La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle #9 : Ma chère poupée vaudou

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par : Yu Wo 


Side Story #9: Beloved Vaudou Doll – traduit du chinois vers l’anglais par Raylight[PR!]
Histoire parallèle #9 : Ma chère poupée vaudou – traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ Travail de vérification par AkaiiRia

Légèrement anxieux, Elmairy examina la personne qui se tenait devant lui. Cette personne était complètement vêtue de noir. Même si le jeune homme ne portait pas ses robes noires habituelles et qu’il arborait simplement des habits ordinaires lui offrant une plus grande liberté de mouvement, celui-ci parvenait quand même à paraître intimidant, et ce en dépit du fait qu’il n’était pas réellement en colère.

Lesus semblait aussi solennel que le racontaient les rumeurs. Nous avons tous environ seize ans. Comment peut-il avoir l’air aussi imposant ?

Malgré y avoir réfléchi plus d’une centaine de fois, Elmairy n’arrivait toujours pas à trouver la réponse à cette question. En même temps, son compagnon l’effrayait légèrement.

En fait, il appartenait normalement à une faction différente de celle de Lesus et, en théorie, il n’aurait normalement pas dû y avoir de chance qu’ils accomplissent la moindre mission ensemble. Et donc, le fait de devoir cette fois-ci partir en mission avec Lesus le rendait extrêmement nerveux.

Cette mission requérait la collaboration de quelqu’un de doué dans l’utilisation de la lumière sacrée. Cependant, toutes les autres personnes du groupe d’Elmairy étaient occupées par d’autres affaires, ou ne voulaient pas y aller. Par conséquent, il ne lui était pas resté d’autre choix que de participer à l’excursion.

La voix distinctive de Lesus retentit : « Elmairy, est-ce que tu sens une quelconque présence de l’élément des ténèbres devant nous ? »

Elmairy se concentra sur ses perceptions extrasensorielles pendant un moment, puis secoua la tête : « Non. Mais, c’est parce que la distance est trop importante. S’il n’y a pas une large quantité de l’élément des ténèbres, je ne pourrai pas percevoir l’élément. Grisia est meilleur que moi dans ce domaine. »

Observant la maison lugubre qui se dressait devant lui, ainsi que son terrain vaste et sa grande cour abritée par des murs, Lesus conclut également que la distance était relativement grande. Il secoua la tête et dit : « Grisia est en effet très fort dans ce domaine. C’est bien dommage qu’il soit allé au palais avec le Chevalier du Soleil aujourd’hui. »

Elmairy continua de fixer Lesus du regard même lorsque celui-ci se tût. Le cœur de ce dernier vacilla, et il s’empressa d’ajouter de sa voix grave : « Mais, même s’il n’avait pas quitté le Temple Sacré, je ne serais jamais parti en mission avec l’Apprenti-Chevalier du Soleil ! »

Elmairy tressaillit et, d’une petite voix, il tenta d’expliquer : « Grisia est quelqu’un avec lequel il est facile de s’entendre. »

Lesus répliqua froidement : « Que ce soit le cas ou non m’importe peu. Ses compétences à l’épée sont plus que médiocres, et il force les autres à effectuer son travail à sa place. Si je devais partir en mission avec lui, j’ai bien peur d’être obligé de la compléter seul. »

« … »

Même s’il aurait aimé défendre l’honneur du futur chef de la « bonne faction au grand cœur », Elmairy ne parvint pas à trouver la moindre répartie. Les mots de Lesus avaient tapé dans le mille ! Il ne put s’empêcher de laisser échapper ses propres soupçons : « Il semblerait que tu connaisses bien les mauvaises habitudes de Grisia. Se pourrait-il que vous soyez proches tous les deux ? »

Le cœur de Lesus reçut encore une fois un choc, mais son visage demeura impassible. Après avoir affiché une expression insatisfaite, il renifla avec mépris et déclara : « Pourquoi serais-je proche de l’Apprenti-Chevalier du Soleil ? Il sera un jour aux commandes du Temple Sacré. Tout le monde observe ses moindres faits et gestes. Il n’est pas difficile de voir comment il se conduit. »

Elmairy réalisa soudainement quelque chose. C’est terrible ! Il semblerait que la mauvaise réputation des compétences à l’épée de Grisia ainsi que sa vilaine habitude de refiler son travail aux autres aient déjà atteint le Tribunal !

Lesus tourna la tête et ordonna aux cinq chevaliers sacrés qui se tenaient derrière lui : « Vous deux, allez à la porte de derrière et attendez mes instructions. Quant à vous, frappez à la porte et appelez le propriétaire trois fois. Si vous n’obtenez toujours pas de réponses après trois fois, enfoncez immédiatement la porte et entrez, puis commencez la fouille. »

« Bien reçu ! »

Elmairy était extrêmement impressionné par le sang-froid dont Lesus faisait preuve alors qu’il donnait ses ordres. Même si tout le monde savait qu’ils étaient les futurs Douze Chevaliers Sacrés, l’emphase était sur le mot « futur ». Il était inutile de mentionner le fait qu’ils étaient encore très jeunes. Par conséquent, les douze apprentis-chevaliers ne détenaient en réalité aucune autorité. La plupart d’entre eux auraient hésité et employé un ton moins impérieux en donnant des ordres à un groupe de chevaliers sacrés de plusieurs années leurs aînés. Toutefois, cela ne semblait pas le moins du monde déranger Lesus.

Aucun des chevaliers se faisant commander par un adolescent n’afficha le moindre signe de mécontentement ou de gêne sur leur visage. Ils révéraient Lesus, et Elmairy pouvait le constater juste à leur expression.

Lesus est vraiment incroyable. Toutefois, si c’était possible, Elmairy préfèrerait ne pas avoir à partir en mission avec lui, car la sensation d’oppression qui émanait de Lesus était tout simplement trop imposante. Se tenir à côté de Grisia est bien plus relaxant.

Lesus donna son dernier ordre. « Elmairy, tu restes derrière moi et tu couvres tout le monde. »

Ce n’est sûrement qu’une erreur de perception de ma part ? En entendant les paroles de Lesus, Elmairy réalisa brusquement que Grisia faisait toujours en sorte de refiler son travail aux autres. Par exemple, dans une situation telle que celle-ci, il n’y avait aucun doute qu’il ordonnerait aux chevaliers de s’approcher de l’ennemi tandis qu’il resterait à l’arrière pour apprécier la brise. Cependant, la tendance de Lesus à être extrêmement consciencieux était connue de tous, et il ne refilerait probablement jamais son travail aux autres.

Se tenir aux côtés de Grisia n’est finalement pas du tout relaxant non plus !

« Elmairy ! » Lesus avait avancé de plusieurs pas, lorsqu’il réalisa que la personne derrière lui ne l’avait pas suivi. Il cria : « Qu’est-ce que tu as à rêvasser comme ça ? Dépêche-toi de me suivre ! Et, sors ton arme par précaution ! »

« Oui, oui ! » Elmairy sursauta. Puis, il s’empressa de dégainer son arc qu’il portait sur son dos, prit une flèche et l’encocha.

Le chevalier sacré qui était plus loin devant eux appela trois fois le propriétaire. Sa voix était si forte que même les voisins apparurent aux fenêtres pour voir d’où venait tout ce chahut, mais aucune réponse ne parvint de la maison en question.

Elmairy était un brin nerveux. D’après le témoignage, quelqu’un employait la magie élémentaire des ténèbres ici. Et pire encore, cette magie servait à blesser les autres.

Bang !

La porte fut finalement enfoncée d’un coup de pied, et le groupe entra rapidement dans la maison. Ils fouillèrent les pièces les unes après les autres, ne laissant aucun indice leur échapper.

Même si la maison était loin d’être petite, il ne s’agissait pas non plus d’un manoir. Aussi, en quelques minutes à peine, en eurent-ils fait le tour plusieurs fois. Un chevalier sacré fit son rapport à Lesus : « Il n’y a personne à l’intérieur. »

Lesus fronça les sourcils et se tourna pour demander : « Elmairy, est-ce que tu ressens la présence de l’élément des ténèbres ? »

Elmairy secoua la tête.

Après que Lesus eut reçu sa réponse, son froncement de sourcils s’accentua.

« Peut-être que c’était une fausse alarme. » Elmairy tenta de trouver un raisonnement : « Le public à peu de connaissances concernant l’élément des ténèbres, et parfois, quand ils voient des évènements inhabituels, ils croient que quelqu’un utilise la magie noire. »

Lesus pensait également qu’il y avait de fortes probabilités pour que ce fût ce qu’il s’était passé, mais il préférait être plus prudent. Il s’adressa à tout le groupe : « Retournez enquêter une dernière fois. Si nous ne trouvons rien d’anormal, alors nous partirons… »

Je vais te tuer ! Meurs, espèce de sale mari infidèle !

Stupéfait, Elmairy s’écria : « Lesus, cette voix… »

Après s’être exclamé « On y va », Lesus se mit à courir. Elmairy et les autres chevaliers sacrés ne purent que se lancer à sa poursuite.

Ils débouchèrent au milieu d’une court. Elle n’était pas très grande, et il ne leur fallut qu’un instant pour réaliser que quelqu’un se tenait dans le bosquet, un immense arbre cachant la majeure partie de sa silhouette. Ils pouvaient entendre le flot sans fin de malédictions que la personne récitait, et ils pouvaient voir ses cheveux en bataille. D’autre part, les malédictions étaient accompagnées par un bruit de frappement, et la source de ce son était impossible à identifier.

En entendant les vicieuses malédictions qui s’échappaient de la bouche de cette personne, le dos d’Elmairy se couvrit de sueur froide. Néanmoins, Lesus n’hésita pas un instant et s’avança vivement en hurlant : « Posez votre arme à terre ! »

Après ce cri explosif, il put enfin voir clairement le visage de cette personne, mais cela le rendit temporairement stupéfait, parce qu’il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il devait faire.

« Lesus ? » Voyant que quelque chose clochait, Elmairy se précipita vers lui, mais il se figea également sur place, pétrifié.

Cette personne est… une femme ?

Qui plus est, c’était une femme extrêmement terrifiée. Même si ses cheveux étaient en bataille et que ses vêtements étaient en désordre, quand elle retrouva ses esprits et aperçut Lesus et les autres, elle devint si effrayée qu’elle ne pouvait même plus se tenir debout sans trembler. Elle laissa même tomber sur le sol l’objet qu’elle tenait dans les mains… Il s’agissait d’un marteau.

La femme recula de quelques pas et s’appuya contre l’arbre. À côté d’elle, une poupée faite de paille était clouée à l’arbre par de nombreux clous plantés de façon désordonnée.

« Vous… Vous… Mais, qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? » s’écria-t-elle, horrifiée.

Sur un ton grave, Lesus déclara : « Nous sommes les chevaliers sacrés de l’Église du Dieu de la Lumière, et nous avons reçu un témoignage affirmant que quelqu’un utilisait la magie noire pour faire du mal à autrui. »

« La… La magie noire ? » La terreur de la femme amplifia au point qu’elle ne parvenait même plus à parler correctement. « Je ne faisais que… que… »

« Emmenez-la pour le moment. Souvenez-vous de ne pas baisser votre garde », ordonna Lesus aux chevaliers sacrés à ses côtés.

« Compris ! »

Elmairy pensait sincèrement que cette femme n’avait pas l’air de quelqu’un pratiquant la magie noire. L’élément des ténèbres n’était pas un élément facile à maîtriser. Si elle savait réellement comment lancer des sortilèges en employant l’élément des ténèbres, elle serait une nécromancienne relativement puissante et n’aurait pas affiché une expression aussi désemparée.

« Regarde s’il y a des traces de magie noire. » Lesus se pencha pour ramasser le marteau, puis le plaça dans les mains d’Elmairy en lui disant : « Même si je ne crois pas qu’il y ait de lien avec la magie noire, ma capacité à employer la lumière sacrée n’est pas assez forte. Peux-tu vérifier pour moi ? »

Après qu’Elmairy eut reçu le marteau, il le retourna pour l’examiner sous tous les angles. Ensuite, il secoua la tête et dit : « C’est juste un marteau normal. La concentration d’élément des ténèbres à l’intérieur n’est pas élevée. »

« N’est pas élevée ? Tu veux dire qu’il y en a ? » demanda Lesus.

En entendant sa question, Elmairy s’empressa de lui expliquer : « Tu as mal compris ce que je voulais dire. La composition de tous les objets est extrêmement compliquée, et ils sont pour la plupart constitués d’un mélange de différents éléments. Même si j’ai appris à ressentir la présence de l’élément des ténèbres, je suis incapable de déterminer si cet objet en possède ou non. Je peux seulement te dire que la quantité d’éléments des ténèbres à l’intérieur est normale. »

« Je vois. » Lesus hocha la tête et marmonna pendant un moment. Puis, il dit : « Essaie d’imiter les actions de la femme et de frapper la poupée de paille avec le marteau. Vois si tu ressens la présence de l’élément des ténèbres lorsque tu le fais. »

« Euh… D’accord. »

Même si Elmairy avait l’impression que c’était une requête un peu étrange et n’avait pas vraiment envie de le faire, il ne réussit malheusement pas à trouver une excuse pour refuser. Sans parler du fait que celui qui lui faisait cette demande était Lesus ! Ce n’est pas grave, je doute qu’il existe un seul chevalier sacré qui aurait le cran de lui dire « non » !

En fait, ce n’est pas tout à fait vrai, parce qu’il y avait au moins Grisia pour oser s’opposer à lui.

Elmairy s’approcha de l’arbre et fixa la poupée de paille du regard. N’ayant pas d’autres alternatives, il leva le marteau et frappa la poupée une fois. Puis, il se tourna vers Lesus. Ce dernier fronça un peu les sourcils et ordonna : « Continue. »

Elmairy ne put que lever à nouveau le marteau et l’abattre sur la poupée encore et encore. Plus il la frappait, plus il y mettait de la force, et plus il devenait absorbé dans cette tâche au point d’avoir oublié ce qu’il devait faire à l’origine…

« … Elmairy ! »

Elmairy reprit brusquement ses esprits et tourna la tête pour regarder autour de lui avec une expression de perplexité, tandis qu’il demandait : « Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Cela suffit. » Lesus regarda Elmairy et, avec un brin de suspicion, il le questionna : « Est-ce que tout va bien ? »

Complètement confus, Elmairy répondit : « Oui, je vais bien. »

Après avoir observé Elmairy et confirmé qu’il était bel et bien de nouveau normal, Lesus s’enquit : « Est-ce que tu sens la moindre trace de l’élément des ténèbres ? »

« Non, absolument aucune. »

« Ah bon ? » Lesus réfléchit pendant un moment. L’expression envoûtée qu’Elmairy avait montrée juste avant l’inquiétait. Après avoir soigneusement considéré la question, il prit une décision. « Par précaution, je pense que tu devrais remettre le marteau et la poupée de paille à l’Apprenti-Chevalier du Soleil pour qu’il les examine. »

« Très bien. »

 

 

Après avoir frappé à la porte de Grisia, Elmairy attendit patiemment. C’était parce que, chaque fois qu’il frappait à la porte, huit fois sur dix Grisia était lent à répondre.

Elmairy entendit une variété de sons s’élever de l’autre côté de la porte. Le bruit perçant de quelque chose qui tombait, le son de l’eau qui coulait… Occasionnellement, il entendait même une voix jurer en disant « Bordel, c’est forcément une malédiction », mais Elmairy prétendit n’avoir rien entendu.

Il se remémora la fois où il avait inutilement demandé à Grisia : « Que faisais-tu ? » Immédiatement, Grisia lui avait flanqué une pile de documents entre les mains, pile qui mesurait au moins un demi-mètre de haut. Je me demande combien de temps il a mis pour accumuler autant de documents…

Lorsque la porte s’ouvrit, un adolescent aux cheveux blonds sortit de la chambre. Son sourire était incomparablement radieux, bien que ses cheveux et ses vêtements fussent encore un peu humides.

Était-il en train de prendre un bain ? Elmairy se sentit un peu désolé pour lui.

Grisia se lança dans son interminable questionnement : « Mon cher frère Leaf, sont-ce les murmures du Dieu de la Lumière, ou bien peut-être le sentiment que des frères devraient communiquer plus souvent l’un avec l’autre, qui t’ont poussé à venir frapper à ma porte… ? »

Afin de l’empêcher de continuer, Elmairy sortit immédiatement le marteau et la poupée de paille en lui expliquant : « Lesus m’a demandé de te montrer ceci. »

Grisia pencha la tête pour examiner les deux objets, son sourire radieux se crispant pendant l’espace d’une seconde. Perplexe, il demanda : « Qu’est-ce que mon frère Lesus souhaite que je découvre ? »

« Il veut savoir si tu perçois la moindre trace de magie noire en eux. » Elmairy lui narra brièvement, mais fidèlement, ce qu’il s’était passé. « Un citoyen nous a rapporté que quelqu’un près de sa maison utilisait la magie noire pour blesser les autres, donc Lesus et moi sommes allés enquêter… »

Après avoir entendu toute l’histoire, Grisia baissa la tête pour examiner le marteau et la poupée de paille une fois de plus, puis il fit signe à Elmairy d’entrer dans sa chambre.

Elmairy en fut un peu surpris, mais suivit tout de même Grisia.

« Il n’y a pas le moindre signe de magie noire ! »

Contre toute attente, Grisia annonça sa conclusion juste après avoir fermé la porte. Sans parler du fait que son ton n’était pas du tout « élégant ». Elmairy n’en fut pas particulièrement surpris. Les Douze Chevaliers Sacrés savaient que le degré d’élégance de Grisia changeait en fonction du nombre de personnes qui l’entouraient. Donc, plus le nombre diminuait, plus son élégance disparaissait également.

« En es-tu sûr ? » Elmairy était légèrement incertain, aussi il se mit immédiatement à décrire la situation à laquelle il avait été confronté précédemment. « Pourtant, la vision de cette femme tandis qu’elle frappait la poupée de paille était vraiment effrayante ! C’était presque comme si elle était possédée ! »

« Elle ne faisait qu’évacuer ses émotions négatives. » Grisia secoua la tête et dit : « Si frapper une poupée vaudou était de la magie noire, alors lancer des sortilèges serait bien trop facile. »

Elmairy pensait également cela, mais il ne comprenait pas l’autre phrase de Grisia. « En quoi est-ce que frapper une poupée vaudou aide à se défouler de ses émotions ? »

Grisia sourit et expliqua : « Ce n’est pas frapper la poupée vaudou qui t’aide, c’est frapper la personne qui t’a mis en colère qui t’aide à te défouler ! Tu imagines que la poupée vaudou est ton pire ennemi, tu enfournes même ses ongles ou ses cheveux à l’intérieur, puis tu le poignardes sans pitié avec un clou ! »

Les yeux d’Elmairy s’écarquillèrent, et il s’exclama : « Ça n’a pas l’air très sain tout ça ! »

« Qu’y a-t-il de si mal à faire ça ? » Grisia haussa les épaules en ajoutant : « C’est mieux qu’elle frappe la poupée vaudou plutôt que de réellement tuer son mari en le poignardant avec un couteau, tu ne crois pas ? »

Hum ? Quand tu présentes les choses sous cet angle, ça semble vraiment logique ! Elmairy contempla la poupée vaudou qu’il tenait dans ses mains et se rappela ce qu’il avait ressenti quand il avait suivi les instructions de Lesus et avait abattu le marteau sur celle-ci… Non ! Il en est hors de question, je ne peux pas me permettre de me laisser aller à un tel comportement excentrique !

« Oh, au fait, Fraisary… » commença soudainement Grisia.

« Mon nom est Elmairy… Laisse tomber. Que voulais-tu me dire ? »

« Tends tes deux mains. »

Elmairy fit ce qui lui était demandé et tendit les deux mains. À cet instant, une pile de documents, de près d’un demi-mètre de haut, lui fut flanquée entre les mains.

