La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 6 : Doux Sourire

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Side Story #6: Sweet Smile – traduit du chinois à l’anglais par dahlys[PR!]
Histoire Parallèle #6 : Doux Sourire – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par LuluHime

Ecilan de Glace est éternellement inexpressif. Bien que personne ne puisse lire dans ses pensées, ses desserts sont toujours aux goûts de tous.

S’il y avait une chose qui pouvait représenter Ecilan, ce serait assurément ses desserts.

 

 

Son rêve, à l’origine, était de devenir un boulanger, mais par un certain coup du sort, il était devenu le Chevalier de Glace. Il avait dû changer et passer d’un enfant toujours souriant à une personne sans expression. Il avait aussi dû changer et passer d’une personne qui apportait chaleur et satisfaction à quelqu’un qui rendait les autres alertes et méfiants.

Il semblerait qu’il ait perdu beaucoup de choses, incluant son rêve.

Toutefois, Ecilan sentait tout de même qu’il avait gagné plus qu’il n’avait perdu.

Parce qu’en fait il y a plusieurs manières d’exprimer un sourire.

 

 

« Lan1, ne souris pas ! »

Le sourire d’Ecilan devint immédiatement rigide. Il ne faisait que saluer avec un sourire un apprenti chevalier sacré qui passait, étant donné qu’il connaissait cet enfant depuis longtemps. Il allait souvent livrer du pain chez lui.

C’est exact ; Ecilan était le fils d’un boulanger. Depuis qu’il était tout petit, il aspirait à devenir le meilleur boulanger de la Cité du Bourgeon. Son plus grand rêve était de démarrer une section de desserts en plus de confectionner du pain… Mais, présentement, il était l’Apprenti-Chevalier de Glace. Tout le monde l’appelait habituellement l’Apprenti-Chevalier de Glace.

Avec une expression de stupeur et d’horreur sur son visage, l’apprenti-chevalier devant eux s’inclina en face de la personne se trouvant derrière Ecilan. Après s’être incliné, il s’enfuit rapidement, comme si la personne derrière Ecilan était une inondation ravageuse ou une bête sauvage… Peut-être le Chevalier de Glace était-il plus effrayant qu’une inondation ravageuse ou qu’une bête sauvage ?

Ecilan fit disparaître le sourire et toute autre expression de son visage, devenant totalement inexpressif. Seulement à ce moment-là osa-t-il tourner la tête et faire face à la personne derrière lui. Il salua : « Bonjour, Maître ! »

Le Chevalier de Glace, Eller, le questionna, un peu agacé : « Lan, pourquoi est-ce que tu n’arrives pas à changer ton habitude de sourire ? C’est vraiment si difficile de ne pas sourire ? »

Ecilan se sentit victime d’une injustice. Par le passé, chaque fois qu’il livrait le pain, les gens faisaient l’éloge de son sourire. À présent, il ne pouvait plus sourire du tout.

Pourquoi était-il devenu le Chevalier de Glace ? Il n’avait fait qu’aller livrer du pain au Temple Sacré. À ce moment-là, le Temple Sacré était en pleine sélection d’Apprenti-Chevaliers. Il n’avait fait que passer, et n’avait même pas rejoint la sélection. Il n’avait aucune idée de ce que le Chevalier de Glace avait vu en lui… Ne disaient-ils pas que le Chevalier de la Pierre était le plus têtu parmi les Douze Chevaliers Sacrés ?

Cependant, ce jour-là, le Chevalier de la Pierre lui avait dit : « Tu as intérêt à docilement acquiescer de la tête et à accepter de devenir l’Apprenti-Chevalier de Glace ! Notre Chevalier de Glace est très têtu et n’écoutera pas les autres, alors il ne te permettra pas de dire non. »

Eller fronça les sourcils, s’exclamant d’une voix grave : « Et tu ne peux pas non plus afficher un air triste ! »

Quand il entendit cette déclaration, Ecilan fit de son mieux pour effacer chacune des expressions sur son visage.

Mécontent, Eller le réprimanda : « Je veux seulement que tu ne sourisses pas, est-ce si difficile ? Tu as vu que l’Apprenti-Chevalier du Jugement devait aussi agir de façon froide et calme ! Je ne t’ai même pas demandé d’en faire autant, et je veux uniquement que tu remplisses les exigences minimales du Chevalier de Glace. Si tu ne peux pas rester indifférent, dans ce cas, au moins, ne peux-tu pas être inexpressif ? »

Ecilan admit que Lesus devait travailler beaucoup plus dur que lui, mais il avait vraiment envie de rétorquer à son maître : « Votre vous actuel qui parle trop est totalement différent de comment le Chevalier de Glace indifférent et réservé devrait agir ! »

« De toute manière, à partir d’aujourd’hui, tu as intérêt à rester inexpressif et silencieux ! Si j’entends à nouveau quelqu’un dire “Ce garçon, Ecilan, est vraiment soucieux, poli et toujours souriant” ou quelque chose de la sorte, je vais… t’interdire l’accès à la cuisine ! »

Mais, depuis que je suis petit, Maman et Papa m’ont toujours enseigné que je devrais être poli envers les gens, que je ne devrais pas faire face aux gens avec une expression déplaisante… Ecilan eut à nouveau l’impression qu’on lui avait fait du mal injustement, mais à l’instant où il entendit qu’on lui interdirait l’accès à la cuisine, il se sentit comme s’il avait soudainement été foudroyé par un éclair ! De tout le Temple Sacré, son endroit préféré était la cuisine. Après tout, c’était le seul lieu où il pouvait cuisiner !

Eller regretta ce qu’il venait de dire dès l’instant où il le dit. S’il interdisait à Ecilan d’entrer dans la cuisine, qui allait lui préparer du pain ? Toutefois, c’était la façon la plus efficace de menacer Ecilan… Oublions ça ; il attendrait simplement jusqu’à-ce qu’Ecilan brise vraiment les règles avant d’y songer à nouveau !

