Mise à jour : Mars 2016

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Chapitres de Mars
  1. 1/2 Prince T3C6: Le Démoniaque Dieu des Ténèbres
  2. 1/2 Prince T3C7: La Bataille Débute
  3. La Légende du Chevalier du Soleil T2C10: Rassembler Des Fidèles
  4. La Légende du Chevalier du Soleil T2 Extra #2: Respecte La Vie Privée des Douze Chevaliers Sacrés
  5. La Légende du Chevalier du Soleil T2 Épilogue: Introduction des Personnage

Non, non, vous ne rêvez pas ! Vous avez bel et bien droit à 2 chapitres de 1/2 Prince et à 3 chapitres de La Légende du Chevalier du Soleil.

Toutefois, nous avons toujours CRUELLEMENT BESOIN de trouver un nouveau traducteur ou une nouvelle traductrice pour 1/2 Prince. Alors, si vous comprenez l’anglais, et que vous adorez 1/2 Prince, venez tenter votre chance comme traducteur/trice en vous rendant sur notre page de recrutement ! Ça nous ferait vraiment plaisir de vous avoir dans l’équipe. ^ ^

Sinon, pour ceux que ça intéresse, la team Anglaise de Prince Revolution! organise actuellement un concours de paroles de chansons sur son forum. Le but est de modifier les paroles d’une chanson anglaise qui existe déjà pour qu’elle ait un lien avec les séries traduites de Yu Wo. Allez y jeter un coup d’œil si vous en avez la chance !

peurduloup

La Légende du Chevalier du Soleil T2C9 : Diffuse Les Véritables Enseignements du Dieu de La Lumière

La Légende du Chevalier du Soleil

Roman originel en Chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Chapter 9: Spread the True Teachings of the God of Light – traduit du chinois vers l’anglais par dahlys[PR!]
Chapitre 9 : Diffuse les Véritables Enseignements du Dieu de la Lumière – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia

+ Travail de vérification par Nocta

Le jour du combat à mort, le Temple Sacré était pratiquement vide. Tout le monde était déjà parti pour se trouver une bonne place au stade où le combat se tiendrait.

Je soupirai d’irritation. « Même les chevaliers en patrouille ont disparu. C’est tout simplement de la négligence pure ! Même si tout est paisible en ce moment, une faction religieuse qui nous est opposée, celle du Monastère du Dieu de la Guerre, se trouve sur notre territoire. Ne pas laisser de gardes dans le Temple Sacré est un peu trop exagéré.

« Par conséquent, messieurs, vous allez surveiller cet endroit ! »

Je laissai ma Section du Chevalier du Soleil sortir de la salle de détention, et leurs donnai ces instructions.

Leurs expressions indiquaient 200 % de réticence à suivre les ordres.

« Pourquoi a-t-il fallu que ça arrive…? Nous avions à l’origine l’intention de nous évader discrètement par la porte secrète et d’aller regarder le match. Capitaine… »

Vingt-quatre chevaliers sacrés en armure me fixèrent de leurs yeux implorants et brillants, et continuèrent à pleurnicher : « Capitaine… » Ils allongèrent même la dernière syllabe. Ceci me fait me sentir très…

« Dégoutant ! Hors de ma vue ! » criai-je avec colère.

Je me retournai, seulement pour apercevoir Adair, mon Vice-Capitaine, debout devant moi avec un air déprimé.

Il sourit amèrement, puis déclara solennellement : « Capitaine, la Section du Chevalier du Soleil et moi surveillerons bien le Temple Sacré. Malgré le fait qu’Adair regrettera toujours de ne pas avoir pu contempler vos actes de bravoure pendant la bataille, Adair suivra chacun de vos ordres. Pourtant, je ne peux m’empêcher de le regretter ! » Il soupira de façon tragique.

« Puisque tu le regretteras à ce point, viens assister au combat après avoir arrangé leurs positions. »

« Oui, sire ! » La vitalité d’Adair lui revint en un instant.

Après avoir dit cela, je remarquai que le soleil s’était déjà levé. Je devais encore aller récupérer quelqu’un et, si je ne me mettais pas en route bientôt,  j’arriverais en retard. Bien que je fusse souvent en retard, quand les gens qui attendaient incluaient un roi, une princesse, le Pape de ma religion, une personne de haut rang appartenant à une autre religion et ainsi de suite, ce n’était pas une bonne idée d’être tardif.

Lorsque j’eus parcouru une certaine distance, j’entendis des gens hurler derrière moi des choses comme « Adair ! Tu es méprisable ! », « Impudent ! », « Traître ! » et d’autres commentaires tels que ceux-là.

Quand j’atteignis les portes principales du Temple Sacré, j’observai les alentours et trouvai sur-le-champ la personne que je cherchais. Il se tenait debout dans un coin. Je hochai la tête à son intention, puis continuai ma route en direction du stade. Je savais qu’il me suivrait.

 

 

Comme je pénétrais dans le stade, les chevaliers royaux me saluèrent avec des hochements de tête amicaux. Mais, au moment où ils jetèrent un regard derrière moi, ils se tendirent et se précipitèrent en courant pour restreindre la personne qui me suivait.

« Arrêtez là ! Pas un pas de plus ! »

La tension des chevaliers royaux était contagieuse et se répandit vite dans tout le public. Plusieurs personnes dévisagèrent ouvertement l’homme habillé de façon unique qui se trouvait à l’entrée.

Ce dernier portait un justaucorps noir avec une armure d’écailles argentées lui recouvrant la poitrine, les parties vitales, les mollets, et le bas du visage. Bien que ce fût une tenue d’assassin, une épée longue pendait à sa taille. C’était inhabituel, puisque les armes préférées des assassins étaient les dagues et les épées courtes.

Je criai au garde : « Il appartient au Temple Sacré et n’est pas une personne suspecte ! Laissez-le entrer. »

Tout le monde était choqué, toutefois les Douze Chevaliers Sacrés étaient les plus alarmés. Certains allèrent même jusqu’à nous fixer du regard, en alternant entre lui et moi, avec une suspicion évidente.

Je souris radieusement et expliquai à tous : « Il s’agit du Capitaine-Chevalier des Enfers. Il a récemment complété une mission secrète et est depuis retourné au Temple. »

Blaze fut le premier à s’exclamer : « Quoi ? Ce n’est pas Sun… Non ! Suprême Dragon ? »

Je hochai la tête et répliquai : « Oh ! Tu as raison ; le nom complet du Capitaine-Chevalier des Enfers est Suprême Dragon des Enfers. Il n’y a rien de mal à ce que tu l’appelles Suprême Dragon mais, devant les autres, Capitaine-Chevalier de Flamme, tu devrais l’appeler Capitaine-Chevalier des Enfers. Ceci est afin d’empêcher les autres de se tromper sur son identité. »

Blaze resta stupéfait. Il ouvrit la bouche comme s’il essayait de dire quelque chose mais ignorait quoi dire. Il n’était pas la seule personne abasourdie. Pour faire simple, tous les autres Chevaliers Sacrés étaient soit sous le choc, soit soupçonneux ou soit ils affichaient des expressions de totale incrédulité.

Cette affirmation laissa place à beaucoup de discussion. Pendant que tout le monde discutait, je pris note de la situation dans le stade. Les gradins étaient clairement divisés en trois : les chevaliers royaux, les guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre, et les chevaliers sacrés.

Les chevaliers royaux étaient ceux assis les plus près de l’estrade sur laquelle se trouvait le roi. Les membres du Monastère du Dieu de la Guerre étaient assis directement à l’opposé des chevaliers royaux. Les chevaliers sacrés étaient séparés en deux et remplissaient les sièges entre les deux autres factions pour servir de zone neutre. Après tout, les regards noirs de colère que les chevaliers royaux et les guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre se lançaient les uns aux autres étaient suffisants pour faire en sorte que tout le monde soupçonne que, au lieu d’un combat à mort en trio, la bataille ne dégénère en rixe de groupe.

Le Fils du Dieu de la Guerre était assis à côté de la scène. Les gradins derrière lui étaient remplis de guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre.

Le représentant des chevaliers royaux, Elijah, était assis à l’opposé du Fils du Dieu de la Guerre, et seule la scène les séparait. Il fixait du regard le présumé « Suprême Dragon des Enfers » avec raideur.

La princesse ne se trouvait pas sur l’estrade du roi, mais bien derrière Elijah dans la zone d’encouragements qu’elle avait préparée juste pour lui. Elle semblait encourager son chéri de toutes ses forces. Elle ne se souciait même pas de prétendre afficher le moindre encouragement pour le Fils du Dieu de la Guerre ou pour moi. Observant la scène, le Fils du Dieu de la Guerre avait l’air plutôt contrarié. Évidemment, je continuai à sourire radieusement.

La princesse considéra Suprême Dragon des Enfers avec doute, et me lança un regard d’avertissement. Son regard impliquait qu’elle souhaitait que j’évite de causer des problèmes.

Je n’avais pas dévoilé grand-chose de mon plan à la princesse. Tout ce que j’avais dit était que j’allais aider, très naturellement, son bien-aimé à remporter le combat à mort en trio. Je n’avais rien mentionné de plus, et ne pouvais pas ajouter quoi que ce soit d’autre au risque de finir sur le bûcher.

À ce moment-là, le roi annonça lentement : « D’après ce que j’entends, les Douze Chevaliers Sacrés ne semblent pas reconnaître leur propre camarade. »

Je m’inclinai gracieusement devant le roi, puis clarifiai : « C’est exact, Votre Majesté. Hormis Sun, les autres ne reconnaissent effectivement pas ce compagnon. »

« Oh ? Je suis toute ouïe. » Le roi paraissait honnêtement intéressé.

J’acquiesçai de la tête et expliquai : « Le Capitaine-Chevalier des Enfers est une existence unique au sein des Douze Chevaliers Sacrés. Au fur et à mesure que les époques passent, le rôle du Chevalier des Enfers change, mais ce dernier est principalement impliqué dans le travail sous couverture. Par exemple, en temps de guerre, celui-ci aurait pour tâche principale d’obtenir des informations militaires vitales pour l’armée. »

« Entre autre, ce que vous voulez dire c’est que le Chevalier des Enfers existe pour être soit un assassin, soit un espion ? »

Le plus jeune chevalier confident du roi sourit un peu bizarrement et déclara : « Ainsi, il existe un membre des Douze Chevaliers Sacrés qui exécute ce genre de sale boulot ? »

Elijah, qui se tenait sur le côté, baissa légèrement la tête de honte.

« Ce n’est pas du tout comme cela », niai-je avec ferveur. Je pris une pause avant de commencer mon explication : « Sous la guidance du Dieu de la Lumière, les Chevaliers Sacrés doivent maintenir le véritable esprit de la justice, et pas une forme ignorante de justice. En temps de guerre, obtenir des informations exactes est d’une importance primordiale. Des informations exactes assurent qu’aussi peu de nos frères chevaliers sacrés soient sacrifiés que possible. Cela va aussi raccourcir la durée de la guerre, empêchant les fidèles du Dieu de la Lumière de souffrir des ravages provoqués par celle-ci. Néanmoins, l’information ne nous vient pas si aisément. Simplement la demander ne nous apportera pas de données utiles. Afin d’obtenir des informations vitales, quelqu’un doit sacrifier son droit de se tenir sous la lumière et ainsi pénétrer dans les ténèbres. Tout cela afin de réduire la souffrance du peuple du Dieu de la Lumière, de protéger nos confrères chevaliers sacrés, et, un dernier point mais pas le moindre, apporter la justice du Dieu de la Lumière. »

Je jetai un coup d’œil en direction d’Elijah. Il semblait plus joyeux maintenant. Je parlai doucement : « Je vous prie de me croire. Les Chevaliers Sacrés ne craignent pas de s’avancer dans les ténèbres en tournant le dos à la lumière. Même s’ils sont entourés par les ténèbres, ils restent sous la radiance du Dieu de la Lumière. »

Quand j’eus terminé de parler, tout le monde se plongea profondément dans ses pensées. La princesse me sourit même, probablement parce que mes paroles pouvaient encourager son bien-aimé.

En fait, ces paroles ne s’appliquaient pas seulement au Chevalier des Enfers. Elles étaient valides pour tous les Chevaliers Sacrés du la « Cruelle Faction au Cœur de Pierre », particulièrement pour leur chef, le Chevalier du Jugement.

Le roi acquiesça doucement d’un signe de tête et décréta : « Chevalier du Soleil, vous avez approfondi ma compréhension des Chevaliers Sacrés. »

« C’est tout à l’honneur de Sun, et à la volonté du Dieu de la Lumière, que Votre Majesté ait compris les propos qu’il a tenus. »

« Capitaine-Chevalier du Soleil, avez-vous fini de parler ? » Le Fils du Dieu de la Guerre faisait de son mieux pour garder un comportement calme, mais ne pouvait pas dissimuler son impatience. « Si vous avez terminé, dans ce cas commençons le combat ! »

« Mes plus sincères excuses pour la longue attente. Participons dès à présent à cet échange amical de coups dont est témoin le Dieu de la Lumière », annonçai-je à l’adresse de tous.

Après mon annonce, je me dirigeai immédiatement vers la scène… mais une silhouette noire et argentée me bloquait le chemin.

J’arrêtai de marcher avec hésitation et m’enquis : « Mon frère Hell, quelque chose ne va pas ? »

Hell dit simplement et clairement : « Combattre n’est pas quelque chose que le Chevalier du Soleil devrait faire. Permets à ce double de prendre ta place dans le combat. »

En entendant cela, je murmurai : « Ah. » Le roi fut rapide à réagir. Il demanda : « Double ? »

Je regardai le roi avec une expression de malaise et bégayai : « C-C’est… »

Le roi lança un regard à son plus jeune chevalier confident. Ce dernier s’écria : « Se pourrait-il que le toujours honnête et transparent Chevalier du Soleil cache quelque chose d’indicible ? »

Je me retournai délibérément pour inciter Judgment à agir. Il était le seul qui pouvait coopérer avec moi sans en avoir été informé.

Bien que Judgment n’eût pas la moindre idée de ce qu’il se passait, il dit avec irritation : « Si tu tiens absolument à le dire, dans ce cas ça devient ta responsabilité. »

J’hésitai, soupirai, puis clarifiai : « Les choses sont comme ceci, Votre Majesté : Autrefois, on croyait que le Chevalier des Enfers était l’alter ego du Chevalier du Soleil, et non pas une véritable personne. Il reste incertain si c’était vrai par le passé. En dépit de cela, le Chevalier des Enfers actuel existe bel et bien en chair et en os. Mais, en même temps, on lui a assigné la tâche d’être le double du Chevalier du Soleil. » Après avoir donné mon explication, je fis de mon mieux pour plaider auprès du Chevalier des Enfers : « Capitaine-Chevalier des Enfers, je te prie de t’écarter. Ceci est mon combat. »

« Non ! » Hell gronda en quelque sorte avec colère : « Si tu combats personnellement au lieu de laisser ce double prendre ta place, dans ce cas tu vas à l’encontre de la raison d’être de mon existence. Tu devras me tuer et enjamber ma dépouille avant que je ne te laisse monter sur la scène. »

Je restai abasourdi, et tout le stade était en émoi. C’était rare pour le public d’entendre un hautement bien discipliné Chevalier Sacré perdre son sang-froid et affirmer une chose pareille.

« Capitaine-Chevalier des Enfers, je ne puis te permettre de me remplacer dans ce combat. » Je soupirai doucement et déclarai avec impuissance : « Si tu gagnais, comment cela pourrait-il compter comme ma victoire ? »

Le Chevalier des Enfers répliqua froidement : « Dans ce cas, monte sur l’estrade après m’être passé sur le corps ! »

« C’est impossible… S’il-te-plaît, écarte-toi, Capitaine-Chevalier des Enfers. » Je commençais à être fâché.

« Jamais ! » Celui-ci ne cracha que ce seul mot, mais ce mot eut plus qu’assez d’impact.

Nous avions atteint une impasse. Hell me fixa de ses yeux déterminés… ou, devrais-je dire, il faisait de son mieux pour paraître résolu. Je crois que ce n’était guère difficile pour lui, comme il était à l’origine une personne extrêmement déterminée de toute manière.

« Laissez donc le Capitaine-Chevalier des Enfers prendre votre place. »

Celle qui brisa notre impasse était Son Altesse, la princesse.

Elle dit doucement : « Puisqu’il est d’accord pour se sacrifier pour le bien du Capitaine-Chevalier du Soleil, dans ce cas ça ne fait aucune différence si c’est lui ou le Chevalier du Soleil qui se bat. »

Je secouai la tête et m’exclamai : « Mais Votre Altesse, les deux autres participants pourraient ne pas être d’accord avec un tel arrangement. »

Elijah y réfléchit soigneusement pendant un moment, puis déclara : « Étant donné que la princesse ne s’y objecte pas, je vais également accepter cet accord. »

Le Fils du Dieu de la Guerre fronça les sourcils. Durant un très long moment, il ne montra aucun signe d’accord. Je peux comprendre cela. Bien qu’il fût incertain de la force du Chevalier des Enfers, quoi qu’il en soit, il ne pouvait être plus faible que je ne l’étais d’après les rumeurs à mon sujet.

Je m’empressai de jeter de l’huile sur le feu en disant : « Ce serait compréhensible si Sa Seigneurie le Fils du Dieu de la Guerre refusait, vu que ce serait injuste pour lui si le Chevalier des Enfers l’emportait. »

Le Fils du Dieu de la Guerre eut l’air insulté par mon commentaire. Il ricana froidement, et s’écria : « Qui a dit que je ne suis pas d’accord !? Je me fiche de savoir qui est mon adversaire ; ce sera moi le vainqueur ! »

Suite à cette déclaration, le roi acquiesça d’un signe de tête pour marquer son accord. Puisque toutes les personnes importantes avaient donné leur approbation, l’affaire était réglée. Les trois hommes qui étaient en lice pour demander la main de la princesse montèrent sur la scène afin de débuter le combat à mort.

Comme je ne faisais plus partie des hommes en compétition dans le combat pour la princesse, je retournai dans les rangs des Douze Chevaliers Sacrés et pris ma place aux côtés du Chevalier du Jugement.

Le coin des lèvres de ce dernier se releva un peu, et il murmura : « Ainsi, tu n’avais jamais eu l’intention de monter sur l’estrade. »

« Évidemment. Je n’ai nullement l’intention de me faire massacrer devant une audience », répondis-je naturellement.

Je lui jetai un regard de désapprobation et ajoutai cyniquement : « Avec ta capacité à raisonner, tu aurais dû en déduire ceci quand tu m’as vu avec le livre que Cloud m’avait donné, celui qui décrivait comment choisir des porte-bonheurs. Crois-tu réellement que je sois quelqu’un qui se fie aux porte-bonheurs afin de garantir le succès de ses manigances ? Si je ne puis être confiant à 200 %, alors je devrais au moins être à 100% certain du succès de l’opération avant d’“oser” entreprendre quoi que ce soit. »

« Ah… Tu as raison ! Comme c’était stupide de ma part. » Judgment secoua la tête avec chagrin et affirma : « Oublions le livre, j’aurais dû savoir que tu n’avais définitivement pas la moindre intention de participer à ce combat quand tu l’as accepté. »

Je regardai Judgment avec dédain. Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? Dans tous les cas, j’ai vaincu de nombreuses créatures des ténèbres ; et, à l’occasion,  celles que Rose envoie sont très fortes !

Un serviteur marcha soudainement jusqu’à moi et annonça respectueusement : « Chevalier du Soleil, le roi souhaiterait s’entretenir avec vous. »

Je hochai la tête et le suivis, puis lançai bravement un sourire éclatant au roi. Même si le roi savait que tout ceci était de ma faute, il n’y avait aucune chance pour que le roi puisse m’accuser devant une aussi large audience, n’est-ce pas ?

Le roi fit un signe de la main à ses deux chevaliers confidents, et ceux-ci comprirent sur-le-champ qu’ils devaient s’éloigner.

Il m’envoya ensuite un signe de la main. Je grimpai sur l’estrade et allai me tenir à côté du roi, et baissai la tête pour écouter ce qu’il avait à me dire. Il serra les dents et siffla entre celles-ci : « Si ma sœur n’aimait pas réellement Elijah, je ne t’aurais jamais permis  de causer des ennuis. »

« Malgré le fait que Sun n’ait aucune idée de ce que Votre Majesté entend par “causer des ennuis”, j’admire effectivement votre préoccupation sincère à l’égard de votre sœur bien-aimée », articulai-je avec sincérité.

Après tout, si le roi avait insisté pour que sa sœur épouse le Fils du Dieu de la Guerre, il aurait eu au moins dix façons à sa disposition pour saboter mon plan. Mais, non seulement il n’avait pas employé une de ces méthodes, il a même choisi de simplement s’asseoir et d’observer le résultat.

« Pfff ! Si tu causes autant d’émoi et échoues quand même à laisser ma sœur marier son amoureux, résultant en de graves conséquences, je m’assurerai que rien de bon ne t’arrive par la suite. »

Exactement comme un grand frère anxieux, le roi me fusilla vicieusement du regard. Après cela, il se renfrogna et se tourna vers la scène qui se déroulait.

Le roi avait une bonne raison de froncer les sourcils. Bien qu’Elijah eût été entraîné par Judgment, la probabilité qu’il batte le Fils du Dieu de la Guerre était aussi élevée que la mienne de vaincre Judgment.

Je le savais, Judgment le savait, les guerriers du Dieu de la Guerre le savaient, et les chevaliers royaux le savaient. Alors naturellement, le roi le savait également.

Ce qu’ils ne savaient pas était qu’il existait plusieurs définitions à « gagner », particulièrement quand il s’agissait de se battre pour une femme.

 

 

Tandis que je quittais les côtés du roi et retournais dans les rangs des Douze Chevaliers Sacrés, le combat avait déjà débuté, comme si les participants n’en pouvait plus d’attendre pour commencer. Le premier à attaquer fut le Fils du Dieu de la Guerre. Les guerriers étaient toujours les premiers à partir à l’assaut, alors que les chevaliers qui valorisaient la défense plutôt que l’attaque passaient rarement à l’attaque les premiers.

« Excellente technique à l’épée ! » s’exclama le Chevalier du Jugement avec admiration, comme si l’envie de faire un match le démangeait.

Cette affirmation n’était, évidemment, pas dirigée vers Elijah. La technique à l’épée d’Elijah n’était pas si mal, mais pas suffisamment bonne pour que Judgment s’en émerveille. Son commentaire visait Rol— le Capitaine-Chevalier des Enfers et le Fils du Dieu de la Guerre.

Le Chevalier du Jugement fit un commentaire sur le combat vicieux en déclarant : « Peu de temps après le début du combat, le Fils du Dieu de la Guerre s’est vite rendu compte de qui était son véritable adversaire. Même si en surface il s’agit d’une mêlée de trois personnes, en vérité, la majeure partie du combat se passe entre le Fils du Dieu de la Guerre et le Chevalier des Enfers.

« Le Fils du Dieu de la Guerre avait au départ l’intention de se débarrasser d’Elijah avant de s’occuper du Chevalier des Enfers, mais la technique à l’épée de ce dernier est vraiment très bonne et son jeu de jambes est trop unique. Cela demanderait plus qu’un court instant pour vaincre Elijah, ce qui rend les choses difficiles, en considérant que le Chevalier des Enfers attendrait aussi à proximité une opportunité pour attaquer, tel un tigre attendant de se jeter sur sa proie. »

« Même le Fils du Dieu de la Guerre perdrait s’il ne se battait pas sérieusement contre le Chevalier des Enfers », dit le Chevalier du Jugement en poursuivant son commentaire exclusif.

En vérité, tout ce que j’apercevais était le scintillement d’épées et les silhouettes de trois personnes se précipitant çà et là. Je regardai jusqu’à-ce que j’en aie le vertige, et quand j’entendis le bruit d’armes qui s’entrechoquaient… « C’est une bonne chose que je ne sois pas sur l’estrade, autrement je serais mort d’une crise cardiaque juste en entendant les bruits des épées s’entrechoquant », dévoilai-je.

« Si tu étais réellement monté sur la scène, tu aurais perdu avant même d’avoir entendu le bruit d’épées qui s’entrechoquent », dit Judgment après avoir entendu mon exclamation de soulagement. « Mais, ne t’inquiète pas. Ta spécialité est de vaincre les morts-vivants. Si c’était pour battre les créatures des ténèbres, tu serais plus fort que les trois personnes sur la scène. » Après m’avoir réconforté, Judgment procéda à m’insulter davantage. Il affirma : « D’un autre côté, s’il s’agissait de te battre contre des êtres vivants, tu serais plus que trois fois plus faible qu’Elijah. »

Incapable d’accepter la défaite, je le provoquai : « Dans ce cas, entre toi et le Chevalier des Enfers, qui serait le plus fort ? »

Judgment me lança un regard en biais, puis articula lentement : « Difficile à dire… Et tu devrais savoir ce que je veux dire par là. »

Je fermai docilement la bouche et me rappelai que Suprême Dragon des Enfers ne possédait pas que quelques capacités au combat à l’épée. En vérité, ses capacités à l’épée étaient probablement les moins dangereuses de ses habilités. Évidemment, si l’ennemi était « Suprême Dragon des Enfers », en tant que Chevalier Sacré, « le couper en rondelles avec une épée » n’était pas le seul moyen à la disposition du Chevalier du Jugement. En conclusion, ce serait très dur de déterminer qui gagnerait. La seule chose dont je sois sûr était que Judgment avait déjà découvert la véritable identité de « Suprême Dragon des Enfers ».

Bien que je n’eusse pas la moindre intention de le cacher à Judgment, j’étais, comme toujours, empreint d’admiration devant ses pouvoirs d’observation. Si j’avais un jour besoin de le faire, je craignais que ce ne fût extrêmement difficile de lui dissimuler quelque chose.

Je ne pus résister à la tentation de lui demander : « Comment as-tu découvert qui il est ? »

« Il est facile à identifier à cause de sa superbe technique à l’épée. »

Alors, c’était donc ça. Je déteste les maîtres-épéistes !

« Ton expression indique que tu penses que tous les experts dans le maniement de l’épée devraient mourir. » Judgment me lança un regard de désapprobation.

« Continues de deviner correctement et je serai convaincu que tu n’es pas le Chevalier du Jugement, mais plutôt une sorte de ver solitaire vivant dans mes intestins1 ! »

Le regard de désapprobation de Judgment disparut, remplacé par un sourire grandissant. Insatisfait, je questionnai : « Comment avance le combat ? »

« Le Fils du Dieu de la Guerre est effectivement à la hauteur de son titre de leader des guerriers. On ne doit pas le sous-estimer. À moins que Suprême Dragon des Enfers se serve d’une autre technique que celle de son épée, il va définitivement perdre au final. »

Je m’enquis pour clarifier : « Même si Elijah et Suprême Dragon des Enfers se liguent tous les deux contre lui, le Fils du Dieu de la Guerre va quand même l’emporter ? »

« Oui. »

Je ne pus m’empêcher de le complimenter : « Il n’est pas le Fils du Dieu de la Guerre pour rien ; il est si fort ! »

« Ton expression suggère que tu es très soulagé du fait que tu n’avais jamais eu la moindre intention de prendre part au combat. »

« Tais-toi, ver solitaire ! »

Les yeux de Judgment débordaient de ravissement. Heureusement pour lui, les yeux de tous étaient rivés sur le combat, et personne ne remarqua son expression, ou bien plusieurs personnes auraient été choquées à mort en voyant le cruel Chevalier du Jugement sans cœur en train de sourire.

Je remarquai que le temps était presque venu, et je murmurai à Judgment : « Dans un instant, quoi qu’il arrive, n’interfère pas. »

Judgment hocha la tête et dit de manière décisive : « Dans ce cas, je vais partir, au cas où quelqu’un se demanderait pourquoi je ne suis pas intervenu. »

J’acquiesçai en retour d’un signe de tête. C’était tout à fait dans le caractère de Judgment d’être si méticuleux.

« De cette manière, je peux aussi éviter de savoir ce que tu as fait. »

…Il vaudrait peut-être mieux le laisser partir, juste au cas où je dépasserais accidentellement le niveau de tolérance de Judgment. Si ça devait arriver, après avoir reçu une correction fort douloureuse, je serais quand même obligé de m’excuser pour avoir causé des problèmes.

