La Légende du Chevalier du Soleil T3C1: Une Princesse Disparue

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 – À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : 御 我 Yu Wo


Chapter 1: A Missing Princess – traduit du chinois vers l’anglais par Akakuroi[PR!]
Chapitre 1 : Une Princesse Disparue – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par LuluHime

Le Soleil brillait ardemment dans le ciel, transperçant même l’épaisse couche de feuillage, reflétant ses rayons tels de minuscules fleurs dorées poussant sur le sol. Marchant sur ce petit chemin à travers la campagne, l’arôme frais de la nature emplissait l’air. À côté de moi avançaient mes compagnons, chantant et paraissant aussi joyeux que possible… Claque !

Satanés moustiques stupides !

« Ah ! »

Perdant mon sang-froid, j’émis un petit cri tandis qu’une empreinte ensanglantée de moustique était laissée sur mon gant blanc immaculé. La marque était tellement nette que je pouvais même compter le nombre de pattes qu’il avait ; c’était juste comme un spécimen de moustique rouge.

J-J’ai seulement amené trois paires de gants blancs ! Je n’arrive pas à croire que j’ai gâché une paire juste en écrasant un moustique !

« Chevalier du Soleil ? »

Levant les yeux, je vis que toute l’équipe m’observait. À part le Chevalier de la Forêt, qui ne montrait aucun signe de surprise, le reste de l’équipe me fixait, avec des expressions très confuses et surprises. Presque immédiatement, un sourire parfait et impeccable apparut sur mon visage, tandis que je répondais : « Oui, Fils du Dieu de la Guerre ? Puis-je demander si, sous l’action d’un rappel du Dieu de la Lumière, votre Excellence s’est souvenue de quelque chose pour laquelle vous deviez consulter Sun ? »

« N’as-tu pas crié à l’instant ? Pourquoi appelais-tu ? » Un peu impatient, le Fils du Dieu de la Guerre ajouta : « Et, ne t’ai-je pas dit de simplement m’appeler Mike ? Qu’est-ce que tu as à répéter “Votre Excellence ceci, Votre Excellence cela” ? C’est irritant rien qu’à l’entendre ! »

« Votre Excellence, Mike, comme le soleil d’aujourd’hui brille ardemment dans le ciel, répandant ses rayons radieux jusqu’à la terre, Sun n’a pu s’empêcher de s’exclamer de surprise, comme pour saluer la bienveillance du Dieu de la Lumière envers ses gens, pour créer une scène pareille, si belle et si époustouflante, avec son éclat– »

Mike fronça des sourcils comme il écoutait, et avec une expression qui semblait résulter d’un mal de tête terrible, il cria : « Tais-toi ! »

« Comme vous voulez. »

Souriant, je fermai la bouche, pensant calmement, Plus tard, même si je crie, hurle ou sursaute, Mike va tout de même m’ignorer. Pas mal, pas mal ; maintenant je peux rester un Chevalier du Soleil silencieux durant tout le voyage.

J’enfilai une nouvelle paire de gants, pendant que je me réjouissais. Au moins, plus tard, je n’aurai pas à parler à qui ce soit, même s’il y a un moustique, ce sera toujours dans ma gamme de tolérance…

Bzz bzz bzz, bzz bzz…

Fronçant les sourcils, j’agitai la main vers le minuscule point noir voltigeant devant moi, tentant de le chasser, mais le satané moustique ne partait tout simplement pas. Il tourna lentement près de mes yeux, et se mit alors à danser devant mon visage… Claque !

Ah ! Ma seconde paire de gants…

Ahhhh !

Je ne peux plus le supporter ! Je veux revoir mon Temple Sacré propre et soigné ! Ma chambre où personne ne vient ! Mon cellier entier plein de vin ! Et plus important encore, un endroit où il n’y a absolument pas de moustiques ! Pourquoi, oh pourquoi suis-je maintenant à cet endroit plein d’insectes buveurs de sang, d’un soleil ardent, et d’une bande d’humains qui ne se lavent pas et sont dégoûtants ?

Je retournai deux semaines plus tôt, quand je vivais encore joyeusement dans le Temple Sacré, travaillant dur, attendant le jour où j’atteindrais quarante ans et serais alors capable de prendre glorieusement ma retraite…

 

 

« Le Fils du Dieu de la Guerre de notre pays voisin va bientôt se marier, et le Monastère du Dieu de la Guerre a invité spécialement un membre de notre Église du Dieu de la Lumière à  venir comme témoin. Par conséquent, en tant que porte-parole de l’Église du Dieu de la Lumière, la publicité ambulante de l’Église, je dois te déranger, Sun, pour que tu ailles à ce voyage d’affaires comme témoin. »

Me tenant dans l’étude du Pape, je fixai le Pape qui souriait largement et demandai, sans expression : « Combien de Fils du Dieu de la Guerre y a-t-il dans ce monde ? »

« Juste un », répondit le Pape en souriant.

« Celui qui est précédemment venu dans notre royaume pour demander en mariage notre princesse ? »

Frappant ses mains l’une contre l’autre avec un « aha », le Pape dit : « C’est celui-là même, quelle intelligence de ta part ! »

« Vous me flattez, mais n’est-il pas parti il y a seulement trois jours ? » Je continuai à ne manifester aucune émotion.

« C’est exact ! »

« Est-ce que trois jours sont suffisants pour retourner dans le royaume voisin afin d’effectuer une nouvelle demande en mariage ? »

Le Pape ouvrit les bras, paumes des mains vers le haut, puis répondit : « Pas même assez pour atteindre les frontières. »

Je devins silencieux pendant un moment. Est-ce que le Pape a eu tellement de temps libre ces derniers temps qu’il en vient à me jouer des tours pour s’amuser ?

Faiblement, je demandai : « Alors, pourquoi y a-t-il un mariage ? »

« Ah la la ! »

S’asseyant, détendu, le Pape prit une tasse de thé et me regarda avec une expression qui disait « tu restes vraiment trop enfermé » comme il expliquait : « Il y a le Monastère du Dieu de la Guerre tout entier pour faire une demande en mariage à sa place ; même s’il ne se trouve pas dans le pays, ce n’est pas du tout important ! De toute façon, la reine du Royaume de l’Orchidée Lunaire a déjà approuvé le mariage et planifie de lui donner sa fille aînée. Les préparations de la cérémonie ont déjà commencé, et les invitations ont déjà été envoyées il y a une semaine. Tout est prêt, mais le marié, le témoin du marié et les cadeaux de mariage de chaque pays doivent encore arriver. »

Il y a une semaine ? N’était-ce pas exactement le jour suivant notre confrontation à trois ?

J’étais totalement stupéfait par ces nouvelles soudaines. Vous êtes sérieux !? Ainsi, le Fils du Dieu de la Guerre avait déjà une mariée de secours prête ? S’il ne peut pas obtenir la main de la princesse de ce royaume, alors il a juste à rentrer chez lui pour en épouser une autre ? Bien, elles ont toutes le titre de Princesse de « XX », donc ce n’est pas important ce qu’est « XX », c’est ça ?

Cela rend vraiment quelqu’un jaloux… révolté par sa personnalité et ses actes honteux.

Cependant, il y a une grande chance pour que cette princesse soit une indésirable, et c’est pourquoi la reine du Royaume de l’Orchidée Lunaire a vendu sa fille… Je tentai de confirmer cette possibilité subtilement en demandant : « Est-ce que cette princesse est belle ? »

Le Pape leva le pouce comme il louait : « Une des plus belles femmes du Royaume de l’Orchidée Lunaire. »

Mon visage tressaillit avant de demander à nouveau avec espoir : « Souffre-t-elle d’une maladie en phase terminale ? »

« Autant en bonne santé que possible ! »

« Possède-t-elle une personnalité lamentable ? »

« Elle est populaire partout ! »

Comme c’est émouvant ! Je n’arrive pas croire qu’il y avait une beauté de qualité, 100% garantie, dans le pays voisin. Je n’en savais rien et, d’un coup, elle va maintenant devenir la femme d’un autre homme ! Même les invitations ont déjà été envoyées, et je suis le témoin du marié !

Regarder avec impuissance une beauté pareille épouser un autre… Mon cœur souffrait comme si quelqu’un le tordait. Ma voix était remplie de douleur comme je disais : « Belle, en bonne santé, une personnalité ouverte et, encore mieux, c’est une princesse (riche). Je n’arrive pas à croire qu’il y avait une femme de cette qualité dans ce monde… Pourquoi ne me l’avez-vous pas dit plus tôt !? »

Posant sa tasse lentement, le Pape répliqua calmement : « Calme-toi, Capitaine-Chevalier du Soleil. N’oublie pas que tu ne peux aimer que le Dieu de la Lumière, pas les femmes. Même si tu te mariais, tu pourrais seulement être “occupé par le travail”, et négligerais en permanence ta femme. Ce serait juste trop cruel à supporter pour l’autre moitié. »

« Quelles foutaises ! » Immédiatement après avoir coupé son bavardage désinvolte, je le corrigeai fermement : « Je peux passer une heure par jour à être occupé par le travail, une autre heure à négliger ma femme, et finalement passer le reste de mon temps à l’aimer. »

« Ton “reste du temps” est un peu exagéré… »

« Hmph ! Même Storm qui est en charge de tout mon travail ne se plaint pas, alors de quoi vous plaignez-vous ? »

Le Pape soupira : « Il ne se plaint pas ? Tu mens vraiment comme un arracheur de dents, non ? La rancœur qu’il a accumulée a déjà grimpé plus haut que celle du Capitaine-Chevalier des Enfers. Tu es sûr que tu ne vas pas aller te cacher et te faire discret au cas où tu te ferais assassiner par lui une nuit ? »

Je commençai à froncer des sourcils. Eh bien, il semblerait que, récemment, à chaque fois que je voyais Storm dans les couloirs, la pile de documents dans ses mains touchait vraiment le ciel… Un frisson courut dans mon dos, tandis que je poursuivais : « J’irai ! Mais, je dois emmener Judgment. »

« Emmener Judgment ? »

Le Pape, qui était assis jusqu’à maintenant, totalement détendu, sauta soudainement de sa chaise et cria d’une voix haut perchée d’enfant : « Tu pourrais aussi dire que tu vas emmener tout le Temple Sacré au loin ! »

C’est vrai ; si à la fois le Chevalier du Soleil et le Chevalier du Jugement partaient, alors le Temple Sacré n’aurait plus de chef. Après reconsidération, je changeai d’avis. « Alors, je vais emmener Storm, lui faire prendre l’air, et voir si je peux effacer un peu de sa rancœur. »

Le Pape rejeta immédiatement cette idée. « C’est bon pour le Temple Sacré de ne pas avoir de Chevalier du Soleil, mais pas sans Chevalier de la Tempête dans le même temps. »

Toi… Je ne vais pas me disputer avec toi, mais tu ferais mieux de croire que je vais m’en rappeler ! Après tout, j’ai un long voyage devant moi pour songer à ma vengeance ! Un peu agacé, je répondis : « Dans ce cas, je vais emmener Adair ; c’est bon de cette manière ? »

Le Pape rejeta l’idée à nouveau et déclara : « Je vais me répéter : la Section du Chevalier du Soleil peut supporter de ne pas avoir son capitaine – après tout, c’est comme s’ils n’en avaient pas la plupart du temps – mais ils ne peuvent pas survivre sans vice-capitaine. »

« Pardon ? » Haussant un sourcil, j’étais sur le point de rétorquer qu’Adair était mon vice-capitaine et que j’avais le droit de l’emmener où je voulais, ou quelque chose de ce style-là, quand le Pape m’interrompit.

« De plus, bien que plus de la moitié de ton boulot soit effectué par Storm, en réalité, trois cinquième retournent à Adair. Si tu emmènes Adair, tu dois te préparer à énerver Storm pour la onzième fois, et alors recevoir sa vengeance sans préavis », annonça-t-il.

J’étais totalement vaincu.

« …Alors je vais emmener Ice. »

Secouant la tête, le Pape commenta. « Ice n’appartient pas à la Bonne Faction au Grand Cœur. Si tu l’emmènes pour cette mission, un, ce n’est tout simplement pas approprié, et deux, si tu le prends, alors qui va préparer les desserts pour toute l’Église du Dieu de la Lumière ? Tu veux priver toute l’Église de dessert ? Tu tiens réellement à énerver l’Église toute entière ? »

« Non… Alors, je vais simplement prendre Cloud, d’accord ? » Je suis un peu fâché maintenant ; pas lui, pas lui : ils sont tous mes subordonnés, mais je ne peux même pas emmener l’un d’entre eux avec moi ! Suis-je toujours la tête du Temple Sacré ?

« Tu ne peux pas ! » Paraissant un peu frustré, le Pape expliqua : « Le rendement des cultures n’a pas été très prometteur récemment, ce qui a gravement affecté les donations que nous recevons. Et donc, afin de diminuer les dépenses de l’Église, je viens de renvoyer le bibliothécaire et j’ai chargé Cloud du maintien de la bibliothèque. Après tout, c’est là qu’il se cache la plupart du temps. Il sait même mieux que le bibliothécaire actuel où sont rangés chacun des livres, alors en faire le bibliothécaire était la chose à faire ! Si tu l’emmènes maintenant, la bibliothèque va devenir une ruine ; nous ne serons plus en mesure de trouver un seul livre ! »

Après mures réflexions, je levai les yeux et dis : « Dans ce cas, j’emmènerai Moon ! »

« Je n’ai pas d’objection, tant que tu peux le convaincre de quitter sa petite amie pendant environ un mois. »

« Très bien… » Après avoir pris une profonde inspiration, je beuglai : « D’accord, c’est juste trop difficile ! Moon chérit sa petite amie plus que sa propre vie ! Si j’essaye de la lui faire quitter, ne va-t-il pas me tuer ? »

Le Pape hocha la tête, totalement d’accord.

Je marchai en rond sans m’arrêter et demandai : « Alors, qui est-ce que je peux emmener ? Laisse-moi te dire, je préférerais mourir plutôt que d’y aller seul ; qui sait si le Fils du Dieu de la Guerre m’en veut encore à cause de l’incident précédent ? C’est quelqu’un dont même Judgment a dit qu’il ne pouvait pas le vaincre ! »

Le Pape me rappela gentiment : « Tu peux emmener Leaf ! »

« Leaf ? » J’arrêtai de tourner en rond, et après quelques délibérations internes, je rétorquai finalement : « Mais, mais Leaf, il… C’est une personne sympa ! »

Me regardant avec un air confus, le Pape répondit : « Non seulement c’est une personne sympa, c’est un enfant très sage et ne rejette aucune de tes requêtes bizarres. De faire des commissions en passant par acheter des myrtilles jusqu’à t’aider à battre un chien, il va toutes les prendre. De quoi n’es-tu pas satisfait ? »

« Mais c’est un archer », me plaignis-je.

Totalement déconcerté, le Pape s’enquit : « Et alors ? Ce n’est pas comme si tu n’avais pas vu ses capacités à l’arc. Même Judgment affirme qu’il n’est pas sûr de pouvoir vaincre Leaf. »

« Mais, je veux emmener quelqu’un qui sait se servir d’une épée… » Je luttai pour l’avouer.

Toujours confus et incapable de comprendre, le Pape répliqua : « Ce n’est pas que je veuille me plaindre, mais en ce moment, les carrières qui nécessitent de savoir utiliser une épée sont assez nombreuses. Chevaliers, guerriers : qui ne sait pas manier une épée de nos jours ? En fait, par comparaison, les archers sont beaucoup plus précieux. Maintenant, tu as un archer à emmener et tu vas non seulement ne pas le chérir, mais aller aussi loin que de ne pas l’aimer et l’éviter ? »

Sans expression, je répondis promptement : « Un archer ne peut pas me servir de bouclier humain et ne peut pas me défendre contre des attaques dans des combats rapprochés. De plus, sa vitesse de fuite est de loin supérieure à la mienne ! Quel est l’intérêt de l’emmener ? »

« … » Roulant des yeux dans ma direction, le Pape ne put s’empêcher de dire : « Je te demande d’être un témoin. Je ne te demande pas d’y aller et de risquer ta vie. Emmène juste Leaf ! »

« Avec la chance que j’ai récemment, même en tant que témoin je vais finir par risquer ma vie ! » Fermement, je poursuivis : « Laisse-moi emmener Hell. Sinon, tu peux trouver quelqu’un d’autre pour y aller et remplir le rôle de témoin ! »

« Hell ? »

Fronçant les sourcils, le Pape s’y opposa lentement : « Il n’est pas très adapté pour ça, non ? Après tout, son “identité” est un peu sensible et pas très appropriée pour apparaître à des célébrations comme un mariage. Si c’était un enterrement alors l’emmener serait une décision plutôt appropriée. »

Je reniflai. « Même s’il était découvert par quelqu’un, je peux simplement prétendre qu’il espionnait précédemment en tant que chevalier noir à la Cathédrale du Dieu de l’Ombre, et c’est pourquoi il est entouré d’une aura de ténèbres ! Ou je peux aussi affirmer qu’il a été transformé dans cet état par la Cathédrale du Dieu de l’Ombre pendant qu’il espionnait. Néanmoins, nous, l’Église du Dieu de la Lumière, n’abandonnerions jamais notre frère, et par conséquent, nous l’acceptons toujours ! »

Entendant ce raisonnement, qui est quasiment comparable à la théorie de « Le Chevalier du Soleil est parfait », le Pape haussa les épaule et dit : « Dans tous les cas, il est ta responsabilité, si tu penses que ça ira, alors ça va aller ! »

Puisque même le Pape n’émet plus d’objections, évidemment que je vais aller le dire au Capitaine-Chevalier des Enfers immédiatement et alors réserver une partie de son emploi du temps pour lui parler.

Il était très populaire maintenant. Les chevaliers qui voulaient pratiquer l’escrime avec lui s’alignaient du Temple Sacré au Palais Impérial. Parmi ces gens, il y en avait beaucoup avec qui je ne voudrais pas me fâcher, comme le Capitaine-Chevalier du Jugement, le fiancé de la Princesse, et même deux des chevaliers de confiance du Roi.

Sans mentionner le Capitaine-Chevalier de la Tempête. Toute cette semaine, comme il y avait maintenant une « personne » avec qui partager sa charge de travail, il avait paru si heureux et béni. Sa rancœur vertigineuse envers moi était un peu redescendue, et même les cernes noirs sous ses yeux étaient devenus beaucoup plus clairs.

Néanmoins, je me demande quelle expression il va faire s’il entend que je vais emmener Hell ? Après y avoir beaucoup réfléchi, j’arrivai à la conclusion que comme il y avait encore Adair pour l’aider avec sa charge de travail, cela ne devrait pas être assez mauvais pour qu’il ait besoin de se venger de moi sans prévenir !

Ceci résout le problème, je vais donc emmener le Capitaine-Chevalier des Enfers.

 

 

Comme prévu, j’allai chercher Hell pour planifier le voyage, mais je fis seulement quelques pas en dehors de l’étude du Pape que je rencontrai le Capitaine-Chevalier du Nuage, celui qui était toujours en lévitation. C’est rare. D’habitude quand je le cherche, ce serait considéré comme normal de passer quelques heures à le chercher ; si je ne le cherche pas, alors les chances de le croiser sont encore plus basses. Maintenant que je l’ai vu sans le chercher, je me demande si c’est une bonne ou une mauvaise chose…

« Hein ? »

Sans dire un mot, Cloud m’attrapa soudainement, et à une vitesse stupéfiante, me traina, glissant dans les couloirs tout le long du trajet. Si je ne savais pas que c’est exactement comment Cloud bouge d’habitude, j’aurais définitivement pensé qu’il avait des roues attachées à ses pieds. Toujours surpris qu’il m’ait attrapé, je réalisai que nous avions déjà traversé tout le couloir.

Mais, où m’emmène-t-il ?

« Cloud … »

Juste quand j’étais sur le point de le lui demander, Cloud leva difficilement une main pâle et pointa devant lui, plaçant l’autre main devant sa bouche, en faisant « shh ».

J’hochai la tête avec discrétion… Mais, tout ce que je vis fut le Capitaine-Chevalier des Enfers et sa section de chevaliers.

Bien que le fait que le Chevalier des Enfers et sa section s’arrêtant dans le couloir ne fût pas quelque chose d’étrange, quand le Chevalier des Enfers se tient d’un côté et que sa section se tienne à son opposé, les deux s’observant sans dire un mot, la situation devient plutôt bizarre.

Celui dirigeant la section maintenant était le Capitaine-Chevalier des Enfers… Non ! C’était le Vice-capitaine de la Section du Chevalier des Enfers. Pendant toutes ces années, il avait toujours été celui qui dirigeait, me faisant presque oublier qu’il n’était pas réellement le Chevalier des Enfers, mais plutôt le vice-capitaine assurant temporairement la régence, et il s’appelait… S’appelait comment ? Ty… Tailleur ?

Juste à l’instant où je voulais me retourner pour poser la question à Cloud, je réalisai soudainement qu’il n’y avait personne autour de moi. J’en eus immédiatement des sueurs froides, pensant déjà que je devais avoir rencontré le fantôme de Cloud, ou quelque chose comme cela. Mais, en reconsidérant les choses,  je rationnalisai que puisqu’on était dans l’Église du Dieu de la Lumière, et que les présences obscures comme les fantômes énervés ne pourraient définitivement pas apparaitre ici. Cloud doit s’être remis à dériver.

« Vous êtes Tyler ? » demanda Roland, me rappelant dans le même temps que je m’étais mal rappelé du nom.

L’autre personne hocha la tête et, d’une voix froide, répondit : « Oui, je suis Tyler, Chevalier Suprême Dragon. »

En entendant qu’on s’adressait à Roland de cette manière, je fus choqué, et dans le même temps je vis que d’autres membres de la Section du Chevalier des Enfers froncèrent des sourcils également. Quoique, malgré leurs froncements de sourcils, ils ne paraissaient pas surpris du tout. Dans les faits, aucun d’entre eux ne corrigèrent Tyler dans sa manière de s’adresser à Roland.

En tant que Chevalier des Enfers, l’adresse d’un citoyen à Roland serait « Chevalier des Enfers », ou au plus il faudrait ajouter un titre honorifique comme « Votre Excellence » pour s’adresser à lui. Quant aux chevaliers sacrés ou aux guérisseurs de l’Église du Dieu de la Lumière, ils s’adresseraient à lui comme « Capitaine-Chevalier des Enfers », exactement comme Adair s’adressait habituellement à moi en tant que « Capitaine-Chevalier du Soleil », et seulement quand l’occasion était moins formelle, il allait s’adresser à moi comme « Capitaine ».

En résumé, Tyler devrait s’adresser à Roland uniquement comme « Capitaine-Chevalier des Enfers » ou « Capitaine ». Même si, comme les citoyens ordinaires, il l’appelait simplement « Chevalier des Enfers », ce serait quand même acceptable. Mais, il s’était en fait directement adressé à Roland par son nom « Chevalier Suprême Dragon ».

C’est une allocution entre chevaliers du même rang, ou même pour un chevalier de rang inférieur… La situation est devenue délicate maintenant !

Avec cela, je fronçai des sourcils. Ne me dites pas que le vice-capitaine de la Section du Chevaliers des Enfers essaye de prendre la position du Capitaine-Chevalier des Enfers ? Est-ce que je devrais sortir et le réprimander ?

Toutefois, juste le décourager en surface par une réprimande n’amènera pas de changements constructifs. Cela pourrait même amener toute la Section du Chevalier des Enfers à penser que Roland ne fait qu’exploiter le pouvoir du Chevalier du Soleil. Peut-être que je devrais tout simplement laisser Roland résoudre cette situation lui-même ?

Mais, Roland peut-il vraiment gérer cette situation ? Cela me paraissait un peu improbable. Après tout, d’après ce que j’avais entendu d’Elijah, même quand Roland travaillait comme chevalier du roi, il n’était déjà pas très sociable. Roland ne pouvait pas sentir la tension dans l’air et dit calmement : « Alors, tu es mon vice-capitaine ? »

En entendant cela, une expression furieuse apparut sur le visage de Tyler, et il hurla : « Prenez-vous pour acquis que c’est ainsi que les choses devraient être ?  »

Calme-toi ! Tyler, tu dois te calmer ! Roland n’insinuait rien, il voulait juste confirmer que tu étais bien son vice-capitaine Tyler, et pas juste quelqu’un qui avait le même nom. Il n’y a pas de signification cachée derrière ! Me cachant sur le côté, je voulus expliquer à la place de Roland, mais je ne pouvais pas simplement sauter dans l’arène spontanément, donc j’attendais anxieusement hors de vue.

Roland le regarda. Comme il portait actuellement le costume de Suprême Dragon, le bas du visage de Roland était couvert et personne ne pouvait voir son expression.

Ce type ne sait absolument pas du tout ce qu’il est en train de se passer et paraît très confus… Je le connais juste trop bien !

Un peu hésitant, Roland ouvrit la bouche et déclara : « En effet, ce n’est pas ainsi que ça devrait être… »

Avec un reniflement froid, Tyler renchérit froidement : « Donc, vous le comprenez également ? »

Je roulai des yeux. Allons, vous ne parlez même pas de la même chose tous les deux. Roland veut dire que ça ne devrait être comme ça, vu qu’il n’est pas le vrai Chevalier des Enfers. Mais, Tyler tente de dire que le Capitaine-Chevalier des Enfers a été absent pendant treize ans et qu’il est réapparu maintenant uniquement pour reprendre la position de capitaine, et ce n’était pas comment les choses devraient être.

Non ! Je ne peux plus le supporter. À l’instant où j’allais m’avancer pour résoudre la situation pour Roland, je vis un visage familier apparaître du coin de l’œil et retournai immédiatement dans ma cachette.

« Capitaine-Chevalier des Enfers. »

Après avoir salué respectueusement Roland, Adair se tourna pour faire face à Tyler, son camarade vice-capitaine, et le salua comme un vieil ami : « Hey, Tyler, on s’est pas vu depuis longtemps, comment vas-t… »

S’arrêtant au milieu de sa tirade, Adair remarqua la tension dans l’air. Regardant Roland, puis Tyler et le reste de la Section du Chevalier des Enfers qui s’opposaient à lui, il devint soudainement extrêmement sérieux. Se retournant, il s’enquit d’un ton critique : « Tyler, qu’est-ce que tu es en train de faire ? Tenterais-tu de franchir les limites ici ? Essayerais-tu d’outrepasser ton autorité et de faire ce que tu n’es pas supposé faire ? »

C’est bien mon vice-capitaine ! En quelques secondes, il comprend toute la situation. J’ai totalement eu une bonne intuition lorsque je l’ai choisi !

« Adair. » Paraissant misérable, Tyler cria : « Pendant treize ans, j’ai été le Capitaine-Chevalier des Enfers, mais maintenant… ! »

« Tu veux dire, le Capitaine-Chevalier de substitution ! » Adair le coupa et le corrigea, pas du tout affecté par Tyler. Il ajouta alors froidement : « Depuis le début, tu savais que tu serais seulement le vice-capitaine, et que le capitaine rentrerait un jour. Maintenant qu’il est de retour, c’était ce qui était prévu, non ? De quoi est-ce que tu te plains ? »

« Mais, je ne savais pas que le Capitaine-Chevalier des Enfers était une personne aussi bizarre », répondit Tyler avec entêtement.

« Ne cherche pas d’excuses, Tyler ; tu ne t’es jamais préoccupé de l’apparence extérieure des gens. Par ailleurs… » Après avoir observé autour de lui, Adair continua d’un ton plus doux : « Parmi les Douze Chevaliers Sacrés, y a-t-il même ne serait-ce qu’une personne de normale ? »

« Ouais ! » Ed, qui se tenait derrière lui, entra soudainement dans la conversation. «  Peu importe à quel point il est étrange, il ne peut pas l’être autant que notre capitaine ! »

…Cela fait-il vraiment si longtemps que je n’ai pas jeté quelqu’un du haut d’une falaise ?

Toute la Section du Chevalier des Enfers ne put s’empêcher d’admettre : « C’est plutôt vrai… »

Même Tyler resta silencieux un moment avant de pouvoir continuer. « Mais, au moins le Capitaine-Chevalier du Soleil sait comment maintenir son apparence et se comporter correctement. Regarde ce qu’il porte… Ce style vestimentaire n’est-il pas excessivement suspicieux ? »

Bien qu’il entendît des gens critiquer son style vestimentaire, Roland continua à rester silencieux.

Heureusement, personne ne sait que moi, le Chevalier du Soleil, je l’ai porté aussi. Je me sens très chanceux maintenant.

Sous l’insistance de Tyler, Adair jeta un coup d’œil aux vêtements de Roland. Néanmoins, il ne dit rien et continua simplement à harceler Tyler. « Tyler, fais-moi une faveur, accepte-le s’il-te-plaît et traite-le comme le vrai capitaine à partir de maintenant. »

L’expression de Tyler changea, juste comme il était sur le point de rétorquer. « Mais… »

Adair le força à s’arrêter, leva un doigt, et annonça alors : « Juste pendant un mois. Si après un mois tu crois toujours qu’il ne convient pas au rôle du Capitaine-Chevalier des Enfers, alors je prendrai ton parti, quel que soit ce que tu décideras de faire ! »

Tyler fixa Adair avec suspicion.

Adair toussa légèrement et s’exclama alors, d’une voie forte et déterminée : « À ce moment-là, même si notre Capitaine nous ordonne de ne pas t’aider, je prendrai quand même ton parti ! »

« Oh ! » s’étonna tout le monde, manifestant bruyamment leur surprise.

Face à cela, Tyler ne put rien répondre. Il put seulement continuer sa tirade sur le même thème. « Mais, il ne nous montre même pas son visage. »

Ed murmura : « Et alors ? Il est juste sans visage, notre capitaine est sans vergogne… »

Adair se tourna immédiatement et grogna doucement : « Ed, ne raconte pas d’âneries ! »

« Ce n’est pas important, non ? Le Capitaine n’est pas là, dans tous les cas ! » répondit Ed, pas du tout troublé.

« Il est là », dit soudainement Roland, qui était resté silencieux tout le temps. Et, une fois qu’il eut ouvert la bouche, tout le monde dans la place se figea dans un silence glacé.

Tout le corps d’Ed commença à trembler, mais il continua à tenter de paraître aussi calme que possible, comme il répliquait : « Arr-Arrêtez de plaisanter, Capitaine-Chevalier des Enfers. Je viens d’entendre que le Pape avait demandé au Capitaine de venir le voir, alors comment le Capitaine pourrait-il être ici maintenant ? Hahaha, c’est tellement drôle, tellement, tellement drôle, totalement hilarant ! Vous avez vraiment le sens de l’humour. »

En entendant cela, Roland pointa du doigt un recoin du couloir et dévoila : « Il est là depuis le début. Je ne sais pas pourquoi il n’est pas venu. »

« Haha… ha… » Le rire terrible d’Ed se transforma en un cri encore plus terrible, comme il hurlait : « Capittttaaaaaiiiiiinnnnneee, écoutez mon explication, je vous en prie ! »

Mais, je n’avais pas le temps de m’occuper de lui en ce moment. À la place, je commençai à réfléchir. Adair venait de convaincre Tyler de donner à Roland une « période d’essai » d’un mois. Je ne suis absolument pas inquiet sur ce qu’il va se passer durant ce mois, avec les compétences, le sérieux et les capacités naturelles à diriger de Roland, Tyler ne pourra définitivement pas pleurnicher. Ce qui m’inquiète maintenant… Si Roland va être à l’essai le mois prochain, alors qui va m’accompagner au Royaume de l’Orchidée Lunaire pour être témoin ?

Je fronçai des sourcils pendant que je continuais à réfléchir. Il semblerait que je n’aie pas d’autre choix que d’emmener Leaf à présent. Bien qu’il soit un archer, ses compétences à l’épée ne peuvent pas être pires que les miennes, n’est-ce pas ? Mais même si elles ne sont pas aussi mauvaises que les miennes, elles ne sont probablement pas non plus extraordinaires… Il vaudrait mieux que je pose la question tout de suite !

Tandis que je sortais du coin où je m’étais caché, je fis face à tout le monde avec un sourire étincelant et déclarai : « En voyant comment les frères de Sun s’étaient réunis ici et échangeaient dans la bienveillance du Dieu de la Lumière, le cœur de Sun s’est immédiatement rempli de chaleur et de bonheur. Par conséquent, avoir à couper tout le monde au milieu de cet échange fait se sentir Sun extrêmement horrifié et amer. Ah ! Sun devrait réellement recevoir la punition du Dieu de la Lumière pour cela, mais je devais vous interrompre, espérant que tout le monde ici présent comprendra et pardonnera mon intrusion et autorisera Adair à quitter ce merveilleux échange pour suivre Sun à la place. Plus tard, Sun viendra assurément, au nom du Dieu de la Lumière, échanger pleinement et partager la bienveillance du Dieu de la Lumière avec tout le monde ici présent en guise d’excuses. »

« Adair, de quoi parle le capitaine ? Ne me dis pas que c’est à propos de me tuer ! » questionna Ed avec un visage lugubre.

« Non, ne raconte pas plus d’âneries. Le capitaine souhaite seulement que je le suive. » Après avoir répondu doucement, Adair me répondit immédiatement haut et fort avec un : « Oui, Capitaine. »

J’hochai la tête, souris à tous ceux qui étaient présents et remarquai à quel point ils étaient terrifiés. Ce fut seulement quand ils réalisèrent que je n’allais rien ajouter qu’ils parurent soulagés.

