La Légende du Chevalier du Soleil T4C4 : Recrute de Puissants Assistants

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : (Yu Wo)


Chapter 4: Recruit Powerful Assistants – traduit du chinois vers l’anglais par ErodingPersona[PR!]
Chapitre 4 : Recrute de Puissants Assistants – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ travail de vérification par Yukomin

Précédemment, lorsque la licorne et le Chevalier de Glace avaient lancé leur sort au même moment, j’avais eu le léger sentiment que… je serais capable de lancer ces sorts moi aussi. Qu’il s’agît de « Mur de Glace » ou de « Foudre », j’étais persuadé que j’avais la capacité de les lancer tous les deux. Si c’était réellement le cas, alors je devais saisir l’opportunité, pendant que le Chevalier de Glace avançait encore au ralenti. Je m’empressai donc de rassembler les éléments et de les jeter sur lui avant qu’il n’eût le temps de réagir !

Je franchis la petite porte d’un bond et criai aux trois personnes en face de moi : « Ne passez pas par cette route et ne me suivez pas ! »

En entendant cela, ils s’arrêtèrent tous les trois en plein élan et tournèrent la tête pour me regarder.

Je ne laissai pas la licorne s’arrêter, me contentant de rugir en passant à côté d’eux : « Vite, courez ! »

« Tu ne t’es même pas arrêté ! » protesta bruyamment Sybil. « Et dire que, pendant un instant, je me suis sentie touchée, lorsque je t’ai entendu dire que tu voulais partir seul de ton côté ! »

Je tournai la tête et grondai : « Si je m’arrête, je ferais tout aussi bien de courir droit en prison ! Idem, si vous ne vous mettez pas tous à courir maintenant, vous feriez aussi bien de marcher directement jusqu’aux geôles ! »

Une fois la discussion terminée, ils se séparèrent immédiatement et s’enfuirent dans des directions différentes.

À la minute où les trois se séparèrent, le Chevalier de Glace apparut derrière moi. Il n’y avait pas la moindre égratignure sur son corps, et pas même le moindre grain de poussière sur ses vêtements. Cependant, ce n’était pas particulièrement surprenant, puisque je ne l’avais pas pris pour cible ; à la place, j’avais visé les chevaliers sacrés qui avaient formé une barrière protectrice les transformant en un mur de métal dans son dos… Comme ils se tenaient là sans bouger, ils faisaient une cible facile, comme n’importe quel mur.

Le Chevalier de Glace ralentit à peine un instant, puis il ignora mes trois compagnons et se mit à ma poursuite.

En constatant que j’étais poursuivi, je talonnai ma monture : « Licorne, cours ! Galope aussi vite que tu le peux ! »

La licorne hennit bruyamment, paressant très excitée. Elle courut plus vite et encore plus vite, à un point tel que je pouvais à peine garder les yeux ouverts. Toutefois, cela n’avait aucune importance ; je pouvais tout aussi bien les fermer. Après tout, je n’avais toujours pas découvert s’il y avait la moindre différence entre ouvrir les yeux et les fermer.

Plutôt que d’être gêné par la vitesse affolante de la licorne, je me sentis soulagé, parce qu’une personne à pied ne pourrait jamais rivaliser avec un cheval… À moins que de nombreuses stalagmites ne cessassent d’apparaître devant ledit cheval.

Un pic de glace surgit soudainement du sol. Cependant, les réflexes de la licorne n’étaient pas à prendre à la légère. Elle fit un détour forcé de deux mètres autour du pilier de glace et l’esquiva. Pourtant, à peine quelques foulées après, une autre stalagmite jaillit devant nous. La licorne refusa encore de s’arrêter et l’évita une fois de plus en la contournant.

On aurait dit que la licorne était prête à affronter le Chevalier de Glace. Ses compétences d’évasion étaient en effet excellentes. Nous aurions presque pu parvenir à nous échapper… si je n’étais pas tombé de son dos.

« Stupide cheval ! » rugis-je tout en jetant un sort sacré sur mon pauvre arrière train qui avait presque été fendu en deux. « Tu as cru que j’étais collé à ton dos, dis-moi ? »

La licorne se figea sur place. Elle se retourna et me regarda avec une expression timide, mais n’ayant pas l’air de vouloir s’approcher pour autant. En fait, elle m’observa du regard un moment, puis se tourna pour regarder le Chevalier de Glace, comme si elle était très embêtée et voulait changer de cavalier… Imbécile de cheval !

Je venais tout juste de finir de soigner mon dos et étais sur le point de me relever pour frapper le cheval, quand une ombre s’abattit sur moi. Je penchai la tête et aperçus le visage aux muscles figés du Chevalier de Glace au-dessus de moi. Il arracha le masque sur mon visage.

C’est la fin !

Je blêmis, mais je découvris que l’expression du Chevalier de Glace avait également changé… Oh ? Alors, ses muscles faciaux ne sont pas complètement morts ?

C’était la première expression qui apparaissait sur le visage du Chevalier de Glace. Il me fixa avec un regard de pure stupéfaction… Une opportunité !

À l’attaque ! Peu importe quel sort je suis capable d’utiliser, je dois me dépêcher de le lancer !

