La Reine Guerrière TP1C4 : Lumière et Ténèbres Partie 4

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Femme Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres

Roman version d’origine en chinois par –   (Yu Wo)


Chapter 4 : Light and Shadow Part 4 – Traduit du chinois vers l’anglais par Azakura[PR!]
Chapitre 4 : Lumière et Ténèbres Partie 4 – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

« Épargne ta salive. Ils reviendront plus tard te forcer à signer un contrat d’esclavage. »

Le barde se retourna. Celui qui venait de parler était l’un des esclaves. Il était si couvert de crasse, avec un corps fin et frêle, qu’il était impossible de définir son genre. Si ce n’était pas pour sa voix indubitablement masculine, il lui aurait été impossible de définir son genre uniquement à partir de son apparence.

« Mais, comment est-ce possible ? » déclara gravement le barde. « Les esclaves ne sont autorisés à signer un contrat d’esclavage qu’une fois par an, lors de la journée qui y est dédiée ! En plus, un gouverneur, ou quelqu’un d’aussi important, doit être présent dans la ville pour servir de témoin ! »

« Où donc crois-tu être ? » répondit l’esclave d’un ton moqueur. « N’es-tu pas dans la prison du gouverneur ? »

En entendant cela, le barde fixa le vide pendant un moment avant de réaliser ce qu’il se passait. Il bégaya : « La gouverneur vi-viole les lois établies par le Roi Sacré en laissant des gens abandonner leur liberté en secret ? Co-comment peut-il oser faire une chose pareille ? »

L’esclave répondit sans grand enthousiasme : « S’il n’y avait pas d’argent à gagner dans ce trafic, personne ne le ferait. Néanmoins, les gens afflueront tant qu’il y aura de l’argent impliqué, même si c’est pour tuer d’autres personnes. De nos jours, dix ducats d’or ne sont pas toujours suffisants pour acheter un esclave par des moyens légaux. Mais, si quelqu’un capturait des esclaves pour les vendre, il pourrait gagner dix ducats d’or de cette manière. Y a-t-il un travail plus simple que celui-ci ? »

À ces mots, le barde devint très curieux au sujet de cet homme : son ton et son attitude étaient difficilement ceux d’un esclave. Il ne put s’empêcher de demander : « As-tu également été capturé et amené ici ? »

L’esclave resta silencieux durant un instant. Il répondit ensuite avec indifférence : « On peut dire ça. Un des esclaves s’est échappé hier, donc tu as probablement été capturé pour le remplacer. Après tout, le jour de la vente aux enchères arrive bientôt. Ils n’ont probablement pas assez de temps pour le chercher. »

Le barde se figea. Il s’enquit avec curiosité : « Une vente aux enchères ? »

« Oui, celle où l’on vend des esclaves clandestinement. » L’esclave poursuivit sans aucun enthousiasme : « C’est sans doute la vente la plus importante de la cité. Il reste encore deux jours avant l’événement. Tu ferais mieux de te dépêcher et de prendre une apparence moins soignée. »

« Pourquoi ? » Les yeux du barde s’élargirent. Lui qui était une personne aimant être propre à l’extrême !

L’esclave affirma d’un ton encore plus moqueur qu’avant : « Les esclaves sales sont envoyés au travail manuel. Les esclaves qui sont trop beaux sont envoyés pour travailler au lit. Mais, je suppose que, si tu préfères te prélasser au lit, alors fait ce que tu peux pour préserver ton joli minois ! »

Le visage du barde vira au rouge écarlate à ces propos. Il ramassa précipitamment une poignée de terre au sol et l’étala sur son visage. Toutefois, il vomit presque en se l’appliquant. La terre, à cet endroit, empestait. Elle ne sentait pas seulement la terre, mais également les excréments et la nourriture rance.

