La Légende du Chevalier du Soleil T2C9 : Diffuse Les Véritables Enseignements du Dieu de La Lumière

La Légende du Chevalier du Soleil

Roman originel en Chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Chapter 9: Spread the True Teachings of the God of Light – traduit du chinois vers l’anglais par dahlys[PR!]
Chapitre 9 : Diffuse les Véritables Enseignements du Dieu de la Lumière – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia

+ Travail de vérification par Nocta

Le jour du combat à mort, le Temple Sacré était pratiquement vide. Tout le monde était déjà parti pour se trouver une bonne place au stade où le combat se tiendrait.

Je soupirai d’irritation. « Même les chevaliers en patrouille ont disparu. C’est tout simplement de la négligence pure ! Même si tout est paisible en ce moment, une faction religieuse qui nous est opposée, celle du Monastère du Dieu de la Guerre, se trouve sur notre territoire. Ne pas laisser de gardes dans le Temple Sacré est un peu trop exagéré.

« Par conséquent, messieurs, vous allez surveiller cet endroit ! »

Je laissai ma Section du Chevalier du Soleil sortir de la salle de détention, et leurs donnai ces instructions.

Leurs expressions indiquaient 200 % de réticence à suivre les ordres.

« Pourquoi a-t-il fallu que ça arrive…? Nous avions à l’origine l’intention de nous évader discrètement par la porte secrète et d’aller regarder le match. Capitaine… »

Vingt-quatre chevaliers sacrés en armure me fixèrent de leurs yeux implorants et brillants, et continuèrent à pleurnicher : « Capitaine… » Ils allongèrent même la dernière syllabe. Ceci me fait me sentir très…

« Dégoutant ! Hors de ma vue ! » criai-je avec colère.

Je me retournai, seulement pour apercevoir Adair, mon Vice-Capitaine, debout devant moi avec un air déprimé.

Il sourit amèrement, puis déclara solennellement : « Capitaine, la Section du Chevalier du Soleil et moi surveillerons bien le Temple Sacré. Malgré le fait qu’Adair regrettera toujours de ne pas avoir pu contempler vos actes de bravoure pendant la bataille, Adair suivra chacun de vos ordres. Pourtant, je ne peux m’empêcher de le regretter ! » Il soupira de façon tragique.

« Puisque tu le regretteras à ce point, viens assister au combat après avoir arrangé leurs positions. »

« Oui, sire ! » La vitalité d’Adair lui revint en un instant.

Après avoir dit cela, je remarquai que le soleil s’était déjà levé. Je devais encore aller récupérer quelqu’un et, si je ne me mettais pas en route bientôt,  j’arriverais en retard. Bien que je fusse souvent en retard, quand les gens qui attendaient incluaient un roi, une princesse, le Pape de ma religion, une personne de haut rang appartenant à une autre religion et ainsi de suite, ce n’était pas une bonne idée d’être tardif.

Lorsque j’eus parcouru une certaine distance, j’entendis des gens hurler derrière moi des choses comme « Adair ! Tu es méprisable ! », « Impudent ! », « Traître ! » et d’autres commentaires tels que ceux-là.

Quand j’atteignis les portes principales du Temple Sacré, j’observai les alentours et trouvai sur-le-champ la personne que je cherchais. Il se tenait debout dans un coin. Je hochai la tête à son intention, puis continuai ma route en direction du stade. Je savais qu’il me suivrait.

 

 

Comme je pénétrais dans le stade, les chevaliers royaux me saluèrent avec des hochements de tête amicaux. Mais, au moment où ils jetèrent un regard derrière moi, ils se tendirent et se précipitèrent en courant pour restreindre la personne qui me suivait.

« Arrêtez là ! Pas un pas de plus ! »

La tension des chevaliers royaux était contagieuse et se répandit vite dans tout le public. Plusieurs personnes dévisagèrent ouvertement l’homme habillé de façon unique qui se trouvait à l’entrée.

Ce dernier portait un justaucorps noir avec une armure d’écailles argentées lui recouvrant la poitrine, les parties vitales, les mollets, et le bas du visage. Bien que ce fût une tenue d’assassin, une épée longue pendait à sa taille. C’était inhabituel, puisque les armes préférées des assassins étaient les dagues et les épées courtes.

