Romance RPG : Partie 30

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Thirty – traduit du chinois vers l’anglais par purplezero[PR!]
Partie Trente – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+travail de vérification par Nocta

God Charity lui fit un clin d’œil avec espièglerie. « Il vient juste de partir. »

Bai Xue Chen put enfin se détendre et s’empressa de le questionner : « God Charity, avez-vous vendu une autre console Nintendo ? Par exemple, à une jeune femme ? » Au même moment où il posait la question, il ne put s’empêcher de prier du plus profond de son cœur que God Charity fût celui qui l’avait vendue.

« Je suis vraiment navré. » La réponse de God Charity le plongea dans le désespoir. « J’en ai seulement vendu une à M. Lin derrière vous. »

C’est une catastrophe ! Le visage de Bai Xue Chen vira subitement au blanc. Il ignorait quoi faire ensuite. Il n’avait définitivement aucune envie d’aller retrouver l’autre propriétaire de la boutique d’antiquités pour négocier, étant donné qu’il savait que l’autre les dévorerait vifs.

« Pousse-toi ! » Lin Jian Yin poussa brutalement Bai Xue Chen sur le côté et hurla : « Écoutez-moi, je me contrefiche de savoir de quel genre d’endroit étrange il s’agit. Je me fous de savoir qui vous êtes tous, également. Je veux seulement apprendre comment sortir une personne de ce jeu ! »

God Charity se montra indifférent envers son attitude grossière et se contenta de verser du thé dans deux tasses. Il leur fit signe de s’asseoir. Bai Xue Chen essaya de forcer Lin Jian Yin à s’asseoir à plusieurs reprises, mais ce dernier le repoussait à chaque fois et lançait des regards courroucés à God Charity. En fin de compte, Bai Xue Chen employa toute son énergie pour le forcer à s’installer sur le siège. En même temps, il s’exclama : « Assieds-toi ! God Charity est la seule personne à pouvoir nous aider. Si tu continues à te montrer impoli, tu ferais aussi bien mieux de sortir d’ici et de me laisser régler ce problème par moi-même. »

Après que Lin Jian Yin eût entendu Bai Xuen Chen hurler, lui qui avait normalement si bon caractère, il fut enfin d’accord pour prendre place sur la chaise et de cesser de lancer des regards noirs à leur hôte. Il détourna simplement la tête pour bouder.

Le voyant agir de cette manière, Bai Xue Chen soupira et s’assit à son tour. Il plaida l’aide de God Charity du regard. « Vous êtes la seule personne sur qui nous pouvons compter désormais… »

God Charity sourit légèrement et dit avec calme : « Je vous présente mes excuses. Il n’y a pas grand-chose que je puisse faire pour vous. Cette jeune femme n’est pas ma cliente. »

« Ah, c’est la cliente de “l’autre” ? »

Bai Xue Chen leva sa tasse de thé, comme s’il s’adressait à un ami, mais, dans son cœur, il était extrêmement inquiet. Il savait que « l’autre » devait avoir un moyen de connaître ce qu’il se passait dans ce petit salon, incluant tout ce qui était dit. Si le contenu de la conversation risquait d’affecter « ses » intérêts, cette personne ne resterait pas les bras croisés.

God Charity hocha la tête sans même proférer la moindre affirmation. Au lieu de ça, il changea de sujet. « La période d’essai de M. Lin arrive bientôt à échéance, n’est-ce pas ? Assurez-vous de faire bon usage du temps qu’il vous reste. »

Le regard de Bai Xue Chen était fuyant, et intérieurement il calculait ce qu’il devrait poser comme question et ce qu’il ne devrait pas demander afin d’éviter une réaction de la part de « l’autre ». Il décida finalement de commencer par s’enquérir de la situation de Lin Jian Yin. « Quand il a été jeté dans la fournaise plus tôt, j’ai dû retirer la cartouche de jeu pour le sauver. Alors, s’il y retourne maintenant… »

God Charity l’interrompit en disant : « Il ne lui arrivera rien. »

Bai Xue Chen acquiesça d’un signe de tête pour indiquer qu’il avait compris, et ensuite il demanda : « Le jeu de Jian Yin consiste à simuler l’éducation d’un personnage. S’il accomplit son objectif, est-ce que la partie sera terminée ? »

« Sa partie à lui prendra fin. » God Charity donna une réponse vague, mais c’était suffisant pour Bai Xue Chen.

À ce stade, Lin Jian Yin cessa de détourner la tête et écouta la conversation en réprimant son mauvais caractère. Bien qu’il ne comprît pas pourquoi ils ne parlaient pas tous les deux ouvertement du problème, il faisait au moins confiance à Bai Xue Chen après toutes leurs années d’amitié.

« Il y a habituellement un prix à la fin d’un jeu, pas vrai ? S’il accomplit son objectif, quel genre de récompense est-ce que Jian Yin va recevoir ? » Bai Xue Chen continua de le questionner au sujet du problème de Jian Yin.

« Eh bien… » God Charity songeait profondément à comment lui répondre.

« Tout dépend de comment M. Lin parvient à atteindre son objectif. Si la jeune femme que vous éduquez épouse quelqu’un d’autre, dans ce cas il n’y a pas de récompense. Toutefois, si la jeune femme vous choisit, vous pourrez faire sortir cette dernière du jeu. »

Une fois que la clé pour résoudre leur problème leur eût été dévoilée, les yeux de Lin Jian Yin se mirent à briller, et le visage de Bai Xue Chen s’illumina comme ils se jetaient mutuellement des regards.

« Voilà qui est très intéressant, God Charity et le jeune homme amoureux d’un tableau que je n’ai pas vu depuis un long moment. »

Après avoir entendu un ton aussi moqueur et vu une silhouette grande, mince et sombre entrer par la porte, le cœur de Bai Xue Chen sombra. Pendant ce temps, le visage de Lin Jian Yin se remplit de mécontentement, et ce dernier l’interrogea : « Et qui êtes-vous ? »

Lorsqu’il entendit la question impolie de Lin Jian Yin, Devil Chaos plissa dangereusement les yeux, mais reprit tout de suite contenance. Il marcha lentement en direction de la table ronde et cogna doucement sur celle-ci avec un doigt.

« Je suis l’autre propriétaire de cette boutique. »

Lin Jian Yin écarquilla les yeux, et il se rappela la conversion de Bai Xue Chen et de God Charity. Il s’écria : « Vous êtes celui qui a vendu une console Nintendo à Meng ? »

Devil Chaos admit simplement : « Oui. »

Lin Jian Yin agrippa Devil Chaos par le collet et, d’une vois sinistre et menaçante, il demanda : « Qu’avez-vous fait exactement ? Pourquoi ne peut-elle pas sortir du jeu ? »

Devil Chaos ne se souciait visiblement pas vraiment du fait d’avoir été agrippé par le collet, et il n’avait pas peur de l’expression de Lin Jian Yin non plus. Sans l’ombre d’un souci, il répondit : « C’est elle qui ne voulait pas sortir du jeu. »

« Vous mentez ! » Lin Jian Yin se mit en colère.

D’un mouvement, Devil Chaos repoussa aisément la main de Lin Jian Yin. Il arborait un sourire trompeur alors qu’il expliquait lentement : « C’est dans le contrat qu’elle a signé avec moi. Elle désirait une histoire d’amour palpitante, un prince parfait, et une fin heureuse comme dans les contes de fées. D’ailleurs, je ne fais pas d’affaires sans gain. J’ai seulement pris son corps en échange. Dans tous les cas, elle existera dans le jeu et n’aura pas besoin d’un corps. Quand on y repense, c’est moi qui suis perdant dans cet échange. »

« Que-qu’est-ce que vous racontez ? » La tête de Lin Jian Yin  lui tournait à cause de ces paroles. Il n’arrivait presque pas à y croire.

« Parfait, hein… » Comme God Charity savourait son thé, il songea à haute voix : « Il n’y a probablement qu’un personnage de jeu vidéo qui puisse être parfait, n’est-ce pas ? Si la jeune femme choisit un homme imparfait, le contrat serait probablement rendu nul, non ? »

Le visage de Devil Chaos figea, et ce dernier fusilla God Charity du regard, mais l’autre parti l’ignora. À la place, God Charity rappela tranquillement : « M. Lin, il ne reste que trois heures à votre version d’essai. Ne devriez-vous pas vous dépêcher de rentrer et de jouer ? »

« Quoi !? Trois heures ? »

Romance RPG : Partie 29

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-nine – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Partie Vingt-neuf – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+travail de vérification par Nocta

« Jian Yin ! Attends-moi. »

Avant même que Bai Xue Chen eût tourné la tête, l’individu assis sur le siège du conducteur était sorti de la voiture et se trouvait déjà dix mètres plus loin. Bai Xue Chen s’empressa de le suivre. Voyant que de l’inquiétude était dessinée sur tout le visage de Lin Jian Yin, Bai Xue Chen se mit à sourire et songea à quelle excuse utiliser pour partir après qu’ils auraient sauvé Ye Meng Ling, afin de leur procurer du temps seuls. Tout bien réfléchi, la meilleure option serait de confisquer les clés de voiture de Lin Jian Yin. De cette façon, il serait obligé de rester.

Lin Jian Yin ne remarqua même pas que son bon ami était occupé à fomenter un plan. Imaginer comment cette fille-paon pourrait faire du mal à Meng était suffisant pour que son cœur se serre au point d’être difficile à le supporter, comme si quelqu’un tenait fermement son cœur au creux de sa main en ce moment même.

La résidence de Ye Meng Ling ressemblait à n’importe quelle autre maison ordinaire. C’était un complexe avec un concierge, où vous aviez besoin d’une carte pour entrer. Les deux jeunes hommes, qui n’habitaient pas là, seraient naturellement incapables d’y pénétrer. Lin Jian Yin n’eut pas d’autre alternative que d’essayer de sonner comme si sa vie en dépendait, en espérant que ça réveillerait Meng, et que ça pourrait même lui permettre de s’échapper du jeu. Mais, après qu’il eût sonné pendant près de dix minutes, et que personne ne lui eût répondu, Lin Jian Yin se mit à férocement frapper la sonnette avec anxiété, et donna même des coups de pieds à la porte en métal à plusieurs reprises.

Au même moment, Bai Xue Chen arriva avec le concierge en disant : « …Ma cousine m’avait promis de venir dîner avec nous, mais, même après que l’heure où nous nous étions mis d’accord pour nous rencontrer soit passée, elle n’était toujours pas arrivée, et elle ne répond pas au téléphone. En plus, elle est asthmatique. Alors, nous sommes vraiment inquiets pour elle… »

Le vieux concierge hocha la tête, affirma qu’il comprenait, prit l’une des clés se trouvant sur un trousseau, et ouvrit la porte. Puis, il mena les deux jeunes hommes jusqu’à l’appartement de Ye Meng Lin.

Dès l’instant où le concierge ouvrit la porte de la résidence de Meng Ling, Lin Jian Yin se précipita impatiemment à l’intérieur. L’appartement n’était pas très grand, et le salon paraissait plutôt petit, quoique très propre et bien rangé. Les décorations étaient également simples et élégantes, laissant entrevoir le bon goût de la résidente. La seule chose qui traînait était la console Nintendo sur le plancher, devant laquelle on ne voyait personne.

Lin Jian Yin courut jusqu’à la télévision. Ses yeux fixèrent intensément l’écran, où Meng était toujours retenue prisonnière dans le donjon. Lin Jian Yin baissa le regard sur la console Nintendo. La cartouche à l’intérieur était rose. Il tendit la main pour retirer la cartouche, mais celle-ci semblait coincée dans la console. Peu importe à quel point il tirait, il était incapable de l’enlever.

Lin Jian Yin se sentit très contrarié. Sans plus se soucier de quoi que ce soit, il éprouvait uniquement l’envie de fracasser la console Nintendo sur le sol, mais Bai Xue Chen s’empressa de l’en empêcher. Il lui indiqua : « Regarde ! »

Suivant la direction que pointait le doigt de son ami, Lin Jian Yin baissa à nouveau le regard sur la console sans comprendre. Au début, il n’avait pas l’impression qu’il y avait quelque chose d’étrange. Mais, quand Bai Xue Chen le lui fit remarquer, il repéra contre toute attente un léger brouillard noir autour de la console Nintendo. Lin Jian Yin n’avait jamais noté ce phénomène particulier sur la sienne auparavant.

« Que se passe-t-il ? » le questionna-t-il, un peu effrayé. Ce brouillard noir ne lui disait rien qui vaille.

Les lèvres de Bai Xue Chen formèrent une ligne très mince, et ce dernier lui demanda : « C’est au cinquante-et-unième étage de ta compagnie que tu as découvert la boutique d’antiquités, pas vrai ? »

« Ouais… » Après avoir répondu, il ajouta également : « Mais, le cinquante-et-unième étage n’existe pas. »

Bai Xue Chen prit une profonde inspiration et dit : « Espérons que le cinquante-et-unième étage sera là tout à l’heure. Allons-y. »

Ayant l’air à la fois détendu et satisfait, God Charity tourna les pages d’un livre, buvant occasionnellement une gorgée de son thé noir qui remplissait la pièce de sa fragrance.

