1/2 Prince T4C8 : Le Journal d’Un Rendez-Vous Galant

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½ Prince Tome 4 : Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 8: Dating Diary – traduit du chinois vers l’anglais par Raylight[PR!]
Chapitre 8 : Le Journal d’un Rendez-Vous Galant – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

« Professeur, vous n’aviez vraiment pas à vous déranger de la sorte… » Avec une tristesse dénuée de larmes, je regardai le Professeur Min Gui Wen, alors qu’il était assis en face de moi.

« Ne vous inquiétez pas. Tant que je peux résoudre les problèmes de mes élèves, un petit service comme celui-ci ne me dérange pas du tout ! » Le sourire de Gui s’épanouit sur tout son visage, pendant qu’il buvait une gorgée de sa boisson.

Jing ! Tu vas vraiment provoquer ma mort ! Je n’aurais jamais pensé que, afin que le Professeur Min sorte avec moi, Jing aurait osé lui raconter un mensonge aussi outrageux. Même moi j’ai trouvé que son histoire était au-delà de toute logique, lorsque je l’avais entendue. Ce qui était encore plus incroyable c’était que le Professeur Min y avait vraiment cru…

Ça s’était passé ainsi : Hier après les cours, Jing m’avait poussée devant le Professeur Min.

« Professeur, nous avons un très grave et pressant problème, et j’espérais que vous pourriez nous aider à le résoudre. » Jing afficha une expression de profonde tristesse et de détresse. À ce moment-là, je ne savais pas vraiment à propos de quoi il fallait se sentir attristé et plein de détresse.

Le Professeur Min, en voyant que cette histoire avait l’air sérieuse, réconforta Jing avec son habituel sourire bienveillant. « Quel est le problème ? Prenez votre temps pour tout me raconter, ne soyez pas nerveuse. »

« En fait, c’est Xiao Lan qui a un problème. Il y a un type qui n’arrête pas d’harceler Xiao Lan. Il la harcèle depuis plus d’un an, mais il refuse toujours de la laisser tranquille. » Les sourcils de Jing se froncèrent, et ses yeux s’emplirent de larmes.

« C’est vrai ? Xiao Lan, est-ce que vous ne souhaitez pas retourner les sentiments de cette personne ? » demanda le Professeur Min.

Cette personne ? Qui est cette personne… ? J’étais complètement perplexe, et je lui retournai un regard vide d’expression.

Jing cria soudainement d’une voix forte : « Regardez, Professeur ! Xiao Lan est tellement terrorisée par le harcèlement de ce gars qu’elle en a perdu l’esprit. »

« Oh. » Le Professeur Min fronça les sourcils. « Pas étonnant que Feng Lan avait récemment eu l’air absente en cours et qu’elle s’enfuyait toujours en vitesse après l’école. »

« … » J’avais l’air absente parce que j’étais intimidée par les journalistes dehors, qui essayaient de te demander où ils pouvaient trouver Prince… Et si je ne me dépêche pas de partir après les cours, certains journalistes dont l’œil est bien trop perçant finiront par remarquer que je ressemble à Prince. Est-ce que ça ne causerait pas ma perte si ça se produisait ?

« C’est exact. Professeur, vous ne savez pas à quel point ce type est effrayant. Xiao Lan lui a dit qu’elle préférerait mourir plutôt que de l’aimer, mais c’était inutile ! Même lui botter le train avec du karaté n’a pas fonctionné. Après ça, tout ce que nous avons pu faire a été de lui dire que Xiao Lan sortait déjà avec un homme parfait, qui était beau, mature, et sur qui elle pouvait compter. Cependant, il a répondu qu’il refusait d’y croire, à moins que… » À ce stade, le visage de Jing commença à montrer des signes de réticence et d’embarras.

« À moins que ? » la questionna le Professeur Min, extrêmement sérieux.

« …À moins qu’il ne voit cet homme de ses propres yeux ! » soupira Jing. « Mais, où pourrions-nous trouver quelqu’un qui nous aide à jouer la comédie ? » Jing secoua sa tête avec désarroi.

Mon expression s’illumina brusquement comme si je venais d’être touchée par l’épiphanie. Je comprends finalement ce que Jing essaie de faire ! Mais, ce mensonge est un petit peu trop gros. N’importe qui avec un brin de jugeote le percerait à jour, alors ne parlons pas du Professeur Min Gui Wen avec son QI de 200 !

« Je comprends. Je vous aiderai à jouer cette comédie ! » Le Professeur Min laissa échapper un sourire.

Ça ne se peut pas ! Professeur Min, où est parti votre QI de 200 ? Je restai bouche-bée, alors que je contemplais le visage sincère du Professeur Min.

« C’est merveilleux, Professeur ! Dans ce cas, demain après les cours, vous pouvez emmener Xiao Lan boire un café ou faire les magasins ou quoi que ce soit. Je me chargerai d’amener l’autre gars, pour qu’il croie enfin aux paroles de Xiao Lan ! » s’exclama joyeusement Jing.

« Ok. » Le visage du Professeur Min affichait toujours le même sourire doux.

Ceci expliquait comment le Professeur Min et moi nous étions retrouvés assis à la terrasse ouverte d’un café, en buvant une tasse de café sans aucune raison apparente. Je continuai d’éprouver des doutes quant à savoir si le Professeur Min avait réellement cru en l’histoire de Jing ou non.

« Élève Feng Lan, pourquoi est-ce que cette personne n’est pas encore arrivée ? » Le Professeur Min affichait un sourire.

« Je, je l’ignore également… » Il vaudrait mieux que cette personne existe ! Je maudis Jing, dont la situation actuelle était inconnue, dans son dos.

Le visage du Professeur Min devint soudainement sérieux, et il soupira. « Élève Feng Lan, je ne pense pas que cette personne va venir, n’est-ce pas ? Ou plutôt, cette personne n’existe même pas. »

« Vous saviez ? » m’exclamai-je surprise. Puisqu’il connaissait la vérité, pourquoi a-t-il quand même accepté de venir avec moi ?

Le Professeur Min afficha un sourire forcé. « Depuis que j’ai commencé à enseigner, j’ai entendu toutes sortes de raisons pour m’inviter à un rendez-vous. Toutefois, la raison que vous avez mise sur pied toutes les deux était la plus exagérée. »

En entendant cela, je ne pus que sourire bêtement. Voilà qui a plus de sens !

« Élève Feng Lan, je dois vous avouer que j’ai déjà quelqu’un dans mon cœur, donc… » Le Professeur Min afficha brusquement une expression gênée. « Donc, j’ai bien peur de ne pas pouvoir accepter vos sentiments. »

Je restai assise là, stupéfaite pendant un moment, avant de réaliser qu’il avait cru que la raison pour laquelle je l’avais invité était que je voulais lui déclarer ma flamme.

« Élève Feng Lan, n’en soyez pas trop bouleversée. J’aime réellement déjà quelqu’un. Ce n’est pas que vous ne soyez pas assez bien… » Le professeur Min avait probablement vu mon expression pétrifiée et avait commencé à paniquer tout en essayant de s’expliquer de toutes ses forces.

« Pfft ! » Je ne pus m’empêcher de rigoler. Ce n’est pas de ma faute. Lorsque le Professeur Min est troublé, il a soudainement le regard idiot de Gui. Voir le Professeur Min, dont l’apparence est  raffinée et sérieuse, et qui porte des lunettes et une chemise blanche, mais qui révèle soudainement une expression idiote, c’est vraiment trop drôle.

« Pourquoi riez-vous maintenant ? Les femmes de nos jours sont vraiment difficiles à comprendre », murmura Gui pour lui-même.

« Est-ce que la personne pour qui vous avez le béguin est Prince ? » Je voulus soudainement entendre le Professeur Min le révéler à voix haute dans la vraie vie, en tant que lui-même.

« Oui, c’est Prince. » Même s’il voulait feindre d’être calme, le visage de Gui rougit tout de même légèrement, et il avait l’air embarrassé.

Après un instant de silence, je laissai soudainement échapper une question : « N’allez-vous pas le regretter ? Prince est un homme. »

Quand il entendit ma question, l’expression de Gui se fit soudainement pleine de profondeur. « Le regretter… ? Prince est comme une rose avec des épines. Si dans un premier temps j’avais eu connaissance de ses épines, alors peut-être que je ne l’aurais pas cueillie. Toutefois, j’ai déjà ramassé cette rose, senti sa fragrance et vu sa beauté. Si je la posais maintenant, la souffrance que mon cœur devrait supporter serait plus intense que la blessure de ma main ensanglantée, lacérée par ses épines. Par conséquent, je ne peux la reposer. »

Après un long moment, le regard intense de Gui s’estompa, et il me regarda avec un visage rouge. « Désolé, ça a dû vous sembler étrange. » dit-il

Souriante, je secouai la tête et déclarai solennellement : « Professeur, promettez-moi une chose, comme ça nous pourrons en finir ici aujourd’hui. »

« Quoi donc ? » Gui tremblait visiblement de peur.

Avec des yeux brillants, je désignai le menu et annonçai : « Pourriez-vous, s’il-vous-plaît, m’offrir une assiette de spaghettis aux moules avec une sauce au vin blanc et au bortsch1 2 ? »

« Hein ? »

Ainsi, après avoir mangé autant de spaghetti que je le voulais, le Professeur Min paya l’addition avec perplexité, et mon rendez-vous avec lui se finit sur une note satisfaisante.

 

 

Cette nuit, Jing et Yun me traînèrent dehors avec excitation

« Où est-ce qu’on va ? » demandai-je fébrilement.

« Qu’est-ce que tu racontes encore comme bêtises ? Nous allons à ton prochain rendez-vous, bien sûr », aboya Jing avec colère.

« Oh… »

« Par ici ! » Jing se cacha derrière un réverbère, pointant son doigt vers grand-frère Zhuo qui se tenait non loin de là. « Xiao Lan, j’ai dit à Zhuo Ling Bin que tu avais vraiment envie de visiter le marché nocturne3, mais que je n’avais pas le temps de t’y accompagner. Alors, je lui ai demandé d’y aller avec toi à ma place. Compris ? »

« Compris. »

« Allez, dépêche-toi de le rejoindre ! Souviens-toi de comparer les deux possibilités. » Yun me poussa soudainement de derrière le réverbère. Je n’eus d’autre choix que de m’avancer vers grand-frère Zhuo.

« Tu es là, Xiao Lan. » Grand-frère Zhuo me sourit.

« Ouais. » J’hochai la tête.

« Par quel stand veux-tu commencer ? Ou veux-tu manger quelque chose en premier ? » demanda grand-frère Zhuo, plein de considération.

« Manger. » Je n’ai jamais eu l’intention de faire les magasins, donc je peux uniquement dire que je veux manger. Ce n’est vraiment pas parce que je suis une gloutonne !

À la fin de notre promenade, je tenais du poulet rôti dans ma main gauche, du thé rouge dans ma main droite, et je mâchais les frites que je venais d’enfourner dans ma bouche… Grand-frère Zhuo m’aidait même à tenir les kebabs au poulet et les escargots à la liqueur.

« Est-ce que tu veux manger autre chose, Xiao Lan ? » s’enquit attentivement grand-frère Zhuo.

Je secouai la tête et désignai un banc du parc non loin de nous. « Allons simplement nous asseoir là-bas et prendre notre temps pour manger. »

« D’accord. »

Pendant que je travaillais sur la nourriture, je repensai à ce que m’avait dit ma mère. Elle a dit que grand-frère Zhuo m’aimait ? Hum… Il faut que je le lui demande. Pensant à cela, j’ouvris la bouche distraitement pour le questionner : « Grand-frère Zhuo, est-ce que tu es amoureux de moi ? »

Le corps de grand-frère Zhuo se figea de façon assez notable. Il tourna lentement son visage pour me faire face, ses yeux remplis d’incertitude quant à savoir s’il devait se sentir heureux ou désarmé. Il garda le silence pendant un très long moment. Finalement, il ne dit que ça : « Oui, je t’ai aimé tout ce temps, ces huit dernières années. »

Huit ans ? Mon cœur manqua un battement. Est-ce qu’il m’aime vraiment depuis aussi longtemps ?

« Tu m’as aimé pendant ces huit dernières années ? Est-ce que j’en vaux la peine ? »

« Bien sûr. » Grand-frère Zhuo répondit sans aucune hésitation.

« Mais, je ne sais pas si je t’aime ou non… Je n’arrive pas à me décider. » En voyant que grand-frère Zhuo en était clairement abattu, je me sentis un peu perdue et ne sus pas quoi faire. Est-ce que ce n’est pas extrêmement injuste pour grand-frère Zhuo ? Huit ans… C’est un fardeau tellement lourd que le simple fait d’en entendre parler me coupe le souffle.

« Ne t’inquiète pas, je t’attendrai. » Grand-frère Zhuo répondit avec une autre phrase simple.

J’hésitai un peu. « Tu… ne le regrettes pas ? Peut-être, peut-être que je… »

Grand-frère Zhuo se leva, son dos tourné vers moi, et il utilisa un ton rêveur que je ne l’avais jamais entendu prendre auparavant. « Le tournesol fait toujours face au soleil sans regrets ni complaintes. Face à la pluie ou au vent, il attend toujours le sourire chaleureux de son soleil. Même si le temps passé à attendre celui-ci est douloureux, le tournesol n’a jamais rien regretté et ne le regrettera jamais. »

En observant la large silhouette solitaire de grand-frère Zhuo, je réalisai tout à coup que ses oreilles étaient aussi rouges que des tomates totalement mûres.

« Le tournesol, hum ? » Je mâchai rapidement ma nourriture, sans faire attention à son goût.

 

 

« Qu’as-tu pensé des rendez-vous d’hier ? » me demandèrent Jing et Yun le jour suivant, avec leurs yeux grands ouverts d’excitation.

« Pas mal du tout. » Je me grattai la joue.

« Alors, comment sont les chances des deux partis ? » Yun mourrait d’envie de le savoir.

« Hum… Du côté d’un des partis, malgré le fait qu’il n’ait payé qu’une seule fois, le prix de cette unique fois était assez significatif, et m’a laissé avec un arrière-goût infini. Du côté de l’autre parti, il a payé de façon continue. Même si les prix de ce qu’il a payé à chaque fois étaient faibles, et même si le goût était inférieur au cas précédent, la totalité combinée était tout à fait remarquable », dis-je en accord avec les faits.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » s’enquit Yun avec perplexité.

Frappant Yun sur la tête, Jing expliqua : « Gros béta, tu ne peux même pas comprendre une métaphore ? La signification est la suivante : bien que le Professeur Min l’aime depuis seulement peu de temps, il est tombé amoureux d’elle même s’il pense que Xiao Lan est un homme. Ce sacrifice est, bien entendu, très impressionnant. En plus, l’amour du Professeur est aussi passionné que le feu. Ainsi, il laisse un arrière-goût persistant. Au contraire, l’amour de Zhuo Ling Bin est aussi doux que de l’eau. Cependant, il est également semblable à un courant lent et stable. Ses sacrifices continus ne sont pas aussi impressionnants que le sacrifice du Professeur, mais quand tu prends en compte le temps total qu’il a passé à aimer Xiao Lan, les sacrifices qu’il a faits n’en sont pas moins significatifs que celui du Professeur. Est-ce que tu saisis ? »

« Ok, j’ai compris maintenant », réalisa Yun avec une expression de soudaine compréhension.

« Oui. N’est-ce pas Xiao Lan ? » demanda Jing fièrement, en voulant fanfaronner.

« Non… Je parlais de la nourriture. » Je me grattai la tête.

« La nourriture ? » Jing et Yun me fixèrent avec des yeux grands ouverts.

J’acquiesçai d’un signe de tête comme si c’était l’explication la plus naturelle qui soit. « Ouais, même si Gui m’a seulement payé un plat de spaghettis avec une sauce aux moules et au vin blanc et une assiette de borsht ; le prix du repas était au-dessus de huit cents dollars 4. C’était vraiment très cher, et les spaghettis étaient tellement délicieux que j’ai continué à conserver le souvenir du goût après coup. Quant aux friandises du marché nocturne avec Grand Frère Zhuo, même si elles n’étaient pas aussi délicieuses que les spaghettis, il y en avait une grande variété. J’ai vraiment mangé à satiété, donc le coût total ne doit pas être moins élevé que ce que m’a offert Gui. »

« … » Pour des raisons qui m’étaient inconnues, de la mousse se forma au coin de leurs bouches. Puis, ils me dévisagèrent avec des yeux blancs grands ouverts.

Finalement, Jing conclut : « Quiconque tombera amoureux de toi sera maudit pendant les huit prochaines générations. »

Achoum ! À deux endroits différents, Min Gui Wen et Zhuo Lin Bin éternuèrent simultanément.

Est-ce que quelqu’un est en train de me maudire ? Pensèrent-ils tous les deux au même instant.

Notes de bas de page

1 Des spaghettis avec une sauce aux moules et au vin blanc : Cela ressemble à cela : http://i2.dpfile.com/2008-10-09/1031423_b.jpg. Et voici la recette (en anglais) pour ceux qui sont intéressés (et qui savent cuisiner) : http://www.foodnetwork.com/recipes/giada-de-laurentiis/spaghetti-with-clams-recipe/index.html

2 Borscht: Une soupe d’origine ukrainienne qui est populaire dans de nombreux pays d’Europe de l’Est et d’Europe Centrale. C’est habituellement fait avec des betteraves et/ou de la tomate, ce qui donne une couleur rouge-violette. Pour plus d’informations (en anglais), voici le lien : http://en.wikipedia.org/wiki/Borscht

3 Marché Nocturne : Aussi connus sous le nom de bazars nocturnes, ce sont des marchés qui ont lieu la nuit et qui sont généralement organisés de façon à ce qu’on puisse se promener, faire les courses et manger d’une manière plus décontractée que dans les marchés pendant la journée.

4 Huit cent dollars : Ici la monnaie utilisée est le Nouveau Dollars Taiwanais, pas les dollars américains. 800 NDT est équivalent à environ 26 Dollars. (valeurs de décembre 2010)

1/2 Prince T4C7 : Portfolio

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½ Prince Tome 4 : Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini
Roman d’origine en chinois par :
御我 (Yu Wo)


Chapter 7: Portfolio – traduit du chinois vers l’anglais par Evangeline[PR!]
Chapitre 7 : Portfolio – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Tout d’abord, permettez-moi de vous présenter les indispensables en matière d’outils pour la fabrication d’un portfolio ! Le numéro un est cette créature que j’ai ici. Petite, légère et portable, celle-ci peut être utilisée autant à l’intérieur qu’à l’extérieur ! Vous pouvez même la mettre dans un sac, de sorte qu’elle est pratique à transporter. » Lolidragon hocha la tête vers la chose flottant dans les airs, qui semblait être un globe oculaire géant avec des ailes de chauve-souris peu importe sous quel angle vous le regardiez.

Voyant que tout le monde regardait fixement l’hybride globe oculaire / chauve-souris, Lolidragon toussa deux fois, afin de récupérer notre attention. « Je lui ai donné un nom : on appelle ça un Photogistreur. Les plus grandes caractéristiques du Photogistreur sont sa capacité à prendre des photos, sa capacité de mémoire de cinq cents photos et sa capacité à enregistrer jusqu’à cinq heures de vidéo. En plus, si vous achetez de la mémoire supplémentaire, vous gagnez encore plus de capacité de stockage. Un autre point qu’on doit mentionner est la clarté numérique de cette créature, qui va jusqu’à dix mégapixels. Ses utilisations vont de prendre des photos pendant les vacances pour garder des souvenirs, à photographier une scène de crime de meurtre pour rassembler des preuves ! Il n’existe rien pour lequel il ne pourrait pas servir ! » Enfin, Lolidragon renchérit : « En ce moment, le Photogistreur est en vente dans tous les grands magasins pour animaux de compagnie ! Mais, dépêchez-vous ! Il n’y a que cinq mille créatures dans le premier lot ! »

« Ensuite, le deuxième outil, créé par Jing, a été découvert complètement par hasard. Il s’agit d’un charme d’illusion avec une garantie de qualité à 100% ! Il peut présenter toutes sortes d’illusions, en partant de milieux historiques aux décorations ornementales ! Ça aide beaucoup quand vient le temps de fabriquer un portfolio ! » déclara Lolidragon, en postillonnant, tandis qu’elle faisait sa tirade. Elle serrait une pile de papiers-charme dans ses bras.

« Lolidragon, tu n’aurais pas regardé la chaîne commerciale ETTV trop souvent, ces derniers temps ? » lui demandai-je, avec sérieux.

« Je n’achèterais jamais quoi que ce soit sur cette chaîne ! » cria-t-elle, mais ensuite elle rougit et ajouta : « Mais, comme vous le savez, Chanel a récemment changé ses saisons, alors je suis allée trouver un emploi en tant que présentatrice d’ETTV pour gagner un petit quelque chose et aller faire du shopping. »

« … » Tout le monde resta sans voix pendant un certain temps.

Je me souvins tout à coup de quelque chose. « Après qu’on aura terminé le portfolio, comment on va le distribuer ? »

« Je vais l’apporter au bureau officiel de la publication de Second Life, et obtenir une estimation sur le prix. Après avoir décidé quel sera le volume d’impression, ils l’enverront probablement d’ici quelques jours. » répondit Lolidragon. « Nous avons prévu de le vendre dans un magasin d’accessoires. »

Quoi ? Alors maintenant, mon portfolio est un accessoire ? Quel usage est-ce qu’il peut bien avoir ? Nous en servir pour distraire nos ennemis ? pensais-je, impuissant. Soudain, une idée me traversa l’esprit. « Pourquoi pas un magasin de livres ? »

« Ouvrir une librairie ? Est-ce que c’est une bonne idée ? » hésita Lolidragon.

« Ce n’est pas une mauvaise idée ! » parla soudainement Gui avec enthousiasme. « Après que la publication de livres sera devenue une possibilité, il y aura beaucoup de joueurs qui tenteront de publier leurs propres œuvres, mais peu d’entre eux peuvent faire comme nous et mettre leurs livres en vente dans une boutique d’accessoires. Mais, si nous ouvrons une librairie et permettons aux joueurs de consigner leurs livres, la commission que nous recevrions serait également un bon moyen de gagner de l’argent. »

« Mais, est-ce qu’on aura des clients potentiels ? » commenta Wicked prudemment.

« Ça dépendra de si les livres sont bons ou pas. Nous devrons choisir soigneusement les livres à consigner. Après un certain temps, je pense que certains bons auteurs feront leur apparition. Les bons auteurs signifient beaucoup de clients. En fait, la plupart des gens n’ont pas le temps de lire pendant qu’ils sont éveillés, mais ils peuvent lire des livres en utilisant le casque du jeu en mode sommeil ! Ce serait utile pour beaucoup de gens ! » déclara Gui joyeusement.

« Et puisque ça va ajouter un autre atout unique à la Cité de l’Infini, il y aura plus de gens qui voudront nous rejoindre ! » Fairsky serra les poings d’excitation.

Lolidragon haussa les épaules. « Dans ce cas, créons une librairie. Comme ça fait partie du travail du département de la construction, je vais laisser à ces deux leaders le soin d’en discuter entre eux. »

Gui hocha la tête, les yeux brillants. Il se tourna vers Fairsky, dont les yeux étaient aussi brillants, et ils commencèrent à bavarder au sujet du magasin de livres.

« Ce que je voulais dire c’est que vous pouvez en discuter plus tard, mais pour l’instant nous allons commencer à créer notre portfolio ! » déclara Lolidragon avec un sourire qui fit se redresser les cheveux de tout le monde sur leur tête. Mais, elle ajouta quelque chose qui fit se redresser mes cheveux encore plus hauts. « D’accord, alors. Enlève-moi ça. »

« Enlever ça ? Enlever quoi ? » demandai-je, idiotement.

Les yeux de Lolidragon dérivèrent de mon visage jusqu’à ma poitrine. Ce regard… je ne pus m’empêcher d’agripper fermement mon collet. Ensuite, ses yeux descendirent encore plus bas… Je saisis ma ceinture fermement, en pensant, Oh mon Dieu, Lolidragon, ne fais pas de bêtises ou bien mon portfolio risquerait de se transformer en un truc pour adulte seulement…

 

 

« Dis, je peux me reposer un peu à présent ? » la questionnai-je, encore patraque. Je n’aurais jamais imaginé que fabriquer un portfolio serait aussi difficile. C’était une épreuve de force, d’endurance, et la capacité de survivre à une douleur intense.

L’Épreuve de Force : je devais poser dans différentes positions d’une difficulté inimaginable pour que Lolidragon en prenne des photos. Parfois, je devais rester dans une position jusqu’à une demi-heure. Je soupçonnais que Lolidragon dessinait mon portrait au lieu de prendre une photo.

Le Test d’Endurance: sous l’insistance de Lolidragon afin que j’expose les deux moitiés, je pensai, Très bien, et acceptai à contrecœur. Oh eh bien, les deux moitiés d’un gars ne sont pas si attirantes de toute façon. Mais, sous la contrainte du regard de Wicked disant « Ne t’en avise pas ou tu es mort ! » et des grandes larmes dans les yeux de Gui signifiant « Votre majesté, vous ne pouvez quand même pas supporter une telle humiliation », mon geste de retirer mes vêtements se suspendit à mi mouvement. Puis, j’observai tandis que Lolidragon amenait Phoenix et Fairsky à s’opposer à Wicked et à Gui. Les deux gangs commencèrent à se disputer très bruyamment pour savoir si je devais exposer les deux moitiés ou non, me forçant à être coincé entre enlever et enfiler mes vêtements. Vraiment, à qui exactement appartiennent les deux moitiés de toute manière ?

En fin de compte, je perdis mon sang-froid. Avec une mine sombre, j’hurlai : « Fermez-la ! »

Les cinq d’entre eux se tournèrent pour me fusiller du regard à l’unisson. Ensemble, ils s’écrièrent : « Tu décides, alors ! »

Avec cinq paires d’yeux fixés sur moi, ma colère disparut complètement. Je marmonnai craintivement : « Dans ce cas, qu’est-ce que vous diriez de… d’exposer seulement la moitié de mon corps ? »

« Enlever ton chandail mais ne pas exposer l’autre moitié ? » chuchota Lolidragon, puis dit à contrecœur : « Très bien, ça règle le problème. »

« Jamais ! Celui-là va quand même le voir ! » Wicked désigna Gui.

« C’est ma réplique ! Le corps de Prince ne devrait jamais être vu par toi ! » répliqua Gui furieusement, en serrant les dents.

« Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ?» demandai-je, en me grattant le visage. Ceci n’ira pas et cela n’ira pas. Ces gars-là sont encore plus chiants que les filles… pensais-je. Shhiikkkk… Tout à coup, un bruit bizarre atteint mes oreilles. Ça ressemblait à… du ruban adhésif ? Nous nous retournâmes. Il y avait Phoenix, avec deux morceaux de ruban adhésif. Elle regardait ma poitrine…

Par la suite : Si quelqu’un prétend un jour que la douleur provoquée par l’enlèvement de ruban adhésif à un endroit sensible est comparable à celle de donner naissance, je suis totalement d’accord !

Je tournai le dos au site de cette horrible séance photo, en regardant Lolidragon avec les larmes aux yeux.

« Je peux me reposer maintenant ? » la suppliai-je.

« Tu peux te reposer… » répondit Lolidragon. Mes yeux se mirent à briller. Je peux enfin visiter la Cité de l’Infini ! Je n’en peux plus d’attendre de savoir quels mets sont la spécialité de ma cité ! songeai-je, excité.

« …Pendant un bref moment. Demain, on va commencer les répétitions pour le concert. »

« Les répétitions pour le concert ? » répétai-je, stupidement.

« Oui ! Yu Lian nous supervise parce que beaucoup d’argent a été investi pour le concert », chuchota Lolidragon à mon oreille.

Ouuuuiiiiin ! C’est l’enfer ! pensais-je, au bord des larmes.

 

 

« Grand Frère, même si on commence à répéter demain et qu’il ne restera pas assez de temps pour que tu puisses sortir manger à ce moment-là, tu n’as quand même pas besoin de manger de cette manière, non ? » demanda Yun. Il me contempla avec impuissance. Je ne leur avais même pas adressé une phrase avant de commencer ma bataille avec la nourriture.

Voyant que je ne montrais aucune réaction, Jing promit également avec impuissance : « Grand Frère, si tu veux manger quelque chose pendant les répétitions, tu n’as qu’à nous envoyer un MP et nous t’apporterons de quoi manger. »

En entendant ça, je déposai enfin la cuisse de poulet que j’avais à la main, avalai une boisson pour faire descendre la nourriture et dis avec un peu d’embarras : « Merci. »

« Ralentis. Personne ne va tenter de te prendre ta nourriture. » grommela Wicked, pas très content.

« Votre Majesté, souhaiteriez-vous une autre portion de frites ? » Gui me  passa joyeusement une serviette pour m’essuyer les mains, et Phoenix m’essuya la bouche avec un mouchoir, tandis que Jing et Yun nous observaient avec envie.