Après que Judgment eut quitté le stade, je regardai en direction de la scène. Les armes s’entrechoquaient continuellement, et les auras de bataille étaient si puissantes que les bourrasques de vent qu’elles occasionnaient étaient suffisantes pour emmêler mes cheveux. Le sol était même rongé de fissures. Des petits morceaux de roches s’envolaient à travers les tourbillons des auras de batailles qui s’affrontaient.

Qu’ils fussent des chevaliers ou des guerriers, les spectateurs n’osaient pas lever les yeux de la bataille intense au cas où ils manqueraient une partie importante. Occasionnellement, il y avait des cris d’émerveillement ou des encouragements bruyants.

Je songeai, C’est suffisant. Si le combat continue, Elijah pourrait être incapable d’en supporter davantage et perdre. Dans ce cas, oublions le fait que mes efforts précédents seraient gaspillés ; je n’aurais pas la moindre idée de comment arranger les choses.

Si Elijah perd, et puisque je ne peux pas permettre au Fils du Dieu de la Guerre d’épouser la princesse, alors ça voudrait dire que je serais vraiment forcé de l’épouser moi-même, hein ? J’estime que je serais obligé de porter une armure blindée complète au lit pendant notre première nuit, afin d’empêcher ma femme de commettre le crime d’assassiner son mari.

Je mis ma main dans ma poche et écrasai un cœur en verre.

Note de bas de page

1 …un verre solitaire vivant dans mes intestins ! : Ceci est basé sur un proverbe chinois dans lequel on dit que les vers solitaires, parce qu’ils vivent comme des parasites dans le corps de leurs hôtes, savent tout de leurs hôtes, incluant ce qu’ils pensent.

La Légende du Chevalier du Soleil T2C8 : Construis de Bonnes Relations Avec Tes Voisins

La Légende du Chevalier du Soleil

Roman originel en Chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Chapter 9: Build Good Relationships With Neighbors – traduit du chinois vers l’anglais par ErihppasPR!]
Chapitre 8 : Construits de Bonnes Relations avec Tes Voisins – traduit de l’anglais vers le français par Nocta

+ Travail de vérification par Yukomin

J’attendis que la nuit soit tombée, puis j’allai frapper à la porte de chacun des douze chevaliers. La première phrase que je leur adressai à tous fut : « Rends-moi un service. »

Je frappai à toutes les portes jusqu’à la chambre du Chevalier du Jugement, et je lui dis la même chose après qu’il eut ouvert sa porte.  « Rends-moi un service. »

« Quel genre de service ? » s’enquit le Chevalier du Jugement en feignant l’ignorance. « Aller acheter une tarte aux myrtilles ? Demander à Ice de te faire de la glace pilée à la fraise ?  »

Je formulai ma requête de façon simple et directe : « Prête-moi dix membres de la Section du Chevalier du Jugement. »

Jugement soupira. « Pour une mission ou pour une revanche ? »

« Pour une mission… » Voyant l’expression de doutes sur le visage de Judgment, j’avouai rapidement : « Mais, j’admets qu’il y a tout petit, minuscule soupçon de revanche personnelle dans mes motivations. »

Judgment fut stupéfait et me demanda : « Est-ce que cela va suffire à te satisfaire ? ».

J’haussai les épaules. « Bien sûr. Je souhaite seulement rassembler davantage de croyants, pas lancer une guerre contre le Monastère du Dieu de la Guerre. »

Bien que j’eus dit cela, Judgment prit tout de même un peu de temps pour réfléchir avant de répondre à contrecœur : « Je peux seulement t’en prêter cinq, au cas où ton mauvais caractère te fasse faire des sottises. Tu t’es toujours montré indulgent envers ta Section du Chevalier du Soleil. Puisqu’ils se sont fait salement tabasser et humilier en public, j’ai vraiment du mal à croire que tu te retiendras de punir les guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre. »

« D’accord, va pour cinq », acceptai-je sans hésiter.

En voyant comment j’avais accepté si facilement, Judgment fronça de nouveau les sourcils. Afin d’éviter de lui donner une chance de le regretter, je changeai rapidement de sujet. « Comment se passe l’entraînement d’Elijah ? »

« Très bien, il apprend vite. Cloud a modifié ses Pas du Nuage pour améliorer son esquive. Il devrait être en mesure d’apprendre la capacité Gagner du Temps d’ici deux semaines. »

J’hochai la tête. « Il ne devrait pas y avoir de problèmes dans ce cas. »

« Pourrais-tu me dire quels sont tes plans pour augmenter le nombre de croyants ? »

« Non ! » Si Judgment prenait connaissance de mon plan dans son ensemble, il n’y avait aucune garantie qu’il ne me couperait pas immédiatement en deux avec son épée afin de me punir pour avoir blessé des personnes dans le passé, de m’empêcher de risquer une guerre avec le Monastère du Dieu de la Guerre dans le présent, et d’éviter que je ne mette des gens en danger dans l’avenir.

« Tu as vraiment prévu de causer des problèmes… Tss ! Alors il vaudrait mieux ne rien me dire. »

Judgment secoua la tête et abandonna l’idée de connaître mes projets, s’épargnant ainsi le dilemme d’avoir à décider s’il devrait ou non me couper en deux. Il ferma lentement sa porte en marmonnant : « Je ferais mieux d’aller me coucher de bonne heure ce soir, afin que je ne ressente aucun remords pour t’avoir prêté cinq membres de mon peloton tout en ayant conscience de ce qu’ils seront forcés de faire. En parlant de cela, chaque fois que j’accepte de te rendre un service, je finis toujours par le regretter tôt ou tard ! » Il soupira lourdement.

Je le mis en garde : « Soupirer va réduire ta durée de vie de trois secondes. »

De derrière la porte, une voix faible répondit : « Accepter une de tes requêtes va réduire ma durée de vie de trois années… »

Je rétorquai : « Si cela réduisait réellement ton espérance de vie de trois années, dans ce cas tu serais mort à peine un mois après m’avoir rencontré. »

« …Oh, tu t’en es rendu compte alors ? »

 

 

Après avoir rendu visite à Judgment, j’observai la position de la lune par la fenêtre. Il était environ dix heures, presque l’heure. Je me dirigeai rapidement vers la cuisine du Temple Sacré. À cette heure, il n’y avait pas âme qui vive là-bas, sauf quelques paniers de pain et de lait qui avaient déjà été placés sur la table.

Je pris ces paniers et m’approchai rapidement de l’extérieur de la chambre de détention où la Section du Chevalier du Soleil était enfermée. Je ne me rendis pas à l’unique porte de la chambre de détention mais, au lieu de cela, je m’approchai d’un mur.

Je m’accroupis contre le mur et, juste au moment où j’étais sur le point d’ouvrir une porte secrète, j’entendis des bruits qui provenaient de l’intérieur.

« Le Capitaine y est allé vraiment fort cette fois ! Pour nous interdire de nous soigner ; plusieurs d’entre nous sont grièvement blessés ! »

« Nous n’avons non plus pas reçu de nourriture… Est-ce que le Capitaine nous a vraiment abandonné ? »

Un grognement plein d’émotion interrompit les plaintes de tout le monde. « En tant que membres de la Section du Chevalier du Soleil, comment, pareil à tous ces étrangers, pouvez-vous penser que le Capitaine nous abandonnerait ? Si c’était le cas, qui pensez-vous nous envoie de la nourriture chaque fois que nous sommes en détention ? Qui nous aurait envoyé ces couvertures chaudes ? Pour finir, qui aurait ouvert la porte secrète de la chambre de détention ? »

Cette voix appartenait à Adair, comme on pouvait s’y attendre du vice-capitaine qui me comprenait le mieux !

Une voix expliqua rapidement : « Adair, ne t’énerve pas autant ! Évidement que je comprends que notre Capitaine ne nous abandonnerait pas. C’est juste que le Capitaine nous demande tout le temps d’accomplir des missions qui relèvent presque de l’impossible… »

On dirait que cette voix appartient à Ed. Tss ! Et dire que j’avais pensé que je pourrais lui confier quelques tâches, mais il semblerait que cela ne fera pas l’affaire si ce n’est pas Adair !

« Mais, le Capitaine nous a toujours envoyé de l’aide ! » Adair affermit son attitude.

« Oui, mais parfois le Capitaine peut-être un peu… un peu… disjoncté. La dernière fois, il voulait que nous dissimulions notre identité pour tabasser le Capitaine-Chevalier de la Terre. Cependant, il nous a seulement donné vingt-cinq tenues d’assassin, et il a oublié de nous fournir les armes, nous laissant nous faire massacrer par le Capitaine-Chevalier de la Terre à la place… »

De l’autre côté du mur, la voix d’Adair ne retentit pas plus longtemps ; il semblerait qu’il ne puisse pas réfuter ces faits.

Ce n’est qu’un ramassis de conneries ! Comment aurais-je pu oublier la tentative de punir Earth ? C’est juste qu’après que j’eusse acheté ces vêtements de nuit avec les fonds publics, je m’étais fait prendre par le Pape. En conséquence, il avait récupéré le reste de l’argent. Il n’y avait donc plus de fonds pour acheter des armes, mais il y avait vingt personnes pour en tabasser une seule, alors j’avais cru qu’ils pourraient au moins placer un coup de poing ou deux…

Je n’aurais jamais imaginé que, non seulement ils ne parviendraient pas à franchir le bouclier protecteur d’Earth, mais qu’en plus ils reviendraient tous avec des blessures que j’avais dû soigner. J’étais tellement en colère !

J’ouvris la porte secrète avec fureur et balançai les paniers à travers l’ouverture avec tant de force que je pus les entendre cogner contre le mur opposé.

Il y eut un silence de l’autre côté du mur, jusqu’à ce qu’Adair explique : « Capitaine, tout le monde ne faisait que se plaindre, ils ne le pensaient pas vraiment. »

Je fis rouler à l’intérieur une douzaine de bille en forme de roses, ignorant les explications d’Adair, et je leur ordonnai avec rancœur : « Ceux avec des blessures sévères ne peuvent en utiliser qu’une seule et ne doivent pas se guérir complètement. Chacun d’entre vous doit avoir une blessure quelle qu’elle soit. C’est un ordre ! »    

Ed semblait être sur le point de pleurer : « Capitaine… les membres du Monastère du Dieu de la Guerre sont allés trop loin, et nous étions juste trop énervés contre eux, c’est pourquoi nous racontions n’importe quoi. Je vous en prie, ne soyez pas en colère ! »

« Capitaine ! »

« Nous sommes désolés, Capitaine ! »

« Nous avions tort, Capitaine ! »

Mon cœur s’adoucit à l’appel de tous ces « capitaine ». Ces idiots devaient avoir connaissance de ma faiblesse. Chaque fois qu’ils commettaient une erreur, ils geignaient désespérément en pleurant « capitaine, capitaine ».

Je grognai : « Ça suffit ! Contentez-vous de la fermer. Ceux qui ont des blessures graves, dépêchez-vous de vous soigner. Ceux avec des blessures plus légères, dépêchez-vous de manger. Il y a du travail à faire par la suite. » Les cris de « capitaine » derrière le mur cessèrent immédiatement, et j’appelai : « Adair. »

« Oui, monsieur. »

« Rassemble tout le monde à l’endroit habituel. Je vais envoyer des personnes pour vous assister. Tu auras également besoin d’outils. »

« Oui. »

« Capitaine, est-ce que vous nous accompagnerez ? » demanda soudainement Ed.

« Moi, Sun, ne serai pas à vos côtés. »

« Compris… »

 

 

À environ minuit, Adair conduisit tous les membres dehors par la porte secrète. Je me cachai derrière un arbre et les observai silencieusement tandis qu’ils sortaient, puis je les suivis furtivement en restant caché. Bien qu’Adair soit très compétent, je n’étais pas certain qu’il eût vraiment compris mon plan.

Il valait mieux les suivre juste pour être sûr.

« Adair, se pourrait-il que cette ombre voletante derrière nous soit le Capitaine ? » Ed regardait constamment en arrière.

« Non, le Capitaine a dit qu’il ne nous suivrait pas », répliqua Adair sans même jeter un regard.

Après avoir entendu cette réponse, Ed déclara alors : « Pas étonnant que tu sois le préféré du Capitaine, Adair. »

Soudainement, Adair s’immobilisa. Ed ne put réagir assez rapidement, et son nez rencontra brutalement l’arrière du crâne d’Adair.

Ed tint son nez avec une expression de douleur, lançant rapidement un sort de Soin Mineur sur lui-même, avant de se plaindre bruyamment : « Adair, pourquoi est-ce que tu t’es soudainement arrêté ? »

Adair, l’air ahuri, fit un geste pour désigner quelque chose devant lui, et tous les membres de la Section du Chevalier du Soleil fixèrent à l’unisson la chose dans cette direction… un membre vêtu de noir de la Section du Chevalier du Jugement qui vint vers eux et qui se présenta à Adair :

« Dix membres de la Section du Chevalier de la Tempête, dix membres de la Section du Chevalier de Flamme, dix membres de la Section du Chevalier de la Nature, dix membres de la Section du Chevalier de la Terre, dix membres de la Section du Chevalier de Glace, dix membres de la Section du Chevalier de la Lune, dix membres de la Section du Chevalier du Nuage, cinq membres de la Section du Chevalier du Jugement ; tous les membres sont présents et prêts à répondre aux ordres. D’après le commandement du Capitaine-Chevalier du Soleil, nous obéirons aux ordres du vice-capitaine de la Section du Chevalier du Soleil, Adair. »

Ed tira silencieusement un bout de la chemise d’Adair et murmura : « Adair… Crois-tu que le Capitaine veuille que nous allions tabasser ces gens du Monastère du Dieu de la Guerre, ou que nous les anéantissions ? »

« Hum… je n’en suis pas vraiment sûr », répondit Adair, légèrement perplexe. À ce moment-là, il repéra deux caisses qui étaient placées au milieu du point de regroupement. Il marmonna d’une voix forte : « Ce doit être les outils dont parlait le Capitaine. »

J’hochai la tête dans les ténèbres même si je savais qu’Adair ne pouvait pas me voir.

Il s’approcha, ouvrit les deux caisses et fronça les sourcils, plongé en pleine réflexion.

Ed s’approcha et ramassa avec curiosité un des objets de la boîte. Il y avait des douzaines de vêtements du même style. Il s’exclama avec surprise : « Est-ce que ce ne serait pas des uniformes des chevaliers royaux ? Il y aussi les armes qui leurs sont assignées… Et là, ce ne serait pas des uniformes des guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre ? À quoi est-ce qu’ils vont servir ? »

Par habitude, tous les membres de la Section du Chevalier du Soleil se tournèrent vers Adair, qui venait juste d’arriver au bout de sa réflexion. Il marmonna à haute voix : « Oh ! On dirait que nous devons nous diviser en deux groupes pour la mission… Pas étonnant que nous ayons besoin d’autant de personnes. »

Écoutant l’annonce d’Adair, j’hochai la tête avec satisfaction. Il semblerait qu’il sache quoi faire, et je devrais le répéter une nouvelle fois, comme on devrait s’y attendre de la part du vice capitaine que j’avais choisi ! J’ai vraiment un excellent flair quand il s’agit de choisir !

 

 

Le Chevalier du Jugement était occupé à entraîner Elijah, et Elijah était occupé à se faire entraîner par le Chevalier du Jugement.

Pendant la nuit, Adair et la Section du Chevalier du Soleil étaient occupés avec la tâche que je leur avais assignée. Quand le jour se levait, ils avaient déjà regagné la chambre de détention et restaient allongés, empilés les uns sur les autres, dormant comme une masse de cadavres dans une tombe. Ils ressemblaient tellement à des cadavres que même si quelqu’un venait à marcher sur l’un d’eux, pas un cri de douleur ne pourrait être entendu : uniquement le son de ronflements répétés.

Même Rose et Roland étaient occupés à préparer ce que je leur avais demandé. Le procédé pour requérir les faveurs de Rose se déroula sans accroc. Ses yeux se mirent immédiatement à briller lorsque je lui expliquai ma requête, et elle ne mentionna pas vouloir un paiement, alors évidement je ne me suis pas non plus renseigné sur une rémunération.

À l’inverse, Roland fut si choqué que son visage devint blanc… Mais son visage avait toujours été d’un blanc-gris, il n’y avait donc pas vraiment une si grande différence.

Je bâillai bruyamment, saisis un des biscuits à la myrtille qui reposaient dans mon assiette et l’enfournai dans ma bouche, puis je continuai à feuilleter le livre que Cloud m’avait prêté : Comment Choisir le Bon Accessoire Porte Bonheur pour un Duel.

Je me rassis et me délectai de ce sentiment d’avoir tout le monde d’occupé sauf moi. C’était un sentiment incroyablement bon.

Il y eut un bruit de grattement, puis la porte s’ouvrit. La lumière du soleil provenant de l’extérieur se répandit, remplissant de lumière l’espace où je me trouvais, mais je n’en fus pas perturbé. J’avais allumé une petite sphère de lumière sacrée pour pouvoir lire.

« Si Cloud ne me l’avait pas dit, je n’aurais vraiment pas osé croire que tu te cachais ici…  N’est-ce pas l’habitude de Cloud de se cacher dans un des placards à livres ? Et est-ce que tu as vraiment l’intention de te servir de ce livre pour la bataille à venir ? »

Je redressai la tête et regardai pendant que le Chevalier du Jugement passait sa tête à l’intérieur du placard à livres, jetant un regard au livre dans mes mains avec l’ombre d’un de ses sourires affiché sur le visage. Mes sourcils se redressèrent, et je m’exclamai : « Ne sous-estime pas ce livre, il est vraiment utile ! En plus, j’ai enfin compris pourquoi Cloud adore se cacher dans les bibliothèques ; c’est un parfait petit havre de paix une fois qu’on l’a illuminé avec une sphère de lumière sacrée ».

C’était également un petit havre de paix où personne ne viendrait me déranger et m’empêcher de paresser. Dans le passé, même si je me trouvais dans la chambre de prière, il y avait toujours quelqu’un qui venait solliciter le Chevalier du Soleil, mais personne ne penserait à chercher le Chevalier du Soleil dans un placard à livres !

Judgment dit avec nonchalance : « Si tu en as terminé avec ta lecture et que tu t’es lassé de ce placard, va donc jeter un coup d’œil au Capitaine-Chevalier des Enfers. »

« Que lui arrive-t-il ? Se pourrait-il qu’il éprouve des difficultés à apprendre la capacité modifiée des Pas du Nuage de Cloud ? » Je fronçai les sourcils ; ce serait problématique si c’était le cas, car, d’après mon plan, Elijah aurait besoin de tenir au moins dix minutes lors de son combat contre le Fils du Dieu de la Guerre.

Judgment secoua la tête et annonça : « Il apprend vite, mais il semble être déprimé. Après une petite inquisition, il semblerait que la pression de la part de ses camarades, le fait d’entretenir une relation avec la princesse, et le fait d’avoir interrompu les projets du roi aient poussé les autres chevaliers royaux à le dédaigner. »

J’acquiesçai de la tête et répondit avec emphase : « Oh, c’est donc cela ! Ne t’inquiète pas, tout devrait se régler d’ici quelques jours. »

Judgment réfléchit pendant un instant, mais il secoua quand même la tête et affirma : « Je t’ai déjà informé de l’état du Capitaine-Chevalier des Enfers, mais si tu crois que ce n’est pas un problème, alors je ne m’en inquiéterai pas davantage. »

Cela piqua ma curiosité. D’habitude, Judgment aurait facilement pu déduire que la situation difficile de Hell serait résolue en quelques jours, alors pourquoi m’avait-il intentionnellement approché pour m’informer du triste état de Hell ?

Se pourrait-il que… Je bougeai soudainement, laissant échapper : « Se pourrait-il que les cinq membres de la Section du Chevalier du Jugement ne t’aient pas dit ce que je leur ai demandé de faire ? »

« Je leur ai demandé de ne pas me faire de rapport. » Jugement ferma le placard, et un murmure passa à travers la porte. « Je ne veux rien savoir de tout cela. »

Judgment semblait savoir que mes « sottises » ne seraient pas sans répercussions cette fois, et il avait ainsi pris la décision de ne rien connaître de toute cette situation. C’était mieux ainsi toutefois ; sinon, je risquais réellement de me faire trancher en deux par lui un de ces jours. Je ne pourrais pas l’en blâmer… et il se pourrait même que j’aie à m’excuser pour être une telle nuisance.

Je fixai le livre dans mes mains, me demandant si je devrais ou non aller jeter un coup d’œil à l’état d’Elijah. Je pris le dernier biscuit à la myrtille sur l’assiette et le mit dans ma bouche, tournant une page du livre de façon apathique.

« Placez le mouchoir de votre bien-aimée dans la poche du côté gauche de votre veste et votre amour protégera votre cœur de toute blessure. »

Hum ! Cela me serait complètement inutile, mais Elijah pourrait s’en servir. Je ferais mieux de lui dire de songer à demander à la princesse de lui donner son mouchoir pour le placer dans sa poche gauche !

Je finis rapidement le biscuit à la myrtille.

Je m’essuyai la bouche, replaçai mes vêtements, et sortis du placard à livres.

« Salutations, Capitaine-Chevalier du Nua… Ca-Capitaine-Chevalier du Soleil !? »

Je me retournai pour regarder, et je vis des chevaliers sacrés qui affichaient tous une expression stupéfaite semblable à celle de quelqu’un dont la tête viendrait tout juste de se faire frapper par quelque chose de lourd. Après m’avoir vu me retourner pour les regarder, certains furent tellement choqués qu’ils se transformèrent en des statues immuables une fois qu’ils eurent confirmés que j’étais bel et bien le Chevalier du Soleil.

« La radiance de Sa Sainteté illumine la terre, emplie de compassion. Même les livres de cette bibliothèque sont emplis d’une telle plaisante atmosphère que Sun n’a pu s’empêcher d’y entrer pour communier avec la compassion du Dieu de la Lumière… »

Après avoir déversé mon explication sans queue ni tête, je m’enfuis rapidement. Il semblerait que je ne fusse pas fait pour me cacher dans les placards à livres. Si je me cachais ici une ou deux fois de plus, le nombre de statues dans les couloirs augmenterait au point d’obstruer les déplacements.

Afin d’éviter tout problème, je revêtis une cape, abaissai la capuche, puis quittai le Temple Sacré pour aller retrouver Elijah.

En me disant qu’Elijah, ayant tout juste terminé l’entraînement strict de Judgment, devrait être fatigué au point d’être à demi-mort, je devinai que son chemin serait probablement une ligne droite du Temple Sacré jusqu’au château. Hum… Ou peut-être qu’il s’est arrêté en chemin pour prendre un repas. J’imagine que, d’après sa relation avec Judgment, ce dernier ne lui aurait probablement pas préparé de biscuits à la myrtille pour qu’il puisse se rassasier.

Je le trouvai rapidement dans un restaurant entre le Temple Sacré et le château. Il avait l’air épuisé et semblait assez déprimé. Il paraissait complètement différent de ce chevalier du roi macho que j’avais vu quelques jours plus tôt ; tout son être était semblable à une personne âgée, et ce beau visage à multi usages avait perdu de ses couleurs. Même la serveuse lui lança sa nourriture sans même lui adresser de regard séducteur.

Pauvre lui… Pas étonnant que Judgment m’ait demandé d’aller le voir.

Je marchai jusqu’à la chaise libre à côté de lui et m’assis, m’emparant du morceau de bœuf qu’il venait de choisir et qu’il s’apprêtait à enfourner dans sa bouche.

Il fixa ses baguettes vides pendant un moment avant de lentement tourner la tête vers moi et de me demander avec incertitude : « Puis-je savoir qui vous êtes ? »

Je redressai légèrement ma capuche et lui adressai un grand sourire.

« Ah ! Cheva… c’est vous ! » s’exclama-t-il avant de se taire. Il semblerait que quelque chose le trouble profondément, car il tenait ses ustensiles en restant immobile. Ce ne fut pas avant que j’eus mangé la moitié du bœuf sur son assiette qu’il ouvrit la bouche pour me demander avec désespoir : « Devrais-je ne pas m’impliquer dans ce duel ? »

Oh oh ! Il pense à se retirer du duel ! J’avalai rapidement le morceau de bœuf et l’amadouai : « Pourquoi dis-tu une telle chose ? Se pourrait-il que tu n’aimes pas Son Altesse ? »

« Ce n’est pas ça ! » Elijah bondit avec indignation. « Il me serait impossible de ne pas l’aimer, c’est définitivement impossible ! »

J’hochai la tête : « Si c’est le cas, alors pourquoi ne veux-tu pas participer au duel ? Souhaites-tu vraiment céder la main de la princesse au Fils du Dieu de la Guerre ? »

Elijah se rassit et dit d’une voix basse et maussade: « Je – je ne veux pas… Mais nos positions sociales sont infiniment différentes. »

« Est-ce là ce que tes camarades t’ont dit ? »

D’une façon grave et en quelque sorte plaintive, il dévoila : « Sa Majesté et mon maître me l’ont aussi dit. Ils sont extrêmement furieux. »

Je pris un morceau de bœuf dans son assiette, le mâchai et l’avalai lentement avant d’articuler tranquillement : « Que penses-tu de cela ? Pourquoi ne pas continuer à recevoir l’entraînement de Judgment et y repenser pendant les deux prochains jours ? Il ne sera pas trop tard pour toi d’abandonner à ce moment-là, si telle est toujours ton intention. »

Elijah hocha rapidement la tête cette fois et répondit joyeusement : « Je ne suis pas contre l’idée de recevoir davantage de leçons de la part du Capitaine-Chevalier du Jugement. Ses compétences à l’épée sont vraiment excellentes ! Je n’ai reçu qu’une semaine d’entraînement, et je peux déjà ressentir que je me suis grandement amélioré. C’est incroyable ! »

« Mais, c’est évident, Judgment était déjà invincible à l’âge de treize ans. Je pense qu’à part Roland, personne ne peut l’égaler dans l’art du maniement de l’épée… »

« Quel genre de chevalier sacré est ce Roland ? » Les yeux d’Elijah brillèrent, et il n’hésita même pas à m’interrompre.

« Euh… Ce n’est pas chevalier sacré », révélai-je avec hésitation.

« Oh, alors c’est un chevalier ordinaire, ou un chevalier du roi ? » questionna Elijah sans relâche. Il était évident qu’il voulait rencontrer ce Roland, dont la force pouvait égaler celle du Chevalier du Jugement.

En retour, ma curiosité s’éveilla. Elijah n’avait-il pas connu Roland alors même qu’ils étaient tous les deux des chevaliers royaux ?

« C’était un chevalier du roi, mais il est mort. Tu n’as jamais entendu parler de Roland auparavant ? »

« Ah… Vous voulez dire le Capitaine Roland ? » Elijah semblait étonné. « Je l’ai vu quelques fois, mais nous n’avons fait que nous croiser et nous ne nous sommes jamais vraiment bien connus. Il n’était pas vraiment une personne sociable ; il était en quelque sorte renfermé et s’entraînait rarement avec les autres. Même si je savais qu’il n’était pas faible, j’ignorais qu’il était aussi fort ! » Avec une pointe de contrariété et de regrets, il ajouta : « Si seulement je m’étais lié d’amitié avec lui ! Alors peut-être que j’aurais pu le persuader de ne pas défier le roi directement, et ainsi il n’aurait peut-être pas été tué. »

« Tu es au courant du fait que Roland a été tué par le roi ? » demandai-je, surpris. L’incident n’avait-il pas été complètement dissimulé par le prince héritier ?

Elijah hocha la tête et dit à voix basse : « La plupart des chevaliers royaux sont au courant, mais à cause du prince héritier ils n’ont rien dit. »

Ah, c’est donc ce qu’il s’est passé ?

J’acquiesçai. Quand Roland avait essayé de se venger du roi, il y avait eu près de cinquante chevaliers royaux présents. Étouffer l’affaire complètement n’aurait pas été chose aisée. Qui plus est, le prince héritier n’a probablement pas dépensé beaucoup d’efforts pour tout dissimuler ; la réputation de son père était si horrible qu’y ajouter la rumeur d’avoir tué un chevalier du roi n’y changerait rien.

