Romance RPG – Partie 16

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Sixteen – traduit du chinois à l’anglais par clrfction[PR!]
Partie Seize – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Yue Lan, pourquoi es-tu sortie ? » demanda Bai Xue Chen, légèrement troublé.

Une si belle femme. Ye Meng Ling se regarda et ne put s’empêcher de se sentir gênée. Non ! Je ne peux même pas me comparer à elle…

« Est-ce que c’est la Yue Lan dont tu m’as parlée ? Elle est d’une telle beauté. » Lin Jian Yin laissa échapper un profond soupir et ne put se retenir d’ajouter : « Comment deux personnes portant les mêmes vêtements peuvent-elles produire des effets aussi différents ? »

Oh non… Lin Jian Yin réalisa soudainement ce qu’il venait de dire. Il écarquilla les yeux, mais il n’osa pas se retourner pour regarder Ye Meng Ling. Bai Xue Chen le dévisagea comme s’il voulait écraser la bouche stupide de Lin Jian Yin avec sa chope de bière.

Ye Meng Ling sourit légèrement et agita la main pour dissiper la tension. « Ça va, vraiment ! »

Même si c’était ce qu’elle avait dit, Lin Jian Yin pouvait encore lire une trace d’amertume dans son sourire, et vit dans ses yeux à quel point il était forcé. Toujours impulsif et direct, ça ne servit qu’à assombrir encore plus son humeur. « Qu’est-ce que c’est que ce sourire horrible ? Ça frustre les gens juste de le regarder. Hurle-moi dessus si tu veux ! Gifle-moi si tu en as envie ! Si même toi tu n’aimes pas comment tu es, pourquoi est-ce que tu ne fais pas quelque chose pour changer !? »

Ye Meng Ling fut choquée par sa tirade et ne put pas produire une réponse. Elle ne pouvait que fixer Lin Jian Yin du regard, figée.

Yue Lan remarqua la situation et, par gentillesse, voulut immédiatement s’approcher et réconforter Ye Meng Ling, mais elle fut freinée par Bai Xue Chen. Elle lui jeta un regard désapprobateur, mais Bai Xue Chen secoua uniquement la tête. Yue Lan ne comprenait pas, alors elle ne pouvait que rester à côté et observer. Toutefois, si Lin Jian Yin disait quoi que ce soit qui puisse dépasser les bornes, elle n’irait pas se rasseoir et ne laisserait pas les choses se dérouler ainsi.

Bai Xue Chen avait retenu Yue Lan pour une raison simple : même si les paroles de Lin Jian Yin étaient blessantes, il disait la vérité, mais d’une manière brusque et maladroite. D’un autre côté, les paroles franches étaient un raccourci pour les gens de voir la triste vérité. Bai Xue Chen le savait mieux que quiconque, parce qu’il en avait lui-même bénéficié dans une situation similaire.

Tout semblait aller au ralenti. Ye Meng Ling vacilla sous le regard ouvertement accusateur de Lin Jian Yin et baissa la tête dans l’inconfort. Elle murmura amèrement : « Je ne peux pas atteindre le dix parfait de Yue Lan, quels que soient les efforts que je mets pour bien m’habiller. Que ce soit un zéro pour laide ou la note de passage de six ne fait aucune différence. » Après avoir fini de parler, Ye Meng Ling se dirigea rapidement vers la porte de la boutique, voulant cacher l’humidité dans ses yeux.

Les paroles et le ton familiers rappelèrent soudainement une autre fille à Lin Jian Yin, ou plus précisément un personnage qui ne devrait apparaître que dans un jeu : Meng. Meng et Ye Meng Ling. Finalement, Lin Jian Yin les compara toutes les deux : même coiffure, mêmes vêtements, une attitude presque identique… Mais, comment est-ce que c’est possible ? Est-ce qu’un personnage de jeu et une vraie personne peuvent être une seule et même chose ?

Il  se rendit tout à coup compte que Ye Meng Ling avait déjà tiré sur la poignée de la porte pour l’ouvrir. Il la héla rapidement : « Attends ! »

Ye Meng Ling s’arrêta, mais ne se retourna pas. Lin Jian Yin réalisa qu’il ne savait pas quoi faire après lui avoir demandé de s’arrêter. Lui demander si elle est un personnage du jeu Nintendo ? Il se ferait probablement traité de cinglé. Lin Jian Yin hésita un peu et la questionna d’une manière plus subtile : « As-tu… as-tu déjà été au 51ème étage de la compagnie d’agence ? »

Ye Meng Ling répondit sèchement : « M. Lin, il n’y a que cinquante étages dans notre compagnie. Aussi, s’il-vous-plaît, n’oubliez pas le programme radio prévu demain. » Après qu’elle eut fini de parler, elle ferma sans hésitation la porte de la boutique.

Les paroles de Ye Meng Ling manquèrent de renverser Lin Jian Yin. Il n’y a que cinquante étages. C’est vrai ! La compagnie ne dispose que de 50 étages ! Comment avait-il pu oublier ça ? Mais, il s’était bel et bien rendu à un 51ème étage ce jour-là et avait acheté sa console Nintendo dans cette boutique d’antiquités bizarre. La console l’attendait même encore à la maison. Il n’y a aucune chance pour que ce soit un rêve, n’est-ce pas ?

Un frisson sinistre traversa la colonne vertébrale de Lin Jian Yin. Je ne suis quand même pas confronté à quelque chose de surnaturel, pas vrai ? Pourtant, Xue Chen m’a donné la carte de visite, se rappela soudain Lin Jian Yin. Il se tourna immédiatement pour demander : « Bai Xue Chen ! Qu’est-ce qu’il se passe ? Tu as intérêt à m’expliquer comment cette boutique d’antiquités a pu apparaître à un étage qui n’existe pas. »

Bai Xue Chen était hésitant et prononça ses phrases en les choisissant avec soin. « Cette boutique d’antiquités est… un peu étrange. Je l’ai vu comme étant une petite maison en bois en bordure de la route, mais je n’ai jamais réussi à la retrouver quand je suis retourné pour la chercher plus tard. Cependant, le propriétaire m’a dit une fois que, si quelqu’un autour de moi éprouvait des difficultés, je devrais lui refiler la carte de visite. Ceux qui détiennent la carte parviennent toujours à trouver la boutique. »

Lin Jian Yin fixa Bai Xue Chen avec incrédulité et s’enquit de façon raide : « Est-ce que tu réalises ce que tu viens de dire ? Est-ce qu’une chose comme ça est vraiment possible ? »

Confronté à l’incrédulité totale de Lin Jian Yin, la seule réponse de Bai Xue Chen fut de regarder sa bien-aimée Yue Lan avec adoration.

« Rien n’est impossible. »

Confus, Lin Jian Yin observa la paire de tourtereaux tandis qu’il songeait davantage aux paroles de Bai Xue Chen. Comme il examinait de plus près le visage de Yue Lan, un sentiment de familiarité lui traversa l’esprit.

Où est-ce que je l’ai vue auparavant ? Lin Jian Yin y réfléchit profondément. Brusquement, une pensée ridicule lui vint à l’esprit. Il n’hésita pas, malgré ses doutes, et ne prit même pas la peine de dire quoi que ce soit avant de se précipiter à l’étage où Bai Xue Chen vivait. Étant son meilleur ami depuis longtemps, Lin Jian Yin se dirigea directement au troisième étage et poussa la porte en verre. À l’intérieur, il y avait un studio. Bai Xue Chen avait toujours aimé peindre, et il avait beaucoup de talent. Il avait même déjà fait quelques expositions.

Rien de tout ça n’était ce que Lin Jian Yin avait en tête. Il se dirigea tout droit vers le coin le plus reculé du studio, où il savait qu’une peinture que Bai Xue Chen lui avait montré par le passé était accrochée. La peinture était celle d’une femme, une très belle femme. Bai Xue Chen lui avait déclaré que c’était ce à quoi il pensait que l’amour de sa vie devrait ressembler.

Lin Jian Yin n’y jeta qu’un seul coup d’œil et ne put se retenir de laisser échapper un juron. « Merde ! »

Sur l’arrière-plan d’un champ de tournesol, il y avait un espace vide en forme d’humain.

C’était à la fois étrange et inquiétant.

Romance RPG – Partie 15

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Fifteen – traduit du chinois à l’anglais par Tentacles[PR!]
Partie Quinze – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Ils se précipitèrent tous les deux vers le parking. Lin Jian Yin repéra sa Ferrari rouge instantanément. Après avoir traîné Ye Meng Ling jusqu’à sa voiture, il la jeta sur la banquette arrière comme un objet, puis sauta sur le siège du conducteur. La Ferrari rouge fit une magnifique embardée en marche arrière et décolla comme une fusée.

Tandis que Lin Jian Yin soupirait de soulagement, une voix faible lui parvint de la banquette arrière : « Pourquoi m’as-tu traînée jusque dans ta voiture ? La mienne est encore dans le parking. »

Lin Jian Yin regarda dans le rétroviseur. La femme à l’arrière était assise dans une position étrange. Elle était presque entièrement enterrée sous les deux énormes sacs en plastique qui se trouvaient sur ses genoux, mais elle les tenait fermement, l’air inquiet.

Lin Jian Yin demanda de façon étrange : « Pourquoi est-ce que tu les tiens si fermement ? Ce n’est pas comme si j’allais te les prendre. »

Ensevelie sous les sacs en plastique, Ye Meng Ling répondit avec difficulté : « C’est une Ferrari ! UNE FERRARI ! J’ai posé ces sacs en plastique sur le sol il n’y a pas longtemps. Si je sali ta Ferrari, même vendre mon corps ne serait pas suffisant pour te rembourser. »

« Quelle absurdité. Tu n’as qu’à les mettre sur le côté », déclara Lin Jian Yin, ne s’en souciant pas. Dans le même temps, il indiqua le siège à côté de lui d’un signe de tête. « Regarde, les miens sont là. »

Malgré les instructions de Lin Jian Yin, Ye Meng Ling ne put tout de même pas se retenir d’essuyer le dessous des sacs en plastique sur son pantalon avant de les poser. En même temps, elle les inspecta pour s’assurer qu’il n’y avait aucun objet pointu à l’intérieur qui risquerait d’endommager les sièges.

« Est-ce que tu as un endroit en particulier à l’esprit où tu voudrais aller pour prendre le thé ? Sinon, je vais choisir pour nous », questionna Lin Jian Yin avec facilité.

Surprise, Ye Meng Ling répondit prudemment : « Non, merci. Je voulais simplement éviter de parler à ces deux personnes, alors j’ai fait exprès de dire ça. »

Voyant que Lin Jian Yin était aussi têtu à ce sujet, Ye Meng Ling ne put qu’accepter : « D’accord. »

La voiture fut conduite jusqu’à une boutique discrète dans une petite ruelle. Lin Jian Yin remit son bonnet tricoté et ses lunettes de soleil, et signala à Ye Meng Ling d’entrer dans le magasin. Une fois qu’elle fut à l’intérieur, Lin Jian Yin agita la main pour faire signe au personnel d’une manière joyeuse. L’employé présent semblait aussi connaître Lin Jian Yin et leva même les yeux au ciel en disant carrément : « Et moi qui pensais que cet enfoiré allait encore me laisser tomber. »

« Ce n’est pas le cas. J’ai enduré beaucoup d’épreuves pour t’acheter tout ça », affirma Lin Jian Yin avec une grande souffrance.

Une fois que Ye Meng Ling aperçut l’individu, elle lâcha avec surprise : « Hein ? M. Bai ? »

Effrayé, Bai Xue Chen fronça les sourcils pendant qu’il l’étudiait du regard pendant une longue période. Bai Xue Chen demanda avec hésitation : « Vous êtes l’agente de Jian Yin ? »

Ye Meng Ling acquiesça d’un signe de tête.

