1/2 Prince T4C11 : La Grande Mise à Jour

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 4 : Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 11: The Great Patch – traduit du chinois à l’anglais par Starie[PR!]
Chapitre 11 : La Grande Mise à Jour – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Après que j’eus traîné urgemment Fairsky, Sunshine, Jing, et Yun dans la salle, je posai mes mains sur les épaules de Fairsky et décrétai de façon solennelle : « Fairsky, tu ne peux pas aimer Sunshine. » J’ignorai Jing et Yun pour l’instant, alors qu’ils se tenaient sur le côté. En entendant mes paroles, ils furent si surpris que leurs yeux avaient l’air d’être sur le point de sortir de leurs orbites.

Fairsky ouvrit la bouche et ensuite la ferma à nouveau, avant d’enfin parvenir à cracher un seul mot : « Pourquoi ? »

Je fronçai des sourcils fermement, en regardant Sunshine et en me demandant si je devais révéler le fait qu’il était un NPC ou pas. En réponse, Sunshine fronça les sourcils de la même façon.

« Permets-moi d’expliquer, Prince », demanda Sunshine d’une voix douloureuse.

« Dans ce cas, dis-moi, pourquoi est-ce que je ne peux pas t’aimer ? » s’enquit Fairsky d’une voix tremblante. « Je refuse de croire… Je refuse définitivement de croire que tu n’éprouves pas de sentiments pour moi. Après tout, nous nous entendons très bien depuis ces derniers jours, pas vrai ? »

Ils s’entendent très bien ? Quand est-ce que c’est arrivé ? Pensai-je, en fronçant des sourcils.

« Pas étonnant que les chances de voir Fairsky aux côtés de Grand Frère aient été basses ces derniers temps. Elle était en fait en train de tomber amoureuse de quelqu’un d’autre », murmura Yun pour lui-même, avant que les deux « filles », Jing et moi, lui couvrissent rapidement la bouche.

« Mais, je ne sais pas comment t’aimer. C’est impossible pour moi de t’aimer, je… » Sunshine n’avait même pas terminé sa phrase quand il fut embrassé de force par Fairsky. Il fut si choqué que ses bras s’agitèrent frénétiquement, essayant de toutes ses forces de repousser Fairsky. Mais, la cruauté du jeu s’appliquait ici : la force d’un mage ne pouvait pas se comparer à celle d’une voleuse.

Pendant ce temps, nous, les trois intrus, fixions avec la bouche grande ouverte Sunshine qui se faisait embrasser de force sans éprouver la moindre culpabilité. Puis, la scène qui apparaissait souvent dans les romans d’amour se déroula simplement devant nos yeux : La personne qui se faisait embrasser par la force (normalement la protagoniste, mais dans notre situation il s’agissait du contraire) commençait par lutter pendant un long moment, mais quand elle découvrait qu’elle ne pouvait pas s’échapper, elle permettait avec impuissance de se faire embrasser, jusqu’à ce qu’elle commence fermement à serrer dans ses bras la personne qui l’embrassait par la force… Maintenant, Jing, Yun et moi observions de façon hébétée Sunshine et Fairsky s’embrasser et se serrer dans les bras l’un et l’autre, ayant tous les deux l’air profondément intoxiqués.

« Un amour si profond, comme c’est émouvant ! » Jing sortit un mouchoir et commença de façon questionnable à essuyer de véritables larmes du coin de ses yeux.

Yun me tapota l’épaule, fit un clin d’œil et dit : « Grand frère, ce n’est pas comme si tu as besoin de Fairsky, alors pourquoi ne la donnes-tu pas à Sunshine ? »

« Pas besoin, mon œil. Ce n’est pas ça le problème : le problème c’est que Sunshine n’est même pas humain ! » hurlai-je très fort. Mes deux meilleurs amis n’avaient même pas compris les circonstances !

Comme je finissais de hurler, je remarquai que Jing et Yun regardaient directement derrière moi en arborant des expressions de malaise excessif. Je me retournai et vis que Fairsky avait enfin mis fin à cette longue séance de baiser pendant que je parlais et se tenait à présent debout derrière moi, visiblement en train de fulminer.

*CLAQUE* Je fus frappé au visage avec une si grande force que je faillis me briser le cou.

« Je t’ai mal jugé, Prince. Même si je ne t’aime plus, tu ne devrais pas insulter Sunshine et dire qu’il n’est pas humain1. » Fairsky retint ses larmes, son regard déçu rivé sur moi.

