La Légende du Chevalier du Soleil T3C9 : Ramène La Princesse Au Château

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 : À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : 我 (Yu Wo)


Chapter 9: Bring the Princess Back to the Caslte – traduit du chinois à l’anglais par Nausicaä[PR!]
Chapitre 9 : Ramène La Princesse Au Château – traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta

Cette personne se tut un moment, mais ne démentit pas le nom que j’avais crié ou les paroles que j’avais proférées. Elle ajouta doucement : « Sun, relâche cette fille. C’est moi qui ai tué Leaf. C’est donc moi que tu devrais attaquer à la place. »

Je répondis froidement : « L’arme qui a tué Leaf était la rapière d’un chevalier noir. »

« Je lui ai dit de le faire », admit-elle franchement, avant d’expliquer : « Si nous ne l’avions pas tué, nous n’aurions pas été capables d’échapper à nos poursuivants, c’est-à-dire toi et tes équipiers. »

En entendant cette explication, je lâchai à travers mes dents serrées : « Je pensais que tu comprenais ma façon d’être. »

Rose lâcha un petit rire qui résonna comme des clochettes en argent et répondit : « C’est parce que je te comprends si bien que j’ai tué Leaf. Même si tu avais su que la Résurrection pouvait être utilisée dans les huit heures suivant la mort, pendant lesquelles tu aurais pu soigner le Fils du Dieu de la Guerre et les autres, les emmener avec toi pour nous vaincre, et après ressusciter Leaf, tu ne l’aurais définitivement pas fait. À tes yeux, il n’y a rien de plus important que tes camarades Chevaliers Sacrées, pas même une princesse. »

« Alors tu dois savoir », hurlai-je avec fureur, « que quiconque ayant tué mes Chevaliers Sacrés devra mourir ! »

Rose se tut pendant un long moment, avant de me répondre le plus sincèrement possible : « Ne te bats pas contre moi, Sun. Tu dois te douter de ce que je suis. Je ne peux pas mourir. C’est inutile, même si tu détruis ce corps. »

En effet, je savais que Rose étais une liche.

J’avais précédemment mentionné les sorcières, et on pouvait presque dire qu’une liche était une version supérieure d’une sorcière, une créature maléfique en laquelle les humains se transformaient pour toutes sortes de raisons. Cependant, une sorcière pouvait quand même mourir, tandis qu’une liche était plus ou moins immortelle. Les liches abandonnaient leur chair, plaçaient leur « vitalité » dans un endroit sûr, et contrôlaient à partir de là différents objets pour s’en servir comme corps.

Par rapport à une sorcière, une liche était incomparablement plus puissante. Dans un premier temps, pour être en mesure de compléter avec succès la cérémonie visant à se changer en liche, on devait être un mage ou un guérisseur extrêmement puissant, même avant de renaître sous forme de liche. En plus de cela, elles atteignaient l’immortalité en mourant. On pouvait dire que de s’en faire un ennemi était l’action la moins judicieuse qui fût, car personne ne voudrait avoir à faire face à une liche surpuissante qui ne savait pas ce qu’était la mort.

Même si je tuais Rose, le mieux que je pusse accomplir serait la destruction de son corps actuel, et elle pourrait simplement aller en chercher un nouveau.

Je pris une profonde respiration et déclarai : « Dans ce cas, au nom de notre ancienne amitié, je me contenterai de tuer le chevalier noir. »

Paraissant un peu embarrassée, Rose répliqua : « Ne le tue pas non plus, Sun. C’est l’ “Aigle Silencieux”, c’est-à-dire qu’il est à la tête des Chevaliers Noirs de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. En tant que Chevalier du Soleil du Dieu de la Lumière, tu dois avoir entendu ce titre auparavant. »

J’en avais en effet entendu parler. Bien que l’Aigle Silencieux ne fût pas le porte-parole de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre, il était de facto l’administrateur en charge des affaires politiques. …Enflure ! Les administrateurs ne sont-ils pas censés être vraiment occupés ? Comment a-t-il eu le temps d’aller courtiser une princesse ?

Rose continua : « Si tu le tues, tes problèmes vont seulement empirer. Malgré le fait que la Cathédrale du Dieu de l’Ombre ne soit pas nécessairement plus puissante que l’Église du Dieu de la Lumière, leurs membres sont extrêmement vindicatifs. Quand le moment viendra, ils ne seront pas forcément capables de te tuer, mais ils trouveront forcément une chance pour assassiner un des Douze Chevaliers Sacrés en guise de châtiment. Tu ne voudrais pas qu’un autre des Douze Chevaliers Sacrés perde la vie, n’est-ce pas ? »

Je lui répondis avec indifférence : « Tu n’arrêtes pas de dire “ils” et “leurs”. Es-tu en train de me dire que tu ne fais pas partie de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre ? »

Rose renifla avec dédain et affirma : « Qui se compterait parmi ses propres serviteurs ? »

En entendant cela, je fronçai les sourcils, ne comprenant pas réellement le sens derrière les paroles de Rose. Néanmoins, j’avais le sentiment que j’étais très proche de découvrir un gros secret de la Cathédrale de Dieu de l’Ombre. Pourtant, je n’avais pas envie de m’aventurer dans ces eaux tumultueuses ; comme Rose l’avait déjà fait remarquer, la Cathédrale du Dieu de l’Ombre était très vindicative, et connaître ce secret n’était pas forcément une bonne chose.