Voyant l’expression déçue sur le visage d’Elijah, j’étais sur le point de lui dire que je connaissais une « personne » forte à l’épée et de lui demander s’il était ou non intéressé, mais je vis qu’un groupe de personnes arrivait derrière lui. Je m’emparai vivement du morceau de bœuf et me déplaçai à la table suivante, prétendant ne pas connaître Elijah.

Elijah était perplexe : « Capitaine-Chevalier du Soleil, vous… »

« Tu étais donc là, Elijah ! »

Elijah sursauta, tourna sa tête et aperçut un groupe de chevaliers royaux charger vers lui comme une horde de taureaux. Son visage pâlit aussitôt et il murmura « Ils ne sont pas venus pour me passer à tabac quand même ? » tout en me jetant un coup d’œil avec un regard bouleversé.

Le premier chevalier du roi qui l’atteignit lui donna une tape sur les épaules en grondant d’une voix basse : « Elijah, tu dois gagner ! »

« Ouais ! Épouse la princesse ! »

« Tu ne dois pas perdre face à ce Fils du Dieu de la Guerre ! »

Les chevaliers royaux se coupaient tous la parole, mais en gros ils parlaient tous des nombreux torts du Monastère du Dieu de la Guerre, et aussi de quelque chose à propos d’Elijah gagnant le combat et de la justice qui serait rétablie. Elijah encaissa toutes leurs phrases et sa tête commença à tourner. Il redressa les yeux et vit le chevalier âgé, qu’il avait toujours considéré à moitié comme son maître, s’approcher de lui, et il l’interpella pour lui demander son aide : « Maître… que se passe-t-il ? »

Le chevalier plus âgé accourut comme un adolescent colérique, saisit le col d’Elijah et grogna : « Mon garçon ! Si tu n’épouses pas la princesse, ne te présente plus jamais devant moi ! »

« Maître ? » Elijah fixa le chevalier, médusé. Il balbutia : « Q-Qu’est-ce qu’il se passe ? »

Les chevaliers royaux à ses côtés répondirent avec indignation : « Ces maudits guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre nous ont tendu une embuscade en pleine nuit ! »

« Ils criaient même que, quand il s’agissait de combattre, nous ne faisions que nous liguer contre une seule personne et que chevaucher des chevaux n’était pas équitable. Ils n’ont eu de cesse de nous forcer à mettre pied à terre pour les affronter dans un combat à un contre un ! »

Les voix de tous les chevaliers royaux s’élevaient avec colère : « Nous sommes des chevaliers, des chevaliers ! Nous nous spécialisons dans les batailles à cheval et les combats de groupes ! Qui voudrait faire ne serait-ce qu’un seul combat contre eux qui sont spécialisés dans les duels ? Nous ne sommes pas fous ! »

« Ce n’est pas bon. »

Le demi-maître d’Elijah fronça les sourcils tout en parlant ouvertement : « Tes compétences sont encore insuffisantes ; il t’est impossible de battre le Fils du Dieu de la Guerre. C’est encore plus impossible pour ce Chevalier du Soleil qui ne sait même pas comment manier une épée… Allez, allez, allez ! Je vais te donner un entraînement spécial ! »

Hum ! Vous pouvez sermonner votre élève, mais pourquoi m’impliquer dans l’histoire ? Je lui lançai un regard noir.

« Attendez, je viens juste… »

Elijah voulait probablement dire qu’il venait juste de rentrer d’une session d’entraînement avec Judgment, mais il réalisa qu’il ne pouvait pas révéler cette information, aussi il ne put que se taire.

Sans aucune raison pour protester, Elijah, impuissant, fut traîné dehors. Il ne put que m’envoyer regard après regard remplis de confusion du coin de ses yeux.

« Ce sont les guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre ! » gronda soudainement avec fureur un des chevaliers royaux.

Le Fils du Dieu de la Guerre remontait la rue à la tête d’un groupe de guerriers enragés. Ses yeux étaient non seulement fixés sur le visage d’Elijah, mais également sur tous les chevaliers royaux. C’était évident qu’il se dirigeait vers eux.

Le Fils du Dieu de la Guerre vint se placer devant les chevaliers royaux et se mit aussitôt à les réprimander : « Quelle est la signification de ce défi à un combat de groupe à cheval que vous, les chevaliers royaux, nous avez adressés ? Nous sommes des guerriers ! Qui voudrait vous affronter à cheval ? Nous ne sommes pas fous ! »

Entendant cela, les chevaliers royaux mécontents se mirent à vociférer. « Vos combats singuliers sont déraisonnables, nous sommes des chevaliers ! Qui voudrait vous défier dans un combat à un contre un ? »

Obtenant cette réponse, la colère du Fils du Dieu de la Guerre se mua en rire. « Bien, bien, bien ! Je vais donc tous vous défier en combat singulier. Vous pourrez choisir de combattre à dos de cheval ou d’âne, ou si plusieurs d’entre vous veulent attaquer ensemble. Ça n’a pas d’importance si vous venez tous en même temps ! »

Les chevaliers royaux étaient furieux, mais cette fois le chevalier âgé les retint. S’avançant en première ligne et venant se tenir devant le Fils du Dieu de la Guerre, il déclara froidement : « Intéressant ! Peut-être que vous voudrez rivaliser avec moi. Je serai à cheval, mais j’attaquerai seul. »

Le Fils du Dieu de la Guerre remarqua enfin le chevalier plus âgé. Reconnaissant son adversaire, il se mit à froncer les sourcils.

Je murmurai pour moi-même : « C’est l’un des chevaliers préférés du roi ; même toi tu ne devrais pas vouloir l’énerver en ce moment. Après tout, Sa Majesté n’a que deux chevaliers préférés, et il est aussi le plus âgé. Il est plus que probable que le roi écoute ses conseils. »

Le Fils du Dieu de la Guerre semblait être sur le point d’exploser soit de rage, soit de suffocation, mais il ne voulait pas irriter la personne en face de lui. Finalement, il gronda : « Partons. »

Le chevalier confident le plus âgé du roi ne semblait pas non plus vouloir confronter le Fils du Dieu de la Guerre. Il tourna seulement sa tête d’un air maussade et cogna l’épaule d’Elijah en l’avertissant : « Mon garçon, bats-toi bien. Perds, et tu auras de gros problèmes ! »

« Ouais ! Perds, et tu auras de gros problèmes ! » brailla le reste des chevaliers royaux.

En un clin d’œil, le visage d’Elijah devint encore plus pâle que celui de Roland, et il se mit frénétiquement à me jeter des regards qui étaient un appel à l’aide du coin des yeux.

J’avais sincèrement pitié pour lui. En gros, ses chances de vaincre le Fils du Dieu de la Guerre était semblables à mes chances de vaincre le Chevalier du Jugement. Toutefois, même si j’avais pitié pour lui, je baissai la tête et je prétendis que je n’avais rien vu. J’avalai nonchalamment le dernier morceau de bœuf et sortis un mouchoir pour m’essuyer la bouche.

Le Monastère du Dieu de la Guerre et les chevaliers royaux ont commencé à se quereller, et Elijah ne pourra plus se retirer de ce combat même s’il le voulait… Hum, on dirait que je vais pouvoir dire à Adair d’arrêter ses missions de minuit.

Le cœur léger, je me levai et décidai de rentrer au Temple Sacré. J’avais l’intention de mettre la main sur une autre assiette de biscuits aux myrtilles préparés par Ice, et peut-être de demander à Cloud de me trouver un placard à livres près duquel personne ne passerait, puis de me prêter un livre à feuilleter avant de me coucher…

La Légende du Chevalier du Soleil T2C7 : Réprimande la Mauvaise Conduite d’Un Collègue Chevalier Sacré

La Légende du Chevalier du Soleil

Roman originel en Chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Chapter 7: Admonish the Misconduct of a Fellow Holy Knight – traduit du chinois vers l’anglais par dahlys[PR!]
Chapitre 7 : Réprimande la Mauvaise Conduite d’Un Collègue Chevalier Sacré – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia

+ Travail de vérification par LuluHime

Le lendemain de la cérémonie, je reçus une lettre du palais. Celle-ci confirmait que la date du combat à mort serait dans deux semaines. Il avait été décidé que ce serait une mêlée générale, afin que nous puissions, tous les trois, faire compétition de manière équitable. La dernière personne debout serait le vainqueur.

Ce n’était pas inattendu, puisque j’avais fortement encouragé la princesse d’en faire une mêlée à trois. Je l’avais aussi encouragée à retarder la date du combat autant que possible, pour me donner deux semaines de préparation. Il semblerait que le roi aimait toujours autant sa seule et unique sœur. Bien qu’elle l’eût presque fait mourir de rage, il avait tout de même écouté ses requêtes.

Mais, le roi était probablement toujours furieux contre moi. La lettre incluait en fait une déclaration écrite sous serment, dans laquelle on voulait que je jure que je serais le seul responsable de ma mort ! Impossible qu’il puisse désirer que le Fils du Dieu de la Guerre se serve de cette opportunité pour me tuer, n’est-ce pas… ?

J’étais stupéfait. Je signai l’attestation parce que je savais que, avec mon extraordinaire capacité d’auto-guérison et qu’avec le pape surveillant le combat, il serait plus plausible que je sois assassiné que je ne meurs sur la scène.

Après avoir confirmé l’heure du combat, je décidai de partir à la recherche du Capitaine-Chevalier du Jugement. J’interrompis un chevalier sacré au hasard pour m’enquérir de l’endroit où il se trouvait, seulement pour découvrir que les Douze Chevaliers Sacrés étaient au beau milieu d’une réunion. Maintenant que j’y pense, quand ai-je assisté à une réunion pour la dernière fois ?

Au moment où j’ouvris la porte de la salle de conférence, le regard de tous se tourna vers moi. Après leur avoir lancé un sourire éblouissant et hoché la tête en retour je m’excusai : « Mes excuses, très chers frères, Sun se trouvait dans l’incapacité d’assister à cette réunion puisqu’il était occupé… »

« Ne t’en fais pas pour ça, Sun ! Tu as été très o-occupé ces derniers temps… De toute façon, que tu sois là ou pas ne fait absolument aucune différence ! » répondit sincèrement le Chevalier de la Terre.

Earth, tu… Je serrai les dents, ignorai Earth, et regardai directement le Chevalier du Jugement en disant : « Capitaine-Chevalier du Jugement, si tu n’y vois pas d’inconvénient, pourrais-je emprunter un peu de ton temps ? J’aimerais pratiquer ma technique à l’épée en ta compagnie. »

Judgment répondit calmement : « Tant que ça ne te dérange pas d’être blessé, Capitaine-Chevalier du Soleil, ce n’est pas un problème. »

Tandis que nous quittions la salle de conférence ensemble et que je fermais commodément la porte derrière moi, j’entendis Leaf s’exclamer : « OH NON ! Comme Sun ne peut pas se marier avec la princesse, se pourrait-il qu’il considère l’idée de se suicider ? »

Metal répliqua alors : « Foutaises ! Notre Capitaine-Chevalier du Jugement ne massacrerait jamais à mort quelqu’un qui ne possède même pas la force d’attacher un poulet1. »

Enfin, tous les membres de la Bonne Faction au Grand Cœur durent admettre : « Ouais ! Judgment n’est pas une personne qui s’en prend aux faibles. »

Je ne pus m’empêcher de soupirer et de me retourner pour demander en me plaignant à Judgment : « Suis-je vraiment si nul ? J’ai survécu jusqu’à aujourd’hui et ai même vaincu d’innombrables créatures des ténèbres. Quel que soit l’angle sous lequel on le regarde, je ne peux pas être si faible, pas vrai ? »

Les plis aux coins des lèvres de Judgment se relevèrent un peu, puis il me questionna directement : « Où nous rendons-nous ? »

« À la Chambre de Prière. »

Judgment hocha la tête et ne me posa pas plus de question. Il me suivit jusqu’à la chambre de prière, où les mots « En rénovation » pendaient, accrochés à la porte. J’ignorai l’avertissement, ouvris la porte, et entrai. Comme prévu, Elijah se trouvait à l’intérieur, en train de contempler le tableau sur le mur.

J’hochai la tête avec approbation. Ce type, Ed, est assez efficace et plutôt rusé. Non seulement il a, sous mes ordres, discrètement fait pénétrer Elijah, mais il a aussi furtivement placé un panneau « En Rénovation » pour que personne n’entre. Plus important encore, il a aussi compris de ne pas rester sur place après avoir accompli sa tâche, m’épargnant l’effort de gaspiller ma salive en lui demandant de disparaître. On dirait bien que je peux assigner quelques missions à Ed, afin d’empêcher Adair de mourir d’une surcharge de travail avant que je prenne ma retraite. Si Adair venait à mourir, je finirais également par mourir d’un douloureux chagrin.

Elijah n’était pas très surpris de me voir, mais à l’instant où il aperçut Judgment, il en fut complètement abasourdi. « Chevalier du Jugement ! »

Judgment me regarda, puis Elijah, et ensuite fronça les sourcils. « Qu’est-ce que tu prépares cette fois ? » demanda-t-il.

J’expliquai en termes simples : « Je veux qu’il épouse la princesse, alors j’avais bon espoir que tu lui enseignes quelques passes à l’épée avant notre combat. »

Judgment répondit, indifférent : « Je n’ai aucun problème à t’enseigner, mais je ne crois pas avoir la moindre obligation de l’aider. »

« Non ! Tu as bel et bien l’obligation de lui venir en aide… »

Judgment me lança un regard sans expression. Il tourna les talons et commença à s’en aller.

Je le tirai immédiatement en arrière et ajoutai : « Il demeure un membre de la Cruelle Faction au Cœur de Pierre. Tu es le chef de la Cruelle Faction au Cœur de Pierre. Peux-tu vraiment te montrer sans cœur au point de l’abandonner ? »

« Quoi ? » Judgment pivota, se renfrogna en observant l’armure de chevalier du roi d’Elijah, puis me jeta un regard noir avec suspicion.

Je lui expliquai vite : « C’est le Capitaine-Chevalier des Enfers, l’un des Douze Chevaliers Sacrés. Le Pape l’a forcé à espionner le palais depuis un tout jeune âge, mais à cause de cela il ne désire plus revenir au Temple Sacré… » Notant la soudaine compréhension dans les yeux de Judgment, je décrivis la situation en détails : « De plus, la princesse et lui sont profondément amoureux l’un de l’autre. Je lui ai promis que tant qu’il pouvait empêcher le Fils du Dieu de la Guerre d’épouser la princesse, donnant de ce fait au pape une justification raisonnable pour le relâcher, il serait libéré de l’emprise de l’Église. »

À ce stade, je murmurai à l’oreille de Judgment : « Autrement, le Pape va éliminer cet espion inutile. »

Le froncement de sourcils de Judgment devint plus profond. Après un long silence, il articula enfin : « Le Fils du Dieu de la Guerre est très fort. Même moi, je ne suis pas sûr de pouvoir le battre. En plus, contrairement aux guerriers, les chevaliers ne sont pas faits pour se battre en duel. Les chevaliers montent à cheval pour combattre et sont plus prompts à se servir de formations protectrices défensives. En tant que chevaliers sacrés, nous utilisons la magie sacrée pour compenser nos limites. Mais, afin d’empêcher son identité d’être exposée, le Capitaine-Chevalier des Enfers ne peut pas employer la moindre sorte de magie sacrée… En conclusion, il n’y a aucune chance pour lui de gagner. »

Je hochai la tête et dis : « Je le sais, mais il n’a pas à gagner. Tout ce dont j’ai besoin c’est que tu l’entraînes pour qu’il puisse tenir bon le plus longtemps possible. »

Judgment me foudroya du regard et répliqua sur un ton laissant paraître son désaccord : « Capitaine-Chevalier du Soleil, tu devrais savoir que ton travail le plus important en ce moment est… »

« De rassembler plus de fidèles ! » Je complétai sa phrase et ajoutai ensuite sérieusement : « Crois-moi, je mets toute mon énergie à accomplir ce travail… Toutefois, je peux commodément finir quelques tâches sans rapport par la même occasion. »

Judgment me lança un regard vide. Hé ! Après avoir reçu ce regard, je réalisai qu’il était passé du Chevalier du Jugement « Les affaires sont les affaires » à mon bon ami Lesus, qui va accepter de faire n’importe quoi. Il annonça avec impuissance : « Je suppose que je ne peux pas refuser, sinon tu vas m’empoisonner la vie. »

Hi hi ! Ce n’est pas que je veuille me vanter, mais ma patience atteint des sommets quand j’ai besoin que quelqu’un fasse quelque chose pour moi. Je me souviens que, il y a longtemps, j’avais fait à Lesus des rappels toutes les heures uniquement pour qu’il escalade le mur afin de m’acheter des tartes à la myrtille. Veuillez noter que cela signifiait répéter « Lesus, va m’acheter des tartes à la myrtille ! » toutes les heures, vingt-quatre heures par jour, incluant la nuit.

Mais, en y repensant maintenant, je me sens énormément soulagé. Heureusement pour moi, Lesus avait fini par abandonner et avait choisi de grimper au mur pour m’acheter des tartes à la myrtille. Après tout, il aurait pu choisir de commettre un homicide très choquant au beau milieu de la nuit. Après m’avoir tué d’un coup de son épée, il aurait à la place pu choisir d’escalader le mur pour se débarrasser du corps, et cela aurait été la fin de tous les tracas…

« Comme il ne reste que deux semaines, il vaudrait mieux commencer l’entraînement aujourd’hui. »

Judgment secoua la tête lorsqu’il entendit les mots « deux semaines » et jura : « Un jour, je vais perdre contrôle et te réduire en morceaux au lieu de complaire avec tes requêtes. »

Je lui lançai des fleurs d’une voix très forte : « Mais non, mais non ! Judgment, tu es la personne la plus gentille au monde, encore plus sympa que Leaf ! Tu ne réduirais définitivement jamais en morceaux ton meilleur ami. »

« … Est-ce que tu essaierais d’être sarcastique ? »

« C’était un compliment ! » niai-je frénétiquement. Après avoir toussé un peu, je bousculai Elijah vers l’avant et lui rappelai : « Hé ! As-tu fini d’être dans la lune ? Judgment a déjà accepté de t’enseigner des passes à l’épée, alors pourquoi ne l’as-tu pas encore remercié ? »

Elijah revint finalement à ses sens et balbutia : « V-Vous ne vous détestez pas… ? »

Je hochai encore la tête et m’exclamai : « C’est exact ! Laisse-moi te présenter mon bon ami que je déteste plus que tout au monde : Lesus du Jugement. »

« Bon ami… que vous détestez plus que tout au monde !? » Sans surprise, le regard d’Elijah tourna dans le vague encore une fois. Il était évident que son cerveau avait cessé de fonctionner.

« Cesse de te moquer de lui à ses dépens. » Judgment secoua la tête devant ma mauvaise conduite et me rappela : « Puisque nous visons de lui faire tenir bon le plus longtemps possible, recevoir l’aide du Chevalier du Nuage serait faire d’une pierre deux coups. »

« Cloud ? »

J’y songeai pendant un moment, puis me vint alors une soudaine révélation. Immédiatement, je répondis : « Aucun problème ! Je vais aller le chercher sur-le-champ. Non seulement Cloud est un membre de la Bonne Faction au Grand Cœur, mais il est aussi très obéissant. Tout ce que j’ai à faire c’est de lui ordonner de nous aider. »

Judgment hocha à son tour la tête et commença à jauger Elijah, comme s’il contemplait quelle méthode d’entraînement utiliser… Je priai brièvement pour Elijah. Même si la façon de faire de Judgment est totalement juste (et il ne ferait pas exprès de rendre les choses trop dures pour Elijah), j’ai vu de mes propres yeux le plan d’entraînement que Judgment s’était dessiné pour lui-même… Je peux seulement dire que, après ce genre d’entraînement, n’importe qui pourrait devenir maître-épéiste !

Qui était-ce ? Qui a secrètement dit « sauf toi » ? Je vous ai entendu !

 

 

« Cloud ! Capitaine-Chevalier du Nuage ! Où es-tu !? »  criai-je pour attirer l’attention de Cloud alors que je marchais. Bien que marcher et crier affectât mon image gracieuse de Chevalier du Soleil, je n’avais guère le choix !

C’était la façon la plus rapide de trouver Cloud. Aussi, une fois que tout le monde entendrait que je suis à la recherche de Cloud, ils me pardonneraient mes cris peu élégants. C’est parce que « tout le monde » sait que le Capitaine-Chevalier du Nuage est un vagabond et qu’il est aussi gracieux qu’un nuage. Il est dit qu’on pouvait le retrouver en train de boire seul ou de lire des livres sur l’appui des fenêtres, sur les toits, sous les arbres banians, etc.

Je ne peux même pas commencer à deviner comment l’ancien Chevalier du Nuage parvenait à dériver gracieusement aux alentours. Je sais seulement que notre Cloud est communément trouvé à dériver ici et là. De plus, sa capacité à dériver est exceptionnelle ; il passe souvent à côté de mon oreille en dérivant et je ne le remarque pas forcément… On le retrouve souvent dans des coins sombres, derrière des rideaux poussiéreux d’un grenier, et à l’intérieur de petits placards que personne n’a ouverts depuis des années. En conclusion, je devrais simplement chercher des endroits sombres et humides !

Il se cache habituellement à l’intérieur de ces endroits sombres avec une faible lumière sacrée en guise d’éclairage, en lisant des livres portant des titres comme « Comment Lire La Bonne Aventure avec Exactitude », « Les Dix Meilleurs Sorts Porte-bonheurs »,  et « Apporter la Bonne Fortune et Rester Loin de la Malchance ». Il y avait toujours un pot d’un liquide inconnu noirâtre, verdâtre, ou rougeâtre à ses côtés, mais je n’ai jamais osé lui demander ce que c’était.

Comme le Temple Sacré est gigantesque, on y retrouve amplement d’endroits sombres et humides. Il est pratiquement impossible de deviner correctement dans quel placard Cloud se cache.

Et donc, la méthode que tout le monde emploie pour le trouver : marcher et crier.

Je cherchai pendant un long moment et eus la chance d’apercevoir Storm qui passait. Étonnamment,  il ne portait que des documents de travail, ce qui était bien moins que d’habitude. Je savais que Storm ne pouvait possiblement pas savoir dans quel placard Cloud se cachait, mais étant aussi fatigué que je ne l’étais, je ne pus pas résister de lui demander : « Mon frère Storm, puis-je m’enquérir si tu as connaissance de quelle direction notre frère Cloud a pris après la réunion ? »

Storm leva un sourcil et répondit à ma question par une autre : « À moins que Cloud ne se tienne devant toi, l’as-tu déjà vu ? »

« Non… »

Je soupirai. Ce type, Cloud, est exactement comme un fantôme. Non seulement il aime se cacher dans des coins sombres, il marche même en se servant des « Pas du Nuage » spéciaux, qui ont été transmis à travers un nombre incalculable de générations de Chevaliers du Nuage. Les Pas du Nuage, que l’on utilisait à l’origine pour esquiver les attaques ennemies, étaient à présent utilisés pour éviter d’être vu… S’il n’avait pas envie d’être trouvé, on serait obligé de se faire pousser un troisième œil afin de le voir !

Storm acquiesça d’un signe de tête. Avant que je ne parte, il commenta : « Où vois-tu habituellement Cloud ? »

Où est-ce que je vois Cloud en temps normal ? J’y réfléchis pendant un bon moment. Dans la salle de réunion ? Non, je ne le « voyais » pas vraiment là-bas. Dans les couloirs ? Non plus, je ne l’ai jamais « vu » dans ceux-ci. Les placards ? Non, non.  Même si je trouvais le bon placard, je ne peux souvent pas voir à travers le camouflage de Cloud.

Attendez ! En fait, l’endroit où je le retrouve en temps normal est… Un frisson me parcourut la colonne vertébrale. Je frissonnai et dis : « Derrière moi… »

Storm hocha la tête, puis pointa quelque chose derrière mon dos avec son index. Il partit après cela, se mêlant de ses propres affaires.

J’attendis un certain temps avant d’appeler : « Cloud ? »

« Ici. »

Il est vraiment là… Je me retournai abruptement et, très certainement, je trouvai le Capitaine-Chevalier du Nuage dont la peau était encore plus pâle que la mienne dû à de longues années sans s’être exposé au soleil. Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer. « Quand as-tu commencé à me suivre ? » m’enquis-je.

Cloud murmura poliment : « Il se trouve que j’étais dans l’armoire à livres à côté de la chambre de prière en rénovation, et t’ai entendu dès que tu es parti et as commencé à crier mon nom. »

« Alors, tu me suivais depuis le début ? Pourquoi ne m’as-tu pas appelé ? »

Cloud chuchota mollement : « Je t’ai appelé plusieurs fois, mais tu ne m’as probablement pas entendu parce que ta voix était trop forte. »

« La prochaine fois, contente-toi de tapoter mon épaule ! » lui ordonnai-je avec impatience.

« D’accord. » Cloud hocha la tête.

« Tu étais encore en train de te cacher dans les placards ? » me plaignis-je. « Ne t’ai-je pas dit que les placards ne sont pas faits pour que les gens les habitent ? Tu peux lire des livres dans la salle de lecture ; ou si tu souhaites être seul, tu  peux dénicher une chambre de prière vide. En tant que l’un des Douze Chevaliers Sacré, personne ne s’y opposerait si tu demandais une chambre de prière privée. »

Cloud secoua la tête vigoureusement et affirma : « Je ne me cachais pas dans le placard parce que tu m’as interdit de me cacher là. »

« Ne viens-tu pas de dire que tu te cachais dans le placard ? »

Cloud secoua à nouveau la tête et déclara : « Je me cachais dans l’armoire à livres. »

« Il y a une différence ? »

Cloud pencha sa tête sur un côté, et répondit ensuite : « Les placards sentent la moisissure ; les armoires à livres sentent les mites. Les mites sentent meilleures. »

Les gens normaux devraient détester les deux odeurs, n’est-ce pas ? Et puisque les mites sentent meilleures, pourquoi se cacher dans les placards en premier lieu ? Je ne peux vraiment pas suivre la logique de Cloud… Oublions cela ! C’est bon tant que ça le rend heureux.

« Cloud, va immédiatement te signaler auprès du Chevalier du Jugement dans la chambre de prière en rénovation, et ensuite suis ses ordres. »

« D’accord. » Cloud hocha encore une fois la tête et disparut tel un fantôme.

Je hochai la tête avec accord. Bien que Cloud soit un peu difficile à trouver, qu’il possède une voix à peine audible, une personnalité plutôt étrange, et une façon bizarre de penser, il est très obéissant. Son obéissance est sa plus grande vertu. Il obéit à tous mes ordres sans même demander pourquoi.

« Sun ! »

Sans attendre que la personne qui criait ne me rejoigne, je fronçai les sourcils et questionnai : « Des problèmes ? »

« Comment as-tu deviné ? » Blaze s’arrêta en crissant sur le sol et resta bouche-bée, les yeux remplis de suspicion au sujet de si j’avais récemment obtenu la capacité de clairvoyance.

« Chaque fois que tu cours précipitamment dans ma direction, rien de bon ne se produit », expliquai-je sombrement. Adair n’a-t-il pas failli mourir la dernière fois que cela s’est produit ?

« C’est donc comment tu as su… » Blaze sembla soudainement réaliser ce qu’il était censé faire et commença ensuite à paniquer encore une fois. Il cria : « Ce n’est pas ça ! Pourquoi est-ce que nous discutons de ça !? Ta Section du Chevalier du Soleil s’est battue avec les types du Monastère du Dieu de la Guerre. Quelques-uns d’entre eux sont blessés, mais par chance aucune vie n’est en danger, et ils sont tous présentement en train de bander leurs blessures dans le hall principal. Par contre, les types du Monastère du Dieu de la Guerre demandent que la Section du Chevalier du Soleil soit punie. Ça ne fait aucun sens ! Où est la justice à se battre les uns contre les autres !? Leurs blessures sont bien plus légères que celles de la Section du Chevalier du Soleil, alors nous devrions être ceux qui demandent une compensation ! »

Je fus outré au moment où j’entendis cela. Ma Section du Chevalier du Soleil a en fait ignoré tous mes avertissements, et ils sont allés chercher querelle à un ennemi aussi fort !

Allaient-ils me faire mourir de rage avant d’être satisfaits ?

