La Légende du Chevalier du Soleil T4C3 : Collecte des Fonds pour le Voyage

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : (Yu Wo)


Chapter 3: Raise Funds for the Journey – traduit du chinois à l’anglais par bleachpanda[PR!]
Chapitre 3 : Collecte Des Fonds Pour Le Voyage – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ pas encore corrigé, désolée pour le retard

Lorsque je retournai à la boutique d’armes, Igor était déjà parti. Il est sans doute devenu impatient et n’en pouvait simplement plus d’attendre, j’imagine ? Je m’empressai de rentrer à l’auberge. Comme je le pensais, tout le monde était déjà là au moment où j’ouvris la porte, incluant Igor qui m’avait laissé derrière.

« Où étais-tu passé ? » s’enquit Igor avec désintérêt, à l’instant où il me vit.

Je l’ignorai. Quand j’y réfléchis bien, je sentis que les femmes devraient être plus perceptives et meilleures que les hommes pour deviner quel âge avait une personne. Je me tournai vers Sybil et lui demandai : « Sybil, quel âge ai-je l’air d’avoir ? »

Sybil, qui était en train de nettoyer son filet de corde, son lasso, et d’autres trucs, figea sur place pendant un instant. Même les autres cessèrent ce qu’ils faisaient et levèrent la tête pour me regarder.

J’observai Sybil avec un total sérieux pendant un moment. Puis, elle se mit également à scruter mon visage avec sérieux, en l’examinant de plus près. Finalement, avec un air confiant, elle devina : « Autour de vingt-trois ou vingt-quatre ans. Vingt-cinq ans, tout au plus. Tu ne peux pas être plus vieux que ça. »

Impossible… Je continuai à me renseigner davantage : « Est-il possible que je n’aie que dix-huit ans ? »

« Aucune chance ! » Sybil rejeta cette possibilité immédiatement.

Comment peut-il n’y avoir aucune chance que ce soit possible… Je me retournai, en demandant à Yuna, mon dernier espoir : « Yuna, qu’en penses-tu ? »

Yuna répondit inexplicablement : « Je pense que ce que Sybil a dit est exact ! Tu devrais être âgé d’environ vingt-trois ou vingt-quatre ans. »

Je tombai silencieux.

Ainsi, je suis âgé de vingt-trois ou vingt-quatre ans, voire même peut-être vingt-cinq, et je suis encore puceau… C’est encore plus difficile à accepter que l’idée que je sois une mauvaise personne !

« Grisia ? » Yuna me questionna gentiment : « Crois-tu être plus jeune que ce que nous disons ? Ne t’inquiète pas ! Il y a inévitablement des gens qui ont l’air plus matures que leur âge. Cependant, dix-huit ans, ça semble un peu trop tiré par les cheveux. Peut-être que tu as vingt ans… »

« Ah ! » s’exclama soudainement Sybil, en regardant en direction de la porte.

Il se trouva que la licorne que j’avais cachée à l’extérieur n’en pouvait plus d’attendre et était entrée. Elle trottina même tout le chemin jusqu’à mes côtés. Elle semblait se déplacer de façon plutôt raide et gardait un œil méfiant sur mes camarades autour.

« Comment l’as-tu trouvé ? » Tout le monde était extrêmement surpris, bien que leur joie l’éclipsât.

Moi, en revanche, je n’étais pas du tout ravi. Je répondis avec découragement : « Je ne l’ai pas trouvée. C’est elle qui m’a trouvé. »

Après que j’eus parlé, Sybil et Yuna allèrent se placer devant elle. Elles ne purent pas résister à l’envie de tendre la main pour essayer de toucher la licorne. Cependant, elle les évita et vint se cacher à côté de moi. Elle se servit désespérément de sa tête pour se frotter contre moi, probablement parce que les actions de Sybil et Yuna l’avaient fait se sentir inconfortable et en danger. Elle frappa à répétition ses sabots sur le plancher, et renifla profondément à travers son nez. Voyant cette situation, je ne pus que lui frotter la tête machinalement/distraitement pour l’apaiser.

Je frottai… et frottai… Pourquoi est-ce que tout le monde a figé…?

Igor demanda, sidéré : « Les licornes ne touchent-elles pas uniquement les vierges ? »

Je devins raide. Je tentai sur-le-champ de le nier. « Je ne suis pas puceau ! …Ah ! »

Je suis foutu/C’en est fait de moi !

Ils restèrent tous stupéfaits. Ils tournèrent la tête pour me regarder, puis se remirent à contempler la licorne.

Comme la licorne n’était pas réconfortée par le frottement de ma main, elle devint instantanément mécontente. Elle se mit désespérément à frotter sa tête contre mon bras avec mécontentement. J’essayai de mon mieux de la repousser, mais, en fin de compte, la force d’un humain ne pouvait pas rivaliser avec celle d’un cheval. Imbécile de cheval !

À ce stade, Sybil fut la première à glousser pour ensuite éclater de rire.

Igor ne s’arrêta pas un instant pour songer à épargner mes sentiments et se tenait déjà l’estomac en rugissant de rire.

Woodrow tenta très fort de se retenir de rigoler, réprimant son envie au point que son visage au complet fût tordu. Cependant, en fin de compte, il éclata tout de même de rire.

Iacchi afficha un visage rempli de sympathie. Il me tapota l’épaule, en essayant de me réconforter. « Peut-être que d’avoir perdu tes souvenirs est une bonne chose après tout, mon camarade. Hahaha ! Un puceau de vingt-cinq ans… Hahahahahahaha! »

Mais, après m’avoir réconforté, son explosion de rires sonna comme si cent gongs se mettaient à résonner bruyamment en même temps… Par chance, cette fois-ci j’étais préparé ; je me couvris les oreilles avant son rire. Toutefois, dû au fait que les autres étaient en plein en train de rire, ils ne réagirent pas assez vite, les laissant dans l’incapacité de se couvrir les oreilles à temps. Chaque personne fut secouée au point d’avoir des maux de tête graves, et donnait l’impression que leur tête s’apprêtait à exploser.

Hmph ! C’est bien fait pour eux/Que cela leur serve de leçon !

Après qu’Iacchi eut enfin terminé de rire, je rétorquai immédiatement : « Comment cela “vingt-cinq ans” ? D’après l’estimation de Sybil, il est possible que je n’aie que vingt-trois ans ! Yuna a même affirmé que j’avais peut-être vingt ans ! C’est exact ! Je n’ai forcément que vingt ans ! »

À cet instant, la licorne se mit tout à coup à me lécher la main… Je retirai instantanément ma main et lui donnai une claque sur la tête. Bien que Sybil et Yuna fussent toujours en train de cuver leurs migraines, elles furent toutes les deux surprises de ma réaction subite. Néanmoins, cet imbécile de cheval ne fut pas du tout blessé ou indisposé ! En plus, il continua à me pousser la taille… Incroyable !

Imbécile de cheval qui n’aime que les vierges ! Éloigne-toi de moi !

Je ne suis absolument pas puceau !

 

 

« Puisque Grisia a déjà ramené la licorne… Pfft ! Hahahahaha! »

Sybil essaya de se mettre à parler avec sérieux, uniquement pour échouer au milieu et se mettre à rire aux éclats. Elle riait tant que des larmes sortirent de ses yeux jusqu’à ce qu’il ne lui fût plus possible de parler. Cela amena le fou rire d’Igor à redémarrer, et je me couvris rapidement les oreilles… Finalement, Iacchi n’éclata pas de rire ; à la place, il arbora un sourire très obscène. Il posa son bras autour de mon épaule et déclara : « Ne dis pas que je n’ai pas pris soin de toi ! La prochaine fois, je vais t’emmener pour faire l’expérience de la vraie affaire afin que tu puisses te retirer de l’étiquette de puceau, héhéhéhé ! »

« Je ne suis pas puceau ! » protestai-je avec véhémence.

Après m’avoir entendu le nier, Iacchi se contenta de sourire, en lâchant un « héhéhé » et en n’ajoutant rien d’autre. Enflure !

Woodrow poursuivit notre conversation : « À présent que nous avons la licorne, allons chercher la récompense ! Nous ne devrions pas perdre de temps, autrement, si d’autres équipes essaient de s’en emparer par la force, nous allons avoir des problèmes. »

« Aller chercher quelle récompense !? Je rejette cette proposition ! » répondis-je avec aigreur.

« Ne sois pas fâché, Grisia. » Woodrow afficha un sourire forcé : « Nous n’avons pas fait exprès de nous moquer de toi ; nous ne faisions que plaisanter. »

« Je ne suis pas en colère. » Je souris un peu, en expliquant : « Je ne suis vraiment pas d’accord pour aller récupérer la récompense. »

Le rire de Sybil s’interrompit subitement, Woodrow tomba silencieux, Igor se gratta la tête, et Yuna était totalement confuse.

« Tu… ne songes pas à la garder comme monture, n’est-ce pas ? » s’enquit prudemment Igor.

Alors qu’Igor me posait la question, il se plaça comme s’il était sur le point de courir vers moi pour se saisir fermement de la licorne, juste au cas où j’essayerais de la monopoliser. Par contre, la licorne se tenait solidement à mes côtés. Chaque fois que quelqu’un d’autre que moi essayait de s’en approcher, la corne sur sa tête, qui brillait déjà l’origine avec de la lumière sacrée, relâchait une lumière encore plus forte.

Alors, malgré le fait qu’Igor se fût déjà positionné, il n’osa pas s’approcher.

« Je suis un guérisseur et non un chevalier, alors pourquoi garderais-je brusquement un cheval sans aucune raison ? »

Je roulai des yeux à l’intention d’Igor, puis m’expliquai auprès de tout le monde. « Écoutez-moi bien. Étant donné que la Guilde des Aventuriers est encline à offrir cinq cent ducats d’or en récompense pour cette licorne, que croyez-vous que cela signifie ? »

« La licorne vaut beaucoup plus que cinq cent ducats d’or… »

Après que Woodrow eut répondu, il hésita pendant un moment, et ensuite continua en disant : « Nous comprenons, mais aucun groupe normal tenterait de discrètement faufiler la licorne hors de la cité, parce qu’il y a des membres de la Guilde des Aventuriers qui gardent chacune des portes. Qui plus est, que l’on réussisse ou pas, il nous sera alors interdit d’interagir avec la guilde dans le futur, et nos têtes pourraient même être mises à prix pour arrestation ! »

« Dans ce cas, tant que nous ne laissons pas la guilde découvrir qu’il s’agit de nous, tout devrait bien aller, vous ne croyez pas ? » proposai-je naturellement.

« Comment serait-il possible que nous ne soyons pas découverts ? » Yuna me reprocha avec colère : « Grisia, tu fais encore n’importe quoi. »

Je fais n’importe quoi ? Je fus déconcerté pendant un instant. Pourquoi cela sonne-t-il si familier…? Il ne peut possiblement pas y avoir quelqu’un d’autre qui me répète tout le temps de cesser de faire n’importe quoi, n’est-ce pas ?

« Attendez, ça pourrait être possible ! » s’exclama Iacchi, en interrompant la conversation et en faisant une suggestion. « Nous pouvons nous déguiser pour le faire. »

« Nous déguiser ? » murmura Woodrow.

Nous déguiser ? Je fus stupéfait l’espace d’une seconde. Fait-il référence à l’idée d’utiliser d’autres éléments pour masquer notre apparence ? Malgré le fait que ce que je voulusse dire était quelque chose de similaire, je ne savais pas que cela s’appelait « se déguiser ».

« On ne peut pas faire ça ! » Yuna s’y opposa fortement, en me fusillant du regard et en s’écriant avec franchise : « On ne peut pas commettre de crimes. Grisia, tu es un guérisseur du Dieu de la Lumière. »

L’indécision combattit dans ses yeux, mais, quand elle jeta un coup d’œil à Yuna et vit que son visage était rempli de rage, elle ne put qu’articuler avec hésitation : « Oui… Ça ne semble pas très convenable… »

Woodrow jeta également un coup d’œil en direction de Yuna, puis secoua la tête en déclarant : « On ne peut pas. On ne peut tout simplement pas. »

Je ne me souciais guère que tout le monde parlât contre moi. Je me tournai vers Iacchi, lui demandant carrément : « Iacchi, combien vaut la licorne ? »

Iacchi hésita une minute. Il traînassa, en disant : « On raconte que la Guilde des Aventuriers veut offrir la licorne à l’Aigle Silencieux de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. Ils n’ont pas l’intention de la vendre. Cependant, si elle devait être vendue, d’après certaines informations provenant de quelques marchés de ventes aux enchères, c’est au minimum…au minimum… »

Tous tendirent l’oreille pour entendre le reste. Je fis exprès de hausser la voix sur le dernier mot, en le questionnant : « Au minimuuum? »

« Au minimum cinq milles ducats d’or comme offre de départ. »

Je me retournai en une fraction de seconde, en me jetant au collet d’Iacchi, et hurlai avec alarme : « CINQ MILLES DUCATS D’OR !?!? »

Iacchi fut pris au dépourvu et répliqua en retour : « Je croyais que tu le savais ? »

Comment aurais-je pu le savoir !

J’ai seulement deviné que cet imbécile de cheval vaudrait assurément un bon prix/son pesant d’or, mais qui aurait pu savoir qu’il avait à ce point de la valeur ? Cinq milles ducats d’or ! C’est plus que dix fois le montant de la récompense offerte par la Guilde des Aventuriers ! Sans oublier de mentionner que ce prix n’est que le « minimum » !

« Cinq milles ducats d’or… »

J’essayai très fort d’imaginer à quoi cinq mille ducats d’or ressembleraient, seulement pour me rendre compte que je ne possédais aucun concept de ce montant de ducats d’or… Oubliez cinq mille ducats d’or ; je n’arrivais même pas à imaginer à quoi pouvaient ressembler mille ducats d’or !

Se pourrait-il… ? Se pourrait-il que je fusse extrêmement pauvre par le passé ?

« C-c-cinq mille ducats d’or… C’est tant d’argent ! » couina Sybil.

« Cinq milles… Même le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre dont j’ai toujours rêvé ne coûte que trois mille ducats d’or », marmonna Yuna pour elle-même.

Après cela, tout le monde regarda avec indécision en direction du leader actuel du groupe : Woodrow. On pouvait voir sur son visage qu’il était lui-même très hésitant. Remarquant que tout le monde l’observait, il dit rapidement : « Ne me regardez pas… Je ne suis pas celui qui l’a suggéré… Si vous devez regarder quelqu’un, regardez Grisia ! »

À l’unisson, tout le monde tourna la tête et me contempla. En premier, je révélai un sourire chaleureux pour les apaiser de leur anxiété et de leur malaise, et ensuite j’ouvris lentement la bouche pour affirmer : « Pour la licorne, il devrait peu lui importer de savoir à qui elle sera vendue, étant donné que cela revient au même, n’est-ce pas ? En plus, regardez tous, elle a l’air de tellement m’aimer qu’elle préférerait forcément rester à mes côtés plutôt que de retourner à la Guilde des Aventuriers, non ? Si nous l’emmenions avec nous, elle serait incontestablement plus heureuse de rester avec moi plus longtemps. Par égard pour la licorne, ne ferions-nous pas une bonne action envers elle également ? »

Je frottai la tête de la licorne en me penchant, tandis que je souriais, et lui dis : « N’ai-je pas raison ? Mignonne petite licorne. »

Cet imbécile de cheval se mit avec persistance à me lécher le visage sans se retenir, laissant mon visage recouvert de salive… Je me demande si la salive de licorne vaut quoi que ce soit… En me basant sur sa valeur de cinq mille ducats d’or, il est possible que même sa salive puisse être vendue pour un ducat d’or !

« C’est vrai. La licorne a vraiment l’air de t’apprécier », admit Woodrow en hochant la tête.

Yuna le fusilla du regard avec véhémence et décréta avec mécontentement : « Woodrow, n’écoute pas les inepties que nous raconte Grisia ! »

Iacchi avait déjà commencé à calculer : « Cinq cents devenant cinq milles… Dans ce cas, ça veut dire que chaque personne va obtenir cinq cents ducats d’or… »

« Sais-tu au moins comment calculer ? » Je fis le calcul avec impatience : « Quand vous enlevez 20 % de cinq mille ducats d’or pour ma part, et que vous soustrayez ensuite 20 % du reste pour les dépenses du groupe avant de diviser tout ce qui reste en parts égales entre vous cinq, cela devrait égaler six cent quarante ducats d’or chacun. Évidemment, si vous souhaitez réellement me donner cent ducats d’or en extra, cela ne me dérange pas vraiment. »

« Tu as déjà pris mille ducats d’or pour toi ! Et, tu veux toujours me soutirer de l’argent ? » Iacchi décréta avec découragement : « Tu es encore plus fait pour être un voleur que moi ! »

« Six cent quarante ducats d’or ! » Le visage de Sybil s’éclairait déjà avec un accord complet.

D’un autre côté, Yuna révéla une expression de vertige. Elle continua de marmonner : « Le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre… Je ne peux pas commettre de crimes… Le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre… »

Voyant que tout le monde avait l’air plutôt indécis, je poussai l’affaire un peu plus loin, en déclarant : « Comme la licorne va être contente, et que je vais être content, et que vous allez tout être contents, cela rend tout le monde content. Pourquoi ne devrions-nous pas le faire ? »

Pour ce qui est de la Guilde des Aventuriers et de l’Aigle Silencieux qui aurait dû avoir reçu la licorne… Je présume qu’ils ne seront pas contents, hein ? Toutefois, cela ne me concerne pas, étant donné que ce n’est pas comme si je les connaissais.

Tout le monde me regarda. Bien que leurs expressions montrassent à quel point ils hésitaient dans leur cœur, ils savaient également que ce n’était pas bien, faisant en sorte qu’ils luttassent intérieurement. Yuna, en particulier, continua à se marmonner à elle-même au sujet du Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre et de commettre des crimes… À la fin, ses marmonnements ne continrent que le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre. Dieu seul sait où les mots « commettre des crimes » avaient été jetés…

En fin de compte, alors qu’elle tremblait, elle déclara : « Grisia, tu… tu n’es définitivement pas un guérisseur de l’Église du Dieu de la Lumière… À coup sûr, tu es un démon ! »

« Pourquoi dis-tu cela ? »

Je relâchai mon sourire le plus éclatant, et employai mon ton le plus innocent pour affirmer : « Tu vois ? Même la licorne m’adore ! À ses yeux, je suis vraiment le guérisseur du Dieu de la Lumière le plus aimant et le plus compatissant qui soit ! »

« Ce que nous voyons est assurément un démon… »

Sur le côté, Woodrow murmurait dans sa barbe : « Le niveau de ce démon est si élevé que même la licorne ne peut s’empêcher de branler la queue et de ramper devant lui. »

J’ignorai automatiquement les paroles de Woodrow et fis face à tout le monde, leur demandant : « Si personne n’est plus aussi intéressé par les cinq cents ducats d’or, dans ce cas nous devrions commencer à discuter de stratégies. Après tout, la licorne ne peut pas rester cachée ici éternellement sans être découverte par d’autres. »

Tous tombèrent silencieux. Néanmoins, ils ne s’opposèrent pas à ce que j’avais dit. Il semblerait qu’ils aient tous succombé à l’appel des cinq mille ducats d’or.

Je levai l’index et poursuivis. « Premièrement, le problème auquel vous devez tous songer est de savoir comment sortir la licorne incognito. »

« Attends ! Attends ! Que veux-tu dire par le problème auquel “vous devez tous” songer ? » me questionna immédiatement Sybil, insatisfaite. « Si c’est nous qui devons réfléchir à la solution, alors de quoi es-tu responsable ? »

J’écartai avec impuissance les bras devant moi, en lui rappelant : « Je ne suis qu’un amnésique, après tout. Depuis l’instant où je me suis réveillé dans le présent, je ne me suis pas servi d’une seule compétence de guérisseur. Je veux d’abord tester mes capacités, juste au cas où je serais dans l’incapacité d’aider au moment le plus crucial, et puisse même possiblement m’avérer être un boulet pour tout le monde. »

En entendant ceci, Sybil lâcha une sorte de « oh » réticent. Tous acquiescèrent également d’un signe de tête.

« Grisia, essaie de voir si tu peux lancer le sort des Ailes de Dieu. C’est pour augmenter la vitesse ; ça devrait s’avérer être plutôt utile quand nous sortirons furtivement la licorne hors de la ville », me donna Yuna comme instruction. « Les sorts du Bouclier de Lumière et des Ailes de Dieu ont chacun différents effets et différentes utilisations. Le premier sert à se défendre contre les attaques physiques, et l’autre augmente la vitesse. Les prêtres-guerriers, qui se spécialisent dans l’amplification des capacités au combat, ne sont pas très doués dans ce département. Cependant, le sort des Ailes de Dieu est un sort sacré plutôt difficile à effectuer. Hormis l’utilisation de l’élément sacré, il nécessite qu’on emploie également l’élément du vent. Par conséquent, ce ne sont pas tous les guérisseurs qui sont en mesure de lancer le sort. Alors, ce n’est pas grave si tu ne parviens pas à le lancer. »

Je haussai les épaules et déclarai à ce moment-là : « Je ferai de mon mieux pour essayer. »

« En premier, tente de rassembler l’élément de la lumière ! » m’instruisit Yuna.

Ce n’était pas un problème pour moi, comme l’élément sacré se rassemblait toujours autour de moi en grandes quantités. J’avais simplement besoin de bouger la main, et l’élément sacré serait continuellement attiré par elle.

À cet instant-là, personne ne discutait plus de comment s’enfuir de la cité. Au contraire, ils observaient tous ma main, ahuris. Je regardai à gauche et à droite et choisis de relâcher le sort sur Igor, qui avait osé ne pas m’attendre au point de rencontre plus tôt, en hurlant : « Bouclier de Lumière ! »

Yuna soupira, en affirmant : « Ça ne fonctionne pas comme ça, Grisia. Tu dois d’abord réciter l’incantation… »

Après que l’aura de lumière eût entouré Igor, je me mis à réfléchir. Si nous l’employons à des fins de défense, dans ce cas l’élément sacré devrait être plus fermement lié ensemble…? Par conséquent, je recouvris l’aura de lumière d’une couche après l’autre avant de la compresser en une large et mince couverture. Par la suite, je me servis de cette large et mince couverture pour « enrouler » Igor. C’était exactement comme s’il portait une couche d’armure aussi mince que du papier.

Yuna poussa soudainement un petit cri : « Oh mon dieu… »

« Quoi ? Que s’est-il passé !? » s’écria Igor avec détresse. Il hurla de façon extrêmement nerveuse : « Yuna ? Ne me dis pas qu’il a fait quelque chose de travers ? Grisia ! Qu’est-ce que tu as foutu cette fois !? »

J’étais également sous le choc. Je n’ai pas réellement fait quelque chose de travers, n’est-ce pas? Mais, en regardant Igor, il n’a pas l’air d’y avoir quelque chose qui cloche chez lui, non ?

Yuna ne répondit pas à Igor et s’exclama tout à coup à la place : « Iacchi ! »

« Oui ? » glapit le voleur, aussi choqué que tous les autres.

À cet instant-là, tel un vrai leader, Yuna lui ordonna : « Attaque Igor. »

« Hein ? » Iacchi était stupéfait. En fait, tout le monde était abasourdi.

« Dépêche-toi ! »

Le visage tout entier d’Iacchi montrait à quel point il était perplexe et confus, mais sous l’exhortation continuelle de Yuna, il décida de l’écouter. Alors qu’il était sur le point de lancer un coup de poing à Igor qui s’était déjà résigner à son sort d’être frappé, Yuna lui commanda : « N’utilisa pas tes poings ! Sers-toi d’une arme pour attaquer ! »

« Yuna… » pleurnicha Igor, sur le point de pleurer.

Iacchi se mit finalement à hésiter. Il baissa les poings, affichant une expression qui voulait dire : « Je n’ose pas. »

À ce moment-là, Woodrow leva tout d’un coup les yeux vers le ciel et rugit. Et ensuite… et ensuite… il commença à se transformer… De la fourrure poussa sur son corps, ses mains se changèrent en immenses pattes, et la vue des cinq griffes noires sur sa main fit même se redresser les cheveux sur ma tête. Si je devais me faire frapper par cette main, c’était plus que pas mal de choses que je cracherais…

En fin de compte, Woodrow se métamorphosa en ours… Il était devenu un gros ours noir qui se tenait debout sur ses pattes, avec un éclaboussement de fourrure blanche ayant la forme d’un « V » sur le torse.

J’étais sidéré. Que se passe-t-il ? Woodrow est-il un humain? Où est-ce un ours ?

« Woodrow ? » s’exclama Igor, sous le choc, comme son visage changeait complètement de couleur.

Cependant, Woodrow, qui s’était transformé en ours, l’avait déjà frappé avec une de ses pattes, le rendant dans l’incapacité de résister. D’un seul coup, Igor atterrit sur le planché à côté de lui. En dépit de cela, Woodrow ne cessa toujours pas de l’attaquer, et employa son pied pour lourdement lui piétiner la tête…

J’étais bouche-bée, ma bouche ouverte en un grand « O ». Que se passe-t-il exactement en ce moment ?

« Qu’est-ce que vous fabriquez tous ? »

Malgré le fait que Sybil fût un tantinet inquiète, elle était d’autant plus curieuse. Elle regarda Woodrow qui revenait petit à petit à sa forme humaine ainsi que le guerrier qui se relevait lentement. En fin de compte, elle s’enquit avec inquiétude : « Igor, est-ce que tu vas bien ? »

Igor tendit la main pour se masser un peu la tête avec un visage remplit de confusion. Après qu’il eût entendu la question de Sybil, il se gratta la tête et la rassura : « Je vais bien. C’est étrange… Ça ne me fait pas du tout mal. »

« Vraiment ? Mais, Woodrow est extrêmement fort ! » Une fois que Sybil se fut écriée de surprise, elle tourna immédiatement la tête vers moi avec excitation et dit : « Grisia, je veux le sort moi aussi. »

Voyant qu’Igor arrivait encore à se frotter la tête et à rire stupidement, je me sentis enfin rasséréné. Après avoir entendu les paroles de Sybils, je rassemblai à nouveau aisément l’élément sacré, le comprimant/compressant en une fine couche, et ensuite j’en enrobai Sybil également.

« Vite, vite ! » Dès que Sybil en eut été recouverte, elle ordonna sur-le-champ avec hâte : « Iacchi, dépêche-toi de me frapper… Euh ! Sers-toi d’abord de tes poings pour me frapper ! »

Igor ayant déjà fait la démonstration, Iacchi n’hésita pas cette fois. Il ne se soucia même pas du fait qu’elle était une femme, lui donnant immédiatement un coup de poing. Bien que Sybil sût qu’elle ne serait sans doute pas blessée, elle ne put s’empêcher de fermer les yeux. Une seconde… Deux secondes…

Elle ouvrit les yeux et aperçut Iacchi employer toute sa force pour la frapper à succession. Elle s’exclama avec excitation : « Ça ne fait pas mal ! Ça ne fait vraiment pas mal ! »

« Bien sûr que ça ne fait pas mal. »

Yuna expliqua sur le ton de l’évidence : « Avec une si dense quantité de l’élément sacré, j’ai bien peur que seule “l’aura de combat” puisse le briser. C’est incroyable, si Grisia peut lancer le sort Bouclier de Lumière sur tout le monde, dans ce cas nous n’avons même pas besoin de réfléchir à un plan. Nous pouvons directement nous évader de la cité. Il ne devrait pas y avoir beaucoup de guerriers de haut niveau qui sachent comment se servir de l’aura de combat dans la ville. »

Woodrow secoua la tête, rétorquant : « Ce n’est pas si simple, Yuna. Je suis sûr que tu peux également sentir à quel point employer le Bouclier de Lumière est extrêmement puissant et éprouvant, n’est-ce pas ? Si nous souhaitons que Grisia rassemble autant d’élément sacré, je crains que ce ne soit impossible… »

Iacchi, Yuna, Woodrow et, en dernier, moi-même… J’en ai fini avec nous tous ! Tout le monde a reçu le Bouclier de Lumière à présent. Ensuite, cela devrait être au tour du sort des Ailes de Dieu… D’après ce que je me souviens des paroles de Yuna, je crois que cela nécessite l’élément sacré combiné avec l’élément du vent. Oui ! Je me demande quelle quantité de l’élément du vent est nécessaire pour être suffisante ?

« … »

Je « tricotai/tissai » l’élément sacré et l’élément du vent ensemble. Toutefois, cette action fit hurler Yuna. Elle me prévint tout de suite : « Sois prudent, Grisia. Mélanger différents éléments est très dangereux. Si tu te trompes, ça pourrait exploser ! »

En entendant ceci, tout le monde s’empila à l’encadrement de la porte. D’un côté, ils voulaient sortir par la porte et partir aussi vite que possible, mais, d’un autre côté, ils étaient très curieux et désiraient regarder.

J’ai fini de tricoter/tisser ! Je considérai tout le monde du regard. Le plus éloigné vers la porte est Iacchi ! Son corps est presque déjà à moitié en dehors de la pièce.

Très bien ! Mon prochain sujet d’expérimentation, ce sera lui !

Je jetai la boule de lumière combinée à l’élément du vent sur Iacchi et effectuai quelques ajustements, rassemblant la plupart de l’aura sur ses mains et ses jambes. Pendant ce temps, les mains et les jambes d’Iacchi tremblèrent comme s’il souffrait d’un spasme. Après avoir fini d’effectuer les ajustements, j’ouvris la bouche et commandai : « Iacchi, essaie de courir. »

Iacchi hocha la tête, et ensuite je l’entendis murmurai « Je vous en prie, protégez-moi, Dieu de la Guerre », comme il se mettait en position pour commencer à courir. Puis, il fit un pas…

Bang !

À l’instant où il commençait à courir, il disparut. Ce ne fut pas avant que nous entendions un bruit qui ne perdait pas contre la puissance de ses cris que nous retrouvâmes un gros trou de forme humaine dans le mur de la pièce.

Les bouches d’Igor et de Sybil s’ouvrirent en un grand « O ».

Je jetai un regard au trou de forme humaine, sans expression. Le Bouclier de Lumière est un sort sacré du Dieu de la Lumière, et pourtant tu pries le Dieu de la Guerre qui a toujours été en mauvais termes avec le Dieu de la Lumière… Chercherais-tu à provoquer ta propre mort ?

« Iacchi, est-ce que tu vas bien ? » s’exclama Sybil.

« Ça va… »

Iacchi sortit la tête du trou dans le mur défoncé. Il sourit en jubilant comme il répondait : « Ça ne me fait pas mal du tout. »

Voyant cela, tout le monde poussa un soupir de soulagement. À cet instant-là, Yuna se retourna et commenta : « On dirait que tu as ajouté trop d’élément du vent. »

J’acquiesçai d’un signe de tête.

Il semblerait que parce qu’il y avait une trop grande quantité de l’élément du vent, la vitesse était trop grande. Donc, je pense que cela fonctionnerait de façon beaucoup plus efficace si je réduisais la quantité d’élément du vent. Cependant… J’ignore pourquoi, mais j’ai cette impression que d’ajouter cette quantité d’élément du vent n’est pas du tout incorrect. C’est juste qu’Iacchi ne peut pas supporter une vitesse aussi rapide, c’est tout.

