1/2 Prince T5C6 : Le Suzerain Sanguinaire

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½ Prince Volume 5 : Un Prince n’Existe Plus

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 6: The Bloody Overlord – traduit du chinois vers l’anglais par Akakuroi[PR!]
Chapitre 6 : Le Suzerain Sanguinaire – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ travail de vérification par Nocta

« C’est parti tout le monde, on défonce les portes de la cité ! » m’exclamai-je le plus fort possible. En plus d’encourager les guerriers de la Cité de l’Infini chargés de pousser le bélier pour détruire les portes de la Cité de la Lune, je devais aussi lever mon bouclier pour bloquer les flèches qui pleuvaient sur moi, et me battre à l’épée en étant accompagné de Nan Gong Zui, Wicked et des autres afin de contenir les vagues de joueurs venus pour nous arracher la victoire maintenant que nous avions achevé le dur travail de tuer les gardes NPC.

D’innombrables guerriers courageux provenant de la Cité de l’Infini étaient rassemblés ici. Certains forçaient désespérément les portes, en essayant d’accélérer le processus visant à conquérir la cité, et encore plus d’entre eux grimpaient sur des échelles pour tenter d’escalader les murs de la ville, ignorant la douche de flèches qui s’abattait sur eux pendant leur ascension. Le sang des guerriers teintait presque tout le mur en rouge.

Les mages situés à l’arrière de l’armée n’avaient que deux choses à faire : lancer des sorts et avaler des potions pour restaurer leur niveau de puissance magique. En les voyant agir, je pouvais dire à quel point Yu Lian et les autres avaient bien entraîné les mages. Si ce n’avait pas été par peur de devoir payer d’énormes sommes en réparations plus tard, ceux-ci auraient déjà fait exploser la cité dans son intégralité. Cependant, dans le but de garder le plus possible la Cité de la Lune intacte, ils devaient se contenter de lancer des sorts de niveau faible ou moyen pour tuer les gardes.

Les gardes NPC n’avaient opposé presque aucune résistance pendant la bataille. Le vrai problème provenait des joueurs venus nous dérober la cité. Non seulement leur nombre était conséquent de base, mais en plus ils continuaient d’affluer par hordes. Plus incroyable encore était le fait que les joueurs qui venaient tout juste de se changer en pilier de lumière, et qui s’étaient envolés à peine une minute auparavant, revenaient à la charge en un éclair pour un second tour, pas le moins du monde effrayés. La situation était si ridicule que, en plus des guerriers occupés à défoncer les portes à l’aide du bélier et des mages chargés de réduire en poussière les archers NPC, le reste de notre groupe avait formé un demi-cercle devant l’entrée de la Cité de la Lune afin d’empêcher les autres joueurs de profiter de la confusion régnante pour se faufiler dans la ville.

Fort heureusement, Yu Lian et Phoenix avaient eu l’idée géniale de créer un uniforme pour l’armée de la Cité de l’Infini. Sinon, nous ne serions jamais parvenus à distinguer nos alliés de nos ennemis.

Entre Nan Gong Zui qui combattait à ma gauche, Wicked posté à ma droite et grand frère Wolf à l’arrière qui nous soignait, je hachais menu les joueurs comme s’il n’y avait pas de lendemain, suivant ma règle du « tue et tu auras de l’expérience ; plus tu en tueras et plus tu en obtiendras ». Quand un ennemi se présentait, j’en tuais un ; quand deux venaient, j’en tuais trois ! Hein ? …Oups, j’ai accidentellement tué des gens venus pour regarder la bataille ? Désolé…

« Prince ! Les portes seront bientôt détruites, alors dépêche-toi d’entrer dans la cité ! Tu dois être le premier à arriver dans la tour centrale pour briser le joyau ! » hurla Gui, protégé par plusieurs guerriers, tout en courant sous le dangereux déluge de flèches, de sorts, de coups d’épées et de lances.

« Pas de soucis ! » criai-je en retour. Après avoir signalé à Nan Gong Zui et à Wicked de se diriger vers les portes, ils hochèrent tous les deux la tête et s’avancèrent vers moi.

« Rhapsodie Infernale d’un Blanc Pur ! » Je rugis, en m’élançant vers les portes qui craquaient déjà. À cet instant, une explosion de flammes surgit immédiatement de mon Dao Noir. Contrairement aux flammes normales d’un rouge flamboyant, les flammes qui jaillirent cette fois étaient d’un blanc soutenant la chaleur la plus pure.

Pourquoi les flammes produites étaient-elles différentes ? En fait, non seulement la couleur avait changé, mais même la forme de mon Dao Noir était différente. Il s’était avéré que la pierre précieuse qui m’avait été donnée par Lolidragon l’autre jour – le prix pour avoir tué Celestial – était une gemme magique permettant d’augmenter l’affinité d’une arme avec le feu. La lame et son fourreau, originalement d’un noir pur, arboraient maintenant des motifs de flammes. Quand je tenais le Dao dans ma main, un gant apparaissait automatiquement, recouvrant la totalité de mon bras droit. La fine armure rouge sang était si résistante que, jusqu’à présent, aucune arme et aucun sort, parmi ceux que j’avais essayés, n’avait pu lui causer le moindre dégât.

Après avoir été en contact avec la Rhapsodie Infernale d’un Blanc Pur, rien ne pouvait subsister. D’ailleurs, c’était la raison pour laquelle la porte craquelée fut réduite en copeaux de bois. Lorsque tout le monde eut constaté que cette dernière avait été brisée, certains joueurs poussèrent des cris alarmés tandis que l’armée de la Cité de l’Infini lâchait encore plus d’encouragements assourdissants.

Cependant, je savais que ce n’était pas encore terminé. Tant que la gemme de la cité demeurait intacte, la victoire n’était pas dans la poche. Je regardai Nan Gong Zui et lui ordonnai en hurlant : « Zui, dépêche-toi de m’emmener à la tour centrale ! »

Après avoir constaté qu’il acquiesçait, je me tournai vers White Bird et lui commandai : « Garde les portes et ne laisse personne entrer. Dis à Gui de mener les archers et les guerriers aux murs de la cité et de se préparer à la défendre. »

White Bird hocha la tête. Je me tournai immédiatement pour suivre Nan Gong Zui jusqu’à la tour centrale sans jeter un seul regard en arrière.