Je criai au garde : « Il appartient au Temple Sacré et n’est pas une personne suspecte ! Laissez-le entrer. »

Tout le monde était choqué, toutefois les Douze Chevaliers Sacrés étaient les plus alarmés. Certains allèrent même jusqu’à nous fixer du regard, en alternant entre lui et moi, avec une suspicion évidente.

Je souris radieusement et expliquai à tous : « Il s’agit du Capitaine-Chevalier des Enfers. Il a récemment complété une mission secrète et est depuis retourné au Temple. »

Blaze fut le premier à s’exclamer : « Quoi ? Ce n’est pas Sun… Non ! Suprême Dragon ? »

Je hochai la tête et répliquai : « Oh ! Tu as raison ; le nom complet du Capitaine-Chevalier des Enfers est Suprême Dragon des Enfers. Il n’y a rien de mal à ce que tu l’appelles Suprême Dragon mais, devant les autres, Capitaine-Chevalier de Flamme, tu devrais l’appeler Capitaine-Chevalier des Enfers. Ceci est afin d’empêcher les autres de se tromper sur son identité. »

Blaze resta stupéfait. Il ouvrit la bouche comme s’il essayait de dire quelque chose mais ignorait quoi dire. Il n’était pas la seule personne abasourdie. Pour faire simple, tous les autres Chevaliers Sacrés étaient soit sous le choc, soit soupçonneux ou soit ils affichaient des expressions de totale incrédulité.

Cette affirmation laissa place à beaucoup de discussion. Pendant que tout le monde discutait, je pris note de la situation dans le stade. Les gradins étaient clairement divisés en trois : les chevaliers royaux, les guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre, et les chevaliers sacrés.

Les chevaliers royaux étaient ceux assis les plus près de l’estrade sur laquelle se trouvait le roi. Les membres du Monastère du Dieu de la Guerre étaient assis directement à l’opposé des chevaliers royaux. Les chevaliers sacrés étaient séparés en deux et remplissaient les sièges entre les deux autres factions pour servir de zone neutre. Après tout, les regards noirs de colère que les chevaliers royaux et les guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre se lançaient les uns aux autres étaient suffisants pour faire en sorte que tout le monde soupçonne que, au lieu d’un combat à mort en trio, la bataille ne dégénère en rixe de groupe.

Le Fils du Dieu de la Guerre était assis à côté de la scène. Les gradins derrière lui étaient remplis de guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre.

Le représentant des chevaliers royaux, Elijah, était assis à l’opposé du Fils du Dieu de la Guerre, et seule la scène les séparait. Il fixait du regard le présumé « Suprême Dragon des Enfers » avec raideur.

La princesse ne se trouvait pas sur l’estrade du roi, mais bien derrière Elijah dans la zone d’encouragements qu’elle avait préparée juste pour lui. Elle semblait encourager son chéri de toutes ses forces. Elle ne se souciait même pas de prétendre afficher le moindre encouragement pour le Fils du Dieu de la Guerre ou pour moi. Observant la scène, le Fils du Dieu de la Guerre avait l’air plutôt contrarié. Évidemment, je continuai à sourire radieusement.

La princesse considéra Suprême Dragon des Enfers avec doute, et me lança un regard d’avertissement. Son regard impliquait qu’elle souhaitait que j’évite de causer des problèmes.

Je n’avais pas dévoilé grand-chose de mon plan à la princesse. Tout ce que j’avais dit était que j’allais aider, très naturellement, son bien-aimé à remporter le combat à mort en trio. Je n’avais rien mentionné de plus, et ne pouvais pas ajouter quoi que ce soit d’autre au risque de finir sur le bûcher.

À ce moment-là, le roi annonça lentement : « D’après ce que j’entends, les Douze Chevaliers Sacrés ne semblent pas reconnaître leur propre camarade. »

Je m’inclinai gracieusement devant le roi, puis clarifiai : « C’est exact, Votre Majesté. Hormis Sun, les autres ne reconnaissent effectivement pas ce compagnon. »

« Oh ? Je suis toute ouïe. » Le roi paraissait honnêtement intéressé.

