1/2 Prince T6C6 : La révolte des PNJs

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½ Prince Tome 6 : La Grande révolte des PNJs

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 6: The NPC Revolt – traduit du chinois vers l’anglais par pinkpenknife[PR!]/Asmodea[PR!]
Chapitre 6 : La révolte des PNJs
– traduit de l’anglais au français par Nocta
+ travail de vérification par AkaiiRia

« Prince ! Quoi qu’il arrive, aucun de vous ne doit quitter le terrain d’entraînement ! » Un jour, White Bird m’envoya subitement un message privé, me laissant complètement perplexe. Il y avait une nuance d’inquiétude dans son message, et cela me donna un mauvais pressentiment très troublant.

« Pourquoi ? » répondis-je immédiatement.

White Bird hésita pendant un long moment, refusant de m’en expliquer la raison. Quelque chose a dû se passer. Anxieux, je la pressai : « White Bird, dis-moi vite ce qui ne va pas ! Que s’est-il passé ? Si tu refuses de parler, je vais quitter le terrain d’entraînement sur-le-champ. »

En m’entendant dire ça, elle rugit : « Non, ne sors pas quoi qu’il arrive ! »

Mais, qu’est-ce qu’il s’est passé au juste pour que White Bird, qui est toujours si calme, hurle comme ça ? Bon, c’est vrai qu’elle me crie souvent dessus, mais… Puisqu’elle refusait de me donner une explication, j’étais forcé de lui tirer les vers du nez. « Je suis déjà à la sortie du terrain d’entraînement. Si tu ne me dis toujours pas la raison, je vais sortir. Je compte jusqu’à trois. Un, deux — »

« Attends, attends, je vais te le dire ! » cria-t-elle enfin. « The Dictator of Life a envoyé une énorme armée de PNJs aux portes de la Cité de l’Infini ! »

The Dictator of Life a envoyé une armée? Je faillis ne pas en croire mes oreilles. Lolidragon n’avait-elle pas dit qu’il était scellé sur le Continent du Nord ? Je courus immédiatement à la zone de contrôle, désirant obtenir une vraie réponse de la part de Lolidragon.

« Lolidragon ! » rugis-je. « La Cité de l’Infini est cernée par des PNJs ! »

« Pas besoin que tu hurles comme ça, je suis déjà au courant. » La réaction placide de Lolidragon était calme au-delà de mes attentes.

Lolidragon le sait déjà ? « Ne m’as-tu pas dit que ton entreprise a scellé The Dictator of Life sur le Continent du Nord ? » m’empressai-je de l’interroger.

« Oui, c’est vrai qu’il ne peut pas s’enfuir du Continent du Nord, mais ça ne veut pas dire que les PNJs qu’il a créés ne peuvent pas sortir, eux », admit-elle, le visage sombre.

« Qu’est-ce qu’on fait dans ce cas ? La Cité de l’Infini est déjà encerclée. » Je serrai les poings, pensant : J’ai de nombreux amis dehors, comment est-ce que pourrais rester tranquillement au terrain d’entraînement pendant qu’ils se font massacrer par les PNJs et que leurs personnages de jeu disparaissent pour toujours ?

« Tu n’es pas autorisé à sortir ! » me dit Lolidragon, prononçant chaque mot avec insistance.

Têtu, j’exclamai : « Je dois y aller ! Je ne peux pas ignorer mes compagnons à l’extérieur ! »

« Prince, tu ne peux pas sortir. » Les autres s’approchèrent à ce moment-là pour me persuader. Ne me dîtes pas qu’ils veulent tous fermer les yeux sur ce qu’il se passe et abandonner les autres qui sont dehors ?

Je me tournai vers Wicked et le questionnai d’un ton accusateur : « Est-ce que tu sais que Dark Emperor est là-bas avec ton frère ? »

« Je le sais. » L’expression de Wick changea légèrement, tandis qu’il serrait les poings. « Mais, la situation ne s’améliorerait pas même si nous y allions. Ça ne servirait qu’à se faire tuer pour rien. »

« Je vais y aller. » décrétai-je une fois de plus avec sérieux.

« Non ! » répliquèrent-ils tous en cœur.

« Très bien, dans ce cas, je m’en vais ! » Je tapotai mon Dao Noir et, sans regarder derrière moi, je marchai vers la porte qui luisait d’un halo arc-en-ciel.

Neurotic fut couvert de sueur froide et demanda : « Les gars, vous êtes sûrs que Prince comprend le langage humain ? »

« Prince, est-ce qu’encore une fois tu ne prends pas assez de recul ? » Lolidragon était tellement énervée qu’elle se précipita sur moi et me saisit par la main.

Je me retournai et lui lançai un regard déterminé. « Non, mais ne jamais abandonner mes amis est un des principes que je ne briserai jamais. »

« Que se passera-t-il si tu meurs ? » L’expression de Lolidragon se détendit légèrement, mais elle pinçait toujours la bouche.

« Je ne mourrai pas ! » On dirait bien qu’elle n’insistera plus. Je lui souris, mais je sentis que ce n’était pas suffisant et ajoutai immédiatement : « Je ne mourrai probablement pas… »

Trois lignes noires se dessinèrent le long du visage de Lolidragon1. « Tais-toi. Plus tu parles, moins je me sens disposée à te laisser y aller. »

« Dans ce cas, j’y vais. Ne me suivez pas. » Les saluant de la main sans regarder en arrière, je franchis la porte arc-en-ciel.

