La Reine Guerrière TP2C5 : Numéro 5 – Une bonne personne ? Une mauvaise personne ?

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La Reine Guerrière Prologue Tome 2 – 12 est le nombre

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


Chapter 5: Number, 5, Good Guy? Bad Guy? – Traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 5 : Numéro 5 – Une bonne personne ? Une mauvaise personne ? – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta

Carol n’avait jamais activement cherché à pourchasser les mécréants dont parlait Sylvie, mais, pour une raison qui lui était inconnue, elle finissait toujours par tomber sur eux. En revanche, il était difficile de déterminer si elle était prédestinée à mener une vie de dur labeur, ou si les pécheurs du Royaume de la Lumière Sacrée étaient tout simplement malchanceux.

Et c’était sans compter sur le fait que Sylvie semblait aussi avoir le chic pour toujours accidentellement croiser le chemin de personnes arborant de mauvaises intentions. La dernière fois, il avait été capturé par la patrouille d’une cité pour en fin de compte être traité comme un esclave et emmené par la force. Cette fois, il avait récupéré quelqu’un dans une ruelle, et cette personne avait également subi une grave injustice… Pourquoi n’était-elle pas surprise ?

Puisqu’il avait subi une grave injustice, une mauvaise personne était forcément impliquée.

Cale commença à expliquer : « Je suis un enfant illégitime. Mon père est mort il y a peu, et sa femme souhaite me tuer. »

« Pourquoi veut-elle te tuer ? Est-ce parce que tu hériteras de la fortune familiale ? » demanda Sylvie, confus.

« Tu crois réellement que ça pourrait être possible ? » Cale lâcha un rire sarcastique. « C’est parce que j’en sais trop. Mon père n’est pas mort de mort naturelle, mais a été empoisonné par sa femme, aidée par son amant. Mon petit frère, qui était censé avoir le même père et pas la même mère, n’est en réalité pas le fils de mon père, mais plutôt celui de l’amant de sa femme. Et son amant est en réalité… »

« Le petit frère de ton père », finit Carol froidement.

Cale resta sous le choc en entendant ces mots et s’écria : « Comment sais-tu ça ? »

Comment ? Parce que cette machination est tellement classique que les mots manquaient à Carol. On retrouve ce genre d’histoires dans presque toutes les villes !

« C’en est vraiment trop ! » Sylvie était si énervé qu’il sauta sur ses pieds en s’exclamant : « Comment ont-ils osé faire une chose aussi ignoble ? Non seulement ils ont tué ton père, mais en plus ils veulent également se débarrasser de toi ! »

« Tu ne nous as pas tout raconté », ajouta Carol avec indifférence. « Il y a quelques jours, tu as été vendu comme esclave, non ? Puisqu’ils t’ont d’abord vendu comme esclave et non pas tué directement, ce doit être parce que tu n’avais pas de preuve qu’ils avaient empoisonné ton père. Comme tu n’avais pas de preuve, ils n’avaient aucune raison de s’en prendre à toi. Qu’est-ce que tu as fait ? »

Cale se raidit et fixa Carol avec un regard rempli d’incrédulité. Il ouvrit la bouche, mais fut incapable de prononcer le moindre mot pour se défendre. Finalement, il se sentit découragé tandis qu’il répondait honnêtement : « Je suis revenu pour essayer de les tuer moi-même, mais j’ai échoué. »

Les yeux de Sylvie s’élargirent, et il cria : « T-Tu voulais tuer ta famille ? »

« Ils ne font pas partie de ma famille ! Ils ont tué mon père ! » rugit Cale, enragé.

Sylvie ouvrit la bouche, mais ne put rien répondre. Il sentait que Cale était lui aussi dans le vrai. Si ces personnes faisaient réellement partie de la famille, comment avaient-elles pu être cruelles au point d’empoisonner leur mari et frère ? Cependant, il était également inquiet à l’idée que Cale les tua pour se venger.

Carol se leva et ajouta froidement : « Tu n’as aucune preuve. Ce monde ne condamnera pas quelqu’un sur la seule base de ta parole. »

Cale resta figé sous le choc pendant un moment avant qu’une rage débordante ne fît son apparition sur son visage. Il en oublia même la peur qu’il ressentait à l’égard de Carol, et se leva, voulant charger dans sa direction. Sylvie se précipita pour le retenir, le tenant étroitement en lui disant précipitamment : « Cale ! Ne réagis pas comme ça. »

Carol jeta un regard totalement indifférent à Cale, ne montrant pas le moindre signe de peur face à la colère manifeste de Cale, visible à l’expression terrible de son visage et à l’intensité brûlante de ses yeux. Elle lança Ohmondieu à la tête de Sylvie sans regarder et informa les deux hommes : « Je vais me coucher. Avant que vous n’alliez dormir, n’oubliez pas de vérifier que le feu soit bien éteint. »

À ce moment précis, Sylvie se cramponnait toujours à Cale comme si sa vie en dépendait. En entendant les instructions de Carol, il hocha la tête : « D’accord, je vérifierai plus tard. »

Carol souleva le rabat de la tente et se glissa à l’intérieur.

Quand il ne vit finalement plus Carol, Cale parvint enfin à se calmer. Il était même un peu reconnaissant envers Sylvie, puisqu’il ne pensait pas pouvoir vaincre Carol dans un combat. S’il l’avait vraiment attaqué, il aurait probablement été réduit en bouillie… Non ! Il aurait probablement fini six pieds sous terre ?

Voyant que Cale s’était calmé, Sylvie le lâcha enfin et tenta de le réconforter en lui disant : « Carol est une bonne personne et réfléchira à une manière de t’aider ! »

« Une bonne personne ? » grogna Cale en se retournant. « Ce type ressemble à quelqu’un qui aurait assassiné de sang-froid un nombre incalculable de gens, et tu affirmes quand même que c’est une bonne personne ? »

« Carol est vraiment une bonne personne ! » Sylvie était incapable de nier qu’elle avait tué d’innombrables personnes. Après tout, elle était la Reine Guerrière qui avait dirigé l’armée durant la campagne contre les démons, donc comment aurait-elle pu n’avoir tué personne ? Même si ceux qu’elle avait tués à cette occasion étaient des démons, avant de se battre contre la race des démons, elle avait également participé à une campagne à travers le continent dans le but d’unifier tout le continent sous la bannière du Saint Roi.

« Carol est définitivement une bonne personne ! » répéta Sylvie avec fermeté.

 

 

Sylvie s’accrochait désespérément à la manche de Cale, refusant de le laisser partir, comme s’il craignait que l’autre personne disparût dans les bois en un clin d’œil.

Voyant la manière effarouchée dont Sylvie s’accrochait à sa manche, Cale garda le silence. Si Sylvie n’avait pas été aussi grand et manifestement un homme, il aurait réellement pensé qu’il était en réalité une femme… Non, une jeune fille.

En contraste, Carol, qui affichait en permanence un air féroce, ne permettant à personne de l’approcher, avait une stature frêle et délicate. Sans cette expression féroce, Cale aurait même pensé que c’était une femme. La personnalité et l’apparence d’à la fois Carol et Sylvie étaient terriblement mal assorties ; cela aurait été bien mieux s’ils avaient pu en faire l’échange tous les deux.

Cale fut tenté de soupirer avec tristesse, mais, en y réfléchissant bien, il n’y avait probablement rien qui irait mieux à Carol que les cheveux et les yeux noirs ; et Sylvie avait vraiment l’air du genre de personne à arborer des cheveux dorés et des yeux bleus étincelants.

« Cale, tu dois absolument rester avec nous ! » déclara très sérieusement Sylvie. « Tu es poursuivi par des gens qui veulent te tuer ! Toutefois, tant que tu nous suivras, rien ne pourra t’arriver ! Carol est une personne très forte après tout ! »

Cale n’en doutait absolument pas. Il était seulement dubitatif quant à la possibilité que Carol laissât un étranger poursuivi par des mécréants l’accompagner. Néanmoins, Carol ne l’avait pas empêché de les suivre et avait même laissé Sylvie rester avec lui, tandis qu’il partait devant pour ouvrir la voie.

« Cale, laisse-moi te raconter ! Carol est vraiment quelqu’un de très fort ! À part avoir un léger sale caractère… »

« Ohmondieu est mon compagnon depuis que je suis petit. Il m’a toujours aidé, et m’a sauvé à de multiples reprises depuis ma jeunesse… »

« Mon maître était un très bon barde. Je suis déterminé à devenir un barde digne de lui en suivant son exemple, mais j’ai encore un très, très long chemin à parcourir… »

… En fait, peut-être que Carol voulait juste que quelqu’un reste avec Sylvie pour l’écouter parler ? Cale avait l’impression qu’il préfèrerait marcher avec Carol en étant à moitié mort de trouille, plutôt que de marcher avec Sylvie et écouter ses jérémiades interminables !

Cale posa son regard sur Ohmondieu qui était perché sur la tête de Sylvie. Ses deux petits yeux étaient complètement fermés, et il semblait dormir profondément. Il commença à ressentir une pointe d’admiration pour la petite chose dorée. Avec le bruit constant émis par la bouche de Sylvie, couplé à une foulée un peu instable due à l’enthousiasme de ce dernier, cela ne devait vraiment pas être facile de dormir si profondément, surtout en étant posé sur sa tête !

Au strict minimum, il aimerait récupérer sa manche pour que sa main droite ne fût plus secouée dans tous les sens constamment. Comme c’était irritant !

Soudainement, la main sur sa manche se serra, et sans être capable de comprendre la situation, Cale fut tiré en arrière… Puis, il réalisa que devant ses yeux s’étalait un magnifique paysage, ce qui n’était pas une très bonne nouvelle, puisque cela signifiait qu’il était en train de glisser le long de la falaise.

Sylvie avait seulement glissé un peu vers l’arrière avant d’être rattrapé par Ohmondieu qui se tenait toujours sur sa tête.

Ohmondieu avait étiré une longue queue qu’il avait enroulée solidement autour du torse de Sylvie, tandis que le reste de son corps s’était accroché à une branche d’arbre.

Bien qu’Ohmondieu eût attrapé Sylvie, il n’en était pas de même pour Cale. Voyant qu’il était sur le point de dire adieu au monde des vivants, Cale tenta frénétiquement de s’agripper à tout ce qui se trouvait à sa portée. Malheureusement, la paroi était tout simplement trop lisse, et il fut incapable de trouver quoi que ce fût auquel se raccrocher… Tout aussi soudainement que sa chute avait commencé, elle s’arrêta nette, et il se retrouva suspendu dans le vide.

À cet instant-là, Cale avait l’impression que son cœur allait bondir hors de sa poitrine. Quand il osa lever les yeux vers le ciel, tout ce qu’il y avait dans son champ de vision était des taches rouges et noires… Carol avait agrippé sa main droite.

Il resta stupéfait, jusqu’à ce que Carol hissât son corps pour le mettre en sécurité. Il regagna ensuite ses esprits et, avec des sentiments mitigés, il bredouilla : « Me-Merci… »

Carol lui adressa un simple « Hmm » indifférent avant de se retourner, l’air absolument enragé. L’instant suivant, Carol réprimandait Sylvie sévèrement : « Ne me dit pas que non seulement tu vas te mettre en danger, mais également entraîner les autres avec toi ? »

Elle attrapa Sylvie par le col et lui rugit : « Quand quelqu’un marche à côté de toi, tu ferais mieux de passer plus de temps à prêter attention à la route ! Ne te contente pas de parler à l’infini ! C’est une chose de te mettre en danger, mais c’en est une autre de mettre la vie de tes compagnons de voyage en péril ! »

Sylvie secoua violemment la tête et s’excusa automatiquement auprès de Cale : « Je suis désolé, Cale. Je suis vraiment désolé ! »

Cale ignorait quoi lui répondre. Le fait d’être tombé de la falaise juste en marchant à côté de Sylvie lui donnait envie de l’engueuler, mais la rage de Carol était si terrifiante qu’il ressentait un peu de pitié envers Sylvie.

« Allons-y ! » lâcha Carol avec un grognement.

« Ou-Oui ! » Sylvie tira sur la manche de Cale, puis se lança à la poursuite de Carol.

Pendant tout le reste du voyage, Carol n’ouvrit pas la marche comme avant, mais marcha plutôt avec eux.

Bien qu’il passât très proche de mourir en tombant quelques instants auparavant, Sylvie recommença à parler sans arrêt, sans prêter la moindre attention à la route.

« On t’a déjà averti de porter plus attention à la route, non ? » lui rappela Cale dans un murmure.

Sylvie parut surpris pendant un moment, puis répondit comme s’il s’agissait d’une vérité absolue : « Carol marche avec moi ! Je n’ai pas besoin de faire attention pour le moment ! »

… Peut-être que Carol est vraiment une bonne personne en fait, pensa Cale en son for intérieur.

La Reine Guerrière TP2C4 : Numéro 4 – Cale

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La Reine Guerrière Prologue Tome 2 – 12 est le nombre

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


Chapter 4: Number, 4, Cale – Traduit du chinois vers l’anglais par Doza[PR!]
Chapitre 4 : Numéro 4 – Cale – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta

Cale ouvrit les yeux et pensa brièvement qu’il devait se dépêcher de s’échapper… Avant de se rappeler qu’il venait de rencontrer deux individus étranges.

Il lutta pour se redresser et anticipa la réception d’une douleur aiguë, provenant de sa blessure au ventre. Il ne s’attendait donc pas à ne sentir qu’une légère tension. Cela l’intrigua un peu, mais, la chose qu’il vit ensuite, détourna totalement son attention de cette question… Hormis des arbres autour de lui, il y avait aussi un lac.

S’il se le rappelait correctement, la dernière fois qu’il s’était évanoui, il se trouvait dans une chambre d’auberge.

Heureusement, il vit également le dos de quelqu’un, et les étincelants cheveux blonds lui permirent de le reconnaître instantanément, sans avoir besoin de voir son visage : Sylvestre.

« Sylvestre, où sommes-nous ? »

Cette personne tourna la tête vers lui et, comme il s’y attendait, il s’agissait de Sylvie qui lui adressait un sourire s’étendant d’une oreille à l’autre. Il lui dit joyeusement : « Tu es réveillé ? Nous sommes dans une forêt. »

Cela ne l’aida pas du tout à comprendre la situation. « Pourquoi suis-je dans une forêt ? On n’était pas dans une ville ? Est-ce que vous êtes partis tout de suite ? La même nuit ? »

« Nous ne sommes plus le même jour ! Une journée s’est déjà écoulée. Puisque nous devions effectuer une quête hors de la cité, nous avons dû t’emmener. Heureusement, tu ne t’es réveillé qu’une seule fois pendant le trajet. »

Il s’est déjà écoulé un jour entier ? Perturbé, Cale déclara : « Mais, je ne rappelle pas m’être réveillé plus tôt. »

« C’est parce que Carol se trouvait juste à côté de toi… »

Ça veut dire qu’il m’a encore assommé d’un coup de poing ? Cale se sentait quelque peu maussade.

« Où est ce type ? » Cale regarda tout autour de lui, mais il ne vit pas l’autre personne.

« Ce type ? » En percevant la nervosité de Cale, Sylvie comprit. « Tu veux dire Carol ? Carol est partie chasser, parce que nous n’avions pas assez d’argent pour acheter beaucoup de rations. Oh, c’est vrai ! Tu as faim, n’est-ce pas ? Tiens, j’ai utilisé du pain et de la viande séchée pour mijoter un ragoût. Mange, ça te remplira l’estomac pour le moment. Quand Carol rentrera, il y aura de la viande fraîche au menu. »

Cale accepta le bol que Sylvie lui tendait. Il y avait du pain et des lambeaux de viande dans le bol ainsi que quelque chose qui ressemblait à du lait ou du fromage fondu. Cela sentait très bon et constituait un mets très raffiné à ses yeux. De ses deux mains, il leva immédiatement le bol jusqu’à son visage et commença à manger de bon cœur.

Très rapidement, il avala deux bols. Bien qu’il en aurait volontiers pris un autre, il se sentait trop embarrassé pour en demander un troisième.

Cependant, Sylvie avait l’air ravi. Après lui avoir pris son bol, il le remplit à nouveau avant de le rendre à Cale.

Après son troisième bol, Cale s’aperçut qu’il ne restait que la moitié de la marmite remplie de ragoût. Il se sentait vraiment un peu gêné. Après avoir rendu le bol à Sylvie, même le ton de sa voix s’était considérablement adouci.

« Est-ce que tu m’as porté jusqu’ici ? Merci beaucoup. » L’idée que Carol pût l’avoir porté pendant tout le trajet ne l’effleura même pas.

Sylvie secoua frénétiquement la tête, lui répondant : « Ce n’était pas moi, c’était Ohmondieu. »

« Oh mon Dieu ? » cilla Cale. « Vous avez un autre compagnon ? »

« Oui ! » Sylvie se tapota la poitrine en disant : « Ohmondieu, sors de là et viens dire bonjour. »

Juste au moment où Cale s’apprêtait à lui demander ce qu’il se passait, quelque chose de bizarre se produisit… Un truc en forme de boule, semblant être fait d’un fluide épais, sortit en rampant du col de la chemise de Sylvie, tomba, rebondit deux fois par terre, avant de passer de la forme d’une flaque à celle d’un objet ovale qui faisait la taille d’un pain de campagne, mais paraissant quand même très flexible…

C’est un blob ? Cale était passablement perturbé. Les blobs ne sont-ils pas tous censés être verts ? Je n’ai jamais entendu parler d’un blob doré auparavant !

« Qu’est-ce que c’est que ce machin ? »

« Ohmondieu. » Sylvie pinça la joue de Ohmondieu, puis lui donna un peu de viande séchée pour le nourrir.

« Dieu, comme pour une divinité ? » demanda Cale, extrêmement dubitatif.

« Non, Carol a choisi ce nom et a dit que ça venait de “Oh mon Dieu, qu’est-ce que c’est que ça”, mais je pense aussi que ça devrait être Dieu, comme pour une divinité. » se plaignit Sylvie.

« Ohmondieu » de « Oh mon dieu, qu’est-ce que c’est que ça » lui convient parfaitement. Cale approuvait silencieusement le choix de Carol de tout son cœur.

« Tu as dit qu’il m’a porté jusqu’ici ? C’est impossible ! »

« Bien sûr que c’est possible ! » répondit Sylvie, comme si c’était évident. « Ohmondieu peut me porter ainsi qu’une pile supplémentaire de bagages ! Évidemment qu’il a pu te porter jusqu’ici. »

Vraiment ? Donc, les blobs sont des bêtes démoniaques possédant une force phénoménale ? Cale était assez sceptique.

