1/2 Prince T4C10 : Western Wind, Une Personne dans la Même Situation que Moi?

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½ Prince Tome 4 : Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 10: XiMen Feng, Someone in the Same Situation as Me? – traduit du chinois à l’anglais par Erihppas[PR!]
Chapitre 10 : Western Wind, Une Personne dans la Même Situation que Moi? – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Avec son visage assombri par une expression troublée et un froncement de sourcil exacerbé, Gui présenta ses plus sincères excuses : « Je suis vraiment désolé, tout le monde. Mes problèmes personnels ont causé l’interruption du concert. »

« Ça n’a pas d’importance ; ce n’était pas si grave de toute manière. Mais, quelle est la vérité au sujet de la situation entre toi et Western Wind ? » répondis-je, comme grand frère Wolf soignait la blessure sur mon bras.

« Il m’a dérobé ma bien-aimée, tu ne comprends TOUJOURS pas !? » hurla soudainement Western Wind qui était fermement attachée sur le côté.

« En dehors de mon Prince, tu as également volé l’homme de quelqu’un d’autre ? » Fairsky regarda Gui avec incrédulité.

Le visage de Gui vira au rouge vif, et il rugit en réponse avec les poings serrés : « C’est faux, et Prince ne t’appartient pas non plus ! »

Wicked s’enquit froidement : « Dans ce cas, pourquoi cette femme ferait-elle une telle accusation ? »

En entendant les paroles de Wicked, Gui dégonfla comme un ballon troué. Il répondit, comme s’il était tourmenté par une migraine atroce : « Je ne comprends pas non plus, mais puisqu’elle a dit qu’elle était Western Wind, et a même mentionné Lovely Consort… Alors, j’imagine que ça doit être relié à cet incident. Avant de me joindre à Odd Squad, j’avais fait équipe avec un couple, c’est-à-dire Western Wind et Lovely Consort. Cependant, Lovely Consort m’a plus tard confié qu’elle était tombée amoureuse de moi. Et, afin d’éviter le harcèlement constant de Lovely Consort et les attaques de Western Wind, je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre mes jambes à mon cou. »

« Salaud, c’est entièrement à cause de toi si le cœur de Lovely Consort s’est détourné de moi. » Western Wind était si en colère que les veines sur sa tête saillaient, une vue qui ne seyait pas à son visage élégant.

« Euh… navré, mais j’ai une question. » Regardant la poitrine clairement volumineuse de Western Wind, je parlai avec hésitation. « Tu… es une fille, pas vrai ? Et Lovely Consort, ce nom sonne comme si c’était une fille elle aussi, non ? Ne te méprends pas… Je n’ai rien contre les homosexuels. »

« C’est toi l’enfoiré d’homo ! Je suis un gars, gamin ! » Western Wind me fusilla férocement du regard.

Un gars ? Se pourrait-il que ce Western Wind soit comme Ming Huang, un gars qui a l’air d’une fille ? J’étais un peu soupçonneux. Mais, ça ne se peut pas ; la poitrine de Ming Huang est aussi plate qu’une planche à repasser, et la poitrine de Western Wind… Hmph, elle est deux tailles plus grosses que la mienne en tant que fille. Comment ça pourrait être un gars ?

Je penchai la tête, étudiant avec doutes la paire de jars de viande de Western Wind. Ne me dîtes pas qu’elles sont fausses ? Je plaçai distraitement mes paumes sur les deux boules de chair. Mmm, elles sont douces. Je les pressai à deux reprises. Elles sont aussi assez rebondies. Étrange, elles doivent être vraies !

« P-Prince, Votre Majesté… ! » Les yeux de Gui sortirent de leurs orbites, fixés sur moi… eh bien, sur mes mains.

Phoenix et Fairsky fixaient également mes mains avec des visages rouges. Je n’étais pas sûr si je m’imaginais des choses ou pas, mais on aurait dit qu’elles avalaient toutes les deux leur salive et regardaient mes mains avec des expressions de désir.

« Enlève tes sales pattes de moi, gamin ! » s’énerva enfin Western Wind, qui s’était figée de stupeur. Les yeux de Western Wind fusillaient mes mains au point qu’ils avaient l’air d’être sur le point de sortir de leurs orbites. Troublé, je retirai mes mains afin d’éviter la possibilité qu’elle prenne le risque de mourir pour m’arracher la main avec les dents.

« Tu es clairement une fille. » Je signalai la vérité sans la moindre réserve.

Tout le monde acquiesça. Je l’avais déjà effrontément touchée pour confirmer, alors restait-il la moindre place à l’erreur ?

« Si ce n’avait pas été à cause de cet enflure de Guiliastes, je ne me serais jamais retrouvé dans cet état ! » hurla Western Wind avec colère.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? » Je me grattai la tête, toujours incapable de m’y retrouver dans cette situation sans queue ni tête1. Ne me dîtes pas que Gui est même capable d’effectuer une opération pour un changement de sexe ?

Agissant comme si l’endroit lui appartenait, le patron Western Wind s’assit sans la moindre courtoisie. Avec les jambes croisées, il renifla un peu, et entreprit de nous raconter son histoire.

« Bordel, après avoir découvert que le cœur de Lovely Consort s’était détourné de moi, je me suis juré de tuer ce voyou de Guiliastes jusqu’à-ce qu’il retombe au niveau un. Qui aurait pu deviner que ce voyou s’échapperait préalablement, en me forçant à le pourchasser sur plusieurs kilomètres. »

À ça, Gui sourit avec impuissance.

« Par chance, cet abruti de Guiliastes attirait tellement l’attention que tu pouvais le localiser juste en posant nonchalamment des questions à son sujet un peu partout. Je l’ai poursuivi jusqu’à une falaise, et j’ai découvert un morceau des vêtements de cette enflure sur le bord. Forcément, cet enfoiré devait s’être caché en bas de la falaise pour m’échapper ! Hmph, tu crois que j’aurais abandonné comme ça, gamin ? J’ai installé une corde sur-le-champ et j’ai continué la chasse. » Western Wind semblait particulièrement fière de sa propre persévérance.

Mon regard se tourna vers Gui. Il n’a pas l’air d’être du genre à descendre une falaise juste pour éviter quelqu’un ; l’endurance d’un barde n’est pas si grande, et il pourrait très bien perdre prise à mi-chemin et mourir dans sa chute.

Présentement, Gui avait pris une expression résignée, et il articula silencieusement : tactique de diversion.

Ça explique tout. Je me grattai la tête. On dirait que Gui s’est aussi rendu compte que Western Wind n’est pas du genre à regarder avant de sauter dans le tas.

« Qui aurait pu penser que, au lieu de trouver ce salopard, je rencontrerais une sorte de quête cachée à la place ? » Western Wind fit une grimace étrange. « Cette maudite bête mythique est même allée jusqu’à dire que je recevrais une quelconque punition divine si je ne parvenais pas à la vaincre. Il n’y avait aucune chance pour que je puisse vaincre cette créature monstrueuse dont la coquille était aussi dense qu’un mur d’acier, alors j’ai dû recevoir sa punition divine. Qui aurait imaginé que cette punition divine me transformerait en fille !? » se plaignit bruyamment Western Wind.

À ça, l’expression de Lolidragon, Wicked, et la mienne changèrent légèrement. Jamais je n’aurais imaginé que je ne serais pas la seule travestie dans Second Life ! Dire que j’ai un camarade ici ! La seule différence c’est que je suis une fille qui est devenue un gars, et qu’il est un gars qui est devenu une fille. Je me demande qui est le plus malchanceux ?

Après un certain temps, comme nous étions tous les deux dans le même bateau, j’ouvris sans enthousiasme la bouche pour réconforter Western Wind. « Euh… Au moins, tu es tout de même assez mignonne. »

« N’importe quoi, c’est fichtrement problématique ! » hurla très fort Western Wind.

Problématique ? Je trouve que ce n’est pas si mal. Au moins, le jeu ne simule pas le « problème » mensuel des femmes… Pensai-je.

« Est-ce que tu regarderais de haut les femmes ? » Lolidragon renifla froidement.

« Les femmes, ça ne veut rien dire. » Western Wind se leva lentement et marcha en direction de la fenêtre puisque ses jambes étaient détachées, permettant aux derniers rayons du soleil couchant de baigner son corps. « Le problème que j’ai mentionné n’a rien à voir avec les femmes, mais… »

Alors que le soleil se couchait, la nuit tomba soudainement à l’extérieur, et le corps de Western Wind commença également à changer : son corps devint lentement plus grand et musclé, sa coupe de cheveux longs se transforma en coupe rase, les courbes de sa poitrine s’aplatirent peu à peu jusqu’à ce que, enfin, elle devienne un « il ».

Nous poussâmes un petit cri de surprise devant la transformation inimaginable, incapable de revenir à nous pendant un long moment jusqu’à ce que, enfin, je relâche ma respiration et dise : « C’est assurément plus vite qu’une opération pour un changement de sexe. »

« Western Wind, que se passe-t-il ici exactement ? » s’enquit Gui avec perplexité.

« C’est entièrement la faute de cette bête mythique. » Western Wind parla avec une voix dure et virile qui seyait à son langage vulgaire. Il fronça les sourcils avec impatience. « Je n’avais pas envie de devenir une femme, alors le résultat de nos négociations a été que je me transformerais en femme le matin et que je retournerais à ma forme d’homme quand la nuit tomberait. »

« C’est effectivement très problématique », répondis-je, résistant avec difficulté à la tentation de sourire.

« Nooooon, sans blague ! Hé, détache-moi vite. La corde est hyper trop serrée. » Western Wind arborait une expression d’inconfort.

Gui me regarda avec un brin d’hésitation. Après que j’eusse haussé les épaules, indiquant que ça n’avait aucune importance, Gui se tourna pour à nouveau faire face à Western Wind. « Avant que je ne te détache, tu dois d’abord promettre que tu ne feras jamais de mal à Prince. »

Western Wind rigola. « Oublie ça. Même si je ne me bats pas contre lui par vengeance, j’aimerais quand même l’affronter, gamin. Ce beau garçon a du talent. »

J’éclatai bruyamment de rire. « Pourquoi est-ce que tu ne rejoins pas simplement la Cité de l’Infini ? Dans ce cas, tu serais en mesure de me provoquer en duel quand ça te chanterait. »

« Prince, ce n’est pas une bonne idée. Et s’il te blessait ? » Il y avait de l’inquiétude inscrite partout sur le visage de Gui.

Je répliquai sans la moindre peur : « Ça va aller. Je n’ai pas combattu de monstres depuis quelques temps déjà, et je me sens rouillé. Au moins, maintenant, j’aurai quelqu’un avec qui m’entraîner. Si je me blesse, je n’aurai qu’à aller trouver grand-frère Wolf pour me guérir et, si je perds, ça voudrait juste dire que j’ai besoin de plus de pratique. Mais… » Je mis au défi Western Wind avec confiance : « Je n’ai aucune intention de perdre. »

Les yeux de Western Wind étincelèrent. « Ha ! On dirait que le beau garçon a des couilles ! »

« Arrête de m’appeler beau garçon, ou je vais me mettre à t’appeler femme canon », dis-je à Western Wind d’une manière à moitié menaçante.

« Tu n’oserais pas ! » s’indigna furieusement Western Wind.

« Oh que si j’oserais, Western Wind la femme canon qui porte du bonnet de taille C. » Je dégainai le Dao Noir et tranchai net la corde qui attachait Western Wind d’une seule entaille.

Les yeux de Western Wind brillèrent d’excitation, tandis qu’il brandissait son épée, en me regardant comme le ferait un tigre gourmand. Je pouvais voir qu’il était également un amoureux des combats.

« Ne me déçois pas, Western Wind. » Je levai le Dao Noir, mes yeux pétillants avec l’exaltation d’accepter le combat.

Western Wind chargea immédiatement tête baissée sans réfléchir. Je secouai la tête. Western Wind aime peut-être se battre, mais il n’aime pas se servir de son cerveau pour combattre. Je déplaçai légèrement mon corps sur le côté, esquivant son nouveau coup de pied en le poussant simultanément, le forçant à presque tomber à plat sur le dos.

« Bordel ! » hurla Western Wind. Insatisfait de sa défaite, il fonça à nouveau droit vers moi.

Voyant qu’il n’avait toujours pas appris sa leçon, je levai les sourcils légèrement. On dirait que je vais devoir obliger son corps à s’en rappeler à la place. Je trouvai une ouverture, agrippai le poignet de Western Wind qui tenait son épée, et lui jetai férocement un coup de pied à l’estomac avec mon pied droit. Il serra douloureusement les dents, pendant que je lui arrachais son épée, en souriant un peu. Commençons le massacre !

Je me servis de mes quatre membres, en plus de l’épée et du fourreau comme d’armes mortelles… Combo Coup de Boule ! Coupe Transversale ! Je lançai même mes bottes dans sa direction, tandis que je criais à répétition : « On va voir si tu oses à nouveau interrompre mon concert ! »

« Pfiou ! Ce combat était si libérateur », affirmai-je, comme je rangeais joyeusement mon Dao Noir, me craquant le cou et effectuant quelques exercices d’étirements. Très bien ! C’est l’heure de manger. Avant de partir, je n’oubliai pas de me retourner, de pointer mon doigt vers le tas de chair ensanglantée sur le sol, et de donner des instructions à Wicked qui était en charge du département militaire. « Rappelle-toi de recruter Western Wind dans l’armée. Son niveau et ses capacités aux arts martiaux ne sont pas mal du tout, et il peut même librement utiliser son sex-appeal comme d’une tactique. Ce serait difficile de recruter une seule personne avec ce genre de talent même après dix ans. »

« Oui », répondit Wicked, alors qu’il regardait Western Wind avec les sourcils froncés, complotant probablement pour trouver l’unité la plus surmenée et merdique afin qu’il la rejoigne.

« Très bien, allons tous au Restaurant de l’Infini pour manger ! » Je menai le groupe joyeusement, me préparant à me rendre à mon Restaurant de l’Infini chéri pour un repas gratuit… Héhéhé, ne pas avoir à payer de repas au Restaurant de l’Infini a prouvé être le plus grand avantage que j’aie eu depuis que je suis devenu le suzerain.

« J’ai déjà fait des plans avec Sunshine pour aller essayer la nourriture des marchands ambulants, alors je ne viendrai pas avec vous », annonça Fairsky avec un peu d’hésitation.

« Oh », répondis-je, en me mordillant le pouce. Fairsky et Sunshine ont l’air de se rapprocher ces derniers jours. Est-ce qu’ils sont devenus de bons amis ? Ce n’est pas une mauvaise chose… Au moins, ça garde Fairsky heureuse.

« D’accord, allons manger ! »  Juste au moment où je m’apprêtais à lever les pieds pour marcher en tête, deux mains se posèrent soudainement sur mon épaule.

« Prince, la librairie est presque prête, et la séance d’autographe pour le portfolio est la semaine prochaine. S’il-te-plaît, rappelle-toi de t’entraîner à rendre ta signature plus propre. » Je me retournai pour voir belle-sœur Yu Lian en train de me sourire. Elle se tourna ensuite vers Gui et demanda : « Comment avancent les livres ? »

Gui hocha la tête et répondit : « J’ai deux livres qui sont prêts à être publiés, en plus de celui que Jing et Yun m’ont donné. Alors, il y a un total de trois livres qui peuvent être affichés le jour de la grande ouverture. »

« Prince, la construction de la Rhapsodie de l’Infini a mis le budget de la Cité de l’Infini dans le rouge encore une fois. » Le sourire de belle-sœur Yu Lian était éclatant au-delà de toute comparaison. « Nous allons devoir organiser plus de concerts et vendre plus de portfolios afin de gagner un peu d’argent, alors travaille dur à chanter et à vendre tes portfolios, est-ce que tu comprends ? »

« Compris… » J’avalai avec raideur, et ma tête devint engourdie en songeant à ce que j’avais à faire.

Les jours qui suivirent furent un véritable cauchemar. En deux semaines, le Groupe de l’Infini avait effectué cinq concerts. Qui plus est, afin d’attirer les spectateurs, chaque concert mettait en avant de nouvelles cascades, telles que sauter à travers des cerceaux en flamme pour apparaître sur la scène et descendre sur la scène habillés en anges.

(Ça avait été à cet instant que je m’étais enfin rendu compte de pourquoi les anges dans les tableaux sont toujours dépeints debout, aussi droits qu’une flèche, avec seulement leurs bras s’étirant légèrement… C’est évident ! Si tu traînes une paire d’ailes pesant plus de trente kilogrammes sur ton dos, que pouvais-tu faire d’autre que de te tenir debout et droit !?)

Plus étrange encore était le fait que les fans semblaient vraiment avoir adoré l’interruption mineure que Western Wind avait provoquée durant le premier concert. Ainsi, à chaque concert, Western Wind, sous la supervision souriante de belle-sœur Yu Lian, était forcé de me provoquer en duel devant le public. Et alors, j’étais obligé de me mettre à lui botter les fesses. Plus la raclée était forte, plus les fans étaient contents.

Soupir, ça a dû être dur pour toi, Western Wind la femme canon.

(Western Wind rugit furieusement : Je suis un gars, bordel de merde !)

Ensuite, la construction des librairies fut enfin terminée grâce au dur labeur de Gui, Fairsky et d’autres. Ils avaient construits deux librairies. Une se trouvait au milieu du centre-ville et l’autre était combinée avec un café, construite sur le bord d’un lac avec une atmosphère sympa et une excellente luminosité, spécialement conçu pour être un appât à couple. Par conséquent, ma signature, sur laquelle j’avais passé beaucoup de temps à m’entraîner, serait enfin bien mise à contribution.

Le jour de la séance d’autographe, il y avait une mer déferlante de personnes… Attendez, quoi ? Cette phrase est trop ordinaire ; ce n’est pas mon style ? D’accord, dans ce cas, cette horrible séance d’autographe était submergée avec tant de monde que ça donnait l’impression que Jolin Tsai2, Jay Chou3, Andy Lau4 en plus de Stephanie5 avaient tous fait leur apparition à Ximending6. Pour faire court, des gens de tous les âges et de tous les sexes étaient blottis ensemble en une unique foule massive. Il y avait des hommes, des femmes, et des débauchés, dont l’âge allait de 5 à 50 ans.

« Dieu merci nous avons le tapis volant ! Je ne crois pas que nous aurions pu entrer dans la librairie sinon. » Je lâchai un soupir, regardant la foule horriblement remplie à craquer en bas.

« Sunshine, pose-toi sur cette scène improvisée », indiqua Gui, tandis qu’il pointait une très petite estrade, complétée avec des tables et des chaises, entourée par des soldats menés par Nan Gong Zui pour des raisons de sécurité, afin d’empêcher les fans d’accourir sur la scène.

« D’accord. » Sunshine dirigea docilement son tapis volant pour atterrir en douceur sur l’estrade.

Je sautai hors du tapis volant le premier, souriant légèrement aux filles fanatiques qui hurlaient en bas de la scène. Puis, je marchai jusqu’à la table pré-arrangée et m’assis sur la chaise.

« La séance d’autographe commence maintenant », annonçai-je comme j’expirais profondément, prenant une plume laissée par les travailleurs, alors que je me préparais à la possibilité de devoir signer jusqu’à ce que mon bras tombe.