« Comment se fait-il que tu sois ici, S… » Le Chevalier de Glace sembla hésiter, lorsqu’il me parla, mais, au milieu de sa phrase, il se tut subitement et me contempla avec des yeux agrandis de stupéfaction.

Avec une inspiration soudaine, je tendis mes deux mains vers lui et rugis : « Chaînes des Ténèbres, scellez mon ennemi ! »

Une grande quantité de l’élément des ténèbres sortit de mes mains, et des chaînes noires jaillirent brusquement du sol en se tortillant. Ces chaînes étaient composées de couches fortement concentrées de l’élément des ténèbres empilées les unes sur les autres.

En examinant les chaînes, je me demandai si le Chevalier de Glace en avait déjà vu auparavant, car son visage affichait une expression confuse.

C’est sans importance. Si on devait décrire ses réflexes, le seul qualificatif correct serait « lents », alors c’est le moment parfait pour le subjuguer !

D’innombrables chaînes s’enroulèrent autour du Chevalier de Glace de la tête aux pieds, se resserrant fermement autour de son corps et même de sa bouche. Je ne souhaitais pas qu’il fût en mesure de crier pour attirer l’attention des autres chevaliers à notre poursuite.

Après cela, il réagit enfin. Avec son bâtonnet divin, il s’empressa de briser les Chaînes des Ténèbres.

Tu crois vraiment que ce sera si facile ? Je lui adressai un rire froid et appelai : « Licorne, maintenant… Si tu oses me désobéir et ne pas l’attaquer, je vais aussi t’attacher ! »

La licorne se précipita aussitôt en avant, l’unique corne sur sa tête brillant avec bien plus de lumière sacrée qu’auparavant, et elle fonça tout droit sur le Chevalier de Glace. Cependant, cette attaque empêcha seulement le Chevalier de Glace de briser les chaînes. Il n’avait pas l’air d’avoir reçu la moindre blessure.

« Stupide cheval ! » rugis-je. « Tu ne vois pas que tout son corps est rempli de “lumière” ? Et pourtant tu veux utiliser l’élément sacré pour l’attaquer… Essaierais-tu de l’aider à soulager une démangeaison ? Sers-toi d’autres éléments pour l’attaquer ! »

La licorne hennit vers le ciel qui fut tout à coup recouvert par de nombreux nuages d’orage craquelés d’éclairs. Lorsque la foudre se mit à frapper en succession, le Chevalier de Glace n’eut plus le temps de briser les chaînes. Il s’empressa de rassembler l’élément de glace encore et encore pour former un mur de glace au-dessus de sa tête afin de bloquer les innombrables attaques foudroyantes qui le visaient.

Je dispersai le mur de glace qu’il venait de former et, comme il fut incapable de réagir instantanément, il se retrouva foudroyé par l’un des éclairs.

Un coup, deux coups… Le Chevalier de Glace ne tomba pas et ne perdit pas connaissance non plus. Il se contenta de me faire face, semblant me fixer du regard, sans pour autant abandonner ses tentatives pour solidifier l’élément de glace.

Cependant, sa capacité à le rassembler ne pouvait même pas être comparée à ma vitesse de dispersion. Incapable de former un mur de glace, il n’eut finalement pas d’autre choix que de s’appuyer sur la chose qui entourait son corps… Cette chose appelée… « Aura de Combat ! » me rappelai-je enfin.

La licorne continua de faire tomber la foudre, puis, quand la foudre s’arrêta enfin, elle m’observa.

« Tu ne peux plus continuer ? » Je levai les yeux vers le ciel et ajoutai avec mauvaise humeur : « Tu ne sers vraiment à rien ! Vaux-tu réellement 5000 ducats d’or ? »

Après avoir dit cela, je tournai la tête pour faire face au Chevalier de Glace. Le ciel était rempli d’encore plus de l’élément de la foudre, et celui-ci était encore plus puissant qu’avant. Néanmoins, cet élément de la foudre n’avait pas été invoqué par la licorne. C’était moi qui l’avais rassemblé.

Il ne reste plus assez de temps. Les chevaliers sacrés à l’arrière vont nous rattraper d’un instant à l’autre. Je dois le vaincre le plus rapidement possible !

La foudre s’abattit.

Le Chevalier de Glace leva la tête et contempla le ciel, et, pour une certaine raison, il dispersa l’aura de combat qui l’entourait… La foudre le frappa de plein fouet. Il ne tint debout que l’espace d’une seconde avant de simplement s’effondrer sur le sol.

Je fis un bond en arrière, sous le choc. Par chance, son cœur battait toujours. Il avait simplement dû perdre connaissance quand la foudre l’avait zappé.

Je m’approchai, ramassant d’abord l’immense sucette glacée divine, avant de donner un léger coup de pied à son propriétaire. En voyant qu’il ne réagissait pas, j’essuyai la sueur froide de mon visage.

J’avais craint que, même en joignant mes forces avec la licorne, nous ne pûmes pas vaincre le Chevalier de Glace. Par chance, nous y étions parvenus.

Par contre, je ne pouvais pas baisser ma garde. Je l’enveloppai de nombreuses Chaînes des Ténèbres. Ce ne fut que lorsqu’il ressembla à un énorme cocon noir que je m’arrêtai, satisfait de ma création.

