La Légende du Chevalier du Soleil T3C3 : Démarre l’Aventure

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 – À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : 御 我 Yu Wo


Chapter 3: Start The Adventure – traduit du chinois vers l’anglais par Lucathia[PR!]
Chapitre 3 : Démarre l’Aventure – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

« Sun, réveille-toi. C’est l’heure de monter le camp. »

J’étais en plein dans un rêve où j’étais allongé sur de l’herbe humide à cause de la pluie qui venait juste de tomber. Alors que j’étais en train d’envisager d’utiliser ma magie du feu pour sécher l’herbe parce que c’était inconfortable, je fus tiré de mon sommeil par Leaf, et je me laissai glisser de son dos, l’esprit encore embrumé. Quand m’a tête commença à s’éclaircir un peu, je réalisai soudain que Leaf était complètement trempé de partout… Donc l’herbe humide c’était Leaf.

Par chance, il m’avait réveillé. Autrement, même s’il était une personne sympa, une fois qu’il se serait retrouvé rôti à point, il se serait probablement mis dans une colère noire, n’est-ce pas ?

Pendant ce temps, Austin avait déjà commencé à assigner des tâches. « Mike, tu vas chasser avec Anne. Tout le monde est fatigué. Manger de la viande fraîche est très utile pour reprendre des forces. »

Mike hocha la tête pour montrer qu’il avait bien reçu l’ordre.

Je ne sais vraiment pas de quel genre de statut cet Austin dispose pour être en mesure d’appeler Mike directement par son nom. J’étais un petit peu perplexe. Dans le Monastère du Dieu de la Guerre, même les prêtres-guerriers dans les rangs les plus élevés devraient être hiérarchiquement en dessous du Fils du Dieu de la Guerre, aussi appeler le Fils du Dieu de la Guerre directement par son nom était très impoli.

Après avoir reçu leur assignement, Mike et Anne s’en allèrent promptement, tandis qu’Austin restait sur place et continuait de distribuer les tâches. Il se tourna vers Leaf et lui demanda avec courtoisie : « Elmairy, peux-tu m’aider à démarrer un feu et à cuisiner notre repas ? »

Avec un sourire, Leaf hocha la tête. « Pas de problème. »

« Dans ce cas, je vais monter les tentes. » Une fois qu’il eut fini de parler, il se tourna vers moi avec un sourire et m’annonça gentiment : « Chevalier du Soleil, vous êtes en charge de rassembler du bois pour le feu. Est-ce que cela vous convient ? »

« Bien entendu. »

Je souris en retour. J’étais sur le point d’appeler Leaf avant de partir pour la forêt afin de rassembler du bois, quand de multiples hurlements de loups nous parvinrent… Leaf et moi jetâmes un regard vers les fourrés. La nuit, les fourrés étaient tellement sombres que nous ne pouvions point voir ce qui s’y cachait. Parfois, les buissons bougeaient un peu, sans laisser transparaître aucun indice sur quel genre d’animal pouvait bien se trouver à l’intérieur, et de temps en temps retentissaient les appels d’animaux inconnus.

Le teint du visage de Leaf changea comme il se tournait vers moi avec inquiétude et me disait : « Laisse-moi aller rassembler le bois à ta place Sun. Tu peux rester là et allumer le feu. Quant à la cuisine… Attends que je revienne pour commencer. »

Bien entendu, j’acquiesçai d’un signe de tête, mais pas parce que j’avais peur des hurlements des loups qui venaient de retentir. Quand je parvenais à m’échapper des endroits peuplés, je pouvais utiliser la magie pour me protéger. Qui plus est, les loups n’étaient pas capables de protester et de dire qu’utiliser la magie allait à l’encontre des règles pour le Chevalier du Soleil.

Ce dont j’avais en fait peur était… les moustiques dans la forêt ! Il ne me restait plus qu’une seule paire de gants. S’ils venaient à être gâchés eux aussi, je serais obligé d’arracher ses gants des mains de Leaf.

J’acquiesçai d’un signe de tête vers Leaf, et il lâcha : « Je laisse la sûreté d’Austin entre tes mains. »

J’aperçus l’expression étrange qui apparut sur le visage d’Austin quand il entendit cela. Il pense probablement que je n’ai pas la capacité de le protéger !

Leaf ne partit pas aussi promptement que les deux autres avant lui. D’abord, il rassembla plusieurs branches qui traînaient dans les alentours. Ensuite, il prit sa corde d’arc de rechange et l’attacha à chaque extrémité d’une des branches. Puis, il rassembla le bois sec et les feuilles mortes en une pile. Après cela, il prit une autre branche… Ce procédé semblait compliqué, mais, pour le résumer simplement, il était en train de m’aider à rassembler les objets nécessaires pour que j’allume un feu. Tout ce qu’il me restait à faire était de m’approcher et de frotter les outils qu’il avait préparés pour moi.

Une fois que toutes les préparations furent complètes, il me remit les branches qui étaient liées ensembles par la corde d’arc et me demanda avec un peu d’inquiétude : « Tu sais comment utiliser cet outil pour allumer le feu, n’est-ce pas ? Tu dois simplement enrouler une fois la corde autour de l’autre branche, puis tu commences à les frotter… Tu ne devrais avoir aucun problème à faire cela, bien entendu ? »

Parfois, j’avais réellement l’impression que Leaf était la maman de la « Bonne Faction au Grand Cœur » des Douze Chevaliers Sacrés, alors qu’Ice était la maman de la « Cruelle Faction au Cœur de Pierre ». L’un est une personne qui adore aider les autres à résoudre chaque petit problème, alors que l’autre est une personne dont la cuisine superbe est sans égale. Ensemble, ils feraient la mère parfaite.