 

 

Quand Blaze et moi nous précipitâmes au hall principal, nous aperçûmes instantanément les membres couverts de sang de la Section du Chevalier du Soleil. J’étais si livide que je manquai presque de les réprimander en public. Par chance, Blaze tira sur ma manche et pointa le Fils du Dieu de la Guerre ainsi que sa cinquantaine de guerriers au milieu du hall. Seulement à ce moment-là me suis-je contenu.

Je souris largement tandis que je dépassais la Section blessée du Chevalier du Soleil et continuai mon chemin jusqu’où se tenait le Fils du Dieu de la Guerre. De façon courtoise, je dis : « Si Sun avait su que le Fils du Dieu de la Guerre arrivait, Sun aurait personnellement accueilli votre présence ici afin de communiquer la gracieuse hospitalité offerte par le Dieu de la Lumière. Puisque vous êtes ici, souhaiteriez-vous que Sun vous fasse visiter l’Église du Dieu de la Lumière ? »

Les lèvres du Fils du Dieu de la Guerre tressaillirent pendant qu’il m’écoutait. Il grogna : « Cessez de raconter des sottises. Chevalier du Soleil, vos chevaliers ont massacré mes guerriers, et vous, vous… ! Dans tous les cas, vous devez payer pour cela. »

Mes chevaliers ont massacré vos guerriers ? Je ricanai dans mon cœur. Non seulement les blessures de la Section du Chevalier du Soleil étaient bien plus sérieuses que celles de ses guerriers, mais j’étais absolument certain que, sous mes enseignements, la Section du Chevalier du Soleil ne commencerait pas une bagarre que ses membres ne pouvaient pas remporter. Par conséquent, il n’était pas difficile de discerner qui avait commencé en premier !

J’étais certain à 80 % que c’était parce qu’Elijah et moi essayions de lui voler sa princesse. Cela l’avait rendu furieux. Et puisqu’il ne pouvait pas passer ses nerfs sur Elijah ou moi (et n’oserait pas toucher aux chevaliers royaux, parce que ceux-ci appartiennent au roi et non à Elijah), il avait cherché la bagarre avec ma Section du Chevalier du Soleil… Ces enfoirés ! Ne leur ai-je pas récemment ordonné de ne pas quitter le Temple Sacré ? Mes paroles sont tombées dans les oreilles de sourds !

Au moment où j’entendis ce que le Fils du Dieu de la Guerre avait dit, je cessai de sourire et annonçai gravement : « Bien entendu, comme nous l’enseigne le Dieu de la Lumière, nous ne devrions point traiter nos invités avec violence. Au lieu de cela, nous devrions traiter toutes choses avec la Bienveillance du Dieu de la Lumière, puisque la bonté sera payée avec la bonté. La violence incite plus de violence et la haine engendre la haine. Personne n’aime être traité avec violence. Donc, nous devons en premier lieu montrer notre prévenance et notre bonne considération. Seulement à ce moment-là, l’autre parti rendra la gentillesse par la gentillesse- »

Plus le Fils du Dieu de la Guerre écoutait, plus profondément il fronçait les sourcils. Enfin, il agrippa sa tête comme s’il souffrait d’une migraine atroce et hurla : « Taisez-vous ! »

Je fermai la bouche comme il le souhaitait et lui souris chaleureusement.

Blaze marmonna derrière moi : « Wow ! Je viens d’avoir une grande dispute avec cet homme et pas un seul cheveu sur sa tête n’avait été déplacé. Tout ce que Sun a eu à faire était parler et il souffre d’une horrible migraine. »

« Dîtes-moi simplement comment vous allez les punir ! » s’écria le Fils du Dieu de la Guerre. Il semblerait que discuter avec moi soit plus épuisant que se quereller avec Blaze.

Je me tournai pour faire face à ma Section du Chevalier du Soleil et lui reprochai : « Vous avez osé traiter nos invités avec violence ? Avez-vous oublié que vous êtes des chevaliers sacrés du Dieu de la Lumière ? Êtes-vous à ce point égoïstes ? Puisque vous êtes peu enclins à être des chevaliers sacrés polis, je vais interdire aux guérisseurs de vous soigner. Rendez-vous à l’infirmerie et pansez vos blessures. Après cela, vous allez tous vous signaler à la chambre de détention. Vous êtes punis pendant un mois ! »

Les membres de la Section du Chevalier du Soleil maintinrent leurs têtes basses avec honte et se mirent lentement sur leurs pieds. Certains des membres les plus blessés eurent besoin de l’aide des autres pour se lever.

Saisissant enfin la situation actuelle, Blaze affirma anxieusement : « Sun, il n’y a rien de mal à les mettre en détention, mais laisse-les au moins obtenir des soins de la part des guérisseurs ! Leurs blessures sont trop sévères ! »

« C’est justement leur punition », rétorquai-je sobrement, sans la moindre intention de retirer mes ordres.

Les chevaliers sacrés environnants observèrent la Section du Chevalier du Soleil avec sympathie et procédèrent à lancer des regards noirs à ceux du Monastère du Dieu de la Guerre.

Je me tournai pour m’adresser au Fils du Dieu de la Guerre juste à temps pour voir le sourire satisfait étendu sur son visage. Les guerriers derrière lui rigolèrent à gorge déployée tandis que les membres embarrassés de la Section du Chevalier du Soleil quittait la salle.

« J’attends avec impatience le combat à mort qui aura lieu dans deux semaines. Pour le bien de la bienveillance du Dieu de la Lumière, je me montrerai clément. » Les dents du Fils du Dieu de la Guerre étincelèrent tandis que celui-ci rayonnait grandement.

Je souris brillamment et répondis : « Mille mercis pour votre bonté. »

« Hahaha… » Tout ceux du Monastère du Dieu de la Guerre rigolèrent de façon bruyante  alors qu’ils sortaient de l’Église en plastronnant sans même adresser un seul « au revoir ».

Une fois que les guerriers du Monastère du Dieu de la Guerre furent partis, Blaze m’évalua avec prudence et murmura : « S-Sun ? Maintenant qu’ils sont partis, est-ce que je devrais aller chercher des guérisseurs pour soigner la Section du Chevalier du Soleil ? »

Un seul regard de ma part, et il devint instantanément silencieux.

Je marchai à grands pas pour rejoindre la Section du Chevalier du Soleil. Blaze hésita pendant un instant puis me suivis. Bien qu’il y eût plusieurs salles de soins et que je n’eusse pas indiqué à la Section du Chevalier du Soleil quelle salle utiliser, ce fut facile de les trouver. Tout ce que j’ai eu à faire était de suivre la trace de sang.

Tous les guérisseurs, les chevaliers sacrés, et même les Douze Chevaliers Sacrés devinrent pâles dès qu’ils me virent passer. Ils reculèrent même de quelques pas pour m’éviter.

Quand j’atteignis la salle de soin, je fermai gentiment la porte derrière moi. Je hurlai alors avec colère à l’attention de ma Section du Chevalier du Soleil : « Bande de bons à rien, ne vous ai-je rien enseigné ? »

Tous les membres de la Section baissèrent la tête, n’osant rien dire.

Je perdis mon sang froid et rugis : « Ne vous l’ai-je pas dit avant !? Si vous voulez frapper quelqu’un, assurez-vous qu’il soit au moins deux fois plus faible que vous. Si votre adversaire est presqu’aussi fort que vous, n’agissez jamais à moins que vos chances de l’emporter soient d’au minimum 200 %. Ne vous ai-je pas ordonné de simplement le tolérer et de me faire un rapport avant de commencer une bagarre ? »

« Capitaine, ce n’est pas de notre faute ! Ils ne nous laissaient pas nous en aller ! » répondit Ed d’une voix abattue, comme il tenait sa main gauche sanguinolente.

« Ne racontez pas d’absurdités ! » objectai-je. « Si vous vouliez vraiment partir, comment auraient-ils pu vous en empêcher au beau milieu de la journée ? Tous les chevaliers royaux qui patrouillaient vous auraient prêté main-forte pour vous débarrasser de ces fauteurs de trouble. »

Ed hurla : « M-mais, nous ne pouvions pas simplement les ignorer ! Ils vous ont insulté ! Si nous nous étions contentés de partir la queue entre les jambes, cela n’aurait-il pas confirmé qu’ils avaient raison ? »

Il y eut une vague de protestations immédiates parmi ceux qui étaient présents, et ils se plaignirent : « C’est vrai ! Ils vous ont en fait traité de lâche et de faible qui ne sait que comment se reposer sur sa belle apparence ! »

Cela signifie que je suis vraiment bel homme ! Qu’y a-t-il de fâchant là-dedans ?

« Ils ont dit que les chevaliers sacrés n’étaient que des bons à rien, qui ne savaient que comment prendre les coups. Ils vont beaucoup trop loin ! »

Euh… En fait, ils ne sont pas si loin de la vérité. Les chevaliers sacrés sont les meilleurs pour la défense et à se rétablir. Ces deux aptitudes combinées rendent les chevaliers sacrés grandement résistants, ce qui signifie qu’ils sont experts pour prendre les coups !

« Ils ont même dit que vous ne vous souciez pas de nous. Même s’ils nous tuaient, vous n’oseriez pas vous en prendre à eux… »

Balivernes ! S’ils osaient vous tuer, je ferais en sorte qu’ils soient paralysés à vie !

C’était cette troisième affirmation qui m’avait énervé en fin de compte. J’affichai un air solennel pendant que je les écoutais se plaindre et panser leurs blessures en même temps. Lorsqu’ils eurent terminé, j’ordonnai : « Signalez-vous à la chambre de détention. »

En entendant qu’ils allaient tout de même être mis en détention, la Section du Chevalier du Soleil fixa le sol d’un air misérable. Juste au moment où ils s’apprêtaient à s’en aller, il y eut un coup frappé à la porte.

« Qui est-ce ? » Je me renfrognai. Qui oserait m’interrompre pendant que je donne une leçon aux membres de ma section ?

« Capitaine, c’est moi, Adair. »

« Tu as du cran pour me désobéir et sortir du lit. Es-tu entièrement remis ? »

« Je vais parfaitement bien maintenant, Capitaine. »

« Dans ce cas, entre. »

Adair tomba à genoux au moment où il entra et déclara coupablement : « Capitaine, si vous insistez à mettre la Section du Chevalier du Soleil en détention, dans ce cas, je vous prie de m’enfermer moi aussi. Tout ça est arrivé, parce que, moi, le Vice-Capitaine, j’ai échoué à bien les entraîner. »

Je jetai un coup d’œil à Adair. Comme ces mouvements semblaient très fluides, ses blessures étaient probablement entièrement guéries. Froidement, je décrétai : « Très bien ! Vous tous, rendez-vous à la chambre de détention. »

Adair baissa le regard, cachant son expression, et répondit comme d’habitude : « Tout de suite. »

Note de bas de page

1 « ne possède même pas la force d’attacher un poulet » : Un dicton chinois qui décrit une personne étant physiquement extrêmement faible.

Romance RPG : Partie 4

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Romance RPG

Roman originel en Chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Part Four – traduit du chinois vers l’anglais par Raylight[PR!]
Partie Quatre – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Ça ne te regarde pas ! » Lin Jian Yin était si furieux qu’il commença à l’insulter. « Au moins, je suis mieux placé que toi, sale Taike. »

Les yeux de la fille s’agrandirent tandis qu’elle le fixait. « Qu’est-ce que tu as dit ? »

Comme s’il essayait de passer ses nerfs pour tout ce qu’il avait dû endurer aujourd’hui, la langue de vipère de Lin Jian Yin était à son apogée. « Vois la tête horrible que tu as. Même les cheveux de la grand-mère de soixante ans qui vend des boulettes de viande à côté de chez moi ont plus belle allure que les tiens. »

La fille passa frénétiquement ses mains dans ses cheveux, souhaitant se servir de ses doigts pour les peigner jusqu’à les rendre lisses. Cependant, elle les avait à peine peignés à moitié que ses doigts se coincèrent dans un nœud.

« Et ces lunettes fumées noires. Tu te crois en train de faire du jeu de rôle ? Si tu veux te déguiser en Conan, dans ce cas tu devrais au moins porter un complet et un nœud-papillon, pas vrai ? » déclara-t-il d’un ton froid.

La fille retira immédiatement ses lunettes et, en même temps, dissimula la main qui les tenait derrière son dos, comme si ça allait masquer le fait qu’elle était en train de les porter il y a un instant.

Quand elle ne porte pas de lunettes, ses yeux sont en fait très jolis, murmura Lin Jian Yin dans son cœur. Toutefois, avec son tempérament, elle ne passerait pas l’inspection aussi aisément. Il commenta froidement : « Tu crois qu’en les cachant tout ira bien ? Dans ce cas, il y a quelques petites choses que tu dois cacher. Qu’est-ce que c’est que ce pikachu que tu as sur toi ? Tu l’as acheté dans un marché de nuit, trois pour seulement cent yuans1, avec une paire de pantoufles bleues et blanches en complément ? »

Lin Jian Yin semblait avoir mis en plein dans le mille. Le visage de la fille rougit, et elle était si fâchée qu’elle bégaya un peu : « E-et alors ?  Je porte ça seulement quand je suis chez moi. Si je sors, je ne m’habille pas comme ça. » Continued

1/2 Prince T3C5 : Kenshin le Roi des Démons

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½ Prince Tome 3 – Les Chroniques d’un Prince Vagabond

Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 5: Demon King Kenshin – Traduit du chinois vers l’anglais par Erihppas[PR!]
Chapitre 5 : Kenshi le Roi des Démons  – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Dans la vraie vie…

Je retirai le casque de jeu, me sentant en quelque sorte épuisée. Dire que je suis en fait devenu le Grand frère de Jing et Yun… S’ils découvrent un jour la vérité, je vais subir une mort horrible.

Je me levai et commençai à préparer le petit-déjeuner, me sentant profondément troublée. Ça faisait six jours, presque sept, et je n’avais toujours aucun moyen de contacter mes coéquipiers d’Odd Squad. Soupir ! À vrai dire, il y a en fait plusieurs façons de régler le problème. Le dire à mon frère serait la façon la plus facile et pourtant, assez ironiquement, je ne peux tout simplement pas le faire…

Driiiing… Driiiing…

Qui appellerait à une heure aussi matinale ? Je répondis au téléphone, perplexe. « Allô ? »

« Xiao Lan ? Est-ce que tu vas bien !? » résonna la voix anxieuse de grand frère Zhuo à travers le combiné.

« Je vais bien. C’est excellent, je peux enfin contacter quelqu’un ! » J’étais ravie. J’avais totalement oublié que je pouvais contacter grand frère Zhuo.

« Xiao Lan, où diable est-ce que tu es passée ? » Il était clair, d’après son ton, que grand frère Zhuo était soulagé d’avoir de mes nouvelles.

« Je…Je me trouve sur le Continent de l’Est… » Ma voix s’affaiblit à chaque mot.

« Le Continent de l’Est ? » Grand frère Zhuo était abasourdi. « Qu’est-ce que tu fiches là-bas ? »

« Je n’en ai aucune idée moi non plus. Je me suis réveillée et me suis retrouvée là-bas après avoir bu un coup avec Nan Gong Zui ! » dis-je en pleurnichant. « Aussi, on ne peut pas envoyer de messages privés à des joueurs qui sont sur des continents différents, alors je ne pouvais pas du tout vous contacter, les gars. »

C’est moi où la voix de grand frère Zhuo sonne comme s’il essaie de réprimer sa colère ? « Tu es allée boire un coup avec Nan Gong Zui et tu as bu jusqu’à t’évanouir ?  Tu es une fille, comment ça se fait que tu ne saches pas comment te protéger !? »

« Euhh… Mais, je suis un garçon dans le jeu ! » Je me grattai le visage.  Nan Gong Zui et Kong Kong ne feraient jamais de mal à mon moi garçon, pas vrai ? De plus, est-ce que c’est même possible de se faire ******* dans un jeu ? Hmmm… C’est une question qui vaudrait la peine d’être posée à Lolidragon.

« Ce n’est quand même pas convenable. Tu restes une fille après tout », insista grand frère Zhuo avec entêtement.

« Oh… Eh bien, je ne le referai plus. Je n’aime pas boire de toute façon ! » C’est comme ça que ça s’est passé, non ? Je me souviens que le goût du vin était déplaisant, mais comment j’ai fait pour devenir aussi bourrée ? Étrange…

Le ton de grand frère Zhuo se détendit. « Il est bientôt temps pour toi de rentrer au Continent Central. Tu devrais cesser de jouer sur le Continent de l’Est. Tout le monde t’attend à la Cité de l’Infini, particulièrement Nan Gong Zhui : il a amené un groupe entier d’aventuriers avec lui. Ils ont tous hâte de te rencontrer. »

« Mais, je ne peux pas revenir ; je n’ai pas assez d’argent pour payer le billet de retour en bateau », appris-je à grand frère Zhuo pitoyablement.

« Tu as besoin de combien ? »

« De cinq mille pièces de cristal. »

« …Je vais demander à Lolidragon ce soir, quand je me connecterai, pour voir si nous pouvons trouver un moyen de te transférer de l’argent », promit grand frère Zhuo, qui semblait préoccupé. « Quoique la Cité de l’Infini manque un peu d’argent. Je me demande si Yu Lian va être d’accord pour t’en passer un peu… »

« Oh… Dans ce cas, je vais simplement en gagner par moi-même. » Je me sentis un peu embarrassée. Je n’ai encore rien fait en tant que souverain et je suis déjà un boulet.

« Je vais leur en parler. Pour l’instant, tu devrais prendre quelques missions de haut-niveau. Vu tes habiletés, tu devrais être capable de compléter plusieurs quêtes de niveau B1 toute seule. Les récompenses pour celles-là vont de plusieurs centaines à plusieurs milliers de pièces d’or », suggéra grand frère Zhuo. Il ajouta avec inquiétude : « Mais elles pourraient être assez difficiles, alors assure-toi qu’elles ne sont pas trop dangereuses avant de les accepter ! »

« Très bien, j’ai compris. »

« Soeurette, où est mon petit-déjeuner ? »  La voix mécontente de Yang Ming retentit derrière moi.

Surprise, je dis rapidement : « Grand frère Zhuo, je vais devoir te laisser pour l’instant. À plus ! »

Dès que j’eus raccroché, je me tournai pour faire face à Yang Ming. Après m’être assurée que son visage n’affichait que de l’insatisfaction et pas une once de suspicion, je me détendis.

« Je vais tout de suite préparer le petit-déjeuner. »

 

 

En ligne…

Avec une mine sombre, Wicked entra dans le lieu de rencontre temporaire d’Odd Squad : la prison. Comme il s’y attendait, les membres d’Odd Squad et de Dark Emperor paressaient sur le sol, dormaient, ou se remplissaient la panse avec de la nourriture… Pas un seul d’entre eux n’avait le moins du monde l’air d’un commandant de haut-niveau.

D’une voix empreinte de gravité, Wicked annonça : « J’ai d’importantes nouvelles pour Odd Squad. »

Ugly Wolf lâcha à contrecœur Yu Lian, qui se trouvait dans ses bras, donna à Gui – qui était enterré sous des feuilles de croquis – un coup de pied, arracha Doll à son casse-croûte et secoua Lolidragon – qui bavait dans son sommeil – pour la réveiller. « Quelles nouvelles importantes ? »

« Je sais où est Prince », répondit Wicked. Le regard qu’il lança à Gui montrait une once de défi, et il l’observa avec satisfaction tandis que celui-ci pâlissait.

« Où est-ce que cet idiot est encore passé ? » maugréa Lolidragon. « On bosse dur ici, pendant que lui, le souverain, s’amuse joyeusement à faire le pitre ailleurs. »

« Il se trouve sur le Continent de l’Est », déclara calmement Wicked.

Les yeux de tous les membres d’Odd Squad s’agrandirent, alors que les membres de Dark Emperor – qui faisaient du raffut de leur côté – devinrent silencieux. En un instant, la prison était devenue si silencieuse qu’on pouvait même clairement entendre le crépitement des flammes de Fire Phoenix.

Finalement, Gui demanda, sur un ton qui était un mélange de soucis et d’anxiété : « Que fait-il sur le Continent de l’Est ? Pourquoi n’est-il pas revenu ? »

« Il n’a, lui non plus, pas la moindre idée de comment il a abouti là-bas, possiblement parce qu’il était trop bourré. Pour ce qui est de pourquoi il n’est pas encore revenu, c’est parce que… »

« Je crois connaître la raison », coupa Lolidragon avec exaspération. « Le billet pour se rendre sur le Continent de l’Est coûte cinq mille pièces de cristal, et le billet de retour coûte encore cinq autres mille pièces de cristal. Prince n’avait probablement assez d’argent que pour un aller vers le Continent de l’Est, si je me souviens bien. »

« Quoi ? Cinq mille pièces de cristal ? » Le sourire de Yu Lian était si glacial que les membres des deux équipes ne purent s’empêcher d’observer un moment de silence en l’honneur de Prince.

Wicked détourna lui aussi son regard du sourire terrifiant de Yu Lian et regarda Lolidragon à la place. « Est-ce qu’il existe un moyen d’envoyer de l’argent à Prince, Lolidragon ? »

Lolidragon fut alors sous l’emprise de sueurs froides et détourna son regard du sourire de Yu Lian, qui n’aurait pas pu devenir plus froid, répondant avec raideur : « Normalement, c’est possible pour un joueur de transférer de l’argent à un autre, mais si un joueur se trouve sur un autre continent, dans ce cas c’est impossible de lui envoyer un message privé, encore plus de lui transférer des fonds. »

« Quoi ? Et Prince alors ? » Gui devint aussi pâle qu’un fantôme tandis qu’il imaginait Prince en train d’errer sur un continent éloigné, sans un sou à son nom, souffrant du froid et de la faim, habillé en haillons, et son cadavre finissant dans une rue…

 

 

Cité du Tigre Blanc, Continent de l’Est…

Prince :

« Miam, des wontons dans de la sauce au chili… Trop bon ! » m’exclamai-je, en dégustant le petit-déjeuner que Jing et Yun m’offraient respectueusement.

 

 

« Nous allons devoir demander à Prince de gagner lui-même l’argent pour son ticket », décréta Lolidragon en haussant les épaules, puis elle rampa sans hésitation jusqu’à sa cellule pour dormir.

« Hmm… » Ugly Wolf gratta la fourrure sur sa tête. « Puisque son absence n’affecte pas tellement la Cité de l’Infini pour l’instant,  et que les membres des Lames Vertueuses se sont depuis longtemps établis dans notre ville, ça ne devrait pas faire une grande différence si Prince ne rentre pas tout de suite. »

Yu Lian sourit. « Pas un sou pour lui ! »

« Grand frère Prince manque beaucoup à Doll… » déclara Doll, puis elle fronça les sourcils quand elle aperçut son casse-croûte du coin de l’œil. « … Mais si grand frère Prince était là, il lui volerait ses casse-croutes, alors peu importe. » Doll retourna à sa pile de nourriture et recommença à s’empiffrer.

« Attendez une minute, Prince est tout seul là-bas, sans amis et sans argent ! Nous devons aller le sauver ! » cria Gui à ses coéquipiers irresponsables, le visage blanc comme une feuille.

« TU n’iras nulle part, alors retourne docilement à tes dessins », rétorqua tout le monde à l’unisson.

Wicked les regarda faire avec impuissance, en songeant : On dirait que Xiao Lan ne reviendra pas de sitôt… Mais il se rendit vite compte que ce n’était pas une si mauvaise chose. Gui ne pourrait pas voir Prince pendant tout ce temps après tout.

D’un autre côté, lui – Wicked – pourrait toujours discuter au téléphone avec Xiao Lan.

Excellent ! pensa Wicked, ses lèvres se haussant pour se transformer en un sourire.

 

 

Mes bras étaient croisés devant ma poitrine tandis que j’étudiais le monstre que j’aurais à combattre bientôt : un démon mineur.

Le démon mineur ressemblait au « oni » du folklore japonais, avec son visage hideux, ses dents pointues dévoilées dans un grognement, ses petites cornes sur la tête, et une sorte de petit katana dans les mains. Ils vivaient dans des cavernes froides, profondes et étranges. Si Jing et Yun ne m’avaient pas montré le chemin, je n’aurais probablement pas été capable de naviguer à travers cette caverne de labyrinthes. Je ferais mieux de faire attention à ne pas me retrouver séparé d’eux, ou je vais souffrir un destin plus tragique que d’accidentellement aboutir sur le Continent de l’Est.

Après ne pas avoir bougé pendant plusieurs « longues » minutes, Yun ne put plus rester silencieux et demanda : « Grand frère, quand est-ce que nous allons commencer à nous battre ? Si on ne se dépêche pas d’obtenir les cornes du démon, on ne pourra pas finir la quête ! »

Je me sentis un tantinet frustré. Je ne sais pas grand-chose du monstre, et les gens à mes côtés ne sont pas mes équipiers habituels d’Odd Squad. Nous n’avons même pas de prêtre, alors si je fonce négligemment, je risque moi-même de rejoindre les rangs des démons…  Néanmoins, je devais m’y mettre. Il ne me restait plus qu’à prier pour que ce type de monstre ne soit pas trop fort. « Yun, Jing, reculez un peu. »

Après que j’eus donné l’ordre à Jing et Yun… Je veux dire, leurs eus donné des instructions sur ce qu’ils devraient faire, j’observai les alentours avec attention et trouvai un démon mineur solitaire. Me déplaçant légèrement sur mes pieds, je rampai furtivement derrière lui, et lui poignardai sauvagement le cœur à travers son dos. Malheureusement, l’agilité du démon était, contre toute attente, élevée, et il se retourna, faisant en sorte que ma lame lui perce seulement l’épaule. Un liquide vert et gluant – probablement son sang – gicla. Enragé, le démon blessé brandit son petit katana, et la pointe tranchante de la lame vint frapper dans ma direction. Je me penchai vers l’arrière, et le katana siffla en dépassant ma taille ; mais une idée se faufila dans mon esprit, et je transformai le geste en un salto arrière, donnant un coup de pied au démon et l’envoyant rouler vers l’arrière. Dès que mes pieds touchèrent le sol, je bondis en direction du démon, le frappant de mon arme et lui sectionnant le bras droit.

Le démon hurla. Bien qu’il eût perdu son bras droit et son arme, il essaya tout de même de me mordre. J’enroulai fermement ma main gauche autour de son cou et frappai de mon Dao Noir droit dans son cœur avec ma main droite. Juste au moment où j’allais lâcher un soupir de soulagement, toutefois, le démon me mordit la main gauche. Je me pliai de douleur, en pensant, Ne me dîtes pas que la faiblesse du démon mineur n’est pas son cœur ?

« Grand frère, coupe-lui la tête, tu dois lui couper la tête ! » hurla frénétiquement Yun.

Alors, c’est comme ça qu’on fait ? À l’instant où je compris, il n’y avait plus de tête sur le cou du démon. Je lâchai vite le cadavre, qui giclait du sang de partout, afin d’éviter de me transformer en réservoir à huile verte.

« Grand frère est vraiment un homme valeureux. La démonstration héroïque de grand frère a profondément ému son petit frère. Ce salto arrière est vraiment parfait ; élégant et pourtant aussi inflexible que le métal. Soupir ! Ton petit frère peut uniquement s’incliner devant ta grandeur… Toutefois, est-ce que son petit frère peut importuner Grand frère afin qu’il coupe les cornes du démon, pour que son petit frère soit capable de compléter la quête ? »

C’est quoi ces conneries ? Si tu veux que je coupe les cornes, dis-le tout simplement ! À force de débiter toutes ces âneries, tu me donnes la chair de poule. Tout  de même, les petites cornes devaient être coupées, alors ma lame s’éleva et s’abattit, et je les tendis à Yun.

Ayant une bonne idée de la force du démon mineur, je me rendis compte que je pouvais probablement m’occuper d’eux assez aisément, et mon anxiété se dissipa. Je commençai à élaborer un plan pour aider Jing et Yun à monter de niveau et, après un moment de réflexion, je les menai à une crevasse dans le mur de la caverne et leurs demandai de rester à l’intérieur. « Je vais être chargé d’attirer les démons jusqu’ici. Après ça, Jing, je ne permettrai pas aux démons de te faire du mal, alors ne n’inquiète pas et lance tes sorts. Yun, installe une Barrière de Ralentissement. »

Je scrutai les profondeurs de la caverne, fermai les yeux, et pris une profonde inspiration. Ensuite, j’ouvris les yeux et souris légèrement. Démons mineurs, me voilà.

