1/2 Prince T6C7 : La veille du départ

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 6 : La Grande révolte des PNJs

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 7: The Day Before Setting Off – traduit du chinois vers l’anglais par Akakuroi[PR!]
Chapitre 7 : La veille du départ
– traduit de l’anglais au français par Nocta
+ travail de vérification par AkaiiRia

« Tu as vraiment décidé de partir demain ? » me demanda Nan Gong Zui à plusieurs reprises avec incrédulité.

« Oui ! » lui répondis-je patiemment une fois de plus. J’avais conscience que partir demain pouvait paraître un peu soudain, mais j’avais le sentiment que, le plus tôt nous atteindrions le Continent du Nord, le mieux ce serait. Ce ne sont pas les paroles de Celestial qui m’avaient fait ressentir ça, mais un autre étrange présentiment, comme si… quelque chose sur le Continent du Nord m’appelait. J’avais même l’impression que partir demain serait déjà trop tard.

« Sur la limite des vingt-et-un jours, il nous reste encore amplement de temps. Pourquoi es-tu si pressé ? Ça ne te ferait pas de mal d’attendre jusqu’à ce que nous ayons établi un meilleur plan… » dit Lolidragon avec hésitation.

« Je dois y aller. Il y a quelque chose là-bas qui m’appelle », avouai-je tout en regardant au loin en direction du Continent du Nord, même si je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait là-bas. The Dictator of Life ? Non, c’était impossible ; pourquoi est-ce qu’il m’attendrait ? Pour que je vienne lui trancher la tête en deux ?

« Quelque chose t’appelle ? » Une expression étrange apparut sur le visage de toutes les personnes autour de moi. C’était compréhensible ; nous n’étions pas dans un roman de fantasy, comment quelque chose pourrait-il m’appeler comme ça ? Même moi je me demandais si ce n’était pas tout simplement le stress accumulé qui me donnait des hallucinations auditives.

« Je te crois, Prince », s’exclama subitement Lolidragon avec excitation.

« Vraiment ? » Comme c’était touchant, et dire que je pensais qu’elle serait la première à clamer que j’avais perdu la tête.

« Oui, tout à l’heure, lorsque tu regardais vers le Continent du Nord, tu étais tourné vers la bonne direction ! C’est absolument incroyable, donc il doit vraiment y avoir quelque chose qui te guide », expliqua-t-elle avec enthousiasme, les poings serrés.

Euh…

« Et donc, qui veut venir avec moi demain ? Je ne force personne à venir. Ce n’est pas grave si vous décidez de ne me suivre que lorsque tous les préparatifs seront terminés », m’enquis-je en regardant tout le monde.

Ils gardèrent le silence. Vous êtes sérieux ? Il n’y en a même pas un seul qui veuille venir avec moi ? Dans ce cas, je vais vraiment devoir reconsidérer la date de mon départ.

« Odd Squad agira toujours ensemble ! » décréta grand-frère Wolf après un moment, et belle-sœur Yu Lian m’adressa un sourire encourageant.

D’un ton peu amical, Lolidragon déclara : « Si tu me laisses mourir pour aucune raison, je jure que je te pourchasserai jusque chez toi dans le monde réel pour te faire la peau. »

Jusque chez moi dans le monde réel ? Donc, en fait, tu voudrais venir vérifier si mon frère est beau dans la vraie vie tout en rendant visite à mes parents, tes futurs beaux-parents, par la même occasion ?

« Peu importe où se rend Son Altesse, Gui s’y rendra aussi », annonça-t-il en faisant une révérence aussi élaborée que d’habitude.

Doll bondit sur moi en gloussant, sans aucune hésitation sur le visage, et elle affirma : « Je veux venir avec toi Prince. »

« Je viens aussi », dit Heartless Wind à la légère, m’appelant simultanément « stupide sœur » par message privé.

« Je te suis, c’est sûr, car sans toi je ne serais même pas ici dans Second Life. » Quant à celui qui poussa cette réplique, il s’agissait bien sûr de Wicked, le grand-frère Zhuo qui se préoccupait toujours de moi.

« Nous sommes amis, donc, bien évidemment, je viens avec toi. » Comme toujours, Nan Gong Zui alla droit au but sans ajouter aucune fioriture.

