La Légende du Chevalier du Soleil T2C5 : Résous Les Problèmes d’Un Collègue

La Légende du Chevalier du Soleil

Roman originel en Chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Chapter 5: Solve a Colleague’s Problem – traduit du chinois vers l’anglais par dahlys[PR!]
Chapitre 5 : Résous Les Problèmes d’un Collègue – traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par LuluHime

Comme dit l’adage, « Connais celui à qui appartient le chien avant de frapper celui-ci » ! Quoi qu’il arrive, Adair reste le chien du Chevalier du Soleil… Non, non ! Je veux dire qu’il est mon subordonné. De plus, il est le chef de tous mes autres ch… subordonnés ! Comment un imbécile comme toi ose-t-il s’en prendre à lui ! Je me fiche de savoir si tu es le Fils du Dieu de la Guerre ou pas, je vais te botter les fesses !

Comploter pour se venger  ne requiert pas seulement des machinations à long terme, mais doit aussi se faire dans le secret le plus total. La victime devait mourir de manière vraiment horrible sans réaliser qui était le coupable. Donc, je décidai… de résoudre le problème du Capitaine-Chevalier des Enfers en premier.

Après avoir suivi les instructions du Pape pour contacter et choisir un rendez-vous avec le Capitaine-Chevalier des Enfers, je me rendis au lieu de la rencontre. Pendant que je l’attendais, je pratiquais l’expression sincère que j’allais utiliser plus tard. Je devais paraître tellement sincère que l’autre parti ne pourrait supporter de me causer des soucis.

Peu de temps après, une personne s’avança vers moi. J’eus un sourire éblouissant comme je le voyais s’approcher, en profitant pour le jauger par la même occasion. Il portait l’uniforme standard des chevaliers royaux, mais l’épée qui pendait à son côté n’en était pas une qui était donnée à n’importe quel chevalier. La qualité de son épée était bien meilleure.

Son allure et son charisme n’étaient pas mauvais, mais il s’agissait d’une sorte de beauté polyvalente… Pardon ? Vous me demandez ce que je veux dire par une sorte de beauté polyvalente ?

Ce qu’on appelle une sorte de beauté polyvalente se réfère à un homme qui peut être considéré comme beau, mais qui n’est pas assez magnifique pour que tous les autres hommes veuillent l’étrangler au premier regard. Cela fait de lui un potentiel rival en amour de moins.

Aussi, quand vous observez les hommes possédant une beauté polyvalente de très près, vous pouvez toujours trouver beaucoup de défauts. Par exemple, des sourcils qui ne sont pas assez épais et des traits qui ne sont pas réguliers ou pas assez bien définis. Après cela, vous auriez l’impression qu’il n’est pas si beau après tout et vous vous sentiriez coupable pour votre hostilité première. Plus tard, vous vous appellerez des frères et vous vous entendrez très bien.

Bien que les hommes sentent que celui-là n’est pas aussi beau qu’il n’y parait, sa beauté laisse juste assez de place à l’imagination féminine. Les femmes aimant les hommes mignons seront attirées par ses grands et adorables yeux. Les femmes qui aiment les hommes matures s’appuieront automatiquement sur ses larges épaules. Les femmes qui refusent d’aimer quelqu’un d’autre qu’un mauvais garçon s’enticheront de son sourire frivole.

Comment ? Qu’est-il arrivé aux défauts incluant des sourcils qui ne sont pas assez épais et des traits qui sont légèrement irréguliers ?

Chers Frères, vous ne comprenez absolument pas les femmes ! N’avez-vous donc jamais entendu dire qu’un homme choisit une femme en fonction de ses défauts tandis qu’une femme s’intéresse davantage à ce qui fait la force d’un homme ? Tant qu’une femme trouve un bon point qui la fascine, toutes les autres imperfections deviennent des médailles. Par exemple, des sourcils fins sont façonnés, et un visage légèrement asymétrique est simplement unique !

En conclusion, la sorte de beauté polyvalente est aussi appelée le type du grand séducteur. Sa plus grande force relève du fait d’être aimé par tout le monde. Même un chien courrait vers lui en agitant sa queue.

Ce genre de personne est adapté pour faire n’importe quel travail ; particulièrement celui de vente, d’escroquerie et d’autres professions similaires. Évidemment, ils sont aussi très appropriés pour devenir des espions.

Je ne pus m’empêcher de féliciter l’anticipation du précédent Chevalier des Enfers. Il a su choisir un futur homme à la beauté polyvalente parmi une bande d’enfants de dix ans.

À ce moment-là, l’homme à la beauté polyvalente s’était déjà avancé jusqu’à moi. Je commençai immédiatement à sourire et le saluai : « Que le Dieu de la Lumière te bénisse, mon frère Hell. Sun a enfin le plaisir de te rencontrer. »

« Chevalier du Soleil, pourquoi est-ce vous ? » Il sembla être choqué.

Je souris brillamment et expliquai : « Sa Sainteté le Pape a informé Sun que toi, le Capitaine-Chevalier des Enfers, tu semblais éprouver quelques difficultés. Comme nous sommes tous deux des Chevaliers Sacrés, peut-être que Sun peut mieux comprendre tes problèmes. Par conséquent, Sun est venu à sa place. »

« S’il-vous-plaît … Pourriez-vous ne pas m’appeler Hell ? »

Le Chevalier des Enfers prit une profonde inspiration et dit, déterminé : « Je ne suis pas le Capitaine-Chevalier des Enfers, je suis seulement un chevalier du roi. »

Foutu vieillard ! J’aurais dû me douter que ce que tu jetais ne pouvait être qu’un nœud de vipères… Perplexe, j’affichai une touche de tristesse et demandai : « Pourquoi dis-tu cela, Chevalier des Enfers ? Se pourrait-il que tu sois mécontent à cause de quelque erreur commise par l’Église du Dieu de la Lumière, qui t’as conduit à décliner le rôle du Capitaine-Chevalier des Enfers ? »

Si je découvre que le Pape te maltraitait, ne te laissant pas d’autre choix que de démissionner, c’est un homme mort !