J’acquiesçai de la tête et expliquai : « Le Capitaine-Chevalier des Enfers est une existence unique au sein des Douze Chevaliers Sacrés. Au fur et à mesure que les époques passent, le rôle du Chevalier des Enfers change, mais ce dernier est principalement impliqué dans le travail sous couverture. Par exemple, en temps de guerre, celui-ci aurait pour tâche principale d’obtenir des informations militaires vitales pour l’armée. »

« Entre autre, ce que vous voulez dire c’est que le Chevalier des Enfers existe pour être soit un assassin, soit un espion ? »

Le plus jeune chevalier confident du roi sourit un peu bizarrement et déclara : « Ainsi, il existe un membre des Douze Chevaliers Sacrés qui exécute ce genre de sale boulot ? »

Elijah, qui se tenait sur le côté, baissa légèrement la tête de honte.

« Ce n’est pas du tout comme cela », niai-je avec ferveur. Je pris une pause avant de commencer mon explication : « Sous la guidance du Dieu de la Lumière, les Chevaliers Sacrés doivent maintenir le véritable esprit de la justice, et pas une forme ignorante de justice. En temps de guerre, obtenir des informations exactes est d’une importance primordiale. Des informations exactes assurent qu’aussi peu de nos frères chevaliers sacrés soient sacrifiés que possible. Cela va aussi raccourcir la durée de la guerre, empêchant les fidèles du Dieu de la Lumière de souffrir des ravages provoqués par celle-ci. Néanmoins, l’information ne nous vient pas si aisément. Simplement la demander ne nous apportera pas de données utiles. Afin d’obtenir des informations vitales, quelqu’un doit sacrifier son droit de se tenir sous la lumière et ainsi pénétrer dans les ténèbres. Tout cela afin de réduire la souffrance du peuple du Dieu de la Lumière, de protéger nos confrères chevaliers sacrés, et, un dernier point mais pas le moindre, apporter la justice du Dieu de la Lumière. »

Je jetai un coup d’œil en direction d’Elijah. Il semblait plus joyeux maintenant. Je parlai doucement : « Je vous prie de me croire. Les Chevaliers Sacrés ne craignent pas de s’avancer dans les ténèbres en tournant le dos à la lumière. Même s’ils sont entourés par les ténèbres, ils restent sous la radiance du Dieu de la Lumière. »

Quand j’eus terminé de parler, tout le monde se plongea profondément dans ses pensées. La princesse me sourit même, probablement parce que mes paroles pouvaient encourager son bien-aimé.

En fait, ces paroles ne s’appliquaient pas seulement au Chevalier des Enfers. Elles étaient valides pour tous les Chevaliers Sacrés du la « Cruelle Faction au Cœur de Pierre », particulièrement pour leur chef, le Chevalier du Jugement.

Le roi acquiesça doucement d’un signe de tête et décréta : « Chevalier du Soleil, vous avez approfondi ma compréhension des Chevaliers Sacrés. »

« C’est tout à l’honneur de Sun, et à la volonté du Dieu de la Lumière, que Votre Majesté ait compris les propos qu’il a tenus. »

« Capitaine-Chevalier du Soleil, avez-vous fini de parler ? » Le Fils du Dieu de la Guerre faisait de son mieux pour garder un comportement calme, mais ne pouvait pas dissimuler son impatience. « Si vous avez terminé, dans ce cas commençons le combat ! »

« Mes plus sincères excuses pour la longue attente. Participons dès à présent à cet échange amical de coups dont est témoin le Dieu de la Lumière », annonçai-je à l’adresse de tous.

Après mon annonce, je me dirigeai immédiatement vers la scène… mais une silhouette noire et argentée me bloquait le chemin.

J’arrêtai de marcher avec hésitation et m’enquis : « Mon frère Hell, quelque chose ne va pas ? »

Hell dit simplement et clairement : « Combattre n’est pas quelque chose que le Chevalier du Soleil devrait faire. Permets à ce double de prendre ta place dans le combat. »

En entendant cela, je murmurai : « Ah. » Le roi fut rapide à réagir. Il demanda : « Double ? »

Je regardai le roi avec une expression de malaise et bégayai : « C-C’est… »

Le roi lança un regard à son plus jeune chevalier confident. Ce dernier s’écria : « Se pourrait-il que le toujours honnête et transparent Chevalier du Soleil cache quelque chose d’indicible ? »

Je me retournai délibérément pour inciter Judgment à agir. Il était le seul qui pouvait coopérer avec moi sans en avoir été informé.

