1/2 Prince T5C2 : Conflit

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½ Prince Volume 5 : Un Prince N’Existe Plus

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 2: Conflict – traduit du chinois vers l’anglais par Erihppas[PR!]
Chapitre 2 : Conflit – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ travail de vérification par Yukomin

« On dirait bien que beaucoup de personnes sur le Continent Central refusent d’admettre que Prince est un être supérieur. » Nan Gong Zui fronça pensivement les sourcils, après avoir écouté White Bird décrire les événements de la journée.

« Je pense qu’il y a plusieurs facteurs : premièrement, le niveau de Prince n’est pas assez élevé ; deuxièmement, Prince n’a pas survécu lors de l’affrontement final du Tournoi des Aventuriers ; et troisièmement, devenir le porte-parole lui a non seulement apporté l’admiration de beaucoup, mais également la jalousie de plein d’autres », expliqua Wicked en détail.

Nan Gong Zui fronça encore plus les sourcils. Il me regarda avec inquiétude. « Prince, la seule chose que tu puisses faire maintenant, est de t’entraîner durement et de monter de niveaux. »

Je haussai les épaules. « Aucun problème. Comparé au travail administratif et à tous les trucs militaires, je préfère m’entraîner. »

« Ce qui est encore plus important que d’augmenter tes niveaux c’est de te construire une réputation ! » déclara White Bird avec détermination.

« Réputation ? » Tout le monde fixait White Bird, et à l’exception de moi, ils semblaient tous d’accord avec elle. Sérieusement ? Je ne suis pas déjà suffisamment respecté comme ça ?

« Attendez une minute… Comment je peux ne pas avoir une assez bonne réputation ? Est-ce que je n’ai pas toujours utilisé l’image de l’Elfe Sanguinaire en public ? » argumentai-je rapidement. Est-ce que c’est une sorte de blague ? Je n’ai pas envie d’être encore plus estimé ! Je n’arriverais pas à le supporter si tout le monde se mettait à me vénérer de la même façon que la bande des cinq…

White Bird me regarda avec incertitude et m’expliqua avec hésitation : « Monseigneur, votre manque de réputation est possiblement dû à votre apparence. »

« Apparence ? » Je fus surpris un instant. Qu’est-ce qui ne va pas avec mon apparence ? Est-ce que je serais trop séduisant pour être respecté ?

Belle-sœur Yu Lian intervint soudainement : « Tu veux dire que Prince paraît trop jeune ? »

White Bird hocha timidement la tête. « Si je puis me permettre de vous le demander franchement, Monseigneur, quel âge avez-vous ? »

À cette question, ils se tournèrent tous vers moi et me regardèrent comme s’ils tentaient de me mesurer. Quelque peu mal à l’aise sous leurs regards scrutateurs, je répondis rapidement : « Vingt ans. »

« Vingt ? C’est plus que ce que je pensais, mais ça reste très jeune. Parmi les quatre autres seigneurs, on dit que le plus jeune a vingt-quatre ans. Sans oublier que, Monseigneur, vous semblez n’avoir que dix-sept ou dix-huit ans. » White Bird soupira avec une expression abattue.

Gui ne sembla pas d’accord. « Son apparence convient. Le vrai problème est que Prince s’implique rarement dans les affaires quotidiennes de la cité. De nombreuses personnes ont aperçu les chefs des différents départements en chair et en os, mais n’ont vu Prince qu’en photo sur le site officiel de Second Life. »

Je ne pus m’empêcher de lever les yeux au ciel en entendant les paroles de Gui. « Ce n’est pas de ma faute. Tout le monde m’a obligé à faire la tournée de concert, et maintenant je dois m’entraîner dur pour rattraper mon retard. Quand est-ce que je trouverais le temps de m’impliquer dans les affaires courantes de la cité ? »

Tout le monde soupira en entendant mes propos, et chacun de leurs visages afficha une expression d’impuissance.

« Ça ne peut pas continuer ainsi. La réputation de notre suzerain doit être établie », déclara White Bird, inhabituellement déterminée. « Et je vais définitivement songer à quelque chose ! »

Pour une raison que j’ignorais, je me mis tout à coup à frissonner.

 

 

À l’instant où je vis tout le monde s’agenouiller devant moi, incluant les membres d’Odd Squad, de Dark Emperor, de la Team Rose et des autres, je fus totalement perdu sur ce que je devais faire. Ça ne faisait aucune différence que White Bird m’eût prévenu de cet événement, cette soi-disant cérémonie d’allégeance.

Pour se préparer à la prochaine mise à jour, tout comme aux prochaines invasions de la Cité du Soleil, de la Cité de la Lune et de la Cité de l’Étoile, nous décidâmes d’organiser une cérémonie durant laquelle chaque personne devait me jurer allégeance, à moi, le suzerain de la Cité de l’Infini. En premier lieu, la cérémonie allait permettre d’annoncer au grand public l’intention de la Cité de l’Infini de conquérir les cités officielles, et deuxièmement elle permettrait d’établir cette chose concernant la réputation que je ne parvenais pas à comprendre réellement.

« Moi, Ugly Wolf, je jure de servir le suzerain de la Cité de l’Infini, Prince, d’une loyauté sans faille. » Grand frère Wolf me regarda avec une expression solennelle. Ça allait de soi, il était également agenouillé, et pourtant, en entendant sa déclaration, je me sentis un peu… mécontent ? Pourquoi grand frère Wolf doit-il se prosterner devant moi ?

« Moi, Yu Lian… »

« Moi, Guiliastes … »

« Doll… »

« Lolidragon… »

« Wicked … »

« Nan Gong Zui… »

« Rose… »

Un à un, mes proches amis me jurèrent fidélité. Est-ce que je ne devrais pas me sentir heureux ? Pourquoi mon cœur ressent-il seulement le vide, comme si je venais tout juste de perdre quelque chose d’important ?

Après que chacun m’eût juré fidélité, je déclamai les mots que m’avait enseigné White Bird. Employant un ton solennel que je n’avais jamais utilisé auparavant, je décrétai : « Moi, Suzerain de la Cité de l’Infini, Prince, j’accepte vos serments. À partir d’aujourd’hui, vous êtes tous mes loyaux sujets. Je jure de tous vous guider vers la célébrité et la gloire à travers Second Life. »

Tout le monde s’exclama à l’unisson : « Vive la Cité de l’Infini ! »

« Vive… la Cité de l’Infini », répétai-je, empli d’un sentiment de vide, tant dans mes mots que dans mon cœur.

 

 

À la fin de la cérémonie, sur chaque visage rayonnait la joie et l’excitation précédant chaque bataille. J’avais un sourire forcé sur le mien, mais mon cœur était lourd.

« Monseigneur, votre entraînement avance-t-il bien aujourd’hui ? » Grand frère Wolf me tapota le dos en souriant.

Je souris sèchement en entendant ses mots. « Grand frère Wolf, pourquoi m’appelles-tu également “Monseigneur” ? »

Grand frère Wolf se gratta la tête, haussa les épaules et s’expliqua : « Parce que White Bird nous a ordonné de vous parler ainsi à partir de maintenant, et ce afin de construire votre réputation en tant que seigneur de la Cité de l’Infini. C’était également le but de la cérémonie d’allégeance d’aujourd’hui. »

« Je n’y suis pas habitué », ronchonnai-je, déprimé. « Pourquoi est-ce-que même les membres d’Odd Squad doivent s’agenouiller devant moi ? Je préférerais que vous me taquiniez comme avant plutôt que de vous courber devant moi. »

« Prince… » m’appela Grand frère Wolf d’une voix hésitante.

« C’est “Monseigneur” ! » rappela Lolidragon à grand frère Wolf, en me frappant impitoyablement à la tête. « Grand frère Wolf, n’oublie pas les ordres de White Bird. »

Elle se retourna à la fin de sa phrase et me lança un regard fier. « Ne vas pas t’imaginer que j’ai envie de m’incliner face à toi. Si ce n’était pas nécessaire de te bâtir une réputation, je ne plierais pas devant un gamin comme toi. »

« Lolidragon ! Ne t’adresse pas ainsi à notre souverain », lui reprocha doucement White Bird, visiblement mécontente du ton de Lolidragon.

« Pourquoi est-ce que j’ai besoin de me bâtir une réputation ? » Je ne pus réfréner ma colère tandis que le ressentiment que j’avais refoulé ces derniers jours augmentait soudainement. « Ce ne serait pas mieux si on était tous amis ? Pourquoi me vénérer comme si j’étais une sorte de dieu ? »

« Monseigneur ! » Grand frère Wolf et Lolidragon me regardaient avec des expressions choquées, comme s’ils étaient surpris de ma subite poussée de rage. Les rires bruyants de la foule environnante cessèrent, comme les personnes commençaient doucement à nous fixer du regard les uns après les autres.

« Monseigneur… » White Bird paniqua alors que ses yeux balayaient la foule dont l’attention s’était tournée vers nous, et elle fronça les sourcils dans ma direction.

Après avoir remarqué que tous les membres d’Odd Squad étaient rassemblés, la Team Rose, Wicked et tous les autres présents nous observèrent d’un air préoccupé. Voyant leurs expressions aller de pair avec les froncements de sourcils de Nan Gong Zui et White Bird, mon cœur se vida tel un ballon dégonflé, comme si toute mon énergie m’était enlevée. J’agitai la main avec fatigue. « Désolé, je suis juste très fatigué. Je vais aller me reposer un peu. »

Je me retournai et partis, sans accorder un seul autre regard aux personnes présentes. J’atteignis le hall principal avant de réaliser brusquement que je ne savais pas où me rendre. Yun Fei et Jing… je vais aller les chercher, ils vont forcément me comprendre.

Je marchai, un peu déprimé, en direction de la demeure de Lü Jing et Yun, puis défonçai la porte d’un grand coup. Comme je m’y attendais, le cri de Yun Fei retentit sur-le-champ.

« Prince, je t’ai déjà dit un millier de fois que les portes pouvaient se casser ! Et, tu vas payer pour les dommages si c’est le cas ! » Mon humeur s’éclaircit rapidement en raison de la façon dont Yun Fei m’avait parlé. Il était le même qu’auparavant et ne m’appelait pas « Monseigneur ».

« La cérémonie d’Allégeance est déjà terminée ? » La voix de ma mère résonna soudainement à mon oreille.

« Papa, Maman, vous êtes tous là ! » Je me tournai, surpris. Non seulement Jing et Yun étaient ici, mais mes deux parents étaient également présents dans la pièce.

« Bien sûr, tout le monde allait s’incliner et te jurer loyauté, mais tu ne t’attendais pas à ce que tes parents s’agenouillent aussi devant toi, pas vrai ? » me demanda Jing, imperturbable.

« En parlant de la cérémonie, je commence à devenir fou. Pourquoi est-ce que tout le monde doit s’agenouiller et me jurer fidélité !? » Je ne pus refréner mes sentiments plus longtemps et commençai à crier, souhaitant éjecter toute ma frustration. « Ce sont mes amis, pourquoi ont-ils l’obligation de m’appeler “Monseigneur”, et celle de s’agenouiller pour m’honorer !? »

Tout le monde fut choqué de mon explosion. Ce ne fut qu’après un moment de silence que Jing parla. « Mais, parce que c’est nécessaire. »

« Foutaise, nous ne faisions pas ça avant, et il n’y avait aucun problème, non ? » argumentai-je rapidement. On n’avait pas besoin d’établir une quelconque réputation.

« Xiao Lan, c’est nécessaire. » Mon père me scruta avec une expression sérieuse. « La Cité de l’Infini se renforce en s’agrandissant, et de plus en plus de personnes se joignent à elle. Ce dont ils ont besoin c’est un roi qu’ils peuvent suivre, et non un ami. »

Roi… Pourquoi est-ce qu’on continue de me rabâcher les oreilles avec ce mot ? Pourquoi suis-je tout le temps couronné de mots si pesants ?

« Xiao Lan, tu es déjà sur cette voie, et, à moins de souhaiter tout abandonner, tu dois continuer d’aller de l’avant », affirma ma mère avec gravité.

« Je… Je suis d’accord pour aller de l’avant, je n’apprécie simplement pas la façon dont mes amis se sont métamorphosés en sujets. Est-ce que, même ça, c’est trop demander ? » Je ne pus m’empêcher de m’étouffer.

« Xiao Lan ! » Yun m’agrippa les épaules. « Qu’est-ce que tu fabriques ? On dirait quelqu’un d’autre. Tu es supposée être quelqu’un qui avance aveuglément et qui n’abandonne pas quelles que soient les difficultés ! Tu es le cœur de ce groupe, ta confusion et tes larmes ne doivent en aucun cas être dévoilées. »

« Mais, je peux pleurer ! Et, il m’arrive d’être confuse ! » Je fermai les yeux et pleurai. « Je ne suis pas Dieu, je ne suis pas si bien ! »

« Xiao Lan… » Tout le monde se leva avec surprise, souhaitant venir me réconforter.

Je m’échappai désespérément des bras de Yun, essuyai mes larmes, et sortis de la maison sans un regard en arrière.

Ils s’exclamèrent tous les quatre avec surprise : « Xiao Lan, attends ! »

Je ne pris même pas la peine de tourner la tête, alors que je leur répliquais d’une voix forte : « Ne me suivez pas, je n’ai pas envie de vous écouter pour l’instant ! »

Usant de toute la vitesse dont je pouvais faire preuve, je filai comme le vent, loin du lieu où je pensais trouver du réconfort à l’origine. Je n’avais pas anticipé le fait que même Jing et Yun, ainsi que mes parents, seraient incapables de comprendre mes sentiments. Qui d’autre pourrait les comprendre ? Je souris mi-figue mi-raisin, levai les yeux, et réalisai que je me trouvais en face du Restaurant de l’Infini.

Naturellement, j’y entrai. À l’instant où je décidais d’aller boire tranquillement dans un coin, j’aperçus Kenshin et Arctic Fox assis sur le balcon, en train de boire silencieusement, et avec divers mets en accompagnement trônant sur la table. Je m’approchai arrogamment d’eux, m’assis et attrapai directement le pichet d’Arctic Fox et le vidai d’une traite.

Arctic Fox regarda sans dire un mot, tandis que j’agrippais la cruche. Après que je l’eus finie cul-sec, il déclara doucement : « C’est un mélange de vodka et de whisky. »

Comme Kenshin levais les yeux pour rencontrer ceux de Arctic Fox, ce dernier ajouta : « Très fort. Un humain normal serait ivre-mort après quelques verres. »

Kenshin et Arctic Fox me fixèrent du regard de concert. En voyant leurs regards, je commençai à m’énerver à nouveau. « Qu’est-ce que vous regardez ? Vous savez que je suis le suzerain de la Cité de l’Infini ? Allez me commander plus de vin. »

Kenshin détourna le regard et affirma calmement en une seule phrase : « Il est saoul. »

« Mouais. » répondit Artic Fox d’une voix également calme.

Bon sang, ils ne me commandent pas de vin ! Je ne pus réprimer ma rage et frappai la table de mon poing. « Serveur, apporte à cette table plus de vin ainsi que chacun des plats que vous avez immédiatement ! »

« Aurais-tu décidé de jeter ta vie aux orties ? En gaspillant ainsi de l’argent, tu ferais mieux de te montrer prudent face à la colère de belle-sœur Yu Lian ». La petite voix de Lolidragon provint de derrière.

Je ne tournai pas la tête, et ne souhaitai pas même répondre.

Lolidragon soupira et s’assit près de moi : « Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi es-tu si énervé ? Il ne s’agit que de la cérémonie d’allégeance, tu n’as pas besoin de le prendre tellement à cœur. »

J’étais si furieux que je répliquai d’une voix très forte : « Qu’est-ce que tu entends par seulement une cérémonie d’allégeance ? Vous êtes tous mes amis, vous n’étiez pas supposés vous agenouiller devant moi en premier lieu ! »

« C’est vrai que nous sommes amis, mais nous sommes également tes sujets. Qu’est-ce qui cloche avec le fait que des subordonnés s’inclinent pour te jurer leur loyauté ? » Lolidragon me fusilla du regard, les sourcils froncés.

« Qu’entends-tu par sujets… Vous êtes tous mes amis ! Mes amis ! » Après avoir hurlé jusqu’à ce que ma voix se brise, j’attrapai le pichet de vin que le serveur venait de délivrer et bus désespérément, comme si cette seule action pouvait effacer la misère de mon cœur.

Il semblerait que je l’eusse effrayée, car Lolidragon resta sans voix un moment. Elle continua à m’observer sans dire le moindre mot, tandis que j’engloutissais follement le vin.

Finalement, elle parla d’une voix solennelle et avec sincérité. « Prince, tu n’es plus un prince sans attache, mais un roi avec de lourdes responsabilités sur tes épaules. »

J’arrêtai de boire. Pourquoi ces mots me semblent-ils si lourds ? Roi ? Moi ? Je répondis, plein d’amertume : « Lolidragon, je n’aime pas cette situation. Je déteste la façon dont tout le monde me traite, et puis je déteste aussi ces… ces titres seigneuriaux. »

Lolidragon se leva lentement, inspira longuement et déclara : « Prince, tu voulais créer une légende. Mais, se pourrait-il que tu savoures les moments de joie de la légende, mais refuses de supporter les responsabilités et les douleurs qui l’accompagnent ? »

J’en restai bouche-bée, et ne pus que contempler Lolidragon, pendant qu’elle quittait le restaurant sans jeter un regard en arrière. Je baissai la tête et regardai la cruche d’un air ahuri. Mes sentiments étaient si mélangés que je ne savais même pas ce que je ressentais à ce moment.

« Prince… Est-ce que ça va ? » s’enquit une voix féminine derrière moi. Mon cœur se serra. Lolidragon est-elle revenue ?

L’expression inquiète de Phoenix apparut devant mes yeux. Mon sentiment d’espoir naissant s’évanouit en moi, et mon cœur se vida davantage. Je balançai la main en direction de Phoenix et lui lançai d’un ton brusque « Arrête de m’emmerder ! »

Par la suite, je retournai la tête et me remis à boire et à manger… Mais, ensuite je remarquai que Kenshin et Arctic Fox fixaient un point au-dessus de mon épaule en fronçant les sourcils. Je bougeai rapidement la tête pour voir. Phoenix versait silencieusement des larmes.

J’étais pétrifié, ne sachant pas le moins du monde comment réagir. Mais, Phoenix parlait déjà, et, malgré les deux sillons de larmes qui coulaient sur son visage, sa voix était étonnamment posée. « Prince, en fait tu ne t’es jamais soucié de moi, n’est-ce pas ? »

« Je… »  Qu’est-ce que je pourrais lui dire ? Si Phoenix n’était pas tombée amoureuse de moi, nous aurions peut-être pu être de bons amis, mais étant donné qu’elle a craqué pour moi, elle était destinée à être blessée… Est-ce que ça a réellement été le bon choix de la laisser m’aimer dès le départ ? Je réalisai soudainement avec horreur que je n’avais encore jamais songé à ce qu’il pouvait arriver par la suite.

Je ne savais pas quoi répondre, et elle ne donnait pas l’impression d’attendre une quelconque réponse. Elle ferma les yeux, pleurant toujours silencieusement et, en se retournant, elle commença à s’éloigner. « Mes sentiments brûlent d’une passion telles les flammes du Phoenix et, pourtant, ceux que j’aime me traitent tout le temps avec plus de froideur que la pointe d’un iceberg ! »

« Phoenix… » Je ne pouvais que regarder stupidement la silhouette dévastée de Phoenix qui s’éloignait. Même après qu’elle eût disparu depuis un certain temps, je ne parvenais pas à détacher le regard.

« Prince… » Deux voix m’appelèrent à l’unisson, et à la porte apparurent les deux silhouettes que je connaissais le mieux : Wicked et Gui.

Ils arrivèrent tous les deux devant moi au même moment, et je les fixai d’un air hébété.

« Prince, tu n’as pas besoin de supporter toutes ces responsabilités. Si tu penses que c’est trop douloureux, laisse tout tomber », décréta Wicked en me tapotant gentiment la tête.

« Je peux vraiment faire ça ? » Je souris mélancoliquement. Tout quitter juste comme ça ? Abandonner la promesse de créer une légende avec les membres d’Odd Squad ?

« Xiao… Prince. » Wicked soupira doucement et n’ajouta rien de plus.

« Votre Majesté, si vous souhaitez verser des larmes, alors je vous prie de le faire sur les épaules de votre Gui ! » Gui me prit dans ses bras avec compassion. Je me figeai un instant, puis levai ensuite la tête et le regardai. Il profitait de moi1 comme d’habitude, mais, soudainement, je sentis que je comprenais quelque chose.

« Se pourrait-il que tu le fasses exprès ? » le questionnai-je.

« Pardon ? » L’expression de Gui se métamorphosa en une fraction de seconde, puis retourna vivement à la normale, soit à une expression sur-enjouée. « Oh, je ne peux simplement me contrôler quand je suis près de vous, votre Majesté ! » prétendis Gui.

