La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles
Roman d’origine en chinois par : 御 我 Yu Wo
Side Story #10: Kicking Forth the Truth – traduit du chinois vers l’anglais par dahlys[PR!]
Histoire parallèle #10 : Révéler la vérité à coups de pieds – traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ Travail de vérification par AkaiiRia
Ouvrir les portes d’un grand coup de pied est vraiment addictif ; c’est si amusant et excitant !
Mais, certaines portes sont interdites. Chikus ne les avait ouvertes qu’une seule fois, et n’avait plus jamais osé les défoncer par la suite.
Lesus – même si tu défonces sa porte, il n’y a pas grand-chose à voir. Tout ce que tu verras sera simplement Lesus en train de corriger des documents, et il se mettra en colère.
Grisia – des choses extrêmement terrifiantes t’arriveront après avoir ouvert sa porte !
Le Pape – après avoir donné un coup de pied dans sa porte… ???
« Je dois avoir accumulé une dette envers Grisia dans ma vie antérieure, donc, dans cette vie-ci1, je suis obligé de la payer. Mais, ça ne me dérange pas, parce que les dix autres doivent également rembourser leurs dettes. » — Chikus.
« Balivernes ! C’est moi qui rembourse des dettes, espèce d’enfoiré ! » — Grisia.
« Chikus ! Je t’ai dit que tu ne pouvais défoncer que dix portes par semaine. Pourquoi en as-tu brisé plus de vingt en un seul jour ? »
Furieux, le Chevalier de Flamme punit son apprenti, le frappant sans pitié sur la tête à plusieurs reprises avec une pipe. C’était parce que le Pape l’avait mis en garde à maintes reprises que si Chikus continuait d’endommager trop de portes, les frais de réparations seraient tous à sa charge.
À l’origine, il avait pensé que ce n’était pas bien grave si son jeune apprenti débordant d’énergie ouvrait quelques portes à coups de pied. Ce n’étaient que des portes, alors il devait pouvoir se permettre de payer pour ces dégâts… Cependant, lorsque le Pape lui montra le nombre de portes que Chikus avait détruites aujourd’hui, il faillit vomir du sang. Chikus avait défoncé plus de vingt portes en un jour, ça ferait plus de cinq cents portes par mois. Même le salaire du Chevalier de Flamme ne serait pas suffisant pour compenser tous ces dégâts !
Après s’être fait taper sur le crâne plusieurs fois, Chikus baissa la tête, faisant semblant de se repentir. Toutefois, il n’avait pas retenu la leçon et murmura : « Pourquoi s’embêter à compter combien de portes j’ouvre à coups de pied ? Quand une personne voit une porte, elle ferait mieux de simplement la défoncer ! »
Le Chevalier de Flamme tira sur l’oreille de son apprenti sans aucune pitié jusqu’à ce que ce dernier gémisse : « AIE, AIE, AIE ! » Ce ne fut qu’à ce moment-là qu’il commença à se calmer un peu et le gronda : « Tu crois que tes pieds peuvent remplacer tes mains, hein ? Eh bien, puisque tu utilises tes pieds pour ouvrir les portes, et si je te forçais à les utiliser aussi pour manger ? »
« … »
Même si Chikus gardait le silence, il n’y avait aucune trace de peur dans son expression, parce qu’il savait que son maître ne lui ferait jamais faire ça. Son maître avait beau avoir l’air intimidant avec des pattes lui couvrant chaque côté des joues, mais il était en fait très sensible. S’il se servait véritablement de ses pieds pour manger, son maître serait sûrement la première personne à l’arrêter !