 

 

Grisia était actuellement à la recherche d’Elmairy, parce que la date de remise des documents était dépassée, et son maître lui cassait les pieds sans arrêt. Il n’avait pas d’autre choix que d’aller vérifier si Elmairy avait bientôt fini. Même s’il y a plus de chance pour que ce ne soit pas le cas, considérant le fait que cette pile de documents était aussi haute qu’une montagne…

S’il n’avait réellement pas terminé, Grisia serait obligé de se joindre à lui et de corriger la paperasse. Celui-ci se sentit un peu déprimé à cette idée, car ce qu’il détestait le plus était de s’occuper des documents. Pour corriger un document, il devait écrire les quatre mots « Dieu de la Lumière » au moins une vingtaine de fois. Ça revient à recevoir des lignes à copier en punition !

J’espère que Fraisary a déjà terminé. Grisia ouvrit la porte de la chambre d’Elmairy, puis, voyant une scène choquante se dérouler devant lui, il se figea sur place.

Elmairy leva le marteau et l’abattit avec force sur la poupée vaudou clouée au mur encore et encore. Il se mit même à hurler : « Sois maudit ! Tu me refiles sans cesse ton boulot ! J’arrive rarement à tout finir à temps et je suis obligé de passer des nuits blanches à travailler ! Tout ça parce que tout le monde sait que le Chevalier de la Forêt est incapable de refuser de rendre service à quelqu’un. Ce trait de personnalité est vraiment horrible ! Hein… Grisia ? »

Après avoir lancé des injures pendant un moment, Elmairy aperçut enfin Grisia qui se tenait devant la porte. Il en fut immédiatement horrifié.

« T-Tu… Qu’est-ce que tu fais là ? » Son visage était devenu blanc comme un drap. En tant qu’Apprenti-Chevalier Sacré, il était allé jusqu’à poser un geste aussi inapproprié que de frapper une poupée vaudou en maudissant une personne. Pire encore, cette personne l’avait pris en flagrant délit ! Est-ce que les gens interpréteront mal mes actions comme pour cette femme et croiront que je m’adonne à la sorcellerie ? Dans ce cas, mon maître sera forcé de me trouver un remplaçant… Et je risque également de finir sur le bûcher !

Grisia eut soudainement un très mauvais pressentiment. Si je dis que je l’ai surpris en train de frapper une poupée vaudou en me maudissant, est-ce qu’il va m’enfoncer un clou dans le corps à la place ?

Bien qu’Elmairy fût habituellement très facile à harceler, son intuition lui disait de ne jamais mentionner le fait qu’il l’avait vu frapper une poupée vaudou dans sa chambre, sinon il se pourrait qu’il ne vivat pas assez longtemps pour être promu Chevalier du Soleil.

« Je… Je vois… Je vois que la chambre de mon frère Elmairy est très propre ! »

Elmairy resta stupéfait. Grisia n’a pas l’intention de me dénoncer… ? Attends, comment est-ce qu’il vient de m’appeler ? À quand remonte la dernière fois qu’il a prononcé mon nom correctement ?

Agité, Grisia enchaîna : « Je suis juste venu récupérer les documents, et je t’assure n’avoir rien vu du tout. Aussi, je jure que, après avoir quitté cet endroit, je ne me souviendrai d’absolument rien ! »

Voyant que Grisia ne semblait vraiment pas avoir l’intention de le dénoncer, Elmairy expliqua alors timidement : « Je… Je ne faisais que tester si je pouvais réellement défouler mes émotions négatives avec cette méthode. J’ai découvert que c’était plutôt efficace, d-donc je… »

« Ahem ! »  Grisia se racla la gorge et dit : « Je suis juste venu récupérer les documents, et je n’ai rien vu. Par conséquent, tu n’as pas besoin de te justifier, dis-moi juste si tu as fini de t’occuper de la paperasse. »

Elmairy acquiesça d’un signe de tête, avança vers son bureau et ramassa une pile de documents. Il s’approcha de Grisia et s’apprêtait à les lui remettre, lorsqu’il s’immobilisa soudainement.

Juste au moment où Grisia envisageait de lui dérober les documents et s’enfuir, Elmairy lui demanda brusquement : « Grisia, peux-tu me donner une mèche de tes cheveux blonds ? »

« … D’accord. »

Grisia arracha une mèche de ses propres cheveux et la tendit à Elmairy d’une main, tandis que l’autre prenait les documents. Quand il ferma la porte derrière lui, il tenta de s’autohypnotiser en marmonnant : « C’est quelque chose qui me retombe dessus par ma propre faute. J’ai appris à Fraisary comment passer ses nerfs en plantant des clous dans une poupée vaudou, et je lui ai même dit d’y mettre des ongles et des cheveux… Non, non, non ! Je n’ai pas vu Fraisary poignarder des poupées vaudou… Je ne m’en souviens pas. Je ne me souviens de rien. Je ne me le rappellerai jamais… Plus tard, je ferais mieux d’aller boire un coup avec mon maître, jusqu’à ce que je sois complètement ivre, et ensuite je ferai comme si tout cela n’était qu’un rêve ! Ouais, c’est exactement ce que je vais faire ça ! »

Elmairy sourit en entendant ces marmonnements. Même s’il tenait toujours le marteau dans sa main, il n’éprouvait plus du tout l’envie de frapper la poupée vaudou.

Il la décloua du mur et fourra les cheveux blonds à l’intérieur. Après, Elmairy sourit à nouveau et déclara : « À partir de maintenant, je ferai appel à vous deux pour évacuer ma colère ! Ma chère poupée vaudou… Et Grisia. »

 

Mise à jour : Août 2021

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Chapitres de août
  1. La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 9 – Ma chère poupée vaudou
  2. 1/2 Prince T6C3 : La Bête Mythique

Bonjour à toutes et à tous !

J’espère que vous passez un bel été jusqu’à présent et que vous en profitez pour faire des activités relaxantes et amusantes.

En parlant d’activités relaxantes et amusantes, deux chapitres seront publiés ce mois-ci dans les séries La Légende du Chevalier du Soleil et 1/2 Prince.

Bonne lecture !

La Reine Guerrière TP2C2 : Numéro 2 – Divergence

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La Reine Guerrière Prologue Tome 2 – 12 est le nombre

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


Chapter 2: Number, 2, Divergence – Traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 2 : Numéro 2 – Divergence – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta

Au moment de réserver des chambres à l’auberge, Carol avait à l’origine eu l’intention de demander deux chambres. Cependant, elle ne s’était pas attendue à ce que sa bourse fût presque vide, ce qui signifiait qu’ils n’auraient plus d’argent pour le repas si elle prenait deux chambres.

Carol hésita un moment, mais ce n’était pas parce que cela la dérangeait d’avoir deux personnes de sexes opposés dormant dans la même chambre. Ils avaient techniquement dormi dans la même tente pendant un mois. C’était juste que Silvie était simplement trop bruyant. Dormir dans des chambres séparées la nuit aurait été le seul moyen d’éviter d’avoir à l’entendre.

« Une chambre sera suffisante. » À contrecœur, elle finit par commander une seule chambre. Finalement, cette nuit ne sera pas très reposante…

Elle se détourna et retourna à leur table, mais en voyant Silvie jeter des regards excités tout autour de lui, sa bouche déjà ouverte pour parler, Carol n’avait qu’une seule impression. Il est grand temps que nous commencions à prendre des missions pour gagner de l’argent.

« Carol ! Nous ne sommes pas entrés dans une ville depuis presque un mois ! Pourquoi as-tu soudainement voulu venir ici ? » lui demanda Silvie, tout excité. « Allons-nous partir à la recherche de malandrins, les capturer, et les faire renoncer au mal pour revenir sur le droit chemin ? Comme la dernière fois avec le gouverneur ?! »

Renoncer au mal pour revenir sur le droit chemin ? Carol jeta un regard à Silvie et lui répondit avec indifférence : « Je ne traque pas les personnes malfaisantes ou autres. C’est juste que d’innombrables soldats ont donné leur vie pour protéger ce pays. Alors, quand je remarque des zones de corruption, je ne peux pas m’empêcher d’agir pour mettre ces gens hors d’état de nuire. De plus, c’est “se débarrasser du mal”, pas pardonner aux gens le mal qu’ils ont causé ou les faire revenir dans le droit chemin ! »

Silvie eut l’air estomaqué en l’entendant. « S’en débarrasser ? Tu veux dire… les tuer ? M-Mais, certaines personnes ne sont pas si mauvaises. Et, tant que tu prends le temps de les sermonner et de les raisonner correctement, il y a toujours une chance qu’ils se repentent et deviennent de meilleures personnes ! »

Carol rit froidement et répliqua : « Tu veux dire comme le gouverneur qui vendait des esclaves en privé ? Une fois que l’opération s’est écroulée et a été dévoilée, il était même préparé à tuer une personne possédant un insigne de la rose pour empêcher que son secret ne soit révélé. Ne me dis pas que tu penses vraiment qu’il aurait pu changer pour devenir une meilleure personne ? »

« Il aurait pu ! » De manière surprenante, Sylvie répondit comme si c’était évident. « Il croyait qu’il allait être envoyé à la mort ! Pour survivre, voilà pourquoi il aurait pu changer ! »

« Ce n’est pas “croyait”. Dès l’instant où le fait qu’il vendait des esclaves hors des canaux officiels a été exposé, sa mort est devenue une certitude. »

« Quoi ? » Les yeux de Sylvie s’agrandirent, et celui-ci s’exclama : « Il va être condamné à mort ? »

« Condamné à la potence, oui, c’est la peine dont il écopera », fut la réponse tranchante de Carol.

Les yeux de Sylvie s’écarquillèrent encore plus, et il tremblait tandis qu’il répliquait : « Pourquoi doit-il mourir ? Il pourrait devenir une meilleure personne si on lui on donne la chance… S’il est exécuté, il n’aura aucune chance de faire amende honorable. »

« Ce ne sont que des suppositions. Afin de préserver cette “chance”, combien devra-t-il y avoir de morts avant que les autorités réagissent ? » rétorqua froidement Carol. « Sans une punition suffisamment dure, comment empêcher le reste des gens de vendre des esclaves illégalement ? Si le crime de la vente illégale se répand, combien de gens en souffriront d’après toi ? Tu as bien failli en être victime toi aussi, non ? Si je n’avais pas été là, tu porterais déjà la marque des esclaves ! »

Sylvie murmura d’une toute petite voix : « Mais, même si quelqu’un est vendu comme esclave, au moins il est toujours en vie, n’est-ce pas ? Tant que nous sommes vivants, il y a de l’espoir. »

Carol fronça les sourcils, mais ne rajouta rien de plus. Elle répondit sur un ton indifférent : « Va commander à manger ! Il ne me reste pas beaucoup d’argent, alors tu n’es pas autorisé à commander du vin. »

En entendant cette interdiction, Sylvie ne put simplement pas l’accepter et commença à protester : « Je ne suis pas un ivrogne ! Je bois rarement ! »

Carol ne le croyait qu’à moitié. « La dernière fois, n’as-tu pas joyeusement commandé du vin valant un ducat d’argent ? »

« C’est parce que je n’avais pas bu depuis longtemps ! » s’empressa d’expliquer Sylvie. « La dernière fois que j’ai bu était après avoir enterré maître LL ! »

Lorsqu’il eut fini de parler, il vit le visage de Carol s’assombrir et réalisa immédiatement qu’il avait commis une erreur en parlant de son maître.

Le nom complet de LL était Louis Lorenzo, et il avait eu en sa possession l’insigne à la rose blanche qui lui avait été personnellement remis par le Saint Roi. En tant que barde impérial, il avait accompagné Carol et était également le maître de Sylvie. Néanmoins, il était mort d’une maladie il y a deux ans. Carol l’avait appris seulement un mois auparavant et n’avait donc pas pu lui faire ses adieux.

Pour cette raison, Carol broyait encore du noir à ce sujet, surtout à cause de la façon dont ils s’étaient séparés. Plusieurs malentendus avaient traîné entre LL et Carol, les laissant tous les deux avec un sentiment de mal-être. Il s’agissait à présent d’un désaccord qu’elle ne serait jamais en mesure de régler.

À cet instant, un serveur arriva et demanda énergiquement : « Que souhaitez-vous commander ? »

« Deux assiettes de ragouts de bœuf, du pain, deux bols de soupe et deux bouteilles de vin de vigne ! » répondit Carol sans hésitation.

« Et une coupe de lait ! » ajouta précipitamment Sylvie, avant de finalement réaliser ce que Carol avait commandé. Il cilla, ne comprenant pas ses actions tandis qu’il la questionnait : « N’avais-tu pas dit que nous n’étions pas autorisés à commander du vin ? »

Carol répondit froidement : « J’ai dit que tu n’étais pas autorisé à commander du vin, pas que je ne pouvais pas en commander moi-même ! »

Sylvie resta muet. Bien qu’il eût gagné la moitié de leur argent en chantant, il n’osa pas répliquer. Comment avait-il pu demander quelque chose d’aussi insolent de toute façon ?

Les plats arrivèrent. L’odeur du bœuf fit sortir Ohmondieu de sa cachette. Sylvie coupa un morceau de bœuf en tout petits morceaux qu’il déposa avec le lait dans une soucoupe pour qu’Ohmondieu pût avaler la nourriture avec sa minuscule bouche.

Élever un glob carnivore était quelque chose de très coûteux. Heureusement, Ohmondieu n’avait pas un très grand appétit. Un morceau de viande et une tasse de lait pouvaient le satisfaire pendant deux ou trois jours.

De l’autre côté de la table, Carole attrapa une bouteille de vin d’une main et commença à se servir un verre.

À l’origine, Sylvie pensait que Carol allait boire tout le vin et ne lui laisserait pas une seule goutte. Il ne s’imaginait pas qu’elle pousserait vers lui le premier verre qu’elle avait servi en lui disant : « Bois ! »

Sylvie reçut le verre de vin en souriant avant de s’enquérir : « Il y a aussi une portion pour moi ? »

« Il est désagréable de boire seule. » Carol se servit aussi un verre de vin qu’elle avala cul sec.

Face à la vivacité de Carol, Sylvie buvait à petites gorgées. Un verre de vin qu’on aurait peiné à qualifier de grand lui prit cinq ou six gorgées à finir.

Carol jeta un regard à Sylvie. Bien que le visage de ce dernier eût rougi amplement, il ne semblait pas réagir bizarrement ou avoir les manières d’une personne ivre. Elle lui versa immédiatement un autre verre.

Les yeux de Sylvie s’élargirent, et celui-ci mangea rapidement un peu pour remplir son estomac avant d’oser continuer à boire. Qui aurait pu savoir que Carol lui servirait un troisième verre… Cependant, à ce moment précis, elle avait déjà descendu une bouteille entière.

« Il ne faut pas ! » Sylvie agita les mains, déclinant un verre supplémentaire. « Je ne peux boire que deux verres et absolument jamais un troisième ! »

« Tu ne peux boire que deux verres ? » Carol semblait un peu agacée en répliquant : « Pourquoi suis-tu une règle aussi stupide ? Est-ce que c’est LL qui te l’a interdit ? Maintenant qu’il est mort trop tôt, cesse d’être agaçant et bois ! »

Tenant le verre entre ses deux mains, Sylvie fit grise mine. Néanmoins, voyant que le visage de Carol s’était déjà assombri, il n’osa pas refuser de boire. Après un moment d’hésitation, il serra les dents, puis releva la tête et cala son verre en entier.

« C’est rafraîchissant de voir que tu commences à devenir un homme ! » Carol se servit un autre verre, puis leva la tête et l’avala d’un trait. Après avoir terminé son verre, elle s’aperçut que Sylvie avait toujours la tête levée et qu’il ne bougeait pas.

Constatant cette situation, elle leva un sourcil… Avec un « Bang », Sylvie s’effondra tête première sur la table.

Carol resta figée un moment et, voyant que l’autre ne bougeait toujours pas d’un pouce, elle l’appela : « Sylvie ? »

Sylvie ne réagit pas du tout.

« … »

Carol eut un sourire qui n’en était pas tout à fait un, pendant qu’elle parlait toute seule : « C’est donc vrai qu’il ne peut boire que deux verres. Il connaît bien sa capacité à tenir l’alcool. »

Après avoir fini le repas qui était sur la table, Carol prit le corps de Sylvie sur une épaule, attrapa leurs bagages et deux morceaux de pain avec l’autre main, et retourna dans la chambre de l’auberge. Une fois rentrée, elle jeta l’homme et son animal de compagnie — ou peut-être qu’ils étaient tous les deux des animaux de compagnie — sur le lit.

Par la suite, elle saisit son manteau rouge et s’enroula dedans, faisant même descendre le bord de sa capuche sur son visage. Ensuite, ainsi attifée, elle sortit de la chambre pour se rendre à la Guilde des Aventuriers.

En vérité, elle n’avait pas trop l’habitude de dissimuler son identité. Toutefois, il y avait vraiment trop d’abrutis dans ce monde, et elle croisait toujours des types cherchant à lui causer des ennuis. Par exemple, ils l’insultaient en la traitant d’efféminée… Oui, ils insinuaient littéralement qu’elle était une femme.

Ressemblait-elle réellement tant à un homme ? Elle portait simplement des pantalons, en plus d’avoir peu de poitrine !

Porter une jupe lui éviterait peut-être ce genre de situation. Cependant, concernant la chose appelée une jupe, elle avait déjà rompu les liens avec celle-ci depuis presque dix ans. Porter une jupe pour voyager serait vraiment trop difficile, sans mentionner qu’elle serait probablement traitée comme un travesti, ce qui engendrerait d’autres problèmes.

Que ce soit être suspectée d’être une femme ou être suspectée d’être un homme, les deux impliquent des ennuis ! Ni les vêtements masculins ni ceux féminins ne semblent convenir. Carol en fut un peu déprimée.

En arrivant à la Guilde des Aventuriers, elle se dirigea tout de suite vers le mur qui était couvert de requêtes.

Au cours du mois écoulé, depuis qu’elle avait appris la mort de LL, elle n’avait vraiment pas été en état de remplir la moindre mission et avait complètement cessé d’en prendre. La somme d’argent qu’il lui restait n’était pas très élevée, et les dépenses d’une personne supplémentaire s’étaient ajoutées, ce qui consistait une somme assez importante. Heureusement, Sylvie pouvait toujours compter sur son chant pour gagner au moins un peu d’argent, donc ils n’avaient pas à aller aussi loin que se priver de repas chauds. Néanmoins, elle ne pouvait pas continuer à se reposer sur Sylvie pour gagner de l’argent !

Carol parcourut le tableau du regard pour essayer de sélectionner une mission adaptée. En revanche, peut-être à cause de son emplacement isolé, il n’y avait pas beaucoup de missions disponibles. Si la récompense de la mission était trop faible, cela ne valait pas le coup. La majorité des missions restantes étaient des missions de garde du corps. Elle n’avait absolument pas envie de protéger quelqu’un. Un seul Sylvie me suffit, merci bien !

Après un long moment, elle réussit à sélectionner une mission de collecte de plantes pour laquelle la récompense était assez élevée.

« N’est-ce pas beaucoup trop d’argent pour simplement récolter des herbes ? » Carol fronça les sourcils, mais, après avoir vu l’emplacement approximatif des plantes, elle comprit pourquoi. Elles se trouvaient au plus profond de la forêt sur le territoire d’une race extrêmement xénophobe.

Carol prit le temps d’y réfléchir, puis déchira la requête de la mission. Se retournant, trois individus baraqués se tenaient juste devant elle. En regardant leur expression, elle comprit qu’ils n’étaient pas là par hasard.

Il y a vraiment trop d’imbéciles dans ce monde !

Toutefois, cette fois, Carol n’était pas impatiente. Elle était juste particulièrement de mauvaise humeur.

Ses poings se serrèrent.