Après avoir pesé le pour et le contre pendant quelques instants, je me retournai et balançai un coup de pied au chevalier noir. Il poussa un gémissement en reprenant conscience. Je lui demandai : « Ton nom ? »

Le chevalier sombre leva la tête et jeta un coup d’œil d’abord à Rose, qui flottait dans les airs, avant de diriger son regard vers moi. Après un certain temps, il répondit : « Je n’ai pas de nom. À partir du moment où je suis devenu l’Aigle Silencieux, je n’ai plus porté de nom. Puisque tu es celui qui m’a vaincu, peut-être voudrais-tu m’en donner un ? »

J’étais stupéfait. Je l’ai vaincu ? Le menacer avec un otage compte aussi ? 

Ce chevalier noir de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre est franchement bizarre… Je ricanai sinistrement et décrétai alors : « Dans ce cas, tu t’appelleras Attendsun ! Je ne vais pas te tuer maintenant, mais éventuellement je te ferai payer le prix pour avoir osé plonger une lame dans la poitrine d’un des Douze Chevaliers Sacrés… Attends, et tu verras ! La Cathédrale du Dieu de l’Ombre est peut être vindicative, mais ce Chevalier du Soleil est dix fois plus rancunier ! »

« Attendsun… D’accord, à partir de maintenant, on m’appellera Attendsun », acquiesça Attendsun, en acceptant le nom que je venais de lui donner.

J’ignorai le chevalier noir bizarre et dis en direction du ciel : « Rose, as-tu l’intention de revenir à la Cité du Bourgeon ? »

« Je devrai y retourner tôt ou tard », répondit Rose avec une honnêteté inattendue. « J’ai des affaires à traiter là-bas, donc je dois y aller. »

J’hochai la tête et concentrai brusquement une grande quantité de lumière sacrée dans l’Épée Divine du Soleil avant de la rediriger vers le ciel, où elle transperça sans faillir la petite silhouette qui flottait dans les airs.

Rose lâcha un cri étouffé, avant de murmurer d’une voix peinée : « Sun, tu… »

Je lui répondis froidement : « Je suis las de regarder une fillette. Va te trouver un nouveau corps avant de revenir. »

Son corps commença lentement à tomber en cendres, et elle déclara avec un sourire amer : « Pour qu’un corps puisse être utilisé à long terme, il doit passer par un traitement très long et très rigoureux… Tu te venges vraiment durement. »

J’hochai la tête et lui répondis : « Ça va tant que tu comprends. La prochaine fois, tu auras appris à être plus obéissante. Dans tous les cas, ne touche pas à mes Chevaliers Sacrés. »

Rose marmonna : « Si j’avais su que tu nous rattraperais si facilement, je ne t’aurais jamais contrarié… Après toutes les épreuves que j’ai dû traverser, qu’est-ce que j’ai gagné au final ? Où suis-je censée aller trouver un corps maintenant ? Soupir… Attendsun, tu m’as vraiment causé du chagrin cette fois ! »

« Mes plus sincères excuses », répondit Attendsun, et malgré les blessures qui couvraient son corps, il réussit quand même à s’agenouiller et à incliner la tête jusqu’au sol.

Son comportement me surprit grandement. Il semblerait que la place de Rose dans la Cathédrale du Dieu de l’Ombre fût encore plus élevée que je ne le pensais après tout.

Rose écarta ses excuses avec une générosité surprenante en disant : « Oh bon, oublions ça, donne la princesse à Sun. Tu peux rentrer à la Cathédrale du Dieu de l’Ombre et aller honorablement demander sa main à la reine du Royaume de l’Orchidée Lunaire. Après tout ce qu’il s’est passé, je doute que le Fils du Dieu de la Guerre veuille encore épouser ton Alice. »

« Mais… » commença Attensun avec une certaine inquiétude.

Rose l’interrompit : « Ne t’inquiète pas, maintenant qu’il sait que toi et moi sommes les seuls responsables de la mort de Leaf, il ne tuera pas la princesse. Même si ce type ne ressemble en rien à un chevalier, au fond de son cœur il possède toute de même un petit zeste de chevalerie… N’est-ce pas ? Du moins, c’est ce que je pense. »

Sur ces mots, Rose finit de se dissoudre.

Je roulai des yeux dans la direction dans laquelle elle avait disparu. Si tu vas mourir, dépêche-toi de le faire ! Qui aurait cru que tu avais encore autant d’âneries à raconter… et toi, une liche qui est la plus malfaisante des créatures, tu t’es même démenée pour rappeler à ce Chevalier du Soleil d’honorer les codes de la chevalerie ! N’y a-t-il plus aucune différence entre le bien et le mal dans ce monde !?

