1/2 Prince T4C4 : L’Événement le Plus Important dans la Vie de Meatbun

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½ Prince Tome 4 : Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 4: The Most Important Matter in Meatbun’s Life – traduit du chinois vers l’anglais par Spence[PR!]
Chapitre 4 : L’Événement le Plus Important dans la Vie de Meatbun – traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

« C’est le moment de faire l’appel ! Prince, présent. Gui, présent. Fairsky, présente. Ice Phoenix, présente. Kenshin, présent. Sunshine, présent », murmura Lolidragon pour elle-même alors qu’elle confirmait la présence de tout le monde. « Étant donné que vous êtes tous là, je vais commencer. Aujourd’hui est le jour où nous commençons notre tournée et, après de nombreuses délibérations, il a été décidé que nous allons débuter par la Cité de l’Étoile, puis nous irons à la Cité de la Lune et, finalement, à la Cité du Soleil. »

Une expression légèrement sceptique s’afficha sur mon visage. De nombreuses délibérations ? Lancer des dés peut être considéré comme délibérer ? Ok, peut-être que c’est vrai si on compte le fait que ça nous a pris des lustres pour choisir la couleur des dés.

« Pour commencer, les gars, vous irez jouer une fois sur la place publique de chaque ville, puis plusieurs fois dans différents bars, et ensuite une fois de plus sur la grande place. Un rappel important : après chaque spectacle, n’oubliez pas de dire que vous venez de la Cité de l’Infini et qu’il y aura un concert dans environ un mois. C’est compris ? » dit Lolidragon avec une expression sévère.

Tout le monde acquiesça d’un signe de tête avec lassitude, puisque nous avions déjà entendu tout ça une centaine de fois. Le but principal de notre groupe en ce moment était d’accroître la renommée de la Cité de l’Infini, de rassembler une grande base de fans, et aussi de gagner de l’argent.

« Très bien, Groupe de l’Infini, allons-y ! » cria Lolidragon avec enthousiasme. Alors que notre sang bouillonnait lui aussi d’excitation, nous criâmes : « C’EST PARTI ! »

« Oh ouais, encore un détail : Yu Lian a dit qu’il n’y avait pas assez de fonds, aussi elle vous a demandé de couvrir vous-même les frais de voyage et les dépenses quotidiennes en tuant des monstres », ajouta Lolidragon avec désinvolture.

Ah… pas étonnant que belle-sœur Yu Lian ait pris tout mon argent hier. Je me retournai et jetai un coup d’œil aux autres ; ils affichaient tous une expression grave. Oh seigneur, on dirait qu’on nous a tous braqué hier.

« On va devoir tuer des monstres pour nous faire de l’argent, j’imagine… » me résolus-je sombrement. Vous plaisantez, j’espère ! Nous devons traverser tout le continent en un mois, et jouer dans les trois cités ? Vous voulez que je me présente aux élections Présidentielles ou quoi ? Même un candidat à la présidence a le droit à une jeep ! 

« On peut utiliser mon tapis volant », suggéra Sunshine avec un léger sourire.

Je tournai vivement ma tête dans la direction de Sunshine et le fixai du regard, touché par son offre. L’avoir sauvé était en effet une très bonne idée. « C’est décidé dans ce cas, nous voyagerons par tapis », déclarai-je joyeusement.

« C’est une chance que nous ayons toujours de la viande grillée à manger. » Un soupir de soulagement s’échappa de ma bouche alors que j’avalais gloutonnement la délicieuse pile de viande grillée que je tenais dans la main. Au-dessus de moi, Meatbun était installé sur le dos de Fire Phoenix, et ils volaient en s’amusant comme des fous.

« Oui », soupira Gui. « Après avoir lutté avec Lolidragon afin de lui extorquer de l’argent pour le logement, j’ai complètement oublié l’argent pour la nourriture. Par chance, nous avons Fire Phoenix et Meatbun avec nous, aussi nous ne serons pas condamnés à mourir de faim. »

Fairsky et Ice Phoenix, à présent esclaves de la formidable saveur de la viande grillée, perdirent toute attitude féminine alors qu’elles engloutissaient la nourriture, mangeant presque aussi rapidement que moi. Du côté de Kenshin et Sunshine, Sunshine n’arrêtait pas de bombarder de questions le continuellement silencieux Kenshin pendant qu’ils mangeaient.

« Où allons-nous passer la nuit ce soir ? » demanda nonchalamment Wicked.

« Dans le parc ? » suggérais-je. « De cette façon, nous pouvons utiliser l’argent pour acheter à manger. »

« Prince, tu ne devrais pas avoir à supporter cela… » déclara Gui avec un regard tendre et peiné, puis il proposa : « En fait, nous devrions dormir sur la place de la ville ; de cette façon nous pourrons commencer à chanter dès que nous nous réveillerons demain. »

J’approuvai d’un signe de tête. « Tu as raison. »

« Quoi ?! Dormir sur la place de la ville ? » bredouillèrent Fairsky et Ice Phoenix avec incrédulité après qu’elles eurent anxieusement avalé leur viande rôtie.

« Et pourquoi pas ? On n’a besoin de s’allonger qu’un instant entre le moment où on se déconnecte et se reconnecte. » J’haussai les épaules sans me préoccuper de leur incrédulité.

« NON ! » hurla Fairsky avec le visage en feu. « C’est une blague ou quoi ? On ne peut pas faire ça, même si ce n’est que pour un instant. Le visage endormi d’une fille ne devrait JAMAIS être vu par des étrangers ! »

Même Ice Phoenix, qui était rarement d’accord avec Fairsky, hocha la tête vigoureusement.

« Allons à l’auberge alors ; les filles ne devraient pas imprudemment laisser les autres les voir pendant qu’elles dorment », déclara Wicked tout en me jetant un regard explicite. Oh ouais, je suis aussi une fille, hum… j’ai failli l’oublier. Je me frottai l’arrière de la tête en affichant un sourire idiot.

« Donc, nous allons devoir louer trois chambres. Fairsky partagera sa chambre avec Ice Phoenix, Sunshine partagera la sienne avec Kenshin, et Wicked et Gui prendront la dernière… » Je penchai la tête tout en réfléchissant. Quant à moi ? Je ne pense pas que je puisse partager une chambre avec Phoenix et Fairsky, pas vrai ? Après tout, dans le jeu je suis un homme à part entière avec une XXX ! Je fais quoi si elles décident toutes les deux de recourir à la force ? … Qu’est-ce que je devrais faire ?

Et pourtant, je ne peux quand même pas dormir dans la même pièce que Gui et Wicked, vu que je suis techniquement une fille… je dois faire preuve… de retenue… (La définition du mot « retenue » : Même si je le désire très fort dans mon cœur, à l’extérieur je dois tout de même prétendre que je ne le veux pas… si seulement grand-frère Zhuo ne savait pas qui j’étais, comme ça aurait pu être génial ! J’aurais pu regarder deux super beaux gosses… pendant qu’ils dormaient… Je ne peux pas m’empêcher de vouloir baver lorsque j’imagine la scène). 

C’est tellement agaçant ! C’était la première fois que je trouvais que mon identité de travestie était un problème. « Je vais dormir avec Sunshine et Kenshin, je crois. » Finalement, je pris ma décision. Ça devrait aller, étant donné qu’ils ne sont pas ‘humains’ tous les deux de toute façon, et qu’ils sont plutôt beaux eux aussi.

En entendant cela, Gui et Wicked se tournèrent tous les deux pour me jeter un regard sans expression. Puis, le visage de Gui commença à afficher sa tristesse, sa déception, son auto-apitoiement et d’autres émotions, tandis que Wicked plissait dangereusement des yeux et que du feu commençait à jaillir de ses iris…

Je me mis à transpirer abondamment, et aussi je déclarai : « Très bien, je dormirai tout seul. »

En arrivant à l’auberge, je dis au revoir à tout le monde d’une voix plaintive et me dirigeai vers ma chambre, prévoyant d’aller m’apitoyer dans un coin.

« Prince », m’appela soudainement Gui, en se précipitant vers moi. Il invoqua Fire Phoenix avant de continuer. « Tiens, prends Fire Phoenix. Comme ça, si tu as faim, tu pourras rôtir un peu de viande pour grignoter. »

« Gui… » Touché, je lui adressai un regard de gratitude, pris joyeusement les confectionneurs de nourriture, et allai dans ma chambre.

Une fois dans la pièce, je m’empressai de sortir Meatbun, ayant envie de manger un morceau avant de me déconnecter. « Meatbun, crache un peu de viande. »

« D’accord, maman ! » Meatbun cracha joyeusement un tas de viande. Fire Phoenix, qui avait l’habitude de l’exercice, souffla aussitôt une flamme et grilla la viande à la perfection. J’engloutis joyeusement la nourriture tout en observant les deux animaux de compagnie jouer ensemble. Ils semblaient s’entendre particulièrement bien.

« Fire Phoenix, Meatbun-bun veut monter sur ton dos ! » déclara Meatbun tout en se frottant sincèrement sur la jambe de Fire Phoenix d’une façon cajoleuse.

Au début, Fire Phoenix redressa hautainement sa tête, puis il jeta des coups d’œil aux grands yeux innocents de Meatbun et soupira (Je le jure devant Dieu, je l’ai vraiment vu soupirer !) « Qu’est-ce que je vais faire de toi ? … Monte. »

Meatbun poussa des cris de réjouissance, pendant que Fire Phoenix le hissait sur son dos avec son bec.

« Feufeu, vole vole ! » Meatbun recommença à crier, et les yeux de Fire Phoenix étaient remplis d’une expression d’impuissance alors qu’il volait en cercle autour de la pièce avec Meatbun sur son dos.

Ma bouche était légèrement entrouverte d’ébahissement. C’est vraiment une interaction normale entre deux animaux de compagnie ? Les animaux avec une intelligence artificielle sont vraiment quelque chose. Même leurs émotions semblent réelles. L’expression d’impuissance dans les yeux de Fire Phoenix est exactement la même que la mienne à chaque fois que j’entretiens une conversation avec Meatbun… Je refermai la bouche et continuai de mâchouiller ma viande rôtie.

Meatbun continuait de rire sans s’arrêter tout en disant : « Feufeu est le meilleur ! Meatbun-bun veut voler avec toi pour toujours ! »

« Vraiment ? » Les flammes de Fire Phoenix semblèrent devenir un peu plus chaudes… Un peu comme si… il rougissait ? Quelle idée absurde…

« Ouais ! Le préféré de Meatbun-bun est Feufeu ! » Meatbun s’écria, « Je l’aime autant que Maman ! »

J’hochai la tête avec fierté. Bien Meatbun, tu n’as pas oublié ta vieille mère.

« Dans ce cas Meatbun, veux-tu… te marier avec moi ? » demanda lentement Fire Phoenix.

… Mes yeux s’agrandirent sous le choc, et ma délicieuse viande barbecue tomba de ma bouche à présent grande ouverte en forme de O.

« C’est quoi “se marier” ? » questionna Meatbun en clignant ses grands yeux innocents.

Fire Phoenix répondit solennellement : « Je n’en suis pas certain moi-même. Je sais juste que si nous nous marions, nous pourrons rester ensemble pour toujours. »

Meatbun se mit à bondir dans tous les sens sur le dos de Fire Phoenix. « D’accord ! Meatbun-bun veut être avec toi pour toujours ! Se marier ! Se marier ! »

Je fermai la bouche, ramassai la viande tombée à terre, l’enfournai dans ma bouche et la mâchai. Qu’est-ce qu’il se passe ? Est-ce qu’un oiseau de feu vient tout juste de demander un chignon de pain de viande en mariage ? Pire encore, ce quignon de pain-là est ma fille ! C’est… c’est… encore plus ridicule qu’une histoire de science-fiction et plus effrayant qu’une histoire d’horreur !

Les mots de Lolidragon me revinrent en mémoire. Je pense qu’elle m’avait dit que deux animaux de compagnie pouvaient avoir des enfants ? Quel genre d’enfants détraqués est-ce qu’ils auraient ? Un chignon de pain de viande fourré de viande de phoenix… ? C’est… c’est en fait le meilleur scénario… Je veux dire, et s’ils donnaient naissance à un phoenix avec une tête de chignon de pain … Ouah, je crois que je suis sur le point de m’évanouir.

Alors que j’étais encore en train d’imaginer à quoi un phoenix avec une tête de chignon de pain pouvait bien ressembler, Meatbun et Fire Phoenix s’étaient déjà approchés de moi, et Meatbun vint joyeusement se frotter contre moi. « Maman ! Meatbun-bun va se marier avec Fire Phoenix ! »

J’étais complètement pétrifié. Qu’est-ce que je devrais faire? Je les félicite ? Me levant d’un bon, j’attrapai les deux animaux, ouvris ma porte d’un coup de pied et me dirigeai vers la chambre de Gui et Wicked à pas lourds.

« Gui ! Ton fils a séduit ma fille ! » rugis-je en ouvrant également leur porte d’un coup de pied.

Après avoir fait mon entrée, je regardai les deux personnes dans la pièce, me frottai les yeux et regardai à nouveau. Puis, ma mâchoire tomba. Ce n’était pas mon imagination ; je voyais vraiment Gui allongé sur Wicked. Pour être plus précis, ils étaient tous les deux sur le sol, emmêlés l’un sur l’autre, et Gui, qui était au-dessus de Wicked, me regarda, visiblement aussi choqué que je l’étais.

« Euh… Désolé de vous avoir interrompu les gars. Je suis vraiment désolé. » Après un instant, je me frottai l’arrière de la tête, légèrement embarrassé, tandis que je refermais la porte.

« Prince, Votre Altesse ! Attendez ! C’est un malentendu ! » Le cri désespéré de Gui retentit de derrière la porte.

Ensuite, dans un cri, Gui percuta la porte et passa à travers. Je l’esquivai habilement et le regardai atterrir lamentablement derrière moi. Je jetai un regard dans la chambre et aperçus Wicked qui se tenait droit comme un poteau, avec ses veines qui saillaient sur son front, et le pied droit levé. Clairement, le coupable du vol soudain de Gui hors de la chambre devait être Wicked.

Je fixai Gui, qui était à présent étourdi par la chute, puis le furieux Wicked, et leur demandai stupidement : « Vous faîtes du SM, les gars ? »

« JAMAIS DE LA VIE ! » s’exclama Wicked à travers ses dents serrées.

« Alors, pourquoi as-tu donné un coup de pied à Gui ? N’étiez-vous pas en train de… ? » Je fis une pause à cet endroit et toussai ; c’était quelque chose qui ne devrait pas sortir de la bouche d’une demoiselle.

« NON ! » hurlèrent Gui et Wicked au même moment.

« Il m’a sauté dessus tout d’un coup ! » affirma Wicked en fusillant Gui du regard.

« Oh Gui, tu n’es pas un petit peu trop brusque ? » m’enquis-je en secouant la tête.

Le sang de Gui se retira de son visage, et il tenta hâtivement de s’expliquer. « C’était un accident, je n’avais pas l’intention de… »

Je l’interrompis : « Oh, donc tu ne pouvais pas t’en empêcher ? » J’hochai la tête plein de compréhension. Et bien après tout, Wicked est un beau gosse lui aussi. Bien sûr que Gui n’a pas pu résister à la tentation, donc il a sauté sur Wicked…

« …j’ai juste soudainement entendu ton cri, et j’ai trébuché en tombant accidentellement sur Wicked ! C’est tout !  » Gui termina sa phrase. Par la suite, quand il entendit ce que je venais de dire, son visage devint blanc.

« Prince ! » Le visage passif de Wicked venait de changer subitement. « Ta main gauche… ! »

Ma main gauche ? Je baissai les yeux. Ma pauvre main gauche tenait Fire Phoenix pendant tout ce temps, et à présent une odeur de chair fraîchement grillée s’en élevait.

« Ahhh ! »

Après que tout le monde se fut attroupé, attirés par mon hurlement, ils me dévisagèrent tous avec des yeux stupéfaits. Je fus donc obligé de leur expliquer pourquoi j’avais défoncé à coup de pied la porte de Gui et de Wicked, pendant qu’Ice Phoenix soignait ma main gauche mutilée avec des potions rouges.

« Pour résumer, Meatbun et Fire Phoenix vont se marier. » annonçai-je, en conclusion.

En entendant les nouvelles, leurs réactions furent toutes semblables à la mienne : bouches grandes ouvertes et des yeux agrandis par l’incrédulité.

« Je sais que les animaux de compagnie peuvent se marier… mais je n’ai jamais entendu parler d’une paire aussi ridicule », décréta Fairsky, tout en lançant des regards étranges à l’oiseau qui donnait des coups de bec pleins d’amour à un chignon de pain de viande.

« Maître, je vais me marier avec Meatbun », annonça Fire Phoenix à Gui d’un ton presque impérieux.

« Oh… » répondit un Gui déconcerté, qui n’avait pas du tout l’air d’un maître. Puis, il fronça les sourcils. « Mais, comment vas-tu faire pour te marier ? »

« Aucune idée », répliqua Fire Phoenix avec nonchalance.

« Est-ce que tu veux vraiment épouser ma Meatbun ? » En voyant Fire Phoenix si dénué du sens des responsabilités, je pensai immédiatement avec une certaine colère, Je ne veux pas marier ma mignonne petite Meatbun à cet, cet espèce de poulet hautain ! Et s’il prenait avantage de ma Meatbun ? Et s’il trompait ma Meatbun ?

Fire Phoenix hocha la tête sérieusement. « J’aime vraiment Meatbun. »

Je tentai de fixer Fire Phoenix pour lui faire baisser le regard, mais il ne se déroba pas. Au contraire, il dressa ses ailes dans une position protectrice autour de Meatbun. Finalement, je soupirai et songeai, On dirait que Fire Phoenix aime sincèrement Meatbun. Je secouai la tête. De nos jours, non seulement vous ne pouvez pas empêcher votre fille devenue adulte de se marier, mais vous ne pouvez même pas empêcher une fille qui est un chignon de pain de se marier… Mais si on pense de façon positive, au moins à partir de maintenant ce couple peut se consacrer à me faire du barbecue à chaque fois que j’en ai envie.

Avec le cœur lourd de celui qui est sur le point de se séparer de son unique enfant, j’acquiesçai : « Alors c’est décidé, laissez-moi consulter mon instructeur de jeu et vérifier comment les animaux font pour se marier. »

« Ton instructeur de jeu ? » demanda Ice Phoenix avec suspicion. « Second Life a des guides de jeu ? »

J’haussai les épaules. « Je ne sais pas comment font les autres, mais le mien s’appelle Lolidragon. »

Ouvrant la fenêtre des MP, je racontai brièvement à Lolidragon ce qu’il s’était passé. Comme d’habitude, elle rit jusqu’à presque en mourir avant de me répondre. « Les mariages d’animaux de compagnie sont très simples, aussi longtemps que les animaux eux-mêmes sont d’accord. Dans ce cas, il suffit qu’un de leur maître exprime le souhait de vouloir être marié de l’animal et que l’autre accepte, et la cérémonie est complète. »

« Gui, acceptes-tu que ton animal de compagnie Fire Phoenix prenne ma Meatbun pour épouse ? » demandai-je aussitôt que Lolidragon eut terminé.

Gui, sous le regard ardent de Fire Phoenix, dit sans aucune hésitation : « Oui, j’accepte. »

<Avis du Système : La cérémonie a échoué.>

Gui et moi étions stupéfaits. Échoué ? Je redemandai à Lolidragon, et lui répétai même mot pour mot les phrases que nous avions utilisées.

« C’est étrange, il n’y avait rien de faux. Vous êtes sûrs qu’ils veulent se marier? » demanda Lolidragon pleine de confusion.

« Bien sûr ; ce sont eux qui nous l’ont suggéré à la base. »

Lolidragon garda le silence pendant un moment. Finalement, elle prononça avec hésitation : « Prince… demande à Fire Phoenix et à Meatbun de quel sexe ils sont… Je viens juste de me rappeler que les phœnix viennent par paire : ils peuvent êtres mâle ou femelle. Puisque Fire Phoenix est un “Fire Phoenix”1, alors… »

« Fire Phoenix… tu es… une femelle…? » demandai-je avec un regard vide.

« J’ai toujours été une femelle », répondit Fire Phoenix avec colère.

Mon visage se figea, assombri par le choc. Mais pourquoi diable est-ce que ça tourne comme ça ? C’est suffisant de rencontrer pleins de types homos un peu partout, maintenant mêmes les animaux de compagnie le font ? Mais qu’est-ce qui cloche avec le monde ? Avec cette révélation, ma tête commença à me faire terriblement mal. « Tu es une femelle et Meatbun est une femelle, alors comment deux femelles pourraient-elles se marier ? »

« Qu’est-ce que tu racontes ? Meatbun est un mâle », rétorqua Fire Phoenix d’une voix agacée.

Les yeux stupéfaits de tous se tournèrent immédiatement vers Meatbun. Meatbun… est un mâle ?

Ne me dites pas que… la raison pour l’échec précédent… Je dis avec hésitation : « Gui, acceptes-tu de laisser mon animal de compagnie Meatbun prendre ton animal de compagnie, Fire Phoenix, pour épouse ? »

Gui fit une pause, puis répondit : « J’accepte. »

<Avis du Système : La cérémonie s’est déroulée avec succès. Meatbun est à présent marié à Fire Phoenix. >

…Mais qu’est-ce que… ?

Note de bas de page

1 Fire Phoenix : Puisque les phœnix sont appelés “凤凰”, on dit que le “凤” fait référence aux mâles, alors que “凰” fait référence aux femelles, et les deux mots mis ensembles font référence aux phœnix en général. Ici, le nom de Fire Phoenix est écrit avec “火凰”. Donc, c’est une femelle.

Mise à jour : Juillet 2016

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Chapitres de Juillet
  1. 1/2 Prince T4C4 : L’Événement le Plus Important dans la Vie de Meatbun
  2. 1/2 Prince T4C5 : Le Journal d’un Musicien de Rue Souffrant
  3. La Légende du Chevalier du Soleil T3C4 : L’Inévitable Antagoniste Dans Une Aventure – Un Personnage Beau et Classe

Bonjour tout le monde !

Trois chapitres, ce mois-ci: deux de 1/2 Prince et un de La Légende du Chevalier du Soleil. Il y aura peut-être un deuxième chapitre de LCS, mais pas de promesses.

Sinon, vous avez surement remarqué qu’on avait un peu de mal avec la vérification. On a désespérément besoin d’un nouveau vérificateur ou d’une nouvelle vérificatrice, alors si quelqu’un adore faire de la correction, vous seriez plus que la bienvenue dans notre équipe. Rendez-vous sur notre page de recrutement pour plus d’informations.