Avec Nan Gong Zui pour nous guider, nous trouvâmes rapidement la tour centrale. Je dégommai la porte avec une autre Rapsodie Infernale d’un Blanc Pur, puis m’avançai dans les escaliers, droit vers l’étage tout en haut où se cachait la gemme.

« Prince, vas-y, nous allons monter la garde pour toi », déclara calmement Wicked.

« Ok », répondis-je. J’étais sur le point de détruire la gemme de la cité, lorsque j’aperçus un éclat d’argent du coin de l’œil. Je me retournai aussitôt pour me défendre, et le son de lames s’entrechoquant résonna dans la tour centrale.

Nan Gong Zui et Wicked, qui surveillaient à l’origine le haut des escaliers, tournèrent brutalement la tête, choqués. Moi, d’un autre côté, j’étais complétement blasé, tandis que je faisais face à un autre assassin habillé de vêtements noirs qui lui collaient au corps. Cette fois, il s’agissait probablement d’un homme.

C’était bien dommage pour lui que je ne sois plus la même personne qu’auparavant. Ces deux dernières semaines, les assassins avaient été si nombreux que, à l’instant où j’ouvrais les yeux, j’étais paré à les affronter. Comme c’était eux qui lançaient l’attaque et non moi, c’était de la légitime défense. Je n’avais donc pas à craindre de retrouver mon nom sur la liste des personnes recherchées. De plus, après avoir fait face à autant d’attaques sournoises chaque jour, j’étais devenu on ne peut plus frustré. De ce fait, martyriser ces assassins était devenu mon passe-temps journalier. En conséquence, mon niveau avait grimpé en flèche, sans parler de l’entraînement de mes réflexes ainsi que de mon agilité.

Même si mon niveau n’était toujours pas aussi élevé que celui de Neurotic qui était reparti sur le Continent de l’Ouest, j’étais déjà au niveau quatre-vingt-six. Ça, en plus de mes magnifiques réflexes inhumains améliorés grâce aux assassins… Même Neurotic n’était peut-être plus en mesure de me vaincre.

Mes yeux brillèrent d’une lueur d’excitation, une lueur due à la rencontre d’un adversaire vraiment fort. Après tout, les assassins habituels étaient vraiment trop faibles et n’arrivaient même pas à la cheville de la première femme-assassin. D’après la conclusion du département des Affaires Étrangères, ces mauviettes n’étaient probablement pas des complices de cette femme-assassin. Néanmoins, j’étais certain que la personne se tenant devant moi, qui était vêtue de la même tenue noire serrée, était un de ses complices.

« Rwaahhhh ! » Je rugis d’une voix grave et chargeai l’assassin. L’échange rapide de coups entre nos épées était tellement satisfaisant que j’en oubliai tout ce qui se passait autour de nous.

« Je pense que Prince a totalement oublié pourquoi il était venu. » Quand la voix de Nan Gong Zui flotta jusqu’à mes oreilles, je prétendis immédiatement, avec un certain automatisme, que je ne l’avais pas entendu.

« Ne t’en fais pas, laisse-le donc juste se battre. La situation dehors est sous contrôle et, d’après Broken Sword qui est resté défendre la Cité de l’Infini, ceux qui ont osé attaquer la ville sont simplement des inconnus qui souhaitaient créer quelques problèmes mineurs. » En entendant les paroles de Wicked, le peu de conscience que j’avais encore disparut, et je me battis avec d’autant plus de fougue avec l’assassin.

L’homme-assassin savait que la situation était à son désavantage. Il ne pouvait pas me surpasser et, de plus, Nan Gong Zui et Wicked se tenaient sur les côtés, complètement détendus. Il semblerait qu’il n’éprouvait pas le désir de prolonger le combat, car il sauta en arrière vers le bord de la fenêtre par laquelle il était entré et s’apprêtait à partir.

En voyant ceci, je lui criai sur-le-champ : « Vous êtes tous si forts, pourquoi tenez-vous tant à me tuer ? »

Après une pause silencieuse, il daigna me répondre : « C’est parce que tu es bien plus dangereux que les autres. »

Je suis dangereux ? En quoi est-ce que je suis dangereux ? Ce n’est pas comme si je portais une pancarte « Bête dangereuse, ne pas nourrir » accrochée autour du cou, même si en ce moment s’approcher de moi signifie avoir de grandes chances d’être tranché en deux à cause de mes réflexes qui, par ailleurs, se sont accrus à cause de vous, assassins, et ne faisaient pas partis de moi à la base. Je me grattai la joue, incapable de comprendre en quoi je pouvais être dangereux.

« Je me demande au bout de combien de temps Prince va se souvenir qu’il est ici pour détruire la gemme de la cité… » demanda finalement Nan Gong Zui d’une voix douce à Wicked, après m’avoir vu froncer les sourcils pendant un long moment.

Me regardant avec exaspération, Wicked répondit : « Cette question est trop ardue, je ne peux pas te fournir de réponse ! »

Après un moment, je passai outre la remarque du « tu es bien plus dangereux » et revins à la réalité. Après avoir jeté un coup d’œil embarrassé aux deux autres garçons qui étaient à présent en train de lire le journal tout en buvant du thé sur le côté, je m’employai à frapper la gemme de la cité et j’étais sur le point de me mettre à chanter « Hé ho, hé ho, on tire le radis »1 …Euh, non, je veux dire que je portai calmement un coup au joyau.

Tout en frappant la gemme, j’écoutai le rapport de Nan Gong Zui sur la situation dans les deux autres cités. Buvant son thé avec nonchalance, il déclara : « Lolidragon et Heartless Wind ont déjà découvert quels joueurs avaient capturé les deux autres cités. Essentiellement, ils sont dans nos cordes, rien que nous ne puissions pas gérer. Après que la Cité de la Lune sera stabilisée, nous pourrons partir à la conquête des Cités du Soleil et de l’Étoile. »

« Est-ce que monopoliser toutes les cités n’est pas un peu trop exagéré ? » Je frappai à répétition la gemme, en récitant, sans le savoir, les mêmes plaintes que les autres joueurs.

