1/2 Prince T4C2 : Le Baiser d’Un Prince

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 4 – Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini
Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 2: Snake Kiss – Traduit du chinois vers l’anglais par Samuki[PR!]
Chapitre 2 : Le Baiser d’Un Prince  – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia

« Prince, les gens que tu as ramenés sont plutôt remarquables, non ? » demanda Lolidragon avec suspicion. « Où diable les as-tu dénichés ? »

Je haussai les épaules. « Jing et Yun sont mes camarades de classe ; c’est purement par hasard que je les ai rencontrés. En plus, ils viennent seulement de découvrir que je suis Prince. En ce qui concerne Kenshin et Sunshine… » J’hésitai. Est-ce que je devrais le lui dire ?

« Ce sont des PNJs provenant d’une quête secrète, pas vrai ? » déclara Lolidragon de façon détachée.

« Comment est-ce que tu le sais ? » la questionnai-je, choqué.

Lolidragon se figea un instant, puis elle rétorqua : « Je suis une MJ cachée, tu te rappelles ? »

« Oh… » Je me grattai la joue. Elle n’avait pas dit que les MJs cachés étaient exactement comme des joueurs ordinaires ? C’est pour ça que je croyais qu’elle ne serait pas au courant !

Lolidragon soupira profondément et secoua la tête avec incrédulité. « T’as vraiment une vaine incroyable, pour être même capable de compléter cette super-méga difficile quête secrète dégoûtante ! Tu sais, Lantis et Kenshin ont été créés purement pour rigoler ; personne ne s’attendait réellement à ce que qui que ce soit parvienne à compléter la mission ! »

« Euh, il y a en fait une raison à ça. » Est-ce que je devrais mettre Lolidragon au courant de l’“éveil” de Kenshin et de Sunshine ? J’hésitai un peu ; après tout, Lolidragon était une employée de Second Life. Qui sait si elle rapporterait cet incident ?

« Il vaudrait mieux que tu dises très bientôt à tout le monde qu’ils sont tes animaux de compagnie humains ; j’ai déjà aperçu des gens qui les traitaient comme des joueurs », me rappela Lolidragon.

« Je ne peux pas le leur dire. » J’agitai frénétiquement mes mains.

Lolidragon s’enquit soupçonneusement : « Pourquoi ça ? »

« Euh, parce qu’ils ont développé une conscience de soi à présent, et que je n’ai aucune intention de les traiter comme des animaux de compagnie humains. En fait, je veux qu’ils soient exactement comme des joueurs normaux », expliquai-je en un souffle.

« Une conscience de soi ? » Lolidragon pâlit.

Comme je m’y attendais, c’est vraiment choquant… Je pris une profonde inspiration, puis fis sérieusement la demande : « Lolidragon, est-ce que tu pourrais ne pas en parler ? N’informe personne d’autre à ce sujet, d’accord ? Particulièrement pas les employés de la compagnie du jeu, ou sinon Sunshine et Kenshin seraient en danger. Je ne veux pas qu’ils soient supprimés, s’il-te-plaît. »

L’expression sévère de Lolidragon resta en place pendant un moment, me laissant en suspens. Finalement, elle ne put plus se retenir, éclatant de rire. Agitant la main, elle promit : « Relaxe, je ne dirai rien. Ce n’est pas tous les jours que des PNJs développent une conscience de soi. Pour quelque chose d’aussi amusant que ça, comment je pourrais aller tout raconter à la compagnie et les laisser gâcher mon plaisir ? »

Je restai stupéfait. Quelle que soit la compagnie qui a embauché Lolidragon, elle doit être vraiment malchanceuse.

La porte s’ouvrit en cognant le mur. Lolidragon et moi regardèrent en direction de l’entrée, tandis qu’une petite silhouette familière se jetait dans mes bras et murmurait à mon oreille : « Prince, tu es enfin rentré, oh comme tu m’as manqué ! »

Je baissai le regard, sans expression. Fairsky est vraiment comme une coquerelle inarrêtable et déterminée… Ensuite, une autre tête très familière aux cheveux noirs se jeta contre mon dos. Je regardai derrière moi dans un silence stoïque. Celui-là possédait encore plus de vitalité que Fairsky : Gui, dont la peau était si dure que même les balles ne pouvaient pas la pénétrer, me regarda avec des yeux remplis de larmes. « Votre Majesté, vous êtes enfin de retour ! J’étais si inquiet ! »

Pire encore, se tenant devant moi avec des veines saillantes sur le visage, Wicked avait depuis longtemps dégainé son épée. Je l’observai impassiblement tandis qu’il faisait dégager Fairsky et Gui d’un coup de pied, pour ensuite se mettre à leur casser la figure… Le duo qui se faisait massacrer, ne voulant pas se prendre les coups en restant assis sans rien faire, se ligua contre Wicked. Faisky bloquait les attaques de Wicked, pendant que Gui lançait sournoisement des flèches sur lui, transformant Wicked en une pelote à épingles ensanglantée.

« Tu ne les arrêtes pas ? » s’enquit Lolidragon, de façon froide.

« C’est amusant à regarder, alors pourquoi y mettre fin ? » répondis-je, de la ma même façon froide.

Juste à cet instant-là, l’épée longue de Wicked se fit envoyer voler dans les airs par Fairsky, frôlant ma joue et y laissant une traînée de sang… Les trois batailleurs s’arrêtèrent pour me regarder avec du regret et du chagrin dans les yeux. J’essuyai le sang sur ma joue avec le dos de ma main, en souriant légèrement. « Vous me frappez aussi ? Intéressant ! »

En fin de compte, Lolidragon se retrouva à mâcher un guazi tout en m’observant massacrer le trio, et discutant avec moi pendant tout ce temps. « Prince, pourquoi est-ce que tu ne séduirais pas Phoenix elle aussi ? Elle n’arrête pas de gémir au sujet de Fan de jour comme de nuit ; ça frustre Nan Gong Zui, tout comme White Bird. »

« Qui est White Bird ? » De toutes mes forces, je donnai un coup de poing à Gui avec ma main droite, piétinai Wicked avec ma jambe gauche, et chatouillai Fairsky avec ma main droite.

« Oh, tu n’es pas encore au courant. Je vais te raconter tout ce qu’il s’est passé ! »

Lolidragon me raconta tout ce qu’il s’était produit durant mon absence.

« Quoi ? Rose et Broken Sword sortent ensemble ? » Je pâlis, choqué, me demandant si j’allais bientôt devoir leur offrir des enveloppes rouges1. Sûrement pas, non ? Récemment, maman n’a pas arrêté de sortir pour jouer sans arrêt et elle n’a pas écrit un seul manuscrit ; les finances de notre famille sont un désastre. Où est-ce que je suis censée obtenir l’argent pour les enveloppes rouges ? Lorsque je songeai à ça, je m’en pris encore plus violemment au trio par terre.

« Est-ce que tu es jaloux ? » Lolidragon leva un sourcil.

À ce stade, le trio presque mort sur le sol se redressa brusquement, me fixant avec des visages inquiets. Je répondis vivement : « Pas du tout ! »

« C’est une bonne chose », soupira quelqu’un sur le côté avec soulagement. Je regardai dans cette direction pour remarquer Broken Sword, Rose, et… tous les autres.

« Quand est-ce que tout le monde est arrivé ? » demandai-je stupidement.

« Ils ont commencé à se rassembler ici quand tu t’es mis à frapper le trio. » Lolidragon haussa les épaules.

Je souris maladroitement à chacun d’entre eux. « Euh, bonjour tout le monde. »

« Pffft ! » Yun éclata soudainement de rire… Hé, qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? Les gars ne lâchent pas de « pffft », il n’y a que les filles qui font ça ! Qu’est-ce que tu as, toi un adulte, à rigoler comme ça ? « Grand frère, comment se fait-il que tu deviennes de plus en plus stupide ? Au début, tu étais l’image même de la sévérité. »

Je lui envoyai un coup de pied à la volée. Tu exposes ma couverture ? Tu tiens vraiment à mourir ? Après lui avoir donné un coup de pied, je lissai mes vêtements, et fis un signe vers les quatre personnes que j’étais sur le point de présenter à tout le monde. « Voici Gu Yun Fei, un maître des barrières ; Lu Jing, une exorciste ; Sunshine, un mage ; et Kenshin, un guerrier. »

Yun, qui avait été projeté au sol par mon coup de pied, se donna un air renfrogné avant de prendre la pose d’une sirène. « Bonjour tout le monde, je suis le Gu Yun Fei que Grand frère martyrise sans arrêt. »

« Je m’appelle Lu Jing. Je suis vraiment heureuse de rencontrer tout le monde. » Jing se mit sans gêne à poser de façon mignonne devant la foule.

« Je suis Sunshine, ravi de faire votre connaissance. » Sunshine sourit de façon élégante, un peu chaleureusement.

« Kenshin », se présenta sèchement Kenshin.

Voyant qu’ils avaient tous les quatre terminé leur propre introduction, je devinai qu’il était temps pour moi de leur présenter tous les autres. Mais… Je comptai le nombre de personnes présentes, et décidai d’oublier les présentations. Je déclarai avec irresponsabilité : « Mêlez-vous entre vous lentement et faites connaissance avec tout le monde. »

« Prince, les camarades que tu as ramenés cette fois sont extrêmement talentueux ! » Grand frère Wolf me caressa la tête affectueusement.

« Évidemment qu’ils sont forts ; tu n’as aucune idée de combien de temps et d’effort j’ai investi sur eux ! » Je soupirai, les larmes à l’œil, resongeant à cette fois-là…

 

 

J’avais terminé l’escalade ardue de la plus grande montagne, le Sommet d’Azur, seulement pour trouver les trois vieux prophètes se tenant devant le monument de pierre, et me disant : « Allons ! Jeune homme, si tu nous bats, tu peux devenir le Roi des Démons… » Ah, ce n’est pas ça ! Vaincs-les, et ils me remettront un tas de bouses. Je fixai le tas du regard, le visage plein d’incrédulité, tandis que je pensais, À quoi me servirait un tas de crottin ? Je ne sème pas de grains, alors je n’ai pas besoin de fertilisant, non ?

« Le but principal de cette mission est de te remettre la Grande Pilule de Retour. Le nom du monument de pierre et les prophéties sont des extras », expliqua lentement Kenshin. Voyant l’air dégoûté sur mon visage pendant que je regardais la pile de « pilules de retour », Kenshin ajouta : « Si tu manges la Grande Pilule de Retour, tes points d’expérience vont être multipliés par dix durant une période de trois jours. »

« Oh ? C’est assez impressionnant. » Je souris gentiment aux trois vieillards. Montrer du respect envers la vieillesse était un concept qui m’était étranger à ce moment-là.

Kenshin et moi cassâmes la figure des trois vieillards avant de rapporter les bouses et le monument de pierre avec nous en bas de la montagne, retrouvant les deux personnes familières qui étaient au beau milieu d’un bon barbecue.

« Partagez-vous tous les deux ce tas de crotin, et ensuite on va se rendre à la Crique-Fantôme pour s’entraîner. » Je leurs arrachai l’aromatique viande fraîchement grillée et, ignorant leurs expressions choquées, les forçai à manger la moitié du tas chacun. Voyant qu’ils s’étaient tous les deux évanouis immédiatement après, Kenshin et moi n’eûmes pas d’autre choix que de transporter un des deux chacun et de nous dépêcher de retourner à la Crique-Fantôme.

Quand nous fûmes de retour à la Crique-Fantôme et que nous arrivâmes au sommet de la Falaise Brisée, je me débattis avec ma peur pendant ce qui me sembla être une éternité avant qu’un Kenshin impatient me fasse tomber d’un coup de pied… Après avoir secouru Sunshine, nous aidâmes Jing et Yun à s’entraîner comme des fous à la Crique-Fantôme. Avec l’aide de la Grande Pilule de Retour, ils parvinrent tous les deux à monter de près de 15 niveaux. Finalement, on se servit du tapis volant de Sunshine pour rentrer en vitesse à la Cité de l’Infini. Étant donné que j’avais peur de ne pas arriver à temps, j’avais même menacé le tapis, le forçant à voler à une vitesse vertigineuse… S’il ne le faisait pas, je l’aurais utilisé comme tapis d’entrée à la Cité de l’Infini, laissant aux passants la possibilité d’essuyer et de nettoyer gratuitement leurs chaussures dessus.

 

 

Soupir ! J’avais investi beaucoup de temps et d’efforts sur mes deux amis de longue date et sur les deux PNJs qui avaient développé une conscience de soi ! Ah peu importe, la fin justifiait les moyens.

Je cessai de me remémorer le passé et regardai tous les autres, seulement pour remarquer qu’ils avaient tous l’air frustré et semblaient pourtant ne pas savoir quoi faire. Lorsque je suivis leur ligne de vision, j’aperçus… Ice Phoenix ! Ah, je soupirai, J’ai déjà promis à Nan Gong Zui que je prendrais soin de sa sœur. En plus, Lolidragon m’as aussi demandé de prendre Phoenix sous mon aile, alors on dirait que je ne peux plus y échapper.

« Phoenix… » J’affichai une expression d’angoisse sur mon visage et marchai en direction de Phoenix.

Phoenix me cria en paniquant : « Ne t’approche pas ! »

Je m’arrêtai à mi-chemin et articulai doucement une phrase : « Je ne savais pas que tu me détestais autant. »

« Non, non, c’est juste que tu… » Phoenix ne sut pas quoi dire pendant un moment, puis elle se mit à pleurer.

J’ai réussi à faire pleurer Phoenix ! Je perdis mes moyens à mon tour. À un moment comme celui-ci, qu’est-ce que je dois faire ? Au milieu de la panique et du désordre, il me sembla entendre Lolidragon murmurer : « Va la serrer dans tes bras, imbécile. »

Grrrr ! Facile à dire pour toi ! Mais, voyant que Phoenix pleurait si misérablement, je ne pus qu’enfouir mes soupirs au fond de mon cœur et doucement aller serrer Phoenix dans mes bras, en la consolant. « Tout va bien, ne pleure pas, personne ne va te blâmer. »

Au début, Phoenix lutta dans mes bras, mais plus elle se débattit et plus je la serrai jusqu’à ce qu’elle se laisse finalement tomber dans mes bras, pleurant toutes les larmes de son corps.

« Désolée, je ne voulais pas, c’est p-parce que Fan, i-il m’a supplié, et je n’arrive toujours pas à l’oublier… » Phoenix gémit ses explications dans mes bras.

Est-ce que j’ai montré trop de merci envers Fan, pour l’avoir laissé partir comme ça ? Oui, je deviens de moins en moins sanguinaire ; la prochaine fois, je vais m’améliorer !

« Tout va bien, tu peux commencer à l’oublier maintenant. Si tu penses à lui, tu n’as qu’à simplement venir me serrer dans tes bras. » Pendant que je parlais, je caressai les cheveux longs de Phoenix. Je commençais à comprendre pourquoi les hommes aiment les filles aux cheveux longs ; c’était effectivement plaisant de toucher des cheveux longs, lisses et qui sentaient bons.

« Prince… » Phoenix enfouit timidement son visage dans ma poitrine jusqu’à-ce que seuls deux pointes d’oreilles rouges ne soient visibles.

« Hmm ? » Je levai le nez hors des cheveux soyeux de Phoenix et réalisai que je n’aurais pas dû lever les yeux, comme je remarquai immédiatement trois esprits vengeurs… Gui était retenu par grand frère Wolf avec ses jambes donnant des coups de pieds dans les airs ; Wicked était également retenu par Zui et White Bird, ses yeux injectés de sang ; Fairsky était tirée vers l’arrière par Rose et Broken Sword, tellement en colère que ses joues étaient bouffies.

Je fus pris de sueurs froides et me raidis. Phoenix le remarqua évidemment elle aussi puisqu’elle leva la tête timidement. Elle aperçut alors les trois esprits vengeurs… Son expression changea ; elle me regarda avec une résolution étrange… Ah, j’eus soudainement un très mauvais pressentiment, et alors que mes instincts n’avaient jamais eu raison pour les bonnes prédictions, ils ne m’avaient jamais trompé quand il s’agissait des mauvaises.

« Prince, si tu m’acceptes vraiment, dans ce cas embrasse-moi. » Phoenix ferma les yeux et leva la tête haute, l’image même d’une jeune fille en attente de se faire ravir.

Aahh… J’avais encore raison. L’embrasser ne serait pas un problème du tout, puisque j’ai déjà embrassé des gens plus intéressants : pour les filles, j’ai embrassé ma propre cousine ; pour les gars, j’ai embrassé le PNJ du jeu, Kenshin. Quoi d’autre pourrait me faire peur ? Sauf que si je devais l’embrasser devant les trois esprits en colère, je ne connaîtrais jamais un autre jour paisible. Gui pleurerait jusqu’à-ce que la Grande Muraille de Chine s’effondre2, Wicked me ferait pleins de sermons au sujet de la chasteté des filles, et Fairsky deviendrait folle ; elle pourrait même aller jusqu’à provoquer Phoenix en duel.

Devant mon hésitation, Phoenix avait déjà rouvert ses yeux remplis de larmes, mais elle fit de son mieux pour les empêcher de couler. Comme… c’est extrêmement triste !

Je pris ma décision. N’hésitant plus, je levai son visage choqué, et l’embrassai.

« Un baiser-serpent, Prince, donne-lui un baiser-serpent, puis elle va vraiment être tienne, corps et âme. » Lolidragon semblait anormalement excitée comme elle nous encourageait sur le côté.

Un baiser-serpent ? C’est quoi un baiser-serpent3 ? Embrasser un serpent ? J’étais perplexe.

« Mets ta langue dans la bouche de Phoenix et fais la tournoyer ; c’est ça un baiser-serpent. » La voix de Lolidragon retentit dans la boîte de messages privés.

Oh… Je fis comme on me l’avait indiqué, mis ma langue dans la bouche de Phoenix et la bougeai… Enfin, quand je fus à court de souffle, je mis fin au baiser-serpent, et me léchai les lèvres, me demandant, Est-ce que Phoenix a mangé des bonbons ? Pourquoi sa bouche a-t-elle un goût si sucré ?

« Trop stimulant… » dit Lolidragon sans rien ajouter. Je lui lançai un coup d’œil, en pensant, Lolidragon, même si tu as envie d’essayer, s’il-te-plaît n’ait pas l’air aussi enthousiaste ! Garde une certaine maîtrise de toi, d’accord ?

Je baissai le regard pour voir comment Phoenix se portait, seulement pour m’apercevoir que ses yeux s’étaient déjà transformés en deux cœurs géants, et tout son corps était devenu mou, ne restant debout que grâce à l’appui de mes deux bras… Comment c’est possible ? J’ai seulement senti que c’était un peu engourdissant, et sucré ! Je me grattai la joue et décidai de ne pas y songer davantage. Tant que je pouvais séduire Phoenix pour l’éloigner de Fan, tout allait bien ! Mais je dois encore régler le problème des trois esprits vengeurs !

Je tendis une Phoenix encore pâmée à sa sœur, White Bird, et me dirigeai vers l’équipe des esprits vengeurs qui se tenaient droits comme des statues, figés au sol sous le choc de ce que je venais de faire. Tout d’abord, je marchai jusqu’à côté de Fairsky et lui souris. Elle ne put s’empêcher de sourire en retour, puis… je répétai mes actions et lui donnai un bon baiser-serpent. En regardant une autre fille aux yeux en forme de cœur dans mes bras, je ressentis tout à coup que c’était très amusant !

Je jetai Fairsky vers Rose et tournai la tête pour regarder en direction des deux hommes. Je fronçai les sourcils. Ça ne me dérange pas d’embrasser des filles, mais si ce sont des hommes… Après tout, je reste une jeune fille ; ça ne semble pas être une bonne idée de faire ça, pas vrai ? Mais, je veux vraiment savoir si je suis plus à l’aise avec le fait d’embrasser des gars que quand je le fais avec des filles.

« Prince, Votre Majesté… » Les larmes de Gui avait déjà formé deux chutes d’eau, et sa voix était remplie de douleur.

Je pensai, OK, je vais l’embrasser une fois, étant donné qu’il fait vraiment pitié… Mais, au moment où j’étais sur le point de marcher vers lui, et Gui semblait très extatique…

« Tu n’es pas autorisé à l’embrasser ; Je vais laisser de côté le fait que tu aies embrassé des filles, mais… Tu ! Ne ! Dois ! Pas ! Embrasser ! Gui ! » Les flammes de colère de Wicked étaient puissantes, presque au point de se matérialiser. Je cessai d’avancer, pour ma sécurité, et haussai les épaules à l’intention de Gui.

« Wicked, qu’as-tu contre moi ? » Les yeux de Gui étaient remplis de douleur et de colère.

« Une haine aussi profonde qu’une Mer de Sang 4 ! » Wicked le foudroya du regard en retour.

Je me retournai, ne me souciant plus du duo qui se querellait et m’étirai paresseusement, seulement pour découvrir que… j’avais faim. « Lolidragon, j’ai faim. »

Lolidragon paraissait imperturbable, comme si elle savait déjà que ça allait arriver. « La nourriture a déjà été préparée, et tu pourras te familiariser avec les nouveaux membres : White Bird, son mari Chuang Wai, “les parents” d’Heartless Wind, et ainsi de suite pendant que vous mangerez. »

« Les “parents” d’Heartless Wind ? » Je mis l’emphase sur le mot « parents ». Si je ne me trompe pas, les parents d’Heartless Wind sont les mêmes que les miens ?

« Ouais, cette fois, durant le siège, les “parents” d’Heartless Wind nous ont beaucoup aidé, en plus ils ont déjà décidé de venir s’installer dans la Cité de l’Infini », annonça Lolidragon, en insistant sur le mot « parents » comme je l’avais fait.

« … » Mes épaules s’affaissèrent. Je venais tout juste d’échapper à une tempête, et une autre arrivait déjà : je commençais à soupçonner que je n’avais pas encore fait la paix avec toutes les déités mécontentes quelque part.

Je suivis Lolidragon jusqu’à la salle à manger… et commençai à transpirer comme un fou. Quelqu’un se marie ou quoi ? Comment se fait-il que ça ressemble à une célébration de mariage !? Je ne pouvais voir que des rangées et des rangées de lanternes et de rubans, tous avec une couleur thématique rouge, et comptai des dizaines de tables rondes sur lesquels tout le monde était assis à sa place avec les yeux écarquillés d’excitation, en regardant mon entrée. Tout à coup, je me sentis comme si Lolidragon et moi étions la mariée et le marié tant attendus. Je regardai même en arrière pour vérifier s’il y avait un géant « Félicitations » affiché sur le mur derrière moi.

Qu’est-ce que… ? Voilà ce que je recevais pour avoir regardé derrière ; il est impossible de dire si le mot avait été peint en couleur ou s’il s’agissait de vrai sang. On aurait dit qu’il venait d’être écrit, car il était encore dégoulinant.

« Suzerain, voulez-vous qu’on passe en revue les opérations ou les finances de la cité en premier ? » Un visage non familier… Ça devait être la White Bird dont Lolidragon avait parlée ! Elle tenait une épaisse pile de papier, bloquant mon chemin vers ma belle table à manger, arborant une expression respectueuse mais pas trop humble.

« Mangeons d’abord ! » Je fis un geste de la main ; rien n’était plus important que ma merveilleuse nourriture.

En entendant cela, White Bird rangea les papiers dans sa main et déclara : « Oui, mon Seigneur. Dans ce cas, pourriez-vous s’il-vous-plaît annoncer le début du dîner ? »

Je me frottai le nez ; Je n’étais pas habitué à être traité si poliment. « Tout le monde, à table. »

La foule calme rugit soudainement en reprenant vie, et moi aussi j’avais hâte de m’asseoir et de profiter de mon repas exquis de… riz blanc, de filet de viande, et de soupe d’œufs ? Je clignai des yeux, mais c’était encore ces trois choses. Ça ne peut pas être… Est-ce que ce sont des entrées ? « Lolidragon, ce sont… »

« Les plats principaux. » Sachant apparemment ce que je pensais, Lolidragon répondit sans hésiter un instant.

« C’est… » Le coin de ma bouche se crispa tandis que je me rappelais que grand frère Zhuo m’avait dit quelque chose concernant les difficultés financières de la Cité de l’Infini. Mais, elles sont vraiment terribles à ce point ?

« Quel est le problème ? La personne qui a dépensée 5000 pièces de cristal pour prendre un navire en direction du Continent de l’Est n’est pas satisfaite de la nourriture ? » La voix chaleureuse de belle-sœur Yu Lian résonna, mais je me sentis comme si j’étais tombé dans une fosse de glace et n’arrivais pas à arrêter de trembler.

« Ces plats sont merveilleux ; Je n’ai pas eu une telle… telle alimentation aussi saine depuis des lustres ! » Afin de prouver ce que je disais, je levai même mon bol de riz et commençai à pelleter d’énormes quantités de riz blanc pour les flanquer dans ma bouche.

Belle-sœur Yu Lian eut une fois de plus un petit sourire. « Prince aurait dû être plutôt bien nourris pendant ce voyage, non ? »

C’est vrai… Je me mis à transpirer violemment. Tout à coup, j’eus un élan d’inspiration qui, je l’espérais, sauverait ma peau. Je pris mon sac à dos et en sortis un rubis rouge rutilant (Vous vous rappelez duquel il s’agit ? Celui sur la grande porte d’une certaine personne… Je l’avais arraché en douce juste avant de partir.) Je le présentai avec des mains tremblantes. « Belle-sœur, ce petit cadeau d’appréciation est de la part de ton petit frère, je t’en prie accepte-le. »

Belle-sœur signala à Phoenix de prendre le rubis. Phoenix… renifla le rubis avant de déclarer : « 3000 pièces de cristal. »

Hé, tu es un phoenix, pas un chien… et pourtant tu renifles ?

Belle-sœur se servit de ses yeux pour ensuite faire un signe à Lolidragon, qui jeta précipitamment ses baguettes pour annoncer d’une manière calme et digne : « Prince, en raison de la crise économique de la cité, nous avons décidé de t’envoyer gagner de l’argent. »

Je pointai mon propre nez, le visage clairement sous le choc, en songeant : Moi ? Gagner de l’argent ? Tout dépenser est plus probable… Et si… Et s’ils voulaient vraiment que je travaille en tant que quelque chose comme hôte ou prostitué ? Je pâlis et m’enquis : « De quelle manière est-ce que je vais faire ça ? »

Doll afficha tout à coup un sourire radieux : « Grand frère Prince est si beau. »

Lolidragon hocha la tête. « En plus, le nom de l’Elfe Sanguinaire est si bien connu. »

Je suis fait jusqu’à l’os, je suis fait jusqu’à l’os; ils veulent vraiment que je travaille comme prostitué ? C’est mon premier emploi à temps partiel, et je dois vendre mon corps ? Pas question, ça ne peut pas arriver ; si des nouvelles de ça se propagent, comment je suis censée, moi une jeune fille, continuer à vivre ? C’est impossible… Mais… j’observai le sourire de belle-sœur Yu Lian qui s’élargissait… Euh, au pire, je vais être une escorte masculine, vendre mon sourire et non mon corps. Je peux encore tolérer ça… Je regardai à nouveau le visage souriant de belle-sœur Yu LianEuh, tout au plus, je peux accepter de vendre mon corps à des « beautés ».

« D’après ce que raconte Lolidragon, tu chantes plutôt bien ? » demanda soudainement grand frère Wolf.

J’étais stupéfait. Est-ce que je chante bien ? Je me tournai vers pour Lolidragon, le visage rempli d’incrédulité.

« Tu n’as pas chanté “It’s My Life” devant moi auparavant ? » Lolidragon haussa un sourcil. « J’ose affirmer que, à tout le moins, tu chantes aussi bien que le chanteur d’origine. »

« Prince, chante, et je vais t’aider à jouer l’accompagnement ! » Gui leva son guqing et se mit à l’accorder.

Utilisez un Guqing pour jouer des chansons rock and roll ? Il vaudrait mieux pas, n’est-ce pas ? Même si le chanteur d’origine ne se retournait pas dans sa tombe, la corde du guqing se briserait sûrement… Mais, en regardant l’anticipation dans les yeux de la foule, j’étais trop gêné pour dire non, alors je n’eus d’autre choix que de discuter du choix de la chanson avec Gui. « Nous allons changer pour une chanson plus sentimentale, celle-là n’est pas très adaptée pour un accompagnement au guqing. »

«  Ce sera laquelle ? » me questionna Gui.

Je n’eus pas besoin d’y réfléchir à deux fois : « Les rêves veulent voler. »

Comme Gui jouait la première note, moi aussi je me plongeai dans les paroles de la chanson. J’ouvris la bouche et chantai :

Les rêves veulent voler
Voler avec des ailes ne serait plus étonnant, car les plumes sont trop douces
Les rêves sont un lourd fardeau, rien ne semble plus difficile que le décollage
Je saute, je bondis, je vais essayer
Je tombe, je suis blessé, j’ai pitié de moi-même

Traversant mon cœur et les difficultés, mais pas les sentiments,
Exécutant le dernier pas, me blessant, blessant les autres, mais je ne peux pas blesser l’éternité,
Légendes, créées par la tristesse, l’amertume, et la douleur
Atteintes seulement en voulant voler, et voler
Les rêves veulent voler

<Les Rêves Veulent Voler> par Yu Wo

J’arrêtai de chanter, pris une profonde inspiration, et revins à la réalité. Quand je rouvris les yeux, tout le monde dans le public semblait absorbé par mon chant. Je ne pus que me gratter la joue ; J’ai vraiment bien chanté à ce point ?

Belle-sœur Yu Lian fut la première à ouvrir les yeux ; ils brillaient d’une lueur d’excitation alors qu’elle disait : « On a tiré le gros lot ! »

« Hein ? » Qu’est-ce qu’elle veut dire ? Pourquoi est-ce que je me sens à nouveau si mal à l’aise, surtout après avoir repéré mes parents assis à la table sur ma gauche, ayant l’air de s’être profondément plongés dans leurs pensées ? Mon cœur se mit à battre la chamade à cette pensée.

Notes de bas de page

1 Enveloppes rouges : Elles sont principalement offertes lors de rencontres sociales ou de rencontres de familles telles que les mariages, ou lors des jours de fête comme La Nouvelle Lune de l’Année. La couleur rouge de l’enveloppe symbolise la chance et est supposée éloigner les mauvais esprits. L’acte de demander des enveloppes rouges s’appelle normalement (Mandarin): 討紅包, 要利是. (Cantonais):逗利是. Une personne mariée ne refuserait pas de répondre à cette demande, puisque ça signifierait qu’il ou elle « n’aurait pas de chance » durant la nouvelle année. Dans le but de suivre les traditions chinoises, on s’attend habituellement à ce que les couples de nouveaux-mariés soient extrêmement généreux dans le montant offert à l’intérieur des enveloppes rouges, afin de recevoir des bénédictions en vue d’un mariage heureux.

2 « …pleurer jusqu’à-ce que la Grande Muraille de Chine s’effondre » : Il y a une histoire derrière ce dicton. La construction de la Grande Muraille de Chine causait la mort de beaucoup de gens, alors les habitants de la Chine Antique n’étaient pas d’accord pour y aller. Cependant, l’empereur de cette époque a obligé des hommes à quitter leurs foyers pour aller bâtir la Grande Muraille. Une femme appelée Meng Jiang Nv venait tout juste de se marier lorsque son mari fut forcé d’aller aider à sa construction, et il mourut. La légende raconte que Meng Jiang Nv avait pleuré pendant des jours et des nuits sous la Grande Muraille après la mort de son mari jusqu’à-ce qu’une partie inachevée se mette à trembler et s’effondre.

3 Baiser-serpent : le mot baiser-serpent se prononce de la même manière que « baiser avec la langue » en chinois… ce qui est simplement, comme vous pouvez le deviner, le fait d’embrasser avec la langue. On peut dire ici que Prince a mal interprété ce que Lolidragon lui a dit et en a fait un jeu de mot.

4 « Une haine aussi profonde qu’une Mer de Sang » : Habituellement, cette phrase est utilisée pour exprimer une haine très profonde, par exemple quand l’ennemi a tué vos parents… et donc la partie sur la mer de sang. La partie sur la mer de sang peut aussi signifier que vous haïssez tellement votre ennemi que vous voulez voir son sang couler jusqu’à former une « mer ».

1/2 Prince T4C1 : La Cité de l’Infini Ne Tombera Jamais

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 4 – Les Musiciens Ambulants de la Cité de l’Infini

Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 1: Infinite City Will Never Fall – Traduit du chinois vers l’anglais par eilinel[PR!]
Chapitre 1 : La Cité de l’Infini Ne Tombera Jamais  – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de Vérification par Nocta

« Ne vous souciez pas de moi ! Dépêchez-vous de les cribler de flèches ! » hurla Fan, qui était épinglé au sol sous le pied de grand frère Wolf.

Je levai les sourcils, mais juste au moment où je m’apprêtais à dire quelque chose…

« Les mages ont déjà lancé une barrière de protection autour de nous, alors les attaques de longues portées des archers devraient être inutiles contre nous », s’étonna Broken Sword avec doutes. « Est-ce que Fan est devenu si consumé par la rage qu’il en a perdu la raison ? Pourquoi donnerait-il un tel ordre ? »

« Même s’il donnait des ordres, pourquoi les annoncerait-il si ouvertement ? Pourquoi est-ce qu’il ne s’est pas servi du système de message privé ? » analysa calmement Wicked. « Je pense qu’il doit avoir donné un ordre différent via les messages privés. Vu la situation actuelle, il leur a probablement ordonné de charger et ensuite d’envoyer les voleurs ou les guerriers possédant une haute agilité pour le secourir durant l’attaque. »

« C’est vrai ; nous ne devons pas tomber dans son piège. Nous devrions commencer à former notre ligne de défense tout de suite. » Une femme avec une aura de chef marcha jusqu’à nous. Elle avait l’air d’être sur le point de donner des ordres, mais après avoir hésité quelque peu, elle me regarda : « Suzerain, la formation de notre ligne de défense est-elle présentement acceptable ? »

Je lui souris en la regardant, Wow, c’est vraiment une jeune femme magnifique, calme et intelligente, mais qui donc peut-elle bien être ? J’étais perplexe, mais répondis tout de même consciencieusement : « Évidemment, mais s’il-vous-plaît demandez aux mages de retirer la barrière de protection et d’attaquer les ennemis à l’arrière avec des attaques magiques agissant sur une zone d’effet, ou d’aider notre camp à se défendre avec des sorts simples. »

Elle resta abasourdie, puis répliqua frénétiquement : « Non, on ne peut pas faire ça ! Si l’ennemi se mettait à nous attaquer avec des flèches ou des sorts, nous subirions de lourds dommages dus à notre formation serrée. »

« Croyez-moi, il n’y aura aucun problème. » Je la fixai résolument : « Je n’ai pas le temps de vous expliquer pour l’instant. Je vous en prie, suivez simplement mes ordres. »

En dépit de mes mots, elle continua de douter. Elle se tourna en direction de Zui comme pour trouver de l’aide. « Fais ce que le suzerain ordonne », lui conseilla Nan Gong Zui sans la moindre hésitation, comme si c’était la chose la plus naturelle au monde.

« Prince, s’il-te-plaît, reste à l’arrière pendant un moment », dit calmement Wicked. « Tu es notre leader ; ton travail est de nous donner des instructions et d’être notre pilier de soutien spirituel. Ta place n’est pas sur la ligne de front. »

Mon visage s’assombrit. Mais je veux me battre moi aussi ! Je fixai Wicked avec une expression pitoyable, mais même agir de façon pitoyable était inutile cette fois-ci, étant donné que l’expression déterminée de Wicked ne flancha même pas, alors je ne pus que me frotter le nez et écouter docilement ses recommandations.

« Je vais rester en retrait. Kenshin, rappelle-toi de m’aider à les protéger », dis-je à Kenshin, me sentant mécontent.

Je marchai jusqu’à l’arrière et me tins devant le groupe de mages. Je vis que nos adversaires avaient déjà pris leur formation offensive, et White Bird avait aussi donné l’ordre de défendre, alors les deux camps avaient à présent l’air d’attendre un signal pour commencer la bataille.

« Prince, est-ce que nous retirons vraiment les barrières de protection ? » s’enquirent Rose et les autres mages avec un peu d’hésitation.

J’agitai la main tout en gardant mes yeux rivés sur la situation tendue à l’avant : « Oui ! Vous devriez tous vous contenter d’attaquer avec des sorts sans la moindre inquiétude. »

Je songeai soudainement à quelque chose, et me tournai vers Sunshine pour lui demander : « Sunshine, est-ce que tu pourrais utiliser le sort qui permet de poursuivre les gens ? Celui dont tu m’as parlé avant ? »

Sunshine sourit gracieusement : « Les Arcanes des Missiles Guidés ? Oui, c’est possible, mais je vais avoir besoin de beaucoup de temps pour verrouiller chaque ennemi. »

« Mm, tu peux prendre tout le temps dont tu as besoin ; assure-toi juste de le lancer avant que la bataille soit terminée. » J’hochai la tête, et ensuite je tournai mon regard vers la ligne de front.

Hein ? Pourquoi est-ce que ça n’a pas encore commencé après tout ce temps ? Je m’endors presque. Me sentant extrêmement de mauvais poil, je criai à Kenshin d’une traite : « Kenshin, tu t’es endormi ou quoi ? Dépêche-toi de commencer le combat. »

Kenshin tourna la tête pour me regarder (me fusiller du regard ?) froidement, dégaina lentement son katana, puis disparut brusquement de son emplacement.

En un clin d’œil, pendant que tout le monde était encore figé, le son d’un hurlement s’éleva soudainement du camp ennemi. Après ça, les hurlements de différentes personnes donnèrent l’impression d’être sans fin. Tout le monde fixait le spectacle d’une silhouette rouge qui bondissait ici et là sans s’arrêter. Partout où elle allait, les estomacs des ennemis se faisaient ouvrir, et les intestins jaillissaient. Des corps reposaient partout, et le sang qui coulait formait une rivière.

Soupir !  Kenshin, tu pourrais arrêter d’éventrer nos adversaires ? On pourrait facilement glisser en marchant sur les intestins qui sont tombés par terre ! Tu devrais considérer les impacts que ça pourrait avoir dans notre camp.

Les ennemis, qui ne furent capables de réagir qu’après que leur choc initial se soit estompé, commencèrent enfin à pourchasser Kenshin. Je reniflai, Si même moi j’ai été incapable de suivre la vitesse de Kenshin qui se trouve au niveau 100, comment est-ce que ce serait possible pour vous d’attraper Kenshin ? Si vous parvenez tous à toucher un pli des vêtements de Kenshin, vous serez déjà considérés comme incroyables.

« Tout le monde, vite, suivez le plan d’origine ; ne vous laissez pas distraire par lui ! » hurla de toute ses forces un guerrier qui était vraiment beau, tandis qu’il voyait se dérouler la situation.

Sous le rugissement de cette personne, tout le monde dans le camp ennemi se précipita tout à coup vers la Cité de l’Infini. Quand ils approchèrent de la ligne de défense, un nombre incalculable de Boules de Feu, de Lances de Glace, de Lames de Vent et de Mâchoires de l’Enfer les « accueillirent » et tuèrent une rangée d’ennemis sur-le-champ. Puis, avant même que j’aie pu claquer des mains et les applaudir, une autre vague de sorts attaqua. Les vagues s’enchaînaient si rapidement qu’on n’avait même pas le temps de cligner des yeux. Je jetai un coup d’œil au groupe de mages, légèrement perplexe. Ooooh ! Alors ils attaquent chacun leur tour. En plus, ils bougent avec une coordination parfaite, faisant des rondes et lançant des sorts sans manquer un seul pas.

« Des attaques magiques ? Ils ont retiré leurs barrières de protection ? Que tous les mages s’empressent d’attaquer ! » Il y eut un autre rugissement anxieux dans le camp ennemi.

Ensuite, alors que notre camp regardait avec de la peur dans les yeux, j’admirai la vue d’une multitude de sorts – plus une chaussette puante sortie de nulle part – qui venaient dans ma direction. Soupir, un suzerain reste bel et bien un suzerain ; huit sorts sur dix me visaient. Je levai les sourcils, indifférent, mais Gui, qui se tenait à côté de moi, se précipita soudainement pour se tenir devant moi, et me serra très fort dans ses bras. Une veine saillit sur ma tempe pendant que je souriais fermement.

Gui, je suis vraiment touché que tu veuilles m’aider à bloquer les attaques, mais je suis plus fâché qu’ému du fait que tu m’aies à nouveau sournoisement serré dans tes bras. Je pinçai impitoyablement le visage de Gui, très fort.

« Aïe ! »

Puis, comme je m’y attendais, des cris s’élevèrent à nouveau.

« Que se passe-t-il ? » Gui, qui était originellement préparé à se transformer en bouclier humain, avait oublié la douleur causée par mes pincements. Il fixa, dans un état d’hébétude, les sorts qui volaient vers sa tête changer soudainement de direction et envoyaient valdinguer les mages ennemis dans le ciel.

« Bon travail, Yun. » Je félicitai Yun, qui se tenait également très près de moi, et il me fit un signe en forme de « V ».

Faisant face aux regards choqués dans les deux camps, j’expliquai calmement : « La Barrière Rebondissante est une capacité spéciale d’une classe qui est extrêmement peu connue : le Maître des Barrières. C’est un coup de bol qu’il y ait eu un Maître des Barrières, Gu Yun Fei, parmi les personnes que j’ai ramenées. »

Tout le monde regarda en direction de Yun. Juste au moment où ce dernier commençait à se sentir de bonne humeur et fier…

Gui jeta un regard à Yun, sourit, puis dit : « Yun Fei, tu n’as eu qu’un C dans ton examen de mi-semestre en littérature, alors veille à travailler plus dur pour l’examen final. Tu devrais suivre l’exemple de Lü Jing, vu que sa note est A+. »

Yun eut l’air ravi au lieu de déçu, et il marmonna pour lui-même : « J’ai eu un C ! Je pensais que mon résultat, cette fois, serait plus près de la taille de bonnet de Tian Xin : un F. »

Je me demande quelle note j’ai eu à l’examen. J’ai vraiment VRAIMENT envie de poser la question… J’essayai férocement de contrôler ma bouche au cas où je me mettrais à le demander à Gui par accident.

« Tu devrais vite réinstaller ta Barrière Rebondissante », je ne pus qu’ordonner à Yun avec une pointe de ressentiment, étant donné que je ne pouvais pas m’informer de ma note.

Yun fit exagérément la révérence à 90 degrés à mon intention : « Oui, Grand frère. »

La bataille s’était atténuée pendant un moment tandis que le camp adverse semblait impuissant et décontenancé. Je ne pus m’empêcher de rigoler très fort pendant que je marchais tranquillement jusqu’à côté de Legolas. « Est-ce que tu as un arc et des flèches en extra ? »

Legolas resta perplexe un instant, puis me tendit un arc et un carquois de flèches. J’agitai la main pour faire signe à Jing d’approcher, bandai l’arc et encochai la flèche en même temps que Jing attachait automatiquement un morceau de papier fu sur la pointe de la flèche. Je relâchai la flèche… et touchai un homme malchanceux à l’épaule, et ensuite le papier fu explosa tout à coup, envoyant l’homme et quelques personnes malchanceuses autour de lui rencontrer Bouddha.

Lorsque tout le monde me fixa avec admiration, je révélai un léger sourire comme d’habitude, mais je pensais en fait dans mon cœur… Merde ! J’ai manqué la cible ! À l’origine, je voulais tirer sur le guerrier à gauche, qui est si laid que sa seule vue me fait mal aux yeux. Comment j’ai fait pour frapper la personne sur la droite à la place ? Je fronçai le sourcil, bandai à nouveau l’arc et tirai une autre flèche.

Bordel ! Pourquoi est-ce que je l’ai encore raté ? Étant légèrement énervé maintenant, je bandai vite l’arc et tirai continuellement les flèches comme un fou. Je tirais si rapidement que Jing n’avait presque pas le temps d’attacher les papiers Fu sur les flèches dans le carquois.

En fin de compte, toutes les personnes qui se trouvaient dans le rang de devant moururent, sauf le guerrier moche qui était encore debout et me contemplait avec des pieds chancelants. Hmph, cette fois-ci je vais assurément te tuer. Je bandai mon arc encore une fois, visai, et tirai la flèche…

« … » D’un coup d’épée, Kenshin dévia la flèche qui volait dans sa direction. Par coïncidence, la flèche déviée alla frapper l’affreux guerrier.

C’est une bonne chose que je n’aie pas choisi d’être un archer dans mes débuts, me réjouis-je silencieusement pour ensuite sourire innocemment à Kenshin pendant que ce dernier me fusillait du regard, sans voix.

« Un tireur d’élite ! » En entendant les cris d’admiration provenant de notre camp et en percevant la terreur dans les yeux des ennemis, je me grattai le visage. C’est… vraiment un magnifique malentendu.

Les ennemis semblaient être dans une impasse à présent. Je pensai, Eh bien il fallait s’y attendre ; ils ne peuvent pas se servir de sorts et de flèches vu qu’ils craignent que leurs attaques leurs soient renvoyées, et s’ils nous chargent directement ils vont devoir affronter à la fois les guerriers et les mages en même temps. Que peuvent-ils faire même s’ils sont plus nombreux que nous ? Je commençais à m’ennuyer, étant donné que l’issue du combat semblait être décidée. Alors, je sortis un paquet de guazi de mon sac et commençai à les ouvrir.

« Hé, Prince. On est encore au milieu d’une bataille, tu ne crois pas que tu es un peu trop détendu ? » me questionna Lolidragon en regardant mes actions avec une veine saillant sur sa tempe.

Je continuai à mâcher mon guazi. Juste au moment où je tentais d’expliquer à Lolidragon que je m’ennuyais, un énorme rayon de lumière s’éleva dans le ciel derrière mon dos. Comme je levais la tête pour observer la lumière et ouvrir mon deuxième guazi, le rayon de lumière se divisa en cent plus petits rayons de lumière et descendit du ciel. Tout le monde réalisa enfin ce qu’il se passait lorsque le premier petit rayon de lumière tua un ennemi.

Les Arcanes des Missiles Guidés est une capacité similaire à des missiles guidés. La seule différence entre eux c’est que, alors que les missiles guidés ne peuvent viser qu’une seule cible, les Arcanes des Missiles peuvent viser cent personnes à la fois. Cependant, son désavantage est que, non seulement le temps pour le lancer est assez long pour vous faire tomber endormi, le lanceur doit aussi regarder chacune des cibles dans les yeux afin de verrouiller. Par conséquent, cette capacité est extrêmement utile pour défendre des châteaux mais pas tant que ça pour autre chose, ce qui est similaire aux capacités de Maître des Barrières de Yun, qui ne sont utiles que pour défendre elles aussi.

Comme cette attaque avait tué cent personnes simultanément, le moral du camp des attaquants descendait de plus en plus ; certaines personnes allèrent même jusqu’à rester plantées là, impuissantes, sans faire quoi que ce soit. Je vis un homme avec des cheveux verts et des yeux bleus hurler : « Arrêtez ! »

Tous les attaquants se figèrent immédiatement, tandis que tous les défenseurs se tournaient vers moi. Oh ? Alors, c’est mon tour de parler maintenant ? Mais, ma bouche est pleine de guazi… Je fus donc contraint d’élégamment lever ma main droite, et tous ceux dans notre camp s’arrêtèrent instantanément eux aussi.

L’homme aux cheveux verts et aux yeux bleus prit une profonde inspiration et déclara : « Nous nous rendons. »

« Kui, tu n’es pas autorisé à te rendre ! » hurla Fan avec colère.

Cet homme, Kui, regarda Fan d’un air découragé : « Fan, c’est terminé. Il n’y aucune raison de faire perdre inutilement des niveaux à nos frères. »

« Quelle que soit la situation, je t’interdis de te rendre face à lui. » s’obstina Fan en me jetant un regard malicieux.

J’avalai calmement le guazi dans ma bouche puis me tournai pour lancer un regard à grand frère Wolf… Celui-ci écrasa sur-le-champ très durement la poitrine de Fan. J’observai avec satisfaction tandis que Fan vomissait du sang et était incapable de parler à nouveau. Ensuite, je me tournai en direction de Kui et m’enquis : « Vous vous rendez ? Vous n’allez pas le regretter ? Il vous reste encore beaucoup de gens en état de se battre. »

Kui sourit amèrement : « Nous battre ? Dès l’instant où tu es tombé du ciel, j’aurais dû savoir que c’était terminé. Quand cet homme qui est aussi agile qu’un fantôme a commencé à massacrer nos soldats, j’avais un peu deviné l’issue dans mon cœur. Quand j’ai appris pour la Barrière Rebondissante, je n’ai pu que prier pour qu’un miracle survienne. Mais, ce qui m’a réellement fait abandonner a été le fait que, après que tu aies utilisé un arc pour nous abattre un par un comme dans un jeu de tir à la première personne1, tu aies sorti un guazi pour le manger. C’est à ce moment-là que j’ai compris que tu ne nous avais jamais pris au sérieux, et que toute cette bataille n’était qu’un jeu pour toi.

