La Légende du Chevalier du Soleil Règle Partagée #3 : Peu Importe à Quel Point le Chevalier du Soleil Paraît Faible, Ne le Contrarie Jamais

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 : À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


No Matter How Weak the Sun Knight Looks, Never Ruffle His Feathers – traduit du chinois à l’anglais par raylight[PR!]
Peu Importe À Quel Point le Chevalier du Soleil Paraît Faible, Ne le Contrarie Jamais – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par LuluHime

« AHHH ! »

Au milieu de la nuit, dans le palais du Royaume de l’Orchidée Lunaire, un hurlement se fit entendre depuis la chambre de la Princesse Alice.

La Princesse Anne et une bande de chevaliers firent irruption dans la chambre de la Princesse Alice, mais tout ce qu’ils virent fut cette dernière agenouillée devant son miroir de plain-pied, son visage caché entre ses mains, la tête basse. En entendant quelqu’un entrer dans sa chambre, elle cria avec agitation : « Sortez ! Vous tous, sortez ! »

Les chevaliers se dévisagèrent, désemparés, mais ils remarquèrent qu’il n’y avait personne d’autre dans la chambre. Ils regardèrent alors la Princesse Anne, qui hocha la tête, indiquant aux chevaliers qu’ils pouvaient partir.

Anne s’avança aux cotés de sa sœur. « Ma sœur, qu’est-ce qui ne va pas ? Un cafard t’a fait peur ? » demanda-t-elle prudemment.

Alice se contenta de secouer la tête, sans dire un mot.

Voyant sa sœur dans un tel état, Anne en fut si inquiète qu’elle commença à s’agiter. Elle annonça rapidement : « Je vais aller chercher quelqu’un… »

« N’y va pas ! » Alice coupa sa sœur.

Anne s’arrêta. Si je fais cela, ça ne va pas ; et si je fais autre chose, ça ne va pas non plus. Je ne sais vraiment pas ce que ma sœur veut que je fasse. « Ma sœur, tu m’inquiètes beaucoup. Quoi qu’il se passe, tu devrais au moins me dire ce que je dois faire ! » dit-elle, impuissante.

En entendant cela, Alice baissa lentement les mains. Quand elle leva la tête, elle aperçut immédiatement l’expression de sa sœur et éclata en sanglots.

Anne afficha une expression étrange et, incapable d’appréhender la situation, elle la questionna : « Ma sœur, pourquoi ton visage… est-il devenu si sombre ? N’était-il pas normal pendant la journée ? »

Alice sanglota : « Je viens juste de finir d’appliquer un masque sur mon visage. Quand j’ai regardé dans le miroir, j’ai réalisé que ma peau s’était autant assombrie. C’est pourquoi j’ai crié. Ma peau… »

Donc, c’était un petit problème de teint. Bien qu’elle soit un peu plus bronzée, ce n’est pas un drame ! Anne ignorait s’il fallait rire ou pleurer, comme elle la réprimandait : « Je t’ai déjà dit de ne pas te réjouir autant en t’appliquant un masque sur le visage. Regarde ! Maintenant, tu as un problème. »

« Comment est-ce possible ? J’ai fait tout ce qui était écrit dans la recette ! »

Alice sortit précipitamment la recette pour éclaircir la peau que le Chevalier du Soleil lui avait donnée pour la montrer à sa sœur : du Varech, de l’Eau croupie, une botte de Narcisse, de la Graisse de porc ; Étaler sur une planche ; Ajouter des Noix entières, du Chocolat noir, une Échalote en petits morceaux, trois Piments séchés, des Olives dénoyautées, de l’Urine, un Radis et de la Lavande ; Écraser le tout ; Appliquer pendant deux heures ; Faire fondre à la bougie.1

Anne jeta un coup d’œil à la soi-disant recette, sentant à priori que les ingrédients ne pouvaient être plus bizarres, et ne croyant pas que sa sœur oserait se mettre ça sur le visage. En y regardant de plus près, son expression devint encore plus étrange, tandis qu’elle demandait avec tact à sa sœur : « Ma sœur, d’où tiens-tu cette recette ? »

Alice répondit immédiatement : « Le Chevalier du Soleil me l’a donnée ! Sa peau est vraiment belle, si douce et blanche. Ce n’est pas possible qu’il y ait un problème à ce niveau-là ! »

Comme je m’y attendais… Anne força un sourire et déclara : « Ma sœur, as-tu essayé de regarder la lettre en majuscule de chaque instruction ? »

En entendant cela, Alice baissa immédiatement la tête vers la recette. Elle lut les lettres à haute voix : « V-E-N-G-E-A-N-C-E-P-O-U-R-L-E-A-F. Vengeance pour Leaf ! Ahhhhh !! »

Le corps de la liche avait été détruit, Attendsun avait presque été battu à mort, mais de là à penser qu’il ne la laisserait pas en paix non plus…

Le hurlement d’Alice raisonna à travers le palais pendant trois jours.

« Chevalier du Soleil ! Espèce d’infâme scélérat méprisable, impudent et étroit d’esprit ! »

 

 

Un jour, avec le cœur empli de tendresse, Leaf lisait la lettre d’amour qu’Anne lui avait fait porter par un messager.

Cher Leaf,

La troisième règle partagée des Douze Chevaliers du Soleil dont tu m’as parlée la dernière fois, « Peu importe à quel point le Chevalier du Soleil parait faible, ne le contrarie jamais », n’a jamais été plus vraie. Ma sœur s’applique des masques sur le visage depuis un mois entier, mais il n’y a pas le moindre signe d’éclaircissement.

Néanmoins, l’amant de ma sœur n’a pas été sérieusement blessé, puisque le Chevalier du Soleil l’avait soigné, donc il est rentré très rapidement à la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. Il est immédiatement venu faire sa demande en mariage, mais ma sœur n’a pas osé le rencontrer avant que sa peau ne s’éclaircisse. Elle n’a pas non plus osé accepter sa demande ; et donc, en ce moment, elle lave son visage de ses larmes tous les jours… Par contre, même si elle fait ça, elle reste incapable de récupérer sa peau d’albâtre.

Soupir ! Le Chevalier du Soleil est vraiment terrifiant. Leaf, tu dois faire attention à ne jamais le contrarier. Si jamais ça devait se produire, tu dois te dépêcher de venir te réfugier chez moi. Je pourrais convaincre Mike de te cacher dans le Monastère du Dieu de la Guerre, ainsi tu pourras peut-être échapper au désastre. Je t’offre tous mes vœux afin que le jour où tu vas contrarier le Chevalier du Soleil ne vienne jamais.

Avec toute mon affection,

Anne

Note de bas de page :

1 Les ingrédients et les instructions que Sun a donnés à Alice étaient en fait : « Plantes aquatiques, terre brûlée, boue, sable, piments verts, et tubéreuse. Après avoir frit et mélangé le tout rapidement à feu fort, appliquer pendant trois heures… » En chinois, les premiers mots de ces ingrédients et les instructions sont 水焦泥沙綠夜,爆應 (shuǐ jiāo ní shā lǜ yè, bào yìng), ce qui sonne similaire à 誰叫你殺綠葉,報應 (shuí jiào nǐ shā lǜ yè, bào yìng), ou « Comment as-tu osé tuer Leaf, voici ton châtiment ! » La traduction a été modifiée pour épeler un message adressé à Alice de la part de Sun, qui peut être découvert en français.

Messages instantanés de Yu Wo en 2009

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Messages instantanés de Yu Wo en 2009


Traduit du chinois vers l’anglais par Lucathia[PR!]
Traduit et adapté de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Tout d’abord, j’ai songé que ce serait bien de traduire certains des messages instantanés de Yu Wo. Elle en laisse souvent au sujet de pensées soudaines, ou ajoute parfois de courts extraits de ses livres : ce genre de choses. J’ai exclu la plupart des messages qui n’avaient rien à voir avec ½ Prince, La Légende du Chevalier du Soleil, Yu Wo elle-même, et/ou le fil de ses pensées. Il se pourrait que vous voyiez des titres de romans inconnus quand elle mentionne ses autres œuvres. Nous ne nous sommes pas complètement décidés sur la traduction anglaise/française des titres de ces romans, alors gardez à l’esprit que ces titres sont des tentatives de traduction.

Continued

1/2 Prince T4Extra : Le Soleil Devrait Briller dans le Ciel Bleu

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½ Prince Tome 4 : Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Extra Chapter : The Sun Should Shine in the Fair Sky – traduit du chinois vers l’anglais par [PR !]
Chapitre Extra : Le Soleil devrait Briller dans le Ciel Bleu1 – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

« Arrête de m’emmerder. Je vais définitivement être le porte-parole, que tu décides de jouer pour le groupe ou non ne tient qu’à toi ! » répliqua Prince avec colère.

Même après qu’elle se fût enfuie, elle pouvait encore visualiser parfaitement le visage impatient de Prince lorsqu’il l’avait réprimandée.

« Prince a vraiment dépassé les bornes cette fois. Je l’aime tellement, mais comment peut-il se comporter comme un tel Don Juan ? Et, il accepte même autant les hommes que les femmes ! » Fairsky jura tout en pleurant. Les mots pleins d’impact que Prince avait employés l’avaient vraiment blessée.

« Je me suis enfuie il y a si longtemps… Pourquoi personne n’est-il venu à ma recherche après tout ce temps ? » se demanda Fairsky en regardant par-dessus son épaule, alors qu’elle courait. Ne me dites pas qu’ils ne veulent vraiment plus de moi ? C’est mauvais ! Fairsky se mit à courir dans le sens inverse avec anxiété.

Bam ! Elle rentra de plein fouet dans quelqu’un, comme elle passait au détour d’un coin.

« Hé ! On ne t’a jamais appris qu’il fallait garder les yeux ouverts et regarder autour de soi quand on marche ? » protesta Fairsky avec colère, en massant son front rougi et douloureusement gonflé.

« Fairsky, c’est moi, Sunshine », annonça l’homme avec lequel elle était entrée en collision. Comme Sunshine était un mage de constitution fragile, il avait reçu de bien plus grands dégâts que Fairsky, et était dans un état d’étourdissement. Sans la voix forte et familière de Fairsky, il n’aurait même pas réalisé que c’était elle qu’il venait de percuter.

Fairsky se rendit enfin compte que la personne mourante, allongée sur le sol, était l’un de ses propres coéquipiers.

« Sunshine ? Que fais-tu ici ? » s’enquit Fairsky.

« Je te cherchais », répondit Sunshine, alors qu’il se remettait lentement sur ses pieds.

« Alors, il n’y a que toi qui soit venu me trouver… Je n’ai pas envie de rentrer », déclara Fairsky, en adoptant un comportement enfantin et en refusant de se lever. Quand elle pensa à quel point les autres ne se préoccupaient pas d’elle, son cœur se remplit de ressentiment, et ses yeux devinrent humides.

« Nous sommes vraiment en retard pour le début du concert, alors tout le monde a dû monter sur scène malgré tout », expliqua gentiment Sunshine.

« Je m’en fiche. Je n’y retournerai pas. Personne ne m’aime de toute façon. » Alors que Fairsky parlait, des larmes se mirent à couler de ses yeux. C’est vrai ; Prince m’a toujours dépréciée parce que je ne suis pas raisonnable, alors que Phoenix, Wicked et Gui sont mes rivaux en amour.

« Il y a des gens qui t’aiment. Comme moi ; je t’aime beaucoup », affirma Sunshine en souriant. Il avait toujours pensé que cette fille qui aimait crier et annoncer clairement ses opinions de façon bruyante était intéressante. Elle dit toujours ce qu’elle pense et exprime ses émotions avec honnêteté, pas comme les autres qui pensent une chose et en disent une autre. Ce genre de personne me donne vraiment la migraine.

En entendant une réponse aussi directe de la part de Sunshine, même une fille aussi franche que Fairsky ne put s’empêcher de rougir, et elle s’exclama : « Tu mens ! Je ne suis pas du tout féminine. Je ne sais pas quand m’arrêter lorsque je parle, je ne suis pas aussi belle que Lolidragon ou Phoenix, et je suis toujours déraisonnable… ! » Alors qu’elle énumérait tous ses défauts, Fairsky réalisa qu’elle en avait vraiment beaucoup et éclata en sanglot. Pas étonnant que personne ne m’aime. Mais, s’ils veulent que je sois gentille comme Phoenix ou charmante et belle comme Lolidragon, je ne peux pas non plus faire ça. C’est vraiment mon destin de ne jamais avoir de place dans le cœur de Prince ?

Sunshine ne put se retenir de rire, tandis qu’il contemplait Fairsky qui l’ignorait et s’enfonçait toute seule dans la dépression. Elle est vraiment mignonne, songea-t-il.

« Mais, tu es honnête, et différente des autres qui dissimulent toujours leurs véritables sentiments », déclara-t-il.

« Vraiment… ? » le questionna Fairsky, pleine de doute, à voix basse. « Mais, tous les autres me disent toujours que, en agissant ainsi, je suis déraisonnable. »

« Tu es déraisonnable. Si tu ne l’étais pas, tu ne serais pas toi », répliqua Sunshine avec un sourire.

« Quoi ? Je ne suis pas déraisonnable ! » Le tempérament fougueux de Fairsky se raviva.

« Eh bien, quoi ? C’est vrai. Si Wicked n’était pas toujours sérieux, il ne serait pas Wicked. Si Gui arrêtait d’être étrange, il ne serait plus Gui non plus. Qui plus est, il y a Kenshin. » Sunshine rigola. « Si un jour Kenshin devenait soudainement un moulin à parole, je penserais probablement qu’il est devenu fou. » Sunshine poursuivit avec gentillesse : « C’est pourquoi ton honnêteté est la partie la plus attirante chez toi, Fairsky. Ne te force pas à devenir gentille, parce que tu perdrais ton éclat si tu faisais ça. »

« Vraiment ? » En entendant Sunshine parler d’elle ainsi, Fairsky rougit d’une façon qui ne lui ressemblait pas.

« Oui ! » Sunshine hocha la tête avec conviction.

Fairsky se leva en faisant la moue et dit à contrecœur : « Ok alors, retournons là-bas. »

« OK. » Sunshine sourit de nouveau tout en sortant son tapis volant, se préparant pour « l’opération de sauvetage » dont le groupe aurait besoin. S’ils étaient en retard, ces quatre personnes pourraient même se faire arracher tous leurs vêtements, comme la dernière fois quand Prince avait presque connu un destin aussi funeste.

« Tu es une personne tellement étrange, à toujours sourire ainsi. Qu’est-ce qui est si amusant ? »  Fairsky continua de lui faire des réflexions, même alors qu’elle montait sur le tapis volant.

Sunshine répondit avec un éclat de rire : « Puisqu’il n’y a pas de raison d’être triste, bien sûr que je vais sourire. »

« Quelle personne étrange », murmura Fairsky, et pourtant elle appréciait beaucoup le sourire de Sunshine.

 

 

Fairsky s’était préparée à se promener dans la ville afin de trouver un immeuble adéquat pour construire la librairie. Mais, Prince, étant un glouton, n’allait jamais abandonner sa nourriture pour l’accompagner dans son exploration de la ville. Fairsky se plaignit silencieusement à elle-même : Je me demande pourquoi Prince aime tant manger…

« Gui m’a demandé de chercher un bâtiment par moi-même. Hmph, comme si personne ne savait qu’il voulait juste rester un moment de plus aux côtés de Prince. » Fairsky bouda, se préparant à contrecœur à chercher toute seule un emplacement.

En entendant les murmures boudeurs de Fairsky, Sunshine rigola et dit : « Pourquoi ne t’accompagnerais-je pas ? »

Aux mots de Sunshine, les yeux plaintifs de Fairsky devinrent immédiatement suppliants : « Vraiment ? Tu veux bien venir avec moi ? » demanda-t-elle.

« Bien sûr que je veux bien. Kenshin, tu veux venir aussi ? » Après que Sunshine eut répondu à la question de Fairsky, il se tourna pour regarder Kenshin qui était froid et silencieux comme d’ordinaire.

Kenshin secoua la tête. « Non. »

« Vraiment ? Dans ce cas, allons-y, Fairsky. » Sunshine regarda Fairsky avec un sourire, tandis que le cœur de cette dernière se mettait soudain à battre plus vite sans aucune raison apparente.

« Sunshine, à ton avis, quel serait le meilleur endroit pour construire une librairie ? » s’enquit Fairsky en serrant joyeusement le bras de Sunshine. « Est-ce qu’on devrait construire la librairie quelque part dans un endroit reculé, pour viser une atmosphère tranquille, ou alors dans le centre-ville où il y a beaucoup de passage ? »

« Ne pouvons-nous pas en construire aux deux endroits ? » la questionna Sunshine, perplexe.

« En construire aux deux endroits ? » répéta Fairsky, pendant que son cerveau qui avait un don inné pour les affaires se mettait à tourner à toute allure. Il a raison. Les deux librairies ciblent des personnes différentes. Nous pouvons construire une librairie ordinaire dans la zone du centre-ville en premier, puis, quand elle sera devenue populaire, nous allons pouvoir construire une autre librairie combinée à un café dans un endroit calme.