« Allons-y, allons-y ! Nous voulons tous les deux voir à quel point The Dictator of Life est beau ! » Neurotic et DanDan rirent joyeusement.

Quant à Winter Triumph, il ne put que secouer la tête avec impuissance tout en déclarant : « Même s’il n’y a pas d’argent à tirer de ce voyage et que je vais peut-être même en perdre, puisque la princesse y prend part, il serait inacceptable que je reste ici plutôt que de la protéger. »

« Lolidragon, tu y vas ? Dans ce cas, je viens aussi. » Tout le monde détourna le regard juste à temps pour éviter l’attaque des yeux scintillants d’Undying Man.

« Fairsky et moi venons également. Nous allons nous battre pour nous-même ! » décréta Sunshine en serrant Fairsky dans ses bras. Je pouvais voir la lueur de détermination qui brillait dans ses yeux, l’opposé total de la naïveté et de la fainéantise que j’y avais vues à notre première rencontre… Cependant, le Sunshine de maintenant n’en était que plus attirant.

« … »

Comme c’était étrange. Kenshin ne disait rien, pourtant il suffisait de le regarder et un « … » apparaissait automatiquement au-dessus de nos têtes. J’imagine que ce « … » était probablement notre accord tacite.

« Je viens. Ça me va, tant qu’il y a des batailles à mener », accepta l’autre « bloc de glace », Arctic Fox. Ses yeux brûlaient de passion et de désir pour les combats, définitivement pas pour moi.

J’étais plein de gratitude. Je n’aurais jamais pensé que tout le monde accepterait de venir avec moi. De tout mon cœur, je m’exclamai : « Merci, vraiment, merci tout le monde. »

« On n’a rien fait qui vaille la peine que tu nous remercies. Nous sommes tous amis », dit Neurotic tout en attrapant fermement ma tête avant d’ébouriffer et de décoiffer mes cheveux avec vigueur. Je me mis à rire, m’enfuis, et placardai une bise sur la joue de DanDan en guise de revanche.

« Ah ! Espèce de vaurien, ne sais-tu donc pas qu’on ne doit jamais embêter la femme de son ami ? » Neurotic se précipita vers moi et me repoussa.

J’éclatai de rire, mon cœur rempli de gratitude. Peu importe que ce soit Dieu, Bouddha ou Allah, qui que ce soit, merci de m’avoir laissé me faire de si merveilleux amis !

Tout le monde continua de traîner et de faire les idiots tous ensembles pendant un moment avant de partir les uns après les autres, jusqu’à ce que les seuls restants ne fussent plus que la fille du président de l’entreprise, qui n’avait rien de mieux à faire, et moi, une étudiante d’université fainéante qui n’avait pas de cours le matin. Après une minute, Lolidragon me questionna avec inquiétude : « Est-ce que tu crois que Celestial te tend un piège en insistant pour que tu partes le plus tôt possible ? »

« Je n’en suis pas sûr. » J’haussai les épaules. « Dans tous les cas, la seule solution à présent est de nous battre pour nous frayer un chemin jusqu’au Continent du Nord puis de vaincre The Dictator of Life. C’est un fait que même Gui ne peut pas nier. Et n’a-t-il pas dit que tous nos moindres faits et gestes sont déjà connus de The Dictator of Life ? Donc, ça ne fera pas une grande différence qu’on y aille maintenant ou plus tard », déclarai-je avec indifférence. J’étais également assez perturbé par ce que Celestial m’avait dit l’autre jour. J’avais le sentiment que je le regretterais si je n’écoutais pas Celestial et n’y allais pas immédiatement.

Après un moment de silence, Lolidragon me demanda enfin : « Prince, est-ce que tu insistes toujours pour que le Destructeur de PNJ soit installé sur ton compte ? »

« Oui. » J’acquiesçai avec détermination, n’ayant jamais regretté ce choix ne serait-ce qu’une seule fois.

« Très bien, parce que tu es le seul qui puisse… Si tu es celui qui résout ça, dans ce cas j’imagine que ça ira », dit Lolidragion avec une légère pointe de tristesse.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » J’étais vraiment sous le choc. Lolidragon est en fait capable d’émettre cette aura qu’on appelle le chagrin ? Comme c’est surprenant ; d’habitude, en dehors de son aura de perverse, le seul autre aura que Lolidragon posséde est celui de son intention meurtrière.