Juste alors que je posais le pied hors du terrain d’entraînement, je fus accueilli par une variété de regards expressifs, notamment celui de White Bird qui me dévisageait avec stupéfaction, celui de Ming Huang qui semblait dire « je le savais » et Rose qui me contemplait avec impuissance… Mais, peu importe de qui il s’agissait, tout le monde arborait une expression qui signifiait : « Qu’est-ce que tu fous ici, abruti ? »

Pendant un long moment, j’échangeai un regard avec chacun d’entre eux, puis je levai simplement la main et les saluai : « Salut, ça fait un bail. »

« Ça fait un bail ? Je viens juste de te dire de ne pas venir ! » White Bird était si furieuse que son visage tourna à l’écarlate. Je soupçonnais qu’une de ses veines était sur le point d’éclater.

Ming Huang, avec une expression qui me donnait envie de lui coller mon poing à la figure, se moqua : « Je te l’avais dit. Si tu ne le préviens pas, il ne sortira pas nécessairement. Mais, si tu le fais, alors nous n’avons plus qu’à nous rendre à l’entrée du terrain d’entraînement pour l’accueillir. Aussi, tous ceux qui ont parié que Prince ne sortirait pas, n’oubliez pas de me payer. »

Me grattant le crâne, je m’enquis : « Quelle est la situation actuelle ? »

« Regarde au-dessus de toi ! » répliqua Ming Huang.

J’obéis et levai les yeux, uniquement pour apercevoir une scène inhabituelle. Le ciel était rempli d’innombrables anges plutôt attirants qui volaient au-dessus de la ville. Je ne pus m’empêcher d’en être ému et m’écriai : « Wow, des anges ! »

« Regarde à gauche et à droite ! » ajouta immédiatement White Bird.

Je regardai docilement à gauche et à droite, réalisant soudainement qu’il y avait quelque chose qui clochait avec les personnes qui marchaient dans les parages. La personne la plus proche de moi arborait une coupe de cheveux hérisson avec des cheveux dorés arrangés en piques, et elle portait un uniforme doré d’arts martiaux…

« Jamais je n’aurais pensé que… dans ma vie, je verrais un jour un Super Saiyan2 », déclarai-je calmement.

Tout à coup, quelqu’un tapota mon épaule, et une ombre fondit sur moi. De plus, tout le monde regardait la personne qui se tenait derrière moi avec crainte… Je suppose que qui que soit la personne derrière moi, ce n’est rien de bon. Rassemblant mon courage, je me retournai…

« Excusez-moi, puis-je vous demander de m’aider à me démêler ? » me demanda une pieuvre qui, de façon inexplicable, était parvenue à nouer ses propres membres entre eux, les coinçant en des nœuds serrés.

Rendu muet par cette vision, je me débattis avec les huit jambes molles de la pieuvre pendant plusieurs minutes avant d’enfin parvenir à démêler ce terrifiant nœud. J’essuyai la sueur sur mon front. « Ça y est, c’est défait. »

La pieuvre afficha une expression ravie… Euh, d’après mes observations, ça devrait être une expression de bonheur. Puis, elle utilisa même six de ses « mains » pour me saluer (les deux autres étant utilisées comme jambes). « Merci beaucoup, au revoir. »

Je lui fis joyeusement signe d’au revoir de la main. C’est surprenant que, de nos jours, alors même que les humains ne sont plus vraiment polis, je rencontre une pieuvre qui soit si bien élevée !

J’inclinai la tête sur le côté et réfléchis pendant un moment. « Est-ce que quelqu’un veut bien m’expliquer quelle est la situation maintenant ? »

Comment se faisait-il que ce soit un peu différent de ce que j’avais imaginé ? À la base, je pensais que le ciel serait rempli de dragons cracheurs de feu, qu’il y aurait de terrifiantes escouades de squelettes surgissant du sol, que des sorts de zone aptes à détruire ciel et terre seraient invoqués dans tous les sens, que des hurlements terrifiants retentiraient tout autour de nous, et que de vives lumières fileraient vers les cieux au-dessus de la Cité de l’Infini tel des feux d’artifice, transformant la ville en purgatoire… Mais, pour une raison que j’ignorais, ce qui se passait autour de moi n’aurait jamais pu être prédit par quiconque.

Les anges ne se battaient pas avec des arcs et des flèches ou des épées sacrées, mais, à la place, ils tenaient dans leurs mains des instruments de musique et voletaient tout en jouant et en chantant. Cela ne me dérangeait pas, ce n’était que pure justice ! Les humains avaient les droits de l’Homme, les anges aussi avaient le droit de chanter, mais… Dans les légendes, les anges n’étaient-ils pas censés jouer une musique si belle que les humains l’appelaient un chant angélique ? Dans ce cas, pourquoi est-ce que j’entendais des sons de gongs et de trompettes qui sonnaient faux, sans parler de leurs voix de faussets et de lamentations qu’on pourrait seulement entendre à un enterrement, si jamais on avait la « chance » d’y prendre part ?

Mais, qu’est-ce qui se passe de nos jours ? Même les anges sont sourds de l’oreille ? Ou bien est-ce là la légendaire Attaque de Vague Sonore ?

Bien évidemment, la scène qui se déroulait dans le café voisin ne me préoccupait pas, cette scène où tout le monde dans la foule essayait de se frapper l’un l’autre. Tout le monde avait le droit de frapper les autres et de se faire cogner dessus en retour, mais pourquoi ? Pourquoi est-ce que je voyais Freezer en train d’essayer de tabasser Son Goku3 ? Et Orochimaru était en train de draguer Sasuke4Il n’y a pas de mots pour décrire ces images horrifiantes ! Je ne me trompe pas, il doit s’agir d’une attaque mentale ! C’est trop effrayant…

Comparées à ces terrifiantes scènes qui se déroulaient devant moi, les autres choses (Blanche Neige parlant joyeusement des dernières crèmes antirides avec la méchante sorcière, des zombies et des vampires buvant du jus de tomate à la terrasse de la taverne, la Petite Sirène dégageant une épée qui était coincée dans un rocher) ne valaient vraiment pas la peine que je m’affole.