Je donnai des autographes pendant que je répondais à chacune des questions des fans avec un doux sourire. De temps à autres, il y en avait certains qui voulaient m’embrasser, et certains étaient si peu enclin à être rejetés qu’ils se jetaient sur moi par la force. C’est seulement après que Nan Gong Zui les avaient traînés au loin que je pouvais continuer à signer des autographes. Ce cycle se poursuivit pour se dérouler de cette manière : signer, répondre, me faire offrir un baiser, me faire embrasser de force, et les regarder être emmenés…

Du coin de mes yeux, je jetais occasionnellement des regards discrets en direction des autres membres du Groupe de l’Infini. La situation de Gui n’était pas différente de la mienne, excepté que, en tant que barde qui n’avait pas une très grande force, il s’était déjà fait embrasser par la force sur les joues par des « louves » à plusieurs reprises… Gui retenait actuellement des larmes d’accablement tandis qu’il continuait à signer et se servait même de Western Wind, qui appréciait précédemment sa pause, comme d’un bouclier. Les fanatiques jalouses avaient même déjà employé leurs griffes de louves pour graver plusieurs croix ensanglantées sur la pauvre femme canon Western Wind, et il n’avait même pas le droit de riposter.

(Comme le dirait belle-sœur Yu Lian, le client est roi, alors quoi que fassent les fans, ils ont toujours raison.)

En contraste, Wicked se trouvait en meilleure posture. Étant un guerrier et avec son visage distant, très peu de filles fanatiques osaient s’approcher de lui sans raison avec leurs bouches. Au lieu de ça, elles le contemplaient de façon tendre et languissante, comme si elles étaient prêtes à l’avaler si l’opportunité se présentait.

Puisque Phoenix et Fairsky étaient toutes les deux des filles, permettre à des gars fanatiques de faire ce qu’ils voulaient d’elles était évidemment hors de question. Le duo était entouré par un si grand nombre de guerriers de la Cité de l’Infini que je pouvais à peine apercevoir leurs silhouettes… C’est quoi ce genre d’attitude ? Pourquoi est-ce que Zui est le seul guerrier qui me protège ? Bande de pervers qui oublient leur suzerain à la vue de femmes…

La séance d’autographe se déroula comme ça jusqu’à ce que même la femme canon Western Wind fût devenue le Western Wind avec la coupe rase. Nous continuâmes à signer des autographes, sauf que maintenant ce n’était plus juste Gui, mais bien tout le monde dans le groupe, qui retenait ses larmes alors qu’ils signaient. S’il n’y avait pas de fans en train de me regarder, il y avait de fortes chances pour que j’aie hurlé à pleins poumons. Je jetai lugubrement un coup d’œil à ma main droite, qui tremblait de façon incontrôlable comme si je faisais une crise cardiaque, pendant que je gardais le compte du nombre de gens qui attendaient encore en file.

« La dernière personne… » Je terminai de donner ma dernière signature, me sentant profondément ému. Par chance, il s’agissait d’un gars, et il était très évident, vu la façon dont il continuait à regarder Fairsky et Phoenix l’une après l’autre, qu’il n’était pas le moins du monde intéressé par moi. Quelle fin parfaite. Je me sentis touché au-delà des mots.

Assez vite, juste comme je finissais de signer, il courut immédiatement vers le duo, et il termina sa course dans une position à moitié agenouillée sur le sol. Un bouquet de roses rouges colossal apparut de nulle part dans sa main gauche, et une énorme bague avec un diamant de la taille d’une balle de baseball surgit inopinément dans sa main droite.

« Ô ma chère demoiselle Fairsky, l’amour que je vous porte coule incessamment comme la Rivière Jaune, s’étend à l’infini tels les nuages blancs là-haut, et s’écrase vague après vague comme la marée… » Ce ramassis écœurant de sornettes jaillit sans fin de la bouche de cet animal, et le bruit de gens qui vomissaient partout s’écoulait incessamment comme la Rivière Jaune lui aussi.

« …Alors, ma bien-aimée demoiselle Fairsky, je vous en prie, épousez-moi ! »

« Désolée, je dois le dire à tout le monde, je suis déjà amoureuse de quelqu’un », annonça directement Fairsky, n’adressant même pas un coup d’œil au singe sur la scène, et ensuite s’inclina vers ses fans en bas de l’estrade pour exprimer ses excuses.

« Qui est-ce ? Qui est celui qui ose voler ma femme sans se soucier de sa propre vie ? » En bas de l’estrade, les fans de Fairsky se mirent à se révolter. Je soupirai avec impuissance. Je suis probablement celui qui a le plus d’ennemis dans le monde.

Puis, Fairsky prit une profonde inspiration et leva la tête pour regarder le ciel en direction de Sunshine, qui était assis sur le tapis volant. « C’est lui que j’aime. »

« Heiiin ? » Incluant le mien et celui de Sunshine, il y eut cinq « Heiiin ».

Fairsky regarda le Sunshine stupéfait avec ses joues rouges comme une pivoine. Après un long moment, elle se tourna et s’inclina devant moi. « Pardonne-moi Prince, mais je me suis rendue compte que j’étais tombée amoureuse de Sunshine, alors je ne peux plus éprouver de sentiments amoureux envers toi à présent. »

« C-c’est… » bégayai-je maladroitement pendant un moment, mais je ne parvenais pas à sortir même la moitié d’une phrase.

Oh, pourquoi est-ce que ma tête me fait plus mal maintenant comparativement à la fois où Fairsky avait essayé de me forcer à l’épouser ? Fairsky, si ton cœur s’est détourné de moi et que tu es tombée amoureuse de quelqu’un d’autre, je t’apporterais mon soutien à 120%, mais tu n’aurais pas pu choisir un partenaire plus normal ? Premièrement, tu tombes amoureuse d’une travestie comme moi, et maintenant c’est lui que tu choisis ? Tu ferais aussi bien de continuer à m’aimer, parce que ce serait juste une relation lesbienne, mais tu es à présent amoureuse d’un PNJ ! Comment est-ce qu’on appellerait ça ?

Même la zoophilie est mieux que de tomber amoureuse d’un PNJ. Au moins, un animal a un corps physique, mais les PNJs… Ne me dis pas que tu insisterais pour dire : « C’est exact : je suis amoureuse de plusieurs lignes de codage informatique » ?

« Sunshine, est-ce que tu m’aimes ? » demanda Fairsky sur un ton calme, alors qu’elle contemplait Sunshine avec le plus grand sérieux, ayant l’air pleinement confiante.

« Je… Je… » Sunshine fronça ses sourcils très forts ; il ne savait clairement plus où il en était.

« Tu aimes vraiment Fairsky en retour ? » Je blêmis à cause du choc. Sunshine est un PNJ. Même s’il a développé une conscience de soi, il reste tout de même différent d’un être humain ordinaire. Par exemple, il ne sait pas comment mentir, alors il ne peut pas réconforter les gens en racontant des mensonges. S’il n’éprouvait pas déjà des sentiments pour Fairsky, il l’aurait dit directement, et pourtant il ne semblait pas capable de parler ? Est-ce que ça veut dire… ?

Sunshine se tourna vers moi, de la confusion écrite dans ses yeux.

« Prince, ce n’est pas l’endroit idéal pour une interrogation ! » Gui m’éloigna, en pointant le public en bas de la scène.

« Tu as raison. » Je ne pus que me forcer à réprimer mon anxiété, reprenant l’apparence de l’Elfe Sanguinaire.

Je revêtis un sourire poli et dis sur un ton charmant : « La séance d’autographe se termine ici pour aujourd’hui. Le Groupe de l’Infini travaillera plus dur à l’avenir, et nous espérons que vous continuerez de nous apporter votre soutien. Merci. »

Les secondes que j’eues à attendre que la foule se disperse se firent ressentir comme des années. Ensuite, je traînai sur-le-champ Fairsky et Sunshine plus loin avec moi. Où aller ? J’hésitai pendant un instant. Ouais, à la maison de Jing et Yun. Après m’être décidé, j’envoyai vite un message privé à Jing et Yun, leur disant de m’attendre chez eux.

Juste au moment où je commençais à marcher, je m’arrêtai subitement et me tournai pour faire face aux autres membres du Groupe de l’Infini qui nous suivaient de près derrière nous. J’ordonnai sur un ton très menaçant : « Personne n’est autorisé à venir, vous m’avez entendu ? »

Le trio derrière moi se figea automatiquement. Voyant mon expression sévère, ils acquiescèrent tous à l’unisson.

Notes de bas de page

1 incapable de m’y retrouver dans cette situation sans queue ni tête : Ici, Yu Wo emploie  “丈八摸不着头脑”, (zhàng bā mō bu zháo tóu nǎo) qui est la version abrégée/et en jargon d’un dicton chinois, ‘丈二金刚,摸不着头脑’ (zhàng èr jīn gāng mō bu zháo tóu nǎo).

Dans certains dictons chinois, la première phrase est une description pour une énigme, alors que la phrase suivante offre l’explication. Dans ce cas-ci, la première phrase丈二金刚 (zhàng èr jīn gāng) signifie « Un moine qui mesure 20 pieds (Aussi connu comme Vajrapani) », la phrase suivante摸不着头脑 (mō bu zháo tóu nǎo) veut dire « ne peut pas toucher sa tête ». Littéralement, ça signifie que le moine est si grand que tu ne peux pas toucher sa tête. L’expression complète veut essentiellement dire que quelque chose est si surprenant ou bizarre qu’on ne saurait pas quoi faire tout de suite. Ça décrit le mieux la confusion / les questions qu’on éprouve ou se pose au milieu d’une réflexion (par exemple, imaginez que vous êtes en train de résoudre une affaire de meurtre, « comment le meurtre a-t-il pu survenir quand la pièce est verrouillée de l’intérieur? » est ce genre de confusion).

Yu Wo, cependant, exagère le dicton en disant que le moine (problème) mesure 18 pieds, et ainsi Prince ne pouvait pas atteindre sa tête (comprendre). [Credit à Erihppas]

2 Jolin Tsai (蔡依林, Cài Yīlín) : une chanteuse pop taïwanaise qui a gagné le prix Golden Melody award. Elle est extrêmement populaire non seulement à Taïwan et en Chine, mais a aussi beaucoup de succès à Hong Kong, Singapour, et en Malaisie, en plus d’avoir beaucoup de fans aux États-Unis. (Pour plus d’information, veuillez vous référer à http://en.wikipedia.org/wiki/Jolin_Tsai)

3Jay Chou (周杰倫, Zhōu Jiélún) : Un Taïwanais musicien, chanteur, producteur de film et de musique, acteur, et directeur. Il est connu pour avoir composé toutes ses propres chansons et aussi des chansons pour d’autres chanteurs. Sa musique a gagné beaucoup de reconnaissance à travers l’Asie, et sa carrière s’étend maintenant dans la direction, le jeu d’acteur, et de s’occuper de sa propre compagnie d’enregistrement, JVR Music. (Pour plus d’information, veuillez vous référer à http://en.wikipedia.org/wiki/Jay_Chou)

4 Andy Lau (劉德華, Liú Déhuá) : Un chanteur de pop cantonais venant de Hong Kong, un acteur de film, et un producteur. Il a été l’un des acteurs à succès de Hong Kong les plus commercialisés dans le milieu des années 1980, pendant qu’il maintenait une carrière de chanteur fructueuse en même temps. Dans les années 1990, il a été surnommé par les médias comme étant l’un des Quatre Rois Divins de la Pop Cantonaise  (四大天王) avec Aaron Kwok, Jacky Cheung, et Leon Lai. (Pour plus d’information, veuillez vous référer à http://en.wikipedia.org/wiki/Andy_Lau).

5 Stephanie (萧蔷, Xiāo Qiáng) : Célèbre en Taïwan comme modèle et actrice. Elle a été extrêmement populaire à la fin des années 1990 et au début des années 2000, et a été surnommée par les médias comme étant la Plus Belle Femme de Toute la Taïwan. (Pour plus d’information, veuillez vous référer à http://wiki.d-addicts.com/Xiao_Qiang)

6 Ximending 西, Xī mén ding, aussi connu comme HsiMenDing) : Un quartier très connu et un district de shopping à Taipei qui est la plus grande zone de piétons à Taïwan. Il est situé dans la partie nord-est du District Wanhua, et est aussi le district le plus rempli de consommateurs dans le côté ouest de Taipei. Il est la source de la mode, de la sous-culture, et de la culture japonaise en Taïwan.

Romance RPG : Partie 11

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo ( )


Part Eleven – traduit du chinois à l’anglais par Kii[PR!]
Partie Onze – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
Travail de vérification par Nocta

À ce stade, l’homme sembla enfin en mesure de se remettre de la douleur de s’être fait prendre « en embuscade ». Il baissa ensuite le regard vers la coupable. Meng cachait toujours son visage et restait à genoux sur le sol. Elle blâma intérieurement l’Épée-Fantôme de ne pas se dépêcher de trouver une solution au problème en face d’eux.

« Vous êtes blessée », lui rappela gentiment l’homme d’une voix douce.

En entendant cela, seulement à ce moment-là Meng remarqua-t-elle l’éclat de chaleur provenant de son bras gauche. Elle se retourna et vit une longue marque sanglante d’environ dix centimètres de long. La blessure n’était probablement pas profonde, vu qu’il n’y avait pas beaucoup de sang qui en sortait.

Meng essuya son bras avec désinvolture sur son pantalon, puis leva les yeux vers l’homme. Sa voix douce la rendit moins apeurée. Mais, qui aurait cru que ce seul regard ferait en sorte qu’elle fixe le vide pendant un certain temps …

Quand l’homme la vit essuyer son bras avec tant de nonchalance, il fronça les sourcils et dit d’un ton mécontent : « Une plaie doit être correctement soignée. Venez avec moi, je vais vous aider à la bander. »

Après avoir dit ça, il tendit sa main vers Meng pour l’aider à se relever, sa posture et son expression parfaites et élégantes.

Face à un si bel homme, le visage de Meng devint rouge. Quand elle regarda ses mains qui étaient couvertes avec un mélange de sang et de boue, elle n’osa pas prendre celle de l’homme qui portait une chemise blanche à manches longues et des gants blancs. Avec un sourire tendu, Meng se leva par elle-même.

L’homme ne semblait pas s’attendre à ce qu’elle ne prenne pas sa main. Seulement après l’avoir fixée pendant un instant guida-t-il tranquillement Meng à l’intérieur du magnifique palais.

Comme ils marchaient, Meng fut prise de panique. Peu importe sous quel angle on considérait la question, elle avait l’air d’un intrus. Alors, si elle se contentait de simplement suivre cette personne, il était difficile de dire si elle ne se dirigerait pas tout droit en prison. Elle ne put s’empêcher de tendre la main vers l’épée sur son dos et de la secouer violemment en chuchotant : « Hé ! Pourquoi restes-tu silencieux ? Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? »

Après avoir été secoué comme ça, l’Épée-Fantôme revint enfin à ses sens. En voyant le regard inquiet de Meng, il mit de côté la question de l’apparence de l’homme et commença à réfléchir à une façon de résoudre le problème actuel. Cependant, selon la façon dont il la voyait, la situation actuelle semblait assez bonne. Tomber du haut d’un arbre était facile, mais tomber sur quelqu’un dans sa chute était, en comparaison, plus difficile. En plus, la personne qui avait été touchée se trouvait justement être un très bel homme (L’Épée-Fantôme ne put s’empêcher de faire un tout petit peu sa propre éloge). La probabilité que quelque chose comme ça se produise était encore moins élevée que les chances de gagner à la loterie.

« Va avec lui », déclara l’Épée-Fantôme avec une certaine excitation.

Meng lui jeta un regard étrange, mais elle ne parvint pas à songer à de meilleures idées, de sorte qu’elle ne put que suivre l’homme en face d’elle, parcourant tout le chemin jusqu’à l’intérieur du palais. En face d’elle, il y avait un long couloir éclairé avec plusieurs bougies des deux côtés. Celui-ci était très bien éclairé. Le sol en pierre avait été poli jusqu’à en devenir lisse, et était si propre qu’il n’y avait même pas un seul grain de poussière. Elle pouvait presque y voir son propre reflet. Cela rendit la marche difficile pour Meng. Elle avait peur que ses chaussures sales laissent des empreintes sur le sol du couloir.

Même si elle ne laissa pas d’empreintes, Meng avait négligé le saignement de son bras. Un moment de distraction, et juste comme ça, quelques gouttes de sang étaient tombées. En contraste avec un tel plancher d’un blanc neigeux, ces gouttes de sang semblaient encore plus évidentes. Affolée, Meng tenta secrètement d’essuyer les gouttes de sang en traînant des pieds à plusieurs reprises.

Mais juste à ce moment-là, l’homme se retourna et dit avec un léger sourire : « Je vous en prie, venez par ici. »

Quand elle entendit cette voix, Meng ramena immédiatement son pied correctement. Elle leva les yeux vers son visage, mais elle n’aperçut pas d’expressions étranges, seulement le même sourire poli. Par contre, un murmure s’éleva de l’épée sur le dos de Meng. « Bravo, c’est réussi ! Son impression de toi doit avoir baissé de plusieurs points. »

En entendant l’Épée-Fantôme prononcer ces paroles, Meng devint à  nouveau nerveuse, pensant, Je suis foutue, foutue ! Combien de points ont été déduits ?

Elle entra avec malaise dans la salle que l’homme lui avait indiquée. Celle-ci ressemblait à une salle de réception. Il y avait quelques chaises ornées et une petite table de thé à l’intérieur. Quelques peintures de paysages étaient accrochées sur les murs. Meng y entra et sentit aussitôt la douceur sous ses pieds. Elle baissa les yeux et découvrit que le sol était recouvert d’un épais tapis de velours bleu. Ce fait rendit Meng encore plus nerveuse. Elle recroquevilla immédiatement son bras blessé contre sa poitrine, craignant qu’une seule goutte de sang ne tombe sur le tapis.

« S’il-vous-plaît, asseyez-vous un instant. Je vais aller chercher la trousse de soin. » L’homme sourit et partit.

L’entendant lui dire ça, Meng chercha ensuite la chaise la plus ordinaire pour s’asseoir. Cependant, même la plus ordinaire des chaises était soit douce et rembourrée ou délicatement sculptée, ce qui fit que Meng s’assit d’une façon très inconfortable.

« Pourquoi es-tu assise si près du bord ? Tu as des hémorroïdes, ou quoi ? » En voyant la façon dont elle était assise, l’Épée-Fantôme ne pouvait vraiment pas le supporter. Comment peut-elle réussir à séduire un bel homme tout en ayant l’air de ça ?

Meng fusilla l’Épée-Fantôme du regard, s’assit un peu plus loin, et répondit : « J’ai juste peur de salir ce fauteuil. Le palais est trop magnifique, je dois donc toujours faire attention. C’est si gênant. »

L’Épée-Fantôme ne put se retenir de rouler des yeux à son intention. Il  répliqua avec ironie : « Oh je t’en prie, c’est ce qu’on appelle une situation romantique. Est-ce que tu préférerais te rendre dans un marché à la criée avec ton bien-aimé, tandis que tu porterais deux sacs de légumes et qu’il tiendrait un poulet dans ses bras ? »

Il jeta alors à nouveau un regard en direction de Meng et soupira : « Mais en parlant de ça, ta tenue avec cette paire de pantoufles bleues et blanches est bien plus appropriée pour aller au marché. Dans ce palais, peu importe comment on le regarde, ça a juste l’air bizarre. »

Avant que Meng ne puisse rétorquer, deux coups résonnèrent sur la porte. Puis, l’homme de plus tôt entra encore une fois dans la salle. Dans ses mains, il portait une petite boîte dorée et bleu saphir.

Cette chose ne peut pas être une trousse de premiers soins, pas vrai ? Meng plissa les yeux vers l’objet qui ressemblait à une boîte à bijoux.

Quand l’homme arriva à côté de Meng, il ouvrit la boîte et commença à désinfecter et à bander la blessure pour Meng. Les pansements, les bouteilles de potions, et d’autres objets à l’intérieur indiquèrent clairement à Meng qu’il s’agissait véritablement d’une trousse de premiers soins. Pour Meng, la boite valait plus cher que la plus précieuse paire de boucles d’oreilles ornées de perles qu’il y avait chez elle.