Bai Xue Chen sourit légèrement et s’excusa : « Désolé, vous avez l’air différente de la dernière fois, je ne vous ai pas reconnu tout de suite. »

« Tu es doué. Je ne l’ai pas reconnue du tout. Quoique ces deux tenues aient une chose en commun : elles sont toutes les deux hideuses. »

En entendant ça, Bai Xue Chen écrasa lourdement la tasse qu’il essuyait sur le dos de la main de Lin Jian Yin. Sa victime laissa immédiatement échapper un cri de douleur. Bai Xue Chen tourna immédiatement la tête vers Ye Meng Ling et expliqua : « Ne faites pas attention aux choses qu’il raconte. Jian Yin a toujours eu une langue de vipère. Ses paroles ne visaient pas à vous blesser. »

Ye Meng Ling sourit et déclara de façon auto dépréciative : « Ça va. Je sais que mon apparence est horrible… »

« Si tu es déjà au courant, alors tu devrais faire quelque chose pour la changer. Pourquoi te laisses-tu ressembler à quelque chose qui n’est ni humain, ni fantôme ? Tu laisses même les gens se moquer de toi », marmonna Lin Jian Yin tout en frottant le dos de sa main. Du coin de l’œil, il vit le dessous de cette tasse voler vers sa main innocente à nouveau. Il l’esquiva de peu, et ensuite s’enfuit du comptoir du bar.

« Tais-toi ! » cria Bai Xue Chen, plissant les yeux en signe d’avertissement.

Ye Meng Ling sursauta, choquée, et parla vite au nom de Lin Jian Yin : « C’est bon. En fait, j’ai vraiment besoin de changer. C’est juste que, juste que… Soupir ! Je n’ai pas le talent pour savoir comment bien m’habiller. »

Ye Meng Ling baissa la tête dans la consternation, et le silence tomba sur eux trois. Elle pensa, Je ne devrais pas laisser mes problèmes affecter ces deux-là. Tout comme elle levait la tête pour expliquer la situation, elle se rendit compte que les deux gars la regardaient directement avec des yeux brillants. Ye Meng Ling paniqua. Elle ne savait pas ce qu’il se tramait.

Bai Xue Chen fut le premier à parler. « Les cheveux raides. »

« Ouais. » Lin Jian Yin donna aussi son approbation : « Tu as raison. Les cheveux raides lui iraient mieux. Elle possède ces classiques yeux de phoenix, de sorte que les cheveux raides lui iraient à ravir. »

Ye Meng Ling toucha automatiquement ses paupières lourdes et simples dont tout le monde s’était continuellement moqué tout au long de sa vie. Elle doutait un peu. Ce sont vraiment des yeux de phoenix ?

Lin Jian Yin se pencha près de Ye Meng Ling et examina ses sourcils avec plus de soin. Ye Meng Ling couvrit rapidement ses sourcils avec ses deux mains, parce qu’elle ne souhaitait pas qu’il voit ses sourcils broussailleux ressemblant à des chenilles.

Malheureusement, il avait déjà terminé de les examiner. Avec l’air d’un expert, il rendit son verdict : « Tes sourcils sont très épais. En les arrangeant un peu, tu n’aurais même pas besoin de les dessiner. »

Examinant la silhouette de Ye Meng Ling, Bai Xue Chen ajouta : « Vous mesurez environ 155 cm. Vous êtes trop mince et trop courte, mais le ratio n’est pas trop mal. Votre corps est adapté pour des chandails serrés. Les vêtements amples feraient paraître votre corps encore plus petit, vous faisant ressembler à un petit garçon. »

« J’ai déjà atteint les 157 cm », réfuta un peu sérieusement Ye Ling Meng.

« Du bonnet A. » affirma Lin Jian Yin avec certitude, tandis que ses yeux fixaient directement sa poitrine.

Ye Meng Ling répliqua : « Je porte du bonnet B. »

Lin Jian Yin demanda soupçonneusement : « Vraiment ? » C’était presque comme s’il ne croyait pas que ses yeux eussent pu se tromper.

Confrontée aux doutes de Lin Jian Yin, Ye Meng Ling répondit faiblement : « J’en porte… parfois. »

À présent, les deux gars semblaient vraiment être enthousiastes. Ils commencèrent à discuter des vêtements que Ye Meng Ling devrait porter, y compris les couleurs des vêtements, et si elle devrait porter des jupes ou des pantalons…

« Avec une petite touche de maquillage, elle sera encore mieux. »

La voix douce d’une dame s’éleva. Ils se tournèrent tous les trois dans la direction de cette voix. Elle provenait d’une femme d’une telle beauté qu’instinctivement les gens n’avaient d’autre envie que de vouloir la protéger. Il y avait deux beaux yeux noirs couleur d’encre et un petit nez sur son petit visage ovale. Ses lèvres, légèrement souriantes, étaient un peu pâles, ce qui la rendait plus délicate. Ses cheveux doux et brillants étaient drapés sur ses épaules. La robe blanche qu’elle portait était semblable à la robe blanche que Ye Meng Ling avait portée récemment mais dont on avait dit qu’elle lui faisait ressembler à un fantôme. Mais quand la dame la portait, elle ressemblait à une fée des fleurs issue d’un autre monde.

Romance RPG – Partie 14

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Fourteen – traduit du chinois à l’anglais par Ryne[PR!]
Partie Quatorze – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Ye Meng Ling répondit un peu maladroitement : « Je suis votre agente. »

Choqué, Lin Jian Yin lâcha : « Hein !? La femme fantôme de la dernière fois ? » Au moment où il eut fini de parler, Lin Jian Yin sut qu’il s’était mis dans une position délicate. Allait-il devoir changer d’agent pour la septième fois ?

« Euh, vous avez raison. Je suis précisément la femme fantôme de la dernière fois. » Ye Ling Meng sourit avec un air gêné, mais elle ne semblait pas s’en soucier beaucoup.

Lin Jian Yin observa Ye Meng Ling pendant un moment. Ne voyant aucun signe de colère, il s’enquit prudemment : « Vous n’êtes pas furieuse ? »

Ye Meng Ling se gratta la tête et se mit à rire tandis qu’elle le rassurait : « Je ne suis pas fâchée. Tout récemment, j’ai rencontré quelqu’un possédant une langue de vipère pire que la vôtre. Hum… Je ne dis pas que vous avez une langue venimeuse. Ce que je voulais dire c’est… »

Lin Jian Yin haussa les épaules. « C’est bon. Je sais que j’ai une langue acérée. »

Ye Meng Ling força un sourire à apparaître sur son visage et changea de sujet. « M. Lin, je n’aurais jamais pensé que vous étiez du genre à acheter de la nourriture vous-même. »

« Appelez-moi simplement Jian Yin. Xue Chen m’a dit d’acheter ceux-ci. Il cuisine très bien, et il a même dit qu’il allait faire de la soupe au poulet pour moi », se vanta Lin Jian Yin. Si seulement Bai Xue Chen était une fille. Il pouvait supporter sa langue de vipère et pouvait même bien cuisiner. Il était vraiment son genre idéal. C’était dommage qu’il soit de sexe masculin.

« De la soupe au poulet ? » questionna Ye Ling Meng avec doutes, en pointant l’article dans le panier. «  En utilisant ça ? »

« Ouais, il m’a fallu beaucoup de temps avant de trouver le plus gras », répliqua Lin Jian Yin fièrement.

Ye Meng Ling afficha un sourire désabusé, en disant : « Mais, ce n’est pas un poulet. C’est un canard. »

Lin Jian Yin fixa la chose qu’elle avait appelé un canard avec de grands yeux, puis sortit du panier la chose dont il avait été le moins certain. Il essaya de demander : « Est-ce que c’est un cornichon ? »

Ye Meng Ling avoua honnêtement : « Non, c’est un concombre. »

Je m’étais bien demandé si les cornichons pouvaient être aussi grands ! murmura pour lui-même Lin Jian Yin, puis il leva un autre article en demandant : « C’est un brochet de maquereau, pas vrai ? »

« C’est une anguille. » La bouche de Ye Meng Ling se mit à  tiquer, et elle pensa, N’y a-t-il pas une trop grande différence ?

Lin Jian Yin fixa la liste d’achats dans ses mains pendant un bon moment. Il interrogea avec quelques doutes : « Dans ce cas, lesquels de ces articles ai-je réellement bien identifié ? »

Ye Meng Ling passa sa tête au-dessus du panier, ses yeux allant en va-et-vient entre la liste des courses et le panier pour vérifier. Elle s’exclama enfin : « Celui-ci, vous avez bien identifié la viande de porc tranchée. »

Lin Jian Yin prit la parole après un court instant de silence, en disant : « C’est parce que les mots “porc tranché” étaient imprimés sur l’emballage. »

Après un long silence entre eux, Lin Jian Yin posa une main sur l’épaule de Ye Meng Ling et utilisa son autre main pour flanquer la liste de courses longue-comme-le-bras devant ses yeux. Il fit une requête sérieuse. « Aidez-moi à les trouver, et je vais au moins vous offrir une tasse thé. »

En observant la liste des courses, qui était aussi longue et puante que les bandages de pieds pour grand-mère, Ye Ling Meng marchanda calmement : « C’est trop long. Incluez au moins une tranche de gâteau. »

« Marché conclu. »

Ye Meng Ling arracha la liste d’achats de ses mains, y jeta un coup d’œil, et commença de façon experte à trier les mauvais articles dans le panier de Lin Jian Yin tout en ajoutant les bons. Elle passa du rayon des produits frais au rayon des articles généraux, en passant par le rayon des fruits de mer, et atteignit enfin la caisse après avoir fait le tour du supermarché une seule fois. Ye Meng Ling contempla les articles dans le panier avec satisfaction avant de remettre la liste des courses à Lin Jian Yin. Il l’avait suivie bêtement du début à la fin, tout en regardant avec étonnement comment elle avait fait le tour de l’endroit avec tant de familiarité, comme s’il s’était agi de sa propre maison. Elle savait clairement où tout se trouvait.

« Déjà fini ? » s’exclama Lin Jian Yin, surpris. Plus tôt, il avait fait le tour des rayons pendant plus d’une heure, et pourtant ça avait pris moins de dix minutes à Ye Meng Lin pour terminer de tout acheter.

Ye Meng Lin haussa les épaules en disant : « Ouais, j’en ai profité pour terminer mon shopping en même temps que le vôtre. »

« Vous êtes  vraiment efficace », louangea Lin Jian Yin. En même temps, il se sentait chanceux que cette femme fût son agente.

« Merci pour le compliment. C’est la première fois que j’entends une telle chose de votre part. » Ye Ling Meng sourit faiblement.

Lin Jian Yin répondit simplement : « On ne peut pas y faire grand-chose. Vous êtes trop difficile à complimenter. » Dès que les mots sortirent de sa bouche, Lin Jian Yin voulut se mordre la langue une bonne fois pour toutes.

« On dirait que je devrais vraiment apprécier le compliment cette fois, alors. » Ye Ling Meng sourit, mais son expression était devenue plus froide, et elle continua poliment : « Je vais aller à l’autre caisse pour payer. La file ici est trop longue. »

« Ok. » Lin Jian Yin n’osa rien dire de plus, au cas où il dirait à nouveau quelque chose de mal.

Ye Meng Ling s’éloignait déjà, quand elle se retourna soudainement, disant : « Ah oui, oubliez le thé et les gâteaux dont on a parlés plus tôt. Je plaisantais. » Sans attendre la réponse de Lin Jian Yin, elle partit sans un autre regard à la file d’attente dans l’autre ligne, après avoir dit ce qu’elle avait à dire.

Lin Jian Yin fixa du regard le dos légèrement raide de Ye Meng Ling. On dirait bien qu’elle est fâchée, après tout. Au moins, elle ne s’était pas enfuie en sanglotant. Il ne voulait pas perdre une aussi excellente agente si rapidement.

