La Reine Guerrière TP1C6 – Lumière et Ténèbres partie 6

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Femme Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres

Roman version d’origine en chinois par –   (Yu Wo)
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Chapter 6: Light and Shadow Part 6 – Traduit du chinois vers l’anglais par Azakura[PR!]

Chapitre 6 : Lumière et Ténèbres Partie 6 – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ travail de vérification par Nocta

Cent pièces d’or ? Tout le monde présent dans la salle était complètement sous le choc. Un à un, ils se tournèrent vers la personne qui avait parlé. Sylvestre ne fit pas exception. Il regarda droit vers cette personne, et ce fut avec une immense joie et surprise qu’il s’écria : « Manteau Rouge ! »

Un manteau d’un rouge écarlate particulièrement vif apparut sur le pas de la porte. Cette entrée excessivement dramatique laissa momentanément perplexe chaque personne présente dans la salle. Seul l’hôte de la vente aux enchères, l’homme obèse, paraissait un peu alarmé par la situation. Il connaissait plutôt bien chacune des personnes qui venaient lui acheter des esclaves, et pourtant il n’avait jamais vu cet homme au manteau rouge.

L’homme obèse balaya rapidement la salle du regard. Il manquait en effet quelques familles nobles, certaines d’entre elles faisant partie de celles qu’il ne pouvait vraiment pas se permettre d’offenser. Et si cet individu était envoyé par l’une de ces familles ? Il n’osa pas le moins du monde provoquer cette personne, donc il continua de parler d’un ton très respectueux.

« Puis-je demander si vous possédez une invitation, messire ? »

Manteau Rouge sortit sa main de sous son manteau pour défaire le ruban qui fermait son vêtement, permettant ainsi au manteau de glisser et tomber sur le sol. Sa véritable apparence fut alors enfin révélée.

Sa silhouette était grande et élancée, ses jambes étaient longues, et sa taille était fine. Les proportions de son corps, contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre, ressemblaient à celles d’une femme, sauf qu’il n’y avait pas de courbes distinctes au niveau de sa poitrine. Donc, il pouvait aussi bien s’agir d’une femme avec peu de poitrine que d’un homme avec de puissants pectoraux. Néanmoins, à cause de son visage ovale et de ses traits plus fins et délicats que ceux du mâle moyen, une accablante majorité de personnes penseraient que la personne devant eux était une femme… si ce n’était pour ses yeux.

Ses yeux noirs, dans lesquels brûlait une rage meurtrière, ne ressemblaient en rien à ceux d’une femme. Au contraire, ils ressemblaient davantage à ceux d’un ancien général d’armée qui aurait tué d’innombrables personnes. Une fois que vos yeux avaient rencontré les siens, sa silhouette, sa taille, ses proportions corporelles, son visage ovale et ses traits délicats étaient totalement oubliés. Il suffisait de voir cette paire d’yeux noirs pour savoir que cette personne était un homme.

« Pour enfreindre la loi en vendant des esclaves en privé et même arrêter de force des citoyens, n’avez-vous donc aucun scrupule, gouverneur ? »

Quand cet individu eut terminé de parler sur un ton glacial, le visage de toutes les personnes présentes avait changé de couleur, et l’homme obèse… non, on doit s’adresser à lui comme le gouverneur maintenant. Son visage était blanc comme un drap. Il tenta de se défendre aussi vigoureusement que possible : « Que…Qui êtes-vous ? N’essayez pas d’influencer qui que ce soit avec vos calomnies ! Nous nous sommes simplement rassemblés afin d’échanger les esclaves que nous possédons déjà ! »

Les esclaves causèrent immédiatement un tumulte, réfutant les uns après les autres les propos du gouverneur.

« Bien sûr que non ! »

« Nous avons été enlevés et amenés ici ! »

« Nous ne sommes pas des esclaves ! »

Le gouverneur s’exclama promptement : « Il y a de nombreux aristocrates présents dans cette pièce, et je suis le gouverneur de cette cité. Allez-vous croire ce que nous disons ? Ou irez-vous jusqu’à écouter les mensonges de ces misérables paysans ? »

Manteau Rouge ne lui accorda pas la moindre attention. Il pointa Sylvestre du doigt et lui ordonna : « Toi, raconte-nous ce qu’il s’est passé jusqu’à maintenant. »

Assistant à cette scène, Cale fut saisi de stupeur. Il avait une vague idée de ce qu’il se tramait, donc ses yeux ne contenaient plus d’animosité envers Sylvestre quand il le regardait. À la place, on pouvait y voir poindre un zeste d’amusement… Il est très rare de rencontrer un agent sous couverture à ce point inutile.