À l’instant où il vit l’expression de son apprenti, le Chevalier de Flamme sut que celui-ci ne craignait pas du tout sa menace. Pour sauver son salaire, il décida de faire quelque chose d’autre afin d’empêcher son apprenti de répandre le chaos. Il le mit en garde : « Tu n’es autorisé à défoncer que dix portes par semaine ! Si tu dépasses ce nombre, j-je réduirai ton argent de poche ! »
En entendant cela, Chikus s’exclama : « Maître, comment pouvez-vous me faire ça ? C’est de la maltraitance envers un enfant, le Dieu de la Lumière vous punira pour ça ! »
« Oh ? Tu dis que c’est de la maltraitance ? » Le Chevalier de Flamme était si en colère qu’il en rit : « Tu n’as jamais vécu ce que c’était de la vraie maltraitance ! Crois-tu vraiment que je ne peux pas prendre exemple sur Néo et te traiter de la même façon qu’il traite Grisia ? »
« Qu’est-ce que ça a de si terrible et effrayant ? » Sceptique, Chikus répliqua : « Le Chevalier du Soleil n’a-t-il pas juste besoin d’être élégant ? Je suis le Chevalier de Flamme, donc je dois être très agressif et défoncer des portes ! » Donner des coups de pied dans des portes n’est pas une compétence facile à maîtriser, et certaines portes ne peuvent être ouvertes qu’en les défonçant avec mon aura de combat !
« Ça n’a rien de terrifiant ? » Le Chevalier de Flamme leva les yeux au ciel et rétorqua sèchement : « D’où crois-tu que la pile de documents que Grisia ne peut jamais finir… »
« C’est n’importe quoi ! Grisia refourgue clairement tout son travail aux autres ! Depuis quand fait-il son boulot lui-même ? » le coupa immédiatement Chikus.
« … que la pile de documents qu’il ne peut jamais finir de refourguer aux autres provienne ? Je ne t’ai jamais fait t’occuper de la paperasse jusqu’à présent ! »
Après avoir entendu cela, Chikus hésita. Il ne voulait vraiment pas se retrouver coincé avec une pile de documents sur le dos, sinon il n’aurait plus le temps d’aller où bon lui semble ou pour s’amuser un peu. S’il devait corriger un tas de documents qui n’en finissaient jamais comme Céo… Chikus trembla à cette idée et n’osa plus continuer de se disputer avec son maître.
« Mais, dix portes par semaine, ce n’est vraiment pas assez ! » Il avait peur, mais Chikus connaissait bien son maître. Ce dernier avait l’air intimidant en apparence, mais il avait en fait le cœur très tendre.
Le Chevalier de Flamme réfléchit à la question pendant un moment, mais il avait lui aussi l’impression qu’il se montrait un peu strict. Il envisagea la quantité de portes qu’il pouvait se permettre d’acheter avec son salaire et répondit : « Tu n’es autorisé à défoncer que quinze portes par semaine. »
« D’accord ! On commence à compter à partir d’aujourd’hui ! » Chikus s’écria joyeusement : « Au revoir, Maître. Je vais aller défoncer des portes maintenant… » En voyant son maître le fusiller du regard, il se rectifia : « Je vais aller m’amuser un peu maintenant ! »
« Fiche le camp, aller ! » Le Chevalier de Flamme agita la main avec impatience.
Il se sentait un peu impuissant face à son apprenti. Toutefois, après y avoir songé davantage, il conclut que, pour les garçons, être plein d’entrain et actif était toujours une bonne chose. Aussi, son inquiétude diminua.
« Fahr, n’es-tu pas un peu trop généreux ? »
Une ombre descendit d’un arbre. Sans même avoir besoin de regarder, Fahr du Brasier sut immédiatement qu’il s’agissait de Lanbi de la Tempête, puisqu’il n’y avait que très peu de personnes qui n’avaient rien à faire durant les cours de développement de personnalité et qui aimaient se détendre sur des branches ou dans des buissons.
De plus, il avait détecté l’odeur de tabac un moment auparavant. Il m’a encore piqué mon tabac ! Soupir ! Ne peut-il donc pas aller acheter le sien ?