« Hé, où est Fairsky ? » s’enquit tout à coup Yun, confus.

« Et Sunshine ? » ajouta Jing.

« Oh, ils sont partis faire une promenade. » leur répondis-je, en mettant le sujet de côté. Mais, je me demande pourquoi Kenshin n’y est pas allé… Ne nourris pas de soupçons : ce type ne me quitte jamais, c’est juste qu’il est trop calme. (Même cette auteure ne savait pas comment expliquer à tout le monde qu’il était en réalité toujours là. Vous ne pouvez pas simplement toujours dire qu’il est en fait assis là froidement avec un visage inexpressif, pas vrai ?)

« Wow ! C’est rare. Fairsky supporte le fait de pouvoir te quitter. » fit remarquer Jing, étonnée.

« Elle a dit qu’elle allait vérifier l’emplacement de notre librairie. » répliquai-je vaguement alors que je ne pouvais pas m’empêcher de me remplir la panse avec les frites que Gui venait de commander pour moi.

« Librairie ? Quelle librairie ? » demanda bêtement Yun.

« La Librairie de l’Infini, celle que nous allons ouvrir bientôt : le tout premier magasin de livres dans Second Life », leur annonça Gui avec des yeux pétillants. Décidément, pas étonnant qu’il soit un professeur. Commence à parler de livres et il devient fou, songeai-je tandis que je mangeais les frites.

« Dans ce cas, où allons-nous obtenir les livres que nous allons vendre ? » me questionna Jing, avec doutes.

« D’abord, nous allons mettre notre portfolio du Groupe de l’Infini en vente. En plus, je vais écrire quelques livres pour qu’on puisse les vendre. Ensuite, quand nous serons devenus célèbres, nous allons laisser d’autres personnes consigner leurs livres dans notre librairie, ou même nous allons solliciter des manuscrits, et nous les aiderons à publier le livre. Ces choses ne sont pas vraiment difficiles à faire pour moi. » Les yeux de Gui s’éclairèrent avec l’intelligence d’un QI de 200 points.

« Vraiment ? Dans ce cas… Hum… » marmonna Yun comme s’il avait quelque chose de gênant à demander.

Je me rappelai subitement de quelque chose. Jing et Yun aiment écrire des histoires. Ils me choisissent souvent comme premier lecteur pour leurs tragédies de La-Plus-Triste-Histoire-de-Tout-l’-Univers-et-de-Toute-l’-Histoire-de-l’-Humanité. Eh bien, en vérité, leurs histoires ne sont pas mauvaises ; c’est juste que les titres sont si mauvais qu’on ne peut même pas les commenter. Quel genre de titres, vous vous demandez ? Du genre comme « La-Plus-Triste-Histoire-de-Tout-l’-Univers-et-de-Toute-l’-Histoire-de-l’-Humanité » que vous venez de lire, bien sûr.

« On peut consigner nos livres dans votre librairie ? » s’exclama Jing, impatiente.

« Évidemment ! Puisque vous êtes libres, les gars, pendant les prochains jours, saisissez cette occasion pour écrire. Je vais vérifier ce que vous aurez fait, le publierai, et nous devrions être en mesure de mettre ça en place lors de la cérémonie d’ouverture. » Gui était heureux qu’il y ait quelqu’un de présent pour aider à écrire quelques livres.

« Oui ! » Jing et Yun se serrèrent dans leurs bras avec excitation.

« Oh c’est vrai, Jing, Yun, avez-vous déjà acheté une maison ? » Je me rappelai tout à coup qu’ils étaient en train de choisir une maison la dernière fois. Je me demande comment ça avance ?

« Nous en avons acheté une. C’est un cottage blanc vraiment mignon qui vient même avec un jardin ! » m’apprit Yun, joyeusement.

« Oh, je veux le voir ! » Je me levai brusquement. « Garçon, j’emporte le reste de la nourriture. »

« Désolé, je ne peux pas rester plus longtemps, Prince. » Gui se leva lui aussi, en soupirant profondément. « Yu Lian m’a dit de revenir à la conception de la scène pour le concert. Il y a également les plans de la librairie, et sans oublier les livres que je dois écrire. »

« Wow, tu es certainement très occupé. » Je n’ai vraiment aucune idée de combien de temps il passe sur notre matériel de classe. Dix minutes ? Peut-être même moins…

« Votre Majesté, même si je ne suis pas ici en personne, mon cœur restera toujours avec vous. » Gui, avec de grands yeux larmoyants, continua de me fixer du regard, jusqu’à ce que je le jette dehors, profondément agacé.

« Puisque Gui n’est plus là, je dois retourner au service militaire. Beaucoup de travail inachevé s’est accumulé. » lâcha Wicked.

Donc, si Gui est ici, tu préférerais ne pas te soucier du département militaire !?

« Dans ce cas, je ferais mieux de retourner au Ministère des Finances ; Yu Lian est sur le point d’exploser de stress… » Phoenix pâlit horriblement.

« Hé hé, c’est pas grave, vous pouvez tous y retourner. Qu’il y ait quelque chose qui se passe ou rien, ne venez pas me retrouver. » Je fis joyeusement un signe d’au revoir. C’est tellement rare ! Il y a en fait un jour où je peux rester loin de ces quatre idiots et me détendre. Je dois profiter de cet instant de paix.

« Grand Frère, n’aie pas l’air si content. Ça les rend vraiment tristes. Ils avaient tous des feux-follets de négativité flottant à côté d’eux quand ils sont partis. » Yun réprimait à peine son fou rire.

Je me détendis. « S’ils n’étaient pas partis bientôt, j’aurais probablement explosé. Maintenant, allons visiter votre cottage. »

Sur le chemin vers le cottage, Yun dit subitement : « Grand frère, il y a une question qu’on voudrait te poser… » Je le fixai du regard. Yun se contente habituellement de dire ce qu’il veut. Depuis quand a-t-il commencé à demander la permission ?

« De quoi s’agit-il ? » m’enquis-je.

« Grand Frère, est-ce que tu connais Feng Lan ? » m’interrogea Jing, et mon cœur manqua quelques battements.

J’arrêtai de marcher. Pourquoi est-ce qu’elle me demande ça ? Elle a découvert le pot aux roses ? Impossible ! C’est vraiment si facile à remarquer ? pensai-je. J’employai le ton de voix le plus calme que je pouvais rassembler à ce moment-là et répondis : « Feng Lan ? Je ne la connais pas. Pourquoi tu me demandes ça ? »

« C’est bien ce que je pensais… » marmonna Jing.

Je soupirai de soulagement.

« Après tout, affirmer que tu te connais semble assez bizarre. N’est-ce pas, Xiao Lan ? » ajouta Jing à la légère.

Après que mon pouls se fut arrêté pendant trois secondes complètes, je me couvris le visage, les larmes aux yeux. Je le savais, ils ont découvert la vérité. Je suis foutu ! C’est le pire scénario que mon secret ait été découvert par Yun, la super station de diffusion ambulante ! Une fois que les nouvelles se seront ébruitées, le simple fait de songer aux fans qui se rassembleront en nombre suffisant pour remplir les océans Atlantique et Pacifique afin de protester… Ouuuuuiiiiin ! Où est passé mon avenir ?

Jing me tapa sur l’épaule. « Ce n’est pas grave. Je comprends tes dilemmes, Xiao Lan. J’ai déjà utilisé le karaté sur Yun, et je l’ai averti que s’il révèle ton secret à qui que ce soit, mes prochains coups de karaté seront employés sur les endroits les plus vulnérables d’un gars. Donc, il ne laissera définitivement pas les nouvelles s’ébruiter. »

Ouf ! Ce n’est pas passé loin. Mais comment est-ce qu’on m’a découvert ? « Comment vous en êtes-vous rendus compte, les gars ? » les questionnai-je. « Ne m’appelez-vous pas tout le temps Grand Frère ? »

« C’était parce que tu n’as pas voulu nous dire ton nom dans le jeu ; on a dû le demander à ton frère, et il a affirmé que tu étais une travestie dans le jeu », répondit Yun.

FRÉROT, ESPÈCE D’IMBÉCILE ! Ne me force pas à te tuer pour défendre mon honneur ! Je serrai le poing et commençai à me demander si l’ajout de pesticides ou de  mort-aux-rats dans le dîner serait la méthode plus rapide.

« Nous avons donc pensé : tu es un joueur travesti et tu aimes les beaux gosses autant que moi, mais tu ne t’intéresses pas du tout à une célébrité canon comme Prince. La seule raison à ça à laquelle nous pouvions songer était que tu étais Prince lui-même. Aussi, bien que ton apparence dans le jeu et dans la vie réelle soient extrêmement différentes, tes caractéristiques de base sont tout de même très similaires, de sorte que nous t’avons reconnue immédiatement. » Jing haussa les épaules, désintéressée.

« Mais tu sais, vous deux, le frère et la sœur Feng, vous portez tellement peu attention à votre entourage que c’en est au point de pouvoir entrer dans l’Histoire. Dire que ton frère Yang Ming ne s’est jamais rendu compte que tu étais Prince, alors qu’il savait même que tu étais une travestie », s’étonna Yun avec un visage plein d’admiration.

« Personne ne pourrait être aussi bon que vous pour deviner, les gars. » grommelai-je.

« Eh bien, si ce n’était pas du fait que nous sommes doués pour deviner, de quelle autre manière est-ce que nous aurions pu connaître ta véritable identité ? Et puis qu’est-ce qui t’as pris de nous faire t’appeler Grand Frère par-ci et Grand Frère par-là !? » Jing me donna un coup sur la tête. Ouch… Pourquoi est-ce que toutes les femmes que je connais sont si violentes ? Et elles semblaient toutes me frapper à la tête.

« Je me disais qu’il n’y avait personne d’assez stupide pour continuer à nous faire confiance après autant de trahisons de notre part. C’était donc toi, après tout, Xiao Lan. Pas étonnant que tu n’aies pas arrêté de nous aider. » Yun ne put s’empêcher de se plaindre. Lui et Jing avait effectivement été tellement émus qu’ils avaient juré de suivre Prince pour toujours.

À ça, qu’est-ce que je pouvais faire sinon me frotter l’arrière de la tête et rigoler bêtement ?

« Là n’est pas la question ; la question la plus importante c’est : dans ce triangle amoureux romantique et passionnant, qui vas-tu choisir ? Le professeur ou le beau gosse plus âgé que toi ? » Jing me regarda.

« Ne pose pas les mêmes questions que ma mère, Jing. Je ne sais pas ! » Romantique et passionnant !? Jing, tes descriptions sont un peu trop exagérées. Je soupirai, impuissante.

« Pourquoi tu t’inquiètes ? T’as juste à sortir avec les deux. » marmonna Yun.

« Hé ! T’es vraiment un gars ou pas ? Pourquoi est-ce que tu dis à une fille d’avoir deux petits amis !? » hurla Jing à Yun en lui tirant l’oreille.

Je dis, perplexe : « On ne s’était pas mises d’accord sur le fait qu’il n’était pas un gars ? »

« Xiao Lan ! » Jing m’agrippa soudainement. « Tentons une expérience. »

« Une expérience ? » demandai-je, stupidement.

« Va à un rencard avec les deux dans la vraie vie ! » Les yeux de Jing étincelaient d’une manière extrêmement effrayante.

« Hein ? »

Mise à jour : Septembre 2016

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Chapitres de Septembre
  1. 1/2 Prince T4C7 : Portfolio
  2. 1/2 Prince T4C8 : Le Journal d’Un Rendez-Vous Galant
  3. Romance RRPG : Partie 8
  4. La Légende du Chevalier du Soleil T3C7 : Un Indispensable Pour Toutes Aventures – Sacrifice

Bonjour, bonjour,

Pour septembre, c’est très simple, on va publier deux chapitres de 1/2 Prince (oui, oui, je jure que c’est pas une blague), une autre partie de RRPG, et aussi un autre chapitre de La Légende du Chevalier du Soleil. Espérons que ça va suffire pour recharger votre dose de chapitre pour le mois. 😉

Des suggestions ? Des questions ? Des plaintes ? Des insultes ?

Non ? Bah alors, tant mieux !

Bonne rentrée à tous ! =D

La Légende du Chevalier du Soleil T3C6 : La Route Sur Laquelle Tout Aventurier Se Doit de Voyager – Une Caverne Souterraine

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 : À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : (Yu Wo)


The Road Every Adventurer Must Travel: An Underground Cavern – traduit du chinois à l’anglais par raylight[PR!]
La Route Sur Laquelle Tout Aventurier Se Doit de Voyager : Une Caverne Souterraine – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par Yukomin

J’ouvris lentement les yeux et ne fus pas tout à fait capable de comprendre où j’étais. Après quoi, la douleur lancinante dans ma tête, comme un roulement de tambour, me rappela que… je m’étais soulé.

Je me suis soulé ? Quelle quantité d’alcool mon maître a-t-il commandé exactement ? On dirait que je n’ai pas besoin de risquer ma vie pour obtenir du Chevalier du Soleil Le Plus Fort de l’Histoire un autre dixième de la récompense… Juste en buvant hier, j’ai déjà dû boire l’équivalent d’un dixième de la récompense !

J’essayai de jeter un coup d’œil autour de moi, voulant savoir où je me trouvais. Qui aurait deviné que, avec ce coup d’œil, j’allais immédiatement ouvrir la bouche de façon très grande…

« Aaaahhhhhhhhhhhhhh !!! »

Sous mes jambes, il n’y avait rien d’autre que du vide, et la distance entre mes jambes et le sol était d’au moins vingt mètres ! Pourquoi étais-je encore plus grand que la tour du Temple Sacré ?

Je continuai de me lamenter : « Ahhhh ! Dieu de la Lumière ! Je ne veux pas devenir aussi grand, je n’oserai plus jamais boire autant en secret… »

« Pourquoi est-ce que tu beugles comme ça ? N’effraye pas les gens si tôt le matin. » C’était la voix de mon maître.

« En réalité, c’est déjà le milieu de la journée. » C’était le murmure d’Aldrizzt.

Quand je tournai la tête, je vis mon maître qui était également en train de flotter dans les airs. Il paraissait venir tout juste de se réveiller et était en train de s’étirer… Comme j’admire mon maître ! Même si nous sommes actuellement dans les airs, et qu’il n’y a absolument aucun support sous nos pieds, lui, le vieil homme, il peut quand même s’étirer très élégamment. C’est indubitablement digne de l’ancien Chevalier du Soleil, qui a dû être élégant pendant vingt ans.

En y regardant de plus près, je réalisai qu’il n’y avait pas que deux personnes dans les airs. Il y en avait une autre, qui était entièrement enveloppée dans un manteau. Il devait s’agir d’Aldrizzt.

Son corps irradiait d’un très fort élément du vent.

« Tu peux jeter le Sort de Vol !? » J’étais stupéfait, puisque je pensais qu’Aldrizzt, étant une créature de l’élément des ténèbres, pouvait très facilement apprendre des sorts de l’élément des ténèbres, mais que les autres types d’éléments étaient beaucoup plus difficiles à apprendre.

« Je ne savais pas le faire au début. » La personne cachée tourna sa tête vers moi et, comme je m’y attendais, j’aperçus le visage d’Aldrizzt. L’air désemparé, il ajouta : « Néanmoins, Neo a affirmé que la magie de l’élément du vent était très pratique pour voyager, et m’a forcé à l’apprendre. Seulement après de longs et douloureux efforts ai-je réussi à apprendre deux sorts de la magie de l’élément du vent : la Téléportation et le Sort de Vol. »

Je reconnaissais là un camarade de souffrance. Je le réconfortai en lui disant : « Oui, mon maître a toujours aimé forcer les gens à apprendre des choses très étranges. Une fois que tu y seras habitué, tout devrait bien aller. »

« Ça a dû être difficile pour toi. » Aldrizzt me fixait, plein de sympathie.

« Peu importe, je me suis déjà échappé de cet abysse de souffrance. Par conséquent, cela va être dur pour toi… »

« Vous deux, me traiteriez-vous comme si j’étais mort ? » demanda froidement mon maître.

Aldrizzt et moi supprimâmes nos fous rires et finîmes par nous taire.

Néanmoins, je ne pus m’empêcher de demander : « Maître, où allons-nous ? »

Mon maître me jeta un coup d’œil, et me demanda en retour, avec soupçons : « As-tu tellement bu que tu aurais oublié la mission dont je t’ai parlé précédemment ? »

« Bien sûr que non. »

Mon maître hocha la tête et expliqua : « Maintenant, nous nous rendons au lieu de la mission. Si nous utilisons le Sort de Vol, nous gagnerons beaucoup de temps. De plus, comme ça, tu ne rejoindras pas ton groupe trop tard. »

J’y réfléchis un moment, et en effet, si la mission ne prenait pas trop de temps, alors, il se pourrait que ce fût réellement plus rapide que de me dépêcher pour retrouver Leaf tout seul.

Après avoir réglé le problème du transport, je creusai d’avantage et demandai : « Quel est le but de la mission ? »

Mon maître m’adressa un sourire vague : « Tu n’as pas à t’inquiéter. C’est une mission très simple. Pour toi, elle sera même particulièrement facile. »

« Oh, haha ! » Je lâchai un rire feint aux côtés de mon maître. Quand mon maître avait commencé à m’apprendre à tomber avec élégance, il avait le même ton affable et détendu… Je jetai un regard vers Aldrizzt, et ce dernier paraissait déjà avoir rejeté toute prudence.

J’avais déjà commencé à considérer mes options. Entre suivre mon maître et sauter d’une hauteur de vingt mètres, pour ensuite être traqué par Le Plus Fort des Chevaliers du Soleil de l’Histoire, qu’est-ce qui aurait le taux de survie le plus important ?

Hmmm, aucun des deux ne semble très élevé.

 

 

Après avoir volé pendant un jour et une nuit entière, j’étais sur le point de féliciter l’endurance d’Aldrizzt, sur comment il pouvait voler pendant un long moment, quand il se posa et annonça alors très joyeusement : « Maintenant, ma force est épuisée, donc ce qui arrive après relève de vous. »

Elfe noir méprisable et sans vergogne…

Après avoir silencieusement maudit Aldrizzt durant un instant, je me tournai pour jeter un coup d’œil aux alentours. Dans mon dos se trouvait une grotte sombre autour de laquelle on ne voyait pas un brin d’herbe à plus de trente mètres de là. La grotte toute entière absorbait et émettait l’élément des ténèbres, telle une créature vivante qui aurait craint qu’il ne fît pas assez sombre. Il en provenait également des hurlements et des cris, et même le son d’os frottés les uns contre les autres.

Mon maître dégaina son épée et annonça joyeusement : « La mission est de se débarrasser une bonne fois pour toute des créatures des ténèbres présentes dans cette caverne. »

En entendant cela, je dis avec un visage sans expression : « Maître, c’est un territoire des ténèbres. »

« Je sais cela. »

« Maître, la définition d’un territoire des ténèbres est que, pour une raison inconnue, ce genre d’endroit engendre incessamment l’élément des ténèbres. En général, il coïncide avec d’anciens champs de batailles ou des cimetières, et c’est pourquoi les morts y sont aussi nombreux que les étoiles dans le ciel, et vont se relever en tant que créatures des ténèbres à l’infini. »

« Je sais cela ! Pourquoi es-tu si bavard ? Durant les trois ans où je ne t’ai pas vu, l’étendu de ta verbosité s’est encore allongée. » répondit mon maître, son visage exprimant une nette impatience.

Ne te fâche pas, ne te fâche pas… Même si tu te fâchais, tu ne serais de toute façon pas capable de le vaincre… J’essayai très fort de prendre plusieurs profondes inspirations et d’émettre un sourire crispé : « Puisque vous savez ceci, alors vous devriez également savoir que, même si toutes les créatures mortes-vivantes présentes sur le territoire des ténèbres étaient éliminées, au bout de deux jours, le territoire serait toujours à nouveau rempli de ces créatures ! Par conséquence, il est impossible de le purger une bonne fois pour toute. »

Mon maître révéla un sourire, en me répondant : « Bien sûr que je suis au courent, pourquoi crois-tu que je t’aie emmené ? »

Tout à l’heure, j’aurai dû choisir l’option de sauter de vingt mètres de haut, puis d’être pourchassé par mon maître ! Je le regrettai vivement, mais je me forçai quand même à rétorquer : « …Maître, peu importe à quel point ma lumière sacrée est puissante, elle est tout de même insuffisante pour purifier entièrement l’élément des ténèbres présent dans cette caverne. »

« En te servant de l’Épée Divine du Soleil, et avec mon aide, donne tout ce que tu as et essaye ! »

Bien que le ton de mon maître ne parût pas ému, et que son expression demeurât calme, je savais que plus mon maître se montrait calme, plus il était déterminé. Cela doit être fait !

« Maître, pourquoi tenez-vous tant à purifier cet endroit ? » Je sentais la curiosité grandir en moi, et ne pus m’empêcher d’ouvrir la bouche pour lui demander : « Il y a de si nombreux territoires des ténèbres dans ce monde, pourquoi celui-là en particulier ? »

Mon maître sourit faiblement et expliqua : « Sais-tu pourquoi cette caverne crée en permanence des créatures mortes-vivantes, mais que cela n’affecte pas les environs ? »

Je secouai la tête. En effet, je ne le savais pas.

« C’est parce que, dans le passé, un groupe de puissants mages a employé une gemme de l’élément aquatique d’une puissance considérable, “l’Éternelle Tranquillité ”, pour installer une barrière autour de la cave, afin d’empêcher les créatures des ténèbres d’aller au-delà d’une distance de trente mètres autour de la caverne. »

Je vois. J’hochai la tête pour montrer ma compréhension. Les territoires de ténèbres avaient toujours été une source de migraines pour tous les royaumes, et chaque royaume employait toutes les méthodes possibles et imaginables pour prévenir les dégâts causés par ceux-ci. Parmi ces options, s’associer avec un mage ou un prêtre pour créer une barrière qui pouvait sceller ces créatures monstrueuses était la méthode la plus simple et la plus rapide.

Mon maître eut un petit sourire et, avec une expression calme, fit une déclaration qui retentit comme une explosion : « Je veux cette “Éternelle Tranquillité”. »

J’étais stupéfait. C’est donc pour une telle chose. Mon maître désire obtenir cette Éternelle Tranquillité mais, une fois qu’il se sera emparé de la gemme, les barrières autour de la caverne vont s’effondrer. À ce moment-là, les créatures des ténèbres vont se ruer hors de la grotte pour blesser les autres créatures, en particulier les humains…

Néanmoins, je savais que mon maître n’autoriserait jamais ce genre de résultats. Par conséquent, il allait d’abord devoir purifier la caverne pour que, quand il prendrait la gemme, cela ne causât pas de dégâts.

Une fois que j’y eus songé, mon expression se rembrunit, tandis que je regardais mon maître, un éclat d’espoir dans le regard. « Devez-vous absolument mettre la main sur ce joyau ? Il n’existe aucune substitution possible ? »

Mon maître me répondit avec indifférence : « À moins que tu ne puisses trouver une gemme aussi puissante. Cependant, je me suis bien renseigné, et l’“Éternelle Tranquillité” est la plus appropriée. »

Je marmonnai dans ma barbe : « De toute façon, même s’il existait une gemme plus puissante que l’“Éternelle Tranquillité”, j’ai bien peur que la méthode pour l’obtenir soit encore plus compliquée ; sinon, elle aurait déjà été récupérée. »

Il semblerait que quel que soit mon avis, je serais forcé d’accompagner mon maître cette fois. Je tournai la tête pour contempler le trou noir, espérant simplement qu’il ne se révèlerait pas être ma tombe…

Cependant, j’avais la sensation que refuser ne serait pas un acte sensé, donc je demandai promptement au meneur de la troupe : « Maître, avez-vous un plan ? »

Mon maître répondit instantanément : « Oui. »

Voyant mon maître déborder de confiance, je fus momentanément pris d’un espoir sans borne. J’attendis avec impatience ce plan comme je le questionnais : « Alors, quels sont les détails du plan ? »

Mon maître leva mystérieusement son index, et pointa ensuite la caverne, expliquant : « Se battre jusqu’à atteindre les parties les plus secrètes et profondes de la grotte, se reposer une journée pour que tu récupères ta lumière sacrée à son maximum, purifier la grotte, prendre l’“Éternelle Tranquillité”, et la mission est finie ! »

À la vitesse de l’éclair, l’espoir s’éteignit dans mon esprit. Si cela est un plan, alors « Trouver l’ennemi, le vaincre, secourir la princesse, retourner au royaume et l’épouser » serait le  projet complet d’aventure d’un chevalier pour secourir une princesse depuis la nuit des temps et, même après mille ans, il ne serait pas nécessaire d’en changer un mot.

« Ce n’est pas mal du tout en fait. » À ce moment-là, Aldrizzt ajouta sereinement : « Tu ne connais pas l’histoire de la dernière fois, dans quelles circonstances nous avons dû nous aventurer dans le repère d’un dragon pour dérober une couronne… »

« Quel genre de circonstances ? » demandai-je immédiatement, ressentant le besoin de connaître des circonstances encore plus tragiques. De cette façon, je serais capable de considérer que les circonstances actuelles n’étaient pas si mauvaises, et je pourrais les affronter avec sérénité.

Les larmes aux yeux, Aldrizzt raconta en se lamentant : « Le guérisseur n’avait pas dormi la nuit précédente, car il était avec une prostituée, et sa lumière sacrée était à moins d’un quart de sa puissance habituelle. L’épée du guerrier était brisée et avait été envoyée en réparation, mais celui-ci ne l’avait toujours pas récupérée. En explorant, le voleur s’était enfui avec l’argent découvert dans un coffre au trésor. Pendant que le mage cuisinait, il avait accidentellement brûlé la moitié d’un parchemin magique. Le chevalier sacré avait bu trop d’alcool et était toujours en train de décuver… »

À cet instant précis, je sentis soudainement que quelque chose clochait. Je demandai : « Attends une minute, qui était le mage qui a été assez stupide pour brûler un parchemin magique ? »

« C’était moi. » Aldrizzt baissa la tête d’un air coupable.

« Et le chevalier sacré qui avait la gueule de bois ? » Je ne me sentais absolument pas rassuré.

« C’était moi. » me répondit mon maître en me jetant un regard froid. Menaçant, il continua : « Former  un groupe avec le plus fort Chevalier du Soleil de l’Histoire ne te pose pas de problème, n’est-ce pas ? Hein ? »

« Non, bien sûr que non ! » affirmai-je sincèrement. « Par contre, Maître, votre gueule de bois… »

Mon maître soupira, et agita la main impatiemment : « Je n’ai pas bu tant que ça la nuit dernière. »

Je suis soulagé.

« Ainsi, je n’ai qu’un peu la gueule de bois. »

« … »

Oh Dieu de la Lumière ! Mike, Austin, Anne et mon cher Leaf, vous êtes les meilleurs camarades du monde. Je me suis vraiment trompé, s’il-vous-plaît venez me sauver ! Dépêchez-vous de venir me chercher pour me reprendre dans votre équipe. Ça me va, même si vous voulez que je sois un guérisseur !

Malheureusement, ma relation avec Leaf n’était pas suffisamment bonne pour que nos pensées fussent liées, et donc, en fin de compte, il ne vint pas me sauver. Je pus seulement suivre mon maître, et m’enfoncer dans une grotte qui s’annonçait aussi sombre que mon futur…

Une fois que nous fûmes entrés dans la caverne, il y avait des rangées de squelettes qui se trouvaient de chaque côté de l’entrée. Ces squelettes provenaient probablement de cadavres récents, qui étaient fournis par ceux qui s’aventuraient ici et qui finissaient par s’y installer involontairement. Comme les cadavres devaient être relativement frais, il y avait même encore des bouts de « trucs » accrochés à la surface des os. Aussi, ils n’étaient pas entièrement pourris, alors leur effet terrifiant était également augmenté. À part l’effet visuel, je sentis que mon odorat avait également reçu des dommages irréparables.

Mon maître se tint le nez en s’exclamant : « Pourquoi ne te dépêches-tu pas de les exploser !? Je suis en train de mourir à cause de cette puanteur ! »

Je lâchai un « oh », et envoyai négligemment une explosion de lumière sacrée. Après cela, on entendit des os tomber au sol. Une fois que la lumière sacrée se fut dissipée, les squelettes qui s’étaient tenus en rangs d’oignons avaient déjà été transformés en une fine poudre couvrant tout le sol, comme si un « tapis blanc » avait été déroulé pour saluer notre arrivée.

Après cela, bien que mon maître eût affirmé qu’il avait encore la gueule de bois, quand nous rencontrâmes d’autres squelettes, il nous ouvrit un passage d’un coup d’épée comme à son habitude. Parfois, il usait accidentellement d’un peu trop de force et aidait à élargir la grotte. Même si, à ce moment-là, j’étais un peu inquiet à l’idée que le plafond pût s’écrouler, après y avoir soigneusement réfléchi, même si le plafond venait effectivement à s’effondrer, mon maître serait capable de se tailler un chemin dans la roche à coup d’épée, donc il n’y avait nul besoin de s’inquiéter.

