1/2 Prince T4C2 : Le Baiser d’Un Prince

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½ Prince Tome 4 – Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini
Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 2: Snake Kiss – Traduit du chinois vers l’anglais par Samuki[PR!]
Chapitre 2 : Le Baiser d’Un Prince  – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia

« Prince, les gens que tu as ramenés sont plutôt remarquables, non ? » demanda Lolidragon avec suspicion. « Où diable les as-tu dénichés ? »

Je haussai les épaules. « Jing et Yun sont mes camarades de classe ; c’est purement par hasard que je les ai rencontrés. En plus, ils viennent seulement de découvrir que je suis Prince. En ce qui concerne Kenshin et Sunshine… » J’hésitai. Est-ce que je devrais le lui dire ?

« Ce sont des NPCs provenant d’une quête secrète, pas vrai ? » déclara Lolidragon de façon détachée.

« Comment est-ce que tu le sais ? » la questionnai-je, choqué.

Lolidragon se figea un instant, puis elle rétorqua : « Je suis une GM cachée, tu te rappelles ? »

« Oh… » Je me grattai la joue. Elle n’avait pas dit que les GMs cachés étaient exactement comme des joueurs ordinaires ? C’est pour ça que je croyais qu’elle ne serait pas au courant !

Lolidragon soupira profondément et secoua la tête avec incrédulité. « T’as vraiment une vaine incroyable, pour être même capable de compléter cette super-méga difficile quête secrète dégoûtante ! Tu sais, Lantis et Kenshin ont été créés purement pour rigoler ; personne ne s’attendait réellement à ce que qui que ce soit parvienne à compléter la mission ! »

« Euh, il y a en fait une raison à ça. » Est-ce que je devrais mettre Lolidragon au courant de l’“éveil” de Kenshin et de Sunshine ? J’hésitai un peu ; après tout, Lolidragon était une employée de Second Life. Qui sait si elle rapporterait cet incident ?

« Il vaudrait mieux que tu dises très bientôt à tout le monde qu’ils sont tes animaux de compagnie humains ; j’ai déjà aperçu des gens qui les traitaient comme des joueurs », me rappela Lolidragon.

« Je ne peux pas le leur dire. » J’agitai frénétiquement mes mains.

Lolidragon s’enquit soupçonneusement : « Pourquoi ça ? »

« Euh, parce qu’ils ont développé une conscience de soi à présent, et que je n’ai aucune intention de les traiter comme des animaux de compagnie humains. En fait, je veux qu’ils soient exactement comme des joueurs normaux », expliquai-je en un souffle.

« Une conscience de soi ? » Lolidragon pâlit.

Comme je m’y attendais, c’est vraiment choquant… Je pris une profonde inspiration, puis fis sérieusement la demande : « Lolidragon, est-ce que tu pourrais ne pas en parler ? N’informe personne d’autre à ce sujet, d’accord ? Particulièrement pas les employés de la compagnie du jeu, ou sinon Sunshine et Kenshin seraient en danger. Je ne veux pas qu’ils soient supprimés, s’il-te-plaît. »

L’expression sévère de Lolidragon resta en place pendant un moment, me laissant en suspens. Finalement, elle ne put plus se retenir, éclatant de rire. Agitant la main, elle promit : « Relaxe, je ne dirai rien. Ce n’est pas tous les jours que des NPCs développent une conscience de soi. Pour quelque chose d’aussi amusant que ça, comment je pourrais aller tout raconter à la compagnie et les laisser gâcher mon plaisir ? »

Je restai stupéfait. Quelle que soit la compagnie qui a embauché Lolidragon, elle doit être vraiment malchanceuse.