« Lan, j’ai faim. Le pain est-il prêt à être mangé ? »

Ecilan répondit docilement : « Je m’en vais tout de suite à la cuisine pour vérifier s’il a terminé de cuire. Si c’est le cas, je viendrai vous l’apporter, Maître. »

Eller acquiesça d’un signe de tête. Alors qu’Ecilan était différent de Lesus qui était doué dans tous les domaines – Bon sang ! Chasel avait vraiment déniché un trésor ! – et qu’il y avait quelques problèmes avec l’entraînement d’Ecilan sur la personnalité du Chevalier de Glace, Lesus ne savait pas comment faire cuire du pain, particulièrement du pain aussi délicieux que celui qu’Ecilan confectionnait !

« Je vais t’attendre dans ma chambre. Sur ton chemin, va me chercher du vin fait par Neo en plus du pain. »

« D’accord. »

Ecilan poussa un soupir de soulagement. Comparé à l’entraînement spécial pour devenir inexpressif, il aimait mieux aller dans la cuisine pour confectionner du pain. Il souhaitait vraiment que son maître mangeât six repas par jours pour qu’il puisse passer toute la journée à l’intérieur de la cuisine !

 

 

En plus du plateau complet de pain, Ecilan avait aussi essayé de faire cuire un gâteau à la myrtille ! Malheureusement, c’était la première fois qu’il faisait cuire un gâteau, alors il n’avait pas encore trouvé la bonne quantité d’ingrédients à ajouter. En fin de compte, il avait mis trop de sucre, et le dessert était devenu trop sucré.

Ecilan pensa que ce serait dommage de le jeter, alors il décida de le ramener jusqu’à la chambre. Afin d’éviter de gaspiller de la nourriture, il le mangerait en buvant beaucoup d’eau.

Sur son chemin pour retourner à la chambre, il rencontra quelqu’un d’inattendu. Grisia arborait un large sourire radieux sur son visage, et il semblait constamment se murmurer quelque chose à lui-même. Je me demande ce qu’il dit… Est-ce qu’il récite les Règles du Dieu de la Lumière ? On raconte que le Chevalier du Soleil est le Chevalier Sacré le plus loyal au Dieu de la Lumière, en plus d’être le porte-parole de ce dernier…

Ce ne fut que lorsque Grisia se trouva à quelques pas de lui qu’Ecilan se rappela que ce dernier était le Chevalier du Soleil, alors que lui appartenait à la faction du côté du Chevalier du Jugement. A-Alors, ils ne devraient pas bien s’entendre l’un avec l’autre !

Ecilan afficha immédiatement un visage inexpressif. Cependant, il n’aurait jamais cru que Grisia s’arrêterait de marcher et regarderait… le plat dans ses mains.

« Wow, c’est un gâteau ! » s’exclama soudainement Grisia, et celui-ci tendit sur-le-champ la main pour prendre un morceau de gâteau.

« C-C’est un gâteau d’essai que j’ai fait cuire… Non ! » cria Ecilan, pris de panique. Mais, tout de suite après qu’il eut fini de crier, il réalisa que sa voix avait sonné fâchée, comme s’il le réprimandait.

La main de Grisia s’arrêta, et il baissa le regard sur le gâteau. Avec un peu de regret, il demanda : « Je ne peux pas le manger ? »

Ecilan commença à paniquer encore plus. Bien qu’il voulût s’expliquer, son maître venait tout juste de lui dire qu’il devait rester inexpressif et silencieux à partir d’aujourd’hui, ou il ne lui serait plus jamais permis de pénétrer dans la cuisine à nouveau… Que faire ?

En voyant le visage sans expression d’Ecilan, Grisia baissa la tête et s’excusa : « C’est… Je suis vraiment désolé d’avoir essayé de te prendre ton gâteau ; je t’en prie, ne sois pas fâché contre moi ! »

Ce n’est pas vrai… Je ne suis pas du tout en colère ! Ecilan était si nerveux qu’il avait envie de pleurer.

« Mais, puisque j’en ai déjà pris un morceau, s’il-te-plaît laisse-moi le manger ! » Dès que Grisia eut fini de parler, il s’enfuit en vitesse, comme s’il craignait qu’Ecilan voulût récupérer le morceau de gâteau.

Ecilan fixa le vide, sous le choc, étant donné qu’il n’avait pas du tout eu le temps de réagir. Sa première pensée fut : Je suis content que Grisia ne semble pas en colère. Immédiatement après cela, il se remémora qu’un morceau du gâteau avait été pris. C’est trop sucré, si Grisia le mange… Oublie ça, si c’est trop sucré, dans ce cas il devrait le recracher après une bouchée, non ?

Peut-être que Grisia aime les gâteaux à la myrtille ? À l’avenir, je devrais lui faire cuire quelques gâteaux. Il semblerait qu’il aime beaucoup les desserts, et  j’ai également très envie d’essayer de confectionner des desserts. Plus Ecilan y songeait, plus il se sentait heureux. Il ne put s’empêcher de sourire joyeusement, alors que son esprit était rempli de toutes sortes de desserts et de pains…

« Lan ! »

Ecilan sursauta de stupeur. Quand il se remit de son choc, il se rendit compte que son maître marchait actuellement vers lui avec fureur. Cela lui fit perdre ses moyens, puisqu’il savait qu’il n’était pas du tout inexpressif il y a un instant. Sans doute qu’il était même visiblement en train de sourire !