« Tu profites toujours de moi… Est-ce que tu ne me crées pas volontairement une raison de te frapper ? » Je fixai Gui droit dans les yeux, ne lui permettant pas d’agir comme un idiot. « Tu me laisses te frapper pour que je puisse évacuer ma frustration, pas vrai ? » m’écriai-je d’une voix rauque. « Pourquoi acceptes-tu de te sacrifier comme ça ? Pourquoi endurer une telle douleur et même une telle humiliation ? »

J’attrapai son col et le foudroyai du regard, ne lui laissant guère l’opportunité de s’échapper. « D’aller aussi loin pour moi, est-ce que ça en vaut réellement la peine ? Tu ne connais même pas mon vrai nom ! »

L’expression de Gui se fit tout à coup plus douce. Il me caressa gentiment les joues, et ses yeux affichaient un tel mélange de joie et de douleur que je me sentis confus après les avoir regardés. « Si mes larmes peuvent être utilisées en échange de ton sourire, dans ce cas cela en vaut plus que la peine. »

Soudainement, Gui fut brutalement jeté au sol. Même si Wicked tentait désespérément de lancer un regard furieux à Gui, il ne put dissimuler la douleur qui transparaissait dans ses yeux ainsi que sur son visage. Gui lui rendit bravement son regard, ses yeux montrant une détermination sans regret.

« Pourquoi est-ce que je n’arrête pas de blesser les gens ? » marmonnai-je. Mes yeux étaient aussi vides qu’un trou noir. « Est-ce que je vais finir par tout le temps blesser des gens quels que soient mes choix ? »

« Prince ? » Wicked et Gui m’observèrent, sous le choc, fortement préoccupés.

En un instant, je me levai et me dirigeai vers la porte. Gui et Wicked me suivirent, et je m’arrêtai tout d’un coup, me retournai et les priai : « Ne me suivez pas, j’aimerai avoir un peu de temps seul pour pouvoir penser. Je vous en prie, ne me suivez pas. »

Gui et Wicked s’arrêtent net, et, malgré leurs grandes différences, leurs yeux révélèrent les mêmes inquiétudes et compassions à mon égard au même instant.

Parmi ces deux personnes qui m’aiment aussi profondément, laquelle est-ce que je devrais blesser ? Lquelle est-ce que je pourrais cruellement me permettre de blesser ? Grand frère Zhuo qui m’attend depuis huit ans ? Ou Gui qui va jusqu’à sacrifier sa dignité pour moi ? La question est si difficile, si difficile !

En sortant du restaurant et en marchant dans les rues de ma propre cité, je me rappelai alors une conversation que j’avais entretenue avec mon frère dans le jeu en ligne The World auquel nous avions l’habitude de jouer.

 

 

« Hé, pourquoi les autres ont du fric, des terres et la gloire, et nous n’avons rien peu importe à quel point nous nous entraînons ? » Après avoir massacré un nombre infini de monstres qui débarquaient, je ne pus m’empêcher de me plaindre.

Me protégeant du front des attaques, mon abruti de frérot roula des yeux. « Tu appelles ça s’entraîner dur ? Tu ne connais même pas les efforts que les gens ont dû fournir avant de pouvoir réussir ! »

« Tu en es sûr ? Si ça se trouve, ils se contentent de tout avoir grâce à l’argent », lui répondis-je avec dédain.

« Bon, arrête d’envier les autres maintenant. Posséder une cité n’est pas forcément une bonne chose. Pourquoi ne songes-tu pas aux responsabilités qui reposent sur leurs épaules ? » répliqua insouciamment Heartless Wind.

« Quelles responsabilités ? Tu veux dire celles de s’allonger et de récolter les loyers ? » ne pus-je me réfréner de rétorquer.

Heartless Wind me regarda comme s’il devait enseigner à un enfant désespérant. « Sœurette, tu ne comprends pas. Mon ami possède une cité. Chaque jour, il s’inquiète à propos de tout, de perdre sa cité, ses pertes, ses dettes, de la tension qui règne parmi ses compagnons, des personnes qui ne l’acceptent pas et qui souhaitent lui dérober son trône. Et puis, quand on possède un château, on doit en conquérir un deuxième, puis un troisième… En fin de compte, tu ne peux pas avoir la paix tant que tu n’as pas conquis le jeu tout entier, et cela représente de très lourdes responsabilités. »

Je lui répondis sans penser : « Je ne veux pas d’un deuxième château, mais un seul. Pourquoi devrais-je dominer le jeu en entier ? »

Comme il manqua d’être coupé en deux par des monstres, Heartless Wind ne se soucia pas de poursuivre le débat. Il se contenta de marmonner une dernière chose en retour, des mots que je ne pris pas à cœur à ce moment-là mais qui m’apparaissaient clairement à présent. « Il y a des situations qui ne te permettent pas d’avoir le choix. Seules les personnes n’ayant pas suivi le même chemin peuvent en parler avec autant de légèreté. »

 

 

« En effet, seules les personnes qui n’ont pas suivi un chemin identique peuvent en parler si légèrement ! » Je fermai les yeux, permettant aux larmes de s’échapper du coin de mes yeux.

« Grand frère Prince… » La voix hésitante de Doll atteignit mes oreilles.

Ne souhaitant pas que la jeune Doll me voit ainsi, je ne lui fis pas face. « Je vais bien. J’ai seulement besoin d’être seul un instant. Tu n’as pas besoin de t’inquiéter pour moi, Doll. »

« Grand frère Prince, est-ce que Doll peut marcher avec toi ? »

« J’aimerai être seul pour un moment… » la rejetai-je implacablement.

Cependant, Doll se mit devant moi, attrapa ma main et, employant une voix douce que je n’avais jamais entendu provenir d’elle, elle déclara : « Ne ressasse pas ce sujet tout seul, tu ne feras que perdre ton temps. Laisse-moi au moins t’accompagner. Je pense pouvoir comprendre ta douleur : celle des dirigeants. »

Je la fixai d’abord avec un sourire amer, qui signifiait mon doute. « Comment pourrais-tu comprendre ? »

« Comment une vraie princesse dans la vie courante pourrait-elle ne pas comprendre ? » En entendant cette remarque, je me tournai vers Doll, choqué, tandis que je rencontrais son expression majestueuse de laquelle émanait de l’élégance. Elle sourit légèrement en déclarant : « Laisse-moi t’accompagner maintenant, tu te sentiras mieux par rapport au fait de gouverner. »

Je me sentirai mieux d’être un dirigeant ? Une princesse est en train de me dire que je me sentirais mieux sur le fait de posséder le titre de Roi ? Avant aujourd’hui, j’aurais définitivement déclaré que c’était impossible, mais maintenant… Je ne pouvais que sourire amèrement. « C’est impossible pour moi de me sentir mieux par rapport à ça ; je… me suis embourbé. Je ne peux ni avancer, ni même faire demi-tour ! »

« C’est parce que tu ne te concentres que sur la douleur, qu’elle soit pour aller de l’avant ou pour abandonner, et tu oublies la joie qu’il y a dans chacun des deux choix », répondit Doll. Elle parla d’une manière résolue, et pourtant ses mots sonnèrent vagues à mon oreille. « Néanmoins, allons juste nous balader. Il y aura toujours un chemin, tout du moins tant que tu ne stagneras pas dans un coin, simplement à ruminer les choses. » Doll me poussa brutalement dans le dos, et en un clin d’œil nous atteignîmes les portes de la cité.

« Où allons-nous ? » demandai-je, stupéfait.

« Le ciel est infini, le monde est vaste ; nous pouvons aller où bon nous semble ! »

 

 

Pendant ce temps, au Restaurant de l’Infini…

Arctic Fox demanda posément : « Que vient-il de se passer ? »

« Quelque chose qui ne nous concerne pas. » Kenshin sirota son thé avec indifférence. Les émotions humaines étaient beaucoup trop complexes, ce n’était pas quelque chose qu’il arrivait comprendre.

« Ça ne nous est pas totalement étranger », soupira Arctic Fox.

« Même s’il est notre suzerain, nous n’avons pas à nous occuper de ses affaires privées », répliqua Kenshin sans ménagement.

« Non, ça nous concerne. » Arctic Fox fronça les sourcil en scrutant la table débordant de victuailles et de vin. « Nous devons payer l’addition. »

« … »

Note de bas de page

1 profitait de moi : En chinois cette phrase était : 吃豆腐 (chī dòu fǔ), lit. « Manger du tofu ». On dit que l’origine de cette expression est la suivante : Dans les temps anciens, les magasins de tofu étaient généralement tenus par des couples. Le mari faisait du tofu la nuit que la femme vendait le jour durant. Comme ils mangeaient fréquemment du tofu, leur peau était naturellement douce et lisse. Ça attirait beaucoup de clients (principalement des hommes, considérant que la femme tenait le magasin le jour), et les hommes utilisaient l’expression « manger du tofu » comme un euphémisme sur le fait d’aller au magasin de tofu pour flirter avec la tenancière, ce pourquoi les femmes jalouses harponnaient leur mari à coup de : « Es-tu allé manger du tofu aujourd’hui encore ? » Aujourd’hui, on utilise cette expression pour parler des pervers, ou bien des hommes qui profitent des faiblesses pour prendre avantage sur les femmes.

Romance RPG – Partie 16

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Sixteen – traduit du chinois à l’anglais par clrfction[PR!]
Partie Seize – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Yue Lan, pourquoi es-tu sortie ? » demanda Bai Xue Chen, légèrement troublé.

Une si belle femme. Ye Meng Ling se regarda et ne put s’empêcher de se sentir gênée. Non ! Je ne peux même pas me comparer à elle…

« Est-ce que c’est la Yue Lan dont tu m’as parlée ? Elle est d’une telle beauté. » Lin Jian Yin laissa échapper un profond soupir et ne put se retenir d’ajouter : « Comment deux personnes portant les mêmes vêtements peuvent-elles produire des effets aussi différents ? »

Oh non… Lin Jian Yin réalisa soudainement ce qu’il venait de dire. Il écarquilla les yeux, mais il n’osa pas se retourner pour regarder Ye Meng Ling. Bai Xue Chen le dévisagea comme s’il voulait écraser la bouche stupide de Lin Jian Yin avec sa chope de bière.

Ye Meng Ling sourit légèrement et agita la main pour dissiper la tension. « Ça va, vraiment ! »

Même si c’était ce qu’elle avait dit, Lin Jian Yin pouvait encore lire une trace d’amertume dans son sourire, et vit dans ses yeux à quel point il était forcé. Toujours impulsif et direct, ça ne servit qu’à assombrir encore plus son humeur. « Qu’est-ce que c’est que ce sourire horrible ? Ça frustre les gens juste de le regarder. Hurle-moi dessus si tu veux ! Gifle-moi si tu en as envie ! Si même toi tu n’aimes pas comment tu es, pourquoi est-ce que tu ne fais pas quelque chose pour changer !? »

Ye Meng Ling fut choquée par sa tirade et ne put pas produire une réponse. Elle ne pouvait que fixer Lin Jian Yin du regard, figée.

Yue Lan remarqua la situation et, par gentillesse, voulut immédiatement s’approcher et réconforter Ye Meng Ling, mais elle fut freinée par Bai Xue Chen. Elle lui jeta un regard désapprobateur, mais Bai Xue Chen secoua uniquement la tête. Yue Lan ne comprenait pas, alors elle ne pouvait que rester à côté et observer. Toutefois, si Lin Jian Yin disait quoi que ce soit qui puisse dépasser les bornes, elle n’irait pas se rasseoir et ne laisserait pas les choses se dérouler ainsi.

Bai Xue Chen avait retenu Yue Lan pour une raison simple : même si les paroles de Lin Jian Yin étaient blessantes, il disait la vérité, mais d’une manière brusque et maladroite. D’un autre côté, les paroles franches étaient un raccourci pour les gens de voir la triste vérité. Bai Xue Chen le savait mieux que quiconque, parce qu’il en avait lui-même bénéficié dans une situation similaire.

Tout semblait aller au ralenti. Ye Meng Ling vacilla sous le regard ouvertement accusateur de Lin Jian Yin et baissa la tête dans l’inconfort. Elle murmura amèrement : « Je ne peux pas atteindre le dix parfait de Yue Lan, quels que soient les efforts que je mets pour bien m’habiller. Que ce soit un zéro pour laide ou la note de passage de six ne fait aucune différence. » Après avoir fini de parler, Ye Meng Ling se dirigea rapidement vers la porte de la boutique, voulant cacher l’humidité dans ses yeux.

Les paroles et le ton familiers rappelèrent soudainement une autre fille à Lin Jian Yin, ou plus précisément un personnage qui ne devrait apparaître que dans un jeu : Meng. Meng et Ye Meng Ling. Finalement, Lin Jian Yin les compara toutes les deux : même coiffure, mêmes vêtements, une attitude presque identique… Mais, comment est-ce que c’est possible ? Est-ce qu’un personnage de jeu et une vraie personne peuvent être une seule et même chose ?

Il  se rendit tout à coup compte que Ye Meng Ling avait déjà tiré sur la poignée de la porte pour l’ouvrir. Il la héla rapidement : « Attends ! »

Ye Meng Ling s’arrêta, mais ne se retourna pas. Lin Jian Yin réalisa qu’il ne savait pas quoi faire après lui avoir demandé de s’arrêter. Lui demander si elle est un personnage du jeu Nintendo ? Il se ferait probablement traité de cinglé. Lin Jian Yin hésita un peu et la questionna d’une manière plus subtile : « As-tu… as-tu déjà été au 51ème étage de la compagnie d’agence ? »

Ye Meng Ling répondit sèchement : « M. Lin, il n’y a que cinquante étages dans notre compagnie. Aussi, s’il-vous-plaît, n’oubliez pas le programme radio prévu demain. » Après qu’elle eut fini de parler, elle ferma sans hésitation la porte de la boutique.

Les paroles de Ye Meng Ling manquèrent de renverser Lin Jian Yin. Il n’y a que cinquante étages. C’est vrai ! La compagnie ne dispose que de 50 étages ! Comment avait-il pu oublier ça ? Mais, il s’était bel et bien rendu à un 51ème étage ce jour-là et avait acheté sa console Nintendo dans cette boutique d’antiquités bizarre. La console l’attendait même encore à la maison. Il n’y a aucune chance pour que ce soit un rêve, n’est-ce pas ?

Un frisson sinistre traversa la colonne vertébrale de Lin Jian Yin. Je ne suis quand même pas confronté à quelque chose de surnaturel, pas vrai ? Pourtant, Xue Chen m’a donné la carte de visite, se rappela soudain Lin Jian Yin. Il se tourna immédiatement pour demander : « Bai Xue Chen ! Qu’est-ce qu’il se passe ? Tu as intérêt à m’expliquer comment cette boutique d’antiquités a pu apparaître à un étage qui n’existe pas. »

Bai Xue Chen était hésitant et prononça ses phrases en les choisissant avec soin. « Cette boutique d’antiquités est… un peu étrange. Je l’ai vu comme étant une petite maison en bois en bordure de la route, mais je n’ai jamais réussi à la retrouver quand je suis retourné pour la chercher plus tard. Cependant, le propriétaire m’a dit une fois que, si quelqu’un autour de moi éprouvait des difficultés, je devrais lui refiler la carte de visite. Ceux qui détiennent la carte parviennent toujours à trouver la boutique. »

Lin Jian Yin fixa Bai Xue Chen avec incrédulité et s’enquit de façon raide : « Est-ce que tu réalises ce que tu viens de dire ? Est-ce qu’une chose comme ça est vraiment possible ? »

Confronté à l’incrédulité totale de Lin Jian Yin, la seule réponse de Bai Xue Chen fut de regarder sa bien-aimée Yue Lan avec adoration.

« Rien n’est impossible. »

Confus, Lin Jian Yin observa la paire de tourtereaux tandis qu’il songeait davantage aux paroles de Bai Xue Chen. Comme il examinait de plus près le visage de Yue Lan, un sentiment de familiarité lui traversa l’esprit.

Où est-ce que je l’ai vue auparavant ? Lin Jian Yin y réfléchit profondément. Brusquement, une pensée ridicule lui vint à l’esprit. Il n’hésita pas, malgré ses doutes, et ne prit même pas la peine de dire quoi que ce soit avant de se précipiter à l’étage où Bai Xue Chen vivait. Étant son meilleur ami depuis longtemps, Lin Jian Yin se dirigea directement au troisième étage et poussa la porte en verre. À l’intérieur, il y avait un studio. Bai Xue Chen avait toujours aimé peindre, et il avait beaucoup de talent. Il avait même déjà fait quelques expositions.

Rien de tout ça n’était ce que Lin Jian Yin avait en tête. Il se dirigea tout droit vers le coin le plus reculé du studio, où il savait qu’une peinture que Bai Xue Chen lui avait montré par le passé était accrochée. La peinture était celle d’une femme, une très belle femme. Bai Xue Chen lui avait déclaré que c’était ce à quoi il pensait que l’amour de sa vie devrait ressembler.

Lin Jian Yin n’y jeta qu’un seul coup d’œil et ne put se retenir de laisser échapper un juron. « Merde ! »

Sur l’arrière-plan d’un champ de tournesol, il y avait un espace vide en forme d’humain.

C’était à la fois étrange et inquiétant.

Mise à jour : Avril 2017

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Chapitres d’Avril
  1. Romance RPG : Partie 16
  2. 1/2 Prince T5C2 : Conflit
  3. La Légende du Chevalier du Soleil T4C1 : Encore Un Groupe d’Aventuriers
  4. La Légende du Chevalier du Soleil T4C2 : Un Puissant Destrier
  5. La Légende du Chevalier du Soleil Invincible : Partie 1

Bonjour tout le monde !

Nous sommes officiellement de retour ! Non pas pour vous jouer un mauvais tour, mais pour de vrai.

Nous sommes sincèrement désolées du retard de quelques mois que nous avons pris, essentiellement à cause de moi qui dirige la team, dans la parution des chapitres. J’ai eu un semestre tellement chargé à la fac que je n’ai pas eu le temps de gérer la team française.

Ce mois-ci, vous allez avoir droit à un chapitre de RRPG, un chapitre de 1/2 Prince, deux chapitres de LCS (pour nous faire pardonner), et on débute la parution d’un tome spécial de LCS intitulé Invincible. Il relate les quelques petites aventures de Neo du Soleil après son départ de la Cité du Bourgeon dès qu’il a eu passé le flambeau à Grisia en ce qui a trait au rôle du Chevalier du Soleil.

La Reine Guerrière TP1C1 : Lumière et Ténèbres Partie 1

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La Reine Guerrière Prologue Tome 1 – Lumière et Ténèbres

Roman d’origine en chinois par :   (Yu Wo)


Chapter 1: Light and Shadow Part 1 – Traduit du chinois vers l’anglais par doza[PR!]
Chapitre 1 : Lumière et Ténèbres Partie 1 – Traduit de l’anglais vers le français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta

 « Tu es vraiment quelqu’un de bien ! »

Le barde itinérant parcourut joyeusement du regard sa chambre. C’est vrai ! C’était une chambre pour lui tout seul. Il ne s’attendait pas à ce que l’excentrique Manteau Rouge ne fît pas que l’héberger, mais l’aidât aussi à louer une autre chambre. À la base, il avait senti que même dormir sur le sol serait suffisant. Assurément, il avait de la chance aujourd’hui.

« Jacasse encore et je vais te trancher avec mes sabres. »

Le barde s’exclama de surprise : « Je te demande pardon ? Tu utilises des sabres ? Normalement, tout le monde veut se servir de leur épée pour me découper en morceaux1. »

Il semblerait que ce type énerve fréquemment les autres. Manteau Rouge ne savait pas s’il fallait en rire ou en pleurer.

« Puisque que tu m’as si bien traité, je vais te chanter la Ballade de la Reine Guerrière une nouvelle fois comme berceuse avant que tu ailles dormir ! »

« Pas besoin… »

Néanmoins, le barde avait déjà ouvert la boucle et commencé à chanter la Ballade de la Reine Guerrière, qui avait une mélodie extrêmement douce. « La Reine Guerrière, c’est ainsi qu’on l’appelle… »

Comme il avait déjà commencé à chanter, Manteau Rouge arrêta aussitôt de protester. Il s’assit simplement sur le bord du lit, écoutant tranquillement cette chanson aussi calme que de l’eau.

Aha ! Je savais bien que cette personne aimait la Ballade de la Reine Guerrière. Il semblerait que je vais avoir les trois repas assurés pendant les trois prochains jours ! Le barde soupira de soulagement dans son cœur.

Ah ! C’est certain, le ciel me bénit en ce moment.

 

 

Il y avait des preuves pour confirmer que Manteau Rouge était un hôte généreux. Non seulement il assurait trois repas, mais il ne protestait même pas quand le barde commandait du vin cher en plus de son repas. Il ne semblait pas avoir une vraie notion de la valeur de l’argent.

Un ducat d’argent pour un verre de vin. Même certains membres de la noblesse basse ne pouvaient pas se permettre de boire à ce prix-là. Pourtant, quand le barde demanda s’il pouvait ajouter un verre de vin à la commande, Manteau Rouge avait simplement répondu : « Fais comme il te plaira. »

Il est forcément super riche ! Et donc, le barde décida de s’accrocher à cette personne jusqu’à la mort.