À ce moment-là, Attendsun se plaça devant Alice et s’agenouilla devant moi en me suppliant : « Mon seigneur, je vous en supplie, ne tuez pas Alice. C’est moi qui ai tué le Chevalier de la Forêt. Tout est de ma faute. »

« Non ! » Alice se précipita immédiatement devant Attendsun, en se servant de son corps frêle pour le protéger, et plaida : « S’il-te-plaît, ne le tue pas. Tue-moi à la place. C’est moi la responsable : je n’aurais pas dû m’enfuir de la maison. Par pitié, ne tue pas mon Aigle ! »

Attendsun enroula tout de suite ses bras autour de la princesse, déterminé à la protéger, mais elle se débattit désespérément pour se libérer. D’une voix torturée, il s’écria : « Alice ! Ne sois pas comme ça. »

« Aigle ! » hurla Alice, les yeux pleins de larmes. « Je ne peux pas continuer à vivre si tu meurs. Même si tu me protèges, ce sera inutile. »

« Alice… » dit Attendsun, la voix chargée de sanglots. Devant le pouvoir de l’amour, même un chevalier noir sans émotion pouvait verser des larmes.

Me retrouvant face à ces deux-là, qui pleuraient toutes les larmes de leurs corps, j’étais un peu sidéré. Jamais dans ma vie je n’aurais imaginé entendre ces paroles qui sonnaient comme si elles étaient directement extraites d’un roman à l’eau de rose ultra-classique. Et, pourquoi avais-je l’impression d’être le grand méchant tentant de séparer deux amants tragiques par la force ?

Vous plaisantez, j’espère ? Je suis le chevalier venu secourir la princesse, vous vous rappelez !?

Mon seigneur, les trois heures de la transformation sont écoulées. Souhaitez-vous employer davantage de sang pour maintenir la transformation ?

Je répondis plutôt faiblement à la Brigandine Sainte du Dragon : « Non. En un mois, je me suis déjà transformé trois fois. Si je continue sur cette voie, je vais vraiment devenir anémique. Cela dit, même si je conservais ma transformation, le duo pleurnicheur rend le maintien d’une intention meurtrière quasiment impossible pour qui que ce soit. »

Après avoir dissipé mon déguisement, la première chose que je fis fut de menacer des gens.

« Il vous est strictement interdit de révéler ma véritable identité. Il vous est également défendu de parler de mon déguisement d’assassin, sinon… »

Alice était probablement déjà terrifiée par moi. Elle serra fermement son bien-aimé dans ses bras et hurla sauvagement : « Je ferais tout ce que tu voudras tant que tu ne tues pas mon Aigle ! »

Avant d’entendre la réponse du chevalier noir, je pris un moment pour sentir les alentours, et réalisai que l’élément de ténèbres provenant de son corps s’écoulait très rapidement. Il semblerait que ses blessures fussent vraiment sérieuses. Si je le laisse partir dans cet état, il y a de fortes chances qu’il meure sur le chemin du retour, euh…

Je lançai un sort de Soin Ultime et guéris la majorité des blessures du chevalier noir.

Probablement parce qu’ils étaient tous les deux choqué par ma bonté, Attendsun et Alice restèrent silencieux. Prenant garde à maintenir un air de mystère autour de moi, j’ordonnai avec insouciance : « Fiche le camp. Je vais escorter ta princesse jusque chez sa mère sans toucher à un seul des cheveux sur sa jolie petite tête. »

Attensun hésita, réticent à partir. Très précautionneusement, il s’enquit : « Si j’avais bougé tout à l’heure, auriez-vous réellement coupé la main de la princesse ? »

« Oui. Dans le cas contraire, tu aurais fait la même chose pour moi », répondis-je promptement.

Attendsun se tut et ne parut pas décidé à partir.

Je poursuivis : « Cependant, après m’être servi de la princesse pour te neutraliser et te fracasser en mille morceaux, j’aurais rattaché sa main au reste de son bras. »

En réponse, Attendsun lâcha un profond soupir et répondit : « Je vous crois, mon seigneur1. »

Il n’y a aucun problème à me croire, mais qu’est-ce que c’est que ce « mon seigneur » Pourquoi est-ce que tu me montres autant de respect ? Un peu dépassé, je m’interrogeai. Ce type n’est pas en train de me mettre sur un piédestal comme son ennemi ultime ou quelque chose de ce genre, n’est-ce pas ?

Attendsun annonça à la princesse : « Alice, attends-moi, je vais assurément venir demander ta main. »

D’un ton suggérant qu’elle se sentait profondément lésée, Alice répliqua : « Mais, ne m’avais-tu pas dit que l’Aigle Silencieux ne pouvait pas se marier ? Nous nous sommes enfuis parce que la Cathédrale ne t’aurait jamais autorisé à te marier… »

Attendsun ricana avant de répondre : « Puisque “cette personne” m’a déjà commandé de te demander en mariage, personne à la Cathédrale n’osera s’y opposer. »

Cette personne ? Se réfère-t-il à Rose ? Je fronçai des sourcils à nouveau. Qui est Rose au juste ?