Eller se dirigea droit vers lui avec colère, puis se mit à le réprimander : « Je viens à peine de te demander de ne pas sourire, mais tu as immédiatement violé mes ordres ! Pourquoi es-tu un enfant aussi désobéissant ? Est-ce que c’est vraiment si dur de ne pas sourire ? À partir d’aujourd’hui, il t’est interdit d’entrer dans la cuisine jusqu’à ce que tu aies appris à ne pas sourire ! »

« Pourquoi est-ce que je ne peux pas sourire ? » Ecilan ne put plus se retenir de dire avec émotion : « Si je fais face aux gens avec une expression déplaisante, ne vont-ils pas être mécontents ? Peut-être qu’ils vont même me détester ! Dans ce cas-là, j’aurai un ami en moins ! »

Quand il entendit l’une des rares réponses remplies d’émotion d’Ecilan, Eller resta sans mots. Cet enfant n’était pas du genre à désobéir à ses aînés, alors pourquoi était-il si rebelle aujourd’hui ? D’ailleurs, il lui était impossible de réfuter les propos qu’il venait de tenir…

Les yeux d’Ecilan se remplirent de larmes, et il tenta de son mieux de les empêcher de couler. Toutefois, il ne pouvait simplement plus y résister, alors il donna vite le plateau à son maître et articula : « Maître, savourez votre repas. » Après cela, il s’empressa de se retourner et s’enfuit en courant.

« Lan ! »

Lorsqu’il entendit l’appel, Ecilan s’arrêta pendant un instant, mais ne se retourna pas. Au lieu de cela, il s’enfuit vite, parce que son visage était déjà couvert de larmes.

Ne parle pas de pleurer, Maître ne me permet même pas de sourire !

 

 

Ouuiinn… ouiin…

J-Je veux rentrer à la maison et devenir boulanger…

« Pourquoi pleures-tu ? Tu as l’air si triste… »

Stupéfait, Ecilan sauta de son lit. Il était couché sur son lit, mais il était presque tombé en bas de celui-ci à cause de l’appel soudain.

« Grisia ? »

Grisia l’observait avec des yeux remplis d’espoir. Cela fit rougir Ecilan. Il essuya vite ses larmes.

« Est-ce qu’il t’en reste ? »

« Hein ? » Ecilan fixa Grisia d’un regard vide.

Avec un air très enthousiaste sur le visage, Grisia s’enquit : « Est-ce qu’il te reste du gâteau ? »

« …C’est mon maître qui l’a au complet. »

« Quoi !? Ce gâteau était immense ! Est-ce qu’il a l’intention de le manger en entier par lui-même ? »

Ecilan n’avait aucune idée de ce qu’il se passait, mais il répondit tout de même : « Non, ce gâteau est trop sucré. Il se pourrait que mon maître ne le mange pas. »

« Il ne le mangera pas ? » Choqué, Grisia s’exclama : « Mais, ce gâteau est si délicieux ! S’il ne va pas le manger, est-ce qu’il va le jeter ?  Quel dommage ! Non, non, on ne peut pas le laisser être jeté ! »

Ecilan se trouvait toujours dans un état de confusion, mais Grisia l’agrippa en un mouvement et était sur  le point de le traîner hors de la pièce.

« Aller, allons retrouver le Chevalier de Glace et reprendre le gâteau ! »

Quoi !? Sidéré, Ecilan protesta : « A-Attends une minute… »

« Qu’est-ce que tu attends ? Si nous attendons plus longtemps, le gâteau va être jeté ! »

« J’ai du pain ici avec moi. Il est à la myrtille, exactement comme le gâteau ! S’il-te-plaît, ne pars pas à la recherche de mon maître ! »

Grisia s’arrêta et se tourna pour regarder Ecilan. Ce dernier sortit du pain d’une armoire et répandit de la confiture de myrtille sur le dessus avant de le donner à Grisia.

Grisia mordit impudemment dans le pain à l’instant où il le reçut. Quand il vit cela, Ecilan se détendit.

« Ce n’est pas assez sucré. Viens, allons chercher le gâteau ! »

Heeiiiiin ?

 

 

La vue de deux apprentis-chevaliers marchant ensemble attira beaucoup de regards de la part des gens. Grisia sourit pendant tout le chemin, mais, à côté de lui, Ecilan était complètement sans expression.

Grisia sourit et marmonna dans sa barbe en même temps. « Ah, bon sang, quelqu’un vient et je dois encore sourire. Mon visage est déjà raide ! Je n’ai vraiment pas envie de sourire, mais mon Maître va me massacrer si je ne le fais pas… Je vais sourire ! »

Les yeux d’Ecilan s’écarquillèrent tandis qu’il regardait Grisia. A-Alors c’est ce qu’il disait à chaque fois qu’il marmonnait dans sa barbe ?

En cours de route, Ecilan observa que Grisia devait révéler son plus brillant sourire chaque fois qu’une personne passait à côté d’eux. Quand il n’y avait plus personne dans les environs, il laissait ses muscles faciaux se détendre mais, à l’instant où quelqu’un apparaissait, il devait sourire sur-le-champ. Ecilan réalisa tout à coup que sourire n’était peut-être pas aussi facile qu’il y paraissait.

Lorsque Grisia remarqua qu’il y avait plusieurs personnes qui marchaient dans leur direction, son visage devint aussi pâle que de la cendre. Du coin de l’œil, il aperçut Ecilan et décida immédiatement de lui parler afin de ne pas avoir à sourire continuellement. Néanmoins, à l’instant où il vit les yeux rougis d’Ecilan, il commença à vouloir avoir une vraie discussion. Il ne put s’empêcher de demander : « Ecilan, pourquoi pleurais-tu il y a un instant ? »

« Je… Je me disais juste que je ne suis pas fait pour être le Chevalier de Glace. »

« Oh, dans ce cas, que veux-tu devenir ? »

« À l’origine, je voulais devenir le meilleur boulanger de la ville. »

« Ooooh ! Pas étonnant que tu sois si doué pour confectionner du pain et des gâteaux ! »

« Je ne le suis pas ; c’était la première fois que je faisais cuire un gâteau. Je l’ai même rendu trop sucré… » Ecilan ne put résister à l’envie de le questionner : « Tu ne trouves pas que le gâteau était trop sucré ? »

« Non, pas du tout ! Et il aurait même pu être plus sucré… Hmm ? Ce ne serait pas ton maître ? »

Ecilan tourna la tête pour voir. Effectivement, le Chevalier de Glace se tenait présentement sur un balcon à côté du corridor. Il n’était pas seul, puisque le Chevalier du Jugement était là lui aussi.