Zui saisit sa tasse de thé et se mit à boire son contenu avec grâce, pendant que Wicked prenait le relais pour donner des explications. « Nous n’avons pas le choix », dit-il. « Si nous ne nous emparons pas de la cité du Soleil et de celle de l’Étoile, ceux qui les ont conquis vont définitivement nous attaquer aussitôt qu’ils y auront mis le pied. »

« Je vois… Mais, est-ce que les joueurs ne risquent pas d’être mécontents si nous monopolisons ces cités ? » les questionnai-je.

« Ne t’inquiète pas. Après la mise à jour, les joueurs pourront acheter leur propre terre pour la développer. Ils pourront aussi bâtir leur propre cité. Nous faisons la conquête des cités du Soleil, de la Lune et de l’Étoile seulement dans le but de ne pas avoir à dépenser le temps et l’argent nécessaire pour acheter une terre et y bâtir une cité nous-mêmes », expliqua Zui en posant sa tasse.

« Oh », lâchai-je pour indiquer que j’avais compris son explication, et je me concentrai de nouveau sur les coups portés à la gemme. Cette dernière demeurait intacte malgré le temps perdu à la frapper. Simplement la regarder me remplissait d’impatience et renforçait le feu brûlant de mon cœur. Puis, des flammes d’un blanc pur s’échappèrent des motifs de mon Dao Noir une fois de plus.

« Hyaaaaa ! » Je fonçai droit sur le joyau et me mis à le frapper sans relâche de façon aléatoire, en criant : « On va voir si j’arrive à te détruire cette fois ! »

Avec un BOUM final, la gemme fut réduite à l’état de poudre et se dispersa dans les airs, me forçant à en avaler un peu. Toussant à profusion, j’agitai la main autour de moi, histoire d’évacuer un peu la poussière. Je me tournai pour annoncer à Zui et à Wicked que nous pouvions partir, seulement pour être confronté à deux « personnes poussiéreuses », toutes deux agenouillées avec leur tasse de thé à la main, immobiles. Les deux gars étaient recouverts de poudre blanche de la tête aux pieds, en crachant sans arrêt une bonne quantité de celle-ci. Seuls leurs yeux demeuraient intacts, en me fixant avec impuissance.

Après avoir détruit la gemme, des cris de victoire assourdissants se firent entendre dès l’instant où je sortis de la tour centrale. Des milliers de personnes étaient rassemblées autour de la tour et, d’après leurs habits, je pouvais dire qu’il s’agissait tous de guerriers de la Cité de l’Infini. Brandissant mon Dao au-dessus de ma tête, je me joignis avec joie aux cris. Alors que je descendais les escaliers, tous les guerriers de la Cité de l’Infini chargèrent soudainement dans ma direction et m’agrippèrent, en me lançant encore et encore dans le ciel.

Quand je vis à quel point ces guerriers me regardaient avec estime, je fus extrêmement touché. Je commençai à faire l’idiot et fis la fête avec tout le monde jusqu’à être trop fatigué pour pouvoir me mouvoir. Par la suite, je visitai les coins intéressants de la Cité de la Lune que l’on venait tout juste de conquérir en mon nom.

« Qu’est-ce qui t’a pris autant de temps lorsque tu tapais la gemme ? Nous étions sur le point de nous endormir en attendant dehors », se plaignit Lolidragon en me suivant, mécontente.

Me grattant la tête d’un air confus, je répondis : « J’ai croisé un assassin. De plus, il était probablement un complice de la femme-assassin de la première fois. »

« Quoi ? » En entendant ceci, Lolidragon se redressa instantanément et me demanda sérieusement : « À quel point était-il fort ? »

« À égalité avec la femme de la dernière fois », répondis-je honnêtement. « Si Nan Gong Zui et Wicked n’avaient pas été à mes côtés, je n’aurais peut-être pas pu gagner le combat. »

Fronçant les sourcils, Lolidragon fit les cent pas. « Comment c’est possible ? Étant donné que les joueurs de hauts niveaux sont rares, il est presque impossible d’en trouver sur le Continent Central. Nous avons écarté la plupart des suspects envisageables juste avec ça. »

« Et ceux des autres continents ? » demanda soudainement Heartless Wind, en sortant de nulle part et en se glissant dans la conversation.

Nous regardâmes tous les deux mon frère, perplexes. Est-ce que quelqu’un ferait tout le trajet jusqu’à un autre continent, juste pour assassiner une autre personne ?

D’un coup d’éventail, il ajouta d’une voix charmeuse : « S’il existe des gens qui souhaitent conquérir tout un continent, alors il doit y en avoir qui désirent posséder tout Second Life. Pour pouvoir faire ça, se débarrasser du fameux et puissant porte-parole du jeu, le Suzerain Sanguinaire du Continent Central, Prince, est d’une importance cruciale. »

« Je vois. C’est donc pour ça que je suis plus dangereux que les autres ? » murmurai-je pour moi-même.

« Dans ce cas, les suspects seraient alors les suzerains des quatre autres continents ? » demanda Lolidragon en fronçant encore plus profondément les sourcils.

« Les suzerains des quatre autres continents ? » demandai-je avec excitation. Neurotic devrait être celui du Continent Ouest, non ? Je me demande à quoi les autres ressemblent…

Sans hésitation, Lolidragon me renseigna : « Le Suzerain Souriant du Continent Est, Winter Triumph. Le Suzerain Insouciant du Continent Ouest, Neurotic. »

« Le Suzerain Immortel du Continent Sud, Undying Man, la Suzeraine Florale du Continent Nord, Fleur du Nord, et toi, bien sûr, le Suzerain Sanguinaire du Continent Central, Prince », ajouta Heartless Wind, parfaitement synchronisé avec Lolidragon.

J’étais très étonné de ce que je venais d’entendre. Pourquoi tous les suzerains donnent-ils l’impression d’être si puissants ?

« Qui serait suspect ? » demanda Lolidragon avec prudence.

« Ça ne peut pas être Neurotic ou ses hommes », répondis-je avec certitude. S’ils voulaient me tuer, ils auraient pu me laisser mourir dans la Vallée des Nymphes Errantes au lieu de m’aider.

« Nous allons donc exclure ceux du Continent Ouest dans ce cas. Il semblerait que nous allons devoir enquêter sur les suzerains des autres continents », marmonna Lolidragon.

« Comment vas-tu enquêter ? Tu ne peux même pas envoyer de MP entre deux continents. Vas-tu passer plus de dix jours à faire l’aller-retour d’un continent à l’autre ? » désapprouva Heartless Wind.