Après cela, les deux jeunes amants exprimèrent leur amour immortel. Même après s’être offerts les 29 kilomètres d’adieu2, ils ne voulaient toujours pas se séparer. Leurs singeries me donnaient vraiment envie de m’avancer pour leur donner à chacun un gentil coup d’épée et les expédier au paradis des amants liés-jusqu’à-ce-que-la-mort-les-sépare.

Je grognai vicieusement : « Attendsun, si tu ne te dépêches pas de faire soigner le reste de tes blessures, tu perdras tellement de sang que tu ne vivras même pas assez longtemps pour prononcer une demande en mariage. »

Sur ces paroles, Alice pressa diligemment son bien-aimé pour qu’il parte, et seulement à ce moment-là Attendsun se décida-t-il à nous quitter.

Alice continua d’observer le dos de son amant, et seulement après ce qui paraissait avoir duré des siècles, accepta-t-elle volontairement de se détourner et de me regarder pour me demander : « Allons-nous voler pour rentrer à présent ? »

« Tu penses que je peux voler ? » répondis-je d’un ton hargneux. Je mesurai Alice du regard et la questionnai : « Quel est ton niveau de magie ? »

« Avancé », répondit Alice craintivement.

Il semblerait qu’elle me prît pour un genre de bête féroce terrible. Sa personnalité était très différente de celle de sa sœur. Même si Anne avait peur de moi, elle viendrait plutôt m’affronter, haches à la main, que de rester cloîtrée dans sa peur.

Je souris faiblement : « Très bien. Dans ce cas, avant que Leaf et les autres n’arrivent, tu vas m’apprendre tout ce que tu sais sur la magie du vent. »

« T’apprendre ? » demanda Alice, choquée. « Comment pourrais-je t’enseigner quoi que ce soit ? Ta magie est beaucoup plus puissante que la mienne ! »

Je ne pouvais pas vraiment lui avouer que, à part la magie des ténèbres qu’Aldrizzt m’avait enseignée, je ne connaissais pas une seule incantation, n’est-ce pas ? De toute façon, je ne pouvais pas être sûr qu’elle ne se glisserait pas derrière moi quand je n’y ferais pas attention et qu’elle n’emploierait pas sa magie pour m’envoyer rencontrer le Dieu de la Lumière.

Je réfléchis un moment et, prenant note du fait que je la terrifiais affreusement, adoptai délibérément l’attitude la plus désagréable possible et beuglai : « Pourquoi est-ce que tu poses des questions ? Je te dis de m’apprendre, donc c’est exactement ce que tu vas faire ! »

Tremblotant de tous ses membres, Alice couina un petit « Oui ». Elle avait l’air d’une jeune mariée pathétique se faisant abuser par sa belle-mère.

Mais, je ne veux pas être une méchante belle-mère, songeai-je avec désarrois. Comment secourir une princesse peut-il avoir tourné en une belle-mère abusant de sa jeune belle-fille ?

Je suis un Chevalier Sacré, pas une belle-mère !

Alice pleurnicha comme elle suppliait : « S’il-s’il-te-plaît, ne te fâche pas, je vais t’apprendre correctement, je ne vais plus rien demander, je ne poserai plus jamais de questions, bou-hou-hou … Aigle ! J’ai tellement peur … »

Je suis un Chevalier Sacré. Je suis venu secourir la princesse, pas martyriser la princesse !

« Aigle… Bou-hou ! Viens me sauver… »

« Cesse de pleurnicher  » lui grognai-je.

« Bou-hou ! » Alice se tut enfin et s’évanouit immédiatement.

 

 

Dans les jours qui suivirent, la princesse et moi fûmes confrontés à de sérieux problèmes…

Bien qu’Attendsun eût laissé une tente, ni le Chevalier du Soleil ni la princesse ne savaient monter une tente.

Bien qu’Attendsun eût laissé du bois, ni le Chevalier du Soleil ni la princesse ne savaient préparer un feu de camp.

Bien qu’Attendsun eût laissé des provisions, ni le Chevalier du Soleil ni la princesse ne savaient cuisiner sans tout brûler.

Je me retrouvais donc à supplier les cieux, mon cœur emplit de regrets infinis. Si j’avais su ce qui allait arriver, j’aurais gardé Attendsun avec nous. Qu’étais-je censé faire avec cette princesse, cette chose franchement inutile, qui n’avait rien à offrir à part son joli visage ?

