’il lui arriva en regardant l’expression indéfectible de son meilleur ami. En observant leurs interactions romantiques, il fut incapable de prononcer un seul mot de persuasion. Après avoir assisté à un barbecue toute la nuit avec eux, il leur parla du problème concernant la console Nintendo et Meng, oubliant presque que l’un d’entre eux ne pouvait même pas être considéré comme un être humain. Il semblerait que ses nerfs soient plus forts qu’il ne le croyait.

« Une peinture qui grille, qu’est-ce que nous allons faire si elle prend feu ? »

Sur le chemin du retour, Lin Jian Yin marmonna un tas de bêtises. La soirée avait été trop stimulante, au point qu’il ignorait quel genre de réaction il devrait avoir. Il y avait cette boutique d’antiquités bizarre, qui existait et pourtant n’existait pas, au 51ème étage, la console Nintendo qu’il avait jetée il y a longtemps, et la petite amie de Bai Xue Chen qui était sortie d’un tableau. Il y avait aussi Meng et Ye Meng Ling…

À l’heure actuelle, il était déjà près de trois heures du matin. Lin Jian Yin se tenait devant la porte de son appartement, toujours dans un état second. Est-ce que Meng m’attend dans le jeu ? Après avoir été blessée si terriblement par « Lin Jian Yin », elle devrait certainement avoir envie de se plaindre à « l’Épée-Fantôme » ? Sans le remarquer, il considérait déjà Meng et Ye Meng Ling comme étant la même personne.

Surement pas ! Ça ne peut pas être vrai. C’est une coïncidence, n’est-ce pas ? Lin Jian Yin secoua la tête. Même si la petite amie de Bai Xue Chen était sortie d’un tableau, le cas de Ye Meng Ling étant Meng était juste trop dément. Le jeu Nintendo n’est pas un jeu en ligne. Comment est-ce qu’il pourrait y avoir de vraies personnes à l’intérieur ?

Mais, est-ce que ça pourrait être plus dément qu’un personnage d’un tableau, qui prendrait vie ? Lin Jian Yin ne pouvait pas en être certain.

Ouvrant la porte à la hâte, Lin Jian Yin franchit l’entrée et entendit immédiatement un écho régulier de signal sonore à l’intérieur de l’appartement. Par habitude, il se dirigea vers la console Nintendo. La cartouche du jeu était insérée à l’intérieur comme d’habitude et clignotait. C’était comme si elle le pressait à entrer rapidement dans le jeu, parce qu’il y avait quelqu’un qui l’attendait à l’intérieur.

Perdu dans ses pensées, Lin Jian Yin se tint en face de la console, ses sentiments dans un désordre complet. Devrais-je entrer ou pas ?

Après avoir appris qu’il y avait quelque chose de bizarre avec la console Nintendo, Lin Jian Yin n’osa pas agir de la même façon qu’il avait agis avant, en entrant dans le jeu sans hésitation. Mais, pour être honnête, il ne pouvait pas se résoudre à prendre la console et la jeter dans le camion à ordures, qui devait venir tous les jours. Pourtant, il n’arrivait pas non plus à déterminer la raison pour laquelle il ne pouvait pas se résoudre à le faire.

Peut-être qu’il était encore très curieux de savoir si Meng était vraiment Ye Meng Ling.

Peut-être que le monde à l’intérieur de ce jeu était tout simplement trop attrayant.

Peut-être que…

Juste au moment où la réflexion de Lin Jian Yin commençait à dériver alors qu’il essayait de trouver une raison, il entendit un bruit de pleurs saccadés. Il écouta attentivement, sans du tout avoir peur des sanglots. Il savait qui pleurait, et il savait aussi d’où le bruit provenait. Il savait même qu’il ne pouvait pas laisser la personne pleurer seule. Après tout, il était celui qui l’avait fait pleurer.

S’asseyant brusquement, deux vortex se réfléchirent dans les yeux de Lin Jian Yin…

Lorsque l’Épée-Fantôme ouvrit les yeux, une large prairie s’étendant à perte de vue apparut devant lui. Le son du vent et de l’herbe qui s’agitait était poussé au loin, couvert par le bruit des pleurs. À ce moment-là, il pouvait seulement entendre sangloter derrière lui : Meng pleurait.

Quand il songeait au fait qu’il était la personne même qui l’avait fait autant pleurer, l’Épée-Fantôme éprouva une certaine difficulté à s’adresser à elle. « Meng… »

Les pleurs cessèrent soudainement. Une voix, à peine contrôlée, lui arriva par derrière. « J’ai attendu et attendu. Pourquoi est-ce que tu ne te montres que maintenant ? »

« Je suis désolé, je suis désolé, je suis désolé… » L’Épée-Fantôme continua à s’excuser. Il faisait plus que s’excuser pour son retard, il s’excusait aussi parce qu’il l’avait blessée ce soir.

En entendant l’Épée-Fantôme s’excuser encore et encore, Meng en fut à la fois amusée et attristée. Elle essuya ses larmes et lâcha avec générosité : « Ça va, c’est moi qui ai tort. Tu es juste en retard. Je ne devrais pas pleurer pour une raison aussi simple. »

Mais, tu ne pleures pas pour une raison aussi simple que le fait que je sois en retard, pas vrai ? pensa l’Épée-Fantôme dans son cœur. Mais, ce pour quoi tu pleures est sans importance. En fin de compte, c’est toujours moi le coupable.

« Épée-Fantôme. »

« Ouais ? »

Meng se retourna et tira l’épée de son fourreau. Avec les yeux fixés dans ceux de l’Épée-Fantôme à une courte distance, elle déclara de façon inébranlable : « Je veux changer ! Je ne veux plus que les autres se moquent de moi. Je veux devenir belle ! »

Mise à jour : Mai 2017

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Chapitres de Mai
  1. Romance RPG: Partie 17
  2. Romance RPG: Partie 18
  3. La Légende du Chevalier du Soleil Invincible : Partie 2
  4. 1/2 Prince T5C3 : Neurotic et DanDan
  5. La Reine Guerrière TP1C2 : Lumière et Ténèbres Partie 2

Boujour tout le monde !

Ce mois-ci, nous allons publier deux parties de RRPG, un chapitre de 1/2 Prince, la partie 2 d’Invincible (pour que vous puissiez en apprendre davantage sur les aventures de Neo 😉 ) et également le chapitre 2 de La Reine Guerrière.

Quoi? Vous vouliez plus de chapitres? Ah bah… désolée, mais faudra faire avec. 🙂

Sinon, si vous vous débrouillez bien en anglais, la team anglaise organise actuellement un concours sous le thème des farces du 1er Avril. Il faut simplement réaliser un guide en plusieurs étapes d’une farce qu’un personnage créé par Yu Wo ferait à un autre personnage créé par l’auteure. On peut mélanger les séries, mais il faut être détaillé dans les infos concernant la blague. La date limite pour le concours est le 10 Juin. Pour plus de détails, visitez le forum de PrinceRevolution! –> Ici

Invincible Partie 1 : Prologue

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La Légende du Chevalier du Soleil – Histoires à Part

Roman d’origine en chinois par (Yu Wo)


Unbeatable Part 1: Prologue – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Invincible Partie 1 : Prologue – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par Yukomin/AkaiiRia

« Tu es vraiment fort, Neo… »

« Dans ce cas pourquoi t’inquiètes-tu autant pour moi ? »

Neo du Soleil regarda l’homme qui était son collègue depuis trente ans, Chasel du Jugement. Il était celui qui devrait le mieux connaître Neo.

C’est pourquoi il n’arrivait vraiment pas à comprendre pourquoi Chasel l’avait arrêté au moment où ils quittaient le Temple Sacré, une fois qu’ils avaient eu passé les rênes à la génération suivante des Douze Chevaliers Sacrés. Après que Chasel lui eut demandé où il voulait aller, son visage indiqua très clairement qu’il était inquiet.

Inquiet ? Mais, tout ce que Neo souhaitait faire, c’était de partir à l’aventure ! Avec sa force, de quoi fallait-il s’inquiéter ?

Voyant l’expression passablement impatiente de Neo, Chasel soupira et dit : « Au moins, promets-moi que tu trouveras un compagnon pour ton aventure. »

« Je n’ai pas besoin d’un compagnon », répliqua Neo, confiant. Je peux gérer tous les types de dangers, et même si je ne le peux pas, avoir un compagnon ne ferait que gêner ma retraite. Donc, pourquoi devrais-je en trouver un ?

C’est ce qui m’inquiète le plus, pensa Chasel.

Chasel proposa avec tact : « Pourquoi je ne viendrais pas avec toi jusqu’à la Guilde des Aventuriers pour t’aider à trouver un groupe ? »

« Ce n’est pas nécessaire ! » Neo roula des yeux et répondit sèchement, mécontent : «  Je ne veux pas être dans un groupe, c’est ennuyeux à mourir ! D’accord, n’en rajoute pas. Je pars à l’aventure maintenant, et reviendrai voir tout le monde quand j’en aurai le temps. »

« Attends, Neo… »

« Ne dis plus rien, je pars. » Neo fusilla Chasel du regard du coin de l’œil. Avec une confiance absolue, il ajouta : « Et tu ne peux pas m’en empêcher. »

En entendant cela, Chasel fut outré. Il s’inquiétait pour lui et, malgré tout, ce type lui répondait ainsi !

« Alors pars ! J’espère que le Dieu de la Lumière bénira ton voyage. »

« Au revoir ! »

Après cela, il partit sans se retourner.

 

 

Chasel fronça légèrement les sourcils en observant la silhouette de Neo s’effacer. Il se sentait toujours terriblement mal à l’aise. À ce moment-là, il entendit des bruits de pas derrière lui. Il se retourna et aperçut le coin d’un vêtement avec de nombreux motifs dorés brodés dessus. Hormis le Pape, personne dans l’Église du Dieu de la Lumière ne porte de telles robes.

Le Pape s’avança de quelques pas et s’arrêta à côté de Chasel dans l’entrée du Temple Sacré. Il regarda Neo s’éloigner et s’enquit : « Pourquoi t’inquiètes-tu autant ? Même si Neo ne reçoit plus la faveur du Dieu de la Lumière, il reste toujours inhumainement fort. »

« Mais, Neo… »

Chasel soupira et ajouta tristement : « Ne peut pas cuisiner, ne peut pas laver ses propres vêtements, et sans parler de lire une carte, il n’arrive même pas à différencier les directions. Aussi, il ne sait même pas que “Les branches d’arbres peuvent être utilisées pour démarrer un feu” ! On peut dire qu’il ne sait rien faire en dehors de se servir de son épée. Pour en rajouter, il n’a jamais économisé beaucoup d’argent et ne garde jamais beaucoup d’argent sur lui. Ce qui est encore pire, c’est qu’il ne sait pas vraiment combien les choses coûtent ! Et malgré cela, il veut partir seul à l’aventure et vivre par lui-même… Peut-il réellement survivre de cette façon ? »

Le Pape observa le dos du chevalier sacré qui s’estompait progressivement au loin, et révéla exactement la même expression d’inquiétude que Chasel. Il secoua la tête et soupira en disant : « Tu as raison, Chasel. Tu as raison depuis trente ans. Neo a toujours été une personne pour laquelle les autres s’inquiètent. »

« Il a même élevé un Chevalier du Soleil tout aussi préoccupant. »

Chasel soupira en songeant à la personnalité unique du nouveau Chevalier du Soleil… Avec un peu de chance, Lesus pourra le gérer.

« Maître, maître ! »

Entendant soudainement une voix derrière lui, Chasel se retourna. Il vit deux personnes l’une devant l’autre, trottinant vers lui. Les mouvements de la personne de devant étaient très gracieux, malgré le fait que celui-ci trottinât. Même ses cheveux dorés se balançaient en rythme, comme des notes de musiques dansantes. Il avait l’air…très agaçant.

Cette personne qui paraissait extrêmement agaçante était le successeur de Neo, le Chevalier du Soleil récemment promu, Grisia Sun.

Se pourrait-il que la capacité d’élever un tel enfant soit un type de talent ? Chasel ne pouvait vraiment pas comprendre quel genre de folie avait poussé Neo à élever son successeur comme le Chevalier du Soleil des légendes !

Après tout, dans le but d’élever un tel enfant, il avait dû faire de lui-même un exemple. Tant que Grisia était présent, il était obligé d’être particulièrement élégant. À la fin, inconsciemment, il était devenu remarquablement élégant… Était-ce ce qu’on appelait « Quand quelqu’un blesse les autres, il se blesse lui-même » ?

Chasel ne savait pas trop quoi en penser. Mais, durant les trente dernières années, Neo avait souvent fait des choses qui blessaient tout le monde, lui inclus.

Pendant que Chasel méditait, Grisia et son vice-capitaine l’avaient rejoint et le saluaient respectueusement.

Chasel retourna le salut en le réprimandant : « Ton maître est déjà parti. À partir de maintenant, tu ne peux dépendre que de toi. Même si tu te trouves en difficultés, tu ne peux plus te reposer sur ton maître. Compris ? »

Grisia fut silencieux un moment. Il sourit alors brillamment et dit d’un ton sincère : « Précédent Chevalier du Jugement, aujourd’hui, nous pouvons voir à quel point le Dieu de la Lumière bénit le peuple tandis qu’il nous baigne dans la lumière du soleil. Mon maître a débuté son aventure de la manière la plus parfaite qui soit, mais je me demande si, à cause d’une merveilleuse erreur du Dieu de la Lumière, mon maître n’aurait pas oublié quelque chose de négligeable. Cette chose est peut être sans importance, mais, comme mon maître me l’a toujours appris, nous ne devons pas ignorer une possible bonne action, peu importe à quel point elle est insignifiante, puisque nous ne devons jamais commettre de mauvaises actions, même si les conséquences en sont triviales. Même si cette chose est sans importance, ne pas l’avoir en sa possession peut occasionner de nombreuses difficultés… »

Chasel se retourna, sans expression, et regarda l’actuel vice-capitaine de la Section du Chevalier du Soleil, Adair. Ce dernier comprit immédiatement et commença à expliquer automatiquement : « Le Capitaine-Chevalier du So… Non ! L’ex Capitaine-Chevalier du Soleil a oublié de prendre ses bagages. »

« … Après lui. »

La Légende du Chevalier du Soleil T4C2 : Un Puissant Destrier

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : 我 (Yu Wo)


Chapter 2: A Powerful Steed – traduit du chinois à l’anglais par ErodingPersona[PR!]
Chapitre 2 : Un Puissant Destrier – traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ travail de vérification par Yukomin

Iacchi raconta qu’après que la licorne se fût libérée, toute la ville avait été barricadée. On n’avait laissé que quelques passages de taille humaine pour y entrer, donc la licorne n’avait absolument pas pu s’échapper de la ville pour le moment. Cependant, pour une raison que l’on ignorait, même si des recherches avaient été menées méticuleusement pendant toute la nuit, la licorne n’avait pas encore été retrouvée.

Pour empêcher que la situation ne traînât trop en longueur, ce qui pourrait conduire à la fuite de la licorne ou à sa capture par un contrebandier, la Guilde des Aventuriers avait décidé d’offrir cinq cents ducats d’or comme récompense à quiconque parviendrait à la capturer. Les seules restrictions étaient que la licorne ne devait pas être tuée ou sérieusement blessée.

Je me mis à analyser les informations d’Iacchi, mais peu importe sous quel angle je les retournais, je ne pus que conclure que la première chose à faire était d’attraper la licorne avant quelqu’un d’autre.

Chaque minute compte ! Je demandai immédiatement aux autres : « Où est mon équipement ? »

En entendant mes mots, Sybil et Yuna échangèrent un regard. Ensuite, la première retira à contrecœur un badge et le contempla longuement avant de le placer dans ma main.

Je regardai le badge. Il faisait approximativement la taille de ma paume et était fait de métal, mais un très fort élément des ténèbres l’enveloppait. Il me fallait fournir un grand effort pour parvenir à distinguer l’élément de métal caractéristique de l’élément des ténèbres qui l’entourait, afin de voir la véritable forme du badge.