« Non, je vous en prie, ne vous méprenez pas. J’ai dit cela parce que… » À ce stade, le Chevalier des Enfers inspira profondément avant d’ouvrir la bouche et de raconter : « Quand j’ai été choisi pour devenir le Chevalier des Enfers, j’ai reçu seulement un an d’entraînement spécial au Temple Sacré. Après cela, j’ai servi la famille royale comme chevalier du roi pendant douze ans. Je possède deux maîtres ; l’un d’eux est un chevalier sacré qui a passé une année à m’entraîner, par la suite nous nous sommes rarement revus. L’autre est un chevalier du roi qui m’a guidé pendant dix ans et qui a récemment pris sa retraite pour voyager.

« Bien que le prince héritier ne m’aime pas, il n’a jamais été injuste envers moi. Il m’a même confié des tâches importantes à accomplir. Aussi, la reine a toujours bien pris soin de moi. La petite princesse et moi avons été des camarades de jeu depuis que nous sommes tout petits, et la princesse m’a défendu de nombreuses fois.

« Sans oublier de mentionner qu’il y a mes camarades chevaliers que je connais depuis mon enfance. Ce sont des camarades avec lesquels je suis allé en enfer et en suis revenu… Par contre, je ne connais aucun des Douze Chevaliers Sacrés du Temple Sacré. »

Il sourit amèrement, me regarda et annonça : « E-Est-ce que vous comprenez ce que je veux dire ? Chevalier du Soleil, j-je suis peu familier avec le Dieu de la Lumière, peu familier avec le Temple Sacré, et je ne connais pas les Douze Chevaliers Sacrés. Au contraire, le palais royal est l’endroit auquel j’appartiens vraiment, et les chevaliers royaux sont mes vrais camarades. »

Après l’avoir écouté, je ne pus m’empêcher de froncer les sourcils. Pas étonnant que le vieux Pape voulût le tuer. Un espion qui décidait de rejoindre le camp ennemi était ce qu’il y avait de plus dangereux. S’il confessait tout au prince héritier, ça deviendrait un sacré spectacle à contempler.

Comme je restais silencieux pendant un certain temps, le Chevalier des Enfers recula soudain de quelques pas. Il déclara d’une voix faible : « Je n’ai rien révélé au prince héritier, mais la princesse sait tout. Elle ne dévoilera pas la vérité à moins que j’aie des ennuis. Quel que soit le genre d’ennuis, elle rejettera tout le blâme sur l’Église du Dieu de la Lumière. »

Malédiction ! Je relevai immédiatement la tête et souris sincèrement en affirmant pour l’apaiser : « Je t’en prie, ne t’inquiète pas. Tu dois savoir que je ne suis pas doué à l’épée. Je ne pourrais pas te vaincre même si je t’attaquais, et tu peux clairement voir que je n’ai amené personne avec moi. »

« O-Oh ! Je suis vraiment désolé. »

En entendant cela, le Chevalier des Enfers cessa de reculer. En un éclair, son visage devint rouge. Extrêmement embarrassé, il s’excusa : « Je ne vous ai pas suspecté volontairement, m-mais la princesse a dit que le Temple Sacré pourrait me tuer pour me faire taire… Haha ! Maintenant que j’y pense, comment le Chevalier du Soleil pourrait-il tuer quelqu’un pour le faire taire ? Au moment où j’ai vu que c’était vous qui veniez pour me rencontrer, j’aurais dû comprendre que le Temple Sacré n’avait pas de mauvaises intentions à mon égard. Je suis vraiment désolé. »

Quelle princesse intelligente ! Il semblerait que Son Altesse ne doive pas être sous-estimée. Elle a aussi accentué le fait qu’elle blâmerait l’Église quoi qu’il arrive à Hell. On dirait qu’elle sait que beaucoup « d’accidents » dans le monde peuvent être attribués à des « désastres artificiels ».

« S’il-te-plaît, accorde-moi un peu de temps pour réfléchir à une solution à ce problème. » Je continuai avec une sincérité absolue : « Et ne parle point de ce sujet à nouveau. Si cela atteint les oreilles du prince héritier, il y aura une confrontation entre l’Église et la famille royale. Comme tu sers à la fois l’Église et la famille royale, je crois que tu ne souhaiterais guère voir une telle chose survenir, n’est-ce pas ? »

Le Chevalier des Enfers hocha la tête et répondit : « En effet. Le temps que nous avons passé ensemble était court, mais mon maître Chevalier Sacré m’a très bien traité aussi. Bien que j’aie décidé de jurer ma loyauté à la famille royale, je ne ferais rien qui puisse compromettre l’Église. »

J’acquiesçai. Je croyais ce qu’il disait non seulement parce qu’il donnait sa garantie mais aussi parce que, si ce sujet était rendu public, cela lui ferait beaucoup plus de mal que de bien, comme c’est très difficile pour quelqu’un qui a été un espion de regagner la confiance des autres.

Néanmoins, si je me contentais de « libérer » le Chevalier des Enfers dans la famille royale, ce serait comme enfouir un parchemin magique qui pourrait exploser à tout moment sous le Temple. Le risque était important, vu que l’Église ne saurait jamais quand le prince héritier découvrirait le pot aux roses.

Cependant, si je ne le libérais pas, que pouvais-je faire d’autre ? Il avait déjà révélé ses cartes en disant qu’il ne désirait plus être le Chevalier des Enfers.

Même si je souhaitais l’achever une bonne fois pour toute, il fallait qu’il y ait  une princesse intelligente qui lui serve de bouclier de façon à ce que personne n’ose agir.

Satané vieillard ! Tu as l’audace de me faire réparer tes pots cassés ! Attends un peu pour voir, tôt ou tard, je te le ferai payer !


Après être retourné au Temple et à ma chambre, avoir préparé mon masque pour la peau afin de l’appliquer, je n’arrivais toujours pas à trouver un moyen de résoudre ce problème. Je m’allongeai sur mon lit pour appliquer mon masque tout en continuant à chercher une solution…

Toc toc toc !

« … j’avais presque oublié la malédiction qui me frappe chaque fois que j’applique mon masque. »

Je me redressai et haussai la voix en disant : « Puis-je être assez audacieux pour demander quel est le frère chevalier sacré qui, sous le gentil murmure du Dieu de la Lumière, est venu pour discuter avec Sun de la bienveillance du Dieu de la Lumière ? »

La voix grave de Judgment retentit de l’autre côté de la porte. Il dit : « C’est moi. »

« Oh, alors entre directement. » Je me recouchai paresseusement sur mon lit. S’il s’agissait de Judgment, cela ne posait aucun problème parce que ce dernier avait déjà été choqué plusieurs fois par mon masque facial.