Une fois que je me fus arrêté, j’entendis de lourds bruits de pas. Je me hâtai de chercher mon masque et de le remettre. À cet instant-là, les chevaliers qui se précipitaient vers nous ne se trouvaient qu’à une centaine de mètres de distance.

Je ricanai, plaçant lentement la pointe du bâtonnet de glace contre le cou de son propriétaire, même si dans un premier temps j’éprouvai quelques difficultés à trouver où il était situé… J’avais vraiment enroulé trop de chaînes autour de lui.

Je criai aux chevaliers sacrés : « Si vous n’accordez aucune importance à sa vie, alors approchez ! »

En voyant cela, tous les chevaliers sacrés s’arrêtèrent net. Leurs yeux s’agrandirent jusqu’à devenir aussi grands que ceux des chevaux.

Ce qui comptait vraiment, cependant, c’était qu’aucun d’entre eux n’osa bouger, exactement comme je l’avais prévu.

« Si vous osez vous lancer à notre poursuite, je ne pourrai pas garantir la vie du Chevalier de Glace ! »

Après avoir lancé ces menaces, je traînai le cocon géant jusqu’à la licorne et, sous les yeux de l’assistance, je menai calmement le cocon et ma monture loin de cet endroit.

 

 

Quand j’arrivai au point de rencontre que nous avions désigné avec à la fois le cocon et la licorne, les mâchoires de tous les membres du groupe tombèrent jusqu’à leur poitrine.

« Tu… Tu sais vraiment utiliser la magie ? » Iacchi fut le premier à déglutir et à me poser cette question avec un certain effroi.

Yuna ajouta avec un cri perçant : « C’est impossible ! Comment un guérisseur du Dieu de la Lumière sait-il lancer des sorts appartenant à une magie qui requiert l’utilisation de l’élément des ténèbres ? »

Comment voulez-vous que je le sache ? Même si vous me posez la question, je ne peux pas vous répondre ! Tout ce qui compte est que je sache comment l’utiliser.

« Grisia ! Qu’as-tu fait ? » Woodrow était réellement le chef du groupe. Il fut la première personne à aller au cœur du problème.

« Pourquoi cries-tu ainsi ? » La situation avait vraiment un peu dévié de mes prédictions, aussi je ne pouvais pas me permettre de perdre mon calme. Je pris un ton posé et répondis : « N’ai-je pas fait sortir la licorne de la ville pour que nous puissions la revendre plus tard et nous partager l’argent ? »

« Dans ce cas, qu’est-ce que c’est que ça ? » Woodrow pointa le cocon gisant par terre et s’écria : « Faire sortir la licorne en douce et la revendre c’est une chose, mais kidnapper le Chevalier de Glace en est une autre ! »

« Mon dieu ! Nous nous sommes fait un ennemi de l’Église du Dieu de la Lumière dans son ensemble… » murmura Yuna de son côté.

« Relâche-le immédiatement ! » rugit Woodrow.

« Le relâcher ? » Je rétorquai : « Si nous le laissons partir maintenant, que ferons-nous quand il se lancera à nos trousses avec les autres chevaliers à ses côtés ? Tant qu’il est entre nos mains, les chevaliers sacrés qui sont sur nos talons n’oseront pas nous approcher et nous trancher en morceaux ! »

Ayant entendu ma réponse, Woodrow tressaillit. Sa bouche s’ouvrit, comme s’il voulait toujours continuer à protester, mais, au final, il la referma et n’ajouta rien de plus.

Devant leur réaction, je les réconfortai : « Ne paniquez pas, dès que nous atteindrons un endroit où les chevaliers sacrés ne pourront pas nous suivre, nous pourrons le relâcher immédiatement et emmener la licorne là où nous le voudrons. Rien n’arrivera à aucun d’entre nous. »

Avec mes paroles, les expressions de tout le monde s’allégèrent. Cependant, Woodrow sembla lutter contre lui-même pendant un moment avant de marmonner : « Je suis vraiment désolé. Une fois que nous aurons partagé l’argent, il se peut que nos chemins se séparent. »

Mon cœur manqua un battement. Je regardai les autres. Même si leurs visages affichaient des expressions gênées, aucun d’entre eux ne prit la parole… J’abandonnai mon sourire et répliquai avec indifférence : « Ce n’est pas un problème. Tant que j’obtiens ma part de l’argent, cela ne me dérange pas. »

« Évidemment. » Woodrow hocha la tête dans un geste de confirmation.

J’acquiesçai également et proposai à tout le monde : « Pourquoi ne ferions-nous pas une pause ? Nous pourrons toujours continuer à discuter de notre destination demain matin. »

« D’accord. » Woodrow hocha de nouveau la tête et ajouta : « Dans ce cas, répartissons les tours de garde pour la nuit. »

« Ce n’est pas la peine, laissez-moi jouer le rôle de la sentinelle pour toute la nuit ! » Je souris et dis : « Après tout, comme vous le savez, j’ai déjà dormi pendant dix jours ! Si vous voulez me faire dormir maintenant, ce sera peut-être encore plus difficile que de kidnapper le Chevalier de Glace ! »

Tout le monde rit. Woodrow répondit poliment : « Merci de prendre cette peine, nous allons donc laisser cette tâche entre tes mains. »

Je le saluai d’un signe de tête.

