La Légende du Chevalier du Soleil T4C4 : Recrute de Puissants Assistants

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : (Yu Wo)


Chapter 4: Recruit Powerful Assistants – traduit du chinois vers l’anglais par ErodingPersona[PR!]
Chapitre 4 : Recrute de Puissants Assistants – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ travail de vérification par Yukomin

Précédemment, lorsque la licorne et le Chevalier de Glace avaient lancé leur sort au même moment, j’avais eu le léger sentiment que… je serais capable de lancer ces sorts moi aussi. Qu’il s’agît de « Mur de Glace » ou de « Foudre », j’étais persuadé que j’avais la capacité de les lancer tous les deux. Si c’était réellement le cas, alors je devais saisir l’opportunité, pendant que le Chevalier de Glace avançait encore au ralenti. Je m’empressai donc de rassembler les éléments et de les jeter sur lui avant qu’il n’eût le temps de réagir !

Je franchis la petite porte d’un bond et criai aux trois personnes en face de moi : « Ne passez pas par cette route et ne me suivez pas ! »

En entendant cela, ils s’arrêtèrent tous les trois en plein élan et tournèrent la tête pour me regarder.

Je ne laissai pas la licorne s’arrêter, me contentant de rugir en passant à côté d’eux : « Vite, courez ! »

« Tu ne t’es même pas arrêté ! » protesta bruyamment Sybil. « Et dire que, pendant un instant, je me suis sentie touchée, lorsque je t’ai entendu dire que tu voulais partir seul de ton côté ! »

Je tournai la tête et grondai : « Si je m’arrête, je ferais tout aussi bien de courir droit en prison ! Idem, si vous ne vous mettez pas tous à courir maintenant, vous feriez aussi bien de marcher directement jusqu’aux geôles ! »

Une fois la discussion terminée, ils se séparèrent immédiatement et s’enfuirent dans des directions différentes.

À la minute où les trois se séparèrent, le Chevalier de Glace apparut derrière moi. Il n’y avait pas la moindre égratignure sur son corps, et pas même le moindre grain de poussière sur ses vêtements. Cependant, ce n’était pas particulièrement surprenant, puisque je ne l’avais pas pris pour cible ; à la place, j’avais visé les chevaliers sacrés qui avaient formé une barrière protectrice les transformant en un mur de métal dans son dos… Comme ils se tenaient là sans bouger, ils faisaient une cible facile, comme n’importe quel mur.

Le Chevalier de Glace ralentit à peine un instant, puis il ignora mes trois compagnons et se mit à ma poursuite.

En constatant que j’étais poursuivi, je talonnai ma monture : « Licorne, cours ! Galope aussi vite que tu le peux ! »

La licorne hennit bruyamment, paressant très excitée. Elle courut plus vite et encore plus vite, à un point tel que je pouvais à peine garder les yeux ouverts. Toutefois, cela n’avait aucune importance ; je pouvais tout aussi bien les fermer. Après tout, je n’avais toujours pas découvert s’il y avait la moindre différence entre ouvrir les yeux et les fermer.

Plutôt que d’être gêné par la vitesse affolante de la licorne, je me sentis soulagé, parce qu’une personne à pied ne pourrait jamais rivaliser avec un cheval… À moins que de nombreuses stalagmites ne cessassent d’apparaître devant ledit cheval.

Un pic de glace surgit soudainement du sol. Cependant, les réflexes de la licorne n’étaient pas à prendre à la légère. Elle fit un détour forcé de deux mètres autour du pilier de glace et l’esquiva. Pourtant, à peine quelques foulées après, une autre stalagmite jaillit devant nous. La licorne refusa encore de s’arrêter et l’évita une fois de plus en la contournant.

On aurait dit que la licorne était prête à affronter le Chevalier de Glace. Ses compétences d’évasion étaient en effet excellentes. Nous aurions presque pu parvenir à nous échapper… si je n’étais pas tombé de son dos.

« Stupide cheval ! » rugis-je tout en jetant un sort sacré sur mon pauvre arrière train qui avait presque été fendu en deux. « Tu as cru que j’étais collé à ton dos, dis-moi ? »

La licorne se figea sur place. Elle se retourna et me regarda avec une expression timide, mais n’ayant pas l’air de vouloir s’approcher pour autant. En fait, elle m’observa du regard un moment, puis se tourna pour regarder le Chevalier de Glace, comme si elle était très embêtée et voulait changer de cavalier… Imbécile de cheval !

Je venais tout juste de finir de soigner mon dos et étais sur le point de me relever pour frapper le cheval, quand une ombre s’abattit sur moi. Je penchai la tête et aperçus le visage aux muscles figés du Chevalier de Glace au-dessus de moi. Il arracha le masque sur mon visage.

C’est la fin !

Je blêmis, mais je découvris que l’expression du Chevalier de Glace avait également changé… Oh ? Alors, ses muscles faciaux ne sont pas complètement morts ?

C’était la première expression qui apparaissait sur le visage du Chevalier de Glace. Il me fixa avec un regard de pure stupéfaction… Une opportunité !

À l’attaque ! Peu importe quel sort je suis capable d’utiliser, je dois me dépêcher de le lancer !

« Comment se fait-il que tu sois ici, S… » Le Chevalier de Glace sembla hésiter, lorsqu’il me parla, mais, au milieu de sa phrase, il se tut subitement et me contempla avec des yeux agrandis de stupéfaction.

Avec une inspiration soudaine, je tendis mes deux mains vers lui et rugis : « Chaînes des Ténèbres, scellez mon ennemi ! »

Une grande quantité de l’élément des ténèbres sortit de mes mains, et des chaînes noires jaillirent brusquement du sol en se tortillant. Ces chaînes étaient composées de couches fortement concentrées de l’élément des ténèbres empilées les unes sur les autres.

En examinant les chaînes, je me demandai si le Chevalier de Glace en avait déjà vu auparavant, car son visage affichait une expression confuse.

C’est sans importance. Si on devait décrire ses réflexes, le seul qualificatif correct serait « lents », alors c’est le moment parfait pour le subjuguer !

D’innombrables chaînes s’enroulèrent autour du Chevalier de Glace de la tête aux pieds, se resserrant fermement autour de son corps et même de sa bouche. Je ne souhaitais pas qu’il fût en mesure de crier pour attirer l’attention des autres chevaliers à notre poursuite.

Après cela, il réagit enfin. Avec son bâtonnet divin, il s’empressa de briser les Chaînes des Ténèbres.

Tu crois vraiment que ce sera si facile ? Je lui adressai un rire froid et appelai : « Licorne, maintenant… Si tu oses me désobéir et ne pas l’attaquer, je vais aussi t’attacher ! »

La licorne se précipita aussitôt en avant, l’unique corne sur sa tête brillant avec bien plus de lumière sacrée qu’auparavant, et elle fonça tout droit sur le Chevalier de Glace. Cependant, cette attaque empêcha seulement le Chevalier de Glace de briser les chaînes. Il n’avait pas l’air d’avoir reçu la moindre blessure.

« Stupide cheval ! » rugis-je. « Tu ne vois pas que tout son corps est rempli de “lumière” ? Et pourtant tu veux utiliser l’élément sacré pour l’attaquer… Essaierais-tu de l’aider à soulager une démangeaison ? Sers-toi d’autres éléments pour l’attaquer ! »

La licorne hennit vers le ciel qui fut tout à coup recouvert par de nombreux nuages d’orage craquelés d’éclairs. Lorsque la foudre se mit à frapper en succession, le Chevalier de Glace n’eut plus le temps de briser les chaînes. Il s’empressa de rassembler l’élément de glace encore et encore pour former un mur de glace au-dessus de sa tête afin de bloquer les innombrables attaques foudroyantes qui le visaient.

Je dispersai le mur de glace qu’il venait de former et, comme il fut incapable de réagir instantanément, il se retrouva foudroyé par l’un des éclairs.

Un coup, deux coups… Le Chevalier de Glace ne tomba pas et ne perdit pas connaissance non plus. Il se contenta de me faire face, semblant me fixer du regard, sans pour autant abandonner ses tentatives pour solidifier l’élément de glace.

Cependant, sa capacité à le rassembler ne pouvait même pas être comparée à ma vitesse de dispersion. Incapable de former un mur de glace, il n’eut finalement pas d’autre choix que de s’appuyer sur la chose qui entourait son corps… Cette chose appelée… « Aura de Combat ! » me rappelai-je enfin.

La licorne continua de faire tomber la foudre, puis, quand la foudre s’arrêta enfin, elle m’observa.

« Tu ne peux plus continuer ? » Je levai les yeux vers le ciel et ajoutai avec mauvaise humeur : « Tu ne sers vraiment à rien ! Vaux-tu réellement 5000 ducats d’or ? »

Après avoir dit cela, je tournai la tête pour faire face au Chevalier de Glace. Le ciel était rempli d’encore plus de l’élément de la foudre, et celui-ci était encore plus puissant qu’avant. Néanmoins, cet élément de la foudre n’avait pas été invoqué par la licorne. C’était moi qui l’avais rassemblé.

Il ne reste plus assez de temps. Les chevaliers sacrés à l’arrière vont nous rattraper d’un instant à l’autre. Je dois le vaincre le plus rapidement possible !

La foudre s’abattit.

Le Chevalier de Glace leva la tête et contempla le ciel, et, pour une certaine raison, il dispersa l’aura de combat qui l’entourait… La foudre le frappa de plein fouet. Il ne tint debout que l’espace d’une seconde avant de simplement s’effondrer sur le sol.

Je fis un bond en arrière, sous le choc. Par chance, son cœur battait toujours. Il avait simplement dû perdre connaissance quand la foudre l’avait zappé.

Je m’approchai, ramassant d’abord l’immense sucette glacée divine, avant de donner un léger coup de pied à son propriétaire. En voyant qu’il ne réagissait pas, j’essuyai la sueur froide de mon visage.

J’avais craint que, même en joignant mes forces avec la licorne, nous ne pûmes pas vaincre le Chevalier de Glace. Par chance, nous y étions parvenus.

Par contre, je ne pouvais pas baisser ma garde. Je l’enveloppai de nombreuses Chaînes des Ténèbres. Ce ne fut que lorsqu’il ressembla à un énorme cocon noir que je m’arrêtai, satisfait de ma création.

Une fois que je me fus arrêté, j’entendis de lourds bruits de pas. Je me hâtai de chercher mon masque et de le remettre. À cet instant-là, les chevaliers qui se précipitaient vers nous ne se trouvaient qu’à une centaine de mètres de distance.

Je ricanai, plaçant lentement la pointe du bâtonnet de glace contre le cou de son propriétaire, même si dans un premier temps j’éprouvai quelques difficultés à trouver où il était situé… J’avais vraiment enroulé trop de chaînes autour de lui.

Je criai aux chevaliers sacrés : « Si vous n’accordez aucune importance à sa vie, alors approchez ! »

En voyant cela, tous les chevaliers sacrés s’arrêtèrent net. Leurs yeux s’agrandirent jusqu’à devenir aussi grands que ceux des chevaux.

Ce qui comptait vraiment, cependant, c’était qu’aucun d’entre eux n’osa bouger, exactement comme je l’avais prévu.

« Si vous osez vous lancer à notre poursuite, je ne pourrai pas garantir la vie du Chevalier de Glace ! »

Après avoir lancé ces menaces, je traînai le cocon géant jusqu’à la licorne et, sous les yeux de l’assistance, je menai calmement le cocon et ma monture loin de cet endroit.

Quand j’arrivai au point de rencontre que nous avions désigné avec à la fois le cocon et la licorne, les mâchoires de tous les membres du groupe tombèrent jusqu’à leur poitrine.

« Tu… Tu sais vraiment utiliser la magie ? » Iacchi fut le premier à déglutir et à me poser cette question avec un certain effroi.

Yuna ajouta avec un cri perçant : « C’est impossible ! Comment un guérisseur du Dieu de la Lumière sait-il lancer des sorts appartenant à une magie qui requiert l’utilisation de l’élément des ténèbres ? »

Comment voulez-vous que je le sache ? Même si vous me posez la question, je ne peux pas vous répondre ! Tout ce qui compte est que je sache comment l’utiliser.

« Grisia ! Qu’as-tu fait ? » Woodrow était réellement le chef du groupe. Il fut la première personne à aller au cœur du problème.

« Pourquoi cries-tu ainsi ? » La situation avait vraiment un peu dévié de mes prédictions, aussi je ne pouvais pas me permettre de perdre mon calme. Je pris un ton posé et répondis : « N’ai-je pas fait sortir la licorne de la ville pour que nous puissions la revendre plus tard et nous partager l’argent ? »

« Dans ce cas, qu’est-ce que c’est que ça ? » Woodrow pointa le cocon gisant par terre et s’écria : « Faire sortir la licorne en douce et la revendre c’est une chose, mais kidnapper le Chevalier de Glace en est une autre ! »

« Mon dieu ! Nous nous sommes fait un ennemi de l’Église du Dieu de la Lumière dans son ensemble… » murmura Yuna de son côté.

« Relâche-le immédiatement ! » rugit Woodrow.

« Le relâcher ? » Je rétorquai : « Si nous le laissons partir maintenant, que ferons-nous quand il se lancera à nos trousses avec les autres chevaliers à ses côtés ? Tant qu’il est entre nos mains, les chevaliers sacrés qui sont sur nos talons n’oseront pas nous approcher et nous trancher en morceaux ! »

Ayant entendu ma réponse, Woodrow tressaillit. Sa bouche s’ouvrit, comme s’il voulait toujours continuer à protester, mais, au final, il la referma et n’ajouta rien de plus.

Devant leur réaction, je les réconfortai : « Ne paniquez pas, dès que nous atteindrons un endroit où les chevaliers sacrés ne pourront pas nous suivre, nous pourrons le relâcher immédiatement et emmener la licorne là où nous le voudrons. Rien n’arrivera à aucun d’entre nous. »

Avec mes paroles, les expressions de tout le monde s’allégèrent. Cependant, Woodrow sembla lutter contre lui-même pendant un moment avant de marmonner : « Je suis vraiment désolé. Une fois que nous aurons partagé l’argent, il se peut que nos chemins se séparent. »

Mon cœur manqua un battement. Je regardai les autres. Même si leurs visages affichaient des expressions gênées, aucun d’entre eux ne prit la parole… J’abandonnai mon sourire et répliquai avec indifférence : « Ce n’est pas un problème. Tant que j’obtiens ma part de l’argent, cela ne me dérange pas. »

« Évidemment. » Woodrow hocha la tête dans un geste de confirmation.

J’acquiesçai également et proposai à tout le monde : « Pourquoi ne ferions-nous pas une pause ? Nous pourrons toujours continuer à discuter de notre destination demain matin. »

« D’accord. » Woodrow hocha de nouveau la tête et ajouta : « Dans ce cas, répartissons les tours de garde pour la nuit. »

« Ce n’est pas la peine, laissez-moi jouer le rôle de la sentinelle pour toute la nuit ! » Je souris et dis : « Après tout, comme vous le savez, j’ai déjà dormi pendant dix jours ! Si vous voulez me faire dormir maintenant, ce sera peut-être encore plus difficile que de kidnapper le Chevalier de Glace ! »

Tout le monde rit. Woodrow répondit poliment : « Merci de prendre cette peine, nous allons donc laisser cette tâche entre tes mains. »

Je le saluai d’un signe de tête.

« Ainsi, j’ai été abandonné… » J’employai un rocher comme oreiller et levai les yeux vers le ciel. La licorne dormait à ma gauche, tandis que le cocon géant était profondément endormi à ma droite. Tous les autres étaient également plongés dans un profond sommeil non loin de là. Leurs respirations étaient lentes et égales.

Bien qu’ils aient prévu de m’abandonner, ils ne se méfient toujours pas de moi.

Je me levai lentement et me dirigeai vers les autres qui dormaient. Ces gens sont vraiment naïfs ! Si je peux forcer le Chevalier de Glace à se soumettre, n’ai-je pas la capacité d’en faire autant avec eux ?

Pour commencer, un seul fugitif attire moins l’attention qu’un groupe entier. Ensuite, de cette façon, la récompense que j’obtiendrais ne serait pas de 1000 ducats d’or, mais plutôt de 25000 !

Je m’approchai de Sybil, me penchai lentement au-dessus d’elle et… la bordai doucement dans le manteau qu’elle utilisait comme couverture.

Vraiment ! C’est une adulte, mais elle repousse encore ses couvertures en dormant !

Je secouai la tête, frustré, et décidai de retourner à ma place pour me rallonger. Cependant, quand je me retournai, je découvris avec stupéfaction qu’une personne se tenait non loin de là.

C’est…

« Scarlet ? » m’exclamai-je, surpris.

Mais, la licorne dort toujours au même endroit que tout à l’heure ! Et, pourtant, Scarlet est apparue. N’était-elle pas une image invoquée par la licorne ? Ou bien est-ce que Scarlet n’apparaît que quand la licorne est endormie ? Ou peut-être qu’il n’y a aucune connexion entre elles…

Alors que j’étais toujours en pleine réflexion, Scarlet avait déjà sautillé jusqu’à moi, puis, tenant quelque chose dans ses deux mains comme s’il s’agissait d’un trésor  inestimable, elle déclara : « Grand Frère a fait tomber ça. »

C’était un livre.

« J’ai fait tomber ça ? » J’ouvris le livre et baissai la tête par réflexe pour lire à l’intérieur des pages… Il s’agissait encore d’une action que je ne pouvais pas comprendre. Mes yeux n’étaient d’aucune utilité pour « voir » quoi que ce soit sur le livre.

Je pouvais sentir les éléments ; le livre était fait de l’élément du bois et, par-dessus, il y avait une fine couche de l’élément de la pierre. Cet élément dessinait des « mots », mais j’éprouvais quelques difficultés à différencier du bois cette quantité si faible de l’élément de la pierre. Malgré tout, je parvins à déchiffrer les mots.

Sur la couverture du livre était écrit « Un Guide Complet des Sortilèges ».

« Il y a autre chose ! » Scarlet laissa échapper un léger rire qui tintait comme des clochettes, et ajouta innocemment : « Cependant, ce n’est pas ici. Dirige-toi vers le nord-est, et tu le trouveras là-bas. »

« De quoi s’agit-il ? »

Scarlet pencha la tête sur le côté et me dit : « Touche ta poitrine pour voir. »

En entendant cela, je tapotai ma poitrine. Instantanément, un sentiment de malaise m’enveloppa… N’y avait-il rien ici à l’origine ?

L’esprit empli de doutes, je relevai la tête et la questionnai : « Scarlet, tu as mon livre, et tu sais aussi où se trouvent mes affaires. Ça veut dire que tu sais qui je suis, n’est-ce pas… Scarlet ? »

Je m’arrêtai, surpris. Je ne ressentais plus la présence de Scarlet. Elle a encore disparu ? Que diable se passe-t-il ?

J’ouvris soudainement la bouche et demandai : « Tu es réveillé ? »

Cela n’avait rien à voir avec Scarlet. À la place, le Chevalier de Glace, qui était allongé à côté de moi, avait ouvert les yeux et me fixait du regard.

J’étais certain que si sa bouche n’avait pas été bâillonnée par les Chaînes des Ténèbres, il se serait certainement mis à hurler de rage. Je n’avais pas besoin de mes souvenirs pour le savoir ; très peu de personnes dans le monde aimeraient être ligotées comme un cocon.

Je retournai à ma place d’origine et m’y assis. Avec espièglerie, je tapotai sa tête et lui dis : « Ne panique pas. Quand nous aurons atteint un endroit suffisamment éloigné où tes chevaliers sacrés ne pourront plus nous rattraper, nous te laisserons partir. Alors, ne gaspille pas tes forces à lutter. »

Après une pause, je changeai de ton et déclarai froidement : « De cette façon, je n’aurai pas besoin de perdre mon énergie à te tabasser. »

Le Chevalier de Glace se contenta de cligner des yeux pour toute réponse. Après cela, il cessa réellement de remuer le moindre muscle et continua simplement à me fixer du regard.

Je passai toute la nuit à feuilleter les pages du « Guide Complet des Sortilèges ». Puis, j’employai le cobaye idéalement placé à portée de main à côté de moi, le Chevalier de Glace, pour expérimenter mes sorts.

« … »

L’élément de glace qui entourait le Chevalier de Glace avait tendance à automatiquement se rassembler autour de lui. Par chance, la vitesse à laquelle l’élément se rassemblait n’était toujours pas aussi rapide que ma capacité à le disperser.

Plus tard, nous reprîmes notre route afin d’échapper à nos poursuivants. Nous rencontrâmes assez vite notre premier problème : comment étions-nous censés transporter un cocon aussi grand qu’un humain ?

Sybil fut la première à lancer une suggestion. « Yuna peut lancer un sort d’augmentation de la force sur moi. Je le porterai sur mon dos ! »

Je suppose que l’apparence du Chevalier de Glace ne devait pas être laide. Même Sybil bavait devant lui.

« Pendant combien de temps comptes-tu le porter sur ton dos ? » lui demandai-je avec mauvaise humeur. « Un jour, trois jours, ou cinq jours ? Ou bien as-tu l’intention de compter la durée en semaines ? »

« C’est… » Sybil répondit avec hésitation : « Trois… Non ! Cinq jours ! »

Hmpf ! On dirait que le physique du Chevalier de Glace est à un niveau où « les gens sont prêts à le porter pendant cinq jours d’affilé ».

Subitement, je fus assailli par la curiosité et lui demandai : « Sybil, si tu devais me porter, pendant combien de jours accepterais-tu de le faire ? »

Sybil contempla mon visage solennellement et répondit : « En me basant uniquement sur ton apparence, je serais prête à te porter pendant une semaine, mais, après en être venue à connaître ta personnalité… »

« Ne me dis pas que c’est tombé à un jour ? » lui demandai-je avec un peu d’inquiétude.

« Non. » Sybil haussa ses épaules et ajouta : « Je veux seulement m’éloigner de toi autant que possible. »

« … »

Au moins mon apparence est suffisamment belle pour que « les gens soient prêts à me porter pendant sept jours d’affilé ». Après m’être auto-réconforté, je jetai un regard à la licorne, puis au Chevalier de Glace, avant de demander à ce dernier : « Hé ! Est-ce que tu es puceau ? »

Les mâchoires de tout le monde s’effondrèrent de nouveau jusqu’à leurs épaules.

Le Chevalier de Glace me lança simplement un regard noir, ne daignant même pas me retourner un seul mot en réponse. Comment ose-t-il me dévisager avec autant de dédain… Ah ! Sa bouche est toujours couverte par les Chaînes des Ténèbres !

Je m’empressai de les défaire et demandai à nouveau : « Tu peux parler maintenant. Alors, dépêche-toi et dis-moi, est-ce que tu es toujours puceau ? »

Il continua à me fixer de son regard noir sans prononcer le moindre mot.

« Même s’il l’était, il ne l’admettrait jamais, non ? Quelque chose d’aussi embarrassant… Euh ! Grisia, je ne dis pas que le fait que tu sois puceau est très embarrassant ! » s’empressa d’expliquer Igor.

Je toisai froidement Igor avant de sortir le bâtonnet glacé qui était pendu à ma taille. Le pressant contre le cou du Chevalier de Glace, je rugis : « Tu l’es, oui ou non ? Réponds-moi ! »

Malgré le fait qu’il fût menacé d’une mort imminente, le Chevalier de Glace maintint son silence de glace. Cela ne va pas. Ce n’est pas comme si je peux vraiment le tuer !

Peut-être que je devrais le torturer et le forcer à cracher le morceau ? Je m’interrogeai pendant un moment, en plein désarroi. Après un instant, au contraire, je me mis à sourire.

Je replaçai le bâton à ma taille, soulevai le Chevalier de Glace et le jetai vers la licorne… La licorne ne montra aucune intention d’esquiver l’énorme cocon.

« … Merde alors ! »

Tout le monde prit une profonde inspiration. Iacchi laissa échapper un juron. Finalement, Igor marmonna : « Depuis quand ce monde compte-t-il autant de vieux puceaux qui ont passé la vingtaine ? »

« Je ne suis pas puceau ! » niai-je vigoureusement.

Iacchi haussa les épaules, et Igor sourit de manière apaisante en affirmant : « Oui, oui ! Si tu dis que tu n’en es pas un, alors tu n’en es pas un. »

Après avoir résolu notre problème de transport, nous n’avions plus de temps à perdre. Nous entamâmes immédiatement notre voyage en tant que fugitifs. Pour moi, cela s’avérait également une chevauchée très ennuyeuse.

Comme je devais avancer à la même vitesse de marche que les autres, la licorne était obligée de trotter très lentement. Je m’ennuyais immensément et me mis à entretenir une conversation à sens unique avec le cocon. « J’ai remarqué que tout le monde t’appelaient le Chevalier de Glace. J’imagine que ce n’est pas ton vrai nom ? »

Le Chevalier de Glace secoua la tête.

Face à cela, ma curiosité grimpa en flèche, et je le questionnai : « Dans ce cas, quel est ton nom ? »

Il me fixa du regard pendant un certain temps avant de répondre lentement : « Ecilan de la Glace. »

« C’est si difficile à prononcer. » Je fronçai les sourcils. Ecilan ? Qui donnerait ce genre de nom à quelqu’un ?

« Je n’ai jamais espéré que tu prononces mon nom correctement », rétorqua-t-il platement.

J’étais surpris. « Qu’as-tu dit ? »

Il garda le silence pendant un moment et, si je ne me trompais pas, on aurait dit qu’il avait jeté un regard vers les autres du coin des yeux avant de rediriger son attention vers moi et de secouer la tête en disant : « Rien du tout. »

« Très bien, dans ce cas, Ecilan, est-ce qu’il y a d’autres membres des Douze Chevaliers Sacrés dans le coin ? »

Même si je lui avais posé cette question, je ne pensais pas vraiment qu’il me répondrait la vérité. Toutefois, même s’il me mentait, ce ne serait pas problématique. Je serais bien sûr capable de déterminer s’il ment ou pas, et à partir de là j’obtiendrais la réponse que je désirais !

« Oui, il y en a un. Le Capitaine-Chevalier de Flamme est proche. » Il hocha la tête.

Je restai stupéfait pendant un instant. Les battements de cœur d’Ecilan n’avaient pas du tout accélérés… Il n’a pas menti ! Il m’a vraiment révélé qu’un des membres des Douze Chevaliers Sacrés était dans le coin, et il m’a même dit de qui il s’agissait !

« Est-ce qu’il va se lancer à notre poursuite ? » lui demandai-je nerveusement.