Sans retenir sa force, Lolidragon lui tira l’oreille, m’offrant de nouveau le plaisir de voir mon séducteur de frère pleurer de douleur. Au même moment, elle lui cria à l’oreille : « Nous avons le tapis volant de Sunshine ! »

Ignorant les expressions de souffrance de Heartless Wind, Lolidragon me dit : « Je me rendrai dans les différents continents avec cet idiot pour récolter des informations. Prince, sois prudent. »

« Ne t’inquiète pas, je ne me laisserai pas tuer par ces assassins », répliquai-je en lui faisant au revoir de la main.

Les lèvres pincées, Lolidragon me corrigea : « Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je veux dire : ne maltraite pas les assassins au point d’avoir l’Association des Droits de l’Homme à ta porte ! »

« Je… vais essayer. »

Avec l’aide de Sunshine, Lolidragon et Heartless Wind voyagèrent à travers les quatre autres continents. Pendant ce temps, les joueurs de la Cité de l’Infini ne chaumèrent pas. À peine entrés dans la Cité de la Lune, le département militaire, le département des finances, ainsi que le département de la construction et de l’aménagement urbain se mirent au travail. Ils réparèrent les dommages dus à la guerre, construisirent davantage de commodités essentielles et créèrent une garde ainsi qu’une armée pour la cité. En fait, nous étions tellement occupés que je n’avais pas le temps de voir quoi que ce soit d’autre au point de presque souhaiter partir pour de bon. Mais, j’avais déjà pris la décision de devenir un bon seigneur. Comment pourrais-je abandonner à mi-chemin maintenant ?

En plus, à part quand les cités du Soleil et de l’Étoile étaient attaquées – moments dont je profitais pour aller m’entraîner en secret un peu en tuant les attaquants – la plupart du temps, je bataillais avec des piles énormes de paperasses que me soumettaient les différents départements. Après avoir obtenu mon diplôme à l’Université, j’aurai un grand potentiel pour faire campagne pour le poste de maire d’une ville.

« C’est décidé : je vais développer la Cité de la Lune sous forme de centre culturel et artistique. » Je prononçai à voix haute ma vision, les poings serrés, alors que je contemplais le paysage tranquille par la fenêtre.

Le jour suivant, je fis part de ma décision à grande sœur Yu Lian. Sa réflexion ne dura qu’un instant avant d’accepter de procurer les fonds nécessaires. Puis, j’allai le cœur léger voir le département de la construction et de l’aménagement urbain, et annonçai à Gui et à Fairsky : « Je veux transformer la Cité de la Lune en une cité d’art et de culture. En plus, grande sœur Yu Lian a déjà accepté de financer le projet ! »

Cependant, Fairsky m’agrippa férocement par le col et me cracha à travers ses dents : « Tu viens d’envoyer mon mari chéri Sunshine faire le tour du monde, me laissant toute seule à l’attendre, et maintenant tu veux augmenter ma quantité de travail ? En aurais-tu marre de vivre ou trouverais-tu que le nombre d’assassins qui en ont après toi est insuffisant ? »

« Ah bon ? Ça va augmenter ta dose de travail ? Mais, après avoir conquis les cités du Soleil et de l’Étoile, j’ai envie de faire de la Cité du Soleil une ville commerçante et de transformer la Cité de l’Étoile en un endroit pour se divertir ! »

En entendant ceci, Fairsky lâcha mon col et me fixa d’un air ahuri. « Es-tu vraiment Prince ? » me demanda-t-elle sans trop y croire. « Non, non, c’est impossible, Prince ne ferait jamais preuve d’autant d’intelligence. Tu dois être un assassin qui se fait passer pour Prince. Lâche le morceau, où es le véritable Prince ? »

Hé ! C’est quoi cette attitude ?

« Prince a toujours été intelligent. Mais, c’est à un point tel qu’il paraît stupide aux yeux des autres », déclara Gui, ma donnant alors la chair de poule.

« Quoi qu’il en soit, je laisse tout ça aux bons soins du département de la construction et de l’aménagement urbain. Je me rends au département militaire pour voir quand nous pourrons attaquer les deux autres cités. » Fredonnant, je m’échappai joyeusement vers le département militaire.

Derrière moi, Fairsky chuchota : « Pourquoi est-ce que Prince a l’air si joyeux ? Il a tellement de travail administratif à faire, sans parler du fait qu’il est attaqué par au moins trois assassins par jour et qu’il doit en plus s’inquiéter de la conquête des cités du Soleil et de la Lune… Est-ce qu’il aurait pu devenir fou à force de trop travailler ? »

Gui répliqua franchement : « Récemment, les assassins qui lui sont envoyés sont généralement d’un bon niveau, et Prince était vraiment content de pouvoir se battre contre eux. Et chacun d’entre eux a reçu une rude leçon de la part du sortilège Torture Sans Fin des Chaînes de Doll, donc Prince… »

« Je vois, donc c’est parce qu’il a pu donner libre cours à ses tendances sadiques… »

« Zui, grand frère Wolf, vous êtes là ? » Je fourrai ma tête dans le bureau des Affaires Militaires, et regardai partout. Comme je le pensais, hormis Broken Sword qui était chargé d’entraîner les soldats, tout le monde était présent. »

Une main se posa sur mon épaule, accompagnée d’une voix fantomatique : « Pourquoi n’as-tu pas dit mon nom ? »

Conservant mon sourire, je fis face à l’expression lugubre de Wicked et dis : « Bonjour, Wicked ! »

« Qu’y a-t-il, Prince ? » Grand frère Wolf sourit et marcha à ma rencontre, me caressant les cheveux comme à son habitude.

« Je voulais savoir quand nous pourrions attaquer la Cité du Soleil et la Cité de l’Étoile », demandai-je en allant droit au but, ne dissimulant point l’éclat d’enthousiasme dans mes yeux.