1/2 Prince T6C2 : Choc ! La véritable identité de grande-soeur Yu Lian

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½ Prince Tome 6 : La Grande révolte des PNJs

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 2 : Shock! The True Identity of Yu Lian-dàsăo – traduit du chinois vers l’anglais par Akakuroi[PR!]
Chapitre 2 : Choc !
La véritable identité de grande-sœur Yu Lian – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ travail de vérification par Lala Su et AkaiiRia

Je toussai à deux reprises en contemplant Winter Triumph et Disi, pendant qu’ils s’agenouillaient devant Doll sous le regard médusé des personnes autour. Qui aurait pu penser que j’assisterais à ce genre de scène à couper le souffle en revenant de mon duel avec Neurotic ? « Quelqu’un peut m’expliquer ce qu’il se passe ici ? »

« Ah ! Pas grand-chose, grand-frère Prince ! » Doll agita vivement les mains tout en faisant les gros yeux aux personnes agenouillées devant elle.

J’ai beau être un peu lent parfois, je ne le suis pas au point de ne pas réaliser que Doll est la princesse dont parlaient Winter Triumph et Disi, n’est-ce pas ? « Oh, alors vous êtes tous les deux sous la gouverne de Doll ? »

« Ses employés ! » me corrigea Disi en levant les yeux vers moi avec un air offensé.

« Ses employés ? » Tout le monde autour glapit.

« Évidemment. Doll est une princesse, ce n’est pas étrange qu’elle ait des employés, non ? » commentai-je comme si c’était tout à fait naturel. Mais, quand je levai les yeux, je vis que cette dernière me fixait avec les yeux écarquillés, et que les autres avaient la bouche grande ouverte.

Hein? Winter Triumph est déjà agenouillé devant elle. Vous voulez dire que personne n’était au courant ? Donc, ça veut dire que je viens de…

« Wow, la radio de rumeurs ambulante vient de balancer un grand secret ! » siffla mon frère en me critiquant.

« Personne ne le savait ? » Comment c’est possible ? Winter Triumph n’était-il pas à genoux devant Doll à l’instant ? Oh mon Dieu, ne me dîtes pas que je suis vraiment devenu une balance ce coup-ci ?

Doll soupira doucement, me faisant presque jaillir mon cœur nerveux par la bouche. Je suis de la chair à pâté pour le coup, j’ai vraiment balancé le secret de Doll.

Je fondis presque en larmes et étais à deux secondes de m’agenouiller pour implorer sa pitié. « Je ne l’ai vraiment pas fait exprès, Doll ! Ne te fâche pas, s’il te plaît. »

Affichant un rare sourire amer, elle répondit : « C’est le destin, je suppose. J’espère simplement que personne ne sera en colère contre moi pour avoir caché ma véritable identité. »

« Qui oserait s’énerver auprès de son Altesse ? Elle n’a rien fait de mal de toute façon. Pourquoi devrait-elle révéler son rang de princesse à chaque passant ? » commenta Disi, en colère.

« Disi, n’en rajoute pas. Dans tous les cas, c’est ma faute. Tout le monde, je vous prie de me pardonner », déclara Doll en regardant les membres d’Odd Squad, les yeux remplis de remords et de désarroi.

« Ne t’en fais pas, Doll, personne ne va te blâmer. » Ignorant son titre de princesse, grand-frère Wolf tapota la tête de Doll en souriant chaleureusement.

Toutefois, d’une certaine façon, le sourire qu’elle lui retourna semblait quelque peu forcé, son expression plutôt solitaire. Puis, se sentant désolée pour elle, Lolidragon s’avança et la réconforta en ces mots : « Ne t’inquiète pas, Doll. Je comprends ce que tu ressens, mais ne t’en fais pas pour ça. Personne dans Odd Squad ne changera jamais d’attitude envers toi. »

En entendant ces paroles, les yeux de Doll virèrent au rouge, et elle enfouit sa tête dans la poitrine de Lolidragon, les épaules secouées de spasmes. Elle pleure ? Mais… personne ne la blâme, alors pourquoi pleure-t-elle ? Et en plus d’une façon que même mon cœur souffre pour elle…

« Pourquoi est-ce que tu pleures, Doll ? » m’enquis-je subitement.

Et un regard qui tue de Lolidragon, et un ! En bonus, une réprimande violente : « Toi, espèce de cervelle de pois chiche et de plancton non évolué ! Dinosaure sans cerveau qui ne sait que mordre ! Homme de Neandertal qui n’est même pas capable d’allumer un feu et doit manger sa viande crue ! Espèce d’idiot plein de muscle dont l’activité cérébrale se résume à moins de 1 %, dire que l’intelligence d’Einstein t’est dix fois supérieure est une insulte envers lui ! »

J’étais sidéré par le déferlement et, pendant un moment, les autres le furent aussi. Puis, ils se mirent à applaudir ! Le son des clappements ressemblait à celui de la grêle tombant sur de la neige, à de la foudre qui me terrasserait en deux. Reniflant, je me cachai dans un recoin sombre et m’enveloppai de ma foutue longue cape pour éviter de polluer la vision des autres.

« Prince, ne te préoccupe pas de ce que Lolidragon vient de dire », me pria anxieusement Gui par-delà ma cape. « Vois-tu, les planctons n’ont pas de cerveau, donc comment pourraient-ils évoluer ? Les dinosaures en ont, donc ils ne sont certainement pas sans cerveau ! Et certains hommes des cavernes savaient allumer un feu… »

Comment se fait-il que… les consolations de Gui me rendent encore plus déprimé ?

Tout à coup, une petite main se posa sur mon épaule et une voix mignonne parla : « Grand-frère Prince, ne sois pas triste, grande-sœur Lolidragon te grondait juste pour s’amuser ! »

« Doll ! » Me retournant, j’enlaçai Doll, puis, me sentant trompé, je fis la moue.

« Grand-frère Prince, sois gentil ! Ne sois plus triste. »

En entendant cela, je sortis ma tête de la cape et vérifiai si Doll était encore en train de pleurer. Cependant, bien qu’elle fût souriante, son sourire n’avait plus sa candeur habituelle, celui qui paraissait normalement sans soucis. Euh, euh… je devrais asséner le coup final maintenant. Mettant la main dans ma poche, j’en sortis un sac de biscuits : « Tiens, Doll. Je te donne ce sac de biscuits, alors ne sois plus triste toi non plus, d’accord ? »

En voyant ça, elle fut stupéfaite. Je réfléchis un instant, puis ouvris le sachet, pris un biscuit et le tins près de sa bouche. « Tu veux que je te nourrisse, c’est ça ? Dis “ah” et ouvre grand la bouche. »

Avant qu’elle n’eût pu répondre, Disi devint outrée et lança : « Pensez-vous être en train de nourrir un chiot ? Devant vous se tient une princesse ! Même si vous ne vous agenouillez pas, il existe une certaine étiquette à respecter ! »

Crunch ! Un son net résonna et une douleur fulgurante émana du même endroit. Regardant ma main droite, je déclarai impuissant : « Doll, étais-tu obligée de mordre ma main également ? Et où as-tu entraîné tes dents ? La force de ta mâchoire est très élevée, et ton coup de dents m’a fait perdre beaucoup de points de vie. »

Libérant finalement ma pauvre main droite, après s’être léché les lèvres, celle-ci répondit : « Dent d’Acier. Je les ai entraînées tous les jours sur des baguettes françaises. Elles sont actuellement au niveau cinq avec une attaque de cinquante. »

« V-Votre Altesse ? » Disi ouvrit grand la bouche, sous le choc, sans retenir sa surprise. On pouvait même apercevoir le fond de sa gorge, elle hurlait en silence : « Faites attention à votre image, votre Altesse ! »

« Ne t’inquiète pas, Disi. Avoir à se soumettre à l’étiquette dans la vraie vie est suffisamment fatigant pour son Altesse. Elle a déjà peu l’occasion de jouer, donc laisse la se détendre. » Winter Triumph était mécontent de la réaction démesurée de sa sœur.

« Grand-frère a raison… Ah ! Votre Altesse, comment pouvez-vous agir ainsi ? » Sur le point de consentir, Didi remarqua soudainement la façon dont Doll avait commencé à s’agripper à moi comme un singe. Elle avait dévoré les dernières miettes de biscuits et tentait de trouver d’autres traces de nourriture. Disi s’emporta immédiatement et tenta de corriger l’attitude de Doll. Elle est exactement comme White Bird, mais c’est une version plus honnête et plus franche.

« De quoi t’occupes-tu au sein de son gouvernement ? » questionnai-je Winter Triumph avec curiosité, ignorant sciemment les grimaces que Doll adressait à Disi qui tentait de redresser la princesse sans arrêt.

« Nous sommes responsables des finances. Vivre entouré d’argent est la meilleure façon de vivre. Se contenter de gagner de l’argent le jour ne me satisfait plus. Maintenant que je peux également en gagner la nuit dans Second Life, que puis-je demander d’autre ? » À l’instar d’un chat ayant attrapé un canari, Winter Triumph arborait un air extrêmement satisfait.

En effet, ce sont des fanatiques en matière d’argent. Sur cette pensée, je me souvins soudainement qu’ils avaient mentionné le fait que grande-sœur Yu Lian avait été leur collègue. C’était pourquoi je me tournai vers elle, mais, au moment où je regardai dans sa direction, je me rendis compte que quelque chose clochait. Pourquoi regarderait-elle grand-frère Wolf avec des yeux pleins de remords ? Au moment où j’allais l’interroger à ce sujet, je fus tiré en arrière par Lolidragon.

« Idiot ! C’est évident, non ? » me réprimanda-t-elle à voix basse. Puis, craignant d’être entendue par grand-frère et grande-sœur, elle chuchota : « Si Yu Lian travaillait pour Doll avant, comment aurait-elle pu ne pas la reconnaître ? »

Est-ce vraiment si bizarre ? Après tout, mon propre frère n’a même pas reconnu sa sœur jumelle en moi !

« Je crains bien que ce qu’elle avait dit en se joignant à notre équipe, comme quoi elle avait été touchée par notre travail d’équipe et notre belle amitié, n’ait été qu’un mensonge. La vraie raison étant qu’elle… »

« Elle a vu Doll ? » Je terminai sa phrase au même instant.

« C’est exact ! » affirma Lolidragon. Ensuite, elle ajouta : « C’est ce que vient de lui demander grand-frère Wolf. »

Inquiet de l’aura pesante qui entourait les deux tourtereaux, je demandai : « Ils ne vont pas se disputer, hein ? »

« Qui sait. Contentons-nous d’attendre silencieusement et de voir ce qu’il se passera », rétorqua Lolidragon en haussant les épaules.

Me rappelant tout à coup quelque chose, je l’interrogeai : « N’étais-tu pas au milieu d’une situation bordélique avec Heartless Wind et Undying Man ? »

M’adressant un sourire d’une malice absolue, elle parla après un rire digne d’une psychopathe : « Heartless Wind, ce crétin, n’arrêtait pas de m’ordonner de regarder Undying Man droit dans les yeux. Ça m’a ennuyé, donc j’ai attrapé sa tête et l’ai mise devant celle d’Undying Man. »

Fixant Lolidragon avec la mâchoire décrochée et les yeux écarquillés, je n’arrivais pas à croire qu’elle pouvait être cruelle au point de faire une chose si inhumaine. Inquiet, je m’enquis : « Mon frère est toujours vivant, j’espère ? »

Lolidragon éclata de rire ouvertement, mais ne répondit pas.

« Donc, c’était un mensonge quand tu m’as dit être tombée amoureuse de moi ? » Les paroles soudaines de grand-frère Wolf, teintées de chagrin, me laissèrent sous le choc, et je me tournai immédiatement vers eux avec nervosité pour voir ce qui allait se passer.

« Ce n’était pas un mensonge. Wolf, mon amour pour toi est 100 % réel. » Grande-sœur Yu Lian était si anxieuse qu’elle en était au bord des larmes.

Fermant la bouche, il demeura silencieux et la considéra d’un regard glacial.

« Wolf, j’admets que ma raison pour me joindre à Odd Squad était la princesse. Sa Majesté, la mère de Doll, était inquiète qu’elle puisse apprendre de mauvaises choses, et m’a demandé de la suivre pour veiller sur elle. C’était ma raison initiale de vous rejoindre. » Les yeux remplis de remords, elle nous regarda Doll et moi.

Puis, d’un air déterminé, elle décréta : « Mais, Wolf, je le jure devant Dieu, à toi, à mon cœur, que je ne t’ai jamais dupé. Je t’aime réellement et, chaque fois que je te vois, mes sentiments s’en retrouvent renforcés. J’aime ta gentillesse, ta nature attentive, la façon dont tu restes calme et posé à chaque instant. J’aime tout de toi ! »

Oh mon Dieu. J’en ai la chair de poule. Quel discours émouvant ! Jetant un coup d’œil autour de moi, je pouvais affirmer que tout le monde fixait les deux tourtereaux avec des expressions qui voulaient dire : « Crève, crève. » On pouvait voir à quel point ils étaient jaloux de grand-frère Wolf.

Pendant que chacun le maudissait avec force, grand-frère Wolf, dont la fourrure ne parvenait pas à masquer la rougeur de ses joues, bégaya : « Y-Yu L-Lian, tu… tu… »

Tu, quoi ? Grouille-toi de t’excuser. Pendant que tu y es, dis quelque chose de gentil qui émouvra grande-sœur Yu Lian ! Avec anxiété, je murmurai dans mon cœur, Grand frère Wolf est simplement trop honnête.

« Je suis désolé, Yu Lian. Même si je sais que la raison pour laquelle tu nous as rejoints est fausse, tu n’avais aucune raison de me duper, et pourtant je n’ai pu faire autrement que d’éprouver des soupçons sur la réalité de tes sentiments. Je ne suis qu’un loup idiot, suffisamment idiot pour douter de ton cœur ! »

Bien dit, grand-frère Wolf ! Alors, tu possèdes un côté romantique en fin de compte ! Plein de respect et d’admiration, je l’examinai. Cependant, ce que je vis à la place ce fut Lolidragon, cachée derrière son large dos, imitant sa voix et parlant à sa place…

« Lolidragon. » Grand-frère Wolf se gratta le visage, désemparé.

« J’essayais de t’aider à transmettre tes sentiments ! » Sans aucun remords, Lolidragon s’éloigna de grand-frère et affirma : « Grand-frère Wolf, tu peux dire ça à Yu Lian par toi-même. »

Quelle façon géniale de l’amener à parler. Le poing serré fermement, j’observai ce qu’il allait advenir de la situation… non, comment cette « histoire d’amour »1 allait tourner !

Un peu embarrassé, il ouvrit la bouche, comme s’il voulait dire quelque chose, mais la referma à nouveau. C’était ce que j’appelais : « Celui qui s’inquiète n’est point l’empereur, mais l’eunuque qui n’est pas concerné. »2 Finalement, quand tout le monde fut ennuyé au point de prendre du maïs soufflé pour admirer le spectacle, grand-frère Wolf sembla se décider et balança : « Yu Lian, veux-tu m’épouser ? »

Aussitôt, tout le maïs soufflé vola hors de ma bouche. Comment est-ce que ça a pu passer d’une excuse à une demande en mariage ? En plus, ce n’est pas du tout romantique, pas de fleurs, ni de bague en diamant, pas de genoux à terre, ni mots doux, rien ! Et sans oublier le plus important, c’est toujours le jeu ! Qui irait faire une demande juste comme ça ? Personne ne dirait oui dans ces conditions…

« Je le veux, Wolf. » Rougissant également, grande-sœur n’hésita pas à sauter dans les bras de son fiancé, le serrant étroitement et ne le lâchant pas. Au même moment, il la serra doucement en retour. Même si leurs caresses étaient suffisantes pour renforcer davantage les rayons de « crève, crève », ils étaient protégés par une aura d’amour très dense qui les entourait comme une coquille.

« J-Juste comme ça, ça a marché ? » Fixant avec hébétude le couple d’amants, les larmes d’Undying Man commencèrent à couler sur les joues de l’homme. « Pourquoi est-ce que, par le passé, quand je faisais mes demandes en mariage, non seulement il y avait tout le tralala romantique et je posais même le genou à terre, mais je n’ai jamais réussi à me trouver de petite amie ! Pourquoi les autres gars qui lancent un “épouse-moi” au hasard se retrouvent-ils avec une magnifique jeune femme pendue à leurs bras ? Dieu, tu es injuste envers moi ! »

« Excusez-moi, une petite question : la conférence a-t-elle déjà commencé ? » Confus, Nan Gong Zui, Broken Sword, Wicked et Gui entrèrent pour faire face à une foule agitée. Cette foule incluait une paire d’amoureux transis, une foule de membres du groupe « crève » qui était plein de ressentiment et de jalousie, et les suzerains des autres continents. Tous paraissaient perturbés de la tête aux pieds.

« La conférence n’a pas encore débuté, mais la musique nuptiale a vu ses premières notes lancées », dis-je, désabusé.

« La conférence ! Oui, elle aurait dû démarrer il y a un bon moment. » Une fois qu’elle eut réalisé cela, White Bird pressa les suzerains de rejoindre leur siège. Quant aux deux personnes perdues dans leur univers amoureux, il semblait peu probable qu’ils revinrent à la réalité rapidement, on les laissa donc tranquilles. Après tout, en temps normal, ces deux-là se comportaient tout de même comme ça. Tout le monde y était habitué chez nous, les autres n’avaient donc qu’à s’y habituer rapidement à leur tour.

Quand chacun fut finalement à sa place, la fameuse conférence put enfin commencer pour vrai. Après une longue inspiration, je me lançai dans le récit des assassins. Bien sûr, je parlai de l’assassin rencontré dans la Cité de l’Infini et de l’autre à la tour avec Nan Gong Zui. Je croyais que ceux qui avaient attenté à la vie de Neurotic et à la mienne faisaient partie de la même équipe.

Après moi, ce fut au tour de Neurotic de décrire ses déboires. Et, après de nombreux regards meurtriers de l’assemblée, la plupart furent racontés par DanDan.

« Exactement pareil. » confirma Undying Man après nous avoir entendus. « Pareil chez moi, j’ai presque été tué par cette personne. C’était dangereux. Si j’avais été tué par lui, aurais-je pu, moi l’immortel, être toujours considéré comme tel ? »

« Mais, quelle raison les pousserait à nous tuer ? Et même s’ils y parvenaient, nous perdrions simplement un niveau. Cela n’affecterait en aucun cas notre place de suzerain et tout ce qui va avec cette fonction. Ça ne leur rapporterait aucun bénéfice. » Winter Triumph secoua la tête en se questionnant.

« C’est exact, qu’est-ce que ça change de nous tuer ? Ce n’est pas le monde réel. Ils ne peuvent pas nous tuer pour nous piquer nos trônes », rajoutai-je en fronçant les sourcils. Au départ, on pensait qu’ils voulaient nous tuer pour prendre le contrôle du jeu, mais que se passerait-il s’ils réussissaient à le faire ?

« J’ai une question. D’après ce que tout le monde dit, il semblerait que les quatre suzerains ont subi une attaque à peu près en même temps. Cependant, le type d’assassin était identique. Donc, est-il possible que les deux assassins aient été les mêmes personnes ? » La question que posa Lolidragon attira l’attention de chacun. « S’il s’agit effectivement des mêmes personnes, dans ce cas comment ont-ils pu voyager à travers les quatre continents en si peu de temps ? Si ce sont des personnes différentes, comment peut-il y avoir autant d’élites anonymes dans le jeu… surtout maintenant que les élites soupçonnées viennent d’être lavées de tout soupçon ? »

Chacun demeura silencieux après ça. Tout le monde fronçait les sourcils, on voyait bien qu’ils se posaient tous de nombreuses questions sur la situation. En fin de compte, Neurotic demanda ce que tous avaient en tête : « Pourquoi la suzeraine Fleur n’est-elle pas venue ? »

« Elle et ses cinq maris sont portés disparus, toute sa ville est à leur recherche également », répondit mon frère.

« Elle est peut-être responsable ? » Undying Man pinça les lèvres et ajouta : « Seule une femme ferait une chose aussi illogique. »

« Qu’est-ce que tu viens de dire ?! » criai-je de concert avec Lolidragon.