« “Que la partie commence” annonçait réellement le début du jeu. » affirma Kui en souriant avec une pointe d’amertume.

Après avoir écouté les propos de Kui, je levai la tête et rigolai en disant : « Tu es vraiment une personne intéressante. Est-ce que ça te dirait de te joindre à la Cité de l’Infini ? »

Kui resta stupéfait pendant un moment, puis il répondit : « Je fais déjà parti de la Divine Coalition de Fan. »

Avec un sourire débordant de malice, je décrétai : « Si tu refuses de te joindre à la Cité de l’Infini, je vais tuer tous tes camarades ici présents et ordonner que tous les membres de la Divine Coalition soient mis KO. »

Le visage de Kui était rempli de colère.

J’ignorai sa colère et poursuivis en rugissant : « Quiconque de la Divine Coalition rejoindra la Cité de l’Infini sera traité comme un camarade. Ceux qui ne le feront pas seront à jamais bannis de la Cité de l’Infini et pourchassés entre ses murs. »

Les ennemis commencèrent à s’ameuter en entendant ma déclaration, et plusieurs d’entre eux étaient furieux. Lorsque je vis ça, je souris faiblement et lâchai : « Qu’est-ce que vous avez tous à vous mettre en colère ? Je vous aide simplement à trouver une raison de quitter la Divine Coalition. »

« … » Kui et les autres membres de la Divine Coalition se turent après avoir entendu ceci et eurent l’air indécis.

S’ils commencent à douter, ça veut dire qu’ils ont très envie de rejoindre la Cité de l’Infini ; c’est juste qu’ils sont encore indécis à cause de raisons sans valeur telles que la loyauté, leur force de caractère et leur réputation. Alors, sans attendre qu’ils acceptent de rejoindre la Cité de l’Infini, je levai les sourcils et ordonnai à Nan Gong Zui : « Zui, va demander à Kui combien de membres il y a dans la Divine Coalition et discuter avec lui de comment les adapter à la Cité de l’Infini. »

Zui hocha la tête et se dirigea vers Kui. Ce dernier sourit avec amertume quelques instants, puis cessa de douter et commença à discuter avec attention avec Zui.

Je révélai un sourire extrêmement malveillant tandis que je m’accroupissais pour regarder les yeux de Fan, qui brillaient visiblement de colère et de haine, et lui dis : « Fan, oh, Fan, que suggères-tu que je fasse de toi ? » Je me mis délibérément à faire les cent pas comme si j’étais incertain et continuai : « Tu ne peux pas me battre dans un duel un-contre-un et maintenant tu as aussi perdu une bataille. Qu’est-ce que tu peux faire à présent ? »

À ce moment-là, Kui s’avança avec une expression suppliante. Il contempla son précédent supérieur, Fan, avec un air douloureux et suggéra : « Prince, peux-tu laisser partir Fan ? »

« Laisser partir Fan ? » répétai-je d’une voix douce, et fronçai profondément les sourcils.

« S’il-te-plaît Prince, libère Fan. » Ice Phoenix, qui était restée silencieuse avec la tête baissée sur le côté pendant tout ce temps, leva soudainement la tête et me supplia.

Je soupirai profondément et lui demandai solennellement : « Si je libère Fan, est-ce que tu vas aussi te libérer ? »

Ice Phoenix baissa la tête et ne prononça pas un seul mot en pleurant continuellement. Mon cœur se brisa tandis que je la regardais pleurer… Hum, mon cœur me fait mal parce que nous sommes toutes les deux des filles, alors je comprends ses sentiments ; Ne vous faîtes pas d’idées, tout le monde… Je préfère toujours les beaux gars.

« Laisse tomber. Grand frère Wolf, soigne-le et laisse-le partir. » commandai-je, impuissant. Vraiment, à l’origine je voulais tester Les Dix Méthodes de Torture de la Dynastie Manchu sur lui !

Après avoir été soigné, Fan se leva calmement ; ses yeux étaient si calmes que ç’en était inquiétant. Il déclara : « Prince, tu es bel et bien un adversaire de taille. Moi, Fan, je te jure que je reviendrai et que, la prochaine fois, je vais te battre à la loyal. »

Je levai les sourcils et répliquai : « Je t’attendrai à la Cité de l’Infini. »

Fan me jeta un dernier coup d’œil avant que sa silhouette solitaire ne sortît de la Cité de l’Infini.

« Wicked et Broken Sword, nous devrions emmener nos survivants nettoyer la Cité de l’Infini. La cité est en désordre, et c’est vraiment honteux ! » déclarai-je. Après avoir observé Fan sortir par les portes de la Cité de l’Infini, je me rendis soudainement compte que les portes étaient inclinées et tenaient à peine sur leurs gonds. Ça allait vraiment à l’encontre de ma vertu de propreté, alors je ne pus m’empêcher d’avoir envie de nettoyer.

Par conséquent, une bataille féroce concernant le droit de régner sur la cité, qui a choqué le ciel et la terre et fait pleurer Dieu et le diable, se termina maladroitement au son des briques et du bois qui s’entrechoquaient alors que nous nous dépêchions de les déplacer

« Cette bataille, qui nous a fait gaspiller un montant incalculable d’argent et qui a fait perdre d’innombrables niveaux à nos camarades, s’est juste brusquement terminée dans un désordre comme celui-ci ? Qui va être responsable de la perte financière ? » pleurnicha Yu Lian, sans larme, sur les genoux de grand frère Wolf.

« Mm, après avoir accepté tout ceux de la Divine Coalition, notre force militaire a grandement augmenté. Je pense que personne n’aura l’audace de nous attaquer à présent », affirma Madame White Bird, qui semblait joyeuse.

« Nous devons à nouveau redessiner et reconstruire les portes. » s’apitoya Gui, en lâchant un profond soupir pendant qu’il contemplait de loin le terrible état des quatre portes.

« Je me demande combien d’argent Yu Lian va accepter de nous donner. » Fairsky était aussi démoralisée ; la bataille entre le Ministère de l’Agencement Territorial et le Ministère des Finances ne ferait que commencer.

« Je dois encore une fois réinstaller tous les pièges… » se lamenta Lolidragon avec un visage blême. Des milliers de pièges !

« Prince, tu es enfin de retour. » me dit Nan Gong Zui.

« Et ouais, je t’ai manqué ? » lui demandai-je avec un visage souriant.

Nan Gong Zui envisagea la question pendant un moment et répondit : « En effet, particulièrement quand la bataille était sur le point de commencer. »

« Qui a dit que Prince lui avait beaucoup manqué ? » s’exclamèrent les trois personnes qui étaient séparées dans trois coins différents, Wicked, Gui, et Fairsky, en tournant la tête en même temps. Leurs yeux montraient clairement qu’ils tueraient la prochaine personne à rejoindre la lutte pour gagner le cœur de Prince.

Le visage de Zui était sans expression, même si je remarquai qu’il était trempé de sueur… Il tourna la tête lentement et reprit : « Je disais donc : bon retour à la Cité de l’Infini, Suzerain ! »

« Bon retour à la Cité de l’Infini, Suzerain ! »  s’écria tout à coup quelqu’un, que je soupçonnais fortement d’être Kong Kong.

« Bon retour à la Cité de l’Infini, Suzerain ! » hurla tout le monde avec joie. La bataille qui venait tout juste d’avoir lieu s’était terminée si vite que personne n’avait encore eu le temps de réagir à cette victoire. Maintenant, la joie d’avoir réussi à défendre notre cité avait enfin explosé.

Je rigolai également de façon sauvage en levant très haut mon Dao Noir, et criai : « La Cité de l’Infini ne tombera jamais ! »

Notes de bas de page

1 Jeu de tir à la première personne : Un genre de jeu vidéo qui est centré sur le jeu avec des pistolets et des combats basés sur des armes à projectiles à travers la perspective de la première personne, c’est à dire l’expérience du joueur, dont les actions se produisent à travers les yeux du protagoniste.

1/2 Prince T3Extra : Compagnons Pour l’Éternité

posted in: 1/2 Prince | 0

1/2 Prince Tome 3 – Les Chroniques d’Un Prince Vagabond

Roman d’origine en chinois par:  Yu Wo


Extra Chapter: Companions for Eternity – traduit du chinois vers l’anglais par Samuki[PR!]
Chapitre Extra : Compagnons Pour l’Éternité – traduit de l’anglais vers le français par Zinthia
+ Travail de vérification par Nocta

 

« Cette fois, grand frère va sûrement le regretter, non ? » dit Lü Jing d’un sourire amère.

« Nous l’avions insinué avant », rétorqua mollement Yun Fei.

« Oui, nous y avions fait allusion, mais il a choisi de croire encore en nous… » Lü Jing se tourna brusquement pour crier dans le vide au-delà de la falaise : « Grand frère, pourquoi es-tu si idiot !? »

Yun Fei, lui aussi, ne put retenir ses émotions plus longtemps, et cria rageusement dans les ténèbres de la nuit. « Tu es un parfait idiot ! Tu n’as même pas réalisé que nous avions tout mis en place dès le début. Nous avions remarqué que tu te battais contre des monstres en solitaire depuis quelques jours. Comprenant que tu étais un joueur puissant, nous avons voulu que tu nous aides à monter notre niveau, et avons délibérément attiré les Squelettes de Flammes pour qu’ils nous pourchassent. Comment as-tu pu ne pas y penser ? Comment se fait-il que tu n’aies pas réalisé qu’il était impossible que Jing, qui ne connait que Véritables Flammes Par Trois Fois Dissimulées, attaque des monstres du même élément tels que les Squelettes de Flamme ? »
« C’était évident que j’éprouvais de la rancœur contre le propriétaire de la Maison Orientale, alors pourquoi est-ce que nous avons délibérément choisi de manger là-bas ? Tu n’as pas besoin d’un cerveau pour comprendre que je voulais que tu aies affaire à cet enfoiré de Huang Wei à ma place. » L’expression de Jing était féroce.

« Nous savions très bien que personne n’avait jamais réussi à terminer cette quête et à obtenir le ruban. Surtout le fait que personne n’ait survécu, mais en voyant que l’argent de la récompense s’élevait à dix mille pièces de cristal, nous t’avons mené ici pour cette mission suicide, juste pour tenter notre chance. Et, tu nous as suivis juste comme ça, sans même prendre la peine de nous demander les détails de la quête ? » Le mépris était évident sur le visage de Yun.

« Tu as vu par toi-même à quel point le Roi des Démons était fort, mais tu as continué de ne pas nous suspecter, allant même jusqu’à confier aussi facilement le ruban à Yun ? Et, tu as marché jusqu’au bord de la falaise ? Même lorsque Yun t’as attrapé par les chevilles, tu es resté perplexe. » Jing commença à rigoler sauvagement. « Comment est-ce que quelqu’un peut être naïf et insensé à ce point ? »

Les deux finirent de crier, leurs poitrines se soulevant avec effort, comme s’ils avaient crié toutes les frustrations qui entravaient leurs esprits. Leurs visages étaient identiques : perdus et engourdis.

Après un long moment, Jing déclara tranquillement « Allons-y. Le Continent Central nous attend. N’oublie pas, Xiao Lan est aussi là-bas. »

« Oui », répondit Yun en jetant un dernier regard en arrière, vers la falaise, ses émotions tellement embrouillées que même lui ne pouvait pas dire où elles en étaient.

 

 

« Maintenant que nous avons les billets, allons chercher quelque chose à manger pendant que nous attendons le navire. » Le visage de Lü Jing était toujours aussi dur que la pierre.

« Oui », répondit Yun Fei, puis il fronça les sourcils. « Nous devons vraiment partir aussi tôt ? J’avais espéré rester sur le Continent de l’Est un peu plus longtemps. »

« Ne sois pas ridicule », lança farouchement Lu Jing. « N’oublie pas, Grand frère va sûrement revenir à la Ville du Tigre Blanc. Ce sera déjà un miracle si nous ne tombons pas sur lui pendant que nous attendons le navire, et voilà que tu envisages de rester un peu plus longtemps ? »

Yun Fei ne répondit pas et se contenta de suivre Jing en silence dans une auberge quelconque.

« Patron, deux assiettes de nouilles frites, une assiette de légumes verts, et un bol de soupe de poisson », commanda Yun en regardant le menu, passant également la commande pour Jing – qui n’était pas pointilleuse sur la nourriture – en plus de sa part à lui comme d’habitude.

« Oui, monsieur, je reviens tout de suite », répondit avec un sourire un PNJ habillé comme un serveur. Il s’éclipsa pour donner des ordres au cuisinier.

Yun Fei se rappela soudain quelque chose et s’empressa de crier : « Ah, c’est vrai, j’ai oublié les wontons à la sauce chili. Garçon ! Nous voulons aussi une assiette de… » Le visage de Yun Fei devint blême.

« Et une assiette de ? » demanda consciencieusement le serveur en revenant.

 Jing regarda Yun, qui était devenu muet, mais ajouta simplement avec indifférence : « Et, une assiette de viande sautée. »

« Bien sûr, je reviens tout de suite. »

Yun Fei resta silencieux jusqu’à ce que la nourriture arrive mais, lorsqu’il souleva ses baguettes, il découvrit qu’il n’avait pas du tout d’appétit. Son estomac était lourd, comme si une pierre avait été mise dedans, et son cœur était rempli d’une myriade d’émotions inconnues. Enfin, il soupira, posa ses baguettes, et fixa Lü Jing, qui mangeait ses nouilles frites comme si de rien n’était. « Jing, je n’aime pas la tournure qu’ont pris les choses. »

« Tu penses que j’apprécie davantage ? » Lü Jing, aussi, posa ses baguettes, un regard dur sur le visage. « D’ailleurs, ce n’était pas toi qui avait prévu ce plan, du début jusqu’à la fin ? »

« Mais, je ne pensais pas que tous ces stratagèmes seraient utilisés sur la même personne ; Je pensais que personne ne nous aiderait à deux reprises », lâcha Yun Fei, frustré. « Comment diable un Grand frère peut-il être à ce point stupide ? »

« C’est précisément parce qu’il était tellement stupide qu’il s’est fait duper. C’est une bonne chose, d’une certaine façon ; que ça lui serve de leçon, afin qu’il ne se fasse pas avoir de nouveau », conclut tranquillement Lu Jing, puis elle recommença rapidement à manger, faisant clairement comprendre qu’elle n’était pas d’humeur à débattre plus longtemps sur la question.

Yun Fei ne put que soupirer en observant à l’extérieur du restaurant, comme s’il espérait ardemment que quelqu’un ferait soudainement irruption.

Une silhouette apparut réellement dans l’embrasure de la porte. Yun Fei fut surpris, mais également un peu inquiet, et il se demanda si grand frère pourrait leur pardonner cette fois. Dans son cœur, il souhaitait secrètement que grand frère soit aussi stupide et persisterait à leur pardonner.

« J’ai fini par vous retrouver, vous deux, les infidèles ! Cette fois, ce type masqué ne sera pas dans les parages pour se dresser sur mon chemin ! » déclara l’individu en traversant l’entrée, et Yun Fei ainsi que Lü Jing reconnurent le ton venimeux de Huang Wei.

« Huang Wei. » Lü Jing pâlit.

« Oui, c’est moi, ton époux bien-aimé, JingJing, ma chérie », répondit Huang Wei en lorgnant Lü Jing.

Il n’y avait pas moyen que Yun Fei reste les bras croisés alors que sa meilleure amie se faisait harceler. « Huang Wei, ne t’imagine pas que nous soyons toujours des débutants. Ce ne sera pas aussi simple pour toi de nous intimider, maintenant. »

« Et qu’est-ce qu’un Maître des Barrières peut faire contre mes sbires ? » Huang Wei regarda froidement Yun Fei. « Quand je pense que tu as été assez stupide pour choisir de devenir un Maître des Barrières, une classe de déchets. »

« Qu’est-ce que tu viens de dire !? » Yun Fei était furieux. Ce qu’il détestait plus que tout le reste c’était que d’autres personnes dénigrent la classe du Maître des Barrières ; ces gens n’avaient même pas la moindre idée quant à l’utilité d’un Maître des Barrières dans la défense d’une ville. Il n’avait tout simplement pas encore réussi à trouver quelqu’un d’assez sage pour apprécier son choix.

« J’ai dit : espèce de sale déchet, reste loin de ma femme. » Huang Wei tira son dao doré, et l’asséna  impitoyablement sur Yun Fei.

« Yun ! » Lü Jing poussa Yun Fei et le dao doré frappa brutalement le corps de Jing. Lâchant un cri de douleur, elle fixa Huang Wei, avant de se transformer en un pilier de lumière blanche s’élevant dans le ciel.

« Jing… ! » hurla Yun Fei en regardant la lumière blanche disparaître.

« Mince, je n’ai pas eu la bonne personne », lâcha Huang Wei, regardant Yun avec dépit. « Toi, le déchet, je sais que vous aviez l’intention de vous enfuir. Je sais aussi que vous avez acheté des billets pour un navire mais, je te préviens, si tu cherches à t’enfuir, fais-le seul. Lü Jing ne sera jamais en mesure d’échapper au Continent de l’Est et à mon contrôle. »

« Hum, les billets sont valables pour toujours. Même si nous ne pouvons pas prendre ce navire, nous pouvons toujours prendre le prochain », répliqua Yun Fei, en fusillant Huang Wei du regard froidement. « Je ne crois pas que vous ayez la possibilité de modifier les règles de Second Life. »

Huang Wei se mit pourtant à rire bruyamment. « Je ne suis pas en mesure de changer les règles, mais je peux m’arranger pour que mes hommes montent la garde sur les quais 24 heures sur 24 et vous tuent tous les deux chaque fois qu’ils vous aperçoivent. Voyons voir combien de niveaux vous tiendrez jusqu’à ce que mes sbires se débarrassent de toi. »

Le visage de Yun était blanc comme un linge. « Toi…»

« Écoute, gamin, je te préviens, ne songe même pas à t’enfuir avec Lü Jing. Ne pense même pas à t’approcher encore d’elle. Si tu le fais, je vais te le faire payer. » Huang Wei se retourna vers ses hommes et ordonna : « Donnez une bonne correction à ce gamin. Guérissez-le à chaque fois qu’il est sur le point de mourir, puis continuez à le frapper, et ne le laissez pas mourir pour s’échapper. Battez-le jusqu’à ce qu’il n’ose plus jamais s’approcher de Lü Jing. »

« Huang Wei, je te le dis, je vais définitivement amener Jing sur le Continent Central, je le jure ! » hurla Yun Fei. Malheureusement, face à plusieurs guerriers, il n’y avait vraiment rien qu’un Maître des Barrières puisse faire…

 

 

« Bordel de merde ! » Gu Yun Fei se déconnecta de manière pathétique, uniquement pour constater que le téléphone sonnait.

Dès qu’il appuya sur le bouton « Répondre », le visage frénétique de Lü Jing apparut instantanément sur l’écran. « Yun, est-ce que tu vas bien ? Pourquoi n’es-tu pas retourné au point de renaissance après tant de temps ? »

« Ce n’est pas évident ? Ce satané Huang Wei m’a mis une raclée et a même trouvé un prêtre afin de me guérir, pour faire en sorte que je ne puisse pas mourir. Finalement, quand j’en ai eu assez, je me suis déconnecté », répondit Yun Fei. Il ne put s’empêcher de toucher son visage ; peu de temps avant, son visage s’était mis à gonfler à cause des coups qu’il avait reçus dans le jeu.

Lü Jing était pâle. « Pourquoi est-ce que tu ne t’es pas te déconnecté plus tôt, au lieu de le laisser continuer à te frapper, tu- tu es stupide ou quoi ?! »

« J’ai ma fierté ! » murmura Yun Fei d’un air maussade.

« Oublie Huang Wei, nous allons simplement nous précipiter vers les quais demain, immédiatement après notre connexion. Sinon, si nous tombons vraiment sur grand frère… Les conséquences pourraient être pires », déclara Lü Jing, affligée.

« Huang Wei a affirmé qu’il allait laisser ses hommes monter la garde sur les quais 24 heures sur 24. » Yun Fei soupira.

« Quoi ? » Le visage de Lü Jing devint encore plus pâle.

« Que devrions-nous faire maintenant ? » Yun Fei était profondément inquiet.

Lü Jing prit une profonde inspiration, puis se calma. « Attendons quelques jours avant de nous connecter. Huang Wei ne peut pas laisser quelqu’un posté là en permanence ! »

« Je l’espère », répondit Yun, mais il sentait toujours que Huang Wei semblait profondément obsédé par Lü Jing.

 

 

« Huang Wei, qu’est-ce que tu veux, à la fin ? » Lü Jing était furieuse ; elle voulait savoir combien de temps cette personne avait l’intention de continuer à lui causer des ennuis. Il avait, fidèle à sa parole, vraiment laissé un garde pour les attendre pendant plusieurs jours.

« Je veux que tu sois ma femme », répondit Huang Wei, un sourire narquois.

« Arrête de rêver ! » s’écria Yun Fei. « Jing ne tomberait jamais amoureuse d’un blaireau comme toi, alors épargne ta salive ! »

Le mépris se répandit sur le visage de Huang Wei, et il fixa Yun comme s’il venait de voir un tas d’ordure. « Tu es vraiment en train de me chercher, et tu oses même être en compagnie de ma Jing. Les gars, emparez-vous de lui. »

« Huang Wei, arrête ça ! » Lü Jing pâlit d’épouvante.

« Bien sûr, si tu acceptes de devenir ma femme, Lü Jing. » Il y avait un regard glacial sur le visage de Huang Wei. « Ne choisis pas la manière forte, Jing. Je suis resté gentil avec toi depuis trop longtemps déjà. »

« Jing, ne l’écoute pas ! » Yun Fei se fit maîtriser par plusieurs joueurs. Même confronté à la perspective d’être battu encore une fois, il essayait toujours d’arrêter Jing.

Voyant Yun Fei neutralisé, le doute apparut sur le visage de Lü Jing. Au bord des larmes, elle avait l’air totalement misérable et pitoyable, elle dit : « Pourquoi en arriver au point de me contraindre ainsi ? Comment quelque chose comme l’amour peut-il être forcé ? »

Huang Wei se raidit. « Si je dis que c’est possible, c’est possible. Qu’y a-t-il de mal à se marier avec moi ? Je t’offrirai de la nourriture, des vêtements, et beaucoup d’argent à dépenser. Qu’est-ce que tu pourrais vouloir de plus ? »

La souffrance de Lü Jing était visible sur son visage, et ses larmes se mirent finalement à couler. « Me donner beaucoup d’argent à dépenser c’est de l’amour ? Ce n’est pas ce que je veux ! »

À ce moment-là, une foule s’était rassemblée sur les quais. Il y avait, bien sûr, beaucoup de curieux, et lorsqu’ils virent une si jolie fille en larmes être forcée de se marier, beaucoup d’entre eux  commencèrent à exprimer leur désapprobation, et d’autres spectateurs – qui ne pouvaient pas rester les bras croisés – se mirent à serrer les poings et à craquer leurs jointures. L’atmosphère était de plus en plus tendue.

Huang Wei se tourna vers la foule avec un regard sinistre dans les yeux. « Bon sang, taisez-vous ! Faites un seul bruit de plus et je vous réduis tous en charpie ! »

En entendant cela, la clameur ne fit que croître et les gens commencèrent à crier, en colère.

« Va au diable ! T’es aussi arrogant alors que t’es train de voler l’épouse de quelqu’un d’autre ? »

« Me réduire en charpie ? Je vais vous hacher menue en premier, les gars ! »

« Il abuse, comment est-ce qu’il peut forcer une fille comme ça !? »

« Pauvre chose ; la jeune fille est déjà en larmes. »

Huang Wei ne recula pas face à la colère de la foule ; en fait, il devint encore plus arrogant. « Bordel, vous tous, vous vous imaginez vraiment que vous allez vous en sortir juste parce que vous êtes plus nombreux ? Ne pensez pas que moi, Huang Wei, j’ai seulement si peu d’hommes. Attendez un peu que j’appelle dix autres de mes sbires pour venir prendre soin de vous, les gars ; nous verrons si vous osez vous permettre ne serait-ce qu’un coup d’œil, après ça. »

« Le chef de la pègre locale, Huang Wei ? » s’exclama quelqu’un dans la foule. Toute personne qui avait séjourné à la Ville du Tigre Blanc pendant un certain temps avait assurément entendu parler du tyran de la Ville du Tigre Blanc, Huang Wei, qui – avec le soutien de ses huit hommes – intimidait les autres, utilisait l’argent pour supprimer ses opposants, tuait les joueurs qu’il n’aimait pas, et flirtait sans vergogne avec n’importe quelle jolie fille attirant son attention. Huang Wei avait d’innombrables crimes énumérés à son actif mais, par appât du gain, il y avait toujours un grand nombre d’individus prêts à travailler pour lui. Personne n’oserait tenter quoi que ce soit contre Huang Wei tant que tous ces guerriers continueraient à travailler pour lui.

Ceux qui, parmi la foule, étaient sur le point d’intervenir commencèrent à hésiter après s’être rendu compte que la personne cruelle en face d’eux était en fait Huang Wei. Après tout, la puissance de Huang Wei au sein de la Ville du Tigre Blanc était quelque chose avec laquelle ils étaient tous profondément familiers. Personne ne voulait entreprendre quoi que ce soit qui puisse se retourner contre eux, pas s’ils souhaitaient rester à la Ville du Tigre Blanc…

Yun Fei et Lü Jing avaient initialement placé tous leurs espoirs sur le fait que le public indigné leur viendrait en aide ; ils ne croyaient pas que le nom de Huang Wei à lui seul pouvait effrayer la foule ainsi. Leur courage flancha.

« Comme prévu, seul un idiot comme grand frère ferait quelque chose de stupide comme défendre la justice », déclara Yun Fei avec un rire amer avant de redevenir silencieux. Il lui semblait qu’il se passerait un très très long moment avant que lui et Jing ne soient capables d’aller sur le Continent Central pour retrouver Xiao Lan.

« … » Les larmes de Lü Jing avaient cessé depuis longtemps. Elle ne pouvait que soupirer de résignation, alors qu’elle regardait la foule, où personne n’osait faire un pas pour prendre leur défense. Il semblerait qu’elle et Yun devraient disparaître de Second Life pendant un certain temps.

Huang Wei regarda avec satisfaction l’audience maintenant silencieuse, avant de se tourner vers Yun Fei et Lü Jing. « Lü Jing, vas-tu devenir ma femme, oui ou non ? Je te l’ai dit, j’ai déjà positionné mes hommes à tous les points de renaissance. Si tu dis non, je vais définitivement devoir tuer ce gamin, encore et encore, jusqu’à ce qu’il retombe au niveau 1. »

Les visages de Lü Jing et Yun Fei étaient aussi pâles que de la craie. Lü Jing ouvrit la bouche, mais les mots refusèrent de quitter sa bouche…

« Si elle se marie avec toi, j’avalerai mon dao tout entier », lança une voix familière. Les cœurs de Yun et Jing manquèrent un battement alors qu’ils pensaient, Grand frère ?

Yun regarda vers la source de la voix avec béatitude. À cet instant-là, la personne était également sortie de la foule : c’était un elfe masqué aux cheveux blancs. D’une voix émue, Yun s’exclama : « Un elfe ? Grand frère est un elfe, n’est-ce pas ? Est-ce que c’est toi, Grand frère ? »

L’elfe sourit légèrement. « À part moi, quel autre elfe viendrait se balader ici sur le Continent de l’Est ? » Certes, seul un elfe comme lui, avec sa « compétence » de niveau 100 pour se perdre, se retrouverait à vagabonder dans les parages…

« Grand frère… » L’expression de Jing était bien plus contradictoire.

L’elfe observa Huang Wei et déclara doucement, d’une voix laissant entendre la menace d’une tempête imminente : « Huang Wei, hein ? On dirait que la leçon que je t’ai donnée la dernière fois n’était pas suffisante. »

« Toi… ! » Bien qu’il fût livide, Huang Wei n’avait pas oublié la peur que l’elfe lui avait fait éprouver au cours de leur dernière rencontre. C’était précisément parce qu’il savait que Yun Fei et Lü Jing ne voyageaient plus avec cette personne qu’il avait osé s’approcher du duo, mais maintenant qu’il avait  retrouvé cet elfe formidable, il n’avait pas l’intention de se laisser faire à nouveau.

« Bon sang, ne va pas t’imaginer que j’ai peur de toi. La dernière fois, tu m’as eu avec une attaque surprise, mais ça ne sera pas aussi simple cette fois. Les gars, attaquez-le ! Quiconque le tuera sera grassement récompensé ! » Face à une foule, il n’y avait aucune chance que Huang Wei s’incline et perde la face. En outre, l’elfe avait seulement réussi à gagner en utilisant une attaque sournoise la dernière fois ; cette fois, lui – Huang Wei – il serait bien préparé. Il aurait sa revanche !

« Le combat a commencé, Kenshin »,  fit remarquer l’elfe en souriant au guerrier aux cheveux roux à côté de lui, qui ressemblait à un débutant. Le guerrier aux cheveux roux acquiesça, son visage tel un masque glacial.

Deux silhouettes s’élancèrent vers Huang Wei et ses hommes à la vitesse de l’éclair…

« Grand frère… » Yun Fei était abasourdi ; il n’aurait jamais songé que grand frère viendrait une fois de plus les aider sans un mot. Pourquoi grand frère les traitait-il aussi bien ? Même après que lui et Jing l’eussent poussé du haut d’une falaise, lui eurent volé le ruban, et eurent prévu de fuir, Grand frère venait encore les aider inconditionnellement. Ce Grand frère est vraiment un imbécile, pensa Yun, mais en dépit de ses paroles, il était profondément touché, et la chaleur enveloppa son cœur.

« Jing, nous allons accompagner grand frère sur le Continent Central, d’accord ? » décréta calmement Yun à Jing, mais alors que la phrase était formulée comme une question, il la déclara comme si c’était une évidence. « Après avoir rencontré Xiao Lan sur le Continent Central, je veux suivre Grand frère. Je ne veux plus aller chercher le professeur et Prince. »

« D’accord », répondit Jing sans hésiter, alors qu’elle regardait les deux silhouettes défiant Huang Wei au combat. Elle aussi savait qu’ils seraient tous les deux de véritables idiots s’ils ne suivaient pas quelqu’un comme Grand frère.

Après que l’elfe et le guerrier aux cheveux roux se furent occupés des huit sbires et de Huang Wei, l’elfe rejeta la tête en arrière et rit pendant un long moment, stupéfiant clairement la foule environnante avec son attitude arrogante.

« Grand frère, nous allons définitivement te suivre. » Les yeux de Yun Fei et de Lü Jing brillaient avec détermination, et il y avait de larges sourires sur leurs visages.

1/2 Prince T3C7 : La Bataille Débute

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 3 – Les Chroniques d’un Prince Vagabond
Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 7: The Battle Begins – Traduit du chinois vers l’anglais par Amphrase [PR!]
Chapitre 7 : La Bataille Débute  – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Yu Lian, est-ce qu’il nous manque encore beaucoup d’argent ? » demanda Ugly Wolf. Il regarda sa femme – dont les sourcils étaient verrouillés en froncement depuis ces derniers jours – avec détresse.

« Beaucoup, beaucoup d’argent. » Le froncement entre les sourcils de Yu Lian se creusa encore plus tandis qu’elle discutait des comptes financiers avec Ice Phoenix. Elles avaient toutes les deux l’air pâle.

« Ça ne fonctionne pas. On ne tiendra plus très longtemps, pas à moins que nous ne trouvions bientôt d’autres façons d’obtenir de l’argent. Dans deux semaines, l’administrateur du jeu va retirer tous les gardes PNJs, et les membres des Lames Vertueuses qui sont dehors à essayer de gagner de l’argent vont définitivement devoir rentrer pour protéger la Cité de l’Infini. À ce moment-là, nos finances seront dans un état encore pire », déclara Yu Lian, préoccupée.

« Mais, n’y aura-t-il pas des joueurs visitant et dépensant de l’argent dans notre cité à ce moment-là ? » s’enquit Ugly Wolf.

« Non, la cité en sera à peine à ses débuts, alors nous ne ferons aucun profit avant un bon moment. Nous n’avons pas assez de gens pour travailler comme commerçants, gardiens de la paix, ou comme soldats non plus, par conséquent nous devons continuer à agrandir notre personnel… Ces dépenses à elles seules sont assez choquantes, sans mentionner le fait que nous devons poursuivre la construction de la cité. Les cent mille pièces de cristal que nous possédons en ce moment ne seront pas suffisantes pour réaliser nos buts », analysa Phoenix.

Ugly Wolf pencha sa tête sur un côté tandis qu’il réfléchissait longuement à cette information. « Les plans de la cité dessinés pas Gui sont presque terminés. Est-ce qu’on devrait l’envoyer aux trois autres cités pour chanter dans les rues afin de gagner des pourboires ? »

« Mm ! » Yu Lian nota la nouvelle méthode pour augmenter les revenus de la cité avec un air sérieux sur son visage.

« Alors, combien d’argent es-tu parvenu à soustraire aux autres joueurs, Lolidragon ? » questionna Ugly Wolf en s’adressant à Lolidragon qui se prélassait à proximité.

« Les cent mille pièces de cristal que j’ai obtenues en les soustrayant aux autres ont été utilisées depuis longtemps », répondit Lolidragon. Elle roula des yeux à l’intention d’Ugly Wolf. « Je suis déjà une fugitive recherchée. Mon apparence et mes méthodes sont connues de tous à travers les Cités du Soleil, de la Lune, et de l’Étoile à présent. Ce n’est plus possible de les tromper. »

« Quel dommage… »

« Si Prince était ici, il pourrait accompagner Gui pour performer dans les rues. » Lolidragon haussa les sourcils. « Sa voix est vraiment bonne ; et avec le visage qu’il a, il gagnerait certainement beaucoup d’argent. »

« Est-ce que Prince chante vraiment bien ? » Phoenix s’immergea dans son imagination…

« Dans ce cas, quand Prince sera rentré, nous allons l’envoyer performer dans les rues. Avec ses capacités, s’il prend au sérieux une tâche qui lui est assignée et gagne de l’argent, et si nous vendons quelques petits trésors, nous devrions être capables de récupérer tous nos fonds ! » calcula Yu Lian.

« Le problème est : est-ce que cet idiot va prendre au sérieux la tâche qui lui est assignée ? » contredit Lolidragon.

…C’est un autre gros problème !

« Nous avons des ennuis », déclara Nan Gong Zui alors qu’il entrait lentement, la mine sombre.

« Tu pourrais ne pas te servir d’une ligne d’ouverture aussi choquante ? Nous savons tous que nous avons des ennuis vu l’état dans lequel sont les choses », répliqua Lolidragon, roulant des yeux à l’adresse de Nan Gong Zui.

Ce dernier ignora Lolidragon. Il y avait une trace de colère dans sa voix tandis qu’il expliquait : « Fan est en train de recruter des soldats. Ils vont envahir la Cité de l’Infini une fois que les gardes PNJs seront partis. »

« Fan ? » En entendant le nom de son ex petit copain, Phoenix fronça les sourcils, et un sentiment compliqué s’empara de son cœur.

« Un désastre après l’autre. » L’expression de Yu Lian s’assombrit. « Maintenant, nous allons aussi devoir recruter plus de soldats. »

« Prince n’est pas encore de retour ? » demanda Nan Gong Zui calmement.

« Euhhh, à ce sujet… » commencèrent à bredouiller les membres d’Odd Squad.

Nan Gong Zui se tourna pour faire face à Ice Phoenix. D’une voix gentille mais ferme, il dit : « Phoenix, sors de la pièce quelques minutes. Il y a des choses dont je dois discuter avec les membres d’Odd Squad. »

Bien qu’elle fût réticente à partir, Phoenix savait qu’il valait mieux ne pas discuter. Avec une petite voix, elle répondit « d’accord » puis sortit docilement de la pièce.

Nan Gong Zui observa Phoenix fermer la porte, et se retourna ensuite pour faire face aux membres d’Odd Squad.

« Qu’est-il arrivé à Prince exactement ?  Dîtes-le-moi. »

Il y eut un long silence dans la pièce…

« Je suis conscient que, bien que Prince soit remarquablement fort et estime ses amis et l’honneur grandement, il est aussi naïf, un peu idiot, en plus de n’avoir aucun sens de l’orientation », affirma Nan Gong Zui sans discontinuer.

« Tu aurais dû le dire plus tôt ! » Tout le monde lâcha un soupir de soulagement.

« Ainsi, tu étais déjà au courent de la véritable personnalité de Prince ; tu aurais dû nous le dire avant, nous étions à moitié mort d’inquiétude ! » Lolidragon tapota sa poitrine, ne s’étant pas encore remis de sa frayeur.

« Où est Prince exactement ? » s’enquit encore Nan Gong Zui patiemment.

« Il se trouve sur le Continent de l’Est », répondit sans hésitation Ugly Wolf maintenant qu’il n’avait plus besoin de cacher la vérité.

Nan Gong Zui fronça les sourcils avec incompréhension. « Qu’est-ce qu’il fiche là-bas ? »

« C’est le résultat de son manque d’orientation et du fait d’avoir bu. » L’expression de Lolidragon se rembrunit.

« … » Même s’il était déjà conscient de la véritable personnalité de Prince, Nan Gong Zui ne put s’empêcher de rester stupéfait pendant un moment. « Quand va-t-il revenir ? »

« Nous l’ignorons », répondit Lolidragon avec honnêteté.

« Vous ne semblez pas tant vous soucier de Prince », dit Nan Gong Zui doucement, mais l’insatisfaction était évidente dans le ton de sa voix.

« Ce n’est pas qu’on s’en moque, c’est juste qu’on ne veut pas devoir l’emprisonner pour l’instant », répliqua Lolidragon calmement.

Nan Gong Zui lui lança un regard d’incompréhension.

« Tu comprendras quand le moment viendra », ajouta Yu Lian avec un sourire.

Juste à ce moment-là, Gui pénétra dans la pièce. La première phrase à quitter sa bouche fut : « Mauvaise nouvelle. »

Il reçut plusieurs regards noirs en guise de réponse.

« Que s’est-il passé cette fois ? » questionna Lolidragon paresseusement.

« Wicked a dit que Prince allait peut-être devoir retarder son retour », annonça Gui, clairement tourmenté par la nouvelle.

« Mais, qu’est-ce que cet abruti fabrique ? » Une veine saillit sur le front de Lolidragon.

Wicked, qui était entré dans la salle après Gui, fronçait les sourcils. « Il a refusé de le dire, mais ça semblait être d’une grande importance. Il a dit qu’il allait se dépêcher de rentrer dès que possible. »

« Dès que possible ? L’ennemi frappe presque à nos portes, et pourtant notre suzerain est encore en train d’errer sur le Continent de l’Est ? » Lolidragon se leva abruptement. « Non, Wicked, dis-lui qu’il doit prendre le bateau d’ici trois jours, peu importe ce qu’il fabrique. Comment est-ce que nous sommes censés nous battre dans cette guerre quand notre suzerain n’est même pas là ? »

« Je vais transmettre ton message », promit Wicked en hochant la tête, mais après un instant de réflexion, il ajouta : « Par contre, je ne peux pas prévoir ce qu’il va faire. »

« Ce crétin ne peut même pas prédire ses propres actions, alors comment est-ce que tu le pourrais ? » répondit Lolidragon, se massant les tempes. D’un ton las, elle continua : « On ne peut qu’espérer qu’il sera de retour avant que Fan n’atteigne la cité. Après tout, Prince est le cœur de la Cité de l’Infini. »

 

 

« Hahaha ! » Je rigolai pour moi-même, en pensant, Les fragments de la carte ont été un jeu d’enfant à rassembler. Tout ce que j’ai eu à faire a été de répondre à quelques questions données par le prophète du nord dans le marché de produits frais, et ensuite de gagner contre le prophète de l’est dans un jeu de Sic Bo1 dans une maison de jeux, et les trois morceaux de cartes étaient tous à moi. Cette quête est si facile !

« Comment est-ce possible pour quelqu’un de différencier vingt différentes sortes de légumes et dix sortes de poisson les unes des autres ?  Et même d’épeler leurs noms ? » demanda Yun sans y croire. Tous les poissons avaient l’air exactement pareils à ses yeux, et ils avaient tous le même goût.

« Comment est-ce possible pour quelqu’un de gagner dix parties de Sic Bo les unes à la suite des autres ? » Des sueurs froides coulèrent le long du front de Jing. Même avec la chance des idiots, ça ne suffirait pas pour accomplis un tel miracle.

« Kenshin, cette carte est trop difficile à assembler. Aide-moi à placer les morceaux ensemble et passe le tout à Jing », dis-je après avoir essayé en vain pendant un moment de replacer les trois fragments de la carte ensemble, et les jetai à Kenshin pour qu’il s’en occupe.

Et pourtant, cette personne n’arrive même pas à replacer trois morceaux de cartes… songèrent Jing et Yun, fixant du regard leur compagnon avec stupeur. Ce n’est pas un peu trop exagéré ?

Kenshin attrapa les morceaux de la carte et les jeta sur la table. Juste au moment où il s’apprêtait à les replacer…

« Wow, Kenshin, tu les as déjà assemblés. C’était rapide », déclarai-je, fixant du regard la carte complète qui reposait sur la table, et fis signe à Jing d’approcher avec hâte. « Jing, vite, viens voir où c’est. »

« … » Kenshin regarda la carte déjà complète et fronça les sourcils, ne disant rien.

« J’arrive vaguement à dire où c’est », affirma Jing pensivement.

« C’est bon, partons alors. » Mon sourcil se releva à cette réflexion. D’après grand frère Zhuo, il ne me restait que trois jours pour compléter la quête et récupérer Sunshine. Je devais me dépêcher.

« C’est si haut. » Me tenant au pied du Sommet d’Azur, qui était si grand que ses sommets se perdaient dans les nuages, un mauvais pressentiment s’empara de mon cœur… Avec nos habilités, escalader une montagne ne devrait pas être une chose trop difficile à faire. Pas vrai ? Je l’espère…

Je me tournai vers Jing et Yun. « Comme vous n’êtes pas des guerriers, ça pourrait s’avérer plutôt difficile pour vous d’escalader la montagne, alors montez votre camp ici et attendez que Kenshin et moi soyons de retour. »

« Oui, Grand frère. » Jing et Yun acquiescèrent d’un signe de tête.

« Allons-y, Kenshin. » Kenshin aussi hocha la tête, et je soulevai une jambe, prêt à grimper sur cette montagne, mais juste à ce moment-là… Je me retournai soudainement et hélai Yun : « Hé, rends-moi Meatbun. »

La stupeur, la déception, l’angoisse, et la réticente apparurent sur le visage de Yun, et il ravala ses larmes tandis qu’il me rendait Meatbun. « Meatbun-bun, tu dois vite revenir, sinon je vais sérieusement m’ennuyer. »

« Meatbun-bun va vite rentrer.  Ne pleure-pleure pas, Yun-yun. » Les yeux de Meatbun, aussi, étaient remplis de larmes.

L’atmosphère était celle d’un départ douloureux. De cette manière, un humain et un chignon de pain se regardaient mutuellement avec le cœur brisé, comme s’ils étaient un couple forcé d’être séparé. De temps en temps, ils me lançaient même des regards implorants, comme s’ils me suppliaient – moi, le meurtrier sans cœur qui séparait brutalement deux amants – de faire preuve de miséricorde et de les épargner… Va au diable ! Je donnai une claque sur la tête de Yun.

« Allons-y, Meatbun. » Deux veines saillirent sur mon front, tandis que je me retournais et partais.

« Oui, maman. » Meatbun bondit à ma suite, ses yeux remplis de joie, laissant derrière lui un Yun triste, qui continuait de me jeter des regards de rancune.

« Ça y est, commençons à grimper. » Je contemplai le Sommet d’Azur, et ce que je vis ne fut pas les bancs de nuages, mais les visages de mes coéquipiers d’Odd Squad.

 

 

« Dans combien de temps ? » demanda calmement Nan Gong Zui à Kong Kong et Lolidragon.

« Ils seront définitivement là d’ici une demie journée », répondit Kong Kong avec colère.

« Fan a amené environ sept cent personnes.  Les deux tiers de sa force sont constitués de guerriers ; le reste consiste pour la plupart de mages et de prêtres. Ils sont très forts sur la puissance d’attaque. Ça va être difficile », analysa Lolidragon.

Les réflexions de Nan Gong Zui s’arrêtèrent sur le groupe de défense de la Cité de l’Infini, qui contenait environ deux cent guerriers, cinquante archers, cinquante mages, vingt prêtres, et vingt voleurs… et songea que si ce n’était pas du fait que son adversaire était Fan, qu’il détestait plus que tout au monde, lui – Zui – se serait probablement rendu sur-le-champ.

Nan Gong Zui soupira doucement. Quoi qu’il advienne, il devait défendre la Cité de l’Infini pour Prince. Après tout, Les Lames Vertueuses s’étaient trop investies corps et âmes à construire la cité. « White Bird, ici présente, préside la réunion. »

White Bird aussi fronçait légèrement des sourcils. La situation était de mauvais augure, mais, comme on dit, il est facile de défendre une cité mais difficile de mener un siège. Elle croyait que tant qu’ils planifiaient la résistance avec précaution, prendre la Cité de l’Infini ne serait définitivement pas une tâche facile.

« Que tous les groupes fassent le rapport de leur situation. »

« Les portes est, ouest, et sud ont toutes été condamnées, et elles ne peuvent absolument pas être ouvertes. En dehors de la porte nord, la seule autre façon par laquelle les forces de Fan pourraient pénétrer dans la cité serait en escaladant les murs, mais nous avons préparé et placé de l’huile bouillante au-dessus de chacun d’entre eux. Je crains seulement que nous n’ayons pas assez d’huile pour toutes les forces de Fan… » Les sourcils de Gui se froncèrent pendant que ce dernier était plongé dans ses pensées. « Nous n’avons fini les portes que récemment… Soupir, le coût pour rouvrir les trois portes et la reconstruction, quand cette guerre sera terminée, sera à lui seul suffisamment alarmant. »

En contraste avec son caractère habituellement obstiné, Fairsky portait une paire de lunettes fumées et tenait dans sa main droite un parchemin d’information, qui était si long qu’il trainait de tout son long sur le sol. Dans sa main gauche, elle tenait un boulier, et elle analysa méticuleusement : « Par chance, nous avons alloué un montant d’argent adéquat à la construction des fondations de la cité. Les murs de la cité vont assurément tenir le coup. Avec une force de cinq cent, ça prendrait… environ un mois, quinze jours, trois heures et quarante-six minutes pour faire une brèche dans le mur, mais puisqu’il s’agit d’un jeu, je doute sérieusement que qui que ce soit puisse dormir pendant un mois tout entier avec le casque de jeu sur la tête sans que ça n’occasionne de complications. Aussi, les portes de la cité sont extrêmement solides. Même en prenant en considération les attaques magiques, elles peuvent tenir au moins plusieurs jours. »

Yu Lian soupira et se massa les tempes. « Où allons-nous trouver l’argent pour les trois portes !? Soupir, Phoenix, fais-moi le rapport de votre statut. J’ai besoin d’aller me chercher une tasse de thé pour me calmer les nerfs. »

Phoenix s’empressa de parler. « En raison d’un manque sévère du nombre de nos archers, chaque guerrier-soldat a été équipé d’un arc de niveau moyen et de flèches. Même si leurs dommages ne seront rien comparés à ceux de véritables archers, ils devraient pouvoir compenser avec leur force, et mutiler ou tuer l’ennemi depuis le sommet des murs de la cité… malgré le fait que ça augmente la charge du Ministère des Finances. » Phoenix aussi se sentit faillir quand elle termina son rapport.

« Qu’en est-il des munitions et des vivres ? » s’enquit pensivement White Bird. Quel que soit l’état de leurs finances, ils étaient obligés d’acquérir des vivres et des munitions. Sans même ce strict minimum, ils n’auraient aucune chance de remporter la bataille en étant autant en sous-effectif.

« Nous avons suivi la liste donnée par le Ministère de la Défense et avons effectué les achats nécessaires. » Lorsqu’elles avaient d’abord reçu la liste – qui était aussi longue et horrifiante que le tissu employé pour bander les pieds des vieilles femmes durant la Chine Antique – Phoenix et Yu Lian avaient manqué de se serrer l’une contre l’autre et de se lamenter. Cependant, elles avaient été forcées par la sévérité de la réalité (ou plutôt par le règne autoritaire de White Bird) et n’avaient pu qu’obliger Lolidragon à sortir pour escroquer plus de gens encore une fois…

« Et pour les mages ? »

Sur un ton doux mais ferme, Rose annonça : « J’ai déjà fait savoir aux mages que leurs tâches principales sont de maintenir la barrière défensive ainsi que d’empêcher les mages de Fan de détruire les portes de la cité, mais je crois que nous n’avons pas assez de mages comparé aux forces de Fan. Toutefois, je peux garantir que tous nos mages sont de premier ordre. »

« Même s’ils sont obligés de boire des potions de mana comme si c’était de l’eau, ils doivent tenir le coup », déclara White Bird férocement.