Pour débuter, j’attirai un seul démon et échangeai des coups avec lui avec grande aise. C’est à ce moment-là que Jing sortit un morceau de papier fu. Je jetai un regard en biais et la vis dessiner plusieurs lignes sur la feuille avec ses doigts avant de la lancer, en criant : « Mes flammes, vraies et dissimulées par trois fois, en avant ! »

Contre toute attente, le papier vola directement vers le démon. Voyant que ce dernier avait l’intention d’esquiver, je lançai une pluie de coups, le forçant à rester en place. Finalement, le papier atteignit le démon et se transforma brusquement en trois flammes blanches, qui enveloppèrent le démon. Celui-ci hurla de douleur et réagit en bondissant vers Jing mais, malheureusement pour lui, un coup de pied de ma part l’envoya valdinguer jusqu’à son point de départ.

« Mes flammes, vraies et dissimulées par trois fois, en avant ! » S’apercevant que les flammes sur le démon s’apprêtaient à s’éteindre, Jing envoya une fois de plus un morceau de papier fu.

Cette fois-ci, je contemplai la scène avec satisfaction tandis que les flammes commençaient à réduire le démon en cendre…

« AHHHHH ! » gémit Yun tout à coup. « Grand frère, les cornes du démon ! »

En entendant ça,  je coupai sans difficulté les cornes du démon et regardai le démon tomber en poussières. On dirait que je peux en attirer plus, pensai-je en prenant ma décision.

Ainsi, le nombre de démon passa de un à deux et ultimement à trois, après quoi je décidai que c’était suffisant, car un plus grand nombre d’entre eux me laisserait avec un espace insuffisant pour combattre. De cette manière, je me battrais contre les démons, en me concentrant pour affuter ma défense. Alors que j’avais initialement plusieurs ouvertures dans ma défense et que je ne réagissais pas assez vite, je devins vite compétent au point que ma défense en était devenue étanche. Je devins de plus en plus familier avec cette méthode de combat, qui était complètement différente du style de combat agressif que j’utilisais depuis tout ce temps. C’est un excellent entraînement pour moi… mais quand même, si seulement les monstres étaient plus forts, songeai-je avec insatisfaction.

« Après avoir attiré plus de dix groupes de monstres, je lâchai un long soupir et dis doucement : « Prenons un pause. »

La culpabilité submergea le visage de Jing. « Je suis vraiment désolée, Grand frère. Jing avait complètement oublié que Grand frère a besoin de se reposer. »

« Ça va », affirmai-je en m’asseyant, recouvrant un peu de mon énergie.

« Wow, nous avons chacun gagné un niveau, et nous avons suffisamment de cornes de démons pour finir la mission », s’émerveilla Yun, ses yeux brillants comme des étoiles.

Je n’étais pas très chaud à l’idée de me battre contre d’autres démons mineurs. Je n’avais rien à gagner à les combattre, et bien que mon objectif principal fût d’aider Jing et Yun, ce serait à leur avantage si nous nous battions contres des monstres de plus haut niveau. Gardant ça à l’esprit, je leur demandai : « Est-ce qu’il y a des monstres plus forts que nous pouvons combattre ? »

Les yeux de Jing et de Yun se mirent à briller avec éclat, et Yun répondit vite : « Évidemment, Grand frère, pourquoi est-ce qu’on ne s’attaquerait pas aux jeunes filles démoniaques ? Leurs cornes valent plus que celles d’un démon mineur. »

« Et les caractéristiques du monstre sont… ? » questionnai-je.

Diriger cette question vers Yun, le joueur de jeux vidéo attitré, était la bonne chose à faire, puisqu’il répondit sur-le-champ avec enthousiasme et confiance, en disant : « Les jeunes filles démoniques sont généralement similaires aux démons mineurs, sauf que leurs niveaux sont plus élevés. Leur point faible est leur tête, exactement comme pour les démons mineurs, mais les jeunes filles démoniaques se servent de leurs longues griffes acérées comme armes, et elles bougent plus vite que les démons mineurs. Toutefois, avec la vitesse de grand frère, il ne devrait pas y avoir de problèmes une fois que tu te seras familiarisé avec leur style d’attaque. »

Je hochai la tête. « Attaquons-les, alors. »

Me levant, je m’étirai et ordonnai : « Passe devant. »

La jeune fille démoniaque possédait une longue chevelure, avait la peau verte, et portait une robe semblable à celles que les demoiselles avaient pour habitude de revêtir durant la Chine Antique. Ses mains se terminaient par des ongles extrêmement longs, leurs extrémités brillant dangereusement. Je fonçai droit devant, et nous commençâmes à nous battre.

Yun, le fervent joueur, avait raison : la jeune fille démoniaque était effectivement plus stimulante à combattre que le démon mineur. Comme ses perceptions étaient considérablement plus aiguisées, il m’était d’autant plus difficile d’attaquer son point faible, à savoir sa tête. En plus, elle était excessivement rapide, et je devais me concentrer pour esquiver – avec grande difficulté – au départ. Malheureusement pour elle…

Je souris. Le style d’attaque de la jeune fille démoniaque était limité à poignarder. Je cherchai une opportunité, et quand elle allongea encore une fois la main, songeant à percer mon corps de trous, je cessai de bouger, puis lui sectionnai sauvagement la main au moment où elle me toucha. Il n’y avait rien à craindre d’une jeune fille démoniaque auquel il manque une main, alors j’employai la même méthode pour me débarrasser de son autre main et l’achever… Même si je n’eus pas autant de succès la seconde fois que j’essayai, un « petit » trou apparut sur mon corps.

Sans faire le moindre bruit, je pris secrètement une gorgée de potion servant à revigorer la santé pour ensuite retourner aux côtés de mes compagnons comme si rien ne s’était produit.

Les yeux de Yun étaient remplis d’adoration. « Grand frère est vraiment fort ! Je savais que Grand frère n’éprouverait définitivement aucune difficulté à l’affronter. Nous allons attendre ici que tu attires les monstres, Grand frère. »

« D’accord », répondis-je. On dirait que je peux m’entraîner contre des monstres plus puissants maintenant, songeai-je, et m’en allai joyeusement attirer des jeunes filles démoniaques.

 

 

« Grand frère est trop fort ! En seulement trois jours, Lü Jing a monté de niveau cinq fois, et j’ai également monté de niveau à deux reprises. Combattre des monstres de plus haut niveau  accélère vraiment les choses ! Qu’est-ce qu’on devrait combattre par la suite, Grand frère ? » s’enquit Yun avec entrain pendant qu’il apportait un plat de wontons au chili.

Je fronçai les sourcils, mais acceptai tout de même l’assiette de wontons. Intérieurement je pensai, Je devrais vraiment commencer à gagner de l’argent et me préparer à rentrer, même si grand frère Zhuo m’a communiqué le message de grand frère Wolf disant que les affaires à la Cité de l’Infini se déroulaient très bien sans moi.

Alors, j’annonçai simplement : « Je ne peux pas rester ici plus longtemps. »

Jing et Yun eurent l’air paniqué. « Grand frère, tu t’en vas ? »

« Non, j’ai besoin de gagner de l’argent. Je dois obtenir cinq mille pièces de cristal », répondis-je après avoir avalé un wonton.

« Gagner de l’argent ? Quoi, Grand frère a besoin d’argent ? Mais, tu ne nous as pas demandé de séparer l’argent des quêtes effectuées plus tôt avec toi ! » Yun hésita soudainement, puis fronça légèrement les sourcils. « Pourquoi est-ce que tu ne nous a pas demandé de diviser la récompense avec toi si tu as besoin d’argent, Grand frère ? »

Je restai silencieux. Avec Yun qui m’appelait « Grand frère » toute la journée, comment j’aurais possiblement pu même songer à demander à diviser l’argent ?

« Grand frère, même si nous n’avons pas cinq mille pièces de cristal, s’il-te-plaît prends ça pour l’instant ! » Jing sortit un sac de pièces et le poussa dans ma direction.

Je soupirai. Il va bientôt être temps pour eux d’obtenir de nouveaux équipements, alors comment je pourrais accepter de prendre leur argent maintenant ? « Pas besoin, je gagnerai mon propre argent. »

« Mais, Grand frère, tu vas vraiment nous quitter ? » L’expression de Yun reflétait la consternation, il n’avait clairement pas envie qu’on se sépare. « Nous ne connaissons pas ton nom, et ne savons même à quoi tu ressembles. Si on se sépare maintenant, on ne se reverra probablement plus jamais, Grand frère ! »

On se reverra, mais ça va prendre beaucoup de temps avant que Jing et Yun parviennent à rassembler dix mille pièces de cristal et se rendent à la Cité de l’Infini pour me trouver. J’aimerais pouvoir les aider à gagner l’argent pour le billet de bateau, mais mes équipiers d’Odd Squad m’attendent ! Il n’y a vraiment aucune solution à ce dilemme ?

Comme si elle avait rassemblé son courage, Jing dit : « Grand frère, j’ai vu une mission de niveau A plus tôt. La récompense en argent est colossale, et ça n’a pas l’air très difficile : nous devons seulement récupérer le ruban du roi des démons. Puisque le roi des démons, le démon mineur, et la jeune fille démoniaque sont tous des types similaires de monstres, ça ne devrait poser aucun problème à Grand frère. De plus, même si nous ne pouvons pas le battre, on peut juste attraper son ruban et s’échapper. »

Ça a vraiment l’air d’être une bonne proposition, pensai-je. Si je peux prendre le bateau pour retourner sur le Continent Central avec Jing et Yun, dans ce cas j’aurais au moins quelqu’un avec qui discuter et je ne m’ennuierais pas à mourir comme pendant mon voyage pour venir ici. « Très bien alors, allons chercher cette quête. »

« Grand frère est le meilleur ! » acclama joyeusement Yun.

 

 

Accompagné de Jing et Yun qui menaient le chemin, je retournai encore une fois à la Caverne des Démons.

« Grand frère, nous allons peut-être devoir passer plus de temps à chercher, vu que le roi des démons se promène souvent autour de la zone au plus profond de la caverne. Ça va probablement être dur de le trouver », affirma Yun avec inquiétude.

« D’accord. Commençons à chercher alors. »

Jing, Yun et moi trouvâmes notre chemin à travers les profondeurs de la caverne et atteignîmes rapidement l’endroit où nous nous étions entraînés récemment. Là-bas, je m’arrêtai pour combattre quelques démons mineurs et quelques jeunes filles démoniaques afin de détendre mes muscles. Nous procédâmes alors à nous enfoncer dans les profondeurs de la caverne jusqu’à une zone où nous n’étions jamais allés auparavant. Comme avant, j’allais engager le combat avec les démons mineurs et les jeunes filles démoniaques que nous rencontrions en cours de route et laissais Jing et Yun s’entraîner.

Après avoir marché pendant un moment, je fis signe à Jing et à Yun de s’arrêter pour prendre une courte pause, ainsi que pour laisser des offrandes au Temple des Cinq Organes Internes… c’est-à-dire, pour manger. Je mâchai un shaobing youtiao2 et vidai une bouteille de lait de soja…

« Grand frère, pourquoi est-ce que tu nous traites aussi bien ? » fit remarquer Yun tandis qu’il mangeait.

Tu as vraiment besoin de poser la question ? Forcément, c’est parce que vous êtes mes meilleurs amis ! Comme je ne pouvais vraiment pas dire ces mots, je ne pus que maintenir ma façade de « grand frère » et demandai : « Comment viens-tu de m’appeler ? »

« Grand frère… » La voix de Yun devint inaudible, puis il éclata de rire. « Grand frère est vraiment simple. Tout ça juste parce qu’on t’appelle “Grand frère” ? »

« Juste pour ça, tu ne penses pas que ça n’en vaut vraiment pas la peine ? » Jing me fixa avec… des émotions contradictoires se reflétant dans ses yeux ? Je dois me tromper. « Tu n’as pas peur que nous aider devienne tout simplement une perte de temps et que, après que tu nous ais aidés, nous pourrions très bien partir de notre côté et t’oublier ? »

Je répondis tout simplement : « Je ne fais pas de choses que je vais regretter. Une fois que j’ai décidé de faire quelque chose, je ne le regretterai pas. »

Jing et Yun n’ajoutèrent rien. Pourquoi est-ce que l’atmosphère est soudainement devenue lourde ? me demandai-je. J’ai dit quelque chose de mal ? Ah, oublions ça ; je vais juste manger mon youtiao

« Ah… » s’écria tout à coup Jing. Je me retournai, surpris, juste à temps pour voir Jing s’écraser contre le mur. J’aperçus le coupable du coin des yeux, et je bondis immédiatement pour pousser Yun sur le côté.

Un katana vola dans ma direction pour me poignarder dans le torse. Je me contorsionnai dans les airs et, dès que j’eus atterri sur le sol, je fis un salto arrière jusqu’à-ce que je sois retourné auprès de Jing et de Yun. Grimaçant de douleur, j’agrippai ma main gauche blessée, du sang s’écoulant entre mes doigts. Je n’osai pas sortir de potion de santé par contre, parce que je savais que dès que je bougerais pour le faire, la personne se tenant à ma diagonale avec le regard perçant et glacial – Himura Kenshin3 – en profiterait définitivement pour attaquer.

C’est exact ! Le monstre à ma diagonale avec ces cheveux roux, la cicatrice en forme de X, et cette tenue de rurouni est SANS CONTESTE le battousai4. C’est plutôt inattendu ; on dirait que l’Attaque du Dragon à Neuf Têtes, que j’ai plagié, a enfin rencontré son propriétaire. Il ne me poursuivra pas pour cause de plagiat, pas vrai ? Je fus assailli de sueurs froides.

Yun aida Jing à s’asseoir et hurla : «  Grand frère, c’est le roi des démons, sois prudent ! »

Quoi ? Le battousai est le roi des démons ? Ne me dîtes pas que la jeune fille démoniaque que j’ai tuée plus tôt était Kaoru5 ?

Hmm…. Oublions ça, même si je continuais, personne ne comprendrait de quoi je parle. L’important, pour l’instant, c’était que je pressentais fortement que le monstre devant moi s’avérerait un adversaire de taille. Vu comment il avait envoyé Jing valser sans que je ne l’aie senti approcher, et comment il était parvenu à substantiellement me blesser malgré le fait que je me déplaçais à ma vitesse maximale, il était clair que sa vitesse n’était certainement pas plus basse que la mienne… Et il pourrait même être plus rapide que moi, pensai-je avec un serrement au cœur, puisque la vitesse était mon plus grand atout.

L’atmosphère était extrêmement tendue, mais aucun signe ne laisse transparaître que le battousai avait l’intention de bouger. Au lieu de ça, il se tint là où il était, et nous nous fixâmes intensément du regard jusqu’à-ce que, enfin, il ouvre la bouche et dise : « Elfe, pourquoi as-tu pénétré mon territoire en sachant que tu n’étais pas la bienvenue à la Caverne des Démons ? »

Cela me demanda un certain effort pour masquer ma surprise. Il sait que je suis un elfe ? Est-ce que c’est un monstre avec une intelligence artificielle ? C’est, c’est la première fois que j’en rencontre un… Attendez une seconde ! Un monstre avec une intelligence artificielle ? Dans ce cas, ce doit être un boss au strict minimum… Je déglutis. Ça ne peut pas être ça, n’est-ce pas?

Si mes coéquipiers d’Odd Squad étaient là, je me serais probablement exclamé fièrement : « Ramène-toi, espèce de monstre avec un cerveau ! » La réalité est cruelle, pourtant, et je n’étais même pas accompagné d’un guérisseur, alors ma fierté se transforma immédiatement en mauvaise humeur. Gaaaah,  je suis tellement énervé ! Pourquoi je suis si malchanceux ces derniers temps, à un point tel que même quand j’essaie seulement de gagner de l’argent, je me retrouve à croiser le chemin d’un boss qui possède une intelligence artificielle ?

« Elfe, pour quelle raison es-tu venu ici exactement ? » Le battousai me dévisagea soudainement avec curiosité. « Les elfes apparaissent rarement sur le Continent de l’Est ; c’est en fait la première fois que j’en vois un. »

C’est donc pour ça qu’il ne m’a pas tué sur-le-champ, devinai-je.

Jing et Yun réagirent enfin, en s’exclamant : « Grand frère ? Un elfe ? »

« Je suis venu t’emprunter quelque chose. » Je me forçai à le dire. Après tout, les chances de le vaincre au combat et les chances d’emprunter un ruban étaient à peu près les mêmes… à savoir, pratiquement inexistantes.

« Le ruban ? » Le battousai pointa le ruban avec lequel il avait attaché ses cheveux en souriant. « Plusieurs personnes se sont battues contre moi pour ce ruban déguenillé. Quelle utilité a-t-il ? »

Tu veux dire que plusieurs personnes ont échoué ? À quel point ce monstre à intelligence artificielle est-il fort au juste ? pensai-je. Mes mains et mes jambes se ramollirent. « Euh, quelqu’un m’a demandé de l’obtenir. »

« Qui ? » Il y avait enfin une expression sérieuse sur le visage du battousai.

Comment je le saurais ? « Euuuh, c’est, son nom est Kaoru ! » inventai-je.

« Kaoru ? » Le battousai eut l’air stupéfait. « C’est elle ? Je vois. »

…Il est sérieux ? Qu’est-ce qu’il se passe ? J’étais en quelque sorte bouche-bée. Je ne peux quand même pas être chanceux à ce point. Alors, cette quête ne nécessite pas que nous vainquions ce monstre à intelligence artificielle ? Se pourrait-il que le concepteur du jeu soit en fait un fan très loyal de Kenshin le Vagabond, comme moi ?

« Dis-moi, Kaoru a-t-elle dit quelque chose ? » Le battousai me regarda posément.

Dit quoi ? Il y a une quête qui précède celle-ci ? Oh merde, pensai-je désespérément. Je vais juste dire quelque chose au hasard ! « Elle m’a dit de te dire… de te dire qu’elle t’attendra toujours. »

Sa mine se rembrunit. « Cette idiote », dit-il, et il défit son ruban.

« Dis-lui de ne pas m’attendre, puisque je ne peux plus retourner en arrière. » Avec un sourire mélancolique sur son visage, il me tendit le ruban, tandis que je le contemplais avec les yeux grands-ouverts, et avec une expression qui voulait dire « je-n’arrive-pas-à-croire-ma-chance ».

Je baissai la tête et observai le vieux ruban taché de sang dans ma main, puis regardai Kenshin, dont l’expression reflétait la souffrance, comme si quelque chose s’était brisé à l’intérieur de lui. Les mots « intelligence artificielle » disparurent de mon esprit et, soudainement, tout ce que je vis fut un épéiste délaissé qui était emprisonné dans ce lieu et dans l’incapacité d’être réuni avec sa bien-aimée, et qui se trouvait aussi être mon personnage préféré, Kenshin. Alors, je m’enquis : « Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu ne peux pas retourner en arrière ? Pourquoi restes-tu ici en tant que roi des démons et ne retournes-tu pas aux côtés de Kaoru ? »

Kenshin me fixa pendant un long moment, puis soupira.  « Tu n’as pas besoin de le savoir. Rapporte simplement mon message à Kaoru. »

Il y avait encore des choses que je voulais demander, mais Kenshin s’élança vers l’arrière et disparut vite derrière le mur de la caverne.

Le cœur lourd, je me répétai dans ma tête, C’est juste un monstre à l’intelligence artificielle, c’est juste un monstre à l’intelligence artificielle… Tout de même, la culpabilité refusait de s’en aller, puisque son ruban à cheveux et son message n’atteindraient jamais Kaoru, et que j’en serais le responsable.

Juste à ce moment-là. Yun aida Jing à se remettre debout et déclara : « C’est génial, Grand Frère ! Alors, c’est comme ça que la quête est supposée être accomplie. Maintenant, nous pouvons rentrer et récupérer notre récompense. »

« Non, je veux trouver Kaoru », contestai-je, en serrant le ruban très fort comme je prenais ma décision. Je ne le regretterai pas.

« Mais, Grand frère… » Jing pâlit.

Je levai une main. Il n’y a pas matière à discussion, parce que je sais que si je ne le fais pas, je vais le regretter toute ma vie, tandis que si je le fais, quel que soit le résultat, je n’aurai aucun regrets.

Jing et Yun devinrent silencieux et, au bout du compte, Yun dit : « Très bien, puisque Grand frère l’a décidé, nous allons chercher Kaoru tous ensemble. »

Je hochai la tête et donnai le ruban à Yun. Après ça, nous marchâmes tous les trois silencieusement, et je ne pouvais pas m’empêcher de penser au comportement de Kenshin un peu plus tôt. Est-ce que les monstres à l’intelligence artificielle éprouvent des sentiments ? C’est impossible, non ? Je secouai la tête, me sentant un peu idiot… Dans ce cas, qu’en est-il de Meatbun ? Je caressai mon sac d’un air absent pendant que je pensais, Est-ce que Meatbun éprouve des sentiments ? Elle m’appelle « Maman », pleure quand je disparais, et semble ravie quand je la câline. Est-ce qu’elle n’a pas de sentiments ? Je ne pouvais pas, ne parvenais pas à m’amener à affirmer qu’elle n’en avait pas.

« Grand frère, vite, regarde, il y a quelque chose en bas ! » s’exclama Yun, qui était agenouillé devant moi, au bord d’un ravin.

Perplexe, je marchai jusqu’à l’endroit où il se trouvait et m’efforçai de voir par-dessus le bord du ravin. « C’est juste complètement noir ? »

Je sentis quelqu’un m’agripper et regardai vers le bas avec confusion, seulement pour apercevoir Yun en train de tenir mes chevilles. Avant que j’aie pu lui demander ce qu’il faisait, je ressentis un coup très fort me pousser dans le dos. Avec Yun qui s’accrochait à mes chevilles, je ne pus rien faire d’autre que tomber vers l’avant, les deux jambes en l’air… Finalement, comme je commençais à tomber, je réussis à me retourner, et vis les émotions contradictoires dans les yeux de Jing et de Yun.

 

 

Yun ferma les yeux pendant qu’il murmurait : « Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu n’as pas voulu réclamer la récompense, Grand frère ? Pourquoi a-t-il fallu que tu me donnes le ruban ? Pourquoi est-ce que tu nous as fait autant confiance ? »

« Cette fois, Grand frère va surement le regretter ! » affirma Jing avec un sourire douloureux.

 

 

Mon esprit était vide tandis que je tombais, mais une pensée s’insinua lentement dans ma tête : Cette falaise est vraiment haute, alors je devrais mourir instantanément, et ne pas finir étendu sur le sol à moitié mort.

SMACK !

Mon corps désarticulé frappa la surface de l’eau. Bordel… Ça fait mal, songeai-je, mon visage se contorsionnant de douleur. Je grimaçai et avalai par inadvertance plusieurs gorgées d’eau glacée. C’était si froid que je commençai à grelotter, mais je mis le froid de côté et essayai de nager jusqu’à la surface, uniquement pour découvrir que ma cape détrempée m’alourdissait. Avec grande difficulté, je me libérai de la cape et me débattis pour rester à la surface, mais ma vision se troublait progressivement. Ouuiiin, dire que j’expérimenterais tellement de façons différentes  de mourir en jouant à un jeu…

Soudain, juste à l’instant où j’étais sur le point de mourir, je découvris que quelqu’un m’avait attrapé par la taille et me tirait vers le haut. Est-ce que Jing et Yun sont venus me sauver ? Est-ce que c’est ça ?

J’ouvris les yeux sur-le-champ et fixai stupidement du regard un homme qui… m’embrassait ? Après m’être figé pendant quelques secondes, je m’empressai de le repousser.

« Kenshin !? » J’étais surpris de voir que la personne en face de moi était Kenshin, que je venais tout juste de quitter.

« Tu te sens mieux ? » Bien que ce fussent des paroles d’inquiétude, la voix de Kenshin était sans émotion tandis qu’il parlait…

Je m’enquis, ahuri : « Tu me faisais le bouche à bouche ? »

« Oui. »

Je penchai ma tête sur le côté et pensai, Ça ne peut pas compter comme mon premier baiser dans ce cas… Non, attendez, mon premier baiser a déjà été donné à ma cousine, Ouiiiin ! Bon sang, mon premier baiser a été donné à ma cousine, et me second baiser a été donné à un PNJ ? Soupir ! Mes baisers ont tous été des rencontres désastreuses…

« Tu as été trahi par tes compagnons ? »  Kenshin se remit sur ses pieds.

« On dirait bien », répondis-je, le cœur serré. Je ne m’attendais pas à ce que Jing et Yun me fassent du mal. Ils ne savaient pas que c’était moi, mais quand même, ce n’est pas bien de faire du mal aux autres ! Même si je peux comprendre leur désir de se rendre au Continent Central plus rapidement….

« Tu le regrettes alors ; tu regrettes de leur avoir fait confiance. » L’air dans le regard de Kenshin était incomparablement glacial.

Je me levai à mon tour et me grattai le visage. « Non, je ne le regrette pas. Quoi qu’il en soit, je les aurais aidés. C’est une bonne chose qu’ils ignorent mon nom et mon apparence. De cette manière, la prochaine fois que nous nous rencontrerons, au moins ils ne se sentiront pas coupables. Laisser la personne connue sous le titre de “Grand frère” disparaître ainsi n’est peut-être pas une mauvaise fin. »

Kenshin me regarda dans les yeux, et poussa finalement un soupir. « Je ne comprends pas à quoi tu penses. »

« Hmmm, c’est plutôt compliqué. »

« J’ai besoin que tu rencontres quelqu’un », annonça Kenshin, se sentant clairement déchiré à propos de quelque chose.

« Oh ? Pourquoi ? » Je pensai avec curiosité, Qui ça pourrait bien être ? Ça ne peut pas être Kaoru, pas vrai ?

« C’est une quête. Une quête secrète », répondit Kenshin, en me regardant avec douleur. « Et je ne peux pas aller à son encontre. »

Je fixai Kenshin avec stupéfaction. Surement, ce n’est pas quelque chose qu’un PNJ devrait dire ? Je déglutis. Ne me dîtes pas… ne me dîtes pas qu’il a réellement développé des sentiments ? Je laissai échapper : « Tu es un PNJ ou pas ? »

« Je suis un PNJ… Je crois ? » Kenshin me regarda, et ses yeux affichaient à la fois la douleur et l’incertitude.

*Sueur* Peut être que ce n’est plus le cas ; peut-être qu’il a vraiment développé des sentiments et une conscience de soi. Je n’ai jamais vu un PNJ révéler une telle souffrance ou agonie dans ses expressions. « Tu possèdes ta propre volonté alors ? »

Il y eut un instant de silence, et ensuite Kenshin répondit de façon impassible : « Je ne sais pas. C’est juste que, un jour, pendant que je combattais un joueur, j’ai soudainement sentis que quelque chose était très étrange. J’ignorais ce que je faisais, mais je sentais que je devrais être en train de chercher quelqu’un, de chercher Kaoru… Mais d’après les conversations entre les joueurs, j’ai graduellement compris que les choses n’étaient pas comme je le pensais. Je suis un PNJ, et ça m’a pris un très long moment pour comprendre ce que “PNJ” signifiait. Depuis ce jour, je ne sais plus ce que je suis. »

« Tu es Kenshin », affirmai-je. « Tu souhaites vraiment retrouver Kaoru ? Nous pouvons peut-être aller la chercher ensemble ? »

« Je sais déjà que je ne trouverai que la tombe de Kaoru. C’est ainsi que le script a été écrit. Je ne serai jamais capable de la voir », répondit Kenshin avec un sourire douloureux.

« Et après, si je parviens bel et bien à la revoir ? Est-ce que quelque chose s’est vraiment produit entre nous ? Avons-nous vraiment vécu ensemble avant ? Après, le Démoniaque Dieu des Ténèbres m’a provoqué en duel, et je fus emprisonné ici après ma défaite, pendant que Kaoru fut piégée dans le Village de Neige, de façon telle à ce que nous ne pouvons plus nous revoir. À l’origine, mon plus grand souhait était de revoir Kaoru, mais par la suite j’ai lentement réalisé que tout n’était qu’un mensonge. »

Un mensonge ? Je ne l’avais jamais vu de cette façon, jamais réalisé que l’arrangement que nous, les humains, imposions aux PNJs pouvait être aussi cruel.