Au moment où il entra et me vit, il se figea.

Je lui jetai un regard et demandai : « Le rose est beaucoup mieux que le vert, n’est-ce pas ? »

Les sourcils de Judgment se froncèrent tandis qu’il scrutait mon visage. Finalement, il me donna son opinion : « Le vert peut être choquant à voir au début, mais après l’avoir regardé un long moment, le rose a l’air plus écœurant. »

« J’ai compris maintenant. La prochaine fois, j’appliquerai le masque pour avoir la moitié de mon visage verte et l’autre rose. Ainsi, tu seras d’abord choqué, et ensuite dégoûté. »

Judgment rigola et secoua la tête. « Comment peux-tu toujours avoir le temps d’appliquer un masque facial ? Tu devrais avoir plus que quelques problèmes à résoudre », affirma-t-il.

Je plaçai mes mains serrées derrière ma tête et questionnai paresseusement : « Que veux-tu dire ? »

Logiquement, le seul problème que j’avais dont Judgment devait avoir connaissance était celui concernant Adair, à moins que le Pape lui ait déjà parlé du Chevalier des Enfers. Mais, d’après ma compréhension du vieux Pape, il n’était pas un travailleur si assidu. Il ne dirait pas quelque chose deux fois, surtout à Judgment qui n’était pas habitué à gérer ce genre de problèmes, puisqu’il était inutile de le faire.

« Des membres du Monastère du Dieu de la Guerre sont là. Quel que soit leur objectif principal, c’est définitivement relié à l’extension de leur aire d’influence et à l’accroissement du nombre de leurs croyants. »

Judgment me regarda mais déplaça immédiatement son regard. Je songeai que c’était parce que le masque facial rose était réellement trop dégoûtant.

Il me rappela : « Et c’est ta responsabilité d’attirer les fidèles. »

« Je sais cela. J’étais sur le point de considérer le problème de rassembler les fidèles en appliquant le masque. »

« Je pense que tu étais simplement sur le point de t’endormir », conclut tout bonnement Judgment.

Judgment est vraiment celui qui me connaît le mieux…

« Très bien, dans ce cas, pour m’empêcher de m’endormir, tu vas m’aider à chercher une solution ! »

Judgment secoua la tête et sortit un petit sac de toile blanche avec le symbole doré du Chevalier du Soleil brodé dessus. « Je n’ai pas le temps de faire ça ! » déclara-t-il. « J’ai encore des criminels à interroger, et je suis seulement venu pour te donner les chocolats à la myrtille d’Ice. Il a dit que si tu emportais ça avec toi, tu ne devrais plus être affamé. »

Cher Ice ! Tu ferais une femme et une mère merveilleuse. Si tu étais une femme, je t’épouserais définitivement !

Je m’assis, pris le petit sac, l’ouvris et reniflai le contenu. Quel parfum !

Après avoir senti les chocolats, je levai la tête uniquement pour voir que Judgment était réellement en train de partir. Je lâchai précipitamment un flot de d’informations. « Le Monastère du Dieu de la Guerre a essayé de tuer Adair. Non seulement le Fils du Dieu de la Guerre a personnellement sollicité un duel, il s’est même servi de moi pour le menacer. Si Adair refusait de faire un duel avec lui, il serait venu me défier. » Je m’arrêtai un instant avant de continuer : « Même si l’issue du duel était claire, le Fils du Dieu de la Guerre a continué d’essayer de tuer Adair. Il est allé au point d’empêcher la Section du Chevalier du Soleil d’aider mon vice-capitaine. À la fin, Adair a à la place été sauvé par un chevalier du roi, Elijah. Que peux-tu déduire de ces informations ? »

Bien sûr, en entendant cela, Judgment s’arrêta et y réfléchit en silence. C’est probablement une déformation professionnelle après de longues années à interroger des criminels, n’est-ce pas ? Quand il entend quelque chose de suspicieux, il cherche par réflexe la vérité cachée.

Voyant cela, je jetai quelques morceaux de chocolat dans ma bouche et me recouchai sur le lit. J’ai les chocolats à la myrtille d’Ice à manger, un lit pour m’étendre, et une personne pour m’aider à chercher une solution à mes problèmes. La vie pourrait-elle être encore plus belle ?

Judgment ouvrit la bouche lentement et commença : « Je pense qu’il y a une possibilité que… Sun, réveille-toi ! »

« Continue… »

Je me retournai dans mon lit, mais entendis vaguement une voix basse grogner « Grisia du Soleil » en détachant chaque syllabe. Ça sonne comme la voix extrêmement basse que Judgment n’utilise que quand il est fâché… J’ouvris hâtivement mes yeux et au moment où je les ouvris, je vis que le visage de Judgment était aussi sombre qu’un gouffre sans fin. Choqué, je bondis immédiatement et m’écriai : « Je suis réveillé ! Je suis vraiment réveillé ! »

Judgment me fixa, soupçonneux. Je m’assis vite droit sur le lit comme un bon étudiant, prêtant sérieusement attention.

Seulement alors, il fut disposé à continuer. Il dit : « Je pense que la raison pour laquelle ils voulaient tuer Adair a quelque chose à voir avec le fait que tu aies appris Résurrection. »

« Résurrection ? » J’en étais abasourdi pour un moment. Je laissai échapper : « Comment ont-ils pu découvrir cela ? »

« Bien que le fait que tu aies appris Résurrection n’ait pas été annoncé, l’Église du Dieu de la Lumière et le Monastère du Dieu de la Guerre ne sont pas très éloignés géographiquement. Les relations entre les deux religions ne sont pas très bonnes, alors ce n’est nullement étrange que les deux aient implanté quelques espions dans le camp de l’autre pour pêcher des informations. »

En entendant cela, j’hochai la tête pour montrer que j’avais compris. N’avions-nous pas aussi implanté un espion, Hell, dans la famille royale ? Si même la famille royale était espionnée, il n’y avait pas de raison d’épargner notre plus grand rival, le Monastère du Dieu de la Guerre. Puisque l’Église du Dieu de la Lumière, qui prône la bienveillance, a des espions partout, le Monastère du Dieu de la Guerre en a probablement implantés encore plus.