« Cale, tu devrais aller te baigner ! » Sylvie agita la main en direction du lac. « La dernière fois, ton corps était entièrement couvert de sang, je t’ai simplement nettoyé avec un tissu humide. Malgré cela, tu dégages encore une forte odeur de sang. Va prendre un bain ! »

Cale renifla son corps. Effectivement, il ne sentait vraiment pas la rose. C’était actuellement gentil de la part de Sylvie de dire que seule l’odeur de sang était forte, quand, en effet, c’était plutôt un mélange de diverses odeurs, comme du sang séché et de la sueur âcre. Il marcha sans un mot vers le lac, même s’il savait que, dès l’instant où ses blessures entreraient en contact avec l’eau, elles lui ferraient un mal de chien.

« N’oublie pas d’enlever tes bandages ! » cria Sylvie. « Je t’aiderai ensuite à te remettre de la pommade et à refaire ton pansement. »

Cale tourna la tête pour hurler en retour : « D’accord ! »

Lorsqu’il retira ses vêtements et défit ses bandages, il s’attendait à se voir dans un état terrible. Au lieu de cela, il fut stupéfait de découvrir que les blessures sur son corps avaient déjà formé des croûtes.

Est-ce que mes blessures étaient vraiment si légères ? Cale réfléchit à la question pendant un instant, mais ne put trouver de réponse.

Comme les blessures avaient déjà formé une croûte, rentrer dans l’eau ne s’avéra absolument pas douloureux. Au contraire, la température froide de l’eau était même plutôt apaisante.

Bien que des croûtes se furent déjà formées, il avait néanmoins l’impression qu’il ne devrait pas rester dans l’eau trop longtemps. Cale se lava rapidement, puis il retourna sur la rive pour rentrer au campement.

Sylvie commença par lui passer une serviette, lui permettant de se couvrir, puis sortit de son sac une boîte en bois de la taille d’une main et agita son autre main vers lui en lui disant : « Assieds-toi ici, je vais t’aider à appliquer de la pommade. »

« De quel genre de pommade s’agit-il ? » Cale enroula la serviette autour de sa taille, s’approcha pour s’asseoir, et lui demanda avec espoir : « Est-ce que tu peux m’en donner un peu ? »

« Bien sûr que je peux ! Je la fais en utilisant des plantes médicinales. Elle est très efficace ! Je pourrais te laisser te la mettre tout seul, mais mon maître me répétait sans cesse qu’elle était particulièrement efficace quand je le faisais moi-même ! Donc, c’est mieux de me laisser faire ! »

Cale voulut rétorquer « Quelle différence est-ce que ça peut faire que ce soit toi qui appliques la pommade ? », mais, considérant comment ses blessures avaient guéri à une vitesse hallucinante, il décida de garder la bouche fermée et de ne pas émettre d’objections.

En appliquant la pommade, Sylvie le questionna avec précaution : « Comment as-tu reçu autant de blessures ? »

Cale répondit froidement : « Depuis quand peut-on s’échapper sans être blessé ? »

« Pourquoi fuyais-tu ? »

Cale se tut avant de finalement répliquer : « Quand quelqu’un te pourchasse, il vaut mieux t’enfuir. »

En entendant cela, Sylvie n’osa pas l’interroger davantage, car Cale ne semblait pas du tout ouvert à la discussion, et Sylvie n’était vraiment pas doué pour amener quelqu’un à parler quand il ne le voulait pas. Il concentra simplement son attention sur l’application de la pommade, mais, tandis qu’il l’étendait sur le bras gauche de son nouveau compagnon de voyage, il remarqua une étrange marque. C’était une marque au fer, une marque d’esclave, sauf qu’un grand nombre de griffures la recouvrait, comme si quelqu’un l’avait gratté jusqu’au sang en paniquant.

Sylvie sentit ses yeux lui chauffer, et il ne put s’empêcher de tendre la main pour toucher cette affreuse cicatrice.

Cale sentit des frissons lui parcourir le corps, et il tourna la tête pour le réprimander : « Qu’est-ce que tu… »

Il s’arrêta de parler quand il vit que Sylvie pleurait pendant qu’il le soignait… Mon corps est parcouru de tant de chair de poule qu’il en tremble de la tête aux pieds ! Qu’est-ce qui cloche avec ce type ? Comment un adulte peut-il pleurer comme ça ?

« Carol ! » Au même moment, Sylvie s’exclama : « Tu es de retour ! As-tu attrapé quelque chose ? »

« Ouais. »

Cale suivit le regard de Sylvie et aperçut Carol qui sortait des bosquets, tirant un cerf adulte de la main droite, le traînant aussi facilement que s’il s’agissait d’un petit chien.

Quand elle l’eut traîné au milieu du campement, elle sortit un fauchon de derrière son dos et, avec quelques « swoush, swoush, swoush » de sa lame, elle sépara une des pattes avant du reste du corps, se permettant même de retirer proprement la peau du cerf. Finalement, elle jeta la patte vers Sylvie en lui disant : « Je n’ai pas pu en attraper un plus petit. Tu peux faire rôtir cette patte en attendant. Je vais découper le reste en lanières pour les faire sécher pour le voyage. »

Bien qu’elle eût remarqué que les yeux de Sylvie étaient rougis, elle n’y prêta pas plus d’attention qu’à l’habitude. Elle comprenait bien mieux Sylvie que Cale. Même devant des proies ramenées pour être tuées et mangées, cet imbécile se mettait à pleurer et à la supplier de les épargner, donc elle avait pris l’habitude d’achever ses proies avant de les ramener au campement pour éviter d’avoir à subir la vision d’un Sylvie excrétant des larmes et de la morve, lui donnant très envie de le battre à mort.

« Très bien, aucun problème. » D’un autre côté, si cela concernait une proie déjà morte, Sylvie n’avait aucun problème pour la manger. En quelques instants, il embrocha la patte avec une baguette en bois et cala la brochette au-dessus du feu pour faire cuire la viande.

Cale observa Sylvie. Ce dernier avait déjà positionné la patte sur la grille de cuisson, ce qui finit pratiquement le travail. Il lui resterait sans doute seulement à retourner un peu la viande, et il ne semblait pas que Cale pût l’aider avec quoi que ce fût. Donc, Cale se tourna vers Carol, pensant l’aider à découper le cerf en lanières…

À ce moment-là, Carol avait déjà traîné le cerf au bord du lac. Elle agitait son fauchon sans discontinuer, et le cerf passait d’une pièce à deux, puis à quatre, et ensuite à huit…

Il semblerait qu’il n’y eut rien qu’il pût faire pour aider de ce côté-là aussi… Cale savait qu’il était incapable de couper un cerf en deux d’un simple coup d’épée. Il ne lui restait donc plus que l’option de retourner au campement pour fixer Sylvie d’un air vide, pendant que ce dernier était en train de faire cuire la viande.

Lorsque Carol revint du lac, s’assit et commença à se laver les mains, Sylvie s’écria joyeusement : « Le repas est prêt ! »

Après que Sylvie eut rempli un bol de soupe pour le tendre à Carol, il s’occupa en réduisant la viande en lambeaux pour la manger plus aisément, puis remplit un bol avec de la viande avant de le tendre à Cale.

« Je n’en ai pas besoin », répondit Cale poliment. « Je viens juste de manger trois bols de ragoût, alors je n’ai plus vraiment faim… »

Carol lui lança froidement un : « Mange ! »

Cale saisit immédiatement le bol, baissa la tête, et commença à manger la viande, n’osant plus ajouter un mot.

« C’est bon ? » s’enquit Sylvie, d’un ton plein d’espoir.

« Délicieux ! C’est vraiment excellent ! » Cale acquiesça vigoureusement de la tête. Il ne disait pas cela simplement pour être gentil. Bien qu’il s’agît simplement de viande rôtie, sous le regard attentif de Sylvie, la viande avait été cuite à la perfection, jusqu’à ce que la peau fût croustillante, mais la chair toujours bien tendre, au point que Cale faillit presque avaler sa propre langue en dévorant son repas.

Sylvie sourit joyeusement en lui disant : « Vraiment ? C’est formidable que tu aimes ce que j’ai préparé ! » Sylvie jeta un regard en direction de Carol en ajoutant : « Carol ne commente jamais, peu importe ce que l’on mange… »

Même après avoir entendu cela, Carol n’ajouta toujours rien. Sylvie est déjà terriblement lent. Il laisse mijoter une simple soupe pendant deux heures et il fait rôtir un morceau de viande pendant une heure… Si je complimente sa cuisine, la prochaine fois, il ferait encore plus attention à ce qu’il cuisine et prendrait encore plus de temps.

Après que les trois compagnons eurent bu et mangé jusqu’à satiété, Carol s’étendit à moitié sur le sol et prit Ohmondieu dans sa main, le caressant gentiment.

Est-ce qu’Ohmondieu est en train de trembler ? Cale observa la scène silencieusement, tandis que des ronds réguliers se propageaient à la surface du blob. Il eut soudain une pensée pour le cerf qui avait été leur repas de ce soir, celui-ci ne lui semblait plus aussi pitoyable. Au moins, il avait eu une mort rapide.

Cherchant la réponse à une question qui le taraudait, Sylvie lui demanda : « Cale, qu’est-ce qui a causé tes blessures ? »

Cale se figea et contourna la question : « Des blessures sont toujours causées par une attaque. Sinon, de quelle autre manière auraient-elles pu être causées ? »

« Cale, dans ce cas, qui te pourchasse pour te tuer ? » tenta de le persuader Sylvie. « Donne-nous des détails. Peut-être pouvons-nous t’aider ! »

Personne ne peut faire quoi que ce soit pour m’aider ! Cale baissa la tête et rit sèchement, mais, en relevant la tête, il croisa les yeux noirs et froids de Carol, qui étaient fixés sur lui. Il se raidit immédiatement.

Au même moment, Sylvie continua d’insister : « Vraiment ! On peut t’aider. »

Cale hocha mécaniquement la tête. Bien qu’il eût aussi peur de Carol qu’une souris avait peur d’un chat, pour quelque raison inimaginable, il eut l’impression qu’il ne serait pas un fardeau pour quelqu’un comme Carol… Il pensa même… Peut-être que mes poursuivants vont au-devant d’une catastrophe imminente ?

La Reine Guerrière TP2C3 : Numéro 3 – Le troisième

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La Reine Guerrière Prologue Tome 2 – 12 est le nombre

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


Chapter 3: Number, 3, The Third One – Traduit du chinois vers l’anglais par Doza[PR!]
Chapitre 3 : Numéro 3 – Le troisième – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta

Carol retourna à l’auberge, ferma la porte, et se retourna juste à temps pour voir Sylvie se dépêcher de rabattre la couverture sur quelque chose qui était sur le lit… Il pense vraiment pouvoir cacher une aussi grosse bosse sur le lit ?

Soudainement, Carol éprouva réellement l’envie d’ouvrir le crâne de Sylvie pour vérifier ce qu’il y avait à l’intérieur. Il n’était pas impossible qu’elle y trouvât un autre blob.

Agité, Sylvie demanda : « C-Carol ! Pourquoi es-tu rentrée aussi vite ? »

Aussi vite ? Elle s’était retrouvée impliquée dans un grand combat de rue, avait pris une mission et, afin d’acquérir la carte nécessaire à la mission, avait dû négocier le prix à la Guilde des Aventuriers. Elle avait été occupée du début de l’après-midi jusqu’à tard dans la soirée et venait tout juste de revenir. Est-ce qu’on peut vraiment considérer ça comme rentrer tôt ?

« Qu’y a-t-il sous la couverture ? » Carol ne prit pas la peine de répondre à Sylvie.

« Des bagages ! »

Carol haussa un sourcil, leva son poing fermé, et prit la position de quelqu’un qui allait donner des coups dans la bosse sous la couverture.

Sylvie fut tellement terrifié que son visage pâlit brusquement, et il se hâta de se confesser : « Ne le frappe pas, je l’ai ramassé… » Ses derniers mots avaient été prononcés tellement doucement, qu’il lui fut impossible de les entendre clairement.

Il a encore ramassé un animal errant ? Carol le gronda : « Ohmondieu ne t’est-il pas suffisant ? »

Elle s’avança, écarta Sylvie du chemin d’un coup d’épaule, et souleva la couverture en disant : « Quelque chose d’aussi gros, est-ce qu’il s’agirait d’un chien ? Puisque tu as mis un chien dans le lit, où comptes-tu dormir cette nuit… ? »

« Ce n’est pas un chien ! » s’empressa de répondre Sylvie.

… En effet, ce n’est pas un chien. Carol fixa la chose dans le lit sans dire le moindre mot.

Sylvie ajouta avec appréhension : « Ce… C’est Cale… »

Il lui a déjà choisi un nom ? Carol continua à rester silencieuse.

La chose sur le lit était gravement blessée, amaigrie, inconsciente… et nue.

Sylvie se mit à jacasser : « Les vêtements de Cale étaient déchirés et couverts de sang, alors je les lui ai enlevés pour le laver et le soigner. Cependant, tu es entrée dans la pièce, et la seule chose que je pouvais faire était de rabattre la couverture sur lui pour t’empêcher de voir le corps nu d’un homme. »

Donc, la raison pour laquelle il avait couvert l’homme n’était pas pour m’empêcher de savoir qu’il était là. Attendez une minute, dans ce cas, il n’avait pas besoin de me mentir en prétendant qu’il s’agissait de bagages tout à l’heure… Peu importe, quoi qu’il en soit, ce n’est pas le problème principal !

Carol pivota en grognant : « D’où vient-il ? »

« Hum ? » Sylvie répondit avec inquiétude : « Je ne sais pas non plus d’où il est originaire… »

« Je ne te demande pas où il est né ; je veux savoir où tu l’as ramassé ! »

« Dans une petite allée transversale à l’avenue ! » précisa Sylvie, comme si c’était évident. « Quand je me suis réveillé, tu étais déjà partie Je me suis rappelé qu’il nous restait peu d’argent, alors j’ai pris ma harpe et j’ai essayé de trouver une taverne où je pourrais chanter et gagner de l’argent. À peu près à la moitié du chemin, j’ai entendu des bruits étranges provenant d’une allée, donc je m’y suis engagé pour vérifier ce qu’il se passait, et j’ai alors aperçu Cale qui était allongé par terre ! Le ramener dans notre chambre a été vraiment épuisant ! »

« Qui t’a permis de le ramener ? » Carol était agitée et énervée. « Tu nous prends pour quoi ? Un refuge pour les animaux errants ? »

Nerveux, Sylvie répliqua : « M-Mais, Cale était très gravement blessé et avait perdu connaissance ! »

« Tu as ramené un étranger… » Tandis que Carol rugissait ces mots, elle eut soudain l’impression que quelque chose ne collait pas. En fronçant les sourcils, elle lui demanda : « Et il était inconscient ? Dans ce cas, comment peux-tu savoir comment il s’appelle ? »

Impossible que Sylvie ait choisi ce nom lui-même et qu’il ait eu l’intention de garder « Cale » et Ohmondieu comme animaux de compagnie tous les deux, n’est-ce pas ?

Si c’était le cas, elle le réduirait en poussière !

« Quand j’ai été capturé la dernière fois, je l’ai rencontré durant la vente aux enchères où j’ai failli devenir un esclave ! À ce moment-là, Cale avait aussi été fait prisonnier, et c’était lui qui nous avait permis de nous échapper ! »

Carol en fut stupéfaite et plissa le front.

Sylvie s’enquit nerveusement : « Carol, puis-je lui appliquer de la pommade maintenant ? »

Carol agita la main, le laissant faire ce qu’il voulait, tandis qu’elle s’appuyait contre le bord de la table en fronçant les sourcils alors qu’elle observait la personne étendue sur le lit.

« Carol ! » s’exclama Sylvie, comme s’il était une jeune fille prude. « Ne devrais-tu pas au moins regarder ailleurs ? Il est nu ! »

« … »

Elle se tourna pour faire dos à la personne allongée dans le lit, écoutant d’une part les sons intermittents provenant de derrière son dos et réfléchissant d’autre part à la manière de prendre soin de la personne couchée sur le lit. Mais, peu importe sous quel angle elle considérait la question, elle n’arrivait à déterminer que trois étapes.

Traiter ses blessures, l’aider à se rétablir, et l’abandonner quand il serait guéri.

« Pfiou ! J’ai fini d’appliquer la pommade. Cale était assez gravement blessé, en fait. » Sylvie s’avança vers Carol et s’assit à côté d’elle, l’air très inquiet, tandis qu’il ajoutait : « Et beaucoup de ses blessures sont assez anciennes. Elles n’ont pas l’air d’avoir été causées par accident ! »

Carol fronça les sourcils tout en regardant Sylvie. Elle l’interrogea : « Tu as étudié beaucoup de blessures auparavant ? »

Sylvie ricana : « C’est parce que je me blesse souvent ! »

Pas faux…

Carol se leva et marcha jusqu’au lit. L’homme portait désormais un short et un haut, mais bien que les parties exposées de ses bras et de ses jambes fussent enveloppées avec des bandages, elle pouvait toujours apercevoir d’anciennes cicatrices. Sans se donner la peine de les inspecter plus longuement, elle rendit son verdict avec indifférence : « La majorité de ses cicatrices sont dues à des coups de fouets et de poings. Il a été torturé ou maltraité par quelqu’un pendant au moins plusieurs mois. »

Les yeux de Sylvie s’écarquillèrent.

 

 

Cale poussa un grognement et entrouvrit les yeux à contrecœur.

Pendant son évasion, il n’avait pas pu tenir bon très longtemps et s’était finalement évanoui, donc il y avait de fortes chances qu’il se trouvât dans un donjon ? Tendant l’oreille, il lui semblait déjà pouvoir entendre les insultes fréquemment jetées dans les donjons…

« Il est hors de question qu’on le garde ! »

« M-Mais, as-tu vu dans quel état il est ? J’ai pitié de lui ! »

« Tu rencontreras beaucoup de personnes qui te feront pitié dans ce monde ; ne me dis pas que tu as l’intention de secourir chacune d’entre elles et de t’occuper d’elles ensuite ? »

« Évidemment que je ne ferais pas ça ! Je n’aiderais que les gens que je connais ! »

« … Quelle est ta définition de “connaître” quelqu’un ? »

« Ce sont des gens que… que j’ai rencontrés, à qui j’ai parlés, et dont je connais le nom ! »

« Après avoir ramassé quelqu’un, comment pourrais-tu ne pas l’avoir rencontré, lui avoir parlé, et connaître son nom ? »

« Hein ? … Présenté sous cet angle, c’est aussi vrai ! »

… Cela sonnait vraiment différent des conversations qu’on entendait normalement dans les cellules de prison. Cale se força à ouvrir grands les yeux, tourna la tête en direction des voix et réalisa que les personnes présentes n’étaient pas des étrangers. Stupéfait, il s’écria : « Sylvestre ? »

Surpris, Sylvie se retourna pour l’examiner, s’avança même jusqu’au lit et lui demanda anxieusement : « Tu es réveillé ! Est-ce que tu as mal quelque part ? J’avais très peur que tu te sois brisé un os ou deux ! »

Carol s’avança à son tour, tendant une main pour toucher la personne allongée sur le lit. Cale se figea, puis il reconnut le visage de Carol. Il avait auparavant vu Carol utiliser seulement ses poings pour se débarrasser de plusieurs dizaines de soldats armés de dagues et d’épées, donc il n’avait pas la moindre intention de s’opposer à cette personne, pas même si Carol voulait fracasser chacun des os de son corps.