« Tu l’as fait exprès ! »

Un grondement venant des profondeurs et débordant de colère vint détruire ce moment de détente. Par la suite, un bel homme aux cheveux noirs et aux irises écarlates, dont l’être tout entier émanait une aura de malveillance, entra dans le salon dans une rage terrible. Dans le salon, la couleur des murs vira au gris, et les meubles, tels que les étagères remplies de choses diverses, le sofa et la télévision, devinrent aussi noirs que le ciel durant la nuit. Seule la petite table ronde à laquelle God Charity était assis garda sa couleur blanche.

God Charity répondit de manière calme et imperturbable : « Désires-tu une tasse de thé ? »

Devil Chaos fit tomber la théière d’un coup du revers de sa main, répliquant froidement : « Je m’occupe de mes affaires, et tu t’occupes des tiennes. Nous nous étions mis d’accord pour ne pas fourrer notre nez dans les affaires de l’autre. »

« Je n’ai pas interféré avec tes affaires, non ? » God Charity révéla un sourire honnête et innocent. S’il s’était agi d’une personne normale, il ou elle l’aurait cru dès l’instant où ils l’auraient aperçu sourire de cette façon, mais l’homme malveillant devant lui n’était pas une personne ordinaire.

« Pourquoi as-tu vendu l’autre cartouche de jeu à l’un de tes clients ? Tu savais que j’en avais déjà vendu une un peu plus tôt », s’enquit Devil Chaos.

Les yeux de God Charity s’illuminèrent brillamment. « Le client a choisi la console Nintendo de son propre chef. Je ne pouvais tout de même pas ne pas lui donner de cartouche, n’est-ce pas ? Qui plus est, si tu as le droit de vendre des cartouches de jeu, évidemment, j’en ai également le droit. »

C’était vrai que le client l’avait choisi de son propre chef. Devil Chaos n’était pas en mesure de réfuter ce point, mais il rétorqua quand même avec impolitesse : « Qu’est-ce que c’est que cet accord ? Le contrat entre vous deux n’est pas du tout raisonnable. Tes bénéfices sont bien moindres que ce que tu investis. »

« Mes bénéfices et mes investissements sont égaux. La cartouche est une version d’essai », expliqua God Charity avec indifférence.

« Toi ! » Devil Chaos avait envie de frapper le sol de son pied avec colère. Il était vrai que God Charity n’avait violé aucune règle, mais il se servait des failles dans l’entente.

À cet instant, la sonnette retentit très clairement. God Charity révéla à nouveau son sourire innocent et annonça : « J’ai des clients. »

Devil Chaos plissa des yeux et jeta un regard en direction de l’entrée, comme s’il pouvait voir de l’autre côté de cette porte. Après avoir jeté un coup d’œil, il poussa un reniflement de dédain et quitta le salon, lâchant uniquement ses paroles résonnant dans l’air : « Ne soit pas trop insolent ! N’oublie pas, je suis bien meilleur à employer les failles que tu ne l’es. »

God Charity révéla une rare expression d’inquiétude sur son visage, mais au moment où la porte s’ouvrit, il reprit son sourire d’origine. Il arborait son sourire, tandis qu’il accueillait les deux clients : l’un étant un ancien client, l’autre en étant un actuel.

Dès qu’il vit God Charity, les yeux de Bai Xue Chen s’illuminèrent. Il regarda à gauche et à droite sur-le-champ. Il était entouré d’une masse de blanc : les murs étaient blancs, et les meubles étaient blancs. Quand il remarqua ce décor, Bai Xue Chen se détendit visiblement, mais demanda tout de même pour être sûr : « Il… n’est pas là ? »

Lin Jian Yin était complètement confus. Il ne comprenait pas de qui Bai Xue Chen parlait.

Romance RPG : Partie 28

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-eight – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Partie Vingt-huit – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Lin Jian Yin observa Meng alors qu’elle était découverte par l’ennemi, le cœur de celui-ci se serrant avec anxiété. Il ne pouvait que se rassurer en se disant qu’il ne s’agissait que d’un jeu. Il ne va rien arriver à Meng. Cependant, quand il avait entendu les paroles de Bai Xue Chen, il avait instantanément eu un mauvais pressentiment. Il jeta un regard soupçonneux à son ami et lui demanda : « Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? »

Bai Xue Chen répondit prudemment : « Nous étions là depuis un long moment et ne t’avions pas vu. Nous avions même pensé que tu étais sorti. Mais, après avoir appelé sur ton portable, nous avons remarqué que tu l’avais laissé dans ta chambre… »

Lin Jian Yin l’interrompit avec impatience : « De quoi parles-tu ? J’étais là depuis le début, à jouer à ce jeu. Je ne suis pas du tout sorti. »

Après avoir entendu l’affirmation de Lin Jian Yin, Bai Xue Chen et Yue Lan se regardèrent l’un l’autre, et Bai Xue Chen déclara : « Jian Yin, tu n’étais pas là il y a un instant. Du moins, nous ne pouvions pas te voir du tout, mais nous avons remarqué que la console Nintendo était toujours allumée. Qui plus est, les images du jeu passaient leur temps à changer. À l’origine, nous avions cru que la console était restée allumée trop longtemps, alors l’écran du jeu bougeait tout seul. Ça n’aurait pas été si étrange si ça avait été le cas. »

« Mais, nous sommes devenus de plus en plus nerveux à force de regarder la scène sur l’écran. La fille et l’épée à l’intérieur ne pouvaient être que vos clones à toi et à Meng. Même la façon dont ils parlaient était identique à la vôtre. »

« C’était juste moi, en train de contrôler le personnage ! » répliqua Lin Jian Yin, ne comprenant pas pourquoi ils affirmaient ne pas pouvoir le voir.

Bai Xue Chen fronça les sourcils tout en lui rappelant : « Jian Yin, c’est impossible. Les boutons de contrôle pour une console Nintendo sont seulement debout, accroupi, aller à droite, aller à gauche, sauter, et d’autres boutons similaires. Comment est-ce qu’il te serait possible d’avoir une conversation dans le jeu ? »

Lin Jian Yin se figea abruptement. Tandis qu’il baissait le regard sur la manette de contrôle dans sa main, il repensa à la façon dont il s’y était pris pour parler avec Meng. Toutes les expressions et les gestes détaillés, les interactions de chaque personnage dans le jeu… Comment cette simple manette pourrait-elle être capable de faire ça ? Non ! Ce serait impossible même dans les jeux les plus récents, pas vrai ? Cette pensée fit couler des sueurs froides le long de la colonne vertébrale de Lin Jian Yin.

« Jian Yin… » Bai Xue Chen dit avec précaution : « Il y a un instant, nous observions également la scène avec une peur grandissante. Dès que nous avons vu l’épée, qui te ressemblait énormément, être jetée dans la fournaise, ta vie ne tenant qu’à un fil, nous n’avons pas eu d’autres options que de retirer la cartouche de jeu de la console. »

Après avoir entendu ça, Lin Jian Yin jeta un coup d’œil en direction de la cartouche par réflexe. La cartouche avait effectivement déjà été retirée et avait même été mise à côté de la console Nintendo… Dans ce cas, d’où vient l’image du jeu sur l’écran de la télévision ?

« Dès l’instant où nous l’avons retirée, t-tu… » Bai Xue Chen avait du mal à expliquer. « Jian Yin, tu es “tombé” hors de l’écran de la télévision. »

Quand le message atteignit le cerveau de Lin Jian Yin, les yeux de ce dernier contemplaient déjà l’écran, le regard vide. En ce moment, des gardes pointaient leurs épées sur le dos frêle de Meng, obligeant celle-ci à avancer un pas après l’autre. Malheureusement, elle n’était pas parvenue à retrouver Édouard à temps.

Elle est si timide. Elle doit avoir vraiment très peur, n’est-ce pas ? C’était comme si les épées pointées sur le dos de Meng lui perçaient impitoyablement le cœur. Il avait si peur qu’il commença à trembler, incapable d’imaginer ce que la fille-paon pourrait faire subir à Meng.

Quelques mots apparurent alors soudainement sur l’écran.

Meng : Épée-Fantôme, Épée-Fantôme…

« Meng ! » Lin Jian Yin mit de côté ses craintes. Il ramassa la cartouche avec l’intention de la réinsérer dans la console Nintendo, afin de retourner dans le jeu pour partir à la recherche de Meng.

Toutefois, Bai Xue Chen lui agrippa la main pour l’empêcher de remettre la cartouche. « Jian Yin, attends. »

À ce stade, la Meng sur l’écran s’était déjà faite jetée en prison par les gardes, et elle s’était recroquevillée en boule dans un coin. Le cœur de Lin Jian Yin se serra un peu lui aussi. Alors qu’il luttait pour que Bai Xue Chen le lâche, il hurla : « Lâche-moi ! Je dois retourner dans le jeu pour sauver Meng. »

« Ne fais pas ça ! Que va-t-il se passer si tu réapparais dans la fournaise ? » s’exclama Bai Xue Chen.

Lin Jian Yin rétorqua sur le même ton : « Même si je suis réduis en cendres, je dois retourner là-bas pour aider Meng. Je ne peux pas la laisser seule dans cet endroit. Elle doit avoir si peur. »

« Ne sois pas stupide ! Nous avons juste à trouver la maison de Meng Ling et à retirer la cartouche, non ? » Bai Xue Chen arracha la cartouche des mains de Lin Jian Yin et la jeta immédiatement dans le coin le plus éloigné de la pièce, profondément effrayé à l’idée que Lin Jian Yin retourne dans le jeu. Il n’avait pas du tout envie de voir son meilleur ami fondre et se transformer en morceau de ferraille inutile.

Ce ne fut qu’à ce moment-là que Lin Jian Yin se rendit clairement compte que retourner dans le jeu ne lui serait d’aucune utilité. La suggestion de Bai Xue Chen était en effet la bonne marche à suivre. Il saisit tout de suite ses clés de voiture et se précipita dehors par la porte, parce qu’il ne supportait pas l’idée que Meng reste dans cette prison un instant de plus.

Bai Xue Chen s’empressa d’ordonner à Yue Lan : « Reste ici pour surveiller l’image du jeu. Si quelque chose arrive à Meng, appelle-moi sur mon portable sur-le-champ. »

Yue Lan hocha la tête pour montrer qu’elle avait compris. « D’accord. »

Bai Xue Chen suivit Lin Jian Yin jusqu’à l’extérieur avec inquiétude. Ils firent pratiquement un sprint jusqu’à la voiture. Lin Jian Yin ouvrit la porte du conducteur, s’assit sur son siège, et démarra l’engin. Si Bai Xue Chen n’avait pas été suffisamment rapide, le véhicule serait parti en flèche avant même que son autre pied soit à l’intérieur.

« Connais-tu au moins l’adresse de Meng Ling ? » lui demanda anxieusement Bai Xue Chen.

Lin Jian Yin ne lui répondit pas. Il se contenta de conduire d’une main et de taper sur son téléphone avec l’autre. Après avoir écrit quelques lettres, les informations personnelles de son agente apparurent très clairement. Lin Jian les lit à voix haute, à la fois pour répondre à Bai Xue Chen et pour les mémoriser.

« Euh… Conduis plus lentement, s’il-te-plaît », lui rappela Bai Xue Chen avec un frisson, mais c’était visiblement inutile.

La Ferrari rouge continuait à prendre de la vitesse, dépassant les autres voitures, et zigzagant entre elles. Quand le véhicule s’arrêta, les yeux de Bai Xue Chen étaient déjà remplis de larmes. C’est si bon d’être encore en vie !

Romance RPG : Partie 27

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Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-seven – traduit du chinois vers l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Vingt-sept – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Marisa révéla un sourire excité et acquiesça d’un signe de tête.

Une fois que le duc Biggs eût terminé de donner ses instructions à sa fille, il prit la direction que le prince et Meng avaient empruntée en partant. Et, en effet, peu de temps ensuite, Meng fut la première à revenir, seule. Elle avait l’air quelque peu étourdie. Il n’était pas très surprenant qu’elle soit encore légèrement dans la lune après avoir dansé avec un prince parmi les fleurs et sous le clair de lune. C’était simplement une scène qui ne pouvait se dérouler que dans un rêve.

« Hé ! » Marisa salua froidement Meng.

Meng recouvra brusquement ses esprits et jeta un regard étrange à Marisa. « Quelque chose ne va pas ? »

« Tiens-tu à récupérer cette épée ? » Marisa révéla un sourire plein de mauvaises intentions.