Undying Man réalisa immédiatement ce qu’il avait proféré et s’excusa de ses grands yeux pleins de larmes : « Lolidragon, je ne parle pas de toi. Tu es la femme la plus logique, la plus intelligente, la plus belle… »

Pendant un instant de terreur suprême, elle hurla vraiment et alla se frapper la tête contre un pilier, comme si elle souhaitait effacer de sa mémoire ce qu’il venait de se passer.

« Effrayant, non ? Je t’ai dit qu’il n’y avait pas de commune mesure entre nous », glissa Heartless Wind, rajoutant aux malheurs de Lolidragon. Alala, quand mon frère est-il revenu ? Avec une paire de lunettes de soleil en prime…

« Donc, la suspecte numéro un est maintenant la suzeraine Fleur qui est actuellement absente ? Même si j’ai cru comprendre, d’après les ragots, qu’elle est loin d’être puissante, mais ses cinq maris le sont… » Néanmoins, avant que Winter Triumph eût pu finir, il fut interrompu par une légère perturbation.

« Le Continent du Nord n’y est pour rien ! » s’écria un groupe de gens enragés qui se précipitaient dans la salle. « C’est le jeu lui-même qui a un problème ! »

Le visage de Lolidragon se ferma immédiatement en entendant ça. « Que voulez-vous dire exactement ? »

Le groupe hurla sa rage : « Il y a assurément quelque chose qui cloche avec Second Life ! »

« Quelles sont vos preuves ? Si vous n’en avez pas, saviez-vous que la compagnie peut vous intenter un procès ? » Sans que je susse pourquoi, elle était devenue très énervée. Peut-être que c’est parce qu’elle est un maître du jeu caché ? Dans ce cas, elle a forcément un sentiment de loyauté envers l’entreprise ?

Sentant la tension, je pris immédiatement une résolution et m’interposai : « Mettons les choses au clair. Personne ne possède la totalité de l’histoire, donc il doit y avoir des malentendus ici et là. Écoutons d’abord ce qu’ils ont à dire. »

Ce ne fut qu’après avoir entendu ma proposition que les deux belligérants se calmèrent. Inspirant profondément à plusieurs reprises, les personnes venant du Continent du Nord s’expliquèrent : « Nous avons déjà contacté la suzeraine Fleur dans la vie réelle, et elle nous a tout raconté. Elle a également transmis l’histoire à la compagnie du jeu. »

« Ce jour-là, elle et ses cinq maris ont rencontré cinq assassins. Leur pouvoir allait au-delà de ce à quoi l’on pouvait s’attendre, et ils sont à peine parvenus à les maîtriser. Assez vite, ils ont tous les cinq vite succombé à leurs blessures. À l’origine, ce n’était pas très grave, parce que, dans le pire des cas, ils perdraient juste un niveau. Mais, ce n’est pas ce qui est arrivé. Après être morts, la suzeraine et ses cinq maris ne se sont pas changés en piliers de lumière et n’ont pas été ressuscités au point de réincarnation. Au lieu de ça, ils ont été déconnectés du jeu. »

« Déconnectés ? » Une expression anxieuse sur le visage, Lolidragon s’enquit avec nervosité : « Que s’est-il passé quand ils se sont reconnectés ? »

« Ils n’y sont pas parvenus. » La tristesse envahit leur visage, et ils annoncèrent : « La suzeraine Fleur et ses cinq maris… Leurs personnages ont complètement disparu du jeu. »

Quoi ? Tout le monde fut choqué, surtout moi. Je n’avais échappé que de justesse à leur exécution. Si j’étais mort cette fois-là…

« Quoi… Est-ce que c’est vraiment possible ? » les questionna Lolidragon avec une tête d’enterrement, refusant d’y croire.

« Peu importe que ce soit possible ou pas, c’est vraiment arrivé ! » crièrent furieusement les citoyens du Continent du Nord.

Après un moment de réflexion, elle demanda : « N’avez-vous pas dit que la suzeraine Fleur avait contacté la compagnie ? Quelle a été leur réponse ? »

« En cours de vérification », répondirent-ils avec hostilité.

Ce que le visage de Lolidragon exprima à cet instant ne pouvait être décrit autrement que par de l’horreur. Si l’un des membres de la compagnie se trouvait dans la pièce à cet instant, il y avait bien huit chances sur dix qu’il se fît manger vivant par elle, accompagné de wasabi. Tout de suite après, elle fila anxieusement, laissant un groupe perplexe derrière elle. J’étais exclu du lot, évidemment, car je connaissais son identité de maître du jeu caché. Elle a dû aller en discuter avec la compagnie.

En atteignant la porte, elle se tourna et nous conseilla en hurlant, pressée : « Soyez tous prudents ! Vous devez impérativement éviter de vous faire tuer par ces assassins ! »

« Ton personnage disparaît si tu te fais tuer ?! » s’écria soudainement Gui, surpris. Puis, le visage pâle, il ajouta : « Donc, on l’a échappé belle la dernière fois ? Prince a failli disparaître à tout jamais. »

« La situation n’est peut-être pas aussi simple ; il se pourrait que soit encore plus terrifiant », renchérit Nan Gong Zui. Il parla calmement, et pourtant on percevait sa détresse quant au futur.

« Second Life détient environ quatre-vingt-dix pour cent des parts du marché. S’il se passe quoi que ce soit, les choses deviendront rapidement hors de contrôle. » Winter Triumph semblait très perturbé.

« Pourquoi Lolidragon s’est-elle enfuie ?! » se lamenta Undying Man, tout en reniflant sans arrêt.

« Quoi qu’il en soit, contentons-nous de nous protéger », soupirai-je profondément. Malgré mes paroles, je ne pus m’empêcher de m’inquiéter. Si ce personnage, Prince, disparaît, alors que ferais-je ? Après tout « Prince » possède beaucoup de souvenirs précieux que je ne supporterais pas de perdre.

Notes de bas de page

1 histoire d’amour : Ici, les mots « situation » et « histoire d’amour » choisis par l’auteure ont la même prononciation.

2 « Celui qui s’inquiète… n’est pas concerné. » : La personne concernée par la situation n’est pas celle qui s’inquiète dans ce cas-ci, ce sont ceux pour qui la situation leur est étrangère qui s’impatientent et s’inquiètent.

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle #8 : Devoir une faveur

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par :  Yu Wo 


Side Story #8: Owing a Favor – traduit du chinois vers l’anglais par Lucathia[PR!]
Histoire parallèle #8 : Devoir une faveur – traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ Travail de vérification par AkaiiRia

Ceo de la Tempête n’arrivait pas à comprendre.

Devoir une faveur à quelqu’un. Être celui auquel quelqu’un doit une faveur.

En fin de compte, qui avait une dette envers qui ?

Autrement dit, quelle importance ?!

Si un conflit éclate entre toi et tes frères Chevaliers Sacrés, et que tu es en colère, tu n’as qu’à simplement les passer à tabac. Puisqu’ils te doivent une faveur et que tu leur en dois une, ajouter une faveur de plus ne fera aucune différence !

 

 

« Ceo, étant donné que les rayons du soleil aujourd’hui sont particulièrement chaleureux, pourrais-tu éventuellement aider Sun et lui accorder une petite faveur ? » Avec un sourire brillant et les deux mains jointes, Grisia lui adressa un regard implorant.

Si aujourd’hui était un jour ordinaire, lui accorder une faveur ne serait pas un problème, mais… Impuissant, Ceo répondit : « Mais, mon maître veut que je travaille sur mes missions. Je ne suis pas autorisé à faire autre chose tant que je n’aurai pas fini de m’entraîner. »

Grisia regarda à gauche. Ceo suivit son regard. Ne s’agit-il pas juste d’un couloir vide ? Grisia regarda à droite. Ceo suivit de nouveau le mouvement de ses yeux, mais encore une fois il ne vit qu’un couloir désert… Ils se tenaient au beau milieu du couloir. Peu importe dans quelle direction ils regardaient, tout ce qu’ils voyaient était un couloir.

Qu’est-ce que Grisia regarde au juste ? Ceo le fixa avec une expression remplie d’incompréhension.

Grisia posa encore une fois les yeux sur Ceo et, avec une expression désarmée, il lui demanda : « Quel genre de mission es-tu en train d’accomplir ici ? S’il s’agit de lire quelque chose, même si tu peux lire tout en étant debout, tu n’as aucun livre avec toi. Si c’est pratiquer ton escrime, tu n’as pas non plus d’épée dans les mains. Si tu ne veux pas m’aider, tu sais, tu devrais au moins essayer de trouver une meilleure excuse ! »

Ceo le fixa d’un regard vide pendant un instant, et il était sur le point d’expliquer qu’il n’essayait pas d’inventer une excuse lorsqu’une occasion de s’entraîner surgit soudain !

Avec hâte, il poussa Grisia sur le côté, fit un pas en avant et ouvrit grands les yeux…

« C’est l’Apprenti-Chevalier du Soleil et l’Apprenti-Chevalier de la Tempête ! Héhé, ils sont tous les deux si adorables ! »

Tant de… tant de… tant de jeunes femmes, aaaah ! Pourquoi est-ce qu’il y en a autant ?! Quand il aperçut une file entière de plus d’une dizaine de prêtresses qui se dirigeaient vers lui, gloussant sans arrêt, Ceo ne put persévérer davantage. Il se retourna et se rapetissa pour se cacher derrière Grisia.

« Hein ? » Ne comprenant pas ce qu’il faisait, Grisia commença à tourner la tête pour jeter un coup d’œil à Ceo, mais au même moment les prêtresses en face d’eux les interpellèrent.

« Apprenti-Chevalier du Soleil, comment fais-tu pour soigner tes si magnifiques cheveux blonds ? Ils sont si lisses et élégants, et brillent de mille éclats ! »

Bien évidemment, Grisia ne pouvait pas révéler sa formule de soin capillaire, aussi il leur adressa un sourire rayonnant et répondit : « Sun prend le Dieu de la Lumière à témoin et jure que chacune des Sœurs devant Sun est encore plus resplendissante que ses cheveux ! »

Les prêtresses se mirent à glousser. Elles restèrent jusqu’au moment où leur chef les enjoignit à se dépêcher. Tout en s’en allant, elles continuèrent de rire.

Une fois que Ceo entendit les rires disparaître au loin et que les prêtresses furent hors de portée de voix, il bondit et s’empressa de cligner des yeux sans arrêt dans leur direction.

« Est-ce que tu as des crampes aux yeux ? » Peu importe sous quel angle il observait la situation, il ne parvenait pas à comprendre ce que faisait ce type.

« Pas du tout ! » Ceo s’empressa de tourner la tête et répliqua : « Je m’entraîne à faire des clins d’œil ! »

« … Tu dois t’exercer à faire des clins d’œil ? »

« Bien sûr que je dois m’exercer ! Jeter des clins d’œil est vraiment difficile. En plus, toutes les jeunes femmes me sourient tout le temps ou me fixent avec des étoiles dans les yeux, et leur parfum sent tellement bon. Je n’ose pas les regarder en face… » Une fois rendu à ce point, Ceo ajouta avec découragement : « Au départ, je pensais que seules une ou deux prêtresses passeraient par le Temple Sacré, alors je les ai attendues ici. Mais, c’est finalement tout un groupe qui est apparu… »

Grisa se gratta la tête et expliqua : « Il n’y a probablement que les personnes comme la Prêtresse de la Radiance qui se promènent toutes seules ! Habituellement, les prêtresses viennent pour soigner les chevaliers sacrés. Une seule ou deux ne sont pas suffisantes, donc c’est naturel que tout un groupe vienne ! »

Entendant cela, le visage de Ceo se déconfit complètement. « Je ne peux pas compléter la mission que m’a donnée mon maître. Lancer des clins d’œil à cent femmes est trop difficile. J’en suis incapable ! » Il gémit avec désespoir.

Comme il disait ceci, ses yeux devinrent humides.

« N-Ne pleure pas ! Je vais t’aider ! » Lorsqu’il s’aperçut que les yeux de son camarade étaient devenus rouges et bouffis, Grisia s’empressa d’ajouter : « Aide-moi d’abord, et ensuite je te donnerai un coup de main. Qu’est-ce que tu en dis ? »

Sa vision brouillée par les larmes, Ceo lui demanda : « Est-ce que tu peux vraiment m’aider ? Même mon maître n’est pas parvenu à m’enseigner comment faire ! »

« Ne t’inquiète pas ! Je suis ton Chevalier du Soleil ! »

« Pas encore… »

« Hé ! Je le serai bientôt ! Dépêche-toi de venir m’aider. Ce que j’ai à faire est plus urgent ! »

Grisia prit Ceo par la main et le traîna derrière lui, ne lui laissant pas le temps de refuser ou reconsidérer l’affaire.

 

 

Boum !

« Qu’est-ce que c’est ? » Ceo contempla la montagne de papier que Grisia venait de jeter sur la table. Ses yeux s’agrandirent de surprise.

« Des documents administratifs », répondit simplement Grisia tout en plaçant de l’encre et des plumes sur la table, se préparant à les corriger.

« Des documents administratifs ? » Ceo pencha la tête et s’enquit avec confusion : « Pourquoi est-ce que tu dois corriger ces documents ? Nous sommes toujours en cours d’apprentissage. Nous n’avons pas encore à nous charger de la paperasse. »

« Va dire ça à mon maître », répondit Grisia avec impuissance. « Mais, d’abord, laisse-moi te dire ceci : personne dans toute l’Église du Dieu de la Lumière n’est assez brave pour le faire. »

« Qu’en est-il du Capitaine-Chevalier du Jugement ? » Même si la réputation du Chevalier du Soleil le plus fort de l’histoire était réellement intimidante, Ceo pensait que le Capitaine-Chevalier du Jugement n’était certainement pas quelqu’un à sous-estimer.

« Mon maître m’a gracieusement prévenu que, si je venais à laisser le Capitaine-Chevalier du Jugement découvrir cette histoire, tout le temps que j’aurais dû passer à corriger les documents il me forcerait à le passer à étudier comment me conduire avec grâce à la place. »

« Des leçons d’élégance ? » Perplexe, Ceo le questionna : « Quel est le problème avec ce genre de cours ? »

« Je dirais qu’elles sont probablement l’équivalent de tes leçons sur les clins d’œil… »

« Ah ! Je préférerais corriger de la paperasse plutôt que ça ! »

« Exactement, donc aide-moi à tout corriger ! » Grisia s’assit et flanqua une plume dans les mains de Ceo. Avec empressement, il ajouta : « Je dois rendre ces documents demain ! »

La plume à la main, Ceo était perdu. Quand il vit que Grisia avait déjà commencé à corriger la paperasse avec ferveur, il se sentit un peu trop embarrassé pour rester sans rien faire, aussi il se mit à corriger des documents administratifs pour la première fois de sa vie…

Bang !

Plus au moins au même moment, la porte s’ouvrit violemment, et l’écho d’un rugissement retentit. « Grisia, où est ton maître ? »

Dans sa nervosité, Ceo manqua d’envoyer valser la montagne de documents. Ils n’étaient pas censés être en train de les corriger, mais ils venaient d’être découverts ! Qu’allaient-ils faire ?!

Grisia leva la tête de la paperasse. « Probablement dans la cave à vin… Ahem ! Je veux dire, puis-je demander pour quelle raison le Capitaine-Chevalier de Flammes le recherche ? »

Attends, ne venons-nous pas d’être découverts ? Pourquoi reste-t-il aussi calme… ?

Le Capitaine-Chevalier de Flammes soupira doucement avant de répondre d’une voix dure : « Je n’arrive pas à croire qu’il est dans la cave à vin à un moment pareil… tsss ! Va chercher Neo et amène-le vite dans le grand hall ! »

« D’accord. » Grisia se leva et déclara : « Ceo, je reviens très vite. N’oublie pas de corriger la paperasse ! »

L’esprit de Ceo était actuellement dans un état de confusion total, par conséquent il accepta par réflexe avec un simple « OK ». Ce ne fut qu’après que Grisia et le Capitaine-Chevalier de Flammes furent partis qu’il se réveilla et réalisa que…

Il y avait une montagne de documents sur la table devant lui !

 

 

« Je n’arrive pas à croire que tu sois parvenu à tout corriger ! Tu es si impressionnant ! » décréta Grisia avec admiration.

Lorsque Ceo entendit cela, ses yeux, qui étaient déjà un peu vitreux, se firent encore plus distants, comme si celui-ci était à l’article de la mort. Il articula faiblement : « Ne m’as-tu pas dit qu’il fallait les rendre pour aujourd’hui ? J’ai passé toute la nuit à les corriger sans dormir… »

« C’est exact ! Ils doivent être rendus aujourd’hui ! » Dès qu’il eut finit sa phrase, Grisia murmura : « Mais, je les rends souvent en retard, vu que tout le monde sait que mon Maître Neo ne rend jamais sa paperasse à temps. »

« Qu’est-ce que tu viens de dire ? » Ceo n’avait pas tout à fait entendu le murmure additionnel de Grisia.

« Rien du tout ! » Grisia prit les documents d’une main. De son autre main, il agrippa Ceo par le bras et s’exclama : « Allons-y ! Tu m’as aidé à compléter la paperasse, maintenant c’est mon tour de t’aider à finir ta mission de jeter des clins d’œil ! »

« Tu t’en souviens encore ? » Ceo était un peu stupéfait. La nuit précédente, il avait songé plus d’une fois que Grisia l’avait dupé pour lui faire corriger ses documents à sa place, et qu’il n’avait aucune intention de l’aider à accomplir sa mission.

« Bien sûr ! »

Une fois qu’il eut rendu les documents, Grisia traîna Ceo jusqu’à un endroit et s’arrêta. Il tourna la tête et le questionna : « Comment te sens-tu, là tout de suite ? »

Fatigué, Ceo répondit : « Épuisé. Je n’ai pas du tout dormi, et j’ai lu un si grand nombre de documents. Ma vision est encore remplie de textes sur des demandes d’ordres, des demandes pour embaucher des employés supplémentaires, ou même remplir des tableaux pour répartir les frais d’allocations de tous les chevaliers sacrés pour l’année prochaine… »

« Fais un clin d’œil dans cette direction. »

« Pourquoi ? »

« Fais-le, c’est tout ! »

Désorienté, Ceo fit un clin d’œil.

« Il est tellement mignon ! »

« Et plutôt beau garçon ! »

Stupéfait, Ceo entendit des cris de filles perçants s’élever de la direction dans laquelle il avait fait un clin d’œil. Est-ce qu’il y a… des jeunes femmes par là-bas ?

Il ouvrit grand les yeux, tentant de concentrer sa vision pour voir ce qui l’entourait plus clairement, mais Grisia alla jusqu’à couvrir son regard. Puis, il enleva abruptement ses mains et dit : « Fais un clin d’œil vers la droite devant toi. »

Ceo suivit ses instructions. Lorsque ce fut fait, ses yeux furent de nouveau couverts. « Fais un clin d’œil à gauche devant toi. »

« Encore un clin d’œil à droite… »

Après avoir fait des clins d’œil plusieurs fois d’affilé, Grisia cessa enfin de couvrir les yeux de Ceo. Il applaudit. « La mission de lancer des clins d’œil à une centaine de jeunes femmes est accomplie ! »

Hein ? Ceo cligna des yeux et parvint enfin à discerner clairement les alentours. C’est… c’est le Sanctuaire de la Lumière ! Le Sanctuaire de la Lumière qui est rempli de prêtresses ! Immédiatement, il se cacha derrière Grisia.

Voyant Ceo agir de la sorte, Grisia l’entraîna simplement avec lui à l’extérieur. Une fois qu’ils furent dehors, il croisa les bras devant sa poitrine. Comme s’il pensait que c’était tout naturel, il déclara : « Je t’avais bien dit que je t’aiderais ! N’oublie pas, à présent tu me dois une faveur ! »

… Hein ?