« En ce moment, les deux cités sont prêtes à se rendre si nous acceptons leurs conditions », me répondit Nan Gong Zui. « Nous avons déjà discuté des conditions avec la Cité de l’Étoile, et il ne devrait pas y avoir de problème. J’avais justement l’intention de t’en parler plus tard. Les joueurs de cette cité ne demandent que de recevoir gratuitement la plus grande propriété de la Cité de l’Infini et que, après avoir rejoint l’armée de la Cité de l’Infini, ils aient au moins un grade de chef d’équipe. Ces conditions sont simples et devraient être facilement réalisables. Quant à celles de la Cité du Soleil… Leurs conditions peuvent être problématiques. »

« Comment ça ? » m’enquis-je. À vrai dire, même s’il y avait vraiment des problèmes, je m’en fichais. Si nous ne pouvions pas nous mettre d’accord sur les termes, nous pouvions simplement partir en guerre. En ce moment, je suis totalement libéré de toute peur en ce qui concerne la guerre !

Nan Gong Zui demeura silencieux. Au bout d’un moment, Wicked continua : « C’est à cause de Fan. »

« Ainsi que de quelques équipes qui nous sont hostiles », ajouta grand frère Wolf. « La team Princesse Parfaite, la team Phoenix, les Hell’s Murderers, ainsi qu’une tierce personne qui les sponsorisent mais avec laquelle je ne suis pas familier. J’ai entendu dire qu’il arborait quelques rancunes à ton égard également. Il se nomme Huang Wei. »

J’étais interloqué par ce que je venais d’entendre. Huang Wei est aussi venu sur le Continent Central ? Fronçant les sourcils, je me préparai mentalement. Après tout, leurs conditions devaient être liées à moi, et définitivement pas en bien. « Quelles sont leurs conditions ? »

Les trois restèrent complètement muets, tandis que grand frère Wolf sortait une feuille de papier affreusement longue et me la tendait.

Je la pris et commençai à lire : « Un : Faire disparaître Prince de Second Life à tout jamais ; Deux : déchirer l’estomac de Prince en le laissant ouvert ; Trois : me donner Prince, à moi Perfect Princess ; Quatre : après avoir tué Prince un millier de fois, me rendre Lü Jing ; Cinq : me rendre Fire Phoenix, puis jeter Prince et cette foutue brioche fourrée à la viande dans la mer pour nourrir les requins… » Impassible, je déchirai en petits morceaux la feuille remplie de bêtises. D’un ton sévère et autoritaire, je questionnai le département des affaires militaires : « Quand seront prêtes les troupes ? »

« Nous devons d’abord récupérer la Cité de l’Étoile, puis nous pourrons envoyer les troupes une semaine plus tard », rapporta Nan Gong Zui.

« Donc, dans une semaine, quelqu’un aura beaucoup d’ennuis », dis-je en serrant férocement les poings.

Une semaine plus tard, je montais à cheval, patrouillant à travers les rangs de l’armée de la Cité de l’Infini, tout en observant les murs lointains de la Cité du Soleil. Selon les rapports, le nombre d’archers présents sur ces derniers était de loin inférieur au nombre de NPC archers envoyés par Second Life lors de notre première bataille pour conquérir la Cité de la Lune.

« On dirait bien que la bataille pour cette cité sera gagnée les doigts dans le nez… » marmonnai-je.

« Mais, Fan n’est pas un joueur ordinaire. Tu peux être certain qu’il nous tendra un piège », me rappela Nan Gong Zui, en se sentant concerné par mes paroles. « Fan a une dent contre toi, et il est fort probable que tu sois son unique cible. Prince, tu dois être prudent. »

C’est vrai ; Fan n’est pas quelqu’un qui se permettrait de jouer un second rôle insignifiant. M’admonestant légèrement, je lui répondis : « Je comprends, c’est promis. »

Par la suite, je tirai sur mes rênes et changeai la direction de mon cheval pour faire face aux guerriers de la Cité de l’Infini tout en brandissant mon Dao Noir au-dessus de ma tête. Tout le monde se tut, attendant mes paroles. Je rugis : « Passons à tabac la Cité du Soleil ! Et, unifions le Continent Central ! »

En entendant mes paroles, chacun frissonna d’excitation. Des voix scandant de toutes leurs forces jaillirent de l’armée de guerriers. Elles étaient si puissantes que cela me fit presque tomber, moi, leur suzerain, de mon cheval. « Unifions le Continent Central ! Unifions le Continent Central ! Unifions le Continent Central ! »

Je talonnai mon cheval, fonçant directement vers la Cité du Soleil, et criai : « Chargez ! »

« Le suzerain de la cité… mène l’attaque… » Wicked pressa sa main contre son front comme s’il avait la migraine.

Nan Gong Zui contempla la scène, tout aussi désemparé, et proposa : « Devrions-nous nous hâter de le rattraper ? »

En marge des archers sur les murs de la ville, la défense de la Cité du Soleil consistait en trois rangs de guerriers entourant les portes de la cité. Mais, c’était exactement ce qui m’excitait et faisait bouillir mon sang. Je pouvais faire tournoyer mon précieux Dao Noir autant que je le voulais, ce que je n’avais pas la chance d’apprécier sur une base journalière.

« Yeeeaah ! Yaaaaa ! » Je tenais mon bouclier au-dessus de ma tête pour bloquer les flèches en provenance des murs de la cité, tandis que mon autre main tranchait les soldats les uns après les autres, sans pause. Au début, j’avais reçu quelques entailles par-ci par-là, mais les prêtres à l’arrière étaient tellement efficaces que, au moment même où je recevais la blessure, une dizaine de lumières blanches au pouvoir de guérison venaient se poser sur moi.

Aussi, les mages de la cité n’arrivaient pas non plus à me blesser. Même si je ne pouvais pas les voir, j’étais certain qu’il y avait au moins une dizaine de boucliers protecteurs au-dessus de ma tête. Quand Nan Gong Zui et Wicked me rattrapèrent et se placèrent à mes côtés pour me protéger, je souris légèrement. Il est temps de passer en mode offensif total !

Le cheval parût ressentir mon excitation également, car il suivit mon exemple et galopa droit sur les ennemis, me permettant de tuer tous ceux sur mon passage. Après quelques charges, la zone qui m’entourait commença à se vider. Pinçant mes lèvres en signe de mécontentement, j’étais sur le point de balancer quelques injures aux ennemis pour voir si quelqu’un allait s’énerver suffisamment pour s’approcher et me permettre de le trancher.

Puis, la voix de Nan Gong Zui se fit entendre : « Prince, arrête de jouer. Les portes de la cité sont déjà tombées, dépêche-toi d’entrer dans la ville ! »

« Ohhh… »  Observant Zui et Wicked qui haletaient tous les deux, je songeai à l’instant à quel point il devait être éreintant de me couvrir. Ressentant un léger sentiment de culpabilité, je n’osai pas continuer de jouer plus longtemps et chevauchai en direction des portes.