« Je pense qu’ils voulaient probablement tuer Adair pour confirmer si tu avais réellement appris Résurrection. » Judgment me fixa du regard et ajouta : « Même si tu as dit l’avoir appris, personne ne t’a vu l’exécuter pour l’instant. »

Il s’arrêta un instant avant d’ajouter avec une touche de regret : « Si tu l’avais appris plus tôt, tu aurais pu l’utiliser sur ton ami d’enfance, Roland. »

En entendant cela, je me figeai un moment et répondis alors par réflexe : « C’est impossible ! Résurrection a beaucoup de limites. L’une d’entre elle est que le sort doit être effectué moins de huit heures après la mort. Si c’est utilisé sur un corps qui est mort depuis plus de huit heures, il y aura de terribles conséquences. »

« Quel genre de terribles conséquences ? »

Je tombai silencieux quelques temps avant de révéler : « Après la réanimation… Non ! Ce genre de résultat ne peut même pas être appelé réanimation. Dans tous les cas, le corps de la personne c-continuera à pourrir comme un cadavre, mais restera “vivant”. Seulement quand le corps entier se sera décomposé ou quand la tête sera coupée, la personne mourra. »

En entendant cela, Judgment lâcha, alarmé : « Alors, ne serait-ce pas comme une créature des ténèbres ? »

Je restai silencieux jusqu’à ce que j’eusse vu Judgment se calmer graduellement. J’expliquai alors lentement : « Oui, la Résurrection et la création de créatures des ténèbres sont assez similaires dans bien des aspects, assez pour qu’elles puissent être considérées comme étant le même type de magie. Aussi, un nécromancien préservera le cadavre pour éviter une décomposition plus avancée, et contrôlera l’esprit du cadavre afin qu’il soit obéissant. »

« Est-ce que cela veut dire que tous les nécromanciens savent comment utiliser la Résurrection ? » Judgment fronça des sourcils.

« Non. » Je secouai la tête et précisai : « C’est facile de transformer un cadavre en une poupée obéissante, mais difficile de vraiment le faire revivre. Réaliser le sort huit heures après la mort est la condition la plus simple. Ceci mis à part, une très forte capacité à utiliser l’élément sacré est requise. Ce point seul rend impossible pour un nécromancien de le jeter.

« Il y a aussi la probabilité d’échouer ainsi que le prix de la réanimation. En conclusion, je peux seulement te dire que tu ferais mieux de ne pas me forcer à utiliser la Résurrection sur toi. C’est parce que je ne peux pas garantir qu’il ne te manquera pas une partie du corps après que tu sois ressuscité, ou pire… »

L’expression de Judgment changea et il grogna : « Pire ? Vais-je me transformer en créature morte-vivante ? »

Je répondis honnêtement : « Ça n’arrivera pas, tu ne deviendras pas une de ces créatures si tu es ressuscité moins de huit heure après la mort. Néanmoins, au lieu de perdre quelque chose, tu risquerais de gagner quelque chose. Par exemple, tu pourrais voir pousser une paire de cornes sur ta tête, une queue dans ton dos ou une poitrine volumineuse bien que tu sois un homme. Une femme pourrait gagner un… »

« Assez ! » Judgment prit une profonde inspiration et secoua la tête. Il dit : « Cette Résurrection semble être assez imprévisible. »

J’hochai la tête et ajoutai : « Évidemment. Si ressusciter était facile, qui ne serait pas d’accord pour mourir ? Aussi, tout le monde dit que le Pape ne sait pas se servir de Résurrection, mais ce n’est pas qu’il ne peut pas le faire, c’est juste que la probabilité d’une résurrection complète est très basse. Elle est si basse qu’il n’ose pas du tout lancer le sort, parce qu’il pourrait y avoir des effets secondaires… »

« Résurrection complète ? » demanda Judgment.

« C’est une résurrection sans aucun effet secondaire. » Je soupirai et continuai : « La probabilité que je réalise une résurrection complète est approximativement d’une sur quatre. C’est assez pour rendre le vieux Pape extrêmement jaloux. Il a dit que c’est la probabilité la plus importante pour la résurrection complète que quelqu’un ait obtenu durant les cinq cents dernières années. »

Judgment hocha la tête pour montrer sa compréhension et continua ses déductions : « Le Monastère du Dieu de la Guerre a peur que, une fois que tu auras maitrisé Résurrection, les dirigeants de chaque pays changent la religion de leur pays et vénèrent le Dieu de la Lumière. C’est parce que, grâce à ton sort Résurrection, ils n’auraient plus à craindre la mort. »

Je secouai la tête et le détrompai : « Dans ce cas, ils se méprennent. La Résurrection n’a absolument aucun effet sur ceux qui sont morts de vieillesse ou de maladie. Ceux qui sont morts de vieillesse mourront à nouveau immédiatement, comme ils ont déjà atteint l’heure de leur mort. Pareil pour ceux qui sont morts de maladie. Même s’ils sont ressuscités, leur maladie ne sera pas guérie, et ils mourront à nouveau. Ceux qui ont peur d’être tués ou de mourir de maladie devraient engager quelques chevaliers doués, des prêtres et des guérisseurs, car se protéger soi-même offre plus d’espoir que la résurrection. »

« Tu as raison », acquiesça Judgment, mais il me rappela ensuite : « Cependant, si même pour moi, les nombreuses limitations de Résurrections sont nébuleuses, alors que dire du Monastère du Dieu de la Guerre ? »

En entendant cela, je me tus. Au moins, l’un des mystères était résolu maintenant. La raison pour laquelle le Monastère du Dieu de la Guerre avait essayé de tuer Adair était pour confirmer si j’avais réellement maîtrisé la Résurrection. J’avais l’impression que, en comprenant la vérité sur ce sujet, au lieu de résoudre mon problème, j’avais maintenant un problème supplémentaire à résoudre.

Comment puis-je laisser tout le monde savoir que la Résurrection n’est pas aussi utile qu’elle le paraît ? Sinon, chaque fois qu’une personne influente va mourir et que tous vont affluer vers moi pour la ressusciter, que va-t-il advenir de mes jours paisibles ?