Quant à Aldrizzt, malgré le fait qu’il eût précédemment annoncé avec joie qu’il n’avait plus de force en atterrissant, lorsque le squelette, que j’avais « par hasard » raté et pas réussi à arrêter, chargea droit sur lui, il le regarda avec dédain. Et ensuite, de la même manière qu’on se servait d’un marteau pour ouvrir une noix, il employa un sortilège avancé de la magie des ténèbres,  « Feu des Enfers », et le rôtit à la perfection.

Comme la portée du Feu des Enfers était trop importante, le feu se propagea de manière fortuite, brûlant un grand nombre de squelettes, le feu ne pouvant être contenu une fois allumé.

À ce moment-là, j’utilisai ma Lame de Vent… pour m’éventer. Quelle chaleur !

Par contre, je commençais à comprendre la force de mon maître et d’Aldrizzt. Il y avait une bonne raison pour laquelle ils avaient été capables de se faufiler dans le repère d’un dragon dans des circonstances aussi chaotiques et étaient quand même parvenus à s’en sortir vivants.

À cet instant, Aldrizzt me jeta un regard particulièrement hautain. Il me dit d’un air malheureux : « N’es-tu pas un peu laxiste ? »

Avant que je n’eusse pu parler, mon maître lui expliqua : « Aldrizzt, tu dois le traiter comme un guérisseur. »

« Oh ! » lâcha Aldrizzt, réalisant soudain la situation, et il me répondit en s’excusant : « Désolé, dans des moments comme celui-ci, les guérisseurs sont bel et bien sensés rester derrière et apprécier la brise d’air fraîche. Néanmoins, aurais-tu la gentillesse de me donner un petit coup de Lame de Vent ? Il fait en effet un peu chaud. »

« Bien entendu. » J’utilisai une faible Lame de Vent pour l’aérer et lui rappelai alors : « La prochaine fois, ne te sers pas de ce genre de magie dans un espace aussi confiné. La laisser blesser d’autres personnes n’est pas un problème, mais évite de finir par blesser notre groupe aussi. »

« Ouais ! » Mon maître commença à s’éventer avec son épaulière.

« Oui, oui. Je suis sincèrement désolé d’avoir réchauffé tout le monde. » Aldrizzt admit son erreur avec beaucoup de courage. Cet elfe noir sait vraiment comment rectifier ses erreurs !

Après cela, le feu semblait impossible à éteindre dans un court intervalle de temps… car les créatures des ténèbres continuaient à charger tête baissée dans celui-ci, venant des profondeurs de la caverne pour devenir du carburant… Donc, grâce à cela, nous pûmes nous asseoir tous les trois et commencer à préparer le repas, en faisant usage du « feu » présent pour rôtir notre viande.

« User d’un feu alimenté par des cadavres afin de rôtir de la viande ne parait-il pas un peu inapproprié ? » Aldrizzt fixait la viande qui grillait d’un air un peu dégouté. Inquiet, il ajouta : « Sans compter qu’il s’agit d’un feu confectionné à l’aide de la magie des ténèbres, alors il pourrait s’avérer néfaste pour le corps humain. »

« Même si c’était néfaste pour les humains, ce ne serait quand même pas ton problème ! » rétorquai-je avec confiance. « Tu n’es pas un humain. »

Aldrizzt y réfléchit un moment, avant de dire : « C’est vrai. » Il se détendit et commença à manger la viande lui aussi.

Après que nous nous fûmes rassasiés, le feu avait fini par rétrécir. Nous pûmes alors avancer tranquillement entre les tas de cendres, et continuer à nous enfoncer dans les profondeurs de la grotte. À cause du réseau de tunnels se déployant dans toutes les directions, nous n’avions aucune idée de la direction à suivre. Par conséquent, nous employâmes la méthode de mon maître : nous diriger dans la direction où les monstres étaient les plus forts, et dans ce cas on ne pouvait se tromper.

Nous passâmes des squelettes du niveau le plus bas aux goules à l’odeur nauséabonde. C’était un genre de cadavre à moitié décomposé, et dont des lambeaux de chair pourrissante étaient encore accrochés à ses os. Leurs mouvements étaient lents, mais un poison violent parcourait leurs corps. On était empoisonné par simple contact, et s’il n’y avait pas de guérisseur dans l’équipe ou pas d’antidotes pour se détoxiquer, alors on pouvait automatiquement commencer à creuser sa tombe juste après.

Cependant, s’inquiéter de l’empoisonnement par contact avec une goule n’était que peu pertinent, car ces dernières dégageaient une odeur tellement nauséabonde que j’étais sur le point de succomber à leur puanteur, même en me tenant à dix mètres de distance. Si j’étais assez près pour les toucher, je commencerais par me couper le nez, avant même de penser à m’inquiéter d’être empoisonné.

« Mon Dieu ! Bande de restes putrides de personnes décédées, dépêchez-vous de retourner auprès du Dieu de la Lumière pour vous repentir de ne pas vous laver ! »

Je pinçai mon nez d’une main, tandis que, de l’autre,  j’envoyais une Lame de Vent pour repousser l’odeur comme si ma vie en dépendait. Mon corps se mit alors à briller d’un éclat infini, illuminant la caverne entière comme si le soleil venait de se lever à l’intérieur. Une fois que la lumière sacrée se fut éteinte, la grotte entière était enfin propre, et même l‘air semblait frais et rafraîchissant.

Je descendis la main qui me tenait le nez, et affirmai, très satisfait de moi : « La lumière sacrée, comme on pouvait s’y attendre, est la méthode la plus efficace pour stériliser et désodoriser. »

Après cela, nous continuâmes à rencontrer des cadavres mutants, des chiens des enfers en décomposition, et des cadavres pouvant sucer le sang des humains. J’avais entendu dire que les gens avaient donné à ce genre de monstres le charmant nom de vampires. Nous vîmes également des démons oculaires, qui avaient l’apparence d’un œil géant, des ombres fantomatiques qui étaient noires de la tête aux pieds, etc.

Globalement, s’il n’y avait qu’un seul monstre avec une forme matérielle, il se faisait trancher en deux par mon maître après s’être montré. Si les monstres avec une forme matérielle faisaient partie d’un groupe de taille plus imposante, alors je pouvais assister aux différentes techniques d’Aldrizzt en termes de magie de l’élément des ténèbres et, dans le même temps, je sentais vaguement que j’avais secrètement appris certaines de ses techniques. S’il s’agissait d’un monstre sans forme matérielle, comme les ombres fantomatiques, il se faisait stériliser par ma lumière sacrée.

En cours de route, nous avions même rencontré un autre groupe qui s’était aventuré ici… Les cinq personnes le composant étaient dissimulées derrière un guerrier-squelette géant, et ce fut seulement après que mon maître eût tranché le guerrier-squelette d’un seul coup et qu’il fût tombé au sol avec un « boom » retentissant que nous découvrîmes ces cinq personnes.

C’était une équipe standard d’aventuriers, comprenant un guerrier, un archer, un voleur, un prêtre-guerrier, et une personne appartenant à une catégorie moins commune : un druide. Ce genre de personne est expert dans la métamorphose en divers animaux, et il existe un genre de druide spécialisé dans les soins et la détoxification.

Au moment où nous les aperçûmes, Aldrizzt attrapa immédiatement la capuche de son manteau et se couvrit entièrement.

Tous les cinq observaient mon maître, sans expression visible. Mon maître était également un peu abasourdi, et il révéla le sourire radieux caractéristique du Chevalier du Soleil et, d’une attitude délicate et élégante qui imprimait dans le cœur de chacun une impression favorable de lui, il dit : « Mes excuses, mes yeux se sont momentanément affaiblis, et il semblerait que je vous aie volé la mise à mort de votre monstre. Je vous prie de bien vouloir considérer ce guerrier squelette comme un monstre que vous auriez vaincu, et de garder le butin obtenu pour vous. »

Ils fixèrent tous les cinq mon maître, complètement stupéfaits. L’expression arborée par les deux femmes du groupe, l’archère et la prêtresse-guerrière, ressemblait à peu près à celle du « coup de foudre ». L’expression du guerrier pouvait être considérée comme une « adoration éperdue ». Le voleur fixait l’épée précieuse que mon maître avait à la main ainsi que l’armure et les accessoires extraordinaires qu’il portait sur lui, et son expression pouvait globalement être décrite par des « yeux brillants de convoitise ». En revanche, le druide paraissait beaucoup plus ordinaire. Il fronça légèrement les sourcils et adopta une position vigilante.

On dirait que, dans ce groupe d’aventuriers, le druide doit être le véritable chef, même si le guerrier en porte probablement le nom et se trouve en première ligne !

« Vous formez une équipe ? Un chevalier, un assassin et un mage ? » Le druide prenait notre mesure en fronçant les sourcils.

« Non, c’est un guérisseur », le corrigea mon maître en me pointant du doigt. « Je suis moi-même un chevalier sacré. »

« Un guérisseur ? » demanda le druide avec un soupçon de doute. « Mais, il porte des vêtements d’assassin. »

Mon maître fit paraître un sourire digne de confiance et répondit : « Oh, c’est parce que sa tenue de guérisseur a accidentellement brûlé pendant qu’on cuisinait, donc il n’a pu que se changer dans des vêtements d’assassin. »

À ce moment précis, je m’avançai, tandis que mes mains émettaient de la lumière sacrée, pour stériliser le guerrier-squelette gisant sur le sol. Il se transforma en une pile de poussière d’os blanche, laissant seulement  le butin intact, celui-ci consistant en une armure, des épées précieuses, et d’autres choses du même genre.

J’hochai la tête très satisfait de moi mais, lorsque je me tournai, je vis que les cinq personnes composant l’autre équipe me dévisageaient d’un air estomaqué.

À cet instant-là, Aldrizzt me murmura un rappel dans le creux de mon oreille : « Tu n’as pas récité d’incantation. »

Merde ! J’ai oublié.

Après avoir vu ce que j’avais fait, même le druide hocha la tête d’un regard vide, ne réfléchissant même pas une seconde à pourquoi un guérisseur mettrait des vêtements d’assassins, dans une équipe où il n’y a pas d’assassin.

Cependant, ce que j’avais sur le dos n’était en rien une tenue d’assassin, mais plutôt les vêtements qu’Aldrizzt portait sous ses robes de mages. Toutefois, puisqu’ils possédaient les caractéristiques d’être noirs et un peu moulants, ils ressemblaient vraiment à ceux qu’un assassin porterait.

Suite à cela, le druide jeta un regard aux restes du guerrier-squelette comme s’il ne pouvait pas supporter de s’en séparer, mais nous affirma quand même : « Ce guerrier-squelette vous appartient. En fait, si vous n’étiez pas venu, je crains que nous ne serions pas sortis vivants de cette caverne. »

En entendant cela, je les soupesai du regard. Comme je m’y attendais, ils paraissaient épuisés et abattus.

Je leur rappelai, faisant preuve de bonne volonté : « Dans ce cas, vous pouvez sortir maintenant. Nous nous sommes déjà débarrassés des monstres derrière nous, donc il ne devrait pas y avoir trop de danger sur votre route. »

Le druide eut un sourire amer en répliquant : « C’est impossible. Les monstres ici ne mettent que trois jours pour réapparaître complètement, alors j’ai bien peur que la route ne soit à nouveau pleine de monstres. D’ailleurs, nous ne sommes plus aussi bien préparés que quand nous sommes entrés. Je doute que nous soyons en mesure de sortir. »

À ce moment-là, le guerrier sembla frustré, tandis qu’il s’excusait auprès de ses camarades : « Je suis désolé, c’est seulement parce que je vous ai emmenés trop loin à l’intérieur que nous en sommes là. »

Ses camarades commencèrent à le réconforter : « Nous ne te blâmons pas. Personne ne se serait attendu à rencontrer soudainement un guerrier-squelette et des chiens des enfers, autrement, nous n’aurions pas eu de problèmes majeurs. »

Voyant une volonté de mourir dans leurs yeux, je ne pus m’empêcher de les interrompre pour leur apprendre : « Mais, nous venons tout juste de finir de massacrer les monstres à l’extérieur, ils n’ont probablement pas encore eu assez de temps pour revenir. »

L’autre équipe nous contempla d’un air ahuri. Le guerrier ne put s’empêcher de demander : « V-Vous, combien de temps avez-vous mis pour arriver jusqu’ici ? »

Mon maître resta silencieux, et Aldrizzt prétendit ne pas s’en préoccuper, alors je pus seulement réfléchir très fort à combien de temps une équipe d’aventuriers classiques aurait mis pour parvenir jusqu’ici. Je m’essayai avec précaution : « Environ trois… »

« Quoi ? Trois jours ? » L’autre groupe venait de se prendre un gros choc et s’exclama : « Nous sommes cinq, et ça nous a pris une semaine. »

« … » À la base, je voulais dire trois heures. Néanmoins, en réalité, on a seulement dû y passer trente minutes. Dieu merci, je n’ai pas été plus précis…

« Si vous y avez passé seulement trois jours, alors les monstres pourraient vraiment ne pas être complètement réapparus ! » L’équipe révéla une expression euphorique à cette idée.

« C’est ça ! Vous devriez vous dépêcher de récupérer le butin du guerrier-squelette qui traîne au sol et sortir en vitesse. Ne vous inquiétez pas, rien ne nous arrivera. » Mon maître agita la main dans leur direction et leur rappela même, en faisant preuve de « bonne volonté » : « Vous feriez mieux de sortir en courant car, si les monstres reviennent dans le cas contraire, cela pourrait s’avérer mauvais. »

Je contemplai le comportement perfide de mon maître, complètement sans voix. Après tout, l’équipe avait trois jours pour sortir. Même s’ils le faisaient en rampant, ils auraient amplement le temps.

Cependant, une fois que l’autre groupe eut entendu les paroles de mon maître, ils attrapèrent le butin et, après quelques remerciements, s’en furent précipitamment.

Voyant ce groupe courir à toute vitesse en direction de l’entrée, comme s’ils n’oseraient plus jamais mettre les pieds ici de toute leur vie, je murmurai pour moi-même, totalement incrédule : « Nous sommes vraiment si forts que ça ? »

Entendant cela, mon maître éclata de rire et me répondit, un peu taquin : « Qui crois-tu être ? Qui suis-je, au fait ? Aldrizzt est un mage de quel âge ? »

« Même si, honnêtement, cette équipe ne peut pas se comparer avec celle que tu as quittée momentanément. »

Aldrizzt réfléchit, pendant qu’il listait : « Les guerriers se constituent du Fils du Dieu de la Guerre et de la Princesse Anne, une héroïne parmi les femmes, qui est aussi connue que lui en terme de prouesses au combat. L’archer fait partie des Douze Chevaliers Sacrés et, en plus, il y a un prêtre-guerrier qui peut amplifier les capacités de ceux qui combattent. Le guérisseur est le Chevalier du Soleil connu pour posséder la plus puissante lumière sacrée de toute l’Histoire… Quand bien même vous nommeriez votre équipe “Le Groupe d’Aventuriers Tueur de Dragons”, ce ne serait pas qu’un nom, vous en auriez les capacités. »

Entendre cela me soulagea soudainement. Au début, j’étais toujours un peu inquiet à l’idée d’avoir quitté mon groupe, mais une fois que j’eus entendu que notre équipe avait la force écrasante d’abattre un dragon, dans ce cas quel que soit le danger, il ne devrait pas y avoir le moindre de problème !

À ce moment-là, le visage de mon maître s’effondra, comme il me réprimandait : « Mais, les choses de la vie ne sont jamais absolues, mon enfant, et tu ne sais jamais quand un groupe plus fort va apparaître devant toi. »

Je baissai la tête pour recevoir ses conseils, mais je n’étais pas tout à fait d’accord avec lui dans mon cœur. Ne me dites pas que, dans ce monde, il existe quelque chose d’encore plus terrifiant qu’un dragon ?

Mon maître se doutait probablement aussi qu’il réfléchissait trop sur la question mais, pour une raison quelconque, il fronça les sourcils en déclarant : « Allons-y ! Nous allons nous dépêcher de finir notre boulot ici, pour que tu puisses retourner auprès de ton équipe. Je n’arrête pas d’avoir ce pressentiment inquiétant… Quelle qu’en soit la raison, ce n’est jamais bon de se séparer de son groupe trop longtemps. Si nous n’avions pas absolument eu besoin de toi pour ça, je n’aurais pas retardé ton retour. »

J’hochai la tête mais, au fond de moi, je n’étais pas inquiet du tout. C’était parce que je savais déjà que la Princesse Anne essayait de nous ralentir pour que la fuite amoureuse de la Princesse Alice réussisse. Même si je revenais, elle ne me mènerait qu’à une chasse au dahu ! Donc, je n’étais pas pressé de rentrer.

En outre, je sentais que je ne voulais pas séparer un couple d’amoureux. Quand j’avais rencontré le chevalier noir, qui était si beau que les gens auraient envie de le battre à mort, il n’avait pas levé la main contre moi, et semblait être une personne relativement raisonnable. Par conséquent, je n’étais pas très enthousiaste à l’idée de le séparer de force de la princesse.

Finalement, mon maître soupira. « Allons-y ! Nous en rediscuterons quand ce sera fini. »

J’acquiesçai de la tête et suivis docilement mon maître.

 

 

En fin de compte, nous passâmes trois jours à tourner en rond dans la cave, à chercher l’« Éternelle Tranquillité ».

Ces trois jours s’avérèrent assez joyeux. Aldrizzt avait toujours une histoire à me raconter. Il me parlait de son pays d’origine, des aventures qu’il avait vécues depuis son départ de là-bas. Néanmoins, quand les histoires le concernaient, il n’était pas très enclin à me les raconter, mais cela ne me dérangeait point, puisque tout le monde possédait ses propres secrets.

En échange, je lui racontais les choses qui étaient survenues au Temple Sacré, et il écoutait toujours avec enthousiasme. Quand nous discutions des choses arrivées plus récemment, même mon maître ne put s’empêcher de rire de tout son cœur en les entendant.

Quand je mentionnai Roland, j’observai prudemment l’expression de mon maître, craignant qu’il ne me reprochât de tourner autour du pot et ne m’ordonnât de passer Roland sur le grill.

Qui aurait su que, quand j’aurais fini de parler, ce serait Aldrizzt qui éclaterait de rire. « Pas étonnant que tu n’éprouves même pas le plus petit préjugé envers un elfe noir malveillant comme moi. Tu es déjà amis avec un Chevalier de la Mort, et qu’est-ce qu’un simple elfe noir à côté de ça ? »

D’un autre côté, mon maître répliqua avec impuissance : « Tu ne te préoccupes vraiment pas des lois. »

« Maître, vous ne parlerez pas de Roland, n’est-ce pas ? » lui demandai-je, un peu nerveusement.

Mon maître se tut un instant, puis me regarda droit dans les yeux. « Tu dois me promettre de ne pas le laisser quitter le Temple Sacré. Qui plus est, avant de prendre ta retraite à quarante ans, détruis-le. »

J’étais juste sur le point de protester à propos de devoir détruire Roland, mais mon maître ajouta vivement : « Vivre environ dix ans de plus devrait être assez pour lui. Si tu ne veux pas le laisser mourir des mains de ton apprenti, alors tue-le avant de perdre la faveur du Dieu de la Lumière. Autrement, quand tu auras passé l’Épée Divine du Soleil à ton successeur, tu n’auras peut-être pas assez de forces pour t’en débarrasser. »

Je restai silencieux un moment, mais finis par hocher la tête. Bien que dans mon cœur, j’avais l’impression secrète que, à ce moment-là, je ne serais probablement toujours pas capable de le faire… Néanmoins, quelque chose qui se produirait dans dix ans dans l’avenir devrait être laissé aux inquiétudes du moi du futur !

« Mon enfant, tu as le cœur trop tendre. Tant que les gens ne t’ont pas offensé, peu importe à quel point ils peuvent représenter une menace potentielle, tu ne tenteras rien contre eux. »

Mon maître poussa un nouveau soupir et affirma en tapotant mon épaule : « Ta personnalité ne peut pas être considérée comme mauvaise. Si ce n’était pas à cause d’elle, Aldrizzt ne t’aurait pas traité comme un ami aussi vite. Toutefois, ta personnalité est également très dangereuse. J’ai peur que vienne un jour où tu devras payer pour cela. »

Je baissai la tête et prétendis écouter ses conseils sérieusement. Mon maître n’a en effet pas du tout changé ; il ne peut s’empêcher de continuer à me former, alors même qu’il est parti à la retraite.

« Mon enfant. »

Mon maître m’appela, et je levai la tête pour le regarder. Cependant, il commença à me caresser la tête comme si j’étais un gamin et me dit : « Quoi qu’il advienne, n’oublie pas que ton maître est toujours là. »

« Compte également sur moi, dans ce cas. » renchérit Aldrizzt avec indifférence.

En entendant les mots prononcés par mon maître et Aldrizzt, je sentis la chaleur envahir mon cœur. Pourtant, je ne pus m’empêcher de me plaindre : « Vous osez encore dire ça ! Maître, dès que vous avez pris votre retraite, vous avez disparu sans laisser la moindre trace. Plus tôt, quand le roi, la princesse et moi avons eu un différend, si vous aviez été présent, ils auraient probablement obéi à vos ordres sagement, et je n’aurais pas eu besoin de me surmener. »

En entendant cela, mon maître me frappa sur la tête, en grondant : « Sale petit morveux, tu es déjà grand maintenant. Serais-tu en train de me demander de rester à tes côtés afin de te servir de nourrice ? Pour ce genre de détails triviaux, débrouille-toi tout seul ! »

« Si ce genre de choses est considéré comme étant trivial, alors dans quel genre de situation puis-je aller demander de l’aide à mon maître ? Ne me dîtes pas que je ne peux venir vous chercher que pour aller abattre un dragon… »

Comme je me frottais la tête et me plaignais à voix basse, j’aperçus mon maître rouler des yeux et Aldrizzt rire doucement. Voyant la situation, je commençai à rire également. Si nous avions vraiment besoin d’abattre un dragon, alors le Temple Sacré mobiliserait forcément un grand nombre de personnes. À ce moment-là, avec les Douze Chevaliers Sacrés à mes côtés, et vu leur puissance, je n’aurais pas besoin d’aller chercher mon maître.

Nous continuâmes notre périple en bavardant. En fait, la personne qui était principalement responsable d’envoyer les monstres voler au loin était mon maître. Pendant ce temps, Aldrizzt et moi étions occupés à bavarder derrière.

« Neo est vraiment fort ! Même parmi les hommes de mon clan qui se spécialisent dans le combat, il n’y a personne qui soit aussi fort. »

Dans mon cœur, je ressentais la même chose, tandis que je lui répondais : « Oui. Mon maître est, après tout, le Plus Fort Chevalier du Soleil de l’Histoire. Il est déjà fort en ce moment, alors quand mon maître possédait encore la faveur du Dieu de la Lumière, tu peux imaginer à quel point il était puissant à l’époque… »

« Qu’il ait ou non la faveur du Dieu de la Lumière ne doit pas être si important que ça, n’est-ce pas ? » demanda Aldrizzt avec indifférence. « Même en ayant la faveur du Dieu de la Lumière, ce n’est pas comme si les capacités à l’épée de Neo en étaient améliorées, non ? »

« Oh… » Je regardai Aldrizzt. Il n’a pas l’air d’aimer soulever le sujet de la religion ? « Ses capacités à l’épée n’avaient pas été améliorées. Cependant, il y a d’autres bénéfices à être le représentant du Dieu de la Lumière. »

Ce sujet semblait dégouter un peu Aldrizzt. Il déclara : « Le bénéfice de renforcer sa lumière sacrée ne me parait pas suffisant pour que les gens placent leur foi dans le Dieu de la Lumière. »

Je penchai la tête et réfléchis un moment avant d’avancer ce qui était, à mon avis, l’exemple le plus percutant. « Je suis le trente-huitième Chevalier du Soleil, et aucun des trente-sept Chevaliers du Soleil précédents n’est mort durant l’exercice de ses fonctions. »

Aldrizzt afficha une expression extrêmement bizarre, tandis qu’il me questionnait avec incrédulité : « Le Chevalier du Soleil est immortel ? »

« Bien sûr que non. » Je roulai des yeux vers lui. Je lui répondis, d’un ton grognon : « C’est juste que c’est très difficile pour un Chevalier du Soleil de mourir. C’est parce que la lumière sacrée dans nos corps est extrêmement concentrée, et notre résistance est simplement trop importante. Tant que nous ne recevons pas un coup mortel, il n’y a pratiquement aucun risque pour nous de mourir. »

À ce moment-là, mon maître, qui était à l’avant, commença à rire. Pendant qu’il tuait les monstres, il dit : « On raconte que le dixième Chevalier du Soleil s’est fait transpercé le cœur par une épée une fois, mais au final il est quand même parvenu à survivre. »

Aldrizzt commença à secouer la tête, n’en croyant pas ses oreilles.

Je souris en poursuivant : « Donc, avec la force actuelle de mon maître, si vous ajoutez cette incroyable résistance, quelle force crois-tu qu’il… »

Je m’interrompis brutalement.

Aldrizzt me fixa du regard un peu bizarrement : « Grisia ? »

Je pris une profonde inspiration et pointai vers l’avant, en annonçant : « Je pense que nous avons débusqué notre cible. Là-bas, au bout de l’embranchement de la route, il y a un élément de l’eau incroyablement puissant ! »

En entendant cela, mon maître attaqua le monstre devant lui d’un coup d’épée, l’envoyant valser en pièces détachées. Après, il se figea en prenant une pose avant de brandir son épée et de garder cette pose pendant trois secondes. Et, alors, avec un balancement de son épée…

Les cheveux blancs d’Aldrizzt et mes cheveux blonds virevoltèrent dans une danse folle, induite par les courants d’air provoqués par le mouvement de l’épée. Nous observâmes tous les deux, sans expression apparente, l’embranchement de la route où un parchemin magique semblait avoir explosé. Toute la route fit « boum boum boum » et émit un « bang » final et bruyant, capable de provoquer un bourdonnement d’oreilles. En dernier, arriva un nuage de poussière qui flotta pendant un certain temps par la suite…

Mon maître était de bonne humeur, comme il se tournait vers nous pour nous dire : « Très bien, les monstres ont tous été éliminés. Mon enfant, une fois que nous serons entrés dans la salle, et que tu seras suffisamment reposé, exécutons le rituel de purification. Étant ton maître, je vais monter la garde devant l’entrée de la salle et empêcher les monstres de te déranger. »

Aldrizzt tourna la tête pour me regarder et, d’un ton sévère, décréta : « J’ai vraiment l’impression que Neo n’a pas besoin de la faveur du Dieu de la Lumière, et qu’il n’y ait rien au monde qui puisse le tuer. »

« Tu as raison. » Je n’aurais pu être davantage d’accord avec lui.

La Légende du Chevalier du Soleil T3C5 : L’Inévitable Maître Dans Une Aventure – Un Homme Sage

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 : À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : 御 我 (Yu Wo)


The Mandatory Mentor for an Adventure : A Wise Man – traduit du chinois vers l’anglais par raylight[PR!]
L’Inévitable Maître Dans Une Aventure : Un Homme Sage –  traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Ma mémoire était, comme on pouvait s’y attendre, un don qui m’avait été accordé par le Dieu de la Lumière. Même si je n’avais vu la carte du Royaume de l’Orchidée Lunaire qu’une seule fois, j’avais déjà mémorisé à peu près tous les endroits dignes d’intérêts. Si la reine du Royaume de l’Orchidée Lunaire avait eu connaissance de mon don, elle n’aurait probablement pas osé dérouler devant moi cette carte détaillée même si cela lui avait coûté la vie.

Après avoir marché pendant une demi-journée, j’atteignis une petite ville nommée la Ville de la Forêt Feuillue sans faire le moindre détour. Cette ville était, sans surprise, spéciale parce qu’elle était complètement entourée par une forêt. Il n’y avait que sur cette parcelle de terre qu’on retrouvait une prairie traversée par une rivière. Sans la rivière, il n’y aurait eu absolument aucune chance qu’une ville puisse s’y développer.

Même ainsi, ce genre d’endroit ancré profondément dans une forêt n’était pas fait pour supporter une grande population. Importer des marchandises de l’extérieur était également difficile.

J’imagine que la raison pour laquelle il y avait une ville ici était qu’il y avait probablement trop de groupes d’aventuriers qui avaient besoin de refaire leurs stocks de provisions lorsqu’elles passaient à travers la forêt. Pour les marchands, tant qu’il y avait assez de bénéfices, ne parlons même pas d’une forêt, ils oseraient même charger dans l’antre d’un dragon !

Juste devant se trouvait un comptoir pour les créatures magiques et leurs produits. Même si les bêtes magiques étaient dangereuses, elles avaient une grande valeur commerciale. De leur peau et de leur viande jusqu’à leur sang, corne et autre, ils avaient tous leur propre utilisation. Ils étaient également la principale source de revenus des aventuriers.