Se sentant un peu gênée, Lolidragon expliqua : « J’imagine que je peux te le dire à toi. C’est moi qui ai décidé de l’apparence physique de The Dictator of Life, et il a été modelé d’après une vraie personne. »

Ohohoh, modelé d’après une vraie personne ? Tu es sérieuse ? Il y a quelqu’un d’aussi beau gosse dans la vraie vie ? Je déglutis. « Et, donc, où se trouve cette personne ? Amène-le avec toi et laisse-moi voir à quoi il ressemble un jour ? » lui suggérai-je.

« Il s’est échappé. » Le visage de Lolidragon s’assombrit.

« Echappé ? » Est-ce que j’ai bien entendu ? The Dictator of Life a été créé d’après le visage d’un criminel en fuite ? Ça a dû aider à accroître la connaissance du public quant aux Avis de Recherches…

« Ouaip. En fait, cette personne est une figure clé dans l’Entreprise Second Life. Ce ne serait pas une exagération de dire qu’il est le père de Second Life. » Lolidragon semblait expliquer cela d’une façon décontractée. Cependant, je pouvais clairement voir qu’elle était un peu tendue, et qu’il y avait une lueur soit d’amour, soit de haine dans ses yeux. Mais, peut-être aussi que les deux sentiments s’y trouvaient.

« Son nom est Long Dian. C’est un excellent programmeur. Non, peut-être que je devrais présenter les choses comme ceci : dans le domaine de la programmation, si jamais il dit qu’il est le deuxième meilleur programmeur au monde, alors personne n’oserait clamer être le numéro un. Il a créé Second Life à lui tout seul, devenant le bras droit dont mon père était le plus fier. Dans l’entreprise de mon père, il pouvait obtenir qui il désirait ou faire ce qu’il voulait. »

« Dans ce cas, pourquoi s’est-il échappé ? » Pourquoi est-ce que quelqu’un comme ça aurait besoin de s’enfuir ? Ne me dîtes pas qu’il a fait ça pour échapper aux griffes de Lolidragon ?

« C’est parce que, en secret, il utilisait Second Life pour mener des expériences illégales. » Le visage de Lolidragon devint très austère, tandis qu’elle poursuivait : « Il a utilisé le nom de l’entreprise ainsi que nos fonds pour recruter des sujets tests et mener des expériences humaines illégales. »

« Utiliser Second Life pour mener des expériences illégales ? Second Life est juste un jeu, quel genre d’expériences aurait-il bien pu mener ici ? » J’étais un peu confus. Tout au plus, on pourrait mener une enquête ou un test d’essai, non ? Est-ce qu’il avait vraiment besoin de s’enfuir juste à cause de ça ?

Après avoir gardé le silence pendant un long, très long moment, Lolidragon admit finalement : « Je n’ai aucune idée de pourquoi je te dis ça… Peut-être que c’est à cause de ma culpabilité, du remord que je ressens envers ces personnes. Il leur a d’abord fait jouer au jeu, prenant temporairement le rôle des personnages PNJs. Puis, il a coupé leurs ondes cérébrales, les enfermant dans le jeu, et il a tué leurs corps physiques. »

Des meurtres ? Mes yeux s’écarquillèrent. « Pourquoi est-ce qu’il a fait ça ? »

« Il voulait voir si un humain pouvait vraiment vivre dans le jeu, obtenant ainsi une vie éternelle », répondit-elle froidement.

Je poussai un cri de surprise. Pourquoi est-ce que je me retrouve toujours dans ce genre de situations qui ne se produisent que dans des films de science-fiction ? Immédiatement, je l’interrogeai : « Et qu’est-il arrivé à ces gens ? Est-ce qu’ils vivent encore dans le jeu ? »

Avec un léger sentiment de regret et de rancœur, Lolidragon soupira et répondit : « Nous avons d’abord pensé qu’il serait impossible que l’expérience réussisse puisque, après la mort de ces personnes, les PNJs sont retournés à leur état d’origine, sans aucun signe d’humanité en eux. Même ainsi, nous n’avons pas osé les effacer. Qui aurait cru que les problèmes apparaîtraient après autant de temps… »

J’eus l’impression que quelque chose se cassa net dans mon esprit. Ne me dîtes pas que… « Kenshin et Sunshine ? » demandai-je doucement.