« Tu prends vraiment le bras quand on t’offre la main ! » Manteau Rouge jeta un regard à la coupe de vin dans la main du barde, mais employa comme d’habitude un ton indifférent pour dire : « J’espère que tu ne veux pas un dessert en plus, après ça ? »

« Ah ! » Le barde soupira en contemplant le vin délicieux, et répondit très poliment : « En fait, ce n’est pas nécessaire. Je ne suis pas intéressé par les desserts. »

Manteau Rouge s’appuya contre le dos du siège et déclara d’un tom calme : « C’est plutôt étrange, je pensais que tu aimerais beaucoup les desserts. »

« Pourquoi pensais-tu une telle chose ? » demanda le barde, avec curiosité.

« Parce que tu donnes la même impression qu’une tranche de gâteau. »

Le barde sourit doucement : « Oh, est-ce que tu veux dire que je suis aussi doux et beau qu’un gâteau ? »

Manteau Rouge lâcha un « Haha » rapide et répliqua : « Tu es comme un gâteau, tout dans l’apparence, mais sans substance. Manger une pomme est plus consistant. »

« C’est un malentendu total. Je suis en effet voyant, mais aussi très fiable. » protesta fortement le barde.

Sans une trace de politesse, Manteau Rouge le réprimanda : « Un type qui dépense tout son argent pour de l’huile capillaire au point de ne plus avoir d’argent afin de s’acheter à manger n’a absolument rien à voir avec le mot “fiable” ! »

« C’est… » Le visage du barde devint peiné, l’exemple sans merci le rendant totalement muet.

Sans rien à répondre, tout ce qu’il put faire fut de se frotter le nez. Dans tous les cas, il ne pouvait rien faire à Manteau Rouge.

Les deux baissèrent la tête et mangèrent la nourriture dans leurs assiettes. Quand Manteau Rouge eut presque fini, il leva la tête pour demander : « Vas-tu aller chanter la Ballade de la Reine Guerrière à la taverne ? C’est aujourd’hui, le deuxième jour ? »

« Oui ! » Le barde hocha la tête, et ne put s’empêcher de le questionner, poussé par la curiosité : « Et toi ? Que comptes-tu faire ? »

« Je vais me rendre à la Guilde des Aventuriers pour voir s’il n’y aurait pas une mission que je puisse prendre ! » Manteau Rouge haussa les épaules en disant : « Sinon, nous risquons de mourir de faim. »

« N’es-tu pas très riche ? » Le barde se figea. Comment cela pouvait-il être différent de ce qu’il avait supposé ?

Manteau Rouge sortit tout bonnement un porte-monnaie, le retourna et fit simplement résonner quelques ducats.

« Un ducat d’or et un ducat d’argent ? »

Le barde les compta encore et encore. La somme était si évidente que se tromper en comptant requerrait réellement du talent… Bonté divine ! Ils n’avaient pas encore payé pour la nourriture, et maintenant il venait tout juste de commander un verre de vin valant un ducat d’argent ! De plus, ils avaient mangé deux assiettes de nouilles à la bolognaise, deux bols de soupe épaisse, deux pains blancs et une assiette de bœuf. Aucun de ces mets n’est abordable, et ils alourdissent probablement la note d’un autre ducat d’argent ? Si c’est le cas…

« Il ne nous reste que neuf ducats d’argent ? » s’écria le barde, alarmé.

« C’est à moi qu’il ne reste que neuf ducats d’argent », appuya clairement Manteau Rouge.

« La ch-chambre… » Le barde paniquait tellement qu’il se mit à bégayer.

« Détends-toi, j’ai déjà payé les chambres à l’avance pour une semaine », répondit Manteau Rouge avec compréhension.

Le barde poussa un soupir de soulagement, soulagé de la fortune supplémentaire, tandis qu’il tapotait sa poitrine. « Dans ce cas, neuf ducats d’argent est suffisant. Je vais chanter la Ballade de la Reine Guerrière pendant deux jours supplémentaires, et après je pourrai commencer à gagner de l’argent. »

Il jeta un regard à Manteau Rouge et ne put s’empêcher de commenter : « Mais, encore une fois, tu es également trop négligent avec l’argent. Puisqu’il ne te restait qu’un ducat d’or et un ducat d’argent, pourquoi m’as-tu laissé commander ce verre de vin coûteux ? Ahh ! Ne me dis pas que tu as réservé deux chambres pour toute la semaine ? »

Après avoir reçu le hochement de tête de Manteau Rouge en guise de confirmation, le barde agita les deux mains dans les airs avec une expression de lamentation semblable à celle d’un sage sur son visage. Il inclina alors la tête et continua à marmonner : « Il n’était absolument pas nécessaire de réserver une chambre supplémentaire. Cela aurait été suffisant d’entasser deux personnes dans une même chambre, non ? C’est vraiment un gaspillage excessif d’argent. Maintenant, je ne sais même pas si le tenancier accepterait même de nous rembourser. Probablement pas… Sais-tu qu’un ducat d’or est suffisant pour faire vivre une famille confortablement pendant plus de six mois ? Pour une famille économe, cela peut être assez pour durer même huit ou neuf mois. Comment peux-tu le dépenser ainsi à la légère ? Si tu étais très riche, cela n’importerait pas, mais comment peux-tu être si extravagant !? Même si c’est difficile de vivre frugalement après avoir été habitué au luxe, comme tu es déjà à court de fonds, tu devrais apprendre à être économe… »

« Pourquoi ne commanderais-tu pas un autre verre de vin ? » proposa calmement Manteau Rouge.

« Impossible, comment pourrais-je encore boire du vin ? Nous allons bientôt manquer d’argent ! »  Le barde était très anxieux. Il restait seulement un ducat d’or et un ducat d’argent sur la table… Non, il ne restait que neuf ducats d’argent !

« Ne dis pas ça. Nous nous sommes rencontrés pour le meilleur ou pour le pire, donc il en va de mon devoir de t’offrir un verre de vin d’adieu. »

« D’adieu ? » Stupéfait, le barde demanda sans comprendre : « Ah, mais je ne pars pas ? Ne me dis pas que tu t’en vas ? »

« Je sais que tu ne pars pas, et je ne m’en vais pas non plus. » Manteau Rouge continua calmement, puis attrapa le col du barde et gronda férocement : « Mais, si tu continues encore à râler, dans ce cas j’ai bien peur d’être incapable de résister à l’envie de t’envoyer vers la mort d’un mouvement de mon sabre, en t’expédiant tout droit vers l’au-delà ! »

Le barde ferma la bouche avec obéissance. « Je ne me plaindrai plus, alors mangeons. »

Manteau Rouge ne répondit pas du tout.

« Vas-tu venir écouter la chanson ? » Le barde ne put s’empêcher de poser une autre question. Qu’il y eût une personne aimant écouter la Ballade de la Reine Guerrière assise dans l’audience était toujours mieux que de se retrouver dans une pièce remplie de gens qui le huassent ; quoique, étant un type plutôt froid, Manteau Rouge n’applaudirait probablement pas.

« Je vais voir si je peux venir plus tard. » Manteau Rouge regarda par la porte, en disant : « À part me rendre à la guilde, j’ai d’autres choses à faire. »

Le barde n’osa pas demander à Manteau Rouge ce qu’il allait faire, puisque, quand Manteau Rouge avait parlé, sa voix était descendue de plusieurs octaves. Il pensait que savoir ce qu’étaient ces “autres choses à faire” n’apporterait rien de bon à celui qui l’apprendrait.

« Puisque tu ne pars pas, je vais m’aller en premier. »

Comme Manteau Rouge parlait, il sembla jeter un regard au vin du barde. Le verre de vin était toujours plein à un tiers, mais il n’avait aucune intention d’attendre que le barde le finisse lentement. Il repoussa l’assiette en face de lui, quitta son siège, et se dirigea vers la porte de l’auberge.

« À plus tard. » Après avoir bruyamment salué Manteau Rouge, le barde continua à boire son vin, mais, quand il baissa la tête, il remarqua deux ducats brillants sur la table. Il se leva précipitamment et cria : « Attends, tu n’as pas pris ton argent ! »

Manteau Rouge ne se retourna même pas et répondit simplement : « Garde-le pour ton repas ! »

« Mais, du coup…  et toi ? »

La voix du barde devint de plus en plus faible à mesure qu’il parlait, et Manteau Rouge sortit. Même s’il l’appelait à nouveau, Manteau Rouge ne serait pas capable de l’entendre.

Pourquoi se montre-t-il si gentil envers moi ? Est-ce vraiment à cause de la Ballade de la Reine Guerrière ? Le barde pesa chacune des actions de Manteau Rouge, mais ne parvint toujours pas à se décider.

« Peut-être que ce n’est pas tant le fait qu’il soit sympa avec moi, mais plutôt le fait que son caractère est simplement affable ? »

Croyant qu’il avait déjà compris, le barde appela une serveuse pour finir de dresser l’addition et l’interroger sur des tavernes aux alentours où il pourrait chanter la Ballade de la Reine Guerrière.


La nuit était noire, et la lune brillait haut dans le ciel. Manteau Rouge rentra plutôt tard et se rendit dans sa chambre sans être accompagné, et sans avoir non plus l’intention de saluer le barde dans la chambre voisine.

En retirant son manteau, ses bottes et le reste, il regarda la liste de missions dans sa main. Plus il l’examinait, plus il avait mal à la tête… Ce n’était pas l’idée de remplir les missions qui lui donnait la migraine, mais plutôt le fait de réfléchir à comment atteindre les lieux.

Au début, il avait lui aussi employé le soleil, la lune et les étoiles pour se guider pendant ses voyages. Mais, après, il avait toujours eu des gens à ses côtés. Étant donné qu’ils avaient toujours été meilleurs que lui pour se diriger, cette capacité essentielle pour partir à l’aventure avait été mise de côté. Il n’aurait jamais songé que, tant d’années plus tard, il aurait à nouveau besoin de se déplacer seul. Ne pas être en mesure de s’orienter était soudainement devenu le plus grand obstacle de sa vie d’aventurier !

Peu de temps après, il y eut quelques coups frappés à la porte.

« Qui est-ce ? » Manteau Rouge ne leva même pas la tête.

« C’est moi… » En disant cela, la personne derrière la porte réalisa brusquement qu’il n’était pas assez proche de Manteau Rouge pour pouvoir utiliser « moi » comme substitut, donc il clarifia immédiatement : « Le barde qui chante la Ballade de la Reine Guerrière. »

Manteau Rouge regarda son manteau, hésitant à le remettre ou non, cependant il sentit que ce n’était pas nécessaire puisqu’il n’avait pas particulièrement l’intention de dissimuler son apparence. Il se sentit plutôt agacé, comme il demandait après y avoir réfléchi : « Qu’y a-t-il ? »

L’autre balbutia un peu et demanda : « A-Aurais-t-tu quelque chose pour traiter les blessures ? »

« Pour traiter les blessures ? » Manteau Rouge rigola. Les partisans du Saint Roi et de la Reine ne l’ont tout de même pas battu parce qu’il a chanté la Ballade de la Reine Guerrière, n’est-ce pas ?

Manteau Rouge réfléchit un instant, mais attrapa finalement son manteau et se drapa dedans. En fouillant dans son bagage pour trouver des médicaments, il s’exclama : « J’en ai. Entre. »

Manteau Rouge avait trouvé des médicaments au même moment où il avait entendu la porte s’ouvrir, il se retourna donc pour voir…

« Qu’est-il arrivé à ton visage ? » laissa-t-il échapper, stupéfait.

Le barde avait le nez ensanglanté et le visage boursouflé. Comparé à son apparence avenante du matin même, il semblait quasiment être une autre personne. Si ce n’avait pas été à cause de sa crinière de cheveux blonds et du fait qu’il portait les mêmes vêtements, Manteau Rouge ne l’aurait vraiment pas reconnu. Il a déjà une sale tête. Qui sait à quel point ses blessures cachées sous ses vêtements sont graves ?

Mais, encore une fois, peu importe sous quel angle on regardait le barde, il ne semblait pas être du genre à se battre avec les autres. C’était évident de par sa personnalité et sa profession, ainsi que son équipement qui était totalement non-adapté au combat. Il n’y avait pas une grande différence entre permettre au barde de se battre et le laisser mourir.

Comment un barde, qui n’a pratiquement aucune force de combat pour ainsi dire, peut-il finir avec le nez ensanglanté et le visage boursouflé, et en ayant l’air d’avoir traversé une bataille désespérée ? Même chanter la Ballade de la Reine Guerrière ne devrait pas avoir mené les gens au point de le battre jusqu’à le mettre dans cet état, non ?

« Peux-tu m’aider à appliquer la pommade ? » Le barde entra, remarqua la pommade médicinale dans les mains de Manteau Rouge, et le supplia : « Il y a aussi des blessures dans mon dos, alors je suis incapable de l’appliquer moi-même. »

En entendant cela, Manteau Rouge fronça les sourcils et lui ordonna : « Viens ici, enlève ton haut et ton pantalon, et assis-toi sur le lit. »

Le barde obéit docilement. Après avoir retiré son haut, les blessures initialement cachées par ses vêtements devinrent apparentes. Comme il s’y attendait, il n’y avait pas beaucoup de différence avec les blessures de son visage, il était entièrement couvert de bleus et de noirs.

Manteau Rouge toucha tout le corps du barde jusqu’à ce que ce dernier ressente de l’irritation de la tête aux pieds et se recule de plusieurs pas pour disparaitre au coin du lit, ses deux mains croisées sur la poitrine. Il demanda d’une voix tremblotante : « Qu-qu’est-ce que tu fais… Ne me dis pas que tu as des fétiches bizarres ? »

Manteau Rouge leva les yeux au ciel et répliqua d’un ton grincheux : « Je vérifiais juste si tu avais un os cassé ou pas, alors ne me regarde pas comme ça. De plus, en ce moment tu n’as pas l’air très différent d’une assiette de bolognaise. Personne ne pourrait s’intéresser à toi ! Aussi, quel genre d’homme tente de se couvrir le torse ? Si tu veux couvrir quelque chose, alors ne devrais-tu pas te couvrir le bas ? »

Le barde abaissa immédiatement ses mains pour couvrir ses parties intimes.

Voyant cela, Manteau Rouge eut presque envie de le frapper. Néanmoins, il n’y avait pas la moindre zone intacte sur le visage du barde où se prendre un coup, et il n’était pas assez cruel pour ajouter des blessures à celles qui existaient déjà. Il put seulement serrer les poings fermement et ronchonner sévèrement : « Reviens ici que je puisse appliquer la pommade ! »

« D’accord… »

Le barde jeta un regard aux poings fermement serrés de son compagnon. Bien que les mains de Manteau Rouge ne fussent pas très grandes et puissent même être considérées comme petites pour un homme, les articulations de ses doigts étaient denses et rugueuses, preuve de son entrainement considérable jour après jour. Il était difficile de dire s’il était capable de battre un homme fort, mais au moins ce n’était pas difficile de battre un barde. Donc, le barde retourna docilement à coté de Manteau Rouge et autorisa ce dernier à lui appliquer la pommade.

Manteau Rouge fit de son mieux pour appliquer la pommade gentiment, mais c’était impossible de le faire sans provoquer de la douleur pour ce genre de blessure. Néanmoins, dépassant ses espérances, le barde ne gémit même pas… Et ce, même si des larmes étaient suspendus aux coins de ses yeux tout le long du processus.

« Que s’est-il passé ? » le questionna Manteau Rouge, tandis qu’il appliquait la pommade.

« Je me suis fait battre », répondit le barde docilement.

« Je ne suis pas aveugle ! » Manteau Rouge le fusilla furieusement du regard, bien que le manteau fût sur le chemin et que le barde ne pût pas voir son expression. Il demanda froidement : « Pourquoi t’es-tu fait battre ? »

« Je chantais la Ballade de la Reine Guerrière, et j’ai été aperçu par la patrouille de la cité … »

« Juste parce que tu as chanté la Ballade de la Reine Guerrière, la patrouille t’as battu jusqu’à ce que tu ressembles à ça ? » Manteau Rouge fronça des sourcils. C’était différent de ce qu’il avait pensé. Se pourrait-il que la patrouille eût simplement été des fanatiques du Saint Roi ?

« Non, ils ont dit que, dans la cité, on devait payer pour gagner de l’argent. Ils ont même ajouté que, parce que j’avais insulté le Saint Roi, je devais payer le double. Mais, comme tu le sais, je suis incapable de donner de l’argent, alors ils m’ont battu. »

En général, les patrouilles n’avaient naturellement pas du tout le droit d’extorquer de l’argent aux gens. C’était juste que toutes les patrouilles dans les cités avaient plus ou moins ce genre de pratiques corrompues, fabriquant des règles bizarres pour prendre de l’argent à des étrangers qui paraissaient faibles. Ce genre de choses n’était pas du tout exceptionnel.

Sous la régence du Saint Roi, ces actes avaient été éradiqués de la capitale et de ses alentours. Néanmoins, cet endroit n’était pas près de la capitale, et donc, malheureusement, peu importe à quel point le Saint Roi était sage et capable, en fin de compte il avait seulement une seule paire d’yeux. Il n’y avait donc aucune chance qu’il puisse surveiller des endroits comme celui-là.

« Et l’argent que je t’avais donné ? » s’enquit tranquillement Manteau Rouge. « Pourquoi est-ce que tu ne le leurs as pas donné ? »

Le barde répondit fièrement : « Comment aurais-je pu le leurs donner ? Si j’avais fait une telle chose, nous n’aurions pas à manger pour aujourd’hui et demain. Ce n’est pas grave si je n’ai rien à manger, mais comment pourrais-je être responsable du fait que tu n’aies rien à manger également !? C’est ton argent, après tout ! »

« Il me reste encore des rations. » admit Manteau Rouge, son ton étant déjà devenu plus doux. Il était à présent en train d’appliquer la pommade sur la paume de la main. Cette main était trop affreuse pour être observée, gonflée jusqu’à ressembler à cinq saucisses. Cela fut aussi douloureux pour le barde qui prit une profondément inspiration.

Manteau Rouge fronça les sourcils très fort, tout en critiquant : « Ils sont allés trop loin, ils n’avaient pas besoin de t’infliger des blessures aussi graves juste parce que tu ne pouvais pas payer. »

Néanmoins, le barde défendit la patrouille : « Ce n’est pas ça ! Ils ne m’avaient pas battu aussi gravement au début. »

« Alors, que s’est-il passé exactement ? Tu ne peux donc pas tout relater d’un seul coup ? » Manteau Rouge commençait à fulminer un peu. De toute sa vie, il n’avait jamais vu un homme aussi mou que celui-là !

Se sentant un peu indigné, le barde avoua : « C’est parce qu’ils m’ont demandé tout mon argent et ont posé leurs sales pattes sur une danseuse… Je ne pouvais pas simplement rester planté là à regarder ! Donc, je me suis avancé et je l’ai protégée, en lui criant vite de partir. Par la suite, on m’a massacré jusqu’à ce que j’aie l’air de ça. »

En apprenant cela, Manteau Rouge sourit un peu face au ridicule de la situation. Il connaissait déjà la réponse, mais il demanda quand même : « Est-ce que cette danseuse s’est échappée ? »

Le barde devint silencieux un instant avant de répondre : « Non. »

Manteau Rouge le blâma légèrement : « Tu es vraiment un idiot. Sommes-nous dans un monde où une femme peut marcher seule ? Il est plus que probable que cette danseuse était venue se vendre. Des hommes la suivait surement pour s’assurer que l’argent serait collecté ensuite. Elle doit continuer à gagner de l’argent dans cette cité, alors elle ne peut pas se permettre d’offenser la patrouille. En fait, elle a probablement suivi la patrouille pour les payer avec son corps. »

Le barde se tut, et Manteau Rouge cessa aussi son interrogatoire. Il savait parfaitement que la situation avait été éclaircie d’un seul coup. Il n’y avait pas d’erreur à ce propos.

Il finit silencieusement d’appliquer la pommade, et tapota l’épaule du barde en disant : « J’ai terminé. »

Le barde broncha sur le tapotement, mais, pire encore, une douleur brulante lui traversa l’épaule. Il se plaignit : « Ne pourrais-tu pas être un peu plus gentil ? Je suis blessé… »

Manteau Rouge répondit froidement : « Puisque tu sais à quel point c’est douloureux, dans ce cas ne fais plus ce genre de choses stupides ! Maintenant, retourne dans ta chambre, dors pendant quelques jours, et ne sors pas du tout pendant un moment. Si tu rencontres la patrouille, tu recevras plus que ta part de douleur ! »

Le barde laissa échapper un « Oh ». Il se leva, récupéra son haut, et s’avança vers la porte. Néanmoins, il s’arrêta à mi-chemin, et hésita un peu avant de finalement tourner la tête pour demander : « Est-ce que je ressemble vraiment à de la bolognaise en ce moment ? »

Comme il parlait, il toucha son visage. Il était un barde dont le moyen de subsistance dépendait essentiellement de sa voix et de son apparence.

« C’est un peu mieux que ça. »

En considérant le fait que le barde avait été massacré, parce qu’il voulait faire une bonne action, Manteau Rouge n’éprouva plus autant l’envie de le réprimander, bien qu’il restât tout de même un imbécile.

« Vraiment ? Je suis toujours plutôt beau, non ? » En entendant cela, le barde rayonna de soulagement.