 

 

« Ainsi, j’ai été abandonné… » J’employai un rocher comme oreiller et levai les yeux vers le ciel. La licorne dormait à ma gauche, tandis que le cocon géant était profondément endormi à ma droite. Tous les autres étaient également plongés dans un profond sommeil non loin de là. Leurs respirations étaient lentes et égales.

Bien qu’ils aient prévu de m’abandonner, ils ne se méfient toujours pas de moi.

 

Je me levai lentement et me dirigeai vers les autres qui dormaient. Ces gens sont vraiment naïfs ! Si je peux forcer le Chevalier de Glace à se soumettre, n’ai-je pas la capacité d’en faire autant avec eux ?

Pour commencer, un seul fugitif attire moins l’attention qu’un groupe entier. Ensuite, de cette façon, la récompense que j’obtiendrais ne serait pas de 1000 ducats d’or, mais plutôt de 25000 !

Je m’approchai de Sybil, me penchai lentement au-dessus d’elle et… la bordai doucement dans le manteau qu’elle utilisait comme couverture.

Vraiment ! C’est une adulte, mais elle repousse encore ses couvertures en dormant !

Je secouai la tête, frustré, et décidai de retourner à ma place pour me rallonger. Cependant, quand je me retournai, je découvris avec stupéfaction qu’une personne se tenait non loin de là.

C’est…

« Scarlet ? » m’exclamai-je, surpris.

Mais, la licorne dort toujours au même endroit que tout à l’heure ! Et, pourtant, Scarlet est apparue. N’était-elle pas une image invoquée par la licorne ? Ou bien est-ce que Scarlet n’apparaît que quand la licorne est endormie ? Ou peut-être qu’il n’y a aucune connexion entre elles…

Alors que j’étais toujours en pleine réflexion, Scarlet avait déjà sautillé jusqu’à moi, puis, tenant quelque chose dans ses deux mains comme s’il s’agissait d’un trésor  inestimable, elle déclara : « Grand Frère a fait tomber ça. »

C’était un livre.

« J’ai fait tomber ça ? » J’ouvris le livre et baissai la tête par réflexe pour lire à l’intérieur des pages… Il s’agissait encore d’une action que je ne pouvais pas comprendre. Mes yeux n’étaient d’aucune utilité pour « voir » quoi que ce soit sur le livre.

Je pouvais sentir les éléments ; le livre était fait de l’élément du bois et, par-dessus, il y avait une fine couche de l’élément de la pierre. Cet élément dessinait des « mots », mais j’éprouvais quelques difficultés à différencier du bois cette quantité si faible de l’élément de la pierre. Malgré tout, je parvins à déchiffrer les mots.

Sur la couverture du livre était écrit « Un Guide Complet des Sortilèges ».

« Il y a autre chose ! » Scarlet laissa échapper un léger rire qui tintait comme des clochettes, et ajouta innocemment : « Cependant, ce n’est pas ici. Dirige-toi vers le nord-est, et tu le trouveras là-bas. »

« De quoi s’agit-il ? »

Scarlet pencha la tête sur le côté et me dit : « Touche ta poitrine pour voir. »

En entendant cela, je tapotai ma poitrine. Instantanément, un sentiment de malaise m’enveloppa… N’y avait-il rien ici à l’origine ?

L’esprit empli de doutes, je relevai la tête et la questionnai : « Scarlet, tu as mon livre, et tu sais aussi où se trouvent mes affaires. Ça veut dire que tu sais qui je suis, n’est-ce pas… Scarlet ? »

Je m’arrêtai, surpris. Je ne ressentais plus la présence de Scarlet. Elle a encore disparu ? Que diable se passe-t-il ?

J’ouvris soudainement la bouche et demandai : « Tu es réveillé ? »

Cela n’avait rien à voir avec Scarlet. À la place, le Chevalier de Glace, qui était allongé à côté de moi, avait ouvert les yeux et me fixait du regard.

J’étais certain que si sa bouche n’avait pas été bâillonnée par les Chaînes des Ténèbres, il se serait certainement mis à hurler de rage. Je n’avais pas besoin de mes souvenirs pour le savoir ; très peu de personnes dans le monde aimeraient être ligotées comme un cocon.

Je retournai à ma place d’origine et m’y assis. Avec espièglerie, je tapotai sa tête et lui dis : « Ne panique pas. Quand nous aurons atteint un endroit suffisamment éloigné où tes chevaliers sacrés ne pourront plus nous rattraper, nous te laisserons partir. Alors, ne gaspille pas tes forces à lutter. »

Après une pause, je changeai de ton et déclarai froidement : « De cette façon, je n’aurai pas besoin de perdre mon énergie à te tabasser. »

Le Chevalier de Glace se contenta de cligner des yeux pour toute réponse. Après cela, il cessa réellement de remuer le moindre muscle et continua simplement à me fixer du regard.

Je passai toute la nuit à feuilleter les pages du « Guide Complet des Sortilèges ». Puis, j’employai le cobaye idéalement placé à portée de main à côté de moi, le Chevalier de Glace, pour expérimenter mes sorts.

« … »

L’élément de glace qui entourait le Chevalier de Glace avait tendance à automatiquement se rassembler autour de lui. Par chance, la vitesse à laquelle l’élément se rassemblait n’était toujours pas aussi rapide que ma capacité à le disperser.