Mon épée ! Meng chercha immédiatement l’Épée-Fantôme des yeux, mais le garde à qui elle l’avait confié avait disparu. Meng était affolée. À cet instant, elle devina que c’était l’œuvre de Marisa. Réprimant sa colère, elle demanda : « Où est mon épée ? »

« Si tu veux la récupérer, dans ce cas suis-moi. » Dès qu’elle eût fini de parler, elle ne daigna plus regarder Meng, puis sa silhouette gracieuse, dansante et désintéressée s’éloigna.

Bien qu’elle sût que Marisa n’arborait aucune bonne intention, elle n’eut pas d’autre option que de la suivre. Il se pouvait réellement que l’Épée-Fantôme se trouve entre ses mains, mais il était également possible que les menaces de Marisa ne soient que du vent, ce que Meng espérait secrètement. Être menacée verbalement était déplaisant, mais au moins ça n’aurait pas de graves conséquences. De plus, elle ne croyait pas que des insultes proférées par une demoiselle telle que Marisa puissent s’avérer être si horribles. Sans doute qu’elles ne seraient même pas à moitié moins aussi désagréables à écouter que les réprimandes de l’Épée-Fantôme.

Meng suivit Marisa tout le long du chemin. Enfin, elles arrivèrent à la cuisine. À l’extérieur de la pièce se tenaient deux gardes, mais il n’avait pas l’air d’y avoir âme qui vive à l’intérieur. Meng ne put s’empêcher de se sentir un tantinet effrayée. Cependant, elle fut en mesure de voir à travers la porte entrouverte qu’une épée semblait reposer sur la table. Meng serra le poing. Elle ne pouvait pas abandonner l’Épée-Fantôme quoi qu’il advienne.

Elle venait tout juste de s’approcher de l’encadrement de la porte lorsqu’elle entendit l’Épée-Fantôme rugir : « Meng ! N’entre pas ! Une fois à l’intérieur, nous allons mourir tous les deux ! Sauve-toi vite ! Va retrouver Édouard. »

Meng poussa un cri de surprise. À ce moment-là, Marisa se retourna, le visage glacial et cruel. Meng prit vite une décision. Ce que l’Épée-Fantôme avait dit était vrai. Rester ne mènerait qu’à leur mort à tous les deux. Seul Édouard avait le pouvoir de les sauver. Tout de suite, Meng se retourna pour partir, mais les deux gardes avaient l’intention de l’attraper. Meng donna un vicieux coup de pied dans l’entrejambe d’un des gardes. Saisissant sa chance pendant qu’il gémissait de douleur avec les jambes croisées, Meng s’enfuit en courant.

« Vite ! Dépêchez-vous de la capturer ! Ne la laissez pas rejoindre le prince ! » s’écria furieusement Marisa. Cinq ou six gardes surgirent de tous les côtés et se joignirent à la chasse.

Toutefois, Marisa ne les accompagna pas. Elle calma sa respiration et retourna dans la cuisine. L’Épée-Fantôme était étendu sur la table. Le bout de tissu, qui avait à l’origine servi à le bâillonner, avait été déchiré à coups de dents.

« Malgré le fait que tu ne sois qu’une misérable épée, tu es plutôt loyal », déclara doucement Marisa.

L’Épée-Fantôme ne présuma pas qu’il s’agissait d’un compliment. En fait, n’importe qui pouvait voir, à travers les traits déformés de Marisa, comment elle se sentait réellement. L’Épée-Fantôme pouvait seulement espérer que Meng retrouverait Édouard à temps. Si cette dernière se faisait capturer par cette femme, l’Épée-Fantôme n’osait même pas imaginer quel destin funeste s’abattrait sur elle.

Marisa ramassa l’épée et marcha, pas à pas, jusqu’à la fournaise qui brûlait brillamment. L’Épée-Fantôme sentit également que son dos le chauffait de plus en plus. Avec un tremblement dans la voix, il s’enquit : « Qu’est-ce que tu fabriques ? »

« Ce que je fais ? » Marisa révéla un sourire. Elle répondit innocemment : « Rien du tout ! Mes mains ont simplement glissé par mégarde, c’est tout. »

Une fois qu’elle eût terminé de parler, elle jeta impitoyablement l’épée dans la fournaise. Les flammes flamboyantes engouffrèrent sur-le-champ l’Épée-Fantôme…

 

 

Lin Jian Yin tenta tant bien que mal de se lever, mais il n’avait pas encore repris tous ses esprits.

« Jian Yin, Jian Yin, est-ce que ça va ? »

Lin Jian Yin ouvrit les yeux pour voir que la personne qui hurlait anxieusement son nom devant lui était Bai Xue Chen. À côté de lui se tenait Yue Lan. Aussi, sur la table reposaient plusieurs petits et grands paquets de nourriture à l’odeur alléchante, visiblement apportés pour servir de collation de minuit.

Lin Jian Yin ne se donna même pas la peine de saluer Bai Xue Chen. Il se dépêcha de tourner la tête pour jeter un coup d’œil à la télévision qui montrait le personnage d’une fille qui se cachait à l’intérieur d’un pot de fleurs, n’osant pas bouger. Pas très loin, des gens la cherchaient partout.

C’était comme si Lin Jian Yin était capable de voir l’expression terrifiée de cette fille. Même les larmes sur son visage étaient extraordinairement claires. Il hurla encore et encore avec peur : « Meng. Meng. Elle est en danger. Je dois vite aller la sauver. Je dois… »

« Jian Yin, calme-toi ! » Bai Xue Chen était sous le choc. Il regarda le jeu sur l’écran. Peu importe sous quel angle il l’examinait, la scène ressemblait à un jeu nintendo régulier avec une image faite de pixels et des personnages de type mini Super Mario Bros.

Après s’être fait crier dessus comme ça, Lin Jian Yin regarda Bai Xue Chen d’un air ahuri pendant plusieurs secondes et retrouva enfin ses esprits. Il se donna une claque sur la tête et, après avoir pris de nombreuses inspirations, il récupéra suffisamment son souffle pour déclarer : « C’est vrai. Qu’est-ce qui ne va pas avec moi ? Ce n’est qu’un jeu. Dans le pire des cas, ce sera GAME OVER. Meng n’est pas réellement en danger. »

« M-Mais… » Yue Lan affichait toujours une expression de peur et continua de dire « M-Mais » sans être en mesure d’ajouter autre chose.

Lin Jian Yin jeta un regard étrange à Yue Lan et ensuite à Bai Xue Chen, ouvrant la bouche pour la questionner : « M-Mais, quoi ? »

Bai Xue Chen lança un coup d’œil à l’image sur l’écran de télévision. À un moment inconnu, le personnage de la fille avait été retrouvé par les gens qui étaient à sa recherche. Plusieurs personnes la traînaient devant une femme qui portait une robe blanche. À cet instant, le visage de Bai Xue Chen pâlit subitement. Il tourna la tête pour révéler à Lin Jian Yin : « Je crois qu’il se pourrait réellement que Meng Ling soit en danger. »

Romance RPG : Partie 26

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-six – traduit du chinois vers l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Vingt-six – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

En marchant vers les portes du palais, alors que presque toutes les filles de familles nobles arrivaient en carrosse, Meng avait l’air très bizarre à pieds. En plus, une jeune femme aussi élégamment vêtue portant une épée sur son dos donnait une impression encore plus étrange. Néanmoins, le plus étrange était que personne ne semblait alarmé par la présence de l’épée. Même les gardes à l’entrée ne posèrent aucune question à Meng sur ce sujet et lui permirent d’entrer.

« Marcher jusqu’ici ? Je ne voudrais pas salir ma robe de bal, particulièrement une d’un blanc pur que préfère le prince Édouard. »

Cette voix leur sembla légèrement familière. Meng se tourna dans sa direction avec suspicion. Comme attendu, il s’agissait d’une personne qu’ils avaient déjà rencontrée précédemment : Marisa, la fille du duc Biggs. La robe qu’elle portait leur était familière également. C’était celle qui avait plu à l’Épée-Fantôme au premier coup d’œil. La robe sirène qu’elle portait sur sa silhouette élancée mettait l’emphase sur ses magnifiques courbes. Toute sa personne était belle au-delà de toute comparaison.

« Un paon, même habillé en blanc, reste toujours un paon », lâcha l’Épée-Fantôme avec désinvolture.

Meng ne put retenir un fou rire. Cela contraria beaucoup Marisa. Elle s’était moquée de Meng, mais, en entendant son rire, elle avait l’impression que c’était d’elle dont on se moquait.

Par contre, dès que Marisa eût détourné la tête, elle vit le rayonnant et scintillant prince Édouard qui se dirigeait dans leur direction. Elle cessa de porter attention à Meng qui était à côté d’elle et révéla son sourire le plus raffiné. Sauf qu’elle n’arrivait pas à empêcher ses yeux de briller de désir. Ah, ce rayonnant prince parfait…

« Meng, vous êtes venue. » Édouard marcha vers elle avec une allure élégante, mais salua Meng la première.

Meng regarda Édouard de la tête aux pieds. Aujourd’hui, il portait une tenue d’uniforme militaire d’un bleu foncé, mais celle-ci gardait un design minimaliste et n’arborait aucune médaille. Meng le complimenta avec sincérité : « Cette tenue vous va à ravir. Vous avez l’air très séduisant. »

Édouard sourit. Il était capable de dire que Meng le complimentait sincèrement et n’avait aucune autre intention.

« Votre Majesté, le prince Édouard, Marisa est ravie de vous voir à nouveau. »

Comme Marisa faisait la révérence avec grâce, son visage affichait un sourire aussi parfait quel que soit l’angle sous lequel on le regardait.

Édouard sourit et lui retourna sa salutation courtoise : « Je suis honoré de vous avoir de nouveau rencontrée, mademoiselle. »

Marisa paraissait exaltée qu’Édouard lui ait répondu aussi poliment, mais Meng secoua mentalement la tête. Elle savait que, quelle que soit la personne à laquelle il s’adressait, Édouard demeurait toujours poli à ce point. Plus tôt, Édouard avait mis la moitié d’un mois à apprendre comment cesser d’ajouter le mot « mademoiselle » au nom de Meng. Marisa montrait une expression de fausse modestie, espérant que le prince l’inviterait à danser, ou peut-être à aller se balader quelque part parmi les fleurs sous le clair de lune…

« Me feriez-vous l’honneur de m’accorder cette danse ? » Édouard baissa élégamment la tête, avec la main tendue, attendant la réponse de la demoiselle. Cependant, cette demoiselle n’était pas Marisa.

Meng sourit en jetant un regard un peu inquiet à la contenance raide de Marisa. Toutefois, elle plaça tout de même sa main dans la paume d’Édouard.

Alors qu’Édouard menait Meng jusqu’à la piste de danse, il s’enquit : « Les gardes vous ont-ils causé des problèmes ? Je leurs ai ordonnés de ne pas vous déranger au sujet de votre épée… »

Meng comprit tout à coup. « C’était donc ça. Je dois vraiment vous remercier… »

Ils marchèrent tous les deux de plus en plus loin jusqu’à ce qu’ils atteignent le centre de la piste de danse. Meng employa les pas de danse qu’elle était parvenue à apprendre en seulement un mois pour danser avec Edward. Leurs mouvements paraissaient très naturels. Il n’y avait pas la moindre trace d’atmosphère forcée entre eux.

En revanche, deux personnes étaient très mécontentes de la situation. L’une d’elle était l’Épée-Fantôme. Il était parvenu à persuader Meng d’aller au bal, mais, à présent, en voyant Meng danser joyeusement avec Édouard, il n’était vraiment pas content. Plus particulièrement, comme ils dansaient lentement, les prédictions de Bai Xue Chen se vérifiaient. La vue d’Édouard et de Meng en train de danser mettait l’Épée-Fantôme de mauvais poil ; la vue d’Édouard qui posait sa main sur la taille de Meng frustrait l’Épée-Fantôme ; la vue d’Édouard qui murmurait à l’oreille de Meng faisait rager l’Épée-Fantôme.

Pour résumer le tout en une phrase, il était d’une humeur extrêmement exécrable !

« Voudriez-vous qu’on aille se promener dans le jardin en fleurs ? » lui offrit Édouard.

« Hein ? » Meng était quelque peu incertaine de ce qu’elle devait faire. Ses yeux continuaient de dériver vers l’Épée-Fantôme.

L’Épée-Fantôme était depuis longtemps sur le point d’exploser de colère, et il lui dit presque durement : « Si tu veux y aller, vas-y. Tu ferais mieux de demander à quelqu’un de me tenir pendant que tu seras partie, parce que je n’ai pas envie d’être de trop dans votre couple. »

En entendant la réponse de l’Épée-Fantôme, le visage de Meng sombra. « Oh. Je comprends. » Après qu’elle eût terminé de parler, elle confia réellement l’Épée-Fantôme à un garde et s’en alla dans le jardin en fleurs avec Édouard.