« Mm hm. »

« Beau à quel point ? »

Manteau Rouge jeta un coup d’œil à son visage et répondit sur un ton plat : « Aussi beau que du pain aux couleurs de l’arc-en-ciel. »

« … »

Note de bas de page

1 Je te demande pardon ? Tu utilises des sabres ? Normalement, tout le monde veut se servir de leur épée pour me découper en morceaux : Ce que le barde veut dire c’est que, normalement, les gens menacent d’utiliser leurs épées à double tranchant sur lui, alors que Manteau Rouge se sert de lames à simple tranchant. L’arme de Manteau Rouge est une sorte de dao, mais, étant donné que La Reine Guerrière a plus un style européen, nous n’appellerons pas ça un dao.

La Légende du Chevalier du Soleil T4Prologue : L’Épée Divine Qui A Perdu Son Propriétaire

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 4 : Tuer Un Dragon

Roman d’origine en chinois par : 我 (Yu Wo)


Prologue: The Divine Sword that has Lost its Owner – traduit du chinois vers l’anglais par Azakura[PR!]
Prologue – L’Épée Divine Qui a Perdu Son Propriétaire – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

« Capitaine-Chevalier du Jugement ! »

Lesus s’arrêta net et tourna la tête. Derrière lui se tenait une personne qu’il était impossible de ne pas reconnaître à cause de son justaucorps noir moulant. Dans tout le Temple Sacré, seul le Chevalier des Enfers possédait un style vestimentaire si particulier. Cependant, la personne qui aurait dû être avec Roland des Enfers n’était présentement pas à ses côtés.

Lesus fronça les sourcils. Il s’enquit : « Capitaine-Chevalier des Enfers, n’étais-tu pas censé suivre le Capitaine-Chevalier du Soleil ? »

À ces mots, une expression de honte apparut immédiatement sur le visage de Roland.

« Tu as encore perdu sa trace ? »

Lesus ne put s’empêcher d’éprouver un peu d’amusement et d’éprouver une légère envie de rire. Il lui semblait que, depuis qu’il avait assigné le Capitaine-Chevalier des Enfers à la filature de Sun, il ne les avait pas encore vus marcher côte à côte tous les deux ne serait-ce qu’une seule fois. Mais, même ainsi, après y avoir réfléchi un instant, il ne pouvait pas trouver le courage de blâmer Hell, parce que même lui n’était pas sûr qu’il ne se ferait pas semer chaque fois que Sun aurait l’intention de s’échapper.

« Laisse tomber. Tu n’as plus besoin de le suivre dorénavant. » Il secoua la tête, ayant finalement réfléchi à la question sous tous ses angles. Il soupira : « J’aurais dû m’en rendre compte il y a longtemps. Ce n’est pas comme si on pouvait se permettre d’envoyer quelqu’un pour suivre Sun en permanence. »

En entendant cela, au contraire de se sentir soulagé, Roland ne put s’empêcher de s’inquiéter. « Mais, Sun n’y voit plus à présent… S’il venait à faire face à un danger, dans ce cas que devrions-nous faire ? »

« S’il parvient même à te semer, je ne crois pas qu’il y aura le moindre problème. »

« J’imagine que c’est vrai. » Roland dut bien accepter ce fait, mais, après coup, il soupira : « Je n’arrive tout bonnement pas à comprendre comment Sun fait pour réussir à sans arrêt échapper à ma poursuite. Il n’a jamais été très fort… »

Lesus sourit faiblement tout en déclarant : « Si c’est ce que tu penses vraiment, alors j’ai peur que ne tu sous-estimes grandement notre Capitaine-Chevalier du Soleil. »

« Mais, ses compétences à l’épée ne sont-elles pas terribles ? » demanda Roland, légèrement perplexe.

« Si, elles le sont. » Lesus n’eut pas d’autre choix que de l’admettre.

En fait, parler de ses compétences à l’épée de cette façon était déjà très courtois en soi. Après avoir eu « Le Plus Fort Chevalier du Soleil de Toute l’Histoire » comme maître pendant huit ans, et pourtant être resté à un standard de compétence à l’épée trop tragique pour en parler, le mot « terrible » n’était certainement pas suffisant pour exprimer entièrement ce résultat.

« Bien qu’il soit vrai que les compétences de Sun avec une épée soient terribles… », poursuivit laconiquement Lesus. « Si tu venais à me demander qui, dans ce monde, je souhaiterais le moins affronter, ma réponse serait assurément le Capitaine-Chevalier du Soleil. »

Encore plus décontenancé, Roland dit avec hésitation : « Mais, Grisia, il… »

« Capitaine-Chevalier du Jugement ! »

Lesus et Roland furent tous les deux pris par surprise. Pour ce dernier, cela importait peu, mais le visage du premier s’assombrit promptement et se transforma en un froncement de sourcils, affichant l’expression bien connue du Chevalier du Jugement signifiant : « Je suis de mauvaise humeur même quand personne ne vient me chercher querelle. »

Cependant, la personne qui venait d’arriver était un membre de la Section du Chevalier du Jugement. Cela fit se renfrogner Lesus, non seulement en apparence, mais également intérieurement.

Judgment ne connaissait que trop bien les membres de son peloton. Leur comportement ressemblait grandement au sien : toujours calme, discipliné et strict. Or, à présent, un membre de sa section courait frénétiquement vers lui : visiblement, quelque chose avait mal tourné.

Le membre de la Section du Chevalier du Jugement haleta pour reprendre son souffle. Après cela, il salua immédiatement : « Capitaine Judgment, Capitaine-Chevalier des Enfers. »

« Que s’est-il passé ? » le questionna Lesus avec les sourcils froncés.

« Il y a eu une énorme explosion près d’ici en raison d’une cause qui demeure inconnue. Aucun mort ni blessé n’a été signalé, mais les prêtres ont déclaré qu’un très puissant élément des ténèbres s’était rassemblé là-bas. Il est possible qu’un nécromancien y ait lancé un sort. »

En entendant cela, l’expression de Lesus s’assombrit. Mais, quel genre de nécromancien aurait eu le cran de faire une telle chose dans la Cité du Bourgeon, la région sous la juridiction directe du Dieu de la Lumière ?

Qui que ce soit, il est complètement impardonnable qu’il provoque des perturbations dans ma ville !

L’expression sur le visage de Lesus s’assombrit davantage, tandis qu’il donnait ses ordres d’une voix grave : « Rassemble tous les membres de la Section du Chevalier du Jugement. Hell, tu viens également. »

« Compris. »

 

 

Quand il arriva sur place, Lesus comprit immédiatement pourquoi le membre de son peloton avait autant paniqué.

Dire que l’explosion a laissé un cratère d’une dizaine de mètres de circonférence dans le sol… 

Sans parler des décombres provenant des immeubles voisins qui se sont effondrés, du sol noircit, et des morceaux de rochers éparpillés dans toute la zone… Par chance, cet endroit est un vieux terrain d’exécution, donc peu de gens y viennent. Si l’explosion s’était produite sur une des places bondées de la ville, les conséquences auraient été tout simplement inimaginables.

« Chevalier du Jugement, Chevalier des Enfers… »

Les prêtres sur place étaient sur le point de saluer, mais Lesus leva promptement la main pour les arrêter. Il leur ordonna directement : « Faites votre rapport sur la situation actuelle. »

« Oui. »

Les prêtres affichèrent une expression inquiète tout en commençant leur rapport : « En plus de la présence de l’élément des ténèbres, cet endroit contient également une très grande quantité de l’élément sacré. Nous redoutons que quelqu’un appartenant à l’Église ait affronté un nécromancien, et nous sommes en train de fouiller les alentours pour trouver un… un… »

Un corps.

Avant même qu’ils eussent terminé leur phrase, Lesus avait déjà saisi tout ce que pouvait impliquer la situation. D’après les traces laissées derrière, la bataille a très probablement été intense. Si ce quelqu’un de l’Église du Dieu de la Lumière avait gagné, alors cette personne aurait fait son rapport à l’Église depuis bien longtemps. Même si ses blessures étaient si sévères qu’il aurait été incapable de retourner à l’Église du Dieu de la Lumière et se serait évanoui sur la route, l’une des patrouilles de chevaliers sacrés ou de chevaliers royaux l’auraient déjà trouvé.

Cependant, jusqu’à présent, personne n’a reçu ce genre d’information.

Donc, à présent, la seule possibilité est que soit cette personne a été emmenée par le nécromancien, soit qu’elle est déjà morte. Si c’est le cas, il est très probable que ce quelqu’un soit enterré quelque part sous les débris des immeubles.

Lesus fronça les sourcils, alors qu’il examinait les immeubles effondrés aux alentours. Malgré le fait que leur nombre ici ne fût pas aussi important que dans le cœur de la ville, il y en avait tout de même une dizaine. Ils ne parviendraient probablement pas à finir de tout remettre en ordre en peu de temps. Cela le fit également hésiter sur la marche à suivre. Devrais-je ordonner à mes hommes de chercher le nécromancien en premier, ou au lieu de cela devrais-je continuer d’attendre ici pour vérifier si la personne qu’on sortira des décombres sera toujours vivante et ensuite lui demander ce qu’il s’est passé ?

À ce moment-là, Roland s’approcha de Lesus. Il désigna l’un des immeubles effondrés les plus éloignés et affirma : « Capitaine-Chevalier du Jugement, il y a une forte présence de l’élément sacré dans cette zone. »

« De l’élément sacré ? »

Lorsqu’il entendit ces mots, Lesus fronça les sourcils. Même s’il s’agit d’un chevalier sacré ou d’un prêtre, à sa mort, l’élément des ténèbres le corroderait. Mais, puisque Hell dit qu’il sent l’élément sacré par-là… Est-ce que cette personne serait toujours vivante ?  

Il donna immédiatement des ordres à toutes les personnes présentes. « Allez immédiatement à l’endroit désigné par le Capitaine-Chevalier des Enfers. Faites attention, il pourrait y avoir une personne là-dessous, et elle pourrait toujours être en vie ! »

« Compris ! »

Chaque chevalier sacré se mit immédiatement à pousser les rochers sur le côté. Avec leur grande force de chevalier et leur vitesse d’excavation, il ne le leur fallut pas longtemps pour dégager plus de la moitié de l’immeuble effondré. Plusieurs chevaliers utilisaient déjà prudemment des pelles pour creuser aussi dans le sol.

« Roland ! »

Roland fut momentanément stupéfait. Il tourna la tête et vit une rangée de chevaliers qui portaient l’uniforme vermeille des chevaliers royaux. Celui qui se tenait en tête lui était des plus familiers. Il s’agissait d’Elijah qui demandait souvent à Roland de s’entraîner avec lui.

Elijah ordonna aux chevaliers royaux de s’arrêter. Il s’approcha de Roland. Tout en regardant l’immense trou dans le sol devant lui, il fronça les sourcils et questionna Roland : « Que diable s’est-il passé ici ? »

Roland secoua la tête. Il expliqua : « Nous ne sommes non plus pas certains de ce qu’il s’est précisément passé, mais ce que nous savons pour le moment c’est qu’une large quantité de l’élément des ténèbres et de l’élément sacré s’est rassemblé ici. »

Alors qu’Elijah plissait les yeux, réfléchissant à ce que Roland venait de lui dire, le Chevalier du Jugement Lesus, qui se trouvait à leur côté, prit la parole. « Chevalier Elijah, vous serait-il possible de demander à vos hommes d’également aider à creuser ? Nous pensons qu’il y a probablement un chevalier sacré ou un guérisseur enterré sous cet immeuble et qu’il est sans doute toujours en vie. »

Pendant un instant, Elijah resta surpris, mais il accepta immédiatement : « Bien sûr. »

Il se retourna et fit signe aux chevaliers sous son commandement de s’approcher et d’aller aider.

Lesus fronça les sourcils tout en observant les travaux d’excavation. Maintenant que j’y pense, il semblerait que je ne sois d’aucune aide ici pour l’instant. Peut-être que je devrais rentrer pour chercher des informations sur le nécromancien, s’il est toujours dans les parages… Mais, soudainement, il réalisa que trouver le nécromancien ne relevait pas des devoirs dont il avait la charge.

Il se tourna vers son vice-capitaine et lui demanda : « Est-ce que quelqu’un a contacté le Capitaine-Chevalier du Soleil ? »

Son vice-capitaine répondit immédiatement : « Capitaine, je ne parviens pas à localiser le Capitaine-Chevalier du Soleil, mais j’ai déjà prévenu le Vice-Capitaine Adair de la Section du Chevalier du Soleil. Il a dit qu’il allait immédiatement faire en sorte que la Section du Chevalier du Soleil se divise en groupes et fouille la ville. S’il y a le moindre rassemblement inhabituel de l’élément des ténèbres, il enverra immédiatement des gens pour enquêter. »

En entendant cela, Lesus hocha la tête. Tout va bien tant qu’Adair a été informé. Mais, où est-ce que Sun s’est encore enfuit ?

« Oh, c’est vrai, le Capitaine-Chevalier du Soleil n’est pas venu ? » questionna Elijah.

« Elijah, par chance, as-tu aperçu Sun sur ton chemin, quand tu es venu ici ? » Roland se tourna et l’interrogea au même moment.

Leurs yeux se rencontrèrent, et ils rirent de bon cœur avant de secouer leur tête à l’unisson.

En voyant cela, Judgment sourit intérieurement également.

On dirait qu’il en a toujours été ainsi. Malgré ses terribles compétences à l’épée, Grisia, d’une façon ou d’une autre, s’est toujours lié avec des personnes qui étaient dotées d’un grand talent à l’épée… Non ! Il ne s’agit pas seulement de ceux qui sont des maîtres-épéistes. Peut-être qu’il a déjà fait connaissance avec toutes les personnes puissantes vivant à la Cité du Bourgeon ?

Bien sûr, nous avons les Douze Chevaliers Sacrés de l’Église du Dieu de la Lumière, et l’un d’entre eux est même un Seigneur de la Mort. Ensuite, nous avons le chevalier du roi qui est le bien-aimé de la princesse, il y a même l’auto-proclamé « Plus Fort Chevalier du Soleil de Toute l’Histoire » qui est révéré par nombre de personnes, sans mentionner une nécromancienne qui est probablement tout aussi puissante mais dont le nom n’est que peu connu.

Aussi, en plus de connaître toutes les personnes puissantes qui vivent ici, est-ce que Grisia est aussi faible que ce qu’assume le Chevalier des Enfers ?

Après avoir considéré la question jusqu’à ce stade, Lesus se sentit véritablement troublé. Peut-être que seuls le Pape, le précédent Chevalier du Soleil et moi savons à quel point Grisia du Soleil est puissant… Non ! Peut-être que même moi je ne comprends pas complètement sa force.

Lesus ne put se retenir de murmurer : « Grisia, tu dis toujours que je suis comme un vers solitaire qui vivrait dans tes intestins, parce que tu ne peux rien me cacher, mais je n’ai jamais vraiment complètement compris de quoi tu étais capable… Ou peut-être vaudrait-il mieux dire que même toi tu ne comprends pas tes vraies capacités ? »

Roland et Elijah semblaient avoir entendu une partie des murmures de Lesus. Ils se retournèrent tous les deux pour lui demander avec curiosité : « Que viens-tu… »

« Nous l’avons trouvé ! »

En entendant les cris des chevaliers sacrés, l’humeur des trois remonta immédiatement, et ils s’approchèrent en même temps. Ils aperçurent bientôt de nombreuses personnes s’attrouper autour du cratère pour regarder ce qu’il s’y trouvait. Pourtant, aucune personne blessée ne fut remontée. Ils eurent tous les trois une réaction très semblable : un froncement de sourcils apparut sur leur visage au même instant.

Lesus fut le premier à baisser la voix, lorsqu’il dit d’un ton de mauvais augure : « Prêtres, qu’est-ce que vous faites ? Ne devriez-vous pas vous dépêcher d’aller aider cette personne ? »

Les prêtres furent terrifiés par son ton. Après avoir vu l’expression glaciale du Chevalier du Jugement, leurs visages pâlirent davantage encore. Ils expliquèrent précipitamment : « Ce… ce n’est pas une personne ! »

En entendant cela, Lesus fronça à nouveau les sourcils. Il s’avança simplement pour constater par lui-même de quoi il s’agissait. En effet, ce qui se trouvait dans le cratère n’était pas un homme mais une épée qui reposait silencieusement dans la poussière. Étant donné ce qu’elle était réellement, elle n’aurait jamais dû avoir à souffrir un tel traitement.

« Pourquoi l’Épée Divine du Soleil se trouve-t-elle ici ? »

Lesus reconnut d’un seul regard que l’objet reposant au fond du trou était l’Épée Divine du Soleil. C’est l’objet que Grisia chérit le plus… même s’il ne l’utilise pas souvent.

En fait, il la sort rarement du Temple Sacré, mais quand cela arrive, il la garde sur lui et ne s’en sépare jamais.

Pourtant, en ce moment, l’Épée Divine du Soleil est ici, alors que son maître n’est pas présent… Brusquement, Lesus remarqua que l’épée était tâchée par quelque chose… Il sauta immédiatement dans le cratère et la ramassa pour regarder.

C’est vraiment une trace de sang !

Son expression changea presque immédiatement. Il s’empressa de crier aux chevaliers aux alentours : « Vite ! Continuez à creuser ! Mais, faîtes attention. Sun… quiconque se trouvant là-dessous est peut-être toujours en vie ! »

À ce moment-là, Roland sauta également dans le trou. Il s’agenouilla pour toucher le sol avec la main. Ses yeux ne quittèrent jamais l’Épée Divine du Soleil que tenait Lesus.

Après cela, il se leva et s’adressa à Lesus à voix basse : « Il ne reste pas d’autres traces de l’élément sacré là-dessous. Je suis sûr que l’élément sacré que j’avais senti provenait de l’Épée Divine du Soleil… S-se pourrait-il que Grisia…il… »

« Non ! »

Lesus interrompit les paroles de Roland avec un refus catégorique. Il bondit vers la surface pour permettre aux chevaliers sacrés de continuer à creuser. Au même moment, Roland le suivit.

Lesus fit le tour du terrain d’exécution qui était en ruine pour l’examiner. Puis, il proclama avec fermeté : « C’est impossible ! Un tel endroit… ne serait définitivement pas le lieu où Sun reposerait à jamais en paix ! »

Dans ce cas…

Grisia, où diable es-tu passé cette fois ?

1/2 Prince T5C1 : Le Titre de Roi Invaincu

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½ Prince Tome 5: Un Prince n’Existe Plus

Roman d’origine en chinois par : (Yu Wo)


Chapter 1: The Title of Undefeatable King – traduit du chinois à l’anglais par Evangeline[PR!]
Chapitre 1 : Le Titre du Roi Invaincu – traduit de l’anglais au français par Elynor
+ Travail de vérification par Nocta

« Fairsky, tes sentiments ont-ils réellement changés ? »

« Tsss, je n’avais jamais réalisé que Sunshine avait un tel pouvoir de séduction. Il a attrapé Fairsky dans ses filets avant même que nous le remarquions. »

À peine arrivés à la Cité de l’Infini, tout le monde nous encercla, puis bombarda Fairsky et Sunshine de questions. Le couple embarrassé et pris au piège n’eut d’autres choix que de répondre au déluge de questions. Tous souriaient en félicitant le couple. Seule Lolidragon, qui connaissait entièrement l’histoire, ne souriait pas. J’espionnai son soupir du coin de l’œil.

« En tout cas, nous vous souhaitons le meilleur à tous les deux ! » Chacun riait joyeusement.

« Mm-merci tout le monde », balbutia Fairsky.

« Ok, ça suffit. Arrêtez d’embêter Fairsky et Sunshine, les gars. Maintenant, venez écouter l’explication de Lolidragon sur la dernière mise à jour de Second Life. » Grand frère Wolf sourit et nous fit signe.

Tout le monde se tut et regarda Lolidragon qui commença à expliquer les détails de la mise à jour. « Le point majeur de la nouvelle mise à jour est de rendre Second Life plus réaliste. Plusieurs aspects de la vie quotidienne, qui n’étaient pas nécessaires auparavant, sont maintenant requis. Par exemple, vous n’aviez pas besoin de prendre de douche ou de bain car votre corps ne se salissait jamais, mais, suite à l’installation de la mise à jour, si vous ne vous lavez pas après un jour de combat, la puanteur deviendra insupportable. »

Prendre un bain ? Je me souvins soudainement que… Même si je suis un homme, je n’ai encore jamais vu mon « côté masculin » auparavant. Si nous devons prendre un bain, ça ne voudrait donc pas dire que je devrais « le » regarder ? Hum… Je n’aurais jamais songé que la première fois que je verrais l’une de ces choses (en excluant l’incident de la collecte de celles des dragons pour de l’or) ce serait la mienne. Wow, je ne sais même pas par où commencer pour tenter d’expliquer mes émotions…

« Prince, si tu as peur de cette partie de ton corps, je peux t’aider ! Détends-toi et écarte les jambes… » La remarque sarcastique de Lolidragon me parvint via le canal de messages privés.

« Hé ! » Écarter les jambes ?! Je pensai, est-ce que tu veux me faire accoucher ? Je ne pus me réfréner de lui faire les gros yeux.