Ecilan hocha de nouveau la tête et répondit sans la moindre hésitation : « Il le fera. »

C’est mauvais. Je fronçai les sourcils : « Et si je t’utilise comme otage pour le menacer ? »

Ecilan fronça les sourcils à son tour. Il avait l’air de réfléchir sérieusement à ma question. Après un moment, il expliqua en détails : « Il reculera, mais il n’abandonnera pas. Il n’abandonnera jamais. »

En entendant ses paroles, je m’enquis avec un sourire : « Quelle naïveté, tu crois vraiment que tes camarades ne t’abandonneront jamais ? »

Ecila acquiesça d’un signe de tête et répliqua : « Les Douze Chevaliers Sacrés n’abandonneront jamais un des leurs. »

« Ah bon ? » Le ton de ma voix descendit, et je rétorquai froidement : « Si une opportunité se présente, nous testerons cette théorie. Quand il sera sur le point de mourir, nous verrons si oui ou non s’il t’abandonnera. »

« Il ne le fera pas. » Ecilan me regarda et répéta d’une voix extrêmement ferme : « Les Douze Chevaliers Sacrés n’abandonneront jamais un des leurs. »

Je lui retournai un ricanement glacial. Dire qu’un chevalier avec un visage aussi froid et sans expression est en fait un idiot complètement naïf !

Tout de suite après, nous atteignîmes un embranchement. Tout le monde s’arrêta et se tourna vers Woodrow.

Woodrow lut le panneau et expliqua : « Si nous suivons le chemin sur la droite, nous nous dirigerons vers le nord-est et le Royaume de l’Orchidée Lunaire. Si nous prenons à gauche, alors nous passerons la frontière du Royaume du Son Oublié. Même s’il y a deux chemins, je ne pense pas que nous ayons le choix. »

Il porta son regard sur Ecilan, soupira et ajouta : « Kidnapper le Chevalier de Glace et pénétrer dans le Royaume du Son Oublié avec lui ? J’ai bien peur qu’à la minute où nous mettrions les pieds dans une ville nous aurions droit à un allé simple pour les prisons. »

« C’est évident ! » Yuna me jeta un regard noir et raconta froidement : « Le Royaume du Son Oublié est la base de l’Église du Dieu de la Lumière. Tout le monde là-bas connaît les Douze Chevaliers Sacrés… »

« Et tout particulièrement leur chef, le Chevalier du Soleil ! » l’interrompit brusquement Sybil.

Après avoir prononcé ces mots, son visage afficha une expression pleine d’adoration, et d’une voix rêveuse elle ajouta : « Les rumeurs racontent que le Chevalier du Soleil a de lumineux cheveux blonds, des yeux bleus comme le ciel, et une peau aussi blanche et douce que le lait… »

Tout de suite, Sybil s’arrêta pour me contempler. Elle ne m’avait quand même pas utilisé comme « modèle de base » pour imaginer son Chevalier du Soleil, j’espère ?

Je ne pus me retenir de m’écrier d’une voix mécontente : « Le Chevalier du Soleil est-il une fille ? Toute ton explication semble décrire une sublime beauté ! »

« Il est magnifique ! » Sybil revint immédiatement sur terre et répliqua avec force : « De plus, c’est un bel homme vraiment élégant, contrairement à toi ! Même si vous avez la même couleur de cheveux, les mêmes yeux bleus et une peau claire, tu n’as absolument aucune classe ! »

« Un bel homme élégant ? »

Je tapotai la tête d’Ecilan et frottai intentionnellement ses cheveux pour les mettre en bataille avant de demander d’un ton satisfait : « Ce gars-là n’est-il pas aussi l’un des élégants Douze Chevaliers Sacrés ? Regarde-le à présent… Qu’y a-t-il d’élégant chez lui maintenant qu’il est emballé dans un cocon ? Ton Chevalier du Soleil est probablement exactement comme lui ! »

« Arrête de le maltraiter ! » Sybil poussa un cri perçant et se précipita pour remettre en ordre les cheveux d’Ecilan, et au passage elle en profita pour toucher discrètement son visage plusieurs fois jusqu’à ce qu’elle fût satisfaite. Elle daigna alors tourner son regard vers moi pour me répondre : « Qui plus est, le Chevalier de Glace n’a pas besoin d’être élégant. C’est le genre d’homme qui est froid et splendide ! De son côté, le Chevalier de Flamme, dont nous avons parlé hier, est du genre sauvage et colérique ! »

« Pardon ? L’Église du Dieu de la Lumière choisit-elle ses chevaliers en fonction de leur apparence ? » Je roulai des yeux, rétorquant avec mécontentement : « Pourquoi leurs chevaliers sont-ils tous si beaux ? »

« Ce n’est pas ça. » Yuna secoua la tête, son expression teintée d’une légère résignation : « C’est juste la façon dont les femmes les imaginent. Il est possible que la plupart des Douze Chevaliers Sacrés ne soient pas magnifiques. »

« Mais, le Chevalier de Glace est vraiment beau ! Les rumeurs ne sont pas nécessairement fausses ! » À l’instant où Sybil eut fini de crier ces mots, elle s’empressa de baisser la tête et de demander à Ecilan : « N’est-ce pas ? Au moins, le Chevalier du Soleil doit être un super beau garçon, hein ? »

Ecilan répondit avec indifférence : « Je ne connais pas tes standards de comparaison. »

Sybil l’interrogea vivement : « Il devrait être au moins plus beau que Grisia, non ? »

Il resta silencieux pendant un certain temps. Sous le barrage de questions incessantes de Sybil, il finit par répondre : « Il devrait avoir une beauté à peu près similaire. »

Sybil fronça les sourcils en entendant sa réponse, alors que je jubilais : « Tu vois ! Pourquoi se languir pour le Chevalier du Soleil ? Me regarder suffit amplement. »

« Il a définitivement plus de classe que toi ! » s’exclama Sybil avec indignation.

À cet instant, Woodrow nous dépassa, Sybil et moi, alors que nous étions encore en train de nous disputer, et s’approcha d’Ecilan pour le questionner avec le plus grand sérieux : « Que sont venus faire les Douze Chevaliers Sacrés dans un endroit aussi reculé ? Cet endroit fait même déjà parti du territoire du Dieu de l’Ombre. »

Ecilan lui donna pour unique réponse : « Nous sommes à la recherche de quelqu’un. »

« Qui cherchez-vous ? » lui demanda Woodrow, surpris.

Il regarda Woodrow avec indifférence et ne lui fit pas la grâce d’apporter une réponse à sa question.

Cependant, Woodrow n’osa pas le forcer à parler. Quand il vit qu’Ecilan n’allait pas lui répondre, Woodrow s’en alla de son propre chef.

À partir de là, nous poursuivîmes naturellement notre voyage. La seule différence était que nous avions arrêté de garder le silence pendant notre marche. Non seulement je me disputais avec Sybil pendant tout le trajet, mais Iacchi aussi s’approcha furtivement et toucha… Bien évidemment, il ne me toucha pas moi ! Il voulait toucher le bâton glacé qui pendait à ma taille.

Quant à Igor, il continua de m’interpeller à tort et à travers pour me demander si oui ou non je me rappelais d’autres sorts intéressants.

Je réfléchis un moment avant de descendre de la licorne et de m’accroupir. Je touchai la surface de la terre et cherchai en-dessous de sa croûte.

Hum ! On dirait qu’il n’y a pas le moindre squelette humain… Ah ! J’ai trouvé quelque chose d’intéressant !

Une fois que j’eus éloigné ma main de la terre, un tas de trucs gris sortit de la poussière.

« Des os ? » Sybil observa la pile d’ossements, confuse.

Je les manipulai soigneusement, injectant l’élément des ténèbres dans les os, puis je les emboîtai approximativement un par un, espérant ne pas me tromper… C’était vraiment dommage qu’il n’y eût pas de squelettes humains sous la terre, puisque j’avais à disposition un tas de squelettes vivants que j’aurais pu utiliser comme référence pour reconstituer ensemble les os d’un mort.

Après avoir fini de tous les rassembler, je réparai les articulations entre les os avec une épaisse couche de l’élément des ténèbres, l’utilisant comme remplacement pour les articulations qui avaient pourri. Afin de le rendre plus mignon, je me servis de l’élément des ténèbres pout remplacer sa chair et ses longues oreilles… Finalement, un lapin noir se mit à bondir autour de nous.

« Ne… nécromancien ! »

Yuna dit faiblement : « Je ne sais vraiment pas pourquoi, mais maintenant je n’ai même plus la force de crier. Grisia, il y a vraiment de moins en moins de chances pour que tu sois un guérisseur de l’Église du Dieu de la Lumière. »

Alors que les trois hommes contemplaient le lapin avec de grands yeux teintés d’effroi, Sybil était celle qui en avait le moins peur. Elle courut même jusqu’au lapin squelettique et le ramassa, me disant avec un visage rayonnant : « Il est trop mignon ! Grisia, ne le laisse pas disparaître ! »

Je haussai les épaules et acceptai : « Ok. »

Après avoir vu la réaction de Sybil, tout le monde regarda le lapin. Igor était tellement excité qu’une suggestion lui vint en tête : « Grisia, puisque tu as fabriqué un lapin, ça doit vouloir dire que tu peux aussi faire un cheval, non ? Si nous avions des montures, nous pourrions voyager plus vite. »

« Je peux le faire, tant qu’il y a des squelettes de chevaux dans le coin. »

« Où suis-je censé te trouver des squelettes de chevaux … » répondit Igor, découragé.

Je haussai à nouveau les épaules. S’il n’y avait aucun os, alors je ne pouvais rien faire non plus. Huit sorts de nécromancie sur dix requéraient des os.

« Dans ce cas, pourquoi tu ne me fabriquerais pas une dague en os pour que je m’amuse avec ? » demanda Igor avec excitation. « Dans toutes ces vieilles légendes, les guerriers qui sont parvenus à occire un dragon utilisaient toujours un des os du dragon pour fabriquer une lame. »

« Si tu me dessines un croquis, je t’en fabriquerai une. »

Iacchi nous interrompit avec une insulte : « Ce rustre-là ? Le fait qu’il sache comment écrire est déjà un miracle en soi ! Comme s’il était capable de dessiner quoi que ce soit… »

« Arrêtez de jouer ! Nous devrions poursuivre notre voyage ! » cria soudainement Woodrow d’une voix sombre. Tout le monde se rappela immédiatement que nous étions supposés être en train de fuir. Nous réprimâmes nos plaisanteries et reprîmes la route. Naturellement, j’étais de nouveau sur la licorne, et notre longue marche et chevauchée silencieuse reprit.

« Tu n’aurais pas dû utiliser la nécromancie devant eux. »

« Quoi ? » Je baissai la tête et dévisageai Ecilan qui était allongé horizontalement devant moi. C’était lui qui venait de parler, même si sa voix n’avait été rien d’autre qu’un murmure.

« Qu’as-tu dit ? »

Néanmoins, Ecilan se contenta de me fixer et maintint son silence.

Voyant cela, je prétendis ne pas l’avoir entendu du tout. J’attrapai le livre sur les sortilèges parmi mes affaires et continuai d’étudier d’autres sortilèges. Je les expérimentai également sur le chevalier qui était idéalement placé à côté de moi. Bien sûr, il s’agissait d’Ecilan qui n’était séparé de moi que par les Chaînes des Ténèbres.

« … »

On ne peut vraiment pas me blâmer pour aimer utiliser celui-ci comme cobaye. Ce n’est pas de ma faute s’il est si parfait dans ce rôle.

Peu importe à quel point j’expérimentais sur lui, il maintenait toujours son habituelle froideur glaciale, sans laisser échapper le moindre son ou même changer d’expression. À part me dévisager avec cette lueur glaciale dans les yeux, il ne fit jamais le moindre geste pour protester. Il était vraiment le cobaye modèle parmi tous les cobayes pour faire des expériences !

Je continuai joyeusement mes tests jusqu’à ce Sybil les remarque. Elle entra dans une colère noire, comme si on avait maltraité son mari. Et, ensemble avec une Yuna également furieuse, elles tirèrent chacune sur un côté de mon visage et me lancèrent un sérieux avertissement, m’ordonnant d’arrêter d’agresser le Chevalier de Glace. La peau de mon visage m’ayant presque été arrachée, je n’eus d’autres choix que d’abandonner mes expériences sur mon cobaye parfait. À la place, je pratiquai certains sortilèges qui ne nécessitaient pas de sujets tests.

Sortilège Capteur d’Os : Peut être utilisé pour repérer des os se trouvant sous terre.

Prison d’Os : Un sort défensif qui accorde la capacité d’utiliser les os pour créer un mur.

Perceur d’Os : Une épine faite d’os surgit du sol et perce l’ennemi.

Peu importe le nombre de sortilèges que je lis, ils parlent tous d’utiliser l’élément des ténèbres pour manipuler des os !

Je me contentai de sauter directement aux dernières pages du livre pour voir s’il y avait des sortilèges différents. Comme je m’y attendais, certains sortilèges intéressants apparurent, comme L’Approche de la Mort. C’était un sort d’attaque à grande échelle. Ses avantages étaient qu’il était très difficile de s’en défendre et de s’en échapper, parce que la zone affectée était très large. Cependant, son défaut était que la vitesse à laquelle mourrait l’adversaire était très lente, donc il y avait des chances pour que le lanceur ne puisse pas maintenir le sort suffisamment longtemps pour que l’ennemi périsse.

Toutefois, il pouvait au moins faire perdre leur pouvoir d’attaque à l’opposition. Ainsi, quand on affrontait un grand groupe d’ennemis, c’était un sort très utile. Du moins, c’était ce qu’affirmait le livre.

Ooohhhh ! Je devrais me dépêcher d’apprendre ce sortilège. Après tout, j’ai kidnappé le Chevalier de Glace, et il est donc possible que tout un essaim de chevaliers sacrés vienne à ma poursuite.

« Arrête de lire ça. Tu ne devrais rien apprendre de ce livre », déclara soudainement Ecilan.

« Oh ? » Je le questionnai tout en continuant à lire : « Alors qu’est-ce que je devrais apprendre à la place ? »

Ecilan, cependant, replongea de nouveau dans son silence. C’est vraiment un chevalier étrange !

Puisqu’il « n’avait pas d’autres commentaires », je continuai de tourner les pages du livre.

Invoquer un chevalier de la mort…

La Reine Guerrière TP1C3 : Lumière et Ténèbres Partie 3

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Femme Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres

Roman version d’origine en chinois par – 御 我 (Yu Wo)


Chapter 3 : Light and Shadow Part 3 – Traduit du chinois vers l’anglais par Azakura[PR!]
Chapitre 3 : Lumière et Ténèbres Partie 3 – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Manteau Rouge le fixa d’un air ahuri. La Ballade de la Reine Guerrière qu’il venait tout juste d’entendre n’était pas la même que celle qu’il avait entendue auparavant. L’attitude du barde était aussi très étrange. Bien qu’il eût gardé la tête basse tout le long et qu’il n’eût pas regardé Manteau Rouge du tout, les questions constantes relevées par la chanson donnaient presque l’impression qu’elles lui étaient posées.

Manteau Rouge jeta un bref coup d’œil au barde et passa son jugement. « Cette chanson est horrible. Si tu choisis de chanter ce morceau aujourd’hui, ne me blâme pas quand tu te feras frapper par quelqu’un. »

« Ah bon ? » Le barde se frotta le nez et déclara de façon plutôt innocente : « Mais, LL m’a dit que je dois poser ce genre de questions chaque fois que j’arrive à un nouvel endroit ! S’il advenait que la Reine Guerrière m’entende par chance et soit d’accord pour m’offrir une réponse, LL m’a promis qu’il échangerait la harpe qu’il traîne toujours avec lui pour cette réponse et qu’il me libérerait de son décret selon lequel je dois toujours chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant au moins trois jours chaque fois que j’arrive à un nouvel endroit… »

Quand il eut terminé de parler, le barde regarda en direction de Manteau Rouge et demanda : « Qu’en penses-tu ? Pourquoi la Reine Guerrière a-t-elle voulu partir ? Était-ce parce que le Saint Roi ne l’aimait pas, alors rester avec un amant qui ne l’aimait même pas était trop douloureux à supporter ? Ou était-ce parce que le Saint Roi l’a obligée à partir ? Ou peut-être était-ce parce que la Reine Sainte avait délibérément rendu les choses difficiles… »

Manteau Rouge interrompit les rêveries infinies du barde et affirma de façon mécontente : « Vous, les bardes voyageurs ! Vous poussez tout simplement votre réflexion trop loin. Pour le peu que vous en sachiez, la Reine Guerrière aurait très bien pu sentir que les jours qui passaient étaient trop ennuyeux, et elle est partie de son propre chef. »

Il ne s’attendait pas à ce que Manteau Rouge répondît réellement à ses questions. Le barde rassembla son courage et poussa davantage la question. « Si la raison pour laquelle elle est partie était vraiment comme tu l’as dit, que c’était parce que sa vie était trop ennuyeuse, dans ce cas que regardait-elle alors ? »

Manteau Rouge répondit froidement : « Comment le saurais-je ? »

Le barde lâcha un « oh » et se sentit assez déçu, mais il n’osa pas poser une autre question à Manteau Rouge.

Les deux voyageurs marchèrent en silence pendant un moment. Soudainement, Manteau Rouge commença à parler : « C’est possible que ce qu’elle regardait soit le guerrier et la guérisseuse, ses précédents compagnons, mais que son esprit se rappelait des souvenirs de douleur et de souffrance provenant de la guerre. Et alors, elle s’était rendu compte que la fin heureuse qu’elle avait imaginée se révélait en fait assez ennuyeuse. »

Alors que le barde écoutait l’opinion de Manteau Rouge, il était à l’origine surpris, mais, comme il songeait prudemment à ce que Manteau Rouge lui avait dit, il ne put s’empêcher de proclamer :

« Certaines personnes sont nées pour poursuivre des combats sans fin ! Le bonheur dont tu parles ne peut être obtenu à la fin d’une guerre, mais à travers chacune des batailles combattues. »

En entendant cela, Manteau Rouge fixa le barde dans les yeux et demeura silencieux.

Le barde cessa de marcher et éclata de rire. Manteau Rouge s’arrêta également et le questionna froidement : « Pourquoi ris-tu ? »

Le barde laissa paraître un immense sourire et annonça : « Je suppose que je n’ai plus besoin de chanter la Ballade de la Reine Guerrière. Es-tu d’accord pour venir avec moi le voir ? »

« Qui ça ? »

Le barde répondit sur un ton détaché : « Évidemment, je parle de Lorenzo Louis. C’est mon Maître et aussi la personne que tu as surnommée “LL”… »

« C’est encore toi ! Dire que tu oserais rester dans cette ville. Ne t’avais-je pas ordonné de déguerpir d’ici hier !? »

Le barde resta stupéfait. Il se retourna pour voir la même équipe de patrouille de la veille. Le capitaine de la patrouille, qui était plus d’une tête plus grand qu’une personne normale, fusillait férocement le barde du regard. Il avait aussi amené avec lui cinq de ses membres d’équipes, et ils marchaient tout droit en direction du barde.

Pendant qu’ils approchaient, le capitaine de la patrouille reçut une image bien plus claire du visage du barde. Il réalisa tout à coup que la blessure sur le visage du barde était presqu’entièrement guérie.

Nous ne nous sommes pas montrés suffisamment impitoyables hier ? Il se mit à douter.

C’est bien ma chance… Je n’arrive pas à croire que nous soyons tombés sur la patrouille avant même d’avoir atteint la taverne. Le barde finit par mieux comprendre juste à quel point sa chance pouvait être terrible.

À présent, par contre, ce n’est pas comme la dernière fois ! Manteau Rouge est avec moi. Personne n’oserait lever la main sur moi ! Oui… Si je regarde la situation sous cet angle, je suppose que ma chance n’est point aussi terrible que je le croyais, après tout ! Suite à cette réflexion, le barde recommença à faire face à la vie avec un optimisme débordant.

« Tsk. » Le capitaine de la patrouille hésita un instant, puis se tourna pour crier à son équipe. « Saisissez-vous de ce cinglé et jetez-le-moi au cachot.  Nous étions en route pour faire notre rapport de mission de toute manière. »

Après avoir reçu l’ordre, deux des membres de l’équipe se précipitèrent sur-le-champ pour l’exécuter et agrippèrent sans effort le barde.

En réalité, le barde, qui n’avait même pas la force d’attacher un poulet, ne résista pas du tout. Il fixa Manteau Rouge avec de grands yeux, anticipant avec excitation de quel genre d’attaque ce dernier se servirait en premier. Un coup de poing pour envoyer deux personnes valser simultanément ? Ou est-ce que ce serait plus classe de leurs donner un coup de pied ?

Comme c’était difficile d’ignorer le regard fervent du barde, le capitaine de la patrouille remarqua enfin la présence de Manteau Rouge. Il s’enquit froidement : « Es-tu son compagnon ? »

« Pas du tout, je ne le connais pas », répondit indifféremment Manteau Rouge.

Ou peut-être que ce sera un coup direct de sa lame pour les trancher en deux ! LL a dit auparavant que son tempérament avait toujours été plutôt bouillonnant… Attendez une minute ! Que vient de dire Manteau Rouge !? L’expression que le barde avait sur le visage changea instantanément.

« Tu es un type raisonnable, on dirait ! Emmenez-moi cet homme. » Le capitaine de la patrouille lança ses ordres, et les deux membres de la patrouille emmenèrent tout de suite le barde en le traînant.

Pendant qu’il se faisait emmener, le barde se retourna frénétiquement pour hurler : « Attendez une seconde ! Manteau Rouge ! Pourquoi ne viens-tu pas à ma rescousse ? »

Mais, il ne réussit qu’à apercevoir un manteau de couleur rouge avant que sa tête ne fût remise en place très durement par les deux personnes qui restreignaient ses mouvements. Cela manqua de lui faire une entorse au cou et lui fit si mal que chaque partie de son visage se crispait d’agonie.

À ce stade, le capitaine de la patrouille était rempli de soupçons. Il jaugea Manteau Rouge de la tête aux pieds et lui ordonna directement : « Enlève tout de suite ta capuche ! »

En entendant cela, une étincelle d’espoir se ralluma chez le barde. Si c’est vraiment elle, elle ne va certainement pas accepter de faire ce que les autres lui ordonnent… Cependant, dans la seconde suivante, le capitaine de la patrouille cracha moqueusement : « Pfff ! Ainsi, tu es vraiment un homme. Dire que je pensais que tu étais une femme, avec ta petite silhouette et ton manteau de couleur rouge… Comme c’est ennuyeux. Allons-y ! »

Un homme ? Le barde se figea. Comment est-ce possible ? Manteau Rouge n’est pas cette personne ? Manteau Rouge n’est pas…

La Reine Guerrière ?

Il essaya désespérément de se retourner pour lui jeter un autre regard comme si sa vie en dépendait, mais les deux membres de la patrouille maintinrent, avec véhémence, sa tête en place, l’empêchant de regarder autour de lui de sa propre volonté.

Juste un regard serait suffisant. Laissez-moi jeter un seul coup d’œil… Manteau Rouge ! Es-tu la Reine Guerrière ou pas ?

 

 

Brandit une lame, adore porter des vêtements d’un rouge flamboyant, de petite taille, possède une voix si grave qu’elle ressemble à celle d’un homme, des pupilles noires brûlantes… Chaque détail correspond exactement aux traits énoncés par Maître Louis. Manteau Rouge s’intéresse aussi clairement à la fois à la Ballade de la Reine Guerrière et au surnom de LL. Et pour couronner le tout, ce que Manteau Rouge a dit plus tôt…

N’importe qui aurait conclu que Manteau Rouge est bel et bien la Reine Guerrière !

Peu importe sous quel angle le barde considérait la question, Manteau Rouge était forcément la Reine Guerrière. Mais, pourquoi diable le capitaine de patrouille a-t-il déclaré qu’elle était un homme ?

« Pardonnez-moi, mais j’ai une question ! » demanda le barde aux deux membres de la patrouille qui lui maintenaient la tête vers le bas. Compte tenu de la position précaire dans laquelle il se trouvait, avec ses pieds levés au-dessus du sol, sa posture et sa façon de parler étaient incroyablement polies. Il s’enquit : « La Reine Guerrière est une femme, n’est-ce pas ? »

Les deux membres de la patrouille restèrent abasourdis. Ils eurent l’air très confus comme ils lui répondaient : « De quoi donc est-ce que tu parles ? »

Le barde dit avec hâte : « Mais, c’est de la Reine Guerrière qui est la seconde épouse du Saint Roi et la commandante de l’armée ! Elle devrait en effet être une femme, n’est-ce pas ? Ou y aurait-il une chance pour qu’elle soit un homme à la place ? »

Ils étaient tous les deux tellement abasourdis que leur teint changea de couleur. Ils s’exclamèrent : « T-Tu oses calomnier le Saint Roi !? »

« Je ne l’ai pas calomnié ! » Le barde était grandement alarmé. Il ajouta rapidement : « Je ne faisais que me renseigner sur la Reine Guerrière. Je ne parlais pas du tout en mal du Saint Roi ! »

« Tu… » Un des membres de la patrouille était tellement choqué qu’il n’arrivait même pas à parler.

L’autre membre de la patrouille réagit différemment. Il hurla directement : « Balivernes ! Évidemment que la Reine Guerrière est une femme ! Penses-tu honnêtement que le Saint Roi prendrait un homme comme épouse ? Quel blasphème ! »

Oh ! Cela a du sens. Le barde hocha la tête avec compréhension. « Je comprends maintenant. Merci pour votre explication. Quand on y pense, si la Reine Guerrière était de sexe masculin, mon Maître me l’aurait certainement précisé. »

En entendant cela, l’un des membres de la patrouille leva son poing. Il frappa le barde tandis qu’il continuait à le réprimander : « Tu oses encore parler ! Tu demandes simplement à te faire donner une maudite raclée ! Tu as l’audace d’affirmer que la femme du Saint Roi est un homme ! »

L’autre membre de la patrouille se précipita pour arrêter les actions de son partenaire. Il l’exhorta soigneusement : « Vas-y doucement ! Il y a définitivement plusieurs choses qui clochent dans la tête de ce type. Qui plus est, en gardant à l’esprit ce qu’il y a en réserve pour lui plus tard, on n’a pas besoin de dépasser les bornes, pas vrai ? »

Assez vite, l’autre abaissa son poing en réponse aux paroles de son partenaire. « Ha ha ha, je suppose que tu as raison. On ne peut pas endommager ce visage après tout. Un visage endommagé ne vaut rien si on essaie de le vendre. »

Ne vaut rien si on essaie de le vendre ? Le barde était perdu dans ses pensées. Alors, mon visage est en fait quelque chose qui vaut la peine d’être vendu ? Si je l’avais su plus tôt, je l’aurais vendu chaque fois que mon estomac était vide et que je n’avais pas d’argent. Je me demande combien je pourrais demander…

Alors qu’il était encore perdu dans ses pensées, les deux membres de la patrouille le projetèrent soudainement vers l’avant d’une forte poussée. Heureusement, le barde avait depuis longtemps l’habitude d’être jeté par terre par les autres. Sans plus tarder, il se roula par réflexe dans la posture qui était la moins susceptible de lui laisser recevoir des blessures. Après avoir gémi pendant un certain temps, il se releva promptement du plancher, observa les alentours, et fut choqué de réaliser que cet endroit était une cellule de prison.