Lolidragon hocha la tête avec lassitude. « Oui, tous les deux. »

« Oh mon Dieu ! » Je m’exclamai. C’est donc ça la vérité ! Kenshin et Sunshine étaient tous les deux des humains à l’origine. Ce sont des humains qui vivent à l’intérieur d’un jeu !

Se pourrait-il que The Dictator of Life, qui a été fait en se basant sur Long Dian, soit aussi… ? Je ne pus m’empêcher de la questionner : « Est-ce que The Dictator of Life est en réalité Long Dian ? »

« Je ne sais pas. » Secouant la tête, Lolidragon détailla avec amertume : « Nous n’avons pas eu la moindre nouvelle de lui depuis qu’il est en cavale, donc peut-être qu’il vit vraiment dans le jeu maintenant. »

« Ouais, peut-être que ce The Dictator of Life c’est vraiment lui. » Je souris avec ambiguïté. « C’est donc ça. Lolidragon, tu veux que j’aille achever ton ex. »

Lolidragon rougit. « Quel ex ? Il n’y a rien eu du tout entre lui et moi. »

Je ricanai tout en protégeant ma tête, pour que je ne sois pas battu à mort par la Lolidragon qui était tout embarrassée pour une fois. Toutefois, je ne pus m’empêcher de me sentir un peu perplexe au fond de moi. Si c’est le cas, alors pourquoi Celestial m’a-t-il dit que The Dictator of Life m’attend ? Même s’il attend, ne devrait-il pas plutôt attendre Lolidragon à la place ?

« Tu vas vraiment installer le DPNJ sur toi ? » Une voix nous interrompit soudainement, tandis que je faisais l’idiot avec Lolidragon. Je levai la tête et m’aperçus qu’il s’agissait de Gui, et qu’il ne souriait pas du tout. Je n’avais jamais vu Gui me regarder avec une expression aussi froide auparavant, et je ne pus m’empêcher de me sentir un peu anxieux.

« Tu vas vraiment installer le DPNJ sur toi ? » redemanda-t-il. On pouvait voir de la fureur luire dans ses yeux. Même ses poings étaient serrés fermement. J’étais horrifié, et je fixais ce Gui du regard, ce Gui qui ne ressemblait en rien au Gui que je connaissais.

« Euh, je crois que je vais y aller », déglutit Lolidragon avant s’élancer en courant vers la sortie. Traîtresse !

« Réponds-moi ! » Furieux, Gui chargea sur moi et me saisit par les épaules.

Regardant ses yeux injectés de sang, je pouvais à peine marmonner quelques mots à cause de la peur. Est-ce que Gui avait mangé quelque chose de périmé ? Il ne s’était jamais montré aussi féroce envers moi jusqu’à présent. Je n’arrivais pas à comprendre ce changement, et j’étais terrifié.

« Ouais… » parvins-je finalement à marmonner.

« Tu vas disparaître pour toujours. Tu vas disparaître pour toujours, tu réalises ce que ça veut dire ? » rugit Gui.

« Je sais. » Je me débattis pour me libérer de sa prise et protestai : « Mais, il le faut, pour Kenshin, pour Sunshine, et pour The Dictator of Life ! »

« Et qu’en est-il de moi ? » s’écria soudainement Gui. « Si tu disparais, qu’est-ce que je dois faire ? »

Je restai ébahi. C’est donc à propos de ça que Gui est autant en colère.