En prenant en compte le fait que Leaf m’avait porté pendant vingt-quatre heures, j’acquiesçai d’un signe de tête et répondis : « Je t’en prie, ne t’inquiète pas mon frère Leaf. Même si la nuit n’est pas bénie par  la gracieuse inquiétude du Dieu de la Lumière, Sun ne décevra néanmoins pas les attentes de son frère Leaf. »

Leaf hocha la tête et s’en alla, bien qu’il se retournât par trois fois avant de s’enfoncer réellement dans la forêt.

Après le départ de celui-ci, je baissai la tête pour regarder les outils pour le feu que je tenais dans mes mains, me sentant vraiment un peu frustré avec moi-même. Je veux dire, si j’utilisais la magie du feu, elle ne ferait pas qu’allumer un feu, elle serait même plus que suffisante pour provoquer un immense feu de forêt. Et pourtant, il fallait qu’un prêtre-guerrier soit là avec moi, ne me laissant pas d’autres choix que de jouer le rôle du Chevalier du Soleil… qui ne connaît pas de magie !

Puisque je ne pouvais pas me servir de la magie, je me résignai à employer les outils que Leaf m’avait remis. Après avoir pris une grande inspiration, je frottai, frottai encore et frottai, frottai, frottai encore plus… sans qu’il y eut la moindre volute de fumée. Mes paumes me faisaient mal après tous ces frottements… J’ai vraiment envie d’utiliser la magie !

Mais non, Austin était en train de me fixer du regard. Même si je trouvais vraiment suspecte la façon avec laquelle il montait une tente à une telle vitesse tout en me fixant du regard pendant tout le processus. Cela ne devrait-il pas être contre les règles qu’un prêtre-guerrier possède ce genre de compétence ?

Je continuai de frotter. Frotte… frotte… Oh, il y a un peu de fumée ! Il faut ajouter un peu d’enthousiasme et frotter plus rapidement… La fumée s’est éteinte…

« … » De ma vie, je n’avais jamais, jamais autant souhaité pouvoir utiliser la magie du feu.

Mais je ne le pouvais pas, parce qu’Austin continuait de me fixer du regard. Qu’il soit maudit ! Pourquoi ne peut-il pas simplement se concentrer sur son montage de tente à la place ? Ou avoir l’envie soudaine d’aller se soulager ? Même s’il ne fait que lever la tête pour regarder le ciel, ou pour admirer les étoiles, ce serait suffisant. Donne-moi juste une seconde, une seconde c’est tout ce dont j’ai besoin pour me servir de la magie du feu et allumer les branches détrempées qui sont devant moi !

Mais, il fallait qu’il continuât à me regarder fixement sans ne serait-ce que cligner des yeux !

Après tout ce temps, Austin avait déjà terminé de monter une tente, mais il ne poursuivit pas avec la seconde. Au lieu de cela, il posa les outils pour monter les tentes.

Très bien ! Est-ce qu’il a enfin besoin d’aller pisser ?

Cependant, il ne se dirigea pas vers la forêt, mais à la place il s’approcha lentement de moi, tendit sa main, et dit relativement à contrecœur : « Chevalier du Soleil, s’il-vous-plaît laissez-moi démarrer le feu. »

Sans un mot, je lui donnai les outils pour allumer le feu, et en rétribution ce fut mon tour de le regarder fixement sans interruption. Tu n’as pas intérêt à secrètement utiliser la magie pour allumer le feu ! Les prêtres-guerriers ne sont pas non plus supposés connaître la magie du feu !

Tout ce que je vis fut Austin frotter les outils calmement, et du feu apparut. Frotte, frotte, frotte, et des étincelles apparurent. Frotte un peu plus, et le feu prit.

« … » Ces outils doivent avoir une dent contre moi !

Après cela, Austin ramassa quelques branches et construisit des broches pour griller la viande en barbecue.

Bien que Leaf fût le dernier à avoir quitté le campement, il fut le premier à revenir. Quand il aperçut Austin en train d’allumer le feu et de construire les broches, il fixa la scène avec un regard vide avant d’apporter le petit bois qu’il avait rassemblé près du feu, et il entreprit d’en ajouter dans les flammes. Tout en faisant cela, il articula : « Merci pour tout, Austin. Désolé pour le dérangement. »

Austin sourit en réponse et affirma : « Ce n’est rien, simplement allumer un feu. On dirait que le Chevalier du Soleil ne part pas souvent à l’aventure. »

« Si je ne me trompe pas, c’est en fait la première fois que Sun quitte la Cité du Bourgeon ? » Tout en ajoutant du bois d’une main, Leaf tourna la tête pour me regarder. « C’est juste ? »

Maintenant mon sourire parfait sur mon visage, j’acquiesçai.

« Je vois. » La réalisation soudaine d’Austin s’afficha sur son visage.

Leaf s’empressa d’ajouter : « En tant que chef du Temple Sacré, Sun est occupé, aussi il n’a pas vraiment le temps de quitter le Temple. »

Austin sourit tout en disant : « C’est donc un peu différent de ce que nous faisons. Mike est celui qui possède le plus de pouvoir décisionnel, mais normalement il n’y a pas beaucoup d’affaires qui requièrent sa participation, aussi la plupart du temps Mike tient davantage le rôle de chef spirituel. »

En réalité, nous opérions également de la même façon. Je n’avais normalement pas grand-chose à faire… et même si c’était le cas, je refilais le travail à Storm ; je ne le faisais moi-même que quand on exigeait que je me montre en personne, comme cette fois où il avait fallu que je sois présent au mariage des familles royales.