La geôle contenait déjà pas mal de gens. Ces personnes avaient toutes la mine sombre et gardaient la tête basse. Malgré l’agitation qu’il y avait eu quand il avait été jeté dans la prison, aucun d’eux n’avait réagi.

Le barde trouva cela incroyablement étrange. Il examina les gens autour de lui. À sa grande surprise, chacun d’eux portait une marque sur le bras droit. Ce-C’est la marque… d’un esclave !

À ce moment-là, les deux membres de la patrouille fermèrent la porte de la cellule, puis la verrouillèrent fermement.

Le barde se précipita vers les barres de fer et cria : « Attendez ! Pourquoi m’avez-vous amené ici ? Je n’ai pas choisi de vendre mon corps ! Je ne suis pas un esclave ! »

« Tu en seras un désormais ! » Le garde s’amusa du malheur du barde tout en parlant : « Détends-toi ! Avec un visage comme le tien, tu attireras certainement l’attention de nombreuses riches ménagères. Après ça, qui sait, peut-être que ton visage va devenir encore plus joli qu’en ce moment ! »

« Mes félicitations ! Ha ha ha ! » Ils ignorèrent simplement tous les deux les protestations du barde et quittèrent la prison tout en riant aux éclats.

« Comment les choses en sont-elles arrivées là ? »

Le barde fut laissé dans un état second. Bien qu’il eût en effet été victime d’intimidation pendant son voyage, personne n’avait jamais été aussi loin que de l’enlever pour le vendre. Longtemps depuis la création du pays, le Saint Roi avait fixé des règles strictes. L’esclavage n’était autorisé que si c’était la volonté de la personne qui était vendue. Même les parents n’avaient pas le droit de vendre leurs enfants. De plus, quel que fût le prix pour lequel il était vendu, tous les contrats expireraient après vingt ans. Après vingt ans, l’esclave pouvait demander à être libéré, à moins qu’il ne fût prêt à se vendre une fois de plus.

« Laissez-moi sortir ! Je ne suis pas d’accord pour vendre mon corps ! » Le barde hurla frénétiquement : « Vous vous trompez ! Je ne veux pas vendre mon corps ! »

1/2 Prince T5C5 : Les Broutilles Quotidiennes d’un Homme

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½ Prince Tome 5 : Un Prince N’Existe Plus

Roman original par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 5: A Man’s Daily Trifles – traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 5 : Les Broutilles Quotidiennes d’un Homme – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ Travail de vérification par Nocta

« Il va vraiment y avoir une mise à jour… » Je réprimai la nervosité qui serrait mon cœur et me préparai à me connecter pour accueillir cette soi-disant nouvelle mise à jour.

La mentionner me rappela le jour où Neurotic et DanDan nous avaient suivis jusqu’à la Cité de l’Infini pour y jeter un coup d’œil. Sur le chemin, ils n’avaient pas cessé de jeter des regards émerveillés en direction de la Cité de l’Infini, faisant ses louanges ainsi que les miennes. Mon cœur débordait de fierté, mais je ressentais également un pincement d’embarras en voyant qu’on me lançait des fleurs qui n’étaient pas méritées. À la fin, je n’avais pas pu m’empêcher de demander : « Neurotic, on va bientôt recevoir la grande mise à jour. Ça ne risque pas de vous poser de problèmes à tous les deux, si vous vous trouvez toujours sur le Continent Central à ce moment-là ? »

Neurotic s’était gratté le visage et avait répondu : « Bien sûr que ça pose problème ! D’ailleurs, il est temps de retourner à la maison et de nous préparer à attaquer les cités !  Notre groupe n’a pas arrêté de nous appeler sur notre portable, et ils sont à deux doigts de placarder des avis de recherche. »

« Vous ne trouvez pas que ça restreint votre liberté ? » avais-je demandé, légèrement agité. Sans même attendre sa réponse, j’avais commencé à murmurer : « Par le passé, notre équipe allait où bon lui semblait et faisait ce dont elle avait envie. Tout le monde me traitait comme un ami, voir un petit frère. Mais, maintenant, ils n’arrêtent pas de m’appeler “Suzerain” et “Votre Majesté”, et la dernière fois ils se sont même agenouillés pour me jurer fidélité… Ça me rend si, si… »

« Pas encore habitué, hein ? » avait déclaré Neurotic avec simplicité, les deux mains croisées derrière sa tête.

« Oui, quand nos amis se transforment en subordonnés, on se sent vraiment seul », avais-je murmuré.

« Mais, ils restent tes amis. Si tu es plus attentif, tu réaliseras qu’en fait personne n’a changé. » Neurotic m’avait alors regardé avec une expression sérieuse.

« Ah bon ? » avais-je répliqué, perplexe.

« Oui », affirma Neurotic, en me fixant avec un air de confiance absolue.

J’avais tout de même soupiré, toujours confus. Neurotic m’avait frotté la tête de sa large main et m’avait décoiffé, comme s’il réconfortait un enfant du voisinage. Tout en s’exécutant, il avait rétorqué : « C’est vraiment dommage que je n’aie pas pu te voir dans toute la splendeur de ta gloire ce coup-ci. J’espère que la prochaine fois qu’on se croisera, tu auras mis de l’ordre dans ta tête. »

« J’espère… »

M’extirpant de ce flashback, je soupirai. Ce fut en m’étant résigné à mon destin que j’enfilai mon casque de jeu et que je me connectai à Second Life.

Une fois que j’eus ouvert les yeux, médusé, je regardai Lolidragon qui se tenait devant moi. Dans ses mains, elle tenait un seau d’eau anormalement grand qui ne contenait pas d’eau, car… celle-ci ruisselait intégralement sur mon corps. L’eau s’écoulait le long de mes cheveux soyeux, désormais trempés et collant à mes joues. Mes habits, élégants à l’origine, étaient également dégoulinants et, si j’enlevais mes chaussures, il y avait quatre-vingts pour cent de chance qu’il s’y trouve assez d’eau pour que je puisse y élever un poisson rouge.

Impassible, je la questionnai. « Qu’est-ce que tu fabriques ? »

Lolidragon me répondit sur un ton sérieux et solennel : « Mes excuses, je souhaitais passer la serpillière sur le sol, mais ma main a glissé, et toute l’eau a atterri sur toi. Mais, ne t’en fais pas, j’étais sur le point d’aller prendre un bain, et l’eau du bain est déjà prête. Donc, tu peux immédiatement aller prendre un bain et profiter de l’eau chaude. »

« … »

« Ne sois pas timide, dépêche-toi d’aller te laver ! Si l’eau se refroidit, te baigner ne sera pas aussi confortable », continua de me presser Lolidragon.

« Tu veux qu’on aille se laver ensemble ? » lui suggérai-je.

En entendant ma question, les yeux de Lolidragon se mirent immédiatement à briller comme deux diamants de dix-carats. « Je peux ? Dans ce cas, je ne vais pas décliner ! »

« Bien sûr… que non ! » répondis-je férocement.

Lolidragon pinça les lèvres de déplaisir. « Bien, vas te laver tout seul, alors. »

Sans un mot, je récupérai une corde dans mon sac à dos et entrepris d’attacher Lolidragon à un pilier. Pendant toute l’opération, elle s’exclama : « Hé, qu’est-ce que tu fous ? Pourquoi tu m’attaches ? »

Après m’être assuré que les cordes étaient bien en place et que Lolidragon ne pouvait s’échapper par aucun moyen, j’abaissai quatre doigts de ma main pour ne laisser que le majeur et le brandis sous ses yeux. « Tu ferais mieux de ne pas t’imaginer que je ne connais pas ton plan de me mater pendant que je prends mon bain, Lolidragon. Espèce de nympho. Tu devrais rester ici et garder tes mots doux pour ce pilier jusqu’à ce que j’aie fini de prendre mon bain. »

« Tu te trompes, je n’avais pas l’intention de t’espionner dans le bain, je le jure ! Viens vite m’aider à détacher ces cordes ! » Je pouvais entendre Lolidragon crier dans mon dos, comme je traversais le Grand Hall.

« Aahh, mais je le fais pour ton bien. Tu as peur de devoir laver ta petite ***, n’est-ce pas ? Je peux t’aider ! » Je lui fis à nouveau le doigt d’honneur en entendant ça. « Grrrr, comme si me laisser te voir un moment te tuerait. C’est rare que, moi, la grande Lolidragon, je souhaite vraiment voir ta petite ***. » Tout en écoutant ce langage cru provenant de Lolidragon, je continuai de marcher vers la sortie du Grand Hall, sans un regard en arrière.

« La salle de bain. Où est la salle de bain ? » Je frissonnai, alors que je cherchais la salle de bain où je n’avais encore jamais mis les pieds. On dirait que cette mise à jour a changé le jeu pour être encore plus proche de la réalité cette fois. Non seulement je suis trempé comme une guenille, mais en plus je ressens réellement le froid.

C’est là ! Je lus les trois mots géants Salle de Bain et me précipitai joyeusement à l’intérieur. Comme je contemplais la porte de la salle des hommes à gauche et celle de la salle des femmes sur la droite, j’hésitai un moment. Je devrais aller dans quelle salle de bain, celle des hommes ou celle des femmes ? Puisque je suis dans le jeu, je devrais aller dans celle des hommes, non ? Sans plus y penser, je poussai arrogamment la porte principale et me baladai dans cette pièce réservée aux hommes à grandes enjambées.

« Est-ce que notre suzerain vient également prendre son bain ? Dépêchez-vous d’entrer dans l’eau, c’est vraiment agréable. » Un Kong Kong entièrement nu me faisait signe de la main. Je lui souris stupidement, mes yeux fixés sur la partie supérieure de son corps, refusant absolument de lorgner plus bas.

Je déglutis et fixai le groupe d’hommes élégants en train de se baigner… Nan Gong Zui était incliné sur le bord de la gigantesque baignoire, les yeux fermés. En m’entendant arriver, il ouvrit les yeux et me sourit. Combiné avec ce corps fin, ce torse et ses épaules musclées, je me sentis fondre de façon incontrôlable. Broken SwordNon, non, non, je ne peux plus le mater comme avant. Sans déconner, c’est le mari de ma cousine, comment est-ce que je pourrais profiter de lui comme ça ?

Sunshine est si mignon ! J’ai déjà vu Kenshin. Le corps de grand frère Wolf est intégralement couvert de poils, je ne peux pas voir grand-chose. Quant à Heartless Wind, je l’ai déjà vu quand j’étais enfant, donc rien d’intéressant à regarder… Mes yeux balayèrent la pièce de gauche à droite, puis repassèrent de droite à gauche. La salive dégoulinant de ma bouche était à deux doigts de ressembler à une cascade. Oh mon Dieu ! Est-ce qu’il est possible que je sois semblable à Lolidragon, et que nous soyons toutes les deux des perverses ?

« Joli garçon, pourquoi es-tu en train de rêvasser ? Tu es complètement trempé. Dépêche-toi d’enlever tes fringues et de venir dans le bain, ou tu vas attraper la crève. J’ai entendu dire que, suite à la mise à jour de Second Life, les joueurs peuvent aussi tomber malade. » Western Wind entra à son tour dans la salle de bain et était tout aussi nu de la tête aux pieds. La seule différence était qu’on était au beau milieu de la journée et qu’« il » était en fait « elle »… Comme c’est malaisant. Elle est en train de balancer sa poitrine, qui est plus grosse que la mienne de deux bonnets, sous mon nez. C’est comme si elle se moquait de moi.

Dans tous les cas, je détournai la tête pour observer les organismes mâles dans la piscine, et environ quatre-vingt-dix pour cent d’entre eux se tenaient le nez… Vraiment ? C’est vraiment possible que Second Life soit réaliste au point qu’on puisse même aller jusqu’à saigner du nez ?

« Hé, joli garçon, tu saignes du nez », mentionna Western Wind sans délicatesse.

Hein ? Je passai ma main pour essuyer mon nez, et une tache de sang apparut dans ma paume. Mon Dieu, j’ai maté des garçons jusqu’à en saigner du nez ? « Mais, mon gars, je crois que tu saignais déjà avant de me voir. » Il regarda les hommes dans l’eau, puis sourit avec malice. « Mon gars, tu sembles avoir des goûts vraiment bizarres. »

Après que Western Wing eût déclaré ça, je vis du coin de l’œil que tout le monde dans la grande baignoire avait plongé son corps plus profondément dans l’eau et ne cessait de me regarder comme si chacun d’entre eux avait été violé.

« Prince, espèce d’enfoiré ! Je n’en reviens pas que tu aies vraiment osé m’attacher à un pilier pour être le premier à profiter de la vue ! » rugit Lolidragon en dégommant la porte d’entrée de la salle de bain, puis, à l’instar des miens, ses yeux naviguèrent de gauche à droite et vice-versa. Toutefois, contrairement à moi, elle eut un saignement de nez comparable à deux cascades.

« C’est vraiment troooooop nourrissant pour les yeux. » Lolidragon avança vers l’immense baignoire, tout en salivant et en examinant intensivement les corps séduisants qui s’y trouvaient comme si elle choisissait un morceau de porc. Si elle n’avait pas craint de les effrayer et de les faire fuir, je pense qu’il y aurait eu de fortes chances qu’elle plonge la tête dans l’eau pour les examiner de plus près.

En fin de compte, je traînai Lolidragon jusqu’à l’extérieur de la pièce, alors que les visages des garçons étaient très pâles. Après quoi, je vis des hommes habillés à la hâte s’enfuir de la salle de bain.

Pour une certaine raison, personne ne sembla s’intéresser à l’incomparable et luxueuse salle de bain pour hommes à partir de ce jour. J’étais le seul qui m’y rendais à l’occasion et faisais trempette dans ses eaux après avoir enchaîné Lolidragon et l’avoir jetée en prison.

En parlant de ça, une fois que la masse d’hommes se fût évaporée, je monopolisai la salle de bain toute entière. Après un bain confortable, je pris subitement conscience d’un problème urgent, et c’est pourquoi je m’attelai à la recherche d’une personne pouvant m’aider à le régler.

« Wicked, tu es enfin en ligne. » Je me précipitai devant lui, la respiration haletante, et le regardai avec une expression incomparablement émue.

Wicked me retourna mon regard, tout sourires. « Tu avais hâte de me voir ? »

« Ouais, c’est hyper urgent. » Sans perdre un moment de plus, je le tirai et commençai à courir.

Nous courûmes jusqu’à une pièce vide. Ensuite, je verrouillai la porte derrière moi, puis je posai les mains sur les épaules de Wicked, en le fixant avec l’expression la plus sérieuse au monde.

Wicked rougit, un peu nerveux, et s’enquit sur un ton prudent : « Quel est le problème, Xiao Lan ? »

« C’est un très gros problème. » J’ouvris la bouche et articulai avec une incomparable précaution : « Grand frère Zhuo, apprends-moi vite comment les gars font pour pisser. »

« C’est… »

« Apprends-moi vite, d’accord ? Je me retiens depuis trop longtemps. » Je le pressai, en souhaitant lui montrer quelques larmes et en étant pourtant incapable de le faire.

Wicked m’adressa une expression embarrassée et bégaya : « T-Tu n-n’as qu’à descendre ta braguette, et puis… euh, t-tu… tu sors ta chose, tu la tiens, et tu vises… »

« Oh, d’accord. Alors, je m’en vais aux toilettes. » J’avais déjà pratiquement passé la porte et courrais en direction des toilettes, ignorant grand frère Zhuo qui se lamentait, angoissé : « Dire que je lui ai appris ça… ! »

Je me précipitai dans les toilettes et suivis les instructions de grand frère Zhuo, pas-à-pas. Enfin, je fus soulagé de cette agonie qu’était de devoir me retenir. Et, après ça ? J’étais à nouveau dans une situation délicate, ignorant comment la résoudre, car j’avais oublié de demander les étapes qui suivaient l’acte en lui-même.

« Remets-la en place, tire ta braguette vers le haut, et t’auras fini. » Une voix salvatrice vint d’à côté, mais je restai hésitant et regardai ma main innocente ainsi que le petit *** sur lequel je n’avais pas osé poser les yeux durant toute la durée de l’opération. Je dois utiliser ma main pour toucher cette chose ? Beurk, rien que d’y penser, c’est déjà assez effrayant. Cependant, je ne peux absolument pas la laisser pendre ainsi, non ? Rassemblant ma détermination version « fais-le ou crève », je bougeai ma main droite et « le » replaçai à la vitesse de la lumière, comme si y toucher plus longtemps allait faire fondre ma main.

Pffiou… Au moins, j’ai pu régler cet énorme problème. Sauf que, là, je dois me laver les mains avec vigueur. Même s’il s’agit de mon propre ***, c’est assez dégoutant. Je fronçai les sourcils, fixant des yeux la main qui avait tenu mon petit *** dans son creux.

« Stupide sœurette, même ranger ton petit *** te donne une tête de martyr qui s’apprête à mourir. Je ne sais pas comment tu vas réussir à te faire passer pour un gars dans le futur. » La voix de Heartless Wind retentit à nouveau.

Le visage impassible, je tournai la tête pour le regarder, mais il ne me rendit pas mon regard, se contentant de remettre tranquillement sa braguette en place, avant de courir se laver les mains dans l’évier. Je m’y rendis également pour laver mes mains calmement, tout en demandant avec impuissance : « Quand l’as-tu découvert ? »

« Durant la Cérémonie de Loyauté. Ton expression capricieuse était exactement la même que dans la vraie vie », me répondit nonchalamment Heartless Wind. Je pense que le choc qu’il avait reçu en découvrant la vérité était probablement moins pénible que celui qu’il recevait lorsqu’il se levait le matin et trouvait un bouton sur son visage.

« Oh. » Il était temps qu’il le découvre. Tous ceux qui savaient que j’étais une travestie avaient déjà compris mon identité, sauf mon frère qui connaissait pourtant ce fait en premier… S’il n’avait pas été capable de s’en rendre compte, je pense que j’aurais réellement été obligée de l’emmener faire un diagnostic approfondi de la partie de son cerveau qui permet de reconnaître les gens, car il y aurait vraiment eu un problème avec celle-ci.

Heartless Wind ne put se retenir de dire : « Mais, franchement, tu ne sembles pas toi-même ces derniers temps, sœurette. Tu as l’air vraiment perdue, ce qui ne va pas du tout avec ta personnalité, celle qui consiste à agir en premier et à penser après. »

« Arrête de me harceler, maintenant. Je suis une personne d’importance avec de nombreux soucis ! » lui rétorquai-je avec ressentiment, en entendant les mots francs de mon frère.

« Bien sûr, bien sûr, tu es une personne d’importance », admit Heartless Wind d’un ton à demi convaincu.

J’étais énervée et prête à répliquer…

« Mais, quand même. La stupide grande sœur qui n’utilise pas son cerveau est bien plus mignonne. » Heartless Wind joignit les mains derrière sa tête et sortit avec nonchalance.

Je pensai soudainement à quelque chose : « Yang Ming, ne parle pas aux autres de mon identité. »

« Ok, ok », répondit Heartless Wind sans un regard en arrière.

« Espèce de sale tête de cochon, tu ne peux pas simplement admettre que tu te soucies de moi ? Tu as cette personnalité maladroite, exactement la même que la mienne », me murmurai-je avec un large sourire, mais seulement quand mon frère fut hors de ma vue.

« J’ai du mal à croire que ton frère ait un côté comme ça, je pensais même qu’il n’était qu’un dragueur qui cherchait à se faire tabasser », déclara Lolidragon, alors qu’elle sortait d’une des cabines comme si de rien n’était, dès que Heartless Wind eût disparu.

Je secouai la tête. « Le fait qu’il possède ce côté ne me surprend pas vraiment. En revanche, je suis curieux de la raison qui t’a poussée à venir dans les toilettes des hommes, Lolidragon. »

En riant, Lolidragon déclara, le visage empreint d’innocence : « Je vais aux toilettes. »

J’articulai froidement : « Si je me souviens bien, les toilettes des femmes et celles des hommes sont situées à des côtés opposés du couloir, non ? »

« Oh… » Lolidragon se gratta la tête, et, après avoir jeté un coup d’œil à la partie inférieure de mon corps, ses yeux révélèrent sa déception. J’ignorais si j’avais correctement réussi à lire sur ses lèvres, mais je gardais la nette impression que Lolidragon était en train de marmonner, dans un langage obscène, quelque chose du style : « Comme si me laisser y jeter un léger coup d’œil t’aurait tué… »

Accompagné d’un « humph », j’eus l’intention de partir, histoire de mettre de la distance entre moi et cette espèce de perverse.

« Ok, ok, j’arrête de te taquiner. Je te cherchais pour te parler de choses sérieuses », se dépêcha de dire Lolidragon.

« À propos de quoi ? » la questionnai-je, méfiant.

« Prends ça. » Lolidragon me jeta quelque chose. Je l’attrapai facilement, regardai ma main et vis qu’il s’agissait d’une pierre précieuse. J’étais sur le point de lui demander ce que c’était, mais elle avait déjà ouvert la bouche et commencé à expliquer.

« C’est la récompense pour avoir tué Celestial. Par ailleurs, avec le personnel de la société, nous avons été bien occupés ces derniers jours, mais nous n’avons pas trouvé ce qu’était le problème, donc nous ne pouvons que te récompenser avec le butin et l’expérience avant de pouvoir faire quoi que ce soit. » Lolidragon paraissait inquiète, ce qui était fort rare.

Remarquant que Lolidragon venait de sortir de son personnage, j’eus l’impression que le sujet était très grave. Je ne vérifiai même pas la quantité d’expérience gagnée, et m’empressai de l’interroger : « C’est très sérieux ? Peut-être qu’il ne s’agit que d’un léger bug ? Après tout, chaque jeu en a. »

L’expression de Lolidragon se modifia, passant d’anxieuse à légèrement relaxée. « C’est possible que ce ne soit que ça. Peut-être que je m’inquiète trop. »

J’agrippai l’épaule de Lolidragon et me moquai d’elle : « De toute façon, tu n’es qu’une petite MJ cachée, tu n’as pas à te soucier autant de tout ça. Dans le pire des cas, tu n’as qu’à changer de boulot. »

Lolidragon laissa échapper un petit grognement et changea de sujet en me donnant une claque sur l’épaule. « Va vite dans le grand hall, tout le monde t’attend. »

« On m’attend ? » J’étais quelque peu étonné. De quoi voulaient-ils me parler ?

« Ouais. Suite à ton départ protestataire, tout le monde a réfléchi et souhaite discuter avec toi pour trouver un moyen de résoudre ton problème », déclara Lolidragon.

J’affichai une expression de culpabilité. Je suis parti sur un coup de tête, et Doll s’est fait kidnappée à cause de moi. À la fin, ça n’a été que grâce aux efforts de tout le monde que nous sommes venus à bout de ce problème. Et, maintenant, tout le monde affirme avoir fait une introspection profonde ? Je soupirai. La seule personne qui en ait réellement besoin, c’est moi-même.

Sans attendre de réaction de ma part, Lolidragon me donna une nouvelle claque sur l’épaule. « À quoi tu penses ? Contente-toi de t’y rendre en vitesse. »

Prononçant un « Oh », j’effectuai des pas pesants le long des corridors. Et, même si je m’étais déjà rendu de nombreuses fois dans le grand hall, je sentais mon cœur s’affoler, comme si de grosses pierres tambourinaient dans mon estomac.

Plus je me rapprochais du Grand Hall, plus je me sentais anxieux. Enfin, après avoir tourné une derrière fois, je me retrouvai dans le couloir qui menait directement au Grand Hall. Toutefois, mes pieds s’arrêtèrent à cause de ma nervosité. Peut-être que je devrais d’abord penser à comment je vais m’excuser auprès de tout le monde ? Et, j’espère qu’ils pourront tous comprendre que je préférerais qu’ils me traitent de la même manière qu’ils le faisaient par le passé.

Au moment où mon cerveau était sur le point d’exploser à cause de sa suractivité, une voix glaciale brisa le silence du couloir. « Prince ? » me demanda-t-elle avec l’indifférence d’une machine.

J’étais abasourdi pendant un moment, puis je répondis par réflexe. « Oui… ? »

Après avoir parlé, je réalisai que quelque chose clochait. L’interlocuteur ne répondit pas, et une lueur argentée anormale apparut. Grâce à l’expérience accumulée suite aux tentatives d’assassinats de Western Wind, je glissai sur le côté par réflexe, et ensuite regardai derrière moi. Comme je m’y attendais, la lueur argentée provenait d’une dague dans la main de quelqu’un.

J’examinai plus attentivement le propriétaire de la dague. Il s’agissait d’une femme, possédant un visage délicat, et qui était vêtue d’un justaucorps noir. Cependant, comme elle portait un masque, sa véritable identité demeurait protégée. Ses deux magnifiques yeux n’affichaient aucune expression et, sans même que la femme eût prononcé le moindre mot, la dague se déplaça à une vitesse ahurissante, menaçant de nouveau ma vie.

Je criai, choqué, et n’eus pas le temps de dégainer mon Dao Noir. Je ne pus qu’esquiver sur le côté pour protéger ma misérable vie. Me retournant pour regarder, je pensai, Oh mon dieu ! Qu’est-ce que c’est que cette dague mortelle ? Comment peut-elle être si rapide ? La pensée avait à peine traversé mon esprit que mon corps s’était déjà déplacé d’une dizaine de centimètres sur le côté, mais la dague frappa quand même mon épaule. Je grognai de douleur.

Cependant, je ne l’avais pas laissée me poignarder en vain. Mon point droit vola et lui frappa violemment le nez qui laissa échapper un son d’os brisé que j’entendis avec une intense satisfaction.

Profitant du répit obtenu après lui avoir cassé le nez, j’essayai immédiatement de sortir mon Dao Noir. La lame n’était qu’à moitié hors de son fourreau, quand la femme-assassin posa de nouveau son regard sur moi. La dague se dirigea encore une fois dans ma direction, comme si la femme n’avait été que légèrement poussée, et que son nez n’eût pas été cassé : le nez étant la partie la plus vulnérable du corps humain et, une fois blessé, pouvant pourtant procurer un tel niveau de douleur que certaines personnes préféreraient mourir.

Je ne pus employer que la moitié sortie de mon Dao Noir pour bloquer la dague, mais j’en profitai en même temps pour lancer ma jambe gauche vers la femme-assassin. Néanmoins, elle semblait préparée à ce coup. Alors qu’elle sautait, la dague qu’elle tenait dessina un autre arc dans ma direction. J’avais, à cet instant-là, réussi à sortir complètement mon Dao Noir de son fourreau et, en me tournant, évitai parfaitement la dague qui arrivait. Au même moment, je découvris que la force de la femme-assassin était anormalement élevée. Ma main tremblait violemment. Se pourrait-il que cet assassin ne soit pas une voleuse mais une guerrière ? Mais, sa vitesse est tout aussi effrayante.

Des ombres et des sons provinrent de l’autre bout du couloir. Je regardai par là et vis que c’était la foule qui m’attendait dans le Grand Hall. Ils semblaient avoir réalisé que quelque chose n’allait pas et avaient décidé de venir vérifier ce qu’il se passait. Je me sentis alors soulagé.