Si quelqu’un est capable de supporter cette vitesse, dans ce cas je suis certain qu’il peut devenir aussi rapide que le vent. Quelqu’un d’aussi rapide que le vent… Pour l’ennemi de cette personne, affronter ce type d’adversaire serait assurément pire que de faire face à une tempête/tornade !

Après avoir ajusté l’élément du vent à plusieurs reprises, je tentai de figurer la quantité appropriée d’élément du vent pour chaque personne. Iacchi et Sybil appartiennent originellement à des professions de type agile, alors je peux mettre un peu plus d’élément du vent dans leurs sorts. Pour Igor, Yuna et Woodrow, je dois en mettre un peu moins. Quant à moi… C’est environ la même quantité que pour le deuxième groupe.

On dirait que les guérisseurs du Dieu de la Lumière n’appartiennent pas au type agile après tout.

Iacchi, Sybil et Igor coururent tout autour de la pièce à toute allure, s’amusant avec tout leur cœur.

Yuna s’étonna : « Tu viens juste de lancer le Bouclier de Lumière et les Ailes de Dieu sur nous tous. Ta capacité à rassembler les éléments est beaucoup trop puissante… Non ! Tu essayais d’ajuster la quantité d’élément du vent, et donc tu as même lancé le sort des Ailes de Dieu à répétition plusieurs fois, non ? »

Je ris un peu, déclarant fièrement : « Ce ne serait pas non plus un problème même s’il y avait douze personnes ! »

En entendant ce nombre, Yuna fut sous le choc pendant un moment et marmonna ensuite : « Je n’ose vraiment plus affirmer que c’est impossible. Qui es-tu exactement, Grisia ? »

« Un guérisseur du Dieu de la Lumière », rétorquai-je, faisant halte pendant une minute par la suite, et ensuite lui demandai en retour : « N’est-ce pas ce que tu avais dit ? »

Yuna murmura silencieusement pour elle-même : « Vraiment ? Je n’ose vraiment plus affirmer que j’en suis sûre… »

« Ne nous soucions pas de qui je suis pour l’instant », dis-je à Yuna et Woodrow. « En premier lieu, nous devrions nous dépêcher de réfléchir à un plan pour nous enfuir de la cité, d’accord ? »

« Soupir ! »

Woodrow soupira en les regardant tous les trois en train de s’amuser avec tout leur cœur, et raisonna avec sincérité : « Nous n’avons pas besoin de réfléchir à un plan. Avec cette vitesse et la capacité de nullifier les attaques physiques, tant que nous ne rencontrons pas de classe Maître ou au-dessus, qui pourrait possiblement nous arrêter ? »

« Et si nous rencontrions vraiment des Maîtres? » Je ne parvenais pas à me libérer de ce sentiment d’insécurité et continuai de m’enquérir : « Après tout, il s’agit de cinq milles ducats d’or, n’est-il pas probable que la Guilde des Aventuriers puisse trouver des Maîtres pour garder les portes de la ville ? »

Woodrow et Yuna me fixèrent étrangement. Woodrow secoua la tête et lâcha : « Comment serait-il possible pour des Maîtres de garder les portes de la ville, quand chacun d’entre eux pourrait devenir le commandant de cette cité? As-tu déjà vu un commandant garder les portes d’une cité ? »

J’étais sans mot. Les Maîtres sont incroyables à ce point ?

À environ ce moment, je ne savais pas quand, Iacchi avait déjà cessé de gambader et s’était précipité pour interrompre la conversation. « Je sais ! Je sais ! Il n’y a qu’un voleur de classe Maître dans la cité ; il n’y en a pas le moindre pour les autres professions. »

« Un voleur, hein ? »

Woodrow et Yuna se regardèrent. Le premier sourit et déclara : « C’est vraiment génial ! Même s’il est de classe Maître, un voleur n’appartient pas à un type de profession qui permet de bloquer les autres directement. Par conséquent, ruons-nous tout droit hors de la cité ! »

« Très bien ! » Je hochai la tête. Lorsque je me retournai et aperçus la licorne, je ressentis tout à coup ce sentiment d’insécurité dans mon cœur, me faisant m’empresser de demander : « Dans ce cas, qui sera chargé de suivre aux côtés de la licorne ? »

Woodrow et Yuna s’exclamèrent en même temps : « C’est toi évidemment ! »

« Quoi ? Je suis un guérisseur ! » Je m’y opposai naturellement d’une voix puissante : « Un guérisseur devrait rester à l’arrière et profiter de l’air frais ! »

« As-tu réellement perdu la mémoire… ? » commença de nouveau à se murmurer à lui-même Woodrow.

« Ouais, c’est habituellement comme ça. » Iacchi me tapota l’épaule et dit ensuite avec un visage impuissant : « Mais ! Grisia, tu dois savoir que la seule personne dans le groupe à toujours posséder sa chasteté, c’est toi ! Regarde, la licorne ne permettra pas à des personnes impures comme nous de l’approcher. C’est pourquoi, toi seul qui es pur et innocent peux l’emmener hors de la cité. »

Sans expression sur mon visage, je décrétai : « Crois-moi quand je dis que dans la seconde près je vais t’envoyer être réuni auprès du Dieu de la Lumière et lui permettre de te stériliser en une personne pure et vertueuse. »

Iacchi éclata brusquement de rire, mais ce n’était pas aussi terrible que le fait que son rire secouait mes oreilles jusqu’à ce qu’elles fussent sur le point d’exploser. Ma tête me donnait l’impression d’être sur le point de se fendre en deux, mais le pire était que je l’avais également entendu rire fort et rétorquer : « Grisia, rappelle-toi que tu es un guérisseur ! Les guérisseurs n’ont aucun pouvoir d’attaque. Donc, ta menace ne me fait pas peur du tout. »

…Peut-être que je devrais essayer de voir si je connais vraiment la magie.

 

 

Comme nous sortions tous, nous dissimulant continuellement avec de grandes difficultés, nous arrivâmes enfin près des portes de la cité accompagnés de la licorne sans que personne ne s’en rendît compte. Ainsi débutèrent les préparations de dernière minute avant notre fuite.

Pour s’enfuir, la vitesse de Yuna et d’Igor n’était pas assez rapide, alors, après que Yuna eût aidé tout le monde en leurs lançant des sorts sacrés, ils se joignirent tous les deux aux groupes qui faisaient la queue afin de quitter la ville par les portes de la cité. Ce qui ne laissa que Sybil, Iacchi et Woodrow pour m’accompagner. Normalement, la vitesse de Woodrow ne serait pas non plus suffisante. Malgré tout, après qu’il se fût transformé en panthère, sa vitesse était encore plus rapide que celle d’Iacchi qui possédait habituellement la vitesse la plus rapide de l’équipe.

« En combien d’animaux peux-tu te transformer exactement ? » m’enquis-je par curiosité, baissant la tête pour regarder la panthère en bas. Toutefois, il se contenta de me regarder et ne répondit pas.

« Woodrow ne peut pas parler après s’être métamorphosé en panthère ! » Sybil m’expliqua en souriant : « Il ne peut se transformer qu’en ours et en panthère. Quand il se change en ours, il gagne une grande quantité de force, et quand il se métamorphose panthère, sa vitesse augmente de façon significative. »

« Dans ce cas, Woodrow est responsable de faire du tapage pour détourner l’attention de tous. Iacchi et Sybil, vous êtes en charge d’ouvrir la voie, et moi je vais me ruer tout droit vers l’extérieur. Si nous sommes séparés, alors employez toutes votre force pour courir jusqu’à l’endroit où Woodrow nous a dit de nous rassembler. »

Deux personnes et une panthère hochèrent la tête à mon intention. Après tout, nous portions tous des masques que nous avions préparés plus tôt. Iacchi était celui qui les avait préparés ; il avait dit que si nous devions commettre un crime, nous devions les porter… Ainsi, on dirait que dissimuler nos visages lors d’un crime est une forme de tradition ?

Je semblais comprendre sans véritable compréhension, comme je portais le masque. Je saisis également l’opportunité pour envelopper le visage de tout le monde avec une mince couche de lumière sacrée. De cette manière, l’apparence de tout le monde n’était plus visible à présent.

Naturellement, Woodrow, qui s’était déjà changé en panthère, n’en avait pas besoin.

Je tirai la licorne vers moi. Elle me regarda. Je la regardai en retour. À ce moment-là, j’éprouvai brusquement un sentiment de malaise… Est-ce que je sais monter à cheval ?

Contemplant le dos impeccablement blanc de la licorne, je n’eus aucun sentiment qui me ferait apprécier cette balade. Je ressentais uniquement de l’anxiété, et que si je tombais du dos du cheval…

J’affichai une expression douloureuse et questionnai : « Que se passera-t-il si je tombe ? »

« Si tu tombes ? » répondit Sybil, troublée. « Ça n’a pas vraiment d’importance si tu tombes, n’est-ce pas ? Tu es un guérisseur du Dieu de la Lumière ! Tu peux simplement te guérir, et tout sera comme si de rien n’était ! »

C’est tout ? Mais, pourquoi est-ce que j’ai cette impression que, si je tombe du cheval, il y aura d’affreuses et terribles conséquences ?

Probablement parce qu’ils m’ont vu hésiter à l’idée de monter à cheval, Iacchi fronça les sourcils et déclara : « Grisia, on dirait que tu n’es jamais monté à cheval auparavant. »

« Je suis un guérisseur, pas un chevalier. C’est normal que je ne sache pas monter à cheval ! »

En entendant ceci, Iacchi se gratta la tête, incapable de réfuter mes paroles. « Tu as raison. Mais, si tu ne peux pas monter à cheval, comment vas-tu faire pour chevaucher la licorne ? »

« Eh bien, tant que je m’accroche à elle fermement et que je ne tombe pas en bas de la licorne, dans ce cas cela devrait aller », affirmai-je, en essayant de m’en convaincre moi-même.

Sybil ne put se contenir et rétorqua : « Comment ça “tant que tu t’y accroches fermement” !? Es-tu même sûr que la licorne sait où elle doit aller ? »

« Licorne ! » Je me retournai pour faire face à la licorne et lui ordonnai : « Après ceci, quoi qu’il advienne, précipite-toi de l’autre côté des portes de la cité ! Compris ? »

La licorne acquiesça d’un signe de tête.

« Elle comprend le langage humain ? C’est incroyable… Se pourrait-il que… Cette licorne soit en fait un druide lui aussi ? » murmura Iacchi, amenant le vrai druide, Woodrow, à le bousculer légèrement.

Je pris une profonde inspiration et sautai de toutes mes forces, atterrissant sur le dos de la licorne avec une précision absolue. À cet instant, Iacchi siffla subitement : « Ta posture n’est pas mal ! Il est possible que tu saches comment chevaucher un cheval ! »

Vraiment ? Soudainement, je ressentis un accès de confiance. Avec mon pied, je donnai un coup à l’abdomen du cheval, et la licorne hennit également avec calme en réponde. Et alors, en un instant, elle se mit à courir…

« Ahaha ! »

Sybil rigola bruyamment et se retourna pour demander : « Iacchi, comment est-ce que c’est possible pour un cavalier de tomber du dos d’un cheval et de même atterrir les quatre fers en l’air ? »

Je me levai du sol et protestai avec indignation : « C’est juste que je ne m’agrippais pas correctement pendant un moment ! »

Après que je fusse levé, je donnai une claque très forte sur la tête de la licorne, la condamnant. « Qu’est-ce qui t’a prise de te mettre à galoper si vite ! Essaierais-tu de me faire tomber et mourir ? »

La licorne hennit tranquillement avec un visage emplit de chagrin.

« D’accord, d’accord ! » En voyant que son visage était rempli avec autant tristesse, mon cœur s’adoucit. En retour, je l’avertis simplement : « À partir de maintenant, fais plus attention. »

La licorne me lécha alors joyeusement à nouveau. Le Dieu de la Lumière seul sait pourquoi ce cheval aime à ce point me lécher autant !

Par la suite, une fois que je fus monté sur le cheval, le Woodrow transformé en panthère se mit à courir le premier. Tandis qu’il se précipitait, son apparition provoqua effectivement du chahut dans la file de gens attendant de sortir par les portes de la cité. Il y eut constamment de petits cris de gens qui l’avaient aperçu, et il y eut même des personnes qui se mirent à hurler.

« D’où sort cette panthère ? »

Les gardes aux portes de la cité crièrent en vain. Puis, dix personnes se rassemblèrent en formation d’éventail et brandirent prudemment leurs lances, en visant Woodrow avec toutes les pointes de leurs lances.

« Vas-y maintenant ! »

Quand je tournai la tête, Sybil et Iacchi venait déjà de terminer de crier ces mots. Ils se ruèrent tous les deux sur-le-champ par la sortie. Suite à cela, je donnai un coup de pied au flanc du cheval, obligeant la licorne à suivre derrière eux et à galoper… Cette fois-ci, elle n’osa pas employer toute sa force pour galoper à toute vitesse. Elle courut même à une vitesse sûre et confortable. Une légère brise souffla, et je me sentis si confortable que je songeai que je pourrais aimer chevaucher des chevaux dorénavant.

Je soupirai : « C’est bien plus confortable que d’être porté sur le dos d’une personne. »

Après que j’eus dit cela, je sentis que c’était étrange. Comment pourrais-je savoir que chevaucher un cheval est bien plus confortable que d’être porté sur le dos d’une personne ? Je n’ai quand même pas été porté sur le dos d’une personne auparavant… ? Comment cela pourrait-il être possible ?

Néanmoins, ce n’était pas le moment d’examiner la question pour savoir si monter à cheval et être porté sur le dos de quelqu’un était mieux. Sybil et Iacchia avait déjà assommé le groupe de personnes à l’avant, m’aidant en ouvrant une voie. Je m’empressai de m’accrochai fermement à la licorne et ensuite lui dis à l’oreille : « Plus vite ! »

La licorne ajouta immédiatement plus de vitesse, pendant que le son du vent sifflant dans mes oreilles devenait de plus en plus bruyant. Je n’étais plus très loin des portes de la cité et, pourtant, la chose attirant l’attention de toute le monde était déjà passée de Woodrow, Iacchi et Sybil, à la licorne et à moi.

« C’est la licorne ! » hurla une personne.

Au départ, tout le monde resta ahuri, seulement capable de garder la bouche ouverte. Malgré cela, tout de suite après, ils se préparèrent et donnèrent la chasse. Même les passants qui avaient crié à tous de rester loin de la panthère ouvrirent grands les yeux et commencèrent à lever diverses armes pour s’approcher de nous. Il y en avait même quelques-uns brandissant des balais!

Les gardes abandonnèrent instantanément la panthère et se retournèrent pour bloquer la licorne et la route que j’empruntais. Néanmoins, Sybil, Iacchi et Woodrow se mirent à les attaquer par derrière. Malgré le fait qu’ils affrontaient des lances, des couteaux, des épées et encore plus d’armes, ils n’avaient pas du tout peur de se servir de leurs corps pour repousser les lances. Cette action fit en sorte que ceux qui s’étaient approchés impulsivement remissent en question l’idée de poursuivre.

En particulier, ce ne fut seulement que lorsqu’ils furent tous les trois piqués par les lances – et pourtant seules les lances devinrent tordues et brisées alors qu’ils se tenaient debout parfaitement intacts, sans aucune blessures – que les pas de tout le monde firent halte à l’unisson. Les yeux de tous s’agrandirent encore plus que quand ils venaient tout juste d’apercevoir la licorne.

C’est l’opportunité parfaite pour faire une percée et s’enfuir… Je criai avec excitation : « Plus vite ! Licorne ! Va plus vite ! »

La licorne accéléra sur-le-champ la cadence. Le son exaltant du vent soufflait constamment à mes oreilles. La petite porte était droit devant moi. La licorne et moi manquâmes presque de nous ruer à l’extérieur, prêts à prendre les rênes. En addition, personne ne gardait la porte, alors nul ne pouvait nous arrêter !

Cependant, le son exaltant du vent fut brutalement interrompu par un bruit assourdissant.

Pas trop loin devant la licorne et moi, un gigantesque mur s’éleva du sol sans avertissement. Le pouls de la licorne manqua tout à coup un battement et donna l’impression qu’il voulait lâcher. Toutefois, parce que la force employée dans sa course juste avant avait été trop élevée, elle fut réellement incapable de freiner immédiatement. Ses sabots raclèrent sans cesse le sol, mais nous continuâmes toujours de glisser vers l’avant.

La seule raison pour laquelle je n’étais pas tombé du dos de la licorne fut parce que j’avais accroché tout mon corps au cou de la bête et m’étais désespérément agrippé à sa crinière.

Finalement, la licorne entra tout de même en collision avec le mur. Par chance, l’impact de la collision n’était pas trop fort. Elle chancela un peu et se stabilisa ensuite.

Mes battements de cœur s’accélérèrent rapidement. Je l’ai beaucoup trop échappé belle. Si la licorne n’avait pas immédiatement remarqué le mur et ne s’était pas arrêtée, la force de l’impact à cette vitesse m’aurait assurément fait tomber dans les vapes / m’évanouir / perdre connaissance. Après être tombé dans les vapes / m’être évanoui / avoir perdu connaissance, la prochaine fois que je me serais réveillé, il se pourrait que je sois déjà en prison.

Après avoir soupiré de soulagement, j’analysai le mur qui avait surgi de nulle part. Ce mur était en fait composé entièrement de l’élément de glace. C’est un mur de glace !

« Que s’est-il passé ? »

Sybil, Iacchi et Woodrow foncèrent vers moi et contemplèrent le mur de glace, l’air ahuri.

« Brise-moi ce mur ! » hurlai-je avec colère.

« Le briser en utilisant quoi ? Nous ne sommes qu’une archère et un voleur ! » crièrent Sybil et Iacchi.

Qui vous demandait votre aide ? Je roulai les yeux à l’intention de chacun d’eux.

À cet instant-là, la corne de la licorne explosa avec une grande quantité de l’élément sacré. Une masse de lumière fonça à toute allure vers le mur de glace.

« Chargez ! »

Néanmoins, la licorne commença à pousser de bruyants hennissements. Elle avait l’air extrêmement mécontente. Ce fut uniquement dans la seconde suivante que je me réalisai pourquoi elle était mécontente. C’était parce qu’une quantité colossale de l’élément de la glace s’était de nouveau rassemblée, créant un autre gigantesque mur de glace. Je pouvais le sentir : ce mur de glace était bien plus dense et solide que le premier. Je craignais que la licorne ne pût pas sur-le-champ relâcher une autre attaque pour la briser comme elle l’avait fait plus tôt.

Si ce n’est pas possible de le briser en une seule attaque, dans ce cas il nous sera impossible d’échapper aux attaques de la personne derrière nous… Celle qui a créé le mur de glace !

Je caressai le côté du cou de la licorne et lui dis doucement : « Retourne-toi. »

À ce stade, tout le monde s’était depuis longtemps retourné pour regarder derrière. Sybil hurla même : « Comment est-ce possible ? Ce sont… Ce sont des chevaliers sacrés de l’Église du Dieu de la Lumière ? »

« Pas seulement ça… » La voix d’Iacchi tremblait frénétiquement : « Celui à l’avant, son symbole appartient aux… Douze Chevaliers Sacrés. »

« C’est le Chevalier de Glace ! » s’exclama Yuna. Sa voix donnait l’impression qu’elle s’apprêtait à s’évanouir.

Le Chevalier de Glace ?

Pourquoi cela sonne-t-il si familier ? Mon attention et ma concentration se déplacèrent sur l’individu à l’avant, en partant de son corps rempli des éléments de la glace et de la lumière jusqu’à son apparence individuelle. Son expression faciale était aussi gelée que la glace ; ses membres étaient aussi raides que la glace ; et ses mains tenaient une sucette glacée pointue !

Comme il fallait s’y attendre de la part du Chevalier de « Glace »… Est-ce que cet esquimau pointu lui sert de nourriture rafraîchissante sur la route ?

Le Chevalier de Glace leva son esquimau pointu et le pointa sur nous. Froidement, il dit : « Ne bougez plus. »

« Qui croyez-vous menacer en brandissant une sucette glacée ? » rétorquai-je en retour d’un ton glacial que j’avais fait exprès de rendre plus grave de sorte d’éviter qu’il me reconnaisse dans l’avenir.

Le Chevalier de Glace ne répliqua rien. En réponse à une telle provocation, il ne changea même pas d’expression. Cela me fit me demander : les muscles faciaux de ce type sont-ils gelés?

D’un autre côté, tous ceux présents répondirent de façon extrêmement violente. Cela inclut mes camarades qui poussèrent un petit cri et retinrent leur souffle. Les chevaliers aux côtés du Chevalier de Glace explosèrent pratiquement de rage. Ils hurlèrent tous : « Silence ! Sales hérétiques insolents, comment osez-vous insulter l’Épée Divine de Glace de notre leader ! »

Une épée divine ? Peu importe sous quel angle on la regarde, elle rassemble à une sucette glacée… Au mieux, vous pouvez l’appeler…un bâtonnet divin ?

« Grisia. » Iacchi perdit ses moyens et se mit à parler de façon incohérente : « L-Le Ch-Chevalier de Glace est beaucoup plus fort que les professions de classe m-maître. C’est impossible de le battre : il fait partie des Douze Chevaliers Sacrés. Que devrions-nous faire maintenant ? Que devrions-nous faire !? »

Je déclarai tranquillement : « Ne t’inquiète pas. Nous n’avons pas à gagner ; nous avons simplement besoin de nous échapper. »

Iacchi s’écria avec détresse : « C’est impossible même si c’est seulement pour s’enfuir. Grisia, tu… tu souffres d’amnésie, c’est pour ça que tu ignores à quel point les Douze Chevaliers Sacrés sont redoutables. Ils sont… aussi redoutables que des dieux ! »

« Cesse de raconter autant de sottises. » Je roulai des yeux à son intention et lui ordonnai : « Je me moque qu’il soit un dieu ou un démon, bloquez-lui le passage et gagnez assez de temps à la licorne pour rassembler les éléments afin de briser le mur de glace. »

En entendant ceci, la mine d’Iacchi empira. Malgré tout, Sybil et lui, avec l’aide de Woodrow, se dressèrent entre la licorne et les chevaliers sacrés. Par la suite, ils adoptèrent une position prête pour l’attaque. Voyant cela, les chevaliers sacrés, d’un autre côté, semblaient assez surpris, à l’exception du Chevalier de Glace. Ses muscles faciaux ne bougèrent pas d’un millimètre.

« Levez les défenses », leur commanda le Chevalier de Glace sur un ton monotone.

Les chevaliers sacrés levèrent instantanément leurs boucliers, formant un mur de boucliers. Puis, dans les espaces entre les boucliers, ils firent dépasser leurs longues épées.

Plus de dix chevaliers sacrés ont formé une ligne de défense contre nous quatre ? N’ont-ils pas l’intention de nous poursuivre ?

À cet instant précis, une ouverture apparut dans le mur de bouclier. Le Chevalier de Glace sortit de derrière la formation et marcha ensuite lentement dans notre direction. Il fut le seul à venir vers nous.

À ce moment-là, la corne de la licorne libéra une immense quantité de l’élément de la foudre. Subitement, un éclair tomba du ciel et vint avec précision s’abattre sur le mur de glace derrière nous. Toutefois, je n’étais pas du tout content, parce que l’élément de la glace n’avait pas disparu.

Le Chevalier de Glace qui se tenait devant moi relâchait un excessivement puissant élément de la glace vers le mur de glace. Si nous ne le vainquons pas, nous n’en finirons pas de briser ces murs de glace, et nous n’aurons aucune raison de les briser non plus, étant donné qu’il peut continuellement créer des murs de glace jusqu’à ce que lui ou la licorne ne puisse plus rassembler aucun élément.

La licorne hennit avec colère en direction du ciel ; elle se mit même à incessamment racler ses sabots sur le sol. Elle désirait sans doute se précipiter sur le Chevalier de Glace pour avoir une bataille épique.

« Sois sage. » Je lui tapotai la tête sévèrement.

La licorne poussa un hennissement triste, puis baissa la tête. Elle lâcha même des pleurnichements, la faisant paraître comme si elle était face à une extrême injustice.

À ce stade, le Chevalier de Glace se trouvait ni plus ni moins à pratiquement dix pas de nous… Un mur de glace s’éleva abruptement depuis le sol, lui bloquant le passage.

Puis, la foudre s’abattit à nouveau derrière nous, identique à celle employée par la licorne auparavant.

« Dépêchez-vous de courir ! » hurlai-je.

Au départ, les trois d’entre eux à l’avant restèrent ahuris. Le premier à réagir fut Iacchi. Sans ajouter quoi que ce fût, il se retourna immédiatement et passa devant la licorne et moi : il était aussi rapide qu’un coup de vent. Ses actions firent reprendre leur sang-froid à Sybil et à Woodrow, et ceux-ci se retournèrent également et commencèrent à s’enfuir l’un après l’autre.

Lorsque Sybil me dépassa, je donnai un coup de pied au flanc du cheval. La licorne suivit sur-le-champ mes ordres et se retourna pour courir à toute vitesse.

Au beau milieu de notre fuite, je sentis que le mur de glace derrière moi avait déjà été brisé. Mais, inutile de m’inquiéter, j’avais déjà préparé quelques éclairs pour ralentir la poursuite du Chevalier de Glace.

En fin de compte, nous nous échappâmes de la cité.

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 6 : Doux Sourire

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Side Story #6: Sweet Smile – traduit du chinois à l’anglais par dahlys[PR!]
Histoire Parallèle #6 : Doux Sourire – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par LuluHime

Ecilan de Glace est éternellement inexpressif. Bien que personne ne puisse lire dans ses pensées, ses desserts sont toujours aux goûts de tous.

S’il y avait une chose qui pouvait représenter Ecilan, ce serait assurément ses desserts.

 

 

Son rêve, à l’origine, était de devenir un boulanger, mais par un certain coup du sort, il était devenu le Chevalier de Glace. Il avait dû changer et passer d’un enfant toujours souriant à une personne sans expression. Il avait aussi dû changer et passer d’une personne qui apportait chaleur et satisfaction à quelqu’un qui rendait les autres alertes et méfiants.

Il semblerait qu’il ait perdu beaucoup de choses, incluant son rêve.

Toutefois, Ecilan sentait tout de même qu’il avait gagné plus qu’il n’avait perdu.

Parce qu’en fait il y a plusieurs manières d’exprimer un sourire.

 

 

« Lan1, ne souris pas ! »

Le sourire d’Ecilan devint immédiatement rigide. Il ne faisait que saluer avec un sourire un apprenti chevalier sacré qui passait, étant donné qu’il connaissait cet enfant depuis longtemps. Il allait souvent livrer du pain chez lui.

C’est exact ; Ecilan était le fils d’un boulanger. Depuis qu’il était tout petit, il aspirait à devenir le meilleur boulanger de la Cité du Bourgeon. Son plus grand rêve était de démarrer une section de desserts en plus de confectionner du pain… Mais, présentement, il était l’Apprenti-Chevalier de Glace. Tout le monde l’appelait habituellement l’Apprenti-Chevalier de Glace.

Avec une expression de stupeur et d’horreur sur son visage, l’apprenti-chevalier devant eux s’inclina en face de la personne se trouvant derrière Ecilan. Après s’être incliné, il s’enfuit rapidement, comme si la personne derrière Ecilan était une inondation ravageuse ou une bête sauvage… Peut-être le Chevalier de Glace était-il plus effrayant qu’une inondation ravageuse ou qu’une bête sauvage ?

Ecilan fit disparaître le sourire et toute autre expression de son visage, devenant totalement inexpressif. Seulement à ce moment-là osa-t-il tourner la tête et faire face à la personne derrière lui. Il salua : « Bonjour, Maître ! »

Le Chevalier de Glace, Eller, le questionna, un peu agacé : « Lan, pourquoi est-ce que tu n’arrives pas à changer ton habitude de sourire ? C’est vraiment si difficile de ne pas sourire ? »

Ecilan se sentit victime d’une injustice. Par le passé, chaque fois qu’il livrait le pain, les gens faisaient l’éloge de son sourire. À présent, il ne pouvait plus sourire du tout.

Pourquoi était-il devenu le Chevalier de Glace ? Il n’avait fait qu’aller livrer du pain au Temple Sacré. À ce moment-là, le Temple Sacré était en pleine sélection d’Apprenti-Chevaliers. Il n’avait fait que passer, et n’avait même pas rejoint la sélection. Il n’avait aucune idée de ce que le Chevalier de Glace avait vu en lui… Ne disaient-ils pas que le Chevalier de la Pierre était le plus têtu parmi les Douze Chevaliers Sacrés ?

Cependant, ce jour-là, le Chevalier de la Pierre lui avait dit : « Tu as intérêt à docilement acquiescer de la tête et à accepter de devenir l’Apprenti-Chevalier de Glace ! Notre Chevalier de Glace est très têtu et n’écoutera pas les autres, alors il ne te permettra pas de dire non. »

Eller fronça les sourcils, s’exclamant d’une voix grave : « Et tu ne peux pas non plus afficher un air triste ! »

Quand il entendit cette déclaration, Ecilan fit de son mieux pour effacer chacune des expressions sur son visage.

Mécontent, Eller le réprimanda : « Je veux seulement que tu ne sourisses pas, est-ce si difficile ? Tu as vu que l’Apprenti-Chevalier du Jugement devait aussi agir de façon froide et calme ! Je ne t’ai même pas demandé d’en faire autant, et je veux uniquement que tu remplisses les exigences minimales du Chevalier de Glace. Si tu ne peux pas rester indifférent, dans ce cas, au moins, ne peux-tu pas être inexpressif ? »

Ecilan admit que Lesus devait travailler beaucoup plus dur que lui, mais il avait vraiment envie de rétorquer à son maître : « Votre vous actuel qui parle trop est totalement différent de comment le Chevalier de Glace indifférent et réservé devrait agir ! »

« De toute manière, à partir d’aujourd’hui, tu as intérêt à rester inexpressif et silencieux ! Si j’entends à nouveau quelqu’un dire “Ce garçon, Ecilan, est vraiment soucieux, poli et toujours souriant” ou quelque chose de la sorte, je vais… t’interdire l’accès à la cuisine ! »

Mais, depuis que je suis petit, Maman et Papa m’ont toujours enseigné que je devrais être poli envers les gens, que je ne devrais pas faire face aux gens avec une expression déplaisante… Ecilan eut à nouveau l’impression qu’on lui avait fait du mal injustement, mais à l’instant où il entendit qu’on lui interdirait l’accès à la cuisine, il se sentit comme s’il avait soudainement été foudroyé par un éclair ! De tout le Temple Sacré, son endroit préféré était la cuisine. Après tout, c’était le seul lieu où il pouvait cuisiner !

Eller regretta ce qu’il venait de dire dès l’instant où il le dit. S’il interdisait à Ecilan d’entrer dans la cuisine, qui allait lui préparer du pain ? Toutefois, c’était la façon la plus efficace de menacer Ecilan… Oublions ça ; il attendrait simplement jusqu’à-ce qu’Ecilan brise vraiment les règles avant d’y songer à nouveau !

« Lan, j’ai faim. Le pain est-il prêt à être mangé ? »

Ecilan répondit docilement : « Je m’en vais tout de suite à la cuisine pour vérifier s’il a terminé de cuire. Si c’est le cas, je viendrai vous l’apporter, Maître. »

Eller acquiesça d’un signe de tête. Alors qu’Ecilan était différent de Lesus qui était doué dans tous les domaines – Bon sang ! Chasel avait vraiment déniché un trésor ! – et qu’il y avait quelques problèmes avec l’entraînement d’Ecilan sur la personnalité du Chevalier de Glace, Lesus ne savait pas comment faire cuire du pain, particulièrement du pain aussi délicieux que celui qu’Ecilan confectionnait !