Au fait, les pages pour le projet La Reine Guerrière ont été ajoutées sur le site, si ça vous intéresse d’aller y jeter un bref coup d’œil.

gare à vous

La Légende du Chevalier du Soleil T3C3 : Démarre l’Aventure

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 – À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : 御 我 Yu Wo


Chapter 3: Start The Adventure – traduit du chinois vers l’anglais par Lucathia[PR!]
Chapitre 3 : Démarre l’Aventure – traduit de l’anglais au français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

« Sun, réveille-toi. C’est l’heure de monter le camp. »

J’étais en plein dans un rêve où j’étais allongé sur de l’herbe humide à cause de la pluie qui venait juste de tomber. Alors que j’étais en train d’envisager d’utiliser ma magie du feu pour sécher l’herbe parce que c’était inconfortable, je fus tiré de mon sommeil par Leaf, et je me laissai glisser de son dos, l’esprit encore embrumé. Quand m’a tête commença à s’éclaircir un peu, je réalisai soudain que Leaf était complètement trempé de partout… Donc l’herbe humide c’était Leaf.

Par chance, il m’avait réveillé. Autrement, même s’il était une personne sympa, une fois qu’il se serait retrouvé rôti à point, il se serait probablement mis dans une colère noire, n’est-ce pas ?

Pendant ce temps, Austin avait déjà commencé à assigner des tâches. « Mike, tu vas chasser avec Anne. Tout le monde est fatigué. Manger de la viande fraîche est très utile pour reprendre des forces. »

Mike hocha la tête pour montrer qu’il avait bien reçu l’ordre.

Je ne sais vraiment pas de quel genre de statut cet Austin dispose pour être en mesure d’appeler Mike directement par son nom. J’étais un petit peu perplexe. Dans le Monastère du Dieu de la Guerre, même les prêtres-guerriers dans les rangs les plus élevés devraient être hiérarchiquement en dessous du Fils du Dieu de la Guerre, aussi appeler le Fils du Dieu de la Guerre directement par son nom était très impoli.

Après avoir reçu leur assignement, Mike et Anne s’en allèrent promptement, tandis qu’Austin restait sur place et continuait de distribuer les tâches. Il se tourna vers Leaf et lui demanda avec courtoisie : « Elmairy, peux-tu m’aider à démarrer un feu et à cuisiner notre repas ? »

Avec un sourire, Leaf hocha la tête. « Pas de problème. »

« Dans ce cas, je vais monter les tentes. » Une fois qu’il eut fini de parler, il se tourna vers moi avec un sourire et m’annonça gentiment : « Chevalier du Soleil, vous êtes en charge de rassembler du bois pour le feu. Est-ce que cela vous convient ? »

« Bien entendu. »

Je souris en retour. J’étais sur le point d’appeler Leaf avant de partir pour la forêt afin de rassembler du bois, quand de multiples hurlements de loups nous parvinrent… Leaf et moi jetâmes un regard vers les fourrés. La nuit, les fourrés étaient tellement sombres que nous ne pouvions point voir ce qui s’y cachait. Parfois, les buissons bougeaient un peu, sans laisser transparaître aucun indice sur quel genre d’animal pouvait bien se trouver à l’intérieur, et de temps en temps retentissaient les appels d’animaux inconnus.

Le teint du visage de Leaf changea comme il se tournait vers moi avec inquiétude et me disait : « Laisse-moi aller rassembler le bois à ta place Sun. Tu peux rester là et allumer le feu. Quant à la cuisine… Attends que je revienne pour commencer. »

Bien entendu, j’acquiesçai d’un signe de tête, mais pas parce que j’avais peur des hurlements des loups qui venaient de retentir. Quand je parvenais à m’échapper des endroits peuplés, je pouvais utiliser la magie pour me protéger. Qui plus est, les loups n’étaient pas capables de protester et de dire qu’utiliser la magie allait à l’encontre des règles pour le Chevalier du Soleil.

Ce dont j’avais en fait peur était… les moustiques dans la forêt ! Il ne me restait plus qu’une seule paire de gants. S’ils venaient à être gâchés eux aussi, je serais obligé d’arracher ses gants des mains de Leaf.

J’acquiesçai d’un signe de tête vers Leaf, et il lâcha : « Je laisse la sûreté d’Austin entre tes mains. »

J’aperçus l’expression étrange qui apparut sur le visage d’Austin quand il entendit cela. Il pense probablement que je n’ai pas la capacité de le protéger !

Leaf ne partit pas aussi promptement que les deux autres avant lui. D’abord, il rassembla plusieurs branches qui traînaient dans les alentours. Ensuite, il prit sa corde d’arc de rechange et l’attacha à chaque extrémité d’une des branches. Puis, il rassembla le bois sec et les feuilles mortes en une pile. Après cela, il prit une autre branche… Ce procédé semblait compliqué, mais, pour le résumer simplement, il était en train de m’aider à rassembler les objets nécessaires pour que j’allume un feu. Tout ce qu’il me restait à faire était de m’approcher et de frotter les outils qu’il avait préparés pour moi.

Une fois que toutes les préparations furent complètes, il me remit les branches qui étaient liées ensembles par la corde d’arc et me demanda avec un peu d’inquiétude : « Tu sais comment utiliser cet outil pour allumer le feu, n’est-ce pas ? Tu dois simplement enrouler une fois la corde autour de l’autre branche, puis tu commences à les frotter… Tu ne devrais avoir aucun problème à faire cela, bien entendu ? »

Parfois, j’avais réellement l’impression que Leaf était la maman de la « Bonne Faction au Grand Cœur » des Douze Chevaliers Sacrés, alors qu’Ice était la maman de la « Cruelle Faction au Cœur de Pierre ». L’un est une personne qui adore aider les autres à résoudre chaque petit problème, alors que l’autre est une personne dont la cuisine superbe est sans égale. Ensemble, ils feraient la mère parfaite.

En prenant en compte le fait que Leaf m’avait porté pendant vingt-quatre heures, j’acquiesçai d’un signe de tête et répondis : « Je t’en prie, ne t’inquiète pas mon frère Leaf. Même si la nuit n’est pas bénie par  la gracieuse inquiétude du Dieu de la Lumière, Sun ne décevra néanmoins pas les attentes de son frère Leaf. »

Leaf hocha la tête et s’en alla, bien qu’il se retournât par trois fois avant de s’enfoncer réellement dans la forêt.

Après le départ de celui-ci, je baissai la tête pour regarder les outils pour le feu que je tenais dans mes mains, me sentant vraiment un peu frustré avec moi-même. Je veux dire, si j’utilisais la magie du feu, elle ne ferait pas qu’allumer un feu, elle serait même plus que suffisante pour provoquer un immense feu de forêt. Et pourtant, il fallait qu’un prêtre-guerrier soit là avec moi, ne me laissant pas d’autres choix que de jouer le rôle du Chevalier du Soleil… qui ne connaît pas de magie !

Puisque je ne pouvais pas me servir de la magie, je me résignai à employer les outils que Leaf m’avait remis. Après avoir pris une grande inspiration, je frottai, frottai encore et frottai, frottai, frottai encore plus… sans qu’il y eut la moindre volute de fumée. Mes paumes me faisaient mal après tous ces frottements… J’ai vraiment envie d’utiliser la magie !

Mais non, Austin était en train de me fixer du regard. Même si je trouvais vraiment suspecte la façon avec laquelle il montait une tente à une telle vitesse tout en me fixant du regard pendant tout le processus. Cela ne devrait-il pas être contre les règles qu’un prêtre-guerrier possède ce genre de compétence ?

Je continuai de frotter. Frotte… frotte… Oh, il y a un peu de fumée ! Il faut ajouter un peu d’enthousiasme et frotter plus rapidement… La fumée s’est éteinte…

« … » De ma vie, je n’avais jamais, jamais autant souhaité pouvoir utiliser la magie du feu.

Mais je ne le pouvais pas, parce qu’Austin continuait de me fixer du regard. Qu’il soit maudit ! Pourquoi ne peut-il pas simplement se concentrer sur son montage de tente à la place ? Ou avoir l’envie soudaine d’aller se soulager ? Même s’il ne fait que lever la tête pour regarder le ciel, ou pour admirer les étoiles, ce serait suffisant. Donne-moi juste une seconde, une seconde c’est tout ce dont j’ai besoin pour me servir de la magie du feu et allumer les branches détrempées qui sont devant moi !

Mais, il fallait qu’il continuât à me regarder fixement sans ne serait-ce que cligner des yeux !

Après tout ce temps, Austin avait déjà terminé de monter une tente, mais il ne poursuivit pas avec la seconde. Au lieu de cela, il posa les outils pour monter les tentes.

Très bien ! Est-ce qu’il a enfin besoin d’aller pisser ?

Cependant, il ne se dirigea pas vers la forêt, mais à la place il s’approcha lentement de moi, tendit sa main, et dit relativement à contrecœur : « Chevalier du Soleil, s’il-vous-plaît laissez-moi démarrer le feu. »

Sans un mot, je lui donnai les outils pour allumer le feu, et en rétribution ce fut mon tour de le regarder fixement sans interruption. Tu n’as pas intérêt à secrètement utiliser la magie pour allumer le feu ! Les prêtres-guerriers ne sont pas non plus supposés connaître la magie du feu !

Tout ce que je vis fut Austin frotter les outils calmement, et du feu apparut. Frotte, frotte, frotte, et des étincelles apparurent. Frotte un peu plus, et le feu prit.

« … » Ces outils doivent avoir une dent contre moi !

Après cela, Austin ramassa quelques branches et construisit des broches pour griller la viande en barbecue.

Bien que Leaf fût le dernier à avoir quitté le campement, il fut le premier à revenir. Quand il aperçut Austin en train d’allumer le feu et de construire les broches, il fixa la scène avec un regard vide avant d’apporter le petit bois qu’il avait rassemblé près du feu, et il entreprit d’en ajouter dans les flammes. Tout en faisant cela, il articula : « Merci pour tout, Austin. Désolé pour le dérangement. »

Austin sourit en réponse et affirma : « Ce n’est rien, simplement allumer un feu. On dirait que le Chevalier du Soleil ne part pas souvent à l’aventure. »

« Si je ne me trompe pas, c’est en fait la première fois que Sun quitte la Cité du Bourgeon ? » Tout en ajoutant du bois d’une main, Leaf tourna la tête pour me regarder. « C’est juste ? »

Maintenant mon sourire parfait sur mon visage, j’acquiesçai.

« Je vois. » La réalisation soudaine d’Austin s’afficha sur son visage.

Leaf s’empressa d’ajouter : « En tant que chef du Temple Sacré, Sun est occupé, aussi il n’a pas vraiment le temps de quitter le Temple. »

Austin sourit tout en disant : « C’est donc un peu différent de ce que nous faisons. Mike est celui qui possède le plus de pouvoir décisionnel, mais normalement il n’y a pas beaucoup d’affaires qui requièrent sa participation, aussi la plupart du temps Mike tient davantage le rôle de chef spirituel. »

En réalité, nous opérions également de la même façon. Je n’avais normalement pas grand-chose à faire… et même si c’était le cas, je refilais le travail à Storm ; je ne le faisais moi-même que quand on exigeait que je me montre en personne, comme cette fois où il avait fallu que je sois présent au mariage des familles royales.

« C’est donc ainsi que les choses fonctionnent. Pas étonnant que vous l’appeliez tous communément Mike. Très peu de personnes s’adressent directement à nous les Douze Chevaliers Sacrés par nos prénoms. » Leaf me jeta un regard et ajouta : « Et tout particulièrement Sun. Hormis pour le Capitaine-Chevalier du Jugement et le Pape, personne n’est autorisé à l’appeler directement par son vrai nom ! »

Austin sourit et expliqua : « Ce n’est pas le cas. Même dans le Monastère du Dieu de la Guerre, peu de gens osent s’adresser au Fils du Dieu de la Guerre par son nom. Anne a grandi avec Mike, donc en tant qu’amie d’enfance elle l’appelle directement Mike en privé, mais elle l’appelle toujours respectueusement “Fils du Dieu de la Guerre” en public. Quant à la raison pour laquelle je l’appelle également directement par son prénom, c’est parce que Mike est mon fils. »

En entendant cela, mes yeux et ceux de Leaf s’agrandirent de surprise, mais nous nous détendîmes rapidement. Même si Austin avait l’air d’avoir la trentaine, peut-être qu’il s’était servi de la magie pour maintenir son apparence, aussi nous ne pouvions pas savoir à coup sûr quel était son vrai âge. Puisque mon maître et le Pape avaient tous les deux fait de même, ce n’était pas si alarmant.

« Puis-je vous demander quel âge vous aurez cette année ? » s’enquit Leaf avec une certaine curiosité.

« Trente-cinq ans. » L’âge qu’Austin nous donna allait parfaitement de pair avec son apparence.

« … » Nous restâmes tous les deux silencieux. Leaf alla rapidement droit au but et le questionna : « Alors quel âge a Mike ? »

« Vingt-et-un ans. »

Bien que le Fils du Dieu de la Guerre eût deux ans de moins que moi, ce qui me surprenait un peu, ce qui me surprenait encore plus était le fait que quand on prenait trente-cinq et qu’on enlevait vingt-et-un, la somme restante n’était-elle pas égale à quatorze ? Ajoutez les neufs mois nécessaires pour la grossesse… Cela ne signifiait-il pas que l’homme devant moi avait en vérité conçu un enfant quand il avait treize ans ?

Faire ceci et cela avec une femme à seulement treize ans… Je pensais que c’était le privilège des nobles ! Depuis quand même les prêtres-guerriers, qui sont supposés être vertueux, font-ils de telles avances ?

Austin cligna des yeux et déclara : « Oh j’oubliais, c’est un secret, aussi ne le répétez à personne. »

L’expression que Leaf et moi étions en train d’afficher devait avoir l’air un peu étrange. Laisser d’autres Religions connaître leurs secrets est… un petit peu trop négligent, vous ne croyez pas ?

Quand il aperçut nos expressions, Austin se mit à sourire ouvertement. Son sourire ressemblait vraiment à celui du Fils du Dieu de la Guerre. Après un moment, il expliqua : « C’est un secret dont tout le monde a connaissance au Monastère du Dieu de la Guerre. Il vous suffit de poser quelques questions pour le découvrir, mais même si tout le monde est au courant, personne n’ira l’exposer, aussi vous n’avez pas besoin de vous inquiéter à ce sujet. »

Je vois. Cela ressemblait au « le Chevalier du Soleil est parfait ». Même si tout le monde savait plus ou moins que personne n’était parfait dans ce monde, ils vont complètement continuer d’y croire.

À ce moment, des échos de bruits épars nous parvinrent de la forêt non loin de l’endroit où nous nous trouvions. Nous regardâmes tous les trois vers les arbres, pas vraiment inquiets car nous étions à une distance relativement importante de l’intérieur de la forêt. Pour une équipe d’aventuriers de notre calibre, ce genre d’endroit n’était pas plus dangereux que d’être à l’intérieur de l’Église.

Mike et Anne en sortirent. Sur les épaules de Mike pendait le corps d’un loup.

Une fois qu’ils eurent atteint le camp, Mike donna le loup à Anne. Anne, avec une joie indescriptible, prit le loup et s’approcha du bord du lac. On dirait qu’elle est partie cuisiner cette partie du « dîner ».

Mike jeta un coup d’oeil à l’état actuel du camp et demanda avec ses sourcils froncés : « Les tentes ne sont pas encore dressées ? »

Austin sourit légèrement et répondit : « Je suis désolé, mes mains sont trop lentes. »

Après avoir entendu cela, Mike afficha une expression étrange. J’étais tout à fait capable de comprendre pourquoi. Juste avant, Austin avait seulement passé cinq minutes pour monter une tente. Il n’avait pas pris plus d’une minute pour allumer un feu, et avait été capable de construire les supports du barbecue en l’espace d’une autre minute. Il ne pouvait être décrit que par les mots « super rapides avec ses mains ».

On pouvait supposer que Mike devait plutôt bien connaître la façon d’agir de son père, aussi c’était pourquoi il affichait une telle expression de scepticisme.

Mike sortit une marmite de son sac et inséra une longue branche à travers les deux hanses.  Pendant qu’il faisait cela, Austin et Leaf continuèrent de discuter, et à l’occasion Mike lançait un mot en réponse.

J’avais peu d’intérêt pour une conversation entre trois hommes, aussi je me tournai pour regarder vers les rives du lac. Hé hé ! J’étais beaucoup plus intéressé par la femme mignonne et adorable… même si elle portait une armure et possédait deux haches qu’elle employait à une main… Comment diable va-t-elle préparer cet immense loup qui fait la moitié de la taille d’un humain… ?

Il se trouva par hasard que, au moment où je regardais, le loup était lancé dans les airs. Comme on pouvait s’y attendre avec sa force insensée, Anne était une guerrière dont l’élément du feu était puissant. Même si le loup était très large, on aurait dit qu’elle lançait un petit galet. Une fois qu’elle eut lancé le loup, elle mit ses mains dans son dos et récupéra ses deux haches. À cet instant-là, le loup avait déjà commencé à retomber d’une hauteur équivalente à deux personnes perchées l’une sur l’autre. D’un bond puissant, Anne sauta à la hauteur du loup. Coupe, coupe, coupe. Dans l’obscurité de la nuit, seules deux vives traînées de lumière argentée pouvaient être aperçues avant que le loup ne se désintègre tout à coup en différents morceaux, qui atterrirent sur le sol l’un après l’autre. J’entendis même un  “boum” ; un son qui ressemblait au poids massif de quelque chose qui tombait sur le sol. Avec le ciel crépusculaire, je n’y voyais pas très clairement, mais je pouvais m’aventurer à faire une supposition. C’était probablement le morceau des organes internes…

Sous la lumière de la lune, Anne rinça ses haches avec l’eau du lac. Les replaçant sur son dos, elle se mit à chantonner un ton joyeux, s’accroupit sur la rive dans une position qui n’en était pas moins élégante, et lava la douzaine de morceaux qui étaient rouges de sang. Après avoir lavé les bouts de viande, elle tira de la pile désordonnée d’organes internes une longue chose rouge et blanche en forme de ficelle et entreprit de la laver.

Je décidai alors… de tourner ma tête pour suivre la conversation entre les trois hommes à la place.

« Je me demande qui a kidnappé la Princesse Alice… » était en train de dire Leaf avec une expression pleine de doutes. Inquiet, il ajouta : « J’espère que quiconque ayant enlevé la princesse la traitera bien ! »

Austin dit d’une voix basse : « Puisse le Dieu de la Guerre protéger la princesse. Nous n’en savons pas vraiment plus nous non plus. La princesse a été enlevée sans que quiconque en ait eu connaissance. Quand la famille royale a découvert ce qu’il s’était passé, il ne restait qu’une simple lettre sur la scène du crime. »

Tout en parlant, il sortit la lettre qu’il venait de mentionner et eut l’air d’être sur le point de la tendre à Leaf. Cependant, quand il vit que je prêtais attention à la conversation, à la place il me la remit. Il est vraiment quelqu’un qui accorde de l’importance à l’étiquette.

« Puisse la radiance du Dieu de la Lumière prendre soin de la Princesse Alice », énonçais-je lorsque je pris la lettre et me mis à la lire. Leaf savait probablement que je n’aimais pas beaucoup parler en ce moment, aussi il vint simplement se placer près de moi et la lut avec moi, m’évitant d’avoir à lui en expliquer le contenu plus tard.

Le contenu de la lettre était très simple. Menaces, tentation, kidnapping pour une rançon… Rien de cela n’était présent dans la lettre. Elle expliquait très simplement qu’ « il » avait emmené la princesse et que, si nous voulions qu’elle revienne saine et sauve, nous ne devions ni faire appel à l’armée ni faire paraître un avis de prime sur sa tête. Nous étions seulement autorisés à laisser le Fils du Dieu de la Guerre mener personnellement un groupe d’aventuriers pour le poursuivre et, si nous le vainquions, nous pourrions alors ramener la princesse.

Se pourrait-il que le but de cette personne ne soit point la princesse, mais plutôt une conspiration dirigée contre le Fils du Dieu de la Guerre ? songeai-je en restant cependant soupçonneux. Pour quelle autre raison mentionnerait-il spécifiquement que le Fils du Dieu de la Guerre pouvait mener un groupe d’aventuriers ?

Mais si c’était le cas, pourquoi ne pas avoir demandé au Fils du Dieu de la Guerre de venir seul ? Pourquoi lui demander de former un groupe d’aventuriers ? Ou alors, il se peut qu’il se soit inquiété du fait que le Fils du Dieu de la Guerre refuse d’obtempérer si on lui avait demandé de venir seul, puisque son statut est égal à celui de la princesse ? Hum… Si cette lettre est authentique, alors ce n’est pas si étrange que la reine nous ait forcés Leaf et moi à l’accompagner.

En réalité, faire en sorte que nous les accompagnions pourrait même être une condition pour que le Monastère du Dieu de la Guerre accepte de laisser le Fils du Dieu de la Guerre secourir la princesse. Avec le Chevalier du Soleil et le Chevalier de la Forêt impliqué, dans ce cas, premièrement en tant que membres des Douze Chevaliers Sacrés notre force serait plus grande que la plupart, et deuxièmement si notre adversaire complote quoi que ce soit, il devrait également garder à l’esprit qu’il provoquerait l’Église du Dieu de la Lumière en même temps… Grrr !

Je réfléchis tellement que mon estomac protesta et clama famine, mais par chance le bruit n’était pas trop fort. Après avoir rendu la lettre à Austin, je lui demandai avec doutes : « Sun est de peu de talent et d’éducation superficielle, et par conséquent s’est montré incapable de comprendre comment cette lettre indiquait la localisation de la princesse. Et pourtant, les enfants du Dieu de la Guerre n’ont pas hésité un instant sur notre futur chemin. Serait-il possible que vous ayez déjà reçu les murmures du Dieu de la Guerre ? »

En voyant les visages de tout le monde après avoir entendu mes propos et ne pas les avoir compris, Leaf expliqua rapidement : « Sun veut dire que la lettre n’indique pas par où aller pour trouver la princesse, et pourtant aucun d’entre vous ne semble hésiter quant à la direction que nous devrions prendre… »

À cet instant, il se trouva qu’Anne marchait vers le camp en portant une pile de morceaux de viande. Elle intervint dans la conversation pour donner une explication : « C’est parce que les princesses du Royaume de l’Orchidée Lunaire portent toutes avec elles des objets enchantés qui permettent aux gens de les localiser. »

J’acquiesçai d’un signe de tête. Frappé d’une réalisation soudaine, Leaf dit : « Je vois. »

Bien que j’éprouvasse toujours de nombreux doutes, aucun n’était propre à être posé sous la forme de questions directes, donc je les gardai dans mon cœur, attendant une chance dans le futur pour continuer à exhumer des secrets.

Dans les instants qui suivirent, Leaf cuisina la viande pendant qu’Austin se servait de la marmite pour faire bouillir un tas noué — et rigoureusement rouge — d’organes internes. Quand nous aperçûmes cette marmite de choses rouges et blanches, Leaf et moi révélâmes tous les deux des expressions étranges.