La femme avait également remarqué le bruit du groupe. En fait, elle révéla même un léger sourire étrange, un peu effacé. En se servant de cette voix qui sonnait comme un robot, elle déclara : « Ne pense pas qu’ils peuvent te sauver, tu dois mourir. »

Je lâchai un profond soupir. Est-ce que moi, une jeune fille mignonne de vingt ans, j’aurais commis un acte si impardonnable que ça l’ait rendue à ce point déterminée à me tuer ?

Une fois qu’elle eût fini de parler, la femme-assassin n’hésita pas. Deux dagues rutilantes vinrent une nouvelle fois faire un vol plané vers moi. Je rugis un coup, et, après une espèce de roulade hyper moche comme le ferait un chien, ma main gauche reçut une longue estafilade.

Étendu sur le sol, je crachai à deux reprises le sang qui avait envahi ma bouche, puis tournai la tête vers la femme. Je m’étais déjà préparé à être tué ; toutefois, je m’aperçus que plusieurs flèches transparentes avaient forcé l’assassin à battre en retraite et à esquiver. Au même moment, les personnes qui étaient arrivées se tenaient devant moi, côte-à-côte, pour me protéger.

Nan Gong Zui demanda, en cachant mal son air furieux : « Qui êtes-vous ? Pourquoi essayez-vous de blesser Prince ? »

La femme ne répondit même pas. D’un seul coup, elle surgit directement devant moi. J’étais profondément abasourdi, et la foule se tenant devant moi n’avait pas encore réagi. En même temps que je pensais réellement perdre la vie sous sa lame assassine, une ombre s’élança devant moi. Wicked avait employé son corps comme bouclier et avait bloqué la dague. Il poussa un gémissement de douleur.

« Wicked ? » m’exclamai-je, sous le choc.

Quand chacun s’aperçut que Wicked avait été blessé, ils dégainèrent tous leurs armes sans prononcer un mot et attaquèrent de concert. Mais, la vitesse de la femme était tout simplement trop rapide. Même si elle éprouvait quelques difficultés à se battre contre nous, elle réussissait à éviter la plupart de nos attaques.

« Vous allez payer pour vous en être prise à Prince ! » Gui souleva son guqin, et plusieurs flèches fusèrent sur elle. La femme-assassin qui était attaquée de toutes parts fut finalement touchée à la cuisse, et son bras se retrouva promptement transpercé par des flèches.

La femme s’arrêta en toisant ses assaillants avec une froideur sans égale. Finalement, quand ce fut mon tour, elle parla avec un ton rempli d’un extrême dédain : « Quelle partie de ce suzerain tout à fait enfantin mérite-t-elle votre protection ? »

« Je ne vous autoriserai pas à le blesser, tout comme il ne vous permettrait pas de faire souffrir ses amis. » Nan Gong Zui brandit son épée, déterminé, tandis qu’il se tenait devant moi.

« Enfantin ? Saviez-vous que, même s’il était couvert de sang de la tête aux pieds, cette personne enfantine ne reculerait pas d’un pas et se tiendrait fièrement debout devant ses compagnons pour les protéger ? » Grande sœur Yu-Lian bouillonnait de colère, et ses mains étaient déjà parées à attaquer à l’aide de sa magie.

Doll était venue me rejoindre, ses yeux versant des fontaines de larmes. Après avoir contemplé mon torse ensanglanté avec un pincement au cœur, ses yeux brûlèrent de fureur en regardant l’assassin, et elle récita une incantation que je n’avais encore jamais entendu.

« Flammes Noires de l’Enfer, au nom de Doll, je vous ordonne de forger des chaînes et de brûler cet ennemi qui est le mien. Torturez-le autant que vous le pouvez, et infligez-lui une douleur pire que la mort, mais ne lui permettez pas de mourir. Torture Sans Fin des Chaînes. »

Mais, ils restent tes amis. Si tu es plus attentif, tu réaliseras qu’en fait personne n’a changé. Les paroles de Neurotic me revinrent en mémoire ainsi que son expression. Vraiment, personne n’a changé ! Un certain réconfort envahit soudainement mon cœur. Malgré la douleur parcourant mon corps, je ne pus m’empêcher de sourire.

Dès que l’incantation de Doll fut terminée, plusieurs chaînes noires s’enroulèrent autour du pied de l’assassin. Et, avant que quiconque eût pu réagir, les chaînes serrèrent étroitement son corps, puis le son grésillant de la viande cuite au barbecue se fit entendre. La femme souffrait tellement qu’elle laissait échapper des cris perçants, et l’air fut chargé de cette odeur dégoutante de chair humaine grillée.

« Doll, ne la tue pas tout de suite, il reste des choses que j’aimerais lui demander. » En s’apercevant de la situation, Nan Gong Zui tenta de stopper Doll.

Le visage sérieux et empreint de solennité, Doll posa les yeux sur la femme qui hurlait de douleur et d’agonie. Avec une voix pleine de pitié, elle déclara : « Elle ne mourra pas. Le sortilège Torture Sans Fin des Chaînes ne possède pas de pouvoir d’attaque, par conséquent il ne permet pas au joueur de mourir. Cependant, il procure tant de douleur au joueur que ce dernier préfèrerait mourir plutôt que de l’endurer. »

En voyant la terrible situation dans laquelle était coincée l’assassin, tout le monde ressentit sa détresse. D’après leur expression, je devinais qu’ils songeaient tous à la même chose que moi au plus profond d’eux. À l’avenir, je préfèrerai me suicider en sautant d’une falaise et d’avoir ma carcasse réduite à l’état de pulpe que de subir la colère de Doll.

« Pourquoi avez-vous essayé de me tuer ? » demandai-je en me dirigeant vers l’assassin, en supportant la douleur émanant de mes blessures.

L’assassin ignora ma question et, au lieu de me répondre, éclata de rire comme une démente. Elle gronda : « J’ai échoué, mais ça ne veut pas dire que les autres aussi. Attends un peu, nabot. Tu ferais mieux de ne pas compter demeurer éternellement ici, dans la Cité de l’Infini, ni d’en rester le suzerain. »

Lorsqu’elle eut fini de parler, elle leva les deux dagues dans chacune de ses mains et, sans la moindre hésitation, elle se poignarda droit au cœur. Avant que quiconque eût pu réagir et l’arrêter, elle s’était déjà transformée en lumière blanche et s’était envolée.

Dès cet instant, la tension dans mon corps se relâcha et, m’appuyant contre un mur, je glissai avec impuissance sur le sol. Par contre, mon cœur devint nerveux à mesure que les questions affluaient en grand nombre… Mais, bon, à ce moment précis, mon objectif principal était d’attendre l’arrivée de grand frère Wolf pour soigner mes blessures. Mon visage se tordait sous la douleur, et mes sourcils s’étaient soudés, alors que je fixais le sang frais qui coulait le long de mon épaule comme une fontaine.

« S’il y avait une race de vampire dans Second Life, ils seraient définitivement tombés amoureux de moi : quelqu’un qui est tout le temps couvert de sang. » Ce fut la dernière stupidité à laquelle je songeai avant de m’évanouir.

Votre Majesté… Prince… Suzerain…

« Mmmh ? » J’ouvris les yeux, un peu hagard, avec l’intention de découvrir qui était l’enflure qui osait perturber mon sommeil. Quoi qu’il en soit, lorsque j’ouvris les yeux, les têtes inquiètes de tout le monde apparurent devant moi.

« Que s’est-il passé exactement ? Qui était cette personne qui a tenté de te faire du mal ? » me questionna Gui avec une expression glaciale.

« Cet assassin était une femme et, par principe, les femmes ne devraient pas avoir envie de tuer Prince », déclara pensivement Wicked, en se grattant les sourcils.

« Moi non plus, je n’ai aucune idée de ce qu’il se passe. » Je me levai tranquillement, et, comme je m’y attendais, ma blessure à l’épaule avait déjà été soignée.

« Pour avoir en fait osé tenter d’assassiner le suzerain sous nos, ils sont littéralement en train de rabaisser la Cité de l’Infini. Si ton assassinat avait été un succès, dans ce cas ta réputation de suzerain aurait été… » commença à s’indigner White Bird.

Nan Gong Zui empêcha White Bird de poursuivre. « N’en parlons plus, White Bird. En ce moment, le plus important n’est pas la réputation du suzerain, mais plutôt la menace pesant sur la vie de Prince. »

Nan Gong Zui se tourna brusquement vers moi, et, sur un ton d’excuse, dit : « Cette fois, c’est nous qui avions tort, car nous avons agi sans réfléchir et avons totalement négligé ta personnalité différente de la nôtre. Et, par conséquent, nous n’avons pas pris en compte ton opinion. »

En entendant Nan Gong Zui, j’étais sur le point de le contredire, comme quoi j’étais celui qui avait été trop impulsif, quand il me fit signe de la main, exprimant son désir que je le laisse terminer. « C’est peut-être pour ça que, même si Prince est notre suzerain, il a toujours suivi nos ordres. Pour être honnête, Prince, tu ne nous as jamais donné d’ordre. »

Finalement, il déclara solennellement : « La réputation d’un roi ne s’obtient pas simplement parce que tes sujets s’agenouillent devant toi et te jurent loyauté, Prince. Quand tu seras capable d’assumer tes responsabilités personnelles de façon naturelle, ton prestige grandira de lui-même. »

« Ce laps de temps qui permet de mûrir peut paraître insoutenable, mais le fruit de tes efforts sera délicieux. » Grande sœur Yu Lian sourit en me regardant, puis tendit la main pour me caresser la tête. « Détends-toi, tout ira forcément bien pour notre Prince. »

Je restai silencieux un bon moment. Songeant aux paroles de Nan Gong Zui, je me rappelai avec réticence que j’étais quelqu’un de vraiment soumis. Pas étonnant que White Bird fût tout le temps en train de dire qu’il fallait que je me bâtisse une réputation, même si elle n’avait jamais réussi à me convaincre.

En apercevant le sourire encourageant de Nan Gong Zui, et en repensant aux propos de mon frère, je pris enfin ma décision. Je me fous de ce qu’ils pensent, je serai le genre de suzerain dont j’aurai envie.

Étirant ma bouche en un fin sourire, j’annonçai : « Alors, à partir de maintenant, personne n’a le droit de m’appeler Suzerain ou Votre Majesté. Prince est mon seul nom. »

« Mais… ! » tenta rapidement de répliquer White Bird.

« J’ai dit… » continuai-je d’une voix posée qui ne tolérait aucun refus. « Prince est mon seul et unique nom. »

White Bird était abasourdie, son visage exprimant une expression extrêmement choquée, tandis que les autres souriaient.

Je m’étirai longuement, comme si je venais d’être tiré du lit. C’est bizarre comment une vision différente peut changer les sentiments d’une personne. La différence entre mes sentiments immédiats et ceux que j’avais ressenti jusqu’à un instant auparavant, quand j’étais en train de marcher vers le Grand Hall, me fit me sentir comme si j’étais une personne totalement transformée.

Comme je finissais de m’étirer, je me redressai. « Maintenant, abordons le problème de l’assassin. Qu’une femme vraiment forte veuille me tuer sans raison apparente est déjà vraiment étrange. Mais, ce qui l’est encore plus, c’est qu’avant de mourir elle a dit qu’elle avait échoué, mais que ça ne signifiait pas que les autres aussi échoueraient. »

En écoutant ce que je disais, les expressions de chacun se firent sérieuses. Nan Gong Zui parla gravement : « Si c’est vrai, alors d’autres personnes vont surement venir pour essayer de te tuer. »

Je hochai la tête. « C’est possible, mais, peu importe sous quel angle je considère la question, je ne trouve personne que j’aie pu offusquer à ce point récemment. »

« Il est possible que ce ne soit pas par rancœur personnelle », expliqua Lolidragon, ne semblant pas plus surprise que ça. « Prince est, en ce moment, la personne la plus apte à unifier la totalité du Continent Central. De plus, la bataille pour conquérir les cités va bientôt débuter. De par ce simple fait, le nombre de personnes souhaitant le tuer jusqu’à le faire retomber au niveau 1 est probablement aussi imposant que le nombre de carpes remontant les courants lors de la période de reproduction1. Après tout, nombreux sont ceux qui aimeraient devenir suzerain. »

Je me grattai le visage et m’apprêtai à lui demander quand l’attaque devait commencer. Cependant, il y avait environ quatre-vingts pour cent de chance que Lolidragon eût déjà lu la question affichée sur mon visage, car elle leva les yeux au ciel et précisa : « Il ne reste que deux semaines avant le début de la mêlée. Pendant que tu étais parti, nous avons tous participé aux préparatifs d’avant-guerre. »

Je me grattai la tête, embarrassé. « Oh, dans ce cas, est-ce que je devrais aller m’entraîner pour gagner quelques niveaux, histoire de rattraper les autres suzerains ? »

Lolidragon sourit mystérieusement. « La guerre est le meilleur moyen de gagner des niveaux. »

« Comment ? » demandai-je stupidement.

« Dans cette mise à jour, il y a eu tant de nouveautés que je n’ai pas eu le temps de toutes vous les nommer, les gars. En fait, tuer des gens peut également augmenter votre niveau d’expérience. Habituellement, vous auriez reçu une punition assez lourde. Après avoir sciemment tué quelqu’un, votre tête aurait été mise à prix sur des avis de recherche pendant une semaine, pour que vous ne puissiez pas rencontrer les PNJs gardiens des cités et, de ce fait, ne pas pouvoir acheter ou vendre des objets dans les cités en question. Cependant, cette pénalité ne s’applique pas pendant la durée de la bataille. Ce qui signifie également, Prince, que tu peux laisser libre cours à ta fureur et tuer tes ennemis pour augmenter tes niveaux durant le combat. »

Lolidragon me regarda en souriant. « Tuer plusieurs dizaines, centaines, voire milliers de personnes pendant la bataille devrait être chose facile pour l’Elfe Sanguinaire, pas vrai ? »

En entendant ça, le sourire malicieux de l’Elfe Sanguinaire surgit naturellement. « Il semblerait que je vais obtenir un nouveau surnom, celui de “Roi Démoniaque du Carnage”. »

« Va, et sois ton “Roi Démoniaque du Carnage”, notre groupe gérant les affaires étrangères va définitivement trouver le coupable derrière cette histoire d’assassinat », décréta Lolidragon très énergiquement, en serrant le poing.

« Oh, fais de ton mieux, Lolidragon », lança Heartless Wind, en agitant son éventail comme si ça ne le concernait pas.

Pleine d’entrain, Lolidragon tourna la tête avec un regard de prédateur. Tirant Heartless Wind par l’oreille, elle prétendit ne pas entendre les complaintes de douleur de mon frère et le traîna avec elle. Se moquant de lui, elle lui rappela : « Je crois me souvenir que notre jeune maître Heartless Wind est également un membre des affaires étrangères. Moi, Lolidragon, c’est à contrecœur que je t’autorise à enquêter à mes côtés. »

Note de bas de page

1 …le nombre de carpes : Les carpes pondent leurs œufs dans l’eau des rivières et doivent nager à contrecourant durant la période de reproduction.

Romance RPG : Partie 22

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty-two – traduit du chinois à l’anglais par XianBang[PR!]
Partie Vingt-Deux – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Meng sortit en quelque sorte timidement, une robe de bal rose en satin collant gentiment à son corps. Le matériau gracieux en satin rendait son apparence, qui était ordinairement trop mince, douce et charmante. Sa robe bouffante et sa coupe longue et simple de cheveux, additionnées à son rougissement timide, lui conféraient un air attachant. Bien qu’elle ne parût pas aussi magnifique que Marisa, elle dégageait une sorte différente d’attraction qui donnait involontairement envie aux gens de la protéger.

« Chaque femme sait comment se transformer. » L’Épée-Fantôme était choquée. Il pouvait à peine croire qu’elle était la même femme qui portait des pantoufles blanches et bleues et qui arborait la coupe de cheveux d’une vieille dame.

Meng était un peu nerveuse. Elle tira sur l’ourlet et ajusta le satin du corsage, puis s’enquit avec précaution : « Est-ce que ça a l’air bien ? Ça ne fait pas trop mignon ? »

Ce fut seulement après que Meng eut répété sa question à plusieurs reprises que l’Épée-Fantôme, qui la fixait intensément du regard, se rendit compte qu’elle lui parlait. Un peu embarrassé, il détourna les yeux et répondit négligemment : « Ça passe. Va avec ça. »

« Oh », lâcha Meng, la tête tombante. Elle retourna dans la cabine d’essayage pour enlever la robe. Quand elle sortit à nouveau, le vendeur se hâta de prendre la robe et commença à l’emballer. Lorsqu’il eut terminé, il se frotta les mains en disant vite : « Cette robe vous va très bien. Le prix est également raisonnable. C’est un choix judicieux de l’acheter. »

Quand elle entendit le mot « prix », les yeux de Meng s’agrandirent sur-le-champ, et elle demanda avec précaution : « Combien… combien coûte-t-elle ? »

Le commis du magasin sourit. « Cet article n’est pas de la nouvelle mode de cette année. Elle ne coûte pas cher. Elle vaut seulement quinze ducats d’or. Je ne demanderai pas de frais supplémentaires. »

Quinze ducats d’or ? Meng était un peu anxieuse. Elle courut jusqu’à son sac et fouilla dedans jusqu’à ce qu’elle trouve son porte-monnaie. Elle l’ouvrit, puis eut l’air perplexe.

« Combien y a-t-il de ducats d’argent dans un ducat d’or ? »

Le commis songea que c’était une question étrange, mais répondit tout de même consciencieusement : « Dix. »

L’expression de Meng devint un peu gênée. « Dans ce cas… un ducat d’argent vaut combien de ducats en cuivre ? »

« Dix. »

Meng fouilla dans son porte-monnaie et ensuite jeta agressivement son contenu sur la table. Parmi les nombreuses pièces qui en tombèrent, la plupart était en cuivre, quelques-unes étaient en argent, mais seulement trois étaient en or. Meng fit le total de ses biens avec précaution. Ils s’additionnaient seulement à cinq ducats d’or et à huit ducats d’argent, un déficit de près de neuf ducats d’or, même en ignorant complètement le fait que Meng et l’Épée-Fantôme auraient besoin d’acheter de la nourriture.

« Pas assez d’argent… » Meng déclara la dure vérité, déprimée.

L’Épée-Fantôme était choquée, lui aussi. Il avait tout pris en considération à part le gros problème de l’argent. Ayant besoin d’argent, que pouvait même faire une épée comme lui ? Se vendre ? Ils seraient d’abord obligés de trouver quelqu’un qui voulût l’acheter !

Le vendeur révéla une expression d’incrédulité. Il n’aurait jamais imaginé que les deux personnes qui étaient entrées avec confiance dans la boutique de vêtements pour acheter une robe pouvaient seulement à peine avoir cinq ducats d’or sur eux. La robe rose, exactement comme il l’avait affirmé, ne pouvait pas être considérée comme dispendieuse. Comparée aux robes sur-mesure commandées par les femmes nobles, celle-ci était à un prix complètement avantageux.

« C’est… Je n’ai pas de solution, moi non plus. Il vous manque trop d’argent. » Le commis de la boutique n’était pas fâché, mais il avait en effet l’air troublé.

Le sentiment de malaise était si intense que l’Épée-Fantôme ne savait pas quoi faire. Ils n’avaient pas assez d’argent, mais Meng ne pouvait pas se retrouver sans robe. Si elle n’en avait pas, comment pourrait-elle assister au bal ?

Toutefois, Meng ne demanda pas de conseil à l’Épée-Fantôme. À la place, elle demanda timidement au vendeur : « Puis… puis-je travailler ici pour régler le solde de la robe ? »

Le commis de magasin eut l’air un peu gêné. L’Épée-Fantôme hésita pendant un instant, puis réalisa que l’idée de Meng était une excellente solution. Il poursuivit instantanément : « Oui, oui. S’il-vous-plaît ! Vous avez vu à quel point la robe va bien à ma demoiselle. Notre famille éprouve des problèmes financiers, mais, vous savez, il est probable que cette fille ne puisse assister qu’à ce seul bal de toute sa vie. Je vous en prie, aidez-nous. »

Le vendeur fronça encore plus les sourcils, hésitant pendant une éternité. Il avoua finalement : « C’est… eh bien, je ne suis pas le propriétaire. Je ne peux pas prendre cette décision. Pourquoi ne reviendriez-vous pas demain matin pour demander au patron ? »

« Ah… » Meng afficha une expression un tantinet déçue, toucha la boite de la robe à côté d’elle avec mélancolie.

Les clochettes près de la porte sonnèrent alors que la porte s’ouvrait. Trois hommes portant des manteaux à capuchon entrèrent. Le plus important d’entre eux aperçut Meng, émit un son surpris, et abaissa son capuchon.

Les yeux du commis s’illuminèrent, et il salua respectueusement : « Prince Édouard, vous êtes là. »

Prince ? Le dos de Meng se raidit. Elle n’osa pas se retourner.

Édouard, cependant, s’approcha et remarqua l’épée avec des yeux et une bouche ainsi que la tenue familière de Meng. Édouard cligna des yeux et s’enquit : « C’est vous ? La demoiselle qui a escaladé le mur du palais ? »

Lorsqu’elle entendit la question du prince, Meng ne put que serrer les dents et se retourner, en souriant avec raideur. Comme elle faisait face à Édouard, elle ressentit un indescriptible sentiment d’embarras. Elle venait à peine d’échapper à une autre personne possédant ce visage, fuyant comme une réfugiée. Néanmoins, elle n’arrivait pas à déterminer pourquoi elle avait eu envie de s’enfuir. N’était-elle tout de même pas obligée de docilement aller le voir le lendemain ? Après tout, elle était son agente.

« Vous avez changé votre coiffure », s’aperçut Édouard avec surprise. « Elle vous va à ravir. »

En entendant le compliment d’Édouard, Meng ne put s’empêcher de rougir alors qu’elle demandait avec incertitude : « V-vraiment ? »

« Oui », déclara honnêtement Édouard.

Le visage de Meng devint encore plus rouge, se baissant vers sa poitrine.

L’atmosphère devint un peu embarrassante, mais Édouard paraissait ne pas en avoir conscience, tandis qu’il discutait. « Êtes-vous ici pour acheter des vêtements formels vous aussi ? Cette boutique est très bien. Je l’aime beaucoup. Avez-vous déjà choisi une robe à votre goût ? »

« Nous en avons sélectionné une, mais nous n’avons pas assez d’argent », intervint vite l’Épée-Fantôme. Après tout, la personne devant eux appartenait à la royauté, alors le coût d’une simple robe était sûrement une bagatelle. Il décida de faire en sorte que le prince payât l’addition. C’est de sa faute pour avoir utilisé mon visage et avoir même flirté avec ma copine… Non ! À quoi est-ce que je pense ? L’Épée-Fantôme secoua la tête avec l’intention de se débarrasser de cette étrange pensée. Évidemment, ne possédant qu’un corps sans tête, il ne faisait en réalité que rouler des yeux.

Romance RPG : Partie 21

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par :


Part Twenty-one – traduit du chinois à l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Vingt-et-un – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Le commis avait clairement été surpris par l’épée. Il fixa du regard, les yeux écarquillés, l’Épée-Fantôme pendant un certain temps. Ce fut seulement après que l’Épée-Fantôme le lui eut demandé une nouvelle fois qu’il sortit de sa stupeur. L’air désolé, il lui apprit : « Je suis vraiment navré. La robe à l’extérieure a été réservée par la fille du duc Biggs, mademoiselle Marisa. »

L’Épée-Fantôme et Meng restèrent tous les deux stupéfaits. Ils ne s’attendaient pas à entendre un nom familier ici. Le duc Biggs et Marisa ne sont-ils pas le père et la fille qu’on a vus au palais ?

L’Épée-Fantôme n’aurait jamais songé que le paon réserverait en fait une robe aussi pure et simple. Se pourrait-il qu’elle ne veuille pas être un paon, mais plutôt une colombe ?

« Tout le monde sait que Son Altesse, le prince Édouard, aime le blanc et favorise les vêtements avec des lignes simples et fluides. À ce bal, chaque jeune femme va porter la couleur blanc angélique, et le style des tenues sera simpliste. Ça a été très difficile pour nous de devoir en concevoir une centaine. Chaque robe doit être aussi simple que possible, et tout ce que le concepteur voit chaque jour est du blanc. Bien que chaque robe doive être simple, chacune d’elle doit aussi être différente. Des larmes sont sur le point de tomber de ses yeux à force de les créer. » Le vendeur grimaça.

« Une centaine ? » L’Épée-Fantôme dressa l’oreille alors qu’il écoutait, en imaginant simultanément la scène. Plusieurs centaines de femmes toutes vêtues de blanc… Ça ressemblerait probablement à une danse tenue dans un hôpital, pleine d’infirmières courant dans tous les sens.

« Épée-Fantôme, est-ce qu’on devrait aussi chercher une robe blanche ? » questionna Meng d’une petite voix.

« Non ! » s’écria soudainement l’Épée-Fantôme. Meng n’était pas très tape-à-l’œil pour commencer. Si elle porte la même couleur que tout le monde, est-ce qu’elle ne va pas se fondre dans la foule ? Il demanda immédiatement : « Monsieur le vendeur, avez-vous d’autres couleurs ? Nous sommes dans un besoin urgent. »

Choqué, l’employé du magasin répondit à la hâte : « O-oui. Beaucoup. Récemment, chaque couleur autre que le blanc a eu des ventes médiocres. Je pense que nous avons du bleu, du rouge, de l’orange, du vert, du rose… »

« Du rose et du bleu », décida l’Épée-Fantôme en un instant.

Le vendeur acquiesça et ouvrit immédiatement une armoire sur le côté. À l’intérieur, il y avait de nombreuses robes. Il sortit une robe bleu ciel et une robe rose pâle. La robe bleu ciel était du même style que la blanche dans la vitrine extérieure. Elles étaient toutes les deux des robes de bal sirène, mais la bleue était un peu plus complexe, avec un collier en forme de fleur. La robe rose avait une jupe à volants faite avec un tissu léger transparent et un corsage garni de plusieurs perles disposées en forme de petites fleurs.

L’Épée-Fantôme étaient encore en train de décider entre l’élégante robe bleue et l’adorable robe rose, lorsque Meng tira un peu sur l’Épée-Fantôme, en déclarant tranquillement : « Je-j’aime la rose. »

L’Épée-Fantôme regarda Meng avec surprise. C’était la première fois qu’elle exprimait une opinion sur la mode. Sentant que c’était un bon début, l’Épée-Fantôme signala immédiatement à l’employé du magasin d’apporter la robe rose. Rougissante, Meng prit la robe de bal en même temps qu’elle remettait l’Épée-Fantôme au commis, et entra dans la cabine d’essayage.

« Cette fille est vraiment rafraîchissante. Elle semble être le type que le Prince Édouard préfère », commenta tout à coup le vendeur.