Souriant, je saluai la foule et partis le premier, pendant que Adair me suivait étroitement derrière. Quand nous atteignîmes un endroit désert, je me retournai et m’enquis directement : « Comment sont les compétences à l’épée de Leaf ? Sois franc. »

En entendant cette question étrange, Adair fronça un peu les sourcils et répondit avec euphémisme : « Juste un peu meilleures que les vôtres… »

« Ne le compare pas à moi ! » J’étais un peu agité à présent.

Si les capacités à l’épée de Leaf sont réellement juste un peu meilleures que les miennes, alors elles sont vraiment, vraiment pourries. À un moment comme celui-ci, je ne veux pas envisager des choses telles que si je vais perdre la face ou non. Emmener quelqu’un qui a vraiment des capacités lamentables à l’épée serait vraiment mauvais, puisque c’est relié au sujet important de rencontrer très tôt le Dieu de la Lumière ou non !

Adair répondit alors fermement : « Oui, les capacités avec une épée du Capitaine-Chevalier de la Forêt ne sont pas mauvaises. »

Cette réponse était un peu trop vague. Fronçant les sourcils, je continuai de demander : « Comment est-ce comparé à toi ? »

« Un peu moins bon que moi, mais la différence n’est pas très grande. »

Oh ! J’arrêtai immédiatement de froncer les sourcils ; Si c’est le cas alors elles doivent être vraiment bonnes. Les capacités d’Adair à l’épée devraient être classées dans le top dix du Temple Sacré au moins ! Il semblerait que je puisse me rassurer et emmener Leaf avec moi maintenant…

« Capitaine. »

« Hmm ? » répondis-je simplement.

Précautionneusement, Adair plaida : « À propos de ce qu’Ed a dit tout à l’heure, je vous en prie, ne le prenez pas à cœur. Il parle toujours sans réfléchir, sa bouche allant plus vite que son cerveau. Il ne le pensait pas réellement. Comme vous le savez, il vous a toujours respecté et admiré. »

« Oh ! »

Lui adressant soudain un sourire lumineux et brillant, je regardai Adair qui semblait être perdu sur ce qu’il devrait dire ou faire. « Je l’aurais oublié si tu ne l’avais pas mentionné. Puisque toi, en tant que vice-capitaine, me l’as rappelé, dans ce cas, avant que Sun ne parte, puissent mes chers frères de le Section du Chevalier du Soleil recevoir une session spéciale d’entraînement qui soit aussi dure que l’éclat lumineux du Dieu de la Lumière durant l’été ! »

« … »

L’expression d’Adair laissait présager qu’il considérait se repentir de ses péchés devant toute la Section du Chevalier du Soleil.

 

 

« Sun ? Sun ? »

Sortant de mes pensées, j’aperçus un petit point noir voleter devant mes yeux, accompagné d’un bzzz agaçant. Sans un mot, je balançai ma main droite…

Claque !

Leaf me fixa avec des yeux exorbités.

Avec un visage extrêmement calme, j’éloignai ma main du visage de Leaf. La main ouverte, j’expliquai alors à Leaf, qui venait juste de recevoir une claque délicate de ma part : « Il y avait un moustique. »

Leaf baissa le regard vers le spécimen rouge de moustique sur mon gant blanc, tandis que je jetais un coup d’œil à sa joue gauche. Non seulement sa joue a évidemment tourné au rouge vif, elle est aussi gonflée, et il y a même des traces de sang près de sa bouche… Peut-être suis-je sur le point d’être la première personne à réussir à énerver le Chevalier de la Forêt ?

« Je vois. »

Après un long moment, Leaf leva les yeux et articula avec un sourire : « Heureusement, Sun a tué le moustique pour moi ; dans le cas contraire, je crains qu’il y aurait eu une piqûre de moustique sur mon visage maintenant. »

« … »

Il n’y a pas de trace de piqûre de moustique, mais toute la moitié de son visage est enflée Avec un sourire gentil, je répondis : « Mon frère Leaf, tu es vraiment trop courtois, c’est une partie des responsabilités de Sun. »

« Hehe ! » Plaçant sa main au-dessus de sa tête pour atténuer la lumière du soleil, Leaf loua ensuite : « La lumière du soleil est tellement intense aujourd’hui, la manière dont les rayons se reflètent sur les cheveux de Sun les font briller magnifiquement, comme s’ils étaient fait d’or. Peux-tu m’en donner quelques mèches ? »

« Si je me rappelle bien, mon frère Leaf n’a-t-il pas souvent déjà pris des cheveux de Sun auparavant ? »

« Je les ai tous utilisés… Non ! Je veux dire, je les ai accidentellement tous perdus », répondit Leaf, l’air penaud.

« Je vois. Dans ce cas, cette fois, Sun va en donner un peu plus à son frère Leaf ! »

Afin que Leaf oubliât totalement la claque que je venais de lui donner, je décidai d’être super généreux ! Après tout, mes cheveux allaient repousser, ce n’était pas quelque chose de précieux… Bien que le fait que Leaf aimât toujours autant me demander une mèche de mes cheveux fût vraiment étrange, j’avais déjà entendu parler de pédophilie, de fétichisme et autres, mais les cas de fétichisme envers les cheveux étaient plutôt rares. Oh, c’est vrai ! Pas seulement les cheveux, il me demandait aussi des ongles parfois.

Comme la plupart du temps, il me demandait mes cheveux ou mes ongles peu de temps après que j’eusse fait quelque chose qui aurait pu l’énerver, je ne pouvais qu’y complaire docilement.

Je saisis mon Épée Divine du Soleil, la sortis de son fourreau et plaçai la lame étincelante près de ma tête, prêt à couper…

« Sun ! Tu vas te décapiter ! » Criant soudainement, Leaf était horrifié et m’arracha l’épée des mains. « Je vais le faire, donc ne prends pas l’épée. Tu m’as presque fait mourir de peur… » dit-il en maniant rapidement l’épée.

Je n’avais rien senti, mais une mèche de cheveux était soudainement dans sa main. Tenant soigneusement la mèche, il demanda : « J’en ai pris un peu plus. Est-ce que c’est bon ? Je pense que sur le chemin je vais avoir besoin de les utiliser souvent… Je veux dire, sur la route sur laquelle la lumière du soleil étincelle vivement, je vais fréquemment ressentir le besoin de les sortir et de les tenir sous le soleil. Ça va être vraiment joli en brillant au soleil. »

Je secouai la tête pour montrer que cela ne m’importait pas. À en juger par ce qu’il vient de se passer, il semblerait que les capacités à l’épée de Leaf soient bien aussi bonnes qu’Adair les avait décrites. Même si quelque chose devait survenir, je serais en sécurité si je pousse Leaf devant moi pour bloquer les attaques ! Alors, couper quelques mèches de mes cheveux n’est pas très important ; ce serait acceptable même si tu voulais me couper tous les cheveux !

Gardant les quelques mèches, Leaf lança un sort de soin sur son visage contusionné. Après tout, c’était uniquement une blessure externe. Bien qu’elle parût être plutôt sérieuse, juste avec un sort de soin mineur, le visage enflé de Leaf était retourné instantanément à son état normal.

C’est alors que je réalisai soudainement qu’il n’y avait plus personne autour de moi. Précipitamment, je m’enquis : « Où est Son Excellence, le Fils du Dieu de la Guerre ? »

Leaf expliqua prudemment : « Le prêtre-guerrier vient juste de trouver quelques personnes attendant en embuscade devant, donc  Mike a emmené tout le monde vers cette zone. Avant de partir, il a mentionné que l’archer et le guérisseur devaient simplement rester ici. »

Oh, je vois…

Attendez, par « archer », il se référait forcément à Leaf. Avec un arc aussi grand dans son dos, et les quelques carquois de flèches, seul un aveugle ne serait pas capable de le reconnaître comme un archer. Mais, à qui se référait-il par « guérisseur » ?

Sans expression manifeste, je regardai autour de moi. Le prêtre-guerrier n’était pas là, il ne restait que Leaf et moi.

Je fixai Leaf du regard, et Leaf me fixa en retour. « Je pense qu’il doit s’agir d’un lapsus quand Mike se référait à toi comme guérisseur », essaya-t-il d’expliquer évasivement. La voix de Leaf devenait de plus en plus faible comme il parlait : « Ou peut-être a-t-il fait une erreur sur ta carrière ? Hé, peut-être qu’il croit que quiconque pouvant soigner est un guérisseur ? Ou alors peut-être… »

Je roulai mentalement des yeux. Tu as aussi utilisé le sort de soin tout à l’heure, alors pourquoi ne t’a-t-il pas confondu avec un guérisseur ? Le Fils du Dieu de la Guerre l’a évidemment fait exprès !

 

 

Quand Leaf et moi fûmes enfin arrivés au palais du Royaume de l’Orchidée Lunaire, nous perçûmes une morosité ambiante, imprégnée dans tout le palais, à partir du moment où nous fûmes entrés. Cela me conduisit presque à penser que les nouvelles que nous avions reçues étaient fausses et que nous étions là en réalité pour assister à l’enterrement d’une princesse, pas à un mariage. Si je l’avais su plus tôt, j’aurais emmené le Chevalier des Enfers malgré tout !

Le Fils du Dieu de la Guerre se tenait d’un côté de la salle, sans guerrier à ses côtés.

La reine du Royaume de l’Orchidée Lunaire était assise sur le trône, sans bouger d’un pouce… Si je portais cette robe qui semble être plus lourde qu’une armure, moi non plus je ne bougerais pas d’un pouce. En plus, elle a sur la tête une couronne qui semble être faite seulement pour être exposée dans une vitrine, pas pour être mise sur la tête de quelqu’un.

Un fin voile recouvrait le visage de la reine. Le voile était très fin, on pouvait donc entrapercevoir les traits de la reine. Bien qu’elle possédât une fille suffisamment âgée pour se marier, elle paraissait n’être que dans le début de la trentaine. Elle s’occupe bien de sa peau.

La reine est comme notre roi ; elle n’a quasiment pas besoin de prononcer un mot. Mais, évidemment, la capacité de cette femme à gouverner est définitivement meilleure que celle d’un homme. Mon roi doit au moins faire un signal à ses chevaliers de confiance avec ses yeux avant que l’un d’eux ne s’avance pour transmettre le message pour lui. Cette reine n’a même pas bougé un cil avant que deux femmes chevaliers surgissent de son dos et commencent à expliquer la situation à ceux d’entre nous qui viennent de l’Église du Dieu de la Lumière.

La femme chevalier était très bavarde, ainsi répéter ses paroles serait ennuyant. Sans mentionner le fait que j’oubliais immédiatement ce qu’elle disait, alors je n’étais pas en mesure de les répéter dans tous les cas. En résumé, la princesse qui était sur le point d’épouser le Fils du Dieu de la Guerre avait été enlevée.

« La princesse a été enlevée ? »

Bien que je parusse choqué en surface, je me sentais plutôt méfiant envers l’ensemble de la situation. Si un prince était enlevé, ce serait plus compréhensible. Après tout, les princes partent toujours à l’aventure, courtisent des femmes sublimes, défient d’autres personnes, etc. quand ils n’ont rien d’autre à faire, les rendant très vulnérables ! Mais comment une princesse, qui ne met jamais un pied au-delà de la porte d’entrée, peut-elle être enlevée aussi facilement ?

Aussi, que pouvait-on obtenir de l’enlèvement d’une princesse ?

Si c’était pour le trône… À condition qu’il y eût un prince, la princesse n’avait pas du tout de droit de succession, alors l’enlever était pratiquement inutile.

Si c’était pour mettre la main sur une belle femme, dans ce cas on pouvait définitivement trouver quelqu’un de plus joli que la princesse juste en faisant deux tours de la cité. Après tout, il y avait plein de femmes sublimes dans ce monde. Peu importe à quel point les rumeurs décrivaient une princesse comme une beauté, c’était seulement « parmi toutes les princesses » qu’elle était considérée comme étant belle. Si on comparait réellement les princesses avec toutes les beautés dans ce monde, probablement pas une princesse de tout le continent ne serait capable de se classer dans le top 100.

Si l’argent était la cible, pourquoi le coupable n’avait-t-il pas simplement volé l’or du palais, puisqu’il avait visiblement la capacité d’enlever une princesse ? Kidnapper un humain est beaucoup plus ennuyeux !

Par conséquent, normalement, le seul qui s’ennuierait suffisamment pour enlever une princesse serait le soi-disant roi démon des légendes.

Selon moi, la seule raison pour laquelle un roi démon voudrait effectuer ce genre de tâches difficiles et lamentables serait parce qu’il aurait oublié qu’il possédait un cerveau, ou qu’il voulait simplement devenir plus célèbre !

Ne me dites pas que c’est vraiment l’œuvre d’un roi démon ? Mais, je n’ai rien entendu au sujet de l’apparition d’un roi démon récemment.

Comme j’émettais toutes sortes d’hypothèses folles dans ma tête, la reine, qui n’avait pas bougé du tout, parla. « Chevalier du Soleil, j’ai une requête à vous formuler. »

Je fus choqué. La reine avait ouvert la bouche pour me demander quelque chose personnellement, et cela ne signifiait qu’une chose : quelque chose de mauvais était sur le point de m’arriver !

Néanmoins, même si je savais que quelque chose de mauvais était sur le point de m’arriver, je devais tout de même maintenir une expression imperturbable et répondre sérieusement. « Votre Majesté, si moi, Sun, je peux vous offrir le moindre rayon du Dieu de la Lumière, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, en y consacrant toute mon énergie. »

Toujours sans expression, la reine déclara : « Je veux que vous alliez secourir ma fille. »

En entendant cela, je me tournai immédiatement, confus, vers le Fils du Dieu de la Guerre qui fulminait. J’étais à deux doigts de lâcher quelque chose comme : « Qu’est-ce que l’enlèvement de ta femme a à voir avec moi ? »

Alors, avec un « Humph » glacial, ce foutu Fils du Dieu de la Guerre me regarda et admit : « Je n’ai pas le choix, il manque un guérisseur à l’équipe de secours de la princesse. »

Pour l’amour du Dieu de la Lumière, je suis un Chevalier Sacré !

La Légende du Chevalier du Soleil T3Prologue : Le Sceau de l’Épée que Porte le Chevalier

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 – À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : 御 我 Yu Wo


Prologue: The Seal of the Sword on the Knight – traduit du chinois vers l’anglais par Evangeline[PR!]
Prologue : Le Sceau de l’Épée que Porte le Chevalier – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

 

Deux voyageurs avançaient le long d’un chemin de campagne, vêtus de manteaux à grande capuche, l’un d’un vert clair et l’autre d’un blanc grisâtre. Leurs capuches étaient toutes les deux rabaissées, ne laissant entrevoir qu’une infime partie du bas de leurs visages.

Les deux voyageurs marchèrent un long moment en silence.

Après un certain temps, ils croisèrent un groupe d’aventuriers composé de cinq membres. L’autre groupe contenait plus de personnes, aussi les deux voyageurs se rangèrent sur le côté et les laissèrent passer. Le guerrier qui marchait en tête hocha calmement la tête, ayant l’air un peu fier mais sincère, alors cela restait tolérable.

Il n’y avait pas beaucoup de personnes dans l’équipe, mais il y en avait deux qui ressortaient du lot. Les deux voyageurs les examinèrent avec intérêt. Le guerrier qui menait l’équipe possédait des cheveux noirs bouclés, et il avait l’air fort mais souple comme une panthère noire.

Le chevalier sacré qui marchait derrière le guerrier possédait des cheveux dorés tombant en cascade, qui étaient aussi brillants que le soleil, et une paire d’yeux bleus chaleureux. Son sourire rayonnant aveuglait presque tous ceux autour de lui.

Quand le groupe fut passé, le voyageur au manteau vert dit : « Quelle équipe énergique ! Je ne sais pas qui ils sont mais ils ont vraiment l’air forts. Peut-être qu’ils sont l’un des trois meilleurs groupes d’aventuriers du continent ? Auquel penses-tu qu’ils appartiennent ? »

Celui qui portait un manteau gris sourit. « Je ne pense pas qu’ils soient membres d’une équipe connue. »

« Pourquoi penses-tu cela ? » demanda le voyageur au manteau vert.

« Parce que j’ai vu quelqu’un que je connais. »

« Quelqu’un que tu connais ? »

Le voyageur au manteau gris hocha la tête. « Oui, celui avec les cheveux dorés et les yeux bleus, c’était mon apprenti, mais il n’a pas la moindre chance de figurer dans l’une des trois meilleures équipes. »

Le voyageur au manteau vert s’exclama : « Ton apprenti ? Alors, c’est vraiment un Chevalier Sacré ? Mais, il n’a même pas la façon correcte de marcher, ou la position de main adéquate. C’est incroyable ! C’était ton apprenti ? Je m’étais demandé, l’espace d’un instant, s’il s’était juste habillé comme un chevalier sacré, mais en fait il est celui que ce groupe d’aventuriers protégeait ! »

« …C’est un Chevalier Sacré, et d’un grade avancé en plus », affirma le voyageur au manteau gris, alors que ses lèvres étaient prises d’un tic.

L’incrédulité était inscrite sur tout le visage du voyageur au manteau vert.

Le voyageur au manteau gris toussa bruyamment plusieurs fois, puis expliqua : « Mais, c’est parce que l’armure et l’épée ne sont pas son équipement, mais plutôt ses sceaux. »

« Ses sceaux ? Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu veux dire. »

Le voyageur au manteau gris sourit faiblement. « Si un magicien manie une épée et porte une armure, lui sont-elles d’une quelconque utilité ? »

« Donc, en tant que Chevalier Sacré, tu es parvenu à faire de ton élève un magicien ? » plaisanta le voyageur au manteau vert.

« Ce n’était juste qu’un fait. Mon élève est un chevalier sacré… Ou, du moins, il pense qu’il est un Chevalier Sacré. »

Le voyageur au manteau vert fixa du regard l’équipe qui s’éloignait. Après un moment, il déclara : « Ton apprenti est vraiment intéressant. Pourquoi ne les suivons-nous pas, pour voir ce qu’ils vont faire ? »

« Non, non, nous serons sûrement découverts si nous essayons de les suivre en catimini. »

Le voyageur au manteau gris protesta : « Pourquoi ? Ils n’ont pas de voleur qui pourrait s’approcher furtivement de nous, seulement l’archer, et avec nos capacités je ne crois pas qu’il nous découvrira. »

Le voyageur au manteau gris rigola et secoua sa tête. « Il n’y a pas de voleur, mais il y a mon élève. Crois-moi, mon ami, mon élève excelle dans tous les moindres domaines à part ceux requis pour être un chevalier. »

« Et, il est chevalier ? » Le voyageur au manteau vert regarda son compagnon voyageur avec une étrange expression sur son visage.

« Ouais, je remercie les dieux qu’il soit un chevalier… »

Le voyageur au manteau gris observa le groupe d’aventuriers qui était au loin. « Si ce n’était pas pour son identité de chevalier et l’épée qui le scelle, quel genre de grandes choses pourrait-il accomplir ? C’est véritablement une pensée bien curieuse. »

« Si tu es tellement curieux, pourquoi l’avoir scellé ? »

« Parce que dans ce monde paisible, il n’y a pas besoin de grandes choses », répondit, dans un soupir, le voyageur au manteau gris.

« Oh, c’est pour ça. » Le voyageur au manteau vert hocha la tête pour montrer son accord.

Le voyageur au manteau gris fixa l’horizon et déclara : « Aussi, quant à pourquoi j’étais si déterminé à entraîner un lanceur de sorts pour qu’il devienne chevalier, il y a une autre raison très importante. »

En entendant cela, le voyageur au manteau vert demanda avec curiosité : « Pourquoi donc ? »

Le voyageur au manteau gris se retourna et regarda son compagnon avec gravité. Il expliqua lentement et douloureusement : « Parce que, à l’époque, j’avais oublié de choisir un chevalier de rechange ! »

 

1/2 Prince T4C1 : La Cité de l’Infini Ne Tombera Jamais

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 4 – Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini

Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 1: Infinite City Will Never Fall – Traduit du chinois vers l’anglais par eilinel[PR!]
Chapitre 1 : La Cité de l’Infini Ne Tombera Jamais  – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de Vérification par Nocta

« Ne vous souciez pas de moi ! Dépêchez-vous de les cribler de flèches ! » hurla Fan, qui était épinglé au sol sous le pied de grand frère Wolf.

Je levai les sourcils, mais juste au moment où je m’apprêtais à dire quelque chose…

« Les mages ont déjà lancé une barrière de protection autour de nous, alors les attaques de longues portées des archers devraient être inutiles contre nous », s’étonna Broken Sword avec doutes. « Est-ce que Fan est devenu si consumé par la rage qu’il en a perdu la raison ? Pourquoi donnerait-il un tel ordre ? »

« Même s’il donnait des ordres, pourquoi les annoncerait-il si ouvertement ? Pourquoi est-ce qu’il ne s’est pas servi du système de message privé ? » analysa calmement Wicked. « Je pense qu’il doit avoir donné un ordre différent via les messages privés. Vu la situation actuelle, il leur a probablement ordonné de charger et ensuite d’envoyer les voleurs ou les guerriers possédant une haute agilité pour le secourir durant l’attaque. »

« C’est vrai ; nous ne devons pas tomber dans son piège. Nous devrions commencer à former notre ligne de défense tout de suite. » Une femme avec une aura de chef marcha jusqu’à nous. Elle avait l’air d’être sur le point de donner des ordres, mais après avoir hésité quelque peu, elle me regarda : « Suzerain, la formation de notre ligne de défense est-elle présentement acceptable ? »

Je lui souris en la regardant, Wow, c’est vraiment une jeune femme magnifique, calme et intelligente, mais qui donc peut-elle bien être ? J’étais perplexe, mais répondis tout de même consciencieusement : « Évidemment, mais s’il-vous-plaît demandez aux mages de retirer la barrière de protection et d’attaquer les ennemis à l’arrière avec des attaques magiques agissant sur une zone d’effet, ou d’aider notre camp à se défendre avec des sorts simples. »

Elle resta abasourdie, puis répliqua frénétiquement : « Non, on ne peut pas faire ça ! Si l’ennemi se mettait à nous attaquer avec des flèches ou des sorts, nous subirions de lourds dommages dus à notre formation serrée. »

« Croyez-moi, il n’y aura aucun problème. » Je la fixai résolument : « Je n’ai pas le temps de vous expliquer pour l’instant. Je vous en prie, suivez simplement mes ordres. »

En dépit de mes mots, elle continua de douter. Elle se tourna en direction de Zui comme pour trouver de l’aide. « Fais ce que le suzerain ordonne », lui conseilla Nan Gong Zui sans la moindre hésitation, comme si c’était la chose la plus naturelle au monde.

« Prince, s’il-te-plaît, reste à l’arrière pendant un moment », dit calmement Wicked. « Tu es notre leader ; ton travail est de nous donner des instructions et d’être notre pilier de soutien spirituel. Ta place n’est pas sur la ligne de front. »

Mon visage s’assombrit. Mais je veux me battre moi aussi ! Je fixai Wicked avec une expression pitoyable, mais même agir de façon pitoyable était inutile cette fois-ci, étant donné que l’expression déterminée de Wicked ne flancha même pas, alors je ne pus que me frotter le nez et écouter docilement ses recommandations.

« Je vais rester en retrait. Kenshin, rappelle-toi de m’aider à les protéger », dis-je à Kenshin, me sentant mécontent.

Je marchai jusqu’à l’arrière et me tins devant le groupe de mages. Je vis que nos adversaires avaient déjà pris leur formation offensive, et White Bird avait aussi donné l’ordre de défendre, alors les deux camps avaient à présent l’air d’attendre un signal pour commencer la bataille.

« Prince, est-ce que nous retirons vraiment les barrières de protection ? » s’enquirent Rose et les autres mages avec un peu d’hésitation.

J’agitai la main tout en gardant mes yeux rivés sur la situation tendue à l’avant : « Oui ! Vous devriez tous vous contenter d’attaquer avec des sorts sans la moindre inquiétude. »

Je songeai soudainement à quelque chose, et me tournai vers Sunshine pour lui demander : « Sunshine, est-ce que tu pourrais utiliser le sort qui permet de poursuivre les gens ? Celui dont tu m’as parlé avant ? »

Sunshine sourit gracieusement : « Les Arcanes des Missiles Guidés ? Oui, c’est possible, mais je vais avoir besoin de beaucoup de temps pour verrouiller chaque ennemi. »

« Mm, tu peux prendre tout le temps dont tu as besoin ; assure-toi juste de le lancer avant que la bataille soit terminée. » J’hochai la tête, et ensuite je tournai mon regard vers la ligne de front.

Hein ? Pourquoi est-ce que ça n’a pas encore commencé après tout ce temps ? Je m’endors presque. Me sentant extrêmement de mauvais poil, je criai à Kenshin d’une traite : « Kenshin, tu t’es endormi ou quoi ? Dépêche-toi de commencer le combat. »

Kenshin tourna la tête pour me regarder (me fusiller du regard ?) froidement, dégaina lentement son katana, puis disparut brusquement de son emplacement.

En un clin d’œil, pendant que tout le monde était encore figé, le son d’un hurlement s’éleva soudainement du camp ennemi. Après ça, les hurlements de différentes personnes donnèrent l’impression d’être sans fin. Tout le monde fixait le spectacle d’une silhouette rouge qui bondissait ici et là sans s’arrêter. Partout où elle allait, les estomacs des ennemis se faisaient ouvrir, et les intestins jaillissaient. Des corps reposaient partout, et le sang qui coulait formait une rivière.

Soupir !  Kenshin, tu pourrais arrêter d’éventrer nos adversaires ? On pourrait facilement glisser en marchant sur les intestins qui sont tombés par terre ! Tu devrais considérer les impacts que ça pourrait avoir dans notre camp.

Les ennemis, qui ne furent capables de réagir qu’après que leur choc initial se soit estompé, commencèrent enfin à pourchasser Kenshin. Je reniflai, Si même moi j’ai été incapable de suivre la vitesse de Kenshin qui se trouve au niveau 100, comment est-ce que ce serait possible pour vous d’attraper Kenshin ? Si vous parvenez tous à toucher un pli des vêtements de Kenshin, vous serez déjà considérés comme incroyables.

« Tout le monde, vite, suivez le plan d’origine ; ne vous laissez pas distraire par lui ! » hurla de toute ses forces un guerrier qui était vraiment beau, tandis qu’il voyait se dérouler la situation.

Sous le rugissement de cette personne, tout le monde dans le camp ennemi se précipita tout à coup vers la Cité de l’Infini. Quand ils approchèrent de la ligne de défense, un nombre incalculable de Boules de Feu, de Lances de Glace, de Lames de Vent et de Mâchoires de l’Enfer les « accueillirent » et tuèrent une rangée d’ennemis sur-le-champ. Puis, avant même que j’aie pu claquer des mains et les applaudir, une autre vague de sorts attaqua. Les vagues s’enchaînaient si rapidement qu’on n’avait même pas le temps de cligner des yeux. Je jetai un coup d’œil au groupe de mages, légèrement perplexe. Ooooh ! Alors ils attaquent chacun leur tour. En plus, ils bougent avec une coordination parfaite, faisant des rondes et lançant des sorts sans manquer un seul pas.

« Des attaques magiques ? Ils ont retiré leurs barrières de protection ? Que tous les mages s’empressent d’attaquer ! » Il y eut un autre rugissement anxieux dans le camp ennemi.

Ensuite, alors que notre camp regardait avec de la peur dans les yeux, j’admirai la vue d’une multitude de sorts – plus une chaussette puante sortie de nulle part – qui venaient dans ma direction. Soupir, un suzerain reste bel et bien un suzerain ; huit sorts sur dix me visaient. Je levai les sourcils, indifférent, mais Gui, qui se tenait à côté de moi, se précipita soudainement pour se tenir devant moi, et me serra très fort dans ses bras. Une veine saillit sur ma tempe pendant que je souriais fermement.

Gui, je suis vraiment touché que tu veuilles m’aider à bloquer les attaques, mais je suis plus fâché qu’ému du fait que tu m’aies à nouveau sournoisement serré dans tes bras. Je pinçai impitoyablement le visage de Gui, très fort.

« Aïe ! »

Puis, comme je m’y attendais, des cris s’élevèrent à nouveau.

« Que se passe-t-il ? » Gui, qui était originellement préparé à se transformer en bouclier humain, avait oublié la douleur causée par mes pincements. Il fixa, dans un état d’hébétude, les sorts qui volaient vers sa tête changer soudainement de direction et envoyaient valdinguer les mages ennemis dans le ciel.

« Bon travail, Yun. » Je félicitai Yun, qui se tenait également très près de moi, et il me fit un signe en forme de « V ».

Faisant face aux regards choqués dans les deux camps, j’expliquai calmement : « La Barrière Rebondissante est une capacité spéciale d’une classe qui est extrêmement peu connue : le Maître des Barrières. C’est un coup de bol qu’il y ait eu un Maître des Barrières, Gu Yun Fei, parmi les personnes que j’ai ramenées. »

Tout le monde regarda en direction de Yun. Juste au moment où ce dernier commençait à se sentir de bonne humeur et fier…

Gui jeta un regard à Yun, sourit, puis dit : « Yun Fei, tu n’as eu qu’un C dans ton examen de mi-semestre en littérature, alors veille à travailler plus dur pour l’examen final. Tu devrais suivre l’exemple de Lü Jing, vu que sa note est A+. »

Yun eut l’air ravi au lieu de déçu, et il marmonna pour lui-même : « J’ai eu un C ! Je pensais que mon résultat, cette fois, serait plus près de la taille de bonnet de Tian Xin : un F. »

Je me demande quelle note j’ai eu à l’examen. J’ai vraiment VRAIMENT envie de poser la question… J’essayai férocement de contrôler ma bouche au cas où je me mettrais à le demander à Gui par accident.

« Tu devrais vite réinstaller ta Barrière Rebondissante », je ne pus qu’ordonner à Yun avec une pointe de ressentiment, étant donné que je ne pouvais pas m’informer de ma note.

Yun fit exagérément la révérence à 90 degrés à mon intention : « Oui, Grand frère. »

La bataille s’était atténuée pendant un moment tandis que le camp adverse semblait impuissant et décontenancé. Je ne pus m’empêcher de rigoler très fort pendant que je marchais tranquillement jusqu’à côté de Legolas. « Est-ce que tu as un arc et des flèches en extra ? »

Legolas resta perplexe un instant, puis me tendit un arc et un carquois de flèches. J’agitai la main pour faire signe à Jing d’approcher, bandai l’arc et encochai la flèche en même temps que Jing attachait automatiquement un morceau de papier fu sur la pointe de la flèche. Je relâchai la flèche… et touchai un homme malchanceux à l’épaule, et ensuite le papier fu explosa tout à coup, envoyant l’homme et quelques personnes malchanceuses autour de lui rencontrer Bouddha.

Lorsque tout le monde me fixa avec admiration, je révélai un léger sourire comme d’habitude, mais je pensais en fait dans mon cœur… Merde ! J’ai manqué la cible ! À l’origine, je voulais tirer sur le guerrier à gauche, qui est si laid que sa seule vue me fait mal aux yeux. Comment j’ai fait pour frapper la personne sur la droite à la place ? Je fronçai le sourcil, bandai à nouveau l’arc et tirai une autre flèche.

Bordel ! Pourquoi est-ce que je l’ai encore raté ? Étant légèrement énervé maintenant, je bandai vite l’arc et tirai continuellement les flèches comme un fou. Je tirais si rapidement que Jing n’avait presque pas le temps d’attacher les papiers Fu sur les flèches dans le carquois.

En fin de compte, toutes les personnes qui se trouvaient dans le rang de devant moururent, sauf le guerrier moche qui était encore debout et me contemplait avec des pieds chancelants. Hmph, cette fois-ci je vais assurément te tuer. Je bandai mon arc encore une fois, visai, et tirai la flèche…

« … » D’un coup d’épée, Kenshin dévia la flèche qui volait dans sa direction. Par coïncidence, la flèche déviée alla frapper l’affreux guerrier.

C’est une bonne chose que je n’aie pas choisi d’être un archer dans mes débuts, me réjouis-je silencieusement pour ensuite sourire innocemment à Kenshin pendant que ce dernier me fusillait du regard, sans voix.

« Un tireur d’élite ! » En entendant les cris d’admiration provenant de notre camp et en percevant la terreur dans les yeux des ennemis, je me grattai le visage. C’est… vraiment un magnifique malentendu.

Les ennemis semblaient être dans une impasse à présent. Je pensai, Eh bien il fallait s’y attendre ; ils ne peuvent pas se servir de sorts et de flèches vu qu’ils craignent que leurs attaques leurs soient renvoyées, et s’ils nous chargent directement ils vont devoir affronter à la fois les guerriers et les mages en même temps. Que peuvent-ils faire même s’ils sont plus nombreux que nous ? Je commençais à m’ennuyer, étant donné que l’issue du combat semblait être décidée. Alors, je sortis un paquet de guazi de mon sac et commençai à les ouvrir.

« Hé, Prince. On est encore au milieu d’une bataille, tu ne crois pas que tu es un peu trop détendu ? » me questionna Lolidragon en regardant mes actions avec une veine saillant sur sa tempe.