La porte s’ouvrit en cognant le mur. Lolidragon et moi regardèrent en direction de l’entrée, tandis qu’une petite silhouette familière se jetait dans mes bras et murmurait à mon oreille : « Prince, tu es enfin rentré, oh comme tu m’as manqué ! »

Je baissai le regard, sans expression. Fairsky est vraiment comme une coquerelle inarrêtable et déterminée… Ensuite, une autre tête très familière aux cheveux noirs se jeta contre mon dos. Je regardai derrière moi dans un silence stoïque. Celui-là possédait encore plus de vitalité que Fairsky : Gui, dont la peau était si dure que même les balles ne pouvaient pas la pénétrer, me regarda avec des yeux remplis de larmes. « Votre Majesté, vous êtes enfin de retour ! J’étais si inquiet ! »

Pire encore, se tenant devant moi avec des veines saillantes sur le visage, Wicked avait depuis longtemps dégainé son épée. Je l’observai impassiblement tandis qu’il faisait dégager Fairsky et Gui d’un coup de pied, pour ensuite se mettre à leur casser la figure… Le duo qui se faisait massacrer, ne voulant pas se prendre les coups en restant assis sans rien faire, se ligua contre Wicked. Faisky bloquait les attaques de Wicked, pendant que Gui lançait sournoisement des flèches sur lui, transformant Wicked en une pelote à épingles ensanglantée.

« Tu ne les arrêtes pas ? » s’enquit Lolidragon, de façon froide.

« C’est amusant à regarder, alors pourquoi y mettre fin ? » répondis-je, de la ma même façon froide.

Juste à cet instant-là, l’épée longue de Wicked se fit envoyer voler dans les airs par Fairsky, frôlant ma joue et y laissant une traînée de sang… Les trois batailleurs s’arrêtèrent pour me regarder avec du regret et du chagrin dans les yeux. J’essuyai le sang sur ma joue avec le dos de ma main, en souriant légèrement. « Vous me frappez aussi ? Intéressant ! »

En fin de compte, Lolidragon se retrouva à mâcher un guazi tout en m’observant massacrer le trio, et discutant avec moi pendant tout ce temps. « Prince, pourquoi est-ce que tu ne séduirais pas Phoenix elle aussi ? Elle n’arrête pas de gémir au sujet de Fan de jour comme de nuit ; ça frustre Nan Gong Zui, tout comme White Bird. »

« Qui est White Bird ? » De toutes mes forces, je donnai un coup de poing à Gui avec ma main droite, piétinai Wicked avec ma jambe gauche, et chatouillai Fairsky avec ma main droite.

« Oh, tu n’es pas encore au courant. Je vais te raconter tout ce qu’il s’est passé ! »

Lolidragon me raconta tout ce qu’il s’était produit durant mon absence.

« Quoi ? Rose et Broken Sword sortent ensemble ? » Je pâlis, choqué, me demandant si j’allais bientôt devoir leur offrir des enveloppes rouges1. Sûrement pas, non ? Récemment, maman n’a pas arrêté de sortir pour jouer sans arrêt et elle n’a pas écrit un seul manuscrit ; les finances de notre famille sont un désastre. Où est-ce que je suis censée obtenir l’argent pour les enveloppes rouges ? Lorsque je songeai à ça, je m’en pris encore plus violemment au trio par terre.

« Est-ce que tu es jaloux ? » Lolidragon leva un sourcil.

À ce stade, le trio presque mort sur le sol se redressa brusquement, me fixant avec des visages inquiets. Je répondis vivement : « Pas du tout ! »

« C’est une bonne chose », soupira quelqu’un sur le côté avec soulagement. Je regardai dans cette direction pour remarquer Broken Sword, Rose, et… tous les autres.

« Quand est-ce que tout le monde est arrivé ? » demandai-je stupidement.

« Ils ont commencé à se rassembler ici quand tu t’es mis à frapper le trio. » Lolidragon haussa les épaules.

Je souris maladroitement à chacun d’entre eux. « Euh, bonjour tout le monde. »

« Pffft ! » Yun éclata soudainement de rire… Hé, qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? Les gars ne lâchent pas de « pffft », il n’y a que les filles qui font ça ! Qu’est-ce que tu as, toi un adulte, à rigoler comme ça ? « Grand frère, comment se fait-il que tu deviennes de plus en plus stupide ? Au début, tu étais l’image même de la sévérité. »

Je lui envoyai un coup de pied à la volée. Tu exposes ma couverture ? Tu tiens vraiment à mourir ? Après lui avoir donné un coup de pied, je lissai mes vêtements, et fis un signe vers les quatre personnes que j’étais sur le point de présenter à tout le monde. « Voici Gu Yun Fei, un maître des barrières ; Lu Jing, une exorciste ; Sunshine, un mage ; et Kenshin, un guerrier. »

Yun, qui avait été projeté au sol par mon coup de pied, se donna un air renfrogné avant de prendre la pose d’une sirène. « Bonjour tout le monde, je suis le Gu Yun Fei que Grand frère martyrise sans arrêt. »

« Je m’appelle Lu Jing. Je suis vraiment heureuse de rencontrer tout le monde. » Jing se mit sans gêne à poser de façon mignonne devant la foule.

