La Reine Guerrière Prologue Tome 2 – 12 est le nombre
Roman d’origine en chinois par : 御 我 (Yu Wo)
Chapter 2: Number, 2, Divergence – Traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 2 : Numéro 2 – Divergence – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta
Au moment de réserver des chambres à l’auberge, Carol avait à l’origine eu l’intention de demander deux chambres. Cependant, elle ne s’était pas attendue à ce que sa bourse fût presque vide, ce qui signifiait qu’ils n’auraient plus d’argent pour le repas si elle prenait deux chambres.
Carol hésita un moment, mais ce n’était pas parce que cela la dérangeait d’avoir deux personnes de sexes opposés dormant dans la même chambre. Ils avaient techniquement dormi dans la même tente pendant un mois. C’était juste que Silvie était simplement trop bruyant. Dormir dans des chambres séparées la nuit aurait été le seul moyen d’éviter d’avoir à l’entendre.
« Une chambre sera suffisante. » À contrecœur, elle finit par commander une seule chambre. Finalement, cette nuit ne sera pas très reposante…
Elle se détourna et retourna à leur table, mais en voyant Silvie jeter des regards excités tout autour de lui, sa bouche déjà ouverte pour parler, Carol n’avait qu’une seule impression. Il est grand temps que nous commencions à prendre des missions pour gagner de l’argent.
« Carol ! Nous ne sommes pas entrés dans une ville depuis presque un mois ! Pourquoi as-tu soudainement voulu venir ici ? » lui demanda Silvie, tout excité. « Allons-nous partir à la recherche de malandrins, les capturer, et les faire renoncer au mal pour revenir sur le droit chemin ? Comme la dernière fois avec le gouverneur ?! »
Renoncer au mal pour revenir sur le droit chemin ? Carol jeta un regard à Silvie et lui répondit avec indifférence : « Je ne traque pas les personnes malfaisantes ou autres. C’est juste que d’innombrables soldats ont donné leur vie pour protéger ce pays. Alors, quand je remarque des zones de corruption, je ne peux pas m’empêcher d’agir pour mettre ces gens hors d’état de nuire. De plus, c’est “se débarrasser du mal”, pas pardonner aux gens le mal qu’ils ont causé ou les faire revenir dans le droit chemin ! »
Silvie eut l’air estomaqué en l’entendant. « S’en débarrasser ? Tu veux dire… les tuer ? M-Mais, certaines personnes ne sont pas si mauvaises. Et, tant que tu prends le temps de les sermonner et de les raisonner correctement, il y a toujours une chance qu’ils se repentent et deviennent de meilleures personnes ! »
Carol rit froidement et répliqua : « Tu veux dire comme le gouverneur qui vendait des esclaves en privé ? Une fois que l’opération s’est écroulée et a été dévoilée, il était même préparé à tuer une personne possédant un insigne de la rose pour empêcher que son secret ne soit révélé. Ne me dis pas que tu penses vraiment qu’il aurait pu changer pour devenir une meilleure personne ? »
« Il aurait pu ! » De manière surprenante, Sylvie répondit comme si c’était évident. « Il croyait qu’il allait être envoyé à la mort ! Pour survivre, voilà pourquoi il aurait pu changer ! »
« Ce n’est pas “croyait”. Dès l’instant où le fait qu’il vendait des esclaves hors des canaux officiels a été exposé, sa mort est devenue une certitude. »
« Quoi ? » Les yeux de Sylvie s’agrandirent, et celui-ci s’exclama : « Il va être condamné à mort ? »
« Condamné à la potence, oui, c’est la peine dont il écopera », fut la réponse tranchante de Carol.
Les yeux de Sylvie s’écarquillèrent encore plus, et il tremblait tandis qu’il répliquait : « Pourquoi doit-il mourir ? Il pourrait devenir une meilleure personne si on lui on donne la chance… S’il est exécuté, il n’aura aucune chance de faire amende honorable. »
« Ce ne sont que des suppositions. Afin de préserver cette “chance”, combien devra-t-il y avoir de morts avant que les autorités réagissent ? » rétorqua froidement Carol. « Sans une punition suffisamment dure, comment empêcher le reste des gens de vendre des esclaves illégalement ? Si le crime de la vente illégale se répand, combien de gens en souffriront d’après toi ? Tu as bien failli en être victime toi aussi, non ? Si je n’avais pas été là, tu porterais déjà la marque des esclaves ! »
Sylvie murmura d’une toute petite voix : « Mais, même si quelqu’un est vendu comme esclave, au moins il est toujours en vie, n’est-ce pas ? Tant que nous sommes vivants, il y a de l’espoir. »
Carol fronça les sourcils, mais ne rajouta rien de plus. Elle répondit sur un ton indifférent : « Va commander à manger ! Il ne me reste pas beaucoup d’argent, alors tu n’es pas autorisé à commander du vin. »
En entendant cette interdiction, Sylvie ne put simplement pas l’accepter et commença à protester : « Je ne suis pas un ivrogne ! Je bois rarement ! »
Carol ne le croyait qu’à moitié. « La dernière fois, n’as-tu pas joyeusement commandé du vin valant un ducat d’argent ? »
« C’est parce que je n’avais pas bu depuis longtemps ! » s’empressa d’expliquer Sylvie. « La dernière fois que j’ai bu était après avoir enterré maître LL ! »
Lorsqu’il eut fini de parler, il vit le visage de Carol s’assombrir et réalisa immédiatement qu’il avait commis une erreur en parlant de son maître.