« Quelle est l’utilité de se servir d’une si bonne boîte comme d’une trousse de premiers secours ? Les potions ne seront pas mieux et, indépendamment du lieu où un pansement est entreposé, il est tout de même employé pour bander les blessures », ne put se retenir de marmonner Meng.

Toutefois, l’Épée-Fantôme, qui était derrière elle, réprima son envie de gronder cette femme pour son inconscience par rapport à l’ambiance romantique. Pourquoi donc est-ce qu’elle se soucie de ce à quoi une trousse de premiers soins devrait ressembler à un moment comme celui-ci ? Est-ce qu’elle ne devrait pas être en train de penser à l’homme qui est à moitié à genoux et qui l’aide à bander sa blessure, de songer à quel point il est super beau, à quel point c’est vraiment romantique, ou quelque chose du genre ?

Attends qu’il parte avant de la réprimander. Attends qu’il parte avant de la réprimander. Se répéta l’Épée-Fantôme silencieusement. Je ne peux certainement pas briser cette atmosphère entre deux « personnes » en ce moment. S’il ne parlait pas, il ne compterait pas pour une personne, mais s’il devait parler il compterait pour une demi-personne. La romance est une affaire entre deux personnes. Il n’y avait même pas de place pour une demi-personne en plus.

L’homme qui se concentrait à l’origine pour bander la plaie leva le regard et demanda : « Que venez-vous de dire ? »

Meng agita la main précipitamment. « Ri- Rien du tout ! »

Il sourit et ne la questionna pas davantage.

D’un autre côté, ce fut Meng qui prit alors la parole, observant la porte avec de l’inquiétude dans ses yeux tandis qu’elle demandait : « Hé vous, ne serons-nous pas retrouvés si nous restons ici ? Vous savez, je suis entrée en escaladant le mur… »

En entendant les paroles de Meng,  l’homme questionna avec une légère surprise : « Vous ne savez pas que je suis Édouard ? »

Meng cligna des yeux. « Édouard ? Non, je ne vous connais pas. Vous êtes célèbre ? »

Ça avait l’air d’être la première fois qu’on posait ce genre de question à Édouard. Il la regarda fixement pendant un moment, puis répondit avec un peu d’hésitation : « Je pense que oui ? Je ne sors pas souvent, alors j’ignore si je suis vraiment célèbre ou non. »

« Quel est votre travail ? » Meng devint curieuse.

« Mon travail ? Eh bien… » L’expression d’Édouard devint de plus en plus gênée. Ce dernier ne savait pas comment répondre.

« C’est vraiment si difficile de répondre à cette question ? » murmura Meng dans sa barbe par habitude, ne sachant pas ce qui clochait dans sa question.

Édouard sembla penser que s’il ne répondait pas à la question de la dame, il se montrerait très impoli. Malgré sa réticence, il révéla avec hésitation : « M-Mon travail est celui de prince. »

« Prince ? C’est quel genre de profession ? » Recevant une telle réponse, Meng resta confuse, et son cerveau n’arrivait vraiment pas à assimiler l’information.

« Aaaaah ! Quelle femme stupide ! » Finalement, l’Épée-Fantôme ne parvint plus à se contenir et cria rageusement : « Prince n’est pas sa profession, mais bien son identité ! »

Meng fut choquée. Son cerveau sembla tourner au ralenti et finit par se connecter à la bonne place. « Un prince. » Ces deux mots frappèrent durement l’esprit de Meng.

La personne en face de moi et qui m’aide à bander ma blessure est en fait un prince ?

L’Épée-Fantôme secoua son corps – la lame – follement et déplora : « Tomber d’un arbre et atterrir sur un bel homme, c’est comme gagner à la loterie. Ça vaut des dizaines de millions. Tomber d’un arbre et atterrir sur un beau prince, c’est tout simplement… inestimable ! »

Mise à jour : Novembre 2016

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Chapitres de Novembre
  1. Romance RPG : Partie 11
  2. 1/2 Prince T4C10 : Western Wind, Une Personne dans la Même Situation que moi ?
  3. La Légende du Chevalier du Soleil T3C9 : Ramène La Princesse Au Château
  4. La Légende du Chevalier du Soleil T3C10 : Développe Une Relation Romantique Avec la Princesse

Bonjour à tous,

Le mois de novembre va être chaud en couleurs avec 4 chapitres, sans oublier le fait que l’on approche de la fin du tome 4 de 1/2 Prince et du tome 3 de LCS. Vous avez donc droit à 1 chapitre de RRPG, 1 chapitre de 1/2 Prince, et deux chapitres de LCS.

J’aimerais également vous signaler que, grâce à la générosité de L’Amateur d’Aéroplanes, il y a maintenant une page Wikipédia officielle de Yu Wo en français et que vous pouvez retrouver ici —> https://fr.wikipedia.org/wiki/Yu_Wo

De plus, je vous rappelle que nous sommes toujours à la recherche de quelqu’un pour nous aider avec la correction des chapitres. Aussi, si vous remarquez qu’il y a encore des erreurs dans certains chapitres, ne vous gênez pas pour nous les indiquer. Ainsi, nous allons pouvoir régler le problème le plus vite possible en dépit du manque de correcteurs.

Dernière chose : assurez-vous de venir jeter un coup d’œil à notre mise à jour de décembre quand elle va être sortie, car nous avons prévu tout un tas de petits cadeaux pour vous. Encore plus que l’an dernier.

La Légende du Chevalier du Soleil T3C8 : Le Point Incontournable Pour Chaque Aventure – Duel de Rois

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 – À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine par : 我 (Yu Wo)


Chapter 8: “The Must-Have Plot Point for Every Adventure – King vs King” – traduit du chinois à l’anglais par Evangeline[PR!]
Chapitre 8 : Le Point Incontournable Pour Chaque Aventure – Duel de Rois – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Quand j’ouvris à nouveau les yeux, la première chose à laquelle je pensai fut… Pourquoi est-ce que je m’évanouis si souvent ces derniers jours ?

« Je le savais. Qui a dit qu’un témoin n’aurait pas à fuir pour sauver sa vie… Quand je rentrerai à la maison, j’irai définitivement voir le Pape pour lui demander une compensation ! »

Je me redressai lentement avec une expression pleine de rancœur, principalement parce que je n’avais rien mangé et que mon estomac était en train de me tuer. Même si je savais que je pouvais appeler quelqu’un, je n’avais pas bougé depuis si longtemps que mon corps était tout crispé. Je craignais que si je continuais ainsi, je ne serais plus un porc, mais plutôt un corps qu’on pourrait enterrer et laisser reposer en paix.

Je marchai jusqu’à la porte, mais alors que j’étais sur le point de la pousser, j’entendis des cris de l’autre côté. Je m’arrêtai et appuyai silencieusement mon oreille contre la porte. Immédiatement, je reconnus les voix de Leaf et d’Anne. Ils semblaient se disputer… Incroyable, dire que Leaf est en fait capable de se disputer avec quelqu’un ?

Leaf prit une voix grave et gronda : « Que se passe-t-il avec toi et la Princesse Alice ? La Princesse Alice nous a attaqués ce jour-là, et ta réaction était aussi très étrange. »

Ahhh ! Oh, comme mon cœur bat vite à cause de la peur. Qui aurait cru que Leaf pouvait crier sur quelqu’un, et une princesse qui plus est ? Est-ce qu’il a l’intention de changer sa profession et de ne plus être un type sympa ?

« Rien de tout cela ne te concerne ! » Le cri perçant d’Anne était encore plus fort que la voix de Leaf.

« Rien qui me concerne ? » La voix de Leaf se mit à trembler, et il semblerait qu’il était sur le point de craquer. « Comment peux-tu dire que ce ne sont pas mes affaires, quand Sun est resté inconscient aussi longtemps à cause de vous ? »

Anne répliqua : « Je parie qu’il ne fait que dormir ! »

Claque !

La voix d’Anne semblait indiquer qu’elle était stupéfaite : « Tu, tu m’as frappée… »

Pourtant la voix de Leaf était glaciale. « N’insulte pas Sun. La prochaine fois, ce ne sera pas juste une gifle. Je te provoquerai directement en duel. Je me fiche que tu sois même une princesse, Princesse Anne. »

J’étais tellement surpris que ma bouche s’étira pour former un « O »… Est-ce que Leaf vient juste… de gifler une princesse ? Oh mon Dieu de la Lumière ! Par pitié, ne me dites pas que l’effet secondaire de la résurrection est qu’il a été transformé en un homme méchant ?

Cela ne signifie-t-il pas que je ne peux plus me moquer de Leaf dans le futur ? Dieu de la Lumière, Vous êtes en fait vraiment trop cruel ! Harceler Leaf était l’un des rares plaisirs de ma vie, et pourtant Vous avez vraiment eu le cœur de me priver de cela !

« Je suis désolée Leaf, je ne voulais pas dire cela. » Anne éclata en sanglots et avoua tout en se mouchant : « Je ne savais pas que ma sœur Alice nous attaquerait, et qu’ils iraient aussi loin que de te tuer. Je voulais juste l’aider à s’enfuir avec son bien-aimé. Je n’ai jamais voulu vous blesser, toi et Sun, tu dois me croire. »

Les deux partis gardèrent le silence pendant un moment, silence uniquement interrompu par les pleurs d’Anne. Finalement, Leaf soupira et déclara : « Je comprends, et je suis désolé de t’avoir frappée tout à l’heure. J’étais juste trop inquiet à propos de Sun, alors j’ai agis impulsivement pendant un instant. S’il-te-plaît, pardonne-moi. »

Il lui a pardonné si facilement. On dirait que Leaf est toujours une bonne personne ! Je suis désolé, Dieu de la Lumière, je Vous ai mal compris.

À cela, Anne balbutia : « Le-Leaf, en fait, j’ai un dispositif magique pour pister ma sœur. On peut l’utiliser pour téléporter quelqu’un aux côtés de ma sœur une fois seulement… Je suis désolée ! Ne me réprimande pas ! »

Le silence tomba pendant un long moment de l’autre côté de la porte, puis Leaf bégaya : « C’est trop dangereux de les poursuivre. Mike et Austin sont partis chercher du renfort. Une fois que Sun et moi serons partis, dis-le-leur et laisse-les décider. »

« Pourquoi devrais-je attendre que toi et Sun soyez partis ? N’allez-vous pas venir avec nous ? » La voix d’Anne semblait complètement désespérée.

« Non ! » répondit Leaf avec une voix inhabituellement ferme. « Nous ne devons pas laisser Sun le découvrir, promets-le-moi ! »

« Pourquoi ? Si tu ne me le dis pas, alors je ne te promettrai rien. »

« Tu ne le connais pas… Ahhh ! Ta sœur et son compagnon n’auraient jamais dû me tuer. Si nous laissons Sun savoir que tu as un moyen de trouver Alice, il ne les laissera pas s’en tirer. Ta sœur sera en danger elle aussi, donc tu dois me le promettre, tu ne dois pas mentionner ce sujet devant Sun avant que nous soyons partis. »

Anne protesta avec une sorte de doute : « Nous n’avons même pas pu les battre, alors quelqu’un d’aussi faible que Sun… Je veux dire, il n’est pas si fort que ça, non ? Leaf, ne t’énerve pas. Je ne dis pas ça pour me moquer délibérément de lui ! »

« Il n’est pas si fort que ça, hahaha ! »

Leaf dit d’un ton totalement impuissant : « Si c’était le cas, alors pourquoi notre troisième règle partagée serait “Peu importe à quel point le Chevalier du Soleil paraît faible, ne le contrarie jamais” ?»

Ayant entendu cela, je réfléchis pendant un instant puis retournai m’allonger sur mon lit. Ensuite, frottant mes yeux et agissant comme si je venais de me réveiller, je criai : « Leaf ? Leaf ! Je meurs de faim ! »

Leaf ouvrit la porte et s’exclama joyeusement : « Sun, tu es réveillé ? »

« Suffisamment réveillé pour me sentir affamé, qu’est-ce que tu en penses ? » ronchonnai-je avec humeur.

Leaf gloussa et me demanda avec entrain : « Que dirais-tu de manger un peu de porridge ?  »

Je répliquai rapidement : « Non, je veux manger de la viande. »

« Mais, tu viens juste de te réveiller, et si tu manges quelque chose qui est difficile à digérer, j’ai peur que… »

Je levai les yeux au ciel et ne pus m’empêcher de répliquer : « Leaf, épargne-moi ton discours, tu n’es pas Judgment. Qui plus est, tu es un type sympa, donc je n’ai pas peur de toi. Si je dis que je veux manger de la viande, alors j’aurai de la viande. »

Leaf resta silencieux un petit instant avant de finalement déclarer avec inquiétude : « Très bien, je vais dire aux cuisiniers de te couper la viande en petits morceaux pour te faire une soupe à la viande. »

Leaf ne perdit pas un seul instant et revint en un clin d’œil, apportant la soupe. Alors que j’étais sur le point de festoyer, Leaf m’expliqua la situation, même si j’avais en réalité déjà tout entendu. Pour faire simple, Austin et Mike étaient partis chercher du renfort et, puisque j’étais inconscient, Leaf et Anne étaient restés derrière pour me protéger.

Leaf ajouta : « Sun, je leur ai aussi demandé de contacter l’Église du Dieu de la Lumière, donc je pense que l’Église va nous envoyer quelqu’un. »

J’espère que ce quelqu’un n’est pas Judgment. J’hochai la tête en direction de Leaf et avalai la dernière lampée de ma soupe à la viande.

Avec cet arôme sucré de soupe à la viande parti, je sentis vaguement une sorte d’odeur nauséabonde. Attendez, ça ne peut être… Je baissai la tête pour me sentir et manquai presque de mourir à cause de l’odeur. Je m’étais transformé en Chevalier de la Puanteur Suprême1.

Je fronçai les sourcils et m’exclamai : « Leaf, je sens vraiment mauvais ! Achète-moi de nouveaux vêtements. Aussi… Princesse Anne. »

Quand Anne, qui s’était tenue dans un coin en silence, m’entendit l’appeler, elle hésita un instant avant de demander : « Quoi ? »

« Est-ce que vous pouvez, s’il-vous-plaît, m’amener une bassine d’eau chaude ? » demandai-je platement.

Anne ne répondit pas, mais Leaf s’exclama immédiatement avec chaleur : « Désolé de t’embêter, Anne. Je vais aller acheter des vêtements pour Sun. »

À ce moment, Anne répondit enfin, quoiqu’avec une voix réticente. « Très bien ! »

J’ordonnai à Leaf : « Ils doivent être blancs et, aussi, demande à la couturière d’y broder l’emblème du Soleil. N’as-tu pas dit que quelqu’un de l’Église allait venir ? Je ne peux pas me permettre d’avoir l’air irrespectueux devant tout le monde. »

Leaf hésita, puis il acquiesça avec un hochement de tête : « D’accord. »

Leaf s’en alla acheter mes vêtements. Pas même un instant après, Anne revint avec une bassine d’eau chaude et la posa avec un bruit sourd. D’un ton mécontent, elle dit : « Voilà ! Je vais sortir à présent. »

« Attendez. » Je touchai l’eau et décrétai mollement : « L’eau est trop chaude. »

Anne se sentait probablement coupable, ou alors elle faisait cela pour le bien de Leaf. Dans tous les cas, même si elle avait l’air mécontente, elle resta complètement obéissante et s’agenouilla pour sentir l’eau après avoir entendu mes mots.

J’affichai un sourire narquois, et invoquai l’élément de l’eau…

Immédiatement, la bassine d’eau de bain se combina à l’élément d’eau que je venais de conjurer, s’enroulant autour du corps d’Anne comme une chaîne. Elle se figea momentanément, puis se mit à lutter immédiatement après, essayant de se libérer de ces chaînes d’eau. Cependant, l’eau n’avait pas de forme, donc tout ce qu’elle pouvait faire était de passer à travers les jets d’eau avec ses poings. Finalement, je gelai toute l’eau en un seul coup, avec Anne coincée au milieu de ces stalactites, incapable de bouger.

« Impossible ! Comment un sort de gel basique peut-il m’immobiliser ? » cria Anne, tandis qu’elle luttait férocement. Cependant, la glace autour de son corps ne montrait aucun signe d’affaiblissement.

Je répondis avec un sourire : « D’après mes connaissances en matière de magie, un sort d’un niveau basique ajouté à un autre sort basique est égal à un sort de niveau intermédiaire, aussi j’ai répété le même sort de gel encore et encore jusqu’à cinq fois. Je me demande, à quel niveau de magie est-il à présent ? Mais, quoi qu’il arrive, cette glace n’est pas plus fragile que l’épée que tu portes, aussi tu ne feras que te blesser si tu continues à lutter ainsi. »

Après avoir dit cela, je souris et passai ma main à l’intérieur des vêtements d’Anne…

« T-tu ! » La voix d’Anne trahissait le fait qu’elle était proche des larmes, alors qu’elle hurlait : « Arrête ça tout de suite ou je crie ! »

En entendant cela, je lançai nonchalamment le sort Tourbillon, laissant une spirale de vent tourner autour des murs afin de bloquer tous les sons. Je murmurai à Anne : « Ah ! Vas-y, mais c’est dommage, même si tu cries jusqu’à en perdre la voix, personne ne t’entendra. »

Sa voix trembla fortement lorsqu’elle parla : « L-Leaf sera bientôt de retour. Il ne te laissera pas faire ça ! »

Je répondis tranquillement : « Il va devoir attendre qu’ils brodent l’emblème du Soleil, donc il ne sera pas de retour avant un bon moment. »

« Tu as donc tout planifié à l’avance ! » hurla Anne. « Espèce d’infâme scélérat méprisable ! »

Pourquoi toutes les princesses aiment-elles me traiter d’infâme scélérat méprisable ?

J’ignorai ses cris et pris de sa proche secrète une boîte plate un peu plus petite que la paume de ma main. Une odeur parfumée s’échappa lorsque je l’ouvris, et quand je touchai l’intérieur de la boîte, cela avait l’air d’être une sorte de pommade. Peut-être que c’était une sorte de crème parfumée pour fille.

Immédiatement, Anne arrêta de crier, et elle sembla être complètement stupéfaite lorsqu’elle dit : « Comment as-tu su… »

Elle s’arrêta subitement, et je finis sa phrase pour elle : « Comment est-ce que j’ai su que c’était l’objet magique que tu utilisais pour suivre la Princesse Alice, n’est-ce pas ? »

« Tu, tu… » Anne semblait effrayée et bouleversée : « Ainsi, tu cachais tes capacités pendant tout ce temps. »

Je reniflai. Bien sûr. Quoi qu’il advienne, je reste toujours le Chevalier du Soleil, donc je ne pouvais pas vraiment être complètement inutile, non ?

« Tu es vraiment effrayant. » La voix d’Anne trembla, lorsqu’elle continua : « Tu as dissimulé ta façon de tenir l’épée et ton jeu de jambes si parfaitement, et tu as même prétendu que tu ne pouvais pas courir un kilomètre sans haleter à mort. Faire semblant d’être quelqu’un qui ne peut pas utiliser une épée, quelqu’un qui a une endurance terrible… tout cela n’était qu’une mascarade ! »

Anne rit et articula calmement : « Mais, tu ne pourras pas activer cet objet magique, héhéhé, héhéhé… Ah ! »

J’utilisai Lame de Vent pour trancher la peau d’Anne, laissant le sang goutter dans la boîte.

« C-comment as-tu su… ? » La voix d’Anne semblait indiquer qu’elle était sur le point de pleurer à nouveau.