Judgment poursuivit : « Quant au sauvetage d’Adair par Elijah, la réputation de ce dernier n’est pas mauvaise, donc il a probablement agi avec la justice à l’esprit. »

« Tu connais Elijah ? », demandai-je curieux. Pourquoi tant de gens connaissent-ils cette personne ? Est-il vraiment si célèbre ?

Judgment acquiesça. « Elijah n’a pas une bonne réputation uniquement parmi les chevaliers royaux », dit-il. « Il a des amis partout, y compris de nombreux chevaliers sacrés. Je ne le connais pas en personne, mais certains membres de ma Section du Chevalier du Jugement le connaissent personnellement. Néanmoins… » Il s’arrêta soudainement de parler pour me fixer un moment avant de continuer : « En parlant de ça, ta Section du Chevalier du Soleil semble très proche d’Elijah. Alors, qu’il agisse pour sauver Adair n’est pas un fait étrange pour lui. »

« Pourquoi ma Section du Chevalier du Soleil est-elle si proche d’un chevalier du roi !? » m’exclamai-je, un peu insatisfait. Bien que le prince héritier, le vrai chef de la famille royale, et moi, leur chef, soyons en conflit, ils en sont arrivés à devenir de bons amis avec son vassal.

Judgment ouvrit lentement la bouche et répondit à ma question par une autre question : « Ne devrais-je pas être celui qui te le demande, capitaine de la Section du Chevalier du Soleil ? »

J’en fus abasourdi et pus seulement répondre rapidement : « Laisse-moi aller demander à Adair– »

Judgment me coupa immédiatement et me blâma, en affirmant : « Adair t’est très obéissant, et s’est reposé durant tout ce temps. Puisque c’est ainsi, alors toi, le capitaine, tu devrais au moins supporter les responsabilités qui étaient tiennes à l’origine pendant qu’il se repose ! »

Tch ! Je me suis fait réprimander par Judgment. C’est totalement la faute de… du Monastère du Dieu de la Guerre.

Un peu fâché, je promis : « D’accord, d’accord ! Je vais demander à quelqu’un d’autre à présent. »

Immédiatement après avoir  dit cela, je bondis hors du lit, arrangeai mes vêtements et étais sur le point de pousser la porte pour partir…

« Sun ! »

Contrarié, je me tournai et protestai : « Quoi ? J’ai déjà dit que je n’irais pas questionner Adair. »

« Tu ne t’es pas lavé le visage… »


Autrefois, je possédais un vice-capitaine omnipotent, mais ne savais pas le chérir. Seulement après l’avoir perdu, ai-je découvert à quel point il était précieux… Sans Adair, je n’arrivais même pas trouver ma propre Section du Chevalier du Soleil !

Avec beaucoup de difficultés, j’appris de Storm qu’ils devaient se trouver à la Taverne du Bourgeon. Je m’y précipitai sur-le-champ, fâché.

Ces idiots ! Ne les ai-je pas prévenu d’éviter de quitter le Temple Sacré autant que possible ? Chacun d’entre eux a fait la sourde oreille. Il semblerait que ça fasse trop longtemps depuis la dernière fois où j’ai jeté quelqu’un du haut d’une falaise !

Peu de temps après, j’avais réussi à rassembler tous les membres de la Section du Chevalier du Soleil dans la rue. Chacun d’entre eux portait des vêtements ordinaires et flânait dans les rues paresseusement. Au moment où ils me voyaient, ils me souriaient même et agitaient la main dans ma direction !

Je souris, levai mon index et pointai l’allée sur le côté, avant de marcher dans celle-ci. Naturellement, la Section du Chevalier du Soleil me suivit.

« Capitaine ! Allons-nous nous liguer contre quelqu’un ? » demanda Ed, excité.

J’ignorai Ed et souris en m’adressant à tout le peloton : « Sun se rappelle avoir prévenu ses frères ici présents de ne pas quitter le Temple Sacré pour le moment, non ? »

Puisque vous avez osé ignorer mon conseil, je pense que vous avez tous oublié la raison pour laquelle vous avez sauté du haut d’une falaise pour commencer !

La Section du Chevalier du Soleil méritait réellement d’être mon peloton, vu qu’ils avaient immédiatement senti le danger de mon sourire anormalement large. La couleur se retira de leur visage et en un instant, les badauds paresseux se transformèrent en chevaliers fiables, se tenant au garde-à-vous.

Je cessai de sourire et fixai froidement Ed, qui se tenait le plus proche de moi. Ed balbutia alors qu’il expliquait : « Ca-Capitaine, n-nous portons des vêtements ordinaires, p-pas l’uniforme de la Section du Chevalier du Soleil … »

« Et donc, plus de vingt personnes sortent ensemble en groupe ? » m’enquis-je avec un autre sourire. « À présent, je comprends. Je n’ai en effet pas besoin de m’inquiéter, comme tous les guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre savent seulement comment se battre et n’ont probablement pas d’yeux, donc ils ne peuvent pas vous reconnaître du tout ! »

Ed éclaircit précipitamment : « Capitaine, n-nous vous avons écouté. C’est la première fois depuis quelques jours que nous quittons le Temple Sacré. Nous avons invité Elijah à la taverne avec l’intention de lui payer un verre pour le remercier d’avoir sauvé Adair. »

« C’était donc pour cela ! » déclarai-je avec un signe de la tête. Quand j’aperçus tous les membres de la Section du Chevalier du Soleil exprimer un visible soupir de soulagement, j’attrapai Ed par le col et questionnai : « Ça me rappelle un autre sujet. J’ai ouï dire que vous étiez déjà assez proche d’Elijah ? Par le passé, le chaos créé par ce gros porc de roi m’a donné la migraine, et maintenant le prince héritier la rend cinq fois pire ! Et pendant ce temps, vous prenez du bon temps ! Vous avez osé vous lier d’amitié avec les subordonnés de l’ennemi dans mon dos ! »

« Nous ne nous sommes pas secrètement lié d’amitié avec l’ennemi, Capitaine ! » protesta Ed, quasiment en larmes. « Nous connaissons Elijah, parce qu’on s’en est pris à lui une fois. »

« Pourquoi vous en êtes-vous pris à lui sans raison ? »

Je ne leur avais jamais demandé de faire cela. Je n’avais même jamais entendu le nom d’Elijah auparavant, donc c’était impossible pour moi d’ordonner à la Section du Chevalier du Soleil de s’en prendre à lui.