Sylvie se dépêcha de dire : « Détends-toi, détends-toi. Carol m’aide à vérifier que tu n’as pas d’os cassés, et n’est pas du tout en train de te harceler sexuellement ! »

… Cette idée ne lui avait même pas traversé l’esprit. Cale ne se considérait pas assez beau pour qu’un homme tentât de le harceler sexuellement. Ce serait plus logique si c’était Sylvestre qui se faisait harceler !

Quand Carol toucha une côte, Cale expira un long souffle en raison de la souffrance aiguë que ce contact avait causé. Calmement, Carol dit : « Ce n’est pas cassé, mais l’os est probablement fêlé. »

Sylvie commença à paniquer : « D-Dans ce cas, que devrions-nous faire ? »

« Il faut juste le maintenir immobile. »

Ça va guérir juste en évitant de bouger ? Sylvie se calma seulement après ce commentaire. Si Carol disait que Cale guérirait s’il ne bougeait pas, alors ce n’était pas une blessure très grave. Il avait une grande confiance quant à ses capacités de diagnostics des blessures… Chaque fois qu’il se blessait, Carol se contentait de le toucher pour déterminer si les os étaient cassés ou non !

« Impossible ! Je suis poursuivi. Je dois quitter la ville le plus rapidement possible ! » Cale se tortilla pour essayer de se lever et les avertit : « Si quelqu’un découvre que vous m’avez recueilli, les choses tourneront mal pour vous aussi ! Alors, dépêchez-vous de vous en aller et laissez-moi… oumph ! »

Cale poussa un grognement de douleur, s’écroula sur le lit et glissa de nouveau dans les bras de Morphée, tandis que Carol desserrait lentement son poing.

Sylvie poussa un cri aigu et s’exclama : « Comment as-tu pu frapper Cale ? Il est blessé ! »

« Les gens blessés doivent récupérer des forces, et le sommeil est la meilleure façon de s’y prendre. »

« Oh, je vois ! » Sylvie se détendit alors qu’il ajoutait : « Je savais que Carol était quelqu’un de bien ! »

BOUM !

D’une seule main, Carol venait de jeter l’homme blessé par terre. Sylvie se précipita vers Cale pour le supporter, puis leva la tête pour jeter un regard perplexe à Carol.

Carol baissa le regard sur Sylvie et déclara froidement : « Le lit est à moi. As-tu des objections ? »

« Non… »

La Reine Guerrière TP2C2 : Numéro 2 – Divergence

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La Reine Guerrière Prologue Tome 2 – 12 est le nombre

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


Chapter 2: Number, 2, Divergence – Traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 2 : Numéro 2 – Divergence – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta

Au moment de réserver des chambres à l’auberge, Carol avait à l’origine eu l’intention de demander deux chambres. Cependant, elle ne s’était pas attendue à ce que sa bourse fût presque vide, ce qui signifiait qu’ils n’auraient plus d’argent pour le repas si elle prenait deux chambres.

Carol hésita un moment, mais ce n’était pas parce que cela la dérangeait d’avoir deux personnes de sexes opposés dormant dans la même chambre. Ils avaient techniquement dormi dans la même tente pendant un mois. C’était juste que Silvie était simplement trop bruyant. Dormir dans des chambres séparées la nuit aurait été le seul moyen d’éviter d’avoir à l’entendre.

« Une chambre sera suffisante. » À contrecœur, elle finit par commander une seule chambre. Finalement, cette nuit ne sera pas très reposante…

Elle se détourna et retourna à leur table, mais en voyant Silvie jeter des regards excités tout autour de lui, sa bouche déjà ouverte pour parler, Carol n’avait qu’une seule impression. Il est grand temps que nous commencions à prendre des missions pour gagner de l’argent.

« Carol ! Nous ne sommes pas entrés dans une ville depuis presque un mois ! Pourquoi as-tu soudainement voulu venir ici ? » lui demanda Silvie, tout excité. « Allons-nous partir à la recherche de malandrins, les capturer, et les faire renoncer au mal pour revenir sur le droit chemin ? Comme la dernière fois avec le gouverneur ?! »

Renoncer au mal pour revenir sur le droit chemin ? Carol jeta un regard à Silvie et lui répondit avec indifférence : « Je ne traque pas les personnes malfaisantes ou autres. C’est juste que d’innombrables soldats ont donné leur vie pour protéger ce pays. Alors, quand je remarque des zones de corruption, je ne peux pas m’empêcher d’agir pour mettre ces gens hors d’état de nuire. De plus, c’est “se débarrasser du mal”, pas pardonner aux gens le mal qu’ils ont causé ou les faire revenir dans le droit chemin ! »

Silvie eut l’air estomaqué en l’entendant. « S’en débarrasser ? Tu veux dire… les tuer ? M-Mais, certaines personnes ne sont pas si mauvaises. Et, tant que tu prends le temps de les sermonner et de les raisonner correctement, il y a toujours une chance qu’ils se repentent et deviennent de meilleures personnes ! »

Carol rit froidement et répliqua : « Tu veux dire comme le gouverneur qui vendait des esclaves en privé ? Une fois que l’opération s’est écroulée et a été dévoilée, il était même préparé à tuer une personne possédant un insigne de la rose pour empêcher que son secret ne soit révélé. Ne me dis pas que tu penses vraiment qu’il aurait pu changer pour devenir une meilleure personne ? »

« Il aurait pu ! » De manière surprenante, Sylvie répondit comme si c’était évident. « Il croyait qu’il allait être envoyé à la mort ! Pour survivre, voilà pourquoi il aurait pu changer ! »

« Ce n’est pas “croyait”. Dès l’instant où le fait qu’il vendait des esclaves hors des canaux officiels a été exposé, sa mort est devenue une certitude. »

« Quoi ? » Les yeux de Sylvie s’agrandirent, et celui-ci s’exclama : « Il va être condamné à mort ? »

« Condamné à la potence, oui, c’est la peine dont il écopera », fut la réponse tranchante de Carol.

Les yeux de Sylvie s’écarquillèrent encore plus, et il tremblait tandis qu’il répliquait : « Pourquoi doit-il mourir ? Il pourrait devenir une meilleure personne si on lui on donne la chance… S’il est exécuté, il n’aura aucune chance de faire amende honorable. »

« Ce ne sont que des suppositions. Afin de préserver cette “chance”, combien devra-t-il y avoir de morts avant que les autorités réagissent ? » rétorqua froidement Carol. « Sans une punition suffisamment dure, comment empêcher le reste des gens de vendre des esclaves illégalement ? Si le crime de la vente illégale se répand, combien de gens en souffriront d’après toi ? Tu as bien failli en être victime toi aussi, non ? Si je n’avais pas été là, tu porterais déjà la marque des esclaves ! »

Sylvie murmura d’une toute petite voix : « Mais, même si quelqu’un est vendu comme esclave, au moins il est toujours en vie, n’est-ce pas ? Tant que nous sommes vivants, il y a de l’espoir. »

Carol fronça les sourcils, mais ne rajouta rien de plus. Elle répondit sur un ton indifférent : « Va commander à manger ! Il ne me reste pas beaucoup d’argent, alors tu n’es pas autorisé à commander du vin. »

En entendant cette interdiction, Sylvie ne put simplement pas l’accepter et commença à protester : « Je ne suis pas un ivrogne ! Je bois rarement ! »

Carol ne le croyait qu’à moitié. « La dernière fois, n’as-tu pas joyeusement commandé du vin valant un ducat d’argent ? »

« C’est parce que je n’avais pas bu depuis longtemps ! » s’empressa d’expliquer Sylvie. « La dernière fois que j’ai bu était après avoir enterré maître LL ! »

Lorsqu’il eut fini de parler, il vit le visage de Carol s’assombrir et réalisa immédiatement qu’il avait commis une erreur en parlant de son maître.

Le nom complet de LL était Louis Lorenzo, et il avait eu en sa possession l’insigne à la rose blanche qui lui avait été personnellement remis par le Saint Roi. En tant que barde impérial, il avait accompagné Carol et était également le maître de Sylvie. Néanmoins, il était mort d’une maladie il y a deux ans. Carol l’avait appris seulement un mois auparavant et n’avait donc pas pu lui faire ses adieux.

Pour cette raison, Carol broyait encore du noir à ce sujet, surtout à cause de la façon dont ils s’étaient séparés. Plusieurs malentendus avaient traîné entre LL et Carol, les laissant tous les deux avec un sentiment de mal-être. Il s’agissait à présent d’un désaccord qu’elle ne serait jamais en mesure de régler.

À cet instant, un serveur arriva et demanda énergiquement : « Que souhaitez-vous commander ? »

« Deux assiettes de ragouts de bœuf, du pain, deux bols de soupe et deux bouteilles de vin de vigne ! » répondit Carol sans hésitation.

« Et une coupe de lait ! » ajouta précipitamment Sylvie, avant de finalement réaliser ce que Carol avait commandé. Il cilla, ne comprenant pas ses actions tandis qu’il la questionnait : « N’avais-tu pas dit que nous n’étions pas autorisés à commander du vin ? »

Carol répondit froidement : « J’ai dit que tu n’étais pas autorisé à commander du vin, pas que je ne pouvais pas en commander moi-même ! »

Sylvie resta muet. Bien qu’il eût gagné la moitié de leur argent en chantant, il n’osa pas répliquer. Comment avait-il pu demander quelque chose d’aussi insolent de toute façon ?

Les plats arrivèrent. L’odeur du bœuf fit sortir Ohmondieu de sa cachette. Sylvie coupa un morceau de bœuf en tout petits morceaux qu’il déposa avec le lait dans une soucoupe pour qu’Ohmondieu pût avaler la nourriture avec sa minuscule bouche.

Élever un glob carnivore était quelque chose de très coûteux. Heureusement, Ohmondieu n’avait pas un très grand appétit. Un morceau de viande et une tasse de lait pouvaient le satisfaire pendant deux ou trois jours.

De l’autre côté de la table, Carole attrapa une bouteille de vin d’une main et commença à se servir un verre.

À l’origine, Sylvie pensait que Carol allait boire tout le vin et ne lui laisserait pas une seule goutte. Il ne s’imaginait pas qu’elle pousserait vers lui le premier verre qu’elle avait servi en lui disant : « Bois ! »

Sylvie reçut le verre de vin en souriant avant de s’enquérir : « Il y a aussi une portion pour moi ? »

« Il est désagréable de boire seule. » Carol se servit aussi un verre de vin qu’elle avala cul sec.

Face à la vivacité de Carol, Sylvie buvait à petites gorgées. Un verre de vin qu’on aurait peiné à qualifier de grand lui prit cinq ou six gorgées à finir.

Carol jeta un regard à Sylvie. Bien que le visage de ce dernier eût rougi amplement, il ne semblait pas réagir bizarrement ou avoir les manières d’une personne ivre. Elle lui versa immédiatement un autre verre.

Les yeux de Sylvie s’élargirent, et celui-ci mangea rapidement un peu pour remplir son estomac avant d’oser continuer à boire. Qui aurait pu savoir que Carol lui servirait un troisième verre… Cependant, à ce moment précis, elle avait déjà descendu une bouteille entière.

« Il ne faut pas ! » Sylvie agita les mains, déclinant un verre supplémentaire. « Je ne peux boire que deux verres et absolument jamais un troisième ! »

« Tu ne peux boire que deux verres ? » Carol semblait un peu agacée en répliquant : « Pourquoi suis-tu une règle aussi stupide ? Est-ce que c’est LL qui te l’a interdit ? Maintenant qu’il est mort trop tôt, cesse d’être agaçant et bois ! »

Tenant le verre entre ses deux mains, Sylvie fit grise mine. Néanmoins, voyant que le visage de Carol s’était déjà assombri, il n’osa pas refuser de boire. Après un moment d’hésitation, il serra les dents, puis releva la tête et cala son verre en entier.

« C’est rafraîchissant de voir que tu commences à devenir un homme ! » Carol se servit un autre verre, puis leva la tête et l’avala d’un trait. Après avoir terminé son verre, elle s’aperçut que Sylvie avait toujours la tête levée et qu’il ne bougeait pas.

Constatant cette situation, elle leva un sourcil… Avec un « Bang », Sylvie s’effondra tête première sur la table.

Carol resta figée un moment et, voyant que l’autre ne bougeait toujours pas d’un pouce, elle l’appela : « Sylvie ? »

Sylvie ne réagit pas du tout.

« … »

Carol eut un sourire qui n’en était pas tout à fait un, pendant qu’elle parlait toute seule : « C’est donc vrai qu’il ne peut boire que deux verres. Il connaît bien sa capacité à tenir l’alcool. »

Après avoir fini le repas qui était sur la table, Carol prit le corps de Sylvie sur une épaule, attrapa leurs bagages et deux morceaux de pain avec l’autre main, et retourna dans la chambre de l’auberge. Une fois rentrée, elle jeta l’homme et son animal de compagnie — ou peut-être qu’ils étaient tous les deux des animaux de compagnie — sur le lit.

Par la suite, elle saisit son manteau rouge et s’enroula dedans, faisant même descendre le bord de sa capuche sur son visage. Ensuite, ainsi attifée, elle sortit de la chambre pour se rendre à la Guilde des Aventuriers.

En vérité, elle n’avait pas trop l’habitude de dissimuler son identité. Toutefois, il y avait vraiment trop d’abrutis dans ce monde, et elle croisait toujours des types cherchant à lui causer des ennuis. Par exemple, ils l’insultaient en la traitant d’efféminée… Oui, ils insinuaient littéralement qu’elle était une femme.

Ressemblait-elle réellement tant à un homme ? Elle portait simplement des pantalons, en plus d’avoir peu de poitrine !

Porter une jupe lui éviterait peut-être ce genre de situation. Cependant, concernant la chose appelée une jupe, elle avait déjà rompu les liens avec celle-ci depuis presque dix ans. Porter une jupe pour voyager serait vraiment trop difficile, sans mentionner qu’elle serait probablement traitée comme un travesti, ce qui engendrerait d’autres problèmes.

Que ce soit être suspectée d’être une femme ou être suspectée d’être un homme, les deux impliquent des ennuis ! Ni les vêtements masculins ni ceux féminins ne semblent convenir. Carol en fut un peu déprimée.

En arrivant à la Guilde des Aventuriers, elle se dirigea tout de suite vers le mur qui était couvert de requêtes.

Au cours du mois écoulé, depuis qu’elle avait appris la mort de LL, elle n’avait vraiment pas été en état de remplir la moindre mission et avait complètement cessé d’en prendre. La somme d’argent qu’il lui restait n’était pas très élevée, et les dépenses d’une personne supplémentaire s’étaient ajoutées, ce qui consistait une somme assez importante. Heureusement, Sylvie pouvait toujours compter sur son chant pour gagner au moins un peu d’argent, donc ils n’avaient pas à aller aussi loin que se priver de repas chauds. Néanmoins, elle ne pouvait pas continuer à se reposer sur Sylvie pour gagner de l’argent !

Carol parcourut le tableau du regard pour essayer de sélectionner une mission adaptée. En revanche, peut-être à cause de son emplacement isolé, il n’y avait pas beaucoup de missions disponibles. Si la récompense de la mission était trop faible, cela ne valait pas le coup. La majorité des missions restantes étaient des missions de garde du corps. Elle n’avait absolument pas envie de protéger quelqu’un. Un seul Sylvie me suffit, merci bien !

Après un long moment, elle réussit à sélectionner une mission de collecte de plantes pour laquelle la récompense était assez élevée.

« N’est-ce pas beaucoup trop d’argent pour simplement récolter des herbes ? » Carol fronça les sourcils, mais, après avoir vu l’emplacement approximatif des plantes, elle comprit pourquoi. Elles se trouvaient au plus profond de la forêt sur le territoire d’une race extrêmement xénophobe.

Carol prit le temps d’y réfléchir, puis déchira la requête de la mission. Se retournant, trois individus baraqués se tenaient juste devant elle. En regardant leur expression, elle comprit qu’ils n’étaient pas là par hasard.

Il y a vraiment trop d’imbéciles dans ce monde !

Toutefois, cette fois, Carol n’était pas impatiente. Elle était juste particulièrement de mauvaise humeur.

Ses poings se serrèrent.

La Reine Guerrière TPrologue#2 : Numéro 1 – Prologue

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La Reine Guerrière Prologue Tome 2 – 12 est le nombre

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


Chapter 1: Number, 1, Prologue – Traduit du chinois vers l’anglais par doza[PR!]
Chapitre 1 : Numéro 1 – Prologue – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta

Précédemment, dans La Reine Guerrière :

Afin d’honorer le dernier vœu de son maître, Lorenzo Louis, Sylvestre était parti à la recherche d’un ancien compagnon de son maître, une des deux épouses du Roi Sacré — la Reine Guerrière.

Avec de grandes difficultés, il était enfin parvenu à rencontrer la Reine Guerrière, qui utilisait maintenant le nom de Carol et voyageait à travers le monde.

Après l’avoir longuement harcelée et en ayant invoqué le nom de son maître, Sylvestre avait réussi à convaincre Carol de l’accepter comme compagnon de voyage, et maintenant ils voyageaient ensemble.

 

 

« Sylvestre ! »

Un rugissement traversa la forêt, faisant décoller d’innombrables oiseaux, terrifiant même de terribles bêtes féroces, les poussant à s’enfuir aussi loin qu’elles le pouvaient. La forêt originellement calme bascula soudainement dans la tourmente.

Sylvestre, habituellement raccourci à « Sylvie », se sentit lésé comme il s’aplatissait au sol, regardant par en dessous et lançant un regard respirant la misère avec ses yeux brillants. Ce truc était très efficace contre le sexe féminin. Chaque fois qu’il avait faim, tant qu’il affichait ce genre d’expression pour faire pitié, il était en général capable de rencontrer une femme qui se laissait attendrir et lui offrait un repas gratuit.

Malheureusement pour lui, la personne en face de lui était la femme la plus masculine qui soit. Ayant été par le passé la commandante de cinq mille hommes qui se battaient contre cinquante mille démons, la Reine Guerrière — mieux connue sous le nom de Carol — qui avait voyagé sous d’innombrables cieux avec ses deux épées, était pour le moment la compagne de voyage de Sylvie.

Néanmoins, le mot « compagnon » était en réalité un terme utilisé seulement par Sylvie… D’après le discours de Carol, s’il n’avait pas été le seul apprenti de son compagnon décédé, il aurait été abandonné sur le bord de la route depuis longtemps avec un panneau disant « Créature stupide. Évitez de ramasser » collé autour du cou.