Après avoir pénétré dans la ville, je regardai autour, tentant de localiser la tour centrale.

Une ombre atterrit subitement devant mon cheval, et en un coup d’œil je réalisai qu’il s’agissait en fait de Kong Kong. Il avait probablement regardé trop de vieilles séries japonaises, car il était habillé comme un ninja, sans parler du fait qu’il avait un genou à terre, et que ses mains étaient encastrées l’une dans l’autre, tandis qu’il me rapportait d’un ton respectueux : « Monseigneur, la tour centrale se situe à gauche. Veuillez suivre votre humble serviteur. »

Levant les yeux au ciel, je lui demandai : « Aurais-tu pris le mauvais médicament aujourd’hui ? »

Un peu froissé, Kong Kong retroussa ses lèvres légèrement et joignit ses index en les agitant, mal à l’aise. « Qu’est-ce qui cloche ? Ce n’est pas comme ça qu’ils font dans les bandes-dessinées ? »

Encore un accro aux bandes-dessinées ! Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer à cause de ses actions, donc je déclarai : « Tout ce qui te rend heureux est une bonne chose, tant que tu m’emmènes à la tour centrale. »

« Aucun problème, Monseigneur, veuillez me suivre. » Revenant en mode ninja, Kong Kong pointa la direction générale de la tour et commença à courir. J’échangeai un regard avec Wicked et Nan Gong Zui qui se trouvaient à présent à la tête des troupes, et tout le monde nous suivit en procession vers la tour centrale.

Après un court instant, celle-ci jaillit devant mes yeux. Comme je m’y attendais, le reste de l’armée la gardait, exactement comme ce que nous avions fait lorsque Fan nous avait attaqués.

« Ouah ! Tout le monde est là. » J’étais un peu surpris. Devant la tour centrale, je reconnus beaucoup de visages familiers : la team Princesse Parfaite, la team Phoenix, les Hell’s Murderers et Huang Wei. Une chose qu’ils avaient en commun était qu’ils semblaient tous être impatients de me hacher menu, de me mâchonner puis de me recracher. C’est étrange, où est Fan ? Je me sentis un peu pris au dépourvu à cause de son absence.

« Prince, tu es le premier homme à avoir osé me regarder de haut ! Je vais te le faire payer ! » dit Perfect Princess en mordant son mouchoir, les yeux remplis de rancœur.

« Prince ! Cette fois, je jure de te brûler à point ! » beugla le chef des Hell’s Murderers. Si je me rappelle bien, je crois qu’il s’appelle Blood-soaked Demon King ?

« Rends-moi ma chérie Lü Jing ! » Le style vestimentaire exagéré de Huang Wei n’avait toujours pas changé.

« Prince, si tu ne nous rends pas immédiatement Fire Phoenix, tu es un homme mort ! » cria un groupe d’hommes prétentieux qui portaient des pantalons et des hauts complètement blancs. On pouvait deviner au premier regard qu’il s’agissait de la team Phoenix. Cependant…C’était quoi le nom de celui qui avait parlé déjà ? Comment se fait-il que je ne sache absolument pas qui c’était ?

Un peu embarrassé, je demandai : « Navré, chef de la team Phoenix, mais j’ai oublié ton nom. Pourrais-tu le révéler aux lecteurs ? »

En entendant ceci, les hommes en blanc… non, je veux dire les membres de la team Phoenix affichèrent des expressions dévastées et déçues, puis pleurèrent en s’adressant au ciel : « Évidemment que tu ne t’en rappelles pas, l’auteure ne nous a jamais donnés de noms ! »

J’étais abasourdi. Donc, ils n’ont même pas de noms ! Comme c’est pitoyable. Je secouai la tête et répliquai : « Quelle équipe lamentable. Puisque vous n’avez même pas de noms, je vais vous éliminer en premier. » Tordant ma bouche en un rictus sadique, je prononçai quelques ordres à l’adresse de de Nan Gong Zui qui les retransmit tout de suite aux guerriers de la Cité de l’Infini derrière nous, et l’attaque débuta.

« Vous tous, vous allez regretter d’avoir écrit cette fichue requête », lançai-je avec une expression féroce. J’aurais pu passer outre le fait que vous ayez voulu me donner en pâture aux requins, mais vous avez en plus eu l’audace d’inclure mon mignon petit Meatbun ! Très bien, vous allez goûter à son pouvoir !

Sortant mon mignon petit Meatbun, je lui dis : « Meatbun, viens aider maman à battre des méchants. »

« Des méchants ! Maman, il y a des méchants ? » Meatbun regarda autour de lui, enthousiaste, avec ses grands yeux larmoyants.

« Oui, droit devant toi. » Tenant Meatbun, je le tournai face à l’équipe dont les membres n’avaient même pas de noms et qui avaient voulu donner Meatbun en pâture aux requins, alias la team Phoenix.

« Méchants ! » Meatbun se libéra soudainement de mon emprise, une hélice en bambou apparut sur sa tête, tandis qu’il s’envolait. Après avoir fait un tour de sept cent vingt degrés dans les airs, il s’écria : « Je défends l’amour et la justice ! Au nom de Meatbun, je vais triompher des méchants2 ! »

Doll… qu’as-tu donc appris à Meatbun ? Le visage caché dans mes mains, j’étais trop triste pour pleurer.

« Coup Final de la fermentation de l’Amour et de la Justice ! » Meatbun hurla tout à coup le nom d’une attaque que je n’avais encore jamais entendu. J’observai Meatbun avec curiosité, étonné qu’il avait obtenu une nouvelle compétence. Ça, c’était mon Meatbun avec un niveau dix de sagesse.

Meatbun ferma les yeux, comme s’il se concentrait au maximum de ses capacités, à un point tel que ses joues se mirent à enfler… Non, attendez, non seulement ses joues gonflaient, mais tout son corps grandissait lui aussi ! Je fixais, la bouche béante, Meatbun qui enflait de plus en plus. Bientôt, il remplit le ciel, tel un nuage géant, recouvrant toute la zone de son ombre. C’est bizarre, comment l’hélice en bambou peut-elle supporter un chignon de pain de viande de cette taille ?