En remarquant nos visages, Austin sourit et déclara : « Les organes internes sont pleins de nutriments. Les manger rendra vos corps sains et vigoureux ! »

Comparé à la façon de cuisiner du Fils du Dieu de la Guerre, qui consistait à simplement lancer les organes internes dans une marmite et à ajouter de l’eau, Leaf dépensa de bien plus grands efforts dans sa façon de cuire la viande. Il sortit une boîte entière d’assaisonnements. Le sel et le poivre étaient les plus basiques, mais la boîte, en plus de ces deux bouteilles, en contenait au moins dix autres.

Les yeux d’Anne, d’Austin et de Mike s’agrandirent, tandis qu’ils regardaient. Incapable de garder le silence, Mike le questionna : « Qu’est-ce que c’est ? »

« L’assaisonnement ! Comment peut-on manger sans assaisonner ? »

Leaf répondit d’une manière relativement surprenante, puis il prit une bouteille d’assaisonnement dans la boîte. Alors qu’il répandait l’épice sur la viande rôtie, il commenta : « C’est du romarin en poudre, qui est très bon pour retirer le goût acidulé de la viande. Une fois que la viande sera presque prête, elle aura juste besoin d’un peu d’absinthe, de poivre et de sel avant qu’elle puisse être dégustée ; ou peut-être pas de poivre, mais de l’ail en poudre à la place ? L’absinthe est bien pour la préservation, comme ça nous pourrons emporter avec nous sur la route la viande que nous n’aurons pas finie ; et elle ne pourrira pas pendant plusieurs jours. Cependant, la verveine de citron peut améliorer notre appétit et aider la digestion. Lequel préférez-vous ? »

Leaf avait l’air un peu secoué comme il se retournait délibérément pour demander son avis à tout le monde. Tous le fixèrent avec des yeux ronds et ne prononcèrent pas le moindre mot.

Quant à moi, j’avais l’habitude de cela. Même si Leaf n’était pas aussi doué qu’Ice pour la cuisine, il était un fan des épices. Même quand il mangeait du pain, il fallait qu’il le saupoudre d’au moins deux types d’assaisonnements. Sans épices, Leaf pourrait même mourir de faim.

Mais, les choses comme les assaisonnements n’étaient pas du tout bon marché, aussi il dépensait presque tout son salaire pour en acheter. En conséquence, on peut dire de Leaf qu’il est le plus pauvre parmi les Douze Chevaliers Sacrés ; pauvre au point que si la cuisine du Temple Sacré prenait des vacances pendant un jour, Leaf n’aurait rien à manger.

Par chance, même s’il n’avait rien à manger, il y aurait toujours les desserts d’Ice pour remplir son estomac.

Toutefois, chaque fois qu’Ice voyait Leaf ajouter des assaisonnements sur ses desserts, son visage devenait aussi froid que la glace — non attendez, Ice a toujours un visage semblable à un cube de glace, alors comment pourrais-je décrire cela  — ah, je devrais dire que son visage avait l’air d’exprimer « qu’il pourrait manger Leaf à l’instant et à cet endroit sans même ajouter d’assaisonnements ».

« Pas d’absinthe », dis-je simplement.

Leaf sourit et se rappela : « J’avais presque oublié. Sun, le goût amer de l’absinthe est ce que tu détestes le plus, alors dois-je utiliser la verveine de citron en remplacement ? »

Évasif, j’hochai la tête, puisque je ne savais pas ce qu’était la verveine de citron. En fait, je ne pouvais pas non plus dire quel goût avait l’absinthe1, mais puisque c’était aussi le nom d’un alcool, j’étais obligé de la rejeter pour toujours afin d’éviter tout rapprochement.

Lorsque Leaf eut terminé d’ajouter des épices, il refusa encore de se reposer. Il contempla la marmite d’organes internes, réfléchit pendant un moment, puis sortit une bouteille exquise de sa boîte. Alors qu’il saupoudrait gentiment et précautionneusement son contenu dans la marmite, il enseigna à tout le monde : « C’est du safran, une épice qui est vraiment très chère, mais qui est la meilleure pour ce qui est de faire mijoter la soupe. »

Ils semblèrent comprendre et ne pas comprendre alors qu’ils hochaient la tête, montrant même une certaine désapprobation. D’après leurs expressions, on aurait dit que savoir ou non quelle épice était ajoutée était le cadet de leur souci… Ha ha ! Je ricanai un petit peu.

La viande termina enfin de cuire, et la soupe d’organe interne finit de bouillir. Lorsque les trois prirent une bouchée de la viande grillée, une louche remplie à ras bord de soupe, et avalèrent les organes internes gluants, leurs expressions changèrent complètement !

Ce fut une bonne chose que l’absinthe, qui avait de très bons effets de préservation, ne fut pas utilisée pour ce repas… parce qu’il ne resta aucun morceau de viande qui aurait eu besoin d’être préservé.

Leaf n’est pas resté pauvre tout ce temps sans raison !

 

 

Avec ce genre de bosquet épais, quelqu’un devait monter la garde la nuit. Quand nous eûmes terminé de dîner, sous les répartitions d’Austin, Leaf et moi fûmes en charge du premier tour. Après nous, c’était le tour de Mike par lui-même, puis en dernier venaient Anne et Austin.

Une fois qu’ils furent tous les trois rentrés dans leurs tentes, je me tournai vers Leaf et déclarai : « Leaf, ce n’est pas si dangereux dans les alentours. Il n’y a pas de mal à aller t’allonger contre ce rocher et à faire une petite sieste. Je serai suffisant pour monter la garde. »

Pour une raison quelconque, Leaf eut l’air un peu effrayé. Il me mesura du regard très prudemment de la tête aux pieds avant de sourire et de répondre : « Très bien, alors tu peux prendre le début du tour et dormir plus tard ! »

Distrait, je murmurai : « Pas besoin, je pense que je vais être occupé pendant un bon moment. »

Leaf afficha une expression perplexe tandis qu’il me regardait.

« Va te coucher », le pressai-je avec un sourire.

Leaf s’adossa contre un grand rocher et s’endormit. Après environ une vingtaine de minutes, j’estimai que les personnes dans la tente avaient dû s’endormir elles aussi, aussi je demandai promptement d’une voix basse : « Leaf… Leaf, est-ce que tu dors ? »

Le corps de Leaf tressauta un petit peu, puis il ouvrit immédiatement ses yeux. Quand il découvrit que rien autour de lui n’était anormal, il demanda avec suspicion : « Quelque chose ne va pas, Sun ? »

« Donc, tu ne t’étais pas véritablement endormi. » Je lui ordonnai avec sérieux : « Une fois que tu te seras endormi, rappelle-toi de me le dire. »

« … »

Leaf ferma ses yeux une fois de plus et murmura rapidement : « Je suis endormi. »

« Ah, bien. » J’hochai la tête et dis sur le ton de l’évidence même : « Puisque tu dors, tu ne sauras pas ce que je fais. »

« … »

Je retournai à la tente et sortis une pile de bouteilles et de pots de mes bagages… mais ce n’était pas des assaisonnements, il s’agissait de mon matériel pour confectionner mon masque du visage.

Avant que Leaf m’ait porté, j’avais dû marcher pendant toute la journée. Même si j’avais essayé de mon mieux de marcher à l’ombre, ma peau avait quand même été trop exposée à la lumière du soleil. Si je ne me dépêchais pas de me servir de mon masque facial pour y remédier, j’aurais besoin de dépenser encore plus d’efforts dans le futur pour blanchir ma peau.

J’avais également beaucoup transpiré. Si je ne prenais pas de douche ce soir, je serais sûr de puer sans comparaison demain. Puisque j’étais le parfait et gracieux Chevalier du Soleil, pour émettre une odeur désagréable… Pourrais-je encore être appelé le Chevalier du Soleil dans ce cas ? On pourrait tout aussi bien me renommer le Chevalier de la Puanteur Suprême2 !

C’était pourquoi j’étais actuellement en train de sortir de mes bagages les objets dont j’avais besoin pour prendre un bain et protéger mon visage. Afin de pouvoir emporter tous ces objets, l’apparence extérieure de mes sacs elle-même faisait deux fois la taille de ceux de Mike et des autres. Si je n’en avais pas aussi fourré dans les bagages de Leaf, j’aurais probablement dû abandonner l’idée de mettre un pied dehors juste à cause du poids de mes bagages. Peu importe à quel point Anne pouvait être mignonne, elle ne serait pas parvenue à m’influencer.

Mais, à présent, obligé de me hâter, d’être sous la lumière durant toute la journée, tout en étant incapable d’allumer un feu, en plus d’avoir à appliquer un masque facial chaque jour… toutes ces choses étaient suffisantes pour me faire regretter d’avoir été momentanément possédé par « Anne »3, et de lui avoir promis de participer à cette aventure.

Je soupirai, mais en vérité j’étais obligé de partir à l’aventure au moins une fois éventuellement. Ce n’était pas simplement qu’Anne était mignonne. C’était aussi parce que j’avais autrefois promis à mon maître que je partirais à l’aventure au moins une fois… En y repensant, quand mon maître en était venu aux leçons sur comment le parfait Chevalier du Soleil devait mener sa gracieuse survie dans les étendues sauvages, le simple fait d’entendre que j’avais besoin d’appliquer le masque facial blanchissant chaque jour, d’apprendre comment trouver des ingrédients pour le masque dans les plaines une fois que j’aurais épuisé mon stock, comment allumer un feu avec élégance, comment me hâter sur la route avec élégance, comment me baigner en extérieur avec élégance… Avoir toutes ces choses m’être énumérées était suffisant pour presque me faire pleurer.

 

 

Quand mon maître vit que j’avais l’air d’être sur le point de pleurer, il sourit et dit : « Mon enfant, c’est une leçon nécessaire. En tant que Chevalier Sacré, il se peut qu’il te soit inévitable de partir à l’aventure un jour. En tant que Chevalier du Soleil, même si les membres de ton groupe sont tous sales et puants de la tête aux pieds, presque comme des sauvages, tu te dois d’être toujours exceptionnellement gracieux ! »

Je protestai : « Mais maître, “le continent tout entier” ne sait tout de même pas que le Chevalier du Soleil est un aventurier, n’est-pas ? »

C’était la première fois que je questionnais mon maître. Cela lui posa une colle, le fit y réfléchir un petit peu, puis il me donna à contrecœur une réponse : « Je pense que personne ne sait cela ! Qui aurait cru que tu détesterais à ce point les leçons sur l’aventure ? Très bien, tu n’es pas obligé d’apprendre comment devenir un aventurier. »

Louanges soient faites de la bienveillance du Dieu de la Lumière ! Je n’aurais pu être plus touché que je ne l’étais à ce moment-là. C’était la première fois de ma vie que j’avais prié le Dieu de la Lumière de ma propre initiative.

Mon maître soupira et ajouta : « Si tu continues ainsi, tu finiras par devenir un ermite d’église. »

« Maître, qu’est-ce qu’un ermite d’église? »

« Un homme chevalier qui se terre chaque jour dans les profondeurs du Temple Sacré et ne le quitte jamais, qui sait à peine comment jeter un coup d’œil de derrière une fenêtre aux femmes prêtresse du Sanctuaire de la Lumière d’à côté, et pire, qui a peur d’aller les draguer. La prochaine fois que tu auras un jour de repos, tu pourras aller dans les allées près du Sanctuaire de la Lumière et jeter un regard. Les fenêtres sont complètement occupées par les ermites d’églises ! Tu ne veux pas finir comme eux plus tard, pas vrai ? »

D’un ton un petit peu embarrassé, je marmonnai : « Mais… je… je trouve que vivre ainsi ne serait pas si mal ? »

Mon maître répliqua avec véhémence et colère : « Espèce d’idiot inutile ! Ton maître a au moins cinquante amantes, si ce n’est pas une centaine. Alors que tu es mon élève, tu veux vraiment devenir un ermite d’église ? Non ! Jure immédiatement au Dieu de la Lumière que tu quitteras assurément le Temple Sacré dans le futur pour partir à l’aventure. Si tu ne le fais pas, je scellerai toutes les fenêtres de l’allée près du Sanctuaire de la Lumière, puis j’annoncerai dans tout le Temple Sacré que j’ai scellé ces fenêtres à cause de toi. »

« … »

 

 

À cette époque, afin d’éviter la colère de tous les ermites d’église du Temple Sacré, je fus forcé de prêter serment devant le Dieu de la Lumière et de jurer que je partirais assurément à l’aventure, mais qui aurait cru que dès le premier jour de cette aventure j’aurais déjà envie de rentrer à la maison… ?

Maintenant, je ne pouvais qu’espérer que nous trouverions la Princesse Alice rapidement pour que je puisse rentrer au plus tôt au Temple Sacré pour y vivre ma vie d’ermite d’église. Alors que je mélangeais mon masque facial, j’implorai le Dieu de la Lumière du plus profond de mon cœur, laissez-moi retourner au Temple Sacré dès que possible pour Vous servir !

Une fois que j’eus fini mon mixage, je marchai jusqu’aux bords du lac, espérant appliquer mon masque facial et me baigner en même temps, mais lorsque j’atteignis la rive, je sentis que quelque chose était étrange. Il y avait en vérité quelque chose avec un élément du feu écrasant dans les fourrés. Normalement, les fourrés devraient être composés principalement d’éléments du bois et de l’eau…

Je tournai la tête pour regarder, juste à temps pour repérer une paire d’yeux écarlates à l’intérieur des fourrés sombres. Alors que je méditais pour savoir si oui ou non je devrais appeler Leaf, cette chose avec une paire d’yeux écarlates bondit habilement hors des fourrés : c’est un loup démoniaque !

L’apparence d’un loup démoniaque est semblable à celle d’un loup ou d’un chien, hormis qu’il avait en plus trois cornes rouges au sommet de sa tête. À cause de cela, il était appelé « loup démoniaque » ou « chien démoniaque ». C’était un type de bête démoniaque.

Ces pseudos-bêtes démoniaques étaient des animaux qui étaient capables d’employer la magie. Le dragon dont tout le monde a entendu parler est aussi un type de bête démoniaque, un animal démoniaque rare du plus haut niveau.

Cependant, les loups démoniaques n’étaient pas particulièrement dangereux. Leur agilité n’était pas très différente de celle d’un loup ordinaire, mais ils pouvaient utiliser les cornes sur leur tête pour envoyer des boules de feu afin de blesser leurs ennemis.

Comment se fait-t-il qu’il y ait une bête démoniaque capable d’utiliser la magie près de la forêt ? Même si les loups démoniaques sont des bêtes démoniaques relativement faibles… Je fronçai les sourcils en voyant que le loup démoniaque se jetait vers moi.

Avec la bassine pour mon masque facial dans la main gauche, je tendis ma main droite vers le loup démoniaque. Une traînée de glace bleue et d’air froid tourbillonna vers le loup démoniaque. Il s’agissait d’un sort avancé de la magie de l’élément de l’eau : la magie de glace. Comme son nom l’indiquait, c’était une magie qui pouvait transformer son adversaire en un gros morceau de glace… Je l’avais secrètement appris d’Ice. Après tout, lui aussi était assez occupé, donc il ne pouvait pas toujours me faire de la glace pilée à la myrtille pour que je puisse me régaler. Parfois, il faisait tellement chaud que je n’arrivais plus à supporter la chaleur, alors je devais avoir recours à mes propres stratagèmes. J’avais fourni quelques efforts pour apprendre cette magie de glace, puis je m’étais fabriqué moi-même de la glace pilée.

Même si le loup démoniaque cracha également des flammes vers moi, et que le feu triomphait en effet sur la glace, c’était uniquement quand les deux partis possédaient environ le même pouvoir que le feu l’emportait réellement sur la glace. Quant au combat présent… Ah ! Je souris froidement tandis que je regardai le loup démoniaque, qui était en train de sauter vers moi, se transformer lentement en un bloc de glace en plein air. Puis, avec un « caboum », il tomba sur le sol.

Crac !

C’est le son d’une branche sur laquelle on marche…

Alerté, je me retournai pour regarder, mais clignai des yeux. « Leaf ? »

Leaf se contenta de me fixer du regard et m’adressa un sourire d’excuse en disant : « Je me suis réveillé parce que j’ai senti quelque chose d’inhabituel. »

Ayant dit cela, il regarda le loup démoniaque sur le sol qui s’était transformé en glaçon géant.

J’expliquai avec sobriété : « Ce loup démoniaque a soudainement surgi. Il a jailli si rapidement qu’il a trébuché sur un rocher, est tombé, et est mort de la chute. »

« … » Leaf fut incapable de parler pendant un moment, puis il tenta de me rappeler : « Mais, il est gelé. »

« Ah ! » Je réalisai soudainement ce fait. Je secouai la tête et soupirai tout en parlant : « Avant qu’il ne meure, comme il ne voulait probablement pas finir mangé — digéré dans l’estomac de quelqu’un —  il a utilisé la magie pour se geler lui-même. »

Encore une fois Leaf ne put parler, et il ne continua pas à poser de questions pragmatiques comme : « Est-ce qu’un loup démoniaque de l’élément du feu sait comment utiliser la magie de… glace ? » ou « Quelque chose de gelé ne peut-il pas être dégelé pour être mangé ? » Il jeta simplement un regard vers la bassine de mon masque facial dans mes mains et, avec une sorte d’exaspération, il conclut : « Je vois. Je vais retourner me coucher. »

« Va vite te coucher. Le manque de sommeil est un immense tabou chez les belles personnes. »

« Quoi? »

Je révélai un sourire brillant et déclarai : « J’ai dit, le manque de sommeil nous empêchera de secourir la belle princesse. »

Leaf acquiesça d’un signe de tête et rentra docilement au camp, retournant près du gros rocher pour dormir.

Après cela, je pris tranquillement un bain, appliquai mon masque facial, puis échangeai avec Mike pour le prochain tour de garde avant de retourner à ma tente afin de dormir.

Pendant les quelques jours qui suivirent…

Chaque fois qu’il fallait se hâter sur la route, je montais sur le dos de Leaf et dormais vingt-quatre à quarante-huit heures d’affilée, cela dépendait.

Chaque fois qu’il fallait monter le camp, j’étais en charge de perdre mon regard dans l’espace.

Chaque fois qu’il fallait monter la garde la nuit, c’était le moment pour moi d’appliquer mon masque facial et de prendre un bain.

Excepté le fait qu’il y avait trop de moustiques, ce qui rendait agaçant l’applicage de mon masque facial chaque jour, le fait qu’après le repas les sucreries d’Ice me manquaient, et que je dormais trop pendant le jour, ce qui faisait que je n’arrivais pas à dormir la nuit, il n’y avait rien auquel je pouvais trouver à redire avec ce genre de style de vie d’aventurier.

Alors que nous étions en train de dîner, j’entendis Leaf mentionner le fait que nous étions tombés une fois sur des bandits, qu’une autre fois une équipe d’aventuriers avait assailli Anne, et que des bêtes démoniaques étaient venues nous attaquer pendant que nous étions sur la route. Cependant, tout fut facilement géré par Mike et Anne en personne, aussi il n’y avait eu nul besoin de me réveiller.

Je les entendis raconter que les bandits n’avaient même pas eu la chance d’ouvrir la conversation avec leurs habituelles phrases de menaces. Une fois qu’Anne, d’un seul pied, eut abattu sur le côté de la route un arbre sur lequel deux personnes s’étaient cachées, l’équipe d’aventuriers s’était enfuie et avait disparu sans laisser de trace. Quant aux bêtes démoniaques, elles s’étaient toutes transformées en dîner.

Tandis que je mangeais la viande des bêtes démoniaques et écoutais Leaf me raconter ce qu’il s’était passé pendant le jour, j’ignorai les regards plein de dédain que les trois autres personnes du Monastère du Dieu de la Guerre me lançaient.

En effet, la vie d’un aventurier n’est pas aussi terrible que je le pensais !

Notes de bas de page

1 « absinthe » : Le mot chinois pour absinthe, 苦艾, contient le caractère pour « amer ». À cause de cela, Sun rejette l’idée de manger ce genre d’assaisonnement sans même savoir ce dont il s’agit. Cependant, nous avons adapté la phrase en lui donnant un autre sens caché par souci de cohérence.

2 « Le Chevalier de la Puanteur Suprême » : Le début de « Sun » et de « Suprême » utilise le même caractère en chinois. Sun fait un jeu de mot sur son titre.

3 « Possédé par ‘Anne’ » : La phrase d’origine en chinois, 鬼迷心竅, veut dire quelqu’un qui se concentre tellement sur quelque chose qu’il perd de vue tout le reste. Le premier caractère de cette phrase est souvent remplacé par la personne ou l’objet sur laquelle/lequel quelqu’un est concentré pour signifier à quel point quelqu’un peut être possédé par cette personne ou cet objet. Ici, Sun remplace le premier caractère de la phrase avec le nom d’Anne「安」迷心竅.

1/2 Prince T4C3 : Le Groupe en Tournée Dans Les Rues

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½ Prince Tome 4 : Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini

Roman d’origine en chinois par : 御我 (Yu Wo)


Chapter 3: The Busking Tour Group – traduit du chinois vers l’anglais par [PR!]
Chapitre 3 : Le Groupe en Tournée Dans les Rues – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Yukomin

« Vous voulez que je devienne chanteur et que j’organise un concert ? » La tête commença légèrement à me tourner. Mais, à quoi est-ce que tout le monde peut bien penser ? Je suis le Seigneur de la Cité, non ? Comment est-ce que je peux devenir chanteur ?

« Ouais, regarde-toi un peu. » Lolidragon poussa un miroir vers moi. « Vois ce beau visage hyper ultra impossible à battre et ce corps de grande taille aux proportions parfaites. Regarde ce maintien élégant et classe (tant que tu n’ouvres pas la bouche), en plus de ces puissantes cordes vocales ! Si tu ne vends pas ton cor… je veux dire, tes chansons, est-ce que ce ne serait pas un gaspillage haineux de ressources naturelles ? »

Je jetai un coup d’œil en direction de Lolidragon, me demandant si je l’avais entendu commencer à dire « corps ». « Mais, on est dans un jeu en ligne. Qui devient chanteur dans un jeu, et organise des concerts ? »

« Et participe à des séances photos », ajouta Lolidragon, et à la suite de quoi, après m’avoir surpris à pâlir à un taux alarmant, lança vite : « Ne t’inquiète pas, nous ne te laisserons pas tout supporter ; au max juste un petit, petit peu… »

« Un petit, petit peu ? »  m’enquis-je avec une once de suspicion. « Vraiment juste un petit, petit peu ? »

« Ouais, un petit, petit peu ! » Lolidragon rit avec une profonde sincérité. Je découvris plus tard qu’il y avait deux « petit » dans le « petit, petit peu » de Lolidragon, alors dans son esprit ça définissait deux petits bouts en particulier…1 Lolidragon, qui donc t’as enseigné ton chinois ?

« Attendez une minute, ce n’est pas ça le problème ! Comment je suis censé devenir chanteur ? Je ne suis même pas un barde », rétorquai-je.