« Attendsun est beaucoup mieux que toi. Il sait comment monter une tente, démarrer un feu, et griller de la délicieuse viande pour que je mange ! »

Alice avait tellement faim qu’elle en oubliait même d’avoir peur de moi, tandis qu’elle pleurait et criait : « Tu es juste un chevalier inutile avec un beau visage… Non, Attendsun est cent fois plus beau que toi ! Ouiiiiin. Tu n’es qu’un bon à rien, et tu n’es même pas beau ! Je veux retourner aux côtés d’Attendsun …  Attendsun ! »

« C’est lui qui est ridiculement beau ! Ce n’est pas que je sois moche ! »

J’étais aussi affamé qu’elle, et cela ne contribuait en rien à améliorer mon humeur. Je la rejoignis dans les plaintes et les cris : « Comme si tu pouvais parler ! Pourquoi ton Sort de Vol est-il si nul ? Aldrizzt peut voler jours et nuits, et pourtant tu dois te reposer une journée entière après avoir volé pendant trois heures ! Sans mentionner le fait que tu voles tellement lentement ; ce n’est guère étonnant que nous ne soyons pas encore rentrés ! »

D’une voix une octave plus haute que la mienne, Alice hurla : « Je ne sais même pas qui est cet Aldrizzt ! D’abord, les mages de niveau avancé ne peuvent voler que pendant trois heures, et c’est la vitesse qui compte dans tous les cas ! Ouuuiiiiiin ! Attendsun ! Un sale type m’embête, alors pourquoi n’es-tu pas encore venu me sauver !? »

Ça m’énerve !

J’hurlai : « Ferme-la ! Je te préviens, je t’interdis de révéler à qui que ce soit que je peux me servir de la magie, quand nous serons rentrés. »

Et alors, je violai joyeusement mon statut de chevalier et commençai à employer de grandes quantités de pouvoir magique.

Il pleuvait et nous ne pouvions pas monter une tente ? Bien. J’utilisai la magie pour creuser une caverne directement dans le flanc de la montagne pour y dormir.

Nous avions faim et ne pouvions pas installer de broche pour faire cuire la viande ? Pas de problème. Je rassemblai l’élément du vent et fis léviter la viande directement au-dessus du feu.

La viande brûlait ? Pas d’inquiétude. Je plaçai la viande un peu plus loin et la fis cuire lentement. Tôt ou tard, elle sera bien cuite, et sans être brûlée !

Alice s’assit dans la caverne, grignotant la viande rôtie en disant vaguement : « Je suis désolée, j’avais tort. Tu es un peu utile, bien que pas beau. »

Tandis que j’agressais sauvagement la viande, je serrai les dents en lui répondant : « C’est ton sens de l’esthétique qui est perturbé ! Tu as regardé Attendsun trop longtemps, et donc ta perception de la beauté est foutue. Tu devrais prendre garde : si tu continues à trop le regarder, bientôt tu ne seras même plus capable de regarder ton reflet dans une glace. »

Alice fut tellement choquée qu’elle laissa tomber sa viande sur le sol, et elle se mit à hurler, complètement paniquée : « Balivernes ! Je suis la femme la plus belle du royaume, même si je n’ai pas mis de maquillage depuis quelques jours… Je suis toujours très belle, n’est-ce pas ? N’est-ce pas ? » Alors que les derniers mots quittaient sa bouche, elle était tellement submergée par l’inquiétude qu’elle paraissait être au bord des larmes.

Je restai silencieux un moment, mais en l’entendant commencer à sangloter, je la réconfortai en lui disant : « Oui, oui, tu es toujours très belle ! »

En entendant cela, elle laissa un petit sourire apparaître à travers ses larmes et, dans un renversement soudain des rôles, commença même à me rassurer : « D’accord, tu es aussi très beau. Au moins, la couleur de tes yeux est magnifique, ne perdant pas par rapport à Attendsun, et tu as une peau vraiment belle… »

Sur cela, elle toucha en fait mon visage et s’exclama de surprise : « Elle si douce et lisse ! Comment fais-tu pour la maintenir… Non, attends, tu es un homme, ne me dis pas que c’est naturel ? C’est injuste ! »

À la vitesse de l’éclair, je récitai : « Du lait fermenté mélangé à 10 gouttes de jus de citron, pressé avec un extrait fait à partir de trente roses ainsi que le jus de dix fleurs de lavande. Mélange le tout avec un peu de farine : applique sur tout le corps, fait fumer le masque sur ta peau pendant une heure, et répète le processus au moins une fois par semaine. »

« …Tu me répèteras tout cela, quand nous serons rentrés. Là, maintenant, je n’ai rien pour noter. »

Je lui proposai : « Si tu joues correctement le rôle de la princesse secourue et ne révèle ma véritable personnalité à personne, quand le moment sera venu, je te dévoilerai tous les secrets de soin et d’éclaircissement de la peau que je possède. Je te garantis que, quand Attendsun viendra faire sa demande en mariage, ta peau sera aussi blanche et douce qu’une celle d’un bébé. »

Alice répondit, soudainement très excitée : « Marché conclu ! »

 

 

La pluie continua à tomber par intermittence durant les jours qui suivirent. Comme je n’étais pas sûr de pouvoir trouver un autre morceau de montagne dans la forêt pour y creuser une caverne, j’estimai que nous pouvions aussi bien rester dans celle-ci et attendre que les secours arrivent. Effectivement, avant que le temps ne se fût seulement éclairci, je sentis que Leaf et les autres étaient déjà bientôt arrivés.