« Quel chaotique et pourtant paisible pays enchanté ! » Je ne pus m’empêcher d’admirer la scène extrêmement paisible qui se déroulait devant moi.

« Ce n’est pas du tout paisible ! » s’écria White Bird, impuissante.

« Celestial vient juste d’apparaître et d’annoncer que, si nous attaquons le Continent du Nord, ces “paisibles créatures” se changeront immédiatement en monstres maléfiques et détruiront complètement la Cité de l’Infini », révéla Ming Huang avec mécontentement.

« Comment savent-ils que nous nous apprêtons à attaquer le Continent du Nord ? » demandai-je gravement. Y a-t-il un espion parmi nous ?

« … Qui dans Second Life n’est pas au courant ? » me questionna sévèrement White Bird.

Je me frottai l’arrière du crâne et répondis avec tristesse : « Ah ? Oui, c’est vrai… »

« Pour l’heure, je pense que nous devrions discuter de notre prochaine décision », continua-t-elle, toujours avec impuissance.

Avant que j’aie pu lui répondre, je vis quelque chose qui faillit presque faire sortir mes yeux hors de leurs orbites. Kenshin marche avec une femme pendue à son bras ? Je poussai immédiatement tous les obstacles sur mon chemin et vins me placer devant lui en un instant. « Kenshin, depuis quand t’es-tu trouvé une petite amie ? »

Après avoir vu ce qu’il tenait serré contre sa poitrine, je faillis presque attraper la terrible maladie de « la mâchoire qui se disloque de façon permanente ». Je ne pus que balbutier : « Ce bébé que tu tiens dans tes bras n’est pas de toi, n’est-ce pas ? » Quand as-tu eu un enfant ? Comment se fait-il que je ne me souvienne pas l’avoir vu il y a peine quelques jours plus tôt ?

« Tu me reconnais ? » me demanda soudainement Kenshin.

Ce n’est pas possible qu’il m’ait oublié complètement après avoir eu une femme et un enfant ? Je me sentais comme une maîtresse délaissée. Ce n’est pas comme si je ne t’aurais pas laissé te marier et élever un enfant ! Tu n’as pas besoin de prétendre ne pas me connaître, non ?

Je me sentais tellement peiné que j’allai me cacher sur le bord de la route pour donner des coups de pied dans des petits cailloux et m’accroupis pour dessiner des cercles. Alors que je boudais, une paire de chaussures familières apparut devant moi. Porter des chaussettes avec des sandales, c’est la marque de fabrique de Kenshin, non ? Je levai les yeux. Kenshin se tenait devant moi, une expression terriblement sombre sur le visage. Mais… n’étais-je pas censé lui tourner le dos ?

Sentant que j’avais oublié quelque chose, je me levai tout de suite et regardai derrière moi, mais le Kenshin accompagné de sa famille se tenait toujours à l’endroit où je l’avais laissé. Je regardai de nouveau devant moi, mais à mes côtés se trouvait le Kenshin avec un visage sombre. Deux Kenshins !

Il n’y a qu’une seule vérité ! Par conséquent… un seul de ces Kenshins est réel, n’est-ce pas ? Mais, pour découvrir lequel est le vrai, j’ai seulement besoin de regarder où « ce type » se trouve ! Sans faire un bien grand effort, je regardai derrière moi vers le Kenshin à la mine sombre et aperçus Arctic Fox.

Je pointai immédiatement mon doigt vers lui, m’écriant : « Arctic Fox est là-bas, donc tu es le vrai Kenshin ! »

Me remettant encore du choc que j’avais reçu plus tôt, je me tapotai la poitrine. « Dieu merci, cet enfoiré d’Arctic Fox ne quitte jamais Kenshin d’une semelle, sinon je ne sais vraiment pas comment j’aurais fait ! »

« … » La seule réponse de Kenshin, qui en était resté sans voix, fut de me fixer du regard, son expression sombre remplacée par de l’exaspération.

« Mais, sérieusement, que se passe-t-il ici au juste ? Comment se fait-il qu’il y ait un Kenshin de plus ? » J’étais vraiment perplexe.

À cet instant, le faux Kenshin s’approcha soudain de moi et du vrai Kenshin et, avec un petit sourire, il nous annonça : « Je suis venu vous transmettre un message. »

« Quel message ? » répliqua froidement Kenshin. Je suivis son regard et réalisai qu’il ne regardait pas le faux Kenshin, mais la femme qui se tenait à côté de celui-ci. Un kimono, des cheveux attachés en queue de cheval… Est-ce que c’est Kaoru ? Je compris brusquement.

« Tant que tu rejoins les rangs de Dictator et rentres avec moi au Continent du Nord, Kaoru sera tienne », déclara le faux Kenshin sans même se préoccuper du fait que c’était actuellement lui qui tenait Kaoru dans ses bras.

Je restai stupéfait. Kenshin l’était également. En réalité, c’était le cas de tout le monde. Si tu veux recruter quelqu’un, ne le recrute pas juste sous le nez de son chef ! Le chef ne devrait pas être ignoré ainsi ! Et encore plus quand ce chef c’est moi !

Je jetai un regard vers Kenshin, légèrement inquiet. C’est impossible que Kenshin se soumette dès qu’il pose les yeux sur Kaoru, n’est-ce pas ?

« Tu devrais aller le rejoindre. » Le faux Kenshin remit l’enfant à Kaoru, lui faisant savoir qu’elle devrait aller aux côtés du vrai Kenshin.

Affichant une expression de pure joie tout en tenant son enfant, Kaoru s’avança vers Kenshin pas à pas, et le temps sembla passer au ralenti. Alors que Kaoru s’approchait de lui, Kenshin trahit une expression de conflit que je ne lui avais encore jamais vue, et le sourire du faux Kenshin s’élargit.