« Dis-moi », hurla Carol. Combien de fois est-ce que tu t’es mis en danger depuis qu’on voyage ensemble ? »

Sylvie cilla et répondit : « La tr-tro… » Au début, il avait l’intention de répondre avec désinvolture que c’était la troisième fois, mais en observant les yeux de Carol remplis de flammes noires, il n’avait vraiment pas le courage de mentir sans ciller. En résultat, il répondit avec sincérité : « Probablement la trente-cinquième fois. »

« Tu en es sûr ? »

« …Si nous incluons les fois où j’ai glissé et presque dévalé un pan de la montagne, marché sur la queue d’un cobra, et volé du miel pour finir par être pourchassé par un essaim d’abeilles, alors je dirais qu’il s’agit de la trente-huitième fois. »

Carol ajouta froidement : « Maintenant, dis-moi, depuis combien de temps voyageons-nous ensemble ? »

« Je sais, je sais ! » Sylvie sourit très doucement. « Encore deux jours et cela fera un mois entier ! Allons-nous célébrer un peu ? Pourquoi ne pas nous rendre dans une taverne et commander un buffet ? Ce serait un peu extravagant, mais c’est une occasion unique de célébrer le mois écoulé depuis notre rencontre. Que penses-tu que nous devrions prendre ? Un morceau de gâteau est obligatoire, et ensuite, et ensuite… »

Non ! Si Sylvie n’avait pas été le seul disciple de son compagnon décédé, elle l’aurait déjà tué cent fois !

Le visage de Carol tressaillit, sa main posée sur la poignée de l’une de ses doubles lames rangées sur son dos, prête à l’attaque… Mais, après mûres réflexions, tuer cet abruti ne ferait que souiller sa lame ! Carol retira donc lentement la main, serra le poing, et grogna : « Boucle-la ou je te fais la peau ! »

Sylvie choisit avec intelligence de se taire immédiatement, croisant même ses deux index devant sa bouche pour former un « X ».

Carol respira profondément, essayant de se retenir. Calme-toi ! Calme-toi ! Peu importe à quel point ce type est stupide, bavard et inutile, c’est également l’unique apprenti de LL… LL, espèce de vieux salopard ! À quoi pensais-tu pour accepter un tel abruti ? Est-ce que ta compassion aurait débordé à cause de ton grand âge, et t’aurait poussé à vouloir t’occuper d’un imbécile fini ?

« Allons-y ! » Carol avait épuisé toute son énergie avant même d’avoir réussi à se calmer. Après s’être contentée de lâcher ces deux mots, elle repartit immédiatement, ne se souciant pas le moins du monde de savoir si la personne derrière serait capable de la suivre ou non… Ce serait encore mieux s’il n’arrivait pas à me suivre !

Il était vraiment dommage que, bien que la personne derrière elle ne fût bonne à rien, sa capacité à la suivre fût assez bonne. Malgré le fait que Carol ne fut pas en train de courir, son allure n’était pas lente pour autant, et Sylvie parvenait quand même à la suivre facilement.

Donc, avoir de longues jambes donne un tel avantage ! Carol jeta un regard derrière elle, confirmant que Sylvie la suivait en effet, deux pas derrière elle, et, à en juger par son expression détendue, ne trouvait pas l’allure difficile à suivre.

Après avoir marché un moment, Sylvie ne put finalement pas s’empêcher d’ouvrir la bouche pour demander : « Carol, comment allons-nous célébrer l’anniversaire de notre premier mois d’aventure… ? »

Carol, qui marchait devant, leva immédiatement la main droite avec les cinq doigts tendus, ceux-ci commençant à se replier lentement un par un, jusqu’à devenir un poing serré sur lequel des veines bleutées dilatées devenaient de plus en plus visibles.

Voyant cela, Sylvie n’eut pas d’autre choix que de fermer la bouche, chagriné, et de se contenter de murmurer intérieurement. Mais, nous n’avons qu’une seule chance de célébrer notre premier mois d’aventure ensemble ! Comment pourrions-nous ne pas célébrer cette date importante ? Vu que Carol a l’air très énervée, ferais-je mieux d’abandonner ? Ah ! Oh, nous pouvons toujours attendre jusqu’à l’anniversaire de notre deuxième mois, et nous célébrerions alors les deux anniversaires d’un seul coup…

« AAAAHHHH ! »

Nous y revoilà… En entendant le hurlement, Carol s’arrêta de marcher, certaine qu’elle allait devoir le sauver à nouveau, bien que dans son cœur elle n’aspirât qu’à le tuer.

Elle se retourna. Il n’y avait aucune trace de Sylvie devant elle. Baissant les yeux, elle pouvait le voir, s’accrochant au bord d’une fosse géante, de toute évidence un piège installé par des chasseurs. Cependant, il y avait une grosse pile de feuilles et de branchages répandue par-dessus, ce qui signifie que tant qu’une personne a des yeux et un cerveau, cette personne ne pouvait pas tombée dans un piège aussi évident… Néanmoins, l’idiot en face d’elle semblait avoir fait passer les deux par la fenêtre et s’était fait avoir, celui-ci la contemplant maintenant avec une paire de grands yeux bleus humides, implorants. Ces yeux sont si grands, et ils n’ont pourtant aucune utilité !

Elle s’accroupit, faisant face à ces grands yeux bleus, et demanda avec doute : « Comment as-tu réussi à survivre jusqu’à maintenant ? »

À ce moment-là, une grande balle de gelée jaune sortit la tête au niveau de la poitrine de Sylvie. Une personne bien renseignée devinerait d’un regard qu’il s’agissait d’un blob, sauf qu’un blob est normalement vert. Celui-là était doré, avec une décoration étrange sur la tête, et avait même deux petits yeux !

Son nom était Ohmondieu, c’était en référence à Dieu et correspondait à : « Oh mon Dieu ! Qu’est-ce que c’est que ça ? »

À ce moment précis, les petits yeux d’Ohmondieu étaient seulement à moitié ouverts, et il était clair qu’il venait juste de se réveiller.

« Ohmondieu, dépêche-toi de me remonter », s’écria Sylvie.

Les yeux d’Ohmondieu s’ouvrirent d’un coup. Il sauta de la poitrine de Sylvie jusqu’au sol, enroula sa queue autour du poignet de Sylvie et souleva Sylvie avec force.

Carol regarda tandis qu’Ohmondieu, qui n’était pas plus gros qu’une tête humaine, utilisait sa queue pour soulever Sylvie… Peut-être avait-elle fait une erreur en présumant qui était le maître et qui était l’animal de compagnie ?

Sylvie réussit enfin à sortir du trou. Il était entièrement couvert de boue et avait l’air épuisé, mais il leva la tête et sourit à Carol : « J’en suis sorti ! Je vais bien ! Je n’ai pas été blessé ! »

Le sourire de Sylvie était un peu entre celui d’un homme et celui d’un enfant. Quand elle l’avait vu pour la première fois, Carol avait assez apprécié ce sourire ; il contenait un peu de la sincérité d’un enfant, mais n’était pas sans le charme d’un homme. Mais maintenant, quand elle regardait ce sourire, elle éprouvait seulement une migraine incroyable.

Ce type n’est pas un homme du tout ; c’est assurément un enfant qui n’a pas fini de grandir !

Sylvie brossa la saleté présente sur ses vêtements, sortit un peigne pour le passer dans ses longs cheveux blonds. Après avoir rafraichi son apparence, il leva la tête et fit face à Carol avec un sourire, disant : « J’ai fini ! Allons-y ! Carol, si nous ne repartons pas, la nuit va tomber rapidement. »

Sous la lumière du soleil couchant, le sourire de Sylvie était encore plus étincelant et incomparable. Donc, il y avait quand même des avantages à être beau. Au moins, sa tolérance envers Sylvie avait été un peu augmentée grâce à cela, et elle serait donc probablement capable de résister à l’envie de tuer Sylvie encore quelques jours. Probablement.

« Hmm, allons-y. »

 

La Reine Guerrière TP1C7 : Entrelacées

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La Reine Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres

Roman d’origine en chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Chapter 7: Intertwined—traduit du chinois vers l’anglais pas CesiumBlack[PR!]
Chapitre 7 : Entrelacées – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Ils coururent tous les deux pendant une assez longue période de temps. Ce ne fut qu’en voyant que Silvestre cherchait désespérément son souffle, comme s’il était sur son lit de mort, que Manteau Rouge ralentit ses pas jusqu’à marcher.

Silvestre poussa un soupir de soulagement. Après avoir marché le long d’une section de la route et avoir retrouvé son souffle, il lâcha immédiatement : « Reine Guerrière, viens avec moi retrouver mon maître ! »

« Non ! » répliqua Manteau Rouge d’une voix forte.

Silvestre sursauta, mais n’avait pas l’intention d’abandonner aussi aisément. Après s’être donné autant de mal pour trouver la Reine Guerrière, il ne pouvait pas abandonner, quoi qu’il advienne !

« Ce n’est pas très loin d’ici, à seulement deux jours de voyage… »

Manteau Rouge cessa de marcher, ses iris noirs sondant le visage du barde. Elle répondit indifféremment : « Je n’irai pas voir LL avec toi. »

En entendant cela, Silvestre pencha la tête et demanda tristement : « Même s’il s’agit d’une tombe, tu n’es toujours pas d’accord pour y aller ? »

Manteau Rouge était sous le choc. Elle regarda en direction de Silvestre, se servant de ses yeux pour lui en demander silencieusement la confirmation. Son compagnon acquiesça d’un signe de tête.

Ce ne fut qu’après une très longue pause que Manteau Rouge força une courte phrase à sortir de sa bouche. « Comment est-il mort ? »

« D’une maladie », déclara honnêtement Silvestre. « Il y a deux ans, mon maître a attrapé la tuberculose et est mort après être resté cloué au lit pendant un mois. Son corps n’allait pas très bien dès le départ, et il toussait souvent de façon incontrôlable pour une raison que j’ignore… »

« C’était des blessures internes. » Manteau Rouge expliqua calmement : « Il avait précédemment souffert de blessures internes extrêmement graves. »

Silvestre écarquilla les yeux. Il n’était pas au courant de cela, présumant toujours que son maître avait toujours été malade. D’ailleurs, son maître ne lui avait jamais parlé de ce problème.

« Avant de mourir, mon maître voulait que je te retrouve. Il ne me laisserait hériter de sa harpe et ne me libérerait de mon devoir de chanter La Ballade de la Reine Guerrière pendant trois jours que si je te retrouvais et recevais une réponse. » Silvestre employa un ton implorant pour la supplier : « Que tu veuilles me donner une réponse ou pas, je t’en prie, viens au moins avec moi rendre visite à mon maître ! »

Manteau Rouge fut incapable de refuser cette requête d’aller montrer ses respects à un camarade décédé.

 

 

Alors qu’ils marchaient tous les deux à travers la forêt, Manteau Rouge était, à l’origine, satisfaite de simplement rester silencieuse et de suivre Silvestre, mais plus ils avançaient et plus elle songeait que quelque chose n’allait pas. Elle avait initialement cru que cette forêt n’était qu’un lieu à mi-chemin de leur destination, mais ils marchaient dans les environs depuis un long moment déjà. Ne me dîtes pas que c’est notre destination ?

« Tu n’as pas enterré LL dans une forêt, j’espère ? » Manteau Rouge agrippa rageusement Silvestre par le col, en grondant : « Si tu l’as enterré ici, il va être déterré et dévoré par des animaux sauvages ! Si la tombe de LL a été déterrée, c’est moi qui vais te creuser une tombe ! »

Silvestre s’empressa de nier : « Non, non, j’ai enterré mon Maître dans un très joli endroit surplombant la mer ! C’est juste que je dois d’abord aller retrouver Dieu, avant de rejoindre mon Maître ! Je me souviens de L’avoir posé sur un arbre dans cette forêt, mais pourquoi est-ce que je n’arrive pas à retrouver cet arbre… »

Le visage de Manteau Rouge était inexpressif.

Apercevant son visage vide d’expression, Silvestre pressentit que la situation avait pris une mauvaise tournure, alors il cria vite : « Dieu ! Où es-tu !? J’ai oublié où je t’ai laissé ! Sors vite ! »

« Même si un blob doré existait vraiment, tu t’imagines réellement qu’il t’aurait attendu dans cet arbre pendant tout ce temps ? »

« Évidemment ! » Silvestre hocha la tête avec confiance, en affirmant : « Sans moi, Dieu ne bougera pas d’un millimètre ! »

Bon sang, j’ai envie de te frapper jusqu’à-ce que tu sois celui qui ne peux pas bouger d’un millimètre ! Manteau Rouge était sur le point de perdre son sang-froid. Elle ignorait honnêtement où LL avait déniché un étudiant aussi ridicule.

« Aïe ! »

Le corps tout entier de Silvestre se retrouva soudainement plaqué au sol. Il lâcha quelques grognements de douleur, jusqu’à-ce qu’il entende Manteau Rouge dire : « Toujours pas debout ? Est-ce que tu as besoin que je te donne un coup de pied ou deux ? »

Normalement, ne devrait-on pas demander si la personne a besoin d’aide pour se relever ? Se sentant contrarié, Silvestre se remit debout. Cependant, il découvrit que sa tête était plutôt étrange.

« Oh non, ma tête est vraiment lourde ! Je crois que j’ai peut-être une commotion cérébrale ! »

Après qu’il eût fini de crier d’inquiétude, il remarqua que le regard de Manteau Rouge était en quelque sorte bizarre. En fait, on aurait dit que son regard n’était pas rivé sur lui mais plutôt au-dessus de sa tête… Il s’écria de surprise et de joie : « Ah ! Dieu, tu es revenu ? »

Manteau Rouge fronça les sourcils et regarda la chose sur la tête de Silvestre. Elle avait l’air du même blob régulier : un blob transparent et gélatineux qui ressemblait à de la gelée de fruit. C’était simplement que le blob n’était pas de l’habituelle couleur verte, mais plutôt d’une couleur dorée à la place. Elle ne s’attendait pas vraiment à ce qu’il y ait réellement un blob doré… Attendez, est-ce qu’il a des yeux ?

Malgré le fait qu’ils fussent très petits, tels deux graines de sésame suspendues à l’intérieur d’une gelée de fruit, ils avaient vraiment l’air d’yeux. Cependant, les blobs ne devraient pas avoir d’yeux. Qui plus est, il y avait même un design coloré brillant au centre de cette chose en forme de tas, qui ressemblait à un motif décoratif au premier coup d’œil.

En dépit de ce qu’était cette chose, il n’y avait aucune chance pour que ce fût un dieu, même si Silvestre le serrait dans ses bras en répétant encore et encore : « Dieu, c’est une bonne chose que tu ne te sois pas perdu ! », « Dieu, tu étais en forme ces derniers jours ? », « Hahaha, cesse de remuer, tu me chatouilles ! »

Si c’est un dieu, dans ce cas il y a un dieu dans chaque maison… gardé dans la niche du chien à l’extérieur !

« Dieu, voici une nouvelle amie ! Dis bonjour ! » Silvestre lui présenta Manteau Rouge.

« Dieu » voulut montrer une attitude amicale, donnant initialement l’impression qu’il voulait sauter sur elle. Toutefois, en voyant les yeux de Manteau Rouge remplis d’un avertissement qui semblait vouloir dire « Si tu oses t’approcher, je vais te transformer en chaire à pâté », « Dieu » retourna immédiatement dans les bras de Silvestre, se servant même d’une queue qu’il venait tout juste de sortir pour fermement se jeter sur son bras, refusant de saluer l’autre parti même sous menace de mort.

« Haha, Dieu est juste un peu timide ! » dit Silvestre en riant.

« Tu l’appelles Dieu ? » Manteau Rouge déclara d’un ton monotone : « Je vais lui donner un nouveau nom. À partir de maintenant, appelons-le Oh-mon-dieu ! »

« Oh-mon-dieu ? » Silvestre approuva d’un signe de tête : « C’est un très beau nom. Dieu est mon petit Dieu, après tout ! »

C’est « Oh-mon-dieu » comme pour : oh mon dieu, qu’est-ce que c’est que cette chose !? Manteau Rouge ne se donna pas la peine d’expliquer davantage, étant donné que la seule raison pour laquelle elle avait donné un nom à Oh-mon-dieu était pour empêcher Silvestre d’appeler un blob mutant « Dieu » à plusieurs reprises au milieu d’une cité, et afin d’éviter les problèmes que cela pourrait occasionner.

Manteau Rouge lui rappela de façon impassible : « Il se fait tard ! Nous devrions nous dépêcher. »

« Tu as raison ! »

 

 

« Nous y sommes, nous y sommes ! »

Ils atteignirent tous les deux leur destination dans la soirée le jour suivant, beaucoup plus rapidement que les deux jours prédits par Sylvestre. C’était évidemment dû à leurs deux styles de voyage excessivement différents. Silvestre s’arrêtait fréquemment pour observer des fleurs ou de l’herbe, mais Manteau Rouge, qui venait tout juste de recevoir les nouvelles de la mort d’un camarade, n’avait aucune inclinaison ou patience pour faire une telle chose.

Après avoir reçu des coups de pieds plusieurs fois, Silvestre n’avait plus tendance à s’arrêter fréquemment lui non plus.

Il y avait de l’herbe près du bord de la falaise. La vue était superbe, permettant aux gens de surveiller l’océan.

Malgré le fait que Silvestre eût dit que c’était à cet endroit, il n’y avait aucune pierre tombale. Manteau Rouge jeta un regard extrêmement peu amical à Silvestre.

Ce dernier désigna immédiatement du doigt le gros rocher qui ne se trouvait pas très loin, en disant : « Mon maître est enterré à côté de cette grosse pierre, parce qu’il ne voulait pas que je lui dresse une pierre tombale. Il souhaitait aussi être enterré directement dans la terre, ne voulant même pas d’un cercueil. Il a dit qu’une fois qu’on meurt, on doit retourner à la terre, et même si nous sommes mis dans un cercueil et recevons une pierre tombale, n’allons-nous pas pourrir de toute manière ? Alors, ça n’a aucun sens. »

Manteau Rouge regarda le rocher qui mesurait presque la moitié de la taille d’un homme, en même temps que des bribes provenant de l’explication de Silvestre étaient captés par ses oreilles. « Je craignais de ne pas retrouver son lieu de repos, alors je l’ai enterré à côté de cette grosse pierre. »

Manteau Rouge hocha la tête, étant donné que d’être enterré directement dans la terre sonnait vraiment comme quelque chose que LL préférerait. Elle marcha en direction du large rocher…

« Tu marches déjà sur mon maître », fit remarquer Silvestre.

Manteau Rouge recula de deux pas, inexpressive, et baissa la tête en fixant le sol du regard.

« Hum, je crois que tu lui marches toujours sur les pieds », affirma Silvestre, un peu à contrecoeur.

« Dans ce cas, laisse-le se faire marcher dessus ! » Manteau Rouge cria soudainement avec colère : « Il le mérite de toute manière ! Pour ne même pas m’avoir dit qu’il était mourant, cet enfoiré ! »

Silvestre n’osa pas faire le moindre bruit.