C’est un énorme malentendu. Je n’étais pas en train de l’insulter, je ne faisais que dire la vérité, songeai-je, en massant la zone douloureuse sur ma joue.

« Fairsky, Prince dit la vérité, je ne suis vraiment pas humain », déclara Sunshine avec grande difficulté.

« Sunshine, pourquoi est-ce que tu t’insultes également !? » L’expression de Fairsky passa à la désapprobation extrême, tandis qu’elle criait sur Sunshine.

Sunshine tint les épaules de Fairsky fermement et, avec un niveau d’agitation que je n’avais jamais vu auparavant, répondit : « Je ne m’insulte pas, Fairsky. Je n’appartiens pas à la race humaine : je suis seulement un NPC qui a développé une conscience de soi. »

Fairsky se figea pendant un long moment. Puis, sur un ton d’énorme incrédulité, elle articula faiblement : « Que viens-tu de dire ? »

« Je suis un NPC », répéta Sunshine, semblant peiné.

« C’est impossible. C’est totalement impossible. Comment est-ce que tu pourrais être un NPC ? Tu me mens ! » cria Fairsky. « Même si tu ne m’aimes pas, tu n’as pas à me mentir de cette façon ! »

« Fairsky, c’est la vérité. Sunshine et Kenshin sont tous les deux mes animaux de compagnie humains. La différence entre eux et les NPCs normaux c’est qu’ils ont développé une conscience d’eux-mêmes. » Je détruisis sévèrement la dernière once d’espoir de Fairsky. Souffrir à court-terme…est mieux que de souffrir à long-terme, pas vrai ?

« Comment c’est possible…? » Fairsky s’agenouilla faiblement sur le sol, ses larmes tombant tel un fil brisé de perles et ses pleurs étouffés brisant le cœur de tous ceux qui les entendaient.

À part permettre à Fairsky de pleurer toutes les larmes de son corps, il n’y avait rien d’autre que l’on pouvait faire, alors nous nous tînmes stupidement debout sur le côté.

« Fairsky… » Sunshine s’accroupit à côté d’elle avec une expression de désarroi, et Fairsky enfouit son visage dans la poitrine de celui-ci, pleurant à chaudes larmes.

« Je suis désolé. Je n’avais pas l’intention de te le cacher à dessein. » Sunshine serra Fairsky affectueusement dans ses bras, les yeux remplis d’un regret infini.

« C’est de ta faute ! C’est entièrement de ta faute pour m’avoir trompée ! » Fairsky se mit violemment et de façon incontrôlable à frapper des poings contre la poitrine de Sunshine, en hurlant de chagrin. « Comment c’est possible !? Je pensais même avoir enfin trouvé l’amour de ma vie ! Sale menteur, pourquoi étais-tu si gentil envers moi ? Si gentil au point que je n’ai pas pu m’empêcher de tomber amoureuse de toi, et c’est seulement maintenant que tu m’avoues que tu es un NPC ! Comment veux-tu que j’accepte tout ça !? »

« Je suis désolé, je n’aurais pas dû te mentir. » Sunshine ne put que se confondre en excuses, son expression de défaite était une vision déchirante à contempler.

En voyant cette paire, l’une pleurant comme une cascade et l’autre se blâmant continuellement, je ressentis de la pitié à leur égard et ne pus me retenir d’ouvrir la bouche pour réconforter Fairsky. « Fairsky, ce n’est pas comme si Sunshine l’avait fait exprès. Même s’il est un NPC, je suis sûr que les sentiments qu’il ressent pour toi sont vrais et qu’il n’essayait pas délibérément de te le cacher. Alors, tu n’as plus besoin de le blâmer. »

Contre toute attente, Sunshine répliqua de façon inflexible : « Non, c’est précisément de ma faute. Quoi qu’il arrive, je n’aurais pas dû permettre que Fairsky soit blessée. »

Alors que Sunshine finissait de parler, le son des pleurs de Fairsky s’estompa tout d’un coup. Elle leva la tête avec une expression captivée, et le regard dans ses yeux… fit se dresser mes cheveux sur ma tête, étant donné qu’il montrait une détermination que l’on voyait quand on mettait sa vie en jeu.