Je continuai à mâcher mon guazi. Juste au moment où je tentais d’expliquer à Lolidragon que je m’ennuyais, un énorme rayon de lumière s’éleva dans le ciel derrière mon dos. Comme je levais la tête pour observer la lumière et ouvrir mon deuxième guazi, le rayon de lumière se divisa en cent plus petits rayons de lumière et descendit du ciel. Tout le monde réalisa enfin ce qu’il se passait lorsque le premier petit rayon de lumière tua un ennemi.

Les Arcanes des Missiles Guidés est une capacité similaire à des missiles guidés. La seule différence entre eux c’est que, alors que les missiles guidés ne peuvent viser qu’une seule cible, les Arcanes des Missiles peuvent viser cent personnes à la fois. Cependant, son désavantage est que, non seulement le temps pour le lancer est assez long pour vous faire tomber endormi, le lanceur doit aussi regarder chacune des cibles dans les yeux afin de verrouiller. Par conséquent, cette capacité est extrêmement utile pour défendre des châteaux mais pas tant que ça pour autre chose, ce qui est similaire aux capacités de Maître des Barrières de Yun, qui ne sont utiles que pour défendre elles aussi.

Comme cette attaque avait tué cent personnes simultanément, le moral du camp des attaquants descendait de plus en plus ; certaines personnes allèrent même jusqu’à rester plantées là, impuissantes, sans faire quoi que ce soit. Je vis un homme avec des cheveux verts et des yeux bleus hurler : « Arrêtez ! »

Tous les attaquants se figèrent immédiatement, tandis que tous les défenseurs se tournaient vers moi. Oh ? Alors, c’est mon tour de parler maintenant ? Mais, ma bouche est pleine de guazi… Je fus donc contraint d’élégamment lever ma main droite, et tous ceux dans notre camp s’arrêtèrent instantanément eux aussi.

L’homme aux cheveux verts et aux yeux bleus prit une profonde inspiration et déclara : « Nous nous rendons. »

« Kui, tu n’es pas autorisé à te rendre ! » hurla Fan avec colère.

Cet homme, Kui, regarda Fan d’un air découragé : « Fan, c’est terminé. Il n’y aucune raison de faire perdre inutilement des niveaux à nos frères. »

« Quelle que soit la situation, je t’interdis de te rendre face à lui. » s’obstina Fan en me jetant un regard malicieux.

J’avalai calmement le guazi dans ma bouche puis me tournai pour lancer un regard à grand frère Wolf… Celui-ci écrasa sur-le-champ très durement la poitrine de Fan. J’observai avec satisfaction tandis que Fan vomissait du sang et était incapable de parler à nouveau. Ensuite, je me tournai en direction de Kui et m’enquis : « Vous vous rendez ? Vous n’allez pas le regretter ? Il vous reste encore beaucoup de gens en état de se battre. »

Kui sourit amèrement : « Nous battre ? Dès l’instant où tu es tombé du ciel, j’aurais dû savoir que c’était terminé. Quand cet homme qui est aussi agile qu’un fantôme a commencé à massacrer nos soldats, j’avais un peu deviné l’issue dans mon cœur. Quand j’ai appris pour la Barrière Rebondissante, je n’ai pu que prier pour qu’un miracle survienne. Mais, ce qui m’a réellement fait abandonner a été le fait que, après que tu aies utilisé un arc pour nous abattre un par un comme dans un jeu de tir à la première personne1, tu aies sorti un guazi pour le manger. C’est à ce moment-là que j’ai compris que tu ne nous avais jamais pris au sérieux, et que toute cette bataille n’était qu’un jeu pour toi.

« “Que la partie commence” annonçait réellement le début du jeu. » affirma Kui en souriant avec une pointe d’amertume.

Après avoir écouté les propos de Kui, je levai la tête et rigolai en disant : « Tu es vraiment une personne intéressante. Est-ce que ça te dirait de te joindre à la Cité de l’Infini ? »

Kui resta stupéfait pendant un moment, puis il répondit : « Je fais déjà parti de la Divine Coalition de Fan. »

Avec un sourire débordant de malice, je décrétai : « Si tu refuses de te joindre à la Cité de l’Infini, je vais tuer tous tes camarades ici présents et ordonner que tous les membres de la Divine Coalition soient mis KO. »

Le visage de Kui était rempli de colère.

J’ignorai sa colère et poursuivis en rugissant : « Quiconque de la Divine Coalition rejoindra la Cité de l’Infini sera traité comme un camarade. Ceux qui ne le feront pas seront à jamais bannis de la Cité de l’Infini et pourchassés entre ses murs. »

Les ennemis commencèrent à s’ameuter en entendant ma déclaration, et plusieurs d’entre eux étaient furieux. Lorsque je vis ça, je souris faiblement et lâchai : « Qu’est-ce que vous avez tous à vous mettre en colère ? Je vous aide simplement à trouver une raison de quitter la Divine Coalition. »

« … » Kui et les autres membres de la Divine Coalition se turent après avoir entendu ceci et eurent l’air indécis.

S’ils commencent à douter, ça veut dire qu’ils ont très envie de rejoindre la Cité de l’Infini ; c’est juste qu’ils sont encore indécis à cause de raisons sans valeur telles que la loyauté, leur force de caractère et leur réputation. Alors, sans attendre qu’ils acceptent de rejoindre la Cité de l’Infini, je levai les sourcils et ordonnai à Nan Gong Zui : « Zui, va demander à Kui combien de membres il y a dans la Divine Coalition et discuter avec lui de comment les adapter à la Cité de l’Infini. »

Zui hocha la tête et se dirigea vers Kui. Ce dernier sourit avec amertume quelques instants, puis cessa de douter et commença à discuter avec attention avec Zui.

Je révélai un sourire extrêmement malveillant tandis que je m’accroupissais pour regarder les yeux de Fan, qui brillaient visiblement de colère et de haine, et lui dis : « Fan, oh, Fan, que suggères-tu que je fasse de toi ? » Je me mis délibérément à faire les cent pas comme si j’étais incertain et continuai : « Tu ne peux pas me battre dans un duel un-contre-un et maintenant tu as aussi perdu une bataille. Qu’est-ce que tu peux faire à présent ? »

À ce moment-là, Kui s’avança avec une expression suppliante. Il contempla son précédent supérieur, Fan, avec un air douloureux et suggéra : « Prince, peux-tu laisser partir Fan ? »

« Laisser partir Fan ? » répétai-je d’une voix douce, et fronçai profondément les sourcils.

« S’il-te-plaît Prince, libère Fan. » Ice Phoenix, qui était restée silencieuse avec la tête baissée sur le côté pendant tout ce temps, leva soudainement la tête et me supplia.

Je soupirai profondément et lui demandai solennellement : « Si je libère Fan, est-ce que tu vas aussi te libérer ? »

Ice Phoenix baissa la tête et ne prononça pas un seul mot en pleurant continuellement. Mon cœur se brisa tandis que je la regardais pleurer… Hum, mon cœur me fait mal parce que nous sommes toutes les deux des filles, alors je comprends ses sentiments ; Ne vous faîtes pas d’idées, tout le monde… Je préfère toujours les beaux gars.

« Laisse tomber. Grand frère Wolf, soigne-le et laisse-le partir. » commandai-je, impuissant. Vraiment, à l’origine je voulais tester Les Dix Méthodes de Torture de la Dynastie Manchu sur lui !

Après avoir été soigné, Fan se leva calmement ; ses yeux étaient si calmes que ç’en était inquiétant. Il déclara : « Prince, tu es bel et bien un adversaire de taille. Moi, Fan, je te jure que je reviendrai et que, la prochaine fois, je vais te battre à la loyal. »

Je levai les sourcils et répliquai : « Je t’attendrai à la Cité de l’Infini. »

Fan me jeta un dernier coup d’œil avant que sa silhouette solitaire ne sortît de la Cité de l’Infini.

« Wicked et Broken Sword, nous devrions emmener nos survivants nettoyer la Cité de l’Infini. La cité est en désordre, et c’est vraiment honteux ! » déclarai-je. Après avoir observé Fan sortir par les portes de la Cité de l’Infini, je me rendis soudainement compte que les portes étaient inclinées et tenaient à peine sur leurs gonds. Ça allait vraiment à l’encontre de ma vertu de propreté, alors je ne pus m’empêcher d’avoir envie de nettoyer.

Par conséquent, une bataille féroce concernant le droit de régner sur la cité, qui a choqué le ciel et la terre et fait pleurer Dieu et le diable, se termina maladroitement au son des briques et du bois qui s’entrechoquaient alors que nous nous dépêchions de les déplacer

« Cette bataille, qui nous a fait gaspiller un montant incalculable d’argent et qui a fait perdre d’innombrables niveaux à nos camarades, s’est juste brusquement terminée dans un désordre comme celui-ci ? Qui va être responsable de la perte financière ? » pleurnicha Yu Lian, sans larme, sur les genoux de grand frère Wolf.

« Mm, après avoir accepté tout ceux de la Divine Coalition, notre force militaire a grandement augmenté. Je pense que personne n’aura l’audace de nous attaquer à présent », affirma Madame White Bird, qui semblait joyeuse.

« Nous devons à nouveau redessiner et reconstruire les portes. » s’apitoya Gui, en lâchant un profond soupir pendant qu’il contemplait de loin le terrible état des quatre portes.

« Je me demande combien d’argent Yu Lian va accepter de nous donner. » Fairsky était aussi démoralisée ; la bataille entre le Ministère de l’Agencement Territorial et le Ministère des Finances ne ferait que commencer.

« Je dois encore une fois réinstaller tous les pièges… » se lamenta Lolidragon avec un visage blême. Des milliers de pièges !

« Prince, tu es enfin de retour. » me dit Nan Gong Zui.

« Et ouais, je t’ai manqué ? » lui demandai-je avec un visage souriant.

Nan Gong Zui envisagea la question pendant un moment et répondit : « En effet, particulièrement quand la bataille était sur le point de commencer. »

« Qui a dit que Prince lui avait beaucoup manqué ? » s’exclamèrent les trois personnes qui étaient séparées dans trois coins différents, Wicked, Gui, et Fairsky, en tournant la tête en même temps. Leurs yeux montraient clairement qu’ils tueraient la prochaine personne à rejoindre la lutte pour gagner le cœur de Prince.

Le visage de Zui était sans expression, même si je remarquai qu’il était trempé de sueur… Il tourna la tête lentement et reprit : « Je disais donc : bon retour à la Cité de l’Infini, Suzerain ! »

« Bon retour à la Cité de l’Infini, Suzerain ! »  s’écria tout à coup quelqu’un, que je soupçonnais fortement d’être Kong Kong.

« Bon retour à la Cité de l’Infini, Suzerain ! » hurla tout le monde avec joie. La bataille qui venait tout juste d’avoir lieu s’était terminée si vite que personne n’avait encore eu le temps de réagir à cette victoire. Maintenant, la joie d’avoir réussi à défendre notre cité avait enfin explosé.

Je rigolai également de façon sauvage en levant très haut mon Dao Noir, et criai : « La Cité de l’Infini ne tombera jamais ! »

Notes de bas de page

1 Jeu de tir à la première personne : Un genre de jeu vidéo qui est centré sur le jeu avec des pistolets et des combats basés sur des armes à projectiles à travers la perspective de la première personne, c’est à dire l’expérience du joueur, dont les actions se produisent à travers les yeux du protagoniste.

1/2 Prince T3Extra : Compagnons Pour l’Éternité

posted in: 1/2 Prince | 0

1/2 Prince Tome 3 – Les Chroniques d’Un Prince Vagabond

Roman d’origine en chinois par:  Yu Wo


Extra Chapter: Companions for Eternity – traduit du chinois vers l’anglais par Samuki[PR!]
Chapitre Extra : Compagnons Pour l’Éternité – traduit de l’anglais vers le français par Zinthia
+ Travail de vérification par Nocta

 

« Cette fois, grand frère va sûrement le regretter, non ? » dit Lü Jing d’un sourire amère.

« Nous l’avions insinué avant », rétorqua mollement Yun Fei.

« Oui, nous y avions fait allusion, mais il a choisi de croire encore en nous… » Lü Jing se tourna brusquement pour crier dans le vide au-delà de la falaise : « Grand frère, pourquoi es-tu si idiot !? »

Yun Fei, lui aussi, ne put retenir ses émotions plus longtemps, et cria rageusement dans les ténèbres de la nuit. « Tu es un parfait idiot ! Tu n’as même pas réalisé que nous avions tout mis en place dès le début. Nous avions remarqué que tu te battais contre des monstres en solitaire depuis quelques jours. Comprenant que tu étais un joueur puissant, nous avons voulu que tu nous aides à monter notre niveau, et avons délibérément attiré les Squelettes de Flammes pour qu’ils nous pourchassent. Comment as-tu pu ne pas y penser ? Comment se fait-il que tu n’aies pas réalisé qu’il était impossible que Jing, qui ne connait que Véritables Flammes Par Trois Fois Dissimulées, attaque des monstres du même élément tels que les Squelettes de Flamme ? »
« C’était évident que j’éprouvais de la rancœur contre le propriétaire de la Maison Orientale, alors pourquoi est-ce que nous avons délibérément choisi de manger là-bas ? Tu n’as pas besoin d’un cerveau pour comprendre que je voulais que tu aies affaire à cet enfoiré de Huang Wei à ma place. » L’expression de Jing était féroce.

« Nous savions très bien que personne n’avait jamais réussi à terminer cette quête et à obtenir le ruban. Surtout le fait que personne n’ait survécu, mais en voyant que l’argent de la récompense s’élevait à dix mille pièces de cristal, nous t’avons mené ici pour cette mission suicide, juste pour tenter notre chance. Et, tu nous as suivis juste comme ça, sans même prendre la peine de nous demander les détails de la quête ? » Le mépris était évident sur le visage de Yun.

« Tu as vu par toi-même à quel point le Roi des Démons était fort, mais tu as continué de ne pas nous suspecter, allant même jusqu’à confier aussi facilement le ruban à Yun ? Et, tu as marché jusqu’au bord de la falaise ? Même lorsque Yun t’as attrapé par les chevilles, tu es resté perplexe. » Jing commença à rigoler sauvagement. « Comment est-ce que quelqu’un peut être naïf et insensé à ce point ? »

Les deux finirent de crier, leurs poitrines se soulevant avec effort, comme s’ils avaient crié toutes les frustrations qui entravaient leurs esprits. Leurs visages étaient identiques : perdus et engourdis.

Après un long moment, Jing déclara tranquillement « Allons-y. Le Continent Central nous attend. N’oublie pas, Xiao Lan est aussi là-bas. »

« Oui », répondit Yun en jetant un dernier regard en arrière, vers la falaise, ses émotions tellement embrouillées que même lui ne pouvait pas dire où elles en étaient.

 

 

« Maintenant que nous avons les billets, allons chercher quelque chose à manger pendant que nous attendons le navire. » Le visage de Lü Jing était toujours aussi dur que la pierre.

« Oui », répondit Yun Fei, puis il fronça les sourcils. « Nous devons vraiment partir aussi tôt ? J’avais espéré rester sur le Continent de l’Est un peu plus longtemps. »

« Ne sois pas ridicule », lança farouchement Lu Jing. « N’oublie pas, Grand frère va sûrement revenir à la Ville du Tigre Blanc. Ce sera déjà un miracle si nous ne tombons pas sur lui pendant que nous attendons le navire, et voilà que tu envisages de rester un peu plus longtemps ? »

Yun Fei ne répondit pas et se contenta de suivre Jing en silence dans une auberge quelconque.

« Patron, deux assiettes de nouilles frites, une assiette de légumes verts, et un bol de soupe de poisson », commanda Yun en regardant le menu, passant également la commande pour Jing – qui n’était pas pointilleuse sur la nourriture – en plus de sa part à lui comme d’habitude.

« Oui, monsieur, je reviens tout de suite », répondit avec un sourire un PNJ habillé comme un serveur. Il s’éclipsa pour donner des ordres au cuisinier.

Yun Fei se rappela soudain quelque chose et s’empressa de crier : « Ah, c’est vrai, j’ai oublié les wontons à la sauce chili. Garçon ! Nous voulons aussi une assiette de… » Le visage de Yun Fei devint blême.

« Et une assiette de ? » demanda consciencieusement le serveur en revenant.

 Jing regarda Yun, qui était devenu muet, mais ajouta simplement avec indifférence : « Et, une assiette de viande sautée. »

« Bien sûr, je reviens tout de suite. »

Yun Fei resta silencieux jusqu’à ce que la nourriture arrive mais, lorsqu’il souleva ses baguettes, il découvrit qu’il n’avait pas du tout d’appétit. Son estomac était lourd, comme si une pierre avait été mise dedans, et son cœur était rempli d’une myriade d’émotions inconnues. Enfin, il soupira, posa ses baguettes, et fixa Lü Jing, qui mangeait ses nouilles frites comme si de rien n’était. « Jing, je n’aime pas la tournure qu’ont pris les choses. »

« Tu penses que j’apprécie davantage ? » Lü Jing, aussi, posa ses baguettes, un regard dur sur le visage. « D’ailleurs, ce n’était pas toi qui avait prévu ce plan, du début jusqu’à la fin ? »

« Mais, je ne pensais pas que tous ces stratagèmes seraient utilisés sur la même personne ; Je pensais que personne ne nous aiderait à deux reprises », lâcha Yun Fei, frustré. « Comment diable un Grand frère peut-il être à ce point stupide ? »

« C’est précisément parce qu’il était tellement stupide qu’il s’est fait duper. C’est une bonne chose, d’une certaine façon ; que ça lui serve de leçon, afin qu’il ne se fasse pas avoir de nouveau », conclut tranquillement Lu Jing, puis elle recommença rapidement à manger, faisant clairement comprendre qu’elle n’était pas d’humeur à débattre plus longtemps sur la question.

Yun Fei ne put que soupirer en observant à l’extérieur du restaurant, comme s’il espérait ardemment que quelqu’un ferait soudainement irruption.

Une silhouette apparut réellement dans l’embrasure de la porte. Yun Fei fut surpris, mais également un peu inquiet, et il se demanda si grand frère pourrait leur pardonner cette fois. Dans son cœur, il souhaitait secrètement que grand frère soit aussi stupide et persisterait à leur pardonner.

« J’ai fini par vous retrouver, vous deux, les infidèles ! Cette fois, ce type masqué ne sera pas dans les parages pour se dresser sur mon chemin ! » déclara l’individu en traversant l’entrée, et Yun Fei ainsi que Lü Jing reconnurent le ton venimeux de Huang Wei.

« Huang Wei. » Lü Jing pâlit.

« Oui, c’est moi, ton époux bien-aimé, JingJing, ma chérie », répondit Huang Wei en lorgnant Lü Jing.

Il n’y avait pas moyen que Yun Fei reste les bras croisés alors que sa meilleure amie se faisait harceler. « Huang Wei, ne t’imagine pas que nous soyons toujours des débutants. Ce ne sera pas aussi simple pour toi de nous intimider, maintenant. »

« Et qu’est-ce qu’un Maître des Barrières peut faire contre mes sbires ? » Huang Wei regarda froidement Yun Fei. « Quand je pense que tu as été assez stupide pour choisir de devenir un Maître des Barrières, une classe de déchets. »

« Qu’est-ce que tu viens de dire !? » Yun Fei était furieux. Ce qu’il détestait plus que tout le reste c’était que d’autres personnes dénigrent la classe du Maître des Barrières ; ces gens n’avaient même pas la moindre idée quant à l’utilité d’un Maître des Barrières dans la défense d’une ville. Il n’avait tout simplement pas encore réussi à trouver quelqu’un d’assez sage pour apprécier son choix.

« J’ai dit : espèce de sale déchet, reste loin de ma femme. » Huang Wei tira son dao doré, et l’asséna  impitoyablement sur Yun Fei.

« Yun ! » Lü Jing poussa Yun Fei et le dao doré frappa brutalement le corps de Jing. Lâchant un cri de douleur, elle fixa Huang Wei, avant de se transformer en un pilier de lumière blanche s’élevant dans le ciel.

« Jing… ! » hurla Yun Fei en regardant la lumière blanche disparaître.

« Mince, je n’ai pas eu la bonne personne », lâcha Huang Wei, regardant Yun avec dépit. « Toi, le déchet, je sais que vous aviez l’intention de vous enfuir. Je sais aussi que vous avez acheté des billets pour un navire mais, je te préviens, si tu cherches à t’enfuir, fais-le seul. Lü Jing ne sera jamais en mesure d’échapper au Continent de l’Est et à mon contrôle. »

« Hum, les billets sont valables pour toujours. Même si nous ne pouvons pas prendre ce navire, nous pouvons toujours prendre le prochain », répliqua Yun Fei, en fusillant Huang Wei du regard froidement. « Je ne crois pas que vous ayez la possibilité de modifier les règles de Second Life. »

Huang Wei se mit pourtant à rire bruyamment. « Je ne suis pas en mesure de changer les règles, mais je peux m’arranger pour que mes hommes montent la garde sur les quais 24 heures sur 24 et vous tuent tous les deux chaque fois qu’ils vous aperçoivent. Voyons voir combien de niveaux vous tiendrez jusqu’à ce que mes sbires se débarrassent de toi. »

Le visage de Yun était blanc comme un linge. « Toi…»

« Écoute, gamin, je te préviens, ne songe même pas à t’enfuir avec Lü Jing. Ne pense même pas à t’approcher encore d’elle. Si tu le fais, je vais te le faire payer. » Huang Wei se retourna vers ses hommes et ordonna : « Donnez une bonne correction à ce gamin. Guérissez-le à chaque fois qu’il est sur le point de mourir, puis continuez à le frapper, et ne le laissez pas mourir pour s’échapper. Battez-le jusqu’à ce qu’il n’ose plus jamais s’approcher de Lü Jing. »

« Huang Wei, je te le dis, je vais définitivement amener Jing sur le Continent Central, je le jure ! » hurla Yun Fei. Malheureusement, face à plusieurs guerriers, il n’y avait vraiment rien qu’un Maître des Barrières puisse faire…

 

 

« Bordel de merde ! » Gu Yun Fei se déconnecta de manière pathétique, uniquement pour constater que le téléphone sonnait.

Dès qu’il appuya sur le bouton « Répondre », le visage frénétique de Lü Jing apparut instantanément sur l’écran. « Yun, est-ce que tu vas bien ? Pourquoi n’es-tu pas retourné au point de renaissance après tant de temps ? »

« Ce n’est pas évident ? Ce satané Huang Wei m’a mis une raclée et a même trouvé un prêtre afin de me guérir, pour faire en sorte que je ne puisse pas mourir. Finalement, quand j’en ai eu assez, je me suis déconnecté », répondit Yun Fei. Il ne put s’empêcher de toucher son visage ; peu de temps avant, son visage s’était mis à gonfler à cause des coups qu’il avait reçus dans le jeu.

Lü Jing était pâle. « Pourquoi est-ce que tu ne t’es pas te déconnecté plus tôt, au lieu de le laisser continuer à te frapper, tu- tu es stupide ou quoi ?! »

« J’ai ma fierté ! » murmura Yun Fei d’un air maussade.

« Oublie Huang Wei, nous allons simplement nous précipiter vers les quais demain, immédiatement après notre connexion. Sinon, si nous tombons vraiment sur grand frère… Les conséquences pourraient être pires », déclara Lü Jing, affligée.

« Huang Wei a affirmé qu’il allait laisser ses hommes monter la garde sur les quais 24 heures sur 24. » Yun Fei soupira.

« Quoi ? » Le visage de Lü Jing devint encore plus pâle.

« Que devrions-nous faire maintenant ? » Yun Fei était profondément inquiet.

Lü Jing prit une profonde inspiration, puis se calma. « Attendons quelques jours avant de nous connecter. Huang Wei ne peut pas laisser quelqu’un posté là en permanence ! »

« Je l’espère », répondit Yun, mais il sentait toujours que Huang Wei semblait profondément obsédé par Lü Jing.

 

 

« Huang Wei, qu’est-ce que tu veux, à la fin ? » Lü Jing était furieuse ; elle voulait savoir combien de temps cette personne avait l’intention de continuer à lui causer des ennuis. Il avait, fidèle à sa parole, vraiment laissé un garde pour les attendre pendant plusieurs jours.

« Je veux que tu sois ma femme », répondit Huang Wei, un sourire narquois.

« Arrête de rêver ! » s’écria Yun Fei. « Jing ne tomberait jamais amoureuse d’un blaireau comme toi, alors épargne ta salive ! »

Le mépris se répandit sur le visage de Huang Wei, et il fixa Yun comme s’il venait de voir un tas d’ordure. « Tu es vraiment en train de me chercher, et tu oses même être en compagnie de ma Jing. Les gars, emparez-vous de lui. »

« Huang Wei, arrête ça ! » Lü Jing pâlit d’épouvante.

« Bien sûr, si tu acceptes de devenir ma femme, Lü Jing. » Il y avait un regard glacial sur le visage de Huang Wei. « Ne choisis pas la manière forte, Jing. Je suis resté gentil avec toi depuis trop longtemps déjà. »

« Jing, ne l’écoute pas ! » Yun Fei se fit maîtriser par plusieurs joueurs. Même confronté à la perspective d’être battu encore une fois, il essayait toujours d’arrêter Jing.

Voyant Yun Fei neutralisé, le doute apparut sur le visage de Lü Jing. Au bord des larmes, elle avait l’air totalement misérable et pitoyable, elle dit : « Pourquoi en arriver au point de me contraindre ainsi ? Comment quelque chose comme l’amour peut-il être forcé ? »

Huang Wei se raidit. « Si je dis que c’est possible, c’est possible. Qu’y a-t-il de mal à se marier avec moi ? Je t’offrirai de la nourriture, des vêtements, et beaucoup d’argent à dépenser. Qu’est-ce que tu pourrais vouloir de plus ? »

La souffrance de Lü Jing était visible sur son visage, et ses larmes se mirent finalement à couler. « Me donner beaucoup d’argent à dépenser c’est de l’amour ? Ce n’est pas ce que je veux ! »

À ce moment-là, une foule s’était rassemblée sur les quais. Il y avait, bien sûr, beaucoup de curieux, et lorsqu’ils virent une si jolie fille en larmes être forcée de se marier, beaucoup d’entre eux  commencèrent à exprimer leur désapprobation, et d’autres spectateurs – qui ne pouvaient pas rester les bras croisés – se mirent à serrer les poings et à craquer leurs jointures. L’atmosphère était de plus en plus tendue.

Huang Wei se tourna vers la foule avec un regard sinistre dans les yeux. « Bon sang, taisez-vous ! Faites un seul bruit de plus et je vous réduis tous en charpie ! »

En entendant cela, la clameur ne fit que croître et les gens commencèrent à crier, en colère.

« Va au diable ! T’es aussi arrogant alors que t’es train de voler l’épouse de quelqu’un d’autre ? »

« Me réduire en charpie ? Je vais vous hacher menue en premier, les gars ! »

« Il abuse, comment est-ce qu’il peut forcer une fille comme ça !? »

« Pauvre chose ; la jeune fille est déjà en larmes. »

Huang Wei ne recula pas face à la colère de la foule ; en fait, il devint encore plus arrogant. « Bordel, vous tous, vous vous imaginez vraiment que vous allez vous en sortir juste parce que vous êtes plus nombreux ? Ne pensez pas que moi, Huang Wei, j’ai seulement si peu d’hommes. Attendez un peu que j’appelle dix autres de mes sbires pour venir prendre soin de vous, les gars ; nous verrons si vous osez vous permettre ne serait-ce qu’un coup d’œil, après ça. »

« Le chef de la pègre locale, Huang Wei ? » s’exclama quelqu’un dans la foule. Toute personne qui avait séjourné à la Ville du Tigre Blanc pendant un certain temps avait assurément entendu parler du tyran de la Ville du Tigre Blanc, Huang Wei, qui – avec le soutien de ses huit hommes – intimidait les autres, utilisait l’argent pour supprimer ses opposants, tuait les joueurs qu’il n’aimait pas, et flirtait sans vergogne avec n’importe quelle jolie fille attirant son attention. Huang Wei avait d’innombrables crimes énumérés à son actif mais, par appât du gain, il y avait toujours un grand nombre d’individus prêts à travailler pour lui. Personne n’oserait tenter quoi que ce soit contre Huang Wei tant que tous ces guerriers continueraient à travailler pour lui.

Ceux qui, parmi la foule, étaient sur le point d’intervenir commencèrent à hésiter après s’être rendu compte que la personne cruelle en face d’eux était en fait Huang Wei. Après tout, la puissance de Huang Wei au sein de la Ville du Tigre Blanc était quelque chose avec laquelle ils étaient tous profondément familiers. Personne ne voulait entreprendre quoi que ce soit qui puisse se retourner contre eux, pas s’ils souhaitaient rester à la Ville du Tigre Blanc…

Yun Fei et Lü Jing avaient initialement placé tous leurs espoirs sur le fait que le public indigné leur viendrait en aide ; ils ne croyaient pas que le nom de Huang Wei à lui seul pouvait effrayer la foule ainsi. Leur courage flancha.

« Comme prévu, seul un idiot comme grand frère ferait quelque chose de stupide comme défendre la justice », déclara Yun Fei avec un rire amer avant de redevenir silencieux. Il lui semblait qu’il se passerait un très très long moment avant que lui et Jing ne soient capables d’aller sur le Continent Central pour retrouver Xiao Lan.

« … » Les larmes de Lü Jing avaient cessé depuis longtemps. Elle ne pouvait que soupirer de résignation, alors qu’elle regardait la foule, où personne n’osait faire un pas pour prendre leur défense. Il semblerait qu’elle et Yun devraient disparaître de Second Life pendant un certain temps.

Huang Wei regarda avec satisfaction l’audience maintenant silencieuse, avant de se tourner vers Yun Fei et Lü Jing. « Lü Jing, vas-tu devenir ma femme, oui ou non ? Je te l’ai dit, j’ai déjà positionné mes hommes à tous les points de renaissance. Si tu dis non, je vais définitivement devoir tuer ce gamin, encore et encore, jusqu’à ce qu’il retombe au niveau 1. »

Les visages de Lü Jing et Yun Fei étaient aussi pâles que de la craie. Lü Jing ouvrit la bouche, mais les mots refusèrent de quitter sa bouche…

« Si elle se marie avec toi, j’avalerai mon dao tout entier », lança une voix familière. Les cœurs de Yun et Jing manquèrent un battement alors qu’ils pensaient, Grand frère ?

Yun regarda vers la source de la voix avec béatitude. À cet instant-là, la personne était également sortie de la foule : c’était un elfe masqué aux cheveux blancs. D’une voix émue, Yun s’exclama : « Un elfe ? Grand frère est un elfe, n’est-ce pas ? Est-ce que c’est toi, Grand frère ? »

L’elfe sourit légèrement. « À part moi, quel autre elfe viendrait se balader ici sur le Continent de l’Est ? » Certes, seul un elfe comme lui, avec sa « compétence » de niveau 100 pour se perdre, se retrouverait à vagabonder dans les parages…

« Grand frère… » L’expression de Jing était bien plus contradictoire.

L’elfe observa Huang Wei et déclara doucement, d’une voix laissant entendre la menace d’une tempête imminente : « Huang Wei, hein ? On dirait que la leçon que je t’ai donnée la dernière fois n’était pas suffisante. »

« Toi… ! » Bien qu’il fût livide, Huang Wei n’avait pas oublié la peur que l’elfe lui avait fait éprouver au cours de leur dernière rencontre. C’était précisément parce qu’il savait que Yun Fei et Lü Jing ne voyageaient plus avec cette personne qu’il avait osé s’approcher du duo, mais maintenant qu’il avait  retrouvé cet elfe formidable, il n’avait pas l’intention de se laisser faire à nouveau.

« Bon sang, ne va pas t’imaginer que j’ai peur de toi. La dernière fois, tu m’as eu avec une attaque surprise, mais ça ne sera pas aussi simple cette fois. Les gars, attaquez-le ! Quiconque le tuera sera grassement récompensé ! » Face à une foule, il n’y avait aucune chance que Huang Wei s’incline et perde la face. En outre, l’elfe avait seulement réussi à gagner en utilisant une attaque sournoise la dernière fois ; cette fois, lui – Huang Wei – il serait bien préparé. Il aurait sa revanche !

« Le combat a commencé, Kenshin »,  fit remarquer l’elfe en souriant au guerrier aux cheveux roux à côté de lui, qui ressemblait à un débutant. Le guerrier aux cheveux roux acquiesça, son visage tel un masque glacial.

Deux silhouettes s’élancèrent vers Huang Wei et ses hommes à la vitesse de l’éclair…

« Grand frère… » Yun Fei était abasourdi ; il n’aurait jamais songé que grand frère viendrait une fois de plus les aider sans un mot. Pourquoi grand frère les traitait-il aussi bien ? Même après que lui et Jing l’eussent poussé du haut d’une falaise, lui eurent volé le ruban, et eurent prévu de fuir, Grand frère venait encore les aider inconditionnellement. Ce Grand frère est vraiment un imbécile, pensa Yun, mais en dépit de ses paroles, il était profondément touché, et la chaleur enveloppa son cœur.

« Jing, nous allons accompagner grand frère sur le Continent Central, d’accord ? » décréta calmement Yun à Jing, mais alors que la phrase était formulée comme une question, il la déclara comme si c’était une évidence. « Après avoir rencontré Xiao Lan sur le Continent Central, je veux suivre Grand frère. Je ne veux plus aller chercher le professeur et Prince. »

« D’accord », répondit Jing sans hésiter, alors qu’elle regardait les deux silhouettes défiant Huang Wei au combat. Elle aussi savait qu’ils seraient tous les deux de véritables idiots s’ils ne suivaient pas quelqu’un comme Grand frère.