« C’est donc ainsi que les choses fonctionnent. Pas étonnant que vous l’appeliez tous communément Mike. Très peu de personnes s’adressent directement à nous les Douze Chevaliers Sacrés par nos prénoms. » Leaf me jeta un regard et ajouta : « Et tout particulièrement Sun. Hormis pour le Capitaine-Chevalier du Jugement et le Pape, personne n’est autorisé à l’appeler directement par son vrai nom ! »

Austin sourit et expliqua : « Ce n’est pas le cas. Même dans le Monastère du Dieu de la Guerre, peu de gens osent s’adresser au Fils du Dieu de la Guerre par son nom. Anne a grandi avec Mike, donc en tant qu’amie d’enfance elle l’appelle directement Mike en privé, mais elle l’appelle toujours respectueusement “Fils du Dieu de la Guerre” en public. Quant à la raison pour laquelle je l’appelle également directement par son prénom, c’est parce que Mike est mon fils. »

En entendant cela, mes yeux et ceux de Leaf s’agrandirent de surprise, mais nous nous détendîmes rapidement. Même si Austin avait l’air d’avoir la trentaine, peut-être qu’il s’était servi de la magie pour maintenir son apparence, aussi nous ne pouvions pas savoir à coup sûr quel était son vrai âge. Puisque mon maître et le Pape avaient tous les deux fait de même, ce n’était pas si alarmant.

« Puis-je vous demander quel âge vous aurez cette année ? » s’enquit Leaf avec une certaine curiosité.

« Trente-cinq ans. » L’âge qu’Austin nous donna allait parfaitement de pair avec son apparence.

« … » Nous restâmes tous les deux silencieux. Leaf alla rapidement droit au but et le questionna : « Alors quel âge a Mike ? »

« Vingt-et-un ans. »

Bien que le Fils du Dieu de la Guerre eût deux ans de moins que moi, ce qui me surprenait un peu, ce qui me surprenait encore plus était le fait que quand on prenait trente-cinq et qu’on enlevait vingt-et-un, la somme restante n’était-elle pas égale à quatorze ? Ajoutez les neufs mois nécessaires pour la grossesse… Cela ne signifiait-il pas que l’homme devant moi avait en vérité conçu un enfant quand il avait treize ans ?

Faire ceci et cela avec une femme à seulement treize ans… Je pensais que c’était le privilège des nobles ! Depuis quand même les prêtres-guerriers, qui sont supposés être vertueux, font-ils de telles avances ?

Austin cligna des yeux et déclara : « Oh j’oubliais, c’est un secret, aussi ne le répétez à personne. »

L’expression que Leaf et moi étions en train d’afficher devait avoir l’air un peu étrange. Laisser d’autres Religions connaître leurs secrets est… un petit peu trop négligent, vous ne croyez pas ?

Quand il aperçut nos expressions, Austin se mit à sourire ouvertement. Son sourire ressemblait vraiment à celui du Fils du Dieu de la Guerre. Après un moment, il expliqua : « C’est un secret dont tout le monde a connaissance au Monastère du Dieu de la Guerre. Il vous suffit de poser quelques questions pour le découvrir, mais même si tout le monde est au courant, personne n’ira l’exposer, aussi vous n’avez pas besoin de vous inquiéter à ce sujet. »

Je vois. Cela ressemblait au « le Chevalier du Soleil est parfait ». Même si tout le monde savait plus ou moins que personne n’était parfait dans ce monde, ils vont complètement continuer d’y croire.

À ce moment, des échos de bruits épars nous parvinrent de la forêt non loin de l’endroit où nous nous trouvions. Nous regardâmes tous les trois vers les arbres, pas vraiment inquiets car nous étions à une distance relativement importante de l’intérieur de la forêt. Pour une équipe d’aventuriers de notre calibre, ce genre d’endroit n’était pas plus dangereux que d’être à l’intérieur de l’Église.

Mike et Anne en sortirent. Sur les épaules de Mike pendait le corps d’un loup.

Une fois qu’ils eurent atteint le camp, Mike donna le loup à Anne. Anne, avec une joie indescriptible, prit le loup et s’approcha du bord du lac. On dirait qu’elle est partie cuisiner cette partie du « dîner ».

Mike jeta un coup d’oeil à l’état actuel du camp et demanda avec ses sourcils froncés : « Les tentes ne sont pas encore dressées ? »

Austin sourit légèrement et répondit : « Je suis désolé, mes mains sont trop lentes. »

Après avoir entendu cela, Mike afficha une expression étrange. J’étais tout à fait capable de comprendre pourquoi. Juste avant, Austin avait seulement passé cinq minutes pour monter une tente. Il n’avait pas pris plus d’une minute pour allumer un feu, et avait été capable de construire les supports du barbecue en l’espace d’une autre minute. Il ne pouvait être décrit que par les mots « super rapides avec ses mains ».

On pouvait supposer que Mike devait plutôt bien connaître la façon d’agir de son père, aussi c’était pourquoi il affichait une telle expression de scepticisme.

Mike sortit une marmite de son sac et inséra une longue branche à travers les deux hanses.  Pendant qu’il faisait cela, Austin et Leaf continuèrent de discuter, et à l’occasion Mike lançait un mot en réponse.

J’avais peu d’intérêt pour une conversation entre trois hommes, aussi je me tournai pour regarder vers les rives du lac. Hé hé ! J’étais beaucoup plus intéressé par la femme mignonne et adorable… même si elle portait une armure et possédait deux haches qu’elle employait à une main… Comment diable va-t-elle préparer cet immense loup qui fait la moitié de la taille d’un humain… ?