Pendant ce temps, ennemis comme alliés s’étaient arrêtés et fixaient d’un air ébahi le gigantesque chignon de pain dans le ciel. Quelqu’un chuchota même : « Oh mon dieu, combien de temps est-ce que ça prend pour finir de manger un chignon de pain fourré à la  viande de cette taille ? »

C’est quel genre d’attaque ? J’eus soudainement un très mauvais pressentiment et hurlai sur-le-champ : « Tous les guerriers de l’Infini, reculez immédiatement ! »

Mais, il était déjà trop tard. Sans prévenir, Meatbun tomba brusquement du ciel. Quand il atterrit, il y eut un son massif semblable à une bombe, et la terre trembla comme si un séisme de magnitude neuf l’avait frappée. Quant à moi, étant à cinq centimètres de là, je fus saisi d’immenses sueurs froides. Quel coup terrifiant, il n’épargne pas nos alliés ! Si ce n’avait pas été dû à ma chance, mon corps aurait été aplatit comme une crêpe.

« Ainsi, Meatbun n’avait encore jamais été fermenté », dit soudainement Wicked à côté de moi.

Choqué, je le regardai… Il vient de raconter une blague ? Wicked est en train de blaguer ? Impossible !

Fronçant les sourcils, Wicked pressa sa main contre le ventre épais de Meatbun et conclut : « Le rapport entre la taille de Meatbun avant et après la fermentation est trop anormal. Aucune levure ne peut faire fermenter une petite boule en quelque chose de cette taille. »

Est-ce que…est-ce que ce genre de réflexion est un problème que les étudiants en sciences ont en commun ?

À ce moment-là, Meatbun se transforma de nouveau. Il rapetissa lentement jusqu’à retrouver sa taille normale, et se réinstalla au creux de ma main en ayant l’air exténué. Au bout d’un moment, il ne put plus garder les yeux ouverts et s’endormit en ronflant bruyamment. Je n’eus pas d’autres choix que de le remettre dans mon sac.

Contemplant à nouveau les malheureux qui avaient été écrasés, je calculai qu’environ quatre-vingts pour cent d’entre eux faisaient partie des ennemis alors qu’environ vingt pour cent étaient mes alliés qui avaient chargé au front. Ils étaient à présent tous aplatis au sol. Ce dernier, initialement lisse, était désormais imprimé par d’innombrables formes humaines. Fronçant les sourcils, je demandai : « Guerriers de l’Infini qui ont été écrasés, quelqu’un parmi vous pourrait-il me dire quel pourcentage de dégâts vous avez subi ? »

Un guerrier qui portait un de nos uniformes leva une main tremblante et signala le numéro cinq avec ses doigts. D’une voix tout aussi tremblante, il annonça : « Cin… cinquante pour cent ! »

Comme c’est effrayant… Ceux qui n’avaient pas été aplatis, moi compris, furent tous choqués.

« Prince, dépêche-toi de te rendre à la tour centrale. Je vais t’aider à bloquer les ennemis », me pressa Nan Gong Zui.

Regardant les ennemis aplatis qui commençaient à se tortiller, je fus d’accord et me précipitai avec toute la volonté que je possédais vers la tour centrale.

« Que les mages attaquent la porte de la tour, et faites attention à ne pas blesser notre suzerain ! » ordonna Wicked.

Avant d’atteindre la porte de la tour, la foudre, des boules de feu et des éclairs de glace étaient lancés aléatoirement sur celle-ci, lui causant de gros dommages. Quand je l’atteignis enfin, je hurlai sans hésitation : « Rhapsodie Infernale d’un Blanc Pur ! »

D’un seul coup, les portes de la tour s’écroulèrent, et je grimpai les escaliers avec vélocité. Je laissai à Zui et à Wicked la responsabilité de me protéger, puisque la mienne était de détruire la gemme. Atteignant finalement le dernier étage avec de grandes difficultés, je m’y engouffrai. Cependant, à côté de la gemme, une nouvelle scène étrange s’apprêtait à se dérouler.

« Pourquoi tant de précipitation, Prince ? Pourquoi ne viendrais-tu pas t’asseoir et savourer une tasse de thé ? » demanda Fan calmement, en m’adressant un sourire amical tout en infusant son thé.

Je fronçai les sourcils, et ma main chercha le pommeau de mon Dao Noir. « Que manigances-tu ? »

« Pas grand-chose, j’ai simplement une requête à te formuler. » Fan posa sa tasse et se leva lentement. Il jeta son sabre sur le côté, celui-ci atterrissant dans le coin de la pièce, tandis qu’il se tenait debout, désarmé pour me prouver qu’il ne représentait pas une menace.

Un sentiment de malaise naquit dans mon cœur. Qu’est-ce qu’il a l’intention de faire ? Même s’il s’est débarrassé de son épée, il se pourrait très bien qu’il s’agisse d’une nouvelle embuscade. Avec cette pensée en tête, je démarrai immédiatement une analyse de la pièce du coin de l’œil.

Souriant faiblement, Fan affirma : « Ne t’inquiète pas, il n’y a aucune embuscade de prévue. »

« Dis-moi juste ce que tu veux. » Je me calmai. Même s’il s’agissait bien d’un piège, je n’avais pas du tout peur de lui.

« Je veux que tu me rendes Phoenix », répondit-il d’une voix sérieuse.

« Phoenix ? » répétai-je bêtement, quelque peu confus de la situation.

« Ice Phoenix ! » me reprocha-t-il. « J’admets ne pas l’avoir traitée avec les égards qui lui étaient dus, mais les hommes n’apprennent jamais à chérir ce qu’ils ont et les prennent pour acquises. Seule leur perte leur enseigne l’importance de ce qu’ils ont perdus. »

Semblant extrêmement solitaire et amer, Fan se força à me sourire. « Prince, pourrais-tu me la rendre, s’il-te-plaît ? Je sais que tu ne te préoccupes pas d’elle. Pour toi, elle est même moins importante que Wicked ou Gui. Dans ce cas, pourquoi est-ce que tu continues à la rendre triste ? »

Je restai debout, hébété. Fan, qui traite les femmes comme des vêtements, est en fait en train de me reprocher de rendre une femme triste ? Je devins automatiquement soupçonneux. Mes pensées avaient dû se refléter sur mon visage, car, avant même que j’aie pu dire quoi que ce soit, Fan avait déjà ouvert la bouche pour répondre.