L’Épée-Fantôme jeta un coup d’œil à l’employé du magasin, et le questionna d’un ton quelque peu dédaigneux : « Comment pouvez-vous savoir quel type de femme le Prince Édouard préfère ? Vous vous connaissez bien tous les deux ? »

L’Épée-Fantôme avait seulement songé à un peu ridiculiser le vendeur et ne s’était jamais attendu à ce que l’employé du magasin lui réponde avec désinvolture : « Naturellement. Nous nous sommes rencontrés il y a dix ans. Le Prince Édouard n’aimait pas le tailleur royal et estimait que les vêtements que celui-ci confectionnait étaient trop élaborés. Il est parti par lui-même à la recherche de vêtements et a tout de suite pris goût aux nôtres. Depuis lors, toutes les tenues de cérémonie du prince ont été fabriquées par nous. »

Les yeux de l’Épée-Fantôme s’agrandirent. Quelle coïncidence !

Le commis de magasin lança un regard à l’Épée-Fantôme et expliqua : « Sinon, croyez-vous que la famille d’un illustre duc ne posséderait pas son propre tailleur exclusif, et daignerait visiter notre boutique de vêtements ? Ne prenez pas notre boutique à la légère. La quasi-totalité de ces centaines de filles qui ont commandé des robes sur mesure appartient à la noblesse. Tout le monde sait que les vêtements de Son Altesse Royale sont conçus par nous. »

Le vendeur regarda soudainement à gauche et à droite, puis annonça secrètement à l’Épée-Fantôme : « Je vous en prie, ne dites pas que je ne me suis pas occupé de votre cas. Restez un peu plus longtemps. Tout le monde croit que Son Altesse Royale a déjà envoyé quelqu’un pour ramasser son costume, mais ce n’est pas réellement le cas. Son Altesse Royale vient toujours en personne. Afin d’éviter les foules, il passe habituellement très tard et, en plus, il a commandé de nombreux vêtements cette fois. Il a même fait fabriquer des vêtements décontractés. Discuter du design et les essayer va probablement prendre plusieurs voyages. »

Les yeux de l’Épée-Fantôme étincelèrent. C’est vraiment une excellente nouvelle. Quelle meilleure occasion pour rencontrer le prince ?

« Épée-Fantôme… »

L’Épée-Fantôme regarda dans sa direction. Meng sortit timidement la tête de derrière le rideau, complètement réticente à montrer quoi que ce soit d’autre.

« Dépêche-toi de sortir », l’exhorta l’Épée-Fantôme.

Mise à jour : Août 2017

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Chapitres d’Août
  1. Romance RPG : Partie 21
  2. Romance RPG : Partie 22
  3. Prince T5C5 : Les Broutilles Quotidiennes d’Un Homme
  4. La Reine Guerrière TP1C3 : Lumière et Ténèbres Partie 3
  5. La Légende du Chevalier du Soleil T4C4 : Recrute de Puissants Assistants
  6. La Légende du Chevalier du Soleil T4C5 : Abats Divers Obstacles Durant Ton Voyage
  7. La Légende du Chevalier du Soleil T4C6 : Vaincs Tes Ennemis En Chemin

Voilà, voilà !

Vous allez avoir droit à sept chapitres ce mois-ci, ça inclut ceux du mois de juillet que nous n’avons malheureusement pas eu le temps de publier le mois dernier.

J’espère que vous êtes contents et contentes au moins !

La Légende du Chevalier du Soleil T4C3 : Collecte des Fonds pour le Voyage

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : (Yu Wo)


Chapter 3: Raise Funds for the Journey – traduit du chinois à l’anglais par bleachpanda[PR!]
Chapitre 3 : Collecte Des Fonds Pour Le Voyage – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par LuluHime

Lorsque je retournai à la boutique d’armes, Igor était déjà parti. Il est sans doute devenu impatient et n’en pouvait simplement plus d’attendre, j’imagine ? Je m’empressai de rentrer à l’auberge. Comme je le pensais, tout le monde était déjà là au moment où j’ouvris la porte, incluant Igor qui m’avait laissé derrière.

« Où étais-tu passé ? » s’enquit Igor avec désintérêt, à l’instant où il me vit.

Je l’ignorai. Quand j’y réfléchis bien, je sentis que les femmes devraient être plus perceptives et meilleures que les hommes pour deviner quel âge avait une personne. Je me tournai vers Sybil et lui demandai : « Sybil, quel âge ai-je l’air d’avoir ? »

Sybil, qui était en train de nettoyer son filet, son lasso et d’autres trucs, se figea sur place pendant un instant. Même les autres cessèrent ce qu’ils faisaient et levèrent la tête pour me regarder.

J’observai Sybil avec un grand sérieux pendant un moment. Puis, elle se mit également à scruter mon visage avec attention en l’examinant de plus près. Finalement, avec un air confiant, elle devina : « Autour de vingt-trois ou vingt-quatre ans. Vingt-cinq ans, tout au plus. Tu ne peux pas être plus vieux que ça. »

Impossible… Je continuai à me renseigner davantage : « Est-il possible que je n’aie que dix-huit ans ? »

« Aucune chance ! » Sybil rejeta cette possibilité immédiatement.

Comment peut-il n’y avoir aucune chance que ce soit possible… Je me retournai, en demandant à Yuna, mon dernier espoir : « Yuna, qu’en penses-tu ? »

Yuna répondit inexplicablement : « Je pense que ce que Sybil a dit est exact ! Tu devrais être âgé d’environ vingt-trois ou vingt-quatre ans. »

Je tombai silencieux.

Ainsi, je suis âgé de vingt-trois ou vingt-quatre ans, voire même peut-être vingt-cinq, et je suis encore puceau… C’est encore plus difficile à accepter que l’idée que je sois une mauvaise personne !

« Grisia ? » Yuna me questionna gentiment : « Crois-tu être plus jeune que ce que nous disons ? Ne t’inquiète pas ! Il y a inévitablement des gens qui ont l’air plus mature que leur âge. Cependant, dix-huit ans, ça semble un peu trop tiré par les cheveux. Peut-être que tu as vingt ans… »

« Ah ! » s’exclama soudainement Sybil, en regardant en direction de la porte.

Il se trouva que la licorne que j’avais cachée à l’extérieur n’en pouvait plus d’attendre et était entrée. Elle trotta même tout le chemin jusqu’à mes côtés. Elle semblait se déplacer de façon plutôt raide et gardait un œil méfiant sur mes camarades autour.

« Comment l’as-tu trouvée ? » Tout le monde était extrêmement surpris, bien que leur joie l’éclipsât.

Moi, en revanche, je n’étais pas du tout ravi. Je répondis avec découragement : « Je ne l’ai pas trouvée. C’est elle qui m’a trouvé. »

Après que j’eus parlé, Sybil et Yuna allèrent se placer devant elle. Elles ne purent pas résister à l’envie de tendre la main pour essayer de toucher la licorne. Cependant, celle-ci les évita et vint se cacher à côté de moi. Elle se servit désespérément de sa tête pour se frotter contre moi, probablement parce que les actions de Sybil et Yuna l’avaient fait se sentir inconfortable et en danger. Elle frappa à répétition ses sabots sur le plancher et renifla profondément à travers son nez. Voyant cette situation, je ne pus que lui frotter la tête machinalement pour l’apaiser.

Je frottai… et frottai… Pourquoi est-ce que tout le monde a figé…?

Igor demanda, sidéré : « Les licornes ne touchent-elles pas uniquement les vierges ? »

Je devins raide. Je tentai sur-le-champ de le nier. « Je ne suis pas puceau ! …Ah ! »

C’en est fait de moi !

Ils restèrent tous stupéfaits. Ils tournèrent la tête pour me regarder, puis se remirent à contempler la licorne.

Comme la licorne n’était pas réconfortée par le frottement de ma main, elle devint instantanément mécontente. Elle se mit désespérément à frotter sa tête contre mon bras avec insatisfaction. J’essayai de la repousser de mon mieux, mais, en fin de compte, la force d’un humain ne pouvait pas rivaliser avec celle d’un cheval. L’animal ne voulait pas arrêter de frotter sa tête contre ma hanche. Imbécile de cheval !

À ce stade, Sybil fut la première à glousser pour ensuite éclater de rire.

Igor ne s’arrêta pas un instant pour songer à épargner mes sentiments et se tenait déjà l’estomac en rugissant de rire.

Woodrow tenta très fort de se retenir de rigoler, réprimant son envie au point d’en déformer son visage. Cependant, au final, il éclata tout de même de rire.

Iacchi afficha un visage rempli de sympathie. Il me tapota l’épaule, en essayant de me réconforter. « Peut-être que d’avoir perdu tes souvenirs est une bonne chose après tout, mon camarade. Hahaha ! Un puceau de vingt-cinq ans… Hahahahahahaha ! »

Mais, après m’avoir réconforté, son explosion de rires sonna comme si cent gongs se mettaient à résonner bruyamment en même temps… Par chance, cette fois-ci j’étais préparé ; je me couvris les oreilles avant son rire. Toutefois, comme les autres étaient en train de rire, ils ne réagirent pas assez vite, et ne purent se couvrir les oreilles à temps. Chaque personne fut secouée au point d’avoir la migraine et donnait l’impression que sa tête s’apprêtait à exploser.

Hmph ! C’est bien fait pour eux !

Après qu’Iacchi eut enfin terminé de rire, je rétorquai immédiatement : « Comment cela “vingt-cinq ans” ? D’après l’estimation de Sybil, il est possible que je n’aie que vingt-trois ans ! Yuna a même affirmé que j’avais peut-être vingt ans ! C’est exact ! Je n’ai forcément que vingt ans ! »

À cet instant, la licorne se mit tout à coup à me lécher la main… que je retirai instantanément et lui donnai une claque sur la tête. Bien que Sybil et Yuna fussent toujours en train de se remettre de leurs maux de tête, elles furent toutes les deux surprises de ma réaction subite. Néanmoins, cet imbécile de cheval ne fut pas du tout blessé ou indisposé ! En plus, il continua de me pousser la hanche… Incroyable !

Imbécile de cheval qui n’aime que les vierges ! Éloigne-toi de moi !

Je ne suis absolument pas puceau !

 

 

« Puisque Grisia a déjà ramené la licorne… Pfft ! Hahahahaha! »

Sybil essaya de se mettre à parler avec sérieux, uniquement pour échouer au milieu de sa phrase et se mettre à rire aux éclats. Elle riait tant que des larmes sortirent de ses yeux jusqu’à ce qu’il ne lui fût plus possible de parler. Cela fit redémarrer le fou rire d’Igor, et je me couvris rapidement les oreilles… Finalement, Iacchi n’éclata pas de rire ; à la place, il arbora un sourire très obscène. Il posa son bras autour de mon épaule et déclara : « Ne dis pas que je n’ai pas pris soin de toi ! La prochaine fois, je vais t’emmener pour faire l’expérience de la vraie affaire afin que tu puisses te retirer l’étiquette de puceau, héhéhéhé ! »

« Je ne suis pas puceau ! » protestai-je avec véhémence.

Après m’avoir entendu le nier, Iacchi se contenta de sourire, en lâchant un « héhéhé » et en n’ajoutant rien d’autre. Enflure !

Woodrow poursuivit notre conversation : « À présent que nous avons la licorne, allons chercher la récompense ! Nous ne devrions pas perdre de temps, autrement, si d’autres équipes essaient de s’en emparer par la force, nous allons avoir des problèmes. »

« Aller chercher quelle récompense !? Je rejette cette proposition ! » répondis-je avec aigreur.

« Ne sois pas fâché, Grisia. » Woodrow afficha un sourire forcé : « Nous n’avons pas fait exprès de nous moquer de toi ; nous ne faisions que plaisanter. »

« Je ne suis pas en colère. » Je souris un peu, en expliquant : « Je ne suis vraiment pas d’accord pour aller récupérer la récompense. »

Le rire de Sybil s’interrompit subitement, Woodrow tomba silencieux, Igor se gratta la tête, et Yuna était totalement confuse.

« Tu… ne songes pas à la garder comme monture, n’est-ce pas ? » s’enquit prudemment Igor.

Alors qu’Igor me posait la question, il se plaça comme s’il était sur le point de courir vers moi pour se saisir fermement de la licorne, juste au cas où j’essayerais de la monopoliser. Toutefois, la licorne se tenait solidement à mes côtés. Chaque fois que quelqu’un d’autre que moi essayait de s’en approcher, la corne sur sa tête, qui brillait déjà l’origine avec de la lumière sacrée, relâchait une lumière encore plus forte.

Alors, même si Igor s’était déjà positionné, il n’osa pas s’approcher.

« Je suis un guérisseur et non un chevalier, alors pourquoi garderais-je subitement un cheval sans aucune raison ? »

Je roulai des yeux à l’intention d’Igor, puis m’expliquai auprès de tout le monde. « Écoutez-moi bien. Étant donné que la Guilde des Aventuriers est encline à offrir cinq cent ducats d’or en récompense pour cette licorne, que croyez-vous que cela signifie ? »

« La licorne vaut beaucoup plus que cinq cent ducats d’or… »

Après que Woodrow eut répondu, il hésita pendant un moment, et ensuite continua en disant : « Nous comprenons, mais aucun groupe normal tenterait de discrètement glisser la licorne hors de la cité, parce qu’il y a des membres de la Guilde des Aventuriers qui gardent chacune des portes. Qui plus est, que l’on réussisse ou pas, il nous sera alors interdit d’interagir avec la guilde dans le futur, et nos têtes pourraient même être mises à prix ! »

« Dans ce cas, tant que nous ne laissons pas la guilde découvrir qu’il s’agit de nous, tout devrait bien aller, vous ne croyez pas ? » proposai-je naturellement.

« Comment serait-il possible que nous ne soyons pas découverts ? » Yuna me reprocha avec colère : « Grisia, tu fais encore n’importe quoi. »

Je fais n’importe quoi ? Je fus déconcerté pendant un instant. Pourquoi cela sonne-t-il si familier…? Il ne peut possiblement pas y avoir quelqu’un d’autre qui me répète tout le temps de cesser de faire n’importe quoi, n’est-ce pas ?

« Attendez, ça pourrait être possible ! » s’exclama Iacchi, en interrompant la conversation. « Nous pouvons nous déguiser pour le faire. »

« Nous déguiser ? » murmura Woodrow.

Nous déguiser ? Je fus stupéfait l’espace d’une seconde. Fait-il référence à l’idée d’utiliser d’autres éléments pour masquer notre apparence ? Malgré le fait que ce que je voulusse dire était quelque chose de similaire, je ne savais pas que cela s’appelait « se déguiser ».

« On ne peut pas faire ça ! » Yuna s’y opposa fortement, en me fusillant du regard et en s’écriant avec franchise : « On ne peut pas commettre de crimes. Grisia, tu es un guérisseur du Dieu de la Lumière. »

L’indécision combattit dans les yeux de Sybil, mais, quand elle jeta un coup d’œil à Yuna et vit son visage enragé, elle ne put qu’articuler avec hésitation : « Oui… Ça ne semble pas très convenable… »

Woodrow jeta également un coup d’œil en direction de Yuna, puis secoua la tête en déclarant : « On ne peut pas. On ne peut tout simplement pas. »

Je ne me souciais guère que tout le monde parlât contre moi. Je me tournai vers Iacchi, lui demandant carrément : « Iacchi, combien vaut la licorne ? »

Iacchi hésita une minute. Il traînassa, en disant : « On raconte que la Guilde des Aventuriers veut offrir la licorne à l’Aigle Silencieux de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. Ils n’ont pas l’intention de la vendre. Cependant, si elle devait être vendue, d’après certaines informations provenant de quelques marchés de ventes aux enchères, c’est au minimum…au minimum… »

Tous tendirent l’oreille pour entendre le reste. Je fis exprès de hausser la voix sur le dernier mot, en le questionnant : « Au minimuuum ? »

« Au minimum cinq mille ducats d’or comme offre de départ. »

Je me retournai en une fraction de seconde, en me jetant au collet d’Iacchi, et hurlai avec alarme : « CINQ MILLE DUCATS D’OR !?!? »

Iacchi fut pris au dépourvu et répliqua en retour : « Je croyais que tu le savais ? »

Comment aurais-je pu le savoir !

J’ai seulement deviné que cet imbécile de cheval vaudrait assurément son pesant d’or, mais qui aurait pu savoir qu’il avait à ce point de la valeur ? Cinq mille ducats d’or ! C’est plus que dix fois le montant de la récompense offerte par la Guilde des Aventuriers ! Sans oublier de mentionner que ce prix n’est que le « minimum » !

« Cinq mille ducats d’or… »

J’essayai très fort d’imaginer à quoi cinq mille ducats d’or ressembleraient, seulement pour me rendre compte que je ne possédais aucun concept de ce montant de ducats d’or… Oubliez cinq mille ducats d’or ; je n’arrivais même pas à imaginer à quoi pouvaient ressembler mille ducats d’or !

Se pourrait-il… ? Se pourrait-il que je fusse extrêmement pauvre par le passé ?

« C-c-cinq mille ducats d’or… Ça fait tellement d’argent ! » couina Sybil.

« Cinq mille… Même le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre dont j’ai toujours rêvé ne coûte que trois mille ducats d’or », marmonna Yuna pour elle-même.

Après cela, tout le monde regarda avec indécision en direction du leader actuel du groupe : Woodrow. On pouvait voir sur son visage qu’il était lui-même très hésitant. Remarquant que tout le monde l’observait, il dit rapidement : « Ne me regardez pas… Je ne suis pas celui qui l’a suggéré… Si vous devez regarder quelqu’un, regardez Grisia ! »

À l’unisson, tout le monde tourna la tête et me contempla. En premier, je révélai un sourire chaleureux pour apaiser leur anxiété et leur malaise, et ensuite j’ouvris lentement la bouche pour affirmer : « Pour la licorne, il devrait peu lui importer de savoir à qui elle sera vendue, étant donné que cela revient au même, n’est-ce pas ? En plus, regardez tous, elle a l’air de tellement m’aimer qu’elle préférerait forcément rester à mes côtés plutôt que de retourner à la Guilde des Aventuriers, non ? Si nous l’emmenions avec nous, elle serait incontestablement plus heureuse de rester avec moi plus longtemps. Par égard pour la licorne, ne ferions-nous pas une bonne action envers elle également ? »

Je frottai la tête de la licorne en me penchant, tandis que je souriais, et lui dis : « N’ai-je pas raison ? Mignonne petite licorne. »

Cet imbécile de cheval se mit avec persistance à me lécher le visage sans se retenir, laissant mon visage recouvert de salive… Je me demande si la salive de licorne vaut quoi que ce soit… En me basant sur sa valeur de cinq mille ducats d’or, il est possible que même sa salive puisse être vendue pour un ducat d’or !

« C’est vrai. La licorne a vraiment l’air de t’apprécier », admit Woodrow en hochant la tête.

Yuna le fusilla du regard avec véhémence et décréta, mécontente : « Woodrow, n’écoute pas les inepties de Grisia ! »

Iacchi avait déjà commencé à calculer : « Cinq cents devenant cinq mille… Dans ce cas, ça veut dire que chaque personne va obtenir cinq cents ducats d’or… »

« Sais-tu au moins comment calculer ? » Je fis le calcul avec impatience : « Quand vous enlevez 20 % de cinq mille ducats d’or pour ma part, et que vous soustrayez ensuite 20 % du reste pour les dépenses du groupe avant de diviser tout ce qui reste en parts égales entre vous cinq, cela devrait égaler six cent quarante ducats d’or chacun. Évidemment, si vous souhaitez réellement me donner cent ducats d’or en extra, cela ne me dérange pas vraiment. »

« Tu as déjà pris mille ducats d’or pour toi ! Et toi, tu veux toujours me soutirer de l’argent ? » Iacchi décréta avec découragement : « Tu es encore plus fait pour être un voleur que moi ! »

« Six cent quarante ducats d’or ! » Le visage de Sybil s’éclairait déjà avec un accord complet.

D’un autre côté, Yuna révéla une expression de vertige. Elle continua de marmonner : « Le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre… Je ne peux pas commettre de crimes… Le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre… »

Voyant que tout le monde avait l’air plutôt indécis, je poussai l’affaire un peu plus loin, en déclarant : « Comme la licorne va être contente, et que je vais être content, et que vous allez tout être contents, cela rend tout le monde content. Pourquoi ne devrions-nous pas le faire ? »

Pour ce qui est de la Guilde des Aventuriers et de l’Aigle Silencieux qui aurait dû avoir reçu la licorne… Je présume qu’ils ne seront pas contents, hein ? Toutefois, cela ne me concerne pas, étant donné que ce n’est pas comme si je les connaissais.

Tout le monde me regarda. Bien que leurs expressions montrassent à quel point ils hésitaient dans leur cœur, ils savaient également que ce n’était pas bien, ce qui les faisaient se battre intérieurement. Yuna, en particulier, continua à se marmonner à elle-même au sujet du Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre et de commettre des crimes… À la fin, ses marmonnements ne continrent que le Bâton de la Radiance du Dieu de la Guerre. Dieu seul sait où les mots « commettre des crimes » avaient été jetés…

En fin de compte, alors qu’elle tremblait, elle déclara : « Grisia, tu… tu n’es définitivement pas un guérisseur de l’Église du Dieu de la Lumière… À coup sûr, tu es un démon ! »

« Pourquoi dis-tu cela ? »

Je relâchai mon sourire le plus éclatant, et employai mon ton le plus innocent pour affirmer : « Tu vois ? Même la licorne m’adore ! À ses yeux, je suis vraiment le guérisseur du Dieu de la Lumière le plus aimant et le plus compatissant qui soit ! »

« Ce que nous voyons est assurément un démon… »

Sur le côté, Woodrow murmurait dans sa barbe : « Le niveau de ce démon est si élevé que même la licorne ne peut s’empêcher de remuer la queue et de ramper devant lui. »

J’ignorai automatiquement les paroles de Woodrow et fis face à tout le monde, leur demandant : « Si personne ne préfère les cinq cents ducats d’or aux cinq mille ducats d’or, dans ce cas nous devrions commencer à discuter de stratégies. Après tout, la licorne ne peut pas rester cachée ici éternellement sans être découverte par d’autres. »

Tous gardèrent le silence. Néanmoins, ils ne s’opposèrent pas à ce que j’avais dit. Il semblerait qu’ils aient tous succombé à l’appel des cinq mille ducats d’or.

Je levai l’index et poursuivis. « Premièrement, le problème auquel vous devez tous songer est de savoir comment sortir la licorne incognito. »

« Attends ! Attends ! Que veux-tu dire par le problème auquel “vous” devez tous songer ? » me questionna immédiatement Sybil, insatisfaite. « Si c’est nous qui devons réfléchir à la solution, alors de quoi es-tu responsable ? »

J’écartai avec impuissance les bras devant moi, en lui rappelant : « Je ne suis qu’un amnésique, après tout. Depuis l’instant où je me suis réveillé dans le présent, je ne me suis pas servi d’une seule compétence de guérisseur. Je veux d’abord tester mes capacités, juste au cas où je serais dans l’impossibilité d’aider au moment le plus crucial, et puisse même possiblement m’avérer être un boulet pour tout le monde. »

En entendant ceci, Sybil lâcha une sorte de « oh » réticent. Tous acquiescèrent également d’un signe de tête.

« Grisia, essaie de voir si tu peux lancer le sort des Ailes de Dieu. C’est pour augmenter la vitesse ; ça devrait s’avérer plutôt utile quand nous sortirons furtivement la licorne hors de la ville », me donna Yuna comme instruction. « Les sorts du Bouclier de Lumière et des Ailes de Dieu ont chacun différents effets et différentes utilisations. Le premier sert à se défendre contre les attaques physiques et l’autre augmente la vitesse. Les prêtres-guerriers, qui se spécialisent dans l’amplification des capacités au combat, ne sont pas très doués dans ce département. Cependant, le sort des Ailes de Dieu est un sort sacré plutôt difficile à effectuer. Hormis l’utilisation de l’élément sacré, il nécessite qu’on emploie également l’élément du vent. Par conséquent, ce ne sont pas tous les guérisseurs qui sont en mesure de lancer le sort. Alors, ce n’est pas grave si tu ne parviens pas à le lancer. »

Je haussai les épaules et déclarai à ce moment-là : « Je ferai de mon mieux pour essayer. »

« En premier, tente de rassembler l’élément de la lumière ! » m’instruisit Yuna.

Ce n’était pas un problème pour moi, étant donné que l’élément sacré se rassemblait toujours autour de moi en grandes quantités. J’avais simplement besoin de bouger la main, et l’élément sacré serait continuellement attiré par elle.

À cet instant-là, personne ne discutait plus de comment s’enfuir de la cité. Au contraire, ils observaient tous ma main, ahuris. Je regardai à gauche et à droite et choisis de relâcher le sort sur Igor, qui avait osé ne pas m’attendre au point de rencontre plus tôt, en hurlant : « Bouclier de Lumière ! »

Yuna soupira, en affirmant : « Ça ne fonctionne pas comme ça, Grisia. Tu dois d’abord réciter l’incantation… »

Après que l’aura de lumière eût entouré Igor, je me mis à réfléchir. Si nous l’employons à des fins de défense, dans ce cas l’élément sacré devrait être plus fermement lié ensemble…? Par conséquent, je recouvris l’aura de lumière d’une couche après l’autre avant de la compresser en une large et mince couverture. Par la suite, je me servis de cette large et mince couverture pour « enrouler » Igor. C’était exactement comme s’il portait une couche d’armure aussi mince que du papier.

Yuna poussa soudainement un petit cri : « Oh mon dieu… »

« Quoi ? Que s’est-il passé !? » s’écria Igor avec détresse. Il hurla de façon extrêmement nerveuse : « Yuna ? Ne me dis pas qu’il a fait quelque chose de travers ? Grisia ! Qu’est-ce que tu as foutu cette fois !? »

J’étais également sous le choc. Je n’ai pas réellement fait quelque chose de travers, n’est-ce pas? Mais, en regardant Igor, il n’a pas l’air d’y avoir quelque chose qui cloche chez lui, non ?

Yuna ne répondit pas à Igor et s’exclama tout à coup à la place : « Iacchi ! »

« Oui ? » glapit le voleur, aussi choqué que tous les autres.

À cet instant-là, tel un vrai leader, Yuna lui ordonna : « Attaque Igor. »

« Hein ? » Iacchi était stupéfait. En fait, tout le monde était abasourdi.

« Dépêche-toi ! »

Le visage tout entier d’Iacchi montrait à quel point il était perplexe et confus, mais sous la pression continuelle de Yuna, il décida de l’écouter. Alors qu’il était sur le point de lancer un coup de poing à Igor qui s’était déjà résigné à se faire frapper, Yuna lui commanda : « N’utilise pas tes poings ! Sers-toi d’une arme pour attaquer ! »

« Yuna… » pleurnicha Igor, sur le point de pleurer.