« Les enfants sont pleins de vitalité, donc, naturellement, quelques portes brisées sont inévitables. Inutile d’être si dur envers lui. »
Lanbi s’appuya contre l’arbre, tenant élégamment une longue pipe à tabac dans sa main. Il déclara d’un ton désapprobateur : « Si jamais Grisia avait osé défoncer des portes et que Néo avait été obligé de payer pour elles avec son salaire, je pense qu’on l’aurait retrouvé mort le jour suivant ! »
C’était en effet vrai. Fahr en resta sans voix. En réalité, ce n’était pas la première fois que quelqu’un lui disait qu’il gâtait trop Chikus. Néanmoins, la vue de Lanbi tenant sa précieuse pipe lui fit décréter avec exaspération : « N’utilise pas Néo comme exemple ! Strictement parlant, ce qu’il fait est véritablement de la maltraitance envers les enfants. Judgment devrait l’arrêter et le faire enfermer ! »
Après avoir inhalé du tabac puis avoir exhalé une longue expiration de fumée, Lanbi leva un sourcil et répondit : « Si tu veux vraiment être pointilleux, alors tu peux tout aussi bien dire que Néo est au moins coupable d’avoir maltraité toute l’Église du Dieu de la Lumière. Ce n’est pas aussi simple que de la maltraitance envers un enfant. »
En entendant cette réponse, Fahr répliqua avec impuissance : « Même dans ces jeunes années, Néo a toujours été un garçon problématique. »
« C’est vrai. À l’époque, nous disions toujours que nous n’arrivions pas à l’imaginer instruire un apprenti, mais, avant même de nous en rendre compte, nous sommes tous devenus des maîtres. »
Plein d’émotions, Fahr demanda avec intérêt : « Comment va ton apprenti dernièrement ? Dans quelques années, tous les apprentis deviendront la prochaine génération des Douze Chevaliers Sacrés. »
« Mis à part le fait qu’il a des cernes noirs sous les yeux, tout va plutôt bien. »
Farh était au courant que, récemment, Céo corrigeait des documents du matin au soir jusqu’à tard dans la nuit. Un peu embarrassé, il se réalisa : « On dirait vraiment que j’ai trop gâté Chikus. »
« Ce n’est pas nouveau. »
« Va au diable ! »
« Ne t’inquiète pas. » Souriant presque, Lanbi ajouta : « Grisia t’aidera à entraîner l’Apprenti-Chevalier de Flamme. Il n’acceptera jamais qu’il y ait un type inutile parmi ses hommes. Il sera sûr de mettre à profit “toutes leurs capacités” sans “laisser la moindre miette” jusqu’à ce qu’il “ne reste que leurs os une fois qu’il les aura avalés tout entier”. »
… On dirait que les cernes de son apprenti ne laissaient pas vraiment Lanbi indifférent après tout.
Déterminé à poursuivre leur discussion, Fahr argumenta : « Grisia n’a pas le choix. Il est encore très jeune, et pourtant il doit aider à nettoyer le chaos que Néo laisse dans son sillage. Même Chasel a dû admettre qu’avec l’aide de Grisia son fardeau a été réduit de façon significative. »
« Il sera un bon Chevalier du Soleil. » Lanbi souffla une nouvelle bouffée de fumée et ajouta : « Je suis juste un père avec le complexe de celui qui “marie sa fille”. Voir mon précieux enfant devenir la femme de quelqu’un d’autre me rend vraiment mécontent. Ignore-moi s’il te plaît. »
Fahr était sur le point de le corriger quand Lanbi reprit la parole en premier.
« Et inutile de me rappeler que Céo est un garçon. Depuis qu’il est enfant, ce petit rougit sans arrêt et a toujours été timide. Si je ne le considérais pas comme ma fille, je l’aurais déjà tabassé à mort depuis longtemps. »
En entendant cela, Farh déclara avec sympathie : « Au moins, il ne passe pas ses journées à détruire des portes. »
« C’est vrai ! » Avec une expression maussade sur le visage, Lanbi dit : « Tout ce qu’il sait faire, c’est taper du pied et dire “c’est impossible, je n’arriverai jamais à faire ça”. »
J’imagine que chaque famille a son petit chevalier problématique2…
Fahr sortit sa pipe. Par coïncidence, Lanbi leva la sienne en même temps. Aussi, ils prirent tous les deux une longue bouffée de tabac et soufflèrent de grands anneaux de fumée dépressifs.