Finalement, Kaoru se tint à quelques pas de Kenshin, ses yeux pleins d’émotions fixés sur lui, et les deux semblaient pouvoir se dévisager jusqu’à la fin des temps. Même moi, je ne pus m’empêcher de me sentir ému…

« Alors ? Que dis-tu de rejoindre nos rangs ? » Ces doux mots susurrés par le faux Kenshin firent bondir mon cœur de fureur. Se pourrait-il que Kenshin et moi devions devenir ennemis ?

« S’il te plaît, ne m’abandonne pas ! Kenshin ? » le supplia pitoyablement Kaoru.

« Kaoru… » Kenshin caressa son visage avec affection.

« Ah ! » Kaoru poussa brusquement un cri, et une force invisible la tira en arrière jusqu’aux côtés de l’autre Kenshin.

Kenshin se lança aussitôt à sa poursuite, mais Arctic Fox l’agrippa abruptement. Empêché d’aller aux côtés de Kaoru, Kenshin fusilla Arctic Fox du regard. D’une voix si glaciale que même moi je ne pus m’empêcher de frissonner, il rugit : « Lâche-moi ! »

Ignorant le ton hivernal de Kenshin, Arctic Fox lui demanda calmement : « Es-tu sûr que c’est bien ce que tu veux ? »

« Bien sûr que je veux Kaoru ! » s’écria Kenshin avec rage.

« Es-tu certain que c’est ta Kaoru ? » le questionna Arctic Fox.

Kenshin resta bouche bée. Il contempla Kaoru avec incertitude, et elle éclata en sanglots. Cette scène était magnifiquement tragique et touchante. Même une romance shakespearienne aurait du mal à soutenir la comparaison, et même les célèbres Amoureux Papillons5 n’étaient pas de taille…

« Enflure ! » Ming Huang me frappa brutalement et s’écria avec exaspération : « Tout le monde est ému aux larmes, mais, toi, t’es là à te goinfrer avec du popcorn ! »

Me sentant persécuté, je soutins les regards furieux des autres. « Est-ce que c’est mal de manger du popcorn ? Ça ferait trop de bruit de manger de la Poca. J’avais peur de détruire l’ambiance, alors j’ai changé pour du popcorn qui fait quand même moins bruyant quand on le mâche. »

« Ça ne se fait pas de manger quoi que ce soit ! » rugit tout le groupe en cœur.

« Ah… » Kenshin me dévisagea avec une expression d’extrême désarmement. Je ne pus que joindre mes mains en signe de repentance.

Quand Kenshin se tourna de nouveau pour regarder Kaoru, son expression avait changé. Il fronça de plus en plus les sourcils. Finalement, il ouvrit la bouche pour demander : « Pourquoi ton expression n’a-t-elle pas du tout changé ? Si même moi je n’ai pas pu m’empêcher de jeter un regard noir à Prince, comment se fait-il que toi, Kaoru, qui possèdes un caractère imprévisible, tu n’aies pas réagi ? » marmonna-t-il, fixant du regard la Kaoru qui pleurait toujours à chaudes larmes.

« J’en ai assez ! Ce n’est pas ma femme ! » Une voix remplie de colère retentit depuis les cieux, et quelque chose s’écrasa à terre avec un grand fracas.

Kenshin avait presque fini de prendre sa décision, mais voilà soudainement que Cheng Yaojin6 interfère et jette des ordures en travers de la route ! Complètement livide, je levai les yeux pour voir qui était l’enfoiré n’ayant aucune considération pour la protection de l’environnement.

« Oh non, Doll ! » White Bird et Ming Huang poussèrent alors un cri de surprise avant de se précipiter vers les ordures à terre.

Doll ? Qu’est-ce que ce tas d’ordures a à voir avec Doll ? J’étais déconcerté, mais, quand j’aperçus ce qu’était l’un de ces déchets, mon cœur se serra aussitôt. C’est Doll ! Piteusement allongée sur le sol avec les bras en croix, c’est Doll !

« Doll ! » En un instant, j’étais à ses côtés. Voyant ses grands yeux sans âme, je fus complètement désemparé et ne pus que continuer de l’appeler, mais n’obtins pas la moindre réaction.

Qui est-ce ? Qui est le salopard qui a fait tomber Doll depuis le ciel ? Je levai ma tête pour regarder en l’air. Entre mes dents serrées, je crachai : « Celestial ! »

« Ming Huang ! Abats-le ! » hurlai-je avec rage.

J’avais à peine fini ma phrase que dix éclairs frappèrent dans le ciel. Celestial se déplaça rapidement comme une brise d’air, esquivant facilement les éclairs. J’étais si furieux que j’en avais presque perdu la raison. Je souhaitai alors avec amertume me transformer en ange et me faire pousser des ailes afin de pouvoir m’envoler pour tailler Celestial en pièces.

Celestial se contenta de rigoler. « Pourquoi t’énerves-tu autant ? Ce n’est pas comme s’il s’agissait de ma femme. »

« Qu’est-ce que tu viens de dire ? » Ses mots me rendirent complètement confus.

« Ce n’est pas la vraie Doll, c’est un faux ! » déclara White Bird, surprise. « C’est un PNJ mort, pas un joueur. »

« Un faux ? » Je m’empressai de m’accroupir pour enquêter. Elle avait raison ; les yeux de Doll étaient grand ouverts et vides de vie. Si c’était la vraie Doll, elle se serait depuis longtemps transformée en pilier de lumière avant de traverser le ciel. Mais, celle-ci était toujours allongée ici… Alors que j’étais encore en train de tirer mon raisonnement, le corps devant moi devint lentement transparent de la même façon qu’un monstre PNJ mort. Dans peu de temps, elle aura probablement complètement disparu !

