Échange Magique Chapitre 2 : La Mélancolie de la Jalousie

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Échange Magique

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Magical Exchange Chapter 2: The Melancholy of Jealousy – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Échange Magique Chapitre 2 : La Mélancolie de la Jalousie – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Sur la piste de course de l’école se trouvait un groupe très animé de jeunes adolescentes.

« Lü Zi, ne cours pas si vite ! » Ma Sheng essaya très fort de soutenir l’allure de la fille qui courait devant elle.

« Tu es juste trop lente », hurla en retour Lü Zi en direction de la fille qui s’était faite distancer de trop loin derrière elle.

« Ma Sheng ne peut tout simplement pas courir si vite », se lamenta Ma Sheng, l’atmosphère de beauté et d’élégance qu’elle dégageait d’ordinaire remplacé par une expression qu’on qualifierait plutôt de jolie et mignonne.

Mais, quoi qu’il arrive, elle reste très belle et attirante. Ce fil de pensée traversa l’esprit de Lü Zi. Comparée à la belle et grande Ma Sheng, Lü Zi, avec un visage plein de boutons et sa peau naturellement trop bronzée, ne semblait même pas du tout pouvoir lui arriver à la cheville.

« Qui t’a dit de négliger tes entraînements ? » Alors que Lü Zi parlait, elle ne put s’empêcher de se sentir heureuse intérieurement, parce que la piste de course était la seule chose dans laquelle elle pouvait vaincre Ma Sheng. Elle et Ma Sheng étaient amies depuis l’école primaire, étaient allées au même collège plus tard, et allaient au même lycée, alors elles étaient naturellement très proches. Dès l’école primaire, Ma Sheng était déjà très belle. Maintenant qu’elles allaient au lycée, elle était devenue encore plus belle. Le nombre de ses admirateurs pouvait surement remplir la piste de course toute entière. Lü Zi avait toujours était la meilleure amie de Ma Sheng, et Ma Sheng était également… une bonne amie de Lü Zi. Très bien ! Affirmer qu’elle n’était pas jalouse serait un mensonge, mais ce n’était pas grave. Au moins, elle avait toujours la piste de course, le seul endroit où elle pouvait exceller mieux que Ma Sheng. Sur la piste de course, Lü Zi était toujours la plus confiante.

Après que l’école fut terminée, Lü Zi et Ma Sheng marchèrent ensemble pour rentrer à la maison comme elles le faisaient tout le temps.

« Lü Zi, crois-tu avoir bien réussi l’interro de math aujourd’hui ? J’ai trouvé que c’était plutôt facile. Il y a eu de nombreuses questions pour lesquelles je t’ai aidé à réviser. L’enseignante les a seulement un peu modifiées », déclara Ma Sheng joyeusement.

« Hum… Ouais, surement ! » prétendit Lü Zi avec culpabilité. Elle n’avait essentiellement compris que la moitié des questions. Elle allait encore avoir une mauvaise note.

« Lü Zi, je dois t’avouer quelque chose ! » Ma Sheng rougit soudainement. « Mais, s’il-te-plaît, ne va pas raconter ça à quelqu’un d’autre. »

Curieuse, Lü Zi s’arrêta. « Qu’y a-t-il ? Tu peux me le dire ! » Elle attendit impatiemment d’entendre le nouveau sujet de commérage.

« Aujourd’hui, Xia m’a avoué son amour, et j’ai… dit oui. » Elle cessa de marcher pendant un instant, et lui demanda sans délai : « Ça ne te dérange pas, n’est-ce pas ? Parce que toi aussi tu l’aimes beaucoup. »

Ce fut comme si un « bang » bruyant avait résonné à l’intérieur de sa tête… Lü Zi sentit son monde s’écrouler. Xia, qu’elle aimait secrètement depuis l’école primaire, avait avoué son amour à Ma Sheng, sa meilleure amie. Elle ne sut pratiquement pas comment réagir. Mais, Ma Sheng continuait à tirer sur son bras, en disant qu’elle ne l’avait pas fait exprès, qu’elle aimait aussi Xia, et que Xia était celui qui lui avait avoué son amour, ce qui était la raison pour laquelle elle… Lü Zi ne voulut pas en entendre davantage ; elle avait uniquement envie de pleurer. Elle hocha la tête sans y penser.