« Je vais t’attendre dans ma chambre. Sur ton chemin, va me chercher du vin fait par Neo en plus du pain. »

« D’accord. »

Ecilan poussa un soupir de soulagement. Comparé à l’entraînement spécial pour devenir inexpressif, il aimait mieux aller dans la cuisine pour confectionner du pain. Il souhaitait vraiment que son maître mangeât six repas par jours pour qu’il puisse passer toute la journée à l’intérieur de la cuisine !

 

 

En plus du plateau complet de pain, Ecilan avait aussi essayé de faire cuire un gâteau à la myrtille ! Malheureusement, c’était la première fois qu’il faisait cuire un gâteau, alors il n’avait pas encore trouvé la bonne quantité d’ingrédients à ajouter. En fin de compte, il avait mis trop de sucre, et le dessert était devenu trop sucré.

Ecilan pensa que ce serait dommage de le jeter, alors il décida de le ramener jusqu’à la chambre. Afin d’éviter de gaspiller de la nourriture, il le mangerait en buvant beaucoup d’eau.

Sur son chemin pour retourner à la chambre, il rencontra quelqu’un d’inattendu. Grisia arborait un large sourire radieux sur son visage, et il semblait constamment se murmurer quelque chose à lui-même. Je me demande ce qu’il dit… Est-ce qu’il récite les Règles du Dieu de la Lumière ? On raconte que le Chevalier du Soleil est le Chevalier Sacré le plus loyal au Dieu de la Lumière, en plus d’être le porte-parole de ce dernier…

Ce ne fut que lorsque Grisia se trouva à quelques pas de lui qu’Ecilan se rappela que ce dernier était le Chevalier du Soleil, alors que lui appartenait à la faction du côté du Chevalier du Jugement. A-Alors, ils ne devraient pas bien s’entendre l’un avec l’autre !

Ecilan afficha immédiatement un visage inexpressif. Cependant, il n’aurait jamais cru que Grisia s’arrêterait de marcher et regarderait… le plat dans ses mains.

« Wow, c’est un gâteau ! » s’exclama soudainement Grisia, et celui-ci tendit sur-le-champ la main pour prendre un morceau de gâteau.

« C-C’est un gâteau d’essai que j’ai fait cuire… Non ! » cria Ecilan, pris de panique. Mais, tout de suite après qu’il eut fini de crier, il réalisa que sa voix avait sonné fâchée, comme s’il le réprimandait.

La main de Grisia s’arrêta, et il baissa le regard sur le gâteau. Avec un peu de regret, il demanda : « Je ne peux pas le manger ? »

Ecilan commença à paniquer encore plus. Bien qu’il voulût s’expliquer, son maître venait tout juste de lui dire qu’il devait rester inexpressif et silencieux à partir d’aujourd’hui, ou il ne lui serait plus jamais permis de pénétrer dans la cuisine à nouveau… Que faire ?

En voyant le visage sans expression d’Ecilan, Grisia baissa la tête et s’excusa : « C’est… Je suis vraiment désolé d’avoir essayé de te prendre ton gâteau ; je t’en prie, ne sois pas fâché contre moi ! »

Ce n’est pas vrai… Je ne suis pas du tout en colère ! Ecilan était si nerveux qu’il avait envie de pleurer.

« Mais, puisque j’en ai déjà pris un morceau, s’il-te-plaît laisse-moi le manger ! » Dès que Grisia eut fini de parler, il s’enfuit en vitesse, comme s’il craignait qu’Ecilan voulût récupérer le morceau de gâteau.

Ecilan fixa le vide, sous le choc, étant donné qu’il n’avait pas du tout eu le temps de réagir. Sa première pensée fut : Je suis content que Grisia ne semble pas en colère. Immédiatement après cela, il se remémora qu’un morceau du gâteau avait été pris. C’est trop sucré, si Grisia le mange… Oublie ça, si c’est trop sucré, dans ce cas il devrait le recracher après une bouchée, non ?

Peut-être que Grisia aime les gâteaux à la myrtille ? À l’avenir, je devrais lui faire cuire quelques gâteaux. Il semblerait qu’il aime beaucoup les desserts, et  j’ai également très envie d’essayer de confectionner des desserts. Plus Ecilan y songeait, plus il se sentait heureux. Il ne put s’empêcher de sourire joyeusement, alors que son esprit était rempli de toutes sortes de desserts et de pains…

« Lan ! »

Ecilan sursauta de stupeur. Quand il se remit de son choc, il se rendit compte que son maître marchait actuellement vers lui avec fureur. Cela lui fit perdre ses moyens, puisqu’il savait qu’il n’était pas du tout inexpressif il y a un instant. Sans doute qu’il était même visiblement en train de sourire !

Eller se dirigea droit vers lui avec colère, puis se mit à le réprimander : « Je viens à peine de te demander de ne pas sourire, mais tu as immédiatement violé mes ordres ! Pourquoi es-tu un enfant aussi désobéissant ? Est-ce que c’est vraiment si dur de ne pas sourire ? À partir d’aujourd’hui, il t’est interdit d’entrer dans la cuisine jusqu’à ce que tu aies appris à ne pas sourire ! »

« Pourquoi est-ce que je ne peux pas sourire ? » Ecilan ne put plus se retenir de dire avec émotion : « Si je fais face aux gens avec une expression déplaisante, ne vont-ils pas être mécontents ? Peut-être qu’ils vont même me détester ! Dans ce cas-là, j’aurai un ami en moins ! »

Quand il entendit l’une des rares réponses remplies d’émotion d’Ecilan, Eller resta sans mots. Cet enfant n’était pas du genre à désobéir à ses aînés, alors pourquoi était-il si rebelle aujourd’hui ? D’ailleurs, il lui était impossible de réfuter les propos qu’il venait de tenir…

Les yeux d’Ecilan se remplirent de larmes, et il tenta de son mieux de les empêcher de couler. Toutefois, il ne pouvait simplement plus y résister, alors il donna vite le plateau à son maître et articula : « Maître, savourez votre repas. » Après cela, il s’empressa de se retourner et s’enfuit en courant.

« Lan ! »

Lorsqu’il entendit l’appel, Ecilan s’arrêta pendant un instant, mais ne se retourna pas. Au lieu de cela, il s’enfuit vite, parce que son visage était déjà couvert de larmes.

Ne parle pas de pleurer, Maître ne me permet même pas de sourire !

 

 

Ouuiinn… ouiin…

J-Je veux rentrer à la maison et devenir boulanger…

« Pourquoi pleures-tu ? Tu as l’air si triste… »

Stupéfait, Ecilan sauta de son lit. Il était couché sur son lit, mais il était presque tombé en bas de celui-ci à cause de l’appel soudain.

« Grisia ? »

Grisia l’observait avec des yeux remplis d’espoir. Cela fit rougir Ecilan. Il essuya vite ses larmes.

« Est-ce qu’il t’en reste ? »

« Hein ? » Ecilan fixa Grisia d’un regard vide.

Avec un air très enthousiaste sur le visage, Grisia s’enquit : « Est-ce qu’il te reste du gâteau ? »

« …C’est mon maître qui l’a au complet. »

« Quoi !? Ce gâteau était immense ! Est-ce qu’il a l’intention de le manger en entier par lui-même ? »

Ecilan n’avait aucune idée de ce qu’il se passait, mais il répondit tout de même : « Non, ce gâteau est trop sucré. Il se pourrait que mon maître ne le mange pas. »

« Il ne le mangera pas ? » Choqué, Grisia s’exclama : « Mais, ce gâteau est si délicieux ! S’il ne va pas le manger, est-ce qu’il va le jeter ?  Quel dommage ! Non, non, on ne peut pas le laisser être jeté ! »

Ecilan se trouvait toujours dans un état de confusion, mais Grisia l’agrippa en un mouvement et était sur  le point de le traîner hors de la pièce.

« Aller, allons retrouver le Chevalier de Glace et reprendre le gâteau ! »

Quoi !? Sidéré, Ecilan protesta : « A-Attends une minute… »

« Qu’est-ce que tu attends ? Si nous attendons plus longtemps, le gâteau va être jeté ! »

« J’ai du pain ici avec moi. Il est à la myrtille, exactement comme le gâteau ! S’il-te-plaît, ne pars pas à la recherche de mon maître ! »

Grisia s’arrêta et se tourna pour regarder Ecilan. Ce dernier sortit du pain d’une armoire et répandit de la confiture de myrtille sur le dessus avant de le donner à Grisia.

Grisia mordit impudemment dans le pain à l’instant où il le reçut. Quand il vit cela, Ecilan se détendit.

« Ce n’est pas assez sucré. Viens, allons chercher le gâteau ! »

Heeiiiiin ?

 

 

La vue de deux apprentis-chevaliers marchant ensemble attira beaucoup de regards de la part des gens. Grisia sourit pendant tout le chemin, mais, à côté de lui, Ecilan était complètement sans expression.

Grisia sourit et marmonna dans sa barbe en même temps. « Ah, bon sang, quelqu’un vient et je dois encore sourire. Mon visage est déjà raide ! Je n’ai vraiment pas envie de sourire, mais mon Maître va me massacrer si je ne le fais pas… Je vais sourire ! »

Les yeux d’Ecilan s’écarquillèrent tandis qu’il regardait Grisia. A-Alors c’est ce qu’il disait à chaque fois qu’il marmonnait dans sa barbe ?

En cours de route, Ecilan observa que Grisia devait révéler son plus brillant sourire chaque fois qu’une personne passait à côté d’eux. Quand il n’y avait plus personne dans les environs, il laissait ses muscles faciaux se détendre mais, à l’instant où quelqu’un apparaissait, il devait sourire sur-le-champ. Ecilan réalisa tout à coup que sourire n’était peut-être pas aussi facile qu’il y paraissait.

Lorsque Grisia remarqua qu’il y avait plusieurs personnes qui marchaient dans leur direction, son visage devint aussi pâle que de la cendre. Du coin de l’œil, il aperçut Ecilan et décida immédiatement de lui parler afin de ne pas avoir à sourire continuellement. Néanmoins, à l’instant où il vit les yeux rougis d’Ecilan, il commença à vouloir avoir une vraie discussion. Il ne put s’empêcher de demander : « Ecilan, pourquoi pleurais-tu il y a un instant ? »

« Je… Je me disais juste que je ne suis pas fait pour être le Chevalier de Glace. »

« Oh, dans ce cas, que veux-tu devenir ? »

« À l’origine, je voulais devenir le meilleur boulanger de la ville. »

« Ooooh ! Pas étonnant que tu sois si doué pour confectionner du pain et des gâteaux ! »

« Je ne le suis pas ; c’était la première fois que je faisais cuire un gâteau. Je l’ai même rendu trop sucré… » Ecilan ne put résister à l’envie de le questionner : « Tu ne trouves pas que le gâteau était trop sucré ? »

« Non, pas du tout ! Et il aurait même pu être plus sucré… Hmm ? Ce ne serait pas ton maître ? »

Ecilan tourna la tête pour voir. Effectivement, le Chevalier de Glace se tenait présentement sur un balcon à côté du corridor. Il n’était pas seul, puisque le Chevalier du Jugement était là lui aussi.

Grisia attrapa la main d’Ecilan et s’approcha discrètement de la fenêtre la plus proche du balcon.

Un peu perplexe, Ecilan demanda : « Ne cherchais-tu pas mon Maître ? »

« Si ! Mais d’abord, écoutons leur conversation ! »

Pourquoi est-ce que nous devons écouter leur conversation en premier… ? Ce n’est pas mal d’écouter aux portes ? Juste au moment où il songeait à corriger Grisia, il entendit une voix s’élever du balcon.

« Ai-je commis une erreur ? Peut-être que je n’aurais pas dû choisir Ecilan, étant donné qu’il ne faisait pas parti des enfants qui étaient venus pour la sélection. »

Ecilan sursauta sous le choc. Son Maître… regrettait-il de l’avoir choisi ?

M-Mais, il faisait déjà de son mieux pour s’adapter à sa nouvelle identité, et travaillait dur pour devenir le Chevalier de Glace. Il trouvait même que pratiquer le maniement de l’épée était extrêmement amusant, et il s’était familiarisé avec plusieurs Chevaliers Sacrés…

Sentant ses yeux commencer à lui brûler un peu, Ecilan tourna la tête et entreprit de s’éloigner. Toutefois, Grisia raffermit brusquement son emprise sur sa main. Quelle que soit la force avec laquelle il lutta, Grisia ne voulait pas le lâcher.

Encore une fois, ils entendirent la voix du Chevalier de Glace en provenance du balcon. Il déclara : « Mais, je n’ai vraiment pas envie de choisir un enfant qui a l’air glacial dès le départ ! Et Ecilan est un si bon enfant ! C’est un garçon soucieux, il respecte ses aînés, et il sait même comment pétrir le pain ! »

Ecilan se figea et cessa de lutter pour s’échapper.

Ils entendirent la voix grave du Chevalier du Jugement, qui affirmait : « Tu as raison. Si j’étais toi, je l’aurais aussi choisi, étant donné que c’est vraiment un bon garçon. Mais, tu n’as pas besoin de précipiter l’entraînement d’Ecilan pour correspondre à la personnalité qu’on “s’attend” à voir chez le Chevalier de Glace, puisqu’il n’est l’Apprenti-Chevalier de Glace que depuis légèrement moins de deux ans. »

« Mais… » La voix du Chevalier de Glace était remplie de frustration comme il révélait : « Tu devrais savoir que, récemment, beaucoup de gens se sont mis à parler de remplacer l’Apprenti -Chevalier de la Pierre. Des remarques de la part de ceux qui s’opposent à l’Apprenti-Chevalier du Soleil ont aussi fait surface. Si Lan n’apprend pas à être inexpressif, qu’est-ce que je vais faire lorsque des vagues de commentaires au sujet de le remplacer vont venir ? »

Chasel répondit simplement : « Ne t’inquiète pas, Neo ne permettra pas à la personne qu’il a choisie d’être remplacée. Tu devrais connaître sa personnalité depuis le temps. S’il n’est pas d’accord pour remplacer son apprenti, dans ce cas personne ne peut l’y contraindre. »

Toujours un peu inquiet, Eller ajouta : « Et qu’en est-il de l’Apprenti-Chevalier de la Pierre ? »

« Si nous en remplaçons un, ça forme un précédent pour en remplacer un deuxième. Par conséquent, Neo ne permettra définitivement pas à l’Apprenti-Chevalier de la Pierre d’être remplacé, parce que ça lui causerait des problèmes. »

En entendant ceci, Eller se sentit beaucoup plus calme. Puisque Neo ne permettrait pas à l’Apprenti-Chevalier de la Pierre d’être remplacé, alors il ne permettrait pas non plus à Ecilan d’être remplacé lui aussi. Avec le soutien de Neo, vous pouviez être sûr que les choses seraient beaucoup plus faciles. Parce que tout le monde savait que, une fois que Neo avait pris sa décision, il persisterait dans cette voie jusqu’à la toute fin, qu’il soit dans son droit ou pas… Même en forçant les gens à lui rendre service, il n’abandonnerait jamais jusqu’à la fin.

« Dans ce cas, je peux me détendre et prendre mon temps pour entraîner Ecilan. D’ailleurs, je devrais lui accorder plus de temps pour aller à la cuisine… Le gâteau qu’il a fait cette fois était beaucoup trop sucré ! Ses talents culinaires laissent encore énormément de place à l’amélioration ! Soupir, j’ai vraiment envie de le manger, mais c’est trop sucré… »

 

 

Seulement une fois que les bribes de la conversation des deux personnes se furent arrêtées après un bon bout de temps Ecilan se remit-il de sa stupeur. Il se rendit soudainement compte, Mon Maître me forçait-il à devenir inexpressif, ces derniers temps, parce qu’il avait peur que je sois remplacé ?

« Alors, tu veux devenir le Chevalier de Glace, ou un boulanger ? »

Stupéfait, Ecilan leva la tête et rencontra le regard sérieux de Grisia. Il réfléchit à sa question, et répondit avec hésitation : « J-Je veux… Je veux devenir le Chevalier de Glace ! Je n’aime pas le fait de ne pas pouvoir sourire, mais j’aime tout le reste ! Même si je ne deviens pas boulanger, je peux toujours confectionner du pain. Mais, si je ne deviens pas le Chevalier de Glace, je sens que je v-vais perdre pleins de choses ! » Comme mon Maître et les autres Chevaliers Sacrés. J’ai aussi promis à Lesus que je pratiquerais ma technique à l’épée avec lui !

« Tu aimes sourire ? » Un peu surpris, Grisia décréta : « Mais, sourire est très fatigant ! »

Ecilan y resongea. S’il devait sourire toute la journée comme Grisia, ce serait en effet très fatigant. Il expliqua avec honnêteté : « Mais, j’ai peur que si je ne souris pas, les gens vont me détester. »

En entendant cela, Grisia secoua la tête de façon exagérée et répliqua : « Qui a dit ça ? Tu ne m’as pas souris, mais je t’aime bien quand même ! Surtout les gâteaux que tu fais ! »

Ecilan cligna des yeux. Il réalisa que ce que Grisia venait de dire était exact. Bien qu’il ne lui eût pas souri, Grisia ne le détestait pas pour autant… Il sentit soudainement qu’il avait compris quelque chose.

Même s’il ne souriait pas, tant qu’il leur offrait des desserts, les gens ne sentiraient-ils pas qu’il n’était pas une personne détestable ?

Ainsi, les desserts… peuvent en fait remplacer les sourires ?

Note de bas de page

1 « Lan » : C’est le surnom qu’Eller a donné à Ecilan.

Invincible Partie 2 : L’Elfe Noir – Aldrizzt

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La Légende du Chevalier du Soleil – Histoires à Part

Roman d’origine en chinois par (Yu Wo)


Unbeatable Part 2: Dark Elf – Aldrizzt – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Invincible Partie 2 : L’Elfe Noir – Aldrizzt – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par Yukomin/Nocta

Il regarda à droite puis à gauche, mais ne vit pas ses bagages. Neo se rappela finalement que tout ce qu’il avait pris avec lui en partant était un paquet de rations déshydratées qu’il avait obtenu des cuisines. Il n’avait rien emmené d’autres, il ne pouvait donc évidemment pas avoir de bagages.

Dans une situation où il ne possédait aucun vêtement propre pour se changer, il n’avait pas d’autres choix que de remettre la tenue qu’il avait abandonnée. Ses habits empestaient la sueur et, comme il les avait jetés par terre sans y prêter attention, ils étaient maintenant couverts de terre.

Je dois remettre ces guenilles ? Neo afficha une expression pleine de dégoût. Mais, peu importe à quel point ses vêtements étaient dégoûtants et puants, les porter serait toujours mieux que se balader nu.

Avec un pied sur le bord, il venait juste de décider de remonter et de remettre ses vêtements sales, quand il entendit du bruit non loin de là. On percevait le bruissement des feuilles d’arbres, le claquement du métal contre du métal, et même des cris de personnes. En combinant les différents sons, on dirait que… un combat a lieu ?

Neo leva un sourcil et reposa ses vêtements sales. À la place, il ramassa son épée et retourna dans l’eau.

Peut-être que quelques personnes sont là pour me « donner » des vêtements. Même si leurs habits puent trop pour être portés, au moins ils auront des « bagages », non ?

Penser à cela mit Neo de bonne humeur. Il prit ainsi les choses tranquillement, tandis qu’il observait la situation se développer.

Le son du frottement des feuilles se faisait de plus en plus fort. Une seconde plus tard, un humain passa à toute vitesse entre les arbres et aboutit dans la clairière… Attendez, ce n’est pas un « humain ». Les yeux de Neo s’agrandirent légèrement.

Cette personne possédait en réalité une couronne de cheveux d’un blanc immaculé, une couleur très différente des cheveux blancs cendrés d’un vieil homme. Les cheveux de cette personne étaient blancs comme la neige, et cela semblait naturel, à la différence des cheveux grisonnants d’une vieille personne.

Dans la seconde suivante, il nota un trait encore plus remarquable. La peau de cet individu était d’une couleur presque noire.

Des cheveux blancs et la peau noire, une seule race au monde réunit ces traits.

Les elfes noirs.

L’individu sembla avoir remarqué Neo, mais il n’avait visiblement pas de temps à perdre pour porter attention à un humain dans un lac. Il se retourna immédiatement et avança lentement en jetant plusieurs sorts.

Les sorts ressemblaient à de grandes lames, mais celles-ci étaient à moitié transparentes. Alors que chaque sort lancé frappait un arbre, une entaille apparaissait immédiatement sur le tronc des arbres, et ces derniers se fendaient en deux là où ils étaient entaillés, comme s’ils avaient été coupés par une vraie lame.

Est que c’est Lame de Vent ? Ça ne semblait pas tout à fait exact, puisque Lame de Vent était un sort transparent et incolore, tandis que les lames de vents qu’il voyait avaient une légère coloration noire.

Est-ce une attaque de l’élément des ténèbres qui imite Lame de Vent ? Dans ce cas, je devrais l’appeler Lame de Ténèbres ! Neo haussa un sourcil. Même s’il était un chevalier, le sort Lame de Vent ne lui était pas inconnu… Son apprenti, Grisia, utilisait souvent ce sort comme d’un éventail, et la personne qu’il éventait avec ce sort était, avec une probabilité de 80-90 %, Neo lui-même.

Bien sûr, la puissance employée dans le but d’éventer était beaucoup plus faible, tellement faible qu’il lui aurait été difficile de couper une mèche de cheveux.

Après avoir jeté les sorts, l’elfe noir ne se détendit pas. Il déplaçait constamment ses pieds légèrement, et à chaque fois qu’il bougeait d’un pas, une petite flèche venait se planter dans le sol, à l’endroit où il se tenait auparavant

Hmm… Cet elfe noir sait comment se servir de sorts puissants. Il doit s’agir d’un mage, mais ses capacités physiques ne sont pas mal du tout ! À ce moment-là, tandis que Neo était appuyé sur le bord du lac en appréciant le spectacle, une flèche arriva par hasard droit sur lui. Il l’attrapa facilement et ouvrit sa main pour l’examiner de plus près. La flèche était petite mais très bien faite. Elle faisait seulement la longueur d’une main, mais le travail avait extrêmement été bien exécuté : la pointe de flèche était très aiguisée et l’empennage avait été particulièrement travaillé.

« Faites attention, la flèche est empoisonnée », cria l’elfe noir en se retournant brusquement.

L’elfe noir vient de me prévenir ?

Neo trouva cela un peu étrange, car les elfes noirs n’était pas une race bienveillante. En vérité, c’est une race plutôt connue. Tous les elfes noirs, des adultes aux jeunes enfants, les hommes autant que les femmes, sont sans exception mauvais et méprisables.

Mais, il s’avéra que l’elfe noir n’avait pas menti. À cet instant, Neo découvrit que, même s’il n’avait touché que l’axe de la flèche, son doigt commençait déjà à devenir violet.

Il félicita intérieurement ce poison. Quelle toxicité impressionnante ! Après cela, il appela un peu d’élément sacré et expulsa le poison. Même s’il avait perdu la faveur du Dieu de la Lumière, quelque chose d’aussi simple que de supprimer du poison n’était pas un problème de tout.

« L’antidote ! »

L’elfe noir courut subitement vers lui et jeta une petite bouteille à Neo. Il se tourna de nouveau pour faire face aux ennemis cachés dans les buissons.

Juste après qu’il se fût retourné, il laissa filtrer un grognement étouffé.

Neo l’observa et remarqua qu’une flèche avait percé le bras de l’elfe noir. De plus, l’elfe noir n’avait pas le temps de retirer la flèche, puisqu’il devait reculer de quelques pas afin d’esquiver la volée de flèches qui suivait.

Tout à coup – peut-être parce qu’ils avaient épuisé toutes leurs flèches, ou parce qu’ils avaient vu que l’elfe noir était touché – les ennemis cachés dans les buissons apparurent… Quoi ? Ce sont aussi des elfes noirs !

Il y en a quatre… non, cinq ? Trois d’entre eux transportaient des arbalètes minuscules, et les deux autres tenaient des rapières, ce qui suggérait que leurs professions étaient proches de celles de guerriers.

« Il semblerait que mon aventure ne soit pas si mal que ça ! Dès le début, je rencontre des elfes noirs qui sont des créatures extrêmement rares. Je n’ai jamais entendu parler de qui que ce soit ayant aperçu des elfes noirs durant les derniers siècles, et au moment où je les rencontre, je tombe sur un grand groupe ! » Neo contemplait la scène avec grand plaisir. Comme il avait un peu faim, il prit son sac de rations déshydratées et commença à les grignoter.

Cependant, il semblerait que l’elfe noir inhabituel n’avait plus d’espoir d’échapper à la mort. Non seulement il était empoisonné, mais il était aussi seul. En addition, c’était un mage au corps frêle.

Peu importe sous quel angle je considère la question, cet elfe est condamné ! De plus, il semble subir une bastonnade unilatérale et tenter de délayer l’heure de sa mort.

Les deux guerriers levèrent leurs rapières et sortirent des buissons. Malgré le fait qu’ils maintinssent une attitude vigilante, ils souriaient comme si leur plan avait déjà réussi, et qu’ils allaient facilement capturer le mage à l’instant suivant…

Les deux elfes noirs effectuèrent un pas en avant, mais une seconde plus tard les « deux » étaient devenus « un tas de morceaux ».

Oh ? Neo plissa les yeux et regarda attentivement la chair et le sang qui volaient dans tous les sens. Les coupures étaient très propres, il n’avait pas vu quel type d’attaque c’était, et la chair et le sang allèrent voler très haut et loin… Était-ce Lame de Ténèbres ?

Dans ce cas, d’où ces Lames de Ténèbres ont-elles été tirées ?

À l’instant, quand les archers avaient cessé de tirer, et que le groupe était sorti des buissons, le mage était déjà agenouillé sur le sol avec un air découragé à cause de la flèche empoisonnée. C’était pourquoi les deux guerriers avaient baissé leurs gardes, ce qui les avait menés à finir en morceaux en un instant… Ils étaient probablement morts avant même de réaliser qu’ils avaient été attaqués.

Les trois archers restants étaient clairement extrêmement alarmés et s’étaient tous figés sous le choc.

Le mage releva la tête et dit quelque chose dans la langue des elfes noirs.

Même si Neo ne put comprendre aucun mot, il parvint à deviner le sens global à partir de l’expression du mage… Ça ne devrait pas être très différent de « Vous êtes morts ».

Juste après cela, les trois archers furent coupés à la taille et tombèrent en six morceaux. Les coupures étaient aussi très nettes. Ces coupures ont probablement été causées par Lame de Ténèbres.

La magie n’était pas le point fort de Neo, donc il ne pouvait pas réellement comprendre comment le mage avait fait cela. Malgré tout, il se sentait terriblement curieux.

Tss, tss ! Neo ne put s’empêcher de penser, C’est dommage, si seulement Grisia était là ! Il pourrait définitivement m’expliquer ce qu’il s’est passé… De plus, il aurait probablement appris comment le faire ! Mais, en y repensant, laisser Grisia apprendre une magie aussi puissante n’est pas une si bonne chose au final.

Si mon élève devient fort, il ne sera plus aussi simple à intimider quand le Maître rentrera au Temple Sacré.

L’elfe noir se retourna et regarda Neo. Neo applaudit aussitôt généreusement en le félicitant : « Quel pouvoir incroyable ! Je n’ai jamais entendu parler d’un mage dispersant une escouade entière à lui tout seul. Tu n’es pas mauvais ! »

En entendant cela, l’elfe noir fixa précautionneusement l’humain dans le lac et tenta de demander : « Pouvez-vous me rendre la bouteille d’antidote, s’il-vous-plaît ? »

Au moins, il est poli. Neo renvoya la bouteille d’antidote. Au moment où l’elfe noir l’attrapa, il avala précipitamment l’antidote. Il arracha ensuite la petite flèche de son corps et la jeta au sol.

Après cela, il jaugea Neo. Même si l’elfe noir ne semblait plus être aussi méfiant qu’avant, il n’avait pas pour autant confiance. Avec une légère hésitation, il dit : « Vous… Je suis un elfe noir. »

« C’est vrai ! Tu es vraiment très sombre », dit Neo avec désinvolture. « Dans tous les cas, est-ce que tu as des vêtements de rechange ? Peux-tu m’en prêter des propres ? »

« … »

L’elfe noir fixa l’humain dans le lac. Une seconde plus tard, il s’évanouit.

 

 

Quand il rouvrit les yeux, Aldrizzt était absolument sûr qu’il allait se réveiller dans une prison ou un endroit similaire. Après tout, il était un elfe noir, et un humain se trouvait près de lui quand il n’avait pu plus en supporter davantage et s’était évanoui.

Les humains avaient toujours traité les elfes noirs comme une race maléfique. S’ils voyaient un elfe noir, ils ne le laisseraient pas partir facilement et tenteraient de le tuer sur-le-champ.

Le plus tragique dans tout ça c’était à quel point les humains avaient raison. Les elfes noirs étaient effectivement une race extrêmement maléfique, et personne ne comprenait mieux ce fait qu’Aldrizzt.

Pourquoi ne puis-je pas être comme tous les autres elfes noirs, et accepter le mal ? Si j’étais comme ça, les choses ne seraient-elles pas beaucoup plus simples ? songea Aldrizzt, un peu déprimé.

Mais, il savait que, si c’était si facile d’être maléfique, il n’aurait pas eu à devenir un traître et un fugitif aux yeux de son propre peuple. Ils ne lui avaient pas laissé d’autre choix que de s’échapper du monde souterrain et de remonter à la surface. Même ainsi, il n’avait pas su se débarrasser des elfes noirs à sa poursuite.

Vais-je vraiment être pourchassé toute ma vie, sans jamais être accepté par les gens des autres races ? Vais-je vivre le reste de mes jours en étant un fugitif solitaire ?

Aldrizzt se complut dans un auto-apitoiement pendant quelque temps…

« Les vêtements sont plutôt propres, mais tu es trop maigre, alors ils sont un peu serrés. »

Aldrizzt se figea un moment et releva brusquement la tête, seulement pour découvrir qu’il était cerné par la forêt… Il vit aussi un humain, et cet humain portait une des quelques tenues intactes qu’il lui restait.

Je ne suis pas en prison ?

L’humain s’assit et jeta négligemment un sac à Aldrizzt. Ce dernier l’ouvrit et réalisa que le sac était plein de rations déshydratées.

« Je vous en prie, rendez-moi mes vêtements… Il ne m’en reste pas beaucoup. » Les pensées d’Aldrizzt étaient confuses, puisqu’il ne comprenait pas ce que cet humain essayait de faire. Par contre, il comprenait tout de même la chose la plus importante.

Il n’était pas mesquin au point de refuser de se séparer de quelques vêtements, mais il avait encore de nombreux jours de voyage devant lui. Bien que les mages eussent toujours eu un grand potentiel pour gagner de l’argent, et donc qu’il ne manquerait pas d’aptitudes à employer pour s’enrichir et pourrait devenir un chasseur ou un mercenaire, il demeurait un elfe noir. Quoi qu’il fît, au moment où il serait aperçu par n’importe quel humain, il ne pourrait échapper au destin d’être pourchassé jusqu’à la mort.