Je roulai des yeux. Rose possédait presque autant d’appareils magiques qu’elle avait de sucettes, et j’avais simplement joué avec ceux-ci depuis que j’étais petit, donc un appareil simple comme celui-ci pouvait difficilement me poser problème.

Comme le sang d’Anne gouttait, j’entendis un « clic ». Le fond de la boîte s’ouvrit pour révéler un compartiment secret. Il y avait un tout petit cercle magique à l’intérieur. Je le touchai, remarquant qu’il était très détaillé et probablement très rare. Toutefois, Rose avait des tonnes de choses de ce genre dans sa maison.

Ensuite, je levai la tête et déclarai à Anne : « Ces chaînes se briseront une demi-heure après que je serai parti. Si tu ne veux pas qu’un étranger profite de toi, alors je te suggère de ne pas crier et attirer des gens ici ! Si jamais tu attires un mauvais gars, alors tu devras juste en supporter les conséquences ! Aussi, quand Leaf reviendra, dis-lui que j’ai vais obtenir justice pour lui. »

Sans attendre qu’Anne réponde, j’injectai l’élément du vent dans le cercle magique, qui s’étendit soudainement et m’engloutit tout entier, m’amenant à l’endroit où se trouvait la Princesse Alice.

 

 

Quand je sentis que je m’étais téléporté à ma destination, je criai immédiatement : « Brigandine Sainte du Dragon, au nom des descendants des Dragons, je te l’ordonne, Activation !  »

« Petite sœur2 ? »

C’était la voix d’une femme. Elle portait une robe, et l’élément du vent autour de son corps était en train de grimper. Il devait s’agir de la Princesse Alice, et elle était même un mage du vent.

Elle était très proche de moi, seulement à deux pas, alors je m’empressai de bondir en avant et l’attrapai, en hurlant : « Ne bouge pas ! »

Apparemment, elle n’était pas très obéissante et voulut immédiatement me contrer avec de la magie du vent. Malheureusement pour elle, j’interférai avec sa magie. Même si je ne connaissais pas de sort avancé, même Aldrizzt, ce mage d’une centaine d’années, avait carrément affirmé qu’il ne pouvait pas m’égaler en termes de capacité à rassembler les éléments.

Elle s’exclama avec surprise : « T-tu n’es pas un assassin, tu es un mage ! »

« Non aux deux. Je suis un Chevalier Sacré. » Je lui dis froidement : « Serais-tu aveugle ? Tu ne vois pas l’étincelante Épée Divine du Soleil dans mes mains ? Je suis le Chevalier du Soleil ! »

Après avoir déclaré tout cela d’un seul souffle, je devais admettre que j’avais attendu pendant un long moment de pouvoir crier : « Je suis un Chevalier Sacré ! Pas un prêtre, mais un Chevalier Sacré, Chevalier Sacré, Chevalier Sacré (insérez une centaine d’échos en plus) ! »

À présent que j’avais enfin pu le dire, je me sentais tellement bien que si la situation l’avait autorisée, j’aurais pu me laisser déborder par l’impulsion de pleurer !

« Le Chevalier du Soleil ? Comment est-ce possible ? » demanda Alice d’une voix faible.

« Alice ! »

À ce moment-là, le chevalier noir se précipita vers nous. La quantité d’élément de lumière dont je débordais avait dû attirer son attention. Il sprinta rapidement vers nous à la vitesse de la lumière.

« Arrête-toi tout de suite ! »

Je saisis fermement la princesse, appuyant bien fort l’Épée Divine du Soleil contre sa gorge. Puis, je m’adressai froidement au chevalier noir : « La vie de cette femme ne t’importe donc plus ? »

Les pas du chevalier noir ralentirent, mais il ne s’arrêta pas. Je pressai l’Épée Divine du Soleil un peu plus fermement contre le cou de la princesse, la faisant tressaillir.

« Arrête ! » Le chevalier noir finit enfin par s’immobiliser, et il cria : « Tu ne peux pas la blesser, c’est une princesse ! »

Je ris pendant un bon moment, puis je pressai ma lame encore plus durement contre la gorge de la princesse, cependant elle se retint d’émettre le moindre bruit cette fois. « En es-tu sûr ? » m’enquis-je d’un ton moqueur.

Le chevalier noir affirma d’une voix tremblante : « Tu es un chevalier, et tu es même le Chevalier du Soleil que tout le monde sur le continent connaît. Tu ne blesserais pas une femme. Cela ruinerait ta réputation. Tu ne ferais pas une chose pareille… »

Je ris à nouveau et lui demandai : « Dans ce cas, d’après “ce que tout le monde sur le continent connaît du Chevalier du Soleil” sais-tu ce que Le Chevalier du Soleil déteste le plus ? »

« Les créatures des ténèbres », répondit-il par réflexe.

J’aboyai : « Faux ! Ce que le Chevalier du Soleil déteste le plus est de voir ses chevaliers sacrés se faire tuer ! »

Après avoir crié, je repris le contrôle de mes émotions et décrétai calmement : « À partir de maintenant, je te préviens, si tu oses bouger, je couperai la main de cette femme. Et, plus tu bougeras, plus des parties de son corps se feront couper. »

Alice et le chevalier noir ne bougèrent pas d’un muscle, ils n’émirent même pas le moindre mot. Peut-être que je leurs avais fait peur ou quelque chose d’autre, mais cela importait peu. Ensuite, j’invoquai une grande quantité de l’élément de l’eau et la gelai en une douzaine de stalactites qui se mirent à flotter à proximité du chevalier noir. Sans surprise, il ne remua pas d’un cheveu malgré tout cela.

À la place, ce fut la Princesse Alice dans mes bras qui se mit à hurler : « Espèce d’ignoble scélérat méprisable ! Aigle, ne l’écoute pas ! Il n’oserait pas ! »

Je devins maintenant certain que toutes les princesses du monde ne possédaient qu’une seule façon d’insulter les autres et que c’était en les traitant d’ignobles scélérats méprisables. Il n’y avait pas d’autres insultes.

D’un ton neutre, je m’adressai au chevalier noir : « J’ai oublié de te le dire, mais activer ton aura de combat compte comme bouger. »

Après avoir dit cela, plus de dix stalactites flottèrent vers son torse et ses membres, provoquant une succession de craquements retentissants, mais il ne bougea pas d’un pouce, même sous une attaque aussi lourde. Il se força à supporter l’attaque sans bouger, ce qui en retour fit que ses blessures empirèrent. J’entendis le son de plusieurs os qui se brisaient.

« Aigle… » Alice perdit presque connaissance, ses jambes ne la portant plus. La seule chose qui la maintenait debout, c’était moi.

« Tu peux bouger à présent », lâchai-je avec indifférence.

À cet instant, finalement, le chevalier noir glissa lentement à terre. Je lançai alors la plus grosse stalactite et la fit se fracasser sur son dos sans aucune pitié.

« Umph ! » Il tenta d’étouffer un gémissement.

Quel fier chevalier. Je l’admirai un peu en quelque sorte, car j’étais sûr que ce dernier coup avait probablement brisé bon nombre de ses côtes, mais il ne laissa échapper qu’un seul cri.

Je libérai la Princesse Alice et l’avertis nonchalamment : « Ne pense même pas à utiliser ta magie sur moi, ou je t’aiderai à désinfecter et à stériliser ton chevalier noir en utilisant Feu des Enfers. Je te garantis qu’il sera si propre qu’il n’en restera même pas la moindre cendre par la suite. »

Alice me repoussa durement et courut immédiatement vers son chevalier noir, pleurant à chaudes larmes lorsqu’elle aperçut ses blessures. Malgré le fait que le chevalier noir fût gravement blessé et se trouvait probablement dans un état de semi-conscience, il essaya tout de même d’apaiser la princesse. Tout ce que j’entendis fut : « Je vais bien, ne pleure pas », encore et encore.

À cela, je ne pus m’empêcher de me mettre à glousser. Nous voulions la sauver, mais je ne pense pas qu’ils aient vu cette quête avec le même ressenti que nous. C’est bien trop absurde. Que veulent-ils dire quand ils racontent que les chevaliers sauvent les princesses… la princesse n’a peut-être même pas nécessairement envie d’être sauvée ! Pour elle, nous étions en fait les méchants qui essayaient de la séparer de son bien-aimé, n’est-ce pas ?

« Vous avez commis une seule erreur », leur annonçai-je froidement. « Et, cela a été de tuer Leaf ! Si vous ne l’aviez pas tué, j’aurais pu considérer le fait de ne pas vous séparer. Cependant, à présent, je ne prévois pas de vous forcer à rompre tous les deux. Vous pouvez aller en enfer ensemble ! »

Le silence tomba jusqu’à ce qu’Alice se murmure à elle-même : « Tu vas nous tuer ? Comment cela se peut-il… »

« Pourquoi pas ? » J’affichai un sourire narquois : « À la seconde où vous avez tué le Chevalier de la Forêt, vous auriez dû savoir que le Chevalier du Soleil vous poursuivrait jusqu’au bout du monde pour le venger ! »

Entendant cela, elle s’exclama avec panique : « Je suis une princesse ! »

« Oh, vraiment ? » la questionnai-je d’une voix douce et gentille. « Mais, je ne vois nulle princesse. Juste un kidnappeur et sa complice. »

La respiration d’Alice devint irrégulière, et elle trembla lorsqu’elle répliqua : « Chevalier du Soleil, si tu nous tues, ma mère ne laissera pas l’Église du Dieu de la Lumière s’en tirer ainsi ! »

Imperturbable, je rétorquai : « Oh ! Mais, je suis un assassin, et je ne vois aucun Chevalier du Soleil. Pas toi ? »

Alice éclata en sanglots et essaya de porter le chevalier noir proche de l’inconscience, comme si elle voulait s’enfuir avec lui.

Cependant, sa force était loin d’être suffisante pour pouvoir soulever un homme, et en particulier un homme qui portait une armure. Toutefois, elle refusa d’abandonner, essayant de le traîner en sécurité de toutes ses forces.

En les voyant ainsi, la fureur dans mon cœur diminua de moitié, et je trouvai difficile de poursuivre avec les tortures que j’avais en tête une seconde auparavant. Aurais-je su cela plus tôt, je n’aurais jamais autant blessé le chevalier noir. S’il avait eu la force de riposter, dans ce cas j’aurais probablement pu m’accrocher à ma fureur, mais à présent je ne pouvais même pas faire cela.

Avec mon enthousiasme qui déclinait, je déclarai : « Bien, je vous accorderai une mort légèrement moins douloureuse. »

Je rassemblai l’élément des ténèbres, prévoyant d’employer ce sort dont Aldrizzt s’était servi une fois, « L’Approche de la Mort », étant donné qu’il pouvait tuer quelqu’un silencieusement et sans douleur…

« Sun, arrête ! » Un cri s’éleva du ciel.

Au même moment, je sentis l’élément des ténèbres que j’avais invoqué dans ma main se faire dissiper.

Je levai la tête. L’opposant portait une sorte de vêtement en forme de cape, et même si l’aura noire qu’il émettait n’était pas très forte, elle me donna un sentiment de profond mystère. Cette aura, je ne l’avais sentie que sur une seule personne auparavant… Non ! Je ne devrais pas parler d’une personne. Elle n’était plus une personne depuis un très long moment.

Serrant mes poings, je forçai mes mots à sortir à travers mes dents serrées : « Rose, ainsi quand tu as dit que tu déménageais, tu voulais dire que tu venais t’installer à la Cathédrale du Dieu de l’Ombre ? »

Notes de bas de page

1 « Le Chevalier de la Puanteur Suprême » : Le début de Sun et de Suprême utilise le même caractère en chinois. Sun fait un jeu de mots sur son titre.

2« Petite Sœur » : Alice appelle Anne sa « seconde jeune sœur » à cet endroit. En chinois, on fait une distinction entre les sœurs plus âgées et plus jeunes.

Romance RPG : Partie 10

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo ( )


Part Ten – traduit du chinois à l’anglais par Doza[PR!]
Partie Dix – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

La voix de Meng avait un ton très rêveur. « Dis-moi, Épée-Fantôme. Si je suis d’accord pour travailler aussi dur que je l’ai fait en escaladant cet arbre, est-ce que je vais devenir une fille qui est aimée de tous ? »

« Aimée de tous ? » La lèvre de l’Épée-Fantôme se retroussa tandis qu’il continuait : « Ce niveau de difficulté est trop élevé. Où est-ce que tu pourrais trouver une fille aussi parfaite ? Que huit personnes sur dix aient le coup de foudre est déjà assez bien. Je suis une Épée-Fantôme, pas la lampe magique d’Aladin. »

Meng éclata de rire et répondit : « Tu as raison. Dans ce cas, tu dois me transformer en une fille qui va faire tomber amoureuses au premier regard huit personnes sur dix. »

L’Épée-Fantôme jeta un coup d’œil à l’apparence actuelle de Meng : coupe de cheveux de vieille dame, une chemise pikachu, et des pantoufles bleues et blanches. S’il possédait un visage, celui-ci afficherait définitivement une expression extrêmement préoccupée. Toutefois, on pouvait dire d’après sa voix tendue qu’un tel exploit était très difficile à atteindre. « Dans ce cas… Que dis-tu de ça : quatre personnes sur dix qui poseront leurs yeux sur toi vont tomber amoureux, d’accord ? »

Meng s’y opposa bruyamment : « Pas question. Au moins six. Ça ne peut pas être considéré comme passable autrement ! »

« Un compromis alors : cinq feront l’affaire. » L’Épée-Fantôme tenta de réduire le nombre par un.

« Cinq et demie ! »

« … et demie ? »

L’Épée-Fantôme ne savait pas s’il devait rigoler ou pleurer, et Meng se sentait aussi embarrassée quand elle vit son expression. Elle expliqua : « Désolée, j’ai tellement marchandé au marché que c’est devenu une habitude. Très bien, va pour cinq. »

Même cinq semble être plutôt difficile. L’Épée-Fantôme soupira. Élever des personnages de jeux de simulation est très dur de nos jours.

« Oublie ça. Allons voir le prince d’abord », l’urgea l’Épée-Fantôme.

Meng lui lança un regard étrange. Elle marmonna : « J’ai toujours l’impression que tu as plus envie de voir le prince que moi… »

« Quoi ? » L’ouï aiguisée de l’Épée-Fantôme saisit ce qu’elle dit.

« Rien… »

Malgré le fait que tu n’aies pas d’oreilles, tu parviens quand même à entendre les choses aussi clairement. Meng se plaignit intérieurement tandis qu’elle déplaçait lentement son corps, s’avançant vers le mur. Par chance, cet arbre avait poussé près de la muraille ; il se trouvait à seulement la moitié de la longueur du bras de Meng. En plus, ces branches horizontales passaient au-dessus du mur, et s’étendaient jusqu’à l’intérieur du palais impérial. Ainsi, ce n’était pas du tout difficile de grimper à cet arbre jusqu’au sommet du mur. Si tel n’avait pas été le cas, elle n’aurait jamais accepté de grimper.

Meng choisit une large branche qui traversait au-dessus du mur et utilisa ses mains et ses pieds pour traverser en rampant. Avec quelques difficultés, elle réussit à bouger jusqu’au sommet du mur. Meng s’assit automatiquement et attendit un moment pour surveiller la situation en bas. Excellent, ça se trouve à l’extrémité d’un grand jardin. La végétation est plutôt dense, alors ça ne devrait pas être si facile d’attirer l’attention des autres.

Après que Meng eut observé l’endroit pendant un bout de temps, une forte bourrasque de vent vint souffler à côté d’elle. Son corps tangua, et elle manqua de glisser le long du mur. Meng s’empressa de s’accrocher à la branche d’arbre à côté d’elle fermement. Lorsqu’elle s’aperçut que ses pieds se situaient toujours à plusieurs mètres au-dessus du sol, Meng réalisa enfin qu’il y avait un gros problème. Elle lâcha : « Comment est-ce que je fais pour descendre ? »

« Euh…. » L’Épée-Fantôme venait également tout juste de songer à ce problème. Avec quelques difficultés,  il répondit avec une question : « C’est seulement haut d’un étage. Tu ne peux pas juste sauter ? »

« Sauter ? » Les yeux de Meng s’agrandirent. Même si c’était seulement une hauteur d’un étage, qui irait sauter du haut d’un 1er étage sans aucune raison ?

L’Épée-Fantôme savait également que c’était trop demander de forcer Meng à sauter. Même si elle était d’accord pour le faire, elle risquait de se fouler la jambe à l’atterrissage. Qui plus est, c’était facile de sauter de ce côté, mais c’était pratiquement impossible de regrimper plus tard. Ils ne pouvaient non plus pas simplement escalader le mur pour entrer puis sortir nonchalamment par les portes principales en disant au revoir aux deux gardes, pas vrai ?

« Si nous avions une corde, nous pourrions l’attacher à la branche et descendre. » dit l’Épée-Fantôme se sentant vexé.

« Qu’est-ce que je devrais faire alors ? » Meng n’arrivait pas non plus à trouver la moindre idée.

L’Épée-Fantôme répondit cyniquement : « Rentrons d’abord. Demain, nous apporterons une corde pour quand nous irons grimper. »

« Tu es si cruel. Celle qui est épuisée d’avoir escaladé un mur c’est moi, pas toi. »

Meng bouda tandis qu’elle se déplaçait lentement en direction de l’extérieur du mur. Qui aurait pu savoir que, à ce moment-là, un cri sévère disant « Que faites-vous ici ? » s’élèverait soudainement d’en bas ? Meng ne s’attendait pas à ce qu’il y ait quelqu’un dans les alentours et sursauta en faisant un bond énorme. Elle perdit pied et, en poussant un cri perçant, elle tomba de l’arbre.

À l’instant où Meng perdit pied, l’Épée-Fantôme lui ordonna immédiatement : « Recroqueville tes bras devant ta poitrine, et roule sur toi-même après avoir touché le sol. »

« Attention ! » La voix qui avait fait sursauter Meng résonna une autre fois, accompagnée de pas rapides.

Au milieu de sa chute, Meng se mit à paniquer comme jamais. Ce fut pratiquement par réflexe qu’elle suivit les indications de l’Épée-Fantôme. Comme elle recroquevillait ses bras, elle entra directement en collision avec un corps chaud qui laissa échapper un grognement étouffé.

Les jambes de Meng faiblirent, et cette dernière tomba à genoux au sol. Un instant s’écoula, pourtant la douleur qu’elle s’était imaginée ne vint pas, et, les yeux fermement fermés, Meng se rendit finalement compte que quelque chose clochait. Elle ouvrit discrètement les yeux pour voir à travers ses paupières entrouvertes. Une paire de mollets portant de longues bottes apparut dans son champ de vision. À ce moment-là, Meng su qu’elle était en fait tombée sur quelqu’un. Logiquement parlant, elle avait été surprise par la voix d’une personne, alors c’était tout à fait naturel qu’une personne fasse son apparition. Après tout, ce n’était pas tous les objets qui pouvaient parler comme l’Épée-Fantôme.

Néanmoins, après s’être glissée en douce dans le palais et s’être fait surprendre par quelqu’un sur lequel elle était même tombée, Meng avait trop honte pour lever la tête et faire face à la personne.

D’un autre côté, l’Épée-Fantôme ne possédait pas de tels scrupules. Sa mission principale était de marier Meng à la personne qu’elle aimait, alors cette rencontre inattendue n’était-elle pas l’occasion parfaite ? Même si cet homme devait avoir très mal de s’être fait écrasé par au moins cinquante kilogrammes accélérés par la chute du haut d’un premier étage… Il serait probablement incapable de parler pendant un bout de temps.

