Chapitres de janvier
Bonjour !
Ce mois-ci, nous achevons officiellement la publication du tome 4 de La Légende du Chevalier du Soleil.
Bonne et heureuse nouvelle année 2021 !
Bonjour !
Ce mois-ci, nous achevons officiellement la publication du tome 4 de La Légende du Chevalier du Soleil.
Bonne et heureuse nouvelle année 2021 !
La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 – Tuer un dragon
Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)
Chapter 10: Slay the Dragon – traduit du chinois vers l’anglais par ErodingPersona[PR!]
Chapitre 10 : Tue le dragon – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ travail de vérification par LuluHime
L’épée que Lesus du Jugement tenait à la main débordait d’élément sacré.
Alors que j’observais l’épée, elle laissa soudainement échapper une explosion d’élément sacré. Parce que j’étais actuellement saturé d’élément des ténèbres, je ressentis une douleur cuisante, comme si des flammes me dévoraient. C’était douloureux au point que je faillis crier.
Au même moment, quelque chose dans mon esprit s’effondra avec un craquement. Une myriade d’images et de mots affluèrent, comme un torrent dévalant une montagne, remplissant complètement mon esprit.
Je tombai à terre, vidé de mes forces, et m’accroupis en me tenant la tête. Faible, je ne pouvais que sentir l’inondation monter et s’écraser dans mon esprit…
« Le Dieu de la Lumière, dans sa bienveillance, pardonnera vos péchés. »
« Grisia, si tu n’es pas choisi comme Chevalier du Soleil, devenir un guérisseur ne serait pas mal non plus ! Dans ce cas, tu pourrais aider à guérir mes blessures dans le futur. »
« Apporter la justice est la raison d’être du Chevalier du Soleil. »
« Sun, tu ne peux plus voir du tout, n’est-ce pas ? Ne me mens pas. Et, ne poursuis pas le groupe du chevalier noir juste pour les laisser te lacérer les yeux afin de cacher ce fait. Je sais à quoi tu penses. Ne fais pas ça, je t’en prie… »
« Si tu oses à nouveau me cacher quelque chose, peu importe à quel point cette chose sera confidentielle, je te démasquerai devant tous les Douze Chevaliers Sacrés. »
…
…
« Je me souviens à présent. »
Je me levai lentement et relevai la tête en affichant un sourire éclatant. Exactement comme avant, je dois maintenir mon sourire en toutes circonstances.
« Je suis le Chevalier du Soleil, Grisia du Soleil. »
Ice me fixa longuement du regard. Son expression était légèrement incrédule, et il me demanda avec un instant de retard : « Tu te souviens maintenant ? Dans ce cas… quel est mon nom ? »
À cette question, je fronçai immédiatement les sourcils et réfléchis intensément avant de répondre : « Il me semble que c’est… Solan ? »
Le Chevalier de Glace me contempla avec un visage dénué d’expression.
« Non ? Alors, ce doit être Désolan. » Cette fois, je lui répondis en toute confiance.
« … »
« C’est Ecilan ! » Une fois qu’Ice m’eût corrigé, il ajouta avec surprise : « Sun, as-tu vraiment retrouvé la mémoire ? »
J’acquiesçai d’un signe de tête.
À cet instant, Judgment s’approcha de quelques pas.
Je penchai ma tête sur le côté et le questionnai, confus : « Judgment, comment as-tu fait pour arriver ici… »
Non ! Ce n’était pas seulement Jugdment. Plusieurs personnes se matérialisèrent, surgissant de nulle part. Storm, Earth, Cloud, Roland, Metal… Finalement et contre toute attente, tout le monde était venu.
En m’incluant, tous les membres des Douze Chevaliers Sacrés étaient présents !
« C’est donc grâce à un cercle de téléportation. »
Cependant, nous nous trouvons sur le territoire du Royaume de l’Orchidée Lunaire ! Qui est capable de téléporter onze personnes sur une aussi longue distance ? Même dans mon état actuel, je serais probablement incapable d’y parvenir. Après tout, je possède une quantité abondante de l’élément des ténèbres, et une téléportation sur une telle distance nécessiterait plutôt une large quantité de l’élément du vent.
Judgment se retourna et ordonna aux autres : « Commencez par soigner Blaze et Ice. Soignez-les autant que vous le pouvez. »
« D’accord. »
Après moi, ceux qui étaient relativement doués pour les sorts de guérison étaient Leaf et Earth qui se dirigèrent immédiatement vers le comateux Blaze et se mirent à lancer un sort de guérison. Cependant, le mieux qu’ils pouvaient lancer était Soin Modéré. Pour Blaze et Ice, qui étaient gravement blessés, cela revenait à essayer d’arrêter un feu de forêt avec un sceau d’eau.
Devant cette situation, je m’avançai immédiatement, mais je me souvins subitement que tout mon corps était rempli de l’élément des ténèbres. Dans ma condition, si je jetais des sorts de soin requérant l’élément sacré, je ne pourrais pas faire mieux que Leaf ou Earth.
« Sun, ton épée. »
Je tournai la tête et vis Judgment, avec l’Épée Divine du Soleil à la main, se tenant devant moi… L’Épée Divine du Soleil était naturellement mon épée, mais le fort élément sacré qu’elle émettait me rendait très inconfortable. Bien que je ne pusse pas la voir, je me sentais aveuglé et ébloui par celle-ci.
Je répondis avec répugnance : « Je n’en veux plus. »
J’avais l’horrible impression que, si je prenais l’Épée Divine du Soleil, je perdrais assurément la quantité considérable d’élément des ténèbres dans mon corps et redeviendrais une fois de plus… ce Chevalier du Soleil aux compétences médiocres dans le maniement de l’épée et qui ne pouvait même pas se protéger lui-même.
« Pourquoi ? » me demanda calmement Judgment.
Je restai silencieux pendant un instant, mais finis par expliquer : « Parce que je ne veux pas redevenir ce moi pathétique ! Je suis puissant maintenant. Je peux même enchaîner un dragon et l’empêcher de blesser Ice et Blaze ! »
« Ah bon ? » répliqua froidement Judgment. « Dans ce cas, pourquoi la jambe d’Ice est-elle si amochée ? Pourquoi Blaze est-il inconscient sur le sol ? »
« C’est parce que… » J’étais sans voix, mais tentai de me justifier : « J’avais perdu la mémoire, c’est pour cette raison que je les ai laissés être blessés. Cela ne se reproduira plus. »
En entendant ma réponse, Judgment répliqua immédiatement avec sévérité : « Alors, soigne-les, tous les deux. Soigne-les immédiatement ! »
Comment le pourrais-je… Mon corps était tellement chargé d’élément des ténèbres que je ne pouvais plus rassembler d’élément sacré en grande quantité. Même si je me forçais à lancer des sorts de soin ou des sorts sacrés, au mieux je pourrais seulement en lancer un de niveau modéré. Cependant, les blessures sur les corps de Blaze et d’Ice étaient si graves que seul Soin Ultime pourrait les guérir complètement.
Le moi d’avant aurait facilement pu lancer Soin Ultime, mais le moi actuel ne le pourra jamais.
« Prends-la ! » Judgment leva l’Épée Divine du Soleil et s’approcha de moi.
Ma réaction fut de reculer et de m’exclamer : « Je ne veux pas redevenir cette faible personne incapable de manier une épée ! Les laisser être blessés cette fois était purement un accident. J’avais perdu la mémoire. Cela ne se reproduira plus. Je suis puissant à présent. Non seulement je peux me protéger, mais je ne laisserai plus jamais les Douze Chevaliers Sacrés être blessés dans le futur. Je peux tous vous protéger… »
« Sun ! » Judgment m’interrompit sévèrement et hurla : « Aurais-tu oublié ce que tu nous as dit auparavant ? »
Ce que j’ai dit auparavant ?
Judgment cria : « Quand tu ne parvenais pas à apprendre le maniement de l’épée malgré tous tes efforts et que des rumeurs selon lesquelles l’Église du Dieu de la Lumière voulait te remplacer se sont mises à circuler, as-tu oublié ce que tu as annoncé devant ton maître, devant nous, devant tout le monde ? »
Je tressaillis, car cette fois-là…
Je n’arrive pas à apprendre le maniement de l’épée ? Et alors ! Qu’il en soit ainsi !
Je ne suis peut-être pas le Chevalier du Soleil le plus fort de l’Histoire comme mon maître, mais mes Douze Chevaliers Sacrés, une fois renforcés par mes sorts sacrés, deviendront « Les Douze Chevaliers Sacrés les plus puissants à avoir foulé le sol de notre monde ! »
Rien ne peut leur résister et m’atteindre ! Même sans savoir manier l’épée, je n’ai peur de rien !
J’avais clamé haut et fort quelque chose de ce genre auparavant…
« Prends ton Épée Divine du Soleil ! »
Judgment me tendit l’épée et retrouva sa façon calme de parler. « Sun, nous ne sommes les Douze Chevaliers Sacrés les plus puissants de l’Histoire qu’avec l’aide de tes sorts sacrés. C’est d’eux et de tes sorts de soin dont nous avons besoin, pas de ta protection ! Si tu nous considères toujours comme tes coéquipiers, dans ce cas prends ton épée et assiste-nous en tant que camarade. Ne te dresse pas seul devant nous pour nous protéger tel un héros ! »
Judgment continua de tenir l’épée en l’air, me scrutant du regard. Même si je ne pouvais pas voir, je pouvais toujours imaginer à quel point son expression était sévère.
Il ajouta lentement : « Un héros ou un coéquipier. C’est ton choix. »
Un coéquipier, bien sûr… Sans hésitation, je tendis la main. Mais, alors que j’étais sur le point de toucher l’épée, je m’arrêtai un instant pour examiner l’immense dragon qui se débattait. « Je ferais peut-être mieux de nous débarrasser du dragon d’abord… »
« PRENDS-LA ! » rugit Judgment.
Je tressaillis et le questionnai avec quelques doutes : « Mais, êtes-vous vraiment assez forts pour vaincre un dragon ? Il vaudrait peut-être mieux me laisser le tuer… »
Trois flèches filèrent soudainement à gauche, à droite et au-dessus de ma tête respectivement. Je réagis avec un temps de retard, mes yeux s’agrandissant quand je réalisai que la personne ayant tiré les flèches sur moi était en fait Leaf.
Ce dernier baissa lentement son arc, puis me sourit et décréta : « Si ces trois flèches avaient touché leur cible, tu serais déjà mort, Sun ! »
« Sun. »
Une voix retentit subitement à côté de moi. Je sursautai d’effroi pour ensuite remarquer que Storm était apparu sans aucun bruit à mes côtés et qu’il avait même posé une main sur mon épaule. Il déclara avec paresse : « Je t’en prie, Sun. Dépêche-toi de prendre cette épée et de lancer tes sorts sacrés sur nous. Après ça, allons massacrer ce dragon en vitesse et retournons à l’Église, d’accord ? Ça fait déjà plus de dix jours que je reste éveillé tard le soir pour travailler. J’ai vraiment envie de rentrer et de me mettre au lit… Aaaah ! Je suis épuisé. »
Earth se servit de la lumière sacrée pour solidifier un énorme bouclier, le plaça entre nous et le dragon, et, d’une façon « honnête et pleine de considération », il dit : « Prends vite cette foutue épée, Sun. Ne t’inquiète pas pour nous, nous sommes tous habitués à ce que tu paresses et lambines derrière nous pendant nos combats, alors tu peux prendre ton épée sans te faire de souci ! »
Cloud « se matérialisa » silencieusement depuis le coin de la caverne et fit même siffler son épée en l’agitant comme à l’entraînement — il était si rapide que je pouvais à peine le voir — puis, il regagna sans un mot le coin d’où il était venu. Pourquoi diable es-tu apparu ?
Ice tenait toujours Blaze d’une main, mais son autre main serrait fermement son bâtonnet divin… Pardon, je veux dire « l’Épée Divine de Glace ».
Moon redressa la tête avec arrogance tout en déployant le fouet qui pendait à sa taille, le faisant claquer avec fluidité à plusieurs reprises. Le craquement perçant qui retentit avait l’air terriblement douloureux, et sa posture était exactement comme celle d’une reine… Non ! Non ! Comme celle d’un roi !
Stone dégaina simplement son arme… une large épée à peu près de la taille d’une femme, mais qui pesait pourtant trois fois plus.