Même entrer dans une ville pour acheter des vêtements était une mission impossible.

L’humain haussa les sourcils, indiquant qu’il n’avait pas la moindre intention de rendre les vêtements à Aldrizzt. Il dit seulement : « Mon nom est Neo. »

Aldrizzt répondit par réflexe : « Je suis Aldrizzt. »

Après avoir dit ça, il regarda les vêtements que Neo portait et se demanda s’il devait redemander leur restitution.

À ce moment-là, Neo lâcha mécontent : « Rien de grave, ce sont juste des vêtements. Je peux même te donner les miens ; il faut juste les laver, et ils seront mettables. Leur qualité est meilleure que celle des tiens d’ailleurs ! De toute façon, tu t’es évanoui à cause de la faim et de la fatigue, alors tu devrais manger quelque chose maintenant. »

Aldrizz réfléchit un instant et conclut qu’il n’avait pas besoin de s’énerver pour quelques vêtements, il commença ainsi simplement à manger. Dès le moment où les rations entrèrent dans sa bouche, il réalisa finalement à quel point il avait faim… Le groupe d’elfes noirs le traquait depuis trois jours, et en raison de cela il n’avait pas eu de temps pour chasser correctement pendant un total de trois jours.

Neo observait Aldrizzt manger avec un grand intérêt. Ce dernier fixait également Neo avec des yeux tout aussi curieux.

Leurs yeux se rencontrèrent, mais aucun des deux ne détourna le regard. Neo continua de scruter ouvertement l’autre personne, mais Aldrizzt sourit poliment et continua de manger ses rations déshydratées.

Des cheveux blancs, une peau noire et des yeux rouges. Même s’il portait un manteau à capuche, ce serait difficile de cacher les caractéristiques uniques d’un elfe noir. En réalité, il serait très difficile pour Aldrizzt de survivre à la surface, car la réputation des elfes noirs était établie à travers tout le continent.

Neo essaya de deviner avec enthousiasme pourquoi un elfe noir quitterait le monde souterrain pour venir à la surface. Est-il un criminel en fuite ? Ou n’a-t-il pas peur, parce que quelqu’un le couvre ? Hm… d’après le combat juste avant, il y a de plus fortes chances pour qu’il soit un criminel en fuite.

Parallèlement, Aldrizzt était aussi en train d’étudier Neo. Il ne pouvait pas estimer précisément l’âge d’un humain, et put uniquement supposer, d’après les cheveux dorés, les yeux bleus, et la peau presque vierge de rides de ce dernier, que Neo n’était pas très âgé.

Même s’il supposait que Neo ne fût pas très âgé, il sentait que Neo était un vétéran chevronné. Sa posture attentive et son regard aiguisé montraient tous deux que Neo n’était pas une personne à sous-estimer.

De plus, Neo prenait la posture élégante d’un aristocrate, et cette élégance était si naturelle qu’il paraissait être né avec. Cela conduisit l’elfe noir à le soupçonner fortement d’être un noble possédant un très haut statut.

Mais, quoi qu’il advînt, Neo n’était pas effrayé par lui. Aldrizzt était sûr de ce fait. Il se sentait plutôt excité, parce que, quoi que Neo pût escompter faire plus tard, au moins, Aldrizzt avait quelqu’un à qui parler… Combien de temps cela fait-il depuis la dernière fois que j’ai pu entretenir une vraie conversation avec une autre créature ?

Après avoir englouti rapidement la nourriture déshydratée, Aldrizzt ne put attendre plus longtemps et articula : « Bonjour, Neo. »

Neo haussa un sourcil, sourit, et copia malicieusement la façon de parler d’Aldrizzt : « Bonjour, Aldrizzt. »

Après avoir salué Neo, Aldrizzt ne savait pas vraiment comment continuer la conversation, mais soudain, il remarqua l’épée de Neo et lâcha : « Es-tu un guerrier ? »

« Je suis un chevalier. » Neo leva sa main et forma une petite bille d’élément sacré. Il ajouta : « Un chevalier sacré. »

« Un chevalier sacré ? » Maintenant, la curiosité d’Aldrizzt avait réellement été piquée.

Pour un elfe noir, un « chevalier sacré » était un travail qui n’existait que dans les légendes. Parmi son peuple, qui tendait vers une affinité avec l’élément des ténèbres, personne n’avait la possibilité de choisir une carrière liée à l’élément pur et sacré.

« Tu es un mage, n’est-ce pas ? » Neo ne put se retenir d’avantage et le questionna immédiatement : « Où diable as-tu caché ces Lames de Ténèbres, tout à l’heure ? »

« Lame de Ténèbres ? Tu veux dire %@#& ? Cela s’appelle-t-il Lame de Ténèbres dans le langage humain ? » Aldrizzt prononça quelque chose dans le langage des elfes noirs, et sourit ensuite. Il tendit la main, frappa le sol et répondit : « Je les ai cachés sous terre. »

Neo réalisa soudain ce qu’il s’était passé. Néanmoins, il y avait toujours quelque chose qu’il ne comprenait pas, donc il redemanda : « C’est possible que les guerriers aient été tranchés par des Lames de Ténèbres provenant du sol, mais les archers ont été coupés à la taille, alors il n’y a pas moyen qu’ils aient été tués par des Lames de Ténèbres cachées dans le sol ! L’angle est totalement incorrect ! »

Aldrizzt sourit à nouveau et répliqua : « C’est une forêt, Neo ! Hormis la terre, qu’est-ce qui est le plus abondant ? »

« Tu as caché les Lames de Ténèbres dans les arbres… Tu es doué. » Bien que Neo ne possédât pas une bonne compréhension de la magie, étant donné que son élève était meilleur en magie qu’à l’épée, il n’avait pas eu d’autres choix que d’apprendre beaucoup de choses sur la magie.

Cacher les Lames de Ténèbres sous terre et dans les arbres. Même si cela paraissait simple, la magie n’était pas quelque chose de très stable et devait être contrôlée avec précision pour que l’ennemi ne remarque rien. Par conséquent, cela ne pouvait pas avoir été une prouesse facile à accomplir.

Autrement, le Pape n’aurait pas fait cette expression classique – la mâchoire décrochée – quand il avait vu Grisia employer Lame de Vent comme d’un éventail.

« Quel mage ne voudrait pas s’éventer quand il fait très chaud ? Le problème est qu’une fois que tu perds le contrôle, inutile de penser à s’éventer, puisque tu auras séparé ta tête de ton corps ! Qui voudrait risquer sa vie, juste pour se rafraîchir ? »

Cependant, Grisia s’éventait depuis de nombreuses années, et n’avait pas encore été décapité. Depuis lors, Neo avait réalisé que son élève était un mage absolument brillant !

La chose tragique était le fait qu’il fût un chevalier sacré.

Aldrizzt observait Neo avec précaution, comme c’était le premier humain à avoir jamais discuté avec lui. Il découvrit que Neo était profondément plongé dans ses pensées et qu’il affichait une expression incompréhensible, comme s’il avait vu quelque chose de bizarre… Aldrizzt ne put s’empêcher de demander : « Ton expression est un peu étrange. Pourquoi donc ? »

« Je suis en deuil à cause de mon apprenti. »

Aldrizzt émit un son ressemblant à un « ah », et dit alors en s’excusant : « Je suis vraiment désolé, je ne savais pas que c’était quelque chose comme ça. Ton élève… devait être plutôt jeune, non ? C’est en effet regrettable. »

Neo haussa les épaules et répondit : « Il n’est plus si jeune que ça, puisqu’il a déjà vingt ans. »

« Vingt ? Alors quel âge as-tu ? » Aldrizzt était perplexe. Je me rappelle que les humains vivent au plus une centaine d’années, alors si l’élève de Neo a vingt ans, je suppose que Neo, le maître, devrait avoir au moins quarante ans ?

Neo eut un sourire resplendissant et proclama : « Trente ans. »

Même s’il sentait que quelque chose clochait dans cette affirmation, Aldrizzt ne connaissait pas grand-chose aux humains. Tout ce qu’il savait provenait des livres, alors il ne trouva rien d’étrange à ce qu’un étudiant et un maître eussent une différence d’âge de seulement dix ans.

« Pour les humains, une personne de vingt ans n’est en effet plus considérée comme un enfant, mais c’est quand même trop tôt pour rendre l’âme. Quel dommage. »

« …Qui est mort ? » Neo était stupéfait.

En entendant cela, Aldrizzt était aussi déconcerté. Il dit, un peu incertain : « Ton élève ? »

Le regard de Néo se vida pendant un moment. Puis, tout à coup, il éclata de rire, devenant de plus en plus bruyant jusqu’à ce que, en fin de compte, il se tînt le ventre en hurlant de façon hystérique. Il rigolait si fort qu’il pouvait à peine parler. « G-Grisia, il… il est vivant et va bien. A-avec la quantité d’élément sacré qu’il possède, n’importe qui peut mourir, sauf lui ! »

« Mais, n’étais-tu pas en deuil pour lui ? » Aldrizzt avait l’air plutôt déconcerté.

Neo rit bruyamment en disant : « C’est… c’est pour son travail que je fais mon deuil ! »

« Travail ? » Aldrizzt en fut encore plus confus. Pourquoi faudrait-il faire un deuil à propos d’un travail ?

À l’instant où il songea au métier de son élève, Neo cessa de rire. C’était tellement tragique qu’il ne pouvait en rire même s’il le voulait. Il avoua, un peu sombre : « Mon élève est un mage de génie. »

Et alors ? N’est-ce pas une bonne chose ? Aldrizzt en fut encore plus perturbé. Voyant cela, Neo tapota son épée pour rappeler à l’elfe noir sa profession.

Aldrizzt eut un regard vide pendant un moment avant de se rappeler que Neo était un chevalier sacré. L’élève d’un chevalier sacré est un mage de génie ?

« Il… y a vraiment de quoi s’attrister. »

Bien qu’il eût dit cela, Aldrizzt avait plutôt envie de rigoler. Comment un chevalier sacré peut-il entrainer un mage ?

« De quoi ris-tu ? » Neo roula des yeux et ajouta sèchement, mécontent : « Il se fait tard, alors dépêche-toi de manger les rations restantes. Nous allons trouver une cité et enregistrer notre groupe. »

« Groupe ? » s’enquit Aldrizzt, sans comprendre.

« Exactement ! » répondit Neo tranquillement « Un groupe avec un elfe noir et un humain… Appelons-le : l’Escouade des Humains Noirs ! Comment est-ce que ça sonne ? »

Horrible ! pensa Aldrizzt par réflexe. Mais, peu après, il se figea quelque temps … Qu’est-ce que je viens d’entendre ?

Un humain m’invite à devenir son compagnon ? Il devint silencieux pendant un moment. Bien qu’il en fût un peu heureux, il était surtout soupçonneux.

« Pourquoi moi ? Je suis un elfe noir. »

C’est amusant justement parce que tu es un elfe noir. Neo haussa les épaules et déclara : « Considère-toi comme chanceux ! À la base, je ne voulais pas trouver de compagnon, mais je n’ai pas d’autres choix, puisque j’ai oublié de prendre mes bagages quand je suis parti ! Du coup, je dois trouver un compagnon qui en possède. »

Ce ne serait pas plus simple d’aller chercher tes bagages ? Même si Aldrizzt voulait réfuter son argument, il n’osa pas le faire, de peur que Neo retournât réellement chercher ses bagages, plutôt que de chercher un compagnon qui en possédât.

Pour un elfe noir qui avait échappé à sa propre race et qui errait à la surface, un humain qui était d’accord pour discuter avec lui était extrêmement précieux. Par conséquent, il ne désirait pas abandonner ce compagnon. Même si celui-ci avait d’autres motivations, tant qu’il n’avait pas l’intention de le blesser, Aldrizzt pouvait fermer les yeux sur ça.

« Dans ce cas, je compte sur toi, Neo. »

Neo haussa un sourcil et répondit : « Je compte sur toi, également. »

 

 

Puisqu’Aldrizzt était là, Neo ne pouvait plus courir toute la journée comme il avait fait précédemment. Par conséquent, la vitesse à laquelle ils voyageaient n’était pas très élevée, et ils ne sortirent pas de la forêt même après une journée entière de marche.

Quand la nuit tomba, ils n’eurent pas d’autre choix que de s’arrêter de marcher. Ils décidèrent de passer la nuit dans la forêt.

Aldrizzt demanda poliment : « Neo, si ça ne te dérange pas trop, pourrais-tu démarrer un feu s’il-te-plait. Je vais aller chercher des herbes sèches pour faire un lit. »

« Démarrer un feu ? » Neo leva un sourcil et répliqua naturellement : « N’est-ce pas le travail du mage ? »

Dans le monde des elfes noirs, les tâches physiques revenaient toujours aux guerriers, mais… il se trouvait à présent dans le monde des humains… Peut-être que dans le monde des humains, faire un feu est le travail du mage ?

Bien qu’il fût à la base un mage des ténèbres, et qu’il lui était donc plus aisé d’appeler l’élément des ténèbres, rassembler l’élément du feu pour démarrer un feu ne posait pas un problème.

Mais, même s’il employait la magie, il avait tout de même besoin d’un combustible. Aldrizzt se leva et se résigna à aller chercher des branches sèches pour démarrer un feu quand, derrière lui, Neo cria : « Oh, et après avoir démarré un feu, aide-moi à laver mes vêtements. »

En voyant l’expression stupéfaite d’Aldrizzt, Neo ouvrit ses mains innocemment et expliqua : « Si tu laves mes vêtements pour que je puisse les mettre demain, alors je pourrai te rendre les tiens ! »

« … »

Même si cela avait l’air raisonnable, quelque chose semblait clocher. J’ai dû prêter mes vêtements propres à Neo, et maintenant je dois laver ses vêtements sales pour qu’il puisse me rendre mes vêtements salis ?

Malgré le fait que ce fût complètement déraisonnable, cela ne dérangeait pas Aldrizzt de laver les vêtements, comme Neo était actuellement la seule personne avec qui il pouvait entretenir une conversation décente.

Avec le sentiment que laver les vêtements des autres une fois ou deux fois était inoffensif, Aldrizzt acquiesça.

 

 

« Merci ! »

Aldrizzt attrapa les vêtements sales que Neo lui avait lancés, inexpressif, pendant que ce dernier se vautrait dans le lit qu’Aldrizzt avait fabriqué, mangeait le gibier qu’Aldrizzt avait chassé et cuit, tout cela en étant très détendu, puisqu’il avait laissé tout le travail à Aldrizzt…

Mais, Aldrizzt ne pouvait rien y redire, vu que ce n’était pas parce que Neo était trop paresseux pour faire quelque chose. C’était juste que :

Neo avait appris comment démarrer un feu, mais il ne devait jamais démarrer un feu, car toute la forêt brûlerait s’il le faisait.

Neo savait comment chasser, mais il ne devait jamais chasser, car il se perdrait au point de ne jamais rentrer.

Neo s’était porté volontaire pour laver les vêtements à tour de rôle avec Aldrizzt, mais il ne devait jamais laver des vêtements, car ceux-ci se transformeraient en guenilles après avoir été lavés par lui.

Neo avait aussi essayé de cuisiner, mais il ne devait simplement jamais cuisiner, car, à part de la nourriture à moitié cuite ou du charbon, il ne pouvait pas cuisiner quelque chose qu’un humain et un elfe noir accepteraient de manger.

Tout cela ne dérangeait pas vraiment Aldrizzt. D’ailleurs, que Neo fût là ou non, il devrait quand même allumer un feu, cuisiner de quoi manger et nettoyer des vêtements. Maintenant, il devait juste laver un ensemble de vêtements supplémentaire.

Néanmoins, pour Aldrizzt le pire était : Pourquoi Neo ne connait-il pas la direction dans laquelle nous devons aller pour rejoindre une cité ? Il n’arrive même pas à se rappeler de la direction de la ville dans laquelle il a vécu pendant quarante ans !

Par conséquent, même si Aldrizzt pouvait se servir de la position des corps célestes et de la façon dont la forêt poussait pour déterminer la direction … c’était totalement inutile ! Après tout, ils ignoraient dans quelle direction ils trouveraient une ville.

Aldrizzt n’eut pas d’autres choix que de choisir une direction au hasard et de traverser la forêt. La première fois qu’ils en étaient sortis, ils s’étaient retrouvés en haut d’une falaise. Je me suis même fait réprimander par Neo pour ne pas savoir voler, malgré le fait que je sois un mage ! Après s’être fait réprimandé par Neo, il avait été obligé de commencer à étudier le Sort de Vol.

La deuxième fois, il décida de traverser entièrement la forêt et de sortir par la direction opposée mais, parvenu à la moitié du trajet, il découvrit que la forêt profonde était un territoire elfique. Bien qu’« elfe » et « elfe noir » contiennent tous les deux le mot « elfe », il y avait un conflit sanglant qui opposait les membres deux races.  Au moment où l’une rencontrerait l’autre, leurs membres se battraient très probablement jusqu’à la mort. Donc, s’il osait mettre un pied en territoire elfique, il serait définitivement transformé en oursin par les maîtres-archers elfes.

La troisième fois qu’ils essayèrent de sortir de la forêt, ils virent un désert. Aldrizzt commençait sérieusement à se demander s’il expérimentait présentement une phase de malchance, ou si Neo portait tout simplement la poisse.

« Tss, Tss ! Nous nous sommes encore trompés de chemin ? » déclara froidement Neo. « Non pas que je tienne à le dire, Aldrizzt, mais pourquoi la route que tu choisis est-elle toujours la mauvaise ? »

Quand il entendit les mots de Neo, Aldrizzt ne put finalement en supporter davantage. Il se tourna et hurla sur son compagnon, qui ne savait rien faire d’autre que des remarques cyniques : « Comment oses-tu dire ça !? Comment se fait-il que ne connaisses même pas la direction de la cité dans laquelle tu as vécu pendant quarante ans … Attends, tu as dit que tu as vécu à la Cité du Bourgeon pendant quarante ans ? »

Il avait finalement trouvé la contradiction. Suspicieux, il grogna : « N’as-tu pas affirmé que tu avais seulement trente ans ? »

« C’est complètement sans importance ! » Neo changea immédiatement de sujet et souligna : « La chose importante est : qu’allons-nous faire maintenant ? »

« Je ne sais pas non plus », avoua Aldrizzt, extrêmement découragé.

Neo souleva un sourcil et demanda : « Si on essaye d’aller dans chacune des directions, on finira bien par trouver un chemin pour sortir d’ici, non ? »

Aldrizzt se figea un instant, puis hocha la tête.

« Alors, il n’y a rien à craindre », dit Neo tranquillement. « Après tout, je ne suis pas pressé, et toi ? »

Aldrizzt secoua la tête. Si même l’humain, Neo, n’est pas pressé, alors, étant un elfe noir dont l’espérance de vie est cinq à six fois supérieure à celle d’un humain, comme puis-je être pressé ?

« Y a-t-il quelque chose que tu veuilles faire ? » demanda encore Neo, pour confirmer.

Comme la seule chose qu’il désirait était d’échapper à la traque de son peuple, Aldrizzt secoua la tête une nouvelle fois.

« Alors, même si nous ne pouvons pas sortir de la forêt, pourquoi paniquer ? » Neo haussa les épaules et ajouta : « Dans tous les cas, si on continue à arpenter la forêt de long en large, on finira par trouver un moyen de sortir ! »

En entendant Neo dire cela et en voyant sa posture décontractée indiquant que cela ne le gênait pas du tout, Aldrizzt se sentit brusquement très mesquin. Neo a raison. Que va-t-il se passer si on ne parvient pas à sortir de la forêt ? Pour un elfe noir comme moi, une forêt est probablement beaucoup plus accueillante qu’une cité, puisque les arbres, l’herbe et les fleurs n’éprouvent aucun préjugé contre les elfes noirs.

Comparé à quelques temps auparavant, quand il était un elfe solitaire, il avait maintenant quelqu’un à qui parler, donc sa situation actuelle était bien meilleure que lorsqu’il s’était échappé seul… même s’il devait aider son bon-à-rien de compagnon à laver ses vêtements, chasser, cuisiner et faire les lits. Si Neo ne l’appelait pas en permanence par le mot « compagnon », il aurait définitivement songé qu’il était son serviteur.

Pourtant, comparé à une solitude sans fin, Aldrizzt préférait de loin à moitié s’énerver à mort contre Neo tous les jours.

Après avoir considéré tout cela, Aldrizzt cessa de paniquer. Il demanda même à son compagnon d’un ton blasé : « À partir de maintenant, allons-nous seulement marcher et nous balader au hasard, sans aucun objectif spécifique ? »

« Évidemment qu’il y a des objectifs », dit Neo. « J’ai beaucoup d’objectifs. »

Oh ? Curieux, Aldrizzt l’interrogea : « Quels sont tes objectifs ? »

« Mes objectifs ? Laisse-moi réfléchir… » Neo donna une liste détaillée de ses objectifs en ajoutant : « J’ai entendu dire qu’il y a beaucoup de maîtres-archers parmi les elfes, donc je pense que ce serait bien d’en dénicher un pour rejoindre notre groupe ? »

Ignores-tu réellement que les elfes et les elfes noirs comme moi sont des ennemis jurés ?

Aldrizzt était quelque peu déprimé. Peut-être que la raison pour laquelle Neo ne montre aucune discrimination envers les elfes noirs est simplement parce qu’il n’a pas la moindre idée du genre de caractère qu’ils possèdent ?

« Aussi, je n’ai jamais quitté le Royaume du Son Oublié avant, alors je veux aller visiter d’autres pays. »

Ça peut être fait facilement.

« Ça semble être un peu difficile de combattre un dragon, donc je vais laisser ça pour plus tard. »

… Donc, tu as conscience que combattre un dragon est « un peu » difficile ?

« Oh ! Entre le Fils du Dieu de la Guerre du Monastère du Dieu de la Guerre et l’Aigle Silencieux de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre, contre qui devrais-je me battre en premier ? »

« … »

Aldrizzt commença à se demander si être un elfe noir solitaire n’était pas une si mauvaise chose après tout.

Invincible Partie 1 : Prologue

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La Légende du Chevalier du Soleil – Histoires à Part

Roman d’origine en chinois par (Yu Wo)


Unbeatable Part 1: Prologue – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Invincible Partie 1 : Prologue – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par Yukomin/AkaiiRia

« Tu es vraiment fort, Neo… »

« Dans ce cas pourquoi t’inquiètes-tu autant pour moi ? »

Neo du Soleil regarda l’homme qui était son collègue depuis trente ans, Chasel du Jugement. Il était celui qui devrait le mieux connaître Neo.

C’est pourquoi il n’arrivait vraiment pas à comprendre pourquoi Chasel l’avait arrêté au moment où ils quittaient le Temple Sacré, une fois qu’ils avaient eu passé les rênes à la génération suivante des Douze Chevaliers Sacrés. Après que Chasel lui eut demandé où il voulait aller, son visage indiqua très clairement qu’il était inquiet.

Inquiet ? Mais, tout ce que Neo souhaitait faire, c’était de partir à l’aventure ! Avec sa force, de quoi fallait-il s’inquiéter ?

Voyant l’expression passablement impatiente de Neo, Chasel soupira et dit : « Au moins, promets-moi que tu trouveras un compagnon pour ton aventure. »

« Je n’ai pas besoin d’un compagnon », répliqua Neo, confiant. Je peux gérer tous les types de dangers, et même si je ne le peux pas, avoir un compagnon ne ferait que gêner ma retraite. Donc, pourquoi devrais-je en trouver un ?

C’est ce qui m’inquiète le plus, pensa Chasel.

Chasel proposa avec tact : « Pourquoi je ne viendrais pas avec toi jusqu’à la Guilde des Aventuriers pour t’aider à trouver un groupe ? »

« Ce n’est pas nécessaire ! » Neo roula des yeux et répondit sèchement, mécontent : «  Je ne veux pas être dans un groupe, c’est ennuyeux à mourir ! D’accord, n’en rajoute pas. Je pars à l’aventure maintenant, et reviendrai voir tout le monde quand j’en aurai le temps. »

« Attends, Neo… »

« Ne dis plus rien, je pars. » Neo fusilla Chasel du regard du coin de l’œil. Avec une confiance absolue, il ajouta : « Et tu ne peux pas m’en empêcher. »

En entendant cela, Chasel fut outré. Il s’inquiétait pour lui et, malgré tout, ce type lui répondait ainsi !

« Alors pars ! J’espère que le Dieu de la Lumière bénira ton voyage. »

« Au revoir ! »

Après cela, il partit sans se retourner.

 

 

Chasel fronça légèrement les sourcils en observant la silhouette de Neo s’effacer. Il se sentait toujours terriblement mal à l’aise. À ce moment-là, il entendit des bruits de pas derrière lui. Il se retourna et aperçut le coin d’un vêtement avec de nombreux motifs dorés brodés dessus. Hormis le Pape, personne dans l’Église du Dieu de la Lumière ne porte de telles robes.

Le Pape s’avança de quelques pas et s’arrêta à côté de Chasel dans l’entrée du Temple Sacré. Il regarda Neo s’éloigner et s’enquit : « Pourquoi t’inquiètes-tu autant ? Même si Neo ne reçoit plus la faveur du Dieu de la Lumière, il reste toujours inhumainement fort. »

« Mais, Neo… »

Chasel soupira et ajouta tristement : « Ne peut pas cuisiner, ne peut pas laver ses propres vêtements, et sans parler de lire une carte, il n’arrive même pas à différencier les directions. Aussi, il ne sait même pas que “Les branches d’arbres peuvent être utilisées pour démarrer un feu” ! On peut dire qu’il ne sait rien faire en dehors de se servir de son épée. Pour en rajouter, il n’a jamais économisé beaucoup d’argent et ne garde jamais beaucoup d’argent sur lui. Ce qui est encore pire, c’est qu’il ne sait pas vraiment combien les choses coûtent ! Et malgré cela, il veut partir seul à l’aventure et vivre par lui-même… Peut-il réellement survivre de cette façon ? »

Le Pape observa le dos du chevalier sacré qui s’estompait progressivement au loin, et révéla exactement la même expression d’inquiétude que Chasel. Il secoua la tête et soupira en disant : « Tu as raison, Chasel. Tu as raison depuis trente ans. Neo a toujours été une personne pour laquelle les autres s’inquiètent. »

« Il a même élevé un Chevalier du Soleil tout aussi préoccupant. »

Chasel soupira en songeant à la personnalité unique du nouveau Chevalier du Soleil… Avec un peu de chance, Lesus pourra le gérer.

« Maître, maître ! »

Entendant soudainement une voix derrière lui, Chasel se retourna. Il vit deux personnes l’une devant l’autre, trottinant vers lui. Les mouvements de la personne de devant étaient très gracieux, malgré le fait que celui-ci trottinât. Même ses cheveux dorés se balançaient en rythme, comme des notes de musiques dansantes. Il avait l’air…très agaçant.

Cette personne qui paraissait extrêmement agaçante était le successeur de Neo, le Chevalier du Soleil récemment promu, Grisia Sun.

Se pourrait-il que la capacité d’élever un tel enfant soit un type de talent ? Chasel ne pouvait vraiment pas comprendre quel genre de folie avait poussé Neo à élever son successeur comme le Chevalier du Soleil des légendes !

Après tout, dans le but d’élever un tel enfant, il avait dû faire de lui-même un exemple. Tant que Grisia était présent, il était obligé d’être particulièrement élégant. À la fin, inconsciemment, il était devenu remarquablement élégant… Était-ce ce qu’on appelait « Quand quelqu’un blesse les autres, il se blesse lui-même » ?

Chasel ne savait pas trop quoi en penser. Mais, durant les trente dernières années, Neo avait souvent fait des choses qui blessaient tout le monde, lui inclus.

Pendant que Chasel méditait, Grisia et son vice-capitaine l’avaient rejoint et le saluaient respectueusement.

Chasel retourna le salut en le réprimandant : « Ton maître est déjà parti. À partir de maintenant, tu ne peux dépendre que de toi. Même si tu te trouves en difficultés, tu ne peux plus te reposer sur ton maître. Compris ? »

Grisia fut silencieux un moment. Il sourit alors brillamment et dit d’un ton sincère : « Précédent Chevalier du Jugement, aujourd’hui, nous pouvons voir à quel point le Dieu de la Lumière bénit le peuple tandis qu’il nous baigne dans la lumière du soleil. Mon maître a débuté son aventure de la manière la plus parfaite qui soit, mais je me demande si, à cause d’une merveilleuse erreur du Dieu de la Lumière, mon maître n’aurait pas oublié quelque chose de négligeable. Cette chose est peut être sans importance, mais, comme mon maître me l’a toujours appris, nous ne devons pas ignorer une possible bonne action, peu importe à quel point elle est insignifiante, puisque nous ne devons jamais commettre de mauvaises actions, même si les conséquences en sont triviales. Même si cette chose est sans importance, ne pas l’avoir en sa possession peut occasionner de nombreuses difficultés… »

Chasel se retourna, sans expression, et regarda l’actuel vice-capitaine de la Section du Chevalier du Soleil, Adair. Ce dernier comprit immédiatement et commença à expliquer automatiquement : « Le Capitaine-Chevalier du So… Non ! L’ex Capitaine-Chevalier du Soleil a oublié de prendre ses bagages. »

« … Après lui. »

La Légende du Chevalier du Soleil T4C2 : Un Puissant Destrier

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : 我 (Yu Wo)


Chapter 2: A Powerful Steed – traduit du chinois à l’anglais par ErodingPersona[PR!]
Chapitre 2 : Un Puissant Destrier – traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ travail de vérification par Yukomin

Iacchi raconta qu’après que la licorne se fût libérée, toute la ville avait été barricadée. On n’avait laissé que quelques passages de taille humaine pour y entrer, donc la licorne n’avait absolument pas pu s’échapper de la ville pour le moment. Cependant, pour une raison que l’on ignorait, même si des recherches avaient été menées méticuleusement pendant toute la nuit, la licorne n’avait pas encore été retrouvée.

Pour empêcher que la situation ne traînât trop en longueur, ce qui pourrait conduire à la fuite de la licorne ou à sa capture par un contrebandier, la Guilde des Aventuriers avait décidé d’offrir cinq cents ducats d’or comme récompense à quiconque parviendrait à la capturer. Les seules restrictions étaient que la licorne ne devait pas être tuée ou sérieusement blessée.

Je me mis à analyser les informations d’Iacchi, mais peu importe sous quel angle je les retournais, je ne pus que conclure que la première chose à faire était d’attraper la licorne avant quelqu’un d’autre.

Chaque minute compte ! Je demandai immédiatement aux autres : « Où est mon équipement ? »

En entendant mes mots, Sybil et Yuna échangèrent un regard. Ensuite, la première retira à contrecœur un badge et le contempla longuement avant de le placer dans ma main.

Je regardai le badge. Il faisait approximativement la taille de ma paume et était fait de métal, mais un très fort élément des ténèbres l’enveloppait. Il me fallait fournir un grand effort pour parvenir à distinguer l’élément de métal caractéristique de l’élément des ténèbres qui l’entourait, afin de voir la véritable forme du badge.

Un motif était gravé dessus : de simples lignes qui formaient un très imposant… animal.

Pendant un instant, je ne parvins pas à me rappeler de quel genre de créature il s’agissait. Je n’en avais probablement pas rencontré très souvent auparavant. Pourtant, le badge me semblait très familier, donc il devait être à moi.