 

 

Plus tard, nous reprîmes notre route afin d’échapper à nos poursuivants. Nous rencontrâmes assez vite notre premier problème : comment étions-nous censés transporter un cocon aussi grand qu’un humain ?

Sybil fut la première à lancer une suggestion. « Yuna peut lancer un sort d’augmentation de la force sur moi. Je le porterai sur mon dos ! »

Je suppose que l’apparence du Chevalier de Glace ne devait pas être laide. Même Sybil bavait devant lui.

« Pendant combien de temps comptes-tu le porter sur ton dos ? » lui demandai-je avec mauvaise humeur. « Un jour, trois jours, ou cinq jours ? Ou bien as-tu l’intention de compter la durée en semaines ? »

« C’est… » Sybil répondit avec hésitation : « Trois… Non ! Cinq jours ! »

Hmpf ! On dirait que le physique du Chevalier de Glace est à un niveau où « les gens sont prêts à le porter pendant cinq jours d’affilé ».

Subitement, je fus assailli par la curiosité et lui demandai : « Sybil, si tu devais me porter, pendant combien de jours accepterais-tu de le faire ? »

Sybil contempla mon visage solennellement et répondit : « En me basant uniquement sur ton apparence, je serais prête à te porter pendant une semaine, mais, après en être venue à connaître ta personnalité… »

« Ne me dis pas que c’est tombé à un jour ? » lui demandai-je avec un peu d’inquiétude.

« Non. » Sybil haussa ses épaules et ajouta : « Je veux seulement m’éloigner de toi autant que possible. »

« … »

Au moins mon apparence est suffisamment belle pour que « les gens soient prêts à me porter pendant sept jours d’affilé ». Après m’être auto-réconforté, je jetai un regard à la licorne, puis au Chevalier de Glace, avant de demander à ce dernier : « Hé ! Est-ce que tu es puceau ? »

Les mâchoires de tout le monde s’effondrèrent de nouveau jusqu’à leurs épaules.

Le Chevalier de Glace me lança simplement un regard noir, ne daignant même pas me retourner un seul mot en réponse. Comment ose-t-il me dévisager avec autant de dédain… Ah ! Sa bouche est toujours couverte par les Chaînes des Ténèbres !

Je m’empressai de les défaire et demandai à nouveau : « Tu peux parler maintenant. Alors, dépêche-toi et dis-moi, est-ce que tu es toujours puceau ? »

Il continua à me fixer de son regard noir sans prononcer le moindre mot.

« Même s’il l’était, il ne l’admettrait jamais, non ? Quelque chose d’aussi embarrassant… Euh ! Grisia, je ne dis pas que le fait que tu sois puceau est très embarrassant ! » s’empressa d’expliquer Igor.

Je toisai froidement Igor avant de sortir le bâtonnet glacé qui était pendu à ma taille. Le pressant contre le cou du Chevalier de Glace, je rugis : « Tu l’es, oui ou non ? Réponds-moi ! »

Malgré le fait qu’il fût menacé d’une mort imminente, le Chevalier de Glace maintint son silence de glace. Cela ne va pas. Ce n’est pas comme si je peux vraiment le tuer !

Peut-être que je devrais le torturer et le forcer à cracher le morceau ? Je m’interrogeai pendant un moment, en plein désarroi. Après un instant, au contraire, je me mis à sourire.

Je replaçai le bâton à ma taille, soulevai le Chevalier de Glace et le jetai vers la licorne… La licorne ne montra aucune intention d’esquiver l’énorme cocon.

« … Merde alors ! »

Tout le monde prit une profonde inspiration. Iacchi laissa échapper un juron. Finalement, Igor marmonna : « Depuis quand ce monde compte-t-il autant de vieux puceaux qui ont passé la vingtaine ? »

« Je ne suis pas puceau ! » niai-je vigoureusement.

Iacchi haussa les épaules, et Igor sourit de manière apaisante en affirmant : « Oui, oui ! Si tu dis que tu n’en es pas un, alors tu n’en es pas un. »

Après avoir résolu notre problème de transport, nous n’avions plus de temps à perdre. Nous entamâmes immédiatement notre voyage en tant que fugitifs. Pour moi, cela s’avérait également une chevauchée très ennuyeuse.

Comme je devais avancer à la même vitesse de marche que les autres, la licorne était obligée de trotter très lentement. Je m’ennuyais immensément et me mis à entretenir une conversation à sens unique avec le cocon. « J’ai remarqué que tout le monde t’appelaient le Chevalier de Glace. J’imagine que ce n’est pas ton vrai nom ? »

Le Chevalier de Glace secoua la tête.

Face à cela, ma curiosité grimpa en flèche, et je le questionnai : « Dans ce cas, quel est ton nom ? »

Il me fixa du regard pendant un certain temps avant de répondre lentement : « Ecilan de la Glace. »

« C’est si difficile à prononcer. » Je fronçai les sourcils. Ecilan ? Qui donnerait ce genre de nom à quelqu’un ?

« Je n’ai jamais espéré que tu prononces mon nom correctement », rétorqua-t-il platement.