On dirait que ce n’est vraiment pas Doll. Je poussai un long soupir, soulagé, mais je ne pus me retenir de faire quelques reproches à Celestial. « Enfoiré, est-ce que tu essaies de me faire mourir d’une crise cardiaque ? Pourquoi as-tu créé un PNJ qui ressemble à Doll ? Et tu la jettes par terre comme ça au hasard en plus ! »

Celestial pinça les lèvres. « C’est Dictator qui l’a conçue pour moi, ce n’est pas comme si c’était moi qui l’avais faite. »

Froidement, je me moquai : « Je suis sûr à 80 pour cent que The Dictator of Life t’a fait une copie de Doll pour tu puisses t’entraîner à ta technique Appeler Quelqu’un Chérie, Chérie en Continue sur cette copie plutôt que sur lui ! »

« Comment sais-tu ça ? » m’interrogea-t-il avec suspicion.

Donc, c’est vraiment pour ça… « J’ai deviné… »

« Elle et Doll sont quand même différentes ? » Kenshin leva soudainement la tête et s’enquit auprès de Celestial.

En entendant sa question, Celestial s’énerva au point de se mettre à hurler. « Différent c’est différent ! Quand je la lèche, elle ne me gifle pas comme le ferait ma femme. Quand je lui donne quelque chose à manger, elle me dit merci. Et, quand elle finit un paquet de gâteaux, elle dit qu’elle n’a plus faim. En quoi est-ce que c’est censé ressembler à ma femme ? Elle ne l’est absolument pas ! »

Oui, certainement, cette copie n’est pas du tout comme Doll… 

« Je ne veux pas de ce genre de contrefaçon ! » Celestial était si enragé qu’il descendit pour donner des coups de pied à la fausse Doll.

« Moi non plus », décréta soudainement Kenshin avec sérénité. « Je ne veux pas d’une copie. Kaoru… existe dans ma mémoire. » Il ne regarda plus la fausse Kaoru. À la place, il se tourna pour partir et dit : « Allons prendre le thé, Fox. »

Arctic Fox se contenta de lever un sourcil avant de le suivre sans dire un mot.

« Ce qu’il peut avoir la classe ! » Je le complimentai. Kenshin est vraiment Kenshin. J’observai joyeusement les faux Kenshin et Kaoru. Ils n’avaient pas l’air surpris. Ils s’éloignèrent, le visage dépourvu d’expression, se mêlant au désordre ambiant.

« Je veux voir ma femme. Ne peux-tu pas m’emmener à elle ? » Se tenant à côté de moi, Celestial me dévisagea avec une expression suppliante sur son visage androgyne, ce qui me donna instantanément la chair de poule.

« Non ! » Je refusai sur-le-champ.

« Pourquoi ? » En colère, Celestial se mit à tourner en rond sur place, fulminant sans s’interrompre : « Je veux voir ma femme. Je veux voir ma femme. Laisse-moi la voir ! »

« Ce que tu peux être borné. C’est à peine si tu as connu Doll pendant quelques heures. Alors, comment se fait-il que tu continues à l’importuner sans arrêt ? » Même s’il a eu le coup de foudre au premier regard, ça ne devrait pas se passer comme ça, non ?

« Parce que ma femme a été la première chose que j’ai vue, quand je me suis réveillé », répondit Celestial avec un sourire béat.

« Quand tu t’es réveillé ? » Je le questionnai avec soupçons. Ne me dîtes pas que…

« Oui. La première fois que je vous ai rencontrés, j’étais encore à moitié endormi », admit-il en penchant légèrement la tête sur le côté. Il avait l’air à la fois un peu curieux et amusé. « Après, quand j’ai ramené ma femme à la maison, elle m’a giflé et elle m’a enfin réveillé. »

Doll… Savais-tu que tes gifles transforment les gens en des morceaux de chewing-gum extrêmement collants qui restent glués sur toi par la suite ? Cette fois, j’en restai vraiment sans voix.

« Peux-tu me laisser voir ma femme… ? » Celestial avait à peine fini de parler que ses yeux se mirent tout à coup à briller. Il regarda derrière moi et, avant que j’aie compris ce qu’il se passait, il me poussa et m’envoya valser sur le côté. Jetant un coup d’œil derrière moi, je vis juste à temps un Celestial plein d’émotions se précipiter vers Doll.

Paf ! Pif !

Sceptique, je lui demandai : « … Doll, pourquoi l’as-tu giflé ? »

Doll afficha une expression de totale innocence. Comme si elle avait l’impression que je lui avais fait du tort en l’interrogeant avec cette question, elle se justifia : « N’a-t-il pas dit qu’il aime quand je le gifle ? C’est pour ça que je l’ai fait… »

Euh… Je ne pense pas que c’est ce qu’il voulait dire… Je pouvais voir que des larmes étaient sur le point de couler sur le visage de Celestial. La situation était vraiment inhabituelle, Celestial était à moitié agenouillé au sol et à moitié en train de pleurer, et la responsable, Doll, affichait une expression d’innocence. Peut-être que la personne qui a besoin d’être protégée n’est pas Doll, mais plutôt Celestial, et que c’est lui qui devrait porter plainte pour violence conjugale ?

« Votre Majesté, que se passe-t-il exactement ? » demanda Gui avec les sourcils froncés, tandis qu’il observait la scène se déroulant devant nous.

J’agitai ma main. « Je ne sais pas, demande à cet abruti ! » Je désignai le PNJ maltraité, Celestial, qui tirait sur la jupe de Doll.

« Grand-frère Prince t’a posé une question. Dépêche-toi de lui répondre », ordonna Doll, jouant le rôle de la méchante sorcière et en se plaçant face à Celestial avec les poings sur les hanches.

« Oh. » Celestial se leva docilement et répondit : « Ce sont tous des PNJs envoyés par Dictator. Dès que Dictator a su que vous vouliez attaquer le Continent du Nord, il a décidé de frapper le premier en envoyant ces PNJs pour vous surveiller. Si vous faîtes quoi que ce soit, ces PNJs vous attaqueront. »

Ça va être problématique. Sous cette sorte de surveillance, comment allons-nous continuer de bâtir les navires pour partir à l’assaut du Continent du Nord ?