Iacchi se mit finalement à hésiter. Il baissa les poings, affichant une expression qui voulait dire : « Je n’ose pas. »

À ce moment-là, Woodrow leva tout d’un coup les yeux vers le ciel et rugit. Et ensuite… et ensuite… il commença à se transformer… De la fourrure poussa sur son corps, ses mains se changèrent en immenses pattes, et la vue des cinq griffes noires sur sa main fit même se redresser les cheveux sur ma tête. Si je devais me faire frapper par cette main, je cracherais définitivement un paquet de choses…

En fin de compte, Woodrow se métamorphosa en ours… Il était devenu un gros ours noir qui se tenait debout sur ses pattes, avec un éclaboussement de fourrure blanche ayant la forme d’un « V » sur le torse.

J’étais sidéré. Que se passe-t-il ? Woodrow est-il un humain? Ou est-ce un ours ?

« Woodrow ? » s’exclama Igor, sous le choc, comme son visage changeait complètement de couleur.

Cependant, Woodrow, qui s’était transformé en ours, l’avait déjà frappé avec une de ses pattes, le rendant incapable de résister. D’un seul coup, Igor atterrit sur le plancher à côté de lui. En dépit de cela, Woodrow ne cessa toujours pas de l’attaquer, et employa son pied pour lourdement lui piétiner la tête…

J’étais bouche-bée, ma bouche ouverte en un grand « O ». Que se passe-t-il exactement en ce moment ?

« Qu’est-ce que vous fabriquez tous ? »

Malgré le fait que Sybil fût un tantinet inquiète, elle était d’autant plus curieuse. Elle regarda Woodrow qui revenait petit à petit à sa forme humaine ainsi que le guerrier qui se relevait lentement. En fin de compte, elle s’enquit avec agitation : « Igor, est-ce que tu vas bien ? »

Igor tendit la main pour se masser un peu la tête avec un visage confus. Après qu’il eût entendu la question de Sybil, il se gratta la tête et la rassura : « Je vais bien. C’est étrange… Ça ne me fait pas du tout mal. »

« Vraiment ? Mais, Woodrow est extrêmement fort ! » Une fois que Sybil se fut écriée de surprise, elle tourna immédiatement la tête vers moi avec excitation et dit : « Grisia, je veux le sort moi aussi. »

Voyant qu’Igor arrivait encore à se frotter la tête et à rire stupidement, je me sentis enfin rasséréné. Après avoir entendu les paroles de Sybil, je rassemblai à nouveau aisément l’élément sacré, le compressant en une fine couche, et ensuite j’en enrobai Sybil également.

« Vite, vite ! » Dès que Sybil en eut été recouverte, elle ordonna sur-le-champ : « Iacchi, dépêche-toi de me frapper… Euh ! Sers-toi d’abord de tes poings pour me frapper ! »

Igor ayant déjà fait la démonstration, Iacchi n’hésita pas cette fois. Il ne se soucia même pas du fait qu’elle était une femme, lui donnant immédiatement un coup de poing. Bien que Sybil sût qu’elle ne serait sans doute pas blessée, elle ne put s’empêcher de fermer les yeux. Une seconde… Deux secondes…

Elle ouvrit les yeux et aperçut Iacchi employer toute sa force pour la frapper à succession. Elle s’exclama avec excitation : « Ça ne fait pas mal ! Ça ne fait vraiment pas mal ! »

« Bien sûr que ça ne fait pas mal. »

Yuna expliqua sur le ton de l’évidence : « Avec une quantité si dense d’élément sacré, j’ai bien peur que seule “l’Aura de Combat” puisse le briser. C’est incroyable, si Grisia peut lancer le sort Bouclier de Lumière sur tout le monde, dans ce cas nous n’avons même pas besoin de réfléchir à un plan. Nous pouvons directement nous évader de la cité. Il ne devrait pas y avoir beaucoup de guerriers de haut niveau qui sachent comment se servir de l’aura de combat dans la ville. »

Woodrow secoua la tête, rétorquant : « Ce n’est pas si simple, Yuna. Je suis sûr que tu peux également sentir à quel point employer le Bouclier de Lumière est extrêmement puissant et éprouvant, n’est-ce pas ? Si nous souhaitons que Grisia rassemble autant d’élément sacré, je crains que ce ne soit impossible… »

Iacchi, Yuna, Woodrow et, en dernier, moi-même… J’en ai fini avec nous tous ! Tout le monde a reçu le Bouclier de Lumière à présent. Ensuite, cela devrait être au tour du sort des Ailes de Dieu… D’après ce que je me souviens des paroles de Yuna, je crois que cela nécessite l’élément sacré combiné avec l’élément du vent. Oui ! Je me demande quelle quantité de l’élément du vent est nécessaire pour être suffisante ?

« … »

Je « tissai » l’élément sacré et l’élément du vent ensemble. Toutefois, cette action fit hurler Yuna. Elle me prévint tout de suite : « Sois prudent, Grisia. Mélanger différents éléments est très dangereux. Si tu te trompes, ça pourrait exploser ! »

En entendant ceci, tout le monde s’empila à l’encadrement de la porte. D’un côté, ils voulaient sortir par la porte et partir aussi vite que possible, mais, d’un autre côté, ils étaient très curieux et désiraient regarder.

J’ai fini de tisser ! Je considérai tout le monde du regard. Le plus éloigné vers la porte est Iacchi ! Son corps est presque déjà à moitié en dehors de la pièce.

Très bien ! Mon prochain sujet d’expérimentation, ce sera lui !

Je jetai la boule de lumière combinée à l’élément du vent sur Iacchi et effectuai quelques ajustements, rassemblant la plupart de l’aura sur ses mains et ses jambes. Pendant ce temps, les mains et les jambes d’Iacchi tremblèrent comme s’il souffrait d’un spasme. Après avoir fini d’effectuer les ajustements, j’ouvris la bouche et commandai : « Iacchi, essaie de courir. »

Iacchi hocha la tête, et ensuite je l’entendis murmurai « Je vous en prie, protégez-moi, Dieu de la Guerre », comme il se mettait en position pour commencer à courir. Puis, il fit un pas…

Bang !

À l’instant où il commençait à courir, il disparut. Ce ne fut pas avant que nous entendions un bruit qui ne perdait pas contre la puissance de ses cris que nous retrouvâmes un gros trou de forme humaine dans le mur de la pièce.

Les bouches d’Igor et de Sybil s’ouvrirent en un grand « O ».

Je jetai un regard au trou de forme humaine, sans expression. Le Bouclier de Lumière est un sort sacré du Dieu de la Lumière, et pourtant tu pries le Dieu de la Guerre qui a toujours été en mauvais termes avec le Dieu de la Lumière… Chercherais-tu à provoquer ta propre mort ?

« Iacchi, est-ce que tu vas bien ? » s’exclama Sybil.

« Ça va… »

Iacchi sortit la tête du trou dans le mur défoncé. Il sourit en jubilant comme il répondait : « Ça ne me fait pas mal du tout. »

Voyant cela, tout le monde poussa un soupir de soulagement. À cet instant-là, Yuna se retourna et commenta : « On dirait que tu as ajouté trop d’élément du vent. »

J’acquiesçai d’un signe de tête.

Il semblerait que, parce qu’il y avait une trop grande quantité de l’élément du vent, la vitesse était trop grande. Donc, je pense que cela fonctionnerait de façon beaucoup plus efficace si je réduisais la quantité d’élément du vent. Cependant… J’ignore pourquoi, mais j’ai cette impression que d’ajouter cette quantité d’élément du vent n’est pas du tout incorrect. C’est juste qu’Iacchi ne peut pas supporter une vitesse aussi rapide, c’est tout.

Si quelqu’un est capable de supporter cette vitesse, dans ce cas je suis certain qu’il peut devenir aussi rapide que le vent. Quelqu’un d’aussi rapide que le vent… Pour l’ennemi de cette personne, affronter ce type d’adversaire serait assurément pire que de faire face à une tornade !

Après avoir ajusté l’élément du vent à plusieurs reprises, je tentai de figurer la quantité appropriée d’élément du vent pour chaque personne. Iacchi et Sybil appartiennent originellement à des professions de type agile, alors je peux mettre un peu plus d’élément du vent dans leurs sorts. Pour Igor, Yuna et Woodrow, je dois en mettre un peu moins. Quant à moi… C’est environ la même quantité que pour le deuxième groupe.

On dirait que les guérisseurs du Dieu de la Lumière n’appartiennent pas au type agile après tout.

Iacchi, Sybil et Igor coururent tout autour de la pièce à toute allure, s’amusant avec tout leur cœur.

Yuna s’étonna : « Tu viens juste de lancer le Bouclier de Lumière et les Ailes de Dieu sur nous tous. Ta capacité à rassembler les éléments est beaucoup trop puissante… Non ! Tu essayais d’ajuster la quantité d’élément du vent, et donc tu as même lancé le sort des Ailes de Dieu à répétition plusieurs fois, non ? »

Je ris un peu, déclarant fièrement : « Ce ne serait pas non plus un problème même s’il y avait douze personnes ! »

En entendant ce nombre, Yuna fut sous le choc pendant un moment et marmonna ensuite : « Je n’ose vraiment plus affirmer que c’est impossible. Qui es-tu exactement, Grisia ? »

« Un guérisseur du Dieu de la Lumière », rétorquai-je, faisant halte pendant une minute par la suite, et ensuite lui demandai en retour : « N’est-ce pas ce que tu avais dit ? »

Yuna murmura silencieusement pour elle-même : « Vraiment ? Je n’ose vraiment plus affirmer que j’en suis sûre… »

« Ne nous soucions pas de qui je suis pour l’instant », dis-je à Yuna et Woodrow. « En premier lieu, nous devrions nous dépêcher de réfléchir à un plan pour nous enfuir de la cité, d’accord ? »

« Soupir ! »

Woodrow soupira en les regardant tous les trois en train de s’amuser avec tout leur cœur, et raisonna avec sincérité : « Nous n’avons pas besoin de réfléchir à un plan. Avec cette vitesse et la capacité d’annuler les attaques physiques, tant que nous ne rencontrons pas de classe Maître ou au-dessus, qui pourrait possiblement nous arrêter ? »

« Et si nous rencontrions vraiment des Maîtres? » Je ne parvenais pas à me libérer de ce sentiment d’insécurité et continuai de m’enquérir : « Après tout, il s’agit de cinq mille ducats d’or, n’est-il pas probable que la Guilde des Aventuriers puisse trouver des Maîtres pour garder les portes de la ville ? »

Woodrow et Yuna me fixèrent étrangement. Woodrow secoua la tête et lâcha : « Comment serait-il possible pour des Maîtres de garder les portes de la ville, quand chacun d’entre eux pourrait devenir le commandant de cette cité ? As-tu déjà vu un commandant garder les portes d’une cité ? »

J’étais sans mot. Les Maîtres sont incroyables à ce point ?

À environ ce moment, je ne savais pas quand, Iacchi avait déjà cessé de gambader et s’était précipité pour interrompre la conversation. « Je sais ! Je sais ! Il n’y a qu’un voleur de classe Maître dans la cité ; il n’y en a pas le moindre pour les autres professions. »

« Un voleur, hein ? »

Woodrow et Yuna se regardèrent. Le premier sourit et déclara : « C’est vraiment génial ! Même s’il est de classe Maître, un voleur n’appartient pas à un type de profession qui permet de bloquer les autres directement. Par conséquent, ruons-nous tout droit hors de la cité ! »

« Très bien ! » Je hochai la tête. Lorsque je me retournai et aperçus la licorne, je ressentis tout à coup ce sentiment d’insécurité dans mon cœur, me faisant m’empresser de demander : « Dans ce cas, qui sera chargé de suivre aux côtés de la licorne ? »

Woodrow et Yuna s’exclamèrent en même temps : « C’est toi évidemment ! »

« Quoi ? Je suis un guérisseur ! » Je m’y opposai naturellement d’une voix puissante : « Un guérisseur devrait rester à l’arrière et profiter de l’air frais ! »

« As-tu réellement perdu la mémoire… ? » commença de nouveau à se murmurer à lui-même Woodrow.

« Ouais, c’est habituellement comme ça. » Iacchi me tapota l’épaule et dit ensuite avec un visage impuissant : « Mais ! Grisia, tu dois savoir que la seule personne dans le groupe à toujours posséder sa chasteté, c’est toi ! Regarde, la licorne ne permettra pas à des personnes impures comme nous de l’approcher. C’est pourquoi, toi seul qui es pur et innocent peux l’emmener hors de la cité. »

Sans expression sur mon visage, je décrétai : « Crois-moi quand je dis que dans la seconde près je vais t’envoyer être réuni auprès du Dieu de la Lumière et lui permettre de te stériliser en une personne pure et vertueuse. »

Iacchi éclata brusquement de rire, mais ce n’était pas aussi terrible que le fait que son rire secouait mes oreilles jusqu’à ce qu’elles fussent sur le point d’exploser. Ma tête me donnait l’impression d’être sur le point de se fendre en deux, mais le pire était que je l’avais également entendu rire fort et rétorquer : « Grisia, rappelle-toi que tu es un guérisseur ! Les guérisseurs n’ont aucun pouvoir d’attaque. Donc, ta menace ne me fait pas peur du tout. »

…Peut-être que je devrais essayer de voir si je connais vraiment la magie.

 

 

Comme nous sortions tous, nous dissimulant continuellement avec de grandes difficultés, nous arrivâmes enfin près des portes de la cité accompagnés de la licorne sans que personne ne s’en rendît compte. Ainsi débutèrent les préparations de dernière minute avant notre fuite.

Pour s’enfuir, Yuna et Igor n’étaient pas assez rapides, alors, après que Yuna eût aidé tout le monde en leur lançant des sorts sacrés, ils se joignirent tous les deux aux groupes qui faisaient la queue pour sortir par les portes de la ville. Cela ne laissa donc que Sybil, Iacchi et Woodrow pour m’accompagner. Normalement, Woodrow non plus ne serait pas assez rapide, cependant dès qu’il se transformait en panthère, il était encore plus vif qu’Iacchi, le plus véloce de l’équipe.

« En combien d’animaux peux-tu te transformer exactement ? » m’enquis-je par curiosité, baissant la tête pour regarder la panthère en bas. Toutefois, il se contenta de me regarder et ne répondit pas.

« Woodrow ne peut pas parler après s’être métamorphosé en panthère ! » Sybil m’expliqua en souriant : « Il ne peut se transformer qu’en ours et en panthère. Quand il se change en ours, il gagne une grande quantité de force, et quand il se métamorphose panthère, sa vitesse augmente de façon significative. »

« Dans ce cas, Woodrow est responsable de faire du tapage pour faire diversion. Iacchi et Sybil, vous êtes en charge d’ouvrir la voie, et moi je vais me ruer tout droit vers l’extérieur. Si nous sommes séparés, alors employez toutes votre force pour courir jusqu’à l’endroit où Woodrow nous a dit de nous rassembler. »

Deux personnes et une panthère hochèrent la tête à mon intention. Après ça, nous enfilâmes tous les masques que nous avions préparés plus tôt. Iacchi était celui qui les avait prévus ; il avait dit que si nous devions commettre un crime, nous devions les porter… Ainsi, on dirait que dissimuler nos visages lors d’un crime est une forme de tradition ?

Je semblais comprendre, sans pour autant saisir complètement, tandis que je revêtais mon masque. Je saisis également l’occasion pour envelopper le visage de tout le monde avec une mince couche de lumière sacrée. De cette manière, notre apparence à tous n’était plus visible à présent.

Naturellement, Woodrow, qui s’était déjà changé en panthère, n’en avait pas besoin.

Je tirai la licorne vers moi. Elle me regarda. Je la regardai en retour. À ce moment-là, j’éprouvai brusquement un sentiment de malaise… Est-ce que je sais monter à cheval ?

Contemplant le dos impeccablement blanc de la licorne, je n’eus aucun sentiment qui me ferait apprécier cette balade. Je ressentais uniquement de l’anxiété, et que si je tombais du dos du cheval…

J’affichai une expression douloureuse et questionnai : « Que se passera-t-il si je tombe ? »

« Si tu tombes ? » répondit Sybil, troublée. « Ça n’a pas vraiment d’importance si tu tombes, n’est-ce pas ? Tu es un guérisseur du Dieu de la Lumière ! Tu peux simplement te guérir, et tout sera comme si de rien n’était ! »

C’est tout ? Mais, pourquoi est-ce que j’ai cette impression que, si je tombe du cheval, il y aura d’affreuses et terribles conséquences ?

Probablement parce qu’ils m’ont vu hésiter à l’idée de monter à cheval, Iacchi fronça les sourcils et déclara : « Grisia, on dirait que tu n’es jamais monté à cheval auparavant. »

« Je suis un guérisseur, pas un chevalier. C’est normal que je ne sache pas monter à cheval ! »

En entendant ceci, Iacchi se gratta la tête, incapable de réfuter mes paroles. « Tu as raison. Mais, si tu ne peux pas monter à cheval, comment vas-tu faire pour chevaucher la licorne ? »

« Eh bien, tant que je m’accroche à elle fermement et que je ne tombe pas de la licorne, dans ce cas cela devrait aller », affirmai-je, en essayant de m’en convaincre moi-même.

Sybil ne put se contenir et rétorqua : « Comment ça “tant que tu t’y accroches fermement” !? Es-tu même sûr que la licorne sait où elle doit aller ? »

« Licorne ! » Je me retournai pour faire face à la licorne et lui ordonnai : « Après ceci, quoi qu’il advienne, précipite-toi de l’autre côté des portes de la cité ! Compris ? »

La licorne acquiesça d’un signe de tête.

« Elle comprend le langage humain ? C’est incroyable… Se pourrait-il que… Cette licorne soit en fait un druide lui aussi ? » murmura Iacchi, amenant le vrai druide, Woodrow, à le bousculer légèrement.

Je pris une profonde inspiration et sautai de toutes mes forces, atterrissant sur le dos de la licorne avec une précision absolue. À cet instant, Iacchi siffla subitement : « Ta posture n’est pas mal ! Il est possible que tu saches comment chevaucher un cheval ! »

Vraiment ? Soudainement, je ressentis un accès de confiance. Avec mon pied, je donnai un coup à l’abdomen du cheval, et la licorne hennit également avec calme en réponse. Et alors, en un instant, elle se mit à courir…

« Ahaha ! »

Sybil rigola bruyamment et se retourna pour demander : « Iacchi, comment est-ce que c’est possible pour un cavalier de tomber du dos d’un cheval et de même atterrir les quatre fers en l’air ? »

Je me levai du sol et protestai avec indignation : « C’est juste que je ne m’agrippais pas correctement pendant un moment ! »

Après que je me fusse levé, je donnai une claque très forte sur la tête de la licorne, la condamnant. « Qu’est-ce qui t’a prise de te mettre à galoper si vite ! Essaierais-tu de me faire tomber et mourir ? »

La licorne hennit tranquillement avec un visage chagriné.

« D’accord, d’accord ! » En voyant que son visage était aussi triste, mon cœur s’adoucit. En retour, je l’avertis simplement : « À partir de maintenant, fais plus attention. »

La licorne me lécha alors joyeusement à nouveau. Le Dieu de la Lumière seul sait pourquoi ce cheval aime à ce point me lécher autant !

Par la suite, une fois que je fus monté sur le cheval, le Woodrow transformé en panthère se mit à courir le premier. Tandis qu’il se précipitait, son apparition provoqua effectivement du chahut dans la file de gens attendant de sortir par les portes de la cité. Il y eut constamment de petits cris de gens qui l’avaient aperçu, et il y eut même des personnes qui se mirent à hurler.

« D’où sort cette panthère ? »

Les gardes aux portes de la cité crièrent en vain. Puis, dix personnes se rassemblèrent en formation d’éventail et brandirent prudemment leurs lances, en visant Woodrow avec toutes les pointes.

« Vas-y maintenant ! »

Quand je tournai la tête, Sybil et Iacchi venait déjà de terminer de crier ces mots. Ils se ruèrent tous les deux sur-le-champ par la sortie. Suite à cela, je donnai un coup de pied au flanc du cheval, obligeant la licorne à suivre derrière eux et à galoper… Cette fois-ci, elle n’osa pas employer toute sa force pour galoper à toute vitesse. Elle courut même à une vitesse sûre et confortable. Une légère brise souffla, et je me sentis si confortable que je songeai que je pourrais aimer chevaucher des chevaux dorénavant.

Je soupirai : « C’est bien plus confortable que d’être porté sur le dos d’une personne. »

En prononçant ces mots, je sentis que c’était étrange. Comment pourrais-je savoir que chevaucher un cheval est bien plus confortable que d’être porté sur le dos d’une personne ? Je n’ai quand même pas été porté sur le dos d’une personne auparavant… ? Comment cela pourrait-il être possible ?

Néanmoins, ce n’était pas le moment d’examiner la question pour savoir si monter à cheval et être porté sur le dos de quelqu’un était mieux. Sybil et Iacchia avait déjà assommé le groupe de personnes à l’avant, m’aidant en ouvrant une voie. Je m’empressai de m’accrocher fermement à la licorne et ensuite lui dis à l’oreille : « Plus vite ! »

La licorne augmenta immédiatement sa vitesse, pendant que le son du vent sifflant dans mes oreilles devenait de plus en plus bruyant. Je n’étais plus très loin des portes de la cité et, pourtant, l’attention de tout le monde était déjà passée de Woodrow, Iacchi et Sybil à la licorne et moi.

« C’est la licorne ! » hurla une personne.

Au départ, tout le monde resta ahuri, seulement capable de garder la bouche ouverte. Malgré cela, tout de suite après, ils se préparèrent et donnèrent la chasse. Même les passants qui avaient crié à tous de rester loin de la panthère ouvrirent grands les yeux et commencèrent à lever diverses armes pour s’approcher de nous. Il y en avait même quelques-uns brandissant des balais !

Les gardes abandonnèrent instantanément la panthère et se retournèrent pour bloquer la licorne et la route que j’empruntais. Néanmoins, Sybil, Iacchi et Woodrow se mirent à les attaquer par derrière. Malgré le fait qu’ils affrontaient des lances, des couteaux, des épées et encore plus d’armes, ils n’avaient pas du tout peur de se servir de leurs corps pour repousser les lances. Cette action fit en sorte que ceux qui s’étaient approchés impulsivement remissent en question l’idée de continuer.

En particulier, ce ne fut seulement que lorsqu’ils furent tous les trois piqués par les lances – et pourtant seules les lances devinrent tordues et brisées alors qu’ils se tenaient debout parfaitement intacts, sans aucune blessure – que les pas de tout le monde firent halte à l’unisson. Les yeux de tous s’agrandirent encore plus que quand ils venaient tout juste d’apercevoir la licorne.

C’est l’opportunité parfaite pour faire une percée et s’enfuir… Je criai avec excitation : « Plus vite ! Licorne ! Va plus vite ! »

La licorne accéléra sur-le-champ la cadence. Le son exaltant du vent soufflait constamment à mes oreilles. La petite porte était droit devant moi. La licorne et moi manquâmes presque de nous ruer à l’extérieur, prêts à prendre les rênes. En plus, personne ne gardait la porte, alors nul ne pouvait nous arrêter !

Cependant, le son exaltant du vent fut brutalement interrompu par un bruit assourdissant.

Pas trop loin devant la licorne et moi, un gigantesque mur s’éleva du sol sans avertissement. Le pouls de la licorne manqua tout à coup un battement et donna l’impression qu’il voulait lâcher. Toutefois, parce que la force employée dans sa course juste avant avait été trop élevée, elle fut réellement incapable de freiner immédiatement. Ses sabots raclèrent sans cesse le sol, mais nous continuâmes toujours de glisser vers l’avant.

La seule raison pour laquelle je n’étais pas tombé du dos de la licorne fut parce que j’avais accroché tout mon corps au cou de la bête et m’étais désespérément agrippé à sa crinière.

Finalement, la licorne entra tout de même en collision avec le mur. Par chance, l’impact de la collision n’était pas trop fort. Elle chancela un peu et se stabilisa ensuite.

Mes battements de cœur s’accélérèrent rapidement. Je l’ai beaucoup trop échappé belle. Si la licorne n’avait pas immédiatement remarqué le mur et ne s’était pas arrêtée, la force de l’impact à cette vitesse m’aurait assurément fait perdre connaissance. Après m’être évanoui, la prochaine fois que je me serais réveillé, il se pourrait que je sois déjà en prison.

Après avoir soupiré de soulagement, j’analysai le mur qui avait surgi de nulle part. Ce mur était en fait composé entièrement de l’élément de glace.

« Que s’est-il passé ? »

Sybil, Iacchi et Woodrow foncèrent vers moi et contemplèrent le mur de glace, l’air ahuri.

« Brise-moi ce mur ! » hurlai-je avec colère.

« Le briser en utilisant quoi ? Nous ne sommes qu’une archère et un voleur ! » crièrent Sybil et Iacchi.

Qui vous demandait votre aide ? Je roulai les yeux à l’intention de chacun d’eux.

À cet instant-là, la corne de la licorne explosa avec une grande quantité de l’élément sacré. Une masse de lumière fonça à toute allure vers le mur de glace.

« Chargez ! »

Néanmoins, la licorne commença à pousser de bruyants hennissements. Elle avait l’air extrêmement mécontente. Ce fut uniquement dans la seconde suivante que je réalisai pourquoi elle était mécontente. C’était parce qu’une quantité colossale de l’élément de la glace s’était de nouveau rassemblée, créant un autre gigantesque mur de glace. Je pouvais le sentir : ce mur de glace était bien plus dense et solide que le premier. Je craignais que la licorne ne pût pas sur-le-champ relâcher une autre attaque pour la briser comme elle l’avait fait plus tôt.

Si ce n’est pas possible de le briser en une seule attaque, dans ce cas il nous sera impossible d’échapper aux attaques de la personne derrière nous… Celle qui a créé le mur de glace !

Je caressai le côté du cou de la licorne et lui dis doucement : « Retourne-toi. »

À ce stade, tout le monde s’était depuis longtemps retourné pour regarder derrière. Sybil hurla même : « Comment est-ce possible ? Ce sont… Ce sont des chevaliers sacrés de l’Église du Dieu de la Lumière ? »

« Pas seulement ça… » La voix d’Iacchi tremblait frénétiquement : « Celui à l’avant, son symbole appartient aux… Douze Chevaliers Sacrés. »

« C’est le Chevalier de Glace ! » s’exclama Yuna. Sa voix donnait l’impression que la jeune femme s’apprêtait à s’évanouir.

Le Chevalier de Glace ?

Pourquoi cela sonne-t-il si familier ? Mon attention et ma concentration se déplacèrent sur l’individu à l’avant, en partant de son corps rempli des éléments de la glace et de la lumière jusqu’à son apparence individuelle. Son expression faciale était aussi gelée que la glace ; ses membres étaient aussi raides que la glace ; et ses mains tenaient un gros glaçon pointu !

Comme il fallait s’y attendre de la part du Chevalier de « Glace »… Est-ce que cet esquimau en pointe lui sert de nourriture rafraîchissante sur la route ?

