Mise à jour : Juin 2017

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Chapitres de Juin
  1. Romance RPG : Partie 19
  2. Romance RPG : Partie 20
  3. 1/2 Prince T5C4 : Le Côté Terrifiant d’un NPC Conscient de Soi
  4. La Légende du Chevalier du Soleil Histoire Parallèle #6 : Doux Sourire
  5. La Légende du Chevalier du Soleil T4C3 : Collecte des Fonds Pour Le Voyage

Bonjour à tous et à toutes !

Ces derniers temps, on m’a rapporté qu’il y avait un bug avec le site de PR! International qui fait en sorte que les nouvelles publications n’apparaissent pas sur le site avant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Malheureusement, nous ne pouvons pas y faire grand-chose. Par conséquent, nous nous excusons très sincèrement du délai d’apparition des chapitres.

Aussi, pour ceux qui se posent la question, nous n’allons pas publier les histoires parallèles dans le même ordre que la team anglaise.

La Reine Guerrière TP1C2 : Lumière et Ténèbres Partie 2

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La Reine Guerrière Prologue Tome 1 : Lumière et Ténèbres

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 2: Light and Shadow Part 2 – traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
Chapitre 2 : Lumière et Ténèbres Partie 2 – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Le lendemain matin, Manteau Rouge descendit nonchalamment la volée de marches de l’escalier. En bas, la salle n’était ni très bondée ni bruyante. L’échelle des prix de cette auberge était considérée au-dessus de la moyenne, aussi les aventuriers ordinaires ne restaient pas ici. Au contraire, ceux qui s’arrêtaient dans cette auberge étaient principalement des marchands. Comparés aux aventuriers qui aimaient parler d’une voix forte, les marchands étaient d’ordinaire plus discrets et ne provoqueraient pas volontairement de problèmes. De plus, ils étaient moins susceptibles d’accorder de l’attention à une personne vêtue d’un manteau rouge, et ils ne s’acharneraient pas avec entêtement à essayer de lever la capuche du manteau de cette personne pour voir ce qu’il y avait dessous.

C’était précisément la raison principale pour laquelle Manteau Rouge, bien qu’étant un aventurier, avait choisi de résider dans cette auberge.

Il s’assit à une table vide et, tout en mangeant les rations qu’il avait apportées en bas, il réfléchit à ce qu’il devrait faire dorénavant. Il avait déjà dépensé l’argent qui était en sa possession, aussi il était grand temps qu’il accomplît quelques missions pour gagner de l’argent. Autrement, s’il devait voyager loin dans le futur, il n’en aurait pas assez pour s’acheter des rations et de l’équipement de base. D’un autre côté…

Il cessa tout à coup de réfléchir et de manger, et à la place il se concentra pour écouter ce que les personnes installées à la table voisine étaient en train de dire. Trois marchands étaient assis là, et ils parlaient entre eux avec un ton feutré. Leurs expressions étaient extrêmement similaires, comme ils fronçaient tous leurs sourcils avec un air inquiet. Ils commencèrent bientôt à échanger des informations.

« La taxe pour entrer dans cette ville n’est-elle pas un peu trop lourde ? L’année dernière, nous n’avions eu besoin de payer que vingt ducats d’argent pour entrer dans la ville avec un chariot de cargaison, n’est-ce pas ? Maintenant, le coût est passé à un ducat d’or ! M-même la taxe pour entrer dans la capitale n’est pas aussi importante. S’il s’agit de marchandises bas de gamme, le chariot entier de biens peut être acheté avec un ducat d’or. »

« Je pense que je ne reviendrai pas dans cette ville la prochaine fois. Je préférerais hâter mon voyage un peu plus et me reposer à la cité suivante. »

« Arrête de rêver. J’arrive tout juste de la ville voisine, et la taxe là-bas vient aussi tout juste d’augmenter. Pour un chariot de marchandises, tu dois payer quatre-vingt ducats d’argent. »

« Quoi ? »

Les expressions sur le visage de tous les marchands s’affaissèrent, et ils échangèrent des regards. L’un d’entre eux ne put s’empêcher de râler à voix basse : « On dirait que les seigneurs des cités de cette région sont tous plutôt unis ! »

Un autre marchand, apparemment le plus âgé du groupe, s’empressa de murmurer : « N’en dis pas plus. Comparé à avant, au moins nous pouvons vivre nos jours confortablement. Louanges soient faites au Saint Roi ! »

Les deux autres s’empressèrent de répéter le chant : « Loué soit le Saint Roi. » Cependant, après avoir dit cela, les trois marchands continuèrent de froncer leurs sourcils. Ayant perdu l’envie de discuter, ils finirent rapidement de manger, puis s’en allèrent vaquer à leurs autres occupations.

À ce moment-là, Manteau Rouge se remit à manger ses rations. Il ne s’interrogeait plus sur ce qu’il devait faire en premier, mais au lieu de cela il se mit à songer au royaume dans son ensemble : le Royaume de la Lumière Sacrée.

Le Saint Roi… Son vrai nom était en fait Lancel Ornister1. Logiquement parlant, il devrait être appelé Roi Lancel ou Roi Ornister. Cependant, afin d’exprimer leur révérence à son égard, les citoyens l’appelaient le Saint Roi.

Le Roi Lancel avait officiellement créé ce pays dans la première année de son règne, durant la première année du Calendrier Sacré. Toutefois, ce ne fut que dans la troisième année du Calendrier qu’il parvint à unifier le continent dans sa totalité. À présent, la douzième année du Calendrier Sacré n’était pas encore achevée, et pourtant des seigneurs corrompus étaient déjà apparus ?

Ou peut-être que Manteau Rouge en demandait trop ?

Cet endroit était vraiment loin de la capitale. Ces brèves neuf années de règne n’avaient peut-être pas été suffisantes pour permettre au Roi Lancel de contrôler tout ce qu’il se tramait dans le pays. Sans mentionner le fait que, au cours de ces neuf années, un pays voisin avait tenté d’envahir le royaume, et la guerre s’était prolongée pendant un an et huit mois.

Après avoir mis fin à la longue période de chaos, il n’a été au pouvoir que depuis neuf ans et a même dû mener une guerre de deux ans durant cette période. En dépit de tout cela, il a quand même été en mesure de laisser les citoyens mener une vie confortable. Peu importe ce qu’on peut trouver à y redire, c’est véritablement un exploit incroyable, et de fait les citoyens tiennent le Saint Roi en haute estime.

« Toi… Celui qui porte un manteau rouge ! »

En entendant cela, Manteau Rouge tourna la tête. Comme il s’y attendait, il vit le barde qui était la seule personne qu’il connaissait dans le coin. Le barde descendit l’escalier.

Hein ? Manteau Rouge dévisagea le barde. Hier, son visage était tellement enflé qu’il ressemblait à une miche de pain, mais les ecchymoses avaient diminué de moitié aujourd’hui. Il ne restait qu’une grosse bosse sur son front et quelques égratignures ici et là.

« Tes blessures guérissent vraiment rapidement. » Il était un tantinet stupéfait.

À ces mots, le barde déclara fièrement : « Eh bien ? Je ne ressemble plus à une miche de pain, n’est-ce pas ? »

« C’est vrai. » Manteau Rouge l’admit avec indifférence.

« Sais-tu pourquoi je peux guérir si rapidement ? Tu ne le sais pas, non ? » Le barde se mit à sourire bêtement, comme si avoir un secret dont Manteau Rouge ignorait tout était une victoire sans précédent.

Cependant, Manteau Rouge ne répondit pas. Il se contenta de mâcher ses propres rations. Il trouvait en effet cela étrange, mais il n’avait aucune intention de poser des questions à ce sujet. Chaque aventurier avait ses propres secrets, et en savoir moins sur les secrets des autres signifiait qu’il serait moins en danger quand il voyagerait. C’était un principe de base dont chaque aventurier expérimenté avait connaissance.

Même si le barde affichait une expression conflictuelle, il continua à papoter sans s’arrêter : « Tu veux que je te le dise ? C’est un secret, mais puisque tu m’as autant aidé, ne pas te le dire donnerait l’impression que je ne suis pas reconnaissant envers mon bienfaiteur… Si tu veux vraiment savoir, alors je peux te le dire ! Est-ce que tu veux savoir ? Tu veux que je te le dise, hein ? »

Ce type, est-ce que ça le tuerait de ne pas parler !? Légèrement vexé, Manteau Rouge gronda : « Si tu veux le dire, alors dis-le ! Continue à débiter des sornettes, et je t’aiderai à regagner l’apparence que tu avais hier ! »

Malgré tout, non seulement le barde ne perdit pas son courage, mais il révéla même une expression satisfaite. Ému, il affirma : « Je savais que tu voulais vraiment connaître ce secret ! »

Ce type est au-delà de tout espoir ! Manteau Rouge utilisa sa main pour supporter son front, sentant une migraine approcher. Il regrettait profondément de s’être préoccupé de ce type ne serait-ce qu’un instant. Il aurait dû le laisser vivre en buvant de l’huile pour cheveux et s’autoriser un peu de paix et de tranquillité.

Le barde sourit mystérieusement et révéla : « Si je te dis que c’est une bénédiction de Dieu, est-ce que tu me croirais ? »

« Dieu ? »

Le ton de Manteau Rouge montrait qu’il trouvait cela extrêmement étrange. Plutôt que de dire qu’il était surpris parce qu’il venait d’entendre le mot « Dieu », il était incapable de lutter contre ce barde qui faisait une déclaration aléatoire comme ça sans donner d’explication. Un peu impatient, il demanda : « Quand tu dis Dieu, qu’entends-tu par là exactement ? »

Le barde répondit avec une conviction absolue : « Bien évidemment, Dieu est cette sorte de petite chose douce et spongieuse qui peut prendre des formes différentes et qui rebondit partout. »

Manteau Rouge se tut l’espace d’un moment avant de déclarer avec indifférence : « On dirait plutôt cette sorte de créature molle qu’on appelle un blob et qui rampe dans la forêt. Pas Dieu. »

« Oh ! » Le barde semblait perdu et dit : « Maintenant que tu en parles, c’est vrai qu’ils sont vraiment semblables ! Cependant, les blobs sont verts, mais Dieu est d’une couleur dorée ! Qui sait… Il se pourrait qu’il soit le Dieu des blobs ? »

Après avoir présenté les choses sous cet angle, tu ne vas tout de même pas me raconter que tu es un blob !

« Même si tes blessures ont été soignées, ne vas pas errer partout sans but. Si les gardes t’aperçoivent, les choses tourneront mal pour toi. »

Manteau Rouge fit de son mieux pour réprimer son envie d’envoyer valser cet idiot de barde d’un coup de poing, et il détourna la conversation de cette histoire de Dieu des blobs… S’ils continuaient de parler de ça, il se mettrait réellement à tabasser le barde jusqu’à en faire de la bouillie, même s’il n’aimait pas être violent avec ceux qui n’avaient aucune capacité de combat.

À la place, le barde révéla une expression troublée. Pleurnichant, il s’y opposa : « Euh… Néanmoins, je ne peux suivre ton conseil ! Je dois encore chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant un jour de plus, donc je dois sortir. »

Manteau Rouge fronça les sourcils, se souvenant de la règle étrange que le barde avait mentionnée précédemment selon laquelle il devait chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant trois jours, chaque fois qu’il arrivait dans une nouvelle ville. Il ne lui en demanda pas la raison, mais le questionna avec indifférence : « Tu ne peux pas manquer ne serait-ce qu’un jour ? »

Le barde ne put que répondre avec impuissance : « Je n’ai pas le choix. Mon maître m’a formellement annoncé que, si je voulais qu’il me prenne comme disciple, je devais accepter une condition. Celle-ci était que, une fois après que je serais devenu un vrai barde, chaque fois que je visiterais un nouvel endroit, je serais obligé de chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant trois jours. Cette règle est très stricte, mais mon maître, c’est… c’est vraiment un barde exceptionnel ! »

On dirait que, même si je ne lui en demande pas la raison, il va tout me révéler de sa propre initiative… En voyant les yeux fervents du barde emplis d’anticipation et l’expression « même si tu ne demandes rien, je vais quand même t’en parler » inscrite sur son visage, Manteau Rouge sentit un autre mal de tête poindre à l’horizon. Il ne put que se plier à la volonté du barde, et il s’enquit : « Qui est ton maître ? »  

À cette question, l’expression d’anticipation qui emplissait les yeux du barde disparut. Il affecta une expression sobre, toussa bruyamment une ou deux fois, puis redressa son menton. D’une manière complètement empreinte de fierté, il dévoila la réponse : « Lorenzo Louis. »

« Le barde surnommé LL ? »

À ce nom, Manteau Rouge fut réellement un peu surpris. Il rit, puis dit avec un soupçon d’incrédulité : « LL est le barde impérial employé par le Saint Roi. »

« Il l’était autrefois. Cependant, quand la Reine Guerrière a épousé le Saint Roi, il a quitté la Cité Sacrée », ajouta-t-il immédiatement, juste pour clarifier les choses.

On aurait juré qu’il y avait l’ombre d’un sourire sur les lèvres de Manteau Rouge, alors qu’il rétorquait : « L’apprenti du barde impérial a été réduit à un état où il se fait tabasser par la patrouille de la ville jusqu’à ce que sa tête ressemble à celle d’un cochon ? Tu penses que je vais te croire ? »

Le barde sortit rapidement un insigne de la poche de sa chemise. L’insigne était fait d’un entrelacement de fils dorés et blancs, et il avait la forme d’une rose blanche. Dans la partie dorée au centre de la rose, il y avait un luth. Le luth était même spécialement arrangé en forme de L.

Comme tout le monde le savait, la rose blanche était l’emblème du Saint Roi. Toutes les personnes qui avaient un insigne de rose blanche étaient des subordonnés directs de Sa Majesté. De plus, juste en regardant l’objet qui avait été fait à la main et placé au centre de la rose, on pouvait déduire quelle était la profession de la personne.

« Mon maître a dit qu’il ne voulait pas de cet objet de toute façon, donc il me l’a donné. Si je venais à vraiment manquer d’argent durant mon voyage, il m’a dit que je pouvais le vendre. J’ai essayé de le vendre dans le passé, mais dès que les vendeurs ont vu qu’il s’agissait d’un insigne de rose blanche, ils ont refusé de l’acheter. »

Bien sûr qu’ils refuseraient de l’acheter. C’est l’insigne de la rose blanche personnellement remis par le Saint Roi. Tous ceux qui l’ont sont des individus renommés. Qui oserait acheter et garder un tel insigne ?

Cependant, même s’il possédait cet insigne, Manteau Rouge ne se laissa pas impressionner. Il répliqua : « Ça ne prouve pas grand-chose. Il perd toujours ses affaires. »

Le barde s’assit pendant un moment, stupéfait. Plein de doutes, il demande ensuite : « Qu’as-tu dit ? »

Manteau Rouge garda le silence un instant avant de répondre avec nonchalance : « J’ai dit que les gens perdent tout le temps leurs affaires, donc peut-être que tu l’as juste ramassé. »

« C’est la vérité ! Mon maître me l’a donné ! »

Le barde était extrêmement anxieux, mais il n’avait aucun moyen de convaincre Manteau Rouge… Son maître était bel et bien très doué pour perdre ses affaires. Si quelqu’un possédant un des objets de son maître venait et lui disait qu’il était lui aussi un élève de LL, même le barde lui-même suspecterait que la personne l’avait juste ramassé.

« Si tu le dis, alors il doit en être ainsi. » Manteau Rouge ne précisa pas s’il le croyait ou s’il le reconnaissait comme étant un disciple de LL. Il se contenta d’une remarque désinvolte et revint au sujet principal : « Dans une telle situation, ton maître te pardonnerait si tu venais à ne pas chanter pendant un des trois jours. Je pense qu’il ne voudrait pas non plus te voir être tabassé à mort. »

« Non, il ne me pardonnerait pas. »

D’une manière assez inattendue, le barde était très calme alors qu’il répondait : « Il me réprimanderait seulement en disant : “Dire qu’à ce moment-là, passé la porte de la Vallée des Lames Écarlates et avec seulement cinq milles hommes, la Reine Guerrière est parvenue à empêcher l’invasion de l’armée des démons qui comptait cinquante-mille soldats. Elle a même réussi à les retenir pendant pas moins de trois mois. Toi, de ton côté, tu n’arrives même pas à simplement chanter la Ballade de la Reine Guerrière durant trois jours. Pourquoi est-ce que tu ne vas pas simplement te frapper la tête et mourir sous la statue de la Reine Guerrière ?” »

« Ton maître a tort. » Manteau Rouge objecta nonchalamment : « Te comparer avec la Reine Guerrière, c’est comme frapper un rocher avec une miche de pain. Dès le départ, ce ne serait pas une bataille équitable. ».

On aurait cru que le barde était sur le point de pleurer, et il se plaignit avec tristesse : « Tu es encore plus impitoyable que mon maître… »

À cet instant-là, Manteau Rouge avala la dernière de ses rations. Dans un bruissement de cape, il se leva et annonça simplement : « Allons-y ! »

« Où donc ? » Le barde leva la tête et le dévisagea, perplexe.

Manteau Rouge répliqua : « Quoi ? Tu ne vas pas chanter ? Par pure coïncidence, je veux aussi écouter cette chanson, alors allons-y ensemble. »

En entendant cela, les yeux azurs du barde s’illuminèrent instantanément d’espoir.

Manteau Rouge doit être vraiment fort !

Ce n’était pas son intuition qui le lui disait, mais bien une déduction. Une personne qui portait un manteau rouge aussi tape à l’œil partout où elle se rendait était soit un aventurier débutant imprudent, soit une personne qui pouvait régler n’importe quelle sorte de problèmes !

À en juger par les actions de Manteau Rouge jusqu’à présent, il n’était définitivement pas un aventurier débutant.

Avant même que le barde pût prononcer ne serait-ce qu’un demi-mot, Manteau Rouge le coupa immédiatement, lui donnant froidement comme avertissement : « Si tu dis quoi que ce soit qui contienne ce que je considère être des mots inutiles, j’utiliserai une méthode plus directe qui te rendra incapable de sortir aujourd’hui : je te frapperai au point où tu ne pourras que rester allonger au lit et où tu n’auras plus besoin de chanter. »

« Des mots inutiles ? » Le barde lâcha aussitôt un flot de protestations. « Comment serait-il possible que j’emploie des mots superflus ? Je n’ai jamais rien dit qui ne soit pas nécessaire auparavant. Sur ce point, tu peux te détendre, car je suis un barde ! Être excessivement pointilleux à propos de mon choix de vocabulaire est mon point fort. Je peux te garantir que chacune de mes phrases est aussi élégante qu’un chant d’oiseau et aussi claire que l’eau qui court dans un ruisseau… »

En entendant cela, Manteau Rouge empoigna le col du barde d’une main, puis le souleva du sol, le forçant d’une position assise à une position où il était à demi suspendu dans les airs.

Le barde ferma la bouche et cligna des yeux innocemment. Il n’osa pas bouger un seul muscle et était complètement dans le flou quant à pourquoi Manteau Rouge était de nouveau en colère… Mais, une fois encore, sa force est vraiment impressionnante. Comme je le pensais, c’est quelqu’un de fort !

Avec la présence de Manteau Rouge, il ne serait assurément pas tabassé par la patrouille jusqu’à être réduit à l’apparence d’une miche de pain… Le prérequis étant que Manteau Rouge fût à même de contrôler sa rage et de le laisser vivant pour qu’il pût aller chanter.

Manteau Rouge le maintint dans les airs pendant un moment. Il était difficile de dire s’il essayait de contenir sa colère, ou s’il se demandait par quelle partie du corps il devrait commencer à le tabasser. Cela dura jusqu’à ce que plusieurs serveurs de l’auberge s’approchent d’eux. Sans attendre qu’ils parlent, Manteau Rouge avait déjà reposé le barde et s’était retourné pour leur assurer : « Tout va bien. »

Se retournant, Manteau Rouge baissa la tête. De sous la capuche de son manteau, le barde aperçut une paire d’yeux noirs qui émettaient une aura meurtrière et de la sévérité. Manteau Rouge s’adressa au barde et grogna mot après mot : « À part “oui” et “non”, tous les autres sont des mots inutiles ! »

Son grondement retomba, et Manteau Rouge sortit de l’auberge sans même regarder en arrière. Voyant l’ombre de Manteau Rouge, le barde stupéfait murmura : « Comme des flammes d’ébène brûlantes. » Après quoi, il se mit immédiatement debout et courut vers Manteau Rouge.

Une fois qu’il eut rattrapé Manteau Rouge, il ralentit et se mit à marcher à ses côtés. Bien qu’ils fussent encore assez loin de la taverne, il avait déjà commencé à fredonner doucement.

Les saisons se succèdent, le temps s’égrène.
Le regard perdu vers une cité lointaine,
Le ménestrel itinérant
Se remémore l’époque d’antan… 

Oh, ménestrel !
Un sourire lumineux posé sur tes lèvres.
Oh, ménestrel !
Le regard distant passant au-delà des gens.
Oh, ménestrel !
Tu demeures toujours hors de portée.
Vers quoi donc ton regard est-il tourné ? 

Doucement, le ménestrel fredonne :
Qu’importe la distance,
De la femme de légende
Jamais mes yeux ne se détourneront. 

Oh, Reine Guerrière !
Le Saint Roi et la Reine
Ont-ils annihilé
Ta faculté d’aimer ?

Oh, Reine Guerrière !
Les flammes d’ébène dans tes yeux,
Ne peuvent-elles être avivées
Que dans le feu des hostilités ?

Oh, Reine Guerrière !
Tes yeux qui sont si froids et indifférents,
Que contemplent-ils réellement ? 

Note de bas de page

1 Lancel Ornister : Originellement appelé Lancero Ornister par Yu Wo, comme c’est expliqué dans le livre d’illustrations de La Reine Guerrière. Lancel et Lancero sont tous les deux des noms équitablement corrects, mais l’équipe anglaise a préféré choisir Lancel qui leur semblait plus adapté pour un nom de roi. Lancero est une sorte de parcours militaire, un genre de soldat et est également moins fréquemment utilisé en tant que nom. Un équivalent en français serait Lance, cependant, l’équipe française a choisi de garder la version anglaise dans ce cas-ci.

1/2 Prince T5C3 : Neurotic et DanDan

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½ Prince Tome 5 : Un Prince n’Existe Plus

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 3: Neurotic and DanDan – traduit du chinois vers l’anglais par Amgine[PR!]
Chapitre 3 : Neurotic et DanDan – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ travail de vérification par Yukomin

« J’aimerais aller dans un endroit isolé pour m’entraîner. Ça te va, Doll ? »

J’y pensais depuis un moment. Comment pourrais-je l’expliquer ? Je ne voulais pas porter de masque, mais je ne souhaitais pas non plus avoir d’ennuis.

« Doll est d’accord quoi que tu décides », répondit Doll en riant. L’allure digne de princesse qu’elle arborait précédemment s’était volatilisée on ne sait où. Je me grattai le menton, lançai un vague : « mm », et marchai silencieusement. Doll examina ma réaction peu concernée, mais n’ajouta rien et se contenta de me suivre docilement. Ce fut ainsi que nous continuâmes notre voyage sans échanger presque aucun mot. J’avais l’intention de me rendre dans la Vallée des Nymphes Errantes le plus rapidement possible afin d’évacuer ma frustration au combat.

