La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle #8 : Devoir une faveur

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par :  Yu Wo 


Side Story #8: Owing a Favor – traduit du chinois vers l’anglais par Lucathia[PR!]
Histoire parallèle #8 : Devoir une faveur – traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ Travail de vérification par AkaiiRia

Ceo de la Tempête n’arrivait pas à comprendre.

Devoir une faveur à quelqu’un. Être celui auquel quelqu’un doit une faveur.

En fin de compte, qui avait une dette envers qui ?

Autrement dit, quelle importance ?!

Si un conflit éclate entre toi et tes frères Chevaliers Sacrés, et que tu es en colère, tu n’as qu’à simplement les passer à tabac. Puisqu’ils te doivent une faveur et que tu leur en dois une, ajouter une faveur de plus ne fera aucune différence !

 

 

« Ceo, étant donné que les rayons du soleil aujourd’hui sont particulièrement chaleureux, pourrais-tu éventuellement aider Sun et lui accorder une petite faveur ? » Avec un sourire brillant et les deux mains jointes, Grisia lui adressa un regard implorant.

Si aujourd’hui était un jour ordinaire, lui accorder une faveur ne serait pas un problème, mais… Impuissant, Ceo répondit : « Mais, mon maître veut que je travaille sur mes missions. Je ne suis pas autorisé à faire autre chose tant que je n’aurai pas fini de m’entraîner. »

Grisia regarda à gauche. Ceo suivit son regard. Ne s’agit-il pas juste d’un couloir vide ? Grisia regarda à droite. Ceo suivit de nouveau le mouvement de ses yeux, mais encore une fois il ne vit qu’un couloir désert… Ils se tenaient au beau milieu du couloir. Peu importe dans quelle direction ils regardaient, tout ce qu’ils voyaient était un couloir.

Qu’est-ce que Grisia regarde au juste ? Ceo le fixa avec une expression remplie d’incompréhension.

Grisia posa encore une fois les yeux sur Ceo et, avec une expression désarmée, il lui demanda : « Quel genre de mission es-tu en train d’accomplir ici ? S’il s’agit de lire quelque chose, même si tu peux lire tout en étant debout, tu n’as aucun livre avec toi. Si c’est pratiquer ton escrime, tu n’as pas non plus d’épée dans les mains. Si tu ne veux pas m’aider, tu sais, tu devrais au moins essayer de trouver une meilleure excuse ! »

Ceo le fixa d’un regard vide pendant un instant, et il était sur le point d’expliquer qu’il n’essayait pas d’inventer une excuse lorsqu’une occasion de s’entraîner surgit soudain !

Avec hâte, il poussa Grisia sur le côté, fit un pas en avant et ouvrit grands les yeux…

« C’est l’Apprenti-Chevalier du Soleil et l’Apprenti-Chevalier de la Tempête ! Héhé, ils sont tous les deux si adorables ! »

Tant de… tant de… tant de jeunes femmes, aaaah ! Pourquoi est-ce qu’il y en a autant ?! Quand il aperçut une file entière de plus d’une dizaine de prêtresses qui se dirigeaient vers lui, gloussant sans arrêt, Ceo ne put persévérer davantage. Il se retourna et se rapetissa pour se cacher derrière Grisia.

« Hein ? » Ne comprenant pas ce qu’il faisait, Grisia commença à tourner la tête pour jeter un coup d’œil à Ceo, mais au même moment les prêtresses en face d’eux les interpellèrent.

« Apprenti-Chevalier du Soleil, comment fais-tu pour soigner tes si magnifiques cheveux blonds ? Ils sont si lisses et élégants, et brillent de mille éclats ! »

Bien évidemment, Grisia ne pouvait pas révéler sa formule de soin capillaire, aussi il leur adressa un sourire rayonnant et répondit : « Sun prend le Dieu de la Lumière à témoin et jure que chacune des Sœurs devant Sun est encore plus resplendissante que ses cheveux ! »

Les prêtresses se mirent à glousser. Elles restèrent jusqu’au moment où leur chef les enjoignit à se dépêcher. Tout en s’en allant, elles continuèrent de rire.

Une fois que Ceo entendit les rires disparaître au loin et que les prêtresses furent hors de portée de voix, il bondit et s’empressa de cligner des yeux sans arrêt dans leur direction.

« Est-ce que tu as des crampes aux yeux ? » Peu importe sous quel angle il observait la situation, il ne parvenait pas à comprendre ce que faisait ce type.