Ayant échoué dans sa deuxième tentative de bien s’entendre avec Ye Meng Ling, Lin Jian Yin était encore un peu plus découragé. Pourquoi ne pouvait-il pas tout simplement contrôler sa propre bouche quand il parlait ? Même si la façon dont cette femme s’habillait laissait à désirer, il aurait quand même pu faire semblant de ne pas le remarquer.

Il finit de payer en étant démoralisé. Traînant avec lui deux grands sacs de nourriture, il venait à peine de s’éloigner des caisses quand il aperçut son agente, portant également deux grands sacs, en conversation avec un homme et une femme. Lorsque Lin Jian Yin regarda le visage de Ye Meng Ling, il remarqua qu’elle avait l’air mal à l’aise. Son sourire semblait également très forcé.

Est-ce qu’elle a rencontré quelqu’un qu’elle déteste ? devina Lin Jian Yin. Il observa l’homme et la femme. L’homme avait l’air passable, mais comme c’était juste un gars, Lin Jian Yin se contenta de le jauger rapidement. La femme, toutefois, était assez jolie. La façon dont elle était habillée était aussi de très bon goût.

Lin Jian Yin marcha de plus en plus lentement, dérivant inconsciemment vers les trois personnes. Il garda son ouïe aiguisée et saisit quelques fragments de leur conversation.

« Ton ex-petite amie ? Oh mon Dieu, n’est-ce pas un peu trop… »

« Non, son apparence n’était pas aussi peu soignée à l’époque. »

« Jian Yin ! »

Lin Jian Yin entendit soudainement son propre nom et, en tournant la tête, vit que Ye Meng Ling le fixait du regard. Ayant été surpris à écouter, il se sentit gêné et s’empressa de clarifier, en affirmant : « Je m’en allais. »

Cependant, Ye Ling Meng l’interrompit, en déclarant : « N’étais-tu pas censé m’emmener prendre le thé ? »

Lin Jian Yin cligna des yeux. Elle n’avait pas dit d’oublier pour le thé ?

La belle femme à côté d’elle éclata d’un rire incontrôlable et railla : « Tu veux l’inviter à aller prendre le thé ? Elle ? Haha. »

La mine de Ye Meng Ling s’assombrit, et notant le silence de Lin Jian Yin, son cœur se serra. Revêtant une expression glaciale, elle lança : « Je suis désolée, je dois avoir mal compris. Il me reste des choses à faire, alors je vais m’en aller en premier. » Dès qu’elle eut fini de parler, elle s’en fut sans un autre regard.

À ce moment-là, en entendant la voix froide de Ye Meng Ling, Lin Jian Yin dévisagea la femme qui continuait à rigoler. Elle ne paraissait soudainement plus aussi jolie. Un violent incendie s’embrasa dans son cœur, et il la réprimanda sévèrement : « Qu’est-ce qui vous fait rire ? En quoi est-ce que le fait que je l’invite à aller prendre le thé vous concerne ? »

Ye Meng Ling s’arrêta brusquement et se retourna, un peu surprise. La femme, cependant, après un bref moment de choc, riposta : « Je ne faisais que rire. Je n’en ai pas le droit ? »

Lin Jian Yin s’écria : « Si vous aimez rire à ce point, dans ce cas mettez-vous dans un coin et riez jusqu’à en mourir ! Ne vous moquez simplement pas d’elle. »

La femme fut prise au dépourvu, mais elle n’était pas satisfaite à l’idée de laisser les choses comme elles étaient. Elle attira son petit ami à côté d’elle pour avoir du soutien et répliqua sèchement : « Un type qui ose porter un bonnet tricoté d’aussi mauvais goût et qui se croit si beau avec ses lunettes de soleil argentées pour aller avec, finissant par être à cheval entre deux genres ? Il n’y a que les gars inutiles comme toi pour être en mesure d’inviter ce genre de femme. »

« Ce genre de femme ? À mes yeux, elle vaut cent fois mieux que vous. »

Lin Jian Yin se moqua d’elle, et comme s’il estimait que ça ne suffisait pas, il ôta courageusement son bonnet tricoté et ses lunettes de soleil argentées, ajusta légèrement ses cheveux et revêtit un sourire parfait. Employant une voix grave et séduisante, il demanda : « Est-ce que vous me reconnaissez ? »

« Ne fais pas… » Ye Ling Meng n’aurait jamais pensé qu’il enlèverait son déguisement dans un endroit public, alors elle réagit trop tard pour l’en empêcher. Elle regarda la foule autour d’eux. L’attention de beaucoup de gens était déjà sur eux à cause du haussement de voix de Lin Jian Yin, mais maintenant ces gens s’étaient tous arrêtés dans leur élan et fixaient Lin Jian Yin qui avait retiré son déguisement.

La femme, stupéfaite, hocha la tête et répondit sur un ton plat : « Lin Jian Yin. »

Ravi de lui-même, Lin Jian Yin hocha la tête et lâcha : « Je vais donc maintenant l’emmener prendre le thé. Vous avez encore un problème avec ça ? »

La femme le fixa, ne sachant pas quoi faire. À cet instant-là, Ye Ling Meng se précipita à côté d’eux et traîna Lin Jian Yin à distance. Son petit corps exerçait une puissance infinie et tirait Lin Jian Yin, qui mesurait un bon 20 cm de plus qu’elle, en courant. Lin Jian Yin ne put réagir à temps et fut presque incapable de suivre le rythme de Ye Meng Ling. Mais quand il manqua de trébucher et espionna la foule qui les poursuivaient derrière eux du coin de l’œil, la longue file de gens fit réaliser à Lin Jian Yin ce qu’il venait de faire.

Ayant pris conscience de la gravité de la situation, Lin Jian Yin commença immédiatement à courir sérieusement, en utilisant ses longues jambes pour s’enfuir et sauver sa vie. Lorsque cela se produisit, ce fut Ye Meng Ling qui ne put presque pas suivre sa vitesse. Lin Jian Yin agrippa la main de Ye Meng Ling et la tira/traîna à moitié avec lui.

Romance RPG : Partie 13

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Thirteen – traduit du chinois à l’anglais par Lucathia[PR!]
Partie Treize – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Édouard venait de terminer de regarder le duc prendre congé, et il se retournait afin de présenter des excuses à Meng pour l’avoir négligée, quand il l’entendit annoncer qu’elle allait partir. Il fut pris de court et ne put que répondre : « Dans ce cas, je vais vous raccompagner aux portes du palais. »

« Merci. Sinon, je ne serais probablement pas en mesure de partir »,  remercia Meng tandis qu’elle souriait faiblement.

Elle suivit son Altesse, le Prince, tout le long du chemin, marchant à travers de longs couloirs et d’innombrables salles. En cours de route, de nombreux serviteurs et fonctionnaires saluèrent le prince. Édouard maintint une attitude gracieuse tout le long, menant Meng jusqu’aux portes du palais. Il ne leur restait à parcourir qu’un grand jardin avant d’atteindre l’entrée principale que Meng n’avait pas été autorisée à passer plus tôt. Seulement à ce moment-là, Édouard lui adressa-t-il un sourire d’excuse et lui dit : « Je dois m’excuser, je ne peux vous accompagner que jusqu’ici. Toutefois, vous pouvez vous détendre. Les sentinelles aux portes ont déjà vu que je vous accompagnais. Ils vont ouvrir les portes pour vous laisser sortir. »

« C’est bon. Je vous remercie. »

Meng n’ajouta rien d’autre. Tant qu’elle pouvait s’en aller, c’était suffisant. Après qu’elle eut fait ses adieux, elle marcha ouvertement jusqu’aux portes, et les deux gardes qui se trouvaient de chaque côté du portail ouvrirent effectivement les portes pour elle. Seulement après que Meng eut franchi les portes, et que celles-ci se furent refermées derrière elle,  poussa-t-elle un soupir de soulagement. Elle se sentait complètement épuisée.

« Pourquoi est-ce que tu es partie aussi vite ? Tu aurais au moins pu demander à Édouard la chance de le rencontrer à nouveau. Pourquoi ne pas l’avoir invité à prendre le thé ou autre chose ? » commença à la réprimander l’Épée-Fantôme.

Meng baissa la tête, le regard un peu sombre. « Je suis incompatible avec un endroit comme celui-ci. Tu ne pouvais pas voir que les gens là-bas me fixaient avec dédain ? »

En voyant à quel point Meng était découragée, l’Épée-Fantôme commença sur-le-champ à la gronder bruyamment : « Qui s’en soucie ? C’est seulement parce que tu ne t’étais pas bien habillée aujourd’hui. À partir de ce moment, avec moi à tes côtés, je jure que huit personnes sur dix vont tomber amoureuses de toi en te voyant ! »

Meng cligna des yeux, la commissure de ses lèvres se soulevant légèrement. « Ce n’était pas cinq ? »

L’Épée-Fantôme s’écria avec indignation : « Hmph ! Cette jeune fille qui ressemble à un paon gâté m’a rendu furieux. Au début, je pensais qu’elle était un chef-d’œuvre, mais son maintien a été terrible. Elle a gaspillé mon évaluation favorable ! J’ai pris ma décision. Je vais faire de toi un meilleur chef-d’œuvre qu’elle. Tu dois vaincre cette femme ! »

En entendant l’Épée-Fantôme proférer ces belles paroles avec une telle assurance, le courage emplit soudainement le cœur de Meng à ras bord. Elle afficha une expression déterminée. « Okay ! Je vais définitivement devenir belle et la vaincre ! »

Ils hurlèrent tous les deux des encouragements à l’unisson. « Nous allons la vaincre ! »

« C’est encore vous deux ! Faire du raffut est interdit devant les portes du palais ! » crièrent les deux soldats.

 

 

Dring, dring…

« Aaah… »

Lin Jian Yin se couvrit les oreilles et se roula en boule, avec l’intention de se rendormir. Cependant, la sonnerie qui le dérangeait dans son rêve continuait à retentir. Il tendit la main et chercha à tâtons. Enfin, il trouva la source du bruit sur le canapé derrière lui. Après avoir appuyé sur le bouton pour recevoir l’appel, Lin Jian Yin porta automatiquement le téléphone à son oreille.

Un flot de mots jaillit du téléphone cellulaire. « Lin Jian Yin, veux-tu bien me dire ce que tu peux fabriquer en ce moment ? J’ai cherché à te contacter toute la matinée. »

« Xue Chen ? » À moitié endormi, Lin Jian Yin reconnu la voix de son meilleur ami et bailla largement. Il répondit paresseusement : « Pourquoi est-ce que tu cherchais à me contacter ? »

« Pourquoi je cherchais à te contacter ? » Bai Xue Chen était exaspéré tandis qu’il le questionnait : « As-tu oublié ta propre suggestion de venir chez moi pour un barbecue ce dimanche ? Tu avais même dit que tu t’occuperais des ingrédients et que je n’aurais qu’à fournir l’emplacement ! »

Lin Jian Yin regarda l’horloge sur le mur d’un air endormi. Sans hâte, il déclara : « Il est seulement midi. Le barbecue n’est pas avant ce soir. »

« M. le Gars Riche et Gâté Pourri, la viande pour le barbecue doit être marinée, les légumes doivent être coupés, et la soupe doit être mijotée. Ne me dis pas que tu t’imaginais que la soupe pourrait être rôtie ? Tu ferais mieux de te dépêcher de sortir de ta maison dès maintenant, d’aller acheter les ingrédients sur la liste de courses que je t’ai donnée la dernière fois, et de les emmener chez moi. »

« J’ai compris », répondit paresseusement Lin Jian Yin.

Il appuya sur le bouton « Raccrocher » et se leva lentement. Il alla à la salle de bain et se rafraîchit. Il venait de terminer de prendre sa douche, et se séchait les cheveux avec une serviette tout en sortant, quand il remarqua que la télévision était encore allumée. L’image de l’écran s’était arrêtée devant les portes du palais ; cependant, ni Meng avec sa coiffure de vieille dame ni Lin Jian Yin lui-même sous la forme d’une épée n’étaient présents.