« Mais, tu devras quand même aller aux toilettes par toi-même », chuchota Lolidragon dans le vide.

Quoi ? Je dois aussi aller aux toilettes ? Mon esprit se vida pendant un instant. Donc, je devrais vivre l’expérience d’utiliser mon *** pour aller aux toilettes aussi ?

« Deuxièmement, sauf pour ceux qui sont impliqués dans l’entraînement, la population de PNJ va commencer à se réduire. Entre autres, les PNJs qui gèrent les magasins dans la Cité du Soleil, de la Lune et de l’Étoile vont éventuellement disparaître pour être remplacés par de vrais joueurs. » Quand elle remarqua que j’étais toujours en train de ruminer sur le sujet précédent, Lolidragon se sourit à elle-même et continua son explication. Après qu’elle eut terminé sa phrase, belle-sœur Yu Lian fronça les sourcils.

« Même si ça ne coûtera pas plus cher d’engager des joueurs plutôt que des PNJs, ils seront plus compliqués à gérer. » murmura belle-sœur Yu Lian, en se demandant si la mise à jour était une bonne ou une mauvaise nouvelle.

Finalement, Lolidragon prononça la partie la plus importante de son explication. « Je pense que le changement le plus radical de cette mise à jour est que les Cités du Soleil, de la Lune et de l’Étoile pourront désormais être conquises par les joueurs. »

« Les rumeurs sont donc vraies. » grimaça grand frère Wolf. « Qu’est-ce que vous en pensez ? »

« C’est évident ! Bien sûr, nous devons aller les conquérir ! » Un éclat brilla dans les yeux de White Bird, comme si elle avait attendu ce moment toute sa vie.

« Conquérir les trois cités, unir le continent central ! »  Nan Gong Zui balança ces huit mots avec conviction. La détermination et la passion qui brillaient clairement dans ses yeux se propagèrent aux autres également, faisant accélérer leurs battements de cœur sous la joie et l’excitation.

AAAHHH ! Une autre guerre ? On dirait que mon rêve d’obtenir un peu de repos n’est plus possible désormais… Zut ! Pourquoi est-ce que je n’ai jamais de chance ? À peine ai-je accompli mon boulot qu’une nouvelle pile de tâches apparait. Je vais mourir d’une surcharge de travail !

J’écoutai avec morosité tout le monde discuter de quelle façon on pourrait prendre les cités.  Dieu merci, tout le monde sait que je ne suis qu’un idiot de militaire, ça ne fait donc aucune différence que j’écoute ou non la discussion… Cependant, en tant que suzerain, je ne peux pas aller faire une sieste, n’est-ce pas ? Même si j’en ai réellement envie…

« La première chose que nous devons faire est de choisir un plan d’attaque. Avec trois cités ouvertes à la conquête, il y a probablement beaucoup d’autres joueurs qui planifient de les prendre également, mais nous avons un avantage non négligeable par rapport à eux : les forces militaires de la Cité de l’Infini progressent très rapidement ces derniers jours. Tout ceci grâce au groupe de l’Infini, et spécialement grâce à notre suzerain. » White Bird s’inclina gracieusement devant moi, ce qui me choqua suffisamment pour me faire me tenir droit sur ma chaise et acquiescer légèrement en retour. C’est étrange, ça me file la chair de poule à chaque fois que je vois White Bird avoir une attitude respectueuse envers moi…

White Bird poursuivit : « Je pense que si nous faisions tomber une des cités en premier, ce ne serait qu’une question de temps avant de pouvoir conquérir les deux autres cités également. »

« Mmmh, si nous n’attaquons qu’une cité, quel serait le meilleur choix ? » se demanda Broken Sword à voix haute.

« Que dites-vous de la Cité de la Lune ? » suggéra Nan Gong Zui. « La Cité de la Lune est connue pour avoir été la base des Lames Vertueuses, ce sera donc un territoire familier pour nous, ce qui serait d’une grande aide lors d’une bataille. »

« Ouais ! Prenons la Cité de la Lune ! » rugit tout le monde avec excitation.

« C’est donc la Cité de la Lune, c’est ça ? » Je me levai, en tournant mon regard en direction de la Cité de la Lune. Ainsi, cette vénérable cité dont l’atmosphère est calquée sur le thème de la Chine Antique sera bientôt baptisée par le feu des guerres ? Quelle tristesse…

La voix insensible de Lolidragon fit écho : « Si tu tentes de regarder en direction de la Cité de la Lune, alors je suis au regret de t’informer que tu regardes à l’exact opposé. »

« … Dans ce cas, qu’est-ce que je suis censé faire ? » Ignorant automatiquement Lolidragon, je me tournai pour questionner Nan Gong Zui.

« Prince, quel est ton niveau actuel ? » me demanda tout à coup Zui.

« Laisse-moi voir. » Tsss, ça fait si longtemps que je n’ai pas vérifié mon niveau que j’ai presque oublié que ça existait. Je fis appel au menu et lis honnêtement à voix haute. « Niveau 76 ! »

« Niveau 76 ? Ce rang tourne autour de la centième place du classement des joueurs. » songea Nan Gong Zui à voix haute, puis il se tourna vers moi : « Je ne crois pas que ton niveau soit suffisamment élevé. »

« Sur les cinq suzerains ayant gagné ou acquis leur propre territoire sur chacun des cinq continents, ceux de l’Est, de l’Ouest, du Sud, du Nord et Central, votre niveau semble être le plus faible », déclara prudemment White Bird dans un froncement de sourcils, comme si elle était inquiète que ses mots pussent m’énerver.

« Ah bon ? » rigolai-je stupidement. Ce n’est pas de ma faute ! Après le tournois, j’ai abouti sur le continent de l’Est et, durant ce laps de temps, j’étais soit en train d’aider Jing et Yun à augmenter leurs niveaux, soit à courir à travers le contient en tentant de résoudre des quêtes cachées. J’ai à peine monté de quelques niveaux pendant ce temps. Et, pire encore, pendant ce mois passé en tournée, je n’ai même pas réussi à gagner ne serait-ce que la moitié d’un niveau… En fait, en découvrant que j’avais seulement chuté à la centième place de la liste, je devrais glousser discrètement.

« Par conséquent, mon Seigneur, je vous prie d’augmenter votre niveau. Nous allons nous arranger pour que certaines personnes se consacrent à vous aider lors de vos entrainements », requit très poliment White Bird.

« Certaines personnes ? Je ne pourrais pas simplement aller m’entraîner avec Odd Squad ? »  Globalement, j’étais habitué à jouer avec les membres d’Odd Squad, et nous pourrions utiliser notre coordination naturelle.

White Bird sembla troublée. « Les membres d’Odd Squad ont des rôles importants dans les départements militaires et administratifs, ils n’auront donc probablement pas le temps de s’entrainer avec vous. »

« On ne peut rien y faire ? » Je me sentis un peu déprimé. Je me demande depuis combien de temps nous ne nous sommes pas entraînés tous ensemble moi et les membres d’Odd Squad.

« Prince, ne soit pas déçu. Nous allons venir te retrouver dès que nous aurons du temps libre. » Grand frère Wolf rit et me donna une bonne claque dans le dos.

« Bien. Au moins Gui, Wicked et Phoenix vont venir avec moi, n’est-ce pas ? » demandai-je en me tournant vers ces trois-là.

« Je veux aller avec son altesse… » Gui n’avait même pas terminé sa phrase qu’il était muselé par Fairsky et Sunshine qui l’entrainèrent au loin.

« Tu te moques de nous, j’espère ! La tonne de travail qui s’entasse au département de construction est suffisante pour m’enterrer, et pourtant tu veux t’échapper ? Sunshine, assure-toi de tenir Gui fermement ; s’il ose bouger ne serait-ce qu’un doigt, assomme-le avec ta magie jusqu’à ce qu’il ne puisse plus bouger à nouveau ! » ordonna Fairsky à Sunshine avec une indignation justifiée, et Sunshine suivit ses ordres sagement, tel un mari soumis. Ce couple harmonieux partage des liens si profonds…

« Je… » Wicked avait à peine articulé un mot que Nan Gong Zui et Broken Sword posèrent fermement leurs mains sur son épaule et sourirent chaleureusement. C’est moi, ou leurs yeux étaient en train de dire : « N’y songe même pas, tu ne sortiras jamais de ce château ! Soumets-toi à ton destin ! »

Phoenix ne tenta même pas de prononcer le moindre mot. Pour être honnête, même moi je n’oserais pas aller à l’encontre de l’autorité de belle-sœur Yu Lian !

« Donc, je vais devoir m’entraîner seul ? » Je regardai le trio, ma déception évidente dans les yeux.

« Mon Seigneur, nous allons engager quelques joueurs pour y aller avec vous », déclara White Bird encore une fois, en ayant l’air légèrement troublée. « Mais, j’espère que mon seigneur maintiendra une aura royale devant ces autres personnes pour éviter de décevoir nos hommes. »

J’affichai également une expression inquiète et m’enquis avec confusion : « Comment je suis censé maintenir une aura royale ? »

« Pour faire simple, tu te mets en mode elfe sanguinaire, et ça ira », expliqua Lolidragon.

« Je dois maintenir cette attitude fatigante en tout temps ? » soupirai-je. L’elfe sanguinaire n’est même pas mon vrai moi ! Pourquoi est-ce que tout le monde aime le faux-moi ?

 

 

« C’est un honneur de s’entraîner avec vous, Votre Majesté ! » En observant les cinq paires d’yeux brillants d’adoration et de déférence, je me demandai combien de fois j’allais soupirer dans mon esprit. Heureusement, Western Wind, qui se tenait sur le côté, ne m’envoyait pas spécialement de signe d’adoration. Malheureusement, son expression haineuse n’était pas exactement ce qu’il y avait de plus relaxant non plus.

« Sur les ordres de la commandante White Bird, nous devons donner tout ce que nous avons afin d’aider notre suzerain à monter de niveau, et donc notre première et principale préoccupation est Sa Majesté. Tout le monde a bien compris ? » demanda le guerrier qui menait le groupe.

« Bien sûr ! Notre suzerain est la personne la plus importante, alors, en cas de danger, ma priorité sera de soigner notre seigneur. Ne me blâmez pas si vous mourez pendant le processus. » Celui qui parla cette fois-ci était bien sûr un prêtre. La déférence excessive dans ses yeux me donna la sensation d’être dans un temple de la déesse de la Mer1.

« Ne vous inquiétez pas Monseigneur, nous vous protégerons et irons jusqu’à empêcher tous les monstres de vous toucher ! » promit l’archer avec une détermination inébranlable.

Hé ! Vous allez empêcher les monstres de me toucher ? Et comment diable je vais pouvoir monter de niveaux dans ce cas ? Je me sentis totalement exaspéré jusqu’au plus profond de moi.

« Hmph ! Le suzerain n’a besoin de la protection d’aucun d’entre vous ; la meilleure chose que vous puissiez faire est de ne pas être un fardeau pour lui. » Le mage jeta un regard glacial aux autres, puis se tourna pour me regarder avec une expression ardente et pleine de ferveur. « Après tout, notre Seigneur est le roi invaincu. C’est lui le plus fort de tous. Il n’a encore jamais perdu un combat auparavant. »

« Tu as raison. Monseigneur, excusez-nous de notre imprudence. » Étonnamment, les autres n’étaient pas du tout énervés. Ils continuaient simplement de me fixer avec adoration.

Le roi invaincu ? Ces personnes ne sont-elles pas en train de mentir honteusement ? Je ne peux même pas compter le nombre de fois où je suis mort. De plus, je suis même mort une fois devant le public pendant le tournoi. C’est ça qu’ils appellent invaincu ? Sans mentionner le plus fort ! Je ne pourrais pas garantir ma victoire si je me battais contre Wicked ou Nan Gong Zui, et sans parler de Kenshin qui pourrait m’écarteler telle une créature vivante disséquée d’un simple revers de la main. De plus, White Bird n’avait-elle pas déclaré à l’instant que, des cinq suzerains, mon niveau était le plus faible ?

Zut ! Plus j’y pense, plus je ressens mes propres faiblesses. Je ferais mieux d’aller monter de niveaux ! Ignorant les cinq regards flamboyants d’adoration émis par le groupe, je lançai platement un « allons-y ».

« Joli garçon, moi, je n’admettrai jamais que tu es imbattable par contre. » murmura dédaigneusement Western Wind. « Un jour, je te ferai mordre la poussière. Mais, d’ici là, tu ferais mieux de ne perdre contre personne d’autre. »

« Ouais, ouais. » J’agitai la main, irrité.

Western Wind renifla avec dédain, puis se tut.

Le roi-serpent, soi-disant roi de tous les serpents, n’était pas tout à fait au même niveau qu’un boss. Cependant, dans les tréfonds de l’abysse des serpents, il y en avait un certain nombre qui étaient physiquement imposants, étonnamment forts, vifs comme l’éclair et possédant des crocs venimeux. Je décidai de régler leur compte à ce genre de monstres ennuyants en pensant que ce serait un challenge de les vaincre, et aussi parce que je n’avais pas eu l’occasion de m’entrainer depuis très longtemps.

Après tout, dans un jeu comme Second Life, tout ne tournait pas autour de la montée de niveau. Le plus important était de faire le meilleur usage possible de ses capacités.

« Ce genre de monstre est puissant et ne donne pas beaucoup de points d’expérience… T’es sûr que tu veux faire ça, gamin ? » Western Wind regarda le roi-serpent avec doute.

« Ouaip, je veux m’entrainer. Le roi-serpent n’est pas facile à tuer et ne donne pas tant de points d’expérience que ça, donc il n’y a pas beaucoup de joueurs par ici. Quand il n’y a personne autour pour nous voler notre proie, c’est le moment le plus propice pour se lâcher et en profiter, non ? » Je levai le sourcil en regardant Western Wind. Pendant ce temps, j’avais déjà ciblé et isolé un roi-serpent.

« Inutile de se demander pourquoi il est notre suzerain ! Il pense différemment des gens normaux. » Je ne savais pas qui avait parlé, mais les cinq personnes hochèrent la tête et me lancèrent à nouveau des regards admiratifs.

Sentant venir la migraine, j’atteignis presque ma limite. Tout ce que je pouvais faire était de prétendre que les regards remplis d’admirations étaient invisibles. Je me tournai alors vers Western Wind qui était le seul à ne pas me fixer avec des yeux brillants. « Hé Western Wind la femme canon, il est temps de s’entrainer ! »

« Bon sang ! Joli garçon, tu ne comprends pas le langage humain ou quoi ? Je suis un mec, gamin ! Combien de fois je vais devoir te le répéter ? » rugit Western Wind, mécontent comme toujours, alors qu’il levait son épée vers le roi-serpent avec moi.

« Puis-je vous demander de quelle façon nous pourrions vous apporter notre assistance, Monseigneur ? » me demanda le guerrier du groupe, surpris et confus.

« Les gars, vous pouvez aller vous entrainer vous aussi. Si j’ai besoin de soins, je viendrai vous retrouver. » répondis-je avec une certaine apathie.

« Ne serait-il pas plus judicieux de simplement vous suivre, Monseigneur ? » protesta rapidement le prêtre.

« Pas besoin », déclarai-je dédaigneusement en secouant ma main. Et puis quoi encore ? À force d’être suivi par ces paires d’yeux brillants d’admiration, je me sentirais mal de la tête aux orteils, alors n’essayez même pas de me convaincre de continuer à m’entrainer avec eux dans les parages.

« Si tel est le désir de notre Seigneur, nous nous y plierons. » Ils arborèrent tous les cinq une expression de grande déception, puis s’éloignèrent très lentement en me lançant des regards éplorés. Si un inconnu était passé à ce moment-ci, il aurait probablement cru que je venais juste de rejeter cinq amants.

Finalement, quand les cinq hommes furent hors de mon champ de vision, je poussai un soupir de soulagement, relâchai mes muscles faciaux jusque-là figés, puis retournai à la normale, à savoir avec une expression détendue.

Western Wind me regarda, puis secoua la tête avec exaspération. « Tsss, j’aimerais vraiment que tu montres cette expression à ces cinq idiots. S’ils voyaient ça, je refuse de croire qu’ils continueraient à t’admirer et à t’appeler “monseigneur” sans arrêt. »

« Bien sûr, va les appeler. » Je baillai d’un air nonchalant et ajoutai : « Si tu ne crains pas que White Bird te hache menu. »

« Gamin, je n’ai pas peur de cette bonne femme oiseau », répliqua Western Wind en reniflant avec dédain.

Je levai un sourcil. « White Bird et belle-sœur Yu Lian sont très proches ! »

Comme je le pensais, aussitôt que le nom de Yu Lian fut mentionné, Western Wind arrêta d’argumenter et commença à bouder silencieusement ; il ne tenta même pas de glisser le surnom « gamin » une dernière fois.

Maintenant que nous étions sur ce sujet, je me devais de repenser un peu plus aux évènements antérieurs. Pourquoi Western Wind avait-il peur de belle-sœur Yu Lian ?

Retournons à l’époque ou Western Wind avait rejoint la Cité de l’Infini. Son premier travail lui avait été confié par belle-sœur Yu Lian. Vous souvenez-vous de ce que j’avais mentionné auparavant ? J’ignore pourquoi, mais nos fans ont absolument adoré le combat inattendu qui avait eu lieu pendant le premier concert, donc Western Wind avait reçu l’ordre d’aller sur scène et de me défier à chaque concert depuis.

Je me souviens que lorsque Western Wind avait reçu les premiers ordres de belle-sœur Yu Lian, il avait d’abord déclaré : « Aucune chance, gamine. »

Belle-sœur Yu Lian avait affiché l’un de ces faux sourires menaçants qui étaient sa spécialité… d’où je me tenais, j’avais pensé que Western Wind venait de signer son arrêt de mort. Belle-sœur Yu Lian avait déclaré : « Mmmh ? Je pensais que tu étais venu à la Cité de l’Infini pour défier Prince ? C’est pour ça que je t’ai confié ce travail : je pensais que tu aurais été ravi d’accepter ! Mais… peut-être que tu as d’ores et déjà été soumis par notre Prince invaincu lors de ta défaite et que tu crains de le défier un jour à nouveau ? »

En entendant cela, Western Wind avait explosé de colère : « Quel blasphème ! Le mot peur ne fait pas partie de mon vocabulaire, gamine ! »

C’est ainsi que Western Wind était devenu le plus grand élément comique du spectacle. Il s’était faire réduire en poussière par moi à chaque fois, et il y avait même des spectateurs pour hurler « Plus fort ! » et « Pas assez de sang ! », etc. m’obligeant à utiliser de plus en plus de force contre lui inévitablement.

Le deuxième « incident », qui avait fait réaliser à Western Wind que la mortelle belle-sœur Yu Lian n’était pas une personne que l’on pouvait traiter à la légère, avait été quand la construction de la librairie s’était terminée. Belle-sœur Yu Lian avait songé qu’il n’y avait pas assez de livres dans le magasin. Et, puisque Fairsky et Phoenix étaient de vraies filles, il n’était pas convenable de les exposer pour attirer plus de lecteurs masculins. De ce fait, une personne, plutôt bien roulée pendant la journée, s’était retrouvée enrôlée pour la création d’un album photo spécial en maillot de bain.

Et, ce n’était pas tout. Belle-sœur Yu Lian avait cru que, puisqu’il n’y avait aucun homme musclé dans le Groupe de l’Infini, nous ne serions pas capables d’attirer les lecteurs qui les appréciaient. Ainsi, elle avait enrôlé une personne qui semblait très musclée la nuit pour tirer un deuxième album photo. En fait, c’est un peu dégoûtant de voir tous ces pectoraux rebondis. Je ne sais vraiment pas comment qui que ce soit peut aimer ce genre de corps… Hum, hum, je n’ai pas maté délibérément ! Je ne l’ai vraiment, mais vraiment pas fait !

Repensant à ces incidents, je me retournai et observai Western Wind la femme canon, en tentant à grand peine de retenir mon fou-rire.

« Beau gosse ! Pourquoi diable est-ce que tu te marres ? » Western Wind considéra mon expression étrange d’un air soupçonneux.

Je recomposai rapidement un visage normal. « P-Pour rien du tout, continuons l’entrainement ! »

Terminant ma phrase, j’ignorai l’expression confuse de Western Wind et me lançai vers un autre roi-serpent. Je me sentis nettement mieux. Eh bien, au moins ma situation est toujours un peu mieux que celle de Western Wind la femme canon.

Marchant derrière le serpent, je ressentis l’excitation monter en jaugeant son imposante silhouette. Je caressai gentiment mon Dao Noir. « Mon ami, ça fait longtemps que tu n’as pas gouté à du sang frais. Je suis désolé de t’avoir fait subir ça, alors maintenant profite du festin ! »

Avec un « shhh », je dégainai mon Dao Noir et eus soudainement une idée machiavélique. D’un pied, je marchai simplement sur la queue du roi-serpent, faisant en sorte de lui faire tirer la langue en grimaçant de douleur. Il se tourna avec la bouche grande ouverte. Quand il me vit, il plissa légèrement les yeux puis se jeta sur moi, dans l’intention de m’arracher la tête.

