La Légende du Chevalier du Soleil T1C10 : Apporter La Justice Est La Raison d’Être du Chevalier du Soleil

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 1 – Une Introduction à l’Histoire des Chevaliers

Roman version d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 10 : Carrying out Justice is the Reason for the Sun Knight’s Existence – Traduit du chinois vers l’anglais par Evangeline[PR!]
Chapitre 10 :  Apporter La Justice Est La Raison d’Être du Chevalier du Soleil
 – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par LuluHime

Judgment et moi annonçâmes notre plan au prince héritier, puisqu’il était impossible de cacher cinquante chevaliers sans que personne dans le palais ne les remarque. Le prince héritier hocha la tête pour montrer son approbation sans hésiter, comme s’il avait su que cela allait se produire.

Quelques-uns des chevaliers sacrés étaient habillés en chevaliers royaux et patrouillaient dans les environs, pendant que les autres étaient déguisés en domestiques. Puisqu’il y avait beaucoup de gens dans le palais dès le départ, cela ne se remarque pas si on ajoute cinquante autres personnes.

Judgment s’étendit sur le lit, déguisé en la personne que Roland allait tuer. Afin de dissimuler mon aura sacrée, je demandai au Pape de dessiner un sceau pour la cacher, puis je le collai sur l’armoire et m’enfermai à l’intérieur.

Je devais admettre que les meubles utilisés par la famille royale n’étaient vraiment pas ordinaires. L’armoire elle-même faisait environ la moitié de la taille de ma chambre, et son sol était même recouvert de velours. Je ne pus m’empêcher de m’étendre et de l’essayer, et j’empruntai commodément une cape, m’en servant comme d’une couette, pour me couvrir. Oh quel pur bonheur !  Je commençai à me sentir fatigué. Cette armoire est encore plus confortable que mon lit.

Par chance, je n’avais pas choisi de m’étendre sur le lit où Judgment se trouvait en ce moment. Si le fait de simplement m’étendre dans l’armoire m’avait déjà rendu fatigué, au moment où je m’étendrais sur le lit, je m’endormirais probablement comme un gros porc à cause du lit trop confortable, et me ferais tailler en deux par Roland…

« Sun ? Sun ! »

« Hmm ? » Je me tournai dans le lit. Quel est le problème ?! C’est si bruyant, et je commençais à peine à me mettre à l’aise !

La personne à l’extérieur se tut pendant un moment, puis soudainement il y eut une série de bangs chancelants comme si quelqu’un martelait la porte de l’armoire.

Je sursautai instantanément sous le choc et, paniqué, demandai : « Que- ! Quoi ? Roland est-il là ? »

« Pas encore », la voix profonde de Judgment retentit à l’extérieur. « Mais je m’inquiète à l’idée que même s’il était là, tu ne t’en rendrais pas compte parce que tu dormirais trop profondément. »

« Ah…hahaha ! Cela ne saurait arriver ! » Je ris un peu nerveusement. C’est en vérité tout à fait possible. Judgment est vraiment celui qui me connaît le mieux !

« La nuit est jeune. Roland ne viendra probablement pas aussi tôt. Alors pour t’empêcher de t’endormir, parle-moi de lui. »

Je fus silencieux pendant un moment, ne sachant pas comment répondre. Judgment était patient comme d’habitude, alors il ne dit rien pour me précipiter. Finalement, je soupirai profondément et commençai à raconter mes souvenirs d’antan.

« La première fois que j’ai rencontré Roland fut durant la sélection des Douze Chevaliers Sacrés tenue par l’Église, lorsqu’il ne restait plus que dix enfants parmi lesquels être choisi.

« Tu dois sans doute plus ou moins déjà savoir qu’il s’agissait de l’événement qui a occasionné le plus grand nombre de paris de la ville, et presque tout le monde allait parier sur quels enfants allaient devenir les futurs membres des Douze Chevaliers Sacrés. »

« Je sais. » La voix de Judgment s’éloigna. Sa voix semblait venir de loin, je pense qu’il vient à nouveau de s’étendre sur le lit.

« Te rappelles-tu de ta cote ? » demandai-je.

« Je n’y ai jamais porté attention »,  dit Judgment.

Je ris. « Tu es aussi sérieux que Roland l’était ; vous passiez tous les deux tout votre temps à vous entraîner au maniement de l’épée ! Je me souviens encore : ta cote était de 1,083 pour 1. Si quelqu’un a voté pour toi, cette personne n’a pas obtenu beaucoup d’argent même si elle a gagné. »

« Tu t’en rappelles très clairement. » Il y avait une légère pointe d’admiration dans la voix de Judgment.

On n’y peut rien, puisque la seule chose dont je puisse être fier chez moi est ma mémoire d’éléphant !

Je poursuivis : « La cote de Roland était de 1,052 pour 1 ; encore plus basse que la tienne. Ce qui signifie qu’à l’époque, ses chances de devenir le Chevalier du Soleil étaient encore plus grandes que tes chances de devenir le Chevalier du Jugement. »

« Mais, il ne l’est pas devenu », répondit Judgment, impassible.

« En effet, il ne l’est pas devenu, et celui qui est devenu le Chevalier du Soleil était un crétin dont les enjeux étaient de 563 sur 1 », dis-je en me moquant quelque peu. « Un tas de gens qui ont parié sur moi cette année-là sont devenus millionnaires ! »

La voix de Judgment s’écoula depuis l’extérieur : « Tu n’étais pas si nul ; tes capacités sacrées et ton score sur le test écrit ont été les meilleurs de tous les enfants. C’est simplement que les gens à l’extérieur ne comprennent pas la magie sacrée et ne savent rien des résultats du test. »

Bien que le sujet ait été réglé depuis longtemps, je me sentis tout de même apaisé quand j’entendis Judgment me réconforter. C’est vrai ! Je ne suis pas si nul, c’est juste que ma technique à l’épée est déficiente !

« Quoique ta technique à l’épée est vraiment terrible », poursuivit Judgment.

Hé ! Tu n’avais pas besoin d’ajouter cette partie, d’accord ?

« Dans tous les cas, à ce moment-là, tout le monde croyait que Roland allait définitivement devenir le futur Chevalier du Soleil, et comme j’étais le candidat le moins probable, nous devînmes naturellement les meilleurs amis du monde. Il m’aidait souvent à– »

« À te battre, à escalader le mur pour t’acheter des desserts à saveur de myrtilles, à punir le chien qui t’a mordu, et ainsi de suite. » Judgment compléta ma phrase et soupira. « Grisia, tu n’as pas du tout changé. »

« Hahahahaha… » Je ris sèchement. C’est vrai ! Après que Roland soit parti, Judgment a pris sa place.

« A-t-il essayé de monter un coup contre toi parce que tu as volé sa place en tant que Chevalier du Soleil ? » demande Judgment.

« Non, il n’essayait pas de me piéger ! » Je gémis, ayant envie de pleurer mais sans avoir de larmes à verser. « Il est juste très lent à la détente. Même maintenant, il n’a toujours pas réalisé qu’il a fait croire à tout le monde que j’étais le coupable qui l’avait torturé à mort. Il pense qu’il m’a juste accidentellement blessé cette fois-là. »

« Au sujet de cette rumeur de torture et de meurtre, je soupçonne que… » Judgment s’arrêta brusquement à la moitié de sa phrase.