Trois d’entre eux avaient un élément sacré très puissant. L’un était Leaf, quant aux deux autres… L’un d’eux possédait un élément de l’eau très important, donc c’était probablement Ice. L’autre avait un élément du métal très imposant, mais également beaucoup de l’élément de la terre, donc ce n’était probablement pas Metal. Cette composition des éléments devait appartenir au… Chevalier de la Pierre !

Membre des Douze Chevaliers Sacrés, il appartenait à la Cruelle faction au Cœur de Pierre et était connu pour son obstination, qui était aussi solide et immuable qu’un rocher. On disait que briser son crâné était simple, mais que briser son obstination était plus difficile que de renverser l’Église du Dieu de la Lumière.

…Du moins, c’était ce que tout le monde sur le continent croyait. Cependant, cette génération du Chevalier de la Pierre était légèrement différente… Il était en réalité une personne très amicale et avec laquelle il était facile de bien s’entendre.

J’avais entendu dire que le précédent Chevalier de la Pierre l’avait éduqué pendant trois ans, mais avait été incapable de le rendre plus têtu. Découragé, son maître avait prévu d’abandonner et de le remplacer par un chevalier de rechange. (Tous les Douze Chevaliers Sacrés n’avaient pas été suffisamment étourdis au point d’oublier de choisir un chevalier de rechange.)

Mais, à part le fait qu’il refusait de devenir plus têtu, cet Apprenti-Chevalier de la Pierre n’avait rien fait de mal. Ce fut difficile de trouver une raison suffisamment convaincante pour le remplacer, et donc la controverse avait duré pendant six bon mois, jusqu’au jour de la décision finale, où il devait été décidé s’il restait ou s’il partait…

Mon maître, le Chevalier du Soleil à l’époque, était entré dans la salle où se tenait l’audience et avait déclaré en soupirant légèrement : « Même s’il est forcé de quitter le Temple Sacré, il refuse de devenir une personne têtue ? Dire qu’il y aurait une personne refusant obstinément de devenir obstinée… Soupir ! Quel enfant têtu, en effet ! »

D’après ce que j’avais entendu de mon maître, après qu’il eût prononcé ces mots, les centaines de personnes présentes dans l’audience avaient toutes affichées la même expression, ce qui en faisait un des plus rares spectacles ayant existé.

J’avais demandé à mon maître quelle était exactement cette expression. Il y avait réfléchi un moment, puis avait tracé le caractère « 囧 »3, et m’avait dit d’imaginer des centaines de personnes devant moi, présentant toutes cette expression. Après m’être représenté la scène dans mon esprit, j’en étais arrivé à la conclusion qu’il s’agissait en effet de l’un des plus rares spectacles ayant existé.

Après cela, l’Apprenti-Chevalier de la Pierre resta, et plus personne n’osa proposer de le remplacer.

Après y avoir réfléchi un moment, je compris pourquoi Judgment avait envoyé Stone.

Parmi la Cruelle faction au Cœur de Pierre, le Chevalier de la Pierre est le seul expert en diplomatie. Bien que le Chevalier de la Tempête, de la Bonne faction au Grand Cœur, fût meilleur, s’il quittait le Temple Sacré, il y avait une chance assez importante que la moitié des activités du Temple s’écroulent. Donc, Stone avait été envoyé à sa place afin d’aider Leaf à régler les problèmes diplomatiques entre le palais et le Monastère du Dieu de la Guerre.

Si Leaf était autorisé à s’occuper de la diplomatie, il ne serait pas capable de faire autre chose que d’acquiescer à toutes leurs requêtes.

Quant à la raison pour laquelle Ice était là, c’était encore plus simple. Ice était très fort, et si nous devions en arriver à échanger des coups avec le Royaume de l’Orchidée Lunaire et le Monastère du Dieu de la Guerre et avions à nous enfuir, avoir Ice avec nous augmentait sensiblement les chances de nous en sortir vivants…

« Sun ! »

Leaf se précipita dans la caverne, attrapa mes épaules et commença à me secouer violemment : « Sun ! Sun ! Tout va bien ? Tu vas bien ? C’est merveilleux ! Oh, Oh ! La princesse Alice n’est pas blessée non plus… Merci, mon Dieu ! »

Il paraissait être dangereusement proche de l’évanouissement.

Cela me fit me sentir soudainement plutôt coupable. Il semblerait qu’il s’inquiétait de beaucoup de choses depuis que nous avions commencé notre voyage… Il était vraiment la mère de la Bonne faction au Grand Cœur…

« Ne pleure pas, je vais parfaitement bien », lui assurai-je. « Regarde, la princesse a été sauvée, elle aussi. »

Leaf dit, presque en pleurant : « Mais, tes yeux… »

Je roulai des yeux et lui répondis brusquement : « Mes yeux vont bien. Tu t’inquiètes trop, maman Leaf. »

« Capitaine-Chevalier du Soleil, j’espère que tu te portes bien depuis notre dernière rencontre. »

Je tournai la tête en direction de l’entrée de la caverne, d’où provenait la voix du Chevalier de la Pierre. Derrière lui suivait le Chevalier de Glace, qui restait, comme à son habitude, complètement silencieux, contrairement au Chevalier de la Pierre.