« Sunshine, tu es trop intelligent. » Après avoir choisi les emplacements, Fairsky était si heureuse qu’elle oublia toute restreinte en enlaçant et en embrassant Sunshine.

« Ah bon ? » Sunshine était complètement confus, mais il toucha quand même sa joue qui venait d’être embrassée tout en souriant bêtement.

« Franchement, chaque jour qui passe, la Cité de l’Infini devient de plus en plus animée. Elle aura assurément du succès », commenta Fairsky, alors qu’elle regardait joyeusement les gens autour d’elle marchant dans les rues qu’elle avait créées ensemble avec Gui, louant la beauté de la Cité de l’Infini. Elle se sentait touchée que ces temps paisibles fussent enfin arrivés après toutes les difficultés qu’elle avait dû traverser.

« Allons nous promener près de la place publique ! » suggéra Fairsky. La fontaine sur la place publique est très belle. Quand j’ai vu le design préparé par Gui, je me suis jurée que je m’y rendrais définitivement pour y jeter un coup d’œil quand sa construction serait terminée. Même si Gui est un type bizarre, qu’il est homo, et qu’il essaie effrontément de se battre avec moi pour Prince… son talent est réel.  

« Bien sûr, j’ai aussi envie d’aller y jeter un coup d’œil », répondit Sunshine.

« Wow ! Il y a tellement de personnes ici ! » Fairsky hoqueta de surprise à la vue de la mer de gens

« Évidemment. Cet endroit est après tout l’une des attractions touristiques les plus connues de la Cité de l’Infini. C’est La Fontaine des Vœux d’Amour », déclara soudainement Passant A qui était à côté d’eux.

« La Fontaine des Vœux d’Amour ? » Fairsky et Sunshine étaient tous les deux stupéfaits. Depuis quand cette fontaine portait-elle ce nom ?

« Oui. La rumeur raconte que, si un couple jette des pièces dans la fontaine et que la fontaine lance un jet d’eau, il leur sera accordé un amour éternel. C’est pourquoi tout le monde fait la queue pour jeter des pièces », expliqua Passant A.

« Une telle chose existe vraiment ? » demanda Fairsky, perplexe.

« Cette rumeur a été répandue par Yu Lian », se souvint Sunshine. Il murmura gentiment à l’oreille de Fairsky : « Elle a dit que c’était une bonne façon de gagner de l’argent, parce que les gens amoureux ont toujours un QI plus bas. »

« Oh, je vois. Mais, maintenant je n’arrive pas à voir à quoi ressemble la fontaine », dit Fairsky tout en essayant vigoureusement d’apercevoir la fontaine depuis l’endroit où elle se tenait. « Puisque nous n’avons pas d’autres choses importantes à faire, pourquoi ne ferions-nous pas la queue pour regarder la fontaine nous aussi ? » suggéra Fairsky.

« Certainement. » Sunshine accepta avec plaisir. Il avait toujours aimé rester dans les endroits où les gens se rassemblaient, pour les observer.

Après avoir attendu pendant un très long moment — jusqu’à ce que le ciel fût devenu noir et que la lumière des étoiles se fût mise à illuminer la terre — Fairsky et Sunshine aperçurent enfin la fontaine. Malgré l’heure tardive, ils avaient en fait de la chance, parce que la véritable beauté de la fontaine pouvait uniquement être révélée la nuit.

« C’est si beau ! » ne put s’empêcher de s’exclamer Fairsky, alors qu’elle avait enfin réalisé son souhait de se tenir devant la fontaine. La fontaine elle-même avait la forme d’un croissant de lune et était faite d’un matériau complètement transparent contenant une poudre argentée et scintillante encastrée. La poudre argentée et scintillante ressemblait à des étoiles cachées à l’intérieur de la fontaine, clignotant pour les gens qui passaient devant. Au-delà du sommet de la colonne d’eau centrale resplendissait doucement un soleil jaune baignant la place publique de sa douce et tendre lumière, donnant à l’endroit une atmosphère romantique. Ce n’était pas étonnant que le QI des couples amoureux eût diminué quand ils venaient ici.

« Jetons des pièces nous aussi. » Voyant les autres couples faire ça, Sunshine ne put s’empêcher de vouloir lancer quelques pièces à son tour.

« Très bien. L’argent va revenir à la Cité de l’Infini de toute façon », approuva Fairsky en échouant à réprimer son rire. Même si nous ne jetons pas de pièces, elles nous seront de toute façon dérobées par Yu Lian un jour.

« On devrait en lancer une ensemble. Tout le monde le fait de cette façon », remarqua Sunshine tout en prenant les mains de Fairsky et en plaçant une pièce au milieu de leurs paumes mises en coupe. Il ne remarqua pas le visage rougissant de Fairsky, alors qu’il s’exécutait. D’un autre côté, même s’il l’avait remarqué, il n’aurait probablement pas compris ce qu’il se passait de toute manière.

« Vole ! » crièrent-ils à l’unisson.

Lorsque la pièce toucha la surface de l’eau, une colonne d’eau se dressa de manière imprévue, et la charmante danse de l’eau fut activée. Alors que les gracieux jets d’eau dansaient dans la fontaine, les personnes dans les alentours leurs jetèrent des regards de bénédiction ou d’envie. Fairsky et Sunshine se regardèrent avec impuissance, l’un et l’autre, avec le visage écarlate et une expression embarrassée.

Tout cela était une coïncidence, n’est-ce pas ?

« Sunshine, que ferais-tu si tu aimais énormément une personne, mais que cette personne ne t’aimait pas ? » demanda Fairsky tout en léchant le Tanghulu2 qu’elle venait tout juste d’acheter. Sunshine mangeait joyeusement une glace à ses côtés.

Après y avoir réfléchi, Sunshine répondit : « Je n’ai jamais aimé une personne auparavant, donc je ne sais pas ce que je ferais. »

« Tu n’es jamais tombé amoureux avant ? » s’enquit Fairsky, stupéfaite. Impossible ! Sunshine, qui a l’air d’avoir dans la vingtaine, n’a jamais aimé personne auparavant ?

« Je ne pense pas. Quel genre d’émotion est la sensation de tomber amoureux ? » questionna Sunshine, avec perplexité. Il n’y pouvait rien. Après tout, cela ne faisait que six mois qu’il avait développé sa propre conscience de soi. Qui plus est, il n’était jamais sorti hors de la Caverne du Démon jusqu’à il y a deux mois. Il n’aurait pas pu comprendre ce qu’était l’amour en une si courte période.

Cependant, Fairsky était étonnée elle aussi. Qu’est-ce que l’amour ? Elle répondit avec une légère hésitation : « Si tu aimes beaucoup quelqu’un, tu penses tout le temps à cette personne, tu veux rester à ses côtés. Et, quand c’est le cas, tu es très heureux… »

« Je vois. Donc, Fairsky, tu dois beaucoup aimer rester avec Prince ? Quand tu es avec Prince, tu es très heureuse ? » demanda Sunshine à Fairsky en retour.

Fairsky en resta totalement stupéfaite. Est-ce que je suis vraiment heureuse ? Quand elle y repensait, elle avait l’impression qu’elle était toujours en colère contre l’attitude de Prince envers elle, et en plus elle devait être la rivale de Phoenix avec laquelle elle s’entendait vraiment bien. Il semblerait… qu’elle ne fût pas du tout heureuse ?

« Fairsky ? » l’appela Sunshine, et la regardant avec incertitude après ne pas avoir entendu sa réponse pendant un long moment. Contre toute attente, il découvrit que des larmes coulaient le long des joues de Fairsky. Il ne put s’empêcher de tendre la main et d’essuyer les larmes sur son visage, en lui demandant : « Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi pleures-tu ? »

« Je… je viens soudainement de réaliser que, quand je suis avec Prince, je ne suis pas du tout heureuse », répliqua Fairsky, d’une voix choquée.

« Dans ce cas, est-ce que ce ne serait pas mieux si tu ne restais pas avec Prince ? » lui demanda Sunshine, légèrement perplexe quant à pourquoi elle continuait de faire quelque chose qui ne la rendait pas heureuse.

« Mais… mais… » Fairsky était réticente. J’ai poursuivi Prince pendant si longtemps. Si j’abandonne maintenant, ce serait un tel gâchis.

« De plus, Fairsky, tu ne ris jamais quand tu es aux côtés de Prince ! Je pense que tu es plus jolie quand tu ris ! » ajouta Sunshine avec un brillant sourire. « Exactement comme ça. »

« Vraiment ? Je suis plus belle comme ça ? » s’enquit Fairsky tout en se mettant à sourire sans s’en rendre compte.

« Oui », assura Sunshine avec conviction.

Fairsky continua à sourire et déclara, un peu touchée : « Sunshine, je suis toujours très heureuse quand je suis avec toi ! Es-tu heureux, toi aussi, quand nous sortons ensemble tous les deux ? »

« Je suis très heureux », répondit Sunshine sans même hésiter, puis il sembla abruptement se rendre compte de quelque chose. « Oh ! J’aime beaucoup rester avec toi, Fairsky, et j’attends toujours avec impatience notre prochain rendez-vous. Dans ce cas, est-ce que ça veut dire que je suis amoureux de toi ? »

« Qu’est-ce que tu racontes !? » s’exclama Fairsky avec un visage rouge comme une pivoine. Sunshine dit toujours tout ce qu’il veut sans prendre le temps de considérer les choses avant ! Il a encore plus de cran que moi !

« Ce n’est pas de l’amour ? » encaissa Sunshine, légèrement déçu, puisqu’il pensait avoir enfin compris ce qu’était l’amour.

Ils marchèrent tous les deux en silence pendant quelque temps, jusqu’à ce que Fairsky n’y tienne plus et demande : « Est-ce que tu aimes vraiment beaucoup être avec moi ? »

« J’aime beaucoup ça », dit Sunshine, en hochant la tête fermement.

Quand elle vit que Sunshine avait répondu à sa question sans même vaciller un seul instant, Fairsky rougit tellement que même ses oreilles devinrent écarlates. Elle demanda d’une voix tremblante : « D-dans ce cas, y a-t-il d’autres personnes que tu aimes plus que moi ? »

Sunshine réfléchit intensément et répondit : « J’aime beaucoup Prince aussi, comme c’est quelqu’un avec qui c’est facile de s’entendre … »

Il aime Prince ? Il est gay, lui aussi ? Le cœur de Fairsky se mit à sombrer…

« Mais, je préfère davantage être avec Fairsky, parce que c’est plus facile de deviner ce à quoi tu penses qu’avec Prince, puisque tu exprimes tout sur ton visage », expliqua Sunshine avec un sourire. Ahahah, l’expression constamment changeante de Fairsky me donne toujours envie de rire.

« Je ne fais pas ça ! » nia complètement Fairsky. Je n’exprime absolument pas toutes mes émotions sur mon visage.

« Tu ne le fais pas ? » Sunshine ne put se retenir de rigoler tout haut. Alors, qui est cette personne qui est en train de bouder en ce moment ?

« Idiot, bien sûr que non », répondit Fairsky. Elle était tellement embarrassée qu’elle se mit en colère et frappa le dos de Sunshine avec force.

« Aie, ça fait mal ! Ne me frappe pas ; je ne faisais que dire la vérité », se défendit Sunshine, en riant bruyamment alors qu’il évitait les gifles mortelles de Fairsky.

Tandis qu’elle regardait Sunshine protéger son dos avec ses deux mains tout en reculant et en la surveillant avec prudence, Fairsky ne put s’empêcher de le pourchasser en criant : « Ne cours pas, laisse-moi te frapper ! »

« Je t’ai attrapé ! » Fairsky s’élança sans merci sur Sunshine, comme si elle était un tigre affamé bondissant sur un agneau, faisant tomber Sunshine sur le sol.

En contemplant le sourire lumineux de Sunshine, Fairsky ne put se retenir de sourire elle aussi. Elle cacha son visage en l’enfonçant dans le torse de Sunshine et répéta fermement : « Je t’ai attrapé. »

« Moi aussi, je t’ai attrapée », dit Sunshine, tout en enlaçant Fairsky en retour et en caressant ses cheveux joyeusement.

Notes de bas de page

1 Le Soleil Devrait Briller dans le Ciel Bleu : Ce titre vient d’un jeu de mots chinois avec le nom de Fairsky et de Sunshine. Malheureusement, ce jeu de mots se perd dans la traduction française. On le retrouve dans la version anglaise « The Sun Should Shine in the Fair Sky ». Le titre français est une traduction littérale. « Sun shine » veut dire « soleil brillant », et « fair sky » veut dire « ciel bleu/clair ».

2 Tanghulu : Une friandise hivernale traditionnelle. Pour plus d’informations (en anglais) vous pouvez consulter le lien suivant http://en.wikipedia.org/wiki/Tanghulu

1/2 Prince T4C11 : La Grande Mise à Jour

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½ Prince Tome 4 : Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 11: The Great Patch – traduit du chinois à l’anglais par Starie[PR!]
Chapitre 11 : La Grande Mise à Jour – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ travail de vérification par Nocta

Après que j’eus traîné urgemment Fairsky, Sunshine, Jing, et Yun dans la salle, je posai mes mains sur les épaules de Fairsky et décrétai de façon solennelle : « Fairsky, tu ne peux pas aimer Sunshine. » J’ignorai Jing et Yun pour l’instant, alors qu’ils se tenaient sur le côté. En entendant mes paroles, ils furent si surpris que leurs yeux avaient l’air d’être sur le point de sortir de leurs orbites.

Fairsky ouvrit la bouche et ensuite la ferma à nouveau, avant d’enfin parvenir à cracher un seul mot : « Pourquoi ? »

Je fronçai des sourcils fermement, en regardant Sunshine et en me demandant si je devais révéler le fait qu’il était un PNJ ou pas. En réponse, Sunshine fronça les sourcils de la même façon.

« Permets-moi d’expliquer, Prince », demanda Sunshine d’une voix douloureuse.

« Dans ce cas, dis-moi, pourquoi est-ce que je ne peux pas t’aimer ? » s’enquit Fairsky d’une voix tremblante. « Je refuse de croire… Je refuse définitivement de croire que tu n’éprouves pas de sentiments pour moi. Après tout, nous nous entendons très bien depuis ces derniers jours, pas vrai ? »

Ils s’entendent très bien ? Quand est-ce que c’est arrivé ? Pensai-je, en fronçant des sourcils.

« Pas étonnant que les chances de voir Fairsky aux côtés de Grand Frère aient été basses ces derniers temps. Elle était en fait en train de tomber amoureuse de quelqu’un d’autre », murmura Yun pour lui-même, avant que les deux « filles », Jing et moi, lui couvrissent rapidement la bouche.

« Mais, je ne sais pas comment t’aimer. C’est impossible pour moi de t’aimer, je… » Sunshine n’avait même pas terminé sa phrase quand il fut embrassé de force par Fairsky. Il fut si choqué que ses bras s’agitèrent frénétiquement, essayant de toutes ses forces de repousser Fairsky. Mais, la cruauté du jeu s’appliquait ici : la force d’un mage ne pouvait pas se comparer à celle d’une voleuse.

Pendant ce temps, nous, les trois intrus, fixions avec la bouche grande ouverte Sunshine qui se faisait embrasser de force sans éprouver la moindre culpabilité. Puis, la scène qui apparaissait souvent dans les romans d’amour se déroula simplement devant nos yeux : La personne qui se faisait embrasser par la force (normalement la protagoniste, mais dans notre situation il s’agissait du contraire) commençait par lutter pendant un long moment, mais quand elle découvrait qu’elle ne pouvait pas s’échapper, elle permettait avec impuissance de se faire embrasser, jusqu’à ce qu’elle commence fermement à serrer dans ses bras la personne qui l’embrassait par la force… Maintenant, Jing, Yun et moi observions de façon hébétée Sunshine et Fairsky s’embrasser et se serrer dans les bras l’un et l’autre, ayant tous les deux l’air profondément intoxiqués.

« Un amour si profond, comme c’est émouvant ! » Jing sortit un mouchoir et commença de façon questionnable à essuyer de véritables larmes du coin de ses yeux.

Yun me tapota l’épaule, fit un clin d’œil et dit : « Grand frère, ce n’est pas comme si tu as besoin de Fairsky, alors pourquoi ne la donnes-tu pas à Sunshine ? »

« Pas besoin, mon œil. Ce n’est pas ça le problème : le problème c’est que Sunshine n’est même pas humain ! » hurlai-je très fort. Mes deux meilleurs amis n’avaient même pas compris les circonstances !

Comme je finissais de hurler, je remarquai que Jing et Yun regardaient directement derrière moi en arborant des expressions de malaise excessif. Je me retournai et vis que Fairsky avait enfin mis fin à cette longue séance de baiser pendant que je parlais et se tenait à présent debout derrière moi, visiblement en train de fulminer.

*CLAQUE* Je fus frappé au visage avec une si grande force que je faillis me briser le cou.

« Je t’ai mal jugé, Prince. Même si je ne t’aime plus, tu ne devrais pas insulter Sunshine et dire qu’il n’est pas humain1. » Fairsky retint ses larmes, son regard déçu rivé sur moi.

C’est un énorme malentendu. Je n’étais pas en train de l’insulter, je ne faisais que dire la vérité, songeai-je, en massant la zone douloureuse sur ma joue.