Rose et Phoenix soupirèrent toutes les deux, mais répondirent tout de même : « Bien reçu. »

« Ministère des Affaires Étrangères, est-ce qu’on a des renforts ? » questionna White Bird, même si elle savait qu’il ne fallait pas espérer d’aide de ce côté.

Heartless Wind secoua la tête avec un soupir pendant qu’il s’éventait. « Ce n’est pas si facile de trouver des renforts. Présentement, la Cité de l’Infini n’a rien à offrir, alors combien de personnes seraient d’accord pour nous venir en aide ? »

Une veine saillit sur le front de Lolidragon. « Crétin, tu n’as fait que t’amuser à l’extérieur de la cité pendant que j’étais envoyée en travaux forcés par le Ministère des Finances ? Tu n’as même pas pu trouver une seule personne pour venir en renfort ? »

Heartless Wind répondit froidement : « En travaux forcés ? Je dirais plutôt que tu es allée tromper les gens en te comportant comme esprit du renard2 ! »

« Toi ! » Juste au moment où Lolidragon s’apprêtait à foncer sur Heartless Wind, Ugly Wolf l’attrapa par le collet afin qu’elle soit incapable d’étrangler Heartless Wind à mort.

L’expression glaciale d’Heartless Wind se mit à dégeler, tandis qu’il souriait légèrement. « Je n’ai pas déniché beaucoup de personnes comme renfort, juste cent vingt guerriers, trente mages, et une poignée de prêtres ! » C’est dommage que soeurette ait refusé de nous aider ; sinon j’aurais assurément reçu l’aide d’un autre beau-frère. C’est une sœur si égoïste pour refuser d’aider à défendre une cité.

La bouche de Lolidragon prit sur-le-champ la forme d’un « O ». Elle leva un doigt tremblotant devant Heartless Wind et articula : « Tu… tu… Où est-ce que tu as bien pu trouver autant de joueurs ? »

Heartless Wind se frotta le nez et admit ensuite : « Mes parents jouent aussi à ce jeu, en plus ma mère est une écrivaine, alors elle a invoqué ses lecteurs loyaux pour nous donner un coup de main. »

« Espèce de sale paresseux », répliqua Lolidragon avec dédain.

« Toi… »

« Comment la pose des pièges s’est-elle déroulée ? » White Bird ignora le duo qui se querellait et se tourna pour poser la question à Kong Kong le voleur.

Kong Kong acquiesça d’un signe de tête et dit : « J’ai déjà rassemblé tous les voleurs à l’avance et nous avons posé un nombre incalculable de pièges autour de la Cité de l’Infini, ne laissant que quelques routes étroites pour passer. Pff, si ce playboy de Fan ose s’approcher de la Cité de l’Infini, je vous garantis qu’il va se faire soit exploser en morceaux ou enterrer vivant. »

« Ensuite vient le groupe le plus important : le Ministère de la Défense », annonça White Bird comme elle se tournait pour regarder Nan Gong Zui, Wicked, Broken Sword, et Ugly Wolf.

« Les Lames Vertueuses s’entraînent depuis que nous sommes arrivés à la Cité de l’Infini. Malgré le fait que les membres qui nous ont rejoints plus tard ne sont pas aussi habiles et aussi unis que les membres du groupe à l’origine, ils se sont considérablement améliorés ce dernier mois. Leur niveau moyen tourne autour de cinquante, ce qui est très bon », rapporta consciencieusement Nan Gong Zui.

Ugly Wolf dit avec confiance : « J’ai placé les hommes en plus qu’Heartless Wind a recrutés au sommet des portes nord. Même si les portes sont défoncées, ces cent joueurs peuvent tenir jusqu’à-ce que d’autres viennent en renforts. Les joueurs restants vont être positionnés aux murs de la cité et les défendront en se servant de la magie et d’attaques de longues portées, ralentissant ainsi la progression de l’ennemi. Ensemble avec les cinquante joueurs forts sélectionnés, Odd Squad et Dark Emperor défendront la tour centrale. »

Broken Sword regarda Legolas, et ce dernier hocha la tête. « Legolas et moi nous sommes déjà assurés que les guerriers ont appris les habiletés de base en tir à l’arc. Bien que leur précision et leur force ne puissent pas se comparer à celles de vrais archers, ils n’auront aucun problème à tendre un arc et à lancer des flèches. »

« J’ai déjà divisé les joueurs en petites équipes, en prenant en considération s’ils travaillent bien ensemble ainsi que d’autres facteurs. Je crois que ça va s’avérer utile pendant la mêlée », rapporta Wicked avec une expression sérieuse au sujet de ses progrès.

Voyant que tous les Ministères avaient fini leurs rapports, White Bird commença à expliquer la stratégie pour la bataille à venir. « En premier lieu, je veux vous dire que durant la bataille, le point de renaissance de la Cité de l’Infini va être fermé afin d’empêcher l’ennemi de renaître à l’intérieur de nos murs, ce qui s’avérerait très dangereux pour nous. Même si fermer notre point de renaissance va aussi empêcher nos joueurs de revenir, c’est une mesure nécessaire. Est-ce que tout le monde comprend ? »

Tous les gens présents acquiescèrent d’un signe de tête.

White Bird poursuivit son explication. « Il y a une autre chose que tout le monde doit prendre en note : Nous sommes les défenseurs, alors notre devoir le plus important est de défendre le cœur de notre cité. Quoi qu’il arrive, nous devons protéger la tour centrale et le cristal de la Cité de l’Infini, puisque dès qu’il serait brisé la Cité de l’Infini ne nous appartiendrait plus. Je pense que tout le monde comprend la sévérité de la chose, alors nous devons défendre le cristal jusqu’à la mort. »

(Note de l’auteure : Toutes les cités détenues par des joueurs vont avoir une tour centrale. À l’intérieur, on y trouve le cristal de la cité. Habituellement, on ne peut pénétrer dans la tour centrale, mais durant un siège les joueurs peuvent détruire le cristal par la force. Quiconque brise le cristal obtient la cité et en devient le suzerain, et le souverain ou la souveraine d’origine va perdre le contrôle de la cité.)

« Défendons le cristal jusqu’à la mort ! » hurla tout le monde.

Finalement, White Bird ne put résister à l’envie de soulever une question que Zui lui avait interdite de poser. « Est-ce que le suzerain revient bientôt ? »

Tout le monde regarda les membres d’Odd Squad, qui se tournèrent en même temps vers Wicked. Wicked déclara simplement : « Je ne sais pas. »

La voix de White Bird était remplie de frustration réprimée comme elle disait : « C’est une chose que le suzerain ne montre pas son visage pendant un mois tout entier, mais d’être absent quand quelqu’un assiège la cité ? N’est-ce pas un peu exagéré ? »

« Prince sera de retour bientôt, définitivement. » Lolidragon lança un regard ferme à White Bird.

White Bird aussi fixa Lolidragon fermement. « Espérons-le. »

Espérons-le… Bien que le regard de Lolidragon ne vacillât pas, son dos s’était couvert de sueur. Puisse le ciel veiller sur Prince afin qu’il ne se perde pas à nouveau !

 

 

« Il doit bien y avoir environ mille joueurs dans cette foule. » Même la calme et sans peur Madame White Bird ne put se retenir de blêmir à la vue de la force d’une largeur inquiétante, soigneusement placée en rangs, habillée ainsi qu’armée avec de l’équipement de qualité supérieure et des armes qui scintillaient sous le soleil. En addition, il y avait une gigantesque catapulte et près de dix échelles… Si le choc était encore plus grand, elle aurait probablement sauté du haut de la muraille de la cité sur-le-champ.

Leurs visages étaient tous blêmes, mais Nan Gong Zui dit calmement : « Nous devons tenir bon. Je n’ai pas envie de décevoir Prince. »

Wicked leva les sourcils. « Je ne laisserai pas la déception apparaître dans ses yeux. »

« Un air de déception ne sied pas à Prince », affirma froidement Gui.

Nan Gong Zui marcha jusqu’à un endroit où tout le monde pouvait le voir et dégaina brusquement son épée. Le résonnement du métal froid calma les défenseurs agités. Après les avoir examiné une fois avec ses yeux, Nan Gong Zui rugit avec emphase : « Pour notre Cité de l’Infini, nous nous battrons jusqu’à la mort ! »

« JUSQU’À LA MORT ! » hurlèrent les guerriers, en écho à ses paroles.

Nan Gong Zui fixa Fan du regard, qui le regardait également fixement au loin, et murmura : « Ça y est, Fan. Finissons-en. »

« Archers, tendez vos arcs et attendez le signal derrière les meurtrières. Préparez-vous pour la première volée de flèches », ordonna Legolas, qui commandait aux archers.

« Guerriers, placez les chaudrons d’huiles et ensuite attaquez en premier avec vos arcs ! Dès que quelqu’un commence à escalader les murs, versez l’huile bouillante sur eux immédiatement. Aussi, assurez-vous de protéger les archers et les mages également », commanda Wicked rapidement et posément.

« Mages, installez la barrière ! » Yu Lian et les autres prirent immédiatement leurs positions derrière les murs de la cité, combinant leur pouvoir pour lancer une barrière de protection suffisamment large pour envelopper la Cité de l’Infini toute entière.

La bataille était sur le point de commencer !

« Prince, je te ferai descendre de ta position de suzerain de la Cité de l’Infini. » Même si Fan continuait de sourire doucement, ceux qui le connaissaient bien pouvaient dire qu’il y avait une lueur glaciale et une soif profonde de vengeance qui brûlaient dans ses yeux.

« Que tous les hommes se préparent à attaquer. La Cité de l’Infini sera nôtre ! » ordonna Fan, tel un général céleste menant ses soldats immortels à la bataille, tandis que ses forces avançaient vers la Cité de l’Infini.

« Vite, dépêchez-vous ! Versez l’huile bouillante pour les empêcher de grimper », cria frénétiquement Wicked comme il se déplaçait parmi les défenseurs. « Yu Lian, dépêche-toi de demander aux mages de nous aider à détruire les échelles. »

Yu Lian s’empressa de répondre : « D’accord. Phoenix, reste ici et prends les commandes de ceux maintenant la barrière. Équipe 1, et toi, Ming Huang, suivez-moi. »

« Bordel, la différence en nombres est simplement trop grande. » Dire que Fan possédait autant de soldats doués pour démanteler les pièges ; ces pièges ont été mis en place pour rien, songea Nan Gong Zui, jurant silencieusement dans sa tête tandis qu’il observait la horde densément bondée de joueurs ennemis – telle une colonie de fourmis – attaquant les murailles de la cité. Il ne put que réprimer avec force la panique grandissante dans sa poitrine et demander à tous, sur un ton ferme, de rester calme ; et il lança désespérément une flèche après l’autre, espérant qu’il pourrait tuer quelques joueurs ennemis de plus… Occasionnellement, il levait la tête et regardait au loin comme s’il pouvoir apercevoir le visage de Fan : impassible sauf pour la trace d’un sourire qui semblait vouloir dire que la cité lui appartenait déjà.

« Zui, ils sont sur le point de défoncer les portes de la cité », annonça Ugly Wolf, luttant contre la panique.

« Quoi !? » s’exclama Nan Gong Zui. « Les mages ne s’étaient-ils pas débarrassés des ennemis devant les portes ? »

« Oui. Mais, peut-être que c’est parce que l’ennemi possède trop de mages… Je ne comprends pas pourquoi les portes ont été détruites aussi vite moi non plus ; sans doute que Gui et Fairsky ont mal fait leur estimation ? » Ugly Wolf fronça les sourcils. « Dans tous les cas, nous devrions rediriger quelques joueurs pour qu’ils aillent défendre les portes de la cité tout de suite. »

« Les défenseurs ont déjà des problèmes à repousser les joueurs qui escaladent les murs. On ne peut pas rediriger qui que ce soit pour garder les portes », répondit Nan Gong Zui, en paniquant intérieurement. Ou devraient-ils envoyer ceux qui défendent la tour centrale pour protéger les portes à la place ? Cependant, non, la tour centrale était simplement trop importante. Il leur était impossible de diminuer le nombre de joueurs la gardant… mais ce serait aussi un désastre si l’ennemi passait les portes de la cité.

Ugly Wolf le regarda avec empathie tandis que l’expression de Nan Gong Zui devenait de plus en plus troublée. Après tout, lui non plus n’était pas parvenu à trouver une solution, ce qui était la raison pour laquelle il était venu poser la question à Zui, espérant qu’un miracle surviendrait, et que celui-ci arriverait à trouver une solution. « Zui… est-ce qu’il y a un moyen ? »

« … » Nan Gong Zui contempla le ciel, et ne put retenir un soupir. « Si j’avais encore un autre mois ou le double des fonds, les forces et la défense de la Cité de l’Infini ne se trouveraient pas dans un état aussi désolant. »

Ugly Wolf gratta la fourrure sur sa tête en entendant ça. « Avec un peu de chance, cet idiot de Prince va se dépêcher de rentrer à temps. »

Nan Gong Zui sourit amèrement. « Même si Prince revient, nous n’aurons qu’un seul autre défenseur. Quelle différence est-ce que ça ferait ? »

« Je ne sais pas », répondit Ugly Wolf en se grattant le visage. « Mais… Prince en lui-même est synonyme de miracle. »

Nan Gong Zui fronça les sourcils avec incompréhension et jeta à Ugly Wolf un regard interrogateur.

Ugly Wolf sourit. « N’as-tu pas rejoint la Cité de l’Infini à cause des miracles de Prince toi aussi ? »

Nan Gong Zui sourit tandis qu’il secouait la tête. « Soupir, on ne peut espérer de miracle cette fois. »

Wicked s’approcha d’eux d’un côté, et il semblait étrangement calme au milieu du chaos de la guerre. « Nous sommes à court d’huile, nous sommes en train de perdre les murs de la cité, et les portes ont presque complètement été envahies. Je suggère que nous battions en retraite et que nous défendions la tour centrale. »

Wicked et Ugly Wolf regardèrent tous les deux Nan Gong Zui d’un air interrogateur.

Le cœur lourd, Nan Gong Zui ordonna : « Que toutes les troupes se replient à la tour centrale ! »

En recevant l’ordre, toutes les équipes commencèrent avec réticence à se frayer un chemin jusqu’à la tour centrale. À ce stade, les bénéfices de s’être entraînés en plus petits groupes devinrent clairement visibles tandis que les membres des équipes assumaient avec aisance leurs rôles respectifs dans l’équipe. Blindés et protégés par les guerriers, les archers et les mages continuèrent d’attaquer l’ennemi en même temps qu’ils battaient en retraite, et parvinrent même à tuer un grand nombre de joueurs ennemis. En plus, les équipes pouvaient se couvrir les uns les autres et apporter leur soutien à d’autres équipes qui éprouvaient des difficultés. De cette manière, les soldats de la Cité de l’Infini combattirent et se replièrent jusqu’à la place devant la tour centrale, se dressant contre ces joueurs ennemis qui étaient venus s’emparer de la Cité de l’Infini.

« Archers, lancez une nouvelle salve ! » Nan Gong Zui avait déjà perdu le compte du nombre de fois qu’il avait donné l’ordre de faire feu. Les trainées de lumières dans le ciel ressemblaient presque à des feux d’artifice, et pourtant le nombre de joueurs ennemis ne semblaient pas diminuer du tout. Mille soldats ? J’ai bien peur que ce ne soit plus que ça, pensa-t-il, inquiet.

« Tu devrais simplement te rendre, Nan Gong Zui. Si tu le fais, je vais peut-être considérer l’idée de te donner un poste mineur. » Le sourire bienveillant sur le visage de Fan laissait poindre sa rage.

« Hmph ! » Nan Gong Zui ne fit que ricaner. Même si les troupes de Fan étaient plus nombreuses que celles de la Cité de l’Infini, il restait l’envahisseur. Tous ces chaudrons d’huile bouillante lui avaient définitivement coûté un nombre incalculable d’hommes. D’ailleurs, les membres des Lames Vertueuses avaient tous reçu un entraînement considérable pour les combats à grande échelle, alors la situation n’était pas nécessairement en faveur de Fan. À cette pensée, Nan Gong Zui reprit le moral.

« Ainsi, tu as choisi d’y aller à la dur », déclara froidement Fan. « Tue-le ! »

Juste au moment où il commençait à avoir des soupçons, Nan Gong Zui se fit brusquement envoyer rouler au sol. Son épaule devint engourdie pendant un instant, puis brûla de douleur. Il regarda par-dessus son épaule et vit que la personne qui l’avait poussé était Lolidragon, tandis que Madame White Bird regardait Phoenix avec incrédulité et panique. Nan Gong Zui soupira. « Phoenix, tu… »

« Phoenix, qu’est-ce que tu fabriques ? » demanda White Bird, en fixant du regard sa sœur avec incrédulité. Phoenix a essayé de tuer Nan Gong Zui ? Et elle a clairement écouté l’ordre de Fan ; n’avait-elle pas transféré son affection à Prince ?

« Je… » Bien qu’elle eût paniqué en voyant que Nan Gong Zui était toujours en vie, elle reprit courage en jetant un regard à Fan et, encore une fois, elle lança un éclair de magie à Nan Gong Zui

« Est-ce que tu me prends pour une morte ? » Lolidragon envoya calmement valser Phoenix d’un coup de pied, et épingla ensuite cette dernière au sol.

Nan Gong Zui se remit sur ses pieds sans un mot, son cœur saisi de froideur. Il avait toujours sincèrement traité Phoenix comme sa sœur, pardonnant ses erreurs à chaque fois, la protégeant, s’inquiétant qu’elle se sentirait coupable, qu’elle se sentirait bouleversée… et voilà pourtant le résultat.

« Zui… » White Bird regarda avec culpabilité le Nan Gong Zui démoralisé, et ensuite sa sœur, dont le visage était presque enfoncé dans le sol. Elle ne put que soupirer encore une fois. Pourquoi sa sœur devait-elle toujours choisir de tout sacrifier pour son amour ? Dire qu’elle était même allée jusqu’à devenir un espion…

« Tu as saboté les portes de la cité, n’est-ce pas ? » Même si ça avait été énoncé comme une question, le ton de Gui était celui de la certitude. Il savait qu’il ne pouvait pas y avoir eu d’erreurs dans ses calculs, alors quelqu’un devait les avoir sabotées ; sinon, elles n’auraient pas été défoncées aussi vite.

En entendant la question de Gui, tout ceux présents se retournèrent dans une soudaine réalisation et regardèrent Phoenix avec angoisse, et cette dernière enfonça son visage encore plus profondément dans le sol.

Tout le monde avait travaillé dur, mettant tous leurs efforts à défendre la cité, et pourtant il y avait un espion, et c’était en fait quelqu’un qu’ils connaissaient bien. À cette pensée, les défenseurs de la Cité de l’Infini devinrent démoralisés. Fan saisit l’opportunité et commença l’attaque. La défense de la Cité de l’Infini semblait être dans une situation critique, tandis que des fissures apparaissaient dans la défense entourant la tour centrale. Nan Gong Zui et son équipe avaient particulièrement peu le moral, en proie à la culpabilité et l’incertitude…

Contraire à son habitude, Fan mena la charge, et les défenseurs de la Cité de l’Infini étaient en vérité si démoralisés que l’ennemi parvint à charger jusqu’à Zui.

« Nan Gong Zui, en fin de compte, tu as perdu », affirma Fan avec légèreté, un sourire satisfait sur son visage.

Nan Gong Zui regarda sombrement Fan et dit d’une voix rauque : « Je peux encaisser n’importe quelle revanche que tu m’envoies ; laisse simplement Phoenix tranquille ! »

Fan éclata d’un rire maniaque. « Laisser Phoenix tranquille ? Hahaha, elle ne veut pas que je la laisse tranquille ! Quant à toi, Nan Gong Zui, je vais définitivement… »

« Ouaahhh ! Qui que soit ceux en bas, faîtes de la place ! » Un cri pitoyable venu d’en haut put soudainement être entendu. Pourquoi est-ce que la voix avait l’air plutôt familière ?

 

 

VLAN !
Bordel, si j’avais su, je ne me serais pas levé comme il me plaisait. Alors quand ils te disent de « t’asseoir sur un avion3 », tu devrais vraiment t’asseoir et pas « te mettre debout sur un avion » ; c’est la même chose pour les tapis volants ! J’ai envie de pleurer ; tout mon corps donne l’impression d’être sur le point de se briser… Je levai les yeux vers le ciel pour regarder les personnes assises sur le tapis volant. Kenshin et Sunshine buvaient machinalement leur thé, pendant que Jing et Yun me fixaient stupidement, moi qui étais tombé du haut de l’avion… Je veux dire, du haut du tapis.

Oh, en passant, je devrais mentionner le fait qu’un objet unique arabe tel qu’un tapis volant est visiblement un trésor appartenant à Sunshine. C’est grâce à ce tapis que j’ai pu revenir si vite à la Cité de l’Infini.

Tout mon corps me faisait souffrir alors que je me levais lentement, seulement pour voir que tout le monde dans la Cité de l’infini me fixait du regard. J’articulai lentement : « Fiou, c’est une bonne chose que le sol soit aussi mou ; j’ai presque failli mourir de ma chute. »

Tout le monde me fixa d’un air ébahi, puis tourna leur regard vers mes pieds. Après un instant de confusion, moi aussi, je regardai mes pieds… Oh, alors j’ai écrasé un amortisseur humain. Cet amortisseur humain n’a-t-il pas l’air plutôt familier ? J’attrapai la tête de l’amortisseur humain par les cheveux et la tirai en arrière afin de voir son visage. Fan ? Pensai-je, me grattant la tête. Alors, c’est lui. Fiou, ma conscience peut finalement s’apaiser dans ce cas. Écraser ce genre de personne ne vaut pas la peine de s’agoniser.

« Prince ! » grogna Fan, en me fusillant du regard pendant qu’il crachait du sang.

« C’est encore toi ! » m’exclamai-je rapidement. « J’en ai marre de ce dialogue d’ouverture ; tu ne pourrais pas la changer pour autre chose ? »

« Ne me regarde pas comme ça. Ce n’est pas comme si je savais pourquoi je fais toujours de ta vie un véritable enfer. Peut-être que c’est notre destin ? » Je penchai la tête sur un côté, en pensant, C’est moi ou est-ce que je finis toujours par soumettre Fan ? Sans doute que c’est parce qu’il s’appelle « riz4 », alors il est destiné à être cuisiné par moi ?  « Oh maintenant que j’y pense, qu’est-ce que tu fiches à la Cité de l’Infini de toute manière ? Pour faire du tourisme ? La cité est déjà ouverte au public ? » m’enquis-je avec incertitude.

« … » Tout le monde continua à me fier du regard sans un mot.

Lolidragon leva les yeux au ciel et s’écria avec irritation : « Il est venu pour attaquer la cité ! »

« Notre abruti de suzerain a enfin trouvé son chemin jusqu’à la maison », cria machinalement Ming Huang, qui ne disait d’habitude jamais rien d’utile.

« Ohhh ! » Mes yeux se plissèrent. Il a osé attaquer notre cité ? Quel culot ! Je donnai immédiatement un coup de poing à Fan et l’envoyai valser. Voyant qu’il était sur le point de mettre la main dans son sac pour attraper une potion de soin, je levai immédiatement les sourcils et procédai ensuite à lui écraser le dos de la main avec un de mes pieds.

« Espèce de lâche ; combats-moi à un-contre-un si t’en as les couilles ! » hurla désespérément Fan, en voyant qu’il pourrait se faire tuer à n’importe quel moment.

Je lui jetai un sourire sanguinaire et dis nonchalamment : « À un-contre-un ? Pas de problème, attends juste que je me sois débarrassé de tes amis. »

Je contemplai les forces de Fan et me rappelai soudainement de ce que grand frère Zhuo m’avait dit au téléphone, à propos du fait que Lolidragon voulait que j’affiche la façade de l’Elfe Sanguinaire quand je rentrerais… Soupir ! Je n’aime pas trop l’idée, mais quand ai-je jamais été capable de désobéir à Lolidragon ? Je me suis résigné à mon sort… Alors, je dégainai mon Dao Noir et fit légèrement courir ma langue sur la lame, sans oublier de sourire faiblement. « Tellement de personnes que je vais pouvoir tuer, c’est génial ! »

J’observai l’ennemi avec satisfaction, et je m’aperçus que les yeux de certains d’entre eux s’étaient écarquillés, pendant que d’autres déglutissaient… Hé, toi, là-bas, est-ce que c’est vraiment nécessaire de mouiller ton pantalon ? Je suis vraiment si terrifiant ? Je n’ai que vingt ans et n’en suis qu’à la fleur de ma jeunesse, sans oublier le fait que je suis adorable et charmant…

« Prince, l’atmosphère, ici, de notre côté – parmi les défenseurs de la Cité de l’Infini – n’est pas très bonne. Tu devrais d’abord faire quelque chose pour y remédier », me dit soudain Lolidragon à travers un message privé, interrompant mon instant de narcissisme. Puisqu’elle n’utilisait que rarement un ton si sérieux, quelque chose de grave devait s’être produit.

« Que s’est-il passé ? »

« Phoenix n’est pas réellement tombée amoureuse de toi, elle n’a fait que prétendre que c’était le cas. Son but était de servir d’espionne au sein de la Cité de l’Infini. Elle a saboté les portes de la cité et a presque tué Nan Gong Zui », annonça gravement Lolidragon. « Prince, si tu le peux, essaie de casser un peu plus la figure de Fan pour le rendre moche. Peut-être que, de cette façon, Phoenix va réellement pouvoir transférer son affection vers toi. »

Je fus pris de sueurs froides. Phoenix… ta veine avec le sexe opposé est à peu près aussi bonne que la mienne ; de toutes les personnes pour lesquelles tu pouvais tomber amoureuse, il fallait que ce soit ou un ignoble playboy ou moi, une travestie ? Tout de même, comme je l’avais déjà dit, il n’y avait simplement aucune chance pour que je puisse désobéir aux ordres de Lolidragon.

Je regardai Nan Gong Zui. Comme je m’y attendais, il avait l’air d’avoir perdu toute envie de vivre, ce qui m’énerva sérieusement. J’écrasai les deux mains de Fan quelques fois de plus afin de l’empêcher de secrètement boire une de ses potions de santé, et marchai directement jusqu’à Nan Gong Zui et, ignorant les regards stupéfaits sur le visage de tout le monde, je lui donnai un coup de poing. Complètement pris au dépourvu, Nan Gong Zui frappa durement le sol et me fixa d’un air ahuri.

Je levai un sourcil. « Je vais régler l’affaire avec ta sœur plus tard, alors aide-moi simplement à tuer ces gars et à passer notre colère ensemble pour commencer ! »

Nan Gong Zui se remit sur ses pieds avec un sourire forcé, songeant, Que peut faire Prince quand il s’agit des sentiments d’une personne ? Toutefois, il était plus qu’heureux de pouvoir passer sa colère en tuant les soldats de Fan. « Très bien. »

« Hé, vous, là-haut, est-ce que vous avez fini votre thé ? Vous comptez descendre bientôt ? Le combat est sur le point de commencer ! » affirmai-je avec nonchalance.

Le tapis magique descendit progressivement. Sunshine, Jing et Yun se replièrent jusqu’à l’arrière, pendant que Kenshin, Zui, Broken Sword, Wicked, et moi, étant des guerriers, nous tenions côte à côte à l’avant. Avec un sourire, je déclarai : « Que la partie commence ! »

 

Notes de bas de page

1 Sic Bo : Un jeu de hasard dont l’origine remonte à la Chine Antique. Essentiellement, vous roulez trois dés et ensuite vous pariez sur le résultat final. Il y a un certain nombre de paris que vous pouvez placer, mais les deux paris les plus communs sont « supérieur » (que la somme du dé est plus grande que dix et moins grande que dix-huit) et « inférieur » (que la somme du dé est plus grande que trois et moins grande que onze). Voir Wikipedia pour plus d’information.

2 L’esprit d’un renard : Alors que les esprits des renards apparaissent effectivement dans un certain nombre de mythologies de l’orient, les esprits du renard de la mythologie chinoise sont plutôt uniques. D’abord, ils adoptent souvent une apparence humaine : pour être plus précis, ils apparaissent souvent comme de magnifiques jeunes femmes et, occasionnellement, comme de magnifiques jeunes hommes. Dans plusieurs mythes, les esprits des renards utilisent leur belle apparence pour séduire ou ensorceler des humains. C’est possiblement un facteur contribuant à l’impression selon laquelle les esprits du renard (dans la mythologie chinoise) sont souvent diaboliques et sans scrupules. Voir Wikipedia pour plus d’information.

3 S’asseoir sur un avion : Juste pour clarifier, c’est la façon chinoise de dire « prendre l’avion ». On ne fait pas référence à l’action de s’asseoir sur un avion, mais à celle de prendre l’avion comme mode de transport.

4 Il s’appelle « riz » : Non, le nom de Fan ne veut pas dire « riz », c’est juste que « riz » se prononce aussi « fan » en chinois.

1/2 Prince T3C6 : Le Démoniaque Dieu des Ténèbres

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 3 – Les Chroniques d’un Prince Vagabond
Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 6: The Demonic Dark God – Traduit du chinois vers l’anglais par Spence [PR!]
Chapitre 6 : Le Démoniaque Dieu des Ténèbres  – Traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ Travail de vérification par AkaiiRia

Pas peur du froid ? Alors, qui c’est qui s’accroche en ce moment même désespérément à moi pour absorber un peu de chaleur ? Mes dents claquèrent tandis que je titubais pour avancer, en éprouvant de grandes difficultés à ne serait-ce que lever mon pied, sans parler du fait d’avoir à trainer derrière moi quelqu’un qui était désespérément accroché à moi, dont le visage était aussi pâle qu’une feuille de papier et dont les lèvres avaient viré au bleu à cause du froid : Kenshin.

Dès que Kenshin et moi nous étions téléportés de la Cité du Tigre Blanc à la Cité de la Tortue Noire dans le nord, nous avions ressentis une baisse évidente de température, aussi j’avais acheté deux manteaux de fourrure, et nous nous étions empressés de partir en direction du Village de Neige. Alors que nous marchions, j’avais graduellement commencé à comprendre à quel point mon destin était pénible. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il y a un BLIZZARD ?

Bordel de merde, ce qu’il peut faire froid ! Même si j’avais enfilé et protégé mon joli visage avec tout ce que contenait mon sac, qui pouvait être porté, je continuais à avoir tellement froid que je me retrouvai à penser : Si je venais à cracher, ma salive se transformerait en bloc de glace avant d’avoir touché le sol ; si je venais à expirer par la bouche, l’humidité dans ma respiration tournerait en givre avant d’avoir atteint mon visage. 

À mes côtés, Kenshin se trouvait dans un état encore pire que le mien. Alors que ça ne faisait pas longtemps que nous nous étions engagés sur la route en direction du le Village de Neige, il avait commencé à trembler sans pouvoir s’arrêter. Son état ne s’était pas amélioré même après qu’il eut enfilé sa tenue originelle de rurouni, et en fin de compte il était presque glué à moi pour avoir un peu de chaleur. On dirait que face à un froid extrême, même le plus fort des épéistes va échouer !

« Ken…shin, e-est-ce qu’on y est … ? » croassai-je avec grande difficulté.

« P-pre…sque. »

Le visage de Kenshin avait viré au bleu à cause du froid… Hé, est-ce que tu pourrais au moins ouvrir les yeux et jeter un coup d’œil ?

Entouré par une neige épaisse et des vents rageurs au milieu de ce blizzard, tout ce que je pouvais voir c’était une étendue blanche devant moi. Nous n’avions que ma boussole pour nous indiquer la direction tandis que nous avancions, et l’espoir que Dieu, Bouddha, et Allah nous accorderaient leur protection, en voyant à quel point je travaillais dur pour sauver une personne…je veux dire, un PNJ.

« Ahhh ! » Mon pied se prit soudainement dans quelque chose, et je trébuchai, tombant la tête la première dans la neige avec mes bras et mes jambes écartés, et cet enfoiré de Kenshin était perché en sécurité au-dessus de moi.

« Ken. Shin ! Si tu ne te lèves pas dans la seconde, je vais te renvoyer à la Caverne des Démons pour que tu puisses y passer l’éternité en compagnie de Sunshine. »

« … » L’expression de Kenshin était froide pendant qu’il descendait à contrecœur de sa  « cheminée ».

Sans le poids d’une personne qui m’écrasait, je pus enfin me remettre lentement sur mes pieds. Dans mon cœur, je pensai plaintivement : Même si je ne pratique pas la religion avec sincérité – prier Dieu d’un côté, Bouddha de l’autre, et faire même référence au Coran par-ci par-là – c’est juste parce que je pense que plus je prie, plus je recevrai de protection ! Est-ce que Vous deviez tous me punir ainsi, en allant jusqu’à me faire trébucher quand il n’y a rien dans quoi se prendre les pieds sur cet océan de neige !?

Kenshin regarda le sol en fronçant les sourcils, avant de dire : « Il semblerait que tu aies trébuché sur un rocher. »

Je m’empressai de me retourner pour regarder. Étrange, ce rocher en forme d’arche ressemble à… une tombe ? Je viens de trébucher sur une tombe ? Oh seigneur, monsieur le fantôme, je n’avais pas l’intention de piétiner la porte d’entrée de votre maison, alors s’il-vous-plaît ne venez pas me trouver pendant la nuit pour vous venger… Non, attendez, ce n’est pas normal, pensai-je. Je suis dans l’univers du jeu ; si nous mourons, ne sommes-nous pas ressuscités ? Qui diable aurait besoin d’une pierre tombale… Une pierre tombale ?

« La tombe de Kaoru ? » m’exclamai-je.

« Dégageons la neige de la pierre tombale », proposai-je tout en dégainant mon Dao Noir pour m’en servir comme d’une pelle, et commençai à enlever la neige.

Travailler au milieu d’un blizzard demandait beaucoup d’efforts, néanmoins nous dégageâmes tous les deux la neige avec zèle. Cependant, à chaque fois que je retirais une pelleté de neige, une autre couche de neige tombait du ciel pour la remplacer. Même après une demi-journée de dur labeur, Kenshin et moi ne pouvions toujours pas voir les mots inscrits sur la pierre tombale. Alors que les heures s’écoulaient, l’expression dans les yeux de Kenshin devint de plus en plus frénétique et désespérée. Voyant son agonie, je continuai de creuser avec une vigueur renouvelée, mais ce fut en vain.

Au bout du compte, je m’épuisai, n’ayant plus aucune force pour continuer à creuser. Je ne pus que regarder, tandis que Kenshin poursuivait sa tâche comme un homme possédé, et plus je regardais plus je me sentais malheureux. Même si Kenshin sait que le passé n’est qu’une fiction dictée par le système et n’a jamais vraiment eu lieu, il ne peut toujours pas oublier Kaoru ?

Comme Kenshin continuait à dégager la neige qui ne pouvait jamais être complètement retirée, ses mouvements devinrent de plus en plus frénétiques et erratiques. Ses cheveux ordinairement bien coiffés étaient en piètre état, mais la neige continuait tout de même à tomber…

« Kaoru…. » Kenshin jeta son épée sur le côté et cria en direction du ciel. Son visage était strié de larmes.

La neige s’arrêta.

Pendant que les nuages se dispersaient lentement, un rayon de lumière perça d’entre la couche nuageuse et illumina la tombe de Kaoru. À l’endroit sur lequel tombait la lumière, la neige commença à fondre.

« Ici repose Kaoru, qui attendra son époux bien aimé pour l’éternité. »

Kenshin avança vers la pierre tombale en trébuchant et tomba soudainement à genoux. « Kaoru. »

Je me relevai et m’approchai pour me tenir derrière Kenshin en silence, le regard fixé sur la pierre tombale. Bien que j’eusse su que les choses se dérouleraient ainsi, je ressentais une tristesse indescriptible au moment de vérité. Plutôt que de dire que je pleurais pour Kaoru qui avait disparue, on devrait dire que je pleurais pour Kenshin qui ne pouvait pas se libérer du destin que le système avait pré-décidé pour lui.

« Aurait-il mieux valu que je ne vienne pas ? Si je n’étais jamais arrivé ici, Kaoru aurait pu vivre indéfiniment », cria Kenshin tandis qu’il martelait le sol de ses poings.

« Plutôt que d’attendre dans l’angoisse indéfiniment, peut-être qu’elle a préféré s’allonger dans sa tombe, t’attendant en sachant que tu viendrais la voir », le réconfortai-je doucement. « Comme toi, qui a préféré venir la retrouver, en dépit de savoir que tu ne pourrais voir que sa tombe. »

Kenshin sortit de sa stupeur et sourit amèrement. « Peut-être que tu as raison. »

« Allons accomplir ta vengeance dans ce cas. Même si ton hostilité n’est pas réelle, fais de ta tristesse ta motivation à combattre, fais de ton agonie ton énergie pour manier ton épée, et bats-toi tout ton content. Va, et libère tes émotions », décrétai-je, mes yeux illuminés par la soif de bataille.

Les yeux de Kenshin s’illuminèrent eux-aussi : « Allons-y. » Avec ces mots, il se tourna et, sans même un regard en arrière, entreprit d’ouvrir la voie. Le froid avait été oublié.

Comme je le pensais, c’est quelqu’un qui aime se battre, lui aussi, pensais-je, en souriant. J’ai trouvé une personne qui partage mon centre d’intérêt.

 

 

« Kenshin, où se trouve le Démoniaque Dieu des Ténèbres ? Même si le blizzard s’est arrêté, je suis très fatigué. Si c’est trop loin, est-ce que nous pourrions y aller demain à la place ? » Je regardai Kenshin avec mon expression la plus plaintive, désespérée et lasse. Malheureusement, Kenshin était clairement très différent de Gui.

« Il se trouve dans la caverne qui est à mi-hauteur dans la montagne. Viens », déclara Kenshin, impitoyable, tandis qu’il me pressait de me hâter en désignant l’entrée d’une grotte qui était relativement loin, mais pas tout à fait loin à ce point.

« Ok, Ok… »

J’avais très envie de râler pendant que j’escaladais la montagne à la suite de Kenshin. Tandis que nous nous approchions de plus en plus de la caverne, le malaise dans mon cœur s’accrut comme l’énorme statue terrifiante devant l’entrée de la grotte devenait de plus en plus visible. En plus, je notai également que l’entrée de la caverne était tellement grande qu’on aurait pu placer cinq personnes de ma taille – placées à la verticale – dans la grotte. Cinq comme moi… ça fait presque neuf mètres, je crois ? Je déglutis à cette pensée. Ce n’est pas possible, n’est-ce pas ? L’entrée de la caverne est probablement un tantinet trop grande ; c’est impossible qu’il y ait un monstre aussi grand, pas vrai ?

« Kenshin, est-ce que tu sais à quoi ressemble le Démoniaque Dieu des Ténèbres ? » m’enquis-je d’une voix tremblante.

Kenshin ne daigna même pas jeter un regard en arrière, et répondit simplement alors que nous nous pressions : « D’après les images que le système m’a données, c’est un colosse solidement bâtit, qui porte une robe noire, a une unique corne sur sa tête, et utilise l’immense Épée Démoniaque des Ténèbres qui est d’une taille incomparable. »

« Ça à l’air vraiment terrifiant ! » Cette description contient des mots comme « immense » et « solidement bâtit ». En plus, il y a cette énorme entrée de caverne, pensais-je, et soudainement je sentis qu’il se pourrait qu’obtenir Kenshin et Sunshine ne soit pas une tâche aussi aisée en fin de compte…

« Nous y sommes », affirma Kenshin en s’arrêtant abruptement.

« Est-ce qu’on y entre tout de suite ? Laisse-moi d’abord vérifier si je peux trouver quelque chose à utiliser comme marqueur, pour que nous ne nous perdions pas à l’intérieur de la grotte… » Je m’empressai de fouiller dans mon sac.

Cependant Kenshin vint se tenir au milieu de l’entrée de la caverne et se mit soudainement à rugir : « Démoniaque Dieu des Ténèbres, moi, Kenshin, je suis venu réclamer la dette qui m’est due. »

Je me figeai et, comme Kenshin, je fixai les ténèbres impénétrables de la caverne, mais il n’y avait que le silence, comme si même le vent et la neige n’osaient pas faire le moindre bruit. Tourmenté par une intense sensation d’inconfort, je dégainai immédiatement mon Dao Noir. Le tintement métallique fait par mon épée alors qu’elle quittait son fourreau me sembla particulièrement retentissant dans ce silence.

Une petite pierre tomba brusquement du plafond de la caverne… après, le sol se mit à trembler violement, une féroce rafale de vent surgit des profondeurs de la grotte, et je parvins à peine à rester debout. L’intérieur de la caverne, qui était sombre auparavant, était à présent drapé dans une lueur verte inquiétante.

Je savais que cette bataille était sur le point de commencer, et je savais que l’adversaire pour ce combat serait possiblement le plus puissant que j’eusse jamais rencontré. Avec un cœur résolu, je m’avançai pour me tenir aux côtés de Kenshin, et je regardai l’entrée de la caverne avec une lueur hautaine dans les yeux.

Finalement, le Démoniaque Dieu des Ténèbres apparut.

Le cœur lourd, j’ouvris la bouche pour demander : « Kenshin, la force et la taille peuvent ne pas être directement proportionnelles l’unes à l’autres, mais penses-tu qu’il soit possible que le Démoniaque Dieu des Ténèbres ne nous remarque même pas, mais qu’il nous tue par accident en nous marchant dessus ? »

Sans un mot, Kenshin leva les yeux vers le Démoniaque Dieu des Ténèbres qui se tenait devant nous.

Mon dieu, il a vraiment levé sa jambe, pensai-je, et je me ruai hâtivement en arrière, tirant Kenshin derrière moi. Vous plaisantez, j’espère ; qui diable serait capable de se battre contre ce monstre qui doit se baisser juste pour passer l’entrée d’une caverne haute de neuf-mètres ?

« Non, je vais venger Kaoru », répliqua Kenshin, et il se débattit pour se libérer puis chargea vers le Démoniaque Dieu des Ténèbres sans aucune hésitation.

Je regardai tandis que Kenshin fonçait vers le Démoniaque Dieu des Ténèbres, et je n’eus pas d’autres choix que de m’élancer à sa suite avec un sourire forcé et les sourcils froncés. Alors que je courais, je criai : « Sois prudent Kenshin ! Ne l’affronte pas de front. »

Kenshin semblait être devenu sourd et ignora ce que je venais de lui dire et, à la place, il se précipita sur le Démoniaque Dieu des Ténèbres sans dire un mot. Comme il s’approchait du dieu démon, il sauta directement sur ses rotules, puis, d’une poussée de ses muscles, il bondit dans les airs jusqu’à arriver à la hauteur du visage du dieu démon, dégainant son épée pendant cette seconde. Juste au moment où il semblait être sur le point de trancher le visage du dieu démon, son énorme main vint faucher Kenshin par le côté. Kenshin n’eut d’autres choix que de bondir en arrière, évitant la gifle géante qui aurait autrement pu lui coûter la vie.

« Kenshin, je vais le distraire. Va l’attaquer par derrière », criai-je tandis que j’abattais mon Dao sur le pied du Démoniaque Dieu des Ténèbres.

CLANG ! Un son métallique a vraiment retentit au moment où mon épée et le pied sont entrés en contact ? Je baissai la tête pour jeter un coup d’œil et déglutis, n’osant pas croire que je ne pouvais même pas entailler la peau du dieu démon. Essayons encore une fois, pensais-je, et je balançai lourdement mon épée à nouveau… CLANG !

« Dire que mon Dao Noir ne peut même pas lui faire de dégât, il semblerait que j’aie besoin de plus d’entrainement. » Je me sentais profondément frustré. Je me tins là, mon Dao Noir dans une main, découragé, tandis que des feuilles mortes étaient soulevées dans les airs par une brise…

« Prince, vite ! Esquive-le ! » hurla Kenshin.

Je levai les yeux et aperçus la fameuse Épée Démoniaque des Ténèbres qui tombait vers moi avec tout l’élan d’un avion plongeant vers le sol. Je plongeai sur le côté à la vitesse de l’éclair, cependant, l’avion… l’épée démon descendit à nouveau vers moi. Mon dieu, je suis tellement petit, mais il peut quand même me trancher à l’horizontale ? Ce n’est pas un peu déraisonnable ? Quel programmeur attardé… Je m’aplatis sur le sol d’une façon assez pathétique, évitant de justesse cette épée démoniaque.  

Je me hissai rapidement sur mes pieds et tournai immédiatement les talons, essayant de m’enfuir… Je veux dire, en essayant de distraire le dieu démon, afin de donner à Kenshin l’opportunité de lancer une attaque surprise. Tandis que je fuyais pour ma vie, j’avais très envie de pleurer ; je pouvais sentir la terre trembler à chaque pas que faisait le dieu démon. L’épée-avion démoniaque venait également frôler mon postérieur de temps en temps… Je me demande, est-ce que je serai écrasé et réduit en déchets, ou est-ce que je serai découpé en dés et transformé en viande hachée ?

« Kenshin, dépêche-toi avec ton attaque surprise ! Si je suis transformé en viande hachée ou en déchets, je te garantis que je reviendrai à la Caverne des Démons en tant que fantôme pour te hanter ! » hurlai-je, désespéré.

« J’ai déjà essayé de le trancher, ça n’a pas marché », répliqua Kenshin, furieux.

« Quoi !? » Mon visage fut drainé de toute couleur. Est-ce que les cieux me veulent mort à ce point ? Mais, je ne veux vraiment pas mourir d’une façon aussi sanglante, pensai-je et je m’écriai : « Kenshin, de quel côté est la falaise ? »

En entendant mes paroles, le découragement de Kenshin disparut, et il reprit courage. « Tourne à gauche ! Tourne à gauche, et elle sera droit devant ! »

Tourner à gauche ? Pour la première fois dans ma vie, je trouvai que tourner à gauche était une action extrêmement difficile à exécuter. « Kenshin, je ne peux pas tourner à gauche ! » Je serai réduit en viande hachée si je fais ça…

« Dieu démon, ton ennemi n’est autre que moi ! » Le rugissement enragé de Kenshin retentit derrière moi, et dès que ces mots eurent quitté sa bouche, le Démoniaque Dieu des Ténèbres qui était sur mes talons se détourna et alla affronter Kenshin à la place.

Voyant Kenshin foncer en ligne droite vers la falaise, je m’élançai immédiatement à sa suite. Pendant que je courrais, je pensai, Comment diable est-ce que nous allons faire tomber ce dieu démon de la falaise ? En le faisant trébucher ? Il me marcherait probablement dessus et m’aplatirait comme une crêpe sans même avoir remarqué ma présence !

« Kenshin, comment comptes-tu le faire tomber docilement de la falaise ? » Incapable de mettre de l’ordre dans mes pensées, je ne pus qu’ouvrir la bouche pour hurler désespérément vers Kenshin qui se trouvait devant moi.

« Prince, aide-moi à l’attirer dans le précipice, aussi près du bord que possible. » Après avoir soudainement dit cela, Kenshin s’arrêta de courir et se mit simplement à éviter l’épée-avion du dieu démon, en attendant que je « prenne le relais ».

« Dis, je peux refuser ? » demandai-je, des larmes débordant de mes yeux.

« Non. » répondit froidement Kenshin.

Ouuiin… Je me préparai pour quel que soit ce qui arriverait et bondis sur le dieu démon, tranchant sa rotule en plein saut. Comme auparavant, un bruyant « clang » retentit. Je me tournai et me mis à sprinter désespérément vers la falaise, et tout ce pour quoi je priais était que Kenshin ait véritablement un plan.

Avec le dieu démon à mes trousses, alors que le temps passé à l’éviter se faisait de plus en plus long, je commençai à être vraiment épuisé. À plusieurs occasions, je ne parvins à éviter la lame que de justesse, et fus même coupé à plusieurs reprises par le vent féroce suivant le sillage de chaque balancement de cette lame géante. La douleur combinée à la fatigue, je commençai à avoir l’impression que j’allais tomber à genoux d’un instant à l’autre. Malgré tout, je me forçai à tenir le coup. Sunshine est encore en train d’attendre que je complète la quête, et je dois le ramener avec moi sur le Continent Central !

Abandonner ? Je ne connais pas ce mot !

Après avoir finalement atteint le précipice, je faillis éclater sanglots. Dire qu’une falaise, de la même structure géographique que celle de laquelle je suis tombé par deux fois déjà, allait à présent me sauver la vie ! Le Destin est réellement imprévisible.