J’étais surpris. « Qu’as-tu dit ? »

Il garda le silence pendant un moment et, si je ne me trompais pas, on aurait dit qu’il avait jeté un regard vers les autres du coin des yeux avant de rediriger son attention vers moi et de secouer la tête en disant : « Rien du tout. »

« Très bien, dans ce cas, Ecilan, est-ce qu’il y a d’autres membres des Douze Chevaliers Sacrés dans le coin ? »

Même si je lui avais posé cette question, je ne pensais pas vraiment qu’il me répondrait la vérité. Toutefois, même s’il me mentait, ce ne serait pas problématique. Je serais bien sûr capable de déterminer s’il ment ou pas, et à partir de là j’obtiendrais la réponse que je désirais !

« Oui, il y en a un. Le Capitaine-Chevalier de Flamme est proche. » Il hocha la tête.

Je restai stupéfait pendant un instant. Les battements de cœur d’Ecilan n’avaient pas du tout accélérés… Il n’a pas menti ! Il m’a vraiment révélé qu’un des membres des Douze Chevaliers Sacrés était dans le coin, et il m’a même dit de qui il s’agissait !

« Est-ce qu’il va se lancer à notre poursuite ? » lui demandai-je nerveusement.

Ecilan hocha de nouveau la tête et répondit sans la moindre hésitation : « Il le fera. »

C’est mauvais. Je fronçai les sourcils : « Et si je t’utilise comme otage pour le menacer ? »

Ecilan fronça les sourcils à son tour. Il avait l’air de réfléchir sérieusement à ma question. Après un moment, il expliqua en détails : « Il reculera, mais il n’abandonnera pas. Il n’abandonnera jamais. »

En entendant ses paroles, je m’enquis avec un sourire : « Quelle naïveté, tu crois vraiment que tes camarades ne t’abandonneront jamais ? »

Ecila acquiesça d’un signe de tête et répliqua : « Les Douze Chevaliers Sacrés n’abandonneront jamais un des leurs. »

« Ah bon ? » Le ton de ma voix descendit, et je rétorquai froidement : « Si une opportunité se présente, nous testerons cette théorie. Quand il sera sur le point de mourir, nous verrons si oui ou non s’il t’abandonnera. »

« Il ne le fera pas. » Ecilan me regarda et répéta d’une voix extrêmement ferme : « Les Douze Chevaliers Sacrés n’abandonneront jamais un des leurs. »

Je lui retournai un ricanement glacial. Dire qu’un chevalier avec un visage aussi froid et sans expression est en fait un idiot complètement naïf !

Tout de suite après, nous atteignîmes un embranchement. Tout le monde s’arrêta et se tourna vers Woodrow.

Woodrow lut le panneau et expliqua : « Si nous suivons le chemin sur la droite, nous nous dirigerons vers le nord-est et le Royaume de l’Orchidée Lunaire. Si nous prenons à gauche, alors nous passerons la frontière du Royaume du Son Oublié. Même s’il y a deux chemins, je ne pense pas que nous ayons le choix. »

Il porta son regard sur Ecilan, soupira et ajouta : « Kidnapper le Chevalier de Glace et pénétrer dans le Royaume du Son Oublié avec lui ? J’ai bien peur qu’à la minute où nous mettrions les pieds dans une ville, nous aurions droit à un allé simple pour les prisons. »

« C’est évident ! » Yuna me jeta un regard noir et raconta froidement : « Le Royaume du Son Oublié est la base de l’Église du Dieu de la Lumière. Tout le monde là-bas connaît les Douze Chevaliers Sacrés… »

« Et tout particulièrement leur chef, le Chevalier du Soleil ! » l’interrompit brusquement Sybil.

Après avoir prononcé ces mots, son visage afficha une expression pleine d’adoration, et d’une voix rêveuse elle ajouta : « Les rumeurs racontent que le Chevalier du Soleil a de lumineux cheveux blonds, des yeux bleus comme le ciel, et une peau aussi blanche et douce que le lait… »

Tout de suite, Sybil s’arrêta pour me contempler. Elle ne m’avait quand même pas utilisé comme « modèle de base » pour imaginer son Chevalier du Soleil, j’espère ?

Je ne pus me retenir de m’écrier d’une voix mécontente : « Le Chevalier du Soleil est-il une fille ? Toute ton explication semble décrire une sublime beauté ! »

« Il est magnifique ! » Sybil revint immédiatement sur terre et répliqua avec force : « De plus, c’est un bel homme vraiment élégant, contrairement à toi ! Même si vous avez la même couleur de cheveux, les mêmes yeux bleus et une peau claire, tu n’as absolument aucune classe ! »

« Un bel homme élégant ? »

Je tapotai la tête d’Ecilan et frottai intentionnellement ses cheveux pour les mettre en bataille avant de demander d’un ton satisfait : « Ce gars-là n’est-il pas aussi l’un des élégants Douze Chevaliers Sacrés ? Regarde-le à présent… Qu’y a-t-il d’élégant chez lui maintenant qu’il est emballé dans un cocon ? Ton Chevalier du Soleil est probablement exactement comme lui ! »

« Arrête de le maltraiter ! » Sybil poussa un cri perçant et se précipita pour remettre en ordre les cheveux d’Ecilan, et au passage elle en profita pour toucher discrètement son visage plusieurs fois jusqu’à ce qu’elle fût satisfaite. Elle daigna alors tourner son regard vers moi pour me répondre : « Qui plus est, le Chevalier de Glace n’a pas besoin d’être élégant. C’est le genre d’homme qui est froid et splendide ! De son côté, le Chevalier de Flamme, dont nous avons parlé hier, est du genre sauvage et colérique ! »