Lolidragon haussa un sourcil. « Quand as-tu commencé à te soucier de ce que nous pouvons ou ne pouvons pas faire dans le jeu ? Fais comme tu le sens : c’est ton style, non ? L’essentiel c’est de savoir si tu as envie de le faire ou pas. »

Ça me fit réfléchir un instant. Avant… Ouais, je pense que je faisais vraiment comme j’en avais envie. Un chanteur… Je penchai la tête sur le côté. Ça m’a l’air plutôt intéressant ! En fin de compte, je rigolai à haute voix. « Très bien, devenir chanteur me semble assez tentant. »

« Excellent, maintenant laisse-moi penser… Premièrement, vous allez devoir partir en tournée dans les trois cités du Soleil, de la Lune, et des Étoiles, afin de faire votre publicité et de vous fabriquer un nom par vous-même. …Et de gagner un peu d’argent pendant que vous y êtes », ajouta précipitamment Lolidragon en remarquant le sourire éclatant de belle-sœur Yu Lian. Voyant que son sourire était devenu un peu plus chaleureux, Lolidragon poussa un soupir de soulagement et poursuivit : « Dernièrement, après avoir gagné en popularité, rentrez à la Cité de l’Infini pour tenir un concert. C’est parce que, de un, nous pouvons gagner de l’argent grâce à ça et, de deux, ça peut nous aider à accroître la population de la Cité de l’Infini. C’est définitivement faire d’une pierre deux coups. »

J’y songeai pendant un moment, avant de demander : « Alors, est-ce que je dois amener Gui avec moi pour me servir d’accompagnement instrumental ? »

En entendant ça, les yeux de Gui s’illuminèrent instantanément. « Puis-je suivre Son Altesse Prince, s’il-vous-plaît ? »

« Pas seulement Gui… Je pense que nous devrions trouver quelques autres personnes et former un groupe », annonça Lolidragon. « Après tout, il n’y a pas de pistes sonores dans Second Life dont nous puissions nous servir. » Elle hésita. « Je ne suis pas certaine si les artisans de Second Life peuvent fabriquer des choses comme des instruments de musique, par contre… »

« Je ne sais pas pour les batteries, mais ils peuvent fabriquer des guitares », lâcha soudainement Fairsky. Elle mit une main dans son sac et en sortit une guitare. « J’en ai une. »

« Tu sais jouer de la guitare ? » Les yeux de Lolidragon se mirent à briller.

Fairsky acquiesça de la tête de manière royale. « Évidemment. J’apprends depuis dix ans ; je joue très bien. »

« Génial, nous avons un membre en plus ! » prit joyeusement en note Lolidragon.

Je bouffai ma viande séchée effilochée2 sur riz mélangé à de la soupe d’œuf brouillé, doutant légèrement que des gens puissent mélanger de la guitare et du guqin ensemble. Peu importe. De toute manière, je suis seulement responsable de chanter, alors je vais laisser Lolidragon se charger du reste ! Miam… du porridge à la viande séchée effilochée et à l’œuf brouillé, ça ne goûte pas mauvais !

« Je veux y aller moi aussi », déclara froidement Wicked, lançant un regard noir à Gui. « Je ne laisserai pas à Gui la chance de rester seul avec Prince. »

« Toi… ! » Gui serra les poings de colère.

« Tu sais jouer d’un instrument ? » le questionna Lolidragon avec un grand intérêt. Son enthousiasme pour plus de chaos était inscrit sur son visage.

« De la flûte chinoise », répondit simplement Wicked.

Wow, c’est juste trop excellent. Du guqin, de la guitare, et de la flûte chinoise ? C’est un mélange comparable au bol d’ingrédients disparates que je tiens dans ma main.

« Et moi ! » s’empressa de dire Phoenix, en s’apercevant que trois des quatre admirateurs de Prince s’étaient déjà joints.

« Et de quoi est-ce que tu peux jouer ? »

« Je peux jouer de la batterie, et je fais ça depuis dix ans également », se vanta Phoenix, en agaçant Fairsky qui se tenait à côté d’elle. « Je vais sur-le-champ trouver des artisans pour me fabriquer une batterie. Ils peuvent définitivement en créer une ! »

« D’accord, Gui joue du guqin, Wicked de la flûte chinoise, Fairsky de la guitare, et Phoenix de la batterie. » Lolidragon prit tout ça en note avant de froncer des sourcils. « Nous allons nous séparer en deux groupes dans ce cas : les gars s’occuperont des chansons plus sentimentales, et les filles seront en charge des chansons rock. »

Je soupirai de bon cœur et regardai à l’horizon. « Les temps ont vraiment changé. Les gars choisissent tous d’être plus sensibles, tandis que les filles aiment toutes la musique rock ; on dirait bien que je me prends un coup de vieux. »

Lolidragon me flanqua une claque monumentale sur la tête et m’envoya en message privé : « C’est pour ça que toi, qui n’es ni une fille ni un gars, tu dois chanter les deux sortes de chansons ! »

Aïe ! Avec des larmes menaçant de couler, je fis la moue et marmonnai d’un ton maussade : « J’ai déjà dit que j’allais chanter ! Pourquoi est-ce que tu m’as frappé la tête ? Je vais finir par devenir stupide ! »

« Heh heh heh, les membres du Groupe de l’Infini sont donc décidés », décréta Lolidragon. « Gui, va travailler sur les paroles et les airs des chansons. Wicked, occupe-toi de la chorégraphie. Prince, commence à mémoriser les paroles. Fairsky et Phoenix, allons préparer les tenues de scène. » Les yeux de Lolidragon brillèrent comme cette dernière agrippait les deux filles, et elles partirent si vite qu’elles donnèrent l’impression de s’être téléportées.

« Gui… Tu sais écrire des chansons ? » Comment ça se fait que je n’aie jamais su que Gui savait comment composer de la musique et des paroles ?

L’expression de Gui était extrêmement troublée. « Moi ? Je n’ai jamais écrit de chanson auparavant. »

Nous tombâmes silencieux pendant un instant, puis je me tournai vers Wicked en arborant une petite lueur d’espoir. « Tu sais danser ? »

« Ouais », répondit Wicked, et mon espoir fleurit. « J’ai déjà fait de la danse folklorique avant. »

Mon cœur se glaça abruptement, devenant aussi dur et froid qu’un poisson gelé qui pourrait servir d’arme de meurtre.

Lolidragon pointa soudainement la tête dans la salle : « Si vous ne réussissez pas bien, vous serez virés du Groupe de l’Infini. Prince est la seule exception, mais s’il ne se débrouille pas bien, il pourra seulement manger du riz ordinaire à tous ses repas. » Après avoir dit ça, elle recula la tête pour retourner là d’où elle était venue.

Deux veines bombées saillirent sur mon front. Si mon cœur était aussi glacial qu’un poisson gelé avant, il s’était transformé en volcan à présent. Maudite Lolidragon, toujours à employer la nourriture pour me menacer ! Assure-toi que je ne découvre jamais tes faiblesses, ou bien je vais te @#^&%!* ! (En raison de violence excessive, cette phrase a été censurée pour que l’auteure ne soit pas bannie de la communauté écrivaine !)

 

 

Durant les jours suivant cet événement, un certain professeur de littérature a été aperçu en train de lire avec détermination des livres de musique d’école élémentaire tout en donnant ses cours sur l’histoire de la littérature. Ce qui était encore plus ridicule était qu’il parvenait en fait à faire du sens dans son enseignement. Hé ! Les génies ne devraient pas être utilisés de cette manière ! En dehors de ça, un certain autre bellâtre glacial se mettait soudainement à danser du hip-hop, la valse, et même de l’opéra Taïwanais, pendant qu’il effectuait des expériences dans son cours de terminale, amenant les gens à soupçonner que les expériences lui avaient ramolli le cerveau. Ça avait même provoqué une investigation en cours.

Quant à moi, parce que les chansons n’étaient pas encore terminées, j’avais été forcé d’entraîner mes cordes vocales, en chantant « Do Ré Mi Fa Sol La Si Do » sans arrêt. Lolidragon, Fairsky, et Phoenix continuèrent aussi à me traîner à des séances de mensurations, ou à des défilés de mode impromptus dans lesquels j’étais le modèle. À l’origine, étant une fille, j’aimais bien choisir des vêtements, mais chaque fois que je changeais de nouvelle tenue, je devais faire face aux regards impudiques de trois perverses. Ce ne fut pas du tout amusant, particulièrement lorsque je me rendis compte que la quantité de tissu baissait rapidement… Je pris la poudre d’escampette en état de panique.

Toutefois, après que je me fus enfui, et qu’elles échouèrent à faire participer Wicked dans leurs « défilés de mode », elles mirent éventuellement la main sur un Gui sans défense et lui firent porter des maillots de bain… Quoi ? Comment je le sais ? Quelle plaisanterie ! Comment est-ce que je pourrais manquer un tel régal pour les yeux ?

En somme, le Groupe de l’Infini avait ainsi vu le jour, et la première chanson, les premiers pas de danse, et les premiers costumes de scène furent bientôt déjà prêts.

La première répétition générale eut lieu dans la place de la Cité de l’Infini.

Je portais une tenue serrée au thème rouge et noir, qui exposait la moitié de mes épaules et de mes bras, ainsi que des longues bottes, transpirant de sex-appeal tout en ayant l’air classe. Derrière moi, il y avait deux beautés sexy habillées dans le même thème, l’une portant une mini-jupe et l’autre un mini-short. Dans ses bottes, Fairsky était aussi fougueuse et jolie qu’un feu dansant, pendant que portant des talons aiguilles Phoenix était aussi sophistiquée et froide que la glace. Avec les deux d’entre elles traînant derrière moi, nous montâmes sur la scène improvisée.

Regardant les paires d’yeux remplis de désir en bas de la scène, je ressentis une envie pressante et soudaine de chanter tout mon saoul, pour satisfaire à la fois mon envie et celle du public. Je fermai les yeux, songeai à la première chanson que Gui avait écrite et m’immergeai dans les paroles. C’était hautement émotionnel, et je commençai à chanter d’une voix aigu et puissante portant un soupçon de douleur, comme la façon dont les papillons de nuit sont attirés vers la flamme.

Tu ris, tu pleures, chacune de tes actions
est ma Bible que je récite avec soin.
Je suis heureux, je suis triste,
j’abandonne ma liberté pour toi,
Je veux que tu me diriges.

[…]

Tu es le feu, tu es le vent,
Tu es le diable agitant un filet,
une tentation des anges.

De : Papillon de Machaon (Swallowtail Butterfly)
Paroles et chanson par : Ah Xin (un chanteur dans le célèbre groupe chinois Mayday)

Je chantai, accompagné par les battements puissants de tambour de Phoenix et les cordes de guitare sauvages de Fairsky, dansant la chorégraphie sensuelle de Wicked, exactement comme si j’étais le papillon de nuit qui volait vers la flamme, chantant mon chant du cygne, abandonnant mon corps à un amour passionné sans la moindre inquiétude.

Quand la chanson se termina, les gens en bas de la scène semblaient intoxiqués. On dirait que je chante vraiment très bien ! pensai-je joyeusement.

« Cette chanson n’a pas l’air aussi bien chantée que Les Rêves veulent voler ! » déclara Lolidragon en fronçant les sourcils.

Son commentaire me frappa à la tête tel un gigantesque marteau en acier ; je fixai Lolidragon avec les larmes aux yeux, en gémissant : « Comment ça ? J’ai mis beaucoup de temps à répéter cette chanson ! »

« Peut-être que ce qu’il te manque ce sont les émotions. » Lolidragon jeta un regard à Gui. « C’est vraiment très évident que tu n’es jamais tombé amoureux, en particulier ce genre d’amour unilatéral doux amer. »

Comme Lolidragon parlait, l’expression de Gui se rembrunit. En fin de compte, il ouvrit la bouche et chanta la même chanson. (Afin d’éviter qu’on soupçonne que je remplis l’espace de mots pour avoir plus d’argent, les paroles ont été retirées3…)

Bien qu’il eût chanté la même chanson, la profondeur des émotions véhiculées faisait toute la différence. Je compris ce que Lolidragon voulait dire par « manquer d’émotion » : j’ignorais à quel point la voix de Gui pouvait être complexe, si triste et pourtant déterminée, si blessée et pourtant douce, particulièrement quand il me fixait du regard. Je faillis presque, presque ne pas oser le regarder dans les yeux ; je craignais que si je le faisais, si je n’étais pas prudent, je pourrais… mettre encore plus Wicked en colère, dont le regard noir avait dépassé le point de congélation. Si Gui avait effectué le moindre geste, Wicked aurait commencé à confectionner des chignons de pain de viande humaine.

En particulier avec ces deux femmes derrière moi, qui semblaient tout aussi enthousiastes à l’idée de confectionner des chignons de pain de viande humaine… Vous plaisantez, j’espère ! Il n’y a que moi qui peux massacrer Gui, pour les autres personnes ce n’est même pas la peine d’y penser !

Songeant à ça, il me sembla que ça faisait longtemps depuis la dernière fois que j’avais frappé Gui… J’invoquai un sourire rayonnant, et parlai de mon ton le plus chaleureux : « Gui, enseigne-moi comment chanter. »

« Oui, Votre Majesté ! » Gui courut vers moi en arborant une expression émue, et moi aussi je l’observai courir dans ma direction avec joie, avant de le traîner d’une seule main. Laissant derrière un « Je m’en vais répéter », j’emmenai Gui jusqu’à une pièce et… Heh heh heh !

« Dans tous les cas, nous ferions mieux d’être à notre meilleur dans nos pratiques. Nous allons vous envoyer dans les trois cités pour un voyage d’une semaine, maximum. Souvenez-vous de ne pas ruiner la réputation de la Cité de l’Infini », rappela Lolidragon au reste des membres du Groupe de l’Infini.

« Oui ! »

 

 

Un jour, après avoir fini ma répétition de chant, j’eus tout à coup la sensation que j’avais ignoré les quatre personnes que j’avais ramenées à la cité. Je me demande ce qu’ils fabriquent… Me sentant un peu coupable, je leur envoyai un message privé.

« Jing, Yun ? Où êtes-vous, les gars ? » demandai-je avec un peu d’inquiétude.

Yun répondit immédiatement avec bonne humeur : « Nous sommes en train de choisir une maison ! »

« Choisir une maison ? » Je marquai un temps d’arrêt.

« Ouais, en tant que citoyens de la Cité de l’Infini, Gui a dit que nous pouvons acheter une propriété à moitié prix ici ! » annonça Yun avec excitation.

« Après avoir vendu le billet de bateau que nous n’avons pas utilisé, en plus d’une partie de nos économies, nous pouvons acheter un endroit plutôt sympa ! » Jing ne pouvait plus retenir son excitation elle non plus. « C’est pour ça que nous sommes partis choisir une maison tout de suite ; si nous attendons jusqu’à ce que la Cité de l’Infini ouvre officiellement ses portes, nous allons devoir faire compétition pour les maisons avec un tas de gens. »

« Ohhh, alors est-ce que je devrais bientôt commencer à choisir une maison moi aussi ? » les questionnai-je urgemment, mais à ce moment-là je me rappelai que tout mon argent avait été détourné par belle-sœur Yu Lian. Euh, je n’ai pas de quoi acheter une maison ! Ne me dîtes pas que moi, en tant que Suzerain de cette cité, je vais devoir vivre dans la rue ?

Yun me demanda sur un ton amusé : « Grand Frère, tu devrais habiter au château, non ? Pourquoi aurais-tu besoin d’une maison ? »

Jing, d’un autre côté, sonnait comme si elle ne savait pas si elle devait rire ou pleurer : « Grand Frère, Odd Squad, Dark Emperor, la Team Rose, Nan Gong Zui, etc., toutes les personnes importantes de la Cité de l’Infini vivent dans le palais. Tu es le suzerain ; personne ne s’attendrait à ce que tu prennes l’argent de ta propre poche pour habiter à l’extérieur, pas vrai ? »

« Oh, alors c’est ça », réalisai-je. « Dîtes-moi quand vous aurez tous les deux fini de choisir une maison, et rappelez-vous de m’inviter à un moment donné ! »

« Évidemment ! » répondit Yun.

Je me souvins tout à coup de mon autre question. « Oh c’est vrai, est-ce que vous savez où sont Sunshine et Kenshin ? » m’enquis-je.

« Ils semblent souvent aller à l’Auberge de l’Infini. » Jing réfléchit pendant un instant. « S’ils n’y sont pas, ils doivent se promener dans la Cité de l’Infini. »

« Je vais partir à leur recherche dans ce cas », annonçai-je tandis que je commençais à m’inquiéter. Après que Jing et Yun auront choisi leur maison, que va-t-il arriver à Kenshin et Sunshine ? Où vont-ils habiter ? Je n’ai pas d’argent d’extra pour les aider à acheter une propriété… Je me grattai le visage et décidai que, au mieux, ils emménageraient avec moi ! Je ne crois pas que je vais beaucoup me servir de mes chambres de toute manière.

Je courus avec empressement jusqu’à l’auberge, remarquant immédiatement le duo assit ensemble à boire du thé. Je m’assis, attrapai le thé de Kenshin et le but d’une traite avant de demander sur un ton calme : « Comment est-ce que ça a été pour vous deux ces derniers jours ? »

Kenshin fusilla du regard la tasse dans mes mains, puis prit une autre tasse sans prononcer un seul mot et se versa une nouvelle tasse de thé pour lui-même. Pendant ce temps, Sunshine répondit, en souriant : « Nous allons bien. Nous nous sommes promenés dans la cité, à observer les gens et à boire du thé ici. »

« Ça sonne tellement ennuyeux ! » Je me sentis coupable de les avoir amené pour ensuite les avoir négligé. « Pourquoi est-ce que vous ne viendriez pas avec moi pendant la tournée de concerts ? De cette façon, vous pourriez visiter d’autres cités. »

« Une tournée de concerts ? » Sunshine eut l’air perplexe.

Je me grattai la tête avec embarras. « Affirmer que c’est une tournée de concert est plutôt généreux. En fait, nous allons juste jouer dans les trois cités. »

« Jouer ? » Encore une fois, Sunshine eut l’air confus.

« Chanter des chansons dans les rues », lui expliquai-je à nouveau.

« Pourquoi est-ce que vous voulez chanter dans les rues ? » questionna Sunshine avec un sourire élégant.

« Pour gagner de l’argent… » Euh, pourquoi est-ce que je me sens comme si j’avais rencontré un autre Meatbun ?

Je jetai un regard à Kenshin qui ne faisait rien. « Eh bien, pourquoi est-ce que tu ne poses pas la question à Kenshin ? Je n’en suis pas très sûr moi-même. »

Sunshine fronça des sourcils. « Quand je lui pose des questions, Kenshin ne me répond pas. »

Je regardai le silencieux Kenshin et compris en quelque sorte pourquoi il gardait le silence. Si je devais rester seul avec Sunshine pendant plusieurs mois, je pense que même un moulin à paroles comme moi apprendrait la signification derrière « le silence est d’or ». Je commençais à songer que peut-être le bruyant Yun et le Sunshine trop curieux s’entendraient à merveille.

« Dans tous les cas, venez simplement avec moi pendant la tournée. » Je changeai le sujet.

Sunshine m’adressa un autre sourire chaleureux. « D’accord. »

« Cela fait déjà un bout de temps que ces deux personnes donnent l’impression de vouloir venir pour discuter », parla soudainement Kenshin, en pointant derrière mon épaule droite.

« Oh ? » Je me retournai pour regarder, et me raidis sur-le-champ. Je n’arrivais plus à bouger, parce que les deux personnes qui se reflétaient dans mes yeux étaient mes deux bons-à-rien de parents qui-s’amusent-toute-la-journée-sans-cuisiner-ou-travailler.

Ils devinrent très excités quand ils me virent me retourner, et se mirent à agiter leurs mains frénétiquement pendant qu’ils courraient jusqu’à ma table. Ma mère eut l’air super enthousiaste tandis qu’elle se mettait à parler. « Comment allez-vous, Suzerain ? Vous souvenez-vous de nous ? Nous nous sommes rencontrés une fois pendant le Tournoi des Aventuriers, et notre fils est Heartless Wind qui fait partie de Dark Emperor ! »

Ouais, et votre fille est aussi le suzerain de la Cité de l’Infini. Comment je pourrais oublier ma mère et mon père ? Pensai-je, impuissant, comme je continuais à maintenir un sourire sur mon visage. « Évidemment. Vous être le mari éperdu d’amour et l’épouse éperdue d’amour, pas vrai ? »

« Tu vois, mon chéri, le Suzerain se rappelle vraiment de nous ! » Ma mère eut l’air émue pendant qu’elle disait ça.

« Je te l’avais bien dit ! Comment celui-ci pourrait-il nous oublier ? Pense au jour du siège et à comment plein de vigueur, tout-puissant, et presque divin le Suzerain était ! Il a tellement effrayé ses ennemis qu’ils ont perdu le contrôle de leurs intestins et se sont immédiatement agenouillés puis rendus. Un Seigneur comme celui-ci pourrait difficilement nous oublier ! » Mon père frappa la table pour mettre l’emphase.

« Ne… ne vous excitez pas tant », m’empressai-je de dire, en pensant, Presque divin ? J’aimerais vraiment savoir quel dieu descendrait comme je l’ai fait quand je suis tombé du tapis volant.

Papa se frotta la tête comme pour s’excuser. « Je suis désolé, je me suis laissé emporter. Mais, le Suzerain est vraiment génial ! Ma femme et moi acceptons de bon cœur notre défaite ; nos rancunes du passés sont toutes oubliées. »

Oubliées c’est très bien, oubliées c’est très bien. Je poussai un soupir de soulagement.

« Et le Suzerain n’est pas seulement doué pour les arts martiaux, même sa voix est merveilleuse ! » déclara ma mère, en me regardant avec un sourire éclatant.

« Pas vraiment. » J’affichai un sourire moi aussi.

« Mais, Xiao Lan, il me semble que c’est It’s My Life que tu aimes le plus, non ? Pourquoi est-ce que tu ne l’as pas chantée, ou même chanté ta deuxième chanson préférée, Les Rêves Veulent Voler, à la place ? » me questionna maman, perplexe.

« Oh, c’est parce que le guqin n’est pas très adapté pour la musique rock, alors j’ai dû choisir quelque chose de plus sentimental », répondis-je en souriant.

« Oh, c’est pour ça ! » Nous rîmes tous les trois, nos expressions souriantes étonnamment similaires.

« Prince, ton surnom est Xiao Lan ? » lança Kenshin de son côté.

Mon sourire se figea, tandis que je réalisais enfin ce que ma mère et mon père venaient de dire. Mes yeux faillirent sortir de leurs orbites, et je suai quelques sceaux de sueurs froides avant de déglutir avec difficulté et de regarder les deux personnes souriantes.

« Vous, je, non… » bégayai-je.

« Ne le nie pas, Xiao Lan. Tu crois que la partie de notre cerveau qui reconnaît les gens est naturellement attardée, comme celle de Yang Ming ? » La voix de maman flotta à travers le canal de message privé.