« C-C ‘est parce que nous avons tabassé la mauvaise personne… Et nous nous sommes rendus compte que nous nous étions trompé de personne seulement après l’avoir passé au tabac, d-donc nous l’avons vite aidé à guérir ses blessures et nous nous sommes excusés en lui payant un verre. »

C’est ce qu’on appelle « Un conflit entraîne l’amitié » ? Mais, cela se réfère habituellement à deux personnes se battant l’une contre l’autre, pas à un groupe qui attaque une seule personne, n’est-ce pas ?

Je restai muet pendant un certain temps. Je les réprimandai alors : « Vous avez même attaqué la mauvaise personne ! Je ne comprends réellement pas comment vous avez été choisis pour rejoindre la Section du Chevalier du Soleil ! »

Ed répliqua doucement : « Capitaine, c’était la première fois que nous agissions ainsi ! Il y a toujours un risque d’échec, pas vrai ? »

« Si la personne que vous aviez frappée par erreur était moi, alors vous pourriez vous détendre car ce serait la seule et unique fois que vous auriez commis une erreur ! » le sermonnai-je froidement.

Ed sourit instantanément et assura : « Capitaine, comment aurions-nous pu possiblement vous attaquer par erreur ? Vous êtes une personne si remarquable que même les dieux vous envient et qu’un millier de rayons de lumières dorées de bon augure vous entourent… »

« Vous possédez des lèvres roses et prometteuses ainsi que des dents d’une blancheur immaculée… », renchérit un autre membre de la section.

« Votre peau est blanche comme le lait… »

« Même en ne faisant que tourner la tête et sourire, vous parvenez à charmer une centaine de personnes ! » s’exclama un quatrième.

« Taisez-vous ! » Je roulai des yeux. Quand je serai rentré, je devrais demander à Adair d’améliorer le langage des membres de mon peloton. Non, mais écoutez-les, qu’est-ce que c’est que ces adjectifs qu’ils utilisent ? Bande de crétins !

« Capitaine… » Ed examina mon expression très prudemment. Il demanda, d’une voix aussi délicate qu’un insecte : « Peut-on aller voir Elijah maintenant ? L’heure de la rencontre est déjà dépassée… »

J’y réfléchis un instant. Jusqu’à présent, toutes les informations que j’avais obtenues semblaient indiquer qu’Elijah avait probablement sauvé Adair en toute sincérité et qu’il n’était engagé dans aucune conspiration. Puisque c’était ainsi, alors moi, en tant que capitaine, je me devais aussi d’exprimer ma gratitude envers lui.

Après tout, si Adair avait vraiment été tué, me forçant à employer la Résurrection sur lui, qui sait s’il n’aurait pas manqué des morceaux au Adair ressuscité, ou pire, s’il n’aurait pas gagné un quelque chose en plus.

Qu’importe s’il avait une corne ou une queue en plus : ça le rendrait encore plus classe ! Néanmoins, si sa poitrine grossissait, alors je n’aurais plus eu de vice-capitaine… Peu importe à quel point Adair était capable, s’il courait vers moi avec une poitrine qui rebondissait, je le jetterais du haut d’une falaise sans la moindre hésitation !

Après avoir imaginé Adair avec une grosse poitrine, j’éprouvai le sentiment que je devrais m’agenouiller pour vénérer Elijah. Je dis précipitamment aux membres de la section : « Si l’heure du rendez-vous est déjà passée, pourquoi ne partez-vous pas ? Ne faites pas attendre les gens. »


Je suivis la Section du Chevalier du Soleil jusqu’à la taverne du Bourgeon. Les tavernes ne m’étaient pas familières. Après tout, j’étais le Chevalier du Soleil bien connu pour s’évanouir au bout de trois verres, donc je ne pouvais pas me rendre dans une taverne pour boire. C’était seulement quand je cherchais des gens (afin d’obtenir des informations, je n’avais pas eu d’autre choix que de courir dans toute la cité en cherchant Storm ; à la fin, je l’avais retrouvé ivre mort dans une taverne. Il s’était seulement réveillé après que je lui aie mis plus de dix baffes. C’était aussi la septième fois que je l’énervais) et quand je passais dans le coin (en me battant avec des créatures des ténèbres dans la rue, j’avais été envoyé valser et m’étais écrasé dans une taverne), que je mettais les pieds dans une taverne.

Étant le capitaine, j’entrai le premier. Au début, les personnes dans la taverne ne me remarquèrent pas. Mais, étant curieux, ils se tournèrent un à un pour jeter un coup d’œil. Au moment où ils tournaient la tête, leurs yeux se fixaient sur moi.

J’observai autour de moi l’intérieur de la taverne et me rendis compte qu’il y avait plus que quelques clients. L’environnement n’était ni trop sale ni trop désordonné, mais ça ne pouvait pas être considéré comme étant propre et ordonné. Néanmoins, l’endroit était plutôt grand ; en plus de la salle principale, qui était entourée par de nombreuses chambres, il y avait un étage.

Quand mon regard balaya le comptoir du bar, la vue du dos d’une personne près de celui-ci me rappela quelque chose. Je suis certain d’avoir vu cette personne de dos quelque part auparavant !

De plus, je ne me rappelle pas de ce à quoi cette personne ressemble de face, donc je ne l’ai probablement vue que de dos. Plus étrange encore, pourquoi est-ce que je me rappelle si bien de la vue du dos de cette personne ?

À ce moment-là, quelqu’un hurla soudainement : « Je suis quelqu’un de bien, ne m’arrêtez pas ! »

Après ça, tout le monde commença à crier et à beugler comme s’ils n’avaient jamais rien dit de toute leur vie auparavant.