Grisia attrapa la main d’Ecilan et s’approcha discrètement de la fenêtre la plus proche du balcon.

Un peu perplexe, Ecilan demanda : « Ne cherchais-tu pas mon Maître ? »

« Si ! Mais d’abord, écoutons leur conversation ! »

Pourquoi est-ce que nous devons écouter leur conversation en premier… ? Ce n’est pas mal d’écouter aux portes ? Juste au moment où il songeait à corriger Grisia, il entendit une voix s’élever du balcon.

« Ai-je commis une erreur ? Peut-être que je n’aurais pas dû choisir Ecilan, étant donné qu’il ne faisait pas parti des enfants qui étaient venus pour la sélection. »

Ecilan sursauta sous le choc. Son Maître… regrettait-il de l’avoir choisi ?

M-Mais, il faisait déjà de son mieux pour s’adapter à sa nouvelle identité, et travaillait dur pour devenir le Chevalier de Glace. Il trouvait même que pratiquer le maniement de l’épée était extrêmement amusant, et il s’était familiarisé avec plusieurs Chevaliers Sacrés…

Sentant ses yeux commencer à lui brûler un peu, Ecilan tourna la tête et entreprit de s’éloigner. Toutefois, Grisia raffermit brusquement son emprise sur sa main. Quelle que soit la force avec laquelle il lutta, Grisia ne voulait pas le lâcher.

Encore une fois, ils entendirent la voix du Chevalier de Glace en provenance du balcon. Il déclara : « Mais, je n’ai vraiment pas envie de choisir un enfant qui a l’air glacial dès le départ ! Et Ecilan est un si bon enfant ! C’est un garçon soucieux, il respecte ses aînés, et il sait même comment pétrir le pain ! »

Ecilan se figea et cessa de lutter pour s’échapper.

Ils entendirent la voix grave du Chevalier du Jugement, qui affirmait : « Tu as raison. Si j’étais toi, je l’aurais aussi choisi, étant donné que c’est vraiment un bon garçon. Mais, tu n’as pas besoin de précipiter l’entraînement d’Ecilan pour correspondre à la personnalité qu’on “s’attend” à voir chez le Chevalier de Glace, puisqu’il n’est l’Apprenti-Chevalier de Glace que depuis légèrement moins de deux ans. »

« Mais… » La voix du Chevalier de Glace était remplie de frustration comme il révélait : « Tu devrais savoir que, récemment, beaucoup de gens se sont mis à parler de remplacer l’Apprenti -Chevalier de la Pierre. Des remarques de la part de ceux qui s’opposent à l’Apprenti-Chevalier du Soleil ont aussi fait surface. Si Lan n’apprend pas à être inexpressif, qu’est-ce que je vais faire lorsque des vagues de commentaires au sujet de le remplacer vont venir ? »

Chasel répondit simplement : « Ne t’inquiète pas, Neo ne permettra pas à la personne qu’il a choisie d’être remplacée. Tu devrais connaître sa personnalité depuis le temps. S’il n’est pas d’accord pour remplacer son apprenti, dans ce cas personne ne peut l’y contraindre. »

Toujours un peu inquiet, Eller ajouta : « Et qu’en est-il de l’Apprenti-Chevalier de la Pierre ? »

« Si nous en remplaçons un, ça forme un précédent pour en remplacer un deuxième. Par conséquent, Neo ne permettra définitivement pas à l’Apprenti-Chevalier de la Pierre d’être remplacé, parce que ça lui causerait des problèmes. »

En entendant ceci, Eller se sentit beaucoup plus calme. Puisque Neo ne permettrait pas à l’Apprenti-Chevalier de la Pierre d’être remplacé, alors il ne permettrait pas non plus à Ecilan d’être remplacé lui aussi. Avec le soutien de Neo, vous pouviez être sûr que les choses seraient beaucoup plus faciles. Parce que tout le monde savait que, une fois que Neo avait pris sa décision, il persisterait dans cette voie jusqu’à la toute fin, qu’il soit dans son droit ou pas… Même en forçant les gens à lui rendre service, il n’abandonnerait jamais jusqu’à la fin.

« Dans ce cas, je peux me détendre et prendre mon temps pour entraîner Ecilan. D’ailleurs, je devrais lui accorder plus de temps pour aller à la cuisine… Le gâteau qu’il a fait cette fois était beaucoup trop sucré ! Ses talents culinaires laissent encore énormément de place à l’amélioration ! Soupir, j’ai vraiment envie de le manger, mais c’est trop sucré… »

 

 

Seulement une fois que les bribes de la conversation des deux personnes se furent arrêtées après un bon bout de temps Ecilan se remit-il de sa stupeur. Il se rendit soudainement compte, Mon Maître me forçait-il à devenir inexpressif, ces derniers temps, parce qu’il avait peur que je sois remplacé ?

« Alors, tu veux devenir le Chevalier de Glace, ou un boulanger ? »

Stupéfait, Ecilan leva la tête et rencontra le regard sérieux de Grisia. Il réfléchit à sa question, et répondit avec hésitation : « J-Je veux… Je veux devenir le Chevalier de Glace ! Je n’aime pas le fait de ne pas pouvoir sourire, mais j’aime tout le reste ! Même si je ne deviens pas boulanger, je peux toujours confectionner du pain. Mais, si je ne deviens pas le Chevalier de Glace, je sens que je v-vais perdre pleins de choses ! » Comme mon Maître et les autres Chevaliers Sacrés. J’ai aussi promis à Lesus que je pratiquerais ma technique à l’épée avec lui !