 

 

Pendant le cours

« Tu as enfin appris comment lancer des clins d’œil aux jolies jeunes femmes sans rougir ! » Le Chevalier de la Tempête n’aurait pas pu être plus ému qu’à ce moment précis. Il tapota l’épaule de son apprenti et lui dit : « Je savais que tu y arriverais ! Ton maître est si fier de toi ! »

Parce qu’il avait passé toute la nuit à corriger des documents et que tout ce qu’il avait vu était des lignes de textes défilant devant ses yeux, il n’avait pas été en état de percevoir si les personnes en face de lui étaient des hommes ou des femmes…

On dirait que je dois vraiment une faveur à Grisia… ?

Ceo ne comprenait pas réellement ce qu’il se passait. Pourquoi est-ce qu’il devait quand même une faveur à Grisia alors qu’il l’avait aidé à corriger la paperasse ? Mais, dans tous les cas, Grisia l’avait aidé à enfin apprendre comment faire des clins d’œil. En résumé, il lui devait probablement encore une faveur… non ?

 

 

« Bien ! Voici la paperasse pour aujourd’hui ! » D’un geste, Grisia fourra une immense pile de documents entre ses mains. « Quand tu auras fini, ta vision sera remplie de lignes de texte, donc tu n’auras pas à t’inquiéter pour ce qui est de jeter des clins d’œil. Ça veut dire que tu me dois une autre faveur ! »

Pourquoi est-ce qu’il devrait encore une faveur à Grisia ? À l’évidence, c’était lui qui aidait Grisia à corriger cette paperasse. Je l’aide à s’occuper des documents, mais je lui dois quand même une faveur… Quel genre d’accord est-ce là ?

« Je t’ai aidé à corriger les documents ! » Ceo était un peu en colère à présent.

Grisia pencha la tête sur le côté et soupira. « Que vais-je faire de toi ? Très bien ! Disons que tu ne me devras pas de faveur supplémentaire dans ce cas. Mais, tu dois toujours me rendre un service pour la faveur d’avant ! »

… Pourquoi avait-il l’impression qu’il n’avait rien gagné dans tout cela ?

Cependant, afin de parvenir à lancer des clins d’œil sans rougir, il semblerait qu’il n’eût pas d’autres choix que de corriger de la paperasse…

Comment les choses ont-elles tourné ainsi ?

Alors qu’il corrigeait de la paperasse dans sa chambre, peu importe sous quel angle il considérait la question, Ceo ne parvenait pas à trouver la réponse à cette question. Toutefois, pendant ce laps de temps où il était absorbé dans ses réflexions, il termina de corriger dix autres documents.

« Ceo, qu’es-tu en train de faire ? Ces derniers temps, tout le monde raconte qu’ils t’aperçoivent très peu. Tu as l’air d’être très occupé ! »

« Maître. » Ceo avait corrigé des documents au point d’avoir la tête qui lui tournait. Quand il entendit un bruit, il leva simplement la tête. Lorsqu’il réalisa que c’était son maître qui l’avait interpelé, il continua à le fixer d’un regard vide, incapable de réagir.

« … Sur quoi est-ce que tu travailles comme ça ? »

Le Chevalier de la Tempête ramassa l’un des documents et y jeta un coup d’œil.

Oh non ! Je ne suis pas censé corriger des documents administratifs ! Même jusqu’à ce moment précis, Ceo n’avait pas été en mesure de réagir.

« Tu… » L’expression sur le visage du Chevalier de la Tempête se durcit. « … Tu aides Neo à corriger sa paperasse ? »

Je suis foutu ! Qu’est-ce que je suis censé faire ? Grisia…

« Tu ne m’aides même pas à corriger mes documents, et pourtant tu aides Neo à s’occuper des siens ? C’est moi ton maître ou c’est lui, hein ? »

… Quoi ? Timidement, Ceo répondit : « C’est Grisia qui me les a donnés. C’est lui que j’aide, pas le Capitaine-Chevalier du Soleil. »

« Je m’en moque ! » L’imposant Chevalier de la Tempête se mit à piquer une crise. « Si tu aides Neo à corriger sa paperasse, alors tu dois aussi m’aider à corriger la mienne ! »

Soudainement, Ceo eut l’impression que Grisia venait de lui ouvrir les yeux sur les nombreuses vérités cachées du Temple Sacré. Il acquiesça et répondit : « D’accord, maître, je vais vous aider à corriger vos documents, mais je ne veux plus avoir à suivre de leçons sur comment jeter des clins d’œil ! »

« … Tu as été corrompu par Grisia, mais c’est d’accord ! Puisque tu as déjà appris comment faire des clins d’œil, ce n’est pas bien grave si nous arrêtons les leçons. »

Avec un tel résultat, on dirait vraiment que je dois une immense faveur à Grisia, mais je l’ai également aidé à corriger une affreuse quantité de documents, non ? Ceo était un tantinet perplexe.

 

 

« Décédéo ! Tu dois encore me rendre un service, alors file-moi un coup de main ! »

« Décédéo, puisque tu me dois une faveur, viens vite m’aider ! »

Si tu continues à m’appeler Décédéo1, c’est toi qui vas bientôt être décédé !

« … Storm ! Vite, aide-moi ! Tu me dois une faveur ! »

Même après qu’il eût dépassé la vingtaine d’années et fût officiellement devenu le Chevalier de la Tempête, Ceo de la Tempête ne comprenait toujours pas pourquoi il devait une faveur à Grisia, et pourquoi il n’arrivait jamais à finir de lui rendre « cette unique faveur ».

Une fois, quand il avait corrigé de la paperasse sans dormir pendant trois jours d’affilé et que Grisia avait jeté une nouvelle montagne de documents devant lui, Ceo de la Tempête avait enfin explosé et rugit : « Grisia du Soleil ! »

D’un coup de pied, il envoya le collègue devant lui valser dans les airs, ce type qui ne cessait jamais de lui apporter de la paperasse. Ensuite, il courut jusqu’à lui et continua de le rouer de coups de pied.

« Aaaah ! » Grisia hurla et se baissa, mais il n’était pas aussi leste ou agile que Ceo. Il se fit de nouveau frapper, tandis qu’il se baissait et essayait de parler. « Pourquoi t’énerves-tu contre moi tout à coup ? Je ne comprends pas ! Je n’ai rien fait de mal récemment, non… ? Je veux dire, rien de particulièrement mauvais, pas vrai ? Aïe ! Ne me frappe pas au visage ! »

C’est exact, ça ne date pas d’hier. C’est juste que ça dure depuis huit ans à la place !

Alors qu’il sautait dans les airs pour donner un autre coup de pied, Ceo arrêta son pied juste à côté du visage de Grisia, faisant voltiger ses cheveux blonds avec la bourrasque engendrée par le vent. Par la suite, il déclara lentement : « Là, tout de suite, laisse-moi te tabasser autant que je le veux pour m’aider à faire évacuer ma colère, sinon je ne t’aiderai plus jamais à corriger le moindre document. Qu’est-ce que tu choisis ? »

« … Frappe-moi ! Assure-toi d’utiliser toute ta force ! Ne te retiens surtout pas. Ma lumière sacrée est très puissance. Je suis le Chevalier du Soleil avec les meilleures compétences en matière de soin dans toute l’Histoire, donc il n’y a aucun problème ! Vas-y ! »

Au même moment, la porte s’ouvrit. Leaf passa la tête par l’entrebâillement et demanda avec inquiétude : « Est-ce qu’il s’est passé quelque chose ? J’ai entendu des cris… Ne vous battez pas ! »

Avec une empreinte de pied sur le visage, Sun révéla son sourire le plus brillant et déclara : « Mon frère Leaf, comme on le dit souvent, se bagarrer est un signe d’affection et se disputer un signe d’amour. Mon frère Storm et moi ne faisions qu’échanger notre affection et notre amour fraternel et n’étions pas en train d’en venir aux poings. Il n’y a nul besoin de s’inquiéter. »

« … Désolé d’avoir interrompu votre moment de communication. »

Leaf se retira. La porte se referma immédiatement.

Le visage dénué d’expression, Ceo regarda Grisia qui affichait maintenant un vrai sourire et qui lui dit : « Décédéo, tu es mon subordonné, mais tu as osé me frapper. Ça constitue un crime très grave ! Tu as même été pris la main dans le sac par Leaf, mais regarde avec quelle adresse je t’ai aidé à expliquer tes actions. Tu me dois une autre immense faveur à présent ! »

« … »

Je vais te rendre cette faveur sur-le-champ !

COUP DE PIED !

Note de bas de page

1 Décédeo : C’est le surnom que Grisia a donné à Ceo. Dans la version chinoise, le surnom est Sĭwō (死喔). Sa prononciation est très similaire à celle de Ceo, mais le premier caractère signifie « meurt » ou « mort ». Pour information, l’équipe de traduction anglaise de PR ! a traduit ce surnom par « Deatheo ».

1/2 Prince T6C1 : La conférence des cinq suzerains

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½ Prince Tome 6 : La grande révolte des PNJs

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 1: Conference of the Five Overlords – traduit du chinois vers l’anglais par Akakuroi
Chapitre 1 : La conférence des cinq suzerains – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ travail de vérification par Yukomin

Les préparatifs pour le rassemblement des Suzerains des cinq continents commencèrent. Même si nous perdons sur le plan des capacités, nous ne devons pas perdre sur le plan de l’esprit, ou alors nous perdrons la face, était ce que pensait tout le monde. Quoi qu’il arrive, nous devons donner aux représentants des autres continents un avant-goût de l’enthousiasme débordant du Continent Central !

White Bird se tourna gracieusement vers moi et s’enquit de ma décision : « Mon Suzerain, nous avons décidé de parer la Cité de l’Infini avec faste, de façon à montrer l’esprit puissant de la cité aux autres suzerains. Qu’en pensez-vous ? »

« Pas de soucis, pas de soucis », répondis-je à la hâte. De toute façon, ça n’a rien à voir avec moi. S’ils veulent en faire une cité d’or, d’argent ou même la repeindre aux couleurs de l’arc-en-ciel, ça les regarde. Quoique, il y a ce tout petit désir en moi… Est-ce que ça irait de la peindre en rose ?

En entendant cela, un sourire gentil, rarissime, fleurit sur le visage de White Bird. C’est…c’est…Pourquoi est-ce-que ça me rappelle… C’est…c’est…Pourquoi est-ce-que ça me rappelle tant grande sœur Yu Lian ? Un frisson glacial me parcourut le long de la colonne vertébrale, et j’éprouvai le sentiment qu’une chose horrible était sur le point de se produire. À peine cette pensée m’avait-elle traversée que White Bird levait les mains et les claquait deux fois. Soudainement, des personnes apparurent de chaque côté de la salle et s’alignèrent, tenant chacune un objet étrange entre leurs mains. Un seul point commun existait entre tous ces objets bizarrement pointus : ils étaient tous en or.

« Que quelqu’un ferme les portes ! » Ordonna White Bird aux personnes en rangées sur ses côtés.

Fermer les portes ? Ne me dites pas que la phrase suivante est la légendaire « laissez sortir les chiens »1 ? Je déglutis avec difficulté. Est-il possible que White Bird en ait finalement plus qu’assez de moi et souhaite me jeter en pâture aux chiens ? C’est… Après la mise à jour, je me demande si c’est possible pour un joueur d’attraper la rage.

Le ton aussi grave que celui d’un violoncelle, White Bird me commanda : « Suzerain, déshabillez-vous ! »

J’étais abasourdis. Me déshabiller ? Alors que j’étais encore en train de me demander s’il s’agissait d’un poisson d’avril et que White Bird avait été envoyée pour me piéger, la ligne de gens s’approcha de moi et se mit à m’encercler… Hé, hé, hé ! Madame sur la gauche, pourquoi m’enlèves-tu ma chemise ? À mon âge, je pourrais presque être ton fils ! Ah, ah, monsieur à ma droite, mon pantalon n’est pas quelque chose que tu es censé toucher !

« Non ! » Hurlais-je tout en essayant vainement de me couvrir. Me sentant violé, mes yeux ne cessaient de glisser vers White Bird qui ne semblait aucunement perturbée par tout cela.

Puis, tout en m’examinant de haut en bas, elle choisit lentement une pile d’objets étranges en or et déclara : « Essayons d’abord ceci. »

Quoi ? Encore une fois, avant que je n’eusse pu comprendre ce qu’il allait se passer, une masse de vieilles dames et de vieux messieurs se forma autour de moi. Dans la confusion, je fus frappé à la tête un nombre incalculable de fois et dû avaler deux gorgées pleines de potion de santé pour soigner les bosses qui se formaient.

« Ça ne va pas, on change ! » Annonça simplement White Bird.

« Changez encore… » Ordonna-t-elle après que j’eus été déshabillé à nouveau puis rhabillé.

Je compris enfin que White Bird ne faisait que m’aider à trouver une tenue digne de ce nom. Pendant un instant, elle m’avait vraiment fait flipper ! Et dire que l’espace d’une seconde je m’étais imaginé que, au lieu de perdre ma virginité avec Lolidragon, je serais obligé de la laisser aux mains de ces personnes…

« Ça, ce n’est pas assez flamboyant ! Ça, non plus ! »  S’exclama-t-elle, alors qu’elle me fixait avec une anxiété montante.

Juste au moment où je m’apprêtais à lui glisser quelques mots de réconfort, quelqu’un ouvrit violemment la porte avec son pied. White Bird et moi nous tournâmes simultanément et vîmes Jing et Yun portant d’autres objets en or dans leurs bras. Yun annonça même en criant : « On a trouvé des habits flamboyants ! »

« Ce ne serait pas… ? » Je contemplai, choqué, l’horrible chose dans ses mains. « Ne me dîtes pas que c’est l’armure de Huang Wei ? »

« Exactement ! » Répondit Jin, comme s’il s’agissait de la chose la plus banale au monde.

Je me rappelai le temps passé sur le Continent de l’Est, quand j’avais vu Huang Wei pour la première fois. C’était l’exacte même armure dorée qu’il portait et qui m’avait laissé sous le choc. J’avais pensé, comment quelqu’un peut-il réellement avoir aussi mauvais goût ? Cependant, cette fois, c’était à moi de porter ce truc. Est-ce que c’est ce qu’on appelle un coup du destin ? Je me suis moqué de ses goûts, et maintenant c’est mon tour de devoir porter ce truc ignoble ? À cette pensée, je secouai immédiatement la tête et décrétai : « Il est hors de question que je porte ça ! »

Ce fut à cet instant que je réalisai à quel point ce « prestige des gouvernants », que White Bird tentait de m’enfoncer dans le crâne, était important. Si j’en avais ne serait-ce qu’une once, je n’aurais jamais autorisé ces trois personnes ainsi que tous ces vieux à me faire subir ça ! pensais-je en soupirant au fond de moi.

Après avoir été obligé de porter cette « armure en or », je ne pus m’empêcher de regarder autour de moi pour voir si l’effet de cet équipement, qui rendait son précédent propriétaire « hilarant », serait le même pour moi.

« Ne t’inquiète pas Prince, l’effet que tu donnes avec ça est totalement différent que celui de Huang Wei. Elle te va plutôt bien », me consola Yun.

« Pas mal, pas mal. Ça, c’est assez flamboyant », annonça White Bird en hochant la tête. La satisfaction qu’elle affichait m’inquiétait totalement. Cela signifiait que j’allais devoir porter cette espèce d’armure blindée en or pour la rencontre avec les autres suzerains des cinq continents. Qu’est-ce qui pourrait être pire ?

« C’est magnifique. On dirait que mes efforts pour l’emprunter à Huang Wei n’aient pas été vain », marmonna Jing en m’examinant sous tous les angles.

« Il était d’accord pour le prêter ? » Je ne m’attendais pas à cela. Était-il réellement aussi généreux ? Ou nous l’avait-il prêté à cause de la beauté de Jing ?

« Sous le regard menaçant de Jing ainsi que de la troupe de guerriers derrière elle, évidemment qu’il était d’accord », révéla Yun en se parlant à voix basse.

Flanquant une bonne claque à l’arrière de la tête de Yun, Jing se retourna et dit à White Bird : « Laisse-le porter cette armure. »

Ce fut en voyant cette dernière hocher la tête comme on écraserait de l’ail que je sus que mon destin allait être semblable à cet ail pitoyable. La probabilité que je pusse me changer était aussi mince que celle que l’ail retrouvât son état initial. Déprimé, je traînai des pieds, arborant l’immense longue cape rouge, la brillante armure dorée de haut en bas ainsi qu’une ceinture sertie d’innombrables pierres précieuses, tout le long du chemin entre le tapis rouge et le trône alors couvert d’une couverture en fourrure blanche, et me laissai tomber avec fainéantise, me sentant exténué aussi physiquement que mentalement.

« Comment se fait-il que les autres seigneurs ne soient pas encore là ? » M’enquis-je avec mécontentement. Pour ce qui est de la conférence des cinq suzerain des cinq continents… Techniquement, il s’agissait de cinq continents, mais étant donné que nous ignorions toujours la situation de la suzeraine Fleur du Continent du Nord, que le suzerain souriant du Continent de l’Est ne ferait rien qui ne lui rapportât pas d’argent, et que celui du Continent du Sud, Undying Man, oublierait tout à la vue d’une beauté, les seuls qui viendraient certainement seraient Neurotic et DanDan du Continent de l’Ouest… à condition qu’ils ne fussent pas distraits par les attraits d’une belle chose…

« En parlant du loup », glissa Lolidragon, alors qu’elle entrait en souriant.

Arquant les sourcils, je m’apprêtais à lui demander ce qu’elle entendait par là, quand j’aperçus Neurotic et DanDan me faisant de grands signes de la main. Un sourire apparut directement sur mon visage, tandis que je me levais de mon trône et me précipitais vers eux pour les accueillir les bras grands ouverts.

Soudainement, il me sembla que mon pied droit marchait sur quelque chose de très doux, puis qu’on me tirait les épaules. De plus, juste devant le trône se trouvait des marches…

Ah ! J’ai marché sur ma cape ! Je réalisai brusquement ce qu’il s’était passé. Après que mes bras se furent redressés, mon corps tomba à quatre-vingt-dix degrés et entra en contact intime avec le tapis rouge.

« Wow, même sa chute est magnifique », me gratifia DanDan, pendant que Neurotic acquiesçait d’un signe de tête avec enthousiasme à ses côtés.

En entendant cela, j’ignorais si je devais rire ou pleurer. Lorsque je relevai les yeux, le sourire sincère de DanDan se manifesta devant moi, comme elle me tendait la main pour m’aider à me relever. Son action différait totalement de celle de l’impitoyable Lolidragon qui ricanait sur le côté.

Avec la lourde armure en or pesant sur moi, je bataillai un long moment. Premièrement, avec les deux mains plaquées sur le sol, je relevai le torse avec un effort considérable. Puis, ma jambe droite avancée, je pliai les genoux et me mis en position pour ramper. Réussissant enfin à me lever, je fus félicité par un groupe de gens qui riaient de façon incontrôlable. Rougissant, je tentai de m’expliquer : « Cette armure est très lourde, d’accord ? Alors, c’est très difficile de se relever après être tombé. »

« Suzerain… Oh mon Dieu, je vais m’évanouir, je vais m’évanouir », réagit White Bird d’une voix faible, semblant sur le point de s’écrouler.

« Ah la la, White Bird, ne t’évanouie pas, il ne te sert à rien de t’énerver à cause d’un bois pourri et d’un mur sale »2, répliqua Lolidragon en prétendant courir d’une façon dramatique au secours de celle-ci.

Vous vous êtes liguées contre moi. Je… Je… Je ne peux que me gratter le nez et laisser passer. Me retournant, je m’enquis immédiatement auprès du couple qui venait d’arriver : « Vous allez bien ? De toute manière, nous sommes amis, donc vous n’irez pas répandre cet incident embarrassant, n’est-ce pas ? »

Neurotic se tapota immédiatement la poitrine et promit : « Ne t’inquiète pas, ma femme et moi-même ne glisserons définitivement aucun mot de cela à qui que ce soit… »

« Mais, tomberez-vous à nouveau pour que je puisse vous admirer ? » Ne put s’empêcher d’ajouter DanDan.