« Ça ne te dérange plus ? » s’enquit Ma Sheng, avec doutes.

Lü Zi hocha de nouveau la tête avec engourdissement.

« Je suis si soulagée. »

À l’instant où elle retourna dans sa chambre, elle se mit finalement à pleurer très fort. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que toutes les rares choses qu’elle désirait lui étaient dérobées par Ma Sheng ? Elle haïssait vraiment Ma Sheng à ce moment-là, la détestait tellement qu’elle souhaitait sa mort. Si celle-ci était morte, tout serait parfait. Dans ce cas, elle n’aurait plus à être la fille qui passe inaperçue à côté de sa meilleure amie. C’est vrai ! Si Ma Sheng était morte…

« Lü Zi, peux-tu aller acheter du sel ? Je veux cuisiner, mais il ne m’en reste plus. » La voix de sa mère retentit au bas de l’escalier.

Lü Zi s’empressa d’essuyer ses larmes. « O.K. ! »

 

 

Après avoir acheté du sel, Lü Zi se mit à marcher en étant dans la lune. Elle était perdue dans ses pensées. D’un côté, elle se réprimandait pour avoir eu la pensée terrible de tuer Ma Shang, mais d’un autre côté c’était véritablement tentant…

Brusquement, sans en avoir conscience, elle leva la tête, et ce qui inonda son champ de vision fut une boutique étrange. « God’n Devil » : l’enseigne de la boutique ne contenait que ces trois mots. La boutique tout entière était une sorte de petite chaumière en bois, une qui se distinguait par sa couleur noire.

« Quelle boutique extraordinaire. Quand a-t-elle ouvert ses portes ? Est-ce que c’est une boutique d’antiquité ? » Il émanait de la boutique un charme d’une qualité inhabituelle, comme si elle l’appelait à entrer. Lü Zi jeta un regard au sac de sel dans sa main et songea, Jeter un petit coup d’œil ne devrait poser aucun problème, pas vrai ?

Lü Zi poussa doucement la porte pour l’ouvrir. « Il y a quelqu’un ? Est-ce que je peux jeter un coup d’œil autour? »

« Évidemment que vous le pouvez. Je vous en prie, entrez, ma chère demoiselle », répondit une voix profonde et charmeuse.

Comme elle mettait le pied dans le magasin, un homme d’une beauté sulfureuse entra dans son champ de vision. Ses cheveux étaient d’un noir profond, ses yeux étaient aussi rouges que le vin, et le sourire qu’il arborait sur ses lèvres donnait l’impression qu’il se moquait du monde. Et il était confortablement assis à une table.

« Je vous en prie, assoyez-vous, mademoiselle. » Il agitait les mains, en faisant signe à Lü Zi de s’asseoir. « Aimez-vous le café ? » Il n’attendit pas sa réponse et lui versa une tasse de café.

« Excusez-moi… » Comme c’était la première fois que Lü Zi voyait un homme aussi beau, sa voix n’était pas plus audible que le bourdonnement d’un moustique.

« Mon nom est Devil Chaos, et je suis l’un des propriétaires de la boutique d’échange magique, God’n Devil », répondit Devil Chaos à Lü Zi avant qu’elle puisse le lui demander, en gardant son sourire enchanteur tout le long.

« D’échange magique ? » Elle avait seulement entendu parler des échanges boursiers et avait toujours cru que les échanges étaient censés avoir lieu dans des gratte-ciels. Est-ce qu’il y a des marchés d’échange boursier situés dans des petites maisons en bois ?

« C’est exact. Nous sommes très différents de l’échange boursier ! Le centre d’intérêt de notre entreprise est d’exaucer les plus profonds désirs cachés de nos clients. » Il cessa de parler pendant un instant, en affichant un sourire très mystérieux. « Quoi que vous souhaitiez, c’est sans importance. Nous exaucerons votre vœu. »

Elle ne savait pas pourquoi, mais Lü Zi se remémora la pensée qu’elle avait eue de vouloir tuer Ma Sheng. Qui plus est, le désir la saisit de plus en plus. À ce moment même, elle souhaitait pratiquement voir Ma Sheng étendue devant elle, dégoulinante de sang.