« N’as-tu jamais pensé à moi ? Pas même ne serait-ce qu’un instant ? » Ses yeux étaient remplis de consternation. Une larme coula lentement d’un de ses yeux. Je ne pus m’empêcher de l’attraper avec ma main. Je la contemplai, hébété. « Prince… » Gui me serra tout à coup dans ses bras. Juste alors que je sentais que quelque chose n’allait pas et que je m’apprêtais à me débattre, il me supplia : « Ne me repousse pas ! Je sais que ma force n’est rien comparé à la tienne, mais je t’en prie, s’il te plaît, ne me repousse pas. »

En entendant les sanglots dans la requête de Gui, je ne pouvais vraiment pas à m’amener à le repousser. Je ne pus que rester là en silence, l’autorisant à m’enlacer tandis qu’il pleurait doucement, laissant ses pleurs blesser mon cœur alors que des souvenirs du passé ressurgissaient devant mes yeux…

Ma majesté bien-aimée, si vous ne pouvez pas vous rappeler du nom de Guiliastes, alors dans ce cas appelez-moi par mon surnom… Appelez-moi simplement Gui…

Prince est comme une rose avec des épines. Si dans un premier temps j’avais eu connaissance de ses épines, alors peut-être que je ne l’aurais pas cueillie. Toutefois, j’ai déjà ramassé cette rose, senti sa fragrance et vu sa beauté. Si je la posais maintenant, la souffrance que mon cœur devrait supporter serait plus intense que la blessure de ma main ensanglantée, lacérée par ses épines. Par conséquent, je ne peux la reposer.

 

Qui que tu sois, cela ne me dérange pas. Je crois fermement que celui que tu es en ce moment est le vrai toi, de la même façon que la personne que je suis en à présent est le vrai moi. Tout le reste n’a pas importance : que ce soit le sexe, l’apparence ou même les façades que nous assumons dans la vie réelle… rien de tout cela n’est important.

Si mes larmes peuvent être utilisées en échange de ton sourire, dans ce cas cela en vaut plus que la peine.

« Je suis désolé, Gui. Je te brise toujours le cœur. » Je fis gentiment courir ma main le long de ses longs cheveux soyeux. Pourquoi est-ce que je fais toujours pleurer cet homme ? Pourquoi est-ce que je brise le cœur de cet homme qui a toujours été là pour moi, à veiller sur moi en silence ?

« Je n’ai jamais pris en considération tes sentiments… Je suis vraiment désolé », m’excusai-je sincèrement, décidant que je ne l’ignorerais plus jamais ainsi.

« Je me moque de toute le reste, tant que tu ne me laisses pas ou que tu ne m’ignores pas, je me porterai bien. » Les bras de Gui qui me serraient déjà fermement m’enserrèrent encore davantage, comme s’il craignait que je disparaisse.

« Ne t’inquiète pas, quelle que soit la façon dont les choses tourneront, je ne disparaîtrai jamais de ta vie, je te le promets. » Tenant son visage entre mes mains, j’embrassai son front avant de continuer : « Si Prince venait à disparaître, je te promets que tu rencontreras définitivement le vrai moi. » Même s’il n’y a plus de Second Life, je dois toujours suivre les cours du Professeur Gui, n’est-ce pas ?

« Prince… » Ayant l’air de s’être enfin détendu, Gui me relâcha lentement. Il semblait éprouver quelques regrets, et il s’excusa : « Je suis désolé, Prince, je n’aurais pas dû t’importuner de la sorte juste avant ton départ. »

« Ça… » Ça m’est égal… Avant que j’eusse pu finir ma phrase, la porte s’ouvrit brusquement avec fracas, et deux personnes indiscrètes tombèrent dans la pièce.

« Je t’avais bien dit de tirer sur la porte. Regarde, maintenant on ne peut plus les espionner », rugit Lolidragon avec colère, se trouvant au-dessus de l’autre espion.

Refusant de perdre face à elle, Heartless Wind, qui était en-dessous d’elle, rétorqua : « C’est parce que tu n’as pas arrêté de t’appuyer sur moi ! Tu aurais bien besoin de perdre un peu de poids. »

« Qu’est-ce que tu viens de dire ? Est-ce que tu es en train de dire que je suis grosse ?! » rugit Lolidragon avec des flammes de fureur jaillissant de ses yeux.