Après que j’eus soigneusement utilisé un tissu pour envelopper le blason en forme de soleil sur mes manches, je marchai jusqu’à la Ville de la Forêt Feuillue. Bien que la ville ne fût pas grande, les bâtiments étaient disposés de façon assez chaotique. Après y être entré, je restai momentanément indécis quant à la direction à emprunter pour trouver la taverne.

J’arrêtai un aventurier et, en affichant un sourire aimable, je lui demandai : « Cher frère, puis-je te demander dans quelle direction se trouve la taverne ? »

L’aventurier me jaugea de haut en bas, puis marmonna quelques phrases : « D’où sort un chevalier aussi beau ? Je devrais vraiment… avoir un rival de moins. » Après une pause, il répondit : « Tu vois cette allée sur la gauche ? Prends-la, puis passe devant deux armureries et tourne à droite. Une fois que tu auras dépassé un bazar, tourne encore à droite. Ensuite, après être passé à côté de deux puits, tu arriveras à une intersection. Emprunte la route du milieu. Quand tu auras dépassé une boulangerie, tourne à gauche, et marche tout droit jusqu’au bout et tu atteindras l’endroit. Tu as tout compris ? »

« J’ai tout compris. » Souriant, je répétai : « Je vais dans cette allée à gauche, je passe devant deux armureries, tourne à droite, dépasse un bazar, puis tourne à droite. Ensuite, après être passé devant deux puits, il y a une intersection. Je choisis la route du milieu, et je dépasse une boulangerie, tourne à gauche, et enfin je vais tout droit jusqu’au bout. »

L’aventurier était profondément choqué. « Mon Dieu ! Tu arrives vraiment à te rappeler de tout ça ? »

Je souris à cet aventurier, ce qui lui fit perdre contenance. Ensuite, j’empruntai l’allée située sur la gauche. Hmph ! Si je peux même me souvenir d’une carte qui est plus grande que cinq tables alignées côte à côte, comment quelques simples tournants pourraient-ils me déconcerter ?

Je suivis la route que cette aimable personne avait mentionnée, mais je ne parvins pas à trouver les deux puits peu importe le nombre de temps que je passai à les chercher… Puis, je me rappelai brusquement que, à côté de cette ville, il y avait une rivière, donc on n’avait absolument pas besoin de creuser des puits pour avoir de l’eau.

Extrêmement agacé, je maugréai : « Je n’aurais vraiment pas dû demander mon chemin à un homme. Quels puits ? Il avait probablement envie d’en creuser un pour m’y enterrer, afin d’avoir un rival en moins ! »

On dirait que mon seul choix est de trouver quelqu’un d’autre à qui demander mon chemin.

J’étais sur le point de revenir sur mes pas pour aller questionner le propriétaire du bazar quand une personne, dont tout le corps était enveloppé par un manteau, me bloqua la route quelques mètres devant moi. Mon expression s’assombrit.

Contre toute attente, c’était quelqu’un qui possédait l’élément des ténèbres… Un nécromancien ? Mais, la composition de l’élément semblait être légèrement différente.

Avant que j’eus repris contenance, l’autre parti parla. Avec un ton gentil, il déclara : « Quel intense élément de la lumière ! Même moi, quelqu’un qui n’a pas la capacité de sentir les éléments, je parviens vraiment à sentir son incandescence. Comme c’est incroyable ! Est-ce la lumière du Chevalier du Soleil actuel ? »

Mon visage pâlit. Qui aurait cru que cet étranger devinerait que je suis le Chevalier du Soleil ? Qui plus est, “actuel” ? Ce détail a l’air un peu étrange…

J’étais encore en train d’essayer de deviner qui pouvait bien être la personne se tenant devant moi, mais je n’eus pas besoin de fournir plus d’efforts, puisque la personne mystérieuse défit lentement son manteau. Il tomba sur le sol, révélant la véritable identité de celui qui se trouvait dessous. Il possédait… une couleur de peau que même le soleil en plein après-midi serait incapable d’illuminer !

« Un elfe noir ! Pas étonnant que je n’arrivais pas à déterminer quel genre de métier une personne de cet élément occupait ! » Je ne pus m’empêcher de pousser un cri de surprise, puis je devins encore plus méfiant et dis : « Je n’aurais jamais imaginé que, de mon vivant, j’aurais la malchance de rencontrer un elfe noir, un membre d’une race qui est connue pour vivre sous terre ! Quel genre de plan sinistre comptes-tu accomplir en venant à la surface ? »

Ce qui restait inexprimé et qu’il fallait sous-entendre par-là était : Merde ! Récemment, je n’ai pas arrêté de jouer de malchance. Me balader la nuit m’a mené à rencontrer un chevalier noir, et marcher le long d’une allée résulte à me faire interpeller par un elfe noir. On dirait que la prochaine fois que j’irai aux toilettes, il est fort probable que je marche sur la queue d’un dragon… Je touche du bois, je touche du bois ! Je ne voulais pas dire ça. Oh Dieu de la Lumière ! Je vous en prie, ne prenez pas ce que je viens de dire au sérieux ! 

Bon, je pense ne pas avoir d’autre choix que d’expliquer quel genre de créature est un elfe noir, sinon personne ne sera en mesure de comprendre à quel point je suis malchanceux.

Dans ce monde, il n’y avait pas que la race humaine, même si la majorité de ce que les gens voyaient habituellement étaient des humains. Tout au plus, on pouvait apercevoir des nains dans les magasins de forgerons. Il n’y avait presqu’aucune différence entre l’apparence des nains et celle des humains, à l’exception du fait que, même s’il s’agissait d’un nain mâle adulte, il ne mesurerait que le deux tiers de la taille d’un homme. Leurs caractéristiques les plus distinctives, cependant, étaient que le nain mâle semblait toujours porter une longue barbe infestée de poux, et qu’ils étaient exceptionnellement doués pour travailler le métal quel que fût leur sexe.

Les elfes étaient une autre race connue des humains. Leur réputation était largement répandue, et pratiquement tout le monde savait que les elfes étaient une race fière mais extrêmement gentille. Cependant, presque personne n’en avait déjà vus. C’était parce qu’ils ne vivaient qu’à la périphérie du continent, dans les profondeurs lointaines des forêts. Les gens ordinaires n’étaient habituellement pas capables de visiter de tels endroits.

En plus de ces deux races, il y en avait d’autres qui étaient pratiquement à cheval entre les monstres et les humains. Par exemple, les gnomes étaient de petites créatures qui possédaient une peau verte de la tête aux pieds et qui avaient tendance à se rassembler en grands nombres. Les orcs appartenaient à une race qui paraissait posséder un corps mi-humain mi-animal.

Bien que ces races fussent légèrement civilisées, puisqu’elles avaient un langage simple et avaient la capacité de se servir du feu et des armes, leur style de vie n’était pas vraiment différent de celui d’une meute de loups. Généralement parlant, ils étaient rarement inclus dans les classements des races principales.

Les elfes noirs, cependant, étaient différents, puisqu’ils faisaient absolument partis des races principales. Leur apparence était très similaire à celle des elfes, avec une silhouette svelte et des oreilles pointues. Cependant, les elfes avaient la peau blanche, tandis que les elfes noirs avaient une couleur de peau semblable au charbon et qu’ils arboraient des cheveux blancs et des yeux rouges.

Contrairement aux elfes qui résidaient dans la forêt, ils vivaient dans les profondeurs du monde souterrain, et éprouvaient une haine sans borne vis-à-vis la lumière du soleil. Ils ne montaient presque jamais à la surface, et même en une centaine d’années, vous n’entendrez pas quelqu’un dire qu’il avait aperçu des elfes noirs à la surface. Toutefois, la chose la plus importante à propos d’eux était leurs caractéristiques raciales. Ils étaient une race notoirement connue pour être maléfique, et les elfes noirs — allant de l’enfant de huit mois dans son berceau jusqu’au vieil elfe noir de huit cents ans allongé sur son lit de mort — se conformaient tous à ce stéréotype du type machiavélique.

En plus d’être malveillants, ils possédaient une autre particularité importante : tous leurs citoyens étaient des soldats, faisant d’eux une race terrifiante avec des capacités de combats sans égales. Leur nombre n’était pas élevé mais, sans égard pour leur sexe ou leur âge, ils pouvaient tous être classés dans la catégorie d’élite au combat. Il était dit qu’aussi longtemps qu’un groupe d’elfes noirs attaquerait, une ville possédant une garnison militaire entière pour la défendre sera quand même détruite en une seule nuit.

Par chance, ils exécraient la lumière du soleil, d’où le fait qu’ils venaient rarement à la surface. S’ils daignaient jamais monter, de toute façon, ils iraient probablement chercher querelles aux elfes, dû à un ancien différend entre les deux races.

Et même alors que je racontais tout cela, en ce moment précis, en face de moi, se tenait un elfe noir malfaisant qui était situé à au moins cent huit mille kilomètres de chez lui.

En réalité, il afficha une expression d’appréciation, et déclara d’une voix pleine d’éloge : « Tu es seulement le deuxième humain à être parvenu à rester aussi calme après avoir découvert ma race. »

« Oh ? Dans ce cas, j’ai très envie de rencontrer le premier. »

Alors que je répondais, je réfléchis pour savoir si je devais, oui ou non, activer la Brigandine Sainte du Dragon. Cependant, j’avais entendu dire que la vitesse d’un elfe noir était particulièrement rapide. Si je venais à être tué pendant que je changeais de vêtements, perdre ma vie serait le dernier de mes soucis…

« Le Corps Nu Du Chevalier du Soleil A Été Retrouvé Dans Une Allée Obscure ! »

Quelles sortes d’associations sexuelles perverties seraient créées si ce genre de titre venait à paraître était une autre histoire ; toutefois, le problème principal résidait dans le fait que ce n’était définitivement pas une façon élégante de mourir. Si mon maître venait à découvrir que la façon dont j’étais mort était aussi embarrassante et pervertie, je tremble en imaginant quel genre de conséquences en découlerait… J’imagine que tout le monde ici présent a une idée de ce qu’elles seraient.

Plutôt que d’être envoyé à maintes reprises au septième ciel par mon maître… À quoi étiez-vous en train de penser ? Tss, tss, vos esprits sont si mal placés !

Je suis en train de dire que, plutôt que d’être ressuscité par mon maître après ma mort pour mourir de nouveau de façon élégante afin de le satisfaire, je pense que je vais proprement porter mon uniforme du Chevalier du Soleil et rencontrer la mort élégamment dès maintenant.

« Tu as l’air si sérieux. Serais-tu en train de te demander comment tu vas me tuer ? » questionna l’elfe noir avec un vague sourire légèrement amer.

Non, je suis seulement en train de considérer quelles poses et expressions seraient les plus élégantes à prendre pendant que je mourrais. Une petite allée n’est déjà pas un lieu approprié pour mourir avec élégance, c’est donc pourquoi je dois absolument inverser la situation en travaillant sur la pose et l’expression !

Voyant que je n’avais pas répondu, l’expression de l’elfe noir se fit encore plus attristée. Mais, cela n’élimait pas le doute qu’il aurait très bien pu jouer la comédie, puisque la rumeur racontait que sa race était fourbe de bien des façons. « Avant que tu n’attaques, j’ai encore un ami que j’aimerais te faire rencontrer », déclara-t-il.

L’ami d’un elfe noir ? On dirait vraiment que je suis sur le point de mourir…

Une autre personne portant un manteau émergea de l’angle de la rue. À en juger par sa taille, c’était probablement un homme. Sans rien dire, il retira immédiatement son manteau. Cependant, ce n’était pas un elfe noir, mais un magnifique homme aux cheveux blonds et aux yeux bleus. Il était âgé d’environ une trentaine d’années, et son visage affichait un doux sourire.

Bien que cette personne eût une apparence qui avait l’air très digne de confiance, quand je le reconnus, mes pupilles se dilatèrent abruptement, mon corps entier se raidit, mes mains et mes jambes devinrent glacées, mon cœur se mit à battre violemment, et des vagues de spasmes s’emparèrent de mon estomac et de mes intestins…

« Pourquoi… »

L’elfe noir tourna la tête pour regarder l’homme aux cheveux blonds, ne sachant pas s’il devait rire ou pleurer, puis il affirma : « Neo, quand ton élève m’a vu, moi, le maléfique elfe noir qui ne devrait se trouver nulle part à la surface, il est resté tellement calme que son visage n’a même pas changé. Mais, quand il t’a vu, toi, c’est… c’est comme si… »

Le magnifique chevalier aux cheveux blonds et aux yeux bleus afficha un éblouissant sourire franc, et continua la conversation. « C’est juste qu’il est enfin réuni avec le maître qu’il respecte plus que tout et qu’il n’a pas vu depuis belle lurette, et qu’il se sent très ému. Mon enfant, cela fait bien trois ans depuis la dernière fois où je t’ai vu. Dépêche-toi de t’approcher de quelques pas, que ton maître puisse bien t’examiner. »

Je reculai de plusieurs pas, et me mis même à prier pour que la mort vînt.

Dieu de la Lumière ! Vous êtes vraiment trop horrible ! Je préférerais encore marcher sur la queue d’un dragon plutôt que de rencontrer… « mon maître ».

Ah !

À cet instant-là, mon maître tourna la tête vers son bon ami, souriant tandis qu’il disait : « Cet enfant est vraiment timide, n’est-ce pas ? »

L’elfe noir sourit ironiquement et répliqua : « Au contraire, je n’ai pas vraiment eu cette impression. En fait, je dirais qu’il arbore la même expression que quelqu’un aurait eue s’il avait vu quelque chose ressemblant à un dragon… Ah ! “Ayant vu un dragon”, ce genre d’impression le décrit de la façon la plus appropriée. »

Tu as tort ! Même un dragon n’est pas aussi effrayant que mon maître !

Mon maître tourna la tête en continuant de sourire. « Mon cher Aldrizzt, cette blague que tu viens de faire est certainement intéressante. Cependant, ne dépasse pas les bornes avec ton humour. Regarde, tu as fait peur à mon apprenti. »

Aldrizzt lui retourna un léger sourire. « Il n’y a pas de doutes quant au fait qu’il soit effrayé, néanmoins, quant à savoir de qui il a peur, je crains que ce ne soit ouvert à la discussion. »

« Peut-être est-ce parce que ta peau est trop noire, voilà pourquoi il a pris peur ! Comme tu le sais, la couleur de peau du Chevalier du Soleil a toujours été aussi blanche que la neige. »

« Pour ton étudiant, c’est vrai. Mais, pour toi, au mieux tu ressembles à une miche de pain mal cuite », ne put s’empêcher de rétorquer Aldrizzt.

Les sourcils de mon maître se redressèrent. Il soupira et renchérit : « C’est toujours mieux que d’avoir l’air d’une bassine d’eau sale qui aurait servi à laver les pieds d’un guerrier… Mais, n’en sois pas si bouleversé, mon ami ! Un problème aussi trivial que la couleur de peau ne peut ruiner notre amitié. »

« Amitié ? » répéta Aldrizzt, choqué. « Ainsi, notre relation était en fait quelque chose comme ça… Hé ! Neo, ton élève donne l’impression de s’en aller. »

« Ahahah, Aldrizzt, cesse de plaisanter. Étant mon apprenti, il n’oserait définitivement pas “m’ignorer”, “ne pas me saluer”, et “partir sans permission”. »

Je me figeai sur place, et sentis mon visage se crisper plusieurs fois. En fin de compte, mon visage se durcit avec la résolution de celui qui s’apprête à aller occire un dragon, et je me retournai pour m’avancer jusqu’à mon maître. Au même moment, je me mis docilement à le saluer. « Mon cher maître, sous l’illumination du Dieu de la Lumière, comment vous portez-vous aujourd’hu— ? »

Le visage de mon maître devint sérieux, et sa voix devint plus grave. Employant un ton de commandant, il me coupa la parole : « Rentre le Dieu de la Lumière dans ton cœur, et dis-moi ce que tu fabriques dans un groupe d’aventuriers ! »

Je lui racontai immédiatement tout en détail.

Une fois que j’eus terminé mon histoire, mon maître continua de se marmonner à lui-même de façon indécise. En contraste, ce fut l’elfe noir, Aldrizzt, qui me critiqua, avec une expression froide : « En tant que membre de l’équipe, quitter le groupe de ta propre initiative est mal ! »

Je jetai un coup d’œil à l’elfe noir. En fait, j’ai envie de rétorquer qu’en dépit du fait que tu sois un elfe noir, tu ne me sembles pas le moins du monde maléfique, et c’est ça qui est mal ! Malheureusement, jusqu’à ce que je puisse proprement comprendre quel est ta relation avec mon maître, je n’ai pas l’intention de t’offenser.

Soudainement, mon maître sourit, compréhensif. « Tu as quitté ton équipe, parce que tu voulais enquêter sur moi et Aldrizzt, n’est-ce pas ? » demanda-t-il. « Une créature avec un élément des ténèbres et une avec un élément de la lumière qui voyagent ensemble, et qui maintiennent toujours une distance ni trop lointaine ni trop proche avec ton groupe par-dessus le marché, c’est terriblement suspicieux. »

Comme on pouvait s’y attendre de la part de mon maître, il est celui qui me comprend vraiment. J’ai bien peur que si je faisais ne serait-ce que lâcher un pet, il serait capable de déterminer ce que j’avais mangé au déjeuner.

J’acquiesçai et répondis : « Je vous avais déjà sentis à l’orée de la forêt, mais à ce moment-là je n’y avais pas vraiment prêté attention. Toutefois, par la suite, quand vous tourniez autour de la forêt mais gardiez toujours une certaine distance avec nous, j’ai commencé à devenir un peu nerveux. Mais, je ne pouvais pas en parler à mes coéquipiers, étant donné que j’aurais été obligé de révéler que j’avais la capacité de sentir les éléments. Donc, à la place, je n’ai pu que trouver une excuse pour quitter le groupe et aller explorer un petit peu. »

À cet instant-là, une expression de stupéfaction apparut sur le visage d’Aldrizzt.

Mon maître hocha la tête et fixa Aldrizzt tout en affichant une expression de fierté. « Je t’avais déjà averti à ce sujet auparavant ; tu ne peux pas prendre mon élève en filature et le lui cacher », lui rappela-t-il.

« C’est vraiment stupéfiant. » Aldrizzt se tourna vers moi et s’excusa : « Je suis vraiment désolé. J’ai eu tort de te critiquer. Je retire ce que j’ai dit. »

Je fixai cet elfe noir du regard. Tu ne pourrais pas être un peu plus dédié à ton travail, et montrer un comportement un peu plus malveillant ? En ce moment, cette personnalité complètement inoffensive, qui ne ferait pas de mal à une mouche, que tu es en train de montrer n’est-elle pas complètement en contradiction avec la description des elfes noirs que j’ai donnée plus tôt ?

« Pourquoi me dévisages-tu ainsi ? » questionna Aldrizzt, un peu perplexe.

Je le jaugeai de haut en bas, puis m’enquis avec méfiance : « Es-tu vraiment un elfe noir ? Se pourrait-il que tu sois un elfe resté trop longtemps sous le soleil et dont la peau aurait brûlé ? »

Aldrizzt resta stupéfait.

Ce fut mon maître qui se mit à rire. Comme il s’esclaffait, il administra une bonne claque dans le dos de l’elfe noir et beugla : « Aldrizzt, oh Aldrizzt ! J’ai encore deviné juste, n’est-ce pas ? Je te l’avais bien dit, même si tu étais un elfe noir si malfamé que tout le monde brûlerait d’envie de te tuer, tant que tu ne l’attaques pas, mon apprenti ne dégainerait même pas son arme, quand bien même il serait appuyé contre toi avec vos bras côtes à côtes… Quoique, qu’il tienne ou non une arme, il demeure toujours aussi faible. »

Une fois qu’Aldrizzt eut entendu cela, son regard envers moi s’adoucit beaucoup, et il me sourit même d’une manière totalement amicale.

L’humeur de mon maître était au beau fixe. Il me tapa dans le dos, en disant : « Mon enfant, c’est rare de te voir. Alors, viens boire un verre avec ton maître ! Ton maître a de nombreux récits d’aventures à te raconter, et il veut aussi entendre des histoires du Temple Sacré. »

Quand il eut terminé de parler, mon maître tourna la tête vers Aldrizzt, et rigola en disant : « Mon apprenti tient encore mieux l’alcool que moi ! Tu vas définitivement l’apprécier. Aujourd’hui, les gars, vous pouvez boire autant qu’il vous plaira ! »

« Oh ? » Aldrizzt semblait être euphorique.

En entendant cela, je pris une profonde inspiration, mon regard se déplaçant partout sans s’arrêter, tandis que je m’interrogeais quant à quel chemin emprunter pour avoir le moins de risque d’être rattrapé… Là !

« Hum… Neo, ton élève est en train d’escalader le mur. »

« …Reviens ! Nous payerons toutes les consommations. »

Je poussai un soupir de soulagement et sautai du haut du mur. Avec une sincérité qui ne pouvait être plus honnête, j’affirmai : « Ce sera avec plaisir, mon cher maître. Il est dit que le Chevalier du Soleil deviendrait probablement ivre en moins de trois verres, mais puisque mon maître en a fait la requête, votre apprenti vous suivra même jusque dans les profondeurs de l’enfer. »

Faisant face au regard d’Aldrizzt qui affichait un grand sourire, mon maître était un peu embarrassé alors qu’il se plaignait : « Faire sortir de l’argent de ta poche est encore plus difficile que de t’expédier en enfer. Je ne sais vraiment pas comment cette personnalité grippe-sou, qui est la tienne, a pu se développer. »

À l’évidence, elle m’a été enseignée par vous…

« Va et enfile les vêtements d’Aldrizzt, puis nous irons boire », continua mon maître. « Tu ne dois définitivement pas révéler que tu es le Chevalier du Soleil, puisque l’image du Chevalier du Soleil perdant connaissance au bout de trois verres ne doit pas être brisée ! »

Trouvant cela un peu étrange,  je demandai : « D’accord, mais pourquoi ne mettrais-je pas vos vêtements, maître ? »

« C’est parce que je porte un uniforme de chevalier, mais peu importe sous quel angle on te regarde, tu ne ressembles en rien à un chevalier. Tu peux tromper les ignorants gens du peuple, toutefois, dans un lieu comme une taverne où des experts se terrent, tu ferais mieux d’appartenir à une autre profession ! Ce n’est vraiment pas de bol qu’aucun de nous n’ait d’uniforme de prêtre avec lui, autrement, lorsque tu l’aurais porté, nous aurions tous les trois eu l’air d’un groupe complet composé d’un chevalier, d’un mage doublé d’un assassin, et d’un prêtre ! Sans l’ombre d’un doute, nous aurions reçu un nombre infini de missions ! Quel dommage… »

Allez vous faire ****** ! Je suis un Chevalier Sacré !

Mon maître me fixa sévèrement. « Tu ferais mieux de ne pas insulter ton maître dans ton cœur, sinon, plus tard, tu devras payer pour nos boissons. »

Je me mis presque à genoux et l’implorai pour son pardon. « Je suis désolé. Étant votre apprenti, je n’aurais pas dû maudire mon maître dans mon cœur… »

Aldrizzt roula des yeux. Le roulement d’œil contrastait grandement avec sa peau qui était aussi noire que le charbon, et ainsi paraissait particulièrement blanc. Quiconque recevant ce regard finirait par se mettre en colère en le voyant. Aldrizzt ne put s’empêcher de dire : « Chevalier du Soleil et ancien Chevalier du Soleil, quand vous parlez ensemble, pourriez-vous tous les deux ne pas vous montrer plus vulgaires que moi, un elfe noir ? »

« Bien qu’ayant été sous l’illumination du Dieu de la Lumière pendant de longues années, il réside toujours des ténèbres cachées à l’intérieur du cœur de mon enfant. Étant son maître, mon cœur en est peiné, et cet humble serviteur ne peut s’empêcher d’enraciner la radiance du Dieu de la Lumière dans ses mots, priant pour qu’ainsi les ténèbres soient chassées de l’intérieur du cœur de mon enfant, afin qu’il reprenne le chemin de la radiance. »

« La bienveillance du Dieu de la Lumière enveloppe le monde entier, sa radiance scintillant à travers l’air et illuminant toutes les créatures vivantes de ce monde. Cependant, des ténèbres se terrent à l’intérieur du cœur de votre apprenti, et il a dirigé ces ténèbres vers son maître. Ceci est véritablement un pêcher que même un millier de morts ne suffirait à repentir ! À présent que son maître fait appel à la radiance du Dieu de la Lumière pour réprimander son élève, votre apprenti est naturellement ravi de l’accepter, et a hâte d’assister à une renaissance de lui-même. »

« …Je suis désolé, cette fois c’est moi qui avais tort. Je vous en prie, redevenez vulgaires ! »

 

 

Après cela, nous ouvrîmes les portes de la taverne. Une fois que nous fûmes entrés à l’intérieur, toutes les serveuses de la taverne, qui pouvaient voir la porte, regardèrent vers nous et se mirent à appeler joyeusement en disant des choses comme : « Neo ! », « Neo, tu es de retour ! », « Neo, tu m’as tellement manqué. » Mon maître, lui aussi, répondit aux serveuses une par une par son regard. Si je n’avais pas mentionné lequel des Douze Chevaliers Sacrés précédents mon maître était, je parie que tout le monde aurait présumé qu’il était en fait l’ancien Chevalier de la Tempête.

En comparaison, Aldrizzt n’était pas vraiment populaire. Même s’il avait étroitement enveloppé son corps de tissu, un certain nombre de personnes lui jetèrent des regards remplis d’hostilité. Il paraissait évident qu’ils étaient au courant de sa race.

Je jetai un coup d’œil à la tenue d’Aldrizzt, et je compris immédiatement comment ils avaient su. Même s’il avait drapé tout son corps avec son manteau, il était quand même obligé de tendre sa main quand il mangeait ou buvait de l’alcool. Juste un aperçu de cette main noire comme du charbon suffisait pour que les gens devinent qu’il s’agissait de quelque chose de douteux.

Si ce n’était pas l’elfe noir des légendes, alors il serait un cadavre brûlé et réanimé, et aucune de ces deux options n’augurait quoi que ce soit de bon.

Bien que le public fût très inamical envers Aldrizzt, l’hostilité que ces « hommes » dirigeaient vers mon maître semblait aussi assez intense, et je n’avais pas non plus l’air d’être très populaire…

Parce que l’animosité de l’assemblée dirigée vers nous était très apparente, nous choisîmes des chaises dans le coin le plus éloigné du reste des occupants de la pièce.

Après cela, mon maître commanda joyeusement deux douzaines du plus fort alcool et plusieurs plats pour accompagner le vin. Puisque cela allait de soi, les serveuses les apportèrent les uns après les autres.

Aldrizzt semblait être un peu inquiet lorsqu’il conseilla : « Neo, nous ferions mieux de ne pas nous enivrer. »

Mon maître tourna la tête, et demanda curieusement : « Nous enivrer ? Si toi et moi nous en buvons une douzaine, comment pourrions-nous devenir ivres ? »

« Mais, tu en as commandé deux douzaines… »

Mon maître répondit sans aucune hésitation : « Bien sûr. Sinon, mon élève dira que je suis radin. »

Aldrizzt redressa la tête sous son manteau, en me scrutant avec une vague confusion. Je n’étais pas sûr de savoir si j’avais bien interprété correctement, mais je continuais de ressentir que sa perplexité contenait également un sentiment de plaisante surprise… On dirait qu’Aldrizzt est aussi un démon de la boisson. J’ai bien peur que ce que notre équipe de trois fasse de mieux ne soit point de pourfendre des monstres démoniaques, mais plutôt de pourfendre des bouteilles d’alcool à la taverne.

Une fois que l’alcool arriva, moi, le démon de la boisson au-dessus de tous les démons, j’ouvris sur-le-champ les bouteilles avec mes deux mains, et commençai à les descendre impitoyablement. Quand ma main gauche avait fini d’en verser une, j’alternais avec ma main droite… Après une minute, je pris mon mouchoir et essuyai la mousse de l’alcool qui collait aux coins de ma bouche. Hum, même si cette boisson n’est pas aussi forte que l’Ivre-En-Une-Bouteille de la Cité du Bourgeon, la teneur en alcool n’est pas si mal.   

Lorsque je redressai la tête, je remarquai qu’Aldrizzt me fixait avec un regard vide, et que mon maître s’était mis à rire à gorge déployée en frappant… pas sa cuisse mais celle d’une serveuse qui était en train de servir nos plats.