Sylvestre relata les événements en débordant de confiance : « Ils ont capturé des gens qui ne sont pas volontaires pour les vendre comme esclaves durant cette vente aux enchères. »

L’expression faciale du gouverneur se contorsionna de manière si affreuse qu’on aurait difficilement pu imaginer un visage plus laid. Cependant, il tenta tout de même de crisper un sourire en disant : « Cet esclave est en réalité très désobéissant, c’est pourquoi son propriétaire l’a amené ici afin de l’échanger pour en obtenir un qui soit un peu plus obéi— »

« Cet homme est l’un de mes serviteurs », l’interrompit Manteau Rouge au milieu de son discours. « Mais, vous l’avez fait prisonnier, ce qui m’a obligé à le chercher pendant deux jours ! »

Le gouverneur fut saisi de stupeur. Il grogna : « En fait, il s’agit juste d’une tentative flagrante de ramener gratuitement un esclave chez vous ! »

Manteau rouge ignora l’accusation et, à la place, se tourna vers Sylvestre. Il lui commanda : « Sors ton insigne pour le leur montrer ! »

Mon insigne ? Sylvestre le fixa d’un regard vide, mais, puisqu’il ne possédait qu’un seul insigne, il le sortit d’une poche intérieure de ses vêtements. Il s’agissait de l’insigne de la rose blanche du barde impérial !

Tout le monde resta bouche-bée, les yeux rivés sur l’insigne en forme de rose. Pendant un moment, personne n’osa croire que l’insigne de la rose blanche du Roi Sacré pouvait réellement apparaître dans un endroit pareil.

Le gouverneur, qui se tenait juste à côté de Sylvestre, était celui qui pouvait la voir la plus distinctement. Les gravures sur l’insigne étaient dessinées de façon si délicate et si gracieuse qu’il ne pouvait en aucun cas s’agir d’un faux.

Maintenant que j’y pense, j’aurais sans doute pu me libérer si j’avais sorti mon insigne quand je me suis fait capturer… Alors qu’il observait les expressions faciales des personnes dans l’assistance passer de la surprise à l’effroi, Sylvestre se sentit soudainement un peu sot.

Au même moment, le gouverneur comprit qu’il lui était impossible de plaider l’innocence plus longtemps. Le regard fuyant, il s’aperçut que la foule regardait dans toutes les directions dans l’espoir de trouver une issue, comme s’ils voulaient s’enfuir. Après tout, s’ils parvenaient à s’échapper, personne ne serait en mesure de les accuser du moindre crime. En fin de compte, seul le gouverneur n’avait nulle part où s’enfuir !

Le gouverneur se tourna vers le capitaine de la milice et s’écria : « Si le Roi Sacré entend parler de cette affaire, nous sommes tous morts ! Cet homme est seul. Il suffit de le tuer, et tous nos problèmes seront réglés ! Gardes, à l’attaque ! »

Si cet individu mourait, tous ceux présents n’auraient pas d’autres choix que de contribuer à dissimuler ce crime. Le gouverneur songea qu’il avait élaboré le plan parfait : s’ils devaient survivre, ils survivraient tous ensemble ; s’ils devaient couler, ils couleraient tous ensemble !

Acheter des esclaves était une chose. Laisser un des hommes du Roi Sacré se faire tuer sans réagir en était une autre. Si les deux individus liés à l’insigne mouraient, aucune personne dans la salle ne serait disculpée du crime !

Le capitaine de la patrouille était désemparé et ne savait plus ce qu’il se devait de faire. Aider à capturer des gens pour les vendre comme esclaves lui rapportait une bonne commission, alors il était plus que prêt à s’en charger. Cependant, il n’avait pas le cran de tuer le détenteur d’un insigne de la rose blanche.

« Attaquez-les, bon sang ! » La bouche du gouverneur en était déformée par la rage. Il fustigea vigoureusement le capitaine : « S’ils s’échappent d’ici, il nous sera impossible de nous en sortir ! C’est la peine capitale qui nous attend tous ! »

La peine capitale… Une fois ces trois mots prononcés, le capitaine de la milice rassembla immédiatement son courage. Si je les tue et me fais prendre, c’est la mort qui m’attend. Si je ne les tue pas, je mourrai assurément… Autant risquer ma peau !