« Sunshine, maintenant que tout a été dit et fait, est-ce que tu m’aimes, oui ou non ? »

Sunshine afficha un beau sourire triste. (La description est étrange mais, croyez-moi, il n’y a pas de meilleurs mots.2) « Est-ce possible pour moi d’aimer quelqu’un ? Fairsky, je ne suis qu’une séquence de chiffres, un programme informatique. Je ne comprends rien à l’amour, ni ne sais-je si je peux aimer quelqu’un ou pas. »

Fairsky regarda directement Sunshine. « Est-ce que tu aimes être avec moi ? »

Sunshine se raidit légèrement, et ensuite hocha la tête.

« À part moi, est-ce qu’il y a une autre personne pour laquelle tu éprouves les mêmes sentiments ? »

Sunshine secoua la tête fermement.

« Alors, en ignorant tout le reste, est-ce que tu serais d’accord pour rester avec moi pour toujours ? » L’expression de Fairsky exprimait un extrême désir ardent.

Sunshine considéra la question très sérieusement et, comme je l’avais dit avant, il ne peut pas raconter de mensonges, alors il répondit avec honnêteté : « Je suis d’accord. En fait, c’est l’un de mes plus grands désirs, d’être en mesure de passer l’éternité avec toi, Fairsky. »

C’est mauvais ! Mon alarme interne se mit à sonner de façon incessante.

« Dans ce cas, je suis d’accord moi aussi », déclara Fairsky avec une expression résolue. « Ça m’est égal si tu es humain ou pas. Pour moi, tu as plus d’émotions qu’un humain. Je me fiche de savoir si tu comprends ce qu’est l’amour ou pas. Si ce n’est pas le cas, alors je vais t’aider à comprendre. »

« Mais, Fairsky, je n’existerai pas pour toujours, et il n’y a aucun moyen pour moi de rester avec toi pour toujours. » Sunshine arborait une expression heureuse mais inquiète. Après tout, il vivait une vie qui n’était pas vraiment une vie, étant simplement limité à un système de jeu.

« Les gens disent que ce n’est pas grave si nous n’avons pas l’éternité, c’est plus que suffisant d’être ensemble dans l’instant présent. En dépit de ce que le futur pourrait être, en ce moment je veux seulement être avec toi ! Est-ce que tu comprends ? » s’enquit Fairsky.

« Je comprends. » Le sourire de Sunshine était aussi radieux que la signification de son nom.

« Ouiiinnn, quel beau discours ! Contentez-vous de vivre dans l’instant présent. C’est si émouvant ! » Jing tenait un mouchoir et se mouchait désespérément le nez.

« Oui, c’est tout bonnement le destin, Grand Frère, alors ne gâche plus la fête à présent ! » Yun me tapota l’épaule encore une fois.

En entendant ces deux idiots raconter des âneries, Sunshine et Fairsky se retournèrent, en me regardant avec des expressions effrayées et pourtant de désir. C’était le genre d’expression que ferait une fille qui aurait peur que sa méchante belle-mère ne la laisse pas épouser la personne qu’elle aime… Hé, ne vous méprenez pas, vous croyez vraiment que je suis si cruel ?

J’étais également ému, et donc, après avoir volé le mouchoir de Jing et m’être mouché le nez avec, j’annonçai d’une voix pleine de sanglots : « Puisqu’aucun de vous deux n’a d’objections, faîtes comme ça vous plaît. »

« C’est génial, Sunshine ! » Fairsky agrippa Sunshine, puis le serra dans ses bras et le fit tournoyer en cercles, avant d’encore une fois l’embrasser de force.

Fairsky, montre un peu de réserve… Sinon, au moins considère le fait qu’il y a trois célibataires qui vous observent ici. Ce genre de démonstration d’affection vraiment mignonne va seulement nous faire mourir d’envie.

« Prince, qu’est-ce qu’il s’est passé ? » La voix de Lolidragon retentit soudainement du canal de message privé, me donnant une vilaine frousse. « Je viens d’entendre une rumeur vraiment très étrange. »

« Tu parles du fait que Fairsky soit amoureuse de Sunshine, pas vrai ? » répondis-je avec impuissance, en observant le couple qui tournoyait et s’embrassait joyeusement.