« Fairsky, Prince dit la vérité, je ne suis vraiment pas humain », déclara Sunshine avec grande difficulté.

« Sunshine, pourquoi est-ce que tu t’insultes également !? » L’expression de Fairsky passa à la désapprobation extrême, tandis qu’elle criait sur Sunshine.

Sunshine tint les épaules de Fairsky fermement et, avec un niveau d’agitation que je n’avais jamais vu auparavant, répondit : « Je ne m’insulte pas, Fairsky. Je n’appartiens pas à la race humaine : je suis seulement un PNJ qui a développé une conscience de soi. »

Fairsky se figea pendant un long moment. Puis, sur un ton d’énorme incrédulité, elle articula faiblement : « Que viens-tu de dire ? »

« Je suis un PNJ », répéta Sunshine, semblant peiné.

« C’est impossible. C’est totalement impossible. Comment est-ce que tu pourrais être un PNJ ? Tu me mens ! » cria Fairsky. « Même si tu ne m’aimes pas, tu n’as pas à me mentir de cette façon ! »

« Fairsky, c’est la vérité. Sunshine et Kenshin sont tous les deux mes animaux de compagnie humains. La différence entre eux et les PNJs normaux c’est qu’ils ont développé une conscience d’eux-mêmes. » Je détruisis sévèrement la dernière once d’espoir de Fairsky. Souffrir à court-terme…est mieux que de souffrir à long-terme, pas vrai ?

« Comment c’est possible…? » Fairsky s’agenouilla faiblement sur le sol, ses larmes tombant tel un fil brisé de perles et ses pleurs étouffés brisant le cœur de tous ceux qui les entendaient.

À part permettre à Fairsky de pleurer toutes les larmes de son corps, il n’y avait rien d’autre que l’on pouvait faire, alors nous nous tînmes stupidement debout sur le côté.

« Fairsky… » Sunshine s’accroupit à côté d’elle avec une expression de désarroi, et Fairsky enfouit son visage dans la poitrine de celui-ci, pleurant à chaudes larmes.

« Je suis désolé. Je n’avais pas l’intention de te le cacher à dessein. » Sunshine serra Fairsky affectueusement dans ses bras, les yeux remplis d’un regret infini.

« C’est de ta faute ! C’est entièrement de ta faute pour m’avoir trompée ! » Fairsky se mit violemment et de façon incontrôlable à frapper des poings contre la poitrine de Sunshine, en hurlant de chagrin. « Comment c’est possible !? Je pensais même avoir enfin trouvé l’amour de ma vie ! Sale menteur, pourquoi étais-tu si gentil envers moi ? Si gentil au point que je n’ai pas pu m’empêcher de tomber amoureuse de toi, et c’est seulement maintenant que tu m’avoues que tu es un PNJ ! Comment veux-tu que j’accepte tout ça !? »

« Je suis désolé, je n’aurais pas dû te mentir. » Sunshine ne put que se confondre en excuses, son expression de défaite était une vision déchirante à contempler.

En voyant cette paire, l’une pleurant comme une cascade et l’autre se blâmant continuellement, je ressentis de la pitié à leur égard et ne pus me retenir d’ouvrir la bouche pour réconforter Fairsky. « Fairsky, ce n’est pas comme si Sunshine l’avait fait exprès. Même s’il est un PNJ, je suis sûr que les sentiments qu’il ressent pour toi sont vrais et qu’il n’essayait pas délibérément de te le cacher. Alors, tu n’as plus besoin de le blâmer. »

Contre toute attente, Sunshine répliqua de façon inflexible : « Non, c’est précisément de ma faute. Quoi qu’il arrive, je n’aurais pas dû permettre que Fairsky soit blessée. »

Alors que Sunshine finissait de parler, le son des pleurs de Fairsky s’estompa tout d’un coup. Elle leva la tête avec une expression captivée, et le regard dans ses yeux… fit se dresser mes cheveux sur ma tête, étant donné qu’il montrait une détermination que l’on voyait quand on mettait sa vie en jeu.

« Sunshine, maintenant que tout a été dit et fait, est-ce que tu m’aimes, oui ou non ? »

Sunshine afficha un beau sourire triste. (La description est étrange mais, croyez-moi, il n’y a pas de meilleurs mots.2) « Est-ce possible pour moi d’aimer quelqu’un ? Fairsky, je ne suis qu’une séquence de chiffres, un programme informatique. Je ne comprends rien à l’amour, ni ne sais-je si je peux aimer quelqu’un ou pas. »

Fairsky regarda directement Sunshine. « Est-ce que tu aimes être avec moi ? »

Sunshine se raidit légèrement, et ensuite hocha la tête.

« À part moi, est-ce qu’il y a une autre personne pour laquelle tu éprouves les mêmes sentiments ? »

Sunshine secoua la tête fermement.

« Alors, en ignorant tout le reste, est-ce que tu serais d’accord pour rester avec moi pour toujours ? » L’expression de Fairsky exprimait un extrême désir ardent.

Sunshine considéra la question très sérieusement et, comme je l’avais dit avant, il ne peut pas raconter de mensonges, alors il répondit avec honnêteté : « Je suis d’accord. En fait, c’est l’un de mes plus grands désirs, d’être en mesure de passer l’éternité avec toi, Fairsky. »

C’est mauvais ! Mon alarme interne se mit à sonner de façon incessante.

« Dans ce cas, je suis d’accord moi aussi », déclara Fairsky avec une expression résolue. « Ça m’est égal si tu es humain ou pas. Pour moi, tu as plus d’émotions qu’un humain. Je me fiche de savoir si tu comprends ce qu’est l’amour ou pas. Si ce n’est pas le cas, alors je vais t’aider à comprendre. »

« Mais, Fairsky, je n’existerai pas pour toujours, et il n’y a aucun moyen pour moi de rester avec toi pour toujours. » Sunshine arborait une expression heureuse mais inquiète. Après tout, il vivait une vie qui n’était pas vraiment une vie, étant simplement limité à un système de jeu.

« Les gens disent que ce n’est pas grave si nous n’avons pas l’éternité, c’est plus que suffisant d’être ensemble dans l’instant présent. En dépit de ce que le futur pourrait être, en ce moment je veux seulement être avec toi ! Est-ce que tu comprends ? » s’enquit Fairsky.

« Je comprends. » Le sourire de Sunshine était aussi radieux que la signification de son nom.

« Ouiiinnn, quel beau discours ! Contentez-vous de vivre dans l’instant présent. C’est si émouvant ! » Jing tenait un mouchoir et se mouchait désespérément le nez.

« Oui, c’est tout bonnement le destin, Grand Frère, alors ne gâche plus la fête à présent ! » Yun me tapota l’épaule encore une fois.

En entendant ces deux idiots raconter des âneries, Sunshine et Fairsky se retournèrent, en me regardant avec des expressions effrayées et pourtant de désir. C’était le genre d’expression que ferait une fille qui aurait peur que sa méchante belle-mère ne la laisse pas épouser la personne qu’elle aime… Hé, ne vous méprenez pas, vous croyez vraiment que je suis si cruel ?

J’étais également ému, et donc, après avoir volé le mouchoir de Jing et m’être mouché le nez avec, j’annonçai d’une voix pleine de sanglots : « Puisqu’aucun de vous deux n’a d’objections, faîtes comme ça vous plaît. »

« C’est génial, Sunshine ! » Fairsky agrippa Sunshine, puis le serra dans ses bras et le fit tournoyer en cercles, avant d’encore une fois l’embrasser de force.

Fairsky, montre un peu de réserve… Sinon, au moins considère le fait qu’il y a trois célibataires qui vous observent ici. Ce genre de démonstration d’affection vraiment mignonne va seulement nous faire mourir d’envie.

« Prince, qu’est-ce qu’il s’est passé ? » La voix de Lolidragon retentit soudainement du canal de message privé, me donnant une vilaine frousse. « Je viens d’entendre une rumeur vraiment très étrange. »

« Tu parles du fait que Fairsky soit amoureuse de Sunshine, pas vrai ? » répondis-je avec impuissance, en observant le couple qui tournoyait et s’embrassait joyeusement.

« Alors, c’est vrai ? » Le ton de Lolidragon sonnait ahuri, comme si elle venait tout juste d’entendre dire que ses produits de marque Chanel étaient faux. « Lui as-tu révélé que Sunshine est un PNJ ? »

« Je le lui ai dit, mais après qu’elle ait eu fini de pleurer, elle a affirmé que ça lui était égal, et ils sont tous les deux actuellement en train de se délecter dans la célébration de leur amour. »

« Célébration, mon œil ! » hurla abruptement Lolidragon, presque au point de me rendre sourd. « Cette situation est vraiment grave ! Pense-y : même si Second Life pouvait exister pour toujours, les nouvelles selon lesquelles Sunshine possède une conscience de soi peuvent être révélées à tout moment. Si Sunshine se fait effacer, que va faire Fairsky ? »

« Mais, ces deux-là ont dit qu’ils se fichaient de ce qui arriverait dans le futur et veulent seulement vivre dans le présent… » Je fronçai des sourcils, en songeant, Même s’ils ont dit ça, si Sunshine venait à disparaître, dans ce cas Fairsky aurait forcément le cœur complètement brisé, pas vrai ?

« Et aussi, peu importe à quel point la conscience de soi de Sunshine est développée, il reste une simple séquence de chiffres. Peut-être qu’il ne peut tout simplement pas comprendre la signification de l’amour. » Le ton de Lolidragon empira progressivement.

Je considérai la question calmement. « Je crois qu’il comprend. »

« Comment est-ce que tu pourrais le savoir…? »

J’interrompis Lolidragon et déclarai avec conviction : « Fairsky est très sincère à ce sujet, et je pense que, si Sunshine n’avait pas compris ce qu’était l’amour, il lui aurait été impossible de faire en sorte que Fairsky tombe amoureuse de lui si sérieusement. Il n’y a rien que nous puissions faire contre ça. »

Lolidragon resta silencieuse pendant un moment, avant de lentement dire : « Quoi qu’il arrive, cette situation est condamnée à se terminer à tragédie, Prince. »

« Peut-être qu’un miracle va se produire. » Je jetai un regard de spéculation au couple ivre de joie, malgré le fait que même moi je ne plaçais pas beaucoup d’espoir dans les chances qu’un tel miracle survienne.

« D’accord, dans ce cas nous allons mettre de côté la situation de Fairsky pour l’instant. Après tout, nous n’avons pas d’autres idées. » On dirait que Lolidragon a quelque chose de plus à dire ?

Lolidragon prit une grande inspiration avant de poursuivre. « Prince, j’ai quelque chose d’important à t’annoncer : Second Life va avoir une grande mise à jour. »

« Une…grande…mise à jour ? » répétai-je en me figeant. Une mise à jour ? Je n’ai même pas encore essayé toutes les fonctionnalités du jeu, et il va déjà y avoir une mise à jour ?

« Ouais, et le plus gros changement est que les trois cités préprogrammées du Soleil, de l’Étoile, et de la Lune, vont être ouvertes à l’invasion des joueurs », expliqua Lolidragon avec excitation. « En ce moment, tout le monde discute pour savoir quelle cité ils vont envahir en premier, et ils se sont tous mis d’accord sur le fait d’attendre la décision du suzerain. Prince, est-ce qu’on peut prendre d’assaut la Cité de l’Étoile ? J’adore l’air européen de la Cité de l’Étoile ! »

« Nous allons envahir d’autres cités ? » Mon expression changea légèrement. On vient à peine de terminer la construction de la Cité de l’Infini et nous devons déjà envahir d’autres cités ? On dirait vraiment que j’enchaîne les épreuves ; je ne peux même pas me reposer quelques instants.

« Oui, suzerain de la Cité de l’Infini, et cette fois tu as intérêt à ne pas sournoisement disparaître encore une fois », répondit Lolidragon d’un ton moqueur.

Je haussai les épaules. « Tant que Nan Gong Zui ne me demande pas d’aller boire un coup avec lui à nouveau, je pense que je peux docilement rester à la Cité de l’Infini cette fois. »

Notes de bas de page

1 « …dire qu’il n’est pas humain » : 不是人 (bú shì rén), littéralement « pas humain ». C’est une insulte commune en chinois et qui veut dire que la personne n’a plus de conscience humaine, ou que la personne est un animal.

2 « La description est étrange mais, croyez-moi, il n’y a pas de meilleurs mots. » : C’est une véritable phrase écrite par Yu Wo. La description est étrange en chinois, parce que c’est inhabituellement utilisé pour décrire un sourire féminin.

Romance RPG : Partie 13

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Thirteen – traduit du chinois à l’anglais par Lucathia[PR!]
Partie Treize – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Édouard venait de terminer de regarder le duc prendre congé, et il se retournait afin de présenter des excuses à Meng pour l’avoir négligée, quand il l’entendit annoncer qu’elle allait partir. Il fut pris de court et ne put que répondre : « Dans ce cas, je vais vous raccompagner aux portes du palais. »

« Merci. Sinon, je ne serais probablement pas en mesure de partir »,  remercia Meng tandis qu’elle souriait faiblement.

Elle suivit son Altesse, le Prince, tout le long du chemin, marchant à travers de longs couloirs et d’innombrables salles. En cours de route, de nombreux serviteurs et fonctionnaires saluèrent le prince. Édouard maintint une attitude gracieuse tout le long, menant Meng jusqu’aux portes du palais. Il ne leur restait à parcourir qu’un grand jardin avant d’atteindre l’entrée principale que Meng n’avait pas été autorisée à passer plus tôt. Seulement à ce moment-là, Édouard lui adressa-t-il un sourire d’excuse et lui dit : « Je dois m’excuser, je ne peux vous accompagner que jusqu’ici. Toutefois, vous pouvez vous détendre. Les sentinelles aux portes ont déjà vu que je vous accompagnais. Ils vont ouvrir les portes pour vous laisser sortir. »

« C’est bon. Je vous remercie. »

Meng n’ajouta rien d’autre. Tant qu’elle pouvait s’en aller, c’était suffisant. Après qu’elle eut fait ses adieux, elle marcha ouvertement jusqu’aux portes, et les deux gardes qui se trouvaient de chaque côté du portail ouvrirent effectivement les portes pour elle. Seulement après que Meng eut franchi les portes, et que celles-ci se furent refermées derrière elle,  poussa-t-elle un soupir de soulagement. Elle se sentait complètement épuisée.

« Pourquoi est-ce que tu es partie aussi vite ? Tu aurais au moins pu demander à Édouard la chance de le rencontrer à nouveau. Pourquoi ne pas l’avoir invité à prendre le thé ou autre chose ? » commença à la réprimander l’Épée-Fantôme.

Meng baissa la tête, le regard un peu sombre. « Je suis incompatible avec un endroit comme celui-ci. Tu ne pouvais pas voir que les gens là-bas me fixaient avec dédain ? »

En voyant à quel point Meng était découragée, l’Épée-Fantôme commença sur-le-champ à la gronder bruyamment : « Qui s’en soucie ? C’est seulement parce que tu ne t’étais pas bien habillée aujourd’hui. À partir de ce moment, avec moi à tes côtés, je jure que huit personnes sur dix vont tomber amoureuses de toi en te voyant ! »

Meng cligna des yeux, la commissure de ses lèvres se soulevant légèrement. « Ce n’était pas cinq ? »

L’Épée-Fantôme s’écria avec indignation : « Hmph ! Cette jeune fille qui ressemble à un paon gâté m’a rendu furieux. Au début, je pensais qu’elle était un chef-d’œuvre, mais son maintien a été terrible. Elle a gaspillé mon évaluation favorable ! J’ai pris ma décision. Je vais faire de toi un meilleur chef-d’œuvre qu’elle. Tu dois vaincre cette femme ! »

En entendant l’Épée-Fantôme proférer ces belles paroles avec une telle assurance, le courage emplit soudainement le cœur de Meng à ras bord. Elle afficha une expression déterminée. « Okay ! Je vais définitivement devenir belle et la vaincre ! »

Ils hurlèrent tous les deux des encouragements à l’unisson. « Nous allons la vaincre ! »

« C’est encore vous deux ! Faire du raffut est interdit devant les portes du palais ! » crièrent les deux soldats.

 

 

Dring, dring…

« Aaah… »

Lin Jian Yin se couvrit les oreilles et se roula en boule, avec l’intention de se rendormir. Cependant, la sonnerie qui le dérangeait dans son rêve continuait à retentir. Il tendit la main et chercha à tâtons. Enfin, il trouva la source du bruit sur le canapé derrière lui. Après avoir appuyé sur le bouton pour recevoir l’appel, Lin Jian Yin porta automatiquement le téléphone à son oreille.