J’attendis un peu, mais aucune d’entre elles ne fit le geste de me donner d’autres objets. Surpris, je leur demandai : « C’est tout ? Je n’ai même pas une épée ? Où sont mes vêtements ? »

Même si je portais des vêtements en ce moment, ils ne consistaient qu’en une simple chemise blanche et un pantalon marron. Mon instinct me disait que ce n’étaient pas mes vêtements et qu’il fallait absolument que je récupère mes habits d’origine quoi qu’il advînt… Ce n’était pas ces guenilles bon marché !

« Tu es un guérisseur. Les guérisseurs n’utilisent que des bâtons, pas des épées. »

Yuna me donna une explication détaillée. « Tes vieux vêtements ne peuvent plus être portés non plus. Nous t’avons trouvé dans la forêt, et tu étais entouré d’arbres et d’herbe carbonisés. Tout ton corps était brûlé, tes vêtements étaient noircis et déchirés, et ton bâton… Désolée, mais je pense qu’il a dû être consumé par les flammes. »

Consumé par les flammes… Pourquoi est-ce que je ne me sens même pas le moins du monde attristé en entendant cela ?

Quelque chose ne me semble pas normal, puisque cela aurait dû être un objet très précieux pour moi, n’est-ce pas ? Pourtant je ne me sens pas du tout attristé par sa perte. En y réfléchissant bien, peut-être que ce que j’ai perdu ne peut pas être détruit par le feu ?

J’imagine qu’il me faut laisser cette question de côté pour le moment. Je continuai à les interroger : « Il n’y a vraiment rien d’autre ? »

Yuna et Sybil secouèrent toutes les deux la tête.

Vraiment ? Je touchai l’espace devant ma poitrine. Je continue à avoir l’impression que je devrais avoir autre chose avec moi… Oh, tant pis !

« Très bien ! Maintenant, la première étape est de capturer une jeune vierge… »

« Tu veux vraiment capturer une vierge ? » laissa échapper Igor, choqué. Puis, il jeta un autre regard qui faisait pitié à Yuna avant de se tourner vers moi. « Tu ne peux pas deviner qui est vierge simplement en les regardant, alors comment comptes-tu en attraper une ? »

Je répondis comme s’il s’agissait d’une évidence : « Pourquoi ne pas attraper une petite fille ? Après tout, quand nous aurons fini d’attirer la licorne, nous pourrons simplement la ramener à sa maison ! »

« Capturer une petite fille ? Ça ne me paraît pas être une très bonne idée… » répliqua Woodrow qui était quelque peu troublé.

« Évidemment que ce n’est pas une bonne idée ! Nous ne pouvons absolument pas faire ça ! » Yuna me fixa avec un regard plein de colère. « Nous ne pourrions jamais faire une chose pareille, tu le regretterais forcément plus tard. Tu es un guérisseur du Dieu de la Lumière. Tout le monde sait que les guérisseurs du Dieu de la Lumière sont les personnes les plus gentilles qui soient. Si tu retrouves tes souvenirs après avoir fait tout cela, tu seras sûrement rempli de remords pour le restant de tes jours ! »

Rempli de remords pour le restant de mes jours ? Je me figeai. Suis-je… vraiment une personne si gentille ?

« Pourquoi es-tu si inquiète ? » se moqua Iacchi. « Nous n’avons pas besoin de capturer une petite fille, nous pouvons simplement en embaucher une ! »

Il hocha la tête et affirma en connaissance de cause : « Nous pouvons chercher une fille issue d’une famille pauvre. Pour dix ducats de bronze, nous pouvons l’embaucher pour une journée entière. Mais, nous devons faire attention à en employer une qui soit suffisamment jeune. Autrement elle pourrait ne plus être vierge. On n’y peut rien, puisqu’on parle d’une fille qui vient d’une famille pauvre après tout ! Dix ducats de bronze seront amplement suffisants pour l’embaucher toute une journée, peu importe ce que nous voudrions qu’elle fasse pour nous, hehehe… »

« Iacchi ! » le réprimanda Yuna d’une voix forte.

Iacchi haussa les épaules et s’arrêta de parler.

Je devins silencieux. Après avoir écouté les arguments d’Iacchi, je me sentais un peu inconfortable. Peut-être que Yuna a raison, et qu’il se pourrait que je ne sois pas une mauvaise personne après tout. Si je capture une petite fille, peut-être que j’éprouverai réellement des remords pour le reste de ma vie… Mais ! Puisque nous pouvons en engager une, tout devrait bien aller.

Pas besoin de capturer une petite fille, pourtant la mission nous est toujours ouverte… Je peux faire face à ma conscience aussi bien qu’à mon amour pour l’argent de cette façon. C’est vraiment la meilleure solution pour les deux mondes ! Il faut absolument que je prenne exemple sur Iacchi dans le futur ! 

Après avoir pris ma décision, je souris à Iacchi. Cependant, pour une raison quelconque, il ne fit que me rendre un fin sourire suffisant.

« Je comprends, tu peux aller embaucher une fillette », dit Iacchi. Il secoua la tête. D’abord, il afficha un air qui semblait dire que j’étais une cause perdue, puis il m’adressa un regard sournois tout en me lançant un clin d’œil. Finalement, il murmura : « Mon frère, ne suis-je pas sympa avec toi ? Chaque fois que tu me soigneras, assure-toi d’y mettre plus d’effort ! »

Peut-être que je ferais mieux de ne pas prendre exemple sur lui après tout.

« Hors de question ! » Yuna s’opposa immédiatement à sa suggestion et déclara catégoriquement : « Sybil et moi, nous allons nous occuper d’embaucher la petite fille. »

« Très bien dans ce cas ! »

Woodrow accepta immédiatement et entreprit de distribuer les rôles. « Yuna et Sybil iront engager une petite fille. Iacchi, tu vas continuer à rassembler des informations. Je vais aller préparer l’équipement pour attraper la licorne. Igor, toi et Grisia, vous pouvez partir en éclaireurs et commencer la recherche. »

Je regardai Igor et lui dis poliment : « Montre-moi le chemin. »

« Pas de soucis, camarade ! »

Igor me tapa l’épaule avec force, puis, avec trois onces de vaillance et deux onces de solennité, il annonça : « Viens avec moi, je dois emmener mon épée et mon armure de cuir pour les faire réparer. Ensuite, nous irons boire ! »

« Hein ? » Je m’arrêtai et demandai confirmation avec incertitude : « Mais, la recherche… »

Je voulus jeter un coup d’œil à mes autres coéquipiers, mais ils étaient tous partis l’un après l’autre, vraisemblablement pour accomplir les tâches qui leur avaient été assignées.

Igor expliqua de façon détachée : « On peut toujours l’effectuer en cours de route. Une taverne est aussi un bon endroit pour récolter des informations ! »

Je m’arrêtai un instant pour me tourner vers Woodrow qui s’était déjà approché de la porte. Woodrow se retourna lui aussi, me sourit et me rassura : « Ne sois pas si nerveux. Rassembler de l’information ne relève pas de la responsabilité d’un guerrier. Je veux juste qu’il garde l’œil et l’oreille ouverts. Je n’attends pas vraiment de lui qu’il rapporte des infos. Aussi, cela ne relève pas non plus de la responsabilité d’un guérisseur. Puisque tu accompagnes Igor à la taverne, profites-en et mange un morceau ! Tu as dormi pendant si longtemps, et même si nous t’avons fait boire du sirop, tu devrais être plutôt affamé, pas vrai ? »

Les guérisseurs sont bel et bien censés rester derrière et apprécier la brise d’air fraîche… Cette phrase surgit soudainement dans mon esprit, même si j’éprouvais un doute quant à savoir s’il s’agissait de « culture générale ».

« C’est parti ! Grisia, viens boire un coup avec moi… » Igor cessa de parler, me regarda avec un air de doute, avant de me demander avec hésitation : « Si on boit un verre ou deux, tu ne tomberas pas ivre mort, hein ? Tu n’as pas l’air d’être le type de personne qui tient l’alcool. »

Woodrow, qui était déjà sorti de la pièce, passa sa tête à travers l’embrasure avant de le mettre en garde : « Igor, si Grisia ne peut pas tenir l’alcool, ne le force pas à boire. Être un peu saoul n’est pas un problème, mais tu ne peux pas le laisser devenir complètement ivre. Tu connais les règles. »

« Bon, quelle déception… » murmura Igor, grognon.

Du vin !

Après que j’eus entendu cela, je ne pus plus me retenir de me lécher les lèvres… Peut-être que je n’étais pas quelqu’un qui ne pouvait pas supporter l’alcool après tout.

 

 

Igor et moi descendions la rue. Même s’il faisait nuit, la ville grouillait encore d’activité, et une foule de personnes s’y pressait. Les deux côtés de la rue étaient remplis d’étals, et divers types de marchandises y étaient proposés. De nombreux éléments de tous les types étaient fusionnés, et j’éprouvais de grandes difficultés à les dégager les uns des autres. Cependant, quand je parvenais à le faire et à reconstituer un objet, je ressentais un grand sentiment d’accomplissement.

« Grisia ! » cria soudainement Igor.

Bam !

Le paysage sous mes yeux devint noir, mon front me faisant tellement mal que je pus seulement m’accroupir et tenir ma tête entre mes mains…

« Mon dieu ! Ce pilier est si grand, et tu parviens quand même à rentrer dedans sans battre un cil ? » s’étonna Igor, stupéfait. « À quoi donc te servent tes grands yeux ? »

Je me suis donc cogné contre un pilier, pas étonnant que cela fasse si mal… Je grognai furieusement : « Il y a trop de choses dans le coin, je n’ai pas réussi à tout reconstituer à temps ! »

« Reconstituer quoi ? » s’enquit Igor, sans comprendre.

« Aïe, ça fait vraiment mal, aïe… » Je me frottai la tête et gémis. Ce coup m’avait vraiment donné l’impression de m’être fendu la tête en deux.

« Tu t’es cogné tellement fort dans le pilier que tu y as laissé des fissures. Quelque chose ne tournerait pas rond si tu n’avais pas mal. » Igor me réprimanda : « Tu es un guérisseur, soigne-toi, et, quand tu auras fini, dépêchons-nous de partir. Tout le monde nous fixe. »

Me soigner… Après m’être réveillé, même si je savais que j’étais un guérisseur, je n’avais pas encore utilisé de sort de guérison. Je me demande quelle est la première étape…

« Soin Mineur ! »

J’eus un moment d’absence, mais, lorsque je m’en rendis compte, l’élément sacré m’avait déjà entouré, et il se transforma en un élément différent avant de s’enfoncer dans mon front. Plus il s’enfonçait, plus la douleur s’atténuait.

Oh, c’est donc ainsi qu’on lance un sort de soin !

Une voix inconnue se mit à s’esclaffer : « Ahah ! Igor, je pensais que tu étais déjà un vrai imbécile. Je n’arrive pas à croire que ton ami est encore plus bête que toi. Il est même parvenu à faire des brèches dans un poteau. »

« Quoi ? Je ne suis pas bête au point de foncer dans un pilier… Et, Grisia n’est pas un idiot ! » rugit Igor. À la moitié de sa phrase, il réalisa son erreur et s’empressa de tourner la tête vers moi pour se corriger : « Vraiment, tu n’es pas un abruti. C’est juste que tes lourdes blessures sont à peine guéries, donc ton temps de réaction est un peu lent. C’est pourquoi tu n’as même pas remarqué ce pilier et que tu lui as foncé dedans juste comme ça. »

Si tu ne me l’avais pas expliqué, je ne m’en serais même pas préoccupé, mais, maintenant que tu l’as fait, tout ce dont j’ai envie c’est d’agripper ta tête et de la percuter contre le pilier !

« Est-ce que tu vas bien ? Le sort de soin de tout à l’heure a-t-il soigné tes blessures ? » Une voix plutôt gentille retentit, mais malheureusement il s’agissait de la voix d’un homme.

Avant que j’eusse la possibilité de répondre, la voix inconnue qui m’avait traité d’imbécile juste avant résonna de nouveau.

« Kylie, pourquoi veux-tu gâcher un autre sort de soin ? » Il déclara avec mauvaise humeur : « Même si c’est juste un Soin Mineur, tu ne peux le lancer que cinq fois par jour. »

Kylie, l’homme qui avait une voix gentille au point de donner des frissons aux gens, répliqua : « Ça ne devrait pas être un problème. Pendant les prochains jours, nous n’allons pas sortir de la ville, donc je n’aurai pas besoin d’utiliser de sort de soin. »

Je me levai et examinai les autres. Même si seulement deux personnes avaient parlé, en fait ils étaient quatre dans le groupe, et ils avaient l’air de former une équipe. La personne qui avait parlé en premier à Igor semblait être un guerrier, et son élément du vent était assez élevé, probablement parce qu’il se focalisait sur la vitesse. La personne qui m’avait soignée, nul besoin de le dire, était bien sûr un guérisseur. Son corps émettait naturellement de l’élément sacré, même si ce n’était pas autant que moi.

Cela veut-il dire que je suis plus fort que lui ?

Le type me faisait face, mais il questionna Igor plutôt que moi : « Igor, ce n’est pas l’un de tes coéquipiers n’est-ce pas ? »

« Bien sûr que si. Il vient juste de nous rejoindre. Grisia est un guérisseur. »

« Un guérisseur ? » Il avait l’air un peu surpris et demanda avec confusion : « Mais, n’avez-vous pas déjà Yuna qui a le rôle de prêtresse-guerrière ? »

Igor se vanta devant lui : « Grisia est un guérisseur du Dieu de la Lumière, comme le gamin efféminé de ton équipe. »

Qui ressemble à un gamin efféminé ?

L’efféminé Kylie laissa échapper un hoquet de surprise : « Donc, tu es en fait en camarade qui vient de l’Église du Dieu de la Lumière ? »

« Un guérisseur de l’Église du Dieu de la Lumière ? Tu n’essaierais pas de nous rouler ? »

Igor répliqua immédiatement : « Bien sûr que c’en est un, et les sorts de soin de Grisia sont même très puissants ! »

« Vraiment ? » Kylie semblait être plaisamment surpris et il affirma : « Tu as l’air très jeune ! Être aussi puissant à ton âge, c’est vraiment un accomplissement. À quel niveau te situes-tu ? »

Niveau ? Je me sentis perdu. Je n’avais absolument aucune idée d’à quel niveau je me situais en tant que guérisseur. Le fait que je fusse un guérisseur était même quelque chose que les autres avaient dû me révéler, et le fait que les guérisseurs fussent répartis entre différents niveaux était une chose dont je venais tout juste de prendre connaissance à l’instant.

« Grisia n’a pas besoin de prononcer la moindre incantation pour lancer un sort de Soin Mineur ! » Igor demanda avec curiosité : « Kylie, à quel niveau penses-tu qu’il soit, hein ? »

« Il n’a besoin d’aucune incantation !? »

Kylie poussa un cri aigu avec une voix retentissante, faisant sursauter tout le monde.

Après un certain temps, il parvint finalement à bredouiller : « Ce, ce… Normalement les incantations sont nécessaires, mais si c’est Soin Mineur, s’il est utilisé souvent, peut-être qu’en effet il est possible de ne pas utiliser l’incantation ! Les Cardinaux sont peut-être capables d’une telle prouesse… »

« Les Cardinaux ? » demandai-je. « De qui s’agit-il ? »

Kylie faillit en perdre sa langue et parvint tout juste à s’écrier : « Les Cardinaux sont les quatre évêques qui sont hiérarchiquement juste en dessous de sa Sainteté le Pape… Toi… es-tu vraiment un guérisseur ? »

« Je ne le sais pas non plus », répondis-je honnêtement.

« Tu ne le sais pas ? » Les yeux des quatre personnes de l’autre équipe s’ouvrirent encore plus grands.

Igor s’empressa de préciser : « C’est parce que Grisia a perdu la mémoire. »

« Il a perdu la mémoire ? »

Ils arboraient tous une expression de stupéfaction sur leurs visages. Leurs réactions étaient exactement identiques à celles de Woodrow et du reste du groupe la première fois qu’ils m’avaient entendu révéler une telle chose.

Après un instant, le garçon efféminé dit : « Grisia ? Je ne pense pas avoir déjà entendu parler d’un guérisseur portant le nom de Grisia ! »

En entendant cela, je me sentis légèrement déçu. Si quelqu’un me connaissait, alors j’aurais pu être en mesure de retrouver mes coéquipiers encore plus rapidement. Néanmoins, je répondis tout de même poliment : « Ce n’est pas grave. »

« Je suis vraiment navré de n’avoir pu t’être d’aucune aide. » Kylie m’adressa un regard plein d’excuse et ajouta : « Peut-être que tu devrais essayer de te rendre à l’Église. Pour quelqu’un qui se démarque autant que toi, de nombreuses personnes seront sûres de te connaître. Cependant, il n’y a pas de branche de l’Église du Dieu de la Lumière au Royaume de Kissinger, aussi je crains que tu ne doives te rendre au Royaume du Son Oublié. Ou peut-être que, au Royaume de l’Orchidée Lunaire qu’il te faudra traverser, il y aura quelques succursales de l’Église. »

Je hochai la tête et le remerciai : « Merci pour l’information. »

 

 

Je relevai la tête et fis descendre le contenu tout entier d’une bouteille de vin le long de l’intérieur de mon gosier avant d’être suffisamment satisfait pour m’essuyer la bouche.

À côté de moi, Igor me contemplait avec stupéfaction et s’exclama : « Grisia, arrête de boire ! Tu as déjà ingurgité trois bouteilles ! Mince, mince ! Si Woodrow découvre que je t’ai laissé t’enivrer, il va me tuer, c’est sûr… »

Je tournai la tête pour le regarder et prononçai en articulant bien : « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ou archi sèches1… Qui est ivre déjà ? »

« Très bien… Tu n’es pas bourré. »

Igor se gratta la tête, se leva et déclara : « Dans ce cas, continues à boire, mais tu n’as pas intérêt à devenir ivre ! Je vais partir devant avec mon épée, l’armurerie est le magasin à côté. Aussi, je vais t’aider à payer tes boisons pour le moment. Mais, après, quand nous aurons fini nos missions et que tu auras reçu ta part, tu devras me rembourser ! »

« Dans ce cas, je ne boirai plus une seule goutte ! » m’écriai-je, surpris.

« … »

Une fois sorti de la taverne, je me plaignis avec mauvaise humeur : « Tu ne peux même pas payer un peu de vin ? »

« Tu as déjà bu trois bouteilles, ce n’était pas juste un peu de vin. Ce que tu as commandé coûte un ducat d’argent la bouteille… »

Même si je voulais dire que cela ne faisait que trois ducats d’argent, les mots refusèrent de quitter ma bouche. Une bouteille de vin coûtait en fait un ducat d’argent ! Je venais à l’instant d’engloutir trois ducats d’argent… Je n’avais même pas reçu ma part de la récompense des missions, et pourtant j’avais déjà acquis une dette de trois ducats d’argent !

Licorne, où es-tu ?

Mes cent ducats d’or, où êtes-vous ?

À cet instant, Igor se mit à rigoler bruyamment avant de dire : « Cependant, je ne m’attendais pas à te voir aussi bien tenir l’alcool ! Puisque nous avons une mission à compléter pour le moment, je ne peux pas te rejoindre pour un tour, mais un autre jour quand nous n’aurons pas de quêtes, allons boire tout notre saoul ! »

« C’est toi qui paies ? » demandai-je avec enthousiasme.

« …Tu n’es vraiment pas un avare ordinaire. Ton amour pour l’argent est encore plus grand que celui d’Iacchi, et c’est un voleur ! » Igor finit de marmonner avant de proposer avec entrain : « Le premier à être complètement bourré paie, qu’est-ce que tu dis de ça ? »

« Pas de problème ! »

Comme j’avais perdu la mémoire, je ne savais pas avec certitude quelle quantité de vin j’étais capable de boire, mais j’éprouvais cet étrange sentiment de confiance en moi… Si c’est une compétition de beuverie, je ne perdrai jamais contre qui que ce soit !

« Nous y sommes. » Igor s’arrêta et tourna la tête pour deviner : « Les armes ne t’intéressent pas, n’est-ce pas ? Si tu t’ennuies, on vend des bâtons de l’autre côté de la rue. Tu peux y aller et en choisir un nouveau. L’équipe t’avancera l’argent avec les fonds de notre groupe, mais plus tard ce sera déduit de ta récompense… Tss ! Ton expression me dit que si tu dois le payer de ta poche, tu n’achèteras rien ! »

Je hochai vigoureusement la tête.

Stupéfait, Igor argua : « Le guérisseur d’un groupe ne peut pas se balader sans bâton. Oublie ça ! Viens d’abord avec moi, et ensuite nous irons ensemble à l’étal des bâtons. Tu n’as plus tes souvenirs en ce moment, alors j’ai peur que le vendeur ne t’arnaque… eh ! Même si c’est peu probable, puisque tu aimes tant l’argent… Tellement qu’on dirait que tu as oublié avoir perdu la mémoire. »

« Quoi ! J’ai vraiment perdu la mémoire », protestai-je bruyamment.

« On ne dirait vraiment pas. Tu ne sembles même pas du tout inquiet ! » répliqua Igor, sa tête tournée vers moi, tout en entrant dans l’armurerie.

Je haussai les épaules et répondis : « C’est simplement que j’ai l’impression qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter et que mes camarades finiront assurément par venir me chercher. »

« J’imagine que oui … »

À la minute où nous pénétrâmes dans l’armurerie, le propriétaire s’approcha immédiatement pour nous saluer, ses yeux faisant des allers-retours entre Igor et moi. Instantanément, il porta son attention sur Igor, m’ignorant complètement. Devrais-je dire qu’il avait l’œil pour repérer les pingres ou était-ce qu’il avait l’œil pour repérer les guerriers ? Avec à peine un regard, il avait immédiatement déterminé que je n’étais pas quelqu’un qui se servait d’une épée dans sa profession, alors il n’avait même pas pris la peine de me saluer.

Voyant qu’Igor discutait avec enthousiasme avec le propriétaire, je ne pus que me promener tout seul dans l’armurerie. Pour autant que je pouvais en juger, les armes de la boutique étaient plutôt des épées et des couteaux. Des armes comme les épées me semblaient très familières, mais les bâtons me paraissaient complètement inconnus… Est-ce que j’utilise vraiment un bâton ?

Incapable de m’en empêcher, je saisis une épée et la fis tournoyer avec adresse. J’ai l’impression d’avoir déjà fait ça, peut-être que j’emploie vraiment des épées… Hein ? Où est passée l’épée ?

Confus, je fixai du regard ma main vide. Ne la tenais-je pas dans ma main une seconde auparavant ? Comment a-t-elle pu disparaître après que je l’aie eu simplement fait tournoyer deux fois ?

« Ah ! » Igor se mit soudainement à hurler, et le bruit clinquant du métal tombant sur le sol retentit.

Je regardai derrière moi. Oh ! Ainsi, l’épée s’est échappée de ma main et est carrément allée cogner l’arrière de la tête d’Igor… Par chance, c’est le pommeau qui l’a frappé !

« Grisia, qu’est-ce que tu m’as lancé… Merde ! »

Igor frotta l’arrière de son crâne qui lui était douloureux, puis il se tourna vers moi, regarda l’épée sur le sol, et me lança un regard incrédule. J’affichai immédiatement l’expression la plus innocente du monde et j’utilisai mon ton le plus triste pour me repentir : « Je suis désolé, ma main a momentanément glissé. »

« Ta gaffe a failli me coûter la vie… guérisseur ! Tu n’es pas autorisé à toucher une seule épée ! » Mécontent, Igor me mit en garde, puis il se retourna et continua de marchander avec le propriétaire.

Je m’approchai, ramassai l’épée et la rangeai à sa place d’origine. Après cela, je n’osai plus toucher la moindre lame… Peut-être que mon arme est vraiment le bâton après tout !

Au moins, si un bâton me glisse des mains et frappe quelqu’un, il ne provoquera la mort de personne.

Ne pas être autorisé à toucher quoi que ce fût m’ennuyait profondément. En regardant Igor qui était encore plongé dans un débat acharné avec le propriétaire, je songeai qu’il lui faudrait un long moment avant de finir de marchander les prix. Aussi, je lui criai : « Igor, je vais aller de l’autre côté jeter un coup d’œil aux bâtons ! »

« Ok, mais n’achète rien sans moi ! » Igor ne m’accorda même pas un regard, lorsqu’il me répondit.

« Très bien. »

Après lui en avoir fait la promesse, je sortis de l’armurerie et observai les alentours. Immédiatement, je découvris qu’à l’opposé de la boutique d’armes se trouvait un autre magasin où il y avait de faux bâtons en bois accrochés de chaque côté de la porte. Il devait s’agir de la boutique mentionnée par Igor plus tôt.

Je m’apprêtais à traverser la rue, quand, soudainement, je sentis qu’on tirait sur ma manche… Qui fait cela !?

Cela m’avait vraiment choqué que quelqu’un puisse apparaître soudainement si proche de moi… Je pouvais voir dans toutes les directions, donc personne n’aurait dû être capable de s’approcher de moi sans que je ne le remarque !

Je me retournai et fis face à cette personne, mais à cause de cela je ne pus rester sur mes gardes plus longtemps. La personne qui avait tiré ma manche n’atteignait que ma poitrine en termes de taille, avait un visage rond, arborait des cheveux qui lui descendaient jusqu’à la taille, et portait une longue jupe… C’est évidemment une petite fille !

Peut-être que je me suis trop concentré sur la recherche du magasin de bâtons de l’autre côté de la rue, et c’est pour cela que je ne l’ai pas remarquée !

Je me baissai pour me mettre à sa hauteur, et d’une gentille voix je lui demandai : « Salut, comment t’appelles-tu ? »

La petite fille répondit timidement : « Scarlet. »

Scarlet2 ? Quel nom étrange. Je continuai à l’interroger : « Veux-tu que Grand Frère fasse quelque chose pour toi, Scarlet ? »

« Grand frère… Viens avec moi ! »

Scarlet cessa subitement de tirer ma manche, à la place elle employa ses deux mains pour tirer ma main droite, et juste comme cela elle se mit à me traîner derrière elle par la force. Je lui expliquai rapidement : « Attends, attends un instant. J’attends un ami, donc je ne peux pas partir avec toi comme ça. »

Pourtant Scarlet n’abandonna pas la partie et continua de me traîner de toute ses forces. Tout ce temps, elle continuait de s’exclamer : « Viens avec moi, viens avec moi… »

Bien évidemment, je ne pouvais pas me laisser traîner comme cela par une petite fille. Même si j’étais un frêle guérisseur, je ne pourrais jamais permettre un tel embarras ! Cependant, Scarlet était très déterminée, aussi nous restâmes coincés dans une impasse pendant un moment. Finalement, les yeux de Scarlet qui débordaient de l’élément d’eau parvinrent à me vaincre avec succès.

Je ne pus que l’amener avec moi à l’armurerie. Je passai la tête à l’intérieur. Igor était encore en train de négocier avec le propriétaire, et il ne me semblait pas qu’il finirait d’ici peu. Je lui criai : « Igor, je pars devant. On se rejoint au magasin de bâtons, d’accord ? »

« Ça marche. » Igor ne se donna pas la peine de tourner la tête pour me répondre et continua de marchander.

Après avoir reçu son accord, je serrai ma poitrine avec mes deux bras, baissai les yeux pour regarder Scarlet, et lui appris tout d’un coup : « Très bien ! Maintenant, je suis tout à toi, alors tu peux m’emmener où tu veux. Contente ? »

Scarlet sourit immédiatement, et l’élément de l’eau dans ses yeux disparut également sans laisser de trace.

Je fus traîné pendant tout le chemin par Scarlet, et nous tournâmes à un nombre de coins de rues innombrable. Par chance, je remarquai que ma mémoire semblait être plutôt bonne. Même après avoir tourné trois fois à gauche, cinq fois à droite, puis après avoir emprunté la troisième rue en partant de la gauche d’une intersection à cinq avenues, je pouvais toujours me souvenir de la route.

Même si je me souviens de la route, cela sera problématique si je m’éloigne trop, puisqu’il faut encore que je trouve la licorne… Non, je veux dire, il faut encore que je retrouve Igor !

Curieux, je m’enquis : « Scarlet, où m’emmènes-tu ainsi ? »

Scarlet laissa échapper un petit rire qui ressemblait au carillon de clochettes d’argent et m’entraîna pour tourner dans une autre allée, avant de s’arrêter finalement et de désigner quelque chose devant nous. Elle dit doucement : « Vois par toi-même, Grand Frère ! »

Je me tournai pour regarder l’endroit que Scarlet avait désigné… Malgré le fait qu’il y avait une certaine distance entre nous, j’aperçus clairement ce que Scarlet avait voulu me montrer. Bien que j’eusse perdu la mémoire et que je n’eusse aucune idée de si j’avais déjà vu une telle créature auparavant, quand je la regardai je sus presque immédiatement de quoi il s’agissait…

C’était une licorne.

Nous nous trouvions devant une maison délabrée et la licorne était dans la cave. L’élément sacré qui émanait de la créature était si fort que c’en était surprenant. Même s’il y avait beaucoup d’éléments différents qui nous séparaient, je pouvais quand même clairement percevoir sa force. Elle avait bien la forme d’un cheval, mais était en quelque sorte plus fine et plus élégante qu’un cheval ordinaire.

La différence la plus évidente entre elle et un cheval était la corne sur sa tête. L’élément sacré de la corne était si puissant que je n’arrivais pas à la contempler trop longtemps et son contour était un peu flou.

Puis, elle redressa soudainement la tête pour regarder dans ma direction… Non ! C’est moi qu’elle regarde.

Elle me regardait, de la même façon que moi j’étais en train de la regarder.

Après qu’un certain temps se fût écoulé, je me remis de la surprise de voir une licorne pour la première fois. Je baissai la tête et demandai : « T’a-t-elle fait la requête de venir me chercher ? Scarlet… Scarlet ? »

Il n’y avait personne à côté de moi.

J’eus un moment d’absence, mais je ne me sentis pas particulièrement surpris. Après tout, j’étais actuellement une personne amnésique. Il y avait trop de choses que je ne comprenais pas. Peut-être qu’être capable de conjurer une petite fille était en fait une des capacités spéciales des licornes.

Je m’approchai de l’endroit où la licorne se trouvait et entrai dans la maison. L’intérieur était en ruine, avec des débris partout et des toiles d’araignée recouvrant presque toutes les choses. Le sol était aussi couvert d’une épaisse couche de poussière, comme si personne n’était entré là depuis une centaine d’années. Pas étonnant que personne n’eût pensé à venir ici pour chercher la licorne, mais… Comment la licorne était-elle parvenue à descendre dans cette cave ?

Puisque je pouvais clairement la « voir », je savais qu’à l’origine elle était assise sur le sol. Toutefois, au moment où elle avait remarqué que je m’approchais d’elle, elle s’était levée et s’était mise à tourner en rond à l’intérieur du sous-sol, comme si elle était très excitée.

J’accélérai encore mes pas, trouvai les escaliers qui menaient au sous-sol, et courus vers la pièce où était située la licorne.

Elle est juste devant moi, à cinq pas d’écart… Non, elle vient encore de s’avancer de deux pas.