Après que l’elfe et le guerrier aux cheveux roux se furent occupés des huit sbires et de Huang Wei, l’elfe rejeta la tête en arrière et rit pendant un long moment, stupéfiant clairement la foule environnante avec son attitude arrogante.

« Grand frère, nous allons définitivement te suivre. » Les yeux de Yun Fei et de Lü Jing brillaient avec détermination, et il y avait de larges sourires sur leurs visages.

Mise à jour : Avril 2016

posted in: Toutes Les Mises à jour | 0
Chapitres d’Avril
  1. 1/2 Prince T3 Extra: Compagnons Pour l’Éternité
  2. 1/2 Prince T4C1: La Cité de l’Infini Ne Tombera Jamais
  3. La Légende du Chevalier du Soleil T3 Prologue: Le Sceau de l’Épée Que Porte Le Chevalier
  4. La Légende du Chevalier du Soleil T3C1: Une Princesse Disparue

Bonjour tout le monde !

J’aimerais encore une fois m’excuser au nom de l’équipe pour les retard dans les vérifications des chapitres qui sont survenus et qui pourraient survenir à nouveau ce mois-ci. Il faut avouer que les partiels arrivent à grand pas, voire sont déjà arrivés pour certains, et c’est très difficile pour nous tous de suivre le rythme habituel. Dans tous les cas, vous aurez vos chapitres.

Donc, en ce merveilleux avril très chargé, vous allez pouvoir lire deux chapitres de 1/2 Prince et deux chapitres de La Légende du Chevalier du Soleil. Dans les deux séries, nous entamons un nouveau tome soit le tome 4 de 1/2 Prince et le Tome 3 de LCS. Les résumés de tomes et la liste des chapitres des deux séries sont déjà affichés sur le site si l’envie vous prend de vouloir y jeter un petit coup d’œil.

En dehors de ça, nous aurions PLUS QUE GRANDEMENT BESOIN d’un nouveau traducteur ou d’une nouvelle traductrice pour 1/2 Prince ainsi que d’un nouveau vérificateur ou d’une nouvelle vérificatrice pour n’importe quelle série de romans. Si vous êtes d’accord pour tenter votre chance, rendez-vous sur notre page de recrutement pour de plus amples informations.

rejoingneznouslcs

La Légende du Chevalier du Soleil T2 Épilogue : Introduction des Personnages

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 2 : Les Tâches Quotidiennes d’un Chevalier

Roman d’origine en chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Epilogue : Character Introductions – traduit du chinois vers l’anglais par Raylight[PR!]
Épilogue : Introduction des Personnages – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Yukomin

Chevalier de la Lune :
C’est l’un des Douze Chevaliers Sacrés de la « Cruelle Faction au Cœur de Pierre ». Il possède une personnalité narcissique et il est très arrogant. Il ne se comportera jamais de façon familière avec n’importe qui et agit comme si personne n’était assez bien pour se trouver dans sa ligne de vue.

Chevalier du Métal :
Il possède une langue de vipère très acérée. Il ne se sera pas tenu responsable si vous mourez de colère à cause de ses paroles. Une rumeur court selon laquelle discuter avec lui pendant plus de dix minutes vous mettrait si en colère que ça réduirait votre durée de vie d’une année.

Chevalier des Enfers :
Il s’agit de l’un des Douze Chevaliers Sacrés appartenant à la « Cruelle Faction au Cœur de Pierre ». Il est le seul à appartenir à cette faction mais à ne pas obéir aux ordres du Chevalier du Jugement. C’est un Chevalier Sacré qui reçoit ses ordres du Chevalier du Soleil, et qui se spécialise dans l’accomplissement de missions secrètes qui ne sont pas connues de tous. Certains racontent qu’il est l’assassin désigné des Douze Chevaliers Sacrés. Une rumeur a même déjà été racontée selon laquelle, pendant la première génération des Douze Chevaliers Sacrés, le Chevalier des Enfers n’était pas une vraie personne, mais seulement la seconde identité dont le Chevalier du Soleil se servait pour effectuer des missions secrètes.

Chevalier du Nuage :
C’est l’un des Chevaliers Sacrés de la « Bonne Faction au Grand Cœur ». Il s’agit d’un vagabond aussi gracieux qu’un nuage. On dit qu’on peut parfois le trouver en train de boire seul ou de lire des livres sur les rebords de fenêtres, les toits, sous les arbres banians, etc.

Adair :
C’est le vice-capitaine de la Section du Chevalier du Soleil.

Ed :
Il s’agit de l’un des membres de la Section du Chevalier du Soleil.

Fils du Dieu de la Guerre :
Il est le porte-parole du Dieu de la Guerre et il possède la position la plus élevée au sein du Monastère du Dieu de la Guerre.

Elijah :
Au sein des Chevaliers Royaux, il est le leader de la plus jeune génération.

Princesse :
C’est son Altesse Royale du Royaume du Son Oublié, la sœur du nouveau roi.

 

 

Épilogue

Un épilogue est une chose merveilleuse.
Particulièrement quand il y en a un d’écrit dans chaque livre.
Que puis-je écrire ? Il y a plusieurs choses.
En fait, mes pensées sont toutes dissimulées à l’intérieur de l’histoire.
J’ignore si l’épilogue nécessite que j’écrive ceci, cela, ou juste des choses ?
Je ne peux que laisser quelques phrases au hasard, ici.
Voici un message pour tous : me frapper est suffisant, ne me jetez pas d’objets !
Tousse ! Si je devais réellement juste écrire ces quelques phrases, je pense que tout le monde me jetterait des objets, n’est-ce pas ?

S’il-vous-plaît, arrêtez. Récemment, le prix de l’huile a explosé, il y a une inflation, et le prix des légumes a ridiculement augmenté. Non seulement tout est dispendieux, mais même le pouding au riz salé1 est devenu très cher. Alors, je vous en prie, ne jetez pas vos objets, me frapper est suffisant !

Maintenant, passons au vrai point principal !

En vérité, le premier tome est considéré comme étant un début. Le premier et le second tomes contiennent fondamentalement des chapitres introductifs. D’un côté, la raison pour laquelle le Chevalier de la Mort, Roland, a rejoint les Douze Chevaliers Sacrés a été abordée, et d’un autre côté le Monastère du Dieu de la Guerre est aussi mentionné. Aussi, on a un peu parlé de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. Ensuite, tous les Douze Chevaliers Sacrés ont été brièvement introduits une fois. En conclusion, je suis enfin parvenue à estimer l’ensemble du cadre.

Par la suite viennent les plus importantes missions dans la carrière du Chevalier du Soleil. Également, chaque mission concerne toute une histoire. Je crois qu’après avoir lu le prologue du premier tome, tout le monde doit savoir à peu près quelles sont ces quelques missions.

Toutefois, veuillez me croire que les choses ne sont pas comme elles semblent l’être, tout comme l’image du Chevalier du Soleil et sa véritable apparence !

J’espère qu’après que tout le monde aura fini de lire, ils auront une meilleure compréhension des thèmes fantaisistes tels que partir à la rescousse d’une princesse, tuer des dragons, et vaincre le Roi Démon !

De plus, hormis le blog et le club, moi, Yu Wo, ai aussi mis au point un forum. Le but principal est de laisser mes lecteurs communiquer chacun avec les autres. Vous êtes les bienvenus à venir laisser des messages pour discuter autant que vous le voulez. Si vous sentez que le lien est trop long à taper, vous trouverez des liens sur le site du club et le blog pour vous rendre sur le forum.

Le blog de Yu Wo : http://blog.xuite.net/kim1984429/yuwo

Le forum de Yu Wo : http://phpbb.guestbook.com.tw/b8/index.php?mforum=pinkcorpsei

 

Note de bas de page :

1 Tout est… du pouding au riz salé : Ce que Yu Wo utilise en fait pour « tout » est 啥米碗糕(shá mǐ wǎn gāo), dans lequel 啥米(shá mǐ) est un dialecte équivalent à 什么(shén me), qui veut dire « quelque chose / n’importe quoi », et l’autre, lorsqu’ils sont utilisés ensemble, signifie « choses / objets ». C’est une phrase qu’on ne retrouve habituellement qu’en Taiwan. Les caractères pour 碗糕(wǎn gāo) signifient « du pouding au riz salé » dans ce cas-ci. Oui, Yu Wo fait un jeu de mots.

La Légende du Chevalier du Soleil Règle Partagée #2 : Respecte la Vie Privée des Douze Chevaliers Sacrés

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 2 : Les Tâches Quotidiennes d’un Chevalier

Roman d’origine en chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Shared Rule #2: Respect The Privacy of The Twelve Holy Knights – traduit du chinois à l’anglais par eilinel[PR!]
Règle Partagée # 2 : Respecte La Vie Privée Des Douze Chevaliers Sacrés – traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Yukomin

 

« C’est le hall principal du Temple Sacré. Il n’est utilisé que pour ses apparats.

– Grisia…

– Le hall principal a deux couloirs. L’un mène vers la partie intérieure du Temple Sacré, tandis que l’autre mène vers le hall principal du Sanctuaire de la Lumière.

– Grisia …

– Nous avons atteint le lieu le plus important. C’est ta chambre, qui est éloignée de deux portes de la mienne. La chambre entre les nôtres appartient au Capitaine-Chevalier du Jugement.

– Grisia.

– Aussi, la salle de réunion des Douze Chevaliers Sacrés est la troisième porte dans le couloir qui est à droite après que tu aies traversé deux couloirs dans cette direction ; ça peut sembler perturbant si je te le dis comme ça. Viens, je vais te montrer le chemin jusqu’à cette salle. »

« Grisia ! » grognai-je doucement d’agacement.

Grisia s’arrêta de marcher et me réprimanda gentiment : « Tu dois m’appeler Sun et réserver Grisia pour les conversations privées ! Mais, si tu insistes pour m’appeler Grisia, je suppose que ça n’importe pas vraiment… »

Je l’interrompis sévèrement : « Je pense qu’il est temps pour moi de partir. »

« De quoi parles-tu ? Où vas-tu aller ? »

« Je ne vais nulle part, mais je veux quitter le Temple Sacré », répondis-je simplement, alors que mon cœur était un peu inquiet. Plus je restais dans le Temple Sacré, plus la possibilité que je sois identifié comme étant le Chevalier de la Mort était grande. Ce ne serait pas un gros problème si j’étais détruit à cause de ça, mais si on découvrait que Grisia était en contact avec un Chevalier de la Mort… Pour lui, ça aurait de très sérieuses conséquences.

Grisia me regarda, surpris, et il dit : « Tu es le Chevalier des Enfers. Si tu ne restes pas au Temple Sacré, où comptes-tu aller ? »

Je restai sans voix pendant un moment, avant que je ne réussisse à ouvrir la bouche pour lui rappeler : « Je ne suis pas le vrai Chevalier des Enfers, ou l’aurais-tu oublié ? »

Il réfléchit pendant un instant, puis me regarda avec inquiétude en lâchant : « Hell, te sens-tu faible à cause de la chaleur du soleil ? Comment peux-tu oublier le fait que tu es le Chevalier des Enfers ? »

Je restai sans voix une nouvelle fois. Grisia… Qu’est-ce que tu essayes de faire ?

À ce moment-là, un chevalier sacré arriva en courant vers nous, tout en criant : « Capitaine ! Les chevaliers royaux ainsi que les guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre se sont rencontrés dans la rue et ils sont maintenant plongés dans une bataille féroce ! »

Le visage de Grisia devint sévère et, énervé, il s’enquit : « Que font les chevaliers sacrés ? N’ont-ils pas contenus les deux côtés ?

– Non, mais ils ont formé un cercle protecteur pour protéger les citoyens qui regardent à côté ! Et alors…

– Alors, quoi ?

– Alors, ils ont commencé à encourager les chevaliers royaux depuis leurs positions. »

En entendant cela, le visage de Grisia devint encore plus irrité. Il me parla rapidement : « Va explorer par toi-même. Je reviens dès que je les aurai maîtrisés. Je n’ai que deux choses à mentionner. Premièrement, tu ne peux pas quitter le Temple Sacré, et n’essaye pas d’aller rejoindre Rose puisqu’elle a déjà déménagé. Deuxièmement, n’envahis pas la vie privée des autres Douze Chevaliers Sacrés, spécialement dans leurs chambres. »

« Attends… » J’étais abasourdi alors que je le voyais courir rapidement avec l’autre chevalier sacré.

Rose a déménagé ? Dans ce cas, où devrais-je aller ?

Je n’avais aucune idée de combien de temps je passai, enraciné à cet endroit. Nombre de chevaliers sacrés passèrent devant moi, et ils me saluèrent même et m’appelèrent Capitaine-Chevalier des Enfers, alors que je n’avais aucune idée de la réponse correcte à leurs offrir.

Peu de temps après, je vis quelqu’un que je connaissais s’approcher de moi.

« Chevalier du Jugement… »

Je l’observai avec méfiance. D’après la description générale faite par Grisia, il sait probablement que je suis le Chevalier de la Mort.

Mais le Chevalier du Jugement ne semblait pas du tout méfiant envers moi. Il dit simplement : « C’est “Capitaine-Chevalier” du Jugement pour toi. “Chevalier du Jugement” est le titre utilisé par les étrangers pour se référer à nous. S’il-te-plaît, ne commets pas cette erreur à nouveau, Capitaine-Chevalier des Enfers. »

Je demeurai muet une fois de plus. Ne me dites pas qu’il n’a pas l’intention de me démasquer ? Il va laisser un Chevalier de la Mort se balader librement dans le Temple Sacré ?

Le Chevalier du Jugement me regarda à nouveau et demanda : « As-tu d’autres questions ? »

Je répondis par réflexe : « Je ne sais pas où je devrais aller. »

Judgment réfléchit silencieusement un moment avant d’ajouter : « Tu peux aller à la bibliothèque, comme il y a de nombreux livres qui pourraient te rafraîchir la mémoire sur les devoirs du Chevalier des Enfers. Ou bien, tu peux aller rendre visite au Capitaine-Chevalier de la Tempête. Il est tellement occupé qu’il vit dans l’espoir que quelqu’un vienne l’aider. Il se trouve présentement dans sa chambre, en train de corriger des documents. »

Je n’avais rien à redire à ça, donc je lui répondis : « Merci. »

« Oh, c’est vrai, Capitaine-Chevalier des Enfers, seras-tu disponible ce soir pour pratiquer le combat à l’épée avec moi ? »

« Bien sûr », répondis-je immédiatement. Les compétences à l’épée du Chevalier du Jugement étaient très bonnes, et j’avais toujours espéré pouvoir me battre contre lui à nouveau.

Après quelques réflexions, puisque je ne pouvais pas rester planté dans le couloir à ne rien faire, je décidai de suivre les suggestions du Capitaine-Chevalier du Jugement et allai à la bibliothèque pour trouver un livre à lire en attendant le match d’entraînement de ce soir. Après que j’eus parlé à un chevalier sacré et trouvé l’emplacement de la bibliothèque, j’y entrai directement. Il y avait un certain nombre de chevaliers sacrés dans la bibliothèque, mais je décidai d’ignorer tous ceux qui me reconnaissaient ou me saluaient. J’ouvris un placard à livres et commençai à chercher quelques livres qui mentionnaient le Chevalier des Enfers…

« Quels livres cherches-tu ? »

Dans un battement de cœur, je bondis en arrière et rugis : « Qui êtes-vous !? »

« Je suis le Chevalier du Nuage. »

Une tête apparut à l’extérieur du placard, et son visage était aussi pâle qu’une feuille de papier. Pendant un instant, je ne pus déterminer s’il était un fantôme ou un humain… Et il dit même qu’il est l’un des Douze Chevaliers Sacrés ? Comment est-ce possible !?

« Capitaine-Chevalier du Nuage, pouvez-vous s’il-vous-plaît me passer le livre de chansons se rapportant aux Douze Chevaliers Sacrés ? Je vais raconter des histoires aux enfants. » Un chevalier sacré parla à la tête, en souriant.

« Évidemment. » La tête disparut dans un placard à livre, et après un moment, ressortit à nouveau, cette fois avec une main en plus, qui était aussi pâle que son visage. La main tenait un livre.

« Merci, Capitaine-Chevalier du Nuage. » Après avoir pris le livre, le chevalier sacré m’affirma même d’un ton affable : « Capitaine-Chevalier des Enfers, si vous cherchez un livre, il vaut mieux demander au Capitaine-Chevalier du Nuage de trouver le livre pour vous. Le Capitaine-Chevalier du Nuage connaît l’emplacement de chacun des livres de la bibliothèque. »

C’est vraiment le Chevalier du Nuage ? J’étais stupéfait.

La tête… Non, le Capitaine-Chevalier du Nuage m’observa pendant quelques temps et parla alors d’une voix éthérée : « Quelle personne étrange. Il se tient devant le placard à livres, mais il ne cherche pas de livre. » Il rentra alors sa tête dans le placard et ferma la porte.

Tout de suite, je décidai d’abandonner la bibliothèque et d’aller rendre visite au Capitaine-Chevalier de la Tempête. Bien que je ne crois pas être capable d’offrir une aide quelconque…

« Je suis tellement touché ! Là, lis tous ces documents, ensuite souligne les phrases problématiques en rouge et, à la fin, résume le document entier en trois lignes. Après ça, rends-les-moi simplement pour une relecture finale, et alors ils devraient être prêts à être tamponnés… »

Sans rien ajouter, le Capitaine-Chevalier de la Tempête me jeta une grande pile de documents officiels.

Je pris la pile de documents dans mes bras et dis un peu anxieusement : « Mais, je n’ai jamais révisé de documents officiels auparavant. Je ne sais pas comment faire. »

« N’aie pas l’air si inquiet, c’est normal la première fois », me consola le Capitaine-Chevalier de la Tempête. « Je les vérifierai, si j’ai le temps… »

Je lus les documents et finis seulement de les réviser dans la soirée, et je rapportai alors tous les documents au Chevalier-Capitaine de la Tempête.

« Tu as fait du bon travail ! » déclara le Capitaine-Chevalier de la Tempête en tenant un tampon dans sa main. Il tamponna alors tous les documents sans même les regarder. « As-tu des choses à faire demain matin ? Non ? Alors peux-tu venir demain pour m’aider encore une fois ? Oui ? C’est d’accord du coup, Capitaine-Chevalier des Enfers ! »

En fait, je n’ai jamais dit que j’étais d’accord… Mais un accord est un accord. Il semblerait que je doive rester jusqu’à demain matin maintenant.

« C’est vrai, s’il-te-plaît, aide-moi à rapporter ça au Capitaine-Chevalier de Glace sur ton chemin. Merci. » Le Capitaine-Chevalier de la Tempête me passa quelque chose qui, quelle que soit la manière dont je la regarde, ressemblait à une petite assiette et une fourchette pour manger des gâteaux.

N’ayant pas d’autres choix, j’y allai et frappai à la porte du Capitaine-Chevalier de Glace.

« Attends. » Après que le Capitaine-Chevalier de Glace eut pris de mes mains l’assiette, il prononça simplement ce mot avant de refermer la porte.

Je me tins là et attendis.

La porte s’ouvrit à nouveau, et il me donna deux sacs qui étaient pleins de friandises d’après l’odeur qui s’en dégageait, et déclara simplement : « Celui-là est pour toi, et celui-ci est pour Sun. »

« …Merci. » articulai-je. Je suppose que… Je vais donner les deux sacs à Grisia.

« Manges-en un morceau », me demanda soudainement le Capitaine-Chevalier de Glace, et il me fixa alors intensément. N’ayant une fois de plus pas le choix, je fis ce qu’il m’avait demandé et en mangeai un morceau. C’était un geste très inutile, étant donné qu’un Chevalier de la Mort n’avait pas besoin de nourriture.

« Pas sucré ? Sucré ? Trop sucré ? » me questionna le Chevalier de Glace.

Je restai muet. En tant que Chevalier de la Mort, ma langue était principalement utilisée pour parler. Je répondis : « Mon sens du goût n’est pas très bon ; je ne peux pas vraiment goûter les aliments. »

Le Capitaine-Chevalier de Glace sortit un calepin et écrivit quelque chose dessus en murmurant : « Hell, goûts très forts. »

« …? »

Après que le Capitaine-Chevalier de Glace eut fini de prendre ses notes, il leva la tête et s’enquit : « Où te diriges-tu ? »

J’étais complètement perdu sur où je devais aller, donc je pus seulement répondre : « J’erre seulement ici et là. »

Ice hocha la tête et me demanda : « Tu m’aides ? »

« Bien sûr », lui répondis-je.

 

 

Je tenais de nombreux sacs remplis de friandises et cherchai partout les Douze Chevaliers Sacrés. Mon premier arrêt fut de revenir au placard à livres pour trouver le Capitaine-Chevalier du Nuage.

« Merci. Ces livres sont pour que tu les lises. » Cloud sortit la tête du cabinet et prit un sac de mes mains, tout en me passant quelques livres.

Je regardai les titres et lus respectivement : « Les Histoires des Chevaliers des Enfers » et « Le Manuel des Devoirs d’un Chevalier des Enfers ».

« Merci. » dis-je

 

 

Le Capitaine-Chevalier de Flamme me fixa un long moment, et se marmonna à lui-même : « Manifestement, Sun est Suprême Dragon, alors comment se fait-il qu’il y ait maintenant un autre Suprême Dragon ? Est-ce que Sun est le vrai, ou est-ce que Suprême Dragon est le faux… ? »

En fin de compte, il prit le sac joyeusement et se dit à lui-même : « Ah, ce n’est pas vraiment important si je ne comprends pas ! Leurs deux noms commencent par “Su” dans tous les cas, je vais juste faire comme si Sun avait un double ! »

Je n’avais rien compris à ce qu’il racontait.

 

 

Quand le Capitaine-Chevalier de la Terre vint pour ouvrir la porte, il essaya de me bloquer la vue avec son corps comme s’il y avait quelque chose que je ne devrais pas voir derrière la porte.

« Ma… ma chambre est très en désordre. » Le Capitaine-Chevalier de la Terre sourit timidement.

J’hochai la tête pour montrer que j’avais compris et lui passai ensuite le sac.

« Eeeearth, as-tu biiiiientôt terminé ? »

Earth me regarda et rit d’une voix innocente : « Hohoho, Hell tu dois te tromper ! Il n’y a pas du tout de voix de femme qui provient de ma chambre. »

« … » Je n’ai rien dit…

 

 

Le Capitaine-Chevalier de la Forêt ouvrit la porte avec un sourire qui s’étendait d’une oreille à l’autre, et il ne bloqua pas la porte avec son corps. Je pus clairement voir que sa chambre était très propre et organisée, conforme à la netteté caractéristique d’un chevalier.

« Merci beaucoup, Capitaine-Chevalier des Enfers », me remercia-t-il en prenant le sac de ma main.

Je remarquai seulement à ce moment-là qu’il tenait une petite poupée de paille dans sa main. En général, est-ce que ça ne devrait pas être fait à la taille d’une personne et placé au milieu d’un champ pour faire croire aux oiseaux qu’il y a des gens dans le champ, ce qui leur fait arrêter de picorer les semences ?

Le Capitaine-Chevalier de la Forêt vit que j’observais intensément la poupée de paille, et il s’expliqua immédiatement en souriant : « C’est vraiment utile ! Tu as simplement besoin de la sécuriser contre un mur et, ensuite, tu te sers d’un marteau pour planter des clous dedans afin d’améliorer ton humeur ! »

J’avais déjà entendu parler de ce moyen d’employer ces choses avant. Dans les légendes locales, c’était la méthode utilisée par les sorcières pour maudire les gens.

D’un ton amical, le Capitaine-Chevalier de la Forêt ajouta : « Oh oui, et si tu ajoutes un morceau des cheveux de l’autre personne à la poupée de paille, les effets seront doublés ! C’est même mieux si tu y ajoutes des ongles ! »

Je dis au revoir au Capitaine-Chevalier de la Forêt après m’être assuré que je n’avais rien laissé derrière de plus gros qu’un demi-morceau de cheveux ou d’ongle.

 

 

Cette nuit, avant de commencer le match d’entraînement avec le Chevalier du Jugement, je ne pus m’empêcher de secouer la tête et de soupirer. « Est-ce que les Douze Chevaliers Sacrés sont réellement tous aussi étranges ? »

Le Chevalier du Jugement m’observa, avec des yeux indéchiffrables.

Je ne comprenais pas pourquoi il me regardait comme ça.

Il ouvrit la bouche et parla lentement, en disant : « Oui, tout le monde a plus ou moins ses propres excentricités, mais nous respectons beaucoup la vie privée des autres Douze Chevaliers Sacrés. Tant que chacun d’entre eux remplit ses devoirs comme l’un des Douze Chevaliers Sacrés… même s’il était un cadavre qui se baladait librement, nous le respecterions autant que les autres. »

« … »

Donc le membre le plus étrange des Douze Chevaliers Sacrés, c’est moi ?

 

 

La Légende du Chevalier du Soleil T2C10 : Rassembler Les Fidèles

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 2 – Les Tâches Quotidiennes d’Un Chevalier

Roman d’origine en chinois par : 御 我 Yu Wo


Chapter 10: Recruit Worshippers – traduit du chinois vers l’anglais par Dahlys[PR!]
Chapitre 10 : Rassembler Les Fidèles – traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par LuluHime

 

Tout à coup, le Chevalier des Enfers balança un coup puissant à Elijah. Le coup se fit sentir fermement, comme ce dernier ne s’attendait évidemment pas à ce que son allié l’attaque. Il vola sur une certaine distance, pour finalement atterrir près du bord de l’arène, et presque en tomber.

J’ai failli avoir un infarctus ! J’ai réellement cru qu’il allait tomber !

Puisque qu’il avait reçu le coup de plein fouet, Elijah ne put se lever pendant un moment. Néanmoins, il fit de son mieux pour se relever.

Le Fils du Dieu de la Guerre s’élança pour lui donner le coup final, mais le Chevalier des Enfers défendit Elijah.

« Pourquoi le protèges-tu ? »

Le Fils du Dieu de la Guerre commença à devenir méfiant, et il rugit : « Est-ce que vous conspirez tous les deux contre moi ? »

Oh non !

« Conspirer contre vous ? »

Suprême Dragon des Enfers sourit à peine, et dit calmement : « Est-ce seulement possible dans une situation pareille ? Il n’y a qu’une princesse, et elle ne peut pas épouser deux personnes. C’est juste que si je vous laisse finir Elijah, je ne durerai pas très longtemps. »

En entendant cela, le Fils du Dieu de la Guerre sourit avec arrogance et affirma : « Même avec son aide, tu ne peux pas me vaincre. »

« C’est vrai. » Suprême Dragon des Enfers acquiesça sincèrement et ajouta : « Vous êtes très compétent à l’épée, peut-être meilleur que moi. Aussi, physiquement, vous êtes beaucoup plus fort que je ne le suis. »

Le Fils du Dieu de la Guerre rit bruyamment en déclarant : « Tu n’es pas mauvais non plus. Tu es extrêmement rapide ! »

Est-ce que vous avez besoin de si bien vous entendre ? Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer. Ce serait tout de même une bonne chose si Suprême Dragon des Enfers s’entendait bien avec le Fils du Dieu de la Guerre, par contre.

« Battons-nous loyalement ! » Suprême Dragon des Enfers se mit en garde.

Le Fils du Dieu de la Guerre répondit d’une voix grondant comme le tonnerre : « Certainement ! » Il se mit lui aussi en garde. À la fois Suprême Dragon des Enfers et le Fils du Dieu de la Guerre semblaient très enthousiastes.

À ce stade, Elijah réussit finalement à tenir sur ses pieds. Il paraissait découragé, au point qu’il était incapable de rejoindre la bataille. Je n’étais pas surpris de voir Elijah déprimé. Un de ses opposants était le Fils du Dieu de la Guerre, et l’autre était… Dans tous les cas, l’important était qu’ils étaient tous les deux inhumainement forts ! Perdre contre eux n’était pas quelque chose dont il faille avoir honte.

Je croyais que, une fois que les compatriotes d’Elijah auraient compris à quel point ces deux personnes étaient fortes, ils ne trouveraient pas la défaite d’Elijah infâme. Fondamentalement, n’importe qui pouvant se battre sur le même terrain que ces deux-là aussi longtemps pouvait déjà être considéré comme un des guerriers les plus puissants.

De plus, Elijah était un chevalier. Les chevaliers ne sont pas connus pour être de bons duellistes.

En d’autres termes, si Elijah, le Fils du Dieu de la Guerre et Suprême Dragon des Enfers dirigeaient chacun une escouade dans une guerre, Elijah serait le vainqueur. Il n’y avait pas moyen que le Fils du Dieu de la Guerre et Suprême Dragon des Enfers puissent l’emporter sur lui dans cette situation. C’était l’image que je tentais de créer. Dans un duel, Elijah ne pouvait tenir qu’un peu plus de dix minutes. Mais s’il s’agissait de diriger une armée, Elijah était sans aucun doute meilleur que les deux autres.

Personne ici présent, particulièrement les chevaliers royaux, ne considérerait la défaite d’Elijah comme un véritable échec.

Juste comme Elijah prenait une profonde respiration et rassemblait son courage pour rejoindre la bataille, je criai soudainement : « Elijah ! La princesse est en danger, protégez-la immédiatement ! »

Elijah marqua un temps d’arrêt avant de se précipiter par réflexe vers la princesse. Plaçant son corps devant la princesse, il se retourna et…

Une ombre noire perfora sa poitrine. Elijah tomba à terre instantanément, les mains crispées sur la poitrine, son visage tordu de douleur. Une fumée noire nauséabonde suintait de tout son corps.

Je courus aux côtés d’Elijah et me penchai pour l’examiner. Choqué, je m’exclamai : « C’est… une Malédiction des Ténèbres ! »

Pas le moins du monde effrayée par la fumée noire maudite qui ondulait autour du corps d’Elijah, la princesse bondit jusqu’à lui et hurla : « Elijah ! »

Mon visage était sévère comme j’inspectais les alentours, cherchant le coupable. Tous les regards suivaient le mien.

Une personne encapuchonnée dans le public se leva soudainement et enleva son déguisement… C’était une de ces sorcières rarement aperçues !

Wow !

Je résistai à l’impulsion de féliciter Rose de tout mon être.

La sorcière était une beauté gothique, avec des traits remarquables, un corps sexy, et une peau pâle avec une nuance de vert forêt. Ses vêtements étaient parfaitement déchirés, exposant ses jambes minces, un profond décolleté et son nombril. Par contre, ils n’étaient pas déchirés au point que sa vue soit classée X. C’était une vision magnifique, mais criarde et effrayante.

Bien qu’elle ne parût pas vivante, elle ne pouvait être considérée comme morte. À strictement parler, les sorcières étaient des créatures maudites. On dit « étaient maudites » mais, le plus souvent, c’étaient des femmes qui s’étaient maudites elles-mêmes. Elles voulaient devenir des sorcières pour obtenir la pouvoir de se venger.

J’avais spécialement demandé à Rose de ne pas envoyer une créature morte-vivante. Les créatures mortes-vivantes étaient trop facilement découvertes dans un endroit plein de chevaliers sacrés.

Toutefois, je ne m’attendais absolument pas à ce que Rose trouve une sorcière. Les sorcières ne sont pas du tout courantes.

La sorcière bondit sur la scène et se dirigea vers le roi d’un pas nonchalant.

Il faut savoir que, premièrement, les sorcières sont toujours considérées comme des femmes. Deuxièmement, ce sont des femmes qui ont un passé tragique, et qui ont subi une grave injustice. Troisièmement, cette sorcière était une beauté. Du coup, aucun chevalier présent ne souhaitait bloquer son chemin.

Elle ricana : « Je veux me venger, me venger, me venger ! »

Le plus jeune chevalier confident du roi cria : « Balivernes ! Comment peut-il y avoir une quelconque hostilité entre Son Altesse la princesse et une chose maléfique comme toi ! »

« Hahaha ! Je ne parlais pas de la princesse, mais de Sa Majesté le roi. Il m’a séduite puis m’a abandonnée. Il a même tué mon futur bébé. Mon cher enfant ! Maman t’a laissé partir ! » Un moment la sorcière riait, le suivant elle pleurait. Elle semblait totalement folle.

Comme il entendait cela, les yeux du roi s’élargirent. La reine, qui avait maintenu un sourire élégant tout ce temps, sembla soudainement déstabilisée. Tout le monde se tourna vers le roi avec une incrédulité totale. Se pourrait-il que le véritable visage du prince héritier soit réellement révélé si peu de temps après son couronnement ?

Le roi n’avait jamais paru plus enragé que ce jour-là. Les coins de ses lèvres tressaillaient sans fin, et ses mots se faufilèrent entre ses dents serrées. « Foutaises ! Je ne t’ai jamais rencontrée auparavant. »

« Pas vous, je veux dire votre père ! » s’écria la sorcière d’une voix perçante.

Tout le monde lâcha un soupir de soulagement. Le sourire vertueux et élégant revint sur le visage de la reine. La reine leva aussi commodément son talon haut qui était planté dans le pied du roi, et le cacha sous sa jupe longue à nouveau.