« Pardon ? L’Église du Dieu de la Lumière choisit-elle ses chevaliers en fonction de leur apparence ? » Je roulai des yeux, rétorquant avec mécontentement : « Pourquoi leurs chevaliers sont-ils tous si beaux ? »

« Ce n’est pas ça. » Yuna secoua la tête, son expression teintée d’une légère résignation : « C’est juste la façon dont les femmes les imaginent. Il est possible que la plupart des Douze Chevaliers Sacrés ne soient pas magnifiques. »

« Mais, le Chevalier de Glace est vraiment beau ! Les rumeurs ne sont pas nécessairement fausses ! » À l’instant où Sybil eut fini de crier ces mots, elle s’empressa de baisser la tête et de demander à Ecilan : « N’est-ce pas ? Au moins, le Chevalier du Soleil doit être un super beau garçon, hein ? »

Ecilan répondit avec indifférence : « Je ne connais pas tes standards de comparaison. »

Sybil l’interrogea vivement : « Il devrait être au moins plus beau que Grisia, non ? »

Il resta silencieux pendant un certain temps. Sous le barrage de questions incessantes de Sybil, il finit par répondre : « Il devrait avoir une beauté à peu près similaire. »

Sybil fronça les sourcils en entendant sa réponse, alors que je jubilais : « Tu vois ! Pourquoi se languir pour le Chevalier du Soleil ? Me regarder suffit amplement. »

« Il a définitivement plus de classe que toi ! » s’exclama Sybil avec indignation.

À cet instant, Woodrow nous dépassa, Sybil et moi, alors que nous étions encore en train de nous disputer, et s’approcha d’Ecilan pour le questionner avec le plus grand sérieux : « Que sont venus faire les Douze Chevaliers Sacrés dans un endroit aussi reculé ? Cet endroit fait même déjà parti du territoire du Dieu de l’Ombre. »

Ecilan lui donna pour unique réponse : « Nous sommes à la recherche de quelqu’un. »

« Qui cherchez-vous ? » lui demanda Woodrow, surpris.

Il regarda Woodrow avec indifférence et ne lui fit pas la grâce d’apporter une réponse à sa question.

Cependant, Woodrow n’osa pas le forcer à parler. Quand il vit qu’Ecilan n’allait pas lui répondre, Woodrow s’en alla de son propre chef.

À partir de là, nous poursuivîmes naturellement notre voyage. La seule différence était que nous avions arrêté de garder le silence pendant notre marche. Non seulement je me disputais avec Sybil pendant tout le trajet, mais Iacchi aussi s’approcha furtivement et toucha… Bien évidemment, il ne me toucha pas moi ! Il voulait toucher le bâton glacé qui pendait à ma taille.

Quant à Igor, il continua de m’interpeller à tort et à travers pour me demander si oui ou non je me rappelais d’autres sorts intéressants.

Je réfléchis un moment avant de descendre de la licorne et de m’accroupir. Je touchai la surface de la terre et cherchai en-dessous de sa croûte.

Hum ! On dirait qu’il n’y a pas le moindre squelette humain… Ah ! J’ai trouvé quelque chose d’intéressant !

Une fois que j’eus éloigné ma main de la terre, un tas de trucs gris sortit de la poussière.

« Des os ? » Sybil observa la pile d’ossements, confuse.

Je les manipulai soigneusement, injectant l’élément des ténèbres dans les os, puis je les emboîtai approximativement un par un, espérant ne pas me tromper… C’était vraiment dommage qu’il n’y eût pas de squelettes humains sous la terre, puisque j’avais à disposition un tas de squelettes vivants que j’aurais pu utiliser comme référence pour reconstituer ensemble les os d’un mort.

Après avoir fini de tous les rassembler, je réparai les articulations entre les os avec une épaisse couche de l’élément des ténèbres, l’utilisant comme remplacement pour les articulations qui avaient pourri. Afin de le rendre plus mignon, je me servis de l’élément des ténèbres pout remplacer sa chair et ses longues oreilles… Finalement, un lapin noir se mit à bondir autour de nous.

« Ne… nécromancien ! »

Yuna dit faiblement : « Je ne sais vraiment pas pourquoi, mais maintenant je n’ai même plus la force de crier. Grisia, il y a vraiment de moins en moins de chances pour que tu sois un guérisseur de l’Église du Dieu de la Lumière. »

Alors que les trois hommes contemplaient le lapin avec de grands yeux teintés d’effroi, Sybil était celle qui en avait le moins peur. Elle courut même jusqu’au lapin squelettique et le ramassa, me disant avec un visage rayonnant : « Il est trop mignon ! Grisia, ne le laisse pas disparaître ! »

Je haussai les épaules et acceptai : « Ok. »

Après avoir vu la réaction de Sybil, tout le monde regarda le lapin. Igor était tellement excité qu’une suggestion lui vint en tête : « Grisia, puisque tu as fabriqué un lapin, ça doit vouloir dire que tu peux aussi faire un cheval, non ? Si nous avions des montures, nous pourrions voyager plus vite. »

« Je peux le faire, tant qu’il y a des squelettes de chevaux dans le coin. »

« Où suis-je censé te trouver des squelettes de chevaux … » répondit Igor, découragé.