En apercevant le visage d’Aldrizzt, j’ouvris encore une autre bouteille, puis la levai et déclarai : « Je bois en ton honneur. »

Aldrizzt en resta stupéfait, et il s’enquit avec hésitation : « Pourquoi bois-tu en mon honneur ? »

Même si je n’étais pas ivre, je me sentais quand même un peu pompette. Notant que toute la taverne dévisageait Aldrizzt avec haine, j’employai un regard provocateur pour les fixer un par un, puis j’élevai délibérément la voix pour les défier : « Je célèbre le fait que tu sois assis ici avec nous ! »

« Bien dit, mon enfant. Buvons à la santé d’Aldrizzt, pour être assis ici avec nous ! » Mon maître leva également bien haut sa bouteille.

L’expression d’Aldrizzt se fit extrêmement sérieuse. Il retira lentement son manteau, révélant ses épais cheveux blancs et sa peau noire. Il leva haut sa bouteille, en décrétant : « Dans ce cas, je dois boire à votre santé en retour. Je bois en votre honneur, les gars, pour être assis ici en face de moi ! »

Quand il eut terminé, nous bûmes tous les trois nos bouteilles avec nos têtes renversées vers l’arrière. Lorsque je baissai la tête, je vis une bouteille d’alcool voler tout droit vers l’arrière du crâne d’Aldrizzt. Avant que je n’eusse pu pousser le moindre cri pour l’avertir, une ombre passa à la vitesse de l’éclair. Mon maître s’était en fait servi de sa jambe pour cogner dans la bouteille qui ne se brisa pas. Elle fut envoyée valser jusqu’à la personne qui l’avait lancée, et la bouteille explosa en mille morceaux sur cette personne, dont la tête se retrouva entièrement ruisselante d’alcool.

Cette personne était un guerrier, un guerrier lourdement musclé, avec un marteau géant posé à ses pieds. Avec sa tête ruisselante d’alcool et les veines sur son visage qui saillaient sauvagement, il était manifestement offusqué.

« Ah ! » Mon maître bondit pour se tenir dans le dos d’Aldrizzt, puis il tourna la tête, souriant tout en déclarant : « C’est parfait, je déteste les guerriers plus que tout. »

Sous l’influence de l’alcool, et en songeant à comment Mike et Anne m’avaient méprisé pendant la totalité du voyage, je me levai en lui retournant son sourire.

« Tel maître, tel apprenti ! Maître, moi aussi je crois que les guerriers sont les êtres les plus détestables. »

À cet instant-là, Aldrizzt se leva et s’exclama : « Neo, Grisia, n’entrez pas en conflit avec quelqu’un à cause de moi ! »

Mon maître et moi nous retournâmes simultanément et levâmes les yeux au ciel. Qui fait cela pour toi ?

Après s’être pris nos deux regards dédaigneux, Aldrizzt sembla un peu embarrassé. En nous observant, puis en regardant le guerrier enragé ainsi que l’atmosphère dangereuse qui avait l’air prête à exploser à n’importe quel moment dans la taverne, il demanda avec un peu d’impuissance : « Vous avez besoin de mon aide ? »

« Bois tes bouteilles. » répondit mon maître.

« Mange ta nourriture. » répliquai-je.

Aldrizzt s’assit, et j’ignorais s’il était en colère ou pas. Il tourna son corps, fit dos à toute la taverne, et s’employa à manger ses plats et à boire son alcool pour de vrai.

Tandis que le guerrier qui maniait un marteau s’approchait de nous, mon maître, toujours en affichant une attitude calme au milieu de ce chaos, me dit : « Mon enfant, tes compétences à l’épée sont médiocres. Il vaudrait mieux pour toi que tu ailles boire avec Aldrizzt ! »

« Maître, ce que je porte en ce moment n’est pas un uniforme de chevalier. » Alors que je lui répondais, je rassemblai l’élément de l’eau puis le solidifiai en glace dans mes mains.

« Oh, c’est vrai. »

Après avoir prononcé ces mots, il dégaina son épée et bloqua le marteau du guerrier, qui se dirigeait vers moi. Cela produisit un son métallique qui résonna très fort et qui me cassa les oreilles. D’un geste de la main, le gros morceau de glace que je tenais, et qui était aussi gros qu’une cocotte, fut expédié sur le guerrier, juste à temps pour le récompenser avec une joie rafraîchissante !

Le guerrier vola en arrière et percuta une table, la réduisant en pièces. Sa chute semblait avoir été relativement lourde, mais il s’agissait bien d’un guerrier à la peau épaisse et avec de la viande en trop sur son corps. Il rugit plusieurs fois, et ensuite se remit debout. Ses deux yeux injectés de sang, il regarda à droite et à gauche, puis attrapa une table qu’il nous jeta.

La table fit un vol plané en direction de mon maître, mais ce dernier ne silla même pas.

À ce moment-là, je tendis la main, et exécutai le Bouclier de la Terre, qui était une technique qui solidifiait la lumière sacrée en un bouclier pour parer les attaques… Cette technique était en vérité la capacité spéciale du Chevalier de la Terre, que j’avais secrètement apprise.

La table s’écrasa contre le Bouclier de la Terre, et se brisa en plusieurs petits morceaux devant mon maître. Cependant, parce que le bouclier sacré le protégeait, pas même une seule écharde n’écorcha son corps.

Avec ses deux yeux rouges, le guerrier hurla : « À en juger par tes actions, cela veut-il dire que tu veux protéger ce type à la peau noire ? Ne me dis pas que tu n’es pas conscient du fait que les elfes noirs appartiennent à une race maléfique ? »

Mon maître répondit froidement : « Si tu cherches à nous trouver des torts pour lancer un combat, vas-y. En t’inventant un tas d’excuses, tu auras prouvé que tu es encore moins convenable qu’un elfe noir. Si tu veux te battre, ramène-toi ! Je vais te laisser être le témoin de la force du plus fort chevalier… de l’histoire ! »

Oh merci, Dieu de la Lumière ! J’essuyai la sueur froide qui s’était formée. Par chance, mon maître a pensé à retirer les mots « du Soleil ».

Arrivé à ce stade, les gens dans la taverne se levèrent un par un et s’écrièrent : « Quel chevalier ? Tous ceux qui se liguent avec un elfe noir sont forcément des êtres pleins de mauvaises intentions ! »

« Foutez le camp d’ici, et ça vaut aussi pour l’elfe noir ! »

« Quittez la Ville de la Forêt Feuillue ! »

Voyant que la foule prenait son parti, la confiance du guerrier s’était évidemment gonflée. De toutes ses forces, il gronda : « Créatures maléfiques, et toi l’elfe noir, foutez-moi le camp ! »

« Oh ? Créature maléfique ? » Mon maître marmonna tout seul pendant un moment, puis il dit avec un sourire : « Intéressant, c’est bien la première fois qu’on m’appelle comme ça. Afin de seoir à ce nouveau titre… Dans ce cas, devrais-je devenir encore plus malveillant ? Hé hé hé… Hahahaha ! Me battre contre toi tout seul ? Tu n’es même pas qualifié pour une telle chose. Mon apprenti ! Viens en première ligne, et passe-moi ce chien à tabac ! »

Quand il eut terminé, il fit virevolter son manteau avec élégance, et vint se tenir derrière moi. Il s’assit calmement et entreprit de se mettre à manger et à boire avec Aldrizzt.

Ma-maître… Jouer le rôle du Chevalier du Soleil pendant vingt ans ne vous a pas suffi ? Maintenant, vous voulez changer de rôle et jouer le méchant ? Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer, mais en voyant que mon maître était de bonne humeur en ce moment, il valait mieux pour moi de docilement suivre ses instructions.

« Oui, monsieur ! »

Quand mon cri retentit, je ne récitai même pas d’incantation, tandis que je lançais ma magie… En fait, c’était uniquement parce que je n’avais pas assez de temps pour réciter. De toute évidence, la taverne toute entière m’avait pris pour un mage, et presque tout le continent savait que le meilleur moyen de tuer un mage était, pour un ennemi, d’en faire de la chair à pâté avant qu’il eût pu compléter ses incantations et exécuter ses sorts.

Ainsi, la vitesse à laquelle tout le monde se jeta sur moi était si rapide que cela me rappela un marié se jetant sur sa femme pendant leur nuit de noce. Je voulais jouer la comédie et réciter une incantation pour m’amuser à prétendre être un mage mais, à cause d’eux, je ne le pouvais pas. Tch !

Avec ma main gauche qui exécutait le Bouclier de la Terre, et après avoir confirmé que les diverses armes de toutes sortes devant moi n’atterriraient pas sur ma tête, j’effectuai une variété de sorts dépareillées avec ma main droite. Toutes les Lames de Vent, Boules de Feu et Tir de Glace que je parvins à produire, je les leur lançai aléatoirement. Même si je n’arrivais pas à toucher toutes les cibles que je visais, cela importait peu, puisqu’il y avait des gens partout. Quel que fût la façon ou l’endroit où je jetais mes sorts, je touchais forcément quelqu’un. Chaque sort était suivi d’un gémissement d’angoisse, ce qui était extrêmement satisfaisant.

Dans mon dos, provint même un soupir poussé par Aldrizzt. « Ton élève s’amuse vraiment. Clairement, un sort intermédiaire pourrait vaincre tous ses adversaires mais, à la place, il utilise seulement des sorts mineurs pour créer des problèmes. »

Mon maître faillit presque recracher l’alcool qu’il avait dans la bouche, et une fois qu’il eut toussé quelques fois en riant, il expliqua : « Tu as mal compris, Aldrizzt. C’est parce qu’il ne connaît que des sorts mineurs. N’oublie pas, mon apprenti n’est pas réellement un mage. Même ainsi, avec le Bouclier de la Terre combiné à sa liste de compétences, personne ne peut le battre. Cet “Apprenti Mage” est en fait encore plus problématique à affronter qu’un magicien, ou même un maître magicien. »

« Pourquoi est-ce qu’il n’apprend pas de sorts intermédiaires ? » La voix d’Aldrizzt était pleine de curiosité. « À en juger par ses capacités, il devrait être plus que prêt à en apprendre. »

« Oh, pendant tout le combat jusqu’à maintenant, as-tu entendu mon apprenti réciter la moindre incantation ? »

« Non. »

« Ce n’est pas un magicien, et il est incapable de comprendre la véritable incantation magique. Ainsi, il ne connaît même pas la moitié d’une vraie incantation. Au mieux, il ferait semblant de réciter : “Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ou archi-sèches.” Et même lui ne serait pas capable de se servir d’un sort intermédiaire sans prononcer une incantation. »

Stupéfait, Aldrizzt s’écria : « Il ne connaît aucune incantation ? Mais alors, comment est-il parvenu à apprendre la magie en premier lieu ? »

Mon maître expliqua mystérieusement : « Pour te dire cela, je vais devoir parler d’un certain jour où je lui apprenais à manier l’épée et où il s’était entraîné pendant toute une journée. À cause d’une fatigue extrême, j’avais décidé de faire une pause, et il avait saisi l’opportunité pour aller vagabonder dans les rues pendant ce répit. »

« Il était fatigué, mais il est quand même aller flâner dans les rues ? »

« Non, j’étais celui qui était fatigué. Mon cœur avait reçu trop de coups, et était épuisé… »

« …Je t’en prie, continue. »

« Puis, il est rentré. Le jour suivant, je lui ai appris à monter à cheval, et nous avions chevauché toute la journée… »

« De nouveau fatigué ? »

« Oui, j’étais extrêmement épuisé à force d’avoir été rendu fou de rage. Je lui avais hurlé : “Dis-moi, pourquoi dois-je toujours tout t’enseigner aussi rigoureusement, espèce d’idiot bon à rien ! Quelle utilité pourrait-on jamais tirer de toi ? Je ne peux plus en supporter davantage, je veux te remplacer !” En fin de compte, cet enfant avait réfléchit pendant un moment, puis avait libéré une lame de vent pour m’éventer. Il s’était même rendu aux cuisines pour prendre un kebab, et il s’était servi d’une boule de feu pour me griller la viande. Et, pour terminer, il avait même fait apparaître un morceau de glace et avait étalé de la confiture dessus, pour en faire un dessert après le repas… Je lui avais demandé comment il était parvenu à apprendre tout cela, et il m’avait répondu que le jour d’avant, pendant qu’il se promenait dans les rues, il avait aperçu un groupe de jolies mages avec lesquelles des brutes essayaient de prendre des libertés. Elles étaient tellement en colère qu’elles avaient rassemblé leurs forces et utilisé des Lames de Vent, des Boules de Feu, et des Tirs de Glace pour repousser l’autre parti. »

« Par conséquent, à cause de l’éventail, du kebab grillé, et de l’en-cas après le repas, tu as décidé de garder cet élève ? »  

« Ou- NON ! Bien sûr que non ! Aldrizzt, n’as-tu pas une image trop superficielle de moi ? »

Aldrizzt éclata d’un rire réprimé.

La voix de mon maître, cependant, devint quelque peu mécontente. « Ces personnes étaient trois belles magiciennes, chacune d’entre elles utilisant différents éléments. À lui seul, il est parvenu à apprendre la magie des trois éléments, et cela n’inclut même pas l’élément de la lumière qu’il connaissait déjà. Avec ce genre de potentiel inconcevable, penses-tu que je pourrais le remplacer ? »

« Oui, oui, bien sûr que tu ne pouvais pas le remplacer. »

« Ta voix ne paraît absolument pas sincère. »

« Je suis un elfe noir dont la spécialité est les complots et les subterfuges ! Le fait que je ne t’aie jamais tendu de piège est déjà suffisant. Qu’attends-tu de plus de moi ? Je suis incapable de même trouver le mot “sincérité” dans la langue des elfes noirs ! »

Avec un « humph », mon maître se tut.

En entendant qu’ils avaient enfin terminé leur conversation, je pris immédiatement la parole : « Mon cher maître… »

Mon maître renifla froidement. « Si tu n’as rien à me demander, tu n’ajoutes pas “mon cher”. Dis-le ! Qu’est-ce que tu veux !? »

Il n’y a personne qui connaisse mieux l’apprenti que le maître. D’un air pince sans rire, je dis : « Concernant les compensations pour les dégâts causés à cette taverne… »

Avant que j’eusse pu terminer, mon maître avait déjà répondu avec mauvaise humeur : « Pendant les trois années où je ne t’ai pas vu, tu es devenu encore plus radin ! Tant que tu voyages avec nous, je ne te laisserai pas payer le moindre centime. Dans le futur, arrête de me parler des questions d’argent. Chaque fois que tu demanderas, je ferai en sorte que tu te rappelles comment le titre du plus fort Chevalier du Soleil de l’histoire m’a été donné. »

« Oui, monsieur. »

Je laissai la tranquillité envahir mon cœur et eus même un petit sourire machiavélique. Tout en maintenant le Bouclier de la Terre, je commençai à rassembler de larges quantités de l’élément de « l’eau ». Je remplis l’air de toute la taverne avec cet élément et, d’un autre côté, je commençai également à rassembler de l’électricité…

Lorsque la foule commença à sentir leurs cheveux se dresser, réalisant que quelque chose ne tournait pas rond, et se mit à frapper mon Bouclier de la Terre avec encore plus d’ardeur, je criai finalement : « Réseau d’Éclair ! »  Après cela, je relâchai une chaîne entière d’éclairs. Ils suivirent la vapeur d’eau dans l’air de la taverne et s’éparpillèrent. Immédiatement, des lamentations s’élevèrent de toutes parts.

Le Réseau d’Éclair est exactement comme son nom l’implique. Il s’agit en fait d’une magie formée par deux sortes d’éléments magiques : l’eau et la foudre. Un niveau élémentaire ajouté à un autre niveau élémentaire formera une magie intermédiaire. Les mystères de la magie me faisaient me sentir assez… désenchanté.

« De la magie intermédiaire ! Et c’est un sort qui utilise simultanément deux éléments différents », s’exclama Aldrizzt avec stupéfaction. « Néo, on dirait que tes informations sur ton apprenti sont à présent inadéquates. »

Quand mon maître entendit cela, non seulement il ne se mit pas en colère, mais il me demanda même avec bonne humeur une fois que je me fus assis : « Mon enfant, comment as-tu appris ce sort intermédiaire ? »

Je racontai honnêtement : « Après que vous ayez quitté votre fonction, maître, il y a eu une fois où je portais un manteau, cachant mon identité pour me promener dans les rues. Dans une avenue, j’ai vu… »

Avant même que je pus terminer ma phrase, mon maître avait déjà agité sa main avec impatience. « Oublie ma question, oublie-la. Tu as probablement encore vu une autre belle magicienne. Ce n’est même pas grave si je n’écoute pas ! »

Je trouvais cela extrêmement injuste, aussi je protestai : « Maître, cette fois, vous avez tort. La personne que j’ai vue était un vieux mage ! J’ai dû dépenser une grande quantité de patience avant de pouvoir voir ce vieux mage, dont le visage était couvert de rides, lentement terminer son incantation et lancer sa magie. Finalement, je suis secrètement parvenu à apprendre ce sort intermédiaire. »

À ce moment-là, le propriétaire de la taverne, bien qu’il eût une apparence fébrile, marcha vers nous nerveusement. Après quoi, il demanda tout en tremblant : « Seigneur Chevalier, concernant les objets endommagés… »

Mon maître constata paresseusement la situation derrière nous. Les dégâts ne s’étendaient qu’à des tables cassées, des chaises brisées, le parquet inondé et quelques fissures sur les fenêtres et les portes. Après qu’il eût jeté au tavernier quelques pièces d’or scintillantes, c’était tout juste si le propriétaire ne dit pas en souriant : « Continuez, s’il-vous-plaît, continuez à ruiner cet endroit ! »

Après cela, nous nous assîmes à l’unique table propre et rangée de la taverne, et nous continuâmes de boire nos bouteilles, de manger nos plats, et de discuter.

J’en profitai également pour expliquer à mon maître l’histoire du kidnapping de la Princesse Alice, aussi bien que les détails de ma rencontre avec le Chevalier Noir. Même si mon maître était à la retraite, il avait quand même été le Chevalier du Soleil pendant vingt ans. Son expérience était incomparable à la mienne. Peut-être que si mon maître écoutait mon histoire au moins une fois, il saurait immédiatement quel était le cœur du problème.

Lorsque j’en vins à la partie où le Chevalier Noir avait affirmé qu’il s’était enfui avec la princesse pour se marier mais que, en même temps, il n’avait pas connaissance de la lettre, Aldrizzt déclara en désaccord : « Comment peux-tu croire aux paroles d’un kidnappeur ? »

Je répondis franchement : « Parce qu’il avait l’air d’être extrêmement bel homme. »

« Bel homme à quel point ? » questionna mon maître avec un visage sérieux.

Je répondis également avec sérieux : « Le genre de bel homme qui, lorsque des hommes le verraient, leurs donnerait envie de le tuer et de découper son corps en morceaux. »

Quand ces mots sortirent, Aldrizzt en resta ébahit. Cependant, mon maître hocha la tête avec compréhension, en décrétant : « Dans ce cas, la situation est telle que tu l’as déclarée : c’est une fugue. »

Aldrizzt ne put s’empêcher de secouer la tête et de rétorquer : « C’est un petit peu trop arbitraire. »

Mon maître tapota le dos de l’elfe noir, et comme un vieil homme s’adressant à un enfant ignorant, il expliqua : « Fais-moi confiance, tu es encore jeune, et tu n’as pas vécu suffisamment d’expériences dans ta vie. »

Aldrizzt éclata de rire. « J’ai déjà cent trente-six ans. »

« Les elfes noirs peuvent vivre de cinq cent à huit cent ans. Ainsi, convertit en âge humain, tu n’es que dans la vingtaine. Tu es peut-être même plus jeune que mon apprenti. »

Aldrizzt roula des yeux sous son manteau, et répliqua en se moquant : « Les expériences vécues et la conversion de l’âge ne devraient avoir aucun lien, non ? J’ai longuement vécu des événements pendant cent trente-six ans. »

Mon maître lui adressa un léger sourire en répondant : « Et pourtant, tu es toujours un enfant. Cela me rend certainement envieux ! »

Aldrizzt dévisagea mon maître, ne comprenant pas vraiment ses mots.

Mon maître descendit une gorgée d’alcool, puis tendit la main pour essuyer la mousse au coin de sa bouche. Il possédait vraiment la vigueur et l’indiscipline d’un aventurier, il y avait une large différence entre maintenant et avant, quand il était toujours le Chevalier du Soleil. Il me donna une claque dans le dos. « Mon enfant, continue ton histoire. »

J’acquiesçai d’un signe de tête. « Cependant, j’ai en fait trouvé cela un peu étrange. La reine nous a forcés, Leaf et moi, à participer, parce qu’elle savait manifestement que le kidnappeur était un Chevalier Noir. Pour les guerriers, c’est un problème vraiment intraitable. Seulement avec notre participation pouvait-elle être assurée que nous récupérerions la princesse. Toutefois, d’un autre côté, Anne nous a fait emprunter des voies détournées. De toute évidence, elle ne souhaite pas que nous trouvions le kidnappeur. En ce moment, je ne comprends vraiment pas s’ils veulent que l’on sauve la Princesse Alice ou non. »

Mon maître afficha un léger sourire, comme s’il ne pensait pas que c’était très étrange. Il expliqua : « C’est simple. C’est parce que la reine du Royaume de l’Orchidée Lune et la Princesse Anne ont adopté des positions différentes sur la question. »

« Des positions différentes ? » Je ne comprenais pas. Elles sont mère et fille mais ont adopté des points de vue différents ?

Mon maître sourit de nouveau et alla plus en profondeur : « En tant que dirigeante d’un pays, la reine du Royaume de l’Orchidée Lunaire voudra absolument récupérer la Princesse Alice, afin de la marier au Fils du Dieu de la Guerre et de parvenir à son but de consolider l’influence du Monastère du Dieu de la Guerre à travers un mariage politique. Cependant, la Princesse Anne n’est pas à la tête d’un pays, et la Princesse Alice est sa sœur. Si elle était au courant que sa sœur n’aimait pas le Fils du Dieu de la Guerre, et qu’elle était amoureuse d’une autre personne, elle prendrait plus ou moins le parti de sa sœur. »

« Je vois. » Soudainement, je m’exclamai en réalisant : « Ainsi, la reine n’avait pas d’autres motivations et voulait vraiment récupérer la Princesse Alice ! La reine, afin de trouver une raison de ne pas envoyer ses soldats pour ramener la princesse, a plus que probablement fait forger la lettre que le “kidnappeur” a laissée. Et ainsi, elle a envoyé notre groupe d’aventuriers aller la chercher en secret. Après tout, le fait que sa fille fugue avec quelqu’un n’est pas quelque chose qu’elle peut se permettre de faire connaître au monde entier. La Princesse Anne, d’un autre côté, a intentionnellement rejoint notre groupe pour nous égarer. Cela donnerait à la Princesse Alice suffisamment de temps pour qu’elle puisse s’enfuir avec son bien-aimé. »

Mon maître hocha la tête, plein d’éloges, puis il ajouta : « Et elle ne pouvait pas complètement vous induire en erreur, sinon cela aurait probablement attiré vos soupçons sur le fait qu’elle collaborait avec la Princesse Alice. Si cela se produisait, il y aurait une forte possibilité que la reine intervienne de son côté pour récupérer la Princesse Alice. »

« Ainsi, nous avons toujours été en train de les poursuivre, jamais trop loin ni trop proche », continuai-je. « Occasionnellement, nous devions même rencontrer le kidnappeur. Malheureusement, celui qui l’a rencontré c’était moi, et je n’avais pas la capacité de le restreindre, donc il est encore parvenu à s’échapper. »

Un si bon plan orchestré par Anne ! Quand nous rentrerions au palais, moi, la seule personne a avoir rencontré le kidnappeur, et pourtant n’ayant pas été capable de le restreindre, je deviendrais assurément la cible de la critique publique.

Elle doit vraiment beaucoup me détester ! Autrement, laisser Austin rencontrer M. le Chevalier Noir n’aurait-il pas été une meilleure solution ? Il est tout à fait normal qu’un prêtre ne possède pas la capacité de restreindre l’ennemi, et personne n’aurait prétendu qu’il était en tort… Mais, il a fallu qu’elle me choisisse moi.

À cet instant-là, le visage de mon maître s’assombrit, et il me rappela : « Mon enfant, tu as dit que, quand tu as rencontré le chevalier noir, tu portais une tenue d’assassin ? »

Mon corps trembla, et mon expression faciale se figea. C’est mauvais ! Si le Chevalier Noir venait à raconter aux Princesses Alice et Anne que celui qu’il a rencontré n’était pas le Chevalier du Soleil, mais plutôt un assassin rempli par l’élément de la lumière… Ces deux femmes sauraient que quelque chose ne tourne pas rond, même si elles se servaient de leurs genoux pour penser.

« Trouve une façon d’étouffer l’affaire ! » Le ton de mon maître était déjà un peu mécontent.

« Compris, je scellerai leurs bouches… Si c’est nécessaire, les éliminer est impératif ! » répondis-je d’un air grave.

Aldrizzt afficha faiblement un sourire forcé, alors qu’il disait : « Vous deux, les “vertueux” Chevalier du Soleil et ancien Chevalier du Soleil, pourriez-vous ne pas parler de sujet comme éliminer des gens devant un elfe noir “malfaisant” comme moi ? Une telle situation qui enfreint les raisonnements conventionnels tente mon pauvre cœur si facile à corrompre. »

Mon maître et moi haussâmes les épaules et, par égard pour le cœur facile à corrompre d’un elfe noir, nous ne continuâmes pas à discuter de choses qui ressemblaient encore moins à ce dont un Chevalier du Soleil était supposé parler.

Mon maître changea donc le sujet de la conversation et s’enquit : « Mon enfant, quelle est la direction dans laquelle t’a mené ton périple jusqu’à présent ? »

Je réfléchis pendant un moment avant de répondre : « Bien que nous ayons fait des détours par-ci par-là durant notre voyage, il semblerait que nous allions vers le sud-ouest. »

« Le sud-ouest, donc ? » Mon maître marmonna pour lui-même pendant un instant, puis il révéla le sourire incomparablement lumineux du Chevalier du Soleil. « Nous avons une mission qui, juste par hasard, se passe dans le sud. Que dirais-tu de voyager avec Aldrizzt et moi, et de compléter la mission ensemble avec nous sur la route ? C’est d’accord ? »

« Pas d’accord… »

Mon maître sourit gentiment. « Qu’as-tu dit ? En tant que “Plus Fort Chevalier du Soleil de l’Histoire”, ton maître est juste devenu un peu dur de l’oreille à l’instant, et ne t’a pas entendu clairement ! »

« Extrêmement d’accord ! »

Une fois que j’eus fini de parler, je descendis sans pitié une bouteille entière d’alcool. Puisque je ne suis pas autorisé à refuser, dans ce cas je peux seulement profiter de cette occasion pour boire un peu plus d’alcool en guise de compensation.

Mon maître rigola et déclara : « Aussi, tu ferais mieux de ne pas me maudire à l’intérieur de ton cœur. Si cette mission est un succès, je te donnerai trois dixième de la récompense. Ensemble, tous les trois, nous pouvons effectuer des missions extrêmement difficiles et, pour les missions difficiles, la récompense n’est naturellement pas du tout maigre. »

En entendant cela, je posai immédiatement la bouteille d’alcool. Je n’aurais pas pu être plus sincère lorsque je répliquai : « Comment pouvez-vous dire cela ? Maître, étant votre apprenti, Grisia ne vous servira absolument jamais sans épargner la moindre once d’effort jusqu’à la toute dernière seconde de sa vie ! »

« Alors, je ne te donnerai aucune récompense. »

Instantanément, je changeai mes mots : « Toutefois, une petite récompense encouragerait toujours grandement le moral de quelqu’un ! »

« Alors, je te donnerai un dixième. »

Avec précipitation, j’expliquai : « Le moral est également divisé en divers degrés. Si la récompense est plus importante (d’un dixième), le moral de quelqu’un deviendra naturellement plus élevé ! Quand le moral d’un individu est haut, un chevalier sacré qui, à la base, “ne connaissait que” Soin Mineur pourra même utiliser Soin Modéré ! Si la récompense venait à être encore plus haute (d’un autre dixième), alors le moral deviendrait encore plus grand. Peut-être même qu’un Soin Avancé pourrait être utilisé ! Si la récompense était encore augmentée (d’un dixième)… »

« Il n’y a pas besoin de l’augmenter davantage », m’interrompit froidement mon maître. « En réalité, j’ai plus tendance à mettre mon épée contre la gorge de quelqu’un qu’à le laisser être témoin d’à quel point le Chevalier du Soleil le plus fort de l’histoire est vaillant. Je te garantis que le moral s’élèvera tellement que même un Soin Ultime pourra être effectué. »

Ma bouche se referma d’un coup sec. Bon, trois dixième de la récompense c’est mieux que rien. Il ne vaut pas la peine que je me batte avec celui qui porte le titre du « Chevalier du Soleil le Plus Fort de l’Histoire » pour augmenter la récompense d’un dixième.

