Romance RPG : Partie 8

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : Yu Wo (  )


Part Eight – traduit du chinois vers l’anglais par Doza[PR!]
Partie Huit – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Au moment où je suis arrivée ce matin, la dame de la maison d’à côté,  le monsieur à l’ouest, et une foule toute entière de villageois m’ont dit de démarrer mon voyage sur-le-champ. Autrement, je n’arriverais pas à temps pour le bal donné au château. Malgré le fait que j’aie une épée, elle ne m’a jamais donnée de conseils. En conséquence, j’ai été forcée de ramasser mon sac sur la table, de lire la carte dessinée sur l’invitation, et de partir. »

Meng narra d’un ton monotone la raison pour laquelle une personne et une épée étaient apparues dans une prairie. L’épée dépassait présentement du sac à dos de Meng. Bien que ses yeux et sa bouchent fussent exposés, venant tout juste d’être envoyé valsé dans les airs par Meng, Lin Jian Yin n’osait pas ouvrir la bouche.

« J’ai jeté un coup d’œil aux objets à l’intérieur de mon sac. Il n’y a que des rations, une jupe, et de l’argent. »

Comme elle faisait ce monologue depuis un bout de temps, Meng s’ennuyait pas mal. Son ton s’adoucit un peu, et songeant à demander son avis à l’épée, elle tourna la tête vers l’arrière pour s’enquérir : « Épée, est-ce que ce serait convenable d’assister directement au bal ? »

Quand il entendit que la voix de Meng n’était plus aussi froide qu’avant, un flot de paroles s’écoula immédiatement de Lin Jian Yin : « Bien sûr que non. Au strict minimum, tu dois soigner ton apparence. Regarde-toi, on dirait que tu as un nid d’oiseau sur la tête ou que tu as la même coiffure qu’une vieille dame. Ne mentionne même pas le prince ; tu ne serais même pas capable d’éveiller l’intérêt du vieux roi.

« Ce n’est pas que je veuille le dire, mais il y a définitivement un prix à payer pour la beauté. Le plus grand prérequis est de maintenir diligemment  ta ligne. Tu dois t’entraîner à appliquer le maquillage. Et l’entrainement final est de cultiver le bon goût en matière de vêtement. »

« Être une dame est vraiment difficile », marmonna Meng.

« Qui a dit que seules les femmes souffraient ? » Lin Jian Yin objecta bruyamment : « Le six-pack sur mes abdos et mes biceps musclés ne sont pas comme ça par nature. En plus d’aller à la gym, je n’ose pas trop manger. Même pour les casse-croûtes de minuit, je peux seulement manger des konjacs 1cuits. Afin de préserver ce beau visage sans défaut, je dois aller au salon de beauté deux fois par mois, et trouver un salon de beauté pour les hommes est bien plus difficile qu’un salon de beauté pour les femmes. Aussi… aussi, pour le maintien de ma gorge, je dois boire du Sirop de Fritillaire et de Nèfle2 à chaque repas. Je n’ose même pas manger mon ragoût épicé préféré… »

Juste au moment où il atteignait le cœur de ses protestations, Lin Jian Yin remarqua l’expression étrange de Meng. Il ne put s’empêcher de s’arrêter et de demander : «  Tu ne me crois pas ? »

Meng fronça les sourcils tandis qu’elle déclarait : « Non, je me demandais simplement où tu pouvais mettre les biceps et le six-pack. Aussi, pour un être qui n’a pas de visage, c’est vraiment difficile d’imaginer ce que tu ferais dans un salon de beauté… »

« … » Lin Jian Yin resta sans voix pendant un moment. Puis, se sentant un peu embarrassé, il répondit : « Je parlais de mon ancienne apparence. »

« Ancienne ? Tu étais un humain avant ? » questionna Meng avec curiosité alors qu’elle marchait.

Lin Jian Yin répondit avec humeur : « Sans blague !? Si je n’étais pas une personne, dans ce cas qu’est-ce que j’étais ? »

« Oh, je vois, alors ça veut dire que tu es un fantôme qui a abandonné sa vie pour forger une épée en te jetant dans la fournaise, créant l’épée avec ton propre corps. Ensuite, après que tu sois mort, tu t’es transformé en cette épée, pas vrai ? » Meng hocha la tête comme si elle avait raison. Elle soupira et eut même quelques réflexions au sujet de comment les gens ne chérissaient vraiment pas leurs vies.