Roland, dans un geste rare, avait amené avec lui l’épée maudite que sa famille léguait de génération en génération, et il retira l’anneau que Rose lui avait donné, révélant son apparence de Seigneur de la Mort accompagnée d’un motif de flammes noires le long de ses veines ainsi que d’une paire d’ailes et de griffes tranchantes. Son aura de ténèbres n’était pas moins impressionnante que celle du dragon.
Enfin, Metal renifla dédaigneusement et déclara avec sarcasme : « Tu ne penses tout de même pas que nous avons besoin de ta protection pourrie, j’espère ? Contente-toi de lancer tes sorts sacrés et d’aller à l’arrière pour profiter de la brise, guérisseur ! »
En les regardant, je fus soudain pris de doutes. Pourquoi voulais-je devenir puissant ?
Le pouvoir… Je le possède depuis longtemps déjà !
Je n’hésitai plus et tendis la main pour prendre l’Épée Divine du Soleil.
L’élément des ténèbres retourna une fois de plus dans la Vallée de Trizer.
Les innombrables Chaînes des Ténèbres dans la caverne du dragon s’estompèrent une par une.
Remarquant qu’il était sur le point d’être libéré de ses entraves, le dragon noir rugit et agita ses griffes, comme s’il était impatient de détruire tout ce qui se trouvait devant lui. Judgment lâcha l’Épée Divine du Soleil, dégaina sa propre Épée Divine du Jugement, et se tourna pour me regarder.
Tout le monde me contempla. J’ouvris les yeux et laissai échapper une énorme quantité de l’élément sacré.
« Soin Ultime ! »
Blaze reprit connaissance. Ice se leva de nouveau.
« Ailes de Dieu ! »
« Bouclier de Lumière ! »
Lorsque les corps de tout le monde se mirent à briller sous l’effet des sorts sacrés, je levai mon Épée Divine du Soleil, la pointai sur le dragon noir enragé et ordonnai à mes Douze Chevaliers Sacrés :
« À présent, votre mission est de tuer le dragon ! »
Ils s’écrièrent à l’unisson.
« À mort ! »
Finalement, nous rentrâmes au Temple Sacré.
Après avoir rapporté au Pape que nous avions tué un dragon, ses yeux se mirent à scintiller, et nous l’observâmes ordonner à des clercs de déployer sur-le-champ du personnel afin de ramener le corps du dragon. Ses écailles pouvaient être utilisées pour fabriquer des armures, sa viande pour cuisiner de délicieux repas, ses os pour lancer des sorts, ses dents pour forger des armes, et ses muscles pour concevoir des médicaments. Même le sang du dragon pouvait être vendu à ceux qui croyaient qu’en boire les rendrait forts et aussi solides qu’un chêne.
J’eus immédiatement pitié de ce pauvre dragon.
Une fois notre rapport terminé, c’est avec l’air extrêmement épuisé que nous quittâmes tous le bureau du Pape pour retourner dans nos chambres respectives.
« Blaze ! Ice ! »
Dans le couloir, je les appelai avec une certaine hésitation.
Ils s’arrêtèrent tous les deux. Les autres nous dévisagèrent discrètement en tendant l’oreille pour écouter et prirent tout leur temps pour s’éloigner.
« Je… à propos de ce qu’il s’est passé là-bas, je suis désolé, vraiment désolé… »
Ice acquiesça d’un signe de tête. L’expression sur son visage était la même que d’ordinaire. Il semblait avoir accepté mes excuses.
En revanche, l’expression sur le visage de Blaze se durcit, ce qui me fit paniquer intérieurement. Se pourrait-il que j’aie été trop loin et que Blaze, qui m’a toujours soutenu, ne veuille pas me pardonner cette fois ?
Je fixai Blaze, l’air affolé. Après un court instant, son visage se relâcha, et il cria avec fureur : « Ne perds plus jamais la mémoire, Sun ! Quand tu es amnésique, tu te transformes en véritable ordure ! »
(C’en est une même en temps normal. Quelque part au loin, le murmure d’une personne inconnue s’éleva.)
Blaze garda le silence pendant un moment, puis rugit de nouveau : « Quand tu avais perdu la mémoire, tu n’étais pas une ordure ordinaire ! Tu étais plutôt le genre qui donne envie aux gens de te frapper ! »
Hé, hé ! Tu n’avais pas besoin de corriger tes mots à dessein !
(Même en temps normal, il donne envie aux gens de le frapper ! N’est-ce pas étrange ?)
Blaze sombra à nouveau dans le silence. Ice le réconforta en lui tapotant l’épaule.
Je me retournai, affichai mon sourire le plus éclatant et dis : « Sun n’aurait jamais cru que, après que les frères de Sun eurent occis le dragon, ils seraient toujours aussi énergiques et enthousiastes. Cela doit être dû à la clémence du Dieu de la Lumière, qui a éradiquée l’épuisement des frères de Sun afin de leur permettre de continuer à répandre avec une foi inébranlable l’éclat du Dieu de la Lumière. Sun se sent si ému par cette grâce et souhaite apporter son aide à ses frères. Et si nous nous hâtions de partir immédiatement pour faire une tournée dans les rues et d’y chanter des hymnes sacrés ? Qu’en pensent les frères de Sun ? »
Le public aux alentours se dispersa instantanément.
Humph ! Ils ont enfin décampé. Je repris ma position initiale et affichai de nouveau une expression innocente, comme si j’avais appris des erreurs que j’avais commises, et contemplai Blaze avec des yeux tristes.
Son expression s’était grandement adoucie, toutefois Blaze me demanda tout de même avec incertitude : « Tu ne referas plus quelque chose comme jeter Ice en pâture à un dragon, n’est-ce pas ? »
Je lui jurai avec confiance : « Même s’il s’agit d’Earth, je ne le jetterai pas en pâture au dragon. J’en fais le serment ! »
(Va au diable !)
Je tournai la tête pour regarder autour de nous. J’ai l’impression d’avoir entendu la voix d’Earth…
Blaze hocha la tête, me flanqua une claque sur le dos avec force, et déclara d’une voix forte : « Dans ce cas, c’est parfait. Je vais me coucher. Pour te retrouver, je n’ai pas fermé l’œil depuis plusieurs jours. »
J’acquiesçai et me tournai vers Ice.
Ice secoua simplement la tête et dit : « Je ne t’en veux pas. »
Merci à tous les deux.
Ce ne fut qu’après que tout le monde eut rattrapé son manque de sommeil que nous commençâmes à gérer les conséquences des évènements.
Woodrow et les autres étaient revenus avec nous. Une fois qu’ils eurent accepté de ne pas révéler ma véritable nature, je les autorisai à soit continuer leur visite du Temple Sacré, soit à partir… En fait, je ne craignais pas vraiment qu’ils révèlent quoi que ce soit.
Et même s’ils osaient, qui les croirait ?
Au total, trente-huit générations de Douze Chevaliers Sacrés étaient passées, et chaque génération avait dû tenir secrète la vraie personnalité de chacun de leurs membres pendant vingt ans. C’est sur cette base que l’image des Douze Chevaliers Sacrés avait été construite. Était-ce là une chose qu’une équipe de cinq aventuriers pouvait détruire si facilement ?
Je m’allongeai sur mon lit, mon corps complètement recouvert du masque facial blanchissant que je venais juste de finir de préparer… D’après Roland, ma couleur de peau actuelle était seulement une peu plus blanche que le tiramisu préparé par Ice.
Lorsque j’avais entendu cela, j’en avais été si choqué que l’envie m’avait presque saisi de me frapper la tête encore et encore jusqu’à reperdre la mémoire pour toujours.
Heureusement, après trois jours de traitement, Roland m’avait assuré que ma peau avait la teinte du miel à présent.
Tout en laissant le masque reposer sur mon corps, je repensai aux évènements qui s’étaient produits quand j’avais perdu mes souvenirs. Qu’est-ce que je fabriquais au Royaume de Kissinger ? Même en ayant retrouvé la mémoire, je n’ai absolument aucun souvenir de ce qu’il s’est produit. Scarlet y est-elle pour quelque chose ? La véritable identité de Scarlet, ce pourrait-il que ce soit… Mais, pourquoi m’aurait-elle blessée ? De plus, qu’est-il arrivé à Blanchâtre ? Il me semble que Scarlet l’a amené avec elle…
Toc, toc !
… Maudite soit cette malédiction !
« Lequel des frères de Sun se tient devant sa porte, venu ici pour discuter du chemin de la bienveillance avec Sun, suivant l’égérie du Dieu de la Lumière ? »
« Grisia… »
Cette voix, c’est… J’étendis ma capacité de détection jusqu’à ce qu’elle atteigne l’extérieur de ma chambre. Après avoir confirmé l’identité de la personne, je ne pus faire autrement que de rincer l’équivalent de mon salaire qui était étalé sur mon corps, les larmes aux yeux, et ensuite changer de vêtements.
« Sybil. » Quand j’ouvris la porte, je lui demandai à contrecœur : « As-tu besoin de quelque chose ? »
Sybil entra dans ma chambre d’un pas assuré, examina le sol avec curiosité, et me questionna : « Pourquoi le sol est-il mouillé ? Étais-tu en train de prendre un bain ? C’est génial ! »
En quoi est-ce génial ? J’étais un peu perdu.
Sybil me sourit et annonça : « Je suis venue te dire au revoir. »
« Vous partez déjà ? » lui demandai-je, perplexe. « Pourquoi les autres ne sont-ils pas venus avec toi ? »
« Les autres viendront plus tard. »
« Plus tard ? » Je me grattai le visage sans comprendre. Pourquoi ne sont-ils pas venus ensemble ?
« Tu es vraiment… complètement différent de ce que j’avais imaginé ! » Sybil s’approcha de moi, en m’admirant de haut en bas, et ajouta : « Seule ton apparence est exactement comme on le raconte : des cheveux dorés, des yeux bleus et une peau blanche comme le lait. Euh… Tu es plus sombre maintenant, plutôt comme du lait au miel. »
Ne remue pas le couteau dans la plaie !
« Mais tu y ressembles vraiment plus ! »
« J’y ressemble ? » Pourquoi Sybil raconte-t-elle autant de choses bizarres aujourd’hui ? Je lui demandai, perdu : « À quoi est-ce que je ressemble plus ? »
Sybil s’approcha encore davantage. Je pouvais sentir une odeur de jasmin sur elle… Pourquoi porte-t-elle subitement du parfum ? Elle sourit et dit : « Tu ressembles plus à une personne ordinaire… Pourquoi y a-t-il une odeur de parfum sur toi ? Tu en as mis ? »
« Non. »
Une odeur de parfum flottait en permanence autour de moi. Je n’y pouvais rien. Après avoir passé dix ans à étaler des masques blanchissants pour la peau, dont la plupart étaient à base de lavande, cette senteur était toujours imprégnée sur moi. Mon maître, Néo, n’aimait pas la lavande. Il avait pour habitude d’utiliser des masques faits avec de l’extrait de rose, donc il était toujours entouré d’une odeur de rose.
Sybil pencha la tête sur le côté et s’enquit avec curiosité : « Se pourrait-il qu’il s’agisse de l’odeur de la virginité ? »
« … Bien sûr que non ! »
« Ce parfum n’est-il pas celui des puceaux ? »
« Absolument pas. »
« Dans ce cas, qu’en est-il de la personne elle-même ? J’ai presque pensé que tu clamerais ne pas être vierge, comme tu le faisais avant ? »
« … »
« Est-ce que tu veux… ? » Sybil fit un pas de plus vers moi, tout son corps presque pressé contre moi. Je pouvais même sentir son souffle qu’elle expirait lorsqu’elle parlait.
« …te séparer pour toujours de ce mot ? »
Je sursautai. Est-ce que cela pourrait vouloir dire que…
Alors que j’étais encore pétrifié par le choc, le visage de Sybil s’approchait, ses lèvres presque sur les miennes. Cependant, ce fut sa poitrine qui se pressa en premier contre mon torse. La douce sensation de ces deux monticules était vraiment fantastique… Se pourrait-il qu’aujourd’hui soit le jour où je laisserai derrière moi mes jours de pucelage et d’ermite d’église ?
Mon bien aimé Dieu de la Lumière ! J’ai décidé de faire de ce jour pour toujours un jour de remerciement et de grâce, et, chaque année à cette date, j’irai me recueillir devant Votre statue pour Vous remercier…
BAM !
« Aaaah, je s-suis vraiment désolé. Est-ce que je vous ai interrompus ? »
MAUDIT. SOIS-TU. EARTH !