Le Chevalier de Glace leva son gros glaçon aiguisé et le pointa sur nous. Froidement, il dit : « Ne bougez plus. »

« Qui croyez-vous menacer en brandissant une sucette glacée ? » rétorquai-je en retour d’un ton glacial que j’avais fait exprès de rendre plus grave de sorte d’éviter qu’il me reconnaisse plus tard.

Le Chevalier de Glace ne répliqua rien. En réponse à une telle provocation, il ne changea même pas d’expression. Cela me fit me demander : les muscles faciaux de ce type sont-ils gelés ?

D’un autre côté, tous ceux présents répondirent de façon extrêmement violente. Cela inclut mes camarades qui poussèrent un petit cri et retinrent leur souffle. Les chevaliers aux côtés du Chevalier de Glace explosèrent pratiquement de rage. Ils hurlèrent tous : « Silence ! Sales hérétiques insolents, comment osez-vous insulter l’Épée Divine de Glace de notre leader ! »

Une épée divine ? Peu importe sous quel angle on la regarde, elle rassemble à une sucette glacée… Au mieux, vous pouvez l’appeler…un bâtonnet divin ?

« Grisia. » Iacchi perdit ses moyens et se mit à parler de façon incohérente : « L-Le Ch-Chevalier de Glace est beaucoup plus fort que les professions de classe M-Maître. C’est impossible de le battre : il fait partie des Douze Chevaliers Sacrés. Que devrions-nous faire maintenant ? Que devrions-nous faire !? »

Je déclarai tranquillement : « Ne t’inquiète pas. Nous n’avons pas à gagner ; nous avons simplement besoin de nous échapper. »

Iacchi s’écria avec détresse : « C’est impossible, même si c’est seulement pour s’enfuir. Grisia, tu… tu souffres d’amnésie, c’est pour ça que tu ignores à quel point les Douze Chevaliers Sacrés sont redoutables. Ils sont… aussi redoutables que des dieux ! »

« Cesse de raconter autant de sottises. » Je roulai des yeux à son intention et lui ordonnai : « Je me moque qu’il soit un dieu ou un démon, bloquez-lui le passage et gagnez assez de temps à la licorne pour rassembler les éléments afin de briser le mur de glace. »

En entendant ceci, la mine d’Iacchi empira. Malgré tout, Sybil et lui, avec l’aide de Woodrow, se dressèrent entre la licorne et les chevaliers sacrés. Par la suite, ils adoptèrent une position prête pour l’attaque. Voyant cela, les chevaliers sacrés, d’un autre côté, semblaient assez surpris, à l’exception du Chevalier de Glace. Ses muscles faciaux ne bougèrent pas d’un millimètre.

« Levez les défenses », leur commanda le Chevalier de Glace sur un ton monotone.

Les chevaliers sacrés levèrent instantanément leurs boucliers, formant un mur de boucliers. Puis, dans les espaces entre les boucliers, ils firent dépasser leurs longues épées.

Plus de dix chevaliers sacrés ont formé une ligne de défense contre nous quatre ? N’ont-ils pas l’intention de nous poursuivre ?

À cet instant précis, une ouverture apparut dans le mur de bouclier. Le Chevalier de Glace sortit de derrière la formation et marcha ensuite lentement dans notre direction. Il fut le seul à venir vers nous.

À ce moment-là, la corne de la licorne libéra une immense quantité de l’élément de la foudre. Subitement, un éclair tomba du ciel et vint avec précision s’abattre sur le mur de glace derrière nous. Toutefois, je n’étais pas du tout content, parce que l’élément de la glace n’avait pas disparu.

Le Chevalier de Glace qui se tenait devant moi relâchait un excessivement puissant élément de la glace vers le mur de glace. Si nous ne le vainquons pas, nous n’en finirons pas de briser ces murs de glace, et nous n’aurons aucune raison de les briser non plus, étant donné qu’il peut continuellement créer des murs de glace jusqu’à ce que lui ou la licorne ne puisse plus rassembler aucun élément.

La licorne hennit avec colère en direction du ciel ; elle se mit même à incessamment racler ses sabots sur le sol. Elle désirait sans doute se précipiter sur le Chevalier de Glace pour avoir une bataille épique.

« Sois sage. » Je lui tapotai la tête sévèrement.

La licorne poussa un hennissement triste, puis baissa la tête. Elle lâcha même des pleurnichements, la faisant paraître comme si elle était face à une extrême injustice.

À ce stade, le Chevalier de Glace se trouvait ni plus ni moins à pratiquement dix pas de nous… Un mur de glace s’éleva abruptement depuis le sol, lui bloquant le passage.

Puis, la foudre s’abattit à nouveau derrière nous, identique à celle employée par la licorne auparavant.

« Dépêchez-vous de courir ! » hurlai-je.

Au départ, les trois d’entre eux à l’avant restèrent ahuris. Le premier à réagir fut Iacchi. Sans ajouter quoi que ce fût, il se retourna immédiatement et passa devant la licorne et moi : il était aussi rapide qu’un coup de vent. Ses actions firent reprendre leur sang-froid à Sybil et à Woodrow, et ceux-ci se retournèrent également et commencèrent à s’enfuir l’un après l’autre.

Lorsque Sybil me dépassa, je donnai un coup de pied au flanc du cheval. La licorne suivit sur-le-champ mes ordres et se retourna pour courir à toute vitesse.

Au beau milieu de notre fuite, je sentis que le mur de glace derrière moi avait déjà été brisé. Mais, inutile de m’inquiéter, j’avais déjà préparé quelques éclairs pour ralentir la poursuite du Chevalier de Glace.

En fin de compte, nous nous échappâmes de la cité.

 

1/2 Prince T5C4 : Le Côté Terrifiant d’un PNJ Conscient de Soi

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½ Prince Tome 5 : Un prince n’existe plus

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 4: The Terrifying Side of a Sef-Aware PNJ – traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 4 : Le Côté Terrifiant d’un PNJ Conscient de Soi  – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ travail de vérification par Nocta

« Calme-toi, tu dois te calmer », me murmurai-je frénétiquement.

Tout d’abord, essayons de voir comment fonctionnent les messages privés. Tremblant, j’ouvris le canal de MP.

« Doll ? »

« Grand frère Prince », répondit anxieusement Doll.

Dieu merci, les MP fonctionnent encore. Le poids sur mon cœur s’allégea finalement un petit peu.

« Doll, est ce que ça va ? »

« Ça va, mais Celestial n’arrête pas de frotter sa tête contre la joue de Doll, ce qui est très dégoutant. » On aurait dit que Doll était sur le point de pleurer.

QUOI ?! Ce sale PNJ pervers… J’étais tellement énervé que je faillis me précipiter à travers le portail.

« Doll, attends-moi, je viens te sauver ! »

Doll m’arrêta rapidement. « Ne viens pas, grand frère Prince. Celestial est trop fort, vous n’arriverez pas à le vaincre. Laisse simplement Doll retourner au point de renaissance. Grand frère Prince, ton niveau est important pour moi, donc quoi que tu fasses, n’en perds aucun. »

Je restai silencieux un bon moment. Ce que disait Doll était vrai, sans contestation possible, et même en combinant mes forces avec celles de Neurotic et DanDan, je craignais que nous ne soyons même pas capables de ne serait-ce qu’attraper un bout des vêtements de celui-ci. Cependant, est-ce que je peux réellement abandonner Doll comme ça ? Après tout, c’est moi qui l’ai guidée jusqu’à sa mort en ce lieu.

Je m’assis à même le sol, découragé. Comme je m’y attendais, je ne suis toujours pas assez fort. Je ne peux même pas protéger mes propres compagnons.

 Neurotic et DanDan se tenaient debout sur le côté, également incertains quant à la marche à suivre. Ils se contentaient de me fixer, et j’étais perdu dans mes pensées.

Je sortis brutalement de cet état statique en recevant un message sanglotant de Doll.

« Grand frère Prince, Celestial dit qu’il souhaite épouser Doll et ne veut pas la tuer. En plus, c’est bizarre, mais Doll ne peut pas se déconnecter du jeu. »

« Quoi !? » J’étais tellement sous le choc que je sautai du sol, donnant une peur bleue au couple près de moi par la même occasion.

Je fus pris de panique. Est-ce-que ça signifie que Doll est piégée ? Impossible, je dois aller la sauver ! Après m’être décidé, je commençai calmement à monter un plan pour la secourir. Après tout, si nous y allions à trois et que non seulement nous ne pouvions pas la sauver, mais que nous nous retrouvions également enfermés avec elle, alors nous serions vraiment dans le pétrin1.

« Neurotic, DanDan… » J’expliquai ce que venait de me dire Doll. Ils commencèrent tous deux à froncer les sourcils, et DanDan sembla s’inquiéter davantage.

« J’ai l’intention de demander de l’aide à la Cité de l’Infini. Neurotic, DanDan, me prêteriez-vous votre force ? » leur demandai, en les implorant presque.

« Aucun problème ! D’ailleurs, même si nous devions escalader une montagne faite de couteaux, ou sauter dans des chaudrons d’huile bouillante2, et même si l’ennemi nous bravant est Celestial, nous nous serions tous les deux précipités au secours de cette adorable petite fille », rugit Neurotic dans un élan d’héroïsme.

« C’est génial », renchéris-je. « Avec quelqu’un pour me guider, je ne crains plus de me perdre. »

« Guider ? » répéta Neurotic sans comprendre.

Je hochai la tête, embarrassé, et me mis à rire. « Parce que je n’ai aucun sens de l’orientation, j’ai peur de ne pas réussir à trouver l’endroit. C’est pourquoi, je vais vous demander de m’aider à nous ramener, mes compagnons et moi, en revenant. »

La vie déserta le visage de Neurotic, tandis que DanDan rigolait. « OK, ok, mon mari et moi-même allons servir de GPS cette fois. »

À peine ai-je eu fini de leur parler que j’envoyai un MP à mon animal de compagnie invincible, Kenshin : « Kenshin, il se passe des choses graves. Dépêche-toi de venir au Repaire des Nymphes Errantes, et amène Sunshine, Arctic Fox, et Western Wind. Pense à utiliser le tapis volant, et grouille-toi. Je vous attendrai à l’entrée de la tanière. »

Kenshin resta muet un moment, puis me demanda : « On n’a pas besoin des autres ? Wicked, Nan Gong Zui, et même Broken Sword sont plus forts que Western Wind. »

Je ne dis rien pendant un moment. Là, je n’ai vraiment pas envie de les voir ! …J’ai fait ma crise, puis je me suis enfui sur un coup de tête. Maintenant que j’ai mis Doll dans cette situation, comment je pourrais leur faire face ? Entêté, je déclarai : « Je n’ai pas envie de voir les personnes que je connais bien. »

« Compris. Je vais les chercher. » Kenshin n’ajouta rien de plus et, suite à cette phrase, il ne me recontacta pas.

Après avoir donné mes instructions à Kenshin, je me tournai vers Neurotic et DanDan. « S’il-vous-plaît, amenez-moi à l’entrée de la tanière pour y attendre les secours. »

« Pas de soucis ! » Neurotic leva le pouce amicalement.

Tandis qu’il m’amenait à l’entrée, il me dit d’une voix absente : « Tu as l’air d’aller mieux maintenant, sans cette attitude “ne m’approchez pas si vous tenez à la vie !” que tu avais un peu plus tôt. »

« Désolé, je n’étais pas de très bonne humeur », m’excusai-je sincèrement. Ayant été impoli à ce point, c’est surprenant qu’ils acceptent de m’aider.

« Oh ho, pas de bonne humeur ? Viens raconter à ta grande sœur quel est le problème, elle va te réconforter. » DanDan avait cette espèce de lueur dans le regard qui apparaissait généralement quand les filles apercevaient un petit animal mignon.

« Si tu fais ça, ton mari risque d’être jaloux, non ? » J’affichai une expression désemparée, car je n’avais pas imaginé que ce visage qui était le mien pût même tenter une femme mariée.

Neurotic se retourna vers moi pour me scruter, et dans ses yeux apparut la lueur qui venait normalement quand un gars croisait une jolie fille.

« Ça n’arrivera pas, je te réconforterai avec ma femme. »

Ce couple marié complètement dingue…

« On a atteint l’entrée de la tanière. Est-ce que ce sont tes compagnons ? » DanDan pointa quelques silhouettes n peu plus loin.

Je regardai l’endroit qu’elle désignait. Comme prévu, il s’agissait de Kenshin. Et, l’accompagnant, les personnes que j’avais réquisitionnées, Arctic Fox et compagnie.

Western Wind me reprocha bruyamment : « Mon gars, de quels genres d’idioties devais-tu t’occuper, en t’absentant aussi longtemps, et en me laissant sans personne avec qui me battre ? »

« Ne pouvais-tu pas simplement demander à te battre contre Kenshin et Arctic Fox ? Ces deux-là peuvent être assez oisifs », répondis-je d’un ton énervé, alors que je trouvais cela hilarant. Serait-il possible que Western Wind aime que je lui botte les fesses ? Pour quoi est-ce que chaque personne que je dégomme semble y devenir accro ?

Western Wind broncha, et lança un regard noir à Kenshin et Arctic Fox. Paraissant très embarrassé, il grommela : « Je l’ai fait, mais le rouquin m’a ignoré, et, même si ce foutu renard était partant pour la baston, ses attaques étaient trop puissantes. La dernière fois, il m’a même envoyé au ciel. Qui irait le chercher pour se battre ? Ce n’est pas comme si je trouvais que mes niveaux étaient trop hauts et que je voulais en perdre quelques-uns, hein. »

« Prince, que s’est-il passé ? Pourquoi nous demander soudainement de venir ? Fairsky m’a dit que tu t’étais brouillé avec nous et que tu ne reviendrais pas avant une dizaine de jours, voire la moitié d’un mois », me demanda Sunshine, un peu confus. Il ajouta avec un sourire : « Elle m’a même expliqué pendant un long moment ce que “se brouiller avec quelqu’un” signifiait ! »

Sunshine était si direct que cela pouvait donner envie aux gens de pleurer. Je ne pus que passer outre ce « se brouiller » et passer directement à l’explication de la situation actuelle.

« Doll a été capturée par un boss nommé Celestial. Pour des raisons inconnues, elle ne peut se déconnecter. Nous devons donc aller la secourir. »

Dès que j’eus prononcé le mot « boss », les yeux d’Arctic Fox s’illuminèrent soudainement. Allant droit au but, il déclara : « Allons-y, dans ce cas ! »

Cet espèce de maniaque du combat… J’espérais vainement qu’il n’oublierait pas l’objectif principal de la mission, celui de sauver une personne. J’indiquai à Neurotic et DanDan de nous guider.

« Neurotic, DanDan, navré de vous utiliser comme guide. »

« Aucun problème. Je vais courir, ok ? Après tout, pour sauver Doll, le plus tôt sera le mieux. Si vous n’arrivez pas à suivre, les gars, prévenez-moi. » Aussitôt dit, aussitôt fait, il se mit à courir, et nous fîmes de même.

« N’hésite pas, je pense que nous pouvons tous te rattraper ! » Lorsque je songeai à Doll, prise au piège entre les mains de cet espèce de pervers, je souhaitai posséder la capacité de me téléporter pour lui porter secours.

« Prince », me cria Kenshin, puis il pointa Sunshine, le mage dont le visage innocent était tout sourire, puis Western Wind qui était tout en muscle.

« Euh, Kenshin, tu portes Sunshine. Western Wind…J’espère que tu coures vite. » Je lui lançai un regard féroce.

« P*****, mon gars, c’est de la discrimination ! » Malgré ses grognements, Western Wind arborait tout de même un visage totalement résigné, comme s’il regroupait la totalité de ses forces pour courir.

Avec quelques difficultés, nous retournâmes à l’endroit où Celestial et Doll avaient disparu. Je contemplai la formation magique plus haut, et me retins de charger pour la sauver. Même s’il y a plein de personnes fortes pour aider, Celestial n’est pas le genre qu’on peut sous-estimer. Essayons d’abord de contacter Doll par MP et de vérifier la situation avant de faire quoi que ce soit. Sans plus attendre, j’ouvris le canal de MP.

« Doll, comment ça va ? Celestial t’a-t-il maltraitée ? »

« Non », répondit-elle vaguement. Je sentis mon cœur s’emballer de plus belle. Que s’est-il passé ?

Ma voix prit un ton soucieux. Doll a-t-elle été à ce point battue que même parler est si difficile ?

« Tu sais, nous allons venir te sauver, d’accord ? »

« Hmmm… » Doll répliqua tout aussi vaguement.

Mon cœur était lourd. Il semblerait qu’elle ait réellement été violentée. Quelle honte !

Je modifiai immédiatement mon expression et revêtis à nouveau l’apparence de l’Elfe Sanguinaire. Fou de rage, j’usai une voix menaçante et déclarai : « Personne n’est autorisé à maltraiter mes amis ! »

Recourant à toute ma puissance pour me servir du mur comme d’un appui, je pris les devants et sautai dans la formation magique, et tous me suivirent. Je regardai de gauche à droite, inquiet, à la recherche de Doll. Cependant, dans ce hall gigantesque à moitié rempli de piliers blancs comme neige, à part le trône siégeant au centre et les divers trésors faits d’or et d’argent dispersés et brillant un peu partout, je ne vis rien. Aucune trace d’elle. Je ne pus me retenir de crier avec un sentiment d’urgence : « Doll ? Doll, où es-tu ? »

« Qui est-là ? » Une voix parvint de derrière un pilier, et mes yeux convergèrent à cet endroit. Comme je m’y attendais, la personne qui apparut devant nos yeux fut Celestial, le pervers androgyne.

Je reniflai avec dédain. « Hmph, tu viens juste de kidnapper une de mes amies et tu ne me reconnais même pas ? »

« Ainsi, c’est toi l’ancien compagnon de ma femme. » Celestial n’exprimait que de l’indifférence, comme s’il s’agissait déjà du passé. Constater cela me rendit absolument furieux. Qu’est-ce que tu entends par « ancien » compagnon ?

« Rends-nous Doll immédiatement ! » lui hurlai-je.

Celestial plissa dangereusement ses yeux et répliqua froidement : « Tu veux m’enlever ma femme ? »

D’un ton tout aussi glacial, je répondis : « Ce n’est pas ta femme. Tu ne la mérites pas ! »

« J’ai dit qu’elle était ma femme, donc elle l’est ! » Celestial était si énervé qu’il cria et lança une longueur de satin blanc sur moi.

Je fis de mon mieux pour glisser sur le côté et éviter ainsi le bout de tissu qui m’avait brisé quelques côtes auparavant. Ce faisant, je criai à tout le monde : « Pourquoi restez-vous plantés là ? Venez vous battre ! »

Ils reprirent leurs esprits et sortirent illico leurs armes pour attaquer vigoureusement Celestial. Kenshin, le plus véloce, fut devant Celestial en un clin d’œil. Ce dernier en fut choqué et lui lança tout de suite des coups de satin blanc pour lui servir de bouclier. Cependant, Kenshin, indifférent, cria : « Transpercement du Néant ! »

« AAHH. » Celestial laissa échapper un grognement de douleur, et Kenshin qui était apparu brusquement derrière lui en profita pour attaquer. À l’instant où Celestial se retourna, Kenshin lui lança une autre attaque. Celestial ne réussit pas à l’éviter et reçut une nouvelle blessure à son épaule droite.

Celestial contemplait sa blessure sans y croire, une expression de rage se dessinant peu à peu sur son visage à chaque seconde. Après cela, il vola haut dans le ciel pour mettre de la distance entre lui et Kenshin, sa bouche criant quelque chose que je ne saisis pas.

Oh non ! Ce fut comme un cri du cœur, mais les Robes Violettes apparaissaient d’ores et déjà en face de nous. La différence dans ce combat-ci était qu’elles étaient en si grand nombre qu’on aurait dit une armée miniature. Leur expression était on ne peut plus sérieuse. Ce n’était pas comme si nous ne pouvions pas gagner contre un gros groupe de Robes Violettes, mais derrières elles se trouvait Celestial dont les yeux nous lançaient des éclairs !

Voyant la situation, je me décidai. « Sunshine et DanDan, vous êtes chargés d’utiliser la magie pour forcer Celestial à se poser au sol. Kenshin, prépare-toi à le poursuivre et à l’attaquer. Les autres, vous allez protéger Sunshine et DanDan, et assurez-vous de bien le faire. »

En entendant mes ordres, DanDan se plaça immédiatement près de Sunshine. Neurotic et Western Wind se mirent à leurs côtés pour les protéger. Cependant, Arctic Fox fixa Celestial, le visage emplit de désir, ayant l’air de mourir d’envie d’engager un duel à mort avec lui. Je levai les yeux au ciel. Comme prévu, c’est un renard qui ne suit pas le mouvement. Je me contentai d’ouvrir la bouche avec exaspération pour l’avertir : « Arctic Fox, Celestial n’est pas un guerrier. Même si tu le défies, tu risques de t’ennuyer. Écoute-moi et agis avec les autres. Quand nous reviendrons, tu pourras défier Kenshin autant de fois que tu le souhaiteras. »

Arctic Fox ne laissa pas échapper un mot, mais se plaça docilement auprès de Sunshine et de DanDan. On dirait que l’utilité de Kenshin n’est pas ordinaire : non seulement il peut se battre, mais il peut également tenter les « maniaques du combat ».

Que la bataille commence !

Sunshine commença à réciter ses incantations, et des épées de vent filèrent vers Celestial. Malheureusement, elles furent toutes bloquées par le satin blanc de Celestial. La magnifique invocatrice DanDan ne fut pas en reste, et tandis qu’elle invoquait des épées de sang et leur ordonnait de voler pour affronter Celestial, elle invoqua également un géant pour nous aider à combattre les Robes Violettes, réduisant grandement la pression que nous ressentions.

Kenshin rôdait sans cesse sous Celestial. Au moment où ce dernier dût descendre à cause des lames de sang et de la magie, Kenshin l’attaqua immédiatement grâce à sa capacité incroyable lui permettant de sauter entre les piliers, rejoignant un Celestial désemparé.

Le reste des guerriers n’épargnait aucun effort dans la bataille contre les Robes Violettes qui grouillaient telles des fourmis. Balançant sa grande épée, Neurotic tranchait fréquemment en deux celles-ci au niveau de leur taille, et Arctic Fox apparaissait et disparaissait de façon imprévisible pour les frapper en plein cœur. De même, je me concentrais sur les endroits qui permettaient de donner des coups critiques. Le cou, le cœur et le front étaient mes endroits favoris. Western Wind, qui manquait de force en comparaison, adoptait une stratégie plus lente, les affrontant une par une.

À force de les tuer sans arrêt, nos corps furent trempés jusqu’aux os de sang inconnu, notre vision se résumant à une mer rouge. Nos mains avaient balancé nos lames un nombre incalculable de fois, et nous savions seulement que, à chaque mouvement d’épée, une nouvelle fontaine de sang jaillirait. Nos corps… avaient reçu un nombre incalculable de blessures, mais ça faisait un moment que la douleur avait disparu, ne laissant que de la torpeur en nous. Cependant, les nymphes continuaient d’arriver telle une marée montante, et je n’avais aucun temps mort pour vérifier où en était la situation avec Celestial. Kenshin et les autres vont-ils réussir à le tuer ? Je souhaitais anxieusement vérifier la situation de Kenshin, mais à peine avais-je montré la moindre hésitation que mon épaule gauche reçut un coup.

Je posai un genou à terre, crachant du sang à profusion. Quand je pus lever de nouveau la tête, je remarquai que Neurotic et Arctic Fox se tenaient tous les deux à mes côtés, bloquant les attaques des Robes Violettes à ma place. Si ça n’avait pas été le cas, je crains que j’aurais d’ores et déjà fait un aller simple vers la Cité de l’Infinie !

Cependant, leurs corps étaient parsemés de blessures, et je pouvais voir qu’ils étaient à leurs limites. Et, les Robes Violettes nous encerclaient toujours en groupes. Serait-il possible que l’invocation de Celestial ne finisse jamais ? Sa magie n’a-t-elle aucune limite ? Mon cœur se glaça de moitié. À cet instant, je focalisai mon attention sur Kenshin. Son corps, à l’origine immaculé, était recouvert de sang, et ses vêtements étaient lacérés à quelques endroits. A-t-il été blessé ?

Merde, j’ai encore complètement oublié que si Kenshin ou Sunshine meurent, il est possible que leur conscience s’évanouisse. Je ne dois absolument pas les laisser mourir.

« Kenshin, Sunshine, si la situation devient critique, vous devez impérativement vous enfuir », ordonnai-je en MP aux deux concernés.

« Qu’appelle-t-on critique ? » s’enquit Kenshin avec indifférence.

« Tant que ta vie est en danger, c’est considéré comme critique », répondis-je avec inquiétude.

Kenshin m’adressa un sourire amer. « Mais, s’échapper n’est plus une option. »

Quoi ? J’examinai Kenshin avec effroi et réalisai que ses deux jambes étaient entravées par de nombreux coups de satin blanc, le rendant incapable de bouger. Il ne pouvait que bloquer les attaques en restant sur place. De plus, une bonne dizaine de Robes Violettes entouraient Kenshin, et Celestial le regardait avec avidité. Et même si Sunshine et DanDan attaquaient simultanément Celestial pour le distraire, les attaques de satin sur Kenshin ne s’arrêtaient pas un instant.

« Sunshine, va vite apporter ton aide à Kenshin ! » Je tournai la tête pour le regarder, et fus à nouveau estomaqué par cette autre scène. Comme Neurotic et Arctic Fox se tenaient près de moi pour me protéger, la pression sur DanDan et Sunshine avait augmenté. DanDan devait non seulement commander le géant de pierre pour bloquer les Robes Violettes, mais Sunshine devait également employer sa magie pour s’occuper du satin blanc de Celestial. Leur situation était tout aussi critique que celle de Kenshin.

Est-ce que je suis responsable de ce qui arrive ? En y repensant, je ne me préoccupai plus de mon corps qui souffrait tellement qu’il en était engourdi, et me forçai à me relever. Je criai à Neurotic et Arctic Fox : « Ça va, allez vite aider les magiciens. »

Ils me regardèrent avec inquiétude, mais sous mon regard ferme les deux se hâtèrent de retourner auprès de Sunshine et DanDan afin de leur donner un coup de main pour bloquer les attaques des Robes Violettes.

Je veux aller aider Kenshin ! Traînant mon corps soudainement si lourd, je fis malgré tout de mon mieux pour faire danser mon Dao Noir dans mes mains, utilisant cette vitesse qui faisait ma fierté pour me glisser entre les Robes Violettes, et je me précipitai aux côtés de Kenshin pas à pas.

« Kenshin, je suis venu te seconder. » Après avoir atteint Kenshin avec tant de difficultés, je continuai de balancer ma lame sans arrêt pour découper le satin blanc qui bloquait les pieds de Kenshin.

« Mmh », grogna Kenshin en réponse. Il commença à se concentrer encore plus sur les Robes Violettes environnantes. Au bout d’un long moment, il avait tué un large groupe de Robes Violettes, et j’avais enfin réussi à réduire drastiquement le nombre de bandes de satin blanc sur les pieds de Kenshin jusqu’à ce qu’il n’en restât plus qu’une.