Cette garce ! À cet instant, l’Épée-Fantôme était furieux au point de cracher des flammes.

« Donnez-moi l’épée », résonna la voix d’une jeune femme, remplie de rage et de jalousie.

L’Épée-Fantôme se retourna pour voir. La fille-paon ? Il fronça les sourcils. Qu’est-ce que ce paon peut bien me vouloir ?

Le garde semblait en proie à un dilemme. Il savait que la femme devant lui était la fille d’un duc et n’osait pas lui désobéir. Le garde lui répondit avec précaution : « Demoiselle Marisa, cette épée m’a été confiée par quelqu’un d’autre. Si vous souhaitez avoir une épée, vous pouvez vous en procurer une à l’armurerie… »

« Je veux cette épée ! » cria Marisa sur un ton féroce.

« Mais… »

« Donnez-lui l’épée. »

Le garde se tourna pour regarder le propriétaire de la nouvelle voix. La personne qui avait parlé était le duc Biggs. C’était quelqu’un que le garde n’osait pas défier. Il tendit l’épée à Marisa. L’Épée-Fantôme était sous le choc. Il s’écria : « Qu’est-ce que vous me voulez… Mmph… » Il était incapable de finir de parler ; Marisa lui avait couvert la bouche.

Le duc Biggs envoya le garde ailleurs et dit à Marisa : « Je vais détourner l’attention du prince tout à l’heure. Sers-toi de l’épée pour distraire la fille. Il vaudrait mieux que tu l’enfermes dans les donjons. Le prince n’ira pas la chercher là. »

« Mmph… Meng… Mmmmph ! » L’Épée-Fantôme entendit leur conversation et lutta encore plus désespérément pour se libérer, mais, ne possédant qu’une bouche et des yeux, était complètement impuissant.

Romance RPG : Partie 25

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-five – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Partie Vingt-cinq – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Le temps passa très vite. Dans le jeu, le travail de Meng et de l’Épée-Fantôme dans la boutique de robes se déroula sans anicroche. Même le patron n’avait pu se retenir de fabriquer des chaussures, un chapeau et une paire de gants pour récompenser le bon travail de Meng. De plus, le prince Édouard visita très souvent la boutique, afin de fréquemment discuter avec Meng et l’Épée-Fantôme. Bien que l’Épée-Fantôme ne voulût pas l’admettre, le prince Édouard semblait avoir une impression favorable de Meng. C’est un miracle !

Chaque fois qu’Édouard venait à la boutique, Ye Meng Ling était exceptionnellement occupée en dehors du jeu le jour suivant, parce que le visage de Lin Jian Yin se retrouvait déformé au point d’en être méconnaissable.

Malgré le fait qu’il fût dans cet état, Ye Meng Ling parvenait toujours avec succès à réduire la fréquence à laquelle il détruisait des objets. Leurs opinions coïncidaient également, alors Lin Jian Yin ne pouvait presque pas trouver d’émissions de télé dont il fût insatisfait ou auxquelles il n’avait pas envie d’aller parmi les emplois qui lui étaient confiés.

« Tu peux partir plus tôt aujourd’hui », déclara Lin Jian Yin à Ye Meng Ling sur un ton neutre.

En réalité, il savait qu’aujourd’hui était un jour spécial. Ye Meng Ling n’arrivait pas à se concentrer non plus et avait l’air d’avoir trop de choses qui lui occupaient l’esprit. S’il s’était agi de n’importe quel jour habituel, Lin Jian se serait mis à la réprimander, mais il lui pardonna pour l’occasion. Après tout, un bal et un prince parfait déconcentreraient n’importe quelle jeune femme.

« Je peux ? » Ye Meng Ling paraissait très prise au dépourvu.

Lin Jian Yin haussa les épaules, comme si ça ne le dérangeait pas.

« Merci. » Ye Meng Lin sourit et se mit à ranger ses affaires. Avant de partir, elle ne put s’empêcher de tourner la tête avec inquiétude, jusqu’à ce que Lin Jian Yin lui fasse un « OK » de la main. Seulement à ce moment-là ferma-t-elle la porte et s’en alla-t-elle.

Pas même une minute après que son agente eût fermé la porte, Lin Jian Yin saisit impatiemment ses clés de voiture, ouvrit la porte à la hâte et manqua d’entrer en collision avec la personne qui se trouvait de l’autre côté.

« Bai Xue Chen, essaierais-tu de me faire mourir de peur !? » s’énerva Lin Jian Yin.

« J’ai entendu dire qu’une certaine épée allait emmener sa propriétaire pour assister à un bal aujourd’hui ? » Bai Xue Chen changea de sujet pour éviter de répondre à sa question.

Lin Jian Yin roula impoliment des yeux à son intention. « Ça ne te regarde pas ! »

Le visage de Bai Xue Chen sombra. Il devint soudainement très sérieux et le réprimanda : « Jian Yin, ne me dis pas que tu as vraiment l’intention d’emmener Meng Ling au bal pour qu’elle et le prince se marient ensemble. »

Les yeux de Lin Jian Yin s’agrandirent, comme si le chanteur ne comprenait pas pourquoi Bai Xue Chen lui reprochait une telle chose. Confus, il répliqua : « C’est le but du jeu. Quelque chose ne va pas avec ça ? »

Ce fut au tour des yeux de Bai Xue Chen de s’agrandir à présent. Son meilleur ami pointa le nez de Lin Jian Yin avec son doigt. « Tu n’es pas sérieux quand tu dis que tu veux éloigner de toi la fille que tu aimes, n’est-ce pas ? »

Lin Jian Yin repoussa le doigt de son ami, en répondant avec nonchalance : « Qu’est-ce que tu veux dire par la fille que j’aime… »

« Songes-y. Un beau prince pourrait tenir Meng Ling dans ses bras pendant qu’ils danseraient, et il pourrait même se pencher sur elle pour lui murmurer à l’oreille. S’ils se baladaient dans un jardin fleuri sous le clair de lune, ce ne serait même pas étonnant s’ils s’embrassaient passionnément. Si les choses se déroulaient comme ça, ça ne te dérangerait pas du tout ? » Bai Xue Chen arborait une expression d’incrédulité.

Quelqu’un d’autre qui sert Meng très fort dans ses bras en lui murmurant à l’oreille et qui l’embrasse même passionnément… Le cœur de Lin Jian Yin devint lourd, une expression mécontente se formant clairement sur le visage du jeune homme.

Au moins, cet idiot n’est pas complètement insensible. Bai Xue Chen put enfin pousser un soupir de soulagement. Il donna une claque sur l’épaule de Lin Jian Yin, croyant que ce dernier s’était rendu compte des sentiments qu’il éprouvait et qu’il ne céderait plus Meng à une autre personne aussi facilement.

« Va vite rejoindre Meng. Ne la laisse pas seule. »

En entendant que Meng était livrée à elle-même, Lin Jian Yin cessa de penser et n’eut pour seule envie que de rentrer à la maison au plus tôt afin d’accompagner Meng dans le jeu. Elle avait toujours manqué de courage, et aujourd’hui était un grand jour, alors elle devait être effroyablement inquiète.

 

 

Quand l’Épée-Fantôme ouvrit les yeux, la première chose qu’il aperçut fut le dos de Meng. La jeune femme avait déjà revêtu sa robe rose ainsi que les gants, les chaussures et le chapeau de même style que le patron avait confectionnés pour elle. L’Épée-Fantôme jeta un regard appréciatif à Meng qui se tenait dos à lui, sa silhouette mince tout simplement féérique. Elle s’était transformée d’une vieille dame qui faisait ses courses à l’épicerie du coin en une jeune femme à l’apparence féérique. Pour l’Épée-Fantôme, ce voyage déchirant d’un opposé à l’autre ressemblait au passage à l’âge adulte d’une enfant.

« Meng, tourne-toi et laisse-moi te regarder », s’exclama l’Épée-Fantôme.

Meng se figea. Puis, elle se retourna un peu nerveusement. À cet instant-là, l’Épée-Fantôme découvrit qu’elle avait appliqué un peu de maquillage, la faisant paraître encore plus mignonne et rafraîchissante. Si j’avais des mains, je serais sans doute incapable de me retenir de la serrer dans mes bras, furent les pensées de l’Épée-Fantôme. Il se rappela alors immédiatement ce que Bai Xue Chen avait dit à propos du fait que Meng était la personne qu’il aimait. Comment est-ce que ça pourrait être possible ? C’est mon agente, la femme que j’ai aidé à se transformer. Moi, tomber amoureux d’elle ? On n’est pas dans une histoire du genre Hikaru Genji Plan !

Meng donnait toujours l’impression d’être très inquiète. Elle fronça les sourcils comme elle lâchait : « Épée-Fantôme, il vaudrait peut-être mieux que je n’assiste pas au bal après tout ? »

« Pourquoi ? » L’Épée-Fantôme se figea. Les derniers jours passés dans le jeu n’étaient-ils pas spécifiquement pour se préparer à ce bal ?

Meng afficha une expression quelque peu consternée. « C’est juste qu’Édouard est trop parfait. »

« Et, c’est mal ? » C’était à présent un plus grand mystère encore pour l’Épée-Fantôme. Il existe vraiment des gens qui n’aiment pas les personnes parfaites ?

« Comment je pourrais expliquer… » Meng eut du mal à trouver les mots : « Trop parfait, trop… » Même après avoir cherché, elle ne parvenait toujours pas à énoncer le moindre défaut que possèderait Édouard. Cependant, le fait de ne pas être en mesure de lui trouver le moindre défaut était exactement ce qui lui faisait sentir que tout ça était extrêmement irréel.

« Ne sois pas idiote ! » l’interrompit l’Épée-Fantôme avec impatience. « Notre but est que tu épouses le prince. As-tu l’intention d’abandonner ? »

En entendant l’Épée-Fantôme dire ça de cette façon, Meng fut un peu prise au dépourvue et lui demanda ensuite : « Est-ce que ton but était également que je me marie avec le prince ? »

« Évidemment. » L’Épée-Fantôme répondit sans réfléchir, mais, subitement, l’image d’Édouard en train d’échanger un baiser passionné avec Meng apparut dans son esprit. L’Épée-Fantôme fronça les sourcils. Cette image le contrariait beaucoup, voire énormément.

Meng tomba silencieuse pendant un moment et dit d’un air morne : « Je comprends. Allons-y. C’est bientôt l’heure. »

L’Épée-Fantôme était occupé à réfléchir au sentiment qui rendait son cœur mal à l’aise et ne remarqua pas le manque d’enthousiasme dans la réponse de Meng. Meng ramassa l’épée de sa propre initiative et se mit en route pour le palais.

Échange Magique Chapitre 2 : La Mélancolie de la Jalousie

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Échange Magique

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Magical Exchange Chapter 2: The Melancholy of Jealousy – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Échange Magique Chapitre 2 : La Mélancolie de la Jalousie – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Sur la piste de course de l’école se trouvait un groupe très animé de jeunes adolescentes.

« Lü Zi, ne cours pas si vite ! » Ma Sheng essaya très fort de soutenir l’allure de la fille qui courait devant elle.

« Tu es juste trop lente », hurla en retour Lü Zi en direction de la fille qui s’était faite distancer de trop loin derrière elle.

« Ma Sheng ne peut tout simplement pas courir si vite », se lamenta Ma Sheng, l’atmosphère de beauté et d’élégance qu’elle dégageait d’ordinaire remplacé par une expression qu’on qualifierait plutôt de jolie et mignonne.

Mais, quoi qu’il arrive, elle reste très belle et attirante. Ce fil de pensée traversa l’esprit de Lü Zi. Comparée à la belle et grande Ma Sheng, Lü Zi, avec un visage plein de boutons et sa peau naturellement trop bronzée, ne semblait même pas du tout pouvoir lui arriver à la cheville.

« Qui t’a dit de négliger tes entraînements ? » Alors que Lü Zi parlait, elle ne put s’empêcher de se sentir heureuse intérieurement, parce que la piste de course était la seule chose dans laquelle elle pouvait vaincre Ma Sheng. Elle et Ma Sheng étaient amies depuis l’école primaire, étaient allées au même collège plus tard, et allaient au même lycée, alors elles étaient naturellement très proches. Dès l’école primaire, Ma Sheng était déjà très belle. Maintenant qu’elles allaient au lycée, elle était devenue encore plus belle. Le nombre de ses admirateurs pouvait surement remplir la piste de course toute entière. Lü Zi avait toujours était la meilleure amie de Ma Sheng, et Ma Sheng était également… une bonne amie de Lü Zi. Très bien ! Affirmer qu’elle n’était pas jalouse serait un mensonge, mais ce n’était pas grave. Au moins, elle avait toujours la piste de course, le seul endroit où elle pouvait exceller mieux que Ma Sheng. Sur la piste de course, Lü Zi était toujours la plus confiante.

Après que l’école fut terminée, Lü Zi et Ma Sheng marchèrent ensemble pour rentrer à la maison comme elles le faisaient tout le temps.