« Néanmoins, je dois  me plier à la quête secrète du système et t’amener voir cette personne. Toutefois, j’espère…j’espère que tu ne lui feras aucun mal. Peux-tu faire ça, elfe ? » Kenshin me fixa presque d’un air suppliant.

Je lui adressai un sourire brillant. « Appelle-moi Prince. Ne t’inquiète pas, l’ami de Kenshin est mon ami. »

« Alors, quel est son nom ? » questionnai-je tandis que j’observais le tunnel d’un blanc pur avec curiosité. D’après l’impression que Kenshin m’avait donné, je m’étais attendu à ce que nous marchions jusqu’au palais d’un dragon ou jusqu’au sanctuaire d’un être immortel et divin…

« Il s’appelait à l’origine Lantis Ilanyushenlin, mais il veut que je l’appelle Sunshine », me répondit Kenshin pendant qu’il me montrait le chemin.

Lantis Ilanyushenlin ? Quel concepteur de jeu attardé a trouvé un nom aussi attardé que celui-là ? Je paris qu’il a choisi des lettres de l’alphabet et les a assemblées au hasard pour former un nom. « Sunshine sonne beaucoup mieux. Est-ce que cette personne est un homme ? »

« La majeur partie de lui l’est. »

Hein ? Dans ce cas, qu’en est-il de la partie restante ?

« Nous sommes arrivés. » Kenshin se retourna abruptement, et je remarquai soudainement que, devant moi, se dressait une porte d’un blanc pure orné d’un rubis au centre. Combien de billets de bateau peuvent être achetés avec ce rubis, ça je me demande ? pensai-je, en bavant secrètement et en résistant à l’impulsion de grimper et d’essayer de l’arracher d’un coup sec.

« J’espère que tu ne le blesseras pas. Malgré le fait que la quête requiert que tu le combattes, tu n’as pas besoin d’attaquer puisque Sunshine n’est plus contrôlé par celle-ci. »

« Oh, je comprends », dis-je en hochant la tête tandis que je pensais joyeusement, C’est une bonne chose que je n’aie pas besoin de me battre. Je ne peux même pas vaincre Kenshin, encore moins réussir cette quête effroyablement difficile. (En dehors d’être au courant pour Kenshin et Kaoru et de répondre à la question de Kenshin correctement, on doit aussi n’avoir rien de mieux à faire que de tomber du haut d’un ravin. Si cette quête n’est pas dingue, dans ce cas qu’est-ce qui l’est ?)

À ce stade, je ne m’étais pas le moins du monde rendu compte à quel point le fait qu’un PNJ  ne soit pas contrôlé par les paramètres de la quête pouvait avoir de graves implications.

Kenshin ouvrit la gigantesque porte, et un doux rayon de lumière dorée brilla à travers l’ouverture de l’entrée. Tandis que je levais une main pour protéger mes yeux de la lumière, je pensais avoir vu une silhouette à l’intérieur. Je suivis Kenshin jusque dans la pièce.

« Sunshine, voici Prince, l’elfe qui a découvert la quête secrète », présenta Kenshin, ses lèvres se courbant en un sourire.

« Oh ? Vraiment ? » La silhouette humaine, qui se prélassait originellement sur un divan, s’approcha de moi.

Je commençai graduellement à percevoir les détails de la silhouette de l’humain et je reçu promptement un choc. Un elfe noir ? Sa peau était aussi sombre que celle d’un elfe noir, mais, au lieu des cheveux argentés, il possédait de longs cheveux violets-argentés, qu’il avait attachés en queue de cheval. Il avait une paire d’yeux verts émeraude, et il portait une tenue en deux pièces. Sur le bas de son corps, il portait une jupe qui descendait jusqu’au plancher, et il n’avait pas de souliers aux pieds, qui étaient seulement enrobés de morceaux de tissu.

Je poussai un petit cri de surprise. C’est une blague ? Kenshin n’avait-il pas dit qu’il y avait très peu d’elfes sur le Continent de l’Est ? Pourquoi est-ce qu’un elfe noir fait partie de la quête secrète alors ? Hmmm. Je réfléchis, puis je réalisai soudainement que ses oreilles étaient exactement comme celles d’un humain ordinaire. Mais, qu’est-ce qu’il se passe ici ?

« Bonjour, Prince. Je m’appelle Sunshine », se présenta Sunshine, et il s’inclina élégamment.

Je le fixai, en fronçant les sourcils, essayant de deviner à quoi pensait le concepteur du jeu… Un prince arabe ? réalisai-je soudainement. Est-ce que cette tenue et cette couleur de peau ne sont pas d’origine arabe ? C’est donc ça, le concepteur de jeu avait essayé de créer un design arabe. Un éclair de compréhension me foudroya. Ce n’est pas un elfe noir, c’est UN ARABE.

« Prince ? » Sunshine me scrutait avec curiosité.

Je sortis de ma transe et saluai joyeusement mon nouvel ami. C’était la première fois que je rencontrais un Arabe, même si c’était seulement un PNJ. « Bonjour, je suis ravi de te rencontrer, Sunshine. »

Un faible sourire apparut sur les visages de Sunshine et de Kenshin, et Sunshine commença à me poser des questions sur le monde extérieur avec impatience.

Comme je ne connaissais pas très bien le Continent de l’Est, je ne pus que leur raconter comment j’y étais arrivé, puis j’entrepris de leur décrire tout ce que je savais du Continent Central, en y incluant mes camarades bien-aimés d’Odd Squad et notre Cité de l’Infini dont-je-n’étais-pas-sûre-qu’elle-soit-achevée.

« J’ai très envie de visiter le Continent Central », annonça Sunshine avec un léger froncement de sourcil. « Je voudrais aller voir le monde extérieur, pour apercevoir un vrai rayon de soleil. »

Rayon de soleil ? Je vois, c’est pour ça que tu t’es donné le nom de Sunshine ? Parce que tu aspires à apercevoir un vrai rayon de soleil… ? Je me décidai. « Vous pouvez venir avec moi et m’accompagner jusqu’au Continent Central. Je ne révélerai pas vos identités, et vous pourrez simplement prétendre que vous êtes des joueurs normaux. Ça ne devrait poser aucun problème. »

« Sérieusement ? Tu serais d’accord pour nous emmener avec toi ? » Un sourire naquit sur le visage de Sunshine.

« Ouaip. » Je souris également, mais juste à ce moment-là, je songeai à quelque chose. « Mais, même sans mon aide, vous pouvez partir, non ? Pourquoi est-ce que vous ne l’avez pas fait ? »

Kenshin afficha un sourire amer. « C’est inutile, j’ai déjà essayé. Si la quête secrète n’a pas été déclenchée, dans ce cas, dès que je tente de quitter la Caverne du Démon, le système me téléporte et me renvoie ici par la force. Sunshine ne peut même pas mettre le pied hors de ce palais. »

« Est-ce que tu peux sortir d’ici à présent ? »

« Non », répondit Sunshine, ses sourcils se fronçant, et il soupira. « Tu dois d’abord accomplir la demande de Kenshin. »

Je me tournai pour regarder Kenshin. « Ta demande ? Tu as vraiment beaucoup de demandes. »

« C’est parce que c’est ainsi que le système l’a conçu… » répondit Kenshin avec fatigue. « La quête secrète fonctionne de cette façon. Tu dois d’abord me dire le nom de la personne qui t’a confié cette quête – celui de Kaoru – avant que je puisse te donner le ruban à cheveux. Après l’avoir reçu, tu ne dois pas la ramener à la Guilde des Aventuriers, mais à la place, l’apporter à Kaoru qui est à l’article de la mort. Kaoru te suppliera de m’amener à elle, et tu devras revenir à la Caverne du Démon pour m’informer que cette dernière est mourante.

Je vais alors partir avec toi à sa recherche mais, après avoir vu sa tombe, tu vas m’accompagner pour trouver mon ennemi et m’aider à obtenir ma revanche. Une fois tout ça accompli, je vais devenir ton animal de compagnie humain. »

C’est donc ainsi qu’il en était ? Mais, vraiment, combien de personne saurait que c’est la méthode pour obtenir le ruban ? En plus, après l’avoir obtenu, ils devraient abandonner l’énorme récompense pour, au lieu de ça, donner le ruban, qui a été si difficile à obtenir, à un autre PNJ ? De plus, ils devraient même accepter d’emmener Kenshin voir Kaoru, et plus ridicule encore, ils devraient aider un PNJ à se venger ? De la sueur froide coula sur mon front comme j’offrais silencieusement mes respects aux ancêtres de qui-que-soit le concepteur du jeu qui avait décidé les règles de cette quête démentielle. « Pas étonnant que personne n’ait complété cette quête auparavant. »

« Oui, et la quête de Sunshine est encore plus difficile », continua Kenshin, sans émotion. « Après m’avoir obtenu, tu dois tomber du haut de cette falaise. Je vais alors te sauver et te ramener pour rencontrer Sunshine, après quoi, tu dois dire son nom complet ou il va t’attaquer et te tuer. Dans un tel cas, tu ne pourrais jamais retenter cette quête. »

« Lantis Ilanyushenlin ? Même si je devais continuer à deviner jusqu’à-ce que l’Armageddon arrive, je ne découvrirais jamais ce nom », déclarai-je faiblement.

« Tu dois compléter une autre quête, et c’est à ce moment-là que tu découvrirais mon nom par hasard. Je pense qu’il est gravé sur une dalle de pierre contenant une prophétie, à la cime de la plus haute montagne du monde, le Sommet d’Azur. » Une lueur traversa les yeux de Sunshine, et il y eut une note d’insatisfaction dans sa voix lorsqu’il dit : « Mais, je n’aime pas ce nom. »

« Cette quête n’a pas été créée pour être terminée ou quoi ? Je veux dire, par exactement combien de coïncidences est-ce qu’il faudrait passer afin de la réaliser ? » Je soupçonnais fortement que si ce n’avait pas été du fait que Kenshin et Sunshine avaient développé une conscience humaine, personne n’aurait été capable d’accomplir cette quête jusqu’au jour où Second Life aurait fermé ses portes.

Kenshin grimaça légèrement. « Je crois qu’ils n’ont jamais eu l’intention de laisser qui que ce soit la compléter. Jusqu’à aujourd’hui, aucun joueur n’est parvenu à me vaincre. Si je devenais l’animal de compagnie humain de quelqu’un, j’aurais surement beaucoup de valeur. »

C-c’est vrai, pensai-je, en déglutissant. Si j’avais Kenshin à mes côtés, je n’aurais rien à craindre. Même Lolidragon ne pourrait plus me harceler. « Et toi, Sunshine ? Est-ce que tu deviendrais un animal de compagnie humain, toi aussi ? »

Sunshine continua de sourire avec charme. « Oui, en effet. Une fois que tu auras terminé la quête, je serai en mesure de quitter cet endroit. »

« Youpiiiiiiiiii ! Non seulement je me suis fait des amis, mais ce sont des amis super puissants en plus ! » Je bondissais presque de joie dans la pièce.

« Des amis ? » Kenshin et Sunshine sourirent. Ils avaient choisi la bonne personne après tout.

« Tu dois terminer toutes les missions, par contre, ou tu éveilleras les soupçons du système », affirma Kenshin en  interrompant mes cris de victoire.

« Ne t’inquiète pas. Avec toi à mes côtés, comment est-ce que je pourrais échouer à finir la quête ? » répliquai-je, sans une once de peur.

Kenshin prit en main les rênes de la discussion et continua à expliquer ce que nous devions faire. « Dans ce cas, allons trouver la tombe de Kaoru en premier. Elle devrait se situer au Village de Neige, qui se trouve dans la zone la plus éloignée au nord. Après ça, nous irons à la recherche du Démoniaque Dieu des Ténèbres pour nous venger, puis nous recevrons la quête des prophètes qui se sont dispersés dans le pays. Chaque prophète nous donnera un fragment de carte. Après les avoir assemblés, nous nous rendrons à la plus haute montagne du monde, le Sommet d’Azur, et obtiendrons la Pierre de Prophétie, pour ensuite la rendre aux prophètes. Les prophètes nous offriront alors cette prophétie : Le démon attend sa bien-aimée ; sa bien-aimée aussi l’attend avec douleur. Seul dans les endroits les plus silencieux et les plus profonds l’espoir peut-il être trouvé. »

« C’est quoi cette prophétie bizarre… ? » me demandai-je, Qui que soit celui qui obtient cette prophétie va probablement vomir du sang, pas vrai ? Après avoir escaladé une grande montagne avec tant de difficulté, pour en fin de compte seulement obtenir une prophétie bizarre…

Sunshine expliqua : « Elle donne essentiellement comme indice le fait que tu doives d’abord accomplir la demande du roi des démons – celle de Kenshin – et ensuite sauter du haut d’une falaise ; tu peux me rencontrer seulement à ce moment-là.

Si quelqu’un arrive en fait à deviner ça, il ferait aussi bien d’aller s’acheter un billet de loterie. Il gagnerait définitivement le gros lot ! pensai-je, et le coin de ma bouche se mit à tiquer.

« Très bien, ça n’a pas l’air trop dur. Je vais emmener Kenshin chercher Kaoru. Attends-toi à de bonnes nouvelles, Sunshine ! » assurai-je à Sunshine, confiant, en songeant, Avec Kenshin dans les alentours, qu’est-ce qu’il a de si effrayant ce Démoniaque Dieu des Ténèbres ? Tout ce que j’ai à faire c’est partir à la recherche de quelques personnes, escalader une montagne, et ensuite je vais gagner Kenshin et Sunshine comme compagnons. Avec autant à gagner, je serais un idiot de ne pas le faire.

« Bien. J’attendrai votre retour », répondit Sunshine, en me fixant avec confiance.

Mon désir de me battre s’enflammant à l’instant, j’attrapai Kenshin et annonçai : « Allons-y, Kenshin. Allons vite terminer cette quête, ensuite nous pourrons revenir récupérer Sunshine, et par la suite rentrer au Continent Central. »

J’adressai à Sunshine de grands signes de la main et sortis en passant par la gigantesque porte blanche, traînant Kenshin derrière moi.

« Bonne chance, Prince. Qu’Allah te bénisse », déclara Sunshine tandis que nous partions.

Toujours en train de traîner Kenshin, nous retournâmes à la Caverne du Démon. Avec Kenshin dans les alentours, sortir était une promenade de santé. Je regardai le ciel, que je n’avais pas vu depuis un bon moment, et m’étirai confortablement. Quand j’eus fini de m’étirer, je découvris que Kenshin observait les environs avec une expression béate. Je ne pus m’empêcher de ricaner, comme c’était si rare de le voir avec un air aussi ahuri, et Kenshin reprit immédiatement contenance, bien qu’il semblât encore légèrement embarrassé.

Je me rappelai soudainement quelque chose. « Au fait, tu ne devrais probablement pas te balader habillé comme ça, vu que beaucoup de gens pourraient remarquer que tu ressembles énormément au battousai ! » Quoique ce ne soit pas tout le monde qui aime lire d’anciennes BD comme moi, hmmm… sauf ce concepteur de jeux qui s’ennuie à mourir visiblement.

« Ah oui ? Ce ne serait pas mieux de simplement leur dire que je suis ton animal de compagnie ? » répondit Kenshin avec indifférence.

Je le regardai d’un air mécontent. « Mais, tu n’es pas mon animal de compagnie. Tu es mon ami. »

Kenshin me rendit mon regard. Malgré le fait qu’il n’y avait toujours pas d’expression sur son visage, je pouvais percevoir l’amusement dans ses yeux. « Que devrions-nous faire alors ? »

« Attends une minute », l’arrêtai-je. J’agrippai mon sac et me mis à fouiller dedans. Enfin, je sortis mon équipement de débutant, que j’avais gardé en guise de souvenirs. C’est une bonne chose que je ne l’aie pas vendu, pensai-je. « Enfile ça ! Et détache tes cheveux ; de cette manière tu ne ressembleras plus autant au battousai. »

Kenshin me prit les vêtements des mains et commença à retirer sa tenue de rurouni juste là… Euuuh, est-ce que je devrais me détourner ? Mon regard se déplaça à la verticale. Je jetais parfois des regards curieux ici et là, mais… Je le jure, à part ses épaules pas-si-larges, ses bras maigres, son six-pack, et ses deux longues jambes, je n’ai vraiment rien vu !

Quand je vis qu’il avait terminé de se changer… Je veux dire, après que Kenshin m’eut dit qu’il avait fini de se changer, je déchirai un pan de ses vieux vêtements et le nouai autour de son front comme un bandeau.

Très bien, songeai-je tandis que je l’observais avec satisfaction. Après avoir revêtu la tenue de débutant, il a l’air d’un adolescent. De cette manière, il ne semble pas différent des autres joueurs. En fait, il ressemble à un nouveau joueur.

« Dis, je peux continuer à t’appeler Kenshin ?  Je ne crois pas que ce soit un problème. »

« Mm. »

« Allons-y, alors. On ne voudrait pas faire attendre Sunshine trop longtemps. » Nous voilà donc en route pour trouver la tombe de Kaoru. Évidemment, je n’avais pas oublié de mettre mon masque d’opéra.

« Maintenant que j’y pense, le Village de Neige doit être un endroit très froid. N’est-ce pas ? » demandai-je avec inquiétude.

« Je ne sais pas. Je ne suis jamais allé là-bas », déclara simplement Kenshin.

« Est-ce que tu as peur du froid ? » J’étais curieux.

« Je l’ignore. Probablement pas », répondit Kenshin, en levant un de ses sourcils, comme s’il pensait qu’il ne pouvait pas craindre le froid.

 

Notes de bas de page

Quête de niveau B : La Guilde des Aventuriers offre aux joueurs toutes sortes de quêtes à compléter. Les récompenses varient d’une mission à l’autre, tout dépendamment du niveau de difficulté. Du plus haut niveau au moins élevé, les difficultés des niveaux pour les quêtes sont : X, S, A, B, C, D, E, F, et G.

Shaobing youtiao : Un shaobing youtiao est une combinaison de deux types de nourriture alliant les casse-croûtes et le petit-déjeuner. Un Shaobing est un pain plat cuit au four, souvent recouvert de graines de sésame, qui peut contenir une variété de garnitures fourrées (ou pas du tout). Un youtiao est, comme mentionné auparavant dans le chapitre 4 du tome 1, une pâte frite faite sur le long et moelleuse à l’intérieur. Un shaobing youtiao est essentiellement un shaobing qui contient une garniture fourrée de youtiao. Il ressemble parfois à un sandwich, alors que d’autres fois il ressemble plus à un chausson.

Himura Kenshin : Le protagoniste en titre du manga Rurouni Kenshin (Kenshin le Vagabond). Voir Wikipedia pour plus de détails.

Battousai : D’après wikipedia, ce titre a été donné à Kenshin en reconnaissance de son habileté en tant que pratiquant du Hiten Mitsurugi-Ryuu, qui utilise des techniques rapides surhumaines de type battoujutsu (dégainer l’épée). Ce titre signifie littéralement « Maître dans l’art de dégainer l’épée ».

Kaoru : Elle était l’amie de Kenshin dans Kenshin Le Vagabond.

Mise à jour : Février 2016

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Chapitres de février
  1. 1/2 Prince T3C5 : Kenshin Le Roi des Démons
  2. Romance RPG : Partie 4
  3. La Légende du Chevalier du Soleil T2C7 : Réprimande la Mauvaise Conduite d’Un Collègue Chevalier Sacré
  4. La Légende du Chevalier du Soleil T2C8 : Construis de Bonnes Relations Avec Tes Voisins
  5. La Légende du Chevalier du Soleil T2C9 : Diffuse Les Véritables Enseignements du Dieu de La Lumière

Bonjour tout le monde !

Tout d’abord, j’aimerais m’excuser, au nom de l’équipe, du retard qu’on a pris dans la vérification et qui a fait en sorte que nous n’avons pas pu publier le chapitre de La Légende du Chevalier du Soleil le mois dernier. Par conséquent, pour nous faire pardonner, vous allez avoir trois chapitres de LCS ce mois-ci, quitte à tout publier la dernière journée du mois, mais vous allez les avoir ! Vous allez aussi pouvoir lire au moins un chapitre de 1/2 Prince ainsi qu’une autre partie de Romance RPG.

Sinon, encore une fois, je le répète, nous cherchons désespérément un nouveau traducteur ou une nouvelle traductrice pour 1/2 Prince, ainsi qu’un nouveau vérificateur ou une nouvelle vérificatrice pour nous aider dans la correction. Si vous êtes partants, visitez notre page de recrutement et faîtes-nous signe !

la honte de lcs

1/2 Prince T3C4 : Jing et Yun

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½ Prince Tome 3 – Les Chroniques d’un Prince Vagabond

Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 4: Jing and Yun – Traduit du chinois vers l’anglais par Eilinel[PR!]
Chapitre 4 : Jing et Yun  – Traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Dès que j’ouvris les yeux, je ne pus m’empêcher de m’exclamer avec admiration : « Comme le ciel est bleu ! »

Je restai paresseusement allongé pendant un moment, m’émerveillant devant l’étendue de ciel azur que j’avais sous les yeux. Quand je me mis enfin debout avec une certaine réticence, j’observai avec curiosité mes alentours et mordis mon index, perplexe. « Où diable est-ce que je me trouve ? »

Ouah, il y a même des mouettes ici ! Agréablement surpris, je les suivis du regard alors qu’une volée entière de mouettes passait devant moi… Hein ? Est-ce que c’est une voile ? Je n’en ai jamais vu une aussi grande auparavant… Cette chose sous mes pieds, est-ce que c’est ce qui est appelé un « pont » ?

Hébété, je marchai jusqu’à la rampe du navire et contemplai l’horizon.

Que cet océan est bleu, et il y a même un vent marin au goût de sel qui souffle par ici. Oh oh, c’est tellement confortable, pensais-je, affichant pendant dix bonnes secondes un large sourire béat, puis une prise de conscience me frappa… Attendez un instant ! Je regardai à gauche puis à droite. Mon dieu ! C’est un océan bleu qui s’étend à perte de vue. Où est passée ma terre adorée ? Pourquoi je suis sur un bateau ? Vers où est-ce que je me dirige ?

Ne panique pas, ne panique pas ! J’essayai de me calmer. Il doit y avoir une certaine raison quant à ma présence ici.

Je tentai de me rappeler de ce qui s’était passé. Je me souviens que j’étais en train de boire avec Nan Gong Zui et Kong Kong ; l’alcool me brûlait alors qu’il descendait le long de ma gorge et il était très difficile à boire… et ensuite ? Je pris ma tête dans mes mains et réfléchis autant que je le pouvais, mais je ne parvenais simplement pas à me souvenir de quoi que ce soit. Mais qu’est-ce qui s’est passé exactement après ça ?

Soudainement, j’aperçu quelqu’un du coin de l’œil. Je me précipitai vers lui et le saisi par le bras. « Excusez-moi monsieur, mais pourriez-vous me dire quelle est la destination de ce bateau, s’il-vous-plaît ? » demandai-je avec inquiétude.

« Ce navire est l’Étoile de l’Océan, qui vogue du Continent Central jusqu’au Continent de l’Est. Tu ne le savais pas ? » L’homme, qui ressemblait à un marin, affichait une expression interrogative tout en me répondant.

Le Continent de l’Est ? Je le fixai avec un regard vide. « Le Continent de l’Est ? Depuis quand Second Life a autant de continents ? »

« …Il y a un total de cinq continents dans ce monde : le Continent de l’Est, le Continent du Sud, du Nord, de l’Ouest et le Continent Central. Ça devrait être de la culture générale ! » Le marin me fixa comme si j’étais fou.

C’est donc ça ? « Dans ce cas, d’où est-ce que je viens ? »

« À en juger par le cap de ce navire, tu es probablement originaire du Continent Central non ? »

Je me frottai l’arrière du crâne, souriant bêtement. « Vous avez probablement raison ! » m’exclamai-je.

« Comment je fais pour revenir sur le Continent Central ? » Bien que voyager à bord d’un navire soit une expérience assez intéressante, mes coéquipiers d’Odd Squad me passeront définitivement un savon si je ne me dépêche pas d’aller chercher la Team Rose. 

« Tu pourras prendre un autre navire pour rentrer quand on atteindra le Continent de l’Est. »

« Dans ce cas, combien de temps ça va prendre avant que nous atteignions le Contient Est ? »

« Probablement encore cinq jours ou quelque chose comme ça. Je ne peux pas continuer de discuter avec toi ; j’ai du travail à faire. » Le marin s’en alla, marmonnant pour lui-même : « quel type bizarre ; le prix du ticket d’embarquement est suffisamment cher, et pourtant il veut rentrer avant même d’avoir atteint le Continent de l’Est… »

Une seconde !

« Cinq jours, puis en incluant le voyage de retour, cela me prendra dix jours au total ? » J’ai envie de pleurer, ce sera un miracle si je ne me fais pas réprimander à mort cette fois.

Je soupirai. « J’imagine que, avant tout, je ferais aussi bien de prévenir mes coéquipiers. »

« Les gars, j’ai quelque chose à dire à tout le monde … » Pourquoi est-ce qu’ils ne me répondent pas ?

« Appel à Odd Squad, appel à Odd Squad… » Toujours aucune réponse de leur part ? C’est impossible ! Ne devrait-il pas y avoir ne serait-ce qu’une personne en ligne à cette heure ? Je commençai à paniquer, et de nouveau j’empoignai hâtivement le marin. « Monsieur, pourquoi est-ce que je ne peux pas contacter mes coéquipiers par le système de message ? »

Ayant été stoppé de force, le marin me demanda avec exaspération : « Où se trouvent tes coéquipiers ? »

« Sur le Continent Central », répondis-je docilement.

« Les joueurs sur différents continents ne peuvent pas utiliser le réseau de MP pour communiquer entre eux ; ceci inclut aussi bien le canal de l’équipe. Tant que tu seras en mer, tu ne peux envoyer de MP qu’aux autres joueurs qui sont aussi à bord du navire. »

Ma mâchoire se décrocha sous le choc. « Je suis dans la merde jusqu’au cou cette fois. »

Il n’y avait rien d’autre que je puisse faire, cependant, aussi je m’assis simplement à bord du navire, tendu. Au début, je pouvais toujours regarder le ciel bleu et l’océan, mais je devins presque fou d’ennui. Le marin m’a dit que c’est la saison morte en ce moment, avec très peu de joueurs prenant le bateau, sans parler de ceux qui mettent les voiles aux petites heures avant l’aube, donc je suis le seul joueur à bord de ce navire, aaaaaaah !

Je roulai en avant, en arrière, sur le côté… Je m’eeeeeennuuuuui ! Mon dieu ! Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire ? Même le marin PNJ est parti se cacher après que je l’aie autant ennuyé, en plus il n’y a personne avec qui parler. Je mis ma tête entre mes genoux plaintivement, mes yeux rougis par des larmes naissantes. « Ouuuin, Lolidragon, Grand frère Wolf, Gui, Doll et belle-sœur Yu Lian, vous me manquez tellement, ouuuiiiiin ! » Je ne réalisais que maintenant à quel point je me sentais seul lorsque les membres d’Odd Squad n’étaient pas dans les parages.

« Maman, pourquoi tu pleures-pleures ? » Une voix d’enfant s’éleva de mon sac.

Je me figeai pendant un instant, puis j’ouvris rapidement mon sac. « MEATBUUUUUN ! »

Je sortis Meatbun et la serrai étroitement dans mes bras, l’arrosant de baisers, de pincements et de câlins. « J’avais oublié que je t’ai toujours. »    

« Maman, Meatbun-bun a mal-mal ! » Ma main s’était déchaînée dans un carnage, pinçant Meatbun partout et faisant tourner au rouge la peau du dit pain. Juste comme avant, Meatbun – qui avait peur de la douleur – se mit à pleurer, avec des larmes méga-énormes dégoulinant de ses yeux.

Ah ! Merde. Je m’empressai de consoler Meatbun d’une manière chaleureuse. Ce n’était pas très efficace cependant, et Meatbun finit quand même par pleurer comme deux robinets ouverts à fond. Ah ! C’est vraiment mauvais, j’ai bien peur d’être sur le point de devenir le premier joueur qui aura découvert si les navires des PNJs peuvent ou non couler. Tenant Meatbun dans mes mains en coupe, je penchai ma tête sur le côté et songeai, Hum, la situation n’est probablement pas aussi grave que ce que je pensais. Au moins, je sais comment faire la nage du petit chien.