Un flot de mots jaillit du téléphone cellulaire. « Lin Jian Yin, veux-tu bien me dire ce que tu peux fabriquer en ce moment ? J’ai cherché à te contacter toute la matinée. »

« Xue Chen ? » À moitié endormi, Lin Jian Yin reconnu la voix de son meilleur ami et bailla largement. Il répondit paresseusement : « Pourquoi est-ce que tu cherchais à me contacter ? »

« Pourquoi je cherchais à te contacter ? » Bai Xue Chen était exaspéré tandis qu’il le questionnait : « As-tu oublié ta propre suggestion de venir chez moi pour un barbecue ce dimanche ? Tu avais même dit que tu t’occuperais des ingrédients et que je n’aurais qu’à fournir l’emplacement ! »

Lin Jian Yin regarda l’horloge sur le mur d’un air endormi. Sans hâte, il déclara : « Il est seulement midi. Le barbecue n’est pas avant ce soir. »

« M. le Gars Riche et Gâté Pourri, la viande pour le barbecue doit être marinée, les légumes doivent être coupés, et la soupe doit être mijotée. Ne me dis pas que tu t’imaginais que la soupe pourrait être rôtie ? Tu ferais mieux de te dépêcher de sortir de ta maison dès maintenant, d’aller acheter les ingrédients sur la liste de courses que je t’ai donnée la dernière fois, et de les emmener chez moi. »

« J’ai compris », répondit paresseusement Lin Jian Yin.

Il appuya sur le bouton « Raccrocher » et se leva lentement. Il alla à la salle de bain et se rafraîchit. Il venait de terminer de prendre sa douche, et se séchait les cheveux avec une serviette tout en sortant, quand il remarqua que la télévision était encore allumée. L’image de l’écran s’était arrêtée devant les portes du palais ; cependant, ni Meng avec sa coiffure de vieille dame ni Lin Jian Yin lui-même sous la forme d’une épée n’étaient présents.

En même temps que Lin Jian Yin éteignait le téléviseur, il se dit, Je m’en vais à un barbecue ce soir. Je ne serai probablement pas en mesure de jouer.

Il enfila une chemise blanche coûteuse et une paire de jeans. Comme touche finale, il revêtit des articles de déguisement, qui étaient essentiels quand il sortait : une paire de lunettes de soleil argentée et un bonnet en laine. Il regarda son reflet dans le miroir. Personne ne devrait être capable de dire que je suis Lin Jian Yin, je crois ?

Ayant terminé ses préparatifs, il partit et conduisit sa voiture jusqu’à un supermarché à proximité. Quand il s’aperçut que la plupart des gens à l’intérieur étaient des femmes au foyer, et que certaines avaient même apporté leurs enfants avec eux, pendant que d’autres le pointaient même du doigt et chuchotaient autour de lui, Lin Jian Yin eut brusquement l’impression qu’il n’était pas à sa place. Il était incompatible avec cet endroit… Pourquoi l’expression « incompatible avec cet endroit » m’est-elle si familière ? songea Lin Jian Yin. C’est vrai. Hier soir, Meng n’a pas cessé de répéter qu’elle était incompatible avec le palais. Ce doit être comme ça qu’elle s’était sentie.

Pas étonnant qu’elle se soit hâtée de sortir, elle avait presque l’air de voler. En ce moment, Lin Jian Yin ressentait également une envie de prendre la fuite et de s’échapper de cet endroit. C’était juste que la longue liste de courses dans ses mains ne lui permettait pas de le faire.

Lin Jian Yin soupira et débuta avec résignation sa corvée de courses. Tandis qu’il marmonnait « Radis blanc, porc et mouton », sa haute taille se faufila entre un tas de vieilles dames, faisant des allers-retours entre les rayons de légumes, de viande, de volaille et de poisson. Il ajouta de plus en plus d’articles dans son panier.

« Chou », murmura Lin Jian Yin tout en regardant la liste de courses et en attrapant les légumes.

« C’est un chou chinois, pas un chou, M. Lin. »

Lin Jian Yin sursauta et tourna la tête pour regarder la personne qui venait de parler. C’était une femme étrange avec des cheveux bouclés comme celles d’une vieille dame, et elle portait une blouse ample ainsi qu’une paire de jeans. Est-ce que Meng est sortie du jeu ? Lin Jian Yin demandé d’un air absent : « Qui êtes-vous ? »

Romance RPG : Partie 12

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Twelve – traduit du chinois à l’anglais par Kii[PR!]
Partie Douze – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« V-Votre Altesse. »

Meng sauta soudainement hors de la chaise. Voyant qu’Édouard tenait toujours son bras avec une main tandis que l’autre tirait sur le bandage à demi enroulé, elle retira son bras subitement comme si elle avait été électrocutée. Le visage profondément rouge, elle bégaya : « Je-je suis vraiment désolée, je ne savais pas que vous étiez le prince. Mais, vous ne pouvez pas me blâmer. Comment aurais-je pu savoir qu’un prince s’aventurerait dans la partie reculée du jardin tout seul ?

« Jusqu’à maintenant, je me suis montrée vraiment très impolie envers vous parce que j’ignorais qui vous étiez. Une personne ignorante n’est coupable d’aucun crime, n’est-ce pas ? »

Écoutant l’explication incohérente de Meng, Édouard sourit faiblement. « Bien sûr, tout va bien. Les femmes ont le droit d’être impolies avec les hommes. »

« Euuh, ah bon ? » En entendant cela, Meng se sentit un peu maladroite. C’était presque comme si on présentait des excuses à quelqu’un et qu’on découvrait que l’autre personne avait en fait déjà tout oublié.

« Votre épée est plutôt unique. »

Édouard observait l’Épée-Fantôme qui reposait sur le dos de Meng avec beaucoup d’intérêt. S’il ne suivait pas l’étiquette de façon stricte, il se serait déjà approché afin de l’inspecter de plus près.

« Est-ce que vous parlez de lui ? Oui, il est très unique en son genre. »

Meng attrapa nonchalamment l’Épée-Fantôme, puis le tendit en face du prince. Curieux, Édouard fixa les deux yeux et la bouche de l’Épée-Fantôme. Pendant ce temps, l’Épée-Fantôme, étant scruté des yeux par quelqu’un qui possédait le même visage que lui, estima que rien ne pourrait être plus étrange que ce qui se passait en ce moment.

Alors qu’Édouard observait l’Épée-Fantôme avec beaucoup d’intérêt, la porte de la salle fut brusquement ouverte. Celui qui avait ouvert la porte était un homme magnifiquement habillé mais qui avait une drôle d’apparence ; il semblait partager les mêmes caractéristiques physiques qu’un ballon. Derrière lui se tenaient un homme ayant l’air mince et sérieux ainsi qu’une très belle jeune demoiselle.

L’homme en forme de boule, tandis qu’il faisait s’agiter ses innombrables couches de menton, dit d’une voix aiguë : « Duc Biggs, votre Seigneurie, veuillez prendre un siège ici, et je vais demander à Son Altesse Royale le prince Édouard de venir saluer votre fille. »

Lorsque le duc Biggs à l’air sérieux aperçut la situation dans la chambre, il fut totalement choqué ; et la jeune fille qui était timide laissa échapper un petit cri. L’homme en forme de ballon se tenait dos à la salle. Quand il remarqua les expressions faciales des deux personnes, il tourna rapidement la tête pour regarder. Ce qu’il vit fut une personne étrange tenant une épée, et l’épée était pointée sur nul autre que Son Altesse Royale le Prince Édouard. L’homme en forme de boule lâcha également un cri. Ce cri était beaucoup plus désagréable que celui de la jeune fille. Il attira immédiatement l’attention.

D’après le son d’armures qui cliquetaient, il était évident que quelques soldats se précipitaient actuellement ici. Le duc, qui se tenait près de la porte, tira sa fille de côté pour faire de la place.

Meng et Édouard étaient tous les deux stupéfaits. Ils ne comprenaient pas comment la situation avait pu tourner ainsi. À présent, les soldats avaient atteint la porte, et l’homme en forme de ballon s’écria : « Un voyou tient son Altesse Royale en otage ! »

Les soldats l’entendirent. Comment avaient-ils pu laisser une telle chose se produire !? Immédiatement, ils poussèrent l’homme en forme de ballon hors du chemin. Voyant que le dit voyou semblait être quelque peu choqué, ces soldats ne pouvaient pas laisser passer une occasion aussi parfaite. Ils se précipitèrent tous en même temps dans la pièce. Apercevant les poings des soldats voler dans sa direction, Meng hurla de terreur. Édouard fut sorti de sa transe par le hurlement et tendit immédiatement ses deux bras, se tenant debout entre les soldats et Meng. Ce faisant, il cria : « Vous tous, arrêtez ! »

Voyant le prince qui les bloquait, tous les soldats s’arrêtèrent brusquement, et ils aperçurent aussi clairement que le dit voyou était seulement une fille en train de hurler. Ils se regardèrent et comprirent que cette situation était probablement un malentendu. Les soldats se redressèrent et saluèrent son Altesse Royale le Prince. Édouard les saluèrent gracieusement en retour et déclara ensuite : « Il y a un malentendu. Je ne faisais qu’observer l’épée de cette demoiselle, et ne suis pas du tout pris en otage. Vous pouvez retourner à vos postes. »

Les gardes obéirent et se retournèrent pour partir. Comme ils passaient par la porte, ils n’oublièrent pas de jeter des regards noirs à l’homme en forme de ballon pour les avoir fait ressembler à des imbéciles. L’homme en forme de boule avait lui-même ses propres reproches intérieurs. Quiconque voyant ce genre de situation aurait naturellement songé au pire. Comment peuvent-ils me blâmer ? Il fixa Meng avec haine. C’est entièrement la faute de cette fille bizarre pour avoir osé pointer une arme sur Son Altesse Royale.

À ce moment-là, le duc Biggs entra dans la pièce. Il prit l’initiative de marcher jusqu’à Édouard, tout en lâchant : « Cela fait des lustres que l’on ne s’est pas vu, prince Édouard. »

Édouard sourit légèrement et, tout en maintenant la dignité d’un prince, répondit poliment : « En effet. La dernière fois c’était lors de la fête d’anniversaire de ma mère, duc Biggs. »

« Son Altesse Royale a une excellente mémoire. » Le duc Biggs rit de bon cœur, puis fit semblant de jeter un coup d’œil en direction de sa fille, comme s’il n’avait pas d’autres choix que d’en faire l’introduction. « Je vous présente ma fille, Marisa. »

Duc Biggs introduisit sa fille fièrement, alors que Marisa faisait timidement un pas en avant. Elle possédait de longs cheveux blonds soyeux et frisés tombant en cascade, qui brillaient comme de l’or, une paire de sourcils élégants et classiques, ainsi qu’un visage ovale pour compléter l’image. Elle était l’image parfaite d’une beauté classique.

« C’est vraiment un chef-d’œuvre », applaudit l’Épée-Fantôme, et Meng tourna la tête pour le fusiller du regard. L’Épée-Fantôme arbora un air innocent sur son visage. Je ne fais que dire la vérité.

Le prince afficha son sourire coutumier, et leva doucement la petite main de Marisa dont il baisa le dos. « Mes salutations, mademoiselle Marisa. C’est la première fois que nous nous rencontrons. C’est un plaisir de faire votre connaissance. »

« Bien le bonjour, Votre Altesse Royale », répondit timidement Marisa.

Édouard sourit, puis s’adressa au duc Biggs : « Je suis vraiment navré, duc, mais je suis encore en train de divertir mon invitée. Pourrais-je vous demander d’attendre dans un autre salon pendant un moment? J’y serai d’ici peu. »

Édouard appela l’homme en forme de ballon : « Rohtun, amenez sa Seigneurie le duc au Solarium de Rose. »

Après que Rohtun l’eut entendu, il montra rapidement une expression servile. Se précipitant jusqu’à la porte, il l’ouvrit, souriant tandis qu’il faisait un geste signifiant « après vous » au duc et à Marisa.

Le visage du duc afficha son mécontentement, et il a dit avec légèreté : « Votre Altesse Royale, vous savez, je l’espère, conscience qu’il vous faut choisir avec soin les invités que vous divertissez. »

« Je vous remercie pour votre rappel, duc. » Le prince sourit à nouveau poliment. Son beau visage ne montra pas de signes de perturbation après avoir entendu les paroles que le duc venait de prononcer.

Le duc se retourna et prit Marisa avec lui, qui semblait hésiter à partir. Comme le duc sortait par la porte, il tourna la tête pour dévisager Meng, ses yeux remplis de dédain. La belle Marisa ne put s’empêcher de regarder en arrière avec son père. Au début, elle fixait Meng avec désapprobation, mais quand elle remarqua les vêtements grossiers de Meng et sa coiffure grotesque, elle ne put se retenir de rire et s’en fut, fière comme un paon.

Après avoir été examinée par deux personnes, le cœur de Meng était lourd, et son expression faciale devint terne à son tour. Elle déclara de façon morose : «Votre Altesse Royale, je devrais m’en aller. »

La Reine Guerrière TPrologue#1 : En un instant

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La Reine Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres

Roman d’origine en chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Prologue: In a Flash – Traduit du chinois vers l’anglais par dahlys[PR!]
Prologue : En un instant – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par LuluHime

Si vous pouviez retourner au jour où vous vous êtes rencontrés, que feriez-vous tous les deux ?

« Ah ! Le destin est insondable comme cela. Personne n’aurait jamais été en mesure de deviner qu’une telle rencontre ordinaire puisse mener à un tel avenir extraordinaire. Bien que notre rencontre ce jour-là ait contribué à un futur resplendissant, je me retrouve parfois à me souvenir des jours ordinaires. Si le temps pouvait être rembobiné, choisirais-je de pénétrer dans cette taverne où nous nous sommes rencontrés…? Ah, non ! Même si cette taverne n’avait pas existé, nous nous serions définitivement rencontrés de toute façon, parce que notre rencontre fut un destin indispensable ! »

– Barde

« Avec ma lame, je couperais la taverne, la destinée, et cet enfoiré en deux en même temps. »

– Manteau Rouge

 

 

Cher Saint Roi…
Puisse votre lumière toujours briller sur le Royaume de la Lumière Sacrée.
Vous rappelez-vous ?
Dans ce monde où à la fois la lumière et les ténèbres existent,
Celle défendant vos arrières,
Quel était son nom déjà ?

Lorsqu’ils se rencontrèrent pour la première fois…
Le chevalier arborait un sourire éblouissant,
L’épéiste balança bravement ses deux lames,
La guérisseuse soigna doucement toutes blessures et douleurs
Et le barde chanta leurs aventures.
Quand tous vos compagnons s’étaient réunis à vos côtés,
Vous rappelez-vous ?
Cette lame qui tua vos ennemis,
Quel était son nom déjà ?

Ah ! Destinée…
Le chevalier parcourut la voie d’un roi,
Une route pleine de sang et de danger.
Lorsque leurs yeux se rencontrèrent, il n’y avait nul besoin de parole.
Sans besoin de serment ni de promesse,
Les compagnons combattirent d’innombrables batailles.
Vous rappelez-vous ?
Elle qui vous suivait toujours fidèlement,
Quel était son nom déjà ?

S’il-vous-plait, épousez-moi…
Comme le temps passait, le chevalier devint roi,
Et les compagnons se dispersèrent de tous les côtés.
Même à ce moment, cette femme ne changea jamais.
Sur le trône, le Saint Roi et la Reine.
Sur le tapis rouge, elle qui s’agenouilla loyalement.
Vous rappelez-vous ?
Après que cette demande de trois mots lui fut formulée,
Elle fut nommée la Reine Guerrière !

Cher Saint Roi…
Puisse votre lumière toujours briller sur le Royaume de la Lumière Sacrée.

La personne portant un manteau rouge s’assit silencieusement au comptoir du bar de la taverne, un siège spécialement réservé pour les personnes seules qui ne connaissaient personne. Derrière elle, un barde vagabond chantait l’histoire du Saint Roi. Sa voix était très belle, son ton clair et pénétrant. Ses compétences pour chanter étaient également très bonnes, si bonnes que même Manteau Rouge, une personne qui avait voyagé partout dans le monde entier, n’osait pas affirmer avoir entendu de voix plus belle que celle de ce barde.

Cependant, il était évident que les voyageurs dans la taverne n’appréciaient pas son chant. C’était juste une chanson, alors c’était acceptable même si elle ne recueillait aucun applaudissement, mais elle attira en fait plusieurs « chuuut » et des regards noirs à la place.

« Il semblerait que tu aies choisi la mauvaise chanson… » murmura Manteau Rouge d’une voix basse et quelque peu rauque, rendant impossible de dire si la voix appartenait à un homme ou à une femme.

« Ah bon ? Mais, il s’agit de ma chanson préférée : “La Ballade de la Reine Guerrière” ! »

Manteau Rouge ne sembla pas le moins du monde surpris d’entendre cette voix claire et pénétrante derrière lui. Sous sa capuche, les coins de la bouche de Manteau Rouge s’élevèrent à peine un peu, et il dit simplement : « À ma connaissance, la “Ballade de la Reine Guerrière” ne se chante pas de cette manière. »

Comme si c’était seulement naturel, après s’être assis à côté de Manteau Rouge, le barde insista : « Celle que j’ai chantée est la vraie “Ballade de la Reine Guerrière”, incontestablement ! »

Souriant, Manteau Rouge secoua la tête et chanta doucement.

