La Reine Guerrière TP1C2 : Lumière et Ténèbres Partie 2

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La Reine Guerrière Prologue Tome 1 : Lumière et Ténèbres

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 2: Light and Shadow Part 2 – traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 2 : Lumière et Ténèbres Partie 2 – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Le lendemain matin, Manteau Rouge descendit nonchalamment la volée de marches de l’escalier. En bas, la salle n’était ni très bondée ni bruyante. L’échelle des prix de cette auberge était considérée au-dessus de la moyenne, aussi les aventuriers ordinaires ne restaient pas ici. Au contraire, ceux qui s’arrêtaient dans cette auberge étaient principalement des marchands. Comparés aux aventuriers qui aimaient parler d’une voix forte, les marchands étaient d’ordinaire plus discrets et ne provoqueraient pas volontairement de problèmes. De plus, ils étaient moins susceptibles d’accorder de l’attention à une personne vêtue d’un manteau rouge, et ils ne s’acharneraient pas avec entêtement à essayer de lever la capuche du manteau de cette personne pour voir ce qu’il y avait dessous.

C’était précisément la raison principale pour laquelle Manteau Rouge, bien qu’étant un aventurier, avait choisi de résider dans cette auberge.

Il s’assit à une table vide et, tout en mangeant les rations qu’il avait apportées en bas, il réfléchit à ce qu’il devrait faire dorénavant. Il avait déjà dépensé l’argent qui était en sa possession, aussi il était grand temps qu’il accomplît quelques missions pour gagner de l’argent. Autrement, s’il devait voyager loin dans le futur, il n’en aurait pas assez pour s’acheter des rations et de l’équipement de base. D’un autre côté…

Il cessa tout à coup de réfléchir et de manger, et à la place il se concentra pour écouter ce que les personnes installées à la table voisine étaient en train de dire. Trois marchands étaient assis là, et ils parlaient entre eux avec un ton feutré. Leurs expressions étaient extrêmement similaires, comme ils fronçaient tous leurs sourcils avec un air inquiet. Ils commencèrent bientôt à échanger des informations.

« La taxe pour entrer dans cette ville n’est-elle pas un peu trop lourde ? L’année dernière, nous n’avions eu besoin de payer que vingt ducats d’argent pour entrer dans la ville avec un chariot de cargaison, n’est-ce pas ? Maintenant, le coût est passé à un ducat d’or ! M-même la taxe pour entrer dans la capitale n’est pas aussi importante. S’il s’agit de marchandises bas de gamme, le chariot entier de biens peut être acheté avec un ducat d’or. »

« Je pense que je ne reviendrai pas dans cette ville la prochaine fois. Je préférerais hâter mon voyage un peu plus et me reposer à la cité suivante. »

« Arrête de rêver. J’arrive tout juste de la ville voisine, et la taxe là-bas vient aussi tout juste d’augmenter. Pour un chariot de marchandises, tu dois payer quatre-vingt ducats d’argent. »

« Quoi ? »

Les expressions sur le visage de tous les marchands s’affaissèrent, et ils échangèrent des regards. L’un d’entre eux ne put s’empêcher de râler à voix basse : « On dirait que les seigneurs des cités de cette région sont tous plutôt unis ! »

Un autre marchand, apparemment le plus âgé du groupe, s’empressa de murmurer : « N’en dis pas plus. Comparé à avant, au moins nous pouvons vivre nos jours confortablement. Louanges soient faites au Saint Roi ! »

Les deux autres s’empressèrent de répéter le chant : « Loué soit le Saint Roi. » Cependant, après avoir dit cela, les trois marchands continuèrent de froncer leurs sourcils. Ayant perdu l’envie de discuter, ils finirent rapidement de manger, puis s’en allèrent vaquer à leurs autres occupations.

À ce moment-là, Manteau Rouge se remit à manger ses rations. Il ne s’interrogeait plus sur ce qu’il devait faire en premier, mais au lieu de cela il se mit à songer au royaume dans son ensemble : le Royaume de la Lumière Sacrée.

Le Saint Roi… Son vrai nom était en fait Lancel Ornister1. Logiquement parlant, il devrait être appelé Roi Lancel ou Roi Ornister. Cependant, afin d’exprimer leur révérence à son égard, les citoyens l’appelaient le Saint Roi.