« Pas du tout ! » Ceo s’empressa de tourner la tête et répliqua : « Je m’entraîne à faire des clins d’œil ! »

« … Tu dois t’exercer à faire des clins d’œil ? »

« Bien sûr que je dois m’exercer ! Jeter des clins d’œil est vraiment difficile. En plus, toutes les jeunes femmes me sourient tout le temps ou me fixent avec des étoiles dans les yeux, et leur parfum sent tellement bon. Je n’ose pas les regarder en face… » Une fois rendu à ce point, Ceo ajouta avec découragement : « Au départ, je pensais que seules une ou deux prêtresses passeraient par le Temple Sacré, alors je les ai attendues ici. Mais, c’est finalement tout un groupe qui est apparu… »

Grisa se gratta la tête et expliqua : « Il n’y a probablement que les personnes comme la Prêtresse de la Radiance qui se promènent toutes seules ! Habituellement, les prêtresses viennent pour soigner les chevaliers sacrés. Une seule ou deux ne sont pas suffisantes, donc c’est naturel que tout un groupe vienne ! »

Entendant cela, le visage de Ceo se déconfit complètement. « Je ne peux pas compléter la mission que m’a donnée mon maître. Lancer des clins d’œil à cent femmes est trop difficile. J’en suis incapable ! » Il gémit avec désespoir.

Comme il disait ceci, ses yeux devinrent humides.

« N-Ne pleure pas ! Je vais t’aider ! » Lorsqu’il s’aperçut que les yeux de son camarade étaient devenus rouges et bouffis, Grisia s’empressa d’ajouter : « Aide-moi d’abord, et ensuite je te donnerai un coup de main. Qu’est-ce que tu en dis ? »

Sa vision brouillée par les larmes, Ceo lui demanda : « Est-ce que tu peux vraiment m’aider ? Même mon maître n’est pas parvenu à m’enseigner comment faire ! »

« Ne t’inquiète pas ! Je suis ton Chevalier du Soleil ! »

« Pas encore… »

« Hé ! Je le serai bientôt ! Dépêche-toi de venir m’aider. Ce que j’ai à faire est plus urgent ! »

Grisia prit Ceo par la main et le traîna derrière lui, ne lui laissant pas le temps de refuser ou reconsidérer l’affaire.

 

 

Boum !

« Qu’est-ce que c’est ? » Ceo contempla la montagne de papier que Grisia venait de jeter sur la table. Ses yeux s’agrandirent de surprise.

« Des documents administratifs », répondit simplement Grisia tout en plaçant de l’encre et des plumes sur la table, se préparant à les corriger.

« Des documents administratifs ? » Ceo pencha la tête et s’enquit avec confusion : « Pourquoi est-ce que tu dois corriger ces documents ? Nous sommes toujours en cours d’apprentissage. Nous n’avons pas encore à nous charger de la paperasse. »

« Va dire ça à mon maître », répondit Grisia avec impuissance. « Mais, d’abord, laisse-moi te dire ceci : personne dans toute l’Église du Dieu de la Lumière n’est assez brave pour le faire. »

« Qu’en est-il du Capitaine-Chevalier du Jugement ? » Même si la réputation du Chevalier du Soleil le plus fort de l’histoire était réellement intimidante, Ceo pensait que le Capitaine-Chevalier du Jugement n’était certainement pas quelqu’un à sous-estimer.

« Mon maître m’a gracieusement prévenu que, si je venais à laisser le Capitaine-Chevalier du Jugement découvrir cette histoire, tout le temps que j’aurais dû passer à corriger les documents il me forcerait à le passer à étudier comment me conduire avec grâce à la place. »

« Des leçons d’élégance ? » Perplexe, Ceo le questionna : « Quel est le problème avec ce genre de cours ? »

« Je dirais qu’elles sont probablement l’équivalent de tes leçons sur les clins d’œil… »

« Ah ! Je préférerais corriger de la paperasse plutôt que ça ! »

« Exactement, donc aide-moi à tout corriger ! » Grisia s’assit et flanqua une plume dans les mains de Ceo. Avec empressement, il ajouta : « Je dois rendre ces documents demain ! »

La plume à la main, Ceo était perdu. Quand il vit que Grisia avait déjà commencé à corriger la paperasse avec ferveur, il se sentit un peu trop embarrassé pour rester sans rien faire, aussi il se mit à corriger des documents administratifs pour la première fois de sa vie…

Bang !

Plus au moins au même moment, la porte s’ouvrit violemment, et l’écho d’un rugissement retentit. « Grisia, où est ton maître ? »

Dans sa nervosité, Ceo manqua d’envoyer valser la montagne de documents. Ils n’étaient pas censés être en train de les corriger, mais ils venaient d’être découverts ! Qu’allaient-ils faire ?!