L’Épée-Fantôme examina l’homme. Comme il s’y attendait, son expression affichait la douleur, mais il essayait très fort de la supporter. Cependant ce visage… lui semblait plutôt familier. L’Épée-Fantôme se figea. J’ai l’impression d’avoir déjà vu ce visage plusieurs fois avant ? Des sourcils particulièrement denses, des yeux légèrement hautains en dessous, un nez droit et saillant, des lèvres minces en dessous de celui-ci, et un visage en quelque sorte étroit…

M-Mais, c’est moi !? L’Épée-Fantôme était alarmée. C’est exact : le visage se trouvant présentement devant ses yeux était celui de Lin Jian Yin. Non, pas seulement le visage. Il jaugea la silhouette de la personne. Sa taille était d’environ 178cm, et la personne avait l’air élancée et mince. Même son corps était identique !

Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? L’Épée-Fantôme était décontenancée.

Romance RPG : Partie 9

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : Yu Wo (  )


Part Nine – traduit du chinois vers l’anglais par Doza[PR!]
Partie Neuf – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Silence devant le palais royal ! »

Un rugissement tonitruant retentit, et ils sursautèrent tous les deux grandement. Leurs cœurs battant nerveusement la chamade, ils regardèrentvoix. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’ils se rendirent compte que, pendant qu’ils se querellaient, ils étaient arrivés au palais royal. Devant les imposantes et majestueuses portes se tenaient deux soldats en cotte de mailles, chacun exposant une épée ceinte à la taille. Leurs visages arboraient des expressions déplaisantes. On pouvait même dire qu’ils leurs lançaient des regards peu aimables.

Meng recula immédiatement de quelques pas et répondit peureusement en un murmure, sans même prendre en considération le fait que les gardes pourraient ne pas l’entendre : « D-Désolée. »

L’Épée-Fantôme, d’un autre côté, était sans peur. Il urgea même Meng : « Dépêche-toi, dépêche-toi. Dis-leurs que tu veux entrer dans le palais pour rencontrer le prince. »

« Ils ne me le permettront pas… » Meng était un peu hésitante.

« Poule mouillée ! » L’Épée-Fantôme roula des yeux à son intention. Voyant que Meng n’osait toujours pas aller de l’avant, il dit simplement : « Laisse tomber, laisse-moi le dire. Lève-moi devant eux. »

Meng articula « D’accord » et amena l’épée tandis qu’elle avançait. Au début, quand les soldats virent Meng s’approcher avec une épée dans ses mains, ils lancèrent des regards de désapprobation. Mais, quand elle arriva à moins de trois mètres des soldats, avec un air terrifié et rempli de prudence, la désapprobation disparut de leurs visages et fut remplacée par des regards d’appréhension, comme si une tempête approchait. Leurs mains se déplacèrent jusqu’à leur épée. À ce moment-là, Meng avança d’un autre pas, et les deux soldats dégainèrent leur épée à l’unisson.

Lorsqu’elle aperçut les deux épées miroitantes, le corps de Meng se figea instantanément.

« Hé ! Tu pourrais leur expliquer un peu ? » L’Épée-Fantôme était lui aussi terrifié. On aurait dit que les deux soldats avaient mal compris et pensaient que Meng voulait les attaquer.

En  voyant que Meng ne réagissait pas, l’Épée-Fantôme eut envie de crier pour lui rappeler que les deux soldats pointaient déjà leurs lames sur eux. Toutefois, il sentit soudainement son corps tomber et, avec un « clang », il se retrouva en contact intime avec le sol. Par chance, il avait atterri sur le dos. S’il était tombé la tête la première sur son visage, l’Épée-Fantôme n’aurait eu aucune main en sa possession pour s’empêcher de se blesser à la bouche et aux yeux.

« Épée-Fantôme, tu ferais mieux de te dépêcher de leur expliquer. »

Depuis une très longue distance – non pas qu’il sût à quelle distance elle s’était cachée – provint la voix effrayée de Meng.  L’Épée-Fantôme grinça des dents et poussa quelques jurons. Mais, juste au moment où il levait le regard, il vit les deux soldats froncer les sourcils tandis qu’ils l’examinaient minutieusement, comme s’ils essayaient de déterminer si cette étrange épée pouvait représenter une menace.

Lorsqu’il aperçut l’expression sur le visage des soldats, qui pouvait définitivement être considérée comme hostile, l’Épée-Fantôme ne put que se forcer à sourire. « Bi-Bien le bonjour à vous deux, messieurs. En vérité, la situation actuelle est la suivante… »

Durant ce temps, Meng qui se cachait derrière un arbre sortit furtivement la tête pour voir comment les affaires progressaient. Si ces deux-là décidaient de causer du tort à l’Épée-Fantôme, comme de… le faire fondre ou de lui poignarder les yeux pour l’aveugler, peut-être qu’elle invoquerait un petit peu de son courage et sortirait pour jouer la scène d’une héroïne sauvant son épée.

Mais, il apparut que la situation actuelle n’était pas si désastreuse. Les deux soldats se tenaient autour de l’Épée-Fantôme, et avaient la tête baissée pour l’écouter. Meng essaya de son mieux de tendre l’oreille, désirant entendre ce que l’Épée-Fantôme disait. Malheureusement, l’Épée-Fantôme ne parlait pas très fort, et Meng ne pouvait pas clairement entendre les bouts de son discours qui flottaient jusqu’à elle. Mais, l’essentiel concernait une jeune demoiselle au cœur pur souhaitant entrer dans le palais impérial pendant le bal et rencontrer le prince de ses rêves et, par conséquent, il demanda à ce qu’ils soient accommodants.

« Non. »  répondit le soldat de façon résolue et forte.

« Ne le prenez pas ainsi. Une jeune fille timide ne causerait aucun problème pour la sécurité du palais. » L’Épée-Fantôme essaya d’afficher un sourire flatteur.

Le soldat ignora les paroles de l’Épée-Fantôme et le ramassa. Puis, à grands pas, il s’approcha de l’arbre derrière lequel Meng se cachait et annonça poliment : « Mademoiselle, pardonnez-nous de ne pas être en mesure d’accepter de complaire à votre requête. Voici votre épée. Je vous en prie, prenez-la. »

De derrière le tronc d’arbre, Meng pencha une partie de sa tête sur le côté pour jeter un coup d’œil. Lorsqu’elle vit que le soldat avait déjà replacé son épée dans son fourreau, et qu’il lui tendait la sienne avec ses deux mains, attendant qu’elle la reprenne, elle tendit sa main et lui arracha vite l’épée. En même temps, elle prononça : « Merci. »

Le soldat sourit et retourna à son poste.

« Toi, tu es vraiment une poule mouillée jusqu’à la fin. » lui reprocha l’Épée-Fantôme avec irritation.

Meng se sentit aussi un peu embarrassée. À l’instant, lorsqu’elle avait lancé l’Épée-Fantôme comme ça devant les deux hommes qui brandissaient leurs épées, elle était allée un peu trop loin, alors elle n’osa pas réfuter ses propos. Elle ne put que changer de sujet : « Nous ne pouvons pas entrer, alors qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »

« Qui a dit que nous ne pouvions pas entrer ? » L’Épée-Fantôme sourit d’un air narquois. « Je possède mon propre plan ingénieux ! »

« Quel plan ingénieux ? » Une sonnerie d’alarme se déclencha tout à coup dans sa tête.

L’Épée-Fantôme articula lentement : « Escalader les murs. »

Meng fut si choquée que sa mâchoire se décrocha. Ensuite, elle bégaya : « Es-Escalader le mur ? »

« Exactement. Dépêche-toi. J’ai vérifié l’endroit à l’instant et j’ai découvert que, à part près de la porte, il n’y a pas beaucoup de gens qui patrouillent. Tu arrives à voir cet arbre à l’autre bout là-bas ? Celui à côté des murs de l’enceinte du palais ? Sers-toi de cet arbre pour grimper. Tu seras définitivement capable de grimper dedans. » Tandis que l’Épée-Fantôme pointait l’arbre au loin avec ses yeux, il urgea implacablement Meng de se dépêcher.

Meng était morose alors qu’elle obéissait à ses indications et s’y dirigeait. Comme cet arbre pouvait être vu de loin, il était naturellement très grand. Meng se tint sous l’arbre et estima silencieusement qu’il devait mesurer trois à quatre fois sa taille. Si elle ne faisait pas attention et tombait… Juste en songeant à une situation aussi horrible, ses jambes se mirent à flancher.

« Est-ce que je peux ne pas grimper ? » supplia pitoyablement Meng.

L’Épée-Fantôme le lui refusa tout de suite : « Non, dépêche-toi et grimpe. Qui t’as dit de me lancer par terre de façon aussi cruelle il n’y a pas si longtemps ? »

Assez certainement, il vengeait sa propre rancune au nom de leurs intérêts communs. Dans son cœur, Meng se sentait silencieusement coupable d’avoir laissé l’Épée-Fantôme derrière elle. Elle flanqua son épée dans le sac et commença avec précaution à  grimper dans l’arbre. Par chance, cet arbre possédait beaucoup de difformités. Il y avait de nombreux nœuds et de nombreuses branches qui poussaient à l’horizontale et que Meng pouvait utiliser pour avancer maladroitement à la verticale. Cependant, sa vitesse d’ascension était vraiment lente ; en particulier, plus elle approchait de la cime, plus elle grimpait lentement. En même temps, elle éprouvait une furieuse envie de regarder vers le bas, pourtant elle était trop effrayée pour oser le faire.

« Ne regarde pas en bas. Regarde vers le haut. » Quand l’Épée-Fantôme remarqua que quelque chose n’allait pas, il prévint sur-le-champ Meng de contrôler son envie incessante de regarder en bas.

Meng déglutit et retint son regard qui était sur le point de se tourner vers le bas. Elle continua à grimper vers le haut et, durant tout ce temps, l’Épée-Fantôme continua également de crier « presque arrivée, « juste un autre pas » pour l’encourager.

Tout à coup, Meng brisa accidentellement la branche sur laquelle elle marchait, et son corps tout entier glissa vers le bas instantanément. Dans cette situation précaire, Meng était désarçonnée et s’agrippa sauvagement autour d’elle, cherchant à l’aveuglette. Elle attrapa une large branche, et elle cessa de glisser. Malgré le fait que ses deux jambes soient toujours dans les airs, dans son ensemble, elle était parvenue à échapper à la tragédie de tomber par terre. À ce moment-là, le visage de Meng était couvert de sueur, et elle sentit que son cœur s’apprêtait à bondir hors de sa poitrine.

« Sois prudente. Ne marche pas sur des branches qui sont trop minces. » l’avertit l’Épée-Fantôme nerveusement.

Meng regarda à droite et à gauche, et trouva une branche près de ses pieds qui était suffisamment large. Elle prit appui dessus et recommença à grimper, un pas après l’autre. Cette fois, sa vitesse était même encore plus lente qu’auparavant, mais sa prise était sûre, et rien qui ne ressemblait à une chute ne se reproduisit. Finalement, Meng atteignit la plus haute branche. Se sentant terriblement épuisée, elle s’assit sur la branche et passa un moment à reprendre son souffle.

Quand elle leva les yeux, à sa grande surprise, la nuit était presque tombée. Comme la météo avait été considérablement ensoleillée, le ciel était quasiment vide de nuages roses. Il n’y avait que le soleil couchant, qui avait l’air d’une gigantesque moitié de tangerine. Le coucher de soleil rouge-orangé donnait l’impression qu’une bouteille de peinture s’était retournée et avait aspergé toute la cité.

La brise du soir souffla, et Meng qui avait tant grimpé que son corps tout entier était recouvert de transpiration et était brûlant, se sentit rafraîchie. Cela ajouté au paysage devant ses yeux, elle ne put s’empêcher de se sentir intoxiquée par la vue. « C’est magnifique. »

L’Épée-Fantôme décréta sans répondre à son commentaire : « Grimper dans un arbre c’est comme passer à travers la vie. »

« Passer à travers la vie ? » questionna Meng avec doute, sentant que cette comparaison était plutôt extrême.

L’Épée-Fantôme hocha la tête et, tandis qu’il observait le soleil couchant, il poursuivit : « Tu dois toujours continuer à regarder en haut. Si tu regardes continuellement en bas, et que tu as peur de tomber, tu n’oseras jamais grimper d’avantage. Aussi, plus tu grimpes, plus chacun des pas que tu fais doit être exécuté avec prudence. Parce que si tu tombes, tu tomberas de très haut. »

Meng hocha la tête en comprenant à moitié, et l’Épée-Fantôme ajouta : « Mais alors, même si le fait de grimper à l’arbre est très difficile, après avoir grimpé au sommet, tu seras en mesure d’apercevoir le plus magnifique des paysages. »

Quand l’Épée-Fantôme eut terminé de parler, Meng ne répondit pas. L’épée-Fantôme lui lança un regard bizarre et vit que, bien que ses yeux contemplassent le panorama, son regard était brumeux et elle donnait l’impression d’être dans la lune. L’Épée-Fantôme secoua son corps, tentant de réveiller cette femme perdue dans ses pensées, avant que la femme en question fût si dans la lune qu’elle ne finisse par tomber de l’arbre.

1/2 Prince T4C9 : Le Concert

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½ Prince Tome 4 : Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 9: The Concert – traduit du chinois à l’anglais par Evangeline[PR!] et Amgine[PR!]
Chapitre 9 : Le Concert – traduit de l’anglais au français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

En ligne

« Prince, dépêche-toi de venir ici ! On a terminé de construire le hall du concert. » J’entendis la voix excitée et légèrement bouleversée de belle-sœur Yu Lian juste au moment où je me connectais.

« Vraiment ? Je vais aller y jeter un coup d’œil. » Je me demande de quoi a l’air le hall. Ça doit être super luxueux ; après tout, on a vraiment dépensé une fortune dessus. Pensai-je pour moi-même, tandis que j’accélérais l’allure et me précipitais jusqu’au site. Je suivis les directions de belle-sœur Yu Lian, qui me menèrent juste à gauche du château.

Quand je fus arrivé, tout le monde m’attendait. Contenant à peine mon excitation, je m’approchai, souhaitant examiner minutieusement le hall du concert où j’allais performer.

« I-Impossible… » bégayai-je avec la mâchoire tombée. Oh Seigneur ! Ça a l’air de quelque chose tout droit sorti d’un manuel d’histoire… Un antique colisée romain !?

« Héhé, bienvenu au premier hall de concert de la Cité de l’Infini – Non, ça devrait être le premier de Second Life – nommé Rhapsodie de l’Infini ! » m’accueillit Yu Lian avec un rire.

« C’est génial ! » déclarai-je. Avec de l’excitation s’étendant sur mon visage, je laissai mes yeux frénétiquement embrasser du regard la magnificence de l’architecture. C’était de forme circulaire et s’élevait à une hauteur de vingt étages. Les gravures primitives sur les murs de couleur cendre lui donnait un air plutôt antique. Je m’approchai pour avoir une meilleure vue et vis que les gravures consistaient en des schémas simples faisant le portrait de races diverses qui tenaient différentes sortes d’instruments de musique. Je fis glisser mes doigts sur les gravures, incapable de tenir mes mains loin d’elles.

« Le thème des gravures ici est la musique », expliqua belle-sœur Yu Lian. « Les autres côtés dépeignent les combats, la nature, et toutes sortes d’objets artisanaux. »

« Prince ! Ne reste pas planté dans l’encadrement de la porte, en te laissant éblouir seulement par l’extérieur. Viens voir à l’intérieur ! » s’exclama grand frère Wolf, comme il sortait par la porte. Il se dépêcha de me traîner à travers le passage massif en arche double, qui était suffisamment large pour que plusieurs douzaines de personnes puissent le franchir en même temps.

Passant la porte, je me laissai emballer par la scène incroyablement majestueuse devant moi. Alors que je me tenais au centre de l’arène, observant en haut et dans les alentours les rangées et les rangées de sièges qui semblaient s’étendre jusque dans les nuages, je lâchai impulsivement : « C’est vraiment ici que je vais me produire ? »

« C’est exact », répondit Lolidragon, comme elle marchait vers moi, avec un sourire mielleux. « Qu’est-ce que tu en penses ? L’endroit est-il assez bien pour que Votre Majesté s’y produise ? »

« C’est plus que suffisant ! » répliquai-je, en rougissant. « C’est ridiculement spacieux ! Ce serait un accomplissement si le public pouvait même remplir le dixième de l’espace ici. »

« Grand frère Prince se trompe. Cet endroit va être rempli à pleine capacité », réfuta Doll, en venant à l’essentiel. « Les mains de Doll lui font mal à force d’avoir vendu trop de tickets la semaine dernière. »

« C’est vrai ! » ajouta belle-sœur Yu Lian, en hochant la tête. « Si ce n’avait pas été grâce à l’argent gagné en vendant ces billets, nous n’aurions pas eu assez de fonds pour construire ce hall. »

« Je vous l’avais bien dit, les gars, que Prince attirerait une grande foule », rigola grand frère Wolf, comme il me tapait dans le dos avec énergie. « Quoique je vais admettre que je n’avais pas prédit que tu deviendrais le porte-parole de Second Life, Prince. »

« Je ne pensais pas que ça arriverait, moi non plus… » J’haussai les épaules avec impuissance.

« Dans tous les cas, Prince, contente-toi de te faire à l’idée et deviens l’une des attractions essentielles de  la Cité de l’Infini », rigola de bon cœur Yu Lian. Un sentiment de malaise se forma au fond de mon cœur. Ne me dîtes pas qu’ils vont me faire faire quelque chose d’autre ?

Alors que j’y pensais encore, Yu Lian poursuivit. « J’ai entendu dire que le Département de Construction planifiait de construire deux librairies. Prince, après que le concert sera fini et que les librairies seront construites, tu pourras commodément y tenir une session d’autographe également. »

« Oh, pas de problème. » Je soupirai de soulagement en entendant qu’il s’agissait seulement d’une séance d’autographe.

Je me tournai vers les sièges du public encore une fois et marmonnai avec excitation, en plus d’une once de nervosité : « Alors, cet endroit va être rempli à craquer de gens, hein… »

 

 

« Prince ! Prince ! » Écoutant le rugissement assourdissant de la foule provenant de l’extérieur, je me sentis énormément nerveux. Je me mis frénétiquement à effectuer des exercices respiratoires. Inspire, expire. Inspire, Expire…

« Ahhh, je me sens toujours nerveux. » Je regardai mes camarades du groupe avec impuissance.

Gui jacassait comme un perroquet, en essayant de me calmer. « Ne soyez pas nerveux, Votre Majesté. Prétendez simplement que les étudiants – euh, non, les fans – sont des pierres, et tout ira bien. » Gui observait mon visage blême avec inquiétude. Je roulai des yeux en réponse. Ne prétends pas que je n’ai pas entendu la partie à propos des étudiants. Alors, nous ne sommes rien d’autre que des pierres pour toi, hein, professeur !?

« Ignore-les tout simplement. » Wicked fronça légèrement des sourcils et me tapota le dos dans une tentative pour calmer ma respiration irrégulière.

« De quoi as-tu peur ? C’est juste un tas de gens, c’est tout. » Fairsky lança un regard hautain en direction de la foule qui comprenait autant de gens qu’il y avait de grains de sable sur une plage.

« Je suis un peu nerveuse moi aussi. » Le visage de Phoenix était aussi pâle que le mien. Enfin, quelqu’un qui soit normal comme moi, pensai-je avec satisfaction.

« Que le spectacle commence ! Tout le monde se souvient encore de la façon dont on fait notre entrée telle que répétée ? » La tête de Lolidragon apparut soudainement, lâchant un sourire à la Mona Lisa devant mon teint pâle.