Peu importe, pensai-je. Maintenant que cette falaise était devant moi, j’hurlai frénétiquement à l’intention de Kenshin : « Kenshin, je suis au bord de la falaise ! Si tu as une carte à jouer dans ta manche, alors dépêche-toi de l’abattre, autrement je vais tomber avec le dieu démon ! »

Kenshin se contenta de nous suivre, et l’expression de calme sur son visage semblait être l’indice du calme avant la tempête. Sa main droite reposait depuis longtemps sur le pommeau de son épée. Le Timing ! Il attend le moment parfait pour achever son ennemi juré.

Hum, on dirait que je suis à trois centimètres d’un destin impliquant une chute d’une falaise… Je tournai la tête et observai l’immense étendue de vide au-delà du précipice, puis je tournai de nouveau la tête pour fixer l’énorme dieu démon. C’est étrange ! Pourquoi est-ce que je suis toujours forcé de choisir entre mourir en tombant du haut d’une falaise ou mourir écrasé ? Nous ne pourrions pas essayer quelque chose de différent la prochaine fois ? Alors que j’échangeais des regards désespérés avec le dieu démon, j’espionnai du coin de l’œil la silhouette humaine qui bondit à une hauteur à peu près au niveau de la tête du dieu démon… Même s’il s’est servi de plusieurs arbres proches, la puissance de saut de Kenshin reste incroyablement stupéfiante, notai-je mentalement, impressionné.  

 « Attaque de l’Éclat d’Air du Dragon ! » Kenshin rugit avec une voix d’une puissance incomparable et dégaina son épée à la vitesse de la lumière, frappant en direction de la tête du dieu démon… On dirait un mouvement basé sur la technique pour dégainer l’épée1 ? pensai-je, et je perçus une rafale de vent suivre dans le sillage de l’épée et aplatir les cheveux du dieu démon, suivit d’un « CLANG » retentissant. Bien que j’ignorais si le dieu démon avait été blessé ou non, je pouvais au moins constater que la force de Kenshin était suffisante pour pousser un dieu démon en avant.   

On dirait que c’est juste une question de temps avant qu’il ne tombe de la falaise, songeai-je, une fois de plus impressionné par KenshinMais pourquoi le ciel est-il devenu sombre tout à coup ? Je levai la tête pour jeter un coup d’œil, et me retrouvai à fixer, bouche bée et les yeux grands ouverts, ce béhémoth… ce Démoniaque Dieu des Ténèbres qui était en train de trébucher sur moi !

Nom du ciel, dieu démon, tu devrais vraiment essayer de perdre un peu de poids ! Avec une masse corporelle comme celle-là, je ne peux même pas trouver un endroit par où fuir… Mon dieu ! Avec un visage strié de larmes, je me lamentai mentalement sur mon destin comme je tombais du haut d’une falaise pour la troisième fois.

« AHHHHHHHHHHHHHHH ! » J’hurlai à m’en arracher les poumons, fermant étroitement les yeux alors que je me préparais à la douleur insoutenable que j’allais ressentir quand je toucherais le sol. « AHHHHH… »

« Est-ce que tu voudrais bien la fermer ? » La voix glaciale de Kenshin retentit soudainement au-dessus de moi.

« Ahhhhh… ? » Je relevai la tête, et le visage de Kenshin entra dans mon champ de vision. Je me figeai et remarquai que Kenshin tenait dans ses mains le bout d’un long morceau de tissu rouge, qui était étroitement enroulé autour de ma poitrine, et… que le pantalon de Kenshin avait glissé jusqu’à ses genoux puisque la ceinture avait disparu.

« Kenshin, est-ce que c’est confortable un pagne ? » le questionnai-je avec sérieux. C’est quelque chose que je me demande toujours depuis mon dernier petit coup d’œil « accidentel ».

« Qu’est-ce qu’un pagne ? » demanda Kenshin avec un froncement de sourcil.

« C’est le vêtement que tu es en train de porter pour couvrir tes parties importantes. »

Kenshin baissa la tête pour regarder le vêtement, manifestement perplexe. « Tu n’en portes pas un toi-même ? »

« Non, je porte des boxers », rétorquai-je solennellement. Je ne porte définitivement pas de pagnes.

« Quelle est la différence ? »

« Hum, j’adorerais discuter avec toi des différences entre les pagnes et les boxers, mais… » Je laissai ma phrase en suspens, les sourcils froncés. « Tu sais, ce n’est pas très… sain de parler de sous-vêtements tout en étant suspendu dans les airs et, par-ailleurs, je n’ai pas vraiment l’habitude de ne pas avoir mes deux pieds fermement posés sur le sol. »

Je roulai des yeux. « Alors, pourrais-tu gentiment commencer par me remonter ? Je te promets que je te ferai clairement la liste de chaque genre de sous-vêtements qui te sont accessibles, puis je te décrirai chacun d’entre eux dans les moindres détails, ok ? »

J’escaladai le bord de la falaise et m’assis sur le sol, n’osant pas tout à fait croire que j’étais parvenu à éviter de mourir d’une nouvelle chute du haut d’une falaise.

<Avis du Système : Prince a reçu un animal de type humanoïde. Veuillez donner un nom à votre animal. >

« Kenshin ! » le nommai-je paresseusement.

<Propriétaire de l’animal: Prince | Nom de l’animal : Kenshin | Niveau : 100 | Santé : 10,000  | Puissance Magique : 1,500>

<Attributs : | Force : 300 | Apparence : 150 | Agilité : 150 | Intelligence 50 | Volonté | 50 Sagesse : 0>

<Capacités : Technique pour dégainer l’Épée / Attaques en Continu / Attaque de l’Éclat d’Air du Dragon  / Vol du Dragon des Cieux / Transpercement du Néant / Déplacement Lumière / Bond Aérien / Combustion Instantanée>2

<Informations supplémentaires : animal de quête, impossible de monter de niveau, impossible d’apprendre de nouvelles capacités>

« Même si on met de côté le fait que tu sois au niveau 100, tes statistiques sont tout simplement trop terrifiantes. Pas étonnant que tu sois si fort », dis-je en regardant ses statistiques avec envie.

« C’est bien dommage que tu ne puisses pas monter de niveau par contre. Le système est vraiment radin ; J’ai fais tellement d’efforts pour t’obtenir. » Je ne pus résister à l’envie de maugréer entre mes dents.

Keshin me lança un regard glacial et répliqua doucement : « Courir un petit peu peut être considéré comme faire beaucoup d’efforts ? »

En entendant ses mots, je bondis aussitôt sur mes pieds et rétorquai : « Qu’est-ce que tu veux dire par “courir un petit peu” ? Je te ferai remarquer que j’ai parcouru tout ce chemin depuis le Continent Central, et que j’ai dû aider Jing et Yun à monter de niveaux pendant tellement de jours avant que je puisse être poussé du haut d’une falaise grâce à eux. En plus, j’ai dû braver un blizzard pour atteindre le Village de Neige, et j’ai même trébuché et je suis tombé… Hé, Kenshin, ne t’en va pas déjà, je n’ai pas fini de parler ! Qu’est-ce que tu as à me jeter ce regard glacial ? Tu ne réalises pas que je suis ton maître ? Hé, ne m’ignore pas ! »

 

 

« Nous sommes censés faire quoi ensuite ? » Kenshin et moi nous étions téléportés à la Cité du Tigre Blanc à l’ouest. Qu’est-ce que nous sommes exactement censés faire pour libérer Sunshine, qui est toujours coincé dans la Caverne des Démons ? Je n’arrive vraiment pas à m’en rappeler.

« Nous devons nous rendre à la Guilde des Aventuriers et recevoir la quête des prophètes. »

« Très bien. » J’avais compris.

Après ça, j’entrai avec impatience dans le bâtiment de la Guilde des Aventuriers. Je voulais finir cette quête rapidement, puis ramener le puissant Kenshin et l’élégant Sunshine avec moi au Continent Central. Soupir, tous les gars d’Odd Squad me manquent vraiment.

Après avoir reçu la quête, j’observai le bout de papier dans mes mains, et ma tête se mit à me tourner. Qu’est-ce que c’est que ça ? Pourquoi est-ce que, sur la carte qui m’a été remise par la Guilde des Aventuriers, les emplacements des trois grands prophètes sont presque comme trois points qui formeraient un triangle géant sur tout le Continent de l’Est quand on les liait entre eux ? Est-ce qu’ils ne seraient pas extrêmement difficiles à trouver, même si j’avais le sens de l’orientation ?

Ce n’est pas grave, pensai-je, et soudainement je retrouvai mes nerfs. Il y a toujours Kenshin avec moi. De quoi est-ce que je pourrais avoir peur ? « Hé, Kenshin, ça devrait être du gâteau pour toi de trouver les trois grands prophètes, n’est-ce pas ? »

Kenshin se retourna lentement pour me regarder, son expression aussi stoïque que d’ordinaire. « Je ne connais pas la position de quoi que ce soit à part le Village de Neige de Kaoru ! »

…On dirait que la difficulté de cette quête pourrait très bien augmenter de trois niveaux, à cause de deux personnes qui n’ont absolument aucun sens des directions, me dis-je, en poussant un soupir, avant de me résigner à examiner la carte. Commençons avec celui qui est le plus proche ! Ce point le plus près semble être dans le coin gauche ; on dirait que c’est dans la Cité du Tigre Blanc.

« Peu importe, nous n’avons qu’à nous diriger vers la gauche et vers le bas », dis-je, et je me mis à marcher rapidement.

« Prince. » Kenshin, qui m’avait suivi en silence pendant tout ce temps, m’appela soudainement par mon nom.

Je continuai de marcher et me contentai de jeter un regard en arrière. « Quoi ? »

« Tu ne m’as toujours pas expliqué à propos des sous-vêtements », répondit Kenshin avec une expression mortellement sérieuse.

« Huuuum, les sous-vêtements… » Je sais juste qu’il y a ceux qui sont taille basse, ceux qui vont au-dessus de la taille, ceux en dentelle, les strings… Je me demande si les garçons ont d’autres genres de sous-vêtements à part les boxers et les slips ? Ouaaah, comment je pourrais le savoir de toute façon ? Je ne peux absolument pas conseiller à Kenshin de porter des sous-vêtements en dentelle, par vrai ? Oh merde, j’ai vraiment plus ou moins envie de le faire. Kenshin portant des sous-vêtements en dentelle… Ah ! Hum, ça pourrait valoir le coup d’essayer.

« Non, laisse tomber », déclara tout à coup Kenshin.

J’en fus très déçu. Je regardai Kenshin avec des yeux brillants et plaidai : « Pourquoi ? Je veux vraiment discuter de ça avec toi. Laisse-moi en parler, s’il-te-plaaaaaît ? »

Kenshin me lança un autre regard froid. « Pour une certaine raison, je n’ai simplement plus envie de savoir après avoir vu ton sourire. »

« … » Je me grattai le visage.  C’est donc mon sourire qui m’a trahi ? La prochaine fois, je dois me rappeler de ne pas sourire. La mission « Faire en sorte que Kenshin Porte des Sous-vêtements en Dentelle » a échoué… Quel dommage.

« Est-ce que c’est la mer ? » Kenshin se figea soudainement sur place. Il fixa l’océan bêtement, comme s’il n’avait jamais vu un tel paysage auparavant. Son visage affichait un mélange d’enchantement et d’émerveillement.

Pour ma part, mes sentiments à l’égard de la mer n’étaient même pas à moitié aussi plaisants. Le souvenir d’avoir été piégé sur l’océan, ennuyé au point de discuter avec Meatbun, et même forcé à travailler comme frotteur de pont et nettoyeur de fientes de mouettes afin de payer mes repas… ce n’est vraiment pas quelque chose dont j’avais envie de me souvenir.

« Peut-on s’en approcher pour regarder ? » demanda Kenshin avec hésitation, maladroitement même.

Je lui lançai un sourire éclatant. « Bien sûr. »

En apparence, Kenshin était aussi calme que toujours, mais ses pas se firent notablement plus vifs. J’affichai un sourire en coin et le suivis. Dire que ce Kenshin, qui est toujours si stoïque, pouvait en fait se montrer timide !

Kenshin s’arrêta devant l’étendue d’eau d’un bleu ciel, et j’avançai en silence jusqu’à me tenir à ses côtés. Après un moment, je dis : « C’est magnifique, n’est-ce pas ? Attends que nous ayons sauvé Sunshine et que nous soyons arrivés au Continent Central ! Tous les deux, vous verrez absolument encore plus de paysages aussi beaux que celui-ci. »

« Mm. » Le fantôme d’un sourire apparut enfin sur le visage de Kenshin.

J’observai les alentours. Pourquoi est-ce que cet endroit me semble relativement familier ? Je regardai à gauche, et un bateau à l’allure extrêmement familière entra dans mon champ de vision, de même qu’un port lui aussi extrêmement familier… Nous avons en fait atterri au port ? Je dépliai la carte et vérifiai à nouveau, uniquement pour découvrir que je m’étais écarté du chemin d’environ quarante-cinq degrés. Quel désastre ! pensai-je. Si je ne peux même pas atteindre le point le plus proche sur la carte, alors comment je vais trouver les trois grands prophètes ?

« Soupir, je n’arrive même pas à trouver le chemin », avouai-je en fronçant les sourcils.

Kenshin détacha son regard de la mer et suggéra : « Il y a beaucoup de personnes dans le coin. Devrions-nous leur demander la direction à prendre ? »

« Beaucoup de personnes ? » Je me tournai et vis qu’il y avait en effet une petite foule. On dirait qu’ils regardent quelque chose ? Intéressant, pensai-je, et je tirai Kenshin derrière moi avec enthousiasme tandis que je m’approchais de la foule. « Viens, allons voir ce qui est à l’origine de ce brouhaha. »

« Brouhaha ? Est-ce que c’est encore plus beau que la mer ? »

« Euh… ça dépend des goûts. »

Il y a vraiment pas mal de monde… en plus, on dirait que l’atmosphère est plutôt tendue ? Je regardai la foule qui s’était rassemblée, la plupart des gens serraient leurs poings et faisaient craquer leurs articulations, avec des expressions livides affichées sur leurs visages, et il y en avait même quelques-uns qui avaient dégainé leurs armes. Qu’est-ce qu’il se passe ? Je jetai un coup d’œil à droite et à gauche, désespérant d’apercevoir ce qu’il se tramait au cœur de la foule.

« C’est le chef de la pègre locale, Huang Wei », marmonna soudainement la personne à côté de moi, et sa voix tremblait même.

« Huang Wei ? » Ce nom me semble familier.

« Lü Jing, est-ce que tu vas devenir ma femme oui ou non ? Je te préviens, j’ai déjà posté mes gars à tous les points de renaissance. Si tu refuses, je vais définitivement tuer ce gamin encore et encore jusqu’à ce qu’il retombe au niveau un », jura une voix familière – le genre qui ne demande qu’à être tabassé à mort – depuis le centre de la foule.

Dès que je l’entendis, mon visage s’assombrit. Huang Wei, espèce de sale moins que rien ; tu as vraiment osé t’en prendre à nouveau à mes meilleurs amis, et tu as même essayé de forcer Jing à se marier avec toi ? Tu m’as visiblement sous-estimé. 

Je poussai sur le côté la foule qui s’écartait petit à petit devant moi et aperçus immédiatement Jing, dont le visage était blanc comme un linge, et Yun, qui était maintenu au sol par plusieurs autres joueurs. La rage bouillit dans mes veines, et je déclarai d’une voix incroyablement glaciale : « Si elle se marie avec toi, j’avalerai mon dao tout entier. »

Tous les yeux se rivèrent sur moi, et Yun s’exclama avec agitation : « Un elfe ? Grand frère est un elfe n’est-ce pas. C’est toi grand frère ? »

Je souris. « À part moi, quel autre elfe viendrait se balader ici sur le Continent de l’Est ? »

« Grand-frère… » Il y avait une expression compliquée sur le visage de Jing, tandis qu’elle m’appelait avec hésitation.

Je portai mon attention sur Huang Wei, qui était aussi voyant et incroyablement rustre qu’auparavant, et parlai avec une voix calme et frigide qui démentait ma fureur. « Huang Wei, hein ? On dirait que la leçon que je t’ai donnée la dernière fois n’était pas suffisante. »

« Toi… ! » Le visage de Huang Wei se tordit de colère et, dans une moindre mesure, de terreur. « Bon sang, ne va pas t’imaginer que j’ai peur de toi. La dernière fois, tu m’as eu avec une attaque surprise, mais ça ne sera pas aussi simple cette fois. Les gars, attaquez-le ! Quiconque le tuera sera grassement récompensé », rugit Huang Wei.

« Le combat a commencé, Kenshin », lui fis-je remarquer avec un léger sourire comme il se tenait à côté de moi. J’étais plutôt partant. J’ai dû endurer tellement de frustration lors du combat contre le dieu démon. Comment est-ce que je pourrais passer à côté de cette opportunité maintenant que j’ai enfin rencontré quelqu’un que je peux maltraiter !?

Le visage de Kenshin était inexpressif, pendant qu’il acquiesçait brièvement.

Je dégainai mon Dao Noir, et souris froidement tout en regardant Huang Wei, qui s’était retiré derrière ses larbins, et je pensai, Tu penses que je ne peux pas t’atteindre juste parce que tu te caches dans le fond ? Kenshin et moi nous jetâmes simultanément en avant, absolument pas concernés par la présence des huit voyous devant nous. Nous passâmes à la vitesse de la lumière entre leurs lames, mon Dao Noir et l’épée de Kenshin si vifs que tout ce qu’on pouvait en voir était une ombre noire et un scintillement d’argent respectivement, suivis par des jets de sang dans tous les sens…

Je bondis et plongeai sans m’arrêter, me sentant revigoré, ne considérant pas du tout les huit malfrats devant moi comme une menace. Zut, après tout, la dernière fois j’ai osé les affronter par moi-même, et cette fois j’ai la terreur de niveau 100, Kenshin, à mes côtés. Il se peut que ce soit une insulte aux yeux de certains mais, pour moi, ce combat n’est vraiment qu’un jeu pour me débarrasser de mon envie de me battre. 

Je laissai Kenshin se charger des deux derniers types et avançai d’un pas nonchalant vers Huang Wei avec un sourire plaisant. « Huang Wei, écoute-moi bien attentivement. Ne me laisse jamais te surprendre à maltraiter ces deux personnes qui m’appellent Grand frère. Autrement, peu importe combien de déchets tu amèneras avec toi, pour moi, ce ne seront toujours que des mouches qui me volent autour. »

« Quant à toi, je ne manquerai pas de te tuer. » D’une chiquenaude de mon arme, j’envoyai valser au loin l’épée en or tape-à-l’œil mais inutile de Huang Wei.

Attaque du Dragon à Neuf Têtes !

Je renversai la tête en arrière et rigolai sauvagement alors que je contemplais les piliers de lumières blanches s’élancer dans le ciel. Après un long moment, j’arrêtai de rire comme une soudaine réalisation me frappait lorsque j’aperçus Kenshin, qui en avait terminé avec les voyous un instant auparavant. Hum… je viens juste d’utiliser le mouvement spécial de Kenshin juste devant lui, pas vrai ? Mais… les capacités de Kenshin n’incluent pas vraiment l’Attaque du Dragon à Neuf Têtes, donc ça ne devrait pas poser de problème, n’est-ce pas ? *Sueur*

« Est-ce que vous allez bien tous les deux ? » Je regardai Yun et Jing avec inquiétude. Par chance, à part pour leur visage pâle, ils semblaient être indemnes.

« Grand frère… » Yun s’approcha de moi, son visage affichant un évident regret. Se tenant devant moi, il tomba soudainement à genoux. « Je suis désolé Grand frère. »

Je le fixai du regard, les yeux exorbités, en songeant, Yun, ce gars qui déteste perdre la face, s’est vraiment agenouillé devant moi en présence de toute cette foule ?

« Grand frère, nous t’avons trompé tellement de fois. Pourquoi est-ce que tu continues à nous aider ? » me questionna Jing, alors qu’elle s’avançait, son hésitation écrite sur son visage.

J’haussai les épaules. « Je vous l’ai déjà dit auparavant, je ne fais jamais rien que je puisse regretter plus tard, et une fois que j’ai décidé quelque chose, je ne le regretterai pas. J’ai déjà décidé de vous aider tous les deux, et donc je vous aiderai jusqu’au bout. »

« Grand frère », s’écrièrent Yun et Jing à l’unisson, et ils semblaient avoir pris une décision à propos de quelque chose. « Nous te supplions, s’il-te-plaît, laisse-nous rester à tes côtés. »

« Hein ? » Je fronçai les sourcils. « Vous devriez avoir assez d’argent pour vous rendre au Continent Central à présent. Ne vous inquiétez pas pour moi, et allez-y en premier. J’ai encore des affaires à régler ici. »

Leurs visages devinrent subitement pâles, et Yun me demanda d’une voix tremblante : « Grand frère, est-ce que tu es contre le fait de nous laisser voyager à tes côtés ? Je peux te jurer que je ne te trahirai plus jamais. »

« Non, ce n’est pas ça… » Mes sourcils se plissèrent, pendant que je réfléchissais, Est-ce que je devrais les laisser me suivre ? Je n’arrivais pas à me décider. Ce serait bien de les avoir avec moi, et en particulier puisque leur sens de l’orientation est absolument meilleur que le mien… mais s’ils viennent avec moi, je vais devoir leur expliquer à propos de Kenshin et Sunshine.

« Le roi des démons ? » s’exclama soudain Jing, alors qu’elle observait bêtement Kenshin.

Yun aussi se tourna pour regarder Kenshin, une expression d’incrédulité sur le visage.

Je pâlis légèrement, et leur ordonnai hâtivement : « Ne dites rien pour le moment, contentez-vous de me suivre. »

 

 

Jing et Yun nous amenèrent, Kenshin et moi, à un restaurant, et nous fonçâmes dans la première cabine venue. Ils s’assirent tous les deux promptement, et deux paires d’yeux entreprirent de scruter intensément le visage inexpressif de Kenshin. Amusé, je pris le menu avec une lenteur délibérée et commandai lentement un plat après l’autre, comme si je n’avais pas remarqué leur agitation…   Hé hé ! Je suis sur le point de mourir à force de réprimer mon rire. Dire que je peux les taquiner ainsi dans le jeu ; habituellement ce sont eux qui forment une équipe pour m’embêter.

« Et pour le dernier plat, nous allons prendre… » Je devrais commander quoi ?

« Des wontons dans de la sauce au chili, n’est-ce pas, grand frère ? » présumé Yun avec un sourire impertinent. « Moi aussi j’en suis tombé amoureux. Les goûts de grand frère sont les meilleurs en matière de nourriture ! »

Mes sourcils se levèrent. Je dois admettre que quand on en vient à la nourriture, je suis assurément le connaisseur du groupe. Après tout, ne suis-je pas celui qui décide toujours où manger et quoi commander chaque fois que nous allons au restaurant ? « Ce sera des wontons dans de la sauce au chili dans ce cas. »

Dès que le serveur quitta la cabine, Jing et Yun fixèrent immédiatement à nouveau leurs yeux sur Kenshin, clairement déterminés de révéler au grand jour la vérité.

Je soupirai, puis déclarai avec solennité : « Jing, Yun, ce que je suis sur le point de vous dire est quelque chose de très important. Je veux que vous me promettiez tous les deux de ne jamais en parler à personne, et de ne jamais mentionner ce sujet à nouveau. »

Jing et Yun échangèrent un regard résolu, et Yun promit fermement : « Grand frère, je suis prêt à jurer que, à partir de ce jour, j’obéirai à Grand frère sans faillir. Puisque Grand frère nous a demander de ne pas parler de ça, alors tous les deux nous n’en soufflerons pas un mot à qui que ce soit. »

« Si Grand frère est toujours sceptique, alors il n’a pas besoin de nous expliquer de quoi il en retourne. Nous ne ferons aucune objection », ajouta également Jing.

Je questionnai Kenshin du regard. Après tout, c’était lui qui était concerné. Je n’avais aucun droit de décider à sa place.

« Dis-leur. Je n’ai aucun désir qu’ils me traitent comme l’un des autres PNJs », répondit Kenshin froidement.

Jing et Yun le fixèrent avec stupeur pendant trois secondes, puis Yun bredouilla : « Tu… tu as gagné ta propre conscience de toi ? C’est vraiment possible ? Ce genre de choses qui ne se produit que dans les romans de science-fiction est vraiment arrivé ? »

« C’est précisément ça. » Je me grattai le visage, en pensant : Ainsi Jun est en fait plus intelligent que ce que je pensais. Il a vraiment réussi à découvrir la vérité juste comme ça. « Kenshin n’est pas le seul. Il y en a un autre appelé Sunshine. Je suis actuellement en train d’essayer de trouver une façon de le secourir lui aussi. »

« Il y en a un autre ? » Yun et Jing étaient stupéfaits.

« Ouais. Je dois finir une autre quête, et ce n’est qu’alors que je pourrai sortir Sunshine de cette Caverne des Démons. » Je fronçai les sourcils. « J’ai besoin de votre aide pour quelque chose par contre. Je n’arrive pas très bien à lire la carte qui nous a été fournie avec la quête… »

« Laisse-moi y jeter un coup d’œil. » Comme on devait s’y attendre de la part de Jing, elle se remit du choc plutôt rapidement et demanda calmement à voir la carte.

Je sortis la carte extrêmement déroutante et la lui passai. Jing fixa la carte, les sourcils froncés, puis sortit un rapporteur… Comme c’est professionnel, me dis-je avec admiration. Pas étonnant qu’elle ne se perde jamais. Je devrais apprendre de son exemple, mais pour commencer, comment se sert-on d’un rapporteur ?

« Il faut se diriger vingt degrés direction est-sud-est en partant du port, puis voyager pendant approximativement quinze kilomètres », annonça Jing alors qu’elle rangeait son rapporteur.

« Oh… » Je répondis avec indifférence alors que je mâchouillais ma nourriture. Après tout, avec eux deux pour me montrer le chemin -– puisque Jing et Yun avaient déjà déclaré qu’ils me suivraient – je n’aurai pas besoin de m’embêter avec cette histoire « d’est-sud-est » ou quoi que ce soit.

J’attrapai un chignon de pain de viande qui reposait sur la table, et le fixai sans rien dire pendant un moment. Je n’ai pas nourri Meatbun depuis plusieurs jours à présent, non ? pensai-je, soudainement pris de sueur froide. MERDE ! Sans me préoccuper du fait que Jing et Yun étaient toujours là, je m’empressai de plonger la main dans ma sacoche et en sortis Meatbun

« Mamaaaaan ! » Les yeux de Meatbun étaient visiblement gonflés d’avoir pleuré, mais dès qu’il me vit, son visage s’illumina de joie. « Maman a beaucoup manqué à Meatbun-bun, l’estoma-mac de Meatbun-bun a aussi beaucoup faim-faim ! »

Je ne pouvais même pas commencer à exprimer le pincement au cœur et le regret que je ressentais. Dire que j’ai en fait oublié de le nourrir… Je m’empressai de donner à Meatbun  tous les chignons de pain de viande mangeables que j’avais sous la main. Tandis que je le nourrissais, je m’excusai, en lui disant : « Je suis tellement désolé, Meatbun, j’ai vraiment oublié. C’est ma faute si tu es resté affamé pendant si longtemps. »

« Mmmph, mmph ! » La bouche de Meatbun était complètement remplie de nourriture, mais il continuait à me regarder avec des yeux brillants de bonheur.

En voyant que Meatbun mangeait joyeusement, je me sentis rassuré et levai de nouveau mes baguettes, prêt à remplir mon propre estomac… uniquement pour découvrir trois paires d’yeux rivés sur moi, stupéfaits.

« Un chignon de pain de viande avec des yeux… » articula Yun, les yeux et la mâchoire grands ouverts.

« Un chignon de pain de viande qui parle… » Jun déglutit.

« … » Kenshin ne dit rien.

Je gloussai. « Voici mon animal de compagnie. Il s’appelle Meatbun. Meatbun, dis bonjour à tout le monde. »

Meatbun avala le gros chignon de pain qui se trouvait devant sa bouche et bondit sur la table, en disant : « Bonjour tout le mon-monde ! Le nom de Meatbun-bun est Meatbun. Meatbun est l’animal de compagnie de Maman. »

« Maman ? » Trois paires d’yeux se tournèrent vers moi pour me contempler avec curiosité.

« Meatbun a un peu de mal à distinguer les sexes des personnes, et il aime toujours m’appeler “Maman” », répondis-je, en transpirant furieusement. C’est un mensonge total. Il n’y a probablement personne dans ce monde qui soit aussi doué pour distinguer le sexe d’une personne que Meatbun…

« Les animaux de Grand frère sont vraiment spéciaux », annonça Yun avec un sourire impuissant.

Huuum, laisse-moi réfléchir. Mon premier animal est un chignon de pain avec des yeux, le deuxième est Kenshin, un personnage de manga qui a gagné sa propre conscience de soi, et après avoir sauvé Sunshine, mon troisième animal ne sera-t-il pas un prince arabe qui a lui aussi sa propre conscience ? Ils sont certainement vraiment spéciaux… *Sueur* !

 

 

« Alors comme ça tu aimes manger des chignons de pain de viande, Meatbun-bun ? C’est vraiment inhabituel », dit Yun à Meatbun qui était « assis » sur son épaule.

« Chignons de pain, trop bons ! » répliqua Meatbun, en bondissant joyeusement sur son perchoir.

« Les chignons de pain sont plutôt bons. Quand as-tu commencé à parler ? »

« Après le combat avec oiseau de feu. »

« C’est quoi un oiseau de feu ? »

« C’est l’animal de Gui-gui. »

« Et c’est quoi un “gui-gui” ? »

« Gui-gui est… » Meatbun pencha sa grande tête sur le côté, plongé dans ses pensées. « Une chose comme Maman. »

« Oh… un autre elfe guerrier », interpréta Yun, la lumière se faisant finalement dans son esprit. « Alors… »

« … » Sans commentaire.

Durant le voyage pour rejoindre le premier prophète, deux humains Jing et moi-même et un PNJ écoutèrent, sans voix, la conversation sans queue ni tête entre un autre humain et un chignon de pain. On dirait que Yun et Meatbun s’entendent à merveille. Aucun des deux ne peut s’arrêter de parler : aussi ils continuent juste de se parler l’un à l’autre !

« Jing, est-ce que c’est encore loin ? » demandai-je avec exaspération. Si je continue à les écouter blablater tous les deux, j’ai bien peur de finir avec une neurasthénie !

Jing prit la carte dans sa main gauche et tint un compas dans sa main droite. « Ça devrait être dans le coin, Grand frère. »

« Cherchons dans les alentours dans ce cas. »

Boum ! Mon pied rencontra une certaine résistance dans son élan. Il y avait un obstacle ? me demandai-je, et je baissai les yeux… Je viens de cogner dans le bol d’un vieux mendiant et je l’ai envoyé voler à cinq mètres ? J’en fus mortifié. Mon dieu, qu’est-ce que j’ai fait ? Je m’empressai d’aller ramasser le bol et m’excusai abondamment : « Je suis vraiment désolé monsieur. Voici votre bol. » 

Voyant que le vieux mendiant ne réagissait pas beaucoup, je réfléchis pendant un bref instant, puis je tendis la main vers ma sacoche et en sortis quelques pièces d’or que je plaçai dans son bol. « Monsieur, ces pièces d’or sont pour vous. Je suis vraiment désolé d’avoir renversé votre bol. »

La question étant résolue, j’étais sur le point de me remettre en route quand je remarquai que Jing et Yun me fixaient avec stupéfaction. « Qu’est-ce qu’il y a ? » Je touchai mon visage. Non, mon masque est toujours en place ! Alors pourquoi est-ce qu’ils me fixent comme ça ?

« Rien, c’est juste que… l’attitude de Grand frère envers les PNJs est vraiment inhabituelle. » Yun répondit d’un ton surpris.

Jing prit une grande inspiration et déclara : « Pas étonnant que Kenshin et Sunshine t’aient choisi pour accomplir leur quête. »

« … » Le visage impassible de Kenshin tiqua soudainement. *Sueur* Si je me rappelle bien, la raison pour laquelle ils m’ont choisi semblait avoir un lien avec le fait que personne n’était tombé de cette falaise auparavant…

Tout de même, je devais maintenir les apparences, et donc je toussai deux fois et d’une fausse voix terne, je dis : « Depuis quand est-ce que Kenshin a une quête à me faire accomplir ? Qu’est-ce que vous racontez tous les deux ? »

Ils paniquèrent immédiatement. « Désolé Grand frère. Nous n’avons rien dit. »

J’acquiesçai et ordonnai d’un ton détendu : « Dépêchons-nous d’aller trouver le prophète. »

« Oui, Grand frère. »

Une voix faible s’éleva de là où le vieux mendiant était agenouillé sur le sol, en disant : « Pour quelle raison recherchez-vous le prophète ? »

Nous nous retournâmes pour le regarder. « Nous souhaitons en savoir plus à propos de la prophétie qui est inscrite sur le pic du Sommet d’Azur », répondis-je avec hésitation.

Le mendiant soupira faiblement, puis se mit lentement sur ses pieds. « On dirait que je ne peux pas me cacher pour l’éternité ! Je suis l’un des trois grands prophètes. »

« Ah ? » Nous étions tous stupéfaits. Il ne plaisante pas ? C’est si difficile d’être un prophète qu’il est obligé de demander la charité afin de manger ?

« Jeune homme, étant donné que tu es une bonne personne, je ne vais pas te rendre la vie difficile. À l’origine, j’allais te demander de faire quelque chose afin de prouver que tu es un homme droit », déclara le prophète avec un sourire affable. « À présent, je vais te remettre ce morceau de la carte du Sommet d’Azur sans aucune condition. »

J’acceptai sa partie de carte, me sentant un peu abasourdi. Nous avons obtenu le premier fragment si facilement ?

« Excusez-moi, monsieur le prophète, mais qu’alliez-vous initialement nous demander de faire ? » s’enquit Jing.

« Défier la Tanière des Tigres Féroces sur la Montagne du Tigre et tuer leurs trois chefs », répondit le prophète d’un ton léger.

Les mâchoires de Jing et Yun étaient grandes ouvertes d’une façon des plus inélégante. « La Tanière des Tigres Féroces… C’est une zone qui n’est pas moins dangereuse que la Caverne des Démons, et nous aurions dû tuer trois boss ? »

Après un long moment, Yun parvint enfin à fermer la bouche. Il se tourna pour me regarder avec révérence et décréta : « Grand frère, je suis vraiment en admiration devant toi. Ton petit frère apprendra absolument de ton exemple, et aura un cœur noble qui ne dédaigne pas servir en tant que guérisseur des foules. »

Hé, est-ce que tu pourrais ne pas abuser des proverbes comme tu le fais ? Le Guérisseur des Foules en effet ! Et dire que tu es un étudiant en littérature Chinoise comme moi, pensai-je en me grattant le visage. Toujours est-il que c’est assez surprenant qu’une telle petite action simplifierait une bonne partie de nos problèmes. En plus, du coup, le laps de temps d’ici à ce que je retrouve à nouveau tout le monde d’Odd Squad a été réduit.

Je me tournai vers l’ancien prophète-mendiant. « Merci pour ce bout de carte, vénérable Prophète. Nous allons partir à la rechercher du second prophète. »

Le prophète sourit : « Un jeune homme aussi poli. Laisse-moi te donner un autre indice. Le prophète du nord apparaît souvent dans un lieu avec des poulets, des canards, des poissons, de la viande, des légumes verts et des carottes. » Après avoir dit ça, il s’agenouilla à nouveau et se remit à faire le mendiant.

« Le marché à la criée ? » méditai-je en me grattant le visage. La programmation pour ces prophètes est vraiment étrange. Et, dire que je pensais qu’ils se cacheraient tous comme des ermites dans des montagnes ou dans des endroits reculés où ils n’auraient que des oiseaux et des bêtes pour seule compagnie. « Dans ce cas, allons chercher le prophète du nord à la Cité de la Tortue Noire ! »

« Oui, Grand frère. » Jing et Yun me regardèrent tous les deux avec des yeux encore plus admiratifs que jamais.

« On dirait que cette quête sera plus facile que ce que je croyais. » Pas vrai ? pensais-je avec confiance. À tous les membres d’Odd Squad, je vais bientôt rentrer à la maison !

 

Notes de bas de page

1 Technique pour dégainer l’épée : les fans de Kenshin connaissent peut-être davantage les termes japonais pour ceci : “battoujutsu”. Comme le nom l’indique, ce genre de mouvement est basé sur une technique souvent impliquée (à différents degrés) dans l’acte de dégainer son épée, comme utiliser le mouvement pour emmagasiner de l’élan pour l’attaque. Voir wikipedia pour plus d’informations.

2 Les techniques de Kenshin : Notez qu’ici Kenshin n’a que cinq techniques issues de Rurouni Kenshin telles que Vol du Dragon des Cieux (aussi connue sous le nom d’Amakakeru Ryuu no Hirameki). La majorité de ses autres attaques ne font pas partie de l’univers de Rurouni Kenshin.

1/2 Prince T3C5 : Kenshin le Roi des Démons

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 3 – Les Chroniques d’un Prince Vagabond

Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 5: Demon King Kenshin – Traduit du chinois vers l’anglais par Erihppas[PR!]
Chapitre 5 : Kenshi le Roi des Démons  – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

Dans la vraie vie…

Je retirai le casque de jeu, me sentant en quelque sorte épuisée. Dire que je suis en fait devenu le Grand frère de Jing et Yun… S’ils découvrent un jour la vérité, je vais subir une mort horrible.

Je me levai et commençai à préparer le petit-déjeuner, me sentant profondément troublée. Ça faisait six jours, presque sept, et je n’avais toujours aucun moyen de contacter mes coéquipiers d’Odd Squad. Soupir ! À vrai dire, il y a en fait plusieurs façons de régler le problème. Le dire à mon frère serait la façon la plus facile et pourtant, assez ironiquement, je ne peux tout simplement pas le faire…

Driiiing… Driiiing…

Qui appellerait à une heure aussi matinale ? Je répondis au téléphone, perplexe. « Allô ? »

« Xiao Lan ? Est-ce que tu vas bien !? » résonna la voix anxieuse de grand frère Zhuo à travers le combiné.

« Je vais bien. C’est excellent, je peux enfin contacter quelqu’un ! » J’étais ravie. J’avais totalement oublié que je pouvais contacter grand frère Zhuo.

« Xiao Lan, où diable est-ce que tu es passée ? » Il était clair, d’après son ton, que grand frère Zhuo était soulagé d’avoir de mes nouvelles.

« Je…Je me trouve sur le Continent de l’Est… » Ma voix s’affaiblit à chaque mot.

« Le Continent de l’Est ? » Grand frère Zhuo était abasourdi. « Qu’est-ce que tu fiches là-bas ? »

« Je n’en ai aucune idée moi non plus. Je me suis réveillée et me suis retrouvée là-bas après avoir bu un coup avec Nan Gong Zui ! » dis-je en pleurnichant. « Aussi, on ne peut pas envoyer de messages privés à des joueurs qui sont sur des continents différents, alors je ne pouvais pas du tout vous contacter, les gars. »

C’est moi où la voix de grand frère Zhuo sonne comme s’il essaie de réprimer sa colère ? « Tu es allée boire un coup avec Nan Gong Zui et tu as bu jusqu’à t’évanouir ?  Tu es une fille, comment ça se fait que tu ne saches pas comment te protéger !? »

« Euhh… Mais, je suis un garçon dans le jeu ! » Je me grattai le visage.  Nan Gong Zui et Kong Kong ne feraient jamais de mal à mon moi garçon, pas vrai ? De plus, est-ce que c’est même possible de se faire ******* dans un jeu ? Hmmm… C’est une question qui vaudrait la peine d’être posée à Lolidragon.

« Ce n’est quand même pas convenable. Tu restes une fille après tout », insista grand frère Zhuo avec entêtement.

« Oh… Eh bien, je ne le referai plus. Je n’aime pas boire de toute façon ! » C’est comme ça que ça s’est passé, non ? Je me souviens que le goût du vin était déplaisant, mais comment j’ai fait pour devenir aussi bourrée ? Étrange…

Le ton de grand frère Zhuo se détendit. « Il est bientôt temps pour toi de rentrer au Continent Central. Tu devrais cesser de jouer sur le Continent de l’Est. Tout le monde t’attend à la Cité de l’Infini, particulièrement Nan Gong Zhui : il a amené un groupe entier d’aventuriers avec lui. Ils ont tous hâte de te rencontrer. »

« Mais, je ne peux pas revenir ; je n’ai pas assez d’argent pour payer le billet de retour en bateau », appris-je à grand frère Zhuo pitoyablement.

« Tu as besoin de combien ? »

« De cinq mille pièces de cristal. »

« …Je vais demander à Lolidragon ce soir, quand je me connecterai, pour voir si nous pouvons trouver un moyen de te transférer de l’argent », promit grand frère Zhuo, qui semblait préoccupé. « Quoique la Cité de l’Infini manque un peu d’argent. Je me demande si Yu Lian va être d’accord pour t’en passer un peu… »

« Oh… Dans ce cas, je vais simplement en gagner par moi-même. » Je me sentis un peu embarrassée. Je n’ai encore rien fait en tant que souverain et je suis déjà un boulet.

« Je vais leur en parler. Pour l’instant, tu devrais prendre quelques missions de haut-niveau. Vu tes habiletés, tu devrais être capable de compléter plusieurs quêtes de niveau B1 toute seule. Les récompenses pour celles-là vont de plusieurs centaines à plusieurs milliers de pièces d’or », suggéra grand frère Zhuo. Il ajouta avec inquiétude : « Mais elles pourraient être assez difficiles, alors assure-toi qu’elles ne sont pas trop dangereuses avant de les accepter ! »

« Très bien, j’ai compris. »

« Soeurette, où est mon petit-déjeuner ? »  La voix mécontente de Yang Ming retentit derrière moi.

Surprise, je dis rapidement : « Grand frère Zhuo, je vais devoir te laisser pour l’instant. À plus ! »

Dès que j’eus raccroché, je me tournai pour faire face à Yang Ming. Après m’être assurée que son visage n’affichait que de l’insatisfaction et pas une once de suspicion, je me détendis.

« Je vais tout de suite préparer le petit-déjeuner. »

 

 

En ligne…

Avec une mine sombre, Wicked entra dans le lieu de rencontre temporaire d’Odd Squad : la prison. Comme il s’y attendait, les membres d’Odd Squad et de Dark Emperor paressaient sur le sol, dormaient, ou se remplissaient la panse avec de la nourriture… Pas un seul d’entre eux n’avait le moins du monde l’air d’un commandant de haut-niveau.

D’une voix empreinte de gravité, Wicked annonça : « J’ai d’importantes nouvelles pour Odd Squad. »

Ugly Wolf lâcha à contrecœur Yu Lian, qui se trouvait dans ses bras, donna à Gui – qui était enterré sous des feuilles de croquis – un coup de pied, arracha Doll à son casse-croûte et secoua Lolidragon – qui bavait dans son sommeil – pour la réveiller. « Quelles nouvelles importantes ? »

« Je sais où est Prince », répondit Wicked. Le regard qu’il lança à Gui montrait une once de défi, et il l’observa avec satisfaction tandis que celui-ci pâlissait.

« Où est-ce que cet idiot est encore passé ? » maugréa Lolidragon. « On bosse dur ici, pendant que lui, le souverain, s’amuse joyeusement à faire le pitre ailleurs. »

« Il se trouve sur le Continent de l’Est », déclara calmement Wicked.

Les yeux de tous les membres d’Odd Squad s’agrandirent, alors que les membres de Dark Emperor – qui faisaient du raffut de leur côté – devinrent silencieux. En un instant, la prison était devenue si silencieuse qu’on pouvait même clairement entendre le crépitement des flammes de Fire Phoenix.

Finalement, Gui demanda, sur un ton qui était un mélange de soucis et d’anxiété : « Que fait-il sur le Continent de l’Est ? Pourquoi n’est-il pas revenu ? »

« Il n’a, lui non plus, pas la moindre idée de comment il a abouti là-bas, possiblement parce qu’il était trop bourré. Pour ce qui est de pourquoi il n’est pas encore revenu, c’est parce que… »

« Je crois connaître la raison », coupa Lolidragon avec exaspération. « Le billet pour se rendre sur le Continent de l’Est coûte cinq mille pièces de cristal, et le billet de retour coûte encore cinq autres mille pièces de cristal. Prince n’avait probablement assez d’argent que pour un aller vers le Continent de l’Est, si je me souviens bien. »

« Quoi ? Cinq mille pièces de cristal ? » Le sourire de Yu Lian était si glacial que les membres des deux équipes ne purent s’empêcher d’observer un moment de silence en l’honneur de Prince.

Wicked détourna lui aussi son regard du sourire terrifiant de Yu Lian et regarda Lolidragon à la place. « Est-ce qu’il existe un moyen d’envoyer de l’argent à Prince, Lolidragon ? »

Lolidragon fut alors sous l’emprise de sueurs froides et détourna son regard du sourire de Yu Lian, qui n’aurait pas pu devenir plus froid, répondant avec raideur : « Normalement, c’est possible pour un joueur de transférer de l’argent à un autre, mais si un joueur se trouve sur un autre continent, dans ce cas c’est impossible de lui envoyer un message privé, encore plus de lui transférer des fonds. »

« Quoi ? Et Prince alors ? » Gui devint aussi pâle qu’un fantôme tandis qu’il imaginait Prince en train d’errer sur un continent éloigné, sans un sou à son nom, souffrant du froid et de la faim, habillé en haillons, et son cadavre finissant dans une rue…

 

 

Cité du Tigre Blanc, Continent de l’Est…

Prince :

« Miam, des wontons dans de la sauce au chili… Trop bon ! » m’exclamai-je, en dégustant le petit-déjeuner que Jing et Yun m’offraient respectueusement.

 

 

« Nous allons devoir demander à Prince de gagner lui-même l’argent pour son ticket », décréta Lolidragon en haussant les épaules, puis elle rampa sans hésitation jusqu’à sa cellule pour dormir.

« Hmm… » Ugly Wolf gratta la fourrure sur sa tête. « Puisque son absence n’affecte pas tellement la Cité de l’Infini pour l’instant,  et que les membres des Lames Vertueuses se sont depuis longtemps établis dans notre ville, ça ne devrait pas faire une grande différence si Prince ne rentre pas tout de suite. »

Yu Lian sourit. « Pas un sou pour lui ! »

« Grand frère Prince manque beaucoup à Doll… » déclara Doll, puis elle fronça les sourcils quand elle aperçut son casse-croûte du coin de l’œil. « … Mais si grand frère Prince était là, il lui volerait ses casse-croutes, alors peu importe. » Doll retourna à sa pile de nourriture et recommença à s’empiffrer.

« Attendez une minute, Prince est tout seul là-bas, sans amis et sans argent ! Nous devons aller le sauver ! » cria Gui à ses coéquipiers irresponsables, le visage blanc comme une feuille.

« TU n’iras nulle part, alors retourne docilement à tes dessins », rétorqua tout le monde à l’unisson.

Wicked les regarda faire avec impuissance, en songeant : On dirait que Xiao Lan ne reviendra pas de sitôt… Mais il se rendit vite compte que ce n’était pas une si mauvaise chose. Gui ne pourrait pas voir Prince pendant tout ce temps après tout.

D’un autre côté, lui – Wicked – pourrait toujours discuter au téléphone avec Xiao Lan.

Excellent ! pensa Wicked, ses lèvres se haussant pour se transformer en un sourire.

 

 

Mes bras étaient croisés devant ma poitrine tandis que j’étudiais le monstre que j’aurais à combattre bientôt : un démon mineur.

Le démon mineur ressemblait au « oni » du folklore japonais, avec son visage hideux, ses dents pointues dévoilées dans un grognement, ses petites cornes sur la tête, et une sorte de petit katana dans les mains. Ils vivaient dans des cavernes froides, profondes et étranges. Si Jing et Yun ne m’avaient pas montré le chemin, je n’aurais probablement pas été capable de naviguer à travers cette caverne de labyrinthes. Je ferais mieux de faire attention à ne pas me retrouver séparé d’eux, ou je vais souffrir un destin plus tragique que d’accidentellement aboutir sur le Continent de l’Est.