Le capitaine de la milice se tourna vers ses hommes pour hurler : « Vous avez entendu ? Bougez-vous et tuez-les ! Si chaque personne leur porte un coup, ils finiront bien par périr ! »

Au même moment, Cale se précipita vers Sylvestre et le jeta à bas de l’estrade. Il cria ensuite aux autres esclaves : « Vite, protégez-les ! S’ils meurent, on nous faire taire également ! »

De toute évidence, les esclaves n’avaient aucun problème à obéir à Cale. Après avoir reçu ses ordres, ils se rassemblèrent désespérément autour de Sylvestre pour le dissimuler à la vue des autres. Néanmoins, comme Manteau Rouge était beaucoup plus loin, et que la patrouille de la cité fonçait droit vers lui, c’est avec impuissance que les esclaves ne purent qu’observer la scène, alors qu’on dégainait épée après épée pour les pointer sur Manteau Rouge.

Cale était si inquiet qu’il avait presque arrêté de respirer. Toutefois, quand il se retourna, il remarqua que Sylvestre ne semblait pas le moins du monde inquiet pour son allié et qu’il arborait au contraire une expression plutôt excitée, comme s’il brûlait d’impatience que le spectacle commence… L’esprit de Cale tournant à plein régime, il pouvait comprendre une chose : se débarrasser de la personne au manteau rouge ne sera pas chose aisée.

Vite ! Dépêchez-vous de charger ! Manteau Rouge n’hésitera pas à vous massacrera et à vous réduire à l’état douloureux et misérable de pulpe sanglante ! Sylvestre était si ravi que la patrouille de la cité fût sur le point de faire face à l’infortune de se battre contre Manteau Rouge qu’il faillit pousser des cris d’encouragement !

Une épée s’abattit sur la tête de Manteau Rouge pour la trancher. Cependant, Manteau Rouge ne daigna même pas lui accorder un regard. Manteau Rouge leva le bras pour attraper la main armée du garde et se servit alors de son autre main pour frapper le garde en plein ventre. Le tout se déroula si rapidement que le coup parut presque invisible. Le garde avait alors été propulsé vers arrière avant que quiconque ait eût le temps de s’en apercevoir.

Bien qu’il eût des dizaines d’adversaires à affronter, chacun armé d’une épée, Manteau Rouge ne paraissait pas du tout s’en inquiéter. Aussi détendu que s’il prenait tranquillement un verre, il envoyait valser d’un coup de poing chacun de ses assaillants.

Assistant à cette scène, Cale eût l’impression que ses yeux étaient sur le point de sortir de leurs orbites. D’où tire-t-il une force pareille ?

« Quel… »

Cale jeta un regard en biais à Sylvestre. Il se doutait plus ou moins de ce que ce dernier allait dire. Quelles capacités extraordinaires ! Quels mouvements superbes ! Quelle démonstration grandiose de puissance ! Ce serait quelque chose de ce genre, n’est-ce pas ?

« …style de combat ennuyeux ! » dit Sylvestre, l’air considérablement déçu.

Il avait cru qu’il aurait enfin la chance d’admirer la force considérable de Manteau Rouge ainsi que sa puissance divine. Il pensait que Manteau Rouge aurait manié sa lame à la vitesse de la lumière, que chaque mouvement aurait émis un sifflement de vent, pour ensuite envoyer ses adversaires dans la stratosphère, et que le tout se serait terminé avec une explosion d’aura de combat si forte qu’elle aurait fait s’écrouler le bâtiment ! Mais, en fin de compte… Manteau Rouge ne se préoccupait pas de la fierté des gardes et se contentait de se battre avec ses poings. Il n’employait même pas de feintes. Il agrippait simplement la main armée de son adversaire et l’envoyait au tapis d’un unique coup de poing. C’était ennuyeux à mourir.

« Ennuyeux ? » Cale trouva cette situation difficile à croire, tandis qu’il répliquait : « Qu’est-ce qui cloche chez toi ? Sa technique de combat est simple et efficace. Elle est purement létale ! »

« Une technique létale, dis-tu ? » demanda Sylvestre avec curiosité.

Cale acquiesça et expliqua : « S’il balançait des épées à la place de ses poings, chaque coup porté reviendrait à une vie perdue ! On peut voir tout de suite que ce type a dû faire partie de l’armée ! »

Bien sûr ! Et il tenait même le plus haut grade de toute l’armée ! Après tout, Manteau Rouge est la Reine Guerrière qui a mené une armée pour anéantir la race des démons ! »

Comme il était le seul à connaître la véritable identité de Manteau Rouge, Sylvestre ressentait une fierté incommensurable. Il avait depuis longtemps oublié que Manteau Rouge n’avait jamais admis être la Reine Guerrière.