Il se trouva par hasard que, au moment où je regardais, le loup était lancé dans les airs. Comme on pouvait s’y attendre avec sa force insensée, Anne était une guerrière dont l’élément du feu était puissant. Même si le loup était très large, on aurait dit qu’elle lançait un petit galet. Une fois qu’elle eut lancé le loup, elle mit ses mains dans son dos et récupéra ses deux haches. À cet instant-là, le loup avait déjà commencé à retomber d’une hauteur équivalente à deux personnes perchées l’une sur l’autre. D’un bond puissant, Anne sauta à la hauteur du loup. Coupe, coupe, coupe. Dans l’obscurité de la nuit, seules deux vives traînées de lumière argentée pouvaient être aperçues avant que le loup ne se désintègre tout à coup en différents morceaux, qui atterrirent sur le sol l’un après l’autre. J’entendis même un  “boum” ; un son qui ressemblait au poids massif de quelque chose qui tombait sur le sol. Avec le ciel crépusculaire, je n’y voyais pas très clairement, mais je pouvais m’aventurer à faire une supposition. C’était probablement le morceau des organes internes…

Sous la lumière de la lune, Anne rinça ses haches avec l’eau du lac. Les replaçant sur son dos, elle se mit à chantonner un ton joyeux, s’accroupit sur la rive dans une position qui n’en était pas moins élégante, et lava la douzaine de morceaux qui étaient rouges de sang. Après avoir lavé les bouts de viande, elle tira de la pile désordonnée d’organes internes une longue chose rouge et blanche en forme de ficelle et entreprit de la laver.

Je décidai alors… de tourner ma tête pour suivre la conversation entre les trois hommes à la place.

« Je me demande qui a kidnappé la Princesse Alice… » était en train de dire Leaf avec une expression pleine de doutes. Inquiet, il ajouta : « J’espère que quiconque ayant enlevé la princesse la traitera bien ! »

Austin dit d’une voix basse : « Puisse le Dieu de la Guerre protéger la princesse. Nous n’en savons pas vraiment plus nous non plus. La princesse a été enlevée sans que quiconque en ait eu connaissance. Quand la famille royale a découvert ce qu’il s’était passé, il ne restait qu’une simple lettre sur la scène du crime. »

Tout en parlant, il sortit la lettre qu’il venait de mentionner et eut l’air d’être sur le point de la tendre à Leaf. Cependant, quand il vit que je prêtais attention à la conversation, à la place il me la remit. Il est vraiment quelqu’un qui accorde de l’importance à l’étiquette.

« Puisse la radiance du Dieu de la Lumière prendre soin de la Princesse Alice », énonçais-je lorsque je pris la lettre et me mis à la lire. Leaf savait probablement que je n’aimais pas beaucoup parler en ce moment, aussi il vint simplement se placer près de moi et la lut avec moi, m’évitant d’avoir à lui en expliquer le contenu plus tard.

Le contenu de la lettre était très simple. Menaces, tentation, kidnapping pour une rançon… Rien de cela n’était présent dans la lettre. Elle expliquait très simplement qu’ « il » avait emmené la princesse et que, si nous voulions qu’elle revienne saine et sauve, nous ne devions ni faire appel à l’armée ni faire paraître un avis de prime sur sa tête. Nous étions seulement autorisés à laisser le Fils du Dieu de la Guerre mener personnellement un groupe d’aventuriers pour le poursuivre et, si nous le vainquions, nous pourrions alors ramener la princesse.

Se pourrait-il que le but de cette personne ne soit point la princesse, mais plutôt une conspiration dirigée contre le Fils du Dieu de la Guerre ? songeai-je en restant cependant soupçonneux. Pour quelle autre raison mentionnerait-il spécifiquement que le Fils du Dieu de la Guerre pouvait mener un groupe d’aventuriers ?

Mais si c’était le cas, pourquoi ne pas avoir demandé au Fils du Dieu de la Guerre de venir seul ? Pourquoi lui demander de former un groupe d’aventuriers ? Ou alors, il se peut qu’il se soit inquiété du fait que le Fils du Dieu de la Guerre refuse d’obtempérer si on lui avait demandé de venir seul, puisque son statut est égal à celui de la princesse ? Hum… Si cette lettre est authentique, alors ce n’est pas si étrange que la reine nous ait forcés Leaf et moi à l’accompagner.

En réalité, faire en sorte que nous les accompagnions pourrait même être une condition pour que le Monastère du Dieu de la Guerre accepte de laisser le Fils du Dieu de la Guerre secourir la princesse. Avec le Chevalier du Soleil et le Chevalier de la Forêt impliqué, dans ce cas, premièrement en tant que membres des Douze Chevaliers Sacrés notre force serait plus grande que la plupart, et deuxièmement si notre adversaire complote quoi que ce soit, il devrait également garder à l’esprit qu’il provoquerait l’Église du Dieu de la Lumière en même temps… Grrr !