Un motif était gravé dessus : de simples lignes qui formaient un très imposant… animal.

Pendant un instant, je ne parvins pas à me rappeler de quel genre de créature il s’agissait. Je n’en avais probablement pas rencontré très souvent auparavant. Pourtant, le badge me semblait très familier, donc il devait être à moi.

J’attendis un peu, mais aucune d’entre elles ne fit le geste de me donner d’autres objets. Surpris, je leur demandai : « C’est tout ? Je n’ai même pas une épée ? Où sont mes vêtements ? »

Même si je portais des vêtements en ce moment, ils ne consistaient qu’en une simple chemise blanche et un pantalon marron. Mon instinct me disait que ce n’étaient pas mes vêtements et qu’il fallait absolument que je récupère mes habits d’origine quoi qu’il advînt… Ce n’était pas ces guenilles bon marché !

« Tu es un guérisseur. Les guérisseurs n’utilisent que des bâtons, pas des épées. »

Yuna me donna une explication détaillée. « Tes vieux vêtements ne peuvent plus être portés non plus. Nous t’avons trouvé dans la forêt, et tu étais entouré d’arbres et d’herbe carbonisés. Tout ton corps était brûlé, tes vêtements étaient noircis et déchirés, et ton bâton… Désolée, mais je pense qu’il a dû être consumé par les flammes. »

Consumé par les flammes… Pourquoi est-ce que je ne me sens même pas le moins du monde attristé en entendant cela ?

Quelque chose ne me semble pas normal, puisque cela aurait dû être un objet très précieux pour moi, n’est-ce pas ? Pourtant je ne me sens pas du tout attristé par sa perte. En y réfléchissant bien, peut-être que ce que j’ai perdu ne peut pas être détruit par le feu ?

J’imagine qu’il me faut laisser cette question de côté pour le moment. Je continuai à les interroger : « Il n’y a vraiment rien d’autre ? »

Yuna et Sybil secouèrent toutes les deux la tête.

Vraiment ? Je touchai l’espace devant ma poitrine. Je continue à avoir l’impression que je devrais avoir autre chose avec moi… Oh, tant pis !

« Très bien ! Maintenant, la première étape est de capturer une jeune vierge… »

« Tu veux vraiment capturer une vierge ? » laissa échapper Igor, choqué. Puis, il jeta un autre regard qui faisait pitié à Yuna avant de se tourner vers moi. « Tu ne peux pas deviner qui est vierge simplement en les regardant, alors comment comptes-tu en attraper une ? »

Je répondis comme s’il s’agissait d’une évidence : « Pourquoi ne pas attraper une petite fille ? Après tout, quand nous aurons fini d’attirer la licorne, nous pourrons simplement la ramener à sa maison ! »

« Capturer une petite fille ? Ça ne me paraît pas être une très bonne idée… » répliqua Woodrow qui était quelque peu troublé.

« Évidemment que ce n’est pas une bonne idée ! Nous ne pouvons absolument pas faire ça ! » Yuna me fixa avec un regard plein de colère. « Nous ne pourrions jamais faire une chose pareille, tu le regretterais forcément plus tard. Tu es un guérisseur du Dieu de la Lumière. Tout le monde sait que les guérisseurs du Dieu de la Lumière sont les personnes les plus gentilles qui soient. Si tu retrouves tes souvenirs après avoir fait tout cela, tu seras sûrement rempli de remords pour le restant de tes jours ! »

Rempli de remords pour le restant de mes jours ? Je me figeai. Suis-je… vraiment une personne si gentille ?

« Pourquoi es-tu si inquiète ? » se moqua Iacchi. « Nous n’avons pas besoin de capturer une petite fille, nous pouvons simplement en embaucher une ! »

Il hocha la tête et affirma en connaissance de cause : « Nous pouvons chercher une fille issue d’une famille pauvre. Pour dix ducats de bronze, nous pouvons l’embaucher pour une journée entière. Mais, nous devons faire attention à en employer une qui soit suffisamment jeune. Autrement elle pourrait ne plus être vierge. On n’y peut rien, puisqu’on parle d’une fille qui vient d’une famille pauvre après tout ! Dix ducats de bronze seront amplement suffisants pour l’embaucher toute une journée, peu importe ce que nous voudrions qu’elle fasse pour nous, hehehe… »

« Iacchi ! » le réprimanda Yuna d’une voix forte.

Iacchi haussa les épaules et s’arrêta de parler.

Je devins silencieux. Après avoir écouté les arguments d’Iacchi, je me sentais un peu inconfortable. Peut-être que Yuna a raison, et qu’il se pourrait que je ne sois pas une mauvaise personne après tout. Si je capture une petite fille, peut-être que j’éprouverai réellement des remords pour le reste de ma vie… Mais ! Puisque nous pouvons en engager une, tout devrait bien aller.

Pas besoin de capturer une petite fille, pourtant la mission nous est toujours ouverte… Je peux faire face à ma conscience aussi bien qu’à mon amour pour l’argent de cette façon. C’est vraiment la meilleure solution pour les deux mondes ! Il faut absolument que je prenne exemple sur Iacchi dans le futur ! 

Après avoir pris ma décision, je souris à Iacchi. Cependant, pour une raison quelconque, il ne fit que me rendre un fin sourire suffisant.

« Je comprends, tu peux aller embaucher une fillette », dit Iacchi. Il secoua la tête. D’abord, il afficha un air qui semblait dire que j’étais une cause perdue, puis il m’adressa un regard sournois tout en me lançant un clin d’œil. Finalement, il murmura : « Mon frère, ne suis-je pas sympa avec toi ? Chaque fois que tu me soigneras, assure-toi d’y mettre plus d’effort ! »

Peut-être que je ferais mieux de ne pas prendre exemple sur lui après tout.

« Hors de question ! » Yuna s’opposa immédiatement à sa suggestion et déclara catégoriquement : « Sybil et moi, nous allons nous occuper d’embaucher la petite fille. »

« Très bien dans ce cas ! »

Woodrow accepta immédiatement et entreprit de distribuer les rôles. « Yuna et Sybil iront engager une petite fille. Iacchi, tu vas continuer à rassembler des informations. Je vais aller préparer l’équipement pour attraper la licorne. Igor, toi et Grisia, vous pouvez partir en éclaireurs et commencer la recherche. »

Je regardai Igor et lui dis poliment : « Montre-moi le chemin. »

« Pas de soucis, camarade ! »

Igor me tapa l’épaule avec force, puis, avec trois onces de vaillance et deux onces de solennité, il annonça : « Viens avec moi, je dois emmener mon épée et mon armure de cuir pour les faire réparer. Ensuite, nous irons boire ! »

« Hein ? » Je m’arrêtai et demandai confirmation avec incertitude : « Mais, la recherche… »

Je voulus jeter un coup d’œil à mes autres coéquipiers, mais ils étaient tous partis l’un après l’autre, vraisemblablement pour accomplir les tâches qui leur avaient été assignées.

Igor expliqua de façon détachée : « On peut toujours l’effectuer en cours de route. Une taverne est aussi un bon endroit pour récolter des informations ! »

Je m’arrêtai un instant pour me tourner vers Woodrow qui s’était déjà approché de la porte. Woodrow se retourna lui aussi, me sourit et me rassura : « Ne sois pas si nerveux. Rassembler de l’information ne relève pas de la responsabilité d’un guerrier. Je veux juste qu’il garde l’œil et l’oreille ouverts. Je n’attends pas vraiment de lui qu’il rapporte des infos. Aussi, cela ne relève pas non plus de la responsabilité d’un guérisseur. Puisque tu accompagnes Igor à la taverne, profites-en et mange un morceau ! Tu as dormi pendant si longtemps, et même si nous t’avons fait boire du sirop, tu devrais être plutôt affamé, pas vrai ? »

Les guérisseurs sont bel et bien censés rester derrière et apprécier la brise d’air fraîche… Cette phrase surgit soudainement dans mon esprit, même si j’éprouvais un doute quant à savoir s’il s’agissait de « culture générale ».

« C’est parti ! Grisia, viens boire un coup avec moi… » Igor cessa de parler, me regarda avec un air de doute, avant de me demander avec hésitation : « Si on boit un verre ou deux, tu ne tomberas pas ivre mort, hein ? Tu n’as pas l’air d’être le type de personne qui tient l’alcool. »

Woodrow, qui était déjà sorti de la pièce, passa sa tête à travers l’embrasure avant de le mettre en garde : « Igor, si Grisia ne peut pas tenir l’alcool, ne le force pas à boire. Être un peu saoul n’est pas un problème, mais tu ne peux pas le laisser devenir complètement ivre. Tu connais les règles. »

« Bon, quelle déception… » murmura Igor, grognon.

Du vin !

Après que j’eus entendu cela, je ne pus plus me retenir de me lécher les lèvres… Peut-être que je n’étais pas quelqu’un qui ne pouvait pas supporter l’alcool après tout.

 

 

Igor et moi descendions la rue. Même s’il faisait nuit, la ville grouillait encore d’activité, et une foule de personnes s’y pressait. Les deux côtés de la rue étaient remplis d’étals, et divers types de marchandises y étaient proposés. De nombreux éléments de tous les types étaient fusionnés, et j’éprouvais de grandes difficultés à les dégager les uns des autres. Cependant, quand je parvenais à le faire et à reconstituer un objet, je ressentais un grand sentiment d’accomplissement.

« Grisia ! » cria soudainement Igor.

Bam !

Le paysage sous mes yeux devint noir, mon front me faisant tellement mal que je pus seulement m’accroupir et tenir ma tête entre mes mains…

« Mon dieu ! Ce pilier est si grand, et tu parviens quand même à rentrer dedans sans battre un cil ? » s’étonna Igor, stupéfait. « À quoi donc te servent tes grands yeux ? »

Je me suis donc cogné contre un pilier, pas étonnant que cela fasse si mal… Je grognai furieusement : « Il y a trop de choses dans le coin, je n’ai pas réussi à tout reconstituer à temps ! »

« Reconstituer quoi ? » s’enquit Igor, sans comprendre.

« Aïe, ça fait vraiment mal, aïe… » Je me frottai la tête et gémis. Ce coup m’avait vraiment donné l’impression de m’être fendu la tête en deux.

« Tu t’es cogné tellement fort dans le pilier que tu y as laissé des fissures. Quelque chose ne tournerait pas rond si tu n’avais pas mal. » Igor me réprimanda : « Tu es un guérisseur, soigne-toi, et, quand tu auras fini, dépêchons-nous de partir. Tout le monde nous fixe. »

Me soigner… Après m’être réveillé, même si je savais que j’étais un guérisseur, je n’avais pas encore utilisé de sort de guérison. Je me demande quelle est la première étape…

« Soin Mineur ! »

J’eus un moment d’absence, mais, lorsque je m’en rendis compte, l’élément sacré m’avait déjà entouré, et il se transforma en un élément différent avant de s’enfoncer dans mon front. Plus il s’enfonçait, plus la douleur s’atténuait.

Oh, c’est donc ainsi qu’on lance un sort de soin !

Une voix inconnue se mit à s’esclaffer : « Ahah ! Igor, je pensais que tu étais déjà un vrai imbécile. Je n’arrive pas à croire que ton ami est encore plus bête que toi. Il est même parvenu à faire des brèches dans un poteau. »

« Quoi ? Je ne suis pas bête au point de foncer dans un pilier… Et, Grisia n’est pas un idiot ! » rugit Igor. À la moitié de sa phrase, il réalisa son erreur et s’empressa de tourner la tête vers moi pour se corriger : « Vraiment, tu n’es pas un abruti. C’est juste que tes lourdes blessures sont à peine guéries, donc ton temps de réaction est un peu lent. C’est pourquoi tu n’as même pas remarqué ce pilier et que tu lui as foncé dedans juste comme ça. »

Si tu ne me l’avais pas expliqué, je ne m’en serais même pas préoccupé, mais, maintenant que tu l’as fait, tout ce dont j’ai envie c’est d’agripper ta tête et de la percuter contre le pilier !

« Est-ce que tu vas bien ? Le sort de soin de tout à l’heure a-t-il soigné tes blessures ? » Une voix plutôt gentille retentit, mais malheureusement il s’agissait de la voix d’un homme.

Avant que j’eusse la possibilité de répondre, la voix inconnue qui m’avait traité d’imbécile juste avant résonna de nouveau.

« Kylie, pourquoi veux-tu gâcher un autre sort de soin ? » Il déclara avec mauvaise humeur : « Même si c’est juste un Soin Mineur, tu ne peux le lancer que cinq fois par jour. »

Kylie, l’homme qui avait une voix gentille au point de donner des frissons aux gens, répliqua : « Ça ne devrait pas être un problème. Pendant les prochains jours, nous n’allons pas sortir de la ville, donc je n’aurai pas besoin d’utiliser de sort de soin. »

Je me levai et examinai les autres. Même si seulement deux personnes avaient parlé, en fait ils étaient quatre dans le groupe, et ils avaient l’air de former une équipe. La personne qui avait parlé en premier à Igor semblait être un guerrier, et son élément du vent était assez élevé, probablement parce qu’il se focalisait sur la vitesse. La personne qui m’avait soignée, nul besoin de le dire, était bien sûr un guérisseur. Son corps émettait naturellement de l’élément sacré, même si ce n’était pas autant que moi.

Cela veut-il dire que je suis plus fort que lui ?

Le type me faisait face, mais il questionna Igor plutôt que moi : « Igor, ce n’est pas l’un de tes coéquipiers n’est-ce pas ? »

« Bien sûr que si. Il vient juste de nous rejoindre. Grisia est un guérisseur. »

« Un guérisseur ? » Il avait l’air un peu surpris et demanda avec confusion : « Mais, n’avez-vous pas déjà Yuna qui a le rôle de prêtresse-guerrière ? »

Igor se vanta devant lui : « Grisia est un guérisseur du Dieu de la Lumière, comme le gamin efféminé de ton équipe. »

Qui ressemble à un gamin efféminé ?

L’efféminé Kylie laissa échapper un hoquet de surprise : « Donc, tu es en fait en camarade qui vient de l’Église du Dieu de la Lumière ? »

« Un guérisseur de l’Église du Dieu de la Lumière ? Tu n’essaierais pas de nous rouler ? »

Igor répliqua immédiatement : « Bien sûr que c’en est un, et les sorts de soin de Grisia sont même très puissants ! »

« Vraiment ? » Kylie semblait être plaisamment surpris et il affirma : « Tu as l’air très jeune ! Être aussi puissant à ton âge, c’est vraiment un accomplissement. À quel niveau te situes-tu ? »

Niveau ? Je me sentis perdu. Je n’avais absolument aucune idée d’à quel niveau je me situais en tant que guérisseur. Le fait que je fusse un guérisseur était même quelque chose que les autres avaient dû me révéler, et le fait que les guérisseurs fussent répartis entre différents niveaux était une chose dont je venais tout juste de prendre connaissance à l’instant.

« Grisia n’a pas besoin de prononcer la moindre incantation pour lancer un sort de Soin Mineur ! » Igor demanda avec curiosité : « Kylie, à quel niveau penses-tu qu’il soit, hein ? »

« Il n’a besoin d’aucune incantation !? »

Kylie poussa un cri aigu avec une voix retentissante, faisant sursauter tout le monde.

Après un certain temps, il parvint finalement à bredouiller : « Ce, ce… Normalement les incantations sont nécessaires, mais si c’est Soin Mineur, s’il est utilisé souvent, peut-être qu’en effet il est possible de ne pas utiliser l’incantation ! Les Cardinaux sont peut-être capables d’une telle prouesse… »

« Les Cardinaux ? » demandai-je. « De qui s’agit-il ? »

Kylie faillit en perdre sa langue et parvint tout juste à s’écrier : « Les Cardinaux sont les quatre évêques qui sont hiérarchiquement juste en dessous de sa Sainteté le Pape… Toi… es-tu vraiment un guérisseur ? »

« Je ne le sais pas non plus », répondis-je honnêtement.