Bien que Judgment n’eût pas la moindre idée de ce qu’il se passait, il dit avec irritation : « Si tu tiens absolument à le dire, dans ce cas ça devient ta responsabilité. »

J’hésitai, soupirai, puis clarifiai : « Les choses sont comme ceci, Votre Majesté : Autrefois, on croyait que le Chevalier des Enfers était l’alter ego du Chevalier du Soleil, et non pas une véritable personne. Il reste incertain si c’était vrai par le passé. En dépit de cela, le Chevalier des Enfers actuel existe bel et bien en chair et en os. Mais, en même temps, on lui a assigné la tâche d’être le double du Chevalier du Soleil. » Après avoir donné mon explication, je fis de mon mieux pour plaider auprès du Chevalier des Enfers : « Capitaine-Chevalier des Enfers, je te prie de t’écarter. Ceci est mon combat. »

« Non ! » Hell gronda en quelque sorte avec colère : « Si tu combats personnellement au lieu de laisser ce double prendre ta place, dans ce cas tu vas à l’encontre de la raison d’être de mon existence. Tu devras me tuer et enjamber ma dépouille avant que je ne te laisse monter sur la scène. »

Je restai abasourdi, et tout le stade était en émoi. C’était rare pour le public d’entendre un hautement bien discipliné Chevalier Sacré perdre son sang-froid et affirmer une chose pareille.

« Capitaine-Chevalier des Enfers, je ne puis te permettre de me remplacer dans ce combat. » Je soupirai doucement et déclarai avec impuissance : « Si tu gagnais, comment cela pourrait-il compter comme ma victoire ? »

Le Chevalier des Enfers répliqua froidement : « Dans ce cas, monte sur l’estrade après m’être passé sur le corps ! »

« C’est impossible… S’il-te-plaît, écarte-toi, Capitaine-Chevalier des Enfers. » Je commençais à être fâché.

« Jamais ! » Celui-ci ne cracha que ce seul mot, mais ce mot eut plus qu’assez d’impact.

Nous avions atteint une impasse. Hell me fixa de ses yeux déterminés… ou, devrais-je dire, il faisait de son mieux pour paraître résolu. Je crois que ce n’était guère difficile pour lui, comme il était à l’origine une personne extrêmement déterminée de toute manière.

« Laissez donc le Capitaine-Chevalier des Enfers prendre votre place. »

Celle qui brisa notre impasse était Son Altesse, la princesse.

Elle dit doucement : « Puisqu’il est d’accord pour se sacrifier pour le bien du Capitaine-Chevalier du Soleil, dans ce cas ça ne fait aucune différence si c’est lui ou le Chevalier du Soleil qui se bat. »

Je secouai la tête et m’exclamai : « Mais Votre Altesse, les deux autres participants pourraient ne pas être d’accord avec un tel arrangement. »

Elijah y réfléchit soigneusement pendant un moment, puis déclara : « Étant donné que la princesse ne s’y objecte pas, je vais également accepter cet accord. »

Le Fils du Dieu de la Guerre fronça les sourcils. Durant un très long moment, il ne montra aucun signe d’accord. Je peux comprendre cela. Bien qu’il fût incertain de la force du Chevalier des Enfers, quoi qu’il en soit, il ne pouvait être plus faible que je ne l’étais d’après les rumeurs à mon sujet.

Je m’empressai de jeter de l’huile sur le feu en disant : « Ce serait compréhensible si Sa Seigneurie le Fils du Dieu de la Guerre refusait, vu que ce serait injuste pour lui si le Chevalier des Enfers l’emportait. »

Le Fils du Dieu de la Guerre eut l’air insulté par mon commentaire. Il ricana froidement, et s’écria : « Qui a dit que je ne suis pas d’accord !? Je me fiche de savoir qui est mon adversaire ; ce sera moi le vainqueur ! »

Suite à cette déclaration, le roi acquiesça d’un signe de tête pour marquer son accord. Puisque toutes les personnes importantes avaient donné leur approbation, l’affaire était réglée. Les trois hommes qui étaient en lice pour demander la main de la princesse montèrent sur la scène afin de débuter le combat à mort.