« Tu aimes sourire ? » Un peu surpris, Grisia décréta : « Mais, sourire est très fatigant ! »

Ecilan y resongea. S’il devait sourire toute la journée comme Grisia, ce serait en effet très fatigant. Il expliqua avec honnêteté : « Mais, j’ai peur que si je ne souris pas, les gens vont me détester. »

En entendant cela, Grisia secoua la tête de façon exagérée et répliqua : « Qui a dit ça ? Tu ne m’as pas souris, mais je t’aime bien quand même ! Surtout les gâteaux que tu fais ! »

Ecilan cligna des yeux. Il réalisa que ce que Grisia venait de dire était exact. Bien qu’il ne lui eût pas souri, Grisia ne le détestait pas pour autant… Il sentit soudainement qu’il avait compris quelque chose.

Même s’il ne souriait pas, tant qu’il leur offrait des desserts, les gens ne sentiraient-ils pas qu’il n’était pas une personne détestable ?

Ainsi, les desserts… peuvent en fait remplacer les sourires ?

Note de bas de page

1 « Lan » : C’est le surnom qu’Eller a donné à Ecilan.

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 1 : Pour Vous Tous

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par : 御 我 Yu Wo 


Side Story #1: For You All – traduit du chinois vers l’anglais par Lucathia[PR!]
Histoire Parallèle #1 : Pour vous tous – traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Yukomin

« Sun. »

Neo s’arrêta dans ses pas et se retourna élégamment, en s’exclamant : « Ah ! Mais, ne serait-ce pas notre grand et très respectable Pape ? »

En entendant cela, le Pape se figea dans son mouvement et regarda avec précaution le Chevalier du Soleil, qui souriait encore plus radieusement que d’habitude. Avec un peu de suspicion, il demanda : « Sun, t’ai-je énervé récemment ? »

« Ho, ho, comment le grand Pape peut-il avoir fait quelque chose qui ait pu énerver Sun ? C’est juste que je m’interroge sur qui a bien pu raconter à mes frères Chevaliers Sacrés que j’utilise la magie afin de maintenir mon apparence au début de la vingtaine ? »

« …Oh ? » Le Pape eut un sourire doux, et afficha une expression pleine de doute, en disant : « Y a-t-il réellement quelqu’un affirmant cela ? Quelle personne ignorante ! Il ne sait pas que le Chevalier du Soleil est naturellement magnifique. Même s’il atteint 30 ans cette année, il n’a pas changé depuis qu’il est devenu le Chevalier du Soleil.

– Pape, tu es également toujours aussi jeune et “mignon” !

– Ha ha ha. » Les deux se regardèrent et rirent de bon cœur.

Le visage de Neo s’assombrit, et il dégaina l’Épée Divine du Soleil. Farouchement, il dit : « La prochaine fois que tu oses aborder le sujet de mon âge, je vais te tuer. »

« Qui ne sait pas que le Chevalier du Soleil va avoir trente ans cette année ? » Le Pape était tellement furieux qu’il en tremblait. Il pointa vers Neo le sceptre qu’il avait en main. « Tu n’es pas autorisé à dire que je suis mignon encore une fois, ou je vais tout mettre en œuvre pour me débarrasser de toi, même si je dois y laisser la vie. »

Alors que les deux se menaçaient mutuellement, un bruit de pas soudain se fit entendre.

Quelqu’un vient ! Neo et le Pape rangèrent leurs armes immédiatement et adoptèrent respectivement un sourire élégant et une expression solennelle. Avec une expression curieuse, le Pape demanda : « Chevalier du Soleil, il y encore dix candidats pour la sélection du Chevalier du Soleil de cette année. As-tu déjà pris une décision ? »

Neo marmonna : « Cette année, il y a beaucoup de personnes douées, mais si je devais vraiment en sélectionner une, je pense que j’ai encore besoin d’y réfléchir… »

« Tous les deux, arrêtez de jouer la comédie. Ce n’est que moi. »

La personne qui venait d’apparaître était habillée entièrement en noir, et même ses yeux et ses cheveux étaient noirs. Il avait de profonds creux entre les sourcils et paraissait être une personne ordinairement solennelle. Néanmoins, en ce moment, il y avait un sourire impuissant sur son visage. Il avança jusqu’aux deux personnes et s’adressa à Neo qui avait effacé son sourire.

« Sun, il y a beaucoup de personnes talentueuses parmi tes candidats, mais le nombre de mes candidats est restreint. Tous sont des individus pourris jusqu’à la moelle, déshonorés et malintentionnés. J’ai peur que si je ne choisis pas le seul bon petit parmi eux, Lesus, la première personne que le Dieu de la Lumière jugera sera moi. »

« Lesus ? » Neo révéla une expression perplexe.

Le Pape roula ses yeux vers lui, mécontent, et expliqua : « La dernière fois, quand tu es venu assister à l’entraînement des candidats pour le Chevalier du Jugement, c’était celui dont les compétences à l’épée était les meilleures. »

« Oh, cet enfant ! » Neo acquiesça d’un signe de tête.

« Neo ! Tu ne peux donc pas te rappeler d’autres choses que les compétences à l’épée ? » déclara Judgment d’un air impuissant. Voyant l’expression indifférente de Neo, il put seulement soupirer et demander ce qu’il voulait vraiment savoir : « Tu as pas mal de personnes douées. Qui vas-tu choisir ? Roland ? Arthur ? Angus ? »

Ce n’était pas seulement Judgment qui montrait de la curiosité, mais également le Pape qui commençait à regarder Neo fixement. Néanmoins, Neo leur rendit simplement leurs regards, sans expression.

Judgment, sentant que quelque chose clochait, s’enquit : « Ne me dis pas que tu n’arrives même pas à te rappeler du nom d’un seul candidat… »

Neo haussa les épaules et répliqua : « Je me rappelle de Roland. Il est doué à l’épée. »

« Tu es vraiment… »

Neo ajouta, avec une réalisation soudaine : « Oh, oui, et Grisia. »

« Grisia ? » demanda Judgment, plein de doutes.