Le Roi Lancel avait officiellement créé ce pays dans la première année de son règne, durant la première année du Calendrier Sacré. Toutefois, ce ne fut que dans la troisième année du Calendrier qu’il parvint à unifier le continent dans sa totalité. À présent, la douzième année du Calendrier Sacré n’était pas encore achevée, et pourtant des seigneurs corrompus étaient déjà apparus ?

Ou peut-être que Manteau Rouge en demandait trop ?

Cet endroit était vraiment loin de la capitale. Ces brèves neuf années de règne n’avaient peut-être pas été suffisantes pour permettre au Roi Lancel de contrôler tout ce qu’il se tramait dans le pays. Sans mentionner le fait que, au cours de ces neuf années, un pays voisin avait tenté d’envahir le royaume, et la guerre s’était prolongée pendant un an et huit mois.

Après avoir mis fin à la longue période de chaos, il n’a été au pouvoir que depuis neuf ans et a même dû mener une guerre de deux ans durant cette période. En dépit de tout cela, il a quand même été en mesure de laisser les citoyens mener une vie confortable. Peu importe ce qu’on peut trouver à y redire, c’est véritablement un exploit incroyable, et de fait les citoyens tiennent le Saint Roi en haute estime.

« Toi… Celui qui porte un manteau rouge ! »

En entendant cela, Manteau Rouge tourna la tête. Comme il s’y attendait, il vit le barde qui était la seule personne qu’il connaissait dans le coin. Le barde descendit l’escalier.

Hein ? Manteau Rouge dévisagea le barde. Hier, son visage était tellement enflé qu’il ressemblait à une miche de pain, mais les ecchymoses avaient diminué de moitié aujourd’hui. Il ne restait qu’une grosse bosse sur son front et quelques égratignures ici et là.

« Tes blessures guérissent vraiment rapidement. » Il était un tantinet stupéfait.

À ces mots, le barde déclara fièrement : « Eh bien ? Je ne ressemble plus à une miche de pain, n’est-ce pas ? »

« C’est vrai. » Manteau Rouge l’admit avec indifférence.

« Sais-tu pourquoi je peux guérir si rapidement ? Tu ne le sais pas, non ? » Le barde se mit à sourire bêtement, comme si avoir un secret dont Manteau Rouge ignorait tout était une victoire sans précédent.

Cependant, Manteau Rouge ne répondit pas. Il se contenta de mâcher ses propres rations. Il trouvait en effet cela étrange, mais il n’avait aucune intention de poser des questions à ce sujet. Chaque aventurier avait ses propres secrets, et en savoir moins sur les secrets des autres signifiait qu’il serait moins en danger quand il voyagerait. C’était un principe de base dont chaque aventurier expérimenté avait connaissance.

Même si le barde affichait une expression conflictuelle, il continua à papoter sans s’arrêter : « Tu veux que je te le dise ? C’est un secret, mais puisque tu m’as autant aidé, ne pas te le dire donnerait l’impression que je ne suis pas reconnaissant envers mon bienfaiteur… Si tu veux vraiment savoir, alors je peux te le dire ! Est-ce que tu veux savoir ? Tu veux que je te le dise, hein ? »

Ce type, est-ce que ça le tuerait de ne pas parler !? Légèrement vexé, Manteau Rouge gronda : « Si tu veux le dire, alors dis-le ! Continue à débiter des sornettes, et je t’aiderai à regagner l’apparence que tu avais hier ! »

Malgré tout, non seulement le barde ne perdit pas son courage, mais il révéla même une expression satisfaite. Ému, il affirma : « Je savais que tu voulais vraiment connaître ce secret ! »

Ce type est au-delà de tout espoir ! Manteau Rouge utilisa sa main pour supporter son front, sentant une migraine approcher. Il regrettait profondément de s’être préoccupé de ce type ne serait-ce qu’un instant. Il aurait dû le laisser vivre en buvant de l’huile pour cheveux et s’autoriser un peu de paix et de tranquillité.