Je fermai les yeux une autre fois et pris une profonde inspiration. Quand mes yeux se rouvrirent, seule la tranquillité restait apparente sur mon visage. « C’est parti. »

 

 

< Expérience de Concert de Passant A>

Il était l’un des joueurs professionnels de Second Life, mais il n’aurait jamais songé que ce serait en fait possible de tenir un concert dans un jeu en ligne. Alors, lorsqu’il avait entendu dire que la Cité de l’Infini planifiait de tenir un concert, mettant en vedette nul autre que le Groupe de l’Infini récemment devenu populaire, il décida de partir pour la Cité de l’Infini afin d’agrandir ses horizons.

« Bordel, j’ai dû attendre cinq longues heures en file avant de pouvoir acheter le ticket ! Ce groupe, il est vraiment si excellent ? » marmonna-t-il pour lui-même.

Il se sentait irrité par la longue attente, et pourtant il était également ravi d’avoir pris la décision de venir assister à un événement aussi épique. De quelle autre façon aurait-il pu assouvir sa curiosité s’il l’avait manqué ?

Il y a vraiment beaucoup d’attractions qui valent la peine d’être visitées dans la Cité de l’Infini. Juste de voir la fontaine en forme de croissant de lune dans la Place Centrale compense le prix du billet. Qui plus est, la cité actuelle en elle-même est opulente et majestueuse ! Je me demande combien d’argent ça a pris pour financer sa construction. Il admira les rues qui étaient encore plus larges et propres que celles des Cités préprogrammées du Soleil, de la Lune et de l’Étoile. Les boutiques et les marchés à côté des rues étaient tous beaux et uniques d’une façon spéciale qui leur était propre. Il se demanda combien ça coûterait de louer une boutique, et commença à calculer dans sa tête.

Mais, rien ne pouvait se comparer au choc que lui avait donné la zone résidentielle. C’est… Est-ce que ça fait toujours partie d’un jeu ? Il poussa un hoquet de surprise, les yeux grands ouverts et l’air sidéré, à la vue des rangées de rues remplies de manoirs avec des jardins, tous si beaux que c’était dur d’en détourner le regard. Il balaya avidement chacun d’eux du regard. Après avoir exploré et convoité jusqu’au dernier des manoirs, il poussa un long soupir et dit : « Je devrais en obtenir un et vendre la maison que je possède à la Cité de la Lune. Une fois que tout le monde découvrira à quel point ces maisons sont ravissantes, le marché immobilier dans les cités préprogrammées va probablement s’effondrer. »

Le jour suivant, il se dépêcha de se rendre au lieu du concert dès l’aube, espérant obtenir un bon siège, mais il avait mal calculé son coup. Il y avait déjà une gigantesque file d’attente devant lui.

« Vous attendez ici depuis combien de temps !? » demanda-t-il aux personnes devant lui, choqué.

« Nous sommes arrivés ici après le dîner hier. » répondirent les personnes les plus proches de la fin de la file.

« Nous avons monté nos tentes ici après avoir acheté nos tickets il y a deux jours », déclara un groupe de filles au milieu.

« Ha ! Ce n’est rien ça ! Je vous le dis, j’ai assisté à la construction de la Rapsodie de l’Infini, brique par brique ! » se vanta fièrement l’homme qui était le premier en file.

Il resta complètement sans mots. Avec une curiosité débordante, il se demanda avec impatience exactement à quel point l’attrait du Groupe de l’Infini était puissant et de quoi se servait Prince, le porte-parole de Second Life des rumeurs, pour attirer tous ces fans.

« Prince ! Prince ! » Les filles à côté de lui acclamaient si bruyamment qu’il sentait que ses tympans étaient sur le point de se rompre. Il ne put s’empêcher de lâcher un soupir, se demandant pourquoi il s’était permis de se laisser emporter dans un tel chahut. C’est vraiment beaucoup trop bondé, bruyant, et fatiguant, pensa-t-il en massant son corps épuisé. Tout ce qu’il pouvait faire à présent était espérer que ce Groupe de l’Infini soit assez talentueux pour ne pas le décevoir.

Tout à coup, de la neige se mit à tomber du ciel. Pris par surprise, il examina les flocons de neige, tandis qu’ils tombaient vers lui. Même les filles qui criaient à côté de lui il y avait encore un instant devinrent silencieuses, éblouies par la belle neige qui tombait. C’est probablement l’œuvre d’un mage, songea-t-il pour lui-même.

Cinq piliers de glace se solidifièrent d’un seul coup, en partant du ciel jusqu’au sol. Alors que tout le monde regardait encore vers le ciel avec surprise, cinq individus flous descendirent en glissant, chacun depuis le sommet de chaque pilier. Juste au moment où ils étaient tous sur le point d’atteindre le sol, les piliers de glace explosèrent brusquement en milliers de minuscules cristaux, se dispersant à travers le colisée tout entier. L’endroit était entièrement recouvert d’un éclat éblouissant, proclamant l’arrivée de ces cinq personnes exceptionnelles.

« Alors c’est eux, le Groupe de l’Infini ? » Il pouvait clairement apercevoir les cinq personnes maintenant, et effectivement chacune d’elles possédait son propre genre de charisme. Il y avait le flutiste froid et fier, le beau joueur de guqin envoûtant, la guitariste sexy et insolente, la batteuse mature et charmante et, en dernier, celui qui portait une tiare sanglante, le chanteur incroyablement magnifique arborant un sourire léger et séducteur sur son visage. Est-ce que c’est… Prince ?

Prince lâcha un petit sourire séducteur, leva légèrement un doigt à ses lèvres, émit un petit chuuuut, et parla d’une voix envoutante et décontractée. « Inutile d’en dire davantage, alors commençons simplement avec une chanson. »

Cette vie, cet amour,
Ce moment gaspillé.
Comme j’épuise ma couleur dans ton ciel,
Tes désirs, tes paroles,
Chacune de tes demandes
M’apportent en fait le bonheur,

Tout ça
Parce que tu es,

[…]

Ma source de joie, ma source de douleur

De : Papillon de Machaon (Swallowtail Butterfly)
Paroles et chanson par : Mayday

Comment devrait-il décrire les émotions qu’il ressentait en entendant Prince chanter ? La voix était résonnante et troublante sur le plan émotionnel, et pourtant il y avait une pointe de tremblement, tel un papillon bourdonnant sans regret tandis qu’il flottait directement dans des flammes. Qui plus est, l’intense battement de la batterie et les vibrations enthousiastes de la guitare faisaient battre son cœur sauvagement au rythme de la musique, presque sur le point d’exploser de toutes parts.

Après cette expérience intense, la première chanson se termina enfin, et tout le monde, lui inclus, fut laissé complètement sans voix. Mais, l’engouement brillait toujours dans leurs yeux, et des gouttes de sueur tombèrent comme ils regardaient en direction des membres du Groupe de l’Infini sur la scène.

« Ça vous a plu ? » Prince se mit à rire subitement sans la moindre restreinte, d’un rire suffisamment contagieux pour libérer les sentiments de tension dans les cœurs de tous ceux dans la foule.

« Oui ! Vous avez étés incroyables ! »  hurla quelqu’un avant que qui que ce soit d’autre puisse réagir, amenant le stade tout entier à être alors rempli d’hurlements et d’acclamations. Ce quelqu’un laissa sa voix se joindre aux grondements des masses, lui aussi.

« Dans ce cas… » Prince ferma les yeux, comme s’il se demandait quelque chose. Les fans dans le public, inquiets à l’idée de déranger le fil de sa pensée, se turent un à un…

Prince rouvrit lentement les yeux, des yeux qui étaient pleins d’émotion alors qu’il parlait d’une voix douce, comme s’il murmurait des mots doux dans un lit. « L’amour apporte toujours de tels dilemmes. Devriez-vous choisir la personne qui vous aime, ou la personne que vous aimez ? »

Le son de la flûte, solitaire de la flûte. Finalement, la voix de Prince émergea, basse et chaleureuse, tels les murmures d’un amant, désespérément triste, et pourtant avec un soupçon de douceur, se répercuta tout à coup à travers la Rhapsodie de l’Infini. Le guqin se joignit alors à la fête, avec une mélodie fluide et claire qui accentuait le ton complètement différente du son intense et résonnant de la chanson précédente…

De cette manière, il était constamment fasciné par la voix de Prince, de la première chanson, la deuxième… la cinquième… jusqu’à la dixième chanson, mais il n’en avait toujours pas assez, et éprouvait l’envie d’en entendre plus.

« La prochaine chanson va être la dernière de la journée, et c’est ma préférée d’entre toutes : “It’s My Life”. Est-ce que tout le monde pourrait répéter très fort après moi “It’s My Life” ? » Les paroles de Prince apportèrent à la fois le regret et le bonheur en même temps.

« …It’s my Life ! » Alors que Prince chantait la strophe finale, la foule toute entière tomba dans un silence complet sans précédent, où seul le son de battements de cœur pouvait être entendu à travers toute l’arène.

«  Crève, Prince ! » retentit une voix sans prévenir et, à l’instant où tout le monde leva le regard, ils ne purent voir qu’un flash argenté. Sur la scène, Prince recula vite de quelques pas.

« Prince, tu es blessé ! » Depuis les tribunes, il put apercevoir le joueur de guqin anxieusement essayer de s’avancer pour jeter un regard plus minutieux au bras gauche de Prince, qui était couvert de sang. Une femme maniant l’épée fusillait Prince du regard avec fureur depuis le côté opposé.

Prince agita la main, ne portant aucune attention à son bras gauche mutilé. Il déclara calmement : « Si je me souviens bien, je ne te connais même pas, alors pourquoi veux-tu m’assassiner et ruiner mon concert ? » Tandis qu’il écoutait depuis son siège, il commença à trembler inconsciemment. Bien que le ton de Prince fût indifférent, une pensée incontestable s’était formée dans son cœur : Prince était en colère.

« La personne qui est amoureuse de toi m’a piquée ma tendre moitié, alors je suis venu te tuer et faire en sorte que cet enflure ressente la douleur de perdre un être cher. » Les yeux de la femme épéiste brulèrent tel un brasier rageur.

Prince cligna ostensiblement des yeux,  puis s’enquit dans une totale confusion : « La personne qui est amoureuse de moi ? Tu fais référence à un gars ou à une fille ? »

La rage de la femme était suffisante pour brûler à travers les neufs couches du paradis. « Évidemment, je parle d’un gars ! »

Observant depuis la foule, il ne trouva pas du tout que la réponse était évidente. Il analysa la situation, perplexe. Comme c’est étrange. Comment ça pourrait être un gars ? Un gars t’a piqué ta tendre moitié ? De quel sexe est ta tendre moitié, dans ce cas ? Prince, cependant, ne semblait pas le moins du monde surpris. Il se contenta de se gratter la tête, et fit un geste en direction du joueur de guqin et du flûtiste, en demandant : « C’est lequel ? »

« Guiliastes, est-ce que tu te rappelles encore de moi, gamin1 ? » héla la femme épéiste.

Gui, le joueur de guqin qui se faisait appeler, secoua la tête, sans en avoir la moindre idée. « Qui êtes-vous ? »

La bretteuse serra les dents et rugit à nouveau : « Comment t’as pu oser m’oublier ? Enfoiré, est-ce que t’as également oublié Lovely Consort !? »

« Sale bâtard de gamin ! Je suis le mari de Lovely Consort. T’as du culot de m’avoir oublié. »  La femme avait l’air suffisamment en colère pour entrer en éruption à tout moment.

« Le mari de Lovely Consort ? Vous êtes Western Wind2 ? » questionna le joueur de guqin, avec incrédulité.

« C’est ça, gamin. » répondit-elle (?)3 avec une expression infernale, un accomplissement de taille, si on considérait son visage élégant et exquis.

« Comment… Comment êtes-vous devenu comme ça ? » s’enquit le joueur de guqin, son visage blême d’horreur.

« C’est entièrement de ta faute pour commencer. Et qu’est-ce qu’on a à radoter comme ça ? C’est l’heure pour moi de massacrer la personne que tu aimes, cet abruti de Prince », s’écria Western Wind. Puis, elle tira subitement son épée pour attaquer Prince.

La scène suivante resterait à jamais gravée dans sa mémoire, alors qu’il observait depuis son siège. Cette épéiste appelée Western Wind était vraiment forte : sans doute autour du niveau soixante-dix d’après ses propres estimations. Pourtant, elle ne pouvait rien faire contre Prince qui était complètement désarmé. Prince esquiva aisément la grande épée de Western Wind, et l’analysa même de la tête aux pieds avec un grand intérêt.

Prince ne put finalement plus se contenir plus longtemps et lui demanda : « Tu continues à l’appeler “gamin” comme si tu étais un vieil homme, et tu affirmes être le mari de Lovely Consort, mais clairement tu as l’air d’une femme. Alors, pour vrai, t’es un homme ou une femme ? »

La bretteuse ne répondit pas, mais continua vigoureusement à diriger ses attaques vers Prince jusqu’à ce que ses joues fussent rouges de rage. Elle cria très fort : « Enfoiré, t’es vraiment un homme ou quoi ? Tout ce que tu fais c’est esquiver. »

« Ne me dis pas que tu t’attends à ce que je reste debout sans bouger pour te laisser me tailler en pièces », répliqua Prince avec un petit rire, amusé.

« Exactement ! » hurla Western Wind avec son épée levée en préparation pour une autre attaque sur Prince. Cette fois, Prince se tint en fait immobile, sans bouger de son point d’origine. En voyant que le sang de Prince était sur le point de se retrouver éclaboussé partout sur la scène, tout le monde cria, alarmé… Toutefois, Prince donna tout à coup un coup de pied, en envoyant l’épée de la bretteuse voler haut dans les airs. Par la suite, il vit Prince utiliser un coup de pied circulaire pour expédier Western Wind hors de l’arène, puis nonchalamment attraper l’épée, tandis qu’elle tombait du ciel.

Prince ne porta aucune attention à la femme qui crachait du sang en toussant furieusement sur le sol, son visage plein de haine. Il prit son temps pour se tourner afin de faire faire au public et présenta ses excuses avec un léger sourire. « Je suis navré de cette interruption au concert. J’espère que ça ne dérange personne. Dans tous les cas, ceci marque la fin du concert de ce soir. J’espère que tout le monde continuera à supporter le Groupe de l’Infini en achetant une copie de notre portfolio à venir prochainement dans la librairie de la Cité de l’Infini, qui devrait ouvrir ses portes bientôt. »

Le concert prit fin, mais il songeait encore à tout ce qui était arrivé, tandis qu’il se baladait à travers les larges rues de la Cité de l’Infini. Il se remémora la performance extraordinaire du Groupe de l’Infini et les habiletés au combat incroyables affichées par Prince. Il avait toujours pensé que Prince était devenu un porte-parole seulement grâce à la vertu de son visage. Qui aurait cru que cette démonstration de force pouvait être si excitante à regarder ? Il ne put s’empêcher de murmurer : « Ce ne serait vraiment pas du tout une mauvaise idée de devenir un citoyen de la Cité de l’Infini. »

Notes de bas de page

1 gamin : En chinois, il fait en fait référence à lui-même en tant que “老子”, qui veut littéralement dire « vieil homme / père ». Alors, il est en train de dire qu’il appartient à une génération de plus, et ainsi mérite le respect. C’est essentiellement une insulte. Un peu comme quand les blancs appelaient les noirs « gamin / garçon / gosse / mioche / morveux / petit » pendant le règne de Jim Crow. Cette insulte est généralement employée par les hommes seulement. Il y a une alternative pour une femme, qui s’appelle “老娘” et qui veut littéralement dire « vieille femme / mère ».

2 Western Wind : L’équipe anglaise de Prince Revolution! a décidé de garder la version chinoise du nom XiMen Feng. Cependant, nous avons pris la décision de reprendre le nom qui lui a été donné dans la version manhua, qui est Western Wind, malgré le fait que « XiMen » ne veuille pas dire « Western » mais est plutôt un surnom, parce que c’est plus beau.

3(?) : Oui, c’était dans l’original et est par conséquent laissé tel quel.

Mise à jour : Octobre 2016

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Chapitres d’octobre
  1. 1/2 Prince T4C9 : Le Concert
  2. Romance RPG : Partie 9
  3. Romance RPG : Partie 10
  4. La Légende du Chevalier du Soleil T3C8 : Le Point Incontournable Pour Chaque Aventure – Duel de Rois

Bonjour à tous et à toutes,

Ce mois-ci, vous aurez droit à un chapitre de chacune de nos séries en cours, en plus d’un chapitre extra pour Romance RPG.

Aussi, j’en profite pour vous rappeler que nous avons besoin d’un nouveau correcteur ou d’une nouvelle correctrice pour se joindre à la team française. Sinon, bah… Ce sera plus long et de moindre qualité. Vous nous excuserez dans ce cas.

En dehors de ça, nous vous souhaitons à tous un joyeux Halloween plein de bonbons et des partiels pas trop chiants, pour ceux que ça concerne ! XD

En passant, voici notre guide en trois étapes pour survivre à une attaque de créatures des ténèbres le soir d’Halloween!
N’hésitez surtout pas à le consulter —> Ici.

cours-sans-danger-neo

LCS T3C7 : Un Indispensable pour Toutes Aventures – Sacrifice

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 : À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : (Yu Wo)


A Must for Every Adventure: Sacrifice – traduit du chinois à l’anglais par dahlys[PR!]
Un Indispensable pour Toutes Aventures : Sacrifice – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

J’ouvris lentement mes yeux, uniquement pour me rendre compte que cette situation me semblait relativement familière… J’en vins presque à penser que je m’étais tellement enivré que j’avais encore perdu connaissance et que j’étais allongé dans une chambre à l’auberge, mais ensuite je me souvins que je n’avais bu aucune boisson alcoolisée.

Tandis que ma mémoire me revenait, je murmurai pour moi-même : « C’est vrai, je me suis évanoui parce que j’ai utilisé toute ma lumière sacrée pour accomplir la purification. »

Mes yeux commencèrent à faire le point, et les sensations revinrent graduellement dans mon corps. Je déduisis immédiatement que j’avais été abandonné dans une forêt et non une auberge. C’était parce que le soleil aveuglait mes yeux et que mon corps tout entier était endolori d’avoir dormis sur le sol dur !

Je me remis lentement en position assise avec mon dos qui me lançait terriblement et je regardai autour de moi. Excellent ! C’est une partie parfaitement normale de la forêt. J’étais entouré par des arbres, et le sol était couvert de terre. Par chance, je n’étais pas dans un palace majestueux, ou sur un sol blanc comme la neige… Cela m’aurait fait penser que j’étais retourné dans l’étreinte du Dieu de la Lumière.

Mais, où sont mon maître et Aldrizzt ?

Ayant toujours mal, je me levai et remarquai un morceau de papier qui flottait vers le sol après être tombé de mon corps. Je le ramassai et reconnus l’écriture de mon maître d’un seul coup d’œil. L’écriture de mon maître était tout simplement aussi élégante que lui-même, extravagante et pourtant précise, juste comme une plaisante œuvre d’art. Le seul inconvénient était que… c’était tellement beau que c’en était presque illisible.

L’écriture de mon maître est devenue encore plus gracieuse après ces trois dernières années… Est-ce que ce mot est « élève » ou « kebab » ? Puisque le message m’est adressé, il devrait s’agir du mot « élève », n’est-ce pas ?

Mais, une fois encore, si la purification avait échoué et que mon maître n’avait pas obtenu l’ « Éternelle Tranquillité », alors ce mot pourrait très bien être « kebab »… Mon maître aurait pu se mettre tellement en colère qu’il aurait laissé une note pour dire qu’il allait me transformer en kebab humain, et qu’il était parti chercher du bois pour le barbecue qui allait suivre.

Peu m’importe ! Je décidai que le mot était « élève » et continuai de lire.

Mon cher élève,

La purification a été un succès total, et le territoire de ténèbres est simplement devenu une caverne montagneuse ordinaire. L’ « Éternelle Tranquillité » a également été obtenue avec succès et est à présent suspendue autour de ton cou.