Aldrizzt semblait souffrir d’incessants maux de tête, comme il lâchait : « Ce duo maître et élève… L’un de vous deux pourrait-il laisser aux autres une bonne image du Chevalier du Soleil pour qu’ils puissent rêver un peu ? »

1/2 Prince T4C6 : Le Porte-Parole de Second Life

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½ Prince Tome 4 : Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini
Roman d’origine en chinois par :
御我 (Yu Wo)


Chapter 6: Second Life’s Spokesperson – traduit du chinois vers l’anglais par Anglestagium[PR!]
Chapitre 6 : Le Porte-Parole de Second Life – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Yukomin

« Xiao Lan, je peux oublier le fait que tu sois devenue une travestie. Je peux même mettre de côté le fait que tu sois devenue un beau garçon. Mais, après tout ça, tu es même devenu un chanteur… »

Tôt le matin, je fus tirée sans ménagement de mon sommeil par ma mère. Je regardai mes parents avec un regard trouble tandis qu’ils crachaient de la salive partout en pestant contre moi, pensant intérieurement que j’avais eu de la chance de m’être fait réveillée par maman, sinon je ne sais pas si j’aurais pu garder mes sous-vêtements loin de ces fans…

Enfin, ma mère ne put plus supporter mon regard embrouillé et sans compréhension. Tirant mon oreille, elle hurla : « Est-ce que tu sais que le monde entier est à la recherche de l’Elfe Sanguinaire Prince ?! »

« Quoi ? » Je fus immédiatement sortie de ma stupeur par le choc. Le monde entier ? « Maman, tu veux dire l’ensemble de Second Life, pas vrai ? »

« Pas seulement Second Life, le monde réel est également à ta recherche ! » déclara papa, lâchant la bombe sur moi et la savourant clairement.

« Pourquoi le monde réel est-il à ma recherche ? » demandai-je, perplexe.

Maman se massa le front, comme si elle avait la migraine. « Tu ne réalises pas que ta façon de chanter est étonnante ? Beaucoup d’agences de talents, d’entreprises de mannequins et même la société de Second Life sont à ta recherche pour être leur porte-parole. »

Ma bouche s’ouvrit grande en tombant. « La société de Second Life ? Comment c’est possible ? Ils ne savent donc pas que je suis une travestie ? »

« Comment je pourrais le savoir ? » rétorqua maman avec humeur. « Je sais seulement qu’ils ont affiché des captures d’écran de toi sur la page d’accueil du site officiel de Second Life. Je les ai même imprimées. »

J’arrachai les photos de la main de ma mère. La première photo était une image de moi utilisant mon dao pour abattre une personne inconnue, la seconde était un gros plan de mon baiser avec Phoenix et Fairsky, et la troisième était la performance du Groupe de l’Infini sur la place publique. Chaque image possédait une légende sensationnelle comme « La crème de la crème de Second Life : Prince l’Elfe Sanguinaire », « Voulez-vous être comme Prince, constamment entouré de filles ? », « Rêvez-vous de devenir mondialement célèbre comme Prince ? » et « Il n’y a rien que vous ne puissiez pas faire, seulement des choses que vous n’avez jamais songé de faire. Un monde qui est 99 % réaliste : Second Life vous attend ! »

Mes mains tremblèrent comme je passais à travers la pile de photos de Prince. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? pensai-je. Comment les choses ont-elles tourné comme ça ? Sûrement, vous réalisez que, avec ces captures d’écran affichées sur la page d’accueil du jeu en ligne le plus populaire au monde, Second Life, l’exposition est même X fois plus élevée que celle des photos nues de célébrités féminines !

J’hurlai en désespoir de cause : « Qu’est-ce que– qu’est-ce que je devrais faire ? »

Mes parents me regardèrent avec des visages solennels et déclarèrent : « D’abord, va préparer le petit déjeuner. »

« Maman, papa, c’est le cadet de nos soucis ici ! » Une veine saillit sur ma tête. Je ne peux pas compter sur eux après tout…

Mais, sous le regard farouche de mes parents et de mon stupide frère, je fus néanmoins obligée de préparer le petit déjeuner avant d’aller à l’université. Je mâchai mon œuf sur pain grillé pendant que je prenais l’autobus jusqu’à l’école et, à ma grande surprise, je découvris qu’il y avait des fourgons appartenant à un groupe de journalistes à l’extérieur de l’université. Qu’est-ce qu’il se passe exactement ? me demandai-je. Mon esprit était rempli de questions pendant que je pénétrais dans l’enceinte et entrais dans la salle de classe.

Mon frère, Feng Yang Ming qui marchait à côté de moi, siffla quand il aperçut la foule de journalistes entourant le professeur Min Gui Wen. Sur un ton triomphant, il décréta : « Cette fois, le professeur a des ennuis. »

« Excusez-moi, pourquoi avez-vous décidé de former un groupe de musique au sein de Second Life ? » demanda un journaliste qui pointait un microphone sur le professeur Min Gui Wen.

« Désolé, ma classe débute maintenant, alors partez s’il-vous-plaît avant que j’appelle la sécurité », répondit franchement ce dernier.

« Trop beau… » lâcha une journaliste sans nom, avec deux cœurs dans les yeux.

Le journaliste posa implacablement une autre question : « Savez-vous où se trouve Prince en ce moment ? »

« Pas de commentaire ! » répliqua glacialement le Professeur Min Gui Wen, son expression s’assombrissant.

« Dans ce cas… »

Finalement, le gardien de sécurité se précipita jusqu’ici et chassa la foule de journalistes. Je m’assis hébétée sur mon siège, regardant le professeur Min Gui Wen qui devait évidemment avoir mal à la tête, tout en écoutant le roi des ragots Gu Yun Fei donner un rapport à la classe sur la façon dont la situation dans son ensemble s’était déroulée.

« Depuis que le Groupe de l’Infini de notre Cité de l’Infini a commencé sa tournée de concerts, ils sont devenus extrêmement populaires, et beaucoup de gens les ont suivis de la Cité de l’Étoile jusqu’aux cités de la Lune et du Soleil afin d’assister à leur performance ! » Yun arborait une expression très fière, et il se tourna même vers le professeur Min Gui Wen et le héla : « N’est-ce pas, professeur ? »

Le professeur Min Gui Wen révéla une expression de douleur. « Oui, nous avons été pourchassés jusqu’à ce que nous en devenions presque fous. »

« Je ne pensais pas que Prince serait vraiment si beau », avoua une étudiante, tenant fermement la pile de photos que j’avais vues ce matin.

« J’ai entendu dire que beaucoup d’agences de talents sont à la recherche de Grand frère », mentionna Jing anxieusement.

Yun se gratta le côté de l’oreille. « Grand frère est vraiment doué pour se cacher; même le professeur a été retrouvé le lendemain, mais il n’y a pas eu de nouvelles de Grand frère du tout. »

« Quel dommage. Si Prince faisait son apparition, il ferait assurément fureur », dit une autre étudiante avec déception.

Faire fureur ? Si moi, la seule travestie de Second Life, je devais faire mon apparition, la sensation causée serait probablement aussi grande que celle qui a entouré la vente de Second Life ! songeai-je, impuissante, sur le côté.

« C’est sûr; Prince est si beau, et il chante si bien. S’il devait devenir chanteur, il serait incroyablement populaire à travers le monde entier ! » s’exclama une autre étudiante qui était tellement sous le charme qu’elle était enterrée sous les images.

« C’est vrai ; je suis allée sur le site officiel de Second Life et j’ai téléchargé les chansons de Prince. Il y a It’s My Life et Les Rêves Veulent Voler. » Une personne leva les CD.

Il… il y a même des chansons qu’on peut télécharger ? J’allais m’évanouir.

« Gui ! Sors une minute. » La voix de grand frère Zhuo provint de la porte. Je levai les yeux de surprise à son expression désagréable… et au groupe de journalistes derrière lui.

« Quoi qu’il arrive, je reste un professeur, tu devrais montrer un peu de respect », grommela Gui, exaspéré. Il nous donna comme instruction de faire de l’auto-étude pendant un certain temps, avant de sortir.

Grand frère Zhuo rencontra mon regard durant un instant * FRISSON *, puis se tint à l’entrée de la salle de classe et annonça aux journalistes : « Le professeur et moi ignorons où se trouve Prince, et quoi que ce soit qui concerne la question du porte-parole de Second Life. Pour toutes autres questions, veuillez s’il-vous-plaît attendre après que les choses se soient réglées, et ensuite la Cité de l’Infini fera une déclaration. »

« En ce qui a trait au concert de la Cité de l’Infini, il aura lieu comme prévu », ajouta Gui.

Le groupe de journalistes continua sans cesse à poser des questions. Après un long moment, voyant que grand frère Zhuo et Gui  n’avait aucune intention de révéler quoi que ce soit d’autre, ils se dispersèrent tous en essaims en disant : « Vite, rentrez pour écrire le rapport, sinon nous ne ferons pas les journaux du soir. »

Après que tous les journalistes s’en furent enfin allés, Gui s’enquit avec inquiétude auprès de grand frère Zhuo : « Comment est la situation de Prince ? »

« Il n’a pas encore été découvert », répondit grand frère Zhuo sans changer d’expression. « Même si je pense qu’il devrait être prudent et s’assurer de ne dévoiler à personne sa véritable identité, sinon les choses vont devenir problématiques. »

La dernière phrase me visait clairement.

 

 

EN LIGNE

Après avoir terminé le cours comme si j’étais assise sur un tapis d’aiguilles, je courus littéralement jusqu’à la maison, enfilai le casque de jeu, ouvris le canal de message privé, et entrepris rapidement de gémir le nom de Lolidragon. « Lolidragon, qu’est-ce que c’est que cette histoire de porte-parole de Second Life !? »

La voix impuissante de Lolidragon me vint en retour : « Je suis désolée, c’était la décision des hauts-placés de la compagnie. Je ne pouvais rien y faire. »

« Qu’est-ce que tu veux dire par tu ne pouvais rien y faire ? » la questionnai-je. « Tu sais que je suis une travestie, je ne peux pas être le porte-parole de Second Life ! »

« Bien sûr que tu le peux, tu vas simplement être un porte-parole virtuel. »

« Un porte-parole virtuel ? » C’est censé être quoi, ça ? pensais-je, fronçant mes sourcils ensemble.

« La seule chose que tu ne peux pas faire c’est apparaître dans la vie réelle. Tout le reste, comme les photos, les publicités, ou même les chansons, ne pose pas de problème. Voilà pourquoi les hauts-placés ont décidé de te permettre d’être un porte-parole en ligne ainsi qu’à la télévision », expliqua Lolidragon. « Tu n’as pas besoin de révéler ta véritable identité. »

« Mais, mais… » Je tentai de m’y opposer.

« Cela permettra également de créer un grand nombre d’avantages pour la Cité de l’Infini et le Groupe de l’Infini », renchérit Lolidragon avec enthousiasme. « Même si c’est seulement pour faire la réputation de la Cité de l’Infini, il existe déjà de nombreux bénéfices. Savais-tu que malgré le fait que la Cité de l’Infini ne soit pas encore ouverte au public, il y a déjà des tonnes de gens qui attendent à l’extérieur de la ville ? Sans oublier ceux qui veulent se joindre à l’armée de la Cité de l’Infini ! Il y en a tellement que nous devons passer par un processus de sélection strict maintenant. »

« Mais… » Je voulais encore protester.

« Il y a un autre point aussi. Il y avait eu des difficultés dans la mise en œuvre de l’album photo dont nous avons parlé avant, et la distribution de livres et de CD dans Second Life était quelque chose d’impossible à faire auparavant. Cependant, à cause de toi, la compagnie a maintenant spécialement développé ces nouvelles fonctions. Tu dois avoir une bonne idée d’à quel point ça aide l’économie de la Cité de l’Infini, pas vrai ? » Les dernières paroles de Lolidragon étaient sur le point de briser mon cœur encore protestant.

« Je pense quand même que… »

« Il y a aussi une indemnité de porte-parole; donne-moi juste tes coordonnées bancaires et l’argent te sera transféré », ajouta Lolidragon en guise d’attaque finale.

« Je suis ravi d’être le porte-parole de Second Life. Prends bien soin de moi, Lolidragon », répondis-je sans la moindre hésitation.

« … »

De l’argent ! Génial, je peux enfin résoudre la situation difficile à laquelle je fais face à cause de mes parents qui ne gagnent toujours pas d’argent. Ce soir, nous allons tous manger du ragoût de bœuf de flocon de neige1 pour célébrer ! pensai-je, tout sourire. On va manger du bœuf. La sensation d’être un porte-parole n’est pas mal du tout !

 

 

Alors que je me réjouissais encore d’avoir pu manger du ragout de bœuf, quatre ombres jaillirent soudainement devant moi. Il s’agissait des gens qui s’étaient déconnectés en même temps et au même endroit que moi la nuit dernière : les membres du groupe de l’Infini. Se rassemblant autour de moi avec des expressions mauvaises sur leurs visages, ils s’écrièrent à l’unisson : « Prince ! C’est quoi cette histoire de porte-parole ? »

« Euh… » Je ne pus que répéter exactement ce que Lolidragon venait de me dire.

« …Bref, je suis, sans aucune raison, devenu le porte-parole officiel de Second Life. » Je soupirai. Je suis vraiment trop ignorant ; je ne savais pas que jouer à un jeu pourrait causer des problèmes. Voilà que maintenant Second Life a expliqué mon ignorance en disant que c’était la vraie façon de jouer à un jeu de fantaisie 99% réaliste, songeai-je avec la tête qui me tournait.

Après avoir écouté mon explication, les membres du Groupe de l’Infini me dévisagèrent tous avec exaspération.

Ils restèrent ainsi pendant un certain temps. Et moi, voulant rompre le silence grave, je n’eus pas d’autre choix que de revêtir une expression joyeuse et souriante et de lâcher : « Il nous reste encore un concert à tenir dans la Cité du Soleil, est-ce que tout le monde est prêt ? »

« On peut répondre non ? » me demanda tout le monde, pâle.

Mon visage s’allongea. « J’ai aussi envie de répondre non, mais aujourd’hui nous devons terminer ce concert, puis nous dépêcher de rentrer à la Cité de l’Infini, parce que Lolidragon a dit que nous devons faire un album photo… »

« Quoi ? Un album photo ? » Les expressions de Wicked et de Gui changèrent toutes les deux, en particulier celle de Wicked, dont l’expression atteignait le point de congélation.

« Oui, un album photo. » J’haussai les épaules avec impuissance. « Ne croyez pas que je sois le seul qui doive le faire ; tous les membres du Groupe de l’Infini sont obligés. »

« Mais Prince, ce sont seulement tes photos qui vont aller sur le site officiel, alors ne le fais pas ! Pourquoi est-ce que tu dois être le porte-parole officiel ? Il y aura encore plus de rivaux amoureux ! » s’exclama obstinément Fairsky.

« Ah la la.. » Phoenix soupira, affligée.

« Ne deviens pas le porte-parole, Prince. » Fairsky me saisit le bras avec anxiété.

« Je ne peux pas, j’ai déjà annoncé à la société de Second Life que j’étais d’accord… » Plus important encore, j’ai déjà pris la moitié de l’argent et mangé le ragoût ; qu’est-ce que je peux faire d’autre ?

« Refuse ! » Fairsky me regarda avec des yeux en colère.

« Je ne peux pas. » Je n’arrivais pas à libérer mon bras de l’étreinte de Fairsky, donc je ne pus que la traîner jusqu’au tapis volant avec moi. « Allons-y tout le monde, et terminons le dernier concert de cette tournée. »

« Je te défends d’être le porte-parole, sinon je ne jouerai plus pour le groupe ! »  Dans un moment de désespoir, Fairsky me menaça.

C’est sacrément énervant, pensai-je comme deux veines apparaissaient, traversant mon front. Être poursuivi par d’innombrables louves, avoir à devenir le porte-parole, avoir à organiser des concerts, et même avoir à faire un album photo… Plus important encore, je ne peux pas permettre à qui que ce soit de découvrir ma vraie identité, en particulier avec Jing et Yun qui continuent de m’interroger à l’école sur mes coordonnées actuelles dans le jeu… Les événements récents m’énervent et me contrarient, et je dois encore me confronter à l’entêtement de Fairsky. Je n’ai pas que ça à faire !

« Arrête de m’emmerder. Je vais définitivement être le porte-parole, que tu décides de jouer pour le groupe ou non ne tient qu’à toi ! » la réprimandai-je avec colère.

« Tu, tu… » Les larmes montèrent aux yeux de Fairsky, mais elle s’obstina à ne pas leur permettre de tomber.

À cette vue, la moitié de mon cœur s’adoucit, regrettant instantanément d’avoir crié sur Fairsky sans raison. Même si je suis de mauvaise humeur, je ne peux pas tout jeter sur Fairsky. J’étais sur le point d’ouvrir la bouche et de lui présenter des excuses quand…

Sa tête pendante, les larmes de Fairsky se mirent finalement à couler. Elle les essuya sur sa manche, puis se retourna et s’enfuit en courant…

« Fairsky ! » commençai-je à crier, mais elle ne s’arrêta pas.

« On a déjà dépassé l’heure prévue pour le concert », annonça Wicked en fronçant les sourcils.

« Mais, Fairsky ? » J’observai anxieusement Fairsky tourner dans une ruelle.

« Je vais la trouver », déclara Sunshine. « Kenshin et moi, nous nous sommes beaucoup promenés dans les environs de cette zone ces derniers temps, et nous connaissons bien les routes.

Je réfléchis avec inquiétude pendant une minute. « Ok, Sunshine, va trouver Fairsky. Kenshin, tu devrais rester avec nous ; tu dois encore veiller sur Phoenix tout à l’heure. »

« Ok », répondirent à la fois Kenshin et Sunshine.

Je regardai dans la direction par laquelle Fairsky s’était enfuie une dernière fois, rempli d’auto-reproche sans limite, en espérant que je n’avais pas commis une erreur irréversible.

C’était assez étrange de jouer sur scène avec une personne en moins. Même si je chantais du mieux que je le pouvais, je me sentais inquiet, espérant que Sunshine trouverait Fairsky rapidement et aussi qu’elle n’était pas vraiment en colère contre moi.

Ce fut seulement quand nous eûmes terminé le concert et repéré la silhouette de Fairsky sur le tapis volant que Sunshine avait amené pour nous sauver que je relâchai le poids que j’avais sur le cœur.

« Fairsky, je suis désolé, c’est seulement parce que j’étais de mauvaise humeur que je t’ai crié dessus. S’il-te-plaît, pardonne-moi ! » Mes mains jointes, je m’excusai à Fairsky.

« Hmph ! » Fairsky bouda et se détourna.

Impuissant, je me grattai le visage. « Plus tard, nous devons prendre des photos, Fairsky. Est-ce que tu veux les prendre ? À moins que… tu veuilles quitter le groupe ? »

En entendant cela, Fairsky se retourna et cria : « Je ne pars pas ! Je veux les prendre. »

Voyant le visage boudeur de Fairsky, je ne pus pas m’empêcher de pouffer de rire, puis j’utilisai une voix câline et dis : « Ok, ok, nous allons les prendre ensemble. »

« Votre Altesse, nous sommes arrivés à la Cité de l’Infini. » Gui pointa avec excitation en bas du tapis volant.

« Merveilleux, nous sommes enfin rentrés à la maison. » Je contemplai avec joie notre maison, la Cité de l’Infini.

La maison a vraiment quelque chose de familier. Là ! Lolidragon est là-bas à crier et à agiter la main vers nous. Pensais-je, en agitant joyeusement et vigoureusement la main en retour à Lolidragon.

La voix brisée de Lolidragon flotta vers nous. « Prince, fais attention ! Nous sommes en train de tester une nouvelle barrière, ne t’approche pas… »

« Hein ? » Nous étions encore en train de nous demander ce que Lolidragon voulait dire quand…

BANG !

Lolidragon observa les gens sur le tapis volant être aplatis contre la barrière pour ensuite glisser jusqu’en bas du bouclier de forme ronde, comme s’ils étaient de petits oiseaux qui s’écrasaient contre une fenêtre en verre. Elle ne put que se murmurer à elle-même : « Trop tard. »

« Le Bouclier Géant en Forme d’Œuf, comme son nom l’indique, est en forme de coquille d’œuf géante, et peut protéger fermement tout ce que vous souhaitez protéger. La zone qu’il couvre continue à s’étendre chaque fois que je monte de niveau, et maintenant il couvre environ un cinquième de la Cité de l’Infini. Si je ne bois pas de potions de mana, je peux le maintenir pendant environ 10 minutes, mais si je bois une quantité infinie de potions de mana, alors je peux le maintenir pendant au moins deux heures. Ça va certainement être d’une très grande aide dans la protection de la cité. »

Après avoir dit ça, Yun se gratta l’arrière de la tête avec embarras. « Sauf que, Grand Frère, je n’aurais jamais cru que vous seriez les premiers à la tester, les gars. »

« La prochaine fois, explique-moi ce que fait ton Bouclier Œuf Truc Machin avant que je me casse le nez, d’accord ? » lui répondis-je avec une expression désagréable.

« C’est un Bouclier Géant en Forme d’Œuf », me corrigea Yun.

« Grand Frère, j’ai inventé un nouveau papier fu illusion. » Jing se hâta de sortir un tas de papiers fu pour me les montrer, comme si elle présentait un trésor précieux.

Je m’enquis curieusement : « Un papier fu illusion ? Qu’est-ce que ça fait ? »

Jing toussa plusieurs fois et commença à expliquer : « Les papiers fu illusion sont capables de créer des illusions, comme l’indique leur nom. Premièrement, pour les utiliser, lorsque l’exorciste crée le papier fu, il insère diverses illusions en lui. Ensuite, lorsqu’on se sert du papier fu, quelle que soit l’illusion qui a été insérée tout à l’heure apparaîtra dans la zone. Par exemple, si je pensais à un désert à ce moment-là, dans ce cas quand j’emploierais ce papier fu, l’image d’un désert apparaîtrait. Même si les créations sont seulement des illusions intouchables, ces papiers fu seront certainement d’une grande aide pour semer la confusion chez l’ennemi. »

« Oh ? Ça a l’air intéressant, je vais essayer. » J’en pris un avec enthousiasme pour jouer avec. Comme je tendais la main et lançais le papier fu, tout le monde se tordit le cou, en attendant de voir le résultat.

« Tout le monde semble si insouciant. Vous n’avez donc pas tous des choses à faire ? » La voix de belle-sœur Yu Lian retentit tout à coup de derrière moi, sur ce ton exceptionnellement doux qui me faisait si peur que la chair de poule apparut partout sur ma peau.

« I-Il y a des choses à faire, je vais aller m’en occuper tout de suite. » Je me retournai et la première chose qui entra dans mon champ de vision ne put être que l’ombre du sourire mortel et effrayant de belle-sœur Yu Lian.

« Alors tu ne vas pas vite aller les faire ? » parla de nouveau belle-sœur Yu Lian en souriant.

« O-Oui… » Je regardai à gauche et à droite, souhaitant qu’il y eût instantanément un travail que je pourrais faire…

Jing toussa encore. « Euh, Grand Frère, c’est… »

« Ne me dérange pas ; je cherche quelque chose que je peux faire. » Oh, là-bas les gens semblent occupés, je pense que je vais aller les aider à déplacer les morceaux de bois. En voyant le sourire de belle-sœur Yu Lian, je pris mes jambes à mon cou et courus pour rejoindre les rangs des déménageurs de bois.

« Grand Frère… » Jing me fixa avec exaspération, tandis que je déplaçais avec enthousiasme le bois.

« Prince, qu’est-ce que tu fiches ? » Lolidragon, qui venait tout juste de se précipiter vers moi, m’observa avec surprise en train de jouer les déménageurs de bois.

Je posai le bois avec une expression gênée. « Euh, belle-sœur Yu Lian m’a dit de chercher un travail à faire. »

« Yu Lian ? » Le visage de Lolidragon exprimait une totale confusion. « Elle n’est pas dans le bureau du Ministère des Finances ? Tout à l’heure quand je suis sortie, j’ai vu qu’elle était encore là. »

« Comment c’est possible ? Belle-sœur Yu Lian n’est-elle pas juste… » Je pointai l’endroit où belle-sœur Yu Lian se trouvait il y a un instant, uniquement pour découvrir qu’elle n’était plus là. J’étais complètement confus. Mais, qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Jing sourit avec impuissance. « Grand Frère, c’était l’illusion qui est sorti du papier fu illusion. Juste au moment où je faisais l’insertion d’une illusion dans ce papier fu, belle-sœur Yu Lian se promenait dans les alentours afin de superviser le travail des gens, alors… »

« Alors, tu as accidentellement inséré cette image, et c’est par hasard que je l’ai choisi ? » Le coin de ma bouche tiqua. Ce n’est pas le genre de chance que n’importe qui peut avoir.

Jing me sourit avec excuse.

« Oublions ça, oublions ça. Vraiment, je suis presque mort de peur à cause de vous deux, bande de clowns », déclarais-je pendant que je me tapotais la poitrine avec soulagement, encore secoué par ce qu’il était arrivé avant.

« Grand Frère est si facile à effrayer, je crains que tout à l’heure il meure vraiment de peur », affirma Jing, en souriant radieusement.

Je déglutis, pensant, Il semblerait qu’il y ait une sorte de message caché dans cette phrase ? Et ce n’est pas un message caché très agréable non plus ! « Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« Cérémonie. De. La. Parade. Militaire ! » articula Lolidragon, sa voix résonnant.

« Hein ? » J’étais encore confus sur ce qu’était une Cérémonie de la Parade Militaire, malgré le fait que Lolidragon m’eût déjà traîné au loin avec impatience.

Après que Lolidragon m’eut traîné jusque dans la chambre, elle sortit un ensemble brillant d’armure légère couleur d’argent de son sac d’inventaire, qui avait l’air de m’être destiné.

« Pourquoi je dois aller à une parade militaire ? » la questionnai-je, terrifié, avec les membres tremblotants. Est-ce qu’il y a une erreur ou quelque chose comme ça ? Moi, une fille qui n’a même pas besoin de rejoindre l’armée, je dois participer à une parade militaire ?

« Parce que tout le monde veut voir quel genre de personnalité le suzerain possède. » répondit nonchalamment Lolidragon  alors qu’elle m’aidait à revêtir l’armure légère couleur d’argent.

« Ce n’est pas juste cette personnalité-ci ? » dis-je en riant amèrement.

Lolidragon secoua la tête. « Je dois d’abord t’avertir : si tu te présentes avec ta personnalité normale et ridicule à la parade militaire, je te promets que le Département Militaire sera le premier à te tuer.

« Oh, le Ministère des Finances et le Ministère de l’Agencement Territorial ne te laisseront pas t’en tirer non plus », ajouta-t-elle, distraite. « Maintenant que tu es devenu le porte-parole, tes manières de majesté ont recruté beaucoup de soldats pour nous, de sorte que le Département Militaire est extrêmement heureux. De plus, il y a une énorme foule de touristes qui attend devant les portes, et il y a tant de gens qui attendent en ligne pour acheter des maisons dans la Cité de l’Infini que ceux-ci se battent en duel pour les avoir. Le Ministère des Finances et le Ministère de l’Agencement Territorial de la ville ont été en mesure de pousser un énorme soupir de soulagement ! »

« En plus, toi, le porte-parole, tu es très important pour Second Life, donc si tu oses ruiner ton image à la cérémonie, le nombre de personnes qui essaieront de te tuer va remplir l’océan Pacifique. »

Je fis la grimace et répliquai : « Vrai, et si je devais annoncer mon statut de travesti, dans ce cas l’océan Atlantique pourrait très bien être rempli lui aussi. »

« Ok, ok, ne sois pas si déprimé. Il s’agit seulement d’afficher l’attitude de l’Elfe Sanguinaire, de monter sur scène et de prononcer quelques mots. Après ça, il n’y a rien d’autre », me consola Lolidragon, tapotant mon dos après qu’elle eut fini d’arranger mon armure.

« Mais, je vais devenir nerveux. » Découragé, je songeai, En écoutant ce que Lolidragon a dit il y a un instant, il y a forcément cinq mille soldats de présent. Cinq mille ! Bon sang, d’où est-ce qu’ils peuvent tous provenir ? Je ne suis devenu le porte-parole il y a que quelques jours, pas vrai ? Ah la la, si je pense à environ cinq mille paires, ça fait dix mille yeux qui vont me regarder. Comment je peux ne pas être nerveux ?

Lolidragon éclata de rire à quelques reprises. « Calme-toi, calme-toi, tu crois que je ne te comprends toujours pas ? Dès que tu montes sur scène, tu te transformes automatiquement en l’Elfe Sanguinaire qui n’a peur de rien. »

« Vraiment ? » demandai-je, déprimé.

« Vraiment. Maintenant, vas-y ! » Lolidragon me poussa avec force.

Ce n’est pas nécessaire de me pousser si durement. Me plaignis-je tranquillement, en regardant vers le couloir menant aux lieux de pratique. Habituellement, vous pouviez simplement effectuer quelques pas et être déjà arrivé au bout, mais aujourd’hui le couloir semblait être anormalement difficile, long et sombre. Et tandis que mes pas étaient normalement rapides et légers, en ce moment même lever mes pieds semblait pénible.