« Tu ne le sais pas ? » Les yeux des quatre personnes de l’autre équipe s’ouvrirent encore plus grands.

Igor s’empressa de préciser : « C’est parce que Grisia a perdu la mémoire. »

« Il a perdu la mémoire ? »

Ils arboraient tous une expression de stupéfaction sur leurs visages. Leurs réactions étaient exactement identiques à celles de Woodrow et du reste du groupe la première fois qu’ils m’avaient entendu révéler une telle chose.

Après un instant, le garçon efféminé dit : « Grisia ? Je ne pense pas avoir déjà entendu parler d’un guérisseur portant le nom de Grisia ! »

En entendant cela, je me sentis légèrement déçu. Si quelqu’un me connaissait, alors j’aurais pu être en mesure de retrouver mes coéquipiers encore plus rapidement. Néanmoins, je répondis tout de même poliment : « Ce n’est pas grave. »

« Je suis vraiment navré de n’avoir pu t’être d’aucune aide. » Kylie m’adressa un regard plein d’excuse et ajouta : « Peut-être que tu devrais essayer de te rendre à l’Église. Pour quelqu’un qui se démarque autant que toi, de nombreuses personnes seront sûres de te connaître. Cependant, il n’y a pas de branche de l’Église du Dieu de la Lumière au Royaume de Kissinger, aussi je crains que tu ne doives te rendre au Royaume du Son Oublié. Ou peut-être que, au Royaume de l’Orchidée Lunaire qu’il te faudra traverser, il y aura quelques succursales de l’Église. »

Je hochai la tête et le remerciai : « Merci pour l’information. »

 

 

Je relevai la tête et fis descendre le contenu tout entier d’une bouteille de vin le long de l’intérieur de mon gosier avant d’être suffisamment satisfait pour m’essuyer la bouche.

À côté de moi, Igor me contemplait avec stupéfaction et s’exclama : « Grisia, arrête de boire ! Tu as déjà ingurgité trois bouteilles ! Mince, mince ! Si Woodrow découvre que je t’ai laissé t’enivrer, il va me tuer, c’est sûr… »

Je tournai la tête pour le regarder et prononçai en articulant bien : « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ou archi sèches1… Qui est ivre déjà ? »

« Très bien… Tu n’es pas bourré. »

Igor se gratta la tête, se leva et déclara : « Dans ce cas, continues à boire, mais tu n’as pas intérêt à devenir ivre ! Je vais partir devant avec mon épée, l’armurerie est le magasin à côté. Aussi, je vais t’aider à payer tes boisons pour le moment. Mais, après, quand nous aurons fini nos missions et que tu auras reçu ta part, tu devras me rembourser ! »

« Dans ce cas, je ne boirai plus une seule goutte ! » m’écriai-je, surpris.

« … »

Une fois sorti de la taverne, je me plaignis avec mauvaise humeur : « Tu ne peux même pas payer un peu de vin ? »

« Tu as déjà bu trois bouteilles, ce n’était pas juste un peu de vin. Ce que tu as commandé coûte un ducat d’argent la bouteille… »

Même si je voulais dire que cela ne faisait que trois ducats d’argent, les mots refusèrent de quitter ma bouche. Une bouteille de vin coûtait en fait un ducat d’argent ! Je venais à l’instant d’engloutir trois ducats d’argent… Je n’avais même pas reçu ma part de la récompense des missions, et pourtant j’avais déjà acquis une dette de trois ducats d’argent !

Licorne, où es-tu ?

Mes cent ducats d’or, où êtes-vous ?

À cet instant, Igor se mit à rigoler bruyamment avant de dire : « Cependant, je ne m’attendais pas à te voir aussi bien tenir l’alcool ! Puisque nous avons une mission à compléter pour le moment, je ne peux pas te rejoindre pour un tour, mais un autre jour quand nous n’aurons pas de quêtes, allons boire tout notre saoul ! »

« C’est toi qui paies ? » demandai-je avec enthousiasme.

« …Tu n’es vraiment pas un avare ordinaire. Ton amour pour l’argent est encore plus grand que celui d’Iacchi, et c’est un voleur ! » Igor finit de marmonner avant de proposer avec entrain : « Le premier à être complètement bourré paie, qu’est-ce que tu dis de ça ? »

« Pas de problème ! »

Comme j’avais perdu la mémoire, je ne savais pas avec certitude quelle quantité de vin j’étais capable de boire, mais j’éprouvais cet étrange sentiment de confiance en moi… Si c’est une compétition de beuverie, je ne perdrai jamais contre qui que ce soit !

« Nous y sommes. » Igor s’arrêta et tourna la tête pour deviner : « Les armes ne t’intéressent pas, n’est-ce pas ? Si tu t’ennuies, on vend des bâtons de l’autre côté de la rue. Tu peux y aller et en choisir un nouveau. L’équipe t’avancera l’argent avec les fonds de notre groupe, mais plus tard ce sera déduit de ta récompense… Tss ! Ton expression me dit que si tu dois le payer de ta poche, tu n’achèteras rien ! »

Je hochai vigoureusement la tête.

Stupéfait, Igor argua : « Le guérisseur d’un groupe ne peut pas se balader sans bâton. Oublie ça ! Viens d’abord avec moi, et ensuite nous irons ensemble à l’étal des bâtons. Tu n’as plus tes souvenirs en ce moment, alors j’ai peur que le vendeur ne t’arnaque… eh ! Même si c’est peu probable, puisque tu aimes tant l’argent… Tellement qu’on dirait que tu as oublié avoir perdu la mémoire. »

« Quoi ! J’ai vraiment perdu la mémoire », protestai-je bruyamment.

« On ne dirait vraiment pas. Tu ne sembles même pas du tout inquiet ! » répliqua Igor, sa tête tournée vers moi, tout en entrant dans l’armurerie.

Je haussai les épaules et répondis : « C’est simplement que j’ai l’impression qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter et que mes camarades finiront assurément par venir me chercher. »

« J’imagine que oui … »

À la minute où nous pénétrâmes dans l’armurerie, le propriétaire s’approcha immédiatement pour nous saluer, ses yeux faisant des allers-retours entre Igor et moi. Instantanément, il porta son attention sur Igor, m’ignorant complètement. Devrais-je dire qu’il avait l’œil pour repérer les pingres ou était-ce qu’il avait l’œil pour repérer les guerriers ? Avec à peine un regard, il avait immédiatement déterminé que je n’étais pas quelqu’un qui se servait d’une épée dans sa profession, alors il n’avait même pas pris la peine de me saluer.

Voyant qu’Igor discutait avec enthousiasme avec le propriétaire, je ne pus que me promener tout seul dans l’armurerie. Pour autant que je pouvais en juger, les armes de la boutique étaient plutôt des épées et des couteaux. Des armes comme les épées me semblaient très familières, mais les bâtons me paraissaient complètement inconnus… Est-ce que j’utilise vraiment un bâton ?

Incapable de m’en empêcher, je saisis une épée et la fis tournoyer avec adresse. J’ai l’impression d’avoir déjà fait ça, peut-être que j’emploie vraiment des épées… Hein ? Où est passée l’épée ?

Confus, je fixai du regard ma main vide. Ne la tenais-je pas dans ma main une seconde auparavant ? Comment a-t-elle pu disparaître après que je l’aie eu simplement fait tournoyer deux fois ?

« Ah ! » Igor se mit soudainement à hurler, et le bruit clinquant du métal tombant sur le sol retentit.

Je regardai derrière moi. Oh ! Ainsi, l’épée s’est échappée de ma main et est carrément allée cogner l’arrière de la tête d’Igor… Par chance, c’est le pommeau qui l’a frappé !

« Grisia, qu’est-ce que tu m’as lancé… Merde ! »

Igor frotta l’arrière de son crâne qui lui était douloureux, puis il se tourna vers moi, regarda l’épée sur le sol, et me lança un regard incrédule. J’affichai immédiatement l’expression la plus innocente du monde et j’utilisai mon ton le plus triste pour me repentir : « Je suis désolé, ma main a momentanément glissé. »

« Ta gaffe a failli me coûter la vie… guérisseur ! Tu n’es pas autorisé à toucher une seule épée ! » Mécontent, Igor me mit en garde, puis il se retourna et continua de marchander avec le propriétaire.

Je m’approchai, ramassai l’épée et la rangeai à sa place d’origine. Après cela, je n’osai plus toucher la moindre lame… Peut-être que mon arme est vraiment le bâton après tout !

Au moins, si un bâton me glisse des mains et frappe quelqu’un, il ne provoquera la mort de personne.

Ne pas être autorisé à toucher quoi que ce fût m’ennuyait profondément. En regardant Igor qui était encore plongé dans un débat acharné avec le propriétaire, je songeai qu’il lui faudrait un long moment avant de finir de marchander les prix. Aussi, je lui criai : « Igor, je vais aller de l’autre côté jeter un coup d’œil aux bâtons ! »

« Ok, mais n’achète rien sans moi ! » Igor ne m’accorda même pas un regard, lorsqu’il me répondit.

« Très bien. »

Après lui en avoir fait la promesse, je sortis de l’armurerie et observai les alentours. Immédiatement, je découvris qu’à l’opposé de la boutique d’armes se trouvait un autre magasin où il y avait de faux bâtons en bois accrochés de chaque côté de la porte. Il devait s’agir de la boutique mentionnée par Igor plus tôt.

Je m’apprêtais à traverser la rue, quand, soudainement, je sentis qu’on tirait sur ma manche… Qui fait cela !?

Cela m’avait vraiment choqué que quelqu’un puisse apparaître soudainement si proche de moi… Je pouvais voir dans toutes les directions, donc personne n’aurait dû être capable de s’approcher de moi sans que je ne le remarque !

Je me retournai et fis face à cette personne, mais à cause de cela je ne pus rester sur mes gardes plus longtemps. La personne qui avait tiré ma manche n’atteignait que ma poitrine en termes de taille, avait un visage rond, arborait des cheveux qui lui descendaient jusqu’à la taille, et portait une longue jupe… C’est évidemment une petite fille !

Peut-être que je me suis trop concentré sur la recherche du magasin de bâtons de l’autre côté de la rue, et c’est pour cela que je ne l’ai pas remarquée !

Je me baissai pour me mettre à sa hauteur, et d’une gentille voix je lui demandai : « Salut, comment t’appelles-tu ? »

La petite fille répondit timidement : « Scarlet. »

Scarlet2 ? Quel nom étrange. Je continuai à l’interroger : « Veux-tu que Grand Frère fasse quelque chose pour toi, Scarlet ? »

« Grand frère… Viens avec moi ! »

Scarlet cessa subitement de tirer ma manche, à la place elle employa ses deux mains pour tirer ma main droite, et juste comme cela elle se mit à me traîner derrière elle par la force. Je lui expliquai rapidement : « Attends, attends un instant. J’attends un ami, donc je ne peux pas partir avec toi comme ça. »

Pourtant Scarlet n’abandonna pas la partie et continua de me traîner de toute ses forces. Tout ce temps, elle continuait de s’exclamer : « Viens avec moi, viens avec moi… »

Bien évidemment, je ne pouvais pas me laisser traîner comme cela par une petite fille. Même si j’étais un frêle guérisseur, je ne pourrais jamais permettre un tel embarras ! Cependant, Scarlet était très déterminée, aussi nous restâmes coincés dans une impasse pendant un moment. Finalement, les yeux de Scarlet qui débordaient de l’élément d’eau parvinrent à me vaincre avec succès.

Je ne pus que l’amener avec moi à l’armurerie. Je passai la tête à l’intérieur. Igor était encore en train de négocier avec le propriétaire, et il ne me semblait pas qu’il finirait d’ici peu. Je lui criai : « Igor, je pars devant. On se rejoint au magasin de bâtons, d’accord ? »

« Ça marche. » Igor ne se donna pas la peine de tourner la tête pour me répondre et continua de marchander.

Après avoir reçu son accord, je serrai ma poitrine avec mes deux bras, baissai les yeux pour regarder Scarlet, et lui appris tout d’un coup : « Très bien ! Maintenant, je suis tout à toi, alors tu peux m’emmener où tu veux. Contente ? »

Scarlet sourit immédiatement, et l’élément de l’eau dans ses yeux disparut également sans laisser de trace.

Je fus traîné pendant tout le chemin par Scarlet, et nous tournâmes à un nombre de coins de rues innombrable. Par chance, je remarquai que ma mémoire semblait être plutôt bonne. Même après avoir tourné trois fois à gauche, cinq fois à droite, puis après avoir emprunté la troisième rue en partant de la gauche d’une intersection à cinq avenues, je pouvais toujours me souvenir de la route.

Même si je me souviens de la route, cela sera problématique si je m’éloigne trop, puisqu’il faut encore que je trouve la licorne… Non, je veux dire, il faut encore que je retrouve Igor !

Curieux, je m’enquis : « Scarlet, où m’emmènes-tu ainsi ? »

Scarlet laissa échapper un petit rire qui ressemblait au carillon de clochettes d’argent et m’entraîna pour tourner dans une autre allée, avant de s’arrêter finalement et de désigner quelque chose devant nous. Elle dit doucement : « Vois par toi-même, Grand Frère ! »

Je me tournai pour regarder l’endroit que Scarlet avait désigné… Malgré le fait qu’il y avait une certaine distance entre nous, j’aperçus clairement ce que Scarlet avait voulu me montrer. Bien que j’eusse perdu la mémoire et que je n’eusse aucune idée de si j’avais déjà vu une telle créature auparavant, quand je la regardai je sus presque immédiatement de quoi il s’agissait…

C’était une licorne.

Nous nous trouvions devant une maison délabrée et la licorne était dans la cave. L’élément sacré qui émanait de la créature était si fort que c’en était surprenant. Même s’il y avait beaucoup d’éléments différents qui nous séparaient, je pouvais quand même clairement percevoir sa force. Elle avait bien la forme d’un cheval, mais était en quelque sorte plus fine et plus élégante qu’un cheval ordinaire.

La différence la plus évidente entre elle et un cheval était la corne sur sa tête. L’élément sacré de la corne était si puissant que je n’arrivais pas à la contempler trop longtemps et son contour était un peu flou.

Puis, elle redressa soudainement la tête pour regarder dans ma direction… Non ! C’est moi qu’elle regarde.

Elle me regardait, de la même façon que moi j’étais en train de la regarder.

Après qu’un certain temps se fût écoulé, je me remis de la surprise de voir une licorne pour la première fois. Je baissai la tête et demandai : « T’a-t-elle fait la requête de venir me chercher ? Scarlet… Scarlet ? »

Il n’y avait personne à côté de moi.

J’eus un moment d’absence, mais je ne me sentis pas particulièrement surpris. Après tout, j’étais actuellement une personne amnésique. Il y avait trop de choses que je ne comprenais pas. Peut-être qu’être capable de conjurer une petite fille était en fait une des capacités spéciales des licornes.

Je m’approchai de l’endroit où la licorne se trouvait et entrai dans la maison. L’intérieur était en ruine, avec des débris partout et des toiles d’araignée recouvrant presque toutes les choses. Le sol était aussi couvert d’une épaisse couche de poussière, comme si personne n’était entré là depuis une centaine d’années. Pas étonnant que personne n’eût pensé à venir ici pour chercher la licorne, mais… Comment la licorne était-elle parvenue à descendre dans cette cave ?

Puisque je pouvais clairement la « voir », je savais qu’à l’origine elle était assise sur le sol. Toutefois, au moment où elle avait remarqué que je m’approchais d’elle, elle s’était levée et s’était mise à tourner en rond à l’intérieur du sous-sol, comme si elle était très excitée.

J’accélérai encore mes pas, trouvai les escaliers qui menaient au sous-sol, et courus vers la pièce où était située la licorne.

Elle est juste devant moi, à cinq pas d’écart… Non, elle vient encore de s’avancer de deux pas.