Stupéfait, je baissai la tête. En effet, je portais un collier fait d’une gemme couleur d’azur attachée solidement à un cordon noir… Pourquoi diable mon maître me fait-il porter l’Éternelle Tranquillité ? Se pourrait-il que cette gemme soit dangereuse ?

Je me mis immédiatement à lire la suite de la lettre.

Ne t’inquiète pas, cette gemme est parfaitement inoffensive.

…Mon maître me comprend si bien.

C’est simplement que cette gemme émet trop de pouvoir, alors, si ton maître la garde avec lui, il sera constamment ennuyé par une horde de mages qui voudront s’en emparer. Après de soigneuses considérations, j’ai déterminé que seul ton fort élément de la lumière pouvait dissimuler son puissant élément de l’eau. D’où le fait que je laisse temporairement cette gemme à ta bonne garde. Afin d’empêcher les mages de prendre connaissance de son existence, ne l’enlève jamais. S’ils la découvrent, les choses deviendront problématiques pour toi.

Grave Avertissement : NE VENDS PAS LA GEMME ! Je viendrai te retrouver quand j’en aurai besoin. Si elle est perdue, tu es mort.

Ton cher maître.

Et, il ose toujours prétendre que cette gemme est parfaitement inoffensive… Même si la gemme en elle-même ne va pas exploser, les mages qu’elle va attirer se spécialisent dans l’explosion de personnes.

J’avais vraiment envie de pleurer, mais aucune larme ne sortit. Je n’oserais jamais défier mon maître, donc je n’avais pas d’autres choix que d’enterrer l’ « Éternelle Tranquillité » sous mes vêtements et de la cacher de la vue des voleurs potentiels.

Après avoir rangé la gemme et la lettre, j’inspectai mes alentours uniquement pour découvrir que j’étais loin d’être près de la caverne. J’ignorais où mon maître m’avait emmené et j’étais entouré par des arbres, alors comment étais-je supposé retourner auprès de Leaf à présent ?

Ma seule option était maintenant de sentir les éléments. Je soupirai. C’était difficile de croire qu’une capacité aussi choquante et extraordinaire, quand elle était en ma possession, serait utilisée principalement pour me guider quand j’étais perdu.

Puisque je ne savais pas à quelle distance se trouvait Leaf, j’étendis mes sens au maximum. Après un court moment, je le trouvai. Le groupe n’était pas si loin ; donc je pouvais les rejoindre en voyageant pendant moins d’une demi-journée. C’était assez surprenant. Aldrizzt avait probablement utilisé le Sort de Vol pour me transporter sur une certaine distance pendant que j’étais inconscient.

Ce que je sentis après cela était encore plus choquant. L’élément des ténèbres était très fort près de Leaf et des autres… Avaient-ils en fait rattrapé le chevalier noir ?

Même si je savais qu’aucun chevalier noir ne pouvait vaincre le Fils du Dieu de la Guerre, j’éprouvais toujours un mauvais pressentiment à propos de cette histoire. Les éléments de tout le monde étaient inhabituellement faibles, un signe qu’ils avaient utilisé beaucoup de force. Seul le fait de se battre pouvait consumer à ce point la force d’un guerrier.

En particulier, l’élément de la lumière de Leaf était en train de se réduire beaucoup trop vite. Ce n’était pas à cette vitesse que quelqu’un perdrait du pouvoir en utilisant la lumière sacrée…

Un frisson me parcourut l’échine. Je mis ma main devant ma poitrine et criai : « Brigandine Sainte du Dragon, au nom des descendants des Dragons, je te l’ordonne, Activation ! »

Après avoir revêtu la Brigandine Sainte du Dragon, je fis un sprint en direction de Leaf et des autres à la vitesse du vent.

Mon mauvais pressentiment s’accrut quand je sentis que Leaf perdait de plus en plus de son élément de la lumière. Cela me poussa à accélérer, et je bondis par-dessus un bosquet d’arbres l’un après l’autre. Mon cœur battait si frénétiquement que j’avais l’impression qu’il allait éclater à n’importe quelle instant. Mes points de côtés me faisaient si mal que j’en devins engourdi. Je pris une profonde inspiration l’une après l’autre, parce que si je ne faisais pas cela, je ne pourrais pas continuer une activité aussi vigoureuse…

Dépêche-toi de rejoindre Leaf ! Vite !

 

 

Comme je portais la Brigandine Sainte du Dragon, je finis un voyage d’une demi-journée en seulement deux heures de course. Avant d’approcher Leaf et compagnie, je retirai la Brigandine Sainte du Dragon. Puis, je sautai hors des buissons et, bien que mes yeux eussent immédiatement compris la situation, mon cœur sombra tout de même…

C’était une large clairière depuis longtemps démunie d’arbres, entourée par des débris de forêt. Le sol était calciné et couvert de trous. Il était clair qu’une bataille très intense avait pris place ici.

Mike était couvert de blessures, son armure était rayée et cabossée. Il pouvait à peine tenir debout et devait s’appuyer sur un tronc d’arbre brisé pour se supporter. Il semblait être abasourdi.

Anne était assise sur le sol, et elle aussi avait le regard vide.

Austin faisait de son mieux pour jeter le sort de Soin, alors même que ce n’était pas dans son champ d’expertise. La personne qu’il essayait de soigner était Leaf… Leaf était allongé sur le dos, son arc à côté de lui. Mais, il ne le tenait pas.

À ce moment-là, Mike et Austin me repérèrent. Ils levèrent leur tête et me regardèrent avec des visages pâles. Austin ouvrit la bouche, mais ne dit rien. C’était comme s’il ne savait plus quoi dire.

Tandis que je m’approchais, je tournai mon attention vers le visage de Leaf. Ses yeux étaient fermés, et il était clairement inconscient.

« Leaf ? » Je l’appelai gentiment.

Il ne répondit pas, mais les trois autour de nous le firent. Anne eut un hoquet étouffé, puis s’effondra sur le sol, en essayant de son mieux de réprimer ses pleurs.

Pourquoi pleure-t-elle ? Il n’y a aucune raison de pleurer…

Je m’avançai jusqu’à être aux côtés de Leaf et sentis que l’élément de la lumière dans son corps s’écoulait petit à petit, se faisant graduellement remplacé par l’élément des ténèbres.

Soudainement, le bon sens me tomba dessus.

L’élément des ténèbres ne pouvait envahir le corps d’un chevalier sacré que lorsqu’il avait été corrompu ou après qu’il fût mort.

Leaf ! Une douleur vive parcourut mon corps, comme si tout mon être se désintégrait en commençant par mon cœur…

Incapable de continuer à regarder Leaf plus longtemps, je me retournai, marchai à grands pas vers Mike, et l’attrapai par les épaules. Je sentais même que je pouvais écraser ses épaulières. Je dis en tremblant : « Comment Leaf a-t-il pu mourir ? Avec toi, le Fils du Dieu de la Guerre, en première ligne, comment un archer à l’arrière a-t-il pu mourir ? »

Si, si je découvre que vous avez laissé mourir Leaf à dessein, je ne vous le pardonnerai jamais !

Le visage de Mike pâlit encore davantage après que j’eus parlé. Troublé, il répondit : « Nous avons rattrapé ce chevalier noir et l’avons affronté pendant un jour et une nuit, et nous n’arrivions toujours pas à le vaincre… À la fin, ils nous ont évités et ont seulement tué Elmy. »

Austin cria précipitamment : « Chevalier du Soleil, calmez-vous. Ils— »

Même s’il m’avait dit de me calmer, la voix d’Austin tremblait tandis qu’il racontait : « Quand ils sont partis, ils nous ont laissé un message pour vous… »

Je fixai Austin avec colère, mais ne pus ignorer les nombreuses blessures qui recouvraient tout son corps. Il était clair qu’ils s’étaient retrouvés tous les trois dans un dur combat. En fait, il y avait moins de blessures sur Leaf qu’il y en avait sur Mike et Anne.

Après qu’Austin eut pris plusieurs profondes inspirations, il continua : « Ils ont dit que même si vous les rattrapiez, vous ne pourriez jamais les vaincre après avoir utilisé la Résurrection. Donc, s’il-vous-plaît, n’allez pas à leur poursuite. »

Les couleurs se retirèrent de mon visage. Ainsi, la seule raison pour laquelle ils ont tué Leaf était pour me retarder.

Même si Mike et les autres avaient perdu, ils étaient suffisamment forts pour que l’ennemi fût aussi gravement blessé. Si j’allais à leur poursuite, je pourrais vraiment les rattraper… Attendez ! J’hésitai pendant un moment. Pourquoi l’ennemi me craindrait-il alors que j’ai feint d’être lâche ?

Je secouai violemment la tête. J’étais trop confus au moment présent pour penser clairement. Quoi qu’il arrive, ils n’auraient jamais osé tuer Leaf si je n’avais pas su lancer la Résurrection.

À en juger par la force de ce chevalier noir, il devait être une personne très importante dans la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. Il avait osé tuer le Chevalier de la Forêt de l’Église du Dieu de la Lumière. Si Leaf restait vraiment mort, une guerre totale entre l’Église du Dieu de la Lumière et la Cathédrale du Dieu de l’Ombre débuterait inévitablement.

Maintenant, j’avais déjà perdu toute volonté. Je me mis à me demander… Pourquoi la Résurrection a-t-elle provoqué une autre crise ? La dernière fois, cela a failli coûter la vie à Adair, alors que cette fois-ci cela a directement causé la mort de Leaf.

Est-ce que la Résurrection… sauve des gens, ou est-ce qu’elle les tue ?

Une fois que les gens savent qu’ils peuvent être ressuscités, est-ce qu’ils cessent de respecter le fait d’être en vie ?

À cet instant, Anne, qui était restée silencieuse pendant un long moment, bondit soudainement et hurla : « Tu n’as absolument aucune raison de blâmer Mike. Où étais-tu quand nous nous battions si durement ? Où étais-tu ? Dis-le-moi ! »

Je lâchai Mike et reculai de deux pas, sidéré. Même si je les avais laissés pour partir en éclaireur, je n’étais pas revenu immédiatement pour clarifier la situation. À la place, j’avais traîné avec mon maître et Aldrizzt pendant plusieurs jours.

« Je pensais qu’il n’y aurait aucun problème… Avec la force combinée du Fils du Dieu de la Guerre, d’un prêtre-guerrier, et les talents d’archer de Leaf, il n’y avait pas moyen que vous puissiez perdre face à un simple chevalier noir et à un mage du vent. Comment avez-vous pu perdre ? Comment ? »

Je bredouillai pour moi-même ; me fabriquant des excuses, cherchant une raison. Si je ne faisais pas cela, la première personne que je devrais tuer pour venger la mort de Leaf serait plus que probablement… moi !

« Il y avait une autre personne avec eux, une personne incroyablement puissante… » Austin se mit à faire de l’hyperventilation, comme si, en se souvenant juste de cette personne, il devait consumer une infinie quantité d’énergie. Il articula faiblement : « C’était un prêtre de l’ombre. »

« Un prêtre de l’ombre. » Les mots frappèrent mon cerveau comme la foudre, et je compris instantanément.

Tandis que les prêtres étaient spécialisés dans la guérison et les prêtres de guerre étaient des experts pour apporter leur support à leurs alliés, les prêtres de l’ombre se focalisaient sur la magie offensive. Leurs styles d’attaque étaient très similaires à ceux d’un nécromancien. On pourrait même dire qu’un prêtre de l’ombre était une version évoluée du nécromancien. C’est-à-dire, des nécromanciens qui recevaient l’aide du Dieu de l’Ombre.

Par chance, les prêtres de l’ombre étaient très très peu nombreux. Ils étaient si rares que même la Cathédrale du Dieu de l’Ombre n’osait pas les laisser se promener à l’extérieur, à tel point que leur perte serait grande s’ils venaient à périr.

Austin murmura pour lui-même : « Ce prêtre de l’ombre était incroyablement fort. Comment un prêtre de l’ombre peut-il être si puissant ? Comment… »

Mike déclara d’un air grave : « Ce chevalier noir était aussi très fort. Peut-être qu’il était l’un des représentants du Dieu de l’Ombre ! »

Je jetai un coup d’œil au Fils du Dieu de la Guerre. Il n’était bel et bien pas impliqué dans la politique. Il ne savait même pas que le représentant du Dieu de l’Ombre n’était pas un chevalier noir. Mais, même s’il n’était pas le représentant, ce chevalier noir était définitivement une personne importante dans la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. Autrement, il lui aurait été impossible d’affronter le Fils du Dieu de la Guerre pendant un jour et une nuit.

Mais, toutes ces questions étaient sans importance… pour l’instant.

Je pris une profonde inspiration et annonçai aux trois autres : « Je vais lancer la Résurrection. »

Les trois personnes restèrent immobiles, abasourdies. Austin me demanda poliment : « Doit-on partir ? »

Je secouai la tête et répondis : « Non. J’ai besoin de votre protection. Ne laissez rien s’approcher de moi, pas même une feuille ! »

« Très bien ! »

Ils hochèrent tous les trois leur tête avec résolution. Parmi eux, les yeux d’Austin étaient inhabituellement brillants. Mais, il n’y avait rien d’étrange à cela, parce que n’importe quel prêtre aurait cette expression sur son visage quand il saurait qu’il allait être témoin de l’exécution d’un sort sacré de haut-niveau comme la Résurrection. S’il y avait des prêtres de la Lumière ici, ils se seraient déjà mis à hurler et à crier d’excitation.

Je m’enquis méticuleusement : « Depuis combien de temps Leaf est-il mort ? »

« Approximativement deux heures », répondit Austin avec précision.

J’acquiesçai. J’avais amplement le temps de lancer le sort. Je dessinai un large cercle à l’endroit où Leaf reposait, puis me tournai pour leur faire face à tous les trois. Je décrétai : « À partir de maintenant, peu importe ce que je fais, ne me parlez pas. Aussi, ne laissez jamais rien entrer dans ce cercle. »

Ils hochèrent tous les trois leur tête une nouvelle fois. Ils se levèrent au même instant et formèrent un triangle en dehors du cercle, employant leurs actions pour exprimer leur détermination.

Voyant cela, je me détendis. Avec ces trois personnes dans les alentours, à moins que le chevalier noir et le prêtre de l’ombre n’attaquent à nouveau… J’hésitai. Est-ce que cela aurait pu être ça, leur plan ? Est-ce qu’ils attendent une opportunité de nous anéantir pendant que Leaf se fait réanimer ?

J’examinai Leaf. La cause de sa mort était une fine lame qui avait percée son cœur. La blessure était très petite et précise. Je fus un peu soulagé en voyant cela. Un prêtre de l’ombre saurait que plus un corps était endommagé, plus il serait dur de le ressusciter. Si leur réelle intention était de nous annihiler, ils n’auraient pas tué Leaf d’une blessure aussi précise.

Même si j’avais toujours de nombreux doutes, je n’avais plus le luxe de m’en tracasser. Je dégainai l’Épée Divine du Soleil qui était à ma taille et, me servant de l’épée comme d’un instrument pour écrire, je dessinai le cercle magique utilisé pour les résurrections.

Après avoir tracé le cercle, je regardai Leaf en silence. Bien qu’il fût mort d’une mort violente, il avait l’air d’être en paix. À part le fait que son visage était relativement pâle, on n’aurait pas pu dire qu’il n’ouvrirait plus jamais ses yeux à nouveau.

En fait, les coins de ses lèvres étaient relevés en un léger sourire…

Il avait toujours été une personne insouciante, à tel point qu’on aurait pu dire qu’il s’était résigné à ce que le destin lui gardait en réserve. Bien que le Chevalier de la Forêt fût censé avoir ce genre de personnalité, quel membre des Douze Chevaliers Sacrés n’était pas un hypocrite ? Earth n’était ni honnête ni sincère, et depuis quand avais-je jamais été un philanthrope bienveillant ?

« En parlant d’Earth… Quand nous étions enfants, chaque fois que nous nous disputions, tu étais toujours le médiateur. Tu courrais de l’un à l’autre, utilisant ton sourire pour contrer nos froncements de sourcils, jusqu’à ce que nous acceptions de nous reparler l’un à l’autre à nouveau. »

« Il y avait une fois où nous ne voulions pas nous réconcilier quoi qu’il arrive. En fin de compte, tu t’étais mis entre nous deux et tu avais braillé à t’en faire mal à la gorge. Tu avais pleuré de façon si misérable que même Judgment était venu et nous avait dangereusement foudroyés du regard Earth et moi. À cause de cela, nous avions oublié notre dispute et avions travaillé ensemble pour te consoler et te supplier d’arrêter de pleurer. »

Je continuai de me rappeler les événements passés, depuis le tout début…

« Je me souviens que la première fois que je t’ai vu, tu avais un sourire sur le visage. Je suis peut-être capable de sourire de façon plus lumineuse que toi, d’avoir l’air plus digne de confiance. Je suis peut-être capable de sourire de façon cent fois plus attirante que toi, mais je ne pourrais jamais sourire aussi sincèrement que toi. Ton sourire était comme une brise confortable… »

Je restai silencieux pendant un certain temps avant de dire : « En fait, je déteste vraiment ton sourire. Ton sourire a l’air de se moquer de moi, de se moquer et de montrer à quel point mon sourire est faux. N’est-ce pas ironique que les gens pensent que je suis une personne gentille, quand la personne réellement bonne c’est toi ? »

« Alors, j’adorais m’en prendre à toi. Même maintenant je te harcèle… Mais, tu as toujours refusé de t’énerver. Est-ce vraiment si difficile de me crier dessus ne serait-ce qu’une seule fois ? Finalement, la seule chose rebelle que tu aies faite dans ta vie a été d’enfoncer des clous dans des poupées vaudou ! »

Je grondai sans pouvoir me contrôler : « Pourquoi dois-tu être si gentil !? Espèce d’idiot ! »

Je continuai de me remémorer le passé, de me rappeler… jusqu’à ce que mon visage fût humide de larmes. Une par une, les larmes tombèrent sur le sol à côté des pieds de Leaf. Je pleurai jusqu’à ce que je n’eusse pas d’autre souhait que de voir Leaf ouvrir les yeux à nouveau.

Leaf, je ne te laisserai pas mourir. Je ne te laisserai pas non plus revivre avec le moindre défaut ! Je ne te laisserai jamais revivre avec la moindre imperfection. Jamais !

Je fermai les yeux et résistai à l’envie de pleurer. Je levai la tête pour regarder le ciel, le soleil intouchable et le Dieu de la Lumière invisible.

Lentement, j’ouvris la bouche. Chaque mot et chaque phrase que je prononçai étaient clairs et distincts.

« Oh, Dieu de la Lumière ! Je vous en prie, écoutez ma repentance, et écoutez ma stupidité. J’ai déclaré que les Chevaliers Sacrés étaient ce qu’il y avait de plus précieux aux yeux du Chevalier du Soleil. J’ai déclaré que tous les Chevaliers Sacrés étaient à moi, et que personne n’était autorisé à les blesser. Cependant, j’ai abandonné Elmairy Leaf quand il était en danger. J’ai échoué à accomplir mes responsabilités en tant que camarade, et je n’étais pas à ses côtés… »

Je pris une profonde inspiration et priai : « Tout cela est ma faute. Aucun mot ne peut exprimer la profondeur de mon péché. Je suis prêt à payer n’importe quel prix. Je vous implore seulement de ne pas rappeler Elmairy Leaf à vos côtés. »

« Oh, Dieu de la Lumière ! Je vous le jure, je suis prêt à payer n’importe quel prix pour voir Elmairy Leaf ouvrir ses yeux une nouvelle fois. S’il-vous-plaît, utilisez le sang dans mon bras gauche pour bouger son bras gauche. S’il-vous-plaît utilisez le sang dans mon bras droit pour bouger son bras droit… »

Je pressai le côté aiguisé de l’Épée Divine du Soleil sur mon bras gauche, laissant le sang couler le long de la lame pour finalement tomber sur le bras gauche de Leaf. Ensuite, ce fut son bras droit, ses deux jambes…

Ce ne fut que lorsque le corps tout entier de Leaf fut recouvert de mon sang que je passai à la prochaine étape du rituel… J’enfonçai l’Épée Divine du Soleil dans la blessure fatale dans son cœur.