Je haussai à nouveau les épaules. S’il n’y avait aucun os, alors je ne pouvais rien faire non plus. Huit sorts de nécromancie sur dix requéraient des os.

« Dans ce cas, pourquoi tu ne me fabriquerais pas une dague en os pour que je m’amuse avec ? » demanda Igor avec excitation. « Dans toutes ces vieilles légendes, les guerriers qui sont parvenus à occire un dragon utilisaient toujours un des os du dragon pour fabriquer une lame. »

« Si tu me dessines un croquis, je t’en fabriquerai une. »

Iacchi nous interrompit avec une insulte : « Ce rustre-là ? Le fait qu’il sache comment écrire est déjà un miracle en soi ! Comme s’il était capable de dessiner quoi que ce soit… »

« Arrêtez de jouer ! Nous devrions poursuivre notre voyage ! » cria soudainement Woodrow d’une voix sombre. Tout le monde se rappela immédiatement que nous étions supposés être en train de fuir. Nous réprimâmes nos plaisanteries et reprîmes la route. Naturellement, j’étais de nouveau sur la licorne, et notre longue marche et chevauchée silencieuse reprit.

« Tu n’aurais pas dû utiliser la nécromancie devant eux. »

« Quoi ? » Je baissai la tête et dévisageai Ecilan qui était allongé horizontalement devant moi. C’était lui qui venait de parler, même si sa voix n’avait été rien d’autre qu’un murmure.

« Qu’as-tu dit ? »

Néanmoins, Ecilan se contenta de me fixer et maintint son silence.

Voyant cela, je prétendis ne pas l’avoir entendu du tout. J’attrapai le livre sur les sortilèges parmi mes affaires et continuai d’étudier d’autres sortilèges. Je les expérimentai également sur le chevalier qui était idéalement placé à côté de moi. Bien sûr, il s’agissait d’Ecilan qui n’était séparé de moi que par les Chaînes des Ténèbres.

« … »

On ne peut vraiment pas me blâmer pour aimer utiliser celui-ci comme cobaye. Ce n’est pas de ma faute s’il est si parfait dans ce rôle.

Peu importe à quel point j’expérimentais sur lui, il maintenait toujours son habituelle froideur glaciale, sans laisser échapper le moindre son ou même changer d’expression. À part me dévisager avec cette lueur glaciale dans les yeux, il ne fit jamais le moindre geste pour protester. Il était vraiment le cobaye modèle parmi tous les cobayes pour faire des expériences !

Je continuai joyeusement mes tests jusqu’à ce Sybil les remarque. Elle entra dans une colère noire, comme si on avait maltraité son mari. Et, ensemble avec une Yuna également furieuse, elles tirèrent chacune sur un côté de mon visage et me lancèrent un sérieux avertissement, m’ordonnant d’arrêter d’agresser le Chevalier de Glace. La peau de mon visage m’ayant presque été arrachée, je n’eus d’autres choix que d’abandonner mes expériences sur mon cobaye parfait. À la place, je pratiquai certains sortilèges qui ne nécessitaient pas de sujets tests.

Sortilège Capteur d’Os : Peut être utilisé pour repérer des os se trouvant sous terre.

Prison d’Os : Un sort défensif qui accorde la capacité d’utiliser les os pour créer un mur.

Perceur d’Os : Une épine faite d’os surgit du sol et perce l’ennemi.

Peu importe le nombre de sortilèges que je lis, ils parlent tous d’utiliser l’élément des ténèbres pour manipuler des os !

Je me contentai de sauter directement aux dernières pages du livre pour voir s’il y avait des sortilèges différents. Comme je m’y attendais, certains sortilèges intéressants apparurent, comme L’Approche de la Mort. C’était un sort d’attaque à grande échelle. Ses avantages étaient qu’il était très difficile de s’en défendre et de s’en échapper, parce que la zone affectée était très large. Cependant, son défaut était que la vitesse à laquelle mourrait l’adversaire était très lente, donc il y avait des chances pour que le lanceur ne puisse pas maintenir le sort suffisamment longtemps pour que l’ennemi périsse.

Toutefois, il pouvait au moins faire perdre leur pouvoir d’attaque à l’opposition. Ainsi, quand on affrontait un grand groupe d’ennemis, c’était un sort très utile. Du moins, c’était ce qu’affirmait le livre.

Ooohhhh ! Je devrais me dépêcher d’apprendre ce sortilège. Après tout, j’ai kidnappé le Chevalier de Glace, et il est donc possible que tout un essaim de chevaliers sacrés vienne à ma poursuite.

« Arrête de lire ça. Tu ne devrais rien apprendre de ce livre », déclara soudainement Ecilan.

« Oh ? » Je le questionnai tout en continuant à lire : « Alors qu’est-ce que je devrais apprendre à la place ? »

Ecilan, cependant, replongea de nouveau dans son silence. C’est vraiment un chevalier étrange !

Puisqu’il « n’avait pas d’autres commentaires », je continuai de tourner les pages du livre.

Invoquer un chevalier de la mort…

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