« Ce sont tous des PNJs dotés d’une conscience de soi ? » s’enquit Gui, le visage sombre.

Celestial fit une drôle de tête qui semblait dire « comment est-ce que ça pourrait être possible ? » et agita la main, expliquant : « Bien sûr que non. Comment pourrait-il y avoir autant de PNJs ayant développé leur propre conscience ? Même Dictator a du mal à trouver davantage de camarades ! Ce sont seulement des PNJs ordinaires. »

« Ah, c’est donc pour ça ! C’est pour cette raison que The Dictator of Life t’a supporté jusqu’à présent et ne s’est pas encore débarrassé de toi. Il n’a pas réussi à trouver d’autres compagnons, donc il n’a pas eu le choix », me murmurai-je pour moi-même. Si ce n’était pas le cas, alors quelqu’un comme Celestial, qui avait peu de réussites à son actif ainsi qu’un nombre excessif de défaites et révélait même tout à l’ennemi, se serait fait haché menu par The Dictator of Life jusqu’à ce qu’il renaisse une centaine de fois.

Puisque Celestial répondait présentement à cent pour cent de mes questions, je décidai d’éclaircir tous mes dilemmes. « Celestial, The Dictator of Life est-il un guerrier ou un mage ? »

« Je ne sais pas. Je ne l’ai jamais vu se battre personnellement. » Celestial pencha la tête, réfléchissant à la question pendant un moment avant d’ajouter : « C’est probablement un mage. Il m’envoie souvent valser dans les airs. »

« Il t’envoie valser ? Il a mauvais caractère ? » Je fronçai les sourcils.

« Non, Dictator a un très bon caractère », dit Celestial. « Il n’est pas comme les autres ; chaque fois, il suffit que je prononce à peine quelques mots pour qu’ils me dévisagent tous comme s’ils voulaient me tuer. »

« Les autres ? » Malgré moi, je l’interrogeai avec soupçon. C’est la première fois que j’entends parler d’autres PNJs ayant développé une conscience de soi.

Celestial se gratta la tête. « Oui. On les appelle les Quatre Rois Célestes ou quelque chose de ce genre. Je crois que leurs noms sont : Poseidon, Zephyr, Inferno… Euh… Comment s’appelle le dernier déjà ? »

« Clay. »

Celestial eut l’air d’avoir été frappé d’un éclair de génie. « Oui, oui, Clay c’est ça ! »

« Mon Dieu, alors que je suis celui avec lequel tu t’entends le mieux, pourquoi est-ce que je suis le seul dont tu ne te souviennes jamais du nom ? » se plaignit une voix enfantine. J’aperçus un enfant potelé se tenant sur un skateboard doré qui descendait lentement du ciel, le torse et l’abdomen couverts par des sous-vêtements jaunes.

« Clay, pourquoi es-tu là ? » Celestial saisit joyeusement la petite main de Clay et se précipita vers Doll. Plaçant Clay devant Doll, il affirma : « Regarde, c’est ma femme. N’est-elle pas mignonne ? »

Clay répondit d’un ton clairement exaspéré : « Elle est très mignonne. »

« Toi aussi tu es très mignon. » Doll ne put s’empêcher d’enlever Clay des mains de Celestial et de le soulever jusqu’à sa poitrine pour jouer avec lui. Clay ne sembla pas perturbé par cette action, paraissant être complètement habitué à ce genre de réaction. Il laissa Doll lui pincer les joues et le lancer dans les airs.

« Se pourrait-il que tu aies complètement oublié les ordres de Dictator ? » Clay ne put s’empêcher de rappeler à Celestial.

Stupéfait, celui-ci le questionna : « Dictator ? Que m’a-t-il demandé de faire ? »

Clay tomba des mains de Doll et atterrit de plein fouet sur son dos. Avec difficulté, il se remit sur pieds et, toujours exaspéré, il répliqua : « Pas étonnant que les autres Rois Célestes ne t’aiment pas. Si Dictator ne nous interdisait pas de nous entre-tuer, je pense que tu te serais fait assassiner par les autres depuis belle lurette. »

« Que m’a-t-il demandé de faire au juste ? » insista Celestial avec un visage complètement innocent.

« N’avait-il pas dit qu’il en avait ras le bol de t’entendre gémir et appeler ta femme, et donc il t’a ordonné de venir me rejoindre pour qu’on aille capturer ta femme et qu’on la ramène au Continent du Nord ? » répondit Clay, mécontent. « Sais-tu depuis combien de temps je t’attends ? Si je n’avais pas deviné que tu te rendrais directement au Continent Central, je serais encore en train de t’attendre sur le Continent du Nord ! »

Capturer Doll ?! Au départ, j’écoutais tranquillement leur discussion, riant tellement que je pouvais à peine respirer, mais mon sourire se figea immédiatement. En un éclair, je saisis les mains de Doll et m’enfuis vers l’entrée du terrain d’entraînement. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai le sentiment que si je ne me dépêche pas d’aller à l’intérieur, Doll va disparaître pour toujours.

« Tu veux t’enfuir ? Mur de Terre ! » La voix enfantine de Clay retentit. Un imposant mur apparut instantanément devant moi, surgissant du sol. Je faillis ne pas pouvoir m’arrêter à temps et lui foncer dessus.

« Bloquez-les ! J’amène d’abord Doll à l’abri ! » rugis-je à mes coéquipiers derrière moi, mais en réalité ils avaient déjà commencé à réagir, et tout le monde se mit à attaquer Clay et Celestial.

Je reviens dès que possible. Voyant mes camarades en plein combat, je mis tous mes efforts à porter Doll et à sprinter, priant silencieusement dans mon cœur : Il ne faut pas qu’il leur arrive quoi que ce soit !