Je ne peux défoncer que quinze portes par semaine, donc je ne peux absolument pas défoncer une porte au hasard. Je dois choisir mes portes avec soin !
« Héhéhé ! » Tandis qu’il contemplait une porte, Chikus ricana comme un homme qui reluquait une femme avec des idées perverses en tête.
C’était une porte qu’il n’avait encore jamais défoncée : la porte de la chambre de Grisia.
Grisia l’avait maintes fois prévenu de ne pas défoncer sa porte, mais… c’était exactement pour cette raison qu’elle valait le coup d’être enfoncée à coups de pied ! C’était comme une porte interdite, donc la défoncer serait encore plus satisfaisant que d’ouvrir n’importe quelle autre porte !
Par conséquent, Chikus l’avait mise de côté jusqu’à présent. C’était une de ses attractions principales, donc il ne pouvait pas se permettre de la défoncer dès le départ.
Défoncer des portes est vraiment l’activité la plus amusante au monde !
La première porte qu’il avait défoncée avait été celle de Céo. C’était parce que son maître lui avait dit qu’il connaissait bien le Chevalier de la Tempête, par conséquent il n’y avait pas de problèmes à enfoncer la porte de son apprenti.
Au début, Chikus était un brin réticent. Qu’y a-t-il de mal à ouvrir avec mes mains une porte qui fonctionne parfaitement bien ? Pourquoi est-ce que je dois l’ouvrir à coups de pied ?
Mais, au moment où il défonça la porte, Chikus aperçut Céo tenant la photo d’une jeune femme et la contemplant en rougissant énormément. Il avait même une serviette enveloppée autour de la tête et était en train de se teindre les cheveux.
Aussi, quand Céo se rendit compte que sa porte venait d’être ouverte, il resta momentanément pétrifié. Cependant, après cela, il fut saisi d’effroi, et le voir éclater en sanglots avait été vraiment… trop divertissant !
Dès ce moment-là, Chikus devint accro à l’action de défoncer des portes. S’il pouvait voir toutes sortes de choses amusantes à chaque fois qu’il détruisait une porte, comment pourrait-il jamais s’arrêter de le faire ?
Oh, mais il avait aussi défoncé une porte ennuyeuse une fois. La porte de la chambre de Lesus.
Non seulement il n’y avait pas de spectacle amusant à regarder derrière la porte – Lesus n’avait fait que tourner lentement la tête vers lui et froncer les sourcils – mais, en plus, l’expression sinistre sur le visage de celui-ci l’avait fait à moitié mourir de peur, et il s’était fait sévèrement réprimander. Il n’y avait rien de bon dans tout cela ! Il avait décidé de ne plus jamais ouvrir la porte de Lesus sans son consentement !
Mais, défoncer la porte de Grisia sera surement beaucoup plus amusant !
Chikus était absolument certain de cela, puisque tout le monde savait que Grisia cachait de nombreux secrets explosifs !
Chikus prit une grande inspiration et se plaça devant la porte. Il leva son pied droit très haut et, de toutes ses forces, il frappa !
Bang !
Bang !
BANG !
La porte fut enfoncée ; Chikus essaya de se concentrer pour voir ce qu’il se passait à l’intérieur, mais il fut envoyé valser dans les airs ; il s’écrasa directement contre un mur. Tout son corps lui faisait un mal de chien, et son esprit était extrêmement confus. Il crut qu’il allait mourir.
« Chikus ? »
Cette voix, c’est Grisia ? Nan, comment ce type pourrait-il un jour prononcer mon nom correctement ? Mais, cette voix… Une douce chaleur se répandit dans son corps. C’était la sensation que l’on ressentait lorsqu’on se faisait soigner par la lumière sacrée.