« Abordons le sujet de l’assassin à présent. » Je réfrénai mon envie de rouler des yeux vers DanDan et attaquai le taureau par les cornes. Fronçant les sourcils, Lolidragon devint très sérieuse et déclara : « Suzerain de l’Ouest, veuillez décrire l’incident avec l’assassin de votre côté. »

« Bien sûr ! » Il croisa les bras et se remémora : « Nous avons subi deux tentatives d’assassinat. La première fois fut lorsqu’avec ma femme nous venions de rentrer à la Cité de la Liberté pour une courte période. Quant à ce que nous faisions à ce moment, eh bien…j’ai oublié. »

DanDan l’interrompit immédiatement : « À ce moment-là, nous nous tenions devant les portes de la cité, planifiant la manière de les embellir. »

Semblant éclairé, Neurotic regarda sa femme avec reconnaissance avant de poursuivre : « C’est exact. À ce moment, nous étions en train de nous demander comment embellir les portes de notre cité. En fait, je pensais qu’ajouter quelques pierres précieuses serait bien, mais ma femme, de son côté, penchait plutôt pour créer un aspect naturel en enroulant des lierres dessus à la place, cependant… »

« Juste le principal ! » Lolidragon et moi nous écriâmes à l’unisson.

Neurotic changea immédiatement de sujet : « Tout d’un coup, quelqu’un m’a demandé si j’étais le suzerain de la Cité de la Liberté, et j’ai évidemment acquiescé. Puis, une lame brillante a fondu droit sur moi. Pendant que je l’évitais, j’ai entendu ma femme hurler, et quand j’ai regardé, j’ai failli mourir de peur. Un second assassin l’attaquait. Heureusement, grâce à ses rapides réflexes, tout en esquivant l’attaque, elle a convoqué la Lame Sanglante pour les combattre. En parlant de ça, ma femme a toujours été si intelligente… »

Lolidragon et moi soupirâmes en levant les yeux au ciel. Combien de temps cela prendrait-il pour finir d’écouter ce qu’il y avait à savoir sur cet incident au juste ?

Heureusement, DanDan semblait également connaître les habitudes de son mari et reprit là où il s’était arrêté : « Laisse-moi raconter, mon chéri. Ce jour-là, quand je me suis rendue compte qu’une personne tentait d’assassiner mon mari, je me suis immédiatement mise en alerte. Ceux qui l’attaquaient devaient savoir que nous ne nous séparions jamais de l’un de l’autre, donc il était peu probable qu’une seule personne ait été envoyée pour cette mission. Et en effet, juste au moment où je prêtais attention aux alentours, j’ai senti que quelqu’un se trouvait derrière moi. »

« Ensuite, nous avons réalisé que ces deux-là étaient anormalement forts. Pour autant que nous le sachions, les gens du Continent de l’Ouest disposant de ce genre de force sont des personnes que nous connaissons déjà. Pour cette raison, nous avions trouvé cela très étrange », se rappela-t-elle avec précaution.

Se grattant la tête d’un air embarrassé, Neurotic ajouta : « Ça ne l’était pas pour moi, j’étais très excité de les combattre. En fin de compte, ils se sont enfuis quand nos coéquipiers sont arrivés en courant après avoir entendu tout le raffut. Leur vitesse était incroyablement rapide, comme celle de voleurs, mais leur force était tout aussi impressionnante, telle celle de guerriers. Je ne parviens toujours pas à deviner leur classe. »

« C’est ça ! » m’écriai-je en entendant cela, surpris. « Celui que j’ai croisé était pareil, sa vitesse plus grande qu’un voleur et sa force comparable à celle d’un guerrier. Comme c’est étrange. »

« Ça devrait être impossible. En théorie, pour avoir une vitesse élevée, les autres capacités doivent être sacrifiées », affirma Lolidragon d’une voix soupçonneuse.

« Se pourrait-il que ce soit un bug ? Ou…quelque chose de pire ? » Lolidragon parla gravement, répandant immédiatement de l’inquiétude parmi nous.

Voyant son visage inquiet, je tentai de la réconforter : « Peut-être que ce n’est pas si grave. Attendons d’en parler avec les autres suzerains une fois qu’ils seront arrivés. Mais… Je me demande s’ils viendront », dis-je d’un ton incertain, alors que je penchais la tête sur le côté.

Le visage dégouté, Lolidragon répondis : « Au moins, on peut être sûr qu’Undying Man va venir. »

« Le suzerain du Continent du Sud ? Le guerrier le plus fort de Second Life ?! J’ai vraiment hâte de le rencontrer », déclarai-je, avec excitation. Je me demande à quel point il est fort, j’ai vraiment envie d’apprendre de lui.

Cependant, à peine avais-je parlé qu’une expression étrange apparut sur le visage de trois des personnes qui me faisaient face. Je questionnai immédiatement Lolidragon du regard.

« Il est plus comparable à un cafard immortel. » Avec une expression effrayée, Neurotic continua : « J’ai entendu dire qu’il avait juré de ne jamais mourir. On dit qu’il a un jour combattu jusqu’à ce que ses intestins pendent à l’extérieur de son corps. Et malgré ça, il a réussi à retourner en ville en se nourrissant d’herbes aux minuscules propriétés guérissantes qui poussaient sur le chemin. Il a rampé jusqu’à la cité, a traversé entièrement le parc de celle-ci et s’est rendu jusqu’au château pour trouver un prêtre qui pourrait le soigner, tout cela en traînant ses intestins. »

Euh… ? Ça…montre qu’il a une forte résistance à la douleur et un esprit qui n’abandonne jamais, n’est-ce pas ? Je fronçai les sourcils, tentant de trouver des excuses pour Undying Man.

« Il paraît qu’il aime demander aux femmes de l’épouser. On raconte que ses demandes en mariage ont été rejetées plus de trois mille fois. Ne sait-il donc pas que les belles choses ne peuvent être qu’observées de loin ? » DanDan secoua la tête et soupira.

Avoir été rejeté plus de trois mille fois…En un an, combien de fois au juste a-t-il fallu qu’il fasse sa demande ? Même s’il l’avait fait une fois par jour, ça lui aurait au moins pris dix ans pour atteindre un tel record, non ? Qui irait faire une demande en mariage une fois par jour ?

« La dernière fois que je suis allée le voir, j’ai ajouté une dizaine de fois à son dossier. Si j’étais restée quelques jours de plus, j’aurais probablement élevé son record à plus de quatre mille fois », déclara Lolidragon en grinçant des dents. Il semblerait que ce joueur l’eût particulièrement énervée. Je me demande si mon frère s’est senti jaloux.

Le fait d’entendre leurs explications avait rempli ma tête de question. Les élites guerrières ne sont-elles pas supposées être froides et avoir la classe comme Kenshin et Artic Fox ? Comment le joueur le plus fort de ce jeu peut-il être le pervers du siècle ? Et le pervers le plus minable du siècle qui plus est.

« Mmmh, j’aimerais vraiment voir sa tête quand il se fait jeter », songeai-je à voix haute.

« Tu en seras bientôt témoin, et plus jamais tu ne souhaiteras assister à une telle chose. » Répliqua froidement mon frère près de la porte. Me retournant, je le vis nonchalamment appuyé contre la porte, regardant autour de lui avec dédain. Puis, il ajouta : « Et je suis là pour vous annoncer que le Suzerain Immortel du Continent du Sud est déjà arrivé, et est à présent en train de demander la main de Yu Lian, Phoenix et Rose en mariage. »

« Grand-frère Wolf n’a pas réagi ? » m’enquis-je, sous le choc. Undying Man Même grande-sœur Yu Lian n’échappe pas aux demandes d’Undying Man ? Et grand-frère Wolf ne défend même pas sa femme ?

« Avant même qu’il ait pu réagir, grande-sœur Yu Lian l’avait déjà rejeté. Et puis… »

Avant que Heartless Wind eut pu terminer sa phrase, un hurlement se diffusa à travers le hall comme une traînée de poudre. « Oh Dieu ! J’ai encore échoué ! Oh Dieu ! On m’a rejeté plus de quatre mille fois maintenant ! Seigneur, pourquoi me faîtes-vous subir un tel supplice ? Est-il si dur de me trouver une petite amie ? Laissez-moi vous dire, je finirai bien par en trouver une ! Je vous prouverai qu’un homme peut renverser son destin ! »

« C’est lui », annonça mon frère d’une voix crispée, pointant derrière lui avec son pouce.

Au même moment, d’un ton extrêmement désespéré, grande-sœur Yu Lian le pressa gentiment : « Suzerain Immortel, pour ce qui est des demandes en mariage, s’il-vous-plaît, remettez ça à plus tard. Accepteriez-vous, je vous prie, de vous rendre dans le hall pour y rencontrer notre suzerain de la Cité de l’infini ? »

« Tout ce que tu voudras ma belle », affirma une voix peu ragoûtante et mielleuse.

« Je crois que cette personne pourrait s’attirer de gros ennuis », dis-je sévèrement.

« Ne t’inquiète pas, il ne causera pas autant de problème que notre suzerain », fit sournoisement remarquer Lolidragon. C’est quoi cette attitude ? Est-ce-que je cause vraiment autant de soucis ? Hein ?

« Monseigneur, le suzerain du Continent du Sud est arrivé. » Aussitôt cette annonce faîte, White Bird laissa entrer un groupe de gens. Quant à la personne marchant devant, je devinai qu’il s’agissait probablement du suzerain du Continent du Sud.

Suzerain du Continent du Sud ? Je me demande s’il est moche. Vous savez, faire trois mille demandes en mariage n’était pas une chose facile. Même si on fermait les yeux et tirait trois mille fois au hasard, on devrait éventuellement atteindre quelques oiseaux, non ? C’était pourquoi j’en étais venu à la conclusion qu’à moins qu’il fût si affreux qu’il ferait fuir même les dieux et les fantômes, ce record de quatre mille refus serait impossible à atteindre.

Je commençai à l’examiner. Un corps très musclé, c’était bien, même si je n’appréciais pas les hommes musclés, de nombreuses filles si ; un visage bien défini, c’est également bien ; une bouche déterminée, que moi-même je trouvais plutôt sympas ; et des sourcils très élégants. Sous ces derniers trônait…une immense paire d’yeux brillants, du style shôjo manga, encore plus étourdissants que les grands yeux mignons de Doll !

C’est… Je ne dis pas que c’est mal d’avoir de grands yeux brillants… Mais, imaginez un grand homme musclé avec des yeux immenses accompagnés de long cils comme dans ces shôjo mangas ? Pour ceux qui ne peuvent pas l’imaginer, je peux seulement vous dire ceci : c’est dégoutant à l’extrême !

Je me tournai pour regarder les autres. On aurait dit que Neurotic avait marché dans du fumier, et sa femme le fixait avec les yeux écarquillés, la bouche s’ouvrant et se refermant comme si elle avait de la difficulté à respirer. Génial, on dirait que je ne suis pas le seul à être sous le choc.

Néanmoins, tous les visiteurs étaient des invités. Rassemblant mon courage, je fis face au Suzerain Immortel qui patientait devant moi. Il me regardait maintenant d’un air ahuri. Quand nos yeux se croisèrent, je lui accordai un bref sourire sincère pour être poli.

« Quelle beauté ! Non, vous êtes une déesse, l’ange le plus parfait en ce bas monde ! » Un air de désir et d’envie apparut soudainement dans ses yeux (non, non, s’il-te-plaît ne laisse pas tes yeux immenses du style shôjo manga afficher cette expression, c’est terrifiant !), et une expression douloureuse se dessina sur son visage. Après qu’il eut finalement décidé quelque chose à ce qu’il semblerait, il fonça vers moi avec la puissance d’un train, glissa sur le sol et s’agenouilla devant moi. Ensuite, alors qu’une magnifique rose apparaissait dans sa main, des éloges naquirent inlassablement dans sa bouche. Ceux-ci lui venaient si naturellement qu’on aurait dit qu’il les avait déjà prononcés un millier de fois… Ça doit effectivement déjà faire mille fois, ou plutôt quatre mille !

Fronçant les sourcils en écoutant ces compliments peu ragoûtants et qui n’en finissaient pas, je n’arrivais pas à dire si ces derniers étaient les plus terrifiants, ou bien s’il s’agissait de ces yeux fixés sur moi.

Je questionnai du regard toutes les personnes environnantes, mais chacun semblait également perturbé ; on aurait dit que nul n’était capable de me fournir un peu d’aide. Finalement, quelqu’un qui accompagnait le Suzerain Immortel s’avança doucement et déclara : « Monseigneur, la personne devant vous est un homme. »

La bouche du suzerain, qui s’activait de façon continue, se referma immédiatement. Son visage se redressa lentement pour me regarder et, simultanément, je baissai les yeux pour croiser son regard. Mais, quand j’y lu l’incertitude, je détruisis ses espoirs : « Je suis un homme. »

Deux rivières commencèrent à s’écouler de ses yeux. Tout comme Nobi Nobita pleure quand il se plaint auprès de Doraemon, ses larmes devinrent deux rivières en forme d’arc. Pendant que j’étais abasourdi par ce que je voyais, il commença à se taper la poitrine et à se lamenter, hystérique : « Comme c’est injuste ! Dieu, même si tu souhaites me punir, tu n’as pas à être si cruel ! Me laisser croiser le chemin de la plus belle femme au monde pour ensuite m’apprendre qu’il s’agit en fait d’un homme. »

Je… Mais, je n’ai jamais été confondu avec une femme auparavant dans le jeu. Je ne devrais pas avoir l’air très féminine, non ? Confus, je contemplai le Suzerain Immortel qui, dans son désespoir, semblait prêt à se suicider à répétition sous peu, ignorant comment le réconforter.

Toutefois, son compagnon, qui lui avait annoncé la nouvelle, expliqua d’un ton connaisseur, comme s’il l’avait déjà déclaré un millier de fois : « Pas de soucis, dans trois minutes, il sera revenu à la normale. »

Sans voix, tout le monde attendit et observa le suzerain se lamenter de façon hystérique pendant trois minutes. Puis, il se leva subitement, essuya ses larmes, et parla d’un ton composé et poli : « Ravi de vous rencontrer, Suzerain Sanguinaire du Continent Central. Je suis Undying Man du Continent du Sud. »

Impressionnant, il est plutôt poli en fait. Je répondis : « Je suis honoré de faire votre connaissance, je suis… » Cependant, à la moitié de ma présentation, j’aperçus soudainement cette paire d’yeux brillant me fixer. Ouah ! Finalement, je forçai le contenu de mon estomac à rester à sa place, et ajoutai immédiatement : « Je suis Prince, le suzerain du… »

Avant d’avoir pu finir ma phrase, Undying Man redevint fou et, excité au plus haut point, fonça vers Lolidragon tel un train. Avec des larmes d’excitation, il déclara : « Tu m’as tellement manqué, Lolidragon ! »

« Sauf que ce n’est pas du tout réciproque ! » Répliqua-t-elle en levant les yeux au ciel. Son regard égalant celui qu’elle aurait eu pour de la nourriture laissée un mois à l’extérieur.

« Hé ! » La voix d’Heartless Wind retentit derrière Undying Man. Alors que le Suzerain Immortel se tournait vers la source de la voix, une ombre bondit pour lui donner un coup de pied. Poussant un hurlement, le guerrier le plus fort de Second Life se déplaça rapidement sur le côté en essayant d’esquiver l’attaque.

Je fixai mon frère avec les yeux écarquillés, tandis qu’il retirait son pied qui s’était écrasé pile sur le visage d’Undying Man. Ensuite, mon frère dit d’un ton embarrassé : « Ce… Je n’avais pas prévu de faire ça. Je voulais juste lui donner un coup de pied derrière l’oreille pour lui faire un peu peur. C’est lui qui a bougé et s’est pris mon pied en pleine figure. »

C’est… De ce que j’ai vu, ça semble exact…

« Pourquoi m’as-tu frappé ? » Undying Man s’approcha rapidement de Heartless Wind avec les larmes aux yeux. Ce dernier était sous le choc et fixait les yeux dignes d’un shôjo manga, qui se trouvaient maintenant à seulement cinq centimètres de lui. Puis, tout son corps se tendit et de la mousse se forma dans sa bouche, et il s’écroula avec un tremblement. Se réfugiant finalement dans un coin de la salle du trône, il se mit à vomir à profusion. Pas mal, il sait qu’il ne doit pas vomir au milieu du hall.

« Hé, est-ce que ça va ? Pourquoi vomis-tu ainsi ? » Inquiet, Undying Man se dirigea vers le coin ou il était situé et tapota légèrement mon frère dans le dos. Celui-ci fit alors face aux deux yeux extrêmement horrifiants qui se trouvaient maintenant à trois centimètres de lui. Il mit immédiatement sa main devant sa bouche et se précipita vers un autre coin à sa gauche où il vécut à nouveau l’expérience de vomir avec un grand spasme.

« Est-ce qu’il est malade ? Devrions-nous aller à la pharmacie récupérer quelques médicaments ? » Demanda Undying Man en tournant vers nous une paire d’yeux inquiets et pourtant brillants.

Dégueu ! Je ne pus le supporter davantage. Me retournant, je gâchai totalement le petit déjeuner mangé plus tôt en l’envoyant atterrir sur le mur…

« Je ne suis pas malade… » Répondit Heartless Wind faiblement. Refusant de regarder Undying Man une nouvelle fois, il ajouta : « Je voulais juste t’avertir de ne plus t’approcher de ma femme, Lolidragon. »

« Qui as-tu dit était ta femme ?! » S’écrièrent de concert les deux personnes concernées.

« Toi, évidemment, Lolidragon. » Après avoir autant vomi, c’était incroyable que mon frère puisse encore paraître raffiné, élégant et répondre.

« Es-tu réellement marié à ce type, Lolidragon ? » Des larmes commencèrent à jaillir des yeux d’Undying Man comme un robinet.

« Bien sûr que non… » Regardant l’homme droit dans les yeux, elle se retourna immédiatement et régula sa respiration. Puis, elle pointa Heartless Wind du doigt et déclara en grinçant les dents : « Je préfère de loin être la femme d’Undying Man que celle d’une personne comme toi. »

« Je ne te crois pas », rétorqua froidement mon frère. « Je te défie de le regarder droit dans les yeux pendant dix secondes. »

C’est cruel comme défi. Chacun laissait transparaître que la tâche était impossible.

Ils se mirent alors tous les trois à se disputer. On put entendre des tons glaciaux et sarcastiques, des hurlement colériques et des sanglots…

« Savent-ils seulement ce qu’on est censé être en train de faire ?! » S’exaspéra White Bird en se massant les tempes avec une expression ennuyée.

« Finalement, il se pourrait que j’aie la prestance qu’est censé posséder un suzerain après tout », dis-je lentement. Assistant à la dispute persistante du Suzerain Immortel avec les deux autres, j’étais persuadé que j’étais possiblement le plus professionnel de nous deux.

« Arrêtez de vous disputer, je vous prie, et occupons-nous d’abord des choses importante », les pressa-t-elle en laissant poindre un désespoir imminent dans sa voix.

Me rasseyant paresseusement sur mon trône, je me demandai si le suzerain de l’Est serait aussi intéressant : « Je me demande quel genre de personne est Winter Triumph… »

« J’ai entendu dire qu’il est obsédé par l’argent. J’ai vraiment envie de comparer nos méthodes de gestion des fonds », anticipa Yu Lian, provoquant un regard impuissant chez son mari qui se tenait à côté.

« Attendons que le suzerain de l’Est arrive avant d’entamer les discussions. Ça te va ? » Demandai-je à Neurotic en souriant.

Ce dernier haussa les épaules, afficha un demi-sourire, et désigna le groupe en pleine dispute : « Pas de soucis, nous ne pouvons rien faire dans l’immédiat de toute façon avec ce qu’il se passe. »

« Dans ce cas, vous feriez mieux d’arrêter ça, vous trois ! » La voix de Nan Gong Zui retentit en provenance de la porte. « Le suzerain de l’Est vient de débarquer. »

« Excellent ! » Avant de pouvoir parler, la personne, que je présumais être ce dernier, parla.