Comme je ne faisais plus partie des hommes en compétition dans le combat pour la princesse, je retournai dans les rangs des Douze Chevaliers Sacrés et pris ma place aux côtés du Chevalier du Jugement.

Le coin des lèvres de ce dernier se releva un peu, et il murmura : « Ainsi, tu n’avais jamais eu l’intention de monter sur l’estrade. »

« Évidemment. Je n’ai nullement l’intention de me faire massacrer devant une audience », répondis-je naturellement.

Je lui jetai un regard de désapprobation et ajoutai cyniquement : « Avec ta capacité à raisonner, tu aurais dû en déduire ceci quand tu m’as vu avec le livre que Cloud m’avait donné, celui qui décrivait comment choisir des porte-bonheurs. Crois-tu réellement que je sois quelqu’un qui se fie aux porte-bonheurs afin de garantir le succès de ses manigances ? Si je ne puis être confiant à 200 %, alors je devrais au moins être à 100% certain du succès de l’opération avant d’“oser” entreprendre quoi que ce soit. »

« Ah… Tu as raison ! Comme c’était stupide de ma part. » Judgment secoua la tête avec chagrin et affirma : « Oublions le livre, j’aurais dû savoir que tu n’avais définitivement pas la moindre intention de participer à ce combat quand tu l’as accepté. »

Je regardai Judgment avec dédain. Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? Dans tous les cas, j’ai vaincu de nombreuses créatures des ténèbres ; et, à l’occasion,  celles que Rose envoie sont très fortes !

Un serviteur marcha soudainement jusqu’à moi et annonça respectueusement : « Chevalier du Soleil, le roi souhaiterait s’entretenir avec vous. »

Je hochai la tête et le suivis, puis lançai bravement un sourire éclatant au roi. Même si le roi savait que tout ceci était de ma faute, il n’y avait aucune chance pour que le roi puisse m’accuser devant une aussi large audience, n’est-ce pas ?

Le roi fit un signe de la main à ses deux chevaliers confidents, et ceux-ci comprirent sur-le-champ qu’ils devaient s’éloigner.

Il m’envoya ensuite un signe de la main. Je grimpai sur l’estrade et allai me tenir à côté du roi, et baissai la tête pour écouter ce qu’il avait à me dire. Il serra les dents et siffla entre celles-ci : « Si ma sœur n’aimait pas réellement Elijah, je ne t’aurais jamais permis  de causer des ennuis. »

« Malgré le fait que Sun n’ait aucune idée de ce que Votre Majesté entend par “causer des ennuis”, j’admire effectivement votre préoccupation sincère à l’égard de votre sœur bien-aimée », articulai-je avec sincérité.

Après tout, si le roi avait insisté pour que sa sœur épouse le Fils du Dieu de la Guerre, il aurait eu au moins dix façons à sa disposition pour saboter mon plan. Mais, non seulement il n’avait pas employé une de ces méthodes, il a même choisi de simplement s’asseoir et d’observer le résultat.

« Pfff ! Si tu causes autant d’émoi et échoues quand même à laisser ma sœur marier son amoureux, résultant en de graves conséquences, je m’assurerai que rien de bon ne t’arrive par la suite. »

Exactement comme un grand frère anxieux, le roi me fusilla vicieusement du regard. Après cela, il se renfrogna et se tourna vers la scène qui se déroulait.

Le roi avait une bonne raison de froncer les sourcils. Bien qu’Elijah eût été entraîné par Judgment, la probabilité qu’il batte le Fils du Dieu de la Guerre était aussi élevée que la mienne de vaincre Judgment.

Je le savais, Judgment le savait, les guerriers du Dieu de la Guerre le savaient, et les chevaliers royaux le savaient. Alors naturellement, le roi le savait également.

Ce qu’ils ne savaient pas était qu’il existait plusieurs définitions à « gagner », particulièrement quand il s’agissait de se battre pour une femme.