Puisque tu sais déjà que tu nous interromps, fiche le camp ! Alors que Sybil se retournait pour regarder Earth, j’employai immédiatement mon regard le plus effrayant du monde pour le foudroyer, mes yeux lui communiquant un brûlant « Hors de ma vue ! »
« S-Sun, j’ai quelque chose d’important à te dire… » Earth lança un regard plein d’excuses et de gêne à Sybil.
Cette dernière baissa la tête. Elle semblait en fait embarrassée et s’empressa de répondre : « Ce… Ce n’est pas grave. J’ai fini de lui dire au revoir, je ferais mieux d’y aller… Grisia, à la prochaine. »
À la prochaine ? Et quand est-ce que ce sera ? Ce soir ?
Néanmoins, avant que j’eusse pu lui poser la question, Sybil s’était déjà enfuie. Son expression était celle de quelqu’un qui n’avait pas l’intention de revenir. Mais, mon jour de gratitude…
Earth me tapota l’épaule et déclara avec sincérité : « S-Sun, se pourrait-il que ce soit ce qu’on appelle un juste châtiment ? »
Hé, hé ! Tu es l’un des Douze Chevaliers Sacrés du Dieu de la lumière ! Quel châtiment ? Attends un peu, et on verra si je ne vais pas te considérer comme un traître pour ce que tu viens de me faire et ensuite t’attacher à un poteau pour t’y brûler jusqu’à ce que mort s’ensuive !
Je criai à Earth avec colère : « Si tu as fini, pars d’ici tout de suite ! »
« J’avais vraiment quelque chose à te dire ! » Earth haussa les épaules et continua : « Judgment te cherche. »
« … Judgment me cherche ? Pourquoi n’est-il pas venu lui-même ? »
« Il veut que tu le rejoignes et que tu participes à la réunion. »
Earth sourit subitement. C’était le même sourire sincère que d’habitude, et je ne saurais dire s’il s’agissait de mon imagination ou non, mais j’avais l’impression que ce sourire était encore plus méprisable que d’ordinaire. Pourtant, je ne l’ai pas mis en colère récemment, non ? Je suis parti pendant si longtemps, je n’ai donc pas pu lui mettre des bâtons dans les roues, lorsqu’il séduisait sa quarante-et-unième ou quarante-deuxième conquête ! (Juste pour clarifier, je n’ai pas fait d’erreur en comptant. C’est juste que le nombre de femmes qui sont entrées dans sa chambre augmente beaucoup trop vite ! Maudit soit-il !)
… Peut-être que, parce que j’utilise ma capacité à sentir les éléments, je me suis trompé sur son expression ?
Ainsi, donc, il fallait que j’aille participer à une réunion. Mais, que diable s’est-il passé de si important pour que même moi je sois obligé d’y être présent ?
J’étais légèrement perplexe, mais j’acquiesçai quand même d’un signe de tête et répondis : « Très bien. Allons-y ! »
La Reine Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres
Roman d’origine en chinois par : 御 我 (Yu Wo)
Chapter 7: Intertwined—traduit du chinois vers l’anglais pas CesiumBlack[PR!]
Chapitre 7 : Entrelacées – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta
Ils coururent tous les deux pendant une assez longue période de temps. Ce ne fut qu’en voyant que Silvestre cherchait désespérément son souffle, comme s’il était sur son lit de mort, que Manteau Rouge ralentit ses pas jusqu’à marcher.
Silvestre poussa un soupir de soulagement. Après avoir marché le long d’une section de la route et avoir retrouvé son souffle, il lâcha immédiatement : « Reine Guerrière, viens avec moi retrouver mon maître ! »
« Non ! » répliqua Manteau Rouge d’une voix forte.
Silvestre sursauta, mais n’avait pas l’intention d’abandonner aussi aisément. Après s’être donné autant de mal pour trouver la Reine Guerrière, il ne pouvait pas abandonner, quoi qu’il advienne !
« Ce n’est pas très loin d’ici, à seulement deux jours de voyage… »
Manteau Rouge cessa de marcher, ses iris noirs sondant le visage du barde. Elle répondit indifféremment : « Je n’irai pas voir LL avec toi. »
En entendant cela, Silvestre pencha la tête et demanda tristement : « Même s’il s’agit d’une tombe, tu n’es toujours pas d’accord pour y aller ? »
Manteau Rouge était sous le choc. Elle regarda en direction de Silvestre, se servant de ses yeux pour lui en demander silencieusement la confirmation. Son compagnon acquiesça d’un signe de tête.
Ce ne fut qu’après une très longue pause que Manteau Rouge força une courte phrase à sortir de sa bouche. « Comment est-il mort ? »
« D’une maladie », déclara honnêtement Silvestre. « Il y a deux ans, mon maître a attrapé la tuberculose et est mort après être resté cloué au lit pendant un mois. Son corps n’allait pas très bien dès le départ, et il toussait souvent de façon incontrôlable pour une raison que j’ignore… »
« C’était des blessures internes. » Manteau Rouge expliqua calmement : « Il avait précédemment souffert de blessures internes extrêmement graves. »
Silvestre écarquilla les yeux. Il n’était pas au courant de cela, présumant toujours que son maître avait toujours été malade. D’ailleurs, son maître ne lui avait jamais parlé de ce problème.
« Avant de mourir, mon maître voulait que je te retrouve. Il ne me laisserait hériter de sa harpe et ne me libérerait de mon devoir de chanter La Ballade de la Reine Guerrière pendant trois jours que si je te retrouvais et recevais une réponse. » Silvestre employa un ton implorant pour la supplier : « Que tu veuilles me donner une réponse ou pas, je t’en prie, viens au moins avec moi rendre visite à mon maître ! »
Manteau Rouge fut incapable de refuser cette requête d’aller montrer ses respects à un camarade décédé.
Alors qu’ils marchaient tous les deux à travers la forêt, Manteau Rouge était, à l’origine, satisfaite de simplement rester silencieuse et de suivre Silvestre, mais plus ils avançaient et plus elle songeait que quelque chose n’allait pas. Elle avait initialement cru que cette forêt n’était qu’un lieu à mi-chemin de leur destination, mais ils marchaient dans les environs depuis un long moment déjà. Ne me dîtes pas que c’est notre destination ?
« Tu n’as pas enterré LL dans une forêt, j’espère ? » Manteau Rouge agrippa rageusement Silvestre par le col, en grondant : « Si tu l’as enterré ici, il va être déterré et dévoré par des animaux sauvages ! Si la tombe de LL a été déterrée, c’est moi qui vais te creuser une tombe ! »
Silvestre s’empressa de nier : « Non, non, j’ai enterré mon Maître dans un très joli endroit surplombant la mer ! C’est juste que je dois d’abord aller retrouver Dieu, avant de rejoindre mon Maître ! Je me souviens de L’avoir posé sur un arbre dans cette forêt, mais pourquoi est-ce que je n’arrive pas à retrouver cet arbre… »
Le visage de Manteau Rouge était inexpressif.
Apercevant son visage vide d’expression, Silvestre pressentit que la situation avait pris une mauvaise tournure, alors il cria vite : « Dieu ! Où es-tu !? J’ai oublié où je t’ai laissé ! Sors vite ! »
« Même si un blob doré existait vraiment, tu t’imagines réellement qu’il t’aurait attendu dans cet arbre pendant tout ce temps ? »
« Évidemment ! » Silvestre hocha la tête avec confiance, en affirmant : « Sans moi, Dieu ne bougera pas d’un millimètre ! »
Bon sang, j’ai envie de te frapper jusqu’à-ce que tu sois celui qui ne peux pas bouger d’un millimètre ! Manteau Rouge était sur le point de perdre son sang-froid. Elle ignorait honnêtement où LL avait déniché un étudiant aussi ridicule.
« Aïe ! »
Le corps tout entier de Silvestre se retrouva soudainement plaqué au sol. Il lâcha quelques grognements de douleur, jusqu’à-ce qu’il entende Manteau Rouge dire : « Toujours pas debout ? Est-ce que tu as besoin que je te donne un coup de pied ou deux ? »
Normalement, ne devrait-on pas demander si la personne a besoin d’aide pour se relever ? Se sentant contrarié, Silvestre se remit debout. Cependant, il découvrit que sa tête était plutôt étrange.
« Oh non, ma tête est vraiment lourde ! Je crois que j’ai peut-être une commotion cérébrale ! »
Après qu’il eût fini de crier d’inquiétude, il remarqua que le regard de Manteau Rouge était en quelque sorte bizarre. En fait, on aurait dit que son regard n’était pas rivé sur lui mais plutôt au-dessus de sa tête… Il s’écria de surprise et de joie : « Ah ! Dieu, tu es revenu ? »
Manteau Rouge fronça les sourcils et regarda la chose sur la tête de Silvestre. Elle avait l’air du même blob régulier : un blob transparent et gélatineux qui ressemblait à de la gelée de fruit. C’était simplement que le blob n’était pas de l’habituelle couleur verte, mais plutôt d’une couleur dorée à la place. Elle ne s’attendait pas vraiment à ce qu’il y ait réellement un blob doré… Attendez, est-ce qu’il a des yeux ?
Malgré le fait qu’ils fussent très petits, tels deux graines de sésame suspendues à l’intérieur d’une gelée de fruit, ils avaient vraiment l’air d’yeux. Cependant, les blobs ne devraient pas avoir d’yeux. Qui plus est, il y avait même un design coloré brillant au centre de cette chose en forme de tas, qui ressemblait à un motif décoratif au premier coup d’œil.
En dépit de ce qu’était cette chose, il n’y avait aucune chance pour que ce fût un dieu, même si Silvestre le serrait dans ses bras en répétant encore et encore : « Dieu, c’est une bonne chose que tu ne te sois pas perdu ! », « Dieu, tu étais en forme ces derniers jours ? », « Hahaha, cesse de remuer, tu me chatouilles ! »
Si c’est un dieu, dans ce cas il y a un dieu dans chaque maison… gardé dans la niche du chien à l’extérieur !
« Dieu, voici une nouvelle amie ! Dis bonjour ! » Silvestre lui présenta Manteau Rouge.
« Dieu » voulut montrer une attitude amicale, donnant initialement l’impression qu’il voulait sauter sur elle. Toutefois, en voyant les yeux de Manteau Rouge remplis d’un avertissement qui semblait vouloir dire « Si tu oses t’approcher, je vais te transformer en chaire à pâté », « Dieu » retourna immédiatement dans les bras de Silvestre, se servant même d’une queue qu’il venait tout juste de sortir pour fermement se jeter sur son bras, refusant de saluer l’autre parti même sous menace de mort.
« Haha, Dieu est juste un peu timide ! » dit Silvestre en riant.
« Tu l’appelles Dieu ? » Manteau Rouge déclara d’un ton monotone : « Je vais lui donner un nouveau nom. À partir de maintenant, appelons-le Oh-mon-dieu ! »
« Oh-mon-dieu ? » Silvestre approuva d’un signe de tête : « C’est un très beau nom. Dieu est mon petit Dieu, après tout ! »
C’est « Oh-mon-dieu » comme pour : oh mon dieu, qu’est-ce que c’est que cette chose !? Manteau Rouge ne se donna pas la peine d’expliquer davantage, étant donné que la seule raison pour laquelle elle avait donné un nom à Oh-mon-dieu était pour empêcher Silvestre d’appeler un blob mutant « Dieu » à plusieurs reprises au milieu d’une cité, et afin d’éviter les problèmes que cela pourrait occasionner.
Manteau Rouge lui rappela de façon impassible : « Il se fait tard ! Nous devrions nous dépêcher. »
« Tu as raison ! »
« Nous y sommes, nous y sommes ! »
Ils atteignirent tous les deux leur destination dans la soirée le jour suivant, beaucoup plus rapidement que les deux jours prédits par Sylvestre. C’était évidemment dû à leurs deux styles de voyage excessivement différents. Silvestre s’arrêtait fréquemment pour observer des fleurs ou de l’herbe, mais Manteau Rouge, qui venait tout juste de recevoir les nouvelles de la mort d’un camarade, n’avait aucune inclinaison ou patience pour faire une telle chose.
Après avoir reçu des coups de pieds plusieurs fois, Silvestre n’avait plus tendance à s’arrêter fréquemment lui non plus.
Il y avait de l’herbe près du bord de la falaise. La vue était superbe, permettant aux gens de surveiller l’océan.
Malgré le fait que Silvestre eût dit que c’était à cet endroit, il n’y avait aucune pierre tombale. Manteau Rouge jeta un regard extrêmement peu amical à Silvestre.