« Lü Zi, crois-tu avoir bien réussi l’interro de math aujourd’hui ? J’ai trouvé que c’était plutôt facile. Il y a eu de nombreuses questions pour lesquelles je t’ai aidé à réviser. L’enseignante les a seulement un peu modifiées », déclara Ma Sheng joyeusement.

« Hum… Ouais, surement ! » prétendit Lü Zi avec culpabilité. Elle n’avait essentiellement compris que la moitié des questions. Elle allait encore avoir une mauvaise note.

« Lü Zi, je dois t’avouer quelque chose ! » Ma Sheng rougit soudainement. « Mais, s’il-te-plaît, ne va pas raconter ça à quelqu’un d’autre. »

Curieuse, Lü Zi s’arrêta. « Qu’y a-t-il ? Tu peux me le dire ! » Elle attendit impatiemment d’entendre le nouveau sujet de commérage.

« Aujourd’hui, Xia m’a avoué son amour, et j’ai… dit oui. » Elle cessa de marcher pendant un instant, et lui demanda sans délai : « Ça ne te dérange pas, n’est-ce pas ? Parce que toi aussi tu l’aimes beaucoup. »

Ce fut comme si un « bang » bruyant avait résonné à l’intérieur de sa tête… Lü Zi sentit son monde s’écrouler. Xia, qu’elle aimait secrètement depuis l’école primaire, avait avoué son amour à Ma Sheng, sa meilleure amie. Elle ne sut pratiquement pas comment réagir. Mais, Ma Sheng continuait à tirer sur son bras, en disant qu’elle ne l’avait pas fait exprès, qu’elle aimait aussi Xia, et que Xia était celui qui lui avait avoué son amour, ce qui était la raison pour laquelle elle… Lü Zi ne voulut pas en entendre davantage ; elle avait uniquement envie de pleurer. Elle hocha la tête sans y penser.

« Ça ne te dérange plus ? » s’enquit Ma Sheng, avec doutes.

Lü Zi hocha de nouveau la tête avec engourdissement.

« Je suis si soulagée. »

À l’instant où elle retourna dans sa chambre, elle se mit finalement à pleurer très fort. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que toutes les rares choses qu’elle désirait lui étaient dérobées par Ma Sheng ? Elle haïssait vraiment Ma Sheng à ce moment-là, la détestait tellement qu’elle souhaitait sa mort. Si celle-ci était morte, tout serait parfait. Dans ce cas, elle n’aurait plus à être la fille qui passe inaperçue à côté de sa meilleure amie. C’est vrai ! Si Ma Sheng était morte…

« Lü Zi, peux-tu aller acheter du sel ? Je veux cuisiner, mais il ne m’en reste plus. » La voix de sa mère retentit au bas de l’escalier.

Lü Zi s’empressa d’essuyer ses larmes. « O.K. ! »

 

 

Après avoir acheté du sel, Lü Zi se mit à marcher en étant dans la lune. Elle était perdue dans ses pensées. D’un côté, elle se réprimandait pour avoir eu la pensée terrible de tuer Ma Shang, mais d’un autre côté c’était véritablement tentant…

Brusquement, sans en avoir conscience, elle leva la tête, et ce qui inonda son champ de vision fut une boutique étrange. « God’n Devil » : l’enseigne de la boutique ne contenait que ces trois mots. La boutique tout entière était une sorte de petite chaumière en bois, une qui se distinguait par sa couleur noire.

« Quelle boutique extraordinaire. Quand a-t-elle ouvert ses portes ? Est-ce que c’est une boutique d’antiquité ? » Il émanait de la boutique un charme d’une qualité inhabituelle, comme si elle l’appelait à entrer. Lü Zi jeta un regard au sac de sel dans sa main et songea, Jeter un petit coup d’œil ne devrait poser aucun problème, pas vrai ?

Lü Zi poussa doucement la porte pour l’ouvrir. « Il y a quelqu’un ? Est-ce que je peux jeter un coup d’œil autour? »

« Évidemment que vous le pouvez. Je vous en prie, entrez, ma chère demoiselle », répondit une voix profonde et charmeuse.

Comme elle mettait le pied dans le magasin, un homme d’une beauté sulfureuse entra dans son champ de vision. Ses cheveux étaient d’un noir profond, ses yeux étaient aussi rouges que le vin, et le sourire qu’il arborait sur ses lèvres donnait l’impression qu’il se moquait du monde. Et il était confortablement assis à une table.

« Je vous en prie, assoyez-vous, mademoiselle. » Il agitait les mains, en faisant signe à Lü Zi de s’asseoir. « Aimez-vous le café ? » Il n’attendit pas sa réponse et lui versa une tasse de café.

« Excusez-moi… » Comme c’était la première fois que Lü Zi voyait un homme aussi beau, sa voix n’était pas plus audible que le bourdonnement d’un moustique.

« Mon nom est Devil Chaos, et je suis l’un des propriétaires de la boutique d’échange magique, God’n Devil », répondit Devil Chaos à Lü Zi avant qu’elle puisse le lui demander, en gardant son sourire enchanteur tout le long.

« D’échange magique ? » Elle avait seulement entendu parler des échanges boursiers et avait toujours cru que les échanges étaient censés avoir lieu dans des gratte-ciels. Est-ce qu’il y a des marchés d’échange boursier situés dans des petites maisons en bois ?

« C’est exact. Nous sommes très différents de l’échange boursier ! Le centre d’intérêt de notre entreprise est d’exaucer les plus profonds désirs cachés de nos clients. » Il cessa de parler pendant un instant, en affichant un sourire très mystérieux. « Quoi que vous souhaitiez, c’est sans importance. Nous exaucerons votre vœu. »

Elle ne savait pas pourquoi, mais Lü Zi se remémora la pensée qu’elle avait eue de vouloir tuer Ma Sheng. Qui plus est, le désir la saisit de plus en plus. À ce moment même, elle souhaitait pratiquement voir Ma Sheng étendue devant elle, dégoulinante de sang.

« Y a-t-il une tâche que vous voudriez me confier ? » La voix charmeuse eut pour effet de convaincre le cœur de Lü Zi encore plus. « Vous n’avez qu’à signer ce contrat, et Devil Chaos vous aidera à l’accomplir. » Un morceau de parchemin et une plume d’oie étaient apparus sur la table à un moment inconnu.

« Je… » Lü Zi prit la plume sans réfléchir. Elle était sur le point d’imprudemment signer son nom…

« Devil Chaos ! Oh, nous avons une cliente. » Une voix chaleureuse et apaisante fit se figer Lü Zi.

La jeune fille leva la tête et plongea son regard tout droit dans une paire d’yeux bleus réconfortants. Elle se sentit tout à coup calme. Il s’agissait d’un homme à la peau claire et aux yeux bleus, aussi beau que Devil Chaos, mais la différence était qu’il mettait les gens à l’aise. Le regarder était presque suffisant pour guérir son cœur blessé.

Néanmoins, Devil Chaos fronça les sourcils avec mécontentement. La personne qui l’avait mis de mauvais poil paraissait ne pas l’avoir remarqué et ne semblait pas avoir l’intention de partir non plus.

« Bonjour, mon nom est God Charity. Je suis l’autre propriétaire de la boutique d’échange magique. Accepteriez-vous de me dire votre nom ? »

« Lü Zi. »

« C’est donc mademoiselle Lü Zi. Devil Chaos vous a-t-il informé des détails du contrat ? » Il arrêta de parler un instant. Ses yeux se tournèrent vers Devil Chaos qui avait détourné la tête. « Si vous souhaitez faire le mal, Devil Chaos vous aidera, mais il y aura un prix à payer. Le prix sera décidé en fonction d’à quel point votre désir est facile ou difficile à réaliser. »

Dès qu’elle entendit les mots « faire le mal », Lü Zi se recroquevilla. Elle ne parvenait pas à croire qu’elle avait failli engager quelqu’un pour tuer Ma Sheng. Comment avait-elle pu avoir une pensée aussi malveillante ? Elle s’empressa de déclarer : « Non, je n’ai pas envie de demander quoi que ce soit à Devil Chaos, je… suis seulement entrée pour jeter un coup d’œil. Je suis désolée, je m’en vais tout de suite. »

Après qu’elle eût terminé de parler, elle n’attendit pas la réaction de God Charity ou de Devil Chaos et sortit par la porte en coup de vent.

« God Charity, tu as fait fuir ma cliente. Nous avions convenu de ne pas intervenir dans les affaires de l’autre », l’avertit Devil Chaos d’un ton contrarié. Ses yeux écarlates brillèrent dangereusement de malice.

God Charity se contenta de sourire. « Je suis uniquement venu voir si quelqu’un était en train de briser les règles en se servant secrètement d’un peu d’hypnose. »

« Je n’ai fait que dire une phrase. » Les yeux de Devil Chaos se détournèrent.

« Une seule phrase de ta part est plus puissante que la meilleure hypnose au monde ! »

« Hmph ! Eh bien, je n’ai pas besoin de ce contrat de toute manière. » Devil Chaos savait qu’il était dans le tort et que se disputer au sujet de qui avait raison ne lui était d’aucun bénéfice. Il ne ferait certainement rien qui ne lui bénéficierait pas.

God Charity ne se soucia pas de lui. Il contempla simplement la porte, espérant dans son cœur que la fille ne reviendrait plus jamais…

 

 

« Salut, Lü Zi. » Ma Sheng s’approcha de Lü Zi en riant.

« Salut. » Lü Zi ne put presque pas regarder Ma Sheng dans les yeux, parce qu’elle avait songé de provoquer la mort de cette dernière hier. La Lü Zi aimable et au cœur toujours bon s’était vautrée dans la honte toute la nuit et, en fin de compte, avait pris la décision de féliciter Ma Sheng et Xia comme il se devait même si la douleur dans son cœur la tiraillait encore.

Comme elle n’avait pas directement regardé Ma Sheng, Lü Zi ne remarqua pas l’expression de sa meilleure amie. Cette expression montrait une méchanceté surprenante, et son sourire exprimait un tout aussi surprenant ravissement devant les tourments d’un autre. « Lü Zi, allons nager à la piscine après l’école. D’accord ? On se rejoint au gymnase et on se rendra là-bas ensemble, une fois qu’on se sera changées. »

« Pas de problème. »

 

 

Lü Zi marcha avec excitation jusqu’au gymnase. La natation avait toujours été son sport préféré. Elle ne s’attendait juste pas à ce que la scène qu’elle s’apprêtait à voir lui fasse aussi mal. Lü Zi, qui était sur le point de pénétrer dans le gymnase, fut accueillie par la vue d’un couple en train de s’embrasser : c’était Ma Sheng et Xia. Elle se couvrit fermement la bouche pour s’empêcher d’éclater en sanglots. Pourquoi ? Pourquoi Dieu avait-il permis qu’elle soit témoin de cette scène ? Même si elle avait pris la décision de les féliciter comme il se devait, ça ne signifiait pas qu’elle était assez forte pour supporter de les voir éperdus d’amour sous ses yeux.

Elle manqua de sombrer dans le désespoir en observant Ma Sheng et Xia devant elle. Dans son cœur, elle tenta très fort de se répéter, Lü Zi, tu dois les féliciter. Tu n’es pas autorisée à avoir d’autres pensées. Félicite tes deux bons amis…

Mais, Ma Sheng avait remarqué Lü Zi depuis un bon moment, étant donné qu’elle avait fait exprès d’embrasser Xia devant elle. Son cœur était rempli d’une grande joie à l’idée de la tourmenter. De bonnes amies ? Stupide Lü Zi, tu es vraiment trop naïve.

« Mademoiselle Ma Sheng », une voix séduisante retentit subitement depuis un coin sombre. Un homme à l’apparence classe et démoniaque avec des cheveux noirs et des yeux vermeilles émergea peu de temps après.

Devil Chaos ? Comment se fait-il qu’il soit là ? L’esprit de Lü Zi était plein de surprise. Se pourrait-il qu’il soit de nouveau venu tenter de lui faire signer un contrat ? Mais, c’est à Ma Sheng qu’il s’adressait à l’instant… ?

« D’où sors-tu ? » Ma Sheng avait eu une peur bleue. Quand elle avait regardé, une seconde plus tôt, il n’y avait assurément personne qui se tenait là, non ?

« Ça n’a aucune importance ! Ce qui importe, c’est que je sois payé ! » Le sourire de Devil Chaos recelait de mauvaises intentions.

Payé ? Ma Sheng a signé un contrat avec Devil Chaos ? Lü Zi était encore plus perplexe qu’auparavant.

« Dis-moi donc combien d’argent tu veux. » Ma Sheng agita impatiemment la main. Elle ne voulait pas que Lü Zi découvre la vérité.

« Ce que je désire n’a pas aussi peu de valeur que l’argent. » Le sourire de Devil Chaos transpirait de dangerosité. Le manque de politesse de Ma Sheng ne le dérangeait pas le moins du monde.