Malgré le fait que je ne parvinsse pas à déterminer si Sybil était belle ou non, je savais que la licorne qui se tenait devant moi était extraordinairement belle, et qu’il devait définitivement s’agir d’un animal d’une élégance blanche comme la neige.

Attendez un instant… Blanche comme la neige ? J’avais encore quelques souvenirs de la neige cela devrait être quelque chose formé par la condensation de l’eau mais qu’était donc le « blanc » ?

À cet instant-là, la licorne s’approcha de nouveau, se tenant devant moi, et vint même frotter sa tête contre moi.

« Tu m’aimes bien, n’est-ce pas ? »

Je lui souris et tendis même la main pour frotter son encolure. Elle courba le cou et me regarda comme si elle appréciait beaucoup mes gratouilles, puis baissa même la tête pour lécher ma main…

« Ça chatouille, ne fais pas ça, hahaha ! N’es-tu pas censée uniquement aimer les vierges ? Je ne suis pas… » Je m’arrêtai brusquement. Un instant…

Se pourrait-il que je sois un pur et innocent… puceau !?

La licorne se mit alors encore plus intimement à frotter sa tête contre ma poitrine, toute sa tête blottie contre moi.

« Stupide cheval, va-t-en ! Je ne suis pas puceau ! »

La licorne, cependant, commença à me lécher le visage… Sale bâtard, suis-je tellement pur que tu ne puisses t’empêcher de me lécher !?

« Je sais ! Peut-être que je n’ai que dix-huit ans. »

Je pensai subitement à cette possibilité et murmurai : « Si c’est le cas, ce ne serait pas surprenant si j’étais puceau. C’est cela ! Absolument, je n’ai que dix-huit ans. Non ! Il se peut même que je n’aie que seize ans ! »

Notes de bas de page

1 « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ou archi sèches… » : Dans la version originale, le proverbe se traduit par « Mange huit grappes de raisin, mais ne crache pas la peau des grappes, et ne mange pas les grappes jusqu’à en cracher la peau des grappes. » C’est une phrase difficile à prononcer très connue et populaire en chinois, mais une fois traduite, elle perd en difficulté, d’où le remplacement par un proverbe français.
2 « Scarlet » : Une traduction directe de son nom depuis le chinois serait « Poème rouge ». L’équipe anglaise de PR! a choisi de retenir la couleur de son nom et d’en faire une traduction plus lyrique, soit « Scarlet » pour capturer le fait que son nom n’est pas simplement basé sur une couleur. Pour la version française, nous avons opté de garder le même prénom que la team anglaise, car il est difficile d’en faire une meilleure adaptation sans qu’il perde complètement son sens d’origine.

La Légende du Chevalier du Soleil T4C1 : Encore Un Groupe d’Aventuriers

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : 我 (Yu Wo)


Chapter 1: Still an Adventurer Team – traduit du chinois à l’anglais par ErodingPersona[PR!]
Chapitre 1 : Encore un Groupe d’Aventuriers – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par LuluHime

Grisia ! Tu ne pourras jamais t’échapper, jamais…

Je me réveillai en sursaut.

Je m’empressai d’ouvrir les yeux. Cependant, à l’instant où je les ouvris, j’eus l’impression que quelque chose clochait, mais je n’arrivais pas à dire de quoi il s’agissait…

Normalement, après avoir ouvert les yeux, devrait-il n’y avoir que des ténèbres ?

Dans ce cas, il n’y a absolument aucune différence entre ouvrir les yeux et les fermer ! Puisqu’il n’y a aucune différence, pourquoi devrais-je ouvrir les yeux ? Ou se pourrait-il que je… je ne puisse rien voir ?

Non ! Je pouvais « voir » clairement ; en fait, tout devenait de plus en plus bien défini. C’était comme si mes alentours étaient à l’origine recouverts par un tissu lourd et dense, et que quelqu’un le retirait à présent couche par couche. Les ténèbres s’estompèrent lentement, et la scène devint de plus en plus claire.

Je me « vis » étendu sur un lit. L’élément du bois du lit était très perceptible, alors il devait être fait de bois. Mon corps était également recouvert d’une épaisse couverture en coton. Il y avait une chaise à côté du lit, et une table plus loin. Quatre chaises entouraient la table, et il y avait un peu de l’élément de l’eau sur le dessus de la table… C’était une cruche d’eau.

Je savais même que l’eau ne remplissait que le cinquième de la cruche.

Toutefois, je n’eus même pas besoin de me retourner et d’ouvrir les yeux pour « voir » ces objets. Les images apparaissaient automatiquement dans mon esprit. Je tentai de fermer les yeux et de les rouvrir… Les images dans mon esprit ne changèrent pas du tout !

Alors, à quoi diable peuvent bien servir les yeux ? Ne s’en sert-on pas pour « voir » ? De plus, la définition du mot « voir » est… Je me déroutais moi-même. Est-ce que je vois en ce moment ? Je pense que oui, mais, en même temps, je crois que non.

Quelque chose continuait de clocher, quelque chose d’encore plus important que de savoir si mes yeux pouvaient voir ou pas… Quelqu’un vient !

Je pivotai la tête en direction de la porte, mais tressaillis soudainement. Pourquoi ai-je tourné la tête ? Je n’ai pas besoin de tourner la tête pour voir la porte !

J’avais toujours l’impression que ces choses appelés yeux étaient très étranges, mais je bannis sur-le-champ cette pensée au fin fond de mon esprit et me concentrai sur la personne qui entrait. L’élément du vent de la personne était très élevé, mais ce n’était pas aussi puissant que celui d’un mage… Oh ! Étant donné son apparence, sa profession devait mettait l’accent sur l’agilité, comme celle d’un voleur ou d’un archer… Oh, erreur de ma part, cela devrait être son apparence à « elle ».

Sans oublier que « sa » silhouette était très belle. Même si je n’avais vraiment aucune idée de si elle était jolie ou non, il n’y avait absolument aucune connexion entre être jolie et avoir une belle silhouette. Tant qu’elle possédait ces trois choses : une large poitrine, une taille de guêpe et de longues jambes ; c’était suffisant pour affirmer qu’elle avait une belle silhouette.

« Ah ! Tu es réveillé ? » s’exclama-t-elle, surprise, au moment où elle entrait.

En entendant sa voix, je sus qu’elle devait être une femme plutôt jeune. Pouvoir rencontrer une jeune femme avec une belle silhouette immédiatement après s’être réveillé rendrait n’importe qui très heureux.

« Je… Oui, je suis réveillé. » Je luttai pour me lever, et ensuite hochai la tête à son intention.

Elle se hâta de marcher jusqu’à moi et déclara : « Ne te lève pas ! Tu as été très grièvement blessé… Ah ! Mais, tu sembles avoir plus ou moins récupéré, incroyable ! Yuna avait clairement dit que tu aurais besoin d’un mois complet pour récupérer de tes blessures avant de pouvoir te lever et te balader, sauf que tes blessures ont pratiquement guéri en seulement trois jours ! Yuna t’a presque pris pour une créature des ténèbres ! »

« Yuna ? » demandai-je avec confusion.

La femme plaça l’objet qu’elle tenait sur la table, puis remplit un verre d’eau. Elle se dirigea vers le lit, tout en expliquant : « Oh, Yuna est la guérisseuse de notre groupe. Elle est sortie avec Igor, notre guerrier, pour acheter des trucs. Nous avons aussi un druide, Woodrow. En dernier, mais pas la moindre, je suis Sybil, une archère ! Tiens, tu as soif, n’est-ce pas ? Bois ça. »

Quand elle dit cela, je sentis réellement que ma gorge et ma bouche étaient très sèches. Je pris vite l’eau et, après avoir dit « merci », commençai à l’avaler d’un trait.

Sybil me demanda sur un ton curieux : « Et toi ? Quel est ton nom ? »

Je continuai à boire jusqu’à ce que le verre fût vide, et c’est seulement après avoir satisfait ma soif que ses paroles s’enregistrèrent véritablement dans mon esprit.

« Quel est mon nom… »

« Hum ? »

Sybil se pencha encore plus. Je pouvais déjà « voir » ses traits clairement. Ses yeux étaient longs et fins, ses traits du visage étaient bien ciselés, et ses lèvres étaient légèrement pleines. Bien que je fusse incapable de dire si elle était jolie ou non, en me basant sur la grosse poitrine qui était presque pressée contre mon torse, je pouvais assurément admettre qu’elle était une beauté !

« Vas-tu me dire ton nom ou pas ? » s’enquit Sybil, perplexe.

Je recouvrai instantanément mes esprits et répondis vite : « Mon nom est, mon nom est… »

Je retombai silencieux au milieu de ma réponse.

Très bien, maintenant je sais ce qui n’allait pas…

Qui suis-je ?

 

 

Quatre personnes étaient assises devant moi. De la gauche vers la droite, il y avait : Igor, le guerrier aussi robuste qu’une montagne ; Woodrow, le druide aussi mince qu’une branche de bambou ; Yuna, la guérisseuse avec une vilaine silhouette ; et Sybil, l’archère avec une belle silhouette. Apparemment, il manquait aussi voleur nommé Iacchi qui n’était pas encore arrivé.

À en juger par leurs professions, c’est une assez bonne équipe… Mon esprit sauta automatiquement à cette conclusion. On dirait que, même si j’ai perdu mes souvenirs, je n’ai pas perdu ma culture générale !

« Tu as perdu la mémoire ? C’est dur à croire », marmonna Woodrow dans sa barbe, puis il sombra à nouveau dans ses propres pensées.

« C’est vrai ! C’est vraiment difficile à croire. » Sybil s’interrompit sur-le-champ et déclara : « Quand il a été gravement blessé, j’avais déjà eu l’impression que c’était incroyable ! Comment ça a bien pu se produire ? »

Yuna hocha la tête.

« C’est vrai, c’est vrai », affirma Igor, complètement d’accord.

« S’il-vous-plaît, s’il-vous-plaît, attendez une minute. » J’étais légèrement perdu, alors je les questionnai : « Pourquoi serait-ce si incroyable que je sois blessé ? Tous les humains peuvent se blesser, non… Hum ? Ceci devrait être exact, n’est-ce pas ? »

Je n’avais pas vraiment confiance en ce que je venais de dire. Je n’arrivais même pas à me rappeler de mon nom, donc c’était très dur de déterminer si la « culture générale » dans ma tête était authentique ou pas.

Les quatre personnes devant moi se retournèrent pour me regarder et s’exclamèrent à l’unisson : « C’est incroyable parce que tu es très fort ! »

« Je suis très fort ? » Je demandai machinalement : « Suis-je un guerrier ? »

« Non, tu es un guérisseur. » Yuna corrigea immédiatement ma supposition.

Un guérisseur ?

Je suis un guérisseur, mais je suis très fort ? Dans ce cas, pourquoi ma culture générale me dit-elle que le métier de guérisseur est connu pour sa faiblesse ? On dirait bien que ma culture générale ne soit pas si fiable après tout.

Yuna réfléchit un peu avant d’ajouter : « Ce n’est pas toi qui est fort, même si c’est vrai que tu es un guérisseur puissant. Quand nous parlons de quelqu’un de fort, nous faisons en fait référence à tes compagnons. »

Mes compagnons… Perplexe, je questionnai : « N’êtes-vous pas mes compagnons ? »

Sybil leva les yeux au ciel et répliqua : « Si nous étions tes compagnons, pourquoi t’aurais-je demandé ton nom ? »

C’est vrai.

Je touchai distraitement les cheveux qui me tombaient sur le torse et demandai, très perplexe : « Vous savez tous que je suis un guérisseur, et vous savez que mes compagnons sont forts, mais vous ignorez mon nom ? Est-ce que vous me connaissez vraiment ? »

En entendant ceci, ils se jetèrent tous les quatre des regards. En fin de compte, Woodrow, qui avait été profondément plongé dans ses pensées, répondit : « Nous ne te connaissons pas personnellement, mais nous avons une fois été sauvés par tes compagnons et toi, alors nous t’avons rencontré auparavant. À ce moment-là, nous t’avons vu utiliser la lumière sacrée, alors nous savons que tu es un guérisseur. Nous avons aussi vu tes compagnons se battre. Malgré le fait qu’il n’y ait eu que trois personnes dans votre groupe, vous étiez très puissants. »

Mes compagnons ? Je n’étais pas très surpris d’entendre que j’avais des compagnons. En fait, quand j’avais entendu le mot « compagnons », plusieurs silhouettes avaient automatiquement fait surface dans mon esprit, et le nombre de silhouettes était encore plus élevé que celui mentionné par Woodrow. Par conséquent, bien que je ne parvinsse pas à me rappeler de la vraie apparence des silhouettes, je savais que j’avais forcément des compagnons, et qu’ils n’étaient pas peu nombreux non plus.

Après avoir réalisé ce fait, je me sentis beaucoup plus soulagé, mais ne pus me retenir de demander avec curiosité : « Quel genre de personnes étaient mes compagnons ? »

« Il y avait un chevalier sacré, et aussi… aussi… »

Woodrow cessa de parler. Je remarquai que ces sourcils étaient froncés… Cela indiquait probablement qu’il était très « hésitant ». Pourquoi hésitait-il ? Se pourrait-il que l’identité de mon compagnon fût un tabou ?

Igor se pencha un peu plus vers moi et révéla doucement : « C’était un elfe noir. »

« Un elfe noir ? » J’ignorais comment réagir. Si ma culture générale ne se trompait pas, les elfes noirs devraient être une race qui possédait une peau sombre, des cheveux blancs, et qui n’avait pas une bonne réputation. Toutefois, je ne pouvais pas me souvenir de quoi que ce soit de plus détaillé.

À cela, Yuna s’empressa de dire : « Peut-être que ce chevalier sacré et toi aviez capturé cet elfe noir. »

« C’est ça, c’est ça ! » Igor soutint sa théorie : « Un chevalier sacré et un guérisseur ne se baladeraient certainement pas avec un elfe noir sans aucune raison. Après tout, c’est une créature des ténèbres ! Tout le monde sait que les gens de l’Église du Dieu de la Lumière détestent les créatures des ténèbres plus que tout. »

« L’Église du Dieu de la Lumière ? Suis-je quelqu’un provenant de l’Église du Dieu de la Lumière ? »

Je murmurai le nom « Église du Dieu de la Lumière ». Plus je le prononçais, plus je croyais que c’était possible, parce que les mots « Église du Dieu de la Lumière » et « chevalier sacré » me semblaient très familiers.

Yuna hocha la tête et expliqua : « Ta lumière sacrée est très puissante. Seul un guérisseur du Dieu de la Lumière pourrait posséder une lumière sacrée aussi puissante, alors tu n’es assurément pas un guérisseur d’une autre Église. Tu ne peux être qu’un guérisseur du Dieu de la Lumière. Nous n’avons aucune idée de pourquoi tu te trouves ici par contre. »

« Ici ? » questionnai-je, perplexe. « Où sommes-nous ? »

Sybil nous interrompit : « Nous sommes dans le Royaume de Kissinger. C’est le territoire de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre ! L’Église du Dieu de la Lumière, qui est située dans le Royaume du Son Oublié, est plutôt éloignée d’ici. Nous aurions besoin de nous diriger vers le nord pendant cinq jours avant de pouvoir traverser la frontière du Royaume du Son Oublié ! »

J’acquiesçai d’un signe de tête comme si j’avais compris. « Kissinger » ne sonnait pas très familier, alors je ne pouvais pas venir de là, n’est-ce pas ? « La Cathédrale du Dieu de l’Ombre » ne me semblait pas familier non plus. En comparaison, l’Église du Dieu de la Lumière sonnait plus douce à mes oreilles.

Je regardai vers Yuna et demandai : « Dans ce cas, Yuna, es-tu une guérisseuse de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre ? »

« Bien sûr que non, je suis une prêtresse-guerrière. » Yuna répondit avec humeur : « Si j’avais été une prêtresse de l’ombre, alors nous n’aurions pas eu besoin de votre aide la première fois. »

Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ?