« Je suis Sunshine, ravi de faire votre connaissance. » Sunshine sourit de façon élégante, un peu chaleureusement.

« Kenshin », se présenta sèchement Kenshin.

Voyant qu’ils avaient tous les quatre terminé leur propre introduction, je devinai qu’il était temps pour moi de leur présenter tous les autres. Mais… Je comptai le nombre de personnes présentes, et décidai d’oublier les présentations. Je déclarai avec irresponsabilité : « Mêlez-vous entre vous lentement et faites connaissance avec tout le monde. »

« Prince, les camarades que tu as ramenés cette fois sont extrêmement talentueux ! » Grand frère Wolf me caressa la tête affectueusement.

« Évidemment qu’ils sont forts ; tu n’as aucune idée de combien de temps et d’effort j’ai investi sur eux ! » Je soupirai, les larmes à l’œil, resongeant à cette fois-là…

 

 

J’avais terminé l’escalade ardue de la plus grande montagne, le Sommet d’Azur, seulement pour trouver les trois vieux prophètes se tenant devant le monument de pierre, et me disant : « Allons ! Jeune homme, si tu nous bats, tu peux devenir le Roi des Démons… » Ah, ce n’est pas ça ! Vaincs-les, et ils me remettront un tas de bouses. Je fixai le tas du regard, le visage plein d’incrédulité, tandis que je pensais, À quoi me servirait un tas de crottin ? Je ne sème pas de grains, alors je n’ai pas besoin de fertilisant, non ?

« Le but principal de cette mission est de te remettre la Grande Pilule de Retour. Le nom du monument de pierre et les prophéties sont des extras », expliqua lentement Kenshin. Voyant l’air dégoûté sur mon visage pendant que je regardais la pile de « pilules de retour », Kenshin ajouta : « Si tu manges la Grande Pilule de Retour, tes points d’expérience vont être multipliés par dix durant une période de trois jours. »

« Oh ? C’est assez impressionnant. » Je souris gentiment aux trois vieillards. Montrer du respect envers la vieillesse était un concept qui m’était étranger à ce moment-là.

Kenshin et moi cassâmes la figure des trois vieillards avant de rapporter les bouses et le monument de pierre avec nous en bas de la montagne, retrouvant les deux personnes familières qui étaient au beau milieu d’un bon barbecue.

« Partagez-vous tous les deux ce tas de crotin, et ensuite on va se rendre à la Crique-Fantôme pour s’entraîner. » Je leurs arrachai l’aromatique viande fraîchement grillée et, ignorant leurs expressions choquées, les forçai à manger la moitié du tas chacun. Voyant qu’ils s’étaient tous les deux évanouis immédiatement après, Kenshin et moi n’eûmes pas d’autre choix que de transporter un des deux chacun et de nous dépêcher de retourner à la Crique-Fantôme.

Quand nous fûmes de retour à la Crique-Fantôme et que nous arrivâmes au sommet de la Falaise Brisée, je me débattis avec ma peur pendant ce qui me sembla être une éternité avant qu’un Kenshin impatient me fasse tomber d’un coup de pied… Après avoir secouru Sunshine, nous aidâmes Jing et Yun à s’entraîner comme des fous à la Crique-Fantôme. Avec l’aide de la Grande Pilule de Retour, ils parvinrent tous les deux à monter de près de 15 niveaux. Finalement, on se servit du tapis volant de Sunshine pour rentrer en vitesse à la Cité de l’Infini. Étant donné que j’avais peur de ne pas arriver à temps, j’avais même menacé le tapis, le forçant à voler à une vitesse vertigineuse… S’il ne le faisait pas, je l’aurais utilisé comme tapis d’entrée à la Cité de l’Infini, laissant aux passants la possibilité d’essuyer et de nettoyer gratuitement leurs chaussures dessus.