Après ne pas avoir bougé pendant plusieurs « longues » minutes, Yun ne put plus rester silencieux et demanda : « Grand frère, quand est-ce que nous allons commencer à nous battre ? Si on ne se dépêche pas d’obtenir les cornes du démon, on ne pourra pas finir la quête ! »

Je me sentis un tantinet frustré. Je ne sais pas grand-chose du monstre, et les gens à mes côtés ne sont pas mes équipiers habituels d’Odd Squad. Nous n’avons même pas de prêtre, alors si je fonce négligemment, je risque moi-même de rejoindre les rangs des démons…  Néanmoins, je devais m’y mettre. Il ne me restait plus qu’à prier pour que ce type de monstre ne soit pas trop fort. « Yun, Jing, reculez un peu. »

Après que j’eus donné l’ordre à Jing et Yun… Je veux dire, leurs eus donné des instructions sur ce qu’ils devraient faire, j’observai les alentours avec attention et trouvai un démon mineur solitaire. Me déplaçant légèrement sur mes pieds, je rampai furtivement derrière lui, et lui poignardai sauvagement le cœur à travers son dos. Malheureusement, l’agilité du démon était, contre toute attente, élevée, et il se retourna, faisant en sorte que ma lame lui perce seulement l’épaule. Un liquide vert et gluant – probablement son sang – gicla. Enragé, le démon blessé brandit son petit katana, et la pointe tranchante de la lame vint frapper dans ma direction. Je me penchai vers l’arrière, et le katana siffla en dépassant ma taille ; mais une idée se faufila dans mon esprit, et je transformai le geste en un salto arrière, donnant un coup de pied au démon et l’envoyant rouler vers l’arrière. Dès que mes pieds touchèrent le sol, je bondis en direction du démon, le frappant de mon arme et lui sectionnant le bras droit.

Le démon hurla. Bien qu’il eût perdu son bras droit et son arme, il essaya tout de même de me mordre. J’enroulai fermement ma main gauche autour de son cou et frappai de mon Dao Noir droit dans son cœur avec ma main droite. Juste au moment où j’allais lâcher un soupir de soulagement, toutefois, le démon me mordit la main gauche. Je me pliai de douleur, en pensant, Ne me dîtes pas que la faiblesse du démon mineur n’est pas son cœur ?

« Grand frère, coupe-lui la tête, tu dois lui couper la tête ! » hurla frénétiquement Yun.

Alors, c’est comme ça qu’on fait ? À l’instant où je compris, il n’y avait plus de tête sur le cou du démon. Je lâchai vite le cadavre, qui giclait du sang de partout, afin d’éviter de me transformer en réservoir à huile verte.

« Grand frère est vraiment un homme valeureux. La démonstration héroïque de grand frère a profondément ému son petit frère. Ce salto arrière est vraiment parfait ; élégant et pourtant aussi inflexible que le métal. Soupir ! Ton petit frère peut uniquement s’incliner devant ta grandeur… Toutefois, est-ce que son petit frère peut importuner Grand frère afin qu’il coupe les cornes du démon, pour que son petit frère soit capable de compléter la quête ? »

C’est quoi ces conneries ? Si tu veux que je coupe les cornes, dis-le tout simplement ! À force de débiter toutes ces âneries, tu me donnes la chair de poule. Tout  de même, les petites cornes devaient être coupées, alors ma lame s’éleva et s’abattit, et je les tendis à Yun.

Ayant une bonne idée de la force du démon mineur, je me rendis compte que je pouvais probablement m’occuper d’eux assez aisément, et mon anxiété se dissipa. Je commençai à élaborer un plan pour aider Jing et Yun à monter de niveau et, après un moment de réflexion, je les menai à une crevasse dans le mur de la caverne et leurs demandai de rester à l’intérieur. « Je vais être chargé d’attirer les démons jusqu’ici. Après ça, Jing, je ne permettrai pas aux démons de te faire du mal, alors ne n’inquiète pas et lance tes sorts. Yun, installe une Barrière de Ralentissement. »

Je scrutai les profondeurs de la caverne, fermai les yeux, et pris une profonde inspiration. Ensuite, j’ouvris les yeux et souris légèrement. Démons mineurs, me voilà.

Pour débuter, j’attirai un seul démon et échangeai des coups avec lui avec grande aise. C’est à ce moment-là que Jing sortit un morceau de papier fu. Je jetai un regard en biais et la vis dessiner plusieurs lignes sur la feuille avec ses doigts avant de la lancer, en criant : « Mes flammes, vraies et dissimulées par trois fois, en avant ! »

Contre toute attente, le papier vola directement vers le démon. Voyant que ce dernier avait l’intention d’esquiver, je lançai une pluie de coups, le forçant à rester en place. Finalement, le papier atteignit le démon et se transforma brusquement en trois flammes blanches, qui enveloppèrent le démon. Celui-ci hurla de douleur et réagit en bondissant vers Jing mais, malheureusement pour lui, un coup de pied de ma part l’envoya valdinguer jusqu’à son point de départ.

« Mes flammes, vraies et dissimulées par trois fois, en avant ! » S’apercevant que les flammes sur le démon s’apprêtaient à s’éteindre, Jing envoya une fois de plus un morceau de papier fu.

Cette fois-ci, je contemplai la scène avec satisfaction tandis que les flammes commençaient à réduire le démon en cendre…

« AHHHHH ! » gémit Yun tout à coup. « Grand frère, les cornes du démon ! »

En entendant ça,  je coupai sans difficulté les cornes du démon et regardai le démon tomber en poussières. On dirait que je peux en attirer plus, pensai-je en prenant ma décision.

Ainsi, le nombre de démon passa de un à deux et ultimement à trois, après quoi je décidai que c’était suffisant, car un plus grand nombre d’entre eux me laisserait avec un espace insuffisant pour combattre. De cette manière, je me battrais contre les démons, en me concentrant pour affuter ma défense. Alors que j’avais initialement plusieurs ouvertures dans ma défense et que je ne réagissais pas assez vite, je devins vite compétent au point que ma défense en était devenue étanche. Je devins de plus en plus familier avec cette méthode de combat, qui était complètement différente du style de combat agressif que j’utilisais depuis tout ce temps. C’est un excellent entraînement pour moi… mais quand même, si seulement les monstres étaient plus forts, songeai-je avec insatisfaction.

« Après avoir attiré plus de dix groupes de monstres, je lâchai un long soupir et dis doucement : « Prenons un pause. »

La culpabilité submergea le visage de Jing. « Je suis vraiment désolée, Grand frère. Jing avait complètement oublié que Grand frère a besoin de se reposer. »

« Ça va », affirmai-je en m’asseyant, recouvrant un peu de mon énergie.

« Wow, nous avons chacun gagné un niveau, et nous avons suffisamment de cornes de démons pour finir la mission », s’émerveilla Yun, ses yeux brillants comme des étoiles.

Je n’étais pas très chaud à l’idée de me battre contre d’autres démons mineurs. Je n’avais rien à gagner à les combattre, et bien que mon objectif principal fût d’aider Jing et Yun, ce serait à leur avantage si nous nous battions contres des monstres de plus haut niveau. Gardant ça à l’esprit, je leur demandai : « Est-ce qu’il y a des monstres plus forts que nous pouvons combattre ? »

Les yeux de Jing et de Yun se mirent à briller avec éclat, et Yun répondit vite : « Évidemment, Grand frère, pourquoi est-ce qu’on ne s’attaquerait pas aux jeunes filles démoniaques ? Leurs cornes valent plus que celles d’un démon mineur. »

« Et les caractéristiques du monstre sont… ? » questionnai-je.

Diriger cette question vers Yun, le joueur de jeux vidéo attitré, était la bonne chose à faire, puisqu’il répondit sur-le-champ avec enthousiasme et confiance, en disant : « Les jeunes filles démoniques sont généralement similaires aux démons mineurs, sauf que leurs niveaux sont plus élevés. Leur point faible est leur tête, exactement comme pour les démons mineurs, mais les jeunes filles démoniaques se servent de leurs longues griffes acérées comme armes, et elles bougent plus vite que les démons mineurs. Toutefois, avec la vitesse de grand frère, il ne devrait pas y avoir de problèmes une fois que tu te seras familiarisé avec leur style d’attaque. »

Je hochai la tête. « Attaquons-les, alors. »

Me levant, je m’étirai et ordonnai : « Passe devant. »

La jeune fille démoniaque possédait une longue chevelure, avait la peau verte, et portait une robe semblable à celles que les demoiselles avaient pour habitude de revêtir durant la Chine Antique. Ses mains se terminaient par des ongles extrêmement longs, leurs extrémités brillant dangereusement. Je fonçai droit devant, et nous commençâmes à nous battre.

Yun, le fervent joueur, avait raison : la jeune fille démoniaque était effectivement plus stimulante à combattre que le démon mineur. Comme ses perceptions étaient considérablement plus aiguisées, il m’était d’autant plus difficile d’attaquer son point faible, à savoir sa tête. En plus, elle était excessivement rapide, et je devais me concentrer pour esquiver – avec grande difficulté – au départ. Malheureusement pour elle…

Je souris. Le style d’attaque de la jeune fille démoniaque était limité à poignarder. Je cherchai une opportunité, et quand elle allongea encore une fois la main, songeant à percer mon corps de trous, je cessai de bouger, puis lui sectionnai sauvagement la main au moment où elle me toucha. Il n’y avait rien à craindre d’une jeune fille démoniaque auquel il manque une main, alors j’employai la même méthode pour me débarrasser de son autre main et l’achever… Même si je n’eus pas autant de succès la seconde fois que j’essayai, un « petit » trou apparut sur mon corps.

Sans faire le moindre bruit, je pris secrètement une gorgée de potion servant à revigorer la santé pour ensuite retourner aux côtés de mes compagnons comme si rien ne s’était produit.

Les yeux de Yun étaient remplis d’adoration. « Grand frère est vraiment fort ! Je savais que Grand frère n’éprouverait définitivement aucune difficulté à l’affronter. Nous allons attendre ici que tu attires les monstres, Grand frère. »

« D’accord », répondis-je. On dirait que je peux m’entraîner contre des monstres plus puissants maintenant, songeai-je, et m’en allai joyeusement attirer des jeunes filles démoniaques.

 

 

« Grand frère est trop fort ! En seulement trois jours, Lü Jing a monté de niveau cinq fois, et j’ai également monté de niveau à deux reprises. Combattre des monstres de plus haut niveau  accélère vraiment les choses ! Qu’est-ce qu’on devrait combattre par la suite, Grand frère ? » s’enquit Yun avec entrain pendant qu’il apportait un plat de wontons au chili.

Je fronçai les sourcils, mais acceptai tout de même l’assiette de wontons. Intérieurement je pensai, Je devrais vraiment commencer à gagner de l’argent et me préparer à rentrer, même si grand frère Zhuo m’a communiqué le message de grand frère Wolf disant que les affaires à la Cité de l’Infini se déroulaient très bien sans moi.

Alors, j’annonçai simplement : « Je ne peux pas rester ici plus longtemps. »

Jing et Yun eurent l’air paniqué. « Grand frère, tu t’en vas ? »

« Non, j’ai besoin de gagner de l’argent. Je dois obtenir cinq mille pièces de cristal », répondis-je après avoir avalé un wonton.

« Gagner de l’argent ? Quoi, Grand frère a besoin d’argent ? Mais, tu ne nous as pas demandé de séparer l’argent des quêtes effectuées plus tôt avec toi ! » Yun hésita soudainement, puis fronça légèrement les sourcils. « Pourquoi est-ce que tu ne nous a pas demandé de diviser la récompense avec toi si tu as besoin d’argent, Grand frère ? »

Je restai silencieux. Avec Yun qui m’appelait « Grand frère » toute la journée, comment j’aurais possiblement pu même songer à demander à diviser l’argent ?

« Grand frère, même si nous n’avons pas cinq mille pièces de cristal, s’il-te-plaît prends ça pour l’instant ! » Jing sortit un sac de pièces et le poussa dans ma direction.

Je soupirai. Il va bientôt être temps pour eux d’obtenir de nouveaux équipements, alors comment je pourrais accepter de prendre leur argent maintenant ? « Pas besoin, je gagnerai mon propre argent. »

« Mais, Grand frère, tu vas vraiment nous quitter ? » L’expression de Yun reflétait la consternation, il n’avait clairement pas envie qu’on se sépare. « Nous ne connaissons pas ton nom, et ne savons même à quoi tu ressembles. Si on se sépare maintenant, on ne se reverra probablement plus jamais, Grand frère ! »

On se reverra, mais ça va prendre beaucoup de temps avant que Jing et Yun parviennent à rassembler dix mille pièces de cristal et se rendent à la Cité de l’Infini pour me trouver. J’aimerais pouvoir les aider à gagner l’argent pour le billet de bateau, mais mes équipiers d’Odd Squad m’attendent ! Il n’y a vraiment aucune solution à ce dilemme ?

Comme si elle avait rassemblé son courage, Jing dit : « Grand frère, j’ai vu une mission de niveau A plus tôt. La récompense en argent est colossale, et ça n’a pas l’air très difficile : nous devons seulement récupérer le ruban du roi des démons. Puisque le roi des démons, le démon mineur, et la jeune fille démoniaque sont tous des types similaires de monstres, ça ne devrait poser aucun problème à Grand frère. De plus, même si nous ne pouvons pas le battre, on peut juste attraper son ruban et s’échapper. »

Ça a vraiment l’air d’être une bonne proposition, pensai-je. Si je peux prendre le bateau pour retourner sur le Continent Central avec Jing et Yun, dans ce cas j’aurais au moins quelqu’un avec qui discuter et je ne m’ennuierais pas à mourir comme pendant mon voyage pour venir ici. « Très bien alors, allons chercher cette quête. »

« Grand frère est le meilleur ! » acclama joyeusement Yun.

 

 

Accompagné de Jing et Yun qui menaient le chemin, je retournai encore une fois à la Caverne des Démons.

« Grand frère, nous allons peut-être devoir passer plus de temps à chercher, vu que le roi des démons se promène souvent autour de la zone au plus profond de la caverne. Ça va probablement être dur de le trouver », affirma Yun avec inquiétude.

« D’accord. Commençons à chercher alors. »

Jing, Yun et moi trouvâmes notre chemin à travers les profondeurs de la caverne et atteignîmes rapidement l’endroit où nous nous étions entraînés récemment. Là-bas, je m’arrêtai pour combattre quelques démons mineurs et quelques jeunes filles démoniaques afin de détendre mes muscles. Nous procédâmes alors à nous enfoncer dans les profondeurs de la caverne jusqu’à une zone où nous n’étions jamais allés auparavant. Comme avant, j’allais engager le combat avec les démons mineurs et les jeunes filles démoniaques que nous rencontrions en cours de route et laissais Jing et Yun s’entraîner.

Après avoir marché pendant un moment, je fis signe à Jing et à Yun de s’arrêter pour prendre une courte pause, ainsi que pour laisser des offrandes au Temple des Cinq Organes Internes… c’est-à-dire, pour manger. Je mâchai un shaobing youtiao2 et vidai une bouteille de lait de soja…

« Grand frère, pourquoi est-ce que tu nous traites aussi bien ? » fit remarquer Yun tandis qu’il mangeait.

Tu as vraiment besoin de poser la question ? Forcément, c’est parce que vous êtes mes meilleurs amis ! Comme je ne pouvais vraiment pas dire ces mots, je ne pus que maintenir ma façade de « grand frère » et demandai : « Comment viens-tu de m’appeler ? »

« Grand frère… » La voix de Yun devint inaudible, puis il éclata de rire. « Grand frère est vraiment simple. Tout ça juste parce qu’on t’appelle “Grand frère” ? »

« Juste pour ça, tu ne penses pas que ça n’en vaut vraiment pas la peine ? » Jing me fixa avec… des émotions contradictoires se reflétant dans ses yeux ? Je dois me tromper. « Tu n’as pas peur que nous aider devienne tout simplement une perte de temps et que, après que tu nous ais aidés, nous pourrions très bien partir de notre côté et t’oublier ? »

Je répondis tout simplement : « Je ne fais pas de choses que je vais regretter. Une fois que j’ai décidé de faire quelque chose, je ne le regretterai pas. »

Jing et Yun n’ajoutèrent rien. Pourquoi est-ce que l’atmosphère est soudainement devenue lourde ? me demandai-je. J’ai dit quelque chose de mal ? Ah, oublions ça ; je vais juste manger mon youtiao

« Ah… » s’écria tout à coup Jing. Je me retournai, surpris, juste à temps pour voir Jing s’écraser contre le mur. J’aperçus le coupable du coin des yeux, et je bondis immédiatement pour pousser Yun sur le côté.

Un katana vola dans ma direction pour me poignarder dans le torse. Je me contorsionnai dans les airs et, dès que j’eus atterri sur le sol, je fis un salto arrière jusqu’à-ce que je sois retourné auprès de Jing et de Yun. Grimaçant de douleur, j’agrippai ma main gauche blessée, du sang s’écoulant entre mes doigts. Je n’osai pas sortir de potion de santé par contre, parce que je savais que dès que je bougerais pour le faire, la personne se tenant à ma diagonale avec le regard perçant et glacial – Himura Kenshin3 – en profiterait définitivement pour attaquer.

C’est exact ! Le monstre à ma diagonale avec ces cheveux roux, la cicatrice en forme de X, et cette tenue de rurouni est SANS CONTESTE le battousai4. C’est plutôt inattendu ; on dirait que l’Attaque du Dragon à Neuf Têtes, que j’ai plagié, a enfin rencontré son propriétaire. Il ne me poursuivra pas pour cause de plagiat, pas vrai ? Je fus assailli de sueurs froides.

Yun aida Jing à s’asseoir et hurla : «  Grand frère, c’est le roi des démons, sois prudent ! »

Quoi ? Le battousai est le roi des démons ? Ne me dîtes pas que la jeune fille démoniaque que j’ai tuée plus tôt était Kaoru5 ?

Hmm…. Oublions ça, même si je continuais, personne ne comprendrait de quoi je parle. L’important, pour l’instant, c’était que je pressentais fortement que le monstre devant moi s’avérerait un adversaire de taille. Vu comment il avait envoyé Jing valser sans que je ne l’aie senti approcher, et comment il était parvenu à substantiellement me blesser malgré le fait que je me déplaçais à ma vitesse maximale, il était clair que sa vitesse n’était certainement pas plus basse que la mienne… Et il pourrait même être plus rapide que moi, pensai-je avec un serrement au cœur, puisque la vitesse était mon plus grand atout.

L’atmosphère était extrêmement tendue, mais aucun signe ne laisse transparaître que le battousai avait l’intention de bouger. Au lieu de ça, il se tint là où il était, et nous nous fixâmes intensément du regard jusqu’à-ce que, enfin, il ouvre la bouche et dise : « Elfe, pourquoi as-tu pénétré mon territoire en sachant que tu n’étais pas la bienvenue à la Caverne des Démons ? »

Cela me demanda un certain effort pour masquer ma surprise. Il sait que je suis un elfe ? Est-ce que c’est un monstre avec une intelligence artificielle ? C’est, c’est la première fois que j’en rencontre un… Attendez une seconde ! Un monstre avec une intelligence artificielle ? Dans ce cas, ce doit être un boss au strict minimum… Je déglutis. Ça ne peut pas être ça, n’est-ce pas?

Si mes coéquipiers d’Odd Squad étaient là, je me serais probablement exclamé fièrement : « Ramène-toi, espèce de monstre avec un cerveau ! » La réalité est cruelle, pourtant, et je n’étais même pas accompagné d’un guérisseur, alors ma fierté se transforma immédiatement en mauvaise humeur. Gaaaah,  je suis tellement énervé ! Pourquoi je suis si malchanceux ces derniers temps, à un point tel que même quand j’essaie seulement de gagner de l’argent, je me retrouve à croiser le chemin d’un boss qui possède une intelligence artificielle ?

« Elfe, pour quelle raison es-tu venu ici exactement ? » Le battousai me dévisagea soudainement avec curiosité. « Les elfes apparaissent rarement sur le Continent de l’Est ; c’est en fait la première fois que j’en vois un. »

C’est donc pour ça qu’il ne m’a pas tué sur-le-champ, devinai-je.

Jing et Yun réagirent enfin, en s’exclamant : « Grand frère ? Un elfe ? »

« Je suis venu t’emprunter quelque chose. » Je me forçai à le dire. Après tout, les chances de le vaincre au combat et les chances d’emprunter un ruban étaient à peu près les mêmes… à savoir, pratiquement inexistantes.

« Le ruban ? » Le battousai pointa le ruban avec lequel il avait attaché ses cheveux en souriant. « Plusieurs personnes se sont battues contre moi pour ce ruban déguenillé. Quelle utilité a-t-il ? »

Tu veux dire que plusieurs personnes ont échoué ? À quel point ce monstre à intelligence artificielle est-il fort au juste ? pensai-je. Mes mains et mes jambes se ramollirent. « Euh, quelqu’un m’a demandé de l’obtenir. »

« Qui ? » Il y avait enfin une expression sérieuse sur le visage du battousai.

Comment je le saurais ? « Euuuh, c’est, son nom est Kaoru ! » inventai-je.

« Kaoru ? » Le battousai eut l’air stupéfait. « C’est elle ? Je vois. »

…Il est sérieux ? Qu’est-ce qu’il se passe ? J’étais en quelque sorte bouche-bée. Je ne peux quand même pas être chanceux à ce point. Alors, cette quête ne nécessite pas que nous vainquions ce monstre à intelligence artificielle ? Se pourrait-il que le concepteur du jeu soit en fait un fan très loyal de Kenshin le Vagabond, comme moi ?

« Dis-moi, Kaoru a-t-elle dit quelque chose ? » Le battousai me regarda posément.

Dit quoi ? Il y a une quête qui précède celle-ci ? Oh merde, pensai-je désespérément. Je vais juste dire quelque chose au hasard ! « Elle m’a dit de te dire… de te dire qu’elle t’attendra toujours. »

Sa mine se rembrunit. « Cette idiote », dit-il, et il défit son ruban.

« Dis-lui de ne pas m’attendre, puisque je ne peux plus retourner en arrière. » Avec un sourire mélancolique sur son visage, il me tendit le ruban, tandis que je le contemplais avec les yeux grands-ouverts, et avec une expression qui voulait dire « je-n’arrive-pas-à-croire-ma-chance ».

Je baissai la tête et observai le vieux ruban taché de sang dans ma main, puis regardai Kenshin, dont l’expression reflétait la souffrance, comme si quelque chose s’était brisé à l’intérieur de lui. Les mots « intelligence artificielle » disparurent de mon esprit et, soudainement, tout ce que je vis fut un épéiste délaissé qui était emprisonné dans ce lieu et dans l’incapacité d’être réuni avec sa bien-aimée, et qui se trouvait aussi être mon personnage préféré, Kenshin. Alors, je m’enquis : « Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu ne peux pas retourner en arrière ? Pourquoi restes-tu ici en tant que roi des démons et ne retournes-tu pas aux côtés de Kaoru ? »

Kenshin me fixa pendant un long moment, puis soupira.  « Tu n’as pas besoin de le savoir. Rapporte simplement mon message à Kaoru. »

Il y avait encore des choses que je voulais demander, mais Kenshin s’élança vers l’arrière et disparut vite derrière le mur de la caverne.

Le cœur lourd, je me répétai dans ma tête, C’est juste un monstre à l’intelligence artificielle, c’est juste un monstre à l’intelligence artificielle… Tout de même, la culpabilité refusait de s’en aller, puisque son ruban à cheveux et son message n’atteindraient jamais Kaoru, et que j’en serais le responsable.

Juste à ce moment-là. Yun aida Jing à se remettre debout et déclara : « C’est génial, Grand Frère ! Alors, c’est comme ça que la quête est supposée être accomplie. Maintenant, nous pouvons rentrer et récupérer notre récompense. »

« Non, je veux trouver Kaoru », contestai-je, en serrant le ruban très fort comme je prenais ma décision. Je ne le regretterai pas.

« Mais, Grand frère… » Jing pâlit.

Je levai une main. Il n’y a pas matière à discussion, parce que je sais que si je ne le fais pas, je vais le regretter toute ma vie, tandis que si je le fais, quel que soit le résultat, je n’aurai aucun regrets.

Jing et Yun devinrent silencieux et, au bout du compte, Yun dit : « Très bien, puisque Grand frère l’a décidé, nous allons chercher Kaoru tous ensemble. »

Je hochai la tête et donnai le ruban à Yun. Après ça, nous marchâmes tous les trois silencieusement, et je ne pouvais pas m’empêcher de penser au comportement de Kenshin un peu plus tôt. Est-ce que les monstres à l’intelligence artificielle éprouvent des sentiments ? C’est impossible, non ? Je secouai la tête, me sentant un peu idiot… Dans ce cas, qu’en est-il de Meatbun ? Je caressai mon sac d’un air absent pendant que je pensais, Est-ce que Meatbun éprouve des sentiments ? Elle m’appelle « Maman », pleure quand je disparais, et semble ravie quand je la câline. Est-ce qu’elle n’a pas de sentiments ? Je ne pouvais pas, ne parvenais pas à m’amener à affirmer qu’elle n’en avait pas.

« Grand frère, vite, regarde, il y a quelque chose en bas ! » s’exclama Yun, qui était agenouillé devant moi, au bord d’un ravin.

Perplexe, je marchai jusqu’à l’endroit où il se trouvait et m’efforçai de voir par-dessus le bord du ravin. « C’est juste complètement noir ? »

Je sentis quelqu’un m’agripper et regardai vers le bas avec confusion, seulement pour apercevoir Yun en train de tenir mes chevilles. Avant que j’aie pu lui demander ce qu’il faisait, je ressentis un coup très fort me pousser dans le dos. Avec Yun qui s’accrochait à mes chevilles, je ne pus rien faire d’autre que tomber vers l’avant, les deux jambes en l’air… Finalement, comme je commençais à tomber, je réussis à me retourner, et vis les émotions contradictoires dans les yeux de Jing et de Yun.

 

 

Yun ferma les yeux pendant qu’il murmurait : « Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu n’as pas voulu réclamer la récompense, Grand frère ? Pourquoi a-t-il fallu que tu me donnes le ruban ? Pourquoi est-ce que tu nous as fait autant confiance ? »

« Cette fois, Grand frère va surement le regretter ! » affirma Jing avec un sourire douloureux.

 

 

Mon esprit était vide tandis que je tombais, mais une pensée s’insinua lentement dans ma tête : Cette falaise est vraiment haute, alors je devrais mourir instantanément, et ne pas finir étendu sur le sol à moitié mort.

SMACK !

Mon corps désarticulé frappa la surface de l’eau. Bordel… Ça fait mal, songeai-je, mon visage se contorsionnant de douleur. Je grimaçai et avalai par inadvertance plusieurs gorgées d’eau glacée. C’était si froid que je commençai à grelotter, mais je mis le froid de côté et essayai de nager jusqu’à la surface, uniquement pour découvrir que ma cape détrempée m’alourdissait. Avec grande difficulté, je me libérai de la cape et me débattis pour rester à la surface, mais ma vision se troublait progressivement. Ouuiiin, dire que j’expérimenterais tellement de façons différentes  de mourir en jouant à un jeu…

Soudain, juste à l’instant où j’étais sur le point de mourir, je découvris que quelqu’un m’avait attrapé par la taille et me tirait vers le haut. Est-ce que Jing et Yun sont venus me sauver ? Est-ce que c’est ça ?

J’ouvris les yeux sur-le-champ et fixai stupidement du regard un homme qui… m’embrassait ? Après m’être figé pendant quelques secondes, je m’empressai de le repousser.

« Kenshin !? » J’étais surpris de voir que la personne en face de moi était Kenshin, que je venais tout juste de quitter.

« Tu te sens mieux ? » Bien que ce fussent des paroles d’inquiétude, la voix de Kenshin était sans émotion tandis qu’il parlait…

Je m’enquis, ahuri : « Tu me faisais le bouche à bouche ? »

« Oui. »

Je penchai ma tête sur le côté et pensai, Ça ne peut pas compter comme mon premier baiser dans ce cas… Non, attendez, mon premier baiser a déjà été donné à ma cousine, Ouiiiin ! Bon sang, mon premier baiser a été donné à ma cousine, et me second baiser a été donné à un PNJ ? Soupir ! Mes baisers ont tous été des rencontres désastreuses…

« Tu as été trahi par tes compagnons ? »  Kenshin se remit sur ses pieds.

« On dirait bien », répondis-je, le cœur serré. Je ne m’attendais pas à ce que Jing et Yun me fassent du mal. Ils ne savaient pas que c’était moi, mais quand même, ce n’est pas bien de faire du mal aux autres ! Même si je peux comprendre leur désir de se rendre au Continent Central plus rapidement….

« Tu le regrettes alors ; tu regrettes de leur avoir fait confiance. » L’air dans le regard de Kenshin était incomparablement glacial.

Je me levai à mon tour et me grattai le visage. « Non, je ne le regrette pas. Quoi qu’il en soit, je les aurais aidés. C’est une bonne chose qu’ils ignorent mon nom et mon apparence. De cette manière, la prochaine fois que nous nous rencontrerons, au moins ils ne se sentiront pas coupables. Laisser la personne connue sous le titre de “Grand frère” disparaître ainsi n’est peut-être pas une mauvaise fin. »

Kenshin me regarda dans les yeux, et poussa finalement un soupir. « Je ne comprends pas à quoi tu penses. »

« Hmmm, c’est plutôt compliqué. »

« J’ai besoin que tu rencontres quelqu’un », annonça Kenshin, se sentant clairement déchiré à propos de quelque chose.

« Oh ? Pourquoi ? » Je pensai avec curiosité, Qui ça pourrait bien être ? Ça ne peut pas être Kaoru, pas vrai ?

« C’est une quête. Une quête secrète », répondit Kenshin, en me regardant avec douleur. « Et je ne peux pas aller à son encontre. »

Je fixai Kenshin avec stupéfaction. Surement, ce n’est pas quelque chose qu’un PNJ devrait dire ? Je déglutis. Ne me dîtes pas… ne me dîtes pas qu’il a réellement développé des sentiments ? Je laissai échapper : « Tu es un PNJ ou pas ? »

« Je suis un PNJ… Je crois ? » Kenshin me regarda, et ses yeux affichaient à la fois la douleur et l’incertitude.

*Sueur* Peut être que ce n’est plus le cas ; peut-être qu’il a vraiment développé des sentiments et une conscience de soi. Je n’ai jamais vu un PNJ révéler une telle souffrance ou agonie dans ses expressions. « Tu possèdes ta propre volonté alors ? »

Il y eut un instant de silence, et ensuite Kenshin répondit de façon impassible : « Je ne sais pas. C’est juste que, un jour, pendant que je combattais un joueur, j’ai soudainement sentis que quelque chose était très étrange. J’ignorais ce que je faisais, mais je sentais que je devrais être en train de chercher quelqu’un, de chercher Kaoru… Mais d’après les conversations entre les joueurs, j’ai graduellement compris que les choses n’étaient pas comme je le pensais. Je suis un PNJ, et ça m’a pris un très long moment pour comprendre ce que “PNJ” signifiait. Depuis ce jour, je ne sais plus ce que je suis. »

« Tu es Kenshin », affirmai-je. « Tu souhaites vraiment retrouver Kaoru ? Nous pouvons peut-être aller la chercher ensemble ? »

« Je sais déjà que je ne trouverai que la tombe de Kaoru. C’est ainsi que le script a été écrit. Je ne serai jamais capable de la voir », répondit Kenshin avec un sourire douloureux.

« Et après, si je parviens bel et bien à la revoir ? Est-ce que quelque chose s’est vraiment produit entre nous ? Avons-nous vraiment vécu ensemble avant ? Après, le Démoniaque Dieu des Ténèbres m’a provoqué en duel, et je fus emprisonné ici après ma défaite, pendant que Kaoru fut piégée dans le Village de Neige, de façon telle à ce que nous ne pouvons plus nous revoir. À l’origine, mon plus grand souhait était de revoir Kaoru, mais par la suite j’ai lentement réalisé que tout n’était qu’un mensonge. »

Un mensonge ? Je ne l’avais jamais vu de cette façon, jamais réalisé que l’arrangement que nous, les humains, imposions aux PNJs pouvait être aussi cruel.

« Néanmoins, je dois  me plier à la quête secrète du système et t’amener voir cette personne. Toutefois, j’espère…j’espère que tu ne lui feras aucun mal. Peux-tu faire ça, elfe ? » Kenshin me fixa presque d’un air suppliant.

Je lui adressai un sourire brillant. « Appelle-moi Prince. Ne t’inquiète pas, l’ami de Kenshin est mon ami. »

« Alors, quel est son nom ? » questionnai-je tandis que j’observais le tunnel d’un blanc pur avec curiosité. D’après l’impression que Kenshin m’avait donné, je m’étais attendu à ce que nous marchions jusqu’au palais d’un dragon ou jusqu’au sanctuaire d’un être immortel et divin…

« Il s’appelait à l’origine Lantis Ilanyushenlin, mais il veut que je l’appelle Sunshine », me répondit Kenshin pendant qu’il me montrait le chemin.

Lantis Ilanyushenlin ? Quel concepteur de jeu attardé a trouvé un nom aussi attardé que celui-là ? Je paris qu’il a choisi des lettres de l’alphabet et les a assemblées au hasard pour former un nom. « Sunshine sonne beaucoup mieux. Est-ce que cette personne est un homme ? »

« La majeur partie de lui l’est. »

Hein ? Dans ce cas, qu’en est-il de la partie restante ?

« Nous sommes arrivés. » Kenshin se retourna abruptement, et je remarquai soudainement que, devant moi, se dressait une porte d’un blanc pure orné d’un rubis au centre. Combien de billets de bateau peuvent être achetés avec ce rubis, ça je me demande ? pensai-je, en bavant secrètement et en résistant à l’impulsion de grimper et d’essayer de l’arracher d’un coup sec.

« J’espère que tu ne le blesseras pas. Malgré le fait que la quête requiert que tu le combattes, tu n’as pas besoin d’attaquer puisque Sunshine n’est plus contrôlé par celle-ci. »

« Oh, je comprends », dis-je en hochant la tête tandis que je pensais joyeusement, C’est une bonne chose que je n’aie pas besoin de me battre. Je ne peux même pas vaincre Kenshin, encore moins réussir cette quête effroyablement difficile. (En dehors d’être au courant pour Kenshin et Kaoru et de répondre à la question de Kenshin correctement, on doit aussi n’avoir rien de mieux à faire que de tomber du haut d’un ravin. Si cette quête n’est pas dingue, dans ce cas qu’est-ce qui l’est ?)

À ce stade, je ne m’étais pas le moins du monde rendu compte à quel point le fait qu’un PNJ  ne soit pas contrôlé par les paramètres de la quête pouvait avoir de graves implications.

Kenshin ouvrit la gigantesque porte, et un doux rayon de lumière dorée brilla à travers l’ouverture de l’entrée. Tandis que je levais une main pour protéger mes yeux de la lumière, je pensais avoir vu une silhouette à l’intérieur. Je suivis Kenshin jusque dans la pièce.

« Sunshine, voici Prince, l’elfe qui a découvert la quête secrète », présenta Kenshin, ses lèvres se courbant en un sourire.

« Oh ? Vraiment ? » La silhouette humaine, qui se prélassait originellement sur un divan, s’approcha de moi.

Je commençai graduellement à percevoir les détails de la silhouette de l’humain et je reçu promptement un choc. Un elfe noir ? Sa peau était aussi sombre que celle d’un elfe noir, mais, au lieu des cheveux argentés, il possédait de longs cheveux violets-argentés, qu’il avait attachés en queue de cheval. Il avait une paire d’yeux verts émeraude, et il portait une tenue en deux pièces. Sur le bas de son corps, il portait une jupe qui descendait jusqu’au plancher, et il n’avait pas de souliers aux pieds, qui étaient seulement enrobés de morceaux de tissu.

Je poussai un petit cri de surprise. C’est une blague ? Kenshin n’avait-il pas dit qu’il y avait très peu d’elfes sur le Continent de l’Est ? Pourquoi est-ce qu’un elfe noir fait partie de la quête secrète alors ? Hmmm. Je réfléchis, puis je réalisai soudainement que ses oreilles étaient exactement comme celles d’un humain ordinaire. Mais, qu’est-ce qu’il se passe ici ?

« Bonjour, Prince. Je m’appelle Sunshine », se présenta Sunshine, et il s’inclina élégamment.

Je le fixai, en fronçant les sourcils, essayant de deviner à quoi pensait le concepteur du jeu… Un prince arabe ? réalisai-je soudainement. Est-ce que cette tenue et cette couleur de peau ne sont pas d’origine arabe ? C’est donc ça, le concepteur de jeu avait essayé de créer un design arabe. Un éclair de compréhension me foudroya. Ce n’est pas un elfe noir, c’est UN ARABE.

« Prince ? » Sunshine me scrutait avec curiosité.

Je sortis de ma transe et saluai joyeusement mon nouvel ami. C’était la première fois que je rencontrais un Arabe, même si c’était seulement un PNJ. « Bonjour, je suis ravi de te rencontrer, Sunshine. »

Un faible sourire apparut sur les visages de Sunshine et de Kenshin, et Sunshine commença à me poser des questions sur le monde extérieur avec impatience.

Comme je ne connaissais pas très bien le Continent de l’Est, je ne pus que leur raconter comment j’y étais arrivé, puis j’entrepris de leur décrire tout ce que je savais du Continent Central, en y incluant mes camarades bien-aimés d’Odd Squad et notre Cité de l’Infini dont-je-n’étais-pas-sûre-qu’elle-soit-achevée.

« J’ai très envie de visiter le Continent Central », annonça Sunshine avec un léger froncement de sourcil. « Je voudrais aller voir le monde extérieur, pour apercevoir un vrai rayon de soleil. »

Rayon de soleil ? Je vois, c’est pour ça que tu t’es donné le nom de Sunshine ? Parce que tu aspires à apercevoir un vrai rayon de soleil… ? Je me décidai. « Vous pouvez venir avec moi et m’accompagner jusqu’au Continent Central. Je ne révélerai pas vos identités, et vous pourrez simplement prétendre que vous êtes des joueurs normaux. Ça ne devrait poser aucun problème. »

« Sérieusement ? Tu serais d’accord pour nous emmener avec toi ? » Un sourire naquit sur le visage de Sunshine.

« Ouaip. » Je souris également, mais juste à ce moment-là, je songeai à quelque chose. « Mais, même sans mon aide, vous pouvez partir, non ? Pourquoi est-ce que vous ne l’avez pas fait ? »

Kenshin afficha un sourire amer. « C’est inutile, j’ai déjà essayé. Si la quête secrète n’a pas été déclenchée, dans ce cas, dès que je tente de quitter la Caverne du Démon, le système me téléporte et me renvoie ici par la force. Sunshine ne peut même pas mettre le pied hors de ce palais. »

« Est-ce que tu peux sortir d’ici à présent ? »

« Non », répondit Sunshine, ses sourcils se fronçant, et il soupira. « Tu dois d’abord accomplir la demande de Kenshin. »

Je me tournai pour regarder Kenshin. « Ta demande ? Tu as vraiment beaucoup de demandes. »

« C’est parce que c’est ainsi que le système l’a conçu… » répondit Kenshin avec fatigue. « La quête secrète fonctionne de cette façon. Tu dois d’abord me dire le nom de la personne qui t’a confié cette quête – celui de Kaoru – avant que je puisse te donner le ruban à cheveux. Après l’avoir reçu, tu ne dois pas la ramener à la Guilde des Aventuriers, mais à la place, l’apporter à Kaoru qui est à l’article de la mort. Kaoru te suppliera de m’amener à elle, et tu devras revenir à la Caverne du Démon pour m’informer que cette dernière est mourante.

Je vais alors partir avec toi à sa recherche mais, après avoir vu sa tombe, tu vas m’accompagner pour trouver mon ennemi et m’aider à obtenir ma revanche. Une fois tout ça accompli, je vais devenir ton animal de compagnie humain. »

C’est donc ainsi qu’il en était ? Mais, vraiment, combien de personne saurait que c’est la méthode pour obtenir le ruban ? En plus, après l’avoir obtenu, ils devraient abandonner l’énorme récompense pour, au lieu de ça, donner le ruban, qui a été si difficile à obtenir, à un autre PNJ ? De plus, ils devraient même accepter d’emmener Kenshin voir Kaoru, et plus ridicule encore, ils devraient aider un PNJ à se venger ? De la sueur froide coula sur mon front comme j’offrais silencieusement mes respects aux ancêtres de qui-que-soit le concepteur du jeu qui avait décidé les règles de cette quête démentielle. « Pas étonnant que personne n’ait complété cette quête auparavant. »

« Oui, et la quête de Sunshine est encore plus difficile », continua Kenshin, sans émotion. « Après m’avoir obtenu, tu dois tomber du haut de cette falaise. Je vais alors te sauver et te ramener pour rencontrer Sunshine, après quoi, tu dois dire son nom complet ou il va t’attaquer et te tuer. Dans un tel cas, tu ne pourrais jamais retenter cette quête. »

« Lantis Ilanyushenlin ? Même si je devais continuer à deviner jusqu’à-ce que l’Armageddon arrive, je ne découvrirais jamais ce nom », déclarai-je faiblement.

« Tu dois compléter une autre quête, et c’est à ce moment-là que tu découvrirais mon nom par hasard. Je pense qu’il est gravé sur une dalle de pierre contenant une prophétie, à la cime de la plus haute montagne du monde, le Sommet d’Azur. » Une lueur traversa les yeux de Sunshine, et il y eut une note d’insatisfaction dans sa voix lorsqu’il dit : « Mais, je n’aime pas ce nom. »

« Cette quête n’a pas été créée pour être terminée ou quoi ? Je veux dire, par exactement combien de coïncidences est-ce qu’il faudrait passer afin de la réaliser ? » Je soupçonnais fortement que si ce n’avait pas été du fait que Kenshin et Sunshine avaient développé une conscience humaine, personne n’aurait été capable d’accomplir cette quête jusqu’au jour où Second Life aurait fermé ses portes.

Kenshin grimaça légèrement. « Je crois qu’ils n’ont jamais eu l’intention de laisser qui que ce soit la compléter. Jusqu’à aujourd’hui, aucun joueur n’est parvenu à me vaincre. Si je devenais l’animal de compagnie humain de quelqu’un, j’aurais surement beaucoup de valeur. »

C-c’est vrai, pensai-je, en déglutissant. Si j’avais Kenshin à mes côtés, je n’aurais rien à craindre. Même Lolidragon ne pourrait plus me harceler. « Et toi, Sunshine ? Est-ce que tu deviendrais un animal de compagnie humain, toi aussi ? »

Sunshine continua de sourire avec charme. « Oui, en effet. Une fois que tu auras terminé la quête, je serai en mesure de quitter cet endroit. »

« Youpiiiiiiiiii ! Non seulement je me suis fait des amis, mais ce sont des amis super puissants en plus ! » Je bondissais presque de joie dans la pièce.

« Des amis ? » Kenshin et Sunshine sourirent. Ils avaient choisi la bonne personne après tout.

« Tu dois terminer toutes les missions, par contre, ou tu éveilleras les soupçons du système », affirma Kenshin en  interrompant mes cris de victoire.

« Ne t’inquiète pas. Avec toi à mes côtés, comment est-ce que je pourrais échouer à finir la quête ? » répliquai-je, sans une once de peur.

Kenshin prit en main les rênes de la discussion et continua à expliquer ce que nous devions faire. « Dans ce cas, allons trouver la tombe de Kaoru en premier. Elle devrait se situer au Village de Neige, qui se trouve dans la zone la plus éloignée au nord. Après ça, nous irons à la recherche du Démoniaque Dieu des Ténèbres pour nous venger, puis nous recevrons la quête des prophètes qui se sont dispersés dans le pays. Chaque prophète nous donnera un fragment de carte. Après les avoir assemblés, nous nous rendrons à la plus haute montagne du monde, le Sommet d’Azur, et obtiendrons la Pierre de Prophétie, pour ensuite la rendre aux prophètes. Les prophètes nous offriront alors cette prophétie : Le démon attend sa bien-aimée ; sa bien-aimée aussi l’attend avec douleur. Seul dans les endroits les plus silencieux et les plus profonds l’espoir peut-il être trouvé. »

« C’est quoi cette prophétie bizarre… ? » me demandai-je, Qui que soit celui qui obtient cette prophétie va probablement vomir du sang, pas vrai ? Après avoir escaladé une grande montagne avec tant de difficulté, pour en fin de compte seulement obtenir une prophétie bizarre…

Sunshine expliqua : « Elle donne essentiellement comme indice le fait que tu doives d’abord accomplir la demande du roi des démons – celle de Kenshin – et ensuite sauter du haut d’une falaise ; tu peux me rencontrer seulement à ce moment-là.

Si quelqu’un arrive en fait à deviner ça, il ferait aussi bien d’aller s’acheter un billet de loterie. Il gagnerait définitivement le gros lot ! pensai-je, et le coin de ma bouche se mit à tiquer.

« Très bien, ça n’a pas l’air trop dur. Je vais emmener Kenshin chercher Kaoru. Attends-toi à de bonnes nouvelles, Sunshine ! » assurai-je à Sunshine, confiant, en songeant, Avec Kenshin dans les alentours, qu’est-ce qu’il a de si effrayant ce Démoniaque Dieu des Ténèbres ? Tout ce que j’ai à faire c’est partir à la recherche de quelques personnes, escalader une montagne, et ensuite je vais gagner Kenshin et Sunshine comme compagnons. Avec autant à gagner, je serais un idiot de ne pas le faire.

« Bien. J’attendrai votre retour », répondit Sunshine, en me fixant avec confiance.

Mon désir de me battre s’enflammant à l’instant, j’attrapai Kenshin et annonçai : « Allons-y, Kenshin. Allons vite terminer cette quête, ensuite nous pourrons revenir récupérer Sunshine, et par la suite rentrer au Continent Central. »

J’adressai à Sunshine de grands signes de la main et sortis en passant par la gigantesque porte blanche, traînant Kenshin derrière moi.

« Bonne chance, Prince. Qu’Allah te bénisse », déclara Sunshine tandis que nous partions.

Toujours en train de traîner Kenshin, nous retournâmes à la Caverne du Démon. Avec Kenshin dans les alentours, sortir était une promenade de santé. Je regardai le ciel, que je n’avais pas vu depuis un bon moment, et m’étirai confortablement. Quand j’eus fini de m’étirer, je découvris que Kenshin observait les environs avec une expression béate. Je ne pus m’empêcher de ricaner, comme c’était si rare de le voir avec un air aussi ahuri, et Kenshin reprit immédiatement contenance, bien qu’il semblât encore légèrement embarrassé.

Je me rappelai soudainement quelque chose. « Au fait, tu ne devrais probablement pas te balader habillé comme ça, vu que beaucoup de gens pourraient remarquer que tu ressembles énormément au battousai ! » Quoique ce ne soit pas tout le monde qui aime lire d’anciennes BD comme moi, hmmm… sauf ce concepteur de jeux qui s’ennuie à mourir visiblement.

« Ah oui ? Ce ne serait pas mieux de simplement leur dire que je suis ton animal de compagnie ? » répondit Kenshin avec indifférence.

Je le regardai d’un air mécontent. « Mais, tu n’es pas mon animal de compagnie. Tu es mon ami. »

Kenshin me rendit mon regard. Malgré le fait qu’il n’y avait toujours pas d’expression sur son visage, je pouvais percevoir l’amusement dans ses yeux. « Que devrions-nous faire alors ? »

« Attends une minute », l’arrêtai-je. J’agrippai mon sac et me mis à fouiller dedans. Enfin, je sortis mon équipement de débutant, que j’avais gardé en guise de souvenirs. C’est une bonne chose que je ne l’aie pas vendu, pensai-je. « Enfile ça ! Et détache tes cheveux ; de cette manière tu ne ressembleras plus autant au battousai. »

Kenshin me prit les vêtements des mains et commença à retirer sa tenue de rurouni juste là… Euuuh, est-ce que je devrais me détourner ? Mon regard se déplaça à la verticale. Je jetais parfois des regards curieux ici et là, mais… Je le jure, à part ses épaules pas-si-larges, ses bras maigres, son six-pack, et ses deux longues jambes, je n’ai vraiment rien vu !

Quand je vis qu’il avait terminé de se changer… Je veux dire, après que Kenshin m’eut dit qu’il avait fini de se changer, je déchirai un pan de ses vieux vêtements et le nouai autour de son front comme un bandeau.

Très bien, songeai-je tandis que je l’observais avec satisfaction. Après avoir revêtu la tenue de débutant, il a l’air d’un adolescent. De cette manière, il ne semble pas différent des autres joueurs. En fait, il ressemble à un nouveau joueur.

« Dis, je peux continuer à t’appeler Kenshin ?  Je ne crois pas que ce soit un problème. »

« Mm. »

« Allons-y, alors. On ne voudrait pas faire attendre Sunshine trop longtemps. » Nous voilà donc en route pour trouver la tombe de Kaoru. Évidemment, je n’avais pas oublié de mettre mon masque d’opéra.

« Maintenant que j’y pense, le Village de Neige doit être un endroit très froid. N’est-ce pas ? » demandai-je avec inquiétude.

« Je ne sais pas. Je ne suis jamais allé là-bas », déclara simplement Kenshin.

« Est-ce que tu as peur du froid ? » J’étais curieux.