Ce dernier désigna immédiatement du doigt le gros rocher qui ne se trouvait pas très loin, en disant : « Mon maître est enterré à côté de cette grosse pierre, parce qu’il ne voulait pas que je lui dresse une pierre tombale. Il souhaitait aussi être enterré directement dans la terre, ne voulant même pas d’un cercueil. Il a dit qu’une fois qu’on meurt, on doit retourner à la terre, et même si nous sommes mis dans un cercueil et recevons une pierre tombale, n’allons-nous pas pourrir de toute manière ? Alors, ça n’a aucun sens. »
Manteau Rouge regarda le rocher qui mesurait presque la moitié de la taille d’un homme, en même temps que des bribes provenant de l’explication de Silvestre étaient captés par ses oreilles. « Je craignais de ne pas retrouver son lieu de repos, alors je l’ai enterré à côté de cette grosse pierre. »
Manteau Rouge hocha la tête, étant donné que d’être enterré directement dans la terre sonnait vraiment comme quelque chose que LL préférerait. Elle marcha en direction du large rocher…
« Tu marches déjà sur mon maître », fit remarquer Silvestre.
Manteau Rouge recula de deux pas, inexpressive, et baissa la tête en fixant le sol du regard.
« Hum, je crois que tu lui marches toujours sur les pieds », affirma Silvestre, un peu à contrecoeur.
« Dans ce cas, laisse-le se faire marcher dessus ! » Manteau Rouge cria soudainement avec colère : « Il le mérite de toute manière ! Pour ne même pas m’avoir dit qu’il était mourant, cet enfoiré ! »
Silvestre n’osa pas faire le moindre bruit.
Après avoir hurlé, Manteau Rouge se tut et, durant un long moment, ne prononça pas un seul mot. Elle resta ainsi pendant si longtemps que Silvestre commençait à somnoler. Il avait vraiment trop repoussé ses limites durant leur voyage hier soir et aujourd’hui, et il était si fatigué qu’il pourrait s’asseoir sur le sol et tomber sur-le-champ endormi…
« Lorenzo, tu te trompais. »
La phrase murmurée réveilla Silvestre. En fait, c’était plutôt surprenant à quel point il était alerte en ce moment, regardant fixement le dos de Manteau Rouge avec anxiété.
« Quand tu m’as demandé si j’aimais toujours Lancel, je ne t’ai pas répondu. Peut-être que je l’aimais encore, mais, alors que j’empêchais le massacre fait par les démons, certainement, la majorité du temps je ne faisais que prier afin qu’il n’y ait pas de brèche dans le col de la montagne, et afin que les soldats à mes côtés vivent suffisamment longtemps pour voir un autre jour. Oublie l’idée de recevoir des nouvelles du mariage de Lancel, même si ça avait été des nouvelles de sa mort, j’ai bien peur que j’aurais tout de même seulement été capable de me soucier de savoir s’il y avait suffisamment de gens pour apporter leur soutien sur les lignes de front ou trouver comment mieux protéger le col.
« Honnêtement, je ne suis pas faite pour parler d’amour. »
Même si la racine de toute cette histoire était en fait l’amour, en fin de compte, cette raison initiale n’a plus d’importance… En songea à cela, Manteau Rouge lâcha un rire auto dépréciatif.
« Dans ce cas, que désires-tu faire après tout cela ? » s’enquit tranquillement Silvestre, profondément inquiet à l’idée de mettre en colère Manteau Rouge qui s’adressait présentement à un vieil ami.
Manteau Rouge devint silencieuse, puis ouvrit la bouche : « Je désire contempler le ciel, la liberté ; c’étaient les rêves que j’avais à l’origine et que j’avais oubliés pendant trop longtemps : le désir d’explorer chaque parcelle de ce monde. »
Finissant de parler, elle observa silencieusement le gros rocher, les yeux remplis de chagrin. Elle ne pouvait s’empêcher de regretter qu’elle n’eût pas clarifié ses intentions ce jour-là, provoquant un malentendu qui n’avait toujours pas été éclairci. Néanmoins, ils étaient déjà séparés par la mort…
Silvestre s’agenouilla sur le sol et se mit à creuser comme s’il voulait déterrer LL. Ceci força Manteau Rouge à n’avoir pas d’autre choix que de mettre ses inquiétudes de côté, serrant les dents en demandant : « Qu’est-ce que tu fabriques ? »
Silvestre répondit sur un ton de voix joyeux : « Je déterre la harpe ! J’ai enfin obtenu une réponse au bout de nombreuses difficultés, alors je peux enfin hériter de la harpe de mon maître. »
La harpe ? Manteau Rouge ne poursuivit pas la conversation, l’observant silencieusement pendant qu’il déterrait une boîte en bois. Lorsqu’il l’ouvrit pour voir ce qu’il y avait à l’intérieur, il y trouva effectivement une harpe, l’arche de l’instrument de musique décoré avec des gravures dorées et des joyaux verts.
La harpe était très familière à Manteau Rouge, étant donné qu’elle était le trésor de Lorenzo. Il était évident qu’elle était maintenant devenue le trésor de quelqu’un d’autre. Silvestre la contempla comme il contemplerait une amante, et il y avait tant d’émerveillement dans ses yeux qu’ils semblaient sur le point de déborder. Même quand « Dieu » tendit un bras gélatineux doré pour y toucher, il reçut une tape sur la main de la part de Silvestre, ne Le laissant pas la salir.
« Puisque tu aimes cette harpe à ce point, pourquoi ne l’as-tu pas prise tout suite après la mort de LL ? »
Silvestre répondit naturellement : « Je ne le pouvais évidemment pas ! J’avais déjà promis à mon maître que je ne prendrais la harpe que lorsque j’aurais reçu une réponse à la question ! »
Manteau Rouge sourit et déclara calmement : « Ton maître était idiot, mais tu es encore plus stupide qu’il ne l’était ! »
« Oui ! » Silvestre dit tout heureux : « Mon maître m’a même dit que, si je n’avais pas été aussi idiot, il ne m’aurait jamais pris comme apprenti. Il m’a également appris que ce que la Reine Guerrière déteste le plus ce sont les gens malins ! Elle a un jour dit à ces gens malins : “Vous pouvez continuer à vous servir de votre intelligence pour les choses sans importance ; je n’écouterai même pas une seule des inepties que vous raconterez de toute manière ! Suivez mes ordres ou goûtez de ma lame en premier, faîtes votre choix !” »
« Je ne suis pas la Reine Guerrière. » Manteau Rouge lâcha sans enthousiasme : « Du moins, plus maintenant. »
En entendant la première phrase, Silvestre resta sous le choc l’espace d’un instant, mais après avoir entendu la dernière… « Du moins, plus maintenant » ? Comme elle ne l’est plus, cela veut donc dire qu’elle l’était auparavant, n’est-ce pas ?
Silvestre commença à sourire, saisissant sa chance pour la questionner : « Si tu n’es pas la Reine Guerrière, comment devrais-je t’appeler ? »
Manteau Rouge demeura sans réaction pendant un moment, mais répondit tout de même : « Je porte plusieurs noms. Lame-dansante Dragon était celui que j’utilisais le plus souvent, par le passé, mais je ne veux plus m’en servir à présent. Hmmm… Tu peux simplement m’appeler Carol. »
« Dansante ? Une lame dansante, comme dans une danse ? Et ton nom de famille est Dragon ? C’est un nom de famille très inhabituel. » Silvestre était cependant très curieux au sujet des origines du nom Lame-dansante.
Carol lui jeta un rapide regard de surprise dissimulée, décrétant : « Tu es la première personne à bien comprendre, vu que Lame-dansante est en vérité un nom qui m’a été donné par les elfes. Cependant, tous ceux qui l’entendent présument toujours qu’il fait référence à une lame brandit lors d’une bataille, alors plus tard j’ai employé directement Lame-guerrière à la place. »
« Tu as vu des elfes ? » Silvestre en fut jaloux au point que ses yeux sortirent presque de leurs orbites. Ces elfes, magnifiques mais n’existant pourtant que dans les légendes, étaient assurément la race que tous les bardes voyageurs avaient le plus envie de voir.
« Il y a longtemps. » La réponse brève de Carol indiqua clairement qu’elle n’avait pas envie de fournir une explication.
« Peux-tu.. » Me dire qui t’a donné le nom de Carol ?
« Non. » Carol lui coupa la parole d’un seul mot.
« Je n’ai encore rien dit ! » protesta sur-le-champ Silvestre.
« J’ai dit non. »
« Pas même une seule chose ? »
« Non. »
« Dans ce cas, est-ce que je peux arrêter de te suivre ? »
« Non. » Après que Carol eût répondu par réflexe, elle le fixa d’un regard vide pendant un moment, puis fronça les sourcils à l’intention du barde.
Silvestre laissa paraître un sourire qui était si doux au regard qu’il semblait pouvoir attendrir le coeur de n’importe quelle femme. Il dit ensuite : « Ainsi, je ne peux pas arrêter de te suivre ? Dans ce cas, je n’ai pas d’autre choix que de te suivre ! Je suis ravi de faire ta connaissance, Carol. Je m’appelle Silvestre Uriah Nate, et je veux devenir le plus grand barde voyageur au monde ! »
En entendant ce nom vire-langue, Carol déclara calmement : « Oh, alors c’est Sun (S.U.N) ? Pas mal, c’est plutôt facile à retenir. »
« …Tu peux m’appeler Silvestre. »
« Sun, il se fait tard. Nous devrions y aller maintenant. »
« Si ce n’est pas assez court, tu peux m’appeler Silvie… Attends ! Que viens-tu de dire ? Nous devrions y aller maintenant ? Tu veux dire que je peux vraiment te suivre ? Carol, ne marche pas si vite, attends-moi ! »
Bonjour !
Trois chapitres sont au programme ce mois-ci.
C’est avec joie que nous terminons officiellement un projet. Avec le troisième chapitre d’ÉM publié, la série Romance RPG est enfin arrivée à son terme. Je vous invite à aller la lire si ce n’est pas déjà le cas.
Nous terminons également la traduction du premier tome de La Reine Guerrière.
Je vous souhaite à tous un joyeux Noël malgré la pandémie et, espérons-le, une merveilleuse année 2021.
Bonne lecture !
Romance RPG
Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)
Part Thirty-four (END) – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Partie Trente-Quatre (FIN) – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta
Les yeux de Lin Jian Yin s’agrandirent. « Qu’est-ce que… essaies-tu de me dire que tu m’aimes ? »
« Non ! » Meng dit avec sérieux : « C’est, bien entendu, une demande en mariage. Ne m’as-tu pas entendu dire le mot “mariage” ? »
« Quoi ? » Lin Jian Yin ouvrit grand la bouche. Au bout d’un certain temps, il s’exclama enfin : « Pas question ! Quel genre d’homme laisse une femme lui demander de l’épouser ? Du moins, ça ne peut pas être moi ! C’est si humiliant ! »
« N’avais-tu pas dit que tu apprendrais à me respecter ? Je ne peux même pas te demander de m’épouser ? » Meng se sentait lésée.
« C’est, c’est… » Lin Jian Yin lutta intérieurement avec beaucoup de difficulté pendant un long moment. Au beau milieu de sa lutte, il entrevit accidentellement l’expression effrayée, mais aussi pleine d’espoir, de Meng. De plus, son horloge biologique avait fait le décompte jusqu’à une vingtaine de secondes. Il s’empressa de répondre : « Bon, très bien. Si tu veux être celle qui fait la demande en mariage, dans ce cas on fera comme tu voudras.
« J’accepte. Tu es contente maintenant ? »
Meng sourit de façon si radieuse et si tendre que son sourire aurait pu noyer une personne. En l’apercevant, Jian Yin ne put s’empêcher de révéler un sourire béat. Comme s’il tombait dans ce doux sourire, même le ciel et la terre commencèrent à tourner. Le paysage, le palais impérial ainsi que la foule qui les entourait se brouillèrent lentement pour ne laisser qu’une image floue, tel un tableau sur lequel on aurait renversé de l’eau. Les couleurs se mirent à se confondre, et il n’était plus possible de distinguer quoi que ce soit.