Malgré le fait que je ne parvinsse pas à déterminer si Sybil était belle ou non, je savais que la licorne qui se tenait devant moi était extraordinairement belle, et qu’il devait définitivement s’agir d’un animal d’une élégance blanche comme la neige.

Attendez un instant… Blanche comme la neige ? J’avais encore quelques souvenirs de la neige cela devrait être quelque chose formé par la condensation de l’eau mais qu’était donc le « blanc » ?

À cet instant-là, la licorne s’approcha de nouveau, se tenant devant moi, et vint même frotter sa tête contre moi.

« Tu m’aimes bien, n’est-ce pas ? »

Je lui souris et tendis même la main pour frotter son encolure. Elle courba le cou et me regarda comme si elle appréciait beaucoup mes gratouilles, puis baissa même la tête pour lécher ma main…

« Ça chatouille, ne fais pas ça, hahaha ! N’es-tu pas censée uniquement aimer les vierges ? Je ne suis pas… » Je m’arrêtai brusquement. Un instant…

Se pourrait-il que je sois un pur et innocent… puceau !?

La licorne se mit alors encore plus intimement à frotter sa tête contre ma poitrine, toute sa tête blottie contre moi.

« Stupide cheval, va-t-en ! Je ne suis pas puceau ! »

La licorne, cependant, commença à me lécher le visage… Sale bâtard, suis-je tellement pur que tu ne puisses t’empêcher de me lécher !?

« Je sais ! Peut-être que je n’ai que dix-huit ans. »

Je pensai subitement à cette possibilité et murmurai : « Si c’est le cas, ce ne serait pas surprenant si j’étais puceau. C’est cela ! Absolument, je n’ai que dix-huit ans. Non ! Il se peut même que je n’aie que seize ans ! »

Notes de bas de page

1 « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ou archi sèches… » : Dans la version originale, le proverbe se traduit par « Mange huit grappes de raisin, mais ne crache pas la peau des grappes, et ne mange pas les grappes jusqu’à en cracher la peau des grappes. » C’est une phrase difficile à prononcer très connue et populaire en chinois, mais une fois traduite, elle perd en difficulté, d’où le remplacement par un proverbe français.
2 « Scarlet » : Une traduction directe de son nom depuis le chinois serait « Poème rouge ». L’équipe anglaise de PR! a choisi de retenir la couleur de son nom et d’en faire une traduction plus lyrique, soit « Scarlet » pour capturer le fait que son nom n’est pas simplement basé sur une couleur. Pour la version française, nous avons opté de garder le même prénom que la team anglaise, car il est difficile d’en faire une meilleure adaptation sans qu’il perde complètement son sens d’origine.

La Légende du Chevalier du Soleil T4C1 : Encore Un Groupe d’Aventuriers

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : 我 (Yu Wo)


Chapter 1: Still an Adventurer Team – traduit du chinois à l’anglais par ErodingPersona[PR!]
Chapitre 1 : Encore un Groupe d’Aventuriers – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par LuluHime

Grisia ! Tu ne pourras jamais t’échapper, jamais…

Je me réveillai en sursaut.

Je m’empressai d’ouvrir les yeux. Cependant, à l’instant où je les ouvris, j’eus l’impression que quelque chose clochait, mais je n’arrivais pas à dire de quoi il s’agissait…

Normalement, après avoir ouvert les yeux, devrait-il n’y avoir que des ténèbres ?

Dans ce cas, il n’y a absolument aucune différence entre ouvrir les yeux et les fermer ! Puisqu’il n’y a aucune différence, pourquoi devrais-je ouvrir les yeux ? Ou se pourrait-il que je… je ne puisse rien voir ?

Non ! Je pouvais « voir » clairement ; en fait, tout devenait de plus en plus bien défini. C’était comme si mes alentours étaient à l’origine recouverts par un tissu lourd et dense, et que quelqu’un le retirait à présent couche par couche. Les ténèbres s’estompèrent lentement, et la scène devint de plus en plus claire.

Je me « vis » étendu sur un lit. L’élément du bois du lit était très perceptible, alors il devait être fait de bois. Mon corps était également recouvert d’une épaisse couverture en coton. Il y avait une chaise à côté du lit, et une table plus loin. Quatre chaises entouraient la table, et il y avait un peu de l’élément de l’eau sur le dessus de la table… C’était une cruche d’eau.

Je savais même que l’eau ne remplissait que le cinquième de la cruche.

Toutefois, je n’eus même pas besoin de me retourner et d’ouvrir les yeux pour « voir » ces objets. Les images apparaissaient automatiquement dans mon esprit. Je tentai de fermer les yeux et de les rouvrir… Les images dans mon esprit ne changèrent pas du tout !

Alors, à quoi diable peuvent bien servir les yeux ? Ne s’en sert-on pas pour « voir » ? De plus, la définition du mot « voir » est… Je me déroutais moi-même. Est-ce que je vois en ce moment ? Je pense que oui, mais, en même temps, je crois que non.

Quelque chose continuait de clocher, quelque chose d’encore plus important que de savoir si mes yeux pouvaient voir ou pas… Quelqu’un vient !

Je pivotai la tête en direction de la porte, mais tressaillis soudainement. Pourquoi ai-je tourné la tête ? Je n’ai pas besoin de tourner la tête pour voir la porte !

J’avais toujours l’impression que ces choses appelés yeux étaient très étranges, mais je bannis sur-le-champ cette pensée au fin fond de mon esprit et me concentrai sur la personne qui entrait. L’élément du vent de la personne était très élevé, mais ce n’était pas aussi puissant que celui d’un mage… Oh ! Étant donné son apparence, sa profession devait mettait l’accent sur l’agilité, comme celle d’un voleur ou d’un archer… Oh, erreur de ma part, cela devrait être son apparence à « elle ».

Sans oublier que « sa » silhouette était très belle. Même si je n’avais vraiment aucune idée de si elle était jolie ou non, il n’y avait absolument aucune connexion entre être jolie et avoir une belle silhouette. Tant qu’elle possédait ces trois choses : une large poitrine, une taille de guêpe et de longues jambes ; c’était suffisant pour affirmer qu’elle avait une belle silhouette.

« Ah ! Tu es réveillé ? » s’exclama-t-elle, surprise, au moment où elle entrait.

En entendant sa voix, je sus qu’elle devait être une femme plutôt jeune. Pouvoir rencontrer une jeune femme avec une belle silhouette immédiatement après s’être réveillé rendrait n’importe qui très heureux.

« Je… Oui, je suis réveillé. » Je luttai pour me lever, et ensuite hochai la tête à son intention.

Elle se hâta de marcher jusqu’à moi et déclara : « Ne te lève pas ! Tu as été très grièvement blessé… Ah ! Mais, tu sembles avoir plus ou moins récupéré, incroyable ! Yuna avait clairement dit que tu aurais besoin d’un mois complet pour récupérer de tes blessures avant de pouvoir te lever et te balader, sauf que tes blessures ont pratiquement guéri en seulement trois jours ! Yuna t’a presque pris pour une créature des ténèbres ! »

« Yuna ? » demandai-je avec confusion.

La femme plaça l’objet qu’elle tenait sur la table, puis remplit un verre d’eau. Elle se dirigea vers le lit, tout en expliquant : « Oh, Yuna est la guérisseuse de notre groupe. Elle est sortie avec Igor, notre guerrier, pour acheter des trucs. Nous avons aussi un druide, Woodrow. En dernier, mais pas la moindre, je suis Sybil, une archère ! Tiens, tu as soif, n’est-ce pas ? Bois ça. »

Quand elle dit cela, je sentis réellement que ma gorge et ma bouche étaient très sèches. Je pris vite l’eau et, après avoir dit « merci », commençai à l’avaler d’un trait.

Sybil me demanda sur un ton curieux : « Et toi ? Quel est ton nom ? »

Je continuai à boire jusqu’à ce que le verre fût vide, et c’est seulement après avoir satisfait ma soif que ses paroles s’enregistrèrent véritablement dans mon esprit.

« Quel est mon nom… »

« Hum ? »

Sybil se pencha encore plus. Je pouvais déjà « voir » ses traits clairement. Ses yeux étaient longs et fins, ses traits du visage étaient bien ciselés, et ses lèvres étaient légèrement pleines. Bien que je fusse incapable de dire si elle était jolie ou non, en me basant sur la grosse poitrine qui était presque pressée contre mon torse, je pouvais assurément admettre qu’elle était une beauté !

« Vas-tu me dire ton nom ou pas ? » s’enquit Sybil, perplexe.

Je recouvrai instantanément mes esprits et répondis vite : « Mon nom est, mon nom est… »

Je retombai silencieux au milieu de ma réponse.

Très bien, maintenant je sais ce qui n’allait pas…

Qui suis-je ?

 

 

Quatre personnes étaient assises devant moi. De la gauche vers la droite, il y avait : Igor, le guerrier aussi robuste qu’une montagne ; Woodrow, le druide aussi mince qu’une branche de bambou ; Yuna, la guérisseuse avec une vilaine silhouette ; et Sybil, l’archère avec une belle silhouette. Apparemment, il manquait aussi voleur nommé Iacchi qui n’était pas encore arrivé.

À en juger par leurs professions, c’est une assez bonne équipe… Mon esprit sauta automatiquement à cette conclusion. On dirait que, même si j’ai perdu mes souvenirs, je n’ai pas perdu ma culture générale !

« Tu as perdu la mémoire ? C’est dur à croire », marmonna Woodrow dans sa barbe, puis il sombra à nouveau dans ses propres pensées.

« C’est vrai ! C’est vraiment difficile à croire. » Sybil s’interrompit sur-le-champ et déclara : « Quand il a été gravement blessé, j’avais déjà eu l’impression que c’était incroyable ! Comment ça a bien pu se produire ? »

Yuna hocha la tête.

« C’est vrai, c’est vrai », affirma Igor, complètement d’accord.

« S’il-vous-plaît, s’il-vous-plaît, attendez une minute. » J’étais légèrement perdu, alors je les questionnai : « Pourquoi serait-ce si incroyable que je sois blessé ? Tous les humains peuvent se blesser, non… Hum ? Ceci devrait être exact, n’est-ce pas ? »

Je n’avais pas vraiment confiance en ce que je venais de dire. Je n’arrivais même pas à me rappeler de mon nom, donc c’était très dur de déterminer si la « culture générale » dans ma tête était authentique ou pas.

Les quatre personnes devant moi se retournèrent pour me regarder et s’exclamèrent à l’unisson : « C’est incroyable parce que tu es très fort ! »

« Je suis très fort ? » Je demandai machinalement : « Suis-je un guerrier ? »

« Non, tu es un guérisseur. » Yuna corrigea immédiatement ma supposition.

Un guérisseur ?

Je suis un guérisseur, mais je suis très fort ? Dans ce cas, pourquoi ma culture générale me dit-elle que le métier de guérisseur est connu pour sa faiblesse ? On dirait bien que ma culture générale ne soit pas si fiable après tout.

Yuna réfléchit un peu avant d’ajouter : « Ce n’est pas toi qui est fort, même si c’est vrai que tu es un guérisseur puissant. Quand nous parlons de quelqu’un de fort, nous faisons en fait référence à tes compagnons. »

Mes compagnons… Perplexe, je questionnai : « N’êtes-vous pas mes compagnons ? »

Sybil leva les yeux au ciel et répliqua : « Si nous étions tes compagnons, pourquoi t’aurais-je demandé ton nom ? »

C’est vrai.

Je touchai distraitement les cheveux qui me tombaient sur le torse et demandai, très perplexe : « Vous savez tous que je suis un guérisseur, et vous savez que mes compagnons sont forts, mais vous ignorez mon nom ? Est-ce que vous me connaissez vraiment ? »

En entendant ceci, ils se jetèrent tous les quatre des regards. En fin de compte, Woodrow, qui avait été profondément plongé dans ses pensées, répondit : « Nous ne te connaissons pas personnellement, mais nous avons une fois été sauvés par tes compagnons et toi, alors nous t’avons rencontré auparavant. À ce moment-là, nous t’avons vu utiliser la lumière sacrée, alors nous savons que tu es un guérisseur. Nous avons aussi vu tes compagnons se battre. Malgré le fait qu’il n’y ait eu que trois personnes dans votre groupe, vous étiez très puissants. »

Mes compagnons ? Je n’étais pas très surpris d’entendre que j’avais des compagnons. En fait, quand j’avais entendu le mot « compagnons », plusieurs silhouettes avaient automatiquement fait surface dans mon esprit, et le nombre de silhouettes était encore plus élevé que celui mentionné par Woodrow. Par conséquent, bien que je ne parvinsse pas à me rappeler de la vraie apparence des silhouettes, je savais que j’avais forcément des compagnons, et qu’ils n’étaient pas peu nombreux non plus.

Après avoir réalisé ce fait, je me sentis beaucoup plus soulagé, mais ne pus me retenir de demander avec curiosité : « Quel genre de personnes étaient mes compagnons ? »

« Il y avait un chevalier sacré, et aussi… aussi… »

Woodrow cessa de parler. Je remarquai que ces sourcils étaient froncés… Cela indiquait probablement qu’il était très « hésitant ». Pourquoi hésitait-il ? Se pourrait-il que l’identité de mon compagnon fût un tabou ?

Igor se pencha un peu plus vers moi et révéla doucement : « C’était un elfe noir. »

« Un elfe noir ? » J’ignorais comment réagir. Si ma culture générale ne se trompait pas, les elfes noirs devraient être une race qui possédait une peau sombre, des cheveux blancs, et qui n’avait pas une bonne réputation. Toutefois, je ne pouvais pas me souvenir de quoi que ce soit de plus détaillé.

À cela, Yuna s’empressa de dire : « Peut-être que ce chevalier sacré et toi aviez capturé cet elfe noir. »

« C’est ça, c’est ça ! » Igor soutint sa théorie : « Un chevalier sacré et un guérisseur ne se baladeraient certainement pas avec un elfe noir sans aucune raison. Après tout, c’est une créature des ténèbres ! Tout le monde sait que les gens de l’Église du Dieu de la Lumière détestent les créatures des ténèbres plus que tout. »

« L’Église du Dieu de la Lumière ? Suis-je quelqu’un provenant de l’Église du Dieu de la Lumière ? »

Je murmurai le nom « Église du Dieu de la Lumière ». Plus je le prononçais, plus je croyais que c’était possible, parce que les mots « Église du Dieu de la Lumière » et « chevalier sacré » me semblaient très familiers.

Yuna hocha la tête et expliqua : « Ta lumière sacrée est très puissante. Seul un guérisseur du Dieu de la Lumière pourrait posséder une lumière sacrée aussi puissante, alors tu n’es assurément pas un guérisseur d’une autre Église. Tu ne peux être qu’un guérisseur du Dieu de la Lumière. Nous n’avons aucune idée de pourquoi tu te trouves ici par contre. »

« Ici ? » questionnai-je, perplexe. « Où sommes-nous ? »

Sybil nous interrompit : « Nous sommes dans le Royaume de Kissinger. C’est le territoire de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre ! L’Église du Dieu de la Lumière, qui est située dans le Royaume du Son Oublié, est plutôt éloignée d’ici. Nous aurions besoin de nous diriger vers le nord pendant cinq jours avant de pouvoir traverser la frontière du Royaume du Son Oublié ! »

J’acquiesçai d’un signe de tête comme si j’avais compris. « Kissinger » ne sonnait pas très familier, alors je ne pouvais pas venir de là, n’est-ce pas ? « La Cathédrale du Dieu de l’Ombre » ne me semblait pas familier non plus. En comparaison, l’Église du Dieu de la Lumière sonnait plus douce à mes oreilles.

Je regardai vers Yuna et demandai : « Dans ce cas, Yuna, es-tu une guérisseuse de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre ? »

« Bien sûr que non, je suis une prêtresse-guerrière. » Yuna répondit avec humeur : « Si j’avais été une prêtresse de l’ombre, alors nous n’aurions pas eu besoin de votre aide la première fois. »

Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ?

Je tombai silencieux, mais je n’avais pas vraiment envie de lui poser à nouveau la question. Même si Yuna me répondait, mes questions ne feraient que se multiplier. Sans mentionner le fait que je ne me souciais pas réellement de quelle sorte de guérisseuse était Yuna.

La seule chose que j’ai envie de savoir c’est : qui diable puis-je bien être ?

Même de simplement connaître mon nom serait amplement suffisant !

Grisia, tu ne pourras jamais t’échapper, jamais…

Je restai momentanément stupéfait. Quand je m’étais initialement réveillé en sursaut, j’avais clairement entendu cette phrase. Le « Grisia » au début de la phrase sonnait comme un nom… Est-ce mon nom ?

À ce moment-là, Yuna s’excusa : « Je suis désolée, j’avais oublié que tu ne te rappelles de rien. Je n’aurais pas dû m’adresser à toi sur ce ton. »

« Il n’y a eu aucun mal. »

Je recouvrai mes esprits après avoir entendu les paroles de Yuna. Je regardai tout le monde et déclarai : « Puisque j’ai des compagnons, dans ce cas tout devrait bien aller. Après tout, ils vont éventuellement venir me chercher, n’est-ce pas ? »

Ils se jetèrent tous les quatre des regards. Yuna répondit sur un ton d’excuse encore plus sincère : « Je ne le crois pas. Dix jours se sont déjà écoulés, et pourtant personne n’est venu pour toi. »

« Dix jours ? » J’étais très surpris. Puis, je regardai en direction de l’archère et m’enquis : « Sybil, n’as-tu pas dit que mes blessures avaient guéri en trois jours ? »

« C’est exact ! » Sybil haussa les épaules et répliqua : « Mais, une fois tes blessures guéries, tu as dormi pendant sept autres jours ! Nous ne savions pas quoi faire ! Tu ne te réveillais pas, et nous ne pouvions pas simplement te laisser ici. Cependant, la majorité de notre argent a déjà été employée pour tes frais médicaux. Alors, si nous ne partons pas en missions, nous allons vraiment être dans le pétrin… »

« Sybil ! » l’interrompit Yuna, l’empêchant d’ajouter quoi que ce soit d’autre.

Néanmoins, Sybil n’avait pas l’intention de s’arrêter, et elle hurla impulsivement en retour : « Nous sommes obligés de le lui dire, nous n’avons pas d’autre choix ! Si nous expliquons clairement notre situation, il pourrait nous aider avec les missions ! Sinon, si nous continuons comme ça, nous allons vraiment mourir de faim ! »

« Sybil ! » Woodrow la rappela à l’ordre d’une voix grave, et c’est seulement à ce moment-là que Sybil cessa de parler. Après cela, il se tourna vers moi et me présenta ses excuses : « Je te prie de ne pas être offensé par ce que Sybil a dit. Te sauver est assurément quelque chose que nous aurions dû faire. Sans toi et tes compagnons, nos os pourriraient déjà depuis longtemps dans cette caverne. »

« C’est vrai, alors ne te préoccupe pas le moins du monde de ce que Sybil a dit, elle ne faisait qu’exagérer », assura Yuna pendant qu’elle lançait un regard d’avertissement à Sybil. Cette dernière baissa la tête pas-vraiment-de-bonne-volonté.

« Grisia. »

« Pardon ? » Ils étaient tous les quatre ahuris.

Je me mis à expliquer : « Vous pouvez m’appeler Grisia. Je crois que c’est mon nom… Probablement ! »

Tout le monde acquiesça d’un signe de tête. Sybil murmura même mon nom et ensuite marmonna dans sa barbe en se plaignant du fait que c’était dur à prononcer.

Après cela, je continuai de parler : « Vu que vous avez affirmé que je vous avais sauvé auparavant, et que maintenant vous m’avez sauvé, disons que nous sommes quittes. Nous ne nous devons plus rien. »

Tandis que j’annonçais cela, tout le monde hocha la tête. Igor s’exclama très bruyamment : « Excellent ! Grisia, j’aime beaucoup les gens qui vont droit au but comme toi ! »

Je souris et décrétai : « En ce qui concerne votre suggestion sur le fait que je vous aide dans vos missions, je ne suis pas contre, mais j’aimerais diviser l’argent de la récompense. Si je lance seulement le sort de Soin Moyen, dans ce cas un dixième de l’argent de la récompense est suffisant. Si j’utilise Soin Avancé, alors je veux deux dixièmes, et si je dois jeter plus de sorts sacrés, il faudra y ajouter un autre dixième pour un total de trois dixièmes. »

« … »

Sybil ne put s’empêcher de s’écrier : « Es-tu vraiment un guérisseur du Dieu de la Lumière ? J’ai entendu dire qu’ils étaient des personnes très altruistes. »

Je haussai les épaules et répliquai : « Qui sait ? Je souffre présentement d’amnésie et n’arrive pas à me rappeler de quoi que ce soit. Pour le peu que j’en sais, je pourrais aussi bien être un prêtre de l’ombre. Sans oublier le fait que tu m’as rappelé que je me trouve actuellement dans une situation dans laquelle je n’ai aucun souvenir et aucun moyen de retrouver mes compagnons, donc je dois gagner mon pain. Comme je dois gagner de l’argent, en gagner un peu plus est toujours mieux que d’en gagner un peu moins, tu ne crois pas ? »

En entendant ceci, les trois personnes dans le groupe fusillèrent immédiatement du regard leur archère en même temps. Le changement d’expression de Sybil était… Oui, elle a envie de pleurer, mais aucune larme ne vient.

Après avoir été fusillée du regard, Sybil se plaignit en se sentant grandement affligée : « Tu n’es pas du tout aussi élégant que ton apparence ! »

Mon apparence ? Je demandai avec curiosité : « De quoi ai-je l’air ? »

À cela, Sybil se pencha soudainement vers mon visage et décrivit : « Tu as des cheveux blonds brillants, des yeux couleur d’azur, et ta peau est même très pâle et douce au touché… »

Très pâle ? Qu’est-ce qu’elle veut dire par pâle… Attendez une minute ! Douce au touché ? Je rétorquai sur-le-champ : « Attend une minute ! Comment pourrais-tu savoir que ma peau est douce au touché ? Se pourrait-il que tu m’aies touché auparavant ? »

« …Ah ! »

Sybil ouvrit d’abord grand les yeux, et seulement après avoir fixé le vide quelques secondes recouvra-t-elle ses esprits et se dépêcha d’expliquer : « C’est uniquement quand j’ai changé ton traitement que je t’ai touché par accident. Aussi, j’ai dû te toucher quand je t’ai aidé à changer tes vêtements. J’ai forcément été obligée de te toucher pendant que je te donnais ton bain, et j’ai dû te toucher quand j’ai tourné ton corps. Qui plus est… »

Qui plus est ? Pourquoi ne dresses-tu pas la liste des fois où tu ne m’as pas touché ? Ne serait-ce pas plus rapide ?

Diantre ! Je me sens comme si j’avais été bafoué par cette femme et qu’on avait profité de moi. Comment ai-je pu laisser cela arriver ? Je peux tout encaisser, sauf le fait qu’on ait profité de moi !

Je rétorquai immédiatement à Sybil : « Dans ce cas, pour que ce soit juste, tu devrais me laisser te toucher. »

« D’accord… »

Sybil était à mi-chemin pour acquiescer lorsque Yuna s’écria : « Sybil, mais qu’est-ce que tu racontes ? »

Sybil changea sur-le-champ sa réponse et s’exclama : « Non ! Je disais, non, ce n’est pas convenable, sale pervers ! »

Quel dommage… Je le regrettai immensément. J’aurais dû lui demander de prendre ses responsabilités quand personne n’était présent. À en juger par sa réaction, elle voulait clairement que je la touche également !

Apercevant les regards de total incrédulité de son équipe, Sybil baissa la tête et marmonna : « C’est la faute de sa beauté. Il m’a fait acquiescer sans m’en rendre compte. »

Yuna lui rappela : « Pense au chevalier sacré dans son groupe, et là tu n’auras pas l’impression qu’il est si beau. »

À cela, Sybil contempla tout à coup le plafond. Bien qu’il n’y eût rien là-haut, son visage tout entier était rempli de, de… Une façon plus sympa de le dire serait « de désir », mais une description plus apte pour son expression serait « la passion ».

Après un certain temps, elle baissa la tête et me regarda, hochant la tête en acquiesçant : « C’est vrai, tu n’es pas si beau après tout ! »

…Je n’avais soudainement plus envie de rejoindre mon compagnon chevalier sacré.

« C’est vrai ! Ce chevalier sacré était très galant. » Ce ne fut pas proféré par Sybil, mais Yuna. Elle agissait totalement comme le contraire de son soi calme plus tôt. Avec une excitation anormale, elle poursuivit : « Il était beau et fort, et il avait l’air très gentil et prévenant. De plus, sa manière de s’exprimer était si mature. Il était si gentil qu’il ne s’est même pas attribué le mérite de nous avoir sauvés, et s’est même excusé auprès de nous pour avoir dérobé notre monstre. Non seulement ça, il voulait aussi nous donner le butin ! En dernier, mais pas le moindre, il nous a rappelés de nous dépêcher à quitter cet endroit dangereux… Oh ! Il est vraiment trop incroyable ! »

Cette fois, Yuna fut celle qui tomba dans un état de passion.

« Il était aussi très élégant ! Vraiment élégant. » Sybil me fixa du regard, puis fit exprès de secouer la tête, en disant : « Pas comme toi, il n’y a que ton apparence qui soit élégante. »

En entendant ceci, je répliquai avec colère : « Qui sait ? Peut-être que seule son apparence est mature et élégante, et qu’il est en fait un type arrogant et obstiné ! »

« Impossible ! » Yuna, Sybil et même Igor s’opposèrent à moi à l’unisson.

Je restai sans voix. Si même Igor, un homme, était d’accord sur ce point, dans ce cas se pourrait-il que mon compagnon chevalier sacré ne possédât pas seulement un beau minois, mais fût également bel homme, mature, élégant et une bonne personne dans l’âme, comme ils le prétendaient ?

Je refuse de croire qu’il y ait réellement quelqu’un comme ça dans ce monde !

À cela, Woodrow ajouta tardivement : « Même si, maintenant que j’y pense, ce chevalier sacré a vraiment l’air trop bien pour être vrai. »

Je ressentis sur-le-champ une camaraderie miraculeuse envers Woodrow.

« Hé ! Qu’est-ce que c’est que cette expression ? » me reprocha Sybil avec irritation. « La personne dont on parle est ton compagnon ! Tu ne souhaiterais quand même pas que ton compagnon ne soit pas une bonne personne mais plutôt une mauvaise personne, n’est-ce pas ? »

Je réfléchis à la question. C’est vrai, ça aussi. Si mon compagnon est gentil, il sera plus facile à martyriser… Attendez une minute ! Qu’est-ce que c’était que cette pensée ? J’ai envie de martyriser quelqu’un d’autre ? Se pourrait-il que… Je sois celui qui n’est pas une bonne personne ?

Je ne pus m’empêcher de marmonner : « C’est possible. Sinon, pourquoi continuerais-je de songer à l’argent, aux belles femmes, à leurs poitrines et au fait de ne pas vouloir qu’on profite de moi ? »

« Pardon ? » s’enquit Sybil avec une expression de curieuse.

« Rien, je me suis soudainement senti inquiet. » Je levai la tête et fixai l’équipe devant moi et dis avec précaution : « Comment savoir si vous êtes de bonnes personnes ou non ? »

« Que viens-tu de dire !? »

Sybil s’exclama immédiatement avec fureur : « Évidemment que nous sommes de bonnes personnes ! Sinon, pourquoi t’aurions-nous sauvé, et pourquoi serions-nous restés dans l’incapacité de partir en mission alors que tu ne te réveillais pas !? Si nous étions de mauvaises personnes, nous t’aurions simplement laissé mourir ! »

« C’est vrai. »

Je laissai paraître un sourire rayonnant. Ce sourire ne faisait assurément pas mauvais effet. Même Sybil, qui avait plus tôt affirmé que seule mon apparence était élégante, et Yuna descendirent toutes les deux dans un état passionné et ne purent que me fixer du regard.

Voyant cela, je souris, satisfait. « Vous êtes tous de bonnes personnes, c’est génial, héhéhé… »

« Pourquoi ai-je soudainement un mauvais pressentiment ? »

Woodrow marmonna dans sa barbe, mais fut interrompu quand Igor le frappa sur les épaules, très fort. Igor rigola et assura : « Woodrow, tu t’inquiètes pour rien ! N’était-ce pas toi qui répétait tout le temps que nous devrions partir à la recherche d’un guérisseur du Dieu de la Lumière ? À présent, nous avons un guérisseur surpuissant avec nous, n’est-ce pas tout simplement formidable ? »

En écoutant la conversion de Woodrow et d’Igor, je me retournai et souris à Woodrow afin de le calmer. Je n’aurais jamais pensé qu’il tressaillirait à la place et ferait signe à tout le monde de rester silencieux avant de venir se tenir devant moi sur la pointe des pieds. Puis, levant sa main gauche, il l’agita sous mes yeux lentement…

J’attrapai sa main et lui demandai, déconcerté : « Qu’est-ce que tu fabriques ? »

Woodrow resta silencieux un instant avant de balbutier : « C’est juste que j’avais l’impression que quelque chose clochait, tes yeux… »

« Mes yeux ? »

« Non, ce n’est rien. Ça devait être mon imagination. » Woodrow murmura : « Je n’arrête pas d’avoir l’impression que tu ne me regardes pas vraiment. »

« Je te regarde. » Je regardais vraiment Woodrow, et je ne faisais pas qu’observer les minuscules mouvements de ses muscles faciaux, mais même le sang circulant dans son corps et le battement régulier de son cœur. Je pouvais tous les voir clairement.

« Mon imagination devait me jouer des tours. »

Après cela, Woodrow ne ramena plus le problème concernant mes yeux dans la conversation et conversa seulement avec moi d’une problématique plus pressante encore : de quelle façon nous allions diviser la récompense.

Il marchanda : « Nous n’avons pas besoin de sorts sacrés. Yuna est une prêtresse-guerrière, alors ses sorts sacrés vont définitivement être plus puissants que les tiens. La seule chose à laquelle tu pourrais te montrer utile serait de lancer des sorts de guérison, alors deux dixièmes est beaucoup trop. Notre groupe divise la récompense en enlevant d’abord deux dixièmes pour les frais de notre équipe, et ensuite on divise le reste de façon égale entre le reste des membres du groupe. »

« Le groupe compte six personnes : après avoir enlevé deux dixièmes et divisé le reste également entre six personnes, ça ne laisse… même pas un dixième et demi ! »

C’est ridicule ! Je le repris aussitôt : « Deux dixièmes, ce n’est pas beaucoup ! Je me souviens que les guérisseurs du Dieu de la Lumière quittent rarement l’Église pour partir à l’aventure, alors ils sont assurément en grande demande ! »

« … As-tu réellement perdu la mémoire ? »

« Si tu n’es pas d’accord, dans ce cas laisse tomber ! »

« Très bien, très bien ! Va pour deux dixièmes alors, deux dixièmes. »  Woodrow avait l’air légèrement vexé, mais il se ragaillardit instantanément et se remit à marchander : « Cependant, tu dois jeter le sort sacré “Bouclier de Lumière” également ! »

Bouclier de Lumière ? Est-ce que je sais comment le lancer ? Je réfléchis à la question pendant un moment. Ces mots sonnent familiers, alors je vais présumer que c’est le cas ! Après tout, même si je en le connais pas, Woodrow et les autres n’iront pas jusqu’à me chasser du groupe, n’est-ce pas ?