« Je l’ignore. Probablement pas », répondit Kenshin, en levant un de ses sourcils, comme s’il pensait qu’il ne pouvait pas craindre le froid.

 

Notes de bas de page

Quête de niveau B : La Guilde des Aventuriers offre aux joueurs toutes sortes de quêtes à compléter. Les récompenses varient d’une mission à l’autre, tout dépendamment du niveau de difficulté. Du plus haut niveau au moins élevé, les difficultés des niveaux pour les quêtes sont : X, S, A, B, C, D, E, F, et G.

Shaobing youtiao : Un shaobing youtiao est une combinaison de deux types de nourriture alliant les casse-croûtes et le petit-déjeuner. Un Shaobing est un pain plat cuit au four, souvent recouvert de graines de sésame, qui peut contenir une variété de garnitures fourrées (ou pas du tout). Un youtiao est, comme mentionné auparavant dans le chapitre 4 du tome 1, une pâte frite faite sur le long et moelleuse à l’intérieur. Un shaobing youtiao est essentiellement un shaobing qui contient une garniture fourrée de youtiao. Il ressemble parfois à un sandwich, alors que d’autres fois il ressemble plus à un chausson.

Himura Kenshin : Le protagoniste en titre du manga Rurouni Kenshin (Kenshin le Vagabond). Voir Wikipedia pour plus de détails.

Battousai : D’après wikipedia, ce titre a été donné à Kenshin en reconnaissance de son habileté en tant que pratiquant du Hiten Mitsurugi-Ryuu, qui utilise des techniques rapides surhumaines de type battoujutsu (dégainer l’épée). Ce titre signifie littéralement « Maître dans l’art de dégainer l’épée ».

Kaoru : Elle était l’amie de Kenshin dans Kenshin Le Vagabond.

1/2 Prince T3C4 : Jing et Yun

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 3 – Les Chroniques d’un Prince Vagabond

Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 4: Jing and Yun – Traduit du chinois vers l’anglais par Eilinel[PR!]
Chapitre 4 : Jing et Yun  – Traduit de l’anglais vers le français par Nocta
+ Travail de vérification par Yukomin

Dès que j’ouvris les yeux, je ne pus m’empêcher de m’exclamer avec admiration : « Comme le ciel est bleu ! »

Je restai paresseusement allongé pendant un moment, m’émerveillant devant l’étendue de ciel azur que j’avais sous les yeux. Quand je me mis enfin debout avec une certaine réticence, j’observai avec curiosité mes alentours et mordis mon index, perplexe. « Où diable est-ce que je me trouve ? »

Ouah, il y a même des mouettes ici ! Agréablement surpris, je les suivis du regard alors qu’une volée entière de mouettes passait devant moi… Hein ? Est-ce que c’est une voile ? Je n’en ai jamais vu une aussi grande auparavant… Cette chose sous mes pieds, est-ce que c’est ce qui est appelé un « pont » ?

Hébété, je marchai jusqu’à la rampe du navire et contemplai l’horizon.

Que cet océan est bleu, et il y a même un vent marin au goût de sel qui souffle par ici. Oh oh, c’est tellement confortable, pensais-je, affichant pendant dix bonnes secondes un large sourire béat, puis une prise de conscience me frappa… Attendez un instant ! Je regardai à gauche puis à droite. Mon dieu ! C’est un océan bleu qui s’étend à perte de vue. Où est passée ma terre adorée ? Pourquoi je suis sur un bateau ? Vers où est-ce que je me dirige ?

Ne panique pas, ne panique pas ! J’essayai de me calmer. Il doit y avoir une certaine raison quant à ma présence ici.

Je tentai de me rappeler de ce qui s’était passé. Je me souviens que j’étais en train de boire avec Nan Gong Zui et Kong Kong ; l’alcool me brûlait alors qu’il descendait le long de ma gorge et il était très difficile à boire… et ensuite ? Je pris ma tête dans mes mains et réfléchis autant que je le pouvais, mais je ne parvenais simplement pas à me souvenir de quoi que ce soit. Mais qu’est-ce qui s’est passé exactement après ça ?

Soudainement, j’aperçu quelqu’un du coin de l’œil. Je me précipitai vers lui et le saisi par le bras. « Excusez-moi monsieur, mais pourriez-vous me dire quelle est la destination de ce bateau, s’il-vous-plaît ? » demandai-je avec inquiétude.

« Ce navire est l’Étoile de l’Océan, qui vogue du Continent Central jusqu’au Continent de l’Est. Tu ne le savais pas ? » L’homme, qui ressemblait à un marin, affichait une expression interrogative tout en me répondant.

Le Continent de l’Est ? Je le fixai avec un regard vide. « Le Continent de l’Est ? Depuis quand Second Life a autant de continents ? »

« …Il y a un total de cinq continents dans ce monde : le Continent de l’Est, le Continent du Sud, du Nord, de l’Ouest et le Continent Central. Ça devrait être de la culture générale ! » Le marin me fixa comme si j’étais fou.

C’est donc ça ? « Dans ce cas, d’où est-ce que je viens ? »

« À en juger par le cap de ce navire, tu es probablement originaire du Continent Central non ? »

Je me frottai l’arrière du crâne, souriant bêtement. « Vous avez probablement raison ! » m’exclamai-je.

« Comment je fais pour revenir sur le Continent Central ? » Bien que voyager à bord d’un navire soit une expérience assez intéressante, mes coéquipiers d’Odd Squad me passeront définitivement un savon si je ne me dépêche pas d’aller chercher la Team Rose. 

« Tu pourras prendre un autre navire pour rentrer quand on atteindra le Continent de l’Est. »

« Dans ce cas, combien de temps ça va prendre avant que nous atteignions le Contient Est ? »

« Probablement encore cinq jours ou quelque chose comme ça. Je ne peux pas continuer de discuter avec toi ; j’ai du travail à faire. » Le marin s’en alla, marmonnant pour lui-même : « quel type bizarre ; le prix du ticket d’embarquement est suffisamment cher, et pourtant il veut rentrer avant même d’avoir atteint le Continent de l’Est… »

Une seconde !

« Cinq jours, puis en incluant le voyage de retour, cela me prendra dix jours au total ? » J’ai envie de pleurer, ce sera un miracle si je ne me fais pas réprimander à mort cette fois.

Je soupirai. « J’imagine que, avant tout, je ferais aussi bien de prévenir mes coéquipiers. »

« Les gars, j’ai quelque chose à dire à tout le monde … » Pourquoi est-ce qu’ils ne me répondent pas ?

« Appel à Odd Squad, appel à Odd Squad… » Toujours aucune réponse de leur part ? C’est impossible ! Ne devrait-il pas y avoir ne serait-ce qu’une personne en ligne à cette heure ? Je commençai à paniquer, et de nouveau j’empoignai hâtivement le marin. « Monsieur, pourquoi est-ce que je ne peux pas contacter mes coéquipiers par le système de message ? »

Ayant été stoppé de force, le marin me demanda avec exaspération : « Où se trouvent tes coéquipiers ? »

« Sur le Continent Central », répondis-je docilement.

« Les joueurs sur différents continents ne peuvent pas utiliser le réseau de MP pour communiquer entre eux ; ceci inclut aussi bien le canal de l’équipe. Tant que tu seras en mer, tu ne peux envoyer de MP qu’aux autres joueurs qui sont aussi à bord du navire. »

Ma mâchoire se décrocha sous le choc. « Je suis dans la merde jusqu’au cou cette fois. »

Il n’y avait rien d’autre que je puisse faire, cependant, aussi je m’assis simplement à bord du navire, tendu. Au début, je pouvais toujours regarder le ciel bleu et l’océan, mais je devins presque fou d’ennui. Le marin m’a dit que c’est la saison morte en ce moment, avec très peu de joueurs prenant le bateau, sans parler de ceux qui mettent les voiles aux petites heures avant l’aube, donc je suis le seul joueur à bord de ce navire, aaaaaaah !

Je roulai en avant, en arrière, sur le côté… Je m’eeeeeennuuuuui ! Mon dieu ! Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire ? Même le marin PNJ est parti se cacher après que je l’aie autant ennuyé, en plus il n’y a personne avec qui parler. Je mis ma tête entre mes genoux plaintivement, mes yeux rougis par des larmes naissantes. « Ouuuin, Lolidragon, Grand frère Wolf, Gui, Doll et belle-sœur Yu Lian, vous me manquez tellement, ouuuiiiiin ! » Je ne réalisais que maintenant à quel point je me sentais seul lorsque les membres d’Odd Squad n’étaient pas dans les parages.

« Maman, pourquoi tu pleures-pleures ? » Une voix d’enfant s’éleva de mon sac.

Je me figeai pendant un instant, puis j’ouvris rapidement mon sac. « MEATBUUUUUN ! »

Je sortis Meatbun et la serrai étroitement dans mes bras, l’arrosant de baisers, de pincements et de câlins. « J’avais oublié que je t’ai toujours. »    

« Maman, Meatbun-bun a mal-mal ! » Ma main s’était déchaînée dans un carnage, pinçant Meatbun partout et faisant tourner au rouge la peau du dit pain. Juste comme avant, Meatbun – qui avait peur de la douleur – se mit à pleurer, avec des larmes méga-énormes dégoulinant de ses yeux.

Ah ! Merde. Je m’empressai de consoler Meatbun d’une manière chaleureuse. Ce n’était pas très efficace cependant, et Meatbun finit quand même par pleurer comme deux robinets ouverts à fond. Ah ! C’est vraiment mauvais, j’ai bien peur d’être sur le point de devenir le premier joueur qui aura découvert si les navires des PNJs peuvent ou non couler. Tenant Meatbun dans mes mains en coupe, je penchai ma tête sur le côté et songeai, Hum, la situation n’est probablement pas aussi grave que ce que je pensais. Au moins, je sais comment faire la nage du petit chien.

 

 

« Bien que notre suzerain soit en voyage d’affaire, la ville a quand même besoin d’être gérée, donc pour commencer nous allons juste assigner chaque personne à un poste. Si Prince n’est pas satisfait avec les agencements quand il reviendra, nous pourrons redistribuer les postes. » Ugly Wolf baissa les yeux pour regarder les joueurs qui se tenaient devant lui. Malgré le fait que nous ne sachions pas où Prince s’est enfui, en premier lieu nous devons quand même faire en sorte que tout le monde s’installe ici ! J’espère seulement que personne ne sera insatisfait de son poste. Il poussa un soupir à cette pensée. Vraiment, où diable Prince est-il passé ?

« Faisons ça, alors », dit calmement Nan Gong Zui.

« Comme je ne connais pas vos domaines d’expertises, je vais d’abord assigner leurs postes à ceux dont je connais les compétences. Chefs d’équipes, s’il-vous-plaît, prévenez-moi si j’ai oublié quelqu’un. » Ugly Wolf commença à énumérer les noms avec sérieux. « Nan Gong Zui, Broken Sword, Wicked et moi serons dans le Ministère de la Défense, Yu Lian dans le Ministère des Finances. Gui et Lolidragon seront dans le Ministère de l’Agencement Territorial et superviseront respectivement les plans de la ville et les infrastructures militaires : comme poser des pièges autour de la ville. Lolidragon servira également dans le Ministère des Affaires Étrangères avec Doll. »

Nan Gong Zui sourit légèrement. « Je pense que je ne peux que prendre en charge l’entraînement des troupes. D’habitude, je laisse la tâche de trouver les mesures militaires et les stratégies de guerre entre les mains de White Bird ; c’est une experte dans ce domaine. »

Madame White Bird souleva ses sourcils et fit remarquer : « Une personne qui peut mener les troupes au combat et une personne avec le talent de dresser des stratégies et commander les batailles de loin ne sont pas souvent une seule et même personne. Je suggère que le Ministère de la Défense soit encore divisé en deux départements, un en charge des stratégies et l’autre en charge du commandement des troupes ; c’est à dire, avoir deux positions différentes : conseiller militaire et général. Cela rendra les choses plus claires pour tout le monde. »

Ugly Wolf considéra la chose pendant un moment, puis il répondit : « Ce que tu as dit me parait censé ; nous ferons ainsi. Nan Gong Zui, Broken Sword et Wicked seront chacun l’un des trois Généraux, alors que Madame White Bird et moi prendrons respectivement les rôles de Conseiller de la Gauche et de la Droite. Y a-t-il d’autres questions concernant le Ministère de la Défense ? »

Voyant que personne n’avait d’autres opinions sur ce sujet, Ugly Wolf  poursuivit avec le sujet suivant. « Pour ce qui est du Ministère des Finances, je n’ai vraiment aucune idée de qui d’autre a de l’expérience dans ce domaine à part Yu Lian de mon équipe, aussi puis-je vous demander si d’autres équipes ont des experts sur ce terrain ? »

« Mon équipe recommande Rose », annonça Broken Sword, et tout le monde dans la Team Rose sourit à Rose alors qu’il ajoutait : « Rose n’est pas une experte ordinaire dans ce domaine ; elle est pratiquement la déesse de la gestion des finances ! »

« Je souhaiterais rejoindre le Ministère des Finances. Je ne suis pas non plus une experte ordinaire quand il s’agit de superviser l’argent », déclara Ice Phoenix avec un sourire confiant alors que les membres des Lames Vertueuses hochaient frénétiquement leurs têtes pour montrer leur accord.

Ugly Wolf hocha sa tête joyeusement. « C’est très bien, Yu Lian n’aura pas à gérer tout seule le Ministère de Finance dans ce cas. »

« Ensuite, à part Gui et Lolidragon qui ont été assignés au Ministère de l’Agencement Territorial, j’espère que tous les voleurs pourront aider Lolidragon à installer les pièges. Après tout, cette ville est simplement trop grande, et il sera impossible de ne dépendre que de Lolidragon pour cela. » Ugly Wolf regarda les voleurs qui étaient présents, et Playboy Lord et Kong Kong acquiescèrent tous les deux.

« Y a-t-il quelqu’un ici qui s’y connaisse en urbanisme ou en supervision du processus de construction ? » demanda Ugly Wolf en fronçant les sourcils.

Fairsky fit la moue pendant un instant puis répondit à contrecœur : « Je m’y connais, mais je ne veux pas travailler avec lui. » Elle lança un regard féroce à Gui.

« Tu ne devrais pas mélanger tes affaires privées avec le travail, Fairsky », réprimanda sévèrement Broken Sword.

« Je suis désolée », répondit Fairsky avec une expression coupable. « Dans ce cas, je vais me joindre au département d’urbanisme et faire de mon mieux pour aider Gui. »

« Alors tout ce qu’il reste c’est le Ministère des Affaires Étrangères. Y a-t-il quelqu’un qui veuille aider Doll et Lolidragon ? » demanda Ugly Wolf.

Lolidragon dit avec un sourire : « Je recommande Heartless Wind. »

Heartless Wind rétorqua : « Pff. Pourquoi est-ce que je devrais me joindre au Ministère des Affaires Étrangères ? Surtout si tu en fais partie. »

« Oh, est-ce possible que le grand héros Heartless Wind soit incapable de faire la distinction entre ses affaires privées et son travail ? A-t-il l’intention de gâcher ses compétences de langage et de laisser de la moisissure pousser dessus à la place ? » demanda Lolidragon de façon caustique. « Ou a-t-il peur que ses prouesses ne perdent face aux miennes, et a-t-il ainsi décidé qu’il ferait aussi bien de ne pas rejoindre le Ministère ? »

Heartless Wind grinça des dents avec haine. « Moi ? Perdre contre toi ? Je vais plus que certainement rejoindre le Ministère des Affaires Étrangères, et alors tu pourras voir par toi-même qui est le vrai expert en diplomatie ».

Ce tour-ci, la victoire revient à Lolidragon ! pensèrent toutes les personnes présentes.

« Dans ce cas, nous suivrons ces placements pour le moment ! » Ugly Wolf termina la charte du personnel avec satisfaction. « Ensuite, nous devons de parler de la question des Lames Vertueuses. Bien que la ville soit actuellement protégée par les administrateurs du jeu, nous devrons très bientôt endosser cette responsabilité par nous-mêmes. Comme tout le monde le sait, il y a d’innombrables joueurs qui convoitent notre ville, aussi nous devons accroître rapidement le nombre de joueurs dans nos forces et décider de la méthode pour les gérer. »

Ugly Wolf dévisagea Nan Gong Zui, le regardant dans les yeux honnêtement. « Je vais le dire sans détour. Une ville ne peut pas avoir deux seigneurs, et il semble que la totalité de notre défense militaire dépende des Lames Vertueuses. Nan Gong, es-tu certain que tu es prêt à volontairement laisser ton propre groupe servir Prince, que tu veuilles être le subordonné de Prince ? »

Nan Gong Zui fixa Ugly Wolf, une résolution limpide dans ses yeux, et il répondit clairement : « Si Prince était ici, je pourrais m’agenouiller et lui jurer mon allégeance devant tous les membres des Lames Vertueuses. »

« Je ne suis vraiment pas un bon chef. J’ai toujours su depuis le début que je ne possédais pas l’aura d’un dirigeant », expliqua lentement Nan Gong Zui. « Plutôt que de laisser les Lames Vertueuses demeurer un groupe ordinaire sous mon commandement, je préférerais de loin trouver un meilleur chef que moi pour les diriger. Et à présent, j’en ai trouvé un. »

« Ce type, Prince… Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours pensé que la vue de son sourire donnait aux gens une sorte de sentiment vraiment confortable », dit Broken Sword avec un large sourire. « J’ai vraiment envie de le voir debout sur les murs de la cité, rigolant avec ce rire sauvage et arrogant qui est le sien. »

Legolas répliqua nonchalamment : « Vraiment ? J’ai toujours pensé que ce type, Prince, est en quelque sorte un idiot… aussi longtemps que tu es son ami, il te fera confiance sans aucune hésitation, et il sera même prêt à donner sa vie pour toi. » Alors que Legolas finissait de parler, toutefois, il y avait un léger sourire sur son visage.

« Sa danse de l’épée est un véritable festin à la fois pour les yeux et le cœur », renchérit Kong Kon en secouant sa tête avec un soupir d’admiration.

Heartless Wind ajouta avec gêne : « Même s’il y a eu quelques frictions entre nous par le passé, ses prouesses guerrières sont vraiment assez impressionnantes. »

« Très bien, très bien, tout le monde, s’il-vous-plaît, arrêtez de chanter les louanges de Prince. Autrement, même s’il n’est pas là, je pense qu’il va attraper la grosse tête. » Lolidragon interrompit précipitamment leurs compliments. Soupir ! Un mal de tête apparaissait alors qu’elle pensait, Si Prince ne se montre pas avec une image qui est à la hauteur de leurs attentes quand il reviendra, nous aurons de gros problème.

Ugly Wolf lui aussi ne savait pas trop s’il devait rire ou pleurer. « Dans tous les cas, faisons en sorte que le développement de la Cité de l’Infini soit bien mis en route avant que Prince ne rentre. »

« Pas de problèmes ! » Ils étaient tous remplis de confiance, prêt à démontrer leurs capacités à leur fier, puissant et inébranlable suzerain…

 

 

J’étais à quatre pattes, frottant, frottant et frottant le sol. Ahhhhhhhh.….

« Comment j’étais supposé savoir que le ticket pour ce bateau serait aussi cher, et qu’il coûterait en vérité cinq mille pièces de cristal et trois pièces d’or ? Je n’avais que cinq milles pièces de cristal, trois pièces d’or et dix pièces de bronze. Comment j’aurais pu savoir que je n’aurais pas assez pour dîner ? Pour oser me forcer, moi, le seul joueur sur ce navire, à récurer le sol comme paiement, ils sont tout simplement sans cœur », marmonnai-je à moi-même tandis que je récurais le sol. « Soupir, Meatbun, pourquoi est-ce que tu n’as pas de bras ? Autrement tu pourrais m’aider à laver le plancher. »

Meatbun, qui était assis sagement sur ma tête depuis le début, n’arrivait pas à comprendre de quoi je parlais, aussi il ne pouvait que continuer de me donner la même réponse : « Oui, Maman. »

Je frottai, je frottai… Attendez une seconde. Pas d’argent ? Le ticket pour le retour doit être acheté, n’est-ce pas ? C’est. Vraiment. MAUVAIS !

Mon corps faiblit comme de la gelée. Cinq milles pièces de cristal ! C’est la quantité que j’avais mise de côté depuis le moment où j’avais commencé à jouer jusqu’à maintenant. J’ai bien donné une partie de mon argent à l’équipe, mais ça me prendra quand même beaucoup de temps pour gagner cinq milles pièces de cristal… Qu’est-ce que je vais faire ? Ça veut essentiellement dire que je ne pourrai pas rentrer avant un très long moment. En plus, je ne peux pas envoyer de message à mes amis ; ils sont probablement très inquiets pour moi.

« Hé, on est arrivé au Continent de l’Est », cria le marin.

Je le regardai, hébété. « Monsieur, n’y a-t-il pas un autre moyen pour se procurer un ticket de croisière que de l’acheter ? »

« Non ! »

Abasourdi, je fus chassé du navire. Abasourdis, je me tins au milieu du port inconnu. Seuls les regards épris d’amour dirigés vers moi m’étaient familiers. On dirait que mon visage est également plutôt populaire ici sur le Continent de l’Est ; ne me dites pas que je vais devoir vendre mon corps pour gagner de l’argent ?

« Grrrrrrr », gronda mon estomac. J’ai tellement faim. Je veux manger, pensais-je. Serrant mon estomac, je me souvins que je n’avais pas une seule pièce sur moi, et immédiatement mon corps entier devint à nouveau aussi faible que de la gelée. On dirait que je vais mourir de faim avant même d’avoir eu le temps de vendre mon corps pour de l’argent !

Incapable d’endurer le grondement insistant de mon ventre plus longtemps, je pris ma décision. « C’est l’heure d’aller chasser ! » m’exclamais-je, mais… de quel côté est la forêt… ?

Après avoir réfléchi un moment, je compris que n’importe quel endroit où il y avait des arbres devait être une forêt. À cet instant, j’avais tellement faim que je m’étais presque transformé en cadavre, ce fut donc avec impatience que je me précipitai vers la forêt. Comme prévu, là-bas je trouvai mes adorables petits loups…

 

 

« Meatbun, je n’ai pas de chignon de pain pour toi pour le moment, donc essaie juste de manger un peu de viande de loup ! » J’enfournai de la viande de loup dans la petite bouche de Meatbun tout en en dévorant moi-même.

Des larmes s’accumulèrent dans les yeux de Meatbun, et il mâcha la viande de loup à contrecœur. « C’est pas bon, Maman. »

« Vraiment ? Je trouve que c’est délicieux ! » N’importe quoi aura bon goût quand vous êtes sur le point de mourir de faim, pensais-je. J’avalai le dernier morceau de la viande de loup coriace avec contentement, puis je m’allongeai dans l’herbe sur les rives du lac, frottant mon ventre, satisfait.

Comment est-ce que je vais faire pour contacter mes coéquipiers ? Je me sentis troublé. C’est bien dommage que Lolidragon ne soit pas là pour répondre à mes questions ; ce n’est que maintenant que je réalise à quel point elle est vraiment utile… « Je suis donc finalement obligé de ne compter que sur moi-même ? » remarquai-je à haute voix avec tristesse.

J’observai les nuages dans le ciel alors qu’ils filaient au-dessus de moi, me sentant à la fois un peu abattu, un peu triste, et un peu perdu. Fermant les yeux, je marmonnai : « Je n’aime pas cette impression d’être séparé de tous les autres. »

Mes yeux s’ouvrirent brusquement. Je sautai sur mes pieds et rugis vers le ciel : « JE VEUX RENTRER ! »

« On prend le bateau maintenant, Maman ? » demanda joyeusement Meatbun.

« …Oui, nous pourrons prendre ce bateau une fois que j’aurai gagné jusqu’à la dernière de ces cinq milles pièces de cristal », répondis-je. En premier lieu, je devrais aller tuer des monstres pour obtenir de l’argent. Quant à vendre mon corps… nous en reparlerons quand je n’aurai vraiment plus d’autres choix !

Je vais affronter des ennemis puissants, pensais-je. De cette façon, je gagnerai de l’argent plus vite. Je vérifiai le contenu de mon sac. Voyant qu’il me restait quelques potions de soin à l’intérieur, mon esprit s’apaisa, et je commençai à m’enfoncer davantage dans les profondeurs de la forêt. Alors que mon entourage devenait de plus en plus sombre, je posai prudemment ma main sur la garde de mon dao pour que je puisse le dégainer au moindre avertissement.

Il y a du mouvement dans les arbres ! Mes pas ralentirent jusqu’à s’arrêter. Observant la clairière devant moi, je pouvais apercevoir les silhouettes d’un certain nombre de monstres. Un sourire s’étira sur mon visage, et je dégainai mon Dao Noir. On dirait que je vais pouvoir retourner auprès de mon équipe rapidement.

 

 

Jour Deux…

Je déchiquetai deux monstres d’un coup d’épée, puis je rengainai mon dao. « C’est le monstre numéro… ? »

« C’est le cinq cent cinquième », répondit Meatbun scrupuleusement.

J’expirai. « Combien de pièces d’or nous avons ? »

Meatbun tourna son petit corps blanc et potelé et, avec un certain effort, se fraya un chemin dans ma sacoche. Après un moment, ce petit corps blanc et potelé sortit en se tortillant. « Cent trente-cinq piè-pièces d’or, Maman. »

« Hum, je me suis habitué au type de monstres qu’il y a ici sur le Continent de l’Est, et en plus j’ai aussi suffisamment d’argent pour acheter des potions de soin et de mana, donc je devrais pouvoir m’aventurer davantage dans les profondeurs. » Je regardai la vallée escarpée au loin et me demandai, Est-ce que je devrais aller là-bas pour chercher des monstres avec des niveaux plus élevés ? Ceux qui ont un niveau élevé ont plus de chance de laisser tomber des objets rares. Si je peux obtenir plusieurs items rares, je serais peut-être même capable de rentrer immédiatement.

« Bien ! Prépare-toi, Meatbun. Une fois que tu auras utilisé Libération de l’Arôme, il se pourrait que nous rencontrions un boss ! » J’étais plein d’entrain.

« Meatbun-bun est prêt ! » Le petit visage de Meatbun affichait une détermination enfantine. C’est tellement adorable !

Après que j’eus placé Meatbun au sommet de ma tête, je me mis en route vers la vallée inconnue. Tandis que je marchais, les environs s’assombrirent, et il y avait même des rafales d’un vent glacial et sinistre de temps en temps… Il fait tellement froid, pensai-je. Mes dents claquaient, et je n’eus pas d’autres choix que de sortir un manteau, qui n’avait pas servi depuis longtemps, de mon sac et de l’enfiler. Quand j’eus plus chaud, je recommençai à marcher vers ma destination.   

« À l’aiiiiide… » Un appel à l’aide retentit soudainement. Je me pétrifiai l’espace d’une seconde, puis je me mis à courir pour aller secourir cette personne.

Quand j’arrivai sur place, je vis une fille poursuivie par cinq ou six Squelettes de Flammes… Étrange, pourquoi est-ce que cette scène me semble familière ? Je m’arrêtai pour réfléchir. Ne me dites pas qu’il s’agit encore d’une autre nécromancienne qui a été effrayée par ses propres sous-fifres squelettes ?

« Tiens bon, Jing ! Je vais te sauver dès que j’aurai bu quelques potions. » La voix masculine provenait de derrière la fille.   

La fille gémit : « Dépêche-toi, Yun, je vais mourir ! »

Jing ? Yun ? Pourquoi ces noms me semblent un peu familiers ? Je me replongeai de nouveau dans mes pensées…

Juste à ce moment-là, la fille sembla m’avoir aperçu. « À l’aide, je t’en supplie aide-nous à tuer ces squelettes ! » s’exclama-t-elle.  

Ce visage appartient à Lü Jing… ma meilleure amie dans la vie réelle. Mon dieu, Yun ? Ne me dites pas que c’est Gu Yun Fei ? Je redressai la tête pour regarder le jeune homme derrière elle. Pas d’erreur à ce sujet ! C’est vraiment Yun, pensai-je, restant planté sur place à cause de ma stupéfaction. Alors, Jing et Yun étaient sur le Continent de l’Est, et nous nous rencontrons par pure coïncidence ; on dirait que ma « bonne étoile » ne m’a pas lâché.

« Je t’en supplie, est-ce que tu pourrais me sauver ?  » Les yeux de Jing brillaient de larmes contenues alors qu’elle courait vers moi telle une demoiselle en détresse.

« Oh… » répondis-je un peu hébété. J’attrapai Jing et la tirai derrière moi. Dégainant mon Dao Noir, je me baissai rapidement et, d’un coup bas, je coupai les deux pieds du squelette. Contre le suivant, je le scindai simplement en deux, puis je séparai le crâne du premier squelette du reste de son corps avec une entaille inversée… J’ai depuis longtemps été formé par Doll à affronter des monstres comme les Squelettes de Flamme, au point où je me bats presque juste avec mes réflexes, et où je ne fais qu’une bouchée d’un seul squelette. Avant même que Yun ne soit arrivé en courant pour aider, j’avais déjà expédié les cinq Squelettes de Flammes avec une grande aisance.

« Nom d’un… tu es vraiment fort. » dit Yun en me regardant, bouche bée.

Est-ce que je devrais répondre quelque chose ? Est-ce qu’ils vont se rendre compte que je suis Feng Lan ? Je me sentais un peu hésitant.

« Tu es vraiment extrêmement fort, pas comme nous deux qui sommes vraiment faibles… » Il y avait une trace de tristesse dans l’expression de Jing, et elle poussa même un soupir.

Tu peux garder ton numéro de fragilité – que tu utilises pour envoyer les gens à leur mort sans aucune intention de payer avec ta propre vie – pour quelqu’un d’autre, Jing ! Contre moi, ta meilleure amie Feng Lan, ce tour est complètement sans effet !

Je gloussai intérieurement. À propos de ma meilleure amie, Jing, je la connais trop bien. Jing ressemble peut-être à une Lin Dai Yu1 délicate et frêle à la surface, mais… en réalité c’est en fait une experte de Taekwondo qui n’a pas son égal.

Yun, lui aussi, soupira doucement. « C’est entièrement de ma faute. Je ne peux même pas protéger une amie parce que mon niveau est trop bas. »

« Ne dis pas ça, Yun. Je te suis déjà très reconnaissante de bien vouloir m’aider à monter de niveaux », affirma Jing en regardant Yun avec « reconnaissance ». « Soupir, je souhaiterais vraiment qu’un expert nous vienne en aide pour notre entraînement. »

« C’est fâcheux, mais pourquoi un expert accepterait-il d’aider de parfaits étrangers comme nous ? » répliqua Yun avec une expression abattue.

Une fois encore, Jing me fixa timidement. « Nous vous sommes plus que reconnaissants pour avoir sauvé nos vies, Grand frère Expert. Je m’appelle Lü Jing, et voici mon ami Yun Fei. Pouvons-nous demander à Grand-Frère quel est son nom ?  »

Je pouvais sentir une sensation de picotement sur mon cuir chevelu alors que j’étais amadoué par Jing. À chaque fois que Jing cajole quelqu’un, cette personne connait inévitablement un sort horrible et indicible.

Après que j’eus échoué à répondre pendant un moment, les yeux de Jing se brouillèrent de larmes. « Se pourrait-il que Grand frère ne veuille même pas donner son nom à Jing ?  »

Que devrais-je faire ? Pensais-je, paniqué. Devrais-je leur dire que je suis Prince ? Mais Yun semble en savoir beaucoup sur Prince ; il a probablement découvert que Prince est sur le Continent Central avant même que moi je le sache. Comment je vais leur expliquer les raisons de ma présence sur le Continent de l’Est, et spécialement quand je n’en connais pas la raison moi-même !?

« Jing, puisque Grand frère n’est pas disposé à nous donner son nom, il est clair qu’il n’a aucun intérêt pour du menu fretin dans notre genre, alors arrêtons de rendre les choses difficiles pour Grand frère », déclara Yun avec indignation.

Dans ce cas, arrête de m’appeler « Grand Frère »… pensai-je, exaspéré.

« Mais… Soupir ! Je croyais que nous avions enfin trouvé un Grand frère qui soit un combattant puissant, un homme de parole, et une personne juste, et qu’alors Grand frère et moi nous … » Le rougissement qui avait recouvert les joues de Jing et l’expression d’adoration sur son visage laissèrent soudainement la place à une incomparable déception, et sa voix prit une intonation choquée. « Puisque Grand frère dédaigne Jing, alors, dans ce cas, dans ce cas… »

« Ne sois pas déçue, Jing. Je suis sûr que Grand frère  ne voulait pas te blesser. Il doit sans doute avoir une affaire pressante dont il doive s’occuper, autrement comment pourrait-il possiblement nous abandonner derrière lui… et tout particulièrement une beauté aussi adorable que toi ! » la consola Yun. À ses côtés, Jing continuait à maintenir sa façade de délicate et fragile jeune femme.

*Transpire* Je comprends enfin ce qu’ils essaient d’accomplir, pensai-je. Ils essaient d’utiliser la beauté de Jing pour leurrer ce « Grand frère vétéran » afin qu’il les entraîne tous les deux !

Comme nous sommes de très bons amis, en principe, je devrais les aider avec leur entraînement. Cependant, je suis dans une situation plutôt inhabituelle en ce moment. Non seulement je redoute qu’ils ne découvrent que je suis Feng Lan, mais en plus j’ai aussi peur qu’ils se rendent compte que je suis Prince. Comment je suis censé les aider dans une situation pareille ? Je poussai un soupir d’impuissance.

« Pourquoi soupires-tu, Grand-frère ? » me demanda Jing, de l’inquiétude perçant dans sa voix.

Je la regardai dans les yeux, qui étaient remplis de sollicitude, et songeai, Bien que je ne puisse vraiment pas dire si elle se fait réellement du souci pour moi ou si elle fait semblant, je me sens quand même un peu touché… Oh oublions tout ça ; Je vais simplement les aider ! Après tout, je ne leur ai jamais consacré de temps depuis que nous avons commencé à jouer à Second Life, et ils ne s’en sont jamais plaint de leur côté. Si je continue à refuser de les aider, je crains de me sentir vraiment coupable.

Ayant pris ma décision, je toussai deux ou trois fois. Imitant l’attitude d’un Grand frère vétéran, je leurs dis : « Ne demandez point mon nom, n’interférez pas avec mes affaires ; suivez-moi si vous le désirez ! »

En écoutant intensément, je pus entendre Yun se murmurer à lui-même : « Ah ! … C’est vraiment un vétéran ! »

Alors que je marchais, je me souvins subitement, Comment je suis censé les guider quand je ne connais toujours pas leurs classes et leurs niveaux ?

« Vos niveaux ? Classes ? »  Je lançai deux questions aux deux personnes qui me suivaient de près.

Yun se présenta avec enthousiasme : « Grand-frère, je m’appelle Yun Fei. Je me trouve au niveau quarante-cinq, et je suis un humain de la classe du Maître des Barrières2. »

« Le nom de petite sœur est Lü Jing. Je suis au niveau trente, et une Exorciste3 humaine », ajouta Jing.

Une Exorciste ? Un Maître des Barrières ? C’est quels genres de classes ça ? Pourquoi est-ce que je n’en ai jamais entendu parler auparavant ? Mes pas ralentirent puis s’arrêtèrent, et grattant mon visage, je n’eus d’autres choix que d’admettre mon ignorance et de demander : « S’il-vous-plaît, expliquez-moi vos classes. »

Yun afficha un grand sourire tout en me répondant : « Les Maîtres des Barrières sont assez rares, donc Grand frère ne connaît probablement pas bien cette classe ! Comme le nom le suggère, le travail principal d’un Maître des Barrières est de créer des barrières. Les barrières ont une multitude d’usages ; par exemple, la barrière la plus simple est la Barrière Plate, qui peut bloquer une attaque de front. Certaines barrières peuvent même faire refléter les attaques, comme la capacité Voile Miroir. Je peux créer alternativement des barrières tridimensionnelles, qui infligent tout un tas de problèmes de statut sur les joueurs ou les monstres à l’intérieur de la barrière. Par exemple, je peux lancer Barrière Fragilisante, qui réduira les dégâts des attaques, ou je peux utiliser Barrière de Ralentissement pour réduire la vitesse des monstres. »

Je hochai la tête ; sa classe était en quelque sorte comme celle de Gui dans le sens où elles étaient toutes les deux des classes de soutient. « Et tes capacités offensives ? »

« Les Maîtres des Barrières n’ont aucune aptitude offensive », annonça Yun sans perdre son sourire.

Aucune attaque ? Je restai stupéfait un long moment. Pas étonnant que Yun monte de niveau si lentement ; tu ne peux pas t’entraîner tout seul si tu n’as aucune capacité offensive ! C’est étrange, il ne peut pas s’entraîner tout seul ? Alors Yun doit avoir une équipe ! Mais je ne l’ai jamais entendu la mentionner auparavant… Je fronçai mes sourcils. « Ne dois-tu pas retourner auprès de ton équipe ? »

« Je n’ai pas d’équipe. » Yun rit, embarrassé, et expliqua : « La plupart des joueurs ne comprennent pas vraiment la classe du Maître des Barrières. Et comme ils entendent dire que mes capacités ne tournent qu’autour de la création de barrières protectrices, ils préfèrent plutôt se trouver un magicien. En plus de ça, mon niveau n’est pas très élevé, donc il y a des limites à l’efficacité de mes barrières, ce qui est la raison pour laquelle je n’ai toujours pas trouvé d’équipe jusqu’à présent. »

Pas étonnant que Yun, qui est un tel monstre de l’entraînement, ne soit encore qu’au niveau quarante-cinq, réalisai-je. Je ne peux vraiment pas imaginer combien de temps ça a bien pu lui prendre pour monter jusqu’à un tel niveau. Un sentiment lourd grandit dans ma poitrine dès que je me mis à penser à comment, moi, sa meilleure amie, je n’avais jamais pensé à l’aider. Il est temps que je fasse de mon mieux pour aider Yun, pensais-je.

« Grand frère devrait mieux connaître la classe de l’Exorciste », dit Jing avec un sourire. « Les Exorcistes utilisent principalement des papiers Fu 4pour lancer toutes sortes de sorts. »

Un Exorciste ? Je pensais qu’un exorciste utiliserait une cloche pour diriger des zombies… D’après les explications de Jing, ça ne semble pas différent d’un mage… Je continuai à marcher avec ma tête remplie de questions. Cependant, j’en savais suffisamment pour comprendre que Jing pouvait lancer des sorts et que Yun appartenait à une classe de soutient, aussi j’arrêtai de leur poser des questions, et à la place je me mis à réfléchir intensément. Quel serait le meilleur type de monstre pour nous servir d’entraînement ? C’est mauvais, je ne connais pas bien les monstres du Continent de l’Est. Quel genre de monstre devrions-nous combattre exactement ?

Tout à coup, le sourire de Yun se fit particulièrement servile : « Grand frère, ton petit frère pourrait-il se montrer grossier et proposer un bon endroit pour s’entraîner ? »

Je m’arrêtai dans mon élan. La suggestion de Yun venait juste de résoudre mon dilemme. « Parle. »

« Nous pouvons nous entraîner contre des démons mineurs. Ils donnent beaucoup d’expérience et ont de fortes probabilités de laisser tomber des trésors. En plus, il y a un grand nombre de quêtes qui sont en lien avec eux. Ils sont très bien pour monter de niveau, obtenir de l’équipement, et gagner de l’argent ! » affirma Yun avec excitation, avant que de l’embarras n’apparaisse sur son visage. « Mais, un joueur vétéran comme Grand frère n’a probablement pas besoin d’argent. »

Il se pourrait que je ne manque pas d’argent, mais il me manque un billet de croisière qui coûte cinq milles pièces de cristal.

« Je me demande vraiment quand nous aurons enfin assez d’argent. Pourquoi est-ce que le ticket pour le navire qui se rend au Continent Central est si cher ? » se lamenta Jing avec un soupir las.

J’étais stupéfait. Comment Jing sait-elle que j’ai besoin d’argent pour le billet de croisière ?

Yun et Jing avaient tous les deux l’air embarrassé. « Grand frère, en fait nous essayons de mettre assez d’argent de côté pour prendre le bateau à destination du Continent Central. Nous avons l’intention d’aller retrouver nos amis qui se trouvent là-bas », expliqua Yun.

Ah, donc je les ai mal compris. On dirait que Yun et Jing prévoient vraiment d’aller rendre visite au professeur Min Gui Wen et à Prince… de venir me rendre visite à moi ?

« Vous n’avez nul besoin d’y aller ; je suis déjà là, juste sous vos yeux. » Je ne pus m’empêcher de marmonner tout seul.

« Pardon ? » Jing, qui avait une ouïe aiguisée, s’enquit, perplexe.

Je m’empressai de me racler la gorge.  « Rien du tout. »

« Oh. » Jing me lança un regard soupçonneux.

« Allons-y, allons tuer des démons mineurs ! » dis-je, me dépêchant de changer de sujet. « Pour commencer, allons obtenir les quêtes. »

« Très bien Grand frère », me répondit joyeusement Yun, mais… en tant qu’une de ses meilleurs amis, même avec la capuche de mon manteau qui obstruait mon regard, je pouvais toujours dire qu’il y avait quelque chose d’anormal avec ce sourire bien trop lumineux affiché sur son visage. J’ai un mauvais pressentiment à propos de tout ça … Je ne suis tout de même pas sur le point de mourir des mains de mes propres meilleurs amis, pas vrai ?

 

 

Je me tenais en silence devant la Guilde des Aventuriers de la Ville du Tigre Blanc, attendant que les deux personnes qui m’avaient amené dans cette ville eussent fini d’obtenir leurs quêtes. Par chance, il y avait une immense carte du Continent de l’Est accrochée au mur extérieur de la Guilde des Aventuriers, aussi je pus enfin découvrir la géographie du continent qui se trouvait actuellement sous mes pieds. Je pense que voir ou non la carte ne fait aucune différence par contre, pensais-je. Après tout, j’arrive à me perdre et à atterrir à la Cité de l’Étoile alors que j’essayais en fait de me rendre à la Cité de la Lune, aussi comment je pourrais possiblement espérer qu’une carte à elle seule me permette d’aller visiter librement le Continent de l’Est ?

Je relevai la tête et jetai un regard désinvolte à la carte. Le Continent de l’Est, comme son nom l’indique, est un continent à l’est du Continent Central. Il y a quatre villes contrôlées par des admins ici, et elles sont situées aux quatre points cardinaux : à l’est, le Dragon Vert ; à l’ouest, le Tigre Blanc ; au sud, le Phénix Rouge ; au nord, la Tortue Noire. Ce continent donne vraiment une impression orientale. Ce n’est pas étonnant que même les classes soient extrêmement orientalisées elles aussi ; même la nourriture est chinoise !

Sous la capuche de mon manteau, j’étais occupé à  mâcher les xiaolongtangbao5 que je venais tout juste d’acheter. J’achèterai des wontons à la sauce au chili6 plus tard, décidai-je.

« Grand frère, nous avons obtenu les quêtes ! » La voix claire de Yun retentit.

Heiiin ? Je n’aurai pas le temps d’acheter mes wontons, mince !

« Pour remercier Grand frère de nous aider, est-ce que Grand frère accepterait de laisser Yun Fei et Lü Jing lui offrir un repas au restaurant ? » s’inquit Yun, son visage illuminé par la sincérité. Quant à moi, évidemment que je serais ravi qu’on m’offre un repas… Ah, mes wontons au chili, j’arrive !

 

 

Sur le chemin…

« Grand frère, est-ce que ça te conviendrait si nous dînons à la Maison Orientale7 ? »

« Grand frère, est-ce qu’il t’est vraiment impossible de nous donner ton nom ? Qu’allons-nous faire si nous sommes séparés pendant le voyage ? »

« Grand frère, ton manteau est vraiment élégant. J’imagine que tu dois aussi avoir le corps qui va avec ? Laisseras-tu ton petit frère y jeter juste un seul coup d’œil ? »

« Grand frère, est-ce que ton petit frère peut se montrer effronté pour oser te demander quelle est ta race ? Puisque tu es un guerrier aussi fort, je pense que tu dois appartenir à la race des humains, n’est-ce pas ? Ou serais-tu un homme-animal ? Mais ta carrure n’a pas l’air très costaude, donc je ne pense pas que tu en sois un. »

« Nous sommes presque arrivés à la Maison Orientale ; est-ce que Grand frère y a déjà mis les pieds auparavant ? Si tu n’y es jamais allé, j’imagine que le camp de base de Grand frère ne se trouve probablement pas dans la Ville du Tigre Blanc, pas vrai ? »

Du début à la fin de notre promenade, je n’avais pas prononcé le moindre mot.

« Nous sommes arrivés à la Maison Orientale, Grand frère », m’annonça Jing en souriant joyeusement tout en pointant un bâtiment rouge d’aspect traditionnel. « La nourriture et le vin de ce restaurant sont plutôt bons, surtout le vin. Leur vin Paisible Tranquillité  est tout particulièrement renommé dans la Ville du Tigre Blanc ! Grand frère, pourquoi est-ce que tu ne commanderais pas quelques plats principaux pour remplir ton estomac dans un premier temps, et ensuite tu pourrais commander des plats légers pour accompagner la Paisible Tranquillité. »

« Oui, tout à fait, on rencontre rarement un si bon Grand frère, son petit frère doit boire un verre en compagnie de Grand frère aujourd’hui », déclara Yun en riant de bon cœur.

Boire ? Qu’est-ce que je vais faire si, la prochaine fois que je me réveille, je me retrouve sur le Continent de l’Ouest ?

Dès que j’eus reçu le menu, je m’empressai de commander mes wontons au chili, en plus d’un tas d’autres plats qui avaient l’air délicieux. Enfin, je reposai le menu à contrecœur et j’attendis que mes plats appétissants soient servis.

« Ce sera tout, et amenez nous deux bouteilles de Paisible Tranquillité », demanda Yun au serveur.

Je regardai les plats être apportés un par un avec des yeux remplis d’anticipation. Même si je n’ai pas encore vu mes adorables wontons au chili, ce n’est pas une mauvaise idée d’attaquer les autres plats en premier, pensai-je. Ma main se leva, mes baguettes plongèrent, et une bouchée de nourriture qui sentait terriblement bonne fut délivrée dans ma bouche salivante. C’est une bonne chose que mon visage soit caché par ma capuche, autrement mon image de « Grand frère expert » aurait été complètement ruinée.

Yun prit ma coupe de vin et entreprit d’y verser la totalité d’une énorme bouteille de Paisible Tranquillité. « Grand frère, devrions-nous commencer à boire ?  »

Je ne me préoccupai pas de lui répondre. Avec de la nourriture si délicieuse devant moi, qu’est-ce que ça peut me faire que nous soyons meilleurs amis ? Je tendis une nouvelle fois mes griffes vers le plat de petits pains au fil d’argent…

Du sommet de ma tête s’éleva la voix enfantine de Meatbun. « Maman, Meatbun-bun veut aussi miamiam. »

Déconcertés, Jing et Yun regardèrent à gauche et à droite, cherchant l’origine de cette voix. Je me figeai ; j’avais presque entièrement oublié l’existence de Meatbun. On dirait que Meatbun s’est endormi sur ma tête, c’est pour ça qu’il est resté si silencieux tout ce temps ! Je saisi un petit pain au fil d’argent8, attrapai Meatbun et le plaçai sur mes genoux, puis j’enfournai le petit pain – qui était plus grand que Meatbun – dans sa bouche.  Pour finir, je fourrai Meatbun dans mon sac. Il s’est enfin tu, pensais-je, et je poussai un soupir de soulagement.

Bien sûr, la totalité de l’opération s’est déroulée sous le couvert de mon manteau. Manteau, oh manteau, tu es vraiment un outil indispensable pour qu’une personne puisse nourrir secrètement ses animaux de compagnie et maintenir son image !

« C’est étrange, j’aurais juré avoir entendu la voix d’un enfant à l’instant », fit remarquer Jing en fronçant les sourcils.

En entendant cela, je baissai la tête et m’absorbai dans la nourriture.

Me voyant attaquer les plats, Jing et Yun arrêtèrent de m’ennuyer et prirent leurs baguettes pour commencer à manger eux-aussi.

« Mais, ne serait-ce pas cette petite Jing ? » Une voix quelque peu agaçante parvint à mon oreille. Cette personne ne voit pas qu’elle me dérange en plein milieu de mon repas ? Je plissai les yeux et relevai la tête pour regarder…

Mon dieu, c’est l’image tellement, tellement classique du dandy vaniteux ! Il était un peu semblable à Fan, avec sa brillante armure dorée tape-à-l’œil, mais il n’avait pas une once de l’élégance ou de la divine sévérité de Fan. En plus de cela, ce casque incrusté de joyeux sur sa tête et cette cape rouge brodée de dragons qu’il portait rendait son apparence encore plus ridicule. Il n’y avait qu’un seul mot pour le décrire, et ce mot était… vulgaire !