Le barde fut si dégoûté par cette odeur que des larmes commencèrent à couler de ses yeux, pourtant il ne pouvait pas non plus retirer la terre de son visage. Il gémit comme s’il était à un enterrement : « Pourquoi une telle chose se produit-elle ? Ne sommes-nous pas en période de paix et de prospérité ? Le Roi Sacré ne permettrait jamais qu’on vende des esclaves dans la clandestinité… »

L’esclave renifla avec dédain : « Hmph ! Le Roi Sacré ? Pour des gueux comme nous, savoir qui est roi ne fait aucune différence. Nous ne sommes pas en position de recevoir « sa grâce », et il est peu probable qu’il se préoccupe d’endroits comme celui-ci. »

Le barde voulut s’opposer à cette affirmation, puisqu’il avait visité de nombreuses cités en paix sous la guidance du Roi Sacré durant son voyage et que c’était la première fois qu’il se retrouvait dans une situation pareille. Mais, au lieu de cela, il se plongea dans ses pensées.

L’esclave considéra le barde d’un air étrange et, avec une certaine curiosité, lui demanda : « Qu’y-a-t-il ? Tu as sombré dans le désespoir aussi vite ? »

Le barde secoua un peu la tête et répondit de manière assez confuse : « Non. Je pensais juste à un de mes amis. Il m’a abandonné, il y a à peine cinq minutes, et ne s’est pas préoccupé du fait que j’aie été kidnappé. »

« Et tu le considères toujours comme ton ami ? » L’esclave leva les yeux au ciel, ceux-ci étaient enfouis sous ses longs cheveux ébouriffés.

Le barde ne prêta pas attention à ce que l’esclave lui disait. Il continua de parler tout seul : « Oh ! Au contraire, en considérant ce que tu as dit précédemment, j’ai l’impression que ce serait loin d’être une coïncidence si cette personne apparaissait ici. Peut-être qu’elle attendait justement la vente aux enchères clandestine. Si c’est le cas, je pense que je n’ai plus de souci à me faire… »

Pourtant, le capitaine de patrouille a affirmé que Manteau Rouge est un homme, mais la Reine Guerrière est une femme. Si Manteau Rouge est vraiment un homme, alors ce n’est définitivement pas la Reine Guerrière… Aaargh ! Je me retrouve à la case de départ ! 

« Sniff, sniff… Jamais de toute ma vie, je n’ai autant voulu voir une femme à ce point. » Le barde avait envie de pleurer, mais aucune larme ne coulait. Si Manteau Rouge était vraiment un homme, non seulement il avait échoué dans sa quête de retrouver la Reine Guerrière, mais en plus il risquait de devenir un esclave… Ayez pitié de moi !

« Tu es coincé en prison, et la seule chose à laquelle tu penses est une femme ? » Le bas du visage de l’esclave tiqua. Il voulait vraiment faire souffrir cet idiot devant lui, qui racontait n’importe quoi.

Le barde répliqua : « Évidemment que je pense à une femme ! Sinon, qui viendra nous sauver ? »

« Quoi ? » L’esclave se figea. Cependant, il songea au fait que l’homme devant lui était propre et beau à l’origine. Peut-être était-il le gigolo d’une femme, donc il souhait naturellement que ladite femme vînt le sauver.

« Par contre, je ne sais pas si Manteau Rouge est vraiment une femme ou pas… Sniff. Si j’avais su qu’une telle chose se produirait, je n’aurais pas laissé Dieu dans la forêt, parce que, au moins, Il aurait été capable de me sauver ! Après tout, c’est Dieu ! Même si c’est le Dieu des Globs, Dieu demeure quand même Dieu ! »

« … En fait, tu n’es qu’un pauvre fou ! »

 

 

« Hé ! Réveille-toi ! Comment arrives-tu à dormir comme une masse dans un endroit pareil ? »

Le barde se frotta les yeux et demanda avec confusion : « Oh… Le soleil est-il déjà levé ? »

« Tu peux attendre le lever du soleil si tu veux, mais, moi, je m’en vais avant ! »

« Tu t’en vas ? » Le barde avait le regard vide, tandis qu’il demandait : « Où donc ? »

« Hors de cette geôle, évidemment ! » L’esclave leva les yeux au ciel. Il ajouta sèchement : « Tu es encore en train de dormir ? Eh bien, je ne vais pas rester là à t’attendre. Salut ! »

Le barde resta stupéfait pendant un instant. Il cligna fort des yeux, et se réveilla enfin.