Grisia leva la tête de la paperasse. « Probablement dans la cave à vin… Ahem ! Je veux dire, puis-je demander pour quelle raison le Capitaine-Chevalier de Flammes le recherche ? »

Attends, ne venons-nous pas d’être découverts ? Pourquoi reste-t-il aussi calme… ?

Le Capitaine-Chevalier de Flammes soupira doucement avant de répondre d’une voix dure : « Je n’arrive pas à croire qu’il est dans la cave à vin à un moment pareil… tsss ! Va chercher Neo et amène-le vite dans le grand hall ! »

« D’accord. » Grisia se leva et déclara : « Ceo, je reviens très vite. N’oublie pas de corriger la paperasse ! »

L’esprit de Ceo était actuellement dans un état de confusion total, par conséquent il accepta par réflexe avec un simple « OK ». Ce ne fut qu’après que Grisia et le Capitaine-Chevalier de Flammes furent partis qu’il se réveilla et réalisa que…

Il y avait une montagne de documents sur la table devant lui !

 

 

« Je n’arrive pas à croire que tu sois parvenu à tout corriger ! Tu es si impressionnant ! » décréta Grisia avec admiration.

Lorsque Ceo entendit cela, ses yeux, qui étaient déjà un peu vitreux, se firent encore plus distants, comme si celui-ci était à l’article de la mort. Il articula faiblement : « Ne m’as-tu pas dit qu’il fallait les rendre pour aujourd’hui ? J’ai passé toute la nuit à les corriger sans dormir… »

« C’est exact ! Ils doivent être rendus aujourd’hui ! » Dès qu’il eut finit sa phrase, Grisia murmura : « Mais, je les rends souvent en retard, vu que tout le monde sait que mon Maître Neo ne rend jamais sa paperasse à temps. »

« Qu’est-ce que tu viens de dire ? » Ceo n’avait pas tout à fait entendu le murmure additionnel de Grisia.

« Rien du tout ! » Grisia prit les documents d’une main. De son autre main, il agrippa Ceo par le bras et s’exclama : « Allons-y ! Tu m’as aidé à compléter la paperasse, maintenant c’est mon tour de t’aider à finir ta mission de jeter des clins d’œil ! »

« Tu t’en souviens encore ? » Ceo était un peu stupéfait. La nuit précédente, il avait songé plus d’une fois que Grisia l’avait dupé pour lui faire corriger ses documents à sa place, et qu’il n’avait aucune intention de l’aider à accomplir sa mission.

« Bien sûr ! »

Une fois qu’il eut rendu les documents, Grisia traîna Ceo jusqu’à un endroit et s’arrêta. Il tourna la tête et le questionna : « Comment te sens-tu, là tout de suite ? »

Fatigué, Ceo répondit : « Épuisé. Je n’ai pas du tout dormi, et j’ai lu un si grand nombre de documents. Ma vision est encore remplie de textes sur des demandes d’ordres, des demandes pour embaucher des employés supplémentaires, ou même remplir des tableaux pour répartir les frais d’allocations de tous les chevaliers sacrés pour l’année prochaine… »

« Fais un clin d’œil dans cette direction. »

« Pourquoi ? »

« Fais-le, c’est tout ! »

Désorienté, Ceo fit un clin d’œil.

« Il est tellement mignon ! »

« Et plutôt beau garçon ! »

Stupéfait, Ceo entendit des cris de filles perçants s’élever de la direction dans laquelle il avait fait un clin d’œil. Est-ce qu’il y a… des jeunes femmes par là-bas ?

Il ouvrit grand les yeux, tentant de concentrer sa vision pour voir ce qui l’entourait plus clairement, mais Grisia alla jusqu’à couvrir son regard. Puis, il enleva abruptement ses mains et dit : « Fais un clin d’œil vers la droite devant toi. »

Ceo suivit ses instructions. Lorsque ce fut fait, ses yeux furent de nouveau couverts. « Fais un clin d’œil à gauche devant toi. »

« Encore un clin d’œil à droite… »

Après avoir fait des clins d’œil plusieurs fois d’affilé, Grisia cessa enfin de couvrir les yeux de Ceo. Il applaudit. « La mission de lancer des clins d’œil à une centaine de jeunes femmes est accomplie ! »

Hein ? Ceo cligna des yeux et parvint enfin à discerner clairement les alentours. C’est… c’est le Sanctuaire de la Lumière ! Le Sanctuaire de la Lumière qui est rempli de prêtresses ! Immédiatement, il se cacha derrière Grisia.