« D’accord… »

Au milieu de ma réponse, je m’aperçus qu’il y avait quelqu’un à l’extérieur de la porte et m’enquis : « Est-ce que Iacchi, votre fripouille, a une queue de cheval ? »

« Oui, tu t’en es rappelé ?! » me questionna Woodrow avec surprise.

Avant que je pusse répondre, l’homme se tenant de l’autre côté du mur cria « Woodrow », puis ouvrit la porte d’un coup de pied.

« Woodrow ! Bonne nouvelle, il y a une grosse mission dans la ville… Hein ? Il est déjà debout ? »

L’individu qui venait d’entrer avait une longue chevelurettachée en queue de cheval. Il était petit et mince, et il m’arrivait probablement à l’épaule. Il était encore plus petit que Sybil, et il était à peu près de la même taille que Yuna, mais sa voix en était le total opposé. Elle était forte et claire, comme si quelqu’un frappait un gong près de mes oreilles.

Il devait s’agir du voleur du groupe dont le nom était Iacchi !

Après qu’Iacchi remarquât que j’étais réveillé, il ne fut plus aussi pressé. Il se calma et marmonna : « Oh ! Tu es réveillé ? C’est génial. Maintenant, nous allons enfin sortir de cette ville et nous mettre à compléter des missions ! Toutefois, cette nouvelle pour laquelle j’ai travaillé si dur va être gaspillée… »

« Que s’est-il passé ? » demanda à nouveau Woodrow.

Iacchi haussa les épaules et annonça : « Il y a une mission de grande ampleur dans la ville que nous pouvons effectuer sans même partir. Le montant de la récompense est assez élevé, alors j’avais l’intention de me dépêcher de l’annoncer à tout le monde. »

Je m’enquis vite : « Une large récompense ? Quel genre de mission est-ce ? »

Iacchi cligna des yeux et me fixa ensuite du regard avec une expression étrange avant de se retourner pour regarder le reste du groupe.

Woodrow toussa un coup, puis fit les présentations : « C’est notre nouvel équipier, Grisia. C’est un guérisseur du Dieu de la Lumière, et il va rester avec nous jusqu’à ce que ses compagnons viennent le récupérer. »

En entendant cela, Iacchi lâcha un « oh » et me dit simplement « bienvenue », avant d’entreprendre d’expliquer le contenu de la mission avec excitation. « Vous êtes au courant pour la licorne qui est venue dans la ville, pas vrai ? »

Tout le monde hocha la tête. Moi seul demandai, perplexe : « Une licorne ? »

« Oh, c’est vrai. Tu dormais, alors tu ne pouvais pas être au courant de ça. » Sybil nous coupa la parole et dit : « Il y a quelques jours, un groupe dans la ville a capturé une licorne ! Après avoir envoyé la licorne à la Guilde des Aventuriers, ils sont immédiatement passés d’inconnus à de super célébrités ! »

Une licorne ? Ce mot ne me semblait pas familier. Mes questions ne faisaient que s’accumuler. Je la questionnai tout de suite : « D’abord, dis-moi, qu’est-ce qu’une licorne ? »

« Comment peux-tu ne pas savoir ce que c’est ? »

Iacchi bondit avec stupeur et cria même de sa voix résonnante comme un gong. Le bruit était si fort que j’entendis immédiatement un bourdonnement dans mes oreilles, et je ressentis même une légère douleur dans ma tête… Comment le reste d’entre eux peuvent-ils supporter ce bruit ?

Je tournai la tête et regardai autour de moi. Ils avaient tous un air normal sur le visage et ne paniquaient pas comme moi. Ils faisaient bien partie du groupe d’Iacchi… Ils avaient tous utilisé leurs mains pour se couvrir les oreilles.

Woodrow baissa les mains et révéla calmement : « Grisia a perdu la mémoire. »

« Ah ? » Iacchi eut l’air de venir tout juste de marcher dans de la bouse de dragon.

Woodrow se tourna vers moi et expliqua : « Une licorne est une créature magique qu’on voit très rarement. Son apparence est similaire à celle d’un petit cheval blanc, sauf que, au milieu de son front, il y a une corne blanche. Cette corne est le médium dont se sert la licorne pour faire de la magie. Apparemment, sa magie de la foudre est très puissante. »

La magie ? J’hésitai. Bien que je ne puisse pas dire ce qu’est la magie, ce mot me semble aussi familier que le Bouclier de la Lumière, alors peut-être que je l’ai apprise également ?

Lorsque je parlai à tout le monde de cette possibilité, ils éclatèrent tous de rire.

Le rire de Sybil était particulièrement fort : « C’est impossible. Tu es un guérisseur, pas un mage. »

Vraiment ? J’éprouvais encore quelques doutes. Je ne connais vraiment pas la magie ? Mais, le mot « magie » sonne très familier pour moi.

« Arrêtez de vous moquer de lui, il a perdu la mémoire ! Vous êtes tous si impolis. »

Yuna fut la seule qui ne s’esclaffa pas. Elle réprimanda même le reste d’entre eux. À cause de cela, mon opinion d’elle s’améliora grandement. Peut-être que de ne pas posséder une belle silhouette n’était pas un défaut si important après tout.

Elle m’expliqua très gentiment : « Nous n’avons jamais vu de licorne auparavant, nous non plus. Nous avons seulement entendu quelques rumeurs. Que les licornes maîtrisent ou non la magie de la foudre n’est non plus pas quelque chose que nous savons. »

Iacchi s’empressa de dire : « Aussi, comme tout le monde le sait… Non ! Ce sont seulement des rumeurs, des rumeurs ! Yuna, cessa de me fusiller du regard ! C’est ce que les gens racontent après tout ! Une licorne accepte uniquement d’approcher les vierges pures. »

Elle aime les vierges ? Exactement comme moi… Non ! Non, la licorne est un animal si pervers, pas étonnant qu’elle se soit fait attraper !

À cela, Iacchi, ainsi que tous les autres hommes dans le groupe, jeta un coup d’œil aux deux seules membres qui puissent être « vierges ».

Sybil répliqua immédiatement avec humeur : « Ne vous donnez pas la peine de me regarder ! Croyez-vous honnêtement que je le sois ? »

Tout le monde — moi inclus — secoua la tête en négation, puis regarda l’autre personne : Yuna.

Yuna rougit sur-le-champ, baissa la tête et ensuite la secoua légèrement.

Même Yuna ne l’était pas !

Après avoir surmonté ma surprise, je remarquai que la mâchoire de tous les autres était tombée grande ouverte à cause du choc, et ils semblaient même plus consternés que moi. En particulier Igor, son expression faciale donnait l’impression que le monde avait pris fin sous ses yeux… Il semblerait que Yuna l’intéressât quelque peu. Non ! Il n’était pas quelque peu intéressé : il était vraiment intéressé, parce que même le bord de ses yeux avait rougi.

Néanmoins, le reste de ses équipiers donnait l’impression de déjà savoir qu’Igor était intéressé par Yuna. À part moi, personne d’autre ne fut surpris de la dépression atypique d’Igor. Même Yuna n’avait pas le moins du monde l’air surpris. Moi seul marchai jusqu’à Igor et le tapotai sur l’épaule par compassion.

Sur le côté, Iacchi soupira désespérément : « Ah ! C’est dommage, après que la licorne se soit échappée la nuit dernière, la Guilde des Aventuriers a offert cinq cent ducats d’or en récompense ! »

Je sursautai, me précipitai à grandes enjambées, agrippai Iacchi par le col et m’exclamai : « Que viens-tu de dire !? »

Iacchi sursauta et balbutia : « C’est, c’est dommage… »

« La phrase suivante ! »

Il continua : « La licorne s’est échappée la nuit dernière ! »

Il tressaillit. Ce ne fut pas avant que j’eusse soulevé tout son corps et laissé ses deux pieds se balancer au-dessus du sol qu’il retrouva ses esprits et s’empressa de répondre : « La récompense pour avoir à nouveau capturé la licorne est de cinq cents ducats d’or ! »

Cinq cents ducats d’or !                                

Je posai Iacchi par terre et me mis sur-le-champ à faire le calcul. Deux dixièmes de cinq cents ducats d’or font… cent ducats d’or ! Tant que je peux capturer ce maudit cheval pervers, dans ce cas je peux obtenir cent ducats d’or !

Je m’exclamai immédiatement à tout le monde : « Très bien ! Nous prenons cette mission ! »

Tout le monde me fixa du regard avec la bouche grande ouverte. Après quelque temps, Woodrow dit avec précaution : « Mais, mais nous n’avons pas de vierge… »

Je ricanai et lâchai lentement chaque mot : « Non ? Alors, pourquoi est-ce que nous ne nous contenterions pas d’en capturer une ? »

La Légende du Chevalier du Soleil T4Prologue : L’Épée Divine Qui A Perdu Son Propriétaire

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : 我 (Yu Wo)


Prologue: The Divine Sword that has Lost its Owner – traduit du chinois vers l’anglais par Azakura[PR!]
Prologue – L’Épée Divine Qui a Perdu Son Propriétaire – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

« Capitaine-Chevalier du Jugement ! »

Lesus s’arrêta net et tourna la tête. Derrière lui se tenait une personne qu’il était impossible de ne pas reconnaître à cause de son justaucorps noir moulant. Dans tout le Temple Sacré, seul le Chevalier des Enfers possédait un style vestimentaire si particulier. Cependant, la personne qui aurait dû être avec Roland des Enfers n’était présentement pas à ses côtés.

Lesus fronça les sourcils. Il s’enquit : « Capitaine-Chevalier des Enfers, n’étais-tu pas censé suivre le Capitaine-Chevalier du Soleil ? »

À ces mots, une expression de honte apparut immédiatement sur le visage de Roland.

« Tu as encore perdu sa trace ? »

Lesus ne put s’empêcher d’éprouver un peu d’amusement et d’éprouver une légère envie de rire. Il lui semblait que, depuis qu’il avait assigné le Capitaine-Chevalier des Enfers à la filature de Sun, il ne les avait pas encore vus marcher côte à côte tous les deux ne serait-ce qu’une seule fois. Mais, même ainsi, après y avoir réfléchi un instant, il ne pouvait pas trouver le courage de blâmer Hell, parce que même lui n’était pas sûr qu’il ne se ferait pas semer chaque fois que Sun aurait l’intention de s’échapper.

« Laisse tomber. Tu n’as plus besoin de le suivre dorénavant. » Il secoua la tête, ayant finalement réfléchi à la question sous tous ses angles. Il soupira : « J’aurais dû m’en rendre compte il y a longtemps. Ce n’est pas comme si on pouvait se permettre d’envoyer quelqu’un pour suivre Sun en permanence. »

En entendant cela, au contraire de se sentir soulagé, Roland ne put s’empêcher de s’inquiéter. « Mais, Sun n’y voit plus à présent… S’il venait à faire face à un danger, dans ce cas que devrions-nous faire ? »

« S’il parvient même à te semer, je ne crois pas qu’il y aura le moindre problème. »

« J’imagine que c’est vrai. » Roland dut bien accepter ce fait, mais, après coup, il soupira : « Je n’arrive tout bonnement pas à comprendre comment Sun fait pour réussir à sans arrêt échapper à ma poursuite. Il n’a jamais été très fort… »

Lesus sourit faiblement tout en déclarant : « Si c’est ce que tu penses vraiment, alors j’ai peur que ne tu sous-estimes grandement notre Capitaine-Chevalier du Soleil. »

« Mais, ses compétences à l’épée ne sont-elles pas terribles ? » demanda Roland, légèrement perplexe.

« Si, elles le sont. » Lesus n’eut pas d’autre choix que de l’admettre.

En fait, parler de ses compétences à l’épée de cette façon était déjà très courtois en soi. Après avoir eu « Le Plus Fort Chevalier du Soleil de Toute l’Histoire » comme maître pendant huit ans, et pourtant être resté à un standard de compétence à l’épée trop tragique pour en parler, le mot « terrible » n’était certainement pas suffisant pour exprimer entièrement ce résultat.

« Bien qu’il soit vrai que les compétences de Sun avec une épée soient terribles… », poursuivit laconiquement Lesus. « Si tu venais à me demander qui, dans ce monde, je souhaiterais le moins affronter, ma réponse serait assurément le Capitaine-Chevalier du Soleil. »

Encore plus décontenancé, Roland dit avec hésitation : « Mais, Grisia, il… »

« Capitaine-Chevalier du Jugement ! »

Lesus et Roland furent tous les deux pris par surprise. Pour ce dernier, cela importait peu, mais le visage du premier s’assombrit promptement et se transforma en un froncement de sourcils, affichant l’expression bien connue du Chevalier du Jugement signifiant : « Je suis de mauvaise humeur même quand personne ne vient me chercher querelle. »

Cependant, la personne qui venait d’arriver était un membre de la Section du Chevalier du Jugement. Cela fit se renfrogner Lesus, non seulement en apparence, mais également intérieurement.

Judgment ne connaissait que trop bien les membres de son peloton. Leur comportement ressemblait grandement au sien : toujours calme, discipliné et strict. Or, à présent, un membre de sa section courait frénétiquement vers lui : visiblement, quelque chose avait mal tourné.

Le membre de la Section du Chevalier du Jugement haleta pour reprendre son souffle. Après cela, il salua immédiatement : « Capitaine Judgment, Capitaine-Chevalier des Enfers. »

« Que s’est-il passé ? » le questionna Lesus avec les sourcils froncés.

« Il y a eu une énorme explosion près d’ici en raison d’une cause qui demeure inconnue. Aucun mort ni blessé n’a été signalé, mais les prêtres ont déclaré qu’un très puissant élément des ténèbres s’était rassemblé là-bas. Il est possible qu’un nécromancien y ait lancé un sort. »

En entendant cela, l’expression de Lesus s’assombrit. Mais, quel genre de nécromancien aurait eu le cran de faire une telle chose dans la Cité du Bourgeon, la région sous la juridiction directe du Dieu de la Lumière ?

Qui que ce soit, il est complètement impardonnable qu’il provoque des perturbations dans ma ville !

L’expression sur le visage de Lesus s’assombrit davantage, tandis qu’il donnait ses ordres d’une voix grave : « Rassemble tous les membres de la Section du Chevalier du Jugement. Hell, tu viens également. »

« Compris. »

 

 

Quand il arriva sur place, Lesus comprit immédiatement pourquoi le membre de son peloton avait autant paniqué.

Dire que l’explosion a laissé un cratère d’une dizaine de mètres de circonférence dans le sol… 

Sans parler des décombres provenant des immeubles voisins qui se sont effondrés, du sol noircit, et des morceaux de rochers éparpillés dans toute la zone… Par chance, cet endroit est un vieux terrain d’exécution, donc peu de gens y viennent. Si l’explosion s’était produite sur une des places bondées de la ville, les conséquences auraient été tout simplement inimaginables.

« Chevalier du Jugement, Chevalier des Enfers… »

Les prêtres sur place étaient sur le point de saluer, mais Lesus leva promptement la main pour les arrêter. Il leur ordonna directement : « Faites votre rapport sur la situation actuelle. »

« Oui. »

Les prêtres affichèrent une expression inquiète tout en commençant leur rapport : « En plus de la présence de l’élément des ténèbres, cet endroit contient également une très grande quantité de l’élément sacré. Nous redoutons que quelqu’un appartenant à l’Église ait affronté un nécromancien, et nous sommes en train de fouiller les alentours pour trouver un… un… »

Un corps.

Avant même qu’ils eussent terminé leur phrase, Lesus avait déjà saisi tout ce que pouvait impliquer la situation. D’après les traces laissées derrière, la bataille a très probablement été intense. Si ce quelqu’un de l’Église du Dieu de la Lumière avait gagné, alors cette personne aurait fait son rapport à l’Église depuis bien longtemps. Même si ses blessures étaient si sévères qu’il aurait été incapable de retourner à l’Église du Dieu de la Lumière et se serait évanoui sur la route, l’une des patrouilles de chevaliers sacrés ou de chevaliers royaux l’auraient déjà trouvé.

Cependant, jusqu’à présent, personne n’a reçu ce genre d’information.

Donc, à présent, la seule possibilité est que soit cette personne a été emmenée par le nécromancien, soit qu’elle est déjà morte. Si c’est le cas, il est très probable que ce quelqu’un soit enterré quelque part sous les débris des immeubles.

Lesus fronça les sourcils, alors qu’il examinait les immeubles effondrés aux alentours. Malgré le fait que leur nombre ici ne fût pas aussi important que dans le cœur de la ville, il y en avait tout de même une dizaine. Ils ne parviendraient probablement pas à finir de tout remettre en ordre en peu de temps. Cela le fit également hésiter sur la marche à suivre. Devrais-je ordonner à mes hommes de chercher le nécromancien en premier, ou au lieu de cela devrais-je continuer d’attendre ici pour vérifier si la personne qu’on sortira des décombres sera toujours vivante et ensuite lui demander ce qu’il s’est passé ?

À ce moment-là, Roland s’approcha de Lesus. Il désigna l’un des immeubles effondrés les plus éloignés et affirma : « Capitaine-Chevalier du Jugement, il y a une forte présence de l’élément sacré dans cette zone. »

« De l’élément sacré ? »

Lorsqu’il entendit ces mots, Lesus fronça les sourcils. Même s’il s’agit d’un chevalier sacré ou d’un prêtre, à sa mort, l’élément des ténèbres le corroderait. Mais, puisque Hell dit qu’il sent l’élément sacré par-là… Est-ce que cette personne serait toujours vivante ?  

Il donna immédiatement des ordres à toutes les personnes présentes. « Allez immédiatement à l’endroit désigné par le Capitaine-Chevalier des Enfers. Faites attention, il pourrait y avoir une personne là-dessous, et elle pourrait toujours être en vie ! »

« Compris ! »

Chaque chevalier sacré se mit immédiatement à pousser les rochers sur le côté. Avec leur grande force de chevalier et leur vitesse d’excavation, il ne le leur fallut pas longtemps pour dégager plus de la moitié de l’immeuble effondré. Plusieurs chevaliers utilisaient déjà prudemment des pelles pour creuser aussi dans le sol.

« Roland ! »

Roland fut momentanément stupéfait. Il tourna la tête et vit une rangée de chevaliers qui portaient l’uniforme vermeille des chevaliers royaux. Celui qui se tenait en tête lui était des plus familiers. Il s’agissait d’Elijah qui demandait souvent à Roland de s’entraîner avec lui.

Elijah ordonna aux chevaliers royaux de s’arrêter. Il s’approcha de Roland. Tout en regardant l’immense trou dans le sol devant lui, il fronça les sourcils et questionna Roland : « Que diable s’est-il passé ici ? »

Roland secoua la tête. Il expliqua : « Nous ne sommes non plus pas certains de ce qu’il s’est précisément passé, mais ce que nous savons pour le moment c’est qu’une large quantité de l’élément des ténèbres et de l’élément sacré s’est rassemblé ici. »

Alors qu’Elijah plissait les yeux, réfléchissant à ce que Roland venait de lui dire, le Chevalier du Jugement Lesus, qui se trouvait à leur côté, prit la parole. « Chevalier Elijah, vous serait-il possible de demander à vos hommes d’également aider à creuser ? Nous pensons qu’il y a probablement un chevalier sacré ou un guérisseur enterré sous cet immeuble et qu’il est sans doute toujours en vie. »

Pendant un instant, Elijah resta surpris, mais il accepta immédiatement : « Bien sûr. »

Il se retourna et fit signe aux chevaliers sous son commandement de s’approcher et d’aller aider.

Lesus fronça les sourcils tout en observant les travaux d’excavation. Maintenant que j’y pense, il semblerait que je ne sois d’aucune aide ici pour l’instant. Peut-être que je devrais rentrer pour chercher des informations sur le nécromancien, s’il est toujours dans les parages… Mais, soudainement, il réalisa que trouver le nécromancien ne relevait pas des devoirs dont il avait la charge.

Il se tourna vers son vice-capitaine et lui demanda : « Est-ce que quelqu’un a contacté le Capitaine-Chevalier du Soleil ? »

Son vice-capitaine répondit immédiatement : « Capitaine, je ne parviens pas à localiser le Capitaine-Chevalier du Soleil, mais j’ai déjà prévenu le Vice-Capitaine Adair de la Section du Chevalier du Soleil. Il a dit qu’il allait immédiatement faire en sorte que la Section du Chevalier du Soleil se divise en groupes et fouille la ville. S’il y a le moindre rassemblement inhabituel de l’élément des ténèbres, il enverra immédiatement des gens pour enquêter. »

En entendant cela, Lesus hocha la tête. Tout va bien tant qu’Adair a été informé. Mais, où est-ce que Sun s’est encore enfuit ?

« Oh, c’est vrai, le Capitaine-Chevalier du Soleil n’est pas venu ? » questionna Elijah.

« Elijah, par chance, as-tu aperçu Sun sur ton chemin, quand tu es venu ici ? » Roland se tourna et l’interrogea au même moment.

Leurs yeux se rencontrèrent, et ils rirent de bon cœur avant de secouer leur tête à l’unisson.

En voyant cela, Judgment sourit intérieurement également.

On dirait qu’il en a toujours été ainsi. Malgré ses terribles compétences à l’épée, Grisia, d’une façon ou d’une autre, s’est toujours lié avec des personnes qui étaient dotées d’un grand talent à l’épée… Non ! Il ne s’agit pas seulement de ceux qui sont des maîtres-épéistes. Peut-être qu’il a déjà fait connaissance avec toutes les personnes puissantes vivant à la Cité du Bourgeon ?

Bien sûr, nous avons les Douze Chevaliers Sacrés de l’Église du Dieu de la Lumière, et l’un d’entre eux est même un Seigneur de la Mort. Ensuite, nous avons le chevalier du roi qui est le bien-aimé de la princesse, il y a même l’auto-proclamé « Plus Fort Chevalier du Soleil de Toute l’Histoire » qui est révéré par nombre de personnes, sans mentionner une nécromancienne qui est probablement tout aussi puissante mais dont le nom n’est que peu connu.

Aussi, en plus de connaître toutes les personnes puissantes qui vivent ici, est-ce que Grisia est aussi faible que ce qu’assume le Chevalier des Enfers ?

Après avoir considéré la question jusqu’à ce stade, Lesus se sentit véritablement troublé. Peut-être que seuls le Pape, le précédent Chevalier du Soleil et moi savons à quel point Grisia du Soleil est puissant… Non ! Peut-être que même moi je ne comprends pas complètement sa force.

Lesus ne put se retenir de murmurer : « Grisia, tu dis toujours que je suis comme un vers solitaire qui vivrait dans tes intestins, parce que tu ne peux rien me cacher, mais je n’ai jamais vraiment complètement compris de quoi tu étais capable… Ou peut-être vaudrait-il mieux dire que même toi tu ne comprends pas tes vraies capacités ? »

Roland et Elijah semblaient avoir entendu une partie des murmures de Lesus. Ils se retournèrent tous les deux pour lui demander avec curiosité : « Que viens-tu… »

« Nous l’avons trouvé ! »

En entendant les cris des chevaliers sacrés, l’humeur des trois remonta immédiatement, et ils s’approchèrent en même temps. Ils aperçurent bientôt de nombreuses personnes s’attrouper autour du cratère pour regarder ce qu’il s’y trouvait. Pourtant, aucune personne blessée ne fut remontée. Ils eurent tous les trois une réaction très semblable : un froncement de sourcils apparut sur leur visage au même instant.

Lesus fut le premier à baisser la voix, lorsqu’il dit d’un ton de mauvais augure : « Prêtres, qu’est-ce que vous faites ? Ne devriez-vous pas vous dépêcher d’aller aider cette personne ? »

Les prêtres furent terrifiés par son ton. Après avoir vu l’expression glaciale du Chevalier du Jugement, leurs visages pâlirent davantage encore. Ils expliquèrent précipitamment : « Ce… ce n’est pas une personne ! »

En entendant cela, Lesus fronça à nouveau les sourcils. Il s’avança simplement pour constater par lui-même de quoi il s’agissait. En effet, ce qui se trouvait dans le cratère n’était pas un homme mais une épée qui reposait silencieusement dans la poussière. Étant donné ce qu’elle était réellement, elle n’aurait jamais dû avoir à souffrir un tel traitement.

« Pourquoi l’Épée Divine du Soleil se trouve-t-elle ici ? »

Lesus reconnut d’un seul regard que l’objet reposant au fond du trou était l’Épée Divine du Soleil. C’est l’objet que Grisia chérit le plus… même s’il ne l’utilise pas souvent.

En fait, il la sort rarement du Temple Sacré, mais quand cela arrive, il la garde sur lui et ne s’en sépare jamais.

Pourtant, en ce moment, l’Épée Divine du Soleil est ici, alors que son maître n’est pas présent… Brusquement, Lesus remarqua que l’épée était tâchée par quelque chose… Il sauta immédiatement dans le cratère et la ramassa pour regarder.

C’est vraiment une trace de sang !

Son expression changea presque immédiatement. Il s’empressa de crier aux chevaliers aux alentours : « Vite ! Continuez à creuser ! Mais, faîtes attention. Sun… quiconque se trouvant là-dessous est peut-être toujours en vie ! »

À ce moment-là, Roland sauta également dans le trou. Il s’agenouilla pour toucher le sol avec la main. Ses yeux ne quittèrent jamais l’Épée Divine du Soleil que tenait Lesus.

Après cela, il se leva et s’adressa à Lesus à voix basse : « Il ne reste pas d’autres traces de l’élément sacré là-dessous. Je suis sûr que l’élément sacré que j’avais senti provenait de l’Épée Divine du Soleil… S-se pourrait-il que Grisia…il… »

« Non ! »

Lesus interrompit les paroles de Roland avec un refus catégorique. Il bondit vers la surface pour permettre aux chevaliers sacrés de continuer à creuser. Au même moment, Roland le suivit.

Lesus fit le tour du terrain d’exécution qui était en ruine pour l’examiner. Puis, il proclama avec fermeté : « C’est impossible ! Un tel endroit… ne serait définitivement pas le lieu où Sun reposerait à jamais en paix ! »

Dans ce cas…

Grisia, où diable es-tu passé cette fois ?

La Légende du Chevalier du Soleil T3Épilogue : Introduction des Personnages

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 : À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : 我 (Yu Wo)


Epilogue : Character Introductions – traduit du chinois à l’anglais par raylight[PR!]
Épilogue : Introduction des Personnages – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Yukomin

Reine du Royaume de l’Orchidée Lunaire :
Elle possède une forte endurance et porte un ensemble de vêtements cérémoniaux et une couronne qui sont aussi lourds qu’une armure. Avec ses pensées synchronisées avec les femmes chevaliers qui se tiennent toujours à ses côtés, elle peut leur donner des ordres sans effectuer le moindre mouvement.

Austin :
Un prêtre-guerrier du Monastère du Dieu de la Guerre. Il est le père biologique du Fils du Dieu de la Guerre, Mike.

Anne :
La deuxième princesse du Royaume de l’Orchidée Lunaire. C’est également l’une des meilleures guerrières du Monastère du Dieu de la Guerre. Elle poursuit présentement une relation amoureuse avec le Chevalier de la Forêt.

Alice :
La première princesse du Royaume de l’Orchidée Lunaire. Elle est extrêmement belle, est une mage maître dans l’élément du vent, et est la future femme d’Attendsun / l’Aigle Silencieux.

Attendsun / Aigle Silencieux :
Celui à la tête des chevaliers noirs de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. Il est si beau que les hommes veulent le tuer et ensuite couper son corps en morceaux.

Neo :
L’ancien Chevalier du Soleil. Il possède le titre du Chevalier du Soleil le Plus Fort de l’Histoire, et c’est le maître de Grisia du Soleil.

Aldrizzt :
Un elfe noir. C’est le compagnon d’aventure de Neo.

Chevalier de la Pierre (Stone) :
Il fait partie de la « Cruelle Faction au Cœur de Pierre » au sein des Douze Chevaliers Sacrés. Son obstination est célèbre et est dite être aussi dure que le roc. Il est grandement répandu que lui briser le crâne est une chose simple, mais que pour briser sa volonté on pourrait aussi bien aller renverser l’Église du Dieu de la Lumière, vu que ce serait plus facile.

 

 

Épilogue

Vous tous, si vous avez sauté à l’épilogue avant de lire l’histoire, dans ce cas Yu Wo voudrait vous rappeler à ce stade que, cette fois, le contenu de l’histoire est mentionné dans l’épilogue. Par conséquent, veuillez s’il-vous-plaît aller lire l’histoire d’abord, et ensuite jeter un coup d’œil à l’épilogue par après. Merci bien.

Dans ce tome, moi, Yu Wo, j’ai fait quelque chose d’extrêmement outrageux… J’ai rendu le personnage principal, Sun, aveugle.

Cependant, la chose la plus importante est que j’ai seulement annoncé à tout le monde que Sun était réellement devenu aveugle à la fin de l’histoire.

En fait, dans l’histoire, après qu’il ait ressuscité Leaf et se soit réveillé suite à sa perte de connaissance, il n’a jamais complètement retrouvé la vue. Cela rend extrêmement difficile le fait de décrire les choses dans l’histoire. Toutefois, bien que ce fût difficile, moi, Yu Wo, j’étais très contente pendant que j’écrivais. Tandis que j’écrivais, je me suis demandée si les lecteurs pouvaient dire que Sun était en vérité devenu aveugle.

Il y a en fait plusieurs endroits où l’on pouvait dire que Sun était incapable de voir quoi que ce soit. Puisque l’histoire est écrite à la première personne, tout le monde peut deviner d’après les derniers mots de Sun combien d’effort il avait dû investir pour apprendre comment se servir de sa capacité à percevoir les éléments, et ainsi trouver les indices cachés dans la narration.

Héhé, je suis vraiment très curieuse. Exactement combien de lecteurs avaient déjà deviné que Sun était véritablement devenu aveugle avant même de lire la confession de Sun à la fin sur le fait qu’il était aveugle ?

Vous tous, pourquoi ne viendriez-vous pas sur mon site web pour exprimer vos opinions ?

 

 

Ensuite, je vais vous parler de la partie la plus importante : les résultats du sondage de popularité au sujet des personnages, qui viennent tout juste d’être décidés !

J’ai spécialement invité une artiste, ASH, pour une apparition surprise afin de dessiner les personnages qui se sont classés parmi le top cinq. Merci à ASH pour son aide chaleureuse.

Première place : Grisia du Soleil (Sun)
(Les commentaires de Yu Wo : Le personnage principal reste le personnage principal, on dirait. Si le personnage principal dans une histoire écrite à la première personne n’était pas parvenu à avoir la première place, je pense qu’il pourrait aussi bien monter au paradis et se repentir devant le Dieu de la Lumière.)

Deuxième place : Lesus du Jugement (Judgment)
(Les commentaires de Yu Wo : Beau, classe, intelligent, et est aussi chargé d’expliquer (d’exposer) les ruses de Sun. Même l’auteure t’adore.)

Troisième place : Roland des Enfers (Hell)
(Les commentaires de Yu Wo : Même s’il est décédé, l’amour ne fait pas de distinction entre les vivants et les morts.)

Quatrième place : Chevalier de Glace (Ice)
(Les commentaires de Yu Wo : Quoi ? Je suis en train de manger une tarte à la myrtille, attendez une seconde !)

Cinquième place : Adair (Le vice-capitaine de Sun)
(Les commentaires de Yu Wo : Être totalement loyal a définitivement ses mérites. Même s’il devait mourir de surcharge de travail dans le futur, maintenant qu’il possède une arche commémorative, il devrait être en mesure de reposer en paix.)