« Alors, c’est vrai ? » Le ton de Lolidragon sonnait ahuri, comme si elle venait tout juste d’entendre dire que ses produits de marque Chanel étaient faux. « Lui as-tu révélé que Sunshine est un NPC ? »

« Je le lui ai dit, mais après qu’elle ait eu fini de pleurer, elle a affirmé que ça lui était égal, et ils sont tous les deux actuellement en train de se délecter dans la célébration de leur amour. »

« Célébration, mon œil ! » hurla abruptement Lolidragon, presque au point de me rendre sourd. « Cette situation est vraiment grave ! Pense-y : même si Second Life pouvait exister pour toujours, les nouvelles selon lesquelles Sunshine possède une conscience de soi peuvent être révélées à tout moment. Si Sunshine se fait effacer, que va faire Fairsky ? »

« Mais, ces deux-là ont dit qu’ils se fichaient de ce qui arriverait dans le futur et veulent seulement vivre dans le présent… » Je fronçai des sourcils, en songeant, Même s’ils ont dit ça, si Sunshine venait à disparaître, dans ce cas Fairsky aurait forcément le cœur complètement brisé, pas vrai ?

« Et aussi, peu importe à quel point la conscience de soi de Sunshine est développée, il reste une simple séquence de chiffres. Peut-être qu’il ne peut tout simplement pas comprendre la signification de l’amour. » Le ton de Lolidragon empira progressivement.

Je considérai la question calmement. « Je crois qu’il comprend. »

« Comment est-ce que tu pourrais le savoir…? »

J’interrompis Lolidragon et déclarai avec conviction : « Fairsky est très sincère à ce sujet, et je pense que, si Sunshine n’avait pas compris ce qu’était l’amour, il lui aurait été impossible de faire en sorte que Fairsky tombe amoureuse de lui si sérieusement. Il n’y a rien que nous puissions faire contre ça. »

Lolidragon resta silencieuse pendant un moment, avant de lentement dire : « Quoi qu’il arrive, cette situation est condamnée à se terminer à tragédie, Prince. »

« Peut-être qu’un miracle va se produire. » Je jetai un regard de spéculation au couple ivre de joie, malgré le fait que même moi je ne plaçais pas beaucoup d’espoir dans les chances qu’un tel miracle survienne.

« D’accord, dans ce cas nous allons mettre de côté la situation de Fairsky pour l’instant. Après tout, nous n’avons pas d’autres idées. » On dirait que Lolidragon a quelque chose de plus à dire ?

Lolidragon prit une grande inspiration avant de poursuivre. « Prince, j’ai quelque chose d’important à t’annoncer : Second Life va avoir une grande mise à jour. »

« Une…grande…mise à jour ? » répétai-je en me figeant. Une mise à jour ? Je n’ai même pas encore essayé toutes les fonctionnalités du jeu, et il va déjà y avoir une mise à jour ?

« Ouais, et le plus gros changement est que les trois cités préprogrammées du Soleil, de l’Étoile, et de la Lune, vont être ouvertes à l’invasion des joueurs », expliqua Lolidragon avec excitation. « En ce moment, tout le monde discute pour savoir quelle cité ils vont envahir en premier, et ils se sont tous mis d’accord sur le fait d’attendre la décision du suzerain. Prince, est-ce qu’on peut prendre d’assaut la Cité de l’Étoile ? J’adore l’air européen de la Cité de l’Étoile ! »

« Nous allons envahir d’autres cités ? » Mon expression changea légèrement. On vient à peine de terminer la construction de la Cité de l’Infini et nous devons déjà envahir d’autres cités ? On dirait vraiment que j’enchaîne les épreuves ; je ne peux même pas me reposer quelques instants.

« Oui, suzerain de la Cité de l’Infini, et cette fois tu as intérêt à ne pas sournoisement disparaître encore une fois », répondit Lolidragon d’un ton moqueur.

Je haussai les épaules. « Tant que Nan Gong Zui ne me demande pas d’aller boire un coup avec lui à nouveau, je pense que je peux docilement rester à la Cité de l’Infini cette fois. »

Notes de bas de page

1 « …dire qu’il n’est pas humain » : 不是人 (bú shì rén), littéralement « pas humain ». C’est une insulte commune en chinois et qui veut dire que la personne n’a plus de conscience humaine, ou que la personne est un animal.

2 « La description est étrange mais, croyez-moi, il n’y a pas de meilleurs mots. » : C’est une véritable phrase écrite par Yu Wo. La description est étrange en chinois, parce que c’est inhabituellement utilisé pour décrire un sourire féminin.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *