La Légende du Chevalier du Soleil T3C8 : Le Point Incontournable Pour Chaque Aventure – Duel de Rois

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 – À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine par : 我 (Yu Wo)


Chapter 8: “The Must-Have Plot Point for Every Adventure – King vs King” – traduit du chinois à l’anglais par Evangeline[PR!]
Chapitre 8 : Le Point Incontournable Pour Chaque Aventure – Duel de Rois – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Quand j’ouvris à nouveau les yeux, la première chose à laquelle je pensai fut… Pourquoi est-ce que je m’évanouis si souvent ces derniers jours ?

« Je le savais. Qui a dit qu’un témoin n’aurait pas à fuir pour sauver sa vie… Quand je rentrerai à la maison, j’irai définitivement voir le Pape pour lui demander une compensation ! »

Je me redressai lentement avec une expression pleine de rancœur, principalement parce que je n’avais rien mangé et que mon estomac était en train de me tuer. Même si je savais que je pouvais appeler quelqu’un, je n’avais pas bougé depuis si longtemps que mon corps était tout crispé. Je craignais que si je continuais ainsi, je ne serais plus un porc, mais plutôt un corps qu’on pourrait enterrer et laisser reposer en paix.

Je marchai jusqu’à la porte, mais alors que j’étais sur le point de la pousser, j’entendis des cris de l’autre côté. Je m’arrêtai et appuyai silencieusement mon oreille contre la porte. Immédiatement, je reconnus les voix de Leaf et d’Anne. Ils semblaient se disputer… Incroyable, dire que Leaf est en fait capable de se disputer avec quelqu’un ?

Leaf prit une voix grave et gronda : « Que se passe-t-il avec toi et la Princesse Alice ? La Princesse Alice nous a attaqués ce jour-là, et ta réaction était aussi très étrange. »

Ahhh ! Oh, comme mon cœur bat vite à cause de la peur. Qui aurait cru que Leaf pouvait crier sur quelqu’un, et une princesse qui plus est ? Est-ce qu’il a l’intention de changer sa profession et de ne plus être un type sympa ?

« Rien de tout cela ne te concerne ! » Le cri perçant d’Anne était encore plus fort que la voix de Leaf.

« Rien qui me concerne ? » La voix de Leaf se mit à trembler, et il semblerait qu’il était sur le point de craquer. « Comment peux-tu dire que ce ne sont pas mes affaires, quand Sun est resté inconscient aussi longtemps à cause de vous ? »

Anne répliqua : « Je parie qu’il ne fait que dormir ! »

Claque !

La voix d’Anne semblait indiquer qu’elle était stupéfaite : « Tu, tu m’as frappée… »

Pourtant la voix de Leaf était glaciale. « N’insulte pas Sun. La prochaine fois, ce ne sera pas juste une gifle. Je te provoquerai directement en duel. Je me fiche que tu sois même une princesse, Princesse Anne. »

J’étais tellement surpris que ma bouche s’étira pour former un « O »… Est-ce que Leaf vient juste… de gifler une princesse ? Oh mon Dieu de la Lumière ! Par pitié, ne me dites pas que l’effet secondaire de la résurrection est qu’il a été transformé en un homme méchant ?

Cela ne signifie-t-il pas que je ne peux plus me moquer de Leaf dans le futur ? Dieu de la Lumière, Vous êtes en fait vraiment trop cruel ! Harceler Leaf était l’un des rares plaisirs de ma vie, et pourtant Vous avez vraiment eu le cœur de me priver de cela !

« Je suis désolée Leaf, je ne voulais pas dire cela. » Anne éclata en sanglots et avoua tout en se mouchant : « Je ne savais pas que ma sœur Alice nous attaquerait, et qu’ils iraient aussi loin que de te tuer. Je voulais juste l’aider à s’enfuir avec son bien-aimé. Je n’ai jamais voulu vous blesser, toi et Sun, tu dois me croire. »

Les deux partis gardèrent le silence pendant un moment, silence uniquement interrompu par les pleurs d’Anne. Finalement, Leaf soupira et déclara : « Je comprends, et je suis désolé de t’avoir frappée tout à l’heure. J’étais juste trop inquiet à propos de Sun, alors j’ai agis impulsivement pendant un instant. S’il-te-plaît, pardonne-moi. »

Il lui a pardonné si facilement. On dirait que Leaf est toujours une bonne personne ! Je suis désolé, Dieu de la Lumière, je Vous ai mal compris.

À cela, Anne balbutia : « Le-Leaf, en fait, j’ai un dispositif magique pour pister ma sœur. On peut l’utiliser pour téléporter quelqu’un aux côtés de ma sœur une fois seulement… Je suis désolée ! Ne me réprimande pas ! »

Le silence tomba pendant un long moment de l’autre côté de la porte, puis Leaf bégaya : « C’est trop dangereux de les poursuivre. Mike et Austin sont partis chercher du renfort. Une fois que Sun et moi serons partis, dis-le-leur et laisse-les décider. »

« Pourquoi devrais-je attendre que toi et Sun soyez partis ? N’allez-vous pas venir avec nous ? » La voix d’Anne semblait complètement désespérée.

« Non ! » répondit Leaf avec une voix inhabituellement ferme. « Nous ne devons pas laisser Sun le découvrir, promets-le-moi ! »

« Pourquoi ? Si tu ne me le dis pas, alors je ne te promettrai rien. »

« Tu ne le connais pas… Ahhh ! Ta sœur et son compagnon n’auraient jamais dû me tuer. Si nous laissons Sun savoir que tu as un moyen de trouver Alice, il ne les laissera pas s’en tirer. Ta sœur sera en danger elle aussi, donc tu dois me le promettre, tu ne dois pas mentionner ce sujet devant Sun avant que nous soyons partis. »

Anne protesta avec une sorte de doute : « Nous n’avons même pas pu les battre, alors quelqu’un d’aussi faible que Sun… Je veux dire, il n’est pas si fort que ça, non ? Leaf, ne t’énerve pas. Je ne dis pas ça pour me moquer délibérément de lui ! »

« Il n’est pas si fort que ça, hahaha ! »

Leaf dit d’un ton totalement impuissant : « Si c’était le cas, alors pourquoi notre troisième règle partagée serait “Peu importe à quel point le Chevalier du Soleil paraît faible, ne le contrarie jamais” ?»

Ayant entendu cela, je réfléchis pendant un instant puis retournai m’allonger sur mon lit. Ensuite, frottant mes yeux et agissant comme si je venais de me réveiller, je criai : « Leaf ? Leaf ! Je meurs de faim ! »

Leaf ouvrit la porte et s’exclama joyeusement : « Sun, tu es réveillé ? »

« Suffisamment réveillé pour me sentir affamé, qu’est-ce que tu en penses ? » ronchonnai-je avec humeur.

Leaf gloussa et me demanda avec entrain : « Que dirais-tu de manger un peu de porridge ?  »

Je répliquai rapidement : « Non, je veux manger de la viande. »

« Mais, tu viens juste de te réveiller, et si tu manges quelque chose qui est difficile à digérer, j’ai peur que… »

Je levai les yeux au ciel et ne pus m’empêcher de répliquer : « Leaf, épargne-moi ton discours, tu n’es pas Judgment. Qui plus est, tu es un type sympa, donc je n’ai pas peur de toi. Si je dis que je veux manger de la viande, alors j’aurai de la viande. »

Leaf resta silencieux un petit instant avant de finalement déclarer avec inquiétude : « Très bien, je vais dire aux cuisiniers de te couper la viande en petits morceaux pour te faire une soupe à la viande. »

Leaf ne perdit pas un seul instant et revint en un clin d’œil, apportant la soupe. Alors que j’étais sur le point de festoyer, Leaf m’expliqua la situation, même si j’avais en réalité déjà tout entendu. Pour faire simple, Austin et Mike étaient partis chercher du renfort et, puisque j’étais inconscient, Leaf et Anne étaient restés derrière pour me protéger.

Leaf ajouta : « Sun, je leur ai aussi demandé de contacter l’Église du Dieu de la Lumière, donc je pense que l’Église va nous envoyer quelqu’un. »

J’espère que ce quelqu’un n’est pas Judgment. J’hochai la tête en direction de Leaf et avalai la dernière lampée de ma soupe à la viande.

Avec cet arôme sucré de soupe à la viande parti, je sentis vaguement une sorte d’odeur nauséabonde. Attendez, ça ne peut être… Je baissai la tête pour me sentir et manquai presque de mourir à cause de l’odeur. Je m’étais transformé en Chevalier de la Puanteur Suprême1.

Je fronçai les sourcils et m’exclamai : « Leaf, je sens vraiment mauvais ! Achète-moi de nouveaux vêtements. Aussi… Princesse Anne. »

Quand Anne, qui s’était tenue dans un coin en silence, m’entendit l’appeler, elle hésita un instant avant de demander : « Quoi ? »

« Est-ce que vous pouvez, s’il-vous-plaît, m’amener une bassine d’eau chaude ? » demandai-je platement.