« Y a-t-il une tâche que vous voudriez me confier ? » La voix charmeuse eut pour effet de convaincre le cœur de Lü Zi encore plus. « Vous n’avez qu’à signer ce contrat, et Devil Chaos vous aidera à l’accomplir. » Un morceau de parchemin et une plume d’oie étaient apparus sur la table à un moment inconnu.

« Je… » Lü Zi prit la plume sans réfléchir. Elle était sur le point d’imprudemment signer son nom…

« Devil Chaos ! Oh, nous avons une cliente. » Une voix chaleureuse et apaisante fit se figer Lü Zi.

La jeune fille leva la tête et plongea son regard tout droit dans une paire d’yeux bleus réconfortants. Elle se sentit tout à coup calme. Il s’agissait d’un homme à la peau claire et aux yeux bleus, aussi beau que Devil Chaos, mais la différence était qu’il mettait les gens à l’aise. Le regarder était presque suffisant pour guérir son cœur blessé.

Néanmoins, Devil Chaos fronça les sourcils avec mécontentement. La personne qui l’avait mis de mauvais poil paraissait ne pas l’avoir remarqué et ne semblait pas avoir l’intention de partir non plus.

« Bonjour, mon nom est God Charity. Je suis l’autre propriétaire de la boutique d’échange magique. Accepteriez-vous de me dire votre nom ? »

« Lü Zi. »

« C’est donc mademoiselle Lü Zi. Devil Chaos vous a-t-il informé des détails du contrat ? » Il arrêta de parler un instant. Ses yeux se tournèrent vers Devil Chaos qui avait détourné la tête. « Si vous souhaitez faire le mal, Devil Chaos vous aidera, mais il y aura un prix à payer. Le prix sera décidé en fonction d’à quel point votre désir est facile ou difficile à réaliser. »

Dès qu’elle entendit les mots « faire le mal », Lü Zi se recroquevilla. Elle ne parvenait pas à croire qu’elle avait failli engager quelqu’un pour tuer Ma Sheng. Comment avait-elle pu avoir une pensée aussi malveillante ? Elle s’empressa de déclarer : « Non, je n’ai pas envie de demander quoi que ce soit à Devil Chaos, je… suis seulement entrée pour jeter un coup d’œil. Je suis désolée, je m’en vais tout de suite. »

Après qu’elle eût terminé de parler, elle n’attendit pas la réaction de God Charity ou de Devil Chaos et sortit par la porte en coup de vent.

« God Charity, tu as fait fuir ma cliente. Nous avions convenu de ne pas intervenir dans les affaires de l’autre », l’avertit Devil Chaos d’un ton contrarié. Ses yeux écarlates brillèrent dangereusement de malice.

God Charity se contenta de sourire. « Je suis uniquement venu voir si quelqu’un était en train de briser les règles en se servant secrètement d’un peu d’hypnose. »

« Je n’ai fait que dire une phrase. » Les yeux de Devil Chaos se détournèrent.

« Une seule phrase de ta part est plus puissante que la meilleure hypnose au monde ! »

« Hmph ! Eh bien, je n’ai pas besoin de ce contrat de toute manière. » Devil Chaos savait qu’il était dans le tort et que se disputer au sujet de qui avait raison ne lui était d’aucun bénéfice. Il ne ferait certainement rien qui ne lui bénéficierait pas.

God Charity ne se soucia pas de lui. Il contempla simplement la porte, espérant dans son cœur que la fille ne reviendrait plus jamais…

 

 

« Salut, Lü Zi. » Ma Sheng s’approcha de Lü Zi en riant.

« Salut. » Lü Zi ne put presque pas regarder Ma Sheng dans les yeux, parce qu’elle avait songé de provoquer la mort de cette dernière hier. La Lü Zi aimable et au cœur toujours bon s’était vautrée dans la honte toute la nuit et, en fin de compte, avait pris la décision de féliciter Ma Sheng et Xia comme il se devait même si la douleur dans son cœur la tiraillait encore.