« Crois-moi, je t’en prie, je suis vraiment sérieux cette fois ! Rends-moi Phoenix et arrête de la blesser ! Laisse-moi la rendre heureuse ! » cria Fan en s’agitant.

« Je l’ai blessée ? » Mon expression s’assombrit. C’était vrai, j’avais presque oublié que je l’avais faite pleurer la dernière fois et que je n’avais rien réglé depuis, vu que je ne l’avais pas revue. En y repensant, je commençai à me sentir inquiet. Où peut-elle bien être ?

« Est-ce que le nombre de fois où tu l’as faite pleurer est inférieur au mien ? » demanda froidement Fan.

« Je… » soupirai-je. « Quelle que soit la situation, il faut laisser à Phoenix le soin de choisir par elle-même. Ce n’est pas un objet, elle devrait pouvoir prendre ses propres décisions. »

« Tu… ! » La haine et la colère apparurent immédiatement sur le visage de Fan. J’ai dit quelque chose de mal ? J’étais extrêmement confus.

La voix de Phoenix résonna subitement : « Merci, Prince. » Surpris, je vis Phoenix sortir de derrière la gemme. « Même si tu ne m’aimes toujours pas, au moins tu ne me jettes pas dans les bras d’un autre. »

« Phoenix ! » m’exclamai-je d’un air ahuri.

« Il ne t’aime pas, tu ne comprends donc pas !? » Fan courut dans sa direction et attrapa les épaules de Phoenix. Elle était choquée de sa réaction, mais son expression se transforma instantanément pour exprimer de la douleur.

« Lâche-la ! » Je me précipitai vers Fan et le poussai sur le côté.

Baissant la tête de honte, Phoenix parla d’une voix timorée : « Je suis désolée, Prince. Quand Fan a dit que tu me considérais comme un fardeau et m’a garanti que, à l’instant où il te le demanderait, tu te déchargerais de moi sans condition, je… je n’ai pas pu résister, je devais savoir si c’était vraiment ce que tu ferais. Donc, donc… »

Secouant la tête, je répondis : « C’est bon, c’était de ma faute. Je n’aurais pas dû te dire ça. »

« Prince ! » Fan se redressa. L’apparence de gentillesse et de sentiments profonds qu’il arborait initialement s’était muée en de la férocité.

Sans attendre qu’il eût ajouté quoi que ce soit, je lui dis : « Tu me déçois, Fan. »

En entendant mes mots, Fan resta à sa place, surpris.

En serrant les dents, je lui demandai de la voix la plus froide que je puisse produire : « En fait, j’avais espéré que tu mènerais les troupes à mon encontre. Pourtant, à la fin, tu continues d’utiliser Phoenix contre moi ? » Pendant combien de temps ce gars compte-t-il encore se servir des sentiments de Phoenix ? Est-ce que laisser partir une fille est vraiment si difficile ?

« Tu es un homme mort ! Cette fois, je ne vais définitivement pas te laisser en paix. » Soulevant mon Dao Noir, menaçant, j’avançai vers Fan, un pas après l’autre.

« Attends, Prince ! » La voix de Zui résonna soudainement derrière moi. Je me retournai pour voir son expression qui était encore plus glaciale que la mienne. Aucune émotion ne se reflétait dans ses prunelles. « Va détruire le joyau, Prince. C’est ton devoir. Quant à Fan, Je lui réglerai son compte. »

« Je comprends », acquiesçai-je.

Je décidai de ne pas porter attention à leur combat. Si tout ce dont se soucie Fan est de calculer l’utilité d’une femme, alors l’issue du combat est évidente. Dans ce cas, pour quelle raison est-ce que je devrais gaspiller mon temps à le regarder ?

Brandissant mon Dao Noir, je fis face à la gemme. À l’instant où je m’apprêtais à taper dessus sans vergogne, un sort frappa cette dernière. Je me retournai pour constater que le sort provenait de Phoenix. Est…ce qu’elle veut prendre la cité ? Est-ce que Fan aurait quand même réussi à tromper Phoenix pour l’utiliser encore une fois ?

Alors que j’étais toujours empêtré dans mes pensées, elle sourit et me suggéra : « Laisse-moi t’aider à te débarrasser de la majeur partie des points de vie de la gemme. Ne t’inquiète pas, je te laisserai définitivement le dernier coup, Prince. Je n’ai pas envie de finir avec une cité sur le bras. »

« Le dernier coup ? Je pensais que je devais tout faire par moi-même ? » demandai-je, consterné.

Surprise, elle répliqua : « Bien sûr que non ! Si c’était le cas, ça prendrait énormément de temps ! C’est bon tant que tu portes le coup décisif. »

Des veines commencèrent à saillir sur mon visage. Je n’avais pas oublié que, la dernière fois, alors que je frappais désespérément la gemme de la cité, deux personnes se la coulaient douce en prenant le thé !

Avec une toux, Wicked déclara : « À ce propos, nous ne l’avons appris qu’après avoir conquis la Cité de la Lune. »

« Bon, eh bien, viens nous aider ! » Je lançai des regards furieux à l’une des deux personnes qui avait siroté son thé la dernière fois.

Après que j’eus détruit la gemme, tout se retrouva à nouveau recouvert de poussière et de poudre. Mais, cette fois, ayant retenu sa leçon des expériences précédentes, Wicked était déjà allé se cacher, en nous abandonnant derrière, Phoenix et moi.

« Le Continent Central est enfin unifié ! » Je me sentis soudainement soulagé, et je souris du plus profond de mon cœur.

Notes de bas de page

1 « Hé ho, hé ho, on tire le radis » : Un rythme célèbre pour encourager tout le monde à travailler de concert afin de sortir un radis géant du sol. Essentiellement, les paroles sont : hé ho, hé ho, on tire le radis ; hé ho, hé ho, on ne peut le sortir ; hé ho hé ho, petite mamie, viens vite et aide-nous à tirer le radis… (répété avec différentes personnes qui aident à chaque fois, de la mamie à la sœur/frère jusqu’au chat/chien.)

2 « Je… méchant ! » : une citation célèbre tirée du manga « Sailor Moon », régulièrement répétée par Sailor Moon lorsqu’elle se bat.

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