« Dans ce cas, qu’est-ce que… » Avant que Ma Sheng pût terminer sa phrase, Lü Zi l’interrompit.

« Attendez ! Devil Chaos, pourquoi êtes-vous ici ? Ma Sheng, comment se fait-il que tu le connaisses ? » Lü Zi ignorait pourquoi, mais elle songea que ça avait quelque chose à voir avec comment Xia, qui se tenait silencieusement à côté, affichait tout d’un coup des yeux sans vie.

« Oh, c’est vous, mademoiselle Lü Zi. » Devil Chaos rigola malicieusement et songea à une façon de rendre la situation encore plus chaotique. « Ce n’est rien, je suis là seulement pour être payé, et c’est cette fille qui doit me payer, car elle a signé un contrat avec moi. Son souhait était de pouvoir contrôler ce garçon. »

Lü Zi n’arrivait pas à y croire, tandis qu’elle fixait Ma Sheng dont le visage prenait une expression affreuse. Elle ouvrit la bouche avec difficulté et dit : « Pourquoi ? »

Ma Sheng fusilla haineusement Lü Zi du regard, qui ne l’avait encore jamais vu afficher ce genre d’expression auparavant. Lü Zi était incapable de bouger de là où elle était, stupéfaite. « C’est entièrement de ta faute. Lü Zi, tu es si idiote. À part pour ce stupide cours de gym, je suis meilleure que toi dans tous les aspects, que ce soit sur le plan de l’apparence ou les devoirs, et pourtant tout le monde t’aime plus. Tu peux tout le temps discuter joyeusement avec nos camarades de classe ! Mais, moi dans tout ça ? Je ne peux que prétendre être une fille gentille et raffinée à côté de toi, parce qu’aucune fille n’a envie de me parler. Sais-tu à quel point je t’envie, parce que tout le monde t’aime ? J’étais incapable d’accepter ça. Je voulais au moins te voler la personne que tu aimais le plus, Xia, mais, quand je lui ai dit que j’étais amoureuse de lui, il m’a répondu que c’était toi qu’il aimait. »

Lü Zi resta pétrifiée, sous le choc, pendant un long moment. Xia était amoureux d’elle ?

Le sourire de Ma Sheng était rempli de méchanceté. « C’est à ce moment-là que la boutique d’échange magique est apparue. Devil Chaos m’a affirmé qu’il pouvait réaliser n’importe quel souhait. Haha, au début, je croyais à une arnaque, mais dès ce jour Xia a commencé à obéir à chacun de mes ordres. Il m’appartient pour toujours. Hahaha. »

Alors, c’est ça qui fait que Xia a l’air sans vie. Lü Zi jeta un regard à Xia qui ignorait tout de ce qu’il se passait, son cœur emplit de douleur. « Comment as-tu pu faire ça ? Xia n’est pas ton pantin. C’est un être humain vivant. Comment peux-tu le contrôler comme si de rien était ? » Lü Zi la supplia presque : « Laisse partir Xia ! Ma Sheng, c’est moi que tu détestes, alors contrôle-moi à la place. »

« Attendez une minute, toutes les deux. Si vous avez l’intention de vous disputer, pouvez-vous attendre jusqu’à ce que j’aie reçu mon paiement pour vous y mettre ? » déclara un Devil Chaos en colère et qui en avait déjà marre de les voir faire.

« Dis-moi donc vite ce que tu veux ! » s’énerva Ma Sheng, dix fois plus impatiente.

« Eh bien, contrôler une personne pendant toute une vie est un exploit très difficile à accomplir ! Mais, étant donné que c’est votre première visite, je vais vous offrir un rabais de vingt pour cent. » Devil Chaos eut un rire diabolique. « À l’origine, je voulais cinquante années de votre durée de vie, mais à présent quarante années sont amplement suffisantes. »

« C’est quoi ces conneries ? Comment est-ce qu’on peut prendre quelque chose comme des années de ma vie ? » Ma Sheng pensa avec dédain que ce type devant elle était dérangé mentalement.

« Contrat, viens à moi ! » Brusquement, une bourrasque de vent s’éleva autour de Devil Chaos, et un bout de parchemin apparut devant lui. « En accord avec ce contrat, moi, Devil Chaos, j’ai réalisé votre souhait. Je vais maintenant récupérer le paiement qui m’est dû : quarante ans de votre durée de vie. » Lorsqu’il eut fini de dire ça, la bourrasque de vent s’enroula tout à coup autour de Ma Sheng.

« Ah… Qu’est-ce que c’est que ça ? Relâche-moi tout de suite », cria Ma Sheng depuis l’intérieur du tourbillon, terrifiée.

Lü Zi ne savait pas quoi faire, elle non plus. Elle pouvait seulement observer l’incroyable scène qui se déroulait devant ses yeux d’un air hagard.

Après un certain temps, le tourbillon de vent retourna aux côtés de Devil Chaos et s’estompa lentement en étant aspiré par le parchemin. Finalement, Devil Chaos leva la main, et le parchemin disparut. « Échange réussi ! Ce fut un plaisir de collaborer avec vous. N’hésitez pas à venir visiter la boutique d’échange magique God n’ Devil quand il vous plaira », lâcha Devil Chaos d’une voix mystérieuse. Sa silhouette suivit sa voix et s’effaça sous le regard de Lü Zi et Ma Sheng.

« Mais, que vient-il de se passer exactement ? » Lü Zi, dont l’esprit était sens dessus-dessous, était figée sur place, abasourdie.

« Il a disparu. » Ma Sheng fixa avec incrédulité l’endroit où s’était volatilisé Devil Chaos. Toutefois, à la seconde où elle parla, elle et Lü Zi songèrent que quelque chose était étrange : sa voix sonnait faux. Elle ne sonnait pas comme celle d’une fille, mais plutôt comme celle d’une vieille dame de cinquante ou soixante ans.

Lü Zi se tourna lentement pour regarder Ma Sheng. Elle se rappela ce que Devil Chaos avait dit avant de partir. Le prix à payer était cinquante années de sa durée de vie. C’est vraiment possible ? Est-ce que c’est vraiment possible de prendre les années de la vie d’une personne ? Néanmoins, à l’instant suivant, elle sut que c’était le cas, parce que la personne devant elle n’était plus une Ma Sheng de seize ans, mais bien une vieille dame dans la cinquantaine. C’est elle ? C’est Ma Sheng ? Elle n’arrivait tout bonnement pas à y croire.

Et, en apercevant l’incrédulité dans les yeux de Lü Zi, les sentiments confus, surpris et incrédules de Ma Sheng fusionnèrent. Elle courut jusqu’au miroir le plus proche… « Ahhhhhhhhh ! » La personne qui criait et qui était réfléchie dans le miroir était une femme entre cinquante et soixante ans.

« Pourquoi ? Pourquoi est-ce que j’en suis arrivée à ça ? Ce n’est pas ce que je veux. Ce n’est pas ce que je veux. Rends-moi ma jeunesse ! Rends-la-moi », hurla Ma Sheng, au bord de la folie.

« Ma Sheng… » Lü Zi, qui était aussi confuse dans son cœur que dans son esprit, ignorait quoi faire elle aussi.

« Ce n’est pas ce que je veux. Si c’est pour être comme ça, je préfère mourir ! » Ma Sheng, dans son hystérie, se précipita subitement à l’extérieur.

« Ma Sheng, attends ! » Lü Zi la suivit immédiatement.

Mince, je l’ai perdue. Où est-ce que Ma Sheng a bien pu aller ? Lü Zi la chercha frénétiquement. Malgré le fait que Ma Sheng ait fait une chose aussi odieuse pour la contrarier, son cœur était toujours aussi grand. Dans le cœur de Lü Zi, elles étaient encore amies, après tout. Elle ne pouvait pas ne pas se soucier de la Ma Sheng d’en ce moment.

Tout autour, une foule s’était rassemblée et faisait un raffut. Ce qui attira l’attention de Lü Zi fut comment ils pointaient le toit de l’école. Quelques personnes étaient même en train de crier. Alors qu’elle levait la tête, Lü Zi se mit également à hurler. C’est Ma Sheng. La personne qui se tient sur le toit, c’est Ma Sheng. « Ne fais pas ça, Ma Sheng ! »

« Ah ! » Tout le monde commença à crier, parce que la dame sur le toit avait sauté. Du sang gicla partout. Lü Zi, qui se tenait devant l’école, était complètement couverte du sang de Ma Sheng. Elle n’avait même pas eu le temps d’hurler ou de ressentir de l’horreur qu’elle entendit les secondes exclamations de la foule. Elle leva la tête pour regarder d’un air hébété.

« Xia ! »

Xia apparut sur le toit, en se tenant à peu près au même endroit où Ma Sheng s’était tenue avant lui. Lü Zi savait déjà ce qui arriverait ensuite, et combien ça lui briserait le cœur. L’histoire se transformerait en tragédie…

 

 

Lü Zi marcha machinalement vers sa maison, son cœur lui faisant si mal qu’elle n’arrivait pas à parler. Même les larmes qu’elle avait pleurées après que Xia ait eu sauté avaient cessé. Elle avait perdu sa meilleure amie et le garçon qu’elle aimait le plus. Comment les choses en sont-elles arrivées là ? Est-ce qu’il n’y a vraiment aucun moyen d’arranger ça ?

Un cottage en bois blanc jaillit à côté d’elle sur la rue. Lü Zi, qui n’avait rien remarqué depuis les deux suicides, l’aperçut tout de même. Les trois mots se révélèrent à Lü Zi : God n’ Devil. Elle aurait dû se sentir pleine de ressentiment. Après tout, c’était le contrat de cette boutique d’échange magique qui était à l’origine de la situation, mais le cottage en bois blanc actuel émettait une impression réconfortante et chaleureuse. Le cœur engourdi de Lü Zi se serra, et des larmes se mirent de nouveau à couler. Sans hésiter, elle entra.

God Charity était debout derrière la porte, employant son regard apaisant pour regarder au fond du cœur de Lü Zi. Il ne dit rien, mais écarta calmement les bras, et Lü Zi se jeta dans ses bras sans hésitation. Elle pleura tout son saoul, et lâcha un gémissement à fendre le cœur.

Après avoir évacué son chagrin, Lü Zi but tranquillement le thé que lui passa God Charity. Elle était en train de prendre une décision importante sur ce qu’elle allait faire. Elle ne pouvait pas laisser les choses se terminer ainsi, pas si elle avait la capacité de les changer.

« God Charity… »

God Charity lui coupa la parole, comme s’il avait déjà deviné la détermination nouvellement acquise de Lü Zi : « Je peux en effet signer un contrat avec vous, afin de vous aider à réaliser le désir au plus profond de votre cœur, mais le prix à payer pour ressusciter quelqu’un est votre vie elle-même.

Lü Zi se dégonfla pendant un moment, mais décréta sur-le-champ : « Xia n’avait rien fait de mal. Sauvez-le au moins, au moins lui… » Elle s’arrêta, Mais, et Ma Sheng alors ? Même si Ma Sheng avait fait quelque chose d’horrible, néanmoins, étant donné qu’elle était une bonne amie de Ma Sheng et qu’elle n’avait jamais remarqué le comportement étrange de celle-ci durant toutes ces années, elle avait presque indirectement causé la mort de son amie. Est-ce qu’elle avait vraiment le droit d’abandonner Ma Sheng à son sort et de seulement sauver Xia ? Lü Zi tomba silencieuse.

God Charity restait également muet. C’est vraiment une jeune fille au grand cœur.

« Êtes-vous réellement capable de faire n’importe quoi pour moi ? » demanda Lü Zi de manière imprudente, parce qu’elle avait songé à une façon de faire d’une pierre deux coups, mais il s’agissait d’une chose extrêmement folle à imaginer. Bien qu’elle ait eu un aperçu du pouvoir de Devil Chaos, elle ne pouvait pas s’empêcher de se demander si God Charity serait capable de réaliser son vœu.

God Charity sourit, incapable de se délester de sa pitié envers la jeune fille au grand cœur. « Oui, n’importe quoi. »

« Dans ce cas, je veux signer un contrat avec vous. Je vous en prie, réalisez mon souhait. » Lü Zi prit une profonde inspiration. Au fond de son cœur, elle pensa, Oui, c’est la meilleure solution. Personne n’aura le cœur brisé, incluant mes parents. « Je souhaite ne jamais être venue au monde. » De cette façon, Ma Sheng ne signerait pas de contrat avec Devil Chaos pour faire du mal à Xia par sa faute. Et sa mère et son père ne seraient pas tristes de la perdre. C’était véritablement la meilleure solution.