Juste au moment où je trouvais cela très étrange, une voix familière retentit à l’extérieur de l’armoire. Mais, mélangée à celle-ci, on sentait poindre une haine que je n’avais encore jamais entendu auparavant.

« Je vous avais bien dit que moi, Roland, je reviendrais pour vous trouver, Votre Majesté, le roi ! »

Roland ? Comment ? Par où est-il entré… ? Ah ! Le passage secret ! Bon sang ! Je n’aurais jamais cru que Roland connaissait aussi son existence !

« Toi… tu n’es pas le roi… »

Avons-nous été découverts ?

J’ouvris la porte de l’armoire à la volée et sautai hors de celle-ci. Au même moment, ma main envoya un éclair de lumière sacrée pour signaler aux chevaliers, qui attendaient en embuscade à l’extérieur, d’entrer. Les prouesses de notre élite de chevaliers sacrés n’étaient pas exagérées, puisque, tout de suite après que j’eus envoyé l’éclair de lumière, les chevaliers des Sections du Chevalier de Flamme et du Jugement s’empressèrent de pénétrer par les fenêtres, pendant que les chevaliers des Sections du Chevalier du Soleil et de la Terre chargeaient par la porte principale.

Judgment sauta hors du lit, son Épée Divine du Jugement dégainée.

Au départ, Roland fixa, ébahi, la horde de personnes. Puis, il se tourna et remarqua ma présence. Il dit avec incrédulité : « Grisia… Comment est-ce possible ?! »

« Roland, tu aurais dû savoir que je ne pouvais pas te laisser commettre un meurtre comme tu en avais envie. » Je regardai tristement mon ami d’enfance.

« Mais, je t’ai définitivement dit que— »

Je hochai la tête, interrompant la phrase de Roland. « Tu m’as dit que ton ennemi était le prince héritier. »

« Sauf que », Roland était si en colère qu’il rugit pour interrompre mes paroles, « c’est la chambre du roi ! »

« Oui. Dès le moment où tu m’as dit que ton ennemi était Sa Majesté le prince héritier, j’étais à cent pour cent certain que ton ennemi était le roi à la place. Roland, ta capacité à mentir a toujours été aussi terrible que ma capacité à me battre à l’épée. »

« Tu… » Roland était sans voix.

« Qui plus est, alors que je ne peux être certain que le prince héritier torturerait quelqu’un à mort ou pas, une chose dont je suis sûr c’est que s’il l’avait fait, nous ne l’aurions pas découvert même après dix ans. » Je haussai les épaules. « Le prince héritier n’est pas idiot. S’il avait réellement torturé quelqu’un à mort, il se serait définitivement débarrassé du corps et des indices pour en finir une bonne fois pour toute. Et il ne serait jamais assez stupide pour laisser ses chevaliers disposer du cadavre pour lui. »

« De plus, des rumeurs racontant que j’avais torturé à mort le Chevalier de la Mort ont commencé à se répandre. Si les rumeurs avaient seulement dit que j’avais tué le Chevalier de la Mort, dans ce cas cela pourrait aisément être expliqué puisque tout le monde a entendu dire que le Chevalier de la Mort allait revenir pour moi, et naturellement ils devineraient que je suis le tueur. Mais, les rumeurs étaient si détaillées qu’elles mentionnaient même la torture, ce qui est très bizarre. »

Je jetai un coup d’œil à Roland et vis qu’il avait l’air confus. Comme je le pensais, ce type n’était pas au courant de la rumeur. Mais peu importe, cette phrase ne lui était pas destinée de toute manière.

« La seule personne qui sache que le Chevalier de la Mort a été torturé à mort, hormis le Chevalier de la Mort lui-même, devrait être le meurtrier. »

Je jetai à nouveau un regard à Roland, et celui-ci fronça les sourcils comme s’il essayait très fort de comprendre ce que je disais. Je continuai à expliquer : « Cependant, cette rumeur s’est répandue trop vite, alors je doute qu’elle ait été répandue par le Chevalier de la Mort lui-même. Après tout, un Chevalier de la Mort ne peut pas aller bavarder tranquillement avec les gens dans la rue. »

« Par conséquent, cette rumeur visant à jeter le blâme sur moi a probablement été répandue par le meurtrier. » Je souris et me tournai pour regarder Judgment. « Il y a quelques instants, quand tu voulais me parler de la rumeur, c’était ce que tu avais l’intention de dire, n’est-ce pas ? Souhaites-tu ajouter quelque chose, Chevalier du Jugement ? »

Judgment me jeta un regard du genre « cesse de faire le pitre », l’air impassible. Néanmoins, il ajouta : « Au départ, si l’Église avait découvert que ce cas était lié à la famille royale, nous aurions probablement abandonné les investigations immédiatement, et les secrets les plus sombres de la famille royale n’auraient pas été exposés. Cependant, lorsque la réputation de notre Chevalier du Soleil a été impliquée dans cette affaire, nous étions obligés de découvrir la vérité quel qu’en soit le prix. »

« C’est exact, un plan idiot et susceptible de se retourner contre son créateur, comme par exemple le meurtrier étant suffisamment stupide pour essayer de jeter le blâme sur moi et forçant donc l’église à découvrir la vérité, a peu de chances d’avoir été mis au point par le prince héritier », déclarai-je. Je ricanai légèrement. « Ensuite, penses-y un tout petit peu. Qui me déteste beaucoup, est idiot, et possède suffisamment de courage pour essayer de monter un coup contre le Chevalier du Soleil de l’Église du Dieu de la Lumière ? En dehors de notre très cher roi, qui d’autre cela pourrait-il être ? »

« Balivernes ! Sale racaille impertinente ! »

Les étagères de livres sur le côté se séparèrent soudainement pour révéler un passage, et le roi en colère en émergea accompagné du prince héritier le suivant de près, en train de froncer les sourcils. Il y avait, bien entendu, un grand nombre de chevaliers royaux qui les suivaient tous les deux.

Comme je m’y attendais, la chambre secrète où ils se cachaient était la première que j’avais découvert être scellée fermement quand j’étais venu mener l’enquête subrepticement plus tôt.  Il semblerait qu’ils aient rouvert le passage scellé afin de tendre une embuscade à l’intérieur.

« AAAAAAAHHH ! »

Quand Roland posa ses yeux sur le roi, ses yeux brillèrent d’une couleur rouge sang, et il chargea instantanément et furieusement dans sa direction. Le roi était complètement mort de peur, et tira ses chevaliers devant lui pour se cacher derrière eux.

« Judgment ! Earth ! » criai-je pour les rappeler à l’ordre, mais la réaction de Judgment fut encore plus rapide que la mienne, et il était déjà là, à bloquer Roland avec son épée, avant même que les mots eussent quitté ma bouche. Earth se plaça rapidement devant le roi, et lança le Bouclier de Terre après que j’eus terminé de crier.

Je commençai à réciter une incantation. Comme mon incantation devenait de plus en plus longue, la lumière sacrée dans la pièce commença à briller plus fortement. Cette lumière était une arme fatale contre les morts-vivants, alors même si Roland était un épéiste terrifiant dans sa vie, et qu’il était la crème de la crème des créatures des ténèbres tel qu’un Chevalier de la Mort l’est dans la mort, il ne pouvait tout de même pas résister très longtemps sous la lumière sacrée. De plus, son adversaire était le Chevalier du Jugement, qui était le meilleur des épéistes parmi les Douze Chevaliers Sacrés.

Comme je l’avais prédit, peu de temps après qu’ils aient commencé à se battre, Roland ne pouvait tenir le coup plus longtemps et fut désarmé par Judgment. Son épée alla heurter l’autre bout de la chambre, et il fut forcé dans une position à moitié à genoux par la lumière sacrée présente dans la pièce.

En voyant cela, le roi, qui se cachait originellement derrière ses chevaliers royaux, se précipita vers lui et commença à marteler la tête de Roland avec son pied. Il jura en le piétinant : « Ordure, tu oses revenir te venger ? C’est un honneur pour un voyou de ton espèce de mourir par ma main ! »

« Père, arrêtez ! »

Le prince héritier devint pâle. Il courut jusqu’à son père pour l’éloigner, mais son corps était trop faible, alors il se fit violemment bousculer par le roi à la place. Par chance, les chevaliers qui les entouraient parvinrent à rattraper le prince héritier à temps, ainsi Sa Majesté ne tomba pas sur le plancher.

« Arrêtez de le piétiner ! » Le Chevalier de Flamme à côté fut la première personne à ne plus pouvoir se retenir. Il se précipita vers eux et poussa le roi.

« Vous osez me pousser ?! » Le roi était stupéfait. Puis, il cria de façon hystérique : « Gardes royaux ! Mes chevaliers, il m’a attaqué ! J’ordonne à chacun d’entre vous de riposter maintenant ! »

Blaze était si en colère que son visage tourna au rouge betterave. Il hurla d’une voix extrêmement grave : « Vous osez pointer vos armes sur moi ?! Chevaliers sacrés, préparez-vous au combat ! »

Ainsi, les chevaliers sacrés se tournèrent pour pointer leurs armes sur les chevaliers royaux.

« Tout le monde, cessez ceci sur-le-champ ! » gronda le Chevalier du Jugement, furieux.

Mais à présent, la situation était si hors de contrôle que même le cri furibond du Chevalier du Jugement ne pouvait plus y mettre fin. Il est vrai que les membres de la Section du Chevalier du Jugement baissèrent leurs armes, puisqu’ils n’oseraient absolument jamais désobéir aux ordres du Chevalier du Jugement. Mais pour ce qui est des chevaliers de ma Section du Chevalier du Soleil, du Chevalier de Flamme qui a un tempérament explosif et du Chevalier de la Terre qui est honnête en apparence et diabolique sous la surface ; ils étaient tous là eux aussi.

En raison du comportement affligeant du roi au quotidien, tous ces chevaliers sacrés ont probablement regardé le roi de haut dans leurs cœurs depuis un long moment. De plus, ce vieillard s’était précipité de lui-même pour piétiner le Chevalier de la Mort, et avait même admis avoir tué Roland. C’était presque comme s’il avait craint que les chevaliers sacrés ne le détestassent pas suffisamment.

Les chevaliers sacrés et les chevaliers royaux se jetèrent mutuellement des regards noirs, et levèrent leurs armes, prêts au combat. Le roi jeta de l’huile sur le feu en attrapant un vase et en le lançant sur le Chevalier de Flamme. Par chance, le vase ne le heurta pas et se brisa en morceaux contre le bouclier protecteur d’Earth à la place.

Néanmoins, cet acte irrespectueux envers les Douze Chevaliers Sacrés de l’Église mit les chevaliers de la Section du Chevalier du Soleil en colère. J’ignore quel chevalier sacré a craché sur les chevaliers royaux, mais après cela, la situation dégénéra jusqu’à en devenir complètement hors de contrôle. Les chevaliers commencèrent immédiatement à se battre les uns contre les autres, et les bruits d’épées s’entrechoquant ne s’arrêtèrent pas pendant un moment.

Ce n’est pas que je veuille me vanter, mais même si les membres de ma Section du Chevalier du Soleil possèdent des tempéraments explosifs, je peux garantir que leurs capacités sont de première classe.

Je me demandai si c’était parce que les membres de ma Section du Chevalier du Soleil étaient très malchanceux, ou si c’était à cause de leur comportement naturel, qu’ils s’attiraient souvent des ennuis avec quelqu’un ou quelque chose qu’ils ne devraient pas provoquer. Puisque leur chef de section est toujours en train de sourire, et semble ainsi être une proie parfaite pour les harceleurs, et que ce dernier applique habituellement la stratégie du « Je m’en moque » lorsqu’il s’occupe de la section, visiblement, ils doivent se fier à leur excellent maniement des armes ainsi qu’à leur solidarité pour massacrer la personne à un point tel que celle-ci n’ose même pas venir s’en plaindre directement à moi.

J’ignorai le combat derrière moi et me tins devant Roland. Le regardant, je me sentis ému.

« Grisia, Grisia ! »

Roland appela mon nom à voix basse. Il leva la tête pour me regarder, impassible, mais les flammes dans ses orbites tournèrent lentement au noir. Il me fixa de ces flammes noires et demanda : « Es-tu devenu le Chevalier du Soleil pour protéger ce genre de personne ? »

Je répondis tranquillement : « Roland, nous devons faire des compromis sur de nombreuses choses en ce monde. Je suis le Chevalier du Soleil de l’Église du Dieu de la Lumière, alors je dois prendre plusieurs problèmes en considération.

« Est-ce ta réponse finale ? » Les flammes dans les yeux de Roland devinrent de plus en plus sombres.

« Roland, vois la situation dans laquelle tu te trouves. » Mes yeux étaient remplis de compassion. « Quoi qu’ait fait le roi, il demeure toujours le roi, et je dois t’empêcher de le tuer. »

« Même s’il mérite de mourir ? » Roland me fixa du regard, les flammes noires débordant déjà de ses orbites.

« Oui, même s’il mérite de mourir un millier de fois », déclarai-je calmement.

« Quel bon Chevalier du Soleil tu fais ! » Roland éclata soudainement de rire, d’un faible rire à un rire à gorge déployée, jusqu’à-ce qu’il fût en train de rire de façon hystérique. Les flammes s’échappèrent de ses yeux, brûlant leur chemin en descendant le long de ses joues, telles des larmes noires.

« Ahh ! »

Sans prévenir, Roland m’envoya valser à travers la pièce d’une grande poussée de son épaule. La lumière sacrée inondant la pièce disparut immédiatement sans laisser de trace. Après que la lumière sacrée se fut volatilisée, Roland se remit debout depuis sa position à moitié à genoux.

J’atterris et me remis sur mes pieds. Les chevaliers de la Section du Jugement qui gardaient la porte virent ce qui arriva et essayèrent de m’aider à me relever, mais j’agitai la main pour les renvoyer à leurs postes. Mais personne hormis eux ne vit ce qui était arrivé, parce que la chambre s’était transformée en un champ de bataille désordonné. Incluant les chevaliers royaux, le Chevalier de Flamme, le Chevalier de la Terre, et ma Section du Chevalier du Soleil, il y avait plus de cinquante personnes en train de se battre dans la pièce.

Malgré le fait que le prince héritier et Judgment leur criaient de s’arrêter, le roi continuait de jeter de l’huile sur le feu. Ma Section du Chevalier du Soleil ignora complètement les ordres du Chevalier du Jugement, comme j’étais leur leader et que le Chevalier du Jugement était, après tout, mon ennemi juré ! C’était naturel qu’ils n’écoutent pas Judgment.

Le visage de Sa Majesté le prince héritier était si pâle qu’il donnait l’impression que celui-ci s’évanouirait à tout moment. En contraste, le visage du Chevalier du Jugement tournait à une nuance effrayante de violet à cause de sa colère.

Heureusement, c’était la chambre du roi, et cette pièce était aussi grande qu’une salle de conférence. Autrement, comment pourrait-elle contenir cinquante chevaliers en train de se battre à un-contre-un à l’intérieur ?

Je récitai un sort et la lumière sacrée inonda la pièce encore une fois, mais elle était encore plus brillante cette fois. Cependant, j’employai un petit tour de passe-passe, faisant en sorte que la lumière sacrée remplisse la pièce toute entière excepté l’espace autour de Roland.

J’avais besoin que Roland se transforme en Seigneur de la Mort. Seulement à ce moment-là, mon plan réussirait.

La lumière sacrée bloqua avec succès l’aura de ténèbres autour de Roland tandis que ce dernier évoluait d’un Chevalier de la Mort à un Seigneur de la Mort. La lumière aveuglante empêchait aussi quiconque de voir Roland clairement. La Section du Chevalier du Jugement pensa probablement que j’avais déjà soumis le Chevalier de la Mort, alors ils ne firent rien.

Inutile de mentionner les autres. Ils étaient si occupés à se battre que je doute qu’ils aient remarqué la réapparition de la lumière sacrée après un bref laps de temps.

En revanche, ma lumière sacrée ne pouvait bloquer ma vue, j’assistai donc à la naissance d’un Seigneur de la Mort de mes propres yeux.

La couleur de la peau de Roland était d’un gris blanc, et les flammes de ses yeux tournèrent à du noir comme de l’encre, pour ensuite s’étendre sur son visage, laissant derrière elles deux marques en forme de larmes. Maintenant, les marques continuaient à descendre en brûlant. Je ne pouvais voir où elles se dirigeaient sous ses vêtements, mais les marques s’étendaient rapidement sur ses bras nus.

À l’exception des marques noires en forme de flammes suintant de ses yeux, l’aura de ténèbres autour de Roland s’infiltra dans son corps et « poussa » hors de son dos. Elle prit la forme… d’ailes de dragon, exactement comme le genre que tu verrais sur une peinture murale ! La seule différence était qu’il y avait des griffes aiguisées sur le bout des ailes de Roland.

Un corps gris blanc, des marques noires en forme de flamme, des ailes de dragon avec des griffes aiguisées… Est-ce ce à quoi un Seigneur de la Mort ressemble ? pensai-je.

Je devais admettre qu’il avait vraiment l’air puissant et saisissant. Maintenant, je ne pouvais qu’espérer que mon plan arrêterait Roland ou alors…haha, je suppose que je n’aurais pas d’autre choix que de mourir avec Roland !

À ce moment, Roland ouvrit les yeux. Il examina les marques sur ses bras, quelque peu curieux, et toucha les ailes dans son dos.

C’est le moment ! Je me précipitai aux côtés de Roland et l’affrontai tête la première, la distance entre nous pas plus grande qu’un pied. Quand il m’aperçut, ses traits se tordirent de colère. Il m’envoya faire un vol plané d’un coup avec sa paume, mais cette fois-ci je ne pus même pas voir son attaque clairement.

J’atterris sur le plancher encore une fois. Aïe ! Là, c’est très douloureux ! Je soupçonne fortement qu’il m’avait fait un trou dans la poitrine ou, pire encore, qu’il l’avait transpercée de part en part !

« Chevalier du Soleil ! »

Les chevaliers de la Section du Chevalier du Jugement furent les premiers à remarquer mon état tragique. Ils poussèrent tous un cri d’horreur, et essayèrent ensuite d’accourir à mon aide. Mais avant qu’ils ne le puissent, Roland leva la main et récita un sortilège. Il invoqua toute une série de créatures des ténèbres : des zombies, des squelettes, des esprits, une araignée vampirique avec une tête humaine… Il y en avait même plus que je ne pouvais en nommer.

Oh mon dieu ! C’est complètement AU-DESSUS de mes capacités ! pensai-je, en blêmissant. Ne me dites pas que mon plan va se retourner contre moi, et que je vais immédiatement me faire trucider par Roland ?

La Section du Chevalier du Jugement n’avait pas le temps de m’aider à présent. L’attaque avait pris tout le monde par surprise, et ils éprouvaient tous des difficultés à riposter, mais je parvins enfin à attirer l’attention des chevaliers engagés dans un combat passionné au beau milieu de la pièce.

Les chevaliers royaux crièrent tous : « Protégez le prince héritier ! » Mais, quand ils entendirent que tout le monde hurlait la même chose, ils ajoutèrent vite après coup : « Protégez Sa Majesté le roi ! » Ce vieillard n’est vraiment pas populaire auprès de ses sujets…

Pour ce qui est des chevaliers de ma Section du Chevalier du Soleil, quand ils me trouvèrent en train de vomir du sang sur le plancher, leurs expressions de surprise furent si variées qu’on aurait pu fabriquer une « Encyclopédie des Visages Choqués et Effrayés » à partir de celles-ci.

Je réprimai ma douleur et ordonnai à mon peloton : « Arrêtez les créatures des ténèbres. N’en laissez même pas une s’échapper de cette pièce. »

« Oui, sire ! » répondit en chœur ma Section du Chevalier du Soleil. Ses membres étaient si bien disciplinés qu’il était difficile de croire que ceux-ci étaient en train de faire un combat passionné quelques instants auparavant.

Même s’ils gâchent normalement tout, dès que je leur ordonne de faire quelque chose, ils deviennent aussi obéissants que des chiots. C’est parce que je leur ai un jour annoncé : « Si je vous dis de sauter du haut d’une falaise, vous devez sauter, ou sinon je vous ferai tomber à coups de pied et pousserai en bas un énorme rocher pour qu’il vous serve de compagnon. »

Ils ne furent pas effrayés au début, puisque j’étais, après tout, un Chevalier du Soleil souriant. Comment aurais-je pu être effrayant ? Mais après que j’eus fait tombé deux chevaliers de mon peloton du haut de la falaise à coups de pied, et eus poussé un gros rocher en bas pour les accompagner, le reste d’entre eux décida de sauter par eux-mêmes.

Ma Section du Chevalier du Soleil faisait plus de progrès que la Section du Chevalier du Jugement à se débarrasser des créatures des ténèbres. Il fallait s’y attendre, puisque les morts-vivants avaient peur des sorts comme Lumière Sacrée, Bénédiction Sacrée, et autre magie sacrée, et ces sorts sont justement ceux que chaque membre de la Section du Chevalier du Soleil doivent apprendre.

Je vis que les chevaliers de ma Section du Chevalier du Soleil n’éprouvaient aucune difficulté à vaincre les créatures des ténèbres, et c’était juste une question de temps avant qu’ils ne les aient toutes achevées. Je me sentis plus rassuré à cette vue.

À ce moment-là, la Section du Chevalier de Flamme et la Section du Chevalier de la Terre vinrent me rejoindre et m’aidèrent à me mettre debout. Après je me sois levé, je commençai à leur lancer des ordres à tous les deux. « Blaze, occupe-toi de tous les esprits. Earth, observe la situation et apporte de l’aide où c’est nécessaire. Je ne veux voir personne grièvement blessé. »

Ils hochèrent tous les deux la tête. Le Chevalier de Flamme rejoignit la bataille dès que son épée à double-tranchant qui se tient à deux mains fut couverte de flammes purificatrices, et il choisit spécifiquement d’affronter les esprits d’abord.

Le Chevalier de la Terre se tint à côté de moi, gardant l’œil ouvert sur la situation de la bataille, en lançant son bouclier protecteur çà et là.

Roland était entouré de créatures des ténèbres. Il observait la bataille faire rage avec un léger sourire diabolique.

Ce n’est pas normal pour lui d’afficher une telle expression. Je commençais à devenir de plus en plus soupçonneux. Roland… Il n’est pas devenu fou de rage, n’est-ce pas ?

Tandis que je spéculais, Roland fit quelque chose qui confirma mes soupçons selon lesquels il avait perdu la tête. Il utilisa son aura de ténèbres comme d’un filet, enveloppant la pièce et enfermant tout le monde à l’intérieur. Après cela, il invoqua plus de créatures pour que le nombre de morts-vivants soit égal à celui des chevaliers dans la pièce.

Pas étonnant que le livre des Connaissances Basiques sur les Créatures des Ténèbres disait : « Ne jamais laisser un Seigneur de la Mort naître, ou sinon ce serait la pire des catastrophes »… Ainsi, la force d’un Seigneur de la Mort est vraiment d’une puissance inimaginable !

Il semblerait que, cette fois, mon plan était trop téméraire.

Je vis que le Chevalier du Jugement était parti parler au prince : « Je suis désolé, Votre Majesté. La situation est devenue hors de contrôle. Puis-je demander combien de temps les autres chevaliers royaux ou gardes mettront à remarquer que quelque chose cloche ? »

Le prince était très pâle. Il devait aussi s’occuper des beuglements du roi. Il sourit amèrement et répondit : « Étant donné que nous réglions des affaires de famille qui n’étaient… pas convenables pour le public, j’ai posté tous les gardes très loin d’ici, et j’ai aussi ordonné à tout le monde de ne pas s’approcher même s’il y avait du chahut. »

En entendant cela, le Chevalier du Jugement fronça les sourcils et regarda dans ma direction. Je pouvais probablement deviner quel était son plan. Il voulait que je m’échappe en premier et que j’alerte les autres dans le palais et l’Église.

C’était effectivement le meilleur moyen. Pour quelles raisons ? Un, j’étais sérieusement blessé. Deux, même si je n’étais pas sérieusement blessé, ma technique au combat serait quand même égale à celle d’une personne sérieusement blessée de toute manière. Trois, mon corps tout entier était entouré par une aura sacrée, alors ce serait facile pour moi de traverser le filet d’aura de ténèbres.

Mais j’ai mon propre plan, et maintenant il ne reste qu’une dernière étape.

« Pourquoi vous ai-je payé, chevaliers ? Aller me tuer cette ordure ! » Le roi était si en colère que son corps mou tout entier ne pouvait pas s’arrêter de trembler. Il gifla même l’un des chevaliers royaux.

Ma chère Majesté le Roi ! Je n’ai jamais autant eu envie de baiser cette main grasse et huileuse qui est la vôtre de toute ma vie !

Ce genre d’attitude et de discours rendrait absolument Roland fou de rage, et c’est exactement ce que j’attendais !

Comme je l’avais prévu, la colère de Roland explosa. Les flammes dans ses yeux brûlèrent encore plus haut, et il lança un rugissement terrifiant et inhumain. Son aura de ténèbres s’enflamma de plus belle telle une tornade et fit trembler la pièce toute entière.

Je commençai immédiatement à courir en direction du roi. Bien que je ne sache pas comment Roland allait dépasser les chevaliers royaux et atteindre le roi, ce type trouverait définitivement un moyen. Tout ce que j’avais besoin de faire était de me planter devant le roi avant qu’il n’attaque.

Tandis que je courais, je me tournai pour jeter un coup d’œil à Roland. Faiblement, je vis que l’air autour de Roland se déformait légèrement. Ne me dîtes pas que… ?

Je courus plus vite, apeuré à l’idée que je n’arriverais pas là-bas à temps pour arrêter Roland.

La silhouette de Roland disparut.

Avant que quiconque ne puisse réagir, le Seigneur de la Mort surgit soudainement droit devant le roi, et lui lança un sourire diabolique satisfait. « Votre Majesté, il est temps pour vous de payer pour vos crimes. »

Le roi était si effrayé que ses jambes lâchèrent, et il tomba à genoux.

C’est la magie de l’élément spatial : la Téléportation. Elle permet à une personne de raccourcir la distance entre lui et sa destination en un instant. Je n’aurais jamais pensé qu’un Seigneur de la Mort pouvait lancer ce genre de sort !

« Roland, arrête ! »

Quand je m’aperçus que Roland avait levé son épée et l’avait propulsée vers la tête du roi sans la moindre hésitation, je bondis devant ce dernier juste à temps. À l’aide d’une combinaison de magie sacrée ainsi que la protection du Bouclier de Lumière, je mis fin à son attaque.

Malgré tout, une énorme entaille apparut sur ma poitrine, et le sang s’écoulant de ma blessure se vaporisa sur lui. Chaque goutte de mon sang gorgé d’élément sacré était extrêmement dangereuse pour lui. Il hurla gravement de douleur.

Bien que mon sang eût corrodé une partie de son corps et lui eût donné l’air affreux, il semblerait qu’il avait déjà retrouvé ses sens. Les flammes dans ses yeux n’étaient plus aussi noires qu’avant. Voyant cela, je ne pus m’empêcher de soupirer de soulagement. Ce type s’était enfin calmé. J’avais craint au début qu’il continuerait à perdre les pédales !

« Grisia… » Roland leva la tête et me demanda avec confusion : « À l’instant, pourquoi ne t’es-tu pas arrêté– »

« Roland ! » Je l’interrompis. Tu plaisantes j’espère ? Si les gens ici apprenaient que je n’ai pas empêché Roland de se transformer en Seigneur de la Mort, dans ce cas le jour où je suis celui qu’on fait brûler sur le bûcher ne sera pas si éloigné.

« Je sais que tu es obsédé à l’idée de tuer celui qui t’as torturé et assassiné. Mais je sais également que tu ne fais pas cela par vengeance, mais bien pour sauver cette belle contrée du règne d’un meurtrier cruel, pour empêcher le meurtrier de mettre en danger le peuple et de créer d’autres malheureux Chevaliers de la Mort, pas vrai ? »

Quand il entendit ma question, il y perçut plusieurs de ses propres intentions. Il hocha la tête par réflexe.

Je le regardai calmement et ajoutai : « Alors, si le roi accepte d’abdiquer pour se repentir de ses crimes, dans ce cas tu devrais pouvoir reposer en paix. N’est-ce pas, Roland ? »

« Chevalier du Soleil, que… quel genre de sottises racontez-vous là ?! » Le roi était si en colère que son visage était aussi rouge qu’une betterave.

Roland fronça les sourcils, comme s’il n’était pas certain de mes véritables intentions et quel était mon vrai plan.

« Roland ? Vous ne seriez pas… Capitaine Roland ?! » s’exclama un chevalier du roi. Lorsqu’ils entendirent ce cri, tous les chevaliers royaux semblèrent reconnaître le nom de Roland, et commencèrent à examiner les traits du Seigneur de la Mort. Assez vite, un par un, tous les chevaliers se mirent à reconnaître Roland.

Les chevaliers royaux commencèrent à discuter entre eux : « C’est vraiment lui ! Il était le plus jeune capitaine des chevaliers royaux… »

« C’est Roland ! J’ai patrouillé une fois avec lui. »

« C’était un chevalier si talentueux ! Comment une telle chose a-t-elle pu se produire… ? »

« Capitaine Roland ! N’avez-vous pas été tué par l’ennemi durant une mission à l’étranger ? » s’exclama avec agitation le chevalier du roi qui avait reconnu Roland en premier.

Roland se tourna vers le jeune chevalier du roi. L’expression de son visage s’adoucit visiblement. Il répondit : « Oh, c’est toi, Hele. »

« C’est vraiment le Capitaine Roland ! » Quand il entendit son propre nom être appelé, Hele en fut si perturbé qu’il laissa échapper son épée. Il s’écria avec incrédulité : « Comment êtes-v-vous devenu un Chevalier de la Mort ?! »

Roland tourna sa tête lentement pour fixer le roi du regard. Son expression de haine révéla à tout le monde qui était présent que cet homme était celui qui l’avait tué. Le regard des chevaliers royaux s’arrêtèrent tous sur le roi. Plusieurs affichaient des expressions de soudaine compréhension, sans une trace de doute pour les mots de Roland. De plus, la façon dont le roi se conduisait généralement indiquait à tout le monde que c’était quelque chose qu’il pouvait effectivement faire.

Le roi semblait être enragé à mort. Il rugit : « Même si je l’avais vraiment tué, il est l’un de mes chevaliers royaux. S’il avait fait quelque chose de répréhensible et que je l’avais exécuté, où est le mal là-dedans ? »

Le prince héritier, qui se tenait debout sur le côté,  enfouit sa tête dans ses mains avec résignation comme s’il était fatigué des dégâts que son père avait créés.

« Foutaises ! Capitaine Roland était le chevalier le plus respectueux des lois, il ne commettrait jamais rien de répréhensible ! Si vous affirmez qu’il a commis un crime, dans ce cas dîtes-nous de quel crime il s’agit ! »

Le chevalier appelé Hele était visiblement membre du « Fan Club de Roland ». Il était même suffisamment brave pour contredire le roi, quoique, après qu’il eut fini, il affichait une expression de panique extrême. Malgré tout, les autres chevaliers royaux étaient évidemment d’accord avec son discours. Personne d’autre ne contredit le roi, mais, vu les regards glacés qu’ils lançaient à ce dernier, il était évident que Roland était une figure respectée parmi les chevaliers autrefois.

« Il… il a pris ses libertés avec la princesse ! » Le roi choisit odieusement un crime sur lequel il était très difficile d’enquêter sans une pensée pour la bonne réputation de sa propre fille.

Ce qui arriva ensuite fut un spectacle assez impressionnant. Une vingtaine de chevaliers royaux revêtirent tous en même temps une expression étrange sur leur visage. Hele expliqua en ayant l’air d’ignorer s’il devait rire ou pleurer : « Tout le monde sait que le Capitaine Roland n’accepte jamais de rendez-vous, ne se soucie pas de l’argent, ne parie jamais, et ne se bagarre pas. Tout ce qu’il fait, c’est pratiquer sa technique à l’épée, et ensuite pratiquer encore plus sa technique à l’épée… »

Ce genre de personne est très difficile à accuser. J’aurais parié que c’était ce dont le roi devait être en train de se lamenter dans sa tête en ce moment…

« Moi… En tant que suzerain d’un royaume, je ne tuerais pas au hasard l’un de mes propres chevaliers sans aucune raison. Si j’ai dit qu’il a pris des libertés avec la princesse, dans ce cas il a effectivement pris des libertés avec elle ! » insista obstinément le roi.

Les chevaliers royaux se turent tous. Si le roi s’entêtait à refuser d’admettre ses crimes, alors ils ne pouvaient rien faire. Même s’il l’avait bel et bien admis, que pouvaient faire les chevaliers si ce n’est que se sentir déçus au fond de leur cœur ? À moins qu’ils aient l’intention de se rebeller…

« Sa Majesté le roi voulait le tuer parce que… » Une voix, qui était si calme qu’elle ne semblait pas être à sa place dans cette situation tendue, résonna. Comme les yeux de tout le monde étaient sur le point d’éclater sous le choc, le Chevalier de la Tempête sortit de derrière un miroir. Il semblait détendu, et son visage arborait un sourire que personne ne devrait posséder après avoir vu un Seigneur de la Mort.

Storm est énervé !

Je peux dire quand Storm est fou furieux. Chaque fois que ce type se met en colère, il revêt un air détendu et, une fois qu’il a pris cet air détendu, il vous attaque soudainement lorsque vous n’êtes pas vigilant, vous infligeant des dommages sévères.

Pour l’instant, je suis le détenteur du record pour avoir rendu Storm furieux le plus grand nombre de fois. En treize ans, je l’ai fait sortir de ses gonds dix fois, et ai souffert de ses vengeances soudaines neuf fois. Il n’y a eu qu’une punition en moins, parce que j’ai aussi mis mon maître en colère après avoir fait enrager Storm.

Quand il avait pris cet air de détente et qu’il était revenu me voir pour se venger, je reposais déjà, impuissant, dans le lit, mon corps tout entier recouvert de bandages telle une momie. Il s’était alors tenu debout silencieusement devant mon lit pendant dix bonnes minutes. Puis, sa sympathie a vaincu son désir de se venger (ou était-ce parce qu’il n’arrivait pas à trouver un seul endroit qui ne fût pas déjà blessé pour commencer ?) Dans tous les cas, il est parti sans rien faire.

Cette fois-ci, il semblerait que la salle de torture secrète avait vraiment rendu Storm furieux.

Storm repoussa avec force le miroir de la salle d’essayage. Le miroir de la salle d’essayage s’écrasa contre le mur avec un bang, et, à moins que mes yeux ne m’abusent, le mur était fendu…

« … Il a découvert votre crime hideux de torturer et tuer des servantes, et a alors essayé de révéler la vérité à votre sujet. Mais vous l’avez attrapé, et l’avez torturé pendant trois mois jusqu’à-ce qu’il meurt. »

Comment diable a-t-il découvert une période exacte de trois mois ? J’étais très confus. Même moi j’ignore pendant combien de temps Roland a été torturé.

Le visage du roi se contorsionna, et ce dernier grogna : « Calomnie ! Ceci est une fausse accusation ! Comment pourrais-tu savoir combien de temps j’avais emprisonné Roland ? »

Storm déclara, impassible : « Il n’existe nul mur sous le ciel qui ne laisse rien s’échapper, et il n’existe aucun secret qui ne puisse être découvert. Si je sais même que vous portez présentement des sous-vêtements imprimés en léopard rouge, y a-t-il ne serait-ce qu’une seule chose que je ne puisse découvrir ? Souhaitez-vous que je répète comment vous l’avez torturé ? Le fouetter, le marquer au fer, lui arracher les ongles, l’écorcher, lui couper la langue, le tremper dans de l’eau salée, verser de l’eau sucrée sur lui pour ensuite mettre des fourmis sur son corps… Ai-je besoin de continuer ? »

Le visage du roi pâlit visiblement.