Ce ne fut pas avant d’avoir atteint la vallée que Doll parla, haletant sous la surprise : « C’est si joli ici ! Quel est cet endroit ? » La scène était effectivement étonnante. J’observai le champ de fleurs s’étendant à l’horizon. Certaines étaient étincelantes et immaculées telle la neige, tandis que d’autres étaient suffisamment roses pour nous inspirer un sentiment d’adoration. D’autres, encore, étaient d’une teinte de violet douce et mystérieuse. Parmi les fleurs se dressaient quelques cerisiers en pleine floraison. Leurs pétales virevoltaient dans la vallée entière, intensifiant de ce fait le portrait d’une beauté utopique.

Je répondis doucement à la question de Doll : « La Vallée des Nymphes Errantes ».

« Comme ce nom convient bien1… Attends une seconde, la Vallée des Nymphes Errantes ? » L’expression amoureuse qu’avait Doll à la base changea brusquement, et elle tourna la tête dans ma direction pour me lancer un regard affolé : « Grand frère Prince n’essaye pas de se rendre dans le Repaire des Nymphes Errantes, n’est-ce pas ? »

J’acquiesçai. Doll semblait sur le point de déclarer quelque chose, mais s’arrêta et se contenta de continuer à me fixer silencieusement. Bien évidemment, je savais pourquoi elle appréhendait tellement ce qui allait suivre. Toutes les nymphes de la vallée étaient des beautés allant au-delà du comparable. Quand le jeu était encore fraîchement paru, des pervers grouillaient sans arrêt dans le coin pour les reluquer. Pourtant, parmi tous ces pervers, qu’ils fussent venus seuls, à deux ou en groupe, pas un seul n’en est ressorti vivant… Même si les pervers souhaitaient venir se rincer l’œil, ils ne pouvaient pas se permettre de jeter leurs vies aux orties et cessèrent peu à peu de venir dans la Vallée des Nymphes Errantes.

De plus, le nombre de joueurs venant s’entraîner dans le coin diminuait également pour deux raisons. Premièrement, tous les hommes étaient invariablement affectés par l’apparence physique des nymphes et retenaient la puissance de leurs attaques et même parfois commençaient à rêver les yeux éveillés avec de la salive s’échappant de leur bouche. Comment quiconque pourrait-il se battre dans ces conditions ? Deuxièmement, les nymphes n’étaient pas des monstres ordinaires. Les nymphes se divisaient en trois sous-catégories : celles du niveau 60 portant des robes rouges, celles du niveau 70 avec des robes bleues, et enfin celles du niveau 80 arborant des robes violettes. Il y avait aussi des rumeurs sur un boss nommé Celestial2, même si personne ne l’avait encore aperçu à ce jour. Seulement une ou deux photos des robes violettes étaient visibles sur internet. Et, leur beauté rivalisait avec celle de Lolidragon, elles n’étaient donc pas une bonne cible pour que les hommes puissent s’entraîner. C’était pourquoi il y avait très peu de signes de passage humain dans le Repaire des Nymphes Errantes…

« Ne t’inquiète pas. Je ne prévois d’attaquer que les nymphes aux robes bleues. Même si elles se promènent toujours par groupes de deux ou trois, je devrais être capable de m’en sortir avec l’aide de tes squelettes. » Je ne pus m’empêcher d’encourager un peu Doll. Elle acquiesça et me suivit dans le Repaire des Nymphes Errantes.

Comme il fallait s’y attendre, les nymphes aux robes rouges étaient élégantes et des beautés raffinées. Inutile de se demander pourquoi les hommes n’arrivaient pas à les attaquer : qui souhaiterait se battre contre des filles aussi belles que celles-ci ?

D’un coup net, j’attaquai l’une d’entre elles. En voyant l’expression choquée de la nymphe, je ricanai froidement. Je n’étais pas l’un de ces gentilshommes qui croyaient en la galanterie après tout. À présent, les deux autres nymphes proches de nous avaient commencé à se rapprocher, me rendant maladroit à parer leurs attaques. Mais, Doll invoqua immédiatement huit squelettes de flamme, inversant la situation de trois contre un et la transformant à neuf contre trois. Avec une extrême facilité, j’expédiai les trois adorables nymphes au nirvana et m’enfonçai plus profondément dans le repaire, me préparant à rencontrer de nouvelles nymphes et à passer un bon moment à les écraser !

Alors que j’étais accompagné de Doll, nous continuâmes à nous battre de la même manière tout le long du chemin. Hormis pour combattre, nous ne nous arrêtâmes que pour manger nos rations lorsque nous commençâmes à avoir faim, et nous servîmes de cette opportunité pour nous reposer. Au bout d’un moment, nous nous étions connectés et déconnectés un si grand nombre de fois que nous en avions perdu le compte. Et, pourtant, pendant tout ce temps, nous avions à peine prononcé une demi-phrase.

Il y avait peu de temps, dans le monde réel, j’avais vu le professeur Min Gui Wen et grand frère Zhuo au campus, et ils semblaient très soucieux. Est-ce que c’est parce qu’ils s’inquiètent pour moi ? Je songeai soudainement, Est-ce que je ne devrais pas au moins envoyer un message privé aux joueurs de la Cité de l’Infini ? N’est-ce pas irresponsable de ma part de prendre Doll avec moi et de m’évanouir dans la nature sans laisser de traces ?

À ma connexion suivante, je discutai de ce problème avec Doll. Pendant qu’elle grignotait ses rations, elle me répondit : « Doll l’a déjà expliqué à grand frère Wolf. »

« Oh, donc tu lui as dit que tu étais venue t’entraîner avec moi ? » Dans ce cas, ça devrait aller, puisque ma tâche originale était de me concentrer sur la montée de mes niveaux de toute manière.

« Non, Doll a dit : “Doll et grand frère Prince se sont enfuis de la maison”. » Les yeux innocents de Doll étincelaient.

Enfuis. De. La. Maison ? Je sentis mes genoux faillir. C’est… C’est encore pire que de ne rien dire du tout. Pas étonnant que Gui et Wicked m’aient semblé inquiets à mort, pensai-je.

« Et, puis, grand frère Wolf a ordonné à Doll de bien suivre grand frère Prince, ou sinon grand frère Prince se perdrait et finirait dieu sait où. » Les mots innocents de Doll me frappèrent de plein fouet.

« Allons-y, il est temps de s’entraîner », déclarai-je, ennuyé. Nous étions en train de marcher, quand mes yeux se posèrent avec surprise sur une nymphe à robe violette qui était seule. Il n’y avait aucune chance que je rate une opportunité aussi rare. J’annonçai promptement : « Doll, je vais me battre à un contre un avec cette robe violette, donc n’interfère pas. » Doll acquiesça avec obéissance. Je levai mon Dao Noir, et pile au moment où je m’apprêtais à l’attaquer de tout mon cœur…

« Chaînes de Glace ! » Accompagnant ce cri, une chaîne faite de glace s’enroula autour du corps de la nymphe à la robe violette qui peinait à se libérer.

« Dépêche-toi, mon chou. Donne-lui un coup fatal avant qu’elle ne se délivre. »

« Pas de soucis, chérie. »

Je sourcillai en entendant cet échange et penchai la tête vers le passage pour enquêter sur la situation. Puis, j’aperçus un homme brandissant un glaive d’une taille intimidante s’approcher de la nymphe immobilisée.

En balançant son glaive, il murmura : « Hé, beauté ! Ne me blâme pas si je ne montre aucune pitié. Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même pour être si mignonne que ma p’tite chérie ne puisse pas résister à la tentation de te prendre comme animal de compagnie… »  Deux ou trois coups suffirent à faire tomber cette pauvre nymphe au sol.

« Capture réussie ! Youpi, nous l’avons attrapée ! Mon chou, t’es le meilleur. » Une femme portant une robe de magicien était en train de le féliciter. Il me semble que c’est elle qui a lancé le sort des Chaînes de Glace. Après que la femme eût annoncé : « capture », la robe violette disparue sans laisser de traces.

Je n’arrive pas à croire que quelqu’un m’ait volé un monstre3. C’est une honte, mais je ne peux rien y faire. Pile quand je m’apprêtais à m’éloigner…

« Mon chou, regarde, il y a une personne charmante près de toi ! » cria la femme en me désignant, ce qui fit que le guerrier brandissant un énorme glaive tourna la tête vers moi et me fixa avec stupéfaction.

Le guerrier s’exclama soudainement sous le choc : « Les rumeurs s’avèrent donc vraies : la légendaire Celestial est en réalité un homme ! »

Quoi ? La légendaire Celestial est un homme ? Première nouvelle en ce qui me concerne.

« Super, c’est juste splendide. Mon Chou, il semblerait que nous ne soyons pas venus jusqu’au Continent Central en vain. Celestial est vraiment séduisant. » La femme me fixa intensément, son visage rougissant sous l’excitation.

« Mais, s’il-te-plaît, sois prudente, ma chérie. On dit que Celestial est fort au-delà de ce qu’il est possible de croire, et que c’est l’un des trois boss les plus forts ! » L’homme scrutait chacun de mes mouvements très attentivement.

Attendez une seconde. Je fronçai légèrement les sourcils. Ne me dites pas que ces deux-là me prennent pour Celestial ? Comment c’est possible ? Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer. Mes oreilles pointues ne suffisent donc pas à me désigner comme un elfe ?

« Chaînes de Glace ! » hurla très fort la femme, tandis qu’une femme des neiges apparaissait subitement devant elle et commençait à lancer sa propre magie… Alors, c’est une invocatrice ? Je me rappelai vaguement qu’une telle classe existait.

Mais, attendez un instant ! P-pourquoi une chaîne de glace est-elle apparue autour de moi ? Je levai les yeux. Oh mon Dieu ! Le Guerrier était prêt à me hacher menu avec son épée impressionnante, et, bloqué comme je l’étais par les chaînes, je n’avais aucun moyen de dégainer mon Dao Noir pour me défendre. Je n’eus pas d’autre choix que de sauter sur le côté, mais je perdis l’équilibre et tombai au sol. Repérant une ouverture, le guerrier au gigantesque glaive ne perdit pas de temps à balancer sa lame et la dirigea directement sur moi.

« Grand frère Prince ! » Tandis que Doll poussait le cri le plus désespéré que l’on pût imaginer, elle lança son corps par-dessus moi pour bloquer l’attaque à ma place.

« Doll, pousse-toi de là immédiatement ! » m’écriai-je, terrifié à l’idée qu’elle fût être blessée. Surpris, l’épéiste avec l’énorme épée détourna promptement son attaque, et son arme s’écrasa sur le sol juste devant nous, soulevant un épais nuage de poussière. Nous nous fixâmes, les grands yeux de l’homme réfléchissant les miens, plus petits, pendant un bon moment avant que je ne déclarasse froidement : « Je suis un joueur. »

Sur le coup, de grosses perles de sueur froide apparurent sur le visage du guerrier à la grande lame, et les chaînes de glace qui m’entouraient disparurent. Regardant derrière lui, je pus voir l’invocatrice sourire avec embarras.

« Hmph ! » Je reniflai froidement et me relevai, pendant que Doll, suspendue à ma poitrine, tremblotait toujours de peur.

« Mes plus sincères excuses… Il s’agit là d’un malentendu. Mon épouse et moi-même sommes ici pour découvrir si Celestial est en réalité un homme ou non. De plus, ma femme étant une invocatrice, si c’est possible, elle aimerait beaucoup en faire une de ses invocations. C’est la seule raison qui nous ait amenés à vous attaquer. Je vous en prie, n’en soyez pas offensé », s’excusa le guerrier au glaive de taille impressionnante avec un sourire penaud.

« Oh, tu as oublié de t’introduire, mon Chou. Enchantée, mon nom est DanDan4, et je suis une Invocatrice. » Elle arborait un sourire étincelant. Son visage ovale était aussi mignon que le suggérait son nom. Ensuite, elle désigna le guerrier au grand glaive, en expliquant : « Voici mon mari. Il s’appelle Neurotic5, et c’est un guerrier. »

« Un guerrier possédant la force de déplacer des montagnes, avec un glaive si large que personne d’autre ne peut le brandir. Voici ma lame, Épée Ultime. » Comme s’il avait peur que son explication détaillée ne fût pas suffisamment claire, Neurotic commença à brandir avec exubérance son épée, remuant le vent dans d’impressionnants moulinets.  Malheureusement pour lui, faisant à peu près ma taille, et n’étant pas tellement plus musclé que mon corps élancé d’elfe, ça donnait l’illusion d’un enfant s’amusant avec une grosse épée.

« Nous partons. » Je portai Doll dans mes bras et m’éloignai sans un regard en arrière.

« Attendez un instant, brave champion », me héla DanDan, surprise.

Je m’arrêtai. Brave Champion ? Pourquoi est-ce que chaque personne que je rencontre parle surtout en ancienne prose dernièrement ? De toute façon, je ne pouvais rien faire par rapport à leur façon de parler, et je souhaitais toujours n’entretenir aucun autre rapport avec eux. Mon humeur était suffisamment mauvaise, et le fait qu’ils m’eussent cloué au sol avait simplement ajouté de l’huile sur le feu.

« Attendez un instant, camarade extra-séduisant, fort et charmant jeune garçon, guerrier honorable et juste, euh… l’homme le plus chanceux au monde ayant la femme la plus mignonne… » Ayant totalement épuisé sa réserve de titres, Neurotic n’eut d’autre choix que de commencer à débiter des sornettes.

Je m’arrêtai net et me retournai, leur répliquant avec colère : « Qu’est-ce que c’est que ces inepties que vous me balancez là ? C’est ma sœur, non ma femme. »

Ces deux-là parurent assez choqués, mais reprirent aussitôt leurs esprits. Neurotic me répondit même avec un sourire mielleux. « Oh, dans ce cas, l’homme le plus chanceux qui soit avec la petite sœur la plus mignonne au monde, pouvez-vous, je vous prie, nous indiquer vos glorieux noms ? Cela devient quelque peu épuisant de se référer à vous ainsi. »

Doll, que je portais toujours, parla tout à coup : « Comment pouvez-vous ne pas le reconnaître ? »

Neurotic se gratta le crâne. « Quoi ? Notre frère estimé serait-il très célèbre à travers le Continent Central ? »

DanDan lâcha même un « Oh mon Dieu », son visage affichant sa repentance, tandis qu’elle affirmait : « Nous sommes réellement désolés dans ce cas. Mon mari et moi-même venons tout juste d’arriver du Continent de l’Ouest, et nous ne sommes pas encore très familiers avec celui-ci. Nous n’avons probablement pas encore pu entendre votre célèbre nom. »

« D’où vous venez n’a aucune importance. Tant que vous jouez à Second Life, alors il est impossible que vous ne connaissiez pas le porte-parole du jeu, Prince ! » proclama Doll, débordante de confiance.

Les deux individus nous contemplèrent avec perplexité en entendant ça. DanDan murmura : « Le porte-parole de Second Life ? Je ne suis pas allée sur le site officiel depuis quelques temps, et donc maintenant Second Life a un porte-parole ! »

Cependant, sceptique, Neurotic s’enquit : « Je ne suis pas allé sur le site depuis un bon moment, alors je ne sais rien de ce qui concerne cette histoire de porte-parole, mais Prince est un nom que j’ai eu l’occasion d’entendre de nombreuses fois auparavant. Seriez-vous l’Elfe Sanguinaire de la Cité de l’Infini ? »

Je gardai mon expression fermée, ne souhaitant rien admettre, mais Doll répondit à ma place : « C’est exact, grand frère Prince est le suzerain de la Cité de l’Infini. »

« Quel luxe de trouver par le plus grand des hasards celui que nous cherchions un peu partout », déclara nerveusement Neurotic, alors que sa femme et lui-même me fixaient de leurs yeux brillants. « En plus de confirmer que la fameuse Celestial de la Vallée des Nymphes Errantes était un homme, la seconde raison nous ayant poussé à venir sur le Continent Central était de jeter un coup d’œil à l’homme célèbre de par sa beauté dans Second Life : le Seigneur de la Cité de l’Infini. »

« Ne dites pas “Seigneur de la Cité de l’Infini” en parlant de moi ! » protestai-je, rudement.

« Euh, alors l’Elfe Sanguinaire ? » me questionna Neurotic en hésitant.

« Je possède un nom, vous savez ? » rétorquai-je de mon ton le plus glacial.

DanDan déglutit et s’essaya très précautionneusement : « Prince ? »

Je reniflai avec dédain, fis signe à Doll, et me tournai promptement pour partir. Derrière moi, Doll expliqua avec hésitation aux deux autres : « Je suis navrée de tout ça. Grand frère Prince est de mauvaise humeur, mais veuillez venir nous visiter à la Cité de l’Infini une prochaine fois ! » Comme elle terminait cette justification, elle courut à petits pas jusqu’à moi et me prit la main.

« Mais, je n’en ai pas encore vu suffisamment. » La voix teintée de regret de DanDan à l’arrière était toujours audible.

« Oh, aller, ma chérie. Il est de mauvaise humeur, alors arrêtons de l’embêter. »

« Mais… »

« C’est pourquoi nous devrions les suivre silencieusement à distance. Nous ne les ennuierons pas d’avantage avec nos bavardages. »

« Ce que tu dis fait du sens. Je voulais simplement voir de quoi Prince avait l’air de toute façon, donc ne pas parler me convient tout à fait. »

Entendre leur discussion ne fit qu’empirer ma colère à chacune de leurs phrases. Ils me prennent pour quoi ? Un singe dans un zoo sur qui lorgner à leur convenance ? Toutefois, ne désirant pas leur parler de nouveau, je ne pouvais que laisser les choses comme elles étaient.

La situation perdura jusqu’à ce que Doll me demande timidement : « Grand frère Prince, est-ce que nous ne serions pas allés trop en profondeur ? Ça semble dangereux par ici. » Oh, c’est vrai, j’étais tellement énervé que j’ai oublié où j’allais. Je regardai à gauche, puis à droite, et il y avait des robes violettes dans toutes les directions. Si je continuais tout droit, elles allaient définitivement nous attaquer en groupe.

Je ne pus pas me retenir de déglutir légèrement, et me reculai très prudemment pour retourner sur mes pas.

« Ouaouh, tu mérites réellement le titre d’Elfe Sanguinaire, tu vas même jusqu’à te promener dans un endroit aussi dangereux, et tu restes calme comme si tu te baladais dans ton jardin. » DanDan claqua ses lèvres d’admiration.

Neurotic secoua également la tête en me faisant des louanges : « C’est simplement miraculeux. Nous avons tous les deux déjà été attaqués par des nymphes à plusieurs reprises, mais Prince est capable de maintenir la distance de sécurité minimale pour rester sauf pendant tout ce temps, et n’a pas été attaqué par une seule nymphe. Cette capacité à déterminer la distance de sécurité est tout simplement épatante. » (Note de l’auteur : chaque type de monstre possède une distance de sécurité propre. Quand un joueur s’approche trop de celui-ci, dépassant cette distance de sécurité, le monstre l’attaque automatiquement.)

Euh, je crois que c’est ce que les gens appellent communément une chance de tous les diables… Lolidragon levait toujours les yeux au ciel et me disait : Prince, c’est ridicule comme tu as une chance de tous les diables. En imaginant l’expression étonnée, avec sa mâchoire qui se décroche légèrement, je ne pus empêcher les coins de ma bouche de se relever.

« Hé, il est encore plus séduisant avec un sourire. » DanDan me fixait en bavant.

En entendant ça, j’effaçai automatiquement ce sourire, et la regardai un peu méchamment.

« Cette expression de colère n’est pas mal non plus », acquiescèrent Neurotic et DanDan avec acharnement. Ils soupirèrent tous les deux à l’unisson : « Ah, ce voyage en vaut réellement la chandelle. »

Je ne pus pas me retenir de lâcher à brûle pourpoint : « Je peux excuser l’attitude de DanDan, mais qu’est-ce qui cloche chez toi, Neurotic ? Tu ne réalises pas que je suis un gars ? »

Neurotic parla d’un ton détaché : « La beauté peut être appréciée par n’importe qui. Ma chérie et moi-même sommes tous les deux obsédés par la beauté, et c’est pourquoi nous avons uni nos efforts dans la recherche de la beauté ensemble ! Ce n’est pas différent cette fois, nous sommes venus jusqu’au Continent Central à la recherche des nymphes et de Celestial dans la Vallée des Nymphes Errantes, et bien sûr pour te trouver, toi, également. »

« Ce couple est dingue », dis-je en me grattant le visage, impuissant.

« Tu acceptes enfin de nous parler. Le risque d’être tués par les nymphes environnantes que nous combattions et te suivre avec persistance se révèle utile », s’exclama DanDan, très émue, en me regardant.

« Hmph ! » Je détournai le visage, ne leur accordant plus mon attention.

« Héhé, ainsi le fameux Elfe Sanguinaire s’avère être un grand garçon borné », rigola Neurotic.

« De qui tu parles, un grand garçon borné ? Je… » Pile quand j’allais balancer ma répartie, Doll poussa un cri d’alarme strident. J’eus à peine le temps d’apercevoir une sorte d’ombre blanche pendant un bref instant avant que Doll, qui me tenait encore la main une seconde auparavant, ne disparaisse sans laisser de trace !

Je cherchai dans pratiquement tout le passage. Pas loin de moi, je remarquai une personne possédant une tête androgyne envoûtante qui serrait Doll très fermement. Cette dernière avait le visage blême de peur.

« Magnifique… » Cette chose au genre ambigu murmura d’un ton hypnotisant, et eut même l’audace de coller sa langue sur la joue de Doll pour la lécher. Doll elle-même donnait l’impression d’avoir très envie de vomir, luttant vigoureusement pour s’enfuir des mains de ce pervers, mais sans grand succès.

Furieux, je m’apprêtais à charger vers eux, mais Neurotic attrapa ma main et m’arrêta. Je me tournai pour le fixer avec rage. Cependant, il regardait l’androgyne avec incertitude.

« Celestial ? » questionna Neurotic.

Il s’agit de Celestial ? Mon expression changea drastiquement. Je n’ai absolument aucune chance de gagner contre l’un des trois monstres les plus puissants, pervers ou non. Mais, Doll est entre ses mains maintenant…

Tandis que je réalisais ceci, mon humeur devint très sombre, puisque c’était entièrement de ma faute. Tout se serait bien passé si je n’avais pas emmené Doll dans la Vallée des Nymphes Errantes.

« Gente demoiselle, pourquoi ne deviendrais-tu pas mon épouse ? » proposa Celestial en frottant sa tête contre le visage de Doll.

Doll était pétrifiée par la peur. « Ouin ! Grand frère Prince, dépêche-toi de venir sauver Doll ! Doll est effrayée par cette personne. »

Fait chier ! Qui diable a créé ce pervers ? Il sait même comment harceler Doll sexuellement !

Je me tournai vers Neurotic et DanDan, les yeux implorants : « Je vous en supplie, les gars, aidez-moi à sauver ma coéquipière ! »

Neurotic se gratta l’arrière de la tête et déclara : « Pas de soucis ! DanDan et moi sommes spécifiquement venus défier Celestial de toute façon. »

DanDan rajouta même en riant, confiante : « Ne t’inquiète pas, Prince. Mon chéri est en fait un guerrier d’élite, placé neuvième dans le classement officiel. Il t’aidera assurément à sauver cette jolie fille. »

« Je ne suis rien comparé à toi, chérie. Tu es une invocatrice d’élite, classée cinquième », répliqua Neurotic, le visage empreint de respect.

Je sautai de joie. Il semblerait qu’on puisse sauver Doll après tout. « Dans ce cas, je vais compter sur votre aide à tous les deux. »

« Aucun souci ! » s’exclamèrent de concert Neurotic et DanDan.