God Charity se contenta de soupirer. « En êtes-vous sûre ? Lü Zi, êtes-vous certaine de vouloir vous sacrifier ? »

« Oui », Lü Zi hocha fermement la tête. « Pour ce qui est du prix à payer, même si vous prenez mon âme, je n’aurai aucun regret. »

God Charity éprouva un pincement au cœur. Il avait déjà un plan. « Très bien ! Contrat, viens à moi. Vous n’aurez qu’à signer votre nom dessus, et votre vœu de n’être jamais venue au monde sera accompli. »

Lü Zi saisit la plume et, après avoir écrit son nom avec détermination, regarda God Charity. Sa silhouette s’estompa lentement. « Merci. »

God Charity se contenta d’acquiescer d’un signe de tête, en observant Lü Zi s’effacer sous ses yeux. La lumière blanche, soit l’âme de Lü Zi, flotta tranquillement jusqu’à sa main.

« Quel échange peu profitable. » La voix moqueuse de Devil Chaos résonna en écho derrière God Charity. « La puissance dépensée pour faire en sortes qu’elle ne soit jamais venue au monde ne peut pas être mince ! Tu n’as obtenu qu’une petite âme en retour. Tu as reçu une énorme perte, God Charity. »

« Je crois que ça en valait la peine », affirma God Charity avec légèreté. Ensuite, il ajouta : « J’ai obtenu une petite servante au grand cœur en résultat. »

« Une servante ? » répéta Devil Chaos avec doute. Il eut brusquement un mauvais pressentiment.

God Charity leva la main et, dans sa paume, l’âme de Lü Zi émit inopinément une lumière éblouissante. La lumière prit graduellement une forme : celle d’un enfant. Enfin, une mignonne petite fille émergea, avec la peau claire et les yeux bleus, ressemblant à s’y méprendre à une poupée.

God Charity la contempla, et lui dit alors avec un sourire : « Je vais t’appeler Angélique Doll ! Tu seras ma petite servante. » Après avoir parlé, il tapota gentiment la tête de cette dernière.

La petite fille sourit également avec joie. « Ta petite servante ! À partir de maintenant, je serai la petite servante de grand frère. »

« Oh mon Dieu ! » Devil Chaos jeta un regard à Angélique qui était clairement une petite fille espiègle. « Ne pouvais-tu pas créer une belle jeune femme à la place ? À quoi peut bien servir de créer un enfant ? »

God Charity se contenta de sourire, pendant qu’Angélique se cachait derrière lui. Elle regarda Devil Chaos avec mépris et lui fit une grimace.

« Sale gamine ! Regarde-moi bien te punir comme il se doit, et on verra si tu oses encore me faire une grimace. » Devil Chaos tendit la main pour attraper la fillette. Malheureusement, celle-ci déploya soudainement une paire d’ailes d’ange et se mit à voler dans toutes les directions, en se maintenant obstinément hors d’atteinte.

God Charity admira les deux personnes merveilleuses devant lui, son cœur débordant d’amusement. « Il semblerait que je ne me sentirai plus seul désormais. »

Romance RPG : Partie 24

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-four – traduit du chinois vers l’anglais par Nabs[PR!]
Partie Vingt-quatre – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

L’Épée-Fantôme était malheureux, et ce fait se reflétait également dans la version de Lin Jian Yin dans la vie réelle. Au cours des derniers jours, il avait jeté et brisé un nombre incalculable de micros pour toutes sortes de raisons ahurissantes : le son était inexact, il avait le sentiment que quelque chose clochait en le tenant, leur odeur était répugnante… Malheureusement, son agente était occupée à organiser ses emplois, et il n’avait aucune idée où elle avait bien pu disparaître. Ce fait lui fit jeter des micros encore plus fréquemment.

À l’heure actuelle, Lin Jian Yin était assis dans une salle de repos après avoir tout juste terminé de semer la pagaille, et personne n’osait venir à l’intérieur pour chercher leur propre mort. Cependant, quelques personnes attendaient à l’extérieur en stand-by. Si Lin Jian Yin voulait voir quelqu’un et ne trouvait personne autour, dans ce cas leur mort serait encore plus douloureuse.

Lorsque les pauvres travailleurs martyrisés qui attendaient à l’extérieur virent Ye Meng Ling marcher dans leur direction, ils affichèrent immédiatement des expressions de profonde gratitude ; presque tout le monde dans l’entreprise était conscient du fait que Ye Meng Ling était la seule personne capable de réprimer la colère de Lin Jian Yin et que, jusqu’à présent, c’était aussi la meilleure agente qu’il ait eue.

Ye Ming Ling força un sourire à apparaître sur ses lèvres et fit un signe aux gens qui attendaient à l’extérieur, ce qui leur indiquait qu’ils pouvaient partir. Ils rayonnèrent avec des expressions de reconnaissance. Alors qu’ils prenaient rapidement la poudre d’escampette, ils lancèrent également des regards de sympathie à Ye Meng Ling.

Lorsque Ye Meng Ling les aperçut en train de s’enfuir avec une telle rapidité qu’ils semblaient décoller comme une fusée, elle ne put s’empêcher de se gratter le visage et de demander : « Est-il vraiment si effrayant ? »

Juste à ce moment-là, comme pour lui répondre, le bruit de quelque chose qui se brisait retentit à l’intérieur de la salle de repos. C’était comme si un truc lourd avait été renversé à coups de pied. Toutefois, Ye Ling Meng fut légèrement surprise, mais ne recula pas. Elle savait déjà que Lin Jian Yin ne lui ferait aucun mal. Tout au plus, il jetterait et casserait des choses. Mais, même s’il endommageait certains objets, l’agence ne dirait rien. En fait, le patron était même heureux que, en ce moment, le taux de destruction de Lin Jian Yin ait baissé de 50 %.

Ye Meng Ling avait à peine réfléchi à ça pendant quelques secondes, quand le bruit de verre brisé se fit entendre depuis l’intérieur de la salle de repos. Elle ouvrit la porte sur-le-champ afin d’empêcher le pourcentage de dommage de ce mois-ci de trop augmenter, ce qui aurait pour conséquence d’attirer l’attention du patron sur elle.

« Bonjour. »

Ye Meng Ling passa la tête dans la salle de repos et, tout en fermant complètement les yeux sur la destruction de la pièce, regarda Lin Jian Yin qui était assis sur le canapé en bouillonnant de colère. Elle traversa la pièce avec précaution et se dirigea vers lui, mais il détourna délibérément la tête.

Ye Meng Ling lui montra un petit sourire timide et sortit une boîte. « C’est pour toi. »

Lin Jian Yin renifla avec dédain, mais ne put se retenir d’y jeter un regard du coin de l’œil. Il s’agissait d’une boîte rectangulaire en bois noir. Lin Jian Yin essaya secrètement de deviner ce qu’elle pouvait contenir au vu de sa forme, mais il y avait trop de possibilités, et donc sa curiosité l’emporta finalement sur son mécontentement. Il saisit la boîte et l’ouvrit, tout excité, pour découvrir qu’il y avait en fait un microphone à l’intérieur.

« Un micro ? » Lin Jian Yin fixa distraitement l’objet en même temps qu’il parlait. Ce microphone me semble un peu familier ?

« Oui. J’ai entendu dire que tu n’étais pas habitué à utiliser les micros ici, donc je suis retournée à la société et ai étudié un peu le sujet. J’ai trouvé la marque et le type particulier de microphone que tu avais l’habitude d’employer et je te l’ai acheté. À l’avenir, je vais le traîner avec moi. De cette façon, tu n’auras pas à te servir de micros auxquels tu n’es pas habitué. »

Lin Jian Yin caressa lentement le microphone. Ainsi, même si elle n’était pas présente, elle était tout de même au courant de ma situation actuelle. Le sentiment qui rendait Lin Jian Yin malheureux s’évanouit brusquement et, au lieu de ça, du fond de son cœur, ce dernier éprouva l’envie de sourire, mais se retint en répondant simplement avec un « oh ».

Ye Meng Ling sourit, avec l’intention de poursuivre la conversation sur les futurs emplois qu’elle lui cherchait.

« Attends, arrête-toi tout de suite ! » l’arrêta tout à coup Lin Jian Yin, et Ye Meng Ling attendit patiemment qu’il parle. Il feignit la nonchalance et s’enquit : « La dernière fois, pourquoi diable t’es-tu enfuie en me voyant ? »

Ye Meng Ling fut prise au dépourvu par sa question et prit un long moment avant de répondre : « E-En fait, c’est juste que tu m’as fait peur, alors j’ai sauté dans la voiture sans réfléchir. Ça n’a rien à voir avec toi. »

Comme il avait déjà soulevé la question, Lin Jian Yin abandonna tout semblant d’apparences. Ressemblant à un mari jaloux, il l’interrogea : « Dans ce cas, qu’est-ce qui t’a pris d’entrer dans la voiture de ton ex-petit ami ? As-tu oublié à quel point il s’est montré impoli devant toi la dernière fois au supermarché ? »

Ye Meng Ling ne remarqua pas que, étant son agente, elle n’était effectivement pas obligée de lui expliquer ses affaires privées. Cependant, après avoir entendu la question de Lin Jian Yin, elle répliqua rapidement : « Non, non, c’est parce que sa mère m’adore, et elle ne sait pas que nous avons rompu. Sa mère était très malade il y a quelques temps et souhaitait me voir, alors il est venu me demander de jouer la comédie avec lui. »

« Ne traite pas aussi bien ce genre de personne à l’avenir. »

Après avoir appris la vérité, la bouche de Lin Jian Yin ne se laissa toujours pas aller, mais son état d’esprit avait déjà atteint le septième ciel, et avec cet afflux de bonheur il sentit tout son corps s’alléger au point de pouvoir flotter au loin comme une plume. Ce fut seulement après avoir fait tout son possible pour y résister qu’il fut en mesure d’empêcher ses lèvres de s’arquer vers le haut.

« D’accord. » répondit docilement Ye Meng Ling. Néanmoins, elle avait déjà découvert les efforts de Lin Jian Yin pour se retenir de sourire, alors que le coin de ses lèvres continuait de se redresser, et elle ne put s’empêcher de rire intérieurement. C’est un gars si maladroit !

Romance RPG : Partie 23

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-three – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Partie Vingt-trois – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Il ne sembla pas vraiment beaucoup se soucier du prix de la robe. Quand Édouard agita négligemment la main, les deux personnes derrière lui sortirent immédiatement un portefeuille et se dirigèrent vers le commis du magasin. Quand elle comprit qu’il était réellement sur le point de payer pour elle, Meng cria haut et fort : « Attendez ! Que faîtes-vous ? »

Surpris, Édouard répondit après en avoir débattu intérieurement : « Je crois que… À mon avis, il est très impoli de laisser une demoiselle payer, alors vous ne devriez pas vous inquiéter des frais de la robe. Il suffit d’accepter ce présent à titre de compensation pour ne pas avoir été en mesure de vous accueillir comme il se doit la dernière fois. »

« Vous ne pouvez pas faire ça ! » refusa rapidement Meng.

« Meng ? » L’Épée-Fantôme n’aurait jamais imaginé que Meng saboterait la manigance qu’il avait orchestrée avec soin. La robe était déjà à portée de main en plus.

Mais, Meng était très déterminée. « C’est ma toute première robe, donc je veux l’acheter moi-même. Je ne veux pas que ce soit une sorte de petite compensation. »

L’Épée-Fantôme fut pris au dépourvu. « Mais, nous ne disposons pas d’assez d’argent. »

« Nous allons revenir ici demain matin et demander au patron de me laisser travailler ici, afin que je puisse compenser l’argent. Je veux le gagner moi-même. » Meng semblait être très décidée et ne laissait aucune place à la discussion.

L’Épée-Fantôme, qui était habitué au manque d’opinion de Meng, était sérieusement surpris par sa détermination cette fois. Qui aurait songé que Meng serait si persistante pour ce genre de chose, tout ça parce qu’il s’agirait de sa toute première robe, et qu’elle voudrait l’acheter elle-même ? Toutefois, l’Épée-Fantôme se sentait incapable de la réprimander. Bien au contraire, il appréciait cette façon de penser.

« Vraiment ? » Que quelqu’un refusât ses cadeaux semblait également être une première pour Édouard. Ça ne le dérangeait pas. À l’inverse, c’était une nouveauté pour lui.

Meng acquiesça.

Édouard afficha un sourire éclatant. « Sur cette note, je vous souhaite de passer un agréable moment au travail. Je reviendrai quelques autres fois. J’espère vous rencontrer ici à nouveau. »

En apercevant le sourire radieux d’Édouard, Meng avait depuis longtemps gelé sur place et ne put que hocher la tête lentement. En même temps, elle pensa pour elle-même, Si seulement une certaine personne me souriait comme ça…

Le vendeur déclara de façon exagérée : « Si même Votre Altesse le dit, d’accord, d’accord, vous pouvez travailler ici afin de payer la robe. Je suis sûr que même le patron n’oserait pas aller contre la volonté du prince. »

Quand elle entendit qu’elle avait été embauchée, Meng fut tellement heureuse qu’elle jeta l’Épée-Fantôme dans les airs et s’écria joyeusement : « C’est génial ! »

« Hé, hé, hé, toi, la femme laide, que crois-tu que je sois ? Je suis une épée ! Fais attention, ou tu vas te couper la main ! » cria l’Épée-Fantôme avec inquiétude. Dans son cœur, cependant, il était heureux pour Meng.