En même temps que Lin Jian Yin éteignait le téléviseur, il se dit, Je m’en vais à un barbecue ce soir. Je ne serai probablement pas en mesure de jouer.

Il enfila une chemise blanche coûteuse et une paire de jeans. Comme touche finale, il revêtit des articles de déguisement, qui étaient essentiels quand il sortait : une paire de lunettes de soleil argentée et un bonnet en laine. Il regarda son reflet dans le miroir. Personne ne devrait être capable de dire que je suis Lin Jian Yin, je crois ?

Ayant terminé ses préparatifs, il partit et conduisit sa voiture jusqu’à un supermarché à proximité. Quand il s’aperçut que la plupart des gens à l’intérieur étaient des femmes au foyer, et que certaines avaient même apporté leurs enfants avec eux, pendant que d’autres le pointaient même du doigt et chuchotaient autour de lui, Lin Jian Yin eut brusquement l’impression qu’il n’était pas à sa place. Il était incompatible avec cet endroit… Pourquoi l’expression « incompatible avec cet endroit » m’est-elle si familière ? songea Lin Jian Yin. C’est vrai. Hier soir, Meng n’a pas cessé de répéter qu’elle était incompatible avec le palais. Ce doit être comme ça qu’elle s’était sentie.

Pas étonnant qu’elle se soit hâtée de sortir, elle avait presque l’air de voler. En ce moment, Lin Jian Yin ressentait également une envie de prendre la fuite et de s’échapper de cet endroit. C’était juste que la longue liste de courses dans ses mains ne lui permettait pas de le faire.

Lin Jian Yin soupira et débuta avec résignation sa corvée de courses. Tandis qu’il marmonnait « Radis blanc, porc et mouton », sa haute taille se faufila entre un tas de vieilles dames, faisant des allers-retours entre les rayons de légumes, de viande, de volaille et de poisson. Il ajouta de plus en plus d’articles dans son panier.

« Chou », murmura Lin Jian Yin tout en regardant la liste de courses et en attrapant les légumes.

« C’est un chou chinois, pas un chou, M. Lin. »

Lin Jian Yin sursauta et tourna la tête pour regarder la personne qui venait de parler. C’était une femme étrange avec des cheveux bouclés comme celles d’une vieille dame, et elle portait une blouse ample ainsi qu’une paire de jeans. Est-ce que Meng est sortie du jeu ? Lin Jian Yin demandé d’un air absent : « Qui êtes-vous ? »

Romance RPG : Partie 12

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Twelve – traduit du chinois à l’anglais par Kii[PR!]
Partie Douze – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« V-Votre Altesse. »

Meng sauta soudainement hors de la chaise. Voyant qu’Édouard tenait toujours son bras avec une main tandis que l’autre tirait sur le bandage à demi enroulé, elle retira son bras subitement comme si elle avait été électrocutée. Le visage profondément rouge, elle bégaya : « Je-je suis vraiment désolée, je ne savais pas que vous étiez le prince. Mais, vous ne pouvez pas me blâmer. Comment aurais-je pu savoir qu’un prince s’aventurerait dans la partie reculée du jardin tout seul ?

« Jusqu’à maintenant, je me suis montrée vraiment très impolie envers vous parce que j’ignorais qui vous étiez. Une personne ignorante n’est coupable d’aucun crime, n’est-ce pas ? »

Écoutant l’explication incohérente de Meng, Édouard sourit faiblement. « Bien sûr, tout va bien. Les femmes ont le droit d’être impolies avec les hommes. »

« Euuh, ah bon ? » En entendant cela, Meng se sentit un peu maladroite. C’était presque comme si on présentait des excuses à quelqu’un et qu’on découvrait que l’autre personne avait en fait déjà tout oublié.

« Votre épée est plutôt unique. »

Édouard observait l’Épée-Fantôme qui reposait sur le dos de Meng avec beaucoup d’intérêt. S’il ne suivait pas l’étiquette de façon stricte, il se serait déjà approché afin de l’inspecter de plus près.

« Est-ce que vous parlez de lui ? Oui, il est très unique en son genre. »

Meng attrapa nonchalamment l’Épée-Fantôme, puis le tendit en face du prince. Curieux, Édouard fixa les deux yeux et la bouche de l’Épée-Fantôme. Pendant ce temps, l’Épée-Fantôme, étant scruté des yeux par quelqu’un qui possédait le même visage que lui, estima que rien ne pourrait être plus étrange que ce qui se passait en ce moment.

Alors qu’Édouard observait l’Épée-Fantôme avec beaucoup d’intérêt, la porte de la salle fut brusquement ouverte. Celui qui avait ouvert la porte était un homme magnifiquement habillé mais qui avait une drôle d’apparence ; il semblait partager les mêmes caractéristiques physiques qu’un ballon. Derrière lui se tenaient un homme ayant l’air mince et sérieux ainsi qu’une très belle jeune demoiselle.

L’homme en forme de boule, tandis qu’il faisait s’agiter ses innombrables couches de menton, dit d’une voix aiguë : « Duc Biggs, votre Seigneurie, veuillez prendre un siège ici, et je vais demander à Son Altesse Royale le prince Édouard de venir saluer votre fille. »

Lorsque le duc Biggs à l’air sérieux aperçut la situation dans la chambre, il fut totalement choqué ; et la jeune fille qui était timide laissa échapper un petit cri. L’homme en forme de ballon se tenait dos à la salle. Quand il remarqua les expressions faciales des deux personnes, il tourna rapidement la tête pour regarder. Ce qu’il vit fut une personne étrange tenant une épée, et l’épée était pointée sur nul autre que Son Altesse Royale le Prince Édouard. L’homme en forme de boule lâcha également un cri. Ce cri était beaucoup plus désagréable que celui de la jeune fille. Il attira immédiatement l’attention.

D’après le son d’armures qui cliquetaient, il était évident que quelques soldats se précipitaient actuellement ici. Le duc, qui se tenait près de la porte, tira sa fille de côté pour faire de la place.

Meng et Édouard étaient tous les deux stupéfaits. Ils ne comprenaient pas comment la situation avait pu tourner ainsi. À présent, les soldats avaient atteint la porte, et l’homme en forme de ballon s’écria : « Un voyou tient son Altesse Royale en otage ! »

Les soldats l’entendirent. Comment avaient-ils pu laisser une telle chose se produire !? Immédiatement, ils poussèrent l’homme en forme de ballon hors du chemin. Voyant que le dit voyou semblait être quelque peu choqué, ces soldats ne pouvaient pas laisser passer une occasion aussi parfaite. Ils se précipitèrent tous en même temps dans la pièce. Apercevant les poings des soldats voler dans sa direction, Meng hurla de terreur. Édouard fut sorti de sa transe par le hurlement et tendit immédiatement ses deux bras, se tenant debout entre les soldats et Meng. Ce faisant, il cria : « Vous tous, arrêtez ! »

Voyant le prince qui les bloquait, tous les soldats s’arrêtèrent brusquement, et ils aperçurent aussi clairement que le dit voyou était seulement une fille en train de hurler. Ils se regardèrent et comprirent que cette situation était probablement un malentendu. Les soldats se redressèrent et saluèrent son Altesse Royale le Prince. Édouard les saluèrent gracieusement en retour et déclara ensuite : « Il y a un malentendu. Je ne faisais qu’observer l’épée de cette demoiselle, et ne suis pas du tout pris en otage. Vous pouvez retourner à vos postes. »

Les gardes obéirent et se retournèrent pour partir. Comme ils passaient par la porte, ils n’oublièrent pas de jeter des regards noirs à l’homme en forme de ballon pour les avoir fait ressembler à des imbéciles. L’homme en forme de boule avait lui-même ses propres reproches intérieurs. Quiconque voyant ce genre de situation aurait naturellement songé au pire. Comment peuvent-ils me blâmer ? Il fixa Meng avec haine. C’est entièrement la faute de cette fille bizarre pour avoir osé pointer une arme sur Son Altesse Royale.

À ce moment-là, le duc Biggs entra dans la pièce. Il prit l’initiative de marcher jusqu’à Édouard, tout en lâchant : « Cela fait des lustres que l’on ne s’est pas vu, prince Édouard. »

Édouard sourit légèrement et, tout en maintenant la dignité d’un prince, répondit poliment : « En effet. La dernière fois c’était lors de la fête d’anniversaire de ma mère, duc Biggs. »

« Son Altesse Royale a une excellente mémoire. » Le duc Biggs rit de bon cœur, puis fit semblant de jeter un coup d’œil en direction de sa fille, comme s’il n’avait pas d’autres choix que d’en faire l’introduction. « Je vous présente ma fille, Marisa. »

Duc Biggs introduisit sa fille fièrement, alors que Marisa faisait timidement un pas en avant. Elle possédait de longs cheveux blonds soyeux et frisés tombant en cascade, qui brillaient comme de l’or, une paire de sourcils élégants et classiques, ainsi qu’un visage ovale pour compléter l’image. Elle était l’image parfaite d’une beauté classique.

« C’est vraiment un chef-d’œuvre », applaudit l’Épée-Fantôme, et Meng tourna la tête pour le fusiller du regard. L’Épée-Fantôme arbora un air innocent sur son visage. Je ne fais que dire la vérité.

Le prince afficha son sourire coutumier, et leva doucement la petite main de Marisa dont il baisa le dos. « Mes salutations, mademoiselle Marisa. C’est la première fois que nous nous rencontrons. C’est un plaisir de faire votre connaissance. »

« Bien le bonjour, Votre Altesse Royale », répondit timidement Marisa.

Édouard sourit, puis s’adressa au duc Biggs : « Je suis vraiment navré, duc, mais je suis encore en train de divertir mon invitée. Pourrais-je vous demander d’attendre dans un autre salon pendant un moment? J’y serai d’ici peu. »

Édouard appela l’homme en forme de ballon : « Rohtun, amenez sa Seigneurie le duc au Solarium de Rose. »

Après que Rohtun l’eut entendu, il montra rapidement une expression servile. Se précipitant jusqu’à la porte, il l’ouvrit, souriant tandis qu’il faisait un geste signifiant « après vous » au duc et à Marisa.

Le visage du duc afficha son mécontentement, et il a dit avec légèreté : « Votre Altesse Royale, vous savez, je l’espère, conscience qu’il vous faut choisir avec soin les invités que vous divertissez. »

« Je vous remercie pour votre rappel, duc. » Le prince sourit à nouveau poliment. Son beau visage ne montra pas de signes de perturbation après avoir entendu les paroles que le duc venait de prononcer.

Le duc se retourna et prit Marisa avec lui, qui semblait hésiter à partir. Comme le duc sortait par la porte, il tourna la tête pour dévisager Meng, ses yeux remplis de dédain. La belle Marisa ne put s’empêcher de regarder en arrière avec son père. Au début, elle fixait Meng avec désapprobation, mais quand elle remarqua les vêtements grossiers de Meng et sa coiffure grotesque, elle ne put se retenir de rire et s’en fut, fière comme un paon.

Après avoir été examinée par deux personnes, le cœur de Meng était lourd, et son expression faciale devint terne à son tour. Elle déclara de façon morose : «Votre Altesse Royale, je devrais m’en aller. »

Romance RPG : Partie 11

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo ( )


Part Eleven – traduit du chinois à l’anglais par Kii[PR!]
Partie Onze – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
Travail de vérification par Nocta

À ce stade, l’homme sembla enfin en mesure de se remettre de la douleur de s’être fait prendre « en embuscade ». Il baissa ensuite le regard vers la coupable. Meng cachait toujours son visage et restait à genoux sur le sol. Elle blâma intérieurement l’Épée-Fantôme de ne pas se dépêcher de trouver une solution au problème en face d’eux.

« Vous êtes blessée », lui rappela gentiment l’homme d’une voix douce.