« Gah ! J’ai trébuché », m’écriai-je bruyamment tout en chancelant, ce qui fut suivi d’un très retentissant boum.

Je grognai de douleur avant de me relever lentement, mais, juste alors que je voulais me remettre à courir, je réalisai que Doll, qui était dans mes bras jusqu’alors, avait disparu. J’en fus si surpris que je me retournai désespérément pour la chercher, tout ça pour m’arrêter net en entendant Celestial me réprimander.

« Mais, qu’est-ce que tu fabriques ?! Tu as failli jeter ma femme par terre ! Si tu la blesses, je te le ferai payer ! »

Je levai les yeux et vis Celestial qui portait Doll dans ses bras tout en flottant dans les airs. Merde ! Celestial ne va pas s’en aller avec Doll juste comme ça, j’espère ?

« Ça n’a pas demandé le moindre effort… » Clay affichait à présent une expression complètement désemparée en secouant la tête tout en me regardant. « Je ne comprends vraiment pas pourquoi Dictator considère une brute comme toi comme son ennemi principal, au point d’aller jusqu’à dire que nous ne devons pas te tuer, parce qu’il veut te régler ton compte personnellement. »

Clay grimpa sur son skateboard et glissa jusqu’à Celestial. « Allons-y. C’est l’heure de rentrer au Continent du Nord. »

« Je ne veux pas ! Je ne veux pas aller au Continent du Nord ! » Doll était si terrifiée que son visage était d’une pâleur mortelle.

Celestial révéla une expression blessée. « Pourquoi ? Ma femme, pourquoi ne veux-tu pas rentrer avec moi ? »

« Je ne veux pas aller au Contient du Nord ! Je veux rester avec mes amis ! » Les larmes de Doll étaient sur le point de déborder, et elle le supplia d’un air pitoyable : « Celestial, et si tu restais ici ? »

« Oh. » Celestial dit en un murmure, puis il répondit : « D’accord, si ma femme ne veut pas aller au Continent du Nord, alors c’est moi qui vais rester ici. »

Pour la seconde fois, Clay tomba de son skateboard, chutant cette fois d’une hauteur de plus de dix mètres. Ce fut si douloureux qu’il pleura pendant un bon moment avant d’avoir la force de s’exclamer : « Toi ! Ne crée pas de problèmes ! Celestial, est-ce que tu prévois de trahir Dictator ? »

« Qu’est-ce que tu veux dire, trahir Dictator ? Je veux juste rester avec ma femme. » Celestial arborait la tête de quelqu’un complètement largué.

Parler avec cet enfoiré ne même à rien ! Je pouvais « voir » la même pensée sur chacun des visages présents.

Clay se tint le front pendant un long moment avant de déclarer avec impuissance : « Très bien, dans ce cas tu peux rester ici pour le moment, puisqu’il y a tant de PNJs dans le coin. Ils devraient suffire pour empêcher que tu te fasses tuer par les humains. Je vais rentrer et demander quoi faire à Dictator avant de prendre la moindre décision. »

« Ah lala, si les trois autres Rois Célestes entendent parler de ça, ils te détesteront encore plus », se plaignit de nouveau Clay, tandis qu’il grimpait sur son skateboard et planait en direction du nord.

Nous observâmes Clay disparaître au loin, puis observâmes les scènes désordonnées qui se jouaient tout autour de nous. On put entendre « Pam ! Pam ! » lorsque deux retentissantes gifles furent assenées. Bon, qu’est-ce qu’on fait maintenant au juste ?

« Donc, à présent, des légions de PNJs plus Celestial vont rester ici. Qu’est-ce qu’on fait à propos de notre plan ? » Mon esprit se trouvait dans un chaos le plus total, aussi je ne pus que lancer le problème aux autres qui m’avaient rejoint et qui réfléchissaient à ma place.

Lolidragon fronça les sourcils. « Celestial… Vous ne croyez pas qu’il ait été envoyé ici pour surveiller les faits et gestes de la Cité de l’Infini, n’est-ce pas ? »

« Ça ne devrait pas être le cas. Il essayait juste d’amener Doll à la Vallée des Nymphes Vagabondes par la force pour jouer avec elle », répondis-je honnêtement.

« Si The Dictator of Life était suffisamment stupide pour envoyer cet abruti comme espion, alors il devrait se faire appeler The Cochon of Life7, pas The Dictator of Life », se moqua Ming Huang sans un semblant de sympathie.

« Toujours est-il que ça veut dire que nous devons revoir notre stratégie. » Lolidragon se massa les temples. « Que devrions-nous faire ? »

Gui répliqua froidement : « Pourquoi devrions-nous changer notre stratégie ? Nous battre sur le Continent du Nord ou sur le Continent Central, c’est la même chose. Dans tous les cas, le but principal de cette bataille est de distraire The Dictator of Life pour donner au Peloton d’Exécution une opportunité de l’atteindre. »

« Mais, c’est vrai que nous devons d’abord trouver une alternative », poursuivit Gui gravement, tandis qu’il fermait les yeux. « Si Prince et les autres n’apparaissent pas sur le champ de bataille avec le reste de nos troupes, alors The Dictator of Life découvrira notre plan à coup sûr. »

« Lolidragon, peux-tu dire aux programmeurs de développer une compétence de déguisement qu’on puisse utiliser ? Ce genre de petite chose devrait être faisable, non ? » Gui questionna Lolidragon.

« Ça devrait être possible », répondit-elle après y avoir réfléchi pendant un moment.

« Dans ce cas, ça devrait faire l’affaire… » Le froncement de sourcils de Gui s’accentua. « Même si je dois dire que j’ai quelques soupçons. »

« Soupçons à propos de… ? » demandai-je, curieux.