Après avoir hurlé, Manteau Rouge se tut et, durant un long moment, ne prononça pas un seul mot. Elle resta ainsi pendant si longtemps que Silvestre commençait à somnoler. Il avait vraiment trop repoussé ses limites durant leur voyage hier soir et aujourd’hui, et il était si fatigué qu’il pourrait s’asseoir sur le sol et tomber sur-le-champ endormi…

« Lorenzo, tu te trompais. »

La phrase murmurée réveilla Silvestre. En fait, c’était plutôt surprenant à quel point il était alerte en ce moment, regardant fixement le dos de Manteau Rouge avec anxiété.

« Quand tu m’as demandé si j’aimais toujours Lancel, je ne t’ai pas répondu. Peut-être que je l’aimais encore, mais, alors que j’empêchais le massacre fait par les démons, certainement, la majorité du temps je ne faisais que prier afin qu’il n’y ait pas de brèche dans le col de la montagne, et afin que les soldats à mes côtés vivent suffisamment longtemps pour voir un autre jour. Oublie l’idée de recevoir des nouvelles du mariage de Lancel, même si ça avait été des nouvelles de sa mort, j’ai bien peur que j’aurais tout de même seulement été capable de me soucier de savoir s’il y avait suffisamment de gens pour apporter leur soutien sur les lignes de front ou trouver comment mieux protéger le col.

« Honnêtement, je ne suis pas faite pour parler d’amour. »

Même si la racine de toute cette histoire était en fait l’amour, en fin de compte, cette raison initiale n’a plus d’importance… En songea à cela, Manteau Rouge lâcha un rire auto dépréciatif.

« Dans ce cas, que désires-tu faire après tout cela ? » s’enquit tranquillement Silvestre, profondément inquiet à l’idée de mettre en colère Manteau Rouge qui s’adressait présentement à un vieil ami.

Manteau Rouge devint silencieuse, puis ouvrit la bouche : « Je désire contempler le ciel, la liberté ; c’étaient les rêves que j’avais à l’origine et que j’avais oubliés pendant trop longtemps : le désir d’explorer chaque parcelle de ce monde. »

Finissant de parler, elle observa silencieusement le gros rocher, les yeux remplis de chagrin. Elle ne pouvait s’empêcher de regretter qu’elle n’eût pas clarifié ses intentions ce jour-là, provoquant un malentendu qui n’avait toujours pas été éclairci. Néanmoins, ils étaient déjà séparés par la mort…

Silvestre s’agenouilla sur le sol et se mit à creuser comme s’il voulait déterrer LL. Ceci força Manteau Rouge à n’avoir pas d’autre choix que de mettre ses inquiétudes de côté, serrant les dents en demandant : « Qu’est-ce que tu fabriques ? »

Silvestre répondit sur un ton de voix joyeux : « Je déterre la harpe ! J’ai enfin obtenu une réponse au bout de nombreuses difficultés, alors je peux enfin hériter de la harpe de mon maître. »

La harpe ? Manteau Rouge ne poursuivit pas la conversation, l’observant silencieusement pendant qu’il déterrait une boîte en bois. Lorsqu’il l’ouvrit pour voir ce qu’il y avait à l’intérieur, il y trouva effectivement une harpe, l’arche de l’instrument de musique décoré avec des gravures dorées et des joyaux verts.

La harpe était très familière à Manteau Rouge, étant donné qu’elle était le trésor de Lorenzo. Il était évident qu’elle était maintenant devenue le trésor de quelqu’un d’autre. Silvestre la contempla comme il contemplerait une amante, et il y avait tant d’émerveillement dans ses yeux qu’ils semblaient sur le point de déborder. Même quand « Dieu » tendit un bras gélatineux doré pour y toucher, il reçut une tape sur la main de la part de Silvestre, ne Le laissant pas la salir.

« Puisque tu aimes cette harpe à ce point, pourquoi ne l’as-tu pas prise tout suite après la mort de LL ? »

Silvestre répondit naturellement : « Je ne le pouvais évidemment pas ! J’avais déjà promis à mon maître que je ne prendrais la harpe que lorsque j’aurais reçu une réponse à la question ! »

Manteau Rouge sourit et déclara calmement : « Ton maître était idiot, mais tu es encore plus stupide qu’il ne l’était ! »

« Oui ! » Silvestre dit tout heureux : « Mon maître m’a même dit que, si je n’avais pas été aussi idiot, il ne m’aurait jamais pris comme apprenti. Il m’a également appris que ce que la Reine Guerrière déteste le plus ce sont les gens malins ! Elle a un jour dit à ces gens malins : “Vous pouvez continuer à vous servir de votre intelligence pour les choses sans importance ; je n’écouterai même pas une seule des inepties que vous raconterez de toute manière ! Suivez mes ordres ou goûtez de ma lame en premier, faîtes votre choix !” »

« Je ne suis pas la Reine Guerrière. » Manteau Rouge lâcha sans enthousiasme : « Du moins, plus maintenant. »

En entendant la première phrase, Silvestre resta sous le choc l’espace d’un instant, mais après avoir entendu la dernière… « Du moins, plus maintenant » ? Comme elle ne l’est plus, cela veut donc dire qu’elle l’était auparavant, n’est-ce pas ?

Silvestre commença à sourire, saisissant sa chance pour la questionner : « Si tu n’es pas la Reine Guerrière, comment devrais-je t’appeler ? »

Manteau Rouge demeura sans réaction pendant un moment, mais répondit tout de même : « Je porte plusieurs noms. Lame-dansante Dragon était celui que j’utilisais le plus souvent, par le passé, mais je ne veux plus m’en servir à présent. Hmmm… Tu peux simplement m’appeler Carol. »

« Dansante ? Une lame dansante, comme dans une danse ? Et ton nom de famille est Dragon ? C’est un nom de famille très inhabituel. » Silvestre était cependant très curieux au sujet des origines du nom Lame-dansante.

Carol lui jeta un rapide regard de surprise dissimulée, décrétant : « Tu es la première personne à bien comprendre, vu que Lame-dansante est en vérité un nom qui m’a été donné par les elfes. Cependant, tous ceux qui l’entendent présument toujours qu’il fait référence à une lame brandit lors d’une bataille, alors plus tard j’ai employé directement Lame-guerrière à la place. »

« Tu as vu des elfes ? » Silvestre en fut jaloux au point que ses yeux sortirent presque de leurs orbites. Ces elfes, magnifiques mais n’existant pourtant que dans les légendes, étaient assurément la race que tous les bardes voyageurs avaient le plus envie de voir.

« Il y a longtemps. » La réponse brève de Carol indiqua clairement qu’elle n’avait pas envie de fournir une explication.

« Peux-tu.. » Me dire qui t’a donné le nom de Carol ?

« Non. » Carol lui coupa la parole d’un seul mot.

« Je n’ai encore rien dit ! » protesta sur-le-champ Silvestre.

« J’ai dit non. »

« Pas même une seule chose ? »

« Non. »

« Dans ce cas, est-ce que je peux arrêter de te suivre ? »

« Non. » Après que Carol eût répondu par réflexe, elle le fixa d’un regard vide pendant un moment, puis fronça les sourcils à l’intention du barde.

Silvestre laissa paraître un sourire qui était si doux au regard qu’il semblait pouvoir attendrir le coeur de n’importe quelle femme. Il dit ensuite : « Ainsi, je ne peux pas arrêter de te suivre ? Dans ce cas, je n’ai pas d’autre choix que de te suivre ! Je suis ravi de faire ta connaissance, Carol. Je m’appelle Silvestre Uriah Nate, et je veux devenir le plus grand barde voyageur au monde ! »

En entendant ce nom vire-langue, Carol déclara calmement : « Oh, alors c’est Sun (S.U.N) ? Pas mal, c’est plutôt facile à retenir. »

« …Tu peux m’appeler Silvestre. »

« Sun, il se fait tard. Nous devrions y aller maintenant. »

« Si ce n’est pas assez court, tu peux m’appeler Silvie… Attends ! Que viens-tu de dire ? Nous devrions y aller maintenant ? Tu veux dire que je peux vraiment te suivre ? Carol, ne marche pas si vite, attends-moi ! »

La Reine Guerrière TP1C6 – Lumière et Ténèbres partie 6

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Femme Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres

Roman version d’origine en chinois par –   (Yu Wo)
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Chapter 6: Light and Shadow Part 6 – Traduit du chinois vers l’anglais par Azakura[PR!]

Chapitre 6 : Lumière et Ténèbres Partie 6 – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ travail de vérification par Nocta

Cent pièces d’or ? Tout le monde présent dans la salle était complètement sous le choc. Un à un, ils se tournèrent vers la personne qui avait parlé. Sylvestre ne fit pas exception. Il regarda droit vers cette personne, et ce fut avec une immense joie et surprise qu’il s’écria : « Manteau Rouge ! »

Un manteau d’un rouge écarlate particulièrement vif apparut sur le pas de la porte. Cette entrée excessivement dramatique laissa momentanément perplexe chaque personne présente dans la salle. Seul l’hôte de la vente aux enchères, l’homme obèse, paraissait un peu alarmé par la situation. Il connaissait plutôt bien chacune des personnes qui venaient lui acheter des esclaves, et pourtant il n’avait jamais vu cet homme au manteau rouge.

L’homme obèse balaya rapidement la salle du regard. Il manquait en effet quelques familles nobles, certaines d’entre elles faisant partie de celles qu’il ne pouvait vraiment pas se permettre d’offenser. Et si cet individu était envoyé par l’une de ces familles ? Il n’osa pas le moins du monde provoquer cette personne, donc il continua de parler d’un ton très respectueux.

« Puis-je demander si vous possédez une invitation, messire ? »

Manteau Rouge sortit sa main de sous son manteau pour défaire le ruban qui fermait son vêtement, permettant ainsi au manteau de glisser et tomber sur le sol. Sa véritable apparence fut alors enfin révélée.

Sa silhouette était grande et élancée, ses jambes étaient longues, et sa taille était fine. Les proportions de son corps, contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre, ressemblaient à celles d’une femme, sauf qu’il n’y avait pas de courbes distinctes au niveau de sa poitrine. Donc, il pouvait aussi bien s’agir d’une femme avec peu de poitrine que d’un homme avec de puissants pectoraux. Néanmoins, à cause de son visage ovale et de ses traits plus fins et délicats que ceux du mâle moyen, une accablante majorité de personnes penseraient que la personne devant eux était une femme… si ce n’était pour ses yeux.

Ses yeux noirs, dans lesquels brûlait une rage meurtrière, ne ressemblaient en rien à ceux d’une femme. Au contraire, ils ressemblaient davantage à ceux d’un ancien général d’armée qui aurait tué d’innombrables personnes. Une fois que vos yeux avaient rencontré les siens, sa silhouette, sa taille, ses proportions corporelles, son visage ovale et ses traits délicats étaient totalement oubliés. Il suffisait de voir cette paire d’yeux noirs pour savoir que cette personne était un homme.

« Pour enfreindre la loi en vendant des esclaves en privé et même arrêter de force des citoyens, n’avez-vous donc aucun scrupule, gouverneur ? »

Quand cet individu eut terminé de parler sur un ton glacial, le visage de toutes les personnes présentes avait changé de couleur, et l’homme obèse… non, on doit s’adresser à lui comme le gouverneur maintenant. Son visage était blanc comme un drap. Il tenta de se défendre aussi vigoureusement que possible : « Que…Qui êtes-vous ? N’essayez pas d’influencer qui que ce soit avec vos calomnies ! Nous nous sommes simplement rassemblés afin d’échanger les esclaves que nous possédons déjà ! »

Les esclaves causèrent immédiatement un tumulte, réfutant les uns après les autres les propos du gouverneur.

« Bien sûr que non ! »

« Nous avons été enlevés et amenés ici ! »

« Nous ne sommes pas des esclaves ! »

Le gouverneur s’exclama promptement : « Il y a de nombreux aristocrates présents dans cette pièce, et je suis le gouverneur de cette cité. Allez-vous croire ce que nous disons ? Ou irez-vous jusqu’à écouter les mensonges de ces misérables paysans ? »

Manteau Rouge ne lui accorda pas la moindre attention. Il pointa Sylvestre du doigt et lui ordonna : « Toi, raconte-nous ce qu’il s’est passé jusqu’à maintenant. »

Assistant à cette scène, Cale fut saisi de stupeur. Il avait une vague idée de ce qu’il se tramait, donc ses yeux ne contenaient plus d’animosité envers Sylvestre quand il le regardait. À la place, on pouvait y voir poindre un zeste d’amusement… Il est très rare de rencontrer un agent sous couverture à ce point inutile.

Sylvestre relata les événements en débordant de confiance : « Ils ont capturé des gens qui ne sont pas volontaires pour les vendre comme esclaves durant cette vente aux enchères. »

L’expression faciale du gouverneur se contorsionna de manière si affreuse qu’on aurait difficilement pu imaginer un visage plus laid. Cependant, il tenta tout de même de crisper un sourire en disant : « Cet esclave est en réalité très désobéissant, c’est pourquoi son propriétaire l’a amené ici afin de l’échanger pour en obtenir un qui soit un peu plus obéi— »

« Cet homme est l’un de mes serviteurs », l’interrompit Manteau Rouge au milieu de son discours. « Mais, vous l’avez fait prisonnier, ce qui m’a obligé à le chercher pendant deux jours ! »

Le gouverneur fut saisi de stupeur. Il grogna : « En fait, il s’agit juste d’une tentative flagrante de ramener gratuitement un esclave chez vous ! »

Manteau rouge ignora l’accusation et, à la place, se tourna vers Sylvestre. Il lui commanda : « Sors ton insigne pour le leur montrer ! »

Mon insigne ? Sylvestre le fixa d’un regard vide, mais, puisqu’il ne possédait qu’un seul insigne, il le sortit d’une poche intérieure de ses vêtements. Il s’agissait de l’insigne de la rose blanche du barde impérial !

Tout le monde resta bouche-bée, les yeux rivés sur l’insigne en forme de rose. Pendant un moment, personne n’osa croire que l’insigne de la rose blanche du Roi Sacré pouvait réellement apparaître dans un endroit pareil.

Le gouverneur, qui se tenait juste à côté de Sylvestre, était celui qui pouvait la voir la plus distinctement. Les gravures sur l’insigne étaient dessinées de façon si délicate et si gracieuse qu’il ne pouvait en aucun cas s’agir d’un faux.

Maintenant que j’y pense, j’aurais sans doute pu me libérer si j’avais sorti mon insigne quand je me suis fait capturer… Alors qu’il observait les expressions faciales des personnes dans l’assistance passer de la surprise à l’effroi, Sylvestre se sentit soudainement un peu sot.

Au même moment, le gouverneur comprit qu’il lui était impossible de plaider l’innocence plus longtemps. Le regard fuyant, il s’aperçut que la foule regardait dans toutes les directions dans l’espoir de trouver une issue, comme s’ils voulaient s’enfuir. Après tout, s’ils parvenaient à s’échapper, personne ne serait en mesure de les accuser du moindre crime. En fin de compte, seul le gouverneur n’avait nulle part où s’enfuir !

Le gouverneur se tourna vers le capitaine de la milice et s’écria : « Si le Roi Sacré entend parler de cette affaire, nous sommes tous morts ! Cet homme est seul. Il suffit de le tuer, et tous nos problèmes seront réglés ! Gardes, à l’attaque ! »

Si cet individu mourait, tous ceux présents n’auraient pas d’autres choix que de contribuer à dissimuler ce crime. Le gouverneur songea qu’il avait élaboré le plan parfait : s’ils devaient survivre, ils survivraient tous ensemble ; s’ils devaient couler, ils couleraient tous ensemble !

Acheter des esclaves était une chose. Laisser un des hommes du Roi Sacré se faire tuer sans réagir en était une autre. Si les deux individus liés à l’insigne mouraient, aucune personne dans la salle ne serait disculpée du crime !

Le capitaine de la patrouille était désemparé et ne savait plus ce qu’il se devait de faire. Aider à capturer des gens pour les vendre comme esclaves lui rapportait une bonne commission, alors il était plus que prêt à s’en charger. Cependant, il n’avait pas le cran de tuer le détenteur d’un insigne de la rose blanche.

« Attaquez-les, bon sang ! » La bouche du gouverneur en était déformée par la rage. Il fustigea vigoureusement le capitaine : « S’ils s’échappent d’ici, il nous sera impossible de nous en sortir ! C’est la peine capitale qui nous attend tous ! »

La peine capitale… Une fois ces trois mots prononcés, le capitaine de la milice rassembla immédiatement son courage. Si je les tue et me fais prendre, c’est la mort qui m’attend. Si je ne les tue pas, je mourrai assurément… Autant risquer ma peau !

Le capitaine de la milice se tourna vers ses hommes pour hurler : « Vous avez entendu ? Bougez-vous et tuez-les ! Si chaque personne leur porte un coup, ils finiront bien par périr ! »

Au même moment, Cale se précipita vers Sylvestre et le jeta à bas de l’estrade. Il cria ensuite aux autres esclaves : « Vite, protégez-les ! S’ils meurent, on nous faire taire également ! »

De toute évidence, les esclaves n’avaient aucun problème à obéir à Cale. Après avoir reçu ses ordres, ils se rassemblèrent désespérément autour de Sylvestre pour le dissimuler à la vue des autres. Néanmoins, comme Manteau Rouge était beaucoup plus loin, et que la patrouille de la cité fonçait droit vers lui, c’est avec impuissance que les esclaves ne purent qu’observer la scène, alors qu’on dégainait épée après épée pour les pointer sur Manteau Rouge.

Cale était si inquiet qu’il avait presque arrêté de respirer. Toutefois, quand il se retourna, il remarqua que Sylvestre ne semblait pas le moins du monde inquiet pour son allié et qu’il arborait au contraire une expression plutôt excitée, comme s’il brûlait d’impatience que le spectacle commence… L’esprit de Cale tournant à plein régime, il pouvait comprendre une chose : se débarrasser de la personne au manteau rouge ne sera pas chose aisée.

Vite ! Dépêchez-vous de charger ! Manteau Rouge n’hésitera pas à vous massacrera et à vous réduire à l’état douloureux et misérable de pulpe sanglante ! Sylvestre était si ravi que la patrouille de la cité fût sur le point de faire face à l’infortune de se battre contre Manteau Rouge qu’il faillit pousser des cris d’encouragement !

Une épée s’abattit sur la tête de Manteau Rouge pour la trancher. Cependant, Manteau Rouge ne daigna même pas lui accorder un regard. Manteau Rouge leva le bras pour attraper la main armée du garde et se servit alors de son autre main pour frapper le garde en plein ventre. Le tout se déroula si rapidement que le coup parut presque invisible. Le garde avait alors été propulsé vers arrière avant que quiconque ait eût le temps de s’en apercevoir.

Bien qu’il eût des dizaines d’adversaires à affronter, chacun armé d’une épée, Manteau Rouge ne paraissait pas du tout s’en inquiéter. Aussi détendu que s’il prenait tranquillement un verre, il envoyait valser d’un coup de poing chacun de ses assaillants.