Une phrase dériva faiblement jusqu’à eux. « Bon sang ! Il ne me fallait que quelques secondes de plus. Ce contrat ne m’est plus d’aucune utilité désormais. Tous mes efforts ont été réduits à néant ! »
« Meng ! »
Lin Jian Yin se réveilla brusquement. Son corps entier se redressa presque d’un bond, et le jeune homme regarda à droite et à gauche. Il était en fait déjà de retour dans sa chambre, mais il ne voyait Meng nulle part. Se pourrait-il qu’elle ne soit pas sortie du jeu ? Le cœur de Lin Jian Yin se serra à cette pensée. Qu’est-ce que je vais faire si elle n’est réellement pas revenue…
Lin Jian Yin se leva avec agitation, tombant en bas du sofa dans le procédé, se précipita jusqu’à la console Nintendo sur le plancher et, dès qu’il aperçut l’apparence de la console, se figea complètement. Malgré le fait que la console n’ait pas exactement eu l’air neuve auparavant, il était impossible de la comparer à son apparence actuelle. Elle avait l’air si sale qu’on aurait dit qu’un tas de sable en tomberait si l’on venait à l’essuyer. Des toiles d’araignée, de la moisissure, et même de petites araignées rampaient dessus. On aurait dit que la console Nintendo s’était trouvée dans un dépotoir pendant très longtemps et qu’on venait tout juste de la déterrer.
Il ne restait aucune trace de la cartouche de jeu.
Le dernier recours de Lin Jian Yin fut de regarder l’écran de la télévision. Dessus, il n’y avait rien hormis le fond bleu qui indiquait qu’elle était déconnectée. Il contempla l’écran d’un air terne, refusant de songer à quoi que ce soit, refusant même de réfléchir. Il craignait que, si son cerveau venait à redémarrer, il penserait au seul résultat possible : que peut-être rien de bon n’en ressortirait, que peut-être il aurait dû accepter la demande en mariage de Meng plus vite. Qui se souciait de son image publique ? À quel point son image était-elle si importante ? Arrivait-elle même à la cheville du doux sourire de Meng ?
Après qui sait combien de temps à avoir fixé le vide, la première chose qui se réveilla chez lui fut son nez. Une odeur familière de nourriture emplit la pièce, lui rappelant quelque chose comme des œufs frits. Lin Jian Yin reprit lentement ses esprits et marcha avec espoir en direction de la cuisine. Effectivement, une fille s’y trouvait et lui tournait le dos. Lin Jian Yin s’approcha doucement de cette personne, tendit les mains, et la serra dans ses bras. Elle semblait un peu surprise. Son corps se figea, comme si elle ne savait pas quelle était la meilleure réaction à avoir.
À cet instant, Lin Jian Yin n’avait aucune envie de parler lui non plus. Il avait uniquement envie de serrer Meng dans ses bras et de se calmer convenablement du choc qu’il venait tout juste de recevoir. Quelle chance ! Sa Meng était toujours là. Il n’avait pas perdu sa Meng.
« Lin Jian Yin, qu’est-ce que tu fabriques !? »
Bai Xue Chen siffla entre ses dents avec rage. Lin Jian Yin tourna la tête vers lui, perplexe. Les yeux de Bai Xue Chen donnaient l’impression d’être prêts à cracher du feu. Lin Jian Yin trouvait ça très étrange. Le fait qu’il serre sa Meng dans ses bras ne devrait pas regarder Bai Xue Chen, alors pourquoi ce dernier avait-il l’air en colère ?
Mais, au deuxième coup d’œil, Lin Jian Yin aperçut une silhouette familière qui se tenait derrière Bai Xue Chen. Elle portait des pantoufles bleues et blanches, une chemise trop ample, des jeans trop grands, et transportait également deux sacs en plastique rouge et blanc. Il ne connaissait qu’une personne qui porterait ce genre d’attirail. Il lâcha : « Meng ? »
Ça ne va pas. Qui est-ce que je serre dans mes bras en ce moment dans ce cas ? Lin Jian Yin lâcha brusquement la personne qu’il serrait en reculant, et la propriétaire du dos se retourna en forçant un sourire. Il s’agissait de Yue Lan qui portait un tablier. Elle tenait une spatule à la main et, malgré tout, sa beauté émouvante n’en était pas affectée.
Stupéfait, il regarda Yue Lan, puis Bai Xue Chen, et ensuite Meng. Il ne savait pas auprès de qui s’excuser en premier. Il ne put que bégayer : « Attendez, je peux tout vous expliquer, vraiment… »
« Au diable ton explication. Tu ne touches pas à la femme de ton meilleur ami. » D’un coup de pied, Bai Xue Chen fit tomber Lin Jian Yin à la renverse, et il fit semblant de frapper et massacrer ce dernier.
Ye Meng Ling observa les deux jeunes hommes en train de lutter sans émettre le moindre commentaire.
« Meng ! Les œufs sont prêts. Allons manger à l’extérieur. » Yue Lan transportait deux assiettes qui sentaient délicieusement bon.
Meng répondit avec bonne humeur : « Très bien, j’ai également acheté du lait de soja. »
Les deux femmes n’accordèrent pas davantage d’attention aux deux hommes et sortirent de la cuisine par elles-mêmes tout en discutant.
« Tenons toutes les deux une cérémonie de mariage en juin, tu es d’accord ? »
La douce voix de Yue Lan résonna depuis le salon, et les deux gars en train de se tirailler s’arrêtèrent simultanément. L’un tirait sur la joue de l’autre, et l’autre tirait les cheveux du précédent, les deux dans une position bizarre. Ils tendirent tous les deux l’oreille pour discrètement écouter la conversion des deux jeunes femmes.
« Eh bien, Jian ne m’a pas encore demandé ma main. »
« Quoi ? Mais, tu lui as déjà demandé de t’épouser, non ? »
« C’était pour quitter le jeu. Un jeu est un jeu, et la réalité est la réalité. »
« Dans ce cas… Très bien. Je veux dire… ce n’est pas urgent. J’attendrai que Jian Yin et toi vous vous mariiez, et j’épouserai Bai Xue Chen en même temps. »
Dès qu’il entendit ça, Bai Xue Chen révéla une expression hostile, et il essaya très fort d’étrangler Lin Jian Yin. « Pour le bien de mon bonheur, de mon avenir, et de ma magnifique femme, tu vas immédiatement faire ta demande en mariage. Fais-le tout de suite. Demande-lui sa main sur-le-champ… »
De nombreuses personnes étaient rassemblées à l’intérieur d’une église. Il y avait même beaucoup de personnel des médias tenant des appareils photo et des caméras, qui prenaient des photos et filmaient férocement la scène sans se soucier de gaspiller de la pellicule. Tout le monde savait qu’aujourd’hui avait lieu le mariage de Lin Jian Yin et de son agente. Quand la mariée, portant une robe rose, lança son bouquet de mariée avec un sourire timide, les tulipes roses disparurent soudainement dans les airs. En dépit du fait que les yeux de tous s’étaient agrandis, personne n’arrivait à trouver le gros bouquet qui aurait dû être très facile à repérer.
Les magnifiques tulipes étaient en fait réapparues sur une colline lointaine où se situaient une silhouette noire et une silhouette blanche. Le bouquet se trouvait actuellement dans les mains de la silhouette blanche.
« Ce contrat ne t’apporte absolument aucun profit. » La silhouette noire déclara paresseusement : « Tu lui as donné une agente et une femme qui pouvait endurer ses remarques insultantes, et pourtant tu n’as demandé que le bouquet de la mariée en retour ? »
« Pour être exact, c’est un bouquet de mariée représentant le véritable amour. » La silhouette blanche révéla un sourire. L’homme contempla les tulipes complètement écloses et les renifla, comme s’il pouvait sentir l’amour profond qu’il y avait entre le mari et sa femme à travers elles.
« Le véritable amour, hein ? C’est assurément très rare. »
[Romance RPG FIN]
Romance RPG
Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)
Part Thirty-three – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Partie Trente-Trois – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta
Il fallut un long moment à Lin Jian Yin avant de récupérer sa voix et pouvoir parler à nouveau.
« Je sais que je ne suis pas parfait.
« Je possède de nombreux défauts. J’ai une langue de vipère qui ne me fait jamais dire des choses gentilles. Mais, j’en changerai la moitié. Si quelque chose me déplaît, je dirai quand même que ça me déplaît. Mais, s’il y a des choses positives, je n’oublierai pas de te complimenter à ce sujet.
« Je ne fais jamais le ménage, et je n’arrive même pas à différencier le chou chinois des autres sortes de choux, mais nous pouvons aller à l’épicerie ensemble. Je peux assurément t’emmener faire les courses en voiture et alors t’aider à pousser le chariot.
« Je ne suis ni assez gentil ni assez attentionné, mais j’apprendrai davantage à t’apprécier à ta juste valeur. Je sais que tu aimes porter des vêtements très confortables. S’il ne s’agit pas d’un événement formel, tu peux même porter des vêtements Pikachu ou Minnie Mouse pour le peu que je m’en soucie, même si je trouve Hello Kitty bien plus mignonne…
« Nous n’avons partagé aucun moment romantique, non plus. La première fois que nous nous sommes rencontrés, j’ai cru que tu étais une revenante et, la deuxième fois, nous étions en train de faire nos courses au supermarché… »
Meng ne bougeait toujours pas et se contentait de baisser la tête.
Lin Jian Yin, dont le visage était devenu aussi rouge qu’une tomate, demanda enfin après beaucoup d’hésitation : « Dis-moi, acceptes-tu de laisser tomber le prince parfait derrière toi ainsi qu’une histoire d’amour palpitante afin de me choisir, moi qui ai plein de défauts, un type que tu as officiellement rencontré au supermarché ? »
« Plein de défauts… » Deux traînées de larmes coulèrent le long des joues de Meng. Elle dit, en s’étranglant avec ses sanglots : « Ne suis-je pas pleine de défauts, moi aussi ? »
Elle se tourna pour faire face à Lin Jian Yin. Cette fois-ci, elle n’essuya pas ses larmes. « Je suis peureuse, je n’aime pas changer, et je ne serai jamais capable de suivre les tendances actuelles.
« Je me décourage facilement. Je me suis seulement fait larguée une fois et j’avais déjà abandonné l’idée de prendre soin de mon apparence, me laissant avoir l’air d’une vieille dame toute la journée. »
« Tu… Tu n’étais pas si terrible. » Remarquant ses larmes, Lin Jian Yin s’empressa maladroitement de la réconforter, mais, en voyant Meng le regarder droit dans les yeux, il lui dit involontairement la vérité. « Au début, ton apparence était vraiment terrible ! Même Ru Hua à la télévision était plus belle que toi et de loin, mais à présent tu as l’air beaucoup mieux ! Ah ! » Lin Jian Yin s’arrêta de parler, se rendant compte que se mettait à nouveau les pieds dans les plats. Comment est-ce que j’ai pu comparer Meng à Ru Hua ? Seigneur !
« Pfft. » Meng laissa échapper un rire en voyant l’expression horrifiée et bouche bée de Lin Jian Yin. Elle essuya alors ses larmes et, avec un sourire, ajouta : « Tu n’as pas une langue de vipère. Elle est simplement stupide de A à Z, espèce d’idiot. »
« Espèce d’idiote toi-même ! Si je suis stupide, tu ne vaux pas mieux que moi. L’un est idiot, et l’autre quelconque, ne faisons-nous pas la paire tous les deux, dans ce cas ? » Lin Jian Yin était un peu fâché au début, mais, vers la fin, il devint soudainement un peu étourdi.
« Ça m’est égal que tu te traites d’idiot, mais pourquoi a-t-il fallu que tu dises que j’étais quelconque ? Tu ne sais donc pas que dire d’une fille qu’elle est quelconque revient à porter un coup vraiment très bas à sa confiance en soi ? Ce n’est pas étonnant que, malgré le fait que tu sois aussi beau qu’Édouard, tu aies fait fuir autant de petites amies », rétorqua Meng, sans merci.
« Comment ça, je suis aussi beau qu’Édouard ? C’est lui qui est aussi beau que moi, compris ! » déclara Lin Jian Yin avec le plus grand sérieux. Il avait ce visage depuis maintenant vingt-huit ans. Peu importe sous quel angle on considérait la question, il avait vécu plus longtemps qu’un personnage de jeu, pas vrai ?
Lin Jian Yin ! Il ne te reste que trois minutes pour lui faire ta demande en mariage !
Cette voix sonne vraiment comme celle de Bai Xue Chen ! Lin Jian Yin ne put s’empêcher de regarder à droite et à gauche, pour vérifier si Bai Xue Chen était dans les parages.
« Qu’y a-t-il ? » ne put s’empêcher de demander Meng, en le voyant faire.
« Ce n’est rien. J’ai cru entendre la voix de Xue Chen. » Lin Jian Yin avait l’air perplexe. Il n’est pas là.