On dirait bien que mon frère était définitivement mort cette fois. Ne savait-il donc pas qu’il y avait trois tabous à propos desquels il ne fallait absolument jamais se plaindre quand on parlait avec des femmes ? Premièrement : l’apparence. Il suffit d’un seul mot, « moche », et même si tu lui achètes une bague en diamant, une Porsche et un bungalow après coup pour t’excuser, elle s’en souviendra quand même pour le reste de sa vie. Deuxièmement : sa silhouette. Même résultat qu’au point précédent. Troisièmement : son petit ami. Si tu oses dédaigner son petit ami, alors ça veut dire que tu méprises ses standards, que tu méprises sa capacité à se trouver un copain, que tu dédaignes son futur fournisseur de nourriture sur le long-terme… Mais, je m’égare. Bref, mon frère allait probablement connaître une mort douloureuse cette fois.

« Gui, on ferait mieux de les laisser », dis-je calmement.

« Mais, on dirait que Lolidragon est sur le point d’assassiner Heartless Wind. Ne devrions-nous pas les arrêter ? » Gui regardait avec inquiétude Lolidragon qui semblait brûler de fureur.

« Pas besoin. Ils se montrent juste leur attention, leur inquiétude et leur amour mutuel l’un envers l’autre à travers leurs disputes et leurs querelles. Ne les dérangeons pas dans leur rituel de drague », révélai-je tout en poussant Gui dans le dos, l’encourageant à sortir de la pièce.

Qui plus est, c’est peut-être la dernière fois qu’ils pourront se disputer comme ça. Me sentant un peu déprimé, je les regardai. Cette fois, il se pourrait que nous ne soyons jamais ramenés à la vie.

« Prince », m’appela soudainement Lolidragon.

Je me retournai, confus. « Quoi ? »

« J’ai déjà laissé les programmeurs attacher le programme DPNJ à ton personnage », dit-elle en éloignant son pied de la partie la plus importante de mon frère… La seconde partie la plus importante dans le jeu.

Il est déjà installé sur moi ? Pourquoi est-ce que je ne sens aucune différence ?

« Quand tu voudras lancer le DPNJ, tu auras juste à crier, “activation du programme d’autodestruction DPNJ”. Après avoir crié ça, un flash de lumière blanc apparaîtra sur toi, ce qui indiquera qu’il a été amorcé », détailla Lolidragon.

Juste au moment où je m’apprêtais à hocher la tête pour lui indiquer que j’avais compris, Gui prit la parole. Froidement, il s’enquit : « N’est-ce pas un peu trop voyant ? The Dictator of Life découvrira forcément que le programme DPNJ est sur Prince. »

« Tu peux crier avant d’aller à la rencontre de Dictator… » répondit-elle avec hésitation.

« Et pourquoi ne pas installer le DPNJ sur le tout le monde ? Est-ce que ça n’améliorait pas grandement nos chances de succès ? S’il est uniquement installé sur Prince, et que par malheur il échoue, est-ce que tout ne sera pas définitivement perdu dans ce cas ? » la pressa Gui.

« Oh, ouais. Lolidragon, est-ce que tu veux l’installer sur davantage de personnes ? Ce serait plus sécuritaire de cette façon. » Dieu seul sait si je serai capable de vaincre le dieu de Second Life. Je pense que mes chances de succès sont assez minces. Dans l’intérêt de Kenshin et Sunshine, je pense qu’il serait plus sûr que le DPNJ soit installé sur plusieurs joueurs.

« Prince, ne m’interromps pas. » Le visage mécontent de Gui m’effraya un peu, tandis qu’il poursuivait : « Je refuse de croire que, dans une si célèbre entreprise de jeux vidéo, pas une seule personne n’ait réalisé qu’il serait beaucoup plus sûr d’installer davantage de DPNJ. » Finalement, Gui arrêta de tourner autour du pot et demanda : « Qu’est-ce que tu caches ? »

Lolidragon avait l’air de vouloir dire quelque chose, mais de ne pas le pouvoir. Ses yeux pleins d’excuses essayèrent même d’éviter les miens. Est-ce que Lolidragon me cache vraiment quelque chose ?

« Lolidragon ? » Maintenant, je la comprends de moins en moins. Est-ce qu’elle a vraiment besoin de me cacher quoi que ce soit ?

Lolidragon soupira de nouveau. « Prince, peux-tu me promettre que tu vas tuer The Dictator of Life quoi qu’il en coûte ? »

« Tu continues à dire n’importe quoi. » Je n’arrivais vraiment pas à la comprendre. Si ce n’était pas dans ce but, pour quelle autre raison est-ce que je partirais pour le Continent du Nord demain ? Un voyage scolaire ?