« On y va. » Lolidragon me tapota l’épaule.

« Prince, comment se fait-il que tu sois encore là ? Tout le monde t’attend. » Grand frère Wolf approcha avec son sourire laid familier.

« Grand frère Prince, tu es rentré ! Tu as manqué à Doll ! » Doll se jeta sur moi, me donnant un gros câlin.

Je retournai l’accolade en souriant. « Tu n’as pas peur que je te vole ta nourriture ? »

Doll sortit la langue de façon mignonne.

« Prince, cette armure te va vraiment à merveille ! » Les yeux de Gui étaient remplis d’entichement, et je lui donnai une claque sur la tête.

« Dépêche-toi d’y aller, Prince. » Belle-sœur Yu Lian continuait de sourire, avec un sourire rempli d’encouragement.

« Oui, allons-y. » J’arborai un sourire détendu, des pas vifs se déplaçant progressivement vers la lumière éblouissante au bout du couloir, avec mes coéquipiers d’Odd Squad suivant derrière moi.

Dès que je sortis du couloir, la lumière du soleil accablante était si brillante que je pouvais à peine ouvrir les yeux. Je posai le dos de ma main sur mon front pour mettre de l’ombre sur mes yeux jusqu’à ce qu’ils se fussent habitués à la lumière, avant de redescendre  ma main et d’observer les personnes présentes. Rose et Broken Sword me souriaient radieusement, Legolas affichait encore une attitude froide, Li’l Strong transportait sa grande hache, et For Healing Only restait, de tous les prêtres que j’avais vu, le guérisseur qui avait le plus l’air d’un prêtre.

Je dépassai en souriant la Team Rose, après eux venaient les membres de Dark Emperor. L’arrogance de Ming Huang donnait l’impression qu’il nécessitait encore plus de discipline, Heartless Wind avec son air charmant qui était faux et irritant, et Wicked arborait son expression glaciale habituelle, seuls ses yeux montraient son inquiétude et son anxiété.

Nan Gong Zui, avec Ice Phoenix, White Bird, Kong Kong et le reste des Lames Vertueuses, contemplèrent fièrement les autres soldats comme s’ils exhibaient un trésor. En même temps, ils cherchaient nerveusement des signes de mécontentement de ma part.

À ce stade, j’aperçus enfin le grand terrain d’entraînement, qui était en fait rempli à craquer de gens, et directement en face de moi se trouvait la scène. C’était très évident : je devais monter sur la scène, puis afficher l’attitude du Prince Sanguinaire et employer mon statut de suzerain de la Cité de l’Infini pour accueillir tout le monde.

D’une humeur exceptionnellement calme, je montai lentement pas à pas les marches d’escalier jusque sur le podium. Sous les regards attentifs de tout le monde, je me tins là avec un sourire qui était calme et constant.

« Je suis le suzerain de la Cité de l’Infini, également connu sous le nom de Prince l’Elfe Sanguinaire. » Allant droit au but, j’identifiai mon statut.

« Ça n’a rien d’extraordinaire ; c’est seulement mon rôle dans la Cité de l’infini. Tout comme la façon dont vous êtes les soldats et les protecteurs de la ville, je suis le suzerain de cette cité. Pour moi, que vous soyez un soldat dans l’armée, ou un seigneur dans un château, nous faisons tous partie de la Cité de l’Infini. En d’autres termes, nous formons tous la Cité de l’Infini, et la Cité de l’Infini nous représente. Tous ensemble, élargissons la Cité de l’Infini jusqu’à l’infini, et créons une présence éternelle dans Second Life », finis-je, sonore et énergique.

Sous les regards brillant d’admiration de ceux sous la scène, je quittai majestueusement cette dernière, tandis que le Département Militaire reprenait les rênes et commençait à organiser les soldats en groupes, et à expliquer les opérations militaires ainsi que les exercices de formation, etc. Bref, tout ça n’avait rien à voir avec moi, et je ne comprenais pas l’organisation militaire de toute manière. Je marchai hors du podium, vis Lolidragon agitant violemment la main vers moi, et je n’eus pas d’autre choix que de la suivre…

« Je ne pensais pas que quelqu’un comme toi sur scène pouvait en fait parler comme un humain », murmura Lolidragon en face de moi.

« Hé ! C’est quoi ce genre d’attitude ? Je parle facilement comme un humain normal ! » réfutais-je, en levant les yeux au ciel.

« Oh vraiment ? “J’ai faim” compte également comme parler comme un être humain ? » demanda Lolidragon.

Légèrement coupable, je répliquai : « Les humains peuvent aussi avoir faim… Dans tous les cas, où est-ce que tu m’emmènes ? »

« Faire. Un. Album. Photo ! » Encore quatre mots sonores et insistants.

Note de bas de page

1 Bœuf de flocon de neige : Une sorte de viande de haute qualité dont les marques de rayures du gras à l’intérieur des muscles ressemblent à des flocons de neige, d’où le nom.

Romance RPG : Partie 7

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Romance RPG

Roman d’origine en chinois par : Yu Wo (  )


Part Seven – traduit du chinois vers l’anglais par Doza[PR!]
Partie Sept – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Vérification par Nocta

Étrange, pourquoi est-ce qu’il ne bouge plus ? Est-ce qu’il est en colère ? Mademoiselle Cent Points, qui était également Meng, sentit soudainement que l’épée dans sa main ne bougeait plus. Elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils tandis qu’elle réfléchissait.

Se sentant embarrassée, Meng sortit l’épée de la rivière. Elle était seulement un peu fâchée que celle-ci se soit connectée sans le lui dire. Aussi, elle se sentait un peu gênée. Ses inquiétudes avaient été entendues par quelqu’un… par une épée, alors elle avait flanqué cette dernière dans l’eau, songeant seulement à réduire son inconfort.

« Soupir ! Pourquoi est-ce que je me sens embarrassée par une épée ? Je suis vraiment idiote. »

Meng soupira pendant qu’elle jetait un coup d’œil en direction de l’épée. Cependant, la paire d’yeux qui poussait en dessous de sa garde restait solidement fermée, et sa paire de lèvres, un peu plus bas, semblait violette. Meng commença à paniquer et hurla désespérément : « Épée ? Épée ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Cesse de plaisanter. Si tu oses faire exprès de m’effrayer, tu vas me le payer. »

Meng secoua l’épée de gauche à droite. Toutefois, celle-ci n’ouvrit pas les yeux. Au contraire, un flot d’écume suinta de sa bouche. Meng eut un éclair de réalisation et pensa : Ne me dîtes pas qu’il était en train de se noyer ?

Noyade, noyade. Meng plaça frénétiquement l’épée sur le sol et essaya de toute ses forces de se rappeler le traitement pour les noyades, qu’on lui avait précédemment enseignée dans un cours militaire soit au collège ou au lycée, elle n’était pas certaine lequel. Premièrement, ouvre sa bouche. Meng regarda les lèvres de l’épée. Quand elle tendit les mains pour les séparer, elle se sentit encore plus gênée. Dans tous les cas, ce qu’elle avait devant elle restait quand même une personne…épée.

Cependant, les lèvres étaient très douces. Meng ne put s’empêcher de rougir… Bon sang ! À quoi est-ce qu’elle pensait ? Meng se gifla les joues très fort, et regarda ensuite l’épée. Il y avait beaucoup d’eau qui s’écoulait du coin de sa bouche.

Meng tenta très fort de se remémorer ce lointain cours militaire. Il semblerait que la prochaine chose à faire était de presser légèrement sur l’estomac et de permettre à l’eau accumulée à l’intérieur de s’échapper. Tandis qu’elle soutenait l’épée, elle étira sa main pour presser sur son estomac… Attendez une minute !

Il n’y a aucun estomac ! Comme elle observait la lame dure et aiguisée de l’épée, Meng voulut pleurer mais aucune larme ne sortit. Est-ce qu’il y a la moindre utilité à presser ?

« Ah ! Et, puis, je m’en fiche. »

Meng ramassa promptement l’épée et la retourna pour la mettre à l’envers. Ensuite, elle la secoua avec force, comme si elle était en train de secouer du bubble tea. Assez certainement, un ruissellement d’eau jaillit incessamment de la bouche de l’épée et, à la fin, il y avait même une légère odeur aigre. S’il avait vomi ses sucs gastriques ou non, elle l’ignorait.

Après l’avoir secoué pendant un moment, Meng s’arrêta en haletant. Elle plaça l’épée sur le sol et l’observa. Ses yeux étaient toujours solidement fermés, et Meng commença à s’inquiéter. Elle murmura dans son cœur, Ensuite vient la mesure de sa respiration, et la mesure de son pouls, mais… il n’y a pas de nez ou de cœur, et certainement pas de pouls, dans ce cas… Je vais laisser tomber cette étape.

Puis, il y a la respiration artificielle… Troublée, Meng se baissa. Juste au moment où elle était sur le point d’exécuter la respiration artificielle, elle se rappela que ça se donnait au bouche-à-bouche. Ses lèvres s’arrêtèrent à quelques centimètres au-dessus de l’épée. Elle hésita, mais quand elle baissa le regard et vit que les yeux de celle-ci étaient toujours fermés, Meng n’hésita plus et prit une profonde inspiration. Ensuite, elle baissa la tête et colla ses lèvres sur les siennes, passant lentement l’air dans sa bouche.

Encore et encore, Meng inhala de l’air dans ses poumons, puis souffla cet air salvateur dans la bouche de l’épée. À cet instant-là, ils semblèrent tous les deux partager le même souffle de vie.

Lin Jian Yin reprit graduellement connaissance. La première chose qu’il sentit fut une sensation douce sur ses lèvres. Ses paupières s’agitèrent et, quand il ouvrit les yeux, il aperçut Meng avec les yeux fermés tandis qu’elle faisait passer l’air de sa bouche à la sienne. Les longs cils de Meng se trouvaient droit devant lui et, quand ses paupières frémissaient occasionnellement, ils se frottaient même contre ceux de Lin Jian Yin.

Logiquement parlant, il devrait émettre un son pour lui signifier qu’elle n’avait pas besoin de continuer. Il avait déjà repris connaissance. Cependant, Lin Jian Yin resta sans voix pendant qu’il fixait du regard les longs cils de Meng, et cligna même des yeux sans réfléchir pour que leurs cils se touchent.

Après qu’elle eut fini de souffler, Meng quitta les lèvres de Lin Jian Yin encore une fois. Toutefois, ce dernier n’était pas habitué à ce que ses lèvres soient froides. Elle inhala encore d’autres bouffées d’air, et juste au moment où elle s’apprêtait à baisser la tête et à souffler, ses yeux légèrement entrouverts se posèrent sur une grande paire d’yeux sur l’épée.

Les lèvres de Meng s’arrêtèrent à quelques centimètres au-dessus de celles de Lin Jian Yin. Ses yeux observaient, figés, celui-ci.

Ce malaise ambiant continua pendant un moment, jusqu’à ce que Lin Jian Yin brise l’impasse à contrecœur. « C’est… Je viens tout juste de me réveiller… C’est vrai ! »

Meng cracha lentement : « Va te faire voir ! »

« Ah ! »

Une épée brillant d’une lumière blanche laissa une traînée à travers l’horizon.

Mise à jour : Août 2016

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Chapitres d’Août
  1. Romance RPG : Partie 7
  2. 1/2 Prince T4C6 : Le Porte-parole de Second Life
  3. La Légende du Chevalier du Soleil T3C5 : L’Inévitable Maître Dans Une Aventure – Un Homme Sage
  4. La Légende du Chevalier du Soleil T3C6 : La Route Sur Laquelle Tout Aventurier Se Doit de Voyager – Une Caverne Souterraine

Bonjour !

Quatre chapitres ce mois-ci : un de RRPG, un de 1/2 Prince, et deux de LCS.

J’espère que vous profitez tous de vos vacances ? 😀

Nous, en tout cas, on est hyper occupées.

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La Légende du Chevalier du Soleil T3C4 : L’Inévitable Antagoniste Dans Une Aventure – Un Personnage Beau et Classe

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 – À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : 御 我 Yu Wo


Chapter 4: “The Mandatory Antagonist for an Adventure — A Cool and Handsome Character” – traduit du chinois vers l’anglais par Lucathia[PR!]
Chapitre 4 : “L’Inévitable Antagoniste Dans Une Aventure — Un Personnage Beau et Classe” – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta

Après nous être pressés pendant un voyage de deux semaines, nous montions une fois de plus le camp, mais cette nuit, l’atmosphère n’était pas détendue comme d’habitude : elle paraissait oppressante.

« Personne ne peut égaler notre vitesse de voyage, alors pourquoi ne les avons-nous toujours pas rattrapés ? » demanda finalement Mike à Anne. Bien qu’ils fussent des amis d’enfance, il était clair d’après son ton qu’il était mécontent.

En tant que chevalier, Leaf souscrivait au noble principe « les princesses ont toujours raison », donc il ne prononça pas un mot. Mais, le simple fait de voir qu’il n’était pas venu défendre Anne me permettait de savoir qu’il commençait lui aussi à être soupçonneux. Tandis que moi… je n’avais pas ouvert la bouche pour parler depuis approximativement trois jours, ainsi tout le monde faisait habituellement comme si je ne savais pas parler.

Confrontée à nos doutes à tous, Anne laissa seulement derrière elle les mots « Attendez-moi » avant de s’enfoncer dans la forêt. Elle prit un moment avant de revenir, pour dire à tout le monde : « Nous sommes déjà très près, mais je ne connais pas la distance réelle. »

L’objet permettant de localiser la princesse était quelque part sur le corps d’Anne, mais elle refusait de nous laisser savoir de quel objet il s’agissait, ce qui expliquait pourquoi elle s’était rendue dans la forêt.

Après avoir obtenu une réponse aussi vague, Mike était toujours quelque peu mécontent. Anne le consola rapidement d’une voix douce : « Mike, nous sommes vraiment tout près maintenant. Cela ne nous prendra pas très longtemps avant de les rattraper ! »

Mike acquiesça à contrecœur, laissant tomber le sujet.

Au moment de dormir cette nuit, je me tournais et me retournais… et n’arrivais toujours pas à m’endormir ! Ce n’était pas surprenant. J’avais dormi vingt-quatre heures et ne m’étais pas réveillé avant la tombée de la nuit. Si je pouvais m’endormir la nuit, je commencerais à me demander si je n’avais pas un gros porc paresseux parmi mes ancêtres.

Après m’être tourné et retourné pendant un moment sans succès, je décidai de sortir de la tente. Après avoir dormi aussi longtemps, je ferais mieux d’exercer mes muscles et mes os un peu. Si je continue à  dormir et à manger de cette manière, cela aura une conséquence fatale : je deviendrais obèse !

Mike était de garde cette nuit. Quand il se tourna pour me jeter un regard, je lui souris avant de m’avancer silencieusement vers la forêt. Son regard était froid, et il n’essaya même pas de m’arrêter en me parlant. On dirait qu’il me méprise beaucoup…

Je marchai dans la forêt. Après m’être servi de ma capacité à sentir les éléments pour vérifier qu’il n’y avait personne autour de moi, je sortis de ma poche un insigne en forme de dragon et le pressai contre ma poitrine. D’une voix basse, je prononçai : « Brigandine Sainte du Dragon, au nom des descendants des Dragons, je te l’ordonne, activation ! »

En un instant, un tissu noir et serré s’étendit depuis l’insigne posé sur ma poitrine pour recouvrir tout mon corps, tandis que la partie basse de mon visage et les points vitaux étaient couverts par des écailles argentées. Je réalisai à ce moment-là que, bien que les plaques fussent argentées, elles ne scintillaient pas, pas même au beau milieu de la nuit. Au contraire, elles attiraient les ténèbres. Quand je baissai la tête pour me regarder, je ne pouvais rien voir et pensai presque que je n’avais pas de corps. C’est flippant !

« Même si je t’ai dit de ne plus parler comme il te plaît, oublie cet ordre après tout. » dis-je, un peu impuissant.  Même s’il est « silencieux », j’étais toujours conscient qu’il pouvait parler, donc ne pas l’y autoriser n’avait pas beaucoup de sens.

Comme vous le voulez, mon seigneur.

Après, j’allai par-ci par-là, choisis l’arbre le plus près et le plus grand, et commençai à y grimper. En ayant mis la Brigandine Sainte du Dragon, escalader un arbre était presque aussi facile que de marcher. Quasiment tout de suite, j’atteignis le sommet de l’arbre.

Je baissai la tête pour contempler le terrain environnant. Je la levai ensuite pour observer le ciel étoilé et trouvai la constellation que je cherchais. Une fois que j’eus noté la position, je descendis de l’arbre et dessinai sur le sol les positions du terrain et des constellations que je venais d’observer.

Comme je le pensais… Je me mis sinistrement à rire tout seul.

Mon seigneur, quelqu’un utilise sa capacité à sentir les éléments pour vous observer.

J’étais surpris. J’avais toujours été celui qui espionnait les autres. Maintenant, il y avait quelqu’un d’autre qui m’espionnait ? Je demandai précipitamment à la Brigandine Sainte du Dragon : « Dans quelle direction se trouve la personne qui m’observe ? »

Votre serviteur ne le sait pas. Mon seigneur, l’observateur a déjà mis fin à sa capacité.

Ils se sont arrêtés aussi vite ? J’y réfléchis un moment. Le plus probable était que cette personne fût Leaf. Il était un archer, alors c’était possible qu’il ait reçu un entrainement pour sentir les éléments. Je l’avais peut-être réveillé en partant tout à l’heure, et il avait donc lancé un scan par réflexe. Puisque mon élément sacré était extraordinairement puissant, il aura sur-le-champ découvert que c’était moi et avait ainsi mis fin à son balayage

D’accord, j’ai fini mes affaires. C’est le moment de rentrer.

Tout d’abord, je voulus rentrer au campement. Néanmoins, en me rappelant de l‘acte sérieux de Leaf, qui avait songé à employer sa capacité juste après s’être réveillé, je pensai que je devrais moi aussi essayer de sentir s’il y avait du danger autour de nous. Sinon, je me sentirais coupable demain quand je monterais sur le dos de Leaf.

Je respirai profondément et étendis ma capacité à sentir les éléments jusqu’à ses limites…

Soudainement, je m’immobilisai. Je regardai au loin. À une distance assez proche, il y avait une forme de vie possédant une quantité non-négligeable de l’élément des ténèbres. Je n’avais senti une quantité aussi importante de l’élément des ténèbres qu’avec Roland, qui était un Chevalier de la Mort. Bien que l’élément des ténèbres de Rose ne fût pas moins imposant que celui de Roland, elle savait comment camoufler son aura…

Se pourrait-il que ce soit là celui qui a enlevé la princesse ? Je repensai à la requête de la reine. Était-ce une coïncidence, ou la reine savait-elle déjà que notre adversaire était une créature des ténèbres contre laquelle les guerriers étaient les plus inefficaces, et nous avait ainsi forcés, Leaf et moi, à rejoindre le groupe d’aventuriers ?

Hormis la forme de vie qui dégageait l’élément des ténèbres, je sentais une autre forme de vie avec un très fort élément du vent. C’était très probablement un mage de l’élément du vent.

Je fronçai les sourcils et me demandai : « Ma capacité à sentir les éléments serait-elle devenue plus forte ? »

Après avoir repris le flambeau du Chevalier du Soleil, l’élément sacré contenu dans mon corps était devenu tellement fort que je ne pouvais pratiquement plus sentir les autres éléments : à part l’élément opposé, l’élément des ténèbres. Cependant, très récemment, il m’avait semblé que je pouvais sentir les autres éléments sans chercher délibérément à les ressentir. De la même manière que, quand le loup avec l’élément du feu avait essayé de m’attaquer, j’avais ressenti sa présence juste avant.

« Se pourrait-il que j’aie utilisé trop de magie récemment, particulièrement la nécromancie, et cela aurait affaibli mon élément de la lumière ? »

Si c’était le cas, c’était mauvais signe. Je suis le Chevalier du Soleil. Mon élément sacré ne peut être que fort, pas faible. On dirait que je devrais faire plus attention. Je ne peux pas continuer à utiliser spontanément des sorts qui n’appartiennent pas à l’élément sacré.

Au début, étant donné que je dormais depuis pas mal de temps, je pensais sortir pour tracer notre position et exercer mes muscles en même temps. Néanmoins, si je ne pouvais pas employer la magie, je crois qu’il serait plus sûr pour moi de retourner dormir… Au moment où je me retournai, une puissante aura de vent se manifesta juste derrière moi.

Je tournai la tête pour regarder. Dans le sous-bois, à l’origine entièrement vide, se tenait une personne portant une armure légère noire et tenant une paire de rapières dans ses mains. L’aura de ténèbres émanant de cette personne était suffisamment abondante pour rivaliser avec celle d’un Chevalier de la Mort.

Toutefois, c’était sans aucun doute un être vivant. Pourrait-il être… ? Mon esprit se vida un instant avant que je ne lâche : « Un Chevalier Noir du Dieu de l’Ombre ? »

Mais, en y réfléchissant davantage, il semblait connaître le sort de La Téléportation Instantanée. Comment un chevalier pouvait-il connaître de la magie ? Je ne pus m’empêcher de lui demander : « Tu sais comment te téléporter. Es-tu vraiment un chevalier noir ? »

Le chevalier noir se figea aussi un moment, avant de lâcher : « Pour posséder une aura de lumière aussi forte, es-tu vraiment un assassin ? »

Réalisant que nous doutions tous les deux de l’identité de l’autre, les mots nous manquèrent. Après nous être tut quelques instants, le chevalier noir s’enquit : « Tu es un poursuivant ? »

Même si j’avais voulu le nier, je ne le pouvais. Dans les alentours, à l’exception du fugitif devant mes yeux, il n’y avait que notre groupe de poursuivants. Il n’y avait personne d’autre à proximité, alors je lui répondis froidement : « Si tu es un fugitif, alors je suis un de tes poursuivants. »

Bien que nous fûmes fugitif et poursuivant, nous restâmes un long moment immobiles sans nous battre. Je ne le voulais pas, car la manière dont il tenait son épée était aussi intimidante que celle de Judgment ou de Roland. Je n’avais pas pour habitude d’appeler la mort quand je n’avais rien d’autre à faire.

Je pense qu’il n’avait probablement pas envie de se battre avec moi non plus, vu que mon aura sainte était suffisamment intense pour masquer son aura de ténèbres. Il n’avait probablement pas non plus l’habitude de chercher la mort quand il n’avait rien de mieux à faire.

Si nous commencions à nous battre, la probabilité que je le bombarde à mort avec ma lumière sacrée, et la probabilité qu’il me hache en petit morceaux avec ses lames, étaient équivalentes. Comme j’avais pour principe de ne pas attaquer tant que je n’étais pas sûr à 100% de vaincre, je décidai de le laisser partir pour cette fois !

« Je ne veux pas me battre contre toi. » lui avouai-je franchement.

En entendant mes paroles, le chevalier plissa le front. Fort probablement pour montrer sa bonne volonté, il rangea ses armes, mais il s’attarda sans partir. Nous nous observâmes froidement… Claque !

Je lançai un regard glacial à la paume de ma main. Ce moustique était certainement courageux, pour oser voler par hasard autour de moi pendant que je portais la Brigandine Sainte du Dragon ! Ne savait-il pas qu’en ce moment mon corps était recouvert de tissu noir, et que je n’avais donc guère à m’inquiéter de salir mes gants blancs !?

Je me servis de mes doigts pour dégager le cadavre de ma main. Quand je tournai la tête, le chevalier noir me regardait avec un air stupéfait. D’un ton sans joie, je m’adressai à lui : « Qu’est-ce que tu regardes ? N’as-tu jamais vu quelqu’un tuer un moustique ? »

Le chevalier noir sourit, et répondit sur le ton de la plaisanterie : « J’ai souvent vu des gens tuer des moustiques, mais c’est la première fois que je vois un assassin le faire. »

Eh bien, je suis désolé de te le dire, mais tu n’as toujours pas vu un assassin tuer un moustique, car je suis un Chevalier Sacré, pas un assassin.

Je baillai. « Puisque nous n’allons pas nous battre, je vais retourner dormir. »

« Attends une minute. »

Mon visage s’assombrit. Il semblerait qu’il n’avait pas envie de me laisser partir. Dommage, étant donné que je voulais rentrer et hurler : le fugitif est près de nous, allons vite le capturer ! Une fois que nous l’aurions capturé, trouvé la princesse, et fini par assister au mariage, j’aurais pu rentrer au Temple Sacré et redevenir un ermite d’église. Alléluia !

Avec le front plissé, il me regarda et déclara, un peu hésitant : « La princesse m’a suivi de son plein gré. »

En entendant cela, mon cœur tressauta, mais en surface je me contentai de répondre froidement : « Tous les violeurs affirment toujours que la femme les a séduit. »

Le visage du chevalier noir s’assombrit, et il ajouta une autre déclaration alarmante : « Nous nous sommes enfuis pour nous marier ! »

Enfoiré !

Globalement, je le croyais, sans pour autre raison que le fait que ce chevalier noir était vraiment grand, beau et impressionnant. Il appartenait au genre « à partir du moment où un homme le voit, il veut le tuer pour avoir un rival en amour de moins ».

Il était particulièrement fait pour être un chevalier noir, car un chevalier noir était précisément quelqu’un de froid qui voyait tout le monde comme son ennemi… Quand un type était aussi beau que lui, il devait percevoir tous les hommes autour de lui comme ses ennemis, pour survivre jusqu’à cet âge.

« Si vous vous êtes enfuis, pourquoi avoir laissé une lettre derrière vous ? »

Je continuai d’hésiter, et me gardai d’accepter cette « vérité » trop vite… Avec un kidnappeur aussi beau, je croyais que même si la princesse avait vraiment été kidnappée, après avoir été avec ce type canon de jour comme de nuit pendant deux semaines, la situation aurait probablement tourné en fugue-pour-se-marier.

Le chevalier noir cilla et demanda avec perplexité : « Quelle lettre ? »

« … »

Je venais juste de découvrir que la situation était encore plus complexe que je ne le pensais. Quand je voulus demander des précisions, j’entendis de nombreux bruits de froissements provenant de derrière nous. Je me tus brutalement. Évidemment, le chevalier noir les entendit également.

Il me jeta un regard, sortit un parchemin magique, prononça « Téléportation Instantanée », fut entouré complètement par une tornade d’air et disparut de l’endroit où il se tenait avec un « swoosh ».

« Ainsi, il utilise un parchemin magique pour la Téléportation Instantanée. Je savais bien qu’il ne pouvait pas y avoir autant de personnes bizarres dans ce monde, qui ne correspondaient pas à leur emploi… »

Je murmurai cela pendant que j’annulais la Brigandine Sainte du Dragon. Je rassemblai un peu de lumière sacrée et attendis là où je me trouvais.

« Sun ! »

Leaf fut le premier à sortir des buissons. Il me regarda de haut en bas pour vérifier que j’allais bien. Une fois qu’il eut constaté que c’était le cas, il lâcha un soupir de soulagement, mais demanda quand même, préoccupé : « Est… est-ce que ça va ? »

« Je vais bien », répondis-je simplement.

Après cela, Mike, Anne et Austin arrivèrent tous ensemble. Je vis qu’ils me regardaient tous avec des yeux plein de doutes. J’ouvris calmement la bouche pour leur expliquer : « J’ai rencontré un chevalier noir. »

En disant cela, je prêtai attention à leur réaction. Mike lâcha, douteux : « Une chevalier noir ? Qu’est-ce qu’un type de la Cathédrale du Dieu de l’Ombre fait sur notre territoire ? »

Austin fronça les sourcils, paraissant être plongé dans ses pensées.

L’expression d’Anne devint momentanément paniquée, mais elle prouva qu’elle était une princesse. Elle récupéra son sang-froid en moins d’une seconde et m’adressa même un regard inquiet.

Comme je le faisais toujours, je lui souris. Ce sourire la rassura considérablement. Elle ne révéla pas plus de panique.

Leaf demanda, perplexe : « Se pourrait-il que ce chevalier noir soit l’homme qui a kidnappé la princesse ? »

J’offris un sourire éclatant à Leaf qui ouvrit de grands yeux, ressemblant à un élève d’école primaire qui ne savait pas ce qu’il avait fait de mal. Je pesai rapidement le pour et le contre, mesurant toutes mes possibilités, avant de décider de m’en tenir à agir comme un sot. Je répondis : « Sun ne le sait point. »

Mike rugit d’une voix basse, de manière agitée et indignée : « Ce doit être lui ! Où est-il maintenant ? »

« Il a utilisé un parchemin de Téléportation Instantanée pour s’enfuir. Je crains qu’il soit déjà loin », répondis-je honnêtement.

Après avoir entendu ce que j’avais dit, Mike atteignit presque son point d’ébullition et continua à crier qu’il allait pourchasser le kidnappeur sur-le-champ. Ses poings le démangeaient probablement, puisqu’il ne s’était pas vraiment battu depuis deux semaines, d’après mon estimation.