« Qu’est-ce qu’il a dit ? »
« Il a dit qu’il ne me restait que trois minutes pour faire ma demande en mariage. » Ce fut seulement après avoir répondu que Lin Jian Yin réalisa ce que cette phrase voulait dire. Est-ce que ça veut dire qu’il ne reste que trois minutes à la version d’essai ? Lin Jian Yin était si pressé qu’il ignorait quoi faire. Je dois demander à une femme de m’épouser en moins de trois minutes ? Il… Il ne s’était pas préparé mentalement…
Lin Jian Yin se sentait si en détresse qu’il se tira les cheveux. Dans sa tête, cependant, il entendit soudain le tic-tac d’un compte à rebours. Deux minutes trente secondes, deux minutes vingt-neuf secondes…
Sentant qu’il allait manquer de temps, Lin Jian Yin était si nerveux qu’il lâcha : « C’est… C’est… Peu importe ! Meng, épouse-moi. »
Meng le fixa directement du regard. Lin Jian Yin avait les cheveux décoiffés, son corps était même transparent, il n’avait même pas songé à poser un genou par terre, et même son ton était précipité. Tu appelles ça une demande en mariage ?
Meng pinça les lèvres. « Tu es tout sauf romantique. »
« Qui se soucie d’être romantique ou non à un moment comme celui-ci ? » Lin Jian Yin lui jeta un regard noir. « Très bien, qu’est-ce que tu veux que je fasse ? »
Meng se mit à sourire tendrement, toussa à deux reprises, prit son bouquet de mariée, marcha jusqu’à Lin Jian Yin, qui était incapable de bouger, et lui offrit son bouquet avec les deux mains. Son ton était à la fois doux et gentil tandis qu’elle récitait : « Toi, l’homme imparfait que tu es, acceptes-tu de me prendre pour épouse, moi, la femme imparfaite que je suis, afin de former un mariage possiblement pas très parfait, mais tolérable ? »
Romance RPG
Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)
Part Thirty-two – traduit du chinois vers l’anglais par Minna[PR!]
Partie Trente-Deux – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta
« Meng ! »
Un cri interrompit le serment, mais cette voix lui paraissait trop familière, et Meng tourna immédiatement la tête en s’écriant très fort : « Épée-Fantôme ? »
Ce qu’elle vit, par contre, ne fut pas du tout une épée, mais un jeune homme qui était pratiquement transparent. La vue de ce jeune homme laissa tous les gens présents sous le choc : il ressemblait trait-pour-trait au prince Édouard et également à Lin Jian Yin.
Meng était très confuse elle aussi. Qui est-ce ? Est-ce qu’il s’agit de mon Épée-Fantôme ? Ou, ou alors est-ce que c’est Lin Jian Yin ?
« Meng, ne marie pas quelqu’un d’autre. » Lin Jian Yin accourut avec inquiétude.
« Vile créature démoniaque, comment oses-tu interrompre ce mariage ! » s’exclama le prêtre tout vêtu de noir.
Subitement, Lin Jian Yin se retrouva incapable de bouger. Il ne pouvait même pas ouvrir la bouche. Il essaya très fort d’émettre des sons comme « euh, oh » pendant un long moment, mais n’arrivait pas à produire le moindre son. Après qu’une brise d’air eût brusquement dégagé sa gorge, Lin Jian Yin retrouva l’usage de sa voix. Dans son esprit, il devina qui était son sauveur et pensa : Merci, God Charity…
Lin Jian Yin cria sur-le-champ : « Meng, dépêche-toi de revenir vers moi. »
« Qui, qui êtes-vous ? » Meng était prise au dépourvu. Elle était toujours dans l’incapacité de déterminer qui était la personne devant elle.
« C’est moi, l’Épée-Fantôme ! » Bien que Lin Jian Yin eût à nouveau retrouvé l’usage de la parole, il ne parvenait toujours pas à bouger son corps. En même temps, il se rendit compte que l’autre propriétaire de la boutique d’antiquités était en fait la personne qui se tenait derrière le podium en tant que prêtre. Lin Jian Yin se sentit si paniqué que son visage vira au rouge.
Meng doutait toujours. « Pourquoi ton apparence est-elle exactement la même que celle du prince Édouard ? »
« Qu’est-ce que tu racontes ? Ce n’est pas moi qui lui ressemble ! » répliqua Lin Jian Yin, énervé et exaspéré. « C’est lui qui me ressemble ! Je suis Lin Jian Yin. Et tu es mon agente, Ye Meng Ling ! »
Le regard de Meng se perdit dans le vague l’espace d’un instant, alors qu’elle articulait de ses lèvres tremblantes : « Lin Jian Yin ? C’est vraiment toi ? »
« Je suis Lin Jian Yin, mais aussi ton Épée-Fantôme. » Lin Jian Yin maintint son ton aussi doux que possible. Il ne souhaitait pas effrayer Meng, et ce n’est pas comme s’il avait voulu lui révéler la vérité dans ce genre d’occasion, mais s’il ne la lui disait pas maintenant, il craignait que Meng ne vienne pas avec lui.
Meng se couvrit le visage de ses mains et garda le silence pendant un très très long moment. Pourtant, on pouvait voir, à la façon dont sa poitrine se soulevait rapidement, qu’elle était affectée émotionnellement par ses mots.
Quand il ne reçut aucune réponse de la part de Meng, Lin Jian Yin commença à se sentir encore plus inquiet. « Meng, écoute-moi. Tu ne peux pas te marier avec Édouard. Si tu l’épouses, tu ne seras plus jamais capable de sortir de ce jeu. Tu dois me choisir pour être en mesure de quitter cet endroit. »
Meng ne dit toujours rien.
« Partir ? Pourquoi voudrait-elle quitter cet endroit ? » Devil Chaos ajouta paresseusement : « Juste en restant ici, elle aura un mari parfait. En tant que princesse du royaume, personne ne pourra se moquer d’elle, et elle n’aura plus à endurer les caprices d’un chanteur à succès ou les paroles blessantes d’une épée. »
Le corps de Meng se mit à trembler en entendant les paroles de Devil Chaos.
« N’écoute pas les inepties qu’il te raconte ! » Lin Jian Yin s’exclama : « Meng, Meng, tu ne veux pas vraiment rester dans ce jeu pour l’éternité, n’est-ce pas ? »
Meng baissa lentement les mains. Ses yeux étaient remplis de douleur et d’indignation. « Qu’est-ce que tu me veux ? Tu savais déjà que j’étais Ye Meng Ling mais ne m’en as rien dit, et tu as même joué le rôle de l’Épée-Fantôme pendant tout ce temps. Tu as trouvé ça drôle de me mentir comme ça ? »
En entendant les critiques de Meng, Lin Jian Yin devint de plus en plus agité et ignorait quelle était la meilleure marche à suivre. « Non, non, ce n’est pas ça. Je voulais seulement t’aider à changer. »
« J’ai attendu ton retour à côté de la fournaise pendant un très long moment, à un point tel que je croyais tu étais réellement mort. » Les yeux de Meng étaient baignés de larmes, mais celle-ci essayait très fort de les retenir, de les empêcher de couler le long de ses joues.
Voyant que Meng faisait semblant d’aller bien, en retenant ses larmes, le cœur de Lin Jian Yin se serra. Il parvint à peine à émettre : « Il ne s’est pas écoulant tant de temps que ça à l’extérieur… »
« Est-ce que tu te souviens de quand je t’ai dit, avant le bal, que je n’avais plus envie d’y aller ? »
Meng regarda Lin Jian Yin droit dans les yeux. « À ce moment-là, j’étais très sérieuse à ce sujet. Je n’avais vraiment plus envie d’assister au bal. J’étais très heureuse de passer mes journées avec l’Épée-Fantôme. Si ça avait été possible, j’aurais aimé rester avec l’Épée-Fantôme pour toujours, même s’il n’avait pas de corps et pas de visage. La seule chose qu’il avait était une bouche d’où sortaient des paroles très méchantes… et pourtant si sincères. »
Lin Jian Yin ne pouvait pratiquement rien répondre à ça. Quand il avait interrompu Meng cette fois-là, que lui avait-il dit déjà ?
« Tu m’as dit de ne pas être idiote et de me dépêcher d’épouser le prince. » Une larme perla au coin de l’œil de Meng, mais elle l’essuya automatiquement.
« Je… » Jamais auparavant Lin Jian Yin n’avait autant voulu maudire sa langue de vipère qu’à ce moment-ci.
« Je m’apprête à l’épouser maintenant. Tu es censé être heureux pour moi. Pourquoi es-tu venu m’en empêcher ? » Meng sourit, comme si elle essayait à la fois de convaincre tous les autres en plus d’elle-même. Elle ajouta : « Édouard est l’homme le plus parfait que j’aie rencontré à ce jour. Il est gentil, attentionné, possède l’élégance d’un gentilhomme, et il sait également comment apprécier la valeur des gens. Pourquoi devrais-je me montrer difficile, alors que je peux me marier avec ce genre d’homme ? »
Meng se retourna et demanda à Devil Chaos : « Pouvez-vous me reposer la question, s’il-vous-plaît ? »
Devil Chaos jeta un regard en direction de Lin Jian Yin qui paraissait affolé et acquiesça à la requête de Meng d’un air satisfait : « Bien entendu, aucun problème. Meng, acceptez-vous de prendre Édouard pour époux, dans la santé et la maladie, et jurez-vous de lui être fidèle et de rester à ses côtés, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort vous sépare ? »
Meng prit une profonde inspiration. « Je le… »
« Mais, je t’aime ! » Lin Jian Yin se mit à hurler, au bord de l’hystérie : « Jet’aimeJet’aimeJet’aime… Je te le demande, je t’en supplie, ne marie pas quelqu’un d’autre. Ne va pas où je ne peux pas t’atteindre. Ne m’abandonne pas ! »
Le dos de Meng se raidit.
Romance RPG
Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)
Part Thirty-one – traduit du chinois vers l’anglais par purplezero[PR!]
Partie Trente-et-un – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta
Lin Jian Yin sauta sur ses pieds avec férocité. Il se précipita à l’extérieur si vite que Bai Xue Chen ne croyait pas qu’il pourrait rattraper son meilleur ami, alors il allait devoir prendre le taxi pour rentrer à la maison par lui-même. Bai Xue Chen leva la tête et fut choqué d’assister à une scène terrifiante : une ombre sinistre rampait à toute vitesse et emplissait le salon, comme si elle était vivante. Les ténèbres engouffrèrent immédiatement plus de la moitié de l’espace à l’origine blanc. En un battement de cil, cette ombre sinistre avait déjà presque atteint la table ronde.
Juste au moment où Bai Xue Chen pensait qu’il allait se faire avaler par cette ombre noire, celle-ci fut contenue derrière God Charity. À ce stade, à l’exception de la petite table ronde, tout ce qui se trouvait dans le reste du salon avait tourné au noir.
C’était comme si God Charity n’avait pas remarqué la situation. Il se contenta de gentiment rappeler à Bai Xue Chen : « M. Bai, il commence à se faire tard. Vous devriez rentrer à la maison plus tôt et vous reposer. »
Dès le départ, Bai Xue Chen n’avait aucune envie de rester une minute de plus. Il se retourna et s’empressa de sortir par la porte. Il pouvait entendre le rire de Devil Chaos dans son dos.
« Vous croyez que ce sera si facile ? Vous pensez être capable d’annuler mon contrat ? Vous vous mettez le doigt dans l’œil si vous vous imaginez qu’une humaine préférera choisir un être imparfait ! »
« Meng ! Attends-moi, je viens te sauver. »
Lin Jian Yin fonça jusqu’à la maison et manqua de défoncer la porte, faisant sursauter Yue Lan qui se trouvait à l’intérieur. N’ayant pas encore récupéré de son choc, Yue Lan avait la main sur sa poitrine pendant qu’elle réconfortait Lin Jian Yin.
« Tout va bien. Le prince a sauvé Meng. »
Il y a une heure, Lin Jian Yin aurait certainement été ravi d’entendre cette nouvelle, et pourtant, à présent, son cœur sombrait. Il s’était identifié à Édouard pendant un court moment. Édouard lui ressemblait trait pour trait, mais c’était un prince. Toutes les femmes rêvaient de rencontrer un prince. Qui plus est, Édouard possédait des qualités qu’il n’avait pas : il avait un bon tempérament, un air de noblesse, et il était gentil ainsi qu’attentionné… Bon sang ! C’est un homme si parfait.
Lin Jian Yin jeta un regard à l’écran de la télévision. D’un seul coup d’œil, son cœur manqua de s’arrêter. Édouard, le prince, était en ce moment même en train de demander sa main à la femme dont Lin Jian Yin était amoureux.