« L’enfant qui est très bon avec la magie sainte ? » cria immédiatement le Pape. « Pas question ! Je veux le faire entrer dans le Sanctuaire ; tu n’es pas autorisé à le choisir ! »

Un peu surpris, Judgment questionna Neo : « Te rappelles-tu de Grisia, parce qu’il est doué pour utiliser la magie sainte ? »

« Non, c’est parce que… » continua Neo en fronçant les sourcils. « Ses capacités à l’épée sont tellement catastrophiques que c’est difficile pour moi de les oublier, même si je le voulais ! »

Le Pape sourit immédiatement. « Si c’est le cas, tu ferais mieux de ne pas le choisir. Sa magie sainte est tellement bonne que je me suis rappelé de lui au premier coup d’œil. C’est un guérisseur ! Définitivement pas un chevalier ! »

L’un ne regarde que les compétences à l’épée, et l’autre ne regarde que la magie sainte. Il n’y a pas vraiment de différences entre vous deux. En lui-même, Judgment eut un sourire ironique.

« S’il en est ainsi, as-tu l’intention de choisir Roland ? »

Judgment hocha la tête, approuvant : « Je me souviens aussi de lui, ses compétences à l’épée sont plutôt décentes, et il semble être un enfant droit. »

« Alors, tu vas choisir Roland ? »

Neo y réfléchit, et il ne lui paraissait rien de vraiment problématique avec ce choix. Mais, encore, à part avoir de bonnes ou de mauvaises capacités à l’épée, il ne pouvait pas vraiment faire la différence entre les enfants. Néanmoins, le Chevalier du Soleil doit-il réellement être jugé sur la base de ses capacités à l’épée ?

Voyant l’hésitation de Neo, Judgment le questionna, perplexe : « Tu sens qu’il n’est pas approprié ? »

« Non », répondit Neo en fronçant les sourcils. « J’ai juste besoin d’y repenser un peu plus. »

 

 

« Pourquoi veux-tu devenir le Chevalier du Soleil ? »

Pour éviter d’avoir la tentation de choisir un enfant en se basant uniquement sur leurs compétences à l’épée, Neo commença à poser des questions à chaque candidat en privé.

Pour la justice.

C’était la réponse la plus commune. Neo souriait et demandait en retour : « Qu’est-ce que la justice ? »

Quand ils entendaient cette question, les enfants hésitaient.

Neo ridiculisait secrètement la réponse dans son cœur. Pour la justice ? Comment un enfant de 12 ans peut-il comprendre le sens du mot justice ? Plus probablement, c’était la réponse donnée par l’éducation des chevaliers ignorants.

« Pourquoi veux-tu devenir le Chevalier du Soleil ? »

Neo considéra le garçon aux cheveux bruns devant lui, et il espéra vraiment que la réponse de cet enfant serait différente ; parce que cet enfant était Roland. Étant l’enfant avec les meilleures compétences à l’épée, il était inévitablement digne. Son regard était extrêmement déterminé, et on pouvait dire que c’était un regard qui avait été entraîné à travers de longues périodes de difficultés.

« Je veux discipliner tous les malfaiteurs. » Les yeux de l’enfant révélaient du ressentiment.

Neo fut stupéfait pendant un moment et commença à rire amèrement intérieurement. Cette réponse en est une que Judgment voudrait entendre… Pourquoi suis-je celui qui l’entend ?

Il réfléchit un peu et lui demanda : « Dans ce cas, pour quelle cause es-tu prêt à sacrifier ta vie ? »

Tous les mots de Roland résonnèrent alors qu’il dit : « Afin de discipliner tous les malfaiteurs, je serais prêt à faire tout ce qu’il faudra, même si cela signifie que je dois sacrifier ma vie ! »

Petit, tu t’es vraiment trompé. Tu aurais dû aller rivaliser avec Lesus et donner à Judgment un peu plus d’options. Neo put seulement continuer de se forcer à sourire.

 

 

« Hé, as-tu décidé qui prendre ? »

Neo se retourna pour faire face à Judgment qui s’approchait de lui à courtes enjambées. « Je ne suis pas sûr », répondit-il, un peu perdu.

« La sélection a lieu demain, et tu n’es toujours pas sûr ? » s’étonna Judgment, surpris.

Neo resta silencieux un moment, et s’enquit en retour : « Judgment, as-tu demandé à ton jeune Chevalier du Jugement pourquoi il souhaitait devenir le Chevalier du Jugement ? »

Judgment hocha la tête. « Évidemment. La réputation du Chevalier du Jugement n’a jamais été très bonne, et à chaque génération on peut compter sur les doigts d’une main les candidats valables. Mais, Lesus est doué à l’épée, et sa conduite morale est bonne également. Quoi qu’il fasse, il promet de grandes perspectives, donc j’étais aussi curieux de savoir pourquoi il voulait devenir le Chevalier du Jugement. »

« Attends une minute. » En entendant cela, Neo devint encore plus curieux à propos d’autres sujets et ne put s’empêcher de le questionner : « Puisque tu dis ça, pourquoi es-tu devenu le Chevalier du Jugement en premier lieu ? »

Judgment rit. « Tu me connais depuis près de vingt ans déjà, et tu me poses la question seulement maintenant ? Ce n’est pas un peu trop tard pour ça ? Et, si on faisait un échange avec nos réponses ? Pourquoi voulais-tu devenir le Chevalier du Soleil ? »

« Je… » Neo eut l’air absent quand il répondit : « J’ai oublié. »

« Ça te ressemble bien… »

« J’ai vraiment oublié ! Et, je n’ai pas vraiment besoin de raison, n’est-ce pas ? » affirma Neo, avec impatience. « Quel enfant de douze ans ne veut pas devenir le Chevalier du Soleil ? »