Voyant Ceo agir de la sorte, Grisia l’entraîna simplement avec lui à l’extérieur. Une fois qu’ils furent dehors, il croisa les bras devant sa poitrine. Comme s’il pensait que c’était tout naturel, il déclara : « Je t’avais bien dit que je t’aiderais ! N’oublie pas, à présent tu me dois une faveur ! »

… Hein ?

 

 

Pendant le cours

« Tu as enfin appris comment lancer des clins d’œil aux jolies jeunes femmes sans rougir ! » Le Chevalier de la Tempête n’aurait pas pu être plus ému qu’à ce moment précis. Il tapota l’épaule de son apprenti et lui dit : « Je savais que tu y arriverais ! Ton maître est si fier de toi ! »

Parce qu’il avait passé toute la nuit à corriger des documents et que tout ce qu’il avait vu était des lignes de textes défilant devant ses yeux, il n’avait pas été en état de percevoir si les personnes en face de lui étaient des hommes ou des femmes…

On dirait que je dois vraiment une faveur à Grisia… ?

Ceo ne comprenait pas réellement ce qu’il se passait. Pourquoi est-ce qu’il devait quand même une faveur à Grisia alors qu’il l’avait aidé à corriger la paperasse ? Mais, dans tous les cas, Grisia l’avait aidé à enfin apprendre comment faire des clins d’œil. En résumé, il lui devait probablement encore une faveur… non ?

 

 

« Bien ! Voici la paperasse pour aujourd’hui ! » D’un geste, Grisia fourra une immense pile de documents entre ses mains. « Quand tu auras fini, ta vision sera remplie de lignes de texte, donc tu n’auras pas à t’inquiéter pour ce qui est de jeter des clins d’œil. Ça veut dire que tu me dois une autre faveur ! »

Pourquoi est-ce qu’il devrait encore une faveur à Grisia ? À l’évidence, c’était lui qui aidait Grisia à corriger cette paperasse. Je l’aide à s’occuper des documents, mais je lui dois quand même une faveur… Quel genre d’accord est-ce là ?

« Je t’ai aidé à corriger les documents ! » Ceo était un peu en colère à présent.

Grisia pencha la tête sur le côté et soupira. « Que vais-je faire de toi ? Très bien ! Disons que tu ne me devras pas de faveur supplémentaire dans ce cas. Mais, tu dois toujours me rendre un service pour la faveur d’avant ! »

… Pourquoi avait-il l’impression qu’il n’avait rien gagné dans tout cela ?

Cependant, afin de parvenir à lancer des clins d’œil sans rougir, il semblerait qu’il n’eût pas d’autres choix que de corriger de la paperasse…

Comment les choses ont-elles tourné ainsi ?

Alors qu’il corrigeait de la paperasse dans sa chambre, peu importe sous quel angle il considérait la question, Ceo ne parvenait pas à trouver la réponse à cette question. Toutefois, pendant ce laps de temps où il était absorbé dans ses réflexions, il termina de corriger dix autres documents.

« Ceo, qu’es-tu en train de faire ? Ces derniers temps, tout le monde raconte qu’ils t’aperçoivent très peu. Tu as l’air d’être très occupé ! »

« Maître. » Ceo avait corrigé des documents au point d’avoir la tête qui lui tournait. Quand il entendit un bruit, il leva simplement la tête. Lorsqu’il réalisa que c’était son maître qui l’avait interpelé, il continua à le fixer d’un regard vide, incapable de réagir.

« … Sur quoi est-ce que tu travailles comme ça ? »

Le Chevalier de la Tempête ramassa l’un des documents et y jeta un coup d’œil.

Oh non ! Je ne suis pas censé corriger des documents administratifs ! Même jusqu’à ce moment précis, Ceo n’avait pas été en mesure de réagir.

« Tu… » L’expression sur le visage du Chevalier de la Tempête se durcit. « … Tu aides Neo à corriger sa paperasse ? »

Je suis foutu ! Qu’est-ce que je suis censé faire ? Grisia…

« Tu ne m’aides même pas à corriger mes documents, et pourtant tu aides Neo à s’occuper des siens ? C’est moi ton maître ou c’est lui, hein ? »

… Quoi ? Timidement, Ceo répondit : « C’est Grisia qui me les a donnés. C’est lui que j’aide, pas le Capitaine-Chevalier du Soleil. »

« Je m’en moque ! » L’imposant Chevalier de la Tempête se mit à piquer une crise. « Si tu aides Neo à corriger sa paperasse, alors tu dois aussi m’aider à corriger la mienne ! »

Soudainement, Ceo eut l’impression que Grisia venait de lui ouvrir les yeux sur les nombreuses vérités cachées du Temple Sacré. Il acquiesça et répondit : « D’accord, maître, je vais vous aider à corriger vos documents, mais je ne veux plus avoir à suivre de leçons sur comment jeter des clins d’œil ! »

« … Tu as été corrompu par Grisia, mais c’est d’accord ! Puisque tu as déjà appris comment faire des clins d’œil, ce n’est pas bien grave si nous arrêtons les leçons. »

Avec un tel résultat, on dirait vraiment que je dois une immense faveur à Grisia, mais je l’ai également aidé à corriger une affreuse quantité de documents, non ? Ceo était un tantinet perplexe.