Peu de temps après, Chikus se réveilla. Il observa stupidement la personne qui se tenait devant lui. C’était en effet Grisia, mais, pour le moment, il ne portait pas son uniforme d’Apprenti-Chevalier du Soleil. À la place, il portait un t-shirt blanc et un short, ses cheveux et son visage étaient encore humides.
Il était en train de prendre un bain ? pensa Chikus, encore étourdi.
« Mon cher frère, pourquoi as-tu défoncé ma porte ? » le questionna Grisia, surpris. « Ne te souviens-tu pas que je t’ai demandé de ne pas ouvrir ma porte à coups de pied ? »
Chikus répondit avec audace : « J-J’avais oublié. »
Même s’il reçut ce genre de réponse, Grisia continua de sourire. Il dit : « Mon cher frère, tu es vraiment vilain ! La prochaine fois, s’il te plaît, ne défonce pas ma porte. » À cet instant, il se pencha lentement en avant et murmura à l’oreille de Chikus : « La prochaine fois que tu toucheras à ma porte, je t’enverrai valser d’est en ouest à travers toute la Cité du Bourgeon. Et personne dans toute l’Église du Dieu de la Lumière n’osera te soigner ! »
Après avoir fini sa phrase, il s’écarta lentement. Souriant brillamment, il conclut : « Puisse le Dieu de la Lumière toujours te protéger, afin que tu sois libre de toute maladie ou souffrance et que tu ne commettes pas d’autres erreurs, mon cher frère. »
Le visage de Chikus pâlit. Il hocha la tête vigoureusement et nota mentalement de façon permanente : Je ne dois en absolument au cas défoncer la porte de Grisia !
Grisa effectua un demi-tour et referma derrière lui la porte qui avait été enfoncée et pendait maintenant de travers. Chikus entendit un grognement distinct ainsi que quelques mots qu’il ne comprit pas complètement : « Bordel ! Chaque fois que je mets un masque facial, quelqu’un vient me déranger. C’est forcément une malédiction… »
Après avoir reçu cette douloureuse leçon, Chikus décida de ne pas défoncer d’autres portes dans le Temple Sacré. Qui sait s’il n’allait pas enfoncer la porte d’un autre Grisia ?
Ainsi, il se rendit au Sanctuaire de la Lumière pour défoncer des portes. Cet endroit était plein de prêtres de toute façon, et il n’avait pas peur d’eux !
Chikus ne connaissait pas très bien le Sanctuaire de la Lumière, aussi, même une fois qu’il arriva à destination, il ne parvint pas à décider quelle porte défoncer. Il se promena ici et là, essayant d’identifier une porte satisfaisante.
Par chance, Chikus portait son uniforme. Tout le monde le reconnut en tant qu’Apprenti-Chevalier de Flamme, ainsi personne ne l’empêcha d’errer dans le sanctuaire.
Il finit enfin par trouver une porte adéquate. Le concept de la porte devant lui n’était pas moins élaboré que celui de la porte du Chef du Temple Sacré, le Chevalier du Soleil. Peut-être que c’est la porte de la chambre du Pape ?
« Le Pape ? » Chikus se frotta le menton. C’est assurément une bonne proie. J’ai entendu dire que le Pape est à un âge avancé, mais qu’il ressemble toujours à un adolescent. N’a-t-il donc pas plein de secrets ? Bien sûr que si !
En plus d’avoir l’apparence d’un adolescent, le Pape ne connaît que des sorts de soin et autres magies similaires. Je n’ai rien à craindre !
Ayant fini de réfléchir à la question, Chikus leva de nouveau son pied. Il prit une profonde inspiration, mais, alors qu’il abattait son pied, il se souvint soudainement que… Grisia aussi n’était qu’un adolescent.
BANG !