Je tombai silencieux, mais je n’avais pas vraiment envie de lui poser à nouveau la question. Même si Yuna me répondait, mes questions ne feraient que se multiplier. Sans mentionner le fait que je ne me souciais pas réellement de quelle sorte de guérisseuse était Yuna.

La seule chose que j’ai envie de savoir c’est : qui diable puis-je bien être ?

Même de simplement connaître mon nom serait amplement suffisant !

Grisia, tu ne pourras jamais t’échapper, jamais…

Je restai momentanément stupéfait. Quand je m’étais initialement réveillé en sursaut, j’avais clairement entendu cette phrase. Le « Grisia » au début de la phrase sonnait comme un nom… Est-ce mon nom ?

À ce moment-là, Yuna s’excusa : « Je suis désolée, j’avais oublié que tu ne te rappelles de rien. Je n’aurais pas dû m’adresser à toi sur ce ton. »

« Il n’y a eu aucun mal. »

Je recouvrai mes esprits après avoir entendu les paroles de Yuna. Je regardai tout le monde et déclarai : « Puisque j’ai des compagnons, dans ce cas tout devrait bien aller. Après tout, ils vont éventuellement venir me chercher, n’est-ce pas ? »

Ils se jetèrent tous les quatre des regards. Yuna répondit sur un ton d’excuse encore plus sincère : « Je ne le crois pas. Dix jours se sont déjà écoulés, et pourtant personne n’est venu pour toi. »

« Dix jours ? » J’étais très surpris. Puis, je regardai en direction de l’archère et m’enquis : « Sybil, n’as-tu pas dit que mes blessures avaient guéri en trois jours ? »

« C’est exact ! » Sybil haussa les épaules et répliqua : « Mais, une fois tes blessures guéries, tu as dormi pendant sept autres jours ! Nous ne savions pas quoi faire ! Tu ne te réveillais pas, et nous ne pouvions pas simplement te laisser ici. Cependant, la majorité de notre argent a déjà été employée pour tes frais médicaux. Alors, si nous ne partons pas en missions, nous allons vraiment être dans le pétrin… »

« Sybil ! » l’interrompit Yuna, l’empêchant d’ajouter quoi que ce soit d’autre.

Néanmoins, Sybil n’avait pas l’intention de s’arrêter, et elle hurla impulsivement en retour : « Nous sommes obligés de le lui dire, nous n’avons pas d’autre choix ! Si nous expliquons clairement notre situation, il pourrait nous aider avec les missions ! Sinon, si nous continuons comme ça, nous allons vraiment mourir de faim ! »

« Sybil ! » Woodrow la rappela à l’ordre d’une voix grave, et c’est seulement à ce moment-là que Sybil cessa de parler. Après cela, il se tourna vers moi et me présenta ses excuses : « Je te prie de ne pas être offensé par ce que Sybil a dit. Te sauver est assurément quelque chose que nous aurions dû faire. Sans toi et tes compagnons, nos os pourriraient déjà depuis longtemps dans cette caverne. »

« C’est vrai, alors ne te préoccupe pas le moins du monde de ce que Sybil a dit, elle ne faisait qu’exagérer », assura Yuna pendant qu’elle lançait un regard d’avertissement à Sybil. Cette dernière baissa la tête pas-vraiment-de-bonne-volonté.

« Grisia. »

« Pardon ? » Ils étaient tous les quatre ahuris.

Je me mis à expliquer : « Vous pouvez m’appeler Grisia. Je crois que c’est mon nom… Probablement ! »

Tout le monde acquiesça d’un signe de tête. Sybil murmura même mon nom et ensuite marmonna dans sa barbe en se plaignant du fait que c’était dur à prononcer.

Après cela, je continuai de parler : « Vu que vous avez affirmé que je vous avais sauvé auparavant, et que maintenant vous m’avez sauvé, disons que nous sommes quittes. Nous ne nous devons plus rien. »

Tandis que j’annonçais cela, tout le monde hocha la tête. Igor s’exclama très bruyamment : « Excellent ! Grisia, j’aime beaucoup les gens qui vont droit au but comme toi ! »

Je souris et décrétai : « En ce qui concerne votre suggestion sur le fait que je vous aide dans vos missions, je ne suis pas contre, mais j’aimerais diviser l’argent de la récompense. Si je lance seulement le sort de Soin Moyen, dans ce cas un dixième de l’argent de la récompense est suffisant. Si j’utilise Soin Avancé, alors je veux deux dixièmes, et si je dois jeter plus de sorts sacrés, il faudra y ajouter un autre dixième pour un total de trois dixièmes. »

« … »

Sybil ne put s’empêcher de s’écrier : « Es-tu vraiment un guérisseur du Dieu de la Lumière ? J’ai entendu dire qu’ils étaient des personnes très altruistes. »

Je haussai les épaules et répliquai : « Qui sait ? Je souffre présentement d’amnésie et n’arrive pas à me rappeler de quoi que ce soit. Pour le peu que j’en sais, je pourrais aussi bien être un prêtre de l’ombre. Sans oublier le fait que tu m’as rappelé que je me trouve actuellement dans une situation dans laquelle je n’ai aucun souvenir et aucun moyen de retrouver mes compagnons, donc je dois gagner mon pain. Comme je dois gagner de l’argent, en gagner un peu plus est toujours mieux que d’en gagner un peu moins, tu ne crois pas ? »

En entendant ceci, les trois personnes dans le groupe fusillèrent immédiatement du regard leur archère en même temps. Le changement d’expression de Sybil était… Oui, elle a envie de pleurer, mais aucune larme ne vient.

Après avoir été fusillée du regard, Sybil se plaignit en se sentant grandement affligée : « Tu n’es pas du tout aussi élégant que ton apparence ! »

Mon apparence ? Je demandai avec curiosité : « De quoi ai-je l’air ? »

À cela, Sybil se pencha soudainement vers mon visage et décrivit : « Tu as des cheveux blonds brillants, des yeux couleur d’azur, et ta peau est même très pâle et douce au touché… »

Très pâle ? Qu’est-ce qu’elle veut dire par pâle… Attendez une minute ! Douce au touché ? Je rétorquai sur-le-champ : « Attend une minute ! Comment pourrais-tu savoir que ma peau est douce au touché ? Se pourrait-il que tu m’aies touché auparavant ? »

« …Ah ! »

Sybil ouvrit d’abord grand les yeux, et seulement après avoir fixé le vide quelques secondes recouvra-t-elle ses esprits et se dépêcha d’expliquer : « C’est uniquement quand j’ai changé ton traitement que je t’ai touché par accident. Aussi, j’ai dû te toucher quand je t’ai aidé à changer tes vêtements. J’ai forcément été obligée de te toucher pendant que je te donnais ton bain, et j’ai dû te toucher quand j’ai tourné ton corps. Qui plus est… »

Qui plus est ? Pourquoi ne dresses-tu pas la liste des fois où tu ne m’as pas touché ? Ne serait-ce pas plus rapide ?

Diantre ! Je me sens comme si j’avais été bafoué par cette femme et qu’on avait profité de moi. Comment ai-je pu laisser cela arriver ? Je peux tout encaisser, sauf le fait qu’on ait profité de moi !

Je rétorquai immédiatement à Sybil : « Dans ce cas, pour que ce soit juste, tu devrais me laisser te toucher. »

« D’accord… »

Sybil était à mi-chemin pour acquiescer lorsque Yuna s’écria : « Sybil, mais qu’est-ce que tu racontes ? »

Sybil changea sur-le-champ sa réponse et s’exclama : « Non ! Je disais, non, ce n’est pas convenable, sale pervers ! »

Quel dommage… Je le regrettai immensément. J’aurais dû lui demander de prendre ses responsabilités quand personne n’était présent. À en juger par sa réaction, elle voulait clairement que je la touche également !

Apercevant les regards de total incrédulité de son équipe, Sybil baissa la tête et marmonna : « C’est la faute de sa beauté. Il m’a fait acquiescer sans m’en rendre compte. »

Yuna lui rappela : « Pense au chevalier sacré dans son groupe, et là tu n’auras pas l’impression qu’il est si beau. »

À cela, Sybil contempla tout à coup le plafond. Bien qu’il n’y eût rien là-haut, son visage tout entier était rempli de, de… Une façon plus sympa de le dire serait « de désir », mais une description plus apte pour son expression serait « la passion ».

Après un certain temps, elle baissa la tête et me regarda, hochant la tête en acquiesçant : « C’est vrai, tu n’es pas si beau après tout ! »

…Je n’avais soudainement plus envie de rejoindre mon compagnon chevalier sacré.

« C’est vrai ! Ce chevalier sacré était très galant. » Ce ne fut pas proféré par Sybil, mais Yuna. Elle agissait totalement comme le contraire de son soi calme plus tôt. Avec une excitation anormale, elle poursuivit : « Il était beau et fort, et il avait l’air très gentil et prévenant. De plus, sa manière de s’exprimer était si mature. Il était si gentil qu’il ne s’est même pas attribué le mérite de nous avoir sauvés, et s’est même excusé auprès de nous pour avoir dérobé notre monstre. Non seulement ça, il voulait aussi nous donner le butin ! En dernier, mais pas le moindre, il nous a rappelés de nous dépêcher à quitter cet endroit dangereux… Oh ! Il est vraiment trop incroyable ! »

Cette fois, Yuna fut celle qui tomba dans un état de passion.

« Il était aussi très élégant ! Vraiment élégant. » Sybil me fixa du regard, puis fit exprès de secouer la tête, en disant : « Pas comme toi, il n’y a que ton apparence qui soit élégante. »

En entendant ceci, je répliquai avec colère : « Qui sait ? Peut-être que seule son apparence est mature et élégante, et qu’il est en fait un type arrogant et obstiné ! »

« Impossible ! » Yuna, Sybil et même Igor s’opposèrent à moi à l’unisson.

Je restai sans voix. Si même Igor, un homme, était d’accord sur ce point, dans ce cas se pourrait-il que mon compagnon chevalier sacré ne possédât pas seulement un beau minois, mais fût également bel homme, mature, élégant et une bonne personne dans l’âme, comme ils le prétendaient ?

Je refuse de croire qu’il y ait réellement quelqu’un comme ça dans ce monde !

À cela, Woodrow ajouta tardivement : « Même si, maintenant que j’y pense, ce chevalier sacré a vraiment l’air trop bien pour être vrai. »

Je ressentis sur-le-champ une camaraderie miraculeuse envers Woodrow.

« Hé ! Qu’est-ce que c’est que cette expression ? » me reprocha Sybil avec irritation. « La personne dont on parle est ton compagnon ! Tu ne souhaiterais quand même pas que ton compagnon ne soit pas une bonne personne mais plutôt une mauvaise personne, n’est-ce pas ? »

Je réfléchis à la question. C’est vrai, ça aussi. Si mon compagnon est gentil, il sera plus facile à martyriser… Attendez une minute ! Qu’est-ce que c’était que cette pensée ? J’ai envie de martyriser quelqu’un d’autre ? Se pourrait-il que… Je sois celui qui n’est pas une bonne personne ?

Je ne pus m’empêcher de marmonner : « C’est possible. Sinon, pourquoi continuerais-je de songer à l’argent, aux belles femmes, à leurs poitrines et au fait de ne pas vouloir qu’on profite de moi ? »

« Pardon ? » s’enquit Sybil avec une expression de curieuse.

« Rien, je me suis soudainement senti inquiet. » Je levai la tête et fixai l’équipe devant moi et dis avec précaution : « Comment savoir si vous êtes de bonnes personnes ou non ? »

« Que viens-tu de dire !? »

Sybil s’exclama immédiatement avec fureur : « Évidemment que nous sommes de bonnes personnes ! Sinon, pourquoi t’aurions-nous sauvé, et pourquoi serions-nous restés dans l’incapacité de partir en mission alors que tu ne te réveillais pas !? Si nous étions de mauvaises personnes, nous t’aurions simplement laissé mourir ! »

« C’est vrai. »

Je laissai paraître un sourire rayonnant. Ce sourire ne faisait assurément pas mauvais effet. Même Sybil, qui avait plus tôt affirmé que seule mon apparence était élégante, et Yuna descendirent toutes les deux dans un état passionné et ne purent que me fixer du regard.

Voyant cela, je souris, satisfait. « Vous êtes tous de bonnes personnes, c’est génial, héhéhé… »

« Pourquoi ai-je soudainement un mauvais pressentiment ? »

Woodrow marmonna dans sa barbe, mais fut interrompu quand Igor le frappa sur les épaules, très fort. Igor rigola et assura : « Woodrow, tu t’inquiètes pour rien ! N’était-ce pas toi qui répétait tout le temps que nous devrions partir à la recherche d’un guérisseur du Dieu de la Lumière ? À présent, nous avons un guérisseur surpuissant avec nous, n’est-ce pas tout simplement formidable ? »

En écoutant la conversion de Woodrow et d’Igor, je me retournai et souris à Woodrow afin de le calmer. Je n’aurais jamais pensé qu’il tressaillirait à la place et ferait signe à tout le monde de rester silencieux avant de venir se tenir devant moi sur la pointe des pieds. Puis, levant sa main gauche, il l’agita sous mes yeux lentement…

J’attrapai sa main et lui demandai, déconcerté : « Qu’est-ce que tu fabriques ? »

Woodrow resta silencieux un instant avant de balbutier : « C’est juste que j’avais l’impression que quelque chose clochait, tes yeux… »

« Mes yeux ? »

« Non, ce n’est rien. Ça devait être mon imagination. » Woodrow murmura : « Je n’arrête pas d’avoir l’impression que tu ne me regardes pas vraiment. »

« Je te regarde. » Je regardais vraiment Woodrow, et je ne faisais pas qu’observer les minuscules mouvements de ses muscles faciaux, mais même le sang circulant dans son corps et le battement régulier de son cœur. Je pouvais tous les voir clairement.

« Mon imagination devait me jouer des tours. »

Après cela, Woodrow ne ramena plus le problème concernant mes yeux dans la conversation et conversa seulement avec moi d’une problématique plus pressante encore : de quelle façon nous allions diviser la récompense.

Il marchanda : « Nous n’avons pas besoin de sorts sacrés. Yuna est une prêtresse-guerrière, alors ses sorts sacrés vont définitivement être plus puissants que les tiens. La seule chose à laquelle tu pourrais te montrer utile serait de lancer des sorts de guérison, alors deux dixièmes est beaucoup trop. Notre groupe divise la récompense en enlevant d’abord deux dixièmes pour les frais de notre équipe, et ensuite on divise le reste de façon égale entre le reste des membres du groupe. »

« Le groupe compte six personnes : après avoir enlevé deux dixièmes et divisé le reste également entre six personnes, ça ne laisse… même pas un dixième et demi ! »

C’est ridicule ! Je le repris aussitôt : « Deux dixièmes, ce n’est pas beaucoup ! Je me souviens que les guérisseurs du Dieu de la Lumière quittent rarement l’Église pour partir à l’aventure, alors ils sont assurément en grande demande ! »

« … As-tu réellement perdu la mémoire ? »

« Si tu n’es pas d’accord, dans ce cas laisse tomber ! »

« Très bien, très bien ! Va pour deux dixièmes alors, deux dixièmes. »  Woodrow avait l’air légèrement vexé, mais il se ragaillardit instantanément et se remit à marchander : « Cependant, tu dois jeter le sort sacré “Bouclier de Lumière” également ! »

Bouclier de Lumière ? Est-ce que je sais comment le lancer ? Je réfléchis à la question pendant un moment. Ces mots sonnent familiers, alors je vais présumer que c’est le cas ! Après tout, même si je en le connais pas, Woodrow et les autres n’iront pas jusqu’à me chasser du groupe, n’est-ce pas ?

« D’accord… »

Au milieu de ma réponse, je m’aperçus qu’il y avait quelqu’un à l’extérieur de la porte et m’enquis : « Est-ce que Iacchi, votre fripouille, a une queue de cheval ? »

« Oui, tu t’en es rappelé ?! » me questionna Woodrow avec surprise.