 

 

Soupir ! J’avais investi beaucoup de temps et d’efforts sur mes deux amis de longue date et sur les deux NPCs qui avaient développé une conscience de soi ! Ah peu importe, la fin justifiait les moyens.

Je cessai de me remémorer le passé et regardai tous les autres, seulement pour remarquer qu’ils avaient tous l’air frustré et semblaient pourtant ne pas savoir quoi faire. Lorsque je suivis leur ligne de vision, j’aperçus… Ice Phoenix ! Ah, je soupirai, J’ai déjà promis à Nan Gong Zui que je prendrais soin de sa sœur. En plus, Lolidragon m’as aussi demandé de prendre Phoenix sous mon aile, alors on dirait que je ne peux plus y échapper.

« Phoenix… » J’affichai une expression d’angoisse sur mon visage et marchai en direction de Phoenix.

Phoenix me cria en paniquant : « Ne t’approche pas ! »

Je m’arrêtai à mi-chemin et articulai doucement une phrase : « Je ne savais pas que tu me détestais autant. »

« Non, non, c’est juste que tu… » Phoenix ne sut pas quoi dire pendant un moment, puis elle se mit à pleurer.

J’ai réussi à faire pleurer Phoenix ! Je perdis mes moyens à mon tour. À un moment comme celui-ci, qu’est-ce que je dois faire ? Au milieu de la panique et du désordre, il me sembla entendre Lolidragon murmurer : « Va la serrer dans tes bras, imbécile. »

Grrrr ! Facile à dire pour toi ! Mais, voyant que Phoenix pleurait si misérablement, je ne pus qu’enfouir mes soupirs au fond de mon cœur et doucement aller serrer Phoenix dans mes bras, en la consolant. « Tout va bien, ne pleure pas, personne ne va te blâmer. »

Au début, Phoenix lutta dans mes bras, mais plus elle se débattit et plus je la serrai jusqu’à ce qu’elle se laisse finalement tomber dans mes bras, pleurant toutes les larmes de son corps.

« Désolée, je ne voulais pas, c’est p-parce que Fan, i-il m’a supplié, et je n’arrive toujours pas à l’oublier… » Phoenix gémit ses explications dans mes bras.

Est-ce que j’ai montré trop de merci envers Fan, pour l’avoir laissé partir comme ça ? Oui, je deviens de moins en moins sanguinaire ; la prochaine fois, je vais m’améliorer !

« Tout va bien, tu peux commencer à l’oublier maintenant. Si tu penses à lui, tu n’as qu’à simplement venir me serrer dans tes bras. » Pendant que je parlais, je caressai les cheveux longs de Phoenix. Je commençais à comprendre pourquoi les hommes aiment les filles aux cheveux longs ; c’était effectivement plaisant de toucher des cheveux longs, lisses et qui sentaient bons.

« Prince… » Phoenix enfouit timidement son visage dans ma poitrine jusqu’à-ce que seuls deux pointes d’oreilles rouges ne soient visibles.

« Hmm ? » Je levai le nez hors des cheveux soyeux de Phoenix et réalisai que je n’aurais pas dû lever les yeux, comme je remarquai immédiatement trois esprits vengeurs… Gui était retenu par grand frère Wolf avec ses jambes donnant des coups de pieds dans les airs ; Wicked était également retenu par Zui et White Bird, ses yeux injectés de sang ; Fairsky était tirée vers l’arrière par Rose et Broken Sword, tellement en colère que ses joues étaient bouffies.

Je fus pris de sueurs froides et me raidis. Phoenix le remarqua évidemment elle aussi puisqu’elle leva la tête timidement. Elle aperçut alors les trois esprits vengeurs… Son expression changea ; elle me regarda avec une résolution étrange… Ah, j’eus soudainement un très mauvais pressentiment, et alors que mes instincts n’avaient jamais eu raison pour les bonnes prédictions, ils ne m’avaient jamais trompé quand il s’agissait des mauvaises.

« Prince, si tu m’acceptes vraiment, dans ce cas embrasse-moi. » Phoenix ferma les yeux et leva la tête haute, l’image même d’une jeune fille en attente de se faire ravir.