« Comment vous m’avez découvert ? » demandai-je, un peu contrarié.

« C’est très simple », expliqua papa, avec jubilation. « Premièrement, Yang Ming a dit que tu étais une travestie dans Second Life (Stupide frérot, tu as une trop grande bouche !). Deuxièmement, Ling Bin est amoureux de Xiao Lan, mais il poursuit Prince dans le jeu : en prenant en compte la nature obstinée de ce garçon, les chances pour qu’il te trompe sont en-dessous de zéro. Alors, la conclusion la plus plausible est que Prince et Xiao Lan sont une seule et même personne dès le départ. Troisièmement, Xiao Lan, tu chantes sans arrêt ces deux chansons, alors qui ne reconnaîtrait pas ta voix ? Euh… à l’exception de mon idiot de fils, Yang Ming. »

Je fis une pause, avant de me retrouver avec encore plus de questions. « Qu’est-ce que tu viens de dire ? Grand frère Zhuo est amoureux de moi ? Il n’est pas amoureux de Yang Ming ? »

Maman et papa prirent un temps d’arrêt, eux aussi. « Ling Bin est amoureux de Yang Ming ? Comment c’est possible ? Est-ce qu’il ne te suit pas tout le temps ? »

« Grand frère Zhuo souhaite seulement me protéger, non ? » les questionnai-je stupidement. D’après ce que j’en ai conclu auparavant, grand frère Zhuo ne fait-il pas compétition contre Gui pour gagner l’affection de mon frère ? Hein ? C’est étrange… Dans ce cas, pourquoi est-ce que c’est à mes basques qu’ils collent toujours dans le jeu, et pas à ceux d’Heartless Wind ?

Ma mère et mon père restèrent stupéfaits… Et, ensuite, ma mère tomba dans les bras de mon père, en pleurant. « Chéri ! Pourquoi est-ce que nos deux enfants sont aussi attardés ? »

« Ahh, ça doit être parce que nous avons oublié de prier la déesse de la fertilité avant qu’ils naissent. » Mon père secoua la tête en soupirant.

« Alors, est-ce que grand frère Zhuo est amoureux de Yang Ming après tout ? » Je penchai la tête sur un côté, me mordant les doigts pendant que j’étais plongé dans mes pensées.

« Bien sûr que non ! » hurlèrent mon père et ma mère à l’unisson. Ma mère m’attrapa même l’oreille (aïe aïe aïe !) et cria : « Tu ne devrais pas gaspiller sa dévotion ! Ling Bin t’aime depuis huit ans ! C’est l’un des meilleurs élèves et il est beau gosse par-dessus le marché. Si tu ne le ramènes pas à la maison pour l’épouser, avec qui est-ce que tu vas te marier ? »

Je récupérai mon oreille, la frottant sombrement : « Grand frère Zhuo m’aime depuis huit ans ? Alors… » Je me rappelai soudainement la dispute entre grand frère Zhuo et Gui : Se pourrait-il que la personne pour laquelle ils se battaient n’était pas Yang Ming ? C’était moi !?

« Dis, est-ce que tu comptes ramener ce beau gosse de Ling Bin pour que maman puisse se régaler les yeux ? » Ma mère tenait à nouveau mon oreille en tenailles.

Maman, tu montres enfin tes vraies couleurs ! « Mais, mais, je ne sais pas si j’aime grand frère Zhuo ou pas ! » répondis-je avec impuissance. « Et si j’épouse grand frère Zhuo, Gui va définitivement pleurer jusqu’à ce que la Grande Muraille de Chine s’effondre. »

« Gui ? » Maman battit de ses deux larges yeux innocents. « C’est ce barde beau à en baver ? »

« Ouais, et c’est mon professeur à l’université ! » Hé ! Maman, ce n’est pas bien de baver pour d’autres hommes devant ton mari… Même si papa semble être devenu habitué à ton fétiche pour les beaux garçons.

« Un professeur ! Vraiment ? » Le visage de maman se rempli de désir, avant qu’elle ne cligne ses yeux à mon attention. « Il est bel homme lui aussi. Un genre différent de Ling Bin, mais ce sont indéniablement tous les deux des beaux gosses pouvant te nourrir pour la vie. Ahaha, pas mal, pas mal, Xiao Lan ! Choisis simplement l’un des deux ; Maman n’y voit aucune objection. »

Évidemment, n’importe quel beau gosse qui régale tes yeux te va ! Quelles objections est-ce que tu pourrais avoir ? Je soupirai, songeant à sortir avec deux garçons et deux filles pour chanter dans les rues, en plus du fait qu’ils sont tous mes admirateurs… Les choses vont devenir un vrai bordel.

« Dans tous les cas, maman, ne dis rien de mon secret. » J’eus l’air sévère. « Pas même à Yang Ming. Si tu le dis à qui que ce soit, je vais épouser un gars hyper moche et polluer tes yeux. »

Maman eut l’air horrifiée. « Ne fais pas ça, ne fais pas ça ! Je jure que je n’en dirai absolument pas un mot. Xiao Lan, tu dois te souvenir qu’il faut que tu choisisses l’un des deux beaux gosses pour te marier ! »

J’hochai la tête avec fatigue. Qui est-ce que je devrais choisir ? Oublions ça,  j’y songerai quand le temps sera venu.

Pour ce qui est de savoir si mon père cracherait le morceau… Avez-vous déjà entendu parler du « mari dominé par sa femme » ? Ce que ma mère dit est ce que mon père dit ! Vous comprenez maintenant, pas vrai ?

Volant à nouveau le thé de Kenshin, j’ignorai délibérément l’expression « J’ai une question » de Sunshine en me massant les tempes. Ahh, on dirait bien que les choses deviennent hors de contrôle.

Notes de bas de page

1 …définissait deux petits bouts en particulier : En chinois, on dit « exposer trois bouts » quand un gars montre à la fois ses seins et sa ***. Alors quand Lolidragon dit « un petit, petit peu » ici, elle veut en fait parler d’exposer les seins de Prince.

2 Viande séchée effilochée : Aussi appelée rou song en chinois. C’est une viande séchée chinoise qui a une texture légère et moelleuse similaire à du coton épais, et c’est fabriqué en braisant des morceaux de porc dans une mixture de sauce soya sucrée jusqu’à ce que les fibres de muscle individuels puissent être facilement séparés avec une fourchette. Ça se produit généralement quand le collagène et l’élastine qui maintiennent normalement les fibres ont été cuisiné jusqu’à ce qu’ils ne soient plus dans la viande. La viande séparée est alors étirée et séchée dans le four. Après un séchage léger, la viande est réduite en purée et battue pendant qu’elle est cuite séchée dans un grand poêle concave utilisé dans la cuisine chinoise jusqu’à ce qu’elle soit complètement sèche.

3 Yu Wo a fait ses débuts en tant qu’écrivaine sur internet. Les sites internet chinois paient généralement de l’argent en fonction du nombre de mots. Le taux normal est de 3 centimes pour 1000 mots fois le nombre de personnes qui souscrivent au texte.

Romance RPG : Partie 6

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Romance RPG

Roman originel en Chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Part Six – traduit du chinois vers l’anglais par Doza[PR!]
Partie Six – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Après que le fil de mots se fût échappé de sa bouche, Lin Jian Yin réalisa qu’il venait en quelque sorte de réprimander quelqu’un encore une fois. Il referma immédiatement sa bouche, mais les paroles étaient déjà sorties. Même Bai Xue Chen secouait la tête, d’une manière qui indiquait que tout était terminé. De plus, la personne qui s’était faite réprimandée resta complètement stupéfaite pendant plusieurs minutes. Finalement, elle parvint à complètement digérer les paroles acerbes de Lin Jian Yin. Avec un visage calme, elle articula sur un ton monotone : « Je comprends à présent. Je ne m’habillerai plus de façon aussi inappropriée à l’avenir. »

« Ne lui en voulez pas. Jian Yin est fait comme ça. Il me réprimande même aussi régulièrement qu’il mange, alors il ne faut pas prendre ses mots à cœur. Il n’a aucune mauvaise intention. » Bai Xue Chen n’eut pas d’autre choix que de parler au nom de son meilleur ami, afin que Lin Jian Yin ne batte pas un nouveau record en faisant s’enfuir un autre agent deux jours de suite.

« Ça n’a aucune importance. » Il n’arrivait pas à dire si Ye Meng Ling n’était vraiment pas affectée, même si son expression était calme et son ton assez égal. Elle attrapa son sac et jeta son carnet de notes  à l’intérieur.

Lin Jian Yin fronça les sourcils et laissa échapper : « C’est miteux et de la couleur de la merde. Pourquoi est-ce qu’il existe des sacs de laines aussi laids ? »

« … » Bai Xue Chen fixa, bouche-bée, son meilleur ami qui « n’arrivait pas à prononcer un seul mot sympa ».

Lian Jian Yin sut également que sa bouche avait causé un autre désastre. L’embarras était inscrit sur tout son visage.

Ye Meng Ling se figea brièvement, mais son ton était étrangement plus enjoué. « Oh, je l’ai tricoté moi-même. Mon travail est probablement très mauvais. »

Elle tourna la tête pour sourire aux deux beaux jeunes hommes, mais ce sourire ne fit que faire grimper la chair de poule le long de leurs dos. Avec ce sourire, elle annonça : « Je suis désolée, je dois encore déposer des requêtes de chansons auprès de plusieurs compositeurs. M. Lin, veuillez ne pas oublier qu’il y a une émission de radio dans trois jours. Assurez-vous d’arriver tôt pour réviser le contenu du scénario. »

Après qu’elle eut fini de parler, Ye Meng Ling ramassa le sac qui avait été critiqué et décrit comme laid, puis marcha en direction de la porte de la loge à une vitesse anormalement brusque. Juste au moment où elle ouvrait la porte, Lin Jian Yin songea à quelque chose et lui rappela : « Hé, dans trois jours, ne soyez pas en retard. Je déteste particulièrement les gens qui sont en retard. »

Ye Meng Ling s’arrêta. Ensuite, elle se retourna et s’inclina très bas, en promettant en même temps : « Je comprends. Je serai définitivement à l’heure. »

Bai Xue Chen attendit jusqu’à-ce que Ye Meng Ling ait fermé la porte de la loge avant de commencer à taper des mains. Secouant la tête, il soupira : « Je te tire mon chapeau. Tu es vraiment le célèbre Lin Jian Yin, M. Lin le Hautain, qui possède une réputation dans le show business en tant que tueur d’agent. On dirait que le huitième agent est déjà imminent. »

Quand il entendit ça, le visage de Lin Jian Yin devint affreux. Lui aussi admirait les compétences de Ye Meng Ling pour gérer ses affaires, mais quand les mots sortaient de sa bouche, ils critiquaient toujours excessivement les autres. Peu importe à quel point il essayait de changer, il ne parvenait pas à se débarrasser de cette habitude. L’expression de Lin Jian Yin devint vexée, mais de sa bouche provinrent : « Qu’est-ce que je pouvais y faire ? Qui l’a laissée mettre ces vêtements hideux ? Ne rejette pas la faute sur moi. Toi non plus tu ne pouvais pas le supporter, pas vrai ? »

« Je ne pouvais pas le supporter, mais je n’aurais rien dit. » Bai Xue Chen leva un sourcil et l’embêta : «  Tu es trop direct. Les mots doivent êtres polis, polis, tu comprends ? Même si c’est vraiment affreux, tu dois dire que le blanc n’est pas dans les tendances de mode de cette année, et tu fais en sorte qu’elle change pour une tenue plus colorée. Ou tu pourrais dire : “La beauté au naturel est populaire cette année. Vous n’avez pas besoin de mettre du maquillage aussi pâle…” Pour faire court, tu ne peux pas lui dire qu’elle est laide aussi directement ! »

« Qui pourrait être aussi artificiel que toi ? Quand c’est laid, c’est laid ! » s’exclama Lin Jian Yin.

La porte de la loge s’ouvrit lentement, et les deux hommes se tournèrent à l’unisson pour regarder. La silhouette fantomatique de Ye Meng Ling se tenait dans l’embrasure de la porte. Elle expliqua calmement : « J’ai oublié mon stylo. »

Les deux hommes affichaient le même air embarrassé tandis qu’ils observaient Ye Meng Ling entrer en marchant. Elle ramassa le stylo qu’elle avait placé sur la table et marcha ensuite vers la porte encore une fois. Alors qu’elle dépassait Lin Jian Yin, elle tourna la tête et articula avec un faible sourire : « Vous avez raison, quand c’est laid, c’est laid. »

Les yeux de Lin Jian Yin s’agrandirent. Celui-ci n’arrivait pas à dire si elle était sincère ou sarcastique.

Ye Meng Ling ne fournit pas d’explication, et la porte se referma lentement derrière sa silhouette solitaire.

Ils restèrent silencieux pendant un long moment. Puis, Bai Xue Chen ouvrit la bouche pour demander : « Est-ce que tu veux appeler l’agence pour qu’ils t’en envoient un autre ? »

« Tu peux bien parler ! » Lin Jian Yin était si furieux que son visage et son cou étaient rouges. « C’est entièrement ta faute ! Tout à l’heure, elle n’était pas encore aussi en colère. »

« Hé, hé, ne fais pas preuve de mauvaise foi. Je n’avais aucune idée qu’elle allait subitement revenir. Peu importe sous quel angle tu le regardes, c’est toi qui l’a blessée le plus, non ? » soutint Bai Xue Chen en levant la voix.

« Tu crois !? Quand elle va s’enfuir à son tour, tu me devras de quoi casser la croûte en fin de soirée pour toute une année. » Quand il parla des casse-croûtes de fin de soirée, Lin Jian Yin se remémora brusquement les événements de la nuit précédentes, et son tempérament explosa. « C’est vrai ! C’était toi… Pourquoi tu ne m’as pas dit, hier, que cette boutique d’antiquités, God’n Devil, se trouve en haut ? »

« En haut ? » Bai Xue Chen cligna des yeux. Il eut l’air de vouloir dire quelque chose, mais hésita.

« Ouais, au cinquante-et-unième étage », répondit Lin Jian Yin.

Bai Xue Chen ne donna pas l’impression de vouloir rester sur ce sujet. Il se contenta de hausser les épaules et affirma : « J’ai oublié. »

La réponse nonchalante de Bai Xue Chen irrita encore plus Lin Jian Yin. Il sauta sur ses pieds, planta son index sur le bout du nez de Bai Xue Chen et cria : « C’est entièrement ta faute ! Est-ce que tu sais ce que j’ai acheté à cette boutique d’antiquité hier ? C’est la console Nintendo avec laquelle je jouais quand j’étais gosse ! Ridicule ! J’ai en fait payé pour acheter mes propres affaires. J’ai payé pour, payé pour… »

Étrange, est-ce que j’ai payé pour l’obtenir ? Lin Jian Yin fronça les sourcils tandis qu’il réfléchissait, mais il ne se rappelait pas d’avoir payé le moindre sous. Toutefois, le propriétaire ne lui avait-il pas affirmé que la cartouche de jeu lui avait été vendue à grand rabais ? Maintenant, comment est-ce qu’il pouvait expliquer ça ?

« Tu as payé combien ? » demanda Bai Xue Chen nerveusement, et ensuite il songea à quelque chose puis ajouta : « Tu as rencontré God Charity ? »

« En effet. Ne me dis pas qu’il y en a d’autres ? » lui répondit Lin Jian Yin, confus.

Bai Xue Chen hésita, puis expliqua vaguement : « Oh, il y a un autre propriétaire. Cette personne n’est pas très sympa. C’est une bonne chose que tu aies rencontré God Charity. Il ne profitera pas de toi. »

« Ne parlons plus de ça. Puisque tu as obtenu quelque chose, tu t’en es déjà servi ? » s’enquit curieusement Bai Xue Chen.

« Le jeu ? J’y ai joué. Mais, je me suis endormi pendant que j’y jouais. Je ne me souviens pas non plus quand je me suis endormi. » Lin Jian Yin était incertain. La nuit dernière, avait-il réellement joué au jeu, ou n’était-ce qu’un rêve ?

« Oh. » Un sourire traversa le visage de Bai Xue Chen.

Cependant, Lin Jian Yin continuait de réfléchir. Est-ce que cette Mademoiselle Cent Points Hmph existe vraiment ou pas ?

 

 

Après que Lin Jian Yin eut usé de sa langue de vipère pour réprimander férocement Bai Xue Chen et lui eut extorqué un somptueux repas français, il retourna à la maison vers trois heures de l’après-midi. Juste au moment où il mettait le pied dans sa chambre, il entendit un étrangement bip sonore en provenance du salon.

Oh non, est-ce que j’ai oublié d’éteindre un appareil électrique ? Comme Lin Jian Yin marmonnait anxieusement, il retira en vitesse ses chaussures, puis se précipita dans le salon pour chercher ce qui faisait ce bruit. La télévision était éteinte. Les enceintes n’étaient pas allumées. L’air climatisé n’était pas en fonction. La machine à café était également intacte. Dans ce cas, qu’est-ce c’est ?

Lin Jian Yin fronça les sourcils. Puis, dans un élan d’intuition, il regarda le plancher où il avait négligemment laissé la console Nintendo. Une lumière bleue brillait sur la cartouche insérée. Lin Jian Yin écouta avec soin et, certainement, le bip sonore provenait du Nintendo. Lin Jian Yin fixa du regard la console sur le sol. Il ne parvenait vraiment pas à se rappeler. Cette console Nintendo, est-ce qu’elle émettait des bips sonores lorsque j’y jouais quand j’étais gosse ?

« Qu’est-ce qui te prend de faire des bips ? Tu es en train de me dire de jouer avec toi ? » Lin Jian Yin fronça les sourcils tandis qu’il observait l’objet. C’était un rêve ou c’était pour de vrai ? Est-ce que Mademoiselle Cent Points existe véritablement ?

Lin Jian Yin s’assit à nouveau en tailleur sans y penser davantage. Après avoir allumé la télévision, ce même vortex apparut devant ses yeux. Il se sentit étrange et ferma simplement les yeux. Après qu’un laps de temps inconnu se soit écoulé, il songea, Le vortex devrait avoir disparu maintenant, pas vrai ?

Lin Jian Yin rouvrit lentement les yeux. Un paysage vert et luxuriant accueillit son regard. Une brise douce le dépassa en soufflant, et les pointes agitées des longues herbes de la prairie révélaient les petites fleurs blanches cachées sous elles. Quelques nuages flottaient à travers le ciel azure brillant. Tout, devant ses yeux, ressemblait à un décor de contes de fée.

« Les belles choses sont toujours plus populaires. »

Lin Jian Yin se figea. Le son semblait provenir de derrière lui, mais juste au moment où il pensa à se retourner pour regarder, il se rappela qu’il n’avait pas de tête ! Plongeant son regard vers le bas, il s’aperçut qu’il était maintenant fermement planté dans l’herbe. Inutile de mentionner l’idée de tourner la « tête » ; il ne pouvait même pas bouger son corps.

« Mais, je n’ai aucun droit de dire ça non plus. Si le paysage sous mes yeux était vraiment laid, est-ce que je continuerais de jouer à ce jeu ?

« Je juge également la beauté et la laideur des autres. De quel droit est-ce que je peux affirmer que les autres ont tort de juger la mienne ? »

Lin Jian Yin écouta attentivement. Cette voix avait l’air d’appartenir à la Mademoiselle Cent Points d’hier, hormis que, comparée à hier quand elle était timide au départ mais qu’elle était devenue assurée par la suite, elle semblait être très triste en ce moment. Malgré le fait qu’il savait qu’écouter en douce le monologue d’une personne était mal, il ne pouvait pas s’empêcher de vouloir entendre ses sentiments.

« Parce que son petit ami est tombé amoureux d’une beauté fatale et qu’elle-même s’est fait jeter, elle cessa de croire en l’amour et ne se donna plus la peine de soigner son apparence… Soupir, même les histoires d’amour les plus ringardes ne seraient plus écrites de cette façon, n’est-ce pas ? »

Effectivement, elles ne le sont plus. Lin Jian Yin hocha la tête. Bien entendu, ce soi-disant hochement de tête n’était que deux grands yeux se balançant de haut en bas.

Pendant un certain temps, le silence se fit entendre derrière lui. Puis, Mademoiselle Cent Points commença à jurer dans sa barbe : « Stupide épée ! Saleté d’épée puante ! Espèce de sale épée pourrie ! Pourquoi est-ce que tes yeux et ta bouche n’ont pas encore poussé ? Ne me dis pas que je suis censée partir à la recherche du prince et le demander en mariage toute seule ? Comme si j’allais y parvenir ! »

« Tu as raison, si tu demandes le prince en mariage dans une tenue aussi horrible, le seul endroit où tu y parviendrais réellement serait en enfer ! » Lin Jian Yin ne put se retenir de se moquer d’elle.

Le silence s’éleva à nouveau dans son dos, Lin Jian Yin ressentit un léger sentiment de malaise au sujet du silence de la personne derrière lui. Comme il s’y attendait, il se fit ramasser par Mademoiselle Cent Points, qui le fixait d’un regard sombre et glacial. Son indice de colère semblait même encore plus haut qu’il ne l’avait été hier quand elle lui avait donné le nom « Le Plus Grand Enfoiré Au Monde ».

« Depuis combien de temps est-ce que tu écoutais ? »

Lin Jian Yin cligna des yeux innocemment. « Pas très longtemps. »

Mademoiselle Cent Points le traîna sans dire quoi que ce soit. Quand Lin Jian Yin remarqua qu’il y avait un petit cours d’eau au-devant, il fut tout sauf rassuré. Assez certainement, Mademoiselle Cent Points le tint de façon précaire avec ses deux doigts, le cours d’eau s’écoulant rapidement à moins de cinq centimètres en-dessous de lui. Gentiment, elle réitéra sa question.

« Depuis combien de temps ? »

Lin Jian Yin observa l’eau qui s’écoulait en-dessous de lui. Le cours d’eau semblait très froid. Il répondit honnêtement : « Depuis la partie à propos du paysage qui était très beau. »

« Oh. » La fille eut l’air très calme. Elle sortit son mouchoir de sa poche et dit avec un sourire : « Tu es un peu sale. Je vais te donner un bon coup de chiffon. »

Un coup de chiffon ? Lin Jian Yin n’eut pas le temps de s’y opposer avant que son entière personne – on devrait dire l’épée toute entière – ne soit plongée dans le cours d’eau. Puis, une main élancée frotta férocement la lame de l’épée avec le mouchoir, n’épargnant même pas ses yeux et sa bouche. C’était si douloureux qu’il devait les fermer pour l’endurer. Toutefois, il découvrit alors quelque chose d’extrêmement troublant.