« Qui ose détruire ma porte de cette manière ? Ne savez-vous donc pas que j’ai posé des pièges magiques dessus… ? Quoi ? L’Apprenti-Chevalier de Flamme ? »
Le Pape sortit lentement de sa chambre, s’attendant à une invasion, mais ne vit que l’Apprenti-Chevalier de Flamme qui était prisonnier de ses pièges magiques. Les yeux de ce dernier étaient grands ouverts, et il contemplait quelque chose d’incroyable. C’était…
Le Pape réduisit immédiatement la quantité de magie qu’il avait rassemblé. S’il causait le moindre effet secondaire à long terme, beaucoup de gens viendraient se venger.
Fahr était l’un d’entre eux, et l’autre serait ce petit démon, Grisia. Ce garçon n’avait que quinze ans, mais il avait déjà essayé de le forcer à lui rendre le Chevalier des Enfers. Il l’avait même menacé et lui avait formellement interdit de toucher aux autres Chevaliers Sacrés.
« Soupir, tu continues de défoncer des portes à ce que je vois. Et tu as même l’audace de venir détruire la mienne à coups de pied ! Ma mise en garde auprès de ton maître n’a donc eu aucun effet ! Cependant, dans ton intérêt et pour éviter les représailles de Fahr et Grisia, cette fois-ci, et uniquement pour cette fois-ci, je vais te laisser t’en tirer. »
Le Pape marqua une pause à cet instant et réfléchit un moment avant de poursuivre : « Mais, j’ai envie de déduire la paie de ton maître… Non, oublions ça, Fahr te gâte beaucoup trop, ça ne servira à rien. Au lieu de ça, Grisia me devra une faveur. Et s’il refuse, tu iras en isolement pendant une année. Je suis sûr qu’il acceptera à contrecœur, puis te rendra la pareille, ha ha ha ! »
Grisia allait se venger sur lui… Chikus avait vraiment envie de pleurer. Il venait tout juste de l’offenser !
« Mon Enfant, tu ne peux pas te rappeler ce que tu as vu dans ma chambre ! » Avec un sourire enfantin sur le visage, le Pape usa de sa magie pour effacer les souvenirs les plus récents de Chikus.
Les yeux de Chikus s’agrandirent, comme si cela lui permettrait de se souvenir du grand secret qu’il avait découvert aujourd’hui. Mais, malheureusement…
« Hein ? Pourquoi est-ce que je suis au Sanctuaire de la Lumière ? Qu’est-ce que j’étais en train de faire à l’instant ? »
Chikus se gratta la tête. Il regarda à sa gauche et sa droite, mais ne vit personne. Pourquoi est-ce que je suis là… ? Soudainement, il eut une révélation.
« C’est vrai ! J’étais parti défoncer la porte de Grisia ! Comment est-ce que j’ai pu oublier ça ? Peu importe ! Je vais aller la défoncer maintenant ! Ce sera sûrement très amusant ! Je me demande quels secrets Grisia cache. Héhéhéhé… »
« … » Furieux, Grisia rugit : « Chikus du Brasier, est-ce que je t’aurais offensé dans ma vie antérieure ? Cette fois-ci, tu es vraiment un homme mort ! Je jure que, si je ne te donne pas tellement de travail au point de ne plus avoir le temps d’enfoncer la moindre porte, dans ce cas je ne m’appellerai plus Grisia3 ! »
Notes de bas de page
1« …dans ma vie antérieure, donc, dans cette vie-ci… » : Référence au concept de réincarnation.
2« …chaque famille a son petit chevalier problématique » : c’est un jeu de mots sur le proverbe chinois : « 家家有个难搞的小骑士 » (pinyin : jiā jiā yǒu gè nán gǎo dè xiǎo qǐ shì) qui signifie « chaque famille a son lot de difficultés » ; ou « 家家有本难念的经 » (pinyin : jiā jiā yǒu běn nán niàn de jīng) qui signifie « chaque famille a un texte qui est déplaisant à lire ».
3« …dans ce cas je ne m’appellerai plus Grisia » : en chinois, les gens déclarent souvent que, s’ils ne parviennent pas à faire quelque chose, ils inverseront leur nom et l’écriront dans ce sens. En gros, ça veut dire qu’ils ne seront plus dignes de leur nom.
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