Aahh… J’avais encore raison. L’embrasser ne serait pas un problème du tout, puisque j’ai déjà embrassé des gens plus intéressants : pour les filles, j’ai embrassé ma propre cousine ; pour les gars, j’ai embrassé le NPC du jeu, Kenshin. Quoi d’autre pourrait me faire peur ? Sauf que si je devais l’embrasser devant les trois esprits en colère, je ne connaîtrais jamais un autre jour paisible. Gui pleurerait jusqu’à-ce que la Grande Muraille de Chine s’effondre2, Wicked me ferait pleins de sermons au sujet de la chasteté des filles, et Fairsky deviendrait folle ; elle pourrait même aller jusqu’à provoquer Phoenix en duel.

Devant mon hésitation, Phoenix avait déjà rouvert ses yeux remplis de larmes, mais elle fit de son mieux pour les empêcher de couler. Comme… c’est extrêmement triste !

Je pris ma décision. N’hésitant plus, je levai son visage choqué, et l’embrassai.

« Un baiser-serpent, Prince, donne-lui un baiser-serpent, puis elle va vraiment être tienne, corps et âme. » Lolidragon semblait anormalement excitée comme elle nous encourageait sur le côté.

Un baiser-serpent ? C’est quoi un baiser-serpent3 ? Embrasser un serpent ? J’étais perplexe.

« Mets ta langue dans la bouche de Phoenix et fais la tournoyer ; c’est ça un baiser-serpent. » La voix de Lolidragon retentit dans la boîte de messages privés.

Oh… Je fis comme on me l’avait indiqué, mis ma langue dans la bouche de Phoenix et la bougeai… Enfin, quand je fus à court de souffle, je mis fin au baiser-serpent, et me léchai les lèvres, me demandant, Est-ce que Phoenix a mangé des bonbons ? Pourquoi sa bouche a-t-elle un goût si sucré ?

« Trop stimulant… » dit Lolidragon sans rien ajouter. Je lui lançai un coup d’œil, en pensant, Lolidragon, même si tu as envie d’essayer, s’il-te-plaît n’ait pas l’air aussi enthousiaste ! Garde une certaine maîtrise de toi, d’accord ?

Je baissai le regard pour voir comment Phoenix se portait, seulement pour m’apercevoir que ses yeux s’étaient déjà transformés en deux cœurs géants, et tout son corps était devenu mou, ne restant debout que grâce à l’appui de mes deux bras… Comment c’est possible ? J’ai seulement senti que c’était un peu engourdissant, et sucré ! Je me grattai la joue et décidai de ne pas y songer davantage. Tant que je pouvais séduire Phoenix pour l’éloigner de Fan, tout allait bien ! Mais je dois encore régler le problème des trois esprits vengeurs !

Je tendis une Phoenix encore pâmée à sa sœur, White Bird, et me dirigeai vers l’équipe des esprits vengeurs qui se tenaient droits comme des statues, figés au sol sous le choc de ce que je venais de faire. Tout d’abord, je marchai jusqu’à côté de Fairsky et lui souris. Elle ne put s’empêcher de sourire en retour, puis… je répétai mes actions et lui donnai un bon baiser-serpent. En regardant une autre fille aux yeux en forme de cœur dans mes bras, je ressentis tout à coup que c’était très amusant !

Je jetai Fairsky vers Rose et tournai la tête pour regarder en direction des deux hommes. Je fronçai les sourcils. Ça ne me dérange pas d’embrasser des filles, mais si ce sont des hommes… Après tout, je reste une jeune fille ; ça ne semble pas être une bonne idée de faire ça, pas vrai ? Mais, je veux vraiment savoir si je suis plus à l’aise avec le fait d’embrasser des gars que quand je le fais avec des filles.

« Prince, Votre Majesté… » Les larmes de Gui avait déjà formé deux chutes d’eau, et sa voix était remplie de douleur.