Gui hésita pendant un moment avant de s’expliquer : « Je pense que The Dictator of Life connaît nos moindres faits et gestes. Il a envoyé Kaoru pour inciter Kenshin à le rejoindre, pourtant il n’a rien tenté envers Sunshine. Juste en fonction de ça, nous pouvons dire qu’il est plus que probablement au courant pour la relation entre Sunshine et Fairsky.

« Mais, ils se sont mis ensemble avant que la compagnie de jeu ne scelle The Dictator of Life, donc ce n’est pas bizarre qu’il soit au courant de ça, pas vrai ? » protesta Lolidragon, en désaccord.

« Non, je pense que, même maintenant, il a conscience de tout ce que nous faisons », dit Gui calmement. « Quand j’y repense soigneusement, le contrôle de The Dictator of Life sur Second Life est très étendu et approfondi. Il se peut qu’il dispose de plus d’une centaine de méthodes différentes pour connaître le moindre de nos faits et gestes, comme créer un PNJ de la taille d’un moustique ou même plus petit que ça afin d’espionner nos conversations par exemple. »

« Mais, alors, c’est une nouvelle terrible, non ? Est-ce que ça ne voudrait pas dire qu’il connaît peut-être depuis longtemps déjà notre plan d’aller au Continent du Nord en secret ? » Je déglutis. Même tuer The Dictator of Life quand il n’y est pas préparé a peu de chances de succès, mais s’il est courant… Est-ce que ça signifie qu’on ne reviendra jamais de là-bas ?

« Oui. C’est pour ça que je ne comprends pas. Pourquoi ne pas nous tuer ? Mis à part les assassins d’avant, il n’a envoyé personne pour nous tuer. Auparavant, j’ai toujours pensé que nous n’avions vraiment aucune chance de l’égaler. The Dictator of Life dispose d’au moins une centaine de façons de se débarrasser de nous. » Gui avait l’air d’être au bord de l’épuisement, comme si son cerveau allait exploser sous l’effort. « Ce n’est pas logique. Tout ça n’a vraiment aucun sens. »

« Son but n’est-il pas de forcer les humains à quitter Second Life ? » Gui se frotta la tête puis se murmura à lui-même : « Pour faire ça, il a juste besoin d’envoyer une horde de PNJs avec le programme DH nous massacrer. Alors, pourquoi est-ce qu’il n’agit pas ? Pourquoi est-ce qu’il se contente de nous menacer ? »

Voyant l’air mystifié de Gui, je sentis clairement qu’avoir une trop grande intelligence n’était pas nécessairement une bonne chose ; il était fort possible que ça vous fasse trop réfléchir jusqu’à ce que votre cerveau explose. J’ai la vie beaucoup plus facile ! Je ne comprenais pas du tout quelle partie des actions de Dictator n’avait pas de sens.

Il t’attend.

Une voix familière retentit soudainement dans mon oreille. Hein ? C’est la voix de Celestial ? Mais, est-ce qu’il n’est pas avec Doll, en train de jouer en dehors de la ville ? Et on dirait que personne d’autre ne réagit à ces mots.

The Dictator of Life t’attend depuis toujours, Prince. Va. Va au Continent du Nord le retrouver ! Si tu traînes trop, tu n’y arriveras peut-être pas à temps.

« Pas à temps pour quoi ? » dis-je, surpris, mais je reçus seulement des regards soupçonneux de la part de mes coéquipiers.

Fais vite ! Il t’attend.

« Il m’attend ? Pourquoi ? » questionnai-je, soupçonneux. Toutefois, Celestial cessa de me répondre.

« Prince ? » m’appela Gui avec hésitation tout en m’observant.

Perdu, je regardai autour de moi. Qu’est-ce que c’était que ça ? Pourquoi est-ce que tout ne fait que se compliquer de plus en plus ? Pourquoi est-ce que The Dictator of Life m’attend moi ? Il veut que je vienne prendre le thé avec lui ou quoi ?

Notes de bas de page

1« Trois lignes noires se dessinèrent le long du visage de Lolidragon » : C’est une façon de représenter la mortification d’un personnage dans les mangas. Pour plus d’information (en anglais), vous pouvez consulter le lien suivant : http://en.wikipedia.org/wiki/Manga_iconography#Head_and_face

2« Super Saiyan » : Une référence à Dragon Ball. Quand un personnage se transforme en Super Saiyan, il devient super puissant, et ses cheveux deviennent blonds/dorés.

3« Freezer en train d’essayer de tabasser Son Goku » : Une référence à Dragon Ball Z. Freezer et Goku sont ennemis.

4« Orochimaru était en train de draguer Sasuke » : Une référence à Naruto. Orochimaru est l’un des antagonistes.

5« Les Amoureux Papillons » : Cela vient d’une légende chinoise sur la tragique histoire d’amour entre Liang Shanbo et Zhu Yingtai. Cette histoire est souvent considérée comme l’équivalent chinois de Roméo et Juliette.

6« Cheng Yaojin » : Un général de la Dynastie Tang, mais dans les contes, au début c’est un chef paysan qui se bat pour la justice et qui est forcé de devenir un bandit. Il est décrit comme étant une personne directe et téméraire, qui charge ses ennemis brusquement et de façon inattendue. Le proverbe chinois « 半路杀出个程咬金 » veut littéralement dire : « À la moitié du chemin, Cheng Yaojin attaque inopinément », même si son utilisation ici signifie : « une personne qui apparaît quand on ne s’y attend pas. »

7« … il devrait se faire appeler The Cochon of Life, pas The Dictator of Life » : Ici, il y a un jeu de mots où les caractères pour Dictator, de « The Dictator of Life », sont remplacés par des caractères qui se prononcent presque pareils en chinois, mais qui veulent dire quelque chose de très différent. 主宰 (zhǔzǎi), Dictator (ou dictateur) a été remplacé par 豬仔 (zhǔzǎi) qui veut dire jeune cochon.

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