« De quoi parlez-vous, je ne suis pas bien à ce point… » Je tentai un brin de modestie.

« Quel mur résistant ! » Un homme d’allure érudite entra, plié en deux, tout en touchant les murs et affirma : « Tss, tss, tss, cette matière, ce revêtement de peinture, tout est de qualité maximale. »

Le mur ? Je tentais encore de comprendre son sujet, quand l’érudit s’écria à nouveau : « Magnifique ! »

Cette fois, il devait parler de moi, non ? « Votre apparence aussi est… »

Mais, celui-ci enlaça un pilier sur le côté du mur tout en examinant et caressant les courbures avec douceur. « Des courbures aussi magnifiques, je me demande combien ça doit coûter de tailler tout ça. »

Me regardant enfin, l’érudit s’avança vers moi. Une étincelle dans le regard, il dit : « Quelle élégance et quelle puissance ! »

Je me raclai la gorge à deux reprises puis agitai mon bras droit pour que ma cape rouge flotte avec classe et dis : « Pas du tout, suzerain de l’Est, vous êtes aussi… »

Winter Triumph passa rapidement devant moi. Me retournant, je le vis serrer mon trône dans ses bras et murmurer : « Si ce trône coûte moi qu’une centaine de pièces d’or, non, non, non, moins que cinquante pièces d’or, je m’en ferai construire un. »

« Il coûte trois mille pièces d’or », annonçai-je froidement.

« Quoi ? » S’écria-t-il, peu convaincu, en s’éloignant tout à coup du trône. « Trop cher ! C’est trop cher ! Comment cela peut-il être si dispendieux ? »

Après avoir qu’il eut parlé dans sa barbe un moment, ses yeux s’illuminèrent brusquement alors qu’il regardait vers moi. Non, je comprends cette fois qu’il doit être en train d’examiner l’armure en or et non moi.

J’avais vu juste, puisqu’il me le confirma : « Cet ensemble d’armure ne peut pas être bon marché, n’est-ce pas ? Quelle pitié, parce que, même si la défense est élevée, elle entrave sérieusement les mouvements. Vous seriez mieux avec une armure qui a une défense plus faible mais une haute agilité. De cette manière, vous épargneriez de l’argent et vous seriez plus efficace pour combattre des monstres. »

« Mieux, cependant », ajouta-t-il avec une lueur étrange dans les yeux. « Troquons. La défense de cette armure n’est pas faible, et elle accorde d’amples mouvements, ce qui vous permet de vous déplacer aisément sur un champ de bataille ! » Winter Triumph se mit à faire l’éloge de son armure à profusion.

Une jeune fille toute mignonne derrière lui roula des yeux à son intention et, sans aucune tentative pour lui sauver la face, déclara : « Stupide frérot, pourquoi souhaites-tu faire un échange avec lui ? Tu es aussi du type agile, que ferais-tu d’une armure aussi lourde ? À part pour impressionner, elle ne sert à rien. »

« Petite idiote, ne peux-tu pas voir que c’est fait en or ? » Baissant le ton, il murmura : « Sais-tu combien de pièces d’or on peut obtenir en faisant fondre ce truc ? Beaucoup plus qu’en vendant cet ensemble d’armure. »

« Oh ! » Lâcha la fille, le visage s’illuminant tout à coup avec compréhension.

« Accepteriez-vous de faire un échange avec moi ? » S’enquit Winter Triumph en souriant poliment.

« Imbécile, ils ont entendu ce que tu viens de dire ! » Avec un sourire en coin, la fille ajouta : « Il ne procédera pas à l’échange. »

« Vraiment ? » S’exclama le suzerain du Continent de l’Est. Son plan ayant été découvert en quelques instants, il eut un rire jaune.

« Aucune chance ! » Affirmai-je avec un sourire amer. Cette armure n’est même pas à moi.

« Je suis le suzerain du Continent de l’Est, Winter Triumph. Ceci est notre première rencontre, et voici ma sœur Disi3 », introduisit-il en souriant.

« Je suis Prince du Continent Central. Enchanté. » Après m’être présenté, je me tournai pour leur présenter Neurotic et DanDan. « Voici le Suzerain Vagabond du Continent de l’Ouest et sa femme, DanDan. »

« Ah, le couple vagabond. J’ai beaucoup entendu parlé de vous. » Toujours souriant, Winter Triumph entreprit de bavarder avec Neurotic.

Ensuite, je désignai les trois idiots qui se querellaient encore et se battaient pour leur amour et dis : « L’homme là-bas, dont les larmes coulent comme un robinet de lavabo, est le suzerain du Continent du Sud, mais je doute qu’il ait le temps de venir vous saluer pour le moment. »

Au moment où son suzerain s’apprêtait à me répondre, Disi poussa subitement un cri et pointa le doigt vers l’entrée. Nous nous figeâmes tous les deux pour regarder ce qu’elle désignait. Yu Lian apparut devant mes yeux, et elle semblait extrêmement surprise. Puis, le suzerain grippe-sou émit un léger : « Ah. » D’après leurs expressions, il était évident qu’ils se connaissaient tous les trois.

« Yu Lian, tu les connais ? » La questionna grand-frère Wolf, surpris.

Avant que grande-sœur Yu Lian eût pu lui répondre, Disi s’était déjà précipitée vers eux et avait attrapé les mains de Yu Lian, les mots sortant de sa bouche comme des balles de révolver : « Ah la la, Yu, pourquoi as-tu démissionné sans avertissement ? Tu nous manques tellement ! Reviens-nous vite, dans notre section. La vie sans toi, c’est comme s’il nous manquait les deux bras. »

« C’est vrai. On a été tellement occupé que même le montant dans la trésorerie a diminué », ajouta Winter Triumph avec émotion.

« Vrai…vraiment ? » Répondit Yu Lian d’une voix faible.

Disi lâcha soudainement une bombe : « J’ai entendu dire que la princesse était aussi sur le Continent Central. Yu, l’as-tu croisée ici ? » Je fus stupéfait par cette question. La princesse ? Je me demande si ça a quelque chose à voir avec Doll ? Elle avait dit quelque chose à propos d’être une princesse…

Yu Lian ne répondit pas et se contenta de rester bêtement debout. Toutefois, quand j’aperçus Winter Triumph froncer les sourcils ainsi que l’expression de compréhension de Disi, je me demandai si grande-sœur Yu Lian leur parlait en utilisant le canal de messages privés.

« Yu Lian ? » La rappela grand-frère, plein de doutes.

Surprise, Yu Lian se retourna immédiatement et adressa un sourire à son mari. « Il s’agit de mes anciens collègues. »

« C’est quoi cette histoire de princesse ? » Demanda-t-il en fronçant les sourcils.

« À propos de ça… » Les yeux de Yu Lian dévièrent, n’osant croiser ceux de grand-frère Wolf.

Je me posais la même question, justement. Y avait-il quelque chose entre grande-sœur Yu Lian et Doll ? Ou s’agissait-il là d’une simple coïncidence ?

Regardant sur ma gauche, je vis mon frère continuer à se disputer sans arrêt, Lolidragon qui semblait s’énerver un peu plus à chaque seconde, et White Bird, proche des larmes, en train de leur servir d’agent médiateur. À ma droite, je vis les deux derniers arrivants lancer inlassablement des sourires ambigus à Yu Lian qui avait un grand-frère Wolf boudeur à ses côtés…

À part me gratter la tête et contempler ce bazar, je ne savais vraiment pas ce que je pouvais faire. Pour quelle raison exactement avions-nous organisé cette conférence ? Avec tout ce cirque, je ne parvenais plus à m’en rappeler.

« Prince, tu sembles avoir bien augmenté tes niveaux. Que dirais-tu d’un petit match ? » Me proposa Neurotic, qui faisait tournoyer son Épée d’Élite, l’air impatient de se battre. »

Avec une lueur de désir dans les yeux, je répondis : « Bien sûr ! Attends, laisse-moi d’abord changer d’armure. » Je courus rapidement me changer, sans oublier de lui dire où m’attendre.

Se tenant au milieu du chaos, Nan Gong Zui murmura : « D’abord, je dois gérer un peu de boulot au département militaire. Ensuite, je réunirai les nouveaux guerriers avant de discuter avec Wicked et Broken Sword de la distribution des nouvelles armes. Après tout ça, je devrais quand même pouvoir arriver à temps pour assister à la réunion. »

Notes de bas de page

1 « Que quelqu’un ferme les portes… laissez entrer les chiens. » : Citation d’un film taiwanais célèbre intitulé « 九品芝麻官 » et figurant Stephen Chow. Cela signifie capturer une personne dans un endroit sous son influence totale pour le battre efficacement.

2 « …d’un bois pourri et d’un mur sale. » : La phrase vient de Confucius : « 朽木不可雕也,粪土之墙不可杇. » Cela signifie : « Un bois pourri ne peut plus être taillé, un mur de saletés ne peut plus être sali. » Cette phrase a été utilisée par Confucius pour gronder un élève qui dormait en classe, décrivant qu’il était pathétique au point que ça ne serve plus à rien de le réprimander.

3Disi : Une déesse de la mythologie nordique.

La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle # 7 : Un style honnête

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La Légende du Chevalier du Soleil : Histoires Parallèles

Roman d’origine en chinois par :  Yu Wo 


Side Story #7: An Honest Style – traduit du chinois vers l’anglais par Lucathia[PR!]
Histoire parallèle #7 : Un style honnête – traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ Travail de vérification par AkaiiRia

La lumière du soleil est trop forte aujourd’hui !

Les yeux plissés, Georgo leva la main pour bloquer les rayons de soleil qui l’aveuglaient. Même s’il se situait dans l’un des couloirs du Temple Sacré, on y trouvait de nombreuses fenêtres de tailles gigantesques. Habituellement, elles étaient une excellente source de lumière pour le couloir, mais avec la météo d’aujourd’hui, où le ciel était dépourvu du moindre nuage, c’était lumineux au point de lui faire mal aux yeux.

Lorsqu’il baissa la main, Georgo découvrit immédiatement une silhouette mince plus loin devant lui, une silhouette qui possédait des cheveux dorés suffisamment brillants pour vous éblouir. Même s’il n’y voyait pas grand-chose, car la personne était de dos, la main qui était visible semblait aussi douce et claire que des lys blancs.

Une superbe beauté blonde… non, attendez, d’après sa silhouette, ce doit être une jeune beauté ! Une superbe jeune beauté blonde !    

Georgo se jeta en avant et bégaya tout en criant à pleine voix : « M-ma sœur, attendez. Vous avez fait tomber votre m-mouchoir… »

Simultanément, il sortit un mouchoir de sa veste. Ce genre de mouchoir d’un blanc pur sur lequel était brodé le symbole du Sanctuaire de la Lumière était automatiquement distribué à tous les chevaliers et les prêtres de l’Église. Cela signifiait que chaque ecclésiastique féminin portait un tel mouchoir, ce qui donnait d’autant plus de raisons à Georgo pour en porter toujours dix sur sa personne !

Ils n’étaient pas pour son usage personnel, mais plutôt pour qu’il pût aisément « ramasser » le mouchoir d’une femme n’importe où, n’importe quand.

La jeune beauté blonde se retourna et… se transforma en un jeune et magnifique blond.

C’était l’actuel Apprenti-Chevalier du Soleil, Grisia, le futur chef des Douze Chevaliers Sacrés, et le porte-parole du Dieu de la Lumière. Mais, de dos, sa silhouette ressemblait à celle d’une jeune beauté.

Un jeune… et magnifique blond. Le visage de Georgo se crispa un peu, et ce dernier murmura pour lui-même : « Bah, beurk, peuh ! Quel manque de chance ! »

La personne qui lui donnerait des ordres dans le futur ressemblait en fait à une jeune beauté ! S’il s’était agi d’une femme, cela ne l’aurait pas dérangé ; travailler sous les ordres d’une belle femme était au moins un festin pour les yeux, mais il avait fallu que son chef fût quelqu’un ressemblant à une beauté de dos, mais qui s’avérait être un homme lorsqu’il se retournait. Comment pourrait-il ne pas avoir envie de jurer jusqu’à en cracher du sang une fois confronté à une telle situation ?

« Ah ! » Grisia lança un sourire suffisamment brillant pour n’avoir rien à envier aux rayons de soleil d’aujourd’hui. « Le soleil est lumineux et joyeux aujourd’hui, et l’affection de Frère Georgo pour son ami mérite d’être louée. »

Tout en parlant, Grisia tendit la main pour saisir le mouchoir, mais à la place Georgo le rangea.

Arracher ces mouchoirs aux autres jeunes chevaliers lui avait demandé beaucoup d’efforts. Il fallait qu’il en use avec parcimonie, ou sinon un jour il se retrouverait face à une belle prêtresse à son goût mais sans mouchoir à ramasser et lui donner, ce qui l’affligerait de regrets aussi vastes que le ciel !

Grisia le fixa d’un regard vague pendant quelques instants avant de demander : « Hum… mon mouchoir ? »

Georgo répondit avec négligence : « Euh, je me suis trompé. C’était le mien finalement. »

Grisia fronça les sourcils pendant un moment et vérifia ses affaires. En effet, il avait toujours son mouchoir.

« Si tu n’as pas besoin de moi, je m’en vais ! » L’informa Georgo avant de se tourner pour partir. Il n’avait pas de temps à perdre en compagnie d’un homme.

« Attends un instant. Mon Frère Georgo, pourrais-tu aider Grisia en lui accordant une petite faveur ? »

Georgo le rejeta brusquement. « Non, je n’ai pas le temps. »

Grisia le fixa brièvement du regard. C’était la première fois que quelqu’un refusait si brutalement de l’aider. Normalement, en réponse à son sourire et ses requêtes, personne n’était capable de le rejeter si directement. Même s’ils étaient réellement très occupés, ils accepteraient tout de même de lui rendre service avec une expression réticente. Il pressa les deux mains l’une contre l’autre devant lui et dit d’un ton doux : « Ce n’est qu’une toute petite faveur, et ça ne te prendra pas très longtemps, Frère Georgo. »

Pas le moins du monde heureux, Georgo répliqua : « Dans ce cas, pourquoi ne me rends-tu pas un petit service en allant trouver Ceo à la place ? »

Se heurtant encore une fois à un os, le visage de Grisa se crispa l’espace d’un instant, mais il n’était pas prêt d’abandonner si facilement. Il afficha une expression gênée et rétorqua : « Mais, Frère Ceo est actuellement en train de corriger des documents et n’a pas de temps libre. »

« Alors va trouver Ecilan ! »

« Il est en train d’expérimenter pour concevoir de nouveaux desserts. »

« Chikus ? »

« Qui sait où il est parti s’amuser cette fois ? »

« Hum… Demos ? »

Grisia pencha la tête sur le côté et réfléchit un moment avant de s’enquérir avec confusion : « Qui est Demos ? »

« C’est l’Apprenti-Chevalier du Nuage ! » Georgo dévisagea Grisia avec incrédulité. « Tu n’arrives même pas à te souvenir du nom des cinq Chevaliers Sacrés sous ton commandement ? »

« Connais-tu bien l’Apprenti-Chevalier du Nuage ? » Lui demanda Grisia avec curiosité. « Je ne crois pas l’avoir aperçu souvent. »

« Non, je ne me rappelle même pas à quoi il ressemble », répondit Georgo avec honnêteté. « Son nom était très bizarre, c’est pour ça que je m’en suis souvenu. Va le trouver pour qu’il t’aide ! Je suis très occupé, et je n’ai pas de temps à te consacrer ! »

En entendant cela, Grisa lança plusieurs coups d’œil à Georgo, mais ce dernier ne semblait pas avoir la moindre intention de l’aider, aussi il ne put que baisser les bras. Il grommela : « Très bien, on dirait que je vais devoir chercher où se cache Demos. Il est vraiment difficile à trouver… »

Après avoir vu Grisia s’éloigner, Georgo se détendit enfin un brin. Il savait depuis le début que Grisia était toujours à la recherche de gens pour lui rendre service, donc il n’était pas près de tomber dans le panneau.

Personne ne voulait devenir comme Ceo, coincé à corriger des documents qui n’en finissaient jamais tous les jours ! Les rumeurs disaient que non seulement il devait corriger les documents restants lorsque son propre maître procrastinait, mais qu’en plus il devait aussi aider Grisia à corriger ceux de son maître Neo qui n’avait aucune intention de s’en occuper.

Pauvre Ceo ! Georgo observa une seule seconde de silence pour son camarade avant de se réjouir du fait que son maître fût une personne sérieuse et diligente dans son travail, qui ne se relâchait jamais et qui ne refilait aucun de ses documents à son apprenti. Ainsi, à part faire les devoirs que son maître lui assignait, Georgo n’avait pas vraiment d’autres choses à faire. Ses jours étaient remplis de temps libre.

Georgo aimait beaucoup ses jours paisibles, aussi il ne promettrait jamais, ô grand jamais, d’aider Grisia… Personne ne lui ayant prêté de l’aide ne serait-ce qu’une seule fois ne s’en était jamais bien sorti. Il suffit de voir comment avait fini Ceo, et n’importe qui comprendrait dans quel malheureux état il finirait.

Avant qu’il ne devienne vraiment l’un des Douze Chevaliers Sacrés, il tenait absolument à maintenir ce style de vie paisible… non ! Même une fois qu’il aurait hérité du titre de Chevalier Sacré, il tenait assurément à continuer de profiter de ce genre de jours tranquilles !

Avec douze personnes supportant le Temple Sacré, il n’avait aucune raison de se tuer à la tâche, n’est-ce pas ?

Cependant, Ceo sera probablement incapable d’échapper aux quatre mots « se tuer au travail ». Il était certainement destiné à prendre en charge la majorité de la paperasse du Temple Sacré. C’était de sa propre faute, il n’avait qu’à ne pas s’occuper de la paperasse si rapidement et si efficacement, faisant prendre à tout le monde l’habitude de lui refiler tous les documents à corriger.

Au même moment, les yeux de Georgo capturèrent la belle image d’une femme. À sa gauche devant lui se trouvait une figure svelte portant la robe d’une prêtresse, et elle avait de souple cheveux bruns bouclés. Immédiatement, il sortit de nouveau un mouchoir et s’exclama : « M-Ma sœur, attendez. Vous avez fait tomber votre m-mouchoir… »

Quand la sœur se retourna, Georgo se sentit un tantinet nerveux, craignant que la prêtresse ne se révélât être un prêtre encore une fois !

Ses peurs étaient infondées, et la sœur était bien une femme, elle avait même un magnifique visage ovale, des lèvres couleur cerise et une paire de grands yeux brillants. Et plus important que tout, elle avait une belle et opulente poitrine !

C’est le gros lot !

Les yeux de Georgo s’illuminèrent. Il était même sur le point de saliver, mais c’était une bonne chose qu’il eût déjà suivi plusieurs années d’éducation sur comment prétendre être honnête. Il afficha automatiquement une expression bêtement souriante.

« Oh ? Merci beaucoup ! » La prêtresse ne le soupçonna pas du tout et saisit promptement le mouchoir. « Merci. »

« P-Pas de problème. » Georgo toucha l’arrière de sa tête et s’empressa d’ajouter : « V-Voulez-vous venir dans ma chambre ? »

« Hein ? » La sœur fut grandement surprise.

Georgo sourit avec honnêteté et expliqua : « P-Parce que quelqu’un m’a donné b-beaucoup de sucreries ! Je ne peux v-vraiment pas toutes les finir, donc j-je voudrais vous en donner quelques-unes. Enfin, c’est-à-dire, s-si vous en voulez ? »

En entendant cela, la sœur se détendit et se réprimanda même intérieurement pour avoir eu une mauvaise pensée envers lui. Comment l’Apprenti-Chevalier de la Terre pourrait-il ressembler à un pervers ? Elle était sur le point de répondre « D’accord », mais, au moment où elle leva la tête, elle aperçut un sourire incomparablement lumineux et se pétrifia instantanément tout en fixant du regard le propriétaire de cette expression souriante.