Austin attrapa promptement Mike et commença sérieusement ses leçons de père à fils, disant des choses comme le fait que la distance était incertaine, que même si nous partions le pourchasser dès maintenant, nous ne le rattraperions pas forcément, que nous n’avions pas du tout remballé notre équipement de camping, que si nous ne les rattrapions pas, nous aurions du mal à continuer la chasse.

 

 

Après être retournés au camp, sous l’insistance de Mike, nous décidâmes de lever le camp deux heures plus tôt, le jour suivant. Après cela, à part Mike qui décida de rester debout pour monter la garde jusqu’au matin, tout le monde retourna sous sa tente afin de dormir. Mais, qui sait si l’un d’entre nous fut réellement capable de se rendormir après les événements de cette nuit.

Leaf et moi étions justement un groupe de deux personnes qui ne parvenaient pas à se rendormir. Au moment où Leaf pénétra dans la tente, il me regarda comme s’il voulait me dire quelque chose. J’utilisai vite mes deux mains pour couvrir sa bouche, ne le laissant pas prononcer quoi que ce soit. Il ouvrit de grands yeux pour me fixer.

Je réfléchis un moment, avant de rassembler de la lumière sacrée au bout de mon index. Je me servis alors d’une ligne de lumière pour écrire des mots.

« Je pense que nous avons été trompés par la reine et la Princesse Anne. »

Après avoir vu cette ligne de mots, Leaf tenta avec beaucoup d’efforts de faire la même chose que moi : employer la lumière sacrée pour écrire des mots… Néanmoins, son écriture était disproportionnée et de travers. Il me fut difficile de reconnaître ce qu’il avait écrit : « Que veux-tu dire ? »

Je réfléchis un peu avant d’ajouter d’autres mots : « Je suis seulement certain qu’Anne nous fait faire des détours. »

En ce qui concernait la lettre, n’avoir que la parole du chevalier noir rendait la chose trop subjective, alors je me retins de la mentionner pour l’instant.

Leaf fronça les sourcils et écrivit : « Que devrions-nous faire du coup ? »

J’y réfléchis un moment avant d’ajouter : « Nous ne devons pas nous séparer, tous les deux. Pour le reste, continuons comme nous le faisons déjà. Tu n’as qu’à continuer à me porter sur ton dos quand nous nous dépêchons ! »

Leaf dessina très sérieusement six points brillants : « …… »

Après environ une heure, Mike commença à beugler et à rugir, réveillant tout le monde. Je ne m’en préoccupai pas trop puisque je ne m’étais pas endormi, mais Leaf se réveilla en sursaut. Quand il sortit du lit, son visage montrait son épuisement.

Dans cette situation, j’éprouvais une pointe de remords, alors quand vint le moment de grimper sur le dos de Leaf, j’hésitai pendant un court instant. Heureusement, je n’avais pas grand-chose en guise de conscience, donc je fus capable d’ignorer cette pointe de culpabilité et continuai de grimper sur le dos de Leaf.

En voyant nos actions, Mike cria immédiatement avec colère : « Elmy, arrête de perdre ton temps à le porter. Il est inutile dans tous les cas. Utilise ta pleine vitesse pour nous accompagner dans la poursuite du ravisseur. »

Leaf refusa sur-le-champ : « Non. Si ça avait été plus tôt, laisser Sun derrière aurait été possible. »

Hé…

« Mais, maintenant que nous savons que l’ennemi est un chevalier noir employant l’élément des ténèbres, nous devons emmener Sun avec nous. Lui seul est en mesure de contrer l’élément des ténèbres de l’ennemi. »

Mike rigola froidement : « Après nous avoir rencontré, qu’est-ce qui n’appartient pas aux ténèbres ? Les cadavres appartiennent bien à l’élément des ténèbres, non ? »

En entendant cela, même Leaf fut étourdi et silencieux pendant un moment. Avec une équipe telle que la nôtre, on pourrait dire que si un dieu nous bloquait la route, nous éliminerions le dieu ; si un démon nous bloquait la route, nous éliminerions le démon. …Pourtant, sur le chemin, il y avait seulement eu des bêtes démoniaques insignifiantes et des équipes d’aventuriers peu scrupuleuses, donc aucune vraie bataille n’avait réellement eu lieu. Leaf, Austin et moi n’avions même pas levé le petit doigt. Au moment où nous rencontrions les ennemis en face à face, ils tombaient tous en poussière sous les coups de Mike et d’Anne.

Aussi, nous nous hâtions depuis deux semaines déjà, à une vitesse inhumaine, et étions déjà entrés dans les profondeurs de la forêt, mais notre situation n’avait pas changée d’un poil. Mike se servait toujours de ses poings pour tout résoudre, ne dégainant pas une seule fois son épée. Anne utilisait toujours ses pieds pour répondre aux hommes qui ouvraient la bouche pour l’assaillir, et ses doubles haches uniquement pour disséquer le diner. Le seul boulot de Leaf était de me porter ; il ne manquait pas une seule flèche à son carquois.

Leaf hésita un peu avant de tourner la tête pour me demander : « Sun, c’est seulement pour une journée. Peux-tu courir avec nous ? »

Plus tôt, j’avais senti l’existence d’un magicien du vent près du chevalier noir. Les magiciens de l’élément du vent sont des experts dans le Sort de Vol et le Sort de Téléportation Instantanée. C’était probablement la raison pour laquelle, bien que notre vitesse fût très importante, nous n’arrivions pas à les rattraper. Comme nous n’arrivions pas à les rattraper, pourquoi devrais-je lutter pour soutenir le rythme ? Sans me presser, j’ouvris la bouche pour dire : « Afin de ne pas être un fardeau pour notre vitesse de déplacement, je vous en prie, ne vous sentez pas concernés par Sun. Sun vous rejoindra plus tard. »

« Sun ? » Leaf me regardait avec un air de totale stupéfaction.

J’agitai la main pour le faire taire, et souris tandis que j’ajoutais : « Le cœur de Sun s’est déjà résolu. Mon frère Leaf, je t’en conjure, n’arrête pas Sun à nouveau. Sun est sous la bénédiction du Dieu de la Lumière. »

Leaf hésita un moment, avant de répondre à contrecœur : « D’accord, dans ce cas. Sois prudent, Sun. »

« Dépêchons-nous », nous pressa Mike implacablement.

J’observai le dos de tout le monde lors de leur départ. Leaf ne pouvait s’empêcher de tourner la tête encore et encore, me jetant des regards inquiets, mais la jungle était dense, et leur avancée rapide, alors cela ne leur prit pas longtemps pour disparaître de ma vue.

L’instant d’après, je murmurai pour moi-même : « Bien, j’ai entendu dire qu’il y avait une petite ville isolée pas très trop loin dans la forêt. À l’intérieur… je devrais pouvoir trouver du bon alcool pour boire un coup, n’est-ce pas ? »

Cela faisait pratiquement un mois depuis la dernière fois que j’avais bu de l’alcool. Étant une personne possédant une cave à vin dans un souterrain sous sa chambre, mon sentiment de manque était suffisamment fort pour que je voulusse récolter les fruits d’un arbre, et utiliser la levure qui était dans mon sac pour brasser du vin.

Pardon ? Vous vous demandez pourquoi j’ai emmené de la levure ?

Euh…

Parfois, entre marchands de denrées alcoolisées, vous pouvez échanger votre levure avec d’autres types de levures. Comprenez-vous ?

Comment ? Ne suis-je pas un Chevalier Sacré ? Depuis quand suis-je devenu un marchand de vins ?

Évidemment, je reste un Chevalier Sacré. C’est que l’on prépare tôt son plan de retraite. J’ai déjà vingt-trois ans cette année. Je prendrai ma retraite à l’âge de quarante ans, mais peu importe comment dur je travaille, ma caisse de retraite demeureras minuscule. Si je veux passer mes dernières années dans le luxe, je dois bien sûr penser à une seconde profession. De plus, mes capacités pour fabriquer du vin sont déjà bonnes. Si je ne les développe pas et ne les promeus pas un peu plus, comment pourrais-je faire face à tous les ivrognes du monde entier ?

 

1/2 Prince T4C5 : Le Journal d’Un Musicien de Rue Souffrant

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½ Prince Tome 4 : Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini
Roman d’origine en chinois par :
御我 (Yu Wo)


Chapter 5: The Diary of a suffering Street Musician – traduit du chinois vers l’anglais par Raylight[PR!]
Chapitre 5 : Le Journal d’un Musicien de Rue Souffrant – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Après que les membres du Groupe de l’Infini eurent joints toutes leurs idées, ils trouvèrent enfin une méthode pour rassembler le plus grand public possible. Tout d’abord, les membres seraient répartis en quatre groupes et voyageraient sur des routes différentes. Wicked, Gui et moi partirions chacun seul, tandis que Phoenix et Fairsky iraient ensemble, accompagnées de deux gardes du corps : Kenshin et Sunshine. Nous commencerions à partir des portes Est, Ouest, Sud, et Nord respectivement, en longeant la route jusqu’à la place centrale. Ensuite, nous débuterions notre performance.

En regardant la horde croissante de personnes derrière mon dos, je pensai, ça devrait être assez… Avec la horde attirée par les autres, la place pourrait finir par être remplie au point d’éclater ! J’entrai dans la place pendant que je réfléchissais, et comme par hasard j’aperçus Gui qui pénétrait en même temps dans la place en provenance d’une autre route. Gui était vraiment un bel homme dont la beauté pouvait rivaliser avec la mienne, et le nombre de femmes lascives qui le suivaient était également écrasant.

Je fis signe à Gui, et il accourut vers moi. « Alors les autres ne sont pas encore arrivés ? » demandai-je.

Gui rayonnait comme il répondait : « J’ai bien aperçu Fairsky et Phoenix, et elles ont toutes les deux attiré un grand nombre d’hommes. »

« Oh ? » Utilisant ma main comme d’un appui, je sautai sur la fontaine au centre de la place et tirai Gui pour l’aider à monter. Nous nous assîmes tous les deux de cette manière sur le rebord de la fontaine, permettant à la foule de nous admirer en même temps que nous restions tranquillement à l’affût de l’arrivée des autres.

« C’est une bonne chose que nous les ayons amenées avec nous ; sinon nous n’aurions pas attiré un seul gars. » affirmai-je à moitié en plaisantant. « Après tout, on ne peut pas laisser la Cité de l’Infini devenir la Cité des Femmes. »

« Avec Votre Altesse ici, je crains fort que ça ne devienne réellement la Cité des femmes », répondit Gui avec un sourire.

« Quoooooi… Comme si vous n’aviez pas tous une part de responsabilité là-dedans », répliquai-je sarcastiquement. « Toi et Wicked êtes aussi des gars très beaux que les gens n’ont pas souvent la chance d’apercevoir. Ça me rappelle, Kenshin et Sunshine peuvent aussi être appelés des beaux mâles. Il y a aussi Nan Gong Zui, qui a une apparence assez plaisante. Broken Sword n’est pas mal non plus, même s’il est déjà pris. Ouah, je ne savais pas qu’il y avait autant de beaux gosses dans la Cité de l’Infini ! »

« En face de toi, Prince, personne ne peut prétendre posséder une belle apparence », déclara Gui avec un ton lent et épris. Sa main repoussa doucement les cheveux blancs qui étaient tombés sur mon front, puis il… se fit pousser dans la fontaine par un coup de pied volant.

Je vous en prie, ne vous méprenez pas ; Je ne suis pas celui qui a bousculé Gui. Regardez ! La personne qui avait poussé Gui en bas, Wicked, était perché en équilibre près de moi, avec un air menaçant. Il observait même Gui, qui était en bas dans la fontaine, de manière hostile.

« Tu es là ! Ouaaaah, Wicked est vraiment très populaire lui aussi. » Je regardai la mer de visages dans la place et hochai la tête, satisfait.

« Phoenix et Fairsky sont derrière nous ; elles devraient arriver ici bientôt », répondit Wicked, tandis qu’il tirait Gui hors de la fontaine à contrecœur.

« Euh, je les vois déjà. » Je fus pris de sueur froide, en voyant les deux ultra-beautés qui marchaient lentement jusqu’ici, la route dégagée par les deux gardes du corps que j’avais envoyés : Sunshine et Kenshin. Et derrière eux, il y avait une foule aussi dense qu’un essaim de fourmis : une horde de pervers avec un excès d’hormones mâles. On dirait que les modèles de vêtements choisis par Lolidragon avaient bien fonctionné. Le haut était sexy, en imprimé léopard et sans bretelles. Le bas était une jupe extra-courte moulante en cuir, avec une paire de bottes à talons hauts en guise de chaussures. Ces articles étaient sûrement les trois premières armes pieuses nécessaires pour attirer les mâles. Sur Fairsky et Phoenix, les effets des vêtements étaient encore plus dévastateurs : c’était assez pour faire baver les hommes jusqu’à ce qu’ils meurent de déshydratation.

« On dirait que les membres du Groupe de l’Infini sont tous présents. » Je souris légèrement, en regardant les deux beautés incroyablement classes. « Commençons par quelque chose d’excitant. Fairsky, Phoenix, vous êtes prêtes ? »

Fairsky sortit sa guitare et joua délicatement quelques notes,  me faisant un signe « OK », pendant que Phoenix mettait en place sa batterie à l’aide des quatre hommes restants. Après avoir ramassé ses bâtons et joué un coup par hasard, elle hocha aussi la tête à mon intention.

Debout sur la fontaine et en regardant le grand public en-dessous, j’annonçai hautainement : « Alors ne dites rien. Chantons d’abord une chanson ! Laissons-les voir les prouesses musicales de notre Groupe de l’Infini. »

« Pas de problème ! » s’exclamèrent simultanément Fairsky et Phoenix. Dès qu’elles eurent parlé, Phoenix battit énergiquement un rythme, ce qui amena la foule à l’origine bruyante à se calmer.

Au même moment, Fairsky gratta violemment la surface de la guitare. J’envoyai un rugissement vers les cieux, et entamai la première chanson de notre tournée de concerts. Suivant le rythme intense et le chant sonore, je dansais sauvagement, comme si j’étais en plein combat. Avec un abandon effréné je volai, je bondis, je me versai tout entier dans ma performance, comme si le feu coulait dans mes veines et enflammait les cœurs de tous ceux qui étaient présents.

Enfin, je chantai la dernière note. Retrouvant mes sens après cette danse passionnée, je me tins silencieusement à cet emplacement. Sans notre performance, la place restait muette. C’était si calme que je ne pouvais entendre que ma propre respiration…

« Ahhhhhhh ! » Le cri strident d’une femme émergea soudainement de la foule, manquant de me percer les tympans.

Le silence étant rompu, les voix atteignirent le même volume sonore qu’une explosion de météorites allant s’écraser sur la terre, ce qui conduisit même à une réaction en chaîne. « Encore, Encore ! » « C’est trop génial, chantez une autre chanson ! » « Ahhhh ! Il est trop beau ! » « Cette fille est trop canon ! Bordel ! J’ai presque saigné du nez… »

Comme je voyais la scène devenir bruyante, j’haussai un sourcil. « Maintenant, nous allons calmer l’atmosphère. Gui, Wicked, aucun problème, pas vrai ? »

« Bien sûr que non, Votre Altesse. » Gui prit son guqin et s’assit élégamment sur la fontaine.

« Commençons. » Wicked sortit sa flute et se tint immobile. La silhouette de haute taille, fière et solitaire seyait parfaitement à la flûte.

De cette manière, le son de la flûte se mit à résonner au milieu de toute la clameur, mais pour une raison quelconque, le bruit était incapable de bloquer ce son mélancolique. Le son de la flûte flotta à travers la foule, à travers le bruit, directement dans les oreilles de tout le monde. Très vite, il y eut un silence où on aurait pu entendre une mouche voler dans la place, à l’exception du son mélancolique de la flûte.

Par la suite vint le son faible mais émouvant du guqin de Gui, puis j’ouvris légèrement la bouche et chantai d’une voix tout à fait différente de celle d’avant, d’une voix pleine de tristesse.

Une autre chanson se termina, et il y eut encore un autre instant de silence. Je me rappelai notre objectif principal : faire connaître la Cité de l’Infini.

« Bonjour à tous. Nous sommes le Groupe de l’Infini, sous la juridiction de la Cité de l’Infini. À partir d’aujourd’hui, nous allons commencer notre tournée de concerts dans les Cités du Soleil, de la Lune, et de l’Étoile. Nous tiendrons également une série de concerts dans la Cité de l’Infini un mois plus tard, alors j’espère que tout le monde sera en mesure d’assister à notre gigantesque performance à ce moment-là. »

« Maintenant, laissez-nous nous présenter. Je suis le chanteur, Prince l’Elfe Sanguinaire. » Je révélai un sourire diabolique.

« La guitariste, Fairsky. » Fairsky sortit mignonnement sa petite langue rose.

« La batteuse, Ice Phoenix. » Le sourire paresseux de Phoenix rayonna avec charme.

« Je suis Guiliastes, jouant du guqin. » Gui sourit sans retenue.

« Wicked, mon instrument est la flûte », finit froidement Wicked avec quelques mots.

À présent, en regardant le nombre incalculable d’yeux entichés en bas de la scène, j’eus le sentiment que c’était le calme avant la tempête. Je ne pus qu’envoyer un MP à tout le monde, leur demandant : « Euh, est-ce qu’on devrait prendre nos jambes à notre cou avant qu’ils recouvrent leurs esprits ? »

« D’accord ! » Se sentant menacés par le silence effrayant, les opinions des membres du Groupe de l’Infini étaient synchro pour une fois.

« Ahhhhhhh ! » Un autre cri strident retentit…

« Sunshine, sors ton tapis volant ! » En voyant la foule qui poussait follement vers nous, tous les membres du Groupe de l’Infini lâchèrent simultanément des cris déchirants, comme par un accord tacite.

« Dépêchez-vous de monter ! » Après avoir atterri sur le tapis avec un saut, je tendis une main pour tirer Gui vers le haut. Ensuite, une lutte acharnée entre moi et le tas de femelles en dessous qui s’accrochaient aux jambes de Gui débuta…

« Votre Altesse ! Sauvez-moi ! » supplia Gui avec les larmes aux yeux.

Les femmes ! Quand il s’agit de s’arracher des hommes qui sont beaux, leur force est inépuisable… Moi, dont le corps avait été à moitié traîné hors du tapis, je luttai désespérément contre elles. « Wicked, Kenshin, dépêchez-vous de m’aider ! »

« Euh… » La voix de Wicked sonnait comme s’il était prêt à aider mais était incapable de le faire. Je lui jetai un regard du coin de l’œil, pour apercevoir son visage à l’agonie. La partie supérieure de son corps se trouvait sur le tapis volant, mais ses deux mains agrippaient le tapis d’une poigne mortelle, tandis que cinq jolies filles dont il n’arrivait pas à se libérer étreignaient la moitié inférieure de son corps.

« Crève, sale pervers », s’exclama Fairsky avec impatience. Elle fit tomber d’un coup de pied l’homme qui serrait sa cuisse, mais un autre pervers s’y cramponna sur-le-champ.

« Flèche de Feu, Flèche de Feu, Flèche… » Sunshine lançait également le sort Flèche de Feu sans s’arrêter, aidant Fairsky à faire tomber les pervers du haut du tapis.

« Ouah… Comme c’est effrayant ! » Phoenix se cacha derrière la seule personne qui pouvait la sauver, Kenshin. Même si la lame de Kenshin était déjà teinte de rouge, les gars continuaient à grimper un par un, ne se souciant pas du tout de leur vie.

« Attaque de la Mitrailleuse de Viande super dégoulinante et dégoûtante de Meatbun ! » J’attrapai Meatbun et visai sous les jambes de Gui, tirant de façon maniaque de la viande qui était encore crue et ruisselante de sang. Après que les belles filles en-dessous furent toutes couvertes de viande, leur sentiment de dégoût surmonta finalement leur détermination à s’arracher des beaux gosses. Elles lâchèrent la jambe de Gui les unes après les autres, et je parvins enfin à le tirer sur le tapis. Après cela, je m’empressai d’aller aider Wicked.

« Mitrailleuse de Viande ! » Après avoir repoussé un autre groupe de filles et sauvé Wicked, je me tournai dans la direction de Fairsky et de Phoenix.

« Flamme Ardente du Ciel ! » Gui ordonna à son phoenix de feu de cracher du feu sur un tas de pervers, et assez vite, un tas de charbon de pervers noir tomba successivement du ciel…

« Sunshine, dépêche-toi et fonce ! » hurlai-je.

« Très bien. » Après que Sunshine eut donné des ordres au tapis volant, notre groupe réussit finalement à s’échapper.

Avec un visage blême, je demandai : « Est-ce que ça va être le style de vie que nous allons mener pendant le prochain mois ? »

« OH SEIGNEUUUUR ! » Notre groupe poussa un cri inhumain.

Ce fut seulement à cet instant-là que je réalisai que le chemin pour devenir un chanteur était ardu…

<Tournée de Concert Jour 2>

« Premier groupe au rapport, la porte principale a déjà été bloquée. Je répète, la porte principale a déjà été bloquée. Ne sortez absolument pas par la porte principale. Comment est la situation pour les autres groupes ? » questionnai-je, en envoyant des messages privés au deuxième et troisième groupes.

Les voix de Wicked et de Gui furent transmises. « Deuxième groupe au rapport, la porte arrière est déjà occupée par l’ennemi. Je répète, la porte arrière est déjà occupée par l’ennemi. »

« Troisième groupe également au rapport. Les fenêtres ont aussi été ouvertes de force ! » gémit Fairsky pitoyablement.

« La chambre d’auberge que nous venons de louer aujourd’hui a à nouveau été capturée par les fans ! » J’avais envie de pleurer, mais aucune larme ne coulait. Si je l’avais su plus tôt, je ne l’aurais pas louée ! Pourquoi est-ce que je n’ai pas utilisé l’argent pour acheter à manger à la place ?

« Que devrions-nous faire ? » s’enquirent les autres. Fronçant des sourcils, je répondis : « Je suppose qu’on ne peut que sortir des sacs de couchage pour dormir en dehors de la cité… »

« Quatrième groupe au rapport », avertit Sunshine avec désinvolture. « En dehors de la cité, il y a des gens qui vous cherchent partout, les gars. »

« On va dormir sur le tapis volant alors, même si c’est un peu encombré », déclarai-je, impuissant.

Un groupe de personnes sur un tapis volant qui n’était pas très grand…

« Je veux dormir à côté de Prince. » bouda Fairsky comme elle me serrait dans ses bras, refusant de lâcher prise.

Et Phoenix était depuis longtemps docilement nichée dans mes bras…

« Je veux aussi serrer Votre Altesse dans mes bras ! » Gui, qui se faisait écraser sous le pied de Wicked, ne put que saisir mon mollet et lutter de toutes ses forces.

Finalement, je me couchai, avec mon bras gauche fermement serré par Fairsky, et le côté droit de mon corps appuyé contre Phoenix. La personne qui s’accrochait à mon mollet droit et refusait de le lâcher était Gui, et la personne retenant Gui par le col, avec l’envie de le jeter hors du tapis était WickedSunshine et Kenshin étaient étendus près de nous, à côté de la pile de corps humains que nous formions.

« On est trop à l’étroit ! » commenta froidement Kenshin.

<Tournée de Concert Jour 5>

« Tout le monde, est-ce que vous portez vos manteaux ? » m’enquis-je, en baissant la voix. Les six personnes derrière moi acquiescèrent toutes. Jetant un coup d’œil, je déclarai avec satisfaction : « C’est bon. Allons-y ; il nous reste encore à nous téléporter à la Cité de la Lune ! »

« Dépêchez-vous d’y aller ! Je n’arrive déjà plus à supporter la sensation d’être poursuivie. » La voix de Fairsky provint de sous l’un des manteaux, ne souhaitant évidemment pas de retard dans le départ.

« Parle moins fort ! Si on découvre que nous sommes les membres du Groupe de l’Infini, les choses vont mal tourner », la réprimanda Wicked.

« On y va ! » annonçai-je, alors que je me dirigeais vers la station de téléportation pas trop loin.

Plus j’avançais, plus je sentais que quelque chose clochait. Même s’il ne manque habituellement pas de clients à la gare, ça ne devrait pas être au point d’y avoir une telle mer de gens, non ? Notre groupe se dirigea vers la station avec anxiété.

« Attendez une minute. Si vous voulez utiliser le système de téléportation, vous devez d’abord retirer votre manteau. C’est pour des raisons de sécurité. » Un grand gaillard costaud nous bloqua le chemin.

Le retirer ? Est-ce que je vais quand même pouvoir m’en aller après ? L’idée de la situation misérable dans laquelle je pourrais me retrouver si on découvrait que nous étions les membres du Groupe de l’Infini me rendit incapable de me retenir de répondre d’un ton froid. « Quoi ? Est-ce que la station de téléportation appartient à votre famille ? Nous avons besoin de votre consentement pour nous en servir ? »

L’homme se gratta la tête, un peu gêné. « Ce n’est pas ça », annonça-t-il. « C’est juste que quelqu’un m’a engagé pour arrêter les joueurs ici, alors je dois m’assurer qu’aucune des personnes qui passent ne sont celles que je dois bloquer. Ce serait désastreux si je les loupais. »

« Bloquer qui ? » Je crois que je connais probablement la réponse à cette question.

L’homme costaud sourit stupidement. « C’est le Groupe de l’Infini devenu très célèbre récemment ! »

Comme je m’y attendais… pensai-je avec impuissance. J’envoyai commodément un MP à tout le monde, leur demandant ce que nous devrions faire. Cependant, chacun d’entre eux me répondit avec rien d’autre que le silence.

« On rentre dans le tas », fut la seule phrase de Kenshin.

« D’accord ! » criai-je avec enthousiasme, car je ne parvenais pas songer à d’autres solutions de toute manière.

Le percutant de plein fouet, j’envoyai valser le gars corpulent. Pris par surprise, il fut envoyé au loin. Cependant, avant qu’il ne décolle à cause du coup, il tendit la main pour agripper mon manteau…

« AHHHHH !! C’est Prince ! » Un hurlement terrifiant se fit entendre.

Mon front sua furieusement. NOUS. SOMMES. FOUTUS !

<Tournée de Concert Jour 10>

« Aaahhh, je ne veux plus manger de viande grillée. Pendant dix jours consécutifs, nos trois repas ont consisté de viande grillée ! Je vais vomir si je dois encore en manger ! » pleurnicha Phoenix, comme elle prenait une bouchée de viande rôtie dans ses mains, dépassant finalement les limites de son endurance.

* VOMISSEMENT *

J’observai avec un détachement froid Gui qui était sur le côté, vomissant tellement que c’en était presque tragique. « Nous n’avons pas d’autre choix. Moi aussi j’ai envie de manger d’autres types d’aliments, mais même Sunshine et Kenshin ne peuvent plus sortir pour acheter de la nourriture. Chaque fois que les gens nous aperçoivent ou voient quelqu’un dans un déguisement, ils se précipitent sur nous comme s’ils avaient perdu les pédales. »

Sunshine, qui souriait tout le temps avec élégance, révéla un rare visage sombre. Avec un cœur triste, il annonça : « La dernière fois que je suis sorti pour aller vous acheter de la nourriture, j’ai failli ne pas réussir à revenir ! »

« Posséder quelque chose à manger est déjà excellent en soi », ajouta froidement Wicked.

« Plus important encore, nous allons bientôt manquer de chignons de pain de viande. Après ça, qu’est-ce que Meatbun va manger ? » Je contemplai, frustré, Meatbun qui était en train de jouer au jeu de « Vole Vole » avec sa femme, Fire Phoenix.

« Pétrir la viande grillée en forme de boule, et la considérer comme un chignon de pain de viande sans peau pour le nourrir ? » Qui est l’abruti qui a songé à une idée aussi pourrie… ?

<Tournée de Concert Jour 15>

« Tout le monde, vite, courez », hurla Fairsky de toute la force de sa voix pendant qu’elle courrait sauvagement, s’échappant de la place où nous venions juste de tenir notre concert. Derrière elle, une longue traînée de pervers la suivait.

« Fairsky, viens par ici », lui cria Sunshine du haut de son tapis volant. Il vola bas dans sa direction, puis tendit la main pour la tirer vers le haut.

« Ouf ! Je devrais avoir récupéré tout le monde maintenant, n’est-ce pas ? » demanda Sunshine pendant qu’il essuyait sa sueur, soulagé.

Cependant, le visage de Gui était pâle de crainte, comme il criait : « Où est mon Altesse, Prince !? »

Quelque part dans la pile d’humains, j’hurlai misérablement : « À. L’AIDE. AHHHH ! N’enlevez pas ma veste ! Rendez-moi mon pantalon ! Oh mon dieu, il ne me reste que ce vêtement ! S’il-vous-plaît ne retirez pas mes sous-vêtements ! »