Anne ne répondit pas, mais Leaf s’exclama immédiatement avec chaleur : « Désolé de t’embêter, Anne. Je vais aller acheter des vêtements pour Sun. »

À ce moment, Anne répondit enfin, quoiqu’avec une voix réticente. « Très bien ! »

J’ordonnai à Leaf : « Ils doivent être blancs et, aussi, demande à la couturière d’y broder l’emblème du Soleil. N’as-tu pas dit que quelqu’un de l’Église allait venir ? Je ne peux pas me permettre d’avoir l’air irrespectueux devant tout le monde. »

Leaf hésita, puis il acquiesça avec un hochement de tête : « D’accord. »

Leaf s’en alla acheter mes vêtements. Pas même un instant après, Anne revint avec une bassine d’eau chaude et la posa avec un bruit sourd. D’un ton mécontent, elle dit : « Voilà ! Je vais sortir à présent. »

« Attendez. » Je touchai l’eau et décrétai mollement : « L’eau est trop chaude. »

Anne se sentait probablement coupable, ou alors elle faisait cela pour le bien de Leaf. Dans tous les cas, même si elle avait l’air mécontente, elle resta complètement obéissante et s’agenouilla pour sentir l’eau après avoir entendu mes mots.

J’affichai un sourire narquois, et invoquai l’élément de l’eau…

Immédiatement, la bassine d’eau de bain se combina à l’élément d’eau que je venais de conjurer, s’enroulant autour du corps d’Anne comme une chaîne. Elle se figea momentanément, puis se mit à lutter immédiatement après, essayant de se libérer de ces chaînes d’eau. Cependant, l’eau n’avait pas de forme, donc tout ce qu’elle pouvait faire était de passer à travers les jets d’eau avec ses poings. Finalement, je gelai toute l’eau en un seul coup, avec Anne coincée au milieu de ces stalactites, incapable de bouger.

« Impossible ! Comment un sort de gel basique peut-il m’immobiliser ? » cria Anne, tandis qu’elle luttait férocement. Cependant, la glace autour de son corps ne montrait aucun signe d’affaiblissement.

Je répondis avec un sourire : « D’après mes connaissances en matière de magie, un sort d’un niveau basique ajouté à un autre sort basique est égal à un sort de niveau intermédiaire, aussi j’ai répété le même sort de gel encore et encore jusqu’à cinq fois. Je me demande, à quel niveau de magie est-il à présent ? Mais, quoi qu’il arrive, cette glace n’est pas plus fragile que l’épée que tu portes, aussi tu ne feras que te blesser si tu continues à lutter ainsi. »

Après avoir dit cela, je souris et passai ma main à l’intérieur des vêtements d’Anne…

« T-tu ! » La voix d’Anne trahissait le fait qu’elle était proche des larmes, alors qu’elle hurlait : « Arrête ça tout de suite ou je crie ! »

En entendant cela, je lançai nonchalamment le sort Tourbillon, laissant une spirale de vent tourner autour des murs afin de bloquer tous les sons. Je murmurai à Anne : « Ah ! Vas-y, mais c’est dommage, même si tu cries jusqu’à en perdre la voix, personne ne t’entendra. »

Sa voix trembla fortement lorsqu’elle parla : « L-Leaf sera bientôt de retour. Il ne te laissera pas faire ça ! »

Je répondis tranquillement : « Il va devoir attendre qu’ils brodent l’emblème du Soleil, donc il ne sera pas de retour avant un bon moment. »

« Tu as donc tout planifié à l’avance ! » hurla Anne. « Espèce d’infâme scélérat méprisable ! »

Pourquoi toutes les princesses aiment-elles me traiter d’infâme scélérat méprisable ?

J’ignorai ses cris et pris de sa proche secrète une boîte plate un peu plus petite que la paume de ma main. Une odeur parfumée s’échappa lorsque je l’ouvris, et quand je touchai l’intérieur de la boîte, cela avait l’air d’être une sorte de pommade. Peut-être que c’était une sorte de crème parfumée pour fille.