En entendant cela, seulement à ce moment-là Meng remarqua-t-elle l’éclat de chaleur provenant de son bras gauche. Elle se retourna et vit une longue marque sanglante d’environ dix centimètres de long. La blessure n’était probablement pas profonde, vu qu’il n’y avait pas beaucoup de sang qui en sortait.

Meng essuya son bras avec désinvolture sur son pantalon, puis leva les yeux vers l’homme. Sa voix douce la rendit moins apeurée. Mais, qui aurait cru que ce seul regard ferait en sorte qu’elle fixe le vide pendant un certain temps …

Quand l’homme la vit essuyer son bras avec tant de nonchalance, il fronça les sourcils et dit d’un ton mécontent : « Une plaie doit être correctement soignée. Venez avec moi, je vais vous aider à la bander. »

Après avoir dit ça, il tendit sa main vers Meng pour l’aider à se relever, sa posture et son expression parfaites et élégantes.

Face à un si bel homme, le visage de Meng devint rouge. Quand elle regarda ses mains qui étaient couvertes avec un mélange de sang et de boue, elle n’osa pas prendre celle de l’homme qui portait une chemise blanche à manches longues et des gants blancs. Avec un sourire tendu, Meng se leva par elle-même.

L’homme ne semblait pas s’attendre à ce qu’elle ne prenne pas sa main. Seulement après l’avoir fixée pendant un instant guida-t-il tranquillement Meng à l’intérieur du magnifique palais.

Comme ils marchaient, Meng fut prise de panique. Peu importe sous quel angle on considérait la question, elle avait l’air d’un intrus. Alors, si elle se contentait de simplement suivre cette personne, il était difficile de dire si elle ne se dirigerait pas tout droit en prison. Elle ne put s’empêcher de tendre la main vers l’épée sur son dos et de la secouer violemment en chuchotant : « Hé ! Pourquoi restes-tu silencieux ? Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? »

Après avoir été secoué comme ça, l’Épée-Fantôme revint enfin à ses sens. En voyant le regard inquiet de Meng, il mit de côté la question de l’apparence de l’homme et commença à réfléchir à une façon de résoudre le problème actuel. Cependant, selon la façon dont il la voyait, la situation actuelle semblait assez bonne. Tomber du haut d’un arbre était facile, mais tomber sur quelqu’un dans sa chute était, en comparaison, plus difficile. En plus, la personne qui avait été touchée se trouvait justement être un très bel homme (L’Épée-Fantôme ne put s’empêcher de faire un tout petit peu sa propre éloge). La probabilité que quelque chose comme ça se produise était encore moins élevée que les chances de gagner à la loterie.

« Va avec lui », déclara l’Épée-Fantôme avec une certaine excitation.

Meng lui jeta un regard étrange, mais elle ne parvint pas à songer à de meilleures idées, de sorte qu’elle ne put que suivre l’homme en face d’elle, parcourant tout le chemin jusqu’à l’intérieur du palais. En face d’elle, il y avait un long couloir éclairé avec plusieurs bougies des deux côtés. Celui-ci était très bien éclairé. Le sol en pierre avait été poli jusqu’à en devenir lisse, et était si propre qu’il n’y avait même pas un seul grain de poussière. Elle pouvait presque y voir son propre reflet. Cela rendit la marche difficile pour Meng. Elle avait peur que ses chaussures sales laissent des empreintes sur le sol du couloir.

Même si elle ne laissa pas d’empreintes, Meng avait négligé le saignement de son bras. Un moment de distraction, et juste comme ça, quelques gouttes de sang étaient tombées. En contraste avec un tel plancher d’un blanc neigeux, ces gouttes de sang semblaient encore plus évidentes. Affolée, Meng tenta secrètement d’essuyer les gouttes de sang en traînant des pieds à plusieurs reprises.

Mais juste à ce moment-là, l’homme se retourna et dit avec un léger sourire : « Je vous en prie, venez par ici. »

Quand elle entendit cette voix, Meng ramena immédiatement son pied correctement. Elle leva les yeux vers son visage, mais elle n’aperçut pas d’expressions étranges, seulement le même sourire poli. Par contre, un murmure s’éleva de l’épée sur le dos de Meng. « Bravo, c’est réussi ! Son impression de toi doit avoir baissé de plusieurs points. »

En entendant l’Épée-Fantôme prononcer ces paroles, Meng devint à  nouveau nerveuse, pensant, Je suis foutue, foutue ! Combien de points ont été déduits ?

Elle entra avec malaise dans la salle que l’homme lui avait indiquée. Celle-ci ressemblait à une salle de réception. Il y avait quelques chaises ornées et une petite table de thé à l’intérieur. Quelques peintures de paysages étaient accrochées sur les murs. Meng y entra et sentit aussitôt la douceur sous ses pieds. Elle baissa les yeux et découvrit que le sol était recouvert d’un épais tapis de velours bleu. Ce fait rendit Meng encore plus nerveuse. Elle recroquevilla immédiatement son bras blessé contre sa poitrine, craignant qu’une seule goutte de sang ne tombe sur le tapis.

« S’il-vous-plaît, asseyez-vous un instant. Je vais aller chercher la trousse de soin. » L’homme sourit et partit.

L’entendant lui dire ça, Meng chercha ensuite la chaise la plus ordinaire pour s’asseoir. Cependant, même la plus ordinaire des chaises était soit douce et rembourrée ou délicatement sculptée, ce qui fit que Meng s’assit d’une façon très inconfortable.

« Pourquoi es-tu assise si près du bord ? Tu as des hémorroïdes, ou quoi ? » En voyant la façon dont elle était assise, l’Épée-Fantôme ne pouvait vraiment pas le supporter. Comment peut-elle réussir à séduire un bel homme tout en ayant l’air de ça ?

Meng fusilla l’Épée-Fantôme du regard, s’assit un peu plus loin, et répondit : « J’ai juste peur de salir ce fauteuil. Le palais est trop magnifique, je dois donc toujours faire attention. C’est si gênant. »

L’Épée-Fantôme ne put se retenir de rouler des yeux à son intention. Il  répliqua avec ironie : « Oh je t’en prie, c’est ce qu’on appelle une situation romantique. Est-ce que tu préférerais te rendre dans un marché à la criée avec ton bien-aimé, tandis que tu porterais deux sacs de légumes et qu’il tiendrait un poulet dans ses bras ? »

Il jeta alors à nouveau un regard en direction de Meng et soupira : « Mais en parlant de ça, ta tenue avec cette paire de pantoufles bleues et blanches est bien plus appropriée pour aller au marché. Dans ce palais, peu importe comment on le regarde, ça a juste l’air bizarre. »

Avant que Meng ne puisse rétorquer, deux coups résonnèrent sur la porte. Puis, l’homme de plus tôt entra encore une fois dans la salle. Dans ses mains, il portait une petite boîte dorée et bleu saphir.

Cette chose ne peut pas être une trousse de premiers soins, pas vrai ? Meng plissa les yeux vers l’objet qui ressemblait à une boîte à bijoux.

Quand l’homme arriva à côté de Meng, il ouvrit la boîte et commença à désinfecter et à bander la blessure pour Meng. Les pansements, les bouteilles de potions, et d’autres objets à l’intérieur indiquèrent clairement à Meng qu’il s’agissait véritablement d’une trousse de premiers soins. Pour Meng, la boite valait plus cher que la plus précieuse paire de boucles d’oreilles ornées de perles qu’il y avait chez elle.

« Quelle est l’utilité de se servir d’une si bonne boîte comme d’une trousse de premiers secours ? Les potions ne seront pas mieux et, indépendamment du lieu où un pansement est entreposé, il est tout de même employé pour bander les blessures », ne put se retenir de marmonner Meng.

Toutefois, l’Épée-Fantôme, qui était derrière elle, réprima son envie de gronder cette femme pour son inconscience par rapport à l’ambiance romantique. Pourquoi donc est-ce qu’elle se soucie de ce à quoi une trousse de premiers soins devrait ressembler à un moment comme celui-ci ? Est-ce qu’elle ne devrait pas être en train de penser à l’homme qui est à moitié à genoux et qui l’aide à bander sa blessure, de songer à quel point il est super beau, à quel point c’est vraiment romantique, ou quelque chose du genre ?

Attends qu’il parte avant de la réprimander. Attends qu’il parte avant de la réprimander. Se répéta l’Épée-Fantôme silencieusement. Je ne peux certainement pas briser cette atmosphère entre deux « personnes » en ce moment. S’il ne parlait pas, il ne compterait pas pour une personne, mais s’il devait parler il compterait pour une demi-personne. La romance est une affaire entre deux personnes. Il n’y avait même pas de place pour une demi-personne en plus.

L’homme qui se concentrait à l’origine pour bander la plaie leva le regard et demanda : « Que venez-vous de dire ? »

Meng agita la main précipitamment. « Ri- Rien du tout ! »

Il sourit et ne la questionna pas davantage.

D’un autre côté, ce fut Meng qui prit alors la parole, observant la porte avec de l’inquiétude dans ses yeux tandis qu’elle demandait : « Hé vous, ne serons-nous pas retrouvés si nous restons ici ? Vous savez, je suis entrée en escaladant le mur… »

En entendant les paroles de Meng,  l’homme questionna avec une légère surprise : « Vous ne savez pas que je suis Édouard ? »

Meng cligna des yeux. « Édouard ? Non, je ne vous connais pas. Vous êtes célèbre ? »

Ça avait l’air d’être la première fois qu’on posait ce genre de question à Édouard. Il la regarda fixement pendant un moment, puis répondit avec un peu d’hésitation : « Je pense que oui ? Je ne sors pas souvent, alors j’ignore si je suis vraiment célèbre ou non. »

« Quel est votre travail ? » Meng devint curieuse.

« Mon travail ? Eh bien… » L’expression d’Édouard devint de plus en plus gênée. Ce dernier ne savait pas comment répondre.

« C’est vraiment si difficile de répondre à cette question ? » murmura Meng dans sa barbe par habitude, ne sachant pas ce qui clochait dans sa question.

Édouard sembla penser que s’il ne répondait pas à la question de la dame, il se montrerait très impoli. Malgré sa réticence, il révéla avec hésitation : « M-Mon travail est celui de prince. »

« Prince ? C’est quel genre de profession ? » Recevant une telle réponse, Meng resta confuse, et son cerveau n’arrivait vraiment pas à assimiler l’information.

« Aaaaah ! Quelle femme stupide ! » Finalement, l’Épée-Fantôme ne parvint plus à se contenir et cria rageusement : « Prince n’est pas sa profession, mais bien son identité ! »

Meng fut choquée. Son cerveau sembla tourner au ralenti et finit par se connecter à la bonne place. « Un prince. » Ces deux mots frappèrent durement l’esprit de Meng.

La personne en face de moi et qui m’aide à bander ma blessure est en fait un prince ?

L’Épée-Fantôme secoua son corps – la lame – follement et déplora : « Tomber d’un arbre et atterrir sur un bel homme, c’est comme gagner à la loterie. Ça vaut des dizaines de millions. Tomber d’un arbre et atterrir sur un beau prince, c’est tout simplement… inestimable ! »

Romance RPG : Partie 10

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo ( )


Part Ten – traduit du chinois à l’anglais par Doza[PR!]
Partie Dix – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

La voix de Meng avait un ton très rêveur. « Dis-moi, Épée-Fantôme. Si je suis d’accord pour travailler aussi dur que je l’ai fait en escaladant cet arbre, est-ce que je vais devenir une fille qui est aimée de tous ? »

« Aimée de tous ? » La lèvre de l’Épée-Fantôme se retroussa tandis qu’il continuait : « Ce niveau de difficulté est trop élevé. Où est-ce que tu pourrais trouver une fille aussi parfaite ? Que huit personnes sur dix aient le coup de foudre est déjà assez bien. Je suis une Épée-Fantôme, pas la lampe magique d’Aladin. »

Meng éclata de rire et répondit : « Tu as raison. Dans ce cas, tu dois me transformer en une fille qui va faire tomber amoureuses au premier regard huit personnes sur dix. »

L’Épée-Fantôme jeta un coup d’œil à l’apparence actuelle de Meng : coupe de cheveux de vieille dame, une chemise pikachu, et des pantoufles bleues et blanches. S’il possédait un visage, celui-ci afficherait définitivement une expression extrêmement préoccupée. Toutefois, on pouvait dire d’après sa voix tendue qu’un tel exploit était très difficile à atteindre. « Dans ce cas… Que dis-tu de ça : quatre personnes sur dix qui poseront leurs yeux sur toi vont tomber amoureux, d’accord ? »

Meng s’y opposa bruyamment : « Pas question. Au moins six. Ça ne peut pas être considéré comme passable autrement ! »

« Un compromis alors : cinq feront l’affaire. » L’Épée-Fantôme tenta de réduire le nombre par un.