Puis, je m’agenouillai et regardai le ciel avec mes deux bras levés, priant le lointain et invisible Dieu de la Lumière…

Je vous en prie, rendez-moi un Leaf complet et parfait. Pour cela, je suis prêt à payer n’importe quel prix.

Je vous en prie, rendez-moi un Leaf complet.

Rendez-le-moi !

J’inclinai la tête vers le bas et agrippai lentement l’Épée Divine du Soleil. De la lumière sacrée fut irradiée par mon corps et se concentra dans l’épée. Depuis l’Épée Divine du Soleil, la lumière sacrée se propagea à travers le corps de Leaf, chassant l’élément des ténèbres qui s’était rassemblé à l’intérieur de son corps. Enfin, le corps de Leaf fut remplit avec tellement de lumière sacrée qu’il pouvait à peine être aperçu à travers la sphère de lumière.

Je fis de mon mieux et maintins cette position pendant un long, long moment…

Afin de préserver ma conscience pour le rituel suivant, je terminai le transfert de lumière sacrée pendant qu’il m’en restait un peu. Je me levai et retirai lentement l’Épée Divine du Soleil. Alors que je tirais l’épée, la blessure fatale venait déjà d’être guérie par la lumière sacrée restante.

Finalement, quand l’Épée Divine du Soleil eut quitté le corps de Leaf, je la jetai sur le côté. Sans attendre, j’écrasai la lumière sacrée regroupée sur ma paume sur la poitrine de Leaf à l’endroit où se trouvait son cœur.

À cet instant-là, Leaf inhala vivement, et son corps s’arqua comme un arc. Son corps fut pris de convulsions répétées, tandis qu’il toussait violemment. D’après son expression, je pouvais dire qu’il éprouvait une grande douleur.

Voyant cela, je poussai un soupir de soulagement. Je faillis pleurer. Au moins, Leaf avait été ressuscité.

Après avoir toussé pendant un moment, Leaf rassembla suffisamment d’énergie pour me faire face et dit : « S-Sun… »

Je fixai Leaf du regard. Bien, il avait l’air d’être sauf, et sa voix semblait normale. D’après son apparence générale, rien ne semblait manquer.

C’est génial…

Ma vision devint noire et ma conscience s’estompa. La dernière sensation que je ressentis avant de m’évanouir fut de tomber sur le côté.

 

 

« Sun… »

Quand je repris connaissance, ma première impression fut que quelqu’un appelait mon nom. Cette personne m’aida à me redresser. Je tournai la tête pour voir de qui il s’agissait, mais tout était complètement noir. Peut-être que je n’ai pas encore ouvert les yeux ?

Je clignai. Non, mes yeux sont définitivement ouverts.

« Sun ? »

J’entendis la voix de Leaf. Elle était très proche… Je tournai la tête pour lui faire face, mais je ne pouvais l’apercevoir à travers les ténèbres. Merde ! Comment suis-je censé confirmer que Leaf n’a aucun effet secondaire à cause de la résurrection ?

Je fronçai les sourcils et cherchai la source de la voix avec mes mains. Je touchai le visage de Leaf. La sensation n’était pas différente du visage d’une personne normale. Je soupirai de soulagement. Au moins, il n’y a rien qui cloche avec la partie la plus importante : son visage.

« Sun… »

À ce moment-là, la voix de Leaf trembla, et il dit : « Tes yeux… »

Je restai stupéfait un instant. Seulement à cet instant-là me rappelai-je de mes yeux…

Un certain temps s’écoula pendant lequel Leaf haleta de nombreuses fois et lança même répétitivement le sort de Soin sur moi. Enfin, j’entendis le son de quelqu’un qui suffoquait. Il était clair qu’il paniquait tellement qu’il ne savait plus quoi faire…

Finalement, je lui souris et lui affirmai : « Je vais bien maintenant. Quand je me suis réveillé, ma vision s’est obscurcie momentanément. J’étais probablement trop fatigué. Désolé de t’avoir fait peur. »

En entendant mes paroles, Leaf se mit à respirer plus rapidement. Il me demanda anxieusement : « Sun, dis-moi combien de doigts ai-je de dressés ? »

Je gardai le silence pendant un moment.

Sur le point d’éclater en sanglots, Leaf gémit : « Sun…»

Je ricanai et ris. « Ahahah ! Deux. Regarde à quel point tu es anxieux. J’étais vraiment juste trop fatigué tout à l’heure, donc ma vision s’est noircie pendant une minute. »

Leaf resta confus un moment, puis il hurla sans pouvoir se contrôler : « Toi ! Tu as failli me faire mourir de peur ! Ne t’es-tu pas repenti de tes péchés ? Je pensais que tu n’allais plus jamais me harceler. »

Ainsi, il a entendu… Mince ! L’embarras se transforma en colère, et je répliquai : « Je me suis repenti, mais je n’ai jamais dit que je ne le ferais plus jamais ! »

Leaf renifla, tandis qu’il criait : « Tu es vraiment… Sais-tu à quel point j’étais inquiet ? Je suis vraiment en colère contre toi. »

Bien ! Cela devrait compter comme un hurlement de rage, n’est-ce pas ? Au fond de moi, j’étais ravi. Après tant d’années, le plan « Mettre Leaf en Colère » avait finalement porté ses fruits. C’était tellement touchant.

« Bon, cela suffit ! Arrêtons de jouer et mettons-nous en chasse de ce chevalier noir qui a osé te tuer. Mike et les autres, s’il-vous-plaît venez ici rapidement. Je vais soigner vos blessures ! »

Je ramassai l’Épée Divine du Soleil et ris avec entrain, tandis que je me levais avec l’intention de m’approcher de Mike et des autres. Cependant, je ne remarquai pas le nid-de-poule près de mes pieds. Je me pris les pieds dedans et trébuchai de deux pas en avant. Si je n’avais pas agrippé mon épée fermement, je serais tombé.

Un silence s’installa autour de moi.

Je me redressai rapidement et souris en disant : « Pourquoi est-ce que vous êtes tous si silencieux ? Jeter la Résurrection est très fatigant. Mes jambes ont juste faibli un peu, c’est tout. »

« Sun… »

Leaf m’interrompit et hoqueta : « Sun, tu ne peux plus voir du tout, n’est-ce pas ? Ne me mens pas. Et, ne poursuis pas le groupe du chevalier noir juste pour les laisser te lacérer les yeux afin de cacher ce fait. Je sais à quoi tu penses. Ne fais pas ça, je t’en prie… »

Je gardai le silence pendant un moment, puis je forçai un sourire et déclarai : « Quelles bêtises racontes-tu là ? J’ai vu que tu avais deux doigts ! Comment un aveugle pourrait-il voir cela ? Tu es vraiment bête, Leaf. »

Leaf attrapa soudainement mes mains et les serra étroitement. Il renifla et supplia : « S’il-te-plaît… »

Je répondis clairement : « Je ne suis pas aveugle, Leaf. Tu t’imagines des choses. »

« Arrête tes conneries. » À ce moment, Mike gronda impatiemment : « Sun, combien j’ai de doigts ? »

Je fis une pause pendant un instant avant de répondre : « Un. »

Mike me redemanda de nouveau : « Et maintenant ? »

« Me prendrais-tu pour un idiot ? » Agacé, je criai : « Aucune de tes mains n’est levée ! »

Mike marmonna plusieurs phrases dans sa barbe. Puis, il ajouta : « Elmy, cesse de pleurer. Il n’est vraiment pas aveugle ! »

Leaf semblait être confus, comme il répliquait : « Je ne comprends pas… »

Je le rassurai : « Tu viens juste d’être réanimé, donc on n’y peut rien si ton esprit est un tantinet désorienté. N’y pense pas trop et dors autant que tu le peux dans un premier temps. Ne t’inquiète pas, si tu ne veux pas que nous chassions le chevalier noir, alors nous ne le ferons pas. Retournons à la Ville de la Forêt Feuillue qui est toute proche pour nous reposer. »

Je n’entendis pas la réponse de Leaf, aussi je lui demandai : « Est-ce que cela te va ? »

Cependant, ils restèrent tous les quatre silencieux. Je ne parvenais pas à comprendre ce qui se passait, mais je n’osai pas ouvrir la bouche imprudemment. Après un moment, Leaf dit gentiment : « Sun, je viens juste d’hocher la tête. »

Je parlai clairement : « Mes excuses, je n’ai pas fait attention. J’ai couru comme un fou pour venir jusqu’ici, puis j’ai lancé la Résurrection, aussi je suis très fatigué. Arrête de te faire du souci à la moindre petite chose, autrement je vais m’inquiéter de savoir si oui ou non la Résurrection a entraîné des effets secondaires, comme des hallucinations par exemple. »

Leaf resta silencieux pendant un moment. Puis, il accepta : « D’accord, allons nous reposer avant de décider ce que nous allons faire ensuite. Laisse-moi te porter jusqu’à la ville. »

« Non. » Je dis avec lassitude : « Tu viens juste d’être réanimé. Ne te force pas à faire quoi que ce soit. Tu as plus besoin de repos que moi. »

À ce moment-là, Mike nous interrompit : « Je vais te porter. Laisse Anne porter Leaf. »

En entendant cela, mon impression de Mike s’améliora de manière significative. J’hochai la tête avec appréciation et lançai un Soin Mineur à la fois sur Mike et Anne. Même si cela ne fit qu’une petite différence, et qu’Austin était encore gravement blessé, j’étais impuissant pour ce qui était de faire plus.

Après avoir grimpé sur le dos de Mike, je dormis comme une bûche. Sur le chemin de la ville, je me réveillai plusieurs fois, mais j’étais tellement pris de vertige que je me rendormis rapidement après.

Finalement, nous atteignîmes la Ville de la Forêt Feuillue. Je descendis enfin du dos dur comme un roc et m’allongeai sur un lit douillet. J’eus la vague impression que Leaf et les autres me demandais quelque chose, mais je ne les entendis pas clairement. Avec désinvolture, je leur déclarai de décider par eux-mêmes et roulai sur le côté pour les ignorer. Ce fut uniquement quand je me sentis tellement affamé que je ne pouvais plus le supporter que je les appelai. Je fus confortablement nourri. Après cela, je me rallongeai pour dormir à nouveau.

Romance RPG : Partie 8

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : Yu Wo (  )


Part Eight – traduit du chinois vers l’anglais par Doza[PR!]
Partie Huit – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Au moment où je suis arrivée ce matin, la dame de la maison d’à côté,  le monsieur à l’ouest, et une foule toute entière de villageois m’ont dit de démarrer mon voyage sur-le-champ. Autrement, je n’arriverais pas à temps pour le bal donné au château. Malgré le fait que j’aie une épée, elle ne m’a jamais donnée de conseils. En conséquence, j’ai été forcée de ramasser mon sac sur la table, de lire la carte dessinée sur l’invitation, et de partir. »

Meng narra d’un ton monotone la raison pour laquelle une personne et une épée étaient apparues dans une prairie. L’épée dépassait présentement du sac à dos de Meng. Bien que ses yeux et sa bouchent fussent exposés, venant tout juste d’être envoyé valsé dans les airs par Meng, Lin Jian Yin n’osait pas ouvrir la bouche.

« J’ai jeté un coup d’œil aux objets à l’intérieur de mon sac. Il n’y a que des rations, une jupe, et de l’argent. »

Comme elle faisait ce monologue depuis un bout de temps, Meng s’ennuyait pas mal. Son ton s’adoucit un peu, et songeant à demander son avis à l’épée, elle tourna la tête vers l’arrière pour s’enquérir : « Épée, est-ce que ce serait convenable d’assister directement au bal ? »

Quand il entendit que la voix de Meng n’était plus aussi froide qu’avant, un flot de paroles s’écoula immédiatement de Lin Jian Yin : « Bien sûr que non. Au strict minimum, tu dois soigner ton apparence. Regarde-toi, on dirait que tu as un nid d’oiseau sur la tête ou que tu as la même coiffure qu’une vieille dame. Ne mentionne même pas le prince ; tu ne serais même pas capable d’éveiller l’intérêt du vieux roi.

« Ce n’est pas que je veuille le dire, mais il y a définitivement un prix à payer pour la beauté. Le plus grand prérequis est de maintenir diligemment  ta ligne. Tu dois t’entraîner à appliquer le maquillage. Et l’entrainement final est de cultiver le bon goût en matière de vêtement. »

« Être une dame est vraiment difficile », marmonna Meng.

« Qui a dit que seules les femmes souffraient ? » Lin Jian Yin objecta bruyamment : « Le six-pack sur mes abdos et mes biceps musclés ne sont pas comme ça par nature. En plus d’aller à la gym, je n’ose pas trop manger. Même pour les casse-croûtes de minuit, je peux seulement manger des konjacs 1cuits. Afin de préserver ce beau visage sans défaut, je dois aller au salon de beauté deux fois par mois, et trouver un salon de beauté pour les hommes est bien plus difficile qu’un salon de beauté pour les femmes. Aussi… aussi, pour le maintien de ma gorge, je dois boire du Sirop de Fritillaire et de Nèfle2 à chaque repas. Je n’ose même pas manger mon ragoût épicé préféré… »

Juste au moment où il atteignait le cœur de ses protestations, Lin Jian Yin remarqua l’expression étrange de Meng. Il ne put s’empêcher de s’arrêter et de demander : «  Tu ne me crois pas ? »

Meng fronça les sourcils tandis qu’elle déclarait : « Non, je me demandais simplement où tu pouvais mettre les biceps et le six-pack. Aussi, pour un être qui n’a pas de visage, c’est vraiment difficile d’imaginer ce que tu ferais dans un salon de beauté… »

« … » Lin Jian Yin resta sans voix pendant un moment. Puis, se sentant un peu embarrassé, il répondit : « Je parlais de mon ancienne apparence. »

« Ancienne ? Tu étais un humain avant ? » questionna Meng avec curiosité alors qu’elle marchait.

Lin Jian Yin répondit avec humeur : « Sans blague !? Si je n’étais pas une personne, dans ce cas qu’est-ce que j’étais ? »

« Oh, je vois, alors ça veut dire que tu es un fantôme qui a abandonné sa vie pour forger une épée en te jetant dans la fournaise, créant l’épée avec ton propre corps. Ensuite, après que tu sois mort, tu t’es transformé en cette épée, pas vrai ? » Meng hocha la tête comme si elle avait raison. Elle soupira et eut même quelques réflexions au sujet de comment les gens ne chérissaient vraiment pas leurs vies.

« Tu as une très grande imagination… »

« Dans ce cas, à partir de maintenant, je vais t’appeler l’Épée-Fantôme, et tu dois m’appeler Meng, pas Cent Points. »

« D’accord… Attends une seconde, tu as dit Épée-fantôme ou Enfoiré de Fantôme3 ? »

« Est-ce qu’il y a une différence ? »

« Il y en a une ! »

Les deux « personnes » se disputèrent sans discontinuer, et avant qu’elles ne s’en soient rendu compte, les grandes portes de la ville apparurent dans leur champ de vision. Se tenant des deux côtés des portes, il y avait même des guerriers en armures complètes. En apercevant les lourdes lances qu’ils tenaient dans leurs mains, un brin de timidité s’empara du cœur de Meng. Elle tendit le bras vers l’arrière, sortit l’épée de derrière elle, et la pendit à sa taille. Puis, elle s’enquit : « Épée-Fantôme, entrons-nous tout de suite ? »

L’Épée-Fantôme répondit automatiquement : « Évidemment que nous entrons. De quoi est-ce que tu as peur ? Tu es si peureuse. »

Les paroles de l’Épée-Fantôme la galvanisèrent. La furie de Meng s’embrasa, et se reposant sur cette vague de colère, elle marcha à grands pas en direction des portes de la ville. Alors qu’elle passait devant les grands guerriers tenant leurs lances, Meng fut vraiment très effrayée. Elle pria intérieurement pour que ces lances ne soient pas lancées sur elle. Par chance, tandis qu’elle les dépassait, ils ne bougèrent pas d’un pouce ; sinon, Meng aurait tourné les talons et se serait enfuie la queue entre les jambes sans un regard en arrière.

Elle retourna furtivement la tête afin de jeter un coup d’œil aux guerriers en armures. Ils étaient toujours tous les deux immobiles. Meng poussa enfin un soupir de soulagement.

« Hé ! »

Meng sursauta. Elle se dépêcha de se retourner pour voir si les guerriers la hélaient. L’Épée-Fantôme, qui reposait dans ses mains, déclara d’un ton maussade : « C’est moi qui t’appelle. »

Les yeux de Meng devinrent ronds comme des soucoupes. Elle lui demande : « Pourquoi est-ce que tu m’as fait peur ? »

« Qui t’a fait peur ? » Lin Jian Yin roula des yeux à l’adresse de Meng. C’était aussi le seul geste qu’il pouvait faire. « Je voulais te dire : rendons-nous d’abord au palais pour voir de quoi à l’air le prince. S’il est moche et bizarre, alors tu ferais aussi bien de laisser tomber et de trouver quelqu’un d’autre. »

Comme Meng réfléchissait à la question, elle ne put trouver de meilleure idée que la sienne. Elle hocha la tête et avança directement vers la cible évidente, le palais impérial. En chemin, l’Épée-Fantôme faisait constamment un tapage énorme. Quand ils passèrent devant un magasin de vêtements, ses yeux brillèrent en regardant les vêtements dans la vitrine.

« Wow, regarde ça, la robe de bal affichée est vraiment belle. Entrons pour y jeter un coup d’œil, d’accord ? »

Les yeux de Meng ne dévièrent pas de leur cible. « Nous allons nous rendre au palais royal en premier. »

Ensuite, ils dépassèrent une bijouterie.

« Là-bas, là-bas ! Regarde, ce collier de perles est très élégant. Qu’est-ce que tu dirais qu’on entre pour jeter un regard aux alentours ? »

« Trouver le prince en premier. »

« Cette paire de talons hauts d’un blanc pur est simplement trop magnifique… »

« Palais. »

Après avoir été rejeté trois fois, l’humiliation de l’Épée-Fantôme se transforma en rage, et il jura : « Garce, tu es vraiment ennuyeuse. »

« Épée de merde, tu passes beaucoup trop de temps à jacasser ! C’est toi qui as dit de nous diriger vers le palais en premier. Maintenant, à un moment tu veux regarder des  vêtements, à l’instant d’après tu veux jeter un coup d’œil aux chaussures. Tu ressembles encore plus à une femme que moi. » Meng lui jeta une remarque sarcastique en pleine tête.

L’Épée-Fantôme refusa naturellement de lui donner le dernier mot. « C’est toi qui n’est pas féminine ! »

« Tu es celui qui n’est pas viril ! »

Notes de bas de page

1Konjac/Konnyaku/Langue du Diable : C’est une plante cultivée comme légume et basse en calorie (utilisée dans la farine et les nouilles / aussi consommée en gelée).

2Sirop de Fritillaire et de Nèfle : Un médicament traditionnel chinois contre la toux.

3« Épée »-Fantôme et « Enfoiré » de Fantôme : Voir partie 5. « Épée » Fantôme et « Enfoiré » de Fantôme ont la même prononciation en chinois, « jian ».