Le nom complet de LL était Louis Lorenzo, et il avait eu en sa possession l’insigne à la rose blanche qui lui avait été personnellement remis par le Saint Roi. En tant que barde impérial, il avait accompagné Carol et était également le maître de Sylvie. Néanmoins, il était mort d’une maladie il y a deux ans. Carol l’avait appris seulement un mois auparavant et n’avait donc pas pu lui faire ses adieux.
Pour cette raison, Carol broyait encore du noir à ce sujet, surtout à cause de la façon dont ils s’étaient séparés. Plusieurs malentendus avaient traîné entre LL et Carol, les laissant tous les deux avec un sentiment de mal-être. Il s’agissait à présent d’un désaccord qu’elle ne serait jamais en mesure de régler.
À cet instant, un serveur arriva et demanda énergiquement : « Que souhaitez-vous commander ? »
« Deux assiettes de ragouts de bœuf, du pain, deux bols de soupe et deux bouteilles de vin de vigne ! » répondit Carol sans hésitation.
« Et une coupe de lait ! » ajouta précipitamment Sylvie, avant de finalement réaliser ce que Carol avait commandé. Il cilla, ne comprenant pas ses actions tandis qu’il la questionnait : « N’avais-tu pas dit que nous n’étions pas autorisés à commander du vin ? »
Carol répondit froidement : « J’ai dit que tu n’étais pas autorisé à commander du vin, pas que je ne pouvais pas en commander moi-même ! »
Sylvie resta muet. Bien qu’il eût gagné la moitié de leur argent en chantant, il n’osa pas répliquer. Comment avait-il pu demander quelque chose d’aussi insolent de toute façon ?
Les plats arrivèrent. L’odeur du bœuf fit sortir Ohmondieu de sa cachette. Sylvie coupa un morceau de bœuf en tout petits morceaux qu’il déposa avec le lait dans une soucoupe pour qu’Ohmondieu pût avaler la nourriture avec sa minuscule bouche.
Élever un glob carnivore était quelque chose de très coûteux. Heureusement, Ohmondieu n’avait pas un très grand appétit. Un morceau de viande et une tasse de lait pouvaient le satisfaire pendant deux ou trois jours.
De l’autre côté de la table, Carole attrapa une bouteille de vin d’une main et commença à se servir un verre.
À l’origine, Sylvie pensait que Carol allait boire tout le vin et ne lui laisserait pas une seule goutte. Il ne s’imaginait pas qu’elle pousserait vers lui le premier verre qu’elle avait servi en lui disant : « Bois ! »
Sylvie reçut le verre de vin en souriant avant de s’enquérir : « Il y a aussi une portion pour moi ? »
« Il est désagréable de boire seule. » Carol se servit aussi un verre de vin qu’elle avala cul sec.
Face à la vivacité de Carol, Sylvie buvait à petites gorgées. Un verre de vin qu’on aurait peiné à qualifier de grand lui prit cinq ou six gorgées à finir.
Carol jeta un regard à Sylvie. Bien que le visage de ce dernier eût rougi amplement, il ne semblait pas réagir bizarrement ou avoir les manières d’une personne ivre. Elle lui versa immédiatement un autre verre.
Les yeux de Sylvie s’élargirent, et celui-ci mangea rapidement un peu pour remplir son estomac avant d’oser continuer à boire. Qui aurait pu savoir que Carol lui servirait un troisième verre… Cependant, à ce moment précis, elle avait déjà descendu une bouteille entière.
« Il ne faut pas ! » Sylvie agita les mains, déclinant un verre supplémentaire. « Je ne peux boire que deux verres et absolument jamais un troisième ! »
« Tu ne peux boire que deux verres ? » Carol semblait un peu agacée en répliquant : « Pourquoi suis-tu une règle aussi stupide ? Est-ce que c’est LL qui te l’a interdit ? Maintenant qu’il est mort trop tôt, cesse d’être agaçant et bois ! »
Tenant le verre entre ses deux mains, Sylvie fit grise mine. Néanmoins, voyant que le visage de Carol s’était déjà assombri, il n’osa pas refuser de boire. Après un moment d’hésitation, il serra les dents, puis releva la tête et cala son verre en entier.