Avant que je pusse répondre, l’homme se tenant de l’autre côté du mur cria « Woodrow », puis ouvrit la porte d’un coup de pied.

« Woodrow ! Bonne nouvelle, il y a une grosse mission dans la ville… Hein ? Il est déjà debout ? »

L’individu qui venait d’entrer avait une longue chevelurettachée en queue de cheval. Il était petit et mince, et il m’arrivait probablement à l’épaule. Il était encore plus petit que Sybil, et il était à peu près de la même taille que Yuna, mais sa voix en était le total opposé. Elle était forte et claire, comme si quelqu’un frappait un gong près de mes oreilles.

Il devait s’agir du voleur du groupe dont le nom était Iacchi !

Après qu’Iacchi remarquât que j’étais réveillé, il ne fut plus aussi pressé. Il se calma et marmonna : « Oh ! Tu es réveillé ? C’est génial. Maintenant, nous allons enfin sortir de cette ville et nous mettre à compléter des missions ! Toutefois, cette nouvelle pour laquelle j’ai travaillé si dur va être gaspillée… »

« Que s’est-il passé ? » demanda à nouveau Woodrow.

Iacchi haussa les épaules et annonça : « Il y a une mission de grande ampleur dans la ville que nous pouvons effectuer sans même partir. Le montant de la récompense est assez élevé, alors j’avais l’intention de me dépêcher de l’annoncer à tout le monde. »

Je m’enquis vite : « Une large récompense ? Quel genre de mission est-ce ? »

Iacchi cligna des yeux et me fixa ensuite du regard avec une expression étrange avant de se retourner pour regarder le reste du groupe.

Woodrow toussa un coup, puis fit les présentations : « C’est notre nouvel équipier, Grisia. C’est un guérisseur du Dieu de la Lumière, et il va rester avec nous jusqu’à ce que ses compagnons viennent le récupérer. »

En entendant cela, Iacchi lâcha un « oh » et me dit simplement « bienvenue », avant d’entreprendre d’expliquer le contenu de la mission avec excitation. « Vous êtes au courant pour la licorne qui est venue dans la ville, pas vrai ? »

Tout le monde hocha la tête. Moi seul demandai, perplexe : « Une licorne ? »

« Oh, c’est vrai. Tu dormais, alors tu ne pouvais pas être au courant de ça. » Sybil nous coupa la parole et dit : « Il y a quelques jours, un groupe dans la ville a capturé une licorne ! Après avoir envoyé la licorne à la Guilde des Aventuriers, ils sont immédiatement passés d’inconnus à de super célébrités ! »

Une licorne ? Ce mot ne me semblait pas familier. Mes questions ne faisaient que s’accumuler. Je la questionnai tout de suite : « D’abord, dis-moi, qu’est-ce qu’une licorne ? »

« Comment peux-tu ne pas savoir ce que c’est ? »

Iacchi bondit avec stupeur et cria même de sa voix résonnante comme un gong. Le bruit était si fort que j’entendis immédiatement un bourdonnement dans mes oreilles, et je ressentis même une légère douleur dans ma tête… Comment le reste d’entre eux peuvent-ils supporter ce bruit ?

Je tournai la tête et regardai autour de moi. Ils avaient tous un air normal sur le visage et ne paniquaient pas comme moi. Ils faisaient bien partie du groupe d’Iacchi… Ils avaient tous utilisé leurs mains pour se couvrir les oreilles.

Woodrow baissa les mains et révéla calmement : « Grisia a perdu la mémoire. »

« Ah ? » Iacchi eut l’air de venir tout juste de marcher dans de la bouse de dragon.

Woodrow se tourna vers moi et expliqua : « Une licorne est une créature magique qu’on voit très rarement. Son apparence est similaire à celle d’un petit cheval blanc, sauf que, au milieu de son front, il y a une corne blanche. Cette corne est le médium dont se sert la licorne pour faire de la magie. Apparemment, sa magie de la foudre est très puissante. »

La magie ? J’hésitai. Bien que je ne puisse pas dire ce qu’est la magie, ce mot me semble aussi familier que le Bouclier de la Lumière, alors peut-être que je l’ai apprise également ?

Lorsque je parlai à tout le monde de cette possibilité, ils éclatèrent tous de rire.

Le rire de Sybil était particulièrement fort : « C’est impossible. Tu es un guérisseur, pas un mage. »

Vraiment ? J’éprouvais encore quelques doutes. Je ne connais vraiment pas la magie ? Mais, le mot « magie » sonne très familier pour moi.

« Arrêtez de vous moquer de lui, il a perdu la mémoire ! Vous êtes tous si impolis. »

Yuna fut la seule qui ne s’esclaffa pas. Elle réprimanda même le reste d’entre eux. À cause de cela, mon opinion d’elle s’améliora grandement. Peut-être que de ne pas posséder une belle silhouette n’était pas un défaut si important après tout.

Elle m’expliqua très gentiment : « Nous n’avons jamais vu de licorne auparavant, nous non plus. Nous avons seulement entendu quelques rumeurs. Que les licornes maîtrisent ou non la magie de la foudre n’est non plus pas quelque chose que nous savons. »

Iacchi s’empressa de dire : « Aussi, comme tout le monde le sait… Non ! Ce sont seulement des rumeurs, des rumeurs ! Yuna, cessa de me fusiller du regard ! C’est ce que les gens racontent après tout ! Une licorne accepte uniquement d’approcher les vierges pures. »

Elle aime les vierges ? Exactement comme moi… Non ! Non, la licorne est un animal si pervers, pas étonnant qu’elle se soit fait attraper !

À cela, Iacchi, ainsi que tous les autres hommes dans le groupe, jeta un coup d’œil aux deux seules membres qui puissent être « vierges ».

Sybil répliqua immédiatement avec humeur : « Ne vous donnez pas la peine de me regarder ! Croyez-vous honnêtement que je le sois ? »

Tout le monde — moi inclus — secoua la tête en négation, puis regarda l’autre personne : Yuna.

Yuna rougit sur-le-champ, baissa la tête et ensuite la secoua légèrement.

Même Yuna ne l’était pas !

Après avoir surmonté ma surprise, je remarquai que la mâchoire de tous les autres était tombée grande ouverte à cause du choc, et ils semblaient même plus consternés que moi. En particulier Igor, son expression faciale donnait l’impression que le monde avait pris fin sous ses yeux… Il semblerait que Yuna l’intéressât quelque peu. Non ! Il n’était pas quelque peu intéressé : il était vraiment intéressé, parce que même le bord de ses yeux avait rougi.

Néanmoins, le reste de ses équipiers donnait l’impression de déjà savoir qu’Igor était intéressé par Yuna. À part moi, personne d’autre ne fut surpris de la dépression atypique d’Igor. Même Yuna n’avait pas le moins du monde l’air surpris. Moi seul marchai jusqu’à Igor et le tapotai sur l’épaule par compassion.

Sur le côté, Iacchi soupira désespérément : « Ah ! C’est dommage, après que la licorne se soit échappée la nuit dernière, la Guilde des Aventuriers a offert cinq cent ducats d’or en récompense ! »

Je sursautai, me précipitai à grandes enjambées, agrippai Iacchi par le col et m’exclamai : « Que viens-tu de dire !? »

Iacchi sursauta et balbutia : « C’est, c’est dommage… »

« La phrase suivante ! »

Il continua : « La licorne s’est échappée la nuit dernière ! »

Il tressaillit. Ce ne fut pas avant que j’eusse soulevé tout son corps et laissé ses deux pieds se balancer au-dessus du sol qu’il retrouva ses esprits et s’empressa de répondre : « La récompense pour avoir à nouveau capturé la licorne est de cinq cents ducats d’or ! »

Cinq cents ducats d’or !                                

Je posai Iacchi par terre et me mis sur-le-champ à faire le calcul. Deux dixièmes de cinq cents ducats d’or font… cent ducats d’or ! Tant que je peux capturer ce maudit cheval pervers, dans ce cas je peux obtenir cent ducats d’or !

Je m’exclamai immédiatement à tout le monde : « Très bien ! Nous prenons cette mission ! »

Tout le monde me fixa du regard avec la bouche grande ouverte. Après quelque temps, Woodrow dit avec précaution : « Mais, mais nous n’avons pas de vierge… »

Je ricanai et lâchai lentement chaque mot : « Non ? Alors, pourquoi est-ce que nous ne nous contenterions pas d’en capturer une ? »

1/2 Prince T5C2 : Conflit

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½ Prince Volume 5 : Un Prince N’Existe Plus

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 2: Conflict – traduit du chinois vers l’anglais par Erihppas[PR!]
Chapitre 2 : Conflit – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ travail de vérification par Yukomin

« On dirait bien que beaucoup de personnes sur le Continent Central refusent d’admettre que Prince est un être supérieur. » Nan Gong Zui fronça pensivement les sourcils, après avoir écouté White Bird décrire les événements de la journée.

« Je pense qu’il y a plusieurs facteurs : premièrement, le niveau de Prince n’est pas assez élevé ; deuxièmement, Prince n’a pas survécu lors de l’affrontement final du Tournoi des Aventuriers ; et troisièmement, devenir le porte-parole lui a non seulement apporté l’admiration de beaucoup, mais également la jalousie de plein d’autres », expliqua Wicked en détail.

Nan Gong Zui fronça encore plus les sourcils. Il me regarda avec inquiétude. « Prince, la seule chose que tu puisses faire maintenant, est de t’entraîner durement et de monter de niveaux. »

Je haussai les épaules. « Aucun problème. Comparé au travail administratif et à tous les trucs militaires, je préfère m’entraîner. »

« Ce qui est encore plus important que d’augmenter tes niveaux c’est de te construire une réputation ! » déclara White Bird avec détermination.

« Réputation ? » Tout le monde fixait White Bird, et à l’exception de moi, ils semblaient tous d’accord avec elle. Sérieusement ? Je ne suis pas déjà suffisamment respecté comme ça ?

« Attendez une minute… Comment je peux ne pas avoir une assez bonne réputation ? Est-ce que je n’ai pas toujours utilisé l’image de l’Elfe Sanguinaire en public ? » argumentai-je rapidement. Est-ce que c’est une sorte de blague ? Je n’ai pas envie d’être encore plus estimé ! Je n’arriverais pas à le supporter si tout le monde se mettait à me vénérer de la même façon que la bande des cinq…

White Bird me regarda avec incertitude et m’expliqua avec hésitation : « Monseigneur, votre manque de réputation est possiblement dû à votre apparence. »

« Apparence ? » Je fus surpris un instant. Qu’est-ce qui ne va pas avec mon apparence ? Est-ce que je serais trop séduisant pour être respecté ?

Belle-sœur Yu Lian intervint soudainement : « Tu veux dire que Prince paraît trop jeune ? »

White Bird hocha timidement la tête. « Si je puis me permettre de vous le demander franchement, Monseigneur, quel âge avez-vous ? »

À cette question, ils se tournèrent tous vers moi et me regardèrent comme s’ils tentaient de me mesurer. Quelque peu mal à l’aise sous leurs regards scrutateurs, je répondis rapidement : « Vingt ans. »

« Vingt ? C’est plus que ce que je pensais, mais ça reste très jeune. Parmi les quatre autres seigneurs, on dit que le plus jeune a vingt-quatre ans. Sans oublier que, Monseigneur, vous semblez n’avoir que dix-sept ou dix-huit ans. » White Bird soupira avec une expression abattue.

Gui ne sembla pas d’accord. « Son apparence convient. Le vrai problème est que Prince s’implique rarement dans les affaires quotidiennes de la cité. De nombreuses personnes ont aperçu les chefs des différents départements en chair et en os, mais n’ont vu Prince qu’en photo sur le site officiel de Second Life. »

Je ne pus m’empêcher de lever les yeux au ciel en entendant les paroles de Gui. « Ce n’est pas de ma faute. Tout le monde m’a obligé à faire la tournée de concert, et maintenant je dois m’entraîner dur pour rattraper mon retard. Quand est-ce que je trouverais le temps de m’impliquer dans les affaires courantes de la cité ? »

Tout le monde soupira en entendant mes propos, et chacun de leurs visages afficha une expression d’impuissance.

« Ça ne peut pas continuer ainsi. La réputation de notre suzerain doit être établie », déclara White Bird, inhabituellement déterminée. « Et je vais définitivement songer à quelque chose ! »

Pour une raison que j’ignorais, je me mis tout à coup à frissonner.

 

 

À l’instant où je vis tout le monde s’agenouiller devant moi, incluant les membres d’Odd Squad, de Dark Emperor, de la Team Rose et des autres, je fus totalement perdu sur ce que je devais faire. Ça ne faisait aucune différence que White Bird m’eût prévenu de cet événement, cette soi-disant cérémonie d’allégeance.

Pour se préparer à la prochaine mise à jour, tout comme aux prochaines invasions de la Cité du Soleil, de la Cité de la Lune et de la Cité de l’Étoile, nous décidâmes d’organiser une cérémonie durant laquelle chaque personne devait me jurer allégeance, à moi, le suzerain de la Cité de l’Infini. En premier lieu, la cérémonie allait permettre d’annoncer au grand public l’intention de la Cité de l’Infini de conquérir les cités officielles, et deuxièmement elle permettrait d’établir cette chose concernant la réputation que je ne parvenais pas à comprendre réellement.

« Moi, Ugly Wolf, je jure de servir le suzerain de la Cité de l’Infini, Prince, d’une loyauté sans faille. » Grand frère Wolf me regarda avec une expression solennelle. Ça allait de soi, il était également agenouillé, et pourtant, en entendant sa déclaration, je me sentis un peu… mécontent ? Pourquoi grand frère Wolf doit-il se prosterner devant moi ?

« Moi, Yu Lian… »

« Moi, Guiliastes … »

« Doll… »

« Lolidragon… »

« Wicked … »

« Nan Gong Zui… »

« Rose… »

Un à un, mes proches amis me jurèrent fidélité. Est-ce que je ne devrais pas me sentir heureux ? Pourquoi mon cœur ressent-il seulement le vide, comme si je venais tout juste de perdre quelque chose d’important ?

Après que chacun m’eût juré fidélité, je déclamai les mots que m’avait enseigné White Bird. Employant un ton solennel que je n’avais jamais utilisé auparavant, je décrétai : « Moi, Suzerain de la Cité de l’Infini, Prince, j’accepte vos serments. À partir d’aujourd’hui, vous êtes tous mes loyaux sujets. Je jure de tous vous guider vers la célébrité et la gloire à travers Second Life. »

Tout le monde s’exclama à l’unisson : « Vive la Cité de l’Infini ! »

« Vive… la Cité de l’Infini », répétai-je, empli d’un sentiment de vide, tant dans mes mots que dans mon cœur.

 

 

À la fin de la cérémonie, sur chaque visage rayonnait la joie et l’excitation précédant chaque bataille. J’avais un sourire forcé sur le mien, mais mon cœur était lourd.

« Monseigneur, votre entraînement avance-t-il bien aujourd’hui ? » Grand frère Wolf me tapota le dos en souriant.

Je souris sèchement en entendant ses mots. « Grand frère Wolf, pourquoi m’appelles-tu également “Monseigneur” ? »

Grand frère Wolf se gratta la tête, haussa les épaules et s’expliqua : « Parce que White Bird nous a ordonné de vous parler ainsi à partir de maintenant, et ce afin de construire votre réputation en tant que seigneur de la Cité de l’Infini. C’était également le but de la cérémonie d’allégeance d’aujourd’hui. »

« Je n’y suis pas habitué », ronchonnai-je, déprimé. « Pourquoi est-ce-que même les membres d’Odd Squad doivent s’agenouiller devant moi ? Je préférerais que vous me taquiniez comme avant plutôt que de vous courber devant moi. »

« Prince… » m’appela Grand frère Wolf d’une voix hésitante.