Assistant à cette scène, Cale eût l’impression que ses yeux étaient sur le point de sortir de leurs orbites. D’où tire-t-il une force pareille ?

« Quel… »

Cale jeta un regard en biais à Sylvestre. Il se doutait plus ou moins de ce que ce dernier allait dire. Quelles capacités extraordinaires ! Quels mouvements superbes ! Quelle démonstration grandiose de puissance ! Ce serait quelque chose de ce genre, n’est-ce pas ?

« …style de combat ennuyeux ! » dit Sylvestre, l’air considérablement déçu.

Il avait cru qu’il aurait enfin la chance d’admirer la force considérable de Manteau Rouge ainsi que sa puissance divine. Il pensait que Manteau Rouge aurait manié sa lame à la vitesse de la lumière, que chaque mouvement aurait émis un sifflement de vent, pour ensuite envoyer ses adversaires dans la stratosphère, et que le tout se serait terminé avec une explosion d’aura de combat si forte qu’elle aurait fait s’écrouler le bâtiment ! Mais, en fin de compte… Manteau Rouge ne se préoccupait pas de la fierté des gardes et se contentait de se battre avec ses poings. Il n’employait même pas de feintes. Il agrippait simplement la main armée de son adversaire et l’envoyait au tapis d’un unique coup de poing. C’était ennuyeux à mourir.

« Ennuyeux ? » Cale trouva cette situation difficile à croire, tandis qu’il répliquait : « Qu’est-ce qui cloche chez toi ? Sa technique de combat est simple et efficace. Elle est purement létale ! »

« Une technique létale, dis-tu ? » demanda Sylvestre avec curiosité.

Cale acquiesça et expliqua : « S’il balançait des épées à la place de ses poings, chaque coup porté reviendrait à une vie perdue ! On peut voir tout de suite que ce type a dû faire partie de l’armée ! »

Bien sûr ! Et il tenait même le plus haut grade de toute l’armée ! Après tout, Manteau Rouge est la Reine Guerrière qui a mené une armée pour anéantir la race des démons ! »

Comme il était le seul à connaître la véritable identité de Manteau Rouge, Sylvestre ressentait une fierté incommensurable. Il avait depuis longtemps oublié que Manteau Rouge n’avait jamais admis être la Reine Guerrière.

Après que Manteau Rouge eut fait mordre la poussière au cinquième ou sixième garde – en à peine quelques secondes – les autres gardes n’osèrent plus l’attaquer. Même ceux qui s’étaient dirigés vers les esclaves s’étaient immobilisés comme s’ils craignaient qu’un seul mouvement pût provoquer l’ire de cet étrange individu qui avait neutralisé les autres gardes d’un seul coup de poing.

Pendant que tout le monde contemplait silencieusement Manteau Rouge, et que personne n’osait bouger d’un millimètre, Manteau Rouge hurla quelque chose à laquelle personne ne s’attendait.

« Barde, allons-y ! »

Sylvestre le fixa d’un regard vide. Nous partons déjà ? Mais, je n’ai pas encore eu droit à mon spectacle !

 

 

Manteau Rouge était empreint d’une immense fureur, tandis qu’il faisait face au gouverneur et s’exclamait : « Je suis la Reine Guerrière ! Comment osez-vous tenter de porter la main sur moi ! »

En entendant cela, le gouverneur fut terrorisé au point qu’il tomba à genoux pour implorer grâce : « Vous… Non… que dis-je ! Ma Dame ! Vous êtes la Reine Guerrière ? La célèbre Reine Guerrière qui a anéanti la race des démons ? »

Manteau Rouge … Non. On doit s’adresser à elle comme la Reine Guerrière. Elle rit froidement et clama : « C’est moi ! »

Le gouverneur s’écria avec désespoir : « J’ai eu l’audace d’agresser le Reine Guerrière… Mon crime ne saurait être pardonné que par cent mille morts ! » Il s’évanouit alors et s’effondra au sol.

La Reine Guerrière jeta un regard de dégoût au gouverneur, puis se tourna pour regarder Sylvestre. L’expression sur son visage était beaucoup plus gentille, et son ton était beaucoup plus chaleureux alors qu’elle s’adressait à Sylvestre.

« Sylvestre, c’est entièrement grâce à toi, qui as risqué ta vie en revenant comme agent sous couverture, que nous avons réussi à l’arrêter sur place. Dans le cas contraire, il nous aurait très probablement échappé. »

« Ce n’était pas grand-chose ! » Sylvestre sourit humblement et dit avec une élégance inégalée : « Nul besoin de le mentionner, c’était un si petit problème. D’une simple requête de la Reine Guerrière, je braverais même les fournaises de l’enfer et les courants déchaînés. Moi, Sylvestre, ne pourrais en aucun cas décliner une… »

 

 

« Aaaaaah ! Aaaaïïïïe ! Aaïïe ! Aaaaaaaaaaaaaaïïïïïeeeee ! »

Quand Sylvestre eut regagné ses esprits, Manteau Rouge retira ses deux doigts. D’après son expression faciale et sa position, elle paraissait totalement innocente. Personne n’aurait pensé qu’elle venait de pincer les joues de quelqu’un.

« Pourquoi m’as-tu pincé les joues ? » Sylvestre se sentait terriblement vexé, au point que deux larmes tombèrent de ses yeux et coulèrent le long de ses joues.

« On doit y aller. Quelqu’un va vite venir nettoyer ce bazar. » Évidemment, Manteau Rouge ne lui révéla pas que la véritable raison était que son expression lui donnait envie de le frapper. Elle se contenta de jeter un bref regard en disant : « Tu peux rester ici si tu veux. »

« N-Non ! Je viens avec toi ! » répondit précipitamment Sylvestre. Il avait réellement peur que Manteau Rouge l’abandonne ici. Il ne savait pas non plus combien de temps il lui faudrait pour la retrouver.

Ah, oui ! Sylvestre tourna la tête pour regarder Cale. Peu importe à quel point il y réfléchissait, il n’arrivait pas à trouver quoi dire à l’autre partie. Il se contenta finalement d’un simple : « Au revoir Cale. À la prochaine ! »

Cale fixa Sylvestre un instant. Puis, il tourna soudainement les talons et s’enfuit, se glissant dehors plus rapidement que Manteau Rouge et Sylvestre.

L’instant suivant, depuis l’extérieur résonnèrent des bruits de pas qui ne ressemblaient pas à ceux émis par une foule ordinaire.

Manteau Rouge attrapa subitement Sylvestre dans ses bras et sauta par la fenêtre pour s’échapper en un éclair.

Au même moment, les personnes restantes dans la salle reprirent brusquement leurs esprits et tentèrent également de s’échapper, mais il était déjà trop tard. La porte d’entrée fut enfoncée et…

« La division chargée de l’application des lois est là pour s’occuper de cette affaire. Personne n’est autorisé à bouger. Quiconque osera tenter de s’enfuir sera exécuté sans poser de questions ! »

Reine Guerrière TP1C5 – Lumière et Ténèbres partie 5

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Femme Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres

Roman version d’origine en chinois par – 御 我 (Yu Wo)

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Chapter 5: Light and Shadow Part 5 – Traduit du chinois vers l’anglais par Azakura[PR!]
Chapitre 5 : Lumière et Ténèbres Partie 5 – Traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ travail de vérification par Yukomin

Au moment où Sylvestre parla, Manteau Rouge lui couvrit la bouche et s’approcha de son oreille pour murmurer : « Ne dis rien. Hoche la tête en réponse. Me fais-tu confiance ? »

Sylvestre cligna plusieurs fois des yeux. Quand il entendit la question de Manteau Rouge, il acquiesça immédiatement en hochant la tête comme s’il martelait de l’ail. Mais, par la suite, il réalisa qu’il n’avait absolument aucune base sur laquelle fonder sa confiance en Manteau Rouge. Il ne connaissait pas le vrai nom de l’autre parti, et il n’avait pas non plus vu son visage une seule fois… Sans mentionner le fait qu’il n’était même pas sûr de quel sexe était Manteau Rouge.

« Suis-moi. »

Manteau Rouge lâcha Sylvestre, puis se retourna pour quitter le sous-sol. Sylvestre s’empressa de le suivre et jeta un regard en arrière pour observer le reste du groupe avant de partir. Tout le monde dormait comme des morts. Même Cale, qui était supposé être de garde, s’était lui aussi endormi. Sylvestre ne saurait dire si c’était parce qu’il était vraiment épuisé ou si Manteau Rouge en était la cause.

Si Manteau Rouge est vraiment la Reine Guerrière, je la supplierai assurément de revenir pour vous aider, les amis. Sylvestre s’en fit la promesse.

 

 

De bruyantes explosions retentirent l’une après l’autre. Cale s’était immédiatement réveillé à la première explosion sonore, mais sa réaction n’était pas assez vive. Quelqu’un fracassa la porte du sous-sol d’un coup de pied, et cette dernière s’écrasa par terre. Cale leva la tête, uniquement pour apercevoir un bout de l’uniforme noir que l’équipe de patrouille portait. Son cœur sombra lorsqu’il comprit que, cette fois, leur tentative de fuite s’était vouée en échec.

Pourtant, il y avait toujours une chose qu’il ne comprenait pas. Comment l’équipe de patrouille est-elle parvenue à trouver cet endroit en un si court laps de temps ?  

Même si cette ville n’est pas vraiment grande, elle reste d’une taille considérable. De plus, ils ne peuvent pas mener des fouilles ouvertement en public. Alors, comment ont-ils découvert la porte secrète cachée dans le plancher avec une telle facilité et rapidité ? 

Il croyait difficilement que l’équipe de patrouille, qui était si paresseuse qu’elle avait laissé l’endroit sans surveillance pendant une demi-heure au moment de la relève, pouvait être experte en recherche de fugitifs.

« Sortez d’ici, vous tous ! Le premier à traîner derrière sera fouetté ! Foutue bande de bons à rien ! À cause de vous je me suis fait engueuler par le seigneur de la ville ! »

La couleur sur le visage des esclaves était celle de la cendre. Certains affichaient des mines si abattues que c’était comme s’ils faisaient face à une mort certaine. Ils grimpèrent hors du sous-sol un par un, et comme ils s’y étaient attendus, ils reçurent une série de coups.

Le capitaine de la patrouille s’adressa à eux avec des paroles grossières : « Bon sang, si ce n’était pas du fait que la vente aux enchères a lieu demain et que le seigneur de la ville nous a ordonné de ne pas y aller trop fort avec vous, je vous aurais tous battus à mort ! »

En dépit de l’ordre du seigneur de la ville, l’équipe de patrouille leva quand même la main sur les esclaves de temps en temps. De toute façon, voyant que les esclaves arboraient déjà un bon nombre de blessures, tant qu’ils ne les estropiaient pas, ils pouvaient toujours satisfaire leur seigneur.

« Sylvestre ? »

Cale fut choqué de voir un visage qu’il connaissait parmi les gardes. Il réalisa immédiatement pourquoi les gardes étaient parvenus à les retrouver si facilement…

Sylvestre les avait trahis !

Cale rugit : « Je vais te tuer ! » Puis, immédiatement, il bondit dans la direction de Sylvestre avec une expression semblable à celle d’un fou. Cependant, il fut aussitôt plaqué au sol par plusieurs gardes.

Terrifié, Sylvestre recula de plusieurs pas. Il adoptait normalement une attitude décontractée et n’avait pas pour habitude de provoquer de fortes animosités ; c’est pourquoi c’était la première fois qu’il voyait une personne diriger une haine aussi vicieuse sur lui.

« Capitaine, nous avons fini de les restreindre ! » rapporta un garde d’une voix forte.

Le capitaine de la patrouille éclata d’un rire malicieux, tandis qu’il adressait un reproche à ses subordonnés. « Vous avez fini ? N’importe quoi ! Tu ne sais donc pas comment faire les choses ? Tu vois ce gigolo qui est encore là ? Ligote-le avec le reste ! »

L’équipe de patrouille rit à l’unisson et s’approcha du gigolo dont leur chef venait de parler.

Sylvestre les fixa du regard, sous le choc. Il s’empressa de s’y opposer avec frénésie : « Attendez ! N’aviez-vous pas promis de me laisser partir si je vous disais où les autres étaient cachés ? »

Le capitaine de la patrouille rit à gorge déployée. « Quand est-ce que j’ai dit ça ? Tu ferais mieux de ne pas raconter de telles conneries ici ! »

Un membre de la patrouille tordit les mains de Sylvestre derrière son dos et enroula une corde autour d’elles. Sylvestre n’osa pas protester. Il se contenta de crier mélancoliquement avec des larmes dans les yeux : « Vous me l’aviez clairement promis ! Comment pouvez-vous revenir sur votre parole ? »

Cale renifla : « Comme ça, il est revenu sur sa promesse. Qu’est-ce que tu peux y faire ? Tu l’as vraiment cru ? J’imagine que ta tête est pleine de m**** après tout ! »

Sylvestre baissa la tête. Même s’il se sentait profondément incompris, il n’osa pas en réfuter la moindre ligne.

« Enfermez ce type dans une cellule séparée pour l’épargner de se faire dépecer par les autres détenus. Si un seul d’entre eux meurt, le seigneur de la ville ne nous le pardonnera pas ! » Le capitaine de la patrouille sourit malicieusement : « Mais, ne l’enfermez pas trop loin. Nous ne voudrions pas que ce gigolo se sente seul. Enfermons-les dans des cellules adjacentes pour qu’ils puissent discuter. »

 

 

Wow ! Manteau Rouge, tu vas vraiment me faire tuer à ce rythme !

Sylvestre se tassa dans le coin le plus éloigné de la cellule adjacente. Il avait l’impression de subir une profonde injustice au point d’être prêt à pleurer amèrement jusqu’à ce qu’il en perde la voix.

Les insultes et les condamnations provenant de la cellule de prison voisine retentissaient sans interruption. Par chance, ceux que ses voisins de cellule maudissaient étaient ses parents, grands-parents et ainsi de suite, qu’il n’avait jamais rencontrés auparavant. Personne ne maudit son maître, donc il n’avait nul besoin de les démentir et de défendre la réputation de son maître.

Cale était le seul parmi eux qui ne gaspilla pas son souffle à crier et à l’injurier. Il se contentait de fusiller froidement Sylvestre de ses yeux brillant d’une profonde haine… Si les barres séparant les deux cellules de la prison venaient soudainement à disparaître, pendant que le reste des esclaves se précipiterait probablement ici pour me passer à tabac, est-ce que Cale en profiterait pour me tuer ?

Chaque fois qu’il remarquait la haine dans les yeux de Cale, Sylvestre sentait des frissons glaciaux le parcourir le long du dos. En fin de compte, il ne put plus supporter de le regarder et se replia sur lui-même, essayant désespérément de s’hypnotiser lui-même pour s’endormir rapidement.

Toutefois, avec les injures de vingt personnes dans la cellule adjacente, qui n’était pas à plus de trois mètres, peu importe à quel point une personne pouvait avoir la peau dure, il lui serait impossible de s’endormir !

Cependant, les insultes s’interrompirent complètement d’un seul coup. Sylvestre trouva cela étrange, alors il leva la tête pour regarder. Les esclaves qui étaient précédemment rassemblés sur le côté le plus proche de lui se dispersèrent pour laisser passer quelqu’un. Cale s’approcha. Il s’arrêta juste devant les barres et fixa directement Sylvestre.

Après l’avoir fixé des yeux un long moment, Cale ouvrit finalement la bouche pour parler. « Pourquoi nous as-tu trahis ? J’y ai repensé encore et encore, mais ça n’a aucun sens. Tu n’es pas le genre de personne qui trahirait quelqu’un… parce que tu n’as pas le cerveau pour le faire ! Quelqu’un qui a en tête la trahison n’aurait pas donné son nom, n’est-ce pas ? »

Tu n’arrives pas à voir que c’est simplement parce que je suis en fait quelqu’un de bien ? Sylvestre se sentait encore plus offensé que jamais. Il jeta un coup d’œil aux membres de la patrouille dehors. Ils sont assis assez loin, peut-être que les insultes étaient trop bruyantes ?

Seulement à cet instant Sylvestre osa parler. Rapidement et à voix basse, il déclara : « Je n’ai trahi aucun de vous ! Je le jure ! »

Cale renifla avec dédain. Il n’avait pas du tout l’air de croire Sylvestre.

Sylvestre aurait voulu tout lui expliquer, mais, après avoir réfléchi à l’avertissement d’une certaine personne, il ne pouvait plus prendre le risque de parler. Peu importe à quel point Cale est effrayant, il n’est certainement pas plus terrifiant que CETTE personne ! Eh bien… cette personne ne m’a jamais attaqué… mais j’imagine qu’elle serait absolument terrifiante si elle le faisait !

Après cet instant de réflexion, il pencha légèrement la tête pour éviter le regard de Cale et ne s’aventura pas à prononcer la moindre protestation.

« Sylvestre, quel que soit le plan que tu as conçu, tu ferais mieux de te rappeler que je me vengerai définitivement de toi pour nous avoir trahi ! »

En entendant cela, Sylvestre redressa la tête, plus alarmé qu’auparavant. Il faillit se lancer dans une longue explication. Mais, après avoir considéré le fait qu’il se pourrait que le malentendu fût éclairci dans peu de temps, il se restreignit. 

Les deux partis tombèrent silencieux. Même les esclaves qui criaient des insultes sans arrêt s’interrompirent, comme si Cale les avait déjà aidés à atteindre un verdict. Au milieu de cette désagréable forme de tranquillité, le soleil s’éleva de plus en plus haut dans le ciel, et midi sonna enfin.

Bien qu’il fût « enfin » midi, en vérité, quand ils avaient été ramenés dans la prison, il était déjà presque passé l’aube. Ils n’étaient restés dans la prison qu’environ trois heures. Peut-être que c’était simplement le fait d’être confronté à des yeux remplis d’une telle animosité qui fit que Sylvestre comprit enfin ce que cela faisait d’avoir l’impression qu’un jour passait aussi lentement qu’une année.

Quand les membres de la patrouille le traînèrent brusquement hors de sa cellule, Sylvestre combattit l’envie de les remercier. Cependant, à la seconde suivante, il ravala immédiatement sa gratitude, comme les autres esclaves étaient aussi escortés hors de la cellule adjacente. Ils se tenaient seulement à quelques mètres de lui. Il redoutait que, si l’équipe de patrouille venait à relâcher leur étreinte, ils chargeassent droit sur lui pour le tabasser.

Par chance, la présente équipe de patrouille avait une attitude bien plus sérieuse en comparaison à celle de la nuit précédente. Les membres semblaient n’avoir aucune intention de lambiner sur le chemin, aussi ils surveillèrent les autres esclaves très fermement pendant tout le trajet. Une fois qu’ils eurent entassé tout le monde dans deux chariots tirés par des chevaux comme s’ils étaient des marchandises, ils se mirent en route, les chariots chancelant et tremblant. Ils ne s’arrêtèrent enfin qu’après un assez long moment.