Immédiatement, Anne arrêta de crier, et elle sembla être complètement stupéfaite lorsqu’elle dit : « Comment as-tu su… »

Elle s’arrêta subitement, et je finis sa phrase pour elle : « Comment est-ce que j’ai su que c’était l’objet magique que tu utilisais pour suivre la Princesse Alice, n’est-ce pas ? »

« Tu, tu… » Anne semblait effrayée et bouleversée : « Ainsi, tu cachais tes capacités pendant tout ce temps. »

Je reniflai. Bien sûr. Quoi qu’il advienne, je reste toujours le Chevalier du Soleil, donc je ne pouvais pas vraiment être complètement inutile, non ?

« Tu es vraiment effrayant. » La voix d’Anne trembla, lorsqu’elle continua : « Tu as dissimulé ta façon de tenir l’épée et ton jeu de jambes si parfaitement, et tu as même prétendu que tu ne pouvais pas courir un kilomètre sans haleter à mort. Faire semblant d’être quelqu’un qui ne peut pas utiliser une épée, quelqu’un qui a une endurance terrible… tout cela n’était qu’une mascarade ! »

Anne rit et articula calmement : « Mais, tu ne pourras pas activer cet objet magique, héhéhé, héhéhé… Ah ! »

J’utilisai Lame de Vent pour trancher la peau d’Anne, laissant le sang goutter dans la boîte.

« C-comment as-tu su… ? » La voix d’Anne semblait indiquer qu’elle était sur le point de pleurer à nouveau.

Je roulai des yeux. Rose possédait presque autant d’appareils magiques qu’elle avait de sucettes, et j’avais simplement joué avec ceux-ci depuis que j’étais petit, donc un appareil simple comme celui-ci pouvait difficilement me poser problème.

Comme le sang d’Anne gouttait, j’entendis un « clic ». Le fond de la boîte s’ouvrit pour révéler un compartiment secret. Il y avait un tout petit cercle magique à l’intérieur. Je le touchai, remarquant qu’il était très détaillé et probablement très rare. Toutefois, Rose avait des tonnes de choses de ce genre dans sa maison.

Ensuite, je levai la tête et déclarai à Anne : « Ces chaînes se briseront une demi-heure après que je serai parti. Si tu ne veux pas qu’un étranger profite de toi, alors je te suggère de ne pas crier et attirer des gens ici ! Si jamais tu attires un mauvais gars, alors tu devras juste en supporter les conséquences ! Aussi, quand Leaf reviendra, dis-lui que j’ai vais obtenir justice pour lui. »

Sans attendre qu’Anne réponde, j’injectai l’élément du vent dans le cercle magique, qui s’étendit soudainement et m’engloutit tout entier, m’amenant à l’endroit où se trouvait la Princesse Alice.

 

 

Quand je sentis que je m’étais téléporté à ma destination, je criai immédiatement : « Brigandine Sainte du Dragon, au nom des descendants des Dragons, je te l’ordonne, Activation !  »

« Petite sœur2 ? »

C’était la voix d’une femme. Elle portait une robe, et l’élément du vent autour de son corps était en train de grimper. Il devait s’agir de la Princesse Alice, et elle était même un mage du vent.

Elle était très proche de moi, seulement à deux pas, alors je m’empressai de bondir en avant et l’attrapai, en hurlant : « Ne bouge pas ! »

Apparemment, elle n’était pas très obéissante et voulut immédiatement me contrer avec de la magie du vent. Malheureusement pour elle, j’interférai avec sa magie. Même si je ne connaissais pas de sort avancé, même Aldrizzt, ce mage d’une centaine d’années, avait carrément affirmé qu’il ne pouvait pas m’égaler en termes de capacité à rassembler les éléments.

Elle s’exclama avec surprise : « T-tu n’es pas un assassin, tu es un mage ! »

« Non aux deux. Je suis un Chevalier Sacré. » Je lui dis froidement : « Serais-tu aveugle ? Tu ne vois pas l’étincelante Épée Divine du Soleil dans mes mains ? Je suis le Chevalier du Soleil ! »

Après avoir déclaré tout cela d’un seul souffle, je devais admettre que j’avais attendu pendant un long moment de pouvoir crier : « Je suis un Chevalier Sacré ! Pas un prêtre, mais un Chevalier Sacré, Chevalier Sacré, Chevalier Sacré (insérez une centaine d’échos en plus) ! »

À présent que j’avais enfin pu le dire, je me sentais tellement bien que si la situation l’avait autorisée, j’aurais pu me laisser déborder par l’impulsion de pleurer !

« Le Chevalier du Soleil ? Comment est-ce possible ? » demanda Alice d’une voix faible.