C’est la première fois que je vois quelqu’un si vulgaire au point que même les cieux et la terre seraient choqués et que les démons eux-mêmes pleureraient. Je doute de produire un effet aussi burlesque même si je venais à porter des lingots d’or en guise de vêtements ! C’est vraiment dommage, parce que le physique de cette personne pourrait quand même être considéré comme plutôt beau, mais grâce à cette tenue, il donne juste l’impression d’être intolérablement vulgaire, soupir ! Je baissai la tête et continuai à dévorer la nourriture. Si je continue à le regarder, je crains que ma vue et mon goût ne subissent des dommages au-delà du réparable.  

Il y avait une expression aigrie sur le visage de Jing tandis qu’elle regardait le dandy vulgaire. Yun, lui aussi, n’était pas comme d’habitude et continua à manger en silence avec une expression glaciale sur son visage.

« Ma petite Jing, pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu mangeais ici à la Maison Orientale ? J’ose espérer que ces enflures de serveurs ne t’ont pas demandé, à toi, la Patronne, de payer n’est-ce pas ? S’ils l’ont fait, je vais devoir les réprimander », lâcha le dandy, et la foule derrière lui se mit à rire sans conviction.

La Patronne9 ? Depuis quand Jing a-t-elle ouvert ce restaurant ? Pourquoi je ne l’ai jamais entendu le mentionner ? me demandai-je alors que je mâchouillais un pied de poulet10.

« Huang Wei, fais-attention, tu n’as pas intérêt à aller trop loin avec tes paroles ! Qui est-ce que tu appelles “patronne'” ? » Jing frappa la table de ses poings avant de se lever vivement, enragée.

Huang Wei11 ? Ce n’est pas un mauvais nom, mais sur une telle personne, ça sonne un peu… Je continuai de mastiquer ma tarte au taro12.

« Bien entendu, c’est toi, Xiao Jing. Cette Maison Orientale est à moi, et tu es ma femme bien-aimée, donc évidemment que tu es la patronne ! » Huang Wei lorgna le beau visage de Jing.

Yun en eut finalement assez. « Jing n’est pas ta femme, alors arrête de raconter n’importe quoi. C’est clair que tu es juste un gros pervers qui n’arrête pas de la harceler. » Sa voix montrait clairement qu’il essayait de contenir sa rage tandis qu’il parlait.

Le sourire impudent de Huang Wei disparut en un éclair, remplacé par un regard de mépris, bien que pour moi, cela ressemblât plus à l’expression d’une personne qui venait de marcher sur une crotte de chien.

« Alors, comme ça, un déchet comme toi ose encore rester collé à Jing ? Je t’ai déjà dit que je te tuerais à chaque fois que je te verrais. Tu n’as pas compris ou tu aimes te faire tuer ? »

Euh ? Ce plat que le serveur est en train de nous apporter là, n’est-ce pas mes préféré petits wontons à la sauce au chili ? J’avalai ma salive et fixai férocement ce plat de wontons sauce chili d’un rouge enchanteur et à l’arôme délicieux, le cœur serré. Quant à ce qui se passe autour de moi ? Je n’en ai aucune idée, c’est mon estomac qui est chargé de réfléchir pour le moment.

« Et après ? Même si tu veux me tuer, Jing restera à mes côtés, pas aux tiens ! » Yun lui adressa un sourire sans peur.

L’expression sur le visage de Huang Wei changea subitement, et il rugit, enragé : « Petit merdeux, ne dépasse pas les bornes ! Attends un peu ; je vais te réduire en bouillie, juste comme ce plat. » De sa main droite, Huang Wei saisit le plat des mains du serveur, puis le brisa sur le sol avant de piétiner l’assiette et son contenu.

Je regardai alors que les wontons sauce chili, qui m’avaient presque été délivrés, furent soudain arrachés de la prise du serveur par une main étrangère sous mes propres yeux, après quoi les wontons d’une vivide couleur écarlate glissèrent dans les airs et atterrirent sur le sol parmi les morceaux brisés de l’assiette. En plus de cela, un pied marcha dessus et s’enfonça même dans cet amas ; et ainsi, mes wontons reposaient là à l’article de la mort, leur sauce suintant de leur corps, leur bonté et leur beauté perdues pour toujours… Comme le choc était tout simplement trop écrasant, je me retrouvai à fixer la scène, hébété, pensant, Mes wontons au chili… sont perdus ?

« Pfff, ne crois pas que je sois si facile à persécuter, j’ai un Grand frère », affirma Yun en me regardant avec assurance.

« Un Grand frère ? Hahaha, et alors ? » Huang Wei me me fixa avec dédain. Il fit un signe de la main et immédiatement cinq ou six de ses petits frères dans son dos se frottèrent les mains et serrèrent leurs poings, visiblement frétillants d’envie à l’idée de se battre. « Je dispose de nombreux petits frères, par contre. Pourquoi on ne verrait pas combien de coups ton Grand frère peut recevoir de leur part ? »

Jing et Yun étaient tous les deux extrêmement pâles, et Jing dit froidement : « Je t’interdis de blesser l’un d’entre eux, Huang Wei. »

« Bien, dans ce cas soit docile et devient ma femme, et alors, héhé… » Huang Wei se mit à rigoler sans retenue.

Soudainement, je sautai sur la table, atterrissant légèrement sur mes deux pieds, puis je me propulsai vers Huang Wei, dégainant mon Dao Noir en plein air. La lumière dansa sur ma lame, et j’atterris derrière Huang Wei.

« Espèce d’effronté ! » articulai-je froidement.

Comme vous devez le savoir, chaque once d’un plat est le résultat d’un dur labeur. Ce n’est pas une chose aisée que de cuisiner un plat de wontons avec de la sauce piquante, aussi comment est-ce qu’il a osé gâcher de la nourriture comme ça ? Et particulièrement quand cette nourriture est à moi ! Même si les cieux ne punissent pas une telle personne, je le ferai !

Toutes les personnes présentes furent prises au dépourvu et se demandèrent, Mais qu’est-ce qu’il vient de se passer ? Juste à ce moment-là, le cou de Huang Wei glissa soudainement sur le côté. D’abord, un filet de sang commença à couler le long de son cou, puis – alors que la foule regardait, les yeux grands ouverts – une fontaine entière de sang commença à jaillir dans les airs, et la tête de Huang Wei fut propulsée loin de son corps par le flot de sang. Elle roula plusieurs fois sur le sol, puis le corps se transforma en un pilier de lumière blanche et disparut, laissant seulement derrière lui une mare de sang frais.

« Comment c’est possible ? » murmura Yun. « Huang Wei portait un heaume et une armure complète, comment est-ce que ça pourrait être aussi simple de séparer sa tête de son corps ? »

Je contemplai avec le cœur lourd les cadavres de wontons sur le sol, me sentant extrêmement énervé. Après une si grande anticipation, tout ça pour que mes espoirs soient démolis en fin de compte, ça me MET. VRAIMENT. EN. COLÈRE ! Je levai mon Dao Noir vers les cinq petits frères de Huang Wei et, d’un ton extrêmement glacial et dur que j’utilisais rarement, je leurs lançai : « Dix secondes. Fichez-moi le camp ou mourrez ! »

Les petits frères se figèrent. Ils m’observèrent, clairement réticents à l’idée de partir, mais effrayés à l’idée d’avancer. Aucun d’entre eux n’osa bouger.

« Pff ! » Je reniflai froidement. Poussant légèrement contre le sol avec mes deux pieds, je franchis rapidement la distance qui me séparait du gars le plus proche, puis j’exécutai ma célèbre technique : Attaque du Dragon à Neuf Têtes ! Enveloppées de flammes, les dix frappes consécutives tracèrent de jolies lignes écarlates dans les airs à la vitesse de l’éclair. Pour le coup final, j’abattis lourdement mon arme sur mon ennemi, le coupant en deux. Ensuite, je me redressai lentement et rengainai mon épée avant d’aller m’asseoir. Alors que je me retournais, ce gars malchanceux se transforma en un pilier de lumière blanche et s’en fut.

Du début jusqu’à la fin de cette démonstration, personne n’avait bougé. Ce ne fut qu’après que je fusse retourné à mon siège que le reste des petits frères commencèrent finalement à fuir pour sauver leurs vies. Je ramassai mes baguettes avec satisfaction et me remis à attaquer ma nourriture.

Après un long moment, Jing et Yun reprirent leurs esprits. Ils retournèrent nerveusement à leurs sièges, mais ils ne continuèrent pas leur repas et ne firent que me fixer, les yeux grands ouverts.

Après un autre long moment, je posai mes baguettes et dis : « Yun, Jing, Grand frère a une faveur à vous demander à tous les deux. »

Yun déglutit, tandis que Jing affichait une expression alarmée. « Que veux-tu, Grand frère ? » questionnèrent-ils à l’unisson.

« Est-ce que je peux commander une autre assiette de wontons au chili ? »

« … »

Notes de bas de page

1 Lin Dai Yu : Un personnage féminin très connu dans la littérature chinoise. Lin Dai Yu (林黛玉 prn. lín dài yù) est l’un des personnages principaux du roman Rêve de la Chambre Rouge (Dream of the Red Chamber / Hong Lou Meng). Elle est l’incarnation de la demoiselle en détresse : belle, fragile, ayant facilement le cœur brisé, et qui, à la fin, meurt.

Dans l’histoire, Dai Yu et son cousin plus âgé, Jia Bao Yu, le jeune maître de la famille Jia, tombent amoureux. Cependant, Dai Yu n’est pas très aimée par les membres de la maison, car elle vient d’une branche de la famille relativement pauvre. Elle déprimait ou elle s’attristait aussi assez facilement, par exemple quand elle ramassait des pétales qui étaient tombés des fleurs et qu’elle les enterrait, elle demandait : « Aujourd’hui, j’ai enterré ces fleurs. Quand je mourrai, qui m’enterrera moi ? »

La relation entre Jia Bao Yu et Lin Dai Yu fut compliquée par le fait que Bao Yu était destiné à épouser une autre cousine, Xue Bao Chai, qui était en comparaison plus joyeuse et plus sensible que Dai Yu. La famille de Bao Chai était aussi riche, et ainsi la famille de Bao Yu favorisait son mariage avec elle.

À la fin de l’histoire, Jia Bao Yu épouse Xue Bao Chai, mais ce n’est pas par choix, on lui a fait croire qu’il épousait Lin Dai Yu (puisque le visage de la mariée était couvert d’un voile jusqu’au moment de la nuit de noce). À la fin, on révèle que Lin Dai Yu est morte de maladie. En apprenant la vérité, Jia Bao Yu décide de devenir moine.
Pour plus d’information, Google et Wikipédia sont vos amis.
2 Maître des Barrières : une référence possible au manga Kekkaishi, « kekkaishi » signifiant « maître des barrières ».
3 Un exorciste : Techniquement, ce mot devrait être traduit par « Un Taoïste », mais seulement parce que cette sorte d’exorcisme est normalement effectuée par des taoïstes dans les fictions. Les Taoïste modernes ne sont pas toujours des exorcistes, cependant, dans ce cas en particulier, le terme « exorciste » est plus précis.
4 Fu : Comme Prince le souligne dans la phrase suivante, les exorcistes utilisent des cloches dans la plupart des dramas chinois. Cependant, les fus, qui sont généralement des papiers spéciaux avec des caractères écrits dessus avec un pinceau à encre, sont normalement utilisés pour immobiliser un zombie. C’est comme ça que les scènes dans les dramas historiques d’horreur chinois se déroulent d’ordinaire…

1. Le Zombie sautille (dans les films chinois, ils ne marchent pas en traînant les pieds, ils sautillent) sur scène.
2. L’Exorciste chante ou fait des gestes bizarres et le papier fu vole de sa main et s’accroche de lui-même sur le front du zombie.
3. Le Zombie s’arrête de bouger (et parfois il s’enflamme).
4. L’Exorciste sonne la cloche. L’esprit s’en va. Si la personne possédée est toujours vivante, il/elle se réveille.
5 Xiaolongtangbao : Xiaolongbaos sont parfois connus sous le nom de soupe de raviolis chinois.

Ils ont une texture farineuse transparente, à l’opposé des textures moelleuses des chignons de pain de viande ou des mantous, et ils sont généralement assez petits pour tenir dans une cuillère à soupe chinoise. La garniture est habituellement un mélange de viande de porc hachée, d’oignons émincés et d’ail assaisonné avec divers condiments, puis c’est mélangé avec du bouillon, après quoi c’est congelé et cela prend une forme gélatineuse. Quand c’est cuit à la vapeur, la garniture fond et le xiaolongbao sera rempli de soupe. Des variétés plus extravagantes peuvent inclurent du crabe ou des œufs de poissons.

Ce que Prince mange ici est une variante de la soupe de ravioli chinois, qu’on appelle Xiaolongtangbao. C’est un peu différent du xiaolongbao ordinaire, car on porte plus d’attention à la qualité de la soupe. (C’est pourquoi le nom a un « tang » supplémentaire : « tàng » veut dire « soupe » en chinois ! ) .
6 Wontons à la sauce chili : Comme le nom le suggère, ce sont tout simplement des wontons cuits dans de l’huile de chili (et PAS de Tabasco). Le cœur de ce plat est la sauce au chili. Vous en trouverez dans la plupart des supermarchés asiatiques. Le plat vient de la province du Szechuan de la Chine, ce qui n’est pas surprenant parce que l’huile de chili est un des produits de base de la cuisine Szechuan. Attention, si vous n’avez jamais goûté ce genre de sauce chili auparavant, c’est beaucoup plus fort que du Tabasco ou du chili ordinaire.
7 Une Maison Orientale : C’est écrit comme Zhong Hua Lou (中华楼 prn. zhōng huá lóu) en chinois. De nombreux restaurants et auberges en Chine, dans le passé et même encore de nos jours, ont le caractère “楼” dans leur nom, qui signifie simplement un bâtiment avec au moins un étage.
8 Petit pain au fil d’argent : C’est comme un pain, mais vous coupez la pâte en de longues bandes, un peu comme des nouilles, puis vous les enroulez en forme de pain avant de les cuire.
9 La Patronne : Normalement ce mot signifie « la patronne », mais une façon alternative de l’interpréter est « la femme du patron ».
10 Pied de Poulet : La plupart d’entre nous n’avons jamais mangé de pied de poulet, alors nous allons encore avoir besoin d’une explication de cuisine. Encore oui. Les pieds de poulets sont utilisés dans la cuisine chinoise assez fréquemment. On en fait un bouillon excellent qui peut être employé pour cuisiner des plats légers, comme le dim sum.
11 Huang Wei : le nom de Huang Wei est écrit “皇威” (prn. huáng wēi). « Huang » signifie royal ou empereur, alors que « Wei » veut dire puissant, impressionnant, et même agressif.
12 Tarte au taro : comme le nom le suggère, c’est fait de taro. Ça ne ressemble pas aux tartes Occidentales cependant. Elles sont plus comme des briques miniatures.

1/2 Prince T3C3 : Tout le Monde se Rassemble

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 3 – Les Chroniques d’un Prince Vagabond

Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 3: Everyone Has Assembled – Traduit du chinois vers l’anglais par Eilinel[PR!]
Chapitre 3 : Tout le Monde se Rassemble – Traduit de l’anglais vers le français par Zinthia
+ Travail de vérification par Nocta

« Tss, Prince ne répond pas à mes messages privés depuis maintenant plusieurs jours », se plaignit Lolidragon.

« Eh bien, tu sais que c’est quelqu’un d’assez négligeant. Il n’a probablement juste pas remarqué les messages  », répondit distraitement Ugly Wolf. « Comment avance la mise en place des pièges ? »

« Nous avons seulement couvert un quart du périmètre. Honnêtement, ce territoire est trop grand », répondit Lolidragon en fronçant les sourcils.

Ugly Wolf se tourna vers sa femme : « Yu Lian, avons-nous encore suffisamment de fonds ? »

Le front de Yu Lian se plissa également profondément. Elle répondit : « Si nous suivons les instructions de Gui, nous ne serons pas en mesure d’achever la construction de la cité uniquement avec l’argent du prix du tournoi. Je prévois d’abord de bâtir la première moitié du domaine et d’ouvrir cette partie au public, puis de continuer à construire le reste avec le revenu des impôts. »

« Nous ne pouvons pas tout simplement demander à Gui de modifier les plans ? » demanda Ugly Wolf avec une certaine inquiétude.

« Nous pouvons le faire mais, à mon avis, si nous voulons exploiter ce territoire à long terme, ou même faire de cette cité la plus grande du continent central, alors le plan de Gui est parfait. » Les yeux de Yu Lian brillaient en parlant. Elle ajouta : « Je suis certaine que nous ne le regretterons pas à l’avenir, même si nous allons devoir travailler plus dur au début. »

« Tu as probablement raison. Comme prévu, tu es plus clairvoyante que moi », déclara Ugly Wolf avec un regard affectueux pour son épouse bien-aimée.

« Wolf… » fit timidement Yu Lian, et les deux se regardèrent avec des yeux pleins de tendresse…

« Je vais voir où en sont Doll et Gui ! » dit rapidement Lolidragon en s’éloignant d’un pas vif, l’air plutôt embarrassé.

Lolidragon quitta le bâtiment encore en travaux, et se dirigea vers Doll qui travaillait dur pour diriger ses serviteurs squelettiques en charge de construire un mur, et Gui, qui supervisait les PNJs restants et les joueurs qui travaillent.

« Quelle est la situation ? Est-ce que tout va bien ? » demanda Lolidragon.

Comme d’habitude, Wicked était à l’avant de son équipe. Ils marchèrent jusqu’à Gui et Lolidragon, puis s’arrêtèrent.

« Vous êtes enfin là », déclara Gui en haussant les sourcils, les regardant comme s’il n’était pas le moins du monde surpris de voir Wicked.

« Où est Prince ? » demanda Wicked en fronçant les sourcils.

« Pas encore de retour… » répondit Gui, troublé.

« Il est toujours avec Nan Gong Zui ?  » s’enquit Wicked, tandis qu’une veine gonflait sur sa tempe.

« Et tu n’as rien fait pour l’arrêter ? »

« Prince n’est pas mon prisonnier ; pour quels motifs serais-je censé l’arrêter ? » répliqua Gui d’un ton acide, puis il ajouta : « Entre autre, nous avons vraiment besoin de l’aide de Nan Gong Zui. » Bien que ce qu’eût déclaré Gui fût vrai, Wicked continuait de le fixer farouchement.

De son côté, Doll attrapa joyeusement les mains de Ming Huang – dont le visage était aussi noir qu’un nuage d’orage – et celles de Heartless Wind : « Youpi ! Vous tous, grands frères et grande soeur, vous avez beaucoup manqué à Doll ! Est-ce que Doll a elle aussi manquée à grand frère Ming Huang et à grand frère Heartless Wind ? »

Le visage fermé de Heartless Wind s’adoucit, son expression mécontente lentement remplacée par un sourire alors qu’il tapotait la tête de Doll en disant : « Oui, tu m’as beaucoup manqué ! C’est juste qu’il y a une personne en particulier que je ne tenais pas du tout à voir. » Quand il mentionna « une certaine personne », Heartless Wind lança un regard à la voleuse qui était occupée à feindre l’innocence.

L’expression agacée de Ming Huang avait également commencé à changer et, lorsque Doll tourna vers lui ses grands yeux candides, il capitula instantanément. « Oui, oui, tu m’as manqué », lâcha-t-il à contrecœur.

« Grand frère Playboy, grande sœur Black Lily », fit Doll en accueillant les deux joueurs souriants, leur donnant à chacun un baiser sur la joue.

À ce moment-là, Ugly Wolf et Yu Lian émergèrent du quartier général temporaire et approchèrent de Dark Emperor avec un plaisir évident. « Vous êtes là, les amis, c’est génial ! Je m’inquiétais vraiment que Dark Emperor ne veuille pas nous aider. » Ugly Wolf serra la main de Wicked.

« Nous ne serions pas si rancuniers. Tant que nous avons perdu l’épreuve d’une manière juste et équitable, pourquoi est-ce qu’il devrait y avoir du ressentiment entre nous ? » déclara Heartless Wind en agitant doucement son éventail, passant pour un parfait gentleman aux yeux de tous… Dans ce cas, qui était cette personne ivre qui disait vouloir tuer tous ceux appartenant à Odd Squad, particulièrement Lolidragon ? Les autres membres de Dark Emperor dévisagèrent le guerrier en question, impuissants.

« Néanmoins, je vous remercie tous beaucoup d’avoir accepté de venir nous aider. Cela va vraiment nous donner un coup de main et alléger notre charge de travail », lâcha Ugly Wolf avec un large sourire.

Yu Lian marmonna pour elle-même, en fronçant les sourcils : « Ça fait encore trop peu de monde. Je me demande si Prince sera capable de convaincre la Team Rose et Nan Gong Zui de venir. »

« Bien sûr qu’il le peut ! » rugit une voix depuis la porte de la cité encore en travaux, faisant se retourner vivement les membres d’Odd Squad et Dark Emperor dans cette direction. Un nuage de poussière, accompagné de claquements de sabots, approchait rapidement, et la personne à l’avant n’était nul autre que Nan Gong Zui lui-même. Il galopa jusqu’à Odd Squad, puis s’arrêta brusquement et descendit de son cheval. Les cent cinquante cavaliers dans son dos mirent également pied à terre. « Prince n’est pas encore de retour ? »

« Pas encore… » répondirent les deux équipes à l’unisson, regardant d’un air hébété les cent cinquante cavaliers et cent cinquante chevaux qui leurs faisaient face.

« Je vois. Alors, je vais devoir attendre jusqu’à son retour pour présenter notre suzerain à mes camarades. D’ici-là, permettez-moi de vous les présenter. C’est mon groupe d’aventuriers : Les Lames Vertueuses. Il est presque entièrement constitué de guerriers, en plus d’une poignée de prêtres et de mages. Comme vous pouvez le voir, c’est un collectif d’aventuriers avec une puissance offensive très élevée. » Nan Gong Zui ne put cacher un regard emplit de fierté alors qu’il regardait le groupe qu’il avait fondé.

« Un groupe d’aventuriers ! » s’écria Lolidragon, émue par le spectacle impressionnant des Lames Vertueuses. Elle ajouta : « Je savais bien que le niveau de popularité et de chance de cet idiot de Prince n’était pas normal. Dire qu’il a même réussi à recruter tout un groupe d’aventuriers ! »

Les membres d’Odd Squad et Dark Emperor acquiescèrent machinalement… Prince est définitivement très populaire.

Nan Gong Zui afficha un petit sourire lorsqu’il entendit les paroles de Lolidragon. Il répondit : « La seule raison pour laquelle je suis venu ici, c’est parce que Prince est vraiment une personne digne de respect. Mon groupe d’aventuriers et moi-même admirons profondément la façon dont il traite ses amis, ainsi que ses prouesses martiales. Nous sommes tous très heureux de faire partie de la Cité de l’Infini. »

« La Cité de l’Infini ? » demanda Ugly Wolf, légèrement perplexe.

« Quoi ? Prince ne vous l’a pas encore dit ? Je l’ai aidé à se décider sur “La Cité de l’Infini” comme nom pour votre cité. Nous l’avons déjà enregistré », déclara Nan Gong Zui troublé.

« La Cité de l’Infini ! Je n’arrive pas à croire que les dernières personnes à connaître le nom de la cité soient nous, ceux qui la possèdent ! Mais où es-tu donc passé, Prince ? » s’exclama Lolidragon, perdant totalement son sang-froid.

Yu Lian frotta se frotta les tempes et questionna : « Se pourrait-il qu’il n’ait pas osé aller voir  la Team Rose et qu’il ait eu peur qu’on le gronde, ce qui l’aurait donc poussé à se faire porter disparu à la place ? »

« Je ne pense pas qu’il irait aussi loin ; il n’est pas déjà habitué à ce qu’on le gronde ? » dit Ugly Wolf, d’un ton un peu inquiet. « Peut-être qu’il a été rejeté par la Team Rose et qu’il se sentait si mal qu’il a décidé de se cacher quelque part ? »

« Ne me dites pas qu’il s’est égaré et qu’il est à nouveau tombé du haut d’une falaise ! » s’inquiéta  Gui, le visage blanc comme un linge. Même Wicked eut l’air inquiet en entendant cela.

« Quoi ? Il est vraiment tombé d’une falaise ? » demanda anxieusement Ice Phoenix – qui se tenait à côté de Nan Gong Zui – en entendant les paroles de Gui.

« Qui es-tu ? »  firent Gui et Wicked en tournant la tête à l’unisson pour toiser  Phoenix, leurs yeux se rétrécissant dangereusement.

Avant que Phoenix n’ait pu répondre, une personne qui ressemblait à un voleur s’exclama soudainement : « C’est impossible que Prince fasse quelque chose d’aussi stupide que de tomber du haut d’une falaise. »

« Et toi, qui es-tu ? » s’exclamèrent une fois de plus Gui et Wicked en jetant un regard au nouveau venu.

Nan Gong Zui les présenta immédiatement : « Voici une mage de mon groupe, Ice Phoenix, et l’autre est un voleur, Kong Kong. Kong Kong est venu boire avec Prince et moi juste avant. De plus, voici la sœur aînée de Phoenix, Madame White Bird. Elle est la plus forte guerrière de mon groupe ainsi que mon bras-droit. Son mari, Chuang Wai, est l’un des prêtres du groupe. »

« D’après ce que je viens d’entendre, Prince a l’air d’une personne assez confuse, non ? » fit remarquer Madame White Bird, pas tout à fait enchantée. Elle ne voulait pas voir sa sœur, Phoenix, tomber encore amoureuse d’une autre personne bizarre. Se tournant vers Kong Kong, elle demanda : « Kong Kong, c’est toi qui as dit que Prince était quelqu’un de fort, fier, détenteur d’une habilité guerrière extraordinaire. Tu as dit que son attitude était courtoise envers les femmes, et qu’il était à la fois franc et loyal envers ses amis, un véritable homme parmi les hommes, ce qui est la raison pour laquelle je n’ai pas émis d’objection à la décision de faire partie de la Cité de l’Infini. Alors, pourquoi est-ce que la description de Prince semble très différente selon ce qu’ils viennent de dire ? »

Kong Kong rétorqua instantanément : « Je ne sais pas pourquoi ils parlent de Prince d’une telle façon, mais j’ai vu de mes propres yeux que Prince est exactement tel que je l’ai décrit. Après tout, je suis allé boire avec lui, et j’ai échangé des coups avec lui juste avant. Il est fier, et son habileté est d’un tel niveau que même avec le capitaine Nan Gong, nous n’avons pas pu gagner contre lui. Il traite toujours les filles avec un sourire tendre au visage ; vous pouvez interroger Phoenix sur ce point. Comme à ses amis, vous l’avez tous vu par vous-mêmes ce jour-là, sur le champ de bataille. N’est-il pas allé au secours du capitaine, même s’ils étaient adversaires à l’époque ? »

« Est-ce vraiment le cas ? » demanda Madame White Bird d’un air dubitatif en regardant les membres d’Odd Squad.

« C’est vrai. Prince est en effet comme chacun d’entre vous l’a décrit. Nous étions juste en train de plaisanter afin d’alléger l’atmosphère, ne prenez pas cela trop à cœur s’il vous plait », répondit Ugly Wolf avec sérieux… Dans l’ensemble, ce n’était pas un mensonge. Leur description de Prince convenait, et comme ils ne demandaient pas pour les autres aspects de sa personnalité… alors il n’y avait aucune raison de les mentionner !

« Nan Gong, c’est vraiment le cas ? » s’enquit sévèrement Madame White Bird à Nan Gong Zui.

Nan Gong Zui hocha la tête. « Oui. Bien qu’il puisse paraître fier, il est en fait assez facile à vivre, et c’est simple de s’entendre avec lui. » Il hésita un instant et pensa : C’est comme ça qu’il est, non ? Même si Prince fait des choses assez étranges parfois ! Toutefois, ce n’est probablement pas nécessaire de le mentionner…

L’expression de Madame White Bird s’adoucit et elle regarda Odd Squad avec un air d’excuse, en  disant : « Mes excuses pour avoir douté de votre seigneur, mais je devais être certaine à ce sujet, puisque la question concerne l’ensemble des Lames Vertueuses. » De plus, le bonheur de ma petite sœur problématique est également en jeu. Phoenix tombe toujours amoureuse d’une personne inconvenante ou autre, m’inquiétant au plus haut point. Pourtant, cette fois, il semblerait qu’elle soit enfin tombée amoureuse de la bonne personne, pensa White Bird, sentant une boule d’anxiété disparaitre de sa poitrine.

« Aucun problème, vous deviez être vigilants, en effet », dit Ugly Wolf en ignorant lui aussi la voix de sa conscience.

« Quand serons-nous en mesure de rencontrer le suzerain ? »  questionna Madame White Bird.

« À ce sujet, celui-ci est actuellement parti en voyage dans l’espoir de recruter plus de gens pour nous aider à bâtir et à gérer le territoire. Je crains que vous ne deviez attendre un certain temps avant que nous puissions vous le présenter à tous. » En surface, Yu Lian répondit à la question de Madame White Bird calmement et sans hésitation. En privé, toutefois, les dents serrées, Yu Lian dit sur le canal de l’équipe : « Envoyez un message à Prince sur-le-champ, et ne vous arrêtez pas jusqu’à ce qu’il réponde. S’ils aperçoivent Prince avec son attitude bizarre, j’ai peur que nous perdions ce groupe d’aventuriers qu’il nous serait impossible de recruter en temps normal. »

Elle a raison, pensa le reste d’Odd Squad. Leurs pensées se figèrent sur la vue de Prince mordillant son index, le regard confus. Si les membres des Lames Vertueuses assistaient à ce spectacle, les choses deviendraient définitivement compliquées. À cette pensée, tout le monde commença à bombarder Prince de messages privés.

« Je vois. Ça doit être difficile pour notre suzerain », dit Mme White Bird, hochant la tête avec compréhension.

« Alors, allons d’abord discuter du placement de tout le monde, et du personnel qui prendra les rôles clés des postes importants. » proposa Ugly Wolf.

« Bien sûr, pas de problème », répondit Madame White Bird sans hésitation.

Alors qu’ils étaient tous sur le point d’entrer dans le quartier général temporaire, Doll aperçut soudain des gens à l’allure très familière aux portes de la cité. « Oh ! C’est grande sœur Rose et les autres », s’écria-t-elle.

Les membres d’Odd Squad se retournèrent. Effectivement, rôdant aux portes de la cité, il y avait là nulle autre que la Team Rose. Tous échangèrent des regards, un peu gênés, dès qu’ils réalisèrent qu’Odd Squad les avait repérés.

Ugly Wolf s’avança d’un pas vif vers la Team Rose en disant : « Alors Prince vous a trouvés, les amis ; c’est génial ! »

« Prince ? » demanda Broken Sword, l’air un peu surpris par les paroles d’Ugly Wolf.

« Ce n’est pas Prince qui vous a recrutés pour aider à la construction de la Cité de l’Infini ? » questionna Ugly Wolf, l’incertitude perçant dans sa voix. Son expression changea également de manière assez visible.

Tous ceux de la Team Rose se regardèrent les uns les autres, confus. Finalement, Rose lâcha avec appréhension : « Nous n’avons pas vu Prince… Nous avons entendu dire que vous aviez remporté le tournoi, donc nous voulions venir et vous présenter nos excuses pour l’incident qui s’est produit la dernière fois, et aussi pour savoir si vous aviez besoin d’aide. »

« C’est donc ça. Mais alors, où donc Prince a-t-il bien pu passer… ? » marmonna Ugly Wolf, sentant un mal de tête survenir. Cependant, dès qu’il se souvint que dans son dos se tenaient les membres des Lames Vertueuses, il déclara immédiatement à voix haute : « On dirait que vous êtes arrivés avant que Prince ne puisse vous trouver, les amis ! C’est génial ; nous avons vraiment besoin de l’aide de la Team Rose. »

« Mais, la dernière fois, j’ai passé ma colère sur Prince. J’en suis vraiment désolé », dit Broken Sword, le remord dessiné sur son visage. « Clairement, ce n’était pas du tout de sa faute. »

« Et, je n’aurais pas dû imposer mes sentiments à Prince de cette manière, ni même… l’embrasser », fit Rose en baissant la tête. Ses joues étaient rouges.

Fairsky passa la tête derrière la large carrure de Li’l Strong, les larmes aux yeux. « C’est entièrement de ma faute ; Je n’aurais pas dû utiliser ce genre de méthodes pour séduire Prince. J’ai réalisé que je m’étais mal conduite. Je ne recommencerai plus. »

Yu Lian tapota la tête de Fairsky avec douceur et prit la jeune femme dans ses bras. Fairsky se mit alors à sangloter doucement. « Ne vous inquiétez pas ; Prince ne vous en a jamais voulu, les amis. Il a toujours souhaité se réconcilier avec vous tous. Lorsqu’il reviendra, je suis sûre qu’il sera très heureux de vous revoir. »

Après avoir entendu l’apaisante explication de Yu Lian, tous les membres de Team Rose poussèrent un soupir de soulagement, et des sourires apparurent sur leurs visages.

« Rose, Fairsky… êtes-vous toujours amoureuses de Prince? » demanda Lolidragon avec inquiétude. Ces deux jeunes filles avaient déjà trop souffert en s’angoissant pour Prince, au point que même Lolidragon se sentait désolée pour elles.

Les membres de la Team Rose fixèrent Rose avec incertitude, alors que Rose inclinait simplement la tête, timidement. À côté d’elle, Broken Sword plaça un bras autour de son épaule, et déclara en souriant : « Rose est ma femme maintenant, donc évidemment, elle n’aime plus Prince. »

« C’est discutable, en fait », se moqua For Healing Only avec espièglerie, provoquant le regard mauvais de Broken Sword.

« Je ne renoncerai pas à Prince », s’écria soudainement Fairsky en se dégageant des bras de Yu Lian, deux traînées de larmes coulant sur son visage. Sa déclaration bruyante surprit tout le monde. « Je sais que mes dernières méthodes étaient mauvaises, mais j’ai changé depuis. Je gagnerai le cœur de Prince grâce à ma patience et à mon amour sincère. »

En entendant ses paroles, Ice Phoenix s’avança et demanda : « Tu aimes Prince, toi aussi ? »

Fairsky fixa Phoenix, dubitative. « Tu as dit “toi aussi” ? Ne me dis pas que tu es également amoureuse de Prince ? »

« C’est exact, et je n’abandonnerai jamais moi non plus. » déclara fermement Phoenix en appuyant sur chaque mot. On voyait des éclairs jaillir des yeux de Fairsky et Phoenix.

D’une voix particulièrement glaciale, Gui lâcha : « Prince est à moi ! »

Alors que tout le monde essayait de reprendre le contrôle de leurs esprits choqués par la déclaration de Gui, Wicked avait commencé à violemment fusiller ce dernier du regard. « C’est faux, Prince est à moi ! » Il y eut un nouvel échange d’éclairs…

Toutes les personnes présentes finirent bouche bée en voyant deux hommes se battre pour un autre homme, à l’exception des membres d’Odd Squad et de Dark Emperor. La plupart d’entre eux arboraient une expression de souffrance ; en particulier Ming Huang qui avait les lèvres pincées et qui fixait avec un air indigné son frère, Wicked.

Voyant que le visage de sa sœur devenait blême, Madame White Bird se tourna vers Odd Squad, et demanda férocement : « Prince est… il est… »

« Prince est tout sauf gay ! » garantit Lolidragon avec un regard sévère. C’est la vérité en plus ! « C’est juste que Prince est tout simplement trop beau, de sorte que même les hommes tombent sous son charme », expliqua-t-elle. C’est vraiment trop marrant ! pensa Lolidragon en s’écroulant de rire intérieurement. Elle n’en pouvait plus d’attendre le retour de Prince et d’observer cette situation chaotique… Hé hé hé !

Phoenix et Fairsky poussèrent un soupir de soulagement, puis fixèrent les deux homos et s’écrièrent à l’unisson : « Je vous préviens, ne vous avisez pas de détourner Prince du droit chemin ! Il est à moi ! » Les deux jeunes filles se toisèrent à nouveau.

« Non, il est à moi ! » rugirent les deux hommes, avant de rejoindre les rangs de ceux qui se dévisageaient mutuellement.

« Aucun problèèème ; Ils sont assez pour jouer au mah-jong, et ils auront même un sujet commun pour discuter », décréta Lolidragon avec nonchalance.

1/2 Prince T3C2 : La Cité de l’Infini

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 3 – Les Chroniques d’un Prince Vagabond

Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 2: Infinite City – Traduit du chinois vers l’anglais par Samuki[PR!]
Chapitre 2 : La Cité de l’Infini  – Traduit de l’anglais vers le français par AkaiiRia
+ Travail de vérification par Nocta

« Pourquoi est-ce que je dois être le suzerain ? » maugréai-je, mécontent. Je n’ai pas la moindre notion de ce que doit faire un suzerain ; ça ne serait pas mieux si la position était offerte à grand frère Wolf ? Faire de moi le suzerain ! Je ne suis même pas sûr de quoi faire avec notre nouveau territoire. Qu’est-ce que nous allons faire avec celui-ci, bâtir des fermes ?

« Laisse-moi te demander, Prince », dit Lolidragon d’une manière interrogative tandis qu’elle frappait mon nez avec un doigt. « Est-ce que tu sais comment concevoir des stratégies ou comment commander des troupes comme le peut grand frère Wolf, et ainsi être chargé du département militaire ? »

Je penchai ma tête sur un côté, en pensant, Moi, me charger des affaires militaires ? Je ne connais même pas la différence entre les stratégies et les tactiques… « Je ne sais pas comment. »

« Ou est-ce que tu possèdes, par le plus grand des hasards, comme belle-sœur Yu Lian, le talent de gérer les finances et les comptes avec des aptitudes incomparables, que tu es capable de te servir de l’argent pour générer plus d’argent, et ainsi t’occuper du département des finances ? Est-ce que tu es, en plus, un mage, et peux ainsi être en charge du département des mages également ? »

« Non, je ne le peux pas. » C’est déjà un accomplissement en soi si je ne dépense pas tout mon argent, et de plus je ne suis pas un mage, pensai-je, me sentant désolé pour moi-même.

« Dans ce cas, est-ce que tu possèdes un aussi bon cerveau que Gui ? Est-ce que tu es en mesure de dessiner des plans pour le territoire tout entier et de même superviser le procédé de construction au grand complet ? »

Je me dirigeai vers un coin pour y déverser ma morosité. « Au sujet de dessiner… Les gens ont toujours dit que les chiens que je dessine ressemblent plus à des chats. »

« Alors, est-ce que tu as mon savoir technique, pour être capable d’installer des pièges autour du territoire afin d’empêcher des monstres et d’autres joueurs d’attaquer ? »

« Ne pas marcher sur l’un de ces pièges moi-même, ça peut déjà être considéré comme une bénédiction… » Il y avait maintenant deux esprits feux-follets flottant à mes côtés.

« Dans ce cas, est-ce que tu peux, par hasard, invoquer des squelettes comme le fait Doll pour aider à la construction ? » questionna Lolidragon, m’achevant d’un seul coup.

Je ne m’attendais pas à ce que… même Doll soit plus utile que moi ! J’ai envie de pleurnicher… « Si je suis si inutile, pourquoi est-ce que vous tenez toujours à ce que je sois le suzerain ? » boudai-je.

Lolidragon me donna une petite tape sur l’épaule, son visage l’image même de la gentillesse – ou était-ce une fausse gentillesse ? – en me regardant. « C’est précisément pourquoi nous voulons que tu sois le suzerain ! Après tout, la seule chose que tu peux être c’est le suzerain qui n’a pas besoin de faire quoi que ce soit hormis avoir l’air beau, être présentable, et ne rien faire pour endommager la réputation de notre territoire ! »

« Oh, alors c’est comme ça ! C’est parce que je ne sais rien faire que je peux seulement être le suzerain… » Mes yeux se remplirent de deux larges larmes scintillantes, et je me mis à gémir. « Je dois vraiment me mettre à apprendre de nouvelles habiletés à partir de maintenant, autrement je ne vaudrais jamais plus qu’un suzerain. »

… C’est vraiment si déplorable d’être le suzerain ? se demanda le reste des membres d’Odd Squad.

En y repensant un peu, ce jour-là quand Lolidragon a utilisé la capacité Creuser pour se tenir en toute sécurité hors des ravages provoqués par les deux sorts de grande amplitude sur une zone d’effet, piétiner Heartless Wind à mort, et ensuite arracher la victoire pour Odd Squad dans le Tournoi des Aventuriers, nous montâmes joyeusement sur scène pour réclamer notre prix en tant qu’équipe. Nous nous baignâmes dans les encouragements assourdissants de la foule et admirâmes la vue remarquable des membres de Dark Emperor qui se tenaient immobiles, leurs bouches figées dans une expression béante pendant une heure entière à cause du choc…jusqu’à-ce que les migraines débutent.

De tous les prix, le plus significatif était une étendue de terre, que nous avions soudainement sur les bras pour aucune raison. D’après les rumeurs, elle se comparaît aux Cités du Soleil, de la Lune et de l’Étoile en termes de grandeur, et donc nous n’avions pas d’autres choix que de commencer à discuter comment gérer ce nouveau problème…

« Cette terre qui est la nôtre n’est vraiment pas un petit fardeau. Les Cités du Soleil, de la Lune et de l’Étoile s’étendent tout au long des bordures de ce continent dans une formation triangulaire ; comme les cités sont très loin l’une de l’autre, et comme les frais de téléportation sont élevés, la plupart des joueurs vont habituellement opter pour faire de l’une des trois cités leur camp de base et ensuite s’entraîner dans ses alentours. Cependant, notre territoire se situe directement au beau milieu du continent tout entier, et le temps nécessaire pour voyager depuis nos terres jusqu’aux autres zones de ce continent est plus ou moins le même.

« Pour cette raison, si nous jouons bien nos cartes, nous devrions définitivement être en mesure d’attirer la plupart des joueurs qui se trouvent dans les Cités du Soleil, de la Lune et de l’Étoile, et ainsi les faire s’installer ici. Toutefois, pour cette même raison, beaucoup de personnes auront des vues sur ce lopin de terre… et ce sera probablement plus effrayant qu’une attaque de monstres », médita Lolidragon, en se renfrognant. « Bien que les développeurs nous aient fourni des gardes PNJs pour l’instant, une fois que le temps sera écoulé, ils nous seront retirés, après quoi nous allons devoir défendre la cité par nous-mêmes. Alors que nous pouvons embaucher des gardes PNJs, ils sont majoritairement coûteux et, après tout, ce ne sont pas des joueurs humains. Ils leur manquent la faculté de s’adapter et ne peuvent ainsi pas être le pilier principal de nos défenses. Nous devons organiser notre propre force de défense, créer une économie vibrante, et bien dessiner notre cité… »

Ce fut comment nous commençâmes à diviser le travail entre nous… Et, comme vous pouvez le voir, parce que je n’ai rien de spécial à part posséder une belle apparence, j’ai fini en tant que décoration : le suzerain !

« Même si le suzerain n’est supposément rien de plus qu’une décoration, Prince, j’ai un assignement pour toi, afin de t’empêcher de mourir d’ennui. » Grand frère Wolf s’éclaircit la gorge. « Nous sommes à court d’hommes, alors tu dois recruter quelques personnes pour nous aider. »

« Qui est-ce que je vais recruter…? » Mon fan club ? Vous plaisantez, j’espère ?

« La Team Rose. » déclara Lolidragon en tapotant son menton avec un doigt d’un air songeur. En me voyant tressaillir, elle s’empressa d’ajouter : « Même s’il y avait quelques mécontentements la dernière fois que nous les avons rencontrés, ce sont de bonnes personnes. Je ne crois pas qu’ils sentaient vraiment que ce qui est arrivé était de ta faute. En plus, il y a tout de même quelques individus talentueux dans la Team Rose. »

« Les grands frères et la grande sœur de Dark Emperor aussi ! » s’exclama Doll avec une grande joie. « Ce sont tous de bonnes personnes ! »

« Nan Gong Zui ! » ajouta à son tour belle-sœur Yu Lian, en même temps que le visage de Gui se renfrognait en entendant ce nom. (Ses objections se firent rejeter, toutefois.) « Pour avoir été l’une des têtes aux commandes de l’une des trois alliances majeures dans le tournoi, il doit avoir une influence considérable. Si tu peux faire en sorte qu’il nous rejoigne, le nombre de nos forces serait grandement renforcé. »

« C’est vrai, c’est essentiellement ces personnes pour l’instant », dit grand frère Wolf en hochant la tête. « Tandis que nous mettons toute notre sueur et tout notre sang à construire la cité, Prince, tu devrais prendre le temps de discuter avec eux afin de bâtir ton réseau social, et ensuite fais en sorte qu’ils se joignent à nous pendant que tu y es. Oh, en passant, ce serait génial si tu pouvais dénicher d’autres individus talentueux également. Qu’est-ce que tu en penses ? Ton assignement est plutôt simple, non ? »

Mordillant mon index, avec la tête penchée sur un côté, je pensai, Ça semble être… plutôt facile !?

« D’accord, dans ce cas je vais y aller. Ce sera dur pour vous les gars ! » Je me sentis un peu coupable. Tout le monde va être en train de travailler dur pour la construction, tandis que je m’enfuis pour aller discuter… Soupir ! Tout ça parce que je ne sais rien faire, c’est pour ça que je suis si inutile.

Tout le monde me salua de la main pendant que je partais. J’agitai aussi la main de façon enthousiaste en retour, puis partis pour mon voyage de « discussion »…

 

 

Ce ne fut pas avant que Prince soit hors de vu que les sourires, qui étaient affichés sur les visages des membres restants d’Odd Squad, tombèrent enfin.

« Hmm… Je me sens un peu coupable. Nous avons trompé Prince pour qu’il se charge du travail le plus dur ; je me demande si ça va aller pour lui… » fit remarquer grand frère Wolf, en ayant l’air légèrement inquiet.

« Ne t’inquiète pas à ce propos ; il est extrêmement chanceux avec les gens en général. De plus, je n’ai pas de conscience à proprement parler, alors je ne me sens pas le moins du monde coupable », dévoila Lolidragon avec un sourire diabolique.

« Prince est le suzerain après tout, alors d’une façon ou d’une autre il doit prendre un peu de responsabilité ! » Belle-sœur Yu Lian sourit, en étirant son index et son pouce pour les éloigner autant que possible tandis qu’elle disait « un peu ».

Sur un ton agité, Gui demanda : « Mais, Prince va-t-il s’égarer ? »

… C’est la question la plus inquiétante en effet !

 

 

« Qui est-ce que je devrais aller trouver en premier ? » agonisai-je. « Oh eh bien, je suppose que je vais aller trouver Dark Emperor en premier ; puisque grand frère Zhuo est là, ça ne devrait pas être difficile de les recruter, pas vrai !? »

Je me décidai et envoyai immédiatement un message privé à Wicked, disant : « Wicked, vous êtes où les gars ? Il y a quelque chose dont je voudrais tous vous parler ! »

« …Nous sommes à la Cité du Soleil, mais il vaudrait mieux que tu ne viennes pas nous rejoindre maintenant. » En recevant son message, Wicked était initialement enchanté à l’idée de pouvoir voir Xiao Lan. Toutefois, après avoir jeté un long coup d’œil à ses équipiers ivres éparpillés partout dans la cabine du restaurant et songé à comment ils avaient parlé de trancher les membres d’Odd Squad en millions de morceaux il y a juste un instant pendant qu’ils buvaient, Wicked pensa qu’il valait mieux ne pas laisser Xiao Lan venir. « Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Je veux vous enrôler pour nous aider à gérer nos terres ! » J’allai directement au but.

« Hmm… Je vais en discuter avec mes équipiers, mais ils sont trop en colère pour penser convenablement en ce moment, alors ce serait mieux si tu ne venais pas tout de suite. »

« Oh, dans ce cas je suppose que je vais aller voir Nan Gong Zui en premier », répondis-je, en même temps que je pensais, la Team Rose… Je crois que je vais aller les voir en dernier. Je me sentais toujours un peu coupable de ce qu’il s’était passé, alors je n’étais pas encore prêt à les rencontrer.

À l’insu de Prince,  les yeux de Wicked se plissèrent dangereusement. « Tu vas aller voir Nan Gong Zui ?! Cet idiot de Gui n’a pas essayé de t’en empêcher ? »

« Ouais, il a essayé. Je n’ai aucune idée de pourquoi il était contre, mais après que Lolidragon se soit mise à l’étrangler avec ses bras, il ne s’y est plus opposé. » (Ou peut-être que c’était parce qu’il n’avait aucun moyen d’exprimer ses objections ?) Sérieusement, Gui devient jaloux de tout. Est-ce que tous les gays sont à ce point pénibles ? Il devient agité si quelqu’un m’approche, que ce soit des hommes ou des femmes… Il fait vraiment pitié !