Comme elle n’avait pas directement regardé Ma Sheng, Lü Zi ne remarqua pas l’expression de sa meilleure amie. Cette expression montrait une méchanceté surprenante, et son sourire exprimait un tout aussi surprenant ravissement devant les tourments d’un autre. « Lü Zi, allons nager à la piscine après l’école. D’accord ? On se rejoint au gymnase et on se rendra là-bas ensemble, une fois qu’on se sera changées. »

« Pas de problème. »

 

 

Lü Zi marcha avec excitation jusqu’au gymnase. La natation avait toujours été son sport préféré. Elle ne s’attendait juste pas à ce que la scène qu’elle s’apprêtait à voir lui fasse aussi mal. Lü Zi, qui était sur le point de pénétrer dans le gymnase, fut accueillie par la vue d’un couple en train de s’embrasser : c’était Ma Sheng et Xia. Elle se couvrit fermement la bouche pour s’empêcher d’éclater en sanglots. Pourquoi ? Pourquoi Dieu avait-il permis qu’elle soit témoin de cette scène ? Même si elle avait pris la décision de les féliciter comme il se devait, ça ne signifiait pas qu’elle était assez forte pour supporter de les voir éperdus d’amour sous ses yeux.

Elle manqua de sombrer dans le désespoir en observant Ma Sheng et Xia devant elle. Dans son cœur, elle tenta très fort de se répéter, Lü Zi, tu dois les féliciter. Tu n’es pas autorisée à avoir d’autres pensées. Félicite tes deux bons amis…

Mais, Ma Sheng avait remarqué Lü Zi depuis un bon moment, étant donné qu’elle avait fait exprès d’embrasser Xia devant elle. Son cœur était rempli d’une grande joie à l’idée de la tourmenter. De bonnes amies ? Stupide Lü Zi, tu es vraiment trop naïve.

« Mademoiselle Ma Sheng », une voix séduisante retentit subitement depuis un coin sombre. Un homme à l’apparence classe et démoniaque avec des cheveux noirs et des yeux vermeilles émergea peu de temps après.

Devil Chaos ? Comment se fait-il qu’il soit là ? L’esprit de Lü Zi était plein de surprise. Se pourrait-il qu’il soit de nouveau venu tenter de lui faire signer un contrat ? Mais, c’est à Ma Sheng qu’il s’adressait à l’instant… ?

« D’où sors-tu ? » Ma Sheng avait eu une peur bleue. Quand elle avait regardé, une seconde plus tôt, il n’y avait assurément personne qui se tenait là, non ?

« Ça n’a aucune importance ! Ce qui importe, c’est que je sois payé ! » Le sourire de Devil Chaos recelait de mauvaises intentions.

Payé ? Ma Sheng a signé un contrat avec Devil Chaos ? Lü Zi était encore plus perplexe qu’auparavant.

« Dis-moi donc combien d’argent tu veux. » Ma Sheng agita impatiemment la main. Elle ne voulait pas que Lü Zi découvre la vérité.

« Ce que je désire n’a pas aussi peu de valeur que l’argent. » Le sourire de Devil Chaos transpirait de dangerosité. Le manque de politesse de Ma Sheng ne le dérangeait pas le moins du monde.

« Dans ce cas, qu’est-ce que… » Avant que Ma Sheng pût terminer sa phrase, Lü Zi l’interrompit.

« Attendez ! Devil Chaos, pourquoi êtes-vous ici ? Ma Sheng, comment se fait-il que tu le connaisses ? » Lü Zi ignorait pourquoi, mais elle songea que ça avait quelque chose à voir avec comment Xia, qui se tenait silencieusement à côté, affichait tout d’un coup des yeux sans vie.

« Oh, c’est vous, mademoiselle Lü Zi. » Devil Chaos rigola malicieusement et songea à une façon de rendre la situation encore plus chaotique. « Ce n’est rien, je suis là seulement pour être payé, et c’est cette fille qui doit me payer, car elle a signé un contrat avec moi. Son souhait était de pouvoir contrôler ce garçon. »

Lü Zi n’arrivait pas à y croire, tandis qu’elle fixait Ma Sheng dont le visage prenait une expression affreuse. Elle ouvrit la bouche avec difficulté et dit : « Pourquoi ? »