 

 

« Bien que notre suzerain soit en voyage d’affaire, la ville a quand même besoin d’être gérée, donc pour commencer nous allons juste assigner chaque personne à un poste. Si Prince n’est pas satisfait avec les agencements quand il reviendra, nous pourrons redistribuer les postes. » Ugly Wolf baissa les yeux pour regarder les joueurs qui se tenaient devant lui. Malgré le fait que nous ne sachions pas où Prince s’est enfui, en premier lieu nous devons quand même faire en sorte que tout le monde s’installe ici ! J’espère seulement que personne ne sera insatisfait de son poste. Il poussa un soupir à cette pensée. Vraiment, où diable Prince est-il passé ?

« Faisons ça, alors », dit calmement Nan Gong Zui.

« Comme je ne connais pas vos domaines d’expertises, je vais d’abord assigner leurs postes à ceux dont je connais les compétences. Chefs d’équipes, s’il-vous-plaît, prévenez-moi si j’ai oublié quelqu’un. » Ugly Wolf commença à énumérer les noms avec sérieux. « Nan Gong Zui, Broken Sword, Wicked et moi serons dans le Ministère de la Défense, Yu Lian dans le Ministère des Finances. Gui et Lolidragon seront dans le Ministère de l’Agencement Territorial et superviseront respectivement les plans de la ville et les infrastructures militaires : comme poser des pièges autour de la ville. Lolidragon servira également dans le Ministère des Affaires Étrangères avec Doll. »

Nan Gong Zui sourit légèrement. « Je pense que je ne peux que prendre en charge l’entraînement des troupes. D’habitude, je laisse la tâche de trouver les mesures militaires et les stratégies de guerre entre les mains de White Bird ; c’est une experte dans ce domaine. »

Madame White Bird souleva ses sourcils et fit remarquer : « Une personne qui peut mener les troupes au combat et une personne avec le talent de dresser des stratégies et commander les batailles de loin ne sont pas souvent une seule et même personne. Je suggère que le Ministère de la Défense soit encore divisé en deux départements, un en charge des stratégies et l’autre en charge du commandement des troupes ; c’est à dire, avoir deux positions différentes : conseiller militaire et général. Cela rendra les choses plus claires pour tout le monde. »

Ugly Wolf considéra la chose pendant un moment, puis il répondit : « Ce que tu as dit me parait censé ; nous ferons ainsi. Nan Gong Zui, Broken Sword et Wicked seront chacun l’un des trois Généraux, alors que Madame White Bird et moi prendrons respectivement les rôles de Conseiller de la Gauche et de la Droite. Y a-t-il d’autres questions concernant le Ministère de la Défense ? »

Voyant que personne n’avait d’autres opinions sur ce sujet, Ugly Wolf  poursuivit avec le sujet suivant. « Pour ce qui est du Ministère des Finances, je n’ai vraiment aucune idée de qui d’autre a de l’expérience dans ce domaine à part Yu Lian de mon équipe, aussi puis-je vous demander si d’autres équipes ont des experts sur ce terrain ? »

« Mon équipe recommande Rose », annonça Broken Sword, et tout le monde dans la Team Rose sourit à Rose alors qu’il ajoutait : « Rose n’est pas une experte ordinaire dans ce domaine ; elle est pratiquement la déesse de la gestion des finances ! »

« Je souhaiterais rejoindre le Ministère des Finances. Je ne suis pas non plus une experte ordinaire quand il s’agit de superviser l’argent », déclara Ice Phoenix avec un sourire confiant alors que les membres des Lames Vertueuses hochaient frénétiquement leurs têtes pour montrer leur accord.

Ugly Wolf hocha sa tête joyeusement. « C’est très bien, Yu Lian n’aura pas à gérer tout seule le Ministère de Finance dans ce cas. »

« Ensuite, à part Gui et Lolidragon qui ont été assignés au Ministère de l’Agencement Territorial, j’espère que tous les voleurs pourront aider Lolidragon à installer les pièges. Après tout, cette ville est simplement trop grande, et il sera impossible de ne dépendre que de Lolidragon pour cela. » Ugly Wolf regarda les voleurs qui étaient présents, et Playboy Lord et Kong Kong acquiescèrent tous les deux.

« Y a-t-il quelqu’un ici qui s’y connaisse en urbanisme ou en supervision du processus de construction ? » demanda Ugly Wolf en fronçant les sourcils.

Fairsky fit la moue pendant un instant puis répondit à contrecœur : « Je m’y connais, mais je ne veux pas travailler avec lui. » Elle lança un regard féroce à Gui.

« Tu ne devrais pas mélanger tes affaires privées avec le travail, Fairsky », réprimanda sévèrement Broken Sword.

« Je suis désolée », répondit Fairsky avec une expression coupable. « Dans ce cas, je vais me joindre au département d’urbanisme et faire de mon mieux pour aider Gui. »

« Alors tout ce qu’il reste c’est le Ministère des Affaires Étrangères. Y a-t-il quelqu’un qui veuille aider Doll et Lolidragon ? » demanda Ugly Wolf.

Lolidragon dit avec un sourire : « Je recommande Heartless Wind. »

Heartless Wind rétorqua : « Pff. Pourquoi est-ce que je devrais me joindre au Ministère des Affaires Étrangères ? Surtout si tu en fais partie. »

« Oh, est-ce possible que le grand héros Heartless Wind soit incapable de faire la distinction entre ses affaires privées et son travail ? A-t-il l’intention de gâcher ses compétences de langage et de laisser de la moisissure pousser dessus à la place ? » demanda Lolidragon de façon caustique. « Ou a-t-il peur que ses prouesses ne perdent face aux miennes, et a-t-il ainsi décidé qu’il ferait aussi bien de ne pas rejoindre le Ministère ? »

Heartless Wind grinça des dents avec haine. « Moi ? Perdre contre toi ? Je vais plus que certainement rejoindre le Ministère des Affaires Étrangères, et alors tu pourras voir par toi-même qui est le vrai expert en diplomatie ».

Ce tour-ci, la victoire revient à Lolidragon ! pensèrent toutes les personnes présentes.

« Dans ce cas, nous suivrons ces placements pour le moment ! » Ugly Wolf termina la charte du personnel avec satisfaction. « Ensuite, nous devons de parler de la question des Lames Vertueuses. Bien que la ville soit actuellement protégée par les administrateurs du jeu, nous devrons très bientôt endosser cette responsabilité par nous-mêmes. Comme tout le monde le sait, il y a d’innombrables joueurs qui convoitent notre ville, aussi nous devons accroître rapidement le nombre de joueurs dans nos forces et décider de la méthode pour les gérer. »

Ugly Wolf dévisagea Nan Gong Zui, le regardant dans les yeux honnêtement. « Je vais le dire sans détour. Une ville ne peut pas avoir deux seigneurs, et il semble que la totalité de notre défense militaire dépende des Lames Vertueuses. Nan Gong, es-tu certain que tu es prêt à volontairement laisser ton propre groupe servir Prince, que tu veuilles être le subordonné de Prince ? »

Nan Gong Zui fixa Ugly Wolf, une résolution limpide dans ses yeux, et il répondit clairement : « Si Prince était ici, je pourrais m’agenouiller et lui jurer mon allégeance devant tous les membres des Lames Vertueuses. »

« Je ne suis vraiment pas un bon chef. J’ai toujours su depuis le début que je ne possédais pas l’aura d’un dirigeant », expliqua lentement Nan Gong Zui. « Plutôt que de laisser les Lames Vertueuses demeurer un groupe ordinaire sous mon commandement, je préférerais de loin trouver un meilleur chef que moi pour les diriger. Et à présent, j’en ai trouvé un. »

« Ce type, Prince… Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours pensé que la vue de son sourire donnait aux gens une sorte de sentiment vraiment confortable », dit Broken Sword avec un large sourire. « J’ai vraiment envie de le voir debout sur les murs de la cité, rigolant avec ce rire sauvage et arrogant qui est le sien. »

Legolas répliqua nonchalamment : « Vraiment ? J’ai toujours pensé que ce type, Prince, est en quelque sorte un idiot… aussi longtemps que tu es son ami, il te fera confiance sans aucune hésitation, et il sera même prêt à donner sa vie pour toi. » Alors que Legolas finissait de parler, toutefois, il y avait un léger sourire sur son visage.

« Sa danse de l’épée est un véritable festin à la fois pour les yeux et le cœur », renchérit Kong Kon en secouant sa tête avec un soupir d’admiration.

Heartless Wind ajouta avec gêne : « Même s’il y a eu quelques frictions entre nous par le passé, ses prouesses guerrières sont vraiment assez impressionnantes. »

« Très bien, très bien, tout le monde, s’il-vous-plaît, arrêtez de chanter les louanges de Prince. Autrement, même s’il n’est pas là, je pense qu’il va attraper la grosse tête. » Lolidragon interrompit précipitamment leurs compliments. Soupir ! Un mal de tête apparaissait alors qu’elle pensait, Si Prince ne se montre pas avec une image qui est à la hauteur de leurs attentes quand il reviendra, nous aurons de gros problème.

Ugly Wolf lui aussi ne savait pas trop s’il devait rire ou pleurer. « Dans tous les cas, faisons en sorte que le développement de la Cité de l’Infini soit bien mis en route avant que Prince ne rentre. »

« Pas de problèmes ! » Ils étaient tous remplis de confiance, prêt à démontrer leurs capacités à leur fier, puissant et inébranlable suzerain…

 

 

J’étais à quatre pattes, frottant, frottant et frottant le sol. Ahhhhhhhh.….

« Comment j’étais supposé savoir que le ticket pour ce bateau serait aussi cher, et qu’il coûterait en vérité cinq mille pièces de cristal et trois pièces d’or ? Je n’avais que cinq milles pièces de cristal, trois pièces d’or et dix pièces de bronze. Comment j’aurais pu savoir que je n’aurais pas assez pour dîner ? Pour oser me forcer, moi, le seul joueur sur ce navire, à récurer le sol comme paiement, ils sont tout simplement sans cœur », marmonnai-je à moi-même tandis que je récurais le sol. « Soupir, Meatbun, pourquoi est-ce que tu n’as pas de bras ? Autrement tu pourrais m’aider à laver le plancher. »

Meatbun, qui était assis sagement sur ma tête depuis le début, n’arrivait pas à comprendre de quoi je parlais, aussi il ne pouvait que continuer de me donner la même réponse : « Oui, Maman. »

Je frottai, je frottai… Attendez une seconde. Pas d’argent ? Le ticket pour le retour doit être acheté, n’est-ce pas ? C’est. Vraiment. MAUVAIS !

Mon corps faiblit comme de la gelée. Cinq milles pièces de cristal ! C’est la quantité que j’avais mise de côté depuis le moment où j’avais commencé à jouer jusqu’à maintenant. J’ai bien donné une partie de mon argent à l’équipe, mais ça me prendra quand même beaucoup de temps pour gagner cinq milles pièces de cristal… Qu’est-ce que je vais faire ? Ça veut essentiellement dire que je ne pourrai pas rentrer avant un très long moment. En plus, je ne peux pas envoyer de message à mes amis ; ils sont probablement très inquiets pour moi.

« Hé, on est arrivé au Continent de l’Est », cria le marin.

Je le regardai, hébété. « Monsieur, n’y a-t-il pas un autre moyen pour se procurer un ticket de croisière que de l’acheter ? »

« Non ! »

Abasourdi, je fus chassé du navire. Abasourdis, je me tins au milieu du port inconnu. Seuls les regards épris d’amour dirigés vers moi m’étaient familiers. On dirait que mon visage est également plutôt populaire ici sur le Continent de l’Est ; ne me dites pas que je vais devoir vendre mon corps pour gagner de l’argent ?

« Grrrrrrr », gronda mon estomac. J’ai tellement faim. Je veux manger, pensais-je. Serrant mon estomac, je me souvins que je n’avais pas une seule pièce sur moi, et immédiatement mon corps entier devint à nouveau aussi faible que de la gelée. On dirait que je vais mourir de faim avant même d’avoir eu le temps de vendre mon corps pour de l’argent !

Incapable d’endurer le grondement insistant de mon ventre plus longtemps, je pris ma décision. « C’est l’heure d’aller chasser ! » m’exclamais-je, mais… de quel côté est la forêt… ?

Après avoir réfléchi un moment, je compris que n’importe quel endroit où il y avait des arbres devait être une forêt. À cet instant, j’avais tellement faim que je m’étais presque transformé en cadavre, ce fut donc avec impatience que je me précipitai vers la forêt. Comme prévu, là-bas je trouvai mes adorables petits loups…

 

 

« Meatbun, je n’ai pas de chignon de pain pour toi pour le moment, donc essaie juste de manger un peu de viande de loup ! » J’enfournai de la viande de loup dans la petite bouche de Meatbun tout en en dévorant moi-même.

Des larmes s’accumulèrent dans les yeux de Meatbun, et il mâcha la viande de loup à contrecœur. « C’est pas bon, Maman. »

« Vraiment ? Je trouve que c’est délicieux ! » N’importe quoi aura bon goût quand vous êtes sur le point de mourir de faim, pensais-je. J’avalai le dernier morceau de la viande de loup coriace avec contentement, puis je m’allongeai dans l’herbe sur les rives du lac, frottant mon ventre, satisfait.

Comment est-ce que je vais faire pour contacter mes coéquipiers ? Je me sentis troublé. C’est bien dommage que Lolidragon ne soit pas là pour répondre à mes questions ; ce n’est que maintenant que je réalise à quel point elle est vraiment utile… « Je suis donc finalement obligé de ne compter que sur moi-même ? » remarquai-je à haute voix avec tristesse.

J’observai les nuages dans le ciel alors qu’ils filaient au-dessus de moi, me sentant à la fois un peu abattu, un peu triste, et un peu perdu. Fermant les yeux, je marmonnai : « Je n’aime pas cette impression d’être séparé de tous les autres. »

Mes yeux s’ouvrirent brusquement. Je sautai sur mes pieds et rugis vers le ciel : « JE VEUX RENTRER ! »

« On prend le bateau maintenant, Maman ? » demanda joyeusement Meatbun.

« …Oui, nous pourrons prendre ce bateau une fois que j’aurai gagné jusqu’à la dernière de ces cinq milles pièces de cristal », répondis-je. En premier lieu, je devrais aller tuer des monstres pour obtenir de l’argent. Quant à vendre mon corps… nous en reparlerons quand je n’aurai vraiment plus d’autres choix !

Je vais affronter des ennemis puissants, pensais-je. De cette façon, je gagnerai de l’argent plus vite. Je vérifiai le contenu de mon sac. Voyant qu’il me restait quelques potions de soin à l’intérieur, mon esprit s’apaisa, et je commençai à m’enfoncer davantage dans les profondeurs de la forêt. Alors que mon entourage devenait de plus en plus sombre, je posai prudemment ma main sur la garde de mon dao pour que je puisse le dégainer au moindre avertissement.

Il y a du mouvement dans les arbres ! Mes pas ralentirent jusqu’à s’arrêter. Observant la clairière devant moi, je pouvais apercevoir les silhouettes d’un certain nombre de monstres. Un sourire s’étira sur mon visage, et je dégainai mon Dao Noir. On dirait que je vais pouvoir retourner auprès de mon équipe rapidement.

 

 

Jour Deux…

Je déchiquetai deux monstres d’un coup d’épée, puis je rengainai mon dao. « C’est le monstre numéro… ? »

« C’est le cinq cent cinquième », répondit Meatbun scrupuleusement.

J’expirai. « Combien de pièces d’or nous avons ? »

Meatbun tourna son petit corps blanc et potelé et, avec un certain effort, se fraya un chemin dans ma sacoche. Après un moment, ce petit corps blanc et potelé sortit en se tortillant. « Cent trente-cinq piè-pièces d’or, Maman. »

« Hum, je me suis habitué au type de monstres qu’il y a ici sur le Continent de l’Est, et en plus j’ai aussi suffisamment d’argent pour acheter des potions de soin et de mana, donc je devrais pouvoir m’aventurer davantage dans les profondeurs. » Je regardai la vallée escarpée au loin et me demandai, Est-ce que je devrais aller là-bas pour chercher des monstres avec des niveaux plus élevés ? Ceux qui ont un niveau élevé ont plus de chance de laisser tomber des objets rares. Si je peux obtenir plusieurs items rares, je serais peut-être même capable de rentrer immédiatement.

« Bien ! Prépare-toi, Meatbun. Une fois que tu auras utilisé Libération de l’Arôme, il se pourrait que nous rencontrions un boss ! » J’étais plein d’entrain.

« Meatbun-bun est prêt ! » Le petit visage de Meatbun affichait une détermination enfantine. C’est tellement adorable !

Après que j’eus placé Meatbun au sommet de ma tête, je me mis en route vers la vallée inconnue. Tandis que je marchais, les environs s’assombrirent, et il y avait même des rafales d’un vent glacial et sinistre de temps en temps… Il fait tellement froid, pensai-je. Mes dents claquaient, et je n’eus pas d’autres choix que de sortir un manteau, qui n’avait pas servi depuis longtemps, de mon sac et de l’enfiler. Quand j’eus plus chaud, je recommençai à marcher vers ma destination.   

« À l’aiiiiide… » Un appel à l’aide retentit soudainement. Je me pétrifiai l’espace d’une seconde, puis je me mis à courir pour aller secourir cette personne.

Quand j’arrivai sur place, je vis une fille poursuivie par cinq ou six Squelettes de Flammes… Étrange, pourquoi est-ce que cette scène me semble familière ? Je m’arrêtai pour réfléchir. Ne me dites pas qu’il s’agit encore d’une autre nécromancienne qui a été effrayée par ses propres sous-fifres squelettes ?

« Tiens bon, Jing ! Je vais te sauver dès que j’aurai bu quelques potions. » La voix masculine provenait de derrière la fille.   

La fille gémit : « Dépêche-toi, Yun, je vais mourir ! »

Jing ? Yun ? Pourquoi ces noms me semblent un peu familiers ? Je me replongeai de nouveau dans mes pensées…

Juste à ce moment-là, la fille sembla m’avoir aperçu. « À l’aide, je t’en supplie aide-nous à tuer ces squelettes ! » s’exclama-t-elle.  

Ce visage appartient à Lü Jing… ma meilleure amie dans la vie réelle. Mon dieu, Yun ? Ne me dites pas que c’est Gu Yun Fei ? Je redressai la tête pour regarder le jeune homme derrière elle. Pas d’erreur à ce sujet ! C’est vraiment Yun, pensai-je, restant planté sur place à cause de ma stupéfaction. Alors, Jing et Yun étaient sur le Continent de l’Est, et nous nous rencontrons par pure coïncidence ; on dirait que ma « bonne étoile » ne m’a pas lâché.

« Je t’en supplie, est-ce que tu pourrais me sauver ?  » Les yeux de Jing brillaient de larmes contenues alors qu’elle courait vers moi telle une demoiselle en détresse.

« Oh… » répondis-je un peu hébété. J’attrapai Jing et la tirai derrière moi. Dégainant mon Dao Noir, je me baissai rapidement et, d’un coup bas, je coupai les deux pieds du squelette. Contre le suivant, je le scindai simplement en deux, puis je séparai le crâne du premier squelette du reste de son corps avec une entaille inversée… J’ai depuis longtemps été formé par Doll à affronter des monstres comme les Squelettes de Flamme, au point où je me bats presque juste avec mes réflexes, et où je ne fais qu’une bouchée d’un seul squelette. Avant même que Yun ne soit arrivé en courant pour aider, j’avais déjà expédié les cinq Squelettes de Flammes avec une grande aisance.

« Nom d’un… tu es vraiment fort. » dit Yun en me regardant, bouche bée.

Est-ce que je devrais répondre quelque chose ? Est-ce qu’ils vont se rendre compte que je suis Feng Lan ? Je me sentais un peu hésitant.

« Tu es vraiment extrêmement fort, pas comme nous deux qui sommes vraiment faibles… » Il y avait une trace de tristesse dans l’expression de Jing, et elle poussa même un soupir.

Tu peux garder ton numéro de fragilité – que tu utilises pour envoyer les gens à leur mort sans aucune intention de payer avec ta propre vie – pour quelqu’un d’autre, Jing ! Contre moi, ta meilleure amie Feng Lan, ce tour est complètement sans effet !

Je gloussai intérieurement. À propos de ma meilleure amie, Jing, je la connais trop bien. Jing ressemble peut-être à une Lin Dai Yu1 délicate et frêle à la surface, mais… en réalité c’est en fait une experte de Taekwondo qui n’a pas son égal.

Yun, lui aussi, soupira doucement. « C’est entièrement de ma faute. Je ne peux même pas protéger une amie parce que mon niveau est trop bas. »

« Ne dis pas ça, Yun. Je te suis déjà très reconnaissante de bien vouloir m’aider à monter de niveaux », affirma Jing en regardant Yun avec « reconnaissance ». « Soupir, je souhaiterais vraiment qu’un expert nous vienne en aide pour notre entraînement. »

« C’est fâcheux, mais pourquoi un expert accepterait-il d’aider de parfaits étrangers comme nous ? » répliqua Yun avec une expression abattue.

Une fois encore, Jing me fixa timidement. « Nous vous sommes plus que reconnaissants pour avoir sauvé nos vies, Grand frère Expert. Je m’appelle Lü Jing, et voici mon ami Yun Fei. Pouvons-nous demander à Grand-Frère quel est son nom ?  »

Je pouvais sentir une sensation de picotement sur mon cuir chevelu alors que j’étais amadoué par Jing. À chaque fois que Jing cajole quelqu’un, cette personne connait inévitablement un sort horrible et indicible.

Après que j’eus échoué à répondre pendant un moment, les yeux de Jing se brouillèrent de larmes. « Se pourrait-il que Grand frère ne veuille même pas donner son nom à Jing ?  »

Que devrais-je faire ? Pensais-je, paniqué. Devrais-je leur dire que je suis Prince ? Mais Yun semble en savoir beaucoup sur Prince ; il a probablement découvert que Prince est sur le Continent Central avant même que moi je le sache. Comment je vais leur expliquer les raisons de ma présence sur le Continent de l’Est, et spécialement quand je n’en connais pas la raison moi-même !?

« Jing, puisque Grand frère n’est pas disposé à nous donner son nom, il est clair qu’il n’a aucun intérêt pour du menu fretin dans notre genre, alors arrêtons de rendre les choses difficiles pour Grand frère », déclara Yun avec indignation.

Dans ce cas, arrête de m’appeler « Grand Frère »… pensai-je, exaspéré.

« Mais… Soupir ! Je croyais que nous avions enfin trouvé un Grand frère qui soit un combattant puissant, un homme de parole, et une personne juste, et qu’alors Grand frère et moi nous … » Le rougissement qui avait recouvert les joues de Jing et l’expression d’adoration sur son visage laissèrent soudainement la place à une incomparable déception, et sa voix prit une intonation choquée. « Puisque Grand frère dédaigne Jing, alors, dans ce cas, dans ce cas… »

« Ne sois pas déçue, Jing. Je suis sûr que Grand frère  ne voulait pas te blesser. Il doit sans doute avoir une affaire pressante dont il doive s’occuper, autrement comment pourrait-il possiblement nous abandonner derrière lui… et tout particulièrement une beauté aussi adorable que toi ! » la consola Yun. À ses côtés, Jing continuait à maintenir sa façade de délicate et fragile jeune femme.

*Transpire* Je comprends enfin ce qu’ils essaient d’accomplir, pensai-je. Ils essaient d’utiliser la beauté de Jing pour leurrer ce « Grand frère vétéran » afin qu’il les entraîne tous les deux !

Comme nous sommes de très bons amis, en principe, je devrais les aider avec leur entraînement. Cependant, je suis dans une situation plutôt inhabituelle en ce moment. Non seulement je redoute qu’ils ne découvrent que je suis Feng Lan, mais en plus j’ai aussi peur qu’ils se rendent compte que je suis Prince. Comment je suis censé les aider dans une situation pareille ? Je poussai un soupir d’impuissance.

« Pourquoi soupires-tu, Grand-frère ? » me demanda Jing, de l’inquiétude perçant dans sa voix.

Je la regardai dans les yeux, qui étaient remplis de sollicitude, et songeai, Bien que je ne puisse vraiment pas dire si elle se fait réellement du souci pour moi ou si elle fait semblant, je me sens quand même un peu touché… Oh oublions tout ça ; Je vais simplement les aider ! Après tout, je ne leur ai jamais consacré de temps depuis que nous avons commencé à jouer à Second Life, et ils ne s’en sont jamais plaint de leur côté. Si je continue à refuser de les aider, je crains de me sentir vraiment coupable.

Ayant pris ma décision, je toussai deux ou trois fois. Imitant l’attitude d’un Grand frère vétéran, je leurs dis : « Ne demandez point mon nom, n’interférez pas avec mes affaires ; suivez-moi si vous le désirez ! »

En écoutant intensément, je pus entendre Yun se murmurer à lui-même : « Ah ! … C’est vraiment un vétéran ! »

Alors que je marchais, je me souvins subitement, Comment je suis censé les guider quand je ne connais toujours pas leurs classes et leurs niveaux ?

« Vos niveaux ? Classes ? »  Je lançai deux questions aux deux personnes qui me suivaient de près.

Yun se présenta avec enthousiasme : « Grand-frère, je m’appelle Yun Fei. Je me trouve au niveau quarante-cinq, et je suis un humain de la classe du Maître des Barrières2. »

« Le nom de petite sœur est Lü Jing. Je suis au niveau trente, et une Exorciste3 humaine », ajouta Jing.

Une Exorciste ? Un Maître des Barrières ? C’est quels genres de classes ça ? Pourquoi est-ce que je n’en ai jamais entendu parler auparavant ? Mes pas ralentirent puis s’arrêtèrent, et grattant mon visage, je n’eus d’autres choix que d’admettre mon ignorance et de demander : « S’il-vous-plaît, expliquez-moi vos classes. »

Yun afficha un grand sourire tout en me répondant : « Les Maîtres des Barrières sont assez rares, donc Grand frère ne connaît probablement pas bien cette classe ! Comme le nom le suggère, le travail principal d’un Maître des Barrières est de créer des barrières. Les barrières ont une multitude d’usages ; par exemple, la barrière la plus simple est la Barrière Plate, qui peut bloquer une attaque de front. Certaines barrières peuvent même faire refléter les attaques, comme la capacité Voile Miroir. Je peux créer alternativement des barrières tridimensionnelles, qui infligent tout un tas de problèmes de statut sur les joueurs ou les monstres à l’intérieur de la barrière. Par exemple, je peux lancer Barrière Fragilisante, qui réduira les dégâts des attaques, ou je peux utiliser Barrière de Ralentissement pour réduire la vitesse des monstres. »

Je hochai la tête ; sa classe était en quelque sorte comme celle de Gui dans le sens où elles étaient toutes les deux des classes de soutient. « Et tes capacités offensives ? »

« Les Maîtres des Barrières n’ont aucune aptitude offensive », annonça Yun sans perdre son sourire.

Aucune attaque ? Je restai stupéfait un long moment. Pas étonnant que Yun monte de niveau si lentement ; tu ne peux pas t’entraîner tout seul si tu n’as aucune capacité offensive ! C’est étrange, il ne peut pas s’entraîner tout seul ? Alors Yun doit avoir une équipe ! Mais je ne l’ai jamais entendu la mentionner auparavant… Je fronçai mes sourcils. « Ne dois-tu pas retourner auprès de ton équipe ? »

« Je n’ai pas d’équipe. » Yun rit, embarrassé, et expliqua : « La plupart des joueurs ne comprennent pas vraiment la classe du Maître des Barrières. Et comme ils entendent dire que mes capacités ne tournent qu’autour de la création de barrières protectrices, ils préfèrent plutôt se trouver un magicien. En plus de ça, mon niveau n’est pas très élevé, donc il y a des limites à l’efficacité de mes barrières, ce qui est la raison pour laquelle je n’ai toujours pas trouvé d’équipe jusqu’à présent. »

Pas étonnant que Yun, qui est un tel monstre de l’entraînement, ne soit encore qu’au niveau quarante-cinq, réalisai-je. Je ne peux vraiment pas imaginer combien de temps ça a bien pu lui prendre pour monter jusqu’à un tel niveau. Un sentiment lourd grandit dans ma poitrine dès que je me mis à penser à comment, moi, sa meilleure amie, je n’avais jamais pensé à l’aider. Il est temps que je fasse de mon mieux pour aider Yun, pensais-je.