Lolidragon ferma les yeux, comme si elle confessait ses péchés à un prêtre. « Prince, je t’ai caché beaucoup de choses, mais je te promets que, lorsque tout sera terminé, je te raconterai tout. Pour l’instant, je suis désolée, je dois garder ça pour moi ! »

J’étais un peu stupéfait. Lolidragon m’a caché beaucoup de choses ? Mais… Pourquoi ?

Lolidragon ouvrit les yeux et alla droit au but : « Tout ce que je peux dire c’est que tu es le seul à pouvoir tuer The Dictator of Life. C’est pour ça qu’installer le DPNJ sur les autres serait complètement inutile. »

Moi seul… peux tuer The Dictator of Life ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

« N’importe quoi, personne ne peut tuer The Dictator of Life ! » Une voix féroce retentit brusquement derrière moi, mais ce n’était pas une voix qui m’était familière. Juste alors que je m’apprêtais à me retourner, je me retrouvai dans une situation similaire à celle où on serait emporté par un aspirateur super puissant. Je ne pouvais absolument pas contrer cette force, et je ne pus que me laisser entraîner dans les airs par cette personne inconnue.

« Prince ! » Gui, Lolidragon et Heartless Wind – qui avait fait le mort sur le sol pendant tout ce temps – se mirent tous à attaquer la chose derrière moi. Néanmoins, d’après leur expression, je pouvais dire que leurs attaques étaient futiles !

Je me débattis désespérément, suspendu dans les airs. C’était comme si une main puissante et implacable me tenait par le cou et, peu importe à quel point je luttais, je ne parvenais pas à me libérer de sa prise. En fait, je commençais à sentir un liquide chaud couler le long de mon cou…

« Merde ! » Je dégainai mon Dao Noir et l’agitai derrière moi de toutes mes forces. Avant de réussir à trancher quoi que ce soit, une autre poussée d’énergie me projeta lourdement contre un mur, et je m’effondrai à terre. J’avais l’impression que tous mes os s’étaient brisés en pièces.

« Prince. » Gui courut vers moi et m’aida à me lever. Son inquiétude et ses craintes étaient clairement visibles dans son regard.

Je levai les yeux et contemplai notre invité indésirable. Une personne semblable au vent apparut devant moi… Cette personne était transparente, flottait dans les airs, et était vêtue de longs vêtements qui dansaient dans la brise. Un nom surgit dans mon esprit : Zephyr, l’un des Quatre Rois Célestes que Celestial a mentionné ! Je sus d’instinct qu’il devait s’agir de Zephyr.  

« Je me demande sérieusement ce que The Dictator of Life voit en toi pour t’accorder autant d’importance… » Après m’avoir minutieusement examiné, il déclara avec dédain : « Tu es tellement faible, mais tu crois encore pouvoir tuer The Dictator of Life ? Quelle blague ! »

« Tu es Zephyr ? » le questionnai-je avec sérieux, alors que je me levais.

Les sourcils de Zephyr s’arquèrent. « Cet abruti de Celestial t’a parlé de moi ? Où est-il ? »

« Pourquoi es-tu venu à la Cité de l’Infini ? » J’étais sous le choc. Clay n’a-t-il pas dit avant de partir que les trois autres Rois Célestes détestaient Celestial ? Ne me dîtes pas que celui-ci est venu pour lui ?

« Pfff, j’irai où bon me semblera ! Je n’ai pas besoin de ta permission ! » s’écria Zephyr avec mécontentement. Le vent se renforça pendant qu’il criait. Il soufflait si fort que je pouvais à peine ouvrir les yeux. Toutefois, usant de ma fierté et de ma colère, je me forçai à les garder ouverts. Ce type est si agaçant. Si je ne le tabasse pas, dans ce cas je ferais mieux d’oublier cette histoire de partir à la recherche de The Dictator of Life pour le tuer, parce que je pourrais tout aussi bien mourir ici à force de vomir trop de sang à cause du surplus de rage accumulé.