La Reine Guerrière, tel est son titre.
D’un seul mouvement gracieux, elle regarda le chevalier
Et fut pour toujours  fascinée par sa grandeur et ses cheveux blonds.
Suivant l’homme qu’elle aimait, elle combattit une bataille ardue.
Pour l’homme qu’elle aimait, elle brandit son arme.
Pour la magnifique guérisseuse, sa sœur adorée, elle sourit
Tandis qu’elle observait la ravissante union de la guérisseuse et du chevalier.
Lorsque le Saint Roi et la Reine échangèrent leurs vœux,
La Reine Guerrière leva ses armes et protégea le couple,
Jusqu’à ce que le dernier de leurs ennemis se soit replié.
Ensemble, le Saint Roi et la Reine régnèrent sur leur Royaume de paix.
La Reine Guerrière regarda au loin, en disant :
« Ma mission a été accomplie.
Il est temps pour moi de retourner aux côtés de Dieu. »
Ainsi une magnifique silhouette se transforma en étoile filante,
Et s’envola à l’horizon.

Après avoir chanté à voix basse, Manteau Rouge sourit et commenta : « Ceci est la “Ballade de la Reine Guerrière” que tout le monde connaît, n’est-ce pas ? »

Soudainement, le barde rit et déclara : « Ha ! C’est effectivement une femme au grand cœur. On peut l’envoyer à la guerre, ensuite épouser une autre belle femme, et elle ne se sentira même pas jalouse. Après qu’on n’ait plus besoin d’elle, on peut simplement lui dire de ficher le camp et de retourner au paradis. Une femme parfaite en effet ! »

Manteau Rouge fut stupéfait pendant un moment. Il avait seulement eu l’intention de faire un commentaire au hasard, alors il n’avait même pas eu une vue d’ensemble sur le visage du barde. Cependant, il était maintenant extrêmement curieux au sujet de ce barde qui avait osé proférer quelque chose d’aussi scandaleux, alors il ne put s’empêcher de se tourner pour le regarder.

Voyant Manteau Rouge se retourner pour le regarder, le barde se tourna lui aussi et sourit de façon charismatique à Manteau Rouge.

Manteau Rouge lui sourit légèrement en retour.

Le jeune homme en face de Manteau Rouge ressemblait exactement à un barde vagabond typique. Sur son dos, il traînait un luth, l’instrument le plus commun d’un barde. Une assez jolie cloche de bronze pendait à sa taille. Le barde lui-même avait de superbes cheveux blonds qui étaient négligemment drapés sur ses épaules, et ses yeux brillants étaient aussi bleus que le ciel azur. À en juger par son jeune visage, il était seulement un peu plus âgé que vingt ans. Aussi, il donnait l’impression qu’il se situait quelque part entre un garçon et un homme. Quand il souriait, il ressemblait à un garçon qui n’était pas encore mature, mais s’il devenait sérieux, même lui donnerait probablement l’impression d’être un homme adulte à ce moment-là.

« Vous êtes si bizarre ! Les manteaux ne sont-ils pas normalement verts ou bruns, pour que vous puissiez vous en servir afin de dissimuler vos traces ? » Le barde blond observa Manteau Rouge de façon curieuse. Bien que le manteau ne fût pas d’un rouge éclatant mais plutôt d’une nuance de rouge plus sombre, il ressortait du lot comme une tache dans une forêt ou une prairie.

« Sans doute est-ce parce que je n’ai nullement besoin de dissimiler mes traces », répondit simplement Manteau Rouge, sans plus d’explication.

« Quelle étrange personne. » Le barde n’en était pas vraiment ennuyé, et il sourit simplement comme un petit garçon.

Après que Manteau Rouge eut fini d’admirer ce sourire de petit garçon innocent, il ne dit plus rien. Il baissa seulement la tête et commença à manger la nourriture dans son assiette.

« Que diriez-vous de m’offrir à boire ? » proposa soudainement le barde, bien qu’il ne s’attendît pas à obtenir ce qu’il voulait. Après tout, chaque fois qu’il chantait la « Ballade de la Reine Guerrière », les visiteurs dans la taverne ne l’appréciaient jamais. Laissez tomber l’idée de lui lancer quelques ducats de bronze, s’ils ne l’avaient pas chassé hors de la taverne, ce serait déjà considéré comme une journée au-dessus de la moyenne.

C’était parce que l’excellente réputation du Saint Roi et de la Reine était connue de loin, et beaucoup les aimaient. Cette « Ballade de la Reine Guerrière », avec sa nature diffamatoire, n’était pas une chanson qui pouvait être chantée de façon arbitraire. Ainsi, il n’avait osé la chanter que dans de petites tavernes situées dans des régions isolées. S’il chantait cette chanson dans la capitale, ce ne serait pas étrange s’il était même tué, pas vrai ?

Manteau Rouge leva la tête légèrement et demanda : « Est-ce qu’une bière et un bol de nouilles à la bolognaise ferait l’affaire ? »

« Je ne serais pas contre un bol de nouilles à la bolognaise en extra. » Le barde rayonna. Aujourd’hui c’est mon jour de chance !

 

 

« Avec une voix comme la tienne, si tu chantais des ballades normales, obtenir suffisamment de quoi manger ne serait pas un problème », dit simplement Manteau Rouge. Bien que le contenu de cette affirmation ressemblât à un conseil, le ton de Manteau rouge le faisait sonner comme une simple déclaration des faits.

« Je chante des ballades normales. » Le barde cligna des yeux, engloutit les nouilles à la bolognaise dans sa bouche, et soutint de façon résolue : « Cependant, chanter la “Ballade de la Reine Guerrière” pendant trois jours après être arrivé dans une ville est la règle que je me suis imposé. Seulement à ce moment-là, puis-je chanter des ballades normales. »

« Si c’est le cas, dans ce cas pourquoi obtenir de quoi manger est-il un problème ? » Manteau rouge était extrêmement perplexe à ce sujet. Même s’il était aussi curieux de savoir pourquoi le barde devait en premier chanter la « Ballade de la Reine Guerrière » pendant trois jours, il ne voulait pas devenir trop proche avec celui-ci, alors il évita simplement de poser des questions à ce propos.

Un petit peu embarrassé, le barde entortilla une mèche de ses cheveux blonds autour d’un de ses doigts et expliqua : « Eh bien, je ne suis pas entré dans une grande ville depuis un long moment, et il se trouvait justement que je n’avais plus de mon huile préférée pour cheveux à fragrance de rose, alors j’ai décidé d’en acheter un petit peu plus. J’ai dépensé tout mon argent pour acheter de l’huile pour cheveux, en oubliant que je devais quand même chanter la “Ballade de la Reine Guerrière” pendant trois jours…  »

« Après avoir jeûné pendant trois jours, je parie que tu serais même prêt à boire de l’huile pour cheveux », répliqua Manteau Rouge sur un ton agacé après  avoir entendu le barde donner une telle explication.

« Que diriez-vous de ceci : si vous me laissez rester avec vous dans votre chambre, et m’achetez une chope de bière ainsi qu’un bol de nouilles à la bolognaise par jour, je vous chanterai la “Ballade de la Reine Guerrière” tous les jours, d’accord ? » suggéra le barde, ayant pris la décision de « squatter chez cette personne pendant trois jours même s’il se faisait réprimander pour être sans vergogne ». Après tout, être appelé sans vergogne est bien mieux que d’être suffisamment affamé pour boire de l’huile pour cheveux !

« Qui veut écouter la “Ballade de la Reine Guerrière” ? » Manteau Rouge leva secrètement les yeux au ciel.

« Vous ! » Comme si la réponse était évidente, le barde assura : « Si vous n’aimiez pas écouter la “Ballade de la Reine Guerrière”, m’auriez-vous offert des nouilles à la bolognaise ? »

En entendant cela, Manteau Rouge devint silencieux.

« Que pensez-vous de ceci dans ce cas : je vous chanterai n’importe quelle chanson que vous voulez entendre ! N’aimez-vous pas écouter ma voix ? » Le barde ne savait pas vraiment ce qu’il avait dit de mauvais, pour avoir rendu Manteau Rouge silencieux. Effrayé à l’idée qu’il allait devoir boire de l’huile capillaire pendant les trois prochains jours, le barde n’eut d’autre choix que de changer son offre en désespoir de cause.

« Quand ai-je dit que j’aimais écouter ta voix, hein ? » Manteau Rouge roula secrètement des yeux encore une fois. Ce barde semble avoir ce passe-temps de « deviner les pensées des autres personnes ».

Se sentant extrêmement blessé, le barde dit : « Mais, il n’y a pas si longtemps, vous avez dit “Avec une voix comme la tienne, si tu chantais des ballades normales, obtenir suffisamment de quoi manger ne serait pas un problème”. Cela ne signifie-t-il pas que vous aimez écouter ma voix ? »

Agacé, Manteau Rouge répondit : « Non. »

Après avoir parlé, et ne désirant pas s’impliquer davantage avec le barde, Manteau Rouge laissa assez d’argent pour payer la nourriture et les boissons de deux personnes et se tourna pour partir… lorsqu’un coin de sa cape fut agrippé.

Un tantinet fâché, Manteau Rouge se retourna et était sur le point d’obliger le barde à le lâcher, mais au lieu de cela il le vit en train de tirer pathétiquement sur sa cape, ses larges yeux bleus pleins de larmes ayant l’air sur le point de se mettre à pleurer. Le barde supplia doucement : « S’il-vous-plaît ! Vous ne pouvez pas vraiment supporter de me voir devenir assez affamé pour boire de l’huile capillaire, n’est-ce pas ? Prenez simplement soin de moi pendant trois jours ! Je vous en prie ? »

« … »

Mise à jour : Décembre 2016

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Chapitres de décembre
  1. La Reine Guerrière TP1Prologue : En Un Instant
  2. Romance RPG : Partie 12
  3. Romance RPG : Partie 13
  4. Échange Magique Chapitre 1 : Prologue
  5. 1/2 Prince T4C11 : La Grande Mise à Jour
  6. 1/2 Prince T4Extra : Le Soleil Devrait Briller Dans Le Ciel Bleu
  7. Les Messages Instantanés de Yu Wo en 2009
  8. La Légende du Chevalier du Soleil Règle Partagée #3 : Peu Importe à Quel Point Le Chevalier du Soleil Semble Faible, Ne Le Contrarie Jamais
  9. La Légende du Chevalier du Soleil T3Épilogue : Introduction des Personnages
  10. La Légende du Chevalier du Soleil Histoire à Part # 1 : Pour Vous Tous

Nous voici déjà en décembre.

C’est l’hiver, c’est l’hiver, c’est l’hiver ! Il faut fêter !

En effet, mais pas beaucoup de belle neige à l’horizon, comme c’est dommage. Remarquez, par chez moi, on appelle plutôt ça de la merde blanche, et ça ne nous manque pas tant que ça en fait.

Pour marquer le dernier mois de l’année, et un noël agréable pour ceux que ça concerne, on a décidé de vous offrir une grande variété de petits cadeaux. Non, je vous assure que ce n’est pas une hallucination : il y a bel et bien une liste de dix trucs que nous allons publier ce mois-ci.

Il y a deux chapitres de chacune de nos séries actuelles en plus de quelques extras : notamment le prologue d’Échange Magique, l’histoire parallèle #1 de LCS, sans parler qu’on débute la parution des chapitres de La Reine Guerrière, ainsi qu’une publication en extra concernant les messages publiés par Yu Wo sur Plurks en 2009 et qui concernaient ses œuvres.

Nous achevons ainsi le tome 4 de 1/2 Prince et le tome 3 de La Légende du Chevalier du Soleil par la même occasion.

Au fait, en octobre dernier, la team française a récemment fêté son deuxième anniversaire. En deux ans, on a accompli beaucoup de travail. Donc, j’aimerais remercier tous les membres de la team de leur soutien. Vous êtes géniales, les filles !!! 😀

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La Légende du Chevalier du Soleil T3C10 : Développe Une Relation Romantique Avec La Princesse

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 – À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine par : 我 (Yu Wo)

Chapter 10: “Develop a Romantic Relationship With the Princess” – traduit du chinois à l’anglais par dahly[PR!]
Chapitre 10 : Développe Une Relation Romantique Avec La Princesse – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Ah, l’Église du Dieu de la Lumière ! Ah, mon Temple Sacré ! Au moment où je vis l’imposante et magnifique Église du Dieu de la Lumière, mon cœur en fut inexplicablement ému. J’eus l’impression d’être un voyageur qui était enfin rentré dans son village natal et qui avait sauté dans les bras de sa mère après plusieurs décennies passées sur les routes…

Je suis enfin rentré ! Je peux retourner à ma merveilleuse vie d’ermite d’église !

Malgré le fait que je maintenais mon comportement élégant, au moment où je sautai de la calèche je ne pus m’empêcher de marcher de plus en plus vite afin d’aller voir la chambre à laquelle j’avais dit au revoir plus d’un mois auparavant. Cependant, alors que je passais devant celle-ci, je remarquai que beaucoup de gens s’étaient rassemblés sur la place du Temple Sacré. Je fronçai les sourcils, lorsque je sentis deux personnes que je connaissais dans la foule.

Roland et son vice-capitaine, Tyler.

Même s’ils étaient tous les deux complètement entourés par la foule, je pouvais constamment entendre le bruit d’épées qui s’entrechoquaient. Je restai stupéfait pendant un instant avant de devenir furieux. Comment osent-ils se battre l’un contre l’autre à l’intérieur du Temple Sacré !

Je me frayai un chemin à travers la foule. Dans un premier temps, les chevaliers sacrés qui étaient rassemblés là se retournèrent avec impatience. Toutefois, à l’instant où ils se rendirent compte que c’était moi qui essayais de passer, ils bondirent immédiatement sur le côté, choqués, pour m’ouvrir la voie.

Les gens se décalèrent devant moi jusqu’à ce que j’atteignisse le centre de la foule, et j’aperçus en effet deux personnes en train de se battre à l’épée. Leurs coups étaient incroyablement vifs et sans merci. Soudainement, je craignis que si je les stoppais ne fut-ce qu’une seconde trop tard, l’un d’entre eux ne fût grièvement blessé.

« Arrêtez ceci, tous les deux ! »

Je leur criai immédiatement dessus. Lorsque je fus certain qu’ils avaient tous les deux bel et bien arrêté de se battre, je me sentis un peu soulagé. Ensuite, je réprimandai avec colère la personne qui m’était la plus familière dans la foule venue assister au combat. « Adair, pourquoi ne les as-tu pas arrêtés ? »

Adair resta stupéfait un instant. Puis, il accourut rapidement à mes côtés et expliqua à voix basse : « Capitaine, tout va bien. Le Capitaine-Chevalier des Enfers échangeait juste des coups avec son vice-capitaine. Tout au long du mois qui s’est écoulé, chaque jour à cette heure, ils s’entraînent ensemble. Parfois, le Capitaine-Chevalier du Jugement se joint aussi à leur combat. »

Une fois que j’eus entendu cela, je regardai immédiatement Roland et son vice-capitaine, Tyler. Ils avaient déjà arrêté le match et me fixaient du regard. Ils n’avaient pas l’air de deux personnes engagées dans un combat à mort… Oh non ! Il semblerait que j’eusse mal compris. Je ne pus m’empêcher de rire de moi-même. La mort de Leaf semble m’avoir mis sur les nerfs. Quelle que soit la situation, cet endroit reste le parvis du Temple Sacré, qui est toujours noir de monde. L’un des Douze Chevaliers Sacrés ou un vice-capitaine pourraient-ils vraiment mourir ici ?

Même si Adair ne les avait pas arrêtés, Judgment n’aurait jamais permis qu’une telle chose se produise.

À ce moment-là, Adair chuchota à mon oreille, en m’expliquant : « Capitaine, en fait, le Capitaine-Chevalier des Enfers a promis à Tyler que si Tyler le vainc, il lui donnera sa place de capitaine. Mais après dix jours d’entraînement, Tyler a admis sa défaite de bonne foi. Maintenant, le Capitaine-Chevalier des Enfers aide simplement Tyler et les membres de la Section du Chevalier des Enfers à améliorer leur maîtrise de l’épée. »

Je demandai doucement : « Est-ce que le problème a réellement été réglé ? »

« Oui. » Adair acquiesça et ajouta : « Maintenant, si quiconque ose questionner l’authenticité du Capitaine-Chevalier des Enfers, Tyler sera la première personne à prendre sa défense. »

Extrêmement satisfait, j’hochai la tête et lui ordonnai : « Aide-moi à expliquer mes actions. Je veux retourner dans ma chambre et appliquer un masque facial. »

« … Capitaine ? » Stupéfait, Adair me regarda.

« … Je veux dire, je veux retourner dans ma chambre pour me reposer. » Après avoir soudainement réalisé que je venais de dire la vérité, j’inventai rapidement une autre excuse.

« Oui, monsieur. Merci de votre travail. »

Je me retournai et m’en allai. Quand je me fus suffisamment éloigné, j’entendis vaguement Adair donner à la foule une seule phrase d’explication : « Il ne s’est rien passé, compris ? »

La foule répondit à l’unisson : « Compris. »

Adair mérite vraiment d’être mon vice-capitaine. Son style est le même que celui de son supérieur, il est trop fainéant pour même s’embêter à trouver une raison.