Après que Manteau Rouge eut fait mordre la poussière au cinquième ou sixième garde – en à peine quelques secondes – les autres gardes n’osèrent plus l’attaquer. Même ceux qui s’étaient dirigés vers les esclaves s’étaient immobilisés comme s’ils craignaient qu’un seul mouvement pût provoquer l’ire de cet étrange individu qui avait neutralisé les autres gardes d’un seul coup de poing.

Pendant que tout le monde contemplait silencieusement Manteau Rouge, et que personne n’osait bouger d’un millimètre, Manteau Rouge hurla quelque chose à laquelle personne ne s’attendait.

« Barde, allons-y ! »

Sylvestre le fixa d’un regard vide. Nous partons déjà ? Mais, je n’ai pas encore eu droit à mon spectacle !

 

 

Manteau Rouge était empreint d’une immense fureur, tandis qu’il faisait face au gouverneur et s’exclamait : « Je suis la Reine Guerrière ! Comment osez-vous tenter de porter la main sur moi ! »

En entendant cela, le gouverneur fut terrorisé au point qu’il tomba à genoux pour implorer grâce : « Vous… Non… que dis-je ! Ma Dame ! Vous êtes la Reine Guerrière ? La célèbre Reine Guerrière qui a anéanti la race des démons ? »

Manteau Rouge … Non. On doit s’adresser à elle comme la Reine Guerrière. Elle rit froidement et clama : « C’est moi ! »

Le gouverneur s’écria avec désespoir : « J’ai eu l’audace d’agresser le Reine Guerrière… Mon crime ne saurait être pardonné que par cent mille morts ! » Il s’évanouit alors et s’effondra au sol.

La Reine Guerrière jeta un regard de dégoût au gouverneur, puis se tourna pour regarder Sylvestre. L’expression sur son visage était beaucoup plus gentille, et son ton était beaucoup plus chaleureux alors qu’elle s’adressait à Sylvestre.

« Sylvestre, c’est entièrement grâce à toi, qui as risqué ta vie en revenant comme agent sous couverture, que nous avons réussi à l’arrêter sur place. Dans le cas contraire, il nous aurait très probablement échappé. »

« Ce n’était pas grand-chose ! » Sylvestre sourit humblement et dit avec une élégance inégalée : « Nul besoin de le mentionner, c’était un si petit problème. D’une simple requête de la Reine Guerrière, je braverais même les fournaises de l’enfer et les courants déchaînés. Moi, Sylvestre, ne pourrais en aucun cas décliner une… »

 

 

« Aaaaaah ! Aaaaïïïïe ! Aaïïe ! Aaaaaaaaaaaaaaïïïïïeeeee ! »

Quand Sylvestre eut regagné ses esprits, Manteau Rouge retira ses deux doigts. D’après son expression faciale et sa position, elle paraissait totalement innocente. Personne n’aurait pensé qu’elle venait de pincer les joues de quelqu’un.

« Pourquoi m’as-tu pincé les joues ? » Sylvestre se sentait terriblement vexé, au point que deux larmes tombèrent de ses yeux et coulèrent le long de ses joues.

« On doit y aller. Quelqu’un va vite venir nettoyer ce bazar. » Évidemment, Manteau Rouge ne lui révéla pas que la véritable raison était que son expression lui donnait envie de le frapper. Elle se contenta de jeter un bref regard en disant : « Tu peux rester ici si tu veux. »

« N-Non ! Je viens avec toi ! » répondit précipitamment Sylvestre. Il avait réellement peur que Manteau Rouge l’abandonne ici. Il ne savait pas non plus combien de temps il lui faudrait pour la retrouver.

Ah, oui ! Sylvestre tourna la tête pour regarder Cale. Peu importe à quel point il y réfléchissait, il n’arrivait pas à trouver quoi dire à l’autre partie. Il se contenta finalement d’un simple : « Au revoir Cale. À la prochaine ! »

Cale fixa Sylvestre un instant. Puis, il tourna soudainement les talons et s’enfuit, se glissant dehors plus rapidement que Manteau Rouge et Sylvestre.

L’instant suivant, depuis l’extérieur résonnèrent des bruits de pas qui ne ressemblaient pas à ceux émis par une foule ordinaire.

Manteau Rouge attrapa subitement Sylvestre dans ses bras et sauta par la fenêtre pour s’échapper en un éclair.

Au même moment, les personnes restantes dans la salle reprirent brusquement leurs esprits et tentèrent également de s’échapper, mais il était déjà trop tard. La porte d’entrée fut enfoncée et…

« La division chargée de l’application des lois est là pour s’occuper de cette affaire. Personne n’est autorisé à bouger. Quiconque osera tenter de s’enfuir sera exécuté sans poser de questions ! »

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