« Je ne peux pas contrôler tes envies de balades », dis-je froidement. « Mais, puisque tu es entré dans la Cité de l’Infini, et qu’il se trouve justement que je suis le suzerain de la Cité de l’Infini, je ne tolérerai pas ton comportement effronté. »

Zephyr en resta momentanément ébahi, mais, quelques instants plus tard, il éclata de rire. Tout en continuant de ricaner, il se moqua : « Toi ? Tu ne toléreras pas mon comportement effronté ? Hahahahah, mais est-ce que tu peux au moins faire quoi que ce soit contre moi ? Si The Dictator of Life ne l’avait pas interdit, j’aurais été largement suffisant pour te tuer. »

Ce qu’il peut me taper sur les nerfs ! La veine sur mes temples pulsait de rage. Levant mon Dao Noir, je déclarai froidement : « Essaie un peu pour voir ! »

« Viens. » Zephyr renifla avec dédain tout en me faisant signe de venir avec son index, me provoquant.

Ce type est insupportable ! Juste au moment où je brandissais mon Dao Noir, je sentis le vent autour de moi gagner en vitesse. Pfff, il essaie de m’arrêter avec du vent ? Ne sait-il donc pas que le vent aide à propager le feu ? En une fraction de seconde, j’esquivai et glissai vers lui. Surpris, Zephyr transforma immédiatement le vent en tourbillon qui l’entoura pour le protéger. Voilà une excellente opportunité !

« Entaille de l’Enfer ! » Submergeant mon Dao Noir de flammes, je suivis la direction du vent et projetai entaille après entaille vers lui. Comme je m’y attendais, le vent fit monter les flammes, transformant le tourbillon autour de Zephyr en une mini tornade de feu. Paniqué, Zephyr arrêta immédiatement le vent pour éviter de se faire brûler par la tornade enflammée, sans savoir que c’était exactement ce que j’attendais. Sans la protection du vent, voyons voir si tu es toujours aussi coriace.

Saisissant cette opportunité, je criai : « Attaque Tourbillonnante du Dragon ! » Mon épée prête à le taillader, je fonçai sur Zephyr telle une toupie. C’était le genre d’attaque qui blesserait toujours l’adversaire même si le coup manquait.

« Hé ! » Zephyr esquiva immédiatement en reculant, évitant le coup mortel, puis il fixa d’un regard furieux la vive tache de sang sur son épaule. De mon côté, je n’aurais pas pu me réjouir davantage de cette scène ; il n’avait suffi que d’une seule attaque pour le blesser grièvement…. Bon, d’accord, je l’admets, Zephyr n’avait reçu qu’une petite égratignure. Mais, au moins, il y avait du sang. J’avais finalement pris ma revanche pour m’être fait balancer dans un mur.

« Toi ! » Ses yeux bleus prirent lentement la couleur vermeille. Le vent turbulent autour de nous s’enragea encore davantage, me faisant mal alors qu’il me cinglait. Baissant les yeux, je vis d’innombrables marques d’éraflures rouges apparaître sur la partie de ma peau qui n’était pas protégée par mon armure.

Je souris avec prudence. Il semblerait que je l’aie vraiment mis en colère maintenant… C’est l’un des Quatre Rois Célestes sous les ordres de The Dictator of Life ; est-ce que je peux vraiment le battre ?

« Flèche Supersonique Chasseuse d’Âme ! »

Une flèche transparente égratigna brusquement le visage de Zephyr, et un filet de sang courut le long de sa joue. Voyant à quel point il en était stupéfait, je ne pus m’empêcher d’éclater de rire.

« Bien joué, Gui », dis-je tout en riant. Je ne m’attendais pas à ce que Gui attaque si subitement, faisant de nouveau goûter une telle humiliation à ce membre des Quatre Rois Célestes.

« Maudits humains ! » rugit Zephyr avant de disparaître en coup de vent.

Où est-il ? Je restai où je me tenais, figé de stupeur.

« Gui ! » s’écria alors Lolidragon. Mon cœur manqua un battement, et je me retournai immédiatement.

Un cœur couvert de sang se matérialisa dans la main originellement vide de Zephyr, et un trou béant et sanglant apparut dans la poitrine de Gui

« Gui ! »

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *