Romance RPG : Partie 4

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Romance RPG

Roman originel en Chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Part Four – traduit du chinois vers l’anglais par Raylight[PR!]
Partie Quatre – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Ça ne te regarde pas ! » Lin Jian Yin était si furieux qu’il commença à l’insulter. « Au moins, je suis mieux placé que toi, sale Taike. »

Les yeux de la fille s’agrandirent tandis qu’elle le fixait. « Qu’est-ce que tu as dit ? »

Comme s’il essayait de passer ses nerfs pour tout ce qu’il avait dû endurer aujourd’hui, la langue de vipère de Lin Jian Yin était à son apogée. « Vois la tête horrible que tu as. Même les cheveux de la grand-mère de soixante ans qui vend des boulettes de viande à côté de chez moi ont plus belle allure que les tiens. »

La fille passa frénétiquement ses mains dans ses cheveux, souhaitant se servir de ses doigts pour les peigner jusqu’à les rendre lisses. Cependant, elle les avait à peine peignés à moitié que ses doigts se coincèrent dans un nœud.

« Et ces lunettes fumées noires. Tu te crois en train de faire du jeu de rôle ? Si tu veux te déguiser en Conan, dans ce cas tu devrais au moins porter un complet et un nœud-papillon, pas vrai ? » déclara-t-il d’un ton froid.

La fille retira immédiatement ses lunettes et, en même temps, dissimula la main qui les tenait derrière son dos, comme si ça allait masquer le fait qu’elle était en train de les porter il y a un instant.

Quand elle ne porte pas de lunettes, ses yeux sont en fait très jolis, murmura Lin Jian Yin dans son cœur. Toutefois, avec son tempérament, elle ne passerait pas l’inspection aussi aisément. Il commenta froidement : « Tu crois qu’en les cachant tout ira bien ? Dans ce cas, il y a quelques petites choses que tu dois cacher. Qu’est-ce que c’est que ce pikachu que tu as sur toi ? Tu l’as acheté dans un marché de nuit, trois pour seulement cent yuans1, avec une paire de pantoufles bleues et blanches en complément ? »

Lin Jian Yin semblait avoir mis en plein dans le mille. Le visage de la fille rougit, et elle était si fâchée qu’elle bégaya un peu : « E-et alors ?  Je porte ça seulement quand je suis chez moi. Si je sors, je ne m’habille pas comme ça. »

« Hahaha, peu importe ce que tu portes quand tu sors, juste avec la coiffure que tu as, tout ce que tu mettras reviendra au même ! » Les yeux de Lin Jian Yin se posèrent sur les cheveux de la fille pendant un moment avant qu’il ne secoue la tête, soupirant en détournant le regard. Il fit même exprès de cligner de l’œil de toutes ses forces, comme s’il avait vu quelque chose qui lui avait blessé les yeux.

« Ne dépasse pas les bornes. » La fille affichait une colère pure. Elle criait tellement que ses yeux étaient devenus rouges.

« Je ne fais que dire la vérité. » Lin Jian Yin ne se laissa pas le moins du monde impressionner. Si tu es laide, tu es laide. Il n’allait quand même pas se mettre à tourner autour du pot.

La fille prit quelques profondes inspirations, et cligna des yeux pour réprimer ses larmes. Elle rétorqua froidement : « De toute façon, je suis laide. Peu importe comment je m’habille, je ne deviendrai jamais belle. »

« Tu n’es pas laide, juste paresseuse. » Lin Jian Yin renifla avec son nez. « N’as-tu jamais entendu dire qu’il n’existait aucune femme laide en ce monde, seulement des paresseuses ? Si des femmes affreuses s’habillaient bien, elles obtiendraient quand même six sur dix. »

La fille resta silencieuse pendant un moment. « Si une beauté s’habille mal, elle obtient elle aussi six sur dix. Par contre, quand elle s’habille bien, à ce moment-là elle obtient un dix sur dix. Pour une femme laide, quel que soit la façon dont elle s’habille, elle obtiendrait tout au plus six sur dix. Puisqu’elle n’arrive toujours pas à la cheville d’une beauté, dans ce cas qu’est-ce que ça peut faire combien de point elle obtient ? »

Lin Jian Yin répondit avec hésitation : « Tu ne peux pas dire ça de cette façon… »

« Laisse tomber. Monsieur l’Épée, as-tu l’intention de me dire comment on joue à ce jeu, oui ou non ? » La fille ne semblait plus encline à poursuivre sur ce sujet, alors elle ramena la conversation à la question la plus importante.

Lin Jian Yin se rappela du livret d’instruction, et déclara ensuite directement : « Je dois te marier à quiconque tu souhaiteras épouser, c’est tout. »

« Me marier ? » demanda-t-elle, surprise.

« C’est exact ! » Lin Jian Yin songea impatiemment à ce qu’il devrait d’abord faire tout de suite. « Je sais ! Je vais en premier te donner un nom. »

« Tu vas me donner un nom ? Je ne peux pas choisir mon nom moi-même ? » La fille était un peu soupçonneuse.

Lin Jian Yin l’ignora. Quel genre de jeu aurait pour logique de laisser les personnages choisir leur nom eux-mêmes, évidemment je devrais être celui qui la nomme. Il eut un éclair d’inspiration. « Dans ce cas, je te nomme Ling. » Ce nom était plutôt similaire à son surnom, et signifiait commencer du tout début. Ça ne pourrait pas lui aller mieux.

« Ling ? Quel caractère de Ling ? » s’enquit la fille. Au même moment, elle pensa au fond d’elle-même. Quelle coïncidence ! Dans son nom, elle avait effectivement un caractère pour Ling.

« Évidemment c’est celui de Zéro, comme pour zéro points. » déclara Lin Jian Yin, en ayant l’air immensément fier de lui-même.

Si la fille était originellement d’accord pour utiliser le nom qu’il lui avait donnée, maintenant qu’il l’avait expliqué de cette façon, à savoir Zéro comme dans zéro points… La fille préférerait plutôt mourir que de porter ce nom à présent. Son poing se serrant fermement, la fille protesta fortement : « Je ne veux pas du Ling2 qui veut dire zéro points ! J-Je veux m’appeler Meng3. »

« Meng ? C’est beaucoup trop cliché ! » Lin Jian Yin répliqua impatiemment : « Prends Ling, c’est plus unique. »

« Je ne veux pas me faire traiter de zéro points ! » clarifia mot à mot Meng.

« Tu ne veux pas te faire traiter de zéro points ? Dans ce cas, je vais t’appeler cent points, tu es satisfaite ? » hurla Lin Jian Yin.

« Quoi ?! Comment as-tu dit que tu allais m’appeler ? » Meng était si en colère que son visage en était rouge.

« Cent points, hmph ! » Lin Jian Yin ressentit l’envie irrésistible de faire exprès de la mettre en rogne.

C’était dommage qu’il eût oublié que, à ce moment-là, elle le tenait « au creux de sa main ».  Dans un élan de colère, Meng jeta Lin Jian Yin contre le côté du mur, et un son clair de métal qui s’écrase résonna. Lin Jian Yin avait si mal qu’il grimaça à deux reprises, et était sur le point de recommencer à la maudire.

Deux coups bruyants sur la porte se firent entendre, accompagnés d’une question : « Puis-je demander s’il y a quelqu’un à la maison ? »

La personne et l’épée à l’intérieur furent toutes les deux stupéfaites. Ils venaient juste de réaliser que, à cet instant, ils étaient en fait tous les deux dans une maison. Autour d’eux, il n’y avait que des produits en bois, et même la maison était faite de bois. L’agencement de la maison était plutôt simple. Un unique lit recouvert d’une couette, une table en bois, une chaise en bois, et sur la table il y avait même un grand bouquet. C’était juste que… Étaient-ils vraiment là depuis le début ?

« La scène a-t-elle changé ? Est-ce qu’on était ici il y a un instant ? » Meng avait l’air hébétée.

« Euh jusqu’ici… j’étais trop occupé à te faire la morale, alors je n’ai pas remarqué. »

Lin Jian Yin non plus n’avait aucune idée de l’endroit dans lequel ils se trouvaient jusqu’à maintenant. En entendant cette réponse, Meng ne put s’empêcher de rouler des yeux.

« Puis-je demander s’il y a quelqu’un à la maison ? »

Meng hésita pendant un moment, mais elle marcha tout de même jusqu’à la porte et l’ouvrit en la faisant craquer. Se tenant à l’extérieur, il y avait un jeune homme habillé en domestique. Il pencha poliment la tête en voyant Meng et posa la question : « Puis-je m’enquérir si vous êtes Mademoiselle Cent Points, Hmph ? »

« … » L’esprit de Meng se vida momentanément, avant qu’elle ne demande : « Vous avez dit Mademoiselle quoi ? »

Le jeune domestique répéta encore une fois : « Mademoiselle Cent Points, Hmph. »

Meng eut soudainement la sensation que quelque chose n’allait pas. Elle cria frénétiquement : « Je ne suis pas Mademoiselle Cent Points, Hmph ou quoi que ce soit d’autre. Vous vous êtes trompé d’endroit ! »

La stupeur était écrite sur le visage du domestique, et il recula ensuite d’un pas. Il fixa du regard le côté de la porte, avec doutes, en déclarant : « Mais, c’est bel et bien la résidence de Hmph. »

Meng sortit la tête à l’extérieur de l’entrebâillement de la porte et, en regardant, vit une énorme plaque avec le mot « Hmph » écrit dessus, qui pendait à côté de la porte.

« Hahahaha, qui t’as dit de refuser de porter le nom de Ling ? Maintenant, vois ce que ça a donné… Haha, Mademoiselle “Cent Points, Hmph”, pffttt ! » Lin Jian Yin reposait dans le coin, riant aux éclats. Il était très content de découvrir que le nom de la fille, qui l’avait envoyé faire un vol plané jusque dans le coin, avait été changé pour Cent Points.

Meng rentra la tête à l’intérieur avec un visage sans expression. Puis, d’une voix monotone, elle questionna l’innocent domestique : « Je suis Cent Points, Hmph. Pourquoi voulez-vous me voir ? »

Le préposé sortit un morceau de papier doré de son large sac, puis le mit poliment dans les mains de Meng. « Je suis ici pour livrer votre lettre d’invitation. Le roi au château a invité toutes les femmes âgées de dix-huit à vingt-cinq ans à assister au bal qui a été arrangé spécialement pour le prince. La date, l’heure, et une carte du château se trouvent toutes à l’intérieur de l’invitation. »

« Compris. » Meng saisit l’invitation, puis lui ferma impitoyablement la porte au nez.

Lin Jian Yin était toujours en train de rigoler à ce stade, complètement inconscient du désastre qui allait bientôt s’abattre sur lui. Meng se retourna, affichant un sourire léger. Seulement, pour une raison quelconque, ce faible sourire semblait cacher en son sein quelque chose de sombre. Il avait même l’air plus effrayant qu’un froncement de sourcil ou un regard noir.

« Puisque tu m’as déjà donné un nom, dans ce cas je devrais aussi aider ma mignonne petite épée en lui donnant un nom apte à frapper l’imagination, pas vrai ? » Meng avança pas à pas en direction de Lin Jian Yin, qui était dans le coin.

« Puisque je ne suis pas une épée précieuse, on ne devrait pas avoir besoin de me donner un nom, n’est-ce pas ? » Lin Jian Yin se sentit soudainement mal à l’aise. Il n’avait pas le moins du monde songé que la fille qu’il avait nommée Cent Points, Hmph lui donnerait un beau nom.

« Ne t’inquiète pas, je vais te donner le plus superbe des noms. »

Meng se plaça droit devant lui, un sourire particulièrement radieux sur les lèvres. Son sourire était si éclatant que c’en était effrayant. Lin Jian Yin ne put s’empêcher de gigoter un peu, désirant échapper à ce sourire terrifiant. Cependant, il savait lui aussi qu’il ne pourrait pas échapper à celui-là, et ne put que demander en tremblant : « T-tu, quel nom est-ce que tu vas me donner ? »

 

Notes de bas de page

1 « Cent yuans » : C’est en argent taïwanais. Ça équivaut encore à 3,40 en dollars des États-Unis.

2 « Lin, Ling, et Ling » : Le Lin dans le nom de Lin Jian Yin est 林, qui veut dire « forêt ». Le Ling dans le nom de la fille est 靈, qui signifie « esprit/spirituel ». C’est ainsi que la fille pensait que Jian allait la nommer. Le Ling qu’il voulait lui donner comme nom est 零, qui a pour signification « zéro ». Ils sont tous écrits dans des caractères différents, mais les deux derniers se prononcent exactement de la même façon.

3 « Meng » : 夢 signifie « rêve ».

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