Beaucoup de grognements purent se faire entendre dans le public. « Pourquoi elle ne l’a pas dit plus tôt ? Je suis presque mort sous le choc. »

« Pendant un moment, j’ai pensé qu’une fois que le prince héritier était devenu roi, il était passé de mari fidèle à débauché. »

Je remarquai que le roi concentrait tous ces efforts pour supprimer la douleur de son pied. Il agita gentiment son pied blessé pour être sûr qu’il allait bien. Seulement alors il perdit les pédales et s’indigna en s’adressant à la sorcière : « Dans tous les cas, blesser et traîner dans la boue les innocents (mon pied est très innocent) est mal ! Chevaliers royaux, abattez-la immédiatement. »

En recevant les ordres du roi, les chevaliers royaux sortirent leurs armes en chœur. Sans aucun délai supplémentaire, les chevaliers entraînés encerclèrent la sorcière.

Les chevaliers sacrés regardèrent tous leur Capitaine-Chevalier, puis se tournèrent pour me regarder. Je fronçai les sourcils, disant : « Elle doit être une complice des créatures des ténèbres de la dernière fois. Quelle vile sorcière ! Nous ne pouvons l’autoriser à faire comme elle le souhaite et la laisser blesser la population. Mes frères chevaliers sacrés, assistez les chevaliers royaux immédiatement. »

Les chevaliers sacrés crièrent d’une seule voix : « Oui, sir ! »

Ils rejoignirent immédiatement la formation des chevaliers royaux. Comme ils se connaissaient depuis tant d’années, les chevaliers sacrés et les chevaliers royaux avaient une excellente coordination. La formation finale était tellement parfaite que, sans compter une sorcière, même un Seigneur de la Mort pourrait seulement aller vers sa seconde mort.

Encerclée, la sorcière attaquait avec tout ce qu’elle avait. Malheureusement pour elle, les attaques ordinaires étaient facilement bloquées par les boucliers des chevaliers. Leurs boucliers ne pouvaient les défendre contre ses sortilèges, mais la lumière sacrée des chevaliers sacrés pouvait les annuler. De cette manière, la sorcière était rendue totalement impuissante.

Les chevaliers royaux posèrent leurs lances dans les espaces entre les boucliers, s’avançant progressivement vers la sorcière à chaque pas. La sorcière désespérée fit un ultime essai pour s’enfuir, en criant comme une bête sauvage.

Elle avait auparavant effectué un bon travail en piégeant Elijah, se débrouillant pour le maudire avant même que les autres chevaliers ne puissent réagir. Néanmoins, elle était incapable de se défendre dans cette bataille. Elle put seulement regarder, impuissante, tandis que les lances se rapprochaient lentement et transperçaient son corps. Peu importe comment elle attaquait, elle ne pouvait pas causer une seule égratignure aux chevaliers.

Je me tournai, ne voulant pas assister à cette scène. Bien qu’elle ne fût qu’une sorcière, peut-être même une fausse créé par Rose, je trouvais abominable de voir une chose innocente mourir à cause de mes stratagèmes.

« Chevalier du Soleil ! » hurla la princesse. « Elijah est en train de m-mourir ! »

Comment peut-il déjà être en train de mourir ? J’avais demandé à Rose de choisir une malédiction qui semblait terrible, mais qui soit relativement inoffensive.

Mais, au cas où Rose me jouerait une mauvaise blague, je courus à leur côté. Je sortis le bracelet de roses qui était à l’origine conçu comme un cadeau de fiançailles et déclarai : « Princesse, je vous en prie, brisez les roses pour maintenir Elijah en vie jusqu’à ce que Sa Sainteté le Pape ait fini de chanter l’incantation pour le Sort de Soin Ultime. »

Ce foutu vieil homme prend vraiment son temps. C’est seulement après qu’il ait entendu mes mots qu’il a commencé à chanter l’incantation.

Avant même que j’eus fini de parler, la Princesse saisit le bracelet de roses comme s’il était fait de cailloux sans valeur, ramassés dans la rue. Elle brisa une rose après l’autre rapidement. Juste de la voir détruire tout mon dur labeur était une pure agonie.

« Ma sœur, ma sœur, brise-les moins vite ! Ralentis ! Le sort de soin ne sera pas plus efficace en brisant plus rapidement les roses ! » s’exclama le roi.

Je n’aurais jamais pensé que Sa Majesté le roi serait dans une agonie plus profonde que la mienne en voyant sa sœur briser les roses. Maintenant que j’y pensais, il devait probablement déjà considérer le bracelet de roses comme le sien.

J’avais à l’origine prévu d’offrir ce bracelet au roi comme une excuse formelle. C’était pour l’empêcher de me causer des problèmes plus tard …Hein ? Dans ce cas, pourquoi est-ce que cela m’énerve ? Le bracelet n’est pas le mien dans tous les cas.

Le combat à mort s’était arrêté il y a longtemps. Le Fils du Dieu de la Guerre, qui avait ignoré les évènements jusqu’ici, déclara froidement : « Le Chevalier du Soleil sait comment utiliser la Résurrection, alors quel est le problème s’il meurt ? »

Tout le monde se rassembla autour de moi. Même la princesse leva la tête et demanda avec espoir : « Vraiment ? Est-ce vrai ? »

J’acquiesçai avec précaution et admis : « Sun sait en effet comment utiliser la Résurrection. »

Tout le monde explosa en un brouhaha.

« Mais, à moins de ne pas avoir d’autre choix, et que les personnes concernées acceptent, Sun ne se servira jamais de ce genre de magie sacrée ! » décrétai-je soudainement avec fermeté.

« P-Pourquoi ? » s’écria la princesse, alarmée. Après tout, celui aux portes de la mort était son bien-aimé.

« Parce qu’il y a trop de restrictions. La Résurrection peut seulement être utilisée dans les huit heures suivant la mort. Si elle est employée sur un corps qui est mort depuis plus de huit heures, le cadavre deviendra une créature des ténèbres ! Aussi, la Résurrection n’a aucun effet sur ceux qui sont morts de vieillesse, de maladie, ou empoisonnés. » Je m’arrêtai un moment avant d’ajouter : « C’est dangereux d’employer la Résurrection sur une personne maudite comme Elijah. Même s’il revit, la malédiction qui pèse sur lui ne sera pas levée. Il peut mourir à nouveau presque immédiatement des effets de la malédiction. En plus, la Résurrection a beaucoup d’effets secondaires possibles. Les effets secondaires connus incluent l’apparition de corne, se couvrir de fourrure, la pousse d’un bras supplémentaire, devenir fou, et devenir handicapé à vie.

Je mentionnai toutes les faiblesses de la Résurrection en un souffle. Maintenant que le monde entier connaissait ses défauts, quoiqu’avec une petite exagération, j’allais m’épargner la visite de personnes venant me voir pour que je ressuscite quelqu’un.

Le cœur de tous ceux regardant la scène s’effondra en entendant mes propos. La princesse en fut particulièrement affectée. Sa voix était secouée par des sanglots.

Seul le Fils du Dieu de la Guerre était extatique. C’était parce qu’il avait enfin compris le fait que la Résurrection était un sort presque inutile. L’Église du Dieu de la Lumière ne pourrait pas s’étendre en empruntant le pouvoir d’un tel sort.

« Le prix de la résurrection est toujours plus élevé que celui de la mort », finis-je avec insistance.

À ce moment-là, le Pape qui n’était pas pressé finit de chanter son incantation. Il récita doucement : « Soin Ultime. »

La douce lumière jaune de soin descendit sur Elijah. En un court instant, avant même que la lumière ne se fut dissipée, Elijah gémit. Il ouvrit les yeux, fit un grand sourire et dit : « Votre Altesse… »

« Elijah ! Oh, Elijah ! » La princesse serra fort dans ses bras son bien-aimé.

À cette vision, le Fils du Dieu de la Guerre eut un air mauvais, comme un mari trompé. Il se dressa de toute sa hauteur et s’avança vers les deux tourtereaux. Les guerriers derrière lui lui emboitèrent le pas. Les chevaliers sacrés me regardèrent tous pour obtenir des instructions. Sans incitation, ils ne bougeraient pas d’un muscle. Les chevaliers royaux s’avancèrent rapidement et précisément pour protéger Elijah et la princesse. En un éclair, ils formèrent un mur invincible de boucliers.

Le Fils du Dieu de la Guerre ricana. Les guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre levèrent simultanément leurs armes. Les chevaliers royaux sortirent également leurs lances de derrière les boucliers. La tension dans l’air était déstabilisante.

Au début, les chevaliers sacrés furent soulagés de se contenter d’observer à distance. Soudain, un chevalier sacré quelconque s’exclama : « Ah ! Notre Chevalier du Soleil n’espérait-il pas lui aussi épouser la princesse ? »

Les chevaliers sacrés se réveillèrent en sursaut. Ils regardèrent leur capitaine respectif, attendant les ordres. Les Douze Chevaliers Sacrés me fixèrent tous du regard… J’avais presque oublié que j’étais l’une des personnes se battant pour obtenir la main de la princesse.

Très ému, je louai : « Ah ! Un chevalier qui se sacrifie pour sauver une princesse, et la princesse versant ses adorables larmes de gratitude. Quelle histoire touchante ! Pas même la bienveillance du Dieu de la Lumière ne pardonnerait à Sun s’il brisait ce couple tendre ! »

Les Douze Chevaliers Sacrés se détournèrent de moi et continuèrent à observer le spectacle.

Remarquant cela, les chevaliers sacrés restèrent également à l’écart pour contempler le combat. Puisque les chevaliers sacrés et les chevaliers royaux étaient des voisins qui vivaient dans la même ville, et parce qu’Elijah était plutôt populaire, la plupart des chevaliers sacrés choisirent d’encourager Elijah et les chevaliers royaux.

Voyant combien les chevaliers sacrés étaient enthousiastes dans leurs acclamations, additionné au fait que les jeunes personnes tendent à avoir le sang chaud, je croyais que si un combat avait réellement lieu entre les chevaliers royaux et le Monastère du Dieu de la Guerre, les chevaliers sacrés seraient incapables d’éviter de rejoindre la bataille.

Les chevaliers royaux et les guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre maintinrent leurs positions. Ils se fusillèrent mutuellement du regard, prêts pour la confrontation finale. Un silence de mort régnait dans le stade, annonçant le début d’une guerre… Si ce n’était pas pour une bande de chevaliers sacrés encourageant et agitant des drapeaux, amenant dans l’arène l’ambiance d’une compétition, l’atmosphère serait assez tendue.

À en juger par leur enthousiasme apparent, on a l’impression que se battre démange plus mes propres chevaliers sacrés que de juste encourager leurs amis.

« Ces types du Monastère du Dieu de la Guerre ont battu nos camarades de l’Église du Dieu de la Lumière ! »

« Ils ont même osé attaquer la Section du Chevalier du Soleil. Ils doivent en avoir marre de vivre ! »

« Chevaliers royaux, chargez ! Tuez ces enflures du Monastère du Dieu de la Guerre, ils ont presque assassiné Adair ! »

Je jetai un regard interrogatif au Chevalier de la Tempête. Storm haussa les épaules et expliqua : « Ton Vice-Capitaine Adair est aussi populaire parmi les chevaliers sacrés qu’Elijah l’est parmi les chevaliers royaux. La réputation de ta Section du Chevalier du Soleil correspond à celle de la bande des jeunes chevaliers d’élite dirigée par Elijah. En conclusion, ta Section du Chevalier du Soleil est très appréciée par tout le monde, que ce soit les citoyens, les membres de l’Église du Dieu de la Lumière, les chevaliers du Temple Sacré, ou même les chevaliers royaux. Même moi je vais parfois les voir pour qu’ils m’aident. »

« Oh ! » gloussai-je. C’était donc cela. Il semblerait que j’aie sérieusement sous-estimé Adair et ma Section du Chevalier du Soleil. La prochaine fois, je pourrais leur confier plus de missions.

« Sun, ne ris pas comme ça ! Ça me donne l’impression de leurs avoir causé du tort… » On aurait dit que Storm me parlait en même temps qu’il marmonnait pour lui-même.

« Comment peux-tu dire cela, mon frère Storm ? Je jure au Dieu de la Lumière que l’aide que mon frère Storm m’a donnéayonne autant que l’Église du Dieu de la Lumière ! »

« Alors, je leurs ai vraiment causé du tort. » Storm soupira et murmura : « On dirait bien que je doive leur payer un verre plus tard. »

« Concrètement parlant, est-ce que tu prévois de laisser les chevaliers sacrés se battre ou non ? » demanda Storm, perplexe. Il ajouta : « Tu ne pourrais pas nous le dire d’abord, pour qu’on puisse s’y préparer psychologiquement ? »

« Je crois que le bienveillant Dieu de la Lumière souhaite seulement à un amour naissant de fleurir, et ne désire nullement voir de la violence inutile et des effusions de sang. »

« Oh. »

Les Douze Chevaliers Sacrés écartèrent leurs mains de leurs armes. Blaze sembla même déçu. Il grogna : « Et moi qui pensais que je pourrais y aller à fond pour une fois… »

Quand la situation fut à deux doigts de glisser hors de contrôle, le roi se leva lentement. Il hurla : « Arrêtez cela maintenant ! »

« Votre Majesté », cria furieusement le Fils du Dieu de la Guerre. « Avez-vous oublié notre accord !? »

Le roi devint silencieux. Bien que le Fils du Dieu de la Guerre sût qu’il avait fait un lapsus, il se renfrogna. Il ne semblait pas avoir l’intention de retirer ses paroles.

Je dis sincèrement : « Fils du Dieu de la Guerre, il est dit que l’amour trouve toujours une voie. Y a-t-il un quelconque préjudice à laisser deux amoureux être ensemble ? Même Sun a accepté de se retirer. Le Fils du Dieu de la Guerre souhaiterait-il continuer à rendre les choses difficiles pour ce couple ? »

« Hmph ! » ricana le Fils du Dieu de la Guerre.

Je répondis à son ricanement par un sourire rayonnant. Je savais que son intérêt n’était pas pour la princesse. « Pourquoi ne laisserions-nous pas le roi compenser l’échec de la princesse à retourner votre amour en bâtissant une branche du Monastère du Dieu de la Guerre dans le Royaume du Son Oublié ? Comment cela vous semble-t-il ? »

Le roi et le Fils du Dieu de la Guerre me fixèrent tous les deux avec une stupéfaction totale. Même mes propres Douze Chevaliers Sacrés froncèrent des sourcils. Je continuai à sourire radieusement.

« Je pourrais accepter une excuse sincère comme celle-ci… » Le Fils du Dieu de la Guerre parla lentement en jetant des coups d’œil au roi. Voyant que le roi n’avait pas l’attention de contester, le Fils du Dieu de la Guerre lui donna un brusque hochement de tête et s’exclama : « C’est décidé ! » Il soupira et dit : « En vérité, je ne veux pas non plus séparer une paire de tourtereaux. »

J’hochai la tête à profusion tandis que je le félicitais : « Je le savais ! J’ai entendu dire que le Dieu de la Guerre est un romantique. Il ne ferait jamais quelque chose comme briser des cœurs. »

« Tu as raison ! Notre Dieu de la Guerre est vraiment un romantique. Je suis surpris que toi, le Chevalier du Soleil, tu comprennes si bien notre Dieu de la Guerre. » Le Fils du Dieu de la Guerre hocha la tête pour montrer son accord. L’hostilité dans ses yeux avait disparu.

Je dis civilement : « Je suis flatté. C’est tout à fait naturel puisque, après tout, nous sommes voisins ! »

« Est-ce que vous devez tous les deux être sur la même longueur d’onde ? » marmonna Storm pour lui-même.

Avec les choses comme elles l’étaient, il n’y avait plus besoin d’un combat à mort.

Après avoir salué Suprême Dragon des Enfers et arrangé la date de leur prochain combat d’entrainement, le Fils du Dieu de la Guerre et ses guerriers partirent sans ne jeter guère plus qu’un regard à la princesse.

Les chevaliers royaux, qui ne pouvaient rien comprendre à la situation, nous regardèrent Elijah et moi avec des yeux soupçonneux.

Je les ignorai, rassemblai tous les chevaliers sacrés, et m’avançai vers la sortie du stade.

Comme j’étais sur le point de quitter le stade, je me tournai abruptement pour faire face à Elijah. Souriant, je déclarai : « Oh ! J’avais presque oublié, Chevalier Elijah, merci d’avoir sauvé mon Vice-Capitaine, Adair. »

Surpris, Elijah fit une pause un moment. Il rayonna alors qu’il disait : « De rien. Dans ce cas, nous pouvons dire que nous sommes quittes maintenant, Chevalier du Soleil. »

 

 

Quelques jours plus tard, Elijah vint me voir en secret avec un message.

« Le roi souhaite que je vous demande de remplacer les huit roses que la princesse a utilisé sur moi le plus tôt possible. »

Je lâchai un soupir de soulagement. Cette déclaration signifiait que le roi souhaitait accepter mon cadeau d’excuses. Je ne pouvais pas être certain s’il allait ou non m’en tenir rigueur, mais au moins j’étais confiant sur le fait qu’il ne me causerait pas de problème en vue et au sus de tout le monde.

« Aussi, Son Altesse la princesse dit que vous avez été promu de l’incarnation du type méprisable à celle d’un type méprisable et sympa… »

Ma seule réponse fut de sourire amèrement. Bien qu’Elijah eût fini de livrer les messages, il donnait l’impression qu’il avait encore quelque chose à dire. Voyant cela, je décidai de ne pas partir immédiatement.

Après un long moment, Elijah articula finalement, un peu embarrassé : « Marcher dans les ténèbres tout en tournant le dos à la lumière… V-Vous ne comprendrez jamais combien ces mots comptent pour moi. »

Je lui adressai un sourire rayonnant. Évidemment je comprends à quel point ces mots sont importants. Depuis que je les ai dits au Chevalier du Jugement quand il était déprimé, il n’a jamais été capable de refuser une seule de mes requêtes insensées.

Elijah annonça avec une sincérité totale : « S’il-vous-plaît ne vous inquiétez pas. Même si le Monastère du Dieu de la Guerre a été autorisé à bâtir un temple secondaire dans le Royaume du Son Oublié, moi, les chevaliers royaux et la princesse restons loyaux à l’Eglise du Dieu de la Lumière. »

J’eus un sourire incandescent en le remerciant : « En tant que représentant du Dieu de la Lumière, j’exprime une gratitude absolue envers vous, Chevalier Elijah. »

« Tout comme étant le chevalier royal Elijah, je vous remercie sincèrement également, Chevalier du Soleil. Mais… » Elijah hésita visiblement, puis demanda : « Que va-t-il se passer avec le faux Capitaine-Chevalier des Enfers ? »

« Hmm ? Pourquoi dites-vous que le Capitaine-Chevalier des Enfers est faux ? » J’affichai une expression confuse pour coller à la situation parfaitement et répliquai : « Sun ne comprend pas ce que vous voulez dire. »

Elijah fut sidéré. Il y réfléchit un moment, avant de sourire ironiquement et de dire : « Non, vous devez avoir mal entendu. Je voulais dire que le Chevalier des Enfers a d’excellentes compétences à l’épée. Si possible, j’aimerais pouvoir m’entraîner avec lui. »

« Merci pour le compliment. Je transmettrai le message au Capitaine-Chevalier des Enfers. »

Elijah était ravi. Il ajouta : « J’espère réellement pouvoir mieux le connaitre. »

« Évidemment, vous le pouvez », lui assurai-je avec un sourire.

Elijah acquiesça et annonça : « Dans ce cas, je devrais partir. Chevalier du Soleil, s’il y a quoi que ce soit pour lequel vous ayez besoin d’aide, sentez-vous libre de me demander. J’espère que vous comprenez que je ne refuserais aucune de vos requêtes, tant qu’elles n’impliquent pas de trahir la famille royale. »

Je lui adressai un long et dur regard. Finalement, j’acceptai : « D’accord. Si Sun éprouve des difficultés, il vous demandera de l’aide en tant qu’“ami”. »

Elijah hocha la tête avec précaution et dit : « Je comprends. À partir de maintenant, le Chevalier des Enfers reste au Temple Sacré et Elijah reste au palais. Je n’ai plus aucune connexion avec le Chevalier des Enfers à part être un de ses amis. »

J’hochai la tête avec satisfaction. Après avoir salué, Elijah sortit.

À ce moment-là, une autre personne, le Chevalier du Jugement, sortit de l’ombre. Il regarda dans la direction dans laquelle Elijah était sorti, puis se tourna pour me regarder.

Comme d’habitude, je commençai automatiquement à expliquer : « Même sans le mariage du Fils du Dieu de la Guerre avec la princesse de notre pays, beaucoup de jeunes ont déjà rejoint le culte du Monastère du Dieu de la Guerre. Une religion n’est pas comme un pays, étant donné que c’est impossible de définir des frontières géographiques. On ne peut pas dire que les habitants d’un pays doivent croire au Dieu de la Lumière, et que les habitants d’un autre doivent croire au Dieu de la Guerre. »

Judgment hocha la tête. « Tu n’avais pas l’intention d’exclure totalement le Dieu de la Guerre du Royaume du Son Oublié. »

« Parce que c’est impossible à faire », répondis-je brusquement. « De la même manière qu’il y a des croyants du Dieu de la Lumière dans le Royaume de l’Orchidée Lunaire, il y a des croyants du Dieu de la Guerre, et même des croyants du Dieu de l’Ombre dans le Royaume du Son Oublié.

« Quelle que soit la raison, je ne pouvais pas autoriser le Fils du Dieu de la Guerre à épouser la princesse. C’était en effet dangereux, comme de nombreux jeunes soupiraient après la princesse. Encore pire, le roi n’a pas de fils héritier. L’enfant du Fils du Dieu de la Guerre et de la princesse pourrait très probablement devenir le successeur au trône. Si le fils du Fils du Dieu de la Guerre devenait le roi du Royaume du Son Oublié, cela aboutirait à une crise sans précédent pour l’Église du Dieu de la Lumière. »

Judgment hocha la tête à nouveau pour montrer sa compréhension.

Je poursuivis, disant : « Même si on ne parle pas d’une affaire aussi lointaine que le prochain roi, nous ne pouvons quand même pas autoriser le Fils du Dieu de la Guerre à devenir un membre de la famille royale. Cela aurait influé sur les croyances des chevaliers royaux. Et, parce que beaucoup de jeunes de ce pays visent à devenir des chevaliers royaux, leurs croyances vont suivre celles des chevaliers royaux. D’un autre côté, si les chevaliers royaux et le Monastère du Dieu de la Guerre sont à couteaux tirés, cela affectera aussi grandement les croyances des jeunes. »

Judgment hocha la tête encore une fois et reprit mon explication : « Elijah est le chef des jeunes parmi les chevaliers royaux. Les jeunes sont les plus importants pour les religions, vu que les gens plus âgés sont peu susceptibles de changer leur foi. Gagner Elijah équivaut à gagner tous les chevaliers royaux. Maintenant qu’Elijah est fiancé à la princesse et que le roi n’a pas encore d’héritier, leur enfant pourrait peut-être devenir le prochain roi. Donc, même si le Monastère du Dieu de la Guerre possède une branche dans le Royaume du Son Oublié, cela ne fera pas trembler les fondations de l’Église du Dieu de la Lumière. »

Judgment fit une pause pendant un instant, et ajouta gravement : « Bien que tu aies su que tant que le roi et le Fils du Dieu de la Guerre aboutissaient à un accord privé pour remplacer la main de la princesse en bâtissant un temple secondaire dans le Royaume du Son Oublié, tout aurait pu se résoudre, tu as quand même démarré un combat à mort. Tu as tiré avantage du combat à mort pour provoquer les chevaliers royaux et les guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre, semant la discorde entre ces deux factions précédemment amicales. Mais, ce n’était pas assez pour toi.

« À la fin du combat à mort, tu as délibérément remercié Elijah d’avoir sauvé Adair. Cela leur a laissé penser que la seule raison pour laquelle tu ais accepté la construction d’une branche du Monastère du Dieu de la Guerre en échange de la princesse était parce qu’Elijah avait sauvé Adair. En résultat, l’opinion des chevaliers royaux pour toi s’est encore améliorée. » Judgment lâcha un soupir. « Tu es vraiment– »

Je l’interrompis avec un grognement. « Judgment, tu me connais en effet très bien. Mais ne va pas trop loin. Je suis vraiment reconnaissant envers Elijah pour avoir sauvé Adair. Doutes-tu vraiment de ma détermination à protéger mes frères chevaliers sacrés ? Mais, tu avais raison sur un point ; j’ai en effet remercié Elijah devant tout le monde pour une raison : mais cette raison n’était pas de faire en sortes que les chevaliers royaux m’apprécient. C’était pour disperser toute notion de collaboration entre Elijah et le Temple Sacré ! »

« Je suis désolé. » Ayant entendu mon explication, Judgment s’excusa immédiatement. Il donna les raison de sa théorie : « Je suis vraiment désolé de t’avoir mal compris. Je t’ai mal jugé uniquement parce que les méthodes que tu as employées récemment m’ont fait me sentir un peu déçu. »

« J’ai employé ces méthodes seulement pour accomplir ce que le Chevalier du Soleil doit légitimement faire. Non seulement cela, je n’ai jamais laissé un seul innocent être blessé ! Durant les deux dernières fois, à part ce gros proc de roi qui méritait ce qu’il lui est arrivé, est-ce que quelqu’un a été blessé par mes stratagèmes ? »

J’étais tellement furieux que ma voix trembla tandis que je disais : « J’ai fait de mon mieux pour m’assurer que personne ne serait blessé alors que je remplissais mes devoirs. Encore mieux, je me suis arrangé pour qu’il y ait toujours une fin heureuse. Et toi, Lesus du Jugement, la personne qui me connaît le mieux, tu dis que je te déçois ? »

Judgment inclina la tête, perdu dans ses pensées pendant un instant. Il me regarda ensuite droit dans les yeux et affirma : « Capitaine-Chevalier du Soleil, tu as en effet rempli ton devoir. Non seulement cela, tu n’as blessé personne que tu n’aurais pas dû blesser. Crois-moi, je suis réellement désolé ! »

« Lesus, ce n’est pas que je ne veuille pas te pardonner. Mais, je pense que tu es allé un peu loin. » Je refusai d’accepter ses excuses et dis obstinément : « Rassembler des fidèles est mon devoir majeur, et je n’ai jamais oublié ce qu’un Chevalier du Soleil doit ou ne doit pas faire. J’admets que mes méthodes soient sinistres, mais si je veux coller à mon approche de refuser que quiconque soit blessé, je n’ai pas d’autre choix ! »

« Je suis désolé. Au nom de Lesus du Jugement, je jure au Dieu de la Lumière que je ne répèterai pas ce genre d’erreur une nouvelle fois. »

J’y réfléchis soigneusement avant d’hocher la tête et d’accepter ses excuses. Je saisis l’opportunité pour faire la demande : « Que penses-tu de cela, je te pardonnerai si tu promets d’accepter dix de mes demandes, sans conditions. »

« …Tu as besoin que je te fasse une promesse ? Depuis quand est-ce que je refuse tes demandes ? »

« Tu ne peux pas me les refuser, parce que ces demandes sont des affaires officielles. Mais, parfois, je veux ton aide pour des affaires privées ! »

Judgment demanda, plein de doutes : « Est-ce qu’escalader le mur pour acheter des tartes aux myrtilles est aussi considéré comme une affaire officielle ? »

« C’était juste une requête, pas une demande », niai-je immédiatement.

« Maintenant, j’ai compris. Tu as des affaires privées encore plus absurdes. Juste “solliciter” n’est pas suffisant, tu dois donc “demander”. C’est bien ça ? »

«  Heh heh », ris-je. « Je n’ai rien pour toi maintenant, mais je ne suis pas sûr que je n’aurais pas quelque chose dans le futur. Comme assurance, je dois saisir la chance que tu commettes une erreur pour te faire accepter mes demandes. »

« …Trois demandes. »

« Marché conclu ! » J’acceptai immédiatement. Puisque je pêchais en eaux troubles,  je devais prendre ce que je pouvais.

Judgment soupira à mon action d’exploitation. Il demanda : « Que vas-tu faire à propos de Suprême Dragon des Enfers ? »

« Oh ! » J’eus un sourire rayonnant. « N’es-tu pas heureux que le Capitaine-Chevalier des Enfers soit revenu ? »

Judgment me lança un regard et demanda étrangement : « Que veux-tu dire ? »

Je souris comme j’expliquais : « Depuis que tu as treize ans, personne au Temple Sacré n’a osé s’entraîner avec toi. Dix ans plus tard, il y a enfin quelqu’un dans le Temple Sacré avec qui tu peux pratiquer ta technique à l’épée. Ne devrais-tu pas être heureux ? Crois-tu avoir gardé assez de temps de repos pour aller au Monastère de la Guerre dans le pays voisin afin de défier le Fils du Dieu de la Guerre ? »

Le Chevalier du Jugement réfléchit à la question et lutta intérieurement tandis qu’il murmurait : « Mais, c’est un Seigneur de la Mort. Il est extrêmement dangereux ! »

« Un Seigneur de la Mort dans l’Église du Diu de la Lumière, dans cette forteresse contre les créatures des ténèbres ? Sommes-nous ceux en danger, ou est-ce lui ? »

Judgment songea à la question pendant un moment. Il acquiesça finalement et déclara, impuissant : « Fais ce que tu veux. De toute façon, je l’ai enfin réalisé… Il est loin d’être aussi dangereux que toi. »

1/2 Prince T3C7 : La Bataille Débute

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 3 – Les Chroniques d’un Prince Vagabond
Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 7: The Battle Begins – Traduit du chinois vers l’anglais par Amphrase [PR!]
Chapitre 7 : La Bataille Débute  – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Yu Lian, est-ce qu’il nous manque encore beaucoup d’argent ? » demanda Ugly Wolf. Il regarda sa femme – dont les sourcils étaient verrouillés en froncement depuis ces derniers jours – avec détresse.

« Beaucoup, beaucoup d’argent. » Le froncement entre les sourcils de Yu Lian se creusa encore plus tandis qu’elle discutait des comptes financiers avec Ice Phoenix. Elles avaient toutes les deux l’air pâle.

« Ça ne fonctionne pas. On ne tiendra plus très longtemps, pas à moins que nous ne trouvions bientôt d’autres façons d’obtenir de l’argent. Dans deux semaines, l’administrateur du jeu va retirer tous les gardes PNJs, et les membres des Lames Vertueuses qui sont dehors à essayer de gagner de l’argent vont définitivement devoir rentrer pour protéger la Cité de l’Infini. À ce moment-là, nos finances seront dans un état encore pire », déclara Yu Lian, préoccupée.

« Mais, n’y aura-t-il pas des joueurs visitant et dépensant de l’argent dans notre cité à ce moment-là ? » s’enquit Ugly Wolf.

« Non, la cité en sera à peine à ses débuts, alors nous ne ferons aucun profit avant un bon moment. Nous n’avons pas assez de gens pour travailler comme commerçants, gardiens de la paix, ou comme soldats non plus, par conséquent nous devons continuer à agrandir notre personnel… Ces dépenses à elles seules sont assez choquantes, sans mentionner le fait que nous devons poursuivre la construction de la cité. Les cent mille pièces de cristal que nous possédons en ce moment ne seront pas suffisantes pour réaliser nos buts », analysa Phoenix.

Ugly Wolf pencha sa tête sur un côté tandis qu’il réfléchissait longuement à cette information. « Les plans de la cité dessinés pas Gui sont presque terminés. Est-ce qu’on devrait l’envoyer aux trois autres cités pour chanter dans les rues afin de gagner des pourboires ? »

« Mm ! » Yu Lian nota la nouvelle méthode pour augmenter les revenus de la cité avec un air sérieux sur son visage.

« Alors, combien d’argent es-tu parvenu à soustraire aux autres joueurs, Lolidragon ? » questionna Ugly Wolf en s’adressant à Lolidragon qui se prélassait à proximité.

« Les cent mille pièces de cristal que j’ai obtenues en les soustrayant aux autres ont été utilisées depuis longtemps », répondit Lolidragon. Elle roula des yeux à l’intention d’Ugly Wolf. « Je suis déjà une fugitive recherchée. Mon apparence et mes méthodes sont connues de tous à travers les Cités du Soleil, de la Lune, et de l’Étoile à présent. Ce n’est plus possible de les tromper. »

« Quel dommage… »

« Si Prince était ici, il pourrait accompagner Gui pour performer dans les rues. » Lolidragon haussa les sourcils. « Sa voix est vraiment bonne ; et avec le visage qu’il a, il gagnerait certainement beaucoup d’argent. »

« Est-ce que Prince chante vraiment bien ? » Phoenix s’immergea dans son imagination…

« Dans ce cas, quand Prince sera rentré, nous allons l’envoyer performer dans les rues. Avec ses capacités, s’il prend au sérieux une tâche qui lui est assignée et gagne de l’argent, et si nous vendons quelques petits trésors, nous devrions être capables de récupérer tous nos fonds ! » calcula Yu Lian.

« Le problème est : est-ce que cet idiot va prendre au sérieux la tâche qui lui est assignée ? » contredit Lolidragon.

…C’est un autre gros problème !

« Nous avons des ennuis », déclara Nan Gong Zui alors qu’il entrait lentement, la mine sombre.

« Tu pourrais ne pas te servir d’une ligne d’ouverture aussi choquante ? Nous savons tous que nous avons des ennuis vu l’état dans lequel sont les choses », répliqua Lolidragon, roulant des yeux à l’adresse de Nan Gong Zui.