Leurs expressions niaises furent remplacées par une contenance sérieuse. DanDan se mit à chanter plusieurs sortes d’incantations. Une armure vivante complète apparut, puis se sépara automatiquement et vint se monter d’elle-même sur le corps de Neurotic. Faisant tourniller sa grande épée en poussant un hurlement violent, ce dernier chargea en direction de Celestial. Je me hâtai à sortir mon Dao Noir et me ruai aussi sur Celestial.

« Ah. » Celestial ricana tout à coup avec mépris. Après avoir récité une phrase que je ne parvins par à saisir, une dizaine de nymphes à robe violette apparut subitement en comblant l’espace entre lui et nous.

Nous arrêtâmes tous de respirer sous la surprise. Neurotic et DanDan murmurèrent également en voyant cela : « Ça va faire mal. »

« Squelettes à l’armure de flamme, dépêchez-vous de venir à mon aide. » Même capturée, Doll n’était pas du genre à rester les bras croisés. Elle s’empressa d’invoquer ses squelettes.

« Une nécromancienne ? » La mâchoire de DanDan et Neurotic leur tomba, sous le choc.

En voyant qu’ils étaient abasourdis, je leur criai anxieusement : « Grouillez-vous de sauver Doll ! »

« Ok ! » Neurotic fit abstraction de ce qu’il voyait en entendant mon désespoir. Après avoir rugi bruyamment, il se lança dans un combat à la mêlée sans merci contre la dizaine de robes violettes. Avoir l’aide des squelettes à l’armure de flamme de Doll était une bonne chose. Ça rendait possible de les éliminer lentement une à une.

Je pouvais voir qu’une dizaine de robes violettes ne posait aucun problème à Neurotic, c’est pourquoi je me contentai de chercher une issue pour délivrer Doll. De son côté, DanDan était fidèle à sa réputation d’invocatrice classée officiellement au cinquième rang. En constatant mon intention de sauver Doll, elle invoqua également une femme des neiges. Cette dernière activa ses chaînes de glace pour tenter de mettre Celestial à terre, afin d’ainsi me permettre de sauver Doll avec succès.

« Chaînes de glace ! »

« Dissipation ! » renifla froidement Celestial avec dédain. À l’aide d’un seul mot, non seulement la chaîne de la femme des neiges se volatilisa, mais elle fut également frappée d’une immense contre-attaque, lui faisant cracher du sang.

Ignorant le fait que Celestial ne fût pas restreint, je me précipitai tout de même vers lui pour sauver Doll. Alors que j’atteignais presque Celestial, une forme blanche apparue brusquement devant moi, me frappant brutalement à la poitrine. L’impact fut si important que je volai en arrière, m’écrasant avec force contre un mur. Je crachai du sang frais comme je peinais à réprimer la douleur provenant de mon torse. Il me semblait avoir plusieurs côtes cassées.

« Grand frère Prince ! » cria Doll, désemparée.

DanDan fut également surprise et rappela la femme des neiges, effectuant une nouvelle invocation. Cette fois-ci, il s’agissait d’un Katana couvert de sang.

DanDan fixa furieusement Celestial, et hurla : « Voyons voir si tu arrives à gérer une invocation de niveau 95 : Lame de sang. » La Lame de Sang se balança à mi-hauteur, puis fila avec vélocité vers Celestial. C’est une bonne chose que Neurotic et DanDan ne soient pas mes ennemis ici… Je dégoulinais de sueur froide, tandis que j’observais l’aura démoniaque de la Lame de Sang trancher l’air.

La fureur de Celestial irradia, en même temps qu’il s’écriait avec colère : « Satin Céleste ! »

La chose blanche vola de nouveau, contrant la Lame de Sang. La seule différence était que je pouvais désormais la voir. Cela s’avéra être une bande de soie. La Lame de Sang et le Satin Céleste se préparaient au combat, chacun tentant d’atteindre le revers de l’autre. Lame de Sang essaya désespérément de couper le Satin Céleste en deux, mais, malheureusement, la capacité du Satin Céleste à se modifier, passant d’une fluidité flexible à une rigidité semblable à de l’acier, parait toutes les attaques de Lame de Sang.

« Perce ! » J’entendis soudainement l’ordre émanant de Celestial, et une seconde forme blanche s’élança en visant… DanDan ?

« Évite-le, DanDan ! » hurlai-je à pleins poumons, et la dégagea prestement du passage avec mon corps, comme le tissu blanc se plantait sans pitié dans mon épaule. Je grognai avec rudesse et dus tomber sur un genou.

« Chérie ? » Neurotic se retourna avec anxiété en entendant un gémissement de douleur. Quand il s’aperçut que DanDan était à terre et que j’étais gravement blessé, il se débarrassa des nymphes à robe violette avec une grande puissance. Il fonça vers nous et sortit une potion rouge pour raviver la santé afin de me la faire boire.

Sans Neurotic, la pression pesant sur les squelettes s’accrut grandement. Doll ne pouvait que diriger les squelettes pour retenir temporairement les attaques persistantes des nymphes à robe violette.

Celestial ricana à nouveau, récitant la même incantation que je n’avais pas réussi à comprendre plus tôt. Comme je le craignais, une dizaine de nouvelles nymphes à robes violettes surgirent devant nous. En incluant celles que Neurotic n’avait pas encore achevé, il y avait un total de dix-sept robes violettes. Nos quatre visages changèrent drastiquement d’expression.

Alors que la situation empirait à ce point, je me préparai. Je leur déclarai calmement : « Les gars, fuyez immédiatement. S’il s’agit de fuir, ça ne devrait pas être trop dur pour vous deux. »

« Et que comptes-tu faire ? » demanda Neurotic, confus.

« Je vais rester. Même si je dois mourir, je n’abandonnerai pas mes compagnons », affirmai-je, déterminé.

« Bien ! » Neurotic leva le pouce vers moi, et joua de sa lame. « Dans ce cas, dépêche-toi de finir ta potion, pour que nous puissions les charger ensemble. »

Étonné, je demandai : « Avec vous ? »

« Ne sois pas idiot. Moi, Neurotic, je n’abandonnerais jamais mes camarades, à moins de mourir en combattant. » Il rigola de tout son cœur.

Je fronçai les sourcils. « Nous ne sommes pas amis pourtant. »

« Ah, mon gars, ne t’embête pas avec des futilités ! Nous avons discuté, donc nous pouvons nous dire camarades à présent… » Avant que DanDan eût pu finir sa phrase, elle se tourna brusquement vers Celestial avec un frisson.

Cette fois, Doll laissa également échapper un cri d’étonnement. Je pivotai rapidement la tête et regardai, mais seulement pour voir Celestial qui tenait Doll dans ses bras et qui volait. Ce ne fut qu’à cet instant-là que je me rendis compte de la présence d’un cercle magique au plafond. D’après la direction que prenait CelestialNe me dites pas qu’il va passer à travers ? Sitôt cette pensée entrée dans ma tête, je me ruai vers Celestial et bondis de toute ma volonté, mais ne parvins pas à attraper ne serait-ce qu’un bout de vêtement. Celestial et Doll s’étaient déjà évanouis dans le portail…

« Doll ! »

Notes de bas de page

1 Cela conviendrait bien à des nymphes, étant d’aussi jolies créatures, de vivre dans une place enchantée comme celle-ci.

2 Celestial : (天仙). Cela signifie littéralement « Immortalité des cieux », mais également « beauté paradisiaque ».

3 Voler un monstre : Un terme de jeux en ligne décrivant la situation où un joueur porte le coup final sur un monstre et l’achève, recevant de ce fait tout le crédit alors que cet ennemi était déjà ciblé par un tiers. C’est une pratique assez mal vue, même s’il n’existe aucune règle en ce qui la concerne.

4 DanDan : Son nom (蛋蛋) signifie littéralement « œuf » ou « forme ovale ». Le nom chinois répète souvent un terme pour le renforcer.

5 Neurotic : Son nom (神经兮兮) signifie littéralement « ayant un désordre nerveux » mais est souvent utilisé pour décrire une personne « ultra-sensible, et réagit, ou prend offense de façon inattendue, à l’encontre de ce qui semblerait anodin ». Le manhua se réfère à lui en tant que « Wacko », mais l’équipe anglaise pense que Neurotic lui convient mieux et est plus proche de ce que l’écrivaine voulait dire. C’est aussi pourquoi l’équipe française l’a également gardé.

Invincible Partie 2 : L’Elfe Noir – Aldrizzt

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La Légende du Chevalier du Soleil – Histoire parallèle

Roman d’origine en chinois par (Yu Wo)


Unbeatable Part 2: Dark Elf – Aldrizzt – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Invincible Partie 2 : L’Elfe Noir – Aldrizzt – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par Yukomin/Nocta

Il regarda à droite puis à gauche, mais ne vit pas ses bagages. Neo se rappela finalement que tout ce qu’il avait pris avec lui en partant était un paquet de rations déshydratées qu’il avait obtenu des cuisines. Il n’avait rien emmené d’autres, il ne pouvait donc évidemment pas avoir de bagages.

Dans une situation où il ne possédait aucun vêtement propre pour se changer, il n’avait pas d’autres choix que de remettre la tenue qu’il avait abandonnée. Ses habits empestaient la sueur et, comme il les avait jetés par terre sans y prêter attention, ils étaient maintenant couverts de terre.

Je dois remettre ces guenilles ? Neo afficha une expression pleine de dégoût. Mais, peu importe à quel point ses vêtements étaient dégoûtants et puants, les porter serait toujours mieux que se balader nu.

Avec un pied sur le bord, il venait juste de décider de remonter et de remettre ses vêtements sales, quand il entendit du bruit non loin de là. On percevait le bruissement des feuilles d’arbres, le claquement du métal contre du métal, et même des cris de personnes. En combinant les différents sons, on dirait que… un combat a lieu ?

Neo leva un sourcil et reposa ses vêtements sales. À la place, il ramassa son épée et retourna dans l’eau.

Peut-être que quelques personnes sont là pour me « donner » des vêtements. Même si leurs habits puent trop pour être portés, au moins ils auront des « bagages », non ?

Penser à cela mit Neo de bonne humeur. Il prit ainsi les choses tranquillement, tandis qu’il observait la situation se développer.

Le son du frottement des feuilles se faisait de plus en plus fort. Une seconde plus tard, un humain passa à toute vitesse entre les arbres et aboutit dans la clairière… Attendez, ce n’est pas un « humain ». Les yeux de Neo s’agrandirent légèrement.

Cette personne possédait en réalité une couronne de cheveux d’un blanc immaculé, une couleur très différente des cheveux blancs cendrés d’un vieil homme. Les cheveux de cette personne étaient blancs comme la neige, et cela semblait naturel, à la différence des cheveux grisonnants d’une vieille personne.

Dans la seconde suivante, il nota un trait encore plus remarquable. La peau de cet individu était d’une couleur presque noire.

Des cheveux blancs et la peau noire, une seule race au monde réunit ces traits.

Les elfes noirs.

L’individu sembla avoir remarqué Neo, mais il n’avait visiblement pas de temps à perdre pour porter attention à un humain dans un lac. Il se retourna immédiatement et avança lentement en jetant plusieurs sorts.

Les sorts ressemblaient à de grandes lames, mais celles-ci étaient à moitié transparentes. Alors que chaque sort lancé frappait un arbre, une entaille apparaissait immédiatement sur le tronc des arbres, et ces derniers se fendaient en deux là où ils étaient entaillés, comme s’ils avaient été coupés par une vraie lame.

Est que c’est Lame de Vent ? Ça ne semblait pas tout à fait exact, puisque Lame de Vent était un sort transparent et incolore, tandis que les lames de vents qu’il voyait avaient une légère coloration noire.

Est-ce une attaque de l’élément des ténèbres qui imite Lame de Vent ? Dans ce cas, je devrais l’appeler Lame de Ténèbres ! Neo haussa un sourcil. Même s’il était un chevalier, le sort Lame de Vent ne lui était pas inconnu… Son apprenti, Grisia, utilisait souvent ce sort comme d’un éventail, et la personne qu’il éventait avec ce sort était, avec une probabilité de 80-90 %, Neo lui-même.

Bien sûr, la puissance employée dans le but d’éventer était beaucoup plus faible, tellement faible qu’il lui aurait été difficile de couper une mèche de cheveux.

Après avoir jeté les sorts, l’elfe noir ne se détendit pas. Il déplaçait constamment ses pieds légèrement, et à chaque fois qu’il bougeait d’un pas, une petite flèche venait se planter dans le sol, à l’endroit où il se tenait auparavant

Hmm… Cet elfe noir sait comment se servir de sorts puissants. Il doit s’agir d’un mage, mais ses capacités physiques ne sont pas mal du tout ! À ce moment-là, tandis que Neo était appuyé sur le bord du lac en appréciant le spectacle, une flèche arriva par hasard droit sur lui. Il l’attrapa facilement et ouvrit sa main pour l’examiner de plus près. La flèche était petite mais très bien faite. Elle faisait seulement la longueur d’une main, mais le travail avait extrêmement été bien exécuté : la pointe de flèche était très aiguisée et l’empennage avait été particulièrement travaillé.

« Faites attention, la flèche est empoisonnée », cria l’elfe noir en se retournant brusquement.

L’elfe noir vient de me prévenir ?

Neo trouva cela un peu étrange, car les elfes noirs n’était pas une race bienveillante. En vérité, c’est une race plutôt connue. Tous les elfes noirs, des adultes aux jeunes enfants, les hommes autant que les femmes, sont sans exception mauvais et méprisables.

Mais, il s’avéra que l’elfe noir n’avait pas menti. À cet instant, Neo découvrit que, même s’il n’avait touché que l’axe de la flèche, son doigt commençait déjà à devenir violet.

Il félicita intérieurement ce poison. Quelle toxicité impressionnante ! Après cela, il appela un peu d’élément sacré et expulsa le poison. Même s’il avait perdu la faveur du Dieu de la Lumière, quelque chose d’aussi simple que de supprimer du poison n’était pas un problème de tout.

« L’antidote ! »

L’elfe noir courut subitement vers lui et jeta une petite bouteille à Neo. Il se tourna de nouveau pour faire face aux ennemis cachés dans les buissons.

Juste après qu’il se fût retourné, il laissa filtrer un grognement étouffé.

Neo l’observa et remarqua qu’une flèche avait percé le bras de l’elfe noir. De plus, l’elfe noir n’avait pas le temps de retirer la flèche, puisqu’il devait reculer de quelques pas afin d’esquiver la volée de flèches qui suivait.

Tout à coup – peut-être parce qu’ils avaient épuisé toutes leurs flèches, ou parce qu’ils avaient vu que l’elfe noir était touché – les ennemis cachés dans les buissons apparurent… Quoi ? Ce sont aussi des elfes noirs !

Il y en a quatre… non, cinq ? Trois d’entre eux transportaient des arbalètes minuscules, et les deux autres tenaient des rapières, ce qui suggérait que leurs professions étaient proches de celles de guerriers.

« Il semblerait que mon aventure ne soit pas si mal que ça ! Dès le début, je rencontre des elfes noirs qui sont des créatures extrêmement rares. Je n’ai jamais entendu parler de qui que ce soit ayant aperçu des elfes noirs durant les derniers siècles, et au moment où je les rencontre, je tombe sur un grand groupe ! » Neo contemplait la scène avec grand plaisir. Comme il avait un peu faim, il prit son sac de rations déshydratées et commença à les grignoter.

Cependant, il semblerait que l’elfe noir inhabituel n’avait plus d’espoir d’échapper à la mort. Non seulement il était empoisonné, mais il était aussi seul. En addition, c’était un mage au corps frêle.

Peu importe sous quel angle je considère la question, cet elfe est condamné ! De plus, il semble subir une bastonnade unilatérale et tenter de délayer l’heure de sa mort.

Les deux guerriers levèrent leurs rapières et sortirent des buissons. Malgré le fait qu’ils maintinssent une attitude vigilante, ils souriaient comme si leur plan avait déjà réussi, et qu’ils allaient facilement capturer le mage à l’instant suivant…

Les deux elfes noirs effectuèrent un pas en avant, mais une seconde plus tard les « deux » étaient devenus « un tas de morceaux ».

Oh ? Neo plissa les yeux et regarda attentivement la chair et le sang qui volaient dans tous les sens. Les coupures étaient très propres, il n’avait pas vu quel type d’attaque c’était, et la chair et le sang allèrent voler très haut et loin… Était-ce Lame de Ténèbres ?

Dans ce cas, d’où ces Lames de Ténèbres ont-elles été tirées ?

À l’instant, quand les archers avaient cessé de tirer, et que le groupe était sorti des buissons, le mage était déjà agenouillé sur le sol avec un air découragé à cause de la flèche empoisonnée. C’était pourquoi les deux guerriers avaient baissé leurs gardes, ce qui les avait menés à finir en morceaux en un instant… Ils étaient probablement morts avant même de réaliser qu’ils avaient été attaqués.

Les trois archers restants étaient clairement extrêmement alarmés et s’étaient tous figés sous le choc.

Le mage releva la tête et dit quelque chose dans la langue des elfes noirs.

Même si Neo ne put comprendre aucun mot, il parvint à deviner le sens global à partir de l’expression du mage… Ça ne devrait pas être très différent de « Vous êtes morts ».

Juste après cela, les trois archers furent coupés à la taille et tombèrent en six morceaux. Les coupures étaient aussi très nettes. Ces coupures ont probablement été causées par Lame de Ténèbres.

La magie n’était pas le point fort de Neo, donc il ne pouvait pas réellement comprendre comment le mage avait fait cela. Malgré tout, il se sentait terriblement curieux.

Tss, tss ! Neo ne put s’empêcher de penser, C’est dommage, si seulement Grisia était là ! Il pourrait définitivement m’expliquer ce qu’il s’est passé… De plus, il aurait probablement appris comment le faire ! Mais, en y repensant, laisser Grisia apprendre une magie aussi puissante n’est pas une si bonne chose au final.

Si mon élève devient fort, il ne sera plus aussi simple à intimider quand le Maître rentrera au Temple Sacré.

L’elfe noir se retourna et regarda Neo. Neo applaudit aussitôt généreusement en le félicitant : « Quel pouvoir incroyable ! Je n’ai jamais entendu parler d’un mage dispersant une escouade entière à lui tout seul. Tu n’es pas mauvais ! »

En entendant cela, l’elfe noir fixa précautionneusement l’humain dans le lac et tenta de demander : « Pouvez-vous me rendre la bouteille d’antidote, s’il-vous-plaît ? »

Au moins, il est poli. Neo renvoya la bouteille d’antidote. Au moment où l’elfe noir l’attrapa, il avala précipitamment l’antidote. Il arracha ensuite la petite flèche de son corps et la jeta au sol.

Après cela, il jaugea Neo. Même si l’elfe noir ne semblait plus être aussi méfiant qu’avant, il n’avait pas pour autant confiance. Avec une légère hésitation, il dit : « Vous… Je suis un elfe noir. »

« C’est vrai ! Tu es vraiment très sombre », dit Neo avec désinvolture. « Dans tous les cas, est-ce que tu as des vêtements de rechange ? Peux-tu m’en prêter des propres ? »

« … »

L’elfe noir fixa l’humain dans le lac. Une seconde plus tard, il s’évanouit.

 

 

Quand il rouvrit les yeux, Aldrizzt était absolument sûr qu’il allait se réveiller dans une prison ou un endroit similaire. Après tout, il était un elfe noir, et un humain se trouvait près de lui quand il n’avait pu plus en supporter davantage et s’était évanoui.

Les humains avaient toujours traité les elfes noirs comme une race maléfique. S’ils voyaient un elfe noir, ils ne le laisseraient pas partir facilement et tenteraient de le tuer sur-le-champ.

Le plus tragique dans tout ça c’était à quel point les humains avaient raison. Les elfes noirs étaient effectivement une race extrêmement maléfique, et personne ne comprenait mieux ce fait qu’Aldrizzt.

Pourquoi ne puis-je pas être comme tous les autres elfes noirs, et accepter le mal ? Si j’étais comme ça, les choses ne seraient-elles pas beaucoup plus simples ? songea Aldrizzt, un peu déprimé.

Mais, il savait que, si c’était si facile d’être maléfique, il n’aurait pas eu à devenir un traître et un fugitif aux yeux de son propre peuple. Ils ne lui avaient pas laissé d’autre choix que de s’échapper du monde souterrain et de remonter à la surface. Même ainsi, il n’avait pas su se débarrasser des elfes noirs à sa poursuite.

Vais-je vraiment être pourchassé toute ma vie, sans jamais être accepté par les gens des autres races ? Vais-je vivre le reste de mes jours en étant un fugitif solitaire ?

Aldrizzt se complut dans un auto-apitoiement pendant quelque temps…

« Les vêtements sont plutôt propres, mais tu es trop maigre, alors ils sont un peu serrés. »

Aldrizzt se figea un moment et releva brusquement la tête, seulement pour découvrir qu’il était cerné par la forêt… Il vit aussi un humain, et cet humain portait une des quelques tenues intactes qu’il lui restait.

Je ne suis pas en prison ?

L’humain s’assit et jeta négligemment un sac à Aldrizzt. Ce dernier l’ouvrit et réalisa que le sac était plein de rations déshydratées.

« Je vous en prie, rendez-moi mes vêtements… Il ne m’en reste pas beaucoup. » Les pensées d’Aldrizzt étaient confuses, puisqu’il ne comprenait pas ce que cet humain essayait de faire. Par contre, il comprenait tout de même la chose la plus importante.

Il n’était pas mesquin au point de refuser de se séparer de quelques vêtements, mais il avait encore de nombreux jours de voyage devant lui. Bien que les mages eussent toujours eu un grand potentiel pour gagner de l’argent, et donc qu’il ne manquerait pas d’aptitudes à employer pour s’enrichir et pourrait devenir un chasseur ou un mercenaire, il demeurait un elfe noir. Quoi qu’il fît, au moment où il serait aperçu par n’importe quel humain, il ne pourrait échapper au destin d’être pourchassé jusqu’à la mort.

Même entrer dans une ville pour acheter des vêtements était une mission impossible.

L’humain haussa les sourcils, indiquant qu’il n’avait pas la moindre intention de rendre les vêtements à Aldrizzt. Il dit seulement : « Mon nom est Neo. »

Aldrizzt répondit par réflexe : « Je suis Aldrizzt. »

Après avoir dit ça, il regarda les vêtements que Neo portait et se demanda s’il devait redemander leur restitution.

À ce moment-là, Neo lâcha mécontent : « Rien de grave, ce sont juste des vêtements. Je peux même te donner les miens ; il faut juste les laver, et ils seront mettables. Leur qualité est meilleure que celle des tiens d’ailleurs ! De toute façon, tu t’es évanoui à cause de la faim et de la fatigue, alors tu devrais manger quelque chose maintenant. »

Aldrizz réfléchit un instant et conclut qu’il n’avait pas besoin de s’énerver pour quelques vêtements, il commença ainsi simplement à manger. Dès le moment où les rations entrèrent dans sa bouche, il réalisa finalement à quel point il avait faim… Le groupe d’elfes noirs le traquait depuis trois jours, et en raison de cela il n’avait pas eu de temps pour chasser correctement pendant un total de trois jours.

Neo observait Aldrizzt manger avec un grand intérêt. Ce dernier fixait également Neo avec des yeux tout aussi curieux.

Leurs yeux se rencontrèrent, mais aucun des deux ne détourna le regard. Neo continua de scruter ouvertement l’autre personne, mais Aldrizzt sourit poliment et continua de manger ses rations déshydratées.

Des cheveux blancs, une peau noire et des yeux rouges. Même s’il portait un manteau à capuche, ce serait difficile de cacher les caractéristiques uniques d’un elfe noir. En réalité, il serait très difficile pour Aldrizzt de survivre à la surface, car la réputation des elfes noirs était établie à travers tout le continent.