 

 

Tandis que je quittais les côtés du roi et retournais dans les rangs des Douze Chevaliers Sacrés, le combat avait déjà débuté, comme si les participants n’en pouvait plus d’attendre pour commencer. Le premier à attaquer fut le Fils du Dieu de la Guerre. Les guerriers étaient toujours les premiers à partir à l’assaut, alors que les chevaliers qui valorisaient la défense plutôt que l’attaque passaient rarement à l’attaque les premiers.

« Excellente technique à l’épée ! » s’exclama le Chevalier du Jugement avec admiration, comme si l’envie de faire un match le démangeait.

Cette affirmation n’était, évidemment, pas dirigée vers Elijah. La technique à l’épée d’Elijah n’était pas si mal, mais pas suffisamment bonne pour que Judgment s’en émerveille. Son commentaire visait Rol— le Capitaine-Chevalier des Enfers et le Fils du Dieu de la Guerre.

Le Chevalier du Jugement fit un commentaire sur le combat vicieux en déclarant : « Peu de temps après le début du combat, le Fils du Dieu de la Guerre s’est vite rendu compte de qui était son véritable adversaire. Même si en surface il s’agit d’une mêlée de trois personnes, en vérité, la majeure partie du combat se passe entre le Fils du Dieu de la Guerre et le Chevalier des Enfers.

« Le Fils du Dieu de la Guerre avait au départ l’intention de se débarrasser d’Elijah avant de s’occuper du Chevalier des Enfers, mais la technique à l’épée de ce dernier est vraiment très bonne et son jeu de jambes est trop unique. Cela demanderait plus qu’un court instant pour vaincre Elijah, ce qui rend les choses difficiles, en considérant que le Chevalier des Enfers attendrait aussi à proximité une opportunité pour attaquer, tel un tigre attendant de se jeter sur sa proie. »

« Même le Fils du Dieu de la Guerre perdrait s’il ne se battait pas sérieusement contre le Chevalier des Enfers », dit le Chevalier du Jugement en poursuivant son commentaire exclusif.

En vérité, tout ce que j’apercevais était le scintillement d’épées et les silhouettes de trois personnes se précipitant çà et là. Je regardai jusqu’à-ce que j’en aie le vertige, et quand j’entendis le bruit d’armes qui s’entrechoquaient… « C’est une bonne chose que je ne sois pas sur l’estrade, autrement je serais mort d’une crise cardiaque juste en entendant les bruits des épées s’entrechoquant », dévoilai-je.

« Si tu étais réellement monté sur la scène, tu aurais perdu avant même d’avoir entendu le bruit d’épées qui s’entrechoquent », dit Judgment après avoir entendu mon exclamation de soulagement. « Mais, ne t’inquiète pas. Ta spécialité est de vaincre les morts-vivants. Si c’était pour battre les créatures des ténèbres, tu serais plus fort que les trois personnes sur la scène. » Après m’avoir réconforté, Judgment procéda à m’insulter davantage. Il affirma : « D’un autre côté, s’il s’agissait de te battre contre des êtres vivants, tu serais plus que trois fois plus faible qu’Elijah. »

Incapable d’accepter la défaite, je le provoquai : « Dans ce cas, entre toi et le Chevalier des Enfers, qui serait le plus fort ? »

Judgment me lança un regard en biais, puis articula lentement : « Difficile à dire… Et tu devrais savoir ce que je veux dire par là. »

Je fermai docilement la bouche et me rappelai que Suprême Dragon des Enfers ne possédait pas que quelques capacités au combat à l’épée. En vérité, ses capacités à l’épée étaient probablement les moins dangereuses de ses habilités. Évidemment, si l’ennemi était « Suprême Dragon des Enfers », en tant que Chevalier Sacré, « le couper en rondelles avec une épée » n’était pas le seul moyen à la disposition du Chevalier du Jugement. En conclusion, ce serait très dur de déterminer qui gagnerait. La seule chose dont je sois sûr était que Judgment avait déjà découvert la véritable identité de « Suprême Dragon des Enfers ».

Bien que je n’eusse pas la moindre intention de le cacher à Judgment, j’étais, comme toujours, empreint d’admiration devant ses pouvoirs d’observation. Si j’avais un jour besoin de le faire, je craignais que ce ne fût extrêmement difficile de lui dissimuler quelque chose.