Ma Sheng fusilla haineusement Lü Zi du regard, qui ne l’avait encore jamais vu afficher ce genre d’expression auparavant. Lü Zi était incapable de bouger de là où elle était, stupéfaite. « C’est entièrement de ta faute. Lü Zi, tu es si idiote. À part pour ce stupide cours de gym, je suis meilleure que toi dans tous les aspects, que ce soit sur le plan de l’apparence ou les devoirs, et pourtant tout le monde t’aime plus. Tu peux tout le temps discuter joyeusement avec nos camarades de classe ! Mais, moi dans tout ça ? Je ne peux que prétendre être une fille gentille et raffinée à côté de toi, parce qu’aucune fille n’a envie de me parler. Sais-tu à quel point je t’envie, parce que tout le monde t’aime ? J’étais incapable d’accepter ça. Je voulais au moins te voler la personne que tu aimais le plus, Xia, mais, quand je lui ai dit que j’étais amoureuse de lui, il m’a répondu que c’était toi qu’il aimait. »

Lü Zi resta pétrifiée, sous le choc, pendant un long moment. Xia était amoureux d’elle ?

Le sourire de Ma Sheng était rempli de méchanceté. « C’est à ce moment-là que la boutique d’échange magique est apparue. Devil Chaos m’a affirmé qu’il pouvait réaliser n’importe quel souhait. Haha, au début, je croyais à une arnaque, mais dès ce jour Xia a commencé à obéir à chacun de mes ordres. Il m’appartient pour toujours. Hahaha. »

Alors, c’est ça qui fait que Xia a l’air sans vie. Lü Zi jeta un regard à Xia qui ignorait tout de ce qu’il se passait, son cœur emplit de douleur. « Comment as-tu pu faire ça ? Xia n’est pas ton pantin. C’est un être humain vivant. Comment peux-tu le contrôler comme si de rien était ? » Lü Zi la supplia presque : « Laisse partir Xia ! Ma Sheng, c’est moi que tu détestes, alors contrôle-moi à la place. »

« Attendez une minute, toutes les deux. Si vous avez l’intention de vous disputer, pouvez-vous attendre jusqu’à ce que j’aie reçu mon paiement pour vous y mettre ? » déclara un Devil Chaos en colère et qui en avait déjà marre de les voir faire.

« Dis-moi donc vite ce que tu veux ! » s’énerva Ma Sheng, dix fois plus impatiente.

« Eh bien, contrôler une personne pendant toute une vie est un exploit très difficile à accomplir ! Mais, étant donné que c’est votre première visite, je vais vous offrir un rabais de vingt pour cent. » Devil Chaos eut un rire diabolique. « À l’origine, je voulais cinquante années de votre durée de vie, mais à présent quarante années sont amplement suffisantes. »

« C’est quoi ces conneries ? Comment est-ce qu’on peut prendre quelque chose comme des années de ma vie ? » Ma Sheng pensa avec dédain que ce type devant elle était dérangé mentalement.

« Contrat, viens à moi ! » Brusquement, une bourrasque de vent s’éleva autour de Devil Chaos, et un bout de parchemin apparut devant lui. « En accord avec ce contrat, moi, Devil Chaos, j’ai réalisé votre souhait. Je vais maintenant récupérer le paiement qui m’est dû : quarante ans de votre durée de vie. » Lorsqu’il eut fini de dire ça, la bourrasque de vent s’enroula tout à coup autour de Ma Sheng.

« Ah… Qu’est-ce que c’est que ça ? Relâche-moi tout de suite », cria Ma Sheng depuis l’intérieur du tourbillon, terrifiée.

Lü Zi ne savait pas quoi faire, elle non plus. Elle pouvait seulement observer l’incroyable scène qui se déroulait devant ses yeux d’un air hagard.

Après un certain temps, le tourbillon de vent retourna aux côtés de Devil Chaos et s’estompa lentement en étant aspiré par le parchemin. Finalement, Devil Chaos leva la main, et le parchemin disparut. « Échange réussi ! Ce fut un plaisir de collaborer avec vous. N’hésitez pas à venir visiter la boutique d’échange magique God n’ Devil quand il vous plaira », lâcha Devil Chaos d’une voix mystérieuse. Sa silhouette suivit sa voix et s’effaça sous le regard de Lü Zi et Ma Sheng.

« Mais, que vient-il de se passer exactement ? » Lü Zi, dont l’esprit était sens dessus-dessous, était figée sur place, abasourdie.

« Il a disparu. » Ma Sheng fixa avec incrédulité l’endroit où s’était volatilisé Devil Chaos. Toutefois, à la seconde où elle parla, elle et Lü Zi songèrent que quelque chose était étrange : sa voix sonnait faux. Elle ne sonnait pas comme celle d’une fille, mais plutôt comme celle d’une vieille dame de cinquante ou soixante ans.