Ce dernier ignora Lolidragon. Il y avait une trace de colère dans sa voix tandis qu’il expliquait : « Fan est en train de recruter des soldats. Ils vont envahir la Cité de l’Infini une fois que les gardes PNJs seront partis. »

« Fan ? » En entendant le nom de son ex petit copain, Phoenix fronça les sourcils, et un sentiment compliqué s’empara de son cœur.

« Un désastre après l’autre. » L’expression de Yu Lian s’assombrit. « Maintenant, nous allons aussi devoir recruter plus de soldats. »

« Prince n’est pas encore de retour ? » demanda Nan Gong Zui calmement.

« Euhhh, à ce sujet… » commencèrent à bredouiller les membres d’Odd Squad.

Nan Gong Zui se tourna pour faire face à Ice Phoenix. D’une voix gentille mais ferme, il dit : « Phoenix, sors de la pièce quelques minutes. Il y a des choses dont je dois discuter avec les membres d’Odd Squad. »

Bien qu’elle fût réticente à partir, Phoenix savait qu’il valait mieux ne pas discuter. Avec une petite voix, elle répondit « d’accord » puis sortit docilement de la pièce.

Nan Gong Zui observa Phoenix fermer la porte, et se retourna ensuite pour faire face aux membres d’Odd Squad.

« Qu’est-il arrivé à Prince exactement ?  Dîtes-le-moi. »

Il y eut un long silence dans la pièce…

« Je suis conscient que, bien que Prince soit remarquablement fort et estime ses amis et l’honneur grandement, il est aussi naïf, un peu idiot, en plus de n’avoir aucun sens de l’orientation », affirma Nan Gong Zui sans discontinuer.

« Tu aurais dû le dire plus tôt ! » Tout le monde lâcha un soupir de soulagement.

« Ainsi, tu étais déjà au courent de la véritable personnalité de Prince ; tu aurais dû nous le dire avant, nous étions à moitié mort d’inquiétude ! » Lolidragon tapota sa poitrine, ne s’étant pas encore remis de sa frayeur.

« Où est Prince exactement ? » s’enquit encore Nan Gong Zui patiemment.

« Il se trouve sur le Continent de l’Est », répondit sans hésitation Ugly Wolf maintenant qu’il n’avait plus besoin de cacher la vérité.

Nan Gong Zui fronça les sourcils avec incompréhension. « Qu’est-ce qu’il fiche là-bas ? »

« C’est le résultat de son manque d’orientation et du fait d’avoir bu. » L’expression de Lolidragon se rembrunit.

« … » Même s’il était déjà conscient de la véritable personnalité de Prince, Nan Gong Zui ne put s’empêcher de rester stupéfait pendant un moment. « Quand va-t-il revenir ? »

« Nous l’ignorons », répondit Lolidragon avec honnêteté.

« Vous ne semblez pas tant vous soucier de Prince », dit Nan Gong Zui doucement, mais l’insatisfaction était évidente dans le ton de sa voix.

« Ce n’est pas qu’on s’en moque, c’est juste qu’on ne veut pas devoir l’emprisonner pour l’instant », répliqua Lolidragon calmement.

Nan Gong Zui lui lança un regard d’incompréhension.

« Tu comprendras quand le moment viendra », ajouta Yu Lian avec un sourire.

Juste à ce moment-là, Gui pénétra dans la pièce. La première phrase à quitter sa bouche fut : « Mauvaise nouvelle. »

Il reçut plusieurs regards noirs en guise de réponse.

« Que s’est-il passé cette fois ? » questionna Lolidragon paresseusement.

« Wicked a dit que Prince allait peut-être devoir retarder son retour », annonça Gui, clairement tourmenté par la nouvelle.

« Mais, qu’est-ce que cet abruti fabrique ? » Une veine saillit sur le front de Lolidragon.

Wicked, qui était entré dans la salle après Gui, fronçait les sourcils. « Il a refusé de le dire, mais ça semblait être d’une grande importance. Il a dit qu’il allait se dépêcher de rentrer dès que possible. »

« Dès que possible ? L’ennemi frappe presque à nos portes, et pourtant notre suzerain est encore en train d’errer sur le Continent de l’Est ? » Lolidragon se leva abruptement. « Non, Wicked, dis-lui qu’il doit prendre le bateau d’ici trois jours, peu importe ce qu’il fabrique. Comment est-ce que nous sommes censés nous battre dans cette guerre quand notre suzerain n’est même pas là ? »

« Je vais transmettre ton message », promit Wicked en hochant la tête, mais après un instant de réflexion, il ajouta : « Par contre, je ne peux pas prévoir ce qu’il va faire. »

« Ce crétin ne peut même pas prédire ses propres actions, alors comment est-ce que tu le pourrais ? » répondit Lolidragon, se massant les tempes. D’un ton las, elle continua : « On ne peut qu’espérer qu’il sera de retour avant que Fan n’atteigne la cité. Après tout, Prince est le cœur de la Cité de l’Infini. »

 

 

« Hahaha ! » Je rigolai pour moi-même, en pensant, Les fragments de la carte ont été un jeu d’enfant à rassembler. Tout ce que j’ai eu à faire a été de répondre à quelques questions données par le prophète du nord dans le marché de produits frais, et ensuite de gagner contre le prophète de l’est dans un jeu de Sic Bo1 dans une maison de jeux, et les trois morceaux de cartes étaient tous à moi. Cette quête est si facile !

« Comment est-ce possible pour quelqu’un de différencier vingt différentes sortes de légumes et dix sortes de poisson les unes des autres ?  Et même d’épeler leurs noms ? » demanda Yun sans y croire. Tous les poissons avaient l’air exactement pareils à ses yeux, et ils avaient tous le même goût.

« Comment est-ce possible pour quelqu’un de gagner dix parties de Sic Bo les unes à la suite des autres ? » Des sueurs froides coulèrent le long du front de Jing. Même avec la chance des idiots, ça ne suffirait pas pour accomplis un tel miracle.

« Kenshin, cette carte est trop difficile à assembler. Aide-moi à placer les morceaux ensemble et passe le tout à Jing », dis-je après avoir essayé en vain pendant un moment de replacer les trois fragments de la carte ensemble, et les jetai à Kenshin pour qu’il s’en occupe.

Et pourtant, cette personne n’arrive même pas à replacer trois morceaux de cartes… songèrent Jing et Yun, fixant du regard leur compagnon avec stupeur. Ce n’est pas un peu trop exagéré ?

Kenshin attrapa les morceaux de la carte et les jeta sur la table. Juste au moment où il s’apprêtait à les replacer…

« Wow, Kenshin, tu les as déjà assemblés. C’était rapide », déclarai-je, fixant du regard la carte complète qui reposait sur la table, et fis signe à Jing d’approcher avec hâte. « Jing, vite, viens voir où c’est. »

« … » Kenshin regarda la carte déjà complète et fronça les sourcils, ne disant rien.

« J’arrive vaguement à dire où c’est », affirma Jing pensivement.

« C’est bon, partons alors. » Mon sourcil se releva à cette réflexion. D’après grand frère Zhuo, il ne me restait que trois jours pour compléter la quête et récupérer Sunshine. Je devais me dépêcher.

« C’est si haut. » Me tenant au pied du Sommet d’Azur, qui était si grand que ses sommets se perdaient dans les nuages, un mauvais pressentiment s’empara de mon cœur… Avec nos habilités, escalader une montagne ne devrait pas être une chose trop difficile à faire. Pas vrai ? Je l’espère…

Je me tournai vers Jing et Yun. « Comme vous n’êtes pas des guerriers, ça pourrait s’avérer plutôt difficile pour vous d’escalader la montagne, alors montez votre camp ici et attendez que Kenshin et moi soyons de retour. »

« Oui, Grand frère. » Jing et Yun acquiescèrent d’un signe de tête.

« Allons-y, Kenshin. » Kenshin aussi hocha la tête, et je soulevai une jambe, prêt à grimper sur cette montagne, mais juste à ce moment-là… Je me retournai soudainement et hélai Yun : « Hé, rends-moi Meatbun. »

La stupeur, la déception, l’angoisse, et la réticente apparurent sur le visage de Yun, et il ravala ses larmes tandis qu’il me rendait Meatbun. « Meatbun-bun, tu dois vite revenir, sinon je vais sérieusement m’ennuyer. »

« Meatbun-bun va vite rentrer.  Ne pleure-pleure pas, Yun-yun. » Les yeux de Meatbun, aussi, étaient remplis de larmes.

L’atmosphère était celle d’un départ douloureux. De cette manière, un humain et un chignon de pain se regardaient mutuellement avec le cœur brisé, comme s’ils étaient un couple forcé d’être séparé. De temps en temps, ils me lançaient même des regards implorants, comme s’ils me suppliaient – moi, le meurtrier sans cœur qui séparait brutalement deux amants – de faire preuve de miséricorde et de les épargner… Va au diable ! Je donnai une claque sur la tête de Yun.

« Allons-y, Meatbun. » Deux veines saillirent sur mon front, tandis que je me retournais et partais.

« Oui, maman. » Meatbun bondit à ma suite, ses yeux remplis de joie, laissant derrière lui un Yun triste, qui continuait de me jeter des regards de rancune.

« Ça y est, commençons à grimper. » Je contemplai le Sommet d’Azur, et ce que je vis ne fut pas les bancs de nuages, mais les visages de mes coéquipiers d’Odd Squad.

 

 

« Dans combien de temps ? » demanda calmement Nan Gong Zui à Kong Kong et Lolidragon.

« Ils seront définitivement là d’ici une demie journée », répondit Kong Kong avec colère.

« Fan a amené environ sept cent personnes.  Les deux tiers de sa force sont constitués de guerriers ; le reste consiste pour la plupart de mages et de prêtres. Ils sont très forts sur la puissance d’attaque. Ça va être difficile », analysa Lolidragon.

Les réflexions de Nan Gong Zui s’arrêtèrent sur le groupe de défense de la Cité de l’Infini, qui contenait environ deux cent guerriers, cinquante archers, cinquante mages, vingt prêtres, et vingt voleurs… et songea que si ce n’était pas du fait que son adversaire était Fan, qu’il détestait plus que tout au monde, lui – Zui – se serait probablement rendu sur-le-champ.

Nan Gong Zui soupira doucement. Quoi qu’il advienne, il devait défendre la Cité de l’Infini pour Prince. Après tout, Les Lames Vertueuses s’étaient trop investies corps et âmes à construire la cité. « White Bird, ici présente, préside la réunion. »

White Bird aussi fronçait légèrement des sourcils. La situation était de mauvais augure, mais, comme on dit, il est facile de défendre une cité mais difficile de mener un siège. Elle croyait que tant qu’ils planifiaient la résistance avec précaution, prendre la Cité de l’Infini ne serait définitivement pas une tâche facile.

« Que tous les groupes fassent le rapport de leur situation. »

« Les portes est, ouest, et sud ont toutes été condamnées, et elles ne peuvent absolument pas être ouvertes. En dehors de la porte nord, la seule autre façon par laquelle les forces de Fan pourraient pénétrer dans la cité serait en escaladant les murs, mais nous avons préparé et placé de l’huile bouillante au-dessus de chacun d’entre eux. Je crains seulement que nous n’ayons pas assez d’huile pour toutes les forces de Fan… » Les sourcils de Gui se froncèrent pendant que ce dernier était plongé dans ses pensées. « Nous n’avons fini les portes que récemment… Soupir, le coût pour rouvrir les trois portes et la reconstruction, quand cette guerre sera terminée, sera à lui seul suffisamment alarmant. »

En contraste avec son caractère habituellement obstiné, Fairsky portait une paire de lunettes fumées et tenait dans sa main droite un parchemin d’information, qui était si long qu’il trainait de tout son long sur le sol. Dans sa main gauche, elle tenait un boulier, et elle analysa méticuleusement : « Par chance, nous avons alloué un montant d’argent adéquat à la construction des fondations de la cité. Les murs de la cité vont assurément tenir le coup. Avec une force de cinq cent, ça prendrait… environ un mois, quinze jours, trois heures et quarante-six minutes pour faire une brèche dans le mur, mais puisqu’il s’agit d’un jeu, je doute sérieusement que qui que ce soit puisse dormir pendant un mois tout entier avec le casque de jeu sur la tête sans que ça n’occasionne de complications. Aussi, les portes de la cité sont extrêmement solides. Même en prenant en considération les attaques magiques, elles peuvent tenir au moins plusieurs jours. »

Yu Lian soupira et se massa les tempes. « Où allons-nous trouver l’argent pour les trois portes !? Soupir, Phoenix, fais-moi le rapport de votre statut. J’ai besoin d’aller me chercher une tasse de thé pour me calmer les nerfs. »

Phoenix s’empressa de parler. « En raison d’un manque sévère du nombre de nos archers, chaque guerrier-soldat a été équipé d’un arc de niveau moyen et de flèches. Même si leurs dommages ne seront rien comparés à ceux de véritables archers, ils devraient pouvoir compenser avec leur force, et mutiler ou tuer l’ennemi depuis le sommet des murs de la cité… malgré le fait que ça augmente la charge du Ministère des Finances. » Phoenix aussi se sentit faillir quand elle termina son rapport.

« Qu’en est-il des munitions et des vivres ? » s’enquit pensivement White Bird. Quel que soit l’état de leurs finances, ils étaient obligés d’acquérir des vivres et des munitions. Sans même ce strict minimum, ils n’auraient aucune chance de remporter la bataille en étant autant en sous-effectif.

« Nous avons suivi la liste donnée par le Ministère de la Défense et avons effectué les achats nécessaires. » Lorsqu’elles avaient d’abord reçu la liste – qui était aussi longue et horrifiante que le tissu employé pour bander les pieds des vieilles femmes durant la Chine Antique – Phoenix et Yu Lian avaient manqué de se serrer l’une contre l’autre et de se lamenter. Cependant, elles avaient été forcées par la sévérité de la réalité (ou plutôt par le règne autoritaire de White Bird) et n’avaient pu qu’obliger Lolidragon à sortir pour escroquer plus de gens encore une fois…

« Et pour les mages ? »

Sur un ton doux mais ferme, Rose annonça : « J’ai déjà fait savoir aux mages que leurs tâches principales sont de maintenir la barrière défensive ainsi que d’empêcher les mages de Fan de détruire les portes de la cité, mais je crois que nous n’avons pas assez de mages comparé aux forces de Fan. Toutefois, je peux garantir que tous nos mages sont de premier ordre. »

« Même s’ils sont obligés de boire des potions de mana comme si c’était de l’eau, ils doivent tenir le coup », déclara White Bird férocement.

Rose et Phoenix soupirèrent toutes les deux, mais répondirent tout de même : « Bien reçu. »

« Ministère des Affaires Étrangères, est-ce qu’on a des renforts ? » questionna White Bird, même si elle savait qu’il ne fallait pas espérer d’aide de ce côté.

Heartless Wind secoua la tête avec un soupir pendant qu’il s’éventait. « Ce n’est pas si facile de trouver des renforts. Présentement, la Cité de l’Infini n’a rien à offrir, alors combien de personnes seraient d’accord pour nous venir en aide ? »

Une veine saillit sur le front de Lolidragon. « Crétin, tu n’as fait que t’amuser à l’extérieur de la cité pendant que j’étais envoyée en travaux forcés par le Ministère des Finances ? Tu n’as même pas pu trouver une seule personne pour venir en renfort ? »

Heartless Wind répondit froidement : « En travaux forcés ? Je dirais plutôt que tu es allée tromper les gens en te comportant comme esprit du renard2 ! »

« Toi ! » Juste au moment où Lolidragon s’apprêtait à foncer sur Heartless Wind, Ugly Wolf l’attrapa par le collet afin qu’elle soit incapable d’étrangler Heartless Wind à mort.

L’expression glaciale d’Heartless Wind se mit à dégeler, tandis qu’il souriait légèrement. « Je n’ai pas déniché beaucoup de personnes comme renfort, juste cent vingt guerriers, trente mages, et une poignée de prêtres ! » C’est dommage que soeurette ait refusé de nous aider ; sinon j’aurais assurément reçu l’aide d’un autre beau-frère. C’est une sœur si égoïste pour refuser d’aider à défendre une cité.

La bouche de Lolidragon prit sur-le-champ la forme d’un « O ». Elle leva un doigt tremblotant devant Heartless Wind et articula : « Tu… tu… Où est-ce que tu as bien pu trouver autant de joueurs ? »

Heartless Wind se frotta le nez et admit ensuite : « Mes parents jouent aussi à ce jeu, en plus ma mère est une écrivaine, alors elle a invoqué ses lecteurs loyaux pour nous donner un coup de main. »

« Espèce de sale paresseux », répliqua Lolidragon avec dédain.

« Toi… »

« Comment la pose des pièges s’est-elle déroulée ? » White Bird ignora le duo qui se querellait et se tourna pour poser la question à Kong Kong le voleur.

Kong Kong acquiesça d’un signe de tête et dit : « J’ai déjà rassemblé tous les voleurs à l’avance et nous avons posé un nombre incalculable de pièges autour de la Cité de l’Infini, ne laissant que quelques routes étroites pour passer. Pff, si ce playboy de Fan ose s’approcher de la Cité de l’Infini, je vous garantis qu’il va se faire soit exploser en morceaux ou enterrer vivant. »

« Ensuite vient le groupe le plus important : le Ministère de la Défense », annonça White Bird comme elle se tournait pour regarder Nan Gong Zui, Wicked, Broken Sword, et Ugly Wolf.

« Les Lames Vertueuses s’entraînent depuis que nous sommes arrivés à la Cité de l’Infini. Malgré le fait que les membres qui nous ont rejoints plus tard ne sont pas aussi habiles et aussi unis que les membres du groupe à l’origine, ils se sont considérablement améliorés ce dernier mois. Leur niveau moyen tourne autour de cinquante, ce qui est très bon », rapporta consciencieusement Nan Gong Zui.

Ugly Wolf dit avec confiance : « J’ai placé les hommes en plus qu’Heartless Wind a recrutés au sommet des portes nord. Même si les portes sont défoncées, ces cent joueurs peuvent tenir jusqu’à-ce que d’autres viennent en renforts. Les joueurs restants vont être positionnés aux murs de la cité et les défendront en se servant de la magie et d’attaques de longues portées, ralentissant ainsi la progression de l’ennemi. Ensemble avec les cinquante joueurs forts sélectionnés, Odd Squad et Dark Emperor défendront la tour centrale. »

Broken Sword regarda Legolas, et ce dernier hocha la tête. « Legolas et moi nous sommes déjà assurés que les guerriers ont appris les habiletés de base en tir à l’arc. Bien que leur précision et leur force ne puissent pas se comparer à celles de vrais archers, ils n’auront aucun problème à tendre un arc et à lancer des flèches. »

« J’ai déjà divisé les joueurs en petites équipes, en prenant en considération s’ils travaillent bien ensemble ainsi que d’autres facteurs. Je crois que ça va s’avérer utile pendant la mêlée », rapporta Wicked avec une expression sérieuse au sujet de ses progrès.

Voyant que tous les Ministères avaient fini leurs rapports, White Bird commença à expliquer la stratégie pour la bataille à venir. « En premier lieu, je veux vous dire que durant la bataille, le point de renaissance de la Cité de l’Infini va être fermé afin d’empêcher l’ennemi de renaître à l’intérieur de nos murs, ce qui s’avérerait très dangereux pour nous. Même si fermer notre point de renaissance va aussi empêcher nos joueurs de revenir, c’est une mesure nécessaire. Est-ce que tout le monde comprend ? »

Tous les gens présents acquiescèrent d’un signe de tête.

White Bird poursuivit son explication. « Il y a une autre chose que tout le monde doit prendre en note : Nous sommes les défenseurs, alors notre devoir le plus important est de défendre le cœur de notre cité. Quoi qu’il arrive, nous devons protéger la tour centrale et le cristal de la Cité de l’Infini, puisque dès qu’il serait brisé la Cité de l’Infini ne nous appartiendrait plus. Je pense que tout le monde comprend la sévérité de la chose, alors nous devons défendre le cristal jusqu’à la mort. »

(Note de l’auteure : Toutes les cités détenues par des joueurs vont avoir une tour centrale. À l’intérieur, on y trouve le cristal de la cité. Habituellement, on ne peut pénétrer dans la tour centrale, mais durant un siège les joueurs peuvent détruire le cristal par la force. Quiconque brise le cristal obtient la cité et en devient le suzerain, et le souverain ou la souveraine d’origine va perdre le contrôle de la cité.)

« Défendons le cristal jusqu’à la mort ! » hurla tout le monde.

Finalement, White Bird ne put résister à l’envie de soulever une question que Zui lui avait interdite de poser. « Est-ce que le suzerain revient bientôt ? »

Tout le monde regarda les membres d’Odd Squad, qui se tournèrent en même temps vers Wicked. Wicked déclara simplement : « Je ne sais pas. »

La voix de White Bird était remplie de frustration réprimée comme elle disait : « C’est une chose que le suzerain ne montre pas son visage pendant un mois tout entier, mais d’être absent quand quelqu’un assiège la cité ? N’est-ce pas un peu exagéré ? »

« Prince sera de retour bientôt, définitivement. » Lolidragon lança un regard ferme à White Bird.

White Bird aussi fixa Lolidragon fermement. « Espérons-le. »

Espérons-le… Bien que le regard de Lolidragon ne vacillât pas, son dos s’était couvert de sueur. Puisse le ciel veiller sur Prince afin qu’il ne se perde pas à nouveau !

 

 

« Il doit bien y avoir environ mille joueurs dans cette foule. » Même la calme et sans peur Madame White Bird ne put se retenir de blêmir à la vue de la force d’une largeur inquiétante, soigneusement placée en rangs, habillée ainsi qu’armée avec de l’équipement de qualité supérieure et des armes qui scintillaient sous le soleil. En addition, il y avait une gigantesque catapulte et près de dix échelles… Si le choc était encore plus grand, elle aurait probablement sauté du haut de la muraille de la cité sur-le-champ.

Leurs visages étaient tous blêmes, mais Nan Gong Zui dit calmement : « Nous devons tenir bon. Je n’ai pas envie de décevoir Prince. »

Wicked leva les sourcils. « Je ne laisserai pas la déception apparaître dans ses yeux. »

« Un air de déception ne sied pas à Prince », affirma froidement Gui.

Nan Gong Zui marcha jusqu’à un endroit où tout le monde pouvait le voir et dégaina brusquement son épée. Le résonnement du métal froid calma les défenseurs agités. Après les avoir examiné une fois avec ses yeux, Nan Gong Zui rugit avec emphase : « Pour notre Cité de l’Infini, nous nous battrons jusqu’à la mort ! »

« JUSQU’À LA MORT ! » hurlèrent les guerriers, en écho à ses paroles.

Nan Gong Zui fixa Fan du regard, qui le regardait également fixement au loin, et murmura : « Ça y est, Fan. Finissons-en. »

« Archers, tendez vos arcs et attendez le signal derrière les meurtrières. Préparez-vous pour la première volée de flèches », ordonna Legolas, qui commandait aux archers.

« Guerriers, placez les chaudrons d’huiles et ensuite attaquez en premier avec vos arcs ! Dès que quelqu’un commence à escalader les murs, versez l’huile bouillante sur eux immédiatement. Aussi, assurez-vous de protéger les archers et les mages également », commanda Wicked rapidement et posément.

« Mages, installez la barrière ! » Yu Lian et les autres prirent immédiatement leurs positions derrière les murs de la cité, combinant leur pouvoir pour lancer une barrière de protection suffisamment large pour envelopper la Cité de l’Infini toute entière.

La bataille était sur le point de commencer !

« Prince, je te ferai descendre de ta position de suzerain de la Cité de l’Infini. » Même si Fan continuait de sourire doucement, ceux qui le connaissaient bien pouvaient dire qu’il y avait une lueur glaciale et une soif profonde de vengeance qui brûlaient dans ses yeux.

« Que tous les hommes se préparent à attaquer. La Cité de l’Infini sera nôtre ! » ordonna Fan, tel un général céleste menant ses soldats immortels à la bataille, tandis que ses forces avançaient vers la Cité de l’Infini.

« Vite, dépêchez-vous ! Versez l’huile bouillante pour les empêcher de grimper », cria frénétiquement Wicked comme il se déplaçait parmi les défenseurs. « Yu Lian, dépêche-toi de demander aux mages de nous aider à détruire les échelles. »

Yu Lian s’empressa de répondre : « D’accord. Phoenix, reste ici et prends les commandes de ceux maintenant la barrière. Équipe 1, et toi, Ming Huang, suivez-moi. »

« Bordel, la différence en nombres est simplement trop grande. » Dire que Fan possédait autant de soldats doués pour démanteler les pièges ; ces pièges ont été mis en place pour rien, songea Nan Gong Zui, jurant silencieusement dans sa tête tandis qu’il observait la horde densément bondée de joueurs ennemis – telle une colonie de fourmis – attaquant les murailles de la cité. Il ne put que réprimer avec force la panique grandissante dans sa poitrine et demander à tous, sur un ton ferme, de rester calme ; et il lança désespérément une flèche après l’autre, espérant qu’il pourrait tuer quelques joueurs ennemis de plus… Occasionnellement, il levait la tête et regardait au loin comme s’il pouvoir apercevoir le visage de Fan : impassible sauf pour la trace d’un sourire qui semblait vouloir dire que la cité lui appartenait déjà.

« Zui, ils sont sur le point de défoncer les portes de la cité », annonça Ugly Wolf, luttant contre la panique.

« Quoi !? » s’exclama Nan Gong Zui. « Les mages ne s’étaient-ils pas débarrassés des ennemis devant les portes ? »

« Oui. Mais, peut-être que c’est parce que l’ennemi possède trop de mages… Je ne comprends pas pourquoi les portes ont été détruites aussi vite moi non plus ; sans doute que Gui et Fairsky ont mal fait leur estimation ? » Ugly Wolf fronça les sourcils. « Dans tous les cas, nous devrions rediriger quelques joueurs pour qu’ils aillent défendre les portes de la cité tout de suite. »

« Les défenseurs ont déjà des problèmes à repousser les joueurs qui escaladent les murs. On ne peut pas rediriger qui que ce soit pour garder les portes », répondit Nan Gong Zui, en paniquant intérieurement. Ou devraient-ils envoyer ceux qui défendent la tour centrale pour protéger les portes à la place ? Cependant, non, la tour centrale était simplement trop importante. Il leur était impossible de diminuer le nombre de joueurs la gardant… mais ce serait aussi un désastre si l’ennemi passait les portes de la cité.

Ugly Wolf le regarda avec empathie tandis que l’expression de Nan Gong Zui devenait de plus en plus troublée. Après tout, lui non plus n’était pas parvenu à trouver une solution, ce qui était la raison pour laquelle il était venu poser la question à Zui, espérant qu’un miracle surviendrait, et que celui-ci arriverait à trouver une solution. « Zui… est-ce qu’il y a un moyen ? »

« … » Nan Gong Zui contempla le ciel, et ne put retenir un soupir. « Si j’avais encore un autre mois ou le double des fonds, les forces et la défense de la Cité de l’Infini ne se trouveraient pas dans un état aussi désolant. »

Ugly Wolf gratta la fourrure sur sa tête en entendant ça. « Avec un peu de chance, cet idiot de Prince va se dépêcher de rentrer à temps. »

Nan Gong Zui sourit amèrement. « Même si Prince revient, nous n’aurons qu’un seul autre défenseur. Quelle différence est-ce que ça ferait ? »

« Je ne sais pas », répondit Ugly Wolf en se grattant le visage. « Mais… Prince en lui-même est synonyme de miracle. »

Nan Gong Zui fronça les sourcils avec incompréhension et jeta à Ugly Wolf un regard interrogateur.

Ugly Wolf sourit. « N’as-tu pas rejoint la Cité de l’Infini à cause des miracles de Prince toi aussi ? »

Nan Gong Zui sourit tandis qu’il secouait la tête. « Soupir, on ne peut espérer de miracle cette fois. »

Wicked s’approcha d’eux d’un côté, et il semblait étrangement calme au milieu du chaos de la guerre. « Nous sommes à court d’huile, nous sommes en train de perdre les murs de la cité, et les portes ont presque complètement été envahies. Je suggère que nous battions en retraite et que nous défendions la tour centrale. »

Wicked et Ugly Wolf regardèrent tous les deux Nan Gong Zui d’un air interrogateur.

Le cœur lourd, Nan Gong Zui ordonna : « Que toutes les troupes se replient à la tour centrale ! »

En recevant l’ordre, toutes les équipes commencèrent avec réticence à se frayer un chemin jusqu’à la tour centrale. À ce stade, les bénéfices de s’être entraînés en plus petits groupes devinrent clairement visibles tandis que les membres des équipes assumaient avec aisance leurs rôles respectifs dans l’équipe. Blindés et protégés par les guerriers, les archers et les mages continuèrent d’attaquer l’ennemi en même temps qu’ils battaient en retraite, et parvinrent même à tuer un grand nombre de joueurs ennemis. En plus, les équipes pouvaient se couvrir les uns les autres et apporter leur soutien à d’autres équipes qui éprouvaient des difficultés. De cette manière, les soldats de la Cité de l’Infini combattirent et se replièrent jusqu’à la place devant la tour centrale, se dressant contre ces joueurs ennemis qui étaient venus s’emparer de la Cité de l’Infini.

« Archers, lancez une nouvelle salve ! » Nan Gong Zui avait déjà perdu le compte du nombre de fois qu’il avait donné l’ordre de faire feu. Les trainées de lumières dans le ciel ressemblaient presque à des feux d’artifice, et pourtant le nombre de joueurs ennemis ne semblaient pas diminuer du tout. Mille soldats ? J’ai bien peur que ce ne soit plus que ça, pensa-t-il, inquiet.

« Tu devrais simplement te rendre, Nan Gong Zui. Si tu le fais, je vais peut-être considérer l’idée de te donner un poste mineur. » Le sourire bienveillant sur le visage de Fan laissait poindre sa rage.

« Hmph ! » Nan Gong Zui ne fit que ricaner. Même si les troupes de Fan étaient plus nombreuses que celles de la Cité de l’Infini, il restait l’envahisseur. Tous ces chaudrons d’huile bouillante lui avaient définitivement coûté un nombre incalculable d’hommes. D’ailleurs, les membres des Lames Vertueuses avaient tous reçu un entraînement considérable pour les combats à grande échelle, alors la situation n’était pas nécessairement en faveur de Fan. À cette pensée, Nan Gong Zui reprit le moral.

« Ainsi, tu as choisi d’y aller à la dur », déclara froidement Fan. « Tue-le ! »

Juste au moment où il commençait à avoir des soupçons, Nan Gong Zui se fit brusquement envoyer rouler au sol. Son épaule devint engourdie pendant un instant, puis brûla de douleur. Il regarda par-dessus son épaule et vit que la personne qui l’avait poussé était Lolidragon, tandis que Madame White Bird regardait Phoenix avec incrédulité et panique. Nan Gong Zui soupira. « Phoenix, tu… »

« Phoenix, qu’est-ce que tu fabriques ? » demanda White Bird, en fixant du regard sa sœur avec incrédulité. Phoenix a essayé de tuer Nan Gong Zui ? Et elle a clairement écouté l’ordre de Fan ; n’avait-elle pas transféré son affection à Prince ?

« Je… » Bien qu’elle eût paniqué en voyant que Nan Gong Zui était toujours en vie, elle reprit courage en jetant un regard à Fan et, encore une fois, elle lança un éclair de magie à Nan Gong Zui

« Est-ce que tu me prends pour une morte ? » Lolidragon envoya calmement valser Phoenix d’un coup de pied, et épingla ensuite cette dernière au sol.

Nan Gong Zui se remit sur ses pieds sans un mot, son cœur saisi de froideur. Il avait toujours sincèrement traité Phoenix comme sa sœur, pardonnant ses erreurs à chaque fois, la protégeant, s’inquiétant qu’elle se sentirait coupable, qu’elle se sentirait bouleversée… et voilà pourtant le résultat.

« Zui… » White Bird regarda avec culpabilité le Nan Gong Zui démoralisé, et ensuite sa sœur, dont le visage était presque enfoncé dans le sol. Elle ne put que soupirer encore une fois. Pourquoi sa sœur devait-elle toujours choisir de tout sacrifier pour son amour ? Dire qu’elle était même allée jusqu’à devenir un espion…

« Tu as saboté les portes de la cité, n’est-ce pas ? » Même si ça avait été énoncé comme une question, le ton de Gui était celui de la certitude. Il savait qu’il ne pouvait pas y avoir eu d’erreurs dans ses calculs, alors quelqu’un devait les avoir sabotées ; sinon, elles n’auraient pas été défoncées aussi vite.

En entendant la question de Gui, tout ceux présents se retournèrent dans une soudaine réalisation et regardèrent Phoenix avec angoisse, et cette dernière enfonça son visage encore plus profondément dans le sol.

Tout le monde avait travaillé dur, mettant tous leurs efforts à défendre la cité, et pourtant il y avait un espion, et c’était en fait quelqu’un qu’ils connaissaient bien. À cette pensée, les défenseurs de la Cité de l’Infini devinrent démoralisés. Fan saisit l’opportunité et commença l’attaque. La défense de la Cité de l’Infini semblait être dans une situation critique, tandis que des fissures apparaissaient dans la défense entourant la tour centrale. Nan Gong Zui et son équipe avaient particulièrement peu le moral, en proie à la culpabilité et l’incertitude…

Contraire à son habitude, Fan mena la charge, et les défenseurs de la Cité de l’Infini étaient en vérité si démoralisés que l’ennemi parvint à charger jusqu’à Zui.