« Alice ! »

À ce moment-là, le chevalier noir se précipita vers nous. La quantité d’élément de lumière dont je débordais avait dû attirer son attention. Il sprinta rapidement vers nous à la vitesse de la lumière.

« Arrête-toi tout de suite ! »

Je saisis fermement la princesse, appuyant bien fort l’Épée Divine du Soleil contre sa gorge. Puis, je m’adressai froidement au chevalier noir : « La vie de cette femme ne t’importe donc plus ? »

Les pas du chevalier noir ralentirent, mais il ne s’arrêta pas. Je pressai l’Épée Divine du Soleil un peu plus fermement contre le cou de la princesse, la faisant tressaillir.

« Arrête ! » Le chevalier noir finit enfin par s’immobiliser, et il cria : « Tu ne peux pas la blesser, c’est une princesse ! »

Je ris pendant un bon moment, puis je pressai ma lame encore plus durement contre la gorge de la princesse, cependant elle se retint d’émettre le moindre bruit cette fois. « En es-tu sûr ? » m’enquis-je d’un ton moqueur.

Le chevalier noir affirma d’une voix tremblante : « Tu es un chevalier, et tu es même le Chevalier du Soleil que tout le monde sur le continent connaît. Tu ne blesserais pas une femme. Cela ruinerait ta réputation. Tu ne ferais pas une chose pareille… »

Je ris à nouveau et lui demandai : « Dans ce cas, d’après “ce que tout le monde sur le continent connaît du Chevalier du Soleil” sais-tu ce que Le Chevalier du Soleil déteste le plus ? »

« Les créatures des ténèbres », répondit-il par réflexe.

J’aboyai : « Faux ! Ce que le Chevalier du Soleil déteste le plus est de voir ses chevaliers sacrés se faire tuer ! »

Après avoir crié, je repris le contrôle de mes émotions et décrétai calmement : « À partir de maintenant, je te préviens, si tu oses bouger, je couperai la main de cette femme. Et, plus tu bougeras, plus des parties de son corps se feront couper. »

Alice et le chevalier noir ne bougèrent pas d’un muscle, ils n’émirent même pas le moindre mot. Peut-être que je leurs avais fait peur ou quelque chose d’autre, mais cela importait peu. Ensuite, j’invoquai une grande quantité de l’élément de l’eau et la gelai en une douzaine de stalactites qui se mirent à flotter à proximité du chevalier noir. Sans surprise, il ne remua pas d’un cheveu malgré tout cela.

À la place, ce fut la Princesse Alice dans mes bras qui se mit à hurler : « Espèce d’ignoble scélérat méprisable ! Aigle, ne l’écoute pas ! Il n’oserait pas ! »

Je devins maintenant certain que toutes les princesses du monde ne possédaient qu’une seule façon d’insulter les autres et que c’était en les traitant d’ignobles scélérats méprisables. Il n’y avait pas d’autres insultes.

D’un ton neutre, je m’adressai au chevalier noir : « J’ai oublié de te le dire, mais activer ton aura de combat compte comme bouger. »

Après avoir dit cela, plus de dix stalactites flottèrent vers son torse et ses membres, provoquant une succession de craquements retentissants, mais il ne bougea pas d’un pouce, même sous une attaque aussi lourde. Il se força à supporter l’attaque sans bouger, ce qui en retour fit que ses blessures empirèrent. J’entendis le son de plusieurs os qui se brisaient.

« Aigle… » Alice perdit presque connaissance, ses jambes ne la portant plus. La seule chose qui la maintenait debout, c’était moi.

« Tu peux bouger à présent », lâchai-je avec indifférence.

À cet instant, finalement, le chevalier noir glissa lentement à terre. Je lançai alors la plus grosse stalactite et la fit se fracasser sur son dos sans aucune pitié.

« Umph ! » Il tenta d’étouffer un gémissement.

Quel fier chevalier. Je l’admirai un peu en quelque sorte, car j’étais sûr que ce dernier coup avait probablement brisé bon nombre de ses côtes, mais il ne laissa échapper qu’un seul cri.

Je libérai la Princesse Alice et l’avertis nonchalamment : « Ne pense même pas à utiliser ta magie sur moi, ou je t’aiderai à désinfecter et à stériliser ton chevalier noir en utilisant Feu des Enfers. Je te garantis qu’il sera si propre qu’il n’en restera même pas la moindre cendre par la suite. »

Alice me repoussa durement et courut immédiatement vers son chevalier noir, pleurant à chaudes larmes lorsqu’elle aperçut ses blessures. Malgré le fait que le chevalier noir fût gravement blessé et se trouvait probablement dans un état de semi-conscience, il essaya tout de même d’apaiser la princesse. Tout ce que j’entendis fut : « Je vais bien, ne pleure pas », encore et encore.