Je réfléchis tellement que mon estomac protesta et clama famine, mais par chance le bruit n’était pas trop fort. Après avoir rendu la lettre à Austin, je lui demandai avec doutes : « Sun est de peu de talent et d’éducation superficielle, et par conséquent s’est montré incapable de comprendre comment cette lettre indiquait la localisation de la princesse. Et pourtant, les enfants du Dieu de la Guerre n’ont pas hésité un instant sur notre futur chemin. Serait-il possible que vous ayez déjà reçu les murmures du Dieu de la Guerre ? »

En voyant les visages de tout le monde après avoir entendu mes propos et ne pas les avoir compris, Leaf expliqua rapidement : « Sun veut dire que la lettre n’indique pas par où aller pour trouver la princesse, et pourtant aucun d’entre vous ne semble hésiter quant à la direction que nous devrions prendre… »

À cet instant, il se trouva qu’Anne marchait vers le camp en portant une pile de morceaux de viande. Elle intervint dans la conversation pour donner une explication : « C’est parce que les princesses du Royaume de l’Orchidée Lunaire portent toutes avec elles des objets enchantés qui permettent aux gens de les localiser. »

J’acquiesçai d’un signe de tête. Frappé d’une réalisation soudaine, Leaf dit : « Je vois. »

Bien que j’éprouvasse toujours de nombreux doutes, aucun n’était propre à être posé sous la forme de questions directes, donc je les gardai dans mon cœur, attendant une chance dans le futur pour continuer à exhumer des secrets.

Dans les instants qui suivirent, Leaf cuisina la viande pendant qu’Austin se servait de la marmite pour faire bouillir un tas noué — et rigoureusement rouge — d’organes internes. Quand nous aperçûmes cette marmite de choses rouges et blanches, Leaf et moi révélâmes tous les deux des expressions étranges.

En remarquant nos visages, Austin sourit et déclara : « Les organes internes sont pleins de nutriments. Les manger rendra vos corps sains et vigoureux ! »

Comparé à la façon de cuisiner du Fils du Dieu de la Guerre, qui consistait à simplement lancer les organes internes dans une marmite et à ajouter de l’eau, Leaf dépensa de bien plus grands efforts dans sa façon de cuire la viande. Il sortit une boîte entière d’assaisonnements. Le sel et le poivre étaient les plus basiques, mais la boîte, en plus de ces deux bouteilles, en contenait au moins dix autres.

Les yeux d’Anne, d’Austin et de Mike s’agrandirent, tandis qu’ils regardaient. Incapable de garder le silence, Mike le questionna : « Qu’est-ce que c’est ? »

« L’assaisonnement ! Comment peut-on manger sans assaisonner ? »

Leaf répondit d’une manière relativement surprenante, puis il prit une bouteille d’assaisonnement dans la boîte. Alors qu’il répandait l’épice sur la viande rôtie, il commenta : « C’est du romarin en poudre, qui est très bon pour retirer le goût acidulé de la viande. Une fois que la viande sera presque prête, elle aura juste besoin d’un peu d’absinthe, de poivre et de sel avant qu’elle puisse être dégustée ; ou peut-être pas de poivre, mais de l’ail en poudre à la place ? L’absinthe est bien pour la préservation, comme ça nous pourrons emporter avec nous sur la route la viande que nous n’aurons pas finie ; et elle ne pourrira pas pendant plusieurs jours. Cependant, la verveine de citron peut améliorer notre appétit et aider la digestion. Lequel préférez-vous ? »

Leaf avait l’air un peu secoué comme il se retournait délibérément pour demander son avis à tout le monde. Tous le fixèrent avec des yeux ronds et ne prononcèrent pas le moindre mot.

Quant à moi, j’avais l’habitude de cela. Même si Leaf n’était pas aussi doué qu’Ice pour la cuisine, il était un fan des épices. Même quand il mangeait du pain, il fallait qu’il le saupoudre d’au moins deux types d’assaisonnements. Sans épices, Leaf pourrait même mourir de faim.

Mais, les choses comme les assaisonnements n’étaient pas du tout bon marché, aussi il dépensait presque tout son salaire pour en acheter. En conséquence, on peut dire de Leaf qu’il est le plus pauvre parmi les Douze Chevaliers Sacrés ; pauvre au point que si la cuisine du Temple Sacré prenait des vacances pendant un jour, Leaf n’aurait rien à manger.

Par chance, même s’il n’avait rien à manger, il y aurait toujours les desserts d’Ice pour remplir son estomac.

Toutefois, chaque fois qu’Ice voyait Leaf ajouter des assaisonnements sur ses desserts, son visage devenait aussi froid que la glace — non attendez, Ice a toujours un visage semblable à un cube de glace, alors comment pourrais-je décrire cela  — ah, je devrais dire que son visage avait l’air d’exprimer « qu’il pourrait manger Leaf à l’instant et à cet endroit sans même ajouter d’assaisonnements ».

« Pas d’absinthe », dis-je simplement.

Leaf sourit et se rappela : « J’avais presque oublié. Sun, le goût amer de l’absinthe est ce que tu détestes le plus, alors dois-je utiliser la verveine de citron en remplacement ? »

Évasif, j’hochai la tête, puisque je ne savais pas ce qu’était la verveine de citron. En fait, je ne pouvais pas non plus dire quel goût avait l’absinthe1, mais puisque c’était aussi le nom d’un alcool, j’étais obligé de la rejeter pour toujours afin d’éviter tout rapprochement.

Lorsque Leaf eut terminé d’ajouter des épices, il refusa encore de se reposer. Il contempla la marmite d’organes internes, réfléchit pendant un moment, puis sortit une bouteille exquise de sa boîte. Alors qu’il saupoudrait gentiment et précautionneusement son contenu dans la marmite, il enseigna à tout le monde : « C’est du safran, une épice qui est vraiment très chère, mais qui est la meilleure pour ce qui est de faire mijoter la soupe. »

Ils semblèrent comprendre et ne pas comprendre alors qu’ils hochaient la tête, montrant même une certaine désapprobation. D’après leurs expressions, on aurait dit que savoir ou non quelle épice était ajoutée était le cadet de leur souci… Ha ha ! Je ricanai un petit peu.

La viande termina enfin de cuire, et la soupe d’organe interne finit de bouillir. Lorsque les trois prirent une bouchée de la viande grillée, une louche remplie à ras bord de soupe, et avalèrent les organes internes gluants, leurs expressions changèrent complètement !