« Grisia ! »

Je tournai la tête et questionnai Roland qui m’avait suivi : « Est-ce que tu t’es habitué à la vie au Temple Sacré ? »

« Je m’y suis fait, mais est-ce vraiment possible pour moi de continuer à vivre de cette façon ? » Roland me rattrapa et ralentit pour marcher à mes côtés. Avec un brin d’hésitation, il dit : « Si mon identité est révélée, tu… »

Agacé, je levai les yeux au ciel et répliquai : « Tu ne comprends toujours pas même après avoir vécu au Temple Sacré pendant plus d’un mois ? Si Judgment et moi travaillions ensemble, même si nous pointions notre doigt vers une pomme et l’appelions une tomate, alors à partir de cet instant les pommes seraient désignées par le mot tomate. »

Roland fronça les sourcils et ne répondit pas.

« Ne t’inquiète pas, même si ton identité venait à être révélée, le pire qu’il puisse arriver serait que tu sois brûlé sur le bûcher. » J’ajoutai volontairement : « Si cela se produit, tant que tu accepteras d’être immolé, alors rien de mal ne m’arrivera. Alors, es-tu prêt à me promettre que si jamais tu es découvert, tu me laisseras t’attacher à un poteau et y mettre le feu ? »

« Oui. » Roland hocha immédiatement la tête avec résolution.

Je souris. Tant qu’il pouvait résoudre le problème en se sacrifiant lui-même, Roland ne s’inquiéterait pas. Il avait davantage peur d’impliquer les autres, donc cette façon était le meilleur moyen de le convaincre de ne pas s’en faire. Judgment ne se laisserait pas duper aussi facilement. Si c’était lui que j’avais essayé d’embobiner, il aurait probablement continué à m’interroger : « Dans cas, es-tu prêt à jurer au Dieu de la Lumière que tu m’immoleras vraiment quand l’heure viendra ? »

« Bien, Capitaine-Chevalier des Enfers, tu devrais continuer à éduquer ton vice-capitaine. Sun est fatigué et désire se reposer. »

« Très bien. » Roland hocha la tête consciencieusement. Il promit avec sérieux : « Grisia… Non ! Sun, je te le jure, je ferai absolument tout ce qui est en mon pouvoir pour remplir mes responsabilités de Chevalier des Enfers. »

En entendant cela, je poussai un nouveau soupir de soulagement. Le problème concernant Roland a été résolu, alors on dirait que je peux m’attendre à profiter de nombreux jours paisibles !

 

 

Quelques jours plus tard, le Royaume de l’Orchidée Lunaire nous envoya un autre émissaire secret. Cette fois, même Sa Majesté, le roi de mon pays, en fut choqué. Il était tout particulièrement inquiet de savoir si oui ou non l’Église du Dieu de la Lumière avait un arrangement secret avec le Royaume de l’Orchidée Lunaire.

Sous le regard attentif des Douze Chevaliers Sacrés et d’Elijah, le chevalier spécialement envoyé par le roi, l’émissaire du Royaume de l’Orchidée Lunaire nous présenta un paquet de lettres avec un grand sourire et déclara : « La Princesse de mon royaume, Son Altesse Anne, souhaite transmettre ces missives au Chevalier de la Forêt de l’Église du Dieu de la Lumière. »

Tout le monde fixa du regard les lettres qui étaient embaumées de parfum et s’empilaient en un tas aussi haut que la pile de documents dans les bras de Storm.

Un par un, les Douze Chevaliers Sacrés se mirent à afficher un sourire moqueur.

Elijah se gratta le visage, et l’expression sérieuse qu’il avait originellement abordée disparut sans laisser de trace.

Leaf inclina la tête, tandis qu’il acceptait les lettres. Après cela, l’émissaire du Royaume de l’Orchidée Lunaire ne désira toujours pas prendre congé. Il dit à Leaf : « La princesse Anne m’a ordonné de ne rentrer que quand j’aurai votre réponse. »

Rendu à ce stade, la mâchoire de Leaf pendait presque jusqu’à sa poitrine. Il répondit d’une toute petite voix : « D’accord. »

Puis, alors que tout le monde le fixait du regard, il tira une petite douzaine de lettres de la poche de sa veste (il n’y avait pas de parfum sur ces lettres, mais c’était probablement parce que Leaf était tout simplement trop pauvre pour pouvoir se le permettre) et il les donna à l’émissaire du Royaume de l’Orchidée Lunaire.

Quand l’émissaire satisfait du Royaume de l’Orchidée Lunaire fut parti en emportant la douzaine de lettres, Blaze fut le premier à bondir sur le dos de Leaf et à lui donner une claque, en rugissant : « Leaf, petit morveux, tu as la chance de sortir avec une princesse ! »

« Cher Dieu de la Lumière ! Leaf, le type sympa, est en fait devenu le premier parmi les Douze Chevaliers Sacrés à avoir gagné le cœur d’une princesse ! »

En réalité, Elijah a été le premier à avoir gagné le cœur d’une princesse, le réfutai-je en silence.

Le Chevalier de la Terre déclara avec amertume : « Le monde a changé ; les princesses tombent même amoureuses des types sympas maintenant ! »

Deux ruisseaux de larmes coulant le long de son visage, le Chevalier de la Lune jura au symbole du Dieu de la Lumière : « Je veux devenir un type sympa moi aussi ! »

En entendant cela, je me sentis profondément floué.

Je suis un type sympa moi aussi ! Je suis même le chef des Douze Chevaliers Sacrés, je suis plus beau que Leaf, et mon salaire est plus élevé que le sien ! Alors, pourquoi toutes les princesses du monde entier ne savent-elles faire qu’une chose : me traiter « d’ignoble scélérat méprisable » ?

Boouh ooouh. Je-je… n’eus d’autres choix que de me donner une petite source de réconfort en me rendant dans le couloir spécialement réservé aux ermites d’église afin de me chercher une fenêtre avec une bonne vue sur les belles prêtresses du Sanctuaire de la Lumière d’à côté.

Mince ! Je veux être un ermite d’église pour le reste de ma vie ! me plaignis-je dans mon for intérieur.

À ce moment-là, le Capitaine-Chevalier du Jugement s’approcha de moi, s’adossa au même rebord de fenêtre que moi, et fixa son regard sur le couloir du Sanctuaire de la Lumière voisin. Après un long moment, il ouvrit enfin la bouche pour me dire : « Le Sanctuaire de la Lumière est fermé aujourd’hui, c’est son jour de repos. »

« Je sais cela. »

« Dans ce cas, que regardes-tu ? »

« Je regarde le vide et je me sens misérable… »

Nous regardâmes tous les deux le couloir vide du Sanctuaire de la Lumière pendant un certain temps, avant que Judgment ne parle à nouveau : « Précédemment, quand Leaf a mandé l’aide du Temple Sacré, il a dit qu’il semblait y avoir quelque chose qui n’allait pas avec tes yeux. »

Mon cœur rata un battement. Je haussai les épaules et répliquai : « Il était trop nerveux. Est-ce que j’ai l’air d’être aveugle ? Un aveugle qui va lorgner des jolies filles, quelle blague ! »

Judgment me demanda simplement : « Dans ce cas, dis-moi, de quelle couleur est l’oiseau posé sur le rebord de cette fenêtre ? »

Je restai silencieux un instant avant de répondre prudemment : « Il est blanc. »

Il y eut un long silence. Judgment finit par soupirer faiblement : « …Grisia, est-ce que tu as toujours l’intention de continuer à me le cacher ? »

Évidemment, il n’y a pas moyen de tromper Jugement… Je lui adressai un sourire forcé.

Au début, j’avais utilisé toutes sortes d’excuses en disant que je me sentais faible pour rester allongé dans la Ville de la Forêt Feuillue pendant plusieurs jours. On aurait dit que je me reposais, mais en fait j’étais en train de désespérément m’exercer à pratiquer ma capacité à « sentir les éléments ». Je n’avais que peu dormi pendant ces dix jours, aussi j’avais pensé que je m’étais entraîné jusqu’à ce que ma capacité fût sans égale. Même quand j’étais parti exercer ma vengeance, la Princesse Alice, Attendsun et Rose n’avaient pas réalisé que j’étais aveugle.

Après cela, sur le chemin pour rentrer au Temple Sacré, ma capacité à sentir les éléments s’était même davantage développée. Je pouvais désormais discerner les moindres détails d’un objet en combinant plusieurs éléments… Quoi ? Cette explication est trop complexe et vous ne comprenez pas ? Soupir ! Pour dire les choses simplement, je pouvais même deviner combien il y avait de boutons sur ma chemise.

En fin de compte, je pouvais plus ou moins dire à quoi ressemblait le visage d’une personne et sentir quelle expression elle affichait… Je m’étais presque convaincu que je n’étais pas aveugle.

Mais, quels que soient mes efforts, je ne parvenais pas  à sentir « les couleurs ». Aussi, je n’arrivais pas à faire la différence entre la beauté et la laideur. Dans la caverne montagneuse, quand Alice m’avait demandé si elle était belle ou non, je ne savais vraiment pas si elle était mignonne ou non. Dans mon esprit, ses traits étaient faits d’une combinaison de nombreux éléments et n’avaient plus rien avoir avec la définition classique de « beauté » et « laideur ».

Judgment fronça des sourcils et dit : « Tu ne m’avais pas dit que la Résurrection exigeait un tel prix de son invocateur. »

« Il n’y avait nul besoin de payer le prix fort. » avouai-je simplement. « C’est juste que quand j’étais en train de lancer la Résurrection, j’ai prié le Dieu de la Lumière, en lui disant que j’étais prêt à “payer n’importe quel prix” pour la résurrection complète de Leaf. Tu devrais savoir que je suis toujours prudent, donc je n’aurais jamais parié sur 25% de chance. Je ne peux pas me permettre de parier sur ça ! »

Judgment garda le silence pendant un moment avant de continuer : « Puisqu’il en est ainsi, tu devrais arrêter de t’en vouloir pour la mort de Leaf. À chaque fois que tu regardes Leaf, tu affiches une expression de remords sur ton visage. »

Je soupirai et déclarai solennellement : « Je ne laisserai plus jamais aucun camarade derrière moi, plus jamais ! »

Judgment répliqua platement : « Je vais aussi les prévenir qu’ils ne doivent jamais mourir devant toi, quitte à devoir sauter d’une falaise et mourir sans que leur corps ne soit complet. Autrement, qui sait ce qu’il te manquera la prochaine fois que tu rentreras. »

« … » Je réfléchis en silence. Même s’ils sautaient d’une falaise, tant qu’il leur reste au moins la moitié de leur tête, je pourrais probablement les ressusciter. Ça dépend juste de quel prix j’aurais besoin de payer.

Judgment soupira et ajouta : « Tu ne peux pas sauver tout le monde, Grisia. J’espère que tu comprends cela. »

« Je comprends. » Probablement…

« À part le fait que tu ne peux pas voir les couleurs, est-ce qu’être aveugle a d’autres effets sur toi ? » demanda Judgment, méticuleux.

Je penchai la tête sur le côté et y réfléchis. Je n’ai probablement pas besoin de mentionner la partie sur la beauté et la laideur, n’est-ce pas ? Je répondis avec honnêteté : « Au début, il y avait quelques problèmes, mais après m’être entraîné à sentir les éléments, je n’ai plus aucune difficulté. Je peux à présent “voir” plus de choses qu’avant, et mon champ de vision est presque à trois cent soixante degrés. Malgré tout, je n’arrive pas à voir les couleurs. »

« En parlant de ça… » Je ne pus m’empêcher de demander avec curiosité : « Dis-moi, de quelle couleur est l’oiseau ? »

Judgment resta silencieux un instant. Puis, il répondit : « Tu avais raison, il est blanc. »

« Tu m’as piégé », remarquai-je sans aucune expression.

« Oui, je t’ai piégé. »

Judgment acquiesça et admit sa tromperie sans ressentir aucune culpabilité. Puis, il ajouta : « Si tu oses à nouveau me cacher quelque chose, peu importe à quel point cette chose sera confidentielle, je te démasquerai devant tous les Douze Chevaliers Sacrés. Pour le moment, tu devrais réfléchir à une façon de t’excuser auprès du Capitaine-Chevalier des Enfers, parce que je vais lui dire que tu es aveugle. Comme ça, il fera plus attention à ta sécurité. »

Je voulus pleurer, mais aucune larme ne tomba. Je le suppliai : « Nooon ! Si tu fais ça, Roland me suivra partout toute la journée. Il n’a pas besoin de dormir, d’aller aux toilettes, de manger… Cher Dieu de la Lumière ! Je ne veux vraiment pas être suivi par un homme toute la journée ! Je deviendrais définitivement fou ! »

« Hé, hé ! Judgment, ne t’en va pas ! Écoute-moi, tant que tu ne le dis pas à Roland, je ferai tout ce que tu dis. Lesus ? Judgment… »

La Légende du Chevalier du Soleil T3C9 : Ramène La Princesse Au Château

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 : À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : 我 (Yu Wo)


Chapter 9: Bring the Princess Back to the Caslte – traduit du chinois à l’anglais par Nausicaä[PR!]
Chapitre 9 : Ramène La Princesse Au Château – traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta

Cette personne se tut un moment, mais ne démentit pas le nom que j’avais crié ou les paroles que j’avais proférées. Elle ajouta doucement : « Sun, relâche cette fille. C’est moi qui ai tué Leaf. C’est donc moi que tu devrais attaquer à la place. »

Je répondis froidement : « L’arme qui a tué Leaf était la rapière d’un chevalier noir. »

« Je lui ai dit de le faire », admit-elle franchement, avant d’expliquer : « Si nous ne l’avions pas tué, nous n’aurions pas été capables d’échapper à nos poursuivants, c’est-à-dire toi et tes équipiers. »

En entendant cette explication, je lâchai à travers mes dents serrées : « Je pensais que tu comprenais ma façon d’être. »

Rose lâcha un petit rire qui résonna comme des clochettes en argent et répondit : « C’est parce que je te comprends si bien que j’ai tué Leaf. Même si tu avais su que la Résurrection pouvait être utilisée dans les huit heures suivant la mort, pendant lesquelles tu aurais pu soigner le Fils du Dieu de la Guerre et les autres, les emmener avec toi pour nous vaincre, et après ressusciter Leaf, tu ne l’aurais définitivement pas fait. À tes yeux, il n’y a rien de plus important que tes camarades Chevaliers Sacrées, pas même une princesse. »

« Alors tu dois savoir », hurlai-je avec fureur, « que quiconque ayant tué mes Chevaliers Sacrés devra mourir ! »

Rose se tut pendant un long moment, avant de me répondre le plus sincèrement possible : « Ne te bats pas contre moi, Sun. Tu dois te douter de ce que je suis. Je ne peux pas mourir. C’est inutile, même si tu détruis ce corps. »

En effet, je savais que Rose étais une liche.

J’avais précédemment mentionné les sorcières, et on pouvait presque dire qu’une liche était une version supérieure d’une sorcière, une créature maléfique en laquelle les humains se transformaient pour toutes sortes de raisons. Cependant, une sorcière pouvait quand même mourir, tandis qu’une liche était plus ou moins immortelle. Les liches abandonnaient leur chair, plaçaient leur « vitalité » dans un endroit sûr, et contrôlaient à partir de là différents objets pour s’en servir comme corps.

Par rapport à une sorcière, une liche était incomparablement plus puissante. Dans un premier temps, pour être en mesure de compléter avec succès la cérémonie visant à se changer en liche, on devait être un mage ou un guérisseur extrêmement puissant, même avant de renaître sous forme de liche. En plus de cela, elles atteignaient l’immortalité en mourant. On pouvait dire que de s’en faire un ennemi était l’action la moins judicieuse qui fût, car personne ne voudrait avoir à faire face à une liche surpuissante qui ne savait pas ce qu’était la mort.

Même si je tuais Rose, le mieux que je pusse accomplir serait la destruction de son corps actuel, et elle pourrait simplement aller en chercher un nouveau.

Je pris une profonde respiration et déclarai : « Dans ce cas, au nom de notre ancienne amitié, je me contenterai de tuer le chevalier noir. »

Paraissant un peu embarrassée, Rose répliqua : « Ne le tue pas non plus, Sun. C’est l’ “Aigle Silencieux”, c’est-à-dire qu’il est à la tête des Chevaliers Noirs de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. En tant que Chevalier du Soleil du Dieu de la Lumière, tu dois avoir entendu ce titre auparavant. »

J’en avais en effet entendu parler. Bien que l’Aigle Silencieux ne fût pas le porte-parole de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre, il était de facto l’administrateur en charge des affaires politiques. …Enflure ! Les administrateurs ne sont-ils pas censés être vraiment occupés ? Comment a-t-il eu le temps d’aller courtiser une princesse ?