Neo essaya de deviner avec enthousiasme pourquoi un elfe noir quitterait le monde souterrain pour venir à la surface. Est-il un criminel en fuite ? Ou n’a-t-il pas peur, parce que quelqu’un le couvre ? Hm… d’après le combat juste avant, il y a de plus fortes chances pour qu’il soit un criminel en fuite.

Parallèlement, Aldrizzt était aussi en train d’étudier Neo. Il ne pouvait pas estimer précisément l’âge d’un humain, et put uniquement supposer, d’après les cheveux dorés, les yeux bleus, et la peau presque vierge de rides de ce dernier, que Neo n’était pas très âgé.

Même s’il supposait que Neo ne fût pas très âgé, il sentait que Neo était un vétéran chevronné. Sa posture attentive et son regard aiguisé montraient tous deux que Neo n’était pas une personne à sous-estimer.

De plus, Neo prenait la posture élégante d’un aristocrate, et cette élégance était si naturelle qu’il paraissait être né avec. Cela conduisit l’elfe noir à le soupçonner fortement d’être un noble possédant un très haut statut.

Mais, quoi qu’il advînt, Neo n’était pas effrayé par lui. Aldrizzt était sûr de ce fait. Il se sentait plutôt excité, parce que, quoi que Neo pût escompter faire plus tard, au moins, Aldrizzt avait quelqu’un à qui parler… Combien de temps cela fait-il depuis la dernière fois que j’ai pu entretenir une vraie conversation avec une autre créature ?

Après avoir englouti rapidement la nourriture déshydratée, Aldrizzt ne put attendre plus longtemps et articula : « Bonjour, Neo. »

Neo haussa un sourcil, sourit, et copia malicieusement la façon de parler d’Aldrizzt : « Bonjour, Aldrizzt. »

Après avoir salué Neo, Aldrizzt ne savait pas vraiment comment continuer la conversation, mais soudain, il remarqua l’épée de Neo et lâcha : « Es-tu un guerrier ? »

« Je suis un chevalier. » Neo leva sa main et forma une petite bille d’élément sacré. Il ajouta : « Un chevalier sacré. »

« Un chevalier sacré ? » Maintenant, la curiosité d’Aldrizzt avait réellement été piquée.

Pour un elfe noir, un « chevalier sacré » était un travail qui n’existait que dans les légendes. Parmi son peuple, qui tendait vers une affinité avec l’élément des ténèbres, personne n’avait la possibilité de choisir une carrière liée à l’élément pur et sacré.

« Tu es un mage, n’est-ce pas ? » Neo ne put se retenir d’avantage et le questionna immédiatement : « Où diable as-tu caché ces Lames de Ténèbres, tout à l’heure ? »

« Lame de Ténèbres ? Tu veux dire %@#& ? Cela s’appelle-t-il Lame de Ténèbres dans le langage humain ? » Aldrizzt prononça quelque chose dans le langage des elfes noirs, et sourit ensuite. Il tendit la main, frappa le sol et répondit : « Je les ai cachés sous terre. »

Neo réalisa soudain ce qu’il s’était passé. Néanmoins, il y avait toujours quelque chose qu’il ne comprenait pas, donc il redemanda : « C’est possible que les guerriers aient été tranchés par des Lames de Ténèbres provenant du sol, mais les archers ont été coupés à la taille, alors il n’y a pas moyen qu’ils aient été tués par des Lames de Ténèbres cachées dans le sol ! L’angle est totalement incorrect ! »

Aldrizzt sourit à nouveau et répliqua : « C’est une forêt, Neo ! Hormis la terre, qu’est-ce qui est le plus abondant ? »

« Tu as caché les Lames de Ténèbres dans les arbres… Tu es doué. » Bien que Neo ne possédât pas une bonne compréhension de la magie, étant donné que son élève était meilleur en magie qu’à l’épée, il n’avait pas eu d’autres choix que d’apprendre beaucoup de choses sur la magie.

Cacher les Lames de Ténèbres sous terre et dans les arbres. Même si cela paraissait simple, la magie n’était pas quelque chose de très stable et devait être contrôlée avec précision pour que l’ennemi ne remarque rien. Par conséquent, cela ne pouvait pas avoir été une prouesse facile à accomplir.

Autrement, le Pape n’aurait pas fait cette expression classique – la mâchoire décrochée – quand il avait vu Grisia employer Lame de Vent comme d’un éventail.

« Quel mage ne voudrait pas s’éventer quand il fait très chaud ? Le problème est qu’une fois que tu perds le contrôle, inutile de penser à s’éventer, puisque tu auras séparé ta tête de ton corps ! Qui voudrait risquer sa vie, juste pour se rafraîchir ? »

Cependant, Grisia s’éventait depuis de nombreuses années, et n’avait pas encore été décapité. Depuis lors, Neo avait réalisé que son élève était un mage absolument brillant !

La chose tragique était le fait qu’il fût un chevalier sacré.

Aldrizzt observait Neo avec précaution, comme c’était le premier humain à avoir jamais discuté avec lui. Il découvrit que Neo était profondément plongé dans ses pensées et qu’il affichait une expression incompréhensible, comme s’il avait vu quelque chose de bizarre… Aldrizzt ne put s’empêcher de demander : « Ton expression est un peu étrange. Pourquoi donc ? »

« Je suis en deuil à cause de mon apprenti. »

Aldrizzt émit un son ressemblant à un « ah », et dit alors en s’excusant : « Je suis vraiment désolé, je ne savais pas que c’était quelque chose comme ça. Ton élève… devait être plutôt jeune, non ? C’est en effet regrettable. »

Neo haussa les épaules et répondit : « Il n’est plus si jeune que ça, puisqu’il a déjà vingt ans. »

« Vingt ? Alors quel âge as-tu ? » Aldrizzt était perplexe. Je me rappelle que les humains vivent au plus une centaine d’années, alors si l’élève de Neo a vingt ans, je suppose que Neo, le maître, devrait avoir au moins quarante ans ?

Neo eut un sourire resplendissant et proclama : « Trente ans. »

Même s’il sentait que quelque chose clochait dans cette affirmation, Aldrizzt ne connaissait pas grand-chose aux humains. Tout ce qu’il savait provenait des livres, alors il ne trouva rien d’étrange à ce qu’un étudiant et un maître eussent une différence d’âge de seulement dix ans.

« Pour les humains, une personne de vingt ans n’est en effet plus considérée comme un enfant, mais c’est quand même trop tôt pour rendre l’âme. Quel dommage. »

« …Qui est mort ? » Neo était stupéfait.

En entendant cela, Aldrizzt était aussi déconcerté. Il dit, un peu incertain : « Ton élève ? »

Le regard de Néo se vida pendant un moment. Puis, tout à coup, il éclata de rire, devenant de plus en plus bruyant jusqu’à ce que, en fin de compte, il se tînt le ventre en hurlant de façon hystérique. Il rigolait si fort qu’il pouvait à peine parler. « G-Grisia, il… il est vivant et va bien. A-avec la quantité d’élément sacré qu’il possède, n’importe qui peut mourir, sauf lui ! »

« Mais, n’étais-tu pas en deuil pour lui ? » Aldrizzt avait l’air plutôt déconcerté.

Neo rit bruyamment en disant : « C’est… c’est pour son travail que je fais mon deuil ! »

« Travail ? » Aldrizzt en fut encore plus confus. Pourquoi faudrait-il faire un deuil à propos d’un travail ?

À l’instant où il songea au métier de son élève, Neo cessa de rire. C’était tellement tragique qu’il ne pouvait en rire même s’il le voulait. Il avoua, un peu sombre : « Mon élève est un mage de génie. »

Et alors ? N’est-ce pas une bonne chose ? Aldrizzt en fut encore plus perturbé. Voyant cela, Neo tapota son épée pour rappeler à l’elfe noir sa profession.

Aldrizzt eut un regard vide pendant un moment avant de se rappeler que Neo était un chevalier sacré. L’élève d’un chevalier sacré est un mage de génie ?

« Il… y a vraiment de quoi s’attrister. »

Bien qu’il eût dit cela, Aldrizzt avait plutôt envie de rigoler. Comment un chevalier sacré peut-il entrainer un mage ?

« De quoi ris-tu ? » Neo roula des yeux et ajouta sèchement, mécontent : « Il se fait tard, alors dépêche-toi de manger les rations restantes. Nous allons trouver une cité et enregistrer notre groupe. »

« Groupe ? » s’enquit Aldrizzt, sans comprendre.

« Exactement ! » répondit Neo tranquillement « Un groupe avec un elfe noir et un humain… Appelons-le : l’Escouade des Humains Noirs ! Comment est-ce que ça sonne ? »

Horrible ! pensa Aldrizzt par réflexe. Mais, peu après, il se figea quelque temps … Qu’est-ce que je viens d’entendre ?

Un humain m’invite à devenir son compagnon ? Il devint silencieux pendant un moment. Bien qu’il en fût un peu heureux, il était surtout soupçonneux.

« Pourquoi moi ? Je suis un elfe noir. »

C’est amusant justement parce que tu es un elfe noir. Neo haussa les épaules et déclara : « Considère-toi comme chanceux ! À la base, je ne voulais pas trouver de compagnon, mais je n’ai pas d’autres choix, puisque j’ai oublié de prendre mes bagages quand je suis parti ! Du coup, je dois trouver un compagnon qui en possède. »

Ce ne serait pas plus simple d’aller chercher tes bagages ? Même si Aldrizzt voulait réfuter son argument, il n’osa pas le faire, de peur que Neo retournât réellement chercher ses bagages, plutôt que de chercher un compagnon qui en possédât.

Pour un elfe noir qui avait échappé à sa propre race et qui errait à la surface, un humain qui était d’accord pour discuter avec lui était extrêmement précieux. Par conséquent, il ne désirait pas abandonner ce compagnon. Même si celui-ci avait d’autres motivations, tant qu’il n’avait pas l’intention de le blesser, Aldrizzt pouvait fermer les yeux sur ça.

« Dans ce cas, je compte sur toi, Neo. »

Neo haussa un sourcil et répondit : « Je compte sur toi, également. »

 

 

Puisqu’Aldrizzt était là, Neo ne pouvait plus courir toute la journée comme il avait fait précédemment. Par conséquent, la vitesse à laquelle ils voyageaient n’était pas très élevée, et ils ne sortirent pas de la forêt même après une journée entière de marche.

Quand la nuit tomba, ils n’eurent pas d’autre choix que de s’arrêter de marcher. Ils décidèrent de passer la nuit dans la forêt.

Aldrizzt demanda poliment : « Neo, si ça ne te dérange pas trop, pourrais-tu démarrer un feu s’il-te-plait. Je vais aller chercher des herbes sèches pour faire un lit. »

« Démarrer un feu ? » Neo leva un sourcil et répliqua naturellement : « N’est-ce pas le travail du mage ? »

Dans le monde des elfes noirs, les tâches physiques revenaient toujours aux guerriers, mais… il se trouvait à présent dans le monde des humains… Peut-être que dans le monde des humains, faire un feu est le travail du mage ?

Bien qu’il fût à la base un mage des ténèbres, et qu’il lui était donc plus aisé d’appeler l’élément des ténèbres, rassembler l’élément du feu pour démarrer un feu ne posait pas un problème.

Mais, même s’il employait la magie, il avait tout de même besoin d’un combustible. Aldrizzt se leva et se résigna à aller chercher des branches sèches pour démarrer un feu quand, derrière lui, Neo cria : « Oh, et après avoir démarré un feu, aide-moi à laver mes vêtements. »

En voyant l’expression stupéfaite d’Aldrizzt, Neo ouvrit ses mains innocemment et expliqua : « Si tu laves mes vêtements pour que je puisse les mettre demain, alors je pourrai te rendre les tiens ! »

« … »

Même si cela avait l’air raisonnable, quelque chose semblait clocher. J’ai dû prêter mes vêtements propres à Neo, et maintenant je dois laver ses vêtements sales pour qu’il puisse me rendre mes vêtements salis ?

Malgré le fait que ce fût complètement déraisonnable, cela ne dérangeait pas Aldrizzt de laver les vêtements, comme Neo était actuellement la seule personne avec qui il pouvait entretenir une conversation décente.

Avec le sentiment que laver les vêtements des autres une fois ou deux fois était inoffensif, Aldrizzt acquiesça.

 

 

« Merci ! »

Aldrizzt attrapa les vêtements sales que Neo lui avait lancés, inexpressif, pendant que ce dernier se vautrait dans le lit qu’Aldrizzt avait fabriqué, mangeait le gibier qu’Aldrizzt avait chassé et cuit, tout cela en étant très détendu, puisqu’il avait laissé tout le travail à Aldrizzt…

Mais, Aldrizzt ne pouvait rien y redire, vu que ce n’était pas parce que Neo était trop paresseux pour faire quelque chose. C’était juste que :

Neo avait appris comment démarrer un feu, mais il ne devait jamais démarrer un feu, car toute la forêt brûlerait s’il le faisait.

Neo savait comment chasser, mais il ne devait jamais chasser, car il se perdrait au point de ne jamais rentrer.

Neo s’était porté volontaire pour laver les vêtements à tour de rôle avec Aldrizzt, mais il ne devait jamais laver des vêtements, car ceux-ci se transformeraient en guenilles après avoir été lavés par lui.

Neo avait aussi essayé de cuisiner, mais il ne devait simplement jamais cuisiner, car, à part de la nourriture à moitié cuite ou du charbon, il ne pouvait pas cuisiner quelque chose qu’un humain et un elfe noir accepteraient de manger.

Tout cela ne dérangeait pas vraiment Aldrizzt. D’ailleurs, que Neo fût là ou non, il devrait quand même allumer un feu, cuisiner de quoi manger et nettoyer des vêtements. Maintenant, il devait juste laver un ensemble de vêtements supplémentaire.

Néanmoins, pour Aldrizzt le pire était : Pourquoi Neo ne connait-il pas la direction dans laquelle nous devons aller pour rejoindre une cité ? Il n’arrive même pas à se rappeler de la direction de la ville dans laquelle il a vécu pendant quarante ans !

Par conséquent, même si Aldrizzt pouvait se servir de la position des corps célestes et de la façon dont la forêt poussait pour déterminer la direction … c’était totalement inutile ! Après tout, ils ignoraient dans quelle direction ils trouveraient une ville.

Aldrizzt n’eut pas d’autres choix que de choisir une direction au hasard et de traverser la forêt. La première fois qu’ils en étaient sortis, ils s’étaient retrouvés en haut d’une falaise. Je me suis même fait réprimander par Neo pour ne pas savoir voler, malgré le fait que je sois un mage ! Après s’être fait réprimandé par Neo, il avait été obligé de commencer à étudier le Sort de Vol.

La deuxième fois, il décida de traverser entièrement la forêt et de sortir par la direction opposée mais, parvenu à la moitié du trajet, il découvrit que la forêt profonde était un territoire elfique. Bien qu’« elfe » et « elfe noir » contiennent tous les deux le mot « elfe », il y avait un conflit sanglant qui opposait les membres deux races.  Au moment où l’une rencontrerait l’autre, leurs membres se battraient très probablement jusqu’à la mort. Donc, s’il osait mettre un pied en territoire elfique, il serait définitivement transformé en oursin par les maîtres-archers elfes.

La troisième fois qu’ils essayèrent de sortir de la forêt, ils virent un désert. Aldrizzt commençait sérieusement à se demander s’il expérimentait présentement une phase de malchance, ou si Neo portait tout simplement la poisse.

« Tss, Tss ! Nous nous sommes encore trompés de chemin ? » déclara froidement Neo. « Non pas que je tienne à le dire, Aldrizzt, mais pourquoi la route que tu choisis est-elle toujours la mauvaise ? »

Quand il entendit les mots de Neo, Aldrizzt ne put finalement en supporter davantage. Il se tourna et hurla sur son compagnon, qui ne savait rien faire d’autre que des remarques cyniques : « Comment oses-tu dire ça !? Comment se fait-il que ne connaisses même pas la direction de la cité dans laquelle tu as vécu pendant quarante ans … Attends, tu as dit que tu as vécu à la Cité du Bourgeon pendant quarante ans ? »

Il avait finalement trouvé la contradiction. Suspicieux, il grogna : « N’as-tu pas affirmé que tu avais seulement trente ans ? »

« C’est complètement sans importance ! » Neo changea immédiatement de sujet et souligna : « La chose importante est : qu’allons-nous faire maintenant ? »

« Je ne sais pas non plus », avoua Aldrizzt, extrêmement découragé.

Neo souleva un sourcil et demanda : « Si on essaye d’aller dans chacune des directions, on finira bien par trouver un chemin pour sortir d’ici, non ? »

Aldrizzt se figea un instant, puis hocha la tête.

« Alors, il n’y a rien à craindre », dit Neo tranquillement. « Après tout, je ne suis pas pressé, et toi ? »

Aldrizzt secoua la tête. Si même l’humain, Neo, n’est pas pressé, alors, étant un elfe noir dont l’espérance de vie est cinq à six fois supérieure à celle d’un humain, comme puis-je être pressé ?

« Y a-t-il quelque chose que tu veuilles faire ? » demanda encore Neo, pour confirmer.

Comme la seule chose qu’il désirait était d’échapper à la traque de son peuple, Aldrizzt secoua la tête une nouvelle fois.

« Alors, même si nous ne pouvons pas sortir de la forêt, pourquoi paniquer ? » Neo haussa les épaules et ajouta : « Dans tous les cas, si on continue à arpenter la forêt de long en large, on finira par trouver un moyen de sortir ! »

En entendant Neo dire cela et en voyant sa posture décontractée indiquant que cela ne le gênait pas du tout, Aldrizzt se sentit brusquement très mesquin. Neo a raison. Que va-t-il se passer si on ne parvient pas à sortir de la forêt ? Pour un elfe noir comme moi, une forêt est probablement beaucoup plus accueillante qu’une cité, puisque les arbres, l’herbe et les fleurs n’éprouvent aucun préjugé contre les elfes noirs.

Comparé à quelques temps auparavant, quand il était un elfe solitaire, il avait maintenant quelqu’un à qui parler, donc sa situation actuelle était bien meilleure que lorsqu’il s’était échappé seul… même s’il devait aider son bon-à-rien de compagnon à laver ses vêtements, chasser, cuisiner et faire les lits. Si Neo ne l’appelait pas en permanence par le mot « compagnon », il aurait définitivement songé qu’il était son serviteur.

Pourtant, comparé à une solitude sans fin, Aldrizzt préférait de loin à moitié s’énerver à mort contre Neo tous les jours.

Après avoir considéré tout cela, Aldrizzt cessa de paniquer. Il demanda même à son compagnon d’un ton blasé : « À partir de maintenant, allons-nous seulement marcher et nous balader au hasard, sans aucun objectif spécifique ? »

« Évidemment qu’il y a des objectifs », dit Neo. « J’ai beaucoup d’objectifs. »

Oh ? Curieux, Aldrizzt l’interrogea : « Quels sont tes objectifs ? »

« Mes objectifs ? Laisse-moi réfléchir… » Neo donna une liste détaillée de ses objectifs en ajoutant : « J’ai entendu dire qu’il y a beaucoup de maîtres-archers parmi les elfes, donc je pense que ce serait bien d’en dénicher un pour rejoindre notre groupe ? »

Ignores-tu réellement que les elfes et les elfes noirs comme moi sont des ennemis jurés ?

Aldrizzt était quelque peu déprimé. Peut-être que la raison pour laquelle Neo ne montre aucune discrimination envers les elfes noirs est simplement parce qu’il n’a pas la moindre idée du genre de caractère qu’ils possèdent ?

« Aussi, je n’ai jamais quitté le Royaume du Son Oublié avant, alors je veux aller visiter d’autres pays. »

Ça peut être fait facilement.

« Ça semble être un peu difficile de combattre un dragon, donc je vais laisser ça pour plus tard. »

… Donc, tu as conscience que combattre un dragon est « un peu » difficile ?

« Oh ! Entre le Fils du Dieu de la Guerre du Monastère du Dieu de la Guerre et l’Aigle Silencieux de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre, contre qui devrais-je me battre en premier ? »

« … »

Aldrizzt commença à se demander si être un elfe noir solitaire n’était pas une si mauvaise chose après tout.

Romance RPG – Partie 18

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Eighteen – traduit du chinois à l’anglais par Minna[PR!]
Partie Dix-Huit – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

L’Épée-Fantôme, qui lui avait déjà dit de changer de nombreuses fois, applaudit silencieusement quand il entendit Meng prendre une si grande décision par elle-même.

« Mais… » Meng se sentit un peu hésitante. « Qu’est-ce que je dois réellement faire pour devenir belle ? »

L’Épée-Fantôme ne put s’empêcher de vouloir se servir de sa main pour se frapper le front, mais malheureusement une telle action serait vraiment trop difficile à exécuter pour une épée sans mains et sans tête. Il pouvait seulement cligner des yeux pour exprimer son impuissance. En même temps, il avait déjà décidé qu’il aiderait Meng. Il allait l’aider à complètement changer son image. Après tout, elle était aussi son agente très compétente. Par ailleurs, l’Épée-Fantôme avait un minuscule motif égoïste. Aider à changer son image lui ferait du bien aux yeux. Une femme belle serait toujours plus agréable à regarder qu’une femme fantôme ou une tante.

« Tes cheveux », gronda l’Épée-Fantôme. « Raidis d’abord tes cheveux ! »

« Raidir mes cheveux ? » Meng cligna des yeux. Ces trois mots lui semblaient vraiment familiers. Se pourrait-il que les cheveux raides me conviennent vraiment plus ? Elle toucha ses cheveux bouclés.

L’Épée-Fantôme essaya très dur de la presser : « Dépêche-toi, retourne en ville. Il doit certainement y avoir un salon de beauté là-bas. »

En voyant l’impatience de l’Épée-Fantôme, Meng ne put se retenir de rire et de ressentir de la chaleur dans son cœur en même temps. Cette épée l’aidait toujours sans aucune hésitation, en étant souvent encore plus anxieux qu’elle ne l’était. Même si l’Épée-Fantôme avait une langue acérée et que ses paroles étaient souvent comme des épées lui lacérant le cœur les unes après les autres, il était véritablement inquiet pour elle et sincère au sujet de l’aider à changer.

« D’accord, d’accord,  je suis déjà en train de marcher, non ? » Meng rigola et marcha en avant.

« Dépêche-toi, tu marches trop lentement. Est-ce que tu as mangé ? C’est comme si tu n’avais pas l’énergie pour marcher ! » continua à crier l’Épée-Fantôme.

« Je vais déjà très vite. Sinon, et si tu te faisais pousser des pieds et marchais par toi-même ? » rétorqua furieusement Meng.

Après sa réplique, l’Épée-Fantôme pouvait seulement maugréer : « Si je pouvais me faire pousser quelque chose, alors ça devrait au moins être une paire d’ailes. Qui voudrait se faire pousser des pieds ? Une épée avec une paire de pieds, ce serait carrément hideux. »

Meng leva les yeux et ne put s’empêcher de déclarer : « Tu crois qu’une épée ayant deux yeux et une bouche a l’air belle ? Ne t’inquiète pas, tu ne pourrais pas être plus laid que tu ne l’es déjà. »

« Hé… »

Meng se dirigea furtivement jusqu’à… l’arbre adjacent au salon de beauté. Tandis qu’elle se cachait derrière l’arbre et jetait secrètement un coup d’œil, elle put entendre des filles en train de rire à l’intérieur. De temps en temps, une ou deux filles sortaient tout en discutant de la façon dont leurs cheveux avait été coiffés pour la journée, ou à quel point leurs ongles avait bien été faits.