Le barde sourit mystérieusement et révéla : « Si je te dis que c’est une bénédiction de Dieu, est-ce que tu me croirais ? »

« Dieu ? »

Le ton de Manteau Rouge montrait qu’il trouvait cela extrêmement étrange. Plutôt que de dire qu’il était surpris parce qu’il venait d’entendre le mot « Dieu », il était incapable de lutter contre ce barde qui faisait une déclaration aléatoire comme ça sans donner d’explication. Un peu impatient, il demanda : « Quand tu dis Dieu, qu’entends-tu par là exactement ? »

Le barde répondit avec une conviction absolue : « Bien évidemment, Dieu est cette sorte de petite chose douce et spongieuse qui peut prendre des formes différentes et qui rebondit partout. »

Manteau Rouge se tut l’espace d’un moment avant de déclarer avec indifférence : « On dirait plutôt cette sorte de créature molle qu’on appelle un glob et qui rampe dans la forêt. Pas Dieu. »

« Oh ! » Le barde semblait perdu et dit : « Maintenant que tu en parles, c’est vrai qu’ils sont vraiment semblables ! Cependant, les globs sont verts, mais Dieu est d’une couleur dorée ! Qui sait… Il se pourrait qu’il soit le Dieu des globs ? »

Après avoir présenté les choses sous cet angle, tu ne vas tout de même pas me raconter que tu es un glob !

« Même si tes blessures ont été soignées, ne vas pas errer partout sans but. Si les gardes t’aperçoivent, les choses tourneront mal pour toi. »

Manteau Rouge fit de son mieux pour réprimer son envie d’envoyer valser cet idiot de barde d’un coup de poing, et il détourna la conversation de cette histoire de Dieu des globs… S’ils continuaient de parler de ça, il se mettrait réellement à tabasser le barde jusqu’à en faire de la bouillie, même s’il n’aimait pas être violent avec ceux qui n’avaient aucune capacité de combat.

À la place, le barde révéla une expression troublée. Pleurnichant, il s’y opposa : « Euh… Néanmoins, je ne peux suivre ton conseil ! Je dois encore chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant un jour de plus, donc je dois sortir. »

Manteau Rouge fronça les sourcils, se souvenant de la règle étrange que le barde avait mentionnée précédemment selon laquelle il devait chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant trois jours, chaque fois qu’il arrivait dans une nouvelle ville. Il ne lui en demanda pas la raison, mais le questionna avec indifférence : « Tu ne peux pas manquer ne serait-ce qu’un jour ? »

Le barde ne put que répondre avec impuissance : « Je n’ai pas le choix. Mon maître m’a formellement annoncé que, si je voulais qu’il me prenne comme disciple, je devais accepter une condition. Celle-ci était que, une fois après que je serais devenu un vrai barde, chaque fois que je visiterais un nouvel endroit, je serais obligé de chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant trois jours. Cette règle est très stricte, mais mon maître, c’est… c’est vraiment un barde exceptionnel ! »

On dirait que, même si je ne lui en demande pas la raison, il va tout me révéler de sa propre initiative… En voyant les yeux fervents du barde emplis d’anticipation et l’expression « même si tu ne demandes rien, je vais quand même t’en parler » inscrite sur son visage, Manteau Rouge sentit un autre mal de tête poindre à l’horizon. Il ne put que se plier à la volonté du barde, et il s’enquit : « Qui est ton maître ? »  

À cette question, l’expression d’anticipation qui emplissait les yeux du barde disparut. Il affecta une expression sobre, toussa bruyamment une ou deux fois, puis redressa son menton. D’une manière complètement empreinte de fierté, il dévoila la réponse : « Lorenzo Louis. »

« Le barde surnommé LL ? »

À ce nom, Manteau Rouge fut réellement un peu surpris. Il rit, puis dit avec un soupçon d’incrédulité : « LL est le barde impérial employé par le Saint Roi. »

« Il l’était autrefois. Cependant, quand la Reine Guerrière a épousé le Saint Roi, il a quitté la Cité Sacrée », ajouta-t-il immédiatement, juste pour clarifier les choses.

On aurait juré qu’il y avait l’ombre d’un sourire sur les lèvres de Manteau Rouge, alors qu’il rétorquait : « L’apprenti du barde impérial a été réduit à un état où il se fait tabasser par la patrouille de la ville jusqu’à ce que sa tête ressemble à celle d’un cochon ? Tu penses que je vais te croire ? »

Le barde sortit rapidement un insigne de la poche de sa chemise. L’insigne était fait d’un entrelacement de fils dorés et blancs, et il avait la forme d’une rose blanche. Dans la partie dorée au centre de la rose, il y avait un luth. Le luth était même spécialement arrangé en forme de L.

Comme tout le monde le savait, la rose blanche était l’emblème du Saint Roi. Toutes les personnes qui avaient un insigne de rose blanche étaient des subordonnés directs de Sa Majesté. De plus, juste en regardant l’objet qui avait été fait à la main et placé au centre de la rose, on pouvait déduire quelle était la profession de la personne.