Rose continua : « Si tu le tues, tes problèmes vont seulement empirer. Malgré le fait que la Cathédrale du Dieu de l’Ombre ne soit pas nécessairement plus puissante que l’Église du Dieu de la Lumière, leurs membres sont extrêmement vindicatifs. Quand le moment viendra, ils ne seront pas forcément capables de te tuer, mais ils trouveront forcément une chance pour assassiner un des Douze Chevaliers Sacrés en guise de châtiment. Tu ne voudrais pas qu’un autre des Douze Chevaliers Sacrés perde la vie, n’est-ce pas ? »

Je lui répondis avec indifférence : « Tu n’arrêtes pas de dire “ils” et “leurs”. Es-tu en train de me dire que tu ne fais pas partie de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre ? »

Rose renifla avec dédain et affirma : « Qui se compterait parmi ses propres serviteurs ? »

En entendant cela, je fronçai les sourcils, ne comprenant pas réellement le sens derrière les paroles de Rose. Néanmoins, j’avais le sentiment que j’étais très proche de découvrir un gros secret de la Cathédrale de Dieu de l’Ombre. Pourtant, je n’avais pas envie de m’aventurer dans ces eaux tumultueuses ; comme Rose l’avait déjà fait remarquer, la Cathédrale du Dieu de l’Ombre était très vindicative, et connaître ce secret n’était pas forcément une bonne chose.

Après avoir pesé le pour et le contre pendant quelques instants, je me retournai et balançai un coup de pied au chevalier noir. Il poussa un gémissement en reprenant conscience. Je lui demandai : « Ton nom ? »

Le chevalier sombre leva la tête et jeta un coup d’œil d’abord à Rose, qui flottait dans les airs, avant de diriger son regard vers moi. Après un certain temps, il répondit : « Je n’ai pas de nom. À partir du moment où je suis devenu l’Aigle Silencieux, je n’ai plus porté de nom. Puisque tu es celui qui m’a vaincu, peut-être voudrais-tu m’en donner un ? »

J’étais stupéfait. Je l’ai vaincu ? Le menacer avec un otage compte aussi ? 

Ce chevalier noir de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre est franchement bizarre… Je ricanai sinistrement et décrétai alors : « Dans ce cas, tu t’appelleras Attendsun ! Je ne vais pas te tuer maintenant, mais éventuellement je te ferai payer le prix pour avoir osé plonger une lame dans la poitrine d’un des Douze Chevaliers Sacrés… Attends, et tu verras ! La Cathédrale du Dieu de l’Ombre est peut être vindicative, mais ce Chevalier du Soleil est dix fois plus rancunier ! »

« Attendsun… D’accord, à partir de maintenant, on m’appellera Attendsun », acquiesça Attendsun, en acceptant le nom que je venais de lui donner.

J’ignorai le chevalier noir bizarre et dis en direction du ciel : « Rose, as-tu l’intention de revenir à la Cité du Bourgeon ? »

« Je devrai y retourner tôt ou tard », répondit Rose avec une honnêteté inattendue. « J’ai des affaires à traiter là-bas, donc je dois y aller. »

J’hochai la tête et concentrai brusquement une grande quantité de lumière sacrée dans l’Épée Divine du Soleil avant de la rediriger vers le ciel, où elle transperça sans faillir la petite silhouette qui flottait dans les airs.

Rose lâcha un cri étouffé, avant de murmurer d’une voix peinée : « Sun, tu… »

Je lui répondis froidement : « Je suis las de regarder une fillette. Va te trouver un nouveau corps avant de revenir. »

Son corps commença lentement à tomber en cendres, et elle déclara avec un sourire amer : « Pour qu’un corps puisse être utilisé à long terme, il doit passer par un traitement très long et très rigoureux… Tu te venges vraiment durement. »

J’hochai la tête et lui répondis : « Ça va tant que tu comprends. La prochaine fois, tu auras appris à être plus obéissante. Dans tous les cas, ne touche pas à mes Chevaliers Sacrés. »

Rose marmonna : « Si j’avais su que tu nous rattraperais si facilement, je ne t’aurais jamais contrarié… Après toutes les épreuves que j’ai dû traverser, qu’est-ce que j’ai gagné au final ? Où suis-je censée aller trouver un corps maintenant ? Soupir… Attendsun, tu m’as vraiment causé du chagrin cette fois ! »

« Mes plus sincères excuses », répondit Attendsun, et malgré les blessures qui couvraient son corps, il réussit quand même à s’agenouiller et à incliner la tête jusqu’au sol.

Son comportement me surprit grandement. Il semblerait que la place de Rose dans la Cathédrale du Dieu de l’Ombre fût encore plus élevée que je ne le pensais après tout.

Rose écarta ses excuses avec une générosité surprenante en disant : « Oh bon, oublions ça, donne la princesse à Sun. Tu peux rentrer à la Cathédrale du Dieu de l’Ombre et aller honorablement demander sa main à la reine du Royaume de l’Orchidée Lunaire. Après tout ce qu’il s’est passé, je doute que le Fils du Dieu de la Guerre veuille encore épouser ton Alice. »

« Mais… » commença Attensun avec une certaine inquiétude.

Rose l’interrompit : « Ne t’inquiète pas, maintenant qu’il sait que toi et moi sommes les seuls responsables de la mort de Leaf, il ne tuera pas la princesse. Même si ce type ne ressemble en rien à un chevalier, au fond de son cœur il possède toute de même un petit zeste de chevalerie… N’est-ce pas ? Du moins, c’est ce que je pense. »

Sur ces mots, Rose finit de se dissoudre.

Je roulai des yeux dans la direction dans laquelle elle avait disparu. Si tu vas mourir, dépêche-toi de le faire ! Qui aurait cru que tu avais encore autant d’âneries à raconter… et toi, une liche qui est la plus malfaisante des créatures, tu t’es même démenée pour rappeler à ce Chevalier du Soleil d’honorer les codes de la chevalerie ! N’y a-t-il plus aucune différence entre le bien et le mal dans ce monde !?

À ce moment-là, Attendsun se plaça devant Alice et s’agenouilla devant moi en me suppliant : « Mon seigneur, je vous en supplie, ne tuez pas Alice. C’est moi qui ai tué le Chevalier de la Forêt. Tout est de ma faute. »

« Non ! » Alice se précipita immédiatement devant Attendsun, en se servant de son corps frêle pour le protéger, et plaida : « S’il-te-plaît, ne le tue pas. Tue-moi à la place. C’est moi la responsable : je n’aurais pas dû m’enfuir de la maison. Par pitié, ne tue pas mon Aigle ! »

Attendsun enroula tout de suite ses bras autour de la princesse, déterminé à la protéger, mais elle se débattit désespérément pour se libérer. D’une voix torturée, il s’écria : « Alice ! Ne sois pas comme ça. »

« Aigle ! » hurla Alice, les yeux pleins de larmes. « Je ne peux pas continuer à vivre si tu meurs. Même si tu me protèges, ce sera inutile. »

« Alice… » dit Attendsun, la voix chargée de sanglots. Devant le pouvoir de l’amour, même un chevalier noir sans émotion pouvait verser des larmes.

Me retrouvant face à ces deux-là, qui pleuraient toutes les larmes de leurs corps, j’étais un peu sidéré. Jamais dans ma vie je n’aurais imaginé entendre ces paroles qui sonnaient comme si elles étaient directement extraites d’un roman à l’eau de rose ultra-classique. Et, pourquoi avais-je l’impression d’être le grand méchant tentant de séparer deux amants tragiques par la force ?

Vous plaisantez, j’espère ? Je suis le chevalier venu secourir la princesse, vous vous rappelez !?

Mon seigneur, les trois heures de la transformation sont écoulées. Souhaitez-vous employer davantage de sang pour maintenir la transformation ?

Je répondis plutôt faiblement à la Brigandine Sainte du Dragon : « Non. En un mois, je me suis déjà transformé trois fois. Si je continue sur cette voie, je vais vraiment devenir anémique. Cela dit, même si je conservais ma transformation, le duo pleurnicheur rend le maintien d’une intention meurtrière quasiment impossible pour qui que ce soit. »

Après avoir dissipé mon déguisement, la première chose que je fis fut de menacer des gens.

« Il vous est strictement interdit de révéler ma véritable identité. Il vous est également défendu de parler de mon déguisement d’assassin, sinon… »

Alice était probablement déjà terrifiée par moi. Elle serra fermement son bien-aimé dans ses bras et hurla sauvagement : « Je ferais tout ce que tu voudras tant que tu ne tues pas mon Aigle ! »

Avant d’entendre la réponse du chevalier noir, je pris un moment pour sentir les alentours, et réalisai que l’élément de ténèbres provenant de son corps s’écoulait très rapidement. Il semblerait que ses blessures fussent vraiment sérieuses. Si je le laisse partir dans cet état, il y a de fortes chances qu’il meure sur le chemin du retour, euh…

Je lançai un sort de Soin Ultime et guéris la majorité des blessures du chevalier noir.

Probablement parce qu’ils étaient tous les deux choqué par ma bonté, Attendsun et Alice restèrent silencieux. Prenant garde à maintenir un air de mystère autour de moi, j’ordonnai avec insouciance : « Fiche le camp. Je vais escorter ta princesse jusque chez sa mère sans toucher à un seul des cheveux sur sa jolie petite tête. »

Attensun hésita, réticent à partir. Très précautionneusement, il s’enquit : « Si j’avais bougé tout à l’heure, auriez-vous réellement coupé la main de la princesse ? »

« Oui. Dans le cas contraire, tu aurais fait la même chose pour moi », répondis-je promptement.

Attendsun se tut et ne parut pas décidé à partir.

Je poursuivis : « Cependant, après m’être servi de la princesse pour te neutraliser et te fracasser en mille morceaux, j’aurais rattaché sa main au reste de son bras. »

En réponse, Attendsun lâcha un profond soupir et répondit : « Je vous crois, mon seigneur1. »

Il n’y a aucun problème à me croire, mais qu’est-ce que c’est que ce « mon seigneur » Pourquoi est-ce que tu me montres autant de respect ? Un peu dépassé, je m’interrogeai. Ce type n’est pas en train de me mettre sur un piédestal comme son ennemi ultime ou quelque chose de ce genre, n’est-ce pas ?

Attendsun annonça à la princesse : « Alice, attends-moi, je vais assurément venir demander ta main. »

D’un ton suggérant qu’elle se sentait profondément lésée, Alice répliqua : « Mais, ne m’avais-tu pas dit que l’Aigle Silencieux ne pouvait pas se marier ? Nous nous sommes enfuis parce que la Cathédrale ne t’aurait jamais autorisé à te marier… »

Attendsun ricana avant de répondre : « Puisque “cette personne” m’a déjà commandé de te demander en mariage, personne à la Cathédrale n’osera s’y opposer. »

Cette personne ? Se réfère-t-il à Rose ? Je fronçai des sourcils à nouveau. Qui est Rose au juste ?

Après cela, les deux jeunes amants exprimèrent leur amour immortel. Même après s’être offerts les 29 kilomètres d’adieu2, ils ne voulaient toujours pas se séparer. Leurs singeries me donnaient vraiment envie de m’avancer pour leur donner à chacun un gentil coup d’épée et les expédier au paradis des amants liés-jusqu’à-ce-que-la-mort-les-sépare.

Je grognai vicieusement : « Attendsun, si tu ne te dépêches pas de faire soigner le reste de tes blessures, tu perdras tellement de sang que tu ne vivras même pas assez longtemps pour prononcer une demande en mariage. »

Sur ces paroles, Alice pressa diligemment son bien-aimé pour qu’il parte, et seulement à ce moment-là Attendsun se décida-t-il à nous quitter.

Alice continua d’observer le dos de son amant, et seulement après ce qui paraissait avoir duré des siècles, accepta-t-elle volontairement de se détourner et de me regarder pour me demander : « Allons-nous voler pour rentrer à présent ? »

« Tu penses que je peux voler ? » répondis-je d’un ton hargneux. Je mesurai Alice du regard et la questionnai : « Quel est ton niveau de magie ? »

« Avancé », répondit Alice craintivement.

Il semblerait qu’elle me prît pour un genre de bête féroce terrible. Sa personnalité était très différente de celle de sa sœur. Même si Anne avait peur de moi, elle viendrait plutôt m’affronter, haches à la main, que de rester cloîtrée dans sa peur.

Je souris faiblement : « Très bien. Dans ce cas, avant que Leaf et les autres n’arrivent, tu vas m’apprendre tout ce que tu sais sur la magie du vent. »

« T’apprendre ? » demanda Alice, choquée. « Comment pourrais-je t’enseigner quoi que ce soit ? Ta magie est beaucoup plus puissante que la mienne ! »

Je ne pouvais pas vraiment lui avouer que, à part la magie des ténèbres qu’Aldrizzt m’avait enseignée, je ne connaissais pas une seule incantation, n’est-ce pas ? De toute façon, je ne pouvais pas être sûr qu’elle ne se glisserait pas derrière moi quand je n’y ferais pas attention et qu’elle n’emploierait pas sa magie pour m’envoyer rencontrer le Dieu de la Lumière.

Je réfléchis un moment et, prenant note du fait que je la terrifiais affreusement, adoptai délibérément l’attitude la plus désagréable possible et beuglai : « Pourquoi est-ce que tu poses des questions ? Je te dis de m’apprendre, donc c’est exactement ce que tu vas faire ! »

Tremblotant de tous ses membres, Alice couina un petit « Oui ». Elle avait l’air d’une jeune mariée pathétique se faisant abuser par sa belle-mère.

Mais, je ne veux pas être une méchante belle-mère, songeai-je avec désarrois. Comment secourir une princesse peut-il avoir tourné en une belle-mère abusant de sa jeune belle-fille ?

Je suis un Chevalier Sacré, pas une belle-mère !

Alice pleurnicha comme elle suppliait : « S’il-s’il-te-plaît, ne te fâche pas, je vais t’apprendre correctement, je ne vais plus rien demander, je ne poserai plus jamais de questions, bou-hou-hou … Aigle ! J’ai tellement peur … »

Je suis un Chevalier Sacré. Je suis venu secourir la princesse, pas martyriser la princesse !

« Aigle… Bou-hou ! Viens me sauver… »

« Cesse de pleurnicher  » lui grognai-je.

« Bou-hou ! » Alice se tut enfin et s’évanouit immédiatement.

 

 

Dans les jours qui suivirent, la princesse et moi fûmes confrontés à de sérieux problèmes…

Bien qu’Attendsun eût laissé une tente, ni le Chevalier du Soleil ni la princesse ne savaient monter une tente.

Bien qu’Attendsun eût laissé du bois, ni le Chevalier du Soleil ni la princesse ne savaient préparer un feu de camp.

Bien qu’Attendsun eût laissé des provisions, ni le Chevalier du Soleil ni la princesse ne savaient cuisiner sans tout brûler.

Je me retrouvais donc à supplier les cieux, mon cœur emplit de regrets infinis. Si j’avais su ce qui allait arriver, j’aurais gardé Attendsun avec nous. Qu’étais-je censé faire avec cette princesse, cette chose franchement inutile, qui n’avait rien à offrir à part son joli visage ?

« Attendsun est beaucoup mieux que toi. Il sait comment monter une tente, démarrer un feu, et griller de la délicieuse viande pour que je mange ! »

Alice avait tellement faim qu’elle en oubliait même d’avoir peur de moi, tandis qu’elle pleurait et criait : « Tu es juste un chevalier inutile avec un beau visage… Non, Attendsun est cent fois plus beau que toi ! Ouiiiiin. Tu n’es qu’un bon à rien, et tu n’es même pas beau ! Je veux retourner aux côtés d’Attendsun …  Attendsun ! »

« C’est lui qui est ridiculement beau ! Ce n’est pas que je sois moche ! »

J’étais aussi affamé qu’elle, et cela ne contribuait en rien à améliorer mon humeur. Je la rejoignis dans les plaintes et les cris : « Comme si tu pouvais parler ! Pourquoi ton Sort de Vol est-il si nul ? Aldrizzt peut voler jours et nuits, et pourtant tu dois te reposer une journée entière après avoir volé pendant trois heures ! Sans mentionner le fait que tu voles tellement lentement ; ce n’est guère étonnant que nous ne soyons pas encore rentrés ! »

D’une voix une octave plus haute que la mienne, Alice hurla : « Je ne sais même pas qui est cet Aldrizzt ! D’abord, les mages de niveau avancé ne peuvent voler que pendant trois heures, et c’est la vitesse qui compte dans tous les cas ! Ouuuiiiiiin ! Attendsun ! Un sale type m’embête, alors pourquoi n’es-tu pas encore venu me sauver !? »

Ça m’énerve !

J’hurlai : « Ferme-la ! Je te préviens, je t’interdis de révéler à qui que ce soit que je peux me servir de la magie, quand nous serons rentrés. »

Et alors, je violai joyeusement mon statut de chevalier et commençai à employer de grandes quantités de pouvoir magique.

Il pleuvait et nous ne pouvions pas monter une tente ? Bien. J’utilisai la magie pour creuser une caverne directement dans le flanc de la montagne pour y dormir.

Nous avions faim et ne pouvions pas installer de broche pour faire cuire la viande ? Pas de problème. Je rassemblai l’élément du vent et fis léviter la viande directement au-dessus du feu.

La viande brûlait ? Pas d’inquiétude. Je plaçai la viande un peu plus loin et la fis cuire lentement. Tôt ou tard, elle sera bien cuite, et sans être brûlée !