« Cinq et demie ! »

« … et demie ? »

L’Épée-Fantôme ne savait pas s’il devait rigoler ou pleurer, et Meng se sentait aussi embarrassée quand elle vit son expression. Elle expliqua : « Désolée, j’ai tellement marchandé au marché que c’est devenu une habitude. Très bien, va pour cinq. »

Même cinq semble être plutôt difficile. L’Épée-Fantôme soupira. Élever des personnages de jeux de simulation est très dur de nos jours.

« Oublie ça. Allons voir le prince d’abord », l’urgea l’Épée-Fantôme.

Meng lui lança un regard étrange. Elle marmonna : « J’ai toujours l’impression que tu as plus envie de voir le prince que moi… »

« Quoi ? » L’ouï aiguisée de l’Épée-Fantôme saisit ce qu’elle dit.

« Rien… »

Malgré le fait que tu n’aies pas d’oreilles, tu parviens quand même à entendre les choses aussi clairement. Meng se plaignit intérieurement tandis qu’elle déplaçait lentement son corps, s’avançant vers le mur. Par chance, cet arbre avait poussé près de la muraille ; il se trouvait à seulement la moitié de la longueur du bras de Meng. En plus, ces branches horizontales passaient au-dessus du mur, et s’étendaient jusqu’à l’intérieur du palais impérial. Ainsi, ce n’était pas du tout difficile de grimper à cet arbre jusqu’au sommet du mur. Si tel n’avait pas été le cas, elle n’aurait jamais accepté de grimper.

Meng choisit une large branche qui traversait au-dessus du mur et utilisa ses mains et ses pieds pour traverser en rampant. Avec quelques difficultés, elle réussit à bouger jusqu’au sommet du mur. Meng s’assit automatiquement et attendit un moment pour surveiller la situation en bas. Excellent, ça se trouve à l’extrémité d’un grand jardin. La végétation est plutôt dense, alors ça ne devrait pas être si facile d’attirer l’attention des autres.

Après que Meng eut observé l’endroit pendant un bout de temps, une forte bourrasque de vent vint souffler à côté d’elle. Son corps tangua, et elle manqua de glisser le long du mur. Meng s’empressa de s’accrocher à la branche d’arbre à côté d’elle fermement. Lorsqu’elle s’aperçut que ses pieds se situaient toujours à plusieurs mètres au-dessus du sol, Meng réalisa enfin qu’il y avait un gros problème. Elle lâcha : « Comment est-ce que je fais pour descendre ? »

« Euh…. » L’Épée-Fantôme venait également tout juste de songer à ce problème. Avec quelques difficultés,  il répondit avec une question : « C’est seulement haut d’un étage. Tu ne peux pas juste sauter ? »

« Sauter ? » Les yeux de Meng s’agrandirent. Même si c’était seulement une hauteur d’un étage, qui irait sauter du haut d’un 1er étage sans aucune raison ?

L’Épée-Fantôme savait également que c’était trop demander de forcer Meng à sauter. Même si elle était d’accord pour le faire, elle risquait de se fouler la jambe à l’atterrissage. Qui plus est, c’était facile de sauter de ce côté, mais c’était pratiquement impossible de regrimper plus tard. Ils ne pouvaient non plus pas simplement escalader le mur pour entrer puis sortir nonchalamment par les portes principales en disant au revoir aux deux gardes, pas vrai ?

« Si nous avions une corde, nous pourrions l’attacher à la branche et descendre. » dit l’Épée-Fantôme se sentant vexé.

« Qu’est-ce que je devrais faire alors ? » Meng n’arrivait pas non plus à trouver la moindre idée.

L’Épée-Fantôme répondit cyniquement : « Rentrons d’abord. Demain, nous apporterons une corde pour quand nous irons grimper. »

« Tu es si cruel. Celle qui est épuisée d’avoir escaladé un mur c’est moi, pas toi. »

Meng bouda tandis qu’elle se déplaçait lentement en direction de l’extérieur du mur. Qui aurait pu savoir que, à ce moment-là, un cri sévère disant « Que faites-vous ici ? » s’élèverait soudainement d’en bas ? Meng ne s’attendait pas à ce qu’il y ait quelqu’un dans les alentours et sursauta en faisant un bond énorme. Elle perdit pied et, en poussant un cri perçant, elle tomba de l’arbre.

À l’instant où Meng perdit pied, l’Épée-Fantôme lui ordonna immédiatement : « Recroqueville tes bras devant ta poitrine, et roule sur toi-même après avoir touché le sol. »

« Attention ! » La voix qui avait fait sursauter Meng résonna une autre fois, accompagnée de pas rapides.

Au milieu de sa chute, Meng se mit à paniquer comme jamais. Ce fut pratiquement par réflexe qu’elle suivit les indications de l’Épée-Fantôme. Comme elle recroquevillait ses bras, elle entra directement en collision avec un corps chaud qui laissa échapper un grognement étouffé.

Les jambes de Meng faiblirent, et cette dernière tomba à genoux au sol. Un instant s’écoula, pourtant la douleur qu’elle s’était imaginée ne vint pas, et, les yeux fermement fermés, Meng se rendit finalement compte que quelque chose clochait. Elle ouvrit discrètement les yeux pour voir à travers ses paupières entrouvertes. Une paire de mollets portant de longues bottes apparut dans son champ de vision. À ce moment-là, Meng su qu’elle était en fait tombée sur quelqu’un. Logiquement parlant, elle avait été surprise par la voix d’une personne, alors c’était tout à fait naturel qu’une personne fasse son apparition. Après tout, ce n’était pas tous les objets qui pouvaient parler comme l’Épée-Fantôme.

Néanmoins, après s’être glissée en douce dans le palais et s’être fait surprendre par quelqu’un sur lequel elle était même tombée, Meng avait trop honte pour lever la tête et faire face à la personne.

D’un autre côté, l’Épée-Fantôme ne possédait pas de tels scrupules. Sa mission principale était de marier Meng à la personne qu’elle aimait, alors cette rencontre inattendue n’était-elle pas l’occasion parfaite ? Même si cet homme devait avoir très mal de s’être fait écrasé par au moins cinquante kilogrammes accélérés par la chute du haut d’un premier étage… Il serait probablement incapable de parler pendant un bout de temps.

L’Épée-Fantôme examina l’homme. Comme il s’y attendait, son expression affichait la douleur, mais il essayait très fort de la supporter. Cependant ce visage… lui semblait plutôt familier. L’Épée-Fantôme se figea. J’ai l’impression d’avoir déjà vu ce visage plusieurs fois avant ? Des sourcils particulièrement denses, des yeux légèrement hautains en dessous, un nez droit et saillant, des lèvres minces en dessous de celui-ci, et un visage en quelque sorte étroit…

M-Mais, c’est moi !? L’Épée-Fantôme était alarmée. C’est exact : le visage se trouvant présentement devant ses yeux était celui de Lin Jian Yin. Non, pas seulement le visage. Il jaugea la silhouette de la personne. Sa taille était d’environ 178cm, et la personne avait l’air élancée et mince. Même son corps était identique !

Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? L’Épée-Fantôme était décontenancée.

Romance RPG : Partie 9

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : Yu Wo (  )


Part Nine – traduit du chinois vers l’anglais par Doza[PR!]
Partie Neuf – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Silence devant le palais royal ! »

Un rugissement tonitruant retentit, et ils sursautèrent tous les deux grandement. Leurs cœurs battant nerveusement la chamade, ils regardèrentvoix. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’ils se rendirent compte que, pendant qu’ils se querellaient, ils étaient arrivés au palais royal. Devant les imposantes et majestueuses portes se tenaient deux soldats en cotte de mailles, chacun exposant une épée ceinte à la taille. Leurs visages arboraient des expressions déplaisantes. On pouvait même dire qu’ils leurs lançaient des regards peu aimables.

Meng recula immédiatement de quelques pas et répondit peureusement en un murmure, sans même prendre en considération le fait que les gardes pourraient ne pas l’entendre : « D-Désolée. »

L’Épée-Fantôme, d’un autre côté, était sans peur. Il urgea même Meng : « Dépêche-toi, dépêche-toi. Dis-leurs que tu veux entrer dans le palais pour rencontrer le prince. »

« Ils ne me le permettront pas… » Meng était un peu hésitante.

« Poule mouillée ! » L’Épée-Fantôme roula des yeux à son intention. Voyant que Meng n’osait toujours pas aller de l’avant, il dit simplement : « Laisse tomber, laisse-moi le dire. Lève-moi devant eux. »

Meng articula « D’accord » et amena l’épée tandis qu’elle avançait. Au début, quand les soldats virent Meng s’approcher avec une épée dans ses mains, ils lancèrent des regards de désapprobation. Mais, quand elle arriva à moins de trois mètres des soldats, avec un air terrifié et rempli de prudence, la désapprobation disparut de leurs visages et fut remplacée par des regards d’appréhension, comme si une tempête approchait. Leurs mains se déplacèrent jusqu’à leur épée. À ce moment-là, Meng avança d’un autre pas, et les deux soldats dégainèrent leur épée à l’unisson.

Lorsqu’elle aperçut les deux épées miroitantes, le corps de Meng se figea instantanément.

« Hé ! Tu pourrais leur expliquer un peu ? » L’Épée-Fantôme était lui aussi terrifié. On aurait dit que les deux soldats avaient mal compris et pensaient que Meng voulait les attaquer.

En  voyant que Meng ne réagissait pas, l’Épée-Fantôme eut envie de crier pour lui rappeler que les deux soldats pointaient déjà leurs lames sur eux. Toutefois, il sentit soudainement son corps tomber et, avec un « clang », il se retrouva en contact intime avec le sol. Par chance, il avait atterri sur le dos. S’il était tombé la tête la première sur son visage, l’Épée-Fantôme n’aurait eu aucune main en sa possession pour s’empêcher de se blesser à la bouche et aux yeux.

« Épée-Fantôme, tu ferais mieux de te dépêcher de leur expliquer. »

Depuis une très longue distance – non pas qu’il sût à quelle distance elle s’était cachée – provint la voix effrayée de Meng.  L’Épée-Fantôme grinça des dents et poussa quelques jurons. Mais, juste au moment où il levait le regard, il vit les deux soldats froncer les sourcils tandis qu’ils l’examinaient minutieusement, comme s’ils essayaient de déterminer si cette étrange épée pouvait représenter une menace.

Lorsqu’il aperçut l’expression sur le visage des soldats, qui pouvait définitivement être considérée comme hostile, l’Épée-Fantôme ne put que se forcer à sourire. « Bi-Bien le bonjour à vous deux, messieurs. En vérité, la situation actuelle est la suivante… »

Durant ce temps, Meng qui se cachait derrière un arbre sortit furtivement la tête pour voir comment les affaires progressaient. Si ces deux-là décidaient de causer du tort à l’Épée-Fantôme, comme de… le faire fondre ou de lui poignarder les yeux pour l’aveugler, peut-être qu’elle invoquerait un petit peu de son courage et sortirait pour jouer la scène d’une héroïne sauvant son épée.