Je ris froidement et évitai l’attaque sans effort, en me dérobant par la gauche. Ensuite, j’eus un bref aperçu d’un bout de sa queue se balançant vers moi à pleine force. Pivotant sur mes orteils, je sautai sur sa queue et brandis fièrement mon Dao Noir vers sa tête. Avant que je n’eusse pu lui trancher la tête, le roi-serpent se tourna et se jeta à nouveau sur moi. D’un seul mouvement, je baissai la tête pour esquiver tout en me servant simultanément de mon Dao Noir pour scinder le roi-serpent en deux parties égales depuis sa gorge.

Finalement, je me retournai et lui coupai également la tête, rabattant mes paupières et laissant le sang chaud m’asperger la figure. J’ouvris les yeux, essuyai le sang de mon visage et soupirai. J’ai enfin pu combattre tout mon saoul encore une fois.

« Eh merde ! Mais, t’es malade ou quoi, gamin ? Pourquoi est-ce que tu te laisses être recouvert de sang ? » Western Wind fixa avec stupéfaction le sang qui me couvrait de la tête aux pieds.

Je remuai mon index et lui demandai avec espièglerie : « Tu te souviens de mon surnom ? »

« L’Elfe Sanguinaire… » répondit Western Wind automatiquement, puis il se gratta la tête. « Oh, c’est pour ça que tu es appelé l’elfe sanguinaire alors. Ainsi, le joli garçon a une sorte de passetemps pervers. »

« Qui est un pervers ? On appelle ça une soif de sang, et c’est cool, tu saisis ? » répliquai-je en me tordant la bouche.

Western Wind m’adressa un signe de la main universel : un poing fermé duquel ne dépassait que le doigt du milieu fièrement dressé. « Cool ? Si quiconque appelle ça cool, je me couperai la tête pour te faire une soupe, bon sang. »

« Ultra-cool… » Les mots retentirent en écho derrière nous.

Je fis volte-face pour m’apercevoir que l’équipe de cinq personnes était de retour. Les yeux de la joueuse continuaient de jaillir tels des cœurs, et les gars restaient debout, les poings serrés et les yeux remplis d’admiration et d’excitation. Tout ce qui leur restait à faire était de s’agenouiller et de crier : « Acclamez le roi ! »

Je soupirai intérieurement. Il semblerait que je ne vais pas pouvoir m’entrainer seul aujourd’hui. Tout en me désolant sur ce fait, je ne pus m’empêcher de murmurer à Western Wind : « Hé, va me faire cette soupe ! »

 

 

« Suzerain, comment avance l’entrainement ? » Juste au moment où nous arrivions à la Cité de l’Infini, nous vîmes Lolidragon et Kong Kong occupés à planter… des pièges à ce qu’il semblerait. Lolidragon était tellement exténuée qu’elle me salua brièvement de la tête. Mais, malgré son épuisement, Kong Kong s’approcha et me questionna joyeusement.

« Pas trop mal », lui répondis-je affairé, puis je continuai ma route, suivi de mon groupe de cinq admirateurs ainsi que de Western Wind qui était toujours en train de se demander s’il devait ou non tenir sa promesse de s’auto-décapiter pour me faire une soupe avec sa tête.

Kong Kong regarda les cinq personnes et cria : « Ce n’est pas tous les jours que vous avez la chance de vous entrainer avec notre seigneur. Est-ce que vous vous êtes rendus utiles ? Et l’un de vous a-t-il appris quelque chose après avoir observé notre seigneur en train de combattre ? »

« Évidemment ! Nous avons observé attentivement chaque mouvement de notre souverain ! » répondit rapidement le guerrier.

« Notre suzerain est si puissant ! Il mérite réellement le titre de roi invaincu ! » Les yeux passionnés et fiers de la femme mage ne cessaient de me scruter.

« Roi invaincu ? Ce surnom lui va comme un gant ! » Les yeux de Kong Kong brillaient, comme si cette phrase venait d’être utilisée pour le décrire lui-même. Il jubila de plaisir : « Je ne veux pas fanfaronner par rapport à notre seigneur, mais le jour où l’Elfe Sanguinaire sera vaincu va être le jour où de l’or pleuvra directement du ciel. »

Ils acquiescèrent tous les cinq aussitôt que ces mots eurent quitté sa bouche.

La voix de Lolidragon retentit sur le chat de messages privés « Roi invaincu ? Si les mots de Kong Kong étaient vrais, j’aurais eu le crâne écrasé par cet or depuis longtemps, et belle-sœur Yu Lian n’aurait plus de problème d’argent désormais. »

« Hé, au moins nous n’avons jamais subi de réelle défaite. On gagne toujours à la fin, non ? »

Lolidragon esquissa un sourire froid et s’enquit avec nonchalance : « De toute façon, qu’est-ce qui ne va pas ? J’ai remarqué que tu semblais un peu pâle quand tu es revenu. Est-ce que ces cinq joueurs étaient trop faibles ? Ou est-ce qu’ils étaient des boulets ? Tu veux que j’aille demander à White Bird de te sélectionner un autre groupe ? »

Affligé, je répondis en soupirant : « Ça n’a rien à voir avec leur force. C’est juste qu’ils m’admirent vraiment trop et que ça a tendance à me rendre inconfortable. »

« Ah, White Bird les a spécifiquement choisis pour t’aider parce qu’ils t’admirent profondément et ne sont pas si faibles. Tu crois que cette décision a eu l’effet inverse ? » me demanda Lolidragon, en retenant un rire.

« Oh, je t’en prie. Est-ce-que tu réalises qu’ils étaient à deux doigts de m’acheter de l’encens et des fruits pour élever un autel qui m’aurait été dédié ? » maugréai-je. Qui voudrait recevoir des offrandes comme s’il était l’empereur de Jade2 ?

« Je vois ce que tu veux dire. » Lolidragon et moi écoutâmes les cinq admirateurs en train d’entretenir une conversation passionnée avec Kong Kong à propos de mes « miracles », en nous demandant s’ils étaient réellement en train de parler de moi ou du seigneur Jésus Christ.

En fin de compte, Lolidragon déclara : « Bon, si tu n’aimes pas cette équipe, tu devrais en parler avec White Bird. »

« Ouais », lâchai-je en écoutant le groupe derrière moi décrire à quel point, dans un donjon en particulier, j’avais séparé la Mer Rouge3. Je pensai intérieurement, Je dois faire en sorte que White Bird change l’équipe pour moi.

« Monseigneur ! » White Bird se précipita sur moi à la seconde où j’arrivai au château. Elle n’attendit pas de réponse, et poursuivit rapidement mais respectueusement : « Monseigneur, il y a deux équipes d’aventuriers qui souhaiteraient nous rejoindre. Je vous prie d’aller rencontrer leurs chefs ! »

« Oh, d’accord », agréais-je avec un léger soupçon de déception. J’avais à l’origine prévu de prendre une pause au Restaurant de l’Infini.

« Monseigneur, allez d’abord voir Phoenix et récupérer votre nouvelle. » Sur ce, White Bird s’inclina et s’en alla Dieu seul sait où.

J’ignorais à quoi ressemblerait la cape de mes rêves, mais je réprimai mon excitation et m’empressai d’aller retrouver Phoenix.

« Phoenix ! » J’entrai en trombe dans le bureau en criant son nom.

Phoenix, qui travaillait dur avec la tête plongée dans le livre des comptes, se tourna et me regarda avec surprise. Puis, elle me questionna avec exubérance : « Est-ce que Prince aurait besoin de mes services ? »

Les yeux étincelants, je réclamai avec plein d’anticipation : « La cape ! Où est ma cape ? »

En entendant ce que je voulais, Phoenix lâcha un « oh » déçu, sortit un gros colis de son sac antique et me le confia. Même si l’expression de Phoenix semblait un peu déconfite, je ne me sentais pas trop concerné. J’attrapai le colis et commençai à le déchirer.

« Ouah ! » m’exclamai-je, surpris. Cette cape ne ressemble en rien à celle des super-héros auxquelles je songeais. À la place, cette épaisse cape de velours avec cette fourrure blanche est comme… comme le genre qu’un roi porterait le jour de son couronnement, le genre qui traîne quelques mètres derrière celui qui la porte !

« J’ai choisis le tissu ! » m’annonça Phoenix joyeusement.

« Oh… Mais, ce n’est pas un peu trop ? » parvins-je finalement à articuler après avoir pris une longue inspiration.

« Tu ne l’aimes pas ? » demanda Phoenix.

« Elle n’est pas si mal », admis-je dans un haussement d’épaule.

« Vraiment ? » Soudainement, l’esprit de Phoenix sembla sombrer à un tout autre niveau, et elle resta muette comme une tombe.

À cet instant, belle-sœur Yu Lian vint à ma rencontre et me s’enquit en souriant : « Alors, comment la trouves-tu ? »

« C’est… » J’hésitai. « Ce n’est pas un peu trop ostentatoire ? »

« Ça te donnera une allure royale ! » conclut belle-sœur Yu Lian, et ensuite elle ajouta avec une pointe d’exaspération : « Elle a été créée pour satisfaire les goûts de White Bird. J’aurais préféré employer un tissu plus modeste, tu sais, pour économiser de l’argent. Mais, ça devrait aller comme ça. Après tout, tu rencontreras un tas de personnes dans le futur, et tu devras assister à des cérémonies en tout genre en plus d’autres activités, alors c’est bien d’avoir une cape qui rehausse ta dignité. »

Des cérémonies ? Au moment où j’étais sur le point de poser ma question, White Bird surgit de nulle part avec un air paniqué sur le visage. Sans un mot, elle m’aida à enfiler la cape et me félicita respectueusement : « La cape vous va très bien, Monseigneur. À présent, venez tout de suite assister à la rencontre des chefs d’équipe dans le hall principal. »

« Oh », dis-je d’un air absent à White Bird, pendant que j’inspectais scrupuleusement chaque détail de la cape que je portais.

White Bird paniqua encore plus : « Je vous prie de vous dépêcher, Monseigneur. Ils attendent depuis un très long moment. »

« Très bien, allons-y. » J’haussai les épaules et me dirigeai vers le hall principal avec White Bird qui me suivait de près.

« S’il-vous-plaît, n’oubliez pas vos manières, Monseigneur. » White Bird scruta mon expression nonchalante avec inquiétude.

« Oui, je sais. » Je m’étirai paresseusement, fermai les yeux et inspirai longuement. En ouvrant les paupières, l’ombre d’un sourire s’afficha sur mon visage, mais mes yeux fixes étaient capables de geler quiconque m’approcherait à moins de trois pieds : ma fameuse posture d’elfe sanguinaire.

En débarquant dans le hall, j’aperçus un groupe d’à peine une dizaine de personnes en train de prendre le thé. J’analysai la foule avec un sourire calme, puis m’assis sur le trône.

Tous les regards étaient braqués sur moi, tandis que je sirotais avec flegme la tasse de thé que me servait White Bird. Puis, je regardai chacun des invités et commençai mon discours de bienvenue officiel. « Je suis le suzerain de la Cité de l’Infini, Prince. Au nom de la Cité de l’Infini, je vous souhaite à tous la bienvenue… »

Je n’avais même pas terminé qu’une personne intervint : « Attendez ! »

J’avais donné de nombreux discours de bienvenue, mais c’était la première fois qu’une personne osait m’interrompre. Je regardai avec curiosité la personne en question. C’était un gars d’apparence calme. Dans ses yeux, on pouvait clairement constater qu’il ne croyait pas du tout en ma force.

« Oui ? » répondis-je avec ce demi-sourire si caractéristique. Peut-être que cet accueil ne sera pas aussi ennuyeux que les précédents.

L’homme calme fit un signe de salutation de la main et commença un discours avec une attitude très imposante : « J’ai eu ouïe dire que Prince, le seigneur de la Cité de l’Infini que j’ai l’honneur de rencontrer aujourd’hui, est un homme légendaire, dont la force n’a aucun égal, et qui possède un nombre inestimable de serviteurs. De ce que je vois aujourd’hui, il est certain, par votre attitude, que vous n’êtes point une personne ordinaire. Mais, ce n’est pas suffisant pour que mes frères et moi rejoignions la Cité de l’Infini. Nous aimerions juger de votre force par nous-même. »

Je ne pus me retenir de lui lancer un regard empreint de suspicion. Hé, mon gars, tu es vraiment obligé de sortir ces inepties grandiloquentes ? Tu te crois dans une sorte de roman d’arts martiaux de la Chine antique ou quoi ? Ou, est-ce que tu es juste bloqué dans le mauvais livre ? Tu te prends pour un agneau égaré d’un des romans de Jin Yong4? Je pensais que seul White Bird s’exprimait comme ça. Mais, après avoir rencontré ce phénomène aujourd’hui, je réalise que la façon de parler de White Bird n’était rien comparée à la sienne.

« Monseigneur, répondez-lui ! » La voix paniquée de White Bird retentit sur le canal de messages privés.

Je souris et répondis franchement à cet imitateur de Jin Yong : « Et, que proposez-vous à la place ? Parlez directement, inutile de tourner autour du pot. »

« Bien. Comme je l’espérais, le suzerain de la Cité de l’Infini va droit au but. » Cet imitateur de Jin Yong leva son pouce et me regarda avec un air respectueux.

Il désigna un homme vêtu de noir et déclara avec un visage éclatant de fierté : « Il s’agit de notre meilleur combattant, Arctic Fox. »

J’observai Arctic Fox. Rien qu’en entendant son nom on pouvait supposer que c’était un homme glacial, et je ne fus pas déçu sur ce point. Il avait des cheveux noirs de jais assortis à ses yeux, des vêtements noirs… pour faire simple il était vêtu de noir de la tête aux pieds. Il affichait une expression qui voulait dire : « Énervez-moi, et je vous tuerai. Ne me gênez pas, et j’aurai quand même envie de vous tuer… » Inutile de se demander pourquoi il s’appelait Arctic Fox. Si mon regard pouvait être décrit comme capable de geler l’air à trois pieds de distance, le sien atteignait les huit pieds sans hésiter, et il me toisait de toute sa puissance.

« Si le suzerain ou l’un de ses hommes peut vaincre Arctic Fox, dans ce cas nous resterons à la Cité de l’Infini et nous vous jurerons fidélité à jamais. » Malgré sa déclaration, cet imitateur de Jin Yong affichait clairement sa confiance en la victoire d’Arctic Fox.

Sentant le poids du regard glacial d’Arctic Fox sur moi, j’éprouvai soudainement le besoin de le tabasser en bonne et due forme, aussi me levai-je avec rage, prêt à accepter le défi.

« Ne le défie pas ! » À cet instant-là, la voix de Nan Gong Zui retentit sur le canal de messages privés. Je levai les yeux pour m’apercevoir que Zui venait d’entrer et lui jetai un regard confus. Il expliqua sur le canal de messages privés : « Arctic Fox est le troisième meilleur joueur de Second Life, il se trouve au minimum au niveau 92. Il utilise l’une des trois armes légendaires, la Lame Sanglante. Je crains que tu ne sois probablement même pas une menace pour lui, Prince. »

Je m’esclaffai intérieurement en entendant ça…et me rassis promptement. Zut ! Où diable Kenshin était-il allé trainer ?

Zui était assez complaisant quand il disait que je ne serais probablement pas une menace pour lui. Je ne suis définitivement pas une menace pour lui ! J’ai au moins conscience de ça. Même si nous ne sommes pas certains de son niveau actuel, 16 niveaux d’écart c’est beaucoup trop important. De plus, affronter cet Arctic Fox avec son arme légendaire et son attitude de maniaque des combats, est-ce que j’ai réellement une chance de l’emporter ? Eh bien, non, pas à moins qu’il ne soit soudainement pris d’un sévère mal de ventre… mais, nous ne tombons pas malade dans le jeu, donc je ferais mieux d’arrêter d’espérer un miracle.

« Puisque vous avez sélectionné votre meilleur joueur, je suppose que je vais choisir le mien également ! » déclarai-je à l’imitateur de Jin Yong avec un air indifférent. Je le dis en sachant que j’avais déjà ordonné à Kenshin de venir, et qu’il était au château, probablement déjà en route.

Petite explication : les animaux de compagnie ne peuvent pas envoyer de messages privés, et seul leur maître peut leur parler sur de longues distances. J’avais prévenu tous les habitants de la Cité de l’Infini que Sunshine et Kenshin étaient mes gardes personnels et qu’ils n’écouteraient et n’obéiraient à personne d’autre. Jusqu’à présent, personne n’avait encore eu de soupçons. Même si certaines personnes avaient envoyé des messages privés à Kenshin, ils auront probablement pensé qu’il ne souhaitait simplement pas répondre.

« Meilleur joueur ? Je pensais que le suzerain était le meilleur joueur de la Cité de l’Infini », répliqua l’homme avec confusion.

Je souris à nouveau. « Vous me portez en trop haute estime. Il y a toujours plus fort que soi. De plus, j’ai été surchargé de travail et j’ai dû quelque peu négliger mon entrainement. Comment pourrais-je être le meilleur joueur ? »

Cet imitateur de Jin Yong ne sembla pas trop s’en préoccuper, probablement dû à la confiance qu’il plaçait en ce joueur qui se trouvait au rang numéro trois, Arctic Fox. Il annonça simplement : « Dans ce cas, que le meilleur joueur de la Cité de l’Infini s’avance ! »

J’entraperçus cette remarquable tête rousse du coin de l’œil et lançai avec un certain soulagement : « Kenshin, c’est toi qui combattras Arctic Fox. »

Tout le monde se tourna vers la porte, regardant Kenshin avec doutes. Comme Kenshin ne faisait jamais rien de plus que nécessaire, il attrapa simplement son katana de la main gauche et s’avança vers Arctic Fox. Ce dernier dut sentir que Kenshin allait être un adversaire puissant, et son regard s’alluma sous l’excitation.

C’est… la bataille des hommes sans émotion ! Je soupirai. Pourquoi tous les joueurs les plus forts sont-ils froids et impassibles ? Se pourrait-il que le fait de trop s’entrainer transforme le sang en glace ?

J’attendis tranquillement le début du combat du siècle. Pourquoi est-ce que j’étais si détendu ? Eh bien, c’est que je faisais confiance à Kenshin à 100%. Inutile de souligner qu’il était la récompense d’une quête cachée. Il faut simplement considérer le fait qu’il était le boss final de la Caverne du Démon. C’est impossible pour une personne seule de vaincre le boss final d’une quête. Avez-vous déjà vu une personne réussir ?

De plus, Arctic Fox n’était qu’au niveau 92… Bon, quelqu’un au niveau 76 comme moi n’était pas en position de dire « que » au niveau 92. Mais, contre le niveau 100 de Kenshin, un niveau 92 restait faible. Pour ne rien oublier, les compétences de Kenshin dépassaient celles d’un joueur normal de niveau 100 de toute façon. Je doutais que même un joueur au niveau 120 puisse le vaincre seul, et le niveau le plus haut atteint aujourd’hui n’était que de 95. En conclusion, si Kenshin était un joueur, il serait le meilleur joueur de Second Life.

Donc, de quoi est-ce que je devrais m’inquiéter ? Si je ne me souciais pas de mon image de suzerain, je serais déjà en train de manger du popcorn et de boire d’un soda en ce moment.

En bas de l’esplanade où se trouvait le trône, tout le monde avait déserté le terrain pour les laisser se battre. Aucun des deux n’avait lâché le moindre mot depuis le début, mais je pouvais clairement voir que le visage inexpressif d’Arctic Fox commençait à vaciller. Juste au moment où je pensais qu’Arctic Fox s’apprêtait à bouger, il le fit.

Arctic Fox s’élança vivement vers Kenshin avec une vitesse qui m’aurait laissé dans un nuage de poussière. En un battement de cœur, Arctic Fox se retrouva juste en face de Kenshin et donna un coup de son épée Lame Sanglante. Kenshin remua à peine. Il dégaina simplement à moitié son katana et bloqua l’attaque. Les réflexes d’Arctic Fox étaient remarquablement vifs ; quand les deux lames se heurtèrent, sa jambe partit balayer le bas du corps de Kenshin. Cependant, Kenshin n’était pas une cible facile. Il se baissa légèrement, et la jambe d’Arctic Fox rencontra son genou… je crois que le résultat d’un duel tibia/genou est évident pour tout le monde ! Et, même si vous l’ignorez, je vous déconseille de le tester par vous-même. Je ne prends aucune responsabilité en ce qui concerne les résultats.

Constatant que le visage inexpressif d’Arctic Fox avait légèrement frémi, je pouvais affirmer que ça avait dû faire un mal de chien ! Ignorant la douleur, Arctic Fox brandit rapidement son épée pour lancer une nouvelle attaque. Cependant, Kenshin avait déjà sorti son sabre, et j’arrivais seulement à écouter le tintement constant du métal contre le métal, ainsi qu’à apercevoir quelques éclats d’argent entre les deux adversaires.

« Hurlement du Loup ! » Arctic Fox projeta plusieurs vagues de pression en forme de croissant de lune vers Kenshin pour l’entailler. Il les suivit ensuite de très près, en se dirigeant tout droit vers Kenshin lui-même. Il n’y avait aucun moyen d’éviter cette attaque, et je me levai de mon trône sous l’effet de la surprise. Je voulais vraiment plonger là-bas pour sauver Kenshin.