Je pensai, OK, je vais l’embrasser une fois, étant donné qu’il fait vraiment pitié… Mais, au moment où j’étais sur le point de marcher vers lui, et Gui semblait très extatique…

« Tu n’es pas autorisé à l’embrasser ; Je vais laisser de côté le fait que tu aies embrassé des filles, mais… Tu ! Ne ! Dois ! Pas ! Embrasser ! Gui ! » Les flammes de colère de Wicked étaient puissantes, presque au point de se matérialiser. Je cessai d’avancer, pour ma sécurité, et haussai les épaules à l’intention de Gui.

« Wicked, qu’as-tu contre moi ? » Les yeux de Gui étaient remplis de douleur et de colère.

« Une haine aussi profonde qu’une Mer de Sang 4 ! » Wicked le foudroya du regard en retour.

Je me retournai, ne me souciant plus du duo qui se querellait et m’étirai paresseusement, seulement pour découvrir que… j’avais faim. « Lolidragon, j’ai faim. »

Lolidragon paraissait imperturbable, comme si elle savait déjà que ça allait arriver. « La nourriture a déjà été préparée, et tu pourras te familiariser avec les nouveaux membres : White Bird, son mari Chuang Wai, “les parents” d’Heartless Wind, et ainsi de suite pendant que vous mangerez. »

« Les “parents” d’Heartless Wind ? » Je mis l’emphase sur le mot « parents ». Si je ne me trompe pas, les parents d’Heartless Wind sont les mêmes que les miens ?

« Ouais, cette fois, durant le siège, les “parents” d’Heartless Wind nous ont beaucoup aidé, en plus ils ont déjà décidé de venir s’installer dans la Cité de l’Infini », annonça Lolidragon, en insistant sur le mot « parents » comme je l’avais fait.

« … » Mes épaules s’affaissèrent. Je venais tout juste d’échapper à une tempête, et une autre arrivait déjà : je commençais à soupçonner que je n’avais pas encore fait la paix avec toutes les déités mécontentes quelque part.

Je suivis Lolidragon jusqu’à la salle à manger… et commençai à transpirer comme un fou. Quelqu’un se marie ou quoi ? Comment se fait-il que ça ressemble à une célébration de mariage !? Je ne pouvais voir que des rangées et des rangées de lanternes et de rubans, tous avec une couleur thématique rouge, et comptai des dizaines de tables rondes sur lesquels tout le monde était assis à sa place avec les yeux écarquillés d’excitation, en regardant mon entrée. Tout à coup, je me sentis comme si Lolidragon et moi étions la mariée et le marié tant attendus. Je regardai même en arrière pour vérifier s’il y avait un géant « Félicitations » affiché sur le mur derrière moi.

Qu’est-ce que… ? Voilà ce que je recevais pour avoir regardé derrière ; il est impossible de dire si le mot avait été peint en couleur ou s’il s’agissait de vrai sang. On aurait dit qu’il venait d’être écrit, car il était encore dégoulinant.

« Suzerain, voulez-vous qu’on passe en revue les opérations ou les finances de la cité en premier ? » Un visage non familier… Ça devait être la White Bird dont Lolidragon avait parlée ! Elle tenait une épaisse pile de papier, bloquant mon chemin vers ma belle table à manger, arborant une expression respectueuse mais pas trop humble.

« Mangeons d’abord ! » Je fis un geste de la main ; rien n’était plus important que ma merveilleuse nourriture.

En entendant cela, White Bird rangea les papiers dans sa main et déclara : « Oui, mon Seigneur. Dans ce cas, pourriez-vous s’il-vous-plaît annoncer le début du dîner ? »

Je me frottai le nez ; Je n’étais pas habitué à être traité si poliment. « Tout le monde, à table. »

La foule calme rugit soudainement en reprenant vie, et moi aussi j’avais hâte de m’asseoir et de profiter de mon repas exquis de… riz blanc, de filet de viande, et de soupe d’œufs ? Je clignai des yeux, mais c’était encore ces trois choses. Ça ne peut pas être… Est-ce que ce sont des entrées ? « Lolidragon, ce sont… »

« Les plats principaux. » Sachant apparemment ce que je pensais, Lolidragon répondit sans hésiter un instant.

« C’est… » Le coin de ma bouche se crispa tandis que je me rappelais que grand frère Zhuo m’avait dit quelque chose concernant les difficultés financières de la Cité de l’Infini. Mais, elles sont vraiment terribles à ce point ?