« Prince, soit prudent, je n’ai plus assez de magie pour invoquer les épées ensanglantées servant à contrer Celestial ! » cria DanDan, anxieuse.

Quoi ? Je me tournai vers Celestial. Sans les épées ensanglantées, plus rien ne distrayait Celestial. D’un geste de la main, le satin blanc que je m’étais acharné à hacher s’enroula de nouveau autour des jambes de Kenshin. Une autre dizaine de morceaux de satin blanc flottaient derrière Celestial, et il les lança tous sur Kenshin. Il me semblait que Kenshin allait avoir au moins une dizaine de nouveaux trous…

« Non ! » Je criai et jetai mon corps devant Kenshin, déterminé à lui servir de bouclier au péril de ma vie.

« Barrière Rebondissante ! » Une voix familière s’éleva subitement et, tandis que je tournais la tête pour regarder, je m’aperçus que les étoles de satin blanc étaient retournées à l’envoyeur. Malheureusement, Celestial s’était enfui à temps et n’avait reçu aucune blessure sérieuse.

« Prince, est-ce que ça va ? »

La voix de Lolidragon ? Encore une fois, je me retournai et restai stupéfait. Les personnes présentes ne se résumaient pas à Lolidragon et Yun, il y avait plusieurs autres de mes compagnons. La totalité d’Odd Squad était là, ainsi que la Team Rose. Ming Huang de Dark Emperor affichait déjà sa mauvaise humeur en me regardant, et bien sûr Nan Gong Zui et Kong Kong ne manquaient pas à l’appel.

J’étais abasourdi et demandai en balbutiant : « Tout le monde… Pourquoi êtes-vous là ? »

Lolidragon répondit avec entrain : « En constatant que Kenshin était en train de chercher des personnes un peu partout, j’ai tout de suite su que tu t’étais à nouveau fourré dans les ennuis. J’ai discuté par MP avec Western Wind pour lui demander ce qu’il s’était passé, et j’ai ainsi découvert que vous aviez besoin qu’on vienne à la rescousse. »

« Après quoi, une fois que j’eus parlé à tout le monde, personne n’a parlementé, et tous se sont précipités ici », déclara Lolidragon en insistant sur ses mots.

Pendant que Lolidragon était en train de s’expliquer, la lumière soignante de Grand frère Wolf m’avait déjà enveloppé. Gui et Wicked avaient depuis longtemps couru jusqu’à moi pour m’aider. Quant à Nan Gon Zui et les autres, ils s’étaient dirigés en ligne droite vers Celestial pour le combattre.

De tout mon cœur, je me sentis chaudement touché, et j’étais un peu perdu sur la marche à suivre. Je prononçai vaguement un : « Les gars, faites attention. Celestial est très fort. »

Cependant, il semblerait que je m’inquiétais trop. Même si Celestial était un peu si puissant que c’en était exagéré, face à tant de personnes à mes côtés, il ne lui restait que la défaite comme option. Les Robes Violettes au sol se faisaient massacrer sans aucune difficulté et, avec ces énormes quantités de magie qui étaient émises par nos équipes, Celestial peinait à trouver assez d’espace pour éviter les attaques. La plupart du temps, il ne pouvait que les bloquer avec son satin blanc, mais, graduellement, de plus en plus de blessures étaient infligées à son corps.

Enfin, Celestial ne put plus en supporter d’avantage et tomba directement au sol. Nan Gong Zui signala à chacun de stopper ses attaques, et ils s’avancèrent tous face à moi. « Suzerain, va et tue Celestial. Une fois fait, tu devrais pouvoir monter de niveaux. »

Présenté ainsi, ne suis-je pas légèrement inutile ? Mais, après avoir causé tant de problèmes, comment pourrais-je oser protester ? Je me contentai d’avancer docilement vers Celestial, et dégainai mon Dao Noir dans le but de le trancher en deux.

Néanmoins, je songeai soudainement à Doll et m’empressai de lui demander férocement : « Où as-tu enfermé Doll ? »

« Dans ce cas, tue-moi. Il est hors de question que je te laisse enlever ma femme. » Celestial était étendu au sol, baignant dans son sang, mais son visage conservait une expression déterminée.

Au fond de moi, un étrange sentiment surgit. Cette expression me semble très familière. C’est presque comme… la détermination qu’avait Kenshin en creusant la tombe de Kaoru.

À cet instant, Neurotic, qui se tenait à mes côtés, se mit à se murmurer : « Ce boss est vraiment étrange. Auparavant, même si j’avais combattu de nombreux boss, je n’avais encore jamais rencontré un PNJ ressemblant autant à un humain. Est-il possible que plus un boss est puissant, plus son intelligence est développée ? »

Mon cœur s’emballa sous la surprise. C’est vrai, la réaction de Celestial est vraiment trop humaine. Elle est l’exact réplique de celle de Kenshin et Sunshine. Se pourrait-il que Celestial ait également développé une conscience de lui-même ? Je lançai un regard stupéfait à Lolidragon qui me fixait du regard en retour. Son visage arborait une expression sérieuse.

« Tue-le, Prince. » La voix de Lolidragon me parvint depuis le canal des MP.

J’étais stupéfait. « Mais, tu ne penses pas qu’il pourrait avoir développé une conscience ? »

« C’est précisément pourquoi nous devons nous dépêcher de le tuer. Autrement, tout le monde suspectera Celestial, et éventuellement ils commenceront à se méfier de Sunshine et Kenshin. Tu n’as sûrement pas envie qu’un malheur leur arrive, n’est-ce pas ? » demanda Lolidragon, agitée.

Absolument aucun malheur ne doit leur arriver ! Je durcis mon cœur et positionnai mon Dao Noir au-dessus de Celestial qui était au sol pour le poignarder. Doucement, je murmurai : « Désolé. »

Au moment où mon Dao Noir était sur le point de pénétrer le corps de Celestial, celui-ci s’effaça dans un flash comme des particules qui se dissolvaient. Je restai pétrifié un bon moment. Je l’ai tué ? Je levai mon Dao et le considérai avec suspicion, mais je ne croyais pas un instant que celui-ci l’avait transpercé. Qu’est-ce que c’était que ça ?

« Que s’est-il passé ? Prince, as-tu tué Celestial ? » Après un long moment, Nan Gong Zui vint se renseigner.

Incertain, je répondis : « Je ne sais pas… »

Avant que je ne pusse terminer ma phrase, la voix de Lolidragon retentit à nouveau sur le canal de MP. « Dis que tu as tué Celestial. J’irai voir les gens de l’entreprise. Ils devraient te donner les points d’expérience et le butin au bout d’un moment. Pour l’instant, contente-toi de dire que tu l’as tué. »

Plein de doutes, je regardai vers elle pour constater qu’elle s’était déjà déconnectée. Mais, que se passe-t-il au juste ? Puisque Lolidragon m’avait donné ses instructions, je ne pus que déclarer à Nan Gong Zui : « … Il doit être mort, même si sa façon de mourir était certainement très étrange. »

« Pourquoi n’y a-t-il aucun butin ? C’est vraiment bizarre », marmonna-t-il avec incompréhension.

« Ne nous préoccupons pas de ça, allons vite chercher Doll ! Je me demande si elle va bien. » dis-je avec inquiétude.

Juste quand je finissais ma phrase, j’entendis une voix familière. « Grand frère Prince, tu es si lent ! »

Voyant Doll marcher toute seule dans notre direction comme si elle se promenait, et que ses mains tenaient un paquet de biscuits, mes yeux faillirent sortir de leurs orbites.

« Ça va, Doll ? »

Elle attrapa un biscuit et le mit dans sa bouche, tout en disant avec difficulté : « Ça va, Doll n’avait-elle pas dit à grand frère Prince qu’elle allait bien ? »

Le coin de mes lèvres fut soulevé par un petit tic nerveux, alors que je la questionnais : « Mais, que faisais-tu pendant tout ce temps ? »

« Manger, mais aussi jouer à des jeux de balle avec les grandes sœurs aux robes violettes ! » répondit joyeusement Doll.

Bam !

Doll se précipita vers moi à toute vitesse. « Grand frère Prince, que t’est-il arrivé ? Pourquoi es-tu tombé d’un coup ? Du sang coule même de ta tête ! Grand frère Wolf, viens vite, grand frère Prince est mourant ! »

Me frottant la tête, je me relevai et soupirai. Je fis face à Neurotic et DanDan. « Neurotic, DanDan, je vous présente mes excuses. Je suis profondément navré de vous avoir faits partager mon inquiétude. »

« Haha, aucune importance. Grâce à toi, nous avons été capables de rencontrer Celestial aujourd’hui, et nous avons même pu le défier quelques minutes. Autrement, qui sait combien de jours nous aurions passé à le chercher tous les deux. » Neurotic m’adressa un immense sourire.

« Neurotic et DanDan ? » s’étonna brusquement Nan Gong Zui, choqué. « Les vainqueurs du Tournoi des Aventuriers du Continent de l’Ouest ? Le couple de La Cité Vagabonde ?»

Je fixai Neurotic et DanDan, abasourdi. Ils étaient les suzerains de La Cité Vagabonde du Continent de l’ouest ? »

Neurotic se gratta la tête avec embarras. « Nous avons été percés à jours ? »

« Dans ce cas, laissez-nous nous présenter à nouveau ! Je suis DanDan, une invocatrice occupant la cinquième place du classement. Et, voici mon p’tit mari : un guerrier classé neuvième. Nous sommes l’équipe gagnante du Tournoi des Aventuriers du Continent Ouest, la Team Vagabonde. Après quoi, nous avons bâti la Cité Vagabonde, et nous sommes actuellement en train de rassembler nos forces pour nous préparer à conquérir la totalité du Continent Ouest. Avec un peu de chance, nous arriverons à devenir le Suzerain de la région, exactement comme toi Prince. »  DanDan m’adressa un large sourire.

« Moi ? Un Suzerain ? » demandai-je stupéfait.

Les yeux de DanDan s’illuminèrent en me contemplant. « C’est exact, le Suzerain Sanguinaire du Continent Central, Prince, est présentement l’un des noms des suzerains les plus célèbres parmi les cinq continents. »

« Suzerain Sanguinaire ? » Je laissai échapper un léger soupir, ne sachant guère comment prendre la nouvelle.

Notes de bas de page

1 « nous serions vraiment dans le pétrin » : 叫天天不应,叫地地不灵 (jiào tiān tiān bù yìng, jiào dì dì bù líng). Littéralement : Pleure et supplie le Ciel, mais les Cieux ne répondent pas. Pleure et supplie la Terre, mais la Terre est imperméable.

2 « escalader une montagne faite de couteaux, ou sauter dans des chaudrons d’huile bouillante » En fait, cela fait référence à certains châtiments décrits dans les Enfers chinois. Il y a dix-huit niveaux des enfers, chacun incorporant une torture/un châtiment d’un genre différent, destinés à différents genres de pécheurs. Ces deux-là sont les plus communs. Pour plus d’informations (en anglais) vous pouvez consulter le lien : http://en.wikipedia.org/wiki/Diyu (Avertissement : âmes sensibles s’abstenir).

Romance RPG : Partie 20

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Twenty – traduit du chinois vers l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Vingt – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Lin Jian Yin se précipita pour rentrer à la maison. À son retour, il ne fit rien d’autre que s’asseoir en face de la console Nintendo et attendre les bips sonores et la lumière clignotante. Ses deux yeux étaient rivés sur la console de jeu. Éventuellement, il perdit patience et démarra le jeu le premier. Il avait hâte de mettre le grappin sur la femme qui avait osé fuir sa présence.

Lorsque l’Épée-Fantôme ouvrit à nouveau les yeux, il était étendu sur une chaise dans le salon d’hier. Il semblerait que Meng fût également tombée endormie au milieu de la séance, de sorte qu’ils n’avaient pas quitté le magasin.

Son apparition soudaine fut clairement un choc pour les personnes à proximité. Finalement, le styliste eut enfin assez de courage pour tenter de le placer correctement dans un coin afin d’éviter qu’il fasse peur aux autres clients. L’Épée-Fantôme aperçut le regard affligé du styliste et ne put résister à l’envie de laisser échapper un cri, ce qui effraya le styliste à un point tel qu’il jeta l’épée au loin dans sa panique. Tout ce qu’obtint l’Épée-Fantôme pour s’être moqué de lui fut d’être lamentablement envoyé valdinguer dans les airs. Après avoir tournoyé à plusieurs reprises, il s’écrasa lourdement sur le sol, et personne ne vint vérifier s’il allait bien.

« Hé ! Faîtes plus attention quand vous me déplacez ! » hurla l’Épée-Fantôme avec le visage pointé vers le sol, extrêmement mécontent.

Malheureusement, après avoir été témoin de l’expérience antérieure du styliste, personne ne voulait le toucher, alors ils laissèrent l’Épée-Fantôme hurler et vociférer sur le côté. En fin de compte, fatigué de crier, il ne put que se mettre à marmonner que cette femme l’avait abandonné sans s’en soucier, obligeant une épée solitaire comme lui à rester dans un endroit où il se faisait maltraiter par les gens.

« Épée-Fantôme, pourquoi es-tu étendu là ? »

Avec un hoquet de surprise, Meng s’empressa de rejoindre l’Épée-Fantôme et de le ramasser. L’Épée-Fantôme afficha une expression contrariée quand il regarda Meng, mais fut ensuite stupéfait. Aucune trace ne restait de la coupe de cheveux de vieille dame que Meng portait auparavant. À sa place, il y avait des cheveux souples, noirs de jais, et longs jusqu’aux épaules. Assortis avec la paire d’yeux de Phoenix unique de Meng, bien qu’elle ne pût pas être appelée une femme d’une grande beauté, elle arborait une apparence rafraîchissante et charmante.

« T-Tu… » L’Épée-Fantôme la fixa du regard d’un air abasourdi, incapable de parler pendant un certain temps.

Meng eut l’air inquiète. « Qu’est-ce qu’il y a ? Je suis vraiment désolée. Je me suis connectée avec un peu de retard, et à cause de ça tu t’es fait jeter ici. »

L’Épée-Fantôme voulait à l’origine poursuivre sur ce sujet et la maudire, mais en voyant son air de culpabilité, la moitié de son cœur s’adoucit involontairement. Cependant, sa bouche continua sa tirade : « Oui, oui, tu as été tellement lente à te connecter. Je ne peux pas bouger par moi-même, alors je n’ai pu qu’être maltraité par des gens. Où es-tu allée ? Tu es secrètement allée rencontrer ton petit ami ? » L’Épée-Fantôme ne put s’empêcher d’aborder le sujet d’une manière détournée, et ensuite tendit l’oreille en attendant la réponse.

Meng sourit avec embarras et répondit vaguement : « Je ne faisais qu’aider un ami avec quelque chose. »

« Vraiiiiiiiiiiiiiiiiiment ? » L’Épée-Fantôme allongea le mot. Il n’avait pas songé que Meng oserait essayer de le tromper.

« Ouais. »

Meng répondit naturellement, mais remarqua que l’Épée-Fantôme semblait étrangement mécontent. Elle en conclut qu’il n’était peut-être fâché que parce qu’elle était arrivée si tard. Sur ce, elle se hâta de changer de sujet. « Épée-Fantôme, qu’est-ce qu’on devrait faire maintenant ? »

« Qu’est-ce que tu veux dire par “qu’est-ce qu’on devrait faire maintenant” ? » L’Épée-Fantôme venait tout juste de repenser à la façon dont elle avait grimpé dans la voiture de quelqu’un d’autre et lui répondit avec irritation.

Voyant que l’Épée-Fantôme n’avait pas l’air content, Meng le questionna timidement : « Tu n’avais pas dit que tu voulais m’aider à changer ? Est-ce que c’est assez en changeant ma coiffure ? »

L’Épée-Fantôme lui jeta un regard en biais. Meng était toujours vêtue d’une chemise Pikachu et de pantoufles bleues et blanches. Si ça pouvait être appelé passable, dans ce cas est-ce que ça voulait dire que, juste en mettant une robe, une femme pourrait être appelée magnifique ?

En voyant la rafraichissante et charmante Meng révéler un regard innocent, l’autre moitié du cœur de l’Épée-Fantôme s’adoucit, et il fut incapable de rester furibond. Cette femme doit être ma faiblesse ! marmonna l’Épée-Fantôme dans son cœur, mais il ne pouvait pas se résigner à dire quoi que ce soit à voix haute. Il put seulement lui demander : « Le prince ne veut-il pas tenir un bal ? Quand a-t-il lieu exactement ? »

Quand elle entendit le rappel de l’Épée-Fantôme, Meng se souvint enfin de la raison initiale pour laquelle ils devaient se rendre en ville. Elle fouilla précipitamment dans son sac et sortit une invitation froissée du fin fond de celui-ci. Meng fronça les sourcils quand elle vit un compte à rebours sur l’invitation bizarre. Ça disait : « Temps restant avant le bal. Un mois, quinze jours, vingt-huit heures, trente-six minutes et vingt secondes. »

« Quoi ! Dans un mois et demi ? » s’écria l’Épée-Fantôme. J’ai seulement un mois et demi pour transformer la jeune fille en face de moi en une beauté digne d’être associée avec un prince ?

« Vite, vite, vite ! » l’exhorta l’Épée-Fantôme à plusieurs reprises.

« Vite quoi ? » Meng était perplexe.

« Va acheter des vêtements ! Tu crois que le prince va aimer Pokémon ? » s’exclama l’Épée-Fantôme.

Meng baissa la tête pour regarder le Pokémon sur ses vêtements, et grommela un peu avec mécontentement que les Pokémons étaient très mignons. Mais, ses pas ne ralentirent pas. Peu importe à quel point elle aimait Pokémon, elle n’oserait pas porter ça pour assister à un bal. Elle sortit du salon en coup de vent.

L’Épée-Fantôme déclara avec hâte : « Rends-toi à cette boutique devant laquelle nous sommes passés la dernière fois. La robe blanche qu’ils avaient là semblait vraiment sympa. »

En entendant les instructions de l’Épée-Fantôme, Meng changea rapidement de direction et se dirigea vers l’endroit où l’Épée-Fantôme lui avait dit d’aller. Il ne leur fallut pas longtemps avant d’arriver à la boutique de vêtements. Faisant face à la robe blanche qui était affichée dans la vitrine, Meng estima également que le design était très élégant. Il s’agissait d’une robe simple à bustier avec les lignes gracieuses d’une robe de bal sirène.

« Est-ce que ce serait vraiment approprié pour moi de porter ça ? » Meng était extrêmement timide. Une robe élégante comme celle-là ne semblait pas être quelque chose qu’elle devrait porter.

L’Épée-Fantôme leva les yeux au ciel et s’exclama : « Assez discuter. Entrons ! »

Meng pénétra craintivement dans le magasin. Dès qu’elle entra, elle aperçut un commis qui bâillait derrière le comptoir. Elle ne put s’empêcher de se figer sur place et de le fixer du regard depuis la porte. Elle ne savait pas si elle devait attendre que l’employé du magasin les accueille ou si elle devait nonchalamment se promener pour jeter un coup d’œil aux alentours. Après qu’un certain temps se fut écoulé, l’employé de la boutique remarqua enfin qu’il y avait une femme dans l’encadrement de la porte et afficha immédiatement un sourire. Il se dirigea poliment vers Meng.

Le commis de magasin examina d’abord Meng de haut et en bas. Quand il vit la façon dont Meng était habillée, il resta momentanément stupéfait. Cependant, il avait probablement été formé pour se montrer professionnel étant donné qu’il récupéra de sa stupeur en un instant et demanda, rayonnant : « En quoi puis-je vous aider, mademoiselle ? »

Meng répondit d’une petite voix : « Je veux regarder des robes. »

Un air de compréhension apparut sur le visage du commis du magasin. Il hocha la tête à plusieurs reprises. « C’est pour assister au bal du palais, n’est-ce pas ? Vous prenez vraiment votre temps. La plupart des jeunes filles ont déjà commandé leurs robes plusieurs mois à l’avance. Elles ont même toutes été spécialement conçues. »

« V-Vraiment ? » Meng était un peu gênée. Est-ce qu’il est en train de me dire que j’ai été trop lente dans ma recherche de vêtements ? Elle pensait déjà que passer un mois et demi pour trouver des vêtements était beaucoup trop long.

Voyant que Meng s’était raidit et semblait ne pas savoir quoi répondre, l’Épée-Fantôme avait à présent perdu patience. Il les urgea d’une voix forte : « Dépêchez-vous ! Nous voulons jeter un coup d’œil à la robe exposée dans la vitrine. »

Romance RPG : Partie 19

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Part Nineteen – traduit du chinois vers l’anglais par Trespasserby[PR!]
Partie Dix-Neuf – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

« Et toi ? » demanda Bai Xue Chen. Voyant le regard confus de Lin Jian Yin, il ajouta : « Est-ce que tu as terminé ton objectif initial ? N’es-tu pas allé trouver le magasin d’antiquités God ‘n Devil à cause de cette bouche impulsive qui est la tienne ? »

Lin Jian Yin se figea. Il avait vraiment oublié la raison pour laquelle il était allé visiter la boutique d’antiquités. Il hésita, puis secoua la tête, se souvenant qu’il avait dit à God Charity qu’il ne voulait pas changer. Alors, après ça, pourquoi diable avait-il acheté la console Nintendo ? Il ne se souvenait même pas s’il avait payé ou non.

Bai Xue Chen dit vaguement : « Eh bien, ça n’a pas vraiment d’importance. Ta langue de vipère est l’une de tes caractéristiques principales. Si tu changeais vraiment, alors je me demanderais réellement si tu es bel et bien Lin Jian Yin. »

Lin Jian Yin roula des yeux vers son meilleur ami.

Bai Xue Chen ignora le roulement d’yeux et sourit pendant qu’il déclarait : « Cependant, ton humeur est devenue moins sombre ces derniers temps. Qui plus est, bien que tu aies fait fuir ton agente hier, elle n’a évidemment pas l’intention de démissionner, et semble même être de très bonne humeur aujourd’hui. Compte tenu du fait qu’elle s’est déjà enfuie une fois et qu’elle t’a quand même salué dans le supermarché comme si de rien n’était, cette fille est plus résistante qu’un cafard. »

« Ne la traite pas de cafard », le réprimanda Lin Jian Yin, mécontent.

Bai Xue Chen venait soudainement de se faire gronder, mais il ne se sentait pas le moins du monde en colère. Au contraire, le changement brusque de son bon ami avait piqué sa curiosité. Il était sur le point de se moquer de Lin Jian Yin, mais l’ouverture inopinée de la porte de la boutique l’empêcha de le faire. Ils tournèrent tous les deux la tête pour regarder et aperçurent une Yue Lan élégamment vêtue entrer.

« Yue Lan ? Pourquoi es-tu seule ? » Bai Xue Chen regarda autour, mais ne vit pas Ye Meng Ling.

Remarquant que Lin Jian Yin était également présent, Yue Lan répondit de façon un peu hésitante : « Meng Ling a rencontré une connaissance et a été emmenée de force pour aller prendre le thé. Je suis donc revenue par moi-même. »

« Qui a-t-elle rencontré ? »

Lin Jian Yin éprouva un fort sentiment de malaise dans son cœur. Si la personne était juste une connaissance, Meng Ling n’aurait certainement pas renvoyé Yue Lan toute seule. Il était plus probable qu’ils seraient tous les trois partis prendre le thé ensemble.

En entendant cette réponse, Yue Lan fut surprise. Dans la détresse, elle regarda vers Bai Xue Chen. Il la tint gentiment et dit doucement : « Ne t’inquiète pas. Vas-y, dis-le. »

« Meng Ling a dit que c’était son ex-petit ami. Ils ne faisaient que ressasser le bon vieux temps ! Vraiment ! » répondit prudemment Yue Lan. En même temps, elle observa attentivement la réaction de Lin Jian Yin. S’il avait l’air mécontent, elle défendrait sa nouvelle amie jusqu’à la mort.

Ex-petit ami ? Le souvenir de cette fois-là au supermarché, quand ce couple avait blessé Meng avec leurs paroles, refit tout à coup surface dans la mémoire de Lin Jian Yin. Lorsque Lin Jian Yin avait commencé à discuter avec cette femme, l’homme s’était contenté de rester sur le côté, sans oser dire un mot.

Pourquoi est-il parti à la recherche de Meng ? Lin Jian Yin ressentit un pressentiment dans son cœur. Peut-être que cette femme est l’instigatrice de quelque chose. Se pourrait-il qu’elle tente de se venger ?

À cette pensée, Lin Jian Yin se hâta de demander : « Sais-tu où ils sont allés ? »

En entendant Lin Jian Yin dire cela, les deux autres sourirent mystérieusement. Yue Lan répondit en entrant dans les détails : « Ils sont seulement allés au Starbucks à deux rues d’ici. C’est difficile de se garer là-bas, alors tu devrais y aller à pieds. Nous avons marché jusque-là pour faire les magasins tout à l’heure. »

« Compris. » Lin Jian Yin ouvrit la porte, ne leur disant même pas au revoir tandis qu’il s’en allait en courant.

Bai Xue Chen cligna des yeux et demanda malicieusement : « Essaie de deviner. Juin prochain, crois-tu que nous pourrions assister à un double mariage ? »

Yue Lan rougit et regarda affectueusement son bien-aimé. Puis, elle jeta un regard vers la porte avec une certaine inquiétude. « Mais, Meng Ling est très réservée et timide quand il s’agit d’aimer. »

« Ne t’en fais pas. Lin Jian Yin est la personne la plus directe que j’aie jamais vu. » Le sourire sur le visage de Bai Xue Chen devint de plus en plus brillant.

« La personne plus directe contre la plus réservée. Je me demande qui va gagner cette lutte. » Bai Xue Chen fronça des sourcils. « Je suis enclin à parier sur l’inébranlable mauvais caractère de mon ami de longue date. »

 

 

Lin Jian Yin sprinta tout le chemin, des images du visage en larmes de Meng lui traversant l’esprit. À chacun de ses pas, il accélérait. Atteignant la deuxième rue, il arriva juste à temps pour apercevoir le dos d’une silhouette familière sur le point d’entrer dans la voiture de quelqu’un.

Toujours en train de courir, il rugit : « Ye Meng Ling ! »

Elle tourna la tête pour regarder, clairement choquée. Elle ne savait pas pourquoi, mais voir Lin Jian Yin courir vers elle la fit se sentir coupable. Dans sa panique, elle grimpa dans la voiture et exhorta l’homme dans le siège du conducteur de se dépêcher de partir. L’homme fut surpris, mais il appuya à fond sur l’accélérateur, et la voiture fila au loin.

Lin Jian Yin ne s’était jamais attendu à ce que la jeune femme l’entende crier et s’enfuie avec quelqu’un d’autre, quand il était en fait venu la sauver. La colère surgit dans son cœur.

« Ye Meng Ling, comment oses-tu t’enfuir ? » Les yeux de Lin Jian Yin se plissèrent dangereusement.