Meng déglutit et demanda : « Je dois vraiment aller à l’intérieur ? »

« Duh, dépêche-toi d’entrer. »

Meng trembla un instant, mais se souvenant de sa détermination renouvelée, elle s’éloigna de l’arbre de manière résolue, tira l’épée derrière elle, et utilisa l’Épée-Fantôme pour rassembler son courage.

« Bien, bien ! Voilà la bonne attitude », annonça l’Épée-Fantôme. « Une femme qui entre dans un salon de beauté est comme un homme pénétrant sur le champ de bataille. Allons-y ! Tue-les ! »

Comme Meng débordait de confiance, elle s’écria avec une envie de meurtre : « Tuons-les ! »

L’épée à la main, elle se précipita vers le salon de beauté, et elle ouvrit la porte du salon d’un coup de pied donné avec force. La porte alla immédiatement frapper le mur avec un bang énorme. Toutes les personnes à l’intérieur se figèrent. Un apprenti-coiffeur qui était en train de sécher les cheveux d’un client tint distraitement le séchoir dans sa main, et continua à sécher les cheveux du client sans s’arrêter. Le client, dont les cheveux se faisaient sécher, fut pris au dépourvu et ne remarqua pas la chaleur excessive. Une jeune apprentie, qui versait du thé pour les clients, s’immobilisa, ne réalisant pas que l’eau débordait déjà. Un coiffeur, qui coupait des cheveux, avait rassemblé une poignée de cheveux et avec quelques coupe, coupe, coupe, les coupa plus de dix fois.

Se rendant compte que l’attention de tout le salon était sur elle, Meng en fut choquée au point de trembler. Même sa voix restait coincée. Elle ne put qu’expliquer en tremblant : « Je suis venue pour, venue pour… »

Après avoir répété les deux mots « venue pour » une dizaine de fois, elle était toujours bloquée à « venue ».

Les gens à l’intérieur furent effrayés à mort par les deux mots « venue pour ». Mais, pour quoi donc est-elle venue ?

« Nous cambrioler ? » proposa le coiffeur tout en tremblotant.

Meng secoua vigoureusement la tête.

« Vous venger ? » Le garçon qui faisait un brushing afficha une expression terrifiée.

Meng agita la main avec forcer pour le nier.

« Alors, pour quoi est-ce que vous êtes venue ici ? » hurla tout le monde à l’unisson.

Meng était tellement intimidée qu’elle jeta même l’épée au sol. Avec les deux yeux qui lui tournaient et ses épaules tremblantes, elle murmura : « Être emb-bellie. »

« … »

 

 

Hahahaha, haha… Bai Xue Chen rigolait si fort qu’il devait s’accrocher au comptoir. Comment un voyage pour s’embellir peut-il tourner en vol à main armée d’un couteau ? Il allait vraiment mourir de rire à cause de ces deux clowns.

Lin Jian Yin, qui était à côté de lui, affichait une mine sombre. Furieux au point d’en faire grincer ses dents, il dévisagea Bai Xue Chen, dont le rire ne prenait jamais fin.

« Après ça, je ne sais pas combien de fois nous nous sommes excusés avant que les employés du salon soient d’accord pour lui coiffer les cheveux. J’ai attendu et attendu à côté d’elle et me suis endormi sans le remarquer. Quand je me suis réveillé, c’était déjà le matin. » Lin Jian Yin se sentit un peu impuissant. À cause de cette console Nintendo, le canapé dans le salon était devenu son lit depuis déjà plusieurs jours.

Bai Xue Chen lui rappela : « Mais si tu aidais Meng à changer seulement dans le jeu, ça ne veut pas nécessairement dire que Ye Meng Ling va changer dans la vie réelle, pas vrai ? »

« Non ! » Lin Jian Yin secoua la tête et affirma avec une certitude absolue : « Elle va changer. Elle n’est pas le genre de personne qui ne fait que parler et n’agit pas. »

Bai Xue Chen ne put se retenir de sourire mais, du point de vue de Lin Jian Yin, ce sourire eut l’air très bizarre. Il demanda prudemment : « Qu’est-ce qui te fait sourire ? »

« Rien. » Bai Xue Chen révéla une expression innocente. « C’est juste que je me disais que tu la comprenais bien. Elle est en fait venue dans ce magasin avant toi… et elle avait les cheveux raides. »

« Elle est venue ici avant moi ? » Lin Jian Yin était surpris et se hâta de le questionner : « Pourquoi est-elle venue ici ? Elle ne s’était pas enfuie en colère, hier ? »

« Elle est venue pour voir Yue Lan. Elles ont toutes les deux agi secrètement. Je ne sais pas de quoi elles ont parlé, mais elles ont dit qu’elles voulaient aller acheter des vêtements et sont sorties. »

Lin Jian Yin se sentit un peu heureux. « C’est bon à entendre. Elle a vraiment raidi ses cheveux, et elle achète également de nouveaux vêtements. On dirait qu’elle est sérieuse à propos de changer. »

Romance RPG – Partie 17

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Seventeen – traduit du chinois à l’anglais par Minna[PR!]
Partie Dix-Sept – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Lin Jian Yin dévala les escaliers aussi vite qu’il le pouvait. Seul Bai Xue Chen était resté en bas, alors que Yue Lan n’était nulle part en vue.

« Où est-elle ? Elle ne peut pas avoir disparu, pas vrai ? » s’enquit Lin Jian Yin, alarmé.

Bai Xue Chen répondit franchement : « Je l’ai envoyée à la cuisine, parce que je craignais que tu reçoives un choc trop grand. »

Lin Jian Yin ouvrit la bouche pour répliquer, mais il ne savait pas quoi dire. Il continua à ouvrir et à fermer la bouche jusqu’à ce qu’enfin il se force à demander : « Tu y as bien pensé ? Si elle disparaît un jour, ou si elle y “retourne”, qu’est-ce que tu vas faire ? »

Bai Xue Chen répondit allègrement : « Je prendrais probablement la peinture et chercherais frénétiquement cette boutique d’antiquités. »

« Et si tu ne parvenais pas à la retrouver ? » le questionna Lin Jian Yin, un peu stupéfait.

Bai Xue Chen jura sans aucune hésitation : « Je continuerais à la chercher pour toujours. »

Lin Jian Yin n’arrivait pas à en croire ses oreilles. « Tu es devenu fou ou quoi ? Tu ne pourrais pas chercher une personne normale à aimer ? »

« C’est vrai que je suis devenu fou, vraiment fou. » Les yeux de Bai Xue Chen dérivèrent vers l’entrée de la cuisine. La jeune fille pour laquelle il était fou d’amour se tenait près de la porte d’un air inquiet, observant secrètement les deux gars parler.

« Le véritable amour est essentiellement de la folie. »

Lin Jian Yin lui-même ne sut pas ce qu’il lui arriva en regardant l’expression indéfectible de son meilleur ami. En observant leurs interactions romantiques, il fut incapable de prononcer un seul mot de persuasion. Après avoir assisté à un barbecue toute la nuit avec eux, il leur parla du problème concernant la console Nintendo et Meng, oubliant presque que l’un d’entre eux ne pouvait même pas être considéré comme un être humain. Il semblerait que ses nerfs soient plus forts qu’il ne le croyait.

« Une peinture qui grille, qu’est-ce que nous allons faire si elle prend feu ? »

Sur le chemin du retour, Lin Jian Yin marmonna un tas de bêtises. La soirée avait été trop stimulante, au point qu’il ignorait quel genre de réaction il devrait avoir. Il y avait cette boutique d’antiquités bizarre, qui existait et pourtant n’existait pas, au 51ème étage, la console Nintendo qu’il avait jetée il y a longtemps, et la petite amie de Bai Xue Chen qui était sortie d’un tableau. Il y avait aussi Meng et Ye Meng Ling…

À l’heure actuelle, il était déjà près de trois heures du matin. Lin Jian Yin se tenait devant la porte de son appartement, toujours dans un état second. Est-ce que Meng m’attend dans le jeu ? Après avoir été blessée si terriblement par « Lin Jian Yin », elle devrait certainement avoir envie de se plaindre à « l’Épée-Fantôme » ? Sans le remarquer, il considérait déjà Meng et Ye Meng Ling comme étant la même personne.

Surement pas ! Ça ne peut pas être vrai. C’est une coïncidence, n’est-ce pas ? Lin Jian Yin secoua la tête. Même si la petite amie de Bai Xue Chen était sortie d’un tableau, le cas de Ye Meng Ling étant Meng était juste trop dément. Le jeu Nintendo n’est pas un jeu en ligne. Comment est-ce qu’il pourrait y avoir de vraies personnes à l’intérieur ?

Mais, est-ce que ça pourrait être plus dément qu’un personnage d’un tableau, qui prendrait vie ? Lin Jian Yin ne pouvait pas en être certain.

Ouvrant la porte à la hâte, Lin Jian Yin franchit l’entrée et entendit immédiatement un écho régulier de signal sonore à l’intérieur de l’appartement. Par habitude, il se dirigea vers la console Nintendo. La cartouche du jeu était insérée à l’intérieur comme d’habitude et clignotait. C’était comme si elle le pressait à entrer rapidement dans le jeu, parce qu’il y avait quelqu’un qui l’attendait à l’intérieur.

Perdu dans ses pensées, Lin Jian Yin se tint en face de la console, ses sentiments dans un désordre complet. Devrais-je entrer ou pas ?

Après avoir appris qu’il y avait quelque chose de bizarre avec la console Nintendo, Lin Jian Yin n’osa pas agir de la même façon qu’il avait agis avant, en entrant dans le jeu sans hésitation. Mais, pour être honnête, il ne pouvait pas se résoudre à prendre la console et la jeter dans le camion à ordures, qui devait venir tous les jours. Pourtant, il n’arrivait pas non plus à déterminer la raison pour laquelle il ne pouvait pas se résoudre à le faire.

Peut-être qu’il était encore très curieux de savoir si Meng était vraiment Ye Meng Ling.

Peut-être que le monde à l’intérieur de ce jeu était tout simplement trop attrayant.

Peut-être que…

Juste au moment où la réflexion de Lin Jian Yin commençait à dériver alors qu’il essayait de trouver une raison, il entendit un bruit de pleurs saccadés. Il écouta attentivement, sans du tout avoir peur des sanglots. Il savait qui pleurait, et il savait aussi d’où le bruit provenait. Il savait même qu’il ne pouvait pas laisser la personne pleurer seule. Après tout, il était celui qui l’avait fait pleurer.

S’asseyant brusquement, deux vortex se réfléchirent dans les yeux de Lin Jian Yin…

Lorsque l’Épée-Fantôme ouvrit les yeux, une large prairie s’étendant à perte de vue apparut devant lui. Le son du vent et de l’herbe qui s’agitait était poussé au loin, couvert par le bruit des pleurs. À ce moment-là, il pouvait seulement entendre sangloter derrière lui : Meng pleurait.

Quand il songeait au fait qu’il était la personne même qui l’avait fait autant pleurer, l’Épée-Fantôme éprouva une certaine difficulté à s’adresser à elle. « Meng… »

Les pleurs cessèrent soudainement. Une voix, à peine contrôlée, lui arriva par derrière. « J’ai attendu et attendu. Pourquoi est-ce que tu ne te montres que maintenant ? »

« Je suis désolé, je suis désolé, je suis désolé… » L’Épée-Fantôme continua à s’excuser. Il faisait plus que s’excuser pour son retard, il s’excusait aussi parce qu’il l’avait blessée ce soir.

En entendant l’Épée-Fantôme s’excuser encore et encore, Meng en fut à la fois amusée et attristée. Elle essuya ses larmes et lâcha avec générosité : « Ça va, c’est moi qui ai tort. Tu es juste en retard. Je ne devrais pas pleurer pour une raison aussi simple. »

Mais, tu ne pleures pas pour une raison aussi simple que le fait que je sois en retard, pas vrai ? pensa l’Épée-Fantôme dans son cœur. Mais, ce pour quoi tu pleures est sans importance. En fin de compte, c’est toujours moi le coupable.

« Épée-Fantôme. »

« Ouais ? »

Meng se retourna et tira l’épée de son fourreau. Avec les yeux fixés dans ceux de l’Épée-Fantôme à une courte distance, elle déclara de façon inébranlable : « Je veux changer ! Je ne veux plus que les autres se moquent de moi. Je veux devenir belle ! »

Mise à jour : Mai 2017

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Chapitres de Mai
  1. Romance RPG: Partie 17
  2. Romance RPG: Partie 18
  3. La Légende du Chevalier du Soleil Invincible : Partie 2
  4. 1/2 Prince T5C3 : Neurotic et DanDan
  5. La Reine Guerrière TP1C2 : Lumière et Ténèbres Partie 2

Boujour tout le monde !

Ce mois-ci, nous allons publier deux parties de RRPG, un chapitre de 1/2 Prince, la partie 2 d’Invincible (pour que vous puissiez en apprendre davantage sur les aventures de Neo 😉 ) et également le chapitre 2 de La Reine Guerrière.

Quoi? Vous vouliez plus de chapitres? Ah bah… désolée, mais faudra faire avec. 🙂

Sinon, si vous vous débrouillez bien en anglais, la team anglaise organise actuellement un concours sous le thème des farces du 1er Avril. Il faut simplement réaliser un guide en plusieurs étapes d’une farce qu’un personnage créé par Yu Wo ferait à un autre personnage créé par l’auteure. On peut mélanger les séries, mais il faut être détaillé dans les infos concernant la blague. La date limite pour le concours est le 10 Juin. Pour plus de détails, visitez le forum de PrinceRevolution! –> Ici

Invincible Partie 1 : Prologue

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La Légende du Chevalier du Soleil – Histoire parallèle

Roman d’origine en chinois par (Yu Wo)


Unbeatable Part 1: Prologue – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Invincible Partie 1 : Prologue – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par Yukomin/AkaiiRia

« Tu es vraiment fort, Neo… »

« Dans ce cas pourquoi t’inquiètes-tu autant pour moi ? »

Neo du Soleil regarda l’homme qui était son collègue depuis trente ans, Chasel du Jugement. Il était celui qui devrait le mieux connaître Neo.

C’est pourquoi il n’arrivait vraiment pas à comprendre pourquoi Chasel l’avait arrêté au moment où ils quittaient le Temple Sacré, une fois qu’ils avaient eu passé les rênes à la génération suivante des Douze Chevaliers Sacrés. Après que Chasel lui eut demandé où il voulait aller, son visage indiqua très clairement qu’il était inquiet.

Inquiet ? Mais, tout ce que Neo souhaitait faire, c’était de partir à l’aventure ! Avec sa force, de quoi fallait-il s’inquiéter ?

Voyant l’expression passablement impatiente de Neo, Chasel soupira et dit : « Au moins, promets-moi que tu trouveras un compagnon pour ton aventure. »

« Je n’ai pas besoin d’un compagnon », répliqua Neo, confiant. Je peux gérer tous les types de dangers, et même si je ne le peux pas, avoir un compagnon ne ferait que gêner ma retraite. Donc, pourquoi devrais-je en trouver un ?

C’est ce qui m’inquiète le plus, pensa Chasel.

Chasel proposa avec tact : « Pourquoi je ne viendrais pas avec toi jusqu’à la Guilde des Aventuriers pour t’aider à trouver un groupe ? »

« Ce n’est pas nécessaire ! » Neo roula des yeux et répondit sèchement, mécontent : «  Je ne veux pas être dans un groupe, c’est ennuyeux à mourir ! D’accord, n’en rajoute pas. Je pars à l’aventure maintenant, et reviendrai voir tout le monde quand j’en aurai le temps. »

« Attends, Neo… »

« Ne dis plus rien, je pars. » Neo fusilla Chasel du regard du coin de l’œil. Avec une confiance absolue, il ajouta : « Et tu ne peux pas m’en empêcher. »

En entendant cela, Chasel fut outré. Il s’inquiétait pour lui et, malgré tout, ce type lui répondait ainsi !

« Alors pars ! J’espère que le Dieu de la Lumière bénira ton voyage. »

« Au revoir ! »

Après cela, il partit sans se retourner.

 

 

Chasel fronça légèrement les sourcils en observant la silhouette de Neo s’effacer. Il se sentait toujours terriblement mal à l’aise. À ce moment-là, il entendit des bruits de pas derrière lui. Il se retourna et aperçut le coin d’un vêtement avec de nombreux motifs dorés brodés dessus. Hormis le Pape, personne dans l’Église du Dieu de la Lumière ne porte de telles robes.

Le Pape s’avança de quelques pas et s’arrêta à côté de Chasel dans l’entrée du Temple Sacré. Il regarda Neo s’éloigner et s’enquit : « Pourquoi t’inquiètes-tu autant ? Même si Neo ne reçoit plus la faveur du Dieu de la Lumière, il reste toujours inhumainement fort. »

« Mais, Neo… »

Chasel soupira et ajouta tristement : « Ne peut pas cuisiner, ne peut pas laver ses propres vêtements, et sans parler de lire une carte, il n’arrive même pas à différencier les directions. Aussi, il ne sait même pas que “Les branches d’arbres peuvent être utilisées pour démarrer un feu” ! On peut dire qu’il ne sait rien faire en dehors de se servir de son épée. Pour en rajouter, il n’a jamais économisé beaucoup d’argent et ne garde jamais beaucoup d’argent sur lui. Ce qui est encore pire, c’est qu’il ne sait pas vraiment combien les choses coûtent ! Et malgré cela, il veut partir seul à l’aventure et vivre par lui-même… Peut-il réellement survivre de cette façon ? »

Le Pape observa le dos du chevalier sacré qui s’estompait progressivement au loin, et révéla exactement la même expression d’inquiétude que Chasel. Il secoua la tête et soupira en disant : « Tu as raison, Chasel. Tu as raison depuis trente ans. Neo a toujours été une personne pour laquelle les autres s’inquiètent. »

« Il a même élevé un Chevalier du Soleil tout aussi préoccupant. »

Chasel soupira en songeant à la personnalité unique du nouveau Chevalier du Soleil… Avec un peu de chance, Lesus pourra le gérer.

« Maître, maître ! »

Entendant soudainement une voix derrière lui, Chasel se retourna. Il vit deux personnes l’une devant l’autre, trottinant vers lui. Les mouvements de la personne de devant étaient très gracieux, malgré le fait que celui-ci trottinât. Même ses cheveux dorés se balançaient en rythme, comme des notes de musiques dansantes. Il avait l’air…très agaçant.

Cette personne qui paraissait extrêmement agaçante était le successeur de Neo, le Chevalier du Soleil récemment promu, Grisia Sun.

Se pourrait-il que la capacité d’élever un tel enfant soit un type de talent ? Chasel ne pouvait vraiment pas comprendre quel genre de folie avait poussé Neo à élever son successeur comme le Chevalier du Soleil des légendes !

Après tout, dans le but d’élever un tel enfant, il avait dû faire de lui-même un exemple. Tant que Grisia était présent, il était obligé d’être particulièrement élégant. À la fin, inconsciemment, il était devenu remarquablement élégant… Était-ce ce qu’on appelait « Quand quelqu’un blesse les autres, il se blesse lui-même » ?

Chasel ne savait pas trop quoi en penser. Mais, durant les trente dernières années, Neo avait souvent fait des choses qui blessaient tout le monde, lui inclus.

Pendant que Chasel méditait, Grisia et son vice-capitaine l’avaient rejoint et le saluaient respectueusement.

Chasel retourna le salut en le réprimandant : « Ton maître est déjà parti. À partir de maintenant, tu ne peux dépendre que de toi. Même si tu te trouves en difficultés, tu ne peux plus te reposer sur ton maître. Compris ? »

Grisia fut silencieux un moment. Il sourit alors brillamment et dit d’un ton sincère : « Précédent Chevalier du Jugement, aujourd’hui, nous pouvons voir à quel point le Dieu de la Lumière bénit le peuple tandis qu’il nous baigne dans la lumière du soleil. Mon maître a débuté son aventure de la manière la plus parfaite qui soit, mais je me demande si, à cause d’une merveilleuse erreur du Dieu de la Lumière, mon maître n’aurait pas oublié quelque chose de négligeable. Cette chose est peut être sans importance, mais, comme mon maître me l’a toujours appris, nous ne devons pas ignorer une possible bonne action, peu importe à quel point elle est insignifiante, puisque nous ne devons jamais commettre de mauvaises actions, même si les conséquences en sont triviales. Même si cette chose est sans importance, ne pas l’avoir en sa possession peut occasionner de nombreuses difficultés… »

Chasel se retourna, sans expression, et regarda l’actuel vice-capitaine de la Section du Chevalier du Soleil, Adair. Ce dernier comprit immédiatement et commença à expliquer automatiquement : « Le Capitaine-Chevalier du So… Non ! L’ex Capitaine-Chevalier du Soleil a oublié de prendre ses bagages. »

« … Après lui. »

La Légende du Chevalier du Soleil T4C2 : Un Puissant Destrier

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : 我 (Yu Wo)


Chapter 2: A Powerful Steed – traduit du chinois à l’anglais par ErodingPersona[PR!]
Chapitre 2 : Un Puissant Destrier – traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ travail de vérification par Yukomin

Iacchi raconta qu’après que la licorne se fût libérée, toute la ville avait été barricadée. On n’avait laissé que quelques passages de taille humaine pour y entrer, donc la licorne n’avait absolument pas pu s’échapper de la ville pour le moment. Cependant, pour une raison que l’on ignorait, même si des recherches avaient été menées méticuleusement pendant toute la nuit, la licorne n’avait pas encore été retrouvée.

Pour empêcher que la situation ne traînât trop en longueur, ce qui pourrait conduire à la fuite de la licorne ou à sa capture par un contrebandier, la Guilde des Aventuriers avait décidé d’offrir cinq cents ducats d’or comme récompense à quiconque parviendrait à la capturer. Les seules restrictions étaient que la licorne ne devait pas être tuée ou sérieusement blessée.

Je me mis à analyser les informations d’Iacchi, mais peu importe sous quel angle je les retournais, je ne pus que conclure que la première chose à faire était d’attraper la licorne avant quelqu’un d’autre.

Chaque minute compte ! Je demandai immédiatement aux autres : « Où est mon équipement ? »

En entendant mes mots, Sybil et Yuna échangèrent un regard. Ensuite, la première retira à contrecœur un badge et le contempla longuement avant de le placer dans ma main.

Je regardai le badge. Il faisait approximativement la taille de ma paume et était fait de métal, mais un très fort élément des ténèbres l’enveloppait. Il me fallait fournir un grand effort pour parvenir à distinguer l’élément de métal caractéristique de l’élément des ténèbres qui l’entourait, afin de voir la véritable forme du badge.

Un motif était gravé dessus : de simples lignes qui formaient un très imposant… animal.

Pendant un instant, je ne parvins pas à me rappeler de quel genre de créature il s’agissait. Je n’en avais probablement pas rencontré très souvent auparavant. Pourtant, le badge me semblait très familier, donc il devait être à moi.

J’attendis un peu, mais aucune d’entre elles ne fit le geste de me donner d’autres objets. Surpris, je leur demandai : « C’est tout ? Je n’ai même pas une épée ? Où sont mes vêtements ? »

Même si je portais des vêtements en ce moment, ils ne consistaient qu’en une simple chemise blanche et un pantalon marron. Mon instinct me disait que ce n’étaient pas mes vêtements et qu’il fallait absolument que je récupère mes habits d’origine quoi qu’il advînt… Ce n’était pas ces guenilles bon marché !