« Quel est le problème ? La personne qui a dépensée 5000 pièces de cristal pour prendre un navire en direction du Continent de l’Est n’est pas satisfaite de la nourriture ? » La voix chaleureuse de belle-sœur Yu Lian résonna, mais je me sentis comme si j’étais tombé dans une fosse de glace et n’arrivais pas à arrêter de trembler.

« Ces plats sont merveilleux ; Je n’ai pas eu une telle… telle alimentation aussi saine depuis des lustres ! » Afin de prouver ce que je disais, je levai même mon bol de riz et commençai à pelleter d’énormes quantités de riz blanc pour les flanquer dans ma bouche.

Belle-sœur Yu Lian eut une fois de plus un petit sourire. « Prince aurait dû être plutôt bien nourris pendant ce voyage, non ? »

C’est vrai… Je me mis à transpirer violemment. Tout à coup, j’eus un élan d’inspiration qui, je l’espérais, sauverait ma peau. Je pris mon sac à dos et en sortis un rubis rouge rutilant (Vous vous rappelez duquel il s’agit ? Celui sur la grande porte d’une certaine personne… Je l’avais arraché en douce juste avant de partir.) Je le présentai avec des mains tremblantes. « Belle-sœur, ce petit cadeau d’appréciation est de la part de ton petit frère, je t’en prie accepte-le. »

Belle-sœur signala à Phoenix de prendre le rubis. Phoenix… renifla le rubis avant de déclarer : « 3000 pièces de cristal. »

Hé, tu es un phoenix, pas un chien… et pourtant tu renifles ?

Belle-sœur se servit de ses yeux pour ensuite faire un signe à Lolidragon, qui jeta précipitamment ses baguettes pour annoncer d’une manière calme et digne : « Prince, en raison de la crise économique de la cité, nous avons décidé de t’envoyer gagner de l’argent. »

Je pointai mon propre nez, le visage clairement sous le choc, en songeant : Moi ? Gagner de l’argent ? Tout dépenser est plus probable… Et si… Et s’ils voulaient vraiment que je travaille en tant que quelque chose comme hôte ou prostitué ? Je pâlis et m’enquis : « De quelle manière est-ce que je vais faire ça ? »

Doll afficha tout à coup un sourire radieux : « Grand frère Prince est si beau. »

Lolidragon hocha la tête. « En plus, le nom de l’Elfe Sanguinaire est si bien connu. »

Je suis fait jusqu’à l’os, je suis fait jusqu’à l’os; ils veulent vraiment que je travaille comme prostitué ? C’est mon premier emploi à temps partiel, et je dois vendre mon corps ? Pas question, ça ne peut pas arriver ; si des nouvelles de ça se propagent, comment je suis censée, moi une jeune fille, continuer à vivre ? C’est impossible… Mais… j’observai le sourire de belle-sœur Yu Lian qui s’élargissait… Euh, au pire, je vais être une escorte masculine, vendre mon sourire et non mon corps. Je peux encore tolérer ça… Je regardai à nouveau le visage souriant de belle-sœur Yu LianEuh, tout au plus, je peux accepter de vendre mon corps à des « beautés ».

« D’après ce que raconte Lolidragon, tu chantes plutôt bien ? » demanda soudainement grand frère Wolf.

J’étais stupéfait. Est-ce que je chante bien ? Je me tournai vers pour Lolidragon, le visage rempli d’incrédulité.

« Tu n’as pas chanté “It’s My Life” devant moi auparavant ? » Lolidragon haussa un sourcil. « J’ose affirmer que, à tout le moins, tu chantes aussi bien que le chanteur d’origine. »

« Prince, chante, et je vais t’aider à jouer l’accompagnement ! » Gui leva son guqing et se mit à l’accorder.

Utilisez un Guqing pour jouer des chansons rock and roll ? Il vaudrait mieux pas, n’est-ce pas ? Même si le chanteur d’origine ne se retournait pas dans sa tombe, la corde du guqing se briserait sûrement… Mais, en regardant l’anticipation dans les yeux de la foule, j’étais trop gêné pour dire non, alors je n’eus d’autre choix que de discuter du choix de la chanson avec Gui. « Nous allons changer pour une chanson plus sentimentale, celle-là n’est pas très adaptée pour un accompagnement au guqing. »

«  Ce sera laquelle ? » me questionna Gui.