Les esclaves étaient tous rassemblés dans un coin, mais le nombre de personnes se réduisait progressivement un par un… Quand il ne resta que trois ou quatre personnes, le barde réalisa qu’ils avaient creusé un trou et partaient par-là !

Il en fut sans voix. Ce fut seulement lorsque presque tout le monde fût sorti qu’il regagna ses esprits. Il lâcha doucement : « Attendez-moi ! », et se débrouilla pour se tortiller à travers le trou derrière eux.

Quand il arriva de l’autre côté, il respira à fond l’air frais environnant, et laissa son regard se poser sur le ciel étoilé. Le barde comprit brutalement à quel point la liberté était précieuse. Être capable de d’échapper à cette misère remplissait son cœur d’un sentiment de béatitude.

Il se retourna pour examiner le trou. Bien qu’il ne fût pas très grand, sa taille était suffisante pour qu’un homme adulte puisse s’y faufiler. Il ne ressemblait pas quelque chose que quelqu’un aurait pu creuser à mains nues.

« Hé ! Hého ! Hum… Toi ! Comment as-tu réussi à creuser ce trou ? »

L’esclave leva encore une fois les yeux au ciel et répliqua : « Hé ? J’ai un nom, tu sais. C’est Cale ! Je prenais mon repas quand j’ai été capturé, donc j’ai caché ma cuillère à soupe sur moi à ce moment-là. Nous l’avons utilisée pour creuser. »

« Oh, Cale. Heureux de faire ta connaissance. Mon nom est Sylvestre. »

« Ce nom est long et pompeux… Es-tu un noble ? Par ici. » Après avoir parlé, peut-être parce que le barde lui avait également donné son nom, Cale agrippa ce dernier pour l’empêcher d’être séparé du reste du groupe dans la nuit noire.

« Je ne suis pas un noble. Ce nom m’a été donné par mon maître. »

Sylvestre étouffa un rire et secoua la tête pour nier. Cependant, il n’en était pas trop sûr non plus. Après tout, Lorenzo Louis, en tant que barde impérial, n’était pas seulement un noble, mais possédait également l’un des plus hauts rangs existants. Et puisque Sylvestre était le seul apprenti et successeur de Lorenzo, même s’il avait échoué à tout hériter de Lorenzo, il était vrai qu’il possédait quand même un certain statut.

« Que tout le monde s’arrête. On va se cacher ici pour le moment ! »

Sylvestre écarquilla les yeux. Cet endroit se trouve à peine à deux rues de la résidence du gouverneur ! Et moi qui pensais que nous allions bouger pendant toute la nuit. J’étais même inquiet à l’idée d’être laissé derrière puisque je n’ai aucune endurance physique !

« Cale, n’allons-nous pas quitter la ville ? » Les autres esclaves paraissaient également inquiets.

Cale secoua la tête et répondit : « Les portes de la cité ne sont pas ouvertes la nuit. Par contre, pas besoin de paniquer. Le gouverneur n’osera pas créer trop de remous en nous cherchant dans la ville. Après tout, vendre des esclaves sans permission est illégal. »

Tout le monde entra dans une maison. Cale s’accroupit immédiatement et tapota le sol avec sa main. En fin de compte, il ouvrit une porte secrète. « Entrez. Il y a un sous-sol. »

Les esclaves sautèrent dans l’ouverture un par un. Le sous-sol n’était pas aussi petit qu’il en avait l’air, et il y avait même de nombreuses conserves de nourriture disposées sur des étagères. Même si les conserves étaient couvertes de poussière, pour les prisonniers qui n’avaient pas eu un vrai repas depuis bien longtemps et qui auraient même mangé du pain piétiné, ce n’était qu’un détail.