« Je n’ai pas volé les sous-vêtements de mon voisin M. Fleur, ils ont été emportés par le vent ! »

« Je paye toujours mon addition après avoir pris un verre, je ne me suis jamais enfui sans payer mon repas avant ! »

« Je n’ai jamais vandalisé le mur de l’Église du Dieu de la Lumière auparavant ! »

Ed et les autres membres de la Section du Chevalier du Soleil s’avancèrent précipitamment et expliquèrent : « Que tout le monde se calme. Nous ne sommes pas là pour arrêter des gens, mais pour boire. »

« Vous plaisantez !? Tout le monde sait que le Chevalier du Soleil ne peut pas tenir l’alcool ! »

« C’est vrai ! J’ai entendu dire que son visage devenait rouge à la première coupe, qu’il attrapait la migraine à la deuxième et qu’il s’évanouissait à la troisième. »

« Cette capacité à tenir l’alcool ne correspond pas du tout à un homme… Non ! Je n’ai rien dit ! »

Voyant cela, Ed paniqua et cria : « Le capitaine est juste là pour se joindre à la fête ! »

« Ed », l’appelai-je.

L’expression d’Ed changea immédiatement, et il se reprit précipitamment : « Capitaine, je ne pensais pas ce que je viens de dire, vraiment… »

Si tu n’avais pas ajouté la dernière phrase, j’aurais cru que tu ne pensais pas ce que tu as dit… Je réprimai l’impulsion de rouler des yeux, comme j’étais en ce moment le Chevalier du Soleil éternellement souriant. Je pointai la personne qui me semblait familière de dos, près du comptoir du bar, et proposai : « Invitons ce charmant chevalier à nous rejoindre pour prendre un verre ! »

Ed jeta un coup d’œil dans la direction que je pointais, acquiesça et dit : « Oh, Capitaine, vous connaissez aussi Elijah, alors. »

Comment ? C’était Elijah ?

Avant que j’aie pu réagir, Ed s’avança à côté de cette personne, tapota son épaule et appela effrontément : « Hé ! Nous sommes là, Elijah ! Tu n’attends pas depuis trop longtemps, j’espère ? »

Cette personne lâcha sèchement : « Si justement ! J’ai attendu près d’une demi-heure. Remarque, c’est bien mieux que la dernière fois, où j’ai dû attendre une heure… Ça me fait vraiment me demander qui exprime sa gratitude envers qui. »

« Hahaha ! Ne soit pas si dur ! » Ed lui donna une claque dans le dos et le salua avec enthousiasme : « Viens, laisse-moi te présenter quelqu’un. »

« Qui donc ? » s’enquit-il, un peu curieux.

À ce moment-là, je m’avançai derrière lui. Il sembla réaliser qu’il y avait quelqu’un derrière lui et à l’instant où il se retourna… nos deux sourires se figèrent.

« Voici notre capitaine, le Chevalier du Soleil. » Ed me présenta à lui en souriant joyeusement, et procéda ensuite à me le présenter : « Capitaine, voici Elijah. »

Je pris plusieurs profondes inspirations avant de révéler un parfait sourire étincelant. Je le saluai : « C’est la première fois que nous nous rencontrons. Salutations, Chevalier Elijah. »

Seulement après mon rappel, cette personne récupéra-t-elle du choc. Il répondit rapidement : « B-Bonjour. C’est la première fois que nous nous rencontrons, Chevalier du Soleil. Je suis resté bouche bée par votre élégance pendant un instant. Je suis vraiment désolé. »

Un des sourires était étincelant tandis que l’autre était détendu, mais nous étions probablement les deux seuls à être conscients que l’autre souriait en réalité amèrement… C’était en effet ma première rencontre avec Elijah, mais c’était la deuxième fois que je voyais « le Chevalier des Enfers ».

Elijah était en fait celui qui se mettait en grève : le Chevalier des Enfers.

Mais en y repensant plus attentivement, il y avait toujours quelque chose qui clochait ! J’avais déjà vu le « devant » du Chevalier des Enfers, alors comment pouvais-je être si familier avec son dos au point que je ne parvenais même pas me rappeler à quoi il ressemblait vu de face.

Pardon ? Avez-vous dit que je me suis peut-être mal rappelé ? Cela ne se peut ! Ce n’est pas que je veuille me vanter, mais ma mémoire est si bonne que je peux même me souvenir des cotes des paris d’il y a treize ans. Comment pourrais-je mal me rappeler quelque chose ? Dans le pire des cas, j’oublie seulement des choses inintéressantes comme Storm qui me rappelle qu’il y a une réunion le lendemain. J’ignore pourquoi, mais j’ai tendance à oublier ce genre de choses. Comme c’est bizarre !

Pendant que j’étais rempli de doutes sur moi-même, la serveuse nous avait accueillis et conduits dans une salle privée. Au moment où nous entrâmes, Ed se tourna et dit : « Capitaine, ce qu’il se produit dans cette salle privée est un secret. Même si nous parlons fort, nous n’avons pas à nous inquiéter d’être entendu par des gens à l’extérieur. »

« Secret ? » Mon esprit entier était maintenant empli par « vue de dos », « vue de dos ». Toutefois, au moment où j’entendis le mot « secret », la lumière se fit dans mon esprit.

« C’est vrai ! » Ed rigola effrontément et murmura à mon oreille : « Il y a même un passage secret pour partir en douce. »

Passage secret… Je me rappelle maintenant, je me rappelle vraiment maintenant !

J’avais vu le dos de cette personne dans un passage secret.

Je m’étais précédemment faufilé dans le palais via un passage secret à cause du problème avec Roland, et j’avais par hasard aperçu la princesse embrasser un homme. À cet instant-là, le dos de l’homme me faisait face, donc je n’avais vu que son dos !

Et la personne dont j’avais vu le dos était Elijah… Ainsi, l’homme qui entretenait une liaison secrète avec la princesse était Elijah, et Elijah était le Chevalier des Enfers !

Pas étonnant que la princesse fût aussi protectrice envers le Chevalier des Enfers. Elle protégeait en réalité l’homme qu’elle aimait !

Le Chevalier des Enfers entretenait en réalité une liaison avec la princesse ? Je fronçai des sourcils et méditai pour savoir si c’était une bonne ou une mauvaise nouvelle…

Ahahaha, évidemment que c’est une bonne nouvelle ! Je dois être béni par le Dieu de la Lumière, parce que j’ai maintenant un moyen d’empêcher que le Fils du Dieu de la Guerre épouse la princesse ! Hahaha !

« C-Capitaine ? » héla Ed avec précaution.