Je n’eus pas besoin d’y réfléchir à deux fois : « Les rêves veulent voler. »

Comme Gui jouait la première note, moi aussi je me plongeai dans les paroles de la chanson. J’ouvris la bouche et chantai :

Les rêves veulent voler
Voler avec des ailes ne serait plus étonnant, car les plumes sont trop douces
Les rêves sont un lourd fardeau, rien ne semble plus difficile que le décollage
Je saute, je bondis, je vais essayer
Je tombe, je suis blessé, j’ai pitié de moi-même

Traversant mon cœur et les difficultés, mais pas les sentiments,
Exécutant le dernier pas, me blessant, blessant les autres, mais je ne peux pas blesser l’éternité,
Légendes, créées par la tristesse, l’amertume, et la douleur
Atteintes seulement en voulant voler, et voler
Les rêves veulent voler

<Les Rêves Veulent Voler> par Yu Wo

J’arrêtai de chanter, pris une profonde inspiration, et revins à la réalité. Quand je rouvris les yeux, tout le monde dans le public semblait absorbé par mon chant. Je ne pus que me gratter la joue ; J’ai vraiment bien chanté à ce point ?

Belle-sœur Yu Lian fut la première à ouvrir les yeux ; ils brillaient d’une lueur d’excitation alors qu’elle disait : « On a tiré le gros lot ! »

« Hein ? » Qu’est-ce qu’elle veut dire ? Pourquoi est-ce que je me sens à nouveau si mal à l’aise, surtout après avoir repéré mes parents assis à la table sur ma gauche, ayant l’air de s’être profondément plongés dans leurs pensées ? Mon cœur se mit à battre la chamade à cette pensée.

Notes de bas de page

1 Enveloppes rouges : Elles sont principalement offertes lors de rencontres sociales ou de rencontres de familles telles que les mariages, ou lors des jours de fête comme La Nouvelle Lune de l’Année. La couleur rouge de l’enveloppe symbolise la chance et est supposée éloigner les mauvais esprits. L’acte de demander des enveloppes rouges s’appelle normalement (Mandarin): 討紅包, 要利是. (Cantonais):逗利是. Une personne mariée ne refuserait pas de répondre à cette demande, puisque ça signifierait qu’il ou elle « n’aurait pas de chance » durant la nouvelle année. Dans le but de suivre les traditions chinoises, on s’attend habituellement à ce que les couples de nouveaux-mariés soient extrêmement généreux dans le montant offert à l’intérieur des enveloppes rouges, afin de recevoir des bénédictions en vue d’un mariage heureux.

2 « …pleurer jusqu’à-ce que la Grande Muraille de Chine s’effondre » : Il y a une histoire derrière ce dicton. La construction de la Grande Muraille de Chine causait la mort de beaucoup de gens, alors les habitants de la Chine Antique n’étaient pas d’accord pour y aller. Cependant, l’empereur de cette époque a obligé des hommes à quitter leurs foyers pour aller bâtir la Grande Muraille. Une femme appelée Meng Jiang Nv venait tout juste de se marier lorsque son mari fut forcé d’aller aider à sa construction, et il mourut. La légende raconte que Meng Jiang Nv avait pleuré pendant des jours et des nuits sous la Grande Muraille après la mort de son mari jusqu’à-ce qu’une partie inachevée se mette à trembler et s’effondre.

3 Baiser-serpent : le mot baiser-serpent se prononce de la même manière que « baiser avec la langue » en chinois… ce qui est simplement, comme vous pouvez le deviner, le fait d’embrasser avec la langue. On peut dire ici que Prince a mal interprété ce que Lolidragon lui a dit et en a fait un jeu de mot.

4 « Une haine aussi profonde qu’une Mer de Sang » : Habituellement, cette phrase est utilisée pour exprimer une haine très profonde, par exemple quand l’ennemi a tué vos parents… et donc la partie sur la mer de sang. La partie sur la mer de sang peut aussi signifier que vous haïssez tellement votre ennemi que vous voulez voir son sang couler jusqu’à former une « mer ».

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