Il ne pouvait pas respirer… Mon Dieu ! Techniquement parlant, il était une épée, alors pourquoi est-ce qu’il avait tout de même besoin de respirer ? Néanmoins, dans cette situation, des bulles s’échappaient continuellement de sa bouche. La souffrance provoquée par la suffocation augmentait rapidement, et il ne pouvait pas s’empêcher de lutter désespérément. Il voulait que Mademoiselle Cent Points réalise qu’il avait besoin de respirer, mais malheureusement elle était présentement en train de fulminer et ne remarqua rien d’étrange chez lui. Plus Lin Jian Yin luttait, plus elle l’enfonçait profondément et durement dans le cours d’eau.

Bientôt, il ne fut plus en mesure de souffler de bulles hors de sa bouche, et la scène devant ses yeux devint graduellement plus sombre. Tandis que sa conscience s’estompait lentement, Lin Jian Yin songea avec accablement, Je vais probablement devenir la première épée de l’histoire à s’être noyée.

La Légende du Chevalier du Soleil T3C2 : Forme Un Groupe d’Aventuriers

La Légende du Chevalier du Soleil Tome 3 – À La Rescousse d’Une Princesse

Roman d’origine en chinois par : 御 我 Yu Wo


Chapter 2: Form an Adventurer Team – translated by Lucathia[PR!]
Chapitre 2 : Forme Un Groupe d’Aventuriers – traduit de l’anglais au français par Irina
+ Travail de vérification par Nocta.

Sauver une princesse est considéré comme un bon présage pour un chevalier. Non seulement il prend pour épouse une (riche) et jeune beauté, il peut aussi augmenter aisément sa réputation.

Néanmoins, voyager pour sauver la princesse de quelqu’un d’autre ne représente pas vraiment un bon présage pour un Chevalier du Soleil, puisqu’il doit non seulement faire de son mieux pour sauver la (riche) et jeune beauté, il doit aussi regarder avec impuissance la (riche) et jeune beauté épouser quelqu’un d’autre. De plus, la réputation d’un Chevalier du Soleil est déjà tellement retentissante qu’elle n’a plus besoin d’être augmentée.

Plus tard dans la nuit, après que la reine eut requis que je sauve sa fille, qui était la princesse de quelqu’un d’autre, Leaf me demanda avec inquiétude : « Sun, vas-tu décliner la proposition de la reine ? »

Je pris une profonde inspiration et au moment où j’allais divaguer sur le Dieu de la Lumière, Leaf força un sourire et ajouta : « Sun, j’espérais que tu puisses utiliser des mots simples. Ma capacité à décoder tes discours n’est pas aussi bonne que celle de Storm ou d’Adair ; donc je risque de ne pas comprendre ce que tu dis. »

Je relâchai mon inspiration et expliquai en termes simples et directs : « La situation est vraiment étrange. La princesse a été enlevée, mais la reine n’a envoyé personne à sa rechercher ou pour la sauver.  Au lieu de cela, elle veut que nous formions un groupe d’aventuriers pour aller la récupérer. Ce genre de méthode inefficace n’est pas ce qu’une mère inquiète pour la sécurité de sa fille emploierait. »

Leaf acquiesça en entendant mon raisonnement.

« Qui plus est, même s’ils voulaient former un groupe d’aventuriers, le Monastère du Dieu de la Guerre est rempli de guerriers. Même Judgment soutient qu’il ne peut pas vaincre le Fils du Dieu de la Guerre au combat. Qu’il parte seul sauver la princesse serait suffisant, alors pourquoi insistent-ils pour que nous y allions ? Nous sommes des chevaliers spécialisés dans les batailles de groupes. Dans une petite équipe d’aventuriers, nous n’avons qu’une utilité limitée. »

Et pour ce qui est du Fils du Dieu de la Guerre qui clame qu’il leur manque un guérisseur pour apporter des soins… Je vais faire comme si je ne l’avais pas entendu !

Leaf considéra cela et proposa, hésitant : « Peut-être doivent-ils s’occuper de créatures des ténèbres ? »

En entendant ces mots, je fronçai les sourcils. S’occuper de créatures des ténèbres ? Cela pourrait être une possibilité, puisque bien que les créatures mortes-vivantes eussent un point faible évident — elles étaient terrifiées par la lumière sacrée — les guerriers étaient incapables de produire ne serait-ce qu’une petite parcelle de lumière sacrée, alors ils ne pouvaient que frapper les créatures mortes-vivantes jusqu’à ce qu’elles fussent complètement réduites en miettes. C’était pourquoi même les guerriers les plus courageux attrapaient une migraine atroce lors de la mention d’une de ces créatures monstrueuses.

« Je ne sais pas… » dis-je avec hésitation.

Lentement, Leaf ajouta : « S’il faut s’occuper de créatures des ténèbres, alors nous avons l’obligation de nous joindre à leur équipe. »

Je fronçai les sourcils et demandai en retour : « Hormis nous deux, qui parmi les chevaliers sacrés que nous avons emmenés possède le plus haut rang ? »

Leaf prit un moment pour réfléchir avant de commencer à réciter une liste : « Nous avons emmené trente chevaliers sacrés et dix guérisseurs. Parmi les chevaliers sacrés, ceux avec le plus haut rang seraient deux membres de la Section du Chevalier de la Forêt, deux membres de la Section du Chevalier de Flamme, un membre de la Section du Chevalier du Jugement, un membre de la Section du Chevalier de la Terre… »

Je pris ma décision immédiatement : « D’accord ! Nous allons envoyer le membre de la Section du Chevalier de la Terre et un guérisseur afin de suivre le groupe d’aventuriers envoyé pour sauver la princesse ! »

« … »

On entendit tout à coup quelqu’un frapper à la porte. Je jetai un coup d’œil vers la porte, et affirmai avec ennui : « C’est probablement un beau parleur envoyé par la reine. Leaf, ne dis rien pendant que je m’occupe de lui. »

Leaf était une personne vraiment sympa. Peu importe le genre de requête quelqu’un lui ferait, il les acceptera toujours, donc la meilleure façon de gérer le problème était de le faire se taire. Il le savait aussi, donc il se tut très obligeamment.

Je remis mes vêtements en place, affichai mon sourire, et appelai avec bienséance : « Bien que Sun ne sache pas quel frère se trouve de l’autre côté de sa porte, Sun soutient l’amour généreux du Dieu de la Lumière et accueille tous ceux qui se présentent devant elle. »

La porte s’ouvrit, et la personne qui entra illumina immédiatement la pièce toute entière. La nouvelle personne présente n’était définitivement pas un frère. C’était en fait, une fille qui portait une robe bleu clair assez simple. Son visage était aussi doux et adorable qu’une pêche au miel, et elle possédait une paire d’yeux tendre de couleur verte, qui étincelaient comme la surface d’un lac sous les rayons du soleil. Ses lèvres étaient aussi roses que deux pétales réunis, et bien qu’elle semblât être une demoiselle d’environ dix-huit ans, sa silhouette était pleine de courbes aux bons endroits.  Particulièrement sa taille, qui paraissait si fine que c’était presque impossible de retenir un sifflement …

Dans tous les cas, même si la jeune femme devant mes yeux n’était pas une magnifique beauté à tomber raide mort, elle comptait définitivement comme une beauté. Elle appartenait à la catégorie des petites beautés radieuses, pleines de jeunesse et de vitalité !

Elle commença à se présenter timidement : « C’est un plaisir de vous rencontrer, Chevalier du Soleil, Chevalier de la Forêt. Je suis la troisième princesse du Royaume de l’Orchidée Lunaire, Anne Nalis Geoffroy… »

Anne… Quel joli nom, facile à se souvenir !

« Princesse Anne, comment allez-vous ? Sun est le porte-parole du Dieu de la Lumière, le Chevalier du Soleil.  » Je me présentai avec un sourire parfait, et mentionnai ensuite Leaf, comme en y repensant après coup, en disant : « Voici le frère de Sun, le Chevalier de la Forêt, qui est l’un des Douze Chevaliers Sacrés du Temple Sacré. »

Leaf salua la princesse en souriant largement.

« Chevalier du Soleil, Chevalier de la Forêt … » La Princesse Anne inclina la tête vers Leaf et moi. Après avoir retourné nos salutations, elle agrippa soudainement mon bras, de manière très abrupte et impromptue, et supplia : « S’il-vous-plait, vous devez aider ma grande sœur, Alice ! »

Choqué, j’ « oubliai » de repousser la main de la princesse et m’écriai, alarmé : « Sun ne comprend pas ce que la princesse veut dire ? La Princesse Alice serait-elle impliquée dans quelque danger ? »

« Ma sœur Alice est la fiancée du Fils du Dieu de la Guerre. Elle… elle a été enlevée, et maintenant son sort reste inconnu … »

Anne sembla enfin réaliser que son comportement était indécent. Elle lâcha brusquement mon bras et recula même de quelques pas avant de baisser la tête et de parler comme si elle était sur le point de pleurer : « Je suis très inquiète pour la sécurité de ma sœur Alice, alors j’ai supplié Mère de me laisser rejoindre le groupe d’aventuriers. Mère a accepté, sauf que… »

« Sauf que quoi ? » Je saisis cette opportunité pour m’approcher de deux pas. Je planifiai mon geste de telle manière qu’on aurait juré que je m’approchais plus près à cause de mon inquiétude.

Malgré le fait qu’Anne ne devînt pas suspicieuse, sa tête resta baissée, et sa voix était atterrée : « Sauf que… »

« Sauf que quoi, Votre Altesse ? »

Je me rapprochai à nouveau de deux pas. Maintenant, seule la robe en forme de lotus de la princesse nous séparait. Je pouvais même vaguement sentir l’odeur très rafraîchissante de pêche au miel provenant des pointes de ses longs cheveux. C’était vraiment une jeune femme semblable à une pêche au miel !

Anne ouvrit finalement la bouche pour avouer : « Sauf que Mère clame qu’il est inacceptable qu’une princesse se mélange à une bande de guerriers, alors si je souhaite y aller, je dois être escortée par des chevaliers. C’est pourquoi Mère vous a demandé de venir aujourd’hui pendant que vous étiez au palais, mais, mais, j’ai entendu dire que vous n’aviez pas envie de venir… »

Après avoir dit cela, Anne tourna ses yeux luisants vers moi. L’espoir brillait dans ces yeux verts comme des lacs remplis de larmes.

Avec un sourire, je répondis : « Sun n’a jamais affirmé une telle chose, Votre Altesse. Escorter une princesse fait partie des devoirs d’un chevalier. Même si nous devons nous rendre jusqu’au bout de la Terre, tant qu’il s’agit d’un endroit baigné par la radiance du Dieu de la Lumière, Sun acceptera de vous y escorter. »

« Dans ce cas, je vais aller prévenir Mère tout de suite ! » Les larmes d’Anne s’évanouirent, se changeant en un sourire. Probablement parce qu’elle était surexcitée, elle piétina presque sa robe. En atteignant la porte, elle tourna la tête et sourit en déclarant : « J’attends avec impatience de partir à l’aventure avec vous, Chevalier du Soleil. »

Je souris en la saluant de la main. Je vous attends aussi avec impatience ! Jolie Princesse Anne.

Après que la princesse eut refermé la porte de la chambre, je me tournai pour voir Leaf qui m’observait, donc je lui retournai son regard. Après nous être regardés les yeux dans les yeux pendant dix secondes, il alla silencieusement faire nos bagages.

Quel enfant prévenant, compréhensif et obéissant.

 

 

Et voici le processus complet qui m’avait amené dans cette étendue sauvage et désolée pleine de moustiques… Claque !

Dieu merci, je n’avais pas encore changé mes gants… J’ouvris la  main, et avec l’autre main, je donnai une pichenette au cadavre frais de moustique.

L’air préoccupé, Leaf demanda : « Sun, Mike et les autres ne sont toujours pas rentrés. Devrions-nous essayer de les suivre ? »

Je fronçai les sourcils, honnêtement trop paresseux pour les poursuivre, mais j’étais également inquiet à l’idée qu’ils eussent vraiment rencontré un problème. Après y avoir réfléchi, je décidai de simplement utiliser ma capacité à sentir les éléments pour les chercher… Pardon ? Vous dites que vous avez oublié ce qu’est cette capacité ?

D’accord, cela fait un certain temps depuis la dernière fois que je m’en suis servie, alors je vais vous la réexpliquer. Ne l’oubliez pas à nouveau.

Ce monde est rempli de nombreux éléments. Qu’il s’agisse d’une forêt, d’une ville, d’humains, ou même des créatures mortes-vivantes, tout possède un élément. En général, tout possède une combinaison des divers éléments. Sous certaines conditions, un objet peut contenir une quantité très élevée d’un élément en particulier.

Par exemple, les créatures des ténèbres possèdent un élément des ténèbres très fort. En comparaison, en tant que Chevalier du Soleil, je possède un très fort élément sacré, aussi connu sous le nom de l’élément de la lumière. Puisque l’élément sacré peut tenir à distance l’élément des ténèbres, ma seule existence est un anathème pour les créatures mortes-vivantes. Pour eux, tout chez moi – de la racine de mes cheveux à mes ongles de pieds – est un poison fatal.

Je suis né avec cette capacité à ressentir les éléments. Ce genre de capacité est rare et peut être considéré comme un genre de cadeau, puisque même s’il peut être appris plus tard, cela ne donne pas forcément de bons résultats. La capacité de sentir les éléments me permet de percevoir quels éléments chaque personne possède et, à partir de ces éléments, je peux en déduire leur profession. Ceux avec un fort élément sacré sont forcément des guérisseurs du Dieu de la Lumière ou des chevaliers sacrés.

Les guerriers ont souvent un élément du vent ou du feu plus important, mais seulement légèrement. Par rapport à des mages spécialisés en magie de type vent ou feu, ce n’est pas une quantité très important, donc ils restent facilement identifiables.

Les guerriers qui favorisent la force possèdent souvent l’élément du feu, tandis que ceux qui favorisent la vitesse possèdent souvent l’élément du vent. Pour ce qui est du Fils du Dieu de la Guerre, il est un peu trop impressionnant. Ses éléments du feu et du vent sont tous les deux très imposants, c’en est très alarmant. Ils sont presque aussi élevés que ceux d’un mage… Je vous demande pardon ? Vous vous rappelez de ma capacité maintenant ? Et vous vous rappelez même que mon maître m’avait ordonné de ne pas utiliser cette capacité devant d’autres personnes ?

Ahem ! Peu importe, il n’y a que Leaf à mes côtés, et c’est une personne sympa, donc pas de problème !

J’étendis ma capacité…

« Ah ! Ils sont de retour », souffla doucement Leaf.

Je n’avais rien vu, mais en tant qu’archer, la vue et l’ouïe de Leaf étaient tellement exceptionnels que s’il affirmait qu’ils étaient de retour, alors ils l’étaient.

Alors que je ramenais ma capacité de perception vers moi, je découvris accidentellement qu’il y avait quelque chose possédant l’élément des ténèbres pas très loin de nous.

Pourrait-ce être une créature des ténèbres ? J’étais un peu inquiet. Si c’en était une, étant le Chevalier du Soleil qui haïssait plus que tout les créatures mortes-vivantes, je serais obligé d’aller la chasser et de la détruire… Attendez, la chose avec l’élément des ténèbres se trouvait juste à côté de quelque chose avec l’élément sacré ?

Quel genre de situation est-ce là donc ? En général, ces deux éléments ne peuvent pas coexister… J’étais encore plus perturbé.

« Sun, Sun ? » cria Leaf à plusieurs reprises. Il regarda dans la direction à laquelle je faisais face et demanda : « Pourquoi est-ce que tu regardes dans cette direction ? Y a-t-il quelque chose derrière nous ? »

Je me tus un moment avant de sourire et de prononcer : « Mon frère Leaf, le Dieu de la Lumière nous a demandé à travers les anciens écrits de toujours regarder ce qui se trouve derrière nous, car il se peut qu’il y ait des ténèbres oubliées que nous devons illuminer. »

Cette fois, ce fut à Leaf de se taire. Je pensai qu’il n’avait probablement pas compris ce que je venais de dire, puisque je n’avais moi-même pas compris non plus.

C’était simplement que j’avais entendu du bruit témoignant du retour du Fils du Dieu de la Guerre et des autres, alors j’étais retourné au Chevalier du Soleil que « tout le continent connait », le mode dans lequel le Chevalier du Soleil devait parler du Dieu de la Lumière toutes les trois phrases. J’avais aussi commodément détourné l’attention de Leaf.

En ce qui concernait l’élément des ténèbres que je venais de sentir… Comme je l’avais dit, mon maître m’avait ordonné de ne pas employer ma capacité devant d’autres personnes. Étant donné que je n’étais pas sensé m’en servir, dans ce cas je ne pouvais pas savoir qu’il y avait quelque chose avec l’élément des ténèbres derrière nous, et vu que je ne le savais pas, je ne pouvais évidemment pas le pourchasser !

« Mike, Princesse Anne, Austin, vous êtes de retour ? » Leaf décida assez fermement de cesser de chercher un sens à mes paroles. À la place, il salua chaleureusement les trois personnes qui venaient juste de revenir.

Bang !

Je sursautai de surprise, agitant la tête pour regarder autour de moi, et découvris le corps d’un animal gisant au sol. Le corps faisait environ la taille d’un humain, et la poussière flottait toujours autour de lui, donc il devait avoir été jeté au sol avec pas mal de force.

« Hahaha ! Je pensais que tu n’étais pas capable de montrer d’autres expressions que ton sourire. Ainsi, même le Chevalier du Soleil peut être surpris ? »

Une guerrière sauta hors des buissons. Elle rit à gorge déployée, toutes ses actions pleines de vigueur. J’ignorais si c’était parce qu’elle avait couru pour revenir, ou si c’était parce qu’elle avait ri trop fort, mais son visage était tout rouge…  Anne est vraiment mignonne !

C’était vrai. La guerrière en armure, avec deux haches de guerre à une main dans le dos, et une quantité très élevée de l’élément du feu, était en réalité la jeune beauté mentionnée précédemment : la Princesse Anne.

Je lui souris, ne trouvant pas ses paroles très offensantes. Je croyais fermement que même si j’avais été surpris à l’instant, j’avais dû être surpris de manière élégante, donc aucun dégât n’avait nuit à la réputation du Chevalier du Soleil.

De plus, parmi les choses que tout le continent connaissait, il n’y avait rien sur le fait qu’un Chevalier du Soleil ne pût jamais être surpris.

Voyant ma réaction, Anne marmonna tout bas, probablement quelque chose tel que « comme il est ennuyeux ». Elle se retourna ensuite vers Leaf, et s’exclama, un peu agacée : « Elmy, ne t’ai-je pas dit que tu pouvais m’appeler Anne ? Tu veux bien utiliser le nom de Mike, mais tu n’es pas d’accord pour m’appeler par mon prénom ? »

« En fait, mon nom est Elmairy, mais oubliez, au moins Elmy est beaucoup mieux que Fraisary », répondit Leaf en me jetant un regard. Il dit ensuite à Anne : « Je comprends. Je t’appellerai Anne à partir de maintenant. »

Considérant leur statut en tant que Fils du Dieu de la Guerre et princesse, s’adresser à eux directement par leur nom ne respectait pas l’étiquette, mais comme je l’avais mentionné, Leaf était une personne sympa, alors il ne refuse aucune requête. Même quand j’avais changé son nom pour Fraisary et l’avais employé pendant trois ans pour l’appeler, il avait quand même continué à me répondre.

À cet instant-là, Leaf s’écria, alarmé : « Austin, tu es blessé ? »

Le Fils du Dieu de la Guerre, Mike, et son prêtre-guerrier sortirent tous les deux des buissons. Le prêtre-guerrier, qui était âgé de quelques années de plus que nous, était l’Austin dont Leaf parlait. Seule la moitié de sa manche était encore intacte, et elle était tâchée de sang.

« Laisse-moi te soigner ! » proposa Leaf, tandis qu’il s’avançait obligeamment vers lui et lui jetait un sort de Soin Mineur.

Avec un sourire, je dis : «  Mon frère Leaf, Sun craint que l’éclat du Dieu de la Lumière que son frère a sollicité ne soit point suffisant, sinon notre frère Austin se serait soigné lui-même sous la bienveillante sollicitude du Dieu de la Guerre. »

En entendant mon discours, Leaf fit une pause avant qu’il ne réalise son sens : « Ah… tu as raison. Si un Soin Mineur était suffisant, alors Austin aurait soigné ses blessures lui-même et ne serait pas rentré avec celles-ci. »

Après avoir eu fini de parler, il se tourna vers Austin et le questionna avec inquiétude : « Austin, est-ce que ta blessure est très grave ? Est-ce que tu as des os fêlés ou brisés ? S’ils sont simplement fêlés, un Soin Modéré suffira, mais s’ils sont brisés, alors Sun aura probablement besoin d’utiliser un sort de Soin Avancé. »

Austin secoua la tête et soupira : « J’ai bien peur que ce soit cassé. J’ai été trop négligeant, oubliant de rester avec mes compagnons quand j’ai aperçu des herbes rares. J’ai fini par être attaqué par cet animal. J’étais trop loin de Mike et de Anne, et donc ils n’ont pas été assez rapides pour empêcher cela de se produire. »

C’est cassé… J’aurai dû garder la bouche fermée, mais même si je ne le leur avais pas rappelé, la tâche de le soigner m’aurait quand même échu, puisque c’était très fatigant pour Leaf de jeter un sort de Soin Avancé.

Même si c’était tout aussi fatigant pour moi, puisque je devais raconter des tas d’âneries glorifiant le Dieu de la Lumière.

Attendez, pourquoi le prêtre-guerrier n’avait-il pas employé un sort de soin sur lui-même ?

Je voulais aussi lui dire de se soigner lui-même, mais le fait restait que les prêtres-guerriers n’étaient pas très doués pour les sorts de soin. On pouvait même affirmer que leurs sorts de soin étaient pires que ceux d’un chevalier sacré. Évidemment, je voulais dire pour un chevalier sacré normal. Ne me prenez pas en considération. Si j’étais la norme, alors même un guérisseur du Dieu de la Lumière serait pire qu’un « chevalier sacré ».

C’était fortement lié au dieu auquel vous croyiez. Soigner était considéré comme de la magie sacrée. Les prêtres qui croyaient au Dieu de la Lumière et les chevaliers qui étaient complètement couverts de « lumière » avaient beaucoup plus de facilité à se servir des sorts de soin que les autres types de croyants.

En dehors du dieu auquel ils croyaient, leur spécialisation était également différente. Comme le Dieu de la Guerre tenait les personnes fortes en haute estime, les prêtres-guerriers se spécialisaient plutôt dans des magies qui renforçaient leurs guerriers. Les sorts Ailes de Dieu et Bouclier de Lumière que j’avais utilisés précédemment appartenaient à ce genre de magie.

Mon esprit continuait de ressasser cela, tandis que je crachais un paquet de non-sens louant le Dieu de la Lumière : « L’amour gracieux du Dieu de la Lumière permet à tous Ses enfants de vivre dans la chaleur et l’affection et, en outre, garde la peine et la douleur à distance de Ses enfants. Ah ! Dieu de la Lumière ! Vos enfants ont maintenant besoin de votre radiance. Veuillez transmettre votre bienveillance à travers la terre, et accordez ces derniers un sort de Soin Avancé ! »

Un rayon de lumière blanche enveloppa la main d’Austin avant de disparaître dans un flash.