 

 

« Décédéo ! Tu dois encore me rendre un service, alors file-moi un coup de main ! »

« Décédéo, puisque tu me dois une faveur, viens vite m’aider ! »

Si tu continues à m’appeler Décédéo1, c’est toi qui vas bientôt être décédé !

« … Storm ! Vite, aide-moi ! Tu me dois une faveur ! »

Même après qu’il eût dépassé la vingtaine d’années et fût officiellement devenu le Chevalier de la Tempête, Ceo de la Tempête ne comprenait toujours pas pourquoi il devait une faveur à Grisia, et pourquoi il n’arrivait jamais à finir de lui rendre « cette unique faveur ».

Une fois, quand il avait corrigé de la paperasse sans dormir pendant trois jours d’affilé et que Grisia avait jeté une nouvelle montagne de documents devant lui, Ceo de la Tempête avait enfin explosé et rugit : « Grisia du Soleil ! »

D’un coup de pied, il envoya le collègue devant lui valser dans les airs, ce type qui ne cessait jamais de lui apporter de la paperasse. Ensuite, il courut jusqu’à lui et continua de le rouer de coups de pied.

« Aaaah ! » Grisia hurla et se baissa, mais il n’était pas aussi leste ou agile que Ceo. Il se fit de nouveau frapper, tandis qu’il se baissait et essayait de parler. « Pourquoi t’énerves-tu contre moi tout à coup ? Je ne comprends pas ! Je n’ai rien fait de mal récemment, non… ? Je veux dire, rien de particulièrement mauvais, pas vrai ? Aïe ! Ne me frappe pas au visage ! »

C’est exact, ça ne date pas d’hier. C’est juste que ça dure depuis huit ans à la place !

Alors qu’il sautait dans les airs pour donner un autre coup de pied, Ceo arrêta son pied juste à côté du visage de Grisia, faisant voltiger ses cheveux blonds avec la bourrasque engendrée par le vent. Par la suite, il déclara lentement : « Là, tout de suite, laisse-moi te tabasser autant que je le veux pour m’aider à faire évacuer ma colère, sinon je ne t’aiderai plus jamais à corriger le moindre document. Qu’est-ce que tu choisis ? »

« … Frappe-moi ! Assure-toi d’utiliser toute ta force ! Ne te retiens surtout pas. Ma lumière sacrée est très puissance. Je suis le Chevalier du Soleil avec les meilleures compétences en matière de soin dans toute l’Histoire, donc il n’y a aucun problème ! Vas-y ! »

Au même moment, la porte s’ouvrit. Leaf passa la tête par l’entrebâillement et demanda avec inquiétude : « Est-ce qu’il s’est passé quelque chose ? J’ai entendu des cris… Ne vous battez pas ! »

Avec une empreinte de pied sur le visage, Sun révéla son sourire le plus brillant et déclara : « Mon frère Leaf, comme on le dit souvent, se bagarrer est un signe d’affection et se disputer un signe d’amour. Mon frère Storm et moi ne faisions qu’échanger notre affection et notre amour fraternel et n’étions pas en train d’en venir aux poings. Il n’y a nul besoin de s’inquiéter. »

« … Désolé d’avoir interrompu votre moment de communication. »

Leaf se retira. La porte se referma immédiatement.

Le visage dénué d’expression, Ceo regarda Grisia qui affichait maintenant un vrai sourire et qui lui dit : « Décédéo, tu es mon subordonné, mais tu as osé me frapper. Ça constitue un crime très grave ! Tu as même été pris la main dans le sac par Leaf, mais regarde avec quelle adresse je t’ai aidé à expliquer tes actions. Tu me dois une autre immense faveur à présent ! »

« … »

Je vais te rendre cette faveur sur-le-champ !

COUP DE PIED !

Note de bas de page

1 Décédeo : C’est le surnom que Grisia a donné à Ceo. Dans la version chinoise, le surnom est Sĭwō (死喔). Sa prononciation est très similaire à celle de Ceo, mais le premier caractère signifie « meurt » ou « mort ». Pour information, l’équipe de traduction anglaise de PR ! a traduit ce surnom par « Deatheo ».

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