Kenshin est un animal de compagnie, et les animaux peuvent revivre, mais s’il meurt et est ressuscité, est-ce qu’il va garder sa conscience de soi ? Même Lolidragon n’en est pas certaine. Je ne veux prendre aucun risque, et ne surtout pas mettre la conscience de soi de Kenshin en péril.

« Transpercement du Néant ! » Kenshin assena froidement son attaque. Avant que j’eusse pu voir ce qu’il se passait, il se tenait déjà derrière Arctic Fox et ses croissants du Hurlement du Loup. Après s’être figé un instant, Arctic Fox s’écroula involontairement, teintant le sol immaculé d’une large mare de sang. Cependant, il ne se mua pas en une colonne de lumière qui s’envolait. Il semblerait que Kenshin eût prudemment évité de l’achever.

Tout le monde, moi y compris, s’était figé, pas totalement certain de ce qu’il venait de se produire. Comment Kenshin avait-il exactement réussi à éviter Hurlement du Loup ? Et depuis quand Arctic Fox avait-il reçu des blessures aussi graves ? C’était impressionnant… J’avais un tas de questions, mais je n’étais pas assez stupide pour laisser Kenshin étaler ses secrets devant toutes ces personnes. Pourquoi laisserais-je qui que ce soit d’autre découvrir les capacités de mes animaux de compagnie et y trouver des faiblesses !?

Je me rassis lentement et décrétai calmement : « Le duel est terminé, les gars. Vous pouvez guérir Arctic Fox. »

L’expression calme de l’imitateur de Jin Yong changea drastiquement, et il hurla des insultes vicieuses à l’égard d’Arctic Fox. « Sale moins que rien ! Tu m’avais dit que tu ne perdrais contre personne sauf le meilleur joueur du classement appelé Undying Man ! Maintenant que tu as perdu contre un gamin inconnu, à quoi est-ce que tu peux bien me servir ?! »

Ce gars calme échangea son expression sereine contre une expression remplie de violence, et sortit son épée pour attaquer Arctic Fox qui était étendu sans défense à terre. J’étais tellement choqué que je n’arrivais pas à articuler quoi que ce soit. Je me contentai de regarder inutilement Arctic Fox qui était sur le point de se faire massacrer sous mes yeux.

« Envol du Dragon ! » Une vie se vaporisa sous le doux murmure de Kenshin. Le gars calme n’eut même pas la chance d’émettre un gémissement avant de se changer en pilier de lumière s’élevant dans le ciel.

J’étais en quelque sorte sous le choc. C’était la première fois que Kenshin intervenait sans recevoir d’ordre de ma part.

« Grand frère ! » Les camarades du défunt glapirent et fusillèrent farouchement Kenshin du regard. Suite au regard que Kenshin leur lança en retour, ils reculèrent effrayés et détournèrent les yeux.

L’un d’entre eux se retourna et me cria : « Suzerain de la Cité de l’Infini ! Que signifie tout ceci ? Nos équipes sont venues se joindre à la Cité de l’Infini et pourtant vous avez tué notre grand frère ! »

Je me moquai d’un ton glacial : « Si vous aviez réellement eu l’intention de vous joindre à la Cité de l’Infini, dans ce cas vous ne seriez pas allés dégoter le troisième meilleur joueur de Second Life, Arctic Fox, pour me défier. Il est clair que vous vouliez uniquement créer des problèmes ! »

Après avoir déclaré cela, les personnes qui me faisaient face devinrent pâles, mais elles tinrent bon. « C’est faux ! Nous voulions simplement savoir si la Cité de l’Infini nous convenait ! »

« Ça n’a aucun sens ! Hors de ma vue. Je vais vous pardonner pour aujourd’hui, mais si l’un d’entre vous ose revenir chercher nous des ennuis, la Cité de l’Infini se montrera sans merci envers vous. » répondis-je froidement, et je me tournai vers White Bird avec impatience. « White Bird ! Montre la sortie à nos invités ! »

« Oui, Monseigneur. » Après avoir acquiescé avec respect, elle se retourna vers l’équipe avec un air féroce : « Comment osez-vous venir à la Cité de l’Infini pour jouer vos sales tours. Gardes ! »

« Ici ! » Un groupe de gars portant des armures identiques envahit soudainement la place et répondit à l’unisson.

Je manquai presque de recracher mon thé. Depuis quand est-ce qu’on a des gardes ? Même moi, le suzerain, je l’ignorais. Je leur dirai « Wei Wu… »5 un peu plus tard.

« Le suzerain a donné l’ordre de raccompagner ces personnes à l’extérieur ! » cria White Bird en fixant glacialement les invités indésirables.

« À vos ordres ! » scandèrent les gardes encore une fois à l’unisson, puis ils commencèrent à exécuter l’ordre, dirigeant les invités hors du hall principal en faisant des moulinets avec leur dao. Les soi-disant invités réalisèrent que la situation tournait mal pour eux et se dépêchèrent donc de se retirer, non sans m’avoir auparavant accordé des regards ulcérés.

« Je suis vraiment désolée, Monseigneur. » White Bird se tourna soudainement vers moi et s’excusa, le visage rempli de remords. « J’aurais d’abord dû vérifier s’ils souhaitaient réellement rejoindre la Cité de l’Infini ou s’ils cherchaient uniquement des ennuis. Je m’excuse de vous avoir obligé à vous en occuper vous-même. »

« Pas de soucis », lui répliquai-je, en me sentant peu concerné. Mes yeux étaient rivés sur la scène qui se déroulait un peu plus bas. Kenshin et Arctic Fox se scrutaient froidement. N’importe qui, en voyant ça, penserait certainement qu’ils souhaitaient s’entre-tuer. Mais d’après mon expérience avec les expressions de Kenshin, la conversation silencieuse donnait à peu près ceci :

« Ça va ? » Premier regard de Kenshin.

« Ça va. » Réponse du visage d’Arctic Fox.

« De l’aide ? » Deuxième regard de Kenshin qui soulevait légèrement un sourcil.

« Non. » Arctic Fox baissa les yeux et commença à boire une potion rouge.

Arctic Fox se leva doucement. Même si la potion rouge ne l’avait pas complètement guéri, c’était suffisant pour qu’il puisse à nouveau bouger. Il me jeta d’abord un coup d’œil, puis à Kenshin. Ça voulait probablement dire : « Je peux partir ? »

Kenshin leva les yeux vers moi, attendant mes ordres. J’arquai les sourcils en signe de refus, et Kenshin fronça légèrement les siens. Il regarda à nouveau Arctic Fox avant de lui répondre « non » du regard.

Arctic Fox ne sembla guère surpris. Il me fixa directement avec l’air de dire : « Tuez-moi, torturez-moi, faites ce que vous voulez. » Cette tête m’énerva, je lui parlai donc d’une voix inamicale : « Tu as débarqué ici en cherchant des ennuis. Alors, dis-moi, que devrais-je faire de toi ? »

« Comme vous voulez. » Le ton indifférent d’Arctic Fox me fit penser qu’on parlait du destin d’un tiers.

En observant son expression apathique, je pensai, Il ne cillerait probablement pas si je le faisais fouetter ou même si je le tuais. Donc, à quoi bon le punir ? Je préfèrerais aller battre Gui. Au moins, lui, il hurlerait pour me faire plaisir.

« Eh bien, oublie ça, puisque tu as été abandonné par le chef de ton équipe », dis-je nonchalamment.

Arctic Fox ricana : « Je n’appartiens à aucune équipe. »

Entendre ça attisa ma curiosité : « Alors, pourquoi es-tu venu aujourd’hui ? »

« Pour défier le plus fort ! » Les yeux d’Arctic Fox s’animèrent d’une lumière guerrière.

Mmh ? Intéressant. Je fomentai immédiatement un plan pour faire en sorte qu’Arctic Fox reste. Pourquoi je l’autoriserais à rester ? Eh bien, si je disposais d’un autre joueur puissant que je pouvais envoyer combattre, je n’aurais pas besoin de me reposer autant sur Kenshin.

« Rejoins la Cité de l’Infini ! » Je sautai les formalités pour aller droit au but.

« Non ! » Arctic Fox me donna également une réponse claire et nette.

Je révélai un discret sourire sournois. « Joins-toi à moi. Après ça, je te promets que tu pourras défier Kenshin autant de fois que tu le souhaiteras. »

En entendant ça, les yeux d’Arctic Fox hésitèrent. Quand même, le regard que me jette Kenshin à l’instant est un peu trop sévère.

Je jouai ma carte ultime. « Ou peut-être que tu es effrayé à l’idée de le défier une nouvelle fois ? Bon, je peux le comprendre. Kenshin est si fort qu’il semble à peine humain. Ce n’est pas surprenant que tu sois apeuré. »

« N’importe quoi ! » Arctic Fox plissa dangereusement les yeux.

Je ris malicieusement. Ce stratagème n’échoue jamais, que ce soit belle-sœur Yu Lian qui l’utilise contre Western Wind ou moi-même pour tromper Arctic Fox.

L’expression d’Arctic Fox devint soudainement affreuse : « Je n’obéis à aucun ordre. »

« Dans ce cas, tu peux avoir le même rôle que Kenshin et devenir mon garde personnel. Tu n’auras à écouter personne, à l’exception de moi. Et, à part quand je t’appellerais pour relever les défis d’adversaires puissants, je ne donne généralement aucun ordre », lui assurai-je doucement avec le sourire.

« Hum… » Arctic Fox hésita, mais, quand il se tourna pour contempler Kenshin, le regard qu’il exprimait était celui qu’on adressait à un être aimé. Il examina Kenshin de la tête aux pieds, puis des pieds à la tête. Par la suite, l’agrément sur son visage remplaça le désaccord.

Je ne ressentis pas le besoin d’attendre la réponse et continuai : « D’accord, le marché est conclu dans ce cas. Quand, je n’ai aucun ordre à te donner, tu peux suivre Kenshin, ou il peut te suivre. Tous les deux, vous pouvez aller où bon vous semble, mais je vous demanderais simplement de ne pas quitter le Continent Central. »

Avant de quitter la pièce, je ne résistai pas à la tentation de jeter un bref regard à Kenshin. Je fus certain à 100% qu’il souhaitait m’envoyer à la Caverne du Démon en tant que fantôme !

Notes de bas de page

1 Déesse de la mer : Māzǔ (媽祖) est la déesse de la mer qui veille sur les marins et les pêcheurs. Comme Taiwan est une île, les ancêtres des Taiwanais devaient se reposer sur les bienfaits de la mer pour se sustenter et obtenir des richesses, c’est pourquoi 媽祖 est très vénérée là-bas. Pour plus d’informations (en anglais) : http://en.wikipedia.org/wiki/Mazu_%28goddess%29

2 Empereur de Jade : Au sein de la culture Taoïste populaire, l’empereur de Jade est l’un des dieux suprêmes, régnant sur les cieux ainsi que sur tous les royaumes inférieurs, incluant celui des hommes et de l’Enfer. Pour plus d’informations (en anglais) : http://en.wikipedia.org/wiki/Jade_Emperor

3 Séparé la mer rouge : Il s’agit d’une référence biblique. Moïse divisa la mer rouge lorsqu’il guida le peuple d’Israël hors de l’esclavage égyptien. Il y a un manque de clarté. Est-ce censé être un fait totalement différent de la référence à Jésus Christ (qui avait accompli de nombreux miracles, mais pas celui-ci) ou est-ce une méconnaissance des traditions chrétiennes de l’auteure Yu Wo ?

4 Jin Yong : Comme il a été mentionné dans l’un des chapitres précédents, Jin Yong est un auteur chinois de roman wuxia très célèbre. Lolidragon était à l’origine un des personnages de son roman Le retour des héros condor. Pour plus d’informations (en anglais) : http://en.wikipedia.org/wiki/Jin_Yong

5 Wei Wu : La phrase 威武 (wēi wǔ) signifie littéralement « formidable / prestige militaire ». C’est à l’origine une citation du philosophe chinois Mencius, « le prestige militaire ne peut être influencé » (威武不能屈), et qui a été adoptée comme réplique d’ouverture standard dans les cours de justice chinois.

Romance RPG – Partie 15

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Fifteen – traduit du chinois à l’anglais par Tentacles[PR!]
Partie Quinze – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Ils se précipitèrent tous les deux vers le parking. Lin Jian Yin repéra sa Ferrari rouge instantanément. Après avoir traîné Ye Meng Ling jusqu’à sa voiture, il la jeta sur la banquette arrière comme un objet, puis sauta sur le siège du conducteur. La Ferrari rouge fit une magnifique embardée en marche arrière et décolla comme une fusée.

Tandis que Lin Jian Yin soupirait de soulagement, une voix faible lui parvint de la banquette arrière : « Pourquoi m’as-tu traînée jusque dans ta voiture ? La mienne est encore dans le parking. »

Lin Jian Yin regarda dans le rétroviseur. La femme à l’arrière était assise dans une position étrange. Elle était presque entièrement enterrée sous les deux énormes sacs en plastique qui se trouvaient sur ses genoux, mais elle les tenait fermement, l’air inquiet.

Lin Jian Yin demanda de façon étrange : « Pourquoi est-ce que tu les tiens si fermement ? Ce n’est pas comme si j’allais te les prendre. »

Ensevelie sous les sacs en plastique, Ye Meng Ling répondit avec difficulté : « C’est une Ferrari ! UNE FERRARI ! J’ai posé ces sacs en plastique sur le sol il n’y a pas longtemps. Si je sali ta Ferrari, même vendre mon corps ne serait pas suffisant pour te rembourser. »

« Quelle absurdité. Tu n’as qu’à les mettre sur le côté », déclara Lin Jian Yin, ne s’en souciant pas. Dans le même temps, il indiqua le siège à côté de lui d’un signe de tête. « Regarde, les miens sont là. »

Malgré les instructions de Lin Jian Yin, Ye Meng Ling ne put tout de même pas se retenir d’essuyer le dessous des sacs en plastique sur son pantalon avant de les poser. En même temps, elle les inspecta pour s’assurer qu’il n’y avait aucun objet pointu à l’intérieur qui risquerait d’endommager les sièges.

« Est-ce que tu as un endroit en particulier à l’esprit où tu voudrais aller pour prendre le thé ? Sinon, je vais choisir pour nous », questionna Lin Jian Yin avec facilité.

Surprise, Ye Meng Ling répondit prudemment : « Non, merci. Je voulais simplement éviter de parler à ces deux personnes, alors j’ai fait exprès de dire ça. »

Voyant que Lin Jian Yin était aussi têtu à ce sujet, Ye Meng Ling ne put qu’accepter : « D’accord. »

La voiture fut conduite jusqu’à une boutique discrète dans une petite ruelle. Lin Jian Yin remit son bonnet tricoté et ses lunettes de soleil, et signala à Ye Meng Ling d’entrer dans le magasin. Une fois qu’elle fut à l’intérieur, Lin Jian Yin agita la main pour faire signe au personnel d’une manière joyeuse. L’employé présent semblait aussi connaître Lin Jian Yin et leva même les yeux au ciel en disant carrément : « Et moi qui pensais que cet enfoiré allait encore me laisser tomber. »

« Ce n’est pas le cas. J’ai enduré beaucoup d’épreuves pour t’acheter tout ça », affirma Lin Jian Yin avec une grande souffrance.

Une fois que Ye Meng Ling aperçut l’individu, elle lâcha avec surprise : « Hein ? M. Bai ? »

Effrayé, Bai Xue Chen fronça les sourcils pendant qu’il l’étudiait du regard pendant une longue période. Bai Xue Chen demanda avec hésitation : « Vous êtes l’agente de Jian Yin ? »

Ye Meng Ling acquiesça d’un signe de tête.

Bai Xue Chen sourit légèrement et s’excusa : « Désolé, vous avez l’air différente de la dernière fois, je ne vous ai pas reconnu tout de suite. »

« Tu es doué. Je ne l’ai pas reconnue du tout. Quoique ces deux tenues aient une chose en commun : elles sont toutes les deux hideuses. »

En entendant ça, Bai Xue Chen écrasa lourdement la tasse qu’il essuyait sur le dos de la main de Lin Jian Yin. Sa victime laissa immédiatement échapper un cri de douleur. Bai Xue Chen tourna immédiatement la tête vers Ye Meng Ling et expliqua : « Ne faites pas attention aux choses qu’il raconte. Jian Yin a toujours eu une langue de vipère. Ses paroles ne visaient pas à vous blesser. »

Ye Meng Ling sourit et déclara de façon auto dépréciative : « Ça va. Je sais que mon apparence est horrible… »

« Si tu es déjà au courant, alors tu devrais faire quelque chose pour la changer. Pourquoi te laisses-tu ressembler à quelque chose qui n’est ni humain, ni fantôme ? Tu laisses même les gens se moquer de toi », marmonna Lin Jian Yin tout en frottant le dos de sa main. Du coin de l’œil, il vit le dessous de cette tasse voler vers sa main innocente à nouveau. Il l’esquiva de peu, et ensuite s’enfuit du comptoir du bar.

« Tais-toi ! » cria Bai Xue Chen, plissant les yeux en signe d’avertissement.

Ye Meng Ling sursauta, choquée, et parla vite au nom de Lin Jian Yin : « C’est bon. En fait, j’ai vraiment besoin de changer. C’est juste que, juste que… Soupir ! Je n’ai pas le talent pour savoir comment bien m’habiller. »

Ye Meng Ling baissa la tête dans la consternation, et le silence tomba sur eux trois. Elle pensa, Je ne devrais pas laisser mes problèmes affecter ces deux-là. Tout comme elle levait la tête pour expliquer la situation, elle se rendit compte que les deux gars la regardaient directement avec des yeux brillants. Ye Meng Ling paniqua. Elle ne savait pas ce qu’il se tramait.

Bai Xue Chen fut le premier à parler. « Les cheveux raides. »

« Ouais. » Lin Jian Yin donna aussi son approbation : « Tu as raison. Les cheveux raides lui iraient mieux. Elle possède ces classiques yeux de phoenix, de sorte que les cheveux raides lui iraient à ravir. »

Ye Meng Ling toucha automatiquement ses paupières lourdes et simples dont tout le monde s’était continuellement moqué tout au long de sa vie. Elle doutait un peu. Ce sont vraiment des yeux de phoenix ?

Lin Jian Yin se pencha près de Ye Meng Ling et examina ses sourcils avec plus de soin. Ye Meng Ling couvrit rapidement ses sourcils avec ses deux mains, parce qu’elle ne souhaitait pas qu’il voit ses sourcils broussailleux ressemblant à des chenilles.

Malheureusement, il avait déjà terminé de les examiner. Avec l’air d’un expert, il rendit son verdict : « Tes sourcils sont très épais. En les arrangeant un peu, tu n’aurais même pas besoin de les dessiner. »

Examinant la silhouette de Ye Meng Ling, Bai Xue Chen ajouta : « Vous mesurez environ 155 cm. Vous êtes trop mince et trop courte, mais le ratio n’est pas trop mal. Votre corps est adapté pour des chandails serrés. Les vêtements amples feraient paraître votre corps encore plus petit, vous faisant ressembler à un petit garçon. »

« J’ai déjà atteint les 157 cm », réfuta un peu sérieusement Ye Ling Meng.

« Du bonnet A. » affirma Lin Jian Yin avec certitude, tandis que ses yeux fixaient directement sa poitrine.

Ye Meng Ling répliqua : « Je porte du bonnet B. »

Lin Jian Yin demanda soupçonneusement : « Vraiment ? » C’était presque comme s’il ne croyait pas que ses yeux eussent pu se tromper.

Confrontée aux doutes de Lin Jian Yin, Ye Meng Ling répondit faiblement : « J’en porte… parfois. »

À présent, les deux gars semblaient vraiment être enthousiastes. Ils commencèrent à discuter des vêtements que Ye Meng Ling devrait porter, y compris les couleurs des vêtements, et si elle devrait porter des jupes ou des pantalons…

« Avec une petite touche de maquillage, elle sera encore mieux. »

La voix douce d’une dame s’éleva. Ils se tournèrent tous les trois dans la direction de cette voix. Elle provenait d’une femme d’une telle beauté qu’instinctivement les gens n’avaient d’autre envie que de vouloir la protéger. Il y avait deux beaux yeux noirs couleur d’encre et un petit nez sur son petit visage ovale. Ses lèvres, légèrement souriantes, étaient un peu pâles, ce qui la rendait plus délicate. Ses cheveux doux et brillants étaient drapés sur ses épaules. La robe blanche qu’elle portait était semblable à la robe blanche que Ye Meng Ling avait portée récemment mais dont on avait dit qu’elle lui faisait ressembler à un fantôme. Mais quand la dame la portait, elle ressemblait à une fée des fleurs issue d’un autre monde.

Romance RPG – Partie 14

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Romance RPG

Roman d’Origine en chinois par Yu Wo (御 我)


Part Fourteen – traduit du chinois à l’anglais par Ryne[PR!]
Partie Quatorze – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Ye Meng Ling répondit un peu maladroitement : « Je suis votre agente. »

Choqué, Lin Jian Yin lâcha : « Hein !? La femme fantôme de la dernière fois ? » Au moment où il eut fini de parler, Lin Jian Yin sut qu’il s’était mis dans une position délicate. Allait-il devoir changer d’agent pour la septième fois ?