Lü Zi se tourna lentement pour regarder Ma Sheng. Elle se rappela ce que Devil Chaos avait dit avant de partir. Le prix à payer était cinquante années de sa durée de vie. C’est vraiment possible ? Est-ce que c’est vraiment possible de prendre les années de la vie d’une personne ? Néanmoins, à l’instant suivant, elle sut que c’était le cas, parce que la personne devant elle n’était plus une Ma Sheng de seize ans, mais bien une vieille dame dans la cinquantaine. C’est elle ? C’est Ma Sheng ? Elle n’arrivait tout bonnement pas à y croire.

Et, en apercevant l’incrédulité dans les yeux de Lü Zi, les sentiments confus, surpris et incrédules de Ma Sheng fusionnèrent. Elle courut jusqu’au miroir le plus proche… « Ahhhhhhhhh ! » La personne qui criait et qui était réfléchie dans le miroir était une femme entre cinquante et soixante ans.

« Pourquoi ? Pourquoi est-ce que j’en suis arrivée à ça ? Ce n’est pas ce que je veux. Ce n’est pas ce que je veux. Rends-moi ma jeunesse ! Rends-la-moi », hurla Ma Sheng, au bord de la folie.

« Ma Sheng… » Lü Zi, qui était aussi confuse dans son cœur que dans son esprit, ignorait quoi faire elle aussi.

« Ce n’est pas ce que je veux. Si c’est pour être comme ça, je préfère mourir ! » Ma Sheng, dans son hystérie, se précipita subitement à l’extérieur.

« Ma Sheng, attends ! » Lü Zi la suivit immédiatement.

Mince, je l’ai perdue. Où est-ce que Ma Sheng a bien pu aller ? Lü Zi la chercha frénétiquement. Malgré le fait que Ma Sheng ait fait une chose aussi odieuse pour la contrarier, son cœur était toujours aussi grand. Dans le cœur de Lü Zi, elles étaient encore amies, après tout. Elle ne pouvait pas ne pas se soucier de la Ma Sheng d’en ce moment.

Tout autour, une foule s’était rassemblée et faisait un raffut. Ce qui attira l’attention de Lü Zi fut comment ils pointaient le toit de l’école. Quelques personnes étaient même en train de crier. Alors qu’elle levait la tête, Lü Zi se mit également à hurler. C’est Ma Sheng. La personne qui se tient sur le toit, c’est Ma Sheng. « Ne fais pas ça, Ma Sheng ! »

« Ah ! » Tout le monde commença à crier, parce que la dame sur le toit avait sauté. Du sang gicla partout. Lü Zi, qui se tenait devant l’école, était complètement couverte du sang de Ma Sheng. Elle n’avait même pas eu le temps d’hurler ou de ressentir de l’horreur qu’elle entendit les secondes exclamations de la foule. Elle leva la tête pour regarder d’un air hébété.

« Xia ! »

Xia apparut sur le toit, en se tenant à peu près au même endroit où Ma Sheng s’était tenue avant lui. Lü Zi savait déjà ce qui arriverait ensuite, et combien ça lui briserait le cœur. L’histoire se transformerait en tragédie…

 

 

Lü Zi marcha machinalement vers sa maison, son cœur lui faisant si mal qu’elle n’arrivait pas à parler. Même les larmes qu’elle avait pleurées après que Xia ait eu sauté avaient cessé. Elle avait perdu sa meilleure amie et le garçon qu’elle aimait le plus. Comment les choses en sont-elles arrivées là ? Est-ce qu’il n’y a vraiment aucun moyen d’arranger ça ?

Un cottage en bois blanc jaillit à côté d’elle sur la rue. Lü Zi, qui n’avait rien remarqué depuis les deux suicides, l’aperçut tout de même. Les trois mots se révélèrent à Lü Zi : God n’ Devil. Elle aurait dû se sentir pleine de ressentiment. Après tout, c’était le contrat de cette boutique d’échange magique qui était à l’origine de la situation, mais le cottage en bois blanc actuel émettait une impression réconfortante et chaleureuse. Le cœur engourdi de Lü Zi se serra, et des larmes se mirent de nouveau à couler. Sans hésiter, elle entra.