Lorsque Roland entendit les méthodes de torture, il plaça son visage dans ses mains et hurla. Il se rappelait visiblement le procédé inhumain de torture qu’il avait subi.

Bravo ! Je manquai presque d’acclamer Storm. À l’origine, j’avais seulement ordonné à Storm de sortir au beau milieu de l’exécution du plan pour m’aider à exposer l’existence de la chambre de torture secrète. Je n’avais pas imaginé qu’il était à ce point responsable. Il avait même découvert combien de temps Roland avait été emprisonné, comment il avait été torturé, plus la couleur des sous-vêtements du roi. Je priai sincèrement le Dieu de la Lumière, Je vous prie de protéger Storm afin qu’il ne meure jamais de surmenage !

Storm s’éloigna du miroir. Seulement à ce moment-là, remarquai-je que Storm avait  ouvert le rideau de la chambre de torture. Sans le rideau, l’odeur de chair décomposée et de sang s’échappa instantanément, mettant encore plus l’emphase sur le crime haineux que Storm avait révélé.

À ce stade, ma Section du Chevalier du Soleil avait nettoyé la plupart des créatures des ténèbres. Roland ne remarqua pas qu’il n’y avait plus de créatures derrière lui pour le protéger, mais personne ne chargea pour attaquer Roland de toute façon.

En fait, à en juger par leurs expressions, leur désir de s’en prendre au roi surpassait leur envie d’attaquer le Seigneur de la Mort.

« Blaze, va purifier l’air de ressentiment persistant dans la chambre de torture secrète », ordonnai-je.

Blaze hocha la tête, mais quand il pénétra dans la chambre de torture, il ne lança pas immédiatement la flamme purificatrice. À la place, il se tint là, sidéré. À cet instant, il régnait un silence de mort dans la pièce. Puis, après un long moment, nous entendîmes Blaze relâcher une longue expiration.

Les flammes de purification venaient tout juste de s’allumer quand les cris des esprits pleins de rancune résonnèrent à travers la chambre de torture, comme le cri le plus douloureux d’un homme durant le moment le plus torturé de son existence.

Plusieurs personnes pâlirent lorsqu’ils entendirent les hurlements, et ils baissèrent sur-le-champ leurs têtes pour commencer à murmurer une prière.

Quand les hurlements prirent fin, une phrase encore plus choquante se fit entendre.

« Père, je vous en prie, abdiquez et passez joyeusement le reste de votre vie en paix. »

Tandis que le prince héritier parlait enfin, la fatigue se faisait grande sur son visage. Clairement, il était profondément las des révélations de ce soir.

« Qu’est-ce que tu racontes…? » Le roi fixa son fils avec incrédulité.

Le prince déclara à son père avec une expression sévère : « Je vous prie d’abdiquer pour prendre la responsabilité de vos crimes. Étant votre fils, je prendrai soin de vous jusqu’à la fin de votre vie. »

En entendant cela, les yeux du roi se posèrent ici et là. Il regarda autour de lui. Les chevaliers royaux le fixaient froidement, tandis que le visage des chevaliers sacrés étaient remplis de dédain, et près de lui se trouvait un très puissant Seigneur de la Mort qui le haïssait à mort.

Finalement, il me regarda, mais je me détournai légèrement et, me servant de mes cheveux et de l’angle de mon visage pour masquer mon expression, lui montrai seulement le petit sourire diabolique sur mon visage.

La couleur se retira du son visage. Clairement, il avait réalisé qui était le responsable du plan de ce soir qui visait à le chasser du trône. Par coïncidence, cette personne était à la tête des Douze Chevaliers Sacrés, qui pouvait mobiliser le Temple Sacré tout entier. Je suppose que peut-être ce type songera également que toute cette affaire était un sombre complot de l’Église du Dieu de la Lumière ou quelque chose de semblable.

« Je… J’abdique », annonça finalement le roi avec un visage blême.

Quand il prononça cette phrase, je mis discrètement la main dans ma poche, et écrasai un cœur de verre rose.

À ce moment-là, une situation inhabituelle commença à survenir à Roland. Il flotta très lentement au-dessus du sol, et, au début, tout le monde pensait qu’il allait attaquer. Cependant, il observa simplement ses pieds avec confusion, comme s’il ne comprenait également pas pourquoi il commençait à flotter.

Son aura de ténèbres s’estompa lentement, et elle fut remplacée par une douce lueur rose.

Pourquoi est-ce une lueur rose ? J’ai clairement demandé du blanc… marmonnai-je silencieusement dans ma tête.

« Se pourrait-il que comme il a résolu son obsession, il est maintenant prêt à passer vers l’au-delà ? » s’écria de surprise l’un des chevaliers sacrés qui avait clairement lu le livre portant sur les créatures des ténèbres.

« Capitaine Roland ! » Hele observa Roland, qui était dans les airs, et appela son nom en criant, le chagrin apparent dans sa voix.

L’expression de Roland avait l’air très confus, comme s’il doutait sérieusement de l’explication selon laquelle il était prêt à passer vers l’au-delà. Il commença à lutter, et l’aura de ténèbres repoussa une partie de la lueur rose…

« Seigneur de la Mort, laisse-moi te donner un coup de main ! »

Je hurlai, et recouvris ensuite Roland d’une couche de lumière sacrée. L’aura de ténèbres disparut immédiatement, ne laissant que la lueur rose, qui grandissait encore et encore. Finalement, un nuage de lueur rose était apparu dans les airs, et il commença à descendre, enveloppant Roland.

Enfin, Roland semblait comprendre. Il me fixa avec un regard entendu et dit : « Grisia, au… revoir1. »

Je hochai la tête dans sa direction.

Un bref éclat de lumière, et le Seigneur de la Mort s’était volatilisé. De doux pétales de fleurs roses virevoltèrent en tombant, leur fragrance clairement en train de signifier à tout le monde qu’il n’y avait plus de créatures des ténèbres dans les alentours.

Je regardai les pétales tomber dans la pièce, et me réjouis dans mon cœur. Heureusement, tout s’était déroulé comme je l’avais prévu.

Seulement lorsque Roland serait devenu un Seigneur de la Mort pourrait-il véritablement poser une menace à la vie du roi. Et comme j’avais risqué ma propre vie pour sauver le roi en sautant devant l’attaque de Roland, personne ne songerait que j’essayais d’aider Roland. Par la suite, Storm était sorti de sa cachette et avait exposé le vrai visage du roi, faisant en sorte que les chevaliers sacrés et, plus important encore, les chevaliers royaux se retournent contre le roi… Bien que j’eusse le sentiment qu’ils étaient déjà en froid avec lui, même sans mon intervention pour semer la discorde.