« Tu es un guérisseur. Les guérisseurs n’utilisent que des bâtons, pas des épées. »

Yuna me donna une explication détaillée. « Tes vieux vêtements ne peuvent plus être portés non plus. Nous t’avons trouvé dans la forêt, et tu étais entouré d’arbres et d’herbe carbonisés. Tout ton corps était brûlé, tes vêtements étaient noircis et déchirés, et ton bâton… Désolée, mais je pense qu’il a dû être consumé par les flammes. »

Consumé par les flammes… Pourquoi est-ce que je ne me sens même pas le moins du monde attristé en entendant cela ?

Quelque chose ne me semble pas normal, puisque cela aurait dû être un objet très précieux pour moi, n’est-ce pas ? Pourtant je ne me sens pas du tout attristé par sa perte. En y réfléchissant bien, peut-être que ce que j’ai perdu ne peut pas être détruit par le feu ?

J’imagine qu’il me faut laisser cette question de côté pour le moment. Je continuai à les interroger : « Il n’y a vraiment rien d’autre ? »

Yuna et Sybil secouèrent toutes les deux la tête.

Vraiment ? Je touchai l’espace devant ma poitrine. Je continue à avoir l’impression que je devrais avoir autre chose avec moi… Oh, tant pis !

« Très bien ! Maintenant, la première étape est de capturer une jeune vierge… »

« Tu veux vraiment capturer une vierge ? » laissa échapper Igor, choqué. Puis, il jeta un autre regard qui faisait pitié à Yuna avant de se tourner vers moi. « Tu ne peux pas deviner qui est vierge simplement en les regardant, alors comment comptes-tu en attraper une ? »

Je répondis comme s’il s’agissait d’une évidence : « Pourquoi ne pas attraper une petite fille ? Après tout, quand nous aurons fini d’attirer la licorne, nous pourrons simplement la ramener à sa maison ! »

« Capturer une petite fille ? Ça ne me paraît pas être une très bonne idée… » répliqua Woodrow qui était quelque peu troublé.

« Évidemment que ce n’est pas une bonne idée ! Nous ne pouvons absolument pas faire ça ! » Yuna me fixa avec un regard plein de colère. « Nous ne pourrions jamais faire une chose pareille, tu le regretterais forcément plus tard. Tu es un guérisseur du Dieu de la Lumière. Tout le monde sait que les guérisseurs du Dieu de la Lumière sont les personnes les plus gentilles qui soient. Si tu retrouves tes souvenirs après avoir fait tout cela, tu seras sûrement rempli de remords pour le restant de tes jours ! »

Rempli de remords pour le restant de mes jours ? Je me figeai. Suis-je… vraiment une personne si gentille ?

« Pourquoi es-tu si inquiète ? » se moqua Iacchi. « Nous n’avons pas besoin de capturer une petite fille, nous pouvons simplement en embaucher une ! »

Il hocha la tête et affirma en connaissance de cause : « Nous pouvons chercher une fille issue d’une famille pauvre. Pour dix ducats de bronze, nous pouvons l’embaucher pour une journée entière. Mais, nous devons faire attention à en employer une qui soit suffisamment jeune. Autrement elle pourrait ne plus être vierge. On n’y peut rien, puisqu’on parle d’une fille qui vient d’une famille pauvre après tout ! Dix ducats de bronze seront amplement suffisants pour l’embaucher toute une journée, peu importe ce que nous voudrions qu’elle fasse pour nous, hehehe… »

« Iacchi ! » le réprimanda Yuna d’une voix forte.

Iacchi haussa les épaules et s’arrêta de parler.

Je devins silencieux. Après avoir écouté les arguments d’Iacchi, je me sentais un peu inconfortable. Peut-être que Yuna a raison, et qu’il se pourrait que je ne sois pas une mauvaise personne après tout. Si je capture une petite fille, peut-être que j’éprouverai réellement des remords pour le reste de ma vie… Mais ! Puisque nous pouvons en engager une, tout devrait bien aller.

Pas besoin de capturer une petite fille, pourtant la mission nous est toujours ouverte… Je peux faire face à ma conscience aussi bien qu’à mon amour pour l’argent de cette façon. C’est vraiment la meilleure solution pour les deux mondes ! Il faut absolument que je prenne exemple sur Iacchi dans le futur ! 

Après avoir pris ma décision, je souris à Iacchi. Cependant, pour une raison quelconque, il ne fit que me rendre un fin sourire suffisant.

« Je comprends, tu peux aller embaucher une fillette », dit Iacchi. Il secoua la tête. D’abord, il afficha un air qui semblait dire que j’étais une cause perdue, puis il m’adressa un regard sournois tout en me lançant un clin d’œil. Finalement, il murmura : « Mon frère, ne suis-je pas sympa avec toi ? Chaque fois que tu me soigneras, assure-toi d’y mettre plus d’effort ! »

Peut-être que je ferais mieux de ne pas prendre exemple sur lui après tout.

« Hors de question ! » Yuna s’opposa immédiatement à sa suggestion et déclara catégoriquement : « Sybil et moi, nous allons nous occuper d’embaucher la petite fille. »

« Très bien dans ce cas ! »

Woodrow accepta immédiatement et entreprit de distribuer les rôles. « Yuna et Sybil iront engager une petite fille. Iacchi, tu vas continuer à rassembler des informations. Je vais aller préparer l’équipement pour attraper la licorne. Igor, toi et Grisia, vous pouvez partir en éclaireurs et commencer la recherche. »

Je regardai Igor et lui dis poliment : « Montre-moi le chemin. »

« Pas de soucis, camarade ! »

Igor me tapa l’épaule avec force, puis, avec trois onces de vaillance et deux onces de solennité, il annonça : « Viens avec moi, je dois emmener mon épée et mon armure de cuir pour les faire réparer. Ensuite, nous irons boire ! »

« Hein ? » Je m’arrêtai et demandai confirmation avec incertitude : « Mais, la recherche… »

Je voulus jeter un coup d’œil à mes autres coéquipiers, mais ils étaient tous partis l’un après l’autre, vraisemblablement pour accomplir les tâches qui leur avaient été assignées.

Igor expliqua de façon détachée : « On peut toujours l’effectuer en cours de route. Une taverne est aussi un bon endroit pour récolter des informations ! »

Je m’arrêtai un instant pour me tourner vers Woodrow qui s’était déjà approché de la porte. Woodrow se retourna lui aussi, me sourit et me rassura : « Ne sois pas si nerveux. Rassembler de l’information ne relève pas de la responsabilité d’un guerrier. Je veux juste qu’il garde l’œil et l’oreille ouverts. Je n’attends pas vraiment de lui qu’il rapporte des infos. Aussi, cela ne relève pas non plus de la responsabilité d’un guérisseur. Puisque tu accompagnes Igor à la taverne, profites-en et mange un morceau ! Tu as dormi pendant si longtemps, et même si nous t’avons fait boire du sirop, tu devrais être plutôt affamé, pas vrai ? »

Les guérisseurs sont bel et bien censés rester derrière et apprécier la brise d’air fraîche… Cette phrase surgit soudainement dans mon esprit, même si j’éprouvais un doute quant à savoir s’il s’agissait de « culture générale ».

« C’est parti ! Grisia, viens boire un coup avec moi… » Igor cessa de parler, me regarda avec un air de doute, avant de me demander avec hésitation : « Si on boit un verre ou deux, tu ne tomberas pas ivre mort, hein ? Tu n’as pas l’air d’être le type de personne qui tient l’alcool. »

Woodrow, qui était déjà sorti de la pièce, passa sa tête à travers l’embrasure avant de le mettre en garde : « Igor, si Grisia ne peut pas tenir l’alcool, ne le force pas à boire. Être un peu saoul n’est pas un problème, mais tu ne peux pas le laisser devenir complètement ivre. Tu connais les règles. »

« Bon, quelle déception… » murmura Igor, grognon.

Du vin !

Après que j’eus entendu cela, je ne pus plus me retenir de me lécher les lèvres… Peut-être que je n’étais pas quelqu’un qui ne pouvait pas supporter l’alcool après tout.

 

 

Igor et moi descendions la rue. Même s’il faisait nuit, la ville grouillait encore d’activité, et une foule de personnes s’y pressait. Les deux côtés de la rue étaient remplis d’étals, et divers types de marchandises y étaient proposés. De nombreux éléments de tous les types étaient fusionnés, et j’éprouvais de grandes difficultés à les dégager les uns des autres. Cependant, quand je parvenais à le faire et à reconstituer un objet, je ressentais un grand sentiment d’accomplissement.

« Grisia ! » cria soudainement Igor.

Bam !

Le paysage sous mes yeux devint noir, mon front me faisant tellement mal que je pus seulement m’accroupir et tenir ma tête entre mes mains…

« Mon dieu ! Ce pilier est si grand, et tu parviens quand même à rentrer dedans sans battre un cil ? » s’étonna Igor, stupéfait. « À quoi donc te servent tes grands yeux ? »

Je me suis donc cogné contre un pilier, pas étonnant que cela fasse si mal… Je grognai furieusement : « Il y a trop de choses dans le coin, je n’ai pas réussi à tout reconstituer à temps ! »

« Reconstituer quoi ? » s’enquit Igor, sans comprendre.

« Aïe, ça fait vraiment mal, aïe… » Je me frottai la tête et gémis. Ce coup m’avait vraiment donné l’impression de m’être fendu la tête en deux.

« Tu t’es cogné tellement fort dans le pilier que tu y as laissé des fissures. Quelque chose ne tournerait pas rond si tu n’avais pas mal. » Igor me réprimanda : « Tu es un guérisseur, soigne-toi, et, quand tu auras fini, dépêchons-nous de partir. Tout le monde nous fixe. »

Me soigner… Après m’être réveillé, même si je savais que j’étais un guérisseur, je n’avais pas encore utilisé de sort de guérison. Je me demande quelle est la première étape…

« Soin Mineur ! »

J’eus un moment d’absence, mais, lorsque je m’en rendis compte, l’élément sacré m’avait déjà entouré, et il se transforma en un élément différent avant de s’enfoncer dans mon front. Plus il s’enfonçait, plus la douleur s’atténuait.

Oh, c’est donc ainsi qu’on lance un sort de soin !

Une voix inconnue se mit à s’esclaffer : « Ahah ! Igor, je pensais que tu étais déjà un vrai imbécile. Je n’arrive pas à croire que ton ami est encore plus bête que toi. Il est même parvenu à faire des brèches dans un poteau. »

« Quoi ? Je ne suis pas bête au point de foncer dans un pilier… Et, Grisia n’est pas un idiot ! » rugit Igor. À la moitié de sa phrase, il réalisa son erreur et s’empressa de tourner la tête vers moi pour se corriger : « Vraiment, tu n’es pas un abruti. C’est juste que tes lourdes blessures sont à peine guéries, donc ton temps de réaction est un peu lent. C’est pourquoi tu n’as même pas remarqué ce pilier et que tu lui as foncé dedans juste comme ça. »

Si tu ne me l’avais pas expliqué, je ne m’en serais même pas préoccupé, mais, maintenant que tu l’as fait, tout ce dont j’ai envie c’est d’agripper ta tête et de la percuter contre le pilier !

« Est-ce que tu vas bien ? Le sort de soin de tout à l’heure a-t-il soigné tes blessures ? » Une voix plutôt gentille retentit, mais malheureusement il s’agissait de la voix d’un homme.

Avant que j’eusse la possibilité de répondre, la voix inconnue qui m’avait traité d’imbécile juste avant résonna de nouveau.

« Kylie, pourquoi veux-tu gâcher un autre sort de soin ? » Il déclara avec mauvaise humeur : « Même si c’est juste un Soin Mineur, tu ne peux le lancer que cinq fois par jour. »

Kylie, l’homme qui avait une voix gentille au point de donner des frissons aux gens, répliqua : « Ça ne devrait pas être un problème. Pendant les prochains jours, nous n’allons pas sortir de la ville, donc je n’aurai pas besoin d’utiliser de sort de soin. »

Je me levai et examinai les autres. Même si seulement deux personnes avaient parlé, en fait ils étaient quatre dans le groupe, et ils avaient l’air de former une équipe. La personne qui avait parlé en premier à Igor semblait être un guerrier, et son élément du vent était assez élevé, probablement parce qu’il se focalisait sur la vitesse. La personne qui m’avait soignée, nul besoin de le dire, était bien sûr un guérisseur. Son corps émettait naturellement de l’élément sacré, même si ce n’était pas autant que moi.

Cela veut-il dire que je suis plus fort que lui ?

Le type me faisait face, mais il questionna Igor plutôt que moi : « Igor, ce n’est pas l’un de tes coéquipiers n’est-ce pas ? »

« Bien sûr que si. Il vient juste de nous rejoindre. Grisia est un guérisseur. »

« Un guérisseur ? » Il avait l’air un peu surpris et demanda avec confusion : « Mais, n’avez-vous pas déjà Yuna qui a le rôle de prêtresse-guerrière ? »

Igor se vanta devant lui : « Grisia est un guérisseur du Dieu de la Lumière, comme le gamin efféminé de ton équipe. »

Qui ressemble à un gamin efféminé ?

L’efféminé Kylie laissa échapper un hoquet de surprise : « Donc, tu es en fait en camarade qui vient de l’Église du Dieu de la Lumière ? »

« Un guérisseur de l’Église du Dieu de la Lumière ? Tu n’essaierais pas de nous rouler ? »

Igor répliqua immédiatement : « Bien sûr que c’en est un, et les sorts de soin de Grisia sont même très puissants ! »

« Vraiment ? » Kylie semblait être plaisamment surpris et il affirma : « Tu as l’air très jeune ! Être aussi puissant à ton âge, c’est vraiment un accomplissement. À quel niveau te situes-tu ? »

Niveau ? Je me sentis perdu. Je n’avais absolument aucune idée d’à quel niveau je me situais en tant que guérisseur. Le fait que je fusse un guérisseur était même quelque chose que les autres avaient dû me révéler, et le fait que les guérisseurs fussent répartis entre différents niveaux était une chose dont je venais tout juste de prendre connaissance à l’instant.

« Grisia n’a pas besoin de prononcer la moindre incantation pour lancer un sort de Soin Mineur ! » Igor demanda avec curiosité : « Kylie, à quel niveau penses-tu qu’il soit, hein ? »

« Il n’a besoin d’aucune incantation !? »

Kylie poussa un cri aigu avec une voix retentissante, faisant sursauter tout le monde.

Après un certain temps, il parvint finalement à bredouiller : « Ce, ce… Normalement les incantations sont nécessaires, mais si c’est Soin Mineur, s’il est utilisé souvent, peut-être qu’en effet il est possible de ne pas utiliser l’incantation ! Les Cardinaux sont peut-être capables d’une telle prouesse… »

« Les Cardinaux ? » demandai-je. « De qui s’agit-il ? »

Kylie faillit en perdre sa langue et parvint tout juste à s’écrier : « Les Cardinaux sont les quatre évêques qui sont hiérarchiquement juste en dessous de sa Sainteté le Pape… Toi… es-tu vraiment un guérisseur ? »

« Je ne le sais pas non plus », répondis-je honnêtement.

« Tu ne le sais pas ? » Les yeux des quatre personnes de l’autre équipe s’ouvrirent encore plus grands.

Igor s’empressa de préciser : « C’est parce que Grisia a perdu la mémoire. »

« Il a perdu la mémoire ? »

Ils arboraient tous une expression de stupéfaction sur leurs visages. Leurs réactions étaient exactement identiques à celles de Woodrow et du reste du groupe la première fois qu’ils m’avaient entendu révéler une telle chose.

Après un instant, le garçon efféminé dit : « Grisia ? Je ne pense pas avoir déjà entendu parler d’un guérisseur portant le nom de Grisia ! »

En entendant cela, je me sentis légèrement déçu. Si quelqu’un me connaissait, alors j’aurais pu être en mesure de retrouver mes coéquipiers encore plus rapidement. Néanmoins, je répondis tout de même poliment : « Ce n’est pas grave. »

« Je suis vraiment navré de n’avoir pu t’être d’aucune aide. » Kylie m’adressa un regard plein d’excuse et ajouta : « Peut-être que tu devrais essayer de te rendre à l’Église. Pour quelqu’un qui se démarque autant que toi, de nombreuses personnes seront sûres de te connaître. Cependant, il n’y a pas de branche de l’Église du Dieu de la Lumière au Royaume de Kissinger, aussi je crains que tu ne doives te rendre au Royaume du Son Oublié. Ou peut-être que, au Royaume de l’Orchidée Lunaire qu’il te faudra traverser, il y aura quelques succursales de l’Église. »

Je hochai la tête et le remerciai : « Merci pour l’information. »

 

 

Je relevai la tête et fis descendre le contenu tout entier d’une bouteille de vin le long de l’intérieur de mon gosier avant d’être suffisamment satisfait pour m’essuyer la bouche.

À côté de moi, Igor me contemplait avec stupéfaction et s’exclama : « Grisia, arrête de boire ! Tu as déjà ingurgité trois bouteilles ! Mince, mince ! Si Woodrow découvre que je t’ai laissé t’enivrer, il va me tuer, c’est sûr… »

Je tournai la tête pour le regarder et prononçai en articulant bien : « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ou archi sèches1… Qui est ivre déjà ? »

« Très bien… Tu n’es pas bourré. »

Igor se gratta la tête, se leva et déclara : « Dans ce cas, continues à boire, mais tu n’as pas intérêt à devenir ivre ! Je vais partir devant avec mon épée, l’armurerie est le magasin à côté. Aussi, je vais t’aider à payer tes boisons pour le moment. Mais, après, quand nous aurons fini nos missions et que tu auras reçu ta part, tu devras me rembourser ! »

« Dans ce cas, je ne boirai plus une seule goutte ! » m’écriai-je, surpris.

« … »

Une fois sorti de la taverne, je me plaignis avec mauvaise humeur : « Tu ne peux même pas payer un peu de vin ? »

« Tu as déjà bu trois bouteilles, ce n’était pas juste un peu de vin. Ce que tu as commandé coûte un ducat d’argent la bouteille… »

Même si je voulais dire que cela ne faisait que trois ducats d’argent, les mots refusèrent de quitter ma bouche. Une bouteille de vin coûtait en fait un ducat d’argent ! Je venais à l’instant d’engloutir trois ducats d’argent… Je n’avais même pas reçu ma part de la récompense des missions, et pourtant j’avais déjà acquis une dette de trois ducats d’argent !

Licorne, où es-tu ?

Mes cent ducats d’or, où êtes-vous ?

À cet instant, Igor se mit à rigoler bruyamment avant de dire : « Cependant, je ne m’attendais pas à te voir aussi bien tenir l’alcool ! Puisque nous avons une mission à compléter pour le moment, je ne peux pas te rejoindre pour un tour, mais un autre jour quand nous n’aurons pas de quêtes, allons boire tout notre saoul ! »

« C’est toi qui paies ? » demandai-je avec enthousiasme.

« …Tu n’es vraiment pas un avare ordinaire. Ton amour pour l’argent est encore plus grand que celui d’Iacchi, et c’est un voleur ! » Igor finit de marmonner avant de proposer avec entrain : « Le premier à être complètement bourré paie, qu’est-ce que tu dis de ça ? »

« Pas de problème ! »

Comme j’avais perdu la mémoire, je ne savais pas avec certitude quelle quantité de vin j’étais capable de boire, mais j’éprouvais cet étrange sentiment de confiance en moi… Si c’est une compétition de beuverie, je ne perdrai jamais contre qui que ce soit !

« Nous y sommes. » Igor s’arrêta et tourna la tête pour deviner : « Les armes ne t’intéressent pas, n’est-ce pas ? Si tu t’ennuies, on vend des bâtons de l’autre côté de la rue. Tu peux y aller et en choisir un nouveau. L’équipe t’avancera l’argent avec les fonds de notre groupe, mais plus tard ce sera déduit de ta récompense… Tss ! Ton expression me dit que si tu dois le payer de ta poche, tu n’achèteras rien ! »

Je hochai vigoureusement la tête.

Stupéfait, Igor argua : « Le guérisseur d’un groupe ne peut pas se balader sans bâton. Oublie ça ! Viens d’abord avec moi, et ensuite nous irons ensemble à l’étal des bâtons. Tu n’as plus tes souvenirs en ce moment, alors j’ai peur que le vendeur ne t’arnaque… eh ! Même si c’est peu probable, puisque tu aimes tant l’argent… Tellement qu’on dirait que tu as oublié avoir perdu la mémoire. »

« Quoi ! J’ai vraiment perdu la mémoire », protestai-je bruyamment.

« On ne dirait vraiment pas. Tu ne sembles même pas du tout inquiet ! » répliqua Igor, sa tête tournée vers moi, tout en entrant dans l’armurerie.

Je haussai les épaules et répondis : « C’est simplement que j’ai l’impression qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter et que mes camarades finiront assurément par venir me chercher. »

« J’imagine que oui … »

À la minute où nous pénétrâmes dans l’armurerie, le propriétaire s’approcha immédiatement pour nous saluer, ses yeux faisant des allers-retours entre Igor et moi. Instantanément, il porta son attention sur Igor, m’ignorant complètement. Devrais-je dire qu’il avait l’œil pour repérer les pingres ou était-ce qu’il avait l’œil pour repérer les guerriers ? Avec à peine un regard, il avait immédiatement déterminé que je n’étais pas quelqu’un qui se servait d’une épée dans sa profession, alors il n’avait même pas pris la peine de me saluer.

Voyant qu’Igor discutait avec enthousiasme avec le propriétaire, je ne pus que me promener tout seul dans l’armurerie. Pour autant que je pouvais en juger, les armes de la boutique étaient plutôt des épées et des couteaux. Des armes comme les épées me semblaient très familières, mais les bâtons me paraissaient complètement inconnus… Est-ce que j’utilise vraiment un bâton ?

Incapable de m’en empêcher, je saisis une épée et la fis tournoyer avec adresse. J’ai l’impression d’avoir déjà fait ça, peut-être que j’emploie vraiment des épées… Hein ? Où est passée l’épée ?

Confus, je fixai du regard ma main vide. Ne la tenais-je pas dans ma main une seconde auparavant ? Comment a-t-elle pu disparaître après que je l’aie eu simplement fait tournoyer deux fois ?

« Ah ! » Igor se mit soudainement à hurler, et le bruit clinquant du métal tombant sur le sol retentit.

Je regardai derrière moi. Oh ! Ainsi, l’épée s’est échappée de ma main et est carrément allée cogner l’arrière de la tête d’Igor… Par chance, c’est le pommeau qui l’a frappé !

« Grisia, qu’est-ce que tu m’as lancé… Merde ! »

Igor frotta l’arrière de son crâne qui lui était douloureux, puis il se tourna vers moi, regarda l’épée sur le sol, et me lança un regard incrédule. J’affichai immédiatement l’expression la plus innocente du monde et j’utilisai mon ton le plus triste pour me repentir : « Je suis désolé, ma main a momentanément glissé. »

« Ta gaffe a failli me coûter la vie… guérisseur ! Tu n’es pas autorisé à toucher une seule épée ! » Mécontent, Igor me mit en garde, puis il se retourna et continua de marchander avec le propriétaire.

Je m’approchai, ramassai l’épée et la rangeai à sa place d’origine. Après cela, je n’osai plus toucher la moindre lame… Peut-être que mon arme est vraiment le bâton après tout !

Au moins, si un bâton me glisse des mains et frappe quelqu’un, il ne provoquera la mort de personne.