« Ne va pas retrouver Nan Gong Zui ! Je te garantis que Dark Emperor va se joindre à vous les gars ! » Wicked fixa ses équipiers sur le sol d’un air menaçant ; malheur à ceux qui vont s’y opposer !

« Je savais que c’était toi le meilleur, grand frère Zhuo ! C’est marché conclu alors ; vous devez vous joindre à nous ! » dis-je joyeusement, en pensant, Une équipe de moins déjà, on dirait que je vais retourner auprès de mes coéquipiers en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire ! « Je vais aller chercher Nan Gong Zui maintenant dans ce cas. »

« Hé— ! »

Je fermai ma conversation privée avec Wicked et envoyai un message privé à Nan Gong Zui pour la toute première fois. « Nan Gong Zui, appel pour Nan Gong Zui ! »

« Qui c’est ? »

« Prince », rapportai-je mon nom joyeusement.

« …L’Elfe Sanguinaire ? » Nan Gong Zui sembla quelque peu surpris.

« Appelle-moi simplement Prince. » Pourquoi est-ce que Nan Gong Zui aime autant m’appeler « l’Elfe Sanguinaire » ?

« Oh, Prince. Quelque chose ne va pas ? » me demanda Nan Gong Zui avec enthousiasme. « Tu veux qu’on aille boire un coup ensemble ? »

« Euh…quelque chose comme ça, et j’aimerais discuter d’autres trucs avec toi. »

« Pas de problème ; viens d’abord me rejoindre ! Je me trouve à la Cité de la Lune, laisse-le-moi simplement savoir quand tu seras sur le point d’arriver », répondit Nan Gong Zui, et sa voix devint teintée de frustration. « Je dois encore régler un problème avec ma sœur Ice Phoenix en premier. »

« Certainement. Il se pourrait que je mette quelques jours à m’y rendre, vu que je suis encore très loin de la Cité de la Lune, alors prends ton temps pour régler les choses », agréai-je.

Alors, ma destination est la Cité de la Lune ? Je dépliai la carte et vit que la Cité de la Lune se situait du côté ouest du continent. De quel côté est l’ouest ? Je regardai l’immense lune et le ciel plein d’étoiles d’un air absent, en pensant, Gui m’a dit auparavant que si je pouvais trouver l’Étoile Polaire, je serais en mesure de dire dans quelle direction est le nord… mais qu’est-ce qu’il a dit déjà au sujet de trouver l’Étoile Polaire ? Premièrement, je dois localiser la Grande Ourse… mais c’est quoi la Grande Ourse ? Ma tête s’effondra sur un côté, incapable de comprendre. (Gui : Je n’ai pas réussi à te le faire comprendre en fin de compte, mais ne t’ai-je pas donné une boussole ?)

 

 

« Phoenix, est-ce que tu as l’intention de me faire mourir de rage ? » Nan Gong Zui était sur le point d’exploser de colère tandis qu’il regardait sa sœur. « Fan essaie clairement de te duper ; tu ne peux toujours pas t’en rendre compte ? Pourquoi est-ce que tu lui as encore stupidement envoyé un autre cadeau ? »

Ice Phoenix sourit avec douleur. « Grand frère, c’est vraiment si mal d’aimer quelqu’un, de vouloir faire des sacrifices pour lui, de désirer te dédier à lui ? Je crois que son cœur sera vraiment ému par mes efforts un jour. »

« Tu, tu… ! » Nan Gong Zui laissa échapper un soupir d’exaspération pendant qu’il se demandait, Comment les femmes peuvent être stupides à ce point ?

« J’ai profondément aimé Fan dès le moment où j’ai posé les yeux sur lui pour la première fois », déclara Phoenix. Il y avait une expression intoxiquée sur son visage alors qu’elle se remémorait : « Il est exactement comme une divinité parfaite. Ce jour-là, quand il s’est dirigé vers moi, j’ai même songé que je contemplais le plus beau dieu du soleil, Apollon ! Je crois qu’il n’y a aucune autre personne dans ce monde qui puisse rivaliser avec sa perfection. »

La chair de poule s’empara du corps tout entier de Nan Gong Zui. Fan a effectivement une belle apparence. Je me demande… entre lui et Prince, lequel d’entre eux Phoenix préfèrerait ?

« Ah… Fan m’envoie un message privé, je dois me dépêcher », annonça Phoenix, presque dépassée par la joie de recevoir le message de Fan.

« Je t’interdis d’aller— » Avant qu’il n’ait pu terminer de parler, sa sœur était déjà partie, et alors Nan Gong Zui n’eut pas d’autre choix que de s’empresser de poursuivre la silhouette disparue de celle-ci.

 

 

Finalement, je pris quand même le mauvais chemin. Je marchai par inadvertance vers l’Est à la place, et aboutis ainsi à la Cité de l’Étoile… après quoi, j’optai simplement de voyager jusqu’à la Cité de la Lune par le biais de la station de téléportation. Il s’avéra que la Cité de la Lune était en fait une ville de style chinoise. Tandis que j’errais à travers la ville, j’admirai joyeusement les bâtiments de bambou, les lanternes rouges, et les rues remplies d’épéistes agitant des éventails.

En parlant de comment la culture d’une cité influence le caractère des gens qui vivent à l’intérieur de celle-ci… C’est bizarre, pourquoi est-ce que mon frère, cet imitateur de Chu Liu Xiang, a atterri dans la Cité de l’Étoile à la place ? me demandai-je tandis que je rongeais une brochette de fruits confits que je venais tout juste d’acheter.

« Arrête-toi là, Phoenix ! » Nan Gong Zui attrapa la main de Phoenix avec colère.

« Lâche-moi, grand frère ; laisse-moi rejoindre Fan ! » hurla Phoenix en gémissant.

Je mâchai un autre fruit confit pendant que j’observais la scène qui se déroulait devant mes yeux, en songeant, Il semblerait que j’aie pas mal de chance : j’ai trouvé Nan Gong Zui sans même lui avoir envoyé un MP !

Fan se promena lentement vers le duo depuis l’autre bout de la rue avec un sourire sur son visage. « Nan Gong Zui, tu ne crois pas que ton comportement est plutôt disgracieux ? Tu ne parvenais pas à gagner le cœur de ta sœur, alors tu as décidé de recourir à la force brute à présent ? »

« Qu’est-ce que tu viens de dire ? Ne raconte pas n’importe quoi, je ne veux simplement pas qu’elle se fasse duper par un salaud de ton espèce », hurla Nan Gong Zui, enragé.

« Nan Gong Zui, tu devrais faire plus attention à ce que tu dis. Qui essaie de la duper ? Phoenix, j’ai déjà essayé de te duper ? » questionna Fan, et son expression exprimait la confiance. « J’ai déjà été clair avec toi, incluant le fait que tu n’étais qu’une des femmes que je fréquentais. »

« Je sais. Ça me va, ça ne me dérange pas du tout », répondit Phoenix, fascinée par le beau profil de côté de Fan.

Fan haussa les épaules et lança à Nan Gong Zui un air impuissant.

« Toi… » Nan Gong Zui était si furieux qu’il avait dégainé son épée et était sur le point de charger pour affronter Fan en duel.

Terrifiée pour son bien-aimé, Phoenix se hâta de barrer la route à Nan Gong Zui. « Arrête ça, Grand frère ! Je ne te permettrai pas de faire du mal à Fan ! »

L’expression de Nan Gong Zui révéla à quel point il était blessé par son geste. « Phoenix, tu… »

« Grand frère, je… » Phoenix était ravagée par la culpabilité, mais n’était également pas encline à changer d’avis.

L’atmosphère devint de plus en plus lourde tandis que la situation menait à une impasse. J’avalai le dernier fruit confit, me léchai les lèvres, et jetai la brochette de bambou restante dans la poubelle.

…Une femme amoureuse, un frère inquiet, et un play-boy sans cœur et débauché ; c’est tout à fait le roman à l’eau de rose typique et détestable. Permettez-moi de mettre fin à ce drame sans intérêt ! pensai-je avec un petit sourire diabolique.

Je redressai ma posture et fixai un sourire léger sur mon visage, l’élégance suintant par tous mes pores. En ce moment, je suis… le plus parfait Seigneur Prince ! D’une voix basse et chaleureuse, je hélai : « Nan Gong Zui, c’est toi ? »

Tous ceux présents se tournèrent pour me contempler – ou plus exactement, me fixèrent, rougissant férocement, leurs cœurs tambourinant furieusement – et je vis avec satisfaction que même Ice Phoenix m’observait, sous le charme. Avec des pas élégants, je marchai à la rencontre de Nan Gong Zui, en faisant remarquer : « Mes excuses, je suis arrivé plus tôt. J’avais eu l’intention de jeter un coup d’œil aux alentours et ensuite te rendre visite. J’espère que ça ne cause pas trop de problèmes ? »

« Non, pas du tout… » Nan Gong Zui me regarda avec incertitude. Dans sa tête, Nan Gong Zui pensait, Le Prince ici aujourd’hui semble… très différent d’avant ?

« Hmm, cette demoiselle ici présente… Ce doit être ta sœur, Ice Phoenix, exact ? » Je me tournai vers la Phoenix à l’air stupéfait et lui montrai mon sourire le plus brillant et le plus incomparable, un qui pouvait ensorceler à la fois les hommes et les femmes. « Nan Gong Zui mentionne souvent ton nom ! »

« Vrai-vraiment ? » bégaya Phoenix tandis qu’elle regardait fixement mon visage, émerveillée.

« Tu es aussi adorable qu’il t’a décrite ! » Approchant mon visage toujours plus près vers elle pendant que je parlais, je pouvais presque entendre son cœur alors qu’il battait sauvagement dans sa poitrine. Enfin, je pris doucement sa main dans la mienne, la levai vers mes lèvres, et frôlai le dos de sa main avec un baiser.

Phoenix inspira brusquement, puis s’évanouitMaintenant, je sais que je suis suffisamment beau pour faire s’évanouir les gens, pensai-je, tandis que je transportais la fille inconsciente dans mes  bras, légèrement exaspéré. « Nan Gong Zui, vient récupérer ta sœur ! »

« … » Nan Gong Zui vint à ma rencontre et me prit Ice Phoenix sans dire un mot.

« C’est encore toi, Prince ! » maugréa Fan. Le masque de sérénité qu’il portait commençait à s’effondrer.

Je lui souris avec malice. « Quoi ? Tu avais envie de me voir à ce point ? »

« Qui aurait envie de te voir ? » Le visage de Fan s’était contorsionné avec haine.

« Aiya ! Encore en train d’essayer de jouer les durs ? » Je marchai jusqu’à Fan en faisant des pas délibérément lents, n’oubliant pas de lui lancer un sourire plein d’ambiguïté. « Si tu avais envie de me voir, tu n’avais qu’à le dire. Je te garantis que je viendrais te chercher dès que j’aurais du temps libre. »

« Éloigne-toi de moi », dit Fan, en reculant de trois pas, et il se rappela même de dégainer son épée pour la pointer sur moi.

Je ris froidement. Plaçant mes mains sur mes hanches dans une démonstration de superbe insouciance, je demandai : « Tu es sûr que tu veux te battre avec moi ? »

En entendant ça, Fan hésita. Il n’avait pas oublié les prouesses de l’Elfe Sanguinaire sur le champ de bataille, mais il n’y avait aucun moyen pour qu’il se retire quand sa propre réputation était en jeu, et donc son épée resta inébranlablement levée vers moi.

Mon expression changea, devenant sévère en l’espace d’un instant. « Ne t’approche plus jamais de Ice Phoenix. Sache que, à partir de ce jour, son cœur ne t’appartient plus. »

Le visage de Fan devint presque tacheté par la rage, et il rigola d’une façon moqueuse avant de déclarer : « Elfe Sanguinaire, tu n’es pas un peu trop fouineur ? Ce qui se passe entre Phoenix et moi, ce n’est vraiment pas tes affaires. »

« Pffff, Nan Gong Zui est mon ami, sa sœur est aussi la mienne, alors comment je pourrais rester les bras croisés et regarder Phoenix se faire avoir par une brute comme toi ? » Je dégainai mon Dao Noir et observai avec une considérable satisfaction tandis que Fan pâlissait, ce qui me décida de le mettre encore plus au défi. « Si tu veux te battre, arrête avec tes salades et ramène-toi ! »

Fan me fixa avec une expression maladive, puis jeta délibérément un coup d’œil en direction de Nan Gong Zui, qui se tenait proche. « Vous avez l’intention de me combattre à deux contre un, pas vrai ? »

Je répondis froidement : « Cesse de chercher des excuses, tu sais très bien que Nan Gong Zui ne va pas intervenir. »

« C’est difficile à dire ! » rétorqua Fan méchamment, en rengainant son épée. « Je n’ai pas l’intention de me faire tabasser par deux personnes ! »

Je ne dis rien de plus et regardai seulement Fan d’un air glacial. Après tout, je n’avais pas vraiment l’intention de le combattre ici dans les rues, particulièrement pas pour une raison telle que faire compétition pour gagner le cœur d’une femme…

Fan me jeta un regard glacial avant de tourner les talons pour s’en aller. « Un jour, je t’arracherai tout ce que tu me dois, Elfe Sanguinaire. »

Je levai un sourcil. « J’attends ce jour avec impatience ! »

Soupir, cette visite à Nan Gong Zui m’a laissé avec encore une autre belle prétendante et m’a gagné l’inimitié d’un rival formidable… S’il refuse toujours de se joindre à nous, même s’il est un ami, je vais définitivement le transformer en chair à pâté. Sur cette pensée, je me tournai pour regarder Nan Gong Zui d’un air menaçant, mais il continua à m’observer avec une confusion innocente.

« Nan Gong Zui, tu vas te joindre à moi ou pas ? » demandai-je, en agrippant son collet.

« Hein ? »

 

 

Dans la maison de Nan Gong Zui…

« Je vois, alors c’est à propos des terres que vous avez gagnées ! » Nan Gong Zui sourit. « Vous avez déjà décidé du nom de votre cité ? »

Je prenais une longue gorgée de mon bubble tea, mais je me figeai immédiatement en entendant la question de Zui. « Le nom de… ma cité ? »

« Quoi ? Les gars, vous ne vous êtes pas encore décidé là-dessus ? » La surprise de Nan Gong Zui était évidente.

Je penchai ma tête sur un côté, en pensant, Peut-être qu’ils l’ont déjà choisi mais qu’ils ont oublié de m’en parler ? « Attends une minute, laisse-moi le leur demander. »

« Grand frère Wolf, est-ce que notre cité a déjà un nom ? »

« …Oh non, nous avons complètement oublié ce sujet. Prince, puisque tu es le suzerain, occupe-toi d’en trouver un ! » fut la réponse irresponsable de grand frère Wolf. « Après que tu auras trouvé un nom, tu ferais aussi bien d’aller l’enregistrer au Bureau du Développement des Terres dans la ville. C’est tout. »

Pourquoi moi…? Je fronçai les sourcils. « Ils m’ont demandé de lui donner un nom moi-même ! Nan Gong Zui, aide-moi à trouver un nom. »

« …Ce genre de lourde responsabilité, c’est mieux si c’est laissé à tes soins, toi le suzerain ! »

Je réfléchis et réfléchis, me retournant la tête encore et encore tandis que je me creusais les méninges pour trouver une idée, n’importe laquelle… mais je m’effondrai sur le sol en larmes au bout du compte. Ouaaah, Je n’arrive simplement pas à penser à quoi que ce soit ! Je tournai mon regard rempli de larmes vers Nan Gong Zui en un appel à l’aide silencieux.

« Pourquoi ne pas l’appeler la Cité de l’Infini, pour représenter le potentiel illimité du futur ? » prononça Nan Gong Zui après y avoir songé brièvement.

« Excellent nom ! » Je me précipitai jusqu’à Nan Gong Zui et je lui saisis les mains. Le regardant avec des yeux remplis de gratitude, je dis d’une manière cajoleuse : « Puisque tu m’as déjà aidé avec la trouvaille de la Cité de l’Infini, tu ne peux plus t’échapper à présent ! Tu te dois de te joindre à nous, d’accord ? S’il-te-plaît, Zuiiiiii…. »

«…Je crois que nous devrions être en mesure de nous joindre à vous, les gars. Je n’ai aucun problème avec ça, et Phoenix dans notre équipe va définitivement te suivre, ce qui veut dire que sa grande sœur le fera aussi. Le mari de sa sœur est le prêtre de notre équipe, son petit frère est le voleur de notre équipe, et la dernière personne dans l’équipe va probablement venir avec nous également. »

« …On est d’accord dans ce cas, je-je dois encore aller chercher d’autres personnes, alors je te laisse le soin de rencontrer mes coéquipiers à la Cité de l’Infini. » Le sourire sur mon visage s’était raidi. Ce que Zui vient de dire…est-ce qu’il voulait dire que si je ne prends pas mes responsabilités pour Phoenix, sa sœur et ses deux beaux-frères vont définitivement me poursuivre ? Soupir, comment est-ce que je vais survivre à l’avenir ? Je considérai l’idée de faire en sorte que Gui conçoive une pièce secrète pour que je puisse m’y cacher.

« Certainement ! Ce n’est pas du tout un problème. »

« Merci, Zui. » Je souris de joie, songeant, Voilà un autre assignement de complété !

Nan Gong Zui me donna un coup amical sur la poitrine et m’assura : « Ne t’inquiète pas, les amis sont là pour ça ! Viens, allons enregistrer le nom de votre cité et ensuite allons boire un coup. »

Je souris stupidement…. Est-ce que je vais être capable de tenir l’alcool ?

 

 

« Cette personne est le seul voleur dans mon groupe : Kong Kong. » Nan Gong Zui introduisit le compagnon de beuverie qu’il avait invité : le voleur de petite taille Kong Kong.

« Bonjour, je suis Prince », m’introduisis-je poliment.

« Ne te fais pas avoir par à quel point Kong Kong est petit et mince ; il peut même boire jusqu’à mille verres. Tu devrais faire attention, Prince », m’avertit Nan Gong Zui avec un rire chaleureux.

Je me joignis à eux et rigolai de bon cœur également… mais, à l’intérieur, je me sentais très impuissant ! Je ne suis jamais allé boire un coup auparavant et je vais me retrouver dans une compétition de beuverie avec deux hommes la première fois que je vais boire de l’alcool ? Bonté divine !  Est-ce que ce n’est pas un peu trop en demander de ma part ? Ouaaah… Ça m’est égal à présent ! La façon dont les choses tourneront, ce n’est plus mon problème !

« Buvons d’abord à la santé de Prince pour avoir remporté la victoire avec succès ! Félicitations ! » s’écria Nan Gong Zui.

« Félicitations ! » Kong Kong aussi leva son verre et cria.

« Merci ! » Je ne pus que leur emboîter le pas. Je fixai du regard le liquide dans mon verre pendant trois secondes, serrai les dents, puis avalai d’un trait le contenu… Ça brûle ! Je combattis pour retenir mes larmes. Ne me dîtes pas que je vais devoir en boire cul sec encore beaucoup plus dans un instant ? Ce n’est pas vrai, n’est-ce pas ? J’ai envie de pleurer…

 

 

Après trois heures…

« Une autre tournée ! » hurlai-je en tanguant d’une façon mal assurée tandis que je levais mon verre.

« Euuuhh…. Je ne peux pas, Prince. Tu es tout simplement trop fort, arrêtons de boire… » gémit Kong Kong d’où il était assis, à moitié vautré sur la table. « Si nous continuons à boire, je vais vraiment mourir… »

« Hahahahaha, tu ne peux pas boire plus que moi ! » Je rigolai sauvagement, mais mon corps tanguait de façon incontrôlable. « Et tu affirmes encore que tu arrives à boire mille-mille verres !? »

« C’est parce que toi, tu ne t’effondreras pas même après dix milles verres, Prince. » déclara Zui, qui s’était évanoui plus tôt, après s’être réveillé soudainement. Il se massa les tempes. « Arrêtons de boire et rentrons ! »

« Okay… » répondis-je, me sentant un peu maussade.

Nous chancelâmes tous les trois le long de la rue baignée par le clair de lune. Un faible sentiment de mélancolie s’enroula autour de mon cœur, et je ressentis soudainement une envie urgente de dégainer mon arme et de me défouler. Sans y accorder une autre pensée, je tirai mon Dao Noir et, comme une personne possédée, je balançai et coupai et tranchai, bondissant et esquivant furieusement, en hurlant… jusqu’à-ce que je fusse trop épuisé pour continuer mon carnage. Je me tins au même endroit, haletant, tous les mouvements que j’avais exécutés jusqu’à présent dans le jeu me traversèrent l’esprit d’un seul coup.

Éventuellement, je commençai à danser, les techniques fusionnants ensemble en un flot continu : une danse. Baigné dans le clair de lune glacial et clair, n’entendant que le son merveilleux de mon Dao Noir sifflant dans les airs, je me sentis euphorique, et un sourire se glissa sur mon visage, grandissant encore et encore. Le clair de lune, la lame, la silhouette svelte et voletante, et le rire arrogant mais pourtant raffiné – dont seul un elfe était capable – s’agitèrent ensemble en une douloureuse et magnifique mélodie  qui résonnait à travers la campagne de la Cité de la Lune.

« Hahahaha…haha ! » riai-je sauvagement.

« Excellent ! Un excellent et fier épéiste », hurla Nan Gong Zui d’un air approbateur. « Voyons à quel point tu es doué, Prince ! » Sur ce, il tira son épée et bondit devant moi. Nos lames se rencontrèrent dans un fracas retentissant, telle une chanson du métal s’écrasant dans le silence de la nuit.

« Me voici également ! » Kong Kong ne put résister à l’envie de brandir sa dague et rejoignit la mêlée, aussi rapide que le vent.

J’envoyai un coup de pied à Kong Kong en même temps que mon dao continuait à parer l’épée de Nan Gong Zui, puis suivis d’une torsion dans les airs, échappant à leur attaque combinée. Nous étions tous les trois comme des enfants faisant les idiots dans la rue, esquivant et courant ici et là, attaquant l’autre avec nos armes de temps en temps. Nous fîmes les pitres de cette manière et nous amusâmes comme des fous… jusqu’à-ce que nous atteignîmes la maison de Nan Gong Zui.

Après avoir agité la main en signe d’au revoir à Zui, je levai les yeux vers le ciel parsemé d’étoiles, subitement rempli par le désir d’explorer jusqu’au bout du monde ! Et mes jambes me traînèrent alors jusqu’à une rue inconnue…

 

1/2 Prince T3C1 : Le Vainqueur Final

posted in: 1/2 Prince | 0

½ Prince Tome 3 – Les Chroniques d’un Prince Vagabond

Roman version d’origine en chinois par – Yu Wo


Chapter 1: The Final Victor – Traduit du chinois vers l’anglais par Samuki[PR!]
Chapitre 1 : Le Vainqueur Final  – Traduit de l’anglais vers le français par Zinthia

« Allons-y, Wicked. Ne m’oblige pas à me répéter », retentit ma voix, teintée de colère.

Wicked me regarda solennellement, une trace de mélancolie dans les yeux. Enfin, il tira son épée et annonça : « Avant ça, je veux défier Zui. Je ne peux pas me permettre de te laisser monopoliser le feu des projecteurs. »

Je me grattai la joue, me demandant, J’ai vraiment monopolisé le feu des projecteurs ? D’accord… peut-être juste un peu. « Comme tu veux. »

Je jetai un regard vers Zui et Fan, juste à temps pour voir Fan se faire acculer dans un coin avant d’être coupé en deux par Zui. On dirait que Fan n’est pas à la hauteur face à Zui en combat singulier, en dépit de sa supériorité quand il s’agit de stratégie et de tactique… (Ou est-ce que je devrais dire que Fan appartient au genre de sale type sournois ?) Ce serait possible que ce soit vraiment cruel de ma part de l’avoir ramené de force du seuil de la mort,  uniquement  pour permettre à Zui de le tuer ? … Peu importe ! Au moins, c’est bien mieux pour lui de mourir de cette façon que de se faire massacrer et tuer par moi.

Après qu’il eut vaincu Fan, Nan Gong Zui marcha lentement vers moi. Ne me dîtes pas qu’il veut me provoquer en duel ? Intéressant ! pensai-je. Avec un léger sourire sur les lèvres, je levai mon Dao Noir, prêt à me défendre. J’observai Nan Gong Zui se rapprocher de moi pas à pas. Il est sur le point d’attaquer ! Je me raidis jusqu’à ce que…

« Merci, Prince », déclara soudainement Zui.

« … Hein ? » Je restai pétrifié. Il me remercie ? J’ai massacré tous ses alliés, et cet homme veut tout de même me remercier ?

« Tu nous as donné à Fan et à moi la chance de nous défier de façon équitable jusqu’à ce que l’un de nous meurt », s’empressa de préciser Nan Gong Zui tandis qu’il contemplait mon expression sceptique. « D’ailleurs, c’est la raison principale pour laquelle j’étais entré dans ce tournoi, à l’origine. »

« Oh … Ah, c’est vrai, Wicked a dit qu’il veut se battre avec toi d’abord. » Je pointai mon doigt vers Wicked.

Nan Gong Zui sourit simplement en entendant ça. « Ce n’est pas nécessaire ; je suis le dernier de mon alliance, donc ce serait inutile de lutter. D’ailleurs, j’ai des affaires plus importantes à régler, alors tu ferais aussi bien de me tuer maintenant, Prince », dit-il, une profonde mélancolie dans ses yeux.

Son humeur morose déteignit sur moi, et je lâchai doucement : «Très bien, alors.. »

Avant même d’avoir fini ce que je disais, la lame d’une épée perça soudainement la poitrine de Zui ; et le propriétaire de l’épée n’était nul autre que Wicked. Wicked afficha une expression de colère tandis qu’il regardait Zui. Je peux ignorer le fait que ce type soit devenu ami avec Xiao Lan, pensa-t-il, et ce n’est pas grave s’il a eu l’occasion d’être porté dans ses bras. Mais, maintenant, il a le culot de demander à Xiao Lan de le tuer ? Pourquoi est-ce qu’il ne se contente pas de partir et d’aller trouver un endroit pour mourir tout seul et silencieusement ?

« Wicked, qu’est-ce que tu fais ? » m’exclamai-je, profondément mécontent. « Zui a déjà dit qu’il voulait que ce soit moi qui  le tue ! »

Un éclair de compréhension apparut sur le visage de Nan Gong Zui, comme il observait le regard plein de ressentiment de Wicked. « Peu importe, ça n’a pas d’importance, Prince », affirma Zui. « Après avoir réglé mes affaires, je t’inviterai à boire un verre… »

La conversation fut de nouveau interrompue lorsqu’une flèche translucide tirée de derrière moi, à ma droite, atterrit directement en plein milieu du front de Nan Gong Zui. Le coupable, Gui, jeta un regard froid à Nan Gong Zui. Je pensai, je suppose qu’on pourrait dire que Gui est plus chevaleresque que Wicked ; au moins, il a attendu que Nan Gong Zui dise qu’il reviendrait me voir avant de l’achever !

Alors qu’ils contemplaient le pilier de lumière qu’était devenu Nan Gong Zui disparaître dans le ciel, Gui et Wicked révélèrent tous les deux un sourire sinistre et satisfait pendant qu’ils songeaient, C’est bien fait pour lui ! Qui a dit à cet enfoiré à peine beau gosse qu’il pouvait se rapprocher de Prince !?

« Depuis quand vous êtes en si bons termes, tous les deux ? » Même leurs sourires sont identiques, pensai-je, alors que j’observais avec méfiance ces deux bouchers. Cependant, ils cessèrent aussitôt de sourire, et se fixèrent même haineusement l’un et l’autre.

« Deux lunatiques… » murmurai-je pour moi-même.

Je soulevai mon Dao Noir et le pointai vers Wicked. « Quoi qu’il en soit, il est maintenant temps pour nous de combattre une fois de plus jusqu’à ce que l’un de nous meurt, Wicked. Ton épée longue m’a beaucoup manquée. Même chose pour tes mouvements qui semblent venir de nulle part ! »

 

 

« Prince… » Xiao Lan… pensa Wicked, peiné. Comment pouvait-il pointer sa lame sur sa chère Xiao Lan ? À l’origine, Wicked avait prévu de périr avec Nan Gong Zui, de sorte que Xiao Lan ne soit pas obligée de devoir tuer un ami, et aussi afin qu’il ne soit pas contraint de lever son épée sur sa bien-aimée, même si ça signifiait laisser tomber ses camarades de Dark Emperor !

Wicked fixa ses coéquipiers, et ils lui retournèrent un regard plein d’espoir, attendant qu’il dégaine son épée. Quant à Heartless Wind, il avait depuis longtemps sorti sa propre rapière… Heartless Wind, si tu savais qu’il s’agissait de ta propre sœur, est-ce que tu serais toujours capable de l’attaquer ?

(Feng Lan : Ne t’inquiète pas à ce sujet, il va être plus qu’heureux de démolir sa sœur qui lui a volé ses conquêtes, jusqu’à ce que son règne vienne…)

 

 

J’attendis que Wicked tire son épée mais, pendant un long moment, il ne bougea pas d’un pouce… Se pourrait-il que Grand frère Zhuo veuille me laisser attaquer en premier ? Je fronçai les sourcils, me sentant extrêmement irrité. Je veux gagner, mais pas de cette façon ! J’hurlai : « Dégaine ton épée ! »

Ma fureur brillait plus férocement encore puisque Wicked continuait de me fixer avec hésitation. Qu’est-ce ça veut dire ? Que je peux gagner seulement si les gens y vont doucement avec moi ?Je-

Tout à coup, Gui posa une main sur mon épaule, et le regard dans ses yeux semblait me dire de me calmer. Il s’approcha de Wicked et murmura à l’oreille de ce dernier : « Si tu ne veux pas perdre Prince pour toujours, tu ferais mieux de tirer ton épée. Tout type de concession de ta part ne fera que l’agiter encore plus. Tu n’as toujours pas compris sa façon d’être, même après l’avoir connu pendant huit ans ? »

Le problème, pensa Wicked, c’est que Xiao Lan n’était pas comme ça avant. Dans le jeu The World, elle se cachait toujours derrière lui, et passait son temps à le cajoler pour qu’il lui achète des choses. Wicked se sentit nostalgique en se rappelant les pitreries espiègles de Xiao Lan, mais… À présent, elle a vraiment grandi. Elle est toujours à l’avant de son équipe, toujours à  rire joyeusement même si elle se bat, arme à la main ; maintenant, elle sait comment travailler dur pour obtenir ce qu’elle veut. Prince n’est pas du tout comme l’ancienne Xiao Lan.

« J’admire le Prince actuel… » Mais la Xiao Lan d’avant me manque, ajouta silencieusement Wicked dans son cœur.

Wicked fixa Gui du regard. « Surveille tes propres arrières ; même si tu viens juste de m’aider, nous sommes toujours des rivaux en amour. Attends et tu verras ; je t’étriperai comme un animal plus tard. »

Les lèvres de Gui s’étirèrent légèrement vers le haut. « Exactement ce que j’allais dire. »

Wicked dégaina enfin son épée et, satisfait, je tranchai l’air d’un mouvement avec mon Dao Noir. Les deux équipes commencèrent à se préparer pour la bataille à venir. Grand frère Wolf ordonna rapidement à Doll d’invoquer ses serviteurs squelettiques et nous commanda ensuite de prendre nos places respectives. Lorsque les membres des deux équipes eurent pris position, les squelettes et moi nous tenions dans une formation d’éventail à l’avant pour protéger le reste de l’escouade, tandis que Dark Emperor avait envoyé Wicked et Heartless Wind nous faire face.

Grand frère Wolf nous rappela : « Les amis, l’issue du combat sera déterminée au moment où les mages jetteront leurs sorts à grande échelle. Pour ça, nous devons soit jeter notre sort en premier, ou nous occuper de Ming Huang. Lolidragon, tu iras distraire Playboy Lord, et en aucune façon tu ne dois le laisser tuer Yu Lian. Si tu en as l’occasion, achève Ming Huang. Gui, tu dois faire attention à l’archer ennemi. Doll, cache-toi à l’arrière autant que possible et garde le nombre de squelettes constant. Ton travail consiste à rester en vie. Et pour finir, Prince, ton devoir est de protéger tous les membres d’Odd Squad. »

Chacun d’entre nous adressa à grand frère Wolf le signe « OK ».

Grand frère Wolf observa Dark Emperor pendant un moment, et après s’être assuré que leurs préparatifs étaient finis, il déchira un coin de l’ourlet de sa chemise et le jeta en l’air. Tout le monde le regarda dériver lentement vers le sol…et il atterrit !

Les deux camps entrèrent en action simultanément.

 

 

Dans un souffle explosif, le commentateur Xiao Li hurla : « La bataille finale a enfin commencé ! C’est une épreuve de force entre Odd Squad et Dark Emperor : quelle équipe remportera le Tournoi des Aventuriers ? Présentement, nous pouvons voir l’Elfe Sanguinaire engagé dans un combat contre l’elfe noir Wicked, et l’épéiste humain Heartless Wind. Le mouvement de leurs armes est si rapide que même moi, Xiao Li, je n’arrive pas à les décrire.

« Prince est maintenant en train d’exécuter une série d’attaques, suivi d’un coup de pied retourné, puis d’un coup de pied vers le bas… Wicked ne laisse rien passer, s’accroupissant et tourbillonnant tout autour de façon très rapide afin d’échapper aux attaques de Prince. Maintenant, c’est au tour de Wicked de passer à l’offensive avec une attaque en forme de Z, atteignant presque Prince... Est-elle apparue ? Est-ce qu’il s’agit de l’attaque ultime de Prince ? Bon sang, une série de coups, tous entourés avec des flammes ; quelle technique incroyable ! Mais, est-ce qu’il a touché Wicked ? Dommage… Une seule attaque a abouti et, à nouveau, les deux lames se cognent l’une contre l’autre. Comment ce duel entre épée longue et dao va-t-il se terminer ?

« Ensuite, allons jeter un coup d’œil à la façon dont Heartless Wind décime les rangs des squelettes avec sa rapière : il semble tenir tête seul face à huit squelettes ! La façon dont il utilise sa rapière est tout simplement incroyable. Toutes ses attaques sont mortelles. La rapidité avec laquelle les points de vie des squelettes descendent met la nécromancienne en difficulté… Attendez une minute ! Tout le monde, vite, regardez le combat entre les voleurs ; c’est comme un duel entre deux éléments du vent. Vous voyez ça ? Les deux ombres s’élancent sur le stade sans relâche, se rapprochant parfois d’Odd Squad, qui est forcée de reculer vers Dark Emperor à d’autres moments, si vite que je ne peux les différencier l’une de l’autre !

« Quant aux mages des deux côtés… Est-ce qu’ils se prépareraient à lancer des sorts à grande échelle ? Non, ils maintiennent tous deux les sorts de protection de leurs équipes. On dirait qu’aucun des deux mages ne soit en mesure d’exécuter de telles attaques par crainte des attaquants de longue portée de l’équipe adverse. Les mages et les attaquants de longue portée se retrouvent face à une impasse ; on dirait qu’ils ne peuvent pas bouger et espèrent que leurs guerriers sur la ligne de front vont triompher, ou que leurs voleurs vont pourvoir assassiner avec succès les membres de l’autre équipe. »

 

 

Je vois, donc tout dépend des guerriers et des voleurs, hein ? Je souris. Je ne peux définitivement pas perdre face à Lolidragon ; autrement, elle va utiliser son rire aigu et perçant pour m’enfoncer. Je décidai d’accélérer le rythme, augmentant la vitesse de mes attaques.

Je me demande si tu vas toujours parvenir à me suivre aussi facilement, Wicked ? Je souris légèrement.

« Ahhh… ! » Un éclair de douleur perça soudainement mon genou… Impossible ! J’avais clairement esquivé tous les coups de Wicked ! Je baissai les yeux et vis que c’était en fait une flèche, dont la pointe était plantée dans mon genou. Je levai la tête pour apercevoir Ambusher et son petit sourire narquois. Pire encore, toute une volée de flèches fonçait vers moi. Avec efforts, je parvins à rouler, mais une flèche finit tout de même son chemin dans mon épaule gauche. Une sueur froide descendit le long de mon dos alors même que la douleur me submergeait. Heureusement, grand frère Wolf rétablit immédiatement une grande quantité de PV que j’avais perdu, ce qui me permit de me relever, mais seulement avec un effort considérable de ma part.

Je me retournai précipitamment pour faire face à Wicked au cas où il ferait usage de cette opportunité pour m’attaquer… mais il se tenait juste là,  un regard de réticence sur son visage. Je le fixai furieusement et balançai même mon Dao Noir devant son visage à deux reprises. Je crois que je dois être la première personne sur Terre à avoir jamais eu à rappeler à l’ennemi au milieu d’un combat de ne pas hésiter à attaquer, et même de profiter de l’occasion pour lancer une attaque furtive !

Wicked sembla enfin s’être décidé d’arrêter de rêvasser. « La Profondeur du Cercle Sans Défaut,  La Lame Véritable de l’Homme Solitaire

C’est vraiment étrange comme nom pour un mouvement… Évidemment, je ne vais pas perdre face à toi. « Regarde-moi ! La Lame Résonnante, Attaque Déchaînée ! »

Mon Dao Noir parut se transformer en un millier de copies, chaque lame frappant Wicked depuis une direction différente. Le sang jaillit alors que des blessures apparaissaient sur tout le corps de Wicked, mais…

La Lame Véritable de l’Homme Solitaire en effet, je pensai. Je vois. C’est complètement différent de ma Lame Résonnante, l’Attaque Déchaînée. Le mouvement de Wicked a été conçu pour ne percer qu’une seule fois, mais en frappant un point vital dans le processus.

Malheureusement, à cause de mon genou blessé, je ne pus que me décaler légèrement, empêchant tout juste la lame de me percer le cœur. Mon dao était à environ vingt centimètres du cou de Wicked, alors que son épée longue était profondément enfoncée dans le côté droit de ma poitrine. De plus, la pointe de sa lame était inclinée vers le côté gauche de ma poitrine, autrement dit vers mon cœur. Quel que soit l’angle sous lequel vous le regardez, il semblerait que je vais mourir avant lui…

 

 

De retour au combat principal, ni Yu Lian, qui maintenait le bouclier de protection, ni Gui, qui attendait l’opportunité de frapper, n’avaient prévu que l’archer ennemi quitterait la sécurité du bouclier de son équipe pour lancer une attaque sur Prince. C’était clairement une stratégie kamikaze… mais ce qui était encore plus frustrant pour eux, c’était que même si Yu Lian avait immédiatement laissé tomber le bouclier de protection, permettant à Gui de faire pleuvoir une nuée de flèches sur Ambusher, l’archer avait continué à envoyer un certain nombre de tirs sur Prince avant de mourir.

Gui se retourna rapidement pour vérifier l’état de Prince. En voyant la situation, son cœur manqua presque de s’arrêter de battre, mais par chance, sa main continua de tirer des flèches enflammées par réflexe. Wicked, qui n’avait pas remarqué Gui, fut frappé en plein milieu du front par une flèche. Il regarda avec étonnement Gui dans les yeux avant de se transformer en un pilier de lumière blanche et de s’élancer dans le ciel.

 

 

Je poussai un soupir de soulagement, mais instantanément la douleur dans le côté droit de ma poitrine me submergea. Pressant ma poitrine fermement, je me forçai à endurer l’agonie alors que j’attendais que grand frère Wolf finisse l’incantation du sort de guérison. Je dois me débarrasser de Ming Huang, pendant qu’il est encore concentré sur son sort à grande échelle…

« Urgh ! » Je baissai les yeux, incrédule face à la lame qui venait de jaillir d’entre mes côtes, puis tournai la tête pour regarder le propriétaire de la rapière… C’est un sentiment vraiment complexe de mourir des mains de son propre frère ! songeai-je. Satané Heartless Wind, tu as choisi le bon moment pour tuer ta sœur !

« Prince… ! » Gui lâcha un rugissement assourdissant, mais ne put qu’assister à la scène, impuissant, tandis que je suivais les traces de Wicked et me transformais en pilier de lumière.

 

 

Ugly Wolf, qui n’avait pas été en mesure de lancer le sort de soin à temps, ne put qu’imposer à l’équipe un changement de tactique. « Doll, bloque Heartless Wind. Gui, débarrasse-toi du mage. Yu Lian… » Ugly Wolf se tourna vers Yu Lian, sur le point de lui demander de commencer l’incantation pour son sort à grande échelle, mais Yu Lian avait déjà aperçu Ming Huang réciter l’incantation et avait commencé à chanter le sien.

Heartless Wind pouvait voir que la situation avait tourné en la défaveur de Dark Emperor. Est-ce qu’il devrait se dépêcher de revenir protéger Ming Huang, ou ce serait mieux de s’approcher d’Odd Squad et de tuer leur mage ?

« Playboy, cesse de faire l’imbécile là-bas et viens ici pour m’aider ! » rugit-il, lui-même revenant vers Ming Huang, utilisant son corps pour protéger ce dernier en déviant frénétiquement les Flèches Supersoniques Chasseuse d’Âme de Gui avec sa rapière.

Playboy Lord ne put que sourire amèrement tandis qu’il pensait, Heartless Wind pense réellement que je suis en train de faire l’imbécile ? S’il n’avait pas suivi cette voleuse elfe – qui était aussi vive que le vent et qui pouvait s’enfoncer dans le sol – depuis le temps, elle aurait déjà assassiné Dieu sait combien de membres de Dark Emperor. Cependant, comme la situation semblait faire appel à une stratégie différente, Playboy Lord abandonna la poursuite de Lolidragon et focalisa son attention sur les autres membres d’Odd Squad.

Lolidragon et Playboy Lord étaient coincés dans une impasse, tandis qu’ils tournaient continuellement autour de Yu Lian. Playboy Lord savait qu’il serait incapable d’attaquer Yu Lian juste sous les yeux de Lolidragon. Il sourit froidement et, d’un pas léger, recula de plusieurs mètres. Il se retourna dans un même temps et, le poignard à la main, traça une ligne à travers la gorge de Doll. Ainsi, l’adorable Doll fut tuée, et les squelettes qui avaient été sur le point de poursuivre et d’attaquer Heartless Wind tombèrent en poussière.

« Merde ! » D’un seul bond, Lolidragon sauta et atterrit juste en face de Playboy Lord. Ne se souciant pas du fait qu’elle soit plus faible que Playboy Lord en termes de force physique, elle fit tomber un déluge de coups de poignard sur lui. La lumière dansait et se reflétait sur leurs dagues, avec un bruit de métal contre métal, tandis que leurs lames se rencontraient maintes et maintes fois, inexorablement.

« … Les Neuf Courroux du Ciel ! » lança Ming Huang, en crachant vicieusement la dernière ligne de l’incantation.

« … Pluie de Météorites ! » suivit belle-sœur Yu Lian, en retard seulement d’un battement de cœur.

Instantanément, la terre et le ciel commencèrent à trembler violemment…

« Merde », pensèrent les deux équipes en même temps.

 

 

En conséquence de ma mort, j’étais un peu confus lorsque j’entrai dans le stade et vins me tenir près d’Ambusher, qui était arrivé un instant auparavant. J’étais revenu juste à temps pour assister à un spectacle étonnant : la foudre de Ming Huang avait créé des piliers d’éclairs, et il y avait tant de météorites provenant de la pluie lancée par belle-sœur Yu Lian que vous pourriez perdre le compte du nombre de souhaits que vous feriez avec eux. Je cherchai dans l’arène des signes de survivants… mais malheureusement, je ne vis personne.

« Ne me dîtes pas que c’est encore un match nul ! Wicked et moi avons survécu la dernière fois, mais tout le monde a péri cette fois ? » commentai-je.

J’attendis silencieusement que les sorts se dissipent et que le résultat apparaisse. Juste à ce moment-là, Wicked vint lui aussi se placer tranquillement à côté de moi… puis vint Doll, avec deux traînées de larmes sur ses joues, pleurnichant de douleur alors qu’elle s’approchait de moi. Les secondes semblaient s’égrainer lentement, notre tension plus élevée à chaque instant.

Le commentateur, Xiao Li, semblait être tout aussi désireux que le public de connaître le résultat. « Chers spectateurs, le moment du tournoi que nous attendions le plus est enfin arrivé. Quelle équipe sera l’ultime championne du Tournoi des Aventuriers, Dark Emperor ou Odd Squad ? Ou les deux équipes ont-elles été anéanties ? Ah… Les sorts ont disparu. On dirait qu’il  y a une silhouette au milieu de toute cette fumée ; voyons voir à quel camp il ou elle appartient. C’est, c’est… La personne étendue sur le sol est Heartless Wind, le guerrier humain de Dark Emperor ! Bien qu’il soit à deux doigts de la mort, il est toujours en vie. L’équipe gagnante a émergé ! »

« Ah ! C’est Heartless Wind ! » Je ne pus m’empêcher de me sentir un peu déçu, mais c’était logique que le seul survivant de cette tempête magique meurtrière soit le guerrier possédant le plus de points de vie et la défense la plus forte. Je me tournai vers Wicked. « Félicitations pour votre victoire. »

Le public entra dans une frénésie de rugissements et d’acclamations. La voix de Xiao Li retentit, pareille aux bruits qu’émettrait un porc en train de se faire égorger, comme il hurlait : « Dark Emperor ! Dark Emperor est sorti victorieux ! »

Une main apparut ! De la terre battue de l’arène, une main jaillit brusquement. Au début, seuls quelques spectateurs regardaient silencieusement, la bouche grande ouverte. Mais, telle une maladie contagieuse, le silence se répandit bientôt à travers le reste de l’auditoire, comme tout le monde fixait la main qui sortait du sol… Le stade tout entier avait sombré dans le silence !

« Qu’est-ce que c’est que ça ? » pensai-je, étourdi. Ne me dites pas que nous sommes le quatorzième jour du septième mois lunaire1… Est-ce que c’est un revenant ? Pas possible ! Ces choses-là jouent aussi aux jeux en ligne ?

Suite à cela, une autre main jaillit du sol. Un grand nombre des membres du public n’avaient pu retenir leur terreur et avaient déjà commencé à crier…

« Ouf … C’est une bonne chose que j’aie pris la peine d’apprendre la capacité Creuser », murmura Lolidragon pour elle-même, tandis qu’elle s’extirpait du sol et commençait à dépoussiérer ses vêtements.

Je ne prêtai aucune attention à mon image, et restai bouche bée à cette vue. Toutefois, ma bouche n’était pas aussi largement béante par rapport à celles des membres de Dark Emperor, du public, et de Xiao Li.

Lorsque Lolidragon eut enfin terminé de se dépoussiérer elle s’approcha d’Heartless Wind avec un intolérable sourire rempli de suffisance sur son visage. « Tu parais sur le point de mouriiir ! » Le sourire mauvais qu’elle arborait était définitivement celui de Satan ; un sourire charmant et envoûtant, mais aussi celui que vous n’auriez certainement pas envie de voir deux fois !

Lolidragon leva sa dague, mais l’abaissa après, comme le sourire sur son visage devenait encore plus suffisant. Elle leva légèrement son pied, puis piétina avec force le plexus solaire d’Hearless Wind. Tandis qu’elle enfonçait son pied dans sa poitrine, elle fit remarquer avec coquetterie : « Comme le dit le proverbe, “en mourant par la pivoine, même le héros galant finira en fantôme”2. N’est-ce pas, grand héros Chu Liu Xiang ? »

Finalement, Heartless Wind vomit une énorme mare de sang et se transforma ensuite en un pilier de lumière blanche qui s’envola dans le ciel… Je ne saurais vraiment pas dire s’il est mort piétiné, ou s’il est mort de rage…

« Victoire d’Odd Squad ! » hurla l’arbitre.

 

Notes de bas de page

1 Le quatorzième jour du septième mois lunaire : Le 14 juillet, mieux connu sous l’appellation du Festival Fantôme, a lieu un festival traditionnel à chaque année qui est habituellement célébré par les Taoïstes et les Bouddhistes. Cette journée est généralement connue comme étant le mois des fantômes, durant lequel on croit que les portes du monde des vivants et celles du monde des morts s’ouvrent pour que les morts puissent marcher librement sur la Terre. Ce jour-là, les défunts ancêtres rendent visite à leurs proches.

2 En mourant par la pivoine, même le héros galant finira en fantôme : C’est en fait le vers d’un poème, qui est également devenu un proverbe bien connu. « En mourant par la pivoine » veut en réalité dire « être tué par une belle femme ». Ainsi, la signification du proverbe ressemble à peu près à ceci : « un héros galant devrait agir en homme et ne pas se soucier de mourir aux mains d’une jolie dame. » (Au cas où quelqu’un l’aurait oublié, Chu Liu Xiang est le personnage fictionnel qu’Heartless Wind adore imiter. C’est apparemment un héros galant mais aussi un coureur de jupon. La réplique de Lolidragon est donc particulièrement ironique.)