Je ne pus résister à la tentation de lui demander : « Comment as-tu découvert qui il est ? »

« Il est facile à identifier à cause de sa superbe technique à l’épée. »

Alors, c’était donc ça. Je déteste les maîtres-épéistes !

« Ton expression indique que tu penses que tous les experts dans le maniement de l’épée devraient mourir. » Judgment me lança un regard de désapprobation.

« Continues de deviner correctement et je serai convaincu que tu n’es pas le Chevalier du Jugement, mais plutôt une sorte de ver solitaire vivant dans mes intestins1 ! »

Le regard de désapprobation de Judgment disparut, remplacé par un sourire grandissant. Insatisfait, je questionnai : « Comment avance le combat ? »

« Le Fils du Dieu de la Guerre est effectivement à la hauteur de son titre de leader des guerriers. On ne doit pas le sous-estimer. À moins que Suprême Dragon des Enfers se serve d’une autre technique que celle de son épée, il va définitivement perdre au final. »

Je m’enquis pour clarifier : « Même si Elijah et Suprême Dragon des Enfers se liguent tous les deux contre lui, le Fils du Dieu de la Guerre va quand même l’emporter ? »

« Oui. »

Je ne pus m’empêcher de le complimenter : « Il n’est pas le Fils du Dieu de la Guerre pour rien ; il est si fort ! »

« Ton expression suggère que tu es très soulagé du fait que tu n’avais jamais eu la moindre intention de prendre part au combat. »

« Tais-toi, ver solitaire ! »

Les yeux de Judgment débordaient de ravissement. Heureusement pour lui, les yeux de tous étaient rivés sur le combat, et personne ne remarqua son expression, ou bien plusieurs personnes auraient été choquées à mort en voyant le cruel Chevalier du Jugement sans cœur en train de sourire.

Je remarquai que le temps était presque venu, et je murmurai à Judgment : « Dans un instant, quoi qu’il arrive, n’interfère pas. »

Judgment hocha la tête et dit de manière décisive : « Dans ce cas, je vais partir, au cas où quelqu’un se demanderait pourquoi je ne suis pas intervenu. »

J’acquiesçai en retour d’un signe de tête. C’était tout à fait dans le caractère de Judgment d’être si méticuleux.

« De cette manière, je peux aussi éviter de savoir ce que tu as fait. »

…Il vaudrait peut-être mieux le laisser partir, juste au cas où je dépasserais accidentellement le niveau de tolérance de Judgment. Si ça devait arriver, après avoir reçu une correction fort douloureuse, je serais quand même obligé de m’excuser pour avoir causé des problèmes.

Après que Judgment eut quitté le stade, je regardai en direction de la scène. Les armes s’entrechoquaient continuellement, et les auras de bataille étaient si puissantes que les bourrasques de vent qu’elles occasionnaient étaient suffisantes pour emmêler mes cheveux. Le sol était même rongé de fissures. Des petits morceaux de roches s’envolaient à travers les tourbillons des auras de batailles qui s’affrontaient.

Qu’ils fussent des chevaliers ou des guerriers, les spectateurs n’osaient pas lever les yeux de la bataille intense au cas où ils manqueraient une partie importante. Occasionnellement, il y avait des cris d’émerveillement ou des encouragements bruyants.

Je songeai, C’est suffisant. Si le combat continue, Elijah pourrait être incapable d’en supporter davantage et perdre. Dans ce cas, oublions le fait que mes efforts précédents seraient gaspillés ; je n’aurais pas la moindre idée de comment arranger les choses.

Si Elijah perd, et puisque je ne peux pas permettre au Fils du Dieu de la Guerre d’épouser la princesse, alors ça voudrait dire que je serais vraiment forcé de l’épouser moi-même, hein ? J’estime que je serais obligé de porter une armure blindée complète au lit pendant notre première nuit, afin d’empêcher ma femme de commettre le crime d’assassiner son mari.

Je mis ma main dans ma poche et écrasai un cœur en verre.

Note de bas de page

1 …un verre solitaire vivant dans mes intestins ! : Ceci est basé sur un proverbe chinois dans lequel on dit que les vers solitaires, parce qu’ils vivent comme des parasites dans le corps de leurs hôtes, savent tout de leurs hôtes, incluant ce qu’ils pensent.

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