« Grand frère devrait mieux connaître la classe de l’Exorciste », dit Jing avec un sourire. « Les Exorcistes utilisent principalement des papiers Fu 4pour lancer toutes sortes de sorts. »

Un Exorciste ? Je pensais qu’un exorciste utiliserait une cloche pour diriger des zombies… D’après les explications de Jing, ça ne semble pas différent d’un mage… Je continuai à marcher avec ma tête remplie de questions. Cependant, j’en savais suffisamment pour comprendre que Jing pouvait lancer des sorts et que Yun appartenait à une classe de soutient, aussi j’arrêtai de leur poser des questions, et à la place je me mis à réfléchir intensément. Quel serait le meilleur type de monstre pour nous servir d’entraînement ? C’est mauvais, je ne connais pas bien les monstres du Continent de l’Est. Quel genre de monstre devrions-nous combattre exactement ?

Tout à coup, le sourire de Yun se fit particulièrement servile : « Grand frère, ton petit frère pourrait-il se montrer grossier et proposer un bon endroit pour s’entraîner ? »

Je m’arrêtai dans mon élan. La suggestion de Yun venait juste de résoudre mon dilemme. « Parle. »

« Nous pouvons nous entraîner contre des démons mineurs. Ils donnent beaucoup d’expérience et ont de fortes probabilités de laisser tomber des trésors. En plus, il y a un grand nombre de quêtes qui sont en lien avec eux. Ils sont très bien pour monter de niveau, obtenir de l’équipement, et gagner de l’argent ! » affirma Yun avec excitation, avant que de l’embarras n’apparaisse sur son visage. « Mais, un joueur vétéran comme Grand frère n’a probablement pas besoin d’argent. »

Il se pourrait que je ne manque pas d’argent, mais il me manque un billet de croisière qui coûte cinq milles pièces de cristal.

« Je me demande vraiment quand nous aurons enfin assez d’argent. Pourquoi est-ce que le ticket pour le navire qui se rend au Continent Central est si cher ? » se lamenta Jing avec un soupir las.

J’étais stupéfait. Comment Jing sait-elle que j’ai besoin d’argent pour le billet de croisière ?

Yun et Jing avaient tous les deux l’air embarrassé. « Grand frère, en fait nous essayons de mettre assez d’argent de côté pour prendre le bateau à destination du Continent Central. Nous avons l’intention d’aller retrouver nos amis qui se trouvent là-bas », expliqua Yun.

Ah, donc je les ai mal compris. On dirait que Yun et Jing prévoient vraiment d’aller rendre visite au professeur Min Gui Wen et à Prince… de venir me rendre visite à moi ?

« Vous n’avez nul besoin d’y aller ; je suis déjà là, juste sous vos yeux. » Je ne pus m’empêcher de marmonner tout seul.

« Pardon ? » Jing, qui avait une ouïe aiguisée, s’enquit, perplexe.

Je m’empressai de me racler la gorge.  « Rien du tout. »

« Oh. » Jing me lança un regard soupçonneux.

« Allons-y, allons tuer des démons mineurs ! » dis-je, me dépêchant de changer de sujet. « Pour commencer, allons obtenir les quêtes. »

« Très bien Grand frère », me répondit joyeusement Yun, mais… en tant qu’une de ses meilleurs amis, même avec la capuche de mon manteau qui obstruait mon regard, je pouvais toujours dire qu’il y avait quelque chose d’anormal avec ce sourire bien trop lumineux affiché sur son visage. J’ai un mauvais pressentiment à propos de tout ça … Je ne suis tout de même pas sur le point de mourir des mains de mes propres meilleurs amis, pas vrai ?

 

 

Je me tenais en silence devant la Guilde des Aventuriers de la Ville du Tigre Blanc, attendant que les deux personnes qui m’avaient amené dans cette ville eussent fini d’obtenir leurs quêtes. Par chance, il y avait une immense carte du Continent de l’Est accrochée au mur extérieur de la Guilde des Aventuriers, aussi je pus enfin découvrir la géographie du continent qui se trouvait actuellement sous mes pieds. Je pense que voir ou non la carte ne fait aucune différence par contre, pensais-je. Après tout, j’arrive à me perdre et à atterrir à la Cité de l’Étoile alors que j’essayais en fait de me rendre à la Cité de la Lune, aussi comment je pourrais possiblement espérer qu’une carte à elle seule me permette d’aller visiter librement le Continent de l’Est ?

Je relevai la tête et jetai un regard désinvolte à la carte. Le Continent de l’Est, comme son nom l’indique, est un continent à l’est du Continent Central. Il y a quatre villes contrôlées par des admins ici, et elles sont situées aux quatre points cardinaux : à l’est, le Dragon Vert ; à l’ouest, le Tigre Blanc ; au sud, le Phénix Rouge ; au nord, la Tortue Noire. Ce continent donne vraiment une impression orientale. Ce n’est pas étonnant que même les classes soient extrêmement orientalisées elles aussi ; même la nourriture est chinoise !

Sous la capuche de mon manteau, j’étais occupé à  mâcher les xiaolongtangbao5 que je venais tout juste d’acheter. J’achèterai des wontons à la sauce au chili6 plus tard, décidai-je.

« Grand frère, nous avons obtenu les quêtes ! » La voix claire de Yun retentit.

Heiiin ? Je n’aurai pas le temps d’acheter mes wontons, mince !

« Pour remercier Grand frère de nous aider, est-ce que Grand frère accepterait de laisser Yun Fei et Lü Jing lui offrir un repas au restaurant ? » s’inquit Yun, son visage illuminé par la sincérité. Quant à moi, évidemment que je serais ravi qu’on m’offre un repas… Ah, mes wontons au chili, j’arrive !

 

 

Sur le chemin…

« Grand frère, est-ce que ça te conviendrait si nous dînons à la Maison Orientale7 ? »

« Grand frère, est-ce qu’il t’est vraiment impossible de nous donner ton nom ? Qu’allons-nous faire si nous sommes séparés pendant le voyage ? »

« Grand frère, ton manteau est vraiment élégant. J’imagine que tu dois aussi avoir le corps qui va avec ? Laisseras-tu ton petit frère y jeter juste un seul coup d’œil ? »

« Grand frère, est-ce que ton petit frère peut se montrer effronté pour oser te demander quelle est ta race ? Puisque tu es un guerrier aussi fort, je pense que tu dois appartenir à la race des humains, n’est-ce pas ? Ou serais-tu un homme-animal ? Mais ta carrure n’a pas l’air très costaude, donc je ne pense pas que tu en sois un. »

« Nous sommes presque arrivés à la Maison Orientale ; est-ce que Grand frère y a déjà mis les pieds auparavant ? Si tu n’y es jamais allé, j’imagine que le camp de base de Grand frère ne se trouve probablement pas dans la Ville du Tigre Blanc, pas vrai ? »

Du début à la fin de notre promenade, je n’avais pas prononcé le moindre mot.

« Nous sommes arrivés à la Maison Orientale, Grand frère », m’annonça Jing en souriant joyeusement tout en pointant un bâtiment rouge d’aspect traditionnel. « La nourriture et le vin de ce restaurant sont plutôt bons, surtout le vin. Leur vin Paisible Tranquillité  est tout particulièrement renommé dans la Ville du Tigre Blanc ! Grand frère, pourquoi est-ce que tu ne commanderais pas quelques plats principaux pour remplir ton estomac dans un premier temps, et ensuite tu pourrais commander des plats légers pour accompagner la Paisible Tranquillité. »

« Oui, tout à fait, on rencontre rarement un si bon Grand frère, son petit frère doit boire un verre en compagnie de Grand frère aujourd’hui », déclara Yun en riant de bon cœur.

Boire ? Qu’est-ce que je vais faire si, la prochaine fois que je me réveille, je me retrouve sur le Continent de l’Ouest ?

Dès que j’eus reçu le menu, je m’empressai de commander mes wontons au chili, en plus d’un tas d’autres plats qui avaient l’air délicieux. Enfin, je reposai le menu à contrecœur et j’attendis que mes plats appétissants soient servis.

« Ce sera tout, et amenez nous deux bouteilles de Paisible Tranquillité », demanda Yun au serveur.

Je regardai les plats être apportés un par un avec des yeux remplis d’anticipation. Même si je n’ai pas encore vu mes adorables wontons au chili, ce n’est pas une mauvaise idée d’attaquer les autres plats en premier, pensai-je. Ma main se leva, mes baguettes plongèrent, et une bouchée de nourriture qui sentait terriblement bonne fut délivrée dans ma bouche salivante. C’est une bonne chose que mon visage soit caché par ma capuche, autrement mon image de « Grand frère expert » aurait été complètement ruinée.

Yun prit ma coupe de vin et entreprit d’y verser la totalité d’une énorme bouteille de Paisible Tranquillité. « Grand frère, devrions-nous commencer à boire ?  »

Je ne me préoccupai pas de lui répondre. Avec de la nourriture si délicieuse devant moi, qu’est-ce que ça peut me faire que nous soyons meilleurs amis ? Je tendis une nouvelle fois mes griffes vers le plat de petits pains au fil d’argent…

Du sommet de ma tête s’éleva la voix enfantine de Meatbun. « Maman, Meatbun-bun veut aussi miamiam. »

Déconcertés, Jing et Yun regardèrent à gauche et à droite, cherchant l’origine de cette voix. Je me figeai ; j’avais presque entièrement oublié l’existence de Meatbun. On dirait que Meatbun s’est endormi sur ma tête, c’est pour ça qu’il est resté si silencieux tout ce temps ! Je saisi un petit pain au fil d’argent8, attrapai Meatbun et le plaçai sur mes genoux, puis j’enfournai le petit pain – qui était plus grand que Meatbun – dans sa bouche.  Pour finir, je fourrai Meatbun dans mon sac. Il s’est enfin tu, pensais-je, et je poussai un soupir de soulagement.

Bien sûr, la totalité de l’opération s’est déroulée sous le couvert de mon manteau. Manteau, oh manteau, tu es vraiment un outil indispensable pour qu’une personne puisse nourrir secrètement ses animaux de compagnie et maintenir son image !

« C’est étrange, j’aurais juré avoir entendu la voix d’un enfant à l’instant », fit remarquer Jing en fronçant les sourcils.

En entendant cela, je baissai la tête et m’absorbai dans la nourriture.

Me voyant attaquer les plats, Jing et Yun arrêtèrent de m’ennuyer et prirent leurs baguettes pour commencer à manger eux-aussi.

« Mais, ne serait-ce pas cette petite Jing ? » Une voix quelque peu agaçante parvint à mon oreille. Cette personne ne voit pas qu’elle me dérange en plein milieu de mon repas ? Je plissai les yeux et relevai la tête pour regarder…

Mon dieu, c’est l’image tellement, tellement classique du dandy vaniteux ! Il était un peu semblable à Fan, avec sa brillante armure dorée tape-à-l’œil, mais il n’avait pas une once de l’élégance ou de la divine sévérité de Fan. En plus de cela, ce casque incrusté de joyeux sur sa tête et cette cape rouge brodée de dragons qu’il portait rendait son apparence encore plus ridicule. Il n’y avait qu’un seul mot pour le décrire, et ce mot était… vulgaire !

C’est la première fois que je vois quelqu’un si vulgaire au point que même les cieux et la terre seraient choqués et que les démons eux-mêmes pleureraient. Je doute de produire un effet aussi burlesque même si je venais à porter des lingots d’or en guise de vêtements ! C’est vraiment dommage, parce que le physique de cette personne pourrait quand même être considéré comme plutôt beau, mais grâce à cette tenue, il donne juste l’impression d’être intolérablement vulgaire, soupir ! Je baissai la tête et continuai à dévorer la nourriture. Si je continue à le regarder, je crains que ma vue et mon goût ne subissent des dommages au-delà du réparable.  

Il y avait une expression aigrie sur le visage de Jing tandis qu’elle regardait le dandy vulgaire. Yun, lui aussi, n’était pas comme d’habitude et continua à manger en silence avec une expression glaciale sur son visage.

« Ma petite Jing, pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu mangeais ici à la Maison Orientale ? J’ose espérer que ces enflures de serveurs ne t’ont pas demandé, à toi, la Patronne, de payer n’est-ce pas ? S’ils l’ont fait, je vais devoir les réprimander », lâcha le dandy, et la foule derrière lui se mit à rire sans conviction.

La Patronne9 ? Depuis quand Jing a-t-elle ouvert ce restaurant ? Pourquoi je ne l’ai jamais entendu le mentionner ? me demandai-je alors que je mâchouillais un pied de poulet10.

« Huang Wei, fais-attention, tu n’as pas intérêt à aller trop loin avec tes paroles ! Qui est-ce que tu appelles “patronne'” ? » Jing frappa la table de ses poings avant de se lever vivement, enragée.

Huang Wei11 ? Ce n’est pas un mauvais nom, mais sur une telle personne, ça sonne un peu… Je continuai de mastiquer ma tarte au taro12.

« Bien entendu, c’est toi, Xiao Jing. Cette Maison Orientale est à moi, et tu es ma femme bien-aimée, donc évidemment que tu es la patronne ! » Huang Wei lorgna le beau visage de Jing.

Yun en eut finalement assez. « Jing n’est pas ta femme, alors arrête de raconter n’importe quoi. C’est clair que tu es juste un gros pervers qui n’arrête pas de la harceler. » Sa voix montrait clairement qu’il essayait de contenir sa rage tandis qu’il parlait.

Le sourire impudent de Huang Wei disparut en un éclair, remplacé par un regard de mépris, bien que pour moi, cela ressemblât plus à l’expression d’une personne qui venait de marcher sur une crotte de chien.

« Alors, comme ça, un déchet comme toi ose encore rester collé à Jing ? Je t’ai déjà dit que je te tuerais à chaque fois que je te verrais. Tu n’as pas compris ou tu aimes te faire tuer ? »

Euh ? Ce plat que le serveur est en train de nous apporter là, n’est-ce pas mes préféré petits wontons à la sauce au chili ? J’avalai ma salive et fixai férocement ce plat de wontons sauce chili d’un rouge enchanteur et à l’arôme délicieux, le cœur serré. Quant à ce qui se passe autour de moi ? Je n’en ai aucune idée, c’est mon estomac qui est chargé de réfléchir pour le moment.

« Et après ? Même si tu veux me tuer, Jing restera à mes côtés, pas aux tiens ! » Yun lui adressa un sourire sans peur.

L’expression sur le visage de Huang Wei changea subitement, et il rugit, enragé : « Petit merdeux, ne dépasse pas les bornes ! Attends un peu ; je vais te réduire en bouillie, juste comme ce plat. » De sa main droite, Huang Wei saisit le plat des mains du serveur, puis le brisa sur le sol avant de piétiner l’assiette et son contenu.

Je regardai alors que les wontons sauce chili, qui m’avaient presque été délivrés, furent soudain arrachés de la prise du serveur par une main étrangère sous mes propres yeux, après quoi les wontons d’une vivide couleur écarlate glissèrent dans les airs et atterrirent sur le sol parmi les morceaux brisés de l’assiette. En plus de cela, un pied marcha dessus et s’enfonça même dans cet amas ; et ainsi, mes wontons reposaient là à l’article de la mort, leur sauce suintant de leur corps, leur bonté et leur beauté perdues pour toujours… Comme le choc était tout simplement trop écrasant, je me retrouvai à fixer la scène, hébété, pensant, Mes wontons au chili… sont perdus ?

« Pfff, ne crois pas que je sois si facile à persécuter, j’ai un Grand frère », affirma Yun en me regardant avec assurance.

« Un Grand frère ? Hahaha, et alors ? » Huang Wei me me fixa avec dédain. Il fit un signe de la main et immédiatement cinq ou six de ses petits frères dans son dos se frottèrent les mains et serrèrent leurs poings, visiblement frétillants d’envie à l’idée de se battre. « Je dispose de nombreux petits frères, par contre. Pourquoi on ne verrait pas combien de coups ton Grand frère peut recevoir de leur part ? »

Jing et Yun étaient tous les deux extrêmement pâles, et Jing dit froidement : « Je t’interdis de blesser l’un d’entre eux, Huang Wei. »

« Bien, dans ce cas soit docile et devient ma femme, et alors, héhé… » Huang Wei se mit à rigoler sans retenue.

Soudainement, je sautai sur la table, atterrissant légèrement sur mes deux pieds, puis je me propulsai vers Huang Wei, dégainant mon Dao Noir en plein air. La lumière dansa sur ma lame, et j’atterris derrière Huang Wei.

« Espèce d’effronté ! » articulai-je froidement.

Comme vous devez le savoir, chaque once d’un plat est le résultat d’un dur labeur. Ce n’est pas une chose aisée que de cuisiner un plat de wontons avec de la sauce piquante, aussi comment est-ce qu’il a osé gâcher de la nourriture comme ça ? Et particulièrement quand cette nourriture est à moi ! Même si les cieux ne punissent pas une telle personne, je le ferai !

Toutes les personnes présentes furent prises au dépourvu et se demandèrent, Mais qu’est-ce qu’il vient de se passer ? Juste à ce moment-là, le cou de Huang Wei glissa soudainement sur le côté. D’abord, un filet de sang commença à couler le long de son cou, puis – alors que la foule regardait, les yeux grands ouverts – une fontaine entière de sang commença à jaillir dans les airs, et la tête de Huang Wei fut propulsée loin de son corps par le flot de sang. Elle roula plusieurs fois sur le sol, puis le corps se transforma en un pilier de lumière blanche et disparut, laissant seulement derrière lui une mare de sang frais.

« Comment c’est possible ? » murmura Yun. « Huang Wei portait un heaume et une armure complète, comment est-ce que ça pourrait être aussi simple de séparer sa tête de son corps ? »

Je contemplai avec le cœur lourd les cadavres de wontons sur le sol, me sentant extrêmement énervé. Après une si grande anticipation, tout ça pour que mes espoirs soient démolis en fin de compte, ça me MET. VRAIMENT. EN. COLÈRE ! Je levai mon Dao Noir vers les cinq petits frères de Huang Wei et, d’un ton extrêmement glacial et dur que j’utilisais rarement, je leurs lançai : « Dix secondes. Fichez-moi le camp ou mourrez ! »

Les petits frères se figèrent. Ils m’observèrent, clairement réticents à l’idée de partir, mais effrayés à l’idée d’avancer. Aucun d’entre eux n’osa bouger.

« Pff ! » Je reniflai froidement. Poussant légèrement contre le sol avec mes deux pieds, je franchis rapidement la distance qui me séparait du gars le plus proche, puis j’exécutai ma célèbre technique : Attaque du Dragon à Neuf Têtes ! Enveloppées de flammes, les dix frappes consécutives tracèrent de jolies lignes écarlates dans les airs à la vitesse de l’éclair. Pour le coup final, j’abattis lourdement mon arme sur mon ennemi, le coupant en deux. Ensuite, je me redressai lentement et rengainai mon épée avant d’aller m’asseoir. Alors que je me retournais, ce gars malchanceux se transforma en un pilier de lumière blanche et s’en fut.

Du début jusqu’à la fin de cette démonstration, personne n’avait bougé. Ce ne fut qu’après que je fusse retourné à mon siège que le reste des petits frères commencèrent finalement à fuir pour sauver leurs vies. Je ramassai mes baguettes avec satisfaction et me remis à attaquer ma nourriture.

Après un long moment, Jing et Yun reprirent leurs esprits. Ils retournèrent nerveusement à leurs sièges, mais ils ne continuèrent pas leur repas et ne firent que me fixer, les yeux grands ouverts.

Après un autre long moment, je posai mes baguettes et dis : « Yun, Jing, Grand frère a une faveur à vous demander à tous les deux. »

Yun déglutit, tandis que Jing affichait une expression alarmée. « Que veux-tu, Grand frère ? » questionnèrent-ils à l’unisson.

« Est-ce que je peux commander une autre assiette de wontons au chili ? »

« … »

Notes de bas de page

1 Lin Dai Yu : Un personnage féminin très connu dans la littérature chinoise. Lin Dai Yu (林黛玉 prn. lín dài yù) est l’un des personnages principaux du roman Rêve de la Chambre Rouge (Dream of the Red Chamber / Hong Lou Meng). Elle est l’incarnation de la demoiselle en détresse : belle, fragile, ayant facilement le cœur brisé, et qui, à la fin, meurt.

Dans l’histoire, Dai Yu et son cousin plus âgé, Jia Bao Yu, le jeune maître de la famille Jia, tombent amoureux. Cependant, Dai Yu n’est pas très aimée par les membres de la maison, car elle vient d’une branche de la famille relativement pauvre. Elle déprimait ou elle s’attristait aussi assez facilement, par exemple quand elle ramassait des pétales qui étaient tombés des fleurs et qu’elle les enterrait, elle demandait : « Aujourd’hui, j’ai enterré ces fleurs. Quand je mourrai, qui m’enterrera moi ? »

La relation entre Jia Bao Yu et Lin Dai Yu fut compliquée par le fait que Bao Yu était destiné à épouser une autre cousine, Xue Bao Chai, qui était en comparaison plus joyeuse et plus sensible que Dai Yu. La famille de Bao Chai était aussi riche, et ainsi la famille de Bao Yu favorisait son mariage avec elle.

À la fin de l’histoire, Jia Bao Yu épouse Xue Bao Chai, mais ce n’est pas par choix, on lui a fait croire qu’il épousait Lin Dai Yu (puisque le visage de la mariée était couvert d’un voile jusqu’au moment de la nuit de noce). À la fin, on révèle que Lin Dai Yu est morte de maladie. En apprenant la vérité, Jia Bao Yu décide de devenir moine.
Pour plus d’information, Google et Wikipédia sont vos amis.
2 Maître des Barrières : une référence possible au manga Kekkaishi, « kekkaishi » signifiant « maître des barrières ».
3 Un exorciste : Techniquement, ce mot devrait être traduit par « Un Taoïste », mais seulement parce que cette sorte d’exorcisme est normalement effectuée par des taoïstes dans les fictions. Les Taoïste modernes ne sont pas toujours des exorcistes, cependant, dans ce cas en particulier, le terme « exorciste » est plus précis.
4 Fu : Comme Prince le souligne dans la phrase suivante, les exorcistes utilisent des cloches dans la plupart des dramas chinois. Cependant, les fus, qui sont généralement des papiers spéciaux avec des caractères écrits dessus avec un pinceau à encre, sont normalement utilisés pour immobiliser un zombie. C’est comme ça que les scènes dans les dramas historiques d’horreur chinois se déroulent d’ordinaire…

1. Le Zombie sautille (dans les films chinois, ils ne marchent pas en traînant les pieds, ils sautillent) sur scène.
2. L’Exorciste chante ou fait des gestes bizarres et le papier fu vole de sa main et s’accroche de lui-même sur le front du zombie.
3. Le Zombie s’arrête de bouger (et parfois il s’enflamme).
4. L’Exorciste sonne la cloche. L’esprit s’en va. Si la personne possédée est toujours vivante, il/elle se réveille.
5 Xiaolongtangbao : Xiaolongbaos sont parfois connus sous le nom de soupe de raviolis chinois.

Ils ont une texture farineuse transparente, à l’opposé des textures moelleuses des chignons de pain de viande ou des mantous, et ils sont généralement assez petits pour tenir dans une cuillère à soupe chinoise. La garniture est habituellement un mélange de viande de porc hachée, d’oignons émincés et d’ail assaisonné avec divers condiments, puis c’est mélangé avec du bouillon, après quoi c’est congelé et cela prend une forme gélatineuse. Quand c’est cuit à la vapeur, la garniture fond et le xiaolongbao sera rempli de soupe. Des variétés plus extravagantes peuvent inclurent du crabe ou des œufs de poissons.

Ce que Prince mange ici est une variante de la soupe de ravioli chinois, qu’on appelle Xiaolongtangbao. C’est un peu différent du xiaolongbao ordinaire, car on porte plus d’attention à la qualité de la soupe. (C’est pourquoi le nom a un « tang » supplémentaire : « tàng » veut dire « soupe » en chinois ! ) .
6 Wontons à la sauce chili : Comme le nom le suggère, ce sont tout simplement des wontons cuits dans de l’huile de chili (et PAS de Tabasco). Le cœur de ce plat est la sauce au chili. Vous en trouverez dans la plupart des supermarchés asiatiques. Le plat vient de la province du Szechuan de la Chine, ce qui n’est pas surprenant parce que l’huile de chili est un des produits de base de la cuisine Szechuan. Attention, si vous n’avez jamais goûté ce genre de sauce chili auparavant, c’est beaucoup plus fort que du Tabasco ou du chili ordinaire.
7 Une Maison Orientale : C’est écrit comme Zhong Hua Lou (中华楼 prn. zhōng huá lóu) en chinois. De nombreux restaurants et auberges en Chine, dans le passé et même encore de nos jours, ont le caractère “楼” dans leur nom, qui signifie simplement un bâtiment avec au moins un étage.
8 Petit pain au fil d’argent : C’est comme un pain, mais vous coupez la pâte en de longues bandes, un peu comme des nouilles, puis vous les enroulez en forme de pain avant de les cuire.
9 La Patronne : Normalement ce mot signifie « la patronne », mais une façon alternative de l’interpréter est « la femme du patron ».
10 Pied de Poulet : La plupart d’entre nous n’avons jamais mangé de pied de poulet, alors nous allons encore avoir besoin d’une explication de cuisine. Encore oui. Les pieds de poulets sont utilisés dans la cuisine chinoise assez fréquemment. On en fait un bouillon excellent qui peut être employé pour cuisiner des plats légers, comme le dim sum.
11 Huang Wei : le nom de Huang Wei est écrit “皇威” (prn. huáng wēi). « Huang » signifie royal ou empereur, alors que « Wei » veut dire puissant, impressionnant, et même agressif.
12 Tarte au taro : comme le nom le suggère, c’est fait de taro. Ça ne ressemble pas aux tartes Occidentales cependant. Elles sont plus comme des briques miniatures.

Romance RPG : Partie 3

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Romance RPG

Roman originel en Chinois par : 御 我 (Yu Wo)


Part Three – traduit du chinois vers l’anglais par Raylight[PR!]
Partie Trois – traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Il était déjà minuit passé, et la lune se tenait haut à l’extérieur de la fenêtre. Bien que la température fût plutôt étouffante, l’atmosphère dans la pièce était, à la place, très sombre. Une unique ombre était assise d’une manière étrange devant la télévision, exactement comme un enfant accro aux jeux vidéo. Cependant, ce qui se trouvait devant ses yeux était en fait une console de jeux Nintendo datant de plus de dix ans. Dans les mains de cette ombre reposait une cartouche que le propriétaire de la boutique d’antiquité avait prétendu lui avoir vendu à grand rabais. Il avait entendu dire qu’il s’agissait d’un RPG, plus communément référé comme étant un role-playing game (jeu de rôle).

Je dois être idiot, et le QI de Bai Xue Chen n’arrive même pas à la cheville de celui d’un idiot !

« Ne te mets pas en colère contre toi-même, même si tu te fâchais au point de provoquer ta mort, personne ne le saurait. » Continued

Mise à jour : Janvier 2016

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Chapitres de Janvier
  1. Romance RPG : Partie 3
  2. 1/2 Prince T3C4 : Jing et Yun
  3. La Légende du Chevalier du Soleil T2C7 : Réprimande la Mauvaise Conduite d’Un Collègue Chevalier Sacré

Salut tout le monde !

Nous voilà déjà en 2016. Avez-vous pris vos résolutions pour la nouvelle année ? 😉

Dans tous les cas, on débute la nouvelle année avec 1 chapitre pour chacune de nos séries.

J’en profite aussi pour vous rappeler que nous recherchons désespérément un nouveau traducteur ou une nouvelle traductrice pour 1/2 Prince. Évidemment, ça n’empêche pas d’autres personnes de rejoindre notre équipe pour un différent poste ou pour aider à traduire une autre série. Allez, soyez sympa ; on va pas vous manger quand même. ^ ^

conspiration