« C’est rafraîchissant de voir que tu commences à devenir un homme ! » Carol se servit un autre verre, puis leva la tête et l’avala d’un trait. Après avoir terminé son verre, elle s’aperçut que Sylvie avait toujours la tête levée et qu’il ne bougeait pas.
Constatant cette situation, elle leva un sourcil… Avec un « Bang », Sylvie s’effondra tête première sur la table.
Carol resta figée un moment et, voyant que l’autre ne bougeait toujours pas d’un pouce, elle l’appela : « Sylvie ? »
Sylvie ne réagit pas du tout.
« … »
Carol eut un sourire qui n’en était pas tout à fait un, pendant qu’elle parlait toute seule : « C’est donc vrai qu’il ne peut boire que deux verres. Il connaît bien sa capacité à tenir l’alcool. »
Après avoir fini le repas qui était sur la table, Carol prit le corps de Sylvie sur une épaule, attrapa leurs bagages et deux morceaux de pain avec l’autre main, et retourna dans la chambre de l’auberge. Une fois rentrée, elle jeta l’homme et son animal de compagnie — ou peut-être qu’ils étaient tous les deux des animaux de compagnie — sur le lit.
Par la suite, elle saisit son manteau rouge et s’enroula dedans, faisant même descendre le bord de sa capuche sur son visage. Ensuite, ainsi attifée, elle sortit de la chambre pour se rendre à la Guilde des Aventuriers.
En vérité, elle n’avait pas trop l’habitude de dissimuler son identité. Toutefois, il y avait vraiment trop d’abrutis dans ce monde, et elle croisait toujours des types cherchant à lui causer des ennuis. Par exemple, ils l’insultaient en la traitant d’efféminée… Oui, ils insinuaient littéralement qu’elle était une femme.
Ressemblait-elle réellement tant à un homme ? Elle portait simplement des pantalons, en plus d’avoir peu de poitrine !
Porter une jupe lui éviterait peut-être ce genre de situation. Cependant, concernant la chose appelée une jupe, elle avait déjà rompu les liens avec celle-ci depuis presque dix ans. Porter une jupe pour voyager serait vraiment trop difficile, sans mentionner qu’elle serait probablement traitée comme un travesti, ce qui engendrerait d’autres problèmes.
Que ce soit être suspectée d’être une femme ou être suspectée d’être un homme, les deux impliquent des ennuis ! Ni les vêtements masculins ni ceux féminins ne semblent convenir. Carol en fut un peu déprimée.
En arrivant à la Guilde des Aventuriers, elle se dirigea tout de suite vers le mur qui était couvert de requêtes.
Au cours du mois écoulé, depuis qu’elle avait appris la mort de LL, elle n’avait vraiment pas été en état de remplir la moindre mission et avait complètement cessé d’en prendre. La somme d’argent qu’il lui restait n’était pas très élevée, et les dépenses d’une personne supplémentaire s’étaient ajoutées, ce qui consistait une somme assez importante. Heureusement, Sylvie pouvait toujours compter sur son chant pour gagner au moins un peu d’argent, donc ils n’avaient pas à aller aussi loin que se priver de repas chauds. Néanmoins, elle ne pouvait pas continuer à se reposer sur Sylvie pour gagner de l’argent !
Carol parcourut le tableau du regard pour essayer de sélectionner une mission adaptée. En revanche, peut-être à cause de son emplacement isolé, il n’y avait pas beaucoup de missions disponibles. Si la récompense de la mission était trop faible, cela ne valait pas le coup. La majorité des missions restantes étaient des missions de garde du corps. Elle n’avait absolument pas envie de protéger quelqu’un. Un seul Sylvie me suffit, merci bien !
Après un long moment, elle réussit à sélectionner une mission de collecte de plantes pour laquelle la récompense était assez élevée.
« N’est-ce pas beaucoup trop d’argent pour simplement récolter des herbes ? » Carol fronça les sourcils, mais, après avoir vu l’emplacement approximatif des plantes, elle comprit pourquoi. Elles se trouvaient au plus profond de la forêt sur le territoire d’une race extrêmement xénophobe.
Carol prit le temps d’y réfléchir, puis déchira la requête de la mission. Se retournant, trois individus baraqués se tenaient juste devant elle. En regardant leur expression, elle comprit qu’ils n’étaient pas là par hasard.
Il y a vraiment trop d’imbéciles dans ce monde !
Toutefois, cette fois, Carol n’était pas impatiente. Elle était juste particulièrement de mauvaise humeur.
Ses poings se serrèrent.
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