Ce fut une bonne chose que l’absinthe, qui avait de très bons effets de préservation, ne fut pas utilisée pour ce repas… parce qu’il ne resta aucun morceau de viande qui aurait eu besoin d’être préservé.

Leaf n’est pas resté pauvre tout ce temps sans raison !

 

 

Avec ce genre de bosquet épais, quelqu’un devait monter la garde la nuit. Quand nous eûmes terminé de dîner, sous les répartitions d’Austin, Leaf et moi fûmes en charge du premier tour. Après nous, c’était le tour de Mike par lui-même, puis en dernier venaient Anne et Austin.

Une fois qu’ils furent tous les trois rentrés dans leurs tentes, je me tournai vers Leaf et déclarai : « Leaf, ce n’est pas si dangereux dans les alentours. Il n’y a pas de mal à aller t’allonger contre ce rocher et à faire une petite sieste. Je serai suffisant pour monter la garde. »

Pour une raison quelconque, Leaf eut l’air un peu effrayé. Il me mesura du regard très prudemment de la tête aux pieds avant de sourire et de répondre : « Très bien, alors tu peux prendre le début du tour et dormir plus tard ! »

Distrait, je murmurai : « Pas besoin, je pense que je vais être occupé pendant un bon moment. »

Leaf afficha une expression perplexe tandis qu’il me regardait.

« Va te coucher », le pressai-je avec un sourire.

Leaf s’adossa contre un grand rocher et s’endormit. Après environ une vingtaine de minutes, j’estimai que les personnes dans la tente avaient dû s’endormir elles aussi, aussi je demandai promptement d’une voix basse : « Leaf… Leaf, est-ce que tu dors ? »

Le corps de Leaf tressauta un petit peu, puis il ouvrit immédiatement ses yeux. Quand il découvrit que rien autour de lui n’était anormal, il demanda avec suspicion : « Quelque chose ne va pas, Sun ? »

« Donc, tu ne t’étais pas véritablement endormi. » Je lui ordonnai avec sérieux : « Une fois que tu te seras endormi, rappelle-toi de me le dire. »

« … »

Leaf ferma ses yeux une fois de plus et murmura rapidement : « Je suis endormi. »

« Ah, bien. » J’hochai la tête et dis sur le ton de l’évidence même : « Puisque tu dors, tu ne sauras pas ce que je fais. »

« … »

Je retournai à la tente et sortis une pile de bouteilles et de pots de mes bagages… mais ce n’était pas des assaisonnements, il s’agissait de mon matériel pour confectionner mon masque du visage.

Avant que Leaf m’ait porté, j’avais dû marcher pendant toute la journée. Même si j’avais essayé de mon mieux de marcher à l’ombre, ma peau avait quand même été trop exposée à la lumière du soleil. Si je ne me dépêchais pas de me servir de mon masque facial pour y remédier, j’aurais besoin de dépenser encore plus d’efforts dans le futur pour blanchir ma peau.

J’avais également beaucoup transpiré. Si je ne prenais pas de douche ce soir, je serais sûr de puer sans comparaison demain. Puisque j’étais le parfait et gracieux Chevalier du Soleil, pour émettre une odeur désagréable… Pourrais-je encore être appelé le Chevalier du Soleil dans ce cas ? On pourrait tout aussi bien me renommer le Chevalier de la Puanteur Suprême2 !

C’était pourquoi j’étais actuellement en train de sortir de mes bagages les objets dont j’avais besoin pour prendre un bain et protéger mon visage. Afin de pouvoir emporter tous ces objets, l’apparence extérieure de mes sacs elle-même faisait deux fois la taille de ceux de Mike et des autres. Si je n’en avais pas aussi fourré dans les bagages de Leaf, j’aurais probablement dû abandonner l’idée de mettre un pied dehors juste à cause du poids de mes bagages. Peu importe à quel point Anne pouvait être mignonne, elle ne serait pas parvenue à m’influencer.

Mais, à présent, obligé de me hâter, d’être sous la lumière durant toute la journée, tout en étant incapable d’allumer un feu, en plus d’avoir à appliquer un masque facial chaque jour… toutes ces choses étaient suffisantes pour me faire regretter d’avoir été momentanément possédé par « Anne »3, et de lui avoir promis de participer à cette aventure.

Je soupirai, mais en vérité j’étais obligé de partir à l’aventure au moins une fois éventuellement. Ce n’était pas simplement qu’Anne était mignonne. C’était aussi parce que j’avais autrefois promis à mon maître que je partirais à l’aventure au moins une fois… En y repensant, quand mon maître en était venu aux leçons sur comment le parfait Chevalier du Soleil devait mener sa gracieuse survie dans les étendues sauvages, le simple fait d’entendre que j’avais besoin d’appliquer le masque facial blanchissant chaque jour, d’apprendre comment trouver des ingrédients pour le masque dans les plaines une fois que j’aurais épuisé mon stock, comment allumer un feu avec élégance, comment me hâter sur la route avec élégance, comment me baigner en extérieur avec élégance… Avoir toutes ces choses m’être énumérées était suffisant pour presque me faire pleurer.