Alors que Georgo célébrait le fait que sa proie avait mordu à l’appât, des cœurs apparurent soudainement dans les yeux de la jeune femme. Elle fixait d’un regard amoureux… non pas lui, mais bien « quelque chose » derrière lui !

Georgo tourna abruptement la tête, découvrant finalement que Grisia était en fait revenu, et que sur son visage était plâtré ce foutu sourire brillant suffisamment radieux pour donner envie aux gens de le tabasser à mort !

Grisia sourit tout en disant : « Mon Frère Georgo, cette sœur a un corps très svelte. Évidemment, elle doit avoir un maigre appétit et ne doit pas pouvoir manger beaucoup. S’il en reste, ce serait du gâchis, alors pourquoi ne me laisserais-tu pas avoir ces desserts ? Bien sûr, c’est si Ma Sœur me permettrait d’en prendre une part ? »

La prêtresse hocha rapidement la tête, secrètement ravie par les mots « très svelte ». Aussi, elle n’osa pas dire qu’elle voulait manger quoi que ce soit.

Grisia sourit et la remercia : « Je suis réellement reconnaissant, Ma Sœur. Même le Dieu de la Lumière est ému de votre amicale affection et de votre camaraderie. »

Après qu’il eut fini sa phrase, la sœur partit à contrecœur, se retournant tous les trois pas. En fin de compte, elle atteignit le coin du couloir et se retourna pour jeter plusieurs derniers regards avant d’enfin passer l’angle.

Lorsqu’elle fut hors de vue, Grisia laissa son brillant sourire se détendre un peu. Il avait tellement souri que ses joues en étaient un peu crispées. Il se tourna vers Georgo et lui demanda : « Devrions-nous aller dans ta chambre pour récupérer les desserts ? Ils ont été faits par Ice, n’est-ce pas ? »

Avec mauvaise humeur, Georgo répondit : « Je les ai tous mangés ! »

Grisia cligna des yeux et le questionna avec soupçon : « Mais, ne viens-tu pas de dire que tu allais en donner à cette prêtresse ? »

« Je viens de me rappeler que je les ai déjà tous mangés, d’accord ? » Répliqua Georgo avec obstination.

En entendant cela, Grisia ne répondit rien. Il pencha simplement la tête sur le côté et fixa Georgo du regard.

En voyant l’expression de Grisia, Georgo sentit brusquement un courant d’air glacé passer dans son dos !

En vérité, Grisia ne faisait que le regarder avec de grands yeux, mais pour quelque raison que ce fut, il sentit un vent menaçant souffler derrière lui, comme si quelque chose de terrible se préparait… Peut-être ferait-il mieux de sacrifier les desserts d’Ice ? Il devrait lui rester quelques biscuits dans sa chambre… Non ! Il n’allait pas faire ça !

Dans tous les cas, Grisia était le juste et honorable Chevalier du Soleil… Ah, le futur Chevalier du Soleil, donc ce n’était pas comme s’il pouvait lui faire quoi que ce soit !

« Je suis vraiment occupé, alors je m’en vais maintenant ! » Après avoir dit cela, Georgo se retourna et s’éclipsa immédiatement. Il repéra immédiatement sa prochaine cible… Même si elle n’était pas aussi idéale que la précédente, elle était quand même une prêtresse jeune, joyeuse et jolie !

Il se lança aussitôt à sa poursuite, oubliant l’expression de Grisia qui lui avait donné froid dans le dos.

 

 

Georgo se trouvait dans sa chambre, mais il n’était pas seul. Il y avait également une jeune et charmante prêtresse pleine d’entrain avec lui.

Ce n’était pas la première fois qu’il parvenait à attirer une jeune femme dans sa chambre, mais, par le passé, ils n’avaient fait que discuter. Cette fois, il allait définitivement atteindre l’étape suivante ! Au minimum, ils allaient s’embrasser !

Comme il le faisait d’ordinaire, Georgo employa ses tours conventionnels. « J-Je vais te préparer du thé pour que tu puisses le boire avec les biscuits. Tu préfères le thé n-noir ou le thé vert ? »

Même s’il s’agissait d’une simple question, la poser requérait de profondes compétences. S’il lui demandait si elle voulait du thé, une prêtresse qui était venue seule dans la chambre d’un homme se sentirait toujours un peu gênée. Elle trouverait sûrement cela trop embarrassant de rester pour prendre le thé, mais s’il lui demandait directement si elle voulait du thé noir ou vert, les prêtresses répondaient habituellement par l’un des deux choix, et elles étaient naturellement obligée de rester pour boire le thé et manger les desserts !

Georgo possédait au moins dix méthodes différentes pour faire en sorte qu’une femme reste dans sa chambre !

« Dans ce cas, je prendrai du thé noir. » Comme prévu, la sœur choisit l’un des thés.

« A-Alors, tu peux t’asseoir sur le lit en attendant ! » Tout en préparant le thé, il lui demanda s’il faisait trop chaud et si elle voulait qu’il ouvre la fenêtre, après quoi il lui servit les desserts. Être gentil et attentionné envers les femmes était une compétence dont personne ne pouvait se passer !

Une fois que le thé noir et les desserts furent tous les deux prêts, Georgo s’assit à un mètre de distance de la prêtresse. Ils mangèrent tout en discutant.

Même s’il bégayait chaque fois qu’il parlait, les prêtresses baissaient leur garde à cause de cela et le considéraient comme un jeune homme honnête et candide. Parfois, elles le taquinaient à dessein pour le voir bredouiller, puis elles souriraient joyeusement.

Avant que la sœur ne s’en rendit compte, Georgo se trouvait déjà assis juste à côté d’elle. La distance entre eux n’était que d’un bras !

Tandis qu’ils parlaient, le visage de Georgo s’approcha lentement, presque suffisamment proche pour l’embrasser. Même si la prêtresse était un tantinet timide, elle ne détourna pas le visage…

Bang !

« Mon Frère Georgo… Ah ! » Quand Grisia déboula dans la chambre et vit la situation, il s’exclama d’un ton plein de regret : « Je suis sincèrement désolé. Vous ai-je interrompu ? »

« N-Non ! » La sœur bondit sur ses pieds, le visage complètement rouge. Elle baissa la tête tout en s’écriant : « J-J’étais sur le point de partir ! »

Après avoir déclaré cela, elle fonça vers la porte et s’enfuit à la vitesse de l’éclair, quittant la pièce sans même dire aurevoir.

Ce ne fut que quand la prêtresse eut disparu que Georgo retrouva soudain ses esprits. Plein de colère, il hurla à son futur chef : « Qu’es-tu venu faire ici ? »

Grisia sourit joyeusement et répondit : « Je suis venu voir si tu avais fini de t’occuper de ce que tu devais faire. Peux-tu m’aider maintenant ? »

« Je t’ai dit que j’étais vraiment occupé ! »

« Vraiment occupé ? » Grisia contempla la porte de la chambre qui était restée grande ouverte.

Entêté, Georgo rétorqua : « Je suis occupé à essayer de me trouver une petite amie, d’accord ? »

« Tu es censé être le Chevalier de la Terre honnête et sincère », déclara Grisia en fronçant les sourcils. « Comment peux-tu te comporter comme le Chevalier de la Tempête aux mœurs légères ? »

Même dans cette situation, Georgo répondit avec audace et confiance : « Je montre de façon honnête et sincère que je suis une personne aux mœurs légères, ça te va ? »

Cela revenait à complètement jouer sur les mots et forcer sa propre logique ! Mais, Grisia pencha la tête sur le côté et poursuivit : « Ce n’est pas… comme si tu ne pouvais pas faire ça, mais est-ce que tu peux au moins me donner un coup de main ? »

« Je ne t’aiderai pas ! »

Grisia réfléchit pendant un instant, puis tenta de négocier : « Aide-moi, et je ne te dérangerai plus dans le futur. »

… Par ses mots, est-ce qu’il impliquait que, s’il ne l’aidait pas, Grisia comptait fréquemment venir le déranger ?

Georgo ne possédait pas beaucoup de choses, hormis une tendance à se montrer extrêmement têtu, aussi il répondit avec obstination : « Je ne t’aiderai pas ! »

« Aide-moi ! Sinon, je révèlerai ta véritable personnalité ! »

Immédiatement, Georgo gronda d’une voix basse : « Vas-y et révèle-la ! Qui a dit que j’avais peur de toi ? Tu devrais te regarder dans un miroir et voir à quoi ta personnalité ressemble ! J’ai dit que je ne t’aiderai pas, donc je ne t’aiderai pas ! »

« … Tu aurais dû devenir le Chevalier de la Pierre ! »

« C’est toi qui es fait pour être Stone ! Tu as déjà tout un tas de personnes pour te rendre service. Pourquoi as-tu aussi besoin que je te file un coup de main ? »

Les deux personnes à qui la position de Chevalier de la Pierre irait bien se fixèrent du regard, leur tempérament obstiné porteur d’une extrême ressemblance.

« Si tu n’acceptes pas de m’accorder une faveur, je viendrai vraiment te mettre des bâtons dans les roues encore et encore ! » L’avertit Grisia d’un ton menaçant.

Contre toute attente, Georgo prit un ton encore plus obstiné pour répliquer : « Même si tu viens me gêner à répétition, je n’accepterai jamais de t’aider ! Je ne l’accepterai absolument jamais de toute ma vie ! »

Grisia devint lui aussi enragé et menaça d’une voix basse : « Très bien ! Dans ce cas, battons-nous pour voir lequel d’entre nous est le plus têtu ! Je viendrai définitivement te gêner encore et encore ! »

« Eh bien, viens me gêner encore et encore et encore et encore ! »

« Ok ! Je viendrai à coup sûr encore et encore et encore et encore et encore… »

 

 

Storm fondit en larmes. Si vous avez le temps de vous gêner l’un et l’autre encore et encore, pourquoi ne venez-vous pas m’aider à corriger des documents ? Venez me déranger ! Je vous en supplie ! Pleure…

La Reine Guerrière TPrologue#2 : Numéro 1 – Prologue

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La Reine Guerrière Prologue Tome 2 – 12 est le nombre

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


Chapter 1: Number, 1, Prologue – Traduit du chinois vers l’anglais par doza[PR!]
Chapitre 1 : Numéro 1 – Prologue – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta

Précédemment, dans La Reine Guerrière :

Afin d’honorer le dernier vœu de son maître, Lorenzo Louis, Sylvestre était parti à la recherche d’un ancien compagnon de son maître, une des deux épouses du Roi Sacré — la Reine Guerrière.

Avec de grandes difficultés, il était enfin parvenu à rencontrer la Reine Guerrière, qui utilisait maintenant le nom de Carol et voyageait à travers le monde.

Après l’avoir longuement harcelée et en ayant invoqué le nom de son maître, Sylvestre avait réussi à convaincre Carol de l’accepter comme compagnon de voyage, et maintenant ils voyageaient ensemble.

 

 

« Sylvestre ! »

Un rugissement traversa la forêt, faisant décoller d’innombrables oiseaux, terrifiant même de terribles bêtes féroces, les poussant à s’enfuir aussi loin qu’elles le pouvaient. La forêt originellement calme bascula soudainement dans la tourmente.

Sylvestre, habituellement raccourci à « Sylvie », se sentit lésé comme il s’aplatissait au sol, regardant par en dessous et lançant un regard respirant la misère avec ses yeux brillants. Ce truc était très efficace contre le sexe féminin. Chaque fois qu’il avait faim, tant qu’il affichait ce genre d’expression pour faire pitié, il était en général capable de rencontrer une femme qui se laissait attendrir et lui offrait un repas gratuit.

Malheureusement pour lui, la personne en face de lui était la femme la plus masculine qui soit. Ayant été par le passé la commandante de cinq mille hommes qui se battaient contre cinquante mille démons, la Reine Guerrière — mieux connue sous le nom de Carol — qui avait voyagé sous d’innombrables cieux avec ses deux épées, était pour le moment la compagne de voyage de Sylvie.

Néanmoins, le mot « compagnon » était en réalité un terme utilisé seulement par Sylvie… D’après le discours de Carol, s’il n’avait pas été le seul apprenti de son compagnon décédé, il aurait été abandonné sur le bord de la route depuis longtemps avec un panneau disant « Créature stupide. Évitez de ramasser » collé autour du cou.

« Dis-moi », hurla Carol. Combien de fois est-ce que tu t’es mis en danger depuis qu’on voyage ensemble ? »

Sylvie cilla et répondit : « La tr-tro… » Au début, il avait l’intention de répondre avec désinvolture que c’était la troisième fois, mais en observant les yeux de Carol remplis de flammes noires, il n’avait vraiment pas le courage de mentir sans ciller. En résultat, il répondit avec sincérité : « Probablement la trente-cinquième fois. »

« Tu en es sûr ? »

« …Si nous incluons les fois où j’ai glissé et presque dévalé un pan de la montagne, marché sur la queue d’un cobra, et volé du miel pour finir par être pourchassé par un essaim d’abeilles, alors je dirais qu’il s’agit de la trente-huitième fois. »

Carol ajouta froidement : « Maintenant, dis-moi, depuis combien de temps voyageons-nous ensemble ? »

« Je sais, je sais ! » Sylvie sourit très doucement. « Encore deux jours et cela fera un mois entier ! Allons-nous célébrer un peu ? Pourquoi ne pas nous rendre dans une taverne et commander un buffet ? Ce serait un peu extravagant, mais c’est une occasion unique de célébrer le mois écoulé depuis notre rencontre. Que penses-tu que nous devrions prendre ? Un morceau de gâteau est obligatoire, et ensuite, et ensuite… »

Non ! Si Sylvie n’avait pas été le seul disciple de son compagnon décédé, elle l’aurait déjà tué cent fois !

Le visage de Carol tressaillit, sa main posée sur la poignée de l’une de ses doubles lames rangées sur son dos, prête à l’attaque… Mais, après mûres réflexions, tuer cet abruti ne ferait que souiller sa lame ! Carol retira donc lentement la main, serra le poing, et grogna : « Boucle-la ou je te fais la peau ! »

Sylvie choisit avec intelligence de se taire immédiatement, croisant même ses deux index devant sa bouche pour former un « X ».

Carol respira profondément, essayant de se retenir. Calme-toi ! Calme-toi ! Peu importe à quel point ce type est stupide, bavard et inutile, c’est également l’unique apprenti de LL… LL, espèce de vieux salopard ! À quoi pensais-tu pour accepter un tel abruti ? Est-ce que ta compassion aurait débordé à cause de ton grand âge, et t’aurait poussé à vouloir t’occuper d’un imbécile fini ?

« Allons-y ! » Carol avait épuisé toute son énergie avant même d’avoir réussi à se calmer. Après s’être contentée de lâcher ces deux mots, elle repartit immédiatement, ne se souciant pas le moins du monde de savoir si la personne derrière serait capable de la suivre ou non… Ce serait encore mieux s’il n’arrivait pas à me suivre !

Il était vraiment dommage que, bien que la personne derrière elle ne fût bonne à rien, sa capacité à la suivre fût assez bonne. Malgré le fait que Carol ne fut pas en train de courir, son allure n’était pas lente pour autant, et Sylvie parvenait quand même à la suivre facilement.

Donc, avoir de longues jambes donne un tel avantage ! Carol jeta un regard derrière elle, confirmant que Sylvie la suivait en effet, deux pas derrière elle, et, à en juger par son expression détendue, ne trouvait pas l’allure difficile à suivre.

Après avoir marché un moment, Sylvie ne put finalement pas s’empêcher d’ouvrir la bouche pour demander : « Carol, comment allons-nous célébrer l’anniversaire de notre premier mois d’aventure… ? »

Carol, qui marchait devant, leva immédiatement la main droite avec les cinq doigts tendus, ceux-ci commençant à se replier lentement un par un, jusqu’à devenir un poing serré sur lequel des veines bleutées dilatées devenaient de plus en plus visibles.

Voyant cela, Sylvie n’eut pas d’autre choix que de fermer la bouche, chagriné, et de se contenter de murmurer intérieurement. Mais, nous n’avons qu’une seule chance de célébrer notre premier mois d’aventure ensemble ! Comment pourrions-nous ne pas célébrer cette date importante ? Vu que Carol a l’air très énervée, ferais-je mieux d’abandonner ? Ah ! Oh, nous pouvons toujours attendre jusqu’à l’anniversaire de notre deuxième mois, et nous célébrerions alors les deux anniversaires d’un seul coup…

« AAAAHHHH ! »

Nous y revoilà… En entendant le hurlement, Carol s’arrêta de marcher, certaine qu’elle allait devoir le sauver à nouveau, bien que dans son cœur elle n’aspirât qu’à le tuer.

Elle se retourna. Il n’y avait aucune trace de Sylvie devant elle. Baissant les yeux, elle pouvait le voir, s’accrochant au bord d’une fosse géante, de toute évidence un piège installé par des chasseurs. Cependant, il y avait une grosse pile de feuilles et de branchages répandue par-dessus, ce qui signifie que tant qu’une personne a des yeux et un cerveau, cette personne ne pouvait pas tombée dans un piège aussi évident… Néanmoins, l’idiot en face d’elle semblait avoir fait passer les deux par la fenêtre et s’était fait avoir, celui-ci la contemplant maintenant avec une paire de grands yeux bleus humides, implorants. Ces yeux sont si grands, et ils n’ont pourtant aucune utilité !

Elle s’accroupit, faisant face à ces grands yeux bleus, et demanda avec doute : « Comment as-tu réussi à survivre jusqu’à maintenant ? »

À ce moment-là, une grande balle de gelée jaune sortit la tête au niveau de la poitrine de Sylvie. Une personne bien renseignée devinerait d’un regard qu’il s’agissait d’un blob, sauf qu’un blob est normalement vert. Celui-là était doré, avec une décoration étrange sur la tête, et avait même deux petits yeux !

Son nom était Ohmondieu, c’était en référence à Dieu et correspondait à : « Oh mon Dieu ! Qu’est-ce que c’est que ça ? »

À ce moment précis, les petits yeux d’Ohmondieu étaient seulement à moitié ouverts, et il était clair qu’il venait juste de se réveiller.

« Ohmondieu, dépêche-toi de me remonter », s’écria Sylvie.

Les yeux d’Ohmondieu s’ouvrirent d’un coup. Il sauta de la poitrine de Sylvie jusqu’au sol, enroula sa queue autour du poignet de Sylvie et souleva Sylvie avec force.

Carol regarda tandis qu’Ohmondieu, qui n’était pas plus gros qu’une tête humaine, utilisait sa queue pour soulever Sylvie… Peut-être avait-elle fait une erreur en présumant qui était le maître et qui était l’animal de compagnie ?

Sylvie réussit enfin à sortir du trou. Il était entièrement couvert de boue et avait l’air épuisé, mais il leva la tête et sourit à Carol : « J’en suis sorti ! Je vais bien ! Je n’ai pas été blessé ! »

Le sourire de Sylvie était un peu entre celui d’un homme et celui d’un enfant. Quand elle l’avait vu pour la première fois, Carol avait assez apprécié ce sourire ; il contenait un peu de la sincérité d’un enfant, mais n’était pas sans le charme d’un homme. Mais maintenant, quand elle regardait ce sourire, elle éprouvait seulement une migraine incroyable.

Ce type n’est pas un homme du tout ; c’est assurément un enfant qui n’a pas fini de grandir !

Sylvie brossa la saleté présente sur ses vêtements, sortit un peigne pour le passer dans ses longs cheveux blonds. Après avoir rafraichi son apparence, il leva la tête et fit face à Carol avec un sourire, disant : « J’ai fini ! Allons-y ! Carol, si nous ne repartons pas, la nuit va tomber rapidement. »

Sous la lumière du soleil couchant, le sourire de Sylvie était encore plus étincelant et incomparable. Donc, il y avait quand même des avantages à être beau. Au moins, sa tolérance envers Sylvie avait été un peu augmentée grâce à cela, et elle serait donc probablement capable de résister à l’envie de tuer Sylvie encore quelques jours. Probablement.

« Hmm, allons-y. »