Tout le monde fut vite débarqué du chariot et forcé de se tenir en rang devant un immeuble désert dont l’apparence rappelait des ruines. Néanmoins, une fois qu’ils furent entrés dans le bâtiment, l’intérieur était propre et soigné, et plusieurs personnes étaient déjà debout ou assises. Ces personnes étaient vêtues d’atours relativement magnifiques, particulièrement celles qui étaient assises. Les vêtements qu’ils portaient démontraient qu’ils venaient définitivement d’un milieu noble.

Sylvestre était particulièrement curieux et regardait partout. Il remarqua que tout le monde dans cet endroit portait un masque, comme s’ils participaient à un bal masqué.

Un des hommes masqués s’avança jusqu’à un petit podium. Ses vêtements avaient l’air plutôt luxueux, mais même la magnificence de ses vêtements n’était d’aucune utilité pour améliorer sa silhouette. Son gros ventre était presque sur le point de faire craquer ses vêtements.

Cet homme obèse parla plaisamment. « Toutes les personnes ci-présentes sont des clients de longue date. Alors, expliquer les règles une nouvelle fois serait inutile, n’est-ce pas ? »

Cette annonce provoqua des éclats de rire légers.

« Aujourd’hui, nous présenterons un total de vingt esclaves. Le prix de départ sera de cinq pièces d’or. »

Du mécontentement perça dans le parterre d’invités. « Pourquoi y en a-t-il si peu cette fois ? » 

« À ce propos… Récemment, les conditions ne nous ont pas été très favorables, aussi nous n’avons pu mener nos affaires effrontément. Je vous prie de vous en contenter cette fois ! »  L’homme obèse parla avec un sourire, non seulement parce que les personnes devant lui détenaient l’or qui serait bientôt à lui, mais aussi parce qu’il y avait un grand nombre d’aristocrates qu’il ne pouvait se permettre d’offenser dans la salle. Ainsi, il s’empressa de poursuivre : « Cependant, la qualité des esclaves que nous avons obtenus cette fois est vraiment superbe. Voyez ! Ils sont tous solidement bâtis. Je vous garantis qu’ils seront utiles ! »

Les grommellements de mécontentement cessèrent. Le gros homme essuya furtivement la sueur de son visage et déclara promptement le début de la vente aux enchères.

Le premier esclave montré avait une stature moyenne et n’était pas « solidement bâti », contrairement à ce que l’homme au gros ventre avait décrit. En dépit de cela, le prix monta sans problème avec les gens du parterre plaçant cinquante pièces d’argent chaque fois qu’ils levaient leur plaquette en bois. Il ne fallut pas longtemps pour que le prix dépasse les dix pièces d’or. Ce fait laissa Sylvestre sous le choc. Il n’avait jamais eu recours aux services d’un esclave auparavant. Alors, il n’aurait jamais imaginé qu’ils valaient une somme d’argent aussi considérable. Pas étonnant que le seigneur de la cité ait pris un risque aussi désespéré !

En fin de compte, le premier esclave fut vendu pour vingt-cinq pièces d’or. L’homme obèse contrôlait à peine le sourire sur son visage. Le prix atteint dans cette enchère était encore plus élevé que ceux de la précédente… probablement dû au manque de stock cette fois.

Les esclaves furent vendus l’un après l’autre. Le prix était toujours d’au moins vingt pièces d’or, et les esclaves qui étaient grands et forts dépassaient même les trente pièces d’or.

Quand ce fut finalement au tour de Cale, il redressa son menton de manière hautaine. Son visage, qui donnait à l’homme l’air d’être impossible à dompter, ne fut évidemment pas bien reçu. En plus, sa silhouette était maigre et squelettique. Le prix auquel il fut vendu n’atteignit que dix-huit pièces d’or, devenant le prix le plus bas du jour. 

Sylvestre, qui venait immédiatement après Cale, monta sur l’estrade. Même si sa stature n’était pas massive, il mesurait plus d’un mètre quatre-vingt, et les traits de son visage n’étaient pas mal du tout non plus. Son visage affichait également une expression timide. Aux yeux des aristocrates en concurrence, cet esclave était beau et grand, et il donnait l’impression qu’il serait incroyablement obéissant. Il devint naturellement l’objet avec le plus de valeur de cette vente aux enchères.

Le gros homme sur l’estrade savait clairement qu’il allait devenir l’esclave le plus précieux du jour, aussi il s’était servi des autres esclaves pour préparer l’atmosphère plus tôt. Ensuite, uniquement dans une situation où il ne resterait presque plus d’esclaves et où l’atmosphère serait enthousiaste, il amènerait Sylvestre à la vente. Tout était planifié pour atteindre le plus grand prix possible aux enchères. 

Toutefois, contrairement à ses attentes, le prix de vente de Sylvestre n’augmentait pas particulièrement vite, bien qu’il y eût un petit nombre d’individus bien précis qui continuaient obstinément à renchérir. Lorsqu’il fut témoin de la situation, l’homme au ventre bedonnant ne s’en inquiéta pas le moins du monde et s’en réjouit même secrètement. Il savait très bien que les gens se battraient pour une cible sur laquelle ils voulaient vraiment mettre la main. L’audience ne s’empresserait pas de proposer un prix, mais attendrait patiemment jusqu’à la toute dernière minute pour lever leur plaquette.

Même si le prix montait très lentement, il atteignit tout de même graduellement plus de trente pièces d’or. Néanmoins, ce n’était rien comparé au prix auquel il finirait. La situation commença à changer, tandis qu’un plus grand nombre de personnes se mettait à parier activement. 

Sylvestre trouva cette situation inconcevable. Il n’aurait jamais imaginé qu’il valait autant d’argent. Chaque fois qu’une personne levait sa plaquette, il ne pouvait s’empêcher de jeter un regard à l’apparence de cette personne.

Malgré le fait qu’il ne pouvait pas voir leur visage, puisqu’ils étaient masqués, il pouvait toujours deviner quelques vagues indications à propos de la personne en question à partir de sa silhouette et de la façon dont elle était vêtue. Les gens qui ciblaient Sylvestre étaient pour la plupart ceux qui se tenaient debout. Comme ils étaient debout, ils ne faisaient clairement pas partie de la noblesse et, à la place, occupaient les statuts de serviteurs ou de domestiques. Mais, les vêtements qu’ils portaient n’étaient en rien inférieurs à ceux des aristocrates assis. Il était plus que probable que les familles nobles pour lesquelles ils travaillaient étaient encore plus illustres que celles présentes. Après tout, les membres de véritables familles nobles proéminentes ne visiteraient pas un tel endroit en personne. 

Comparé au rythme décontracté d’un peu plus tôt, une fois que le prix eut excédé les trente pièces d’or, les enchères augmentèrent en l’espace d’un clin d’œil. Un homme sur la gauche, qui ressemblait à un domestique, monta l’enchère à trente-cinq pièces d’or d’un seul coup, tandis qu’une dame sur la droite alla aussi loin que de monter l’offre à quarante.

Je n’aurais jamais cru que je valais autant d’argent… Sylvestre regrettait énormément de ne pas s’être vendu plus tôt.

À cet instant précis, une voix au ton glacial tonna depuis le fond de la salle. « Cent pièces d’or ! »

La Reine Guerrière TP1C4 : Lumière et Ténèbres Partie 4

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Femme Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres

Roman version d’origine en chinois par –   (Yu Wo)


Chapter 4 : Light and Shadow Part 4 – Traduit du chinois vers l’anglais par Azakura[PR!]
Chapitre 4 : Lumière et Ténèbres Partie 4 – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

« Épargne ta salive. Ils reviendront plus tard te forcer à signer un contrat d’esclavage. »

Le barde se retourna. Celui qui venait de parler était l’un des esclaves. Il était si couvert de crasse, avec un corps fin et frêle, qu’il était impossible de définir son genre. Si ce n’était pas pour sa voix indubitablement masculine, il lui aurait été impossible de définir son genre uniquement à partir de son apparence.

« Mais, comment est-ce possible ? » déclara gravement le barde. « Les esclaves ne sont autorisés à signer un contrat d’esclavage qu’une fois par an, lors de la journée qui y est dédiée ! En plus, un gouverneur, ou quelqu’un d’aussi important, doit être présent dans la ville pour servir de témoin ! »

« Où donc crois-tu être ? » répondit l’esclave d’un ton moqueur. « N’es-tu pas dans la prison du gouverneur ? »

En entendant cela, le barde fixa le vide pendant un moment avant de réaliser ce qu’il se passait. Il bégaya : « La gouverneur vi-viole les lois établies par le Roi Sacré en laissant des gens abandonner leur liberté en secret ? Co-comment peut-il oser faire une chose pareille ? »

L’esclave répondit sans grand enthousiasme : « S’il n’y avait pas d’argent à gagner dans ce trafic, personne ne le ferait. Néanmoins, les gens afflueront tant qu’il y aura de l’argent impliqué, même si c’est pour tuer d’autres personnes. De nos jours, dix ducats d’or ne sont pas toujours suffisants pour acheter un esclave par des moyens légaux. Mais, si quelqu’un capturait des esclaves pour les vendre, il pourrait gagner dix ducats d’or de cette manière. Y a-t-il un travail plus simple que celui-ci ? »

À ces mots, le barde devint très curieux au sujet de cet homme : son ton et son attitude étaient difficilement ceux d’un esclave. Il ne put s’empêcher de demander : « As-tu également été capturé et amené ici ? »

L’esclave resta silencieux durant un instant. Il répondit ensuite avec indifférence : « On peut dire ça. Un des esclaves s’est échappé hier, donc tu as probablement été capturé pour le remplacer. Après tout, le jour de la vente aux enchères arrive bientôt. Ils n’ont probablement pas assez de temps pour le chercher. »

Le barde se figea. Il s’enquit avec curiosité : « Une vente aux enchères ? »

« Oui, celle où l’on vend des esclaves clandestinement. » L’esclave poursuivit sans aucun enthousiasme : « C’est sans doute la vente la plus importante de la cité. Il reste encore deux jours avant l’événement. Tu ferais mieux de te dépêcher et de prendre une apparence moins soignée. »

« Pourquoi ? » Les yeux du barde s’élargirent. Lui qui était une personne aimant être propre à l’extrême !

L’esclave affirma d’un ton encore plus moqueur qu’avant : « Les esclaves sales sont envoyés au travail manuel. Les esclaves qui sont trop beaux sont envoyés pour travailler au lit. Mais, je suppose que, si tu préfères te prélasser au lit, alors fait ce que tu peux pour préserver ton joli minois ! »

Le visage du barde vira au rouge écarlate à ces propos. Il ramassa précipitamment une poignée de terre au sol et l’étala sur son visage. Toutefois, il vomit presque en se l’appliquant. La terre, à cet endroit, empestait. Elle ne sentait pas seulement la terre, mais également les excréments et la nourriture rance.

Le barde fut si dégoûté par cette odeur que des larmes commencèrent à couler de ses yeux, pourtant il ne pouvait pas non plus retirer la terre de son visage. Il gémit comme s’il était à un enterrement : « Pourquoi une telle chose se produit-elle ? Ne sommes-nous pas en période de paix et de prospérité ? Le Roi Sacré ne permettrait jamais qu’on vende des esclaves dans la clandestinité… »

L’esclave renifla avec dédain : « Hmph ! Le Roi Sacré ? Pour des gueux comme nous, savoir qui est roi ne fait aucune différence. Nous ne sommes pas en position de recevoir « sa grâce », et il est peu probable qu’il se préoccupe d’endroits comme celui-ci. »

Le barde voulut s’opposer à cette affirmation, puisqu’il avait visité de nombreuses cités en paix sous la guidance du Roi Sacré durant son voyage et que c’était la première fois qu’il se retrouvait dans une situation pareille. Mais, au lieu de cela, il se plongea dans ses pensées.

L’esclave considéra le barde d’un air étrange et, avec une certaine curiosité, lui demanda : « Qu’y-a-t-il ? Tu as sombré dans le désespoir aussi vite ? »

Le barde secoua un peu la tête et répondit de manière assez confuse : « Non. Je pensais juste à un de mes amis. Il m’a abandonné, il y a à peine cinq minutes, et ne s’est pas préoccupé du fait que j’aie été kidnappé. »

« Et tu le considères toujours comme ton ami ? » L’esclave leva les yeux au ciel, ceux-ci étaient enfouis sous ses longs cheveux ébouriffés.

Le barde ne prêta pas attention à ce que l’esclave lui disait. Il continua de parler tout seul : « Oh ! Au contraire, en considérant ce que tu as dit précédemment, j’ai l’impression que ce serait loin d’être une coïncidence si cette personne apparaissait ici. Peut-être qu’elle attendait justement la vente aux enchères clandestine. Si c’est le cas, je pense que je n’ai plus de souci à me faire… »

Pourtant, le capitaine de patrouille a affirmé que Manteau Rouge est un homme, mais la Reine Guerrière est une femme. Si Manteau Rouge est vraiment un homme, alors ce n’est définitivement pas la Reine Guerrière… Aaargh ! Je me retrouve à la case de départ ! 

« Sniff, sniff… Jamais de toute ma vie, je n’ai autant voulu voir une femme à ce point. » Le barde avait envie de pleurer, mais aucune larme ne coulait. Si Manteau Rouge était vraiment un homme, non seulement il avait échoué dans sa quête de retrouver la Reine Guerrière, mais en plus il risquait de devenir un esclave… Ayez pitié de moi !

« Tu es coincé en prison, et la seule chose à laquelle tu penses est une femme ? » Le bas du visage de l’esclave tiqua. Il voulait vraiment faire souffrir cet idiot devant lui, qui racontait n’importe quoi.

Le barde répliqua : « Évidemment que je pense à une femme ! Sinon, qui viendra nous sauver ? »

« Quoi ? » L’esclave se figea. Cependant, il songea au fait que l’homme devant lui était propre et beau à l’origine. Peut-être était-il le gigolo d’une femme, donc il souhait naturellement que ladite femme vînt le sauver.

« Par contre, je ne sais pas si Manteau Rouge est vraiment une femme ou pas… Sniff. Si j’avais su qu’une telle chose se produirait, je n’aurais pas laissé Dieu dans la forêt, parce que, au moins, Il aurait été capable de me sauver ! Après tout, c’est Dieu ! Même si c’est le Dieu des blobs, Dieu demeure quand même Dieu ! »

« … En fait, tu n’es qu’un pauvre fou ! »

 

 

« Hé ! Réveille-toi ! Comment arrives-tu à dormir comme une masse dans un endroit pareil ? »

Le barde se frotta les yeux et demanda avec confusion : « Oh… Le soleil est-il déjà levé ? »

« Tu peux attendre le lever du soleil si tu veux, mais, moi, je m’en vais avant ! »

« Tu t’en vas ? » Le barde avait le regard vide, tandis qu’il demandait : « Où donc ? »

« Hors de cette geôle, évidemment ! » L’esclave leva les yeux au ciel. Il ajouta sèchement : « Tu es encore en train de dormir ? Eh bien, je ne vais pas rester là à t’attendre. Salut ! »

Le barde resta stupéfait pendant un instant. Il cligna fort des yeux, et se réveilla enfin.

Les esclaves étaient tous rassemblés dans un coin, mais le nombre de personnes se réduisait progressivement un par un… Quand il ne resta que trois ou quatre personnes, le barde réalisa qu’ils avaient creusé un trou et partaient par-là !

Il en fut sans voix. Ce fut seulement lorsque presque tout le monde fût sorti qu’il regagna ses esprits. Il lâcha doucement : « Attendez-moi ! », et se débrouilla pour se tortiller à travers le trou derrière eux.

Quand il arriva de l’autre côté, il respira à fond l’air frais environnant, et laissa son regard se poser sur le ciel étoilé. Le barde comprit brutalement à quel point la liberté était précieuse. Être capable de d’échapper à cette misère remplissait son cœur d’un sentiment de béatitude.

Il se retourna pour examiner le trou. Bien qu’il ne fût pas très grand, sa taille était suffisante pour qu’un homme adulte puisse s’y faufiler. Il ne ressemblait pas quelque chose que quelqu’un aurait pu creuser à mains nues.

« Hé ! Hého ! Hum… Toi ! Comment as-tu réussi à creuser ce trou ? »

L’esclave leva encore une fois les yeux au ciel et répliqua : « Hé ? J’ai un nom, tu sais. C’est Cale ! Je prenais mon repas quand j’ai été capturé, donc j’ai caché ma cuillère à soupe sur moi à ce moment-là. Nous l’avons utilisée pour creuser. »

« Oh, Cale. Heureux de faire ta connaissance. Mon nom est Sylvestre. »

« Ce nom est long et pompeux… Es-tu un noble ? Par ici. » Après avoir parlé, peut-être parce que le barde lui avait également donné son nom, Cale agrippa ce dernier pour l’empêcher d’être séparé du reste du groupe dans la nuit noire.

« Je ne suis pas un noble. Ce nom m’a été donné par mon maître. »

Sylvestre étouffa un rire et secoua la tête pour nier. Cependant, il n’en était pas trop sûr non plus. Après tout, Lorenzo Louis, en tant que barde impérial, n’était pas seulement un noble, mais possédait également l’un des plus hauts rangs existants. Et puisque Sylvestre était le seul apprenti et successeur de Lorenzo, même s’il avait échoué à tout hériter de Lorenzo, il était vrai qu’il possédait quand même un certain statut.

« Que tout le monde s’arrête. On va se cacher ici pour le moment ! »

Sylvestre écarquilla les yeux. Cet endroit se trouve à peine à deux rues de la résidence du gouverneur ! Et moi qui pensais que nous allions bouger pendant toute la nuit. J’étais même inquiet à l’idée d’être laissé derrière puisque je n’ai aucune endurance physique !

« Cale, n’allons-nous pas quitter la ville ? » Les autres esclaves paraissaient également inquiets.

Cale secoua la tête et répondit : « Les portes de la cité ne sont pas ouvertes la nuit. Par contre, pas besoin de paniquer. Le gouverneur n’osera pas créer trop de remous en nous cherchant dans la ville. Après tout, vendre des esclaves sans permission est illégal. »

Tout le monde entra dans une maison. Cale s’accroupit immédiatement et tapota le sol avec sa main. En fin de compte, il ouvrit une porte secrète. « Entrez. Il y a un sous-sol. »

Les esclaves sautèrent dans l’ouverture un par un. Le sous-sol n’était pas aussi petit qu’il en avait l’air, et il y avait même de nombreuses conserves de nourriture disposées sur des étagères. Même si les conserves étaient couvertes de poussière, pour les prisonniers qui n’avaient pas eu un vrai repas depuis bien longtemps et qui auraient même mangé du pain piétiné, ce n’était qu’un détail.

Cale lança un pot à Sylvestre. Ce dernier fut incapable de réagir immédiatement et tituba pendant un bon moment avant de réussir à retrouver son équilibre.