Sous la menace d’un Seigneur de la Mort et isolé des chevaliers royaux, le prince serait en premier lieu inquiet à l’idée que le Chevalier de la Mort puisse essayer de tuer le roi et périr durant le procédé ; en deuxième lieu, voudrait confronter les chevaliers royaux ; et en troisième lieu… Peut-être y avait-il un petit motif égoïste de la part du prince héritier qui approchait de ses quarante ans. Finalement, il avait parlé pour pousser son père à abdiquer.

Le prince héritier prenait déjà depuis longtemps les décisions politiques du royaume. Même le roi n’osait pas risquer les conséquences d’un total désaccord avec son fils qui surviendrait s’il refusait d’abdiquer.

Enfin, j’avais forcé le meurtrier à descendre du trône. Je croyais qu’après que j’eusse dit qu’« il risquait de créer d’autres Chevaliers de la Mort », le prince surveillerait avec soin son père à présent, et l’empêcherait de créer d’autres tragédies.

Roland, cette fin ne te satisfera probablement pas, mais, pour tout dire, je ne suis pas un Chevalier de la Mort, et je ne peux tuer pour résoudre un problème.

Les morts peuvent tuer des gens, prendre leur revanche, puis reposer en paix, mais les vivants doivent rester et assumer le fardeau de nettoyer les dégâts. Alors, les vivants doivent toujours chercher un compromis. Roland, j’espère que tu peux accepter cette forme de justice.

 

 

Le roi abdiqua et le Chevalier de la Mort partit pour l’au-delà.

Le cas fut résolu d’une façon inattendue, mais on pouvait toujours considérer cela comme une fin heureuse !

Nous – une cinquantaine de chevaliers – retournâmes naturellement au Temple Sacré. Nous ne pouvions éviter les blessures mineures et graves sur nos chevaliers, mais sous le dur labeur des guérisseuses du Sanctuaire, personne n’avait plus de blessures au bout d’une demi-heure.

Comme j’étais le Chevalier du Soleil et que j’avais souffert de blessures sévères, je fus évidemment la première personne à s’être fait jeter une dizaine de sorts de Soin Avancé par une dizaine d’évêques. J’estimai qu’ils avaient même soigné les pointes fourchues sur mes cheveux ! Je me retournai immédiatement pour rentrer jusqu’à ma chambre et rattraper quelques heures de sommeil, mais Judgment me suivit.

« Sun, puis-je te poser quelques questions ? » demanda Judgment.

« Oui ? » Je le regardai et souris.

Judgment hésita, mais demanda tout de même en fronçant les sourcils : « Quand tu as amené Blaze et Earth avec toi, ça aurait vraiment dû être pour arrêter le Chevalier de la Mort, et non pas à cause de leur tempérament explosif, qui cause aisément des conflits, afin de gagner du temps pour que Roland se transforme en Seigneur de la Mort, n’est-ce pas ? »

« Le Chevalier de la Terre est très gentil et honnête. Comment pourrait-il être quelqu’un qui cause aisément des conflits ? » Je choisis le bon moment pour avoir l’air confus.

En entendant ma réponse, Judgment se contenta de froncer à nouveau les sourcils. Je savais qu’il ne pouvait objecter à cela, puisque le continent tout entier sait que le Chevalier de la Terre est gentil et honnête !

Il ne put que continuer à demander : « Quand les chevaliers royaux et les chevaliers sacrés ont commencé à se battre, tu as parlé à Roland pendant seulement quelques minutes et il avait alors commencé à se changer en Seigneur de la Mort. Tu ne t’es pas servi de ton amitié avec Roland pour le mettre en colère au point de se transformer, n’est-ce pas ? »

Je venais à peine d’ouvrir la bouche pour encore une fois répondre dans le style « je dis des bêtises », mais Judgment continua dans sa lancée, ne me laissant aucune chance de parler.

« Lorsque Roland était sur le point de devenir un Seigneur de la Mort, n’avais-tu vraiment aucun moyen de l’arrêter ? »

Judgment prit une pause hésitante après m’avoir lancé les deux questions, mais il déclara finalement avec un air plein de confiance : « Ce soir, lorsque la situation avait progressé jusqu’à l’abdication du roi… As-tu fait tout cela pour Roland ? Si tu— »

« Chevalier du Jugement ! » Je souris et interrompis le flot de questions de Judgment. « Tu n’as besoin de savoir qu’une seule chose : que le Chevalier de la Mort soit Roland ou quelqu’un d’autre n’a aucune importance, la façon dont la situation a progressé n’aurait pas changé du tout. La fin n’aurait pas été différente. »

Judgment fronça encore une fois les sourcils, doutant visiblement de mes paroles.

Je plaçai calmement ma main sur le blason du Chevalier du Soleil qui se trouvait sur ma poitrine, et annonçai sérieusement : « La première chose que mon maître m’ait appris fut  “Apporter la justice est la raison d’être du Chevalier du Soleil”. »

Mon maître m’a dit auparavant : « Mon enfant, le Chevalier du Soleil peut ne pas atteindre une justice parfaite, et le Chevalier du Soleil peut faire des compromis. Mais, le Chevalier du Soleil n’abandonnera jamais son devoir d’apporter la justice. Le jour où tu abandonnes ce devoir, arrache ton blason de Chevalier du Soleil, parce que tu n’es pas un Chevalier du Soleil ! »

« Comprends-tu ma réponse ? Chevalier du Jugement ? » demandai-je.

Judgment resta silencieux pendant un moment, puis il hocha la tête : « Je comprends, Chevalier du Soleil. Cependant, j’ai une dernière question. »

« Encore une autre question !? » Je souris, impuissant.

« Le Chevalier du Soleil ne laisserait pas un Seigneur de la Mort se balader librement dans les rues, pas vrai ? »

« Bien sûr que non ! » Je lui lançai mon sourire le plus innocent, et baillai à m’en décrocher la mâchoire. « Je suis fatigué ! Je m’en vais de ce pas dormir. Tu devrais toi aussi rattraper quelques heures de sommeil. »

Le Chevalier du Jugement resta silencieux encore une fois. Lorsque je pressai le pas et fus sur le point de tourner dans  un autre couloir pour être hors de sa vue, Judgment demanda : « Dans ce cas, Grisia va-t-il laisser Roland aller librement ? »

À ces mots, je m’arrêtai, touchant ma poche sans en avoir conscience. Après que j’eus écrasé le cœur de verre, à cet instant-là, un livre de nécromancie avancée, un certificat d’apprenti nécromancien et un mot que je n’avais pas encore lu étaient apparus dans ma poche.

Je ris amèrement, et ouvris secrètement la note en essayant de me sortir de ce mauvais pas : « À ce sujet, comme il est trop tard maintenant, Grisia est déjà endormi. Il te reparlera une autre fois ! »

La note disait : « Mon cher apprenti, cesse de te bercer d’illusions sur le fait que ton Roland va reposer en paix. Il m’a dévoilé que sa véritable obsession est de devenir le Chevalier du Soleil. »

Gahhhh !

J’aurais dû le brûler sur le bûcher dès le départ !

Note de bas de page

1 au…revoir : Cette phrase est 再见, zài jiàn. Elle se traduit littéralement par « au revoir » en Chinois. Mais si vous lisez les deux caractères chinois séparément, ça peut aussi vouloir dire « encore (再) se rencontrer (见) » Alors, pendant que Roland dit au revoir à Sun en apparence, il est en réalité en train de lui dire « on se revoit bientôt » ou « à la prochaine ».

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