J’affichai un sourire typique du Chevalier-du-Soleil et répondis gracieusement : « Puisse l’éclat du Dieu de la Lumière toujours briller sur toi, mon frère Stone. »

Stone me fixa du regard et demanda ensuite : « Sun, combien de doigts ai-je levés ? »

« …Avec le Dieu de la Lumière comme témoin, la réponse est zéro, comme le contenu de ton cerveau ! » répliquai-je grincheusement. Il semblerait que Leaf leur eût déjà raconté l’histoire déchirante sur comment j’étais devenu « aveugle » ou quelque chose comme ça.

« En effet, c’est exacte. » répondit Stone avec un éclat de rire. Il déclara à Leaf : « Leaf, tu t’inquiètes trop. Sun va très bien. »

Après un très long silence, Leaf émit finalement un « hmm », mais je ne savais pas s’il croyait réellement que mes yeux allaient bien.

Peu de temps après, Mike, Anne et Austin arrivèrent à leur tour, suivis par une escouade de guerriers. Au moment où ils entrèrent, Anne s’écria « Alice ! », courut aux côtés de sa sœur, et lui demanda anxieusement : « Est-ce que cet ignoble scélérat méprisable t’a fait quelque chose ? Est-ce qu’il t’a frappée ? Est-ce qu’il a essayé de manger ton tofu4 ? »

« Anne, que racontes-tu là ? » lui reprocha gentiment Alice. « C’est grâce au Chevalier du Soleil, qui m’a sauvée des malfaiteurs et qui a scrupuleusement pris soin de moi depuis, que j’ai été capable de m’échapper indemne d’une situation dangereuse. C’est un noble chevalier. Tu ne dois pas l’insulter. »

Le silence tomba. Avec de grandes difficultés, Anne répéta lentement : « Sun est un… un noble chevalier ? »

L’effet éclaircissant des masques pour la peau avait vraiment eu un effet miraculeux : ils m’élevaient instantanément d’un ignoble scélérat méprisable à un chevalier au noble esprit.

« Oui. » Alice se leva, et d’un ton impérieux, appela : « Serviteurs ! »

À son appel, les dix personnes se tenant à l’entrée de la caverne la remplirent immédiatement. Il semblerait que certains des domestiques du palais fussent également venus.  Ils défilèrent jusqu’à la princesse et procédèrent à la présentation de serviettes, enroulèrent un manteau propre sur ses épaules et arrangèrent même ses cheveux.

Durant toute la session de maquillage d’Alice, Mike ne prononça pas un seul mot. Évidemment, je pouvais très bien comprendre pourquoi il ne disait rien. D’après ce que j’avais saisi de la conversation entre Anne et Leaf, j’avais appris qu’Alice les avait attaqués. Si j’étais Mike, je n’aurais probablement pas non plus arboré une expression très plaisante.

D’une manière extrêmement courtoise, le Chevalier de la Pierre me demanda : « Capitaine-Chevalier du Soleil, nous venons tout juste d’arriver et ne connaissons donc point la situation actuelle. Pourrais-tu partager toute pensée que tu aurais concernant la suite des événements ? »

Sans hésitation, je lui répondis : « Nous pourrons discuter de cela quand nous serons rentrés. »

Stone souligna : «  Le Capitaine-Chevalier du Soleil vise toujours dans le mille avec ses mots. Je pense que personne n’a d’objection ? »

Ça n’a rien à voir avec « viser dans le mille ». C’est juste que j’ai envie de prendre un bain… Comme ça pue ! Passé ce point, je commençais à haïr le Dieu de la Lumière pour ne pas avoir pris mon nez comme payement cette fois !

Retourner au palais royal se révéla être une tâche très simple, puisque, parmi ceux qui avaient accouru, se trouvaient les mages de la maison royale. Ils avaient emmené avec eux un cercle magique qui effectuait une téléportation instantanée, et ce cercle magique était relié à un autre se situant dans le palais royal. En insérant assez d’élément du vent, nous pouvions instantanément rentrer au palais.

 

 

Après être retourné au palais, il était essentiel de me rendre à nouveau présentable avant d’aller voir la reine, alors prendre un bain ne fut pas un problème. Cependant, après avoir pris un bain et mangé, je me sentais rafraîchi et content, et le lit moelleux semblait m’inviter de tous ses vœux…

Même si je savais que je devais aller demander audience à la reine pour lui raconter tout ce qu’il s’était passé, je fus incapable de résister à la tentation… Je rampai jusqu’au lit, me sentant comme si je n’avais pas eu une bonne nuit de sommeil depuis un mois, et commençai immédiatement à perdre connaissance…

« Sun… »

Dans le brouillard de mes pensées, j’entendis quelqu’un m’appeler, et je grognai en réponse : « Oh, qu’est-ce que vous voulez ? Je suis tellement fatigué, faites court… »

Après un moment, cette personne répondit : « Laisse tomber. Va et dors. »

Quelques jours plus tard, je reçus la gratitude de la reine.