Ne pas être autorisé à toucher quoi que ce fût m’ennuyait profondément. En regardant Igor qui était encore plongé dans un débat acharné avec le propriétaire, je songeai qu’il lui faudrait un long moment avant de finir de marchander les prix. Aussi, je lui criai : « Igor, je vais aller de l’autre côté jeter un coup d’œil aux bâtons ! »

« Ok, mais n’achète rien sans moi ! » Igor ne m’accorda même pas un regard, lorsqu’il me répondit.

« Très bien. »

Après lui en avoir fait la promesse, je sortis de l’armurerie et observai les alentours. Immédiatement, je découvris qu’à l’opposé de la boutique d’armes se trouvait un autre magasin où il y avait de faux bâtons en bois accrochés de chaque côté de la porte. Il devait s’agir de la boutique mentionnée par Igor plus tôt.

Je m’apprêtais à traverser la rue, quand, soudainement, je sentis qu’on tirait sur ma manche… Qui fait cela !?

Cela m’avait vraiment choqué que quelqu’un puisse apparaître soudainement si proche de moi… Je pouvais voir dans toutes les directions, donc personne n’aurait dû être capable de s’approcher de moi sans que je ne le remarque !

Je me retournai et fis face à cette personne, mais à cause de cela je ne pus rester sur mes gardes plus longtemps. La personne qui avait tiré ma manche n’atteignait que ma poitrine en termes de taille, avait un visage rond, arborait des cheveux qui lui descendaient jusqu’à la taille, et portait une longue jupe… C’est évidemment une petite fille !

Peut-être que je me suis trop concentré sur la recherche du magasin de bâtons de l’autre côté de la rue, et c’est pour cela que je ne l’ai pas remarquée !

Je me baissai pour me mettre à sa hauteur, et d’une gentille voix je lui demandai : « Salut, comment t’appelles-tu ? »

La petite fille répondit timidement : « Scarlet. »

Scarlet2 ? Quel nom étrange. Je continuai à l’interroger : « Veux-tu que Grand Frère fasse quelque chose pour toi, Scarlet ? »

« Grand frère… Viens avec moi ! »

Scarlet cessa subitement de tirer ma manche, à la place elle employa ses deux mains pour tirer ma main droite, et juste comme cela elle se mit à me traîner derrière elle par la force. Je lui expliquai rapidement : « Attends, attends un instant. J’attends un ami, donc je ne peux pas partir avec toi comme ça. »

Pourtant Scarlet n’abandonna pas la partie et continua de me traîner de toute ses forces. Tout ce temps, elle continuait de s’exclamer : « Viens avec moi, viens avec moi… »

Bien évidemment, je ne pouvais pas me laisser traîner comme cela par une petite fille. Même si j’étais un frêle guérisseur, je ne pourrais jamais permettre un tel embarras ! Cependant, Scarlet était très déterminée, aussi nous restâmes coincés dans une impasse pendant un moment. Finalement, les yeux de Scarlet qui débordaient de l’élément d’eau parvinrent à me vaincre avec succès.

Je ne pus que l’amener avec moi à l’armurerie. Je passai la tête à l’intérieur. Igor était encore en train de négocier avec le propriétaire, et il ne me semblait pas qu’il finirait d’ici peu. Je lui criai : « Igor, je pars devant. On se rejoint au magasin de bâtons, d’accord ? »

« Ça marche. » Igor ne se donna pas la peine de tourner la tête pour me répondre et continua de marchander.

Après avoir reçu son accord, je serrai ma poitrine avec mes deux bras, baissai les yeux pour regarder Scarlet, et lui appris tout d’un coup : « Très bien ! Maintenant, je suis tout à toi, alors tu peux m’emmener où tu veux. Contente ? »

Scarlet sourit immédiatement, et l’élément de l’eau dans ses yeux disparut également sans laisser de trace.

Je fus traîné pendant tout le chemin par Scarlet, et nous tournâmes à un nombre de coins de rues innombrable. Par chance, je remarquai que ma mémoire semblait être plutôt bonne. Même après avoir tourné trois fois à gauche, cinq fois à droite, puis après avoir emprunté la troisième rue en partant de la gauche d’une intersection à cinq avenues, je pouvais toujours me souvenir de la route.

Même si je me souviens de la route, cela sera problématique si je m’éloigne trop, puisqu’il faut encore que je trouve la licorne… Non, je veux dire, il faut encore que je retrouve Igor !

Curieux, je m’enquis : « Scarlet, où m’emmènes-tu ainsi ? »

Scarlet laissa échapper un petit rire qui ressemblait au carillon de clochettes d’argent et m’entraîna pour tourner dans une autre allée, avant de s’arrêter finalement et de désigner quelque chose devant nous. Elle dit doucement : « Vois par toi-même, Grand Frère ! »

Je me tournai pour regarder l’endroit que Scarlet avait désigné… Malgré le fait qu’il y avait une certaine distance entre nous, j’aperçus clairement ce que Scarlet avait voulu me montrer. Bien que j’eusse perdu la mémoire et que je n’eusse aucune idée de si j’avais déjà vu une telle créature auparavant, quand je la regardai je sus presque immédiatement de quoi il s’agissait…

C’était une licorne.

Nous nous trouvions devant une maison délabrée et la licorne était dans la cave. L’élément sacré qui émanait de la créature était si fort que c’en était surprenant. Même s’il y avait beaucoup d’éléments différents qui nous séparaient, je pouvais quand même clairement percevoir sa force. Elle avait bien la forme d’un cheval, mais était en quelque sorte plus fine et plus élégante qu’un cheval ordinaire.

La différence la plus évidente entre elle et un cheval était la corne sur sa tête. L’élément sacré de la corne était si puissant que je n’arrivais pas à la contempler trop longtemps et son contour était un peu flou.

Puis, elle redressa soudainement la tête pour regarder dans ma direction… Non ! C’est moi qu’elle regarde.

Elle me regardait, de la même façon que moi j’étais en train de la regarder.

Après qu’un certain temps se fût écoulé, je me remis de la surprise de voir une licorne pour la première fois. Je baissai la tête et demandai : « T’a-t-elle fait la requête de venir me chercher ? Scarlet… Scarlet ? »

Il n’y avait personne à côté de moi.

J’eus un moment d’absence, mais je ne me sentis pas particulièrement surpris. Après tout, j’étais actuellement une personne amnésique. Il y avait trop de choses que je ne comprenais pas. Peut-être qu’être capable de conjurer une petite fille était en fait une des capacités spéciales des licornes.

Je m’approchai de l’endroit où la licorne se trouvait et entrai dans la maison. L’intérieur était en ruine, avec des débris partout et des toiles d’araignée recouvrant presque toutes les choses. Le sol était aussi couvert d’une épaisse couche de poussière, comme si personne n’était entré là depuis une centaine d’années. Pas étonnant que personne n’eût pensé à venir ici pour chercher la licorne, mais… Comment la licorne était-elle parvenue à descendre dans cette cave ?

Puisque je pouvais clairement la « voir », je savais qu’à l’origine elle était assise sur le sol. Toutefois, au moment où elle avait remarqué que je m’approchais d’elle, elle s’était levée et s’était mise à tourner en rond à l’intérieur du sous-sol, comme si elle était très excitée.

J’accélérai encore mes pas, trouvai les escaliers qui menaient au sous-sol, et courus vers la pièce où était située la licorne.

Elle est juste devant moi, à cinq pas d’écart… Non, elle vient encore de s’avancer de deux pas.

Malgré le fait que je ne parvinsse pas à déterminer si Sybil était belle ou non, je savais que la licorne qui se tenait devant moi était extraordinairement belle, et qu’il devait définitivement s’agir d’un animal d’une élégance blanche comme la neige.

Attendez un instant… Blanche comme la neige ? J’avais encore quelques souvenirs de la neige cela devrait être quelque chose formé par la condensation de l’eau mais qu’était donc le « blanc » ?

À cet instant-là, la licorne s’approcha de nouveau, se tenant devant moi, et vint même frotter sa tête contre moi.

« Tu m’aimes bien, n’est-ce pas ? »

Je lui souris et tendis même la main pour frotter son encolure. Elle courba le cou et me regarda comme si elle appréciait beaucoup mes gratouilles, puis baissa même la tête pour lécher ma main…

« Ça chatouille, ne fais pas ça, hahaha ! N’es-tu pas censée uniquement aimer les vierges ? Je ne suis pas… » Je m’arrêtai brusquement. Un instant…

Se pourrait-il que je sois un pur et innocent… puceau !?

La licorne se mit alors encore plus intimement à frotter sa tête contre ma poitrine, toute sa tête blottie contre moi.

« Stupide cheval, va-t-en ! Je ne suis pas puceau ! »

La licorne, cependant, commença à me lécher le visage… Sale bâtard, suis-je tellement pur que tu ne puisses t’empêcher de me lécher !?

« Je sais ! Peut-être que je n’ai que dix-huit ans. »

Je pensai subitement à cette possibilité et murmurai : « Si c’est le cas, ce ne serait pas surprenant si j’étais puceau. C’est cela ! Absolument, je n’ai que dix-huit ans. Non ! Il se peut même que je n’aie que seize ans ! »

Notes de bas de page

1 « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ou archi sèches… » : Dans la version originale, le proverbe se traduit par « Mange huit grappes de raisin, mais ne crache pas la peau des grappes, et ne mange pas les grappes jusqu’à en cracher la peau des grappes. » C’est une phrase difficile à prononcer très connue et populaire en chinois, mais une fois traduite, elle perd en difficulté, d’où le remplacement par un proverbe français.
2 « Scarlet » : Une traduction directe de son nom depuis le chinois serait « Poème rouge ». L’équipe anglaise de PR! a choisi de retenir la couleur de son nom et d’en faire une traduction plus lyrique, soit « Scarlet » pour capturer le fait que son nom n’est pas simplement basé sur une couleur. Pour la version française, nous avons opté de garder le même prénom que la team anglaise, car il est difficile d’en faire une meilleure adaptation sans qu’il perde complètement son sens d’origine.

La Légende du Chevalier du Soleil T4C1 : Encore Un Groupe d’Aventuriers

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : 我 (Yu Wo)


Chapter 1: Still an Adventurer Team – traduit du chinois à l’anglais par ErodingPersona[PR!]
Chapitre 1 : Encore un Groupe d’Aventuriers – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ travail de vérification par LuluHime

Grisia ! Tu ne pourras jamais t’échapper, jamais…

Je me réveillai en sursaut.

Je m’empressai d’ouvrir les yeux. Cependant, à l’instant où je les ouvris, j’eus l’impression que quelque chose clochait, mais je n’arrivais pas à dire de quoi il s’agissait…

Normalement, après avoir ouvert les yeux, devrait-il n’y avoir que des ténèbres ?

Dans ce cas, il n’y a absolument aucune différence entre ouvrir les yeux et les fermer ! Puisqu’il n’y a aucune différence, pourquoi devrais-je ouvrir les yeux ? Ou se pourrait-il que je… je ne puisse rien voir ?

Non ! Je pouvais « voir » clairement ; en fait, tout devenait de plus en plus bien défini. C’était comme si mes alentours étaient à l’origine recouverts par un tissu lourd et dense, et que quelqu’un le retirait à présent couche par couche. Les ténèbres s’estompèrent lentement, et la scène devint de plus en plus claire.

Je me « vis » étendu sur un lit. L’élément du bois du lit était très perceptible, alors il devait être fait de bois. Mon corps était également recouvert d’une épaisse couverture en coton. Il y avait une chaise à côté du lit, et une table plus loin. Quatre chaises entouraient la table, et il y avait un peu de l’élément de l’eau sur le dessus de la table… C’était une cruche d’eau.

Je savais même que l’eau ne remplissait que le cinquième de la cruche.

Toutefois, je n’eus même pas besoin de me retourner et d’ouvrir les yeux pour « voir » ces objets. Les images apparaissaient automatiquement dans mon esprit. Je tentai de fermer les yeux et de les rouvrir… Les images dans mon esprit ne changèrent pas du tout !

Alors, à quoi diable peuvent bien servir les yeux ? Ne s’en sert-on pas pour « voir » ? De plus, la définition du mot « voir » est… Je me déroutais moi-même. Est-ce que je vois en ce moment ? Je pense que oui, mais, en même temps, je crois que non.

Quelque chose continuait de clocher, quelque chose d’encore plus important que de savoir si mes yeux pouvaient voir ou pas… Quelqu’un vient !

Je pivotai la tête en direction de la porte, mais tressaillis soudainement. Pourquoi ai-je tourné la tête ? Je n’ai pas besoin de tourner la tête pour voir la porte !

J’avais toujours l’impression que ces choses appelés yeux étaient très étranges, mais je bannis sur-le-champ cette pensée au fin fond de mon esprit et me concentrai sur la personne qui entrait. L’élément du vent de la personne était très élevé, mais ce n’était pas aussi puissant que celui d’un mage… Oh ! Étant donné son apparence, sa profession devait mettait l’accent sur l’agilité, comme celle d’un voleur ou d’un archer… Oh, erreur de ma part, cela devrait être son apparence à « elle ».

Sans oublier que « sa » silhouette était très belle. Même si je n’avais vraiment aucune idée de si elle était jolie ou non, il n’y avait absolument aucune connexion entre être jolie et avoir une belle silhouette. Tant qu’elle possédait ces trois choses : une large poitrine, une taille de guêpe et de longues jambes ; c’était suffisant pour affirmer qu’elle avait une belle silhouette.

« Ah ! Tu es réveillé ? » s’exclama-t-elle, surprise, au moment où elle entrait.

En entendant sa voix, je sus qu’elle devait être une femme plutôt jeune. Pouvoir rencontrer une jeune femme avec une belle silhouette immédiatement après s’être réveillé rendrait n’importe qui très heureux.

« Je… Oui, je suis réveillé. » Je luttai pour me lever, et ensuite hochai la tête à son intention.

Elle se hâta de marcher jusqu’à moi et déclara : « Ne te lève pas ! Tu as été très grièvement blessé… Ah ! Mais, tu sembles avoir plus ou moins récupéré, incroyable ! Yuna avait clairement dit que tu aurais besoin d’un mois complet pour récupérer de tes blessures avant de pouvoir te lever et te balader, sauf que tes blessures ont pratiquement guéri en seulement trois jours ! Yuna t’a presque pris pour une créature des ténèbres ! »

« Yuna ? » demandai-je avec confusion.

La femme plaça l’objet qu’elle tenait sur la table, puis remplit un verre d’eau. Elle se dirigea vers le lit, tout en expliquant : « Oh, Yuna est la guérisseuse de notre groupe. Elle est sortie avec Igor, notre guerrier, pour acheter des trucs. Nous avons aussi un druide, Woodrow. En dernier, mais pas la moindre, je suis Sybil, une archère ! Tiens, tu as soif, n’est-ce pas ? Bois ça. »

Quand elle dit cela, je sentis réellement que ma gorge et ma bouche étaient très sèches. Je pris vite l’eau et, après avoir dit « merci », commençai à l’avaler d’un trait.

Sybil me demanda sur un ton curieux : « Et toi ? Quel est ton nom ? »

Je continuai à boire jusqu’à ce que le verre fût vide, et c’est seulement après avoir satisfait ma soif que ses paroles s’enregistrèrent véritablement dans mon esprit.

« Quel est mon nom… »

« Hum ? »

Sybil se pencha encore plus. Je pouvais déjà « voir » ses traits clairement. Ses yeux étaient longs et fins, ses traits du visage étaient bien ciselés, et ses lèvres étaient légèrement pleines. Bien que je fusse incapable de dire si elle était jolie ou non, en me basant sur la grosse poitrine qui était presque pressée contre mon torse, je pouvais assurément admettre qu’elle était une beauté !

« Vas-tu me dire ton nom ou pas ? » s’enquit Sybil, perplexe.

Je recouvrai instantanément mes esprits et répondis vite : « Mon nom est, mon nom est… »

Je retombai silencieux au milieu de ma réponse.

Très bien, maintenant je sais ce qui n’allait pas…

Qui suis-je ?

 

 

Quatre personnes étaient assises devant moi. De la gauche vers la droite, il y avait : Igor, le guerrier aussi robuste qu’une montagne ; Woodrow, le druide aussi mince qu’une branche de bambou ; Yuna, la guérisseuse avec une vilaine silhouette ; et Sybil, l’archère avec une belle silhouette. Apparemment, il manquait aussi voleur nommé Iacchi qui n’était pas encore arrivé.

À en juger par leurs professions, c’est une assez bonne équipe… Mon esprit sauta automatiquement à cette conclusion. On dirait que, même si j’ai perdu mes souvenirs, je n’ai pas perdu ma culture générale !

« Tu as perdu la mémoire ? C’est dur à croire », marmonna Woodrow dans sa barbe, puis il sombra à nouveau dans ses propres pensées.

« C’est vrai ! C’est vraiment difficile à croire. » Sybil s’interrompit sur-le-champ et déclara : « Quand il a été gravement blessé, j’avais déjà eu l’impression que c’était incroyable ! Comment ça a bien pu se produire ? »

Yuna hocha la tête.

« C’est vrai, c’est vrai », affirma Igor, complètement d’accord.

« S’il-vous-plaît, s’il-vous-plaît, attendez une minute. » J’étais légèrement perdu, alors je les questionnai : « Pourquoi serait-ce si incroyable que je sois blessé ? Tous les humains peuvent se blesser, non… Hum ? Ceci devrait être exact, n’est-ce pas ? »

Je n’avais pas vraiment confiance en ce que je venais de dire. Je n’arrivais même pas à me rappeler de mon nom, donc c’était très dur de déterminer si la « culture générale » dans ma tête était authentique ou pas.

Les quatre personnes devant moi se retournèrent pour me regarder et s’exclamèrent à l’unisson : « C’est incroyable parce que tu es très fort ! »

« Je suis très fort ? » Je demandai machinalement : « Suis-je un guerrier ? »

« Non, tu es un guérisseur. » Yuna corrigea immédiatement ma supposition.

Un guérisseur ?

Je suis un guérisseur, mais je suis très fort ? Dans ce cas, pourquoi ma culture générale me dit-elle que le métier de guérisseur est connu pour sa faiblesse ? On dirait bien que ma culture générale ne soit pas si fiable après tout.

Yuna réfléchit un peu avant d’ajouter : « Ce n’est pas toi qui est fort, même si c’est vrai que tu es un guérisseur puissant. Quand nous parlons de quelqu’un de fort, nous faisons en fait référence à tes compagnons. »

Mes compagnons… Perplexe, je questionnai : « N’êtes-vous pas mes compagnons ? »

Sybil leva les yeux au ciel et répliqua : « Si nous étions tes compagnons, pourquoi t’aurais-je demandé ton nom ? »

C’est vrai.

Je touchai distraitement les cheveux qui me tombaient sur le torse et demandai, très perplexe : « Vous savez tous que je suis un guérisseur, et vous savez que mes compagnons sont forts, mais vous ignorez mon nom ? Est-ce que vous me connaissez vraiment ? »

En entendant ceci, ils se jetèrent tous les quatre des regards. En fin de compte, Woodrow, qui avait été profondément plongé dans ses pensées, répondit : « Nous ne te connaissons pas personnellement, mais nous avons une fois été sauvés par tes compagnons et toi, alors nous t’avons rencontré auparavant. À ce moment-là, nous t’avons vu utiliser la lumière sacrée, alors nous savons que tu es un guérisseur. Nous avons aussi vu tes compagnons se battre. Malgré le fait qu’il n’y ait eu que trois personnes dans votre groupe, vous étiez très puissants. »

Mes compagnons ? Je n’étais pas très surpris d’entendre que j’avais des compagnons. En fait, quand j’avais entendu le mot « compagnons », plusieurs silhouettes avaient automatiquement fait surface dans mon esprit, et le nombre de silhouettes était encore plus élevé que celui mentionné par Woodrow. Par conséquent, bien que je ne parvinsse pas à me rappeler de la vraie apparence des silhouettes, je savais que j’avais forcément des compagnons, et qu’ils n’étaient pas peu nombreux non plus.

Après avoir réalisé ce fait, je me sentis beaucoup plus soulagé, mais ne pus me retenir de demander avec curiosité : « Quel genre de personnes étaient mes compagnons ? »

« Il y avait un chevalier sacré, et aussi… aussi… »

Woodrow cessa de parler. Je remarquai que ces sourcils étaient froncés… Cela indiquait probablement qu’il était très « hésitant ». Pourquoi hésitait-il ? Se pourrait-il que l’identité de mon compagnon fût un tabou ?

Igor se pencha un peu plus vers moi et révéla doucement : « C’était un elfe noir. »

« Un elfe noir ? » J’ignorais comment réagir. Si ma culture générale ne se trompait pas, les elfes noirs devraient être une race qui possédait une peau sombre, des cheveux blancs, et qui n’avait pas une bonne réputation. Toutefois, je ne pouvais pas me souvenir de quoi que ce soit de plus détaillé.

À cela, Yuna s’empressa de dire : « Peut-être que ce chevalier sacré et toi aviez capturé cet elfe noir. »

« C’est ça, c’est ça ! » Igor soutint sa théorie : « Un chevalier sacré et un guérisseur ne se baladeraient certainement pas avec un elfe noir sans aucune raison. Après tout, c’est une créature des ténèbres ! Tout le monde sait que les gens de l’Église du Dieu de la Lumière détestent les créatures des ténèbres plus que tout. »

« L’Église du Dieu de la Lumière ? Suis-je quelqu’un provenant de l’Église du Dieu de la Lumière ? »

Je murmurai le nom « Église du Dieu de la Lumière ». Plus je le prononçais, plus je croyais que c’était possible, parce que les mots « Église du Dieu de la Lumière » et « chevalier sacré » me semblaient très familiers.

Yuna hocha la tête et expliqua : « Ta lumière sacrée est très puissante. Seul un guérisseur du Dieu de la Lumière pourrait posséder une lumière sacrée aussi puissante, alors tu n’es assurément pas un guérisseur d’une autre Église. Tu ne peux être qu’un guérisseur du Dieu de la Lumière. Nous n’avons aucune idée de pourquoi tu te trouves ici par contre. »

« Ici ? » questionnai-je, perplexe. « Où sommes-nous ? »

Sybil nous interrompit : « Nous sommes dans le Royaume de Kissinger. C’est le territoire de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre ! L’Église du Dieu de la Lumière, qui est située dans le Royaume du Son Oublié, est plutôt éloignée d’ici. Nous aurions besoin de nous diriger vers le nord pendant cinq jours avant de pouvoir traverser la frontière du Royaume du Son Oublié ! »

J’acquiesçai d’un signe de tête comme si j’avais compris. « Kissinger » ne sonnait pas très familier, alors je ne pouvais pas venir de là, n’est-ce pas ? « La Cathédrale du Dieu de l’Ombre » ne me semblait pas familier non plus. En comparaison, l’Église du Dieu de la Lumière sonnait plus douce à mes oreilles.

Je regardai vers Yuna et demandai : « Dans ce cas, Yuna, es-tu une guérisseuse de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre ? »

« Bien sûr que non, je suis une prêtresse-guerrière. » Yuna répondit avec humeur : « Si j’avais été une prêtresse de l’ombre, alors nous n’aurions pas eu besoin de votre aide la première fois. »

Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ?

Je tombai silencieux, mais je n’avais pas vraiment envie de lui poser à nouveau la question. Même si Yuna me répondait, mes questions ne feraient que se multiplier. Sans mentionner le fait que je ne me souciais pas réellement de quelle sorte de guérisseuse était Yuna.

La seule chose que j’ai envie de savoir c’est : qui diable puis-je bien être ?

Même de simplement connaître mon nom serait amplement suffisant !

Grisia, tu ne pourras jamais t’échapper, jamais…

Je restai momentanément stupéfait. Quand je m’étais initialement réveillé en sursaut, j’avais clairement entendu cette phrase. Le « Grisia » au début de la phrase sonnait comme un nom… Est-ce mon nom ?