À cela, je ne pus m’empêcher de me mettre à glousser. Nous voulions la sauver, mais je ne pense pas qu’ils aient vu cette quête avec le même ressenti que nous. C’est bien trop absurde. Que veulent-ils dire quand ils racontent que les chevaliers sauvent les princesses… la princesse n’a peut-être même pas nécessairement envie d’être sauvée ! Pour elle, nous étions en fait les méchants qui essayaient de la séparer de son bien-aimé, n’est-ce pas ?

« Vous avez commis une seule erreur », leur annonçai-je froidement. « Et, cela a été de tuer Leaf ! Si vous ne l’aviez pas tué, j’aurais pu considérer le fait de ne pas vous séparer. Cependant, à présent, je ne prévois pas de vous forcer à rompre tous les deux. Vous pouvez aller en enfer ensemble ! »

Le silence tomba jusqu’à ce qu’Alice se murmure à elle-même : « Tu vas nous tuer ? Comment cela se peut-il… »

« Pourquoi pas ? » J’affichai un sourire narquois : « À la seconde où vous avez tué le Chevalier de la Forêt, vous auriez dû savoir que le Chevalier du Soleil vous poursuivrait jusqu’au bout du monde pour le venger ! »

Entendant cela, elle s’exclama avec panique : « Je suis une princesse ! »

« Oh, vraiment ? » la questionnai-je d’une voix douce et gentille. « Mais, je ne vois nulle princesse. Juste un kidnappeur et sa complice. »

La respiration d’Alice devint irrégulière, et elle trembla lorsqu’elle répliqua : « Chevalier du Soleil, si tu nous tues, ma mère ne laissera pas l’Église du Dieu de la Lumière s’en tirer ainsi ! »

Imperturbable, je rétorquai : « Oh ! Mais, je suis un assassin, et je ne vois aucun Chevalier du Soleil. Pas toi ? »

Alice éclata en sanglots et essaya de porter le chevalier noir proche de l’inconscience, comme si elle voulait s’enfuir avec lui.

Cependant, sa force était loin d’être suffisante pour pouvoir soulever un homme, et en particulier un homme qui portait une armure. Toutefois, elle refusa d’abandonner, essayant de le traîner en sécurité de toutes ses forces.

En les voyant ainsi, la fureur dans mon cœur diminua de moitié, et je trouvai difficile de poursuivre avec les tortures que j’avais en tête une seconde auparavant. Aurais-je su cela plus tôt, je n’aurais jamais autant blessé le chevalier noir. S’il avait eu la force de riposter, dans ce cas j’aurais probablement pu m’accrocher à ma fureur, mais à présent je ne pouvais même pas faire cela.

Avec mon enthousiasme qui déclinait, je déclarai : « Bien, je vous accorderai une mort légèrement moins douloureuse. »

Je rassemblai l’élément des ténèbres, prévoyant d’employer ce sort dont Aldrizzt s’était servi une fois, « L’Approche de la Mort », étant donné qu’il pouvait tuer quelqu’un silencieusement et sans douleur…

« Sun, arrête ! » Un cri s’éleva du ciel.

Au même moment, je sentis l’élément des ténèbres que j’avais invoqué dans ma main se faire dissiper.

Je levai la tête. L’opposant portait une sorte de vêtement en forme de cape, et même si l’aura noire qu’il émettait n’était pas très forte, elle me donna un sentiment de profond mystère. Cette aura, je ne l’avais sentie que sur une seule personne auparavant… Non ! Je ne devrais pas parler d’une personne. Elle n’était plus une personne depuis un très long moment.

Serrant mes poings, je forçai mes mots à sortir à travers mes dents serrées : « Rose, ainsi quand tu as dit que tu déménageais, tu voulais dire que tu venais t’installer à la Cathédrale du Dieu de l’Ombre ? »

Notes de bas de page

1 « Le Chevalier de la Puanteur Suprême » : Le début de Sun et de Suprême utilise le même caractère en chinois. Sun fait un jeu de mots sur son titre.

2« Petite Sœur » : Alice appelle Anne sa « seconde jeune sœur » à cet endroit. En chinois, on fait une distinction entre les sœurs plus âgées et plus jeunes.

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