« Euh, vous avez raison. Je suis précisément la femme fantôme de la dernière fois. » Ye Ling Meng sourit avec un air gêné, mais elle ne semblait pas s’en soucier beaucoup.

Lin Jian Yin observa Ye Meng Ling pendant un moment. Ne voyant aucun signe de colère, il s’enquit prudemment : « Vous n’êtes pas furieuse ? »

Ye Meng Ling se gratta la tête et se mit à rire tandis qu’elle le rassurait : « Je ne suis pas fâchée. Tout récemment, j’ai rencontré quelqu’un possédant une langue de vipère pire que la vôtre. Hum… Je ne dis pas que vous avez une langue venimeuse. Ce que je voulais dire c’est… »

Lin Jian Yin haussa les épaules. « C’est bon. Je sais que j’ai une langue acérée. »

Ye Meng Ling força un sourire à apparaître sur son visage et changea de sujet. « M. Lin, je n’aurais jamais pensé que vous étiez du genre à acheter de la nourriture vous-même. »

« Appelez-moi simplement Jian Yin. Xue Chen m’a dit d’acheter ceux-ci. Il cuisine très bien, et il a même dit qu’il allait faire de la soupe au poulet pour moi », se vanta Lin Jian Yin. Si seulement Bai Xue Chen était une fille. Il pouvait supporter sa langue de vipère et pouvait même bien cuisiner. Il était vraiment son genre idéal. C’était dommage qu’il soit de sexe masculin.

« De la soupe au poulet ? » questionna Ye Ling Meng avec doutes, en pointant l’article dans le panier. «  En utilisant ça ? »

« Ouais, il m’a fallu beaucoup de temps avant de trouver le plus gras », répliqua Lin Jian Yin fièrement.

Ye Meng Ling afficha un sourire désabusé, en disant : « Mais, ce n’est pas un poulet. C’est un canard. »

Lin Jian Yin fixa la chose qu’elle avait appelé un canard avec de grands yeux, puis sortit du panier la chose dont il avait été le moins certain. Il essaya de demander : « Est-ce que c’est un cornichon ? »

Ye Meng Ling avoua honnêtement : « Non, c’est un concombre. »

Je m’étais bien demandé si les cornichons pouvaient être aussi grands ! murmura pour lui-même Lin Jian Yin, puis il leva un autre article en demandant : « C’est un brochet de maquereau, pas vrai ? »

« C’est une anguille. » La bouche de Ye Meng Ling se mit à  tiquer, et elle pensa, N’y a-t-il pas une trop grande différence ?

Lin Jian Yin fixa la liste d’achats dans ses mains pendant un bon moment. Il interrogea avec quelques doutes : « Dans ce cas, lesquels de ces articles ai-je réellement bien identifié ? »

Ye Meng Ling passa sa tête au-dessus du panier, ses yeux allant en va-et-vient entre la liste des courses et le panier pour vérifier. Elle s’exclama enfin : « Celui-ci, vous avez bien identifié la viande de porc tranchée. »

Lin Jian Yin prit la parole après un court instant de silence, en disant : « C’est parce que les mots “porc tranché” étaient imprimés sur l’emballage. »

Après un long silence entre eux, Lin Jian Yin posa une main sur l’épaule de Ye Meng Ling et utilisa son autre main pour flanquer la liste de courses longue-comme-le-bras devant ses yeux. Il fit une requête sérieuse. « Aidez-moi à les trouver, et je vais au moins vous offrir une tasse thé. »

En observant la liste des courses, qui était aussi longue et puante que les bandages de pieds pour grand-mère, Ye Ling Meng marchanda calmement : « C’est trop long. Incluez au moins une tranche de gâteau. »

« Marché conclu. »

Ye Meng Ling arracha la liste d’achats de ses mains, y jeta un coup d’œil, et commença de façon experte à trier les mauvais articles dans le panier de Lin Jian Yin tout en ajoutant les bons. Elle passa du rayon des produits frais au rayon des articles généraux, en passant par le rayon des fruits de mer, et atteignit enfin la caisse après avoir fait le tour du supermarché une seule fois. Ye Meng Ling contempla les articles dans le panier avec satisfaction avant de remettre la liste des courses à Lin Jian Yin. Il l’avait suivie bêtement du début à la fin, tout en regardant avec étonnement comment elle avait fait le tour de l’endroit avec tant de familiarité, comme s’il s’était agi de sa propre maison. Elle savait clairement où tout se trouvait.

« Déjà fini ? » s’exclama Lin Jian Yin, surpris. Plus tôt, il avait fait le tour des rayons pendant plus d’une heure, et pourtant ça avait pris moins de dix minutes à Ye Meng Lin pour terminer de tout acheter.

Ye Meng Lin haussa les épaules en disant : « Ouais, j’en ai profité pour terminer mon shopping en même temps que le vôtre. »

« Vous êtes  vraiment efficace », louangea Lin Jian Yin. En même temps, il se sentait chanceux que cette femme fût son agente.

« Merci pour le compliment. C’est la première fois que j’entends une telle chose de votre part. » Ye Ling Meng sourit faiblement.

Lin Jian Yin répondit simplement : « On ne peut pas y faire grand-chose. Vous êtes trop difficile à complimenter. » Dès que les mots sortirent de sa bouche, Lin Jian Yin voulut se mordre la langue une bonne fois pour toutes.

« On dirait que je devrais vraiment apprécier le compliment cette fois, alors. » Ye Ling Meng sourit, mais son expression était devenue plus froide, et elle continua poliment : « Je vais aller à l’autre caisse pour payer. La file ici est trop longue. »

« Ok. » Lin Jian Yin n’osa rien dire de plus, au cas où il dirait à nouveau quelque chose de mal.

Ye Meng Ling s’éloignait déjà, quand elle se retourna soudainement, disant : « Ah oui, oubliez le thé et les gâteaux dont on a parlés plus tôt. Je plaisantais. » Sans attendre la réponse de Lin Jian Yin, elle partit sans un autre regard à la file d’attente dans l’autre ligne, après avoir dit ce qu’elle avait à dire.

Lin Jian Yin fixa du regard le dos légèrement raide de Ye Meng Ling. On dirait bien qu’elle est fâchée, après tout. Au moins, elle ne s’était pas enfuie en sanglotant. Il ne voulait pas perdre une aussi excellente agente si rapidement.

Ayant échoué dans sa deuxième tentative de bien s’entendre avec Ye Meng Ling, Lin Jian Yin était encore un peu plus découragé. Pourquoi ne pouvait-il pas tout simplement contrôler sa propre bouche quand il parlait ? Même si la façon dont cette femme s’habillait laissait à désirer, il aurait quand même pu faire semblant de ne pas le remarquer.

Il finit de payer en étant démoralisé. Traînant avec lui deux grands sacs de nourriture, il venait à peine de s’éloigner des caisses quand il aperçut son agente, portant également deux grands sacs, en conversation avec un homme et une femme. Lorsque Lin Jian Yin regarda le visage de Ye Meng Ling, il remarqua qu’elle avait l’air mal à l’aise. Son sourire semblait également très forcé.

Est-ce qu’elle a rencontré quelqu’un qu’elle déteste ? devina Lin Jian Yin. Il observa l’homme et la femme. L’homme avait l’air passable, mais comme c’était juste un gars, Lin Jian Yin se contenta de le jauger rapidement. La femme, toutefois, était assez jolie. La façon dont elle était habillée était aussi de très bon goût.

Lin Jian Yin marcha de plus en plus lentement, dérivant inconsciemment vers les trois personnes. Il garda son ouïe aiguisée et saisit quelques fragments de leur conversation.

« Ton ex-petite amie ? Oh mon Dieu, n’est-ce pas un peu trop… »

« Non, son apparence n’était pas aussi peu soignée à l’époque. »

« Jian Yin ! »

Lin Jian Yin entendit soudainement son propre nom et, en tournant la tête, vit que Ye Meng Ling le fixait du regard. Ayant été surpris à écouter, il se sentit gêné et s’empressa de clarifier, en affirmant : « Je m’en allais. »

Cependant, Ye Ling Meng l’interrompit, en déclarant : « N’étais-tu pas censé m’emmener prendre le thé ? »

Lin Jian Yin cligna des yeux. Elle n’avait pas dit d’oublier pour le thé ?

La belle femme à côté d’elle éclata d’un rire incontrôlable et railla : « Tu veux l’inviter à aller prendre le thé ? Elle ? Haha. »

La mine de Ye Meng Ling s’assombrit, et notant le silence de Lin Jian Yin, son cœur se serra. Revêtant une expression glaciale, elle lança : « Je suis désolée, je dois avoir mal compris. Il me reste des choses à faire, alors je vais m’en aller en premier. » Dès qu’elle eut fini de parler, elle s’en fut sans un autre regard.

À ce moment-là, en entendant la voix froide de Ye Meng Ling, Lin Jian Yin dévisagea la femme qui continuait à rigoler. Elle ne paraissait soudainement plus aussi jolie. Un violent incendie s’embrasa dans son cœur, et il la réprimanda sévèrement : « Qu’est-ce qui vous fait rire ? En quoi est-ce que le fait que je l’invite à aller prendre le thé vous concerne ? »

Ye Meng Ling s’arrêta brusquement et se retourna, un peu surprise. La femme, cependant, après un bref moment de choc, riposta : « Je ne faisais que rire. Je n’en ai pas le droit ? »

Lin Jian Yin s’écria : « Si vous aimez rire à ce point, dans ce cas mettez-vous dans un coin et riez jusqu’à en mourir ! Ne vous moquez simplement pas d’elle. »

La femme fut prise au dépourvu, mais elle n’était pas satisfaite à l’idée de laisser les choses comme elles étaient. Elle attira son petit ami à côté d’elle pour avoir du soutien et répliqua sèchement : « Un type qui ose porter un bonnet tricoté d’aussi mauvais goût et qui se croit si beau avec ses lunettes de soleil argentées pour aller avec, finissant par être à cheval entre deux genres ? Il n’y a que les gars inutiles comme toi pour être en mesure d’inviter ce genre de femme. »

« Ce genre de femme ? À mes yeux, elle vaut cent fois mieux que vous. »

Lin Jian Yin se moqua d’elle, et comme s’il estimait que ça ne suffisait pas, il ôta courageusement son bonnet tricoté et ses lunettes de soleil argentées, ajusta légèrement ses cheveux et revêtit un sourire parfait. Employant une voix grave et séduisante, il demanda : « Est-ce que vous me reconnaissez ? »

« Ne fais pas… » Ye Ling Meng n’aurait jamais pensé qu’il enlèverait son déguisement dans un endroit public, alors elle réagit trop tard pour l’en empêcher. Elle regarda la foule autour d’eux. L’attention de beaucoup de gens était déjà sur eux à cause du haussement de voix de Lin Jian Yin, mais maintenant ces gens s’étaient tous arrêtés dans leur élan et fixaient Lin Jian Yin qui avait retiré son déguisement.

La femme, stupéfaite, hocha la tête et répondit sur un ton plat : « Lin Jian Yin. »

Ravi de lui-même, Lin Jian Yin hocha la tête et lâcha : « Je vais donc maintenant l’emmener prendre le thé. Vous avez encore un problème avec ça ? »

La femme le fixa, ne sachant pas quoi faire. À cet instant-là, Ye Ling Meng se précipita à côté d’eux et traîna Lin Jian Yin à distance. Son petit corps exerçait une puissance infinie et tirait Lin Jian Yin, qui mesurait un bon 20 cm de plus qu’elle, en courant. Lin Jian Yin ne put réagir à temps et fut presque incapable de suivre le rythme de Ye Meng Ling. Mais quand il manqua de trébucher et espionna la foule qui les poursuivaient derrière eux du coin de l’œil, la longue file de gens fit réaliser à Lin Jian Yin ce qu’il venait de faire.

Ayant pris conscience de la gravité de la situation, Lin Jian Yin commença immédiatement à courir sérieusement, en utilisant ses longues jambes pour s’enfuir et sauver sa vie. Lorsque cela se produisit, ce fut Ye Meng Ling qui ne put presque pas suivre sa vitesse. Lin Jian Yin agrippa la main de Ye Meng Ling et la tira/traîna à moitié avec lui.

Mise à jour : Janvier 2017

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Chapitres de Janvier
  1. Romance RPG : Partie 14
  2. Romance RPG : Partie 15
  3. Prince T5C1 : Le Titre du Roi Invaincu
  4. La Légende du Chevalier du Soleil T4Prologue : L’Épée Divine Qui A Perdu Son Propriétaire
  5. La Reine Guerrière TP1C1 : Lumières et Ténèbres Partie 1

Bonjour à tous et à toutes !

Comment se sont déroulées vos vacances ? Quoi, vous n’avez pas eu de vacances ?? Ah la la… Je vous plains tous.

Bonne nouvelle, par contre : on débute l’année en entamant le tome 5 de 1/2 Prince et le tome 4 de La Légende du Chevalier du Soleil.

Nous souhaitons une bonne et heureuse nouvelle année à tout le monde ! Et, merci de continuer à nous suivre et à nous lire. Vous n’avez aucune idée à quel point ça nous fait plaisir ! :mrgreen:

Oh, et on est toujours à la recherche de nouveaux membres pour la team, alors si vous voulez nous aider ou vous rendre utile, visitez note page de recrutement.

La Légende du Chevalier du Soleil T3Épilogue : Introduction des Personnages

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 : À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : 我 (Yu Wo)


Epilogue : Character Introductions – traduit du chinois à l’anglais par raylight[PR!]
Épilogue : Introduction des Personnages – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Yukomin

Reine du Royaume de l’Orchidée Lunaire :
Elle possède une forte endurance et porte un ensemble de vêtements cérémoniaux et une couronne qui sont aussi lourds qu’une armure. Avec ses pensées synchronisées avec les femmes chevaliers qui se tiennent toujours à ses côtés, elle peut leur donner des ordres sans effectuer le moindre mouvement.

Austin :
Un prêtre-guerrier du Monastère du Dieu de la Guerre. Il est le père biologique du Fils du Dieu de la Guerre, Mike.

Anne :
La deuxième princesse du Royaume de l’Orchidée Lunaire. C’est également l’une des meilleures guerrières du Monastère du Dieu de la Guerre. Elle poursuit présentement une relation amoureuse avec le Chevalier de la Forêt.

Alice :
La première princesse du Royaume de l’Orchidée Lunaire. Elle est extrêmement belle, est une mage maître dans l’élément du vent, et est la future femme d’Attendsun / l’Aigle Silencieux.

Attendsun / Aigle Silencieux :
Celui à la tête des chevaliers noirs de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre. Il est si beau que les hommes veulent le tuer et ensuite couper son corps en morceaux.

Neo :
L’ancien Chevalier du Soleil. Il possède le titre du Chevalier du Soleil le Plus Fort de l’Histoire, et c’est le maître de Grisia du Soleil.

Aldrizzt :
Un elfe noir. C’est le compagnon d’aventure de Neo.

Chevalier de la Pierre (Stone) :
Il fait partie de la « Cruelle Faction au Cœur de Pierre » au sein des Douze Chevaliers Sacrés. Son obstination est célèbre et est dite être aussi dure que le roc. Il est grandement répandu que lui briser le crâne est une chose simple, mais que pour briser sa volonté on pourrait aussi bien aller renverser l’Église du Dieu de la Lumière, vu que ce serait plus facile.

 

 

Épilogue

Vous tous, si vous avez sauté à l’épilogue avant de lire l’histoire, dans ce cas Yu Wo voudrait vous rappeler à ce stade que, cette fois, le contenu de l’histoire est mentionné dans l’épilogue. Par conséquent, veuillez s’il-vous-plaît aller lire l’histoire d’abord, et ensuite jeter un coup d’œil à l’épilogue par après. Merci bien.

Dans ce tome, moi, Yu Wo, j’ai fait quelque chose d’extrêmement outrageux… J’ai rendu le personnage principal, Sun, aveugle.

Cependant, la chose la plus importante est que j’ai seulement annoncé à tout le monde que Sun était réellement devenu aveugle à la fin de l’histoire.

En fait, dans l’histoire, après qu’il ait ressuscité Leaf et se soit réveillé suite à sa perte de connaissance, il n’a jamais complètement retrouvé la vue. Cela rend extrêmement difficile le fait de décrire les choses dans l’histoire. Toutefois, bien que ce fût difficile, moi, Yu Wo, j’étais très contente pendant que j’écrivais. Tandis que j’écrivais, je me suis demandée si les lecteurs pouvaient dire que Sun était en vérité devenu aveugle.

Il y a en fait plusieurs endroits où l’on pouvait dire que Sun était incapable de voir quoi que ce soit. Puisque l’histoire est écrite à la première personne, tout le monde peut deviner d’après les derniers mots de Sun combien d’effort il avait dû investir pour apprendre comment se servir de sa capacité à percevoir les éléments, et ainsi trouver les indices cachés dans la narration.

Héhé, je suis vraiment très curieuse. Exactement combien de lecteurs avaient déjà deviné que Sun était véritablement devenu aveugle avant même de lire la confession de Sun à la fin sur le fait qu’il était aveugle ?

Vous tous, pourquoi ne viendriez-vous pas sur mon site web pour exprimer vos opinions ?

 

 

Ensuite, je vais vous parler de la partie la plus importante : les résultats du sondage de popularité au sujet des personnages, qui viennent tout juste d’être décidés !

J’ai spécialement invité une artiste, ASH, pour une apparition surprise afin de dessiner les personnages qui se sont classés parmi le top cinq. Merci à ASH pour son aide chaleureuse.

Première place : Grisia du Soleil (Sun)
(Les commentaires de Yu Wo : Le personnage principal reste le personnage principal, on dirait. Si le personnage principal dans une histoire écrite à la première personne n’était pas parvenu à avoir la première place, je pense qu’il pourrait aussi bien monter au paradis et se repentir devant le Dieu de la Lumière.)

Deuxième place : Lesus du Jugement (Judgment)
(Les commentaires de Yu Wo : Beau, classe, intelligent, et est aussi chargé d’expliquer (d’exposer) les ruses de Sun. Même l’auteure t’adore.)

Troisième place : Roland des Enfers (Hell)
(Les commentaires de Yu Wo : Même s’il est décédé, l’amour ne fait pas de distinction entre les vivants et les morts.)

Quatrième place : Chevalier de Glace (Ice)
(Les commentaires de Yu Wo : Quoi ? Je suis en train de manger une tarte à la myrtille, attendez une seconde !)

Cinquième place : Adair (Le vice-capitaine de Sun)
(Les commentaires de Yu Wo : Être totalement loyal a définitivement ses mérites. Même s’il devait mourir de surcharge de travail dans le futur, maintenant qu’il possède une arche commémorative, il devrait être en mesure de reposer en paix.)

 

 

Les propos de l’artiste Ash :
Je suis très heureuse de pouvoir faire une apparition surprise dans le volume 3 de La Légende du Chevalier du Soleil OxO !! À ce stade, je voudrais d’abord et avant tout remercier l’éditeur et le propriétaire de la Maison d’Édition du Printemps.

J’ai relu les tomes 2 et 3 de La Légende du Chevalier du Soleil un nombre incalculable de fois. Quel que soit le chevalier, ils ont tous des personnalités si intéressantes que ça fait éclater de rire les gens.

Ainsi, après avoir lu le deuxième tome, j’ai immédiatement décidé de dessiner les cinq personnages du top cinq dans le sondage de popularité en ligne.

Pendant que je dessinais les brouillons, j’ai découvert qu’Ice et Adair avait en fait jeté le mignon Storm en dehors du top cinq ! O口O!! (Choc) : En vérité, j’ai vraiment envie de dessiner Storm. (Se couvre le visage.)

J’avais effectivement une certaine image d’Adair en tête au strict minimum, mais son apparence a quand même été changée à trois reprises. (En fin de compte, je lui ai donné une coupe de cheveux qui se conformait aux normes de la société.) Pour ce qui est d’Ice, il n’apparaissait pas dans beaucoup de scènes pour commencer, et il se spécialisait seulement à donner des biscuits à Grisia pour le nourrir et garder son ventre plein. Tout le monde semble avoir une particulièrement bonne impression de lui en tant qu’ « épouse vertueuse », mais je n’arrivais pas à songer à la moindre idée concernant son apparence extérieure. Par conséquent, j’ai dessiné deux versions de lui complètement différentes. Toutefois, quoi qu’il arrive, ça reste toujours un travail en cours, alors attendons jusqu’à ce qu’Ice ait une apparence plus définie dans l’histoire avant de reconsidérer la question. ^_^

En parlant de ça, pourquoi la posture d’Ice est-elle si étrange ? C’est parce que j’avais à l’origine voulu l’insérer dans la page double lui aussi, alors…

Par chance, ça a l’air d’une action comique exagérée. Il donne l’impression de dégainer une épée mais tient en fait des biscuits. Exactement comment Grisia prépare son masque facial. (Rire.)

Alors, j’espère avoir une autre occasion de dessiner les autres personnages, et aussi que tout le monde va les aimer. XD