« C’est vrai. Le Chevalier du Soleil est glorieux et impressionnant, différent du Chevalier du Jugement qui est rejeté où qu’il aille. »

L’entendant proférer cela, Neo resta silencieux un moment. En fin de compte, il lui demanda : « Le regrettes-tu ? »

« Non ! Je ne le regretterai jamais. »

Judgment se retourna et fixa Sun directement, tandis qu’il expliquait : « Mon père était un ivrogne. S’il n’y avait que la boisson, ça n’aurait pas été important. Mais, quand il était ivre, il voulait frapper quelqu’un. D’abord, il a battu ma mère à mort, l’a poussée dans une rivière et a ensuite clamé qu’elle s’était noyée. Quand bien même j’avais tout vu du début à la fin, j’avais seulement huit ans et personne ne m’avait cru. Plus tard, il a perdu une nouvelle fois le contrôle et a battu ma petite sœur de trois ans à mort. J’avais douze ans à cette époque, mais je n’ai pas dit un mot à propos des crimes de mon père. Je me suis simplement présenté à la sélection du Chevalier du Jugement et ai été choisi comme Apprenti-Chevalier du Jugement. Par la suite, j’ai parlé à mon maître de ce sujet et l’ai laissé juger mon père. »

Neo était muet. Il était collègue avec Judgment depuis vingt ans, mais n’avait jamais su que Judgment avait un passé aussi lourd. Était-il vraiment trop obsédé par son entraînement à l’épée ?

« De ce fait, quand j’ai posé la question à Lesus, je m’étais déjà préparé à entendre qu’un criminel allait pénétrer dans le Tribunal », admit Judgment calmement. « Néanmoins, contrairement à mes attentes, il a refusé de me dire qui était le pécheur. Tout ce qu’il a dit était qu’il souhaitait devenir le Chevalier du Jugement, parce qu’il espérait que tous les pécheurs du monde n’auraient pas une autre chance de commettre un péché. »

« Alors, es-tu satisfait avec cette réponse ? »

Judgment eut un léger sourire en répondant : « Je n’ai pas le droit d’être insatisfait, car je suis incapable de penser à une meilleure réponse. Donc, Neo, as-tu aussi posé cette question ? »

« Oui ! » Neo haussa les épaules et ajouta, hésitant : « Mais, toi et moi sommes différents. Je ne peux pas trouver de réponse satisfaisante… Je… Je ne sais même pas moi-même quel type de réponse serait la bonne. »

Judgment demanda : « As-tu posé la question à tous les candidats ? »

« Non… » Neo fronça les sourcils en répondant : « Il y a toujours Grisia, mais à l’épée… »

« Va et demande-lui ! » dit Judgment avec un sourire. « Même moi, j’ai été capable de trouver un candidat satisfaisant dans un panier d’œufs pourris. Ne me dis pas que tu ne crois pas pouvoir trouver ton Apprenti-Chevalier du Soleil ? »

 

 

Neo observait fixement Grisia en silence, qui était dans un état affreux de la tête aux pieds. Ses vêtements étaient sales et déchirés à plusieurs endroits, et sa figure comportait plus de zones blessées que de zones intactes. Si vous vous demandiez quelle partie ressemblait au Chevalier du Soleil, la réponse serait probablement uniquement sa couronne de cheveux dorés, qui restaient incomparablement brillants malgré le désordre.

« Tu t’es bagarré ? »

« Je me suis fait tabasser. » Quand Grisia parla, il irrita la blessure au coin de sa bouche. Il grimaça un moment, puis sourit de manière encore plus rayonnante qu’avant. « Mais, c’est bon. Roland m’a aidé à les frapper en retour. »

« Tu n’as vraiment aucune valeur au combat. » Neo roula des yeux vers lui. « Tu dois combattre tes propres batailles ! »

« Pourquoi le devrais-je ? » nia aussitôt Grisia vigoureusement. « Ils étaient dix ! Roland et moi n’étions que deux personnes ! Deux gagnants contre dix est déjà très impressionnant ! »

« Tu ne veux pas plutôt dire un vainqueur contre dix ? » Sans aucune gaieté, Neo ajouta : « Avec tes compétences à l’épée, tu ne peux même pas t’occuper d’une seule personne. »

Même si Roland est doué à l’épée, peut-il gagner contre dix personnes ? Un éclair de doute traversa le cœur de Neo.

« J’ai aidé aussi ! » protesta bruyamment Grisia.

Neo restait encore incrédule.

Grisia cria : « Même si je n’ai pas pu l’aider à battre nos ennemis, j’ai pu l’aider à bloquer leurs attaques. Je l’ai aidé à repousser les ennemis et j’ai même trouvé du renfort ! Si je n’étais pas allé trouver Lesus, même Roland n’aurait pas été capable de vaincre dix personnes ! »

« Tu connais Lesus ? » Neo ne put s’empêcher de soupirer. Malgré le fait que cet enfant ne fut pas très fort, il connaissait toutes les personnes qui l’étaient… C’est un genre de talent aussi, non ?

« Je ne le connais pas », répondit Grisia, d’un ton ferme mais agité.

« … » Neo resta silencieux un peu avant de rappeler à Grisia : « Tu viens juste de dire que tu étais allé trouver Lesus. »

« Oh oui ! » répliqua Grisia naturellement. « La première fois que je l’ai vu, je savais déjà qu’il devait être quelqu’un de bien. Tout ce qu’il a eu besoin de voir, c’était que Roland et moi étions juste deux, et qu’on était largement dépassé. Quelle que soit la raison, il va forcément nous aider à nous en sortir ! Alors, quand j’ai vu que Roland ne pouvait pas gagner, évidemment je l’ai tout de suite laissé pour aller chercher Lesus ! »

C’est aussi un genre de talent, d’être une personne méprisable… Neo se tut un instant, n’ayant presque plus aucun espoir, comme il posait la question : « Oublie ça. Laisse-moi te demander : pourquoi veux-tu devenir le Chevalier du Soleil ? »

Une fois qu’il eut entendu la question, les yeux de Grisia se mirent à briller.