La raison de cette gratitude était d’avoir secouru la princesse, et la récompense était une médaille d’honneur pour chevalier, qui m’était totalement inutile. En même temps, la Princesse Alice tenait en otage la dite-médaille, et demandait que je lui apporte les recettes pour les soins et l’éclaircissement de la peau en échange… Me prendrait-elle pour un idiot ? Quel intérêt cette médaille aurait-elle pour moi ?

Je refuse d’aller troquer. Je vais attendre qu’elle vienne me supplier pour accepter, hmph !

Néanmoins, cet après-midi-là, je fus informé que la médaille avait été ornée de pierres précieuses et valait donc une fortune… Par conséquent, je n’avais pas d’autre choix que d’aller rendre visite à la princesse pour compléter l’échange.

Le Fils du Dieu de la Guerre annula ses fiançailles avec la Princesse Alice.

Bien que la reine tentât d’empêcher l’annulation des fiançailles en proposant d’échanger la mariée avec Anne afin qu’elle épouse Mike à la place, les deux concernés se regardèrent mutuellement avec la même expression de dégoût et déclarèrent simultanément : « Si je devais l’épouser, ce serait à mon tour de trouver quelqu’un avec qui m’enfuir. »

La reine parut très troublée, mais juste à ce moment-là, la plus jeune princesse du Royaume de l’Orchidée Lunaire, qui avait à peine dix ans, s’avança devant sa mère, la reine, et, utilisant son adorable petite voix, annonça que « quand elle serait grande, elle voudrait être l’épouse de son grand frère, le Fils du Dieu de la Guerre ». Le problème fut donc réglé facilement.

Mike et la petite princesse conclurent l’accord et furent donc fiancés, et le mariage fut programmé pour quand la petite princesse atteindrait ses seize ans.

Parmi les masses, il y en eut inévitablement quelques-uns qui propagèrent des rumeurs du genre que « le Fils du Dieu de la Guerre était en réalité un pédophile ». Cependant, être capable d’échanger sa fiancée avec une qui avait dix ans de moins que soi valait totalement les accusations de pédophilie. Au moins, Mike lui-même était très enthousiaste à l’idée de planifier l’éducation de sa future femme.

 

 

Il semblait que le sort de Résurrection eût en effet laissé derrière lui quelques effets secondaires.

Après que Leaf eût remarqué, en un regard, qu’il y avait de petits trous dans les ailes d’une mouche à plus de dix mètres de distance, il découvrit que les choses étaient plutôt sérieuses.

Après avoir pratiqué et répété de nombreuses expériences (c’est-à-dire que je l’avais forcé à compter le nombre de mouches tournoyant autour d’une crotte de chien à plus de trente mètres de distance), il fut finalement confirmé que Leaf avait développé une vision surhumaine.

Pour un archer, posséder une vision surhumaine était la même chose que d’avoir des superpouvoirs… Pour résumer simplement, ses capacités extraordinaires avec un arc étaient devenues encore plus incroyables.

Qui plus est, quand je lui avais pointé du doigt la crotte de chien à trente mètres et lui avais fait compter le nombre de mouches, il avait enfin accepté d’admettre que je n’étais pas aveugle.

 

 

Après toute cette histoire, nous rentrâmes finalement à l’Église du Dieu de la Lumière.

Notes de bas de page

1 mon seigneur : Dans la version chinoise, Attendsun emploie le caractère 您, une forme du pronom « vous/tu » trahissant le respect. Néanmoins, on n’a pas cette nuance en Anglais ou en Français. Donc, ajouter le « mon seigneur » donne le sens du respect

2 les 29 kilomètres d’adieu : C’est une allusion à la légende chinoise 梁山伯與祝英台, qui est traduite en anglais par « Butterfly Lovers » (Les amants Papillon). Dans cette histoire d’amour, une jeune femme appelée Zhu se déguise en homme pour aller à l’école et finit par tomber amoureuse d’un de ses camarades, Liang. Plus tard, le père de Zhu lui demande de rentrer chez elle, et Liang l’accompagne sur les 29 kilomètres de son voyage, durant lesquels elle essaye de lui révéler sa véritable identité. La référence est utilisée pour exprimer les actes de deux amants qui ne peuvent supporter d’être séparés ; d’où l’exaspération de Sun.

3 囧 : Prononcé « jiǒng », c’est un caractère chinois qui ressemble au visage d’une personne. Il est fréquemment utilisé comme émoticon représentant des humeurs comme l’irritation, le choc, l’embarras, la gêne, etc. Il peut aussi être utilisé avec OTZ (une personne se prosternant de profil), pour remplacer le visage : 囧TZ.

4 manger ton tofu : Abuser sexuellement d’une femme.

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