« Mon maître a dit qu’il ne voulait pas de cet objet de toute façon, donc il me l’a donné. Si je venais à vraiment manquer d’argent durant mon voyage, il m’a dit que je pouvais le vendre. J’ai essayé de le vendre dans le passé, mais dès que les vendeurs ont vu qu’il s’agissait d’un insigne de rose blanche, ils ont refusé de l’acheter. »

Bien sûr qu’ils refuseraient de l’acheter. C’est l’insigne de la rose blanche personnellement remis par le Saint Roi. Tous ceux qui l’ont sont des individus renommés. Qui oserait acheter et garder un tel insigne ?

Cependant, même s’il possédait cet insigne, Manteau Rouge ne se laissa pas impressionner. Il répliqua : « Ça ne prouve pas grand-chose. Il perd toujours ses affaires. »

Le barde s’assit pendant un moment, stupéfait. Plein de doutes, il demande ensuite : « Qu’as-tu dit ? »

Manteau Rouge garda le silence un instant avant de répondre avec nonchalance : « J’ai dit que les gens perdent tout le temps leurs affaires, donc peut-être que tu l’as juste ramassé. »

« C’est la vérité ! Mon maître me l’a donné ! »

Le barde était extrêmement anxieux, mais il n’avait aucun moyen de convaincre Manteau Rouge… Son maître était bel et bien très doué pour perdre ses affaires. Si quelqu’un possédant un des objets de son maître venait et lui disait qu’il était lui aussi un élève de LL, même le barde lui-même suspecterait que la personne l’avait juste ramassé.

« Si tu le dis, alors il doit en être ainsi. » Manteau Rouge ne précisa pas s’il le croyait ou s’il le reconnaissait comme étant un disciple de LL. Il se contenta d’une remarque désinvolte et revint au sujet principal : « Dans une telle situation, ton maître te pardonnerait si tu venais à ne pas chanter pendant un des trois jours. Je pense qu’il ne voudrait pas non plus te voir être tabassé à mort. »

« Non, il ne me pardonnerait pas. »

D’une manière assez inattendue, le barde était très calme alors qu’il répondait : « Il me réprimanderait seulement en disant : “Dire qu’à ce moment-là, passé la porte de la Vallée des Lames Écarlates et avec seulement cinq milles hommes, la Reine Guerrière est parvenue à empêcher l’invasion de l’armée des démons qui comptait cinquante-mille soldats. Elle a même réussi à les retenir pendant pas moins de trois mois. Toi, de ton côté, tu n’arrives même pas à simplement chanter la Ballade de la Reine Guerrière durant trois jours. Pourquoi est-ce que tu ne vas pas simplement te frapper la tête et mourir sous la statue de la Reine Guerrière ?” »

« Ton maître a tort. » Manteau Rouge objecta nonchalamment : « Te comparer avec la Reine Guerrière, c’est comme frapper un rocher avec une miche de pain. Dès le départ, ce ne serait pas une bataille équitable. ».

On aurait cru que le barde était sur le point de pleurer, et il se plaignit avec tristesse : « Tu es encore plus impitoyable que mon maître… »

À cet instant-là, Manteau Rouge avala la dernière de ses rations. Dans un bruissement de cape, il se leva et annonça simplement : « Allons-y ! »

« Où donc ? » Le barde leva la tête et le dévisagea, perplexe.

Manteau Rouge répliqua : « Quoi ? Tu ne vas pas chanter ? Par pure coïncidence, je veux aussi écouter cette chanson, alors allons-y ensemble. »

En entendant cela, les yeux azurs du barde s’illuminèrent instantanément d’espoir.

Manteau Rouge doit être vraiment fort !

Ce n’était pas son intuition qui le lui disait, mais bien une déduction. Une personne qui portait un manteau rouge aussi tape à l’œil partout où elle se rendait était soit un aventurier débutant imprudent, soit une personne qui pouvait régler n’importe quelle sorte de problèmes !

À en juger par les actions de Manteau Rouge jusqu’à présent, il n’était définitivement pas un aventurier débutant.