Mais, il apparut que la situation actuelle n’était pas si désastreuse. Les deux soldats se tenaient autour de l’Épée-Fantôme, et avaient la tête baissée pour l’écouter. Meng essaya de son mieux de tendre l’oreille, désirant entendre ce que l’Épée-Fantôme disait. Malheureusement, l’Épée-Fantôme ne parlait pas très fort, et Meng ne pouvait pas clairement entendre les bouts de son discours qui flottaient jusqu’à elle. Mais, l’essentiel concernait une jeune demoiselle au cœur pur souhaitant entrer dans le palais impérial pendant le bal et rencontrer le prince de ses rêves et, par conséquent, il demanda à ce qu’ils soient accommodants.

« Non. »  répondit le soldat de façon résolue et forte.

« Ne le prenez pas ainsi. Une jeune fille timide ne causerait aucun problème pour la sécurité du palais. » L’Épée-Fantôme essaya d’afficher un sourire flatteur.

Le soldat ignora les paroles de l’Épée-Fantôme et le ramassa. Puis, à grands pas, il s’approcha de l’arbre derrière lequel Meng se cachait et annonça poliment : « Mademoiselle, pardonnez-nous de ne pas être en mesure d’accepter de complaire à votre requête. Voici votre épée. Je vous en prie, prenez-la. »

De derrière le tronc d’arbre, Meng pencha une partie de sa tête sur le côté pour jeter un coup d’œil. Lorsqu’elle vit que le soldat avait déjà replacé son épée dans son fourreau, et qu’il lui tendait la sienne avec ses deux mains, attendant qu’elle la reprenne, elle tendit sa main et lui arracha vite l’épée. En même temps, elle prononça : « Merci. »

Le soldat sourit et retourna à son poste.

« Toi, tu es vraiment une poule mouillée jusqu’à la fin. » lui reprocha l’Épée-Fantôme avec irritation.

Meng se sentit aussi un peu embarrassée. À l’instant, lorsqu’elle avait lancé l’Épée-Fantôme comme ça devant les deux hommes qui brandissaient leurs épées, elle était allée un peu trop loin, alors elle n’osa pas réfuter ses propos. Elle ne put que changer de sujet : « Nous ne pouvons pas entrer, alors qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »

« Qui a dit que nous ne pouvions pas entrer ? » L’Épée-Fantôme sourit d’un air narquois. « Je possède mon propre plan ingénieux ! »

« Quel plan ingénieux ? » Une sonnerie d’alarme se déclencha tout à coup dans sa tête.

L’Épée-Fantôme articula lentement : « Escalader les murs. »

Meng fut si choquée que sa mâchoire se décrocha. Ensuite, elle bégaya : « Es-Escalader le mur ? »

« Exactement. Dépêche-toi. J’ai vérifié l’endroit à l’instant et j’ai découvert que, à part près de la porte, il n’y a pas beaucoup de gens qui patrouillent. Tu arrives à voir cet arbre à l’autre bout là-bas ? Celui à côté des murs de l’enceinte du palais ? Sers-toi de cet arbre pour grimper. Tu seras définitivement capable de grimper dedans. » Tandis que l’Épée-Fantôme pointait l’arbre au loin avec ses yeux, il urgea implacablement Meng de se dépêcher.

Meng était morose alors qu’elle obéissait à ses indications et s’y dirigeait. Comme cet arbre pouvait être vu de loin, il était naturellement très grand. Meng se tint sous l’arbre et estima silencieusement qu’il devait mesurer trois à quatre fois sa taille. Si elle ne faisait pas attention et tombait… Juste en songeant à une situation aussi horrible, ses jambes se mirent à flancher.

« Est-ce que je peux ne pas grimper ? » supplia pitoyablement Meng.

L’Épée-Fantôme le lui refusa tout de suite : « Non, dépêche-toi et grimpe. Qui t’as dit de me lancer par terre de façon aussi cruelle il n’y a pas si longtemps ? »

Assez certainement, il vengeait sa propre rancune au nom de leurs intérêts communs. Dans son cœur, Meng se sentait silencieusement coupable d’avoir laissé l’Épée-Fantôme derrière elle. Elle flanqua son épée dans le sac et commença avec précaution à  grimper dans l’arbre. Par chance, cet arbre possédait beaucoup de difformités. Il y avait de nombreux nœuds et de nombreuses branches qui poussaient à l’horizontale et que Meng pouvait utiliser pour avancer maladroitement à la verticale. Cependant, sa vitesse d’ascension était vraiment lente ; en particulier, plus elle approchait de la cime, plus elle grimpait lentement. En même temps, elle éprouvait une furieuse envie de regarder vers le bas, pourtant elle était trop effrayée pour oser le faire.

« Ne regarde pas en bas. Regarde vers le haut. » Quand l’Épée-Fantôme remarqua que quelque chose n’allait pas, il prévint sur-le-champ Meng de contrôler son envie incessante de regarder en bas.

Meng déglutit et retint son regard qui était sur le point de se tourner vers le bas. Elle continua à grimper vers le haut et, durant tout ce temps, l’Épée-Fantôme continua également de crier « presque arrivée, « juste un autre pas » pour l’encourager.

Tout à coup, Meng brisa accidentellement la branche sur laquelle elle marchait, et son corps tout entier glissa vers le bas instantanément. Dans cette situation précaire, Meng était désarçonnée et s’agrippa sauvagement autour d’elle, cherchant à l’aveuglette. Elle attrapa une large branche, et elle cessa de glisser. Malgré le fait que ses deux jambes soient toujours dans les airs, dans son ensemble, elle était parvenue à échapper à la tragédie de tomber par terre. À ce moment-là, le visage de Meng était couvert de sueur, et elle sentit que son cœur s’apprêtait à bondir hors de sa poitrine.

« Sois prudente. Ne marche pas sur des branches qui sont trop minces. » l’avertit l’Épée-Fantôme nerveusement.

Meng regarda à droite et à gauche, et trouva une branche près de ses pieds qui était suffisamment large. Elle prit appui dessus et recommença à grimper, un pas après l’autre. Cette fois, sa vitesse était même encore plus lente qu’auparavant, mais sa prise était sûre, et rien qui ne ressemblait à une chute ne se reproduisit. Finalement, Meng atteignit la plus haute branche. Se sentant terriblement épuisée, elle s’assit sur la branche et passa un moment à reprendre son souffle.

Quand elle leva les yeux, à sa grande surprise, la nuit était presque tombée. Comme la météo avait été considérablement ensoleillée, le ciel était quasiment vide de nuages roses. Il n’y avait que le soleil couchant, qui avait l’air d’une gigantesque moitié de tangerine. Le coucher de soleil rouge-orangé donnait l’impression qu’une bouteille de peinture s’était retournée et avait aspergé toute la cité.

La brise du soir souffla, et Meng qui avait tant grimpé que son corps tout entier était recouvert de transpiration et était brûlant, se sentit rafraîchie. Cela ajouté au paysage devant ses yeux, elle ne put s’empêcher de se sentir intoxiquée par la vue. « C’est magnifique. »

L’Épée-Fantôme décréta sans répondre à son commentaire : « Grimper dans un arbre c’est comme passer à travers la vie. »

« Passer à travers la vie ? » questionna Meng avec doute, sentant que cette comparaison était plutôt extrême.

L’Épée-Fantôme hocha la tête et, tandis qu’il observait le soleil couchant, il poursuivit : « Tu dois toujours continuer à regarder en haut. Si tu regardes continuellement en bas, et que tu as peur de tomber, tu n’oseras jamais grimper d’avantage. Aussi, plus tu grimpes, plus chacun des pas que tu fais doit être exécuté avec prudence. Parce que si tu tombes, tu tomberas de très haut. »

Meng hocha la tête en comprenant à moitié, et l’Épée-Fantôme ajouta : « Mais alors, même si le fait de grimper à l’arbre est très difficile, après avoir grimpé au sommet, tu seras en mesure d’apercevoir le plus magnifique des paysages. »

Quand l’Épée-Fantôme eut terminé de parler, Meng ne répondit pas. L’épée-Fantôme lui lança un regard bizarre et vit que, bien que ses yeux contemplassent le panorama, son regard était brumeux et elle donnait l’impression d’être dans la lune. L’Épée-Fantôme secoua son corps, tentant de réveiller cette femme perdue dans ses pensées, avant que la femme en question fût si dans la lune qu’elle ne finisse par tomber de l’arbre.

Romance RPG : Partie 8

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : Yu Wo (  )


Part Eight – traduit du chinois vers l’anglais par Doza[PR!]
Partie Huit – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Au moment où je suis arrivée ce matin, la dame de la maison d’à côté,  le monsieur à l’ouest, et une foule toute entière de villageois m’ont dit de démarrer mon voyage sur-le-champ. Autrement, je n’arriverais pas à temps pour le bal donné au château. Malgré le fait que j’aie une épée, elle ne m’a jamais donnée de conseils. En conséquence, j’ai été forcée de ramasser mon sac sur la table, de lire la carte dessinée sur l’invitation, et de partir. »

Meng narra d’un ton monotone la raison pour laquelle une personne et une épée étaient apparues dans une prairie. L’épée dépassait présentement du sac à dos de Meng. Bien que ses yeux et sa bouchent fussent exposés, venant tout juste d’être envoyé valsé dans les airs par Meng, Lin Jian Yin n’osait pas ouvrir la bouche.

« J’ai jeté un coup d’œil aux objets à l’intérieur de mon sac. Il n’y a que des rations, une jupe, et de l’argent. »

Comme elle faisait ce monologue depuis un bout de temps, Meng s’ennuyait pas mal. Son ton s’adoucit un peu, et songeant à demander son avis à l’épée, elle tourna la tête vers l’arrière pour s’enquérir : « Épée, est-ce que ce serait convenable d’assister directement au bal ? »

Quand il entendit que la voix de Meng n’était plus aussi froide qu’avant, un flot de paroles s’écoula immédiatement de Lin Jian Yin : « Bien sûr que non. Au strict minimum, tu dois soigner ton apparence. Regarde-toi, on dirait que tu as un nid d’oiseau sur la tête ou que tu as la même coiffure qu’une vieille dame. Ne mentionne même pas le prince ; tu ne serais même pas capable d’éveiller l’intérêt du vieux roi.

« Ce n’est pas que je veuille le dire, mais il y a définitivement un prix à payer pour la beauté. Le plus grand prérequis est de maintenir diligemment  ta ligne. Tu dois t’entraîner à appliquer le maquillage. Et l’entrainement final est de cultiver le bon goût en matière de vêtement. »

« Être une dame est vraiment difficile », marmonna Meng.

« Qui a dit que seules les femmes souffraient ? » Lin Jian Yin objecta bruyamment : « Le six-pack sur mes abdos et mes biceps musclés ne sont pas comme ça par nature. En plus d’aller à la gym, je n’ose pas trop manger. Même pour les casse-croûtes de minuit, je peux seulement manger des konjacs 1cuits. Afin de préserver ce beau visage sans défaut, je dois aller au salon de beauté deux fois par mois, et trouver un salon de beauté pour les hommes est bien plus difficile qu’un salon de beauté pour les femmes. Aussi… aussi, pour le maintien de ma gorge, je dois boire du Sirop de Fritillaire et de Nèfle2 à chaque repas. Je n’ose même pas manger mon ragoût épicé préféré… »

Juste au moment où il atteignait le cœur de ses protestations, Lin Jian Yin remarqua l’expression étrange de Meng. Il ne put s’empêcher de s’arrêter et de demander : «  Tu ne me crois pas ? »

Meng fronça les sourcils tandis qu’elle déclarait : « Non, je me demandais simplement où tu pouvais mettre les biceps et le six-pack. Aussi, pour un être qui n’a pas de visage, c’est vraiment difficile d’imaginer ce que tu ferais dans un salon de beauté… »

« … » Lin Jian Yin resta sans voix pendant un moment. Puis, se sentant un peu embarrassé, il répondit : « Je parlais de mon ancienne apparence. »

« Ancienne ? Tu étais un humain avant ? » questionna Meng avec curiosité alors qu’elle marchait.