« Nan Gong Zui, en fin de compte, tu as perdu », affirma Fan avec légèreté, un sourire satisfait sur son visage.

Nan Gong Zui regarda sombrement Fan et dit d’une voix rauque : « Je peux encaisser n’importe quelle revanche que tu m’envoies ; laisse simplement Phoenix tranquille ! »

Fan éclata d’un rire maniaque. « Laisser Phoenix tranquille ? Hahaha, elle ne veut pas que je la laisse tranquille ! Quant à toi, Nan Gong Zui, je vais définitivement… »

« Ouaahhh ! Qui que soit ceux en bas, faîtes de la place ! » Un cri pitoyable venu d’en haut put soudainement être entendu. Pourquoi est-ce que la voix avait l’air plutôt familière ?

 

 

VLAN !
Bordel, si j’avais su, je ne me serais pas levé comme il me plaisait. Alors quand ils te disent de « t’asseoir sur un avion3 », tu devrais vraiment t’asseoir et pas « te mettre debout sur un avion » ; c’est la même chose pour les tapis volants ! J’ai envie de pleurer ; tout mon corps donne l’impression d’être sur le point de se briser… Je levai les yeux vers le ciel pour regarder les personnes assises sur le tapis volant. Kenshin et Sunshine buvaient machinalement leur thé, pendant que Jing et Yun me fixaient stupidement, moi qui étais tombé du haut de l’avion… Je veux dire, du haut du tapis.

Oh, en passant, je devrais mentionner le fait qu’un objet unique arabe tel qu’un tapis volant est visiblement un trésor appartenant à Sunshine. C’est grâce à ce tapis que j’ai pu revenir si vite à la Cité de l’Infini.

Tout mon corps me faisait souffrir alors que je me levais lentement, seulement pour voir que tout le monde dans la Cité de l’infini me fixait du regard. J’articulai lentement : « Fiou, c’est une bonne chose que le sol soit aussi mou ; j’ai presque failli mourir de ma chute. »

Tout le monde me fixa d’un air ébahi, puis tourna leur regard vers mes pieds. Après un instant de confusion, moi aussi, je regardai mes pieds… Oh, alors j’ai écrasé un amortisseur humain. Cet amortisseur humain n’a-t-il pas l’air plutôt familier ? J’attrapai la tête de l’amortisseur humain par les cheveux et la tirai en arrière afin de voir son visage. Fan ? Pensai-je, me grattant la tête. Alors, c’est lui. Fiou, ma conscience peut finalement s’apaiser dans ce cas. Écraser ce genre de personne ne vaut pas la peine de s’agoniser.

« Prince ! » grogna Fan, en me fusillant du regard pendant qu’il crachait du sang.

« C’est encore toi ! » m’exclamai-je rapidement. « J’en ai marre de ce dialogue d’ouverture ; tu ne pourrais pas la changer pour autre chose ? »

« Ne me regarde pas comme ça. Ce n’est pas comme si je savais pourquoi je fais toujours de ta vie un véritable enfer. Peut-être que c’est notre destin ? » Je penchai la tête sur un côté, en pensant, C’est moi ou est-ce que je finis toujours par soumettre Fan ? Sans doute que c’est parce qu’il s’appelle « riz4 », alors il est destiné à être cuisiné par moi ?  « Oh maintenant que j’y pense, qu’est-ce que tu fiches à la Cité de l’Infini de toute manière ? Pour faire du tourisme ? La cité est déjà ouverte au public ? » m’enquis-je avec incertitude.

« … » Tout le monde continua à me fier du regard sans un mot.

Lolidragon leva les yeux au ciel et s’écria avec irritation : « Il est venu pour attaquer la cité ! »

« Notre abruti de suzerain a enfin trouvé son chemin jusqu’à la maison », cria machinalement Ming Huang, qui ne disait d’habitude jamais rien d’utile.

« Ohhh ! » Mes yeux se plissèrent. Il a osé attaquer notre cité ? Quel culot ! Je donnai immédiatement un coup de poing à Fan et l’envoyai valser. Voyant qu’il était sur le point de mettre la main dans son sac pour attraper une potion de soin, je levai immédiatement les sourcils et procédai ensuite à lui écraser le dos de la main avec un de mes pieds.

« Espèce de lâche ; combats-moi à un-contre-un si t’en as les couilles ! » hurla désespérément Fan, en voyant qu’il pourrait se faire tuer à n’importe quel moment.

Je lui jetai un sourire sanguinaire et dis nonchalamment : « À un-contre-un ? Pas de problème, attends juste que je me sois débarrassé de tes amis. »

Je contemplai les forces de Fan et me rappelai soudainement de ce que grand frère Zhuo m’avait dit au téléphone, à propos du fait que Lolidragon voulait que j’affiche la façade de l’Elfe Sanguinaire quand je rentrerais… Soupir ! Je n’aime pas trop l’idée, mais quand ai-je jamais été capable de désobéir à Lolidragon ? Je me suis résigné à mon sort… Alors, je dégainai mon Dao Noir et fit légèrement courir ma langue sur la lame, sans oublier de sourire faiblement. « Tellement de personnes que je vais pouvoir tuer, c’est génial ! »

J’observai l’ennemi avec satisfaction, et je m’aperçus que les yeux de certains d’entre eux s’étaient écarquillés, pendant que d’autres déglutissaient… Hé, toi, là-bas, est-ce que c’est vraiment nécessaire de mouiller ton pantalon ? Je suis vraiment si terrifiant ? Je n’ai que vingt ans et n’en suis qu’à la fleur de ma jeunesse, sans oublier le fait que je suis adorable et charmant…

« Prince, l’atmosphère, ici, de notre côté – parmi les défenseurs de la Cité de l’Infini – n’est pas très bonne. Tu devrais d’abord faire quelque chose pour y remédier », me dit soudain Lolidragon à travers un message privé, interrompant mon instant de narcissisme. Puisqu’elle n’utilisait que rarement un ton si sérieux, quelque chose de grave devait s’être produit.

« Que s’est-il passé ? »

« Phoenix n’est pas réellement tombée amoureuse de toi, elle n’a fait que prétendre que c’était le cas. Son but était de servir d’espionne au sein de la Cité de l’Infini. Elle a saboté les portes de la cité et a presque tué Nan Gong Zui », annonça gravement Lolidragon. « Prince, si tu le peux, essaie de casser un peu plus la figure de Fan pour le rendre moche. Peut-être que, de cette façon, Phoenix va réellement pouvoir transférer son affection vers toi. »

Je fus pris de sueurs froides. Phoenix… ta veine avec le sexe opposé est à peu près aussi bonne que la mienne ; de toutes les personnes pour lesquelles tu pouvais tomber amoureuse, il fallait que ce soit ou un ignoble playboy ou moi, une travestie ? Tout de même, comme je l’avais déjà dit, il n’y avait simplement aucune chance pour que je puisse désobéir aux ordres de Lolidragon.

Je regardai Nan Gong Zui. Comme je m’y attendais, il avait l’air d’avoir perdu toute envie de vivre, ce qui m’énerva sérieusement. J’écrasai les deux mains de Fan quelques fois de plus afin de l’empêcher de secrètement boire une de ses potions de santé, et marchai directement jusqu’à Nan Gong Zui et, ignorant les regards stupéfaits sur le visage de tout le monde, je lui donnai un coup de poing. Complètement pris au dépourvu, Nan Gong Zui frappa durement le sol et me fixa d’un air ahuri.

Je levai un sourcil. « Je vais régler l’affaire avec ta sœur plus tard, alors aide-moi simplement à tuer ces gars et à passer notre colère ensemble pour commencer ! »

Nan Gong Zui se remit sur ses pieds avec un sourire forcé, songeant, Que peut faire Prince quand il s’agit des sentiments d’une personne ? Toutefois, il était plus qu’heureux de pouvoir passer sa colère en tuant les soldats de Fan. « Très bien. »

« Hé, vous, là-haut, est-ce que vous avez fini votre thé ? Vous comptez descendre bientôt ? Le combat est sur le point de commencer ! » affirmai-je avec nonchalance.

Le tapis magique descendit progressivement. Sunshine, Jing et Yun se replièrent jusqu’à l’arrière, pendant que Kenshin, Zui, Broken Sword, Wicked, et moi, étant des guerriers, nous tenions côte à côte à l’avant. Avec un sourire, je déclarai : « Que la partie commence ! »

 

Notes de bas de page

1 Sic Bo : Un jeu de hasard dont l’origine remonte à la Chine Antique. Essentiellement, vous roulez trois dés et ensuite vous pariez sur le résultat final. Il y a un certain nombre de paris que vous pouvez placer, mais les deux paris les plus communs sont « supérieur » (que la somme du dé est plus grande que dix et moins grande que dix-huit) et « inférieur » (que la somme du dé est plus grande que trois et moins grande que onze). Voir Wikipedia pour plus d’information.

2 L’esprit d’un renard : Alors que les esprits des renards apparaissent effectivement dans un certain nombre de mythologies de l’orient, les esprits du renard de la mythologie chinoise sont plutôt uniques. D’abord, ils adoptent souvent une apparence humaine : pour être plus précis, ils apparaissent souvent comme de magnifiques jeunes femmes et, occasionnellement, comme de magnifiques jeunes hommes. Dans plusieurs mythes, les esprits des renards utilisent leur belle apparence pour séduire ou ensorceler des humains. C’est possiblement un facteur contribuant à l’impression selon laquelle les esprits du renard (dans la mythologie chinoise) sont souvent diaboliques et sans scrupules. Voir Wikipedia pour plus d’information.

3 S’asseoir sur un avion : Juste pour clarifier, c’est la façon chinoise de dire « prendre l’avion ». On ne fait pas référence à l’action de s’asseoir sur un avion, mais à celle de prendre l’avion comme mode de transport.

4 Il s’appelle « riz » : Non, le nom de Fan ne veut pas dire « riz », c’est juste que « riz » se prononce aussi « fan » en chinois.

1/2 Prince T3C6 : Le Démoniaque Dieu des Ténèbres

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 3 – Les Chroniques d’un Prince Vagabond
Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 6: The Demonic Dark God – Traduit du chinois vers l’anglais par Spence [PR!]
Chapitre 6 : Le Démoniaque Dieu des Ténèbres  – Traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ Travail de vérification par AkaiiRia

Pas peur du froid ? Alors, qui c’est qui s’accroche en ce moment même désespérément à moi pour absorber un peu de chaleur ? Mes dents claquèrent tandis que je titubais pour avancer, en éprouvant de grandes difficultés à ne serait-ce que lever mon pied, sans parler du fait d’avoir à trainer derrière moi quelqu’un qui était désespérément accroché à moi, dont le visage était aussi pâle qu’une feuille de papier et dont les lèvres avaient viré au bleu à cause du froid : Kenshin.

Dès que Kenshin et moi nous étions téléportés de la Cité du Tigre Blanc à la Cité de la Tortue Noire dans le nord, nous avions ressentis une baisse évidente de température, aussi j’avais acheté deux manteaux de fourrure, et nous nous étions empressés de partir en direction du Village de Neige. Alors que nous marchions, j’avais graduellement commencé à comprendre à quel point mon destin était pénible. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il y a un BLIZZARD ?

Bordel de merde, ce qu’il peut faire froid ! Même si j’avais enfilé et protégé mon joli visage avec tout ce que contenait mon sac, qui pouvait être porté, je continuais à avoir tellement froid que je me retrouvai à penser : Si je venais à cracher, ma salive se transformerait en bloc de glace avant d’avoir touché le sol ; si je venais à expirer par la bouche, l’humidité dans ma respiration tournerait en givre avant d’avoir atteint mon visage. 

À mes côtés, Kenshin se trouvait dans un état encore pire que le mien. Alors que ça ne faisait pas longtemps que nous nous étions engagés sur la route en direction du le Village de Neige, il avait commencé à trembler sans pouvoir s’arrêter. Son état ne s’était pas amélioré même après qu’il eut enfilé sa tenue originelle de rurouni, et en fin de compte il était presque glué à moi pour avoir un peu de chaleur. On dirait que face à un froid extrême, même le plus fort des épéistes va échouer !

« Ken…shin, e-est-ce qu’on y est … ? » croassai-je avec grande difficulté.

« P-pre…sque. »

Le visage de Kenshin avait viré au bleu à cause du froid… Hé, est-ce que tu pourrais au moins ouvrir les yeux et jeter un coup d’œil ?

Entouré par une neige épaisse et des vents rageurs au milieu de ce blizzard, tout ce que je pouvais voir c’était une étendue blanche devant moi. Nous n’avions que ma boussole pour nous indiquer la direction tandis que nous avancions, et l’espoir que Dieu, Bouddha, et Allah nous accorderaient leur protection, en voyant à quel point je travaillais dur pour sauver une personne…je veux dire, un PNJ.

« Ahhh ! » Mon pied se prit soudainement dans quelque chose, et je trébuchai, tombant la tête la première dans la neige avec mes bras et mes jambes écartés, et cet enfoiré de Kenshin était perché en sécurité au-dessus de moi.

« Ken. Shin ! Si tu ne te lèves pas dans la seconde, je vais te renvoyer à la Caverne des Démons pour que tu puisses y passer l’éternité en compagnie de Sunshine. »

« … » L’expression de Kenshin était froide pendant qu’il descendait à contrecœur de sa  « cheminée ».

Sans le poids d’une personne qui m’écrasait, je pus enfin me remettre lentement sur mes pieds. Dans mon cœur, je pensai plaintivement : Même si je ne pratique pas la religion avec sincérité – prier Dieu d’un côté, Bouddha de l’autre, et faire même référence au Coran par-ci par-là – c’est juste parce que je pense que plus je prie, plus je recevrai de protection ! Est-ce que Vous deviez tous me punir ainsi, en allant jusqu’à me faire trébucher quand il n’y a rien dans quoi se prendre les pieds sur cet océan de neige !?

Kenshin regarda le sol en fronçant les sourcils, avant de dire : « Il semblerait que tu aies trébuché sur un rocher. »

Je m’empressai de me retourner pour regarder. Étrange, ce rocher en forme d’arche ressemble à… une tombe ? Je viens de trébucher sur une tombe ? Oh seigneur, monsieur le fantôme, je n’avais pas l’intention de piétiner la porte d’entrée de votre maison, alors s’il-vous-plaît ne venez pas me trouver pendant la nuit pour vous venger… Non, attendez, ce n’est pas normal, pensai-je. Je suis dans l’univers du jeu ; si nous mourons, ne sommes-nous pas ressuscités ? Qui diable aurait besoin d’une pierre tombale… Une pierre tombale ?

« La tombe de Kaoru ? » m’exclamai-je.

« Dégageons la neige de la pierre tombale », proposai-je tout en dégainant mon Dao Noir pour m’en servir comme d’une pelle, et commençai à enlever la neige.

Travailler au milieu d’un blizzard demandait beaucoup d’efforts, néanmoins nous dégageâmes tous les deux la neige avec zèle. Cependant, à chaque fois que je retirais une pelleté de neige, une autre couche de neige tombait du ciel pour la remplacer. Même après une demi-journée de dur labeur, Kenshin et moi ne pouvions toujours pas voir les mots inscrits sur la pierre tombale. Alors que les heures s’écoulaient, l’expression dans les yeux de Kenshin devint de plus en plus frénétique et désespérée. Voyant son agonie, je continuai de creuser avec une vigueur renouvelée, mais ce fut en vain.

Au bout du compte, je m’épuisai, n’ayant plus aucune force pour continuer à creuser. Je ne pus que regarder, tandis que Kenshin poursuivait sa tâche comme un homme possédé, et plus je regardais plus je me sentais malheureux. Même si Kenshin sait que le passé n’est qu’une fiction dictée par le système et n’a jamais vraiment eu lieu, il ne peut toujours pas oublier Kaoru ?

Comme Kenshin continuait à dégager la neige qui ne pouvait jamais être complètement retirée, ses mouvements devinrent de plus en plus frénétiques et erratiques. Ses cheveux ordinairement bien coiffés étaient en piètre état, mais la neige continuait tout de même à tomber…

« Kaoru…. » Kenshin jeta son épée sur le côté et cria en direction du ciel. Son visage était strié de larmes.

La neige s’arrêta.

Pendant que les nuages se dispersaient lentement, un rayon de lumière perça d’entre la couche nuageuse et illumina la tombe de Kaoru. À l’endroit sur lequel tombait la lumière, la neige commença à fondre.

« Ici repose Kaoru, qui attendra son époux bien aimé pour l’éternité. »

Kenshin avança vers la pierre tombale en trébuchant et tomba soudainement à genoux. « Kaoru. »

Je me relevai et m’approchai pour me tenir derrière Kenshin en silence, le regard fixé sur la pierre tombale. Bien que j’eusse su que les choses se dérouleraient ainsi, je ressentais une tristesse indescriptible au moment de vérité. Plutôt que de dire que je pleurais pour Kaoru qui avait disparue, on devrait dire que je pleurais pour Kenshin qui ne pouvait pas se libérer du destin que le système avait pré-décidé pour lui.

« Aurait-il mieux valu que je ne vienne pas ? Si je n’étais jamais arrivé ici, Kaoru aurait pu vivre indéfiniment », cria Kenshin tandis qu’il martelait le sol de ses poings.

« Plutôt que d’attendre dans l’angoisse indéfiniment, peut-être qu’elle a préféré s’allonger dans sa tombe, t’attendant en sachant que tu viendrais la voir », le réconfortai-je doucement. « Comme toi, qui a préféré venir la retrouver, en dépit de savoir que tu ne pourrais voir que sa tombe. »

Kenshin sortit de sa stupeur et sourit amèrement. « Peut-être que tu as raison. »

« Allons accomplir ta vengeance dans ce cas. Même si ton hostilité n’est pas réelle, fais de ta tristesse ta motivation à combattre, fais de ton agonie ton énergie pour manier ton épée, et bats-toi tout ton content. Va, et libère tes émotions », décrétai-je, mes yeux illuminés par la soif de bataille.

Les yeux de Kenshin s’illuminèrent eux-aussi : « Allons-y. » Avec ces mots, il se tourna et, sans même un regard en arrière, entreprit d’ouvrir la voie. Le froid avait été oublié.

Comme je le pensais, c’est quelqu’un qui aime se battre, lui aussi, pensais-je, en souriant. J’ai trouvé une personne qui partage mon centre d’intérêt.

 

 

« Kenshin, où se trouve le Démoniaque Dieu des Ténèbres ? Même si le blizzard s’est arrêté, je suis très fatigué. Si c’est trop loin, est-ce que nous pourrions y aller demain à la place ? » Je regardai Kenshin avec mon expression la plus plaintive, désespérée et lasse. Malheureusement, Kenshin était clairement très différent de Gui.

« Il se trouve dans la caverne qui est à mi-hauteur dans la montagne. Viens », déclara Kenshin, impitoyable, tandis qu’il me pressait de me hâter en désignant l’entrée d’une grotte qui était relativement loin, mais pas tout à fait loin à ce point.

« Ok, Ok… »

J’avais très envie de râler pendant que j’escaladais la montagne à la suite de Kenshin. Tandis que nous nous approchions de plus en plus de la caverne, le malaise dans mon cœur s’accrut comme l’énorme statue terrifiante devant l’entrée de la grotte devenait de plus en plus visible. En plus, je notai également que l’entrée de la caverne était tellement grande qu’on aurait pu placer cinq personnes de ma taille – placées à la verticale – dans la grotte. Cinq comme moi… ça fait presque neuf mètres, je crois ? Je déglutis à cette pensée. Ce n’est pas possible, n’est-ce pas ? L’entrée de la caverne est probablement un tantinet trop grande ; c’est impossible qu’il y ait un monstre aussi grand, pas vrai ?

« Kenshin, est-ce que tu sais à quoi ressemble le Démoniaque Dieu des Ténèbres ? » m’enquis-je d’une voix tremblante.

Kenshin ne daigna même pas jeter un regard en arrière, et répondit simplement alors que nous nous pressions : « D’après les images que le système m’a données, c’est un colosse solidement bâtit, qui porte une robe noire, a une unique corne sur sa tête, et utilise l’immense Épée Démoniaque des Ténèbres qui est d’une taille incomparable. »

« Ça à l’air vraiment terrifiant ! » Cette description contient des mots comme « immense » et « solidement bâtit ». En plus, il y a cette énorme entrée de caverne, pensais-je, et soudainement je sentis qu’il se pourrait qu’obtenir Kenshin et Sunshine ne soit pas une tâche aussi aisée en fin de compte…

« Nous y sommes », affirma Kenshin en s’arrêtant abruptement.

« Est-ce qu’on y entre tout de suite ? Laisse-moi d’abord vérifier si je peux trouver quelque chose à utiliser comme marqueur, pour que nous ne nous perdions pas à l’intérieur de la grotte… » Je m’empressai de fouiller dans mon sac.

Cependant Kenshin vint se tenir au milieu de l’entrée de la caverne et se mit soudainement à rugir : « Démoniaque Dieu des Ténèbres, moi, Kenshin, je suis venu réclamer la dette qui m’est due. »

Je me figeai et, comme Kenshin, je fixai les ténèbres impénétrables de la caverne, mais il n’y avait que le silence, comme si même le vent et la neige n’osaient pas faire le moindre bruit. Tourmenté par une intense sensation d’inconfort, je dégainai immédiatement mon Dao Noir. Le tintement métallique fait par mon épée alors qu’elle quittait son fourreau me sembla particulièrement retentissant dans ce silence.

Une petite pierre tomba brusquement du plafond de la caverne… après, le sol se mit à trembler violement, une féroce rafale de vent surgit des profondeurs de la grotte, et je parvins à peine à rester debout. L’intérieur de la caverne, qui était sombre auparavant, était à présent drapé dans une lueur verte inquiétante.

Je savais que cette bataille était sur le point de commencer, et je savais que l’adversaire pour ce combat serait possiblement le plus puissant que j’eusse jamais rencontré. Avec un cœur résolu, je m’avançai pour me tenir aux côtés de Kenshin, et je regardai l’entrée de la caverne avec une lueur hautaine dans les yeux.

Finalement, le Démoniaque Dieu des Ténèbres apparut.

Le cœur lourd, j’ouvris la bouche pour demander : « Kenshin, la force et la taille peuvent ne pas être directement proportionnelles l’unes à l’autres, mais penses-tu qu’il soit possible que le Démoniaque Dieu des Ténèbres ne nous remarque même pas, mais qu’il nous tue par accident en nous marchant dessus ? »

Sans un mot, Kenshin leva les yeux vers le Démoniaque Dieu des Ténèbres qui se tenait devant nous.

Mon dieu, il a vraiment levé sa jambe, pensai-je, et je me ruai hâtivement en arrière, tirant Kenshin derrière moi. Vous plaisantez, j’espère ; qui diable serait capable de se battre contre ce monstre qui doit se baisser juste pour passer l’entrée d’une caverne haute de neuf-mètres ?

« Non, je vais venger Kaoru », répliqua Kenshin, et il se débattit pour se libérer puis chargea vers le Démoniaque Dieu des Ténèbres sans aucune hésitation.

Je regardai tandis que Kenshin fonçait vers le Démoniaque Dieu des Ténèbres, et je n’eus pas d’autres choix que de m’élancer à sa suite avec un sourire forcé et les sourcils froncés. Alors que je courais, je criai : « Sois prudent Kenshin ! Ne l’affronte pas de front. »

Kenshin semblait être devenu sourd et ignora ce que je venais de lui dire et, à la place, il se précipita sur le Démoniaque Dieu des Ténèbres sans dire un mot. Comme il s’approchait du dieu démon, il sauta directement sur ses rotules, puis, d’une poussée de ses muscles, il bondit dans les airs jusqu’à arriver à la hauteur du visage du dieu démon, dégainant son épée pendant cette seconde. Juste au moment où il semblait être sur le point de trancher le visage du dieu démon, son énorme main vint faucher Kenshin par le côté. Kenshin n’eut d’autres choix que de bondir en arrière, évitant la gifle géante qui aurait autrement pu lui coûter la vie.

« Kenshin, je vais le distraire. Va l’attaquer par derrière », criai-je tandis que j’abattais mon Dao sur le pied du Démoniaque Dieu des Ténèbres.

CLANG ! Un son métallique a vraiment retentit au moment où mon épée et le pied sont entrés en contact ? Je baissai la tête pour jeter un coup d’œil et déglutis, n’osant pas croire que je ne pouvais même pas entailler la peau du dieu démon. Essayons encore une fois, pensais-je, et je balançai lourdement mon épée à nouveau… CLANG !

« Dire que mon Dao Noir ne peut même pas lui faire de dégât, il semblerait que j’aie besoin de plus d’entrainement. » Je me sentais profondément frustré. Je me tins là, mon Dao Noir dans une main, découragé, tandis que des feuilles mortes étaient soulevées dans les airs par une brise…

« Prince, vite ! Esquive-le ! » hurla Kenshin.

Je levai les yeux et aperçus la fameuse Épée Démoniaque des Ténèbres qui tombait vers moi avec tout l’élan d’un avion plongeant vers le sol. Je plongeai sur le côté à la vitesse de l’éclair, cependant, l’avion… l’épée démon descendit à nouveau vers moi. Mon dieu, je suis tellement petit, mais il peut quand même me trancher à l’horizontale ? Ce n’est pas un peu déraisonnable ? Quel programmeur attardé… Je m’aplatis sur le sol d’une façon assez pathétique, évitant de justesse cette épée démoniaque.  

Je me hissai rapidement sur mes pieds et tournai immédiatement les talons, essayant de m’enfuir… Je veux dire, en essayant de distraire le dieu démon, afin de donner à Kenshin l’opportunité de lancer une attaque surprise. Tandis que je fuyais pour ma vie, j’avais très envie de pleurer ; je pouvais sentir la terre trembler à chaque pas que faisait le dieu démon. L’épée-avion démoniaque venait également frôler mon postérieur de temps en temps… Je me demande, est-ce que je serai écrasé et réduit en déchets, ou est-ce que je serai découpé en dés et transformé en viande hachée ?

« Kenshin, dépêche-toi avec ton attaque surprise ! Si je suis transformé en viande hachée ou en déchets, je te garantis que je reviendrai à la Caverne des Démons en tant que fantôme pour te hanter ! » hurlai-je, désespéré.

« J’ai déjà essayé de le trancher, ça n’a pas marché », répliqua Kenshin, furieux.

« Quoi !? » Mon visage fut drainé de toute couleur. Est-ce que les cieux me veulent mort à ce point ? Mais, je ne veux vraiment pas mourir d’une façon aussi sanglante, pensai-je et je m’écriai : « Kenshin, de quel côté est la falaise ? »

En entendant mes paroles, le découragement de Kenshin disparut, et il reprit courage. « Tourne à gauche ! Tourne à gauche, et elle sera droit devant ! »

Tourner à gauche ? Pour la première fois dans ma vie, je trouvai que tourner à gauche était une action extrêmement difficile à exécuter. « Kenshin, je ne peux pas tourner à gauche ! » Je serai réduit en viande hachée si je fais ça…

« Dieu démon, ton ennemi n’est autre que moi ! » Le rugissement enragé de Kenshin retentit derrière moi, et dès que ces mots eurent quitté sa bouche, le Démoniaque Dieu des Ténèbres qui était sur mes talons se détourna et alla affronter Kenshin à la place.

Voyant Kenshin foncer en ligne droite vers la falaise, je m’élançai immédiatement à sa suite. Pendant que je courrais, je pensai, Comment diable est-ce que nous allons faire tomber ce dieu démon de la falaise ? En le faisant trébucher ? Il me marcherait probablement dessus et m’aplatirait comme une crêpe sans même avoir remarqué ma présence !

« Kenshin, comment comptes-tu le faire tomber docilement de la falaise ? » Incapable de mettre de l’ordre dans mes pensées, je ne pus qu’ouvrir la bouche pour hurler désespérément vers Kenshin qui se trouvait devant moi.

« Prince, aide-moi à l’attirer dans le précipice, aussi près du bord que possible. » Après avoir soudainement dit cela, Kenshin s’arrêta de courir et se mit simplement à éviter l’épée-avion du dieu démon, en attendant que je « prenne le relais ».

« Dis, je peux refuser ? » demandai-je, des larmes débordant de mes yeux.

« Non. » répondit froidement Kenshin.

Ouuiin… Je me préparai pour quel que soit ce qui arriverait et bondis sur le dieu démon, tranchant sa rotule en plein saut. Comme auparavant, un bruyant « clang » retentit. Je me tournai et me mis à sprinter désespérément vers la falaise, et tout ce pour quoi je priais était que Kenshin ait véritablement un plan.

Avec le dieu démon à mes trousses, alors que le temps passé à l’éviter se faisait de plus en plus long, je commençai à être vraiment épuisé. À plusieurs occasions, je ne parvins à éviter la lame que de justesse, et fus même coupé à plusieurs reprises par le vent féroce suivant le sillage de chaque balancement de cette lame géante. La douleur combinée à la fatigue, je commençai à avoir l’impression que j’allais tomber à genoux d’un instant à l’autre. Malgré tout, je me forçai à tenir le coup. Sunshine est encore en train d’attendre que je complète la quête, et je dois le ramener avec moi sur le Continent Central !

Abandonner ? Je ne connais pas ce mot !

Après avoir finalement atteint le précipice, je faillis éclater sanglots. Dire qu’une falaise, de la même structure géographique que celle de laquelle je suis tombé par deux fois déjà, allait à présent me sauver la vie ! Le Destin est réellement imprévisible.

Peu importe, pensai-je. Maintenant que cette falaise était devant moi, j’hurlai frénétiquement à l’intention de Kenshin : « Kenshin, je suis au bord de la falaise ! Si tu as une carte à jouer dans ta manche, alors dépêche-toi de l’abattre, autrement je vais tomber avec le dieu démon ! »

Kenshin se contenta de nous suivre, et l’expression de calme sur son visage semblait être l’indice du calme avant la tempête. Sa main droite reposait depuis longtemps sur le pommeau de son épée. Le Timing ! Il attend le moment parfait pour achever son ennemi juré.

Hum, on dirait que je suis à trois centimètres d’un destin impliquant une chute d’une falaise… Je tournai la tête et observai l’immense étendue de vide au-delà du précipice, puis je tournai de nouveau la tête pour fixer l’énorme dieu démon. C’est étrange ! Pourquoi est-ce que je suis toujours forcé de choisir entre mourir en tombant du haut d’une falaise ou mourir écrasé ? Nous ne pourrions pas essayer quelque chose de différent la prochaine fois ? Alors que j’échangeais des regards désespérés avec le dieu démon, j’espionnai du coin de l’œil la silhouette humaine qui bondit à une hauteur à peu près au niveau de la tête du dieu démon… Même s’il s’est servi de plusieurs arbres proches, la puissance de saut de Kenshin reste incroyablement stupéfiante, notai-je mentalement, impressionné.  

 « Attaque de l’Éclat d’Air du Dragon ! » Kenshin rugit avec une voix d’une puissance incomparable et dégaina son épée à la vitesse de la lumière, frappant en direction de la tête du dieu démon… On dirait un mouvement basé sur la technique pour dégainer l’épée1 ? pensai-je, et je perçus une rafale de vent suivre dans le sillage de l’épée et aplatir les cheveux du dieu démon, suivit d’un « CLANG » retentissant. Bien que j’ignorais si le dieu démon avait été blessé ou non, je pouvais au moins constater que la force de Kenshin était suffisante pour pousser un dieu démon en avant.   

On dirait que c’est juste une question de temps avant qu’il ne tombe de la falaise, songeai-je, une fois de plus impressionné par KenshinMais pourquoi le ciel est-il devenu sombre tout à coup ? Je levai la tête pour jeter un coup d’œil, et me retrouvai à fixer, bouche bée et les yeux grands ouverts, ce béhémoth… ce Démoniaque Dieu des Ténèbres qui était en train de trébucher sur moi !

Nom du ciel, dieu démon, tu devrais vraiment essayer de perdre un peu de poids ! Avec une masse corporelle comme celle-là, je ne peux même pas trouver un endroit par où fuir… Mon dieu ! Avec un visage strié de larmes, je me lamentai mentalement sur mon destin comme je tombais du haut d’une falaise pour la troisième fois.

« AHHHHHHHHHHHHHHH ! » J’hurlai à m’en arracher les poumons, fermant étroitement les yeux alors que je me préparais à la douleur insoutenable que j’allais ressentir quand je toucherais le sol. « AHHHHH… »

« Est-ce que tu voudrais bien la fermer ? » La voix glaciale de Kenshin retentit soudainement au-dessus de moi.

« Ahhhhh… ? » Je relevai la tête, et le visage de Kenshin entra dans mon champ de vision. Je me figeai et remarquai que Kenshin tenait dans ses mains le bout d’un long morceau de tissu rouge, qui était étroitement enroulé autour de ma poitrine, et… que le pantalon de Kenshin avait glissé jusqu’à ses genoux puisque la ceinture avait disparu.

« Kenshin, est-ce que c’est confortable un pagne ? » le questionnai-je avec sérieux. C’est quelque chose que je me demande toujours depuis mon dernier petit coup d’œil « accidentel ».

« Qu’est-ce qu’un pagne ? » demanda Kenshin avec un froncement de sourcil.