À ce moment-là, Yuna s’excusa : « Je suis désolée, j’avais oublié que tu ne te rappelles de rien. Je n’aurais pas dû m’adresser à toi sur ce ton. »

« Il n’y a eu aucun mal. »

Je recouvrai mes esprits après avoir entendu les paroles de Yuna. Je regardai tout le monde et déclarai : « Puisque j’ai des compagnons, dans ce cas tout devrait bien aller. Après tout, ils vont éventuellement venir me chercher, n’est-ce pas ? »

Ils se jetèrent tous les quatre des regards. Yuna répondit sur un ton d’excuse encore plus sincère : « Je ne le crois pas. Dix jours se sont déjà écoulés, et pourtant personne n’est venu pour toi. »

« Dix jours ? » J’étais très surpris. Puis, je regardai en direction de l’archère et m’enquis : « Sybil, n’as-tu pas dit que mes blessures avaient guéri en trois jours ? »

« C’est exact ! » Sybil haussa les épaules et répliqua : « Mais, une fois tes blessures guéries, tu as dormi pendant sept autres jours ! Nous ne savions pas quoi faire ! Tu ne te réveillais pas, et nous ne pouvions pas simplement te laisser ici. Cependant, la majorité de notre argent a déjà été employée pour tes frais médicaux. Alors, si nous ne partons pas en missions, nous allons vraiment être dans le pétrin… »

« Sybil ! » l’interrompit Yuna, l’empêchant d’ajouter quoi que ce soit d’autre.

Néanmoins, Sybil n’avait pas l’intention de s’arrêter, et elle hurla impulsivement en retour : « Nous sommes obligés de le lui dire, nous n’avons pas d’autre choix ! Si nous expliquons clairement notre situation, il pourrait nous aider avec les missions ! Sinon, si nous continuons comme ça, nous allons vraiment mourir de faim ! »

« Sybil ! » Woodrow la rappela à l’ordre d’une voix grave, et c’est seulement à ce moment-là que Sybil cessa de parler. Après cela, il se tourna vers moi et me présenta ses excuses : « Je te prie de ne pas être offensé par ce que Sybil a dit. Te sauver est assurément quelque chose que nous aurions dû faire. Sans toi et tes compagnons, nos os pourriraient déjà depuis longtemps dans cette caverne. »

« C’est vrai, alors ne te préoccupe pas le moins du monde de ce que Sybil a dit, elle ne faisait qu’exagérer », assura Yuna pendant qu’elle lançait un regard d’avertissement à Sybil. Cette dernière baissa la tête pas-vraiment-de-bonne-volonté.

« Grisia. »

« Pardon ? » Ils étaient tous les quatre ahuris.

Je me mis à expliquer : « Vous pouvez m’appeler Grisia. Je crois que c’est mon nom… Probablement ! »

Tout le monde acquiesça d’un signe de tête. Sybil murmura même mon nom et ensuite marmonna dans sa barbe en se plaignant du fait que c’était dur à prononcer.

Après cela, je continuai de parler : « Vu que vous avez affirmé que je vous avais sauvé auparavant, et que maintenant vous m’avez sauvé, disons que nous sommes quittes. Nous ne nous devons plus rien. »

Tandis que j’annonçais cela, tout le monde hocha la tête. Igor s’exclama très bruyamment : « Excellent ! Grisia, j’aime beaucoup les gens qui vont droit au but comme toi ! »

Je souris et décrétai : « En ce qui concerne votre suggestion sur le fait que je vous aide dans vos missions, je ne suis pas contre, mais j’aimerais diviser l’argent de la récompense. Si je lance seulement le sort de Soin Moyen, dans ce cas un dixième de l’argent de la récompense est suffisant. Si j’utilise Soin Avancé, alors je veux deux dixièmes, et si je dois jeter plus de sorts sacrés, il faudra y ajouter un autre dixième pour un total de trois dixièmes. »

« … »

Sybil ne put s’empêcher de s’écrier : « Es-tu vraiment un guérisseur du Dieu de la Lumière ? J’ai entendu dire qu’ils étaient des personnes très altruistes. »

Je haussai les épaules et répliquai : « Qui sait ? Je souffre présentement d’amnésie et n’arrive pas à me rappeler de quoi que ce soit. Pour le peu que j’en sais, je pourrais aussi bien être un prêtre de l’ombre. Sans oublier le fait que tu m’as rappelé que je me trouve actuellement dans une situation dans laquelle je n’ai aucun souvenir et aucun moyen de retrouver mes compagnons, donc je dois gagner mon pain. Comme je dois gagner de l’argent, en gagner un peu plus est toujours mieux que d’en gagner un peu moins, tu ne crois pas ? »

En entendant ceci, les trois personnes dans le groupe fusillèrent immédiatement du regard leur archère en même temps. Le changement d’expression de Sybil était… Oui, elle a envie de pleurer, mais aucune larme ne vient.

Après avoir été fusillée du regard, Sybil se plaignit en se sentant grandement affligée : « Tu n’es pas du tout aussi élégant que ton apparence ! »

Mon apparence ? Je demandai avec curiosité : « De quoi ai-je l’air ? »

À cela, Sybil se pencha soudainement vers mon visage et décrivit : « Tu as des cheveux blonds brillants, des yeux couleur d’azur, et ta peau est même très pâle et douce au touché… »

Très pâle ? Qu’est-ce qu’elle veut dire par pâle… Attendez une minute ! Douce au touché ? Je rétorquai sur-le-champ : « Attend une minute ! Comment pourrais-tu savoir que ma peau est douce au touché ? Se pourrait-il que tu m’aies touché auparavant ? »

« …Ah ! »

Sybil ouvrit d’abord grand les yeux, et seulement après avoir fixé le vide quelques secondes recouvra-t-elle ses esprits et se dépêcha d’expliquer : « C’est uniquement quand j’ai changé ton traitement que je t’ai touché par accident. Aussi, j’ai dû te toucher quand je t’ai aidé à changer tes vêtements. J’ai forcément été obligée de te toucher pendant que je te donnais ton bain, et j’ai dû te toucher quand j’ai tourné ton corps. Qui plus est… »

Qui plus est ? Pourquoi ne dresses-tu pas la liste des fois où tu ne m’as pas touché ? Ne serait-ce pas plus rapide ?

Diantre ! Je me sens comme si j’avais été bafoué par cette femme et qu’on avait profité de moi. Comment ai-je pu laisser cela arriver ? Je peux tout encaisser, sauf le fait qu’on ait profité de moi !

Je rétorquai immédiatement à Sybil : « Dans ce cas, pour que ce soit juste, tu devrais me laisser te toucher. »

« D’accord… »

Sybil était à mi-chemin pour acquiescer lorsque Yuna s’écria : « Sybil, mais qu’est-ce que tu racontes ? »

Sybil changea sur-le-champ sa réponse et s’exclama : « Non ! Je disais, non, ce n’est pas convenable, sale pervers ! »

Quel dommage… Je le regrettai immensément. J’aurais dû lui demander de prendre ses responsabilités quand personne n’était présent. À en juger par sa réaction, elle voulait clairement que je la touche également !

Apercevant les regards de total incrédulité de son équipe, Sybil baissa la tête et marmonna : « C’est la faute de sa beauté. Il m’a fait acquiescer sans m’en rendre compte. »

Yuna lui rappela : « Pense au chevalier sacré dans son groupe, et là tu n’auras pas l’impression qu’il est si beau. »

À cela, Sybil contempla tout à coup le plafond. Bien qu’il n’y eût rien là-haut, son visage tout entier était rempli de, de… Une façon plus sympa de le dire serait « de désir », mais une description plus apte pour son expression serait « la passion ».

Après un certain temps, elle baissa la tête et me regarda, hochant la tête en acquiesçant : « C’est vrai, tu n’es pas si beau après tout ! »

…Je n’avais soudainement plus envie de rejoindre mon compagnon chevalier sacré.

« C’est vrai ! Ce chevalier sacré était très galant. » Ce ne fut pas proféré par Sybil, mais Yuna. Elle agissait totalement comme le contraire de son soi calme plus tôt. Avec une excitation anormale, elle poursuivit : « Il était beau et fort, et il avait l’air très gentil et prévenant. De plus, sa manière de s’exprimer était si mature. Il était si gentil qu’il ne s’est même pas attribué le mérite de nous avoir sauvés, et s’est même excusé auprès de nous pour avoir dérobé notre monstre. Non seulement ça, il voulait aussi nous donner le butin ! En dernier, mais pas le moindre, il nous a rappelés de nous dépêcher à quitter cet endroit dangereux… Oh ! Il est vraiment trop incroyable ! »

Cette fois, Yuna fut celle qui tomba dans un état de passion.

« Il était aussi très élégant ! Vraiment élégant. » Sybil me fixa du regard, puis fit exprès de secouer la tête, en disant : « Pas comme toi, il n’y a que ton apparence qui soit élégante. »

En entendant ceci, je répliquai avec colère : « Qui sait ? Peut-être que seule son apparence est mature et élégante, et qu’il est en fait un type arrogant et obstiné ! »

« Impossible ! » Yuna, Sybil et même Igor s’opposèrent à moi à l’unisson.

Je restai sans voix. Si même Igor, un homme, était d’accord sur ce point, dans ce cas se pourrait-il que mon compagnon chevalier sacré ne possédât pas seulement un beau minois, mais fût également bel homme, mature, élégant et une bonne personne dans l’âme, comme ils le prétendaient ?

Je refuse de croire qu’il y ait réellement quelqu’un comme ça dans ce monde !

À cela, Woodrow ajouta tardivement : « Même si, maintenant que j’y pense, ce chevalier sacré a vraiment l’air trop bien pour être vrai. »

Je ressentis sur-le-champ une camaraderie miraculeuse envers Woodrow.

« Hé ! Qu’est-ce que c’est que cette expression ? » me reprocha Sybil avec irritation. « La personne dont on parle est ton compagnon ! Tu ne souhaiterais quand même pas que ton compagnon ne soit pas une bonne personne mais plutôt une mauvaise personne, n’est-ce pas ? »

Je réfléchis à la question. C’est vrai, ça aussi. Si mon compagnon est gentil, il sera plus facile à martyriser… Attendez une minute ! Qu’est-ce que c’était que cette pensée ? J’ai envie de martyriser quelqu’un d’autre ? Se pourrait-il que… Je sois celui qui n’est pas une bonne personne ?

Je ne pus m’empêcher de marmonner : « C’est possible. Sinon, pourquoi continuerais-je de songer à l’argent, aux belles femmes, à leurs poitrines et au fait de ne pas vouloir qu’on profite de moi ? »

« Pardon ? » s’enquit Sybil avec une expression de curieuse.

« Rien, je me suis soudainement senti inquiet. » Je levai la tête et fixai l’équipe devant moi et dis avec précaution : « Comment savoir si vous êtes de bonnes personnes ou non ? »

« Que viens-tu de dire !? »

Sybil s’exclama immédiatement avec fureur : « Évidemment que nous sommes de bonnes personnes ! Sinon, pourquoi t’aurions-nous sauvé, et pourquoi serions-nous restés dans l’incapacité de partir en mission alors que tu ne te réveillais pas !? Si nous étions de mauvaises personnes, nous t’aurions simplement laissé mourir ! »

« C’est vrai. »

Je laissai paraître un sourire rayonnant. Ce sourire ne faisait assurément pas mauvais effet. Même Sybil, qui avait plus tôt affirmé que seule mon apparence était élégante, et Yuna descendirent toutes les deux dans un état passionné et ne purent que me fixer du regard.

Voyant cela, je souris, satisfait. « Vous êtes tous de bonnes personnes, c’est génial, héhéhé… »

« Pourquoi ai-je soudainement un mauvais pressentiment ? »

Woodrow marmonna dans sa barbe, mais fut interrompu quand Igor le frappa sur les épaules, très fort. Igor rigola et assura : « Woodrow, tu t’inquiètes pour rien ! N’était-ce pas toi qui répétait tout le temps que nous devrions partir à la recherche d’un guérisseur du Dieu de la Lumière ? À présent, nous avons un guérisseur surpuissant avec nous, n’est-ce pas tout simplement formidable ? »

En écoutant la conversion de Woodrow et d’Igor, je me retournai et souris à Woodrow afin de le calmer. Je n’aurais jamais pensé qu’il tressaillirait à la place et ferait signe à tout le monde de rester silencieux avant de venir se tenir devant moi sur la pointe des pieds. Puis, levant sa main gauche, il l’agita sous mes yeux lentement…

J’attrapai sa main et lui demandai, déconcerté : « Qu’est-ce que tu fabriques ? »

Woodrow resta silencieux un instant avant de balbutier : « C’est juste que j’avais l’impression que quelque chose clochait, tes yeux… »

« Mes yeux ? »

« Non, ce n’est rien. Ça devait être mon imagination. » Woodrow murmura : « Je n’arrête pas d’avoir l’impression que tu ne me regardes pas vraiment. »

« Je te regarde. » Je regardais vraiment Woodrow, et je ne faisais pas qu’observer les minuscules mouvements de ses muscles faciaux, mais même le sang circulant dans son corps et le battement régulier de son cœur. Je pouvais tous les voir clairement.

« Mon imagination devait me jouer des tours. »

Après cela, Woodrow ne ramena plus le problème concernant mes yeux dans la conversation et conversa seulement avec moi d’une problématique plus pressante encore : de quelle façon nous allions diviser la récompense.

Il marchanda : « Nous n’avons pas besoin de sorts sacrés. Yuna est une prêtresse-guerrière, alors ses sorts sacrés vont définitivement être plus puissants que les tiens. La seule chose à laquelle tu pourrais te montrer utile serait de lancer des sorts de guérison, alors deux dixièmes est beaucoup trop. Notre groupe divise la récompense en enlevant d’abord deux dixièmes pour les frais de notre équipe, et ensuite on divise le reste de façon égale entre le reste des membres du groupe. »

« Le groupe compte six personnes : après avoir enlevé deux dixièmes et divisé le reste également entre six personnes, ça ne laisse… même pas un dixième et demi ! »

C’est ridicule ! Je le repris aussitôt : « Deux dixièmes, ce n’est pas beaucoup ! Je me souviens que les guérisseurs du Dieu de la Lumière quittent rarement l’Église pour partir à l’aventure, alors ils sont assurément en grande demande ! »

« … As-tu réellement perdu la mémoire ? »

« Si tu n’es pas d’accord, dans ce cas laisse tomber ! »

« Très bien, très bien ! Va pour deux dixièmes alors, deux dixièmes. »  Woodrow avait l’air légèrement vexé, mais il se ragaillardit instantanément et se remit à marchander : « Cependant, tu dois jeter le sort sacré “Bouclier de Lumière” également ! »

Bouclier de Lumière ? Est-ce que je sais comment le lancer ? Je réfléchis à la question pendant un moment. Ces mots sonnent familiers, alors je vais présumer que c’est le cas ! Après tout, même si je en le connais pas, Woodrow et les autres n’iront pas jusqu’à me chasser du groupe, n’est-ce pas ?

« D’accord… »

Au milieu de ma réponse, je m’aperçus qu’il y avait quelqu’un à l’extérieur de la porte et m’enquis : « Est-ce que Iacchi, votre fripouille, a une queue de cheval ? »

« Oui, tu t’en es rappelé ?! » me questionna Woodrow avec surprise.

Avant que je pusse répondre, l’homme se tenant de l’autre côté du mur cria « Woodrow », puis ouvrit la porte d’un coup de pied.

« Woodrow ! Bonne nouvelle, il y a une grosse mission dans la ville… Hein ? Il est déjà debout ? »

L’individu qui venait d’entrer avait une longue chevelurettachée en queue de cheval. Il était petit et mince, et il m’arrivait probablement à l’épaule. Il était encore plus petit que Sybil, et il était à peu près de la même taille que Yuna, mais sa voix en était le total opposé. Elle était forte et claire, comme si quelqu’un frappait un gong près de mes oreilles.

Il devait s’agir du voleur du groupe dont le nom était Iacchi !

Après qu’Iacchi remarquât que j’étais réveillé, il ne fut plus aussi pressé. Il se calma et marmonna : « Oh ! Tu es réveillé ? C’est génial. Maintenant, nous allons enfin sortir de cette ville et nous mettre à compléter des missions ! Toutefois, cette nouvelle pour laquelle j’ai travaillé si dur va être gaspillée… »

« Que s’est-il passé ? » demanda à nouveau Woodrow.

Iacchi haussa les épaules et annonça : « Il y a une mission de grande ampleur dans la ville que nous pouvons effectuer sans même partir. Le montant de la récompense est assez élevé, alors j’avais l’intention de me dépêcher de l’annoncer à tout le monde. »

Je m’enquis vite : « Une large récompense ? Quel genre de mission est-ce ? »

Iacchi cligna des yeux et me fixa ensuite du regard avec une expression étrange avant de se retourner pour regarder le reste du groupe.

Woodrow toussa un coup, puis fit les présentations : « C’est notre nouvel équipier, Grisia. C’est un guérisseur du Dieu de la Lumière, et il va rester avec nous jusqu’à ce que ses compagnons viennent le récupérer. »

En entendant cela, Iacchi lâcha un « oh » et me dit simplement « bienvenue », avant d’entreprendre d’expliquer le contenu de la mission avec excitation. « Vous êtes au courant pour la licorne qui est venue dans la ville, pas vrai ? »

Tout le monde hocha la tête. Moi seul demandai, perplexe : « Une licorne ? »

« Oh, c’est vrai. Tu dormais, alors tu ne pouvais pas être au courant de ça. » Sybil nous coupa la parole et dit : « Il y a quelques jours, un groupe dans la ville a capturé une licorne ! Après avoir envoyé la licorne à la Guilde des Aventuriers, ils sont immédiatement passés d’inconnus à de super célébrités ! »

Une licorne ? Ce mot ne me semblait pas familier. Mes questions ne faisaient que s’accumuler. Je la questionnai tout de suite : « D’abord, dis-moi, qu’est-ce qu’une licorne ? »

« Comment peux-tu ne pas savoir ce que c’est ? »

Iacchi bondit avec stupeur et cria même de sa voix résonnante comme un gong. Le bruit était si fort que j’entendis immédiatement un bourdonnement dans mes oreilles, et je ressentis même une légère douleur dans ma tête… Comment le reste d’entre eux peuvent-ils supporter ce bruit ?

Je tournai la tête et regardai autour de moi. Ils avaient tous un air normal sur le visage et ne paniquaient pas comme moi. Ils faisaient bien partie du groupe d’Iacchi… Ils avaient tous utilisé leurs mains pour se couvrir les oreilles.

Woodrow baissa les mains et révéla calmement : « Grisia a perdu la mémoire. »

« Ah ? » Iacchi eut l’air de venir tout juste de marcher dans de la bouse de dragon.

Woodrow se tourna vers moi et expliqua : « Une licorne est une créature magique qu’on voit très rarement. Son apparence est similaire à celle d’un petit cheval blanc, sauf que, au milieu de son front, il y a une corne blanche. Cette corne est le médium dont se sert la licorne pour faire de la magie. Apparemment, sa magie de la foudre est très puissante. »

La magie ? J’hésitai. Bien que je ne puisse pas dire ce qu’est la magie, ce mot me semble aussi familier que le Bouclier de la Lumière, alors peut-être que je l’ai apprise également ?

Lorsque je parlai à tout le monde de cette possibilité, ils éclatèrent tous de rire.

Le rire de Sybil était particulièrement fort : « C’est impossible. Tu es un guérisseur, pas un mage. »

Vraiment ? J’éprouvais encore quelques doutes. Je ne connais vraiment pas la magie ? Mais, le mot « magie » sonne très familier pour moi.

« Arrêtez de vous moquer de lui, il a perdu la mémoire ! Vous êtes tous si impolis. »

Yuna fut la seule qui ne s’esclaffa pas. Elle réprimanda même le reste d’entre eux. À cause de cela, mon opinion d’elle s’améliora grandement. Peut-être que de ne pas posséder une belle silhouette n’était pas un défaut si important après tout.

Elle m’expliqua très gentiment : « Nous n’avons jamais vu de licorne auparavant, nous non plus. Nous avons seulement entendu quelques rumeurs. Que les licornes maîtrisent ou non la magie de la foudre n’est non plus pas quelque chose que nous savons. »

Iacchi s’empressa de dire : « Aussi, comme tout le monde le sait… Non ! Ce sont seulement des rumeurs, des rumeurs ! Yuna, cessa de me fusiller du regard ! C’est ce que les gens racontent après tout ! Une licorne accepte uniquement d’approcher les vierges pures. »

Elle aime les vierges ? Exactement comme moi… Non ! Non, la licorne est un animal si pervers, pas étonnant qu’elle se soit fait attraper !

À cela, Iacchi, ainsi que tous les autres hommes dans le groupe, jeta un coup d’œil aux deux seules membres qui puissent être « vierges ».

Sybil répliqua immédiatement avec humeur : « Ne vous donnez pas la peine de me regarder ! Croyez-vous honnêtement que je le sois ? »

Tout le monde — moi inclus — secoua la tête en négation, puis regarda l’autre personne : Yuna.

Yuna rougit sur-le-champ, baissa la tête et ensuite la secoua légèrement.

Même Yuna ne l’était pas !

Après avoir surmonté ma surprise, je remarquai que la mâchoire de tous les autres était tombée grande ouverte à cause du choc, et ils semblaient même plus consternés que moi. En particulier Igor, son expression faciale donnait l’impression que le monde avait pris fin sous ses yeux… Il semblerait que Yuna l’intéressât quelque peu. Non ! Il n’était pas quelque peu intéressé : il était vraiment intéressé, parce que même le bord de ses yeux avait rougi.

Néanmoins, le reste de ses équipiers donnait l’impression de déjà savoir qu’Igor était intéressé par Yuna. À part moi, personne d’autre ne fut surpris de la dépression atypique d’Igor. Même Yuna n’avait pas le moins du monde l’air surpris. Moi seul marchai jusqu’à Igor et le tapotai sur l’épaule par compassion.

Sur le côté, Iacchi soupira désespérément : « Ah ! C’est dommage, après que la licorne se soit échappée la nuit dernière, la Guilde des Aventuriers a offert cinq cent ducats d’or en récompense ! »

Je sursautai, me précipitai à grandes enjambées, agrippai Iacchi par le col et m’exclamai : « Que viens-tu de dire !? »

Iacchi sursauta et balbutia : « C’est, c’est dommage… »

« La phrase suivante ! »

Il continua : « La licorne s’est échappée la nuit dernière ! »

Il tressaillit. Ce ne fut pas avant que j’eusse soulevé tout son corps et laissé ses deux pieds se balancer au-dessus du sol qu’il retrouva ses esprits et s’empressa de répondre : « La récompense pour avoir à nouveau capturé la licorne est de cinq cents ducats d’or ! »

Cinq cents ducats d’or !                                

Je posai Iacchi par terre et me mis sur-le-champ à faire le calcul. Deux dixièmes de cinq cents ducats d’or font… cent ducats d’or ! Tant que je peux capturer ce maudit cheval pervers, dans ce cas je peux obtenir cent ducats d’or !

Je m’exclamai immédiatement à tout le monde : « Très bien ! Nous prenons cette mission ! »

Tout le monde me fixa du regard avec la bouche grande ouverte. Après quelque temps, Woodrow dit avec précaution : « Mais, mais nous n’avons pas de vierge… »

Je ricanai et lâchai lentement chaque mot : « Non ? Alors, pourquoi est-ce que nous ne nous contenterions pas d’en capturer une ? »