Après l’avertissement, les yeux de Meng s’élargirent, et elle regarda l’épée tomber. Elle ne l’attrapa pas, mais poussa un cri perçant et l’esquiva, laissant l’Épée-Fantôme aller s’écraser sur le sol. Un bruit métallique retentit dans la salle. Comme il glapissait de douleur, il lâcha, les dents serrées : « Espèce d’empotée ! »

Meng le ramassa rapidement et lui présenta ses excuses à l’infini, mais l’Épée-Fantôme était si en colère qu’il ne voulait pas lui pardonner.

À côté, Édouard souriait joyeusement.

 

 

Le visage solennel, Meng tint l’épée, tandis que deux hommes se tenaient à côté d’elle en arborant la même expression sérieuse. Leur attention était focalisée sur la même chose. Meng inspira profondément et, après avoir rassemblé toute son attention, l’épée dans sa main glissa en une ligne droite et précise. Un long bruit de déchirure put être entendu, et des expressions heureuses apparurent sur le visage des deux hommes à ses côtés.

Des gouttes de sueur coulèrent le long du visage de Meng, et ensuite les hommes lui donnèrent rapidement une serviette avec laquelle elle pourrait essuyer sa sueur. Les mouvements de Meng devinrent de plus en plus rapides. Seule l’image rémanente de l’épée pouvait être aperçue, le bruit de déchirure semblait ne jamais en finir.

Enfin, elle mit lentement son épée de côté, et sa bouche s’étira en un sourire satisfait, comme les deux hommes se réunissaient pour jeter un coup d’œil.

« Excellent ! Le tissu a été coupé proprement et avec précision, même mieux que s’il avait été découpé avec mes ciseaux en or », affirma le patron avec des éloges incessants.

Le vendeur renchérit avec ses compliments lui aussi. « Incroyable. Vous coupez exactement le long des lignes dessinées par le patron. Même si je fais cela depuis de nombreuses années, je ne pourrais pas forcément m’y prendre mieux que vous. »

Meng baissa la tête, gênée par les nombreux compliments. L’Épée-Fantôme ouvrit également les yeux et s’exclama fièrement : « C’est parce que je suis très tranchant ! »

« Ah, je vois que Prince Édouard est arrivé », annonça joyeusement l’employé du magasin. En même temps, il échangea un regard complice avec le patron.

« Si tôt ? » Surprise, Meng tourna la tête, mais il n’y avait personne en vue. Se retournant, elle remarqua que le patron et le commis réprimaient leur fou rire.

« Imbécile. »

L’Épée-Fantôme ne put s’abstenir de grommeler. Il était très contrarié par le fait que Meng tournait précipitamment la tête dès que le nom d’Édouard était mentionné.

« Meng. » La voix d’Édouard retentit réellement derrière Meng cette fois.

En se retournant avec un peu de stupéfaction, Meng vit le sourire parfait d’Édouard juste sous ses yeux. Elle demanda, stupéfaite : « Pourquoi êtes-vous là si tôt aujourd’hui ? »

Le sourire d’Édouard devint encore plus radieux. « J’ai terminé mon travail plus tôt que d’habitude, parce que je voulais venir ici le plus vite possible. »

« Oh. » Meng baissa la tête avec timidité et continua de découper son tissu, mais elle ne remarqua pas qu’elle était en train de couper celui-ci en lambeaux.

Édouard se pencha également sur la pile de tissus avec un sourire joyeux. De plus, lorsque l’objet ne put plus être coupé en d’autres morceaux, il en saisit un autre et le déposa devant elle, de sorte que Meng pourrait continuer de déchirer le tissu en lambeaux, sans prêter attention à ce qu’elle était en train de faire.

« Aïe. » Un moment d’inattention fit qu’elle oublia de protéger les yeux et la bouche de l’Épée-Fantôme. Il cogna directement contre la surface de la table. Cependant, Meng ne remarqua évidemment pas le gémissement de celui-ci.

« Vous devez venir au bal », Édouard ne put s’empêcher de rappeler à Meng.

« D’accord… »

Même si Meng devenait de plus en plus timide avec la tête baissée, l’Épée-Fantôme, qu’elle tenait toujours à la main, pouvait tout voir très clairement. En fait, il devrait être heureux que Meng eût capté l’attention du prince — c’était pratiquement un miracle — et, pourtant, il était assurément malheureux. Que Meng fût dans la lune le rendait malheureux. Son visage rougissant le rendait malheureux. Chaque mot employé par Meng pour répondre à Édouard le rendait malheureux !

Romance RPG : Partie 22

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-two – traduit du chinois à l’anglais par XianBang[PR!]
Partie Vingt-Deux – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Meng sortit en quelque sorte timidement, une robe de bal rose en satin collant gentiment à son corps. Le matériau gracieux en satin rendait son apparence, qui était ordinairement trop mince, douce et charmante. Sa robe bouffante et sa coupe longue et simple de cheveux, additionnées à son rougissement timide, lui conféraient un air attachant. Bien qu’elle ne parût pas aussi magnifique que Marisa, elle dégageait une sorte différente d’attraction qui donnait involontairement envie aux gens de la protéger.

« Chaque femme sait comment se transformer. » L’Épée-Fantôme était choquée. Il pouvait à peine croire qu’elle était la même femme qui portait des pantoufles blanches et bleues et qui arborait la coupe de cheveux d’une vieille dame.

Meng était un peu nerveuse. Elle tira sur l’ourlet et ajusta le satin du corsage, puis s’enquit avec précaution : « Est-ce que ça a l’air bien ? Ça ne fait pas trop mignon ? »

Ce fut seulement après que Meng eut répété sa question à plusieurs reprises que l’Épée-Fantôme, qui la fixait intensément du regard, se rendit compte qu’elle lui parlait. Un peu embarrassé, il détourna les yeux et répondit négligemment : « Ça passe. Va avec ça. »

« Oh », lâcha Meng, la tête tombante. Elle retourna dans la cabine d’essayage pour enlever la robe. Quand elle sortit à nouveau, le vendeur se hâta de prendre la robe et commença à l’emballer. Lorsqu’il eut terminé, il se frotta les mains en disant vite : « Cette robe vous va très bien. Le prix est également raisonnable. C’est un choix judicieux de l’acheter. »

Quand elle entendit le mot « prix », les yeux de Meng s’agrandirent sur-le-champ, et elle demanda avec précaution : « Combien… combien coûte-t-elle ? »

Le commis du magasin sourit. « Cet article n’est pas de la nouvelle mode de cette année. Elle ne coûte pas cher. Elle vaut seulement quinze ducats d’or. Je ne demanderai pas de frais supplémentaires. »

Quinze ducats d’or ? Meng était un peu anxieuse. Elle courut jusqu’à son sac et fouilla dedans jusqu’à ce qu’elle trouve son porte-monnaie. Elle l’ouvrit, puis eut l’air perplexe.

« Combien y a-t-il de ducats d’argent dans un ducat d’or ? »

Le commis songea que c’était une question étrange, mais répondit tout de même consciencieusement : « Dix. »

L’expression de Meng devint un peu gênée. « Dans ce cas… un ducat d’argent vaut combien de ducats en cuivre ? »

« Dix. »

Meng fouilla dans son porte-monnaie et ensuite jeta agressivement son contenu sur la table. Parmi les nombreuses pièces qui en tombèrent, la plupart était en cuivre, quelques-unes étaient en argent, mais seulement trois étaient en or. Meng fit le total de ses biens avec précaution. Ils s’additionnaient seulement à cinq ducats d’or et à huit ducats d’argent, un déficit de près de neuf ducats d’or, même en ignorant complètement le fait que Meng et l’Épée-Fantôme auraient besoin d’acheter de la nourriture.

« Pas assez d’argent… » Meng déclara la dure vérité, déprimée.

L’Épée-Fantôme était choquée, lui aussi. Il avait tout pris en considération à part le gros problème de l’argent. Ayant besoin d’argent, que pouvait même faire une épée comme lui ? Se vendre ? Ils seraient d’abord obligés de trouver quelqu’un qui voulût l’acheter !

Le vendeur révéla une expression d’incrédulité. Il n’aurait jamais imaginé que les deux personnes qui étaient entrées avec confiance dans la boutique de vêtements pour acheter une robe pouvaient seulement à peine avoir cinq ducats d’or sur eux. La robe rose, exactement comme il l’avait affirmé, ne pouvait pas être considérée comme dispendieuse. Comparée aux robes sur-mesure commandées par les femmes nobles, celle-ci était à un prix complètement avantageux.

« C’est… Je n’ai pas de solution, moi non plus. Il vous manque trop d’argent. » Le commis de la boutique n’était pas fâché, mais il avait en effet l’air troublé.

Le sentiment de malaise était si intense que l’Épée-Fantôme ne savait pas quoi faire. Ils n’avaient pas assez d’argent, mais Meng ne pouvait pas se retrouver sans robe. Si elle n’en avait pas, comment pourrait-elle assister au bal ?

Toutefois, Meng ne demanda pas de conseil à l’Épée-Fantôme. À la place, elle demanda timidement au vendeur : « Puis… puis-je travailler ici pour régler le solde de la robe ? »

Le commis de magasin eut l’air un peu gêné. L’Épée-Fantôme hésita pendant un instant, puis réalisa que l’idée de Meng était une excellente solution. Il poursuivit instantanément : « Oui, oui. S’il-vous-plaît ! Vous avez vu à quel point la robe va bien à ma demoiselle. Notre famille éprouve des problèmes financiers, mais, vous savez, il est probable que cette fille ne puisse assister qu’à ce seul bal de toute sa vie. Je vous en prie, aidez-nous. »

Le vendeur fronça encore plus les sourcils, hésitant pendant une éternité. Il avoua finalement : « C’est… eh bien, je ne suis pas le propriétaire. Je ne peux pas prendre cette décision. Pourquoi ne reviendriez-vous pas demain matin pour demander au patron ? »

« Ah… » Meng afficha une expression un tantinet déçue, toucha la boite de la robe à côté d’elle avec mélancolie.

Les clochettes près de la porte sonnèrent alors que la porte s’ouvrait. Trois hommes portant des manteaux à capuchon entrèrent. Le plus important d’entre eux aperçut Meng, émit un son surpris, et abaissa son capuchon.

Les yeux du commis s’illuminèrent, et il salua respectueusement : « Prince Édouard, vous êtes là. »

Prince ? Le dos de Meng se raidit. Elle n’osa pas se retourner.

Édouard, cependant, s’approcha et remarqua l’épée avec des yeux et une bouche ainsi que la tenue familière de Meng. Édouard cligna des yeux et s’enquit : « C’est vous ? La demoiselle qui a escaladé le mur du palais ? »

Lorsqu’elle entendit la question du prince, Meng ne put que serrer les dents et se retourner, en souriant avec raideur. Comme elle faisait face à Édouard, elle ressentit un indescriptible sentiment d’embarras. Elle venait à peine d’échapper à une autre personne possédant ce visage, fuyant comme une réfugiée. Néanmoins, elle n’arrivait pas à déterminer pourquoi elle avait eu envie de s’enfuir. N’était-elle tout de même pas obligée de docilement aller le voir le lendemain ? Après tout, elle était son agente.

« Vous avez changé votre coiffure », s’aperçut Édouard avec surprise. « Elle vous va à ravir. »

En entendant le compliment d’Édouard, Meng ne put s’empêcher de rougir alors qu’elle demandait avec incertitude : « V-vraiment ? »

« Oui », déclara honnêtement Édouard.

Le visage de Meng devint encore plus rouge, se baissant vers sa poitrine.

L’atmosphère devint un peu embarrassante, mais Édouard paraissait ne pas en avoir conscience, tandis qu’il discutait. « Êtes-vous ici pour acheter des vêtements formels vous aussi ? Cette boutique est très bien. Je l’aime beaucoup. Avez-vous déjà choisi une robe à votre goût ? »

« Nous en avons sélectionné une, mais nous n’avons pas assez d’argent », intervint vite l’Épée-Fantôme. Après tout, la personne devant eux appartenait à la royauté, alors le coût d’une simple robe était sûrement une bagatelle. Il décida de faire en sorte que le prince payât l’addition. C’est de sa faute pour avoir utilisé mon visage et avoir même flirté avec ma copine… Non ! À quoi est-ce que je pense ? L’Épée-Fantôme secoua la tête avec l’intention de se débarrasser de cette étrange pensée. Évidemment, ne possédant qu’un corps sans tête, il ne faisait en réalité que rouler des yeux.