Alice s’assit dans la caverne, grignotant la viande rôtie en disant vaguement : « Je suis désolée, j’avais tort. Tu es un peu utile, bien que pas beau. »

Tandis que j’agressais sauvagement la viande, je serrai les dents en lui répondant : « C’est ton sens de l’esthétique qui est perturbé ! Tu as regardé Attendsun trop longtemps, et donc ta perception de la beauté est foutue. Tu devrais prendre garde : si tu continues à trop le regarder, bientôt tu ne seras même plus capable de regarder ton reflet dans une glace. »

Alice fut tellement choquée qu’elle laissa tomber sa viande sur le sol, et elle se mit à hurler, complètement paniquée : « Balivernes ! Je suis la femme la plus belle du royaume, même si je n’ai pas mis de maquillage depuis quelques jours… Je suis toujours très belle, n’est-ce pas ? N’est-ce pas ? » Alors que les derniers mots quittaient sa bouche, elle était tellement submergée par l’inquiétude qu’elle paraissait être au bord des larmes.

Je restai silencieux un moment, mais en l’entendant commencer à sangloter, je la réconfortai en lui disant : « Oui, oui, tu es toujours très belle ! »

En entendant cela, elle laissa un petit sourire apparaître à travers ses larmes et, dans un renversement soudain des rôles, commença même à me rassurer : « D’accord, tu es aussi très beau. Au moins, la couleur de tes yeux est magnifique, ne perdant pas par rapport à Attendsun, et tu as une peau vraiment belle… »

Sur cela, elle toucha en fait mon visage et s’exclama de surprise : « Elle si douce et lisse ! Comment fais-tu pour la maintenir… Non, attends, tu es un homme, ne me dis pas que c’est naturel ? C’est injuste ! »

À la vitesse de l’éclair, je récitai : « Du lait fermenté mélangé à 10 gouttes de jus de citron, pressé avec un extrait fait à partir de trente roses ainsi que le jus de dix fleurs de lavande. Mélange le tout avec un peu de farine : applique sur tout le corps, fait fumer le masque sur ta peau pendant une heure, et répète le processus au moins une fois par semaine. »

« …Tu me répèteras tout cela, quand nous serons rentrés. Là, maintenant, je n’ai rien pour noter. »

Je lui proposai : « Si tu joues correctement le rôle de la princesse secourue et ne révèle ma véritable personnalité à personne, quand le moment sera venu, je te dévoilerai tous les secrets de soin et d’éclaircissement de la peau que je possède. Je te garantis que, quand Attendsun viendra faire sa demande en mariage, ta peau sera aussi blanche et douce qu’une celle d’un bébé. »

Alice répondit, soudainement très excitée : « Marché conclu ! »

 

 

La pluie continua à tomber par intermittence durant les jours qui suivirent. Comme je n’étais pas sûr de pouvoir trouver un autre morceau de montagne dans la forêt pour y creuser une caverne, j’estimai que nous pouvions aussi bien rester dans celle-ci et attendre que les secours arrivent. Effectivement, avant que le temps ne se fût seulement éclairci, je sentis que Leaf et les autres étaient déjà bientôt arrivés.

Trois d’entre eux avaient un élément sacré très puissant. L’un était Leaf, quant aux deux autres… L’un d’eux possédait un élément de l’eau très important, donc c’était probablement Ice. L’autre avait un élément du métal très imposant, mais également beaucoup de l’élément de la terre, donc ce n’était probablement pas Metal. Cette composition des éléments devait appartenir au… Chevalier de la Pierre !

Membre des Douze Chevaliers Sacrés, il appartenait à la Cruelle faction au Cœur de Pierre et était connu pour son obstination, qui était aussi solide et immuable qu’un rocher. On disait que briser son crâné était simple, mais que briser son obstination était plus difficile que de renverser l’Église du Dieu de la Lumière.

…Du moins, c’était ce que tout le monde sur le continent croyait. Cependant, cette génération du Chevalier de la Pierre était légèrement différente… Il était en réalité une personne très amicale et avec laquelle il était facile de bien s’entendre.

J’avais entendu dire que le précédent Chevalier de la Pierre l’avait éduqué pendant trois ans, mais avait été incapable de le rendre plus têtu. Découragé, son maître avait prévu d’abandonner et de le remplacer par un chevalier de rechange. (Tous les Douze Chevaliers Sacrés n’avaient pas été suffisamment étourdis au point d’oublier de choisir un chevalier de rechange.)

Mais, à part le fait qu’il refusait de devenir plus têtu, cet Apprenti-Chevalier de la Pierre n’avait rien fait de mal. Ce fut difficile de trouver une raison suffisamment convaincante pour le remplacer, et donc la controverse avait duré pendant six bon mois, jusqu’au jour de la décision finale, où il devait été décidé s’il restait ou s’il partait…

Mon maître, le Chevalier du Soleil à l’époque, était entré dans la salle où se tenait l’audience et avait déclaré en soupirant légèrement : « Même s’il est forcé de quitter le Temple Sacré, il refuse de devenir une personne têtue ? Dire qu’il y aurait une personne refusant obstinément de devenir obstinée… Soupir ! Quel enfant têtu, en effet ! »

D’après ce que j’avais entendu de mon maître, après qu’il eût prononcé ces mots, les centaines de personnes présentes dans l’audience avaient toutes affichées la même expression, ce qui en faisait un des plus rares spectacles ayant existé.

J’avais demandé à mon maître quelle était exactement cette expression. Il y avait réfléchi un moment, puis avait tracé le caractère « 囧 »3, et m’avait dit d’imaginer des centaines de personnes devant moi, présentant toutes cette expression. Après m’être représenté la scène dans mon esprit, j’en étais arrivé à la conclusion qu’il s’agissait en effet de l’un des plus rares spectacles ayant existé.

Après cela, l’Apprenti-Chevalier de la Pierre resta, et plus personne n’osa proposer de le remplacer.

Après y avoir réfléchi un moment, je compris pourquoi Judgment avait envoyé Stone.

Parmi la Cruelle faction au Cœur de Pierre, le Chevalier de la Pierre est le seul expert en diplomatie. Bien que le Chevalier de la Tempête, de la Bonne faction au Grand Cœur, fût meilleur, s’il quittait le Temple Sacré, il y avait une chance assez importante que la moitié des activités du Temple s’écroulent. Donc, Stone avait été envoyé à sa place afin d’aider Leaf à régler les problèmes diplomatiques entre le palais et le Monastère du Dieu de la Guerre.

Si Leaf était autorisé à s’occuper de la diplomatie, il ne serait pas capable de faire autre chose que d’acquiescer à toutes leurs requêtes.

Quant à la raison pour laquelle Ice était là, c’était encore plus simple. Ice était très fort, et si nous devions en arriver à échanger des coups avec le Royaume de l’Orchidée Lunaire et le Monastère du Dieu de la Guerre et avions à nous enfuir, avoir Ice avec nous augmentait sensiblement les chances de nous en sortir vivants…

« Sun ! »

Leaf se précipita dans la caverne, attrapa mes épaules et commença à me secouer violemment : « Sun ! Sun ! Tout va bien ? Tu vas bien ? C’est merveilleux ! Oh, Oh ! La princesse Alice n’est pas blessée non plus… Merci, mon Dieu ! »

Il paraissait être dangereusement proche de l’évanouissement.

Cela me fit me sentir soudainement plutôt coupable. Il semblerait qu’il s’inquiétait de beaucoup de choses depuis que nous avions commencé notre voyage… Il était vraiment la mère de la Bonne faction au Grand Cœur…

« Ne pleure pas, je vais parfaitement bien », lui assurai-je. « Regarde, la princesse a été sauvée, elle aussi. »

Leaf dit, presque en pleurant : « Mais, tes yeux… »

Je roulai des yeux et lui répondis brusquement : « Mes yeux vont bien. Tu t’inquiètes trop, maman Leaf. »

« Capitaine-Chevalier du Soleil, j’espère que tu te portes bien depuis notre dernière rencontre. »

Je tournai la tête en direction de l’entrée de la caverne, d’où provenait la voix du Chevalier de la Pierre. Derrière lui suivait le Chevalier de Glace, qui restait, comme à son habitude, complètement silencieux, contrairement au Chevalier de la Pierre.

J’affichai un sourire typique du Chevalier-du-Soleil et répondis gracieusement : « Puisse l’éclat du Dieu de la Lumière toujours briller sur toi, mon frère Stone. »

Stone me fixa du regard et demanda ensuite : « Sun, combien de doigts ai-je levés ? »

« …Avec le Dieu de la Lumière comme témoin, la réponse est zéro, comme le contenu de ton cerveau ! » répliquai-je grincheusement. Il semblerait que Leaf leur eût déjà raconté l’histoire déchirante sur comment j’étais devenu « aveugle » ou quelque chose comme ça.

« En effet, c’est exacte. » répondit Stone avec un éclat de rire. Il déclara à Leaf : « Leaf, tu t’inquiètes trop. Sun va très bien. »

Après un très long silence, Leaf émit finalement un « hmm », mais je ne savais pas s’il croyait réellement que mes yeux allaient bien.

Peu de temps après, Mike, Anne et Austin arrivèrent à leur tour, suivis par une escouade de guerriers. Au moment où ils entrèrent, Anne s’écria « Alice ! », courut aux côtés de sa sœur, et lui demanda anxieusement : « Est-ce que cet ignoble scélérat méprisable t’a fait quelque chose ? Est-ce qu’il t’a frappée ? Est-ce qu’il a essayé de manger ton tofu4 ? »

« Anne, que racontes-tu là ? » lui reprocha gentiment Alice. « C’est grâce au Chevalier du Soleil, qui m’a sauvée des malfaiteurs et qui a scrupuleusement pris soin de moi depuis, que j’ai été capable de m’échapper indemne d’une situation dangereuse. C’est un noble chevalier. Tu ne dois pas l’insulter. »

Le silence tomba. Avec de grandes difficultés, Anne répéta lentement : « Sun est un… un noble chevalier ? »

L’effet éclaircissant des masques pour la peau avait vraiment eu un effet miraculeux : ils m’élevaient instantanément d’un ignoble scélérat méprisable à un chevalier au noble esprit.

« Oui. » Alice se leva, et d’un ton impérieux, appela : « Serviteurs ! »

À son appel, les dix personnes se tenant à l’entrée de la caverne la remplirent immédiatement. Il semblerait que certains des domestiques du palais fussent également venus.  Ils défilèrent jusqu’à la princesse et procédèrent à la présentation de serviettes, enroulèrent un manteau propre sur ses épaules et arrangèrent même ses cheveux.

Durant toute la session de maquillage d’Alice, Mike ne prononça pas un seul mot. Évidemment, je pouvais très bien comprendre pourquoi il ne disait rien. D’après ce que j’avais saisi de la conversation entre Anne et Leaf, j’avais appris qu’Alice les avait attaqués. Si j’étais Mike, je n’aurais probablement pas non plus arboré une expression très plaisante.

D’une manière extrêmement courtoise, le Chevalier de la Pierre me demanda : « Capitaine-Chevalier du Soleil, nous venons tout juste d’arriver et ne connaissons donc point la situation actuelle. Pourrais-tu partager toute pensée que tu aurais concernant la suite des événements ? »

Sans hésitation, je lui répondis : « Nous pourrons discuter de cela quand nous serons rentrés. »

Stone souligna : «  Le Capitaine-Chevalier du Soleil vise toujours dans le mille avec ses mots. Je pense que personne n’a d’objection ? »

Ça n’a rien à voir avec « viser dans le mille ». C’est juste que j’ai envie de prendre un bain… Comme ça pue ! Passé ce point, je commençais à haïr le Dieu de la Lumière pour ne pas avoir pris mon nez comme payement cette fois !

Retourner au palais royal se révéla être une tâche très simple, puisque, parmi ceux qui avaient accouru, se trouvaient les mages de la maison royale. Ils avaient emmené avec eux un cercle magique qui effectuait une téléportation instantanée, et ce cercle magique était relié à un autre se situant dans le palais royal. En insérant assez d’élément du vent, nous pouvions instantanément rentrer au palais.

 

 

Après être retourné au palais, il était essentiel de me rendre à nouveau présentable avant d’aller voir la reine, alors prendre un bain ne fut pas un problème. Cependant, après avoir pris un bain et mangé, je me sentais rafraîchi et content, et le lit moelleux semblait m’inviter de tous ses vœux…

Même si je savais que je devais aller demander audience à la reine pour lui raconter tout ce qu’il s’était passé, je fus incapable de résister à la tentation… Je rampai jusqu’au lit, me sentant comme si je n’avais pas eu une bonne nuit de sommeil depuis un mois, et commençai immédiatement à perdre connaissance…

« Sun… »

Dans le brouillard de mes pensées, j’entendis quelqu’un m’appeler, et je grognai en réponse : « Oh, qu’est-ce que vous voulez ? Je suis tellement fatigué, faites court… »

Après un moment, cette personne répondit : « Laisse tomber. Va et dors. »

Quelques jours plus tard, je reçus la gratitude de la reine.

La raison de cette gratitude était d’avoir secouru la princesse, et la récompense était une médaille d’honneur pour chevalier, qui m’était totalement inutile. En même temps, la Princesse Alice tenait en otage la dite-médaille, et demandait que je lui apporte les recettes pour les soins et l’éclaircissement de la peau en échange… Me prendrait-elle pour un idiot ? Quel intérêt cette médaille aurait-elle pour moi ?

Je refuse d’aller troquer. Je vais attendre qu’elle vienne me supplier pour accepter, hmph !

Néanmoins, cet après-midi-là, je fus informé que la médaille avait été ornée de pierres précieuses et valait donc une fortune… Par conséquent, je n’avais pas d’autre choix que d’aller rendre visite à la princesse pour compléter l’échange.

Le Fils du Dieu de la Guerre annula ses fiançailles avec la Princesse Alice.

Bien que la reine tentât d’empêcher l’annulation des fiançailles en proposant d’échanger la mariée avec Anne afin qu’elle épouse Mike à la place, les deux concernés se regardèrent mutuellement avec la même expression de dégoût et déclarèrent simultanément : « Si je devais l’épouser, ce serait à mon tour de trouver quelqu’un avec qui m’enfuir. »

La reine parut très troublée, mais juste à ce moment-là, la plus jeune princesse du Royaume de l’Orchidée Lunaire, qui avait à peine dix ans, s’avança devant sa mère, la reine, et, utilisant son adorable petite voix, annonça que « quand elle serait grande, elle voudrait être l’épouse de son grand frère, le Fils du Dieu de la Guerre ». Le problème fut donc réglé facilement.

Mike et la petite princesse conclurent l’accord et furent donc fiancés, et le mariage fut programmé pour quand la petite princesse atteindrait ses seize ans.

Parmi les masses, il y en eut inévitablement quelques-uns qui propagèrent des rumeurs du genre que « le Fils du Dieu de la Guerre était en réalité un pédophile ». Cependant, être capable d’échanger sa fiancée avec une qui avait dix ans de moins que soi valait totalement les accusations de pédophilie. Au moins, Mike lui-même était très enthousiaste à l’idée de planifier l’éducation de sa future femme.

 

 

Il semblait que le sort de Résurrection eût en effet laissé derrière lui quelques effets secondaires.

Après que Leaf eût remarqué, en un regard, qu’il y avait de petits trous dans les ailes d’une mouche à plus de dix mètres de distance, il découvrit que les choses étaient plutôt sérieuses.

Après avoir pratiqué et répété de nombreuses expériences (c’est-à-dire que je l’avais forcé à compter le nombre de mouches tournoyant autour d’une crotte de chien à plus de trente mètres de distance), il fut finalement confirmé que Leaf avait développé une vision surhumaine.

Pour un archer, posséder une vision surhumaine était la même chose que d’avoir des superpouvoirs… Pour résumer simplement, ses capacités extraordinaires avec un arc étaient devenues encore plus incroyables.

Qui plus est, quand je lui avais pointé du doigt la crotte de chien à trente mètres et lui avais fait compter le nombre de mouches, il avait enfin accepté d’admettre que je n’étais pas aveugle.

 

 

Après toute cette histoire, nous rentrâmes finalement à l’Église du Dieu de la Lumière.

Notes de bas de page

1 mon seigneur : Dans la version chinoise, Attendsun emploie le caractère 您, une forme du pronom « vous/tu » trahissant le respect. Néanmoins, on n’a pas cette nuance en Anglais ou en Français. Donc, ajouter le « mon seigneur » donne le sens du respect

2 les 29 kilomètres d’adieu : C’est une allusion à la légende chinoise 梁山伯與祝英台, qui est traduite en anglais par « Butterfly Lovers » (Les amants Papillon). Dans cette histoire d’amour, une jeune femme appelée Zhu se déguise en homme pour aller à l’école et finit par tomber amoureuse d’un de ses camarades, Liang. Plus tard, le père de Zhu lui demande de rentrer chez elle, et Liang l’accompagne sur les 29 kilomètres de son voyage, durant lesquels elle essaye de lui révéler sa véritable identité. La référence est utilisée pour exprimer les actes de deux amants qui ne peuvent supporter d’être séparés ; d’où l’exaspération de Sun.

3 囧 : Prononcé « jiǒng », c’est un caractère chinois qui ressemble au visage d’une personne. Il est fréquemment utilisé comme émoticon représentant des humeurs comme l’irritation, le choc, l’embarras, la gêne, etc. Il peut aussi être utilisé avec OTZ (une personne se prosternant de profil), pour remplacer le visage : 囧TZ.

4 manger ton tofu : Abuser sexuellement d’une femme.