La scène actuelle était différente d’auparavant. Elle avançait rapidement comme un film en accéléré.
« C’est très bizarre. Ça a commencé à faire ça il y a environ vingt minutes. L’histoire progresse très vite. »
Yue Lan fronça les sourcils.
« Il y a quelques minutes, le prince dans le jeu s’est rendu compte que Meng avait disparu. Il était extrêmement inquiet, alors lui et ses hommes sont partis à sa recherche. L’un des gardes qui devaient te surveiller lui a dit que Marisa t’avait emmené. Et le prince s’est empressé d’aller la questionner. C’est uniquement à ce moment-là qu’il a découvert la vérité et a été en mesure d’aller porter secours à Meng. »
Il y a vingt minutes ? C’est à peu près à ce moment-là que je suis parti de la boutique d’antiquités… Ce type en noir ! Lin Jian Yin avait le mauvais pressentiment qu’il était derrière tout ça.
À l’instant même où Lin Jian Yin se mettait à grincer des dents, Yue Lan marmonna : « Les personnages sont trop petits pour qu’on puisse les distinguer clairement. Mais, plus tôt, Meng semblait avoir attendu un très long moment près de la fournaise qui t’a presque transformé en métal fondu… »
Les yeux de Yue Lan se portèrent sur l’écran. Elle poussa un petit cri : « Oh, non ! Meng… Meng… Elle a accepté la demande en mariage du prince. »
Lin Jian Yin regarda vers l’écran où la scène se déroulait toujours dans la cuisine. Meng venait tout juste d’accepter de prendre la bague offerte par le prince qui la tenait toujours dans sa main avec un genou posé par terre. Le visage de la jeune femme paraissait calme. Cependant, elle avait l’air triste comme elle jetait à l’occasion un regard en direction de la fournaise.
Lin Jian Yin cessa d’hésiter. Il inséra la cartouche dans la console Nintendo et attendit que les deux vortex le fassent rouler jusque dans le jeu, jusqu’aux côtés de l’amour de sa vie. Il cessa de stupidement prétendre ne pas se soucier de cette femme dont l’apparence était toujours ordinaire. Il adorait cette femme qu’il avait aidé à changer. Il aimait cette femme qui ne s’était jamais enfuie à cause de sa langue de vipère et qui était restée à ses côtés jusqu’à la toute fin.
L’Épée-Fantôme ouvrit à nouveau les yeux, mais la situation n’était pas telle que l’avait décrite God Charity en affirmant qu’il n’y avait rien à craindre. Il se trouvait toujours à l’intérieur de la fournaise à se faire dévorer par les flammes d’un brasier. La peur de disparaître en fondant assaillit son cœur. Il hurla de frayeur, en espérant que Meng l’entendrait, ou que quiconque l’entendrait et l’emmènerait loin de cet endroit.
Mais, il n’y avait plus personne ici. L’Épée-Fantôme ne savait pas combien de temps il avait passé là après être entré dans le jeu. Il était possible que Meng soit déjà partie épouser le prince. La douleur qu’il éprouvait dans son cœur était bien pire que celle des flammes du brasier dans lesquelles il baignait.
N’aie pas peur. Endure cette épreuve encore un peu et tu pourras partir à sa recherche.
Un murmure flotta jusqu’à l’esprit de l’Épée-Fantôme. L’Épée-Fantôme se figea pendant un instant, mais se calma avec reconnaissance. Même s’il craignait toujours de fondre, sa véritable peur était de ne pas pouvoir partir à la recherche de Meng s’il fondait et mourait. Néanmoins, cette voix douce lui répéta que, tant qu’il endurerait cette épreuve, il pourrait aller retrouver Meng. Par conséquent, il ne craignait plus rien.
Une fois que l’épée eût fondu jusqu’à n’être plus qu’un vulgaire morceau de métal, n’ayant désormais plus la forme d’une épée, une forme humaine à moitié transparente sortit de la fournaise. Celle-ci n’hésita pas pour choisir une direction, s’éloignant à grands pas rapides.
Un très bel homme portant la robe noire des prêtres se tenait debout devant l’autel de noces pour être témoin de la cérémonie de mariage entre le prince du royaume et celle qui deviendra bientôt sa princesse. Celui-ci avait l’air étrange. Ce très beau jeune homme ne ressemblait pas du tout à un homme du clergé ou à un prêtre. De la tête aux pieds, et jusqu’à l’os, il émanait de lui une aura maléfique, et il arborait un sourire qui semblait avoir été créé dans l’unique but de se moquer des gens.
Mais, il ne lut pas du tout les longs sermons du mariage de façon négligée. Il n’employa pas non plus beaucoup d’efforts pour les lire en accéléré. Par la suite, il posa la plus importante question.
« Édouard, acceptez-vous de prendre Meng pour épouse, dans… »
Édouard, sans la moindre hésitation, répondit : « Oui, je le veux. »
Le sourire moqueur du soi-disant prêtre devint encore plus apparent. L’homme se tourna ensuite pour poser la même question à la mariée, Meng, qui portait toujours sa robe de bal rose. Elle en avait fait la demande expresse à Édouard. La seule chose qu’elle désirait était de porter la première robe qu’elle avait achetée en travaillant avec l’Épée-Fantôme, même si l’épée ne reposait désormais plus sur son dos.
« Meng, acceptez-vous de prendre Édouard pour époux, dans la santé et la maladie, et jurez-vous de lui être fidèle et de rester à ses côtés, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort vous sépare ? »
Meng leva lentement la tête et eut l’impression que le prêtre devant elle lui semblait plutôt familier. Toutefois, c’était sans importance. Édouard attendait sa réponse. Elle détourna son regard du prêtre. Édouard ne paraissait pas blessé de sa réponse tardive, mais affichait à la place un sourire encourageant.
Ce prince était tout simplement trop parfait. Parfois, il vous donnait l’impression que… vous faisiez face à un soleil si brillant et si flamboyant qu’il vous était difficile de garder les yeux ouverts. Meng secoua la tête. Où avait-elle la tête ? L’homme devant elle allait bientôt devenir son mari.
Meng se força à ne plus trop y penser. Elle se tourna vers le prêtre et répondit : « Oui, je le… »
Bonjour à tous nos lecteurs et à toutes nos lectrices !
Au bout d’une très longue absence, nous avons trois merveilleuses nouvelles.
D’abord, l’équipe a accueilli l’an dernier Fanilodraw, une nouvelle traductrice, pour s’occuper des tomes de 1/2 Prince. Par conséquent, avec son aide, nous avons amassé une immense pile de nouveaux chapitres.
Ensuite, étant donné que nous avons beaucoup de chapitres de 1/2 Prince à corriger, la team française est à la recherche de quelqu’un pour s’occuper de la vérification. Si vous êtes intéressé(e)s par le poste, veuillez visiter notre page de recrutement et suivre les indications.
Enfin, j’ai le plaisir de vous annoncer que nous terminons officiellement un projet pour la toute première fois. Il s’agit de Romance RPG, dont vous pourrez lire les derniers chapitres ce mois-ci. Il ne manquera que le dernier chapitre d’Échange Magique pour conclure.
Bonne lecture ! 😀
Femme Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres
Roman version d’origine en chinois par – 御 我 (Yu Wo)
______________________________________________________________________________________________
Chapter 6: Light and Shadow Part 6 – Traduit du chinois vers l’anglais par Azakura[PR!]
Chapitre 6 : Lumière et Ténèbres Partie 6 – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ travail de vérification par Nocta
Cent pièces d’or ? Tout le monde présent dans la salle était complètement sous le choc. Un à un, ils se tournèrent vers la personne qui avait parlé. Sylvestre ne fit pas exception. Il regarda droit vers cette personne, et ce fut avec une immense joie et surprise qu’il s’écria : « Manteau Rouge ! »
Un manteau d’un rouge écarlate particulièrement vif apparut sur le pas de la porte. Cette entrée excessivement dramatique laissa momentanément perplexe chaque personne présente dans la salle. Seul l’hôte de la vente aux enchères, l’homme obèse, paraissait un peu alarmé par la situation. Il connaissait plutôt bien chacune des personnes qui venaient lui acheter des esclaves, et pourtant il n’avait jamais vu cet homme au manteau rouge.
L’homme obèse balaya rapidement la salle du regard. Il manquait en effet quelques familles nobles, certaines d’entre elles faisant partie de celles qu’il ne pouvait vraiment pas se permettre d’offenser. Et si cet individu était envoyé par l’une de ces familles ? Il n’osa pas le moins du monde provoquer cette personne, donc il continua de parler d’un ton très respectueux.
« Puis-je demander si vous possédez une invitation, messire ? »
Manteau Rouge sortit sa main de sous son manteau pour défaire le ruban qui fermait son vêtement, permettant ainsi au manteau de glisser et tomber sur le sol. Sa véritable apparence fut alors enfin révélée.
Sa silhouette était grande et élancée, ses jambes étaient longues, et sa taille était fine. Les proportions de son corps, contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre, ressemblaient à celles d’une femme, sauf qu’il n’y avait pas de courbes distinctes au niveau de sa poitrine. Donc, il pouvait aussi bien s’agir d’une femme avec peu de poitrine que d’un homme avec de puissants pectoraux. Néanmoins, à cause de son visage ovale et de ses traits plus fins et délicats que ceux du mâle moyen, une accablante majorité de personnes penseraient que la personne devant eux était une femme… si ce n’était pour ses yeux.
Ses yeux noirs, dans lesquels brûlait une rage meurtrière, ne ressemblaient en rien à ceux d’une femme. Au contraire, ils ressemblaient davantage à ceux d’un ancien général d’armée qui aurait tué d’innombrables personnes. Une fois que vos yeux avaient rencontré les siens, sa silhouette, sa taille, ses proportions corporelles, son visage ovale et ses traits délicats étaient totalement oubliés. Il suffisait de voir cette paire d’yeux noirs pour savoir que cette personne était un homme.
« Pour enfreindre la loi en vendant des esclaves en privé et même arrêter de force des citoyens, n’avez-vous donc aucun scrupule, gouverneur ? »
Quand cet individu eut terminé de parler sur un ton glacial, le visage de toutes les personnes présentes avait changé de couleur, et l’homme obèse… non, on doit s’adresser à lui comme le gouverneur maintenant. Son visage était blanc comme un drap. Il tenta de se défendre aussi vigoureusement que possible : « Que…Qui êtes-vous ? N’essayez pas d’influencer qui que ce soit avec vos calomnies ! Nous nous sommes simplement rassemblés afin d’échanger les esclaves que nous possédons déjà ! »
Les esclaves causèrent immédiatement un tumulte, réfutant les uns après les autres les propos du gouverneur.
« Bien sûr que non ! »
« Nous avons été enlevés et amenés ici ! »
« Nous ne sommes pas des esclaves ! »
Le gouverneur s’exclama promptement : « Il y a de nombreux aristocrates présents dans cette pièce, et je suis le gouverneur de cette cité. Allez-vous croire ce que nous disons ? Ou irez-vous jusqu’à écouter les mensonges de ces misérables paysans ? »
Manteau Rouge ne lui accorda pas la moindre attention. Il pointa Sylvestre du doigt et lui ordonna : « Toi, raconte-nous ce qu’il s’est passé jusqu’à maintenant. »
Assistant à cette scène, Cale fut saisi de stupeur. Il avait une vague idée de ce qu’il se tramait, donc ses yeux ne contenaient plus d’animosité envers Sylvestre quand il le regardait. À la place, on pouvait y voir poindre un zeste d’amusement… Il est très rare de rencontrer un agent sous couverture à ce point inutile.
Sylvestre relata les événements en débordant de confiance : « Ils ont capturé des gens qui ne sont pas volontaires pour les vendre comme esclaves durant cette vente aux enchères. »
L’expression faciale du gouverneur se contorsionna de manière si affreuse qu’on aurait difficilement pu imaginer un visage plus laid. Cependant, il tenta tout de même de crisper un sourire en disant : « Cet esclave est en réalité très désobéissant, c’est pourquoi son propriétaire l’a amené ici afin de l’échanger pour en obtenir un qui soit un peu plus obéi— »
« Cet homme est l’un de mes serviteurs », l’interrompit Manteau Rouge au milieu de son discours. « Mais, vous l’avez fait prisonnier, ce qui m’a obligé à le chercher pendant deux jours ! »
Le gouverneur fut saisi de stupeur. Il grogna : « En fait, il s’agit juste d’une tentative flagrante de ramener gratuitement un esclave chez vous ! »
Manteau rouge ignora l’accusation et, à la place, se tourna vers Sylvestre. Il lui commanda : « Sors ton insigne pour le leur montrer ! »
Mon insigne ? Sylvestre le fixa d’un regard vide, mais, puisqu’il ne possédait qu’un seul insigne, il le sortit d’une poche intérieure de ses vêtements. Il s’agissait de l’insigne de la rose blanche du barde impérial !