« C’est le vêtement que tu es en train de porter pour couvrir tes parties importantes. »

Kenshin baissa la tête pour regarder le vêtement, manifestement perplexe. « Tu n’en portes pas un toi-même ? »

« Non, je porte des boxers », rétorquai-je solennellement. Je ne porte définitivement pas de pagnes.

« Quelle est la différence ? »

« Hum, j’adorerais discuter avec toi des différences entre les pagnes et les boxers, mais… » Je laissai ma phrase en suspens, les sourcils froncés. « Tu sais, ce n’est pas très… sain de parler de sous-vêtements tout en étant suspendu dans les airs et, par-ailleurs, je n’ai pas vraiment l’habitude de ne pas avoir mes deux pieds fermement posés sur le sol. »

Je roulai des yeux. « Alors, pourrais-tu gentiment commencer par me remonter ? Je te promets que je te ferai clairement la liste de chaque genre de sous-vêtements qui te sont accessibles, puis je te décrirai chacun d’entre eux dans les moindres détails, ok ? »

J’escaladai le bord de la falaise et m’assis sur le sol, n’osant pas tout à fait croire que j’étais parvenu à éviter de mourir d’une nouvelle chute du haut d’une falaise.

<Avis du Système : Prince a reçu un animal de type humanoïde. Veuillez donner un nom à votre animal. >

« Kenshin ! » le nommai-je paresseusement.

<Propriétaire de l’animal: Prince | Nom de l’animal : Kenshin | Niveau : 100 | Santé : 10,000  | Puissance Magique : 1,500>

<Attributs : | Force : 300 | Apparence : 150 | Agilité : 150 | Intelligence 50 | Volonté | 50 Sagesse : 0>

<Capacités : Technique pour dégainer l’Épée / Attaques en Continu / Attaque de l’Éclat d’Air du Dragon  / Vol du Dragon des Cieux / Transpercement du Néant / Déplacement Lumière / Bond Aérien / Combustion Instantanée>2

<Informations supplémentaires : animal de quête, impossible de monter de niveau, impossible d’apprendre de nouvelles capacités>

« Même si on met de côté le fait que tu sois au niveau 100, tes statistiques sont tout simplement trop terrifiantes. Pas étonnant que tu sois si fort », dis-je en regardant ses statistiques avec envie.

« C’est bien dommage que tu ne puisses pas monter de niveau par contre. Le système est vraiment radin ; J’ai fais tellement d’efforts pour t’obtenir. » Je ne pus résister à l’envie de maugréer entre mes dents.

Keshin me lança un regard glacial et répliqua doucement : « Courir un petit peu peut être considéré comme faire beaucoup d’efforts ? »

En entendant ses mots, je bondis aussitôt sur mes pieds et rétorquai : « Qu’est-ce que tu veux dire par “courir un petit peu” ? Je te ferai remarquer que j’ai parcouru tout ce chemin depuis le Continent Central, et que j’ai dû aider Jing et Yun à monter de niveaux pendant tellement de jours avant que je puisse être poussé du haut d’une falaise grâce à eux. En plus, j’ai dû braver un blizzard pour atteindre le Village de Neige, et j’ai même trébuché et je suis tombé… Hé, Kenshin, ne t’en va pas déjà, je n’ai pas fini de parler ! Qu’est-ce que tu as à me jeter ce regard glacial ? Tu ne réalises pas que je suis ton maître ? Hé, ne m’ignore pas ! »

 

 

« Nous sommes censés faire quoi ensuite ? » Kenshin et moi nous étions téléportés à la Cité du Tigre Blanc à l’ouest. Qu’est-ce que nous sommes exactement censés faire pour libérer Sunshine, qui est toujours coincé dans la Caverne des Démons ? Je n’arrive vraiment pas à m’en rappeler.

« Nous devons nous rendre à la Guilde des Aventuriers et recevoir la quête des prophètes. »

« Très bien. » J’avais compris.

Après ça, j’entrai avec impatience dans le bâtiment de la Guilde des Aventuriers. Je voulais finir cette quête rapidement, puis ramener le puissant Kenshin et l’élégant Sunshine avec moi au Continent Central. Soupir, tous les gars d’Odd Squad me manquent vraiment.

Après avoir reçu la quête, j’observai le bout de papier dans mes mains, et ma tête se mit à me tourner. Qu’est-ce que c’est que ça ? Pourquoi est-ce que, sur la carte qui m’a été remise par la Guilde des Aventuriers, les emplacements des trois grands prophètes sont presque comme trois points qui formeraient un triangle géant sur tout le Continent de l’Est quand on les liait entre eux ? Est-ce qu’ils ne seraient pas extrêmement difficiles à trouver, même si j’avais le sens de l’orientation ?

Ce n’est pas grave, pensai-je, et soudainement je retrouvai mes nerfs. Il y a toujours Kenshin avec moi. De quoi est-ce que je pourrais avoir peur ? « Hé, Kenshin, ça devrait être du gâteau pour toi de trouver les trois grands prophètes, n’est-ce pas ? »

Kenshin se retourna lentement pour me regarder, son expression aussi stoïque que d’ordinaire. « Je ne connais pas la position de quoi que ce soit à part le Village de Neige de Kaoru ! »

…On dirait que la difficulté de cette quête pourrait très bien augmenter de trois niveaux, à cause de deux personnes qui n’ont absolument aucun sens des directions, me dis-je, en poussant un soupir, avant de me résigner à examiner la carte. Commençons avec celui qui est le plus proche ! Ce point le plus près semble être dans le coin gauche ; on dirait que c’est dans la Cité du Tigre Blanc.

« Peu importe, nous n’avons qu’à nous diriger vers la gauche et vers le bas », dis-je, et je me mis à marcher rapidement.

« Prince. » Kenshin, qui m’avait suivi en silence pendant tout ce temps, m’appela soudainement par mon nom.

Je continuai de marcher et me contentai de jeter un regard en arrière. « Quoi ? »

« Tu ne m’as toujours pas expliqué à propos des sous-vêtements », répondit Kenshin avec une expression mortellement sérieuse.

« Huuuum, les sous-vêtements… » Je sais juste qu’il y a ceux qui sont taille basse, ceux qui vont au-dessus de la taille, ceux en dentelle, les strings… Je me demande si les garçons ont d’autres genres de sous-vêtements à part les boxers et les slips ? Ouaaah, comment je pourrais le savoir de toute façon ? Je ne peux absolument pas conseiller à Kenshin de porter des sous-vêtements en dentelle, par vrai ? Oh merde, j’ai vraiment plus ou moins envie de le faire. Kenshin portant des sous-vêtements en dentelle… Ah ! Hum, ça pourrait valoir le coup d’essayer.

« Non, laisse tomber », déclara tout à coup Kenshin.

J’en fus très déçu. Je regardai Kenshin avec des yeux brillants et plaidai : « Pourquoi ? Je veux vraiment discuter de ça avec toi. Laisse-moi en parler, s’il-te-plaaaaaît ? »

Kenshin me lança un autre regard froid. « Pour une certaine raison, je n’ai simplement plus envie de savoir après avoir vu ton sourire. »

« … » Je me grattai le visage.  C’est donc mon sourire qui m’a trahi ? La prochaine fois, je dois me rappeler de ne pas sourire. La mission « Faire en sorte que Kenshin Porte des Sous-vêtements en Dentelle » a échoué… Quel dommage.

« Est-ce que c’est la mer ? » Kenshin se figea soudainement sur place. Il fixa l’océan bêtement, comme s’il n’avait jamais vu un tel paysage auparavant. Son visage affichait un mélange d’enchantement et d’émerveillement.

Pour ma part, mes sentiments à l’égard de la mer n’étaient même pas à moitié aussi plaisants. Le souvenir d’avoir été piégé sur l’océan, ennuyé au point de discuter avec Meatbun, et même forcé à travailler comme frotteur de pont et nettoyeur de fientes de mouettes afin de payer mes repas… ce n’est vraiment pas quelque chose dont j’avais envie de me souvenir.

« Peut-on s’en approcher pour regarder ? » demanda Kenshin avec hésitation, maladroitement même.

Je lui lançai un sourire éclatant. « Bien sûr. »

En apparence, Kenshin était aussi calme que toujours, mais ses pas se firent notablement plus vifs. J’affichai un sourire en coin et le suivis. Dire que ce Kenshin, qui est toujours si stoïque, pouvait en fait se montrer timide !

Kenshin s’arrêta devant l’étendue d’eau d’un bleu ciel, et j’avançai en silence jusqu’à me tenir à ses côtés. Après un moment, je dis : « C’est magnifique, n’est-ce pas ? Attends que nous ayons sauvé Sunshine et que nous soyons arrivés au Continent Central ! Tous les deux, vous verrez absolument encore plus de paysages aussi beaux que celui-ci. »

« Mm. » Le fantôme d’un sourire apparut enfin sur le visage de Kenshin.

J’observai les alentours. Pourquoi est-ce que cet endroit me semble relativement familier ? Je regardai à gauche, et un bateau à l’allure extrêmement familière entra dans mon champ de vision, de même qu’un port lui aussi extrêmement familier… Nous avons en fait atterri au port ? Je dépliai la carte et vérifiai à nouveau, uniquement pour découvrir que je m’étais écarté du chemin d’environ quarante-cinq degrés. Quel désastre ! pensai-je. Si je ne peux même pas atteindre le point le plus proche sur la carte, alors comment je vais trouver les trois grands prophètes ?

« Soupir, je n’arrive même pas à trouver le chemin », avouai-je en fronçant les sourcils.

Kenshin détacha son regard de la mer et suggéra : « Il y a beaucoup de personnes dans le coin. Devrions-nous leur demander la direction à prendre ? »

« Beaucoup de personnes ? » Je me tournai et vis qu’il y avait en effet une petite foule. On dirait qu’ils regardent quelque chose ? Intéressant, pensai-je, et je tirai Kenshin derrière moi avec enthousiasme tandis que je m’approchais de la foule. « Viens, allons voir ce qui est à l’origine de ce brouhaha. »

« Brouhaha ? Est-ce que c’est encore plus beau que la mer ? »

« Euh… ça dépend des goûts. »

Il y a vraiment pas mal de monde… en plus, on dirait que l’atmosphère est plutôt tendue ? Je regardai la foule qui s’était rassemblée, la plupart des gens serraient leurs poings et faisaient craquer leurs articulations, avec des expressions livides affichées sur leurs visages, et il y en avait même quelques-uns qui avaient dégainé leurs armes. Qu’est-ce qu’il se passe ? Je jetai un coup d’œil à droite et à gauche, désespérant d’apercevoir ce qu’il se tramait au cœur de la foule.

« C’est le chef de la pègre locale, Huang Wei », marmonna soudainement la personne à côté de moi, et sa voix tremblait même.

« Huang Wei ? » Ce nom me semble familier.

« Lü Jing, est-ce que tu vas devenir ma femme oui ou non ? Je te préviens, j’ai déjà posté mes gars à tous les points de renaissance. Si tu refuses, je vais définitivement tuer ce gamin encore et encore jusqu’à ce qu’il retombe au niveau un », jura une voix familière – le genre qui ne demande qu’à être tabassé à mort – depuis le centre de la foule.

Dès que je l’entendis, mon visage s’assombrit. Huang Wei, espèce de sale moins que rien ; tu as vraiment osé t’en prendre à nouveau à mes meilleurs amis, et tu as même essayé de forcer Jing à se marier avec toi ? Tu m’as visiblement sous-estimé. 

Je poussai sur le côté la foule qui s’écartait petit à petit devant moi et aperçus immédiatement Jing, dont le visage était blanc comme un linge, et Yun, qui était maintenu au sol par plusieurs autres joueurs. La rage bouillit dans mes veines, et je déclarai d’une voix incroyablement glaciale : « Si elle se marie avec toi, j’avalerai mon dao tout entier. »

Tous les yeux se rivèrent sur moi, et Yun s’exclama avec agitation : « Un elfe ? Grand frère est un elfe n’est-ce pas. C’est toi grand frère ? »

Je souris. « À part moi, quel autre elfe viendrait se balader ici sur le Continent de l’Est ? »

« Grand-frère… » Il y avait une expression compliquée sur le visage de Jing, tandis qu’elle m’appelait avec hésitation.

Je portai mon attention sur Huang Wei, qui était aussi voyant et incroyablement rustre qu’auparavant, et parlai avec une voix calme et frigide qui démentait ma fureur. « Huang Wei, hein ? On dirait que la leçon que je t’ai donnée la dernière fois n’était pas suffisante. »

« Toi… ! » Le visage de Huang Wei se tordit de colère et, dans une moindre mesure, de terreur. « Bon sang, ne va pas t’imaginer que j’ai peur de toi. La dernière fois, tu m’as eu avec une attaque surprise, mais ça ne sera pas aussi simple cette fois. Les gars, attaquez-le ! Quiconque le tuera sera grassement récompensé », rugit Huang Wei.

« Le combat a commencé, Kenshin », lui fis-je remarquer avec un léger sourire comme il se tenait à côté de moi. J’étais plutôt partant. J’ai dû endurer tellement de frustration lors du combat contre le dieu démon. Comment est-ce que je pourrais passer à côté de cette opportunité maintenant que j’ai enfin rencontré quelqu’un que je peux maltraiter !?

Le visage de Kenshin était inexpressif, pendant qu’il acquiesçait brièvement.

Je dégainai mon Dao Noir, et souris froidement tout en regardant Huang Wei, qui s’était retiré derrière ses larbins, et je pensai, Tu penses que je ne peux pas t’atteindre juste parce que tu te caches dans le fond ? Kenshin et moi nous jetâmes simultanément en avant, absolument pas concernés par la présence des huit voyous devant nous. Nous passâmes à la vitesse de la lumière entre leurs lames, mon Dao Noir et l’épée de Kenshin si vifs que tout ce qu’on pouvait en voir était une ombre noire et un scintillement d’argent respectivement, suivis par des jets de sang dans tous les sens…

Je bondis et plongeai sans m’arrêter, me sentant revigoré, ne considérant pas du tout les huit malfrats devant moi comme une menace. Zut, après tout, la dernière fois j’ai osé les affronter par moi-même, et cette fois j’ai la terreur de niveau 100, Kenshin, à mes côtés. Il se peut que ce soit une insulte aux yeux de certains mais, pour moi, ce combat n’est vraiment qu’un jeu pour me débarrasser de mon envie de me battre. 

Je laissai Kenshin se charger des deux derniers types et avançai d’un pas nonchalant vers Huang Wei avec un sourire plaisant. « Huang Wei, écoute-moi bien attentivement. Ne me laisse jamais te surprendre à maltraiter ces deux personnes qui m’appellent Grand frère. Autrement, peu importe combien de déchets tu amèneras avec toi, pour moi, ce ne seront toujours que des mouches qui me volent autour. »

« Quant à toi, je ne manquerai pas de te tuer. » D’une chiquenaude de mon arme, j’envoyai valser au loin l’épée en or tape-à-l’œil mais inutile de Huang Wei.

Attaque du Dragon à Neuf Têtes !

Je renversai la tête en arrière et rigolai sauvagement alors que je contemplais les piliers de lumières blanches s’élancer dans le ciel. Après un long moment, j’arrêtai de rire comme une soudaine réalisation me frappait lorsque j’aperçus Kenshin, qui en avait terminé avec les voyous un instant auparavant. Hum… je viens juste d’utiliser le mouvement spécial de Kenshin juste devant lui, pas vrai ? Mais… les capacités de Kenshin n’incluent pas vraiment l’Attaque du Dragon à Neuf Têtes, donc ça ne devrait pas poser de problème, n’est-ce pas ? *Sueur*

« Est-ce que vous allez bien tous les deux ? » Je regardai Yun et Jing avec inquiétude. Par chance, à part pour leur visage pâle, ils semblaient être indemnes.

« Grand frère… » Yun s’approcha de moi, son visage affichant un évident regret. Se tenant devant moi, il tomba soudainement à genoux. « Je suis désolé Grand frère. »

Je le fixai du regard, les yeux exorbités, en songeant, Yun, ce gars qui déteste perdre la face, s’est vraiment agenouillé devant moi en présence de toute cette foule ?

« Grand frère, nous t’avons trompé tellement de fois. Pourquoi est-ce que tu continues à nous aider ? » me questionna Jing, alors qu’elle s’avançait, son hésitation écrite sur son visage.

J’haussai les épaules. « Je vous l’ai déjà dit auparavant, je ne fais jamais rien que je puisse regretter plus tard, et une fois que j’ai décidé quelque chose, je ne le regretterai pas. J’ai déjà décidé de vous aider tous les deux, et donc je vous aiderai jusqu’au bout. »

« Grand frère », s’écrièrent Yun et Jing à l’unisson, et ils semblaient avoir pris une décision à propos de quelque chose. « Nous te supplions, s’il-te-plaît, laisse-nous rester à tes côtés. »

« Hein ? » Je fronçai les sourcils. « Vous devriez avoir assez d’argent pour vous rendre au Continent Central à présent. Ne vous inquiétez pas pour moi, et allez-y en premier. J’ai encore des affaires à régler ici. »

Leurs visages devinrent subitement pâles, et Yun me demanda d’une voix tremblante : « Grand frère, est-ce que tu es contre le fait de nous laisser voyager à tes côtés ? Je peux te jurer que je ne te trahirai plus jamais. »

« Non, ce n’est pas ça… » Mes sourcils se plissèrent, pendant que je réfléchissais, Est-ce que je devrais les laisser me suivre ? Je n’arrivais pas à me décider. Ce serait bien de les avoir avec moi, et en particulier puisque leur sens de l’orientation est absolument meilleur que le mien… mais s’ils viennent avec moi, je vais devoir leur expliquer à propos de Kenshin et Sunshine.

« Le roi des démons ? » s’exclama soudain Jing, alors qu’elle observait bêtement Kenshin.

Yun aussi se tourna pour regarder Kenshin, une expression d’incrédulité sur le visage.

Je pâlis légèrement, et leur ordonnai hâtivement : « Ne dites rien pour le moment, contentez-vous de me suivre. »

 

 

Jing et Yun nous amenèrent, Kenshin et moi, à un restaurant, et nous fonçâmes dans la première cabine venue. Ils s’assirent tous les deux promptement, et deux paires d’yeux entreprirent de scruter intensément le visage inexpressif de Kenshin. Amusé, je pris le menu avec une lenteur délibérée et commandai lentement un plat après l’autre, comme si je n’avais pas remarqué leur agitation…   Hé hé ! Je suis sur le point de mourir à force de réprimer mon rire. Dire que je peux les taquiner ainsi dans le jeu ; habituellement ce sont eux qui forment une équipe pour m’embêter.

« Et pour le dernier plat, nous allons prendre… » Je devrais commander quoi ?

« Des wontons dans de la sauce au chili, n’est-ce pas, grand frère ? » présumé Yun avec un sourire impertinent. « Moi aussi j’en suis tombé amoureux. Les goûts de grand frère sont les meilleurs en matière de nourriture ! »

Mes sourcils se levèrent. Je dois admettre que quand on en vient à la nourriture, je suis assurément le connaisseur du groupe. Après tout, ne suis-je pas celui qui décide toujours où manger et quoi commander chaque fois que nous allons au restaurant ? « Ce sera des wontons dans de la sauce au chili dans ce cas. »

Dès que le serveur quitta la cabine, Jing et Yun fixèrent immédiatement à nouveau leurs yeux sur Kenshin, clairement déterminés de révéler au grand jour la vérité.

Je soupirai, puis déclarai avec solennité : « Jing, Yun, ce que je suis sur le point de vous dire est quelque chose de très important. Je veux que vous me promettiez tous les deux de ne jamais en parler à personne, et de ne jamais mentionner ce sujet à nouveau. »

Jing et Yun échangèrent un regard résolu, et Yun promit fermement : « Grand frère, je suis prêt à jurer que, à partir de ce jour, j’obéirai à Grand frère sans faillir. Puisque Grand frère nous a demander de ne pas parler de ça, alors tous les deux nous n’en soufflerons pas un mot à qui que ce soit. »

« Si Grand frère est toujours sceptique, alors il n’a pas besoin de nous expliquer de quoi il en retourne. Nous ne ferons aucune objection », ajouta également Jing.

Je questionnai Kenshin du regard. Après tout, c’était lui qui était concerné. Je n’avais aucun droit de décider à sa place.

« Dis-leur. Je n’ai aucun désir qu’ils me traitent comme l’un des autres PNJs », répondit Kenshin froidement.

Jing et Yun le fixèrent avec stupeur pendant trois secondes, puis Yun bredouilla : « Tu… tu as gagné ta propre conscience de toi ? C’est vraiment possible ? Ce genre de choses qui ne se produit que dans les romans de science-fiction est vraiment arrivé ? »

« C’est précisément ça. » Je me grattai le visage, en pensant : Ainsi Jun est en fait plus intelligent que ce que je pensais. Il a vraiment réussi à découvrir la vérité juste comme ça. « Kenshin n’est pas le seul. Il y en a un autre appelé Sunshine. Je suis actuellement en train d’essayer de trouver une façon de le secourir lui aussi. »

« Il y en a un autre ? » Yun et Jing étaient stupéfaits.

« Ouais. Je dois finir une autre quête, et ce n’est qu’alors que je pourrai sortir Sunshine de cette Caverne des Démons. » Je fronçai les sourcils. « J’ai besoin de votre aide pour quelque chose par contre. Je n’arrive pas très bien à lire la carte qui nous a été fournie avec la quête… »

« Laisse-moi y jeter un coup d’œil. » Comme on devait s’y attendre de la part de Jing, elle se remit du choc plutôt rapidement et demanda calmement à voir la carte.

Je sortis la carte extrêmement déroutante et la lui passai. Jing fixa la carte, les sourcils froncés, puis sortit un rapporteur… Comme c’est professionnel, me dis-je avec admiration. Pas étonnant qu’elle ne se perde jamais. Je devrais apprendre de son exemple, mais pour commencer, comment se sert-on d’un rapporteur ?

« Il faut se diriger vingt degrés direction est-sud-est en partant du port, puis voyager pendant approximativement quinze kilomètres », annonça Jing alors qu’elle rangeait son rapporteur.

« Oh… » Je répondis avec indifférence alors que je mâchouillais ma nourriture. Après tout, avec eux deux pour me montrer le chemin -– puisque Jing et Yun avaient déjà déclaré qu’ils me suivraient – je n’aurai pas besoin de m’embêter avec cette histoire « d’est-sud-est » ou quoi que ce soit.

J’attrapai un chignon de pain de viande qui reposait sur la table, et le fixai sans rien dire pendant un moment. Je n’ai pas nourri Meatbun depuis plusieurs jours à présent, non ? pensai-je, soudainement pris de sueur froide. MERDE ! Sans me préoccuper du fait que Jing et Yun étaient toujours là, je m’empressai de plonger la main dans ma sacoche et en sortis Meatbun

« Mamaaaaan ! » Les yeux de Meatbun étaient visiblement gonflés d’avoir pleuré, mais dès qu’il me vit, son visage s’illumina de joie. « Maman a beaucoup manqué à Meatbun-bun, l’estoma-mac de Meatbun-bun a aussi beaucoup faim-faim ! »

Je ne pouvais même pas commencer à exprimer le pincement au cœur et le regret que je ressentais. Dire que j’ai en fait oublié de le nourrir… Je m’empressai de donner à Meatbun  tous les chignons de pain de viande mangeables que j’avais sous la main. Tandis que je le nourrissais, je m’excusai, en lui disant : « Je suis tellement désolé, Meatbun, j’ai vraiment oublié. C’est ma faute si tu es resté affamé pendant si longtemps. »

« Mmmph, mmph ! » La bouche de Meatbun était complètement remplie de nourriture, mais il continuait à me regarder avec des yeux brillants de bonheur.

En voyant que Meatbun mangeait joyeusement, je me sentis rassuré et levai de nouveau mes baguettes, prêt à remplir mon propre estomac… uniquement pour découvrir trois paires d’yeux rivés sur moi, stupéfaits.

« Un chignon de pain de viande avec des yeux… » articula Yun, les yeux et la mâchoire grands ouverts.

« Un chignon de pain de viande qui parle… » Jun déglutit.

« … » Kenshin ne dit rien.

Je gloussai. « Voici mon animal de compagnie. Il s’appelle Meatbun. Meatbun, dis bonjour à tout le monde. »

Meatbun avala le gros chignon de pain qui se trouvait devant sa bouche et bondit sur la table, en disant : « Bonjour tout le mon-monde ! Le nom de Meatbun-bun est Meatbun. Meatbun est l’animal de compagnie de Maman. »

« Maman ? » Trois paires d’yeux se tournèrent vers moi pour me contempler avec curiosité.

« Meatbun a un peu de mal à distinguer les sexes des personnes, et il aime toujours m’appeler “Maman” », répondis-je, en transpirant furieusement. C’est un mensonge total. Il n’y a probablement personne dans ce monde qui soit aussi doué pour distinguer le sexe d’une personne que Meatbun…

« Les animaux de Grand frère sont vraiment spéciaux », annonça Yun avec un sourire impuissant.

Huuum, laisse-moi réfléchir. Mon premier animal est un chignon de pain avec des yeux, le deuxième est Kenshin, un personnage de manga qui a gagné sa propre conscience de soi, et après avoir sauvé Sunshine, mon troisième animal ne sera-t-il pas un prince arabe qui a lui aussi sa propre conscience ? Ils sont certainement vraiment spéciaux… *Sueur* !

 

 

« Alors comme ça tu aimes manger des chignons de pain de viande, Meatbun-bun ? C’est vraiment inhabituel », dit Yun à Meatbun qui était « assis » sur son épaule.

« Chignons de pain, trop bons ! » répliqua Meatbun, en bondissant joyeusement sur son perchoir.

« Les chignons de pain sont plutôt bons. Quand as-tu commencé à parler ? »

« Après le combat avec oiseau de feu. »

« C’est quoi un oiseau de feu ? »

« C’est l’animal de Gui-gui. »

« Et c’est quoi un “gui-gui” ? »

« Gui-gui est… » Meatbun pencha sa grande tête sur le côté, plongé dans ses pensées. « Une chose comme Maman. »

« Oh… un autre elfe guerrier », interpréta Yun, la lumière se faisant finalement dans son esprit. « Alors… »

« … » Sans commentaire.

Durant le voyage pour rejoindre le premier prophète, deux humains Jing et moi-même et un PNJ écoutèrent, sans voix, la conversation sans queue ni tête entre un autre humain et un chignon de pain. On dirait que Yun et Meatbun s’entendent à merveille. Aucun des deux ne peut s’arrêter de parler : aussi ils continuent juste de se parler l’un à l’autre !

« Jing, est-ce que c’est encore loin ? » demandai-je avec exaspération. Si je continue à les écouter blablater tous les deux, j’ai bien peur de finir avec une neurasthénie !

Jing prit la carte dans sa main gauche et tint un compas dans sa main droite. « Ça devrait être dans le coin, Grand frère. »

« Cherchons dans les alentours dans ce cas. »

Boum ! Mon pied rencontra une certaine résistance dans son élan. Il y avait un obstacle ? me demandai-je, et je baissai les yeux… Je viens de cogner dans le bol d’un vieux mendiant et je l’ai envoyé voler à cinq mètres ? J’en fus mortifié. Mon dieu, qu’est-ce que j’ai fait ? Je m’empressai d’aller ramasser le bol et m’excusai abondamment : « Je suis vraiment désolé monsieur. Voici votre bol. » 

Voyant que le vieux mendiant ne réagissait pas beaucoup, je réfléchis pendant un bref instant, puis je tendis la main vers ma sacoche et en sortis quelques pièces d’or que je plaçai dans son bol. « Monsieur, ces pièces d’or sont pour vous. Je suis vraiment désolé d’avoir renversé votre bol. »

La question étant résolue, j’étais sur le point de me remettre en route quand je remarquai que Jing et Yun me fixaient avec stupéfaction. « Qu’est-ce qu’il y a ? » Je touchai mon visage. Non, mon masque est toujours en place ! Alors pourquoi est-ce qu’ils me fixent comme ça ?

« Rien, c’est juste que… l’attitude de Grand frère envers les PNJs est vraiment inhabituelle. » Yun répondit d’un ton surpris.

Jing prit une grande inspiration et déclara : « Pas étonnant que Kenshin et Sunshine t’aient choisi pour accomplir leur quête. »

« … » Le visage impassible de Kenshin tiqua soudainement. *Sueur* Si je me rappelle bien, la raison pour laquelle ils m’ont choisi semblait avoir un lien avec le fait que personne n’était tombé de cette falaise auparavant…

Tout de même, je devais maintenir les apparences, et donc je toussai deux fois et d’une fausse voix terne, je dis : « Depuis quand est-ce que Kenshin a une quête à me faire accomplir ? Qu’est-ce que vous racontez tous les deux ? »

Ils paniquèrent immédiatement. « Désolé Grand frère. Nous n’avons rien dit. »

J’acquiesçai et ordonnai d’un ton détendu : « Dépêchons-nous d’aller trouver le prophète. »

« Oui, Grand frère. »

Une voix faible s’éleva de là où le vieux mendiant était agenouillé sur le sol, en disant : « Pour quelle raison recherchez-vous le prophète ? »

Nous nous retournâmes pour le regarder. « Nous souhaitons en savoir plus à propos de la prophétie qui est inscrite sur le pic du Sommet d’Azur », répondis-je avec hésitation.

Le mendiant soupira faiblement, puis se mit lentement sur ses pieds. « On dirait que je ne peux pas me cacher pour l’éternité ! Je suis l’un des trois grands prophètes. »

« Ah ? » Nous étions tous stupéfaits. Il ne plaisante pas ? C’est si difficile d’être un prophète qu’il est obligé de demander la charité afin de manger ?

« Jeune homme, étant donné que tu es une bonne personne, je ne vais pas te rendre la vie difficile. À l’origine, j’allais te demander de faire quelque chose afin de prouver que tu es un homme droit », déclara le prophète avec un sourire affable. « À présent, je vais te remettre ce morceau de la carte du Sommet d’Azur sans aucune condition. »

J’acceptai sa partie de carte, me sentant un peu abasourdi. Nous avons obtenu le premier fragment si facilement ?

« Excusez-moi, monsieur le prophète, mais qu’alliez-vous initialement nous demander de faire ? » s’enquit Jing.

« Défier la Tanière des Tigres Féroces sur la Montagne du Tigre et tuer leurs trois chefs », répondit le prophète d’un ton léger.

Les mâchoires de Jing et Yun étaient grandes ouvertes d’une façon des plus inélégante. « La Tanière des Tigres Féroces… C’est une zone qui n’est pas moins dangereuse que la Caverne des Démons, et nous aurions dû tuer trois boss ? »

Après un long moment, Yun parvint enfin à fermer la bouche. Il se tourna pour me regarder avec révérence et décréta : « Grand frère, je suis vraiment en admiration devant toi. Ton petit frère apprendra absolument de ton exemple, et aura un cœur noble qui ne dédaigne pas servir en tant que guérisseur des foules. »

Hé, est-ce que tu pourrais ne pas abuser des proverbes comme tu le fais ? Le Guérisseur des Foules en effet ! Et dire que tu es un étudiant en littérature Chinoise comme moi, pensai-je en me grattant le visage. Toujours est-il que c’est assez surprenant qu’une telle petite action simplifierait une bonne partie de nos problèmes. En plus, du coup, le laps de temps d’ici à ce que je retrouve à nouveau tout le monde d’Odd Squad a été réduit.

Je me tournai vers l’ancien prophète-mendiant. « Merci pour ce bout de carte, vénérable Prophète. Nous allons partir à la rechercher du second prophète. »

Le prophète sourit : « Un jeune homme aussi poli. Laisse-moi te donner un autre indice. Le prophète du nord apparaît souvent dans un lieu avec des poulets, des canards, des poissons, de la viande, des légumes verts et des carottes. » Après avoir dit ça, il s’agenouilla à nouveau et se remit à faire le mendiant.

« Le marché à la criée ? » méditai-je en me grattant le visage. La programmation pour ces prophètes est vraiment étrange. Et, dire que je pensais qu’ils se cacheraient tous comme des ermites dans des montagnes ou dans des endroits reculés où ils n’auraient que des oiseaux et des bêtes pour seule compagnie. « Dans ce cas, allons chercher le prophète du nord à la Cité de la Tortue Noire ! »

« Oui, Grand frère. » Jing et Yun me regardèrent tous les deux avec des yeux encore plus admiratifs que jamais.

« On dirait que cette quête sera plus facile que ce que je croyais. » Pas vrai ? pensais-je avec confiance. À tous les membres d’Odd Squad, je vais bientôt rentrer à la maison !

 

Notes de bas de page

1 Technique pour dégainer l’épée : les fans de Kenshin connaissent peut-être davantage les termes japonais pour ceci : “battoujutsu”. Comme le nom l’indique, ce genre de mouvement est basé sur une technique souvent impliquée (à différents degrés) dans l’acte de dégainer son épée, comme utiliser le mouvement pour emmagasiner de l’élan pour l’attaque. Voir wikipedia pour plus d’informations.

2 Les techniques de Kenshin : Notez qu’ici Kenshin n’a que cinq techniques issues de Rurouni Kenshin telles que Vol du Dragon des Cieux (aussi connue sous le nom d’Amakakeru Ryuu no Hirameki). La majorité de ses autres attaques ne font pas partie de l’univers de Rurouni Kenshin.