« Complètement guéri. Merci beaucoup, Chevalier du Soleil. » Austin bougea sa main, son expression devenant une d’émerveillement, comme il me remerciait, très reconnaissant.

À cette vue, Mike renifla et déclara froidement : « Le Chevalier du Soleil qui est connu pour être extrêmement fort en magie sacrée est loin d’être aussi fort que je le pensais, à raconter autant d’inepties pour un simple sort de soin. »

Je ne montrai pas tellement de réaction à ces paroles et continuai simplement de sourire. Je venais juste de raconter un tas d’âneries louant le Dieu de la Lumière, tellement que je préférais plutôt ignorer son dédain que de rajouter un mot !

Leaf, néanmoins, sourit maladroitement.

Avec une grimace, Anne remarqua : « Avec le Fils du Dieu de la Guerre, moi, le plus jeune prêtre-guerrier du Monastère de la Guerre, et deux des Douze Chevaliers Sacrés : un archer et un guérisseur du Dieu de la Lumière… Mon Dieu ! Peut-être que cette équipe d’aventuriers est suffisante pour occire un dragon ? »

Je suis un Chevalier Sacré !

Souriant faiblement, Leaf dit : « C’est… ce… Nous sommes ici pour sauver la Princesse Alice. Anne, tu ne peux pas avoir oublié ? N’es-tu pas très inquiète pour ta grande sœur ? »

Anne parut presque surprise. Elle s’exclama précipitamment : « Évidemment que je suis inquiète pour ma grande sœur. Je ne faisais que plaisanter. Tu es trop sérieux, Elmy. »

« Je vois. Je suis désolé », répliqua Leaf avec un petit rire, en passant la main derrière sa tête.

Je fronçai les sourcils. La nuit dernière, Anne paraissait être très inquiète pour sa sœur, et aujourd’hui elle agit comme ça. Que se passe-t-il ici ?

« Très bien, bougeons maintenant. Aujourd’hui, nous devons atteindre le lac, comme prévu. » rappela Austin, et tout le monde acquiesça. Étant le membre le plus âgé, il donnait plus ou moins l’impression d’être un capitaine sérieux. Bien qu’il ne parût pas si âgé que ça, il avait vraisemblablement dans la trentaine. Parmi ce groupe de personnes âgées dans la vingtaine, il avait le privilège d’être notre aîné, avec une différence d’âge d’au moins dix ans.

Puisque nous étions très en retard sur nos prévisions, Mike et Austin décidèrent que nous ne dormirions pas cette nuit et continuerions d’avancer deux jours de suite.

Attendez, attendez deux minutes. Continuer d’avancer pendant deux jours ? Mon visage se déforma un peu.

Leaf me jeta un regard avant de suggérer prestement : « Peut-être serait-il mieux de dormir un peu. Après tout, nous avons besoin d’énergie pour endurer la route à faire. »

« Monter le camp prendrait trop de temps. Nous sommes déjà très loin derrière », annonça Mike avec impatience. « C’est juste deux jours. Ce n’est pas grand-chose pour nous ! »

Leaf y réfléchit un peu avant d’avancer avec tact : « Mais Anne est une femme, et Austin est un prêtre-guerrier. Ils pourraient ne pas être assez endurants pour tenir deux jours. »

En entendant cela, Anne le fusilla du regard. Mike renifla froidement et regarda Leaf comme s’il était un enfant ignorant. « Et qu’est-ce que ça peut faire si c’est une femme ? Anne est l’un des meilleurs guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre. Son endurance n’est en rien inférieure à la tienne. Tu penses que j’aurais accepté d’emmener du bagage inutile ? »

Austin sourit aussi en disant : « Elmairy, tu n’as pas à t’inquiéter pour ce prêtre. J’ai entraîné mon corps normalement, donc deux jours ne poseront pas de problèmes. »

« Ah… » Leaf me jeta plusieurs regards, mais il n’ajouta rien au final, car il était une personne sympa et ne déclinait jamais une requête.

Je ne pouvais ouvrir la bouche pour refuser. Puisque même une femme et un prêtre avaient affirmé que c’était bon, en tant que Chevalier Sacré, comment pouvais-je formuler que je pourrais ne pas être capable de le faire, que je ne pouvais pas voyager deux jours sans interruption ?

Sous la décision de la majorité, et comme la minorité ne pouvait pas refuser le compromis, nous commençâmes à nous dépêcher comme si notre vie en dépendait. Malgré le fait que nous ne courions pas à strictement parler, j’avais l’impression que les jambes des autres étaient toutes terriblement plus longues que les miennes. Chacun de leur pas semblait être cinq fois plus long que celui d’une personne normale, et leur rythme était rapide, donc c’était à peu près pareil à la course d’une personne normale.

C’est en train de me tuer ! Je ne portais qu’une armure légère, mais elle pesait quand même plus de dix kilogrammes ! Cela, sans prendre en considération le poids du paquetage.

Nous courûmes du matin à midi, mangeâmes rapidement un peu de bœuf séché et du pain, prîmes quelques inspirations avant de courir tout l’après-midi, nous arrêtâmes pour prendre quelque chose pour le dîner, digérâmes, et recommençâmes à courir de nouveau… Après qu’un jour entier se fût déroulé de cette manière, ma sueur imprégnait ma chemise, le vent séchait ma chemise, et ma sueur l’imprégnait à nouveau. Le processus se répétait à l’infini. Je me sentais comme si j’avais produit de la sueur pour un an.

À ce moment-là, j’avais déjà abouti en queue de troupe. Leaf ralentit ses pas pour rester épaule contre épaule avec moi. L’air terriblement inquiet, Leaf demanda doucement : « Sun, tu vas bien ? »

Avec une respiration laborieuse — il n’y avait aucun endroit de mon corps qui ne me faisait pas souffrir — je réussis à couiner une réponse entre mes dents serrées : « Non. »

En entendant cela, Leaf évalua à nouveau mon sale état. Il soupira alors doucement et suggéra : « Alors, laisse-moi te porter. Tu pourras dormir un peu sur mon dos et continuer à courir plus tard. »

« Leaf… » Je lui attrapai les mains, submergé par l’émotion. Touché, je lui dis : « Leaf, bien qu’il fasse nuit, et que le Dieu de la Lumière ne soit point témoin de tes actes, tu n’en demeures pas moins une personne sympa ! »

Avec un rire désabusé, Leaf s’accroupit devant moi, devenant un lit confortable… Non ! Je veux dire, il tourna son dos vers moi et me dit : « Grimpe. »

Effrayé à l’idée qu’il change d’avis, je sautai immédiatement sur son dos et me tortillai pour trouver une position confortable. Ce n’était pas facile, car Leaf était vraiment mince. Peu importe à quel point j’essayais, il n’était pas aussi confortable que mon lit.

Après cela, Leaf commença à courir. Pour rattraper les autres, il courait vraiment vite, donc l’amortissement était assez mauvais. Cela ne me satisfaisait guère, mais j’avais peur d’énerver même une personne sympa comme Leaf si je me plaignais, alors je décidai de me restreindre !

Une fois que Leaf eut rattrapé la troupe, les trois autres nous regardèrent et réagirent de manière assez similaire. D’abord, ils furent choqués, comme s’ils ne pouvaient pas en croire leurs yeux ; puis ils m’adressèrent tous des regards dédaigneux, avant de regarder Leaf avec sympathie.

« Il… » commença Anne avec stupeur.

Leaf interrompit vivement leurs questions et rappela : « Nous devrions avancer, ou sinon continuer toute la nuit perdra tout son sens. »

Ils se turent un instant et me jetèrent je ne sais combien de regards pendant ce temps, des regards principalement plein de mépris.

Tout le monde courait, et moi j’avais besoin que quelqu’un me porte. C’était un peu embarrassant pour moi, mais si je devais descendre et continuer à courir sans m’arrêter, je mourrais d’épuisement ! Je préférerais mourir d’embarras !

De plus, personne n’avait prétendu que le Chevalier du Soleil devait savoir courir, ou que le Chevalier du Soleil ne pouvait pas laisser quelqu’un le porter.

« D’accord, allons-y », trancha Mike en riant froidement. « Mais, tu dois rester fort. Si tu n’y arrives pas, personne ne t’aidera à porter “cette chose”. »

Il semblerait que Mike ne croyait pas Leaf capable de courir une journée entière en me portant, mais il avait tort. Même si les guerriers comme lui possédaient  réellement des capacités offensives très élevées, quand nous parlions d’endurance, aucune classe ne valait les chevaliers sacrés !

Pardon ? Et qu’en est-il de moi ?

Ahem ! Les chevaliers sacrés peuvent se diviser en différentes sous-catégories également. J’appartiens au type qui n’est pas très endurant, mais ma capacité à rassembler la lumière sacrée est inégalée. Même le Pape ne peut se comparer à moi. Non, vous n’êtes pas autorisés à m’appeler un guérisseur ! Je suis un Chevalier Sacré !

Dans tous les cas, ce qui suivit fut un marathon super ennuyeux. Je pense que personne ne voudrait m’entendre raconter cette partie, et je ne peux pas la raconter de toute façon, puisque j’ai dormi pendant vingt-quatre heures.

Impossible de faire autrement. Leaf avait affirmé que quand je me réveillerais, il faudrait que je descende pour courir, alors j’avais fait de mon mieux pour dormir pendant vingt-quatre heures pleines. Je dormis jusqu’à-ce que mon corps en devînt douloureux. Ce fut vraiment très fatigant.

Quand je me réveillai, le groupe avait déjà atteint le lac et commençait à monter le camp.

Mise à jour : Juin 2016

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Chapitres de Juin
  1. Romance RPG : Partie 6
  2. 1/2 Prince T4C3 : Le Groupe en Tournée Dans Les Rues
  3. La Légende du Chevalier du Soleil T3C3 : Démarre l’Aventure

Bonjour tout le monde !

Il va encore une fois y avoir un chapitre pour chacune de nos trois séries ce mois-ci.

Sinon, bonne nouvelle : une nouvelle recrue s’est jointe à notre très estimée équipe de traductions. Elynor va ainsi nous aider à traduire les tomes de 1/2 Prince. Souhaitons-lui la bienvenue !

Aussi, nous sommes toujours à la recherche d’un nouveau vérificateur ou d’une nouvelle vérificatrice pour chacune de nos séries. Si vous aimez faire de la correction, ce poste pourrait bien faire votre bonheur. 😉 Si vous souhaitez rejoindre l’équipe, venez visiter notre page de recrutement.

1/2 Prince T4C2 : Le Baiser d’Un Prince

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½ Prince Tome 4 – Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini
Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 2: Snake Kiss – Traduit du chinois vers l’anglais par Samuki[PR!]
Chapitre 2 : Le Baiser d’Un Prince  – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia

« Prince, les gens que tu as ramenés sont plutôt remarquables, non ? » demanda Lolidragon avec suspicion. « Où diable les as-tu dénichés ? »

Je haussai les épaules. « Jing et Yun sont mes camarades de classe ; c’est purement par hasard que je les ai rencontrés. En plus, ils viennent seulement de découvrir que je suis Prince. En ce qui concerne Kenshin et Sunshine… » J’hésitai. Est-ce que je devrais le lui dire ?

« Ce sont des PNJs provenant d’une quête secrète, pas vrai ? » déclara Lolidragon de façon détachée.

« Comment est-ce que tu le sais ? » la questionnai-je, choqué.

Lolidragon se figea un instant, puis elle rétorqua : « Je suis une MJ cachée, tu te rappelles ? »

« Oh… » Je me grattai la joue. Elle n’avait pas dit que les MJs cachés étaient exactement comme des joueurs ordinaires ? C’est pour ça que je croyais qu’elle ne serait pas au courant !

Lolidragon soupira profondément et secoua la tête avec incrédulité. « T’as vraiment une vaine incroyable, pour être même capable de compléter cette super-méga difficile quête secrète dégoûtante ! Tu sais, Lantis et Kenshin ont été créés purement pour rigoler ; personne ne s’attendait réellement à ce que qui que ce soit parvienne à compléter la mission ! »

« Euh, il y a en fait une raison à ça. » Est-ce que je devrais mettre Lolidragon au courant de l’“éveil” de Kenshin et de Sunshine ? J’hésitai un peu ; après tout, Lolidragon était une employée de Second Life. Qui sait si elle rapporterait cet incident ?

« Il vaudrait mieux que tu dises très bientôt à tout le monde qu’ils sont tes animaux de compagnie humains ; j’ai déjà aperçu des gens qui les traitaient comme des joueurs », me rappela Lolidragon.

« Je ne peux pas le leur dire. » J’agitai frénétiquement mes mains.

Lolidragon s’enquit soupçonneusement : « Pourquoi ça ? »

« Euh, parce qu’ils ont développé une conscience de soi à présent, et que je n’ai aucune intention de les traiter comme des animaux de compagnie humains. En fait, je veux qu’ils soient exactement comme des joueurs normaux », expliquai-je en un souffle.

« Une conscience de soi ? » Lolidragon pâlit.

Comme je m’y attendais, c’est vraiment choquant… Je pris une profonde inspiration, puis fis sérieusement la demande : « Lolidragon, est-ce que tu pourrais ne pas en parler ? N’informe personne d’autre à ce sujet, d’accord ? Particulièrement pas les employés de la compagnie du jeu, ou sinon Sunshine et Kenshin seraient en danger. Je ne veux pas qu’ils soient supprimés, s’il-te-plaît. »

L’expression sévère de Lolidragon resta en place pendant un moment, me laissant en suspens. Finalement, elle ne put plus se retenir, éclatant de rire. Agitant la main, elle promit : « Relaxe, je ne dirai rien. Ce n’est pas tous les jours que des PNJs développent une conscience de soi. Pour quelque chose d’aussi amusant que ça, comment je pourrais aller tout raconter à la compagnie et les laisser gâcher mon plaisir ? »

Je restai stupéfait. Quelle que soit la compagnie qui a embauché Lolidragon, elle doit être vraiment malchanceuse.

La porte s’ouvrit en cognant le mur. Lolidragon et moi regardèrent en direction de l’entrée, tandis qu’une petite silhouette familière se jetait dans mes bras et murmurait à mon oreille : « Prince, tu es enfin rentré, oh comme tu m’as manqué ! »

Je baissai le regard, sans expression. Fairsky est vraiment comme une coquerelle inarrêtable et déterminée… Ensuite, une autre tête très familière aux cheveux noirs se jeta contre mon dos. Je regardai derrière moi dans un silence stoïque. Celui-là possédait encore plus de vitalité que Fairsky : Gui, dont la peau était si dure que même les balles ne pouvaient pas la pénétrer, me regarda avec des yeux remplis de larmes. « Votre Majesté, vous êtes enfin de retour ! J’étais si inquiet ! »

Pire encore, se tenant devant moi avec des veines saillantes sur le visage, Wicked avait depuis longtemps dégainé son épée. Je l’observai impassiblement tandis qu’il faisait dégager Fairsky et Gui d’un coup de pied, pour ensuite se mettre à leur casser la figure… Le duo qui se faisait massacrer, ne voulant pas se prendre les coups en restant assis sans rien faire, se ligua contre Wicked. Faisky bloquait les attaques de Wicked, pendant que Gui lançait sournoisement des flèches sur lui, transformant Wicked en une pelote à épingles ensanglantée.

« Tu ne les arrêtes pas ? » s’enquit Lolidragon, de façon froide.

« C’est amusant à regarder, alors pourquoi y mettre fin ? » répondis-je, de la ma même façon froide.

Juste à cet instant-là, l’épée longue de Wicked se fit envoyer voler dans les airs par Fairsky, frôlant ma joue et y laissant une traînée de sang… Les trois batailleurs s’arrêtèrent pour me regarder avec du regret et du chagrin dans les yeux. J’essuyai le sang sur ma joue avec le dos de ma main, en souriant légèrement. « Vous me frappez aussi ? Intéressant ! »

En fin de compte, Lolidragon se retrouva à mâcher un guazi tout en m’observant massacrer le trio, et discutant avec moi pendant tout ce temps. « Prince, pourquoi est-ce que tu ne séduirais pas Phoenix elle aussi ? Elle n’arrête pas de gémir au sujet de Fan de jour comme de nuit ; ça frustre Nan Gong Zui, tout comme White Bird. »

« Qui est White Bird ? » De toutes mes forces, je donnai un coup de poing à Gui avec ma main droite, piétinai Wicked avec ma jambe gauche, et chatouillai Fairsky avec ma main droite.

« Oh, tu n’es pas encore au courant. Je vais te raconter tout ce qu’il s’est passé ! »

Lolidragon me raconta tout ce qu’il s’était produit durant mon absence.

« Quoi ? Rose et Broken Sword sortent ensemble ? » Je pâlis, choqué, me demandant si j’allais bientôt devoir leur offrir des enveloppes rouges1. Sûrement pas, non ? Récemment, maman n’a pas arrêté de sortir pour jouer sans arrêt et elle n’a pas écrit un seul manuscrit ; les finances de notre famille sont un désastre. Où est-ce que je suis censée obtenir l’argent pour les enveloppes rouges ? Lorsque je songeai à ça, je m’en pris encore plus violemment au trio par terre.

« Est-ce que tu es jaloux ? » Lolidragon leva un sourcil.

À ce stade, le trio presque mort sur le sol se redressa brusquement, me fixant avec des visages inquiets. Je répondis vivement : « Pas du tout ! »

« C’est une bonne chose », soupira quelqu’un sur le côté avec soulagement. Je regardai dans cette direction pour remarquer Broken Sword, Rose, et… tous les autres.

« Quand est-ce que tout le monde est arrivé ? » demandai-je stupidement.

« Ils ont commencé à se rassembler ici quand tu t’es mis à frapper le trio. » Lolidragon haussa les épaules.

Je souris maladroitement à chacun d’entre eux. « Euh, bonjour tout le monde. »

« Pffft ! » Yun éclata soudainement de rire… Hé, qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? Les gars ne lâchent pas de « pffft », il n’y a que les filles qui font ça ! Qu’est-ce que tu as, toi un adulte, à rigoler comme ça ? « Grand frère, comment se fait-il que tu deviennes de plus en plus stupide ? Au début, tu étais l’image même de la sévérité. »

Je lui envoyai un coup de pied à la volée. Tu exposes ma couverture ? Tu tiens vraiment à mourir ? Après lui avoir donné un coup de pied, je lissai mes vêtements, et fis un signe vers les quatre personnes que j’étais sur le point de présenter à tout le monde. « Voici Gu Yun Fei, un maître des barrières ; Lu Jing, une exorciste ; Sunshine, un mage ; et Kenshin, un guerrier. »

Yun, qui avait été projeté au sol par mon coup de pied, se donna un air renfrogné avant de prendre la pose d’une sirène. « Bonjour tout le monde, je suis le Gu Yun Fei que Grand frère martyrise sans arrêt. »

« Je m’appelle Lu Jing. Je suis vraiment heureuse de rencontrer tout le monde. » Jing se mit sans gêne à poser de façon mignonne devant la foule.

« Je suis Sunshine, ravi de faire votre connaissance. » Sunshine sourit de façon élégante, un peu chaleureusement.

« Kenshin », se présenta sèchement Kenshin.

Voyant qu’ils avaient tous les quatre terminé leur propre introduction, je devinai qu’il était temps pour moi de leur présenter tous les autres. Mais… Je comptai le nombre de personnes présentes, et décidai d’oublier les présentations. Je déclarai avec irresponsabilité : « Mêlez-vous entre vous lentement et faites connaissance avec tout le monde. »

« Prince, les camarades que tu as ramenés cette fois sont extrêmement talentueux ! » Grand frère Wolf me caressa la tête affectueusement.

« Évidemment qu’ils sont forts ; tu n’as aucune idée de combien de temps et d’effort j’ai investi sur eux ! » Je soupirai, les larmes à l’œil, resongeant à cette fois-là…

 

 

J’avais terminé l’escalade ardue de la plus grande montagne, le Sommet d’Azur, seulement pour trouver les trois vieux prophètes se tenant devant le monument de pierre, et me disant : « Allons ! Jeune homme, si tu nous bats, tu peux devenir le Roi des Démons… » Ah, ce n’est pas ça ! Vaincs-les, et ils me remettront un tas de bouses. Je fixai le tas du regard, le visage plein d’incrédulité, tandis que je pensais, À quoi me servirait un tas de crottin ? Je ne sème pas de grains, alors je n’ai pas besoin de fertilisant, non ?

« Le but principal de cette mission est de te remettre la Grande Pilule de Retour. Le nom du monument de pierre et les prophéties sont des extras », expliqua lentement Kenshin. Voyant l’air dégoûté sur mon visage pendant que je regardais la pile de « pilules de retour », Kenshin ajouta : « Si tu manges la Grande Pilule de Retour, tes points d’expérience vont être multipliés par dix durant une période de trois jours. »

« Oh ? C’est assez impressionnant. » Je souris gentiment aux trois vieillards. Montrer du respect envers la vieillesse était un concept qui m’était étranger à ce moment-là.

Kenshin et moi cassâmes la figure des trois vieillards avant de rapporter les bouses et le monument de pierre avec nous en bas de la montagne, retrouvant les deux personnes familières qui étaient au beau milieu d’un bon barbecue.

« Partagez-vous tous les deux ce tas de crotin, et ensuite on va se rendre à la Crique-Fantôme pour s’entraîner. » Je leurs arrachai l’aromatique viande fraîchement grillée et, ignorant leurs expressions choquées, les forçai à manger la moitié du tas chacun. Voyant qu’ils s’étaient tous les deux évanouis immédiatement après, Kenshin et moi n’eûmes pas d’autre choix que de transporter un des deux chacun et de nous dépêcher de retourner à la Crique-Fantôme.

Quand nous fûmes de retour à la Crique-Fantôme et que nous arrivâmes au sommet de la Falaise Brisée, je me débattis avec ma peur pendant ce qui me sembla être une éternité avant qu’un Kenshin impatient me fasse tomber d’un coup de pied… Après avoir secouru Sunshine, nous aidâmes Jing et Yun à s’entraîner comme des fous à la Crique-Fantôme. Avec l’aide de la Grande Pilule de Retour, ils parvinrent tous les deux à monter de près de 15 niveaux. Finalement, on se servit du tapis volant de Sunshine pour rentrer en vitesse à la Cité de l’Infini. Étant donné que j’avais peur de ne pas arriver à temps, j’avais même menacé le tapis, le forçant à voler à une vitesse vertigineuse… S’il ne le faisait pas, je l’aurais utilisé comme tapis d’entrée à la Cité de l’Infini, laissant aux passants la possibilité d’essuyer et de nettoyer gratuitement leurs chaussures dessus.

 

 

Soupir ! J’avais investi beaucoup de temps et d’efforts sur mes deux amis de longue date et sur les deux PNJs qui avaient développé une conscience de soi ! Ah peu importe, la fin justifiait les moyens.