Cale lança un pot à Sylvestre. Ce dernier fut incapable de réagir immédiatement et tituba pendant un bon moment avant de réussir à retrouver son équilibre.

« Mange. Ne t’inquiète pas. J’en ai déjà mangé auparavant. C’est vrai que le goût mais tu ne risques pas d’en mourir. »

Sylvestre fronça les sourcils en considérant le pot particulièrement sale. Toutefois, il ne pouvait que frotter le pot sur ses vêtements avant de manger la nourriture à l’intérieur sans se plaindre.

Bien que Sylvestre aimât la nourriture de qualité et fût très sélectif dans ce qu’il mangeait, après avoir suivi son maître par monts et marées pendant des années, il avait mangé tout ce qu’il était possible d’imaginer. Et c’est sans mentionner le fait que, au moment où il avait rencontré son maître, il était obligé d’apprendre à cuisiner : pouvoir manger des rations déshydratées était considéré comme un repas de luxe. Et dans le cas où ils auraient fini toutes les rations et ne parvenaient toujours pas à localiser une ville, dans ce cas il devait se préparer mentalement à goûter toutes sortes de choses, que ce fût à moitié cuit ou brûlé, telles que de la viande de grenouille bouillie aux herbes ou un banquet de globs.

En mangeant la nourriture vinaigrée qui avait un peu tourné, Sylvestre commença à réfléchir à sa situation.

Je ne peux m’empêcher de penser que notre évasion a été trop simple. J’ai l’impression d’oublier quelque chose… Ah ! C’est vrai. Les gardes n’ont pas essayé de nous empêcher de nous enfuir du tout ! Il s’exclama : «  Nous avons été très chanceux que les gardes aient été retenus ailleurs pour quelque raison ! »

« Chanceux ? » Cale rit froidement et répondit : « Je les ai observés pendant plusieurs jours. Ces gardes sont incroyablement paresseux. Quand ils effectuent leur rotation, ceux de l’équipe d’avant partent en avance, et ceux de l’équipe d’après arrivent en retard. L’intervalle où il n’y a personne dure environ une demi-heure au minimum. »

Une demi-heure ? Le barde fut consterné tandis qu’il percutait : Il n’y a pas plus de douze heures de lumière par jour… Ces gardes se laissent aller dans des proportions incroyables !

Cale donnait des ordres à tout le monde, tel un général. « Vous pourrez faire ce que vous voulez quand vous aurez fini de manger, mais gardez le volume sonore bas. Essayez de ne pas parler du tout si vous le pouvez, sauf si vous souhaitez que les équipes de recherches nous repèrent. »

Quoi ? Personne ne veut partir seul ? Sylvestre observa les gens autour de lui avec stupéfaction. Il y avait environ vingt personnes, et pratiquement tout le monde avait l’air inquiet. Au moins, Cale semblait être quelqu’un qui savait ce qu’il faisait, et il avait déjà réussi à tous les faire sortir de prison.

Sylvestre était également effrayé à l’idée de partir. Il avait déjà rencontré les gardes deux fois. S’il ne faisait que mettre un pied dans la rue, il se ferait forcément capturer de nouveau.

Après avoir mangé, personne n’osa prononcer le moindre mot. La plupart d’entre eux se contentèrent de baisser la tête et de s’endormir.

Sylvestre avait à l’origine eu l’intention de discuter avec Cale, mais il reçut un regard noir et fut même réprimandé par un « Pas de bruit » sec. Il n’avait rien à faire et n’avait pas particulièrement sommeil, mais essaya quand même de dormir.

Petit à petit, il succomba au sommeil. Au début, il ne pouvait pas dormir du tout, néanmoins, quand il fut à moitié endormi, il sentit brusquement quelqu’un le pousser. Immédiatement, il se réveilla et la couleur rouge apparut sous ses yeux…

« Manteau… » Rouge ?

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