Tout le monde resta bouche-bée, les yeux rivés sur l’insigne en forme de rose. Pendant un moment, personne n’osa croire que l’insigne de la rose blanche du Roi Sacré pouvait réellement apparaître dans un endroit pareil.
Le gouverneur, qui se tenait juste à côté de Sylvestre, était celui qui pouvait la voir la plus distinctement. Les gravures sur l’insigne étaient dessinées de façon si délicate et si gracieuse qu’il ne pouvait en aucun cas s’agir d’un faux.
Maintenant que j’y pense, j’aurais sans doute pu me libérer si j’avais sorti mon insigne quand je me suis fait capturer… Alors qu’il observait les expressions faciales des personnes dans l’assistance passer de la surprise à l’effroi, Sylvestre se sentit soudainement un peu sot.
Au même moment, le gouverneur comprit qu’il lui était impossible de plaider l’innocence plus longtemps. Le regard fuyant, il s’aperçut que la foule regardait dans toutes les directions dans l’espoir de trouver une issue, comme s’ils voulaient s’enfuir. Après tout, s’ils parvenaient à s’échapper, personne ne serait en mesure de les accuser du moindre crime. En fin de compte, seul le gouverneur n’avait nulle part où s’enfuir !
Le gouverneur se tourna vers le capitaine de la milice et s’écria : « Si le Roi Sacré entend parler de cette affaire, nous sommes tous morts ! Cet homme est seul. Il suffit de le tuer, et tous nos problèmes seront réglés ! Gardes, à l’attaque ! »
Si cet individu mourait, tous ceux présents n’auraient pas d’autres choix que de contribuer à dissimuler ce crime. Le gouverneur songea qu’il avait élaboré le plan parfait : s’ils devaient survivre, ils survivraient tous ensemble ; s’ils devaient couler, ils couleraient tous ensemble !
Acheter des esclaves était une chose. Laisser un des hommes du Roi Sacré se faire tuer sans réagir en était une autre. Si les deux individus liés à l’insigne mouraient, aucune personne dans la salle ne serait disculpée du crime !
Le capitaine de la patrouille était désemparé et ne savait plus ce qu’il se devait de faire. Aider à capturer des gens pour les vendre comme esclaves lui rapportait une bonne commission, alors il était plus que prêt à s’en charger. Cependant, il n’avait pas le cran de tuer le détenteur d’un insigne de la rose blanche.
« Attaquez-les, bon sang ! » La bouche du gouverneur en était déformée par la rage. Il fustigea vigoureusement le capitaine : « S’ils s’échappent d’ici, il nous sera impossible de nous en sortir ! C’est la peine capitale qui nous attend tous ! »
La peine capitale… Une fois ces trois mots prononcés, le capitaine de la milice rassembla immédiatement son courage. Si je les tue et me fais prendre, c’est la mort qui m’attend. Si je ne les tue pas, je mourrai assurément… Autant risquer ma peau !
Le capitaine de la milice se tourna vers ses hommes pour hurler : « Vous avez entendu ? Bougez-vous et tuez-les ! Si chaque personne leur porte un coup, ils finiront bien par périr ! »
Au même moment, Cale se précipita vers Sylvestre et le jeta à bas de l’estrade. Il cria ensuite aux autres esclaves : « Vite, protégez-les ! S’ils meurent, on nous faire taire également ! »
De toute évidence, les esclaves n’avaient aucun problème à obéir à Cale. Après avoir reçu ses ordres, ils se rassemblèrent désespérément autour de Sylvestre pour le dissimuler à la vue des autres. Néanmoins, comme Manteau Rouge était beaucoup plus loin, et que la patrouille de la cité fonçait droit vers lui, c’est avec impuissance que les esclaves ne purent qu’observer la scène, alors qu’on dégainait épée après épée pour les pointer sur Manteau Rouge.
Cale était si inquiet qu’il avait presque arrêté de respirer. Toutefois, quand il se retourna, il remarqua que Sylvestre ne semblait pas le moins du monde inquiet pour son allié et qu’il arborait au contraire une expression plutôt excitée, comme s’il brûlait d’impatience que le spectacle commence… L’esprit de Cale tournant à plein régime, il pouvait comprendre une chose : se débarrasser de la personne au manteau rouge ne sera pas chose aisée.
Vite ! Dépêchez-vous de charger ! Manteau Rouge n’hésitera pas à vous massacrera et à vous réduire à l’état douloureux et misérable de pulpe sanglante ! Sylvestre était si ravi que la patrouille de la cité fût sur le point de faire face à l’infortune de se battre contre Manteau Rouge qu’il faillit pousser des cris d’encouragement !
Une épée s’abattit sur la tête de Manteau Rouge pour la trancher. Cependant, Manteau Rouge ne daigna même pas lui accorder un regard. Manteau Rouge leva le bras pour attraper la main armée du garde et se servit alors de son autre main pour frapper le garde en plein ventre. Le tout se déroula si rapidement que le coup parut presque invisible. Le garde avait alors été propulsé vers arrière avant que quiconque ait eût le temps de s’en apercevoir.
Bien qu’il eût des dizaines d’adversaires à affronter, chacun armé d’une épée, Manteau Rouge ne paraissait pas du tout s’en inquiéter. Aussi détendu que s’il prenait tranquillement un verre, il envoyait valser d’un coup de poing chacun de ses assaillants.
Assistant à cette scène, Cale eût l’impression que ses yeux étaient sur le point de sortir de leurs orbites. D’où tire-t-il une force pareille ?
« Quel… »
Cale jeta un regard en biais à Sylvestre. Il se doutait plus ou moins de ce que ce dernier allait dire. Quelles capacités extraordinaires ! Quels mouvements superbes ! Quelle démonstration grandiose de puissance ! Ce serait quelque chose de ce genre, n’est-ce pas ?
« …style de combat ennuyeux ! » dit Sylvestre, l’air considérablement déçu.
Il avait cru qu’il aurait enfin la chance d’admirer la force considérable de Manteau Rouge ainsi que sa puissance divine. Il pensait que Manteau Rouge aurait manié sa lame à la vitesse de la lumière, que chaque mouvement aurait émis un sifflement de vent, pour ensuite envoyer ses adversaires dans la stratosphère, et que le tout se serait terminé avec une explosion d’aura de combat si forte qu’elle aurait fait s’écrouler le bâtiment ! Mais, en fin de compte… Manteau Rouge ne se préoccupait pas de la fierté des gardes et se contentait de se battre avec ses poings. Il n’employait même pas de feintes. Il agrippait simplement la main armée de son adversaire et l’envoyait au tapis d’un unique coup de poing. C’était ennuyeux à mourir.
« Ennuyeux ? » Cale trouva cette situation difficile à croire, tandis qu’il répliquait : « Qu’est-ce qui cloche chez toi ? Sa technique de combat est simple et efficace. Elle est purement létale ! »
« Une technique létale, dis-tu ? » demanda Sylvestre avec curiosité.
Cale acquiesça et expliqua : « S’il balançait des épées à la place de ses poings, chaque coup porté reviendrait à une vie perdue ! On peut voir tout de suite que ce type a dû faire partie de l’armée ! »
Bien sûr ! Et il tenait même le plus haut grade de toute l’armée ! Après tout, Manteau Rouge est la Reine Guerrière qui a mené une armée pour anéantir la race des démons ! »
Comme il était le seul à connaître la véritable identité de Manteau Rouge, Sylvestre ressentait une fierté incommensurable. Il avait depuis longtemps oublié que Manteau Rouge n’avait jamais admis être la Reine Guerrière.
Après que Manteau Rouge eut fait mordre la poussière au cinquième ou sixième garde – en à peine quelques secondes – les autres gardes n’osèrent plus l’attaquer. Même ceux qui s’étaient dirigés vers les esclaves s’étaient immobilisés comme s’ils craignaient qu’un seul mouvement pût provoquer l’ire de cet étrange individu qui avait neutralisé les autres gardes d’un seul coup de poing.
Pendant que tout le monde contemplait silencieusement Manteau Rouge, et que personne n’osait bouger d’un millimètre, Manteau Rouge hurla quelque chose à laquelle personne ne s’attendait.
« Barde, allons-y ! »
Sylvestre le fixa d’un regard vide. Nous partons déjà ? Mais, je n’ai pas encore eu droit à mon spectacle !
Manteau Rouge était empreint d’une immense fureur, tandis qu’il faisait face au gouverneur et s’exclamait : « Je suis la Reine Guerrière ! Comment osez-vous tenter de porter la main sur moi ! »
En entendant cela, le gouverneur fut terrorisé au point qu’il tomba à genoux pour implorer grâce : « Vous… Non… que dis-je ! Ma Dame ! Vous êtes la Reine Guerrière ? La célèbre Reine Guerrière qui a anéanti la race des démons ? »
Manteau Rouge … Non. On doit s’adresser à elle comme la Reine Guerrière. Elle rit froidement et clama : « C’est moi ! »
Le gouverneur s’écria avec désespoir : « J’ai eu l’audace d’agresser le Reine Guerrière… Mon crime ne saurait être pardonné que par cent mille morts ! » Il s’évanouit alors et s’effondra au sol.
La Reine Guerrière jeta un regard de dégoût au gouverneur, puis se tourna pour regarder Sylvestre. L’expression sur son visage était beaucoup plus gentille, et son ton était beaucoup plus chaleureux alors qu’elle s’adressait à Sylvestre.
« Sylvestre, c’est entièrement grâce à toi, qui as risqué ta vie en revenant comme agent sous couverture, que nous avons réussi à l’arrêter sur place. Dans le cas contraire, il nous aurait très probablement échappé. »
« Ce n’était pas grand-chose ! » Sylvestre sourit humblement et dit avec une élégance inégalée : « Nul besoin de le mentionner, c’était un si petit problème. D’une simple requête de la Reine Guerrière, je braverais même les fournaises de l’enfer et les courants déchaînés. Moi, Sylvestre, ne pourrais en aucun cas décliner une… »
« Aaaaaah ! Aaaaïïïïe ! Aaïïe ! Aaaaaaaaaaaaaaïïïïïeeeee ! »
Quand Sylvestre eut regagné ses esprits, Manteau Rouge retira ses deux doigts. D’après son expression faciale et sa position, elle paraissait totalement innocente. Personne n’aurait pensé qu’elle venait de pincer les joues de quelqu’un.
« Pourquoi m’as-tu pincé les joues ? » Sylvestre se sentait terriblement vexé, au point que deux larmes tombèrent de ses yeux et coulèrent le long de ses joues.
« On doit y aller. Quelqu’un va vite venir nettoyer ce bazar. » Évidemment, Manteau Rouge ne lui révéla pas que la véritable raison était que son expression lui donnait envie de le frapper. Elle se contenta de jeter un bref regard en disant : « Tu peux rester ici si tu veux. »
« N-Non ! Je viens avec toi ! » répondit précipitamment Sylvestre. Il avait réellement peur que Manteau Rouge l’abandonne ici. Il ne savait pas non plus combien de temps il lui faudrait pour la retrouver.
Ah, oui ! Sylvestre tourna la tête pour regarder Cale. Peu importe à quel point il y réfléchissait, il n’arrivait pas à trouver quoi dire à l’autre partie. Il se contenta finalement d’un simple : « Au revoir Cale. À la prochaine ! »
Cale fixa Sylvestre un instant. Puis, il tourna soudainement les talons et s’enfuit, se glissant dehors plus rapidement que Manteau Rouge et Sylvestre.
L’instant suivant, depuis l’extérieur résonnèrent des bruits de pas qui ne ressemblaient pas à ceux émis par une foule ordinaire.
Manteau Rouge attrapa subitement Sylvestre dans ses bras et sauta par la fenêtre pour s’échapper en un éclair.
Au même moment, les personnes restantes dans la salle reprirent brusquement leurs esprits et tentèrent également de s’échapper, mais il était déjà trop tard. La porte d’entrée fut enfoncée et…
« La division chargée de l’application des lois est là pour s’occuper de cette affaire. Personne n’est autorisé à bouger. Quiconque osera tenter de s’enfuir sera exécuté sans poser de questions ! »