« Tu as une très grande imagination… »

« Dans ce cas, à partir de maintenant, je vais t’appeler l’Épée-Fantôme, et tu dois m’appeler Meng, pas Cent Points. »

« D’accord… Attends une seconde, tu as dit Épée-fantôme ou Enfoiré de Fantôme3 ? »

« Est-ce qu’il y a une différence ? »

« Il y en a une ! »

Les deux « personnes » se disputèrent sans discontinuer, et avant qu’elles ne s’en soient rendu compte, les grandes portes de la ville apparurent dans leur champ de vision. Se tenant des deux côtés des portes, il y avait même des guerriers en armures complètes. En apercevant les lourdes lances qu’ils tenaient dans leurs mains, un brin de timidité s’empara du cœur de Meng. Elle tendit le bras vers l’arrière, sortit l’épée de derrière elle, et la pendit à sa taille. Puis, elle s’enquit : « Épée-Fantôme, entrons-nous tout de suite ? »

L’Épée-Fantôme répondit automatiquement : « Évidemment que nous entrons. De quoi est-ce que tu as peur ? Tu es si peureuse. »

Les paroles de l’Épée-Fantôme la galvanisèrent. La furie de Meng s’embrasa, et se reposant sur cette vague de colère, elle marcha à grands pas en direction des portes de la ville. Alors qu’elle passait devant les grands guerriers tenant leurs lances, Meng fut vraiment très effrayée. Elle pria intérieurement pour que ces lances ne soient pas lancées sur elle. Par chance, tandis qu’elle les dépassait, ils ne bougèrent pas d’un pouce ; sinon, Meng aurait tourné les talons et se serait enfuie la queue entre les jambes sans un regard en arrière.

Elle retourna furtivement la tête afin de jeter un coup d’œil aux guerriers en armures. Ils étaient toujours tous les deux immobiles. Meng poussa enfin un soupir de soulagement.

« Hé ! »

Meng sursauta. Elle se dépêcha de se retourner pour voir si les guerriers la hélaient. L’Épée-Fantôme, qui reposait dans ses mains, déclara d’un ton maussade : « C’est moi qui t’appelle. »

Les yeux de Meng devinrent ronds comme des soucoupes. Elle lui demande : « Pourquoi est-ce que tu m’as fait peur ? »

« Qui t’a fait peur ? » Lin Jian Yin roula des yeux à l’adresse de Meng. C’était aussi le seul geste qu’il pouvait faire. « Je voulais te dire : rendons-nous d’abord au palais pour voir de quoi à l’air le prince. S’il est moche et bizarre, alors tu ferais aussi bien de laisser tomber et de trouver quelqu’un d’autre. »

Comme Meng réfléchissait à la question, elle ne put trouver de meilleure idée que la sienne. Elle hocha la tête et avança directement vers la cible évidente, le palais impérial. En chemin, l’Épée-Fantôme faisait constamment un tapage énorme. Quand ils passèrent devant un magasin de vêtements, ses yeux brillèrent en regardant les vêtements dans la vitrine.

« Wow, regarde ça, la robe de bal affichée est vraiment belle. Entrons pour y jeter un coup d’œil, d’accord ? »

Les yeux de Meng ne dévièrent pas de leur cible. « Nous allons nous rendre au palais royal en premier. »

Ensuite, ils dépassèrent une bijouterie.

« Là-bas, là-bas ! Regarde, ce collier de perles est très élégant. Qu’est-ce que tu dirais qu’on entre pour jeter un regard aux alentours ? »

« Trouver le prince en premier. »

« Cette paire de talons hauts d’un blanc pur est simplement trop magnifique… »

« Palais. »

Après avoir été rejeté trois fois, l’humiliation de l’Épée-Fantôme se transforma en rage, et il jura : « Garce, tu es vraiment ennuyeuse. »

« Épée de merde, tu passes beaucoup trop de temps à jacasser ! C’est toi qui as dit de nous diriger vers le palais en premier. Maintenant, à un moment tu veux regarder des  vêtements, à l’instant d’après tu veux jeter un coup d’œil aux chaussures. Tu ressembles encore plus à une femme que moi. » Meng lui jeta une remarque sarcastique en pleine tête.

L’Épée-Fantôme refusa naturellement de lui donner le dernier mot. « C’est toi qui n’est pas féminine ! »

« Tu es celui qui n’est pas viril ! »

Notes de bas de page

1Konjac/Konnyaku/Langue du Diable : C’est une plante cultivée comme légume et basse en calorie (utilisée dans la farine et les nouilles / aussi consommée en gelée).

2Sirop de Fritillaire et de Nèfle : Un médicament traditionnel chinois contre la toux.

3« Épée »-Fantôme et « Enfoiré » de Fantôme : Voir partie 5. « Épée » Fantôme et « Enfoiré » de Fantôme ont la même prononciation en chinois, « jian ».

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