« C’est “Monseigneur” ! » rappela Lolidragon à grand frère Wolf, en me frappant impitoyablement à la tête. « Grand frère Wolf, n’oublie pas les ordres de White Bird. »

Elle se retourna à la fin de sa phrase et me lança un regard fier. « Ne vas pas t’imaginer que j’ai envie de m’incliner face à toi. Si ce n’était pas nécessaire de te bâtir une réputation, je ne plierais pas devant un gamin comme toi. »

« Lolidragon ! Ne t’adresse pas ainsi à notre souverain », lui reprocha doucement White Bird, visiblement mécontente du ton de Lolidragon.

« Pourquoi est-ce que j’ai besoin de me bâtir une réputation ? » Je ne pus réfréner ma colère tandis que le ressentiment que j’avais refoulé ces derniers jours augmentait soudainement. « Ce ne serait pas mieux si on était tous amis ? Pourquoi me vénérer comme si j’étais une sorte de dieu ? »

« Monseigneur ! » Grand frère Wolf et Lolidragon me regardaient avec des expressions choquées, comme s’ils étaient surpris de ma subite poussée de rage. Les rires bruyants de la foule environnante cessèrent, comme les personnes commençaient doucement à nous fixer du regard les uns après les autres.

« Monseigneur… » White Bird paniqua alors que ses yeux balayaient la foule dont l’attention s’était tournée vers nous, et elle fronça les sourcils dans ma direction.

Après avoir remarqué que tous les membres d’Odd Squad étaient rassemblés, la Team Rose, Wicked et tous les autres présents nous observèrent d’un air préoccupé. Voyant leurs expressions aller de pair avec les froncements de sourcils de Nan Gong Zui et White Bird, mon cœur se vida tel un ballon dégonflé, comme si toute mon énergie m’était enlevée. J’agitai la main avec fatigue. « Désolé, je suis juste très fatigué. Je vais aller me reposer un peu. »

Je me retournai et partis, sans accorder un seul autre regard aux personnes présentes. J’atteignis le hall principal avant de réaliser brusquement que je ne savais pas où me rendre. Yun Fei et Jing… je vais aller les chercher, ils vont forcément me comprendre.

Je marchai, un peu déprimé, en direction de la demeure de Lü Jing et Yun, puis défonçai la porte d’un grand coup. Comme je m’y attendais, le cri de Yun Fei retentit sur-le-champ.

« Prince, je t’ai déjà dit un millier de fois que les portes pouvaient se casser ! Et, tu vas payer pour les dommages si c’est le cas ! » Mon humeur s’éclaircit rapidement en raison de la façon dont Yun Fei m’avait parlé. Il était le même qu’auparavant et ne m’appelait pas « Monseigneur ».

« La cérémonie d’Allégeance est déjà terminée ? » La voix de ma mère résonna soudainement à mon oreille.

« Papa, Maman, vous êtes tous là ! » Je me tournai, surpris. Non seulement Jing et Yun étaient ici, mais mes deux parents étaient également présents dans la pièce.

« Bien sûr, tout le monde allait s’incliner et te jurer loyauté, mais tu ne t’attendais pas à ce que tes parents s’agenouillent aussi devant toi, pas vrai ? » me demanda Jing, imperturbable.

« En parlant de la cérémonie, je commence à devenir fou. Pourquoi est-ce que tout le monde doit s’agenouiller et me jurer fidélité !? » Je ne pus refréner mes sentiments plus longtemps et commençai à crier, souhaitant éjecter toute ma frustration. « Ce sont mes amis, pourquoi ont-ils l’obligation de m’appeler “Monseigneur”, et celle de s’agenouiller pour m’honorer !? »

Tout le monde fut choqué de mon explosion. Ce ne fut qu’après un moment de silence que Jing parla. « Mais, parce que c’est nécessaire. »

« Foutaise, nous ne faisions pas ça avant, et il n’y avait aucun problème, non ? » argumentai-je rapidement. On n’avait pas besoin d’établir une quelconque réputation.

« Xiao Lan, c’est nécessaire. » Mon père me scruta avec une expression sérieuse. « La Cité de l’Infini se renforce en s’agrandissant, et de plus en plus de personnes se joignent à elle. Ce dont ils ont besoin c’est un roi qu’ils peuvent suivre, et non un ami. »

Roi… Pourquoi est-ce qu’on continue de me rabâcher les oreilles avec ce mot ? Pourquoi suis-je tout le temps couronné de mots si pesants ?

« Xiao Lan, tu es déjà sur cette voie, et, à moins de souhaiter tout abandonner, tu dois continuer d’aller de l’avant », affirma ma mère avec gravité.

« Je… Je suis d’accord pour aller de l’avant, je n’apprécie simplement pas la façon dont mes amis se sont métamorphosés en sujets. Est-ce que, même ça, c’est trop demander ? » Je ne pus m’empêcher de m’étouffer.

« Xiao Lan ! » Yun m’agrippa les épaules. « Qu’est-ce que tu fabriques ? On dirait quelqu’un d’autre. Tu es supposée être quelqu’un qui avance aveuglément et qui n’abandonne pas quelles que soient les difficultés ! Tu es le cœur de ce groupe, ta confusion et tes larmes ne doivent en aucun cas être dévoilées. »

« Mais, je peux pleurer ! Et, il m’arrive d’être confuse ! » Je fermai les yeux et pleurai. « Je ne suis pas Dieu, je ne suis pas si bien ! »

« Xiao Lan… » Tout le monde se leva avec surprise, souhaitant venir me réconforter.

Je m’échappai désespérément des bras de Yun, essuyai mes larmes, et sortis de la maison sans un regard en arrière.

Ils s’exclamèrent tous les quatre avec surprise : « Xiao Lan, attends ! »

Je ne pris même pas la peine de tourner la tête, alors que je leur répliquais d’une voix forte : « Ne me suivez pas, je n’ai pas envie de vous écouter pour l’instant ! »

Usant de toute la vitesse dont je pouvais faire preuve, je filai comme le vent, loin du lieu où je pensais trouver du réconfort à l’origine. Je n’avais pas anticipé le fait que même Jing et Yun, ainsi que mes parents, seraient incapables de comprendre mes sentiments. Qui d’autre pourrait les comprendre ? Je souris mi-figue mi-raisin, levai les yeux, et réalisai que je me trouvais en face du Restaurant de l’Infini.

Naturellement, j’y entrai. À l’instant où je décidais d’aller boire tranquillement dans un coin, j’aperçus Kenshin et Arctic Fox assis sur le balcon, en train de boire silencieusement, et avec divers mets en accompagnement trônant sur la table. Je m’approchai arrogamment d’eux, m’assis et attrapai directement le pichet d’Arctic Fox et le vidai d’une traite.

Arctic Fox regarda sans dire un mot, tandis que j’agrippais la cruche. Après que je l’eus finie cul-sec, il déclara doucement : « C’est un mélange de vodka et de whisky. »

Comme Kenshin levais les yeux pour rencontrer ceux de Arctic Fox, ce dernier ajouta : « Très fort. Un humain normal serait ivre-mort après quelques verres. »

Kenshin et Arctic Fox me fixèrent du regard de concert. En voyant leurs regards, je commençai à m’énerver à nouveau. « Qu’est-ce que vous regardez ? Vous savez que je suis le suzerain de la Cité de l’Infini ? Allez me commander plus de vin. »

Kenshin détourna le regard et affirma calmement en une seule phrase : « Il est saoul. »

« Mouais. » répondit Artic Fox d’une voix également calme.

Bon sang, ils ne me commandent pas de vin ! Je ne pus réprimer ma rage et frappai la table de mon poing. « Serveur, apporte à cette table plus de vin ainsi que chacun des plats que vous avez immédiatement ! »

« Aurais-tu décidé de jeter ta vie aux orties ? En gaspillant ainsi de l’argent, tu ferais mieux de te montrer prudent face à la colère de belle-sœur Yu Lian ». La petite voix de Lolidragon provint de derrière.

Je ne tournai pas la tête, et ne souhaitai pas même répondre.

Lolidragon soupira et s’assit près de moi : « Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi es-tu si énervé ? Il ne s’agit que de la cérémonie d’allégeance, tu n’as pas besoin de le prendre tellement à cœur. »

J’étais si furieux que je répliquai d’une voix très forte : « Qu’est-ce que tu entends par seulement une cérémonie d’allégeance ? Vous êtes tous mes amis, vous n’étiez pas supposés vous agenouiller devant moi en premier lieu ! »

« C’est vrai que nous sommes amis, mais nous sommes également tes sujets. Qu’est-ce qui cloche avec le fait que des subordonnés s’inclinent pour te jurer leur loyauté ? » Lolidragon me fusilla du regard, les sourcils froncés.

« Qu’entends-tu par sujets… Vous êtes tous mes amis ! Mes amis ! » Après avoir hurlé jusqu’à ce que ma voix se brise, j’attrapai le pichet de vin que le serveur venait de délivrer et bus désespérément, comme si cette seule action pouvait effacer la misère de mon cœur.

Il semblerait que je l’eusse effrayée, car Lolidragon resta sans voix un moment. Elle continua à m’observer sans dire le moindre mot, tandis que j’engloutissais follement le vin.

Finalement, elle parla d’une voix solennelle et avec sincérité. « Prince, tu n’es plus un prince sans attache, mais un roi avec de lourdes responsabilités sur tes épaules. »

J’arrêtai de boire. Pourquoi ces mots me semblent-ils si lourds ? Roi ? Moi ? Je répondis, plein d’amertume : « Lolidragon, je n’aime pas cette situation. Je déteste la façon dont tout le monde me traite, et puis je déteste aussi ces… ces titres seigneuriaux. »

Lolidragon se leva lentement, inspira longuement et déclara : « Prince, tu voulais créer une légende. Mais, se pourrait-il que tu savoures les moments de joie de la légende, mais refuses de supporter les responsabilités et les douleurs qui l’accompagnent ? »

J’en restai bouche-bée, et ne pus que contempler Lolidragon, pendant qu’elle quittait le restaurant sans jeter un regard en arrière. Je baissai la tête et regardai la cruche d’un air ahuri. Mes sentiments étaient si mélangés que je ne savais même pas ce que je ressentais à ce moment.

« Prince… Est-ce que ça va ? » s’enquit une voix féminine derrière moi. Mon cœur se serra. Lolidragon est-elle revenue ?

L’expression inquiète de Phoenix apparut devant mes yeux. Mon sentiment d’espoir naissant s’évanouit en moi, et mon cœur se vida davantage. Je balançai la main en direction de Phoenix et lui lançai d’un ton brusque « Arrête de m’emmerder ! »

Par la suite, je retournai la tête et me remis à boire et à manger… Mais, ensuite je remarquai que Kenshin et Arctic Fox fixaient un point au-dessus de mon épaule en fronçant les sourcils. Je bougeai rapidement la tête pour voir. Phoenix versait silencieusement des larmes.

J’étais pétrifié, ne sachant pas le moins du monde comment réagir. Mais, Phoenix parlait déjà, et, malgré les deux sillons de larmes qui coulaient sur son visage, sa voix était étonnamment posée. « Prince, en fait tu ne t’es jamais soucié de moi, n’est-ce pas ? »

« Je… »  Qu’est-ce que je pourrais lui dire ? Si Phoenix n’était pas tombée amoureuse de moi, nous aurions peut-être pu être de bons amis, mais étant donné qu’elle a craqué pour moi, elle était destinée à être blessée… Est-ce que ça a réellement été le bon choix de la laisser m’aimer dès le départ ? Je réalisai soudainement avec horreur que je n’avais encore jamais songé à ce qu’il pouvait arriver par la suite.

Je ne savais pas quoi répondre, et elle ne donnait pas l’impression d’attendre une quelconque réponse. Elle ferma les yeux, pleurant toujours silencieusement et, en se retournant, elle commença à s’éloigner. « Mes sentiments brûlent d’une passion telles les flammes du Phoenix et, pourtant, ceux que j’aime me traitent tout le temps avec plus de froideur que la pointe d’un iceberg ! »

« Phoenix… » Je ne pouvais que regarder stupidement la silhouette dévastée de Phoenix qui s’éloignait. Même après qu’elle eût disparu depuis un certain temps, je ne parvenais pas à détacher le regard.

« Prince… » Deux voix m’appelèrent à l’unisson, et à la porte apparurent les deux silhouettes que je connaissais le mieux : Wicked et Gui.

Ils arrivèrent tous les deux devant moi au même moment, et je les fixai d’un air hébété.

« Prince, tu n’as pas besoin de supporter toutes ces responsabilités. Si tu penses que c’est trop douloureux, laisse tout tomber », décréta Wicked en me tapotant gentiment la tête.

« Je peux vraiment faire ça ? » Je souris mélancoliquement. Tout quitter juste comme ça ? Abandonner la promesse de créer une légende avec les membres d’Odd Squad ?

« Xiao… Prince. » Wicked soupira doucement et n’ajouta rien de plus.

« Votre Majesté, si vous souhaitez verser des larmes, alors je vous prie de le faire sur les épaules de votre Gui ! » Gui me prit dans ses bras avec compassion. Je me figeai un instant, puis levai ensuite la tête et le regardai. Il profitait de moi1 comme d’habitude, mais, soudainement, je sentis que je comprenais quelque chose.

« Se pourrait-il que tu le fasses exprès ? » le questionnai-je.

« Pardon ? » L’expression de Gui se métamorphosa en une fraction de seconde, puis retourna vivement à la normale, soit à une expression sur-enjouée. « Oh, je ne peux simplement me contrôler quand je suis près de vous, votre Majesté ! » prétendis Gui.

« Tu profites toujours de moi… Est-ce que tu ne me crées pas volontairement une raison de te frapper ? » Je fixai Gui droit dans les yeux, ne lui permettant pas d’agir comme un idiot. « Tu me laisses te frapper pour que je puisse évacuer ma frustration, pas vrai ? » m’écriai-je d’une voix rauque. « Pourquoi acceptes-tu de te sacrifier comme ça ? Pourquoi endurer une telle douleur et même une telle humiliation ? »

J’attrapai son col et le foudroyai du regard, ne lui laissant guère l’opportunité de s’échapper. « D’aller aussi loin pour moi, est-ce que ça en vaut réellement la peine ? Tu ne connais même pas mon vrai nom ! »

L’expression de Gui se fit tout à coup plus douce. Il me caressa gentiment les joues, et ses yeux affichaient un tel mélange de joie et de douleur que je me sentis confus après les avoir regardés. « Si mes larmes peuvent être utilisées en échange de ton sourire, dans ce cas cela en vaut plus que la peine. »

Soudainement, Gui fut brutalement jeté au sol. Même si Wicked tentait désespérément de lancer un regard furieux à Gui, il ne put dissimuler la douleur qui transparaissait dans ses yeux ainsi que sur son visage. Gui lui rendit bravement son regard, ses yeux montrant une détermination sans regret.

« Pourquoi est-ce que je n’arrête pas de blesser les gens ? » marmonnai-je. Mes yeux étaient aussi vides qu’un trou noir. « Est-ce que je vais finir par tout le temps blesser des gens quels que soient mes choix ? »

« Prince ? » Wicked et Gui m’observèrent, sous le choc, fortement préoccupés.

En un instant, je me levai et me dirigeai vers la porte. Gui et Wicked me suivirent, et je m’arrêtai tout d’un coup, me retournai et les priai : « Ne me suivez pas, j’aimerai avoir un peu de temps seul pour pouvoir penser. Je vous en prie, ne me suivez pas. »

Gui et Wicked s’arrêtent net, et, malgré leurs grandes différences, leurs yeux révélèrent les mêmes inquiétudes et compassions à mon égard au même instant.

Parmi ces deux personnes qui m’aiment aussi profondément, laquelle est-ce que je devrais blesser ? Lquelle est-ce que je pourrais cruellement me permettre de blesser ? Grand frère Zhuo qui m’attend depuis huit ans ? Ou Gui qui va jusqu’à sacrifier sa dignité pour moi ? La question est si difficile, si difficile !

En sortant du restaurant et en marchant dans les rues de ma propre cité, je me rappelai alors une conversation que j’avais entretenue avec mon frère dans le jeu en ligne The World auquel nous avions l’habitude de jouer.