God Charity était debout derrière la porte, employant son regard apaisant pour regarder au fond du cœur de Lü Zi. Il ne dit rien, mais écarta calmement les bras, et Lü Zi se jeta dans ses bras sans hésitation. Elle pleura tout son saoul, et lâcha un gémissement à fendre le cœur.

Après avoir évacué son chagrin, Lü Zi but tranquillement le thé que lui passa God Charity. Elle était en train de prendre une décision importante sur ce qu’elle allait faire. Elle ne pouvait pas laisser les choses se terminer ainsi, pas si elle avait la capacité de les changer.

« God Charity… »

God Charity lui coupa la parole, comme s’il avait déjà deviné la détermination nouvellement acquise de Lü Zi : « Je peux en effet signer un contrat avec vous, afin de vous aider à réaliser le désir au plus profond de votre cœur, mais le prix à payer pour ressusciter quelqu’un est votre vie elle-même.

Lü Zi se dégonfla pendant un moment, mais décréta sur-le-champ : « Xia n’avait rien fait de mal. Sauvez-le au moins, au moins lui… » Elle s’arrêta, Mais, et Ma Sheng alors ? Même si Ma Sheng avait fait quelque chose d’horrible, néanmoins, étant donné qu’elle était une bonne amie de Ma Sheng et qu’elle n’avait jamais remarqué le comportement étrange de celle-ci durant toutes ces années, elle avait presque indirectement causé la mort de son amie. Est-ce qu’elle avait vraiment le droit d’abandonner Ma Sheng à son sort et de seulement sauver Xia ? Lü Zi tomba silencieuse.

God Charity restait également muet. C’est vraiment une jeune fille au grand cœur.

« Êtes-vous réellement capable de faire n’importe quoi pour moi ? » demanda Lü Zi de manière imprudente, parce qu’elle avait songé à une façon de faire d’une pierre deux coups, mais il s’agissait d’une chose extrêmement folle à imaginer. Bien qu’elle ait eu un aperçu du pouvoir de Devil Chaos, elle ne pouvait pas s’empêcher de se demander si God Charity serait capable de réaliser son vœu.

God Charity sourit, incapable de se délester de sa pitié envers la jeune fille au grand cœur. « Oui, n’importe quoi. »

« Dans ce cas, je veux signer un contrat avec vous. Je vous en prie, réalisez mon souhait. » Lü Zi prit une profonde inspiration. Au fond de son cœur, elle pensa, Oui, c’est la meilleure solution. Personne n’aura le cœur brisé, incluant mes parents. « Je souhaite ne jamais être venue au monde. » De cette façon, Ma Sheng ne signerait pas de contrat avec Devil Chaos pour faire du mal à Xia par sa faute. Et sa mère et son père ne seraient pas tristes de la perdre. C’était véritablement la meilleure solution.

God Charity se contenta de soupirer. « En êtes-vous sûre ? Lü Zi, êtes-vous certaine de vouloir vous sacrifier ? »

« Oui », Lü Zi hocha fermement la tête. « Pour ce qui est du prix à payer, même si vous prenez mon âme, je n’aurai aucun regret. »

God Charity éprouva un pincement au cœur. Il avait déjà un plan. « Très bien ! Contrat, viens à moi. Vous n’aurez qu’à signer votre nom dessus, et votre vœu de n’être jamais venue au monde sera accompli. »

Lü Zi saisit la plume et, après avoir écrit son nom avec détermination, regarda God Charity. Sa silhouette s’estompa lentement. « Merci. »

God Charity se contenta d’acquiescer d’un signe de tête, en observant Lü Zi s’effacer sous ses yeux. La lumière blanche, soit l’âme de Lü Zi, flotta tranquillement jusqu’à sa main.

« Quel échange peu profitable. » La voix moqueuse de Devil Chaos résonna en écho derrière God Charity. « La puissance dépensée pour faire en sortes qu’elle ne soit jamais venue au monde ne peut pas être mince ! Tu n’as obtenu qu’une petite âme en retour. Tu as reçu une énorme perte, God Charity. »

« Je crois que ça en valait la peine », affirma God Charity avec légèreté. Ensuite, il ajouta : « J’ai obtenu une petite servante au grand cœur en résultat. »

« Une servante ? » répéta Devil Chaos avec doute. Il eut brusquement un mauvais pressentiment.