Lin Jian Yin répondit avec humeur : « Sans blague !? Si je n’étais pas une personne, dans ce cas qu’est-ce que j’étais ? »

« Oh, je vois, alors ça veut dire que tu es un fantôme qui a abandonné sa vie pour forger une épée en te jetant dans la fournaise, créant l’épée avec ton propre corps. Ensuite, après que tu sois mort, tu t’es transformé en cette épée, pas vrai ? » Meng hocha la tête comme si elle avait raison. Elle soupira et eut même quelques réflexions au sujet de comment les gens ne chérissaient vraiment pas leurs vies.

« Tu as une très grande imagination… »

« Dans ce cas, à partir de maintenant, je vais t’appeler l’Épée-Fantôme, et tu dois m’appeler Meng, pas Cent Points. »

« D’accord… Attends une seconde, tu as dit Épée-fantôme ou Enfoiré de Fantôme3 ? »

« Est-ce qu’il y a une différence ? »

« Il y en a une ! »

Les deux « personnes » se disputèrent sans discontinuer, et avant qu’elles ne s’en soient rendu compte, les grandes portes de la ville apparurent dans leur champ de vision. Se tenant des deux côtés des portes, il y avait même des guerriers en armures complètes. En apercevant les lourdes lances qu’ils tenaient dans leurs mains, un brin de timidité s’empara du cœur de Meng. Elle tendit le bras vers l’arrière, sortit l’épée de derrière elle, et la pendit à sa taille. Puis, elle s’enquit : « Épée-Fantôme, entrons-nous tout de suite ? »

L’Épée-Fantôme répondit automatiquement : « Évidemment que nous entrons. De quoi est-ce que tu as peur ? Tu es si peureuse. »

Les paroles de l’Épée-Fantôme la galvanisèrent. La furie de Meng s’embrasa, et se reposant sur cette vague de colère, elle marcha à grands pas en direction des portes de la ville. Alors qu’elle passait devant les grands guerriers tenant leurs lances, Meng fut vraiment très effrayée. Elle pria intérieurement pour que ces lances ne soient pas lancées sur elle. Par chance, tandis qu’elle les dépassait, ils ne bougèrent pas d’un pouce ; sinon, Meng aurait tourné les talons et se serait enfuie la queue entre les jambes sans un regard en arrière.

Elle retourna furtivement la tête afin de jeter un coup d’œil aux guerriers en armures. Ils étaient toujours tous les deux immobiles. Meng poussa enfin un soupir de soulagement.

« Hé ! »

Meng sursauta. Elle se dépêcha de se retourner pour voir si les guerriers la hélaient. L’Épée-Fantôme, qui reposait dans ses mains, déclara d’un ton maussade : « C’est moi qui t’appelle. »

Les yeux de Meng devinrent ronds comme des soucoupes. Elle lui demande : « Pourquoi est-ce que tu m’as fait peur ? »

« Qui t’a fait peur ? » Lin Jian Yin roula des yeux à l’adresse de Meng. C’était aussi le seul geste qu’il pouvait faire. « Je voulais te dire : rendons-nous d’abord au palais pour voir de quoi à l’air le prince. S’il est moche et bizarre, alors tu ferais aussi bien de laisser tomber et de trouver quelqu’un d’autre. »

Comme Meng réfléchissait à la question, elle ne put trouver de meilleure idée que la sienne. Elle hocha la tête et avança directement vers la cible évidente, le palais impérial. En chemin, l’Épée-Fantôme faisait constamment un tapage énorme. Quand ils passèrent devant un magasin de vêtements, ses yeux brillèrent en regardant les vêtements dans la vitrine.

« Wow, regarde ça, la robe de bal affichée est vraiment belle. Entrons pour y jeter un coup d’œil, d’accord ? »

Les yeux de Meng ne dévièrent pas de leur cible. « Nous allons nous rendre au palais royal en premier. »

Ensuite, ils dépassèrent une bijouterie.

« Là-bas, là-bas ! Regarde, ce collier de perles est très élégant. Qu’est-ce que tu dirais qu’on entre pour jeter un regard aux alentours ? »

« Trouver le prince en premier. »

« Cette paire de talons hauts d’un blanc pur est simplement trop magnifique… »

« Palais. »

Après avoir été rejeté trois fois, l’humiliation de l’Épée-Fantôme se transforma en rage, et il jura : « Garce, tu es vraiment ennuyeuse. »

« Épée de merde, tu passes beaucoup trop de temps à jacasser ! C’est toi qui as dit de nous diriger vers le palais en premier. Maintenant, à un moment tu veux regarder des  vêtements, à l’instant d’après tu veux jeter un coup d’œil aux chaussures. Tu ressembles encore plus à une femme que moi. » Meng lui jeta une remarque sarcastique en pleine tête.

L’Épée-Fantôme refusa naturellement de lui donner le dernier mot. « C’est toi qui n’est pas féminine ! »

« Tu es celui qui n’est pas viril ! »

Notes de bas de page

1Konjac/Konnyaku/Langue du Diable : C’est une plante cultivée comme légume et basse en calorie (utilisée dans la farine et les nouilles / aussi consommée en gelée).

2Sirop de Fritillaire et de Nèfle : Un médicament traditionnel chinois contre la toux.

3« Épée »-Fantôme et « Enfoiré » de Fantôme : Voir partie 5. « Épée » Fantôme et « Enfoiré » de Fantôme ont la même prononciation en chinois, « jian ».

Romance RPG : Partie 7

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : Yu Wo (  )


Part Seven – traduit du chinois vers l’anglais par Doza[PR!]
Partie Sept – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Vérification par Nocta

Étrange, pourquoi est-ce qu’il ne bouge plus ? Est-ce qu’il est en colère ? Mademoiselle Cent Points, qui était également Meng, sentit soudainement que l’épée dans sa main ne bougeait plus. Elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils tandis qu’elle réfléchissait.

Se sentant embarrassée, Meng sortit l’épée de la rivière. Elle était seulement un peu fâchée que celle-ci se soit connectée sans le lui dire. Aussi, elle se sentait un peu gênée. Ses inquiétudes avaient été entendues par quelqu’un… par une épée, alors elle avait flanqué cette dernière dans l’eau, songeant seulement à réduire son inconfort.

« Soupir ! Pourquoi est-ce que je me sens embarrassée par une épée ? Je suis vraiment idiote. »

Meng soupira pendant qu’elle jetait un coup d’œil en direction de l’épée. Cependant, la paire d’yeux qui poussait en dessous de sa garde restait solidement fermée, et sa paire de lèvres, un peu plus bas, semblait violette. Meng commença à paniquer et hurla désespérément : « Épée ? Épée ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Cesse de plaisanter. Si tu oses faire exprès de m’effrayer, tu vas me le payer. »

Meng secoua l’épée de gauche à droite. Toutefois, celle-ci n’ouvrit pas les yeux. Au contraire, un flot d’écume suinta de sa bouche. Meng eut un éclair de réalisation et pensa : Ne me dîtes pas qu’il était en train de se noyer ?

Noyade, noyade. Meng plaça frénétiquement l’épée sur le sol et essaya de toute ses forces de se rappeler le traitement pour les noyades, qu’on lui avait précédemment enseignée dans un cours militaire soit au collège ou au lycée, elle n’était pas certaine lequel. Premièrement, ouvre sa bouche. Meng regarda les lèvres de l’épée. Quand elle tendit les mains pour les séparer, elle se sentit encore plus gênée. Dans tous les cas, ce qu’elle avait devant elle restait quand même une personne…épée.

Cependant, les lèvres étaient très douces. Meng ne put s’empêcher de rougir… Bon sang ! À quoi est-ce qu’elle pensait ? Meng se gifla les joues très fort, et regarda ensuite l’épée. Il y avait beaucoup d’eau qui s’écoulait du coin de sa bouche.

Meng tenta très fort de se remémorer ce lointain cours militaire. Il semblerait que la prochaine chose à faire était de presser légèrement sur l’estomac et de permettre à l’eau accumulée à l’intérieur de s’échapper. Tandis qu’elle soutenait l’épée, elle étira sa main pour presser sur son estomac… Attendez une minute !

Il n’y a aucun estomac ! Comme elle observait la lame dure et aiguisée de l’épée, Meng voulut pleurer mais aucune larme ne sortit. Est-ce qu’il y a la moindre utilité à presser ?

« Ah ! Et, puis, je m’en fiche. »

Meng ramassa promptement l’épée et la retourna pour la mettre à l’envers. Ensuite, elle la secoua avec force, comme si elle était en train de secouer du bubble tea. Assez certainement, un ruissellement d’eau jaillit incessamment de la bouche de l’épée et, à la fin, il y avait même une légère odeur aigre. S’il avait vomi ses sucs gastriques ou non, elle l’ignorait.

Après l’avoir secoué pendant un moment, Meng s’arrêta en haletant. Elle plaça l’épée sur le sol et l’observa. Ses yeux étaient toujours solidement fermés, et Meng commença à s’inquiéter. Elle murmura dans son cœur, Ensuite vient la mesure de sa respiration, et la mesure de son pouls, mais… il n’y a pas de nez ou de cœur, et certainement pas de pouls, dans ce cas… Je vais laisser tomber cette étape.

Puis, il y a la respiration artificielle… Troublée, Meng se baissa. Juste au moment où elle était sur le point d’exécuter la respiration artificielle, elle se rappela que ça se donnait au bouche-à-bouche. Ses lèvres s’arrêtèrent à quelques centimètres au-dessus de l’épée. Elle hésita, mais quand elle baissa le regard et vit que les yeux de celle-ci étaient toujours fermés, Meng n’hésita plus et prit une profonde inspiration. Ensuite, elle baissa la tête et colla ses lèvres sur les siennes, passant lentement l’air dans sa bouche.

Encore et encore, Meng inhala de l’air dans ses poumons, puis souffla cet air salvateur dans la bouche de l’épée. À cet instant-là, ils semblèrent tous les deux partager le même souffle de vie.

Lin Jian Yin reprit graduellement connaissance. La première chose qu’il sentit fut une sensation douce sur ses lèvres. Ses paupières s’agitèrent et, quand il ouvrit les yeux, il aperçut Meng avec les yeux fermés tandis qu’elle faisait passer l’air de sa bouche à la sienne. Les longs cils de Meng se trouvaient droit devant lui et, quand ses paupières frémissaient occasionnellement, ils se frottaient même contre ceux de Lin Jian Yin.

Logiquement parlant, il devrait émettre un son pour lui signifier qu’elle n’avait pas besoin de continuer. Il avait déjà repris connaissance. Cependant, Lin Jian Yin resta sans voix pendant qu’il fixait du regard les longs cils de Meng, et cligna même des yeux sans réfléchir pour que leurs cils se touchent.

Après qu’elle eut fini de souffler, Meng quitta les lèvres de Lin Jian Yin encore une fois. Toutefois, ce dernier n’était pas habitué à ce que ses lèvres soient froides. Elle inhala encore d’autres bouffées d’air, et juste au moment où elle s’apprêtait à baisser la tête et à souffler, ses yeux légèrement entrouverts se posèrent sur une grande paire d’yeux sur l’épée.

Les lèvres de Meng s’arrêtèrent à quelques centimètres au-dessus de celles de Lin Jian Yin. Ses yeux observaient, figés, celui-ci.

Ce malaise ambiant continua pendant un moment, jusqu’à ce que Lin Jian Yin brise l’impasse à contrecœur. « C’est… Je viens tout juste de me réveiller… C’est vrai ! »

Meng cracha lentement : « Va te faire voir ! »

« Ah ! »

Une épée brillant d’une lumière blanche laissa une traînée à travers l’horizon.