 

 

Quand mon maître vit que j’avais l’air d’être sur le point de pleurer, il sourit et dit : « Mon enfant, c’est une leçon nécessaire. En tant que Chevalier Sacré, il se peut qu’il te soit inévitable de partir à l’aventure un jour. En tant que Chevalier du Soleil, même si les membres de ton groupe sont tous sales et puants de la tête aux pieds, presque comme des sauvages, tu te dois d’être toujours exceptionnellement gracieux ! »

Je protestai : « Mais maître, “le continent tout entier” ne sait tout de même pas que le Chevalier du Soleil est un aventurier, n’est-pas ? »

C’était la première fois que je questionnais mon maître. Cela lui posa une colle, le fit y réfléchir un petit peu, puis il me donna à contrecœur une réponse : « Je pense que personne ne sait cela ! Qui aurait cru que tu détesterais à ce point les leçons sur l’aventure ? Très bien, tu n’es pas obligé d’apprendre comment devenir un aventurier. »

Louanges soient faites de la bienveillance du Dieu de la Lumière ! Je n’aurais pu être plus touché que je ne l’étais à ce moment-là. C’était la première fois de ma vie que j’avais prié le Dieu de la Lumière de ma propre initiative.

Mon maître soupira et ajouta : « Si tu continues ainsi, tu finiras par devenir un ermite d’église. »

« Maître, qu’est-ce qu’un ermite d’église? »

« Un homme chevalier qui se terre chaque jour dans les profondeurs du Temple Sacré et ne le quitte jamais, qui sait à peine comment jeter un coup d’œil de derrière une fenêtre aux femmes prêtresse du Sanctuaire de la Lumière d’à côté, et pire, qui a peur d’aller les draguer. La prochaine fois que tu auras un jour de repos, tu pourras aller dans les allées près du Sanctuaire de la Lumière et jeter un regard. Les fenêtres sont complètement occupées par les ermites d’églises ! Tu ne veux pas finir comme eux plus tard, pas vrai ? »

D’un ton un petit peu embarrassé, je marmonnai : « Mais… je… je trouve que vivre ainsi ne serait pas si mal ? »

Mon maître répliqua avec véhémence et colère : « Espèce d’idiot inutile ! Ton maître a au moins cinquante amantes, si ce n’est pas une centaine. Alors que tu es mon élève, tu veux vraiment devenir un ermite d’église ? Non ! Jure immédiatement au Dieu de la Lumière que tu quitteras assurément le Temple Sacré dans le futur pour partir à l’aventure. Si tu ne le fais pas, je scellerai toutes les fenêtres de l’allée près du Sanctuaire de la Lumière, puis j’annoncerai dans tout le Temple Sacré que j’ai scellé ces fenêtres à cause de toi. »

« … »

 

 

À cette époque, afin d’éviter la colère de tous les ermites d’église du Temple Sacré, je fus forcé de prêter serment devant le Dieu de la Lumière et de jurer que je partirais assurément à l’aventure, mais qui aurait cru que dès le premier jour de cette aventure j’aurais déjà envie de rentrer à la maison… ?

Maintenant, je ne pouvais qu’espérer que nous trouverions la Princesse Alice rapidement pour que je puisse rentrer au plus tôt au Temple Sacré pour y vivre ma vie d’ermite d’église. Alors que je mélangeais mon masque facial, j’implorai le Dieu de la Lumière du plus profond de mon cœur, laissez-moi retourner au Temple Sacré dès que possible pour Vous servir !

Une fois que j’eus fini mon mixage, je marchai jusqu’aux bords du lac, espérant appliquer mon masque facial et me baigner en même temps, mais lorsque j’atteignis la rive, je sentis que quelque chose était étrange. Il y avait en vérité quelque chose avec un élément du feu écrasant dans les fourrés. Normalement, les fourrés devraient être composés principalement d’éléments du bois et de l’eau…

Je tournai la tête pour regarder, juste à temps pour repérer une paire d’yeux écarlates à l’intérieur des fourrés sombres. Alors que je méditais pour savoir si oui ou non je devrais appeler Leaf, cette chose avec une paire d’yeux écarlates bondit habilement hors des fourrés : c’est un loup démoniaque !

L’apparence d’un loup démoniaque est semblable à celle d’un loup ou d’un chien, hormis qu’il avait en plus trois cornes rouges au sommet de sa tête. À cause de cela, il était appelé « loup démoniaque » ou « chien démoniaque ». C’était un type de bête démoniaque.

Ces pseudos-bêtes démoniaques étaient des animaux qui étaient capables d’employer la magie. Le dragon dont tout le monde a entendu parler est aussi un type de bête démoniaque, un animal démoniaque rare du plus haut niveau.

Cependant, les loups démoniaques n’étaient pas particulièrement dangereux. Leur agilité n’était pas très différente de celle d’un loup ordinaire, mais ils pouvaient utiliser les cornes sur leur tête pour envoyer des boules de feu afin de blesser leurs ennemis.

Comment se fait-t-il qu’il y ait une bête démoniaque capable d’utiliser la magie près de la forêt ? Même si les loups démoniaques sont des bêtes démoniaques relativement faibles… Je fronçai les sourcils en voyant que le loup démoniaque se jetait vers moi.

Avec la bassine pour mon masque facial dans la main gauche, je tendis ma main droite vers le loup démoniaque. Une traînée de glace bleue et d’air froid tourbillonna vers le loup démoniaque. Il s’agissait d’un sort avancé de la magie de l’élément de l’eau : la magie de glace. Comme son nom l’indiquait, c’était une magie qui pouvait transformer son adversaire en un gros morceau de glace… Je l’avais secrètement appris d’Ice. Après tout, lui aussi était assez occupé, donc il ne pouvait pas toujours me faire de la glace pilée à la myrtille pour que je puisse me régaler. Parfois, il faisait tellement chaud que je n’arrivais plus à supporter la chaleur, alors je devais avoir recours à mes propres stratagèmes. J’avais fourni quelques efforts pour apprendre cette magie de glace, puis je m’étais fabriqué moi-même de la glace pilée.