Je cessai de me remémorer le passé et regardai tous les autres, seulement pour remarquer qu’ils avaient tous l’air frustré et semblaient pourtant ne pas savoir quoi faire. Lorsque je suivis leur ligne de vision, j’aperçus… Ice Phoenix ! Ah, je soupirai, J’ai déjà promis à Nan Gong Zui que je prendrais soin de sa sœur. En plus, Lolidragon m’as aussi demandé de prendre Phoenix sous mon aile, alors on dirait que je ne peux plus y échapper.

« Phoenix… » J’affichai une expression d’angoisse sur mon visage et marchai en direction de Phoenix.

Phoenix me cria en paniquant : « Ne t’approche pas ! »

Je m’arrêtai à mi-chemin et articulai doucement une phrase : « Je ne savais pas que tu me détestais autant. »

« Non, non, c’est juste que tu… » Phoenix ne sut pas quoi dire pendant un moment, puis elle se mit à pleurer.

J’ai réussi à faire pleurer Phoenix ! Je perdis mes moyens à mon tour. À un moment comme celui-ci, qu’est-ce que je dois faire ? Au milieu de la panique et du désordre, il me sembla entendre Lolidragon murmurer : « Va la serrer dans tes bras, imbécile. »

Grrrr ! Facile à dire pour toi ! Mais, voyant que Phoenix pleurait si misérablement, je ne pus qu’enfouir mes soupirs au fond de mon cœur et doucement aller serrer Phoenix dans mes bras, en la consolant. « Tout va bien, ne pleure pas, personne ne va te blâmer. »

Au début, Phoenix lutta dans mes bras, mais plus elle se débattit et plus je la serrai jusqu’à ce qu’elle se laisse finalement tomber dans mes bras, pleurant toutes les larmes de son corps.

« Désolée, je ne voulais pas, c’est p-parce que Fan, i-il m’a supplié, et je n’arrive toujours pas à l’oublier… » Phoenix gémit ses explications dans mes bras.

Est-ce que j’ai montré trop de merci envers Fan, pour l’avoir laissé partir comme ça ? Oui, je deviens de moins en moins sanguinaire ; la prochaine fois, je vais m’améliorer !

« Tout va bien, tu peux commencer à l’oublier maintenant. Si tu penses à lui, tu n’as qu’à simplement venir me serrer dans tes bras. » Pendant que je parlais, je caressai les cheveux longs de Phoenix. Je commençais à comprendre pourquoi les hommes aiment les filles aux cheveux longs ; c’était effectivement plaisant de toucher des cheveux longs, lisses et qui sentaient bons.

« Prince… » Phoenix enfouit timidement son visage dans ma poitrine jusqu’à-ce que seuls deux pointes d’oreilles rouges ne soient visibles.

« Hmm ? » Je levai le nez hors des cheveux soyeux de Phoenix et réalisai que je n’aurais pas dû lever les yeux, comme je remarquai immédiatement trois esprits vengeurs… Gui était retenu par grand frère Wolf avec ses jambes donnant des coups de pieds dans les airs ; Wicked était également retenu par Zui et White Bird, ses yeux injectés de sang ; Fairsky était tirée vers l’arrière par Rose et Broken Sword, tellement en colère que ses joues étaient bouffies.

Je fus pris de sueurs froides et me raidis. Phoenix le remarqua évidemment elle aussi puisqu’elle leva la tête timidement. Elle aperçut alors les trois esprits vengeurs… Son expression changea ; elle me regarda avec une résolution étrange… Ah, j’eus soudainement un très mauvais pressentiment, et alors que mes instincts n’avaient jamais eu raison pour les bonnes prédictions, ils ne m’avaient jamais trompé quand il s’agissait des mauvaises.

« Prince, si tu m’acceptes vraiment, dans ce cas embrasse-moi. » Phoenix ferma les yeux et leva la tête haute, l’image même d’une jeune fille en attente de se faire ravir.

Aahh… J’avais encore raison. L’embrasser ne serait pas un problème du tout, puisque j’ai déjà embrassé des gens plus intéressants : pour les filles, j’ai embrassé ma propre cousine ; pour les gars, j’ai embrassé le PNJ du jeu, Kenshin. Quoi d’autre pourrait me faire peur ? Sauf que si je devais l’embrasser devant les trois esprits en colère, je ne connaîtrais jamais un autre jour paisible. Gui pleurerait jusqu’à-ce que la Grande Muraille de Chine s’effondre2, Wicked me ferait pleins de sermons au sujet de la chasteté des filles, et Fairsky deviendrait folle ; elle pourrait même aller jusqu’à provoquer Phoenix en duel.

Devant mon hésitation, Phoenix avait déjà rouvert ses yeux remplis de larmes, mais elle fit de son mieux pour les empêcher de couler. Comme… c’est extrêmement triste !

Je pris ma décision. N’hésitant plus, je levai son visage choqué, et l’embrassai.

« Un baiser-serpent, Prince, donne-lui un baiser-serpent, puis elle va vraiment être tienne, corps et âme. » Lolidragon semblait anormalement excitée comme elle nous encourageait sur le côté.

Un baiser-serpent ? C’est quoi un baiser-serpent3 ? Embrasser un serpent ? J’étais perplexe.

« Mets ta langue dans la bouche de Phoenix et fais la tournoyer ; c’est ça un baiser-serpent. » La voix de Lolidragon retentit dans la boîte de messages privés.

Oh… Je fis comme on me l’avait indiqué, mis ma langue dans la bouche de Phoenix et la bougeai… Enfin, quand je fus à court de souffle, je mis fin au baiser-serpent, et me léchai les lèvres, me demandant, Est-ce que Phoenix a mangé des bonbons ? Pourquoi sa bouche a-t-elle un goût si sucré ?

« Trop stimulant… » dit Lolidragon sans rien ajouter. Je lui lançai un coup d’œil, en pensant, Lolidragon, même si tu as envie d’essayer, s’il-te-plaît n’ait pas l’air aussi enthousiaste ! Garde une certaine maîtrise de toi, d’accord ?

Je baissai le regard pour voir comment Phoenix se portait, seulement pour m’apercevoir que ses yeux s’étaient déjà transformés en deux cœurs géants, et tout son corps était devenu mou, ne restant debout que grâce à l’appui de mes deux bras… Comment c’est possible ? J’ai seulement senti que c’était un peu engourdissant, et sucré ! Je me grattai la joue et décidai de ne pas y songer davantage. Tant que je pouvais séduire Phoenix pour l’éloigner de Fan, tout allait bien ! Mais je dois encore régler le problème des trois esprits vengeurs !

Je tendis une Phoenix encore pâmée à sa sœur, White Bird, et me dirigeai vers l’équipe des esprits vengeurs qui se tenaient droits comme des statues, figés au sol sous le choc de ce que je venais de faire. Tout d’abord, je marchai jusqu’à côté de Fairsky et lui souris. Elle ne put s’empêcher de sourire en retour, puis… je répétai mes actions et lui donnai un bon baiser-serpent. En regardant une autre fille aux yeux en forme de cœur dans mes bras, je ressentis tout à coup que c’était très amusant !

Je jetai Fairsky vers Rose et tournai la tête pour regarder en direction des deux hommes. Je fronçai les sourcils. Ça ne me dérange pas d’embrasser des filles, mais si ce sont des hommes… Après tout, je reste une jeune fille ; ça ne semble pas être une bonne idée de faire ça, pas vrai ? Mais, je veux vraiment savoir si je suis plus à l’aise avec le fait d’embrasser des gars que quand je le fais avec des filles.

« Prince, Votre Majesté… » Les larmes de Gui avait déjà formé deux chutes d’eau, et sa voix était remplie de douleur.

Je pensai, OK, je vais l’embrasser une fois, étant donné qu’il fait vraiment pitié… Mais, au moment où j’étais sur le point de marcher vers lui, et Gui semblait très extatique…

« Tu n’es pas autorisé à l’embrasser ; Je vais laisser de côté le fait que tu aies embrassé des filles, mais… Tu ! Ne ! Dois ! Pas ! Embrasser ! Gui ! » Les flammes de colère de Wicked étaient puissantes, presque au point de se matérialiser. Je cessai d’avancer, pour ma sécurité, et haussai les épaules à l’intention de Gui.

« Wicked, qu’as-tu contre moi ? » Les yeux de Gui étaient remplis de douleur et de colère.

« Une haine aussi profonde qu’une Mer de Sang 4 ! » Wicked le foudroya du regard en retour.

Je me retournai, ne me souciant plus du duo qui se querellait et m’étirai paresseusement, seulement pour découvrir que… j’avais faim. « Lolidragon, j’ai faim. »

Lolidragon paraissait imperturbable, comme si elle savait déjà que ça allait arriver. « La nourriture a déjà été préparée, et tu pourras te familiariser avec les nouveaux membres : White Bird, son mari Chuang Wai, “les parents” d’Heartless Wind, et ainsi de suite pendant que vous mangerez. »

« Les “parents” d’Heartless Wind ? » Je mis l’emphase sur le mot « parents ». Si je ne me trompe pas, les parents d’Heartless Wind sont les mêmes que les miens ?

« Ouais, cette fois, durant le siège, les “parents” d’Heartless Wind nous ont beaucoup aidé, en plus ils ont déjà décidé de venir s’installer dans la Cité de l’Infini », annonça Lolidragon, en insistant sur le mot « parents » comme je l’avais fait.

« … » Mes épaules s’affaissèrent. Je venais tout juste d’échapper à une tempête, et une autre arrivait déjà : je commençais à soupçonner que je n’avais pas encore fait la paix avec toutes les déités mécontentes quelque part.

Je suivis Lolidragon jusqu’à la salle à manger… et commençai à transpirer comme un fou. Quelqu’un se marie ou quoi ? Comment se fait-il que ça ressemble à une célébration de mariage !? Je ne pouvais voir que des rangées et des rangées de lanternes et de rubans, tous avec une couleur thématique rouge, et comptai des dizaines de tables rondes sur lesquels tout le monde était assis à sa place avec les yeux écarquillés d’excitation, en regardant mon entrée. Tout à coup, je me sentis comme si Lolidragon et moi étions la mariée et le marié tant attendus. Je regardai même en arrière pour vérifier s’il y avait un géant « Félicitations » affiché sur le mur derrière moi.

Qu’est-ce que… ? Voilà ce que je recevais pour avoir regardé derrière ; il est impossible de dire si le mot avait été peint en couleur ou s’il s’agissait de vrai sang. On aurait dit qu’il venait d’être écrit, car il était encore dégoulinant.

« Suzerain, voulez-vous qu’on passe en revue les opérations ou les finances de la cité en premier ? » Un visage non familier… Ça devait être la White Bird dont Lolidragon avait parlée ! Elle tenait une épaisse pile de papier, bloquant mon chemin vers ma belle table à manger, arborant une expression respectueuse mais pas trop humble.

« Mangeons d’abord ! » Je fis un geste de la main ; rien n’était plus important que ma merveilleuse nourriture.

En entendant cela, White Bird rangea les papiers dans sa main et déclara : « Oui, mon Seigneur. Dans ce cas, pourriez-vous s’il-vous-plaît annoncer le début du dîner ? »

Je me frottai le nez ; Je n’étais pas habitué à être traité si poliment. « Tout le monde, à table. »

La foule calme rugit soudainement en reprenant vie, et moi aussi j’avais hâte de m’asseoir et de profiter de mon repas exquis de… riz blanc, de filet de viande, et de soupe d’œufs ? Je clignai des yeux, mais c’était encore ces trois choses. Ça ne peut pas être… Est-ce que ce sont des entrées ? « Lolidragon, ce sont… »

« Les plats principaux. » Sachant apparemment ce que je pensais, Lolidragon répondit sans hésiter un instant.

« C’est… » Le coin de ma bouche se crispa tandis que je me rappelais que grand frère Zhuo m’avait dit quelque chose concernant les difficultés financières de la Cité de l’Infini. Mais, elles sont vraiment terribles à ce point ?

« Quel est le problème ? La personne qui a dépensée 5000 pièces de cristal pour prendre un navire en direction du Continent de l’Est n’est pas satisfaite de la nourriture ? » La voix chaleureuse de belle-sœur Yu Lian résonna, mais je me sentis comme si j’étais tombé dans une fosse de glace et n’arrivais pas à arrêter de trembler.

« Ces plats sont merveilleux ; Je n’ai pas eu une telle… telle alimentation aussi saine depuis des lustres ! » Afin de prouver ce que je disais, je levai même mon bol de riz et commençai à pelleter d’énormes quantités de riz blanc pour les flanquer dans ma bouche.

Belle-sœur Yu Lian eut une fois de plus un petit sourire. « Prince aurait dû être plutôt bien nourris pendant ce voyage, non ? »

C’est vrai… Je me mis à transpirer violemment. Tout à coup, j’eus un élan d’inspiration qui, je l’espérais, sauverait ma peau. Je pris mon sac à dos et en sortis un rubis rouge rutilant (Vous vous rappelez duquel il s’agit ? Celui sur la grande porte d’une certaine personne… Je l’avais arraché en douce juste avant de partir.) Je le présentai avec des mains tremblantes. « Belle-sœur, ce petit cadeau d’appréciation est de la part de ton petit frère, je t’en prie accepte-le. »

Belle-sœur signala à Phoenix de prendre le rubis. Phoenix… renifla le rubis avant de déclarer : « 3000 pièces de cristal. »

Hé, tu es un phoenix, pas un chien… et pourtant tu renifles ?

Belle-sœur se servit de ses yeux pour ensuite faire un signe à Lolidragon, qui jeta précipitamment ses baguettes pour annoncer d’une manière calme et digne : « Prince, en raison de la crise économique de la cité, nous avons décidé de t’envoyer gagner de l’argent. »

Je pointai mon propre nez, le visage clairement sous le choc, en songeant : Moi ? Gagner de l’argent ? Tout dépenser est plus probable… Et si… Et s’ils voulaient vraiment que je travaille en tant que quelque chose comme hôte ou prostitué ? Je pâlis et m’enquis : « De quelle manière est-ce que je vais faire ça ? »

Doll afficha tout à coup un sourire radieux : « Grand frère Prince est si beau. »

Lolidragon hocha la tête. « En plus, le nom de l’Elfe Sanguinaire est si bien connu. »

Je suis fait jusqu’à l’os, je suis fait jusqu’à l’os; ils veulent vraiment que je travaille comme prostitué ? C’est mon premier emploi à temps partiel, et je dois vendre mon corps ? Pas question, ça ne peut pas arriver ; si des nouvelles de ça se propagent, comment je suis censée, moi une jeune fille, continuer à vivre ? C’est impossible… Mais… j’observai le sourire de belle-sœur Yu Lian qui s’élargissait… Euh, au pire, je vais être une escorte masculine, vendre mon sourire et non mon corps. Je peux encore tolérer ça… Je regardai à nouveau le visage souriant de belle-sœur Yu LianEuh, tout au plus, je peux accepter de vendre mon corps à des « beautés ».

« D’après ce que raconte Lolidragon, tu chantes plutôt bien ? » demanda soudainement grand frère Wolf.

J’étais stupéfait. Est-ce que je chante bien ? Je me tournai vers pour Lolidragon, le visage rempli d’incrédulité.

« Tu n’as pas chanté “It’s My Life” devant moi auparavant ? » Lolidragon haussa un sourcil. « J’ose affirmer que, à tout le moins, tu chantes aussi bien que le chanteur d’origine. »

« Prince, chante, et je vais t’aider à jouer l’accompagnement ! » Gui leva son guqing et se mit à l’accorder.

Utilisez un Guqing pour jouer des chansons rock and roll ? Il vaudrait mieux pas, n’est-ce pas ? Même si le chanteur d’origine ne se retournait pas dans sa tombe, la corde du guqing se briserait sûrement… Mais, en regardant l’anticipation dans les yeux de la foule, j’étais trop gêné pour dire non, alors je n’eus d’autre choix que de discuter du choix de la chanson avec Gui. « Nous allons changer pour une chanson plus sentimentale, celle-là n’est pas très adaptée pour un accompagnement au guqing. »

«  Ce sera laquelle ? » me questionna Gui.

Je n’eus pas besoin d’y réfléchir à deux fois : « Les rêves veulent voler. »

Comme Gui jouait la première note, moi aussi je me plongeai dans les paroles de la chanson. J’ouvris la bouche et chantai :

Les rêves veulent voler
Voler avec des ailes ne serait plus étonnant, car les plumes sont trop douces
Les rêves sont un lourd fardeau, rien ne semble plus difficile que le décollage
Je saute, je bondis, je vais essayer
Je tombe, je suis blessé, j’ai pitié de moi-même

Traversant mon cœur et les difficultés, mais pas les sentiments,
Exécutant le dernier pas, me blessant, blessant les autres, mais je ne peux pas blesser l’éternité,
Légendes, créées par la tristesse, l’amertume, et la douleur
Atteintes seulement en voulant voler, et voler
Les rêves veulent voler

<Les Rêves Veulent Voler> par Yu Wo

J’arrêtai de chanter, pris une profonde inspiration, et revins à la réalité. Quand je rouvris les yeux, tout le monde dans le public semblait absorbé par mon chant. Je ne pus que me gratter la joue ; J’ai vraiment bien chanté à ce point ?

Belle-sœur Yu Lian fut la première à ouvrir les yeux ; ils brillaient d’une lueur d’excitation alors qu’elle disait : « On a tiré le gros lot ! »

« Hein ? » Qu’est-ce qu’elle veut dire ? Pourquoi est-ce que je me sens à nouveau si mal à l’aise, surtout après avoir repéré mes parents assis à la table sur ma gauche, ayant l’air de s’être profondément plongés dans leurs pensées ? Mon cœur se mit à battre la chamade à cette pensée.

Notes de bas de page

1 Enveloppes rouges : Elles sont principalement offertes lors de rencontres sociales ou de rencontres de familles telles que les mariages, ou lors des jours de fête comme La Nouvelle Lune de l’Année. La couleur rouge de l’enveloppe symbolise la chance et est supposée éloigner les mauvais esprits. L’acte de demander des enveloppes rouges s’appelle normalement (Mandarin): 討紅包, 要利是. (Cantonais):逗利是. Une personne mariée ne refuserait pas de répondre à cette demande, puisque ça signifierait qu’il ou elle « n’aurait pas de chance » durant la nouvelle année. Dans le but de suivre les traditions chinoises, on s’attend habituellement à ce que les couples de nouveaux-mariés soient extrêmement généreux dans le montant offert à l’intérieur des enveloppes rouges, afin de recevoir des bénédictions en vue d’un mariage heureux.

2 « …pleurer jusqu’à-ce que la Grande Muraille de Chine s’effondre » : Il y a une histoire derrière ce dicton. La construction de la Grande Muraille de Chine causait la mort de beaucoup de gens, alors les habitants de la Chine Antique n’étaient pas d’accord pour y aller. Cependant, l’empereur de cette époque a obligé des hommes à quitter leurs foyers pour aller bâtir la Grande Muraille. Une femme appelée Meng Jiang Nv venait tout juste de se marier lorsque son mari fut forcé d’aller aider à sa construction, et il mourut. La légende raconte que Meng Jiang Nv avait pleuré pendant des jours et des nuits sous la Grande Muraille après la mort de son mari jusqu’à-ce qu’une partie inachevée se mette à trembler et s’effondre.

3 Baiser-serpent : le mot baiser-serpent se prononce de la même manière que « baiser avec la langue » en chinois… ce qui est simplement, comme vous pouvez le deviner, le fait d’embrasser avec la langue. On peut dire ici que Prince a mal interprété ce que Lolidragon lui a dit et en a fait un jeu de mot.

4 « Une haine aussi profonde qu’une Mer de Sang » : Habituellement, cette phrase est utilisée pour exprimer une haine très profonde, par exemple quand l’ennemi a tué vos parents… et donc la partie sur la mer de sang. La partie sur la mer de sang peut aussi signifier que vous haïssez tellement votre ennemi que vous voulez voir son sang couler jusqu’à former une « mer ».

Romance RPG : Partie 5

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Romance RPG

Roman originel en Chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Part Five – traduit du chinois vers l’anglais par Raylight[PR!]
Partie Cinq – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Le ! » Meng prononça lentement le premier mot.

Lin Jian Yin sentit abruptement que son corps le démangeait un peu… Ce n’est pas tout à fait exact ! Quel corps ? Il regarda vers le bas, seulement pour s’apercevoir que, sur sa lame brillante et éclatante, un « Le » en or était apparu.

« Meilleur ! »

« Attends une minute ! Je suis désolé. Est-ce que je peux m’excuser ? » cria-t-il immédiatement. Trêve de plaisanterie ! Il avait originellement pensé que la laisser lui donner un nom au hasard n’était pas un problème, mais comment est-ce qu’il aurait pu savoir que ce nom serait en fait gravé sur son propre corps ? Il n’avait sérieusement pas envie d’avoir un nom horrible gravé sur lui.

« Jian ! »

« Je ne l’ai pas fait exprès. Je ne savais pas non plus que ton nom deviendrait Cent Points, Hmph. »

« Au ! »

Euh ? D’une certaine manière, jusqu’à présent, ça semble encore être bon ? Lin Jian était en quelque sorte incrédule. Cette femme, se pourrait-il qu’elle veuille m’appeler « La Meilleure Épée Au Monde » ? Même si c’est un peu cliché, au moins ce serait cent fois mieux que Cent Points, Hmph.

« Monde ! » Continued

Mise à jour : Mai 2016

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Chapitres de Mai
  1. Romance RPG : Partie 5
  2. 1/2 Prince T4C2 : Le Baiser d’Un Prince
  3. La Légende du Chevalier du Soleil T3C2 : Forme Un Groupe d’Aventuriers

Bonjour tout le monde !

Trois chapitres ce mois-ci, dont un pour chacune des trois séries officielles.

J’aimerais en profiter pour vous annoncer que nous avons officiellement commencé à traduire une quatrième série de romans intitulée La Reine Guerrière. Il s’agit de la série précédant celle de La Légende du Chevalier du Soleil, bien qu’elle ait été écrite par la suite. Ce ne sont que les deux tomes prologues, mais l’auteure a affirmé avoir l’intention d’en faire une série plus longue un jour. Nous devrions pouvoir entamer sa publication en décembre prochain. On vous fournira de plus amples informations d’ici là, c’est promis.

Aussi, il y a un nouveau concours chez la team anglaise, cette fois-ci étant un quiz de 75 questions portant sur les trads anglaises de LCS (Legend of Sun Knight). Et, il y a de magnifiques prix en perspective pour les gagnants. Alors, s’il y en a parmi vous qui suivent les traductions anglaises, ce serait bien que vous alliez tenter votre chance. Voici un lien vers le concours —> Lien.

Sinon, nous sommes en plein recrutement de traducteurs/trices pour 1/2 Prince et de vérificateurs/trices pour n’importe laquelle de nos séries. Vous êtes partant ? Venez visiter notre page de recrutement. ^ ^