J’étais extrêmement de bonne humeur et souris largement en répondant : « Hmm ? Qu’y a-t-il ? »

Ed recula lentement de deux pas. Il déglutit et, évitant ma question, changea de sujet : « La serveuse prend notre commande, alors y a-t-il quoi que ce soit que vous désiriez manger, Capitaine ? »

Je souris et déclarai : « J’aimerais avoir deux assiettes de bœufs et dix bouteilles d’alcool fort ! »

La serveuse acquiesça et partit préparer les plats.

Ed se gratta la tête et demanda : « Capitaine, puisque nous avons tant de personnes réunies, est-ce que deux assiettes de bœufs sont vraiment suffisantes  pour tout le monde ? »

« Héhé, qui a dit que j’allais partager avec vous ? Je vais avoir une bonne discussion ici avec le Chevalier Elijah, le reste d’entre vous va aller à côté pour manger ! »

En entendant cela, Ed et les autres membres de la Section du Chevalier du Soleil furent abasourdis. Elijah eut une expression alarmée.

Je souris et les rassurai : « N’ayez craintes, ma seule intention est de remercier correctement le Chevalier Elijah. » J’ajoutai d’une voix basse à la Section du Chevalier du Soleil : « Dépêchez-vous de déguerpir ! Ou se pourrait-il que vos os vous démangent tellement que vous vouliez sauter du haut d’une falaise pour les casser et ainsi apaiser les démangeaisons ? »

Ed se tourna immédiatement et claqua Elijah dans le dos. Il sourit et dit : « Elijah, aie une bonne discussion avec notre Capitaine ! Nous reviendrons plus tard… »

Puisque nous sommes amis, nous reviendrons pour enterrer ton corps ! Tous les membres de la Section du Chevalier du Soleil arboraient une expression de deuil sur leur visage.

J’observai la Section du Chevalier du Soleil saluer de la main Elijah en partant, avec des « adieu pour toujours », « nous te laissons tomber » et d’autres expressions similaires inscrites sur leur figure. Alors qu’ils quittaient la salle privée, la serveuse entra et plaça dix bouteilles d’alcool fort et deux assiettes de bœuf sur la table. Elle nous fixa un certain temps, Elijah et moi, avant de se décider à partir.

« Chevalier du Soleil… » Elijah m’observa avec précaution.

« Hmm ? » Je souris pendant que j’ouvrais les dix bouteilles d’alcool qui étaient sur la table.

« Vous semblez être de très bonne humeur ? » demanda-t-il un peu méfiant et confus.

Je ris tout haut et m’exclamai : « En effet ! »

Il fronça des sourcils et demanda à nouveau : « Est-ce que ça a quelque chose à voir avec moi ? »

« Évidemment que ça a un rapport. J’ai soudainement trouvé un moyen de résoudre le problème de ton autre identité. » Comme un diable, je murmurai de façon attirante : « Si tu acceptes de faire quelque chose pour moi afin que je puisse répondre au Pape, à partir de maintenant tu ne seras plus le Chevalier des Enfers. »

D’abord, Elijah parut soulagé. Puis, son expression s’assombrit, et il me regarda de façon soupçonneuse. Il dit solennellement : « Je ne trahirai pas la famille royale. »

Je souris et déclarai : « Détends-toi ! Je ne te demanderais jamais de trahir la princesse. En fait, ça vous bénéficierait fortement à tous les deux. » En revanche, tu risques de trahir un petit peu le prince héritier.

Elijah me fixa d’un air méfiant et s’enquit : « Que voulez-vous que je fasse ? »

J’attrapai une bouteille de liqueur et hélai : « Allons ! Laissons le travail pour plus tard. Viens, nous devrions d’abord boire quelques bouteilles d’alcool. Santé ! »

Après avoir fini toute la bouteille d’alcool d’une lampée et essuyé la mousse du coin de mes lèvres, je notai qu’Elijah me fixait, ébahi. Je souris, secouai la bouteille vide et dis : « Ton tour. »

Elijah regarda les neuf bouteilles d’alcool qu’il restait sur la table, et son visage pâlit instantanément.


Approximativement deux heures plus tard, je sentis qu’il était temps et envoyai la serveuse chercher Ed et les autres.

Au moment où ils entrèrent, ils remarquèrent Elijah effondré sur la table, inconscient. Choqué, Ed questionna rapidement : « Qu’est-ce qui est arrivé à Elijah ? Capitaine, vous ne l’avez pas réellement tué pour le faire taire, n’est-ce pas ? »

Je souris et expliquai : « Un telle chose n’est pas arrivée, il est juste ivre. Le Chevalier Elijah tient vraiment bien son alcool ! Il a vidé dix bouteilles d’alcool à lui tout seul. »

« Dix bouteilles ? »

La mâchoire de tout le monde se décrocha. Ed bégaya : « Comment est-ce possible ? C’est de la liqueur “ivre-en-une-bouteille”. On dit que personne ne peut rester sobre après avoir bu une bouteille de ça. Même si c’est Elijah, le maximum qu’il puisse avaler doit être une bouteille et demi… »

Je fronçai des sourcils. Cet alcool était-il si puissant ? Pas étonnant qu’Elijah se soit effondré sur la table avec un sploc et ne se soit pas réveillé.

Telles qu’étaient les choses, je ne pus que jouer la comédie et soupirer. « Parce que nous discutions si joyeusement, il a bu dix bouteilles sans s’en rendre compte. Si je l’avais su plus tôt, je l’aurais arrêté. »

Personne ne semblait convaincu par mon explication. À ce stade, je leur rappelai : « J’ai encore des choses à faire, je dois donc partir d’abord. Souvenez-vous de ramener Elijah chez lui. Ne le laissez pas dormir ici, il va attraper un rhume. »

Ed et les autres hochèrent la tête avec un visage dénué d’expression.

Je partis avec mon dos leur faisant face, comme je ne pouvais résister à la tentation de me lécher les lèvres. Cette liqueur “ivre-en-une-bouteille” était étonnamment bonne. Si je l’avais su plus tôt, je n’aurais pas donné une bouteille et demie à Elijah. Tch tch ! Puisque j’allais demander à Roland de faire quelques commissions pour moi, je pourrais en profiter pour l’emmener ici et continuer à boire en tant que Suprême Dragon.

Leave a Reply