 

 

Les propos de l’artiste Ash :
Je suis très heureuse de pouvoir faire une apparition surprise dans le volume 3 de La Légende du Chevalier du Soleil OxO !! À ce stade, je voudrais d’abord et avant tout remercier l’éditeur et le propriétaire de la Maison d’Édition du Printemps.

J’ai relu les tomes 2 et 3 de La Légende du Chevalier du Soleil un nombre incalculable de fois. Quel que soit le chevalier, ils ont tous des personnalités si intéressantes que ça fait éclater de rire les gens.

Ainsi, après avoir lu le deuxième tome, j’ai immédiatement décidé de dessiner les cinq personnages du top cinq dans le sondage de popularité en ligne.

Pendant que je dessinais les brouillons, j’ai découvert qu’Ice et Adair avait en fait jeté le mignon Storm en dehors du top cinq ! O口O!! (Choc) : En vérité, j’ai vraiment envie de dessiner Storm. (Se couvre le visage.)

J’avais effectivement une certaine image d’Adair en tête au strict minimum, mais son apparence a quand même été changée à trois reprises. (En fin de compte, je lui ai donné une coupe de cheveux qui se conformait aux normes de la société.) Pour ce qui est d’Ice, il n’apparaissait pas dans beaucoup de scènes pour commencer, et il se spécialisait seulement à donner des biscuits à Grisia pour le nourrir et garder son ventre plein. Tout le monde semble avoir une particulièrement bonne impression de lui en tant qu’ « épouse vertueuse », mais je n’arrivais pas à songer à la moindre idée concernant son apparence extérieure. Par conséquent, j’ai dessiné deux versions de lui complètement différentes. Toutefois, quoi qu’il arrive, ça reste toujours un travail en cours, alors attendons jusqu’à ce qu’Ice ait une apparence plus définie dans l’histoire avant de reconsidérer la question. ^_^

En parlant de ça, pourquoi la posture d’Ice est-elle si étrange ? C’est parce que j’avais à l’origine voulu l’insérer dans la page double lui aussi, alors…

Par chance, ça a l’air d’une action comique exagérée. Il donne l’impression de dégainer une épée mais tient en fait des biscuits. Exactement comment Grisia prépare son masque facial. (Rire.)

Alors, j’espère avoir une autre occasion de dessiner les autres personnages, et aussi que tout le monde va les aimer. XD

La Légende du Chevalier du Soleil T3Extra : Peu Importe à Quel Point le Chevalier du Soleil Paraît Faible, Ne le Contrarie Jamais

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 : À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


No Matter How Weak the Sun Knight Looks, Never Ruffle His Feathers – traduit du chinois à l’anglais par raylight[PR!]
Peu Importe À Quel Point le Chevalier du Soleil Paraît Faible, Ne le Contrarie Jamais – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par LuluHime

« AHHH ! »

Au milieu de la nuit, dans le palais du Royaume de l’Orchidée Lunaire, un hurlement se fit entendre depuis la chambre de la Princesse Alice.

La Princesse Anne et une bande de chevaliers firent irruption dans la chambre de la Princesse Alice, mais tout ce qu’ils virent fut cette dernière agenouillée devant son miroir de plain-pied, son visage caché entre ses mains, la tête basse. En entendant quelqu’un entrer dans sa chambre, elle cria avec agitation : « Sortez ! Vous tous, sortez ! »

Les chevaliers se dévisagèrent, désemparés, mais ils remarquèrent qu’il n’y avait personne d’autre dans la chambre. Ils regardèrent alors la Princesse Anne, qui hocha la tête, indiquant aux chevaliers qu’ils pouvaient partir.

Anne s’avança aux cotés de sa sœur. « Ma sœur, qu’est-ce qui ne va pas ? Un cafard t’a fait peur ? » demanda-t-elle prudemment.

Alice se contenta de secouer la tête, sans dire un mot.

Voyant sa sœur dans un tel état, Anne en fut si inquiète qu’elle commença à s’agiter. Elle annonça rapidement : « Je vais aller chercher quelqu’un… »

« N’y va pas ! » Alice coupa sa sœur.

Anne s’arrêta. Si je fais cela, ça ne va pas ; et si je fais autre chose, ça ne va pas non plus. Je ne sais vraiment pas ce que ma sœur veut que je fasse. « Ma sœur, tu m’inquiètes beaucoup. Quoi qu’il se passe, tu devrais au moins me dire ce que je dois faire ! » dit-elle, impuissante.

En entendant cela, Alice baissa lentement les mains. Quand elle leva la tête, elle aperçut immédiatement l’expression de sa sœur et éclata en sanglots.

Anne afficha une expression étrange et, incapable d’appréhender la situation, elle la questionna : « Ma sœur, pourquoi ton visage… est-il devenu si sombre ? N’était-il pas normal pendant la journée ? »

Alice sanglota : « Je viens juste de finir d’appliquer un masque sur mon visage. Quand j’ai regardé dans le miroir, j’ai réalisé que ma peau s’était autant assombrie. C’est pourquoi j’ai crié. Ma peau… »

Donc, c’était un petit problème de teint. Bien qu’elle soit un peu plus bronzée, ce n’est pas un drame ! Anne ignorait s’il fallait rire ou pleurer, comme elle la réprimandait : « Je t’ai déjà dit de ne pas te réjouir autant en t’appliquant un masque sur le visage. Regarde ! Maintenant, tu as un problème. »

« Comment est-ce possible ? J’ai fait tout ce qui était écrit dans la recette ! »

Alice sortit précipitamment la recette pour éclaircir la peau que le Chevalier du Soleil lui avait donnée pour la montrer à sa sœur : du Varech, de l’Eau croupie, une botte de Narcisse, de la Graisse de porc ; Étaler sur une planche ; Ajouter des Noix entières, du Chocolat noir, une Échalote en petits morceaux, trois Piments séchés, des Olives dénoyautées, de l’Urine, un Radis et de la Lavande ; Écraser le tout ; Appliquer pendant deux heures ; Faire fondre à la bougie.1

Anne jeta un coup d’œil à la soi-disant recette, sentant à priori que les ingrédients ne pouvaient être plus bizarres, et ne croyant pas que sa sœur oserait se mettre ça sur le visage. En y regardant de plus près, son expression devint encore plus étrange, tandis qu’elle demandait avec tact à sa sœur : « Ma sœur, d’où tiens-tu cette recette ? »

Alice répondit immédiatement : « Le Chevalier du Soleil me l’a donnée ! Sa peau est vraiment belle, si douce et blanche. Ce n’est pas possible qu’il y ait un problème à ce niveau-là ! »

Comme je m’y attendais… Anne força un sourire et déclara : « Ma sœur, as-tu essayé de regarder la lettre en majuscule de chaque instruction ? »

En entendant cela, Alice baissa immédiatement la tête vers la recette. Elle lut les lettres à haute voix : « V-E-N-G-E-A-N-C-E-P-O-U-R-L-E-A-F. Vengeance pour Leaf ! Ahhhhh !! »

Le corps de la liche avait été détruit, Attendsun avait presque été battu à mort, mais de là à penser qu’il ne la laisserait pas en paix non plus…

Le hurlement d’Alice raisonna à travers le palais pendant trois jours.

« Chevalier du Soleil ! Espèce d’infâme scélérat méprisable, impudent et étroit d’esprit ! »

 

 

Un jour, avec le cœur empli de tendresse, Leaf lisait la lettre d’amour qu’Anne lui avait fait porter par un messager.

Cher Leaf,

La troisième règle partagée des Douze Chevaliers du Soleil dont tu m’as parlée la dernière fois, « Peu importe à quel point le Chevalier du Soleil parait faible, ne le contrarie jamais », n’a jamais été plus vraie. Ma sœur s’applique des masques sur le visage depuis un mois entier, mais il n’y a pas le moindre signe d’éclaircissement.

Néanmoins, l’amant de ma sœur n’a pas été sérieusement blessé, puisque le Chevalier du Soleil l’avait soigné, donc il est rentré très rapidement à la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. Il est immédiatement venu faire sa demande en mariage, mais ma sœur n’a pas osé le rencontrer avant que sa peau ne s’éclaircisse. Elle n’a pas non plus osé accepter sa demande ; et donc, en ce moment, elle lave son visage de ses larmes tous les jours… Par contre, même si elle fait ça, elle reste incapable de récupérer sa peau d’albâtre.

Soupir ! Le Chevalier du Soleil est vraiment terrifiant. Leaf, tu dois faire attention à ne jamais le contrarier. Si jamais ça devait se produire, tu dois te dépêcher de venir te réfugier chez moi. Je pourrais convaincre Mike de te cacher dans le Monastère du Dieu de la Guerre, ainsi tu pourras peut-être échapper au désastre. Je t’offre tous mes vœux afin que le jour où tu vas contrarier le Chevalier du Soleil ne vienne jamais.

Avec toute mon affection,

Anne

Note de bas de page :

1 Les ingrédients et les instructions que Sun a donnés à Alice étaient en fait : « Plantes aquatiques, terre brûlée, boue, sable, piments verts, et tubéreuse. Après avoir frit et mélangé le tout rapidement à feu fort, appliquer pendant trois heures… » En chinois, les premiers mots de ces ingrédients et les instructions sont 水焦泥沙綠夜,爆應 (shuǐ jiāo ní shā lǜ yè, bào yìng), ce qui sonne similaire à 誰叫你殺綠葉,報應 (shuí jiào nǐ shā lǜ yè, bào yìng), ou « Comment as-tu osé tuer Leaf, voici ton châtiment ! » La traduction a été modifiée pour épeler un message adressé à Alice de la part de Sun, qui peut être découvert en français.

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 1 : Pour Vous Tous

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par : 御 我 Yu Wo 


Side Story #1: For You All – traduit du chinois vers l’anglais par Lucathia[PR!]
Histoire Parallèle #1 : Pour vous tous – traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Yukomin

« Sun. »

Neo s’arrêta dans ses pas et se retourna élégamment, en s’exclamant : « Ah ! Mais, ne serait-ce pas notre grand et très respectable Pape ? »

En entendant cela, le Pape se figea dans son mouvement et regarda avec précaution le Chevalier du Soleil, qui souriait encore plus radieusement que d’habitude. Avec un peu de suspicion, il demanda : « Sun, t’ai-je énervé récemment ? »

« Ho, ho, comment le grand Pape peut-il avoir fait quelque chose qui ait pu énerver Sun ? C’est juste que je m’interroge sur qui a bien pu raconter à mes frères Chevaliers Sacrés que j’utilise la magie afin de maintenir mon apparence au début de la vingtaine ? »

« …Oh ? » Le Pape eut un sourire doux, et afficha une expression pleine de doute, en disant : « Y a-t-il réellement quelqu’un affirmant cela ? Quelle personne ignorante ! Il ne sait pas que le Chevalier du Soleil est naturellement magnifique. Même s’il atteint 30 ans cette année, il n’a pas changé depuis qu’il est devenu le Chevalier du Soleil.

– Pape, tu es également toujours aussi jeune et “mignon” !

– Ha ha ha. » Les deux se regardèrent et rirent de bon cœur.

Le visage de Neo s’assombrit, et il dégaina l’Épée Divine du Soleil. Farouchement, il dit : « La prochaine fois que tu oses aborder le sujet de mon âge, je vais te tuer. »

« Qui ne sait pas que le Chevalier du Soleil va avoir trente ans cette année ? » Le Pape était tellement furieux qu’il en tremblait. Il pointa vers Neo le sceptre qu’il avait en main. « Tu n’es pas autorisé à dire que je suis mignon encore une fois, ou je vais tout mettre en œuvre pour me débarrasser de toi, même si je dois y laisser la vie. »

Alors que les deux se menaçaient mutuellement, un bruit de pas soudain se fit entendre.

Quelqu’un vient ! Neo et le Pape rangèrent leurs armes immédiatement et adoptèrent respectivement un sourire élégant et une expression solennelle. Avec une expression curieuse, le Pape demanda : « Chevalier du Soleil, il y encore dix candidats pour la sélection du Chevalier du Soleil de cette année. As-tu déjà pris une décision ? »

Neo marmonna : « Cette année, il y a beaucoup de personnes douées, mais si je devais vraiment en sélectionner une, je pense que j’ai encore besoin d’y réfléchir… »

« Tous les deux, arrêtez de jouer la comédie. Ce n’est que moi. »

La personne qui venait d’apparaître était habillée entièrement en noir, et même ses yeux et ses cheveux étaient noirs. Il avait de profonds creux entre les sourcils et paraissait être une personne ordinairement solennelle. Néanmoins, en ce moment, il y avait un sourire impuissant sur son visage. Il avança jusqu’aux deux personnes et s’adressa à Neo qui avait effacé son sourire.

« Sun, il y a beaucoup de personnes talentueuses parmi tes candidats, mais le nombre de mes candidats est restreint. Tous sont des individus pourris jusqu’à la moelle, déshonorés et malintentionnés. J’ai peur que si je ne choisis pas le seul bon petit parmi eux, Lesus, la première personne que le Dieu de la Lumière jugera sera moi. »

« Lesus ? » Neo révéla une expression perplexe.

Le Pape roula ses yeux vers lui, mécontent, et expliqua : « La dernière fois, quand tu es venu assister à l’entraînement des candidats pour le Chevalier du Jugement, c’était celui dont les compétences à l’épée était les meilleures. »

« Oh, cet enfant ! » Neo acquiesça d’un signe de tête.

« Neo ! Tu ne peux donc pas te rappeler d’autres choses que les compétences à l’épée ? » déclara Judgment d’un air impuissant. Voyant l’expression indifférente de Neo, il put seulement soupirer et demander ce qu’il voulait vraiment savoir : « Tu as pas mal de personnes douées. Qui vas-tu choisir ? Roland ? Arthur ? Angus ? »

Ce n’était pas seulement Judgment qui montrait de la curiosité, mais également le Pape qui commençait à regarder Neo fixement. Néanmoins, Neo leur rendit simplement leurs regards, sans expression.

Judgment, sentant que quelque chose clochait, s’enquit : « Ne me dis pas que tu n’arrives même pas à te rappeler du nom d’un seul candidat… »

Neo haussa les épaules et répliqua : « Je me rappelle de Roland. Il est doué à l’épée. »

« Tu es vraiment… »

Neo ajouta, avec une réalisation soudaine : « Oh, oui, et Grisia. »

« Grisia ? » demanda Judgment, plein de doutes.

« L’enfant qui est très bon avec la magie sainte ? » cria immédiatement le Pape. « Pas question ! Je veux le faire entrer dans le Sanctuaire ; tu n’es pas autorisé à le choisir ! »

Un peu surpris, Judgment questionna Neo : « Te rappelles-tu de Grisia, parce qu’il est doué pour utiliser la magie sainte ? »

« Non, c’est parce que… » continua Neo en fronçant les sourcils. « Ses capacités à l’épée sont tellement catastrophiques que c’est difficile pour moi de les oublier, même si je le voulais ! »

Le Pape sourit immédiatement. « Si c’est le cas, tu ferais mieux de ne pas le choisir. Sa magie sainte est tellement bonne que je me suis rappelé de lui au premier coup d’œil. C’est un guérisseur ! Définitivement pas un chevalier ! »

L’un ne regarde que les compétences à l’épée, et l’autre ne regarde que la magie sainte. Il n’y a pas vraiment de différences entre vous deux. En lui-même, Judgment eut un sourire ironique.

« S’il en est ainsi, as-tu l’intention de choisir Roland ? »

Judgment hocha la tête, approuvant : « Je me souviens aussi de lui, ses compétences à l’épée sont plutôt décentes, et il semble être un enfant droit. »

« Alors, tu vas choisir Roland ? »

Neo y réfléchit, et il ne lui paraissait rien de vraiment problématique avec ce choix. Mais, encore, à part avoir de bonnes ou de mauvaises capacités à l’épée, il ne pouvait pas vraiment faire la différence entre les enfants. Néanmoins, le Chevalier du Soleil doit-il réellement être jugé sur la base de ses capacités à l’épée ?

Voyant l’hésitation de Neo, Judgment le questionna, perplexe : « Tu sens qu’il n’est pas approprié ? »

« Non », répondit Neo en fronçant les sourcils. « J’ai juste besoin d’y repenser un peu plus. »

 

 

« Pourquoi veux-tu devenir le Chevalier du Soleil ? »

Pour éviter d’avoir la tentation de choisir un enfant en se basant uniquement sur leurs compétences à l’épée, Neo commença à poser des questions à chaque candidat en privé.

Pour la justice.

C’était la réponse la plus commune. Neo souriait et demandait en retour : « Qu’est-ce que la justice ? »

Quand ils entendaient cette question, les enfants hésitaient.

Neo ridiculisait secrètement la réponse dans son cœur. Pour la justice ? Comment un enfant de 12 ans peut-il comprendre le sens du mot justice ? Plus probablement, c’était la réponse donnée par l’éducation des chevaliers ignorants.

« Pourquoi veux-tu devenir le Chevalier du Soleil ? »

Neo considéra le garçon aux cheveux bruns devant lui, et il espéra vraiment que la réponse de cet enfant serait différente ; parce que cet enfant était Roland. Étant l’enfant avec les meilleures compétences à l’épée, il était inévitablement digne. Son regard était extrêmement déterminé, et on pouvait dire que c’était un regard qui avait été entraîné à travers de longues périodes de difficultés.

« Je veux discipliner tous les malfaiteurs. » Les yeux de l’enfant révélaient du ressentiment.

Neo fut stupéfait pendant un moment et commença à rire amèrement intérieurement. Cette réponse en est une que Judgment voudrait entendre… Pourquoi suis-je celui qui l’entend ?

Il réfléchit un peu et lui demanda : « Dans ce cas, pour quelle cause es-tu prêt à sacrifier ta vie ? »

Tous les mots de Roland résonnèrent alors qu’il dit : « Afin de discipliner tous les malfaiteurs, je serais prêt à faire tout ce qu’il faudra, même si cela signifie que je dois sacrifier ma vie ! »

Petit, tu t’es vraiment trompé. Tu aurais dû aller rivaliser avec Lesus et donner à Judgment un peu plus d’options. Neo put seulement continuer de se forcer à sourire.

 

 

« Hé, as-tu décidé qui prendre ? »

Neo se retourna pour faire face à Judgment qui s’approchait de lui à courtes enjambées. « Je ne suis pas sûr », répondit-il, un peu perdu.

« La sélection a lieu demain, et tu n’es toujours pas sûr ? » s’étonna Judgment, surpris.

Neo resta silencieux un moment, et s’enquit en retour : « Judgment, as-tu demandé à ton jeune Chevalier du Jugement pourquoi il souhaitait devenir le Chevalier du Jugement ? »

Judgment hocha la tête. « Évidemment. La réputation du Chevalier du Jugement n’a jamais été très bonne, et à chaque génération on peut compter sur les doigts d’une main les candidats valables. Mais, Lesus est doué à l’épée, et sa conduite morale est bonne également. Quoi qu’il fasse, il promet de grandes perspectives, donc j’étais aussi curieux de savoir pourquoi il voulait devenir le Chevalier du Jugement. »

« Attends une minute. » En entendant cela, Neo devint encore plus curieux à propos d’autres sujets et ne put s’empêcher de le questionner : « Puisque tu dis ça, pourquoi es-tu devenu le Chevalier du Jugement en premier lieu ? »

Judgment rit. « Tu me connais depuis près de vingt ans déjà, et tu me poses la question seulement maintenant ? Ce n’est pas un peu trop tard pour ça ? Et, si on faisait un échange avec nos réponses ? Pourquoi voulais-tu devenir le Chevalier du Soleil ? »

« Je… » Neo eut l’air absent quand il répondit : « J’ai oublié. »

« Ça te ressemble bien… »

« J’ai vraiment oublié ! Et, je n’ai pas vraiment besoin de raison, n’est-ce pas ? » affirma Neo, avec impatience. « Quel enfant de douze ans ne veut pas devenir le Chevalier du Soleil ? »

« C’est vrai. Le Chevalier du Soleil est glorieux et impressionnant, différent du Chevalier du Jugement qui est rejeté où qu’il aille. »

L’entendant proférer cela, Neo resta silencieux un moment. En fin de compte, il lui demanda : « Le regrettes-tu ? »

« Non ! Je ne le regretterai jamais. »

Judgment se retourna et fixa Sun directement, tandis qu’il expliquait : « Mon père était un ivrogne. S’il n’y avait que la boisson, ça n’aurait pas été important. Mais, quand il était ivre, il voulait frapper quelqu’un. D’abord, il a battu ma mère à mort, l’a poussée dans une rivière et a ensuite clamé qu’elle s’était noyée. Quand bien même j’avais tout vu du début à la fin, j’avais seulement huit ans et personne ne m’avait cru. Plus tard, il a perdu une nouvelle fois le contrôle et a battu ma petite sœur de trois ans à mort. J’avais douze ans à cette époque, mais je n’ai pas dit un mot à propos des crimes de mon père. Je me suis simplement présenté à la sélection du Chevalier du Jugement et ai été choisi comme Apprenti-Chevalier du Jugement. Par la suite, j’ai parlé à mon maître de ce sujet et l’ai laissé juger mon père. »

Neo était muet. Il était collègue avec Judgment depuis vingt ans, mais n’avait jamais su que Judgment avait un passé aussi lourd. Était-il vraiment trop obsédé par son entraînement à l’épée ?

« De ce fait, quand j’ai posé la question à Lesus, je m’étais déjà préparé à entendre qu’un criminel allait pénétrer dans le Tribunal », admit Judgment calmement. « Néanmoins, contrairement à mes attentes, il a refusé de me dire qui était le pécheur. Tout ce qu’il a dit était qu’il souhaitait devenir le Chevalier du Jugement, parce qu’il espérait que tous les pécheurs du monde n’auraient pas une autre chance de commettre un péché. »

« Alors, es-tu satisfait avec cette réponse ? »

Judgment eut un léger sourire en répondant : « Je n’ai pas le droit d’être insatisfait, car je suis incapable de penser à une meilleure réponse. Donc, Neo, as-tu aussi posé cette question ? »

« Oui ! » Neo haussa les épaules et ajouta, hésitant : « Mais, toi et moi sommes différents. Je ne peux pas trouver de réponse satisfaisante… Je… Je ne sais même pas moi-même quel type de réponse serait la bonne. »

Judgment demanda : « As-tu posé la question à tous les candidats ? »

« Non… » Neo fronça les sourcils en répondant : « Il y a toujours Grisia, mais à l’épée… »

« Va et demande-lui ! » dit Judgment avec un sourire. « Même moi, j’ai été capable de trouver un candidat satisfaisant dans un panier d’œufs pourris. Ne me dis pas que tu ne crois pas pouvoir trouver ton Apprenti-Chevalier du Soleil ? »

 

 

Neo observait fixement Grisia en silence, qui était dans un état affreux de la tête aux pieds. Ses vêtements étaient sales et déchirés à plusieurs endroits, et sa figure comportait plus de zones blessées que de zones intactes. Si vous vous demandiez quelle partie ressemblait au Chevalier du Soleil, la réponse serait probablement uniquement sa couronne de cheveux dorés, qui restaient incomparablement brillants malgré le désordre.

« Tu t’es bagarré ? »

« Je me suis fait tabasser. » Quand Grisia parla, il irrita la blessure au coin de sa bouche. Il grimaça un moment, puis sourit de manière encore plus rayonnante qu’avant. « Mais, c’est bon. Roland m’a aidé à les frapper en retour. »

« Tu n’as vraiment aucune valeur au combat. » Neo roula des yeux vers lui. « Tu dois combattre tes propres batailles ! »

« Pourquoi le devrais-je ? » nia aussitôt Grisia vigoureusement. « Ils étaient dix ! Roland et moi n’étions que deux personnes ! Deux gagnants contre dix est déjà très impressionnant ! »

« Tu ne veux pas plutôt dire un vainqueur contre dix ? » Sans aucune gaieté, Neo ajouta : « Avec tes compétences à l’épée, tu ne peux même pas t’occuper d’une seule personne. »

Même si Roland est doué à l’épée, peut-il gagner contre dix personnes ? Un éclair de doute traversa le cœur de Neo.

« J’ai aidé aussi ! » protesta bruyamment Grisia.

Neo restait encore incrédule.

Grisia cria : « Même si je n’ai pas pu l’aider à battre nos ennemis, j’ai pu l’aider à bloquer leurs attaques. Je l’ai aidé à repousser les ennemis et j’ai même trouvé du renfort ! Si je n’étais pas allé trouver Lesus, même Roland n’aurait pas été capable de vaincre dix personnes ! »

« Tu connais Lesus ? » Neo ne put s’empêcher de soupirer. Malgré le fait que cet enfant ne fut pas très fort, il connaissait toutes les personnes qui l’étaient… C’est un genre de talent aussi, non ?

« Je ne le connais pas », répondit Grisia, d’un ton ferme mais agité.

« … » Neo resta silencieux un peu avant de rappeler à Grisia : « Tu viens juste de dire que tu étais allé trouver Lesus. »

« Oh oui ! » répliqua Grisia naturellement. « La première fois que je l’ai vu, je savais déjà qu’il devait être quelqu’un de bien. Tout ce qu’il a eu besoin de voir, c’était que Roland et moi étions juste deux, et qu’on était largement dépassé. Quelle que soit la raison, il va forcément nous aider à nous en sortir ! Alors, quand j’ai vu que Roland ne pouvait pas gagner, évidemment je l’ai tout de suite laissé pour aller chercher Lesus ! »

C’est aussi un genre de talent, d’être une personne méprisable… Neo se tut un instant, n’ayant presque plus aucun espoir, comme il posait la question : « Oublie ça. Laisse-moi te demander : pourquoi veux-tu devenir le Chevalier du Soleil ? »

Une fois qu’il eut entendu la question, les yeux de Grisia se mirent à briller.

« Parce que je veux être à votre place ! »

« Ma place ? » Neo haussa un sourcil. Voulait-il dire qu’il désirait la position du Chevalier du Soleil ? Mais, cette façon de le dire semblait un peu étrange.

Grisia commença à gigoter, excité, remuant les mains dans tous les sens pendant qu’il parlait. « Oui ! Je veux votre place ! Vous avez beaucoup de personnes à votre droite et à votre gauche. J’ai compté. Il y en a onze ! Je veux qu’ils soient à mes côtés. Ce serait comme avoir onze frères. Ça doit être génial ! »

Neo rigola tout haut. « Même si tu deviens le Chevalier du Soleil, ils ne seront pas à tes côtés. Ceux à tes côtés seront la prochaine génération des Douze Chevaliers Sacrées. »

« Euh ? » demanda Grisia, apparaissant comme s’il n’avait pas bien compris. « La prochaine génération ? Est-ce qu’il y aura toujours onze personnes ? »

« Évidemment. »

« Alors, ça me va », répondit Grisia avec un sourire heureux. « Il y en a toujours onze ! Ce serait bien qu’il y en ait onze, mais s’il y en avait un en plus, ce serait encore mieux. Six à droite, six à gauche, ce serait formidable ! »

Neo ne put vraiment pas dire ce qu’il pensait d’une réponse pareille, donc il put seulement poser la question suivante : « Dans ce cas, dis-moi, pour quelle cause serais-tu prêt à sacrifier ta vie ? »

Grisia était comme tous les autres enfants de douze ans, qui n’avaient jamais songé à une telle question. Il baissa la tête, plongé dans ses pensées. Neo n’était pas pressé, il attendit donc patiemment que Grisia eut fini de réfléchir.

Finalement, Grisia sourit en relevant la tête. Par hasard, le soleil de midi glissa sur ses cheveux dorés de façon tellement éblouissante que Neo en fut presque aveuglé.

« Afin de protéger… Je serais prêt à sacrifier ma vie. »

 

 

Quand Neo inspecta tous ceux qui étaient présent, il s’aperçut que pratiquement tous les regards étaient focalisés sur lui. Neo sourit un peu et cria énergiquement : « J’ai décidé que le prochain Chevalier du Soleil serait Grisia ! »

Tout le monde se tut brutalement. Peu après, un cri d’indignation éclata.

« Pourquoi ai-je été choisi ? »

Grisia était évidemment très choqué. Même s’il s’avançait, il ne cessait de jeter des regards en arrière, du coin de l’œil, vers un certain ami.

« Eh bien… »

Neo jeta un coup d’œil à Roland, dont le visage, les bras et les mollets n’étaient pas couverts par des vêtements, et où l’on pouvait à peine trouver une blessure. Il baissa ensuite la tête pour regarder Grisia, dont la peau était couverte d’écorchures. Il sourit en déclarant : « Peut-être est-ce à cause de tes magnifiques cheveux blonds ! »

 

 

C’était complètement absurde !

Les Douze Chevaliers Sacrées et un chevalier du roi, qui allait bientôt épouser la princesse, allèrent jusqu’à se réunir dans la chambre du Chevalier du Soleil, à ouvrir le cellier et à descendre dans la cave à vin cachée. Maintenant, ils étaient rassemblés dans une salle de prière à boire du vin. Tous avaient bu plusieurs bouteilles et étaient tellement intoxiqués qu’ils ne pouvaient plus être décrits que par deux mots : « complètement bourrés ».

Voyant cela, Roland, qui n’aimait pas trop boire, soupira, mais il se sentait aussi étrangement détendu. Les actions absurdes des authentiques Douze Chevaliers Sacrées faisaient presque paraître le fait qu’il fût un Chevalier de la Mort résidant dans le Temple du Dieu de la Lumière pas si absurde en comparaison.

Car, quelle que fût l’absurdité d’une telle chose, rien ne serait plus absurde que le fait que le Chevalier du Soleil possédât une cave à vin sous sa chambre.

Roland regarda vers le Chevalier du Soleil qui était le plus absurde de tous. C’était une chose difficile à faire, mais avec les essais de tout le monde de le faire rouler sous la table, Grisia était tellement ivre que son visage était complètement rouge et ses yeux étaient embués.

C’était tellement différent de tout ce qu’il avait jamais imaginé à propos de l’image du Chevalier du Soleil. Pourquoi était-il le Chevalier du Soleil ?

Roland ne put faire autrement que d’admettre que cette question l’avait tourmenté depuis que Grisia avait été choisi dix ans auparavant. Il tenta de se rappeler du passé et conclut que les questions que le précédent Chevalier du Soleil lui avait posées devaient avoir aussi été posées à Grisia. Se pourrait-il que ses réponses eussent été meilleures que celles de Roland ?

« Grisia.

– Oui ?

– Pourquoi voulais-tu devenir le Chevalier du Soleil ? » demanda Roland, exprimant enfin la question qui le taraudait depuis des années.

« Pour vous tous, évidemment ! »

Nous ? Roland fixa Grisia. Il était tellement ivre qu’il chancelait. Était-il possible qu’il fût trop ivre pour savoir ce qu’il disait ? Roland fronça les sourcils, mais ne put s’empêcher de s’enquérir : « Alors, pour quelle cause es-tu prêt à sacrifier ta vie ? »

« Ah ? Qu’est-ce que tu as dit ? »

Grisia s’effondra sur la table, un sourire idiot sur le visage. D’une voix forte, Roland répéta sa question : « Pour quelle cause es-tu prêt à sacrifier ta vie ? »

Grisia regarda Roland. Il les regarda tous et sourit, ivre.

« Pour vous tous ! »

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