Avant même que le barde pût prononcer ne serait-ce qu’un demi-mot, Manteau Rouge le coupa immédiatement, lui donnant froidement comme avertissement : « Si tu dis quoi que ce soit qui contienne ce que je considère être des mots inutiles, j’utiliserai une méthode plus directe qui te rendra incapable de sortir aujourd’hui : je te frapperai au point où tu ne pourras que rester allonger au lit et où tu n’auras plus besoin de chanter. »

« Des mots inutiles ? » Le barde lâcha aussitôt un flot de protestations. « Comment serait-il possible que j’emploie des mots superflus ? Je n’ai jamais rien dit qui ne soit pas nécessaire auparavant. Sur ce point, tu peux te détendre, car je suis un barde ! Être excessivement pointilleux à propos de mon choix de vocabulaire est mon point fort. Je peux te garantir que chacune de mes phrases est aussi élégante qu’un chant d’oiseau et aussi claire que l’eau qui court dans un ruisseau… »

En entendant cela, Manteau Rouge empoigna le col du barde d’une main, puis le souleva du sol, le forçant d’une position assise à une position où il était à demi suspendu dans les airs.

Le barde ferma la bouche et cligna des yeux innocemment. Il n’osa pas bouger un seul muscle et était complètement dans le flou quant à pourquoi Manteau Rouge était de nouveau en colère… Mais, une fois encore, sa force est vraiment impressionnante. Comme je le pensais, c’est quelqu’un de fort !

Avec la présence de Manteau Rouge, il ne serait assurément pas tabassé par la patrouille jusqu’à être réduit à l’apparence d’une miche de pain… Le prérequis étant que Manteau Rouge fût à même de contrôler sa rage et de le laisser vivant pour qu’il pût aller chanter.

Manteau Rouge le maintint dans les airs pendant un moment. Il était difficile de dire s’il essayait de contenir sa colère, ou s’il se demandait par quelle partie du corps il devrait commencer à le tabasser. Cela dura jusqu’à ce que plusieurs serveurs de l’auberge s’approchent d’eux. Sans attendre qu’ils parlent, Manteau Rouge avait déjà reposé le barde et s’était retourné pour leur assurer : « Tout va bien. »

Se retournant, Manteau Rouge baissa la tête. De sous la capuche de son manteau, le barde aperçut une paire d’yeux noirs qui émettaient une aura meurtrière et de la sévérité. Manteau Rouge s’adressa au barde et grogna mot après mot : « À part “oui” et “non”, tous les autres sont des mots inutiles ! »

Son grondement retomba, et Manteau Rouge sortit de l’auberge sans même regarder en arrière. Voyant l’ombre de Manteau Rouge, le barde stupéfait murmura : « Comme des flammes d’ébène brûlantes. » Après quoi, il se mit immédiatement debout et courut vers Manteau Rouge.

Une fois qu’il eut rattrapé Manteau Rouge, il ralentit et se mit à marcher à ses côtés. Bien qu’ils fussent encore assez loin de la taverne, il avait déjà commencé à fredonner doucement.

Les saisons se succèdent, le temps s’égrène.
Le regard perdu vers une cité lointaine,
Le ménestrel itinérant
Se remémore l’époque d’antan… 

Oh, ménestrel !
Un sourire lumineux posé sur tes lèvres.
Oh, ménestrel !
Le regard distant passant au-delà des gens.
Oh, ménestrel !
Tu demeures toujours hors de portée.
Vers quoi donc ton regard est-il tourné ? 

Doucement, le ménestrel fredonne :
Qu’importe la distance,
De la femme de légende
Jamais mes yeux ne se détourneront. 

Oh, Reine Guerrière !
Le Saint Roi et la Reine
Ont-ils annihilé
Ta faculté d’aimer ?

Oh, Reine Guerrière !
Les flammes d’ébène dans tes yeux,
Ne peuvent-elles être avivées
Que dans le feu des hostilités ?

Oh, Reine Guerrière !
Tes yeux qui sont si froids et indifférents,
Que contemplent-ils réellement ? 

Note de bas de page

1 Lancel Ornister : Originellement appelé Lancero Ornister par Yu Wo, comme c’est expliqué dans le livre d’illustrations de La Reine Guerrière. Lancel et Lancero sont tous les deux des noms équitablement corrects, mais l’équipe anglaise a préféré choisir Lancel qui leur semblait plus adapté pour un nom de roi. Lancero est une sorte de parcours militaire, un genre de soldat et est également moins fréquemment utilisé en tant que nom. Un équivalent en français serait Lance, cependant, l’équipe française a choisi de garder la version anglaise dans ce cas-ci.

One Response

  1. Frédéric

    Ce barde ne doit pas avoir beaucoup d’amis pour qu’il puisse raconter sa vie aussi facilement a la.première personne lui montrant un petit peu d’intérêt 🙂

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