 

 

« Hé, pourquoi les autres ont du fric, des terres et la gloire, et nous n’avons rien peu importe à quel point nous nous entraînons ? » Après avoir massacré un nombre infini de monstres qui débarquaient, je ne pus m’empêcher de me plaindre.

Me protégeant du front des attaques, mon abruti de frérot roula des yeux. « Tu appelles ça s’entraîner dur ? Tu ne connais même pas les efforts que les gens ont dû fournir avant de pouvoir réussir ! »

« Tu en es sûr ? Si ça se trouve, ils se contentent de tout avoir grâce à l’argent », lui répondis-je avec dédain.

« Bon, arrête d’envier les autres maintenant. Posséder une cité n’est pas forcément une bonne chose. Pourquoi ne songes-tu pas aux responsabilités qui reposent sur leurs épaules ? » répliqua insouciamment Heartless Wind.

« Quelles responsabilités ? Tu veux dire celles de s’allonger et de récolter les loyers ? » ne pus-je me réfréner de rétorquer.

Heartless Wind me regarda comme s’il devait enseigner à un enfant désespérant. « Sœurette, tu ne comprends pas. Mon ami possède une cité. Chaque jour, il s’inquiète à propos de tout, de perdre sa cité, ses pertes, ses dettes, de la tension qui règne parmi ses compagnons, des personnes qui ne l’acceptent pas et qui souhaitent lui dérober son trône. Et puis, quand on possède un château, on doit en conquérir un deuxième, puis un troisième… En fin de compte, tu ne peux pas avoir la paix tant que tu n’as pas conquis le jeu tout entier, et cela représente de très lourdes responsabilités. »

Je lui répondis sans penser : « Je ne veux pas d’un deuxième château, mais un seul. Pourquoi devrais-je dominer le jeu en entier ? »

Comme il manqua d’être coupé en deux par des monstres, Heartless Wind ne se soucia pas de poursuivre le débat. Il se contenta de marmonner une dernière chose en retour, des mots que je ne pris pas à cœur à ce moment-là mais qui m’apparaissaient clairement à présent. « Il y a des situations qui ne te permettent pas d’avoir le choix. Seules les personnes n’ayant pas suivi le même chemin peuvent en parler avec autant de légèreté. »

 

 

« En effet, seules les personnes qui n’ont pas suivi un chemin identique peuvent en parler si légèrement ! » Je fermai les yeux, permettant aux larmes de s’échapper du coin de mes yeux.

« Grand frère Prince… » La voix hésitante de Doll atteignit mes oreilles.

Ne souhaitant pas que la jeune Doll me voit ainsi, je ne lui fis pas face. « Je vais bien. J’ai seulement besoin d’être seul un instant. Tu n’as pas besoin de t’inquiéter pour moi, Doll. »

« Grand frère Prince, est-ce que Doll peut marcher avec toi ? »

« J’aimerai être seul pour un moment… » la rejetai-je implacablement.

Cependant, Doll se mit devant moi, attrapa ma main et, employant une voix douce que je n’avais jamais entendu provenir d’elle, elle déclara : « Ne ressasse pas ce sujet tout seul, tu ne feras que perdre ton temps. Laisse-moi au moins t’accompagner. Je pense pouvoir comprendre ta douleur : celle des dirigeants. »

Je la fixai d’abord avec un sourire amer, qui signifiait mon doute. « Comment pourrais-tu comprendre ? »

« Comment une vraie princesse dans la vie courante pourrait-elle ne pas comprendre ? » En entendant cette remarque, je me tournai vers Doll, choqué, tandis que je rencontrais son expression majestueuse de laquelle émanait de l’élégance. Elle sourit légèrement en déclarant : « Laisse-moi t’accompagner maintenant, tu te sentiras mieux par rapport au fait de gouverner. »

Je me sentirai mieux d’être un dirigeant ? Une princesse est en train de me dire que je me sentirais mieux sur le fait de posséder le titre de Roi ? Avant aujourd’hui, j’aurais définitivement déclaré que c’était impossible, mais maintenant… Je ne pouvais que sourire amèrement. « C’est impossible pour moi de me sentir mieux par rapport à ça ; je… me suis embourbé. Je ne peux ni avancer, ni même faire demi-tour ! »

« C’est parce que tu ne te concentres que sur la douleur, qu’elle soit pour aller de l’avant ou pour abandonner, et tu oublies la joie qu’il y a dans chacun des deux choix », répondit Doll. Elle parla d’une manière résolue, et pourtant ses mots sonnèrent vagues à mon oreille. « Néanmoins, allons juste nous balader. Il y aura toujours un chemin, tout du moins tant que tu ne stagneras pas dans un coin, simplement à ruminer les choses. » Doll me poussa brutalement dans le dos, et en un clin d’œil nous atteignîmes les portes de la cité.

« Où allons-nous ? » demandai-je, stupéfait.

« Le ciel est infini, le monde est vaste ; nous pouvons aller où bon nous semble ! »

 

 

Pendant ce temps, au Restaurant de l’Infini…

Arctic Fox demanda posément : « Que vient-il de se passer ? »

« Quelque chose qui ne nous concerne pas. » Kenshin sirota son thé avec indifférence. Les émotions humaines étaient beaucoup trop complexes, ce n’était pas quelque chose qu’il arrivait comprendre.

« Ça ne nous est pas totalement étranger », soupira Arctic Fox.

« Même s’il est notre suzerain, nous n’avons pas à nous occuper de ses affaires privées », répliqua Kenshin sans ménagement.

« Non, ça nous concerne. » Arctic Fox fronça les sourcil en scrutant la table débordant de victuailles et de vin. « Nous devons payer l’addition. »

« … »

Note de bas de page

1 profitait de moi : En chinois cette phrase était : 吃豆腐 (chī dòu fǔ), lit. « Manger du tofu ». On dit que l’origine de cette expression est la suivante : Dans les temps anciens, les magasins de tofu étaient généralement tenus par des couples. Le mari faisait du tofu la nuit que la femme vendait le jour durant. Comme ils mangeaient fréquemment du tofu, leur peau était naturellement douce et lisse. Ça attirait beaucoup de clients (principalement des hommes, considérant que la femme tenait le magasin le jour), et les hommes utilisaient l’expression « manger du tofu » comme un euphémisme sur le fait d’aller au magasin de tofu pour flirter avec la tenancière, ce pourquoi les femmes jalouses harponnaient leur mari à coup de : « Es-tu allé manger du tofu aujourd’hui encore ? » Aujourd’hui, on utilise cette expression pour parler des pervers, ou bien des hommes qui profitent des faiblesses pour prendre avantage sur les femmes.

Romance RPG – Partie 16

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Sixteen – traduit du chinois à l’anglais par clrfction[PR!]
Partie Seize – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Yue Lan, pourquoi es-tu sortie ? » demanda Bai Xue Chen, légèrement troublé.

Une si belle femme. Ye Meng Ling se regarda et ne put s’empêcher de se sentir gênée. Non ! Je ne peux même pas me comparer à elle…

« Est-ce que c’est la Yue Lan dont tu m’as parlée ? Elle est d’une telle beauté. » Lin Jian Yin laissa échapper un profond soupir et ne put se retenir d’ajouter : « Comment deux personnes portant les mêmes vêtements peuvent-elles produire des effets aussi différents ? »

Oh non… Lin Jian Yin réalisa soudainement ce qu’il venait de dire. Il écarquilla les yeux, mais il n’osa pas se retourner pour regarder Ye Meng Ling. Bai Xue Chen le dévisagea comme s’il voulait écraser la bouche stupide de Lin Jian Yin avec sa chope de bière.

Ye Meng Ling sourit légèrement et agita la main pour dissiper la tension. « Ça va, vraiment ! »

Même si c’était ce qu’elle avait dit, Lin Jian Yin pouvait encore lire une trace d’amertume dans son sourire, et vit dans ses yeux à quel point il était forcé. Toujours impulsif et direct, ça ne servit qu’à assombrir encore plus son humeur. « Qu’est-ce que c’est que ce sourire horrible ? Ça frustre les gens juste de le regarder. Hurle-moi dessus si tu veux ! Gifle-moi si tu en as envie ! Si même toi tu n’aimes pas comment tu es, pourquoi est-ce que tu ne fais pas quelque chose pour changer !? »

Ye Meng Ling fut choquée par sa tirade et ne put pas produire une réponse. Elle ne pouvait que fixer Lin Jian Yin du regard, figée.

Yue Lan remarqua la situation et, par gentillesse, voulut immédiatement s’approcher et réconforter Ye Meng Ling, mais elle fut freinée par Bai Xue Chen. Elle lui jeta un regard désapprobateur, mais Bai Xue Chen secoua uniquement la tête. Yue Lan ne comprenait pas, alors elle ne pouvait que rester à côté et observer. Toutefois, si Lin Jian Yin disait quoi que ce soit qui puisse dépasser les bornes, elle n’irait pas se rasseoir et ne laisserait pas les choses se dérouler ainsi.

Bai Xue Chen avait retenu Yue Lan pour une raison simple : même si les paroles de Lin Jian Yin étaient blessantes, il disait la vérité, mais d’une manière brusque et maladroite. D’un autre côté, les paroles franches étaient un raccourci pour les gens de voir la triste vérité. Bai Xue Chen le savait mieux que quiconque, parce qu’il en avait lui-même bénéficié dans une situation similaire.

Tout semblait aller au ralenti. Ye Meng Ling vacilla sous le regard ouvertement accusateur de Lin Jian Yin et baissa la tête dans l’inconfort. Elle murmura amèrement : « Je ne peux pas atteindre le dix parfait de Yue Lan, quels que soient les efforts que je mets pour bien m’habiller. Que ce soit un zéro pour laide ou la note de passage de six ne fait aucune différence. » Après avoir fini de parler, Ye Meng Ling se dirigea rapidement vers la porte de la boutique, voulant cacher l’humidité dans ses yeux.

Les paroles et le ton familiers rappelèrent soudainement une autre fille à Lin Jian Yin, ou plus précisément un personnage qui ne devrait apparaître que dans un jeu : Meng. Meng et Ye Meng Ling. Finalement, Lin Jian Yin les compara toutes les deux : même coiffure, mêmes vêtements, une attitude presque identique… Mais, comment est-ce que c’est possible ? Est-ce qu’un personnage de jeu et une vraie personne peuvent être une seule et même chose ?

Il  se rendit tout à coup compte que Ye Meng Ling avait déjà tiré sur la poignée de la porte pour l’ouvrir. Il la héla rapidement : « Attends ! »

Ye Meng Ling s’arrêta, mais ne se retourna pas. Lin Jian Yin réalisa qu’il ne savait pas quoi faire après lui avoir demandé de s’arrêter. Lui demander si elle est un personnage du jeu Nintendo ? Il se ferait probablement traité de cinglé. Lin Jian Yin hésita un peu et la questionna d’une manière plus subtile : « As-tu… as-tu déjà été au 51ème étage de la compagnie d’agence ? »

Ye Meng Ling répondit sèchement : « M. Lin, il n’y a que cinquante étages dans notre compagnie. Aussi, s’il-vous-plaît, n’oubliez pas le programme radio prévu demain. » Après qu’elle eut fini de parler, elle ferma sans hésitation la porte de la boutique.

Les paroles de Ye Meng Ling manquèrent de renverser Lin Jian Yin. Il n’y a que cinquante étages. C’est vrai ! La compagnie ne dispose que de 50 étages ! Comment avait-il pu oublier ça ? Mais, il s’était bel et bien rendu à un 51ème étage ce jour-là et avait acheté sa console Nintendo dans cette boutique d’antiquités bizarre. La console l’attendait même encore à la maison. Il n’y a aucune chance pour que ce soit un rêve, n’est-ce pas ?

Un frisson sinistre traversa la colonne vertébrale de Lin Jian Yin. Je ne suis quand même pas confronté à quelque chose de surnaturel, pas vrai ? Pourtant, Xue Chen m’a donné la carte de visite, se rappela soudain Lin Jian Yin. Il se tourna immédiatement pour demander : « Bai Xue Chen ! Qu’est-ce qu’il se passe ? Tu as intérêt à m’expliquer comment cette boutique d’antiquités a pu apparaître à un étage qui n’existe pas. »

Bai Xue Chen était hésitant et prononça ses phrases en les choisissant avec soin. « Cette boutique d’antiquités est… un peu étrange. Je l’ai vu comme étant une petite maison en bois en bordure de la route, mais je n’ai jamais réussi à la retrouver quand je suis retourné pour la chercher plus tard. Cependant, le propriétaire m’a dit une fois que, si quelqu’un autour de moi éprouvait des difficultés, je devrais lui refiler la carte de visite. Ceux qui détiennent la carte parviennent toujours à trouver la boutique. »

Lin Jian Yin fixa Bai Xue Chen avec incrédulité et s’enquit de façon raide : « Est-ce que tu réalises ce que tu viens de dire ? Est-ce qu’une chose comme ça est vraiment possible ? »

Confronté à l’incrédulité totale de Lin Jian Yin, la seule réponse de Bai Xue Chen fut de regarder sa bien-aimée Yue Lan avec adoration.

« Rien n’est impossible. »

Confus, Lin Jian Yin observa la paire de tourtereaux tandis qu’il songeait davantage aux paroles de Bai Xue Chen. Comme il examinait de plus près le visage de Yue Lan, un sentiment de familiarité lui traversa l’esprit.

Où est-ce que je l’ai vue auparavant ? Lin Jian Yin y réfléchit profondément. Brusquement, une pensée ridicule lui vint à l’esprit. Il n’hésita pas, malgré ses doutes, et ne prit même pas la peine de dire quoi que ce soit avant de se précipiter à l’étage où Bai Xue Chen vivait. Étant son meilleur ami depuis longtemps, Lin Jian Yin se dirigea directement au troisième étage et poussa la porte en verre. À l’intérieur, il y avait un studio. Bai Xue Chen avait toujours aimé peindre, et il avait beaucoup de talent. Il avait même déjà fait quelques expositions.

Rien de tout ça n’était ce que Lin Jian Yin avait en tête. Il se dirigea tout droit vers le coin le plus reculé du studio, où il savait qu’une peinture que Bai Xue Chen lui avait montré par le passé était accrochée. La peinture était celle d’une femme, une très belle femme. Bai Xue Chen lui avait déclaré que c’était ce à quoi il pensait que l’amour de sa vie devrait ressembler.

Lin Jian Yin n’y jeta qu’un seul coup d’œil et ne put se retenir de laisser échapper un juron. « Merde ! »

Sur l’arrière-plan d’un champ de tournesol, il y avait un espace vide en forme d’humain.

C’était à la fois étrange et inquiétant.

Mise à jour : Avril 2017

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Chapitres d’Avril
  1. Romance RPG : Partie 16
  2. 1/2 Prince T5C2 : Conflit
  3. La Légende du Chevalier du Soleil T4C1 : Encore Un Groupe d’Aventuriers
  4. La Légende du Chevalier du Soleil T4C2 : Un Puissant Destrier
  5. La Légende du Chevalier du Soleil Invincible : Partie 1

Bonjour tout le monde !

Nous sommes officiellement de retour ! Non pas pour vous jouer un mauvais tour, mais pour de vrai.

Nous sommes sincèrement désolées du retard de quelques mois que nous avons pris, essentiellement à cause de moi qui dirige la team, dans la parution des chapitres. J’ai eu un semestre tellement chargé à la fac que je n’ai pas eu le temps de gérer la team française.

Ce mois-ci, vous allez avoir droit à un chapitre de RRPG, un chapitre de 1/2 Prince, deux chapitres de LCS (pour nous faire pardonner), et on débute la parution d’un tome spécial de LCS intitulé Invincible. Il relate les quelques petites aventures de Neo du Soleil après son départ de la Cité du Bourgeon dès qu’il a eu passé le flambeau à Grisia en ce qui a trait au rôle du Chevalier du Soleil.

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