God Charity leva la main et, dans sa paume, l’âme de Lü Zi émit inopinément une lumière éblouissante. La lumière prit graduellement une forme : celle d’un enfant. Enfin, une mignonne petite fille émergea, avec la peau claire et les yeux bleus, ressemblant à s’y méprendre à une poupée.

God Charity la contempla, et lui dit alors avec un sourire : « Je vais t’appeler Angélique Doll ! Tu seras ma petite servante. » Après avoir parlé, il tapota gentiment la tête de cette dernière.

La petite fille sourit également avec joie. « Ta petite servante ! À partir de maintenant, je serai la petite servante de grand frère. »

« Oh mon Dieu ! » Devil Chaos jeta un regard à Angélique qui était clairement une petite fille espiègle. « Ne pouvais-tu pas créer une belle jeune femme à la place ? À quoi peut bien servir de créer un enfant ? »

God Charity se contenta de sourire, pendant qu’Angélique se cachait derrière lui. Elle regarda Devil Chaos avec mépris et lui fit une grimace.

« Sale gamine ! Regarde-moi bien te punir comme il se doit, et on verra si tu oses encore me faire une grimace. » Devil Chaos tendit la main pour attraper la fillette. Malheureusement, celle-ci déploya soudainement une paire d’ailes d’ange et se mit à voler dans toutes les directions, en se maintenant obstinément hors d’atteinte.

God Charity admira les deux personnes merveilleuses devant lui, son cœur débordant d’amusement. « Il semblerait que je ne me sentirai plus seul désormais. »

Échange Magique Chapitre 1 : Prologue

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Échange Magique

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Magical Exchange Prologue – traduit du  chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Échange Magique Prologue – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Dieu peut vous aider à faire le bien.
Le Diable peut vous aider à faire le mal.
Le prix à payer peut être :
Aussi insignifiant que de perdre une mèche de cheveux;
Aussi grave que de subir une torture pire que la mort.
Aurez-vous le courage de prendre le risque ?
Entre Dieu et le Diable
Quelle sera votre décision ?

Ils étaient à la fois tous les deux de beaux hommes, d’une beauté similaire et pourtant très différente. Ils possédaient tous les deux des silhouettes grandes et sveltes, des traits faciaux raffinés, des yeux dans lesquels les autres se perdaient, et un tempérament avec le même pouvoir d’attraction.

L’un avait des cheveux dorés et des yeux bleus, et son regard était seulement empli de chaleur et d’amabilité. Ceux qui apercevaient son petit sourire se sentaient le cœur et l’esprit en paix. Sa personne toute entière donnait aux gens une impression de gaieté. Sa voix sonnait comme si elle pouvait apaiser toutes les douleurs. En somme, il était quelqu’un d’aussi bienveillant que chaleureux, l’incarnation de toutes les bonnes choses dans un seul corps.

L’autre avait des cheveux noirs et des iris rouges, et son regard était rempli uniquement de danger et d’espièglerie. Il possédait un sourire dangereux qui faisait se tortiller les gens dans leurs sièges. De sa personne toute entière émanait une aura meurtrière. Sa voix sonnait comme si elle pouvait vous voler votre âme. Somme toute, il était une fatalité dangereuse, l’incarnation d’une cruauté froide.

« Il semblerait que le travail frappe à nouveau à notre porte, God Charity. » L’homme aux cheveux noirs arborait un sourire espiègle, tandis qu’il prenait une gorgée du liquide rouge dans la coupe qu’il tenait à la main.

L’homme aux cheveux dorés, qui lisait en ce moment un livre, leva la tête lentement. « Oui, Devil Chaos. »

Maintenant, dîtes-nous, quel est votre désir ?

Si vous souhaitez faire le bien, God Charity1 sera à votre service.

Si vous souhaitez faire le mal, Devil Chaos2 sera votre meilleur choix.

Nous déciderons du prix à payer.

Notes de bas de page

1 God Charity : Son nom veut littéralement dire « Dieu charitable » ou « Dieu de la Charité ».

2 Devil Chaos : Son nom veut littéralement dire « Diable chaotique » ou « Démon du Chaos ».