« Mange. Ne t’inquiète pas. J’en ai déjà mangé auparavant. C’est vrai que le goût mais tu ne risques pas d’en mourir. »

Sylvestre fronça les sourcils en considérant le pot particulièrement sale. Toutefois, il ne pouvait que frotter le pot sur ses vêtements avant de manger la nourriture à l’intérieur sans se plaindre.

Bien que Sylvestre aimât la nourriture de qualité et fût très sélectif dans ce qu’il mangeait, après avoir suivi son maître par monts et marées pendant des années, il avait mangé tout ce qu’il était possible d’imaginer. Et c’est sans mentionner le fait que, au moment où il avait rencontré son maître, il était obligé d’apprendre à cuisiner : pouvoir manger des rations déshydratées était considéré comme un repas de luxe. Et dans le cas où ils auraient fini toutes les rations et ne parvenaient toujours pas à localiser une ville, dans ce cas il devait se préparer mentalement à goûter toutes sortes de choses, que ce fût à moitié cuit ou brûlé, telles que de la viande de grenouille bouillie aux herbes ou un banquet de blobs.

En mangeant la nourriture vinaigrée qui avait un peu tourné, Sylvestre commença à réfléchir à sa situation.

Je ne peux m’empêcher de penser que notre évasion a été trop simple. J’ai l’impression d’oublier quelque chose… Ah ! C’est vrai. Les gardes n’ont pas essayé de nous empêcher de nous enfuir du tout ! Il s’exclama : «  Nous avons été très chanceux que les gardes aient été retenus ailleurs pour quelque raison ! »

« Chanceux ? » Cale rit froidement et répondit : « Je les ai observés pendant plusieurs jours. Ces gardes sont incroyablement paresseux. Quand ils effectuent leur rotation, ceux de l’équipe d’avant partent en avance, et ceux de l’équipe d’après arrivent en retard. L’intervalle où il n’y a personne dure environ une demi-heure au minimum. »

Une demi-heure ? Le barde fut consterné tandis qu’il percutait : Il n’y a pas plus de douze heures de lumière par jour… Ces gardes se laissent aller dans des proportions incroyables !

Cale donnait des ordres à tout le monde, tel un général. « Vous pourrez faire ce que vous voulez quand vous aurez fini de manger, mais gardez le volume sonore bas. Essayez de ne pas parler du tout si vous le pouvez, sauf si vous souhaitez que les équipes de recherches nous repèrent. »

Quoi ? Personne ne veut partir seul ? Sylvestre observa les gens autour de lui avec stupéfaction. Il y avait environ vingt personnes, et pratiquement tout le monde avait l’air inquiet. Au moins, Cale semblait être quelqu’un qui savait ce qu’il faisait, et il avait déjà réussi à tous les faire sortir de prison.

Sylvestre était également effrayé à l’idée de partir. Il avait déjà rencontré les gardes deux fois. S’il ne faisait que mettre un pied dans la rue, il se ferait forcément capturer de nouveau.

Après avoir mangé, personne n’osa prononcer le moindre mot. La plupart d’entre eux se contentèrent de baisser la tête et de s’endormir.

Sylvestre avait à l’origine eu l’intention de discuter avec Cale, mais il reçut un regard noir et fut même réprimandé par un « Pas de bruit » sec. Il n’avait rien à faire et n’avait pas particulièrement sommeil, mais essaya quand même de dormir.

Petit à petit, il succomba au sommeil. Au début, il ne pouvait pas dormir du tout, néanmoins, quand il fut à moitié endormi, il sentit brusquement quelqu’un le pousser. Immédiatement, il se réveilla et la couleur rouge apparut sous ses yeux…

« Manteau… » Rouge ?

La Reine Guerrière TP1C3 : Lumière et Ténèbres Partie 3

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Femme Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres

Roman version d’origine en chinois par – 御 我 (Yu Wo)


Chapter 3 : Light and Shadow Part 3 – Traduit du chinois vers l’anglais par Azakura[PR!]
Chapitre 3 : Lumière et Ténèbres Partie 3 – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Manteau Rouge le fixa d’un air ahuri. La Ballade de la Reine Guerrière qu’il venait tout juste d’entendre n’était pas la même que celle qu’il avait entendue auparavant. L’attitude du barde était aussi très étrange. Bien qu’il eût gardé la tête basse tout le long et qu’il n’eût pas regardé Manteau Rouge du tout, les questions constantes relevées par la chanson donnaient presque l’impression qu’elles lui étaient posées.

Manteau Rouge jeta un bref coup d’œil au barde et passa son jugement. « Cette chanson est horrible. Si tu choisis de chanter ce morceau aujourd’hui, ne me blâme pas quand tu te feras frapper par quelqu’un. »

« Ah bon ? » Le barde se frotta le nez et déclara de façon plutôt innocente : « Mais, LL m’a dit que je dois poser ce genre de questions chaque fois que j’arrive à un nouvel endroit ! S’il advenait que la Reine Guerrière m’entende par chance et soit d’accord pour m’offrir une réponse, LL m’a promis qu’il échangerait la harpe qu’il traîne toujours avec lui pour cette réponse et qu’il me libérerait de son décret selon lequel je dois toujours chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant au moins trois jours chaque fois que j’arrive à un nouvel endroit… »

Quand il eut terminé de parler, le barde regarda en direction de Manteau Rouge et demanda : « Qu’en penses-tu ? Pourquoi la Reine Guerrière a-t-elle voulu partir ? Était-ce parce que le Saint Roi ne l’aimait pas, alors rester avec un amant qui ne l’aimait même pas était trop douloureux à supporter ? Ou était-ce parce que le Saint Roi l’a obligée à partir ? Ou peut-être était-ce parce que la Reine Sainte avait délibérément rendu les choses difficiles… »

Manteau Rouge interrompit les rêveries infinies du barde et affirma de façon mécontente : « Vous, les bardes voyageurs ! Vous poussez tout simplement votre réflexion trop loin. Pour le peu que vous en sachiez, la Reine Guerrière aurait très bien pu sentir que les jours qui passaient étaient trop ennuyeux, et elle est partie de son propre chef. »

Il ne s’attendait pas à ce que Manteau Rouge répondît réellement à ses questions. Le barde rassembla son courage et poussa davantage la question. « Si la raison pour laquelle elle est partie était vraiment comme tu l’as dit, que c’était parce que sa vie était trop ennuyeuse, dans ce cas que regardait-elle alors ? »

Manteau Rouge répondit froidement : « Comment le saurais-je ? »

Le barde lâcha un « oh » et se sentit assez déçu, mais il n’osa pas poser une autre question à Manteau Rouge.

Les deux voyageurs marchèrent en silence pendant un moment. Soudainement, Manteau Rouge commença à parler : « C’est possible que ce qu’elle regardait soit le guerrier et la guérisseuse, ses précédents compagnons, mais que son esprit se rappelait des souvenirs de douleur et de souffrance provenant de la guerre. Et alors, elle s’était rendu compte que la fin heureuse qu’elle avait imaginée se révélait en fait assez ennuyeuse. »

Alors que le barde écoutait l’opinion de Manteau Rouge, il était à l’origine surpris, mais, comme il songeait prudemment à ce que Manteau Rouge lui avait dit, il ne put s’empêcher de proclamer :

« Certaines personnes sont nées pour poursuivre des combats sans fin ! Le bonheur dont tu parles ne peut être obtenu à la fin d’une guerre, mais à travers chacune des batailles combattues. »

En entendant cela, Manteau Rouge fixa le barde dans les yeux et demeura silencieux.

Le barde cessa de marcher et éclata de rire. Manteau Rouge s’arrêta également et le questionna froidement : « Pourquoi ris-tu ? »

Le barde laissa paraître un immense sourire et annonça : « Je suppose que je n’ai plus besoin de chanter la Ballade de la Reine Guerrière. Es-tu d’accord pour venir avec moi le voir ? »

« Qui ça ? »

Le barde répondit sur un ton détaché : « Évidemment, je parle de Lorenzo Louis. C’est mon Maître et aussi la personne que tu as surnommée “LL”… »

« C’est encore toi ! Dire que tu oserais rester dans cette ville. Ne t’avais-je pas ordonné de déguerpir d’ici hier !? »

Le barde resta stupéfait. Il se retourna pour voir la même équipe de patrouille de la veille. Le capitaine de la patrouille, qui était plus d’une tête plus grand qu’une personne normale, fusillait férocement le barde du regard. Il avait aussi amené avec lui cinq de ses membres d’équipes, et ils marchaient tout droit en direction du barde.

Pendant qu’ils approchaient, le capitaine de la patrouille reçut une image bien plus claire du visage du barde. Il réalisa tout à coup que la blessure sur le visage du barde était presqu’entièrement guérie.

Nous ne nous sommes pas montrés suffisamment impitoyables hier ? Il se mit à douter.

C’est bien ma chance… Je n’arrive pas à croire que nous soyons tombés sur la patrouille avant même d’avoir atteint la taverne. Le barde finit par mieux comprendre juste à quel point sa chance pouvait être terrible.

À présent, par contre, ce n’est pas comme la dernière fois ! Manteau Rouge est avec moi. Personne n’oserait lever la main sur moi ! Oui… Si je regarde la situation sous cet angle, je suppose que ma chance n’est point aussi terrible que je le croyais, après tout ! Suite à cette réflexion, le barde recommença à faire face à la vie avec un optimisme débordant.

« Tsk. » Le capitaine de la patrouille hésita un instant, puis se tourna pour crier à son équipe. « Saisissez-vous de ce cinglé et jetez-le-moi au cachot.  Nous étions en route pour faire notre rapport de mission de toute manière. »

Après avoir reçu l’ordre, deux des membres de l’équipe se précipitèrent sur-le-champ pour l’exécuter et agrippèrent sans effort le barde.

En réalité, le barde, qui n’avait même pas la force d’attacher un poulet, ne résista pas du tout. Il fixa Manteau Rouge avec de grands yeux, anticipant avec excitation de quel genre d’attaque ce dernier se servirait en premier. Un coup de poing pour envoyer deux personnes valser simultanément ? Ou est-ce que ce serait plus classe de leurs donner un coup de pied ?

Comme c’était difficile d’ignorer le regard fervent du barde, le capitaine de la patrouille remarqua enfin la présence de Manteau Rouge. Il s’enquit froidement : « Es-tu son compagnon ? »

« Pas du tout, je ne le connais pas », répondit indifféremment Manteau Rouge.

Ou peut-être que ce sera un coup direct de sa lame pour les trancher en deux ! LL a dit auparavant que son tempérament avait toujours été plutôt bouillonnant… Attendez une minute ! Que vient de dire Manteau Rouge !? L’expression que le barde avait sur le visage changea instantanément.

« Tu es un type raisonnable, on dirait ! Emmenez-moi cet homme. » Le capitaine de la patrouille lança ses ordres, et les deux membres de la patrouille emmenèrent tout de suite le barde en le traînant.

Pendant qu’il se faisait emmener, le barde se retourna frénétiquement pour hurler : « Attendez une seconde ! Manteau Rouge ! Pourquoi ne viens-tu pas à ma rescousse ? »

Mais, il ne réussit qu’à apercevoir un manteau de couleur rouge avant que sa tête ne fût remise en place très durement par les deux personnes qui restreignaient ses mouvements. Cela manqua de lui faire une entorse au cou et lui fit si mal que chaque partie de son visage se crispait d’agonie.

À ce stade, le capitaine de la patrouille était rempli de soupçons. Il jaugea Manteau Rouge de la tête aux pieds et lui ordonna directement : « Enlève tout de suite ta capuche ! »

En entendant cela, une étincelle d’espoir se ralluma chez le barde. Si c’est vraiment elle, elle ne va certainement pas accepter de faire ce que les autres lui ordonnent… Cependant, dans la seconde suivante, le capitaine de la patrouille cracha moqueusement : « Pfff ! Ainsi, tu es vraiment un homme. Dire que je pensais que tu étais une femme, avec ta petite silhouette et ton manteau de couleur rouge… Comme c’est ennuyeux. Allons-y ! »

Un homme ? Le barde se figea. Comment est-ce possible ? Manteau Rouge n’est pas cette personne ? Manteau Rouge n’est pas…

La Reine Guerrière ?

Il essaya désespérément de se retourner pour lui jeter un autre regard comme si sa vie en dépendait, mais les deux membres de la patrouille maintinrent, avec véhémence, sa tête en place, l’empêchant de regarder autour de lui de sa propre volonté.

Juste un regard serait suffisant. Laissez-moi jeter un seul coup d’œil… Manteau Rouge ! Es-tu la Reine Guerrière ou pas ?

 

 

Brandit une lame, adore porter des vêtements d’un rouge flamboyant, de petite taille, possède une voix si grave qu’elle ressemble à celle d’un homme, des pupilles noires brûlantes… Chaque détail correspond exactement aux traits énoncés par Maître Louis. Manteau Rouge s’intéresse aussi clairement à la fois à la Ballade de la Reine Guerrière et au surnom de LL. Et pour couronner le tout, ce que Manteau Rouge a dit plus tôt…

N’importe qui aurait conclu que Manteau Rouge est bel et bien la Reine Guerrière !

Peu importe sous quel angle le barde considérait la question, Manteau Rouge était forcément la Reine Guerrière. Mais, pourquoi diable le capitaine de patrouille a-t-il déclaré qu’elle était un homme ?

« Pardonnez-moi, mais j’ai une question ! » demanda le barde aux deux membres de la patrouille qui lui maintenaient la tête vers le bas. Compte tenu de la position précaire dans laquelle il se trouvait, avec ses pieds levés au-dessus du sol, sa posture et sa façon de parler étaient incroyablement polies. Il s’enquit : « La Reine Guerrière est une femme, n’est-ce pas ? »

Les deux membres de la patrouille restèrent abasourdis. Ils eurent l’air très confus comme ils lui répondaient : « De quoi donc est-ce que tu parles ? »

Le barde dit avec hâte : « Mais, c’est de la Reine Guerrière qui est la seconde épouse du Saint Roi et la commandante de l’armée ! Elle devrait en effet être une femme, n’est-ce pas ? Ou y aurait-il une chance pour qu’elle soit un homme à la place ? »

Ils étaient tous les deux tellement abasourdis que leur teint changea de couleur. Ils s’exclamèrent : « T-Tu oses calomnier le Saint Roi !? »

« Je ne l’ai pas calomnié ! » Le barde était grandement alarmé. Il ajouta rapidement : « Je ne faisais que me renseigner sur la Reine Guerrière. Je ne parlais pas du tout en mal du Saint Roi ! »

« Tu… » Un des membres de la patrouille était tellement choqué qu’il n’arrivait même pas à parler.

L’autre membre de la patrouille réagit différemment. Il hurla directement : « Balivernes ! Évidemment que la Reine Guerrière est une femme ! Penses-tu honnêtement que le Saint Roi prendrait un homme comme épouse ? Quel blasphème ! »

Oh ! Cela a du sens. Le barde hocha la tête avec compréhension. « Je comprends maintenant. Merci pour votre explication. Quand on y pense, si la Reine Guerrière était de sexe masculin, mon Maître me l’aurait certainement précisé. »

En entendant cela, l’un des membres de la patrouille leva son poing. Il frappa le barde tandis qu’il continuait à le réprimander : « Tu oses encore parler ! Tu demandes simplement à te faire donner une maudite raclée ! Tu as l’audace d’affirmer que la femme du Saint Roi est un homme ! »

L’autre membre de la patrouille se précipita pour arrêter les actions de son partenaire. Il l’exhorta soigneusement : « Vas-y doucement ! Il y a définitivement plusieurs choses qui clochent dans la tête de ce type. Qui plus est, en gardant à l’esprit ce qu’il y a en réserve pour lui plus tard, on n’a pas besoin de dépasser les bornes, pas vrai ? »

Assez vite, l’autre abaissa son poing en réponse aux paroles de son partenaire. « Ha ha ha, je suppose que tu as raison. On ne peut pas endommager ce visage après tout. Un visage endommagé ne vaut rien si on essaie de le vendre. »

Ne vaut rien si on essaie de le vendre ? Le barde était perdu dans ses pensées. Alors, mon visage est en fait quelque chose qui vaut la peine d’être vendu ? Si je l’avais su plus tôt, je l’aurais vendu chaque fois que mon estomac était vide et que je n’avais pas d’argent. Je me demande combien je pourrais demander…

Alors qu’il était encore perdu dans ses pensées, les deux membres de la patrouille le projetèrent soudainement vers l’avant d’une forte poussée. Heureusement, le barde avait depuis longtemps l’habitude d’être jeté par terre par les autres. Sans plus tarder, il se roula par réflexe dans la posture qui était la moins susceptible de lui laisser recevoir des blessures. Après avoir gémi pendant un certain temps, il se releva promptement du plancher, observa les alentours, et fut choqué de réaliser que cet endroit était une cellule de prison.

La geôle contenait déjà pas mal de gens. Ces personnes avaient toutes la mine sombre et gardaient la tête basse. Malgré l’agitation qu’il y avait eu quand il avait été jeté dans la prison, aucun d’eux n’avait réagi.

Le barde trouva cela incroyablement étrange. Il examina les gens autour de lui. À sa grande surprise, chacun d’eux portait une marque sur le bras droit. Ce-C’est la marque… d’un esclave !

À ce moment-là, les deux membres de la patrouille fermèrent la porte de la cellule, puis la verrouillèrent fermement.

Le barde se précipita vers les barres de fer et cria : « Attendez ! Pourquoi m’avez-vous amené ici ? Je n’ai pas choisi de vendre mon corps ! Je ne suis pas un esclave ! »

« Tu en seras un désormais ! » Le garde s’amusa du malheur du barde tout en parlant : « Détends-toi ! Avec un visage comme le tien, tu attireras certainement l’attention de nombreuses riches ménagères. Après ça, qui sait, peut-être que ton visage va devenir encore plus joli qu’en ce moment ! »

« Mes félicitations ! Ha ha ha ! » Ils ignorèrent simplement tous les deux les protestations du barde et quittèrent la prison tout en riant aux éclats.

« Comment les choses en sont-elles arrivées là ? »

Le barde fut laissé dans un état second. Bien qu’il eût en effet été victime d’intimidation pendant son voyage, personne n’avait jamais été aussi loin que de l’enlever pour le vendre. Longtemps depuis la création du pays, le Saint Roi avait fixé des règles strictes. L’esclavage n’était autorisé que si c’était la volonté de la personne qui était vendue. Même les parents n’avaient pas le droit de vendre leurs enfants. De plus, quel que fût le prix pour lequel il était vendu, tous les contrats expireraient après vingt ans. Après vingt ans, l’esclave pouvait demander à être libéré, à moins qu’il ne fût prêt à se vendre une fois de plus.

« Laissez-moi sortir ! Je ne suis pas d’accord pour vendre mon corps ! » Le barde hurla frénétiquement : « Vous vous trompez ! Je ne veux pas vendre mon corps ! »