Même si le loup démoniaque cracha également des flammes vers moi, et que le feu triomphait en effet sur la glace, c’était uniquement quand les deux partis possédaient environ le même pouvoir que le feu l’emportait réellement sur la glace. Quant au combat présent… Ah ! Je souris froidement tandis que je regardai le loup démoniaque, qui était en train de sauter vers moi, se transformer lentement en un bloc de glace en plein air. Puis, avec un « caboum », il tomba sur le sol.

Crac !

C’est le son d’une branche sur laquelle on marche…

Alerté, je me retournai pour regarder, mais clignai des yeux. « Leaf ? »

Leaf se contenta de me fixer du regard et m’adressa un sourire d’excuse en disant : « Je me suis réveillé parce que j’ai senti quelque chose d’inhabituel. »

Ayant dit cela, il regarda le loup démoniaque sur le sol qui s’était transformé en glaçon géant.

J’expliquai avec sobriété : « Ce loup démoniaque a soudainement surgi. Il a jailli si rapidement qu’il a trébuché sur un rocher, est tombé, et est mort de la chute. »

« … » Leaf fut incapable de parler pendant un moment, puis il tenta de me rappeler : « Mais, il est gelé. »

« Ah ! » Je réalisai soudainement ce fait. Je secouai la tête et soupirai tout en parlant : « Avant qu’il ne meure, comme il ne voulait probablement pas finir mangé — digéré dans l’estomac de quelqu’un —  il a utilisé la magie pour se geler lui-même. »

Encore une fois Leaf ne put parler, et il ne continua pas à poser de questions pragmatiques comme : « Est-ce qu’un loup démoniaque de l’élément du feu sait comment utiliser la magie de… glace ? » ou « Quelque chose de gelé ne peut-il pas être dégelé pour être mangé ? » Il jeta simplement un regard vers la bassine de mon masque facial dans mes mains et, avec une sorte d’exaspération, il conclut : « Je vois. Je vais retourner me coucher. »

« Va vite te coucher. Le manque de sommeil est un immense tabou chez les belles personnes. »

« Quoi? »

Je révélai un sourire brillant et déclarai : « J’ai dit, le manque de sommeil nous empêchera de secourir la belle princesse. »

Leaf acquiesça d’un signe de tête et rentra docilement au camp, retournant près du gros rocher pour dormir.

Après cela, je pris tranquillement un bain, appliquai mon masque facial, puis échangeai avec Mike pour le prochain tour de garde avant de retourner à ma tente afin de dormir.

Pendant les quelques jours qui suivirent…

Chaque fois qu’il fallait se hâter sur la route, je montais sur le dos de Leaf et dormais vingt-quatre à quarante-huit heures d’affilée, cela dépendait.

Chaque fois qu’il fallait monter le camp, j’étais en charge de perdre mon regard dans l’espace.

Chaque fois qu’il fallait monter la garde la nuit, c’était le moment pour moi d’appliquer mon masque facial et de prendre un bain.

Excepté le fait qu’il y avait trop de moustiques, ce qui rendait agaçant l’applicage de mon masque facial chaque jour, le fait qu’après le repas les sucreries d’Ice me manquaient, et que je dormais trop pendant le jour, ce qui faisait que je n’arrivais pas à dormir la nuit, il n’y avait rien auquel je pouvais trouver à redire avec ce genre de style de vie d’aventurier.

Alors que nous étions en train de dîner, j’entendis Leaf mentionner le fait que nous étions tombés une fois sur des bandits, qu’une autre fois une équipe d’aventuriers avait assailli Anne, et que des bêtes démoniaques étaient venues nous attaquer pendant que nous étions sur la route. Cependant, tout fut facilement géré par Mike et Anne en personne, aussi il n’y avait eu nul besoin de me réveiller.

Je les entendis raconter que les bandits n’avaient même pas eu la chance d’ouvrir la conversation avec leurs habituelles phrases de menaces. Une fois qu’Anne, d’un seul pied, eut abattu sur le côté de la route un arbre sur lequel deux personnes s’étaient cachées, l’équipe d’aventuriers s’était enfuie et avait disparu sans laisser de trace. Quant aux bêtes démoniaques, elles s’étaient toutes transformées en dîner.

Tandis que je mangeais la viande des bêtes démoniaques et écoutais Leaf me raconter ce qu’il s’était passé pendant le jour, j’ignorai les regards plein de dédain que les trois autres personnes du Monastère du Dieu de la Guerre me lançaient.

En effet, la vie d’un aventurier n’est pas aussi terrible que je le pensais !

Notes de bas de page

1 « absinthe » : Le mot chinois pour absinthe, 苦艾, contient le caractère pour « amer ». À cause de cela, Sun rejette l’idée de manger ce genre d’assaisonnement sans même savoir ce dont il s’agit. Cependant, nous avons adapté la phrase en lui donnant un autre sens caché par souci de cohérence.

2 « Le Chevalier de la Puanteur Suprême » : Le début de « Sun » et de « Suprême » utilise le même caractère en chinois. Sun fait un jeu de mot sur son titre.

3 « Possédé par ‘Anne’ » : La phrase d’origine en chinois, 鬼迷心竅, veut dire quelqu’un qui se concentre tellement sur quelque chose qu’il perd de vue tout le reste. Le premier caractère de cette phrase est souvent remplacé par la personne ou l’objet sur laquelle/lequel quelqu’un est concentré pour signifier à quel point quelqu’un peut être possédé par cette personne ou cet objet. Ici, Sun remplace le premier caractère de la phrase avec le nom d’Anne「安」迷心竅.

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