« Parce que je veux être à votre place ! »

« Ma place ? » Neo haussa un sourcil. Voulait-il dire qu’il désirait la position du Chevalier du Soleil ? Mais, cette façon de le dire semblait un peu étrange.

Grisia commença à gigoter, excité, remuant les mains dans tous les sens pendant qu’il parlait. « Oui ! Je veux votre place ! Vous avez beaucoup de personnes à votre droite et à votre gauche. J’ai compté. Il y en a onze ! Je veux qu’ils soient à mes côtés. Ce serait comme avoir onze frères. Ça doit être génial ! »

Neo rigola tout haut. « Même si tu deviens le Chevalier du Soleil, ils ne seront pas à tes côtés. Ceux à tes côtés seront la prochaine génération des Douze Chevaliers Sacrées. »

« Euh ? » demanda Grisia, apparaissant comme s’il n’avait pas bien compris. « La prochaine génération ? Est-ce qu’il y aura toujours onze personnes ? »

« Évidemment. »

« Alors, ça me va », répondit Grisia avec un sourire heureux. « Il y en a toujours onze ! Ce serait bien qu’il y en ait onze, mais s’il y en avait un en plus, ce serait encore mieux. Six à droite, six à gauche, ce serait formidable ! »

Neo ne put vraiment pas dire ce qu’il pensait d’une réponse pareille, donc il put seulement poser la question suivante : « Dans ce cas, dis-moi, pour quelle cause serais-tu prêt à sacrifier ta vie ? »

Grisia était comme tous les autres enfants de douze ans, qui n’avaient jamais songé à une telle question. Il baissa la tête, plongé dans ses pensées. Neo n’était pas pressé, il attendit donc patiemment que Grisia eut fini de réfléchir.

Finalement, Grisia sourit en relevant la tête. Par hasard, le soleil de midi glissa sur ses cheveux dorés de façon tellement éblouissante que Neo en fut presque aveuglé.

« Afin de protéger… Je serais prêt à sacrifier ma vie. »

 

 

Quand Neo inspecta tous ceux qui étaient présent, il s’aperçut que pratiquement tous les regards étaient focalisés sur lui. Neo sourit un peu et cria énergiquement : « J’ai décidé que le prochain Chevalier du Soleil serait Grisia ! »

Tout le monde se tut brutalement. Peu après, un cri d’indignation éclata.

« Pourquoi ai-je été choisi ? »

Grisia était évidemment très choqué. Même s’il s’avançait, il ne cessait de jeter des regards en arrière, du coin de l’œil, vers un certain ami.

« Eh bien… »

Neo jeta un coup d’œil à Roland, dont le visage, les bras et les mollets n’étaient pas couverts par des vêtements, et où l’on pouvait à peine trouver une blessure. Il baissa ensuite la tête pour regarder Grisia, dont la peau était couverte d’écorchures. Il sourit en déclarant : « Peut-être est-ce à cause de tes magnifiques cheveux blonds ! »

 

 

C’était complètement absurde !

Les Douze Chevaliers Sacrées et un chevalier du roi, qui allait bientôt épouser la princesse, allèrent jusqu’à se réunir dans la chambre du Chevalier du Soleil, à ouvrir le cellier et à descendre dans la cave à vin cachée. Maintenant, ils étaient rassemblés dans une salle de prière à boire du vin. Tous avaient bu plusieurs bouteilles et étaient tellement intoxiqués qu’ils ne pouvaient plus être décrits que par deux mots : « complètement bourrés ».

Voyant cela, Roland, qui n’aimait pas trop boire, soupira, mais il se sentait aussi étrangement détendu. Les actions absurdes des authentiques Douze Chevaliers Sacrées faisaient presque paraître le fait qu’il fût un Chevalier de la Mort résidant dans le Temple du Dieu de la Lumière pas si absurde en comparaison.

Car, quelle que fût l’absurdité d’une telle chose, rien ne serait plus absurde que le fait que le Chevalier du Soleil possédât une cave à vin sous sa chambre.

Roland regarda vers le Chevalier du Soleil qui était le plus absurde de tous. C’était une chose difficile à faire, mais avec les essais de tout le monde de le faire rouler sous la table, Grisia était tellement ivre que son visage était complètement rouge et ses yeux étaient embués.

C’était tellement différent de tout ce qu’il avait jamais imaginé à propos de l’image du Chevalier du Soleil. Pourquoi était-il le Chevalier du Soleil ?

Roland ne put faire autrement que d’admettre que cette question l’avait tourmenté depuis que Grisia avait été choisi dix ans auparavant. Il tenta de se rappeler du passé et conclut que les questions que le précédent Chevalier du Soleil lui avait posées devaient avoir aussi été posées à Grisia. Se pourrait-il que ses réponses eussent été meilleures que celles de Roland ?

« Grisia.

– Oui ?

– Pourquoi voulais-tu devenir le Chevalier du Soleil ? » demanda Roland, exprimant enfin la question qui le taraudait depuis des années.

« Pour vous tous, évidemment ! »

Nous ? Roland fixa Grisia. Il était tellement ivre qu’il chancelait. Était-il possible qu’il fût trop ivre pour savoir ce qu’il disait ? Roland fronça les sourcils, mais ne put s’empêcher de s’enquérir : « Alors, pour quelle cause es-tu prêt à sacrifier ta vie ? »

« Ah ? Qu’est-ce que tu as dit ? »

Grisia s’effondra sur la table, un sourire idiot sur le visage. D’une voix forte, Roland répéta sa question : « Pour quelle cause es-tu prêt à sacrifier ta vie ? »

Grisia regarda Roland. Il les regarda tous et sourit, ivre.

« Pour vous tous ! »